Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-Anbiyaa’ : 1-47
Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres. Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.
Toute chose qui va venir est proche.
Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.
Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).
Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.
« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.
C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.
Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ».
Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).
Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie. Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.
Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.
Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).
Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.
Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces
Ou c’est plutôt un poète
Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.
Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.
Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.
Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.
Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie
Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.
Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?
Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.
La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.
Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».
Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».
Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.
Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.
Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.
Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.
La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.
Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.
Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.
Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.
Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).
Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.
Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.
N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.
Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.
qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée.
Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.
Verset 12 : quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation
C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.
Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.
Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.
Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.
Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.
Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé. C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.
Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.
Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).
Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –
Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.
Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.
Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.
Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,
Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.
Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.
Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,
De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.
Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».
Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre. « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.
Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.
Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)
Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »
Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.
« subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ». Or Dieu est absolument exempt de cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.
« law kāna fīhimā » : fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.
Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.
Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,
1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.
2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance
3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.
Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.
Et il est impossible que le dieu soit impuissant.
Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre que lui, il est possible que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement, cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on n’émette pas d’objection contre lui.
Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.
On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.
L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.
Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.
La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.
Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.
Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.
Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.
Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.
Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.
Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.
Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).
Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.
Et ils agissent conformément à Ses ordres.
Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.
Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.
Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.
Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.
Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.
Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer
C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer
C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.
Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.
Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.
Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).
Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.
Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.
Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.
Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.
Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?
Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.
Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.
Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī ) des piquets pour que la terre ne tremble pas. rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.
Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.
Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.
Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».
Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas. Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.
Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.
Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.
Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.
Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.
Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.
Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.
Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.
Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.
inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.
C’est la première explication qui vise l’être humain en général.
Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».
Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer. Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.
Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.
Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.
Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.
Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.
Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.
Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.
Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu. Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.
Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ? Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.
Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.
Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.
Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.
Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?
Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.
Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.
Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis. C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.
Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.
Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.
Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.
Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes. Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.
Tafsir An-Nasafiyy sourate al-Baqarah : versets 229-230
verset 229 : le divorce est jusqu’à deux fois : le fait de libérer la femme des liens du mariage, le divorce suite auquel l’homme peut reprendre la femme en mariage, après l’avoir divorcée, est jusqu’à deux fois.
Suite à cela, soit l’homme reste en bons termes avec son épouse, ou alors il la libère définitivement mais toujours en bons termes. C’est-à-dire qu’il prononce le troisième divorce, dans une période inter menstruelle. S’il l’a divorcée une ou deux fois, soit il la reprend en mariage, ou bien s’il veut la libérer définitivement, il prononce le divorce dans la troisième période inter menstruelle.
Ce verset a été révélé à propos d’une femme compagnon qui s’appelle Jamiilah et son époux s’appelle Thaabit fils de Qays fils de Chammaas. Elle ne le supportait pas parce qu’il n’était pas beau mais lui, il l’aimait. Il lui avait donné à titre de dot un verger. Elle a dit au Prophète qu’elle avait peur de ne pas assumer ses devoirs conjugaux. Elle n’avait rien à dire concernant l’application des devoirs conjugaux de la part de son époux. Le Prophète a proposé à cet homme d’accepter qu’elle lui rende son verger en contrepartie de quoi il la libèrerait des liens du mariage. C’est le khoulou^ c’est-à-dire une séparation moyennant une contrepartie qui est versée au mari. Ce peut être la femme qui la verse, ce peut être un tiers. Moyennant cette contrepartie, le lien du mariage est effacé. Ce fut le premier khoulou^ en islam.
Et il ne vous est pas autorisé (c’est-à-dire vous les maris) de prendre ce que vous leur avez donné (aux femmes) quoi que ce soit (de leur dot).
Sauf dans le cas où les deux époux craignent de ne pas assurer leurs droits conjugaux mutuels. Comme si la femme craint de tomber dans le « nouchouuz » c’est-à-dire qu’elle ne craint de refuser à son mari son droit conjugal. Dans ce cas-là, justement, il y a cette issue de libération des liens du mariage moyennant une contrepartie.
Si vous craignez : An-Naçafiyy a dit que le pronom « vous » ici peut être adressé aux gouverneurs et c’est possible aussi qu’il s’adresse aux maris et que, plus tard, à la fin de ce verset, la parole s’adressera aux gouverneurs.
Qu’ils ne respectent pas les limites de la religion agréée par Allaah (en ce qui concerne la vie conjugale, c’est-à-dire le droit de chacun des époux l’un sur l’autre)
Alors il n’y a pas de mal (à ce que le mari récupère tout ou partie de la dot et il n’y a pas de mal à ce que la femme donne tout ou partie de la dot).
A ce que la femme verse pour son mari (pour se libérer des liens du mariage).
Ce sont là les limites définies dans la religion agréée par Dieu. Concernant le mariage, le fait de jurer, le fait de divorcer, le fait de faire le khoulou^, etc… Ceci, pour que les musulmans sachent comment exécuter ces différentes transactions.
Ne dépassez pas ces limites : c’est-à-dire n’outrepassez pas ce que Dieu vous a fixé. Agissez conformément aux règles que Dieu a fixées.
Ceux qui outrepassent les limites fixées par Dieu, ce sont eux les injustes. Allaah nous a envoyé un Prophète qui nous a indiqué les lois à suivre. Celui qui ne suit pas cela, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même.
Verset 230 : s’il la divorce : c’est-à-dire s’il prononce un troisième divorce après les deux précédemment cités, elle ne lui est plus licite jusqu’à ce qu’elle se marie avec un autre. C’est une parole de dissuasion pour que l’homme réfléchisse bien avant de prononcer une parole de divorce. Ce jugement est conforme à ce que notre Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit à une femme qui a été divorcée trois fois par son mari nommé Rifaa^ah. Elle est allée voir le Prophète pour lui dire que, malgré cela, elle voudrait bien redevenir son épouse. Le Prophète lui a dit qu’elle ne pourrait revenir à Rifaa^ah que si un autre homme l’épousait, consommait le mariage, puis qu’il veuille bien la divorcer pour qu’elle puisse se marier à nouveau avec Rifaa^ah. Hadiith réputé rapporté par Al-Boukhaariyy. Il n’y a pas de considération à accorder à tout avis qui serait non conforme à ce jugement.
Les moujtahid sont ceux qui ont l’habitude de déduire les lois à propos de questions qui n’ont pas été mentionnées dans les textes (et ce sont les versets du Qour’aan et les Hadiith confirmés du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam). Quand les musulmans sont confrontés à un cas qui n’a pas été mentionné dans un texte, celui qui va donner la réponse, c’est le moujtahid, comme l’imam Maalik, comme l’imam Ach-Chaafi^iyy, comme l’imam Abouu Haniifah, comme l’imam AHmad ibnou Hanbal. Il ne s’agit donc pas d’une concertation entre les gens du commun. Ce sont les savants moujtahid qui ont l’aptitude à déduire les lois en utilisant l’analogie par rapport aux questions qui, elles, ont été mentionnées dans les textes. Par ailleurs, il y a des textes qui sont abrogés – l’application de ce texte s’est arrêtée – mais que l’on continue à réciter. Donc si quelqu’un ne sait pas que tel texte a été abrogé (et ceci a eu lieu au temps du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam)et qu’un autre texte est venu après, il est possible qu’il fasse une analogie avec ce verset qui a été abrogé et ceci n’est pas valable. Il y a de nombreux critères qui font qu’un savant ait le degré de moujtahid.
Tous les savants moujtahid sont d’accord sur le fait qu’à partir du moment où un homme a prononcé trois divorces, il ne peut pas vivre à nouveau avec cette femme tant qu’elle n’aura pas été épousée par un autre puis qu’il veuille bien la divorcer.
Quiconque dit une parole qui n’est pas conforme aux textes, sa parole est rejetée. Le moujtahid ne va pas dire une parole qui ne soit pas conforme à un texte. Et tous les textes n’ont pas le poids d’arguments. Le plus fort est le Qour’aan. Concernant la parole du Prophète, il y a des degrés de fiabilité. Il se peut qu’un savant moujtahid dise que cette chaine de transmission n’est pas suffisamment forte pour qu’il s’appuie dessus. C’est pour cela qu’il y a des divergences entre les moujtahid. Un moujtahid va arriver à un jugement différent d’un autre moujtahid en s’appuyant sur tel Hadiith que l’autre n’a pas retenu. Les divergences concernent les actes pratiques et non pas la croyance. Il n’y a pas de divergence acceptable dans la croyance. Si un moujtahid aboutit à un jugement qui contredit un texte qui fait l’accord chez les savants, on ne doit pas le suivre dans ce qu’il a dit. Comme l’exemple de ce verset qui indique que l’homme ne pourra pas épouser cette femme après qu’il l’ait divorcée trois fois, tant qu’elle n’a pas épousé un autre. Si quelqu’un vient et dit le contraire de cela, on ne va pas le suivre parce qu’il est en train de contredire un texte qui va l’accord chez tous les savants. De même, si un juge émet une sentence (en sachant qu’il y a des juges pour chaque école de jurisprudence) et que cette sentence revient à contredire un texte qui fait l’objet d’accord des savants, cette sentence n’est pas à prendre en compte. Et nous demandons à Dieu qu’Il fasse que nous persévérions sur la voie correcte, sur la tradition prophétique.
La sagesse dans le fait qu’une femme qui a été divorcée par trois fois par son mari, celui-ci ne pourra pas vivre à nouveau avec cette femme tant qu’elle n’aura pas été épousée par un autre qui aura consommé ce mariage puis qu’il veuille bien la divorcer pour que le premier puisse l’épouser à nouveau, tient dans le fait que l’homme soit au courant que s’il fait cela, cette séparation ne pourra pas être compensée par un regret. C’est une séparation définitive.
S’il la divorce (ici il s’agit du deuxième mari)
Il n’y aura pas de mal pour eux deux (le premier mari et la femme) qu’ils se remettent ensemble (c’est-à-dire par un mariage) si eux deux pensent qu’ils vont respecter la loi de Dieu (s’ils pensent qu’ils pourront respecter leurs obligations conjugales l’un envers l’autre).
Ce sont là les limites fixées par Dieu. Dieu les explique pour les gens qui ont de la compréhension. (C’est-à-dire qui comprennent ce qui leur a été indiqué).
Verset 231 : et si vous divorcez une femme et qu’elle atteint son terme (c’est-à-dire la fin de sa période d’attente post maritale). Le mot « ajal » peut avoir le sens d’échéance, du terme et peut avoir le sens de la période. On dit que l’âge d’un être humain, sa vie s’appelle un « ajal » et on dit que la mort qui est le terme de cette vie est un « ajal ».
Ou bien vous les retenez dans de bonnes conditions ou bien vous les libérez dans de bonnes conditions. C’est-à-dire que : soit il la reprend à son mariage (l’homme peut reprendre cette femme à son mariage lors de cette période d’attente post-maritale, sans faire de nouveau contrat, et ceci par une simple phrase comme s’il dit qu’il la reprend à son mariage) mais sans vouloir lui nuire par cette reprise. Soit il la quitte jusqu’à ce que s’achève la période d’attente post-maritale et qu’elle soit définitivement séparée de lui, sans qu’il ne lui nuise.
Mais ne retenez pas votre femme que vous avez divorcée pour lui nuire. Il arrivait en effet, avant le verset, qu’un homme prononce le divorce avec sa femme, qu’il la laisse jusqu’à ce que la fin de la période d’attente post maritale soit proche puis il la reprenait, non pas parce qu’il avait besoin d’elle mais juste pour lui prolonger sa période d’attente post maritale : c’est cela le fait de retenir avec une nuisance.
Pour être injuste envers elle. Ne faites pas cela pour la pousser à vouloir vous payer pour que vous la libériez.
Et celui qui fait cela, (c’est-à-dire qui retient l’épouse pour lui nuire) il aura exposé sa femme au châtiment de Dieu (il l’aura poussée à commettre peut-être des péchés)
Et ne prenez pas les versets et les ordres de Dieu comme objets de moquerie : c’est-à-dire soyez sérieux en prenant ces jugements, en les appliquant, en les respectant, sinon vous aurez dénigré ces jugements-là.
Et citez les bienfaits et les grâces que Dieu vous a accordés : le bienfait de l’islam et le bienfait du Prophète ^alayhi s-salaam
Comme livres et comme sagesses. Le livre c’est le Qour’aan et les sagesses c’est la sounnah, le Hadiith du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Citez c’est -à-dire évoquez, répondez à ces bienfaits par le remerciement. Et considérez ces bienfaits à leur juste valeur, ce Livre que Dieu vous a révélé et cette sagesse que Dieu vous a fait connaitre par le biais de Son envoyé. Ne soyez pas ingrats.
Dieu vous exhorte par ce qu’Il vous a fait descendre (comme révélation à Son Prophète)
Et craignez Dieu : c’est-à-dire préservez Dieu dans les épreuves qu’Il vous accorde.
Et sachez que Dieu sait absolument tout : Il sait ceux pour qui le rappel est profitable et qui le mettent en œuvre, ceux qui se préservent, ceux qui sont exhortés et autres que ceux-là. C’est une menace et une promesse très éloquentes : une menace de châtiment et une promesse de récompense. Ceci est un rappel pour que nous accomplissions ce que Dieu nous a ordonné de faire et que nous évitions ce que Dieu nous a interdit de faire.
Tafsir : sourat Al-Fatihah
بسم الله الرحمن الرحيم
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés au matre des messagers ainsi qu’à sa famille et ses compagnons bons et purs.
A^oudhou bi l-Lahi mina ch-chaytani r-rajim
Je recherche la préservation par Allah contre le chaytan, l’humilié
Al-Isti^adhah la demande de la préservation ne fait pas partie du Qour’an selon l’Unanimité. Elle signifie : Je demande la préservation par Allah, pour qu’Il me préserve du mal du chaytan, contre celui qui s’est rebellé, l’injuste, le mécréant parmi les jinns. Ar-rajim vient dans le même sens que al-marjoum c’est-à-dire celui qui est éloigné du bien, qui est chassé, humilié. Il est recommandé de commencer avec al-isti^adhah avant de réciter le Qour’an, c’est cela l’avis de la majorité. Il a été dit : on la récite après avoir fini la récitation du Qour’an, selon le sens qui vient communément à l’esprit de Sa parole ta^ala : {فإذا قرأت القرءان فاستعذ بالله} (fa’idha qara’ta l-qour’ana fasta^idh bi l-Lah) [sourat An-Nahl / 98] ce qui signifie : « Si tu récites le Qour’an, alors demande la préservation par Allah« . Cependant la majorité des savants ont dit : cela signifie : Lorsque tu veux réciter alors demande la préservation par Allah contre le chaytan, ceci comme dans le hadith rapporté par Al-Hamidiyy et At–Tabaraniyy :
((إذا أكلت فسمّ الله)) ce qui signifie : « Lorsque tu veux manger alors évoque le nom de Allah« , et non lorsque tu finis.
Sourat Al-Fatihah
Elle est Mecquoise, elle comporte sept ‘ayah
{بسم الله الرحمن الرحيم} (Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim) ce qui signifie : « Par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux« . La basmalah est une des ‘ayah de la Fatihah selon l’Imam Ach-Chafi^iyy et la prière n’est pas valable sans elle. Selon Malik et Abou Hanifah, ce n’est pas une ‘ayah de la Fatihah.
Les gens du Salaf les musulmans des trois premiers sicles de l’Hégire et du Khalaf les musulmans des sicles suivants ont eu l’habitude de commencer leurs écrits et leurs ouvrages par la basmalah. La basmalah vient en effet au début de chaque sourat, mis à part Sourat Bara‘ah. Commencer par la basmalah est recommandé mais non obligatoire, avant toute chose qui est honorable selon la Loi à moins qu’il ait été rapporté autre chose comme pour la prière qui commence par le takbir (Allahou ‘akbar) et l’invocation (ad-dou^a‘) qui commence par la hamdalah (Al-hamdou li l-Lah).
Quant à ce qui ne représente pas un acte méritoire rapprochant de l’agrément de Allah et faisant partie des choses qui sont interdites, il est interdit de le commencer par la basmalah. Ainsi il n’est pas permis de prononcer la basmalah lorsque la personne boit de l’alcool. Certains hanafiyy ont dit que commencer par bismi l-Lah avant de boire de l’alcool, c’est de la mécréance. Ce qui est correct, c’est de détailler : c’est de dire celui qui en a visé la recherche des bénédictions (tabarrouk) pour la boisson d’alcool, cela est de la mécréance. Mais si la personne vise d’être protégée contre son mal, c’est interdit mais ne comporte pas de mécréance. D’autre part, commencer par la basmalah lors d’une chose déconseillée est déconseillé.
Dans la basmalah, le terme qui se rapporte au (bi) – par – de bismi l-Lah et qui n’est pas mentionné peut être soit un verbe soit un nom. Si c’est un verbe cela peut être par exemple : je commence [par]. Si c’est un nom cela peut être par exemple : mon commencement [a lieu par]. Et l’expression « le nom de Allah » indique les lettres désignant Celui Dont l’existence est obligatoire selon la raison, Qui mérite toutes les louanges. Il ne s’agit pas d’un nom dérivé d’un verbe ou d’un nom, ce n’est pas un nom dérivé.
{الحمد لله ربّ العالمين} (Al-hamdou li l-Lahi Rabbi l-^alamin) ce qui signifie : « la louange est à Allah le Seigneur des mondes« . Al-hamdou, c’est la louange par la langue, pour le bien accordé conformément au choix propre à Allah et Al-hamdou li l-Lah c’est la louange à Allah selon ce qui est digne de Lui pour Ses bienfaits, Ses mérites, Lui Qui est le Seigneur des mondes. Les mondes, c’est tout ce qui est autre que Allah. Le monde est appelé ^alam car il est une ^alamah, un signe de l’existence de Allah ta^ala.
{الرحمن الرحيم} (Ar-Rahmani r-Rahim) ce qui signifie : « le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux« . Ar-Rahman est l’un des noms qui sont propres à Allah, il signifie que la miséricorde de Allah englobe le croyant et le mécréant dans le bas-monde et qu’Il est Celui Qui fait miséricorde aux croyants seuls dans l’au-delà. Allah ta^ala dit : {ورحمتي وسعت كل شيء فسأكتبها للذين يتقون} (wa rahmati wasi^at koulla chay’in faa’aktoubouha lilladhina yattaqoun) [sourat Al-‘A^raf / 156] ce qui signifie : « Ma miséricorde englobe toute chose et Je la prescris à ceux qui font preuve de piété » c’est-à-dire dans l’au-delà. Ar-Rahim c’est : Celui Qui fait miséricorde aux croyants. Allah ta^ala dit : {وكان بالمؤمنين رحيماً} [sourat Al-‘Ahzab / 43] ce qui signifie : « Il est miséricordieux pour les croyants« . Ar-Rahman est plus éloquent, plus fort que Ar-Rahim selon la langue car la construction du mot Ar-Rahman est plus longue que Ar-Rahim et cela implique et indique une amplification du sens.
{ملك يوم الدين} (Maliki yawmi d-din) c’est-à-dire que Allah est Celui à Qui tout appartient et Qui fait de toutes les créatures ce qu’Il veut. Yawmi d-din c’est le jour de la rétribution. Ainsi Allah est Celui à Qui appartient le bas-monde et l’au-delà, Il en fait ce qu’Il veut. Et Il dit : Maliki yawmi d-din. Dans cette ‘ayah, le jour du jugement a été précisé par glorification du jour de la rétribution, en raison de la gravité des grandes épreuves qui auront lieu à ce moment.
{إياك نعبد وإياك نستعين} (‘Iyyaka na^boudou wa ‘iyyaka nasta^in) c’est-à-dire que Allah ta^ala Lui seul mérite que l’on s’humilie pour Lui, de l’extrême humiliation. Et c’est de Lui que l’on demande l’aide pour faire le bien et pour la persévérance sur la bonne guidée, car les cœurs sont sous la domination de Allah ta^ala. Cette ‘ayah indique que l’on demande l’aide de Allah, l’aide particulière, c’est-à-dire qu’on demande que Allah crée pour l’esclave ce qui lui est utile, car c’est Allah Qui crée les choses de la vie de Son esclave. Cependant le sens n’est pas que l’on ne demande pas l’aide d’autre que Allah dans l’absolu. Pour preuve ce qui est parvenu dans le hadith :
((والله في عون العبد ما كان العبد في عون أخيه))
(wa l-Lahou fi ^awni l-^abdi ma kana l-^abdou fi ^awni ‘akhih)
ce qui signifie : « Allah aide l’esclave tant que l’esclave aide son frère« .
{إهدنا الصراط المستقيم} (‘Ihdina s–sirata l-moustaqim) c’est-à-dire : Honore-nous, pour avoir la persévérance sur la bonne guidée, sur l’Islam.
{صراط الذين أنعمت عليهم} (Sirata l-ladhina ‘an^amta ^alayhim) c’est-à-dire la religion de ceux que Tu as honorés parmi les prophètes et les anges, à savoir l’Islam.
{غير المغضوب عليهم ولا الضالين} (Ghayri l-maghdoubi ^alayhim wa la d–dallin) ce qui signifie : « Et non la voie des ennemis de l’Islam à qui Allah destine le châtiment, ni la voie des égarés ceux qui ont dit que Dieu a un fils« .
‘Amin ne fait pas partie du Qour’an à l’Unanimité. Sa signification est : « Ô Allah, exauce-nous ».
Il est recommandé de la dire après la Fatihah dans la prière. Et il est parvenu dans le hadith ce qui signifie : « Quand l’Imam dit ghayri l-maghdoubi ^alayhim wa la d–dallin, dites : ‘Amin« .