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Al-Hasan al-Basriyy

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur août 25, 2026
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Al-Ḥasan al-Baṣriyy

Sa biographie : Il s’agit du grand imam, du noble maître, le mujtahid, le ḥāfiẓ, l’un des maîtres parmi les Successeurs (Tabiʿīn), Abū Saʿīd al-Ḥasan ibn Abī al-Ḥasan Yasār ibn Muṭahhar ibn Ġāḍirah ibn Qurhud — on dit aussi Furhud, avec un fāʾ — al-ʿAwfiyy.

Son père, Abū al-Ḥasan Yasār, faisait partie des captifs de Maysān, une vaste et importante province riche en villages et en palmeraies, située entre Baṣrah et Wāsiṭ, en terre d’Irak ; il s’établit à Médine, alors qu’il était esclave ; il fut affranchi et demeura à Médine, où il se fixa et se maria, sous le califat d’al-Fārūq ʿUmar, qu’Allāh l’agrée ; al-Ḥasan y naquit ainsi deux ans avant la fin du califat de ʿUmar, qu’Allāh l’agrée. Le nom de sa mère était Khayrah ; on dit qu’elle était affranchie de la Mère des croyants Umm Salamah, épouse du Prophète ﷺ ; Umm Salamah envoyait parfois la mère d’al-Ḥasan pour une course, et lui, encore nourrisson, se mettait à pleurer ; Umm Salamah l’apaisait alors avec son propre sein ; elle le présentait parfois, tout enfant, aux Compagnons du Messager d’Allāh ﷺ, qui invoquaient pour lui. Elle le présenta une fois à notre maître ʿUmar, qui invoqua pour lui en disant : « Ô Allāh, donne-lui la compréhension de la religion et fais-le aimer des gens. » Al-Ḥasan grandit ainsi dans le Wādī al-Qurā[1] ; il faut signaler qu’à sa naissance, notre maître ʿUmar lui avait fait mâcher une datte ; il avait un an lorsque notre maître ʿUthmān mourut, et il assista avec lui à la prière du vendredi ; ainsi, l’année de la naissance d’al-Ḥasan serait l’an vingt et un de la bénie hégire.

Description de quelques-uns de ses traits : l’imam al-Ḥasan, qu’Allāh l’agrée, était éminent, vénéré, noble, d’un rang élevé et d’une grande importance, d’une exceptionnelle prestance, de belle apparence, au point qu’on disait qu’il était le plus bel homme de Baṣrah de son temps, de constitution parfaite, imposant et rayonnant ; il était par ailleurs un combattant, un héros courageux, réputé et compté parmi les braves, un lion parmi les lions de la guerre sur les champs de bataille, d’une force considérable et d’une puissance immense, aguerri face aux hommes. Al-Aṣmaʿiyy rapporte, d’après son père : « Je n’ai jamais vu d’avant-bras plus large que celui d’al-Ḥasan al-Baṣriyy ; il faisait un empan de large. » Muḥammad ibn Saʿd rapporte : « Al-Ḥasan, qu’Allāh lui fasse miséricorde, était un homme accompli, élevé, versé en droit religieux, digne de confiance, faisant autorité, sûr, dévot, ascète, d’une science abondante, éloquent, beau et séduisant ; on ne vit à Baṣrah, de son temps, personne au visage plus beau que le sien, et les gens le tenaient pour l’homme dont l’opinion ressemblait le plus à celle de ʿUmar, qu’Allāh l’agrée. »

Ses mérites : al-Ḥasan, qu’Allāh l’agrée, fut l’un des hommes dont le for intérieur ressemblait le plus au comportement extérieur ; s’il ordonnait quelque chose, il était le premier à l’appliquer, et s’il interdisait quelque chose, il était le plus éloigné de le commettre ; dévot, humble, obéissant, ascète, pieux, scrupuleux, d’une virilité étonnante et d’une vaste générosité d’âme, il possédait une part considérable de bonne moralité : sa forme était belle, son caractère était beau, sa science était belle, sa voie était belle — et il était al-Ḥasan [le Beau]. Malgré cela, on le voyait rarement rire, et lorsqu’il riait, ce n’était que par un sourire ; il était d’une tristesse durable et pleurait abondamment, comme s’il venait toujours d’être frappé d’un malheur ; il pleurait avec des sanglots et une voix telle qu’on aurait dit le feu entre ses deux yeux. Il est rapporté qu’il se trouvait une fois dans une assemblée et demanda de l’eau ; lorsqu’on la lui apporta, il s’évanouit un moment, puis reprit connaissance ; interrogé sur la cause de cela, il répondit, qu’Allāh l’agrée : « Je me suis souvenu de cette parole d’Allāh ʿazza wa jall : « Et s’ils implorent du secours, on les secourra avec une eau semblable à du métal fondu qui brûlera leurs visages ; quelle affreuse boisson et quelle détestable demeure ! » [sourate al-Kahf/verset 29]. » Quel homme dont la crainte atteignait un tel degré qu’il s’évanouissait de peur et de crainte au simple souvenir d’un verset du Livre d’Allāh ! Comment s’en étonner, lui qui était réputé pour la longueur de sa tristesse, l’abondance de ses larmes, la profusion de ses pleurs et de ses sanglots par crainte du châtiment d’Allāh ; on dit qu’il resta trente ans sans rire et quarante ans sans plaisanter. Oui, il était perspicace, comprenant que ce bas monde n’est pas le terme ultime de toute chose ; il le prit ainsi pour un océan profond et fit de ses bonnes œuvres un navire pour naviguer vers la demeure de sécurité et de salut ; il fut ainsi un excellent savant œuvrant, revenant sans cesse à la crainte de Allāh, se tenant debout la nuit pour prier et jeûnant le jour, multipliant les veillées nocturnes et les jeûnes. Lorsqu’un homme venait lui demander la science, il ne tardait pas à la voir se manifester dans son humilité, son ascèse, sa langue et son regard, qu’Allāh l’agrée. Il réunissait, outre ces nobles qualités, le combat dans la voie agréée par Allāh, dans lequel il avait une part considérable, au point qu’al-Muhallab, lorsqu’il voulait combattre les mécréants et se préparait au combat pour l’agrément d’Allāh, le faisait venir pour la guerre, en raison de son courage, de sa fermeté, de sa vigueur et de sa force dans l’affrontement des hommes, et de sa constance dans les situations où d’autres hésitaient ; il était en effet un héros aguerri, de forte constitution, aux muscles noués, doté d’un jugement pénétrant, d’une perspicacité vive et d’une excellente capacité de planification et d’action ; tout cela contribua à élever son rang et à magnifier son importance auprès de toutes les catégories de gens et des hommes sensés. Sache également qu’al-Ḥasan al-Baṣriyy, qu’Allāh lui fasse miséricorde, était réputé pour son soin de lui-même : il nettoyait son vêtement et son corps avec un grand souci du détail ; parmi les récits témoignant de son attention à la beauté de sa mise vestimentaire, ce que rapporte Adh-Dhahabiyy, d’après Salām ibn Miskīn, qu’il dit : « J’ai vu al-Ḥasan porter un vêtement scintillant comme de l’or. » Yūnus rapporte : « Al-Ḥasan portait en hiver un manteau rayé, un châle kurde et un turban noir, et en été un izār (pagne) de lin, une tunique et un manteau rayé. » Salām ibn Miskīn rapporte : « J’ai vu sur al-Ḥasan un châle comme si l’eau y coulait, et une tunique comme si elle était de soie. » Il teignait, qu’Allāh lui fasse miséricorde, sa barbe en jaune chaque vendredi, changeant en jaune tout ce qui avait blanchi de ses cheveux.

Mention de l’abondance de sa science : quant à la science, al-Ḥasan y atteignit un degré immense, dont peu bénéficièrent parmi les gens ; il fut un imam en de nombreuses branches de la science — droit religieux, hadith, exégèse, sciences coraniques, langue, littérature, soufisme et rhétorique —, un maître de son époque, un Chaykh vénéré. Il rapporta le hadith du noble Compagnon ʿImrān ibn al-Muʿīn, ainsi qu’al-Muġīrah ibn Chuʿbah, Abū Bakr ath-Thaqafiyy, an-Nuʿmān ibn Bachīr, ʿAbdullāh ibn ʿAbbās, Anas et d’autres ; il vit ʿUthmān et entendit de lui quelques sermons du vendredi, ainsi que d’autres grands Compagnons ; nombre de Successeurs rapportèrent de lui, dont Thābit al-Bunāniyy, Mālik ibn Dīnār et bien d’autres. Certains l’accompagnèrent pour le droit religieux et devinrent juristes ; d’autres l’accompagnèrent pour le hadith et devinrent traditionnistes ; d’autres l’accompagnèrent pour le soufisme et l’ascèse et y atteignirent un degré éminent. Al-Ḥasan demeura ainsi un océan débordant de sciences diverses, de sagesses et de connaissances variées. Ḥajjāj al-Aswad rapporte qu’un homme fit un vœu, disant : « Puissé-je avoir l’ascèse d’al-Ḥasan, le scrupule d’Ibn Sīrīn, la dévotion de ʿĀmir ibn ʿAbd Qays, et la compréhension juridique de Saʿīd ibn al-Musayyab » — et il mentionna Muṭarrif ibn ach-Chikhkhīr pour une autre qualité ; on examina cela et l’on trouva tout cela pleinement réuni chez al-Ḥasan. Qatādah rapporte : « Al-Ḥasan était l’un des plus savants en matière de licite et d’illicite ; il tenait, qu’Allāh lui fasse miséricorde, des propos qui sortaient de lui comme des perles et des joyaux, et lorsqu’il parlait, ses paroles captivaient les cœurs et ses exhortations marquaient profondément les âmes des hommes. » Il possédait par ailleurs une vaste maîtrise de l’art oratoire, au point qu’on disait qu’il était le plus célèbre orateur de son époque en matière d’exhortation et de rappel ; on discernait, dans ses propos, le langage d’un homme sensé, avisé, perspicace, connaissant la portée des choses et embrassant une part abondante de compréhension et de mémoire. Ar-Rabīʿ ibn Anas rapporte : « J’ai fréquenté al-Ḥasan dix années durant, et il n’était pas un jour où je n’apprenais de lui ce que je n’avais jamais entendu auparavant. » Anas ibn Mālik, qu’Allāh l’agrée, rapporte : « Interrogez al-Ḥasan, car il a retenu ce que nous avons oublié. » Adh-Dhahabiyy rapporte, d’après Abū Hilāl : « J’étais auprès de Qatādah lorsque parvint la nouvelle de la mort d’al-Ḥasan ; je dis : « Il s’était certes plongé dans la science. » Qatādah dit : « Bien plus, elle a poussé en lui, il l’a assimilée et s’en est imprégné. » » ʿAṭāʾ, à qui l’on rapporta qu’al-Ḥasan disait réciter sur la dépouille lors des funérailles, répondit à celui qui l’interrogeait : « Ta science à ce sujet suffit ; c’est un immense imam, digne d’être suivi. » Yūnus ibn ʿUbayd, l’un des Chaykhs vertueux et des savants œuvrants dignes de confiance et pieux, rapporta une fois : « Je n’ai jamais vu quelqu’un dont la parole fût plus proche de l’acte qu’al-Ḥasan » ; il dit également ailleurs à son sujet : « Il était l’un des chefs des savants. » Tous ces témoignages attestent de l’ampleur de la science que cet homme atteignit, ce qui en fit un point de référence, l’un des piliers de la science et l’un des grands érudits de la communauté, qu’Allāh l’agrée et l’ait pour satisfait.

Son décès, qu’Allāh l’agrée : après une vie immense qu’il consacra à la science, à l’œuvre et au combat dans la voie agréée par Allāh, notre imam al-Ḥasan fut rejoint par la mort inéluctable ; cela survint en rajab de l’an cent dix, à l’âge d’environ quatre-vingt-huit ans ; on le porta alors dans des funérailles imposantes, majestueuses et grandioses ; on pria pour lui après la prière du vendredi à Baṣrah ; les gens l’accompagnèrent en foule et se pressèrent autour de lui, au point que la prière de l’après-midi ne put être célébrée ce jour-là dans cette grande mosquée. Sa mort affligea les notables, comme Ibn Sīrīn et d’autres ; Adh-Dhahabiyy rapporte, d’après Hichām ibn Ḥassān : « Nous étions auprès de Muḥammad [Ibn Sīrīn] un jeudi soir, lorsqu’un homme entra après la prière de l’après-midi et dit : « Al-Ḥasan est mort. » Muḥammad implora la miséricorde pour lui, changea de couleur et se tut, ne parlant plus jusqu’au coucher du soleil ; les gens se turent aussi devant lui, voyant sa profonde affliction. »

Qu’Allāh fasse miséricorde à l’imam al-Ḥasan al-Baṣriyy et élève son rang dans les jardins des délices ; Il est Celui qui entend l’invocation ; louange à Allāh, Seigneur des mondes.


[1] NdT : Wādī al-Qurā désignait historiquement une vallée d’oasis parsemée de villages, située sur les routes reliant le Hedjaz à la Syrie. Sa principale cité était Qurḥ (قُرْح), un important centre commercial et agricole. Les ruines de Qurḥ se trouvent aujourd’hui à environ 20 km au sud de la vieille ville d’Al-ʿUla, près du village de Mughayrah. Le nom Wādī al-Qurā a progressivement disparu au profit du nom Al-ʿUla, qui désigne aujourd’hui la région et la ville.