Mise en garde contre Ach-Chadhiliyyah Yachroutiyyah
Il se trouve essentiellement en Syrie, Jordanie en Palestine et au Liban, c’est un groupe dévié ils disent : « Rien n’est tel que Dieu et Il est toute chose. »
Certains parmi leurs hommes et femmes ont dit à deux personnes à deux occasions : « Toi tu es Allah et ce mur c’est Allah » car leur croyance est que Dieu s’incarne en la personne
Ceci s’est produit de la part d’un homme à Kafarsousah (c’est un ville qui se trouve en Syrie) et une femme à Beyrouth a dit ceci également..
Et ces gens-là, il est connu d’eux que les hommes et les femmes de leur groupe s’embrassent les mains les uns les autres, c’est-à-dire entre homme et femme.
Et l’un de leur homme a dit : « Je suis une partie de Dieu » et il faisait le discours dans une mosquée. Ils ont pour croyance que ce monde est une partie de Dieu.
De même, il y a le groupe de Mouhammad Amin Chaykou, ils disent que la volonté de l’esclave est antérieur à la volonté de Dieu, ils disent que si l’esclave veut que Dieu le guide alors Dieu le guide et si l’esclave ne veut pas que Dieu le guide alors Dieu ne le guide pas, hors c’est la volonté de l’esclave qui suit celle de Dieu, et ceci est un démenti du verset 30 de Al Insan :
وَمَا تَشَاءُونَ إِلَّا أَنْ يَشَاءَ اللَّهُ
ce qui signifie : « Et vous ne voulez que si Allah veut ». Notre volonté est donc soumise à la volonté de Dieu
Il faut mettre en garde contre eux sur le minbar c’est-à-dire les orateurs, car c’est un devoir d’ordonner le bien et d’interdire le mal, et le fait d’enseigner contribue à cela.
Y-a-t-il un de ces machaykh qui ait composé un écrit de mise en garde contre ces gens-là ? Pour dévoiler aux gens leur mécréance ? Qu’est-ce donc que cette négligence et ce laisser-aller ?
Nous avions dit précédemment qu’à chaque époque il y a un moujaddid qui renouvelle l’appel à l’islam, parmi ces caractéristique c’est qu’il dénonce les égarements de son époque, et nous retrouvons ces critères de notre chaykh. Ce sont des groupes qui se manifestent et diffusent leur mauvaise croyance. Ainsi le groupe de Mouhammad Amin est tombé dans la mécréance.
Alors que souvent ces machaykh mettent en garde par dessus les minbar c’est-à-dire dans leur discours contre le fait que les femmes dévoilent leurs cheveux en présence de ajnabiyy, et contre le fait d’aller au cinéma, et lequel de ces deux sujets est-il plus prioritaire pour la mise en garde sur le minbar ? Est-ce que c’est la mécréance ou ces péchés ? Assurément la mécréance.
Les yachroutiyyah sont ceux qui se réclament du Chaykh ^Aliyy Nouru d-Din Al Yachroutiyy qui a résidé à ^Akka (Acre) en Palestine. Il y a des gens qui ont bénéficié de ce savant c’est-à-dire de sa science et de sa tariqah mais d’autres se sont égarés parce qu’ils ont dévié de sa voie tout en se réclamant de lui, c’est-à-dire qu’ils prétendent le suivre, et ce depuis même son vivant, et ceci a souvent eu lieu par le passé, certains des machaykh il y a des gens qui restent attacher à la voie, et d’autres Dieu a voulu pour eux l’égarement, alors attachez-vous à la voie du chaykh ^Abdou l-Lah, un des élèves de Chafi^iyy, il voulait être son successeur, Chafi^iyy a désigné un autre et après la mort de Chafi^iyy, il a écrit un livre qu’il a appelé les erreurs de l’imam Ach-Chafi^iyy à cause de l’amour du pouvoir, prenez garde et rappelons de cela, ils sont à l’image de ‘ébullition de l’eau, puis ils disparaissent et ce qui est vrai reste, ils lui ont attribué des choses dont il est innocent.
Et la plupart des gens du Cham aujourd’hui s’applique à eux le hadith :
إذا فسد أهلَ الشامِ فلا خيرَ فيكم
ce qui signifie :« Si la corruption se propage parmi les gens de Ach-Cham alors il n’y a plus beaucoup de bien parmi vous. » Rapporté par Ibn Hibban qui l’a jugé sahih et de ibn ^Açakir dans son « tariikhou dimachq » c’est-à-dire l’histoire de Damas, avec deux versions, cette première, et dans une autre version : فلا خيرَ في أمّتي « il n’y a plus beaucoup de bien au sein de ma communauté.» c’est-à-dire que le bien diminuera dans tous les pays. Ceci est observable à notre époque dans les pays du Cham, il y a beaucoup de groupes égarés, raison pour laquelle nous les étudions et mettons en garde contre eux et accomplir le devoir d’ordonner le bien et d’interdire le mal. Ce chaykh ^Aliyy Nourou d-Din Al Yachroutiyy a vécu il y a un peu plus d’un siècle vers les années 1800-1900, et il était originaire de la Tunisie de la ville de de Bizert, puis il est parti en Palestine et de son vivant certains ce sont écartés de sa voie et il s’est innocenté bien qu’ils prétendaient le suivre mensongèrement et lui il disait qu’ils ne le suivaient pas.
Lettre de mise en garde contre les trois groupes : les wahhabites, le parti des frères musulmans, et le parti de at-Tahrir
Introduction
Allah ta^la dit dans le Qour’an :
كُنْتُمْ خَيْرَ أُمَّةٍ أُخْرِجَتْ لِلنَّاسِ تَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ
وَتَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنْكَرِ وَتُؤْمِنُونَ بِاللَّه
ce qui signifie : « Vous êtes la meilleur des communautés qui est émmergé parmi les gens, vous ordonnez le bien et interdisez le mal et vous croyez en Dieu. »
Et à l’opposé Allah a blâmé ce qui ont manqué à cette obligation par Sa parole :
كَانُوا لَا يَتَنَاهَوْنَ عَنْ مُنْكَرٍ فَعَلُوهُ لَبِئْسَ مَا كَانُوا يَفْعَلُونَ [٧٩]
[sourat Al-Ma’idah / 79] ce qui signifie: «Ils ne s’interdisaient pas le mal qu’ils faisaient; certes comme c’est mauvais ce qu’ils faisaient».
Le Chaykh nous a enseigné d’ordonner le bien et d’interdire le mal. En effet, depuis des dizaines avant même que la fitnah de ces groupes soient connus à large échelle, il mettait en garde contre ces trois groupes:les wahhabites, Hizbou l-‘Ikhwan et Hizbou t-Tahrir.
Pour cela, il est important que chacun d’entre nous maitrise parfaitement ce qu’ils disent et sache comment leur répliquer dans l’intention d’accomplir ce devoir d’ordonner le bien et d’interdire le mal.
Le Prophète a dit :
((حَتَّى مَتَى تَرَعُونَ عَنْ ذِكْرِ الفَاجِر أُذْكُرُوهُ بِمَا فِيهِ حَتَّى يَحْذَرَهُ النَّاس))
Ce qui signifie : « Jusqu’à quand allez-vous donc vous abstenir de citer le pervers, citez ce qui est en lui pour que les gens en prennent garde ».
Abou Hanifah a fait le voyage plus de 20 fois entre Al Basrah et Al Koufah pour répliquer aux mou^tazilah.
Par la volonté de Dieu nous allons réviser et étudier ensemble ce que disent ces trois groupes et comment leur répliquer et il y aura d’autres encore que ces trois pour que chacun d’entre nous ait connaissance et soit à jour pour répliquer.
Les wahhabites (Al-wahhabiyyah,) sont les gens qui ont suivi Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab mort en l’an 1206 de l’hégire, il y a environ deux cent dix ans.
Le parti dit des » Frères musulmans » (Hizbou l-‘Ikhwan) est formé par ceux qui suivent Sayyid Qoutb l’Egyptien, mort il y une trentaine d’années.
Quant à Hizbou t-Tahrir, ce sont ceux qui ont suivi Taqiyyou d-Din An-Nabahaniyy le Palestinien.
Nous allons donc citer ce que disent les wahhabites dans un premier temps en se basant sur cette lettre qui a été publié.
Les wahhabites
Leur fondateur
Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab est un homme en faveur duquel aucun des savants de son époque n’a témoigné qu’il avait de la science.
Commentaire :
Lorsque le Chaykh est venu en France il était content car il avait un livre édité par les wahhabites dans lequel il y a le blâme de Mouhammad ibn ^Abdi l-Wahhab, le livre est « As-souhoubou l Wabilah ^ala aDriHati l-Hanabilah » c’est-à-dire « les nuages déversant la pluie sur les tombes des savants hanbalites »composé par Mouhammad ibn ^Abdi l-Lah ibn Houmayd An Najdiyy (qui est à l’Est de l’Arabie) un moufti hanbalite de la Mecque qui a rédigé 800 biographies de savants hanbalites et lorsqu’il est arrivé à la biographie à ^Abdou l-Wahhab qui est lepère de Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab, il a dit en note de bas de page : « C’est le père de celui qui a semé la grande zizanie. » Il ne l’a pas cité en tant que savant mais en tant qu’égarer. Son père était donc un savant tout comme son frère qui s’appelle Soulayman, ce dernier a écrit deux livres pour lui répliquer.
Parfois les wahhabites vont dire qu’il a un savant du Yémen a fait son éloge tout comme cela fut le cas pour ibn Taymiyah, les savants avaient fait son éloge avant de connaître sa réalité. Il est habituel de faire cela pour encourager celui qui enseigne mais il ne savait pas sa réalité, et lorsqu’il l’a su qu’il était égaré, il a fait un autre poème pour le blâmer, cela les wahhabites ne citent pas.
Qui plus est, son propre frère Soulayman Ibnou ^Abdi l-Wahhab a composé contre lui deux répliques en raison de sa contradiction avec la croyance sur laquelle se tenaient les musulmans de sa région ainsi que tous les autres musulmans faisant partie des Hanbaliyy ou autres.
Commentaire :
Donc il contredisait non seulement les savants hanbalites mais aussi ceux des autres écoles. Il convient de lire « les mémoires de l’espion Mr Hempfer » qui est en anglais notamment dans une édition turque dans laquelle il raconte comment il a formé Mouhammad ibn ^Abdi l-Wahhab a son insu. (https://www.algerie-dz.com/forums/culture/371284-confessions-de-l-espion-britannique-%C3%A0-l-origine-du-wahhabisme-1%C2%B0 )
Il faut savoir qu’historiquement l’empire britannique voulait briser l’empire Ottoman, et il cherchait des points d’accroches notamment en plaçant des espions et donc parmi leurs idées, ils ont monté le groupe des wahhabites. Cet espion raconte comment il l’a perverti au file du temps car il a trouvé en lui un être obstiné imbu et marginale. Il est donc interessant d’observer ce point de vue historique.
Il y a d’autres ouvrages qui traitent de cela comme « Lawrence d’Arabie » sur le plan militaire (https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2019/07/lawrence-darabie-lagent-secret-fou-de-lorient ), il est connu qu’il y a eu beaucoup d’éléments extérieurs qui ont contribué à déstabiliser l’islam mais ce n’est pas l’objet de notre sujet, nous allons rester sur les points purement religieux afin de connaître les répliques.
La première des deux répliques s’appelle As–Sawa^iqou l-‘Ilahiyyah « Les foudres créées par Dieu » et l’autre s’appelle Faslou l-Khitab fi r-Raddi ^ala Mouhammad Ibni ^Abdi l-Wahhab « Le discours explicite catégorique après quoi il n’y a plus rien à dire, pour répliquer à Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab ».
Commentaire :
Egalement comme nous l’avons déjà cité, il y a le célèbre savant moufti des hanbalites à la Mecque Mouhammad fils de ^Abou l-Lah ibn Houmayd lui non plus ne l’a pas énuméré parmi les 800 savants cités dans les biographies comme nous l’avons dit précédemment, mais il a cité son père en faisant son éloge et il a blâmé Mouhammad ibn ^Abdi l-Wahhab en citant que son père était en colère contre lui, qu’il n’était pas satisfait de lui, et il disait au sujet de son fils : « Vous allez le mal qui va sortir de lui. » Allah lui a inspiré que son fils allait mal tourné. L’auteur (ibn Houmayd) de ce livre est mort environ 80 années après Mouhammad ibn ^Abdi l-Wahhab.
Les wahhabites ont trouvé une version manuscrite de ce livre « As-souhoubou l-Wabilah ^ala aDriHati l-Hanabilah » d’ibn Houmayd à Riyad, et lorsqu’ils ont vu que le livre parlait des hanbalites, ils l’ont imprimé en étant content. Après l’avoir imprimé, ils se sont rendus compte qu’il y avait des paroles de blâme au sujet de leur gourou et ils ont regretté, puis ils l’ont réédité en ajoutant un commentaire disant que cette partie était fausse, ce sont des falsificateurs.
Ibn Houmayd était un illustre savant moufti hanbalite à l’époque du Sultan Ottoman ibnou l-Hamid, avant que les wahhabites ne colonisent la Mecque et Médine, et le livre « Fitnatou l-Wahhabiyyah » de Ahmad Zayni Dahlan en parle et relate les méfaits de ce groupe lorsqu’ils ont pris possession de ces terres. Les wahhabites ont tué les gens, les femmes et les enfants et déclaraient associateurs les musulmans pour se rendre licite leur sang. (https://islamsunnite.net/le-moufti-de-la-mecque-le-chaykh-ibn-zayni-dahlan-denonce-mouhammad-ibn-abdi-l-wahhab/ )
Avant l’époque de ce moufti ibn Houmayd, c’était l’empire Ottoman qui gouvernait la Mecque et Médine, ils gouvernaient 48 départements, parmi lesquels il y avait le liban, la Syrie, la Palestine, la Jordanie et donc la Mecque et Médine. Le pouvoir central était à Istanboul.
A Makkah, il y avait 4 mouftis, une pour chacune des 4 écoles de jurisprudence.
Ce moufti ibnou Houmayd a vécu 80 ans après la mort de Mouhammad ibn ^Abdi l-Wahhab et il a fait ce livre sur les savants hanbalites, dans lequel il le blâme et indique ses égarements. Il a dit au sujet de Mouhammad ibn ^Abdi l-Wahhab.: « Il déclarait mécréant quiconque s’opposer à lui et il s’autorisait de le tuer. »
Quant à son frère le chaykh Soulayman c’était un savant comme son père, il lui donnait le conseil, en lui disant que ce qu’il disait était faux, et de l’égarement mais Mouhammad ibn ^Abdi l-Wahhab ne voulait pas écouter le conseil de son frère et il a même voulu le tuer au titre qu’il s’autorisait de tuer tout ce qui n’avait pas le même avis que lui.
Quand Mouhammad ibn ^Abdi l-Wahhab. a perdu tout espoir de le convaincre de suivre sa doctrine, il a monté un stratagème contre son frère pour le tuer. Il a engagé un fou avec une épée et l’a fait entré dans la mosquée pour le tuern mais lorsque ce fou est arrivé devant le chaykh Soulayman, il a laissé tombé l’épée et lui a dit : « ne t’inquiète pas, tu fais partie des protégés ». Ceci est un prodige, Dieu l’a préservé et il a par la suite quitté sa ville pour aller à Médine.
Chaykh ^Abdou l-Lah a dit : « Les gens de Jordanie m’ont rapporté qu’il y a environ 80 ans de cela, les wahhabites ont mené une attaque contre la partie Est de la Jordanie, ils ont tué plus de trois milles personnes qu’ils ont considéré mécréant et licite de les tuer. Maintenant ce qui les a détourné de pareil acte c’est qu’ils ont beaucoup d’argent, sinon ils auraient attaqué, pillé et tué les musulmans comme à leur habitudes. »
Certains qui se font payer par les wahhabites cachent leur histoire et ne les dénonce pas. Ils disent que Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab est venu pour purifier du chirk la communauté. Ils considèrent du chirk le fait de faire le tabarrouk par les prophètes et les saints et les vœux comme celui qui dit : « si Dieu guérit mon fils alors j’égorgerai un mouton en offrant la récompense à tel saint » cela est courant chez les musulmans. Faire un vœu en faveur d’un saint ou d’un prophète est pour eux du chirk, de l’idolâtrie du saint. Ils appellent d’ailleurs les sunnites « les idolâtres ».
Cours 2:
Le chaykh Soulayman savait que les gens de sa région faisaient des vœux pour les saints, c’est-à-dire le fait de promettre (wa^dah ou nadhat) d’offrir de la nourriture ou autres et faire parvenir la récompense pour le saint, chez les wahhabites ceci est considéré comme du chirk, ainsi lorsqu’il a vu son frère déclarer mécréant pour cela il l’a répliqué.
Le chaykh a dit : « Reconnaissez-les pour leur réalité, ils s’autorisent à tuer quiconque les contredit, et se rendent licite le sang des musulmans en les déclarant mécréant. Dieu les a dévoilé par le livre «« As-souhoubou l-Wabilah ^ala Dara’ihi l-Hanabilah » les nuages qui se déversent sur les tombes des hanbaliyy par Mouhammad ibn ^abdi lLah ibn Houmayd à l’époque.
Le savant réputé, le Moufti des Hanbaliyy à La Mecque Mouhammad Ibnou Houmayd lui non plus n’a pas mentionné Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab lors de l’énumération des gens de science chez les Hanbaliyy. Ayant cité environ huit cents savants, hommes et femmes, dans l’école Hanbaliyy, il a cité son père, ^Abdou l-Wahhab,en faisant son éloge comme ayant de la science et en citant que son père était en colère contre Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab, que non seulement il n’était pas satisfait de lui mais qu’il avait mis en garde contre lui en disant : « Vous allez voir ce que vous allez voir comme mal de la part de Mouhammad ».
Le Chaykh Mouhammad Ibnou Houmayd est décédé environ quatre-vingts ans après Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab.
Commentaire :
Et ibn Houmayd a dit que c’était un prodige de son père car c’est après sa mort qu’il a montré son égarement. Il s’est mis à tuer les gens sans raison valable, au point qu’on lui avait ramené un mou’adh-dhin qui était aveugle, et il avait fait as-Salatou ^ala n-Nabiyy après le ‘adhan, et Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab a ordonné de le faire exécuter.
La fitnah que le père de Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab pré-sentait s’est réalisé, et ceux qui l’ont suivi l’appellent chaykh de l’islam, le rénovateur.
Le fait que les wahhabites se font appelés « salafistes » est un mensonge clair et il n’est pas permis de les appeler ainsi car cette appellation, ils se sont attribués eux-même pour faire croire aux gens qu’ils sont sur la voie du salaf, on dit plutôt les prétendu salafistes. Les musulmans les ont nommé « wahhabites » depuis leur apparition et les savants les appellent ainsi jusqu’à nos jours.
Donc Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab n’était ni faqih, ni mouhaddith, ni un nahwiyy (spécialiste de la grammaire arabe). C’est pour cela que les savants qui ont inventorié les savants hanbalites ne l’ont pas cité comme un savant.
Qui a fait son éloge ? Uniquement ceux qui l’ont suivi et personne d’autres.
Quant à son propre frère Soulayman et le savant du Yémen Mouhammad ibnou l-‘Amir As- San^aniyy, ils l’ont tout deux blâmé. Dans deux livres pour son frère à savoir: As–Sawa^iqou l-‘Ilahiyyah et Faslou l-Khitab fi r-Raddi ^ala Mouhammad Ibni ^Abdi l-Wahhab.
Quant Mouhammad ibnou l-‘Amir As-San^aaniyy, c’était un de ses contemporains, au début il lui avait été présenté à lui comme quelqu’un qui défendait et appuyait la sounnah et qui combattait les bid^ah c’est-à-dire les mauvaises innovations, alors il a composé des vers de poésie pour faire son éloge, il a dit (https://alnbil.yoo7.com/t156-topic) :
قال الشيخ محمد بن إسماعيل الأمير الصنعاني –
رحمه الله – مادحاً الشيخ محمد بن عبد الوهاب ودعوته :
سلامــي على نجد ومن حـلَّ في نجد*****وإن كـان تسليـمي على البـُعد لا يُجــدي
c’est-à-dire : « Mon salam au Najd et à celui qui y a résidé, même si mon salam de loin n’a pas la portée escomptée. »
Puis il a eu l’information certaine que Mouhammad Ibni ^Abdi l-Wahhab était à l’opposé de ce qu’on lui avait dit, à savoir qu’il tuait les gens injustement, et il a par la suite composé un autre poème pour manisfester son désaccord avec Mouhammad Ibni ^Abdi l-Wahhab il a dit (https://asha3era.com/?p=251):
رَجعتُ عن القول الذي قلتُ في النجدي ** قد صحَّ لي عنه خلافُ الذي عِندي
c’est-à-dire « Je suis revenu sur la parole que j’ai dite du Najdiyy, parce qu’il a été confirmé chez moi le contraire de ce que j’avais su.»
Les wahhabites citent le premier poème mais pas le deuxième, preuve de leur manque d’objectivité. Nous leur disons : Si vous considérez cet homme As-San^aniyy comme une référence qui faisait l’éloge de votre référence c’est-à-dire Mouhammad Ibni ^Abdi l-Wahhab, pourquoi alors cachez-vous l’autre poème alors qu’il a été confirmé de lui qu’il est revenu sur sa parole ? La réalité c’est qu’ils le cachent en raison de leur fanatisme.
Leur mauvaise croyance
Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab a effectivement innové une nouvelle religion qu’il a enseignée à ceux qui l’ont suivi.
Commentaire : Le chaykh a dit « une nouvelle religion » et non simplement une divergence pour montrer leur grand égarement car ils n’adorent pas ce que nous adorons, ils adorent un corps.
Le principe de cette religion c’est l’assimilation de Allah à Ses créatures, c’est de croire que Allah est un corps assis sur le Trône, Al-^Arch. Ceci revient sans aucun doute à assimiler Allah à Ses créatures puisque la position assise fait partie des caractéristiques des humains. Celui qui est assis a une partie supérieur et inférieur il est limite, Par cela il a contredit la parole de Allah ta^ala :
لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء
(layça kamithlihi chay’)
[sourat Ach-Choura / 11] ce qui signifie : « Absolument rien n’est pareil à Lui ».
Commentaire : Assimiler bien cette argumentation, il a dit : « ils ont innové une nouvelle religion », ensuite il explique quelle est la base de leur religion « Le principe de cette religion c’est l’assimilation de Allah à Ses créatures » puis il explique pourquoi cela contredit l’islam en citant le verset du Qour’an.
Les Salaf vertueux, c’est-à-dire les prédécesseurs des musulmans à savoir les musulmans des trois premiers siècles, se sont accordés à dire que celui qui attribue à Allah un des attributs des humains est devenu mécréant tout comme l’a dit l’Imam, le Mouhaddith,le Salafiyy c’est-à-dire les vrais Salaf – qui a vécu dans les trois premiers siècles de l’hégire – Abou Ja^far At–Tahawiyy qui est de Taha un village en Egytpedans son traité de croyance très connu sous le nom de Al-^Aqidatou t–Tahawiyyah – la croyance Tahawiyyah – puisqu’il a dit : (wa man wasafa l-Laha bi ma^nan min ma^ani l-bachar faqad kafar) : « Celui qui qualifie Allah par un des sens des humains est devenu mécréant ».
Le Messager d’après ce qu’à rapporté Al Boukhariyy a dit :
((خير القرون قرني ثم الذين يلونهم ثم الذين يلونهم))
ce qui signifie : « Les meilleurs des gens sont ceux de “mon qarn“ puis ceux qui viennent après puis ceux qui viennent après ».
Quant au « Qarn » les savants ont divergé, certains ont dit qu’il s’agit d’un siècle donc ce qui ont vécu jusqu’à l’an 300 de l’hégire, et certains on dit que le Salaf s’arrête à l’année 220H, et c’est le premier avis qui est le plus connu et il est renforcé en raison de la version de ibn Hibban dans lequel le Prophète a dit a trois reprise « puis ceux qui les suivent ». Si on fait le calcul des gens qui ont suivi, on arrive à l’an 300.
Et le Chaykh cite une autre preuve, il dit que le Hafidh ibn ^Açakir (499H-571H) a composé un livre « Tabinou kadhibou l-Mouftari » c’est-à dire « L’indication des mensonges calomnieuses » pour défendre Abou l-Haçan Al Ach^ariyy dans lequel il affirme que c’est les trois premiers siècles. (https://islamsunnite.net/imam-bayhaqi-eloge-achari-acharite-imam/ )
Parmi les choses qui constituent la croyance de ce groupe wahhabite, c’est de déclarer mécréant quiconque dit : « Ô Mouhammad » (Ya Mouhammad), de déclarer mécréant celui qui visite la tombe des prophètes ou des saints pour faire le tabarrouk à savoir pour en rechercher les bénédictions (al-barakah), c’est de déclarer mécréant quiconque toucherait une tombe pour en rechercher les bénédictions (at-tabarrouk) ou de déclarer mécréant quiconque porterait à son cou un hirz, à savoir une pochette comportant du Qour’an ou une évocation de Allah.
Ils considèrent tout cela semblable à l’adoration des idoles ou des statues, contredisant par là ce sur quoi étaient les compagnons et le Salaf vertueux, les vertueux prédécesseurs.
En effet, il a été confirmé qu’il est permis de dire (Ya Mouhammad) « Ô Mouhammad » en cas de difficulté. Cela a été confirmé chez les compagnons
Commentaire :
Le compagnon est celui qui a rencontré le Prophète, qui a cru en lui et qui est mort musulman même si entre sa rencontre avec le Prophète et sa mort il a eu une période d’apostasie. S’il est revenu à l’islam avant la mort, on considère qu’il a le statut de compagnon, et ce qu’il rapporte du Prophète constitue un argument tout comme celui qui n’aurait pas apostasié durant une période.
et chez ceux qui sont venus après eux, qu’ils fassent partie du Salaf vertueux ou de ceux qui les ont suivis dans chaque époque qui se soit écoulée pour les musulmans.
Commentaire :
Le Prophète a dit de ^Abdou lLah ibn ^Oumar lui qu’il était un homme vertueux, et il a témoigné de sa piété. Il est rapporté de lui qu’après la mort du Prophète sa jambe s’est paralysée et on lui a dit : « Cite la personne que tu aimes le plus » et il a dit « ya Mouhammad » et sa jambe s’est guérie. D’autres que lui l’ont fait, pourquoi les wahhabites déclarent mécréant les musulmnas pour cela ?
Et il y a aussi un compagnon qui avait tué un des chefs des mécréants et il était en compagnie du Prophète, plus tard il s’est retrouvé dans un groupe de compagnons que le Prophète avait envoyé pour enseigner à un groupe de gens l’islam, et ils furent attaqués et emprisonnés, et il y avait entre autres parmi eux ce compagnon.
L’un de ceux qui l’a fait prisonnier l’a vendu à la famille de celui qu’il avait tué, et cette famille de ce mécréant l’a acheté dans l’intention de se venger. Ils l’ont gardé prisonnier chez eux un temps à la Mecque, puis ils sont sortis à l’extérieur pour le tuer. En effet, même s’ils étaient idolâtres, ils accordaient un respect pour la Mecque et ne tuaient pas en son enceinte.
Ce compagnon qui était Khoubayb ibn ^Adiyy a dit avant qu’on ne l‘exécute : « Laissez-moi faire deux raka^ah ».
Ils l’ont laissé puis quand il a fini il a dit « Allahouma hsihim ^adada » et il a dit ces vers de poésie :
ولست أبالي حين أقتل مسلماً * على أي شق كان لله مصرعي وذلك في ذات الإله وإن يشأ * يبارك على أوصال شلو ممزع
qui a pour sens: « Je ne me fais pas de souci du moment que je suis tué musulman,
sur la manière dont ma mort a lieu, pour rechercher de Allah l’agrément
Tout cela pour l’amour de Allah et pour Son agrément et s’Il le veut,
Il bénira des lambeaux de chair éparpillés. »
Puis il a dit « Ya Mouhammad » comme cela est rapporté dans le hadith.
(https://islamsunnite.net/le-compagnon-khoubayb-secria-ya-mouhammad-en-son-absence-ibnou-l-jawzi/ )
Ce fut donc la dernière parole qu’il a dite et c’est une preuve que ce n’est pas de la mécréance, après cela, ils l’ont tué et accroché sur une branche.
Ce compagnon était un saint, si c’était de la mécréance que de dire « Ya Mouhammad » il n’aurait pas été attesté de lui qu’il est un saint. La preuve est qu’il est rapporté à son sujet que lorsqu’il était prisonnier, une femme a témoigné de ce qu’elle a observé et elle a dit : « je le voyais manger du raisin en étant enchainer alors qu’il n’y avait pas cela à la Mecque.», ceci à l’image du prodige de notre dame Maryam. C’était Khoubayb ibn ^Adiyy etil fut le premier à instaurer cette innovation de ces deux raka^ah avant avant l’exécution.
Cours 3 :
Il a été rapporté de l’Imam Ahmad Ibnou Hanbal dont ils se réclament pourtant dans leur pays, un texte sur le caractère permis de toucher la tombe du Prophète, de toucher son Minbar et de les embrasser, si on le fait pour se rapprocher de l’agrément de Allah en recherchant la barakah. Ceci figure dans son célèbre livre (Al-Mach-hour). « Al Jami^ou fi l-ghilal wama^rifati r-rijal
Commentaire :
Donc ici le chaykh rapporte un texte de l’Imam Ahmad Ibnou Hanbal qui fait parti des quatre imams connus ayant son école de jurisprudence chez Ahlou s-sounati wa l-jama^ah et il est celui duquel les wahhabites se réclament dans leur pays.
Lorsqu’ils sont poussés au débat ils disent : « Nous nous sommes des hanbalites. » alors qu’ils ont la croyance du tachbih et attribuent à tort cela à l’imam Ahmad, il est innocent de cela.
Donc pour cacher leur égarement, il se réclame de lui. Qu’a-t-il dit ? il a dit qu’il permis de toucher la tombe du Prophète, de toucher son Minbar et de les embrasser, si on le fait pour se rapprocher de l’agrément de Allah en recherchant la barakah, il n y’a pas de mal en cela tant que c’est pour avoir les récompenses de Dieu en faisant le tabarrouk c’est-à-dire la recherche d’augmentation en bien.
Les wahhabites se sont singularisés de la communauté en déclarant mécréant quiconque rechercherait le renfort par le degré du Messager (istighathah) quiconque invoquerait Allah par le degré du Messager (tawassoul), ou encore qui ferait le tawassoul par lui après sa mort.
Commentaire :
Le tawassoul est la demande à Allah de bénéficier de quelque chose de profitable, bénéfique et utile ou de repousser quelque chose de nuisible en citant le nom d’un être de vertu comme un prophète ou un saint ou une bonne oeuvre en espérant l’exaucement par honneur pour ce dont on a cité.
Les wahhabites se sont singularisés c’est-à-dire mis à l’écart de la communauté en déclarant mécréant quiconque rechercherait le renfort par le degré du Messager (istighathah). On leur dit : Comment le Prophète a-t-il appelé la pluie ? « Ghaythan moughithan » c’est-à-dire un renfort secoureur, donc une créature peut secourir par la volonté de Dieu.
Ils ont déclaré que le tawassoul – par quelqu’un d’autre qu’une personne vivante et présente, serait de la mécréance. Ainsi, à partir de cette règle qu’ils ont décrétée, ils se sont permis de déclarer mécréante toute personne qui les contredirait à ce sujet en se rendant licite de la tuer.
Effectivement, leur chef Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab a dit : (Celui qui répond à notre appel aura les mêmes droits et les mêmes devoirs que nous. Mais celui qui ne nous rejoint pas est un mécréant dont le sang est licite).
Commentaire :
Le Chayk a dit : « Les wahhabites sont une najaçah ils sont najis, c’est-à-dire que leur croyance est najis. Ils appellent les gens à assimiler Allah à Ses créatures et à déclarer mécréant les croyants injustement du simple fait qu’ils disent « ya Mouhammad ».
Pour eux la personne devient ainsi mécréante par le simple fait de faire le tawassoul, ou si quelqu’un accroche un hirz autour du cou comportant du Qour’an, ils le déclarent mécréant.
Ils se rendent licite le sang des musulmans, certains jeunes vont étudier dans leurs universités, ils y restent trois ans et deviennent wahhabites. Lorsqu’ils reviennent ensuite chez eux, ils déclarent mécréant leurs parents.
L’un d’eux a tué ses parents en raison du fait qu’ils commémoraient le Mawlid et ceci en application de la doctrine de leur chef Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab a dit : (Celui qui répond à notre appel aura les mêmes droits et les mêmes devoirs que nous. Mais celui qui ne nous rejoint pas est un mécréant dont le sang est licite). Qui a rapporté cette parole ? Il s’agit de l’illustre savant, le chef des enseignants à la Mecque le chaykh Ahmad ibn Zayni Dahlan, il a rapporté cela de Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab, qu’il disait et appelé les gens à cela dans son livre. Il a rapporté aussi bien les faits historiques et les répliques sur les points de croyance.
Son frère Soulayman lui a dit un jour : « Combien y a-t-il de principaux devoirs en islam ? » Il lui a répondu : « Cinq » et Soulayman lui a répliqué : « Non toi tu as rajouté un sixième, tu as dit que celui qui n’est pas avec toi est un mécréant ». Lorsqu’il a craint que Mouhammad le tue il est parti à Médine et c’est là-bas qu’il a écrit les répliques contre son frère.
Et avant le chaykh Ahmad ibn Zayni Dahlan, le Moufi de la Mecquele Chaykh ibn ^Abdi l-Lah Ibn Houmayd Al-Hanbali An-Najdiyy dans son livre « As-Souhoubou l-Wabilah ^ala Dara’ih Al-Hanâbilah » son recueil de biographies de savants Hanbalites, il mentionne la biographie du Chaykh ‘Abdoul-Wahhab [Le père de Mouhammad ibn ‘Abdil-Wahhâb et ensuite ibn Houmayd a mentionné Mouhammad ibn ‘Abdil-Wahhâb et sa doctrine de déclarer mécréant et de se rendre licite de tuer tous ceux qui le contredisaient. Ceux qui l’ont suivi jusqu’à nos jours ont cette croyance. (https://islamsunnite.net/le-moufti-de-la-mecque-ibn-houmayd-denonce-mouhammad-ibn-abdi-l-wahhab/ )
Mouhammad ibn ‘Abdil-Wahhab lorsqu’il a envoyé une lettre aux musulmans, c’était dans les années 1820, ct récent et il a suffi de peu de temps pour qu’ils fassent beaucoup de dégâts. Leur fitnah est comparable à celle de Ad-Dajjal ils payent des millions chaque année pour leur da^wah et malgré cela les sunnites ont le dessus sur eux, que Dieu les fasse disparaître totalement.
Lorsque Mouhammad ibn ‘Abdil-Wahhab a commencé à enseigner sa doctrine à des bédouins, ils s’y sont attachés. Dans sa stratégie, il a visé des ignorants comme ils le font de nos jours, ils prennent des ignorants et leurs font croire qu’ils sont les seuls sur la vérité.
Jusqu’à maintenant telle est leur croyance, quiconque ne fait pas parti de leur groupe, ils s’autorisent de le tuer mais ne le montrent pas dans leurs assemblées.
Et ils combattent aussi les Soufiyy, pour eux ce sont des mécréants. Qui est le soufiyy ? C’est celui qui a appris la science de la religion, qui s’est détourné du bas monde et a suivi la voie du prophète.
Eux les déclarent mécréants, et ici nous parlons des soufiyy véritables tels que Ahmad Ar-Rifa^iyy, ^Abdou l-Qadir Al Jilaniyy, Abou l-Haçan ach-Chadhiliyy, ou encore le chaykh An-Naqchabandiyy et non ceux qui suivent ceux qui se sont égarés parmi eux.
Le chaykh a dit que la plupart des tariqah à notre époque ont été corrompu à l’exception de celle de Ar-Rifa^iyy car dés le départ, il défendait la croyance alors que les autres n’ont pas fait cela et l’égarement est rentré même chez les premiers successeurs de ses chouyoukh de la tariqah comme le groupe Zaydite en Syrie. Leur chef était kurde, c’était un homme de bien et à sa mort, ils ont nommé son fils qui était un ignorant, et il s’est mis à adorer le chaytan et le suivre.
Il y a aussi parmi les tariqah qui se sont égarés, ceux qui disent que la totalité de ce monde c’est Allah ou que les choses qu’on voit sont des parties de Dieu, ou ceux qui disent que Dieu s’incarne dans les corps.
Le chaykh a débattu avec une femme qui avait cet égarement, elle disait que Dieu était dans sa main et le chaykh lui a répliqué que Dieu était tout puissant à faire bouger sa main sans qu’Il ait besoin d’y être à l’intérieur, mais elle s’est entêtée et le chaykh l’a délaissé.
Allah ne s’incarne pas dans les corps, Il n’est pas une caractéristique d’un corps et ne change pas.
Ces gens qui disent que Allah rentre dans les corps comme les Chadhiliyy Yachratiyy, ce sont des gens qui suivent à la base un chaykh qui était un homme de bien de la ville de Bizerte en Tunisie, il se nomme ^Aliyy Nourou d-Din. Il est allé en Palestine et les gens ont profité de lui, ils étaient sur sa tariqah mais il y a des gens qui se sont réclamés de lui alors qu’ils avaient dévié dans la croyance en disant que Allah rentre dans les corps, lui même s’était innocenté d’eux durant son vivant mais eux sont restés sur l’égarement. Jusqu’à maintenant on les trouve encore en Syrie, en Palestine, en Jordanie et même aux Comores ils se font appeler yachratina.
Pour cela, il ne faut pas négliger la mise en garde contre les groupes égarés, le Prophète ne laissait pas passer même moins que cela.
Il est rapporté qu’un jour un orateur faisait un discours et a dit :
مَن يُطِع الَله ورسولَه فقد فاز.
ومن يعصهما فقد غوى.
فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: « ِبئسَ الخطيب أنت.
قل: ومن يعص الله ورسوله ».
صحيح مسلم | كتاب الجمعة باب تخفيف الصلاة والخطبة (حديث رقم: 1436 )
Ce qu’il a dit n’était pas de la mécréance, il a dit : « Celui qui obéit à Allah et à Son messager, il aura gagné, et celui qui leur désobéit, il aura perdu. » Le prophète lui a dit ce qui signifie: « Tu es un mauvais orateur. » Car il a dit leur désobéit avec un pronom possessif qui englobe Dieu et Son messager au lieu de dire désobéit à Dieu et à Son messager pour marquer à la distinction.
Si pour cela le Prophète ait intervenu, alors à plus forte raison il convient d’intervenir pour ce qui est de l’ordre de la mécréance.
Notre chaykh lorsqu’il savait qu’il y avait des égarés, il n’hésitait pas à ordonner le bien. Une fois, il a su qu’il y avait des wahhabites dans sa ville, il est alors sorti dans toutes les mosquées pour mettre en garde contre eux, et il y avait 99 mosquées.
Ainsi nous disions que les wahhabites déclarent les soufiyy véritables de mécréants alors que ce sont des gens de bien contrairement à ce qui se font passer pour des soufiyy. Les soufiyy font partis de l’élite de la création car ils connaîssent la science, ils ne sont pas des ignorants, et ils suivent la loi et l’appliquent et ils délaissent ses passions et penchants de l’âme.Ils ne mangent pas beaucoup, ne recherchent pas après les mets délicieux, ni les vêtements luxueux, leurs coeurs sont attachés à l’au-delà.
Abou Bakr est un soufiyy, ^Oumar aussi, ^Outhman aussi, ^Aliyy aussi, Abou Hourayrah et un grand nombre de compagnons étaient soufiyy.
Parmi les successeurs aussi il y avait des soufiyy et le meilleur d’entre eux, le Prophète avait cité son nom, Qui est-il ? Il s’agit Ouways Al Qaraniyy. Ceci était un de parmi les signes de la prophétie de notre Prophète puisqu’il avait annoncé cela de son vivant.
Voilà le sens des vrai soufiyy, et parmi les caractéristiques des soufiyy, il y a le fait qu’ils évoquent beaucoup Allah, alors que pour les wahhabites, ils sont les pires des mécréants, ce sont des chayatin car c’est le chaytan qui n’aime pas les gens qui font beaucoup d’adorations, les wahhabites imitent les démons en cela.
Celui qui déclare mécréant la personne qui va visiter la tombe d’un prophète ou d’un saint est quelqu’un qui n’a pas connu le sens de l’adoration, et il a contredit ce sur quoi sont les musulmans. Pourquoi ? Car les musulmans qu’ils fassent parti du Salaf ou du Khalaf visitaient la tombe du Prophète, ils n’ont jamais cessé de le faire.
Cette visite pour le tabarrouk ce n’est pas parce qu’ils croient que le Prophète leur crée les bénédictions, mais le sens est qu’ils espèrent que Allah leur crée la barakah par leur visite de la tombe du Prophète.
Et Al Bayhaqiyy a également rapporté avec une chaine de transmission authentique d’après Malikou d-Dar le trésorier de ^Oumar, celui qui avait été charger de surveiller le trésor des musulmans. On note ici que ^Oumar n’a pas chargé n’importe qui pour cette tâche mais bien quelqu’un de confiance car les wahhabites essayent de discréditer cet homme.
Il a dit : « Les gens ont été touché par une sécheresse à l’époque de ^Oumar et un homme s’est alors rendu auprès de la tombe du Prophète et lui a dit :
يا رسول الله استسق الله لأمتك فإنهم قد هلكوا. فأتاه رسول الله صلى الله عليه وسلم في المنام فقال: إيت عمر، فأقرئه مني السلام، وأخبرهم أنه مسقون، وقل له عليك بالكيس الكيس.
(https://www.darulfatwa.org.au/ar/ )
Ce qui signifie : « Ô Messager de Allah demande la pluie pour ta communauté, ils sont en train de périr en raison de la sécheresse. C’est alors que cet homme a vu le Messager dans le rêve qui lui a dit quatre choses : Va voir ^Oumar et passe lui le salam de ma part, et informe-leur qu’ils vont avoir la pluie et dis à ^Oumar qu’il fasse le maximum d’effort afin de faire ce qui est dans l’interêt de la communauté. »
L’homme est ensuite allé voir ^Oumar et lui raconté son rêve. ^Oumar s’est alors mis à pleurer et a dit : « Ô Seigneur, je ferai tout ce qui est en ma capacité pour servir la communauté »
Pourquoi nous citons ce hadith ? Car l’homme est allé à la tombe du Prophète, et ^Oumar ne lui a pas reproché cela. Est-ce que d’autres compagnons lui ont repproché cela ? Non plus. Les savants ont rapporté cela de générations en générations et l’ont apprécié, c’était le compagnon Bilal ibn l-Harith Al Mouzaniyy pas celui qui fait le ‘adhan mais un autre, Al Mouzaniyy en référence à sa tribu.
Certains wahhabites disent : « Nous ne connaissons pas Malikou d-Dar. » Nous leur disons : Est-ce que ^Oumar va désigner un inconnu pour le trésor des musulmans ? c’est quelqu’un de confiance bien que cela ne leur déplaise .
D’autre part, le Hafidh Al ^Iraqiyy a fait le commentaire d’un hadith au sujet de Mouça, dans lequel le Prophète a rapporté le lieu où la tombe de notre maitre Mouça se situait. Vous savez que notre maitre Mouça était avec son peuple lorsqu’ils ont traversé la mer, que Pharaon et son armée les ont poursuivi et sont morts noyés dans la mer. Quand Mouça et son peuple sont arrivés dans les pays du Cham, ils ont eu l’ordre de combattre les mécréants à Jérusalem mais ils ont refusé d’exécuter l’ordre et Dieu les a épprouvé en leur faisant rester quarante ans perdus dans le désert, notre maitre Mouça était avec eux non pas parce qu’il fut englobé par cette épreuve mais pour leur enseigner leur religion car ils ne pratiquaient plus. Mouça avait souhaité mourir proche de Jérusalem, il a dit : « Ô Allah fait moi mourir près de la terre sacrée à une distance d’un jet de pierre. » C’est ce que le Prophète a rapporté ensuite il a dit :
(wa l-Lahi law ‘anni ^indahou la’araytoukoum qabrahou ‘ila janbi t-tariqi ^inda l-kathibi l-‘ahmar) ce qui signifie : « Par Allah si j’étais auprès de lui, je vous aurai montrer sa tombe en bordure du chemin près de la colline rouge. »
Le Hafidh Al ^Iraqiyy a dit en commentaire de ce hadith : « il y a en cela la preuve du caractère recommandé de connaître les tombes des vertueux pour les visiter et les entretenir. ».
Que disent les wahhabites ? Le Prophète indique que c’est une bonne chose et eux disent que c’est une idolâtrie.
Vous le savez qu’il y a eu plusieurs guerres, celle de 48, celle de 67 et de 73, il s’agit des principales, avant 1967, c’était les soldats jordaniens qui veillaient la tombe de notre maitre Mouça, maintenant ceux qui tiennent les lieux n’aiment pas les prophètes contrairement à nous, ils les ont tué mais la tombe était connue.
Cours 4 :
Ibn Taymiyah est le premier a avoir interdit le tawassoul par le Prophète, tout comme l’a cité le faqih ^Aliyy as-Soubkiyy dans son livre « Chifa’ou s-saqam » il a dit : « Sache qu’il est permis et recommandé de faire le tawassoul, l’isti^anah, et le tachaffou^ (demande d’intercession) par le Prophète à son Seigneur soubhanahou wata^ala, et le caractère autorisé de cela c’est-à-dire le fait que ce soit un bien, fait parti des sujets connus pour tous ceux qui sont attachés à la religion. Et cela est connu pour nous par la pratique et l’enseignement des prophètes et des messagers, et de la conduite des pieux prédécesseurs, des savants et des gens du communs parmi les musulmans. Personne n’a renié cela des différentes religions, et on n’en a pas entendu d’aucune époque l’interdiction de cela, jusqu’à ce que vienne Ibn Taymiyah, et il a dit des propos qui mènent les gens de faible connaissance dans la confusion et il a innové ce en quoi il n’a été précédé par personne dans les différentes époques.»
Un contemporain a dit pour répliquer à Ibn Taymiyah : « Le fait qu’il œuvre pour empêcher les gens de visiter le Prophète démontre d’une animosité qu’il a en lui envers le Messager. »
Comment pourrait-on concevoir que se serait de l’association (chirk) enver Allah que la visite des tombes et le tawassoul de la part des musulmans alors qu’ils qui ont pour croyance à propos du Prophète, qu’il est l’esclave de Dieu et Son messager, et qu’ils répètent cela dans leurs prières environ vingt fois par jour pour perpétuer ce souvenir ?
Les gens de science n’ont pas cessé d’interdire aux gens du communs les mauvaises d’innovations blâmables en tout sujet de leur vie, de sorte que s’il survenait de leur part une mauvaise innovation et ils les guideraient vers le comportement requis lors de la visite des morts par exemple. Bien au contraire, les gens de science n’ont pas considéré les musulmans associateurs pour cela, c’est-à-dire pour le fait qu’ils visitent le Prophète et font le tawassoul.
Comment n’en serait-il pas ainsi alors que Dieu les a sauvé du chirk et leur a accordé la foi. Le premier à avoir accusé les musulmans d’associateur par ce prétexte c’est ibn Taymiyah, et ces successeurs (c’est-à-direles wahhabites) qui se sont rendus licites les biens des musulmans et leurs sangs l’ont suivi en cela.
Celui qui veut approfondir ses connaissances sur les preuves qui contredisent leurs propos, qu’il lise les livres de répliques contre les wahhabites, comme le livre Ar-Raddou l-Mouhkamou l-Matin « La Réplique infaillible et ferme » qui est le livre du chaykh ^Abdou l-lah Al Ghoummariyy ou encore les livres Al-Maqalatou s-Sounniyyah fi Kachfi dalalati Ahmadi bni Taymiyah « Le livre des paroles éclairées pour dévoiler les égarements de Ahmad Ibnou Taymiyah ». Ce deuxième livre a été appelé ainsi car Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab a tiré l’interdiction du tawassoul par quelqu’un d’autre qu’une personne vivante sans preuve dans les textes et présente à partir des livres de Ibnou Taymiyah, lui qui est décédé il y a environ sept siècles en 728 de l’Hégire.
Commentaire :
Personne n’a rendu interdit avant lui ceci, il a tiré une règle inexistante, il s’est marginalisé et a contredit la voie des musulmans en contredisant la parole du Prophète : « la tajtami^ou oummati ^ala Dalalah ». Il ne faut donc pas se laisser impressionner par un wahhabite, on lui dit : Ton prétendu chef ibn Taymiyah a sorti une règle que personne n’a dit avant lui, je te laisse dix ans et tu ne trouveras pas un savant avant lui qui a dit une chose semblable. Comment alors suis-tu quelqu’un qui ne suit pas le Prophète ? Eux considèrent sa parole comme si c’était le Qour’an.
Ibnou Taymiyah avait pourtant approuvé que celui qui a été atteint par la paralysie de la jambe dise (Ya Mouhammad) « Ô Mouhammad ». Ceci est en effet correct et a été confirmé de Ibnou Taymiyah dans son livre Al-Kalimou t–Tayyib « Les belles paroles » contredisant ainsi ce qu’il avait dit dans le livre At-Tawassoul wa l-Wacilah « L’invocation par le degré des êtres de vertu et la cause par laquelle on recherche l’agrément de Allah ».
Ainsi, Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab est tombé en accord avec lui pour ce qui figure dans son livre At-Tawassoul wa l-wacilah tout en contredisant ce qui figure dans son autre livre Al-Kalimou t–Tayyib.
Commentaire :
Dans le livre du chaykh ^Abdou l-Lah Al Harariyy « At-Ta^awoun ^ala n-nahyi ^ani l-mounkar» p32 au sujet des wahhabites, il dénonce leur déclaration de mécréance des musulmans.
Sachez que les wahhabites déclarent mécréants les musulmans même s’ils ne le disent pas haut et fort mais c’est leur croyance au fond.
Un des wahhabites a dit dans la mosquée du Prophète : « les trois quart des musulmans sont mécréants car ils disent « ya Mouhammad » « ya ^Abdou l-Qadir Al Jilaniyy » et il était un enseignant.
En 1993 l’un de leur chef Abou Bakr Al Jaza’iriyy celui qui a écrit soit disant le livre « La voie du musulman » a dit un jour au sujet de la tombe du Prophète : « Par Allah l’islam ne sera sur la droiture que s’ils font sortir cette idole de la mosquée. » Et il a montré la tombe du Prophète. Ceci est une déclaration de mécréance envers les musulmans, alors qu’il a été confirmé des compagnons du Prophète dans la bataille contre Mouçaylimah le menteur que leur devise durant la bataille était de dire « ya Mouhammada », ils appelaient le prophète et ceci est confirmé par le Hafidh At-Tabariyy.
Hizbou l-‘Ikhwan
Ils ont plusieurs appellations dans certains pays ils sont appelés ^ibadou r-rahman, dans certains jama^atou l-islamiyyah, selon les pays. Ils suivent donc Sayd Qoutb qui est à la base un journalise marxiste, sa doctrine comme on va le voir est que celui qui gouverne avec autre chose que le Qour’an, même sur une seule question, aura réfuté la divinité de Allah et aura prétendu la divinité pour lui-même.
La principale caractéristique des Khawarij c’est qu’ils prennent des versets révélés à propos des mécréants, et les expliquent concernant les musulmans. Comment sont-il apparus la première fois ? Ils sont apparus à l’époque de notre maitre ^Aliyy lorsqu’il y a eu l’assassinat de ^Outhman. lorsque ^Aliyy fut nommer après lui calife bien guidé.
A l’époque où il était calife, ^Outhman avait désigné un gouverneur pour diriger les pays du Cham, c’était Mou^awiyah ibn Abi Soufyan ibn Harb.
Son père Abou Soufyan ibn Harb était parmi les notables de Qouraych qui avait d’ailleurs menait la caravane du Cham et qui est revenu pour la bataille de Badr, et il est entré en islam à l’année de la conquête de la Mecque.
Lui et son fils Mou^awiyah n’était donc pas parmi les premiers compagnons à être entré en islam.
Mou^awiyah un jour alors qu’il avait été appelé par le Prophète, était de manger. Celui qui avait été envoyé pour l’appeler est revenu au Prophète en disant qu’il était en train de manger. Normalement il convient de répondre à l’appel du Prophète, car il est plus chère que notre propre personne mais lui, à trois reprises avait préféré continuer son repas et le Prophète a alors invoqué contre lui en disant : « La yachba^a l-Lahou batnahou » ce qui signifie : « Que son ventre ne soit jamais rassasié.»
Mou^awiyah lorsqu’il gouvernait le Cham, il était de la famille de ^Outhman, et quand les musulmans ont fait le pacte d’allégeance à ^Aliyy, il a dit : « Je ne prêterai allégeance que si on retrouve les assassins de ^Outhman. » ^Aliyy a dit : « Si je savais que si j’allais devant la ka^bah et que je jurai que ce n’est pas moi qui est commandité l’assassinat de ^Outhman et que j’ignore qui sont les coupables, ils ne me croiraient pas en moi car ceux sont des gens qui veulent le pouvoir. »
Et effectivement lorsque Mou^awiyah a eu le pouvoir il n’a plus cherché les coupables, car les meurtriers sont inconnus, l’assassinat a eu lieu dans un bain de foule, des gens sont entrés chez ^Outhman et l’ont tué.
^Aliyy a mené par la suite trois batailles pour combattre ceux qui ont refusé de prêter allégeance à lui, la bataille de Al Jamal, As-Siffin, et Nahrawan, et celle de Siffin était contre Mou^awiyah.
Dans le Qour’an Allah dit dans sourate Al-Houjouraat /9 :
ce qui signifie : « Et si deux groupes de croyants se combattent faites la conciliation entre eux. Et si l’un d’eux se rebelle contre l’autre, combattez le groupe qui se rebelle jusqu’à ce qu’il se conforme à l’ordre de Dieu. »
Donc il est dit que si deux groupes de musulmans s’entretuent, alors réparez le différent entre eux et si l’un des deux se rebelle contre l’autre, combattez le groupe rebelle jusqu’à ce qu’il revienne sur le droit chemin. Ainsi lorsque ^Aliyy a combattu, il était dans son droit tandis que Mou^awiyah était en tort.
Autre preuve qu’il était dans l’erreur, c’est le hadith au sujet du compagnon ^Ammar ibn Yaçir et sa mère est Soumayyah, ses parents sont parmi les premiers martyrs. C’est ^Ammar qui lorsqu’il avait été menacé de mort et forcé de dire une parole de mécréance, il l’avait dite et était parti voir le Prophète en pleure pour lui raconter ce qui c’était produit, et le Prophète lui avait dit de refaire cela si la situation se renouvelait.
Le Prophète a dit une parole concernant ^Ammar que Mou^awiyah a d’ailleurs rapporté, et nous disons que tout les compagnons sont dignes de confiance dans ce qu’ils rapportent du Prophète, même s’ils sont par ailleurs grand pécheur, ils sont fiables pour preuve Sa parole ta^ala :
لِتَكُونُوا شُهَدَاءَ عَلَى النَّاسِ وَيَكُونَ الرَّسُولُ عَلَيْكُمْ شَهِيدًا ۗ
[Sourate Al-Baqarah 143] ce qui signifie : « afin que vous soyez des témoins pour les gens et que le Messager témoigne de votre véridicité »
Quel est cette parole ? Le Prophète a dit : « wayha ^Ammar taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah » qui signifie« Pauvre ^Ammar le groupe rebelle va le tuer. »
Et nous nous disons ce que le Prophète a dit sans dépasser la limite, à savoir « baghiyah» concernant Mou^awiyah, et nous ne cachons pas ce fait historique comme certains le font, alors qu’il y a eu des milliers de morts, les savants ont expliqué cela et ont parlé de ces hadith.
Mou^awiyah lorsque ^Aliyy l’a défié en lui disant qu’il a tué ^Ammar et il a répondu « En le ramenant sur le champ de bataille c’est toi qui l’a tué » sous-entendant que c’était par sa faute, et ^Aliyy lui a alors répliqué : « Que diras-tu de Hamzah que le Prophète a ramené à la bataille ?
Il n’a su rien dire. Faites attention à trois choses : le pouvoir, l’argent et les femmes, c’est ainsi que les soufiyy élèvent leur disciple. L’amour du pouvoir peut amener à beaucoup de discorde.
Notre maitre ^Aliyy lors de la bataille contre les apostats, était un simple soldat dans l’armée de Khalid ibnou l-Walid pourtant ce dernier ne faisait pas parti des premiers à être entré en islam, alors que ^Aliyy était enfant lors qu’il est entré en islam bien avant lui, il ne s’est pourtant pas refusé à obéir à quelqu’un qui a un degré moins que le sien.
Mou^awiyah n’avait pas avec lui beaucoup de compagnons, ceux qui étaient avec lui, c’étaient des gens du Cham qui étaient entré en islam ultérieurement, et il les a entrainé dans ce conflit. ^Amr ibnou l-^As ne faisait pas parti non plus des premiers, c’est lui qui a conquit l’Egypte après, il était aussi de l’armée de Mou^awiyah.
Il était quelqu’un de stratège, il a dit Mou^awiyah : « Ordonne à ton armée de prendre le Qour’an et ainsi l’armée de ^Aliyy ne les combattra pas. » En effet, il avait vu que l’armée allait perdre la bataille face à celle de ^Aliyy et lorsque l’armée de ^Aliyy les a vu faire cela ils ont arrêté la bataille, car ils étaient face à des gens qui levaient le Qour’an.
Ensuite ^Amr ibnou l-^As a suggéré à Mou^awiyah de dire à ^Aliyy que chacun des deux parties désigne un représentant afin d’échanger et se mettre d’accord sur un compromis.
^Aliyy a donc accepté afin de limiter le sang des musulmans et il a désigné Abou Mouça Al Ach^ariyy pour l’arbitrage et Mou^awiyah a donc désigné ^Amr ibnou l-^As.
Abou Mouça Al Ach^ariyy est l’ancêtre de Abou l-Haçan Al Acha^ariyy, et il y a d’ailleurs un verset du Qour’an dans lequel Allah fait l’éloge de ceux qui vont ordonner le bien et interdire le mal, et le Prophète a dit après avoir cité ce verset 54 de sourate Al-Ma’idah :
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا مَن يَرْتَدَّ مِنكُمْ عَن دِينِهِ فَسَوْفَ يَأْتِي اللَّهُ بِقَوْمٍ يُحِبُّهُمْ وَيُحِبُّونَهُ أَذِلَّةٍ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ أَعِزَّةٍ عَلَى الْكَافِرِينَ يُجَاهِدُونَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَلَا يَخَافُونَ لَوْمَةَ لَائِمٍ ۚ
(ya ayyouha l-ladhina ‘amanou man yartadda minkoum ^an dinihi ; fasawfa ya’ti l-lahou biqawmin youhibbouhoum wa youhibbounahou ; ‘adhillatin ^ala l-mou’mina a^izzatin ^ala l-kafirina ; youjahidouna fi sabili l-lahi wa la yakhafouna lawmata la’imin) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, celui parmi vous qui apostasie de sa religion, Allah fera venir par la suite des gens qui aiment Allah et Allah les agrée, ces gens sont modestes envers les croyants, et rudes envers les associateurs ils font des efforts dans la voie agrée par Allah et ne craignent pas les blâmes du blâmeur ».
il a dit ce qui signifie : «C’est le peuple de cet homme » en désignant Abou Mouça.
Abou l-Haçan Al Acha^ariyy est l’un des deux grands imams de Ahlou s-sounati wal-jam^ah, la plupart de savants sunnites sont ach^arites dans la croyance et certains sont matourites.
Parmi les savants Ach^arites il y a Abou Bakr Al Bahiliyy, Abou Ishaq Al Isfara’iniyy,Abou Nou^aym al-Asbahaniyy,Al Qadi ^abdou l-wahhab Al Malikiyy,Abou Mouhammad al-Jouwayniyy, son fils imamou l-haramayn Abou l-Ma^aliyy ^adbou l-Malik al Jouwayniyy la référence de la Mecque et Médine, Abou Mansour At-Tamimiyy Al Baghdadiyy,le Hadidh Ad-Daraqoutniyy dans la science du hadith,Al Khatib Al Baghdadiyy, ^Abdou l-Qaçim Al Qouchayriyy, Abou n-Nasr, Abou Ishaq Ach-Chiraziyy l’auteur de Al Louma^ dans ousoulou l-fiqh, Al Farawiyy, Abou Wafa’ ibn waqil al Hanbaliyy,Ad-Damaraniyy Al Hanafiyy, Abou l-Walid Al Bajiliyy Al Malikiyy,l’imam Ahmad Ar-Rifa^iyy, la Hafidh Abou l-Qaçim ibn ^Açakir,le Hafidh As-Silafiyy, le Qadi ^Iyad Al Malikiyy, le Hafidh Al ^Ala’iyy, le Qadi Taqiyou d-Din As-Soubkiyy, Tajou d-Din As-Soubkiyy qui était son fils, le Hafidh Zaynou d-Din Al ^Iraqiyy, le Hafidh Waliyyou d-Din Al ^Iraqiyy, le Hafidh Mourtada z-Zabidiyy le commentateur du Qamous de Fayrou Al Abadiyy, Zakariyya Al Ansariyy dans le fiqh Chafi^ite comme Manhajou t-Toullab et Fathou l-Wahhab, Bahrou d-din ar-Rawwas, le moufti de la Mecque Ahmad ibn Zayni Dahlan, le Qadi ibn Farqoun Al Malikiyy,le Hafifh ibn Fouraq, Abou Hamid Al Ghazaliyy, le Hafidh Al Hakim, le Hafidh Al Isma’iliyy,le Hafidh Al Bayhaqiyy, Fakhrou d-Din ibn ^Açakir, le Hafidh ^Ala’ou d-din Al Boukhariyy,ibn Hajar Al Haytamiyy, les Hafidh Al Haythamiyy, As-Sakhawiyy, Abou l-Faraj ibn l-Jawziyy,Mouhammad Siraj Al Jabartiyy, le mouhaddith ^Adbou l-Lah Al Basriyy, le Sultan Salahou d-din Al Ayyoubiyy, le sultant ibn Qalawoun, le sultan Mouhammad Al Fatih Al Matouridiyy, Mouhammad Za’id Al Kawthariyy, ^Abdou l-Ghaniyy An-Naboulsiyy, le faqih Abou Bakr Al Housni, le Chaykh Az-Zarkachiyy, Abou Bakr At-Tafazaniyy, ibn Mouhammad Al Harawiyy, Charafou d-din, Yahya ibn Moukrin At-Tabariyy, ^Abdou l-Fattah Mouhammad ibn abi bakr al Moughariyy, ^Outhman Sirajou d-din, Mouhammad Al-Amir Al Kabir, ibnou t-Tilimçaniyy, Abou Bakr As-Sayrafiyy, le Chaykh ^Abdou l-Lah Al Haddad Al Hadramiyy, Mouhammad Habibou l-Lah Ach-Chanqitiyy,^Adbou l-Majid Ach-Charnoubiyy, ibnou l-Wardiyy qui a composé des vers de poésie pleines de sagesse, Jalalou d-din et ^Imadou d-din Al Qazwiniyy, Kamalou d-din Al Az-Zamalkaniyy, le Qadi Najmou d-din ibn Sasrah, Chamsou d-din ibn ^Adnan Ach-Chafi^iyy, Tajou d-din ibn ^Ata’, Zaynou d-din ibn Makhrouf, le Qadi Badrou d-din ibn l-Jama^ah, ^Abdou l-Lah ibn l-Jama^ah, ibnou l-Mou^allim Al Qourachiyy, le Hafidh Ahmad Al Ghoummariyy de Fes au Maroc, Al Boulqinyy.
Tous ces savants sont bien connus depuis des siècles par les gens de science que celui qui veut vérifie. Quiconque insulte Al Ach^ariyy aura insulté la majeur partie des savants de la oummah que Dieu les guide.
Ainsi ^Aliyy a accepté cette arbitrage afin d’arrêter l’effusion du sang des musulmans bien qu’il savait qu’il était dans son droit. Alors ^Amr a proposé à Abou Mouça que chacun se désengage de l’allégeance qu’il a fait pour son chef, et Abou Mouça a accepté et il n’aurait pas du le faire. Lorsqu’ils ont annoncé aux gens le résultat de leur concertation, ^Amr était rusé, il a dit à Abou Mouça: « toi tu parles en premier. » Cela nous permet d’apprendre sur l’histoire afin de ne pas refaire les même erreurs de ceux qui nous ont précédé.
Alors Abou Mouça a dit : « je me désengage » et ^Amr n’a rien dit et ils se sont séparés ainsi.
Après cela, un groupe de parmi l’armée de ^Aliyy s’est alors dit : Comment ^Aliyy accepte-t-il l’arbitrage des humains alors que Allah dit :
إِنِ الْحُكْمُ إِلَّالِلَّهِ
Ce verset a été révélé à l’époque des frères de Youçouf ^alayhi s-salam, ils étaient beaux, et leur père Ya^qoub leur avaient envoyé pour chercher la nourriture en Egypte, et il avait conseillé à ses fils de ne pas tous rentrer par la porte principale de crainte qu’ils ne soient frapper par le mauvaise œil, mais plutôt d’entrer par des portes différentes. Et ils ont dit à la fin : إِنِ الْحُكْمُ إِلَّالِلَّهِ
c’est-à-dire même si on prend nos précautions n’aura lieu que ce que Dieu a prédestiné. Donc le verset ne veut pas dire qu’il ne faut pas accepter l’arbitrage des humains, mais il signifie « n’aura lieu que ce que Dieu a prédestiné ».
Ces gens de son armée ont donc cité ce verset alors qu’il était hors de son contexte, ils en avaient compris que seul Dieu pouvait juger et ^Aliyy leur a répondu : كَلِمَةُ حَقٍّ أُرِيدَ بهَا بَاطِلٌ c’est-à-dire « C’est une parole de vérité par laquelle on en a voulu un sens qui est faux » car ils ont vu le mot « houkm » et en on compris la gouvernance et qu’on ne pouvait faire appliquer l’arbitrage que par Dieu. Pourtant il y a dans le Qour’an un verset qui parle de l’arbitrage lorsqu’il y a un désaccord entre deux époux, on fait intervenir un médiateur de la famille de l’homme et un de celle de la femme afin qu’ils négocient de ce qui est le mieux soit de rester ou de se séparer.
Allah dit dans sourate An-Niça’/35:
وَإِنْ خِفْتُمْ شِقَاقَ بَيْنِهِمَا فَابْعَثُوا حَكَمًا مِنْ أَهْلِهِ وَحَكَمًا مِنْ أَهْلِهَا
إِنْ يُرِيدَا إِصْلَاحًا يُوَفِّقِ اللَّهُ بَيْنَهُمَا إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَلِيمًا خَبِيرًا [٣٥]
ce qui signifie : « Et si vous craignez le désaccord entre le mari et la femme dans le couple alors prenez pour arbitre quelqu’un de la famille du mari et de celle de la femme pour juger. S’ils veulent la réconciliation, Allah rétablira l’entente entre eux, et certes Dieu sait plus que tout autre. »
Donc l’arbitrage existe, ces gens se sont trompés et Hizbou l-Ikhwan sont les héritiers des Khawarij.
Leur principe fondateur
Pour ce qui est de Hizbou l-‘Ikhwan, le parti dit des Frères musulmans, ils ont quant à eux suivi Sayyid Qoutb (qui est un Egyptien qui fut exécuté par le président à son époque) dans sa parole : (Celui qui gouverne avec autre chose que le Qour’an, même sur une seule question, aura réfuté la divinité de Allah et aura prétendu la divinité pour lui-même) ceci en prétendant s’appuyer sur la parole de Allah ta^ala :
ومن لم يحكُمْ بما أَنزلَ اللهُ فأولئكَ هم الكافرون
(wa man lam yahkoum bima ‘anzala l-Lah fa’oula‘ika houmou l-kafiroun)
[sourat Al-Ma‘idah / 44].
Il s’est ainsi rendu licite le sang des chefs de gouvernement qui gouvernent avec des lois humaines ainsi que le sang des gens qu’ils administrent.
Commentaire :
Pourquoi ? Car Sayyid Qoutb a expliqué ce verset en prétendant que quiconque gouverne par autre que la loi de l’islam est mécréant.
Ce verset a été cité concernant les juifs et ils l’ont appliqué sur les musulmans, et c’est parmi les caractéristiques des Khawarij.
Nous nous disons que celui qui fait un péché est désobéissant et que le péché ne fait sortir de l’islam que si la personne se le rend licite, Abou Ja^far At-Tahawiyy a dit : « Nous ne déclarons pas mécréant quelqu’un de notre religion pour un péché qu’il a commis tant qu’il ne se le rend pas permis. »
Cours 5 (03/02023):
Leur contradiction
Leur explication de cette ‘ayah est contraire à l’explication qu’a donnée ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père.
Qui est Al ^Abbas ? c’est l’oncle paternel du Prophète, le frère du père du Prophète et il avait beaucoup d’estime pour son oncle Al ^Abbas et le considérer comme son père.
Lorsque ^Oumar a demandé la pluie il a fait le tawassoul par Al ^Abbas il a dit :
اللهم إنّا نتوسل اليك بعمّ نبيك فاسقنا
Allahoumma inna natawassalou ‘ilayka bi^ammi nabiyyika fasqina
c’est-à-dire : « Ô Allah nous faisons le tawassoul à Toi par l’oncle de Ton Prophète. Accorde-nous la pluie. » et ce en raison de la considération que le Prophète avait pour lui et non en raison du fait que le Prophète était mort et que le tawassoul ne se ferait qu’en présence de quelqu’un qui est vivant comme le prétendent à tort les wahhabites qui ont suivi ibn Taymiyah dans cela.
Le tawassoul de ^Oumar par Al ^Abbas a été fait pour deux raisons : d’une part enseigner aux gens qu’on peut faire le tawassoul par autre que le Prophète et d’autre part Al ^Abbas lui même a donné la raison, il a dit :
« اللّهُمَّ إنّ القَوْمَ تَوجَّهُوا بي إلَيْكَ لِمَكَانِي مِنْ نَبيّكَ »
فَتَبيَّنَ بُطْلانُ رأْيِ ابن تيمية ومَنْ تَبِعَهُ مِنْ منكري التوسل. رَوى هذا الأَثَرَ الزُّبَيرُ بنُ بكَّار كما قالَ الحافظُ ابن حجر،
c’est-à-dire : « Ô Allah les gens t’ont évoqué par moi en raison de ma proche parenté avec ton Prophète. » de Az-Zoubayr ibn Bakar comme l’a dit le Hafidh ibn Hajar.
Il avait dix fils et le dernier a été appelé Tammam, il a dit un vers de poésie après le dernier :
تمّوا بتمام فصاروا عشرة يا ربّ فاجعلهم كراماً بررة
c’est-à-dire : « Les enfants ont été conclu par Tammam le dixième, ô seigneur fais qu’il soit honorable et bienfaisant.»
Une fois le prophète les a tous pris sous sa cape et leur a tous fait des invocations, et même les marches de la pièce ont dit ‘amiin.
^Abdou l-lah ibn ^Abbas est enterré à At-Ta’if qui se trouve à 130 km à l’Est de la Mecque, qui est une montagne à l’origine, ramené par l’ange Jibril depuis les pays du Cham pour la ramener là-ba, il l’avait soulevé avec une plume de son aile. L’air de Ta’if est frais contrairement au reste de cette région, et on y trouve des fruits comme des grenades, des raisins alors que la région est désertée.
Il a un fils du nom de Ma^bad qui est enterré en Tunisie dans la ville de Béja, beaucoup de gens ne le savent pas et il un à un fils enterré en Ouzbékistan « Houçam », ils sont partis diffuser l’islam.
Le cousin du Messager de Allah a expliqué cette ‘ayah lui qui est connu comme étant Tarjoumanou l-Qour’an, l’Exégète de référence du Qour’an. En effet, le Messager de Allah avait fait une invocation en sa faveur pour qu’il ait la compréhension du Qour’an. Dans le Sahih de Al-Boukhariyy premier tome page 25, chapitre : La parole du Prophète : (( اللهمَّ علِّمْهُ الكتاب )) (Allahoumma ^allimhou l-Kitab) ce qui signifie : « Ô Allah enseigne lui le Livre », il a été rapporté que le Messager ^alayhi s-salam l’avait pris dans ses bras, et il lui a dit :
اللهمَّ علِّمْهُ الكتاب
(Allahoumma ^allimhou l-Kitab)
« Ô Allah accorde lui la science du Qour’an »
cela signifie enseigne lui l’exégèse du Qour’an. Et cela montre l’affection et l’amour que le Prophète avait l’amour pour les gens. Une fois les gens de la campagne sont venus et ils ont vu que les compagnons embrassaient leurs enfants et ils étaient rudes les gens de la campagne, ils ont dit : Vous embrassez vos enfants ? Ils étaient été et ils ont dit nous nous n’embrassons pas nos enfants et le Prophète a répondu ce qui signifie : « Que voulez-vous que je fasse si Allah ne vous a pas accordé cette miséricorde. »
Lorsque le fils de la fille du Prophète allait mourir, il a pleuré et un compagnon a dit : « Qu’est-ce que cela ô Messager de Dieu même toi tu pleures ? c’est-à-dire qu’il était étonné et le Prophète a répondu ce qui signifie : « ces larmes sont une miséricorde. ». Il est important d’être sensible et d’avoir de l’affection.
et il lui a dit également :
اللهم فقهه في الدين وعلمه التأويل
(Allahoumma faqqih-hou fi d-din wa ^allimhou t-ta’wil)
ce qui signifie : « Ô Allah enseigne lui la science de la religion et fais qu’il maîtrise l’exégèse du Qour’an ». Ceci est également un hadith sahih rapporté par Ibnou Hibban.
Ibn ^Abbas enseignait les gens les divers sciences et durant Ramadan il sortait des savants.
L’explication de Sayyid Qoutb est donc contraire à l’explication de Ibnou ^Abbas entre autres, parmi les compagnons et ceux qui les ont suivis jusqu’à nos jours parmi les savants de l’Islam.
Commentaire :
Hizbou l-i khwan a délaissé le tafsir d’ibn ^Abbas, et nous disons le partie dit des frère musulmans car ce ne sont pas des musulmans.
A l’origine ce groupe avait été formé par un homme de bien Haçan Al Banna il était ach^ariyy pour contrer notamment combattre les colons anglais. Il apprenait aux jeunes la science et ce n’était pas pour contrer l’autorité locale mais contre les colons.
Puis les colons se sont infiltrés et ont corrompus le groupe et lorsqu’il a appris cela il a dit : « ce ne sont ni des frères ni des musulmans. » Ils faisaient des choses atroces comme les khawarij, qui prennent les verset qui concernent les non musulmans et ils l’appliquent sur les musulmnans.
Ils leur aient arrivé de tuer une femme enceinte, et d’autres alors que ce sont des musulmans.
Sayyid Qoutb et son group sont des zindiq c’est-à-dire un hypocrite qui est quelqu’un qui montre l’image de l’islam mais qui en son fort intérieur le déteste, comme ceux qui à notre époque rejette les hadiths et disent nous prenons que du Qour’an. Quel est leur objectif ? c’est de détruire l’islam, même dans les pays musulmans ils se font passer pour des islamologues, des docteurs ce sont des imposteurs et cela n’est pas pour diminuer le degré des savants mais pour les dénoncer. Si quelqu’un a de la science, on le respecte mais si c’est un charlatan on ne le respecte pas même si lui prétend parler aux noms de l’islam. Ce n’est pas le fait d’avoir des diplômes qui fait le respect mais la conformité avec le Livre et la sounnah. Il faut être vigilant et ordonner le bien. La réplique face à eux est simple, il y a dans le Qour’an la preuve contre eux, dans Sa parole dans sourate Al Hachr /7 :
وَمَا آتَاكُمُ الرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَاكُمْ عَنْهُ فَانْتَهُوا
ce qui signifie : « Ce que le Prophète vous a amené prenez le et ce qu’il vous a interdit abstenez-vous en. »
D’ailleurs ces gens comment font-ils la prière ? Il n’y a pas tout le détail, cela figure dans le hadith comme beaucoup d’autres choses qui ne sont pas indiqués dans le Qour’an, les khouff par exemple passez-les mains mouillées par dessus c’est dans le hadith.
Sayyid Qoutb est un zindiq tout comme les mou^tazilah et autres qu’eux.
Ibnou ^Abbas avait passé une nuit avec le prophète dans la maison de sa tante maternelle Maymouna qui était la sœur de sa mère et l’une des épouses du Prophète, et ce tellement il voulait apprendre du Prophète et savoir ce qu’il faisait le soir. Il y a en cela une indication d’enseigner aux enfants, aux voisins désleur plus jeune âge, le Prophète a dit :
ce qui signifie : « Ordonnez à vos enfants de faire la prière à partir de 7ans, s’ils ne la font pas à l’âge de 10 ans corrigez-les. »
Il a constaté que le Prophète a fait le ^Icha’ puis il s’est endormi, il y a en cela l’indication du bienfait de dormir tôt après avoir fait la prière sans excuse valable.
On ne dit donc pas de moquerie sur le fait de dormir tôt, ou blâmer cela dés lors qu’on a su que c’était l’habitude du Prophète. Faites attention aux jugements de valeur, on ne dit pas j’aime pas ou ce n’est pas bien alors que ce sont des choses bonnes en islam, il faut qu’ils soient conformes à la loi de l’islam et non selon nos passions.
S’il y avait un besoin pour régler des affaires il le faisait puis il allait dormir. Le chaykh faisait aussi cela.
Puis le Prophète se réveille au milieu de la nuit pour faire des prières sounnah. Le milieu est le temps entre le coucher du soleil et l’aube, la moitié. Dans certains pays le coq chante pile au milieu de la nuit, et à l’aube aussi. Le Prophète a dit « Lorsqu’un coq chante profitez pour faire des invocations car il a vu un ange. »
Puis il se rendort une deuxième, puis il se réveille à nouveau et fait des prières sounnah et se rendort une troisième fois et ensuite le mou’adh-dhin fait l’appel pour réveiller les gens avant la prière du soubh et il se lève puis il y a l’appel pour la prière du soubh et il l’accompli.
Lorsque le Prophète s’est levé la première fois il a ramené l’eau pour le Prophète et a fait le woudou avec lui et le Prophète était content il l’a pris entre ses brase et a invoqué pour qu’il apprenne l’explication du Qour’an et il est devenu l’exégète par excellence par les bénédictions de l’invocation.
C’est donc lui qui a expliqué ce verset que Hizbou ikhwan a mal expliqué.
L’interprétation correcte
En effet, il a été confirmé de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas,que Allah l’agrée, ce qu’a cité Al-Hakim dans Al-Moustadrak dans la page 313 du deuxième tome : « Ahmad Ibnou Soulayman Al-Mawsiliyy nous a rapporté de ^Aliyy Ibnou Harb qui nous a rapporté de Soufyan Ibnou ^Ouyaynah d’après Hicham Ibnou Houjayr d’après Tawous qu’il a dit : « Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père, a dit : « innahou layça bi l-koufri l-ladhi yadh-habouna ‘ilayh ; innahou layça koufran yanqoulou ^ani l-millah (wa man lam yahkoum bima ‘anzala l-Lahou fa’oula‘ika houmou l-kafiroun) koufroun douna koufr » ce qui signifie : « Il ne s’agit pas de la mécréance à laquelle les gens pourraient penser. Ce n’est pas le koufr qui fait sortir de la communauté. Dans la parole « Celui qui gouverne par autre chose que ce que Allah a révélé ce sont eux les kafiroun », il s’agit d’un koufr en deçà de la mécréance ».c’est-à-dire que c’est un grand péché qui ressemble à la mécréance en raison de sa gravité mais c’est moins que de la mécréance.
Ce hadith est sahih de chaîne de transmission » fin de citation de Al-Hakim.
Commentaire :
Al Hakim dans Al-Moustadrak Que veut dire Al-Moustadrak ? Cela veut dire ce qui est compensé car il a composé deux livres un qui est resté sous sa forme de brouillon afin de reunir les hadith que Al Boukhariyy et Mouslim n’ont pas rapporté tout en gardant les même critères qu’eux. Ceci est également rapporté de Ahmad dans « Ahkamou l-liçan ».
Ces corrupteurs égarés ont délaissé l’explication de ibn ^Abbas et ils ont expliqué d’une explication qu’aucun savant n’avait donné avant Sayd Qoutb. C’est cette raison qui les a amené à faire autant de nuisance, en Egypte ils prenaient l’argent des musulmans et les déclaraient mécréants en prétendant que c’est le butin.
L’un d’eux qui s’est repenti a témoigné, il a dit qu’il avait inscrit son enfant à l’école publique, ils l’ont déclaré mécréant et ont remarié sa femme à quelqu’un d’autre.
En prison étant donné qu’ils s’étaient déclarés mécréants les uns les autres, ils ne priaient pas ensemble et ils attendaient que l’un ait fini sa prière pour accomplir à son tour jusqu’au point que la prière du soubh avait le temps de sortir que les derniers n’avaient pas fait la prière c’était dans les années 80-90 ;
En partant de ce postulat, ils déclarent aussi mécréant l’armées, et tout le système de l’état car ils disent qu’ils n’appliquent pas la loi de l’islam.
Dans un de ces livres Sayyid Qoutb a dit : « Toute l’humanité a apostasié même les mou’adh-dhin qui répète l’attestation de foi car ce n’est pas avec un sens concret. » Ils ont fait des bains de sang dans beaucoup de pays, et ils se sont alliés aux wahhabites, les uns déclaraient mécréants les gouvernements et l’autres les musulmans en raison du tawassoul, tabarrouk, et autres.
D’où l’importance de connaître leur idéologie afin de denoncer et preserver la communauté car ils prennent les gens par les sentiments. Ils disent : regarde ce gouverneur c’est un injuste, il prend l’argent du peuple, il attise la haine puis il déclare mécréant les gouverneurs et entrainent les gens dans la rébellion. Ils ont fait preuve d’outrance dans leur déclaration de mécréance, Abou Ja^far At-Tahawiyy a donné la règle : « Nous ne déclarons pas mécréant quelqu’un de notre religion pour un péché qu’il a commis tant qu’il ne se le rend pas permis. ».
Comment délaisser l’explication de ibn ^Abbas surnommé « le «savant de la communauté » « l’exégète par excellence », pour retenir la parole de Sayid Qoutb alors qu’il n’était ni faqih ni mouhaddith ni autre et qui était un hypocrite, un journalise marxiste?
En 1934, il avait écrit un article dans un journal égyptien où il demandait au gouvernement d’autoriser les gens à sortir nu dans la rue puis il s’est repenti.
Par ailleurs les affaires juridiques personnelles, depuis l’époque des Omeyyades, beaucoup de gouverneurs n’appliquaient pas toute la loi de l’islam. Les Omeyyades sont ceux de banou Oumeyyad ce qui ont succédé à Mou^awiyah après les califes bien guidés. Mou^awiyah celui qui avait combattu l’imam ^Aliyy en raison de sa quête du pouvoir. Il ne faisait pas parti des premiers compagnon, il est entré en islam après la conquête, c’est son armée qui a tué ^Ammar, celui dont le Prophète avait dit à son sujet ce qui signifie : « Pauvre ^Ammar le groupe rebelle va le tuer, lui il les appelle au Paradis et eux l’appelle à l’enfer. » c’est un hadith moutawatir rapporté par plus de quinze compagnons dont Mou^awiyah. Ce hadith indique qui avait raison et tort dans ce conflit, le Prophète les a nommé « bagiyah » et le fait que nous disions ce que le Prophète a dit à leur sujet n’est en rien une insulte enlever les compagnons comme certains le disent pour nous discréditer.
Lorsque ^Aliyy était face à Mou^awiyah et qu’il lui a dit : « Ton armée a tué ^Ammar » et tu as toi aussi entendu que le Prophète a dit que ^Ammar allait être tué par le groupe rebelle c’est donc c’est vous », il a répondu : « Non c’est toi qui l’a ramené à la guerre donc c’est toi qui l’a tué » Aliyy lui a repondu : « Qu’est-ce que tu vas dire de Hamzah que le Prophète avait ramené à la bataille de Ouhoud ? » Il n’a rien pu dire, le pouvoir aveugle, c’est cela qu’il cherchait et il l’a obtenu.
Donc il y avait des injustice depuis l’époque des Omeyyades pourtant personne n’a dit qu’ils étaient mécréants, bien qu’ils aient été injuste.
Et lorsque nous disons que tous les compagnons sont digne de confiance, il s’agit de ce qu’ils rapportent du Prophète et cela ne signifie pas qu’ils sont tous des pieux et des vertueux car il y a parmi eux ceux dont le Prophète a annoncé qu’ils seront en enfer.
Il est rapporté que certains compagnons seront en enfer En effet, il a dit au sujet d’une personne qui faisait partie des gens de As-Souffah chez qui on avait trouvé un ou deux dinars, le Prophète a dit : kayyatoun‘aw kayyatani bin-nar)ce qui signifie: »Une ou deux brûlures par le feu« . En effet, il montrait l’apparence d’être pauvre et cachait de l’argent.
Il a dit au sujet d’un autre qui était avec le Messager dans la conquête, qui avait pris une cape, c’est-à-dire qu’il l’avait prise en cachette avant que le butin ne soit partagé : (ra’aytou chamlatahou tachta^ilou ^alayhi nara) ce qui signifie : « J’ai vu sa cape bruler de feu sur lui »
Quelqu’un d’autre qui combattait avec force les mécréants dans certaines conquêtes et qui avait plu à certains compagnons lorsqu’ils avaient vu son activité, le Messager avait dit de lui (‘innahou fi n-nar) [rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Il sera en enfer ».
Donc tous les compagnons n’ont pas le même degré que Abou Bakr, ^Oumar, ^Outhman et ^Aliyy, même lorsque le Prophète a dit « La tasoubbou ashabi » ce qui signifie : « N’insultez pas mes compagnons » à Khalid ibnou l-Walid , il était pourtant d’un haut degrés on le surnommé « sayfou l-Lah « , il n’était pas parmi les premiers. Une fois il a eu une altercation avec un autre compagnon qui faisait parti des anciens de parmi les premiers, et le Prophète avait dit cette parole. Ici ce qu’il a visé ce sont les prédécesseurs ce qui sont venus dés le début et non tous les compagnons dans l’absolu.
Le Prophète a dit aussi baghiyah ceci n’est pas une parole d’éloge et montre bien qu’il ne s’agit pas de tous dans l’absolu, le fait que nous disions cette parole n’est pas donc une insulte injustement. Il ne faut pas se laisser perturber par ce que certains disent lorsqu’ils disent : Ils insultent les compagnons, ^A’ichah, Mou^awiyah.
Nous disons la vérité pas plus, ^A’ichah lorsqu’elle est sortie c’était au départ pour essayer de concilier entre le groupe qui n’a pas voulu s’engager pour ^Aliyy et lorsqu’elle s’est retrouvé dans le camp adverse, ce fut cela son erreur, elle n’aurait pas du rester dans le camp adverse mais plutôt rejoindre celui de ^Aliyy. Après cet évènement, elle avait regretté au point qu’elle pleuré à chaque fois qu’elle y pensait jusqu’à mouillé son voile. Ceci indique un regret et un repentir n’est-ce pas ? En raison de quoi d’un péché. Cependant le Prophète lui a annoncé qu’elle faisait parti des gens du Paradis, c’est la femme qui a le plus de science de religion de toute l’humanité, ce n’est pas la meilleur de la communauté puisque c’est la fille du Prophète Fatimah. Elle avait posé la question au Prophète : « Qui parmi tes femmes seront au Paradis » il lui a répondu tu sera parmi elle.et toutes les femmes du Prophète seront au Paradis, elles sont toutes des saintes.
Faites donc attention à ceux qui nous accusent d’insulter les compagnons, il faut expliquer.
Certains disent que tous les compagnons qui ont combattu ^Aliyy sont des moujtahid et qu’ils ont été récompensé dans ce conflit, cela est un mensonge. Comment quelqu’un gagnerait-il une récompense dans un péché ?
Mou^awiyah a lui même fait des gens et pris leur bien, pendant un siècle, ^Aliyy était insulté sur le minbar durant les Omeyyades, ils ordonnaient à celui qui faisait le discours de l’insulter.
L’imam ^Aliyy est le cousin et le gendre du Prophète, c’est le quatrième calife, c’est celui qui a le plus de science dans la communauté.
Nous disons que le meilleur de cette communauté parmi les compagnons c’est , Abou Bakr, puis ^Oumar, puis^Outhman et ^Aliyy et ils sont légitimes dans l’ordre du califat,contrairement à ce que disent les chites, ^Aliyy a obéit à Abou bakr et nous leur disons que nous nous nous satisfaisons de ce dont s’est satisfait l’imam ^Aliyy.
Le Prophète a donné un secret à ^Aliyy, il lui a dit :
إنه لا يُحبُّكَ إلا المؤمنُ ، و لا يُبغِضُك إلا منافقٌ
ce qui signifie : « Ne t’aime qu’un croyant et ne te déteste qu’un hypocrite. » c’est une bonne nouvelle pour lui.
Le chaykh a dit au sujet des chites : « Le moins grave d’entre eux est un grand pécheur »
Mou^awiyah a fait tuer Houjr ibn ^Adiyy qar il était un partisan de ^Aliyy et qu’il avait critiqué un gouverneur mis en place par Mou^awiyah à Al Koufah en Irak qui était le siège où gouvernait ^Aliyy durant son califat.
Un jour, ce gouverneur était resté longtemps dans son discours du vendredi et Houjr ibn ^Adiyy lui a dit « la prière » car le Prophète nous a enseigné que la sounnah consiste à faire un discours qui est court et de prolonger la prière le vendredi et il a rappelé à ce gouverneur que ce n’était pas conforme à la sounnah ce qu’il faisait. Houjr ibn ^Adiyy était un compagnon et un saint.Le gouverneur l’a alors ignoré et ce saint a pris un caillou et l’a jeté sur lui. Furieux de cela, ce gouverneur a écrit à Mou^awiyah un rapport pour lui en informer. Mou^awiyah a convoqué Houjr ibn ^Adiyy et six autres avec lui et il les a fait exécuter pour cela. C’est une injustice, ce n’était pas un acte qui faisait mériter la prison et lui l’a fait exécuter, il n’a fait que rappeler la sounnah et malgré cela personne n’a dit que Mou^awiyah était mécréant ou ce gouverneur qui n’avait pas fait ce qui était conforme à la sounnah.
Houjr ibn ^Adiyy avait des prodiges, il fut mentionner dans les livres des savants qui ont recensé les prodiges des saints. Malgré cela personne n’a déclaré ces gouverneurs injuste mécréants. D’autres gouverneurs à l’époque des Omeyyades se faisaient soudoyer afin de juger en faveur de celui qui lui avait donné de l’argent. Ce sont des injustices, mais pourquoi nous rappelons cela ? Pour montrer combien la parole de Sayyid Qoutb était déplacé. Il y a eu des gouverneurs depuis les compagnons qui avaient commis des injustices, et les musulmans ne les avaient pas déclaré mécréants pour cela contre à Sayyid Qoutb qui a fait cela même pour un seul jugement.
Comment ils délaissent la parole des savants et ils prennent celle de cet homme qui n’est pas un savant.
Cours 6 (09/02/23) :
La parole de Ibnou ^Abbas (koufroun douna koufr) « Un koufr en deçà de la mécréance » est semblable à la parole concernant ar-riya‘, l’insincérité. En effet, le Messager l’a appelée (ach-chirkou l-‘asghar) l’association mineure à savoir que ce n’est pas (ach-chirkou l-‘akbar) le fait d’associer à Allah, chose qui fait sortir de la communauté en se soumettant à l’extrême pour autre que Allah. En effet, c’est cette forme d’association qui fait sortir de la communauté.
Al-Hakim a rapporté dans Al-Moustadrak d’après le Messagerqu’il a dit :
اتَّقوا الرياءَ فإنهُ الشِّركُ الأصغر
(ittaqou r-riya‘a fa’innahou ch-chirkou l-‘asghar)
ce qui signifie : « Protégez-vous de l’insincérité car c’est certes l’association mineure ».
Nous disons : Tout comme le Messager a confirmé l’association mineure, de même ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas a expliqué la parole de Allah ta^ala :
فأولئكَ همُ الكافرونَ
(fa’oula‘ika houmou l-kafiroun)
en disant « un koufr en deçà de la mécréance » c’est-à-dire que ce n’est pas la mécréance qui fait sortir de la communauté.
Que Allah agrée la Référence et l’Exégète de cette communauté, l’Exégète du Qour’an ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père et que Allah le rétribue pour les musulmans en bien.
La démonstration de tout cela, c’est que les grands péchés, par exemple l’assassinat d’un musulman ou l’abandon de la prière, ont été mentionnés comme étant du koufr dans des hadith dont les chaînes de transmission sont sûres, sahih. Toutefois, ce que le Messager visait, ce n’est pas le koufr, la mécréance qui fait sortir de la communauté de sorte que celui qui le commet serait sorti de la religion. Cela signifie seulement une assimilation de ce péché à la mécréance en raison de sa gravité, tout comme cela a été rapporté du Messager de Allah r lorsqu’il a dit au sujet de celui qui va consulter les devins, sa parole ^alayhi s-salam :
(( منْ أتى عرَّافاً أو كاهناً فصدَّقَهُ بما يقولُ فقد كفرَ بما أُنزِلَ على محمد))
(man ‘ata ^arrafan ‘aw kahinan fasaddaqahou bima yaqoulou faqad kafara bima ‘ounzila ^ala Mouhammad)
C’est un hadith sahih.
Commentaire :
Ce qui signifie : celui qui va consulter un voyant (celui qui prétend connaître le passé) ou un devin (qui est celui qui prétend connaître le futur) et qui croit en ce qu’il dit il aura « kafara » en ce qui est descendu à Mouhammad, c’es à dire que c’est un grand péché. Quant à celui qui croit qu’ils connaissent la science cachée, il devient mécréant.
Ce qu’a visé le Messager, ce n’est pas que le musulman est sorti de l’Islam du simple fait qu’il est allé consulter ces devins. Ce que le Messager a visé, c’est qu’il s’agit d’un grand péché qui ressemble à la mécréance. Il a dit également :
(( سِبابُ المسلمِ فُسوقٌ وقتالُهُ كفرٌ ))
(sibabou l-mouslimi fouçouq wa qitalouhou koufr)
rapporté par Mouslim.
Ainsi le Prophète r n’a pas visé par sa parole (wa qitalouhou koufr) que lorsqu’un musulman tue un autre musulman, c’est de la mécréance qui fait sortir de la religion. Ce qu’il a visé c’est qu’il s’agit d’un grave péché qui ressemble à la mécréance.
Commentaire :
Ainsi il ne convient pas d’insulter un musulman comme celui insulte sa femme ou ses parents, Dieu lui a accordé un bien, parfois il a des enfants avec elle et il l’insulte au lieu de faire des invocations de bien. La parole blessante elle reste parfois, tout comme la blessure physique qui a du mal à partir, si tu dis une parole blessante à ton frère ou ta sœur ou ton fils ou ta mère tu fais du mal, insulter un musulman est un grand péché ce n’est pas négligeable certains disent j’ai dit imbécile ou bête c’est une parole d’éloge ? Si tu es face à un roi ou un policier tu dirais cela ?
Faites attention, les compagnons étaient précautionneux dans leur parole à l’image de celui qui choisit les dattes. Vivez dans le respect l’homme respecte sa femme et inversement comme ils disent pas un mot plus haut que l’autre, afin que les enfants voient un bon exemple. Comme l’a dit notre maitre Ar- Rifa^iyy : comment veux-tu que l’ombre soit droit si le bâton est tort ? L’enfant est comme l’ombre si les parents sont tordus comment sera-t-il droit ?
Un homme était à la fin de sa vie, il a vu sa femme en train de laver la vaisselle et il s’est mis à pleurer. Sa femme lui a demandé pourquoi il pleurait et il a dit : je ne peux pas t’aider .
Un homme est venu voir le Chaykh et lui a dit qu’il y a des hommes qui veulent que leurs femmes les accueillent avec une bassine et lavent leurs pieds est-ce que ceci est permis ? Le Chaykh a répondu : « c’est permis q’elles lavent leurs pieds tout comme il est permis qu’ils fassent cela envers elles. » Voici la finesse du Chaykh.
On ne dit pas non plus : « je suis bête » on est musulman on a appris la croyance de vérité.
En effet, le Qour’an honoré a appelé les deux groupes qui s’entre-tuent parmi les musulmans : mou’minin, des croyants. Allah ta^ala dit :
وإنْ طائِفتانِ منَ المؤمنينَ اقتَتَلوا
(wa ‘in ta‘ifatani mina l-mou’minina qtatalou)
[sourat Al-Houjourat / 9] ce qui signifie : « Lorsque deux groupes de croyants s’entre-tuent ».
Commentaire :
Dieu les a appelé croyant alors qu’ils sont entrain de s’entretuer, ceci est la preuve que le fait de tuer n’est pas de la mécréance.
De plus il a été rapporté dans le Sahih de Mouslim d’après Al-Bara‘ Ibnou ^Azib le compagnon bien connu qu’il a dit : « Cette ‘ayah (wa man lam yahkoum bima ‘anzala l-Lahou fa’oula‘ika houmou l-kafiroun) qui signifie : « ce sont eux les mécréants » ainsi que les deux ‘ayah qui la suivent, l’une verset 45: فأولئكَ هم الظالمونَ (fa’oula‘ika houmou dh–dhalimoun) signifiant : « ce sont eux les injustes » et l’autre verset 47 :فأولئكَ هم الفاسقون (fa’oula‘ika houmou l-faciqoun) signifiant : « ce sont eux les pervers », ces trois ‘ayah ont toutes été révélées au sujet des mécréants c’est-à-dire au sujet de ceux qui gouvernent avec autre chose que ce que Allah a révélé. c’est-à-dire qu’ils étaient déjà mécréants et ce n’est pas en raison du fait qu’ils aient gouverné par autre que la loi de Dieu.
Il ne s’agit pas des musulmans qui gouvernent avec autre chose que ce que Allah a révélé. Elles ont été révélées au sujet des mécréants parmi les fils de ‘Isra‘il et leurs semblables ».
Commentaire :
A une époque il y a eu beaucoup de fornication dans leur communauté, et celui qui le commettait, la loi de la Thorah était semblable à celle du Qour’an, à savoir que celui qui a déjà contracté un contrat de mariage par le passé et qui le commet il est lapidé. Cependant, il y avait des hauts notables d’entre eux qui le commettaient, et ils n’appliquaient pas la loi pour eux mais uniquement pour les gens du peuple puis ils ont cherché une chose qu’ils appliquaient à tous le monde sans distinction et ils ont modifié la peine en disant : celui qui fait la fornication on mettra du goudron sur lui et on le fait mettre à l’enver sur un âne et fait faire le tour de la ville ainsi pour l’humilié. Ils ont prétendu que c’est ce que Dieu avait révélé, donc le passage de ce verset concerne ces gens.
Sayyid Qoutb a les penchants des khawarij, il a appliqué des versets descendus pour les mécréants sur les musulmans tout comme le faisait ce groupe.
Cours 7 (16/02/23):
Le mot « yahoud » certains savants ont dit qu’il est tiré de la parole du peuple de Mouça « inna houdna ilayk » ce qui signifie : « Ô Allah nous avons fait le repentir à toi. » Hors cette appellation ne s’applique uniquement qu’à ceux qui étaient croyants en Mouça, quant à ceux qui sont nos contemporains parmi eux cela ne l’est concerne pas, car ils ont pris cette appellation mais n’ont pas suivi la loi de Mouça,et ce depuis qu’ils ont mécru en ^Iça.
Quant à leur falsification de la Torah il est possible que ce fut avant la mission de prophétie de ^Iça mais ils ont augmenté en falsification après la venue de ^Iça.
Avant ce verset 44 de sourate Al Ma’idah, les Yahoud ont été fortement blâmé afin d’appuyer ce qu’à dit Al Bara’, car les versets qui précèdent parlent d’eux dans le Mous–haf.
Il n’a pas été rapporté dans l’histoire des différents califes depuis les Omeyyades, les Abassides ou même Ottomans, qu’ils aient déclaré mécréant un seul juge qui avait émis une sentence non conforme à l’islam, en raison d’un soudoiement ou autre, mais ils le limogeaient sans le déclarer mécréant pour ceci.
Après les quatre califes bien guidés il y a eu Al Haçan qui a gouverné six mois, ce qui a complété les trente ans. Le Prophète a annoncé que le calife bien guidés durerait trente en ans
dans sa parole :
((الْخِلَافَةُ بَعْدِي ثَلَاثُونَ سَنَةً ثُمَّ ملك عضوض))
qui a signifie : « Le califat bien guidé durera trente ans puis des gouverneurs injustes »
Puis Al Haçan a clôturé ces trente années et il s’est désisté après six mois afin d’éviter l’effusion du sang, et Mou^awiyah l’a succédé.
et il a parlé de son petit fils en disant :
وإن ابني هذا سيد وعسى الله تبارك وتعالى أن يصلح به بين فئتين من المسلمين
ce qui signifie : « C’est un maitre et Dieu réconciliera par lui deux groupes de musulmans. »
https://www.islamweb.net/amp/ar/library/index.php page=bookcontents&flag=1&ID=19613&bk_no=6
Puis ce fut donc les Omeyyades de banou Oumeyyad qui est un ancêtre de Mou^awiyah, parmi les califes il y a eu ^Oumar ibn ^abdi l-^Aziz qui fut un calife juste parmi eux.
Après eux, les Abbassides ont régné, ce sont les descendants de ^Abdou l-Lah ibn ^Abbas puis quelques rois et les sultans ottomans. Parmi les califes des abbassides il y a Haroun Ar-Rachid qui était marié à Zoubay^ah, elle a eu un rêve qui l’avait étonné et elle a envoyé quelqu’un pour demander l’interprétation à Mouhammad ibn Sirin et il a répondu qu’elle allait faire beaucoup de biens que les gens profiteront. Dans le rêve elle avait vu pleins d’hommes avoir un rapport avec elle, en réalité elle a fait creuser par la suite une tranchée d’eau de la Mecque jusqu’à ^Arafah afin que les pèlerins profitent.
Après il y a eu les ottomans, et le Prophète a annoncé que Istanbul sera pris par les non musulman à l’approche de la fin et le Mahdi va récupérer cette terre puis sortira Ad-Dajjal.
A aucune de ces époques ils ont déclaré mécréant un juge ayant émis une sentence contraire à la loi pour des raisons du bas monde.
Par ailleurs le groupe de Hizbou l-Ikhwan se contredisent eux-même, par leur pratique ils contredisent leur parole. En effet, à une période dans less années 60 où il y a eu une union entre l’Egypte et la Syrie RAU (république arabe unis), il y eu18 de leurs chefs syriens sont entrés au parlement en Syrie alors qu’ils déclarent mécréant les parlements. Et deux d’entre eux ont participé à l’écriture de la constitution alors qu’elle n’est pas conforme aux lois de Dieu tout comme les autres lois votés. Ce sont des gens qui se contredisent et cherchent le pouvoir, ils ne sont pas cohérents.
Dans le livre ‘Ahkamou n-Niça‘ de l’Imam Ahmad Ibnou Hanbal, il y a quelque chose de semblable à ce qu’a rapporté Al-Hakim d’après Ibnou ^Abbas. En effet, à la page 44 figure : Mouça Ibnou Sahl m’a appris que Mouça Ibnou Ahmad Al-‘Asdiyy ainsi que Ibrahim Ibnou Ya^qoub qui nous a informé d’après Isma^il Ibnou Sa^id qu’il a dit : J’ai interrogé Ahmad au sujet de celui qui persiste sur les grands péchés de toutes ses forces sans toutefois abandonner la prière, le jeûne, la zakat, le pèlerinage ou la prière du vendredi, est-ce qu’il est semblable à celui au sujet duquel le Prophète r a dit :
لا يزنِي الزانِي حينَ يزنِي وهو مؤمنٌ ولا يشربُ الخمرَ حين يشربُها
وهو مؤمِنٌ ولا يسرِقُ حين يسرِقُ وهو مؤمنٌ
(la yazni z–zani hina yazni wahouwa mou’min wa la yachrabou l-khamra hina yachrabouha wahouwa mou’min wa la yasriqou hina yasriqou wahouwa mou’min)
et comme la parole de Ibnou ^Abbas (wa man lam yahkoum bima ‘anzala l-Lahou fa’oula‘ika houmou l-kafiroun) ? J’ai répondu c’est-à-dire Ahmad: « Ce n’est pas ce koufr » et il a dit : « C’est un koufr qui ne fait pas sortir de la communauté. En effet, il y a différents degrés. Les uns sont au-dessus des autres jusqu’à ce qu’il provienne quelque chose sur laquelle les gens ne divergent pas« . Je lui ai dit : « Vois-tu ? S’il avait peur de persister sur les péchés, s’il a fait l’intention de se repentir en demandant à se repentir mais n’abandonne pas le fait de commettre les péchés ? » il a répondu : « Celui qui a peur est dans un meilleur état » fin de ce qui a été rapporté du livre de l’Imam Ahmad, que Allah l’agrée.
Commentaire : Le sens apparent du hadith est que le fornicateur qui commet la fornication n’est pas croyant, tout comme le voleur et celui qui boit du vin. Mais le Prophète n’a pas visé par cela que le musulman qui commet cela sort de l’islam, la preuve c’est qu’il a appliqué la peine de la lapidation pour quelqu’un qui avait fait la fornication puis ils ont fait la prière funéraire en sa faveur. Si le musulman sortait de l’islam par la fornication, le Prophète n’aurait pas fait la prière sur lui. Ceci est suffisant pour montrer l’infondé de la parole de Sayyid Qoutb.
Il n’a rien été validé d’autre avec une chaîne de transmission sûre d’après les compagnons concernant l’exégèse de cette ‘ayah si ce n’est ces deux exégèses, l’exégèse de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas et l’exégèse de Al-Bara‘. C’est cette voie que les savants de l’Islam ont suivie jusque vers environ la moitié du quatorzième siècle de l’Hégire.
Du point de vue de la transmission, il n’y a pas eu de gens qui ont divergé de l’explication des compagnons jusqu’à Sayd Qoutb.
Sayyid Qoutb
Cet homme, Sayyid Qoutb, est apparu tardivement en Egypte. Il a fait une prétendue explication du Qour’an dans laquelle il a déclaré mécréants ceux qui gouvernent avec autre chose que le Qour’an même dans une seule question, c’est-à-dire même s’ils gouvernent conformément à la Loi dans toutes les autres questions. Il a déclaré que les administrés de ces chefs de gouvernements sont également mécréants. Or aujourd’hui, il n’y a pas dans les pays musulmans un seul dirigeant sans qu’il ne gouverne avec autre chose que la Loi de l’Islam dans plusieurs questions, bien que ces gouverneurs appliquent la Loi de l’Islam dans plusieurs domaines, notamment pour le divorce, l’héritage, le mariage ou le testament.
Sayyid Qoutb et ceux qui l’ont suivi les déclarent quand même mécréants et déclarent aussi mécréants leurs administrés. Ils se sont rendu licite de les assassiner par n’importe quel moyen disponible, par les armes, les explosifs ou autres, sauf ceux qui viennent avec eux et qui se rebellent contre les gouverneurs.
Sayyid Qoutb n’a pas d’autres prédécesseurs en cela si ce n’est les Khawarij ceux que le Messager a recommandé de combattre par sa parole :
من قتلَهم فهو شهيدٌ، ومن قتلوهُ فهو شهيدٌ
(man qatalahoum fahouwa chahid wa man qatalouhou fa houwa chahid)
ce qui a pour sens : « Celui qui les tue est un martyr et celui qu’ils tuent est martyr ».
Commentaire :
Les musulmans du Salaf et le Khalaf sont en accord sur l’explication de ces deux compagnons.
Il y avait des gouverneurs qui ont gouvernés par autres que la loi de l’islam soit par soudoiement soit par amitié pour un proche, et les savants de l’islam ne les avait pas déclaré mécréant pour cela.
Sayyid Qoutb a suivi en cela Al Bayhaçiyyah qui est un sous-groupe des Khawarij, qui ont pour croyance que si un gouverneur gouverne par autre que la loi de l’islam, il devient mécréant ainsi que les administré qui le suit. Sayyid Qoutb a en effet dit dans son tafsir : « Celui qui gouverne avec autre chose que le Qour’an, même sur une seule question, aura réfuté la divinité de Allah et aura prétendu la divinité pour lui-même. » en s’appuyant sur le verset 44 de sourate Al Ma’idah hors le verset n’a pas le sens qu’il prétend.
Le sens de ce verset est celui que les compagnons ont expliqué. Ils ont expliqué une partie d’une manière et l’autre d’une manière, et les deux explications sont authentiques et confirmés par les savants du hadith. Cette religion est par transmission et non selon les passions.
Al Bara’ ibn ^Azib est celui qui a expliqué que le verset a été révélé à propos des mécréants car dans le contexte du verset il y a la mention des Yahoud après deux autres versets l’un est une qualification de celui qui gouverne par autre que ce que Dieu a révélé comme étant fasiq grand pécheur et l’autre « dhalim » injuste. Le tafsir de Al Bara’ a été rapporté par Mouslim.
Quant au l’autre explication c’est un koufr en deça de la mécréance c’est-à-dire un péché qui ne fait pas sortir de l’islam mais il ressemble à la mécréance car il y a certains péchés que le Messager a comparé à la mécréance comme nous avons vu dans Al Boukhariyy au sujet de celui qui insulte un musulman commet un grand péché et le combattre ressemble à la mécréance.
Cette explication est celle d’ibn ^Abbas rapporté par Al Hakim et confirmé par Adh-dahahbiyy et il n’y a pas eu autre explication selon les spécialistes de tafsir.
Sayyid Qoutb a suivi Al Bayhaçiyyah qui est un sous-groupe des Khawarij.
A l’époque de ^Aliyy il y avait un groupe de gens qui était avec ^Aliyy puis se sont détachés de lui suite à l’arbitrage durant la bataille de Siffin. En effet, ils ont considéré que ^Aliyy avait contredit le Qour’an en s’appuyant sur un verset qu’ils avaient mal compris.
Certains sont revenus et dans la bataille contre eux à Nahrawan il n’est resté que huit d’entre eux.
Le Prophète a décrit les Khawarij en disant :
يمرقونَ من الدِّينِ كما يَمرُقُ السهمُ من الرَّمِيَّةِ
ce qui signifie : « Ils sortent de l’islam tout comme la flèche qui traverse sa cible. »
et il a dit :
يقرأونَ القرآنَ لا يُجاوَزُ تَرَاقِيَهُمْ يَحْقِرُ أَحَدُكُمْ صَلَاتَهُ مع صَلَاتِهِمْ، وصِيَامَهُ مع صِيَامِهِمْ يَمْرِقُون مِنَ الدِّينِ كما يَمرُقُ السَّهْمُ من الرَّمِيَّةِ
قال صلَّى اللهُ عليه وسلَّم: «لَئِن أنا أدرَكْتُهم لَأقتُلنَّهم قَتْل عادٍ»
(https://dorar.net/hadith/sharh/39550)
ce qui signifie :« Ils récitent le Qour’an mais il ne dépasse pas leur gorge, l’un d’entre vous trouverait peu ce qu’il fait par rapport à eux comme prière, et l’un d’entre vous trouverait peu ce qu’il fait par rapport à eux comme jeûne, Ils sortent de l’islam tout comme la flèche qui traverse sa cible, si j’étais vivant à leur époque je les aurai combattu du plus grand des combats. »
Ils ont déclaré mécréant ^Aliyy ainsi que ces deux fils Al Haçan et Al Houçayn, pourtant ^Aliyy leur avait donne le conseil une partie est revenu une autre s’est entêté et il les a combattu et exterminé et il en est resté que huit, ce sont eux qui ont donné les khawarij après.
Jusqu’au califat de ibn ^abdi l-^Aziz il l’insultait sur le minbar et il a fait cesser cela.
Le Prophète a dit au sujet de notre maitre ^Aliyy :
إنه لا يُحبُّكَ إلا المؤمنُ ، ولا يُبغِضُك إلا منافقٌ
ce qui signifie : « Ne t’aime qu’un croyant et ne te déteste qu’un hypocrite. » Ceci est un signe, et ^Aliyy l’a rapporté en disant que c’était la promesse du Prophète à son égard.
Il avait beaucoup de science, le Prophète a dit à son sujet :
((أنا مدينة العلم وعليٌ بابها))
(‘ana madinatou l-^ilmi wa^Aliyyoun babouha)
ce qui signifie : « Je suis comme une cité de science et ^Aliyy en est la porte. »
Quant aux chites nous leurs disons nous, nous aimons ^Aliyy et nous le suivons il a prêté allégeance à Abou bakr. Nous leur disons que ^Aliyy aimait ^Oumar la preuve est qu’il a donné une de sa à ^Oumar alors qu’elle était encore jeune. ^Aliyy a nommé certains de ces fils par les nom des trois califes avant lui. Est-ce qu’on donne le prénom de gens qu’on déteste à nos enfants ?
Il y avait une femme qui était marié au cousin de ^Aliyy, puis quand il est mort Abou Bakr l’a épousé, puis quand Abou bakr est mort ^Aliyy l’a épousé. Elle avait eu un enfant de chacun d’eux, alors chacun de ces enfants étaient content d’eux. Alors ^Aliyy a dit à cette femme et toi que dis-tu de moi ? Elle a répondu : Je n’ai pas vu de jeune homme aussi bon que ton cousin, ni d’un mari agé comme Abou bakr. Alors ^Aliyy a dit : Et moi qu’est-ce que tu m’as laissé ?
S’ils se détestaient, est-ce qu’elle aurait osé dire cela ? Est-ce que ^Aliyy aurait laissé dire cela ? Les compagnons s’aimaient d’un véritable amour.
Donc nous ne sommes pas en accord avec les chites bien que nous disons au sujet de Mou^awiyah qu’il est baghyah. Le minimum des chites est un grand pécheur, il n’y a pas de pieux chez eux, et ce même si certains disent qu’ils ont fait la guerre contre les juifs. Cela ne change pas leur état, le Prophète a dit :
ce qui signifie : « Il arrive que Allah fasse vaincre cette religion par la cause d’un homme pervers. »
Ils sont de plusieurs groupes, certains ont les idées des mou^tazilah, certains d’entre comme Al Al Khoumaydiy disent que certains descendants de ^Aliyy sont meilleurs que les prophètes ceci est une mécréance explicite. La vérité est qu’il n’y a pas un saint qui soit meilleur qu’un prophète.
Le Prophète avait donc annoncé la venu des Khawarij dans sa parole :
َيخرجُ قومٌ حُدَثاءُ الأسنانِ سُفهاءُ الأحلامِ يقولونَ مِن خَيْرِ قَوْلِ البَرِيَّةِ
يقرأونَ القرآنَ لا يُجاوِزُ حَناجِرَهُمْ يَحْقِرُ أَحَدُكُمْ صَلَاتَهُ إلى صَلَاتِهِمْ، وصِيَامَهُم إلى صِيَامِهِمْ
يَمْرِقُون مِنَ الدِّينِ كما يَمرُقُ السَّهْمُ من الرَّمِيَّةِ
قال صلَّى اللهُ عليه وسلَّم: «لَو أدْرَكْتُهم لَأقتُلنَّهم قَتْل عادٍ»
ce qui signifie : « Ils récitent le Qour’an mais il ne dépasse pas leur gorge, l’un d’entre vous trouverait peu ce qu’il fait par rapport à eux comme prière, et l’un d’entre vous trouverait peu ce qu’il fait par rapport à eux comme jeûne, Ils sortent de l’islam tout comme la flèche qui traverse sa cible, si j’étais vivant à leur époque je les aurai combattu du plus rude des combats. » C’est a dire qu’ils ne sont pas croyant, cela n’arrive pas à leur coeur.
Le Prophète a dit qu’ils sont les pires des créatures, bien qu’il les a décrit comme étant très appliqué en apparence dans les actes d’adorations. Ils fournissent des efforts dans la prière, la récitation et le jeûne plus que les compagnons selon l’apparence. C’est ceux-là que le Prophète a qualifié comme les pires des créatures bien que selon l’apparence ils sont musulmans, dans leur fort intérieur ils sont mauvais.
Ce sont eux qui par la suite ont tué ^Aliyy, au point que sa tombe a été caché et pas connu pour ne pas qu’ils s’y attaquent.
Cours 8 (23/02/23) :
Les Khawarij déclaraient en effet mécréants les musulmans qui commettaient les grands péchés comme la fornication, la consommation d’alcool ou gouverner avec autre chose que la Loi en raison d’un soudoiement, d’une amitié ou d’une proche parenté.
Or Sayyid Qoutb a tout d’abord vécu sur l’irréligion marxiste ou autre, pendant onze ans, ce qu’il a reconnu lui-même. Ensuite il a trouvé refuge dans le parti Hizbou l-‘Ikhwan dit des Frères musulmans, ceux que le Chaykh Haçan Al-Banna, que Allah lui fasse miséricorde, avait réunis. C’est durant la vie de Haçan Al-Banna que Sayyid Qoutb a dévié ainsi que d’autres. Ils se sont écartés de sa voie qui était une voie saine, qui ne comportait aucune déclaration de mécréance envers les musulmans qui gouvernent avec autre chose que la Loi. Le Chaykh Haçan Al-Banna avait eu connaissance de leur déviation et a dit : « Ceux-là ne sont pas des frères et ils ne sont pas musulmans ».
Le Docteur Mouhammad Al-Ghazaliyy qui était de ceux qui avaient suivi le Chaykh Haçan Al-Banna, a mentionné dans son livre Min Ma^alimi l-Haqq à la page 264 ce qui suit : « Le Professeur Haçan Al-Banna lui-même, alors qu’il constituait son groupe dans les premiers temps, enseignait que les personnes qui ont des responsabilités, ceux qui recherchent les loisirs dans la société et qui sont nombreux dans ces groupements, ne sont pas utiles et efficaces dans les périodes de sérieux. Il a ainsi fondé ce qui s’appelle An-Nidhamou l-Khass qui est un ordre spécial particulier. C’est une organisation composée des jeunes gens qui ont été entraînés pour le combat. Ce qu’on attendait de leur préparation, c’était de combattre les colonisateurs, les occupants. Ces jeunes qui s’étaient constitués en cachette constituèrent une terreur contre Al-Jama^ah par la suite ! En effet, ils se sont entre-tués, ils se sont transformés en outil de destruction et de terreur aux mains de ceux qui n’avaient aucune science de l’Islam et sur lesquels on ne peut pas compter quant à leur compréhension de l’intérêt général. Haçan Al-Banna a dit à leur sujet avant de mourir : « Ce ne sont pas des frères et ils ne sont pas musulmans » fin de citation.
Leurs méfaits
De plus, beaucoup de gens ont été entraînés dans la discorde par cette explication-là de Sayyid Qoutb et ont malheureusement œuvré pour la mettre en application. Ils ont effectivement assassiné beaucoup de personnes en Egypte, en Algérie en Syrie et ailleurs, en considérant que l’assassinat de ceux qui les contredisaient était un acte qui rapproche de l’agrément de Allah.
Entre autres méfaits, ils ont assassiné dans la ville de Alep en Syrie un Chaykh qui était Moufti d’un village rattaché à Halab, Alep, nommé ^Ifrin. Ce Chaykh les contredisait. Ils se sont donc introduits dans la mosquée après la prière de al-^icha‘ une fois que les gens ont quitté la mosquée. Le Chaykh était resté, lui et un autre homme. Ils ont dirigé leurs armes vers lui et ont tiré. C’est alors que celui qui était avec le Chaykh s’est jeté sur lui pour le protéger. Ils l’ont tué, ensuite ils ont tué le Chaykh. Ce Chaykh s’appelle Chaykh Mouhammad Ach-Chamiyy, que Allah lui fasse miséricorde.
Commentaire :
Il y a un chaykh qui a dit en Syrie à notre chaykh : Ceux qui ne m’aident pas à répliquer contre eux je les dénoncerai au Jour du jugement.
Un homme a dit au chaykh : cet homme n’accepte pas donc je ne veux pas le répliquer, le chaykh lui a dit de le faire pour plusieurs raisons. D’une part faire connaître ces égarements, et d’autre part c’est une cause pour le démotiver et l’affaiblir dans son ardeur à propager leur égarement.
Il est arrivé souvent que les gouverneurs musulmans par le passé et même de nos jours gouvernent avec autre chose que le Qour’an, soit parce qu’ils ont été soudoyés, soit pour satisfaire quelqu’un parmi leurs proches, soit pour satisfaire d’autres personnes possédant un pouvoir et une influence. Les musulmans ne les ont jamais déclarés mécréants du simple fait qu’ils gouvernent avec autre chose que le Qour’an. Il les ont cependant considérés pervers, grands pécheurs.
Leurs appellations
Par ailleurs, ceux qui suivent Sayyid Qoutb sont passés maîtres dans l’art de donner des noms à leurs groupes. Il y a quarante ans, ils étaient connus sous deux noms : Hizbou l-‘Ikhwani l-Mouslimin « Le parti dit des Frères musulmans » en Egypte et ailleurs, et au Liban sous le nom ^Ibadou r-Rahman « Les esclaves du Très-Miséricordieux ». Ensuite, ils ont innové un troisième nom général qui est Al-Jama^atou l-‘Islamiyyah, « Le groupement islamique ». Ils ont pris cette dénomination afin que les populations pensent qu’ils sont des gens qui appellent à suivre un véritable Islam du point de vue de la croyance et des pratiques.
Alors qu’en fait, leur réalité est toute autre.
Commentaire :
Sayyid Qoutb n’a pas été dans les assemblées des savants pour étudier, ni lu aucun livre auprès d’un savant, il n’a même pas senti l’odeur de la science, mais il était plutôt un sahafiiy c’est-à-dire bouquiniste, quelqu’un qui lit dans les livres sans quelqu’un qui l’oriente.
Prenez un livre de médecine, si on incorpore une prescription de poison dedans, celui qui le lit ne risque pas de s’en rendre compte, rappelez vous de Touma l-hakim, son père était un médecin, il avait lu les livres de son père et il y avait écrit : « Al habbatou ssawda toufidou »au lieu de habbah il a lu hayyah qui est le serpent il a pris le poison du serpent et a tué beaucoup de gens.
Sayyid Qoutb était un marxiste il disait être rester athée pendant 15 ans et ceci figure dans le livre p 217, 260, puis il a adhéré au parti des frères et il s’est retrouvé rapidement à leur tête. Après cela il s’est mis à écrire et il s’est égaré. Celui qui prend connaissance de ces livres et fait parti des gens de la compréhension verra qu’ils sont pleins de jugement sans fondement dans la loi de Dieu, et il verra que ce sont des grandes preuves de son ignorance et ces passages sont très nombreux.
En autre il appelle Dieu « la plume créatrice » ou encore miraculeuse ou innovatrice dans son livre p 216, p 132, 144 dans l’édition darou ch-chourou,
Il appelle Allah le cerveau gestionnaire dans son prétendu tafsir de sourate Ali ^Imran et sourate An-Naba également, et ceci est un égarement tout comme ceux qui nomment le créateur dame nature, Allah ta ^ala dit dans sourate Al A^raf /180 :
وَلِلَّهِ الْأَسْمَاءُ الْحُسْنَىٰ فَادْعُوهُ بِهَا وَذَرُوا الَّذِينَ يُلْحِدُونَ فِي أَسْمَائِهِ
سَيُجْزَوْنَ مَا كَانُوا يَعْمَلُونَ[١٨٠]
ce qui signifie : « Allah a les noms qui indique la perfection, nommez le par ces noms et délaissez ceux qui. »
At-Tahawiyy dans son traité a dit c’est-à-dire : « Celui qui qualifie Dieu par un des attributs des humains est mécréant. »
A travers Sayyid Qoutb, on apprend que celui qui fait cela est mécréant, et dans plusieurs passage de son livre fi dhilali l-Qouran soit disant « à l’ombre du Qour’an » que ce sont des morceaux musicaux qui ont une mélodie, un rythme, qui ondule et ce qui est de cette ordre.
De plus dans ce même livre 1 Tome 4 p 590 il dit : « Il n’y a pas de religion pour les gens tant qu’ils ne s’en remettent pas pour toutes les affaires de leur vie à Dieu seul. » Et il dit : « Il n’y a pas d’islam s’ils appliquent une loi pour n’importe quel sujet important ou pas à une autre source, mais ce n’est que du chirk ou du koufr et c’est la jahiliyyah dont l’islam est venu en arracher les racines pour la vie des gens. »
Il a d’autres égarements comme le fait d’accuser notre maitre Youçouf d’avoir commis la fornication, il qualifie notre maitre Mouça d’être quelqu’un de colérique ou nerveux et d’impulsif, que notre maitre Ibrahim adorait la lune puis qu’il a douté, il a prétendu que Allah serait avec chacun d’entre nous au sens propre, qu’Il accompagnerait chacun d’entre nous dans tout endroit, et tout ceux-ci sont des mécréances.
Malheureusement beaucoup d’entre eux, lorsque nous leur apportons les preuves au début ils acceptent et suivent la vérité, mais si tu leur dis que celui qui dit ceci est mécréant et que Sayyid Qoutb a dit cela, ils se rétractent et s’attachent à lui. Ils s’attachent aux hommes et non à la vérité et suivent ce qui convient à leur passion, d’où l’importance de maitriser ces penchants.Le musulman suit la vérité pas les gens aveuglément dans l’erreur, beaucoup de jeunes sont entrainés par lui.
Hizbou t-Tahrir
Leur principe fondateur
Cours 9 (02/03/23):
Leur leader est Taqyyou d-diin an-Nabahaaniyy un palestinien, dans son livre « chakhsiyytou l-islamiyyah » c’est-à-dire « la personnalité islamique » selon lui, a dit : « les actes n’interviennent pas dans la prédestination et que la prédestination n’intervient pas dans les actes. » La prédestination signifie que toute chose est créée conformément à ce que Dieu a voulu et su de toute éternité. Il a donc contredit le sujet de la prédestination bien qu’il se présente comme faisant partie de l’islam.
Il ajoute : « Car c’est l’homme qui les accomplit par sa volonté et son choix. En conséquence de cela, les actes délibérés ne sont pas concernés par la prédestination. » Puis il dit : « le fait que la récompense et le châtiment dépendent de la bonne guidée et de l’égarement prouve que la bonne guidée et l’égarement sont par l’acte de l’homme et non pas de Dieu. » Il prétend de ce fait que l’homme est indépendant de Dieu.
Dans son livre qu’il appelle le système de l’islam il dit la même chose.
En réalité il a rejoint les mou^tazilah en cela qui étaient eux même divisés en plusieurs groupes. Certains disent que l’esclave crée son intention.
Ces paroles sont contraire au Qour’an, au hadith, et à la raison saine.
Parmi les versets qu’il a contredit, il y a le verset de sourate Fourqan / 2 :
وَخَلَقَ كُلَّ شَيْءٍ فَقَدَّرَهُ تَقْدِيرًا
[٢]
qui signfie : « Et Il a créé toute chose et lui accorde une prédestination. »
et sourate As-Saffat / 96 :
وَاللَّهُ خَلَقَكُمْ وَمَا تَعْمَلُونَ[٩٦]
ce qui signifie : « Dieu vous a créé ainsi que ce que vous faites. »
et la sourate Al Qamar / 49 :
إِنَّا كُلَّ شَيْءٍ خَلَقْنَاهُ بِقَدَرٍ [٤٩]
ce qui signifie : « Certes nous avons crée toute chose avec une prédestination. »
Le mot chay’ englobe tout ce qui entre en existence, les corps les mouvements des esclaves et leur immobilités. Allah est le créateur des actes volontaires et involontaires comme celui qui tremble.
Hors les actes volontaires sont plus nombreux que les actes involontaires. En effet, si chaque acte délibéré des esclaves étaient créés par les esclaves eux même, alors ce que l’esclave aurait créé comme acte serait beaucoup plus nombreux que ce que Allah crée parmi les actes des esclaves.
Allah a confirmé qu’Il est le créateur de toute chose, les actes sont créés, par conséquent Il a créé les escales et leurs actes.
Il est confirmé que la parole de An-Nabahaniyy est une réfutation des textes du Qour’an et du hadith comme le verset de sourate Ar-Roum / 29 :
فَمَنْ يَهْدِي مَنْ أَضَلَّ اللَّهُ وَمَا
لَهُمْ مِنْ نَاصِرِينَ [٢٩]
ce qui signifie : « Qui donc guide celui que Dieu égare » c’est-à-dire que nul ne guide celui qu’Il égare, l’homme ne crée pas sa propre guidée.
Et Allah nous informe à propos de Mouça qu’il a dit sourate Al A^raf / 155 :
إِنْ هِيَ إِلَّافِتْنَتُكَ تُضِلُّ بِهَا مَنْ تَشَاءُ وَتَهْدِي مَنْ تَشَاءُ
ce qui a pour sens : « Ce n’est que par ton épreuve que Tu égares qui Tu veux et guides qui Tu veux »
Ceci lorsque que Mouça s’est absenté pour suivre l’ordre de Dieu d’aller au mont Sinaï, et qu’il a reçu la révélation, il a entendu la parole éternel de Dieu sans que ce soit une langue, un son et des lettres. Il est resté 40 nuits et quand il est revenu il a vu que son peuple s’était égaré par la cause d’un homme du nom de Mouça As-Samiriyy, il a fabrique un veau d’or et a incité le peuple à adorer ce veau en prétendant que c’est le dieu de Mouça. C’est donc dans ce contexte que le verset parle.
Nul autre que Dieu ne crée la bonne guidée dans le coeur des esclaves.
Dans ce verset 155 de sourate Al A^raf il y a une indication claire que c’est Allah qui crée la bonne guidée dans les coeurs de qui Il veut guider, et c’est Lui qui crée l’égarement dans les coeurs de qui il veut égarer.
Lorsque les mou^tazilah disent que Dieu a voulu la bonne guidée pour l’esclave, mais qu’il a choisit l’égarement ils reviennent à prétendre que Dieu serait impuissant, et c’est un égarement. Les chrétiens les ont suivi en cela, ils disent que Dieu est amour, selon eux c’est l’homme qui a créé le mal. Dire qu’il y a une volonté qui a eu le dessus sur la volonté de Dieu revient à attribuer à Dieu l’impuissance.
Du point de vue de la langue arabe, il y a un pronom « tu » ne se rapporte pas à autre que Allah, il ne peut pas se rapporter à l’esclave.
Cet homme c’est donc opposé à la parole de Dieu, il est mort c’était dans les années 60 et certains d’entre eux existent encore mais ils sont discrets parfois ils sortent durant les élections.
Sa parole est également contraire au verset 110 de sourate al An^am :
وَنُقَلِّبُ أَفْئِدَتَهُمْ
وَأَبْصَارَهُمْ
qui signifie : « Nous faisons changer leurs coeurs et leurs regards. »
Dieu nous informe ici que l’acte de l’esclave que ce soit l’acte par le coeur ou les organes (les yeux) est créé par Allah. Ont-ils une réponse à ce verset ?
Et Allah ta^ala dit dans sourate Al Baqarah /102 :
وَمَا هُمْ بِضَارِّينَ بِهِ مِنْ أَحَدٍإِلَّا بِإِذْنِ اللَّهِ
ce qui signifie : « Et ils ne peuvent nuir à personne hormis par la volonté de Dieu. »
Il s’agit des sorciers. En arabe idhn admet le sens de la volonté ou de l’autorisation mais ici le idhn vient dans le sens de la volonté et non le sens de l’autorisation car Dieu n’autorise pas la sorcellerie. La sorcellerie est un acte volontaire ils ont donc contredit ce verset.
Allah ta^la dit dans An-Niça’ / 78 :
وَإِنْ تُصِبْهُمْ حَسَنَةٌ يَقُولُوا هَٰذِهِ مِنْ عِنْدِاللَّهِ وَإِنْ تُصِبْهُمْ سَيِّئَةٌ يَقُولُوا هَٰذِهِ مِنْ عِنْدِكَ
قُلْ كُلٌّ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ
ce qui signifie : « Lorsqu’ils sont touchés par une chose de bien ils disent : “ceci est de la part de Dieu“ et lorsqu’ils sont touchés par une chose mauvaise ils disent : “ceci est de ta faute. Dis les deux sont de la part de Allah » c’est-à-dire que les associateurs accusaient le Prophète.
Et dans sourate saba / 54 :
وَحِيلَ بَيْنَهُمْ وَبَيْنَ مَا يَشْتَهُونَ
ce qui signifie : «Et ils ont été empêché de ce qu’ils désirent » ceci est la preuve que l’esclave ne crée pas son acte puisqu’il a été empêché.
Et dans la sourate Houd / 34 :
إِنْ كَانَ اللَّهُ يُرِيدُ أَنْ يُغْوِيَكُمْ
ce qui signifie : « Si Dieu veut vous égarer» La volonté ne concerne pas que le bien, mais la volonté est différent de l’ordre et de l’agrément. Dieu n’ordonne pas et n’agréé pas le mal bien que le mal soit voulu par Lui. Ce n’est pas le même attribut.
Et dans sourate An^am 108 :
كَذَٰلِكَ زَيَّنَّا لِكُلِّ أُمَّةٍ عَمَلَهُمْ
ce qui signifie : «De même Nous avons embellis pour chaque communauté leurs oeuvres » Certains Dieu a fait qu’ils oeuvrent en bien et d’autres en mal.
Et dans sourate Al Baqarah 7 :
خَتَمَ اللَّهُ عَلَىٰ قُلُوبِهِمْ وَعَلَىٰ سَمْعِهِمْ وَعَلَىٰ أَبْصَارِهِمْ غِشَاوَةٌ
ce qui signifie : « Allah a scellé leurs coeur leur ouïe et leur vue par un voile (abstrait)»
Et dans sourate An Niça’ / 155 :
بَلْ طَبَعَ اللَّهُ عَلَيْهَا بِكُفْرِهِمْ فَلَا يُؤْمِنُونَ إِلَّا قَلِيلًا[١٥٥]
ce qui signifie : « Allah a voilé leurs coeurs en raison de leur mécréance. »
Et dans sourate Younous /100 :
وَمَا كَانَ لِنَفْسٍ أَنْ تُؤْمِنَ إِلَّابِإِذْنِ اللَّهِ
ce qui signifie : « Pas une âme ne peut être croyante si ce n’est par la volonté de Dieu»
Et dans sourate At-Takwir / 29 :
وَمَا تَشَاءُونَ إِلَّا أَنْ يَشَاءَ اللَّهُ رَبُّ الْعَالَمِينَ[٢٩]
« Et vous ne voulez que si Dieu le veut Lui le seigneur des monde » Ici il y a deux choses, le fait de vouloir une chose ou de ne pas la vouloir est par la volonté de Dieu, et ce que nous voulons n’a lieu que si Dieu le veut. Ceci est la preuve que nous ne créons pas nos actes.
Al-Bayhaqiyy a rapporté de Ach-Chafi^iyy qu’il a dit lorsqu’il a été interrogé sur la destinée :
مَا شِئْتَ كَانَ، وإنْ لم أشَأْ
وَمَا شِئْتُ إن لَمْ تَشأْ لَمْ يكنْ
خَلقْتَ العِبَادَ لِمَا قَدْ عَلِمْتَ
فَفِي العِلْمِ يَجري الفَتَى وَالْمُسِنْ
عَلَى ذَا مَنَنْتَ، وَهَذا خَذلْتَ،
وذاكَ أعنتَ، وذا لم تعن
مِنْهُمْ شَقِيٌّ، وَمِنْهُمْ سَعِيد
وَمِنْهُمْ قَبِيحٌ، وَمِنْهُمْ حَسَنْ
ce qui a pour sens :
Ce que Tu veux est, même si moi je ne le veux pas
Et ce que je veux, si Tu ne le veux pas, n’est pas
Tu crées les esclaves conformément à ce que Tu sais
Conformément à Ta science agissent le jeune et le plus âgé
À celui-là Tu accordes la réussite et cet autre Tu ne l’accordes pas
Et celui-ci Tu l’aides et cet autre Tu ne l’aides pas
Parmi eux des malheureux et parmi eux des heureux
Voilà que celui-là est laid et que cet autre est beau
Et le Prophète a enseigné à sa fille Zaynab la parole :
(( ما شاءَ اللهُ كانَ وما لَمْ يَشَأْ لَمْ يَكُنْ ))
ma cha’a l-Lahou kana wama lam yacha’ lam yakoun
qui signifie : « Ce que Dieu veut est, et ce qu’Il ne veut pas n’est pas. » Rapporté par Abou Dawoud
Pour ce qui est de Hizbou t-Tahrir, soit disant de la libération bâtit en 195.. à Beyrouth il est mort en 1979 1400 de l’hégire parmi les choses à cause desquelles ils se sont égarés de la communauté, il y a leur parole que celui qui meurt sans avoir fait un pacte d’allégeance pour un calife sera mort d’une mort anté-islamique, c’est-à-dire de la mort des idolâtres. Selon leur parole, chaque musulman qui meurt depuis plus de cent ans, sa mort est une mort anté-islamique, car il n’y a plus de calife depuis cette époque.
En ce qui concerne le califat général qui régule les affaires des musulmans dans leur totalité, il s’est interrompu depuis une plus longue période. A savoir bien avant le califat des ottomans.
Lorsque les musulmans ont délaissé la désignation d’un calife de nos jours, ils ont eu une excuse, c’est-à-dire que les administrés ont une excuse. Aujourd’hui, les gouvernés n’ont pas la capacité de désigner un calife. Quel est donc leur péché alors que Allah ta^ala dit :
لا يُكلفُ اللهُ نفسًا إلا وُسعها
(la youkallifou l-Lahou nafsan ‘il-la wous^aha)
[sourat Al-Baqarah / 286] ce qui signifie : « Allah ne charge la personne que de ce dont elle est capable ».
Ces paroles font partis de leur déformation des textes, puisque dans le hadith il est dit :
))من خلع يدًا من طاعة لقي الله يوم القيامة لا حجة له، ومن مات وليس في عنقه بيعة مات ميتة جاهلية((
[Rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui se rebelle de l’obéissance après avoir fait allégeance viendra au jugement de Dieu sans avoir d’argument en sa faveur, et celui qui meurt [après cette rébellion] sans avoir prêter allégeance pour un calife meurt d’une mort jahiliyyah. » Et ils mentionnent aux gens la fin du hadith, et il le répète :
))ومن مات وليس في عنقه بيعة مات ميتة جاهلية((
ce qui signifie : « et celui qui meurt [après cette rébellion] sans avoir prêter allégeance pour un calife meurt d’une mort jahiliyyah. » en les faisant croire que cette menace est réservée pour ceux qui n’abordent pas le sujet du calife selon leur compréhension.
Et le sens du hadith n’est pas tel qu’ils prétendent, mais c’est que celui qui se rebelle contre un calife et qui reste sur cet état de rébellion jusqu’à la mort, alors sa mort sera une mort de jahilliyyah, tout comme cela indique le hadith de Mouslim rapporté par ibnou ^Abbas :
من كره من أميره شيئًا فليصبر عليه فإنه ليس أحد من الناس خرج من السلطان شبرًا فمات عليه إلا مات ميتة جاهلية
Ce qui signifie : « Celui qui n’apprécie pas quelque chose [c’est-à-dire qu’il commet des injustices] de son gouverneur, qu’il patiente avec lui, il n’y a pas une personne qui s’est insurgé contre le calife d’un empan et qui meurt ainsi sans qu’il ne meure d’une mort de jahiliyyah [c’est-à-dire grand pécheur]. »
Sa parole (fa mata ^alayhi) est une parole explicite que celui qui meurt dans un état de rébellion c’est lui qui va mourir dans un état de jahiliyyah. Et ce qui indique également cela c’est le hadith de Abou Hourayrah que Dieu l’agréé qui a rapporté que le prophète a dit :
من خرج من الطاعة وفارق الجماعة فمات مات ميتة جاهلية
Ce qui signifie : « Celui qui sort de l’obéissance au calife et qui quitte le groupe des musulmans [ceux qui ont prêté allégeance] et qui meurt ainsi [sans le repentir de sa rébéllion] alors il mourra d’une mort jahiliyyah –anté-islamique– [c’est-à-dire sur le grand péché].
Celui qui récite ce verset jusqu’à la fin trois nuits de suite le chaytan ne rentre pas dans cette maison. Aussi le fait de dire la basmalah en rentrant lorsqu’on ferme la porte empêche le chaytan de rentrer.
Ainsi il provoque des conflits qui n’ont pas de sens, leur fondateur T N a prétendu être moujtahid et s’est mis à parler dans la religion tout en étant ignorant, et il s’est retrouvé à démentir Allah et la sounnah de Son messager. Il a violé l’unanimité sur des questions de fondements de religion et dans les sujets secondaires c’est-à-dire les jugements.
Les paroles qu’ils ont dite est une illustration de déformation des textes, c’est-à-dire la signification.
Le hadith est :
مَنْ خَلَعَ يَدًا مِنْ طَاعَةٍ لَقِيَ اللَّهَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ لَا حُجَّةَ لَهُ وَمَنْ مَاتَ وَلَيْسَ فِي عُنُقِهِ بَيْعَةٌ مَاتَ مِيتَةً جَاهِلِيَّةً
ce qui signifie : « Celui qui se désengage de l’obéissance au Calife viendra sans avoir aucune preuve pour se défendre au jour du jugement, et celui qui sera mort sans avoir prêté allégeance au Calife sera mort comme dans une mort de jahiliyyah. » Rapporté de ^abdou lLah ibn ^Oumar par Mouslim.
Ils ont interprété « une mort de jahiliyyah » en disant que c’est de la mécréance ; Ils ont fait croire aux gens que ceci s’applique à tous ceux qui les contredisent en leur interprétation.
Le sens du hadith n’est pas ce qu’ils prétendent mais plutôt que celui qui se rebelle contre le calife et continu ainsi jusqu’à la mort sans se repentir sa mort sera une mort anté-islamique, ici ce qui est visé c’est grand pécheur et non idolâtre comme ils prétendent. La preuve est la version rapporté par Mouslim d’apres ibn ^abbas dans lequel le Prophète a dit :
مَن كَرِهَ مِن أمِيرِهِ شيئًا فَلْيَصْبِرْ، فإنَّه مَن خَرَجَ مِنَ السُّلْطانِ شِبْرًا فماتَ عليه إلّاماتَ مِيتَةً جاهِلِيَّةً
ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son gouverneur qu’il patiente parce qu’il n’y a pas quelqu’un qui se rebelle d’un empan sans qu’il ne meurt d’une mort de jahilyyah. »
La parole du Prophète « qui meurt ainsi » est explicite dans le fait que c’est celui qui meurt en état de rébellion face au calife.
De plus dans la version d’après abou Hourayrah il est dit :
وخرَجَ مِن الطاعَةِ ومَن فارَقَ الجمَاعَةَ فماتَ مات فميتُتُهُ جاهليةٌ
ce qui signifie : « Celui se rebelle, quitte la majorité et meurt ainsi il meurt d’une mort de jahiliyyah. »
Ce qui indique ceci est le hadith rapporté par Al Boukhariyy et Mouslim d’après Houdhayfah ibnou l Yaman que le prophète a décrit les gens qui appellent les gens au porte de l’enfer comme ceux à notre époque qui diffuse la croyance des wahhabites, hizbou l-ikhwan et les faux-soufiyy.
Dans ce hadith il a dit :
فالزمَ جماعَةَ المسلمينَ وإمامَهم
ce qui signifie : «Attachez à l’ensemble des musulmans et à leurs imams. » Le compagnon a posé la question : فإِنْ لم تَكُنْ جماعَةٌ ولَا إمامٌ c’est-à-dire : « s’ils n’ont pas de groupe et d’imam ? » le Prophète a répondu :
فاعتزِلْ تِلْكَ الفِرَقَ كُلَّها ولَو أنْ تَعَضَّ بأصلِ شجَرَةٍ حتى يُدْرِكَكَ الموتُ وأنتَ كذلِكَ
« qu’il se mette à l’écart des tous ces groupes. »
Ici le Prophète n’a pas dit que celui qui ne trouve pas d’imam va mourir d’une mort anté-islamique.
Par ailleurs leur compréhension est très contraignant du fait que les musulmans sont incapables aujourd’hui de nommer un calife. Dieu dit :
لا يُكلفُ اللهُ نفسًا إلا وُسعها
(la youkallifou l-Lahou nafsan ‘il-la wous^aha)
[sourat Al-Baqarah / 286] ce qui signifie : « Allah ne charge la personne que de ce dont elle est capable ».
Il s’avère clairement l’infondé de leur propos, et leur supercherie est clair, et leur objectif est de perturber les musulmans et les inciter à faire allégeance à leur leader, lui qui a prétendu le califat et son groupe lui a fait allégeance sur cela. Il a partagé les territoires selon ces trois fils, il a appelé un des ces fils émir de l’Irak, l’un de Cham et un troisième gouverneur d’Egypte. Il a appelé sa femme la mère des croyants.
Maintenant que leur leader est mort, ils ont désigné un successeur qui est au Danemark et selon lui il a appliqué une peine légale pour quelqu’un qui a commis la fornication.
A Londres il y a un jeune anglais qui est entré en islam et a appris avec notre association, il a appris la langue arabe et réciter correctement. Il est parti une fois à la prière du vendredi et il s’est avéré que le khatib a dit : « il n’y a pas d’islam sans calife. »
Ces groupes sont plus dangereux que les non croyant avérée qui ne se revendique pas de l’islam car ils se font passer pour des musulmans.
Alors il a su que c’était quelqu’un de ce groupe, s’il n’avait pas appris il serait resté et aurait prier derrière cet égaré.
Même la prière il ne la considère pas obligatoire tant qu’il n’y a pas de calife. Il y avait à Tripoli une personne dans l’assemblée lorsqu’il y a eu la prière de ^Asr et il a été dit à l’un d’entre eux de se lever pour faire la prière et il a répondu : ce n’est pas obligatoire jusqu’à ce qu’il y ait un calife. Ces gens se jouent de la religion.
Leur mauvaise croyance
Plus grave que cet égarement, il y a leur parole selon laquelle l’esclave crée ses actes délibérés fait par la personne volontairement et non pas des actes involontaires qui est fait indépendamment de la volonté. Ceci revient à attribuer à l’esclave un attribut de Dieu qui est le fait de créer.
Ils ont contredit la parole de Allah ta^ala :
اللهُ خالِقُ كلِّ شىء
(Allahou khaliqou koulli chay’)
[sourat Az–Zoumar / 62] qui signifie : « Allah crée toute chose ». En effet, le terme chay’ ici englobe le corps et ses actes qui sont faits par le corps volontaire ou involontaire. Ils ont également contredit Sa parole ta^ala :
هل من خالقٍ غيرُ اللهِ
(hal min khaliqin ghayrou l-Lah)
[sourat Fatir / 3] qui signifie : « Il n’y a pas de créateur autre que Allah », c’est une question réthorique qui n’attend pas de réponse, tout comme dans le verset « hal antoum mountahoun ». Aujourd’hui il y a un groupe au Liban et ailleurs qui ont la croyance des mou^tazilah et il s’agit donc de hizbou t-tahrir. Le terme hizb signifie le partie et il est souvent utilisé pour la politique mais n’a pas que ce sens. Dans certaines de leurs publications, il y a cette parole de mécréance à savoir que ce que fait l’esclave délibéré, ne serait pas prédestiné par Dieu, que ce qui est prédestiné c’est uniquement les actes involontaires de l’homme. Les gens de la vérité c’est-à-dire les sunnites la majorité de ce qui se disent musulmans ont pour croyance que les actes de l’esclave sont une création de Dieu et un acquis pour les esclaves. Ils se sont ainsi écartés de ce qu’est la croyance de ahlou ssounnah wal-jama^ah, que ce soit les compagnons ou ce qui les ont suivis correctement. Abou Ja^afar at-tahaawiyy a dit : « Les actes des esclaves sont une création de Dieu et un acquis des esclaves » et cela fait l’objet de l’unanimité chez Ahlou ssounnah wal-jama^ah depuis les compagnons jusqu’à son époque, il n’exprime pas une opinion personnelle mais il parle de la croyance de la communauté et non pas de ceux qui s’en sont distingués comme les mou^tazilah, et la majorité de ceux qui se disent musulmans ont la croyance des compagnons. Quant à la communauté de Mouhammad, elle a la même croyance jusqu’au Jour du jugement, et ceci est un défi. Quoique fasse les égarés pour éloigner les gens de la croyance ils ne pourront pas faire comme ce qu’ils ont fait avec les communautés antérieurs comme pour ^Iça par exemple, elle restera majoritaire et sur cette croyance.
ainsi que Sa parole :
قل إنَّ صلاتي ونُسُكي ومحيايَ ومماتِي للهِ ربِّ العالمينَ لا شريكَ له
(qoul ‘inna salati wa nouçouki wa mahyaya wa mamati li l-Lahi Rabbi l-^alamina la charika lah)
[sourat Al-‘An^am / 162] qui signifie : « Dis : ma prière, le sacrifice que je fais, ma vie et ma mort appartiennent à Allah Seigneur des mondes. Il n’a pas d’associé ». Allah a fait que la prière et le sacrifice (rituel d’adorations comme l’égorgement) qui sont tous deux des actes délibérés de l’esclave, tout comme la vie et la mort qui ne sont pas des actes délibérés de l’esclave sont tous créés par Lui. Nul ne s’associe à Lui en cela ce n’est pas l’esclave qui crée quoi que ce soit c’est-à-dire que c’est Lui Qui fait surgir tout cela du néant à l’existence.c’est-à-dire faire passer de l’état de l’inexistence à l’existence. Ces ‘ayah ont indiqué que tout ce qui entre en existence, que ce soit un corps, un mouvement, une immobilité, une couleur, une réflexion, une douleur, un plaisir, une compréhension, une impuissance, une faiblesse, tout cela existe par le fait de faire exister propre à Allah ta^ala et à nul autre que Lui. En effet, les esclaves agissent et ne créent rien. Ceci est conforme à l’Unanimité des musulmans, à ce sur quoi était la première partie des musulmans, et la majorité d’entre eux jusqu’à nos jours sont sur cette croyance. Certains chites ont rejoint les mou^tazilah dans cela.
Parmi les ‘ayah qui indiquent que l’esclave ne crée pas ses actes de façon absolue, que ce soit les actes délibérés ou autres, il y a la parole de Allah ta^ala :
فلم تقتُلوهم ولكنَّ اللهَ قتلَهم
(fa lam taqtoulouhoum wa lakinna l-Laha qatalahoum)
[sourat Al-‘Anfal / 17] ce qui signifie : « Vous ne les avez pas tués mais c’est bien Allah Qui les a fait mourir ».c’est-à-dire ce n’est pas vous qui a crée leur mort mais c’est Dieu qui a créé bien que ce sont musulmans qui ont agit.Bien que ce sont les musulmans qui ont combattu et qui ont tué, Allah leur a renié le fait qu’ils aient tué de par la réalité (la création de la mort). En effet, cette mort que les compagnons ont donnée a bien eu lieu mais lorsqu’ils ont tué, ce ne sont pas eux qui ont créé la mort mais c’est Allah Qui l’a créée. Eux, ils ont agi dans le sens qu’ils ont acquis ces actes. Selon l’apparence, ce sont eux qui ont tué mais c’est Allah Qui a créé cela c’est-à-dire que c’est Allah Qui l’a fait surgir du néant à l’existence. Dieu nous a appris que tous les actes volontaires du point de vue de leurs acquisitions sont attribués mais du point de vue de leur création c’est l’attribut de Dieu et il n’a pas d’associer en cela. Contredire à ce propos est de l’association car il aura attribuer l’attribut qui est propre à Dieu à une créature. On leur dit l’être de l’esclave est un seul on a une âme, un corps et c’est Dieu qui le crée et ils ont considéré que les actes des esclaves qui sont encore plus nombreux chaque jour sont la création de l’esclave. Leur croyance mène à dire que les créatures de l’esclave serait plus nombreux que celles de Dieu, et quelle abominable croyance que celle-là. La croyance des sunnites est que Dieu est le créateur de toutes choses.
Suite à cette ‘ayah, Allah ta^ala dit :
وما رَمَيْتَ إذ رَمَيْتَ ولكنَّ اللهَ رمى
(wa ma ramayta ‘idh ramayta wa lakinna l-Laha rama)
[sourat ‘Anfal / 17]. « ce n’est pas toi qui a créé le lancer lorsque tu as lancé mais c’est Allah qui a créé le lancer » Ainsi Il a nié le fait que le Messager de Allah ait tiré (la flèche). Il l’a nié du point de vue de la réalité, de par le fait de faire exister c’est-à-dire de faire surgir du néant à l’existence. Cela veut dire : Ce n’est pas toi qui a fait exister le fait de tirer, ce n’est pas toi qui l’a fait exister mais c’est Allah Qui l’a créé, c’est Allah Qui a fait exister le fait que tu as tiré. C’est-à-dire que d’un point de vue, Allah a nié le fait que le Messager ait lancé et d’un autre point de vue Il l’a confirmé pour Lui-même. Qui a créé l’acte, Il a nié le fait que ce soit créé par le Messager et Il a confirmé que le Messager a acquis cet acte c’est-à-dire qu’il l’a fait sans qu’il en soit le créateur. De tout cela on en comprend que l’esclave ne crée pas ses actes mais les acquiert c’est ce qu’on appelle « al kasb » le fait d’orienter son intention vers un acte et Dieu crée l’acte tout comme il crée l’intention. Du point de vue de l’acquisition c’est bien le Messager qui l’a fait mais du point de vue de la création c’est Allah qui a crée et ceci est la croyance de Ahlou s-sounnah. Que Dieu maudisse Hizbou ttahir qui ont prétendu être des gens de la vérité.
Beaucoup de savants les ont répliqué chaykh Jamil Halim a écrit aussi un livre.
Les tahririyy ont contredit ces deux ‘ayah claires et explicites et l’autre ‘ayah qui est encore plus explicite à savoir le verset « qoul inna salatii.. ».
L’Imam Abou Hanifah a dit : أعمالُ العِبادِ فِعلٌ منهم وخلقٌ للله « Les actes des esclaves proviennent d’eux mais sont créés par Allah ». C’est sur cette croyance qu’étaient les prédécesseurs, les Salaf de cette communauté et leurs successeurs, ceux qui les ont suivis. Ceux qui ont contredit à ce sujet sont en contradiction avec le Livre de Allah et en contradiction avec le hadith du Messager de Allah.
Al-Boukhariyy et autres ont rapporté que le Messager r disait quand il terminait un pèlerinage, une ^oumrah ou une conquête :
(( لا إله إلا الله وحده لا شريك له نصر عبده وأعز جنده وهزم الأحزاب وحده ))
(La ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wahdahou la charika lah, nasara ^abdah wa ‘a^azza joundah wa hazama l-‘ahzaba wahdah)
ce qui signifie : « Il n’est de dieu que Allah, Lui seul n’a pas d’associé, Il a donné la victoire à Son esclave, Il a donné la gloire à Son armée et Il a vaincu les factions ennemies, Lui seul ». Le Messager de Allah r a exprimé que le fait de vaincre les factions ennemies est une création de Allah ta^ala Lui seul. Nul ne s’est associé à Lui en cela. Bien que selon l’apparence il est provenu de la part des soldats des musulmans que l’ennemi a perdu. Ceci est la plus explicite des explications.
Egalement Hizbou t-tahrir ont prétendu qu’avant la révélation les prophètes ne seraient pas préservés des grands péchés.
De plus ils ont prétendu que la marche pour aller faire la fornication n’est pas un péché des pieds, c’est uniquement l’acte de la fornication qui est interdit.
Dans un hadith le prophète a dit : وزِنا الرِّجْلَيْنِ المَشْيُ ce qui signifie : « et les préliminaires à la fornication des pieds c’est la marche. »
Ici on comprend bien qu’il y a un péché dans la marche.
An-Nawawiyy a confirmé ce jugement dans son explication de Mouslim.
Egalement ils se rendent permis le fait de serrer la main ou faire la bise à une femme, au point qu’ils ont dit que regarder la femme ajnabiyyah est interdit en s’appuyer sur un verset du Qour’an, et ceci est ceci vrai, cependant ils prétendent ensuite que c’est permis de l’embrasser. Un frère les a répliqué leur a dit : omment il embrasse sans le regarder et ces imbéciles ont dit : il ferme les yeux par entêtement.
Ils prétendent se baser sur la bay^ah le pacte, ils disent que le Prophète aurait tendu la main aux hommes et aussi aux femmes.
Pour leur réplique par le hadith rapporté par ibn Hibban : إنِّي لا أُصافِحُ النِّساءَ qui signifie :« Certes, je ne serre pas la main aux femmes. »
Et il y a le hadith at-Tabaraniyy dans son Mou^jam l-kabir et ibn hajar l’a jugé haçan dans lequel le prophète a dit : لَأنْ يُطعَنَ أحدكم بحديدة في راسه خيرٌ له أن يمَسَّ امرأةً لا تَحِلُّ له ce qui signifie : « Que l’un d’entre vous prenne une barre de fer dans la tête est préférable pour lui que de serrer la main d’une ajnabiyy.»
Il y a d’autres ‘ayah encore qui indiquent que les esclaves ne créent pas leurs actes de façon catégorique et absolue, comme la parole de Allah :
واصبِرْ وما صبرُك إلا بالله
(wasbir wa ma sabrouka ‘il-la bi l-Lah)
[sourat An-Nahl / 127] ce qui signifie : « Patiente, mais ta patience n’est que par la création de Allah ». Ainsi que Sa parole :
وما توفيقِي إلا بالله
(wa ma tawfiqi ‘il-la bi l-Lah)
ce qui signifie : « Ma réussite n’est que par la création de Allah ».
Ceci vient dans le sens de faire surgir du néant à l’existence. La réussite dans le fait de réconcilier provient de Dieu.
Cependant, si l’on vise par le terme khalaqa le fait de donner une forme, de calomnier ou de prévoir de faire, il est valable de l’attribuer aux esclaves. Ainsi Allah ta^ala dit au sujet de ^Iça ^alayhi s-salam :
وإذ تخلُقُ من الطينِ كهَيْئَةِ الطير
(wa’idh takhlouqou mina t–tini kahay’ati t–tayri)
[sourat Al-Ma‘idah / 110]. Ici takhlouqou signifie : « tu donnes forme à un volatile à partir de la terre». Cela ne veut pas dire que tu fais surgir le volatile du néant à l’existence. C’était une chauve souris qui est un animal étonnant, il vole sans plume, qui allaite, a des menstrues et voit qu’à deux moment de la journée en début et fin. Par la volonté de Dieu ^Iça a eu ce miracle et lorsque la chauve arrivait à perte de vue elle disparaissait.
Il ya deux points fondamentaux de ahlou ssounnah, le premier est qu’Il ne ressemble pas à Ses créatures et le second est qu’Il est l’unique créateur.
Il en est de même au sujet de Sa parole ta^ala :
فتباركَ اللهُ أحسنُ الخالِقين
(fatabaraka l-Lahou ‘ahsanou l-Khaliqin)
[sourat Al-Mou’minoun / 14] al-khalq ici dans cette ‘ayah signifie le fait de destiner, de prévoir et non pas le fait de faire surgir du néant à l’existence. En effet, le sens de la ‘ayah est que Allah est le plus parfait de ceux qui prédestinent, c’est-à-dire que ce que Allah prédestine a lieu alors que ce que les esclaves prévoient de faire n’a pas forcément lieu.
Cours (11/05/23) : Ceux qui prévoient des choses c’est-à-dire autre que Dieu, ce qu’ils prévoient est sujet à erreur, et il est également possible que cela ne se réalise pas. Tandis que ce que Dieu prédestine il est indispensable qu’il se produise et ait lieu.
Tout ce qui entre en existence dans ce monde est par la prédestination de Dieu. Dieu a prédestiné de toute éternité ces créatures dans leur totalitén ce qui en a existé est entré en existence et ce qui va exister entrera en existence et ce, sans fin comme le Paradis et l’enfer, tout cela est par la prédestination de Dieu.
Ahlou s-sounnah ont dit que les créatures ont des actes par lesquels il sont obéissants ou désobéissants, et que ces actes sont créés par Dieu c’est-à-dire que ce n’est pas l’esclave qui ne crée quoique ce soit.
Dieu est le seul qui crée les créatures et il n’y a pas d’autres créateurs pour les créatures sinon Lui.
Les mou^tazilah s’attachent à la parole de Dieu dans sourate Al Mou’minoun/ 110 pour prétendre que autre que Dieu serait créateur.
Abou Haçan a dit la ilaha illah c’est-à-dire il n’y a d’autre créateur que Dieu.
Ils ont prétendu qu’il y aurait beaucoup de créateurs et que Dieu serait le meilleur d’entre eux.
La réponse est que ce verset ne traite pas de la création et qu’il est mis hors de son contexte. Ce verset comporte le sens de khalaqa dans le sens de prédestiner et de prévoir et non dans le sens de donner l’existence à ce qui n’existe pas.
Allah ta^ala dit :
وتخلقون إفكا
(watakhlouqouna ‘ifka)
[sourat Al-^Ankabout / 18] ce qui signifie : « Et vous prétendez des choses calomnieusement ». et ce sens ne sied pas à Dieu. On dit ikhtalaqa c’est-à-dire fomenter une information, Il a attribué aux associateurs le fait de prétendre des choses calomnieusement et mensongèrement, et non pas qu’ils créent la calomnie ni qu’ils la font surgir du néant à l’existence.
Que al-khalq vienne dans le sens de « prévoir de faire » est connu chez les anciens arabes.
Un poète a dit :
ولأنت تفرِي ما خلقتَ وبعــضُ القومِ يخلُقُ ثم لا يفري
wa la’anta tafri ma khalaqta wa ba^d ou
l-qawmi yakhlouqou thoumma la yafri
c’est-à-dire que le poète disait à celui dont il fait les louanges : « Toi tu prévois de faire quelque chose et tu exécutes ce que tu as prévu de faire, mais d’autres que toi prévoient de faire des choses mais n’appliquent pas ce qu’ils ont prévu de faire ».
Ces trois sens le fait de calomnier, ou prévoir et façonner sont valides d’être attribué à l’esclave.
Il y a de nombreuses personnes qui de nos jours s’expriment avec des paroles qui portent à confusion, et s’ils avaient fait preuve de crainte en se limitant à ce qui est parvenu dans le Qour’an, cela aurait été mieux pour eux.
Il y a aussi un quatrième sens de khlaqa qui est le fait de polir, poncer. Le sens qui est propre à Dieu est le sens de la création à savoir donner l’existence à ce qui n’existe pas, et dans ce sens Al khalq n’est pas attribué à autre que Dieu comme dans le verset : « hal min khaliqin ghayrou l-Laah »et le verset « Allaahou khaliqou koulli chay’ ».
Ordonner le bien et interdire le mal
Au titre du reniement de ce qui est blâmable et de l’ordre de ce que Allah a rendu obligatoire à Ses esclaves, il est un devoir de réprouver tout ceux-là. Il est un devoir de mettre les gens en garde contre ces groupes et contre tout groupe qui contredit ce sur quoi les musulmans se maintiennent depuis les compagnons jusqu’à cette époque en formant la majorité de la communauté.
Ces égarés ne sont que de petits groupuscules par rapport au grand nombre des gens de Ahlou s-Sounnah.
Le Messager de Allah r a recommandé de s’attacher au groupe majoritaire, à la majorité. Il a été confirmé du Messager de Allah r qu’il a dit :
عليكم بالجماعةِ وإياكم والفُرقة فإنَّ الشيطانَ مع الواحِدِ وهو منَ الاثنينِ أبعدُ،
فمن أرادَ بُحْبوحَةَ الجنةِ فليَلْزَمِ الجماعة
(^alaykoum bi l-jama^ah wa ‘iyyakoum wa l-fourqah fa’inna ch-chaytana ma^a l-wahidi wahouwa mina l-‘ithnayni ab^ad ; faman ‘arada bouhbouhata l-jannati falyalzami l-jama^ah)
[rapporté par At–Tirmidhiyy dans son Jami^. Il a dit que c’est un hadith haçan, fiable, sahih, sûr, ainsi que Ibnou Hibban, Ibnou Majah et autres qu’eux] ce qui signifie : « Attachez-vous à la majorité et gardez-vous de la dispersion car le chaytan est proche de la personne seule et plus éloigné de deux que de la personne isolée. Celui donc qui recherche les hauts degrés du Paradis, qu’il s’attache à la majorité ».
Dans ce hadith le Messager a dit :
عن عمر بن الخطاب رضي الله عنه ، قال رسول الله صلى الله عليه و سلم :
أوصيكُم بأصحابي ، ثمَّ الَّذينَ يلونَهم ، ثمَّ الَّذينَ يلونَهم ثمَّ يفشو الكذبُ
ألا لا يخلوَنَّ رجلٌ بامرأةٍ إلّا كانَ ثالثَهما الشَّيطانُ علَيكُم بالجماعةِ وإيَّاكم والفُرقةَ فإنَّ الشَّيطانَ معَ الواحدِ وَهوَ منَ الاثنَينِ أبعدُ مَن أرادَ بَحبوحةَ الجنَّةِ فلْيلزَمُ الجماعةَ
ce qui signifie : « Je vous recommande de suivre mes compagnons puis ceux qui vont les succéder puis ceux qui vont les succéder ensuite le mensonge se propagera. Toutes les fois où un homme se trouve seul à seul en présence d’une femme le diable aura un grand effet sur eux. Attachez-vous à la majorité et gardez-vous de la dispersion car le chaytan est proche de la personne seule et plus éloigné de deux que de la personne isolée. Celui donc qui recherche les hauts degrés du Paradis, qu’il s’attache à la majorité ».
La meilleur communauté après les prophètes ce sont les gens de la communauté de Mouhammad, et au sein de cette communauté les meilleurs d’entre eux sont ceux du premier siècle, puis ceux du deuxième puis ceux du troisième.
Les musulmans des trois premiers siècles sont les meilleurs notamment parce que le mensonge ne s’est propagé à plus large échelle qu’après ces trois premiers siècles.
En effet, il y a eu des gens qui avaient déviés même à l’époque des compagnons mais ils n’étaient pas très nombreux si ce n’est qu’après les trois cents premières années.
A l’époque des compagnons environ trente cinq ans après le décès du Prophète des gens qui ont dévié de ce sur quoi était les compagnons.
Il y a un petit groupe qui s’est singularisé et a contredit ce sur quoi étaient les compagnons en terme de croyance, puis lors de la troisième centaines ils sont devenus plus nombreux, mais ceux qui se sont singularisés sont peu nombreux par rapport à ceux qui se sont attachés à la voie des compagnons. Le nombre de groupe a atteint soixante-douze mais tous ceux qui les composent sont un faible nombre.
La grande majorité est restée sur la croyance des compagnons, et la majorité a demeuré sur la croyance des compagnons celle de leur successeur et celle des successeurs des successeurs en terme de croyance.
Mais en terme de bonnes œuvres il y a une grande différence entre les compagnons et ceux qui les ont succédé. Les compagnons se soutenaient les uns les autres, notamment lorsqu’ils sont dans le besoin, ils faisaient preuve d’altruisme. Il y avait parmi eux une fois un qui était assoifé et son frère aussi était assoifé il l’a donné, et le deuxième a fait la même chose il a donné à un troisième et le troisième a donné à un quatrième au point qu’ils sont tous morts de soif et personne n’a bu de cette eau.
Les compagnons s’aimaient et faisaient preuve de tendresse les uns les autres, et ceux du deuxième siècles il y avait aussi parmi eux ce qui avient un bon caractère.
Dieu a fait leur éloge dans le Qour’an dans Sa parole dans sourate Al Hachr / 9:
وَيُؤْثِرُونَ عَلَىٰ أَنْفُسِهِمْ وَلَوْ كَانَ بِهِمْ خَصَاصَةٌ
ce qui signifie : « Ils font preuve d’altruisme »
S’ils n’avaient pas ce trait de caractère ils n’auraient pas autant propagé l’islam en seulement vingt cinq ans, et toutes ces conquêtes ont notamment eu lieu durant le califat de ^Oumar.
Le chaykh a dit : Si leur ardeur est comme la notre l’islam ne serait pas sorti de la péninsule arabique.
« et gardez-vous de la dispersion » c’est-à-dire rester sur la croyance du Messager et des compagnons ce sont eux les plus nombreux jusqu’à la fin de ce monde. Le prophète a mis en garde le fin de se marginaliser et ces trois groupes que nous avons étudié ce sont singularisés et ceux sont des égarés.
« Celui donc qui recherche les hauts degrés du Paradis, qu’il s’attache à la majorité ». c’est-à-dire qu’il ne quitte pas la croyance des sunnites. Le Paradis n’est pas égale pour tous les gens. Quant à celui qui s’écarte de la majorité il s’exposera au feu de l’enfer.
18/05
Le Chaykh a dit : La meilleur des œuvres est de s’attacher à la voie de Ahlou ssounnah, de persévérer sur voie en terme de croyance et de lois et d’appeler les gens à apprendre cette voie. Ceci est la meilleur des voies car le Messager a dit :
عليكم بالجماعةِ وإياكم والفُرقة
ce qui signifie : « Attachez-vous à la majorité et gardez-vous de la dispersion »
Ce qui est visé par la jama^ah ce n’est pas la prière en assemblée mais les compagnons du Prophète et ceux qui les ont suivi.
Il a été rapporté plusieurs hadith sur le fait de s’attacher à la jama^ah entre autre le hadith dans lequel le Prophète a dit :
سِتَّةٌ لَعَنُهُم اللهُ وَكُلُّ نَبِيٍّ مُجَاب: وَالتَّارِكُ لِسُنَّتِي المُفارِقُ لِلجماعة
qui signfie : « 6 catégories de gens que Dieu a maudit et que tous prophètes exaucés a maudit, parmi eux : Celui qui délaisse ma sounnah et se sépare de ma jama^ah. » La sounnah ici c’est la croyance et les lois du prophète et la jam^ah c’est à dire ce qui se sépare de la voie des compagnons et ceux qui les ont suivi.
Dans ce hadith il y a en cela une grande incitation à suivre la voie de Ahlou s-sounnah et à délaisser le fait de s’en singulariser pour rejoindre ce qui la contredit.
Le Prophète a informé que celui qui délaisse la voie de Ahlou s-sounnah en terme de croyance et de pratique et qui suit autre que cela c’est quelqu’un qui est maudit par Allah et par les prophètes.
La louange est à Allah et nous le remercions pour nous avoir faciliter la croyance des sunnites de ahlou s-sounnah wa l-jama^ah. Nous louons Allah et le remercions pour avoir fait de nous des gens attachés à la voie des gens de la vérité tant en terme de croyance que de lois surtout dans cette époque dans laquelle nous vivons où ceux qui appellent à autre que cette voie sont devenus nombreux et ils utilisent différentes sortes de duperies et de stratagèmes pour égarer les gens.
Ces gens là qui appellent à l’égarement sont de deux catégories:
-une catégorie d’entre eux qui prétendent détenir la science de la religion (chari^ah) et qui sont sur la vérité et personne d’autre qu’eux ne l’est, ce sont les wahhabites, hizbou l ikhwan le partie de Sayyid Qoutb (soit disant Al jama^ah islamiyah entre autre),, hizbou t-tahrir. (le partie de la libération, ils renient la prédestination) Ces groupe ont contredis la voie des sunnites qui est la voie des compagnons et ceux qui les ont suivis de génération en génération jusqu’à notre époque.
-une deuxième catégorie qui sont nombreux, ils se prétendent être des soufis, être des gens attachés aux voies de tariqah et aux mystiques. Le plus nombreux à notre époque sont les chaadhiliyy (en référence à un saint Abou l-Haçan Ach-Chadhiliyy orginaire du Maroc, il est mort en Egypte alors qu’il allait faire le pèlerinage. Il avait pour chaykh ^Abdou s-salam ibn Mchich il a été dit celui qui le visite à une bonne nouvelle, il est enterré près de Tanger dans une montagne.) YachrouTiyy (en référence à ^Aliyy nourou d-Din Al Yachroutiyy originaire de Bizert en Tunisie il a vécu en Palestine, beaucoup de gens ont profité de lui il suivait la tariqah chadhiliyyah et des gens qui se sont égarés ce sont réclamés de lui alors qu’il est innocent d’eux, de son vivant il disait que ces gens ne le suivaient pas.) Ces deux savants sont innocent de ceux qui à notre époque se réclame d’eux.
Parmi eux les chaykh chadhiliyy bien guidé il y avait ^Oumar Ach-Chadhiliyy il avait innové le café afin que ses élèves puissent veiller en adoration au point que les tunisiens lorsqu’ils veulent du café ils disent : fais moi une chadhliyyah les anciens le savent bien que certains ne savent pas l’origine.
Parmi les devoirs les plus importants c’est de défendre la religion agréé par Allah en répliquant et en mettant en garde contre ces groupes.
Celui qui a la capacité de donner les preuves à partitr du Qour’an et du hadith et les preuves rationnels (conformément à la raison) et qui accompli ce devoir, il fait partie de la couche haute des musulmans d’aujourd’hui, parmi les musulmans qui ont les degrés les plus élevés de cette époque.
Une fois le Chaykh a dit à quelqu’un de répliquer à un wahhabite et il avait dit que c’était peine perdu, et le Chaykh lui a dit de le faire pour l’affaiblir, diminuer son mal et que les gens seront en garde contre lui. Il y a beaucoup de récompenses en cela.
La plus grande des grâces, le plus grand des bienfaits que Dieu accorde à Ses créatures c’est la croyance ahlou s-sounnah et c’est la croyance qu’avaient le Messager et les compagnons puis les successeurs qui les ont suivis en cela.
Cette croyance c’est la croyance du Messager, celui qui s’y attache et ne s’en écarte pas avec les gens déviés, aura la récompense d’un martyr et ce en raison de la parole du messager de Allah, qui a été rapporté par Al Bayhaqiyy et d’autres :
المُتَمَسِّكُ بسُنَّتِي عندَ فسادِ أُمَّتِي له أَجْرُ شهيدٍ
ce qui signifie : «Celui qui s’attache à ma sounnah dans l’époque où la corruption va se propager au sein de la communauté, aura la récompense d’un martyr. » Ce hadith est authentique, sûr chez les spécialistes du hadith.
Cela veut dire que si le musulman persévère sur cette croyance, lorsqu’il y aura de la corruption ( dans la croyance et dans les lois) au sein de la communauté aura la récompense d’un martyr sans avoir été sur un champ de bataille pour le jihad. Quelle est la sagesse ? car les égarés sont nombreux. Le chaykh est un Hafidh, un grand savant, et il a dit que c’est cette époque à propos de laquelle le Messager a dit que la corruption apparaitra à grande échelle au sein de ma communauté.
Dans cette époque, celui qui a pour croyance la croyance de ahlou s-sounnah, et qui persévère dessus et il renie ce qui est blâmable c’est-à-dire qu’il interdit le mal, qu’il met en garde les gens contre les déviants comme les deux grande catégories qu’on a cité avant, aura la récompense d’un martyr (chahid en arabe).
De nos jours, les égarés les plus nombreux qui œuvrent à semer la corruption chez les gens, à les corrompre, ce sont les wahhabites puis Hizbou l-ikhwan, le groupe de Sayyid Qoutb.
Il est parvenu dans le hadith authentique que le Messager a dit que celui qui s’attache à la religion (croyance et pratique) dans l’époque où ce qui prévaut chez les gens c’est l’amour du bas monde, le fait de s’entêter sur son propre avis, que les gens soient imbus d’eux même et de leur opinion, et qu’ils suivent leurs passions ( c’est-à-dire les mauvais penchants de l’âme), il aura une récompense éminente.
Celui qui s’attache à la sounnah c’est-à-dire à la voie suivis par les compagnons, le Prophète a dit que ces gens là (ceux qui s’attache à la voie des compagnons quand y’aura la corruption) auront la récompense de cinquante d’entre vous (des compagnons) pour ce qui est d’ordonner le bien et interdire le mal.
Cette grande récompense, car à l’époque des compagnons ils étaient solidaires entre eux ils se soutenaient les uns les autres, ils fournissaient les efforts les uns pour aider les autres, ils donnaient d’eux même pour leurs frères, les autres compagnons, ils se donnaient les conseils les uns aux autres, ils s’aimaient, il n’y avait pas d’envie pas de jalousie pas d’animosité entre eux, de l’amour sincère tout comme Allah leur a ordonné, ils s’entraidaient pour le bien, ils n’étaient pas confronté entre eux à des situations difficiles auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui.
De nos jours la plupart des gens se comportent de manière contraire au comportement des compagnons, la plupart ont préféré le bas monde au détriment de l’haut delà, pour peu d’argent ils commettent la mécréance (on leur paye et ils se taisent par exemple sur les égaremetns d’ibn Taymiyah) tellement leur cœur est attaché au bas monde, ils se sont éloignés de la voie de compagnons d’un grand éloignement.
Pour cela, dans notre époque, celui qui s’attache à ceux à quoi s’attachaient le Messager et les compagnons aura la récompense de cinquante des compagnons pour ce qui est d’ordonner le bien et d’interdire ce qui est blâmable.
Le Messager a dit : إنَّ مِنْ ورائِكُمْ أيامَ الصبرِ الصبرُ فيهِنَّ كَقَبْضٍ علَى الجمْرِ لِلْعَامِلِ فِيهَا أَجْرُ خَمْسِينَ
ce qui signifie : « Après vous il y aura une époque où il faudra faire preuve de beaucoup de patience, celui qui s’attache à pareil à ce quoi vous vous attachez, aura la récompense de cinquante.
قيل : يا رسولَ اللهِ أجرُ خمسين رجلًا منا أو منهم
Les compagnons ont demandé : Cinquante d’entre nous ou de leur époque ?
Il a répondu بل أجرُ خمسين منكم ce qui signifie : « Cinquante d’entre vous. » c’est-à-dire pour ce qui est d’ordonner le bien et d’interdire ce qui est blâmable dans l’époque où la corruption se propagera au sein de la communauté du prophète. Et dans une version il aura la récompense d’un martyr.
Pour ce qui est du mérite, les grands compagnons sont les meilleurs de cette communauté, il ne viendra pas qui soit meilleur qu’eux selon le jugement de Dieu.
Il n’y aura pas quelqu’un qui aura un degré tel que abou Bakr, ^Oumar, ^Outhman, ^Aliyy et les autres.
De nos jours, nous endurons beaucoup de difficultés à cause de ceux qui ont dévié de la croyance de ahlou s-sounnah. »
Recommandation
La recommandation que nous faisons à ces trois groupes, c’est qu’ils apprennent la science de la religion de la bouche des gens de Ahlou s-Sounnah et non pas en lisant les ouvrages de Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab,ni les ouvrages de Sayyid Qoutb, ni les ouvrages de Taqiyyou d-Din An-Nabahaniyy. Nous leur recommandons d’apprendre auprès des gens de la science les livres des savants qui sont reconnus et qui ont de la considération, comme le livre de Al-Boukhariyy appelé Khalqou ‘Af^ali l-^Ibad « La création des actes des esclaves » ou encore le livre de Abou Ja^far At–Tahawiyy appelé Al-^Aqidatou t–Tahawiyyah « La croyance Tahawiyyah » ou encore le livre Tafsirou l-‘Asma‘i wa s–Sifat « L’explication des noms et des attributs de Allah » de l’Imam Abou Mansour ^Abdou l-Qahir Ibnou Tahir Al-Baghdadiyy.
Parce que si vous délaissez vos croyances égarées et que vous vous attachez à cette croyance-là, vous serez bien guidés. Vous serez assurément bien guidés.
C’est à Allah qu’appartient le devenir des choses et c’est à Son jugement que nous serons ramenés, nous serons assurément ressuscités et rassemblés.
Dire la vérité ne va pas te rapprocher de ton terme cas de ta mort, et ne va pas te priver de ta subsistance (celle que Dieu t’a prédestiné).
Allah a prédestiné le terme de chacun: quand est-ce qu’il va mourir, quelle sera la cause de sa mort que ce soit par homicide par maladie dans son lit ou encore par la noyade ou autre que cela. L’homme ne mourra qu’au moment de son terme car son terme arrivera. Et l’homme n’aura pas de subsistance autre que celle que Allah lui a prédestiné. Que Allah nous accorde l’audace et le courage pour dire la vérité ! Amin.
Et Allah soubhanahou wa ta^ala sait plus que tout autre.
26/05/23
En raison du peu de mise en garde contre l’égarement que sont apparus les groupes égarés, parmi eux les wahhbites, le groupe de sayd Qout et hizbou t-tahrir.
A l’époque des compagnons la mise en garde était plus facile car les gens l’aidaient alors qu’à notre époque nous sommes combattu.
Hizbou t-tahrir sont les frères des qadarites, ce sont ceux qui renient la prédestination, et c’est eux les mou^tazilah, et les mou^tazilah sont des qadariyyah.
Les mou^tazilah sont apparus à l’époque de Haçan al bisriyy qui était un savant moujtahid parmi les successeur en Irak, il donnait cours et un homme du nom de Wasil ibn ^aTa’ s’est mis à prétendre que l’homme crée ses actes et Haçan leur a dit: « Tenez vous à l’écart de notre assemblée » c’est de là qu’est apparu leur appellation.
Les qadariyyah, le premier d’entre eux qui a été connu c’est Ghaylan à l’époque du calife ^Oumar ibn ^Abdi l ^Aziz celui qui a fait cessé les insulte à l’encontre de ^Aliyy à l’époque de la dynastie des Omeyyades, et seul lui était vertueux parmi les gouverneurs de cette dynastie, les bergers ont su qu’il était mort lorsque les fauves se sont mis à ré-attaquer les troupeaux, car en sa presence il avait fait preuve de justice au point que cela s’est étendu au animaux, c’était un moujtahid et moujaddid, il est mort à l’âge de 39 ans
Donc Ghaylan Ad-Dimachqiyy est apparu à son époque et il fut convoquer par ^Oumar et il a nier ses dires et ^Oumar lui a dit: Si tu es menteur que Dieu fasse que tu goutes à la chaleur de l’épée. Et effectivement, il a vécu à l’époque de Hicham ibn l-Malik et il est revenu sur ces sujets erronés. Hicham l’a convoqué et il a affirmé sa croyance et a demandé le débat et c’était Al Awzariyy qui a débattu avec lui. Il est enterré au liban et les invocations sont exaucés sur lui. Il l’a déclaré mécréant et a dit qu’il assume l’excution de cet hoomme et Ghaylan fut exécuté et avant de mourir il a affirmé que c’était l’exaucement de l’invocation de ^Oumar.
Les Qadariyyah sont les mazdéens les mages de cette communauté, parce que eux disaient qu’il y avaient deux créateurs un pour la lumière et l’autre obscurité tout comme eux les qadariyyah et mou^tazilah ont prétendu qu’il y avait plusieurs créateurs. Le prophète a dit :
عَنْ ابْنِ عُمَرَ رضِي الله عنْهُما عَنْ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ : الْقَدَرِيَّةُ مَجُوسُ هَذِهِ الْأُمَّةِ ،
ce qui signfie : « Les qadarites sont les majous de cette communauté. »
Et les qadariyah connaissent le hadith et ils disent que les qadariyyah sont ceux qui confirme la
prédestination et les savants les ont répliqué par une autre version:
ومَجوسُ هذه الأمة اللذين يَقولون لا قدر
Ce sont donc les frères des qadariyyah ils disent que l’homme crée ses actes et cela est du chirk et une attribution d’un associer à Dieu.
Dieu dit dans sourate FaaTir / 3 :
هل من خالقٍ غيرُ اللهِ
(hal min khaliqin ghayrou l-Lah)
[sourat Fatir / 3] qui signifie : « Il n’y a pas de créateur autre que Allah »,
ce qui signifie: « Y’aurait il un créateur autre que Dieu ? » c’est-à-dire non.
C’est un devoir de mettre en garde contre eux en raison du verset:
كُنْتُمْ خَيْرَ أُمَّةٍ أُخْرِجَتْ لِلنَّاسِ تَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ
وَتَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنْكَرِ وَتُؤْمِنُونَ بِاللَّه
et du hadith:
« مَنْ رَأَى مِنْكُمْ مُنْكَرًا فَلْيُغَيِّرْهُ بِيَدِهِ، فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَبِلِسَانِهِ فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَبِقَلْبِهِ وَذَلِكَ أَضْعَفُ الْإِيمَانِ »
ce qui signifie: « Celui parmi vous qui voit ou entend parler d’un mal, qu’il en empêche avec sa main. S’il ne peut pas, qu’il en empêche avec sa langue. Et s’il ne peut toujours pas, qu’il le déteste dans son cœur et cela est le minimum qu’exige la foi. »
D’ailleurs à l’époque de ^Oumar l’islam s’est étendu de Tanger jusqu’en Chine par cet acte éminent.
Les mou^tazilah se sont divisés en environ vingt groupes certains d’entre eux disent que Dieu n’a pas crée les actes des esclaves. Hizbou t-tahrir a ajouté à leur reniement de la destinée le fait de rendre licite aux hommes de serrer la main aux femmes alors que s’est interdit par l’unanimité des savants de l’islam.
Ils ont ajouté donc à leur mécréance que l’esclave crée ses actes, cette parole qui contredit l’unanimité, les quatre imam et tous les autres moujtahid. Il y a eu plusieur moujtahid, certains ont rejoint ces quatre et d’autres leur écoles ne se sont pas conservés.
Ils ont su cela en raison du hadith:
واليدُ تزني وزناها البطشُ
qui signifie: « et la main est un préliminaire (mouqaddimah) à la fornication est par le toucher » c’est-à-dire d’un femme ajnabiyyah.
Hadith rapporté par Mouslim, ibn Hibban, et d’autres qu’eux.
Et le hadith:
لَأنْ يُطْعَنَ أحدُكم بحدِديدةٍ في رأسه خيرٌ له مِن أن يَمَسَّ امرأةً لا تحلُّ له
rapporté par At-Tabaraniyy qui signifie: Que l’un d’entre vous soit frappé à la terre par une barre de fer vaut mieux pour lui que de toucher une femme qui ne lui ait pas licite.”
c’est-à-dire qu’il est interdit ldee toucher peau contre peau une femme ajnabiyyah.
Parmi leur égarement il y a la parole de leur chef Taqiyou d-Din dans son livre Chahsiyyah l islamiyyah dans le tome 1 partie 1 page 120 il dit: «Avant la mission de prophète et de messager, il est possible aux prophètes ce qu’il est possible aux restes des humains, car la préservation est uniquement pour les prophètes et messagers.»
Selon sa prétention la prophétie serait possible pour quelqu’un qui était un voleur, ou un homosexuel et autres vilénies qui peuvent provenir.
Ils ont également autorisé à l’homme d’embrasser une femme ajnabiyyah dans le but de la saluer avant un voyage, ceci figure dans un tract qu’ils ont édité « Question-réponse » en date du 24 de rabi^ al Awwal 1390. Aucun savant n’a dit cela avant eux et ils ont délaissé ce sur quoi les savants ont été unanimes à travers les époques, et ont suivi leurs passions et désirs.
Ils appellent également dans leur livre à l’anarchie (le désordre) et aux avis religieux sans science, et à interdire ce qui est licite et rendre licite ce qui est interdit, sous le prétexte et la devise que l’ijtihad serait à la portée de tout un chacun, ils ont prétendu dans le livre « At-Tafkir » p 149 : « L’istinbat (l’extraction des jugement) ou l’ijtihad (l’effort de déduction) des jugements sont possibles pour tout le monde et faciliter à tout un chacun d’autant qu’il y a entre les mains des gens des livres de langue arabe et de lois de l’islam. » Ce sont des gens qui appellent à l’anarchie et le Prophète a dit :
فربّ مُبلّغٍ أَوعى من سامعٍ
« Roubba » peut signifier beaucoup ou peu et ici ce qui est visé c’est que peu de ce qui ont entendu ont une compréhension complète, ils transmettent à d’autres qui ont plus de compréhension.
Et il y a une autre version hadith:
نضَّرَ اللَّهُ امرأً سمِعَ منَّا حديثًا فحفِظَهُ حتَّى يبلِّغَهُ غيرَهُ ورُبَّ حاملِ فقهٍ إلى من هوَ أفقَهُ منهُ فرُبَّ حاملِ فقهٍ ليسَ بفَقيهٍ
[rapporté par At-Tirmidhiyy et Ibnou Hibban] ce qui signifie : « Que Allah fasse resplendir au jour du jugement le visage de celui qui a entendu de nous une parole, qui l’a mémorisée et conservé jusqu’à la transmettre à autrui. Combien de ceux qui transmettent des informations à qui ont plus de compréhension qu’eux et combien de ceux qui transmettent et qui n’ont pas de compréhension suffisante.»
La partie du hadith : « combien de ceux qui transmettent et qui n’ont pas de compréhension suffisante » indique qu’il y a parmi les gens ceux dont la part est uniquement de rapporter et qu’ils n’ont pas de capacité à comprendre les sens qui sont compris dans le hadith.
Il est parvenu que parmi environ cent mille compagnons il n y’avait que deux cents moujtahid
Les savants du hadith ont dit : « Celui qui n’a pas reçu la transmission du Qour’an de la récitation de quelqu’un digne de confiance et connaisseur, il n’est pas appelé mouqri’ récitateur, mais il est appelé moushafiyy c’est-à-dire quelqu’un qui lit seul, et celui qui n’a pas appris le hadith de quelqu’un digne de confiance et connaisseur, il n’est pas appelé mouhaddith mais il est appelé sahafiyy c’est-à-dire un bouquiniste. »
Ces gens là de hizbou ttahrir ont considéré que la science de la religion est plus négligeable que les sicences du bas monde, car ils ne disent pas la même chose des science du bas monde, pour que l’un d’entre eux deviennent ingénieurs ou autre. Toutes les sciences de la religion nécessite une transmission auprès de gens de confiance et connaisseur.
Ce qui indique cela c’est la parole du Prophète qui a dit :
من قال في القرآن برأيه فأصاب فقد أخطأ
ce qui signifie : « Celui qui explique le Qour’an selon son avis personnel et que cela coïncide avec la réalité se sera trompé » c’est-à-dire qu’il aura mal agit en parlant de son opinion personnel.
Et le Prophète a dit :
من قال في القرآن برأيه فليتبوأ مقعده من النار
ce qui signifie : « Celui qui explique le Qour’an selon son avis personnel qu’il se prépare à prendre sa place en enfer. »
Il suffit à ces gens comme rabaissement qu’ils ont considéré la science de la religion comme étant de l’anarchie. Tous les hadith précédemment cités sont authentiques chez les spécialistes du hadith. Ils sont a l’image de ceux qui veulent dénoué les liens de l’islam petit à petit malheur à eux.
Tafsir an-Nasafiyy : sourate Aali Imraan versets de 1 à 76
Verset 1 : alif lām mīm
Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)
Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.
Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.
Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude–
Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.
Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.
Verset 4 : auparavant : cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān
En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.
Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.
Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres
Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.
Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.
Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse : c’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.
Il a été rapporté que les gens de Banī Naǧrān qui sont des Arabes à l’époque du Prophète, ils ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.
60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.
Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – dans lequel il y a des versets univoques (muḥkam) : leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible.
Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces versets-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.
Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques (mutašābih) : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables. Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.
Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».
Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.
Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.
Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.
Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.
Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.
Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance
Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.
Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.
Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.
Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.
Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.
La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –
Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.
La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.
C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).
Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques que les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.
Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.
Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.
Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.
Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.
Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accorde beaucoup de biens.
Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :
Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.
Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.
Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.
Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.
Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.
Ceux-là seront le combustible de l’enfer.
Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.
Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.
Et le châtiment de Dieu est terrible.
Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)
À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)
Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)
Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond
Et quelle mauvaise demeure
Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš
Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour de la bataille de Badr.
Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans
Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.
Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux, pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.
Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.
Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.
Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.
Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit
Une exhortation : une moralité
Pour ceux qui sont dotés de raison.
Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.
L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.
Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.
Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)
Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.
Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.
Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.
Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.
Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.
Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :
Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé
Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.
Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu
Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.
Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves
Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel
Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse
Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.
Verset 17 : ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,
Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)
Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants
Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes
Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».
Verset 18 : Allāh a jugé ou bien Allāh a dit qu’il n’est de dieu que Lui ainsi que les anges : c’est-à-dire que les anges également ont témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu en raison de ce qu’ils ont vu de l’éminence de la toute-puissance de Dieu
Ainsi que les gens qui ont la connaissance qui ont également témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu. Ceux qui ont la connaissance ce sont les prophètes et les savants.
Dieu réalise la justice et l’équité dans les subsistances et les échéances qu’Il accorde, dans le fait qu’Il récompense et qu’Il châtie et dans les ordres qu’Il donne à Ses esclaves, d’être justes les uns avec les autres et d’œuvrer ensemble.
Il n’est de dieu que Lui : c’est une insistance
Il est al-ʿĀzīz et al-Ḥakīm : Dieu est Celui Qui n’est pas vaincu et Celui Qui ne Se détourne pas de la vérité c’est-à-dire Celui Qui fait que toute chose soit selon une sagesse
Verset 19 : certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam. Dieu a jugé et a dit et a témoigné que la religion qu’Il agrée c’est l’Islam.
Et ceux qui ont reçu le Livre n’ont dévié : ce sont les yahūd et les nasārāʾ qui ont quitté l’Islam qui est la croyance en l’unicité de Dieu. Les nasārāʾ ont parlé de trinité et les yahūd ont dit que ʿUzayr était le fils de Dieu.
Qu’après avoir eu la connaissance : leur déviation est venue après qu’ils ont eu la connaissance de la vérité : ils n’ont divergé qu’après avoir eu la connaissance de la vérité de laquelle il ne convient pas de s’écarter.
Et c’est une injustice de leur part : cette divergence n’a eu lieu que parce qu’ils ont été jaloux les uns des autres. Chaque groupe cherchait le pouvoir.
Il a été dit que cette divergence de leur part qui était une injustice était une divergence à propos du statut de prophète de notre maître Muḥammad alayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisque certains d’entre eux ont cru en lui et d’autres ont mécru.
Et celui qui ne croit pas aux signes de Dieu (c’est-à-dire les arguments, les preuves que Dieu nous donne) alors certes Dieu est Celui Qui rétribue rapidement.
Verset 20 : s’ils débattent avec toi : c’est-à-dire s’ils discutent avec toi en refusant ce que tu leur dis, à savoir que la religion agréée par Dieu, c’est l’Islam. Ceux qui sont visés par « ils » c’est le groupe de Banī Naǧrān.
Alors dis je me soumets totalement à Dieu, mon âme et tout mon être sont sincèrement soumis à Dieu Lui Seul : je n’ai pas attribué à Dieu un associé : ma religion est la religion de la croyance en Dieu uniquement. Et c’est la religion de droiture, la religion juste dont la véracité est confirmée pour vous tout comme elle est confirmée pour moi. Et je n’ai pas amené quelque chose de nouveau pour que vous débattiez avec moi à ce sujet.
Ainsi que ceux qui m’ont suivi : nous sommes tous musulmans, soumis à Dieu.
Et dis aux gens du Livre : etce sont les yahūd et les nasārāʾ
Ainsi qu’à ceux qui n’ont pas de livre : ce sont les associateurs arabes.
Qu’il vous a été amené les preuves claires qui impliquent la réalisation de l’Islam : allez-vous enfin entrer en islam ou alors vous persistez sur votre mécréance malgré les preuves ?
S’ils se soumettent : s’ils deviennent musulmans, alors ils auront été bien guidés puisqu’ils auront quitté l’égarement pour la bonne guidée.
Mais s’ils refusent, tu n’as qu’à transmettre : ce dont tu es chargé, c’est de transmettre. Cela veut dire que le fait qu’ils ne soient pas entrés en islam, cela ne t’est pas préjudiciable. Tu es un messager qui avertit, tu n’es chargé que de transmettre le message, tu avertis et tu indiques la voie de la bonne guidée.
Et Dieu voit tout de Ses esclaves : Dieu n’ignore rien de Ses esclaves, Il les rétribuera pour leur Islam et pour leur mécréance. Ceux qui sont musulmans, il les rétribue pour leur Islam, ceux qui sont mécréants, Il les rétribue pour leur mécréance.
Verset 21 : certes ceux qui mécroient aux signes de Dieu : ceux qui ne croient pas aux preuves ni aux arguments et qui assassinent les prophètes : il s’agit des gens du Livre qui se sont satisfaits que leurs ancêtres aient assassiné des prophètes.
Injustement : c’est une insistance parce le fait d’assassiner un prophète n’est pas juste.
Et qui assassinent ceux qui ordonnent la justice et l’équité : c’est-à-dire les gens qui ordonnent la justice et l’équité, autres que les prophètes.
Annonce-leur la nouvelle qu’ils auront un châtiment douloureux.
Verset 22 : ceux-là dont les œuvres auront été perdues : c’est-à-dire que tout ce qu’ils auront fait dans le bas-monde ne leur procurera aucune récompense dans l’au-delà. Ils auront la malédiction et l’humiliation dans le bas-monde et le châtiment dans l’au-delà.
Ils n’auront aucun soutien.
Verset 23 : ne vois-tu donc pas ceux qui ont reçu une certaine part du Livre : il vise les savants des yahūd qui ont appris une part importante de la torah
Lorsqu’ils sont appelés à appliquer ce qu’il y a dans le Livre de Dieu : c’est-à-dire la torah ou le Qur’ān
Afin qu’il arbitre entre eux : le Livre a été appelé arbitre ici parce que c’est une cause pour l’arbitrage ; arbitrer signifie juger. Ou bien que le prophète juge et arbitre entre eux.
Puis malgré cela un groupe d’entre eux s’éloigne : c’est surprenant de leur part qu’ils refusent de se référer au Livre après avoir eu connaissance que cela est un devoir.
Et ils sont dans l’objection. C’est le contraire de la soumission c’est-à-dire que ce sont des gens dont l’habitude est de refuser de se soumettre.
Verset 24 : ce refus et cette objection ont pour cause le fait qu’ils considèrent facile pour eux le châtiment et qu’ils espéraient sortir de l’enfer après quelques jours. Ils savaient qu’ils étaient dans l’erreur, ils savaient qu’ils allaient entrer en enfer mais ils disaient qu’ils allaient en sortir après quelques jours seulement. Ils ont dit que c’était soit quarante jours ou bien sept jours.
Ce qui les a trompés c’est leur calomnie au sujet de Dieu : il s’agit de leur parole « nous sommes les enfants de Dieu et ses bien -aimés ».
Verset 25 : comment seront-ils lorsque Nous les rassemblerons pour un jour : c’est-à-dire quel sera leur état ce jour-là ? C’est une menace.
Un jour au sujet duquel il n’y a pas de doute : c’est un jour qui aura lieu inéluctablement.
Et chaque âme recevra la rétribution de ce qu’elle a acquis
Et ils ne seront pas lésés : ils ne subiront pas d’injustice par l’augmentation de leurs mauvaises actions ou la diminution de leurs bonnes actions.
Verset 26 : dis ô Allāh Toi à Qui appartient la souveraineté : la souveraineté ici c’est celle que Dieu accorde aux créatures, aux rois. Alors que la souveraineté de Dieu qui est Son attribut est exempte de début et exempte de fin. Cette première souveraineté qui est citée est générale : tout appartient à Dieu.
Tu accordes la souveraineté à qui tu veux : cette souveraineté-là est partielle et tu la retires à qui Tu veux : c’est aussi une souveraineté partielle. Il a été rapporté que, lorsque le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a conquis La Mecque, il a promis à sa communauté la souveraineté de La Perse et de Rome (Byzance). Alors les yahūd et les hypocrites ont dit : comment Muḥammad aurait-il la souveraineté sur les Perses et les Romains qui sont beaucoup plus glorieux et forts ? C’est ainsi que la suite de ce verset a été révélée.
Tu accordes la gloire à qui Tu veux : il s’agit de la gloire de la souveraineté. Il s’agit du bien que Dieu accorde aux croyants.
Et Tu humilies qui tu Veux : en lui retirant la souveraineté.
A Toi appartient le bien : et le mal est sous-entendu ici : Tu es Celui à Qui appartient le bien et le mal. Et Dieu est puissant pour faire le bien et Il est puissant pour faire le mal, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est une figure de style qui s’appelle en arabe l’iktifāʾ, « le fait de se suffire de citer un des deux opposés pour ne pas mentionner le second » : c’est-à-dire qu’il a été suffisant de mentionner le bien pour faire comprendre que le mal était sous-entendu. Le contexte parlait du bien, de la souveraineté que Dieu allait accorder aux croyants et c’est ce que les mécréants avaient renié. Il est question du bien que Dieu accorde à ceux qui Lui obéissent au détriment des mécréants.
Certes Tu es sur toute chose tout puissant : et personne ne peut faire quoi que ce soit si ce n’est par la capacité que Dieu accorde aux gens.
Verset 27 : le verbe utilisé a le sens de faire entrer une chose dans une autre et dans ce verset c’est selon un sens métaphorique : Dieu fait que les heures de la nuit diminuent et que les heures du jour augmentent et Il fait que les heures du jour diminuent et les heures de la nuit augmentent (selon les saisons le nombre d’heures du jour et de la nuit change)
Et Tu fais sortir le vivant à partir de celui qui est mort : il y a trois explications
- Dieu fait exister un être vivant à partir d’eau mélangée (qui, elle, n’est pas un être vivant)
- Dieu fait exister un poussin à partir d’un œuf qui lui, n’a pas de vie
- Dieu fait qu’un mécréant devient croyant : le mécréant a été comparé à celui qui est mort et le croyant à celui qui est vivant.
Et Tu fais sortir ce qui est mort à partir de celui qui est vivant : il y a aussi trois explications.
- Dieu fait sortir le liquide séminal de l’être humain
- Dieu fait sortir l’œuf à partir de la poule
- Dieu fait sortir un mécréant à partir d’un croyant : un parent est croyant et un de ses enfants est mécréant.
Et Tu accordes à qui Tu veux sans compte : les créatures ne savent pas quelle quantité de subsistance chacun aura mais Dieu sait la subsistance de chacun. Tout cela est pour indiquer que celui qui est tout puissant à faire ces actes éminents qui rendent l’esprit sidéré, Il est tout puissant pour accorder sans limite à qui Il veut parmi Ses esclaves et Il est tout puissant à enlever la souveraineté aux non Arabes pour les humilier et à l’accorder aux Arabes pour les glorifier.
Verset 28 : que les croyants ne prennent pas les non croyants comme référence (comme tuteurs, comme gouverneurs, comme autorités) c’est-à-dire qu’il n’y a pas de tutelle d’un non musulman sur un musulman, même s’ils étaient proches parents, même s’ils étaient amis avant leur Islam. Le fait d’aimer quelqu’un pour Dieu et le fait de détester quelqu’un pour Dieu, c’est un grand chapitre de la foi : aimer pour Dieu signifie aimer quelqu’un parce qu’il a la croyance de vérité, qu’il adore Dieu et qu’il aime les prophètes. Et détester pour Dieu signifie détester ce que Dieu n’agrée pas. En suivant les croyants, en aimant les croyants, en étant les partisans des croyants, ceci vous fait vous dispenser de prendre des tuteurs parmi les non croyants. Vous ne préférez pas les non croyants au détriment des croyants.
Et celui qui fait cela alors il n’est pas dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire que celui qui prend pour partisan des non croyants, il n’est pas dans la voie que Dieu agrée. Parce qu’on ne peut pas être le partisan de quelqu’un et être le partisan de son ennemi, en même temps.
Sauf si c’est pour te préserver d’eux : dans le cas où le non croyant a un pouvoir sur le musulman et celui-ci craint pour sa personne ou pour ses biens.
Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : ne vous exposez pas au châtiment de Dieu en prenant pour partisans les ennemis de Dieu. Et ceci est une grave mise en garde.
Et à Dieu le devenir. Votre devenir est d’être ressuscités pour le jugement de Dieu. Et le châtiment est préparé, l’enfer est déjà préparé.
Verset 29 : dis, que vous cachiez ce que vous avez dans votre cœur ou que vous le montriez (que ce soit le fait de vous rallier aux non croyants ou autre chose que Dieu n’agrée pas), Dieu le sait et cela ne Lui échappe pas. Et c’est encore une plus grande mise en garde.
Et Il sait ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre. Dieu sait votre for intérieur et votre apparence.
Et Dieu est sur toute chose tout puissant. Dieu est tout puissant à vous châtier, à vous punir.
Verset 30 : le jour où chaque personne trouvera le bien qu’elle a préparé (elle le verra) il sera présent. Et le mal qu’elle a fait, elle espère qu’il soit très éloigné d’elle. Le jour du jugement la personne verra le bien qu’elle a fait et le mal qu’elle a fait, tous deux seront présents. Elle espère qu’elle soit éloignée de ce mal.
Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : c’est une répétition de la même phrase pour que chacun soit conscient de cela.
Et Dieu est miséricordieux pour les esclaves. Parmi les manifestations de la miséricorde de Dieu, c’est qu’Il a mis en garde les gens contre Son châtiment pour ne pas qu’ils s’y exposent.
Puis lorsque les yahūd ont dit qu’ils étaient les enfants de Dieu, les bien-aimés de Dieu, Dieu a révélé le verset 31 :
Verset 31 : dis, si vous aimez Dieu véritablement, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) : « aimer Dieu » signifie préférer Lui obéir plutôt que Lui désobéir, c’est-à-dire c’est le fait de préférer Son obéissance à Sa désobéissance.
Dieu vous agréera : Dieu récompense Son esclave pour ses actes. D’après Al-Ḥasan Al-Biṣrī, il y a des gens qui, du temps du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, prétendaient aimer Dieu. Dieu a voulu faire en sorte que ce prétendu amour soit confirmé par des actes. Celui qui prétend aimer Dieu mais qui contredit la sunnah de Son messager, c’est un menteur. La sunnah ici signifie la croyance et l’enseignement du Prophète.
Et vous pardonnera vos péchés et Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.
Verset 32 : dis, obéissez à Dieu et à Son Messager.
S’ils se détournent : c’est-à-dire s’ils refusent d’accepter l’obéissance à Dieu et au Messager
Alors Dieu n’agrée pas les mécréants. Il ne les agrée pas et Il ne leur pardonne pas.
Verset 33 : Dieu a élu (Dieu a choisi dans le sens que ces gens-là sont meilleurs que les autres)
Ādam qui est le père de toute l’humanité, il est le premier des prophètes
Et Nūḥ qui fut le premier prophète envoyé à des mécréants et il fait partie des cinq meilleurs prophètes
Et la famille d’Ibrāhīm et ce sont Ismāʿīl et Isḥāq et leurs enfants
Et la famille d’ʿImrān et ce sont Mūsā et Hārūn qui sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur et il a été dit que la famille d’ʿImrān était ʿīsā et Maryam fille d’ʿImrān fils de Māṯān. Et entre les deux ʿImrān se sont écoulées 1800 années.
Par rapport au reste des mondes. A leur époque, ils étaient les meilleurs. La phrase est générale mais on a su qu’il y a une restriction donc ce n’est pas dans l’absolu car on a su que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est meilleur qu’eux.
Verset 34 : une descendance l’une après l’autre. La famille d’Ibrāhīm et la famille d’ʿImrān, la deuxième descendant de la première. Mūsā et Hārūn sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur qui est fils de Qāḥaṯ qui est fils de Lāwā qui est fils de Yaʿqūb qui est fils d’Isḥāq qui est fils d’Ibrāhīm. (Ibrāhīm ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est donc l’ancêtre de Mūsā).
Et également ʿīsā fils de Maryam qui est fille d’ʿImrān fils de Māṯān qui remonte à Yahūḏā fils de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm.
Et notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est descendant d’Ibrāhīm par Ismāʿīl. Il fait donc partie de la famille d’Ibrāhīm.
Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il sait qui est valable pour être élu pour être prophète.
C’est recommandé de réciter la dernière partie du verset 36 pour un nouveau-né : (wa ʾinnī uʿīḏuhā bika wa ḏurriyyatahā mina š-šayṭani r-raǧim) qui signifie (ô Allāh, je Te demande de la préserver elle et sa descendance contre le diable maudit).
Verset 35 : la femme d’ʿImrān a dit (il s’agit du fils de Māṯān et on parle de la mère de Maryam qui est la grand-mère maternelle d’ʿīsā ʿalayhi wa sallam) Elle s’appelle Ḥannah fille de Fāqūḏā
O Seigneur j’ai fait le vœu (c’est-à-dire que je m’engage à faire ce qui va suivre) que l’enfant que je porte soit un muḥarrar (sous-entendu qu’elle s’attendait à avoir un garçon)
1 – c’est-à-dire dédié pour le service de la mosquée de Jérusalem, je le consacre à cela (et c’était un vœu très méritoire à cette époque-là)
2 – Ou bien que cet enfant soitconsacré à l’adoration de Dieu.
Accepte de moi cet enfant, certes Tu es Celui Qui entend et Qui sait.
Verset 36 : quand elle a accouché elle a dit ô Seigneur j’ai accouché d’une fille (elle a dit cela parce que le muḥarrar était forcément un garçon, donc c’est comme si elle s’excusait du vœu qu’elle avait fait, elle ne pourra pas le tenir puisqu’elle avait mis au monde une fille. Elle a exprimé sa déception à son Seigneur)
Dieu sait ce qu’elle a mis au monde : c’est pour magnifier ce sujet qui n’est pas négligeable, c’est pour indiquer que le vœu est quelque chose d’important et dans le sens que le fait qu’elle ait mis au monde une fille, il se peut qu’il y ait en cela un secret et une sagesse.
Et le garçon (qu’elle avait souhaité avoir) n’est pas comme la fille (qu’elle avait eue)
Et je l’ai appelée Maryam : dans leur langue, Maryam signifie « celle qui se consacre à l’adoration ». Elle a voulu, par le prénom qu’elle a donné à sa fille, gagner des récompenses. C’est comme si elle demandait à Dieu de préserver sa fille pour que son acte soit conforme à son prénom, pour que sa fille soit véritablement une adoratrice ; et pour que se réalise en sa fille le souhait qu’elle avait eu quand elle était tombée enceinte, c’est-à-dire qu’elle ait un garçon qui se consacre à la mosquée de Jérusalem.
Et je Te demande de la préserver elle, ainsi que sa descendance (c’est-à-dire ses enfants à elle) contre le diable maudit (c’est-à-dire éloigné du bien). Dans le ḥadīṯ, la plupart des nouveau-nés, le diable leur nuit au moment de leur naissance, et le nouveau-né pousse un cri suite à la nuisance du diable, excepté Maryam et son fils.
Verset 37 : Dieu a agréé Maryam en guise de réponse au vœu à la place du garçon : Dieu a agréé Maryam comme si c’était le garçon que sa mère avait fait le vœu de mettre au monde. Il a été rapporté que Ḥannah, quand elle a mis au monde Maryam, elle l’a enveloppée dans un bout d’étoffe et elle l’a emmenée à la mosquée et elle l’a placée chez les prêtres qui étaient descendants de Hārūn. Et ils étaient à Jérusalem comme la famille de banu Šaybah qui est en charge de la clé de la kaʿbah à La Mecque. Elle leur a dit « je vous charge de cette fille qui est la réalisation d’un vœu que j’ai fait ». Les prêtres se concurrençaient pour s’occuper d’elle car elle était la fille de leur imam Imrān. Et c’était lui qui s’occupait de faire les sacrifices pour Dieu. Ils étaient les descendants de Māṯān, les chefs des fils d’Isrāʾīl. Mais Zakariyyā leur a dit : « non, ce n’est pas vous qui allez vous occuper de Maryam, c’est moi qui vais m’occuper d’elle ». Zakariyyā était un prophète, il était le mari de sa sœur. Ils ont refusé et lui ont dit : on va tirer un nom pour choisir qui va s’occuper de Maryam. » Ils étaient 27 et chacun d’eux voulait s’occuper de l’éducation de Maryam. Ils sont allés à un fleuve et ont jeté leurs crayons. Celui de Zakariyyā a flotté alors que tous les autres ont coulé. Ce fut ainsi Zakariyyā qui a pris en charge l’éducation de Maryam.
Et Dieu a fait qu’elle grandisse dans le bien. Le verbe utilisé est le verbe qui est employé pour une plante, c’est une métaphore qui indique que Maryam était comme une plante qui a poussé dans les meilleures conditions.
Et ce fut Zakariyyā qui en a assuré la tutelle : il était un tuteur pour elle et un garant. Zakariyyāsignifie en hébreu « celui qui fait tout le temps des évocations et la glorification de Dieu ».
Chaque fois que Zakariyyā venait vérifier si Maryam était dans de bonnes conditions dans le miḥrāb : et c’est une pièce à laquelle on accède par des marches et il a été dit que c’est l’endroit le plus honorable des assemblées, c’est-à-dire à l’avant de l’assemblée. Et dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est là où se tient l’imam, une partie concave. C’est comme si, dans ce verset, Dieu nous apprend que Maryam a été placée dans l’endroit le plus honorable de la mosquée de Jérusalem. Et il n’y avait que Zakariyyā qui pouvait atteindre cet endroit.
Il trouvait qu’elle avait une subsistance. Sa subsistance provenait du paradis. Et elle n’a jamais été allaitée. Il trouvait chez elle les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver.
Il a dit ô Maryam d’où as-tu cela : d’où as-tu cette subsistance qui ne ressemble pas à la subsistance du bas-monde ? Et ce sont des fruits qui sont hors saison.
Elle a dit c’est Dieu Qui accorde : c’est-à-dire ne sois pas étonné, Dieu accorde à qui Il veut. C’était un prodige pour Maryam : elle était une sainte, la meilleure des femmes de l’humanité. Il a été dit qu’elle a parlé alors qu’elle était enfant tout comme Jésus a parlé au berceau.
Certes Dieu accorde à Qui Il veut sans limite : c’est-à-dire sans prendre en compte la quantité. Autre explication : Dieu fait grâce sans demander des comptes.
Verset 38 : et là : c’est-à-dire à l’endroit où il était assis auprès de Maryam, dans le miḥrāb, ou bien à ce moment-là, Zakariyyā (qui était le mari de sa sœur ʿišāʿ) quand il a vu le degré de Maryam de la part de Dieu, a également souhaité avoir de sa femme un fils qui ait aussi un haut degré de la part de Dieu, tout comme Maryam avait un haut degré. Et cela même si sa femme était stérile et âgée.
A invoqué son Seigneur, il a dit ô Seigneur, accorde-moi de Ta part une descendance : le mot (ḏurriyyah) signifie une descendance qui peut faire allusion à un singulier ou à un pluriel ; donc on peut dire d’un enfant que c’est une ḏurriyyah et de plusieurs enfants que c’est une (ḏurriyyah).
Une bonne descendance : c’est-à-dire une descendance bénie. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Donc Zakariyyā a demandé à Dieu de lui accorder une descendance vertueuse.
Certes Tu es Celui Qui exauce nos invocations. Zakariyyā avait toute confiance en Dieu, que Dieu exauce les invocations.
Verset 39 : les anges l’ont interpellé : il a été dit que c’était Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a interpellé Zakariyyā. « Les anges » est au pluriel parce que celui qui l’a appelé fait partie des anges. Comme quand on dit en arabe « un tel monte les chevaux », cela vise qu’il monte un cheval en particulier mais le cheval fait partie de l’ensemble des chevaux. Donc ici dans ce verset, c’est un ange et en l’occurrence l’ange Ǧibrīl, qui a appelé le prophète Zakariyyā.
Alors qu’il (Zakariyyā) était debout, il faisait la prière dans le miḥrāb : il y a la preuve ici que ce que l’on recherche, on l’obtient en faisant la prière : on prie Dieu pour obtenir ce que l’on recherche. Et il y a en cela l’exaucement des invocations et la réalisation des affaires qui sont demandées. (Zakariyyā demandait à Dieu de lui donner un fils). C’est par la prière qu’on espère que Dieu nous exauce. An-Nasafī cite la parole d’un savant qui s’appelle ibnu ʿAṭāʾ : il a dit : « Dieu n’accorde des ouvertures de bien à un esclave que s’il suit les ordres de Dieu et qu’il est sincère dans son obéissance et qu’il s’attache aux endroits où on fait la prière ». Attache-toi à l’obéissance, ne suis pas tes passions et patiente face aux épreuves. Ne sois pas de ceux qui disent « j’ai invoqué, j’ai invoqué et je n’ai rien eu ».
(L’ange lui a dit) que Dieu lui annonce (à Zakariyyā) la bonne nouvelle qu’il aura un fils qui s’appelle Yaḥyā et qui croit en la véracité de celui que Dieu a envoyé : c’est-à-dire que Yaḥyā croit en Jésus qui est son cousin par sa tante maternelle. Et Yaḥyā fut le premier qui a cru en Jésus, lorsque Jésus a annoncé son statut de prophète. Et dans ce verset, Jésus est désigné par le terme « kalimatin mina l-Lāh » c’est-à-dire « une parole de la part de Dieu » : ceci parce que Jésus a été créé par l’ordre de Dieu : Jésus n’avait pas de père et il a existé parce que Dieu a voulu qu’il existe, par Son ordre et Sa parole.
Ou bien cette partie du verset signifie que Yaḥyā croit aux livres de Dieu.
Il est celui qui est le maitre de son peuple : Yaḥyā est le maitre c’est-à-dire qu’il est au-dessus d’eux par l’honneur. Il dépasse son peuple par l’honneur. Effectivement, Yaḥyā dépassait son peuple parce qu’il n’avait jamais commis de péché, quelle maitrise il avait !
Et ḥaṣūr : c’est celui qui n’approche pas les femmes, c’est-à-dire que même s’il avait la capacité de le faire, mais il empêchait son âme de pencher vers ses désirs.
Et un prophète parmi les vertueux : et il était issu de vertueux, parce qu’il était descendant de prophètes : son père était prophète et parmi ses ascendants, il y avait des prophètes.
Ou bien c’est quelqu’un parmi les vertueux.
Verset 40 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur, comment allais-je avoir un enfant alors que je suis devenu âgé et que ma femme est stérile :il a posé cette question parce qu’habituellement, cela ne se produit pas, c’est une exclamation de sa part à titre d’étonnement : cela ne veut pas dire qu’il doute de la toute-puissance de Dieu pour lui accorder un fils malgré son âge avancé et la stérilité de son épouse. Ila dit : l’âge avancé a eu un effet sur moi et cela m’a affaibli. Il avait 99 ans. Et son épouse avait 98 ans.
Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi Dieu fait ce qu’Il veut. Dieu fait que des choses surprenantes se réalisent.
Verset 41 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur accorde-moi un signe : il voulait un signe qui lui indique que sa femme était tombée enceinte pour accueillir cette grâce avec les louanges.
(Ǧibrīl lui a dit) Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois jours : quand ta femme sera enceinte, tu ne pourras plus parler aux gens, sauf en faisant des signes de la main soit un signe de la tête soit des yeux soit des sourcils, tout en en gardant ta capacité à parler si c’est pour l’évocation de Dieu. Sans que Zakariyyā ne soit muet, mais Dieu va faire qu’il ne pourra pas parler aux gens.
Et évoque beaucoup ton Seigneur, fais le tasbīḥ la nuit et le matin : il s’agit là des signes éclatants et des preuves claires du miracle de Zakariyyā que Dieu lui a accordé un fils malgré son âge avancé. Pourquoi sa langue a-telle été ainsi empêchée de tenir la conversation aux gens ? C’était afin qu’il consacre cette période uniquement à l’évocation de Dieu. C’est une grâce que Dieu lui a accordée pour que Zakariyyā le remercie. Zakariyyā n’a pas utilisé sa langue pour autre chose. Comme si, quand il avait demandé un signe pour remercier Dieu, il ne pouvait plus utiliser sa langue qu’exclusivement dans le remerciement de Dieu.
Il lui a été dit : ton signe c’est que tu ne puisses pas utiliser ta langue pour autre chose que pour remercier Dieu.
Fais le tasbīḥ pendant al-ʿašiyyi wa l-ibkār : al-ʿašiyyi c’est depuis que le soleil quitte le milieu du ciel jusqu’à son coucher et al-ibkār c’est depuis le lever de l’aube jusqu’au temps de aḍ-ḍuḥā.
Verset 42 : et cite comment les anges ont dit à Maryam comment Dieu t’a élue et t’a purifiée et Il t’a élue par rapport aux femmes de l’humanité : il a été rapporté que les anges ont adressé la parole directement à Maryam
T’a élue : c’est-à-dire que Dieu t’a accordé quelque chose qu’Il n’a pas accordé à d’autres, Il t’a acceptée de la part de ta mère Ḥannah. Il a fait que tu sois éduquée et Il t’a accordé un degré particulier, un grand honneur.
Dieu t’a purifiée : c’est-à-dire des actes qui sont répugnants.
Dieu t’a élue sur les femmes de l’humanité : puisqu’Il t’a accordé Jésus sans père ; et cela n’a été accordé à aucune autre femme.
Verset 43 : ô Maryam, fais le maximum d’actes d’obéissance, consacre-toi à l’obéissance à Dieu. Ou bien : prolonge la position debout dans tes prières.
Prosterne-toi : il a été dit qu’elle a reçu l’ordre d’accomplir la prière avec la mention de al-qunūt parce que la prosternation et la position debout font partie des positions de la prière.
Et incline-toi avec ceux qui s’inclinent : fais en sorte que ta prière soit réalisée en assemblée.
Ou bien : fais en sorte d’être au nombre des gens qui font la prière. Et ne sois pas de ceux qui ne la font pas.
Verset 44 : ceci : fait référence aux récits précédents : Ḥannah la mère de Maryam, Zakariyyā et Yaḥyā, ce sont des choses cachées que Nous t’avons révélées. Cette parole s’adresse à notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : ceci fait partie des nouvelles qui t’étaient inconnues, que tu n’as pu connaitre que par la révélation.
Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils avaient jeté leurs qalam pour savoir qui allait prendre en charge Maryam. Explication du mot qalam :
1 – les azlām : ce sont les tiges avec lesquelles on fabrique les flèches, et il s’agit des tiges que les savants de la mosquée de Jérusalem avaient jetées dans la rivière pour désigner celui qui allait s’occuper de Maryam.
2 – ou bien c’était le crayon avec lequel ils écrivaient la Torah. Ils avaient choisi de jeter ces qalam pour la barakah, car c’étaient des instruments pour écrire un texte révélé.
Tu n’étais pas à côté d’eux quand ils se disputaient : pour savoir qui allait prendre en charge Maryam.
Verset 45 : les anges ont dit (et cite ô Muḥammad lorsque Ǧibrīl a dit) Il a été fait référence à Ǧibrīl par le pluriel employé « les anges » parce que Ǧibrīl ʿalayhi s-salām, quand il descend pour un sujet particulier, il est accompagné d’un ensemble d’anges et c’est pour cela que quand il informe d’une chose, il est permis de dire « les anges ont dit »
O Maryam, Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’une parole de Sa part : c’est-à-dire de Jésus. Et Dieu a créé Jésus par Son ordre, sans que Jésus n’ait de père.
Il s’appelle al-Masīḥ : c’est un surnom, c’est le surnom de Jésus et c’est un surnom honorable, comme aṣ-siddīq qui est le surnom de abū Bakr et al-Fârûq qui est le surnom de ʿUmar, sont des surnoms honorables. Et l’origine du terme al-Masīḥ, en hébreu est mašiḥā qui signifie « béni » mubārak. Il a été dit aussi que chaque fois qu’il passait la main (yamsaḥ) sur quelqu’un qui était malade, celui-ci guérissait. Ou parce qu’il se déplaçait sur terre et il n’avait pas pris de lieu de résidence pour lui : on dit en arabe « masaḥa l-arḍ » ce qui signifie « il a parcouru la terre » : tellement il se fiait à Dieu qu’il dormait là où il se trouvait la nuit.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si Jésus avait pris une maison comme résidence, les chrétiens auraient adoré cette maison.
Jésus fils de Maryam : Ǧibrīl a dit « fils de Maryam » pour lui annoncer qu’il va être sans père. Il ne sera attribué qu’à sa mère.
Il aura un honneur dans le bas-monde : il sera honorable dans le bas-monde parce qu’il aura le statut de prophète, il sera sur l’obéissance à Dieu. Celui qui obéit à Dieu est honoré et celui qui désobéira sera humilié.
Et dans l’au-delà : par son haut degré et par son intercession : il va intercéder.
Et parmi ceux qui ont un haut degré : Dieu fait que son honneur sera élevé.
Verset 46 : il parlera aux gens alors qu’il sera au berceau. Il s’adressera aux gens en parlant, alors qu’il sera dans son berceau : à l’état de nourrisson, il va parler aux gens.
Et quand il sera adulte : il s’adressera aux gens dans ces deux situations. Et la parole des prophètes est différente selon leur âge. Quand il sera adulte et qu’il aura le statut de prophète, il s’adressera aux gens également.
Il sera au nombre des vertueux.
Verset 47 : elle (Maryam) a dit ô Seigneur comment pourrais-je avoir un fils alors qu’aucun humain ne m’a touchée
Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi que Dieu crée ce qu’Il veut. Si Dieu ordonne une chose, Il fait que cette chose ait lieu. Si Dieu prédestine l’existence d’une chose, Il la fait exister sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Et « kun » est un impératif du verbe être, c’est comme si on disait en français « sois ». Ici c’est pour indiquer la rapidité avec laquelle Dieu fait qu’une chose entre en existence dès lors qu’Il en veut l’existence. Cela ne veut pas dire que Dieu prononce les lettres kāf et nūn, ceci est impossible ; mais cela veut dire plutôt que ce dont Dieu veut l’existence, Il le fait exister sans fatigue, sans difficulté, sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence.
Verset 48 : et il lui enseigne l’écriture, la sagesse, la torah et l’évangile.
Al-kitāb : il y a deux explications : 1 – l’écriture : Dieu a fait que Jésus a appris l’écriture et il avait la plus belle écriture de son époque. 2 – Les livres de Dieu.
La sagesse : c’est-à-dire l’indication de ce qui est licite et de ce qui est interdit.
La torah : c’est le Livre révélé à Moise
L’évangile : c’est le livre révélé à Jésus.
Verset 49 : et un envoyé : c’est-à-dire que Dieu fait de Jésus un envoyé
Aux descendants de banī Isrāʾīl que je vous ai amené et un signe de la part de votre Seigneur : c’est-à-dire qu’il y a une preuve qui indique que Jésus est véridique dans sa prétention au statut de prophète.
Je (c’est Jésus qui parle) vais concevoir à partir de la terre glaise quelque chose qui a l’aspect d’un volatile (c’est-à-dire quelque chose qui vole)
Les différents sens de « ẖalaqa » :
1 / ṣawwara qui signifie « donner une forme, façonner ». On dit « ẖalaqa un tel à partir de la boue un oiseau » signifie qu’un tel a façonné un oiseau à partir de la terre glaise.
2 / taqdīr c’est-à-dire prévoir, planifier, concevoir.
3/ fomenter, monter de toutes pièces : ẖalaqa une information.
4/ donner l’existence, faire surgir du néant à l’existence : ce sens n’est attribué qu’à Dieu. Dieu seul est Celui Qui donne l’existence à ce qui n’existait pas. Dans sūratu ar-raʿd, verset 16, Dieu dit : « dis, Dieu est Le Créateur de toute chose ».
Et je vais souffler dans cet objet et il sera un volatile : le mot volatile est plus général que le simple oiseau. Par la volonté de Dieu et par l’acte de Dieu de créer. Il a été dit que Jésus n’a pas façonné autre chose qu’une chauve-souris. Et la chauve-souris est un animal complexe : elle vole, mais elle a des poils, la femelle a des saignements de menstrues, elle allaite ses bébés. Elle ne voit pas, sauf à deux moments dans la journée : à l’aube et au coucher du soleil. Mais la chauve -souris que Jésus a façonnée ; une fois qu’elle a disparu des regards, elle n’a pas eu de descendance.
Et je soigne celui qui est né aveugle : par l’invocation de Jésus, celui qui est né aveugle, voit.
Et je soigne celui qui a al-baraṣ : c’est une maladie de la peau qui consiste en une dépigmentation de la peau sous forme de plaques blanches qui ne disparaissent pas avec les médicaments habituellement.
Et je ressuscite les morts par la volonté de Dieu : il a répété ici « par la volonté de Dieu », et ceci, pour repousser l’illusion de ceux qui auraient pu penser que Jésus aurait la divinité. Il a été rapporté que Jésus a ressuscité Sām le fils de Nūḥ ʿalayhi s-salām et ils ont bien vu cela, quand Jésus était devant la tombe de Sām puis il l’a fait sortir de sa tombe et il était vivant. Alors ils lui ont dit que c’était de la sorcellerie. Ils lui ont demandé de leur montrer un autre signe.
Jésus leur dit : « toi, tu as mangé telle nourriture, et toi, à la maison, on t’a caché telle nourriture ». Et c’est cela le sens de la suite du verset : et je vous informe de ce que vous mangez et de ce que vous cachez comme provision chez vous. Il y a en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants.
Verset 50 : et je confirme ce qui m’a précédé dans la torah : il s’agit du livre qui a été révélé à Moise et c’est la torah.
Et je vais vous rendre licite certaines choses qui vous avaient été interdites : ce qui avait été interdit dans la Loi de Moise pour les fils d’Isrāʾīl c’était de manger le gras, la viande de chameau, le poisson, et tout ce qui a des griffes. Donc Jésus leur a autorisé une partie de cela.
Et je vous ai ramené un signe de la part de votre Seigneur : c’est une répétition pour insister.
Alors craignez Dieu : au lieu de me démentir et de me contredire
Et obéissez-moi : dans ce que je vous transmets.
Verset 51 : certes Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur : c’est une reconnaissance de la part de Jésus qu’il est bien un esclave de Dieu, il nie ici le fait qu’il soit un dieu, contrairement à ce que disent les Naṣārah.
Alors adorez-Le : autrement dit, ne m’adorez pas, moi.
Ceci est une voie de droiture : qui mène celui qui l’emprunte à une félicité ininterrompue.
Verset 52 : quand il (Jésus) a senti de leur part la mécréance : Jésus a su avec certitude que les yahūd commettaient une mécréance et que c’était une mécréance sans aucun doute, tout comme celui qui perçoit la connaissance avec ses sens (la vue, l’odorat)
Il a dit qui sont mes partisans : qui sont mes compagnons, ceux qui vont me soutenir
Qui cherchent le refuge auprès de Dieu.
Les apôtres ont dit : al-ḥawārī est le compagnon proche, l’ami intime.
Nous, nous sommes les partisans de Dieu, nous soutenons Sa religion.
Nous avons cru en Dieu et sois témoin de cela : témoignes-en notre faveur, ô Jésus, de notre croyance en Dieu
Que nous sommes musulmans : ils ont demandé le témoignage de Jésus en faveur de leur Islam pour insister sur leur foi. Parce que les messagers de Dieu, au jour du jugement, ils témoigneront, soit en faveur de leur peuple, soit contre eux. Et ce verset comporte la preuve que la foi et l’Islam sont la même chose.
Verset 53 : ô notre Seigneur nous sommes croyants en ce que Tu as fait descendre comme révélation et nous avons suivi le Messager : c’est-à-dire Ton Messager Jésus.
Alors inscris-nous au nombre de ceux qui témoigneront.
1/ Inscris-nous avec les prophètes qui témoigneront en faveur de leurs communautés
2/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de Ton unicité, qu’il n’est de dieu que Dieu
3/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 54 : et ils ont rusé : ils ont fait preuve de perfidie. La perfidie c’est de faire parvenir la nuisance à quelqu’un de manière cachée. Les mécréants des fils d’Isrāʾīl ont fait preuve de ruse et de perfidie. Ils ont voulu le tuer et le crucifier. Dieu a révélé cela à Jésus.
Et Dieu les a rétribués pour leur perfidie : Dieu les a punis puisque Jésus est actuellement au ciel, vivant au deuxième ciel. Les traits de Jésus ont été donné à un de ses élèves et c’est lui qui a été emmené et a été tué à la place de Jésus : c’est ce qui a été rapporté de ibnu ʿAbbās qui a dit que c’était le plus jeune des élèves de Jésus et c’était un homme vertueux.
Ce n’est pas permis d’attribuer le sens de la ruse et de la perfidie à Dieu : car la ruse et la perfidie sont blâmables. Donc le mot « makr » ne peut avoir que le sens de la rétribution.
Et Dieu est le meilleur des mākirīn : c’est-à-dire le meilleur de ceux qui rétribuent. Dieu est Le plus fort et Le plus puissant de ceux qui rétribuent, Celui Qui a la plus grande capacité à punir, d’une manière telle que celui qui est puni ne s’y attend pas.
Verset 55 : Dieu dit à Jésus Je vais te faire mourir ultérieurement à ton terme :c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus d’être tué par les mécréants et Jésus mourra ultérieurement mais sans être tué par les mécréants. Il a été dit que « mutawaffīka » signifie que Dieu va faire élever Jésus au-dessus de la terre, que Jésus ne va pas rester sur terre ou encore Dieu va faire mourir Jésus après sa descente du ciel et maintenant Dieu va l’élever.
Et la conjonction de coordination « wa » ne préjuge pas de l’ordre chronologique des actions indiquées. Cela veut dire que ce qui est cité en premier n’aura pas forcément lieu avant ce qui est cité après le terme « wa ». Ici, cela ne veut pas dire que Dieu va faire mourir Jésus dans un premier temps puis que Jésus va être élevé au ciel.
Et Je vais t’élever « ilayya » : le sens apparent est « à moi » mais cela ne veut pas dire que Dieu est en haut et que Jésus va monter à côté de Dieu. Donc « ilayya » signifie que Dieu va élever Jésus au ciel qui appartient à Dieu et que Dieu honore et qui est le lieu de résidence des anges.
Et Je vais te préserver de ceux qui ont mécru : c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus de la mauvaise compagnie des mécréants. Jésus n’aura pas à supporter leur mauvaise compagnie.
Et Je vais faire que ceux qui te suivent seront au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu’au jour du jugement : c’est-à-dire que ceux vont suivre Jésus vont avoir une supériorité sur les mécréants jusqu’au jour du jugement. Les musulmans seront au-dessus des mécréants grâce aux preuves. Les preuves rationnelles sont du côté des musulmans.
Puis vous reviendrez à Mon jugement : au jour du jugement.
Et Je juge entre vous dans ce à propos de quoi vous n’étiez pas d’accord : Dieu juge au jour du jugement à propos de ce que les gens disaient au sujet de Jésus : certains ont dit qu’il était le fils de Dieu et les musulmans disent que c’est un messager de Dieu. Au jour du jugement, Dieu fait que tous seront au courant de la vérité.
Verset 56 : dans ce verset Dieu parle de ceux qui ont mécru. Ceux qui ont mécru, Je les châtie d’un châtiment douloureux dans le bas monde et dans l’au-delà.
Ils seront châtiés dans le bas monde par l’emprisonnement, par le meurtre, par l’humiliation et dans l’au-delà par le châtiment de l’enfer.
Et ils n’auront aucun soutien.
Verset 57 : quant à ceux qui ont été croyants et qui accompli les bonnes œuvres, Dieu les rétribue par leur récompense. Le verbe « tawfiya » c’est le fait de donner une récompense complète, sans aucune diminution, une large rétribution. Dieu les rétribue largement, sans diminution. Et « ʾuǧūrahum » c’est leur rémunération et ici c’est la récompense pour les œuvres. « Ils auront une large rétribution » signifie qu’ils auront des résidences au paradis en fonction de leurs œuvres et il n’y aura pas de jalousie entre eux.
Et Dieu n’agrée pas ceux qui sont injustes.
Verset 58 : ceci : fait référence aux récits qui ont été mentionnés jusqu’ici, Nous te le citons en tant que signes et évocations pleines de sagesse. Le Qur’ān est parfait. C’est comme si ce Livre indiquait de la sagesse, c’est comme s’il parlait et qu’il sort de lui de la sagesse.
Puis An-Nasafiyy explique la suite : quand les envoyés de Banī Naǧrān – qui étaient des Arabes chrétiens – étaient venus débattre avec le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām au sujet de Jésus et ils disaient qu’il était le fils de Dieu, ils ont dit : « vois-tu, est-ce qu’il y a un fils qui naisse sans père ? ». Alors le verset 59 a été révélé.
Verset 59 : l’exemple de Jésus selon le jugement de Dieu est tel l’exemple d’Ādam. L’arrivée de Jésus est comme le cas d’Ādam qui a été créé de terre. Dieu a fait que son corps soit façonné à partir des sols de cette terre. Et il n’y avait pour Ādam ni père ni mère. An-Nasafiyy dit que le cas de Jésus est moins surprenant que l’existence d’Ādam qui a été créé sans père ni mère. L’existence d’Ādam sans père ni mère est plus extraordinaire, plus surprenante que le fait d’exister sans avoir de père. Donc dans ce verset, la réplique est une comparaison de ce qui est surprenant à quelque chose d’encore plus surprenant, pour que cet argument soit encore plus fort contre l’adversaire et pour couper court à la confusion qu’ils essayent d’amener.
Il a l’a créé de terre : Dieu a créé Ādam. Puis Il lui a dit d’exister et il a existé.
Il lui a dit sois et il fut. C’est-à-dire que Dieu a créé à partir de ce corps qui est fabriqué de terre, un être vivant et il fut un être vivant.
Verset 60 : telle est la vérité de la part de ton Seigneur et ne sois pas parmi alors ne sois pas (toi qui entends) au nombre de ceux qui doutent.
Verset 61 : quand il y a des chrétiens qui persistent à débattre avec toi sur ce sujet (et ils disent le contraire de cette vérité que tu viens d’entendre à propos de Jésus) après que tu aies entendu ces informations claires qui entrainent chez toi une reconnaissance, dis venez (avec une fermeté et une volonté) nous et vous, on va appeler nos enfants et vos enfants, et nos épouses et vos épouses et nous-mêmes et vous -mêmes : pour faire al-mubāhalah qui signifie al-liʿān et al-bahlah c’est al-laʿnah et c’est la malédiction . Et on va invoquer pour que Dieu maudisse le menteur parmi nous. Le Prophète les a défiés, sur ordre de Dieu. Et la malédiction signifie l’éloignement de la miséricorde. Dans le verset il est cité le verbe « nabtahilu », et à l’origine, al-ibtihāl c’était pour indiquer la malédiction. Puis le sens est devenu pour toute invocation où on insiste, même si ce n’est pas une malédiction.
Il a été rapporté que quand le Prophète a défié ces chrétiens de Banī Naǧrān pour qu’ils disent : on va maudire le menteur parmi nous, ils ont dit : « non, on va réfléchir ». Ils ont eu peur. Un homme parmi eux qui s’appelle Al-ʿĀqib qui était selon eux le plus sage d’entre eux, il leur a dit : « vous savez, vous autres nasārā, que Muḥammad est un prophète envoyé. Et il n’y a pas eu des gens qui ont fait al-mubāhalah avec un prophète sans qu’il ne leur arrive des épreuves ; le plus âgé et plus jeune d’entre eux meurt. Si vous faites cela, ce sera votre fin. Si vous voulez conserver votre religion, alors réconciliez-vous avec cet homme. (C’est-à-dire : trouvez un terrain d’entente et soyez-en de bons termes avec lui) Et retournez chez vous ».
Le lendemain matin, ce groupe de nasārā est parti rencontrer le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam à un lieu de rendez-vous. Et le Prophète portait dans ses bras Al-Ḥusayn (qui était son petit-fils) et il tenait Al-Ḥasan par la main. Et Fāṭimah sa fille marchait derrière lui et derrière elle, marchait ʿAliyy. Et le Prophète leur disait : « si je dis une invocation, vous, dites āmīn ».
Alors l’évêque des Banī Naǧrān a dit : « ô vous les chrétiens, je vois des visages, s’ils demandent à Dieu d’enlever une montagne, Dieu la leur enlève pour eux. (C’est-à-dire suite à leur invocation). Ne faites pas la mubāhalah (c’est-à-dire ne dites pas que Dieu maudisse le menteur d’entre nous) parce que, si vous la faites, il ne restera plus de chrétiens sur terre ». C’est alors qu’ils ont dit : « ô Abu l-Qāsim, nous pensons que nous n’allons va pas faire la mubāhalah avec toi » ; (Ils ont appelé le Prophète par son surnom et c’est une forme d’honneur).
Comme ils ont refusé de faire la mubāhalah, le Prophète a conclu un accord avec eux, comme quoi ils allaient lui envoyer chaque année deux mille ḥullah qui est un vêtement composé de deux pièces.
An-Nasafiyy explique que ce verset mentionne les enfants et les épouses, même si, à l’origine, la mubāhalah avait lieu entre le Prophète et celui qui le dément, parce que ceci est une preuve encore plus forte de sa grande confiance de son état et sa certitude en sa véracité, puisqu’il a osé exposer ceux qui sont les plus chers pour lui, à savoir ses enfants et ses épouses. Il ne s’est pas limité à s’exposer lui, seulement. D’autre part, c’est une preuve également de sa certitude du mensonge de son adversaire, pour que son adversaire aille à sa perte, lui avec ceux qui lui sont chers, dans le cas où la mubāhalah aurait eu lieu. Il a cité les enfants et les épouses parce que ce sont, de toute la famille, les êtres les plus chers, ceux qui sont les plus proches du cœur. Il les a mentionnés avant de citer leurs propres personnes, pour attirer l’attention sur leur place dans le cœur, leur grande estimé chez la personne.
Il y a en cela la preuve claire de la véracité du statut de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam car personne n’a rapporté, que ce soient ceux qui sont d’accord avec le Prophète ou ses adversaires, qu’ils ont relevé ce défi. Ils n’ont pas osé.
Que Dieu maudisse le menteur : il s’agit du menteur à propos de Jésus ʿalayhi s-salām.
Verset 62 : certes ceci c’est-à-dire ce qui t’a été narré, qui t’a été cité à propos du récit de ʿīsāʿalayhi s-salām, est le récit véritable, le récit véridique, qui ne comporte pas de mensonge, c’est la vérité qui ne comporte pas de faux.
Et il n’est de dieu que Dieu : cette phrase est une réplique aux nasārā qui parlent de trinité.
Et certes Allāh est Al-ʿĀzīz :Le Glorieux, Celui Qui a la gloire pour punir ceux qui méritent la punition Al-Hakīm : Celui Qui gère les choses avec sagesse, il n’y a pas d’absurdité dans ce que Dieu fait qu’il y a dans ce monde.
Verset 63 : s’ils se détournent : c’est-à-dires’ils émettent une objection, s’ils n’acceptent pas la vérité,
Certes Dieu sait tout des corrupteurs : c’est une menace d’un châtiment, le châtiment qui est mentionné entre autres dans le verset 88 de sūratu n-naḥl qui signifie : Nous leur avons augmenté un châtiment en plus de leur châtiment, en raison de la corruption qu’ils faisaient.
Verset 64 : dis ô vous gens du Livre : c’est un ordre de la part de Dieu de s’adresser aux gens du Livre. An-Nasafiyy a dit qu’il y a trois explications pour cette expression « ô vous gens du Livre » :
1/ Ce sont les gens des deux Livres c’est-à-dire les yahūd et les nasārā. On les appelle les gens du Livre car ils prétendent suivre un Livre mais le Livre qu’ils suivent n’est pas le Livre authentique, c’est le livre qui est falsifié.
2 / C’est le groupe des nasārā de Naǧrān qui sont venus débattre avec le Prophète à propos de Jésus.
3/ Ce sont les yahūd de Médine.
Venez, nous nous mettons d’accord sur une parole de droiture, (une parole de rectitude, une parole juste) vous et nous : une parole à propos de laquelle il n’y a pas de divergence entre les trois Livres : al-Qur’ān, al-ʾinǧīl et at-tawrah.
Que nous n’adorions que Dieu
Que nous le Lui attribuions aucun associé : que nous ne considérions pas un parmi nous comme une divinité
Et que nous n’attribuions pas la divinité à autre que Dieu : que nous ne disions qu’ʿUzayr est le fils de Dieu ni que Jésus est le fils de Dieu, parce que chacun des deux est un être humain comme nous.
Et que nous n’obéissions pas aux prêtres qui ont innové des interdictions et des autorisations sans se référer à la Loi de Dieu. En effet ils ont pris des personnes qui ont légiféré pour eux : ils ont émis des lois sans que ce soit conforme à la Loi de Dieu.
D’après ʿAliyy ibnu Ḥātim, il a dit « mais nous ne les adorions pas, ces prêtres qui légiféraient sans se référer à la Loi de Dieu ». Alors le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam lui a répliqué : « mais n’est-ce pas qu’ils vous disent que telle chose est licite, comme le fait de boire du vin, que ça égaye le cœur et ils vous interdisent telle et telle chose, et vous, vous prenez leur avis ». Il lui a répondu « oui ». Alors le messager : « c’est cela donc ».
Ceci nécessite une explication : les yahūd et les nasārā prenaient en compte les avis de leurs prêtres tout en sachant que leurs prêtres légiféraient eux-mêmes. Ils n’avaient pas pour croyance que leurs prêtres déduisaient cela à partir des Livres révélés ou des paroles des prophètes.
Alors que les musulmans du commun (comme nous) quand ils imitent les imāms comme l’imām Mālik, l’imām Abū Ḥanīfah, l’imām Aš-Šāfiʿiyy, l’imām Aḥmad ibnu Ḥanbal et qu’ils agissent conformément à leurs fatwas, c’est en raison de leur conviction que ces imāms muǧtahid déduisent ces jugements à partir du Livre de Dieu. Donc ce n’est pas une adoration de ces imāms.
S’ils émettent une objection : c’est-à-dire s’ils refusent cette parole commune à laquelle tu les appelles, c’est-à-dire s’ils refusent le tawḥīd auquel tu les appelles, et c’est la croyance en l’unicité de Dieu
Alors dites-leur soyez témoins que nous, nous sommes musulmans : vous n’avez plus d’argument, vous n’avez plus de preuves, vous devez vous soumettre et donc reconnaitre que nous, nous sommes musulmans et pas vous. Comme le victorieux dit à celui qui a été vaincu (dans une bataille ou bien dans un débat) : « reconnais que c’est moi le gagnant et reconnais que c’est moi qui suis victorieux dans ce débat ».
Verset 65 : ô vous gens du Livre, pourquoi débattez-vous à propos d’Ibrāhīm alors que la Torah et l’Evangile n’ont été révélées qu’après lui : comment dites-vous qu’Ibrāhīm est yahūdiyy et qu’il suivait la Torah alors que la Torah a été révélée après lui. Chacun des deux groupes, les yahūd et les nasārā, a prétendu qu’Ibrāhīm était des leurs. Ils ont débattu avec le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et les croyants au sujet d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām. Mais il leur a été dit que le judaïsme n’est apparu qu’après la descente de la Torah. Et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et le christianisme n’est apparu qu’après la descente de l’Evangile et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et entre Ibrāhīm et Mūsā, il y a mille ans. Et entre Ibrāhīm et Jésus, il y a deux mille ans. Comment Ibrāhīm serait-il d’une religion qui n’est apparue que bien longtemps après lui ?
Ne réfléchissez-vous donc pas ? N’avez-vous donc pas conscience de cela ? Pour ne pas vous laisser aller à débattre d’un tel débat qui est inutile.
Verset 66 : hā : c’est pour attirer l’attention antum est le mubtadaʾ et hāʾulāʾest le ẖabar
Vous, qui êtes stupides et la démonstration de votre stupidité est que vous êtes en train de débattre à propos de quoi vous avez des connaissances : c’est-à-dire que vous débattez à propos de ce qui a été révélé dans la Torah et dans l’Evangile et vous dites des choses fausses
Pourquoi débattez-vous à propos d’un sujet dont vous n’avez pas de connaissance et qui ne vous a pas été cité dans aucun de vos deux livres à propos de la religion d’Ibrāhīm.
Et Allāh sait ce qu’il en est véritablement
Et vous, vous l’ignorez.
Verset 67 : Ibrāhīm n’était pas yahūdiyy ni naṣrāniyy mais il était sur la religion de droiture, il était musulman
Et il ne faisait pas partie des associateurs : par le terme associateur ici, il est visé les yahūd et les nasārā parce qu’ils avaient associé à Dieu dans leur adoration, ʿUzayr pour les yahūd et Jésus pour les nasārā.
Ou bien deuxième explication : Ibrāhīm n’était pas associateur tout comme il n’était pas des leurs, c’est-à-dire qu’il n’adorait pas des idoles.
Verset 68 : certes ceux qui sont prioritaires parmi les gens pour Ibrāhīm : c’est-à-dire ceux qui sont le plus proches de lui, ceux qui lui ressemblent le plus
Sont ceux qui l’ont suivi : les musulmans à son époque et après son époque
Et ce prophète : c’est-à-dire qu’il a été mentionné spécifiquement en raison de son mérite particulier et celui qui est visé est Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam
Et ceux qui sont croyants : c’est-à-dire de sa communauté.
Et Allāh est Celui Qui soutient les croyants.
Verset 69 : il y a un groupe des gens du Livre qui ont souhaité vous égarer : et il s’agit des yahūd. Ils ont appelé trois compagnons Huḏayfah, ʿAmmār et Muʿāḏ pour qu’ils deviennent des yahūd, comme eux.
Mais ils n’égarent qu’eux-mêmes : c’est-à-dire que les conséquences de leur tentative d’égarement se retourneront contre eux. Ils auront un double châtiment : du fait de leur égarement à eux, et un châtiment pour leur tentative d’égarer autrui.
Et ils ne s’en rendent pas compte : c’est-à-dire que leur tentative d’égarer les autres va se retourner contre eux.
Verset 70 : ô vous gens du Livre, pourquoi mécroyez-vous en les signes :
c’est-à-dire en la Torah et en l’Evangile. Leur mécréance envers la Torah et l’Evangile est le fait qu’ils n’ont pas cru en ce qui est mentionné explicitement, en termes de véracité du statut de prophète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, et autres.
Ou alors vous mécroyez au Qur’ān et aux preuves du statut de prophète du Messager.
Ou alors vous mécroyez en tous les versets de Dieu (les trois livres : la Torah, l’Evangile et le Qur’ān) alors que vous savez qu’ils sont vrais.
Alors que vous êtes témoins : de sa description dans les deux livres. Pourtant, vous reconnaissez que ce sont des versets révélés par Dieu. Dans les deux livres, le Prophète a été décrit.
Verset 71 : ô vous gens du Livre, pourquoi mélangez-vous le vrai avec le faux, vous dissimulez le vrai alors que vous savez la vérité. Pourquoi mélangez -vous la foi en Moise et en Jésus et la mécréance en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ?
Et vous dissimulez la vérité : An-Nasafiyydit qu’ils dissimulent la description de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.
Alors que vous savez : qu’il est véridique, qu’il est un prophète.
Verset 72 : et un groupe des gens du Livre se sont dit, entre eux : croyez (ayez foi) en ce qui a été révélé à ceux qui sont croyants : c’est-à-dire le Qur’ān
En plein jour : c’est-à-dire : montrez que vous avez foi en ce qui a été révélé aux croyants, au début du jour
Et mécroyez en fin de journée : c’est une hypocrisie
Puissent-ils revenir : c’est-à-dire puissent les musulmans quitter la croyance, comme vous le faites vous-mêmes. C’est une stratégie qui consiste à s’afficher croyants en début de journée puis mécréants le soir, ceci, de façon à influencer les véritables croyants qui vont se dire : s’ils ont changé entre le matin et le soir, c’est du fait qu’ils ont des connaissances, alors on va faire comme eux. C’est-à-dire puissent-ils (les croyants) apostasier (comme les gens du Livre l’ont fait).
Verset 73 : et ne montrez votre croyance, que personne ne recevra la même chose que ce que vous avez reçu, ne montrez cela qu’à ceux qui sont de votre religion et pas à autrui : vous avez su et vous avez reconnu que les musulmans ont reçu un Livre de la part de Dieu tout comme vous en avez reçu : cachez cela, ne le dites pas, dissimulez cette conviction que vous avez, que les musulmans ont eu un Livre tout comme vous en avez eu un. Ne le dites qu’à ceux qui sont de votre religion et pas aux autres. Et cela, pour ne pas que cela augmente la confiance des musulmans et pour ne pas que les associateurs soient incités à entrer en Islam.
Ne dites pas que les musulmans vont avoir gain de cause au jour du jugement et qu’ils vont vous vaincre par la preuve. Cela signifie qu’en définitive, la bonne guidée c’est celle que Dieu accorde : celui que Dieu veut guider, Il le guidera et celui-là deviendra musulman ou il persévèrera sur l’Islam s’il est déjà musulman. Et vos ruses, vos duperies, vos tromperies et le fait que vous dissimuliez votre reconnaissance de la vérité aux musulmans et aux associateurs ne vous sera pas utile.
Dis : la grâce appartient à Dieu et Il l’accorde à qui Il veut : la grâce ici c’est la réussite à faire le bien, la bonne guidée.
Et Dieu a une large miséricorde, Il sait ce qui est de l’intérêt des gens.
Verset 74 : Il accorde spécifiquement Sa miséricorde : ici le mot « miséricorde » signifie le statut de prophète ou bien l’Islam.
A qui Il veut et Allāh a la grâce éminente.
Verset 75 : il y a parmi les gens du Livre ceux à qui tu confies un qinṭār (c’est une grande quantité) et il va te le rendre. Cela signifie qu’Il sera honnête : il s’agit ici de ʿAbdul- Lāh ibnu Salām qui était le savant des juifs de Médine et qui s’était converti à l’Islam. Un homme de Qurayš lui avait confié mille deux cent onces d’or (une once pèse environ trente grammes) et il les lui avait rendus.
Et parmi eux celui à qui on confie à certain un dinar d’or (environ quatre grammes) et il ne le rend pas, sauf si tu insistes. Un homme de Qurayš avait confié à un yahūd un dinar d’or et il avait renié en disant qu’il n’avait jamais rien reçu. Il a été dit que ceux à qui tu confies beaucoup et ils te le rendent, ce sont les nasārā et ceux qui trahissent sont les yahūd.
Et certains ne te rendent le bien laissé en dépôt que si tu insistes jusqu’à ce qu’il te le rende.
Et le fait qu’ils renient les droits parce qu’ils disaient que les ʾummiyyīne (ceux qui ne sont pas des gens du Livre) n’ont pas de droit sur nous. C’est-à-dire qu’ils considéraient qu’ils ne se chargeaient pas de péché à propos de ceux qui ne sont pas gens du Livre. C’est-à-dire que tous ceux qui ne font pas partie des gens du Livre, tout ce que nous faisons comme détention de leurs biens et comme nuisance envers eux, c’est parce qu’ils ne sont pas sur notre religion. Ils s’autorisaient l’injustice envers ceux qui n’étaient pas de leur religion.
Et ils attribuent des paroles mensongèrement à Dieu en prétendant que c’est ce qui figure dans leurs livres, alors que ce n’est pas vrai. Alors qu’ils savent qu’ils mentent.
Verset 76 : ah que si ! C’est la confirmation de ce qu’ils ont nié des droits de ceux qui ne font pas partie des gens du Livre. Bien sûr que si, ils ont un droit c’est-à-dire que s’ils vous confient quelque chose, vous devez leur rendre, même s’ils ne font pas partie des gens du Livre.
Ceux qui tiennent leur engagement et qui se préservent du châtiment de Dieu, Dieu agrée les pieux : l’engagement, on le fait en promettant par le nom de Dieu.
Tafsir an-Nasafiyy : Sūrātu Āli ʿImrān versets 1-55
Commentaire de Sūrātu Āli ʿImrān
Verset 1 : alif lām mīm
Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)
Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.
Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.
Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude–
Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.
Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.
Verset 4 : auparavant : cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān
En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.
Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.
Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres
Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.
Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.
Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse : c’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.
Il a été rapporté que les gens de Banī Naǧrān qui sont des Arabes à l’époque du Prophète,b ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.
60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.
Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – dans lequel il y a des versets univoques (muḥkam) : leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible.
Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces versets-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.
Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques (mutašābih) : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables. Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.
Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».
Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.
Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.
Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.
Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.
Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.
Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance
Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.
Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.
Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.
Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.
Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.
La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –
Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.
La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.
C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).
Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques que les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.
Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.
Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.
Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.
Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.
Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accorde beaucoup de biens.
Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :
Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.
Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.
Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.
Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.
Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.
Ceux-là seront le combustible de l’enfer.
Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.
Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.
Et le châtiment de Dieu est terrible.
Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)
À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)
Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)
Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond
Et quelle mauvaise demeure
Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš
Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour de la bataille de Badr.
Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans
Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.
Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux, pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.
Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.
Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.
Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.
Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit
Une exhortation : une moralité
Pour ceux qui sont dotés de raison.
Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.
L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.
Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.
Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)
Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.
Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.
Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.
Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.
Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.
Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :
Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé
Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.
Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu
Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.
Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves
Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel
Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse
Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.
Verset 17 : ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,
Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)
Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants
Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes
Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».
Verset 18 : Allāh a jugé ou bien Allāh a dit qu’il n’est de dieu que Lui ainsi que les anges : c’est-à-dire que les anges également ont témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu en raison de ce qu’ils ont vu de l’éminence de la toute-puissance de Dieu
Ainsi que les gens qui ont la connaissance qui ont également témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu. Ceux qui ont la connaissance ce sont les prophètes et les savants.
Dieu réalise la justice et l’équité dans les subsistances et les échéances qu’Il accorde, dans le fait qu’Il récompense et qu’Il châtie et dans les ordres qu’Il donne à Ses esclaves, d’être justes les uns avec les autres et d’œuvrer ensemble.
Il n’est de dieu que Lui : c’est une insistance
Il est al-ʿĀzīz et al-Ḥakīm : Dieu est Celui Qui n’est pas vaincu et Celui Qui ne Se détourne pas de la vérité c’est-à-dire Celui Qui fait que toute chose soit selon une sagesse
Verset 19 : certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam. Dieu a jugé et a dit et a témoigné que la religion qu’Il agrée c’est l’Islam.
Et ceux qui ont reçu le Livre n’ont dévié : ce sont les yahūd et les nasārāʾ qui ont quitté l’Islam qui est la croyance en l’unicité de Dieu. Les nasārāʾ ont parlé de trinité et les yahūd ont dit que ʿUzayr était le fils de Dieu.
Qu’après avoir eu la connaissance : leur déviation est venue après qu’ils ont eu la connaissance de la vérité : ils n’ont divergé qu’après avoir eu la connaissance de la vérité de laquelle il ne convient pas de s’écarter.
Et c’est une injustice de leur part : cette divergence n’a eu lieu que parce qu’ils ont été jaloux les uns des autres. Chaque groupe cherchait le pouvoir.
Il a été dit que cette divergence de leur part qui était une injustice était une divergence à propos du statut de prophète de notre maître Muḥammad alayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisque certains d’entre eux ont cru en lui et d’autres ont mécru.
Et celui qui ne croit pas aux signes de Dieu (c’est-à-dire les arguments, les preuves que Dieu nous donne) alors certes Dieu est Celui Qui rétribue rapidement.
Verset 20 : s’ils débattent avec toi : c’est-à-dire s’ils discutent avec toi en refusant ce que tu leur dis, à savoir que la religion agréée par Dieu, c’est l’Islam. Ceux qui sont visés par « ils » c’est le groupe de Banī Naǧrān.
Alors dis je me soumets totalement à Dieu, mon âme et tout mon être sont sincèrement soumis à Dieu Lui Seul : je n’ai pas attribué à Dieu un associé : ma religion est la religion de la croyance en Dieu uniquement. Et c’est la religion de droiture, la religion juste dont la véracité est confirmée pour vous tout comme elle est confirmée pour moi. Et je n’ai pas amené quelque chose de nouveau pour que vous débattiez avec moi à ce sujet.
Ainsi que ceux qui m’ont suivi : nous sommes tous musulmans, soumis à Dieu.
Et dis aux gens du Livre : etce sont les yahūd et les nasārāʾ
Ainsi qu’à ceux qui n’ont pas de livre : ce sont les associateurs arabes.
Qu’il vous a été amené les preuves claires qui impliquent la réalisation de l’Islam : allez-vous enfin entrer en islam ou alors vous persistez sur votre mécréance malgré les preuves ?
S’ils se soumettent : s’ils deviennent musulmans, alors ils auront été bien guidés puisqu’ils auront quitté l’égarement pour la bonne guidée.
Mais s’ils refusent, tu n’as qu’à transmettre : ce dont tu es chargé, c’est de transmettre. Cela veut dire que le fait qu’ils ne soient pas entrés en islam, cela ne t’est pas préjudiciable. Tu es un messager qui avertit, tu n’es chargé que de transmettre le message, tu avertis et tu indiques la voie de la bonne guidée.
Et Dieu voit tout de Ses esclaves : Dieu n’ignore rien de Ses esclaves, Il les rétribuera pour leur Islam et pour leur mécréance. Ceux qui sont musulmans, il les rétribue pour leur Islam, ceux qui sont mécréants, Il les rétribue pour leur mécréance.
Verset 21 : certes ceux qui mécroient aux signes de Dieu : ceux qui ne croient pas aux preuves ni aux arguments et qui assassinent les prophètes : il s’agit des gens du Livre qui se sont satisfaits que leurs ancêtres aient assassiné des prophètes.
Injustement : c’est une insistance parce le fait d’assassiner un prophète n’est pas juste.
Et qui assassinent ceux qui ordonnent la justice et l’équité : c’est-à-dire les gens qui ordonnent la justice et l’équité, autres que les prophètes.
Annonce-leur la nouvelle qu’ils auront un châtiment douloureux.
Verset 22 : ceux-là dont les œuvres auront été perdues : c’est-à-dire que tout ce qu’ils auront fait dans le bas-monde ne leur procurera aucune récompense dans l’au-delà. Ils auront la malédiction et l’humiliation dans le bas-monde et le châtiment dans l’au-delà.
Ils n’auront aucun soutien.
Verset 23 : ne vois-tu donc pas ceux qui ont reçu une certaine part du Livre : il vise les savants des yahūd qui ont appris une part importante de la torah
Lorsqu’ils sont appelés à appliquer ce qu’il y a dans le Livre de Dieu : c’est-à-dire la torah ou le Qur’ān
Afin qu’il arbitre entre eux : le Livre a été appelé arbitre ici parce que c’est une cause pour l’arbitrage ; arbitrer signifie juger. Ou bien que le prophète juge et arbitre entre eux.
Puis malgré cela un groupe d’entre eux s’éloigne : c’est surprenant de leur part qu’ils refusent de se référer au Livre après avoir eu connaissance que cela est un devoir.
Et ils sont dans l’objection. C’est le contraire de la soumission c’est-à-dire que ce sont des gens dont l’habitude est de refuser de se soumettre.
Verset 24 : ce refus et cette objection ont pour cause le fait qu’ils considèrent facile pour eux le châtiment et qu’ils espéraient sortir de l’enfer après quelques jours. Ils savaient qu’ils étaient dans l’erreur, ils savaient qu’ils allaient entrer en enfer mais ils disaient qu’ils allaient en sortir après quelques jours seulement. Ils ont dit que c’était soit quarante jours ou bien sept jours.
Ce qui les a trompés c’est leur calomnie au sujet de Dieu : il s’agit de leur parole « nous sommes les enfants de Dieu et ses bien -aimés ».
Verset 25 : comment seront-ils lorsque Nous les rassemblerons pour un jour : c’est-à-dire quel sera leur état ce jour-là ? C’est une menace.
Un jour au sujet duquel il n’y a pas de doute : c’est un jour qui aura lieu inéluctablement.
Et chaque âme recevra la rétribution de ce qu’elle a acquis
Et ils ne seront pas lésés : ils ne subiront pas d’injustice par l’augmentation de leurs mauvaises actions ou la diminution de leurs bonnes actions.
Verset 26 : dis ô Allāh Toi à Qui appartient la souveraineté : la souveraineté ici c’est celle que Dieu accorde aux créatures, aux rois. Alors que la souveraineté de Dieu qui est Son attribut est exempte de début et exempte de fin. Cette première souveraineté qui est citée est générale : tout appartient à Dieu.
Tu accordes la souveraineté à qui tu veux : cette souveraineté-là est partielle et tu la retires à qui Tu veux : c’est aussi une souveraineté partielle. Il a été rapporté que, lorsque le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a conquis La Mecque, il a promis à sa communauté la souveraineté de La Perse et de Rome (Byzance). Alors les yahūd et les hypocrites ont dit : comment Muḥammad aurait-il la souveraineté sur les Perses et les Romains qui sont beaucoup plus glorieux et forts ? C’est ainsi que la suite de ce verset a été révélée.
Tu accordes la gloire à qui Tu veux : il s’agit de la gloire de la souveraineté. Il s’agit du bien que Dieu accorde aux croyants.
Et Tu humilies qui tu Veux : en lui retirant la souveraineté.
A Toi appartient le bien : et le mal est sous-entendu ici : Tu es Celui à Qui appartient le bien et le mal. Et Dieu est puissant pour faire le bien et Il est puissant pour faire le mal, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est une figure de style qui s’appelle en arabe l’iktifāʾ, « le fait de se suffire de citer un des deux opposés pour ne pas mentionner le second » : c’est-à-dire qu’il a été suffisant de mentionner le bien pour faire comprendre que le mal était sous-entendu. Le contexte parlait du bien, de la souveraineté que Dieu allait accorder aux croyants et c’est ce que les mécréants avaient renié. Il est question du bien que Dieu accorde à ceux qui Lui obéissent au détriment des mécréants.
Certes Tu es sur toute chose tout puissant : et personne ne peut faire quoi que ce soit si ce n’est par la capacité que Dieu accorde aux gens.
Verset 27 : le verbe utilisé a le sens de faire entrer une chose dans une autre et dans ce verset c’est selon un sens métaphorique : Dieu fait que les heures de la nuit diminuent et que les heures du jour augmentent et Il fait que les heures du jour diminuent et les heures de la nuit augmentent (selon les saisons le nombre d’heures du jour et de la nuit change)
Et Tu fais sortir le vivant à partir de celui qui est mort : il y a trois explications
- Dieu fait exister un être vivant à partir d’eau mélangée (qui, elle, n’est pas un être vivant)
- Dieu fait exister un poussin à partir d’un œuf qui lui, n’a pas de vie
- Dieu fait qu’un mécréant devient croyant : le mécréant a été comparé à celui qui est mort et le croyant à celui qui est vivant.
Et Tu fais sortir ce qui est mort à partir de celui qui est vivant : il y a aussi trois explications.
- Dieu fait sortir le liquide séminal de l’être humain
- Dieu fait sortir l’œuf à partir de la poule
- Dieu fait sortir un mécréant à partir d’un croyant : un parent est croyant et un de ses enfants est mécréant.
Et Tu accordes à qui Tu veux sans compte : les créatures ne savent pas quelle quantité de subsistance chacun aura mais Dieu sait la subsistance de chacun. Tout cela est pour indiquer que celui qui est tout puissant à faire ces actes éminents qui rendent l’esprit sidéré, Il est tout puissant pour accorder sans limite à qui Il veut parmi Ses esclaves et Il est tout puissant à enlever la souveraineté aux non Arabes pour les humilier et à l’accorder aux Arabes pour les glorifier.
Verset 28 : que les croyants ne prennent pas les non croyants comme référence (comme tuteurs, comme gouverneurs, comme autorités) c’est-à-dire qu’il n’y a pas de tutelle d’un non musulman sur un musulman, même s’ils étaient proches parents, même s’ils étaient amis avant leur Islam. Le fait d’aimer quelqu’un pour Dieu et le fait de détester quelqu’un pour Dieu, c’est un grand chapitre de la foi : aimer pour Dieu signifie aimer quelqu’un parce qu’il a la croyance de vérité, qu’il adore Dieu et qu’il aime les prophètes. Et détester pour Dieu signifie détester ce que Dieu n’agrée pas. En suivant les croyants, en aimant les croyants, en étant les partisans des croyants, ceci vous fait vous dispenser de prendre des tuteurs parmi les non croyants. Vous ne préférez pas les non croyants au détriment des croyants.
Et celui qui fait cela alors il n’est pas dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire que celui qui prend pour partisan des non croyants, il n’est pas dans la voie que Dieu agrée. Parce qu’on ne peut pas être le partisan de quelqu’un et être le partisan de son ennemi, en même temps.
Sauf si c’est pour te préserver d’eux : dans le cas où le non croyant a un pouvoir sur le musulman et celui-ci craint pour sa personne ou pour ses biens.
Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : ne vous exposez pas au châtiment de Dieu en prenant pour partisans les ennemis de Dieu. Et ceci est une grave mise en garde.
Et à Dieu le devenir. Votre devenir est d’être ressuscités pour le jugement de Dieu. Et le châtiment est préparé, l’enfer est déjà préparé.
Verset 29 : dis, que vous cachiez ce que vous avez dans votre cœur ou que vous le montriez (que ce soit le fait de vous rallier aux non croyants ou autre chose que Dieu n’agrée pas), Dieu le sait et cela ne Lui échappe pas. Et c’est encore une plus grande mise en garde.
Et Il sait ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre. Dieu sait votre for intérieur et votre apparence.
Et Dieu est sur toute chose tout puissant. Dieu est tout puissant à vous châtier, à vous punir.
Verset 30 : le jour où chaque personne trouvera le bien qu’elle a préparé (elle le verra) il sera présent. Et le mal qu’elle a fait, elle espère qu’il soit très éloigné d’elle. Le jour du jugement la personne verra le bien qu’elle a fait et le mal qu’elle a fait, tous deux seront présents. Elle espère qu’elle soit éloignée de ce mal.
Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : c’est une répétition de la même phrase pour que chacun soit conscient de cela.
Et Dieu est miséricordieux pour les esclaves. Parmi les manifestations de la miséricorde de Dieu, c’est qu’Il a mis en garde les gens contre Son châtiment pour ne pas qu’ils s’y exposent.
Puis lorsque les yahūd ont dit qu’ils étaient les enfants de Dieu, les bien-aimés de Dieu, Dieu a révélé le verset 31 :
Verset 31 : dis, si vous aimez Dieu véritablement, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) : « aimer Dieu » signifie préférer Lui obéir plutôt que Lui désobéir, c’est-à-dire c’est le fait de préférer Son obéissance à Sa désobéissance.
Dieu vous agréera : Dieu récompense Son esclave pour ses actes. D’après Al-Ḥasan Al-Biṣrī, il y a des gens qui, du temps du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, prétendaient aimer Dieu. Dieu a voulu faire en sorte que ce prétendu amour soit confirmé par des actes. Celui qui prétend aimer Dieu mais qui contredit la sunnah de Son messager, c’est un menteur. La sunnah ici signifie la croyance et l’enseignement du Prophète.
Et vous pardonnera vos péchés et Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.
Verset 32 : dis, obéissez à Dieu et à Son Messager.
S’ils se détournent : c’est-à-dire s’ils refusent d’accepter l’obéissance à Dieu et au Messager
Alors Dieu n’agrée pas les mécréants. Il ne les agrée pas et Il ne leur pardonne pas.
Verset 33 : Dieu a élu (Dieu a choisi dans le sens que ces gens-là sont meilleurs que les autres)
Ādam qui est le père de toute l’humanité, il est le premier des prophètes
Et Nūḥ qui fut le premier prophète envoyé à des mécréants et il fait partie des cinq meilleurs prophètes
Et la famille d’Ibrāhīm et ce sont Ismāʿīl et Isḥāq et leurs enfants
Et la famille d’ʿImrān et ce sont Mūsā et Hārūn qui sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur et il a été dit que la famille d’ʿImrān était ʿīsā et Maryam fille d’ʿImrān fils de Māṯān. Et entre les deux ʿImrān se sont écoulées 1800 années.
Par rapport au reste des mondes. A leur époque, ils étaient les meilleurs . La phrase est générale mais on a su qu’il y a une restriction donc ce n’est pas dans l’absolu car on a su que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est meilleur qu’eux.
Verset 34 : une descendance l’une après l’autre. La famille d’Ibrāhīm et la famille d’ʿImrān, la deuxième descendant de la première. Mūsā et Hārūn sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur qui est fils de Qāḥaṯ qui est fils de Lāwā qui est fils de Yaʿqūb qui est fils d’Isḥāq qui est fils d’Ibrāhīm. (Ibrāhīm ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est donc l’ancêtre de Mūsā).
Et également ʿīsā fils de Maryam qui est fille d’ʿImrān fils de Māṯān qui remonte à Yahūḏā fils de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm.
Et notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est descendant d’Ibrāhīm par Ismāʿīl. Il fait donc partie de la famille d’Ibrāhīm.
Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il sait qui est valable pour être élu pour être prophète.
C’est recommandé de réciter la dernière partie du verset 36 pour un nouveau-né : (wa ʾinnī uʿīḏuhā bika wa ḏurriyyatahā mina š-šayṭani r-raǧim) qui signifie (ô Allāh, je Te demande de la préserver elle et sa descendance contre le diable maudit).
Verset 35 : la femme d’ʿImrān a dit (il s’agit du fils de Māṯān et on parle de la mère de Maryam qui est la grand-mère maternelle d’ʿīsā ʿalayhi wa sallam) Elle s’appelle Ḥannah fille de Fāqūḏā
O Seigneur j’ai fait le vœu (c’est-à-dire que je m’engage à faire ce qui va suivre) que l’enfant que je porte soit un muḥarrar (sous-entendu qu’elle s’attendait à avoir un garçon)
1 – c’est-à-dire dédié pour le service de la mosquée de Jérusalem, je le consacre à cela (et c’était un vœu très méritoire à cette époque-là)
2 – Ou bien que cet enfant soitconsacré à l’adoration de Dieu.
Accepte de moi cet enfant, certes Tu es Celui Qui entend et Qui sait.
Verset 36 : quand elle a accouché elle a dit ô Seigneur j’ai accouché d’une fille (elle a dit cela parce que le muḥarrar était forcément un garçon, donc c’est comme si elle s’excusait du vœu qu’elle avait fait, elle ne pourra pas le tenir puisqu’elle avait mis au monde une fille. Elle a exprimé sa déception à son Seigneur)
Dieu sait ce qu’elle a mis au monde : c’est pour magnifier ce sujet qui n’est pas négligeable, c’est pour indiquer que le vœu est quelque chose d’important et dans le sens que le fait qu’elle ait mis au monde une fille, il se peut qu’il y ait en cela un secret et une sagesse.
Et le garçon (qu’elle avait souhaité avoir) n’est pas comme la fille (qu’elle avait eue)
Et je l’ai appelée Maryam : dans leur langue, Maryam signifie « celle qui se consacre à l’adoration ». Elle a voulu, par le prénom qu’elle a donné à sa fille, gagner des récompenses. C’est comme si elle demandait à Dieu de préserver sa fille pour que son acte soit conforme à son prénom, pour que sa fille soit véritablement une adoratrice ; et pour que se réalise en sa fille le souhait qu’elle avait eu quand elle était tombée enceinte, c’est-à-dire qu’elle ait un garçon qui se consacre à la mosquée de Jérusalem.
Et je Te demande de la préserver elle, ainsi que sa descendance (c’est-à-dire ses enfants à elle) contre le diable maudit (c’est-à-dire éloigné du bien). Dans le ḥadīṯ, la plupart des nouveau-nés, le diable leur nuit au moment de leur naissance, et le nouveau-né pousse un cri suite à la nuisance du diable, excepté Maryam et son fils.
Verset 37 : Dieu a agréé Maryam en guise de réponse au vœu à la place du garçon : Dieu a agréé Maryam comme si c’était le garçon que sa mère avait fait le vœu de mettre au monde. Il a été rapporté que Ḥannah, quand elle a mis au monde Maryam, elle l’a enveloppée dans un bout d’étoffe et elle l’a emmenée à la mosquée et elle l’a placée chez les prêtres qui étaient descendants de Hārūn. Et ils étaient à Jérusalem comme la famille de banu Šaybah qui est en charge de la clé de la kaʿbah à La Mecque. Elle leur a dit « je vous charge de cette fille qui est la réalisation d’un vœu que j’ai fait ». Les prêtres se concurrençaient pour s’occuper d’elle car elle était la fille de leur imam Imrān. Et c’était lui qui s’occupait de faire les sacrifices pour Dieu. Ils étaient les descendants de Māṯān, les chefs des fils d’Isrāʾīl. Mais Zakariyyā leur a dit : « non, ce n’est pas vous qui allez vous occuper de Maryam, c’est moi qui vais m’occuper d’elle ». Zakariyyā était un prophète, il était le mari de sa sœur. Ils ont refusé et lui ont dit : on va tirer un nom pour choisir qui va s’occuper de Maryam. » Ils étaient 27 et chacun d’eux voulait s’occuper de l’éducation de Maryam. Ils sont allés à un fleuve et ont jeté leurs crayons. Celui de Zakariyyā a flotté alors que tous les autres ont coulé. Ce fut ainsi Zakariyyā qui a pris en charge l’éducation de Maryam.
Et Dieu a fait qu’elle grandisse dans le bien. Le verbe utilisé est le verbe qui est employé pour une plante, c’est une métaphore qui indique que Maryam était comme une plante qui a poussé dans les meilleures conditions.
Et ce fut Zakariyyā qui en a assuré la tutelle : il était un tuteur pour elle et un garant. Zakariyyāsignifie en hébreu « celui qui fait tout le temps des évocations et la glorification de Dieu ».
Chaque fois que Zakariyyā venait vérifier si Maryam était dans de bonnes conditions dans le miḥrāb : et c’est une pièce à laquelle on accède par des marches et il a été dit que c’est l’endroit le plus honorable des assemblées, c’est-à-dire à l’avant de l’assemblée. Et dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est là où se tient l’imam, une partie concave. C’est comme si, dans ce verset, Dieu nous apprend que Maryam a été placée dans l’endroit le plus honorable de la mosquée de Jérusalem. Et il n’y avait que Zakariyyā qui pouvait atteindre cet endroit.
Il trouvait qu’elle avait une subsistance. Sa subsistance provenait du paradis. Et elle n’a jamais été allaitée. Il trouvait chez elle les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver.
Il a dit ô Maryam d’où as-tu cela : d’où as-tu cette subsistance qui ne ressemble pas à la subsistance du bas-monde ? Et ce sont des fruits qui sont hors saison.
Elle a dit c’est Dieu Qui accorde : c’est-à-dire ne sois pas étonné, Dieu accorde à qui Il veut. C’était un prodige pour Maryam : elle était une sainte, la meilleure des femmes de l’humanité. Il a été dit qu’elle a parlé alors qu’elle était enfant tout comme Jésus a parlé au berceau.
Certes Dieu accorde à Qui Il veut sans limite : c’est-à-dire sans prendre en compte la quantité. Autre explication : Dieu fait grâce sans demander des comptes.
Verset 38 : et là : c’est-à-dire à l’endroit où il était assis auprès de Maryam, dans le miḥrāb, ou bien à ce moment-là, Zakariyyā (qui était le mari de sa sœur ʿišāʿ) quand il a vu le degré de Maryam de la part de Dieu, a également souhaité avoir de sa femme un fils qui ait aussi un haut degré de la part de Dieu, tout comme Maryam avait un haut degré. Et cela même si sa femme était stérile et âgée.
A invoqué son Seigneur, il a dit ô Seigneur, accorde-moi de Ta part une descendance : le mot (ḏurriyyah) signifie une descendance qui peut faire allusion à un singulier ou à un pluriel ; donc on peut dire d’un enfant que c’est une ḏurriyyah et de plusieurs enfants que c’est une (ḏurriyyah).
Une bonne descendance : c’est-à-dire une descendance bénie. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Donc Zakariyyā a demandé à Dieu de lui accorder une descendance vertueuse.
Certes Tu es Celui Qui exauce nos invocations. Zakariyyā avait toute confiance en Dieu, que Dieu exauce les invocations.
Verset 39 : les anges l’ont interpellé : il a été dit que c’était Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a interpellé Zakariyyā. « Les anges » est au pluriel parce que celui qui l’a appelé fait partie des anges. Comme quand on dit en arabe « un tel monte les chevaux », cela vise qu’il monte un cheval en particulier mais le cheval fait partie de l’ensemble des chevaux. Donc ici dans ce verset, c’est un ange et en l’occurrence l’ange Ǧibrīl, qui a appelé le prophète Zakariyyā.
Alors qu’il (Zakariyyā) était debout, il faisait la prière dans le miḥrāb : il y a la preuve ici que ce que l’on recherche, on l’obtient en faisant la prière : on prie Dieu pour obtenir ce que l’on recherche. Et il y a en cela l’exaucement des invocations et la réalisation des affaires qui sont demandées. (Zakariyyā demandait à Dieu de lui donner un fils). C’est par la prière qu’on espère que Dieu nous exauce. An-Nasafī cite la parole d’un savant qui s’appelle ibnu ʿAṭāʾ : il a dit : « Dieu n’accorde des ouvertures de bien à un esclave que s’il suit les ordres de Dieu et qu’il est sincère dans son obéissance et qu’il s’attache aux endroits où on fait la prière ». Attache-toi à l’obéissance, ne suis pas tes passions et patiente face aux épreuves. Ne sois pas de ceux qui disent « j’ai invoqué, j’ai invoqué et je n’ai rien eu ».
(L’ange lui a dit) que Dieu lui annonce (à Zakariyyā) la bonne nouvelle qu’il aura un fils qui s’appelle Yaḥyā et qui croit en la véracité de celui que Dieu a envoyé : c’est-à-dire que Yaḥyā croit en Jésus qui est son cousin par sa tante maternelle. Et Yaḥyā fut le premier qui a cru en Jésus, lorsque Jésus a annoncé son statut de prophète. Et dans ce verset, Jésus est désigné par le terme « kalimatin mina l-Lāh » c’est-à-dire « une parole de la part de Dieu » : ceci parce que Jésus a été créé par l’ordre de Dieu : Jésus n’avait pas de père et il a existé parce que Dieu a voulu qu’il existe, par Son ordre et Sa parole.
Ou bien cette partie du verset signifie que Yaḥyā croit aux livres de Dieu.
Il est celui qui est le maitre de son peuple : Yaḥyā est le maitre c’est-à-dire qu’il est au-dessus d’eux par l’honneur. Il dépasse son peuple par l’honneur. Effectivement, Yaḥyā dépassait son peuple parce qu’il n’avait jamais commis de péché, quelle maitrise il avait !
Et ḥaṣūr : c’est celui qui n’approche pas les femmes, c’est-à-dire que même s’il avait la capacité de le faire, mais il empêchait son âme de pencher vers ses désirs.
Et un prophète parmi les vertueux : et il était issu de vertueux, parce qu’il était descendant de prophètes : son père était prophète et parmi ses ascendants, il y avait des prophètes.
Ou bien c’est quelqu’un parmi les vertueux.
Verset 40 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur, comment allais-je avoir un enfant alors que je suis devenu âgé et que ma femme est stérile :il a posé cette question parce qu’habituellement, cela ne se produit pas, c’est une exclamation de sa part à titre d’étonnement : cela ne veut pas dire qu’il doute de la toute-puissance de Dieu pour lui accorder un fils malgré son âge avancé et la stérilité de son épouse. Ila dit : l’âge avancé a eu un effet sur moi et cela m’a affaibli. Il avait 99 ans. Et son épouse avait 98 ans.
Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi Dieu fait ce qu’Il veut. Dieu fait que des choses surprenantes se réalisent.
Verset 41 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur accorde-moi un signe : il voulait un signe qui lui indique que sa femme était tombée enceinte pour accueillir cette grâce avec les louanges.
(Ǧibrīl lui a dit) Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois jours : quand ta femme sera enceinte, tu ne pourras plus parler aux gens, sauf en faisant des signes de la main soit un signe de la tête soit des yeux soit des sourcils, tout en en gardant ta capacité à parler si c’est pour l’évocation de Dieu. Sans que Zakariyyā ne soit muet, mais Dieu va faire qu’il ne pourra pas parler aux gens.
Et évoque beaucoup ton Seigneur, fais le tasbīḥ la nuit et le matin : il s’agit là des signes éclatants et des preuves claires du miracle de Zakariyyā que Dieu lui a accordé un fils malgré son âge avancé. Pourquoi sa langue a-telle été ainsi empêchée de tenir la conversation aux gens ? C’était afin qu’il consacre cette période uniquement à l’évocation de Dieu. C’est une grâce que Dieu lui a accordée pour que Zakariyyā le remercie. Zakariyyā n’a pas utilisé sa langue pour autre chose. Comme si, quand il avait demandé un signe pour remercier Dieu, il ne pouvait plus utiliser sa langue qu’exclusivement dans le remerciement de Dieu.
Il lui a été dit : ton signe c’est que tu ne puisses pas utiliser ta langue pour autre chose que pour remercier Dieu.
Fais le tasbīḥ pendant al-ʿašiyyi wa l-ibkār : al-ʿašiyyi c’est depuis que le soleil quitte le milieu du ciel jusqu’à son coucher et al-ibkār c’est depuis le lever de l’aube jusqu’au temps de aḍ-ḍuḥā.
Verset 42 : et cite comment les anges ont dit à Maryam comment Dieu t’a élue et t’a purifiée et Il t’a élue par rapport aux femmes de l’humanité : il a été rapporté que les anges ont adressé la parole directement à Maryam
T’a élue : c’est-à-dire que Dieu t’a accordé quelque chose qu’Il n’a pas accordé à d’autres, Il t’a acceptée de la part de ta mère Ḥannah. Il a fait que tu sois éduquée et Il t’a accordé un degré particulier, un grand honneur.
Dieu t’a purifiée : c’est-à-dire des actes qui sont répugnants.
Dieu t’a élue sur les femmes de l’humanité : puisqu’Il t’a accordé Jésus sans père ; et cela n’a été accordé à aucune autre femme.
Verset 43 : ô Maryam, fais le maximum d’actes d’obéissance, consacre-toi à l’obéissance à Dieu. Ou bien : prolonge la position debout dans tes prières.
Prosterne-toi : il a été dit qu’elle a reçu l’ordre d’accomplir la prière avec la mention de al-qunūt parce que la prosternation et la position debout font partie des positions de la prière.
Et incline-toi avec ceux qui s’inclinent : fais en sorte que ta prière soit réalisée en assemblée.
Ou bien : fais en sorte d’être au nombre des gens qui font la prière. Et ne sois pas de ceux qui ne la font pas.
Verset 44 : ceci : fait référence aux récits précédents : Ḥannah la mère de Maryam, Zakariyyā et Yaḥyā, ce sont des choses cachées que Nous t’avons révélées. Cette parole s’adresse à notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : ceci fait partie des nouvelles qui t’étaient inconnues, que tu n’as pu connaitre que par la révélation.
Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils avaient jeté leurs qalam pour savoir qui allait prendre en charge Maryam. Explication du mot qalam :
1 – les azlām : ce sont les tiges avec lesquelles on fabrique les flèches, et il s’agit des tiges que les savants de la mosquée de Jérusalem avaient jetées dans la rivière pour désigner celui qui allait s’occuper de Maryam.
2 – ou bien c’était le crayon avec lequel ils écrivaient la Torah. Ils avaient choisi de jeter ces qalam pour la barakah, car c’étaient des instruments pour écrire un texte révélé.
Tu n’étais pas à côté d’eux quand ils se disputaient : pour savoir qui allait prendre en charge Maryam.
Verset 45 : les anges ont dit (et cite ô Muḥammad lorsque Ǧibrīl a dit) Il a été fait référence à Ǧibrīl par le pluriel employé « les anges » parce que Ǧibrīl ʿalayhi s-salām, quand il descend pour un sujet particulier, il est accompagné d’un ensemble d’anges et c’est pour cela que quand il informe d’une chose, il est permis de dire « les anges ont dit »
O Maryam, Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’une parole de Sa part : c’est-à-dire de Jésus. Et Dieu a créé Jésus par Son ordre, sans que Jésus n’ait de père.
Il s’appelle al-Masīḥ : c’est un surnom, c’est le surnom de Jésus et c’est un surnom honorable, comme aṣ-siddīq qui est le surnom de abū Bakr et al-Fârûq qui est le surnom de ʿUmar, sont des surnoms honorables. Et l’origine du terme al-Masīḥ, en hébreu est mašiḥā qui signifie « béni » mubārak. Il a été dit aussi que chaque fois qu’il passait la main (yamsaḥ) sur quelqu’un qui était malade, celui-ci guérissait. Ou parce qu’il se déplaçait sur terre et il n’avait pas pris de lieu de résidence pour lui : on dit en arabe « masaḥa l-arḍ » ce qui signifie « il a parcouru la terre » : tellement il se fiait à Dieu qu’il dormait là où il se trouvait la nuit.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si Jésus avait pris une maison comme résidence, les chrétiens auraient adoré cette maison.
Jésus fils de Maryam : Ǧibrīl a dit « fils de Maryam » pour lui annoncer qu’il va être sans père. Il ne sera attribué qu’à sa mère.
Il aura un honneur dans le bas-monde : il sera honorable dans le bas-monde parce qu’il aura le statut de prophète, il sera sur l’obéissance à Dieu. Celui qui obéit à Dieu est honoré et celui qui désobéira sera humilié.
Et dans l’au-delà : par son haut degré et par son intercession : il va intercéder.
Et parmi ceux qui ont un haut degré : Dieu fait que son honneur sera élevé.
Verset 46 : il parlera aux gens alors qu’il sera au berceau. Il s’adressera aux gens en parlant, alors qu’il sera dans son berceau : à l’état de nourrisson, il va parler aux gens.
Et quand il sera adulte : il s’adressera aux gens dans ces deux situations. Et la parole des prophètes est différente selon leur âge. Quand il sera adulte et qu’il aura le statut de prophète, il s’adressera aux gens également.
Il sera au nombre des vertueux.
Verset 47 : elle (Maryam) a dit ô Seigneur comment pourrais-je avoir un fils alors qu’aucun humain ne m’a touchée
Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi que Dieu crée ce qu’Il veut. Si Dieu ordonne une chose, Il fait que cette chose ait lieu. Si Dieu prédestine l’existence d’une chose, Il la fait exister sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Et « kun » est un impératif du verbe être, c’est comme si on disait en français « sois ». Ici c’est pour indiquer la rapidité avec laquelle Dieu fait qu’une chose entre en existence dès lors qu’Il en veut l’existence. Cela ne veut pas dire que Dieu prononce les lettres kāf et nūn, ceci est impossible ; mais cela veut dire plutôt que ce dont Dieu veut l’existence, Il le fait exister sans fatigue, sans difficulté, sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence.
Verset 48 : et il lui enseigne l’écriture, la sagesse, la torah et l’évangile.
Al-kitāb : il y a deux explications : 1 – l’écriture : Dieu a fait que Jésus a appris l’écriture et il avait la plus belle écriture de son époque. 2 – Les livres de Dieu.
La sagesse : c’est-à-dire l’indication de ce qui est licite et de ce qui est interdit.
La torah : c’est le Livre révélé à Moise
L’évangile : c’est le livre révélé à Jésus.
Verset 49 : et un envoyé : c’est-à-dire que Dieu fait de Jésus un envoyé
Aux descendants de banī Isrāʾīl que je vous ai amené et un signe de la part de votre Seigneur : c’est-à-dire qu’il y a une preuve qui indique que Jésus est véridique dans sa prétention au statut de prophète.
Je (c’est Jésus qui parle) vais concevoir à partir de la terre glaise quelque chose qui a l’aspect d’un volatile (c’est-à-dire quelque chose qui vole)
Les différents sens de « ẖalaqa » :
1 / ṣawwara qui signifie « donner une forme, façonner ». On dit « ẖalaqa un tel à partir de la boue un oiseau » signifie qu’un tel a façonné un oiseau à partir de la terre glaise.
2 / taqdīr c’est-à-dire prévoir, planifier, concevoir.
3/ fomenter, monter de toutes pièces : ẖalaqa une information.
4/ donner l’existence, faire surgir du néant à l’existence : ce sens n’est attribué qu’à Dieu. Dieu seul est Celui Qui donne l’existence à ce qui n’existait pas. Dans sūratu ar-raʿd, verset 16, Dieu dit : « dis, Dieu est Le Créateur de toute chose ».
Et je vais souffler dans cet objet et il sera un volatile : le mot volatile est plus général que le simple oiseau. Par la volonté de Dieu et par l’acte de Dieu de créer. Il a été dit que Jésus n’a pas façonné autre chose qu’une chauve-souris. Et la chauve-souris est un animal complexe : elle vole, mais elle a des poils, la femelle a des saignements de menstrues, elle allaite ses bébés. Elle ne voit pas, sauf à deux moments dans la journée : à l’aube et au coucher du soleil. Mais la chauve -souris que Jésus a façonnée ; une fois qu’elle a disparu des regards, elle n’a pas eu de descendance.
Et je soigne celui qui est né aveugle : par l’invocation de Jésus, celui qui est né aveugle, voit.
Et je soigne celui qui a al-baraṣ : c’est une maladie de la peau qui consiste en une dépigmentation de la peau sous forme de plaques blanches qui ne disparaissent pas avec les médicaments habituellement.
Et je ressuscite les morts par la volonté de Dieu : il a répété ici « par la volonté de Dieu », et ceci, pour repousser l’illusion de ceux qui auraient pu penser que Jésus aurait la divinité. Il a été rapporté que Jésus a ressuscité Sām le fils de Nūḥ ʿalayhi s-salām et ils ont bien vu cela, quand Jésus était devant la tombe de Sām puis il l’a fait sortir de sa tombe et il était vivant. Alors ils lui ont dit que c’était de la sorcellerie. Ils lui ont demandé de leur montrer un autre signe.
Jésus leur dit : « toi, tu as mangé telle nourriture, et toi, à la maison, on t’a caché telle nourriture ». Et c’est cela le sens de la suite du verset : et je vous informe de ce que vous mangez et de ce que vous cachez comme provision chez vous. Il y a en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants.
Verset 50 : et je confirme ce qui m’a précédé dans la torah : il s’agit du livre qui a été révélé à Moise et c’est la torah.
Et je vais vous rendre licite certaines choses qui vous avaient été interdites : ce qui avait été interdit dans la Loi de Moise pour les fils d’Isrāʾīl c’était de manger le gras, la viande de chameau, le poisson, et tout ce qui a des griffes. Donc Jésus leur a autorisé une partie de cela.
Et je vous ai ramené un signe de la part de votre Seigneur : c’est une répétition pour insister.
Alors craignez Dieu : au lieu de me démentir et de me contredire
Et obéissez-moi : dans ce que je vous transmets.
Verset 51 : certes Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur : c’est une reconnaissance de la part de Jésus qu’il est bien un esclave de Dieu, il nie ici le fait qu’il soit un dieu, contrairement à ce que disent les Naṣārah.
Alors adorez-Le : autrement dit, ne m’adorez pas, moi.
Ceci est une voie de droiture : qui mène celui qui l’emprunte à une félicité ininterrompue.
Verset 52 : quand il (Jésus) a senti de leur part la mécréance : Jésus a su avec certitude que les yahūd commettaient une mécréance et que c’était une mécréance sans aucun doute, tout comme celui qui perçoit la connaissance avec ses sens (la vue, l’odorat)
Il a dit qui sont mes partisans : qui sont mes compagnons, ceux qui vont me soutenir
Qui cherchent le refuge auprès de Dieu.
Les apôtres ont dit : al-ḥawārī est le compagnon proche, l’ami intime.
Nous, nous sommes les partisans de Dieu, nous soutenons Sa religion.
Nous avons cru en Dieu et sois témoin de cela : témoigne en notre faveur, ô Jésus, de notre croyance en Dieu
Que nous sommes musulmans : ils ont demandé le témoignage de Jésus en faveur de leur Islam pour insister sur leur foi. Parce que les messagers de Dieu, au jour du jugement, ils témoigneront, soit en faveur de leur peuple, soit contre eux. Et ce verset comporte la preuve que la foi et l’Islam sont la même chose.
Verset 53 : ô notre Seigneur nous sommes croyants en ce que Tu as fait descendre comme révélation et nous avons suivi le Messager : c’est-à-dire Ton Messager Jésus.
Alors inscris-nous au nombre de ceux qui témoigneront.
1/ Inscris-nous avec les prophètes qui témoigneront en faveur de leurs communautés
2/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de Ton unicité, qu’il n’est de dieu que Dieu
3/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 54 : et ils ont rusé : ils ont fait preuve de perfidie. La perfidie c’est de faire parvenir la nuisance à quelqu’un de manière cachée. Les mécréants des fils d’Isrāʾīl ont fait preuve de ruse et de perfidie. Ils ont voulu le tuer et le crucifier. Dieu a révélé cela à Jésus.
Et Dieu les a rétribués pour leur perfidie : Dieu les a punis puisque Jésus est actuellement au ciel, vivant au deuxième ciel. Les traits de Jésus ont été donné à un de ses élèves et c’est lui qui a été emmené et a été tué à la place de Jésus : c’est ce qui a été rapporté de ibnu ʿAbbās qui a dit que c’était le plus jeune des élèves de Jésus et c’était un homme vertueux.
Ce n’est pas permis d’attribuer le sens de la ruse et de la perfidie à Dieu : car la ruse et la perfidie sont blâmables. Donc le mot « makr » ne peut avoir que le sens de la rétribution.
Et Dieu est le meilleur des mākirīn : c’est-à-dire le meilleur de ceux qui rétribuent. Dieu est Le plus fort et Le plus puissant de ceux qui rétribuent, Celui Qui a la plus grande capacité à punir, d’une manière telle que celui qui est puni ne s’y attend pas.
Verset 55 : Dieu dit à Jésus Je vais te faire mourir ultérieurement à ton terme :c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus d’être tué par les mécréants et Jésus mourra ultérieurement mais sans être tué par les mécréants. Il a été dit que « mutawaffīka » signifie que Dieu va faire élever Jésus au-dessus de la terre, que Jésus ne va pas rester sur terre ou encore Dieu va faire mourir Jésus après sa descente du ciel et maintenant Dieu va l’élever.
Et la conjonction de coordination « wa » ne préjuge pas de l’ordre chronologique des actions indiquées. Cela veut dire que ce qui est cité en premier n’aura pas forcément lieu avant ce qui est cité après le terme « wa ». Ici, cela ne veut pas dire que Dieu va faire mourir Jésus dans un premier temps puis que Jésus va être élevé au ciel.
Et Je vais t’élever « ilayya » : le sens apparent est « à moi » mais cela ne veut pas dire que Dieu est en haut et que Jésus va monter à côté de Dieu. Donc « ilayya » signifie que Dieu va élever Jésus au ciel qui appartient à Dieu et que Dieu honore et qui est le lieu de résidence des anges.
Et Je vais te préserver de ceux qui ont mécru : c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus de la mauvaise compagnie des mécréants. Jésus n’aura pas à supporter leur mauvaise compagnie.
Et Je vais faire que ceux qui te suivent seront au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu’au jour du jugement : c’est-à-dire que ceux vont suivre Jésus vont avoir une supériorité sur les mécréants jusqu’au jour du jugement. Les musulmans seront au-dessus des mécréants grâce aux preuves. Les preuves rationnelles sont du côté des musulmans.
Puis vous reviendrez à Mon jugement : au jour du jugement.
Et Je juge entre vous dans ce à propos de quoi vous n’étiez pas d’accord : Dieu juge au jour du jugement à propos de ce que les gens disaient au sujet de Jésus : certains ont dit qu’il était le fils de Dieu et les musulmans disent que c’est un messager de Dieu. Au jour du jugement, Dieu fait que tous seront au courant de la vérité.
Tafsir an-Nasafiyy : Sūrātu Āli ʿImrān versets 1-17
Commentaire de Sūrātu Āli ʿImrān
Verset 1 : alif lām mīm
Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)
Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.
Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.
Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude–
Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.
Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.
Verset 4 : auparavant -cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān-
En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.
Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.
Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres
Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.
Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.
Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse :
C’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.
Il a été rapporté que lorsque les gens de Banī Naǧrān, ce sont des Arabes à l’époque du Prophète, mais ils ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.
60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.
Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – dans lequel il y a des versets univoques – leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible –
Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces verset-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.
Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables. Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.
Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».
Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.
Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.
Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.
Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.
Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.
Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance
Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.
Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.
Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.
Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.
Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.
La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –
Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.
La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.
C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).
Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.
Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.
Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.
Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.
Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.
Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accordes beaucoup de biens.
Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :
Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.
Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.
Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.
Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.
Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.
Ceux-là seront le combustible de l’enfer.
Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.
Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.
Et le châtiment de Dieu est terrible.
Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)
À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)
Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)
Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond
Et quelle mauvaise demeure
Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš
Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour de la bataille de Badr.
Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans
Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.
Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.
Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.
Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.
Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.
Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit
Une exhortation : une moralité
Pour ceux qui sont dotés de raison.
Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.
L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.
Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.
Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)
Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (percer, ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.
Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.
Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.
Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.
Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.
Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :
Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé
Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.
Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu
Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.
Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves
Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel
Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse
Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.
Verset 17 : ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,
Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)
Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants
Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes
Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».
Tafsir An-Nasafiyy : sourate al-ʾanbiyāʾ dans le Coran
Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres. Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.
Toute chose qui va venir est proche.
Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans le bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.
Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).
Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.
« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.
C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.
Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ».
Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).
Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie. Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.
Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.
Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).
Verset 5 : ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.
Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces
Ou c’est plutôt un poète
Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.
Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.
Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.
Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.
Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie
Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.
Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?
Cela veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.
La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.
Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».
Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».
Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous ne savez pas.
Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas des anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.
Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.
Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.
La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.
Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.
Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.
Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.
Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).
Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous : « vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.
Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.
N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que Je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.
Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.
qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée.
Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.
Verset 12 : quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation
C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.
Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.
Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.
Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.
Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.
Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé. C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.
Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour vous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour vous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute-puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.
Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).
Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –
Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.
Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.
Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.
Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,
Malheur à vous du fait que vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.
Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.
Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,
De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.
Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant ( lā ilāha illa l-Lāh) ou (al ḥamdu lil-Lāh) ou (Allāhu akbar). Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».
Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre. « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.
Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.
Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)
Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »
Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils Lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.
« subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ». Or Dieu est absolument exempt de cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.
« law kāna fīhimā » : fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.
Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.
Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,
1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.
2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance
3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.
Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.
Et il est impossible que le dieu soit impuissant.
Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre que lui, il est possible que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement, cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on n’émette pas d’objection contre Lui.
Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.
On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.
L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.
Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.
La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.
Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.
Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.
Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.
Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.
Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.
Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.
Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).
Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.
Et ils agissent conformément à Ses ordres.
Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.
Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.
Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.
Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.
Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.
Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer
C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer
C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.
Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.
Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.
Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).
Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.
Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.
Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu crée tout être qui se déplace sur terre, à partir de l’eau.
Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie « l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.
Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?
Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.
Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.
Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī ) des piquets pour que la terre ne tremble pas. rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.
Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.
Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par Sa volonté.
Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».
Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas. Parce que s’ils méditaient sur ces signes (en utilisant correctement leur raison), ils deviendraient croyants.
Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.
Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.
Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.
Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.
Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.
Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.
Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas Son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en Lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.
Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.
inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.
C’est la première explication qui vise l’être humain en général.
Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».
Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer. Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.
Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.
Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.
Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.
Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.
Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.
Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.
Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu. Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.
Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ? Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.
Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.
Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.
Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.
Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?
Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.
Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.
Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis. C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.
Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils avaient été touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqué le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refusé d’entendre ce rappel.
Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.
Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.
Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes. Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.
Verset 48 : Nous avons accordé à Mūsā et à Hārūn al-furqān qui est un éclairage et un rappel pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Il a été dit que ces trois caractéristiques (al-furqān, un éclairage et un rappel) sont les trois caractéristiques de la torah. al-furqān signifie ce qui permet de séparer entre le vrai et le faux et l’éclairage est ce qui permet d’éclairer, de montrer notre chemin, c’est ce qui permet de parvenir à la voie de la sauvegarde et le rappel c’est dans le sens de l’honneur ou de l’exhortation ou de l’avertissement, ou encore c’est le rappel de ce dont les gens auront besoin concernant leur religion. La structure du verset avec la conjonction de coordination « wa » est une structure qui permet d’énumérer la même chose, tout comme à propos de Yaḥyā, le cousin de notre maître ʿīsā, sayyidan il était un maitre, il était chaste et c’était un prophète. Et tu dis en arabe : je suis passé auprès de Zayd, l’honorable, le savant et le vertueux. Et ce qui est mentionné (ces trois caractéristiques) est utile pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Verset 49 : ceux qui craignent leur Seigneur quand ils sont tous seuls et qui craignent le jour du jugement. Quand on est seul, on est plus proche de la sincérité. Et ils craignent les stations importantes du jour du jugement.
Verset 50 : et celui-ci est une évocation bénie : ils’agit du Qur’ān qui comporte beaucoup de biens et qui est extrêmement bénéfique, Nous l’avons fait descendre sur Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Est-ce que vous reniez cela : c’est une interrogation de réprimande, de blâme. C’est-à-dire « est-ce que vous reniez donc que ce livre soit révélé par Dieu ? »
Verset 51 : Nous avons accordé à Ibrāhīm la bonne guidée auparavant : c’est-à-dire avant Mūsā et Hārūn, ou bien avant Muḥammad. Et Nous savons : c’est un « Nous » de majesté et non pas un « nous » de pluriel, il indique que c’est Dieu qui parle à propos de Ibrāhīm ou bien à propos de sa bonne guidée, qu’il est apte à recevoir ce que Dieu lui accordé. Il lui a été accordé le statut de prophète.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, savait, avant même de recevoir la révélation que Dieu seul mérite la divinité. Certains se sont trompés, ils ont prétendu qu’Ibrāhīm avait pensé que l’astre était son dieu ainsi que le soleil également et que la lune. Puis ils disent que Dieu l’a guidé. Or ceci est faux. Et le Qur’ān confirme cela, le fait qu’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, soit bien guidé, par ce verset. En effet Ibrāhīm ʿalayhi s-salām savait cela avant le débat qu’il a mené avec son peuple au sujet des astres qui ne sont pas des divinités. (ar-rušd) ici c’est la foi : le Qur’ān a innocenté Ibrāhīm de ce que pensent à tort certaines personnes. Et leur prétention qu’Ibrāhīm aurait prétendu que le soleil aurait été son dieu, puis la lune puis le soleil, cela contredit le Qur’ān. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ne connaisse Dieu, sans qu’il ne connaisse ce qui est possible au sujet de Dieu et ce qui est impossible à Son sujet. Et ceci avant même de recevoir la révélation du statut de prophète. Et Dieu dit à propos d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, ce qui a pour sens : « Ibrāhīm n’était ni juif ni chrétien, il était sur l’Islam, à l‘écart de tout autre religion. Et il n’était pas au nombre des associateurs ». Al-Ġāzī (un exégète de la ville de Téhéran) a dit : « le plus authentique de l’explication de la parole d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām quand il a dit (hāḏā rabbī), est au titre de l’argumentation, il a établi la preuve contre son peuple. Ce n’était pas au titre de l’information. Dieu n’a pas blâmé Ibrāhīm ʿalayhi s-salām pour cela mais Il l’a mentionné par l’éloge et la glorification. Dieu lui a montré cela pour qu’il augmente en certitude ».
Verset 52 : Ibrāhīm disait à son père et à son peuple qu’est-ce donc ces représentations autour desquelles vous vous tenez. (Pour les adorer)
Le père d’Ibrāhīm s’appelait Āẓār et c’était un mécréant. Les représentations ici, ce sont les idoles qui ont l’aspect de fauves, d’oiseaux et d’humains. En disant « qu’est-ce donc », il feint d’ignorer ce qu’ils font, pour humilier leurs idoles, car il savait bien qu’ils les glorifiaient. Ils ont été incapables de donner une réponse à cela. Ils ont dit dans le verset suivant.
Verset 53 : ils ont dit nous avons trouvé nos ancêtres qui les adoraient.
Verset 54 : il (Ibrāhīm) leur a dit vous étiez, vous ainsi que vos parents, dans un profond égarement. Il vise par-là que ceux qui imitent (ceux à qui il s’adresse) et ceux qui sont imités (ce sont leurs ancêtres), tous deux se sont engagés dans une voie claire d’égarement qui n’échappe à aucune personne sensée.
Verset 55 : ils lui ont dit est-ce que tu es sérieux ou bien tu es en train de plaisanter ? Ils lui ont dit : tu veux vraiment qu’on abandonne l’adoration de nos idoles ? Ils ont considéré sérieusement le blâme qu’il leur avait fait. Et ils ne pensaient pas qu’ils étaient dans un état d’égarement. Ibrāhīm leur a répondu par le verset 56.
Verset 56 : il (Ibrāhīm) a dit non votre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre, c’est Lui Qui les a créés. Comment la créature serait-elle adorée au lieu d’adorer le créateur ?
Et moi je suis témoin de cela : c’est-à-dire qu’Ibrāhīm dit qu’il est témoin que Dieu est le créateur de ce que vous avez représentés et que vous vous êtes mis à adorer.
Verset 57 : par Dieu, je vais nuire à vos idoles et je vais les détruire. : ici c’est la lettre « ta » qui est employée pour jurer et pour marquer l’étonnement, car le fait de nuire aux idoles était quelque chose de difficile, face au pouvoir du gouverneur de l’époque Nabuchodonosor. Mais ici c’est pour marquer la facilité avec laquelle il va pouvoir détruire les idoles malgré cela.
Quand vous allez partir pour votre jour de fête : quand ils vont partir pour leur fête, ils vont laisser leur temple sans surveillance.
Ibrāhīm a dit cela à voix basse, à l’écart de son peuple. Mais un parmi eux l’a entendu. Notre maître Ibrāhīm a dit une parole qu’il ne faut pas prendre dans son sens apparent, quand il a dit « je suis malade » c’est-à-dire « je vais tomber malade ». Ceci pour ne pas se rendre avec eux à leur fête afin de pouvoir aller au temple où ils entreposaient les idoles pour les détruire.
Verset 58 : il les a mises en pièces : Ibrāhīm a détruit ces idoles (il les a mises en morceaux) sauf la plus grande. Il a utilisé une hache pour les casser puis il a accroché la hache sur la plus grande des idoles.
Ceci dans le cas où son peuple se serait retourné vers la plus grande des idoles afin de savoir qui avait cassé les plus petites. Ceci pour leur montrer que l’idole est incapable de se défendre.
Verset 59 : ils ont dit qui donc a fait cela à nos idoles, c’est certes quelqu’un d’injuste. Cela signifie que celui qui a détruit ainsi nos idoles c’est quelqu’un d’extrêmement injuste parce qu’il a osé attaquer la divinité véritable (ce qu’ils considèrent comme mériter l’extrême glorification).
Verset 60 : ils ont dit nous avons entendu un jeune homme parler de nos idoles qui s’appelle Ibrāhīm.
Verset 61 : ils ont dit amenez-le devant tout le monde, comme ça ils vont témoigner. Ils (il s’agit de Nabuchodonosor et des nobles de son peuple) voulaient venger leurs idoles de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi s-salām : Ils ont dit « convoquez-le devant tout le monde », ils voulaient lui faire son procès, pour que les gens puissent témoigner de ce qu’ils auraient entendu. C’est comme si Nabuchodonosor et sa cour rapprochée ne voulaient pas punir Ibrāhīm sans preuve contre lui. Ou alors ils voulaient rassembler les gens pour qu’ils viennent pour témoigner de la punition.
Verset 62 : ils ont dit est-ce donc toi qui as fait cela à nos idoles, ô Ibrāhīm ?
Verset 63 : il a dit c’est la plus grande des idoles qui a fait cela : c’est comme s’il avait dit : c’est à cause de la plus grande.
- Ce n’est pas un mensonge quand il a dit cela mais c’est la réalité car c’est la plus grande des idoles qui avait amené Ibrāhīm à détruire les idoles. Ibrāhīm était exaspéré de leur exagération dans la glorification de la plus grande des idoles ; en effet ils l’embellissaient, ils lui donnaient des offrandes. C’est ce qui a amené Ibrāhīm à détruire les petites idoles et à humilier la plus grande. De sorte que l’attribution du verbe à la plus grande est à prendre au sens figuré.
- Comme quand il avait dit que Sārah était sa sœur alors qu’ils étaient en Egypte : cela ne voulait pas dire qu’ils avaient le même père mais cela voulait dire qu’elle était sa sœur en Islam.
Posez-leur la question si elles sont capables de prononcer (de parler) : Ibrāhīm leur a lancé un défi car les idoles ne peuvent pas parler, ce qui prouve encore une fois leur impuissance. Et ceci montre que son peuple était dans l’erreur.
Verset 64 : ils se sont remis en cause : ils se sont posés la question quand Ibrāhīm leur a prouvé que ce qu’ils faisaient, était faux.
Et ils ont dit vous êtes injustes. Ils se sont dit entre eux : vous, vous êtes les injustes car, en réalité vous êtes en train d’adorer ce qui n’a pas la capacité de parler. Ce n’est pas celui qui a détruit vos idoles qui est injuste. Celui qui n’arrive pas à se défendre d’une hache, comment va-t-il défendre ceux qu’il adore, de la nuisance ?
Verset 65 : puis ils sont revenus sur ce qu’ils avaient dit. Dieu a fait que, dans un premier temps, la vérité sorte de leur bouche, ils ont reconnu que ce qu’Ibrāhīm avait dit était vrai. Malgré cela, ils sont quand même revenus à leur mécréance. « Nukisū » signifie « renverser, inverser ». Il y a eu deux temps : le premier temps c’était quand ils ont reconnu la vérité et qu’ils ont reconnu qu’ils étaient injustes. Le deuxième temps était quand ils ont inversé cet état et ils se sont mis à discuter, à débattre, comme c’est le cas des mécréants. Et ils ont fait preuve d’orgueil.
Tu sais bien qu’elles ne parlent pas : c’est comme s’ils disaient : comment tu nous demandes de leur poser la question alors qu’elles ne parlent pas.
Verset 66 : il (Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam) leur a répondu comment vous adorez autre que Dieu, ce qui ne peut ni vous être utile ni vous nuire. C’est-à-dire que si vous adorez ces idoles, elles ne vont pas vous être bénéfiques et elles ne vont pas vous faire du tort.
Verset 67 : ouf à vous et à ce que vous adorez d’autre que Dieu : « ouf » est une onomatopée qui indique que celui qui la prononce est exaspéré. Ibrāhīm est exaspéré de les voir persister dans l’adoration des idoles alors qu’ils n’ont plus aucun argument pour justifier cela, après que la vérité a éclaté au grand jour. Ici il y a différentes récitations « uffin » et « uffun » et « uffā ». Il est exaspéré d’eux et de leurs idoles.
N’êtes-vous donc pas censés ? Vous n’utilisez pas correctement votre raison. Cela veut dire que celui qui a cette caractéristique, qui ne vous parle pas, qui ne vous défend pas, qui ne vous apporte ni utilité ni nuisance, qui n’a pas la capacité de se défendre contre quelqu’un qui les casse, ce n’est pas valide que ce soit un dieu.
Verset 68 : ils ont dit brûlez-le : c’est l’arme de l‘incapable. Comme ils étaient incapables de donner des arguments, au lieu de reconnaitre qu’ils étaient dans le faux, ils ont dit : mettez-le dans un brasier, dans un feu, parce que c’est la plus atroce des punitions.
Et soutenez vos divinités : en vous vengeant de lui
Si vous voulez les soutenir d’un soutien clair : ils ont choisi pour Ibrāhīm la plus difficile des punitions qui était de le brûler dans le feu. Faites-le, sinon vous n’aurez pas soutenu vos divinités. Celui qui a suggéré le fait de le brûler c’était le roi Nabuchodonosor ou bien un des Kurdes de Perse. Et quand ils ont décidé de le brûler, ils ont emprisonné notre maître Ibrāhīm ʿalayhi s- sallam et ils ont construit une prison et ils sont restés un mois à ramasser du bois puis ils ont allumé un grand brasier ; tellement le feu était intense que les oiseaux dans les airs ont failli être brûlés. Puis ils l’ont placé sur une catapulte, attaché et ligoté. Puis ils l’ont projeté dans le feu et lui il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » ce qui a pour sens : « Dieu me suffit, qui de mieux que Lui à qui me fier ? » Ibrāhīm, alors qu’il était dans les airs, projeté vers ce brasier, Ǧibrīl est venu le voir et lui a dit : « as-tu besoin de quelque chose ? » Ibrāhīm lui a répondu qu’il n’avait besoin de rien. Ǧibrīl lui a dit : « demande alors à ton Seigneur ». Ibrāhīm lui a dit : « le fait qu’Il sache mon état suffit pour que je Lui demande ». Et le feu n’a brûlé que les liens avec lesquels il était attaché.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les liens avec lesquels il était ligoté avaient été mis par les mécréants. Les vêtements qu’il portait étaient restés intacts.
Ibnu ʿAbbās a dit qu’Ibrāhīm a été sauvé de la brûlure parce qu’il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » mais le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié. Ce qui est authentifié est que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui a pour sens : lorsqu’ Ibrāhīm a été jeté dans le feu, il a dit : « ḥasbiya l-Lāh » mais le prophète n’a pas dit que si Ibrāhīm n’avait pas dit cela, il aurait été brûlé. La vérité est que, même s’il n’avait pas dit « ḥasbiya l-Lāh », il n’aurait pas brûlé. Parce que Dieu a voulu qu’il ne brûle pas, Dieu a voulu que ce soit un miracle pour notre maître Ibrāhīm.
Verset 69 : Nous avons dit ô feu sois fraicheur et paix C’est-à-dire ô feu sois une cause de fraicheur et de paix. C’est pour indiquer l’ordre donné au feu pour que sa substance devienne fraicheur et paix. Alors qu’habituellement, le feu a une nature qui est brûlante.
Pour Ibrāhīm : pour qu’Ibrāhīm soit épargné de toi. S’Il n’avait pas dit « et paix » après la fraicheur, le feu serait devenu froid et Ibrāhīm aurait péri de la froideur du feu. Le sens est que Dieu a retiré de ce feu sa nature qui est la chaleur et la brûlure. Et Il a maintenu d’autres caractéristiques que ce feu avait et parmi elles, il y a l’éclairage et le rayonnement. Et Dieu est sur toute chose tout puissant.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : il a été confirmé et réputé que Aḥmad ibnu Ḥanbal avait envoyé à son élève Abū Bakr Al-Marwārūdī ou al-Marwazī) (alors qu’il était tombé malade et il avait eu de la fièvre) ce verset 69 écrit sur un support pour que ce soit une cause pour guérir de la fièvre. Ceci figure dans le livre « al adābu š-šariyyah » de Šamsu d-dīne ibnu Mufliḥ le ḥanbalite : il rapporte de ce savant al-Marwazī qu’il a dit : une femme s’est plainte à abū ʿAbdillāh (c’est un surnom de l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal) qu’elle se sentait seule dans sa maison, elle avait peur de sa solitude.
1/ Et il lui a écrit un ḥirz de sa main : « bismil-Lāh puis la fātiḥah puis les deux muʿawwiḏāt (sūratu n-nās et sūratu l-falaq) et āyatu l-kursī »
2/ il a écrit pour al-Marwazī (pour lutter contre la fièvre) : bismil-Lāhi r-raḥmāni r-raḥīm/ bismil-Lāhi wa bil-Lāh wa Muḥammadun rasūlu l-Lāh/yā nāru kūnī bardan wa salāman ʿalā Ibrāhīm/Allāhumma rabba Ǧibrīl wa Mīkāʾīl wa Isrāfīl išfi ṣaḥiba haḏa l-kitāb bi ḥawlika wa quwwatika wa ǧabarūtika ilāha l-ḥaqqi āmīne
Les deux dernières phrases signifient : O Allah Tu es le Seigneur de l’ange Gabriel et Mikail et Isrāfīl, donne la guérison à celui qui porte cet écrit par Ta préservation, par Ta puissance et Ta souveraineté, Tu es le Dieu véritable, Amine
Si quelqu’un a de la fièvre, on peut écrire cela avec l’écriture du muṣḥaf.
3 / Et il a dit une troisième chose : Ṣāliḥ a dit : « il m’arrivait de tomber malade. Mon père prenait un récipient dans lequel il y a de l’eau et il récitait dedans puis il me disait : bois-en, lave ton visage et tes mains avec.
4 / Et ʿAbdul-Lāh (le fils de l’imam Aḥmad) a rapporté qu’il voyait son père réciter les invocations de protection sur de l’eau puis il buvait de cette eau et il s’en déversait sur le corps.
5/ ʿAbdul-Lāh a dit qu’il a vu son père, plus d’une fois, à maintes reprises, boire de l’eau de Zamzam en recherchant la guérison et il s’en passait sur le visage et les mains.
6 / Yūsuf fils de Mūsā a dit qu’on rapportait un verre avec de l’eau à l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal, alors qu’on était dans la mosquée avec lui, puis il récitait dessus des invocations de protection.
7/ Certaines femmes qui ont du mal à accoucher : il écrivait dans un récipient blanc : bismil-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm / lā ilāha illal-Lāhu l-ḥalīmu l-karīm / subḥāna l-Lāahu rabbu l- l-ʿāalamīne/puis le verset 35 de sūratu l-aḥqāf qui fait référence au jour du jugement quand ils verront ce dont ils avaient été menacés et ce qui les attend. Ils vont dire : on est resté dans la vie du bas-monde comme si c’était une heure. Ceci est un avertissement. / et le verset 46 de sūratu n-nāziʿāt qui fait référence également au jour du jugement : ils vont dire : la vie du bas-monde, c’est comme si nous étions restés juste une après-midi ou une matinée / Puis on donnait à boire à cette femme et on aspergeait sa poitrine avec le reste de cette eau. L’imam Aḥmad a rapporté cela de ʿAbdul-Lāh ibnu ʿAbbās.ʿarši l-karīm/ al ḥamdu lil-Lāhi rabbi
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit à propos du verset 69 : les ignorants comme les wahabites expliquent la parole de Dieu en disant que Dieu prononce cette phrase avec ces termes-là et c’est faux car Dieu n’est pas concerné par les attributs des créatures. Les Acharites expliquent ce verset en disant que Dieu a jugé de toute éternité que ce feu soit froid et paix ; c’est-à-dire que Dieu a ordonné cela. En effet on ne dit pas au sujet de Dieu qu’Il ne prononce ni qu’Il articule mais on dit qu’Il parle, d’une parole qui n’est pas de lettres ni de sons.
Quant aux Matouridites, ils disent que la signification est : Nous avons fait que ce feu soit fraicheur et paix sans que cela ne nous demande d’effort, sans que Nous soyons touchés par la fatigue.
Verset 70 : ils lui ont voulu du mal ; le peuple de Ibrāhīm lui voulait du mal, ils voulaient le brûler. Nous avons fait qu’ils soient, eux, les perdants. Dieu a fait que ce peuple de Nabuchodonosor soit anéanti. Dieu a fait qu’ils ont été attaqués par des moustiques qui ont dévoré leur chair et qui ont bu leur sang. Et un moustique s’est introduit dans le cerveau de Nabuchodonosor qui a été la cause de sa mort.
Verset 71 : et Nous l’avons sauvé lui ainsi que Lūṭ : Nous avons sauvé Ibrāhīm en Irak. Lūṭ est le neveu d’Ibrāhīm.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que Lūṭ est le fils de Hārān qui est le frère d’Ibrāhīm.
Dans la terre que Nous avons bénie pour les gens : cette terre qui est bénie est la région de Aš-Šām qui englobe l’actuelle Syrie, Liban, Palestine et une partie de la Turquie. La bénédiction consiste au fait que la plupart des prophètes sont originaires de cette région. Et leurs traces se sont diffusées partout sur terre. C’est une terre qui est fertile et généreuse. Le riche comme le pauvre peuvent y vivre. Il a été rapporté que notre maître Ibrāhīm est parti de l’Irak jusqu’en Palestine et que Lūṭ était dans une terre qui s’appelle al-muʾtafikah. Entre les deux, il y avait une distance d’un jour et d’une nuit de marche. Et le Prophète ʿalayhi s-salām a dit ce qui a pour sens : « il y aura des émigrations successives ; les meilleurs des gens sont ceux qui iront là où est allé Ibrāhīm ». Rapporté par ibnu ʿAsākir.
Verset 72 : et Nous lui avons accordé Isḥāq et Yaʿqūb en tant que dons : il y a eu plusieurs explications et parmi elles : il a été dit qu’Ibrāhīm a demandé à avoir un enfant et Dieu l’a exaucé en lui accordant Isḥāq puis Isḥāq a eu Yaʿqūb comme fils. Donc Ibrāhīm a eu un fils et un petit-fils.
Et tous, Nous en avons fait des vertueux : « tous » ici, il s’agit de ceux qui ont été vertueux dans leur application de la religion et par le fait qu’ils étaient prophètes.
Verset 73 : Nous avons fait qu’ils soient des guides, des imams qui guident les gens par notre ordre, Nous leur avons révélé d’accomplir le bien, d’accomplir la prière, de s’acquitter de la zakāt et qu’ils Nous adorent. C’est-à-dire qu’ils adorent Dieu.
Nous avons fait que ce soit des imams, c’est-à-dire qu’ils étaient pris pour modèles dans la religion. Ils guident les gens par la révélation de la part de Dieu Et Nous leur avons révélé d’accomplir les bonnes œuvres. Et d’accomplir la prière et de s’acquitter de la zakāt. Et ils n’adoraient pas les idoles. Par conséquent vous autres Arabes, qui êtes des descendants d’Ibrāhīm, suivez-le en cela, dans son adoration de Dieu uniquement.
Verset 74 : et Lūṭ, Nous lui avons accordé la sagesse : il y a 3 explications de la sagesse :
1/ c’est ce qu’il convient de faire comme actes ou bien
2/ c’est l’arbitrage juste entre les gens qui ont des différends ou bien
3/ le statut de prophète
Et une science : ici il s’agit du fiqh (la connaissance des jugements)
Et Nous l’avons sauvé de la ville (des habitants de la ville) et il s’agit de la ville de Sodome
Qui pratiquaient des actes mauvais : comme la sodomie ou le fait de lapider les gens qui passaient à proximité de leur ville
C’étaient des gens mauvais qui étaient pervers : ils désobéissaient à Dieu.
Verset 75 : Nous l’avons inclus dans notre miséricorde : c’est-à-dire que Nous l’avons inclus dans les gens à qui Nous faisons miséricorde et il s’agit de Lūṭ
Ou bien autre explication : il fait partie des gens du paradis.
Il fait certes partie des vertueux : c’est-à-dire en rétribution pour leur vertu, tout comme Nous avons anéanti son peuple par châtiment pour leur corruption.
Verset 76 : ainsi que Nūḥ, c’est-à-dire évoque-le quand il a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple. Nūḥ a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple.
Auparavant : c’est-à-dire avant ceux qui ont été mentionnés et il s’agit d’Ibrāhīm, d’Isḥāq et de Yaʿqūb et Lūṭ
Nous l’avons exaucé : Dieu a exaucé l’invocation de Nūḥ
Nous l’avons sauvé ainsi que son ahl (il est visé ici ses trois fils qui étaient croyants (car le 4° était mécréant) ainsi que les croyants qui l’avaient suivi, environ 80 personnes)
De la grande tourmente : et il s’agit du déluge et du démenti des injustes de son peuple.
Verset 77 : et Nous l’avons soutenu contre le peuple qui a démenti Nos signes : c’était des gens mauvais, Nous les avons tous fait périr par la noyade. Les plus jeunes et les plus âgés, les hommes et les femmes.
Verset 78 : et Dāwūd et Sulaymān (mentionne-les), ils arbitraient à propos des récoltes ou des vignes, lorsqu’un troupeau est entré dans une plantation de nuit (qui n’était pas celle de son propriétaire, il était sans berger) et il a mangé et Nous avons été témoins de leur arbitrage. Cela a eu lieu et Dieu le sait.
Verset 79 : Nous l’avons fait savoir (c’est-à-dire l’arbitrage ou bien le jugement religieux) à Sulaymān. Ceci est une preuve que la vérité était du côté de Sulaymān, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. L’histoire est qu’il y avait un troupeau qui avait pénétré dans une vigne sans qu’il y ait un berger qui les ait conduits là-bas et c’était de nuit. Les gens (les propriétaires du champ de vignes et les propriétaires du bétail) sont venus demander l’arbitrage à Dāwūd d’abord car c’était le père de Sulaymān. Il a dit : « il faut donner le troupeau aux propriétaires du champ à titre de dédommagement, parce que la valeur des deux était équivalente ». La valeur du troupeau était l’équivalent de ce qui a diminué de la valeur du champ, c’est-à-dire la valeur de la récolte. C’est alors que Sulaymān qui n’avait que onze ans à ce moment-là, a dit : il y a une autre sentence qui est moins contraignante pour les deux parties. Alors son père Dāwūd a dit : dis ce que tu as à dire. Sulaymān a dit : « je considère plutôt que le troupeau soit confié au propriétaire du champ pour qu’ils en tirent bénéfice (du lait, de la laine, des descendants lors de la reproduction) et de confier le champ au propriétaire du troupeau pour qu’il entretienne le champ en le labourant pour qu’il redevienne comme il était avant qu’il ne soit détruit. Ensuite chacun rendra à l’autre ce qu’il lui a donné C’est-à-dire que le propriétaire du champ va reprendre son champ et le propriétaire du troupeau va reprendre son troupeau. » Alors Dāwūd a entériné la sentence de son fils Sulaymān. Et il a demandé l’application du jugement émis par Sulaymān.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cela veut dire que la sentence qu’avait émise Dāwūd était correcte et également celle de Sulaymān. Mais le jugement de Sulaymān était meilleur.
Chacun des deux avait fait un iǧtihād (un effort de déduction) car il n’y avait pas eu dans leurs lois un texte qui indiquât le jugement pour un cas semblable. Mais dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, selon l’imam Abū Ḥanīfah et ses compagnons, que Dieu les agrée, il n’y a pas de dédommagement si un troupeau pénètre dans un champ, de nuit tout comme de jour, sauf si c’est un berger ou quelqu’un les y a amenés. Mais selon l’imam Aš-Šāfiʿī, si cela a eu lieu la nuit, il y a dédommagement. Et al-Ǧaṣāṣ qui est un grand savant hanafite a détaillé : ils doivent dédommager parce que ce sont eux qui ont envoyé le troupeau. Puis le dédommagement a été abrogé par la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui signifie : « ce que fait l’animal n’est pas dédommagé ». Rapporté par Al-Buǧārī. Car les animaux ne sont pas dotés de raison.
Muǧāhid qui est l’élève de Ibnu ʿAbbās a dit : ce que Sulaymān avait proposé était un accord à l’amiable. Et ce que Dāwūd avait proposé était une sentence et l’accord à l’amiable vaut mieux.
Et à chacun des deux : c’est-à-dire Dāwūd et Sulaymān, Nous avons accordé une sagesse : le statut de prophète
Et une science : c’est la connaissance du jugement.
Et Nous avons asservi à Dāwūd les montagnes qui évoquent Dieu avec Dāwūd, ainsi que les oiseaux. Les oiseaux ont été mentionnés après les montagnes parce que les montagnes sont des objets inanimés. Le fait que les montagnes évoquent Dieu est quelque chose d’encore plus étonnant et surprenant que les oiseaux. Il a été rapporté que Dāwūd passait auprès des montagnes en évoquant Dieu. Et elles répétaient avec lui les évocations. Et il a été dit que les montagnes se déplaçaient avec lui où qu’il aille.
Et Nous faisions cela
Verset 80 : et Nous lui avons enseigné comment fabriquer des labūs : ce sont des vêtements et ce qui est visé ici ce sont les armures et les boucliers. Dieu a enseigné à Dāwūd. Il y a 3 récitations ici : » lituḥṣinakum » « linuḥṣinakum » « liyuḥṣinakum » / « Pour que Nous vous préservions » « pour que cela vous préserve » « pour vous préserver »
Pour que ces armures vous protègent lorsque vous êtes en guerre contre votre ennemi
Allez-vous remercier pour les grâces que Dieu vous a accordées : le sens est un ordre.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les descendant d’Israël (le prophète Yaʿqūb), il est requis de leur part qu’ils remercient Dieu et ceci, en étant musulmans. Ces yahūd sont les descendants d’Israël, mais leurs mécréants ont mécru au lieu de remercier Dieu.
Verset 81 : Dieu a asservi à notre maître Sulaymān le vent et ici c’est une tempête et dans d’autres passages, ce vent a soufflé doucement : dans certains cas le vent soufflait fort et dans d’autres cas, il soufflait moins fort, en fonction de ce que Sulaymān lui demandait : c’est Sulaymān qui ordonnait au vent de souffler tantôt très fort et tantôt doucement, pour l’emmener, lui et son armée là où il voulait.
Ce vent soufflait sur l’ordre de Sulaymān vers la terre que Nous avons bénie : cette terre était bénie parce qu’elle comportait beaucoup de fleuves, de rivières, de fruits et il s’agit du pays de aš-šām qui est toute la région des confins du Sinaï jusqu’à la Turquie. C’était là-bas la résidence de notre maître Sulaymān.
Et Nous savons toute chose : tout ce qui arrive a lieu conformément à la science de Dieu. Tout ce qui a lieu, Dieu le sait avec détail. Il n’y a pas une seule chose qu’Il ignore.
Verset 82 : et parmi les démons ceux qui plongent dans les profondeurs et qui lui font d’autres tâches encore : et ils agissent sous notre ordre. Parmi les démons : c’est-à-dire que certains démons ont été asservis à notre maître Sulaymān. Certains ont été asservis pour plonger dans les profondeurs des mers sur ordre de Sulaymān pour extraire des pierres précieuses et ce qu’il y a dans les mers.
Et qui lui font d’autres tâches encore : comme de construire des lieux pour l’adoration, construire des statues, des palais, des grands chaudrons, des grands récipients.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le terme qu’a employé An-Nasafī est al-ǧifān qui est le pluriel de ǧifnah et il s’agit des récipients qu’on utilise pour manger (comme des assiettes) ils étaient taillés dans du bois. Les Arabes qui étaient connus pour leur générosité avaient des grands récipients pour honorer leurs invités. Ḥassān ibnu Ṯābit qui était un grand poète s’est mis à dire de la poésie qui critiquait les non musulmans et le prophète l’encourageait. « Nous avons des grands récipients et nous avons des épées qui coulent de sang quand nous venons au secours des autres. » C’est-à-dire que nous sommes généreux et nous sommes des gens qui venons au secours des autres. La poésie arabe est un référentiel pour la compréhension du vocabulaire. Les savants ont accordé beaucoup d’importance à la poésie, notamment celle qui était avant les Omeyyades parce que, par la suite, la langue arabe s’est détériorée. Et l’apprentissage de la langue arabe qui permet de comprendre les textes est un devoir d’ordre communautaire. Ḥassān ibnu Ṯābit décrivait sa famille comme étant des gens généreux et vaillants lors du combat. Et il était le poète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et il prenait sa défense en utilisant la poésie. Il insultait les associateurs et il faisait l’éloge du Messager. Et cela leur faisait du mal comme s’il les lançait des épées. Et le Messager de Dieu lui a dit un jour : « cite-les en mal (c’est-à-dire les associateurs) et Ǧibrīl va te soutenir ». C’est une preuve de la confirmation du renfort de la part des prophètes et de la part des saints. Ce n’est pas Ǧibrīl qui était en train de souffler à ce compagnon les paroles qu’il disait à l’encontre des associateurs. Cela veut dire que Ǧibrīl sera à ses côtés et qu’il lui donnera du renfort. Et c’est ce renfort -là qui est connu chez les soufis.
Et un autre poète qui était de l’époque abbasside (qui est venue après l’époque omeyyade) qui s’appelle Baššār fils de Buʿd – il était aveugle – a dit un vers de poésie : « nos épées sont comme des étoiles qui tombent sur le sol ». Il a comparé les épées qui sont sur la terre qui est remuée dans tous les sens lors de la bataille, comme si c’était la nuit lorsque les étoiles brillantes apparaissent au milieu de l’obscurité. Quand les chevaux soulèvent la poussière lors de la bataille, ça devient obscur et les épées dans cette obscurité sont comme des étoiles dans la nuit.
Et Nous les préservons de s’écarter de l’ordre de Sulaymān : Dieu fait que les démons obéissent à la lettre aux ordres de Sulaymān et ils ne changent pas ce que Sulaymān leur ordonne de faire.
Autre explication ; Dieu fait qu’il n’y a pas de leur part de corruption. Malgré leur mécréance, Dieu les a asservis à notre maitre Sulaymān.
Verset 83 : et mentionne le récit d’Ayyūb qui a invoqué son Seigneur et qui a dit j’ai été touché par aḍ-ḍurr (Et c’est la nuisance dans le corps alors que aḍ-ḍarr c’est la nuisance en toute chose) dans mon corps et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. Ayyūba employé beaucoup d’élégance et de douceur dans sa demande. Il a parlé de lui-même mais il a mentionné en lui ce qui demande la miséricorde. Puis il a mentionné son Seigneur par l’extrême miséricorde. Cela veut dire « j’ai besoin de Ta miséricorde et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux ». C’est comme s’il disait : ô Allāh Tu es Celui Qui est digne de faire miséricorde et Ayyūb est celui qui a le plus besoin de ta miséricorde. Alors délivre- le de ce qui l’a touché ».
D’après Anas le serviteur du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, Ayyūb a avoué sa faiblesse quand il n’a pas pu se lever pour faire la prière. Et il ne s’était pas plaint auparavant. Il est celui à propos de qui Dieu dit : Nous avons vu qu’Ayyūb patientait, il était un bon esclave. Il a été dit qu’il s’est plaint à Dieu parce qu’il avait du plaisir à invoquer Dieu et non pas parce qu’il évacuait ses douleurs en évoquant Dieu. Et le fait de se plaindre à Dieu est le fait de s’en remettre totalement à Dieu et de rechercher la délivrance de la part de Dieu directement.
Verset 84 : Nous l’avons exaucé : c’est-à-dire que Nous lui avons donné ce qu’il avait demandé dans son invocation.
Nous l’avons délivré de la nuisance qu’il avait : Dieu lui a fait grâce de le délivrer de cette nuisance.
Et Nous lui avons accordé sa famille et le nombre semblable d’enfants : il a été rapporté qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām était romain de la descendance d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām et qu’il avait sept fils et sept filles et trois mille chameaux et sept mille moutons et cinq cent charrues. Et en plus de cela, il avait cinq cent esclaves et chaque esclave avait une femme et des enfants. Il avait des dattiers. Et Dieu lui a fait subir une épreuve. Dieu l’a éprouvé par la perte de ses enfants, par la perte de sa fortune et par la maladie dans son corps durant dix-huit ans. Et qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām ne s’est pas plaint.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’il retenait cet avis-là car il y a un ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān qui confirme cela.
La femme d’Ayyūb ʿalayhi s-salām était restée à ses côtés pendant tout ce temps-là. Un jour, elle lui a dit de demander à Dieu qu’Il le guérisse de sa maladie. Il a demandé à sa femme la durée qu’ils avaient passée dans une situation confortable avant sa maladie ; elle lui a dit : quatre-vingts ans. Il a dit : « j’ai honte de demander à Dieu de me délivrer de mon épreuve alors que la durée de l’épreuve n’a pas encore égalé la durée de l’aisance ». Quand Dieu l’a délivré de sa maladie, Il lui a ressuscité ces mêmes enfants qu’il avait perdus. Et il lui a donné le double.
C’est une miséricorde de Notre part et un rappel pour les adorateurs : ce qui est arrivé à Ayyūb est une miséricorde pour lui et c’est un rappel pour d’autres que lui afin que d’autres que lui patientent comme lui a patienté et qu’ils soient récompensés tout comme lui a été récompensé.
Verset 85 : et Ismāʿīl (le fils d’Ibrāhīm) et Idrīs (qui est le fils de šīṯ descendant d’Ādam) et Ḏu l-Kifl mentionne -les, Ḏu l-Kifl est le prophète Ilyās ou bien le prophète Zakariyyā ou bien le prophète Yūšāʿ fils de Nūn.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que c’est l’avis de certains mais en réalité Ḏu l-Kifl est un prophète autre que ceux-là. A ne pas confondre avec un homme qui s’appelle al-Kifl qui est un descendant d’Isrāʾīl. C’était un désobéissant puis il a fait le repentir.
Tous sont au nombre de ceux qui patientent : c’est-à-dire que tous ceux qui ont été cités font partie de ceux qui patientent.
Verset 86 : et Nous leur avons accordé Notre miséricorde : ici la miséricorde signifie le statut de prophète ou bien la grâce qui les attend dans l’au-delà.
Certes ils font partie de ceux qui sont vertueux : c’est-à-dire de ceux dont la vertu n’est pas souillée par une quelconque corruption.
A partir du verset 87, il est question du prophète Ḏu n-Nūn
Verset 87 : an-Nūn signifie le poisson ou le cétacé donc Ḏu n-Nūn est celui dont l’histoire est associée à ce cétacé. Et il s’agit du prophète Yūnus.
Cite le récit de Ḏu n-Nūn comment il a quitté son peuple. Son peuple a alors pris peur qu’il ne leur arrive un châtiment. Il a été rapporté que Ḏu n-Nūn a perdu espoir parce qu’il a fait beaucoup de rappels à son peuple, mais son peuple n’a pas été exhorté et ils sont restés sur leur mécréance. Il les a alors quittés ce qui a entrainé leur colère. Il a pensé que le fait de quitter la ville était permis. Car il a fait cela pour défendre la religion de Dieu. Il les a quittés en raison de leur mécréance. Mais il aurait dû plutôt patienter et attendre l’autorisation de la part de Dieu pour les quitter. Alors il a été éprouvé puisqu’il a été avalé par un gros cétacé.
Il a pensé que Nous n’allions pas l’éprouver. D’après Ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, il est allé chez Muʿāwiyah qui a utilisé un discours métaphorique. Il lui a dit : « hier les vagues du Qur’ān m’ont bouleversé et je me suis noyé dedans et je n’ai de moyen de survie que par toi » – il a comparé le Qur’ān à une mer – Ibnu ʿAbbās lui a dit et quoi donc ? Alors Muʿāwiyah a récité ce verset 87 de sūrat al anbiyāʾ (fa ẓanna ʾallan naqdira ʿalayk) Il a dit est-ce qu’un prophète va penser que Dieu n’est pas sur lui tout puissant ? Ce n’est pas cela le sens : quel est le sens ? Alors Ibnu ʿAbbās lui a dit : c’est dans le sens de l’épreuve, ce n’est pas dans le sens de la puissance. Donc Ḏu n-Nūn a pensé qu’il n’allait pas être éprouvé pour être sorti de la ville alors qu’il aurait dû rester et attendre l’autorisation de pouvoir quitter son peuple.
Et il a appelé alors qu’il était dans les ténèbres : ici il est visé une obscurité intense alors qu’il était à l’intérieur de ce cétacé. Certains ont dit l’obscurité de la nuit, l’obscurité de la mer et l’obscurité de l’intérieur du poisson.
Il n’est de dieu que Toi Tu es exempt d’imperfection j’ai été au nombre de ceux qui ont été injustes envers eux-mêmes : parce qu’il a quitté son peuple avant que Dieu ne le lui autorise. Cette invocation comporte un grand secret « lā ʾillāha ʾillā ant subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīne ». Dans le ḥadīṯ le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui a pour sens : « pas une personne qui est tourmentée et qui récite cette invocation sans qu’elle ne soit exaucée ». n
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a corrigé ce que An-Nasafī a dit : ce n’est pas exactement en ces termes qu’est parvenu le ḥadīṯ. Ibrāhīm rapporte de son père Muḥammad qui rapporte de son père Saʿād ibnu abī Waqqās : le messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam allait citer une invocation lorsqu’un bédouin est venu et il a parlé avec le prophète et celui-ci n’a pas continué ce qu’il allait dire. Alors Saʿād l’a suivi et le prophète s’est retourné vers lui et lui a demandé : tu es Saʿād ? – Oui. Il lui a dit : qu’est-ce que tu veux ? Il lui a dit : tu allais citer une invocation puis un bédouin est venu et tu n’as pas dit ce que tu voulais nous dire. Le Prophète a dit oui, c’est l’invocation de Ḏu n-Nūn qui a appelé alors qu’il était dans le ventre du cétacé « lā ʾillāha ʾillā ant subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīne ». Il n’y a pas un musulman qui récité cette invocation pour quoi que ce soit sans qu’elle ne soit exaucée ». C’est un ḥadīṯ qui est ḥasan rapporté par At-Tirmiḏī.
Ḏu n-Nūn est le surnom du prophète Yūnus dont le père s’appelle Mattāʾ. Et il a été attribué au cétacé parce que le cétacé l’a avalé. Quand on dit qu’on a été injuste envers soi, ça peut être un péché et ça peut être une défaillance moindre qu’un péché. Le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit dans le ḥadīṯ ce qui signifie : « le cas du croyant est surprenant : dans tous les cas, il a du bien. Et cela n’est réservé à personne d’autre qu’au croyant. S’il est touché par quelque chose qui réjouit le cœur, alors il est content et il remercie Dieu : et cela est un bien pour lui. Et s’il est touché par une épreuve, il patiente et là encore c’est un bien pour lui ». Lorsque le croyant est touché par quelque chose qui réjouit le cœur, il convient qu’il remercie Dieu. Et s’il est touché par une nuisance, il doit patienter. Le fait qu’un croyant subisse beaucoup d’épreuves, c’est le signe de la force de sa foi pour celui qui patiente. Les prophètes sont parmi les gens ceux qui sont le plus éprouvés. Beaucoup de prophètes ont été tués par les mécréants des fils d’Isrāʾīl. Et ceux qu’ils n’ont pas tués ont souffert énormément. Entre autres il y a le prophète Ayyūb ʿalayhi s-salām qui était riche et Dieu l’a éprouvé par une maladie qui a duré pendant dix-huit années. Et il avait à l’époque sept fils et sept filles. Le šayṭān a détruit la maison où il se trouvait et ils sont tous morts. Puis le šayṭān lui a brûlé ses champs avec les récoltes et Ayyūb est devenu extrêmement pauvre. Tellement il a patienté qu’il n’a pas demandé à Dieu de lui remplacer ce qu’il avait perdu. Puis un jour il a entendu deux hommes qui parlaient de lui et l’un des deux a dit une parole de mécréance : il a dit : « Ayyūb, s’il n’avait pas commis un très grave péché, que personne d’autre que lui n’a commis, alors Dieu ne l’aurait pas éprouvé comme Il l’a éprouvé ». Et c’est une mécréance car il a accusé un prophète d’avoir commis un grave péché. Quand Ayyūb a entendu cela, il a eu le cœur brisé du fait que cet homme venait de sortir de l’Islam. A ce moment-là, il a demandé à Dieu de le guérir. Dieu a révélé à Ayyūb de donner un coup avec son pied sur le sol : il y a eu alors deux sources d’eau qui ont jailli. Il a pu boire d’une des deux sources et il a pu se laver avec l’autre source. Et Dieu l’a guéri. Et Dieu lui a accordé le double des enfants qu’il avait auparavant : il a donc eu quatorze garçons et quatorze filles. Et Ayyūb avait deux entrepôts où il entreposait les récoltes. Dieu envoya deux gros nuages qui ont lâché de l’eau de pluie sur l’entrepôt du blé et il est tombé des criquets en or et sur l’entrepôt de l’orge, le nuage a déversé de l’argent métal. Après cette lourde épreuve et cette grande patience, Dieu lui a fait grâce de cet énorme bienfait. Et c’est ainsi qu’est le croyant. C’est vrai que notre maître Ayyūb a été éprouvé par de nombreuses maladies mais il n’est jamais arrivé que des vers sortent de son corps comme le disent certains ignorants. Mais il a été éprouvé par la maladie, les épreuves se sont abattues sur lui au point que ceux qui étaient proches de lui et ceux qui étaient éloignés avaient pris leurs distances par rapport à lui. Très peu de gens étaient restés à ses côtés. Il a été rapporté dans le ḥadīṯ rapporté par Aḥmad et at-Tirmiḏī ainsi que Al-Bayhaqī et aṭ-Ṭabarānī que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les épreuves sont plus rapides à atteindre celui qui m’aime que les ruisseaux se déversent dans la rivière ». Cela veut dire que celui qui aime le Messager d’un amour complet, l’épreuve qu’il va subir est très intense, pour que ça soit relatif à son haut degré. Le croyant que Dieu agrée, Dieu lui préserve sa religion, mais Il l’éprouve dans les sujets du bas-monde : ce croyant est éprouvé dans ses biens quand un injuste les lui prend. Parfois il est touché dans sa santé, il est touché par des maladies.
Notre maître Ayyūb ʿalayhi s-salām est resté alité pendant dix-huit ans mais il n’a pas eu des vers qui sortaient de son corps comme le prétendent certains, parce que cela est une maladie répugnante, les gens sont repoussés par cela. Et Dieu a préservé les prophètes de ce qui repousse les gens d’eux. Les maladies répugnantes ne sont pas possibles aux prophètes. Ayyūb ʿalayhi s-salām qui a été éprouvé gravement pendant dix-huit ans, il a perdu ses biens, il a perdu sa famille et Dieu lui a accordé la guérison, Dieu lui a rendu la richesse, Il lui a accordé beaucoup d’enfants. Certains ignorants le calomnient en disant que des vers ont dévoré son corps. Ils prétendent que notre maître Ayyūb avait des vers qui tombaient de son corps et qu’il disait « ô toi la créature de mon Seigneur, mange de ce que Dieu t’a accordé comme subsistance ». Nous demandons à Dieu qu’Il nous préserve de ce profond égarement.
Alors que celui qui dit que des vers tombaient de son corps, seulement, sans considérer que c’était quelque chose de repoussant, alors il ne devient pas mécréant. C’est-à-dire qu’il considère que c’est quelque chose qui témoigne de la grande patience d’Ayyūb, il ne voit pas que c’est un rabaissement ni que c’est quelque chose qui éloigne les gens de lui, alors il ne devient pas mécréant. Ayyūb ʿalayhi s-salām a patienté, il n’a pas émis d’objection contre Dieu et c’est cela l’état des prophètes et des vertueux.
Zakariyyā ʿalayhi s-salām a été scié avec une scie par les mécréants. Yaḥyā quant à lui a été égorgé par les mécréants, notre maître Yūsuf a été emprisonné pendant sept années. Les prophètes ont un haut degré selon le jugement de Dieu, ce ne sont pas des gens négligeables. Et malgré cela, Dieu les a éprouvés pour que leur degré soit élevé.
Dans le ḥadīṯ authentique rapporté Al-Buẖārī, Aḥmad, at-Tirmiḏī et d’autres, le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les gens les plus éprouvés sont les prophètes, puis les meilleurs avant les autres ».
Dans le ḥadīṯ authentique rapporté par Aḥmad, par ibnu Hibbān et Al-Hākim, le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les esclaves vertueux de Dieu sont fortement éprouvés ».
Et dans un autre ḥadīṯ rapporté par Aḥmad, Al-Bayhaqī et Al-Hākim dans lequel le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les épreuves ne cessent de s’abattre sur le croyant c’est-à-dire sur sa personne, sa famille et ses biens jusqu’à ce qu’il vienne au Jour du Jugement sans être chargé d’un seul péché ». C’est-à-dire que les épreuves vont compenser ses péchés de sorte qu’il va être lavé de ses péchés.
Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « tout ce qui touche le musulman comme fatigue, comme maladie, comme tourment, comme chagrin, même s’il est piqué par une épine, tout ce qui lui arrive est une cause pour que Dieu lui expie ses péchés ».
Pour ce qui est de la sauvegarde du prophète Yūnus, Dieu l’a fait sortir du ventre du cétacé grâce à son évocation citée plus haut « lā ʾillāha ʾillā ant subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīne ».
Verset 88 : Nous l’avons exaucé et Nous l’avons sauvé de la solitude, c’est ainsi que Nous sauvons les croyants. C’est ainsi que Nous sauvons les croyants, quand ils nous invoquent et ils demandent secours à Dieu, Dieu les sauve.
Verset 89 : Zakariyyā a invoqué son Seigneur : ô Seigneur ne me laisse pas tout seul, il a demandé à Dieu de lui accorder un fils qui héritera de lui c’est-à-dire qui sera un prophète comme lui ; il ne voulait pas rester sans enfant. Puis il s’en est remis à Dieu en se soumettant à Dieu.
Il a dit « Tu es le meilleur de ceux qui accordent ». C’est-à-dire si Tu ne m’accordes pas de descendant, je ne prête pas attention, parce que tout ce qu’il y a dans ce bas monde T’appartient et Tu es Celui Qui n’a pas de fin à Son existence.
Verset 90 : Nous l’avons exaucé et Nous lui avons accordé un fils Yaḥyā et Nous avons fait que son épouse puisse enfanter : après qu’elle a été stérile, Dieu a fait qu’elle pouvait tomber enceinte.
Certes les prophètes s’empressaient de faire le bien : ils méritent d’être exaucés
Et ils Nous invoquent par espoir et par crainte : les prophètes invoquent Dieu par espoir de la miséricorde de Dieu et par crainte de l’au-delà.
Et ils sont humbles : ils sont modestes, ils craignent Dieu.
Verset 91 : et cite le récit de celle qui a fait preuve de chasteté : c’est-à-dire qu’elle s’est préservée d’avoir des relations ni dans le licite ni dans l’interdit
Nous avons insufflé en elle l’âme qui Nous appartient et qui est honorée : il s’agit ici de Maryam qui était chaste, et Dieu a fait qu’elle soit enceinte. rūḥinā : notre âme : « notre » ici indique la possession et l’honneur. C’est-à-dire que Dieu a insufflé en Maryam l’âme qui appartient à Dieu et qui est honorée selon le jugement de Dieu. L’âme de Jésus est une âme qui appartient à Dieu, elle est honorée par Dieu. Dieu a donné l’ordre à Ǧibrīl qui est le président des anges et il est chargé de transmettre la révélation aux prophètes.
Nous avons donné l’ordre à Ǧibrīl qui a soufflé par l’encolure de la chemise de Maryam et elle s’est retrouvée enceinte de Jésus. Donc l’adjonction de l’âme à Dieu est pour indiquer l’honneur de Jésus.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Dieu a dit : Nous avons donné l’ordre à Ǧibrīl d’insuffler dans Maryam l’âme qui Nous appartient et qui est honorée selon Notre jugement. C’est ainsi que Maryam est devenue enceinte, sans qu’un homme ne la touche : c’est un prodige pour elle et un miracle pour Jésus ʿalayhi s-salām.
Et Nous avons fait d’elle et de son fils un signe pour les gens : c’est un signe de la parfaite toute puissance de Dieu. On remarque qu’il est mentionné ici UN signe et pas deux signes (la mère et son fils) alors que dans d’autres versets, il est question de deux signes quand il est cité le jour et la nuit par exemple. An-Nasafī a dit qu’ici leur cas revient au même, c’est-à-dire que Maryam a donné naissance à Jésus sans qu’il n’y ait de père. Tout en sachant qu’il y a une version de récitation avec le terme (āyatayn) (deux signes)
Verset 92 : et votre communauté est une nation unique. On dit en arabe al-ummah et al-millah, ce qui signifie l’ensemble de personnes. Il s’agit de la communauté de tous les prophètes. Tous les prophètes constituent une seule ummah. Ce verset veut dire que la communauté de l’Islam est votre communauté sur laquelle vous devez rester, vous ne devez pas en dévier.
Et Je suis votre Seigneur, adorez-moi : c’est une parole qui est adressée à tout le monde, dans laquelle Dieu nous ordonne de L’adorer, en guise de remerciement pour les bienfaits qu’Il nous a accordés.
Verset 93 : et ils se sont divisés les uns les autres : c’est-à-dire qu’ils sont devenus des petits groupes différents
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’ils sont devenus des groupes avec des religions différentes : il y a un ḥadīṯ qui dit que les yahūd vont se diviser en 71 groupes, les nasārāʾ en 72 groupes et la communauté du Prophète va se partager en 73 groupes mais tous les groupes seront en enfer sauf un seul : et c’est le groupe majoritaire qui est sunnite. La grande majorité de ceux qui se disent musulmans aujourd’hui suivent le Prophète et ses compagnons.
Mais ils reviendront tous à Notre jugement : Dieu les a avertis que tous ces groupes différents vont revenir au jour du jugement pour leur rétribution. Ils seront justement rétribués pour leurs actes. « Celui qui a fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra la rétribution et celui qui a fait le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra la rétribution ».
Verset 94 : celui qui accomplit de bonnes œuvres et qui est croyant : celui qui fait de bonnes œuvres, même si cela ne semble pas important et qui est croyant : c’est-à-dire qu’il croit en ce quoi on doit croire pour être croyant, et cela consiste à croire en Dieu, en Ses messagers et en ce qu’ils nous ont transmis, en Ses anges, en Ses livres, au jour dernier et le fait de croire en la prédestination du bien et du mal.
Il n’y aura pas de manquement à sa rétribution : il ne sera pas lésé, il sera largement rétribué. Dieu ne le privera pas de récompenses.
Et tout ce qu’il fait est inscrit : le croyant sera heureux quand il recevra le livre de ses actes au jour du jugement, de sa main droite.
Verset 95 : ḥarām ici ne veut pas dire interdit mais cela veut dire le fait de priver. (Il y a 2 récitations : ḥarām et ḥirm). Si les habitants d’une ville, Dieu a jugé qu’ils doivent être anéantis en raison de leur égarement, ceux-là seront privés de la récompense dont il est question dans le verset précédent.
Verset 96 : jusqu’au jour où Gog et Magog pourront s’échapper : quand ils seront libérés, et ce sont des humains qui sont tous des mécréants. Leur sortie est une des grands signes du jour du jugement.
Et les gens ce jour-là vont sortir de partout sur terre : toute l’humanité va être ressuscitée pour le jour du jugement et va aller dans tous les endroits de la terre. Et Gog et Magog vont se propager sur terre à partir d’une extrémité de la terre. Dieu les a voilés aux yeux des humains. Eux ne viennent pas chez nous et nous, nous n’allons pas chez eux. C’est aṣ-ṣaʿb qui est appelé ḏu l-Qarnayn qui était un grand saint, qui les a emprisonnés, par la toute-puissance de Dieu, il a construit un barrage. Dieu lui a donné beaucoup de prodiges parce que c’est un grand saint. Le vent l’emportait d’est en ouest. Et ḏu l-Qarnayn ʿalayhi s-salām, par un prodige que Dieu lui a accordé, il a fait édifier une grande montagne en fer puis du cuivre a été fondu pour solidifier l’édifice. Aucun humain ne peut franchir cette montagne de façon habituelle. Et eux, chaque jour, ils essaient de franchir cette montagne mais ils ne peuvent pas. Chaque jour, après un dur labeur, ils disent : demain nous allons poursuivre. Quand ils reviennent le lendemain, ils trouvent que ce qu’ils avaient creusé la veille a été à nouveau comblé. Jusqu’au jour où ils vont dire : demain nous poursuivrons, si Dieu le veut. Ils reviennent le lendemain et ils trouvent que ce qu’ils avaient trouvé la veille était resté tel quel. Ils vont continuer à creuser jusqu’à pouvoir s’échapper. Par ailleurs ces deux tribus Gog et Magog, chacun d’entre eux ne meurt pas avant d’avoir laissé mille descendants ou plus, comme l’a dit le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. De sorte que leur nombre, avant leur échappée, va être extrêmement nombreux, au point que tous les humains, au jour du jugement, par rapport à Gog et Magog, représentent 1%. Dieu seul sait comment ils vivent actuellement et ce qu’ils mangent. Ce que certains racontent, qu’ils ont de longues oreilles et qu’ils dorment sur une des deux oreilles, comme si c’était un oreiller, qu’ils se couvrent avec la deuxième et qu’ils seraient de petite taille, cela n’a pas été confirmé. C’est Dieu Qui les a dissimulés, ils sont cachés dans un lieu sur terre.
Il va y avoir après eux trois peuples qui vont venir. Seul Dieu connait leur nombre. Un peuple s’appelle Mansak, un autre s’appelle Tāwīl et un autre s’appelle Tārīs
A l’époque de Gog et Magog, il y aura une famine sur terre. Ils vont passer par le lac Tibériade qui se trouve en Palestine et ils vont l’assécher. Quand le dernier d’entre eux va passer il va dire : « ici il y avait de l’eau ». Et quand Jésus va descendre sur terre, ils vont être sidérés. Les musulmans ne vont pas oser combattre Gog et Magog parce qu’ils sont très nombreux. Notre maitre Jésus accompagné de tous les musulmans de son époque va aller au Sinaï, le mont où notre maître Moise a reçu la révélation, là où Dieu lui a fait entendre Sa parole. Ils vont se rendre là-bas et ils vont invoquer Dieu pour qu’Il anéantisse le peuple de Gog et Magog. Dieu fait que la cause de leur mort va être des vers : un vers va pénétrer dans le cou de chacun d’entre eux et ils vont en mourir. Puis Dieu va envoyer des oiseaux qui vont prendre leurs corps et les jeter en mer. Puis il y aura une pluie qui va évacuer toutes leurs traces en mer. Ces gens-là vont apparaitre bien après la descente de Jésus. Gog et Magog étaient sur terre proches de l’époque de notre maître Ibrāhīm. On ne sait pas exactement quand ils étaient dans cette région où ils se sont retrouvés emprisonnés. Ils sont tous mécréants. Il a été rapporté que la nuit où le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a fait son voyage nocturne et son ascension, il est passé par chez eux et il leur a transmis l’appel à l’Islam mais ils ont refusé. Dieu fait que ce sont eux qui vont remplir l’enfer. C’est à l’époque de Jésus qu’ils vont sortir et personne n’osera les combattre. Puis notre maître Jésus va invoquer Dieu et Dieu va faire que des vers vont venir et rentrer dans le cou de chacun d’entre eux et ce sera la cause de leur mort. Ce qui est sûr c’est qu’ils sont des descendants de Ādam mais la date exacte où ils ont été emprisonnés par Ḏul Qarnayn est inconnue. Ḏul Qarnayn était un saint, il avait des prodiges : Dieu lui a asservi le vent qui l’emmenait, lui et son armée, là où il voulait. Dieu lui a accordé également une longue vie, il a vécu deux mille ans. Il est resté roi pendant deux mille ans ; c’est lui qui a construit ce barrage entre Gog et Magog. Dans l’une des extrémités de la terre, il ya une cavité où ils se trouvent. Et cette cavité est refermée par cette montagne.
Verset 97 : ce qui est promis et qui est inéluctable est devenu imminent : c’est-à-dire que le jour du jugement se rapproche et ce sera une surprise pour eux. Ce jour qui va arriver va les surprendre. Leur regard est hagard, ils ne savent pas quoi faire tellement cette situation est difficile.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : leurs yeux regardent vers le haut tellement ils sont dans une grande épreuve.
Ceux qui ont mécru leurs regards sont ainsi grand ouverts,
Ils vont dire malheur à nous : ils avaient consacré l’adoration à autre que celui qui la mérite
Nous étions dans une grande insouciance, nous ne nous attendions pas à vivre ce jour : ils ne pensaient pas que ce jour allait venir
Nous étions injustes.
Verset 98 : vous, ainsi que ce que vous adorez au lieu d’adorer Dieu : c’est-à-dire les idoles et Iblis, vous serez jetés en enfer pour contribuer à l’augmentation du feu de l’enfer.
Vous serez un combustible pour l’enfer, vous y entrerez.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le soleil et la lune, au jour du jugement, seront jetés en enfer. Il y a, parmi les mécréants, ceux qui adoraient le soleil et la lune, donc le fait qu’ils soient jetés en enfer sera une humiliation pour ces mécréants qui les adoraient. Et avant que le soleil et la lune ne soient jetés en enfer, Dieu fait que leur lumière soit éclipsée.
Verset 99 : s’ils avaient été des divinités, ils (le soleil, la lune et ce que vous avez adoré autre que Dieu) ne seraient pas en enfer. Et tous y resteront éternellement. C’est-à-dire que si c’était des divinités comme vous le prétendiez, ils ne seraient pas entrés en enfer. Et tous : c’est-à-dire celui qui adorait et celui qui était adoré, seront en enfer éternellement.
Verset 100 : les mécréants auront en enfer zafīr c’est -à-dire des gémissements, des larmes et des hurlements : ils vont gémir, ils vont pleurer, ils vont hurler.
Et eux ils n’entendent rien : ils sont devenus sourds, parce que quand on entend quelque chose, ça nous réconforte. Mais même cela ne leur a pas été accordé, c’est un châtiment en plus.
Verset 101 : certes ceux à qui Nous avons accordé le bien : c’est-à-dire la réussite pour l’obéissance. Ce verset a été révélé à propos d’un homme qui s’appelle Muḥammad ibnu Z-Zibarāʿ fils de Qays as-Saʿmī al-Qurašī il est surnommé abū Saʿd, c’est le poète de Qurayš. Il était très dur dans ses poésies envers les musulmans et ceci, jusqu’à la conquête de La Mecque. Il s’est enfui dans une ville de chrétiens. C’est alors que Ḥassān ibnu Ṯabit, le poète du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, a dit des vers de poésie à propos d’ibnu Z-Zibarāʿ. Quand ces vers lui sont parvenus, il est revenu à La Mecque et il est entré en Islam. Et il s’est excusé et il a fait l’éloge du prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Il est mort en l’an 15 de l’hégire. Donc ce verset était une réponse à ibnu Z-Zibarāʿ quand il n’était pas musulman. Lorsque le Prophète avait récité les versets précédents qui annonçaient que les mécréants et ceux qu’ils adoraient iraient en enfer éternellement, il avait dit « n’est-ce pas que les yahūd ont adoré ʿUzayr et les nasārāʾ ont adoré Jésus ? Est-ce que cela veut dire qu’eux et ceux qu’ils adoraient iront en enfer ? » En arabe, il y a une forme de pronoms qui font référence à ceux qui sont dotés de raison et à ceux qui ne sont pas dotés de raison. La construction de la phrase en arabe fait référence à ce qui n’est pas doté de raison c’est-à-dire le soleil, la lune. Mais les gens sont têtus. Ici, « mā » fait référence à ceux qui ne sont pas dotés de raison alors que Jésus, ʿUzayr et les anges sont dotés de raison. Mais ibnu Z-Zibarāʿ les a inclus pour mettre le doute. Or c’est le terme « man » qui indique des êtres qui sont dotés de raison. Et c’est « man » qui est utilisé dans le verset et non pas « mā ». « Vous ainsi que ce (mā) que vous adorez ». Il y a un ḥadīṯ qui est faible selon lequel le Messager a dit à cet homme ibnu Z-Zibarāʿ « tu ne maitrises pas la langue de ton peuple ».
Ceux-là : il s’agit de ʿUzayr, de Jésus et des anges.
Seront éloignés de l’enfer : parce qu’ils n’ont pas accepté que les gens les adorent.
Verset 102 : ils n’entendent pas le bruit de l’enfer : ils n’entendent pas son bruit qui est perceptible ni le mouvement des flammes. ʿUzayr, Jésus et les anges n’entendent pas cela. Car ils seront éloignés de l’enfer ; c’est pour indiquer qu’ils seront très éloignés de l’enfer, ils ne vont entendre ni le bruit de l’enfer ni le bruit de ceux qui seront en enfer. Ce verset est une preuve que le verset 71 de sūrat Maryam ne veut pas dire que tout un chacun musulman est mécréant et va rentrer en enfer. La signification de ce verset est : vous aurez tous à franchir l’enfer. En effet le pont est au-dessus de l’enfer.
Et ils seront dans ce qu’ils auront désiré comme félicité de laquelle ils vont profiter éternellement :
Verset 103 : ils ne seront pas apeurés par ce qui est terrible il s’agit du dernier souffle dans le cor lorsque
Et ce seront les anges qui vont leur faire bon accueil : c’est-à-dire aux portes du paradis,
Ils vont leur dire : voici le jour qui vous a été promis. C’est-à-dire voici venu le temps de votre récompense qui vous a été promise quand vous étiez dans le bas-monde.
Verset 104 : le jour où le ciel sera plié : cela veut dire que les étoiles qui étaient dans le ciel n’auront plus aucun éclat, elles perdront leur lumière et elles ne seront plus visibles. Ou bien : cela veut dire que le ciel sera véritablement plié comme une feuille qui est pliée et c’est le contraire d’ouvert. Le sens est : « le jour où Nous plierons le ciel comme les pages d’un livre dont la couverture se referme sur les pages qu’il contient ».
Tout comme Nous avons créé les créatures la première fois, Nous les ressusciterons : tout comme Dieu a fait exister les créatures une première fois, Il les fait exister une seconde fois. « Tout comme » est une formule d’analogie : il s’agit de l’analogie entre la première création et la deuxième parce que toutes les deux sont par la puissance de Dieu.
C’est une promesse de Notre part : c’est-à-dire que cela aura lieu sans doute : la résurrection aura lieu sans doute.
Certes Nous le ferons : c’est pour insister. C’est-à-dire que Dieu réalisera cette promesse.
Préparez-vous pour ce jour et accomplissez les bonnes œuvres : chaque fois qu’on a l’occasion de faire une bonne œuvre, qu’on la fasse, pour être épargné de ces épreuves.
Verset 105 : Nous avons fait écrire dans az-zabūr (les psaumes, c’est le livre de Dāwūd ʿalayhi s-salām) après la torah que la terre (ici c’est la terre de aš-šām) ce seront des esclaves vertueux qui l’auront : c’est-à-dire la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 106 : il y a en cela une annonce suffisante pour des gens qui sont adorateurs : « en cela » c’est-à-dire dans ce Qur’ān : il y a une annonce d’atteinte de l’objectif pour des gens qui croient en l’unicité de Dieu et il s’agit de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 107 : et Nous ne t’avons envoyé qu’en tant que miséricorde pour les mondes : le Prophète a dit ce qui a pour sens : « je ne suis qu’une miséricorde qui vous est offerte ». « Pour les mondes » : le prophète a amené ce qui est une cause de bonheur pour eux s’ils le suivent. Et celui qui ne suit pas le prophète c’est quelqu’un qui a nui à sa propre personne puisqu’il a perdu cette part de bonheur qui est promise. Il a été dit que notre prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est une miséricorde pour les croyants, dans les deux résidences c’est-à-dire dans cette vie et dans l’au-delà au jour du jugement.
Et qu’il est une miséricorde pour les mécréants dans le bas-monde : parce qu’ils ne vont pas subir de châtiment d’extermination dans le bas-monde, comme ce fut le cas du peuple de Nūḥ et du peuple de ʿĀd qui furent exterminés. Et parce qu’ils ne vont pas subir de transformation à grande échelle comme cela s’est passé dans les peuples antérieurs : certains ont été transformés en porcs ou en en singes. Et ils ne vont pas subir les fissures de la terre qui font que ce qui est dessus soit avalé. (ẖasif)
Tout en sachant que dans cette communauté il y aura un (ẖasif) et une transformation d’humains en porcs mais pas à grande échelle comme dans le passé et il y aura aussi des projectiles qui seront lancés.
Verset 108 : Dis il m’a été révélé que votre Seigneur est un dieu unique. Ce que je reçois comme révélation c’est l’unicité de mon Dieu.
Allez-vous être musulmans : c’est une forme interrogative mais le sens est un ordre c’est-à-dire – devenez musulmans- Aujourd’hui vous avez l’illusion d’être gagnants mais au jour du jugement, ce sera la grande désillusion.
Verset 109 : s’ils se détournent (c’est-à-dire s’ils se détournent de l’Islam)
Alors dis je vous ai prévenus (c’est-à-dire que je vous ai informés de ce que j’ai reçu l’ordre de vous dire)
Tous ensemble : c’est-à-dire que je vous ai tous prévenus, de manière équivalente. Je n’ai pas laissé certains dans l’ignorance.
Et je ne sais pas si c’est proche ou loin ce qui vous a été promis : c’est-à-dire que je ne sais pas quand exactement aura lieu le jour du jugement, parce que Dieu ne m’a pas donné à le connaitre. Mais je sais que ce jour aura lieu inéluctablement. Ou bien : je ne sais pas quand va vous arriver le châtiment si vous n’êtes pas croyants. C’est pour insister sur l’importance d’être croyants.
Verset 110 : certes Il sait les paroles que vous dites à haute voix et ce que vous dites à voix basse. Dieu sait toute chose. Il sait ce que vous me dites à haute voix en portant atteinte à l’Islam et il sait ce que vous dissimulez comme haine contre les musulmans. Et Il vous rétribuera pour cela.
Verset 111 : et je ne sais pas si c’est une épreuve pour vous : je ne sais pas si ce retard de châtiment pour vous dans le bas-monde ne serait pas une épreuve pour vous, afin que Dieu manifeste ce que vous allez faire. Vous n’êtes pas châtiés immédiatement mais Dieu retarde pour vous le châtiment ceci pour montrer ce que vous faites, pour que ce soit une preuve contre vous.
Et un répit jusqu’à un certain terme : Dieu vous laisse vivre jusqu’à votre mort pour que ce soit une preuve contre vous c’est-à-dire que ce que vous allez faire jusqu’à votre mort soit une preuve contre vous.
Verset 112 : il a dit « ô Seigneur arbitre entre nous justement » et notre Seigneur est ar-Raḥmān Celui Dont on demande l’aide contre ce que vous décrivez : c’est-à-dire « arbitre entre nous et les gens de La Mecque équitablement ». Ou bien « fais-leur parvenir le châtiment qu’ils méritent et fais que ce soit terrible pour eux ».
Comme a dit une fois le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām ce qui signifie : « ô Allah, fais que Ta punition de la tribu de Muḍar soit terrible ». Cette tribu a nui aux musulmans alors le Prophète a fait une invocation pour qu’ils soient rétribués à hauteur de ce qu’ils ont fait.
Les associateurs de La Mecque décrivaient la situation contrairement à ce qu’elle était véritablement et ils espéraient qu’ils soient les plus forts et que la victoire soit de leur côté. Mais Dieu a démenti leurs illusions, Il leur a fait perdre leur espoir et il a donné la victoire à Son messager et aux croyants, quand il s’agissait de la conquête de La Mecque.
Tafsir an-Nasafiyy : sourate al Anbiyaa – versets de 1 à 86
Commentaire de sūratu l-ʾanbiyāʾ
Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres. Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.
Toute chose qui va venir est proche.
Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.
Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).
Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.
« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.
C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.
Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ».
Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).
Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie. Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.
Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.
Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).
Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.
Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces
Ou c’est plutôt un poète
Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.
Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.
Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.
Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.
Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie
Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.
Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?
Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.
La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.
Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».
Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».
Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.
Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.
Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.
Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.
La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.
Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.
Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.
Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.
Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).
Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.
Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.
N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.
Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.
qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée.
Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.
Verset 12 : quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation
C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.
Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.
Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.
Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.
Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.
Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé. C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.
Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.
Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).
Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –
Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.
Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.
Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.
Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,
Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.
Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.
Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,
De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.
Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».
Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre. « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.
Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.
Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)
Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »
Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.
« subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ». Or Dieu est absolument exempt de cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.
« law kāna fīhimā » : fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.
Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.
Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,
1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.
2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance
3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.
Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.
Et il est impossible que le dieu soit impuissant.
Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre que lui, il est possible que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement, cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on n’émette pas d’objection contre lui.
Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.
On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.
L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.
Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.
La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.
Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.
Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.
Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.
Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.
Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.
Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.
Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).
Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.
Et ils agissent conformément à Ses ordres.
Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.
Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.
Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.
Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.
Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.
Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer
C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer
C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.
Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.
Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.
Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).
Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.
Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.
Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.
Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.
Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?
Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.
Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.
Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī ) des piquets pour que la terre ne tremble pas. rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.
Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.
Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.
Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».
Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas. Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.
Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.
Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.
Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.
Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.
Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.
Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.
Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.
Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.
inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.
C’est la première explication qui vise l’être humain en général.
Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».
Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer. Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.
Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.
Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.
Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.
Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.
Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.
Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.
Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu. Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.
Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ? Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.
Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.
Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.
Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.
Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?
Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.
Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.
Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis. C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.
Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.
Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.
Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.
Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes. Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.
Verset 48 : Nous avons accordé à Mūsā et à Hārūn al-furqān qui est un éclairage et un rappel pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Il a été dit que ces trois caractéristiques (al-furqān, un éclairage et un rappel) sont les trois caractéristiques de la torah. al-furqān signifie ce qui permet de séparer entre le vrai et le faux et l’éclairage est ce qui permet d’éclairer, de montrer notre chemin, c’est ce qui permet de parvenir à la voie de la sauvegarde et le rappel c’est dans le sens de l’honneur ou de l’exhortation ou de l’avertissement, ou encore c’est le rappel de ce dont les gens auront besoin concernant leur religion. La structure du verset avec la conjonction de coordination « wa » est une structure qui permet d’énumérer la même chose, tout comme à propos de Yaḥyā, le cousin de notre maître ʿīsā, sayyidan il était un maitre, il était chaste et c’était un prophète. Et tu dis en arabe : je suis passé auprès de Zayd, l’honorable, le savant et le vertueux. Et ce qui est mentionné (ces trois caractéristiques) est utile pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Verset 49 : ceux qui craignent leur Seigneur quand ils sont tous seuls et qui craignent le jour du jugement. Quand on est seul, on est plus proche de la sincérité. Et ils craignent les stations importantes du jour du jugement.
Verset 50 : et celui-ci est une évocation bénie : ils’agit du Qur’ān qui comporte beaucoup de biens et qui est extrêmement bénéfique, Nous l’avons fait descendre sur Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Est-ce que vous reniez cela : c’est une interrogation de réprimande, de blâme. C’est-à-dire « est-ce que vous reniez donc sue ce livre soit révélé par Dieu ? »
Verset 51 : Nous avons accordé à Ibrāhīm la bonne guidée auparavant : c’est-à-dire avant Mūsā et Hārūn, ou bien avant Muḥammad. Et Nous savons : c’est un « Nous » de majesté et non pas un « nous » de pluriel, il indique que c’est Dieu qui parle à propos de Ibrāhīm ou bien à propos de sa bonne guidée, qu’il est apte à recevoir ce que Dieu lui accordé. Il lui a été accordé le statut de prophète.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, savait, avant même de recevoir la révélation que Dieu seul mérite la divinité. Certains se sont trompés, ils ont prétendu qu’Ibrāhīm al-Ġāzī avait pensé que l’astre était son dieu ainsi que le soleil également et que la lune. Puis ils disent que Dieu l’a guidé. Or ceci est faux. Et le Qur’ān confirme cela, le fait que Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, soit bien guidé, par ce verset. En effet Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam savait cela avant le débat qu’il a mené avec son peuple au sujet des astres qui ne sont pas des divinités. (ar-rušd) ici c’est la foi : le Qur’ān a innocenté Ibrāhīm de ce que pensent à tort certaines personnes. Et leur prétention que Ibrāhīm aurait prétendu que le soleil aurait été son dieu, puis la lune puis le soleil, cela contredit le Qur’ān. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ne connaisse Dieu, sans qu’il ne connaisse ce qui est possible au sujet de Dieu et ce qui est impossible à Son sujet. Et ceci avant même de recevoir la révélation du statut de prophète. Et Dieu dit à propos de Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, ce qui a pour sens : « Ibrāhīm n’était ni juif ni chrétien, il était sur l’Islam, à l‘écart de tout autre religion. Et il n’était pas au nombre des associateurs ». Al-Ġāzī (un exégète de la ville de Téhéran) a dit : « le plus authentique de l’explication de la parole d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam quand il a dit (hāḏā rabbī), est au titre de l’argumentation, il a établi la preuve contre son peuple. Ce n’était pas au titre de l’information. Dieu n’a pas blâmé d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam pour cela mais Il l’a mentionné par l’éloge et la glorification. Dieu lui a montré cela pour qu’il augmente en certitude ».
Verset 52 : Ibrāhīm disait à son père et à son peuple qu’est-ce donc ces représentations autour desquelles vous vous tenez. (Pour les adorer)
Le père d’Ibrāhīm s’appelait Āẓār et c’était un mécréant. Les représentations ici, ce sont les idoles qui ont l’aspect de fauves, d’oiseaux et d’humains. En disant « qu’est-ce donc », il feint d’ignorer ce qu’ils font, pour humilier leurs idoles, car il savait bien qu’ils les glorifiaient. Ils ont été incapables de donner une réponse à cela. Ils ont dit dans le verset suivant.
Verset 53 : ils ont dit nous avons trouvé nos ancêtres qui les adoraient.
Verset 54 : il (Ibrāhīm) leur a dit vous étiez, vous que vos parents, dans un profond égarement. Il vise par-là que ceux qui imitent (ceux à qui il s’adresse) et ceux qui sont imités (ce sont leurs ancêtres), tous deux se sont engagés dans une voie claire d’égarement qui n’échappe à aucune personne sensée.
Verset 55 : ils lui ont dit est-ce que tu es sérieux ou bien tu es en train de plaisanter ? Ils lui ont dit : tu veux vraiment qu’on abandonne l’adoration de nos idoles ? Ils ont considéré sérieusement le blâme qu’il leur avait fait. Et ils ne pensaient pas qu’ils étaient dans un état d’égarement. Ibrāhīm leur a répondu par le verset 56.
Verset 56 : il (Ibrāhīm) a dit non votre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre, c’est Lui Qui les a créés. Comment la créature serait-elle adorée au lieu d’adorer le créateur ?
Et moi je suis témoin de cela : c’est-à-dire qu’Ibrāhīm dit qu’il est témoin que Dieu est le créateur de ce que vous avez représentés et que vous vous êtes mis à adorer.
Verset 57 : par Dieu, je vais nuire à vos idoles et je vais les détruire. : ici c’est la lettre « ta » qui est employée pour jurer et pour marquer l’étonnement, car le fait de nuire aux idoles était quelque chose de difficile, face au pouvoir du gouverneur de l’époque Nabuchodonosor. Mais ici c’est pour marquer la facilité avec laquelle il va pouvoir détruire les idoles malgré cela.
Quand vous allez partir pour votre jour de fête : quand ils vont partir pour leur fête, ils vont laisser leur temple sans surveillance.
Ibrāhīm a dit cela à voix basse, à l’écart de son peuple. Mais un parmi eux l’a entendu. Notre maître Ibrāhīm a dit une parole qu’il ne faut pas prendre dans son sens apparent, quand il a dit « je suis malade » c’est-à-dire « je vais tomber malade ». Ceci pour ne pas se rendre avec eux à leur fête afin de pouvoir aller au temple où ils entreposent les idoles pour les détruire.
Verset 58 : il les a mis en pièces : Ibrāhīm a détruit ces idoles (il les a mises en morceaux) sauf la plus grande. Il a utilisé une hache pour les casser puis il a accroché la hache sur la plus grande des idoles.
Ceci dans le cas où son peuple se serait retourné vers la plus grande des idoles afin de savoir qui avait cassé les plus petites. Ceci pour leur montrer que l’idole est incapable de se défendre.
Verset 59 : ils ont dit qui donc a fait cela à nos idoles, c’est certes quelqu’un d’injuste. Cela signifie que celui qui a détruit ainsi nos idoles c’est quelqu’un d’extrêmement injuste parce qu’il a osé attaquer la divinité véritable (ce qu’ils considèrent comme mériter l’extrême glorification).
Verset 60 : ils ont dit nous avons entendu un jeune homme parler de nos idoles qui s’appelle Ibrāhīm.
Verset 61 : ils ont dit amenez-le devant tout le monde, comme ça ils vont témoigner. Ils (il s’agit de Nabuchodonosor et des nobles de son peuple) voulaient venger leurs idoles de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam : Ils ont dit « convoquez-le devant tout le monde », ils voulaient lui faire son procès, pour que les gens puissent témoigner de ce qu’ils auraient entendu. C’est comme si Nabuchodonosor et sa cour rapprochée ne voulaient pas punir Ibrāhīm sans preuve contre lui. Ou alors ils voulaient rassembler les gens pour qu’ils viennent pour témoigner de la punition.
Verset 62 : ils ont dit est-ce donc toi qui as fait cela à nos idoles, ô Ibrāhīm ?
Verset 63 : il a dit c’est la plus grande des idoles qui a fait cela : c’est comme s’il avait dit : c’est à cause de la plus grande.
- Ce n’est pas un mensonge quand il a dit cela mais c’est la réalité car c’est la plus grande des idoles qui avait amené Ibrāhīm à détruire les idoles. Ibrāhīm était exaspéré de leur exagération dans la glorification de la plus grande des idoles ; en effet ils l’embellissaient, ils lui donnaient des offrandes. C’est ce qui a amené Ibrāhīm à détruire les petites idoles et à humilier la plus grande. De sorte que l’attribution du verbe à la plus grande est à prendre au sens figuré.
- Comme quand il avait dit que Sārah était sa sœur alors qu’ils étaient en Egypte : cela ne voulait pas dire qu’ils avaient le même père mais cela voulait dire qu’elle était sa sœur en Islam.
Posez-leur la question si elles sont capables de prononcer (de parler) : Ibrāhīm leur a lancé un défi car les idoles ne peuvent pas parler, ce qui prouve encore une fois leur impuissance. Et ceci montre que son peuple était dans l’erreur.
Verset 64 : ils se sont remis en cause : ils se sont posés la question quand Ibrāhīm leur a prouvé que ce qu’ils faisaient, était faux.
Et ils ont dit vous êtes injustes. Ils se sont dit entre eux : vous, vous êtes les injustes car, en réalité vous êtes en train d’adorer ce qui n’a pas la capacité de parler. Ce n’est pas celui qui a détruit vos idoles qui est injuste. Celui qui n’arrive pas à se défendre d’une hache, comment va-t-il défendre ceux qu’il adore, de la nuisance ?
Verset 65 : puis ils sont revenus sur ce qu’ils avaient dit. Dieu a fait que, dans un premier temps, la vérité sorte de leur bouche, ils ont reconnu que ce qu’Ibrāhīm avait dit était vrai. Malgré cela, ils sont quand même revenus à leur mécréance. « Nukisū » signifie « renverser, inverser ». Il y a eu deux temps : le premier temps c’était quand ils ont reconnu la vérité et qu’ils ont reconnu qu’ils étaient injustes. Le deuxième temps était quand ils ont inversé cet état et ils se sont mis à discuter, à débattre, comme c’est le cas des mécréants. Et ils ont fait preuve d’orgueil.
Tu sais bien qu’ils ne parlent pas : c’est comme s’ils disaient : comment tu nous demandes de leur poser la question alors qu’ils ne parlent pas.
Verset 66 : il (Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam) leur a répondu comment vous adorez autre que Dieu, ce qui ne peut vous être utile ni vous nuire. C’est-à-dire que si vous adorez ces idoles, elles ne vont pas vous être bénéfiques et elles ne vont pas vous faire du tort.
Verset 67 : ouf à vous et à ce que vous adorez d’autre que Dieu : « ouf » est une onomatopée qui indique que celui qui la prononce est exaspéré. Ibrāhīm est exaspéré de les voir persister dans l’adoration des idoles alors qu’ils n’ont plus aucun argument pour justifier cela, après que la vérité a éclaté au grand jour. Ici il y a différentes récitations « uffin » et « uffun » et « uffā ». Il est exaspéré d’eux et de leurs idoles.
N’êtes-vous donc pas censés ? Vous n’utilisez pas correctement votre raison. Cela veut dire que celui a cette caractéristique, qui ne vous parle pas, qui ne vous défend pas, qui ne vous apporte ni utilité ni nuisance, qui n’a pas la capacité de se défendre contre quelqu’un qui les casse, ce n’est pas valide que ce soit un dieu.
Verset 68 : ils ont dit brûlez-le : c’est l’arme de l‘incapable. Comme ils étaient incapables de donner des arguments, au lieu de reconnaitre qu’ils étaient dans le faux, ils ont dit : mettez-le dans un brasier, dans un feu, parce que c’est la plus atroce des punitions.
Et soutenez vos divinités : en vous vengeant de lui
Si vous voulez les soutenir d’un soutien clair : ils ont choisi pour Ibrāhīm la plus difficile des punitions qui était de le brûler dans le feu. Faites-le, sinon vous n’aurez pas soutenu vos divinités. Celui qui a suggéré le fait de le brûler c’était le roi Nabuchodonosor ou bien un des Kurdes de Perse. Et quand ils ont décidé de le brûler, ils ont emprisonné notre maître Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam et ils ont construit une prison et ils sont restés un mois à ramasser du bois puis ils ont allumé un grand brasier ; tellement le feu était intense que les oiseaux dans les airs ont failli être brûlés. Puis ils l’ont placé sur une catapulte, attaché et ligoté. Puis ils l’ont projeté dans le feu et lui il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » ce qui a pour sens : « Dieu me suffit, qui de mieux que Lui à qui me fier ? » Ibrāhīm, alors qu’il était dans les airs, projeté vers ce brasier, Ǧibrīl est venu le voir et lui a dit : « as-tu besoin de quelque chose ? » Ibrāhīm lui a répondu qu’il n’avait besoin de rien. Ǧibrīl lui a dit : « demande alors à ton Seigneur ». Ibrāhīm lui a dit : « le fait qu’Il sache mon état suffit pour que je Lui demande ». Et le feu n’a brûlé que les liens avec lesquels il était attaché.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les liens avec lesquels il était ligoté avaient été mis par les mécréants. Les vêtements qu’il portait étaient restés intacts.
Ibnu ʿAbbās a dit qu’Ibrāhīm a été sauvé de la brûlure parce qu’il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » mais le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié. Ce qui est authentifié est que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui a pour sens : lorsqu’ Ibrāhīm a été jeté dans le feu, il a dit : « ḥasbiya l-Lāh » mais le prophète n’a pas dit que si Ibrāhīm n’avait pas dit cela, il aurait été brûlé. La vérité est que, même s’il n’avait pas dit « ḥasbiya l-Lāh », il n’aurait pas brûlé. Parce que Dieu a voulu qu’il ne brûle pas, Dieu a voulu que ce soit un miracle pour notre maître Ibrāhīm.
Verset 69 : Nous avons dit ô feu sois fraicheur et paix C’est-à-dire ô feu sois une cause de fraicheur et de paix. C’est pour indiquer l’ordre donné au feu pour sa substance devienne fraicheur et paix. Alors qu’habituellement, le feu a une nature qui est brûlante.
Pour Ibrāhīm : pour qu’Ibrāhīm soit épargné de toi. S’Il n’avait pas dit « et paix » après la fraicheur, le feu serait devenu froid et Ibrāhīm aurait péri de la froideur du feu. Le sens est que Dieu a retiré de ce feu sa nature qui est la chaleur et la brûlure. Et Il a maintenu d’autres caractéristiques que ce feu avait et parmi elles, il y a l’éclairage et le rayonnement. Et Dieu est sur toute chose tout puissant.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : il a été confirmé et réputé que Aḥmad ibnu Ḥanbal avait envoyé à son élève Abū Bakr Al-Marwārūdī ou al-Marwazī) (alors qu’il était tombé malade et il avait eu de la fièvre) ce verset 69 écrit sur un support pour que ce soit une cause pour guérir de la fièvre. Ceci figure dans le livre « al adābu š-šariyyah » de Šamsu d-dīne ibnu Mufliḥ le ḥanbalite : il rapporte de ce savant al-Marwazī qu’il a dit : une femme s’est plainte à abū ʿAbdillāh (c’est un surnom de l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal) qu’elle se sentait seule dans sa maison, elle avait peur de sa solitude.
1/ Et il lui a écrit un ḥirz de sa main : « bismil-Lāh puis la fātiḥah puis les deux muʿawwiḏāt (sūratu n-nās et sūratu l-falaq) et āyatu l-kursī »
2/ il a écrit pour al-Marwazī (pour lutter contre la fièvre) : bismil-Lāhi r-raḥmāni r-raḥīm/ bismil-Lāhi wa bil-Lāh wa Muḥammadun rasūlu l-Lāh/yā nāru kūnī bardan wa salāman ʿalā Ibrāhīm/Allāhumma rabba Ǧibrīl wa Mīkāʾīl wa Isrāfīl išfi ṣaḥiba haḏa l-kitāb bi ḥawlika wa quwwatika wa ǧabarūtika ilāha l-ḥaqqi āmīne
Les deux dernières phrases signifient : O Allah Tu es le Seigneur de l’ange Gabriel et Mikail et Isrāfīl, donne la guérison à celui qui porte cet écrit par Ta préservation, par Ta puissance et Ta souveraineté, Tu es le Dieu véritable, Amine
Si quelqu’un a de la fièvre, on peut écrire cela avec l’écriture du muṣḥaf.
3 / Et il a dit une troisième chose : Ṣāliḥ a dit : « il m’arrivait de tomber malade. Mon père prenait un récipient dans lequel il y a de l’eau et il récitait dedans puis il me disait : bois-en, lave ton visage et tes mains avec.
4 / Et ʿAbdul-Lāh (le fils de l’imam Aḥmad) a rapporté qu’il voyait son père réciter les invocations de protection sur de l’eau puis il buvait de cette eau et il s’en déversait sur le corps.
5/ ʿAbdul-Lāh a dit qu’il a vu son père, plus d’une fois, à maintes reprises, boire de l’eau de Zamzam en recherchant la guérison et il s’en passait sur le visage et les mains.
6 / Yūsuf fils de Mūsā a dit qu’on rapportait un verre avec de l’eau à l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal, alors qu’on était dans la mosquée avec lui, puis il récitait dessus des invocations de protection.
7/ Certaines femmes qui ont du mal à accoucher : il écrivait dans un récipient blanc : bismil-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm / lā ilāha illal-Lāhu l-ḥalīmu l-karīm / subḥāna l-Lāahu rabbu l-ʿarši l-karīm/ al ḥamdu lil-Lāhi rabbi l-ʿāalamīne/puis le verset 35 de sūratu l-aḥqāf qui fait référence au jour du jugement quand ils verront ce dont ils avaient été menacés et ce qui les attend. Ils vont dire : on est resté dans la vie du bas-monde comme si c’était une heure. Ceci est un avertissement. / et le verset 46 de sūratu n-nāziʿāt qui fait référence également au jour du jugement : ils vont dire : la vie du bas-monde, c’est comme si nous étions restés juste une après-midi ou une matinée / Puis on donnait à boire à cette femme et on aspergeait sa poitrine avec le reste de cette eau. L’imam Aḥmad a rapporté cela de ʿAbdul-Lāh ibnu ʿAbbās.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit à propos du verset 69 : les ignorants comme les wahabites expliquent la parole de Dieu en disant que Dieu prononce cette phrase avec ces termes-là et c’est faux car Dieu n’est pas concerné par les attributs des créatures. Les Acharites expliquent ce verset en disant que Dieu a jugé de toute éternité que ce feu soit froid et paix ; c’est-à-dire que Dieu a ordonné cela. En effet on ne dit pas au sujet de Dieu qu’Il ne prononce ni qu’Il articule mais on dit qu’Il parle, d’une parole qui n’est pas de lettres ni de sons.
Quant aux Matouridites, ils disent que la signification est : Nous avons fait que ce feu soit fraicheur et paix sans que cela ne nous demande d’effort, sans que Nous soyons touchés par la fatigue.
Verset 70 : ils lui ont voulu du mal ; le peuple de Ibrāhīm lui voulait du mal, ils voulaient le brûler. Nous avons fait qu’ils soient, eux, les perdants. Dieu a fait que ce peuple de Nabuchodonosor soit anéanti. Dieu a fait qu’ils ont été attaqués par des moustiques qui ont dévoré leur chair et qui ont bu leur sang. Et un moustique s’est introduit dans le cerveau de Nabuchodonosor qui a été la cause de sa mort.
Verset 71 : et Nous l’avons sauvé lui ainsi que Lūṭ : Nous avons sauvé Ibrāhīm en Irak. Lūṭ est le neveu d’Ibrāhīm.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que Lūṭ est le fils de Hārān qui est le frère d’Ibrāhīm.
Dans la terre que Nous avons bénie pour les gens : cette terre qui est bénie est la région de Aš-Šām qui englobe l’actuelle Syrie, Liban, Palestine et une partie de la Turquie. La bénédiction consiste au fait que la plupart des prophètes sont originaires de cette région. Et leurs traces se sont diffusées partout sur terre. C’est une terre qui est fertile et généreuse. Le riche comme le pauvre peuvent y vivre. Il a été rapporté que notre maître Ibrāhīm est parti de l’Irak jusqu’en Palestine et que Lūṭ était dans une terre qui s’appelle al-muʾtafikah. Entre les deux, il y avait une distance d’un jour et d’une nuit de marche. Et le Prophète ʿalayhi s-salām a dit ce qui a pour sens : « il y aura des émigrations successives ; les meilleurs des gens sont ceux qui iront là où est allé Ibrāhīm ». Rapporté par ibnu ʿAsākir.
Verset 72 : et Nous lui avons accordé Isḥāq et Yaʿqūb en tant que dons : il y a eu plusieurs explications et parmi elles : il a été dit qu’Ibrāhīm a demandé à avoir un enfant et Dieu l’a exaucé en lui accordant Isḥāq puis Isḥāq a eu Yaʿqūb comme fils. Donc Ibrāhīm a eu un fils et un petit-fils.
Et tous, Nous en avons fait des vertueux : « tous » ici, il s’agit de ceux qui ont été vertueux dans leur application de la religion et par le fait qu’ils étaient prophètes.
Verset 73 : Nous avons fait qu’ils soient des guides, des imams qui guident les gens par notre ordre, Nous leur avons révélé d’accomplir le bien, d’accomplir la prière, de s’acquitter de la zakāt et qu’ils Nous adorent. C’est-à-dire qu’ils adorent Dieu.
Nous avons fait que ce soit des imams, c’est-à-dire qu’ils étaient pris pour modèles dans la religion. Ils guident les gens par la révélation de la part de Dieu Et Nous leur avons révélé d’accomplir les bonnes œuvres. Et d’accomplir la prière et de s’acquitter de la zakāt. Et ils n’adoraient pas les idoles. Par conséquent vous autres Arabes, qui êtes des descendants d’Ibrāhīm, suivez-le en cela, dans son adoration de Dieu uniquement.
Verset 74 : et Lūṭ, Nous lui avons accordé la sagesse : il y a 3 explications de la sagesse :
1/ c’est ce qu’il convient de faire comme actes ou bien
2/ c’est l’arbitrage juste entre les gens qui ont des différends ou bien
3/ le statut de prophète
Et une science : ici il s’agit du fiqh (la connaissance des jugements)
Et Nous l’avons sauvé de la ville (des habitants de la ville) et il s’agit de la ville de Sodome
Qui pratiquaient des actes mauvais : comme la sodomie ou le fait de lapider les gens qui passaient à proximité de leur ville
C’étaient des gens mauvais qui étaient pervers : ils désobéissaient à Dieu.
Verset 75 : Nous l’avons inclus dans notre miséricorde : c’est-à-dire que Nous l’avons inclus dans les gens à qui Nous faisons miséricorde et il s’agit de Lūṭ
Ou bien autre explication : il fait partie des gens du paradis.
Il fait certes partie des vertueux : c’est-à-dire en rétribution pour leur vertu, tout comme Nous avons anéanti son peuple par châtiment pour leur corruption.
Verset 76 : ainsi que Nūḥ, c’est-à-dire évoque -le quand il a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple. Nūḥ a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple.
Auparavant : c’est-à-dire avant ceux qui ont été mentionnés et il s’agit d’Ibrāhīm, d’Isḥāq et de Yaʿqūb et Lūṭ
Nous l’avons exaucé : Dieu a exaucé l’invocation de Nūḥ
Nous l’avons sauvé ainsi que son ahl (il est visé ici ses trois fils qui étaient croyants (car le 4° était mécréant) ainsi que les croyants qui l’avaient suivi, environ 80 personnes)
De la grande tourmente : et il s’agit du déluge et du démenti des injustes de son peuple.
Verset 77 : et Nous l’avons soutenu contre le peuple qui a démenti Nos signes : c’était des gens mauvais, Nous les avons tous fait périr par la noyade. Les plus jeunes et les plus âgés, les hommes et les femmes.
Verset 78 : et Dāwūd et Sulaymān (mentionne-les), ils arbitraient à propos des récoltes ou des vignes, lorsqu’un troupeau est entré dans une plantation de nuit (qui n’était pas celle de son propriétaire, il était sans berger) et il a mangé et Nous avons été témoins de leur arbitrage. Cela a eu lieu et Dieu le sait.
Verset 79 : Nous l’avons fait savoir (c’est-à-dire l’arbitrage ou bien le jugement religieux) à Sulaymān. Ceci est une preuve que la vérité était du côté de Sulaymān, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. L’histoire est qu’il y avait un troupeau qui avait pénétré dans une vigne sans qu’il y ait un berger qui les ait conduits là-bas et c’était de nuit. Les gens (les propriétaires du champ de vignes et les propriétaires du bétail) sont venus demander l’arbitrage à Dāwūd d’abord car c’était le père de Sulaymān. Il a dit : « il faut donner le troupeau aux propriétaires du champ à titre de dédommagement, parce que la valeur des deux était équivalente ». La valeur du troupeau était l’équivalent de ce qui a diminué de la valeur du champ, c’est-à-dire la valeur de la récolte. C’est alors que Sulaymān qui n’avait que onze ans à ce moment-là, a dit : il y a une autre sentence qui est moins contraignante pour les deux parties. Alors son père Dāwūd a dit : dis ce que tu as à dire. Sulaymān a dit : « je considère plutôt que le troupeau soit confié au propriétaire du champ pour qu’ils en tirent bénéfice (du lait, de la laine, des descendants lors de la reproduction) et de confier le champ au propriétaire du troupeau pour qu’il entretienne le champ en le labourant pour qu’il redevienne comme il était avant qu’il ne soit détruit. Ensuite chacun rendra à l’autre ce qu’il lui a donné C’est-à-dire que le propriétaire du champ va reprendre son champ et le propriétaire du troupeau va reprendre son troupeau. » Alors Dāwūd a entériné la sentence de son fils Sulaymān. Et il a demandé l’application du jugement émis par Sulaymān.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cela veut dire que la sentence qu’avait émise Dāwūd était correcte et également celle de Sulaymān. Mais le jugement de Sulaymān était meilleur.
Chacun des deux avait fait un iǧtihād (un effort de déduction) car il n’y avait pas eu dans leurs lois un texte qui indiquât le jugement pour un cas semblable. Mais dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, selon l’imam Abū Ḥanīfah et ses compagnons, que Dieu les agrée, il n’y a pas de dédommagement si un troupeau pénètre dans un champ, de nuit tout comme de jour, sauf si c’est un berger ou quelqu’un les y a amenés. Mais selon l’imam Aš-Šāfiʿī, si cela a eu lieu la nuit, il y a dédommagement. Et al-Ǧaṣāṣ qui est un grand savant hanafite a détaillé : ils doivent dédommager parce que ce sont eux qui ont envoyé le troupeau. Puis le dédommagement a été abrogé par la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui signifie : « ce que fait l’animal n’est pas dédommagé ». Rapporté par Al-Buǧārī. Car les animaux ne sont pas dotés de raison.
Muǧāhid qui est l’élève de Ibnu ʿAbbās a dit : ce que Sulaymān avait proposé était un accord à l’amiable. Et ce que Dāwūd avait proposé était une sentence et l’accord à l’amiable vaut mieux.
Et à chacun des deux : c’est-à-dire Dāwūd et Sulaymān, Nous avons accordé une sagesse : le statut de prophète
Et une science : c’est la connaissance du jugement.
Et Nous avons asservi à Dāwūd les montagnes qui évoquent Dieu avec Dāwūd, ainsi que les oiseaux. Les oiseaux ont été mentionnés après les montagnes parce que les montagnes sont des objets inanimés. Le fait que les montagnes évoquent Dieu est quelque chose d’encore plus étonnant et surprenant que les oiseaux. Il a été rapporté que Dāwūd passait auprès des montagnes en évoquant Dieu. Et elles répétaient avec lui les évocations. Et il a été dit que les montagnes se déplaçaient avec lui où qu’il aille.
Et Nous faisions cela
Verset 80 : et Nous lui avons enseigné comment fabriquer des labūs : ce sont des vêtements et ce qui est visé ici ce sont les armures et les boucliers. Dieu a enseigné à Dāwūd. Il y a 3 récitations ici : » lituḥṣinakum » « linuḥṣinakum » « liyuḥṣinakum » / « Pour que Nous vous préservions » « pour que cela vous préserve » « pour vous préserver »
Pour que ces armures vous protègent lorsque vous êtes en guerre contre votre ennemi
Allez-vous remercier pour les grâces que Dieu vous a accordées : le sens est un ordre.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les descendant d’Israël (le prophète Yaʿqūb), il est requis de leur part qu’ils remercient Dieu et ceci, en étant musulmans. Ces yahūd sont les descendants d’Israël, mais leurs mécréants ont mécru au lieu de remercier Dieu.
Verset 81 : Dieu a asservi à notre maître Sulaymān le vent et ici c’est une tempête et dans d’autres passages, ce vent a soufflé doucement : dans certains cas le vent soufflait fort et dans d’autres cas, il soufflait moins fort, en fonction de ce que Sulaymān lui demandait : c’est Sulaymān qui ordonnait au vent de souffler tantôt très fort et tantôt doucement, pour l’emmener, lui et son armée là où il voulait.
Ce vent soufflait sur l’ordre de Sulaymān vers la terre que Nous avons bénie : cette terre était bénie parce qu’elle comportait beaucoup de fleuves, de rivières, de fruits et il s’agit du pays de aš-šām qui est toute la région des confins du Sinaï jusqu’à la Turquie. C’était là-bas la résidence de notre maître Sulaymān.
Et Nous savons toute chose : tout ce qui arrive a lieu conformément à la science de Dieu. Tout ce qui a lieu, Dieu le sait avec détail. Il n’y a pas une seule chose qu’Il ignore.
Verset 82 : et parmi les démons ceux qui plongent dans les profondeurs et qui lui font d’autres tâches encore : Et ils agissent sous notre ordre. Parmi les démons : c’est-à-dire que certains démons ont été asservis à notre maître Sulaymān. Certains ont été asservis pour plonger dans les profondeurs des mers sur ordre de Sulaymān pour extraire des pierres précieuses et ce qu’il y a dans les mers.
Et qui lui font d’autres tâches encore : comme de construire des lieux pour l’adoration, construire des statues, des palais, des grands chaudrons, des grands récipients.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le terme qu’a employé An-Nasafī est al-ǧifān qui est le pluriel de ǧifnah et il s’agit des récipients qu’on utilise pour manger (comme des assiettes) ils étaient taillés dans du bois. Les Arabes qui étaient connus pour leur générosité avaient des grands récipients pour honorer leurs invités. Ḥassān ibnu Ṯābit qui était un grand poète s’est mis à dire de la poésie qui critiquait les non musulmans et le prophète l’encourageait. « Nous avons des grands récipients et nous avons des épées qui coulent de sang quand nous venons au secours des autres. » C’est-à-dire que nous sommes généreux et nous sommes des gens qui venons au secours des autres. La poésie arabe est un référentiel pour la compréhension du vocabulaire. Les savants ont accordé beaucoup d’importance à la poésie, notamment celle qui était avant les Omeyyades parce que, par la suite, la langue arabe s’est détériorée. Et l’apprentissage de la langue arabe qui permet de comprendre les textes est un devoir d’ordre communautaire. Ḥassān ibnu Ṯābit décrivait sa famille comme étant des gens généreux et vaillants lors du combat. Et il était le poète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et il prenait sa défense en utilisant la poésie. Il insultait les associateurs et il faisait l’éloge du Messager. Et cela leur faisait du mal comme s’il les lançait des épées. Et le Messager de Dieu lui a dit un jour : « cite-les en mal (c’est-à-dire les associateurs) et Ǧibrīl va te soutenir ». C’est une preuve de la confirmation du renfort de la part des prophètes et de la part des saints. Ce n’est pas Ǧibrīl qui était en train de souffler à ce compagnon les paroles qu’il disait à l’encontre des associateurs. Cela veut dire que Ǧibrīl sera à ses côtés et qu’il lui donnera du renfort. Et c’est ce renfort -là qui est connu chez les soufis.
Et un autre poète qui était de l’époque abbasside (qui est venue après l’époque omeyyade) qui s’appelle Baššār fils de Buʿd – il était aveugle – a dit un vers de poésie : « nos épées sont comme des étoiles qui tombent sur le sol ». Il a comparé les épées qui sont sur la terre qui est remuée dans tous les sens lors de la bataille, comme si c’était la nuit lorsque les étoiles brillantes apparaissent au milieu de l’obscurité. Quand les chevaux soulèvent la poussière lors de la bataille, ça devient obscur et les épées dans cette obscurité sont comme des étoiles dans la nuit.
Et Nous les préservons de s’écarter de l’ordre de Sulaymān : Dieu fait que les démons obéissent à la lettre aux ordres de Sulaymān et ils ne changent pas ce que Sulaymān leur ordonne de faire.
Autre explication ; Dieu fait qu’il n’y a pas de leur part de corruption. Malgré leur mécréance, Dieu les a asservis à notre maitre Sulaymān.
Verset 83 : et mentionne le récit d’Ayyūb qui a invoqué son Seigneur et qui a dit j’ai été touché par aḍ-ḍurr (Et c’est la nuisance dans le corps alors que aḍ-ḍarr c’est la nuisance en toute chose). Dans mon corps et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. Ayyūba employé beaucoup d’élégance et de douceur dans sa demande. Il a parlé de lui-même mais il a mentionné en lui ce qui demande la miséricorde. Puis il a mentionné son Seigneur par l’extrême miséricorde. Cela veut dire « j’ai besoin de Ta miséricorde et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux ». C’est comme s’il disait : ô Allāh Tu es celui Qui est digne de faire miséricorde et Ayyūb est celui qui a le plus besoin de ta miséricorde. Alors délivre- le de ce qui l’a touché ».
D’après Anas le serviteur du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, Ayyūb a avoué sa faiblesse quand il n’a pas pu se lever pour faire la prière. Et il ne s’était pas plaint auparavant. Il est celui à propos de qui Dieu dit : Nous avons vu qu’Ayyūb patientait, il était un bon esclave. Il a été dit qu’il s’est plaint à Dieu parce qu’il avait du plaisir à invoquer Dieu et non pas parce qu’il évacuait ses douleurs en évoquant Dieu. Et le fait de se plaindre à Dieu est le fait de s’en remettre totalement à Dieu et de rechercher la délivrance de la part de Dieu directement.
Verset 84 : Nous l’avons exaucé : c’est-à-dire que Nous lui avons donné ce qu’il avait demandé dans son invocation.
Nous l’avons délivré de la nuisance qu’il avait : Dieu lui a fait grâce de le délivrer de cette nuisance.
Et Nous lui avons accordé sa famille et le nombre semblable d’enfants : il a été rapporté qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām était romain de la descendance d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām et qu’il avait sept fils et sept filles et trois mille chameaux et sept mille moutons et cinq cent charrues. Et en plus de cela, il avait cinq cent esclaves et chaque esclave avait une femme et des enfants. Il avait des dattiers. Et Dieu lui a fait subir une épreuve. Dieu l’a éprouvé par la perte de ses enfants, par la perte de sa fortune et par la maladie dans son corps durant dix-huit ans. Et qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām ne s’est pas plaint.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’il retenait cet avis-là car il y a un ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān qui confirme cela.
La femme d’Ayyūb ʿalayhi s-salām était restée à ses côtés pendant tout ce temps-là. Un jour, elle lui a dit de demander à Dieu qu’Il le guérisse de sa maladie. Il a demandé à sa femme la durée qu’ils avaient passée dans une situation confortable avant sa maladie ; elle lui a dit : quatre-vingts ans. Il a dit : « j’ai honte de demander à Dieu de me délivrer de mon épreuve alors que la durée de l’épreuve n’a pas encore égalé la durée de l’aisance ». Quand Dieu l’a délivré de sa maladie, Il lui a ressuscité ces mêmes enfants qu’il avait perdus. Et il lui a donné le double.
C’est une miséricorde de Notre part et un rappel pour les adorateurs : ce qui est arrivé à Ayyūb est une miséricorde pour lui et c’est un rappel pour d’autres que lui afin que d’autres que lui patientent comme lui a patienté et qu’ils soient récompensés tout comme lui a été récompensé.
Verset 85 : et Ismāʿīl (le fils d’Ibrāhīm) et Idrīs (qui est le fils de šīṯ descendant d’Ādam) et Ḏu l-Kifl mentionne -les, Ḏu l-Kifl est le prophète Ilyās ou bien le prophète Zakariyyā ou bien le prophète Yūšāʿ fils de Nūn.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que c’est l’avis de certains mais en réalité Ḏu l-Kifl est un prophète autre que ceux-là. A ne pas confondre avec un homme qui s’appelle al-Kifl qui est un descendant d’Isrāʾīl. C’était un désobéissant puis il a fait le repentir.
Tous sont au nombre de ceux qui patientent : c’est-à-dire que tous ceux qui ont été cités font partie de ceux qui patientent.
Verset 86 : et Nous leur avons accordé Notre miséricorde : ici la miséricorde signifie le statut de prophète ou bien la grâce qui les attend dans l’au-delà.
Certes ils font partie de ceux qui sont vertueux : c’est-à-dire de ceux dont la vertu n’est pas souillée par une quelconque corruption.
A partir du verset 87, il est question du prophète Ḏu n-Nūn
Exégèse de sūratu l-ʾanbiyāʾ versets de 1 à 63
Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres. Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.
Toute chose qui va venir est proche.
Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.
Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).
Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.
« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.
C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.
Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ».
Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).
Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie. Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.
Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.
Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).
Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.
Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces
Ou c’est plutôt un poète
Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.
Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.
Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.
Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.
Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie
Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.
Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?
Cela veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.
La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.
Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».
Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».
Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.
Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.
Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.
Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.
La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.
Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.
Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.
Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.
Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).
Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.
Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.
N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.
Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.
qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée.
Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.
Verset 12 : quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation
C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.
Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.
Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.
Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.
Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.
Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé. C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.
Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.
Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).
Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –
Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.
Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.
Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.
Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,
Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.
Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.
Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,
De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.
Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».
Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre. « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.
Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.
Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)
Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »
Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.
« subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ». Or Dieu est absolument exempt de cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.
« law kāna fīhimā » : fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.
Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.
Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,
1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.
2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance
3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.
Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.
Et il est impossible que le dieu soit impuissant.
Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre que lui, il est possible que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement, cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on n’émette pas d’objection contre lui.
Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.
On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.
L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.
Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.
La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.
Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.
Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.
Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.
Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.
Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.
Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.
Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).
Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.
Et ils agissent conformément à Ses ordres.
Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.
Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.
Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.
Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.
Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.
Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer
C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer
C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.
Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.
Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.
Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).
Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.
Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.
Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.
Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.
Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?
Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.
Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.
Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī ) des piquets pour que la terre ne tremble pas. rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.
Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.
Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.
Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».
Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas. Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.
Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.
Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.
Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.
Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.
Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.
Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.
Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.
Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.
inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.
C’est la première explication qui vise l’être humain en général.
Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».
Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer. Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.
Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.
Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.
Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.
Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.
Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.
Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.
Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu. Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.
Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ? Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.
Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.
Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.
Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.
Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?
Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.
Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.
Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis. C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.
Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.
Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.
Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.
Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes. Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.
Verset 48 : Nous avons accordé à Mūsā et à Hārūn al-furqān qui est un éclairage et un rappel pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Il a été dit que ces trois caractéristiques (al-furqān, un éclairage et un rappel) sont les trois caractéristiques de la torah. al-furqān signifie ce qui permet de séparer entre le vrai et le faux et l’éclairage est ce qui permet d’éclairer, de montrer notre chemin, c’est ce qui permet de parvenir à la voie de la sauvegarde et le rappel c’est dans le sens de l’honneur ou de l’exhortation ou de l’avertissement, ou encore c’est le rappel de ce dont les gens auront besoin concernant leur religion. La structure du verset avec la conjonction de coordination « wa » est une structure qui permet d’énumérer la même chose, tout comme à propos de Yaḥyā, le cousin de notre maître ʿīsā, sayyidan il était un maitre, il était chaste et c’était un prophète. Et tu dis en arabe : je suis passé auprès de Zayd, l’honorable, le savant et le vertueux. Et ce qui est mentionné (ces trois caractéristiques) est utile pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Verset 49 : ceux qui craignent leur Seigneur quand ils sont tous seuls et qui craignent le jour du jugement. Quand on est seul, on est plus proche de la sincérité. Et ils craignent les stations importantes du jour du jugement.
Verset 50 : et celui-ci est une évocation bénie : ils’agit du Qur’ān qui comporte beaucoup de biens et qui est extrêmement bénéfique, Nous l’avons fait descendre sur Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Est-ce que vous reniez cela : c’est une interrogation de réprimande, de blâme. C’est-à-dire « est-ce que vous reniez donc sue ce livre soit révélé par Dieu ? »
Verset 51 : Nous avons accordé à Ibrāhīm la bonne guidée auparavant : c’est-à-dire avant Mūsā et Hārūn, ou bien avant Muḥammad. Et Nous savons : c’est un « Nous » de majesté et non pas un « nous » de pluriel, il indique que c’est Dieu qui parle à propos de Ibrāhīm ou bien à propos de sa bonne guidée, qu’il est apte à recevoir ce que Dieu lui accordé. Il lui a été accordé le statut de prophète.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, savait, avant même de recevoir la révélation que Dieu seul mérite la divinité. Certains se sont trompés, ils ont prétendu qu’Ibrāhīm al-Ġāzī avait pensé que l’astre était son dieu ainsi que le soleil également et que la lune. Puis ils disent que Dieu l’a guidé. Or ceci est faux. Et le Qur’ān confirme cela, le fait que Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, soit bien guidé, par ce verset. En effet Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam savait cela avant le débat qu’il a mené avec son peuple au sujet des astres qui ne sont pas des divinités. (ar-rušd) ici c’est la foi : le Qur’ān a innocenté Ibrāhīm de ce que pensent à tort certaines personnes. Et leur prétention que Ibrāhīm aurait prétendu que le soleil aurait été son dieu, puis la lune puis le soleil, cela contredit le Qur’ān. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ne connaisse Dieu, sans qu’il ne connaisse ce qui est possible au sujet de Dieu et ce qui est impossible à Son sujet. Et ceci avant même de recevoir la révélation du statut de prophète. Et Dieu dit à propos de Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, ce qui a pour sens : « Ibrāhīm n’était ni juif ni chrétien, il était sur l’Islam, à l‘écart de tout autre religion. Et il n’était pas au nombre des associateurs ». Al-Ġāzī (un exégète de la ville de Téhéran) a dit : « le plus authentique de l’explication de la parole d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam quand il a dit (hāḏā rabbī), est au titre de l’argumentation, il a établi la preuve contre son peuple. Ce n’était pas au titre de l’information. Dieu n’a pas blâmé d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam pour cela mais Il l’a mentionné par l’éloge et la glorification. Dieu lui a montré cela pour qu’il augmente en certitude ».
Verset 52 : Ibrāhīm disait à son père et à son peuple qu’est-ce donc ces représentations autour desquelles vous vous tenez. (Pour les adorer)
Le père d’Ibrāhīm s’appelait Āẓār et c’était un mécréant. Les représentations ici, ce sont les idoles qui ont l’aspect de fauves, d’oiseaux et d’humains. En disant « qu’est-ce donc », il feint d’ignorer ce qu’ils font, pour humilier leurs idoles, car il savait bien qu’ils les glorifiaient. Ils ont été incapables de donner une réponse à cela. Ils ont dit dans le verset suivant.
Verset 53 : ils ont dit nous avons trouvé nos ancêtres qui les adoraient.
Verset 54 : il (Ibrāhīm) leur a dit vous étiez, vous que vos parents, dans un profond égarement. Il vise par-là que ceux qui imitent (ceux à qui il s’adresse) et ceux qui sont imités (ce sont leurs ancêtres), tous deux se sont engagés dans une voie claire d’égarement qui n’échappe à aucune personne sensée.
Verset 55 : ils lui ont dit est-ce que tu es sérieux ou bien tu es en train de plaisanter ? Ils lui ont dit : tu veux vraiment qu’on abandonne l’adoration de nos idoles ? Ils ont considéré sérieusement le blâme qu’il leur avait fait. Et ils ne pensaient pas qu’ils étaient dans un état d’égarement. Ibrāhīm leur a répondu par le verset 56.
Verset 56 : il (Ibrāhīm) a dit non votre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre, c’est Lui Qui les a créés. Comment la créature serait-elle adorée au lieu d’adorer le créateur ?
Et moi je suis témoin de cela : c’est-à-dire qu’Ibrāhīm dit qu’il est témoin que Dieu est le créateur de ce que vous avez représentés et que vous vous êtes mis à adorer.
Verset 57 : par Dieu, je vais nuire à vos idoles et je vais les détruire. : ici c’est la lettre « ta » qui est employée pour jurer et pour marquer l’étonnement, car le fait de nuire aux idoles était quelque chose de difficile, face au pouvoir du gouverneur de l’époque Nabuchodonosor. Mais ici c’est pour marquer la facilité avec laquelle il va pouvoir détruire les idoles malgré cela.
Quand vous allez partir pour votre jour de fête : quand ils vont partir pour leur fête, ils vont laisser leur temple sans surveillance.
Ibrāhīm a dit cela à voix basse, à l’écart de son peuple. Mais un parmi eux l’a entendu. Notre maître Ibrāhīm a dit une parole qu’il ne faut pas prendre dans son sens apparent, quand il a dit « je suis malade » c’est-à-dire « je vais tomber malade ». Ceci pour ne pas se rendre avec eux à leur fête afin de pouvoir aller au temple où ils entreposent les idoles pour les détruire.
Verset 58 : il les a mis en pièces : Ibrāhīm a détruit ces idoles (il les a mises en morceaux) sauf la plus grande. Il a utilisé une hache pour les casser puis il a accroché la hache sur la plus grande des idoles.
Ceci dans le cas où son peuple se serait retourné vers la plus grande des idoles afin de savoir qui avait cassé les plus petites. Ceci pour leur montrer que l’idole est incapable de se défendre.
Verset 59 : ils ont dit qui donc a fait cela à nos idoles, c’est certes quelqu’un d’injuste. Cela signifie que celui qui a détruit ainsi nos idoles c’est quelqu’un d’extrêmement injuste parce qu’il a osé attaquer la divinité véritable (ce qu’ils considèrent comme mériter l’extrême glorification).
Verset 60 : ils ont dit nous avons entendu un jeune homme parler de nos idoles qui s’appelle Ibrāhīm.
Verset 61 : ils ont dit amenez-le devant tout le monde, comme ça ils vont témoigner. Ils (il s’agit de Nabuchodonosor et des nobles de son peuple) voulaient venger leurs idoles de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam : Ils ont dit « convoquez-le devant tout le monde », ils voulaient lui faire son procès, pour que les gens puissent témoigner de ce qu’ils auraient entendu. C’est comme si Nabuchodonosor et sa cour rapprochée ne voulaient pas punir Ibrāhīm sans preuve contre lui. Ou alors ils voulaient rassembler les gens pour qu’ils viennent pour témoigner de la punition.
Verset 62 : ils ont dit est-ce donc toi qui as fait cela à nos idoles, ô Ibrāhīm ?
Verset 63 : il a dit c’est la plus grande des idoles qui a fait cela : c’est comme s’il avait dit : c’est à cause de la plus grande.
- Ce n’est pas un mensonge quand il a dit cela mais c’est la réalité car c’est la plus grande des idoles qui avait amené Ibrāhīm à détruire les idoles. Ibrāhīm était exaspéré de leur exagération dans la glorification de la plus grande des idoles ; en effet ils l’embellissaient, ils lui donnaient des offrandes. C’est ce qui a amené Ibrāhīm à détruire les petites idoles et à humilier la plus grande. De sorte que l’attribution du verbe à la plus grande est à prendre au sens figuré.
- Comme quand il avait dit que Sārah était sa sœur alors qu’ils étaient en Egypte : cela ne voulait pas dire qu’ils avaient le même père mais cela voulait dire qu’elle était sa sœur en Islam.
Posez-leur la question si elles sont capables de prononcer (de parler) : Ibrāhīm leur a lancé un défi car les idoles ne peuvent pas parler, ce qui prouve encore une fois leur impuissance. Et ceci montre que son peuple était dans l’erreur.
Réplique aux prétendus coranistes
بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
Il se trouve aujourd’hui des gens qui disent à notre époque, qu’il nous suffit de nous attacher au Qour’an et que nous n’avons pas à croire au hadith prophétique ni à l’appliquer pour nous, ni à œuvrer conformément aux hadith. Ceci est une sortie de la religion, c’est une apostasie.
Ce groupe, cher bien aimés, ce groupe se prétend de l’Islam en apparence, ils disent d’eux même : « Nous sommes musulmans », ils prétendent qu’ils sont attachés au Qour’an mais ils disent : « Qu’est-ce que nous avons à voir avec le hadith prophétique ? Pourquoi ne devons avoir à faire aux hadith prophétique ? Nous n’avons pas à prendre le hadith prophétique ni à croire en la véracité en certains hadith prophétique que le prophète a dit. »
Nous disons : le Qour’an, nous devons y croire et le hadith authentique, sûr, que le messager de Allah a prononcé, il est un devoir pour nous de croire en sa véracité.
Tu les vois argumenter selon leur prétention par certains versets du Qour’an comme la parole de Allah :
مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾
[sourat Al-An^am / 38] C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Ils disent que se verset est une preuve en leur faveur, une preuve pour eux selon leur prétention que le Qour’an comporte le détail de tous avec minutie et tous ce dont les personnes responsables ont besoin comme lois et autres.
Ils disent, Allah dit :
مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾
C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Ils prennent ce verset comme preuve en leur faveur pour rejeter la sounnah et pour ne pas œuvrer conformément à la sounnah. Ils disent : « Nous avons dans le Qour’an ce qui nous passe de la sounnah » c’est-à-dire qu’ils disent : « nous, si nous nous attachons au Qour’an nous n’avons pas besoin du hadith du messager de Allah ».
Nous parlons là de gens qui existent maintenant à notre époque, ils existent en Egypte et dans plus d’un état arabe, ils se prétendent comme les coranistes les -qour’aniyyine-. Il se font appeler les coranistes parce que selon leur prétention ils s’attachent au Qour’an et délaissent le hadith prophétique.
Ce verset :
مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾
Le sens est correct mais ce n’est pas celui qu’ils ont prétendu. La parole de Allah :
مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾
Signifie : le Qour’an comporte des choses que Allah a mentionné avec force détail, avec beaucoup de clarté, des jugements clairs, explicites, détaillés, nous devons œuvrer conformément à ces versets car Allah les a indiqués, les a détaillés, les a clarifiés. Mais dans le Qour’an il y a des choses que Allah a mentionné en globalité, en général, c’est-à-dire ce sont des choses générales, ce sont des choses dont Allah ^azza wa jall n’a pas indiqué le détail. Comment connaissons-nous le détail alors que Allah n’a pas détaillé ces jugements ? En se réfèrent au hadith du messager de Allah.
Et Allah, Lui qui a révélé le Qour’an, nous a ordonné de suivre notre prophète. Dans le Qour’an il y a l’ordre pour nous de suivre sa parole dans ce que le Qour’an a comporté en globalité, c’est-à-dire, là où le Qour’an n’a pas détaillé, là où le Qour’an n’a pas indiqué mais qu’il a mentionné en globalité, d’une manière générale sans détail.
N’est-ce pas que Allah ^azza wa jall dit :
وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ﴿ ٧ ﴾
[Sourat Al-Hachr / 7] c’est-à-dire : « Ce que le messager vous a indiqué prenez-le en compte ». Qui nous a ordonné de prendre en compte ce que le messager dit ? C’est Allah, Lui qui a révélé le Qour’an.
Allah dit :
وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَىٰكُمۡ عَنۡهُ فَٱنتَهُوا۟ۚ ﴿ ٧ ﴾
C’est-à-dire : « Ce que le messager vous a ordonnez de faire, faites-le, et ce qu’il vous a interdit de faire abstenez-vous en ».
Donc, nous si nous apprenons le hadith prophétique, que nous connaissons les Lois que notre messager a indiqué, qu’il nous a détaillé, nous aurons ainsi agit conformément à l’ordre de Allah, nous aurons appliqué l’ordre de Allah qu’Il nous ordonné dans le Qour’an par Sa parole :
وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَىٰكُمۡ عَنۡهُ فَٱنتَهُوا۟ۚ ﴿ ٧ ﴾
C’est-à-dire : « Ce que le messager vous a ordonnez de faire, faites-le, et ce qu’il vous a interdit de faire abstenez-vous en ».
Que veut dire alors la parole de Allah :
مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾
C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Elle veut dire que le Qour’an comporte des versets dans lesquels Allah a indiqué le détail. Allah a clarifié les jugements, dans le détail de ces jugements il y a une suffisance, c’est pour cela que le messager n’a pas rajouter sur ce que Allah ^azza wa jall a dit, tant que l’ordre est venu détailler dans le Qour’an. Mais il y a d’autres sujets que Allah ta^ala a mentionné en globalité, qu’Il n’a pas détaillé, les gens ont eu donc besoin de l’explication du messager, des détails qu’il nous a donné.
Allah dans le Qour’an a indiqué par allusion l’obligation des 5 prières par jour et nuit :
فَسُبۡحَـٰنَ ٱللَّهِ حِینَ تُمۡسُونَ وَحِینَ تُصۡبِحُونَ﴿ ١٧ ﴾
وَلَهُ ٱلۡحَمۡدُ فِی ٱلسَّمَـٰوَ ٰتِ وَٱلۡأَرۡضِ وَعَشِیࣰّا وَحِینَ تُظۡهِرُونَ﴿ ١٨ ﴾
[sourat Ar-Roum / 17-18]
تُمۡسُونَ fait référence à la prière du maghrib et la prière du ^icha’ car ce sont des prières qui ont lieu la nuit. Et وَحِینَ تُصۡبِحُونَ ceci fait référence à la prière de l’aube, as-soubh. وَعَشِیࣰّا c’est-à-dire la prière de al-^asr, وَحِینَ تُظۡهِرُونَ c’est-à-dire la prière de adh-dhouhr.
Donc ces versets comportent l’allusion, comme l’a compris Ibnou ^Abbas, de l’obligation des 5 prières.
Si nous nous suffisons de ce verset, nous aurons su qu’il y a 5 prières que Allah ^azza wa jall nous a ordonné d’accomplir, mais où est le détail de ces prières ? Est-ce qu’il y a un détail du nombre de rak^ah pour chaque prière dans le Qour’an ? Il n’y a pas le détail que la prière du soubh est de deux rak^ah, que la prière de adh-dhouhr, du ^asr et du ^icha’ et de 4 rak^ah et que la prière de Al-maghrib est de 3 rak^ah. Il n’y a rien qui indique cela dans le Qour’an. Que ce soit concernant le nombre de rak^ah de chaque prière et leur nom.
C’est le messager qui nous a indiqué que la prière de Adh-dhouhr, du ^asr et du ^icha’ sont de 4 rak^ah et ainsi de suite. Ainsi, le messager nous a clarifié, nous a détaillé, ce que le Qour’an a mentionné en globalité.
Autre exemple : le Tawaf autour de la Ka^bah. Allah ta^ala dit dans le Qour’an :
وَلۡیَطَّوَّفُوا۟ بِٱلۡبَیۡتِ ٱلۡعَتِیقِ﴿ ٢٩ ﴾
[sourat Al-Hajj / 29]
C’est-à-dire : « Ils tournent autour de la Maison ancienne -c’est-à-dire la Ka^bah-. »
Combien de tour devons-nous faire ? 3, 5, 7, 14, 13 ? Comment avons-nous su qu’il s’agit de 7 tours ? C’est le messager qui a indiqué, qui a expliqué, qui a détaillé ce que le Qour’an a mentionné de manière globale sans détailler.
Le prophète a dit :
خذوا عنِّي مناسِكَكم
C’est-à-dire : « Apprenez de moi les rites de vos actes d’adorations. », c’est-à-dire : « Apprenez à faire vos actes d’adorations en m’observant. » Quand il a fait 7 tours autours de la Ka^bah, pas 9, pas 5, nous avons su que les nombres de tours autour de la Ka^bah sont au nombre de 7. Car c’est le messager qui a dit :
خذوا عنِّي مناسِكَكم
C’est-à-dire : « Apprenez de moi les rites de vos actes d’adorations. » Donc, nous avons su qu’il s’agit de 7 tours par l’enseignement du messager.
Autres versets dans le Qour’an que Allah a fait descendre par révélation en indiquant des lois générales qui ont besoin de spécification, de restriction ; si l’un d’entre nous étudie la parole de Allah ^azza wa jall :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾
[Sourat An-Niça’ / 11]
C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille ». Donc, si un père meurt, ses enfants vont hériter de lui et le garçon aura le double de la fille, c’est-à-dire que le frère va prendre deux parts et la sœur va prendre une part. La mention est citée dans ce verset. Ceci est un jugement général.
Il est parvenu dans la loi du messager ce qui indique des exceptions, il y a des gens qui ne vont pas hériter. Notre prophète, quand il est mort a laissé sa fille Fatimah et il avait des épouses. Si c’était autre que le prophète, quelqu’un d’autre qui n’est pas prophète, n’est-ce pas que ses épouses, sa fille auraient héritées de lui ? Mais le prophète, lui, ne laisse pas d’héritage. Tous les prophètes ne laissent pas d’héritage.
C’est-à-dire que sa fille Fatimah, que Dieu l’agrée n’a pas hérité de son père, le messager de Allah. Pourtant dans le Qour’an, Allah dit :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾
C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille » Et Fatimah est la fille du messager de Allah, malgré cela elle n’a pas héritée, pourquoi ? Car il est parvenu dans la sounnah ce qui spécifie la règle générale de ce verset. Dans la sounnah, c’est-à-dire le hadith prophétique, il y a ce qui a spécifié le caractère général de ce verset. Qu’est-ce qui est spécifié ? Le fait que les prophètes ne laissent pas d’héritage, le prophète a dit :
نحن معاشر الأنبياء لا نورث ما تركنا صدقة
C’est-à-dire : Nous ne laissons pas d’héritage, ce que nous laissons sera distribué aux gens », c’est-à-dire : « Quand nous mourrons, ce qui était notre propriété sera dépensée dans les intérêts des musulmans, dans des postes bien définis ».
Ainsi, comment avons-nous su que le verset :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾
A un cas particulier qui est que le prophète ne laisse pas d’héritage ? Par le hadith ; le messager a indiqué que le jugement du prophète, du fait qu’il ne laisse pas d’héritage, c’est un jugement particulier qui décline du jugement général du verset.
N’eût été le messager qui nous a indiqué cela nous n’aurions pas su et nous n’aurions pas connu ce jugement et Fatimah aurait dit quand son père est mort : « Je veux ma part d’héritage, n’est-ce pas que Dieu dit :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ
Mais notre maître Abou Bakr a dit : « J’ai entendu le Messager de Allah dire :
نحن معاشر الأنبياء لا نورث ما تركنا صدقة
Qui signifie : « Nous autres prophètes nous ne laissons pas d’héritage ce que nous laissons sera dépensé dans les intérêts des musulmans ». Fatimah a ainsi su qu’elle n’avait pas de part dans l’héritage du messager de Allah.
Un autre point : Le messager a restreint le caractère général de ce verset par consensus, par l’unanimité chez les savants des musulmans dans leur totalité, que le fils s’il tue son père, que Dieu nous en préserve, il n’hérite pas des biens de son père. Car le père était la cause de la vie de son fils et le fils a été la cause de la mort du père, c’est cela qui le prive de l’héritage. Car il n’a pas répondu à la bienfaisance par la bienfaisance.
Il n’y a pas dans le Qour’an, depuis sourat Al-Fatihah, puis Al-Baqarah, puis ‘Ali ^Imran, jusqu’à sourat An-Nas, que celui qui assassine, même si c’est un fils, il n’hérite pas de son père, mais Allah ^azza wa jall dit :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾
Donc, le caractère général de ce verset est que le fils hérite nécessairement de son père mais est venu ce qui a restreint, ce qui a spécifié le jugement de ce verset, à partir du hadith du messager :
Qui signifie : « L’assassin n’hérite pas de sa victime »
Et dans une version :
« L’assassin n’hérite aucune part du bien de sa victime ». Le messager nous a indiqué ce jugement, il a spécifié par ce hadith le jugement général qui est compris dans la parole de Allah ^azza wa jall :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾
C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille » et pourtant le fils n’hérite pas de son père s’il l’a assassiné. Si le fils a tué son père il n’hérite rien de lui par unanimité, par consensus car le messager l’a dit et en raison de l’unanimité de la communauté à ce sujet.
Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-Anbiyaa’ : 1-47
Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres. Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.
Toute chose qui va venir est proche.
Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.
Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).
Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.
« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.
C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.
Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ».
Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).
Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie. Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.
Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.
Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).
Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.
Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces
Ou c’est plutôt un poète
Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.
Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.
Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.
Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.
Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie
Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.
Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?
Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.
La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.
Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».
Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».
Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.
Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.
Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.
Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.
La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.
Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.
Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.
Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.
Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).
Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.
Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.
N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.
Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.
qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée.
Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.
Verset 12 : quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation
C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.
Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.
Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.
Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.
Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.
Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé. C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.
Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.
Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).
Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –
Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.
Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.
Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.
Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,
Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.
Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.
Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,
De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.
Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».
Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre. « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.
Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.
Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)
Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »
Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.
« subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ». Or Dieu est absolument exempt de cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.
« law kāna fīhimā » : fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.
Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.
Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,
1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.
2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance
3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.
Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.
Et il est impossible que le dieu soit impuissant.
Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre que lui, il est possible que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement, cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on n’émette pas d’objection contre lui.
Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.
On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.
L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.
Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.
La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.
Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.
Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.
Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.
Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.
Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.
Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.
Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).
Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.
Et ils agissent conformément à Ses ordres.
Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.
Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.
Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.
Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.
Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.
Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer
C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer
C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.
Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.
Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.
Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).
Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.
Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.
Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.
Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.
Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?
Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.
Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.
Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī ) des piquets pour que la terre ne tremble pas. rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.
Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.
Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.
Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».
Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas. Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.
Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.
Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.
Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.
Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.
Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.
Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.
Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.
Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.
inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.
C’est la première explication qui vise l’être humain en général.
Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».
Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer. Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.
Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.
Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.
Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.
Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.
Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.
Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.
Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu. Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.
Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ? Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.
Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.
Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.
Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.
Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?
Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.
Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.
Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis. C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.
Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.
Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.
Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.
Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes. Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.