40 Hadith an Nawawiyy : Hadith 2
D’après ^Oumar, que Allah l’agrée, il a dit : Tandis que nous étions assis auprès du Messager de Allah, un jour un homme est apparu portant des habits d’une extrême blancheur et des cheveux extrêmement noirs, on ne distinguait sur lui aucune trace de voyage, aucun de nous ne le connaissait. Il prit place auprès du Prophète, il a accolé ses genoux aux genoux du Prophète, il a posé ses mains sur les cuisses du Prophète et a dit :
« يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي عَنِ الإسْلامِ »
Ô Mouhammad parle-moi de l’Islam. Le Messager de Allah a dit :
((الإسْلامُ أَنْ تَشْهَدَ أَنْ لا إِلَهَ إِلا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّداً رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَتُقِيمَ الصَّلاةَ وَتُؤْتِيَ الزَّكَاةَ وَتَصُومَ رَمَضَانَ وَتَحُجَّ الْبَيْتَ إِنِ اسْتَطَعْتَ إِلَيْهِ سَبِيلاً ))
ce qui signifie : « L’Islam, c’est que tu témoignes qu’il n’est de dieu que Allah et que Mouhammad est le Messager de Allah, que tu accomplisses la prière, que tu t’acquittes de la zakat, que tu jeûnes Ramadan et que tu accomplisses le pèlerinage à la Maison sacrée si tu en es capable« . Il a dit :
« صَدَقْتَ »
« Tu as dit vrai« . Nous nous sommes alors étonnés à son sujet, il l’interroge puis il atteste de sa véracité. Il a dit :
« فَأَخْبِرْنِي عَنِ الإيمَانِ »
Parle-moi de la foi (al-‘iman). Le Prophète a dit :
((أَنْ تُؤْمِنَ بِاللَّهِ وَمَلائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّهِ ))
ce qui signifie : « C’est que tu crois en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers, au jour dernier, et que tu crois en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal« . Il lui a dit
« صَدَقْتَ »
« Tu as dit vrai« . Il lui a dit :
« فَأَخْبِرْنِي عَنِ الإحْسَانِ »
Parle-moi de al-‘ihsan. Le Prophète lui a dit :
((أَنْ تَعْبُدَ اللَّهَ كَأَنَّكَ تَرَاهُ فَإِنْ لَمْ تَكُنْ تَرَاهُ فَإِنَّهُ يَرَاكَ ))
ce qui signifie : « C’est que tu adores Allah comme si tu le voyais car si tu ne le vois pas, Lui Il te voit« . Il lui a dit :
« فَأَخْبِرْنِي عَنِ السَّاعَةِ »
Parle-moi de l’Heure annonçant le jour du jugement, le Prophète a dit :
((مَا الْمَسْئُولُ عَنْهَا بِأَعْلَمَ مِنَ السَّائِلِ ))
ce qui signifie : « Celui qui a été interrogé n’en a pas plus de connaissance que celui qui interroge« . Il lui a dit :
« فَأَخْبِرْنِي عَنْ أَمَارَتِهَا »
Parle-moi de ses signes annonciateurs. Le Prophète a dit :
((أَنْ تَلِدَ الأمَةُ رَبَّتَهَا وَأَنْ تَرَى الْحُفَاةَ الْعُرَاةَ الْعَالَةَ رِعَاءَ الشَّاءِ يَتَطَاوَلُونَ فِي الْبُنْيَانِ ))
ce qui signifie : « Que la femme esclave donne naissance à sa maîtresse, que tu voies les gens qui étaient nu-pieds, mal habillés, pauvres qui étaient hébergés construire des bâtiments en hauteur« . Puis il s’en est allé. Je suis resté longtemps, puis le Prophète a dit :
((يَا عُمَرُ أَتَدْرِي مَنِ السَّائِلُ ))
ce qui signifie : « Ô ^Oumar, sais-tu qui a posé ces questions ?« , je lui ai dit :
« اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ »
« Allah ta^ala sait plus que tout autre et Son prophète sait« . Il m’a dit :
((فَإِنَّهُ جِبْرِيلُ أَتَاكُمْ يُعَلِّمُكُمْ دِينَكُمْ ))
ce qui signifie : « Il s’agit de Jibril, il est venu vous enseigner votre religion«
[Rapporté par Mouslim].
Commentaire du hadîth
Ce hadîth éminent a englobé tous les actes réguliers apparents et intérieurs, les sciences de la Loi de l’Islam se réfèrent à ce hadîth dérivent de ce hadîth en raison de ce qu’il comporte comme informations générales englobant la science de la sounnah. Ce hadîth constitue une référence pour la sounnah comme la Fâtihah est une référence pour le Qour’ân en raison de ce que la Fâtihah englobe comme sens du Qour’ân.
Il y a dans ce hadîth une indication quant au fait de soigner ses vêtements et son aspect, ainsi que de veiller à son hygiène lorsqu’on rend visite aux savants, aux gens de mérite et aux rois, car certes Jibrîl était venu pour enseigner aux gens par son comportement et par sa parole.
Sa parole « lâ yourâ ˆalayhi ‘atharou s-safar » ce qui est célèbre c’est avec la dammah sur le yâ’ qui est à la voie passif dont le sujet n’est pas cité, et il y a certains qui rapporte une version à la première personne du pluriel (lâ narâ) et les deux sont corrects.
Sa parole « wawadaˆa kaffayhi ˆalâ fakhidhayh, waqâla : yâ Mouhammad » c’est la version la plus célèbre et la plus authentique, et An-Naçâ’iyy l’a rapporté dans le même sens, il a dit « fawadaˆa yadayhi ˆalâ roukbatayyi n-nabiyy » alors cela lève l’ambiguïté qu’il y a dans les termes du livre de Mouslim [car le pronom rattaché aux genoux peut se rapporter au Prophète ou à Jibrîl lui-même, alors la version de An-Naçâ’iyy à lever cette ambivalence][1].
En outre, on déduit de ce hadîth que l’Islam et la foi sont deux réalités différentes, selon la langue et selon la Loi, et c’est cela la règle d’origine concernant les noms qui sont différents, mais il arrive par extension que la Loi emploie l’un des deux termes pour désigner l’autre par figure de style.
Sa parole qui signifie « Nous nous sommes alors étonnés à son sujet, il l’interroge puis il atteste de sa véracité » et ils étaient surpris de cela car ce que le Prophète a amené comme information sont des informations que l’on ne peut connaitre que par son intermédiaire, et celui-là qui pose la question n’est pas connu pour avoir rencontré le Prophète ni d’avoir entendu de lui ces informations, par ailleurs celui qui a posé la question l’a posé de la manière de celui qui est sûr de lui-même connaissant la réponse, alors ils se sont étonné de cela.
Sa parole qui signifie : « Que tu crois en Dieu, en Ses anges[2] et en Ses livres » et la foi en Dieu c’est d’avoir pour conviction que Allâh qui est exempt de tous défauts existe, qu’Il a les attributs de perfection, qu’Il est exempt de tous caractères d’imperfection, et qu’Il est unique, qu’Il n’a besoin de rien et que tout autre a besoin de Lui, qu’Il est Le Créateur de toutes les créatures, Il fait changer ce qu’Il veut comme Il le veut et Il fait dans ce qui Lui appartient ce qu’Il veut[3].
Quant à la foi aux anges c’est de confirmer qu’ils sont des esclaves honorés, qu’ils ne désobéissent pas et qu’ils font ce qui leur est ordonné[4].
Et la foi aux messagers de Dieu c’est de croire qu’ils sont véridique en ce qu’ils ont informé de la part de Dieu, et Il leur a accordé des miracles[5]. Et qu’ils transmettent de la part de Dieu le message et qu’ils ont exposé aux personnes responsables ce que Allâh leur a ordonné, qu’il est un devoir de les respecter et de ne pas faire de différence entre aucun d’entre eux (dans le sens qu’ils sont tous envoyés par Dieu).
La foi au jour dernier, c’est de croire au jour du jugement et ce qu’il englobe comme résurrection après la mort, le rassemblement, l’exposition des actes, la balance, le pont, le paradis et l’enfer et qu’ils sont des demeures de récompenses et de rétributions pour ceux qui ont agit en bien et pour ce qui ont agit en mal, et d’autre sujets de parmi ce qui est authentifié.
La foi en la prédestination c’est de croire en la véracité de ce qui a précédé, et le résumé de cela est ce qui est indiqué par Sa parole taˆâlâ :
{وَاللَّهُ خَلَقَكُمْ وَمَا تَعْمَلُونَ (96)}
[Sourate Aṣ-Ṣāffāt 96]
{إِنَّا كُلَّ شَيْءٍ خَلَقْنَاهُ بِقَدَرٍ (49)}
[Sourate Al-Qamar 49], et d’autres versets tels que cela. Il y a aussi la parole du Prophète adressée à Ibnou ˆAbbâs :
واعلَم أنَّ الأمَّةَ لو اجتَمعت علَى أن ينفَعوكَ بشَيءٍ لم يَنفعوكَ إلَّا بشيءٍ قد كتبَهُ اللَّهُ لَكَ ، وإن اجتَمَعوا على أن يضرُّوكَ بشَيءٍ لم يَضرُّوكَ إلَّا بشيءٍ قد كتبَهُ اللَّهُ عليكَ ، رُفِعَتِ الأقلامُ وجفَّتِ الصُّحفُ
Qui signifie : « Sache que si la communauté se réunissait pour te faire profiter par quelque chose, ils ne te profiteraient que par une chose que Allâh t’a prédestiné, et s’ils se réunissaient pour te nuire par une chose ils ne te nuiraient que par une chose que Allâh t’a prédestiné, les qalam sont levés et les feuilles ont séchées »[6].
La voie qui a été suivi par les prédécesseurs et les imams qui ont suivis est que, celui qui croit fermement à ces sujets sans aucun doute, sans hésitation, est un croyant véritablement, que cela soit par des preuves catégoriques ou par une croyance catégorique.
Et sa parole au sujet de al-‘ihsân :
أن تعبدَ الله كأنك تراه
Qui signifie : « Que tu adores Dieu comme si tu le voyais[7] » jusqu’à la fin, cela revient à la bonne maitrise des actes d’adoration, et de respecter les droits de Dieu, de se surveiller et d’avoir présent dans son cœur l’éminence de Dieu lorsque les actes d’adorations sont accomplit[8].
Quant à sa parole : « Alors informe-moi au sujet de ses signes »[9], et « al-’amah » ici c’est la femme esclave qui peut enfanter de son maître, « rabbatahâ » c’est la maîtresse, et il est rapporté dans une version « baˆlouha », en effet il est rapporté d’un campagnard qu’il a été interrogé sur sa chamelle, il a dit : je suis baˆlouhâ, et on appelle le mari baˆl, mais ici dans le hadîth c’est « rabbatahâ » au féminin, et il y a eu divergence sur l’explication de sa parole :
أَنْ تَلِدَ الأمَةُ رَبَّتَهَا
Il a été dit que le sens est que les musulmans vont s’emparer des pays de mécréance, il y aura donc beaucoup d’esclave et la femme esclave donnera beaucoup d’enfants à son maître, ses enfants auront le statut de son maître en raison de l’honneur du père, par conséquent parmi les condition de l’heure que les musulmans s’emparent des associateurs, qu’il y ait beaucoup de conquête et d’esclave, et il a été dit que les états vont se corrompre au point que les maîtres vont vendre les mères de leurs enfants, qu’elles vont changer de mains en mains jusqu’à que son propre enfant l’achète un jour sans s’en rendre compte, et donc selon cette explication parmi les conditions de l’heure que l’ignorance va prévaloir au point que les gens vont ignorer qu’il est interdit de vendre la mère de ses enfants. Et il a été dit que cela veut dire que le grand tort aux parent va se multiplier de la part des enfants, de sorte l’enfant va se comporter avec sa mère comme le maître se comporte envers sa femme esclave, en l’humiliant et en l’insultant.
« Al-ˆâlah » ce sont les pauvres.
En outre, il y a dans le hadîth le caractère déconseillé lorsqu’il n’y a pas de besoin de construire en hauteur, il est certes rapporté du Prophète qu’il a dit :
يُؤجَرُ ابنُ آدمَ في كل شئٍ إلا ما وَضَعَه في هذا التراب
Ce qui signifie : « Le fils de ‘Âdam recevra des récompenses pour chaque chose hormis ce qu’il place dans cette terre »[10] puis le Messager de Dieu est mort sans avoir posé une pierre sur une pierre, c’est-à-dire sans avoir construit, sans avoir élevé en hauteur ni chercher le confort en cela.
Sa parole « riˆâ’a ch-châ’ », ceux qui font paître les troupeaux, car en général ils sont les plus démunis des gens de la campagne, cela veut dire que malgré leur faiblesse et leur éloignement des causes de subsistance, contrairement à ceux qui possèdent des chameaux qui en général ne sont pas pauvres.
Et sa parole « walabithtou maliyyâ », je suis resté un temps, et il a été rapporté à la voie passive c’est-à-dire que le Prophète est resté un temps, et les deux versions sont correctes, et sa parole « maliyyâ » c’est-à-dire une longue période, et certains ont dit trois jours, c’est parvenu ainsi pour expliquer dans une version rapporté par Aboû Dâwoûd et autre.
Sa parole « ‘Atâkoum youˆallimoukoum dînakoum », il est venu à vous vous enseigner votre religion, c’est-à-dire les règles de votre religion ou les sujets fondamentaux de votre religion, le chaykh Mouhyi d-Dîn [An-Nawawiyy] a dit cela concernant ce hadîth dans son commentaire du Sahîh de Mouslim.
Le plus important dans ce hadîth est l’explication de l’Islam, de la foi et de al-‘ihsân, l’obligation de la foi en confirmant la toute puissance de Dieu, et il a mentionné[11] pour l’explication de l’Islam et de la foi beaucoup de paroles de savants, parmi lesquelles ce qu’il a rapporté de l’imam Aboû l-Houçayn connu sous le nom de Ibnou Battâl le malikite, qui a dit que la voie des sunnites, qu’ils fassent partie du Salaf ou du Khalaf, que la foi ce sont des paroles et des actes, qui augmente et qui diminue, pour preuve la parole de Dieu :
{ لِيَزْدَادُوا إِيمَانًا مَعَ إِيمَانِهِمْ ۗ }
[Sourate Al-Fatḥ 4]
Qui signifie : « Pour que leur foi augmente » et ce qui est de cet ordre parmi les versets. Certains savants ont dit que la croyance cela n’augmente pas et ne diminue pas, et la foi légale (les actes et paroles) elle augmente et diminue, ses profits augmentent et il s’agit des actes, et elle diminue. Ils ont dit qu’il y a en cela une conciliation entre ce qui apparait des textes dans lesquelles sont parvenus l’augmentation de la foi avec son statut d’origine dans la langue, ce qui ont dit cela ont dit que ce qui est le plus plausible, et Dieu sait plus que tout autre, c’est que la croyance, sa certitude augmente par la réflexion sur les preuves, c’est pour cela que la foi des siddîq est plus forte que la foi d’autre qu’eux, de sorte qu’ils ne sont pas atteint par les tentatives de mise en doute par des arguties, leur foi ne vacille pas suite à un évènement, leur cœur demeure ferme et éclairé par la foi quelque soit leurs états, quant à autre qu’eux comme ceux qui vienne d’entrer en Islam ou ceux qui leur sont semblables ne sont pas comme ça et on ne peut pas le renier, il n’y a pas de doute sur la certitude de la foi de Aboû Bakr As-Siddîq, que Dieu l’agrée, que c’est une foi qui n’est pas équivalent à la foi de n’importe qui d’autre, c’est pour cela que Al-Boukhâriyy a dit dans son Sahîh que Aboû Moulaykatah a dit : j’ai rencontré trente hommes de parmi les compagnons du Messager de Dieu, chacun d’entre craignait pour lui-même l’hypocrisie, aucun d’entre eux ne disait qu’il avait la foi de Jibrîl et de Mîkâ’îl. Quant au fait d’employer le terme de al-îmân pour des actes, ceci fait l’objet de l’accord des gens de la vérité, les preuves sont nombreuses à ce sujet, Allâh taˆâlâ dit :
{ وَمَا كَانَ اللَّهُ لِيُضِيعَ إِيمَانَكُمْ ۚ }
[Sourate Al-Baqarah 143]
Qui vient dans le sens de vos prières, et il est rapporté du chaykh Aboû ˆAmr Ibnou Salâh concernant sa parole qui signifie : « L’Islam c’est que tu témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu et que Mouhammad est le Messager de Dieu, que tu accomplisse la prière » jusqu’à la fin, et il a expliqué la foi par sa parole : « C’est que tu crois en Dieu, en Ses anges » jusqu’à la fin, il a dit, que Dieu lui fasse miséricorde : il y a là l’indication de la base de la foi, il s’agit de la croyance qui est dans le cœur, et l’explication de la base de l’Islam qui est la soumission apparente, et le jugement de l’Islam par l’apparence est confirmé dans les deux témoignages, cependant il a ajouté la prière la zakât, le jeûne et le pèlerinage parce que ce sont les rites les plus apparent dans la représentation de l’Islam, en les accomplissant sa soumission est valide.
De plus, le nom de al-îmân englobe ce par quoi a été expliqué l’Islam dans ce hadîth, et l’ensemble des actes d’adoration du fait qu’ils sont les fruits de la croyance cachée qui est la base de la foi, c’est pour cela que ne rentre pas dans la définition du croyant (mou’min) dit dans l’absolu celui qui commet les grands péchés, ou qui délaisse les obligations, car un nom cité dans l’absolu désigne la forme complète de ce qui est désigné par ce nom et on ne l’utilise pas pour ce qui en est incomplet, sauf s’il y a une précision, et il est valable dans l’absolu ce qu’a dit le Prophète :
Dans le sens : « Le fornicateur n’est pas croyant lorsqu’il accomplit la fornication, et le voleur n’est pas croyant lorsqu’il vole »[12].
Et le nom al-‘islâm englobe également ce qui est la base de al-‘îmân qui est la croyance par le cœur, et il englobe la base des actes d’adorations car tout cela est soumission, il a dit : et cela vient de ce que nous avons mentionné que la foi et l’Islam se rejoignent et se différencient, et si tous les croyant sont des musulmans, ce n’est pas tous musulmans[13] qui sont croyants …[14]
[1] Jibrîl est apparu au Messager une fois sous sa véritable apparence, il remplissait ce qu’il y a entre le ciel et la terre, il avait six-cent ailes, et une fois il est apparu sous une apparence humaine sans l’organe génital masculin. Les anges, parfois ils viennent sous l’apparence d’oiseau et parfois sous l’apparence d’humain avec un bel aspect et portant de beaux vêtements, comme cet ange qui est apparu au compagnon honorable Al-‘Irbâd ibnou Sâriyah lorsqu’il était devenu âgé et qu’il avait commencer à sentir la faiblesse dans son corps et qu’il avait craint de lui-même une corruption, dans le sens qu’il a craint qu’il manque à des obligations, ou qu’il provienne de lui quelque chose qui ne soit pas digne de la totale soumission à Dieu, alors il s’est mis à invoquer ô Allâh mon corps est devenu faible, mes os sont devenus fragiles, alors fais moi mourir sans que je ne tombe dans le désobéissance, il s’est mis donc à espérer la mort dans un bon état avant d’être sujet à la corruption. C’est alors que lui est apparu un très beau jeune homme qui portait des habits verts sur du vert qui lui dit : ne dis pas cela, alors le compagnon lui demanda : que dis-je ô mon neveu ? il lui répondit : « Allâhoumma hassini l-ˆamal wa ballighi l-‘ajal » alors le compagnon lui demanda : et qui es-tu ô mon neveu ? il pensait qu’il était un humain, et il lui répondit : je suis Ratâ’îl celui qui ôte la tristesse du cœur des vertueux. Ceci est arrivé dans la mosquée des Omeyyades à Damas. L’apparence d’origine des anges c’est qu’ils sont pourvus d’ailes impalpables, non pas comme les oiseaux, les oiseaux leurs corps sont palpables tandis que les anges dans leur aspect d’origine ils sont plus impalpable que le vent. Les anges peuvent prendre des formes avec un corps palpable ou impalpable. Les jinn ont été crée impalpable plus impalpable que l’air, cependant il prenne parfois forme humaine, ou d’un serpent, ou d’un oiseau, un chat ou un chien, et les mécréants parmi eux aiment prendre l’apparence d’un chien noir. Les jinn sont également capable de prendre l’aspect d’un saint.
[2] Les anges sont des corps de lumière dans leur création d’origine, et Allâh leur a donné la capacité de se métamorphoser en homme mais sans l’organe génital masculin, c’est-à-dire sans les orifices de sortie de l’urine et des selles, c’est seulement par l’aspect extérieur. Ils ont des corps impalpables, leur âme est plus impalpable que leur corps, ils une raison, ils ont une âme et ont une volonté, ils ne sont pas comme les feuilles poussées par le vent et qui n’ont pas de volonté, mais les anges ont une volonté et un choix, cependant ils ne choisissent que l’obéissance par la volonté de Dieu.
[3] La foi en Dieu, c’est-à-dire de Le connaitre selon ce qui est digne de Lui, et il est un devoir de l’exempter de toute ressemblance avec les créatures, en effet les créatures sont de deux sortes : les corps impalpables et les corps palpables = = et les caractéristiques des corps. Les caractéristiques des corps c’est ce qui caractérise les corps palpables et impalpables, est compris dans cela le temps, l’endroit et l’espace. Donc, celui qui a cru au sujet de Dieu serait un corps impalpable ou un corps palpable il n’aura pas connu Allâh, et celui qui a eu pour croyance que Dieu aurait une des caractéristiques des corps il n’aura pas connu Allâh. Le corps impalpable c’est ce qui ne peut être palper avec la main (palper ici c’est de toucher en appuyant légèrement) comme la lumière, l’obscurité et l’âme. Quant au corps palpable c’est ce qui peut être palper par la main. Et concernant les caractéristiques c’est ce qui est une caractéristique pour ces deux corps : les corps palpable et les corps impalpable, et les caractéristiques des corps sont nombreux, les couleurs, les mouvements et les immobilités sont parmi les caractéristiques, la chaleur et la froideur sont parmi les caractéristiques, l’humidité et la sécheresse sont parmi les caractéristiques, l’odeur et le gout font parties des caractéristiques, les odeurs font partie des caractéristiques des corps et autre que cela, il s’agit d’une quarantaine de caractéristiques. Toutes ces caractéristiques sont des créatures de Dieu et le Créateur n’en n’est pas caractérisé. Il est un devoir de croire que Allâh n’est pas du tout concerné par la quantité, celui qui a cru que Dieu serait étendu à l’infini est mécréant, ou celui qui a cru que Dieu serait de la taille du ciel, ou celui qui a cru que Dieu serait de la taille du trône, ou plus petit, tous ceux-là notre maître ˆAliyy les a déclaré mécréants, car il a dit que Dieu l’agrée :
من زعم أن إلهنا محدود فقد جهل الخالق المعبود
Ce qui a pour sens : « Celui qui prétend que notre Dieu est limité alors il n’a pas connu le Créateur Celui qui est adoré », ainsi lorsque les savants des fondements disent que Allâh n’a pas de limite, c’est-à-dire qu’Il n’a pas de quantité dans l’absolu, Il n’a pas une petite quantité, ni une grande quantité, ni une quantité intermédiaire, car ce qui a une limite a besoin de qui lui a donné sa limite, de qui lui a accordé cette quantité et cette limite qu’il a, et celui qui a besoin d’autrui n’est pas un dieu, le hâfidh Az-Zabîdiyy a dit : celui qui a prétendu que Allâh aurait une quantité et une taille est mécréant, et cela – c’est-à-dire que Allâh n’est pas un corps impalpable ni un corps palpable, Il n’est pas une caractéristique de corps et Il n’est pas sujet aux caractéristiques des corps, tout cela est tiré du Qour’ân et confirmé par la raison. Pour ce qui est du Qour’ân, c’est tel que Sa parole taˆâlâ :
{ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ ۖ }
[Sourate Ach-Choūrā 11]. A partir de cela, les gens de la vérité qu’ils fussent parmi les savants du hadîth ou les savants des fondements ou de la jurisprudence ont dit : les versets qui pourrait donner l’illusion que Dieu serait un corps, ou qu’Il serait sujet au caractéristiques des corps, c’est-à-dire qu’Il en serait caractérisé, il n’est pas permis de donner à ces versets leur sens apparent, on les récite tout comme il sont parvenu, comme il ont été révélés, cependant nous n’avons pas pour croyance qu’ils sont selon leurs sens apparents. Quant aux hadîth prophétique, ce dont le sens apparent laisse suggérer les contraire de ce verset par son sens apparent, alors s’ils sont parvenus par une chaîne de transmission authentique selon les spécialiste du hadîth, alors on rapporte ce hadîth mais on ne l’explique pas selon son sens apparent. Les savants des fondements et du hadîth ont dit : tout hadîth qui donne l’illusion d’avoir un sens qui est faux et qui n’admet pas une interprétation [parce que dans la langue ce n’a qu’un sens, un sens qui est faux] alors ce hadîth est infondé. Quant aux mouhaddith, a cité cette règle le grand hafîdh, l’orateur Al-Baghdâdiyy dans son livre « Al-Faqîhou wal-Moutafaqqih » et ailleurs, il a dit : « La Loi ne vient pas avec quelque chose que la raison n’accepte » c’est-à-dire qu’elle ne vient qu’avec ce que la raison accepte, or la raison n’accepte pas que Dieu serait localisé dans le ciel, car celui qui est localisé dans une direction et un endroit est un corps, soit c’est un corps de petite taille soit un corps de grande taille, or la raison n’accepte pas que le Créateur des corps soit Lui-même un corps. Est-ce que l’humain crée un humain comme lui, ou un animal, ou un oiseau, ou une lumière, ou une obscurité, que ce soit un corps palpable ou corps impalpable ? la raison ne l’accepte pas. Donc, tout hadîth dont son sens apparent pourrait laisser croire que Dieu serait un corps, ou qu’Il serait attribué par une chose de parmi les caractéristiques des corps c’est rejeté, ainsi, la croyance que Dieu serait un corps, ou qu’Il aurait un volume ou une taille, ou qu’Il serait assis, ou au-dessus du trône, ou qu’Il aurait une quantité, ou une localisation dans une direction, ou qu’Il serait dans un endroit ou dans tous les endroits, tout cela est de la mécréance qui fait sortir de l’Islam, de même celui qui le fait ressembler par quoi que ce soit de parmi Ses créatures, même par une seule des caractéristiques des créatures.
En outre, Ach-Châfiˆiyy a dit, que Dieu l’agrée :
من قال أو اعتقد أنَّ الله جالسٌ على العرش فهو كافر
Ce qui signifie : « Celui qui dit ou croit que Dieu serait assis sur le trône est un mécréant », rapporté par Ibnou l-Mouˆallim Al-Qourachiyy dans son livre « Najmou l-Mouhtadiyy waRajmou l-Mouˆtadiyy » page 551.
Et il a dit, que Dieu l’agrée :
المجسّم كافر
Ce qui signifie : « Les corporalistes sont des mécréants » rapporté par le hâfidh As-Souyoûtiyy dans son livre « Al-‘Achbâhou wan-Nadhâ’ir » en page 488.
Et l’imam ‘Ahmad Ibnou Hanbal a dit, que Dieu l’agrée :
من قال إن الله جسم لا كالأجسام كفر
Ce qui signifie : « Celui qui dit que Dieu est un corps pas comme les corps est mécréant » rapporté par le hâfidh Badrou d-Dîn Az-Zarkachiyy dans son livre « Tachnîfou l-Maçâmiˆ » quatrième volume page 648.
Et l’imam Mouhammad Ibnou Badrou d-Dîn Ibnou Balbân Ad-Dimachqiyy le hanbalite, mort en 1083 de l’hégire dans son livre « Moukhtasarou l-‘Ifâdât » page 489 a dit : donc celui qui a cru ou qui a dit que Dieu par Son Être est dans tous les endroit ou dans un endroit alors il est mécréant.
Aboû Hanîfah a dit dans sa Wasiyyah : celui qui a dit qu’un attribut de Dieu est entré en existence, ou qui a douté, ou qui ne prend pas position est mécréant. =
= De plus, le savant hanafite le Chaykh ˆAbdou l-Ghaniyy An-Nâboulçiyy dans son livre « ‘Asrârou ch-Charîˆah » a dit que celui qui croit que Dieu est une lumière qui emplit les cieux et la terre, ou qu’Il est un corps assis au-dessus du trône est certes mécréant, et même s’il prétend être musulman, fin de citation. En raison de ce que cela contredit les preuves rationnelles catégoriques. De plus, le Qour’ân honoré nous a guidé dans plus d’un passage à prendre en considération la raison, ainsi parmi ceux-là il se trouve la parole de Dieu :
{ فَاعْتَبِرُوا يَا أُولِي الْأَبْصَارِ }
[Sourate Al-Ḥashr 2], ce qui signifie : « Observez bien ô vous qui êtes doté de raison », et Sa parole :
{أَوَلَمْ يَنْظُرُوا فِي مَلَكُوتِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَمَا خَلَقَ اللَّهُ مِنْ شَيْءٍ }
[Sourate Al-A`rāf 185], ce qui signifie : « N’ont-ils pas observez la souveraineté de Dieu dans les cieux et dans la terre, et ce que Dieu a créé comme chose ». Cela veut dire que ces mécréants ne méditent pas sur le monde céleste ni sur le monde terrestre, si sur ce que Dieu a créé autre que ces deux, tout cela indique l’existence de Dieu, tout cela indique Sa divinité et l’absence de toute ressemblance avec autre que Lui. La louange est à Allâh, Dieu a guidé les sunnites a bien comprendre la preuve textuelle : le Qour’ân et le hadîth, et la preuve rationnelle, et les sunnites ont rassemblé entre les deux preuves, la preuve rationnelle et la preuve textuelle, et la louange et à Dieu.
[4] Allâh taˆâlâ dit :
{اللَّهُ يَصْطَفِي مِنَ الْمَلَائِكَةِ رُسُلًا وَمِنَ النَّاسِ ۚ }
[Sourate Al-Ḥajj 75], ce qui signifie : « Dieu choisit parmi les anges des messagers et de parmi les humains » c’est-à-dire que Dieu a élu d’entre les anges un groupe à qui Il a accordé un degré supérieur sur les autres, les meilleurs et les plus spécifiques sont Jibrîl, Mîkâ’îl, Isrâfîl, ˆAzrâ’îl, Ridwân l’ange gardien du paradis, Mâlik l’ange gardien de l’enfer, les anges portant le trône, et le meilleur de tous les anges particuliers et leur président est Jibrîl. Les anges, leur apparence d’origine n’est pas comme celles des humains, mais ils sont des créatures particulières, ils sont des créatures de lumière, il ne sont ni mâle ni femelle, les anges ne mangent pas et ne boivent pas, ils ne dorment pas, ils ne défèquent pas ni n’urinent, ils ne désobéissent pas en ce qui leur a été ordonné et ils font ce qui leur a été ordonné, et chaque ange a deux ailes, ou quatre, ou six ou plus que cela, Allâh taˆâlâ dit :
{ الْحَمْدُ لِلَّهِ فَاطِرِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ جَاعِلِ الْمَلَائِكَةِ رُسُلًا أُولِي أَجْنِحَةٍ مَثْنَىٰ وَثُلَاثَ وَرُبَاعَ ۚ يَزِيدُ فِي الْخَلْقِ مَا يَشَاءُ ۚ إِنَّ اللَّهَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ }
[Sourate Fāṭir 1]
Ce qui signifie : « La louange est à Allâh le Créateur des cieux et de la terre qui a fait de certains anges des messagers, ils ont des paires d’ailes, deux, trois ou quatre. Il ajoute dans Sa création ce qu’Il veut, certes Allâh est sur toutes choses tout puissant ».
Notre maitre Jibrîl a six-cent ailes, et il se trouve des anges qui ont plus que Jibrîl, mais du pont de vue du mérite il est celui qui a le plus au degré selon Dieu. Une fois, le Messager était à La Mecque, il était dans un endroit qu’on appelle ‘Ajyâd, alors Jibrîl lui dit : demande à ton Seigneur de me voir sous ma véritable apparence. Il a demandé et il lui est apparu à partir du levant et à caché ce qui est du levant au couchant, le Messager de Dieu s’est alors évanoui, Jibrîl a repris une apparence humaine, apirs le Messager avec lui et l’a serré contre lui, ensuite le Messager de Dieu a dit :
يَا جِبْرِيلُ مَا ظَنَنْتُ أَنَّ اللَّهَ تعالى خَلَقَ أَحَدًا عَلَى مثل هذه الصورة
Ce qui signifie : « Ô Jibrîl, je n’ai pas pensé que Allâh taˆâlâ a crée une créature avec un tel aspect », et Jibrîl a dit : certes Dieu m’a crée avec six-cent ailes mais je n’en ai ouverte que deux, et Allâh a créé Isrâfîl avec six-cent ailes sauf qu’une seule de ses ailes est de la même taille que l’ensemble de mes ailes.
[5] Sache que la voie pour reconnaitre le prophète c’est le miracle (mouˆjizah). Et le sens du miracle c’est que c’est un signe qui témoigne que cette personne qui dit de lui-même qu’il est un prophète de Dieu qu’il est bien un prophète de Dieu et qu’il est véridique. Et le miracle est une chose d’extraordinaire qui vient en conformité avec ce que dit celui qui prétend la prophétie, il ne peut être contredit par une chose semblable, c’est-à-dire que les incrédules ne sont pas capable de faire quelque chose de semblable.
Utilité importante : le miracle, il n’est pas une condition qu’il ait lieu suite à un défi, cependant il est une condition qu’il soit valide à constituer un défi.
Les chose qui sont étonnantes mais qui ne sorte pas de l’ordinaire ce ne sont pas des miracles. De même, ce qui est extraordinaire mais qui ne s’accompagne pas d’une prétention à la prophétie, comme les choses extraordinaire qui arrive aux saints qui suivent les prophètes, il ne s’agit pas de miracle mais on les nomme prodige (karâmah). Celui qui suit le prophète véritablement, d’une manière complète, il accomplit les devoirs, il évite les interdits et il multiplie les actes surérogatoires, alors la chose extraordinaire qui peut apparaitre entre ses mains on dit de cela un prodige, et on ne dit pas un miracle car le saint ne prétend qu’il est un prophète, sinon il n’aurait pas eu de prodige, et tous prodige qui arrive aux mains de ce saint c’est un miracle pour le prophète qui est suivi. =
= Et de même, ne constitue pas un miracle ce qui peut être opposé par quelque chose de semblable comme la sorcellerie, en effet il peut lui être opposé quelque chose de semblable. La sorcellerie ne s’appelle pas miracle car la sorcellerie, un autre sorcier peut faire la même chose, quant au miracle les opposant ne peuvent pas amener quoi que ce soit de semblable.
[6] Rapporté par At-Tirmidhiyy.
[7] Il est un devoir de croire que Allâh taˆâlâ n’est pas vu dans le bas-monde, cependant le Messager L’a vu dans la nuit de l’ascension par son cœur, et il ne l’a pas vu par ses yeux comme l’a dit Ibnou ˆAbbâs dans ce qu’a rapporté Mouslim « Mouhammad a vu son Seigneur par son cœur à deux reprise », et il est un devoir de croire que Allâh sera vu par les croyants dans l’au-delà alors qu’ils seront au paradis, ils le verront sont comment, ni assimilation et sans direction, c’est-à-dire qu’Il est taˆâlâ sans direction ni endroit, ce sont eux qui seront dans leur endroit au paradis Le voyant d’une vision dans laquelle ils n’auront aucun doute, ils ne se demanderont pas si ce qu’ils voient c’est Dieu ou autre, tout comme celui qui voit la lune une nuit de pleine lune sans nuages, il ne doute pas que ce qu’il a vu est bien la lune, en cela il y a la parole du Messager :
إنَّكُمْ سَتَرَوْنَ رَبَّكُمْ يَومَ القِيَامَةِ كما تَرَوْنَ القَمر ليلة البدر، لا تُضَامُونَ في رُؤْيَتِهِ
Qui signifie : « Certes vous verrez votre Seigneur au jour dernier comme vous voyez la lune une nuit de pleine lune, vous ne vous bousculerez pas pour Le voir » rapporté par Mouslim (ils ne se bousculeront pas pour Le voir, et cela est une preuve qu’Il est sans endroit, car les gens s’ils veulent voir celui qui est dans un endroit particulier, alors ils vont se bousculer pour le voir, ceux qui sont proches le verront et ceux qui sont loin ne le verront pas, ils vont de bousculer. Il y a aussi dans ce hadîth la preuve que Allâh est sans endroit). Le Messager a comparé notre vision de Dieu par le fait qu’elle ne comporte aucun doute à la vision de la lune une nuit de pleine lune, il n’a donc pas comparé Dieu avec la lune comme le prétendent certains grands ignorants, si on leur cite ce hadîth ils s’imaginent que Dieu ressemble à la lune et ceci est de la mécréance, cela fait sortir de l’Islam, quant à la preuve de la vision des croyants de leur Seigneur dans l’au-delà est Sa parole taˆâlâ :
{وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ نَاضِرَةٌ (22) إِلَىٰ رَبِّهَا نَاظِرَةٌ (23)}
[Sourate Al-Qiyāmah 22 – 23] qui signifie : « Des visages en ce jour resplendissants ; voyant leur Seigneur », et il a dit :
واعلموا أنَّكُم لن ترَوا ربَّكُم حتَّى تموتوا
Ce qui signifie : « Sachez que vous ne verrez pas votre Seigneur jusqu’à ce que vous mourriez » rapporté par Al-Bayhaqiyy et autre que lui. Ainsi, Dieu sera vu dans l’au-delà sans direction, les croyants le verront sans un aspect, sans faire face, sans une distance, sans qu’Il ne soit dans la direction du haut, ni la direction du bas, ni devant, ni derrière, ni à droite, ni à gauche, car certes pas une chose n’est tel que Lui.
[8] Le degré de al-‘ihsân est le plus haut des degrés dans la religion, puis dans ce degré même il comprend des degrés inférieurs et supérieurs, et le plus haut des degrés fût atteint par Aboû Bakr, on ne trouve pas après les prophètes quelqu’un parmi les humains qui ait un degré supérieur à celui de Aboû Bakr dans son ascèse, dans sa modestie, dans sa crainte envers Dieu, dans sa présence dans le cœur, dans son courage et son audace à dire la vérité, il est le musulman ayant le plus haut des degrés de al-ihsân après les prophètes, et en dessous de lui il y a des degrés, et tous ceux qui sont arrivés à ce degré ont toujours le cœur présent, c’est-à-dire qu’ils ont présent dans leur cœur la crainte de Dieu et Sa glorification comme s’ils Le voyaient, et malgré le fait qu’ils ne Le voient pas ils le craignent comme s’ils Le voyaient, voici le degré de al-ihsân, et lorsque la personne atteint le degré de al-ihsân l’adoration devient un plaisir pour lui, c’est pour cela que certains saints lorsqu’ils commencent la prière ils la prolongent. Notre maître ˆOuthmân terminait le Qour’ân en une seule rakˆah pour ce qu’ils trouvait comme grand plaisir, joie et bonheur, ceux-là sont les gens du degré de al-ihsân. Un des saints aimait tellement la prière il est sorti de chez lui vers un endroit comme une forêt comportant des arbres et il s’est mis a prier là-bas pour faire beaucoup de prière. Alors qu’il était ainsi dans la prière, il était pris par son amour pour Dieu, alors il est resté debout deux mois sans manger, sans boire, sans bouger, comme s’il était un morceau de bois, des gens lui ont ramené de la nourriture et du miel, ils disent : peut-être va-t-il se reposer dans la nuit et manger, alors que lui ne prêtait pas attention à eux et ne remarquait même pas leur présence, quand ils revenaient le lendemain ils retrouvaient la nourriture telle quelle, et après deux mois il a quitter cette région, tellement il trouvait du plaisir et de la joie, il est entré dans la prière et il s’est absenté.
Une personne s’est dit : je vais rester à le surveiller chaque nuit, peut-être se repose-t-il dans la nuit, , il a dit : je suis resté toute la nuit auprès de lui à l’observer et je n’ai pas vu qu’il bougeait, ce saint, après qu’il ait eu cette absence, il est parti vers un autre endroit, il y a vécu et les gens ont profité de lui. Il s’est plongé dans un océan d’amour pour Dieu, il a oublié sa propre personne et il a oublié le temps, il ne ressent même pas le besoin de manger ou de boire durant ce temps. Ce saint, durant la période dans laquelle il n’était pas conscient il n’a pas a rattraper.
[9] De parmi ses signes : la disparition totale des montagnes à partir de leur base, la multiplication des tremblement de terre, la multiplication de maladies inconnues auparavant, la multiplication des charlatans et des orateurs de mal, et tout cela s’est produit. Parmi cela aussi la prétention de certaines personnes à la prophétie et ceci a eu lieu également, de même le changement des saisons, l’été devient comme l’hiver et l’hiver devient comme l’été, aussi la diminution de la science religieuse et la multiplication de l’ignorance, c’est-à-dire l’ignorance de la science religieuse, et cela a eu lieu, la multiplication du meurtre et de l’injustice, le temps qui passe plus vite, la multiplication des marchés, l’attaque des différentes communautés sur la communauté de Mouhammad comme s’ils attaquaient un plat de nourriture qu’ils entourent de toutes parts, et tout cela à eu lieu.
Et de parmi les petits signes il y a l’apparition de du Mahdiyy.
[10] Rapporté par Al-Boukhâriyy et autre.
[11] C’est-à-dire An-Nawawiyy.
[12] An-Nawawiyy a dit dans le commentaire de Mouslim, chapitre de la diminution de la foi par les péchés : sa parole :
Qui signifie : « Le fornicateur n’est pas croyant lorsqu’il accomplit la fornication, et le voleur n’est pas croyant lorsqu’il vole, et le buveur d’alcool n’est pas croyant lorsqu’il boit » avec ses différentes versions, ceci est un hadîth sur lequel les savants ont divergés quant à sa signification, l’avis correct est ce qu’on dit les authentificateurs, que le croyant qui commet ces péchés sa foi n’est pas complète, ceci est parmi les termes généraux qui renient ce qui n’est pas complet, il veut par cela la négation de sa complétude dans la foi, comme lorsqu’on dit : il n’y a de science que celle qui profite, ou : il n’y a pas de biens si ce n’est les chameaux, ou : il n’y pas de vie en dehors de la vie de l’au-delà, et nous avons expliqué de cette manière en raison du hadîth de Aboû Dharr et autre :
Qui signifie : « Celui qui a dit qu’il n’est de Dieu que Dieu il entrera au paradis, et même s’il a forniqué et même s’il a volé » …
[13] Il vise par cela la soumission apparente, c’est-à-dire que ce n’est pas toute personne qui montre l’islam qui est croyant.
[14] Al-îmân dans la langue c’est l’acceptation, dans la Loi c’est une acceptation particulière, et il s’agit d’accepter ce par quoi est venu le Messager de Dieu. Quant à al-islâm dans la langue c’est la soumission, et dans la Loi c’est une soumission particulière, c’est de se soumettre à ce par quoi est venu le Prophète en prononçant les deux témoignages.
Al-Qourtoubiyy a dit : « le sens de : {وَلَٰكِنْ قُولُوا أَسْلَمْنَا}
{قَالَتِ الْأَعْرَابُ آمَنَّا ۖ قُلْ لَمْ تُؤْمِنُوا وَلَٰكِنْ قُولُوا أَسْلَمْنَا وَلَمَّا يَدْخُلِ الْإِيمَانُ فِي قُلُوبِكُمْ ۖ }
[Sourate Al-Ḥujurāt 14] c’est-à-dire : nous nous sommes soumis par crainte de la mort et de la captivité et ceci est la caractéristique des hypocrites ». Il n’y a pas dance ce verset que ces bédouin seraient des musulman (mouslim) véritablement sans être des croyants.
Celui qui croit en Dieu et en Son Messager , qui accomplit les obligations, qui évite les interdits, celui-là est muslman croyant et sa foi est complète, quant à celui qui délaisse certaines obligations comme les cinq prières, ou qu’il commette certains péchés comme de profiter du gain usuraire ou boire de l’alcool, celui-là est un musulman croyant et sa foi est incomplète. L’imam Aboû Hanîfah a dit :
« Al-‘Islâm et al-‘îmân vont de pair, ils sont tous deux comme le recto et le verso ».
40 Hadith an Nawawiyy : Hadith 1
D’après l’Emir des croyants Abou Hafs, ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, il a dit : J’ai entendu le Messager de Allah dire :
((إنما الأعمال بالنيات وإنما لكل امرئ ما نوى . فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله فهجرته إلى الله ورسوله ، ومن كانت هجرته لدنيا يصيبها أو امرأة ينكحها فهجرته إلى ما هاجر إليه))
ce qui signifie : « Certes, les actes ne comptent que par l’intention, chaque personne n’aura que ce pour quoi elle a fait l’intention. Celui dont l’émigration a été faite par recherche de l’agrément de Allah et par obéissance à Son messager, alors son émigration est acceptée et celui dont l’émigration a été faite pour obtenir quelque chose du bas-monde ou une femme à épouser, son émigration comptera pour ce pour quoi il a émigré« .
Rapporté par les deux Imams des mouhaddith Abou ^Abdi l-Lah Mouhammad fils de Isma^il fils de Ibrahim fils de Al-Moughirah, fils de Bardizbah Al-Boukhariyy et Abou l-Houçayn, Mouslim fils de Al-Hajjaj, fils de Mouslim dans les deux Sahih, qui sont les deux livres les plus authentiques qui aient été composés.
Commentaire du hadîth[1] :
C’est un hadith Sâhîh, il y a accord des savants sur son caractère authentique et sur les séquences bénéfiques de ce hadith. Ce Hadith a été rapporté par l’imam Aboû ^Abdi l-Lah Al-Boukhâriyy dans plus d’un passage de son livre, et il a été également rapporté par Abou l-Houçayn Mouslim, fils de Al-Hajâj à la fin du livre consacré au Jihad ; Il s’agit de l’un des hadith fondamentaux en Islam. L’imam Ahmad et l’imam Ach-Chafi^iyy qu’Allah leur fasse miséricorde ont dit (est contenu dans le hadith « innama l-^amalou bi n-niyât »[2] un tiers de la science), a dit cela Al-Bayhaqiyy et autre que lui. La raison de cela est que l’acquisition de l’esclave a lieu par son cœur, sa langue et ses membres, or l’intention est l’une des trois catégories[3].
En outre, il a été rapporté de Ach-Châfiˆiyy, que Dieu lui fasse miséricorde qu’il a dit que ce hadîth rentre dans soixante-dix sujets de fiqh, et la majorité des savants ont dit que ce hadîth constitue un tiers de la science.
Les savants ont apprécié de débuter les ouvrages par ce hadîth, et de parmi ceux qui ont commencé par cela dans son premier livre il y a l’imam Aboû ˆAbdi l-Lâh Al-Boukhâriyy, et ˆAbdou r-Rahmâni bnou Mahdiyy a dit : il convient pour toute personne qui compose un livre qu’il le commence par ce hadîth afin d’attirer l’attention de l’étudiant pour que son intention soit correcte[4].
Ce hadîth est devenu célèbre mais il a débuté en étant rapporté par seulement un compagnon, parce que seul ˆOumar Ibnou l-Khattâb l’a rapporté du Prophète, et seul ˆAlqamah Ibnou Abî Waqqâs l’a rapporté de ˆOumar, et seul Mouhammad Ibnou Ibrâhîm At-Taymiyy l’a rapporté de ˆAlqamah, et seul Yahyâ Ibnou Saˆîd Al-Ansâriyy l’a rapporté de Mouhammad Ibnou Ibrâhîm, ensuite il s’est diffusé car plus de deux-cent personnes qui sont pour la plupart des imams l’ont rapporté après cela.
En outre, le terme « innama » c’est pour la restriction confirmant ce qui a été cité et qui exclu ce qui n’a pas été cité, et parfois il peut être une restriction dans l’absolu, et parfois une restriction spécifique qui est compris par un lien, comme dans Sa parole taˆâlâ :
{ إِنَّمَا أَنْتَ مُنْذِرٌ ۖ }
[Sourate Ar-Ra`d 7]
Dans le sens premier : « Tu n’es qu’un avertisseur » donc le sens apparent est la restriction au rôle d’avertisseur, or le Messager son rôle ne se restreint pas à cela mais il a beaucoup de belles caractéristiques comme d’être un annonciateur de bonne nouvelle et autre que cela, et de même Sa parole taˆâlâ :
{إِنَّمَا الْحَيَاةُ الدُّنْيَا لَعِبٌ وَلَهْوٌ ۚ }
[Sourate Mouhammad 36]
Qui signifie : « La vie du bas-monde n’est que jeu et loisir », le sens apparent, et Dieu sait plus que tout autre, c’est une restriction pour celui qui a préféré cette vie au dépend de l’au-delà, en revanche pour ce qui est de sa réalité en tant que tel, il se peut que ce bas-monde soit une cause pour le bien, et il se peut que cette restriction soit pour indiquer la majorité. Donc, si le contexte et ce qui est visé par le terme indiquent une restriction en un sens particulier, alors on considère que la restriction est limité à ce sens spécifique, sinon alors la restriction est absolue. A partir de là, sa parole :
إنما الأعمال بالنيات
Nous comprenons les actes par les actes légaux, cela signifie que ces actes indiqués dans la Loi ne sont considérés qu’avec l’intention, comme la petite ablution, la grande ablution, l’ablution sèche, et de même la prière, la zakât, le jeûne, le pèlerinage, la retraite spirituelle et l’ensembles des actes d’adoration, en revanche, éliminer l’impureté cela ne nécessite pas une intention car il s’agit d’éviter (délaisser) une chose, or éviter une chose ne demande pas d’intention, et certains savants sont allé vers la validité de la petite et de la grand ablution sans intention[5].
En outre, dans sa parole :
إنما الأعمال بالنيات
il y a un sous-entendu, et les savants ont divergés quant à ce qui a été sous-entendu, ainsi, ceux qui ont considéré l’intention comme une condition de validité ont dit que le sous-entendu est « la validité des œuvres est par l’intention », quant à ceux qui ne l’ont pas mis en condition de validité ils ont considérés le sous-entendu comme étant « la complétude des actes est par l’intention ».
Et sa parole :
وإنما لكل امرئ ما نوى
Al-Khattâbiyy a dit qu’elle apporté une information particulière autre que l’information de la première phrase, et il s’agit de préciser l’acte par l’intention. Le Chaykh Mouhyi d-Dîn An-Nawawiyy a dit : utilité, sa mention que la précision de ce que l’on met l’intention de faire est une condition, alors si quelqu’un devait rattraper une prière il ne lui est pas suffisant de mettre l’intention de rattraper une prière, mais il est une condition qu’il précise dans son intention quelle prière est-elle, le Dhouhr, le ˆAsr ou autre, et s’il n’y avait pas eu cette deuxième phrase, la première aurait impliqué la validité de l’intention sans précision ou aurait donné l’impression de cela, et Dieu sait plus que tout autre.
Et sa parole :
فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله فهجرته إلى الله ورسوله
La règle est selon les arabes que la condition et la réponse, le moubtada’ et le khabar, il est indispensable qu’ils soient différents, or ici ils sont similaires, la réponse à cela est que :
فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله
« celui dont son hégire était pour Dieu et Son Messager » par son intention et son objectif
فهجرته إلى الله ورسوله
« alors son hégire est pour Dieu et Son Messager » selon le jugement et la Loi [la règle est donc vérifié car les deux parties sont différentes par leur sous-entendu].
Ce hadîth a été énoncé pour une cause, en effet il a été rapporté qu’un homme avant fait l’hégire depuis La Mecque jusqu’à Médine pour épouser une femme que l’on nommait Oummou Qays, il n’a pas recherché par cela le mérite de l’hégire, et il était surnommé l’émigrant de Oummou Qays, et Dieu sait plus que tout autre.
[1] Il n’est pas permis de faire rentrer dans la portée de ce hadîth les actes de désobéissance, comme font certaines personnes lorsqu’ils serrent la main à une femme qui ne leur est pas licite, ou qu’ils l’embrassent, ou qu’il boivent de l’alcool, ou qu’ils ont été injustes ils disent : les actes valent par l’intention, alors que ce hadîth n‘est pas approprié ici, cependant son sens est que les bonnes œuvres ont besoins d’une bonne intention pour leur validité ou pour leur acceptation.
[2] Le secret des œuvres réside dans l’intention, le sens de l’intention c’est de viser l’accomplissement d’un acte par le cœur, que celui qui veut accomplir un acte de bien oriente son intention pour l’agrément de Allah, qu’il se dise en lui-même : cet acte Dieu l’agrée, c’est pour cela que je le fais, ou ce qui est dans le même sens, comme lorsqu’un homme subvient à la charge de son épouse et de ses enfants ou fait preuve de bienfaisance envers ses proches parents ou encore vient au secours d’une personne en difficulté, ou lorsque quelqu’un récite du Qour’an, ou tout autre acte de cet ordre qui sont des actes d’adoration, la récompense est réalisé s’il met l’intention d’accomplir l’acte pour l’agrément de Allah, ou parce que Dieu l’a ordonné, mais le simple fait d’agir ce n’est pas suffisant pour qu’ait lieu la récompense.
Mais l’intention à elle-seule ne suffit pas pour la validité de l’acte pour lequel il est une condition avec l’intention autre qu’elle, comme dans la parole du Messager à celui dont sa prière avait un défaut :
ارْجِعْ فَصَلِّ، فإنَّكَ لَمْ تُصَلِّ
Ce qui signifie : « Retourne et prie, certes tu n’as pas prié » trois fois, et à chaque fois il voyait de sa part un défaut apparent, et il n’a pas pris connaissance de son intention, jusqu’à ce que l’homme lui fasse savoir en lui disant : ô Messager de Dieu je ne sais faire que cela, alors à ce moment-là le Messager lui a enseigné comment s’accomplit correctement la prière.
[3] Al-Boukhâriyy a commencé son livre « As-Sahîh » par ce hadîth, il l’a placé comme une introduction, en tant qu’indication que tout acte qui est accomplit sans vouloir par cela l’agrément de Dieu est rejeté, il n’apporte pas de profit ni dans le bas-monde ni dans l’au-delà, c’est pour cela qu’a dit ˆAbdou r-Rahmâni bnou Mahdiyy : si je devais composer un livre j’aurais fait que le hadîth de ˆOumar Ibnou l-Khattâb concernant les intention des actes soit au début de chaque chapitre, et d’après lui il a dit : celui qui veut composer un ouvrage qu’il commence par le hadîth « al-‘aˆmâlou bin-niyyât ».
[4] Par ailleurs, l’imam ‘Ahmad a dit : les fondements de l’Islam sont sur trois hadîth : le hadîth de ˆOumar « innamal-‘aˆmâlou bin-niyyât », le hadîth de ˆÂ’ichah : « man ‘ahdatha fî ‘amrinâ hâdhâ mâ layça minhou fahouwa radd » et le hadîth de An-Nouˆmân Ibnou Bachîr : « al-halâlou bayyinoun wal-harâmou bayyin ».
L’intention dans la langue c’est une sorte de décision et de volonté. Et l’intention selon la terminologie des savants elle a deux significations : l’une des deux est de distinguer les actes d’adorations les uns des autres, comme la distinction de la prière du Dhouhr de la prière du ˆAsr par exemple, et la distinction du jeûne de Ramadân du jeûne d’autre que lui, et la distinction des actes d’adoration des actes ordinaires, comme la distinction de la grande ablution de la janâbah du lavage pour se rafraîchir, ou pour se laver, ou tel que cela.
Quant à la deuxième signification c’est dans le sens de distinguer qui est visé par l’acte, est-ce que cela est pour Dieu Lui Seul sans Lui associer, ou bien pour Dieu et pour autrui, et ceci est l’intention que les connaisseurs soufis citent dans leurs livres lorsqu’ils parlent de la sincérité et ce qui s’en suit.
Soufiane Ath-Thawriyy a dit : je n’ai pas eu à gérer une chose plus difficile pour moi que mon intention. Et d’après Ibnou l-Moubârak il a dit : combien d’actes paraissant négligeables sont magnifié par l’intention, et combien d’actes paraissant grands sont amoindris par l’intention. Ibnou ˆAjlân a dit : la science n’est pas valide si ce n’est par trois choses : la piété à l’égard de Dieu, la bonne intention et de faire l’acte correctement.
Il est rapporté de Ibnou ˆAbbâs, que Dieu les agrée tous deux, concernant la parole de Dieu :
{ إِذَا جَاءَكُمُ الْمُؤْمِنَاتُ مُهَاجِرَاتٍ فَامْتَحِنُوهُنَّ ۖ اللَّهُ أَعْلَمُ بِإِيمَانِهِنَّ ۖ }
[Al-Moumtahanah 10]
Il a dit : la femme lorsqu’elle venait au Prophète il l’a faisait jurer par Dieu qu’elle n’est pas sortie parce qu’elle détestait son mari, et il l’a faisait jurer par Dieu qu’elle n’est pas sortie par préférence d’un endroit sur un autre, qu’elle n’est pas venue chercher un bien mondain qu’elle n’a quitter sa terre que par amour pour Dieu et pour Son Messager » l’a rapporté Ibnou Abî Hâtim, Ibni Jarîr et Al-Bazzâr dans son Mousnad. Enfin, l’ensemble des actes sont comme l’hégire de ce point de vue, leur validité et leur invalidité est en fonction de l’intention qui a amené à les accomplir, comme le jihâd, le pèlerinage et autre.
[5] Les actes légaux ne sont considérés qu’avec l’intention, et celui qui inclut les œuvres qui sont dès le départ contraires à la Loi dans la portée de ce hadith il aura ouvert grand les portes de la corruption, comme l’a fait Sayyid Sâbiq l’auteur de « Kitâb fiqhou s-Sounnah » qu’il a rempli de faussetés, d’égarements et de contradiction avec la Loi, et de parmi cela sa prétention que la mécréance, c’est-à-dire les paroles de mécréance, son auteur ne sera considéré mécréant que par l’intention, c’est-à-dire que s’il a mis l’intention de la mécréance et ceci est un égarement évident.
Tafsir, Exégèse sourate Taha : versets de 1 à 109
C’est une sūrat mecquoise (c’est-à-dire révélée au Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam à La Mecque) et elle comporte 135 versets.
Verset 1 : cette sūrat s’appelle ṭāhā et as-Suyūṭī a dit qu’elle s’appelle aussi sūrat at-taklīm : ça a été rapporté par as-Saẖāwī. Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : certains savants ont dit que ṭāhā est un des prénoms du Prophète mais ce n’est pas quelque chose de confirmé. Les musulmans ont employé le début des deux sūrat ṭāhā et sūrat yāsīn pour désigner le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Mais le Prophète lui-même ne s’est pas donné ces prénoms-là. Le šayẖ a dit que ṭāhā signifie « ô toi homme éminent ». Dans la langue des Arabes, quand ils disent « yā ṭāhā », cela veut dire « ô toi homme éminent » et « yāsīn » signifie « ô toi être humain éminent ». C’est par la suite que les musulmans se sont mis à employer ces noms pour désigner le Messager, yāsīn, ṭāhā, Musṭafā (qui signifie celui qui est élu). Et le šayẖ a dit que c’était autorisé. Il est valide également d’appeler notre Prophète le prophète élu, Muẖtār, choisi pour la mission de prophète.
Quelques exégètes ont dit que ṭāhā signifie « ô toi qui te lèves beaucoup la nuit pour faire des actes d’adoration surérogatoires, ménage-toi » c’est-à-dire « ne te fatigue pas ».
As-Suyūṭī a dit dans son livre al-ʾitqān : Dieu a cité dans le qurʾān des lettres : une lettre seule, deux lettres, trois lettres, quatre lettres et cinq lettres. Parce que les mots sont composés le plus souvent de ce nombre -là et il n’y a pas plus que cinq lettres. Et il a été dit que ces mots qui sont dans le qurʾān sont des signes que Dieu a donnés aux gens du Livre, qu’il sera révélé à Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam un livre qui comporte dans le début de certaines sūrat des lettres qui ne sont pas des mots. As-Suyūṭī continue en disant que c’est un des avis qu’il a trouvé pour expliquer le début de certaines sūrat en général.
Pour certains de ces mots, il y a une autre explication. Il a été dit que ṭāhā et yāsīn signifient « ô homme » ou bien « ô Muḥammad » ou bien « ô être humain ». Et il a été dit qu’il s’agit de deux prénoms du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Et il a été dit que ṭāhā, comme nous avons vu précédemment, signifie « ménage-toi » parce que le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, veillait souvent en prières surérogatoires.
Verset 2 : Nous ne t’avons pas fait descendre le qurʾān pour que tu sois éprouvé, parce que tu es désolé pour eux et pour leur mécréance. C’est-à-dire du fait que les mécréants de Qurayš ne deviennent pas musulmans.
Deuxième explication : Nous ne t’avons pas fait descendre le qurʾān pour que tu sois éprouvé par les veillées de nuit en prières surérogatoires.
Il a été rapporté que le Prophète ʿalayhi s-salām était tellement resté debout pour faire des prières surérogatoires la nuit que cela avait fait gonfler ses pieds. Alors Ǧibrīl lui a dit : « ménage tes forces. Ton corps et ton âme ont un droit sur toi ». Autrement dit, Nous ne t’avons pas révélé le qurʾān pour que tu t’épuises dans l’adoration. Et tu n’as été envoyé qu’avec la Loi qui est belle et facile.
Verset 3 : (Nous avons révélé le qurʾān) en tant que rappel pour ceux qui craignent Dieu : le rappel est utile pour les croyants.
Ou bien pour ceux qui vont craindre Dieu, c’est-à-dire ceux qui vont être amenés à craindre Dieu.
Verset 4 : et en tant que révélation de la part de Celui qui a créé la terre et les cieux élevés. Al-ʿulā est un pluriel, c’est un adjectif qui qualifie les cieux et ceci est une preuve claire de l’éminence de la puissance de Dieu.
Verset 5 : Dieu est ar-Raḥmān c’est-à-dire Celui Qui est très miséricordieux pour les croyants et les mécréants dans le bas-monde et pour les croyants uniquement dans l’au-delà.
An-Nasafī a expliqué istawā par istawlā c’est-à-dire que le Trône est sous la toute puissance de Dieu. Az-Zaǧǧāǧ qui est un grand spécialiste de la langue arabe a dit cela. Dieu domine le Trône par Sa puissance. An-Nasafī a attiré l’attention sur le Trône parce que c’est la plus éminente des créatures.
Certains ont dit que al-ʿarš signifie le trône d’un roi, c’est ce qui permet au roi de manifester son autorité, sa souveraineté. Le trône est devenu un symbole de royauté et de souveraineté. De sorte que lorsque les Arabes disent « un tel istawā ʿala l-ʿarch » cela signifie qu’un tel est devenu roi, qu’il s’est emparé du pouvoir. C’est devenu une expression pour désigner la souveraineté.
Il a utilisé une expression en arabe « yadu fulān mabsūtah » qui signifie que la main d’un tel est grand ouverte, c’est pour indiquer la générosité.
An-Nasafī dit que ce qu’il convient de dire à propos de ce verset 5 de la sūrat ṭāhā, c’est ce qu’a dit l’imām Malik, qui signifie : « l’istawā n’est pas inconnu ». Le šayẖ a dit que cela signifie que la confirmation de l’istawā est chose connue dans la Loi. L’imām Malik continue en disant : « et le comment est inconcevable ». C’est-à-dire que le comment n’est pas valide au sujet de Dieu, selon la raison. Car le comment est tout ce qui est caractéristique des créatures. Il est donc inconcevable au sujet de Dieu qu’il y ait un comment. C’est impossible selon la raison. La voie correcte est la parole de l’imām Malik : « l’istawā n’est pas inconnu. Et le comment est inconcevable. Croire à l’istawā est un devoir. Et poser la question à propos du comment de l’istawā est une mauvaise innovation ». Parce que Dieu est de toute éternité (Son existence n’a pas de début). Et de toute éternité il n’y a pas d’endroit. Cela veut dire que de toute éternité, Dieu existe sans endroit. L’endroit est ce qu’occupe une substance dans l’espace. Et Dieu n’est pas une substance qui occupe un espace. Et Dieu est, actuellement, tel qu’Il est, avant la création des endroits. Il ne change pas. C’est-à-dire que, tout comme avant la création des endroits, Dieu est sans endroit, après la création des endroits, Il n’est pas dans un endroit. Il ne change pas. Le changement est la plus grande caractéristique des créatures.
Notre šayẖ a dit que ce verset 5 de sūrat ṭāhā, il n’est pas permis de l’expliquer dans le sens de la position assise. Parce que le fait de s’asseoir est une des caractéristiques des humains. Celui qui croit cela aura considéré que Dieu est semblable aux humains. La position assise quelque soit la manière de s’asseoir, reste une caractéristique des humains, qu’on soit assis en tailleur, ou qu’on soit accroupi, ou en étant assis comme dans la prière. Aucun compagnon du Prophète n’a dit que l’istawā de Dieu sur le Trône signifiait la position assise. Mais les compagnons avaient pour croyance que l’istawā de Dieu a un sens digne de Dieu parmi les sens valides dans la langue arabe. Parce que l’istiwā a quinze sens dans la langue arabe : pour une créature, il peut avoir le sens de la position assise. Et il peut avoir le sens de l’établissement, et le verbe istawā peut avoir le sens d’arriver à maturité, ou de se relever après avoir été allongé et aussi le sens de viser.
Istawā peut avoir le sens de l’istilā qui signifie s’emparer et de qahar qui signifie dominer. Et il peut avoir aussi le sens de l’élévation du degré et ces deux derniers sens sont dignes de Dieu. Il ne s’agit pas de l’élévation de l’endroit ni de la direction. Parce que ce qui compte c’est l’élévation en degrés. Aucun compagnon du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’a expliqué l’istiwā par la position assise ni l’établissement. Mais ils donnaient à l’istiwā un sens digne de Dieu. Ils ne l’expliquaient pas dans un sens d’une des caractéristiques des humains comme la position assise. Parce que la position assise ne peut avoir lieu que de la part des humains ou de certains animaux, qui ont deux partie, une partie supérieure et une partie inférieure. Quant à Dieu, Lui Qui a créé les humains et leurs caractéristiques, Qui a créé les anges et leurs caractéristiques, Qui a créé les ǧin et leurs caractéristiques et leurs états, et Qui a créé d’autres corps que ceux-là, il n’est pas concevable selon la raison ni selon la Loi qu’Il soit caractérisé par la position assise sur le Trône ou le kursiyy, cela est impossible selon la raison.
Et l’imam Aḥmad a dit que Dieu istawā comme Il l’a dit mais pas comme on peut l’imaginer.
Et il a été authentifié avec une très bonne chaine de transmission d’après l’imam Mālik que Dieu l’agrée qu’il a dit : Dieu istawā tout comme Il nous l’a appris, comme étant un de Ses attributs. Dieu nous a appris que, parmi Ses attributs, il y a l’istiwā et on ne dit pas comment au sujet de Dieu. Et le comment, Dieu en est exempt.
Et il n’est pas valide du point de vue de la chaine de transmission et ce n’est pas correct que l’imam Mālik ou que quelqu’un d’autre que lui ait rapporté du salaf qu’il aurait dit : l’istiwā est connu et le comment est inconnu. Personne n’a dit cette phrase parmi les savants. Car le fait de dire que Dieu a un comment qui est inconnu c’est que Dieu aurait un comment mais que nous, nous ne connaissons pas. Donc cela revient à attribuer à Dieu le comment. Et le comment ce sont les caractéristiques des créatures. Cette phrase suggère un sens qui est faux : que Dieu aurait un istiwā avec un aspect et une forme, mais que nous, nous ne connaitrions pas. Or ceci est complètement différent de ce que le salaf a dit : et le comment est inconcevable.
Le šayẖ a dit que cette phrase « le comment est inconnu », certains Acharites l’ont dite mais eux, ils n’en comprenaient pas que Dieu aurait un comment que nous ignorons, mais ils en comprenaient que Dieu est exempt du comment. Mais cette phrase est dite par beaucoup d’assimilationnistes et de wahabites, qui ont pour croyance que Dieu est assis sur le Trône ou bien qu’Il est au-dessus du Trône.
Ne vous laissez méprendre par le fait que cette expression figure dans le livre « iḥyāhu ʿulūmi d-dīne » parce que l’auteur de ce livre Al-Ġaẓālī ne vise pas le sens que les assimilationnistes visent. En effet Al-Ġaẓālī déclare explicitement dans ce livre que Dieu est exempt d’être dans un endroit, Il est exempt de la limite et de la quantité. La limite et la quantité font partie des caractéristiques des créatures.
Dieu dit dans sūrat ar-raʿd verset 8 ce qui signifie : « toute que Dieu a créée a une quantité ».
Etre situé dans un endroit ou une direction fait partie des caractéristiques des corps et Dieu n’est pas un corps.
Les wahabites comprennent de l’expression qu’ils emploient un sens qui implique que Dieu serait situé dans un endroit. Ce qui est étonnant de leur part c’est qu’ils disent que l’istiwā sur le Trône, il est physique mais ils disent que c’est inconnu.
Nous, nous disons que la phrase « aR-Raḥmān istawā ʿala l-ʿarš » signifie que Dieu domine le Trône. Si quelqu’un nous dit pourquoi dites-vous cela alors qu’on sait que Dieu domine toute chose ! On répond que Dieu dit aussi « wa huwa rabbu l-ʿarchi l-ʿāẓīm » dans sūratū t-tawbah verset 129 ce qui signifie que Dieu est le Seigneur du Trône éminent alors qu’Il est le Seigneur de toute chose. Comme l’a dit le poète : qad istawā Bišrun ʿala l-ʿIrāqī min ġayri sayfin wa damin muġrāqī, ce qui signifie que Bišr a dominé l’Iraq sans brandir d’épée ni faire couler de sang. Il n’a pas fait de guerre. Dans la langue arabe, on peut utiliser le terme istawā ʿala dans le sens de dominer.
Pourquoi le Trône est-il mentionné en particulier ? L’intérêt est que le Trône est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu est tout puissant à créer plus grand que le Trône mais Il a fait que ce soit la plus grande des créatures. Donc cela veut dire que Dieu domine tout ce qui est plus petit que le Trône. Dominer signifie que le Trône est sous la puissance de Dieu. Si ce n’était la puissance de Dieu, le Trône serait tombé sur ce qui en-dessous de lui.
L’imam ʿAlī que Dieu l’agrée a dit ce qui signifie : « certes Dieu a créé le Trône par manifestation de Sa puissance et non pas pour le prendre comme endroit pour s’asseoir ». Rapporté par l’imam le muḥaddiṯ le faqīh Abū Manṣūr at-tamimī dans son livre « at-tabsirah ». Il a dit : lorsque nous disons que Dieu domine le Trône, cela veut dire que Dieu domine toute chose. Le Trône est la plus grande des créatures par ses dimensions, il a une dimension, il a une limite mais seul Dieu sait cette limite. Par contre, ibnu Taymiyah qui est un égaré et qui a une mauvaise croyance, il dit que Dieu a une limite mais que, seul Lui sait. Donc il aura ainsi comparé Dieu au Trône. Et c’est une mécréance car Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.
Si l’un d’eux nous dit : comment dites-vous que Dieu a créé le trône par manifestation de sa puissance, alors que nous ne le voyons pas ? Nous répondons que les anges qui sont tout autour du Trône, ils le voient. Et ainsi, ils augmentent en crainte révérencielle envers Dieu. Leur crainte en glorification de Dieu augmente. Et ils augmentent également en certitude en la parfaite toute puissance de Dieu.
Une autre manière d’expliquer ce verset 5 de sūrāt ṭāhā est de dire : Dieu istawā ʿala l-ʿarš d’un istawā qui est digne de lui, tout en L’exemptant de l’istawā des créatures.
Si quelqu’un dit que Dieu istawā d’un istiwā digne de Lui, cela s’appelle une interprétation globale. On ne précise pas un sens pour l’istiwā.
Quand on dit que Dieu domine le Trône, cela s’appelle une interprétation détaillée. Parce que le mot istawā a 15 sens et le sens de dominer est un de ces quinze sens. On a éliminé les sens qui ne sont pas dignes de Dieu et parmi les sens restants, on a pris parmi eux. On n’a pas la certitude que c’est ce sens -là que Dieu vise mais il n’y a pas de péché à le dire. En effet il n’y a pas que ce sens-là qui est digne de Dieu parmi les sens du terme istawā. Mais ce sens-là « dominer », on a une forte présomption que c’est celui-là qui est correct.
Sachez qu’il est un devoir de mettre en garde contre ceux qui rendent possible pour Dieu la position assise ou l’établissement sur le Trône en expliquant la parole de Dieu « ar-Raḥmānou ʿala l-ʿarši stawā » par la position assise ou l’établissement ou la proximité. C’est la croyance des wahabites, c’est une nouvelle religion qui date d’environ trois siècles. Et avant eux, il y a eu d’autres gens qui ont expliqué l’istiwā par la position assise. C’est un devoir de se méfier d’eux. Ils sont partis d’une proposition qui est fausse : ils ont dit que tout ce qui existe est forcément dans un endroit. Et c’est faux car cela concerne les créatures uniquement. Ils ont fait une analogie entre le Créateur et la créature. La créature est dans un endroit mais Dieu n’est pas dans un endroit. Ils disent : « comment Dieu existe-t-il sans endroit ? Car tout ce qui existe est forcément dans un endroit. Comme Dieu existe, il est dans un endroit ». C’est une argumentation complètement fausse. On leur répond en disant que ce n’est pas une condition pour l’existence que d’être dans un endroit. On leur dit : n’est-ce pas que Dieu existe avant l’existence des endroits, avant l’existence du temps, avant l’existence de tout autre que cela ? !
Preuve en est le ḥadīṯ : qāla rasūlu l-Lāhi ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : « kāna l-Lāhu wa lam yakun šayʾun ġayruh « ce qui signifie : le Messager que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « Dieu est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité ». Le Prophète a dit cette phrase lorsque des gens du Yémen sont venus le questionner au sujet du commencement de ce monde. Le Prophète leur a répondu par une information encore plus importante c’est-à-dire qu’avant le début de ce monde, seul Dieu existe. Autre que Dieu englobe les endroits, les directions, le temps et tout cela n’est pas de toute éternité. Cela veut dire que Dieu existe de toute éternité sans les endroits, sans les directions, sans le temps. Et comme Dieu ne change pas, cela veut dire qu’après la création des endroits, du temps, des directions, Dieu est toujours sans endroit, ni direction, ni temps. Ce ḥadīṯ a été rapporté par Al-Buẖārī, par Al-Bayhaqī et d’autres.
Il est donc valide selon la Loi et selon la raison que Dieu existe sans les endroits et sans les directions. Et l’Islam est le fait de faire l’absolue différence entre le Créateur et la créature. Mais les wahabites ont fait une analogie entre le créateur et la créature : ils ont dit : « tout comme on ne conçoit pas l’existence d’une créature sans qu’elle soit dans un endroit, alors c’est impossible que Dieu soit sans endroit ». C’est cela qui les a amenés à leur perte. Quand on dit que Dieu existe sans comment, cela veut dire que Dieu n’a pas les caractéristiques des créatures.
Verset 6 : à Lui tout ce qu’il y a dans les cieux et sur terre, et ce qu’il y a entre eux et ce qui est sous terre. C’est-à-dire que tout cela appartient à Dieu. Et Il fait de ce qui Lui appartient ce qu’Il veut.
Verset 7 : que tu dises quelque chose à voix haute ou à voix basse, Dieu sait ce que tu dis à voix basse. Et même ce qui encore plus discret que ce qui est dit à voix basse. Comme ce qui nous passe par l’esprit ou ce qu’on a dans le cœur. Rien n’échappe à la science de Dieu.
Dieu sait absolument tout.
Verset 8 : Allāh il n’est de dieu que Lui. Il a les noms qui indiquent la perfection. Allāh est le plus beau mot de la langue arabe. « Allāh il n’est de dieu que Lui » cela signifie que Dieu est unique par Son Etre, même si Ses noms et Ses attributs sont plusieurs. « Il a les noms qui indiquent la perfection » : c’est-à-dire que les noms de Dieu ne comportent pas de défaut.
Verset 9 : est-ce qu’il t’est bien parvenu le récit de Moise ? C’est-à-dire que Dieu a cité le récit de Moise pour que notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam le prenne comme une consolation et un modèle pour lui et pour que ce soit une aide à supporter le statut de prophète, par la patience face aux difficultés.
Verset 10 : lorsqu’il a vu un feu. Dieu a ordonné à notre maitre Moise de se rendre dans un endroit et il a vu un feu. Il a été rapporté que notre maître Moise avait demandé l’autorisation à Šuʿayb (qui était son beau-père et qui était aussi un prophète) de s’absenter pour aller visiter sa mère qui se trouvait en Egypte. Il est parti avec son épouse et elle a accouché en route. C’était par une nuit obscure et froide. Il avait perdu son chemin, son troupeau s’était dispersé, il n’avait pas d’eau. Il a essayé d’attiser un feu mais son bras était devenu comme glacé tellement il faisait froid. Il a alors vu un feu. En réalité c’était une lumière. Il a dit à sa famille : attendez, j’ai vu un feu. Pourvu qu’on puisse se réchauffer, puissé-je amener une braise de ce feu. On comprend de cette phrase qu’il avait un espoir, ce n’était pas une certitude. Ceci, afin de ne pas promettre ce qu’il ne peut pas réaliser.
En extraire un feu : c’est-à-dire soit un feu au bout d’un bâton ou au bout d’une mèche.
Ou peut-être que je trouve autour de ce feu des gens qui sont bien guidés. C’est-à-dire qui puissent m’indiquer le chemin pour que je puisse continuer.
Verset 11 : quand il s’est rendu auprès de ce feu, il a vu que c’était un feu qui était tout blanc. Il n’y avait pas de flamme. Ce feu jaillissait d’un arbre en partant du bas du tronc jusqu’en haut. C’était un arbre de al ʿunnāb un jujubier, dont le fruit qui ressemble à une toute petite pomme. Il n’a vu personne autour. Il a été rapporté que chaque fois qu’il se rapprochait de cet arbre, l’arbre s’éloignait. Et s’il reculait, l’arbre retournait à sa place. Moise fut appelé, c’est-à-dire qu’un ange l’a appelé de la part de Dieu. Il a dit : ton Seigneur te dit ô Mūsā
Verset 12 : Je suis Ton Seigneur. Ceux qui attribuent le corps à Dieu ont prétendu que Dieu parle avec une voix. Or la voix est une caractéristique du corps. Le corps et la voix ont un début. Ce sont des choses relatives aux créatures. Mais la parole de Dieu n’est pas une voix. Dieu est exempt d’être une substance ni une caractéristique d’une substance. L’être humain a forcément des caractéristiques. Il n’y a pas un être humain qui soit dépourvu de mouvement ou d’immobilité. Tout ce qui change implique le début. Il est impossible selon la raison qu’il y ait quelque chose qui change et qui soit sans début. Tout ce qui change a obligatoirement un commencement.
Enlève tes chaussons : An-Nasafī a dit que c’est pour qu’il puisse fouler cette terre bénie. D’autres ont dit que c’est parce que ses chaussons sont faits à partir d’une peau d’âne qui n’a pas été tannée. C’est cela l’avis qui est retenu. Il a été dit aussi que le fait de marcher pieds nus est une preuve de modestie et d’humilité envers Dieu. Et le qurʾān indique cela. Les musulmans du salaf ont fait les tours autour de la kaʿbah pieds nus, par humilité envers Dieu. Alors Mūsā a enlevé ses chaussons et les a jetés par-derrière la vallée.
Le šayẖ a dit : c’est l’habitude des gens de mon pays, quand un étudiant de science vient étudier chez son enseignant, il enlève ses chaussures avant de rentrer.
Certes tu es dans la vallée sacrée : c’est-à-dire pure ou bénie.
Verset 13 : Je t’ai élu pour le statut de prophète. Alors entends bien ce qu’il t’est révélé.
Verset 14 : certes Je suis Allāh il n’est de dieu que Moi. Adore-Moi et accomplis la prière. C’est-à-dire : crois en Mon unicité et obéis-Moi. Et accomplis la prière pour M’évoquer. Parce que dans la prière, il y a des évocations. Ou bien parce que j’ai mentionné la prière dans les livres anciens et J’ai ordonné qu’elle soit accomplie.
Il y a plusieurs explications et le šayẖ a dit : accomplis la prière pour M’évoquer, c’est-à-dire en des temps bien précis. Car Dieu dit ce qui signifie : la prière a été prescrite pour les croyants dans des temps bien précis.
Il a mentionné, d’abord pour adorer Dieu puis pour faire la prière. Ceci est une preuve que la croyance en l’unicité de Dieu est prioritaire sur tout autre chose.
Verset 15 : certes l’Heure du jugement arrive inéluctablement : les gens ne savent pas quand ce jour va arriver exactement. Ce jour-là chaque âme sera justement rétribuée de ce qu’elle aura accompli. Dieu a su et a voulu que le Jour du jugement va arriver. Chaque instant qui passe nous rapproche, et de notre terme, et du Jour du Jugement. Dieu nous a donnés des signes annonciateurs de ce jour sans nous informer exactement quand. Ceci, pour que nous soyons toujours prêts à nous préparer pour ce jour. Dieu nous a voilé la date exacte du Jour du Jugement, pour que chaque âme soit correctement rétribuée en fonction de ce qu’elle aura réalisé.
Celui qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra les conséquences. Et celui qui le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra les conséquences. Dieu dit ce qui signifie : « l’exemple de ceux qui ont mécru en Dieu, leurs œuvres sont telles un tas de cendres exposé au vent un jour de tempête ». Et Il dit ce qui signifie : « dis : obéissez à Dieu et à Son Messager, s’ils rejettent cela, alors Dieu n’agrée pas les mécréants ».
Verset 16 : ne te laisse pas détourner : c’est-à-dire ne te laisse pas détourner pour œuvrer pour le Jour du Jugement ou bien ne te laisse pas détourner pour accomplir la prière ou bien ne te laisse pas détourner de la croyance au Jour du Jugement. La parole est adressée ici à Moise mais ce qui est visé est sa communauté. En effet tous les prophètes sont préservés de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse. Ils sont l’élite de la création.
Par ceux qui n’y croient pas : c’est-à-dire que ceux qui n’y croient pas ne t’influencent pas.
Et qui ont suivi leurs passions : c’est-à-dire ce que leur embellit leur âme. Et qui contredisent l’ordre de Dieu
Car cela va te mener à ta perte.
Dieu dit en s’adressant au Prophète mais ceux qui sont visés ce sont les gens de sa communauté ce qui signifie : si tu tombes dans l’association (c’est-à-dire si des gens de ta communauté tombent dans l’association) alors tu perdras toute récompense.
Verset 17 : Dieu annonce à Moise qu’il aura un miracle avec son bâton qu’il tient avec sa main droite.
Verset 18 : il (Moise) a dit : c’est un bâton que j’utilise comme appui ou bien quand je conduis un troupeau ou bien pour sauter et je tape les branches des arbres pour que mon troupeau puisse manger ce qui tombe des arbres et je l’utilise pour d’autres choses encore.
Les autres usages que Moise avait de ce bâton c’est que ce bâton l’accompagnait, conversait avec lui, combattait l’ennemi, les fauves, devenait aussi comme un support pour accrocher une poulie pour pouvoir récupérer de l’eau d’un puits et parfois les deux branches de ce bâton devenaient comme des bougies qui éclairent la nuit et il servait aussi à porter ses affaires, ses provisions et également, quand il le plantait dans le sol, ce bâton donnait le fruit qu’il désirait. Et aussi quand Moise plantait son bâton dans le sol, l’eau jaillissait et la source tarissait quand il l’enlevait du sol. Ce bâton protégeait aussi des animaux sauvages. Donc Moise a énuméré les bienfaits qu’il tirait de ce bâton.
Verset 19 : il lui a été dit lance ton bâton ô Mūsā : c’est pour que tu ne t’appuies plus dessus et que tu n’aies plus recours à autre qu’à Dieu et que tu voies ce que ce bâton comporte comme autre usages et que tu te fies à Nous pour tes demandes.
Verset 20 : Mūsā l’a lancé et c’était devenu un serpent qui se mouvait rapidement. Il a été dit que c’était devenu un serpent qui engloutissait les rochers et les arbres. Quand notre maitre Mūsā a vu son bâton qui était devenu un serpent qui dévorait tout sur son passage, il a eu un mouvement naturel d’appréhension.
Le terme utilisé en arabe est le mot ḥayyah qui est un terme générique car il peut englober aussi bien ce qui est un petit serpent ou un gros serpent, il désigne les différentes catégories de reptiles.
Verset 21 : Dieu dit reprends-le (ce serpent) et ne crains rien, Nous allons lui redonner son aspect d’origine. Quand notre maitre Moise a entendu la parole « ne crains rien », il a même introduit sa main dans la gueule du serpent et il a pris ses deux mâchoires.
Nous allons lui redonner son aspect d’origine : sīratu l-insān c’est la conduite de l’être humain, qu’il a naturellement ou par acquisition. Dieu a dit à Moise que le serpent allait reprendre son aspect d’origine pour que Moise réalise son miracle avec pharaon et ainsi Dieu a préparé Moise à l’aspect que le bâton allait prendre quand il serait en présence de pharaon.
Verset 22 : ramène ta main sous ton ǧanāḥ. Le mot ǧanāḥ à l’origine signifie l’aile de l’oiseau mais ici, cela veut dire le bras. Donc « mets ta main sous ton bras ». Les ǧanāḥ de l’être humain ce sont ses côtés. C’est une métaphore, c’est comme les ailes de l’oiseau. yaǧnaḥ signifie « il bat des ailes ». Elle sortira toute blanche. C’est-à-dire qu’elle sera lumineuse comme le soleil qui aveugle les yeux, sans qu’il n’y ait de maladie comme le vitiligo, ça sera un autre miracle pour toi. C’est-à-dire un autre signe de ton statut de prophète.
Le šayẖ al-Hararī que Dieu l’agrée a dit : la couleur blanche de la main de Moise sera agréable à voir, ce n’est pas comme quand quelqu’un a le vitiligo et c’est une couleur blanche qui est laide.
Verset 23 : afin de te montrer de Nos grands signes. C’est-à-dire : voici là un autre miracle (après celui de la transformation du bâton en serpent). Afin que Nous te montrions par ces deux signes certains de Nos grands signes.
Verset 24 : va chez pharaon, il a fait preuve d’injustice : il est devenu tyrannique. Il a dépassé son statut d’esclave pour prétendre à la divinité. Lorsque notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a reçu l’ordre d’aller chez pharaon le tyrannique, l’injuste et que Mūsā a su qu’il avait été chargé d’une mission lourde de responsabilité, qui nécessite un cœur plein de patience.
Verset 25 : il a dit (Mūsā ʿalayhi s-salām) ô Seigneur, fais que mon cœur soit fort pour supporter cela. Fais que mon cœur soit suffisamment fort pour supporter la révélation, pour supporter les difficultés et pour que je puisse supporter les mauvais comportements de pharaon et de ses soldats.
Verset 26 : et facilite-moi ma tâche : c’est-à-dire : ô Dieu, rends facile pour moi ce que tu as ordonné de faire. Facilite-moi la transmission du message à pharaon.
Verset 27 : dénoue le nœud que j’ai dans ma langue c’est-à-dire facilite-moi la parole. Facilite-moi de trouver les mots justes et de les exprimer facilement. Dans la langue de notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām, il y avait une trace de brûlure parce qu’il avait mis une braise dans sa bouche lorsqu’il était enfant. Il était né l’année où pharaon faisait tuer tous les garçons des fils de Isrāʾīl qui naissaient. Dieu a inspiré la mère de notre maitre Mūsā de le placer dans un berceau qu’elle attacherait sur le fleuve et Dieu a fait que ce berceau est allé dans la maison de pharaon. Comme la femme de pharaon était musulmane et ne pouvait avoir d’enfant, elle a demandé à pharaon de garder cet enfant. Mais il a refusé toutes les nourrices qu’on lui proposait. Alors sa sœur qui avait suivi le berceau a indiqué sa mère comme nourrice, il a donc été rendu à sa mère. Puis un jour qu’il était dans le palais de pharaon, il a tiré sur sa barbe. Pharaon était énervé, il voulait le tuer. Sa femme Āsiyah a intercédé en faveur de Mūsā en disant à pharaon : « ne le tue pas, c’est un enfant ». Elle a pris un récipient dans lequel elle a mis des braises et un autre récipient avec des perles. Elle voulait prouver à pharaon que ce bébé n’avait pas encore l’âge de la distinction. Le bébé allait prendre les perles mais un ange a poussé sa main vers les braises qu’il a prises dans sa bouche et ça lui a brûlé la langue. Suite à cela, cela a entrainé un effet sur sa langue. Mais il parlait correctement, avec une certaine lenteur.
Il a été rapporté que, quand il a pris le charbon, sa main aussi a été brûlée et que pharaon avait fait tout son possible pour la soigner mais il n’a pas réussi et quand Mūsā est venu appeler pharaon à l’islam, celui-ci lui a dit : à quoi m’appelles-tu ? Et Mūsā lui a dit : je t’appelle à adorer celui qui a soigné ma main alors que toi, tu étais incapable de la soigner.
ʿuqdatan min lisānī : c’est comme si c’était un des nœuds de ma langue et cela fait croire que ce ne sont pas tous les nœuds qui ont été dénoués. Mais la plupart des savants ont dit que tous les nœuds ont été dénoués. Et notre maitre Mūsā n’a plus eu de difficultés à parler depuis.
Notre prophète Mūsā ʿalayhi s-salām avait eu un effet sur sa langue. Et cela était pour une sagesse pour que pharaon ne le tue pas. Attention, ce charbon qu’il avait placé dans sa bouche n’avait pas eu pour effet que ses propos étaient incompréhensibles. Il parlait avec une légère lenteur mais ses paroles étaient parfaitement compréhensibles. Il ne modifiait pas une lettre par une autre. Mais il parlait parfaitement. Il y avait un nœud léger c’est-à-dire une certaine lenteur à cause de cette brûlure. Puis il a invoqué Dieu quand la révélation lui était parvenue. Dieu l’a exaucé et même cette lenteur a disparu.
Il a dit ô Seigneur libère-moi de cette légère lenteur que j’ai sur la langue. C’est-à-dire fais que ça touche leurs cœurs et que ça soit efficace. Et Dieu l’a exaucé et même cette lenteur a disparu.
Verset 28 : afin qu’ils comprennent ma parole quand je leur transmets le message. Tous les prophètes avaient un aspect physique parfait, il n’y avait pas parmi les prophètes un seul qui avait une quelconque infirmité. Il n’y avait pas parmi les prophètes un boiteux ni un aveugle. Mais Yaʿqūb ʿalayhi s-salām, tellement il avait été chagriné suite à la perte de son fils Yūsuf, tellement il avait pleuré qu’il avait perdu la vue pendant un certain temps. Puis il avait recouvré la vue après que Yūsuf lui avait envoyé sa chemise. Yūsuf était en Egypte et Yaʿqūb était à Madian. Quand il a reçu la chemise de son fils, il a senti l’odeur de son fils et il a recouvré la vue. C’est la preuve qu’il est permis de faire le tabarruk (le fait de rechercher les bénédictions par une trace physique). Et Dieu fait que cette bénédiction soit une cause de guérison. Cela montre qu’un prophète peut perdre la vue pendant un certain temps, mais pas au début de la révélation. C’est-à-dire que quand la révélation lui parvient, il n’est pas aveugle. Donc Yaʿqūb a recouvré la vue quand il a reçu la chemise de son fils. Mais il n’était pas aveugle de naissance et il n’avait pas de cécité avant cette épreuve. Un prophète, au début de la révélation, nécessairement, il a la vue. Mais après avoir reçu sa mission de prophète, il est possible qu’il perde la vue pendant un certain temps.
Mais celui qui prétend qu’Ādam ^alayhi s-salām était sauvage, de petite taille, trapu comme un singe, c’est un mécréant. De même devient mécréant celui qui dit qu’Ādam marchait nu sur terre. Parce que cela constitue une réfutation du Qur’ān, un démenti. Ainsi, Dieu jure dans sūrat at-tīn par les figues et les olives et par le mont aṭ-ṭūr qui est dans le Sinaï. Nous, nous jurons par Dieu, par de Ses attributs. Mais Dieu jure par ce qu’Il veut. Il a aussi juré par cette ville paisible qui est La Mecque. Il a dit ce qui signifie : « Nous avons créé l’homme avec la meilleure apparence ». Et le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « Ādam était grand de taille, il mesurait soixante coudées (une coudée équivaut à environ 46.2 cm, donc sa taille atteignait les trente mètres), et il avait sept coudées de large. Puis ses descendants sont devenus petits.
Verset 29 : et fais que j’ai un ministre de ma famille. C’est-à-dire quelqu’un sur qui je puisse m’adosser sur qui je puisse m’appuyer. Donc le mot wazīr dérive de wizr qui signifie la charge, le fardeau. Le ministre est celui qui aide le roi à soulever les fardeaux. Ou encore le mot wazīr dérive de wazar qui signifie le refuge. Le roi se réfugie dans l’avis de son ministre et il a recours à lui pour gérer ses affaires. Ou encore le mot wazīr dérive de al-mouʾāzarah, c’est-à-dire le soutien et l’entraide.
Verset 30 : mon frère Hārūn
Verset 31 : fais qu’il me soutienne et de qui je puisse tirer plus de force.
Verset 32 : et fais qu’il soit mon associé dans ma mission. C’est-à-dire fais qu’il soit un prophète et un messager avec moi.
Verset 33 : Dieu dit au sujet de Mūsā ʿalayhi s-salām : afin que nous T’évoquions beaucoup sabbaḥa ici, signifie faire la prière et évoquer Dieu. Mūsā ʿalayhi s-salām a demandé à Dieu de lui envoyer Hārūn pour qu’ils puissent ensemble évoquer beaucoup Dieu, pour qu’ils s’entraident à l’adoration de Dieu.
Verset 34 : et que nous T’évoquions beaucoup (pendant la prière et en-dehors de la prière).
Verset 35 : Mūsā ʿalayhi s-salām a dit : ô Allāh, certes Tu sais tout de nous. Dieu, rien n’échappe à Sa science.
Verset 36 : Dieu a répondu à l’invocation de notre maitre Mūsā : ta demande a été exaucée ô Mūsā c’est-à-dire qu’il t’a été donné ce que tu as demandéô Mūsā. Il y a différentes sortes de récitation ici : au lieu de dire « suʾlak » on dit « sūlak ».
Verset 37 : et Nous t’avons fait grâce une seconde fois. Nous t’avions déjà fait grâce auparavant une autre fois, auparavant.
Verset 38 : Nous avions inspiré à ta mère ce que Nous t’avions inspiré. aʾuḥā signifie Nous t’avions révélé ; mais les femmes ne reçoivent pas la révélation car ce sont les hommes qui sont des prophètes. Une explication est : il se peut que Dieu ait envoyé un ange à la mère de Mūsā qui lui a dit ce que Dieu veut qu’elle sache. Ou bien c’est une inspiration qu’elle a eue dans son cœur. Ou bien elle a fait un rêve lorsqu’elle a accouché de Mūsā.
Car le pharaon de cette époque faisait tuer tous les garçons qui naissaient, une année sur deux. Et Mūsā est né une de ces années-là. Pharaon avait ordonné à ses gardes de chercher tous les descendants d’ Isrāʾīl et il faisait tuer tous les garçons qui naissaient.
Ce qui a été révélé à la mère de Mūsā est expliqué dans le verset suivant.
Verset 39 : que tu mettes ton enfant dans un berceau flottant dans l’eau (du Nil) afin que cette eau l’amène sur le rivage et il sera récupéré par un ennemi à Moi et par un ennemi à lui (àMūsā).
Il a été rapporté que la mère de Mūsā avait mis sur l’eau ce berceau flottant et qu’elle l’avait enduit d’un produit qui empêchait l’eau de l’infiltrer. Il y avait une grande partie du fleuve qui arrivait à un verger de pharaon. Alors qu’il était assis avec son épouse Āsiyah dans ce verger, ils ont vu le berceau qui avait échoué sur le rivage. Il a ordonné qu’on lui ramène ce berceau et il a vu un garçon qui avait le plus beau des visages. Tout de suite pharaon l’a aimé.
Je t’ai accordé un amour de Ma part : Dieu a agréé Mūsā et ceux que Dieu agrée, les gens les aiment. Il n’y pas eu une seule personne qui ait vu Mūsā sans l’aimer.
Un des compagnons du Prophète qui s’appelle Qatādah a dit : « il y avait une beauté dans le visage de Mūsā, personne ne le voyait sans qu’il ne l’aimât ».
Et que tu sois élevé sous Ma protection : ici le mot ʿaynne veut pas dire « œil » au sujet de Dieu parce que Dieu n’est pas un corps. Cela veut dire « afin que tu grandisses sous la protection de Dieu ».
Verset 40 : ta sœur a marché pour lui dire « est-ce que vous voulez que je vous indique une nourrice qui puisse l’allaiter ? » C’est une autre grâce de la part de Dieu, le fait que la sœur de Mūsā ait suivi le berceau. Sa sœur s’appelait Maryam. Il s’est avéré qu’ils étaient en train de chercher une nourrice qui puisse l’allaiter. Dieu a fait que Mūsā avait rejeté toutes les nourrices qui lui avaient été proposées. Et elle visait par cette nourrice la véritable mère du bébé. Ils ont été d’accord. Alors elle a ramené la mère de Mūsā et bien sûr il a accepté le sein de sa mère.
Nous t’avons ramené auprès de ta mère tout comme Nous le lui avions promis. Pour que ton cœur se réjouisse en t’ayant à nouveau auprès d’elle.
Et qu’elle ne soit pas chagrinée pour t’avoir perdu et il est arrivé plus tard quand tu as grandi, tu as tué quelqu’un et Nous t’avons sauvé des conséquences. Et tu as tué un Qibt et Nous t’avons sauvé du fait d’être tué à ton tour. Le mot ġamm, certains ont dit que c’est l’homicide dans la langue de Qurayš et d’autres ont dit qu’il était tourmenté à cause de cet homicide par crainte du châtiment de Dieu. Ceci a eu lieu avant le statut de prophète de notre maître Mūsā ^alayhi s-salām et ceci n’est pas un grand péché car il l’a tué involontairement. Il craignait que pharaon ne le tuât en raison de cet homme. Et Dieu a pardonné à Mūsā quand il a dit : « ô Seigneur, j’ai été injuste envers moi-même, pardonne-moi ». Dieu a sauvé Mūsā de pharaon puisqu’Il a fait que Mūsā quitte l’Egypte pour Madiane qui se trouve entre l’Arabie et la Jordanie. Madiane était la ville du prophète Šuʿayb.
Nous t’avons élu parmi d’autres : Mūsā a été élu par le fait d’être prophète.
Tu es resté un certain nombre d’années parmi les habitants de Madiane : c’est la ville du prophète Šuʿayb, elle se trouve à huit étapes de l’Egypte. Wahb, un des exégètes du qur’ān a dit que notre maitre Mūsā ^alayhi s-salām est resté 28 ans à Madiane : 10 ans en tant que dot pour Séphora, la fille de Šuʿayb qui était la femme de Mūsā, puis 18 ans en plus. Il a eu des enfants.
Puis il est arrivé le temps où Mūsā a reçu son statut de prophète.
Verset 41 : Je t’ai choisi pour recevoir la révélation de Ma part pour que tu te comportes tel que Je veux et j’agrée.
Az-Zaǧǧāǧ qui est un spécialiste de la langue a expliqué ce verset par : « Je t’ai choisi pour la mission que Je t’ai donnée, Je t’ai fait celui qui est Ma preuve pour les gens, tu es celui qui est l’intermédiaire entre les gens et Moi, c’est comme s’ils ont entendu Ma parole que tu leur transmets ».
Verset 42 : va, toi et ton frère, avec Mes signes. Avec mes miracles et ne vous lassez pas de m’évoquer. Ne soyez pas de ceux qui faiblissent et qui font preuve de défaillance. ḏikrī c’est-à-dire : c’est comme si vous aviez des ailes pour vous envoler. Ou bien transmettez Mon message à pharaon et à son peuple. Le mot ḏikr qui est traduit communément par évocation est un mot qui désigne différentes sortes d’adoration. Et transmettre le message est un acte d’adoration et c’est le plus éminent des actes d’adoration.
Verset 43 : allez donc tous les deux voir pharaon, il a dépassé les limites. Cette phrase a été répétée deux fois. Pharaon a été tyrannique puisqu’il a prétendu la divinité.
Verset 44 : dites-lui des paroles convenables : c’est-à-diredes paroles adéquates, douces, car c’est cela qui va l’amener à accepter l’Islam.
Pour que ce soit une cause de rappel pour lui : de sorte à ce qu’il soit exhorté et qu’il reconnaisse la vérité. Le rappel a eu lieu pour lui mais il a accepté au moment où il allait se noyer, donc c’était trop tard. Car Dieu n’accepte pas le repentir de la part de quelqu’un qui a perdu tout espoir de vivre.
Il a été dit que pharaon avait été exhorté par le rappel que lui avait fait Mūsā et Hārūn et qu’il voulait les suivre mais que c’était son ministre qui l’en avait empêché.
Il a été dit que ce verset a été récité auprès de Yaḥyā fils de Muʿāḏ et il était connu pour être un ascète, un grand saint. Quand il a entendu ce verset, il s’est mis à pleurer et il a dit : « quand tu es de ceux qui parlent avec douceur et de manière adaptée à un mécréant qui prétend la divinité (pharaon avait dit qu’il était le seigneur suprême), alors comment vas-tu parler à quelqu’un qui reconnait la divinité de Dieu !! A plus forte raison, il convient de parler de manière adaptée à quelqu’un qui est musulman et qui dit la parole -subḥāna rabi l-ʾaʿlā-
Verset 45 : ils ont tous deux dit ô Seigneur nous craignons qu’il ne s’empresse de nous punir ou qu’il fasse preuve d’injustice. Nous craignons qu’il ne nous punisse en dépassant la limite en nous faisant du mal.
Verset 46 : Il leur a dit ne craignez rien Je serai avec vous J’entends et Je vois. Je suis avec vous : c’est-à-dire Je vous donne la victoire et Je vous protège.
J’entends : ce que vous allez dire et Je vois : ce que vous faites. Dieu, par Son ouie qui est de toute éternité, Il entend les choses qui entrent en existence. Et Il entend Sa parole qui, elle, est de toute éternité. Sa parole est un attribut, elle n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures.
Et Dieu voit les choses qui sont entrées en existence. Et Dieu voit Son Etre à Lui qui est de toute éternité.
Ibnu ʿAbbās a dit au sujet de ce verset : (ne craignez rien, Je vous soutiens, J’entends (c’est-à-dire vos invocations) et Je vous les exaucerai et Je vois (ce qui risque de vous arriver de la part de ceux qui complotent contre vous) et Je l’empêcherai). Autrement dit, ce qui vous arrive n’est pas quelque chose qui M’échappe. Alors n’ayez pas de crainte.
Verset 47 : allez le voir (c’est-à-dire pharaon) dites-lui nous sommes les envoyés de ton Seigneur.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : dans ce verset où Dieu leur dit de dire : nous sommes des messagers envoyés à toi, c’est une preuve qu’aussi bien Mūsā que Hārūn sont des messagers.
Et dites-lui envoie avec nous les descendants Isrāʾīl (le prophète Yaʿqūb qui est le petit-fils du prophète Ibrāhīm). Laisse les descendants d’Isrāʾīl venir avec nous, c’est-à-dire libère-les du joug de l’esclavage de la part de pharaon.
Et ne leur fais pas subir des tâches qu’ils ne peuvent pas supporter : car pharaon leur faisait faire des travaux forcés
Nous t’avons amené un signe de la part de ton Seigneur : c’est-à-dire une preuve que c’est bien Dieu Qui nous a envoyés, nous t’amenons la preuve de la véracité de ce que nous prétendons. Cette phrase par rapport à la première phrase qui est (nous sommes des envoyés de la part de ton Seigneur) est une indication, une explication et un détail de la première. Parce que la prétention du message n’est confirmée qu’avec sa preuve. Et la preuve des messagers, ce sont les miracles. Alors pharaon a demandé : et quel est donc ce miracle ? Notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a montré sa main, elle était rayonnante comme le soleil, fluorescente.
Et salutation à celui qui aura suivi la bonne guidée : ici, salutation signifie la sauvegarde et non pas le salut. C’est-à-dire la sauvegarde du châtiment pour celui qui entre en Islam. C’est pour indiquer à pharaon que, s’il entre en Islam, il sera sauvé du châtiment éternel.
Verset 48 : il nous a été révélé que le châtiment sera accordé à celui qui dément et qui se détourne.
Il nous a été révélé que le châtiment dans le bas-monde et dans l’au-delà sera accordé à celui qui dément les messagers et qui se détourne de la foi de l’ Islam.
Ce verset est le verset qui porte le plus d’espoir parce qu’il a indiqué que la sauvegarde sera accordée pour le croyant et le châtiment est pour celui qui dément. Ils sont donc partis le voir et ils ont donc accompli leur mission. Et ils ont dit à pharaon ce qu’ils avaient reçu l’ordre de dire.
Verset 49 : il leur a dit qui est donc votre Seigneur ô Mūsā. Mūsā est Mūšī en hébreu et Mū signifie eau et Šī signifie arbre. Pharaon s’est adressé aux deux mais il a appelé l’un des deux seulement Moise. Parce que c’est Moise qui était prophète en premier puis Hārūn est venu après lui.
Verset 50 : il a répondu (Moise) notre Seigneur (à nous deux) c’est Celui Qui a donné à chaque chose ce dont elle a besoin. Ici, le verbe ʾaʿṭā est transitif et il admet deux compléments d’objet direct.
La deuxième explication : Dieu est Celui Qui a donné à chaque chose son aspect et la forme qui est adaptée au bénéfice pour lequel elle a été créée. Exemple : l’œil, c’est Dieu Qui lui a donné l’aspect correspondant à la vue. La main a été créée avec le pouce en opposition pour pouvoir saisir des objets.
Et Il a guidé : c’est-à-dire que Dieu a fait savoir à Sa créature comment tirer profit des moyens de subsistance : comment semer du blé, comment le récolter, le décortiquer, le moudre, …Et Dieu a indiqué à Ses créatures quel est le moyen du bonheur dans l’au-delà. Dieu a envoyé des prophètes alors qu’Il n’était pas obligé.
Verset 51 : il (pharaon) a dit qu’en est-il de ceux qui ont vécu dans les siècles antérieurs. Il a posé la question àMūsā à propos de l’état de ceux qui ont vécu dans les siècles précédents et qui sont transformés en poussière, du malheur de ceux qui seront malheureux pour l’éternité et du bonheur de ceux qui seront heureux pour l’éternité.
Verset 52 : Mūsā a dit (en guise de réponse) Dieu sait ce qu’il en est de ces gens-là. Il s’en est remis à Dieu au sujet de cette connaissance.
Leur état est inscrit dans un livre : c’est la Table Préservée qui est au-dessus des cieux et sur laquelle est inscrit tout ce qui a lieu dans ce bas-monde jusqu’au Jour du Jugement. C’est comme s’il avait répondu : tu as posé la question à propos d’une chose que nous ignorons, qui est cachée pour nous. Et Dieu est Celui Qui sait cela. C’est comme s’il lui disait : je ne suis qu’un esclave comme toi et je n’ai de connaissance que ce que Dieu, Qui sait les choses cachées me dévoile. Il lui a dit : ce qu’il en est des gens qui ont vécu avant nous, Dieu l’a fait écrire sur la Table préservée.
Dieu ne se trompe pas : c’est-à-dire celui à qui Dieu accorde la félicité, Dieu lui accorde la félicité et celui qui mérite le malheur, Dieu lui accordera ce qu’il mérite.
Et Dieu n’oublie personne : c’est-à-dire que Dieu n’oublie pas de les récompenser ou de les châtier. Il a été dit que Dieu n’est pas de ceux qui oublient. Et la Table Préservée n’est pas là pour lui rappeler ce qu’Il aurait pu oublier. Mais Dieu a fait inscrire sur la Table Préservée pour faire savoir aux anges que ce que vont faire les gens est conforme à ce que Lui Sait.
Verset 53 : Il est Celui Qui a fait que la terre est pour vous comme un support et Il a fait qu’il y a sur terre des chemins (pour que vous puissiez vous déplacer) et Dieu a fait descendre du ciel de l’eau (de pluie) et Nous avons fait pousser par elle différentes variétés de plantes qui sont différentes par leurs couleurs, leurs odeurs, leurs formes ; certaines sont pour les gens, d’autres pour les animaux. Parmi les grâces que Dieu nous a accordées, c’est que nos subsistances, nous les obtenons en partie par le travail des animaux. Et Dieu a fait que les animaux que les humains utilisent, leur alimentation provient du reste des cultures que nous ne consommons pas.
Verset 54 : mangez (vous-mêmes) et faites paître vos troupeaux, il y a en cela des signes pour ceux qui sont dotés de raison. C’est un récapitulatif du verset précédent c’est-à-dire Nous avons fait sortir de la terre différentes sortes de plantes, autorisant à en profiter pour que vous puissiez en consommer une partie et que vous donniez en fourrage une partie pour vos animaux. Il y en cela c’est-à-dire en ce que J’ai mentionné des signes c’est-à-dire des preuves pour ceux qui sont sensés c’est-à-dire ceux qui sont dotés de raison : an-nuhā –
Verset 55 : c’est à partir d’elle que Nous vous avons créés, c’est à elle que Nous vous rendrons et c’est à partir d’elle que Nous ferons sortir une deuxième fois : c’est-à-dire de la terre. Votre ancêtre, votre père à tous qui est Ādam a été créé à partir de la terre. Et c’est à la terre que Nous vous rendrons (c’est-à-dire c’est dans la terre que vous serez enterrés). C’est à partir d’elle que Nous vous ferons sortir une deuxième fois c’est-à-dire pour le jour de la résurrection. Dieu fait que les parties des corps qui sont transformées en poussière, qui sont mélangées avec la terre, seront ramenées pour reconstituer à nouveau le corps, comme ils étaient pendant leur vie, avant leur mort. Et après la reconstitution des corps, Dieu les fera sortir pour le jour du rassemblement.
L’auteur a dit : Dieu a énuméré ce qui se rapporte à la terre, à savoir qu’elle est un support pour les humains, sur lequel ils peuvent se déplacer, faire leurs occupations ; Dieu leur a tracé des chemins pour circuler pour aller là où ils veulent, Dieu leur a fait pousser différentes sortes de plantes parmi lesquelles celles qui sont sources de subsistance pour eux, ou pour leurs animaux. Et c’est à partir de la terre qu’ils ont été créés et c’est d’elle qu’ils sont nés et elle sera leur linceul quand ils vont mourir.
Verset 56 : Nous lui avons fait voir tous Nos signes, il a démenti et il a refusé. C’est-à-dire à pharaon, il n’a pas été mentionné explicitement mais le pronom « lui » se rapporte à pharaon. « Tous Nos signes » : il s’agit de neuf grands signes que Dieu a accordés à Moise (neuf grands miracles).
1/le bâton qui s’est transformé en un serpent
2/la main de Moise qui est devenue scintillante
3/ la séparation de la mer en douze chemins
4/le rocher qui était une source d’eau pour les tribus descendant d’Isrāʾīl. Chaque fois qu’ils avaient besoin d’eau, Moise frappait ce rocher et douze sources d’eau jaillissaient. Et il emmenait ce rocher avec lui.
5/ les criquets
6/ les poux
7/les crapauds
8/le sang
9/ la prononciation de la montagne.
Mais pharaon a refusé d’accepter la vérité.
Verset 57 : il lui a dit est-ce que tu es venu pour nous faire sortir de notre terre par ta sorcellerie ô Mūsā : c’est pharaon qui a parlé. Il a dit est ce que tu es venu pour nous faire sortir de notre terre d’Egypte ? « Par ta sorcellerie ô Mūsā » : il y a en cela que pharaon avait extrêmement peur de Moise. Pharaon a utilisé cela comme un prétexte car quel sorcier pourrait faire sortir un roi de son royaume !?
Verset 58 : nous allons t’amener une sorcellerie semblable, alors fixe-nous une date pour toi et moi où nous viendrons, ce sera un endroit commun : pharaon a dit : nous allons te contrer avec une sorcellerie comme la tienne. Fixe-nous une date et nous nous y tiendrons, c’est-à-dire que nous n’allons pas manquer ce rendez-vous.
Verset 59 : notre rendez-vous sera un le jour dezīnah (c’était un jour de fête pour eux) : c’est Mūsāqui a répondu cela, même si la question concernait un endroit, il a répondu par un moment. Parce que forcément à cette date-là, ils allaient se retrouver dans un endroit.
Et que le rassemblement des gens soit en matinée. La matinée est le moment de la journée où les gens sont plus sûrs de ce qu’ils voient, ainsi il y a moins de suspicion. Et c’est un moment plus propice pour que la vérité se propage entre les contrées, pour que ce que les gens vont voir soit diffusé à large échelle, dans les villes et les villages.
Verset 60 : pharaon s’est détourné de Mūsā et il a rassemblé tout ce qui constituait sa ruse et ses sorciers puis il est venu. Pharaon s’est détourné de Moise et il a ressemblé ses sorciers : il y a eu trois avis sur le nombre de sorciers de pharaon : soit 72, soit 400 soit 70.000. Puis il est venu pour le jour du rendez-vous.
Verset 61 : Mūsā ʿalayhi s-salām s’est adressé aux sorciers, Mūsā leur a dit malheur à vous, ne calomniez pas Dieu (dans le sens : ne prétendez pas que le miracleque j’ai, soit de la sorcellerie
Sinon Dieu vous anéantira par un châtiment terrible et aura été déçu celui qui calomnie.
Verset 62 : alors ils se sont disputés entre eux et ils se sont concertés en cachette : ils n’étaient pas d’accord entre eux, certains ont dit c’est un sorcier comme nous, d’autres ont dit non, ce qu’il a dit là ce ne sont pas des paroles de sorciers, ne calomniez pas Dieu. Ils se sont dits : si c’est un sorcier, nous allons avoir le dessus, et si c’est quelque chose qui lui vient du ciel, alors il va certainement avoir un soutien.
Verset 63 : ils ont dit mais ce ne sont là que deux sorciers : en parlant de Mūsā et de Hārūn, qui veulent vous faire sortir de votre terre, c’est-à-dire d’Egypte, par leur sorcellerie et ils veulent faire disparaitre votre religion et votre loi exemplaire. Ils font référence au fait qu’ils adorent pharaon.
Verset 64 : venez tous ensemble : les sorciers se sont dits entre eux : soyons tous unis. En une rangée : cela inspire davantage le respect et la crainte pour celui qui observe. Celui qui va avoir le dessus aura réussi.
Verset 65 : les sorciers ont dit ô Moise soit tu lances ton bâton en premier ou alors c’est nous qui commençons par lancer ce que nous avons entre nos mains : ils lui ont laissé le choix entre ce que ce soit lui qui commence ou bien eux. L’auteur dit : c’est comme si Dieu leur a inspiré cela. Ils ont été touchés par la barakah de Moise ʿalayhi s-salām et Moise a su qu’ils voulaient, eux, lancer en premier. Dieu a fait savoir cela à Moise.
Verset 66 : il a dit lancez en premier afin que Dieu manifeste Sa toute puissance et qu’Il annule ce qu’ils auront fait et que, quand le miracle apparait, cela montre la faiblesse de la sorcellerie, pour ceux qui observent et que ce soit une moralité claire pour les gens. Et ils ont lancé.
C’est alors que leurs cordes et leurs bâtons donnaient l’illusion à celui qui les observe qu’ils se déplaçaient. Il a été dit qu’ils les avaient enduits de mercure et, avec le soleil, ils donnaient l’impression de bouger.
Verset 67 : Mūsā ʿalayhi s-salām a craint que les gens ne soient en proie au doute et qu’ils ne le suivent pas.
Verset 68 : Nous lui avons dit n’aie aucune crainte, tu seras le victorieux. Celui qui va vaincre.
Verset 69 : et lance ce que tu as dans ta main droite et c’est ça qui va dévorer ce qu’ils ont fait. C’est-à-dire lance le bâton que tu tiens dans ta main droite, il va avaler les objets que les sorciers ont lancés, c’est-à-dire leurs bâtons et leurs cordes. Le bâton n’a pas été cité précisément mais c’est « ce que tu as dans ta main droite » et ceci par honneur pour ce bâton. Ou alors c’est pour rabaisser ce qu’ils ont fait c’est-à-dire ne te laisse pas impressionner par le grand nombre de cordes et de bâtons qu’ils ont jetés. Toi, tu n’as qu’un bâton dans ta main droite, lance-le et tu verras qu’il ne fera qu’une bouchée de ce qu’ils ont lancé. Autrement dit, par la puissance de Dieu, même si ce que tu tiens dans ta main n’est qu’un seul bâton, il va dévorer tous les autres bâtons malgré leur grand nombre. ʾinnamā ṣanaʿū kaydu sāḥirin wa lā yufliḥu s-sāḥiru ḥayṯu ʾatā : c’est une partie du verset que l’on récite pour dénouer une sorcellerie.
Ce qu’ils ont fait n’est que la ruse d’un sorcier et le sorcier ne réussira jamais, où qu’il soit.
Et Mūsā a lancé son bâton qui a dévoré ce qu’ils avaient jeté. Tellement le signe de ce qu’ils ont vu était impressionnant qu’ils se sont tous prosternés.
Verset 70 : les sorciers se sont tous prosternés rapidement : c’est ce qu’indique le verbe faʾulqiya s-saḥaratu suǧǧadā c’est-à-dire que c’est comme si quelqu’un les avait lancés à se prosterner : ils ont été extrêmement rapides à se prosterner parce qu’ils ont vu que ce n’était pas de la sorcellerie. L’auteur a dit qu’ils avaient lancé au début leurs cordes et leurs bâtons pour appuyer la mécréance et le reniement, puis ils ont lancé leurs têtes au sol, en se prosternant pour remercier Dieu Qui les a bien guidés, Qui leur a fait savoir qu’en réalité ils étaient dans l’erreur. Regardez le premier lancer et le deuxième : le premier était pour appuyer le faux et le deuxième pour adorer Dieu (c’est un sens figuré du verbe lancer, ici, car ils n’ont pas lancé leurs têtes, c’est pour marquer la rapidité avec laquelle ils se sont prosternés).
Ils ont dit nous avons cru au Seigneur de Hārūn et Mūsā.
Verset 71 : alors pharaon était énervé : il leur a dit comment vous êtes devenus croyants en Moise avant que je ne vous y autorise ; car tous ls sorciers sont devenus croyants musulmans. C’est certes votre kabīr qui vous a enseigné. Ici le mot kabīr fait référence à votre enseignant. Les gens de La Mecque disent à propos de leur grand enseignant le kabīr.
Alors je vais vous couper vos mains et vos pieds des côtés opposés : c’est-à-dire couper la main droite et le pied gauche.
Je vais vous accrocher ensuite sur des troncs de palmier et vous verrez qui de nous est celui qui porte un châtiment plus terrible et qui dure plus longtemps : c’est comme s’il avait dit : est-ce que c’est moi qui vous châtie le plus pour avoir délaissé votre foi en moi ou bien le Seigneur de Moise si vous délaissez la foi en Lui.
Verset 72 : ils (les magiciens) lui ont dit (à pharaon) nous n’allons pas te choisir toi, vu les signes clairs qui nous sont parvenus : nous n’allons pas te préférer, aux dépens de ces preuves claires
Et ne pas suivre Celui Qui nous a créés.
Une autre explication est : par Celui Qui nous a créés, nous n’allons pas te préférer : ils ont juré par Dieu qu’ils n’allaient pas choisir pharaon au détriment des preuves claires qui leur sont parvenues.
Alors fais ce que tu veux nous faire comme mal : tu veux nous accrocher à des poteaux.
Notre šayẖ a dit : prononce la sentence que tu veux prononcer, cela ne changera rien.
Cela n’est juste que dans la vie du bas-monde : ce que tu vas faire n’a lieu que dans la vie du bas-monde mais dans l’au-delà, tu ne feras rien du tout car l’au-delà demeure plus longtemps.
Verset 73 : nous avons cru en notre Seigneur afin qu’Il nous pardonne notre péché et qu’Il nous pardonne la pratique de la sorcellerie que tu nous as contraints de faire : il a été rapporté qu’ils ont demandé à pharaon « montre-nous Mūsā quand il dort ». Car ils ont vu que Mūsā, dans son sommeil, était surveillé par son bâton. Son bâton était comme un garde. Ils ont dit : cela n’est pas de la sorcellerie : parce que la sorcellerie n’a pas d’effet quand le sorcier dort. Ils ont voulu éviter de provoquer Mūsā ʿalayhi s-salām, pour éviter le scandale mais pharaon les a contraints. Donc malgré leur refus au départ, il les a contraints à pratiquer la sorcellerie. Ce qui a été préjudiciable à pharaon, c’est son ignorance. Parce qu’il ne savait pas la différence entre la sorcellerie et ce qui n’en est pas. Et ce qui a été utile pour les magiciens, c’est la connaissance de la sorcellerie : ils connaissaient ce qu’était la sorcellerie et ils ont profité de leurs connaissances. Ils ont vu que ce que Mūsā avait fait n’était pas de la sorcellerie. Donc si la connaissance de la sorcellerie est bénéfique, que dire alors de la connaissance de la Loi de l’Islam ?
Et Allāh rétribue davantage celui qui lui obéit. Si on obéit à Dieu, la rétribution de la part de Dieu est plus bénéfique que l’acte d’obéissance.
Et le châtiment de la part de Dieu à celui qui Lui désobéit dure plus longtemps. Ici celui qui désobéit à Dieu, c’est celui qui mécroit en Dieu. Et cette dernière partie de verset est une réplique à la parole de pharaon quand il avait dit aux magiciens : vous allez voir qui a un châtiment plus terrible et qui dure plus longtemps. Car la mort est parfois un soulagement : il arrive que quelqu’un souffre et la mort le soulage de ses souffrances.
Verset 74 : mais eux (les mécréants), ils n’auront pas ce soulagement de la souffrance mais ils auront la géhenne dans laquelle ils ne mourront pas. Donc le mécréant ne mourra pas en enfer et il n’aura pas de vie profitable. C’est-à-dire qu’il vivra perpétuellement sans fin, sans interruption, dans le châtiment et les douleurs. Il n’aura pas une vie paisible.
Quant à ceux qui n’ont pas désobéi à Dieu par la mécréance, et qui sont morts avant de se repentir, donc ils font partie des musulmans désobéissants, il y a parmi eux ceux qui seront touchés par une punition dans l’au-delà puis le châtiment s’interrompra pour eux et ils sortiront de l’enfer pour se rendre au paradis. Et parmi eux, il y a ceux à qui Dieu pardonne et Il ne les châtie pas, parce qu’ils sont morts musulmans. Parce que Dieu est Celui Qui fait ce qu’Il veut. Il ne tire aucun profit d’aucune de Ses créatures : ni des anges, ni des prophètes, ni d’autres qu’eux. Dieu n’est pas injuste s’Il châtie un tel pour sa mécréance ou tel autre pour ses péchés. Et même si Dieu pardonne à ce musulman qui était souillé de péchés et qui est mort avant de faire le repentir, on ne dit pas : pourquoi Dieu pardonne à celui-ci et ne pardonne pas à celui-là ? Dieu est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. On n’émet aucune objection contre lui. Dieu a créé le monde comme Il l’a voulu, par Sa volonté qui est de toute éternité, Il ne S’est concerté avec personne. Dieu ne Se concerte avec personne pour créer quoi que ce soit de ce monde parce que Dieu n’a pas besoin d’autrui. Allāh est al-Qayyūm : certains exégètes ont expliqué ce terme en disant que Dieu est celui Qui n’a besoin de rien, Il n’a pas besoin d’autrui.
Verset 75 : et celui qui meurt sur la foi (l’Islam) et qui aura accompli les bonnes œuvres, celui-là aura les hauts degrés.
Verset 76 : ce seront des jardins d’Eden : ce sera la rétribution de ceux qui se sont purifiés
Dans lesquels couleront des fleuves, ils y resteront éternellement
Et c’est la rétribution de ceux qui se sont purifiés : de ceux qui se sont purifiés de l’association à Dieu, en disant « il n’est de dieu que Dieu ».
An-Nasafī a dit que ces trois versets 74 à 76, il a été dit que ce sont les paroles que les sorciers ont dites. Et il a été dit que ce ne sont pas les paroles des sorciers mais que c’est une information de la part de Dieu. Et le premier avis a le plus de preuves en sa faveur.
Verset 77 : et Nous avons révélé à Moise d’emmener Mes esclaves de nuit : quand Dieu a voulu l’anéantissement de pharaon et de son peuple, Il a donné l’ordre à Moise d’emmener son peuple hors d’Egypte et de partir la nuit, et d’emprunter le chemin de la mer, (d’aller vers l’est)
Ouvre-leur un chemin en mer, un chemin de terre ferme et ne crains pas qu’ils te rattrapent et ne crains pas (la noyade). Alors Moise a entamé le voyage au début de la nuit et ils étaient 70 .000, ils avaient emprunté des bijoux. Le šayẖ, que Dieu lui fasse miséricorde a dit : comme c’était la fête, ils avaient emprunté les bijoux des non musulmans.
Alors pharaon les a poursuivis avec 600.000 Qibt (coptes) et il les a suivis à la trace. Mais notre šayẖ, que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la plupart des exégètes ont dit que Moise, quand il a quitté l’Egypte, il était accompagné de 600.000 des descendants d’Isrāʾīl alors que pharaon les avait poursuivis avec un million 600.000 soldats et le šayẖ a dit que cet avis était meilleur.
Verset 78 : pharaon est parti à leurs trousses avec ses soldats. Quand ils sont arrivés aux abords de la mer, ils (Moise et ceux qui étaient avec lui) ont été alors pris par des sentiments (ici il y a une formulation très jolie en arabe qui exprime en peu de mots beaucoup de sens et ça s’appelle ǧawāmiʿ l-kalim) ; on peut imaginer ce qu’ils ont ressenti alors qu’ils avaient pharaon à leurs trousses et la mer devant eux. C’est-à-dire qu’ils ont ressenti ce que seul Dieu sait.
Verset 79 : et pharaon a égaré son peuple : il l’a égaré de la voie de la bonne guidée.
Et il ne l’a pas guidé vers la vérité et le droit chemin.
Et ce verset est une réplique à pharaon quand il avait dit à son peuple : « et je ne vous guide que vers la voie de la bonne guidée ».
Puis Dieu cite la grâce et le bienfait qu’Il a accordés aux descendants d’Isrāʾīl après les avoir sauvés de la mer et anéanti pharaon et son peuple dans le verset suivant :
Verset 80 : ô vous descendants d’Isrāʾīl Nous vous avons sauvés de votre ennemi et Nous vous avons fixé une date à côté de la montagne de aṬ-Ṭūr
Ö vous fils d’Isrāʾīl, Nous avons révélé à Moise d’emmener Mes esclaves, la nuit et Nous avons dit : ô vous d’Isrāʾīl, Nous vous avons sauvé de pharaon et Nous vous avons fixé une date et Nous vous avons promis de vous donner le Livre et c’était du côté droit de la montagne de aṬ-Ṭūr qui se trouve au Sinaï. Parce que Allāh ʿazza wa ǧall a fixé une date à Mūsā pour qu’il se rende à cet endroit-là et qu’il choisisse qu’il se fasse accompagner par 70 hommes qui soient présents avec lui lorsqu’at-tawrāt (la torah) sera révélée.
La phrase s’adresse aux descendants d’Isrāʾīl parce que cette date fixée était pour leur élite (les naqīb qui sont des saints de haut degré) et leur prophète Mūsā. En définitive, ce sont eux qui vont bénéficier de cette révélation de la torah puisqu’elle comporte leurs lois et leur religion.
Al-ayman : c’est le côté droit. Du point de vue grammatical c’est un adjectif épithète qui qualifie ǧānib qui est manṣūb car il est circonstanciel de lieu donc al-ayman est aussi manṣūb, donc avec une fatḥah.
Mais il y a une récitation avec une kasrah, qui s’appelle ǧarru l-muǧāwarah : ceci du fait de la proximité du terme al-ayman du terme aṬ-Ṭūr qui, lui, est complément du nom ǧāniba et est maǧrūr (donc avec une kasrah).
Remarque : il y a un autre exemple dans le Qur’ān sūratu l-māʾidah verset 6 : (yā ʿayyuha l-laḏīna āmanū iḏā qumtum ila s-salāti faġsilu wuǧūhakum wa aydiyakum ʾila-l-marāfiqi wa msaḥū bi ruʾūsikum wa ʾarjūlakum (ou ʾarjūlikum) ʾila l- kaʿbayn). Si on dit (waʾarjūlikum) c’est maǧrūr du fait du terme (bi) qui précède, mais ça ne veut pas dire qu’on passe la main mouillée sur ses pieds, c’est le mafʿūl bihi de faġsilu (c’est le complément d’objet direct de « lave » et non pas de « passe la main mouillée »). Ceci est un exemple pour montrer l’importance de la grammaire arabe.
Et Nous vous avons fait descendre al-manna et as-salwā.
C’est une nourriture qui est prête : al-mann c’est comme du sucre candy qui est tombée, comme la rosée du matin et ils le mangeaient alors qu’ils étaient pendant quarante ans dans le désert en train de tourner en rond. Et as-salwā ce sont des cailles toutes prêtes. Dieu fait descendre du ciel ces deux nourritures.
Verset 81 : (et Nous leur avons dit) : mangez des choses bonnes et licites que Nous vous avons accordées et ne soyez pas injustes : c’est-à-dire « ne dépassez pas les limites que Dieu vous a fixées ». C’est-à-dire « ne soyez pas ingrats pour les biens que Dieu vous a accordés et ne dépensez pas ces grâces que Dieu vous a accordées dans la désobéissance ».
Autre explication : ne soyez pas injustes les uns envers les autres
Sinon vous mériterez Ma volonté de châtiment. C’est-à-dire que vous mériterez Ma punition. Et celui pour qui la punition est méritée, alors il sera perdu : il va faire une chute après laquelle il ne pourra pas se relever. Le terme (hawā) signifie chuter d’une hauteur et périr suite à cette chute. La métaphore est le fait de chuter des honneurs de la foi vers les abîmes du feu de l’enfer.
Verset 82 : et certes Je suis Celui Qui pardonne celui qui fait le repentir et qui est croyant : c’est-à-dire que Dieu est Celui Qui pardonne à qui fait le repentir de l’attribution d’un associé à Dieu et qui a cru en l’unicité de Dieu et qui a cru Dieu en ce qu’Il a fait descendre et qui a accompli les bonnes œuvres c’est-à-dire qui a accompli les obligations puis qui a pris la voie de droiture et qui a persévéré sur la voie de la bonne guidée.
Verset 83 : qu’est-ce qui t’a amené à t’empresser, ô Mūsā, au point que tu as précédé ton peuple ? Le peuple dont il s’agit est les soixante dix hommes que Mūsā avait choisis sur ordre de Dieu. Mūsā ʿalayhi s-salām s’est dirigé vers la montagne de aṬ-Ṭūr avec ces 70 hommes mais, tellement il se languissait d’entendre la parole de Dieu, tellement il avait hâte qu’il les a précédés. Et il leur a dit de le suivre.
Le verset est une interrogation sous forme de reproche à l’encontre de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām qui avait précédé les hommes de son peuple afin de recevoir la révélation de la part de Dieu.
Verset 84 : il a dit ils sont derrière moi et je me suis empressé pour me rendre au lieu précisé pour ton agrément. Mūsā ʿalayhi s-salām a dit : ils sont derrière moi, ils me suivent et il n’y a entre eux et moi qu’une courte distance. Puis il a cité la raison pour laquelle il s’était empressé ainsi : je me suis empressé pour rejoindre l’endroit ô Seigneur par recherche de Ton agrément : c’est-à-dire pour que je profite davantage de Ton agrément.
An-Nasafī précise une information intéressante : c’est qu’il est permis de faire un iǧtihād. En effet Mūsā ʿalayhi s-salām a fait un iǧtihād ; Dieu lui a ordonné de venir à un endroit à tel moment et Mūsā est venu plus rapidement. Il s’agit d’un effort de déduction, pour s’appliquer à faire ce qui pourrait être le mieux.
Verset 85 : Il a dit Nous avons entrainé ton peuple dans une zizanie pendant ton absence et c’est aS-Sāmirī qui les a égarés. La zizanie est l’égarement ici. Après que tu les as laissés : car Mūsā avait laissé son peuple avec Hārūn. Et un homme qui s’appelle aS-Sāmirī les a égarés parce qu’il les a appelés à adorer un veau et eux, ils l’ont suivi. Cet homme Mūsā aS-Sāmirī est d’une tribu des fils d’Isrāʾīl qui s’appelle aS-Sāmirah. Et il a été dit qu’il était un esclave blanc de Karmān (c’est la Perse). Il s’appelait aussi Mūsā.
Un poète a dit un vers de poésie : « Mūsā qui a été élevé par Ǧibrīl est mécréant et Mūsā qui a été élevé par pharaon était un messager ». Donc Dieu guide Il veut.
Notre šayẖ a dit : le mécréant parmi les non Arabes s’appelle (al-ʿilǧ)
Mūsā aS-Sāmirī, il a été dit que sa mère l’a abandonné dans une forêt ou bien qu’elle est morte. Et c’est Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui lui ramenait de la nourriture.
Quand Mūsā ʿalayhi s-salām est parti pour recevoir la révélation de la part de Dieu, l’autre Mūsā aS-Sāmirī a fabriqué un veau avec les bijoux et l’or que les fils d’Isrāʾīl possédaient. Il s’appelait Mūsā fils de Ḍafar. Et il était un hypocrite : il montrait en apparence l’Islam mais il était mécréant au fond de lui.
Verset 86 : Mūsā (le prophète) est revenu auprès de son peuple en colère et désolé. Il est revenu de là où il était en train d’implorer son Seigneur, au Sinaï, pour rejoindre son peuple et il était en colère contre eux, ou chagriné.
Il a dit ô mon peuple n’est-ce -pas que votre Seigneur vous a promis une promesse de bien. Dieu leur a promis de leur accorder la Torah et dans la Torah, il y a la bonne guidée et la lumière. Elle était composée de mille chapitres. Chaque chapitre comportait mille versets. Elle était sur des tablettes qui étaient portées par 70 chameaux. Ce peuple ne pouvait pas espérer une meilleure promesse que celle-là. Mūsāleur a dit : pourquoi en êtes-vous arrivés là alors que vous avez eu la promesse d’avoir la torah ?
Est-ce que le temps où je vous ai laissés vous a paru long ?
Ou alors vous voulez faire une chose de sorte à mériter le châtiment de votre Seigneur ?
Vous n’avez pas tenu votre engagement. Son peuple lui avait promis de rester sur l’Islam et de s’attacher à ce qu’il leur a laissé. Mais ils n’ont pas tenu leur promesse et ils se sont mis à adorer le veau.
Verset 87 : ils ont répondu si nous n’avons pas tenu notre promesse, ce n’était pas en notre pouvoir, mais c’est aS-Sāmirī et sa ruse qui nous y ont amené. Mais nous avons porté les charges parmi les parures.
Les charges (al-ʾawzār) : une explication est qu’il s’agit des bijoux des Qibṭ (c’est le peuple de pharaon) ou bien ce qui est visé ce sont les péchés et les choses qui sont dues aux autres (comme une injustice commise). Ils avaient emprunté ces bijoux la veille de leur départ d’Egypte, prétextant qu’ils auraient une fête le lendemain.
La ruse de aS-Sāmirī a été de leur dire : si Mūsā n’a pas pu vous rejoindre, c’est en raison de ces bijoux que vous avez avec vous. Ils étaient comme un objet qui leur avait été confié, dans une terre qui n’est pas une terre d’Islam (quand ils étaient en Egypte) et celui qui est dans une telle terre, il doit rendre cet objet à son propriétaire, il n’a pas le droit d’emmener cet objet. Tout cela est vrai. Mais la suite est un mensonge, quand il a dit que c’était cela la cause pour laquelle Mūsā avait été retenu. Et à cette époque-là, il n’était pas autorisé de prendre le butin. Et ils ont brûlé ces bijoux. Et Mūsā aS-Sāmirī était rusé : il a creusé une tranchée avec dedans un moule qui avait la forme d’un veau. Quand ils ont mis les bijoux qui avaient fondu avec la chaleur, ils ont pris la forme du moule. Ces bijoux ont alors pris la forme d’un veau qui était creux à l’intérieur. Quand le veau a soufflé, il a traversé des conduits dans ce veau et ça a émis un son. C’est comme si le veau émettait un son. Il a été dit que Mūsā aS-Sāmirī avait observé le jour où les fils d’Isrāʾīl avaient traversé la mer ; Ǧibrīl ʿalayhi s-salām était sur une jument. Mūsā aS-Sāmirī avait vu l’endroit où se tenait cette jument. Il a alors pris une poignée de terre de là où s’était posée une des pattes de cette jument. Et il avait mélangé cette poignée de terre avec l’or dans ce veau et le veau est devenu vivant.
Au moment où pharaon s’était retrouvé devant la mer dans laquelle s’était engagé Mūsā ʿalayhi s-salām, il ne voulait entrer dans la mer. Mais il montait un étalon et Dieu a fait que cet étalon a été attiré par la jument de Ǧibrīl ʿalayhi s-salām. La jument s’est engagée dans un chemin et l’étalon de pharaon l’a suivie, puis les soldats de pharaon l’ont suivi. C’est ensuite qu’ils sont morts noyés.
Quand le veau est devenu vivant, par la volonté de Dieu, il a meuglé. Leur âme a penché vers l’or et ils se sont mis à adorer cet or.
Et nous avons jeté des parures dans le feu de aS-Sāmirī et il nous a ordonné de faire comme lui.
C’est ainsi qu’aS-Sāmirī a fait. Il a jeté les parures d’or dans le feu Ou bien il a jeté les poignées de terre qu’il avait prélevées sous les pattes de la jument de Ǧibrīl ʿalayhi s-salām.
Verset 88 : Mūsā (aS-Sāmirī)leur a fait sortir du trou un veau : c’est un veau que Dieu a créé à partir des bijoux qui ont été fondus par le feu. Et c’est une épreuve de la part de Dieu car Dieu éprouve qu’il Il veut par ce qu’Il veut.
Qui émettait un son : il meuglait comme meuglent les veaux.
Ils (aS-Sāmirī et ceux qui l’ont suivi) voici votre dieu et le dieu de Mūsā. La majorité d’entre eux se sont mis à adorer le veau excepté 12.000 d’entre eux. (Sur les 600.000)
Et il a oublié : il y a plusieurs explications ;
- Mūsā le prophète est parti à ce moment-là pour prendre la révélation de la part de son Seigneur.
- As-Sāmirī a délaissé la foi apparente et a montré sa mécréance.
- Mūsā aS-Sāmirī a oublié d’utiliser l’argumentation : en effet il n’est pas possible selon la raison que le veau soit un dieu.
Verset 89 : ne voient-ils donc pas que ce veau ne leur répond pas quand ils lui parlent et il ne possède pour eux ni nuisance ni profit. Ce veau est incapable de leur parler, il ne les exauce pas et il n’apporte ni nuisance ni profit. Alors comment le prenez-vous pour un dieu ?
Il a été dit qu’il n’a meuglé qu’une seule fois.
Verset 90 : et Hārūn leur avait bien dit (à ceux qui avaient adoré le veau) avant le retour de Mūsā : vous avez été égarés (vous avez été éprouvés par le veau, ne l’adorez pas) et votre Seigneur c’est aR-Raḥmān, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez ma religion qui est la religion de vérité) et obéissez à ce que je vous dis (en abandonnant l’adoration du veau).
Verset 91 : ils ont dit nous n’allons pas cesser d’adorer le veau jusqu’à ce que Mūsā revienne. C’est-à-dire qu’ils ont dit : nous allons rester à adorer le veau jusqu’au retour de Mūsā. Ils ont dit : on va voirsiMūsā va se mettre à adorer le veau, comme nous et dans ce cas, As-Sāmirī aura dit vrai et le veau est notre dieu ; ou alors il ne va pas le faire.
Au retour de Mūsā, il leur a dit ce qui est mentionné dans le verset suivant.
Verset 92 : il a dit ô Hārūn qu’est-ce qui t’a empêché quand tu as vu qu’ils se sont égarés (en adorant le veau)
Verset 93 : de venir me rejoindre et de m’informer (de ce qu’ils ont fait).
2° explication : qu’est-ce qui t’a empêché de te mettre en colère pour Dieu, comme je l’ai fait ?
3° explication : qu’est-ce qui t’a empêché de prendre avec toi ceux qui ont été croyants et de combattre ceux qui ont mécru tout comme je l’aurais fait si j’avais été présent ?
N’aurais-tu pas suivi mes consignes. (C’est-à-dire remplace-moi au sein de mon peuple et veille à leur intérêt).
Ici notre šayẖ n’a pas retenu une parole que An- Nasafī a donnée parce que cette parole n’est pas convenable au sujet deHārūn. Il a dit que si Mūsā a pris les cheveux de Hārūn par la main droite et la barbe avec la main gauche, pour montrer que ce qu’il s’était produit était quelque chose de très grave, le fait que son peuple se soit mis à adorer le veau. En réalité, il était en train de réprimander les autres qui s’étaient mis à adorer le veau.
Verset 94 : il (Hārūn) lui a dit (à Mūsā) ô toi le fils de ma mère. Selon la majorité des savants, ils sont frères de même père et mère mais il a cité la mère pour lui adoucir le cœur. Ne me prends pas par ma barbe ni par mes cheveux. J’ai craint que tu dises que j’ai provoqué un clivage entre les descendants d’Isrāʾīl.
(Si j’avais, comme tu l’as proposé, combattu ceux qui s’étaient opposés, que je ne fasse un clivage entre les descendants d’Isrāʾīl).
Ou bien deuxième possibilité, c’est que si je les avais quittés, ils seraient restés avec celui qui les a égarés (aS-Sāmirī) et si j’étais venu te rejoindre avec les autres, j’aurais aussi provoqué la division entre les descendants d’Isrāʾīl.
Donc si j’avais quitté mon peuple, je n’aurais pas respecté ta consigne.
Il y a ici la preuve qu’il est permis de faire un iǧtihād (un effort de déduction). Mūsā a donné une consigne à son frère mais il est arrivé un cas qui n’était pas prévu et il avait été amené à faire un effort de déduction. Certains savants ont dit que les prophètes font aussi des efforts de déduction.
Puis Mūsā a laissé son frère et il s’est adressé à cet homme aS-Sāmirī dans le verset suivant.
Verset 95 : qu’est-ce qui s’est passé aS-Sāmirī ?
Verset 96 : il (aS-Sāmirī) a dit j’ai pris connaissance de ce que, eux, n’ont pas pris connaissance. Mūsā lui a dit : et quelle est cette chose ? Il a répondu : j’ai vu Ǧibrīl qui était sur le cheval de la vie et j’ai été inspiré de prendre une poignée de terre de l’endroit où était posé le sabot de ce cheval. Et chaque fois que je mettais un peu de cette terre sur quelque chose, cela devenait vivant avec une âme, une chair et du sang.
Il a dit j’ai pris une poignée : ici il y a deux récitations : qabḍah et qabṣah; qabḍah c’est le plein jusqu’au creux de la main et qabṣah c’est juste avec le bout des doigts.
Des traces du cheval de Ǧibrīl : ar-rasūl ici est Ǧibrīl puisqu’il est l’envoyé de Dieu
Et je l’ai mise dans le veau (que j’avais fabriqué avec des bijoux)
Et c’est ce que mon âme m’a amené à faire : c’est une sorte de reconnaissance de son erreur. Il a ainsi reconnu son erreur.
Verset 97 : il (Mūsā) a dit : quitte-nous, tu es chassé, tant que tu vis, tu diras à quiconque veut te côtoyer et qui ne connait pas ton état, (lā misās) : c’est-à-dire que tu ne me touches pas et je ne touche pas.
Il a été empêché de côtoyer les gens de manière définitive et totale. Il leur a été interdit de le rencontrer, il leur a été interdit de lui parler et il leur a été interdit de procéder à une transaction de vente ou d’achat avec lui. Il a ainsi complètement exclu des gens.
S’il était arrivé que quelqu’un le touche, celui qui l’aurait touché et lui-même seraient devenus très chauds.
Il était tout seul dans la campagne et il disait (lā misās). Il a été dit que cela est resté chez ses descendants jusqu’à maintenant.
Et tu auras une date qui t’attend et tu ne vas pas la manquer. C’est-à-dire que Dieu t’a promis ta punition suite au fait que tu as attribuer un associé à Dieu et pour avoir semé la corruption sur terre. Tu auras cette punition dans l’au-delà après avoir subi cette punition sur terre.
Regarde ce que tu as pris pour Dieu, ce que tu as adoré, nous allons le brûler dans le feu puis nous allons le pulvériser et le jeter dans l’eau.
Certains, tellement ils étaient épris du veau qu’ils ont bu de cette eau et ils ont eu les lèvres avec la couleur jaunâtre de l’or.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a résumé ce que nous venons de voir : lorsque notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām est parti pour recevoir la révélation de la part de Dieu, il est resté 40 nuits puis il est revenu. Il les a alors trouvés en train d’adorer un veau, excepté un faible nombre d’entre eux. Donc son peuple, qui avait vu ce grand miracle de la séparation de la mer en douze chemins avec des montagnes d’eau entre chaque chemin, ce peuple qu’il avait sauvé de pharaon qui voulait les exterminer, alors qu’ils étaient 600.000 combattants tandis que pharaon avait avec lui une armée d’un million, tous armés, malgré cela, ils ont été égarés par un homme qui s’appelle Mūsā aS-Sāmirī. Il porte le même prénom que (le prophète) Mūsā. Et il les a égarés.
Il leur a fabriqué un veau en or dans lequel il avait mis un peu de la terre sur laquelle étaient posés les sabots de la jument de Ǧibrīl. Quand pharaon a voulu poursuivre Mūsā et traverser la mer, Ǧibrīl était monté sur une jument et Mūsā aS-Sāmirī, ce malin, avait vu cela. Dieu a donné vie à ce veau qui s’est mis à mugir comme un veau véritable. Donc Dieu a créé en lui la vie. Mūsā aS-Sāmirī a alors dit à son peuple : « voici votre dieu et le dieu de Mūsā ». Il les a amenés à adorer ce veau, il les a égarés et ils se sont mis à l’adorer. Car certains des descendants d’Isrāʾīl qui étaient avec Mūsā l’ont cru. Quand ils ont vu cette chose surprenante, ils l’ont suivi.
Quand le prophète Mūsā ʿalayhi s-salām fut informé de cela, il fut extrêmement exaspéré. Et il a dit à Mūsā aS-Sāmirī : « regarde ce que tu as considéré comme ton dieu, celui que tu t’es mis à adorer. Nous allons le brûler, nous allons le pulvériser et nous allons le jeter dans l’eau de la mer ».
Puis notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a choisi 70 personnes de son peuple pour invoquer Dieu. Alors il a dit ce qui signifie : « ô mon Dieu, si Tu l’avais voulu, Tu les aurais tous anéantis avant cela et moi, également. Ne nous punis pour ce qu’ont fait certains vils et impudents de parmi notre peuple. Ce n’est là qu’une épreuve de Ta part par laquelle Tu égares qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux ».
Ils ont alors fait le repentir. Puis la colère de Mūsā s’est atténuée. Alors il a invoqué Dieu en disant : « ô Dieu ne nous punis pas pour ce qu’ont fait certains vils et impudents de parmi notre peuple. Ce n’est là qu’une épreuve que Tu as créée. Ce n’est là qu’une épreuve de Ta part par laquelle Tu égares qui Tu veux ».
Ceux qui étaient restés sur la foi, après avoir vu ceux qui s’étaient égarés, leur degré a augmenté par leur persévérance sur la foi. Quant aux autres qui ont suivi aS-Sāmirī et se sont mis à adorer le veau, eux, ils se sont égarés.
« Et Tu guides qui Tu veux. Tu es notre dieu, pardonne-nous ».
Ce verset « Ce n’est là qu’une épreuve de Ta part par laquelle Tu égares qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux » et les autres versets « Dieu égare qui Il veut et Il guide qui Il veut », il est un devoir de concilier entre les deux, même s’ils peuvent donner l’impression qu’il y a une opposition entre eux. Parce que les versets du Qurʾān sont exemptés de la contradiction.
Si quelqu’un suit les gens qui ont suivi leurs mauvaises passions comme les moutazilites (qui sont aussi appelés les qadarites qui prétendent que l’homme crée ses actes ; et c’est une mécréance car ils ont attribué un associé à Dieu dans le fait de créer) et il dit : mais comment Dieu va-t-Il châtier cet esclave si ce n’est pas l’esclave qui crée le mal qu’il commet mais que c’est Dieu qui le crée ? C’est-à-dire qu’ils disent : comment Dieu châtie-t-Il un esclave pour quelque chose qu’il n’a pas créé alors que c’est Dieu Qui est le Créateur ?
La réponse est : oui, Dieu châtie pour quelque chose que l’esclave n’a pas créé car l’esclave ne crée pas. Dieu fait ce qu’Il veut. Si Dieu voulait châtier tout le monde sur terre, il l’aurait fait.
Car eux, ils renient la prédestination ; ils disent que c’est l’homme qui crée ses actes, c’est lui fait le mal.
On leur répond : n’est-ce pas que Dieu sait de toute éternité que tel esclave fait le mal, par son propre choix et que tel esclave fait le bien, par son propre choix et, malgré cela, vous considérez valide qu’il y ait une punition pour l’esclave dans l’au-delà pour la mécréance et les péchés. Ils disent : oui, nous reconnaissons que Dieu sait de toute éternité que tel esclave va commettre de la mécréance et que tel esclave va désobéir à son Seigneur par son propre choix et malgré cela, il mérite le châtiment.
Nous leur disons : nous aussi, nous disons que Dieu sait tout cela. Nous disons que Dieu est le seul à créer les actes, les mouvements et les immobilités qui sont un bien et ceux qui sont un mal. Dieu est le créateur de tout cela. Et l’esclave ne crée absolument rien de tout cela. Bien que ce soit Dieu qui est le Créateur de toute chose, malgré cela, bien l’esclave ne crée absolument rien, il mérite, cet esclave mécréant et désobéissant que Dieu le punisse dans l’au-delà.
Verset 98 : votre dieu c’est Allāh, il n’est de dieu que Lui Il sait absolument toute chose. Rien n’échappe à Sa science.
Verset 99 : ainsi Nous te rapportons une partie des récits de ceux qui t’ont précédé. Ce verset s’adresse à notre maître Muḥammad ʿalayhi s-salām : tout cela pour t’augmenter en connaissance et augmenter dans tes miracles.
Et Nous t’avons accordé de Notre part un Qurʾān : c’est une évocation éminente, un Qurʾān honoré dans lequel il y a la sauvegarde pour celui qui l’applique. Et il comporte des nouvelles et des informations qui méritent la réflexion et la méditation.
Verset 100 : celui qui s’en détourne il aura à supporter des charges au jour du jugement. C’est-à-dire celui qui se détourne du Qurʾān, celui qui n’y croit pas, il aura à supporter au jour du jugement un lourd fardeau. Et il s’agit de la punition. Elle a été appelée wizr parce que c’est une punition qui est lourde à supporter pour celui qui est puni. De la même façon qu’une charge lourde brise le dos de celui qui la porte et qui apporte le tourment à celui qui a à la porter.
Ou une autre explication : c’est une rétribution pour le wizr qui est le péché. Elle a été appelée par le même nom que ce que cette personne a commis, qui est le péché.
Verset 101 : où ils resteront éternellement et quelle mauvaise charge que ce jour du jugement. Ils resteront éternellement dans ce qui constitue la rétribution pour leurs péchés c’est-à-dire dans l’enfer. Et quelle mauvaise punition que la leur en raison de ce qu’ils ont fait. Dieu les menace d’un châtiment éternel.
Verset 102 : le jour où il sera soufflé dans le cor : le cor est un instrument qui émet un son. C’est-à-dire le jour du jugement car c’est le son du cor qui indique le jour du jugement.
Il y a une autre version de récitation avec : yawma nanfuẖu.
Le cor est un instrument qui est à l’image d’une corne (d’un animal qui a des cornes).
Et Nous rassemblerons les criminels ce jour-là, aveugles. Les criminels ici, ce sont ceux qui n’ont pas cru en Dieu, qui n’ont pas cru au Messager de Dieu. « Zurqā » signifie « bleu » et ici, la signification est « aveugle » parce que l’œil de celui qui devient aveugle devient bleu.
Verset 103 : ils se chuchoteront les uns aux autres vous n’êtes restés qu’une dizaine de jours. Ils vont se parler les uns aux autres à voix basse, tellement le jour du jugement est un jour qui entraîne une grande peur chez eux. Ils vont trouver très court le temps de leur séjour dans leurs tombes.
Ou alors ils vont dire : vous n’êtes restés qu’une dizaine de nuits dans le bas monde ; en raison de ce qu’ils vont endurer comme difficultés et épreuves qui vont leur rappeler le souvenir des jours du bas monde, les jours où ils étaient dans le confort, dans le luxe, la joie. Ils vont regretter ces jours-là et ils vont les qualifier de très courts car les jours de bonheur sont courts.
Ou alors parce que ces jours du bas monde sont révolus et qu’ils n’y sont plus et ce qui est révolu est court, du fait de son achèvement. Quand quelque chose s’achève, c’est comme si ça avait été court, même si ça avait duré longtemps.
Ou encore ils vont dire : nous n’étions restés qu’une dizaine de nuits parce qu’ils vont de rendre compte que l’au-delà est long, puisqu’il n’a pas de fin et la vie qu’ils ont passée dans le bas-monde semble courte.
Verset 104 : Dieu dit : Nous savons ce qu’ils disent puisque le plus objectif d’entre eux va dire mais vous n’êtes restés qu’un jour.
Dieu fait prévaloir la parole de ceux qui disent qu’ils sont restés moins que dix jours.
Verset 105 : et ils t’interrogeront à propos des montagnes. Dis : mon Seigneur les pulvérisera. Ils ont interrogé le Prophète Salla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : que va-t-il advenir des montagnes au jour du jugement ?
Il y a une autre explication : s’ils t’interrogent à propos des montagnes, alors dis
Parce qu’avant ce verset, il y a eu d’autres versets qui commencent par : (ils t’interrogent à propos de, alors dis (telle chose). Ce sont des questions qui ont été posées au Prophète.
C’est la forme de (ils t’interrogent) mais l’explication est : S’ils venaient à t’interroger à propos des montagnes, que va-t-il en advenir ? Alors tu leur dis la réponse.
Alors dis-leur que mon Seigneur les pulvérisera. C’est-à-dire réduire en poudre. Dieu les réduira en poussière. Et Dieu va envoyer un vent qui va souffler, qui va emporter ces grains. Al-H̱alīl a dit que c’est comme si les montagnes vont être arrachées.
Verset 106 : la terre devient plate et lisse. Après que les montagnes vont être pulvérisées, Dieu fait que ce qui est en-dessous va être plat et lisse.
Verset 107 : tu ne verras sur terre ni dénivellation ni élévation.
Verset 108 : ce jour-là, ils vont suivre la voie et il n’y a pas de déviation possible. C’est-à-dire le jour où les montagnes seront pulvérisées et c’est le jour du jugement. Ils vont suivre la voie de celui qui va appeler au rassemblement et c’est la voix d’Isrāfīl (qui fait partie des anges qui ont le plus haut degré) et c’est lui qui va souffler dans le cor et c’est lui qui va appeler : il se tiendra sur le rocher de Jérusalem et il va dire : « ô vous les os qui ont été réduits en poussière, vous les peaux qui se sont déchirées, vous les chairs qui se sont séparées, venez pour l’exposition du jour du jugement ».
Ils ne vont pas faire d’écart ce jour-là, aucun d’entre eux ne fera d’écart, c’est-à-dire qu’ils vont tous obéir à son appel, ils vont tous suivre ce qu’il leur dit. Ils vont tous être ressuscités.
Et les gens seront emplis de crainte ce jour-là et les voix seront apaisées par égard et par gloire envers Dieu. Et tu n’entendras que des chuchotements. On n’entendra pas de son, les lèvres bougeront seulement.
Il a été dit que le hams ici, c’est le bruit des pas des chameaux.
Verset 109 : ce jour-là, l’intercession ne profitera que celui à qui Dieu l’autorise et dont Il agrée la parole. C’est-à-dire que seule l’intercession de celui à qui Dieu l’autorise, sera profitable. L’intercession que Dieu accepte, c’est lorsque celui qui va en bénéficier est un musulman. Il n’y a pas d’intercession en faveur du non musulman.
Pouvons-nous affirmer que telle personne ira au paradis ?!
Parmi les points de croyance qui est un point commun à tous les compagnons du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, c’est que Allâh ta^ala pardonne à qui Il veut parmi les musulmans. Il leur pardonne tous leur péché hormis la mécréance.
La mécréance, quel qu’elle soit, qu’elle soit du chirk (c’est-à-dire une association à Dieu), autrement dit une adoration à autre que Dieu ou qu’elle soit autre que cela [du chirk] comme par exemple : insulter Dieu ou insulter Son messager ou insulter un de ces anges, ou un de Ses prophètes, c’est un péché qui ne sera pas pardonné. La mécréance sous ces deux formes est un péché qui n’est pas pardonné. Ce péché-là [la mécréance], Allâh ne le pardonne pas, mais tout autre péchés que cela, Allâh le pardonne.
Les compagnons du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam ne déclaraient pas mécréant, quelqu’un pour un péché. Les compagnons du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam ne déclaraient pas mécréant, un croyant qui a commis un péché, quel que soit le péché, qu’il soit grand ou petit. Même celui qui se suicide, qui se donne la mort, ils ne le considéraient pas mécréant. Ils le considéraient plutôt, croyant, grand pécheur.
Celui qui se suicide est selon les compagnons du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam est un croyant, musulman désobéissant. Et parmi eux [les musulmans grand pécheur] il y a ceux à qui Allâh pardonne, et il y a ceux que Allâh châtie, puis les fait sortir du châtiment. Il en est de même pour le buveur d’alcool. Il en est de même pour celui qui mange de la viande de porc. Ceux-là, Allâh pardonne à une partie d’entre eux. Ceux qui étaient musulman, Allâh pardonne à ceux qui commettaient ces péchés, à qui Il veut, ce qu’Il veut (c’est-à-dire, Il pardonne à qui Il veut leur péché). Allâh, Il pardonne à qui Il veut parmi ceux qui ont commis ces péchés et Il châtie une partie d’entre eux.
Par conséquent, c’est un devoir pour nous de croire que Dieu châtie une partie des musulmans désobéissant pour avoir commis la fornication, ou bu de l’alcool, ou consommer du porc ou pour d’autres péchés et Il pardonne à une partie d’entre eux. C’est pour cela que ce n’est pas permis de dire à propos d’un musulman qui commet un de ces grands péchés, que untel ira en enfer. Il ne nous ait pas permis de dire qu’il sera au nombre des gens de l’enfer. Nous disons : si Dieu le veut Il le chatie et si Dieu le veut Il lui pardonne, mais c’est Lui qui sait. Cependant, celui qui fait le repentir (at-tawbah) de ces choses-là, nous sommes catégoriques que Allâh lui pardonne, c’est comme s’il ne les avait pas faites et cet esclave sera comme s’il n’avait jamais commis ces péchés.
Donc celui qui a fait le repentir, celui qui a regretté, celui qui a qui délaissé ces choses-là, il a fait le repentir dans son cœur et il s’est décidé à ne plus les refaire, c’est comme s’il n’a jamais commis le péché, c’est comme s’il n’a pas fait le péché du tout. Il n’est donc pas permis de dire à propos d’un musulman désobéissant quel que soit ces péchés qu’il fera partie des gens de l’enfer. Il n’est pas permis de dire « untel ira en enfer ».
Qu’est-ce qui nous fait savoir si Dieu a su de toute éternité qu’Il pardonne à cet esclave ? Et qu’est-ce qu’il nous fait savoir si Allâh a su de toute éternité que cet être humain allait faire le repentir et mourir repentis, pieux, au nombre des vertueux. On ne sait pas.
C’est pour cela que nous gardon bien notre langue et nous ne disons pas cela, quel que soit l’état de péché dans lequel ce musulman est noyé, nous ne disons pas que untel fait partie des gens de l’enfer.
Et de la même manière, il ne convient pas d’être catégorique à dire que untel fait partie des gens du paradis. Nous ne sommes pas catégoriques parce que l’homme peut changer. Nous ne sommes pas catégoriques, nous ne savons pas ce que Allâh ta^ala a su de lui de toute éternité, dans quel état il finira sa vie.
De nombreuses personnes vivent noyer dans les péchés, puis Allâh leur permet de se rattraper grâce à Sa miséricorde. Ils font le repentir avant la mort, ils arrêtent ces péchés et ils meurent pures (ici le sens de la pureté c’est au sens figuré parce que les péchés sont comme la souillure) et ils seront selon le jugement de Dieu comme s’ils n’avaient jamais commis ces péchés.
Le prophète salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit : « celui qui fait le repentir d’un péché c’est comme s’il ne l’avait pas fait. »
Pour ceux à propos desquels le messager salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a affirmé qu’ils seront au paradis alors nous, nous témoignons de cela comme ceux qui ont participé à la bataille de ‘ouhoud ou encore les gens qui ont fait bay^atou ridhwaan (une promesse d’obéissance) qui étaient 1500. Ils ont fait allégeance au prophète sous un arbre (al-houdaybiya) qui se trouve entre la Mecque et Médine ; Ils ont promis plusieurs choses entre autres, ils ont promis qu’ils n’allaient pas déserter le front. Si le messager combattait les koufar, ils n’allaient pas fuir, ils ont promis qu’ils allaient rester avec lui. Le messager salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a informé qu’ils seront au paradis. Don ceux-là, il est un devoir pour nous de croire que chacun d’entre eux sera au paradis. Si on nous citait le nom de l’un d’entre eux et qu’on lui dit « il fait partis des gens du paradis » ça c’est vrai.
La purification, très importante en Islam !
C’est un cours que le chaykh ^Abdou l-Laah fils de Mouhammad al-^Abdariyy que Dieu lui fasse miséricorde a donné à un groupe de femmes en Suisse et c’était un cours pour indiquer l’importance de l’apprendre des jugements de la purification.
Et la signification du hadith : At-touhourou chatrou l-‘iman.
Le cours c’est l’explication de ce hadith.
La louange est à Allâh le Seigneur des mondes, que l’honneur et l’élévation en degré de la part de Allâh Celui Qui accorde le bien celui Qui est miséricordieux et que les invocations des anges des plus haut degré soit en faveur de notre maitre Mouhammad ainsi que sa famille et ses compagnons bons et pures.
Le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit : At-Touhourou chatrou l-‘iman. Hadith rapporté par Mouslim dans son sahih. C’est-à-dire que la purification du petit et du grand hadath et de la najaça est comme la moitié de la foi. Parce que la purification, le fait de se purifier est un sujet important dans la religion.
Il n’en n’est pas comme le disent les ignorants qui dénigrent ceux qui s’occupe du jugement de l’istinja’ à la suite de l’urine et aux selles et de la purification du grand et du petit hadath, ils considèrent que s’occuper de cela est inutile. Le prophète, il a bien dit « At-Touhourou chatrou l-‘iman », c’est comme la moitié de la foi et eux ils disent que c’est inutile.
Ces gens-là n’ont pas connu la religion de l’islam. Parce qu’ils considèrent négligeable quelque chose qui est très important dans la religion.
Alors qu’est-ce que la religion (en arabe a-dine) ?
C’est ce que Allâh ta^ala a légiféré par la bouche du prophète salla l-Laahou ^alayhi wa sallam (c’est-à-dire que Allâh nous a envoyé un messager, et c’est lui qui nous a transmis ce que Dieu légifère, ce que nous ordonne et nous interdit et Allâh Il sait à qui Il confie Ses messages et c’est le prophète qui nous a transmis).
Et par conséquent, ce que Allâh ta^ala a jugé comme étant bien c’est quelque chose de bien et ce que Allâh a jugé comme étant mauvais, c’est quelque chose de mauvais, ou de laid. Donc que l’un d’entre nous ne vienne pas dire de quelque de bien « je n’aime pas ça », il ne dit de quelque de mauvais « j’aime ça ». Même tes jugements de valeur, il faut que tu sois aligné avec la loi. Tu ne vas pas rabaisser ou détester quelque chose que la loi apprécie, et tu ne vas apprécier ou approuvé quelque chose que la loi rejette.
Et la priorité pour la purification des najaçah (= impureté rituel) de toutes les najaçah c’est l’urine. Ça c’est prioritaire sur toutes les autres najaçah. Donc la najaçah prioritaire pour s’en éloigner, s’en préserver c’est l’urine. Même si pour les gens, certains pourrait penser que c’est les excréments qui sont plus grave.
Dans la loi de Allâh, le châtiment de celui qui ne se préserve pas de l’urine est plus grave que le châtiment de celui qui ne se préserve pas d’autres najaçah.
Le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit :
استنزهو من البول فإن عمة عذاب القبر منه
ce qui signifie « Préservez-vous de l’urine car la plupart du supplice dans la tombe est à cause de l’urine ». Rapporté par Ad-Dara Qoutniyy.
C’est-à-dire que la plupart des gens qui sont supplicier dans la tombe c’est à cause de l’urine.
Dans la loi des descendants de Isra’il (c’est-à-dire la loi que Allâh a fait descendre au prophète Ya^coub fils de Ishaq fils de Ibrahim). Dans la loi qui lui a été révélé, si de l’urine touchait ou tâchait le vêtement de l’un d’entre eux, l’eau ne purifie pas ce vêtement. Ils devaient couper cette partie. C’était obligatoire chez eux.
Tandis que dans la loi de Mouhammad salla l-Laahou ^alayhi wa sallam qui est la loi la plus facile, l’eau suffit.
Si on verse de l’eau sur ce qui a été touché par de l’urine, de sorte à faire disparaître l’odeur de l’urine, son goût et sa couleur cela suffit pour purifier cette partie/emplacement du vêtement. Louange à Dieu qui a fait que la loi de Mouhammad salla l-Laahou ^alayhi wa sallam soit la plus facile des lois.
Les descendants de ‘Isra’il avaient eu beaucoup de prophètes. Le dernier d’entre eux était Jésus, ^Iça ^alayhi salam. Ce qui concerne l’urine était dans leur loi beaucoup plus contraignant que chez nous. Allâh ta^ala a révélé à ces prophètes (des descendants d’Isra’il que l’endroit touché par l’urine n’était pas purifié autrement qu’en le découpant. Tout comme Il leur a révélé que leur prière n’est valide que dans des endroits spécifiques.
Les gens qui suivaient Jésus, ^Iça, Al-Maçiih, faisaient leur prière dans al-Biya^ (pluriel de al-Bi^ah) dans des endroits prévus/dédié/consacrer à la prière. Ils ne faisaient pas comme nous (dans les commerces, dans la nature, aux marchés). Ils n’avaient pas l’autorisation de faire la prière n’importe où. Quant à la loi de Mouhammad que Dieu l’honore ainsi que tous ses frères prophètes et les élèvent davantage en degré, Allâh a fait que cette loi soit belle et facile. Il y a une facilité dans cette loi.
La communauté de Mouhammad salla l-Laahou ^alayhi wa sallam il leur est permis de faire les 5 prières dans leur commerce, dans la campagne, dans leur marché et même si la prière était accomplie dans la rue, elle est valide. Mais si c’est au milieu de la rue (là où les gens passent) c’est déconseillé parce qu’il risque de déranger les gens. Mais si quelqu’un se met à côté dans la rue (ce n’est pas au milieu de la rue) et qu’il fait la prière sur le côté, il n’y a plus de caractère déconseillé. Certains croient que s’il fait la prière il faut que tout le monde autour de lui s’arrêtent.
Et dans les lois des prophètes des fils d’Isra’il, ils faisaient la prière et ils faisaient le woudou’. Et même dans la loi de Ibrahim, ils faisaient le woudou’ et ils faisaient la prière.
Allâh n’a pas révélé une loi à un de ses prophètes sans qu’elle ne comporte la prière (autrement dit : il y a la prière dans toutes les lois).
Adam ^alayhi sallam qui était le premier des humains, il faisait la prière. Et ses enfants également, il faisait la prière. C’est lui qui leur a enseigné. Et les prophètes qui sont venu après également, ils faisaient la prière et ordonnait à leur communauté de la faire.
Mais après un certain temps du décès de Mouça et des prophètes qui sont venu après lui, c’est-à-dire à l’époque de ^Iça al-Massih ^alayhi salam, les yahoud ont altéré la loi de Mouça parce qu’ils n’ont pas cru en ^Iça al-Massih qu’il était prophète. Ils l’ont démenti et ils ont dit de lui que c’était un sorcier. Ils n’ont pas reconnu son statut de prophète. Par la suite la communauté de al-Massih ^Iça ^alayhi salam était sur l’islam pendant 200 années. Ils faisaient la prière, ils faisaient le jeûne, ils jeûnaient comme nous jeûnons. Ils ne mangeaient rien et ne buvaient rien pendant la durée du jeûne. Ils évitaient ce qui comportait du gras ainsi que ce qui ne comportait pas de gras. Ils évitaient ce qui était liquide et ce qui était solide. (Autrement dit ce n’est pas comme ceux qui aujourd’hui à notre époque qui disent qu’ils font soi-disant le jeûne ou le karem et ne mangent pas certaines choses et d’autres choses ils les mangent.) Ils s’abstenaient de tout, c’était le jeûne comme nous). Ils évitaient tout cela jusqu’au moment de rupture. Puis leurs savants leur ont falsifié la religion de al-Massih. Et 200 années après ^Iça, ils leur ont déformé la religion et la falsification augmentait de période en période au point qu’ils n’ont rien gardé de la religion de al-Massih. Ils ont remplacé le tawhid par l’adoration de al-Massih et l’adoration de sa mère et l’adoration de leur prêtre. Car ils considéraient que ce que leur prêtre leur autorisait en modifiant la loi de ^Iça comme étant correcte. Ils avaient pour croyance que le prêtre avait le droit de modifier et de gérer la religion. Ce sont justement ces prêtres-là qui leur ont dit « manger telle et telle chose et éviter telle et telle chose ». Et ils ont fait que cela était à la place du jeûne véritable que ^Iça leur avait enseigné. Pour ce qui est du woudou’ ils l’ont complètement abandonné, ils l’ont enlevé. Mais ils entrent dans leur église et ils s’inclinent. Ce n’est pas la prière que ceux qui avaient suivi ^Iça ^alayhi salam faisaient. Eux ils appellent cela « prière » alors qu’elle ne comporte qu’une sorte d’inclination et certains actes qu’ils font avec leur corps, c’est tout. Alors que ^Iça ^alayhi salam a enseigné la prière comme nous la faisons. C’est-à-dire avec le woudou’, le roukou^, le soujjoud,
Qui aime Dieu, suit le messager de Dieu !
Ce cours le chaykh l’a donné dans la première dizaine des années 1400 de l’hégire qui correspond aux années 80 du siècle dernier dans le calendrier grégorien pour indiquer que les œuvres sont conformes à la loi si la personne apprend la science de la religion.
La louange est à Allâh le Seigneur des mondes le chaykh a dit, et que Allâh honore et élève davantage en degré le rang de notre maître Mouhammad ^alayhi salatou wa salam ainsi qu’à sa famille et ses compagnons, il a dit le meilleur des textes, le meilleur des propos/textes c’est le livre de Dieu et la meilleure des directives, le meilleur des enseignements, la meilleure des guidés c’est celle de Mouhammad salla l-Laahou ^alayhi wa salam.
Ainsi dans le verset 31 de sourate al-^Imran, Allâh ta^ala dit : « Dis [dis leur oh Mouhammad] : si vous aimez Allâh alors suivez-moi, Allâh vous agréera ».
Ça c’est une preuve que nous devons apprendre qu’est-ce que le prophète a enseigné (parce que comment tu vas pouvoir faire pour suivre le prophète ?) et c’est une preuve qu’on ne prend pas que du qour’an (comme certains aujourd’hui qui te dise soi-disant on est des coraniste), dans le qour’an il est écrit que tu dois suivre le prophète salla l-Laahou ^alayhi wa salam.
Donc le signe de l’amour de Dieu c’est de suivre le messager de Dieu salla l-Laahou ^alayhi wa salam. Celui qui l’aura aimé, il suivra sa loi (sa chari^ah), il suivra son hadith (c’est-à-dire concernant les actes et les paroles : les deux).
Donc ce qui est rapporté du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam, il l’accomplit, sans falsification, sans modification/déformation et sans changement. Et ce qui est rapporté de lui salla l-Laahou ^alayhi wa salam comme acte qui sont des explications de sa loi parce que le prophète par exemple il dit « faites le woudou’ » puis il a fait le woudou’ devant ses compagnons donc c’est une explication de la loi. Il nous a dit de faire la prière et il a montré à ses compagnons comment faire la prière. Comment nous on est certains que c’est comme ça que le prophète il a fait ? Parce qu’il y avait des milliers et des milliers qui l’ont vu, qui ont transmis à des milliers et des milliers jusqu’à ce que l’information nous soit parvenue et à aucun moment la chaine n’a été cassé. Donc ça c’est la force. Donc tout ce qui est parvenu comme actes de lui salla l-Laahou ^alayhi wa salam qui sont une indication de sa loi salla l-Laahou ^alayhi wa salam, nous devons le suivre en cela également.
Celui qui prétend l’amour du prophète ^alayhi salatou wa salam mais qui contredit les préceptes qui nous sont parvenu de lui, c’est quelqu’un qui n’est pas agréer par Dieu. Comment il prétend aimer le prophète et il laisse de côté les préceptes du prophète ?
C’est pour cela que, ne laissez pas votre colère vous aveuglez, ne laissez pas votre fanatisme pour tel ou tel tribut ou tel ou tel race ou tel ou tel nation, l’emporter. Le prophète ^alayhi salatou wa salam nous a indiqué qu’est-ce qui est le plus important. Le plus important c’est de croire en Dieu et en Son prophète, c’est ça l’acte le plus important et au contraire il nous a dit « délaisser la prise de partie pour quelqu’un en raison d’une proximité, d’une proche parenté par exemple ou en raison d’une proximité géographique quand ce n’est pas conforme à la loi ».
Il nous a été autorisé de rapporter dans le sahih, du sahih de Al-Boukhariyy que le messager salla l-Laahou ^alayhi wa salam a dit ce qui signifie : « faites la prière tout comme vous m’avez vu faire la prière. » Et le chaykh a dit : et ainsi il est un devoir de suivre le prophète salla l-Laahou ^alayhi wa salam concernant la zakat, concernant le jeune, concernant le pèlerinage et autre que cela. Par exemple pour le pèlerinage, comment est-ce qu’on sait que ces actes-là, c’est comme ça qu’on fait pour le pèlerinage ? Parce que le prophète, il a montré à ses compagnons, ses compagnons ont montré à leurs successeurs et ainsi de suite jusqu’à ce que ces actes nous soient parvenus. Il n’y a pas que les paroles, il y a les paroles et les actes qui nous sont rapporté du prophète ^alayhi salatou wa salam.
Si quelqu’un prétend accomplir un acte d’adoration (une prière, une récitation de qour’an, quel qu’elle soit) mais qui n’a pas été conforme à ce que le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam a fait ou qui a délaissé ses préceptes (ses enseignements, la manière avec laquelle le messager nous a dit de faire) de sorte que cette adoration (que fait cette personne) n’est pas conforme à ce qui nous est parvenu du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam alors c’est quelqu’un qui n’est pas accepté (Allâh ne l’gréer pas). Et le fait qu’il pense qu’il a appliqué/accomplit la religion ne lui est pas utile. Parce que la religion n’est pas par les penchants des âmes des gens. Les règles de la religion ne sont pas issus/tirés des penchants des gens. La religion c’est ce que Allâh a légiféré par la bouche du prophète salla l-Laahou ^alayhi wa salam. C’est-à-dire Allâh lui a révélé et lui nous a transmis.
Celui qui a été conforme à cette loi, la loi du prophète, alors son acte sera accepté et bénit selon le jugement de Dieu. Et celui dont l’acte n’a pas été conforme, il lui sera refusé, quel que soit grand ses efforts (même s’il dit moi je suis fatigué, j’ai fait beaucoup). Donc ce qui est pris en considération ce n’est pas le trop d’effort et de difficulté mais c’est la conformité à l’acte du messager salla l-Laahou ^alayhi wa salam (est-ce que c’est conforme ou pas conforme à ce que le messager a dit et fait ?).
Celui qui aura connu ce qu’il y a dans la loi du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam et qui a œuvré conformément à cette loi sans déformation ni changement, alors il aura selon le jugement de Dieu, la rétribution de ses œuvres.
Ne vous laissez pas influencer par l’image des œuvres, ne vous laissez pas influencer par l’image de la prière, ne vous laissez pas influencer par l’image de la zakat, ne vous laissez pas influencer par l’image du jeûne (c’est-à-dire ne vous méprenez pas), ne vous trompez pas à propos de l’image du pèlerinage, ce qui compte ce n’est l’image des œuvres mais ce qui est à prendre en considération c’est la conformité des œuvres à la loi de Dieu. Combien sont nombreuses les œuvres qui ne sont pas acceptés par Allâh en raison de la non-conformité à la loi du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam.
Prenez par exemple le pèlerinage, beaucoup de gens vont en apparence pour l’accomplir, mais il ne leur est pas compté de pèlerinage selon le jugement de Dieu. Les gens y vont mais c’est comme s’ils ne sont pas partis en réalité, eux ils pensent l’avoir fait. Aujourd’hui, beaucoup y vont mais ce n’est pas accepté soit parce qu’ils n’apprennent pas comment faire le pèlerinage, soit ils n’ont pas la bonne croyance, pour différentes raisons, soit ils font une cause d’annulation. Donc beaucoup de gens font ce qui est en apparence le pèlerinage mais il ne leur est pas compté le pèlerinage. Tout cela parce que ce qu’ils ont fait n’est pas conforme au pèlerinage qui nous est rapporté du messager de Allâh en apparence. Ceux-là quel que soit les difficultés et les fatigues qu’ils ont enduré dans leur pèlerinage, il ne leur est pas compté de pèlerinage selon le jugement de Dieu.
Soubhana l-Laah ceux qui vont au pèlerinage, ils voient combien c’est éprouvant, comme les savants ils disent, la personne investie des moyens, elle quitte une patrie, elle quitte des bien-aimés, et même elle y va à époque avec des conditions qui semblent toutes confortable mais ça reste éprouvant. Déjà le prophète il a dit : « rien que le voyage c’est comme une part de châtiment. » Parfois c’est l’économie d’une vie, mais comme il n’a pas appris ou il fait une cause d’annulation ou un peu moins grave, il fait quelque chose qui lui fait perdre des récompenses (il s’est déchargé de l’obligation mais il est rentré sans récompense). La moralité c’est apprendre qu’est-ce que le messager a enseigné et l’appliquer. Et la patience ce n’est pas quand tu es à l’aise mais lors de la difficulté. La patience c’’est lorsque tu es éprouvé.
Même la prière, beaucoup de gens en apparence font la prière, ils accomplissent l’image de la prière mais elle n’est pas valide parce qu’elle n’est pas conforme à ce qui a été enseigné par le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam. Qu’est-ce que le prophète a dit ? « Faites la prière tout comme vous m’avez vu faire la prière. » Est-ce que nous on l’a vu faire la prière ? Non, donc ça veut dire que nous devons apprendre parce qu’il y a des milliers et des milliers de compagnons qui l’ont vu faire la prière, des milliers ont vu comment le prophète faisaient le woudou’ donc c’est quelque chose qu’on sait, on est certains que le prophète a fait le woudou’ de cette manière-là avec laquelle nous faisons aujourd’hui grâce aux savants qui ont rassemblé les avis dans leurs enseignements et qui ont indiqué avec des preuves qu’ils ont, des méthodes qu’ils ont eu que tel acte est obligatoire que tel acte est recommandé, tel acte est très conseillé, celui-là est conseillé mais de moindre importance donc c’est eux qui ont rassemblé tout cela ce qui fait ces écoles de lois que nous appliquons : l’école Chafi^ite, l’école Malikites, l’école Hanafite, l’école Hanbalite l’école de al-Awouza^iyy et y a d’autres Moujtahide que ceux-là. C’est ainsi que nous avons la certitude que nous appliquons la prière comme le prophète a fait. Mais si quelqu’un n’a pas appris selon une école, comment est-ce qu’il se garantit que ce qu’il fait est vrai ?
Également pour le jeûne, certains ils font actes d’abstinence mais selon le jugement de Dieu leur jeûne n’est pas valide. Ils n’auront par conséquent pas de récompense pour leur jeûne.
De même pour la zakat, de nombreuses personnes pensent donner la zakat sur leurs biens mais ce n’est qu’en apparence parce qu’en réalité leurs zakat n’est pas valide. Aujourd’hui par exemple certains te disent « j’ai fait le virement à tel organisme qui distribue la zakat » : non, ce n’est pas valable de faire la zakat par un virement. Il faut que le bien lui-même que tu vas donner parvienne à l’ayant-droit. Il y a des gens qui ne font pas attention à ces choses-là, il pense avoir payer la zakat mais le jour du jugement il sera réclamé de lui. En réalité leur zakat n’est pas valable parce qu’il n’est pas conforme à la loi du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam.
Beaucoup de gens vont voir des associations caritatives et il leur donne la zakat sur leurs biens pensant avoir payer la zakat. Eux ils pensent avoir payer la zakat mais ils ne mandatent pas une personne dans cette association pour distribuer la zakat aux ayants-droits, ils ne font que leur confier cet argent sans les mandater pour le dépenser à qui a droit à la zakat. Lui son intention c’est de faire la zakat mais il ne leur mandate pas, il ne leur dit pas « ça cet argent donnez-le aux ayants-droits à la zakat », beaucoup de gens font ça. Il ne les mandate pas aux ayants droits selon la loi de l’islam. Et ces associations prennent cet argent et le gèrent d’une manière qui n’est pas conforme à la loi de Dieu. Certains te dit « c’est nos frais de fonctionnement », « c’est pour payer les salariés de notre association parce qu’ils travaillent », ils n’utilisent pas cet argent conformément à la loi de Dieu.
De même, beaucoup de gens payent dans l’intention de donner la zakat une partie de leur argent pour construire une mosquée et vous savez qu’on ne paye pas la zakat pour payer une mosquée. Cela est également non accepté selon le jugement de Dieu. Semblable à cela des actes qui sont perdu (nul, invalide) qui n’ont aucun poids selon le jugement Dieu, les exemples sont nombreux.
Le chaykh a dit : selon le jugement de Dieu ces actes-là ne sont pas agréer. Non seulement les actes ne sont pas agréés mais en plus ces gens-là se chargent d’un péché parce qu’il ne s’est pas acquitté de ce qu’il devait faire. S’il devait payer la zakat, il reste à sa charge, S’il devait faire la prière, elle reste à sa charge, S’il devait faire le pèlerinage, il reste à sa charge. Au lieu de gagner des récompenses il acquiert des péchés.
Et ainsi, celui qui fait une prière qui n’est pas conforme à la loi du messager salla l-Laahou ^alayhi wa salam ou qui a donné de son argent dans l’intention de la zakat pour un poste non conforme à la loi du messager de Dieu, cela est invalide il n’aura selon le jugement de Dieu aucune récompense. Plus encore, il n’en ne sera pas déchargé de l’obligation. Au jour du jugement il rendra des comptes pour avoir manqué à cet acte, pour avoir gaspiller cet argent, car il aura placé cet argent avec l’intention de la zakat contrairement à ce que Allâh nous a fixé, contrairement à la loi de Allah.
La preuve qui vous indique que la zakat qui est donné aux associations sans mandater une personne dans ces associations pour distribuer cet argent à qui a droit à la zakat, mais ils ne font que leur confier cet argent en leur faisant comprendre que c’est une aide (celui qui donne fait croire à l’association que c’est un montant pour les aider dans leurs activités) et que le personnel de l’association gère cet argent selon leur avis personnel, selon leur passion parce que ce sont des gens qui n’ont pas appris, la preuve que cela est invalide et qu’il n’est pas permis de payer la zakat à tout acte de bienfaisance (comme le pense beaucoup de gens), c’est que le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam a dit à deux hommes qui étaient fort physiquement et qui voulaient avoir une part de la zakat (ils étaient venu voir le prophète pour lui réclamer une part de la zakat). Le prophète les a d’abord bien observés (pour voir s’ils avaient une infirmité, un handicap). Il n’a rien noté qui indique une faiblesse physique dans leur corps, il n’a pas remarqué qu’ils avaient quelque chose. Il leur a dit : « pas de droit à la zakat pour quelqu’un de ghaniyy ni quelqu’un qui est kawiyy mouktassib. » Donc deux catégories de personnes n’ont pas droit à la zakat. Il leur a dit ça pour leur indiquer le jugement selon la loi, que n’a pas droit à la zakat quelqu’un qui a sa suffisance. Le mot qui est employé en arabe c’est « riche » c’est-à-dire qui a ce qui le suffit pour ses besoins de base. Donc dès lors que tu as ce qui te suffit pour tes besoins de base tu es considéré comme riche dans la loi de l’Islam, tu n’es pas pauvre. Ce n’est pas à partir de 100 000 € que tu es riche.
N’a pas droit à la zakat celui qui a ce qui lui suffit pour ses besoins de base (la nourriture, la boisson, la couverture, les vêtements, où dormir) ni pour un kawiyy mouktassib (quelqu’un qui a la capacité physique, qui est qui a la force physique qui lui permet de gagner sa vie, c’est-à-dire qui peut accomplir un travail qui lui donne sa suffisance). Le prophète dans le hadith il a dit : « que l’un d’entre vous aille à la montagne avec une corde ramasser des morceaux de bois qu’il va vendre pour avoir sa suffisance, c’est mieux pour lui que d’aller mendier. »
Après leur avoir enseigner le jugement selon la loi de l’Islam, il a confié leur réalité à Dieu (parce que selon l’apparence ils n’ont pas besoin mais peut-être qu’ils ont quelque chose qui est caché) mais il les a exhortés (il lui a fait craindre le châtiment de Dieu afin qu’ils ne prennent pas l’argent de la zakat que le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam leur donnerait s’ils ne remplissent pas les critères de ceux qui ont droit à la zakat. C’est comme s’il leur disait « n’a pas droit à la zakat celui qui a sa suffisance c’est-à-dire qui possède suffisamment de bien ni quelqu’un qui a la capacité physique de faire un travail qui lui permette de gagner sa suffisance (c’est-à-dire que non seulement il est capable de travailler mais il trouve le travail aussi – deux choses). C’est comme s’il leur disait : si vous êtes dans ces cas-là alors ce que je vais vous donner sachez que c’est interdit pour vous de le prendre. Moi je juge selon l’apparence je vais vous donner mais vous, c’est interdit que vous le preniez (donc il leur a rappelé). Et si vous n’avez pas ces caractéristiques-là (c’est-à-dire la suffisance en termes de bien, vous ne possédez pas suffisamment de bien ou vous ne trouvez pas de travail qui vous garantisse votre suffisance, alors vous méritez de prendre cette zakat, c’est-à-dire vous y avez droit. Le prophète leur a apporté le conseil
Selon l’apparence il n’a pas constaté d’infirmité en eux mais comme c’était eux-mêmes qui avaient réclamé/demandé, il s’est dit que peut-être ils sont verdict et il leur a donné.
Ce hadith est authentique par sa chaine de transmission. Il a été rapporté par Abou Daoud par Al-Bayihaqiyy et par beaucoup de spécialistes du hadith.
S’il était permis de payer la zakat pour construire des mosquées qui va profiter des mosquées ? Les riches et les pauvres pour y faire la prière. C’est-à-dire que s’il était permis de payer la zakat pour tout acte de bienfaisance, dans lequel vont profiter/s’associer ceux qui ont leur suffisance et ceux qui ne l’ont pas, alors le messager de Allâh ^alayhi salatou wa salam n’aurait pas dit « n’a pas droit à la zakat celui qui a sa suffisance et celui qui a une force physique lui permettant de gagner sa suffisance. » mais il leur aurait donner sans leur dire ce qu’il a dit.
L’outrance et l’exagération : des fléaux à éviter !
L’outrance (Al-Ghoulouww) : c’est le fait de dépasser les limites fixées par la loi. La loi nous a fixé des limites et certains sous prétexte d’excès de zèle, ils dépassent ces limites-là et c’est quelque chose qui est blâmé. Notre prophète ^alayhi wa salam il a blâmé l’outrance. L’outrance ce n’est pas quelque chose de bien.
C’est une forme d’outrance que de qualifier un acte qui est de l’ordre de la recommandation, qui ne dépasse pas la limite du recommandé et de le considérer au niveau de l’obligatoire. Donc quelque chose qui est de l’ordre de la recommandation, le considérer comme étant obligatoire, ça c’est une forme de ghoulouww, d’excès.
Également c’est une forme d’outrance/d’excès que de considérer quelque chose qui est simplement déconseillé, de la considérer interdite. Certains disent du fait de parler pendant qu’on fait le woudou’, que si tu parles dans ton woudou’ tu commet un péché : ça c’est une forme d’outrance, c’est un mensonge et une calomnie.
La parole qui est une bonne parole, l’a prononcé pendant qu’on est en train de faire le woudou’ et il évoque Dieu par exemple comme dire la ‘ilaha ila l-Laah, cette parole elle n’est ni déconseillé ni interdite.
Quant aux paroles qui ne comportent pas de bien mais qui n’arrive pas à jusqu’à l’interdit, cette parole est simplement déconseillée pendant le woudou’. Cela veut dire que si tu l’évite, tu gagnes une récompense mais si tu l’as fait, tu ne commets pas de péché. Celui qui délaisse quelque chose de déconseillé parce qu’elle est déconseillée, il gagne une récompense. Mais s’il commet quelque chose de déconseillé, il n’est pas chargé de péché. Parler pendant qu’on fait le woudou’ ce n’est pas interdit, celui qui le considère interdit c’est une forme d’outrance que Dieu nous a interdit. Celui qui considère le déconseillé comme interdit, il aura dépassé la limite.
Certains ignorants disent quand ils voient quelqu’un qui tend les pieds vers la ka^aba, vers la qibla, ils lui disent « non c’est haram ». Celui qui interdit cela il tombe dans un grand péché, ce n’est pas interdit.
Règle : Ce n’est pas interdit de tendre les pieds vers la qibla, celui qui dit que c’est interdit il tombe dans un grand péché parce qu’il a parlé sans science. Le messager salla l-Laahou ^alayhi wa salam ne l’a pas interdit et il n’y a pas dans le qour’an le verset qui interdise de tendre les pieds vers la qibla (donc le messager ne l’a pas interdit, le qour’an ne l’a pas interdit). Et même les faqih (les spécialistes des jugements) ne l’ont pas interdit par déduction, alors d’où est-ce que ce serait interdit ? ni le qour’an, ni le hadith, ni la parole des savants, comment alors les gens osent-ils l’interdire ? Ça c’est une forme d’outrance. Ce n’est pas interdit s’il n’y pas devant les pieds de la personne un livre de qour’an ou des livres de science de religion.
Donc si quelqu’un a tendu ses pieds vers la qibla et qu’il y avait devant ses pieds des livres de religion ou des livres de qour’an là c’est interdit si les livres sont au niveau de ses pieds. Mais si les livres sont au-dessus d’une armoire et que ses pieds ne sont pas en direction de l’armoire (ses pieds sont vers le bas) dans ce cas, ce n’est pas interdit sauf s’il dirige ses pieds vers les moushaf auquel cas se serait interdit. Donc tendre les pieds vers le moushaf alors qu’il est en distance proche, ça c’est interdit. Mais si c’est au-dessus d’une armoire et lui tourne les pieds vers le bas et qu’il n’y a rien en face de ses pieds, ce n’est pas interdit.
Quand les gens viennent à interdire de tendre les pieds vers la qibla, ça c’est une forme d’outrance, ce n’est pas une glorification de la qibla.
Si quelqu’un est incapable de prier debout, il est incapable de prier assis alors il prie allonger. Il a les pieds dirigés vers la qibla, il relève un peu la tête (on met un coussin ou quelque chose pour qu’il dirige bien les pieds vers la qibla). Ce jugement, si c’était quelque chose qui était déconseillé ou mauvaise, Dieu n’aurait pas ordonné de le faire mais Dieu l’a ordonné.
Parmi une forme d’outrance surprenante qui est une mécréance claire, c’est ce qui s’est produit dans une région de l’Abyssinie (de l’Éthiopie) c’est un homme qui était profondément éprit de notre maître ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy (il l’aimait beaucoup), et son âme l’a amené à faire un acte par lequel selon lui il allait honorer notre maitre ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy par quelque chose que personne d’autre n’a faite (regardez comment l’ignorance peut amener la personne à la mécréance). Il s’est dit « je vais faire un acte qu’aucun autre que moi n’a fait que moi pour honorer notre maitre ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy (selon lui il voulait atteindre le summum de la manifestation de son amour pour notre maitre ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy). Il a dit : « je vais faire offrande de moi-même (se sacrifier) pour ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy » et il s’est égorgé. Et ça c’est une mécréance de se sacrifier pour autre que Dieu. Donc ça c’est un exemple d’outrance, de dépassement des limites qui est une mécréance. Que la personne fasse attention à cela.
Il est arrivé en Éthiopie également, qu’un saint, un waliyy de Dieu, Dieu lui a accordé des prodiges surprenants. Les prodiges, Dieu les donnes au sain. Les savants ont dit : tout ce qui est un miracle pour un prophète peut également être un prodige pour un sain sauf ce qui est spécifique au statut de prophète.
Règle : tout ce qui peut être un miracle à un prophète peut être accordé à un sain excepté ce qui est spécifique au statut de prophète comme la révélation d’un livre (ça c’est un miracle pour notre prophète Mouhammad). Cependant la résurrection des morts ce n’est pas quelque chose de spécifique aux prophètes, c’est quelque chose d’extraordinaire, Dieu l’a accordé à notre maitre ^Iça, il a ressuscité des morts par la volonté de Dieu. Et donc ce sain en Abyssinie lui aussi a eu un prodige semblable parce que c’est Dieu le créateur, s’Il veut donner la vie à quelqu’un qui est mort Il le donne.
Quel est le sens de cette karamah ? C’est une preuve que ce saint suit parfaitement ce prophète. La signification du prodige c’est la véracité de ce sain quand il suit le prophète. Il y a des gens qui en sont ignorant, au lieu d’apprendre et de dire « oui c’est un sain, c’est quelqu’un qui est sur la droiture », ils ont pensé autre chose de lui. Ils ont composé un poème dans leur langue où ils qualifiaient cet homme, ils disaient de lui qu’il est comme Dieu et ça c’est une mécréance, c’est une forme d’outrance, d’excès. C’est pour cela que c’est important de ne pas dépasser la limite, de connaitre. Dieu accorde des sains au prodige mais faut pas le mettre au-dessus de Son niveau. Donc ce n’est pas lui qui leur a dit de faire ce poème ou de le qualifier d’être comme Allah, c’est après sa mort qu’ils l’ont fait donc lui n’est pas d’accord avec eux sur ça.
Alors quel le récit de la résurrection des morts qui a été accordé comme prodige à ce saint ?
Ce saint avait un élève qu’il aimait énormément qui était à son service et Dieu a fait mourir cet élève alors qu’il était en voyage, absent. Et quand ce sain est revenu, on lui a annoncé sa mort, ils lui ont dit voilà on l’a préparé pour l’enterrement. Le chaykh est venu, il a supplié Dieu et Dieu l’a ressuscité. La raison de la mort de ce serviteur de ce chaykh c’est que des mécréants avaient attaqué la région de ce chaykh et ils ont tué un certain nombre de personnes entre autres, l’élève de ce chaykh, ils l’ont égorgé. Dieu l’a ressuscité quand ce chaykh a invoqué Dieu. Dieu a exaucé son invocation, Dieu l’a ressuscité. Et ces gens ont vu cette chose, ce n’est pas courant et ils ont vu d’autres choses surprenants. Ils ont dépassé la limite pour leur amour pour ce chaykh.
Ces gens-là ne sont pas excusé selon le jugement de Dieu. L’ignorance ici n’est pas une excuse.
L’esclave reste un esclave quel que soit les prodiges qu’il peut avoir, quel que soit les choses surprenantes qu’il peut avoir, l’esclave reste un esclave, il n’est pas permis de le qualifier par des attributs de la divinité.
Il n’est pas permis de dire de lui qu’il est pareil à Dieu. Bien sûr les sains de Ahlou l-Laah qui sont parfait, qui sont accompli, ne sont pas chargé de ce péché-là, ils n’ont aucune part de charge parce qu’ils n’ont pas accepté et n’ont pas ordonné cela. Ils n’acceptent pas en leur présence et ils n’ont pas ordonné cela.
Le péché est à la charge de ceux qui font preuve d’outrance, qui sont excessif dans leur amour pour ce sain et qui sortent de la loi de Dieu. Le péché leur incombe à eux, il n’est pas à la charge de ces machayikh (de ces sains). Mais les chaykh qui disent aux gens de leur obéir les yeux fermés dans ce que Dieu a rendu licite, dans ce que Dieu a interdit, s’ils leur dit de leur obéir, ils sont chargés des péchés à eux et des péchés de ceux qui les suivent également parce que c’est eux qui étaient la cause de l’égarement des autres. Quant à celui qui n’a pas été la cause, de péchés de ceux qui ont désobéis ou de la mécréance de ceux qui ont mécrus alors il n’est pas chargé de leur péché et de leur mécréance.
Dieu dit ce qui signifie : Le péché de quelqu’un n’est pas imputé à une autre personne. Al-‘An^am / V164
Tafsir, Exégèse de an Nasafiyy : sourate Maryam versets 1-67
C’est une sourate mecquoise, c’est-à-dire qu’elle a été révélée quand le Prophète était à La Mecque. Et elle est composée de 98 ou 99 versets.
Verset 1 : il comporte cinq lettres (kāf-hā-yā-ʿ-ṣād) : aṣ-Ṣuddī dit que c’est un nom de Dieu mais ce n’est pas l’avis qui est correct. Et il a été dit que c’est le nom de la sūrāh.
Il y a eu différentes versions pour la récitation de ce verset : ʿAlī et Yaḥyā ont récité ce premier verset avec une kasrah sous le hā et le yā : ils ont dit kāf-hī-yī .
Verset 2 : ceci est la mention de la miséricorde de ton Seigneur, qu’Il a accordée à Son esclave Zakariyyā.
Verset 3 : il (Zakariyyā) a invoqué son Seigneur en toute discrétion. Il a invoqué Dieu en cachette, tout comme c’est ce qu’il convient de faire. Car ainsi cela permet d’éviter l’insincérité. Et c’est plus proche de la pureté du cœur. Une deuxième explication : il a invoqué son Seigneur en toute discrétion pour qu’on ne lui fasse pas de reproches, du fait qu’il a demandé à avoir un fils alors qu’il était âgé. Il avait 75 ou 80 ans.
Verset 4 : il a dit ô mon Seigneur. A l’origine, la phrase est en arabe « yā rabbī », c’est-à-dire « ô mon Seigneur » mais le terme « yā » qui indique l’appel a été omis ainsi que le terme « ī » « mon », il est donc resté le terme « Seigneur ». Les os de mon corps sont devenus faibles. Il a mentionné les os car les os sont la structure qui maintient le corps. S’ils deviennent faibles, c’est tout le corps qui s’affaiblit. Également, les os sont la partie la plus dure du corps et la plus forte. Si les os s’affaiblissent, toute la force du corps s’affaiblit. Remarque : en arabe il a employé le terme « os » au singulier, ici il a utilisé le singulier pour indiquer le genre (comme quand on dit « l’homme est un être vivant »). Ce verset veut dire que cet os qui constitue le squelette et qui est le pilier du corps, a été atteint de faiblesse.
Et les poils gris se sont attisés dans ma tête : il a utilisé le verbe qu’on utilise d’habitude pour le feu, c’est-à-dire que les poils gris se sont propagés dans ma tête, à l’image d’un feu qui se propage et qui donne des flammes par-ci et par-là. Donc il a comparé les cheveux gris à des foyers de feu, par sa couleur et par le fait qu’ils se propagent dans la tête. Toute partie de la tête a des zones grises comme le feu se propage. Ceci est très éloquent.
(Zakariyyā) a dit : ô mon Seigneur, je suis devenu vieux et la vieillesse englobe l’affaiblissement du corps, les cheveux gris et plus fort encore. Il n’a pas utilisé de termes explicites mais il a utilisé des allusions et l’allusion est plus forte encore. C’est une forme de construction qui englobe des termes généraux et des détails. C’est une construction très éloquente où il a fait allusion à des parties pour désigner le tout : mes os se sont affaiblis, les cheveux gris se sont propagés dans ma tête comme un feu se propage dans les broussailles.
Et ô mon Dieu, je n’ai pas été dans mes invocations envers Toi, malheureux : cela veut dire que j’ai toujours été exaucé. C’est-à-dire que je Te demande des choses et Tu me les accordes. On dit de quelqu’un qu’il a été heureux quand il a eu son affaire qui a été réglée et malheureux quand son affaire n’a pas été réglée. An-Nasafī a dit qu’un mendiant a dit à quelqu’un : « si c’est à moi que tu as déjà donné tel jour, je te demande de me donner encore ». L’autre lui a répondu : « bienvenue à celui qui a fait le tawassul par nous, pour nous ». Il a rappelé un besoin qu’il avait déjà eu et qui avait été comblé et il veut avoir la même chose et il lui a donné ce qu’il voulait.
Verset 5 : et je crains mon clan : le clan c’est les mawālī : il s’agit de ses frères, ses cousins paternels et ils étaient les plus mauvais des fils de Isrāʾīl. Il craignait qu’ils ne changent la religion, qu’ils n’introduisent des falsifications et il craignait aussi que son clan n’assure pas la succession pour sa communauté. Alors notre maître Zakariyyā a demandé que Dieu lui accorde un descendant vertueux, un fils qui prenne son père comme modèle, sur le fait de veiller sur sa communauté. Je crains ce qu’ils vont faire après moi c’est-à-dire après ma mort.
Et mon épouse est stérile, alors ô Dieu accorde-moi de Ta part : c’est-à-dire sans que ce soit par une cause habituelle, du fait que sa femme est stérile
Un descendant : c’est-à-dire un fils qui s’occupe de l’application de la religion après moi.
Verset 6 : qu’il hérite de moi et qu’il hérite de la famille de Yaʿqūb : ici il s’agit de la description de ce fils, c’est-à-dire que notre maître Zakariyyā demande à Dieu de lui accorder un fils qui va hériter de lui la science et qui hérite de la famille de Yaʿqūble statut de prophète. Mais cela ne veut pas dire qu’on hérite du statut de prophète. Mais cela veut dire : qu’il puisse un jour devenir prophète. Yaʿqūb est le fils de Isḥāq et Yaʿqūb s’appelle Isrāʾīl, ce qui signifie « esclave de Dieu » en hébreu. Isrāʾīl est l’esclave de Celui Qui voit. Et Ismāʿīl signifie l’esclave de Celui Qui entend.
Et ô Allāh fais qu’il soit agréé : c’est-à-dire soit qu’il soit agréé par Toi, ou alors dans le sens qu’il soit satisfait de Toi et de Ton jugement (qu’il n’émette pas d’objection contre Toi)
Verset 7 : ô Zakariyyā Nous t’annonçons la bonne nouvelle d’un garçon qui s’appellera Yaḥyā : C’est Dieu Qui a nommé cet enfant, c’est un grand honneur.
Et Nous n’avons pas fait qu’avant lui, quelqu’un ait porté ce prénom : il a donc été le premier à porter ce prénom. Samiyyā : ceci est une preuve que le prénom qui n’est pas courant est un prénom qu’il convient d’employer et il a été dit que Samiyyā signifie semblable et ressemblant. C’est-à-dire qu’il n’avait pas de semblable dans le fait qu’il n’a pas désobéi et il n’a pas envisagé de désobéir. Également du fait qu’il était issu d’un homme âgé et d’une femme âgée, il n’avait pas de semblable. Et il était quelqu’un de chaste.
Verset 8 : Lorsque les anges ont donné la bonne nouvelle à Zakariyyā qu’il allait avoir un fils, il a dit ô Seigneur comment aurais-je un fils : cela ne veut pas dire que Zakariyyā trouvait peu probable que Dieu lui accorde un fils mais c’est pour demander par quel moyen il pourrait avoir un fils. Est-ce qu’il allait avoir un fils alors qu’ils étaient tous deux âgés, lui et son épouse ? Ou alors est-ce qu’ils allaient redevenir jeunes et avoir un fils par la suite ?
Alors que ma femme est stérile et que je suis devenu âgé : il a utilisé un adjectif qui indique qu’il est devenu comme une branche d’arbre dure, il fait allusion à la dureté des articulations, pour imager son âge avancé.
Verset 9 : il a dit c’est ainsi que ton Seigneur a dit : c’est-à-dire qu’il en sera ainsi.
C’est aisé pour lui : Ton Seigneur dit que cela est aisé pour Lui c’est-à-dire le fait de créer Yaḥyā de deux parents qui sont d’un âge avancé.
Et Je t’ai fait exister auparavant et tu n’existais pas : ceci pour indiquer que c’est Dieu Qui crée et ce ne sont pas les parents jeunes qui créent leur enfant. Les parents sont une cause.
Verset 10 : Il a dit ô mon Dieu accorde-moi un signe qui me permette de savoir si ma femme est tombée enceinte. Zakariyyā a demandé à Dieu de lui indiquer un signe qui lui montre que sa femme serait tombée enceinte.
Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois nuits. Sans pour autant que tu aies une infirmité dans tes organes : tu ne seras pas muet ni sourd. Tes organes seront sains. Dans la sūrat ʾĀli ʿImrān, il est question de trois jours. Cela veut dire que cette privation de parler s’est prolongée trois jours et trois nuits.
Verset 11 : Zakariyyā est sorti pour son peuple depuis le miḥrāb qui est l’endroit où il faisait sa prière. Son peuple l’attendait et il n’a pas pu parler. Il leur a fait un signe de son doigt pour leur ordonner de glorifier Dieu, c’est-à-dire de faire des prières, matin et après-midi. Matin pour faire allusion à l’aube et après-midi pour faire allusion à al-ʿasr.
Nous lui avons accordé ce fils Yaḥyā et Nous lui avons dit, à ce fils, après sa naissance, après qu’il a grandi
Verset 12 : ô Yaḥyā prends le Livre et il s’agit de la Torah, vigoureusement c’est-à-dire avec ardeur, pour le maitriser et Nous lui avons accordé la sagesse, c’est-à-dire la compréhension de la Torah et la maitrise de la science de la religion, alors qu’il était déjà enfant. Il a été dit que les enfants lui ont demandé de jouer avec eux, il leur a répondu que Dieu ne nous a pas créés pour jouer.
Verset 13 : Nous lui avons accordé une tendresse de notre part : il avait de la tendresse et de la miséricorde pour ses parents et une pureté : Dieu lui a accordé d’être pur et d’être vertueux et il n’a pas commis de péché et il était pieux : c’est-à-dire un musulman obéissant.
Verset 14 : Yaḥyā était bienfaisant envers ses parents : il ne leur désobéissait pas et il n’était pas quelqu’un d’orgueilleux ni quelqu’un de désobéissant à son Seigneur.
Verset 15 : Que la préservation de Dieu lui soit accordée le jour de sa naissance : c’est-à-dire que le jour de sa naissance le šayṭān ne lui nuise pas car la plupart des enfants, quand ils naissent, le šayṭān leur nuit, ils sortent du ventre de leur mère en pleurant.
Et le jour de sa mort : c’est-à-dire quand les deux anges interrogent dans la tombe
Et le jour où il sera ressuscité vivant : c’est-à-dire pour le jour du jugement, le jour dernier. C’est la plus difficile des stations.
Verset 16 : et cite-leur, c’est-à-dire toi, Muḥammad, dans le Livre, c’est-à-dire le Qurʾān, Maryam, c’est-à-dire récite-leur ce qui est parvenu dans le Qurʾān en tant que récit de Maryam, afin qu’ils en tirent des moralités et afin qu’ils sachent ce qui lui est arrivé.Le moment où il lui est arrivé ce récit étonnant. Quand elle s’est isolée à l’écart de son peuple pour se consacrer à l’adoration à l’est de Jérusalem. Deuxième explication : à l’écart des gens. Et il a été dit qu’elle s’est mise à l’écart dans un endroit pour faire son ġusl suite aux menstrues.
Verset 17 : elle a pris un écran (comme un paravent) qui la voile : elle a fait qu’il y ait comme un voile qui la protège des yeux des gens de son peuple pour qu’elle puisse faire son ġusl derrière.
Nous lui avons envoyé notre rūḥ : et il s’agit de Ǧibrīl ʿalayhi s-salām et l’adjonction « notre » est une marque d’honneur pour indiquer que Ǧibrīl appartient à Dieu et est honoré par Dieu. L’appellation rūḥ quisignifie « âme » ne veut pas dire que Ǧibrīl est une âme de Dieu mais il a été surnommé ainsi parce que c’est comme s’il est l’âme de la religion. La religion revit par Ǧibrīl et par la révélation qu’il transmet.
Il s’est représenté à elle sous forme d’un humain : Ǧibrīl ʿalayhi s-salām s’est présenté à Maryam sous la forme d’un jeune homme, imberbe, avec un beau visage et des cheveux ondulés.
Avec une constitution complète.
Ceci, afin qu’elle soit apaisée par ses paroles, afin qu’elle ressente le réconfort par sa parole, afin qu’elle ne le fuie pas, car s’il lui était apparu sous la forme d’un ange, elle l’aurait fui. Elle n’aurait pas pu écouter sa parole.
Verset 18 : elle a dit je demande à être préservée par le très Miséricordieux si tu es quelqu’un qui craint Dieu. C’est-à-dire que si on peut espérer de toi que tu craignes Dieu, alors je demande à être préservée par Dieu contre toi. Autrement dit, si tu es quelqu’un qui craint Dieu, alors ne me fais pas de mal.
Verset 19 : il (Ǧibrīl ʿalayhi s-salām) a dit je ne suis que l’envoyé de ton Seigneur : il l’a d’abord rassurée de ce qu’elle craignait (du fait qu’elle s’est retrouvée seule avec un homme étranger) puis il l’a informée qu’il n’était pas un humain (qu’il n’était pas un descendant de Ādam) mais qu’il était un envoyé de la part de Celui par lequel elle recherchait la préservation, c’est-à-dire Dieu.
Pour te donner : c’est-à-dire que je te donne moi-même, par la volonté de Dieu ou bien pour que je sois une cause du don de cet enfant, c’est-à-dire en soufflant dans l’encolure de sa robe.
Un enfant pur : un enfant qui soit pur des péchés ou bien un garçon qui va grandir sur le bien et les bénédictions.
Verset 20 : elle a dit comment allais-je avoir un garçon alors qu’aucun humain ne m’a touchée ! C’est-à-dire qu’elle n’a pas été mariée, qu’elle n’a pas eu d’époux, pour avoir un garçon
Et je ne suis pas de ces femmes perverses qui recherchent les hommes, qui recherchent à obtenir le plaisir avec n’importe quel homme. L’enfant, généralement n’est issu que de ces deux voies-là, soit suite à un mariage, soit suite à une fornication.
Verset 21 : il (Ǧibrīl ʿalayhi s-salām) a dit c’est vrai : il en est ainsi, comme tu l’as dit : c’est-à-dire qu’effectivement, tu n’as pas été mariée, et tu n’as pas commis la fornication.
Ton Seigneur dit cela est facile pour Moi : le fait que tu aies un fils sans qu’il n’ait de père, est quelque chose de facile pour Dieu.
Et afin qu’il soit un signe pour les gens : c’est la première explication,et la deuxième explication, c’est pour manifester Notre toute-puissance et qu’il soit une preuve de Notre toute -puissance. Dieu manifeste Sa toute-puissance en faisant qu’une femme ait un fils sans qu’il n’ait de père. Afin qu’en voyant cela, les gens en déduisent la toute-puissance de Dieu.
Et pour qu’il soit une miséricorde de Notre part : Jésus est une miséricorde de la part de Dieu, pour ceux qui ont cru en lui, c’est-à-dire ceux qui ont cru qu’il est un envoyé de Dieu, un humain, un prophète musulman qui a appelé à adorer Dieu et à ne pas lui attribuer d’associé.
Et cela est quelque chose de prédestinée. La création de Jésus est une chose destinée qui est écrite sur la Table Préservée.
Quand Maryam a été apaisée après qu’il lui ait parlé, Ǧibrīl ʿalayhi s-salām s’est rapproché d’elle et il a soufflé dans l’encolure de sa chemise. Et l’âme est entrée par sa bouche, c’est ainsi qu’a dit Ubay ibnu Kaʿb que Dieu l’agrée. Et le souffle et donc l’âme est arrivé jusqu’au ventre de Maryam.
Verset 22 : elle est tombée enceinte de Jésus : et elle avait treize ans ou bien dix ans ou bien vingt ans. Il y a trois avis.
Alors elle s’est mise à l’écart avec son enfant dans son ventre : d’après ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, la durée de la grossesse était d’une heure, c’est-à-dire que dès qu’elle l’a porté, elle a accouché. Et il a été dit six mois et il a été dit sept mois et il a été dit huit mois. Il n’y a pas eu un enfant qui ait vécu après huit mois de grossesse, hormis Jésus. Il y a donc eu plusieurs avis à propos de la grossesse de Maryam. Et il a été dit qu’elle l’a porté une heure et qu’elle a accouché en une heure.
En un endroit éloigné de son peuple. Elle s’est isolée derrière la montagne. Quand elle a senti la grossesse, elle a fui son peuple, par crainte qu’ils ne la blâment.
Verset 23 : les contractions de l’accouchement l’ont amenée auprès du tronc du palmier : ce palmier était mort, sec et c’était l’hiver : ce palmier est défini par l’article défini « al », ce qui donne l’impression que c’était un palmier qui était connu. Et il est possible qu’il soit défini pour indiquer que c’est le genre de cet arbre. C’est comme si Dieu l’avait guidée vers le palmier pour la faire nourrir de ces fruits et ici il s’agit d’une sorte de fruits de palmiers, qui ne sont pas comme les dattes qu’on connait au Maghreb, ni les dattes qu’on connait en Arabie, mais ce sont des dattes qu’on trouve en Iraq, en Iran. C’est une sorte de datte crémeuse al-ruṭab. C’est la nourriture de prédilection des femmes qui viennent d’accoucher.
Elle a dit si seulement j’étais morte avant ce jour-là et que personne ne se souvienne de moi.
Verset 24 : il l’a appelée par en bas : une explication : c’est Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui l’a appelée parce qu’il était en contrebas de là où elle se trouvait. Ou bien c’était Jésus qui l’a appelée par en-dessous du palmier. Le pronom « hā » fait référence au palmier.
Tellement elle était effrayée que ce qui vient après, c’est pour égayer le cœur de Maryam. Pour lui dire ne sois pas chagrinée : c’est-à-dire ne te laisse pas affliger par la solitude, par le manque de nourriture, le manque de boisson et ce que les gens vont dire.
Dieu a fait que, sous toi, (ça peut avoir le sens de « à proximité de toi » ou bien sous ton ordre : c’est-à-dire si tu lui donnes l’ordre de couler, il va couler, si tu lui ordonnes de s’arrêter, il va s’arrêter) il y ait un petit ruisseau. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a été interrogé à propos de ce mot « sariyya », il a dit c’est le petit ruisseau. Et Al-Ḥasan a expliqué ce mot par « un maitre honorable », c’est-à-dire Jésus ʿalayhi s-salām.
Et il a été rapporté que H̱ālid fils de Safwān a dit que les Arabes appellent le ruisseau « sariyy ».
Il a été dit que lorsque Al-Ḥasan a entendu ce que lui a dit H̱ālid fils de Safwān, il a dit « tu as dit vrai » et il a repris son explication.
Ibnu l-ʿAbbās que Dieu les agrée, lui et son père, a dit : a donné au sol un coup avec son talon ʿīsā ou Ǧibrīl, c’est alors qu’une source d’eau douce a jailli et le ruisseau qui avait tari s’est mis à couler et le palmier a verdi et des fruits ont poussé dessus. Et les fruits ont mûri.
Verset 25 : il a été dit à Maryam : tire vers toi le tronc du palmier, c’est ainsi que vont tomber à ta portée les dattes mûres.
Il a été dit que l’habitude de donner ces dattes à la femme qui vient d’accoucher ou juste avant son accouchement, provient de cette époque-là.
Et il a été dit que la femme qui vient d’accoucher, il n’y pas mieux pour elle que des ruṭab et le malade, il n’y a pas mieux pour lui que le miel.
Notre šayẖ a dit : le meilleur des fruits sont les dattes, et les meilleures des dattes sont les ʿaǧwah et la meilleure ʿaǧwah est celle de Médine et la meilleure ʿaǧwah de Médine est celle de Qubāh. (C’est la première mosquée où le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a fait la prière et il a dit que celui qui se rend à Qubāh pour faire la prière, c’est comme s’il avait fait une ʿumrah).
Verset 26 : mange et bois et réjouis ton cœur : c’est-à-dire mange des fruits mûrs c’est-à-dire des ces dattes, bois de l’eau du ruisseau et réjouis ton cœur par cet enfant satisfaisant. Réjouis-toi de Jésus et rejette ce qui était la cause de ton chagrin.
Si tu vois un humain aujourd’hui, fais-lui comprendre que tu as fait vœu de ne pas parler. En effet c’était un acte d’adoration dans la loi de Zakariyyā de faire abstinence de parole. C’est-à-dire que si tu rencontres un humain qui te demande à propos de ton état, alors dis-lui que tu as fait le vœu, pour Dieu, d’être silencieuse. Fais-lui comprendre que tu as fait le vœu de ne pas parler aujourd’hui. Et c’était un acte d’adoration à leur époque, de faire abstinence de paroles tout comme ils faisaient abstinence de nourriture et de boisson. Dans la loi de Zakariyyā ʿalayhi s-salām, il y avait les deux sortes de jeûne : le fait de s’abstenir de manger et de boire et le fait de s’abstenir de parler.
Et il a été dit que c’était un jeûne véritable, avec les deux sortes. Le fait de ne pas manger ni boire comportait le fait de ne pas parler.
Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam avait interdit de faire le jeûne de la parole. Donc ce jugement a été abrogé pour nous.
Elle avait reçu l’ordre de faire comprendre qu’elle avait fait vœu de silence, parce que Jésus allait parler et que cela suffirait pour l’innocenter. Et d’autre part, pour qu’elle n’ait pas à débattre avec des gens impudents et vulgaires. Il y a en cela la preuve que le fait de se taire face aux impudents est quelque chose de requis.
Et celui qui est impudent n’a pas été vaincu par mieux que le fait de se détourner de lui. Si quelqu’un est impudent, tu n’as pas de plus grande victoire sur lui que de se détourner de lui. Au contraire, il ne va pas plus parler que lorsque tu le contredis.
Elle leur a fait comprendre par un signe qu’elle avait fait vœu de jeûner c’est-à-dire de s’abstenir de parler. Le signe peut être appelé un kalām.
Et il a été dit qu’elle a dit qu’elle allait s’abstenir de parler juste après sa dernière parole où elle aurait fait le vœu de silence.
Je ne vais pas adresser aujourd’hui la parole à un humain.
Verset 27 : puis elle s’est dirigée vers son peuple en portant son fils
Ils ont dit ô Maryam tu as ramené là quelque chose d’étonnant : car ils savaient qu’elle n’était pas mariée et qu’elle n’était pas une femme de mauvaise mœurs. Le mot « farīʿ » signifie « ce qui coupe avec l’habitude », qui n’est habituel.
Verset 28 : ô toi la sœur de Hārūn : An-Nasafīa donné plusieurs explications :
- Elle avait un frère qui s’appelait Hārūn et c’était son frère de même père qui faisait partie des meilleurs descendants des fils de Isrāʾīl.
- Hārūn est le frère de Mūsā ʿalayhi s-salām et elle était descendante de Hārūn. Et il s’était écoulé entre Maryam et Hārūn mille ans. Ici c’est dans le sens qu’ils faisaient partie de la même tribu.
- Hārūn était un homme vertueux ou bien un homme mauvais, de leur époque. Et quand ils lui ont dit : ô toi la sœur de Hārūn, ils l’ont assimilée à cet homme contemporain, soit dans la vertu, soit dans le vice.
Ton père n’était pas quelqu’un de mauvais et ta mère n’était quelqu’un de mauvais : son père était ʿImrān n’était pas quelqu’un qui commettait la fornication et sa mère qui s’appelait Ḥannaʾ n’était pas quelqu’un non plus qui commettait la fornication.
Verset 29 : elle a désigné son fils : c’est-à-dire qu’elle a fait signe à Jésus pour qu’il leur réponde. Parce que Jésus lui avait dit : mère, ne sois pas chagrinée et laisse-moi leur répondre. Et il a été dit que c’était Ǧibrīlqui lui avait dit cela. Mais lorsqu’elle a montré Jésus pour qu’il réponde, son peuple s’était mis en colère, il était étonné.
Ils lui ont dit comment nous parlons à un enfant qui est encore dans le berceau.
Verset 30 : il a dit je suis l’esclave de Dieu : Jésus a dit cela. Nous sommes tous des esclaves de Dieu, c’est-à-dire que nous appartenons à Dieu. Le féminin du mot ʿabd est amah : on dit amatu l-Lāh.
Cette parole comporte un démenti contre ceux qui prétendent qu’il est le fils de Dieu. Comme Maryam s’était abstenue de parler, elle a empêché sa langue qu’elle peut utiliser pour parler et Dieu a fait parler la langue de celui qui, habituellement ne parle pas, en l’occurrence l’enfant au berceau. Dieu a fait parler Jésus alors qu’il n’avait que quarante jours et c’est l’avis qui est correct. Certains ont dit qu’il n’avait qu’un jour. Il a été rapporté qu’il a pointé l’index et il a dit à haute voix « je suis l’esclave de Dieu » et il y a en cela une réfutation de la parole des chrétiens.
Il m’a accordé le Livre : et il s’agit de l’Evangile que Dieu va lui révéler dans le futur.
Et Il va faire de moi un prophète : et Dieu va faire de lui un prophète.
Il a été rapporté de Al-Ḥasan Al-Biṣrī qu’il a dit que Jésus était déjà prophète alors qu’il était au berceau et que sa parole étant enfant, était son miracle.
Il a été dit que cela signifie que Dieu a prédestiné qu’il reçoive le Livre par révélation et qu’il soit prophète. En effet le verbe en arabe est au passé ou plutôt à l’accompli donc cela donne le sens que c’est inéluctable que ça va se réaliser. Comme cela est inéluctable que cela aura lieu, c’est comme si ça s’est déjà réalisé.
Verset 31 : et Il a fait que je sois béni où que je sois : où que j’aille, je suis béni c’est-à-dire que je suis bénéfique, je suis profitable. Ou bien cela veut dire qu’il enseigne le bien.
Et Dieu m’a ordonné d’accomplir la prière et de m’acquitter de la zakāt : c’est-à-dire que si quelqu’un possède suffisamment de biens, alors je dois donner la zakāt. Il a été dit qu’il s’agit de l’aumône obligatoire de la fin du jeûne, ou bien la zakāt ici signifie la purification du corps. Et c’est possible que le sens de ce verset soit : Dieu m’a ordonné de vous ordonner de faire la prière et de vous acquitter de la zakāt.
Durant ma vie : Dieu m’a ordonné cela tant que je suis vivant.
Verset 32 : et Il a fait que je sois bienfaisant envers ma mère. C’est-à-dire qu’il honore sa mère, qu’il la glorifie, qu’il la respecte.
Il n’a pas fait que je sois orgueilleux ni quelqu’un qui agit mal avec sa mère.
Verset 33 : et salutations sur moi le jour de ma naissance, le jour de mon décès et le jour de ma résurrection : cela veut dire que le jour de sa naissance, Jésus était enveloppé de sauvegarde, c’est-à-dire qu’il était dans un bon état le jour de sa naissance et également le jour de sa mort, quand il va mourir, il sera dans un bon état. Et également, le jour de la résurrection quand il va sortir de sa tombe, il sera dans un bon état. Parce que Jésus fait partie de ceux qui n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés, comme tous les saints et les vertueux.
Verset 34 : voilà la nouvelle à propos de Jésus le fils de Maryam : voilà le récit de Jésus le fils de Marie. C’est-à-dire voici le récit véritable de Jésus, voici la réalité à propos de Jésus. C’est celui dont il a dit qu’il était l’esclave de Dieu, ce n’est pas la parole de chrétiens qui disent qu’il est un dieu ou un fils de Dieu.
C’est la parole de vérité : parce que Jésus est né sans qu’il n’ait de père. Dieu a voulu, par Sa parole qui est de toute éternité, l’existence de Jésus sans père. Et ainsi Jésus a existé sans père.
A propos duquel ils ne sont pas d’accord : parce que certains doutent de son statut de prophète. Ils ne sont pas d’accord à propos de Jésus : les Yahūd ont dit qu’il était un sorcier et un imposteur. Les Naṣārah n’ont pas cru en Jésus parce qu’ils ont dit qu’il était le fils de Dieu et qu’il était le troisième de la trinité. Ainsi Jésus est différent de que disent les Yahūd et les Naṣārah.
Verset 35 : Dieu, il est impossible à Son sujet qu’Il ait un fils, Il est exempt de cela. Dieu, s’Il veut quelque chose, Il lui ordonne d’être et cela est. Et donc, celui qui est ainsi, il n’est pas comme ceux qui peuvent avoir un fils. Dieu, par Sa parole qui est de toute éternité, Il a ordonné que les choses existent et les choses ont existé. C’est Dieu Qui a ordonné que Jésus existe sans père et Jésus a existé sans père.
Verset 36 : et Allāh est mon Seigneur et Il est votre Seigneur, alors adorez-Le : c’est la parole de Jésus qui dit : tout comme je suis l’esclave de Dieu, vous également, êtes Ses esclaves. Je dois et vous devez L’adorer.
Ceci, c’est-à-dire ce que je vous ai mentionné, c’est la voie de droiture. Adorez Dieu et ne Lui attribuez aucun associé.
Verset 37 : les groupes ont divergé entre eux : la faction est le groupe qui a une opinion différente des autres. Il s’agit ici de trois groupes de chrétiens : les nestoriens, les jacobites et les chalcédoniens. Entre eux : signifie entre les compagnons de Jésus ou le peuple de Jésus ou bien les gens en général. Les Naṣārah ont divergé à propos de Jésus quand il a été élevé au ciel. Ils ont eu des opinions différentes. Puis ils se sont mis d’accord de se référer à la parole de trois d’entre eux, qui avaient le plus de science de leur époque.
Ils s’appelaient Jacob, Nestor et Melchior. Les deux premiers ont dit une parole de mécréance : Jacob a dit : Jésus est Dieu, il est descendu sur terre puis il est remonté au ciel. Nestor a dit que Jésus était le fils de Dieu, Il nous l’a montré un certain temps puis Il l’a élevé auprès de Lui. Par contre Melchior a dit : ils ont menti, Jésus était un esclave créé et c’était un prophète. Chacun de ces trois-là était suivi par des gens. Par la suite, ils se sont divisés en soixante-douze groupes.
Malheur à ceux qui ont mécru, malheur à eux d’un jour éminent : ils auront un grand malheur au jour du jugement. Parce que ce jour-là, leurs organes vont témoigner contre eux qu’ils ont commis de la mécréance, les anges vont témoigner contre eux qu’ils commettaient de la mécréance, les prophètes vont témoigner contre eux qu’ils commettaient de la mécréance. Malheur à ces gens-là qui ont dit des choses fausses à propos de Jésus.
Verset 38 : au jour du jugement, après qu’ils étaient sur l’égarement, ils vont entendre et voir la réalité à propos de Jésus. Après qu’ils étaient comme aveugles et sourds dans le bas-monde, leur état sera étonnant. Qatādah a dit que s’ils étaient aveugles et sourds, au sens figuré car ils n’ont pas vu lé vérité ni entendu la vérité dans le bas-monde, en quoi cela leur sera utile au jour du jugement de connaitre la vérité ? Cela ne leur sera pas utile dans le sens que cela ne diminuera pas leur châtiment.
Mais les injustes aujourd’hui sont dans un profond égarement. Et les injustes sont ceux qui ont dit des choses fausses à propos de Jésus. Leurs paroles qui étaient de la mécréance seront source de châtiment au jour dernier. En fait ils ont été injustes envers eux-mêmes. Ils n’ont pas su entendre ni voir quand cela était possible pour eux. Ils ont adoré celui qui ne mérite pas d’être adoré ; Jésus est un être humain qui a en lui les signes de la création. Leur égarement est clair car ils ont eu pour croyance que Jésus mérite d’être adoré alors qu’il y a bien en lui les signes de l’entrée en existence. Cet égarement est la plus grave des injustices parce qu’ils ont attribué la divinité à ce qui est clairement une créature. Ce qui prouve que Jésus est une créature est son entrée en existence. Il a donc un début et le fait qu’il a un début est une preuve qu’il n’est pas un dieu. C’est une insulte envers Dieu d’attribuer la divinité à celui qui ne la mérite pas. Ceci indique qu’il n’y a pas plus grave que leur injustice. La mécréance est la plus grande des injustices.
Verset 39 : avertis-les (fais qu’ils reçoivent un avertissement) le jour du grand regret : mets-les en garde du jour du jugement parce que ce jour-là il y aura le regret pour ce qui est passé. Le Prophète Ṣalla l-Lāhu ʿalayhi s-salām
Le šayẖ précise que le mécréant verra la place qu’il a manquée au paradis, s’il était mort musulman et il verra la place qu’il occupera en enfer. Quand il verra la place qu’il a manquée au paradis, ça va augmenter son regret et quand il verra la place qu’il aura en enfer, ça augmentera son chagrin.
Ce jour-là, lorsque le jugement sera terminé : c’est-à-dire qu’il y aura deux groupes, le groupe qui ira au paradis et le groupe qui ira en enfer.
Alors qu’ils sont dans une insouciance : pour œuvrer et pour s’occuper de la place qu’ils vont occuper dans l’au-delà. L’imām ʿAlī a dit : « les gens sont comme endormis, lorsqu’ils meurent, ils vont se rendre compte ».
Et ils ne sont pas croyants : c’est-à-dire qu’ils ne croient pas au jour du jugement. Mets-les en garde, en raison de leur insouciance et parce qu’ils ne s’occupent pas de l’au-delà.
Verset 40 : Dieu nous apprend qu’après l’anéantissement de cette terre et l’anéantissement de ceux qui sont sur cette terre, Dieu est Celui à Qui elle appartient. Maintenant, cette terre appartient à Dieu et après l’anéantissement des gens, Dieu est Celui dont la souveraineté ne sera pas anéantie et Dieu n’a pas de fin.
Dieu ressuscitera les humains et les ǧinn pour le jour du jugement et chacun aura sa juste rétribution : ceux qui ont agi en bien seront rétribués en bien et ceux qui ont agi en mal seront rétribués par une punition.
Verset 41 : et cite dans le Livre, Ibrāhīm, il était véridique et un prophète. Et cite, c’est-à-dire à ton peuple, ô toi Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām, dans le Livre, c’est-à-dire le Qurʾān, le récit d’Ibrāhīmavec son père c’est-à-dire comment il s’est comporté avec son père. Il était un véridique et un prophète. aS-SaadiQ signifie celui est droit dans son comportement et aṣ-ṣiddīq c’est celui qui persévère et qui va se maintenir sur cette droiture dans toutes les situations. Ibrāhīm était extrêmement droit et il croyait en tout ce que Dieu lui a appris des choses cachées. Ibrāhīm ʿalayhi s-salām croyait en la véracité de tous les prophètes, il croyait en la véracité de leurs livres et lui-même était un prophète.
Verset 42 : il disait à son père « ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend pas et ne voit pas ? Le père d’Ibrāhīm était idolâtre.
Et qui ne peut te protéger de rien du tout.
Verset 43 : ô mon père, j’ai reçu des connaissances que toi, tu n’as pas reçues : c’est-à-dire que ces connaissances sont soit la révélation, soit la connaissance de Dieu.
Suis-moi, je te guiderai vers un chemin de droiture.
Verset 44 : ô mon père, n’adore pas le šayṭān. C’est-à-dire ne lui obéis pas dans ce qu’il a suggéré comme adoration des idoles.
Certes le šayṭān est désobéissant envers Dieu.
Verset 45 : ô mon père, je crains qu’il ne te parvienne de la part de Dieu un châtiment et que tu deviennes ainsi un compagnon du šayṭān. C’est-à-dire que tu sois un compagnon du šayṭān en enfer, vous serez partisans l’un de l’autre en enfer.
Regardez comment il s’y est pris pour conseiller son père, d’une manière douce, pour convaincre son père de délaisser la mauvaise croyance qu’il avait et de le suivre, lui qui était un envoyé de Dieu.
Certains prétendent que le Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit une parole comme quoi il a été révélé à Ibrāhīm qu’il est le ẖalīl de aR-Raḥmān, c’est-à-dire celui qui a un degré particulier alors améliore ton comportement, même avec les non croyants, tu auras la voie des bienfaisants : cela n’est pas un ḥadīṯ.
D’abord, Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, quand il s’est adressé à son père, il a essayé de lui faire prendre conscience, de le faire sortir de son insouciance. Parce que si quelqu’un adorait les meilleures des créatures qui sont les prophètes, c’est quelqu’un qui est égaré. Que dire de celui qui adore une pierre ou qui adore un arbre, ce sont des créatures qui n’entendent pas ce qu’on leur dit, qui ne voient pas ce que cet adorateur fait, qui ne repoussent de son adorateur aucune épreuve et qui ne lui règlent aucune affaire !!
Puis, il a enchainé en appelant son père à la vérité, en adoptant la douceur : il ne s’est pas adressé à lui durement. Il n’a pas dit à son père : tu es un grand ignorant, et il n’a pas dit que lui, avait énormément de connaissances et pourtant c’était le cas : (j’ai reçu des connaissances que toi, tu n’as pas reçues et que moi, je connaissais). (Suis-moi, je te guiderai vers un chemin de droiture). Il lui a dit : si toi et moi, étions en train de marcher sur une route et que, moi, je connaissais le chemin et pas toi, alors suis-moi, cela va t’éviter de t’égarer et de te perdre.
Troisième point : il a attiré son attention, il l’a averti en lui disant que le šayṭānavait désobéi à Dieu. Et toutes les grâces proviennent de Dieu. Donc le šayṭānqui a désobéi au Seigneur, il t’a fait tomber dans l’adoration des idoles. Il t’a embelli cette adoration, donc en réalité, tu es en train d’adorer le šayṭān. En apparence tu es en train d’adorer des idoles, mais en réalité tu es en train d’adorer celui qui t’a amené à les adorer et il s’agit du šayṭān.
Quatrième point : Ibrāhīm ʿalayhi s-salām a fait craindre la mauvaise fin à son père. Il lui rappelé le risque de mal finir, le risque d’avoir une fin malheureuse. Il lui a fait craindre les conséquences de cette mauvaise fin. Ceci, en utilisant un langage qui conserve le bon comportement. Il ne lui a pas dit de manière explicite que le châtiment allait lui parvenir et qu’il allait être châtié. (Je crains qu’il ne te parvienne un châtiment) : ici, le terme « châtiment » est utilisé à la forme indéterminée, cela indique que ce n’est pas forcément quelque chose d’intense. Et Ibrāhīm a dit à son père que le fait qu’il suive le šayṭān, qu’il soit au nombre de ses partisans, c’est quelque chose de plus grave que le châtiment qui risque de lui parvenir. C’était pour le raisonner, pour lui faire prendre conscience. Tout comme l’agrément de Dieu est meilleur que la récompense en elle-même. Le fait de gagner l’agrément de Dieu a plus de valeur que la récompense en tant que telle.
A chaque fois, il disait la parole « ô mon père », ceci, pour essayer de l’attendrir, afin qu’il le suive. Agir avec bienfaisance avec les parents, même s’ils ne sont pas musulmans, est quelque chose de requis. Mais on ne dit qu’il faut respecter le non musulman, parce que celui-ci ne respecte pas Dieu, donc le non musulman n’est pas respectable.
Verset 46 : il a blâmé son fils : le père de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi s-salām s’appelait Āzar, il a dit est-ce que tu te détournes de mon dieu, ô Ibrāhīm : tu te détournes de ce que, moi, j’adore ? Il a répondu à son fils en l’appelant par son prénom Ibrāhīm. Pourtant Ibrāhīm l’avait appelé en lui disant « ô mon père ». Et son père ne lui a pas répondu « mon fils ».
Certains prétendent que Āzar n’était pas le père d’Ibrāhīm mais qu’il était son oncle. Ceci parce que notre maître Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām est descendant de notre maître Ibrāhīm. Certains prétendent qu’il n’est pas possible que dans les ancêtres du Prophète il y ait des mécréants et donc, le père d’Ibrāhīm n’était pas mécréant et donc c’était son oncle. Ceci est faux car le grand-père du prophète était idolâtre. ʿAbdul- Muṭṭalib était idolâtre. Donc ce n’est pas une règle que, parmi tous les ancêtres du Prophète, il n’y ait pas de mécréant. Mais nous disons que le père et la mère de notre Prophète étaient croyants, ils étaient musulmans.
Si tu ne t’arrêtes pas d’insulter les idoles, je te lapiderai, c’est-à-dire que je te jetterai des pierres jusqu’à ce que tu meures ou je te frapperai ou je t’insulterai.
Et quittes-moi : c’est-à-dire éloigne-toi de moi.
Longtemps : reste loin de moi longtemps.
Verset 47 : il lui a dit salāmun ʿalayk : salut à toi, c’est pour le délaisser
saʾastaġfiru laka rabbī : ça ne veut pas dire que je vais demander pardon à mon Dieu mais cela veut dire que je demanderai à Dieu qu’il te fasse entrer en Islam pour que tu sois apte à être pardonné. Parce que Dieu ne pardonne pas à quelqu’un qui est mécréant. Et Ibrāhīm ne va pas demander à Dieu de pardonner à un mécréant. Mais il va demander à Dieu que son père entre en Islam afin de devenir apte à être pardonné.
Mon Seigneur m’accorde beaucoup de grâces : il a ditqu’il va demander àson Seigneur car Dieu est miséricordieux, Il l’a honoré.
Verset 48 : et je vais vous quitter : Ibrāhīm a dit à son père : « je vais vous quitter ». Son père était à Babel en Irak. Donc Ibrāhīm a quitté Babel pour aller au pays de aš-sām dont le centre est la Palestine. Et il est allé en Palestine.
Vous et ce que vous adorez d’autre que Dieu : c’est-à-dire je vais vous quitter, vous et vos idoles. Je vais m’éloigner de vous et de ce que vous adorez, au lieu d’adorer Dieu.
Et je vais adorer mon Seigneur
Puissé-je ne pas être malheureux par l’adoration de mon Seigneur : c’est une allusion pour indiquer qu’eux vont être malheureux suite à l’adoration de leurs idoles. Mais il a dit cela par modestie et humilité, en faisant allusion qu’eux, seront malheureux dans l’au-delà, suite à l’adoration de leurs idoles. C’est-à-dire qu’il a dit : « moi, je ne serai pas malheureux dans l’au-delà, ce n’est pas comme vous qui allez être malheureux dans l’au-delà, du fait que vous avez adoré des idoles ». Mais il l’a dit d’une manière très subtile qui indique la modestie.
Verset 49 : quand il les a quittés : il s’est éloigné d’eux et il s’est éloigné de ce qu’ils adorent d’autre que Dieu, c’est-à-dire des idoles,
Nous lui avons accordé Isḥāq en tant que fils
Et Yaʿqūb le fils de Isḥāq
Et chacun d’eux, Nous en avons fait un prophète : Isḥāq était un prophète et Yaʿqūb était un prophète.
C’est-à-dire que lorsque notre maître Ibrāhīm a délaissé les mécréants, les pervers pour l’agrément de Dieu, Dieu lui a remplacé cela en lui donnant des fils croyants et prophètes.
Verset 50 : et Nous leur avons accordé de Notre miséricorde : Dieu leur a accordé des biens et des descendants.
Et Nous leur avons accordé une parole de bien : et il s’agit de l’éloge qui est faite pour Ibrāhīm et pour sa famille, dans l’invocation que nous faisons dans aṣ-ṣalātu l-ibrāhīmiyyah.
De manière très élogieuse. Dieu a fait qu’il soit cité de manière élogieuse.
Verset 51 : et mentionne dans le Livre Mūsā, que Dieu a élu : c’est-à-dire que Dieu lui a accordé le statut de prophète.
Puis il y a deux explications avec deux récitations : muẖlaṣā : c’est-à-dire qu’il a été élu pour être prophète c’est-à-dire que Dieu lui a accordé une grande félicité depuis sa naissance et muẖliṣā c’est-à-dire qu’il est sincère dans son adoration pour Dieu, par sa forte ardeur.
Et il était messager et prophète. Le messager est celui qui a reçu une nouvelle Loi ou bien celui qui a reçu la révélation de l’abrogation de certains jugements dans la Loi du messager précédent, soit totalement une nouvelle Loi, soit une Loi avec des abrogations. Le prophète non messager est celui qui appelle à suivre la Loi d’un messager qui l’a précédé. Entre notre maitre Mūsā et notre maître ʿīsā, il y a eu beaucoup de prophètes qui ont appelé à l’application de la Loi de notre maître Mūsā. Ce n’est pas tout messager qui reçoit la révélation d’un Livre ; il y a des messagers qui ont reçu la révélation d’un Livre et d’autres pas.
Dieu a fait descendre aux prophètes 104 Livres : à notre maître Ibrāhīm, 10 livrets, à notre maître Mūsā, 10 livrets avant la torah, Idrīs en a reçu 50, Šīṯ 30, ce qui fait 100. En plus de cela, il y a les 4 suivants : la torah, l’évangile, les psaumes et le Qur’ān. Ce qui fait 104.
Et le prophète est celui qui n’est pas messager, il reçoit la révélation de la part de Dieu, même s’il ne lui est pas révélé de Livre. Comme Yūšā fils de Nūn qui était le serviteur de notre maître Mūsā dont le récit est mentionné dans sūratou l-kahf.
Verset 52 : Dieu a fait entendre à Mūsā sa parole : Nous lui avons ordonné de venir et Nous lui avons fait entendre Notre parole et c’était une nuit de vendredi.
Du côté de aṭ-ṭūr : Tyr est une montagne dans le Sinaï situé entre l’Egypte et Madyan.
Du côté droit : la majorité dit que ce qui est visé ici c’est ce qui est situé à la droite de Mūsā ʿalayhi s-salām , parce que la montagne n’a pas de droite. Le sens est que lorsqu’il est venu de Madyan, qui est la ville du prophète Šuʿayb, c’est-à-dire là où il a épousé son épouse, l’appel était du côté de l’arbre et l’arbre était à droite de Mūsā ʿalayhi s-salām.
Nous l’avons fait rapprocher : ici c’est un rapprochement de degré et de rang et ce n’est pas un rapprochement de position ni d’endroit
Et il implorait Dieu. Dieu l’a élevé en degrés dans son adoration de Dieu.
Verset 53 : et Nous lui avons accordé par Notre miséricorde : c’est-à-dire que par Notre miséricorde envers lui, Nous lui avons accordé
Son frère Hārūn en tant que prophète : Dieu a accordé à notre maître Mūsā le statut de prophète à son frère, par miséricorde de Sa part. Mais Hārūn était plus âgé queMūsā.
Verset 54 : et cite-leur dans le Livre Ismāʿīl : il s’agit du fils d’Ibrāhīm selon l’avis le plus fort.
Il était véridique dans ses engagements : c’est-à-dire qu’il tenait ses engagements. Il avait promis à un homme qu’il allait rester à sa place jusqu’à ce qu’il revienne, il est resté à cet endroit pendant un an jusqu’à son retour. Et il avait promis envers lui-même de patienter lors de l’égorgement, lorsque son père allait l’égorger. Et il a tenu son engagement. Et il a été dit qu’il ne s’était pas engagé envers son Seigneur, de faire quelque chose sans qu’il ne l’ait accomplie. S’Il l’a spécifiquement mentionné par la tenue de ses engagements, même si ce caractère existait chez les autres prophètes, c’était par honneur pour lui. Et c’est le caractère dont il était le plus réputé.
Il était messager : c’est-à-dire à la tribu de Jurhum (la tribu qui s’était établie près de Hāǧar lorsqu’elle avait trouvé la source d’eau de Zamzam)
Il informait et avertissait : il informait de ce que Dieu lui révélait et il avertissait du châtiment.
Verset 55 : et il ordonnait à sa famille la prière et la zakāt : le terme« sa famille » désigne son peuple, sa communauté car le prophète est comme un père pour sa communauté et pour sa famille. Il y a ici la preuve qu’il n’avait pas fait preuve d’hypocrisie envers autrui. « La prière et la zakāt » : ces deux adorations ont été mentionnées ici car ce sont comme l’origine ou les plus élevées des adorations corporelles et financières.
Et il était, selon le jugement de son Seigneur, bien agréé. Il y a une autre récitation avec le terme « marḍūwā ».
Verset 56 : et cite dans le Livre Idrīs : le šayẖ a dit qu’il n’était pas arabe, il était comme Lūṭ et Ibrāhīm. An-Nasafī a dit qu’il s’appelait aẖa Nūḥ (Enoch) ; dans certains pays, certains enfants sont nommés ainsi aẖa Nūḥ. Il a reçu sa mission de prophète après Ādam et Šīṯ ʿalayhimā s-salām. Il est le premier à avoir utilisé un crayon, il a cousu les vêtements, il disait la parole subḥāna l-Lāh. Iblīs est venu le défier, il a ramené la peau d’un fruit, et il lui a dit : « est-ce que ton Seigneur est capable de mettre tout ce monde dans cette pelure ? » Notre maitre Idrīssavait qu’Iblīs n’était pas venu pour apprendre, il lui a crevé un œil et depuis ce jour, Iblīs est borgne. Idrīs lui a dit : « Dieu est tout puissant sur toute chose ». Notre maitre Idrīs connaissait aussi la science des étoiles, comment elles se déplacent, comment déterminer le temps, il connaissait aussi le calcul. Il avait mis en place les étalons pour mesurer le poids, le volume, c’est-à-dire les unités de référence. Et il a utilisé des armes pour combattre les descendants de Qabīl.
Certains prétendent qu’Idrīs était quelqu’un qui étudiait beaucoup, car ils prétendent que son nom dérive de « darasa » qui signifie « étudier ». Cela est faux car, si c’était le cas, le nom Idrīs serait à la forme « ifʿīl » et il n’y aurait qu’une seule explication qui est le nom propre et ce serait un nom qui pourrait se décliner, car les noms arabes, même si ce sont des noms propres, ils se déclinent (nominatif, accusatif, …). Mais le fait que ce mot ne se décline pas est une preuve que ce n’est pas un mot arabe. Règle : quand un mot ne se décline pas, c’est une preuve que ce n’est pas un mot arabe.
Il était véridique et prophète : Dieu lui a révélé 50 livrets.
Verset 57 : Nous l’avons élevé à un très haut degré : il s’agit d’une élévation de degré et il s’agit du statut de prophète et c’est un haut degré selon le jugement de Dieu. Et il a été dit que les anges l’ont élevé au quatrième ciel et que le Prophète šalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’a vu la nuit de l’ascension, au quatrième ciel.
Certains racontent une histoire à laquelle il ne faut pas croire car elle est totalement fausse : ils prétendent que Al-H̱asan aurait rapporté qu’Idrīs a été élevé au paradis et rien de plus haut que le paradis, parce que les anges auraient aimé Idrīs, tellement il faisait des actes d’adoration et qu’il aurait dit à l’ange de la mort « fais-moi goûter à la mort, ça me facilitera à la subir »et qu’il le lui a fait goûter puis qu’il l’a ressusciter et il lui a dit « fais-moi entrer en enfer pour que j’augmente en crainte de l’enfer », qu’il l’a fait entrer et qu’il lui a dit « fais-moi entrer au paradis pour que j’augmente en ardeur pour gagner le paradis » puis l’ange lui a dit de sortir du paradis, et qu’ Idrīs aurait dit : « j’ai goûté la mort et je suis entré en enfer, je ne veux plus sortir du paradis » et que Dieu aurait dit : « c’est par Ma volonté qu’il a fait et par Ma volonté qu’il est entré, alors laisse-le au paradis », tout cela est faux.
C’est pour cela qu’il est très important d’apprendre les règles de base : comment un prophète va-t-il demander à entrer en enfer !? Cette histoire est pourtant écrite dans certains livres d’exégèse du Qurʾān, soit à l’insu de l’auteur, soit par lapsus de sa part. Les savants ne sont pas exempts de l’erreur.
Verset 58 : ceux-là : désigne ceux qui ont été cités dans le verset, depuis Zakariyyā jusqu’à Idrīs,
A qui Dieu a fait grâce parmi les prophètes : le terme « min » est juste pour énumérer certains, ce n’est pas pour dire que, certains, Dieu leur a fait grâce et d’autres, Il ne leur a pas fait grâce. Cela ne veut pas dire que ce sont seulement ces prophètes qui ont été cités, à qui Dieu a fait grâce, mais Dieu fait grâce à tous les prophètes. Tous les prophètes, Dieu leur a fait grâce.
De la descendance d’Ādam : car Idrīs était de la descendance d’Ādam, il était proche d’Ādam.
Et de ceux que Nous avons fait porter dans le navire avec Nūḥ : Ibrāhīm fait partie de la descendance de ceux qui étaient transportés dans l’arche avec Nūḥ parce qu’Ibrāhīm est descendant de Sām, fils de Nūḥ.
Et de la descendance d’Ibrāhīm : il s’agit d’Ismāʿīl, d’Isḥāq et de Yaʿqūb.
Et d’Isrāʾīl : c’est-à-dire de la descendance de Yaʿqūb. Il s’agit de Mūsā, Hārūn et Zakariyyā, Yaḥyā et ʿīsā. (Maryam était de la descendance de Yaʿqūb).
Isrāʾīl est un prénom que l’on respecte, c’est le prénom d’un prophète, il signifie « esclave de Dieu ». Isrāʾ signifie celui qui voit. Il : Dieu. C’est l’esclave de Dieu, c’est comme si on dit en arabe ʿAbdul- l- Bāsit. Et Ismāʿīl c’est l’esclave de celui qui entend, c’est comme si on dit en arabe ʿAbdu s-Samīʿ.
Et descendants de ceux que Nous avons bien guidés et que Nous avons choisis : c’est-à-dire ceux que Nous avons bien guidés vers les règles de l’Islam et que Nous avons élus pour expliquer la Loi et dévoiler la réalité. C’est-à-dire dévoiler ce qui est un bien pour les gens. Dieu a choisi les prophètes qui sont porteurs de la mission de transmettre toutes les règles des actes que nous accomplissons. C’est une noble mission pour laquelle Dieu les a élus.
Lorsque les versets du Très Miséricordieux leur sont récités : lorsque les livres qui leur sont descendus par révélation leur sont récités,
Ils se prosternent sur leur face, par recherche de l’agrément de Dieu, en pleurant : par crainte de Dieu. Et dans le ḥadīṯ de notre Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il a dit ce qui signifie : « récitez le Qurʾān et pleurez et si vous ne pleurez pas, provoquez vos larmes ». Rapporté par Al-Bayhaqī et Al-Bazzār.
Et le šayẖ a dit que ce ḥadīṯ a une origine acceptable et on peut le rapporter et on peut l’appliquer. Cela veut dire que l’on provoque les larmes pour manifester la crainte Dieu.
Et d’après Ṣāliḥ al-Marrī, il a dit : « j’ai récité le Qurʾān au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dans le rêve et il m’a dit « ô Ṣāliḥ, ça c’est la récitation et où sont les larmes ? »
A la fin de ce verset, il y a une prosternation de récitation dans laquelle on dit à trois reprises : « subḥāna Rabbi l-ʾAʿlā ».
Verset 59 : ils ont été suivis par des gens de mauvaise descendance : sont venus après eux, c’est-à-dire après ceux qui ont été mentionnés, qui sont des gens de mérite et ce sont les prophètes cités précédemment, après eux, sont venus des gens de leur descendance qui étaient mauvais. « ẖalfun » signifie « une descendance », et selon cette récitation et dans ce contexte cela signifie une mauvaise descendance. Et si on dit « ẖalafun » c’est-à-dire une bonne descendance. Ibnu ʿAbbās a dit que ce sont les Yahūd et si on disait « ẖalafun », ce serait une parole d’éloge. Donc ici on récite avec un sukūn sur la lettre lām, c’est-à-dire qu’il est visé une mauvaise descendance.
Qui ont négligé l’accomplissement de la prière Ils ont négligé la prière c’est-à-dire qu’ils n’ont pas négligé la prière qui est obligatoire.
Et qui ont suivi leurs penchants : c’est-à-dire qu’ils ont suivi les mauvais penchants de l’âme. Il y a eu plusieurs explications à propos de ceux qui ont suivi leurs passions c’est-à-dire le mauvais penchant de leur âme. Qaṭādah que Dieu l’agrée, a dit qu’il s’agit des gens au sein de cette communauté.
Ils auront une mauvaise rétribution pour ce qu’ils ont fait : ils ont négligé la prière et ils ont suivi leurs mauvais penchants donc ils seront punis pour cela. « Ġayy » signifie un mal et tout ce qui est bien est « rašād ».
An-Nasafī explique le mot « ġayy » en prétendant que Ibnu ʿAbbās et ibnu Masʿūd ont dit c’est le nom d’une vallée en enfer pour ceux qui persistent à commettre la fornication, à boire de l’alcool, à consommer l’usure, à agir en mal avec leurs parents, à faire de faux témoignages. Et le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié.
Verset 60 : hormis ceux qui ont fait le repentir et qui ont été croyants et qui ont œuvré en bien : c’est-à-dire ceux qui ont délaissé la mécréance, qui ont été croyants c’est-à-dire avec les conditions de la foi, et qui ont fait le bien après être redevenu croyants.
Ceux-là entreront au paradis : il y a deux manières de réciter ce verset : « faʾulāʾika yadẖulūna l-ǧannah »et une deuxième manière qui est : « faʾulāʾika yudẖalūna l-ǧannah » selon la récitation mekkī. Le sens est le même.
Et ils ne seront nullement lésés : ils ne subiront aucune injustice. Ils ne subiront aucune diminution de la rétribution pour leurs œuvres.et ils ne seront pas privés de leur rétribution, mais au contraire, leur récompense sera multipliée. Ou une autre explication : ils ne subiront aucune injustice.
Verset 61 : des jardins d’Eden : le mot « ǧannāt » est le pluriel du mot « ǧannah » qui veut dire paradis et cela signifie que ce sont des jardins dans lesquels il y aura un séjour pour l’éternité.
ʿadnin : signifie le séjour ou bien c’est un des noms du paradis. Le mot Eden est un endroit où on va séjourner.
Que Dieu a promis à Ses esclaves : c’est-à-dire les esclaves qui ont fait le repentir et qui sont croyants et qui accomplissent les bonnes œuvres, tout comme ils ont été mentionnés précédemment. Cette adjonction « Ses » au mot esclave, est parce que ces esclaves-là ont une particularité. Ce sont des gens qui sont particuliers. C’est donc une adjonction dans le sens de l’honneur.
Alors qu’ils ne les ont pas vus : Dieu a promis à ses esclaves des jardins qu’ils n’ont pas vus ou alors ce sont eux qui ne voient pas le paradis. Le sens est le même : c’est-à-dire qu’ils y ont cru sans le voir. C’est une augmentation de récompenses parce que le croyant est celui qui a utilisé sa raison et qui a su ce que Dieu a promis, par l’intermédiaire des prophètes et qui y a cru sans le voir.
Certes, ce qu’Il a promis, ils y iront : et il s’agit du paradis, c’est pour confirmer cette récompense.
Verset 62 : ils n’y entendront pas de paroles laides : c’est-à-dire au paradis, ils n’entendront pas de choses laides. Ou alors ils n’entendront pas de paroles inutiles. An-Nasafī dit qu’il y a ici un signe pour éviter les paroles inutiles, puisque Dieu a fait qu’au paradis il n’y en a pas. Le šayẖ dit qu’il ne faut pas comprendre par là l’interdiction de al-laġū dans l’absolu. Il n’en est pas ainsi. Il y a des paroles inutiles qui sont interdites et il y en a qui sont de l’ordre de l’indifférent. Le šayẖ a dit que An-Nasafī a peut-être voulu dire qu’il est recommandé de délaisser les paroles inutiles.
Sauf salāmun : c’est-à-dire qu’ils entendront un salām de la part des anges.Ou bien ils vont entendre le salām des uns aux autres. Ou bien ils n’entendront au paradis que des paroles qui seront sauves du défaut. Il a été dit que le salām est l’invocation de la sauvegarde. An-Nasafī a dit que comme le paradis est la résidence de la sauvegarde, ils n’ont pas besoin d’invocations de sauvegarde, ce salām est comme une parole inutile. Or ce qu’il y a dedans est une marque d’honneur.
Et ils y auront leur subsistance matin et après-midi : ils y auront leur subsistance une fois en début de journée et une fois en fin de journée, c’est-à-dire que leur subsistance leur parviendra au rythme des deux extrémités de la journée du bas-monde. En effet il n’y a pas de nuit et de jour qui se succèdent au paradis. Le paradis est éclairé à jamais. Mais ils connaitront le début de la journée par le lever de voiles et la fin de la journée par l’abaissement de ces voiles. Et les gens du paradis n’auront pas besoin de dormir, il n’y a pas de fatigue au paradis. Et le fait que la subsistance parvienne en début de journée et en fin de journée, c’est le meilleur rythme de vie chez les Arabes. C’est pour cela Que Dieu a décrit le paradis par ce rythme-là. Et il a été dit cette phrase indique qu’ils auront une subsistance éternellement. Quand on dit « je suis chez quelqu’un nuit et jour », ça veut dire que je suis chez lui tout le temps.
Ici cela veut dire qu’ils auront leur subsistance à jamais, pour l’éternité.
Verset 63 : voici le paradis que Nous accordons à Nos esclaves comme héritage : c’est-à-dire que c’est comme si c’était un héritage pour les œuvres, c’est-à-dire un fruit et un résultat pour les œuvres et il a été dit qu’ils vont hériter les résidences qui auraient celles des mécréants, si ceux-ci étaient morts croyants. Mais ce sont les gens du paradis qui vont les obtenir. La mécréance est comme une mort.
Ceux qui étaient taqī : cela désigne ceux qui se protègent de l’association, ceux qui sont croyants, ceux qui se protègent de la mécréance.
Verset 64 : et nous ne descendons que sur ordre de ton Seigneur : « tanazzala » peut avoir deux sens : le premier est le fait de descendre lentement. Et le deuxième sens est la descente en général, indépendamment de la vitesse de cette descente. An-Nasafī dit que c’est le premier sens qui est convenable ici, qui signifie que notre descente à travers le temps n’est que par ordre de Dieu. Il s’agit ici des anges qui descendent.
A Lui appartient ce qu’il y a devant nous et derrière nous et entre les deux et ton Seigneur n’oublie pas : c’est-à-dire à Dieu appartiennent les endroits qui sont devant nous, les endroits qui sont derrière nous et les endroits où nous nous trouvons. Nous ne possédons pas le mouvement ni le déplacement d’un endroit à un autre si ce n’est par l’ordre de celui à qui appartiennent tous les endroits, si ce n’est pas sa volonté. Dieu est Celui Qui préserve ce monde. Et Il sait tout ce qu’il y a comme mouvements et immobilités. Et Il sait ce qui va se produire comme évènements. L’insouciance et l’oubli sont impossibles à Son sujet. Comment pourrions-nous évoluer dans ce monde qui Lui appartient si ce n’est par Sa volonté !
Verset 65 : Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qu’il y a entre eux.
Dieu dit à Son Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : comme tu as su qu’Il est attribué parcela, c’est-à-dire qu’Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qu’il y a entre eux
Alors adore-Le : c’est-à-dire persévère dans Son adoration,
Et patiente dans Son adoration : c’est-à-dire patiente et ne te venge pas de l’envieux pour persévérer dans l’adoration de Dieu et patiente face aux difficultés pour persévérer dans l’adoration du Créateur, patiente pour pouvoir accomplir les actes d’adoration.
Lui connaitrais-tu un seul équivalent ? C’est-à-dire lui connaitrais-tu un seul semblable ? Autre explication : est-ce qu’autre que Dieu aurait ce nom ? Parce que le nom Allāh est un nom qui est spécifique à celui qui mérite d’être adoré. Le nom Allāh est le meilleur mot dans la langue arabe. Cela veut dire que du moment qu’il a été validé selon la raison que nul autre que Dieu ne mérite que les esclaves L’adorent, alors il est indispensable de L’adorer et de patienter face aux difficultés de l’adoration. Ubay ibnu H̱alaf (il était mécréant) a dit : « comment allons-nous être ressuscités après avoir été transformés en poussière ? » Il a remis en cause la résurrection. C’est alors que le verset suivant a été révélé.
Verset 66 : et l’homme questionne après ma mort est-ce que je vais ressortir vivant ? C’est-à-dire je vais être ressuscité ? Il a posé cette question dans le sens que cela ne peut avoir lieu. Dieu cite ce que cet homme a dit. La réponse est le verset suivant.
Verset 67 : est-ce que l’homme ne se rappelle pas que Nous l’avons créé auparavant alors qu’il était inexistant ? Comment l’homme trouve surprenant de revenir à la vie après la mort alors qu’il y encore plus surprenant, c’est qu’il n’existait pas puis il a existé ! C’est Dieu Qui l’a créé. Ici il y a deux récitations : yaḏkuru et yaḏakkaru. Dans la première récitation cela signifie : est-ce que l’homme ne se souvient pas ? Et dans la deuxième récitation : est-ce que l’homme ne réfléchit pas ? C’est-à-dire est-ce qu’il n’est pas exhorté ?
Ce verset blâme l’homme qui renie la résurrection. Comment trouve-t-il étonnant la résurrection sans penser à la première fois où il a été créé ? Autrement dit, ne se souvient-il pas de la première création pour ne pas renier la seconde ? Qu’il ait à l’esprit la première fois où il a été créé pour ne pas rejeter la deuxième fois où il sera créé après son anéantissement ?
La première création est une grande preuve de la toute puissance du Créateur puisque Dieu a fait entrer en existence nos substances et nos caractéristiques des substances. Quant à la seconde création, ce n’est autre que le rassemblement des parties qui existent déjà. Il s’agit de leur rassemblement après leur séparation.
Le šayẖ fait un commentaire sur ce que An-Nasafī a dit à ce sujet : cet auteur considère qu’après la mort, les parties de l’être humain se séparent en des petites parties et il ne considère pas que les parties de l’être humain vont être totalement anéanties. Il a considéré que les parties de l’être humain se séparent les unes des autres mais elles restent et que la résurrection est le rassemblement de ces parties. Il n’a pas dit que les parties sont anéanties et disparaissent totalement. Il a dit que les parties sont simplement dispersées. Le šayẖ a dit que c’est un des deux avis.
Les savants ont eu deux avis sur la question : un avis qui dit que les parties sont séparées. Et un autre avis qui disent qu’elles disparaissent totalement.
« Auparavant » : c’est-à-dire avant l’état où il se trouve, c’est-à-dire avant son état d’existence.
Alors qu’il était inexistant ? Cela veut dire que ce qui inexistant n’est pas un šay, contrairement à ce que prétendent les muʿtazilah.
Exégèse de toute sourate al Kahf par An-Nasafiyy
D’après l’exégèse de An-Nasafī : sourate al-Kahf comporte 111 versets selon le calcul biṣriy ou 110 versets selon le calcul kūfiy C’est juste une différence selon le mode de calcul.
Verset 1 : Al-ḥamdu li-Allāhi al-laḏī ʾanzala ʿalā ʿabdihi : louange à Allāh Qui a fait descendre sur Son esclave : c’est-à-dire Muḥammad Ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam
Al-Kitāba : Le Livre : c’est-à-dire le Qurʾān. Dieu a indiqué à Ses esclaves et leur a fait savoir comment Le remercier et comment Le louer pour la plus grande de Ses grâces qu’il leur a accordées et il s’agit de la grâce de l’Islam. Et pour ce qu’Il a fait descendre à Muḥammad Ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam comme livre qui est la cause de leur sauvegarde. Car ce Livre comporte ce que Dieu ordonne, ce que Dieu interdit, les récits des communautés qui nous ont précédées, les choses qui vont se produire dans le futur, les promesses et menaces de la part de Dieu dans l’au-delà, des exhortations, des rappels.
wa lam yaǧʿal l-lahu ʿiwajā : Et Il a fait qu’il n’y a pas d’anomalie dans ce Livre : Dieu a fait qu’il n’y a pas d’anomalies dans ce Livre, tout est correct et droit. « al-ʿiwāǧ» désigne une anomalie dans les sens alors que « al-ʿawāǧ» désigne des objets qui sont tordus (comme si on dit à propos d’un bâton qu’il est, ʿawāǧ tordu). Cela veut dire qu’il n’y a pas de contradiction dans le Qurʾān et il n’y a pas quelque chose qui est contraire à la sagesse.
Verset 2 : qay-yiman liyunḏira baʾsan šadīdā min ladunhu wa yubaš-šira al-muʾminīnā al-laḏīna yaʿmalūna aṣ-ṣāliḥāti ʾan-na lahum ʾajran ḥasanan
de droiture : c’est-à-dire correct : Dieu a fait que ce Livre soit droit. Si Dieu nie qu’il y ait dans le Qurʾān une quelconque anomalie, Il aura confirmé qu’il est correct et l’intérêt de citer les deux, c’est-à-dire nier l’anomalie et confirmer la droiture, alors que, de prime abord, l’un des deux pourrait faire se passer de l’autre : en effet, combien de ceux qui sont droits et dont on a témoigné de la droiture, on trouve en eux une anomalie. Donc il s’agit d’une insistance pour indiquer qu’il n’y a même pas d’anomalie. C’est pour cela qu’il a nié l’anomalie et il a confirmé la droiture.
Une autre explication que An-Nasafī a donnée : qay-yiman : pour montrer que c’est un Livre qui est témoin de la véracité des livres antérieurs.
Afin qu’il avertisse. Le mot « an-dhara » est un verbe qui admet deux compléments d’objet directs. Mais ici, il n’y a qu’un seul COD mentionné parce que le deuxième est sous-entendu. Ici c’est le premier COD qui n’est pas mentionné : afin qu’il avertisse ceux qui ont mécru. Ceux qui ont mécru n’est pas mentionné ici, il est sous-entendu. baʾsan : c’est le deuxième COD et cela signifie un châtiment. D’un châtiment terrible. An-Nasafiyy a dit que Dieu s’est limité à ne mentionner que l’un des deux COD, pour mettre l’accent sur ce deuxième qui est un châtiment terrible.
De Sa part : un châtiment que Dieu a créé.
Afin qu’il annonce la bonne nouvelle aux croyants qui accomplissent les bonnes œuvres, qu’ils auront une bonne rétribution. Et il s’agit du paradis. Ici il ya une récitation « wa-youbaš-šira » ; il y a une autre récitation selon Ḥamzaʾ et ʿAlī : « wa-yab-šoura »
Verset 3 : mākišīna fīhi ʾabadan : ils vont demeurer dans cette récompense : qui est le paradis, à jamais.
Verset 4 : wa yunḏira al-laḏīna qālū ʾit-taẖaḏa Allāhu waladān afin qu’il avertisse ceux qui ont prétendu que Dieu a un fils. Il a mentionné ceux qui sont avertis. Il n’a pas mentionné de quoi ils sont avertis. C’est le contraire de la formulation du verset 2. Les mécréants ont déjà été avertis de ce qui les attend et c’est un terrible châtiment.
Verset 5 : mā lahum bihi min ʿilmin wa lā li-ʾābāʾihim kaburat kalimatan taẖruju min ʾafwāhihim ʾin yaqūlūna ʾil-lā kaḏiban : ils n’ont pas de connaissance à ce sujet. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas connaissance que Dieu a un fils. Leur parole, quand ils disent que Dieu a un fils, ce n’est pas une parole qui est issue d’une connaissance. Mais c’est une parole qui reflète une profonde ignorance. Cela veut dire qu’ils n’en ont pas de connaissance parce que c’est quelque chose dont on ne prend pas connaissance puisque c’est quelque chose d’impossible selon la raison. C’est quelque chose d’irréalisable. Quand on ne sait pas une chose, c’est soit parce qu’on est ignorant de la manière avec laquelle on peut connaitre cette chose, soit parce que cette chose est impossible. Ce verset montre qu’ils n’ont pas de connaissance que c’est une réalité que Dieu ait un fils.
Ni leurs parents : c’est-à-dire leurs prédécesseurs.
Quel grand mot : c’est quelque chose d’étonnant de leur part, comment osent-ils dire cela ? C’est comme s’il avait été dit : combien cette parole est grave !! Il s’agit de la parole qui dit que Dieu a eu un fils. Le terme « kalima » parole, peut être utilisé pour un discours, pour un poème, ce n‘est pas un mot unique : c’est une expression.
Qui est sorti de leurs bouches : ceci qualifie la parole qu’ils ont osé dire, sa gravité. Beaucoup des mauvaises suggestions du chayTaane restent dans le cœur des gens. Beaucoup des choses qui sont blâmables, les gens n’osent pas les dire mais ils les gardent. Alors que dire de cette parole, elle est grave et pourtant, ils ont osé la dire !! Eux, non seulement ils ont suivi les mauvaises suggestions du šayṭān mais en plus, ils les ont prononcées.
Ils ne disent que des mensonges : en arabe, le mot signifie « parole mensongère « c’est un qualificatif. C’est comme s’il avait dit : ils ne disent que mensongères. Le mot « parole » est omis.
Verset 6 : Fa-laʿal-laka bāẖiʿun nafsaka ʿalā ʾāṯārihim ʾin lam yuʾminūn bi-hāḏā al-ḥadīḏi ʾasafā ne sois pas chagriné du fait qu’ils se sont détournés de ton rappel : en effet, les mécréants se sont détournés, ils ont refusé d’écouter l’appel du Prophète ʿalayhi al-šalāt wa s-salām qui a été envoyé à tout le monde, arabes et non arabes, humains et djinns. Allāh Taʿālā le console par ce verset. Il incite Son Prophète à ne pas être chagriné.
S’ils ne croient pas en ce texte : il s’agit du Qurʾān.
Ne fais pas preuve de beaucoup de chagrin : c’est pour indiquer un profond chagrin. Toi, tu as fait ce que tu pouvais, mais eux, ils n’ont pas cru. (Comme le cas de abū Ṭālib l’oncle paternel du Prophète). Comme quelqu’un dont les proches l’ont délaissé, il est chagriné et souhaite les retrouver.
Verset 7 : ʾinnā ǧaʿalnā mā ʿalā al-ʾarḍi zīnatan lahā : Allāh a fait qu’il y ait sur terre comme une parure pour elle : Dieua fait qu’il y ait sur cette terre ce qui est un embellissement pour elle, c’est-à-dire ce qui fait que la vie soit aisée et soit facile sur terre, des choses qui sont appréciées.
linabluwahum ʾay-yuhum ʾahsanu ʿamalan : afin que Nous les éprouvions, qui d’entre eux agit mieux que l’autre. Les bonnes œuvres sur cette terre, c’est le fait de délaisser les bienfaits qu’il y a sur elle, c’est d’être ascète, d’avoir le cœur détaché du bas-monde.
Verset 8 : wa ʾin-nā la-ǧāʿilūna mā ʿalayhā : et Nous avons fait que cet embellissement sur terre
ṣaʿīdan ǧuruzan : elle va devenir par la suite une terre plate. Elle va devenir plate, dure, sans plante, alors qu’auparavant, elle était verdoyante. Cela signifie que tous ceux qui étaient vivants vont mourir, au Jour du Jugement. Il a cité des signes généraux avec l’embellissement de la terre, avec les différents genres de créatures.
Verset 9 : ʾam ḥasibta ʾan-na ʾaṣḥāba al-kahfi wa al-raqīmi : sais-tu que les compagnons de la caverne
Ce que Dieu a créé sur terre est encore plus éminent que le récit de la caverne où les compagnons sont restés en vie une longue période. Le mot « al-kahf » c’est une grotte ou bien une caverne, c’est-à-dire une ouverture large dans une montagne.
Wa « al-raqīm » : une première explication est que c’est le nom de leur chien. Une deuxième explication est que c’est le nom de leur village. Troisième explication : c’est le nom d’un livre qui a été écrit à leur sujet. Quatrième explication : c’est le nom de la montagne où se trouvait cette grotte.
Notre šayẖ ʿAbd Allāh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ce que certains prétendent, que la chamelle de Ṣāliḥ et que le chien des compagnons de la caverne vont aller au paradis, c’est infondé et il faut arrêter de dire cela. Les animaux qui ont vécu sur terre, aucun d’entre eux n’ira au paradis. De même, aucun oiseau n’ira au paradis. Lorsque quelqu’un sera au paradis, il ne désirera pas avoir de chien. Dans le bas-monde, certains peuvent désirer avoir un chien, pour une utilité, comme monter la garde ou autre. Au paradis, les gens ne désirent que les choses qui sont belles. Même le tabac n’est pas désiré au paradis.
kānū min ʾāyātinā ʿaǧaban : ils étaient un signe étonnant de la toute-puissance de Dieu.
Verset 10 : ʾiḏ ʾawā al-fityatu ʾila al-kahfi fa-qālū rab-banā ʾātinā min ladunka raḥmatan : et cite comment de jeunes gens ont trouvé refuge dans la caverne et ils ont dit ô notre Seigneur accorde-nous de Ta part une miséricorde. La miséricorde ici, c’est le pardon et la subsistance et la sécurité contre les ennemis.
wa hay-yiʾ lanā min ʾamrinā rašadan : et réserve-nous pour notre situation (ils viennent de quitter leur peuple de mécréants) ce qui est un bien pour nous (ce qui nous permet d’avoir du bien. Autre explication : facilite-nous ce qui nous permet de gagner Ton agrément.
Verset 11 : fa-ḍarabnā ʿalā ʾāḏānihim fī al-kahfi : Nous avons fait qu’il y ait sur leur ouïe dans la caverne. Le COD a été omis et il s’agit d’un voile : Nous avons fait qu’il y ait sur leurs oreilles un voile. Et c’est un voile abstrait, c’est le sommeil car ils se sont endormis. C’est-à-dire que Nous les avons fait s’endormir d’un sommeil profond, de sorte que les sons ne les réveillent pas.
sinīna ʿadadan : pendant de nombreuses années. Azaǧ-ǧāǧ qui est un spécialiste de la langue a dit que ceci indique un nombre élevé d’années, qu’on a besoin d’énumérer tellement il est élevé.
Verset 12 : ṯum-ma baʿaṯnāhum : puis Nous les avons ressuscités : c’est-à-dire Nous les avons réveillés de leur sommeil.
li-naʿlama ʾay-yu al-hizbayni : pour que Nous leur fassions savoir lequel des deux groupes avait dit le nombre correct d’années. En effet, ils avaient divergé entre eux combien d’années ils étaient restés endormis. Quand ils se sont réveillés, ils ont divergé à propos de la durée de leur séjour dans la caverne. L’un d’entre eux a demandé : combien de temps sommes-nous restés dans la caverne ? L’un a dit : un jour ou peut-être moins d’un jour. D’autres ont dit : non, on est resté plus qu’un jour et c’est notre Seigneur Qui sait mieux que nous combien nous sommes restés.
ʾaḥṣā limā labiṯū ʾamadan : afin que vous sachiez lequel de ces deux groupes a estimé mieux que l’autre la durée du séjour.
Le sens est : afin que Nous manifestions les choses telles que Nous les savons de toute éternité.
Verset 13 : naḥnu naquṣ-ṣu ʿalayka nabaʾahum bi al-ḥaq-q : Nous te citons leur récit véritable.
ʾin-nahum fityatun : ce sont des « fitya » pluriel de « fatā » c’est-à-dire un jeune homme et ça veut dire aussi un brave, celui qui fait le bien, qui cesse de nuire, qui ne se plaint pas, qui évite les interdits et qui fait preuve de noblesse d’âme. Et il a été dit que « al- fatā » c’est celui qui ne prétend pas avoir fait une chose avant de la faire et il ne se vante pas après l’avoir faite.
ʾāmanū bi-rab-bihim wa zidnā lahum hudan : ils ont cru en leur Seigneur et Nous les avons augmentés en bonne guidée. Nous les avons augmentés en certitude. Ils faisaient partie de la cour rapprochée de Dèce (empereur romain de 249 à 251) qui était un roi tyrannique. Mais Dieu a fait que la foi s’est introduite dans leurs cœurs. Chacun d’entre est devenu musulman, sans savoir que les autres l’étaient devenus également. Ils se sont dits que chacun rencontre un autre et dise ce qu’il a dans son cœur.
Verset 14 : wa rabaṭnā ʿalā qulūbihim : et Nous avons raffermi leurs cœurs, par la patience, la patience à quitter leur patrie, pour sauver leur religion, la patience pour avoir le courage à clamer haut et fort la parole de vérité et annoncer leur islam.
ʾiḏ qāmū : lorsqu’ils se sont levés, face à ce tyran, sans prêter attention à lui lorsqu’il les a blâmés quand ils ont délaissé l’adoration des idoles.
fa-qālū rab-bunā rab-bu al-samāwati wa al-ʾarḍi : ils ont dit : notre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre. Ils ont dit cela fièrement.
lan nadʿuwa min dūnihi ʾilāhan : nous n’allons pas adorer d’autre dieu que Lui.
laqad qulnā ʾiḏan šaṭaṭan : le fait d’adorer autre que Dieu est une grande injustice.
Audio 3 : Verset 15 : hāʾulāʾi qawmunā ʾit-taẖaḏū min dūnihi ʾālihatan : ceux-là, notre peuple, ils ont considéré un autre dieu que Dieu.
lawlā yaʾtūna ʿalayhim bi-sulṭānin bay-yinin : est-ce qu’ils sont capables d’amener une preuve claire de la validité de leur adoration ? C’est une question qui entraine une réponse négative car c’est impossible qu’ils apportent une preuve claire de la validité de leur adoration des idoles.
faman ʾaẓlamu min-man ʾiftarā ʿalā Allāhi kaḏiban : qui est plus injuste que ceux qui ont calomnié Dieu en en Lui attribuant un associé ?
Verset 16 : wa ʾiḏ ʾiʿtazaltumūhum : et lorsque vous vous êtes décidés à les fuir : ce sont les jeunes gens qui se sont dits ces paroles entre eux
wa mā yaʿbudūna : et ce qu’ils adorent : c’est-à-dire leurs idoles
ʾil-la Allāha : au lieu d’adorer Dieu. Ces gens-là reconnaissaient l’existence de Dieu mais ils Lui attribuaient des associés. Exactement comme les habitants de La Mecque. Une autre explication : c’est une information à propos de ces jeunes gens : leur peuple adorait des idoles mais eux, ils n’étaient pas des idolâtres. Ils étaient des musulmans de la communauté de notre maitre ʿ Īsā ʿlayhi s-salām
fa-ʾwū ʾila al-kahfi yanšur lakum rab-bukum min raḥmatihi : abritez-vous dans la caverne, votre Seigneur vous accordera de Sa miséricorde : c’est-à-dire de la subsistance.
wa yuhay-yiʾ lakum min ʾamrikum mirfaqan : et Dieu vous accordera ce qui vous profitera. Ils ont dit cela du fait de leur grande confiance en Dieu. Ils espèrent que leur grande confiance en Dieu leur profitera quand ils iront dans la caverne. C’est une preuve de la pureté de leur certitude en Dieu. Une autre explication : c’est une information qu’un prophète de leur époque leur a donnée. Il leur a dit : allez dans la caverne et Dieu vous accordera votre subsistance.
Verset 17 : wa tarā al-šamsa ʾiḏā ṭalaʿat tazāwaru : et tu observes le soleil quand il se lève, il s’écarte. An-Nasafī cite plusieurs manières de réciter le mot « tazāwaru » selon Kūfī ; « tazzāwaru » selon Aš-Šāmī. L’origine est az-zawr qui est le fait de pencher, décliner. Et ziyāra qui est le fait de visiter car c’est comme si on est penché dans sa direction. Et zūr c’est le fait de se pencher pour s’écarter de la vérité.
ʿan kahfihim : de leur grotte. Pour ne pas que les rayons leur parviennent.
ḏāta al-yamīni : du côté droit.
wa ʾiḏā ġarabat taqriḍuhum : et quand il se couche, il s’écarte par la gauche. Cela veut dire que, durant toute la journée, ils sont à l’ombre, le soleil ne les atteint pas, ni lorsqu’il se lève, ni lorsqu’il se couche.
ḏata al-šimāli wa hum fi fajwatin minhu : alors que ces jeunes gens sont dans un endroit qui est exposé au soleil mais Dieu a voilé le soleil pour ne pas qu’il les atteigne. Et il a été dit que leur grotte comporte une ouverture qui permet l’aération et la fraicheur et ils ne sentent pas la gêne d’être dans une grotte fermée.
ḏālika min ʾāyāti Allāhi : ce sont là des signes de la parfaite toute-puissance de Dieu. Tous ceux qui sont dans cette direction sont atteints par le soleil mais eux, ne le sont pas et c’est un honneur pour eux. Et il a été dit que l’entrée de la caverne est au nord ; ils sont donc protégés du soleil à tout moment.
man yahdi Allāhu fa-huwa al-muhtadi : celui que Dieu guide, c’est lui le bien guidé.
wa man yuḍlil fa-lan taǧida lahu waliy-yan muršidan : celui que Dieu égare, nul ne le guide.
Verset 18 : wa taḥsabuhum ʾayqāẓan wa hum ruqūdun : si tu les voyais, tu croirais qu’ils sont éveillés : c’est une parole adressée à tout un chacun et pas seulement au Prophète. Mais en réalité, ils sont endormis. Il a été dit que leurs yeux étaient ouverts alors qu’ils étaient endormis, de sorte que si quelqu’un les voyait, il croirait qu’ils sont endormis.
wa nuqal-libuhum ḏāta al-yamīni wa ḏāta al-šimāli : et on les fait se retourner à droite et à gauche. Il a été dit qu’ils changent de position deux fois par an. Et il a été dit qu’ils changent de position une fois seulement, le jour de ʿĀšūrā
wa kalbuhum bāsiṭun ḏirāʿayhi : et leur chien a les pattes écartées. C’est-à-dire collées au sol.
bi-al-waṣid : soit au centre, soit à l’entrée de la caverne.
law ‘iṭ-ṭalaʿta ʿalayhim la-wal-layta minhum firāran : si tu regardais dans la caverne pour les voir, tu te serais détourné et tu te serais enfui.
wa lamuliʾta minhum ruʿban : et tu aurais été empli de peur. Il y a d’autres récitations : avec une šad-dat sur le lam pour lamuliʾta et ruʿban avec une ḍammat sur la lettre ʿin. Et c’est la peur qui emplit la poitrine et ce, en raison de ce qu’ils inspiraient comme respect ou en raison de leurs cheveux qui sont devenus longs, leurs ongles également et leurs corps qui étaient grands.
Verset 19 : wa kaḏālika baʿaṯnāhum : et ainsi, Nous les avons ressuscités : c’est-à-dire que tout comme Nous les avons faits dormir de ce sommeil-là , Nous les avons également réveillés, pour manifester la toute-puissance de Dieu à faire dormir et à ressusciter.
li-yatasāʾalū baynahum : afin qu’ils s’interrogent les uns les autres : qu’ils prennent connaissance de leur état et ce que Dieu a fait d’eux, pour que ce soit une moralité pour eux, pour que ce soit une preuve de la parfaite toute-puissance de Dieu et afin qu’ils augmentent en certitude et qu’ils remercient Dieu pour les grâces qu’Il leur a accordées.
qāla qāʾiloun minhum : l’un d’entre eux a alors dit. C’était leur chef.
kam labiṯtum : combien de temps êtes-vous restés ?
labiṯnā yawman ʾaw baʿḍa yawmin : un jour ou peut-être moins qu’un jour. C’est ce qu’une personne a pensé ; c’est une preuve qu’il est permis de faire une hypothèse en se basant sur une conjecture qui est la plus probable.
qālū rab-bukum ʾaʿlamu bimā labiṯtum : d’autres ont dit : votre Seigneur sait mieux combien de temps vous êtes restés. Ceux qui ont dit cela, c’est comme s’ils ont repris ceux qui ont parlé en premier. C’est comme s’ils ont su, par des preuves ou par une inspiration de la part de Dieu, que la durée était longue et que seul Dieu la connait. Il a été dit que lorsqu’ils sont entrés dans la caverne, c’était la matinée. Puis lorsqu’ils se sont réveillés, c’était le milieu de la journée. Et quand ils ont vu que leurs ongles étaient devenus longs ainsi que leurs cheveux, c’est là qu’ils ont dit que Dieu seul sait la durée. Quant à celui qui a dit qu’ils étaient restés un jour ou moins, il s’est basé sur le fait qu’ils se sont réveillés en milieu de journée alors qu’ils étaient partis le matin. Ibnou- ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père a dit : concernant le nombre des jeunes gens (qui n’est pas cité dans le verset) : un des jeunes a parlé en premier donc ça fait un, puis les autres ont dit et le pronom employé indique au moins trois personnes, donc ça fait un total de quatre personnes. Puis un autre groupe a parlé, ce qui indique qu’il y avait au moins trois personnes, donc le total est de sept.
fa-ʾibʿaṯū ʾaḥadakum : envoyez l’un d’entre vous. Si vous n’avez pas le moyen de connaitre, faites autre chose qui vous importe, envoyez l’un d’entre vous et il s’agit de Yamlīǧā.
bi-wariqikum : avec votre argent. Il y a une autre récitation « bi-warqikum » selon Abū ʿAmr, Ḥamza et de Abū Bakr. Et al-wariq c’est l’argent métal, brut ou frappé en pièces.
hāḏihi ʾilā al-madīnati : à la ville. La ville s’appelle Tarṣūṣ. Le fait qu’ils aient pris avec eux des pièces d’argent, lorsqu’ils se sont enfuis, est une preuve qu’ils se fient à Dieu et non pas qu’ils s’appuient sur les coïncidences et ce qu’il y a dans les récipients des gens. Il n’y a pas d’incompatibilité entre le fait de se fier à Dieu et de prendre par les causes. Un savant aimait beaucoup aller à La Mecque et il disait que ce voyage ne nécessite que deux choses : avoir une bourse qu’on attache à sa ceinture pour les frais du voyage et se fier à Dieu.
fal-yanẓur ʾay-yuhā : et qu’ils voient qui d’entre eux (parmi les habitants de la ville)
ʾazkā ṭaʿāman qui a la nourriture la moins chère et de bonne qualité
fal-yaʾtikum bi-rizqin minhu : pour qu’il vous ramène quelque nourriture
wal-yatalat-taf : qu’il agisse avec douceur. Première explication :pour ne pas qu’on le trompe quand il va acheter de la marchandise. Deuxième explication : pour ne pas qu’on le reconnaisse.
wa lā yušʿiran-na bikum ʾaḥadan : et qu’il ne fasse rien qui attire l’attention sur nous. C’est-à-dire qu’il ne soit pas une cause pour qu’on sache qu’on est dans cette caverne et qu’on nous nuise.
Verset 20 : ʾin-nahum ʾin yaẓharū ʿalaykum yarǧumūkum : s’ils prennent conscience que vous êtes là, ils vont vous tuer : c’est-à-dire les gens de votre peuple, s’ils savaient que vous êtes là, ils vous tueraient de la pire mort.
ʾaw yuʿīdūkum fi mil-latihim : ou alors ils vont vous forcer à revenir dans leur religion.
wa lan tufliḥū ʾiḏan ʾabadan : et vous ne réussirez alors jamais. C’est-à-dire dans le cas où vous retourneriez dans leur religion.
Verset 21 : wa kaḏālika ʾaʿṯarnā ʿalayhim : et de la même manière, Nous avons fait que les gens les découvrent. C’est-à-dire de la même manière que Nous les avons faits s’endormir, de la même manière que Nous les avons faits ressusciter, de la même manière, Nous avons fait qu’ils soient retrouvés. La manière commune aux trois situations, c’est qu’il y a une sagesse. Il y a une sagesse dans le fait de les faire s’endormir, il y a une sagesse dans leur résurrection et il y a une sagesse dans le fait qu’ils soient découverts par leur peuple.
li-yaʿlamūʾan-na waʿda Allāhi ḥaq-qun : afin qu’ils sachent que la promesse de Dieu est vraie. C’est-à-dire afin que ceux qui les ont découverts sachent que la résurrection après la mort est quelque chose de réel, de véritable. C’est cela, la sagesse. Car leur état à eux durant leur sommeil et leur réveil après cela est analogue à l’état de celui qui meurt puis qui va être ressuscité au Jour du Jugement.
wa ʾan-na al-sāʿata lā rayba fīhā : et que le Jour du Jugement est inéluctable.
ʾiḏ yatanāzaʿūna baynahum : alors qu’ils se disputaient entre eux. C’est relatif au fait qu’ils soient découverts. Ils ont été découverts par ceux qui se disputaient à leur époque à propos d’un sujet.
ʾamrahum : à propos de leur religion. Ils étaient en divergence à propos de la réalité de la résurrection. Certains disaient que les âmes seront ressuscitées mais pas les corps. Et les autres disaient que les corps seront ressuscités avec les âmes. Afin que la divergence soit levée, et qu’il leur soit avéré que les corps seront ressuscités vivants avec une perception sensorielle, avec leur âme, tout comme ils l’étaient avant la mort.
fa-qālū ʾibnū ʿalayhim bunyānan : ils ont dit. C’est-à-dire les gens de leur peuple ont dit : construisez à l’entrée de leur grotte une construction pour ne pas que les gens comblent cette grotte et pour conserver leur tombe. Tout a été conservée la tombe du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam. C’est-à-dire pour que ce soit un emplacement connu que les gens pourront visiter.
rab-buhum ʾaʿlamu bihim : leur Seigneur sait mieux leur état. C’est-à-dire plus que ceux qui sont en conflit, ceux qui se sont disputés à leur sujet. C’est comme s’ils avaient parlés des compagnons de la caverne, qu’ils avaient rapporté la parole à propos de leur ascendance, à propos de leur état, et la durée de leur séjour dans la caverne. Mais comme ils n’étaient pas arrivés à la réalité à leur sujet, ils ont dit leur Seigneur sait plus leur état. Une autre explication : c’est la parole de Dieu en réplique à leur sujet : leur Seigneur sait plus ce qu’il en est en réalité à leur propos.
qāla al-laḏīna ġalabū ʿalā ʾamrihim la-nat-taẖiḏan-na ʿalayhim masǧidan : ceux qui étaient musulmans et leur roi voulaient construire cette construction à l’entrée de la caverne Ils ont dit : nous allons construire une construction à l’entrée de leur caverne et nous allons construire une mosquée pour que les musulmans puissent y accomplir la prière et pour obtenir la bénédiction de leur endroit. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Il a été rapporté que les gens qui suivaient l’évangile c’est-à-dire notre maitre Jésus, n’étaient plus très nombreux après trois siècles. Ils ont commis beaucoup de péchés et leurs rois étaient tyranniques. Puis ils se sont mis à adorer des idoles et les rois ont forcé les gens à adorer ces statues. Et parmi ces rois, il y avait Dès (diqyānūs) qui se réclamait de l’évangile. Il voulait forcer un groupe de jeunes gens parmi les notables de son peuple à devenir associateurs. Et il les a menacés de mort s’ils ne le faisaient pas. Mais ils ont refusé car ils étaient fermement attachés à leur religion. Alors ils ont voulu s’échapper pour préserver leur religion. Ils ont fait semblant de jouer à la balle pour ne pas attirer l’attention et ils sont arrivés devant cette grotte. Sur leur chemin, ils ont été poursuivis par un chien. Ils l’ont chassé. Dieu a fait parler ce chien. Il a dit : « qu’est-ce que vous me voulez ? Moi, j’aime ceux que Dieu agrée. Dormez, moi, je monterai la garde ». Certains ont dit que ce chien s’appelait Casimir. Il y a une autre version qui dit que sur leur trajet jusqu’à la caverne, ils sont passés près d’un berger qui avait un chien. Il les a suivis dans leur religion et le chien les a suivis. Et Dieu a fait que les jeunes gens ont dormi et ils n’entendaient pas autour d’eux.
Et avant qu’ils ne soient ressuscités de leur sommeil profond, Dieu a fait que le roi de leur ville soit un roi vertueux. Et les gens avaient divergé à propos de la résurrection : certains disaient qu’il y avait une résurrection et d’autres disaient que non. Alors ce roi s’est retranché dans sa maison, il est rentré chez lui, il a fermé sa porte, il a changé ses vêtements et a mis un vêtement de laine rêche, à l’image de celui qui est ascète, détaché du bas-monde et il s’est assis sur de la cendre. Tout cela pour indiquer son humilité et il a supplié son Seigneur pour que la vérité éclate. Dieu a inspiré un de leurs bergers de casser une des constructions qui étaient construites à l’entrée de la grotte pour faire une sorte d’étable pour son troupeau. Les jeunes gens se sont réveillés entre-temps et ils ont envoyé un des leurs pour chercher de la nourriture. Et ils lui ont donné des pièces d’argent (al-wariq). Quand ce jeune est arrivé à la ville et qu’il a sorti les fameuses pièces, elles étaient à l’effigie du roi Dès. Les habitants ont alors pensé qu’il avait trouvé un trésor. Puis ils l’ont emmené au roi de l’époque qui était un croyant vertueux et il a raconté son histoire. Le roi et les gens de la ville sont alors sortis ensemble et ils ont remercié Dieu de leur avoir montré ce signe qui prouve la véracité de la résurrection. Les jeunes gens ont dit au roi : « nous te confions à Dieu et nous demandons à Dieu qu’Il te préserve du mal des jinns et des humains ». Ils sont ensuite retournés chez eux et Dieu les a faits mourir. Le roi a pris son vêtement et il l’a étalé sur eux et il a ordonné que chacun d’entre eux ait un cercueil en or. Puis il a vu dans le rêve qu’ils n’aimaient pas l’or. Il a alors changé leurs cercueils avec du bois (de thèque) et il a construit à l’entrée de la grotte une mosquée.
Verset 22 : sayaqūlūna ṯalāṯatun rābiʿuhum kalbuhum : ils disent qu’ils étaient trois et chien était le quatrième
wa yaqūlūna ẖamsatun sādisuhum kalbuhum : et ils disent qu’ils étaient cinq et que le chien était le sixième
raǧman bi-al-ġayb wa yaqūlūna sabʿatun wa ṯāminuhum kalbuhum : pour vous annoncer quelque chose qui était inconnu et ils disent qu’ils étaient sept et que le chien était le huitième. Le pronom « ils » désigne ceux qui avaient discuté de leur histoire à l’époque du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam. Ce sont les compagnons du prophète Muḥammad qui avaient discuté des compagnons de la caverne. Les gens du Livre, à l’époque du Prophète, ils l’avaient interrogé à leur sujet. Mais notre Prophète avait tardé à leur répondre, jusqu’à ce qu’il reçoive la révélation. Le verset qui est parvenu était pour annoncer la divergence des gens du Livre à propos du nombre des jeunes gens. Ce verset est venu pour informer de la divergence à ce sujet. Et celui qui avait raison était celui qui disait qu’ils étaient sept et que leur chien était le huitième. Il a été rapporté que deux Arabes qui étaient chrétiens à l’époque du Prophète, l’un s’appelle aS-Sayyid et l’autre al-ʿĀqib et le sujet des compagnons de la caverne a été évoqué. aS-Sayyid qui était jacobite a dit qu’ils étaient trois et que le chien était le quatrième. Et al-ʿĀqib qui était nestorien a dit qu’ils étaient cinq et que le chien était le sixième. Et les musulmans ont dit qu’ils étaient sept et que leur chien était le huitième. Et Dieu a confirmé dans ce verset qu’ils étaient sept et que le chien était le huitième. Et notre maître ʿĀlī que Dieu l’agrée a dit qu’ils étaient sept et il a donné leurs noms : Yamlīẖā, Machalīnā, – ils étaient à la droite du roi – et Maranūch, Dabrānūch et Chāḏanūch – ils étaient à la gauche du roi – et le roi leur demandait conseil. Et le septième était le berger qui les avait rejoints. Et leur ville s’appelle aṣ-Ṣūṣ et leur chien s’appelle Qitmīr
Une autre version de leurs noms est la suivante : un ḥāfiẓ ibnu Ṭūlūm a rapporté dans quel objectif on peut rechercher la bénédiction par la citation chaque nom des compagnons de la caverne et dans quel objectif. Il rapporte ce qu’a dit un savant hanbalite qui a composé un petit poème pour retenir les noms des compagnons de la caverne : « toi qui veux connaitre le nombre des compagnons de la caverne, sache qu’ils sont sept, il n’y a pas de divergence ».
La divergence qu’il y a eu n’est pas à propos de leur nombre mais elle est à propos de leurs noms, alors prends la version célèbre que j’ai composée dans mon poème : Mukaslamīne (Maximilien) Amlīẖā, MaraṬūnis, Yanyūnis, Sāzamūnis, Dawānawānis, Kachfīṭiṭ, et leur chien s’appelle Qiṭmīr. Le premier nom, si tu l’écris sur un bout de tissu et tu le jettes dans un incendie, le feu s’éteint tout de suite. Le second nom, si tu l’écris et que tu le jettes en mer alors qu’il y a une tempête, elle se calme. Le troisième nom, si tu l’écris et que tu l’accroches sur la cuisse du voyageur qui marche à pied, il ne sera pas fatigué, même s’il parcourt de grandes distances. Le quatrième nom, si tu l’écris et tu le mets dans l’argent pour la protection. Le cinquième nom, si tu l’écris et que tu l’accroches sur celui qui a la fièvre, sa fièvre s’atténue par la volonté de Dieu. Le sixième nom, tu l’écris sur une armée, pour sa protection. Et le septième nom, tu l’écris sur un récipient et tu verses de l’eau dessus et tu donnes à boire à celui qui est malade pour qu’il guérisse. Et certains savants ont dit que le bénéfice des sept noms ensemble a lieu pour six choses : pour rechercher ce qu’on a perdu, pour marcher, lors d’un incendie, pour les pleurs de l’enfant (on les met sous son oreiller), pour les maux de tête, pour la fièvre. Mémorise cela, avec la poésie, ça sera plus facile à retenir. »
qul rab-bī ʾaʿlamu bi-ʿid-datihim mā yaʿlamuhum ʾil-lā qalīl fa-lā tumāri fīhim ʾil-lā mirāʾan ẓāhiran wa lā tastafti fīhim minhum ʾaḥadan
Verset 23 : wa lā taqūlan-na li-šayʾin ʾin-nī fāʿilun ḏālika ġadan : ġadan c’est-à-dire demain, c’est-à-dire dans le futur qui va arriver et il n’a pas visé le lendemain particulièrement. Le šayẖ a dit que le sens est qu’il a voulu parler de ce qu’il allait faire après un ou deux ans ou plus, entre aujourd’hui et ce jour-là.
Verset 24 : ʾil-lā ʾan yašāʾa Allāhu : sauf si Dieu le veut c’est-à-dire que Dieu te permette de le faire, c’est-à-dire sauf par la volonté de Dieu c’est-à-dire sauf en accomplissant par la volonté de Dieu en disant « si Dieu le veut ». Ne dis pas « je vais faire telle chose » sauf si Dieu le veut. Et ceci est une négation de respect à l’égard de Dieu, puisque les juifs ont dit à Qurayš de demander au prophète Muḥammad : posez-lui la question à propos de l’âme et à propos des compagnons de la caverne et de Ḏu l Qarnayn. Ils lui ont posé la question, il leur a dit : « venez demain, je vous informerai ». Mais il n’a pas dit « si Dieu le veut » et c’est pour cela que la révélation a tardé à venir, au point que c’était éprouvant pour lui.
wa ʾuḏkur rab-baka : et évoque ton Seigneur, c’est-à-dire la volonté de ton Seigneur et dis « si Dieu le veut »
ʾiḏā nasīta : dans le cas où tu oublies. C’est-à-dire si tu as oublié de le dire, c’est-à-dire que si tu as oublié de dire cette parole « si Dieu le veut » et que tu t’es aperçu que tu l’avais oubliée, alors rattrape-toi en la disant. D’après Al-Ḥasan, il le fait tant qu’il est encore dans l’assemblée où il s’en est rappelé. Et d’après ibnu ʿAbbās, que Dieu l’agrée, lui et son père, ils ont dit qu’il dit cette parole, même si c’est après un an. Et ceci est expliqué par le fait de se rattraper pour le tabarruk par la parole « si Dieu le veut ». Quant à la parole « ʾin šā Allah » qui change le jugement (l’istiṯnāʾ), elle n’est valide que si elle est dite directement après la parole. Il était parvenu au calife Al-Manṣūr, que Dieu lui fasse miséricorde, qu’Abū Hanīfah n’était pas d’accord avec ibnu ʿAbbas, que Dieu l’agrée, lui et son père, à propos de l’istiṯnāʾ qui est ultérieur à l’assemblée où la phrase est énoncée. Il a convoqué pour le réprouver. Alors Abū Hanīfah lui a dit : « cela se rapporte à toi également puisque tu acceptes l’engagement des gens qui jurent qu’ils vont s’engager pour toi. Est-ce que tu acceptes qu’ils sortent de chez toi et plus tard, qu’ils disent « si Dieu le veut » et qu’ils se rebellent contre toi ? ». Al-Manṣūr a apprécié sa réplique et il a ordonné à celui qui avait critiqué Abū Hanīfah de le faire sortir de son assemblée. Tout cela veut dire : mentionne ton Seigneur par le tasbīḥ et l’istiġfār si tu oublies la parole de l’istiṯnā « si Dieu le veut ».
Tout cela pour inciter à bien s’en rappeler, ou bien rattrape une prière que tu as oubliée d’accomplir, si tu t’en souviens ou, si tu oublies quelque chose, alors évoque Dieu pour que cela te rappelle ce que tu as oublié.
wa qul ʿasā ʾan yahdiyani rab-bī li-ʾaqraba min hāḏā rašadan : et dis si tu oublies quelque chose, évoque ton Seigneur. Et l’évocation de ton Seigneur, quand tu oublies la chose, c‘est que tu dises « ʿasā Rabbī ʾan yahdiyanī » au lieu de cette chose que tu as oubliée, cela comporte un bien plus éminent et un plus grand profit.
Verset 25 : wa labiṯū fī kahfihim ṯalāṯa miʾatin sinīna : ils sont restés dans leur grotte trois cent années. Il vise leur séjour alors qu’ils étaient vivants mais avec leurs oreilles bouchées, c’est l’indication de ce qui a été mentionné de manière plus abrégée. « Nous avons fait en sorte que leurs oreilles n’entendent pas durant un certain nombre d’années, dont le nombre est indiqué par trois cent.
wa ‘izdādū tisʿan : ils sont restés encore neuf ans
Verset 26 : quli Allāhu ʾaʿlamu bi-mā labiṯū : dis : Dieu sait plus que tous ceux qui ont divergé à leur sujet la durée de leur séjour. Dieu sait plus que ceux qui ont divergé à leur sujet combien de temps ils sont restés. Et c’est la vérité. Deuxième explication : c’est le discours rapporté de ce qu’on dit aux gens du Livre : c’est une réplique aux gens du Livre. Et la majorité des savants sont d’avis qu’il s’agit là d’une information de la part de Dieu, qu’ils sont restés tant d’années dans leur caverne : trois cent années plus neuf années.
lahū ġaybu al-samāwati wa al-ʾarḍi : Dieu sait ce qu’il y a comme choses cachées dans les cieux et sur terre. Il cite dans cette partie du verset que Dieu seul sait ce qui n’est pas apparent pour nous dans les cieux et sur terre et ce qui n’est pas apparent pour nous concernant les gens qui sont dans les cieux et sur terre.
ʾabṣir bihī wa ʾasmiʿ : Dieu entend tout et Il voit tout. Dieu voit tout ce qui existe sur terre et dans les cieux. Et Il entend tout ce qu’il y a sur terre et dans les cieux. Rien n’échappe à Sou ouïe et à Sa vue.
mā lahum min dūnihi min waliy-yin : auraient-ils autre que Lui comme Seigneur ? !
wa lā yušriku fī ḥukmihi ʾaḥadan : Dieu n’associe personne dans ce qu’Il prédestine. Les associateurs avaient dit à notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām de ramener un autre Qur’ān ou bien de le changer.
Verset 27 : wa ʾutlu mā ʾūḥiya ʾilayka min kitābi rab-bika : récite ce qu’il t’est révélé du Livre de ton Seigneur. Et ne prête pas attention à leur délire quand ils demandent un autre Qur’ān que celui-là.
lā mubad-dila li-kalimātihi : nul n’a la capacité de modifier le Qur’ān
wa lan taǧida min dūnihī multaḥadan : et tu ne trouveras personne auprès de qui tu trouves refuge si tu voulais répondre à leur demande. (D’amener un autre Qur’ān ou de le changer). Les versets du Qur’ān ont une cause à leur révélation. Et le verset suivant qui est le verset 28 a une cause à sa révélation : il y a des gens parmi les chefs des mécréants qui ont dit au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam d’enlever des gens de ses partisans et il s’agit de Suhayb, ʿAm-mār, H̱ab-bāb, Salmān et d’autres parmi les musulmans qui sont pauvres. Ces chefs de Quraych ne voulaient pas entrer en Islam, soi-disant, tant que ces gens pauvres seraient les partisans du prophète.
Verset 28 : wa ʾiṣbir nafsaka maʿa al-laḏīna yadʿūna rab-bahum: force ton âme à patienter auprès de ceux qui invoquent leur Seigneur. C’est-à-dire : malgré la demande de ces mécréants, reste avec ces gens-là, ne les quitte pas, force-toi à rester à leur côté.
bi-al-ġadāti wa-al-ʿašiy-yi : matin et après-midi. C’est-à-dire qu’ils persévèrent à faire des invocations en tout temps. Autre explication : ils demandent à Dieu la réussite et la facilité dans les actes. Et l’après-midi, ils demandent que Dieu te pardonne tes défaillances. Troisième explication : le matin fait référence à la prière de l’aube et l’après-midi fait référence à la prière de al-ʿasr.
yurīdūna waǧhahu : et ils recherchent Son agrément. C’est-à-dire qu’ils recherchent l’agrément de Dieu.
wa lā taʿdu ʿaynāka ʿanhum turīdu zīnata al-hayāti al-dunyā : ne les quitte pas des yeux : c’est-à-dire : reste avec tes compagnons, ne les quitte pas pour rejoindre les gens du bas-monde
wa lā tuṭiʿ man ʾaġfalnā qalbahū ʿan ḏikrinā : et ne suis pas à ceux dont Nous avons égaré les cœurs et qui ne Nous évoquent pas. Ils sont dans une insouciance telle qu’ils n’évoquent pas Dieu. Celui dont Nous avons fait le cœur complètement endormi et il oublie d’évoquer Dieu. Et c’est une preuve que Dieu est le créateur des actes des esclaves. Dieu crée l’égarement dans le cœur de ces gens-là, c’est-à-dire ceux qui se détournent et qui suivent leurs passions. Tout comme Dieu guide qui Il veut.
wa ʾit-tabaʿa hawāhu wa kāna ʾamruhū furuṭan : et qui a suivi ses passions et qui a dépassé les limites. C’est-à-dire qu’il a quitté la vérité.
Verset 29 : wa quli al-ḥaq-qu min rab-bikum : et dis : la vérité est de la part de votre Seigneur. C’est-à-dire c’est l’Islam ou le Qur-ān
fa-man šāʾa fal-yuʾmin wa man šāʾa fal-yakfur : celui qui veut, qu’il soit croyant et celui qui veut, qu’il soit mécréant. Attention : cela ne veut pas dire que vous avez le choix. Mais cela veut dire que la vérité est claire et apparente, il n’y a plus aucune excuse. Il ne reste plus que votre choix : si vous choisissez la voie de la sauvegarde ou la voie de la perdition. La phrase du verset est dans la forme de l’impératif parce que l’esclave a la capacité de choisir ce qu’il veut. C’est comme s’il choisissait et qu’il avait l’ordre de choisir ce qu’il veut entre les deux chemins. Puis la suite du verset indique les conséquences de celui qui choisit la mécréance.
ʾin-nā ʾaʿtadnā li-al-ẓālimīna nāran ʾaḥāṭa bihim surādiquhā : Nous avons préparé pour les injustes (pour les mécréants) un feu qui est entouré d’une fumée. C’est-à-dire qu’ils auront une fumée avant d’entrer dans le feu ou bien ils auront à franchir un mur de feu. Donc la première partie du verset n’est pas une autorisation à mécroire mais c’est une menace. Le Qur-ān menace ceux qui ont mécru. Si le Qur-ān autorisait d’avoir la croyance que chacun veut, pourquoi donc Dieu a-t-Il envoyé les prophètes ? « Celui qui veut, qu’il soit croyant et celui qui veut, qu’il soit mécréant » ne veut pas dire : ô vous les gens, si vous voulez être des croyants, alors croyez et si vous voulez être des mécréants, mécroyez. Cela ne veut pas dire que chacun a une autorisation de croire ce qu’il veut mais cela indique que c’est une menace. Celui qui aura été croyant, c’est lui le gagnant. Celui qui aura mécru, il sera en enfer, entouré de toutes parts. L’enfer a un sol indépendant, ce n’est pas le sol actuel et ce n’est pas le sol de la septième terre. L’enfer a des murs et un couvercle, pour que le feu soit encore plus fort. L’enfer a un plafond pour que le feu augmente en intensité.
wa ʾin yastaġīṯū yuġāṯū bi-māʾin kal-muhli yašwī al-wuǧūha : s’ils demandent à être secourus pour avoir de l’eau, ils auront de l’eau comme al-muhl : et c’est ce qu’on récupère après avoir pressé de l’huile. Ou alors ce sont les diamants et les pierres de la terre qui auront été fondus. C’est pour les rabaisser et les humilier. Ils demandent de l’eau pour se désaltérer et ils auront ce liquide mauvais.
biʾsa al-šarābu wa sāʾat murtafaqan : quelle mauvaise boisson que cette boisson-là. Et quelle mauvaise demeure que cette demeure-là. Ce sera la géhenne, l’enfer.
Verset 30 : ʾinna al-laḏīna ʾāmanū wa ʿamilu al-ṣāliḥāti ʾinnā lā nuḍiʿu ʾaǧra man ʾaḥsana ʿamalan : quant à ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, la récompense de ceux qui auront agi en bien ne sera pas perdu.
Verset 31 : ‘Ūlā’ika Lahum Jannātu `Adnin : ceux-là auront des jardins d’eden.
Tajrī Min Taĥtihimu Al-‘Anhāru Yuĥallawna Fīhā Min ‘Asāwira : sous lesquels des fleuves vont couler et ils auront des parures
Min Dhahabin: en or
Wa Yalbasūna Thiyābāan Khuđrāan Min Sundusin : ils porteront des vêtements de brocard (un tissu qui est très fin et très joli)
Wa ‘Istabraqin : et un tissu qui est épais.
Muttaki’īna Fīhā `Alá Al-‘Arā’iki : ils seront adossés sur des fauteuils. Le fait d’avoir le dos calé est l’aspect de ceux qui sont dans le confort, l’aspect des rois.
ni`ma Ath-Thawābu : que c’est beau , le paradis et les fauteuils sur lesquels ils sont assis
Wa Ĥasunat Murtafaqāan : quelle belle récompense
Verset 32 : Wa Ađrib Lahum Mathalāan Rajulayni : cite-leur le cas de ces deux hommes ; donne en exemple le cas des croyants et des mécréants comme si c’était deux hommes. C’était deux hommes de banou Isrāʾīl, l’un était mécréant et s’appelait Qatrūs et l’autre était croyant et s’appelait Yahūḏā. Il a été dit que ce sont deux hommes qui sont cités également dans une autre sourate : sourate aṣ-ṣaffāt, ce qui signifie : « j’avais un compagnon ». Ils ont hérité de leur père huit mille dinars qu’ils ont partagé en deux. Le mécréant a acheté un terrain pour mille dinars. Le croyant a dit : » ô mon dieu, mon frère a acheté un terrain pour mille dinars et moi, je t’achète un terrain au paradis pour mille dinars ». Il a pris mille dinars qu’il a donnés en aumône ». Puis son frère s’est fait construire une maison pour mille dinars. Puis le croyant a dit : « ô mon dieu, je t’achète une maison au paradis pour mille dinars ». Puis il a donné mille dinars en aumône. Puis son frère s’est marié pour mille dinars. Le croyant a dit : « ô mon dieu, je donne mille dinars en aumône pour les femmes du paradis ». Puis son frère a acheté des serviteurs et des esclaves pour mille dinars. Le croyant a dit : « ô mon dieu, j’achète de toi des serviteurs pour l’éternité pour mille dinars ». Puis il a donné mille dinars en aumône. Puis le croyant s’est retrouvé dans le besoin. Il s’est retrouvé sur le chemin de son frère qui passait avec ses serviteurs. Il a voulu lui parler. Mais son frère mécréant l’a chassé et l’a blâmé pour avoir donné son argent en aumône.
Ja`alnā Li’ĥadihimā Jannatayni Min ‘A`nābin : Nous avons accordé à l’un des deux un verger plein de vignes
Wa Ĥafafnāhumā Binakhlin et Nous l’avons entouré par des palmiers dattiers. C’est ce que les commerçants aiment avoir.
Wa Ja`alnā Baynahumā Zar`āan : et Nous avons fait qu’entre les vignes, il y ait aussi des plantations.
Verset 33 : Kiltā Al-Jannatayni ‘Ātat : chacun des deux vergers a donné ses fruits
‘Ukulahā Wa Lam Tažlim Minhu Shay’āan : et la récolte était élevée, elle n’a pas baissé.
Wa Fajjarnā Khilālahumā Naharāan : et Nous avons fait jaillir un fleuve entre les deux vergers. Il a qualifié les deux vergers par le fait qu’il y ait beaucoup de fruits, qu’ils étaient en grandes quantité et qu’il y avait de l’eau.
Verset 34 : Wa Kāna Lahu Thamarun : et le propriétaire de ces deux vergers avait des fruits. Ce qui est visé ici, ce sont des biens. Non seulement il avait les deux vergers qui donnaient beaucoup de fruits mais en plus il avait d’autres biens, comme de l’or, de l’argent métal et autres.
Faqāla Lişāĥibihi Wa Huwa Yuĥāwiruhu : il a dit à son compagnon en discutant avec lui. Il voulait débattre avec lui. Qatrūs le mécréant a pris la main de son frère et il lui montrait : regarde ce que j’ai, grâce à ma bonne gestion.
‘Anā ‘Aktharu Minka Mālāan Wa ‘A`azzu Nafarāan : moi, j’ai plus de biens que toi, j’ai plus de gens à mon service.
nafara veut dire : des serviteurs ou bien des fils
Verset 35 : Wa Dakhala Jannatahu : et il est entré dans son verger : ou bien il est entré dans un des deux vergers ou bien il a considéré que c’est un seul verger parce qu’il y a un seul mur qui les entoure ou bien il les a considérés deux parce qu’il y a un fleuve qui les traverse. Parfois il dit deux vergers, parfois il dit un seul.
Wa Huwa Žālimun Linafsihi : et il était injuste envers lui-même. Parce qu’il était mécréant.
Qāla Mā ‘Ažunnu ‘An Tabīda Hadhihi ‘Abadāan : il a dit : je ne pense pas que ce verger va disparaitre un jour. Il a douté de l’anéantissement de ce verger, tellement il a de l’espoir, tellement il est noyé dans son insouciance, tellement il était dupé par la vie que Dieu lui a accordée dans ce bas-monde. Et on constate que la plupart des riches sont dans cet état-là.
Verset 36 : Wa Mā ‘Ažunnu As-Sā`ata Qā’imatan : il a dit je ne pense qu’il y aura un jour du Jugement. Et c’est une mécréance.
Wa La’in Rudidtu ‘Ilá Rabbī La’ajidanna Khayrāan Minhā Munqalabāan : Et si jamais je reviens à la vie : puisque toi, tu prétends qu’il y a une résurrection, je vais avoir un verger meilleur que celui-là. Il a cru que Dieu l’avait honoré en lui donnant un verger dans le bas-monde, il a cru qu’il avait un certain degré et il s’attendait à avoir la même chose dans l’éventualité où il y aurait une résurrection.
Verset 37 : Qāla Lahu Şāĥibuhu Wa Huwa Yuĥāwiruhu ‘Akafarta Bial-Ladhī Khalaqaka Min Turābin : son compagnon (celui qui était musulman) lui a dit en discutant avec lui : aurais-tu mécru en celui qui t’a créé à partir de terre ? N’est-ce pas que l’origine de tous les humains est Ādam que Dieu a créé à partir de terre. Donc ici il est fait référence à son premier ancêtre qui est le premier des humains, qui a été créé à partir de terre. Et les êtres humains suivants ont été créés à partir de leurs pères et mères. (Sauf Jésus qui a été créé à partir de sa mère et Eve a été créée à partir de Ādam). Parce que la création de son premier ancêtre est une cause pour sa création à lui.
Thumma Min Nuţfatin: puis à partir d’un mélange de liquide séminal.
Thumma Sawwāka Rajulāan: puis Il a fait de toi un être humain. Il a complété ta création, Il a fait de toi un homme, quelqu’un qui est pubère, qui est au summum de sa capacité, de sa santé, de sa richesse, mais Il a fait de toi un mécréant, qui a douté à propos de la résurrection. L’exemple de ceux qui ont mécru est que leurs œuvres sont telles de la cendre exposée au vent un jour de tempête.
Verset 38 : lākin-na huwa Allāhu Rabbī : lākin-na est un mot qui est contracté, il provient de deux mots qui sont lākin et anā. Cela veut dire « quant à moi ». Quant à moi, je crois que Dieu est mon Seigneur.
Wa Lā ‘Ushriku Birabbī ‘Aĥadāan : et je n‘attribue aucun associé à Dieu.
Verset 39 : Wa Lawlā ‘Idh dakhalta Jannataka Qulta mā Shā’a Allāhu : et si, quand tu rentres dans ton verger, tu disais que tout est par la volonté de Dieu. C’est-à-dire si tu reconnaissais que tout ce qu’il y a dans ton verger n’a lieu que par la volonté de Dieu. Et que si Dieu veut Il fait que ton verger reste tel quel et si Dieu veut, Il fait que ton verger soit anéanti.
Lā Qūwata ‘Illā Billāhi : et qu’il n’est de force que par Dieu. Tu reconnaitrais ainsi que, si tu as réussi à faire de ton verger ce qu’il est, c’est par la grâce de Dieu et l’aide de Dieu.
‘In Tarani ‘Anā ‘Aqalla Minka Mālāan : même si tu constates que moi, j’ai moins d’argent que toi.
Wa Waladāan : et moins d’enfants que toi.
Verset 40 : Fa`asá Rabbī ‘An Yu’utiyanī Khayrāan Min Jannatika : si mon Seigneur le veut, Il m’accorde mieux que ton verger. Soit dans le bas-monde, soit dans l’au-delà.
Wa Yursila `Alayhā Ĥusbānāan Mina As-Samā’i Fatuşbiĥa Şa`īdāan Zalaqāan : et Il envoie sur ton verger une manifestation de châtiment qui s’abat du ciel au point que ton verger devienne une terre glissante.
Verset 41 : ‘Aw Yuşbiĥa Mā’uuhā Ghawrāan : ou que la rivière qui le traverse soit asséchée. C’est-à-dire que l’eau soit absorbée par la terre et soit enfouie sous terre.
Falan Tastaţī`a Lahu Ţalabāan : et tu ne pourras plus trouver d’eau.
Le sens de ce verset est le suivant : même si, actuellement, je suis plus pauvre que toi, je m’attends à ce que Dieu change mon état et change ton état (c’est-à-dire mon état de pauvreté et ton état de richesse) et qu’en raison de ma foi, Dieu m’accorde un jardin meilleur que ton jardin et qu’en raison de ta mécréance, Il t’enlève les grâces qu’Il t’a données et Il détruise les fruits et vergers.
Verset 42 : wa uḥīṭa bithamarihi : uḥīṭa signifie assiéger ou être entouré ; à l’origine, cela veut dire que l’ennemi s’est emparé de lui donc que celui a subi cela est devenu sous son autorité. Le verbe est utilisé ici à la voix passive concernant les récoltes. Cela veut dire que ses récoltes ont été encerclées. Ses fruits ont été anéantis.
Fa’aşbaĥa Yuqallibu Kaffayhi : le mécréant s’est mis à frapper ses mains l’une contre l’autre. Et ceci par regret et par remords, car son verger a été anéanti. Puis le fait de frapper ses mains l’une contre l’autre est devenu une allusion au regret et au chagrin, en passant la paume d’une main sur le dos de l’autre main.
`Alá Mā ‘Anfaqa Fīhā Wa Hiya Khāwiyatun `Alá `Urūshihā : il regrette que tout ce qu’il a dépensé pour que son verger soit beau, est parti en vain. Tout est tombé : les supports sont tombés et les vignes sont tombées.
wa yaqūlu yā laytanī lam ‘ushrik birabbī ‘aĥadāan : et il s’est dit : si seulement je n’avais pas attribué d’associé à mon Seigneur. Il s’est rappelé de l’exhortation que lui avait faite son frère. Alors il a su que ce qui lui était arrivé était une punition en raison de sa mécréance et de son orgueil. Alors il a souhaité n’avoir pas été associateur pour que Dieu ne lui détruise son verger, alors que le regret n’est plus d’aucun recours. An-Nasafī a dit : il est possible que cette parole qu’il a dite était en réalité un repentir suite à son attribution d’un associé à Dieu. Et qu’elle soit donc considérée comme une entrée en Islam.
Verset 43 : Wa Lam Takun Lahu Fi’atun Yanşurūnahu Min Dūni Allāhi : il n’avait pas d’allié qui puisse le soutenir hormis Dieu : Dieu seul est tout puissant à le soutenir. Nul autre que Dieu ne peut le soutenir.
Wa Mā Kāna Muntaşirāan : mais Dieu ne l’a pas soutenu pour une sagesse. Sa force à lui n’a pas pu empêcher que s’abatte sur lui le châtiment de Dieu, ni la destruction de ses vergers.
Verset 44 : hunālika al-walāyatu lil-lāhi Al-Ĥaqqi : dans une telle situation l’aide est de la part de Dieu seulement. Il n’y a pas autre que Dieu qui peut amener une telle aide pour éviter la destruction des vergers. Il y a deux manières de réciter ici : soit al-wilāyah soit al-walāyah et le sens est différent selon la prononciation.
Avec le terme al-wilāyah, cela signifie que la souveraineté de Dieu n’est pas vaincue. Une troisième explication est : dans une telle situation difficile, vont avoir recours à Dieu et vont croire en Dieu, tous ceux qui sont dans une grande difficulté.
Donc quand il a dit : yā laytanī lam ‘ushrik birabbī ‘aĥadāan qui signifie : si seulement je n’avais pas attribué d’associé à mon Seigneur, il a été amené à dire cette phrase suite à la gravité des conséquences de sa mécréance. Si ses vergers n’avaient pas été détruits, il n’aurait pas dit cette parole.
Ou encore une autre explication : Dieu donne la victoire à ceux qui se soumettent à Lui et sont croyants, contre les mécréants et Il les venge d’eux, Il leur donne leur revanche.
C’est-à-dire que Dieu a réalisé ce qu’avait dit le frère croyant à avec son frère mécréant. Il lui avait dit : « je m’attends à ce que Dieu change mon état et change ton état (c’est-à-dire mon état de pauvreté et ton état de richesse) et qu’en raison de ma foi, Dieu m’accorde un jardin meilleur que ton jardin et qu’en raison de ta mécréance, Il t’enlève les grâces qu’Il t’a données et Il détruise les fruits et vergers ».
Huwa Khayrun Thawābāan Wa khayrun `uqbāa : Dieu donne une meilleure récompense et une meilleure issue. C’est une allusion à l’au-delà. C’est-à-dire que dans l’au-delà, Dieu accorde une récompense à ceux qui ont cru en Lui.
Verset 45 : Wa Ađrib Lahum Mathala Al-Ĥayāati Ad-Dunyā Kamā’in ‘Anzalnāhu Mina As-Samā’i : et donne-leur l’exemple du bas-monde c’est comme de l’eau qui est tombée du ciel. C’est-à-dire de l’eau que Nous avons fait tomber du ciel.
fākhtalaţa bihi nabātu al-‘arđi : grâce à laquelle les plantes sur terre se sont mélangées. Grâce à cette eau de pluie qui est tombée, la végétation est devenue dense, au point que les tiges et les plantes se sont entrecroisées. Deuxième explication : c’est que l’eau de pluie a irrigué les plantes et elle s’est mélangée avec les plantes.
fa’aşbaĥa hašīman tadhrūhu ar-riyāĥu : puis ces plantes sont devenues sèches, cassantes, que le vent fait envoler
Wa Kāna Allāhu `Alá Kulli Shay’in Muqtadirāan : et Dieu est sur toute chose (c’est-à-dire depuis la première chose créée jusqu’à l’anéantissement). Le bas monde est résumé en deux phrases : des plantes ont poussé puis elles ont séché. Tout puissant : Dieu a comparé l’état du bas-monde avec ce qu’il comporte comme beautés, verdures agréables et ce qui va suivre comme destruction et anéantissement. Dieu a comparé le bas-monde à des plantes qui sont vertes puis qui se multiplient puis qui deviennent sèches et le vent les fait s’envoler, comme si elles n’avaient pas existé.
Verset 46 : Al-Mālu Wa Al-Banūna Zīnatu Al-Ĥayāati Ad-Dunyā : les biens et les enfants sont la parure de la vie du bas-monde. Ce ne sont pas la provision de la tombe et ce n’est pas ce que tu emportes pour l’au-delà.
Wa Al-Bāqiyātu Aş-Şāliĥātu : et celles qui demeurent ce sont celles qui sont bonnes. C’est-à-dire les œuvres de bien dont les fruits vont rester pour l’homme.Les fruits sont la récolte. Deuxième explication : ce sont les cinq prières. Troisième explication : c’est la parole soubḥāna Allāh wa al-ḥamdou lil-Allāh wa lā ilāha il-la Allāh wa Allāhu akbar.
Khayrun `Inda Rabbika Thawābāan : leur récompense vaudra mieux selon le jugement de ton Seigneur.
Wa Khayrun ‘Amalāan: et elles valent mieux que d’autres pour y attacher de l’espoir. Parce que derrière ces bonnes œuvres, il y a une promesse de récompense. La promesse de la part de Dieu est véridique alors que la plupart des espoirs sont mensongers. Celui qui accomplit ces bonnes œuvres dans le bas-monde, son espoir est d’avoir la récompense de la part de Dieu. Et il va l’obtenir.
Le sens du verset est que l’argent et les enfants sont une parure de la vie du bas-monde qui, elle, va à sa fin. Alors que celles qui demeurent et qui sont bonnes, elles sont meilleures selon le jugement de Dieu. Les bonnes actions sont la prière, le jeûne, le pèlerinage, l’aumône obligatoire, les évocations, la récitation du Qur-ān.
Dieu les a appelées « celles qui demeurent », elles sont perpétuelles parce que la récompense des bonnes actions est continue, elle ne s’interrompra pas dans l’au-delà. Le paradis est une récompense et il n’a pas de fin. L’au-delà n’a pas de fin. Ce sera une vie après laquelle il n’y a pas de mort. Ce sera une bonne santé après laquelle il n’y aura pas de maladie. Ce sera une jeunesse après laquelle il n’y a pas de vieillesse. Ce sera un repos après lequel il n’y a pas de fatigue.
Quant à la parure du bas-monde (les biens et les enfants), elle va être anéantie. Les enfants sont amenés à mourir, l’un meurt le jour de sa naissance, l’autre meurt après avoir vécu une semaine, un an, à l’adolescence. Et il se peut que le petit-fils meure avant le grand-père. Les joies du bas-monde sont éphémères. Elles s’estompent très rapidement. Et même l’argent, il disparait très rapidement. La nourriture, si délicieuse soit-elle, quelque soit l’effort réalisé pour la préparer, sera à la fin cette chose qui va sortir et qui est répugnante. La nourriture, qu’elle soit délicieuse ou moins bonne aura cette même fin qui est répugnante. De même les vêtements, aussi luxueux soient-ils, leur devenir est qu’ils seront jetés dans une poubelle, après que la couleur sera usée.
Quant aux bonnes actions, elles vont demeurer, elles ne vont pas s’estomper. Celui qui fait les bons calculs, il ne va pas perdre son temps dans les choses qui sont inutiles, mais il va œuvrer pour son au-delà. La plus facile des bonnes actions à accomplir avec la langue, c’est l’évocation de Dieu. Et la récompense du ḏikr est éminente. Et parmi les évocations, il y a la parole « subḥāna Allāhi wa biḥamdih ». Le musulman qui dit cette parole, il lui sera planté un arbre au paradis et c’est un palmier en or. Celui qui cette parole cent fois, il lui sera planté cent palmiers. Et celui qui dit mille fois cette parole, il lui sera planté mille palmiers. Et celui qui la dit plus que mille fois, il aura plus que mille arbres au paradis. Le chaykh a dit : par ailleurs les palmiers au paradis ne sont pas comme les palmiers du bas-monde, en ce qui concerne la couleur, l’odeur et le goût du fruit. Le nom est commun aux deux, on les appelle tous les deux un palmier, sur terre et au paradis. L’arbre au paradis reste éternellement, avec des fruits.
L’aumône fait partie des bonnes actions. Celui qui donne une aumône à partir d’argent qui est licite, avec une bonne intention par recherche de l’agrément de Dieu et non pas pour rechercher l’éloge des gens, il aura une récompense éminente. En fonction de l’intention de la personne, plus quelqu’un préfère l’au-delà au bas-monde, alors la récompense sera encore plus éminente.
Si quelqu’un possède peu d’argent mais s’il a donné la moitié de ce qu’il possède et il a gardé la moitié, sa récompense est plus éminente que celui qui possède beaucoup d’argent et qui donne en aumône une partie de sa grande fortune. L’exemple qui illustre cela est ce qui est parvenu du hadith du Messager de Dieu ṣalla Allāhu ʿalayhi wa sallam qui a dit ce qui signifie : « un dirham procure plus que cent mille dirham ». On lui a dit : « mais comment cela, ô messager de Dieu ? Il a répondu ce qui signifie : « c’est le cas d’un homme qui ne possède que deux dirhams et il a donné en aumône un des deux dirhams. Et un autre qui possède cent mille dirhams et il a donné une partie qui n’est pas très élevée de sa grande fortune. Celui a donné un dirham aura plus de récompenses. » Rapporté par An-Nasāʾiy et At-Tirmiḏiy et ibnu Ḥibbān et Al-Ḥākim et Al-Bayhaqīy. C’est-à-dire que celui qui avait la grande fortune, il a donné en aumône une petite partie et il a gardé beaucoup pour lui-même. Même si ce qu’il a donné était cent mille dirhams et que cela représentait une toute petite partie de sa fortune, il aura une récompense moindre.
Donc celui qui a donné en aumône un seul dirham et qui ne garde pour lui qu’un seul dirham, sa récompense dépasse de loin, selon le jugement de Dieu, la récompense de celui qui a donné en aumône cent mille dirhams qui représente très peu de son immense fortune.
Par ailleurs, Dieu n’agrée les bonnes actions, que ce soit la prière, le jeûne, les aumônes, qu’après avoir connu Dieu. Quant à celui qui aura connu Dieu, celui qui a cru en Dieu et en Son messager, c’est de celui-là dont les bonnes actions seront récompensées. Dieu existe, Il n’a pas de ressemblance avec autre que Lui. Dieu n’est pas un corps de petite taille et ce n’est pas un corps de grande taille. Dieu existe de toute éternité avant toute chose, avant l’existence des cieux, des terres, Il existe avant l’existence des endroits, sans endroit. La première chose qu’Il a créée c’est l’eau. Puis Dieu a créé un corps immense qui s’appelle le Trône. Ensuite Il a créé un autre corps qui s’appelle le calame élevé. Ce n’est pas un crayon comme les crayons du bas-monde. Puis Il a créé un corps qui est une table qui a une étendue de cinq cents années. Le calame a écrit, sans que personne ne le tienne, sur cette table, tout ce qui va avoir lieu dans ce bas-monde, jusqu’au jour du jugement. Puis, après que le calame a eu fini d’écrire ce qui va se passer dans le bas-monde, cinquante mille années plus tard, Dieu a fait entrer en existence les cieux et la terre. Avant que Dieu ne crée la nuit et le jour, il n’y avait ni lumière ni obscurité. Et toutes ces choses-là, Dieu les a créées par Sa puissance et Sa volonté. Et Dieu a créé l’être humain en tant que dernière espèce de ce monde. Après que Dieu a créé les différentes espèces de créatures, Dieu a créé Ādam qui est le premier de l’espèce humaine.
Dieu a créé la terre dans deux jours : le dimanche et le lundi. Puis Dieu a créé les sept cieux le mardi et le mercredi. Puis Dieu les deux derniers jours (jeudi et vendredi) a créé tout ce qu’il y a sur terre comme choses qui sont un support pour nous et ce sont les montagnes, les fleuves, les océans. Dieu a fait que, sur terre, il y a des endroits qui sont bénéfiques et profitables pour les gens pour qu’ils puissent y vivre. Puis Dieu a créé, dans le temps de al-ʿaṣr du jour du vendredi, notre maitre Ādam ʿalayhi s-salām. Quant aux six jours dans lesquels ont été créés les cieux et la terre, chacun de ces six jours a une durée de mille années des années que nous comptons aujourd’hui. Ādam ʿalayhi s-salām a été créé à partir des sols de cette terre. Un ange a prélevé de cette terre une certaine quantité qui a été élevée au paradis et qui a été pétrie avec l’eau du paradis. Il n’a pas été rapporté qui est l’ange qui a fait cela. Il est possible que ce soit Ǧibrīl ou ʿAzrāʾīl ou que ce soit un autre ange que ces deux-là. Cette terre est restée ainsi sous forme de terre glaise pendant un certain temps puis elle a été transformée en quelque chose de dur et sec comme de la porcelaine. Et Dieu l’a transformée en chair, en os et en sang. Puis Dieu a fait que l’âme entre dans ce corps. Puis Dieu a enseigné à Ādam la manière de parler. Et Il a inondé son cœur de connaissances. Ādam connaissait le nom des choses. A partir d’une des côtes d’Ādam, Dieu a créé Eve et Il la lui a donnée en tant qu’épouse. Et ils ont vécu au paradis ensemble pendant cent trente ans. C’est la dernière partie de la journée du vendredi. Ensuite Dieu a envoyé Ādam sur terre et Il lui a enseigné les moyens de subsistance pour survivre sur terre, comment manger, boire, s’abriter, comment planter le blé, le récolter, comment en fabriquer du pain. Il lui a enseigné comment extraire le fer, le feu et comment fabriquer des pièces d’or et des pièces d’argent, pour que les gens puissent faire des échanges.
Verset 47 : Wa Yawma Nusayyiru Al-Jibāla : et cite-leur le jour où les montagnes vont se déplacer. Soit les montagnes vont être pulvérisées, Dieu va les réduire en poudre qui va se déplacer
Wa Tará Al-‘Arđa Bārizatan : et tu vas voir la terre dénudée. La terre ne sera plus couverte par les montagnes, par les arbres qui la couvraient.
Wa Ĥasharnāhum : Nous les avons rassemblés. C’est-à-dire que Dieu rassemblera les morts au jour du Jugement. Ceci pour indiquer que le rassemblement a eu lieu avant que les montagnes ne se déplacent. C’est un évènement qui a eu lieu avant ce qui est cité avant.
Falam Nughādir Minhum ‘Aĥadāan : et personne ne sera laissé de côté. Tous vont sortir de leurs tombes pour être réunis ce jour-là.
Ce verset 47 signifie que les gens seront rassemblés au jour du Jugement. Personne ne sera laissé de côté : cela signifie que tout le monde va être rassemblé. Personne ne sera oublié.
Verset 48 : Wa `Uriđū `Alá Rabbika Şaffāan : et ils ont été exposés à leur Seigneur en rangées. C’est-à-dire que tous ceux qui sont sortis de leurs tombes seront alignés en rangées, on peut voir chacun d’entre eux. Il n’y a pas un qui cache l’autre. Leur état a été comparé à l’état de soldats qui sont exposés à un sultan.
Laqad Ji’tumūnā Kamā Khalaqnākum ‘Awwala Marratin : vous êtes venus à la vie tout comme Nous vous avons créés la toute première fois. C’est-à-dire que Nous vous avons ressuscités tout comme Nous vous avons créés la toute première fois. Deuxième explication : vous êtes venus tout nus tout comme Nous vous avons créés la première fois.
Bal Za`amtum ‘Allan Naj`ala Lakum Maw`idāan: vous avez prétendu qu’il n’y avait pas de résurrection. Voilà le démenti dans ce que vous croyez dans cette vie. Vous avez pourtant reçu la nouvelle par les prophètes qui vous ont dit que vous allez être ressuscités, que vous allez être rassemblés et ce jour-là ils vous sera dit : voici votre rassemblement.
Verset 49 : Wa Wuđi`a Al-Kitābu Fatará Al-Mujrimīna Mushfiqīna : puis le livre a été rendu. C’est-à-dire le livre des œuvres. Tu verras les criminels ce jour-là qui seront effrayés.
Mimmā Fīhi : de ce qu’il y a dedans.
Wa Yaqūlūna Yā Waylatanā Māli Hādhā Al-Kitābi Lā Yughādiru Şaghīratan Wa Lā Kabīratan : ils vont dire : malheur à nous, pourquoi dans ce livre rien n’est omis, ni une petite chose, ni une grande chose (c’est-à-dire parmi les péchés)
‘Illā ‘Aĥşāhā : sans qu’elle ne soit consignée.
Wa Wajadū Mā `Amilū Ĥāđirāan : et ils verront ce qu’il y aura dans les livres, qui sera présent. Soit ce qui sera inscrit dans les livres ou « présent » c’est-à-dire ce qui sera la rétribution de ce qu’ils ont fait.
Wa Lā Yažlimu Rabbuka ‘Aĥadāan: et ton Seigneur n’est injuste envers personne .Dieu ne charge pas l’esclave d’une chose qu’il n’a pas faite. Dieu ne va pas châtier quelqu’un plus qu’il ne le mérite et Il ne va pas châtier quelqu’un qui n’a pas commis de péchés.
aṬ-Ṭabāriyyu a dit dans son exégèse : « ton Seigneur ne rétribue personne, ô MuḤammad , autrement que par ce qu’il mérite ». C’est-à-dire qu’Il ne rétribue par le bien que les gens de bien, et Il ne rétribue par la punition que les gens du mal. Et c’est cela la justice.
Verset 50 : Wa ‘Idh Qulnā Lilmalā’ikati Asjudū Li’dama : et Nous avons dit aux anges prosternez-vous pour Ādam : d’une prosternation de salutation ou bien de respect.
Fasajadū ‘Illā ‘Iblīsa Kāna Mina Al-Jinni : les anges se sont prosternés sauf Iblīs qui faisait partie des jinns. Cette phrase est comme une réponse à la question : et pourquoi ne s’est-il pas prosterné ? La réponse est : il faisait partie des jinns. La question n’est pas mentionnée mais elle est sous-entendue.
Fafasaqa `An ‘Amri Rabbihi : il n’a pas respecté l’ordre de son Seigneur. Il a agi d’une façon non conforme à ce que son Seigneur lui a ordonné. Il avait reçu l’ordre de se prosterner tout comme les anges avaient reçu cet ordre-là. Il n’est pas permis de dire qu’Iblīs était le prince des anges.Il n’était pas du tout un ange. Preuve en est la parole de Dieu qui signifie : « sauf Iblīs qui, lui faisait partie des jinns ».
Et le Messager de Dieu ṣalla Allāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les anges ont été créés à partir de la lumière et les jinns ont été créés à partir d’une flamme pure de feu ». Il s’avère donc qu’Iblīs faisait partie des jinns, véritablement, tout comme nous l’avons indiqué précédemment.
‘Afatattakhidhūnahu Wa Dhurrīyatahu ‘Awliyā’a Min Dūnī : est-ce que vous les considérez, lui et ses descendants, comme des partisans, au lieu de M’obéir ? La lettre qui commence cette phrase est une hamza qui signifie « est-ce que » mais ce n’est pas une question qui attend une réponse, mais c’est un blâme. C’est exprimer l’exclamation, l’étonnement. C’est comme s’il était dit : après ce qu’ils ont fait, lui et ses descendants, vous les considérez comme des partisans, au lieu de M’adorer ? Puis An-Nasafī a cité certains noms de chayāṭīn de sa descendance comme Lāqīs qui est celui qui ramène les mauvaises suggestions, pour celui qui doute de sa purification. Un autre ramène à la personne le doute quant au nombre des rakʿa dans la prière. Dāsam est celui qui mange avec la personne qui n’a pas dit la basmala.
Wa Hum Lakum `Adūwun : alors qu’ils sont pour vous des ennemis
Bi’sa Lilžžālimīna Badalāan : quels mauvais remplaçants pour les injustes. C’est-à-dire ces injustes qui, au lieu d’obéir à Dieu, ils obéissent à Iblīs. Quelle mauvaise chose qu’ils font !!
Verset 51 : Mā ‘Ash/hadtuhum: Je n’ai pas pris à témoin Iblīs et sa descendance
Khalqa As-Samāwāti Wa Al-‘Arđi: pour la création des cieux et de la terre. C’est-à-dire que vous les avez adorés, or, ils auraient été associés dans l’adoration s’ils avaient été associés dans la divinité. Dieu a nié le fait qu’ils soient des associés dans la divinité pour leur soi-disant soutien dans la création des cieux et de la terre ou bien pour les consulter dans la création des cieux et de la terre. Autrement dit, Dieu dit : Je suis le Seul à créer les choses, alors, n’adorez que Moi.
Wa Lā Khalqa ‘Anfusihim : Dieu nous apprend qu’Il ne S’est pas fait aider par certains d’entre eux pour la création d’autres qu’eux. Ni Il ne s’est consulté avec eux pour la création des cieux et de la terre ni pour leur propre création eux-mêmes.
Wa Mā Kuntu Muttakhidha Al-Muđillīna `Ađudāan : et je ne prends pas les égarés comme soutien. Dieu nous apprend que, s’ils (Iblīs et sa descendance) ne sont pas des soutiens pour Lui dans la création, alors pourquoi vous, les associateurs, vous les considérez comme des associés à Dieu dans l’adoration ?
Verset 52 : Wa Yawma Yaqūlu : le jour où Dieu dit (aux mécréants). Et dans la récitation de Hamzah c’est « wa yawma naqūl » c’est-à-dire « le jour où Nous dirons » avec le « Nous » de majesté. Toutes ces récitations remontent au Prophète qui parfois, récitait la première récitation et parfois le seconde.
Nādū Shurakā’iya Al-Ladhīna Za`amtum : Il fait entendre aux mécréants. Au Jour du Jugement, les associateurs vont entendre la parole de Dieu, appelez c’est-à-dire appelez à haute voix mes associés, selon votre prétention. C’est-à-dire appelez ceux que vous avez prétendus comme étant mes associés qui vont vous protéger de Mon châtiment. Et il est visé par les associés, les djinns. Et le terme associé est utilisé avec le pronom possessif « mes » mais avec la précision « selon votre prétention ». Ceci n’est pas pour confirmer que Dieu aurait des associés.
Fada`awhum Falam Yastajībū Lahum Wa Ja`alnā Baynahum Mawbiqāan : ils les ont appelés mais ils ne leur ont pas répondu et Nous avons fait qu’il y ait entre eux un mawbiq. Il y a plusieurs explications à ce mot :
Ça peut être une cause de perdition.
Ou encore c’est une vallée en enfer qui est un endroit de châtiment douloureux dans lequel ils vont être associés, c’est-à-dire ceux qui ont adoré autre que Dieu et ceux qui ont demandé à être adorés.
Ou encore une longue distance entre les anges, ʿOuzayr et ʿIsā : parce que certains avaient adoré les anges, certains avaient adoré ʿOuzayr et certains avaient adoré ʿIsā. Les mécréants seront en enfer alors que les anges seront dans les cieux et ʿOuzayr et ʿIsā, eux, seront au paradis.
Verset 53 : Wa Ra’á Al-Mujrimūna An-Nāra Fažannū : les criminels vont voir le feu. Ce sont les mécréants qui verront le feu de l’enfer.
Fažannū Annahum Muwāqi`ūhā : et ils auront la certitude. Et ils auront la certitude qu’ils vont entrer en enfer.
Wa Lam Yajidū `Anhā Maşrifāan : et ils n’ont pas trouvé de moyen pour en échapper.
Verset 54 : Wa Laqad Şarrafnā Fī Hādhā Al-Qur’āni : Nous avons fait que dans ce Qur-ān, il y ait des exemples, des moralités, des récits, des leçons
Lilnnāsi Min Kulli Mathalin : pour chaque personne tout ce dont ils ont besoin.
Wa Kāna Al-‘Insānu ‘Akthara Shay’in Jadalāan : et l’être humain en général est celui qui débat, qui discute. C’est la créature de laquelle provient le plus le débat et la discussion.
Verset 55 : Wa Mā Mana`a An-Nāsa ‘An Yu’uminū ‘Idh Jā’ahumu Al-Hudá : et qu’est-ce qui empêche les gens d’être croyants lorsque la bonne guidée leur parvient ? La bonne guidée ici c’est-à-dire celui qui est la cause de la bonne guidée, en l’occurrence le Livre de Dieu et Son Messager.
Wa Yastaghfirū Rabbahum ‘Illā ‘An Ta’tiyahum Sunnatu Al-‘Awwalīna ‘Aw Ya’tiyahumu Al-`Adhābu : (et qu’est-ce qui les empêche de) demander le pardon à leur Seigneur, si ce n’est ce qui est arrivé aux premiers (certains peuples ont été anéantis) ou que leur arrive le châtiment de l’au-delà. Ce verset est une incitation à devenir croyants : entrez en Islam, devenez croyants, demandez à Dieu le pardon pour ne pas qu’il vous arrive ce qui est arrivé aux premiers, c’est-à-dire l’anéantissement, la destruction ou le châtiment de l’au-delà.
Qubulāan : que le châtiment leur arrive sous différentes sortes. Il y a aussi une récitation avec qibalā : c’est-à-dire : face à eux, c’est-à-dire est-ce qu’ils attendent que le châtiment soit devant eux, pour devenir croyants ?
Verset 56 : Wa Mā Nursilu Al-Mursalīna ‘Illā Mubashirīna Wa Mundhirīna : et Nous n’envoyons les messagers qu’annonciateurs de bonne nouvelle et avertisseurs d’un châtiment. C’est une preuve que Dieu n’agrée pas autre que l’Islam comme religion. Si Dieu agréait autre que l’Islam comme religion, Il n’aurait pas envoyé les prophètes et les messagers, pour annoncer la bonne nouvelle aux croyants qu’ils auront le paradis et pour avertir les mécréants du feu de l’enfer.
Wa Yujādilu Al-Ladhīna Kafarū Bil-Bāţili: ceux qui ont mécru débattent de manière fausse sans avoir de preuves acceptables. Il est question ici lorsque les mécréants ont dit aux messagers : « vous n’êtes que des humains comme nous ; si Dieu le voulait, Il aurait fait descendre des anges ». Ce verset dénonce les arguments avancés par les mécréants.
Liyudĥiđū Bihi Al-Ĥaqqa : afin d’annuler par leurs débats le statut de prophète.
Wa Attakhadhū ‘Āyātī Wa Mā ‘Undhirū Huzūan : et ils ont considéré Mes versets : les mécréants ont considéré le Qur-ān et ce dont ils ont été avertis, c’est-à-dire le châtiment dont ils ont été menacés comme sujet de moquerie.
Verset 57 : Wa Man ‘Ažlamu Mimman Dhukkira Bi’āyāti Rabbihi : qui est plus injuste que celui qui a reçu le rappel des versets de son Seigneur ?
Fa’a`rađa `Anhā : et qui s’en est détourné. Le rappel ne l’a pas amené à se corriger.
Wa Nasiya Mā Qaddamat Yadāhu : et il a oublié ce qu’il a accompli comme actes. C’est -à-dire qu’il n’a pas réfléchi aux conséquences de ce qu’il a accompli comme actes, en l’occurrence comme mécréances et comme péchés. Il ne réfléchit pas au fait que le bienfaisant et le malfaisant, nécessairement auront une rétribution. Ils agissent ainsi parce que cette objection est ancrée dans leur cœur.
‘Innā Ja`alnā `Alá Qulūbihim ‘Akinnatan : Nous avons fait sur leurs cœurs comme des couvercles.
‘an yafqahūhu wa fī ‘Ādhānihim waqrāan : qui les empêchent de comprendre ce rappel. La récitation du Qur-ān ne dépasse pas leurs gorges, c’est-à-dire qu’elle n’atteint pas leurs cœurs.
wa ‘in tad`uhum ‘ilá al-hudá falan yahtadū ‘idhāan ‘abadāan: et si tu les appelais : c’est-à-dire ô toi Muḥammad, à la bonne guidée, c’est-à-dire à la foi ils ne seront pas bien guidés. Dieu guide qui Il veut et Il égare qui Il veut. Ils ne seront alors jamais bien guidés. C’est-à-dire que toute la durée où ils seront responsables, ils ne seront alors pas bien guidés. C’est comme si c’était une réponse au Messager qui dirait : pourquoi je ne les appellerais pas pour qu’ils deviennent musulmans ? Il lui a été dit : même si tu les appelais à la bonne guidée, ils ne seront jamais bien guidés, parce que Dieu a voulu qu’ils ne soient pas bien guidés.
Verset 58 : Wa Rabbuka Al-Ghafūru Dhū Ar-Raĥmati : et ton Seigneur est Celui Qui pardonne beaucoup et Qui est très miséricordieux.
Law Yu’uākhidhuhum Bimā Kasabū La`ajjala Lahumu Al-`Adhāba : parmi les formes de Sa miséricorde, c’est que s’Il les châtiait pour ce qu’ils ont fait, Il leur aurait fait parvenir rapidement un châtiment. C’est par miséricorde qu’Il ne châtie pas rapidement les gens de La Mecque, alors qu’ils manifestaient une grande forme d’animosité envers le Prophète ṣalla Allāhu ʿalayhi wa sallam.
Bal Lahum Maw`idun Lan Yajidū Min Dūnihi Maw’ilāan : mais ils auront une date : c’est le jour de la bataille de Badr. Et ils ne trouveront pas de refuge ce jour-là pour échapper à ce châtiment-là.
Verset 59 : Wa Tilka Al-Qurá ‘Ahlaknāhum : et ces villes, Nous les avons détruites. Il s’agit des villes du peuple de Nūḥ , ʿĀd et Ṯamūd.
Lammā Žalamū : lorsqu’ils ont été injustes. Tout comme les gens de La Mecque ont été injustes. Le verset signifie : observez ce qui est arrivé à ceux qui étaient injustes. Craignez qu’il ne vous arrive la même chose.
Wa Ja`alnā Limahlikihim Maw`idāan: et Nous avons fixé pour leur destruction une date. Tout comme a été fixée une date de destruction pour les autres peuples.
Verset 60 : Wa ‘Idh Qāla Mūsá Lifatāhu : et Mūsā a dit à son serviteur : c’est-à-dire « cite ô Muḥammad » lorsque Mūsā a dit à celui qui était à son service et ce serviteur n’a pas été mentionné explicitement. En fait il s’appelait Yūchāʿ fils de Nūn, il était, après Mūsā, le premier des prophètes des descendants d’Isrāʾīl. Et le dernier d’entre eux était ʿIsā. Yūchā appliquait les règles révélées dans la torah. Il a été surnommé al-fatā (qui est un terme qui désigne celui qui est au service de quelqu’un) parce qu’il était au service de Mūsā ʿalayhi s-salām. Il le suivait et il apprenait auprès de lui la science. Ici ce n’est pas dans le sens d’un esclave, cela ne veut pas dire que Yūchā appartenait à Mūsā mais il l’aidait dans son quotidien. Parce que dans la langue arabe, le mot « fatā » peut avoir le sens du jeune homme ou bien de l’esclave.
Lā ‘Abraĥu : il y a dans la construction en arabe quelques subtilités. Je ne vais cesser. La suite est omise et c’est possible dans la langue arabe.
Ĥattá ‘Ablugha Majma`a Al-Baĥrayni : jusqu’à atteindre le point de rencontre des deux mers. Ce qui a été omis après « je ne vais cesser » est « de marcher ». Les deux mers : il s’agit de la mer de Perse et de la mer des Romains. C’est là où notre maître Mūsā a eu la promesse qu’il pourrait rencontrer Al-H̱aḍir. Celui-ci a été surnommé ainsi parce qu’il a été rapporté dans le ḥadīṯ qu’il était assis sur un endroit blanc qui est devenu vert. Et ce n’était pas de manière habituelle. Les savants ont divergé au sujet de cet homme Al-Ǧaḍir : certains ont dit que c’était un saint et d’autres ont dit que c’était un prophète.
‘Aw ‘Amđiya Ĥuqubāan : ou s’il le faut je ferai un voyage d’une durée de quatre-vingts ans. Dans la langue, une durée de 80 ans a un nom, elle s’appelle ḥuqub. Il a été rapporté que, lorsque Mūsā a eu le dessus avec son peuple les descendants d’Isrāʾīl, sur l’Egypte et qu’ils s’y sont installés, après l’anéantissement des Qibṭ (ce sont qui adoraient pharaon), Mūsā a demandé à son Seigneur : « quels sont parmi Tes esclaves ceux que Tu agrées le plus ? Dieu lui a révélé : c’est celui qui M’évoque et qui ne M’oublie pas. C’est-à-dire celui qui se surveille tout le temps pour obtenir les hauts degrés. L’intelligent est celui qui se surveille pour Dieu. Se surveiller pour Dieu signifie le fait d’avoir présent dans son cœur que Dieu sait tout de nous, que Dieu nous a ordonné certaines choses que nous devons accomplir, que Dieu nous a interdit certaines choses que l’on doit éviter, que Dieu a tous les droits sur nous parce que c’est Lui Qui nous a donné tous les bienfaits que l’on a, qu’on ne doit pas être ingrat envers Dieu.
Puis Mūsā a posé une autre question : qui, parmi Tes esclaves est le plus correct dans ses jugements ? Dieu a dit : c’est celui qui juge conformément au droit et qui ne suit pas ses passions. Et c’est le Créateur qui définit le droit. Donc celui qui applique correctement ce qui est révélé aux prophètes, c’est celui-là qui est le plus juste. Le Prophète ʿalayhi š-šalāt wa s-salām a dit ce qui signifie : « l’un de vous n’atteindra un degré de foi complète que s’il fait soumettre ses penchants à ce que je vous ai transmis ». Notre maitre Mūsā a demandé à son Seigneur : qui parmi Tes esclaves a le plus de science ? La réponse a été : « c’est celui qui cherche à acquérir la science auprès des gens, pour l’ajouter à sa propre science à lui, puisse-t-il obtenir de la sorte une parole qui va lui montrer une voie de bien ou le détourner d’une voie de mal ». La sagesse est comme l’objet que tu cherches. Ceci est conforme à une autre parole du Prophète ʿalayhi š-šalāt wa s-salām, qui signifie : « le croyant ne se lasse pas d’un bien qu’il entend jusqu’à ce qu’il parvienne au paradis ». Mūsā a dit à Son Seigneur : « si quelqu’un a plus de connaissances que moi, indique-le-moi ».
Dieu lui a appris que celui qui avait plus de connaissances que lui, était Al-H̱aḍir.
Il a dit : « où pourrais-je le trouver ? ».
Tu le trouveras au bord de l’eau auprès d’un rocher.
Il a demandé : quelle eau, quelle mer, quel rocher ?
Dieu a révélé à notre maitre Mūsā de prendre un poisson mort dans un panier et, là où il perdra, ce sera là où il trouvera Al-H̱aḍir.
Notre maitre Mūsā a entamé le chemin avec son serviteur Yūchāʿ fils de Nūn et il lui a dit : « là où tu vas perdre le poisson, avertis-moi ».
Ils ont marché et à un moment, notre maitre Mūsā s’est assoupi. Dieu a fait que le poisson reprenne vie et il a sauté dans l’eau. Mūsā et Yūchāʿ mangeaient de ce poisson lors de leur voyage, à chaque fois, ils en consommaient une petite partie. Quand le moment du repas est arrivé, Mūsā a demandé à ce qu’on amène le poisson, et son serviteur lui a dit que le poisson avait sauté dans l’eau. Mūsā a dit que c’était exactement ce qu’il recherchait. Alors ils sont revenus auprès du rocher où ils avaient fait halte, et ils sont tombés sur un homme qui était recouvert avec un drap. Notre maitre Mūsā l’a salué et l’homme lui a rendu le salām. C’est la salutation que Dieu a agréée pour nous. Et cela signifie que tu n’as rien à craindre de ma part. « wa ʿalaykoumou s-salām » signifie que toi aussi, tu n’as rien à craindre de moi. Notre maitre Mūsā s’est présenté en disant qu’il était Mūsā fils de ʿImrān. Alors Al-H̱aḍir lui a dit : « ô Mūsā, moi, j’ai des connaissances que Dieu m’a données et que toi, tu ne détiens pas. Et toi, tu as des connaissances que Dieu t’a données et que moi, je n’ai pas ». Al-H̱aḍir dépasse Mūsā sur la connaissance des choses cachées : Dieu lui révèle certaines choses cachées (comme quelle sera la fin de telle personne). Et Mūsā dépasse Al-H̱aḍir sur la maitrise de la Loi de l’Islam, dans la connaissance des lois apparentes. Nous disons, pour être conforme au texte, que Al-H̱aḍir a plus de connaissances que Mūsā, en prenant en compte le détail que nous venons de citer.
La cause qui a poussé Mūsā à rencontrer Al-H̱aḍir est que les descendants d’Isrāʿīl lui ont posé la question : qui, parmi les gens, a le plus de connaissances ? Mūsā a répondu : « moi ». Il n’a pas dit : « Dieu sait plus que tout autre ». Puis Dieu lui a révélé que ce n’était pas lui qui avait le plus de science, mais que c’était l’esclave de Dieu, qui s’appelle Al-H̱aḍir. Ce ḥadīṯ a été rapporté par Al-Bouẖārī.
Puis Mūsā a dit :« ô Allāh, comment pourrais-je le rencontrer ? » Mūsā a aspiré à rencontrer celui qui avait plus de science que lui. Dieu lui a indiqué comment il pourrait le rencontrer. Parce que la loi qu’Al-H̱aḍir appliquait à cette époque-là, avait pris fin. En effet, quand un nouveau messager vient, c’est sa loi qui est appliquée. Donc la loi de Al-H̱aḍir ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’était plus appliquée et c’était la loi de Mūsā qui rentrait en application. Les gens devaient appliquer la loi du nouveau prophète. Lorsque notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām est arrivé, Dieu lui a révélé de nouvelles lois. Quant à la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, elle est plus simple que les lois des autres prophètes. Celui qui ne connait pas la réalité pense que cette loi est la plus dure des lois. Un exemple : l’accomplissement de la prière était un devoir pour chaque communauté. Le nombre des prières était différent mais il y avait des prières obligatoires. Dans les lois des autres prophètes, il n’était permis d’accomplir la prière que dans un endroit dédié, réservé à cela. Quant à nous, dans la loi de notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, où que nous nous trouvions quand le temps de la prière commence, nous pouvons faire notre prière. Dieu nous a facilité.
Concernant notre maitre Al-H̱aḍir, nous pouvons dire Al-H̱aḍir ou bien H̱aḍir. Quelqu’un est venu à notre maitre Mūsā et lui a demandé : connais-tu quelqu’un qui a plus de science que toi ? Mūsā a répondu : non, je n’en connais pas. Et Dieu lui a révélé que quelqu’un avait plus de connaissances que lui et que c’était Al-H̱aḍir. Et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a demandé à le rencontrer. Et Dieu a fait que le poisson serait le signe qui lui permettrait de le rencontrer, c’est-à-dire que là où il allait perdre le poisson, ce serait là où il allait rencontrer Al-H̱aḍir ʿalayhi s-salām, parce que notre croyance est qu’Al- H̱aḍir était un prophète. Il y a divergence concernant le fait qu’il était soit un prophète, soit un saint.
Alors qu’ils étaient sur un navire et qu’un oiseau a picoré un peu d’eau de la mer, Al- H̱aḍir a dit à notre maître Mūsā : la part de connaissances que Dieu nous a donnée, par rapport à la part de connaissances que Dieu ne nous a pas donnée est une part infime, semblable à ce que cet oiseau a pris dans son bec, par rapport à l’étendue de l’eau.
C’est-à-dire que toi, Mūsā, tu as cherché à connaitre la personne qui avait plus de connaissances que toi. Même si tu l’as trouvée, sache que tes connaissances, mes connaissances et ce que toutes les créatures savent, par rapport aux restes des connaissances que nous n’avons pas, est infime.
Notre maître Al- H̱aḍir avait cassé deux planches du navire, de façon à ce que ce navire présente un défaut, parce que le roi de cette époque confisquait toute embarcation qui était en état de naviguer. Au début, notre maître Mūsā n’a pas compris la raison de cet acte. Il a dit : « ce sont des gens qui nous ont emmenés gracieusement, ils nous ont emmenés à bord et toi, tu leur casses deux planches de leur navire ! » Et quand les envoyés du roi étaient passés et qu’ils ont vu que ce navire avait un défaut, ils l’ont laissé. Par la suite, notre maître Al- H̱aḍir a passé sa main sur les deux planches et le navire est redevenu intact. Personne ne s’était noyé malgré les deux planches cassées. Et elles sont redevenues telles quelles. Et les gens du navire étaient heureux. Puis notre maitre Al- H̱aḍir a atteint son objectif qui était de sauver ces pauvres gens qui ont ainsi pu conserver ce navire qui était leur outil de travail.
Dieu a fait un reproche à notre maitre Mūsā parce que celui-ci avait répondu à la question (qui a le plus de science ?) avant de dire ce qui signifie : « Dieu sait plus que tout autre ». Lorsque certains descendants des fils d’Isrāʿīl ont demandé à notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām qui, parmi les gens, a le plus de connaissances, notre maitre Mūsā n’a pas dit « Dieu sait plus que tout autre »et c’est pour cela que Dieu lui a reproché cette réponse. Et il lui a révélé qu’il existait bien parmi les créatures de Dieu à son époque quelqu’un qui avait plus de connaissances que lui. Quand ils sont descendus du navire, Al- H̱aḍir a dit à notre maitre Mūsā : « ô Mūsā, toi, tu as des connaissances que Dieu t’a données et que, moi, je n’ai pas et moi, j’ai des connaissances que Dieu m’a données et que toi, tu n’as pas ».
Si quelqu’un pose la question : « comment cette réponse de Al- H̱aḍir est-elle en conformité avec ce que Dieu a révélé à notre maitre Mūsā ? » Comment concilier les deux ? La réponse est : les connaissances de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām n’étaient pas aussi nombreuses que celles de Al- H̱aḍir ʿalayhi s-salām, bien que le degré de notre maitre Mūsā est supérieur au degré de Al- H̱aḍir, selon le jugement de Dieu. Et Al- H̱aḍir n’a pas plus de connaissances au sujet de la Loi que Mūsā. C’est-à-dire ce qui concerne ce qui est licite, ce qui est interdit, ce qui est bon, ce qui est mauvais. Al- H̱aḍir a plus de connaissances que Mūsā concernant ce qui se rapporte à l’état des créatures. Dieu lui a accordé de vivre un âge que seul Dieu sait. Car Al- H̱aḍir a vécu bien avant notre maitre Mūsā, peut-être mille ans. De ce fait, il avait, concernant les connaissances de l’état des créatures, ce que notre maitre Mūsā n’avait pas.
Et c’est par cette explication que l’on concilie les deux paroles : la parole de Dieu qui signifie : « oui, il y a quelqu’un qui a plus de connaissances que toi « et la parole de Al- H̱aḍir : « ta science et ma science, par rapport aux connaissances que Dieu ne nous a pas données, c’est comme une goutte d’eau dans la mer ».
Le šayẖ, que Dieu lui fasse miséricorde a dit : selon l’avis le plus fort, Al-H̱aḍir ʿalayhi s-salām est un prophète. Il y a beaucoup de savants qui ont néanmoins dit qu’il était un saint et non pas un prophète. Donc le fait d’avoir une particularité n’implique pas forcément d’avoir plus de mérite.
Il y a une deuxième divergence entre les savants qui concerne le fait de savoir si Al-H̱aḍir est déjà mort ou bien s’il est encore vivant. La plupart des savants sont d’avis qu’il est encore vivant. Mais il mourra lorsque le Qurʾān sera élevé dans le ciel. Viendra une époque où le Qurʾān sera élevé jusqu’au ciel, environ cent ans avant la fin des temps.
Dans le verset qui signifie « et Il sait absolument toute chose », nous comprenons que celui qui prétend connaître toute chose est un mécréant parce qu’il s’est considéré égal à Dieu. Il n’est pas permis de croire qu’il y a un être autre que Dieu qui sait toute chose. Car ainsi celui -là aura attribué un associé à Dieu. Dieu sait ce qui a eu lieu, comment cela a eu lieu et Il sait ce qui aura lieu, comment cela aura lieu, par Sa science qui est unique, qui n’augmente pas ni ne diminue.
Verset 61 : falammā balaghā majma`a baynihimā : quand ils sont arrivés au point de rencontre des deux étendues d’eau
Nasiyā Ĥūtahumā : ils ont oublié leur poisson : et c’est Yūchāʿ, celui qui était en charge des provisions, qui l’a oublié. Sa preuve est qu’il lui a dit « si tu oublies le poisson, c’est comme s’ils avaient oublié leurs provisions, alors que c’est celui qui se charge des provisions qui les a oubliées.
Il a été dit que ce poisson était un poisson salé, qu’ils ont fait halte une nuit au bord de l’eau au bord de la source de la vie et que Mūsā s’est endormi et lorsque le poisson a été éclaboussé par l’essence cette eau et sa fraicheur, ce poisson est retourné à la vie et il est tombé dans l’eau.
Fa Attakhadha Sabīlahu Fī Al-Baĥri Sarabāan : il a emprunté son chemin en mer : il a pris un chemin de la terre vers la mer il s’est jeté à l’eau.
Verset 62 : Falammā Jāwazā : quand ils ont dépassé le point de rencontre de ces deux eaux puis ils ont fait halte alors qu’ils ont marché ce que Dieu a voulu qu’ils marchent
Qāla Lifatāhu ‘Ātinā Ghadā’anā Laqad Laqīnā Min Safarinā Hādhā Naşabāan : il a dit à son aide : Mūsā a dit à Yūchāʿ : donne-nous notre repas, nous sommes fatigués de notre voyage.
Verset 63 : Qāla ‘Ara’ayta ‘Idh ‘Awaynā ‘Ilá Aş-Şakhrati : il a dit vois-tu lorsque nous avons trouvé un abri près d’un rocher
Fa’innī Nasītu Al-Ĥūta : j’ai oublié le poisson
Wa Mā ‘Ansānīhu ‘Illā Ash-Shayţānu ‘An ‘Adhkurahu: ce n’est que le šiṭān qui me l’a fait oublier
Wa Attakhadha Sabīlahu Fī Al-Baĥri `Ajabāan : et il a emprunté son chemin en mer de manière étonnante. Puisque la trace de ce poisson était restée dans l’eau là où il nageait.
Verset 64 : Qāla Dhālika Mā Kunnā Nabghi : il a dit c’est exactement ce que nous voulions ; le départ du poisson était un signe de la rencontre avec Al-H̱aḍir ʿalayhi s-salām
Fārtaddā `Alá ‘Āthārihimā Qaşaşāan : ils ont rebroussé chemin en suivant leurs traces
Verset 65 : Fawajadā `Abdāan Min `Ibādinā ‘Ātaynāhu Raĥmata Min `Indinā : ils ont tous deux trouvé un de Nos esclaves à qui Nous avons accordé une miséricorde de Notre part.
Il s’agit de notre maître Mūsā et de son serviteur notre maître Yūchāʿ qui ont trouvé tous deux, un de Nos esclaves vertueux et il s’agit d’Al-H̱aḍir qui était endormi sous un vêtement. Ou bien assis sur l’eau.
La miséricorde accordée : il s’agit de la révélation et du statut de prophète. L’avis retenu est qu’Al-H̱aḍir est un prophète et qu’il est encore vivant et qu’il ne mourra que lorsque le Qur-ān sera élevé au ciel. Une deuxième explication : c’est la science. Une troisième explication : une longue vie.
Wa `Allamnāhu Min Ladunnā `Ilmāan : Nous lui avons accordé des connaissances de Notre part. C’est un « nous » de majesté. Dieu l’informe de connaissances cachées. Il a été dit que les connaissances auxquelles il est fait référence dans ce verset est la science « allā-duniyy » qui est la science des connaissances qui sont obtenues par l’esclave par l’inspiration. Cette inspiration est réservée aux prophètes et aux saints.
Verset 66 : Qāla Lahu Mūsá Hal ‘Attabi`uka `Alá ‘An Tu`allimani Mimmā `Ullimta Rushdāan : Mūsā lui a dit : est-ce-que je pourrai t’accompagner afin que tu m’enseignes une science qui m’aide à m’accomplir dans ma religion ? Mūsā a demandé à Al-H̱aḍir de lui enseigner une science qui lui soit profitable dans sa religion. Dans cette parole de Mūsā ʿalayhi s-salām, il y a la preuve qu’il ne convient à personne de délaisser l’apprentissage de la science, même si elle a atteint un haut degré dans la science. Et il y a aussi la preuve qu’il convient de faire preuve de modestie envers celui qui a plus de connaissances que soi.
Verset 67 : Qāla ‘Innaka Lan Tastaţī`a Ma`iya Şabrāan : il a dit tu ne pourras pas patienter avec moi. Il y a deux façons de réciter ce verset : soit avec une fatḥa sur le yā : maʿiya
, soit avec un sukūn : maʿi. Al-H̱aḍir a répondu cela à notre maître Mūsā. Cela signifie : tu ne pourras pas patienter pour t’abstenir de renier et tu ne pourras pas t’abstenir de poser des questions.
Verset 68 : Wa Kayfa Taşbiru `Alá Mā Lam Tuĥiţ Bihi Khubrāan : comment tu vas supporter de patienter à propos de ce dont tu n’as pas de connaissance. Al-H̱aḍir a dit à notre maître Mūsā qu’il n’allait pas pouvoir patienter et il a insisté sur cela. Il lui a dit : c’est sûr que tu ne pourras pas patienter. Et il a justifié cela par le fait qu’il va être témoin de choses qui, en apparence, sont des choses blâmables (réprouvables) et un homme vertueux ne va pas arriver à s’abstenir de les réprouver et à plus forte raison si c’est un prophète.
Verset 69 : Qāla Satajidunī ‘In Shā’a Allāhu Şābirāan Wa Lā ‘A`şī Laka ‘Amrāan : il lui dit : tu verras, si Dieu le veut, je serai patient et je ne te désobéirai pas. C’est-à-dire : tu me trouveras au nombre de ceux qui patientent, c’est-à-dire pour ne pas renier et émettre d’objection. Et je suivrai tes consignes.
Verset 70 : Qāla Fa’ini Attaba`tanī Falā Tas’alnī `An Shay’in Ĥattá ‘Uĥditha Laka Minhu Dhikrāan : il (Al-H̱aḍir) lui a dit : si tu veux me suivre alors ne me pose pas de question avant que je ne t’informe. Il lui dit : parmi les conditions pour que tu puisses m’accompagner, c’est que, si tu constates quelque chose de ma part et que tu as su que c’était correct, sauf que la raison de cela t’a échappé et que, dans ton cœur, tu t’es posé la question, alors ne prends pas l’initiative de m’interroger ou de me reprendre avant que ce soit moi qui t’en parle en premier. Et cela est la règle du comportement requise de l’étudiant envers son enseignant.
Verset 71 : Fānţalaqā Ĥattá ‘Idhā Rakibā Fī As-Safīnati Kharaqahā : ils sont partis ensemble et quand ils sont montés à bord d’un navire, il (Al-H̱aḍir) a arraché les planches. Ils sont partis au bord de l’eau à la recherche d’un navire. Certains membres du navire ont dit : ce sont des voleurs ? Mais le propriétaire du navire a dit : non, leurs visages sont des visages de prophètes. Les gens du navire les ont alors embarqués sans leur faire payer de contrepartie. Quand ils ont pris le large, notre maitre Al-H̱aḍir a pris une hache et il a arraché deux planches de la cale du navire. Notre maitre Mūsā s’est mis à combler le trou avec ses vêtements.
Qāla ‘Akharaqtahā Litughriqa ‘Ahlahā : est-ce que tu as arraché les planches de ce navire pour que les gens se noient ?
Laqad Ji’ta Shay’āan ‘Imrāan : tu as fait là quelque chose de grave. C’estnotre maitre Mūsā qui a dit cela.
Verset 72 : Qāla ‘Alam ‘Aqul ‘Innaka Lan Tastaţī`a Ma`iya Şabrāan : il ((Al-H̱aḍir) a dit : tu as vu, n’est-ce pas que j’avais dit que tu n’allais pas pouvoir patienter.
Verset 73 : Qāla Lā Tu’uākhidhnī Bimā Nasītu : quand notre maître Mūsā a constaté que le fait d’avoir arraché les planches n’avait pas entrainé que de l’eau pénètre dans le navire et que cela n’avait pas du tout nui aux gens du navire, il a dit à Al-H̱aḍir : ne m’en veux pas pour ce que j’ai oublié. C’est-à-dire qu’il avait oublié la consigne ou bien ne m’en veux pour n’avoir pas suivi ta consigne cette première fois
Wa Lā Turhiqnī Min ‘Amrī `Usrāan : sois indulgent avec moi pour cette fois-ci. Laisse-moi t’accompagner encore et ne m’en veux pas pour avoir délaissé ta consigne.
Verset 74 : Fānţalaqā Ĥattá ‘Idhā Laqiyā Ghulāmāan Faqatalahu : ils sont repartis et quand il a trouvé un jeune homme, il l’a tué. Al-H̱aḍir a tué le jeune homme. Il a été dit qu’il lui a cogné la tête contre un mur et il a été dit qu’il l’a allongé et qu’il l’a tué avec un couteau.
Qāla ‘Aqatalta Nafsāan : il (Mūsā) lui a dit : tu as tué quelqu’un.
Zakīyatan : qui n’a pas commis quelque chose.
Bighayri Nafsin : qui fait mériter d’être tué. Il n’a pas commis un meurtre pour que ce soit une loi du talion. Or, ce jeune homme qu’Al-H̱aḍir avait tué, c’était par révélation de la part de Dieu et ceci, en raison des choses blâmables qu’il allait commettre s’il était resté vivant.
Notre šayẖ a dit : en apparence, il n’avait pas encore atteint la puberté. Et on ne dit pas qu’il entrera en enfer. Il a dit : nous ne parlons pas de cela. Le jeune homme qu’Al-H̱aḍir avait tué, il est possible à son sujet une des deux choses : notre maître Al-H̱aḍir l’a tué parce qu’il avait su que, s’il atteignait la puberté, il allait entrainer ses parents à la mécréance. Et il a sur cela par révélation. Il est parvenu dans le ḥādīṯ qu’il est marqué « mécréant » et que, s’il avait vécu et avait atteint la puberté, il aurait épuisé ses parents. Les savants n’ont pas cité s’il allait aller au paradis ou bien s’il allait aller en enfer, alors nous nous abstenons de parler de cela.
Laqad Ji’ta Shay’āan Nukrāan : il lui a dit tu as fait là quelque chose de blâmable. Notre maître Mūsā a dit à notre maître Al-H̱aḍir : tu tues quelqu’un sans raison, tu as fait quelque chose de blâmable.
Lors du premier incident avec le navire, il a été employé le terme « imr » qui est plus grave que « an-nukr ». Parce que tuer une personne est moins grave que tuer tous ceux qui sont sur un navire. Et il y a une deuxième explication : ce que tu as fait là, en tuant quelqu’un, c’est quelque chose qui est plus réprouvable que la première chose parce qu’arracher des planches d’un bateau est quelque chose qui peut être rattraper en comblant le trou, alors que quelqu’un qui est tué, ça ne se rattrape pas.
Verset 75 : Qāla ‘Alam ‘Aqul Laka ‘Innaka Lan Tastaţī`a Ma`iya Şabrāan : n’est-ce pas que je t’ai dit que tu ne pourras pas patienter avec moi : ici,Al-H̱aḍir a insisté encore plus en employant le pronom t (avant, il avait dit : n’est-ce pas que j’avais dit dans le verset 72).
Verset 76 : Qāla ‘In Sa’altuka `An Shay’in Ba`dahā Falā Tuşāĥibnī Qad Balaghta Min Ladunnī `Udhrāan : il (Mūsā) a dit : si je te pose encore une question après cela, alors je t’excuse si tu ne veux pas que je t’accompagne encore.
Verset 77 : Fānţalaqā Ĥattá ‘Idhā ‘Atayā ‘Ahla Qaryatin : ils (eux deux) ont poursuivi leur chemin jusqu’à arriver à des habitants d’un village : cette ville est Antakia ou c’est al-Ayla et c’est la ville la plus éloignée du ciel.
Astaţ`amā ‘Ahlahā : ils ont demandé à être invités
Fa’abaw ‘An Yuđayyifūhumā : mais les gens de ce village ont refusé de les inviter. Le Prophète a dit que c’était des gens qui avaient un mauvais comportement, ils étaient avares. Les pires des villages sont ceux qui font preuve d’avarice et ne font pas bon accueil à leurs invités.
Fawajadā Fīhā Jidārāan : ils y ont trouvé un mur et ce mur mesure cent coudées.
Yurīdu ‘An Yanqađđa : et il allait s’écrouler.
Fa’aqāmahu : Al-H̱aḍir l’a redressé. Il l’a redressé avec sa main ou bien il a passé sa main sur le mur et le mur s’est redressé. Ou bien il l’a fait tomber puis il l’a reconstruit. Ils étaient dans le besoin et ils en sont arrivés à demander qu’on les héberge.
Qāla Law Shi’ta Lāttakhadhta`Alayhi ‘Ajrāan: Mūsā a dit : si tu avais voulu, tu aurais pu te faire payer pour redresser ce mur. C’est-à-dire que tu aurais pu demander à être rémunéré pour sortir de cet état de besoin.
Verset 78 : Qāla Hādhā Firāqu Baynī Wa Baynika : il (Al-H̱aḍir) a dit : là, c’est le point de rupture. Ceci fait référence à la troisième question que notre maître Mūsā a posée. Donc c’est la cause de notre séparation.
Sa’unabbi’uka Bita’wīli Mā Lam Tastaţi` `Alayhi Şabrāan : je vais t’expliquer ce à propos de quoi tu n’as pas pu te retenir.
Verset 79 : ‘Ammā As-Safīnatu Fakānat Limasākīna Ya`malūna Fī Al-Baĥri : pour ce qui est de l’embarcation, elle appartenait à des pauvres gens qui l’utilisait pour gagner leur vie en mer. Il a été dit que cette embarcation appartenait à dix frères. Cinq d’entre eux étaient handicapés et cinq partaient en mer pour gagner leur vie.
Fa’aradtu ‘An ‘A`ībahā : et je voulais que dans cette embarcation, il y ait un défaut.
Wa Kāna Warā’ahum Malikun : il y avait sur leur chemin un roi : il était devant eux ou bien derrière eux. Et leur chemin de retour passait par ce roi. Mais ils ne savaient pas cela. Mais Dieu a informé notre maitre Al-H̱aḍir de cela. Et le roi s’appelait Ǧulundī
Ya’khudhu Kulla Safīnatin Ghaşbāan : ce roi prenait de force toutes les embarcations. Il confisquait toute embarcation en bon état pour la navigation mais quand il y avait un défaut, il la laissait. Al-H̱aḍir a dit qu’il voulait faire apparaitre un défaut dans cette embarcation pour cette raison.
Verset 80 : Wa ‘Ammā Al-Ghulāmu Fakāna ‘Abawāhu Mu’uminayni Fakhashīnā ‘An Yurhiqahumā Ţughyānāan Wa Kufrāan : pour ce qui est du jeune homme, ses parents étaient des croyants et nous avons craint qu’il ne les épuise par sa tyrannie et sa mécréance. C’est-à-dire que nous avons craint qu’il ne les épuise par le ʿuqūq qui est un grand péché et qui est le fait de faire un mal non négligeable à ses parents. Ou alors nous avons craint qu’il n’égare ses parents et qu’ils deviennent apostats à cause de lui. Al-H̱aḍir a su cela parce que Dieu le lui a fait savoir.
Verset 81 : Fa’aradnā ‘An Yubdilahumā Rabbuhumā Khayrāan Minhu Zakāatan Wa ‘Aqraba Ruĥmāan : nous avons voulu que leur Seigneur leur accorde, à la place de ce jeune homme, qui est meilleur, qui soit plus pur que ce jeune homme et qui soit plus miséricordieux. Il a été rapporté que, après la mort de ce jeune homme, les parents ont eu une fille qui a été l’épouse d’un prophète et qui a donné naissance à un prophète. Dans une autre version, elle a donné naissance à soixante-dix prophètes. Dans une autre version, il a été rapporté que Dieu leur a donné un fils croyant comme eux.
Verset 82 : Wa ‘Ammā Al-Jidāru Fakāna Lighulāmayni : quant au mur, il appartenait à deux garçons : ils s’appellent Aṣram et Ṯuraym.
Yatīmayni Fī Al-Madīnati : ils étaient orphelins de cette ville. C’est la ville où étaient arrivés Al-H̱aḍir et notre maître Mūsā.
Wa Kāna Taĥtahu Kanzun Lahumā : et il y avait sous le mur un trésor qui leur appartenait. Ce trésor est un tableau en or sur lequel était inscrit : je suis étonné de celui qui croit en la prédestination et comment il est chagriné. Cela veut dire que, puisque tu sais que tout est prédestiné par Dieu, pourquoi te chagrines-tu ? Et je suis étonné de celui qui croit que la subsistance est garantie par Dieu, comment il s’épuise en besogne. Et je suis étonné de la part de celui qui croit en la mort, comment il se réjouit. On sait qu’inéluctablement on va mourir, donc ne tombons pas dans l’insouciance, œuvrons pour ce qui vient après la mort. Il convient de fournir encore plus d’efforts pour être gagnant après la mort. La vie est une opportunité pour gagner énormément de récompenses. Ce qui est blâmable c’est d’être dans l’insouciance. Et je suis étonné de la part de celui qui croit en l’exposition des œuvres comment il est insouciant. Et je suis étonné de la part de celui qui connait la réalité de la vie du bas-monde et comment cette vie elle change, comment il s’en remet au bas-monde. Il n’est de dieu que Dieu, Muḥammad est le Messager de Dieu.
Une autre explication de ce trésor est que c’était de l’or et de l’argent enfouis sous le mur. Ou encore c’était des livrets dans lesquels il y a une science. Mais c’est le premier avis qui est le plus fort.
Wa Kāna ‘Abūhumā Şāliĥāan : et leur père (sont visés ici tous les ancêtres : père, grand-père,) était leur septième aïeul était quelqu’un de vertueux. Et d’après Al-Ḥusayn le fils de ʿAlī que Dieu les agrée tous les deux, il a dit aux H̱awāriǧ : par quoi Dieu a-T-il préservé les deux orphelins ? Ils ont répondu : parce que leur aïeul était vertueux. Alors Al-Ḥusayn leur a dit : mon père et mon grand-père sont meilleurs que lui. Cela pour leur rappeler qu’ils sont censés avoir de l’égard pour lui. Parce que les H̱awāriǧ se sont rebellés contre notre maitre ʿAlī.
Fa’arāda Rabbuka ‘An Yablughā ‘Ashuddahumā : ton Seigneur a voulu qu’ils grandissent, c’est-à-dire qu’ils atteignent la puberté.
Wa Yastakhrijā Kanzahumā Raĥmatan Min Rabbika : et que, quand ils vont grandir, ils peuvent extraire leur trésor. Tant que le mur est debout, personne ne va savoir qu’il y a un trésor en-dessous pour le prendre. Si le mur tombe, les gens vont voir le trésor et vont vouloir le prendre. C’est pour cela qu’Al-H̱aḍir a reconstruit le mur sans demander d’argent.
Wa Mā Fa`altuhu `An ‘Amrī Dhālika Ta’wīlu Mā Lam Tasţi` `Alayhi Şabrāan : ce que j’ai fait (pour les trois évènements) je ne l’ai pas fait de mon propre chef. Ce n’est pas une initiative de ma part. Je ne l’ai pas fait par un effort de ma part mais je l’ai fait sur ordre de Dieu.
Notre šayẖ a dit : c’est sur ce verset que les gens qui ont dit que Al-H̱aḍir est un prophète se sont appuyés. En effet, s’il n’a pas fait les choses de lui-même, cela veut dire qu’il a reçu la révélation. S’il n’avait pas été prophète, il n’aurait pas agi ainsi avec notre maitre Mūsā. La plupart des gens de cette époque disent que Al-H̱aḍir n’était pas prophète mais qu’il était plutôt un saint mais cela est faux. S’il n’avait pas été prophète, Mūsā n’aurait pas reçu l’ordre d’aller apprendre auprès de lui.
Verset 83 : Wa Yas’alūnaka `An Dhī Al-Qarnayni : ils t’interrogent à propos de Ḏu Al-Qarnayn : ce sont les Yahūd qui interrogent le Prophète à propos deḎul-Qarnayn, pour tester le Prophète, pour voir s’il connaissait ou non la réponse. Une autre explication est : c’est Abu Ǧahl et son clan qui l’interrogent à propos de Ḏu Al-Qarnayn (Al-Iskandar ou Alexandre) qui a gouverné toute la terre.
Il a été dit que la terre a été gouvernée par deux hommes croyants : Ḏul-Qarnayn et notre maître Sulayman et il y a eu deux hommes mécréants qui ont gouverné la terre : An-Numrūd avec lequel notre maitre Ibrāhīm a débattu et Nabuchodonosor. Et Al-Iskandar a vécu après An-Numrūd.
Il a été dit au sujet de Ḏu Al-Qarnayn qu’il était un esclave vertueux. Dieu lui a accordé de gouverner toute la terre, Dieu lui a accordé la science, la sagesse et Il lui a asservi la lumière et l’obscurité. Quand il avançait avec son armée, la lumière éclairait son chemin et l’obscurité l’entourait par derrière pour le protéger.
Il a été dit que Ḏu Al-Qarnayn était un prophète.
Il y a un avis faible qui dit qu’il était un ange.
Il a été rapporté de notre maitre ʿAliy que Dieu l’agrée, qu’il a dit : Ḏu Al-Qarnayn n’était ni un ange ni un prophète, mais il était un esclave vertueux. Et c’est l’avis qui est correct.
Ḏu Al-Qarnayn a reçu un coup sur le côté de la tête (qui s’appelle qarn) le côté droit de la tête alors qu’il était dans l’obéissance à Dieu et il en est mort. Et Dieu l’a ressuscité. Puis Ḏu Al-Qarnayn a reçu un coup sur le côté gauche. Et il en est mort. Et Dieu l’a ressuscité C’est la raison pour laquelle il a été surnommé ainsi : celui qui a été frappé sur les deux côtés de la tête. C’est une explication.
Il a été dit qu’il appelait les gens à l’adoration de Dieu uniquement. Et les gens le tuaient et Dieu le ressuscitait.
Notre maître ʿAliy que Dieu l’agrée a rapporté qu’il a été surnommé ainsi parce qu’il a parcouru les deux coins de la terre. Cette explication a été rapportée par Ad-Dāraqutniyy d’après Az-Zuhriy. Et les deux coins de la terre sont l’est et l’ouest.
Il y a une autre explication à son surnom ; c’est qu’il avait deux nattes et la natte, en arabe, s’appelle qarn.
Il a été dit par ailleurs qu’il s’est écoulé à son époque deux qarn, c’est-à-dire deux siècles.
Il a été dit aussi qu’il a été surnommé ainsi parce qu’il a eu la souveraineté sur les Romains et les Perses. Les Romains étaient les non-Arabes et les Perses vivaient dans la région de l’Iran et ses alentours. Ou encore il a gouverné les Turcs et les Romains.
Ou bien une autre explication : il avait sur sa couronne deux cornes ou sur sa tête ce qui ressemblait à deux cornes.
Ou encore, il était généreux envers ses deux parents, du côté de son père et du côté de sa mère.
Il était romain, c’est-à-dire d’une région vers la Macédoine.
Quant à notre šayẖ ʿAbdul-Lāh, voilà ce qu’il a dit : Ḏu Al-Qarnayn s’appelle aṢ-Ṣaʿb fils de Al-Ḥāriṯ ou bien aṢ-Ṣaʿb fils de Ḍil-Marāʾil. Il est le plus célèbre des Ṭabābiyah qui est la dynastie des rois du Yémen. Un de ses descendants a dit à son sujet : mon ancêtre Ḏu Al-Qarnayn était musulman, un roi qui a gouverné la terre dans sa totalité, il est allé en orient et en occident à la recherche d’une souveraineté de la part d’un Seigneur généreux.
Il a été rapporté que notre maître Al-H̱aḍir était son ministre et qu’il était à la tête de son armée. Et Ḏu Al-Qarnayn a fait le pèlerinage en marchant depuis le Yémen jusqu’à La Mecque honorée. Il a rencontré notre maître Ibrāhīm et notre maître Ismāʿīl, que Dieu les agrée tous les deux. Il a fait les tours rituels autour de la ka^bah honorée, avec eux. Et il a fait les sacrifices par recherche de l’agrément de Dieu. Lorsque notre maître Ibrāhīm ʿalayhi s-salām a entendu que Ḏu Al-Qarnayn allait venir, il lui a fait bon accueil, il lui a fait des invocations et il lui a laissé des recommandations. On lui a amené un cheval pour qu’il le monte. Ḏu Al-Qarnayn a répondu avec respect et a dit : « je ne monte pas à cheval dans une ville où il y a Ibrāhīm al-H̱alīl ». C’est-à-dire : « comment, moi, je serais à cheval et lui, un prophète, à pied ? » Dieu a alors asservi à Ḏu Al-Qarnayn les nuages ; ils étaient sous ses ordres, ils pouvaient l’emmener où il voulait. Dieu a récompensé Ḏu Al-Qarnayn de son comportement. Dieu lui a accordé une longue vie et Il lui a accordé la victoire, Il l’a soutenu, jusqu’à conquérir les pays et les villes. Il a marché vers l’est et vers l’ouest et celui qui suivait la religion de l’islam, il était épargné sinon il était humilié.
Dieu a fait mourir Ḏu Al-Qarnayn après qu’il eut pris des provisions pour son au-delà, c’est-à-dire qu’il a accompli beaucoup de bonnes œuvres. Et il a été dit à son sujet : aṢ-Ṣaʿb a eu une grande souveraineté qui a duré deux mille ans. Il a gouverné pendant deux mille ans. Puis il est mort comme ceux qui l’ont précédé.
Qul Sa’atlū `Alaykum Minhu Dhikrāan : dis-leur : je vais vous citer une partie de son histoire. Dis ô Muḥammad je vais vous rapporter une partie de son histoire.
Verset 84 : ‘Innā Makkannā Lahu Fī Al-‘Arđi : Nous lui avons accordé un grand degré sur terre.
Wa ‘Ātaynāhu Min Kulli Shay’in Sababāan : et Nous lui avons accordé pour tout ce qu’il voulait comme objectif un moyen qui lui permet d’y parvenir. Car l’avis le plus fort, c’est que c’était un saint. Donc Il avait des prodiges.
Verset 85 : Fa’atba`a Sababāan : il a pu utiliser ces moyens. Les moyens c’est ce qui permet d’atteindre son objectif, que ce soit la connaissance ou la puissance. Il a voulu se rendre à l’est et il a atteint son objectif. Il a voulu se rendre là où il y a les deux barrages et il les a atteints.
Il y a deux récitations : fattabaʿet fa’atba`a, qui ont été rapportées du Prophète et aussi avec le terme ṯumma.
Verset 86 : Ĥattá ‘Idhā Balagha Maghriba Ash-Shamsi : jusqu’à ce qu’il soit arrivé au lieu du coucher du soleil, c’est-à-dire la fin des lieux habités sur terre.
Puis An-Nasafiy a cité une histoire mais notre Šayẖ a dit que ce n’était pas confirmé comme venant du prophète, ce n’est même pas un compagnon ni même un successeur des compagnons qui l’a dite.
Wajadahā Taghrubu Fī `Aynin Ĥami’atin : il a vu que le soleil se couchait à un endroit où se trouvait une source d’eau qui était chaude. Cela ne veut pas dire que le soleil va se coucher à un endroit où il y a de l’eau et de la terre. Mais il se peut qu’entre l’endroit où il se couche et lui, il y a une source d’eau chaude. Car entre ciel et terre, il y a une mer.
Wa Wajada `Indahā Qawmāan : et il a trouvé près de cette source d’eau des gens. Ces gens portaient des vêtements en peau de gibier et qui mangeaient des poissons.
Qulnā Yā Dhā Al-Qarnayni ‘Immā ‘An Tu`adhiba Wa ‘Immā ‘An Tattakhidha Fīhim Ĥusnāan : Nous lui avons dit : soit tu les punis, soit tu agis en bien. Si c’était un prophète, Dieu lui a révélé cela. Ou alors Dieu a révélé cela à un prophète et ce prophète lui a dit cela. Et c’est l’avis le plus fort. Ou alors c’est une inspiration. Il a été donné le choix à Ḏu Al-Qarnayn, entre les punir en les tuant s’ils persistaient sur leur mécréance ou bien d’agir en bien avec eux, en les honorant et en leur enseignant la Loi de l’Islam, s’ils étaient croyants. Ou alors soit il les fait prisonniers.
Verset 87 : Qāla ‘Ammā Man Žalama Fasawfa Nu`adhibuhu : il (Ḏu Al-Qarnayn) a dit quant à ceux qui sont injustes, nous les châtierons (c’est-à-dire en les exécutant).
Thumma Yuraddu ‘Ilá Rabbihi Fayu`adhibuhu `Adhābāan Nukrāan : et après leur mort, Dieu les ressuscitera au jour du jugement et Il leur fera subir un châtiment douloureux : c’est-à-dire au jour du jugement. Autrement dit, ceux que j’ai appelés à l’Islam et qui ont refusé, ils sont restés sur la grande injustice (et c’est le fait d’attribuer des associés à Dieu), ce sont eux qui seront châtiés dans les deux résidences.
Verset 88 : Wa ‘Ammā Man ‘Āmana Wa `Amila Şāliĥāan : quant à celui qui sera croyant et qui œuvre en bien, : c’est-à-dire qui va accomplir ce que la Loi de l’islam implique de faire
Falahu Jazā’an Al-Ĥusná : il aura la rétribution du bien. C’est la rétribution suite à la prononciation des deux témoignages.
Wa Sanaqūlu Lahu Min ‘Amrinā Yusrāan : Nous lui ordonnerons des choses faciles. C’est-à-dire qu’il n’aura pas de difficultés dans les ordres qu’il va recevoir.
Verset 89 : Thumma ‘Atba`a Sababāan : et il (Ḏu Al-Qarnayn) a poursuivi son chemin
Verset 90 : Ĥattá ‘Idhā Balagha Maţli`a Ash-Shamsi Wajadahā Taţlu`u `Alá Qawmin Lam Naj`al Lahum Min Dūnihā Sitrāan: il est arrivé à un endroit où se lève le soleil et il a trouvé que le soleil se levait dans un endroit où ces gens-là étaient exposés au soleil, ils ne pouvaient pas se préserver du soleil. Et comme on va le voir plus tard, il s’agit du peuple de Yaʾǧūǧ et Maʾǧūǧ
Verset 91 : Kadhālika Wa Qad ‘Aĥaţnā Bimā Ladayhi Khubrāan: voilà le récit de Ḏu Al-Qarnayn c’est-à-dire tout comme nous te l’avons rapporté , tout cela pour le magnifier et indiquer l’importance du récit de ce grand saint et Nous lui avons accordé des soldats, des armes, des causes qui assurent sa souveraineté
Verset 92 : Thumma ‘Atba`a Sababāan : et Nous avons connaissance de lui
Verset 93 : Ĥattá ‘Idhā Balagha Bayna As-Saddayni Wajada Min Dūnihimā Qawmāan Lā Yakādūna Yafqahūna Qawlāan : il est arrivé à un endroit entre deux montagnes et il a comblé l’espace entre ces deux montagnes. Ici il y a deux récitations : as-saddayni (chez Makkiy et abu ʿAmr,) et as-suddayni (chez Ḥafṣ et chez Makkiy et abu ʿAmr). Il a été dit qu’il y a une subtilité entre le fait de dire sadd et sudd : il a été dit que ce qui est comblé naturellement est sudd et ce qui est de l’œuvre des humains est sadd. On parle du barrage. Il a trouvé des gens derrière ces deux barrages. An-Nacafi dit que ce sont les Turcs. Ils n’arrivent pas à comprendre ce qu’il leur dit. Ils avaient des difficultés à comprendre ce qu’il leur disait, sauf si c’est avec des signes ou avec des allusions. Ces gens parlaient une langue différente de la sienne. Il n’arrivait pas à faire comprendre à celui à qui il parlait ce qu’il voulait lui dire, parce que leur langue était étrange, elle était difficile.
Verset 94 : Qālū Yā Dhā Al-Qarnayni ‘Inna Ya’jūja Wa Ma’jūja Mufsidūna Fī Al-‘Arđi : ces gens-là lui ont dit ô toi Ḏu Al-Qarnayn, il y a Yagog et Magog, ce sont deux noms, non arabes, ils sont descendants de Yāfiṯ ou alors An-Nacafiyy donne une autre explication : Yaʾǧūǧ est descendant d’un Turc et Maʾǧūǧ, parmi les Ǧīl et at taylamqui sont deux peuples différents. Ils sèment la corruption sur terre.
Il a été dit qu’ils étaient des cannibales qui mangeaient les gens.
Et il a été dit qu’ils sortaient au printemps et ils ravageaient tout sur leur passage. Il ne restait pas une seule chose verte sans qu’ils ne l’aient dévorée, ni quelque chose de sec sans qu’ils ne l’aient emporté. Et ils vivent longtemps, au point que chacun d’entre eux ne meure pas avant d’avoir laissé mille de ses descendants qui atteignaient un âge auquel il portait des armes.
Et il a été dit qu’ils sont de deux catégories : certains étaient excessivement grands et d’autres excessivement petits.
Fahal Naj`alu Laka Kharjāan `Alá ‘An Taj`ala Baynanā Wa Baynahum Saddāan : est-ce que tu accepterais qu’on te paye quelque chose et que tu construises entre eux et nous un barrage ? Donc ces gens-là se sont plaints à Ḏu Al-Qarnayn de la nuisance de Yagog et Magog.
Verset 95 : Qāla Mā Makkannī Fīhi Rabbī Khayrun : il leur a dit : ce que Dieu m’a accordé (en tant que souveraineté, en tant que grande fortune, en tant qu’aisance) est mieux que ce que vous voulez me payer. Je n’ai pas besoin de ce que vous me proposez.
Fa’a`īnūnī Biqūwatin : aidez-moi plutôt (avec des ouvriers, des bâtisseurs, des gens et des outils
‘Aj`al Baynakum Wa Baynahum Radmāan: alors je ferai en sorte qu’il y ait entre eux et vous un « radman » : c’est un mot qui indique ce qui est encore plus infranchissable qu’un barrage.
Verset 96 : ‘Ātūnī Zubara Al-Ĥadīdi: ramenez-moi des barres de fer. Il a été dit qu’il a creusé les fondations, il est arrivé au niveau de la nappe phréatique. Les fondations étaient de gros rochers et du cuivre fondu et la structure était formée de ces barres de fer. Et entre les deux, il avait mis du bois et du charbon. Ceci, jusqu’à combler entre les deux montagnes. Il a fait fondre du cuivre sur le fer chauffé à blanc. Et ainsi c’est devenu un bloc solide, comme une montagne.
Et il a été dit que la distance entre les deux montagnes était de cent persanges (un persange vaut entre trois et cinq kilomètres).
Ĥattá ‘Idhā Sāwá Bayna Aş-Şadafayni : jusqu’à relier les deux montagnes
Qāla Anfukhū : il leur a dit de souffler
Ĥattá ‘Idhā Ja`alahu Nārāan : jusqu’à ce que ça devienne comme du feu. Le fer est devenu incandescent comme si c’était du feu.
Qāla ‘Ātūnī ‘Ufrigh `Alayhi Qiţrāan : il leur a dit : ramenez-moi du cuivre fondu. Pour qu’il le déverse dessus.
Verset 97 : Famā Asţā`ū ‘An Yažharūhu Wa Mā Astaţā`ū Lahu Naqbāan : de sorte qu’ils (les gens qui étaient derrière le barrage) ne pouvaient plus passer par-dessus (tellement il était élevé) et ils ne pouvaient plus le franchir (c’est-à-dire en le transperçant). Donc ils se sont retrouvés emprisonnés derrière.
Verset 98 : Qāla Hādhā Raĥmatun Min Rabbī : il a dit ceci est une miséricorde de la part mon Seigneur. « Ceci » fait référence au barrage qui est une grâce de la part de Dieu et une miséricorde pour Ses esclaves. Une autre explication est : cette capacité d’avoir réalisé cela est une grâce de la part de Dieu.
Fa’idhā Jā’a Wa`du Rabbī : lorsque la promesse de mon Seigneur sera éminente. Il s’agit du jour du jugement. Lorsque le jour du jugement arrivera,
Ja`alahu Dakkā’a Wa Kāna Wa`du Rabbī Ĥaqqāan : Dieu fera que ce barrage va s’effondrer. Et la promesse de mon Seigneur est une réalité. C’est-à-dire que ce que Dieu promet, se réalisera. Ici se termine la parole de Ḏu Al-Qarnayn.
Verset 99 : Wa Taraknā Ba`đahum Yawma’idhin Yamūju Fī Ba`đin : et Nous ferons en sorte que certaines créatures, ce jour-là, vont être gênées et vont se mélanger les uns avec les autres, c’est-à-dire les humains et les djinns seront étonnés. Et il est possible que le verbe utilisé qui est « yamuj » qui signifie faire des vagues, monter et descendre, fait référence à la sortie de Yagog et Magog, qui vont sortir, lorsque le barrage s’effondrera, comme des vagues, tellement ils seront nombreux et ils vont occuper les pays.
Il a été rapporté qu’ils vont venir devant l’eau d’une rivière et qu’ils vont la boire (il s’agit de la lagune de Tibériade qui se trouve en Palestine) et ils vont assécher cette étendue d’eau. Le dernier qui passera dira : « ici il y avait de l’eau ». Ils vont manger les animaux, les plantations et même les humains. Et il a été dit qu’ils ne pourront pas entrer à La Mecque ni à Médine ni à Jérusalem. La cause de leur mort est un vers que Dieu enverra, ce vers va pénétrer par leur cou.
Wa Nufikha Fī Aş-Şūri Fajama`nāhum Jam`āan : il sera soufflé dans le cor et c’est l’ange Isrāfīl qui va souffler dans le cor.Le cor est un instrument dans lequel on souffle. Ceci annonce la fin de ce monde. Et Nous les rassemblerons Les créatures seront toutes rassemblées pour la récompense et le châtiment. Pour le rassemblement : c’est une insistance pour indiquer la réalité de la chose citée.
Verset 100 : Wa `Arađnā Jahannama Yawma’idhin Lilkāfirīna `Arđāan : Nous avons exposé ce jour-là l’enfer aux mécréants. Avant que les mécréants n’entrent en enfer, ils le verront. Une grande partie de l’enfer sera tirée, sans être détachée de lui. Comme une flamme qui sera ramenée, à une distance de quarante années de la station où se trouvent les mécréants.
Verset 101 : Al-Ladhīna Kānat ‘A`yunuhum Fī Ghiţā’in `An Dhikrī : ce sont ceux qui, dans le bas-monde, leurs yeux étaient voilés et ils ne M’évoquaient pas. C’est-à-dire qu’ils étaient dans le déni. Ils niaient le fait qu’il y a un jour du jugement, ils niaient qu’il y ait une récompense et un châtiment, un paradis et un enfer. Ce jour-là, ils vont le voir.
Wa Kānū Lā Yastaţī`ūna Sam`āan : et auparavant, ils ne pouvaient pas l’entendre. C’est-à-dire le Qur’ān, ils ne pouvaient pas en percevoir le sens. Comme s’ils étaient incapables d’entendre le miracle de la révélation. Et c’est plus fort que de dire qu’ils étaient sourds. Même en faisant des efforts, ils n’entendaient pas.
Verset 102 : ‘Afaĥasiba Al-Ladhīna Kafarū ‘An Yattakhidhū `Ibādī Min Dūnī ‘Awliyā’a : est-ce que ceux qui ont mécru ont cru qu’ils vont prendre mes saints autre que Moi en tant que waliyy : est-ce que les mécréants ont cru que le fait qu’ils aient adoré Mes esclaves (les anges et Jésus), est-ce qu’ils pensent que cela leur sera utile ?
‘Innā ‘A`tadnā Jahannama Lilkāfirīna Nuzulāan : Nous avons réservé pour les mécréants l’enfer.
Nuzulāan est le lieu où on reçoit les invités. C’est pour dire : voilà où ils vont être reçus.
Verset 103 : Qul Hal Nunabbi’ukum Bil-‘Akhsarīna ‘A`mālāan: dis est-ce que Nous vous informons qui seront ceux dont les œuvres seront perdantes. Et ce sont les gens du Livre ou les représentants religieux de chez eux.
Verset 104 : Al-Ladhīna Đalla Sa`yuhum: ce sont ceux dont les œuvres ont été perdues. Ils ont œuvré mais tout ce qu’ils ont fait était vain.
Fī Al-Ĥayāati Ad-Dunyā Wa Hum Yaĥsabūna ‘Annahum Yuĥsinūna Şun`āa: dans la vie du bas-monde alors qu’ils pensaient qu’ils étaient en train de bien agir. Notre maître
ʿAlī a dit à propos de ce verset qu’il concerne ceux qui avaient des ermitages et qui pensaient agir en bien alors que dans l’au-delà, ils n’auront que le feu de l’enfer. En effet ils ont adoré autre que Dieu, ils se sont soumis à l’extrême pour autre que Dieu
Verset 105 : ‘Ūla’ika Al-Ladhīna Kafarū Bi’āyāti Rabbihim Wa Liqā’ihi Faĥabiţat ‘A`māluhum Falā Nuqīmu Lahum Yawma Al-Qiyāmati Waznāan : ceux-là qui ont mécru aux signes que leur Seigneur leur a envoyés et qui ont mécru au jour du jugement. Le jour où les gens seront ressuscités pour être jugés à leur Créateur. Leurs œuvres ne leur procureront aucune récompense. Nous ne leur accorderons au jour du jugement aucun poids.
Verset 106 : Dhālika Jazā’uuhum Jahannamu: ceux-là, leur rétribution sera l’enfer.
Bimā Kafarū Wa Attakhadhū ‘Āyātī Wa Rusulī Huzūan : en raison de leur mécréance et parce qu’ils ont considéré les signes que Je leur ai envoyés et les messagers que Je leur ai envoyés comme sujets de moquerie. Ils ont dénigré les signes et les messagers que Dieu leur a envoyés.
Verset 107 : ‘Inna Al-Ladhīna ‘Āmanū Wa `Amilū Aş-Şāliĥāti Kānat Lahum Jannātu Al-Firdawsi Nuzulāan : ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, eux, ils auront les jardins du paradis
Verset 108 : Khālidīna Fīhā Lā Yabghūna `Anhā Ĥiwalāan où ils resteront éternellement. Ils ne chercheront pas autre chose que cela. C’est-à-dire qu’ils seront satisfaits de ce qui leur a été accordé. Ils ne cherchent pas autre chose. Et c’est le summum de la félicité parce que, dans le bas-monde, celui qui a n’importe quel bien du bas-monde, généralement, il aspire à avoir plus et mieux. Mais au paradis, les gens seront satisfaits de ce qu’ils auront et c’est le plus haut degré de la félicité.
Autre explication : ils ne quitteront pas cet endroit et c’est une insistance pour indiquer qu’ils resteront au paradis éternellement. Chacun des gens du paradis sera satisfait de ce qu’il a au paradis. Ils ne seront pas ennuyés de leur séjour.
Verset 109 : Qul Law Kāna Al-Baĥru : dis si la mer : c’est-à-dire l’eau de la mer
Midādāan Likalimāti Rabbī : était une encre avec laquelle on pouvait écrire les paroles de mon Seigneur : c’est-à-dire les paroles des connaissances de Dieu, Sa sagesse. Les paroles, ici, ça n’est pas pour indiquer un pluriel parce que la parole propre à l’Etre de Dieu n’est pas multiple, la parole de Dieu n’est pas composée de parties, c’est une parole unique qui est une information une promesse, une menace mais elle est exprimée ici par un pluriel pour indiquer la majesté et la glorification. Il en est de même pour la science, la science est unique, elle englobe toute chose, la parole est unique, elle indique ce qui n’a pas de fin, comme Sa vie, comme Sa puissance.
Lanafida Al-Baĥru Qabla ‘An Tanfada Kalimātu Rabbī Wa Law Ji’nā Bimithlihi : l’eau de la mer aurait été épuisée avant que les paroles de mon Seigneur soient écrites, même si Nous amenions une mer semblable.
Madadāan : en tant qu’encre pour écrire. Et les paroles n’ont pas de fin.
Cela veut dire que la parole de Dieu n’est pas quelque chose composée de parties, mais c’est une parole unique. Il y a dans le Qur’ān un passage où il est mentionné « kalimatu rabbī » et il est mentionné « kalimātou l-Lāh » au pluriel. Dieu a exprimé à propos de Lui-même un terme au pluriel et un terme au singulier. « qul huwa l-Lāhu ʾaḥad » est explicite pour exprimer l’unicité et Dieu s’est exprimé avec un pronom au pluriel en disant « ʾinnā naḥnu nouḥī wanumīt » dans šūrāṭ qāf verset 43 alors qu’Il est unique : le pronom au pluriel n’est pas utilisé pour indiquer le pluriel.
Et dans ṣūrāt al-anbiyāʾ verset 79 « wa kunnā fāʿlīn » alors qu’Il est Le Seul à agir, c’est-à-dire qu’Il est Le Seul à créer.
Et dans sūrāt Luqmān verset 27 « mā nafidat kalimātu l-Lāh », c’est un pluriel employé pour la majesté et la glorification.
Tout comme Il a exprimé Lui-Même par « naḥnu » « Nous » alors qu’Il est Unique, Il n’est pas deux ni trois, ni plus.
Parmi les plus claires des preuves que les termes descendus au Prophète ne sont pas la parole même de l’attribut de l’Etre de Dieu, c’est Sa parole Taʿālā dans le verset 109 de surat al-kahf.
Ces livres célestes qui ont été descendus, les quatre et les autres, si nous avions supposé que la mer fût une encre pour écrire les livres révélés, on aurait pu les écrire sans que la mer ne soit totalement utilisée. Donc ce verset indique que ce qui est visé est autre que les livres révélés, mais il s’agit de la parole propre à l’Etre de Dieu qui, elle, n’est pas de lettre ni une voix. Quant au terme kalimāt, Al-Bayhaqī a dit que c’est un pluriel pour indiquer la majesté.
Verset 110 : Qul ‘Innamā ‘Anā Basharun Mithlukum Yūĥá ‘Ilayya : dis : je ne suis qu’un humain comme vous mais qui reçoit la révélation : c’est une preuve que notre maitre Muḥammad a été créé à partir du liquide séminal de ses parents et qu’il n’a pas été créé à partir de lumière. Les humains sont créés à partir des liquides séminaux de leurs deux parents, à part notre maître ʾĀdam et son épouse Ḥawwā et notre maître ʿīssā fils de Maryam, qui n’ont pas été créés à partir des liquides séminaux. Mais tout autre qu’eux parmi les humains a été créé ainsi. Dis : je ne suis qu’un humain comme vous : si cette parole était interdite, Dieu n’aurait pas ordonné à Son prophète de la dire. Il n’est donc pas permis de dire ce que certains prétendent, que Dieu nous en préserve, de la parole « mu’anā ». Parce que le pronom « anā », il n’y a pas de mal à le dire, si la personne ne le dit pas par orgueil et vanité. Et le Messager de Dieu Ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’a employé dans plus d’un passage. Il a dit : « ʾanā sayyidu waladi ʾĀdam yauma l-qiyāmati wa lā faẖr » rapporté par Muslim aṭ-Ṭabārānī et d’autres, ce qui signifie : « je suis le maître des fils d’Ādam au jour du jugement et je ne dis pas cela par vanité ».
Si quelqu’un dit que le Messager est un nūr, dans le sens qu’il indique la vérité et qu’il éloigne de l’égarement, il n’y a pas de mal en cela. Dieu a guidé grâce à lui beaucoup de créatures. En commençant par sa ville natale La Mecque où il était le seul à adorer Dieu, il a appelé les associateurs à adorer Dieu uniquement, puis cette bonne croyance s’est diffusée à l’orient et à l’occident. Le Messager est un nūr dans ce sens, mais sa réalité est qu’il est un être humain. Il a été créé à partir du liquide séminal des ses parents et chacun de ses parents a été créé du liquide séminal des ses parents et ainsi de suite par enchaînement jusqu’à Ādam.
‘Annamā ‘Ilahukum ‘Ilahun Wāĥidun : votre dieu est un Dieu unique
Faman Kāna Yarjū Liqā’a Rabbihi : celui qui espère venir en de bonnes conditions pour le jugement de son Seigneur et que son Seigneur lui accorde Son agrément et Son acceptation ou celui qui craint un mauvais état lors de la résurrection pour le jugement de son Seigneur
Falya`mal `Amalāan Şāliĥāan : qu’il œuvre en bien, sincèrement : qu’il ne fasse que des actes par lesquels il ne recherche que l’agrément de Dieu.
Wa Lā Yushrik Bi`ibādati Rabbihi ‘Aĥadāan : et qu’il n’associe nul autre à Dieu quand il accomplit ses œuvres. Yaḥyā ibnou ʿAmr a dit c’est-à-dire des œuvres au sujet des quelles on n’éprouve pas de honte. C’est une interdiction du fait d’attribuer un associé à Dieu et de l’insincérité dans les œuvres de bien.
Le Messager de Dieu a dit ce qui signifie : « préservez-vous de l’association mineure. Ils ont dit : de quoi s’agit-il ? Il a dit : l’insincérité ». Rapporté par Al-Ḥākim dans al-mustadrak.
D’après Šadād ibnu ʿAws, il a dit : « nous considérions à l’époque du Messager de Dieu, l’insincérité comme l’association mineure ».
N’importe quelle bonne action que l’esclave accomplit, s’il recherche par elle l’éloge des gens, il n’aura pas de récompenses. Et en plus, il sera chargé d’un grand péché parce que cela ressemble à l’association à Dieu, c’est-à-dire l’adoration d’autre que Dieu et c’est une mécréance. Le Messager a appelé celui qui commet un acte avec insincérité, l’association mineure parce que celui qui s’en charge ne sort pas de l’islam, et Dieu pardonne à qui Il veut et Il punit qui Il veut.
N’importe quelle bonne action, si la personne n’a pas recherché par elle l’agrément de Dieu uniquement, il n’aura pas de récompense. L’aumône pour un pauvre, la charge obligatoire pour l’épouse et les enfants, s’il n’a pas mis l’intention de faire cela pour l’agrément de Dieu, il n’aura pas de récompense.
L’intention est le secret des œuvres. Combien de gens éprouvent de la fatigue pour leurs enfants jusqu’à leur puberté, ils n’auront de récompense suite à cette fatigue que s’ils ont mis l’intention par recherche de l’agrément de Dieu uniquement. Si les parents mettent cette intention une seule fois par journée, cette intention suffit.
L’intention d’être sincère dans ses actes de bienfaisance suffit, selon certains savants, une seule fois dans sa vie, tant qu’elle ne change pas, tant qu’elle n’est pas altérée par l’insincérité.
Le šayẖ a dit que la parole correcte est de mettre l’intention sincère chaque jour au début de chaque acte, parce que le cœur de l’être humain change rapidement.
Si quelqu’un voit un autre qui de l’argent et il souhaite avoir lui aussi cet argent pour le dépenser dans des œuvres de bien.
Le Messager de Dieu a dit à un compagnon ce qui signifie : il n’y a pas une seule dépense que tu engages par laquelle tu recherches l’agrément de Dieu, sans que tu n’en soies récompensé, même la bouchée que tu places dans la bouche de ta femme ». Le sens de ce hadith est que même l’argent que tu dépenses avec la bonne intention, tu en seras récompensé. Quant à l’œuvre qui ne comporte pas de bonne intention, elle ne procurera pas de récompense, selon le jugement de Dieu, même si c’est un acte qui est très important.
Et cela, on le sait en apprenant la science de la religion. Mais celui qui n’apprend pas, il ne sait pas ce qui lui est profitable ni ce qui lui est nuisible. Il est perdu comme celui qui marche dans l’obscurité la plus profonde, dans une forêt pleine d’arbres épineux, de fauves, de serpents. Alors apprenez la science de la religion !!
Celui qui a été insincère, même s’il a été tué dans le combat des héros, il n’aura pas de récompenses selon le jugement de Dieu, mais en plus il se sera chargé d’un péché. Le secret des œuvres, c’est la sincérité. Bien sûr, après la bonne croyance. Les œuvres nécessitent deux choses : la validité de la croyance et la conformité avec la Loi avec la sincérité. Le secret des œuvres c’est l’intention qui est le fait de rechercher l’agrément de Dieu. Peu d’œuvres avec la sincérité vaut mieux que beaucoup sans la sincérité. La sincérité, son origine, c’est l’application. Et c’est le cas dans la bonne intention.
De même, le Messager de Dieu a indiqué l’importance de l’intention. Il a dit ce qui signifie : « chaque personne sera récompensée en fonction de son intention ».
Ach CharH al Qawiim : Commentaire du Sirat al Moustaqim : de page 1 à 94
الشَّرْحُ الْقَوِيمُ
Charh al-qawim
بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
Le Chaykh dit : je commence par le nom de Allah ar-Rahman ar-Rahim.
بِسْمِ اللَّهِ أَيْ أَبْتَدِئُ بِاسْمِ اللَّهِ، وَلَفْظُ الْجَلالَةِ اللَّهُ عَلَمٌ لِلذَّاتِ الْمُقَدَّسِ الْمُسْتَحِقِّ لِنِهَايَةِ التَّعْظِيمِ وَغَايَةِ الْخُضُوعِ وَمَعْنَاهُ مَنْ لَهُ الإِلَهِيَّةُ وَهِيَ الْقُدْرَةُ عَلَى الِاخْتِرَاعِ أَيْ إِخْرَاجِ الْمَعْدُومِ مِنَ الْعَدَمِ إِلَى الْوُجُودِ، وَالرَّحْمٰنُ مَعْنَاهُ الْكَثِيرُ الرَّحْمَةِ بِالْمُؤْمِنِينَ وَالْكَافِرِينَ فِي الدُّنْيَا وَبِالْمُؤْمِنِينَ فِي الآخِرَةِ.
Il dit : quand je commence par le nom de Allah, c’est-à-dire je débute par le nom de Allah. Et le nom de Allah est un nom indiquant un Être Qui est glorifié et Qui mérite l’extrême glorification de notre part et l’extrême soumission de notre part. Et le nom de Allah veut dire : « Celui Qui a la divinité », la divinité qui signifie : « la capacité de crée », et ici « crée » signifie : « faire passer ce qui n’existe pas du néant à l’existence. » Ainsi, Allah est Celui Qui a la capacité de donner l’existence à ce qui n’existait pas. Et « ar-Rahman » qui est un nom de Dieu signifie : « Celui qui est très miséricordieux envers les croyants et les mécréants dans le bas monde, et envers les croyants dans l’au-delà. »
أَمَّا الرَّحِيمُ فَمَعْنَاهُ الْكَثِيرُ الرَّحْمَةِ بِالْمُؤْمِنِينَ.
Quant au nom de Allah « ar-Rahim », il signifie : « Celui qui est très miséricordieux envers les croyants. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الصِّرَاطُ الْمُسْتَقِيمُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : as–sirat al-moustaqim, qui signifie : « le chemin de droiture. »
الشَّرْحُ أَيْ هَذَا بَيَانٌ لِلصِّرَاطِ الْمُسْتَقِيمِ أَيْ لِلطَّرِيقِ الْحَقِّ
Commentaire : il s’agit là de l’indication du chemin de droiture, c’est-à-dire du chemin de la vérité.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْحَمْدُ لِلَّهِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : louange est à Allah.
الشَّرْحُ الْحَمْدُ مَعْنَاهُ الثَّنَاءُ بِاللِّسَانِ عَلَى الْجَمِيلِ الِاخْتِيَارِيِّ عَلَى جِهَةِ التَّبْجِيلِ وَالتَّعْظِيمِ وَمَعْنَى الْجَمِيلِ الِاخْتِيَارِيِّ أَيِ الشَّىْءُ الَّذِي أَنْعَمَ بِهِ عَلَى عِبَادِهِ مِنْ غَيْرِ وُجُوبٍ عَلَيْهِ.
Commentaire : la louange « al-hamd », est le fait de remercier par la langue pour les bienfaits accordés par la volonté de Dieu, et c’est un remerciement qui indique la glorification. Et le sens de : « bienfaits qu’Il accorde par Sa volonté », signifie : « ce dont Allah fait grâce à Ses esclaves sans que ce soit un devoir pour Lui de le faire », car il n’y a pas d’obligation qui incombe à Allah. Par conséquent, Allah accorde ces bienfaits par Sa grâce sans qu’Il ne soit obligé de le faire.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالصَّلاةُ وَالسَّلامُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : que Dieu élève en grade et en degré le Messager de Allah et qu’Il apaise ses craintes quant au sort de sa communauté.
الشَّرْحُ الصَّلاةُ هُنَا مَعْنَاهَا التَّعْظِيمُ أَيْ نَطْلُبُ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى أَنْ يَزِيدَ سَيِّدَنَا مُحَمَّدًا تَعْظِيمًا وَأَمَّا السَّلامُ فَمَعْنَاهُ الأَمَانُ أَيْ نَطْلُبُ مِنَ اللَّهِ لِرَسُولِهِ الأَمَانَ مِمَّا يَخَافُهُ عَلَى أُمَّتِهِ.
Commentaire : le mot salat signifie la glorification, c’est à dire que nous demandons à Dieu d’élever la gloire de notre maitre Mouhammed. Et as-salam, signifie al-‘aman, c’est-à-dire que nous demandons à Allah en faveur de Son Messager la sauvegarde de sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Ainsi, la phrase :
الصَّلاةُ وَالسَّلامُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ
qui signifie « que Allah apaise ses craintes quant au sort de sa communauté » résume ceci : « nous demandons à Allah en faveur de Son Messager la sauvegarde de ce que le Messager craint pour sa communauté. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾ [سُورَةَ الْحَشْرِ/18].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Dieu dit dans sourate al-hachr verset 18 :
﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾
ce qui signifie : « ô vous qui avez cru, faites preuve de piété à l’égard de Allah et que chacun considère ce qu’il prépare et avance comme acte de bien pour le jour du jugement. »
الشَّرْحُ أَيْ لِيَنْظُرِ الْمَرْءُ مَا يُعِدُّ وَيُقَدِّمُ لِآخِرَتِهِ مِنَ الْعَمَلِ الصَّالِحِ، وَالآخِرَةُ يَنْفَعُ فِيهَا تَقْوَى اللَّهِ.
Commentaire : c’est-à-dire : que la personne prête attention et prenne conscience de ce qu’elle prépare pour son au-delà comme bonnes œuvres. Et ce qui est profitable dans l’au-delà c’est de faire preuve de piété à l’égard de Allah.
وَالتَّقْوَى هِيَ أَدَاءُ الْوَاجِبَاتِ وَاجْتِنَابُ الْمُحَرَّمَاتِ، وَمِنْ جُمْلَةِ الْوَاجِبَاتِ تَعَلُّمُ الْعِلْمِ الشَّرْعِيِّ، فَلا يَكُونُ الْعَبْدُ مِنَ الْمُتَّقِينَ مَا لَمْ يَتَعَلَّمْ مَا فَرَضَ اللَّهُ عَلَى عِبَادِهِ مَعْرِفَتَهُ مِنْ عِلْمِ دِينِهِ، فَلا يَكُونُ مِثْلُ هَذَا مُتَّقِيًا مَهْمَا أَتْعَبَ نَفْسَهُ فِي الْعِبَادَاتِ وَجَاهَدَ نَفْسَهُ بِتَحَمُّلِ مَشَقَّاتِ الْعِبَادَةِ وَكَفِّهَا عَنْ هَوَاهَا.
Et la piété est le fait d’accomplir les devoirs et d’éviter les interdits. Et parmi les devoirs il y a le fait d’apprendre la science de la religion. Ainsi, l’esclave ne sera au nombre des pieux que s’il apprend ce que Allah a ordonné à Ses esclaves de connaitre comme science de la religion. En d’autres termes, celui qui n’a pas appris ce que Allah a ordonné à Ses esclaves d’apprendre, il ne sera jamais pieux, parce que l’une des conditions pour atteindre la piété c’est de connaitre le minimum indispensable de la science de la religion. Ainsi, celui qui n’a pas appris ce minimum indispensable de la science de la religion ne deviendra pas pieux, car il n’a pas de quoi garantir que ses actes soient corrects, que sa croyance soit correcte. Ainsi, pareille personne qui n’a pas appris ce que Allah a ordonné à Ses esclaves d’apprendre ne deviendra pas pieuse, quels que soient les efforts qu’elle fournira pour accomplir les actes d’adorations, quels que soient les efforts qu’elle fournit pour contredire les passions de son âme en supportant la difficulté que la personne peut rencontrer pour accomplir les actes d’adorations, quelles que soient les difficultés que la personne rencontre pour empêcher son âme à suivre ses passions, à suivre ses désirs.
فَلا يَكُونُ الْعَبْدُ مِنَ الْمُتَّقِينَ مَا لَمْ يَتَعَلَّمْ مَا فَرَضَ اللَّهُ عَلَى عِبَادِهِ مَعْرِفَتَهُ مِنْ عِلْمِ دِينِهِ
Ainsi, l’esclave ne fera pas partie des pieux s’il n’a pas appris ce que Dieu a ordonné à l’esclave d’apprendre comme science de la religion.
وَأَكْثَرُ الْمُتَصَوِّفَةِ الْيَوْمَ لا يَطْلُبُونَ الْعِلْمَ الشَّرْعِيَّ إِلَى الْقَدْرِ الْكَافِي إِنَّمَا يَمِيلُونَ إِلَى الإِكْثَارِ مِنَ الذِّكْرِ فَهَؤُلاءِ لا يَصِيرُونَ مِنْ أَوْلِيَاءِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ مَهْمَا تَعِبُوا وَمَهْمَا صَحِبُوا أَوْلِيَاءَ اللَّهِ وَخَدَمُوهُمْ إِلَّا إِذَا أَتَتْهُمْ نَفْحَةٌ فَيَتَعَلَّمُونَ وَيَجِدُّونَ فِي الْعَمَلِ، فَهَؤُلاءِ مِنْ أَهْلِ الْعِنَايَةِ، وَأَمَّا الَّذِينَ بَقُوا عَلَى مَا هُمْ عَلَيْهِ مِنَ الْجَهْلِ وَظَنُّوا أَنَّهُمْ يَصِلُونَ إِلَى اللَّهِ بِالذِّكْرِ وَمَحَبَّةِ الأَوْلِيَاءِ فَهَؤُلاءِ مَخْدُوعُونَ.
Et de nos jours, la plupart de ceux qui se proclament soufiyy à notre époque n’apprennent pas la science de la religion jusqu’à atteindre une part suffisante, mais la plupart d’entre eux ont tendance à multiplier les assemblées d’évocation -dhikr-, et ces gens-là ne deviendront pas des saints vertueux de Dieu, quel que soit l’effort qu’ils fournissent, et quels que soient les saints dont ils tiennent compagnie et au service desquels ils sont. Sauf s’ils reçoivent un souffle, [au sens figuré] c’est-à-dire qu’ils reçoivent un renfort de la part du saint au service duquel ils sont et qui leur donne un souffle, et ce souffle va les amener à apprendre la religion et ils vont s’appliquer dans les œuvres. Ces gens-là sont des gens qui ont été recommandés, c’est-à-dire que les saints se sont occupés d’eux. Quant à ceux qui sont restés sur leur état d’ignorance, ils ont cru qu’ils allaient atteindre un état dans lequel Allah les agrée juste en faisant du dhikr, juste par leur amour pour les saints, eh bien ces gens-là sont dupés, ils sont dans une erreur profonde.
Ainsi, ce qui est à retenir dans ce que le Chaykh dit c’est qu’il n’y a pas de voie pour atteindre les hauts degrés sans l’apprentissage, la voie pour atteindre les hauts degrés passe indispensablement par l’apprentissage d’un minimum de la religion.
وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾ فِيهِ دَلِيلٌ عَلَى مُحَاسَبَةِ الْعَبْدِ نَفْسَهُ، وَمَعْنَى الْغَدِ هُوَ الآخِرَةُ.
Quant à la parole de Dieu dans sourate al-hachr verset 18 :
﴿وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾
elle signifie : « que chacun considère ce qu’il prépare comme acte de bien pour l’au-delà », et c’est une preuve que l’esclave doit se rendre des comptes. Et dans le verset « al-ghad » -le lendemain- fait référence à l’au-delà, ça signifie que l’au-delà est imminent.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَالَ عَلِيٌّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَكَرَّمَ وَجْهَهُ: الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَغَدًا الْحِسَابُ
رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ فِي كِتَابِ الرِّقَاقِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et ^Aliyy que Allah l’agrée et honore son visage a dit :
الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَغَدًا الْحِسَابُ
ce qui signifie : « aujourd’hui ce sont les actes et demain les comptes. » Rapporté par al-Boukhariyy dans le chapitre ar-riqaq.
الشَّرْحُ قَوْلُ كَرَّمَ وَجْهَهُ عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ اسْتَحْدَثَهُ النَّاسُ بَعْدَ مِائَةِ سَنَةٍ أَوْ أَكْثَرَ مِنْ وَفَاةِ عَلِيٍّ وَلا بَأْسَ بِقَوْلِهِ وَقَوْلِ عَلَيْهِ السَّلامُ
Commentaire : la parole « karrama wadjhahou » à propos de notre maitre ^Aliyy est une invocation qui a été innovée par les gens 100 ans ou plus après le décès de ^Aliyy et il n’y a pas de mal à dire cette invocation.
وَلَيْسَ قَوْلُ كَرَّمَ اللَّهُ وَجْهَهُ خَاصًّا بِسَيِّدِنَا عَلِيٍّ لِأَنَّهُ لَمْ يَسْجُدْ لِصَنَمٍ كَمَا يَظُنُّ بَعْضُ النَّاسِ، بَلْ يُوجَدُ غَيْرُهُ فِي الصَّحَابَةِ مَنْ لَمْ يَسْجُدْ لِصَنَمٍ كَعَبْدِ اللَّهِ بنِ الزُّبَيْرِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا وَفِيهِمْ مَنْ وُلِدَ ضِمْنَ الْكَعْبَةِ كَمَا وُلِدَ عَلِيٌّ فِي الْكَعْبَةِ فَإِنَّ حَكِيمَ بنَ حِزَامٍ وُلِدَ فِي الْكَعْبَةِ.
Et on ne dit pas l’invocation « karrama Allahou wadjhahou » envers l’imam ^Aliyy pas parce qu’il ne s’est jamais prosterné pour une idole, car il y a eu d’autres compagnons qui ne se sont pas prosternés pour une idole comme ^Abdou l-Lah fils de az-Zoubayr, que Dieu les agrée. Et de même, on ne dit pas « karrama Allahou wadjhahou » à propos de notre maitre Aliyy parce qu’il est né à l’intérieur de la ka^ba, car il y en a d’autres qui sont nées à l’intérieur de la ka^ba, comme un homme qui s’appelle Hakim fils de Hizam qui est née à l’intérieur de la ka^ba tout comme notre maitre ^Aliyy.
وَتَمَامُ الرِّوَايَةِ الَّتِي رُوِيَتْ عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ:
ارْتَحَلَتِ الدُّنْيَا وَهِيَ مُدْبِرَةٌ وَارْتَحَلَتِ الآخِرَةُ وَهِيَ مُقْبِلَةٌ فَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الآخِرَةِ وَلا تَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الدُّنْيَا، الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَلا حِسَابَ وَغَدًا الْحِسَابُ وَلا عَمَل
Et par rapport à la parole de notre maitre ^Aliyy :
الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَغَدًا الْحِسَابُ
qui signifie : « aujourd’hui ce sont les actes et demain les comptes », c’est un extrait d’une parole qui est plus longue que celle-ci qui est :
ارْتَحَلَتِ الدُّنْيَا وَهِيَ مُدْبِرَةٌ وَارْتَحَلَتِ الآخِرَةُ وَهِيَ مُقْبِلَةٌ فَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الآخِرَةِ وَلا تَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الدُّنْيَا، الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَلا حِسَابَ وَغَدًا الْحِسَابُ وَلا عَمَل
qui signifie : « le bas monde est comme en train de se déplacer pour nous quitter, et c’est comme si l’au-delà se déplaçait pour venir vers à nous, alors soyez de ceux qui sont attachés à l’au-delà et ne soyez pas de ceux qui sont attachés au bas monde, aujourd’hui ce sont les œuvres et il n’y a pas de compte, et demain ceux sont les comptes et il n’y a pas d’œuvres. »
وَمَعْنَى قَوْلِهِ: ارْتَحَلَتِ الدُّنْيَا أَيْ سَارَتِ الدُّنْيَا، وَمَعْنَى مُدْبِرَةٌ أَيِ الدُّنْيَا سَائِرَةٌ إِلَى الِانْقِطَاعِ وَالآخِرَةُ سَارَتْ مُقْبِلَةً فَالدُّنْيَا دَارُ الْعَمَلِ، وَالآخِرَةُ دَارُ الْجَزَاءِ عَلَى الْعَمَلِ، دَارُ الْحِسَابِ وَلَيْسَتْ دَارَ الْعَمَلِ.
Ainsi, le bas monde se déplace comme s’il va vers sa fin et c’est comme si l’au-delà se déplaçait pour venir à nous, le bas monde est donc une résidence pour œuvrer et l’au-delà est une résidence de rétribution pour les œuvres, l’au-delà est une résidence de rétribution et ce n’est pas une résidence pour les œuvres. Cette parole a été rapportée par al-Boukhariyy dans ar-riqaq.
وَالرِّقَاقُ كِتَابٌ مَخْصُوصٌ فِي أَوَاخِرِ الْجَامِعِ الْمُسْنَدِ لِلْبُخَارِيِّ.
Et « ar-riqaq » est un chapitre dédié à la fin du livre al-jami^ou l-mousnad qui est un livre de hadith qui comporte des chaînes de transmission -al-mousnad- de al-Boukhariyy. Ainsi, al-Boukhariyy a dédié un chapitre du nom de « ar-riqaq » dans son livre jami^ou l-mousnad qui veut littéralement dire : «les paroles d’exhortations. »
أَعْظَمُ حُقُوقِ اللَّهِ عَلَى عِبَادِهِ
Le devoir le plus éminent à l’égard de Allah de la part de Ses esclaves
اعْلَمْ أَنَّ أَعْظَمَ حُقُوقِ اللَّهِ تَعَالَى عَلَى عِبَادِهِ هُوَ تَوْحِيدُهُ تَعَالَى وَأَنْ لا يُشْرَكَ بِهِ شَىْءٌ لِأَنَّ الإِشْرَاكَ بِاللَّهِ هُوَ أَكْبَرُ ذَنْبٍ يَقْتَرِفُهُ الْعَبْدُ وَهُوَ الذَّنْبُ الَّذِي لا يَغْفِرُهُ اللَّهُ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَاءُ.
قَالَ تَعَالَى: ﴿إِنَّ اللَّهَ لا يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَآءُ﴾ [سُورَةَ النِّسَاء/48].
Sache que le plus éminent des droits de Allah sur Ses esclaves c’est la croyance en Son unicité ta^ala et de ne rien adorer d’autre que Lui, en effet, attribuer un associé à Dieu est le plus grand péché que l’esclave puisse commettre, et c’est le péché que Allah ne pardonne pas alors qu’Il pardonne tout péché moindre que celui-là à qui Il veut. Ainsi, Allah dit sourate an-niça’ verset 48 :
﴿إِنَّ اللَّهَ لا يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَآءُ﴾
ce qui signifie : « certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui attribue un associé et Il pardonne les péchés moins grave que cela à qui Il veut. »
الشَّرْحُ مَعْرِفَةُ اللَّهِ تَعَالَى مَعَ إِفْرَادِهِ بِالْعِبَادَةِ أَيْ نِهَايَةِ التَّذَلُّلِ هُوَ أَعْظَمُ حُقُوقِ اللَّهِ عَلَى عِبَادِهِ، وَأَكْبَرُ ذَنْبٍ يَقْتَرِفُهُ الْعَبْدُ هُوَ الْكُفْرُ وَهُوَ عَلَى نَوْعَيْنِ: كُفْرٌ شِرْكٌ وَكُفْرٌ غَيْرُ شِرْكٍ، فَكُلُّ شِرْكٍ كُفْرٌ وَلَيْسَ كُلُّ كُفْرٍ شِرْكًا، لِذَلِكَ كَانَ أَعْظَمُ حُقُوقِ اللَّهِ عَلَى عِبَادِهِ أَنْ يَعْبُدُوهُ وَلا يُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا.
Commentaire : connaitre Allah ta^ala en n’adorant que Lui, c’est-à-dire en se soumettant à l’extrême uniquement à Lui, est le plus éminent des droits que Dieu a sur Ses esclaves. Et le plus grave des péchés que puisse commettre l’esclave c’est la mécréance, et la mécréance est de deux sortes : il y a une mécréance qui revient à attribuer un associé à Dieu, et il y a une mécréance qui ne revient pas attribuer un associer à Dieu. Ainsi toute forme d’association à Dieu est de la mécréance, mais ce n’est pas toute mécréance qui revient forcément à attribuer un associé à Dieu. Ainsi, le plus grand des droits que Dieu a sur Ses esclaves est qu’ils L’adorent et qu’ils ne Lui attribue aucun associé.
وَالْكُفْرُ أَكْبَرُ الظُّلْمِ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/254] فُظُلْمُ الْكَافِرِ بِكُفْرِهِ أَعْظَمُ مِنْ قَتْلِ الْمُسْلِمِ ءَالافَ الآلافِ مِنَ الْمُسْلِمِينَ مِنْ غَيْرِ اسْتِحْلالٍ لِقَتْلِهِمْ.
Et la mécréance est la pire des injustices, c’est-à-dire que toutes les injustices par rapport à la mécréance sont comme rien du tout. Et la preuve est la parole de Dieu dans sourate al-baqarah verset 254 :
﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾
ce qui signifie : « les mécréants ce sont eux les injustes. » Ainsi, l’injustice commise par le mécréant lorsqu’il commet de la mécréance est la pire des injustices, et l’injustice qu’il commet par sa mécréance est plus grave que si un musulman assassinait des milliers et des milliers de musulmans, sans pour autant considérer licite de les tuer, c’est-à-dire qu’il les assassine en considérant que c’est un péché.
وَقَدْ أَخْبَرَ اللَّهُ تَعَالَى أَنَّهُ يَغْفِرُ كُلَّ الذُّنُوبِ لِمَنْ شَاءَ مِنْ عِبَادِهِ الْمُسْلِمِينَ الْمُتَجَنِّبِينَ لِلْكُفْرِ بِنَوْعَيْهِ الإِشْرَاكِ بِاللَّهِ تَعَالَى الَّذِي هُوَ عِبَادَةُ غَيْرِهِ وَالْكُفْرِ الَّذِي لَيْسَ فِيهِ إِشْرَاكٌ كَتَكْذِيبِ الرَّسُولِ وَالِاسْتِخْفَافِ بِاللَّهِ أَوْ بِرَسُولِهِ مَعَ تَوْحِيدِ اللَّهِ تَعَالَى وَتَنْزِيهِهِ.
Ainsi, Allah nous a appris qu’Il pardonne tous les péchés à qui Il veut parmi Ses esclaves musulmans qui évitent la mécréance sous ses deux formes, à savoir l’attribution d’associer à Dieu qui consiste à adorer autre que Allah, ainsi que la mécréance qui ne comporte pas d’attribution d’associer à Allah comme le fait de démentir le Messager ou comme le fait de se moquer de Dieu ou de Son Messager tout en ayant pour croyance que Allah est unique et en L’exemptant de toute ressemblance avec Ses créatures.
وَمِمَّا يَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ أَيْضًا قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: إِنَّ اللَّهَ لَيَغْفِرُ لِعَبْدِهِ مَا لَمْ يَقَعِ الْحِجَابُ قَالُوا: وَمَا وُقُوعُ الْحِجَابِ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: أَنْ تَمُوتَ النَّفْسُ وَهِيَ مُشْرِكَةٌ رَوَاهُ أَحْمَدُ وَابْنُ حِبَّانَ وَصَحَّحَهُ.
Et parmi ce qui indique cela, à savoir que Allah ne pardonne pas la mécréance pour celui qui en meurt chargé, il y a la parole du prophète :
إِنَّ اللَّهَ لَيَغْفِرُ لِعَبْدِهِ مَا لَمْ يَقَعِ الْحِجَابُ
ce qui signifie : « certes Allah pardonne à Son esclave tant que le voile n’est pas tombé. »
قَالُوا: وَمَا وُقُوعُ الْحِجَابِ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟
Alors les compagnons ont dit : « que signifie donc : « que le voile tombe » ô Messager de Dieu ? »
قَالَ: أَنْ تَمُوتَ النَّفْسُ وَهِيَ مُشْرِكَةٌ
Le prophète a expliqué en disant : « c’est que la personne meurt en étant assimilatrice », c’est que la personne meurt en ayant commise la mécréance. Hadith rapporté Ahmad et Ibnou Hibban qui l’a jugé sahih.
فَالْكُفْرُ بِجَمِيعِ أَنْوَاعِهِ هُوَ الذَّنْبُ الَّذِي لا يَغْفِرُهُ اللَّهُ أَيْ لِمَنِ اسْتَمَرَّ عَلَيْهِ إِلَى الْمَوْتِ أَوْ إِلَى حَالَةِ الْيَأْسِ مِنَ الْحَيَاةِ بِرُؤْيَةِ مَلَكِ الْمَوْتِ وَمَلائِكَةِ الْعَذَابِ أَوْ إِدْرَاكِ الْغَرَقِ بِحَيْثُ أَيْقَنَ بِالْهَلاكِ وَنَحْوِهِ فَذَاكَ مُلْحَقٌ بِالْمَوْتِ.
Ainsi, la mécréance sous toutes ses formes est le péché que Allah ne pardonne pas, c’est-à-dire pour celui qui persiste sur la mécréance jusqu’à la mort, ou jusqu’à parvenir à un état où il perd tout espoir de vivre, donc s’il meurt ou bien s’il arrive à un état dans lequel il perd tout espoir de vivre, Dieu ne lui pardonnera pas sa mécréance. Et la parole « il perd tout espoir de vivre » signifie qu’il sait qu’il va mourir, comme dans le cas où il voit l’ange de la mort, ou encore comme dans le cas où il voit les anges du châtiment, ou encore comme s’il sait qu’il va se noyer, c’est-à-dire qu’il est certain qu’il va mourir ou ce qui est de cet ordre. Eh bien, ces cas-là que nous venons de citer sont rattachés au jugement du mort, c’est-à-dire que c’est le même jugement que s’il était mort, par conséquent, ce sont les mêmes règles qui s’appliquent à la personne.
Et nous parlons de la règle qui stipule comme quoi si quelqu’un meurt mécréant, il ne sera pas pardonné. Par conséquent, celui qui voit l’ange de la mort c’est comme s’il était déjà mort, celui qui voit les anges du châtiment c’est comme s’il était mort, celui qui sait qu’il va mourir noyer c’est comme s’il était mort, c’est-à-dire que c’est le même jugement qui s’applique à lui, à savoir le jugement qui stipule qu’il ne sera pas pardonné.
فَالْحَاصِلُ أَنَّ الْكُفْرَ لا يُغْفَرُ إِلَّا بِالإِسْلامِ فِي الْوَقْتِ الَّذِي يَكُونُ مَقْبُولًا فِيهِ
En résumé, la mécréance n’est pardonnée que par l’Islam pendant le temps dans lequel l’Islam est accepté.
فَمَنْ أَسْلَمَ بَعْدَ الْوَقْتِ الَّذِي يُقْبَلُ فِيهِ فَلا يَمْحُو إِسْلامُهُ كُفْرَهُ.
Celui donc qui reconnait l’Islam comme juste religion dans un temps où son islam n’est plus accepté de lui, eh bien cette reconnaissance n’effacera pas de lui cette mécréance.
فَالْكُفْرُ هُوَ أَعْظَمُ الذُّنُوبِ وَبَعْدَهُ قَتْلُ النَّفْسِ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ إِلَّا بِالْحَقِّ
Ainsi, la mécréance est le plus grave des péchés, et après la mécréance, le péché le plus grave est le fait de tuer quelqu’un injustement.
وَأَمَّا قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿وَالْفِتْنَةُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/191] أَيِ الشِّرْكُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ
Cela étant dit, Dieu dit dans sourate al-baqarah verset 191 :
﴿وَالْفِتْنَةُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ﴾
ce qui signifie : « وَالْفِتْنَةُ est plus grave que de tuer », et dans ce verset : «الْفِتْنَة « ici signifie « ash-shirk» [l’association].
Ainsi, dans ce verset 191 de sourate al-baqarah, la fitnah ne veut pas dire semer la zizanie, car nous ne disons pas que semer la zizanie est plus grave que tuer, non. Mais qu’est-ce qui est plus grave que tuer ? C’est la mécréance. Ainsi, dans le verset 191 de sourate al-baqarah, le mot « fitna » fait référence à la mécréance.
فَالشِّرْكُ هُوَ أَعْظَمُ الظُّلْمِ لِقَوْلِهِ تَعَالَى ﴿إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ﴾ [سُورَةَ لُقْمَان/13]
Et l’association est la plus grande des injustices, preuve en est la parole de Dieu dans sourate Louqmanverset 13 :
﴿إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ﴾
ce qui signifie : « l’association à Dieu est certes une grave injustice. »
وَقَوْلِهِ: ﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾ وَمَعْنَاهُ أَكْبَرُ الظُّلْمِ هُوَ الْكُفْرُ.
Et dans sourate al-baqarah verset 254, Dieu dit :
﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾
ce qui signifie : « les mécréants ce sont eux les injustes», c’est-à-dire que par leur mécréance, les mécréants sont ceux qui ont atteint le plus haut degré d’injustice, car la mécréance est la pire des injustices.
Informations utiles :
قول : نَحْنُ قَوْمُ لَا نَأْكُلُ حَتَّى نَجُوع وَإِذَا أَكَلْنَا فَلَا نَشْبَعْ، لَيْسَ حَدِيثَا
La parole : « nous sommes de gens, nous ne mangeons pas avant d’avoir faim, et lorsque nous mangeons, nous ne mangeons pas à notre faim » n’est pas un hadith. Ce n’est pas un hadith ce que certains arabophones répètent.
Autre information utile :
Et le Chaykh a dit : certains savants ont dit : « celui qui mange beaucoup, il dormira beaucoup, et celui qui dort beaucoup ratera beaucoup de bien. »
Autre information utile :
Il a été rapporté par al-Bayhaqiyy et par autres que al-Bayhaqiyy que le Messager utilisait le siwak l’après-midi durant le mois de ramadan. Le Chaykh a dit : « étant donné que cela a été authentifié, on ne dit pas que le fait d’utiliser le siwak l’après-midi durant le mois de ramadan est déconseillé. »
Autre information utile :
Dieu dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 200 :
﴾ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اصْبِرُوا وَصَابِرُوا ﴿
ce qui signifie : « ô vous qui êtes croyants, patientez et صَابِرُوا «
Le Chaykh a dit : صَابِرُوا signifie : « ayez la victoire sur les non musulmans par votre patience. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ جَمِيعُ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ لا يَغْفِرُهَا اللَّهُ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾ [سُورَةَ مُحَمَّد/34].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et il en est de même pour toutes les sortes mécréances, Allah ne les pardonne pas, preuve en est Sa parole ta^ala dans sourate Mohammed verset 34 :
﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾
ce qui signifie : « certes ceux qui ont mécru et qui ont empêché les gens d’entrer en Islam puis qui sont morts en étant mécréants, Allah ne leur pardonne pas. »
الشَّرْحُ هَذِهِ الآيَةُ فِيهَا النَّصُّ عَلَى أَنَّ مَنْ مَاتَ كَافِرًا لا يَغْفِرُ اللَّهُ لَهُ، وَهَذَا يُؤْخَذُ مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ﴾ لِأَنَّ هَذَا قَيْدٌ لِعَدَمِ الْمَغْفِرَةِ لَهُمْ.
Commentaire : ce verset est un énoncé sur le fait que celui qui meurt mécréant, Allah ne lui pardonnera pas. Et ceci est déduit de Sa parole ta^ala :
﴿ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ﴾
ce qui signifie : « puis qui sont morts en étant mécréants », car c’est cela le critère qui fait qu’il ne leur sera pas pardonner, à savoir le fait qu’ils soient morts mécréant.
وَمَعْنَى ﴿وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ﴾ أَيْ وَمَنَعُوا النَّاسَ مِنَ الدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ، وَلَيْسَ هَذَا شَرْطًا لِلْحِرْمَانِ مِنَ الْمَغْفِرَةِ، بَلِ الْكَافِرُ مَحْرُومٌ مِنَ الْمَغْفِرَةِ إِنْ مَنَعَ النَّاسَ مِنَ الإِسْلامِ أَوْ لَمْ يَمْنَعْ، بَلْ وَلَوْ سَاعَدَ الْمُسْلِمِينَ فِي إِدْخَالِ النَّاسِ فِي دِينِهِمْ.
Et dans ce verset 34 de sourate Mouhammed, la phrase :
﴿وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ﴾
signifie : « il y a parmi ceux qui sont mécréants ceux qui empêchent les gens d’entrer en islam », mais cela ne signifie pas que ce verset ne concernerait que ceux qui empêchent les gens d’entrer en islam, c’est-à-dire que ce n’est pas une condition pour être priver du pardon dans l’au-delà que d’empêcher les gens d’entrer en islam. Ainsi, Le mécréant est privé du pardon dans l’au-delà, qu’il empêche les gens d’entrer en islam ou qu’il ne les empêche pas d’entrer en islam.
لَكِنَّ الْكَافِرَ الَّذِي يَصُدُّ النَّاسَ مِنَ الإِسْلامِ أَشَدُّ ذَنْبًا مِنَ الْكَافِرِ الَّذِي يَكْفُرُ بِنَفْسِهِ وَلا يَصُدُّ غَيْرَهُ عَنِ الإِيـمَانِ
Cependant, le péché du mécréant qui empêche les gens d’entrer en Islam est plus grave que le péché du mécréant qui n’empêche pas les gens d’entrer en Islam.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَدْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ شَهِدَ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لا شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ وَأَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ أَدْخَلَهُ اللَّهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ، رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et le Messager de Allah a dit :
مَنْ شَهِدَ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لا شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ وَأَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ أَدْخَلَهُ اللَّهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ
ce qui signifie : « celui qui témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah, qu’Il est unique sans associer, que Mouhammed est Son esclave et Son Messager, que ^Iça est l’esclave de Allah et Son Messager, qu’il est Sa bonne nouvelle annoncée à Maryam, et que son âme est créée et honorée par Allah, que le paradis est une vérité et que l’enfer est une vérité, Allah le fera entrer au paradis quels que soient ses actes. » Hadith rapporté par al-Boukhariyy et Mouslim :
الشَّرْحُ هَذَا الْحَدِيثُ الصَّحِيحُ اتَّفَقَ عَلَى إِخْرَاجِهِ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ فِي كِتَابَيْهِمَا الْمَعْرُوفَيْنِ بَيْنَ الأُمَّةِ الإِسْلامِيَّةِ
Commentaire : ce hadith a été rapporté aussi bien par al-Boukhariyy que par Mouslim dans leurs deux livres qui sont connus au sein de la communauté islamique.
وَمَعْنَاهُ يَتَضَمَّنُ أَنَّ الإِنْسَانَ إِذَا مَاتَ وَهُوَ يَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَتَجَنَّبَ عِبَادَةَ غَيْرِهِ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ، وَيَشْهَدُ أَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَيَشْهَدُ أَنَّ الْجَنَّةَ حَقٌّ وَأَنَّ النَّارَ حَقٌّ – أَيْ مَوْجُودَتَانِ – يُدْخِلُهُ اللَّهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ أَيْ وَلَوْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الْكَبَائِرِ.
Le sens de ce hadith est : si l’homme meurt en témoignant qu’il n’est de Dieu que Dieu, c’est-à-dire qu’il meurt dans un état où il témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu, et qu’il évite l’adoration d’autre que Dieu et qu’il témoigne que Mouhammed est l’esclave de Dieu et Son Messager et qu’il témoigne que ^Iça est l’esclave de Allah et Son Messager et qu’il est la bonne nouvelle annoncée à Maryam, et que l’âme de ^Iça est une âme qui est honorée par Allah, et qu’il témoigne que le paradis est une réalité, et que l’enfer est une réalité -c’est-à-dire qu’ils existent actuellement- Allah le fera entrer au paradis quels que soient ses actes, c’est-à-dire même s’il commettait les grands péchés.
وَمَعْنَى قَوْلِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ أَنَّ الْمَسِيحَ بِشَارَةُ اللَّهِ لِمَرْيَمَ الَّتِي بَشَّرَتْهَا بِهَا الْمَلائِكَةُ بِأَمْرِهِ قَبْلَ أَنْ تَحْمِلَ بِهِ، فَإِنَّ الْمَلَكَ جِبْرِيلَ بَشَّرَهَا بِهِ
Et dans le hadith que nous venons de cité, la parole du prophète : وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمْ signifie que ^Iça, al-massih, Jésus, est l’annonce de bonne nouvelle de Allah à Maryam, et cette annonce a été apportée à Maryam par les anges sous ordre de Dieu avant qu’elle ne soit enceinte de lui. Et c’est l’ange Jibril qui lui a annoncé cette bonne nouvelle.
قَالَ لَهَا أَنَا رَسُولٌ مِنَ اللَّهِ لِأُعْطِيَكِ غُلامًا زَكِيًّا أَيْ طَيِّبًا.
Il lui a dit : « je suis un envoyer de la part de Dieu pour te donner un garçon qui est bon », et c’est ainsi que Maryam s’est retrouvée enceinte sans qu’un homme ne l’ai touché. Jibril a soufflé à partir de l’encolure de la tunique de Maryam, l’âme de Jésus s’est alors retrouvée dans l’utérus de Maryam puis elle s’est retrouvée enceinte sans que ^Iça ne soit créé à partir de l’eau d’un homme et d’une femme, c’est Allah ta^ala Qui a créé ^Iça sans père directement à partir de Maryam. Et ceci est une preuve que ce ne sont pas les causes qui créent les effets mais c’est Allah qui crée les causes et c’est Allah qui crée les effets.
وَقَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وُرُوحٌ مِنْهُ مَعْنَاهُ أَنَّ رُوحَ الْمَسِيحِ رُوحٌ صَادِرَةٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى خَلْقًا وَتَكْوِينًا
Puis dans la suite du hadith, le Messager de Allah a dit : وَرُوُحٌ مِنْه ce qui signifie : « l’âme de ^Iça est honorée par Allah», c’est-à-dire que l’âme de ^Iça est une âme qui provient de Dieu par création, c’est Dieu Qui l’a créé et c’est Dieu Qui l’a fait exister.
أَيْ رُوحُهُ رُوحٌ مُشَرَّفٌ كَرِيْمٌ عَلَى اللَّهِ
C’est-à-dire que l’âme de ^Iça est une âme honorée que Allah ta^ala honore.
وَإِلَّا فَجَمِيعُ الأَرْوَاحِ صَادِرَةٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى تَكْوِينًا لا فَرْقَ فِي ذَلِكَ بَيْنَ رُوحٍ وَرُوحٍ
Et toutes les âmes proviennent de la part de Dieu par création, toutes les âmes ont été créées par Dieu, il n’y a pas de différence en cela entre une âme et une autre âme.
وَكَلِمَةُ رُوحٌ مِنْهُ لَيْسَ مَعْنَاهَا أَنَّ الْمَسِيحَ عِيسَى جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ إِنَّمَا مَعْنَاهَا رُوحٌ وُجِدَتْ بِإِيْجَادِ اللَّهِ أَيِ اللَّهُ أَوْجَدَهَا مِنَ الْعَدَمِ
Puis le prophète a dit : رُوحٌ مِنْهُ, et que veut dire « minh » dans le hadith ? « minh » ne veut pas dire que ^Iça serait une partie de Allah, mais le sens de « minh » ici est que c’est une âme qui a existée par la création de Dieu, c’est-à-dire que c’est Allah qui l’a fait exister à partir du néant.
لَيْسَ مَعْنَاهَا أَنَّهُ جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ كَمَا ادَّعَى بَعْضُ مُلُوكِ النَّصَارَى احْتَجَّ بِهَذِهِ الآيَةِ عَلَى أَنَّ الْمَسِيحَ جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ
Et cela ne veut pas dire que ^Iça serait une partie de Allah comme l’ont prétendu certains Roi chrétiens. Car certains roi chrétiens ont prétendu argumenté leur croyance, à savoir que al-massih, ^Iça serait une partie de Allah à partir de ce terme : وَرُوُحٌ مِنْه qui figure aussi dans un verset du Qour’an.
فَرَدَّ عَلَيْهِ الْقَاضِي أَبُو بَكْرٍ الْبَاقِلَّانِيُّ بِهَذِهِ الآيَةِ ﴿وَسَخَّرَ لَكُمْ مَّا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِّنْهُ﴾ [سُورَةَ الْجَاثِيَة/13]، فَسَكَتَ ذَلِكَ الْمَلِكُ لِأَنَّ كَلِمَةَ ﴿مِّنْهُ﴾ فِي النَّصَّيْنِ مَوْجُودَةٌ
Mais le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy a répliqué à un de ces rois chrétiens par le verset 13 de sourate al-djathiyah :
﴿وَسَخَّرَ لَكُمْ مَّا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِّنْهُ﴾
qui signifie : « Il vous a asservi ce qu’il y a dans les cieux et dans la Terre, tout cela ﴿مِّنْهُ﴾ » et ici, il y a le même : ﴿مِّنْهُ﴾ pourtant cela ne veut pas dire : « ce qu’il y a dans les cieux et dans la Terre est une partie de Lui », alors ce Roi chrétien n’a rien trouvé à dire parce que le mot ﴿مِّنْهُ﴾ existe dans les deux textes.
Et l’histoire est qu’il y a eu un roi chrétien qui avait demandé à qu’on lui envoie un savant musulman très fort, car ce roi chrétien voulait soi-disant débattre. Ainsi, le gouverneur des musulmans de l’époque lui a envoyé le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy qui est un des élèves de Abou l-Haçan al-Ach^ariyy. Et donc Abou Bakr al-Baqillaniyy a débattu avec ce roi chrétien. Et quand ce roi chrétien lui a dit : « nous disons la même chose que vous, à savoir que Jésus est une partie de Dieu, dans le Qour’an il y a : « وَرُوحٌ مِّنْهُ « comme dans sourate an-nisa’ verset 171 », al-Baqillaniyy lui a dit : « non, ici : وَرُوحٌ مِّنْهُ ne signifie pas « une partie de Lui », mais cela signifie : « une âme qui est honorée par Lui. » Puis, l’imam al-Baqillaniyy lui a donné la preuve que le mot ﴿مِّنْهُ﴾ ne veut pas dire « une partie de Lui. »
فَكَمَا أَنَّهَا لا تَدُلُّ فِي الآيَةِ عَلَى أَنَّ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ كَذَلِكَ لا تَدُلُّ كَلِمَةُ ﴿مِّنْهُ﴾ فِي ءَايَةِ ﴿وَرُوحٌ مِّنْهُ﴾ عَلَى أَنَّ رُوحَ عِيسَى جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ.
Ainsi, tout comme ce verset 13 de sourate al-djathiyah ne signifie pas que les cieux et la Terre seraient des parties de Allah, également le mot ﴿مِّنْهُ﴾ dans le verset 171 de sourate an-nisa’ ﴿وَرُوحٌ مِّنْهُ﴾ ne veut pas dire que l’âme de ^Iça serait une partie de Allah.
Et le débat a porté sur plusieurs sujets avec le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy mais nous nous focalisons sur celui-ci.
Et il faut savoir que ce roi chrétien voulait absolument que tout le monde s’incline pour lui. Ainsi, avant que Abou Bakr al-Baqillaniyy ne vienne, le roi a demandé à ses conseillers comment faire ? Car il s’est dit : « c’est sûr que ce savant musulman ne va pas s’incliner pour moi… » Et qu’est-ce que ses conseillers lui ont alors dit ? Ils lui ont dit : « tu mets un petit portillon à l’entrée de là où tu te trouves, de sorte que Abou Bakr al-Baqillaniyy sera obligé de se baisser pour que sa tête ne tape pas le haut du portillon, et ça sera comme une inclination », et ce Roi chrétien a aimé l’idée. Ainsi, le roi a fait fabriquer un petit portique, mais quand Abou Bakr al-Baqillaniyy est arrivé et qu’il a remarqué cela, il a compris directement. Alors qu’est-ce qu’il a fait ? Abou Bakr al-Baqillaniyy est rentré à reculons, il a montré son arrière-train, et le Roi était offusqué, ça ne lui a pas plus. Les savants de l’Islam sont très intelligents, cela étant le fait de trouver le bon argument au bon moment.
Ainsi, le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy a trouvé directement le verset 13 de sourate al-djathiyah :
﴿وَسَخَّرَ لَكُمْ مَّا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِّنْهُ﴾
qui signifie : « Allah ta^ala a asservie pour l’être humain tout ce qu’il y a dans les cieux et sur Terre. »
وَمَعْنَى الآيَةِ الثَّانِيَةِ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى سَخَّرَ لِبَنِي ءَادَمَ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِنْهُ
Ainsi, ce verset 13 de sourate al-djathiyah signifie que Allah ta^ala a asservi pour l’être humain tout ce qu’il y a dans les cieux et sur Terre.
أَيْ أَنَّ جَمِيعَ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ مِنَ اللَّهِ خَلْقًا وَتَكْوِينًا وَلَيْسَ الْمَعْنَى أَنَّهَا أَجْزَاءٌ مِنْهُ تَعَالَى.
C’est-à-dire que tout ce qu’il y a dans les cieux et sur Terre provient de Allah par création, c’est Allah Qui l’a créé et c’est Allah Qui l’a fait exister, et ça ne signifie pas que ça serait une partie de Allah.
فَالْمَلائِكَةُ مُسَخَّرُونَ لِبَنِي ءَادَمَ بِحِفْظِهِمْ لَهُمْ وَغَيْرِ ذَلِكَ كَإِنْزَالِ الْمَطَرِ وَإِرْسَالِ الرِّيَاحِ الَّتِي يَنْتَفِعُونَ بِهَا وَالدُّعَاءِ لَهُمْ أَيْ لِلْمُؤْمِنِينَ مِنْ بَنِي ءَادَمَ خَاصَّةً.
Et il faut savoir que Allah ta^ala fait que les anges protègent les êtres humains, et ce sont les anges qui font tomber la pluie, et les anges ramènent le vent qui est utile, et ils font des invocations pour les êtres humains, c’est-à-dire parmi les croyants en particulier. Et Dieu a fait ce soient des causes pour protéger l’être humain.
وَقَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ مَعْنَاهُ أَنَّهُمَا مَوْجُودَتَانِ وَبَاقِيَتَانِ وَأَنَّهُمَا دَارَا جَزَاءٍ
Et pour revenir à la suite du hadith, notre prophète a dit :
وَالْجَنَّةَ حَقٌّ والنَّارَ حَقٌّ
ce qui signifie : « le paradis est une réalité et l’enfer est une réalité », cela veut dire que le paradis et l’enfer existent actuellement et qu’ils demeureront sans fin, et que ce seront des résidences de rétribution.
فَالْجَنَّةُ دَارُ جَزَاءٍ لِلْمُؤْمِنِينَ وَالنَّارُ دَارُ جَزَاءٍ لِلْكَافِرِينَ.
Et le paradis est une résidence de rétribution pour les croyants, et l’enfer est une résidence de rétribution pour les mécréants.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَفِي حَدِيثٍ ءَاخَرَ: فَإِنَّ اللَّهَ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et dans un autre hadith le Messager de Allah a dit :
فَإِنَّ اللَّهَ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ
ce qui signifie : « certes, Allah ne châtiera pas éternellement celui qui a témoigné qu’il n’est de Dieu que Allah, en recherchant par cette parole l’agrément de Allah. » Hadith rapporté par al-Boukhariyy.
الشَّرْحُ الْمَعْنَى أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى حَرَّمَ عَلَى النَّارِ أَيِ الدَّوَامَ فِيهَا إِلَى الأَبَدِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ
Commentaire : la signification est que Allah a interdit le séjour éternel à jamais en enfer à celui qui dit :
لا إِلَهَ إِلَّا اللَّه، en recherchant par cette parole l’agrément de Allah. Et qu’est-ce que ça veut dire : لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ ? Ça signifie : « il n’est de Dieu que Allah. »
أَيْ إِنْ قَالَ ذَلِكَ مُعْتَقِدًا فِي قَلْبِهِ لا مُنَافِقًا لِيُرْضِيَ الْمُسْلِمِينَ وَهُوَ فِي قَلْبِهِ غَيْرُ رَاضٍ بِالإِسْلامِ إِمَّا بِشَكِّهِ فِي الْوَحْدَانِيَّةِ أَوْ بِتَكْذِيبِهِ فِي قَلْبِهِ مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.
C’est-à-dire qu’il doit dire cette parole en y croyant dans son cœur, c’est-à-dire qu’il ne prononce pas cette phrase par hypocrisie pour satisfaire les musulmans alors que dans son cœur il ne se satisfait pas de l’Islam et qu’il doute de l’unicité de Dieu ou qu’il dément dans son cœur le prophète Mouhammed.
Ainsi, il doit prononcer cette parole en recherchant l’agrément de Dieu, en ayant pour croyance qu’il n’est de Dieu que Dieu et en ayant la conviction que seul Dieu mérite d’être adorer, et que Dieu seul mérite qu’on se soumette à Lui à l’extrême, la personne ne dit pas cette parole en rejetant l’Islam par le cœur ou en doutant à propos de l’unicité de Dieu ou bien en démentant par son cœur le prophète Mouhammed.
وَمَعْنَى يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ أَيْ يَبْتَغِي الْقُرْبَ إِلَى اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى لَيْسَ لِمُرَاءَاةِ النَّاسِ بِدُونِ اعْتِقَادٍ.
Et qu’est-ce que cela veut dire « en recherchant par cela l’agrément de Allah » ? C’est-à-dire qu’il veut obtenir une récompense de la part de Dieu en disant cette phrase, c’est ça le sens du hadith :
يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ الله
qui signifie : « il recherche par cela l’agrément de Allah », c’est-à-dire qu’il ne dit pas cette parole pour plaire aux gens sans y croire.
وَالْوَجْهُ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ يَأْتِي بِمَعَانٍ عَدِيدَةٍ مِنْهَا الْقَصْدُ
Et le terme « al-wadjh » dans la langue arabe peut avoir plusieurs sens comme « al-qasad » par exemple, c’est-à-dire « ce qui est visé. »
كَمَا قَالَ الشَّاعِرُ:
أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ ذَنْبًا لَسْتُ مُحْصِيَهُ رَبَّ الْعِبَادِ إِلَيْهِ الْوَجْهُ وَالْعَمَلُ
أَيِ الْقَصْدُ.
Comme un poète a dit :
أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ ذَنْبًا لَسْتُ مُحْصِيَهُ رَبَّ الْعِبَادِ إِلَيْهِ الْوَجْهُ وَالْعَمَلُ
ce qui signifie : « je demande à Allah le pardon de péchés (péchés au pluriel) que je ne peux énumérer tellement qu’ils sont nombreux ; Lui Qui est Le Seigneur des esclaves, à Lui al-wadjhou et les œuvres. »
Ainsi, « al-wadjh » dans le poème signifie « c’est Son agrément que je recherche », c’est-à-dire : « c’est Son agrément qui est la destination et l’objectif de mes œuvres. » Ainsi, le sens de al-wadjh ici est : « la destination -l’objectif-. »
وَكَذَلِكَ وَرَدَ حَدِيثٌ رَوَاهُ ابْنُ حِبَّانَ وَغَيْرُهُ وَهَذَا لَفْظُ ابْنِ حِبَّانَ الْمَرْأَةُ عَوْرَةٌ فَإِذَا خَرَجَتِ اسْتَشْرَفَهَا الشَّيْطَانُ وَأَقْرَبُ مَا تَكُونُ الْمَرْأَةُ إِلَى وَجْهِ اللَّهِ إِذَا كَانَتْ فِي قَعْرِ بَيْتِهَا وَمَعْنَى وَجْهِ اللَّهِ هُنَا طَاعَةُ اللَّهِ.
Et le mot « wadjh » peut avoir d’autres sens que l’objectif et la destination, comme ce qui nous est parvenue dans un hadith rapporté par Ibnou Hibban et d’autres, et là c’est la version d’Ibnou Hibban :
الْمَرْأَةُ عَوْرَةٌ فَإِذَا خَرَجَتِ اسْتَشْرَفَهَا الشَّيْطَانُ وَأَقْرَبُ مَا تَكُونُ الْمَرْأَةُ إِلَى وَجْهِ اللَّهِ إِذَا كَانَتْ فِي قَعْرِ بَيْتِهَا
ce qui signifie : « la femme est une cause facile pour le shaytan pour entrainer les gens dans le péché, dès qu’elle sort de chez elle, le shaytan va l’exploiter, et l’endroit où la femme est le plus proche de al-wadjh de Allah, c’est lorsqu’elle est chez elle », et « al-wadjh » dans ce hadith signifie clairement « l’obéissance », et ceci est un sens qui est valide dans la langue et nous pouvons le dire.
Et nous pouvons aussi dire :
اللهُمَّ ارْزُقْنَا أَنْ نَرَى وَجْهَكَ الْكَرِيم
Et al-wadjh ici n’est pas le visage, mais ça veut dire l’Être, adh-dhat, « al-wadjh », c’est la réalité -l’Être de Dieu-, ce qui est aussi un sens valable. Cette invocation signifie : « ô Allah accorde nous de voir Ton Être. »
Et il y a aussi une autre signification à al-wadjh comme dans le verset 115 de sourate al-baqarah :
فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ
et dans ce verset 115 de sourate al-baqarah « wadjhou l-Lah » signifie : « la qiblah. »
Ainsi, dans la langue arabe, al-wadjh a beaucoup de sens, il n’a pas que le sens commun que l’on connait qui est le visage.
وَمَنِ اعْتَقَدَ أَنَّ الْوَجْهَ إِذَا أُضِيفَ إِلَى اللَّهِ فِي الْقُرْءَانِ أَوْ فِي الْحَدِيثِ مَعْنَاهُ الْجَسَدُ الَّذِي هُوَ مُرَكَّبٌ عَلَى الْبَدَنِ فَهُوَ لَمْ يَعْرِفْ رَبَّهُ
Celui qui croit que quand « al-wadjh » est attribué à Allah que ce soit dans le Qour’an ou dans le hadith veut dire le corps, le visage, celui-là n’a pas connu Dieu. Et le visage c’est ce qui se trouve sur la partie de la tête où il y a les yeux, le nez, la bouche.
Ainsi, celui qui croit que Dieu a un visage n’a pas connu Dieu, c’est-à-dire qu’il n’a pas adoré Allah.
لِأَنَّ هَذِهِ هَيْئَةُ الإِنْسَانِ وَالْمَلائِكَةِ وَالْجِنِّ وَالْبَهَائِمِ
Et pourquoi n’a-t-il pas connu Dieu [c’est-à-dire qu’il n’a pas adoré Allah] ? Car cette partie de la tête où il y a les yeux, la bouche, le nez, les joues, est l’aspect des êtres humains, c’est l’aspect des anges qui ont des visages, c’est l’aspect des djinn qui ont des visages, et de même les animaux ont des faces.
فَكَيْفَ يَكُونُ خَالِقُ الْعَالَمِ مِثْلَهُمْ.
Alors comment est-ce que Le créateur de ce monde serait-Il semblable à ce qu’Il crée ? Ceci est impossible à Son sujet, ce n’est pas possible selon la raison.
فَاللَّهُ لَيْسَ حَجْمًا بِالْمَرَّةِ، لا هُوَ حَجْمٌ لَطِيفٌ وَلا هُوَ حَجْمٌ كَثِيفٌ لِأَنَّ الْعَالَمَ حَجْمٌ كَثِيفٌ وَحَجْمٌ لَطِيفٌ.
Et Dieu n’est pas un corps, Il n’est ni un corps impalpable ni un corps palpable car ce monde lui-même est composé de corps palpables et de corps impalpables.
Et qu’est-ce c’est qu’un corps impalpable ? C’est ce que nous ne pouvons pas attraper avec la main comme la lumière, comme l’air ou comme l’âme.
Ainsi, Allah n’est pas un corps impalpable ni un corps palpable.
Et qu’est-ce que c’est qu’un corps palpable ? C’est le corps que nous pouvons attraper avec la main comme un arbre ou une pierre. Ainsi, Dieu n’est pas un corps palpable ni un corps impalpable.
فَاللَّهُ لَيْسَ حَجْمًا بِالْمَرَّةِ، لا هُوَ حَجْمٌ لَطِيفٌ وَلا هُوَ حَجْمٌ كَثِيفٌ لِأَنَّ الْعَالَمَ حَجْمٌ كَثِيفٌ وَحَجْمٌ لَطِيفٌ.
Et Dieu n’est pas un corps, Il n’est ni un corps impalpable ni un corps palpable car ce monde lui-même est composé de corps palpables et de corps impalpables.
ثُمَّ هَذَا الْحَجْمُ لَهُ صِفَاتٌ حَرَكَةٌ وَسُكُونٌ وَتَغَيُّرٌ وَلَوْنٌ وَانْفِعَالٌ وَتَحَيُّزٌ فِي الْمَكَانِ وَالْجِهَةِ وَاللَّهُ تَعَالَى لَيْسَ كَذَلِكَ
Et ces corps qui sont palpables ou impalpables possèdent des caractéristiques, comme le mouvement ; l’immobilité ; le changement ; la couleur ; les sauts d’humeur ; le fait d’être situé dans un endroit ainsi que les directions, et Allah ta^ala n’est pas ainsi.
Et qu’est-ce que les sauts d’humeur ? C’est le cas de quelqu’un qui était à l’aise, heureux et puis d’un coup il se met en colère. Et le changement d’humeur est une caractéristique des corps. Et de même, le fait d’être situé dans un endroit est une des caractéristiques des corps. Et de même, le fait d’être dans une direction est une caractéristique du corps, et Allah ta^ala n’est pas ainsi.
إِنَّمَا هُوَ مَوْجُودٌ غَيْرُ مُتَحَيِّزٍ فِي الْجِهَاتِ وَالأَمَاكِنِ لِأَنَّهُ كَانَ مَوْجُودًا قَبْلَهَا وَلَوْ لَمْ يَكُنْ كَذَلِكَ لَكَانَ لَهُ أَمْثَالٌ فِي خَلْقِهِ.
Allah ta^ala est un Être Qui existe et Qui n’est pas situé dans une quelconque direction ni dans un endroit, parce que Allah existe avant toutes les directions et avant tous les endroits, et s’Il n’avait pas été ainsi, Il aurait eu des semblables parmi Ses créatures.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَجِبُ قَرْنُ الإِيـمَانِ بِرِسَالَةِ مُحَمَّدٍ بِشَهَادَةِ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَذَلِكَ أَقَلُّ شَىْءٍ يَحْصُلُ بِهِ النَّجَاةُ مِنَ الْخُلُودِ الأَبَدِيِّ فِي النَّارِ.
L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : il est un devoir de joindre la foi en l’envoie de Mouhammed au témoignage qu’il n’est de Dieu que Allah, et ceci est le minimum pour être sauver de l’éternité à jamais en enfer.
الشَّرْحُ أَنَّ اعْتِقَادَ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لا يَكْفِي مَا لَمْ يُقْرَنْ بِاعْتِقَادِ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ، فَالْجَمْعُ بَيْنَ الشَّهَادَتَيْنِ ضَرُورِيٌّ لِلنَّجَاةِ مِنَ الْخُلُودِ الأَبَدِيِّ فِي النَّارِ.
Commentaire : croire qu’il n’est de Dieu que Allah seulement n’est pas suffisant tant que cette croyance n’est pas jointe à la croyance que Mouhammed est le Messager de Allah. Ainsi, joindre les deux témoignages est indispensable pour être sauver du séjour éternel en enfer.
وَالْمُرَادُ بِهَذَا الْحَدِيثِ الَّذِي مَرَّ ءَانِفًا وَمَا أَشْبَهَهُ مِنَ الأَحَادِيثِ الَّتِي لَمْ يُذْكَرْ فِيهَا شَهَادَةُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ مَا يَشْمَلُ الشَّهَادَةَ الأُخْرَىِأَنَّ ذِكْرَ الشَّهَادَةِ الأُولَى صَارَ فِي عُرْفِ الشَّرْعِ مَلْحُوظًا فِيهِ الشَّهَادَةُ الثَّانِيَةُ وَهِيَ شَهَادَةُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ
Et ce qui est visé par ce hadith que nous avons mentionné précédemment, et des hadith qui sont semblables dans lesquels il n’y a pas eu la mention du témoignage que Mouhammed est le Messager de Allah, c’est ce qui englobe l’autre témoignage, c’est-à-dire que dans l’usage des textes de la loi c’est connu que lorsque seul le premier témoignage est mentionné, le deuxième témoignage est implicite.
Et quel est le premier témoignage ? C’est : « il n’est de Dieu que Dieu. » Et quel est le deuxième témoignage ? C’est le témoignage que Mouhammed est le Messager de Allah. Ainsi, lorsque le hadith mentionne seulement le premier témoignage, le deuxième témoignage est sous-entendu.
وَلَيْسَ الْمَعْنِيُّ بِهَذَا الْحَدِيثِ وَشِبْهِهِ أَنَّ الِاقْتِصَارَ عَلَى شَهَادَةِ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ بِدُونِ الشَّهَادَةِ الأُخْرَى يَكْفِي لِلنَّجَاةِ مِنَ الْخُلُودِ الأَبَدِيِّ فِي النَّارِ، بَلْ لا بُدَّ مِنَ الْجَمْعِ بَيْنَ الشَّهَادَتَيْنِ
Ainsi, de ce hadith mentionné et de ceux qui sont de cet ordre, la signification n’est pas que se limiter à : « il n’est de Dieu que Allah » sans ajouter le deuxième témoignage serait suffisant pour être sauver du séjour éternel en enfer, non, mais il est indispensable de réunir les deux témoignages.
وَذَلِكَ بِدَلِيلِ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ [سُورَةَ الْفَتْح/13] فَتُحْمَلُ هَذِهِ الأَحَادِيثُ عَلَى مَا يُوَافِقُ هَذِهِ الآيَةَ
Et la preuve vient de la parole de Allah dans sourate al-fath verset 13 :
﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾
ce qui signifie : « celui qui ne croit pas en Dieu et en Son Messager certes Nous avons réservés pour les mécréants l’enfer. » Ainsi, ces hadith sont expliqués de manière conforme à ce verset 13 de sourate al-fath.
فَحَدِيثُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يَأْتِي مُنَاقِضًا لِلْقُرْءَانِ
Le hadith du Messager de Allah ne va pas contredire le Qour’an.
وَمَنْ تَوَهَّمَ خِلافَ ذَلِكَ فَهُوَ لِقُصُورِ فَهْمِهِ وَشِدَّةِ جَهْلِهِ.
Celui qui croit le contraire c’est dû au fait qu’il a une faiblesse de compréhension et à son extrême ignorance.
مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ
La signification des deux témoignages
الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ هَذَا بَيَانُ مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ.
Commentaire : ce paragraphe est la signification des deux témoignages.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَمَعْنَى شَهَادَةِ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ إِجْمَالًا أَعْتَرِفُ بِلِسَانِي وَأَعْتَقِدُ وَأُذْعِنُ بِقَلْبِي أَنَّ الْمَعْبُودَ بِحَقٍّ هُوَ اللَّهُ تَعَالَى فَقَطْ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la signification du témoignage qu’il de Dieu que Allah est globalement : je reconnais par ma langue, je crois et je me soumets par le cœur que Celui Qui mérite d’être adorer c’est Allah Lui seul.
الشَّرْحُ أَنَّ مَعْنَى لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ إِجْمَالًا أَيْ مِنْ غَيْرِ تَفْصِيلٍ اعْتِرَافٌ مَعَ الِاعْتِقَادِ وَالإِذْعَانِ بِأَنَّهُ لا يَسْتَحِقُّ الأُلُوهِيَّةَ أَحَدٌ إِلَّا اللَّهُ أَيْ لا يَسْتَحِقُّ أَحَدٌ غَايَةَ الْخُشُوعِ وَالْخُضُوعِ إِلَّا هُوَ
Commentaire : la signification de : لآ إلَـهَ اِلا الله est globalement, c’est-à-dire sans détail, la reconnaissance accompagnée de la croyance et de l’acceptance que nul autre que Allah ne mérite la divinité, c’est-à-dire que nul ne mérite l’extrême limite de la crainte et de la soumission si ce n’est Lui.
وَالإِلَهُ فِي أَصْلِ اللُّغَةِ الْمَعْبُودُ بِحَقٍّ ثُمَّ اسْتَعْمَلَهُ الْمُشْرِكُونَ لِمَا يَعْبُدُونَهُ مِنْ دُونِ اللَّهِ.
Et à l’origine, dans la langue arabe, le mot « al-‘ilah », signifie : « Celui qui est adorer légitimement » mais les associateurs ont détourné l’utilisation de ce terme pour designer avec ce qu’ils adorent au lieu d’adorer Allah ta^ala.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمَعْنَى شَهَادَةِ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ أَعْتَرِفُ بِلِسَانِي وَأُذْعِنُ بِقَلْبِي أَنَّ سَيِّدَنَا مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُرْسَلٌ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ إِلَى كَافَّةِ الْعَالَمِينَ مِنْ إِنْسٍ وَجِنٍّ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la signification du témoignage que Mouhammed est le Messager de Allah est : je reconnais par ma langue et je me soumets par le cœur au fait que notre maitre Mouhammed est envoyé par Allah en tant que Messager à l’ensemble des mondes, des humains et des djinns.
الشَّرْحُ أُذْعِنُ بِمَعْنَى أَعْتَقِدُ لِأَنَّ الِاعْتِرَافَ وَحْدَهُ مِنْ دُونِ اعْتِقَادٍ لا يَكْفِي
Commentaire : « je me soumet » a pour sens « je crois », car la reconnaissance par la langue seule sans qu’elle ne soit accompagnée d’une croyance par le cœur n’est pas suffisante.
فَالْمَعْرِفَةُ إِذَا اقْتَرَنَ بِهَا الإِذْعَانُ أَيْ رِضَا النَّفْسِ بِالشَّىْءِ الَّذِي عَرَفَتْهُ هِيَ الإِيـمَانُ الَّذِي هُوَ مَقْبُولٌ عِنْدَ اللَّهِ.
Ainsi, si la connaissance est accompagnée de cette soumission, c’est-à-dire que l’âme accepte ce qu’elle a connu, c’est cela la foi -al-‘iman- qui est acceptée selon le jugement de Dieu.
وَأَمَّا الْمَعْرِفَةُ وَحْدَهَا فَلا تَكْفِي لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى أَخْبَرَ عَنِ الْيَهُودِ أَنَّهُمْ كَانُوا يَعْرِفُونَ مُحَمَّدًا أَنَّهُ نَبِيٌّ فَقَالَ تَعَالَى: ﴿يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمْ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/146]
Quant à la connaissance elle seule, elle ne suffit pas car Allah nous a appris à propos des juifs qu’ils savaient que Mouhammed était un prophète. Ainsi, dans sourate al-baqarah verset 146 Dieu dit :
﴿يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمْ﴾
ce qui signifie : « ils le connaissent [ils savent qu’il est prophète] tout comme ils connaissent leurs propres enfant. »
لَكِنْ لَمْ تُذْعِنْ نُفُوسُهُمْ فَلِذَلِكَ كَانُوا يُكَذِّبُونَهُ بِأَلْسِنَتِهِمْ مَعَ عِلْمِهِمْ بِأَنَّهُ نَبِيٌّ لِأَنَّ التَّوْرَاةَ الَّتِي أُنْزِلَتْ عَلَى مُوسَى فِيهَا الإِخْبَارُ بِأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ
Cependant leurs âmes n’ont pas accepté cela, c’est pour cela qu’ils démentaient par leurs langues alors que ces juifs savaient par leurs cœurs que Mouhammed était bien un envoyer de Dieu car dans la Torah qui a été révélée à Moussa il y a l’annonce de Mouhammed en tant que Messager de Dieu.
لَكِنَّ التَّوْرَاةَ وَالإِنْجِيلَ حُرِّفَا لَفْظًا بَعْدَ أَنْ حُرِّفَا مَعْنًى.
Cependant, la Torah et l’Évangile ont été falsifiées, leurs thermes -les textes- ont été falsifiés et cette falsification des thermes -des textes- a eu lieu après la falsification des sens. Quant au Qour’an, Allah ta^ala le préserve, et cela est un défi permanent, c’est un miracle permanent pour notre maitre Mouhammed. Ainsi, quels que soient les moyens que les non croyants mettent en place pour falsifier le Qour’an, pour déformer le Qour’an, il restera intact. Et cela est un défi, car ils ne pourront rien faire, quoi qu’ils fassent. Ceci est donc un miracle permanent pour notre maître Mouhammed.
Ainsi, Dieu dit dans sourate al-baqarah verset 146 :
﴿يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمْ﴾
ce qui signifie : « ils le connaissent [ils savent qu’il est prophète] tout comme ils connaissent leurs propres enfant. »
وَقَوْلُهُ: مُرْسَلٌ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ إِلَى كَافَّةِ الْعَالَمِينَ مِنْ إِنْسٍ وَجِنٍّ فَالْعَالَمُونَ هُنَا هُمُ الإِنْسُ وَالْجِنُّ بِدَلِيلِ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿لِيَكُونَ لِلْعَالَمِينَ نَذِيرًا﴾[سُورَةَ الْفُرْقَان/1]
Quant à la parole du Chaykh à propos de notre maitre Mouhammed : « il est un Messager envoyé à l’ensemble des mondes par Allah aux humains et aux djinns », l’ensemble des mondes ici ce n’est pas tout autre que Allah, mais c’est dans le sens des humains et des jinn, preuve en est la parole de Allah dans sourate al-fourqan verset 1 :
﴿لِيَكُونَ لِلْعَالَمِينَ نَذِيرًا﴾
ce qui signifie : « afin qu’il soit un avertisseur pour les mondes. »
فَالْمَعْنَى أَنَّهُ مُرْسَلٌ إِلَى كَافَّةِ الإِنْسِ مِنْ عُرْبٍ وَعَجَمٍ وَإِلَى كَافَّةِ الْجِنِّ.
Le sens de ce verset est que notre maitre Mouhammed est envoyé de la part de Allah à tous les humains, arabes et non arabes, et à tous les jinn.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: صَادِقٌ فِي كُلِّ مَا يُبَلِّغُهُ عَنِ اللَّهِ تَعَالَى، لِيُؤْمِنُوا بِشَرِيعَتِهِ وَيَتَّبِعُوهُ.
L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit à propos de notre maitre Mouhammed : il a été véridique en tous ce qu’il leur a transmis de la part de Allah ta^ala afin qu’ils aient foi en sa loi et afin qu’ils le suivent.
الشَّرْحُ يَجِبُ الإِيـمَانُ بِأَنَّ سَيِّدَنَا مُحَمَّدًا صَادِقٌ فِي كُلِّ مَا جَاءَ بِهِ سَوَاءٌ كَانَ مِمَّا أَخْبَرَ بِهِ عَنِ الأُمُورِ الَّتِي سَتَحْدُثُ فِي الْمُسْتَقْبَلِ كَأُمُورِ الآخِرَةِ أَوْ أُمُورِ الأُمَمِ السَّابِقَةِ أَوْ تَحْلِيلِ شَىْءٍ أَوْ تَحْرِيْمِهِ.
Commentaire : il est un devoir de croire que notre maitre Mouhammed est véridique en tous ce qu’il a amené de la part de Dieu, que ce soient des choses dont il a informé qui vont se déroulées dans le futur comme les sujets de l’au-delà ou les sujets des communautés antérieures qui nous ont précédé ou le jugement de la licéité ou de l’interdit de telle ou telle chose.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالْمُرَادُ بِالشَّهَادَتَيْنِ نَفْيُ الأُلُوهِيَّةِ عَمَّا سِوَى اللَّهِ وَإِثْبَاتُهَا لِلَّهِ تَعَالَى مَعَ الإِقْرَارِ بِرِسَالَةِ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ce qui est visé par les deux témoignages c’est de nier la divinité à tout autre que Allah et de la confirmée pour Allah ta^ala tout en reconnaissant et en croyant au statut de prophète de notre maitre Mouhammed.
الشَّرْحُ هَذِهِ الْعِبَارَةُ فِيهَا نَفْيُ أَنْ يَكُونَ شَىْءٌ سِوَى اللَّهِ يَسْتَحِقُّ الْعِبَادَةَ
Commentaire : cette expression comporte le fait de nier que autre que Allah mérite l’adoration.
وَفِيهَا إِثْبَاتُ أَنَّ اللَّهَ وَحْدَهُ هُوَ الَّذِي يَسْتَحِقُّ الْعِبَادَةَ أَيْ مَعَ الِاعْتِرَافِ وَالإِيـمَانِ بِرِسَالَةِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.
Et cette expression comporte la confirmation que Allah Lui seul est Celui Qui mérite l’adoration, c’est-à-dire en reconnaissant et en ayant foi au message de notre maitre Mouhammed.
وَيَنْبَغِي مَعْرِفَةُ مَعْنَى الْعِبَادَةِ عَلَى مَا هُوَ الْمُرَادُ فِي الْكِتَابِ وَالسُّنَّةِ، فَإِنَّ كَثِيرًا مِنَ النَّاسِ يَجْهَلُونَ ذَلِكَ وَهُمُ الْوَهَّابِيَّةُ وَيَظُنُّونَ أَنَّ قَوْلَ الشَّخْصِ يَا مُحَمَّدُ أَوْ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَوْ يَا شَيْخُ عَبْدَ الْقَادِرِ الْجِيلانِيَّ أَوْ يَا عَلِيُّ أَوْ يَا حَسَنُ أَوْ يَا حُسَيْنُ وَنَحْوِ ذَلِكَ عِبَادَةٌ لِلرَّسُولِ وَلِمَنْ ذُكِرُوا
Il convient donc de connaitre le sens de l’adoration tel que cela est visé dans le livre et dans la sunnah, en effet beaucoup de gens ignorent le sens de l’adoration, comme notamment les wahhabiyyah qui croient que le simple fait de dire « ya Mouhammed » ou « ya rassoula l-Lah » ou « ya Chaykh ^Abd l-Qadir al-Jilainiyy » ou « ya ^Aliyy » ou « ya Haçan », ou « ya Houçayn » et ce qui est de cet ordre serait une adoration du Messager et de ceux dont le prénom a été cité.
فَعَلَى زَعْمِهِمْ هُوَ كَافِرٌ بِنِدَائِهِ لِلرَّسُولِ وَلِمَنْ ذُكِرَ بَعْدَهُ وَهَذَا مِنْ أَجْهَلِ الْجَهْلِ
Et selon leur prétention ce serait un mécréant car il aurait appelé le Messager ou qu’il aurait appelé l’un de ceux qui sont mentionnés après le Messager, et ceci est la plus profonde des ignorances.
فَنِدَاءُ غَيْرِ اللَّهِ مِنْ رَسُولٍ أَوْ وَلِيٍّ فِي حَيَاتِهِ أَوْ بَعْدَ مَمَاتِهِ لَيْسَ عِبَادَةً لِغَيْرِ اللَّهِ
Ainsi, appeler autre que Allah que ce soit un messager ou un saint durant sa vie ou après sa mort n’est pas une adoration à autre que Allah.
إِنَّمَا الْعِبَادَةُ كَمَا شَرَحَ عُلَمَاءُ اللُّغَةِ غَايَةُ التَّذَلُّلِ.
L’adoration comme l’ont expliqué les savants de la langue c’est « ghayatou t-tadhalloul » : « l’extrême limite de la soumission. »
هَؤُلاءِ الْمُسْلِمُونَ الَّذِينَ يَقُولُونَ يَا رَسُولَ اللَّهِ عِنْدَ الضِّيقِ أَوِ الْفَرَحِ مَا تَذَلَّلُوا لِلرَّسُولِ غَايَةَ التَّذَلُّلِ إِنَّمَا يُعَظِّمُونَ الرَّسُولَ تَعْظِيمًا
Ainsi, lorsque les musulmans disent « ya rassoula l-Lah » -ô Messager de Dieu- lorsqu’ils sont touchés par une épreuve ou lorsqu’ils sont heureux, ils ne se soumettent pas au Messager de Allah de l’extrême limite de la soumission, cependant, ils glorifient le Messager de Allah d’une glorification qui convient à son rang.
ثُمَّ قَدْ يَقْصِدُونَ مَعَ ذَلِكَ أَنْ يُفَرِّجَ اللَّهُ عَنْهُمُ الْكَرْبَ أَوْ يَقْضِيَ لَهُمْ حَاجَاتِهِمْ إِكْرَامًا لِلرَّسُولِ وَالأَوْلِيَاءِ بِمَا لَهُمْ عِنْدَ اللَّهِ مِنَ الْكَرَامَةِ.
Et il se peut également que lorsque ces musulmans disent « ya rassoula l-Lah » ils recherchent en disant cela que Dieu les délivre de leurs tourments ou règle leurs affaires par honneur pour le Messager ou pour les saints en raison du haut degré qu’ils ont selon le jugement de Dieu.
فَإِذَا كَانَ قَوْلُ يَا فُلانُ لِمَلِكٍ مِنَ الْمُلُوكِ أَوْ نَحْوِهِ فِي وَجْهِهِ لِيُسَاعِدَهُ فِي حَاجَتِهِ الَّتِي يُرِيدُهَا أَوْ لِيَدْفَعَ عَنْهُ مَا يُزْعِجُهُ وَيُؤْذِيهِ جَائِزًا لَيْسَ عِبَادَةً لَهُ فَكَيْفَ يَكُونُ إِذَا حَصَلَ هَذَا لِأَهْلِ الْقُبُورِ أَوْ لِلأَحْيَاءِ الَّذِينَ هُمْ غَيْرُ حَاضِرِينَ عِبَادَةً لَهُمْ.
Si déjà lorsque que quelqu’un s’adresse à un roi devant lui, il lui dit : « ô mon roi », pour l’aider pour une affaire qu’il veut ou pour le défendre de quelque chose qui le dérange et lui nuit, si cela est permis car ce n’est pas une adoration pour ce roi, que dire alors si cela a lieu avec ceux qui sont dans les tombes, ou ceux qui sont vivants et ceux qui ne sont pas présent, comment cela serait-ce une adoration pour eux ?
Ainsi, pourquoi ça deviendrait une adoration lorsqu’ils sont absents ou lorsqu’ils sont morts ? Il n’y a rien dans la langue ni selon la raison qui transformerait cet appel en adoration.
فَاعْتِقَادُ الْوَهَّابِيَّةِ هَذَا مَنْشَؤُهُ الْجَهْلُ بِمَعْنَى الْعِبَادَةِ
Et quelle est donc la racine de cette croyance des wahhabiyyah [qui est fausse bien sûr] ? Cette fausse croyance prend racine dans leur ignorance du sens de l’adoration.
أَلَيْسَ ثَبَتَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ أَنَّهُ عَلَّمَ بَعْضَ أُمَّتِهِ أَنْ يَقُولَ فِي غَيْرِ حَضْرَتِهِ يَا مُحَمَّدُ إِنِّي أَتَوَجَّهُ بِكَ إِلَى رَبِّي فِي حَاجَتِي لِتُقْضَى لِي فَفَعَلَ ذَلِكَ الشَّخْصُ
Et n’est-ce pas qu’il a été confirmé que le messager de Allah avait enseigné à certaines personnes de sa communauté de dire sans que ce soit en sa présence :
يَا مُحَمَّدُ إِنِّي أَتَوَجَّهُ بِكَ إِلَى رَبِّي فِي حَاجَتِي لِتُقْضَى لِي
ce qui signifie : « ô Mohammed je m’adresse par toi à mon Seigneur pour mon affaire afin qu’elle me soit réglée », et celui envers qui le Messager avait enseigné cela a fait cette invocation.
وَهُوَ رَجُلٌ أَعْمَى أَرَادَ أَنْ يَكْشِفَ اللَّهُ بَصَرَهُ فِي غَيْرِ حَضْرَةِ الرَّسُولِ ثُمَّ عَادَ إِلَى الرَّسُولِ وَهُوَ فِي مَكَانِهِ وَقَدْ أَبْصَرَ.
Et c’était un homme aveugle qui voulait que Allah lui rende la vue, et il a fait cela sans que le Messager ne soit présent. Ensuite, l’homme aveugle est revenu auprès du Messager alors que le Messager était toujours à sa place et cet homme avait alors recouvré la vue.
ثُمَّ الصَّحَابِيُّ الَّذِي كَانَ عِنْدَ الرَّسُولِ تِلْكَ السَّاعَةَ عَلَّمَ شَخْصًا فِي زَمَنِ عُثْمَانَ بنِ عَفَّانَ كَانَتْ لَهُ حَاجَةٌ عِنْدَ عُثْمَانَ فَمَا كَانَ يَلْتَفِتُ إِلَيْهِ لِشُغْلِ بَالِهِ فَفَعَلَ الرَّجُلُ مِثْلَ فِعْلِ ذَلِكَ الأَعْمَى ثُمَّ جَاءَ إِلَى عُثْمَانَ فَقَضَى لَهُ حَاجَتَهُ.
Et ce compagnon qui était présent lorsque le Messager avait enseigné cette invocation à son tour l’a enseigné à l’époque de ^Othman Ibnou ^Affan à un homme qui voulait que le calife, notre maitre Othman lui règle son affaire. Mais notre maitre ^Othman était toujours occupé. Cet homme a alors fait cette invocation qui est la même que l’homme aveugle avait faite durant le temps du prophète. Puis l’homme est retourné auprès de Othman puis ^Othman lui a réglé son affaire.
Donc l’homme a pris la cause, et quelle est la cause ? C’est cette invocation. Puis l’homme est retourné voir Othman, et qu’est-ce que notre maitre Othman a fait ? Il lui a alors réglé son affaire.
ثُمَّ لَمْ يَزَلِ الْمُسْلِمُونَ يَذْكُرُونَ هَذَا الْحَدِيثَ وَيَعْمَلُونَ بِهِ إِلَى يَوْمِنَا هَذَا
Et les musulmans n’ont pas cessé de rappeler ce hadith et de l’appliquer jusqu’à de nos jours.
وَأَوْدَعَهُ حُفَّاظُ الْحَدِيثِ كُتُبَهُمْ الْحَافِظُ الطَّبَرَانِيُّ وَالْحَافِظُ التِّرْمِذِيُّ مِنَ الْمُتَقَدِّمِينَ وَالْحَافِظُ النَّوَوِيُّ وَالْحَافِظُ ابْنُ الْجَزَرِيِّ وَغَيْرُهُمَا مِنَ الْمُتَأَخِّرِينَ ذَكَرُوهُ فِي مُؤَلَّفَاتِهِمْ [وَالْحَدِيثُ صَحَّحَهُ الطَّبَرَانِيُّ وَقَالَ فِي مُعْجَمَيْهِ الْكَبِيرِ وَالصَّغِيرِ: وَالْحَدِيثُ صَحِيحٌ]
Et les hafidh -les spécialistes de mémorisation des hadith- ont intégré ce hadith dans leurs livres comme le hafidh at-Tabaraniyy et le hafidh at-Tirmidhiyy parmi les anciens, le hafidh an-Nawawiyy et le hafidh Ibnou l-Jazariyy et d’autre parmi les plus récents, ils les ont cités dans leurs ouvrages.
Et le hadith a été jugé sahih [authentique] par at-Tabaraniyy, il a dit dans son mou^jam al-kabir et dans son mou^jam as-saghir : « le hadith est authentique. »
فَالْوَهَّابِيَّةُ بِقَوْلِهِمْ إِنَّ هَذَا شِرْكٌ وَكُفْرٌ يَكُونُونَ كَفَّرُوا هَؤُلاءِ الْحُفَّاظَ الَّذِينَ أَوْدَعُوا كُتُبَهُمْ هَذَا الْحَدِيثَ لِيُعْمَلَ بِهِ
Ainsi, les wahhabiyyah qui disent que ce serait du shirk -une adoration d’autre que Dieu- et de la mécréance auront ainsi déclarés mécréant tous ces hafidh qui ont écrit et intégré ce hadith dans leurs ouvrages pour que les gens l’applique.
فَنَعُوذُ بِاللَّهِ مِنْ فَسَادِ الْفَهْمِ.
Nous demandons à Allah qu’il nous préserve de la mauvaise compréhension.
Informations utiles :
Le prophète n’a pas fait de prière funéraire en faveur de quelqu’un de mécréant. Le prophète n’a pas fait la prière funéraire en faveur de ^Abdou l-Lah Ibnou ‘Oubay Ibnou Saloul en ayant pour croyance qu’il était mécréant, non, le prophète pensait qu’il n’avait plus cette hypocrisie, car cet homme faisait preuve d’hypocrisie. Cependant le prophète pensait que cet homme n’était plus hypocrite et c’est pour cela que le prophète a fait la prière funéraire en sa faveur. Et c’est après que le Messager a reçu la révélation qui lui a annoncée que cet homme était encore hypocrite et est mort hypocrite. Quelqu’un de sensé ne va pas dire que le Messager de Dieu faisait la prière funéraire en faveur de quelqu’un à propos duquel le prophète savait qu’il était hypocrite, parce que cela reviendrait à dénigrer la religion, et ceci est impossible au sujet du Messager, le Messager ne se joue pas de la religion.
Ainsi, après la mort du mécréant, il est impossible que le prophète demande le pardon en sa faveur. Dieu dit dans sourate at-tawbah verset 113 :
مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَن يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَىٰ مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ﴿
﴾أَصْحَابُ الْجَحِيمِ
ce qui signifie : « le prophète et ceux qui sont croyants n’ont pas à demander le pardon en faveur des associateurs, même si ce sont des proches parents, dès lors qu’il s’est avéré pour eux qu’ils sont morts mécréants. » Ainsi, le prophète ne fait pas la prière en faveur de quelqu’un qui est mort mécréant.
Autre information utile :
Notre Chaykh a dit : « les épreuves qui touchent la personne, tant que sa religion est sauve -préservée-, cela comporte un grand intérêt pour l’au-delà. » Et pourquoi est-ce que les épreuves sont d’un grand profit tant qu’elles ne portent pas sur la religion et tant que ce ne sont que des épreuves du bas monde ? Car lorsque le croyant patiente, ce sera une cause soit pour lui expier les péchés ou pour l’augmenter en degré.
Attention : ce que nous disons au sujet du prophète est que lorsqu’il a fait cette prière funéraire en faveur de Abdou l-Lah Ibnou ‘Oubay Ibnou Saloul, le prophète pensait qu’il n’était plus hypocrite et qu’il avait abandonné son hypocrisie. Puis, par la suite un verset est descendu au prophète lui annonçant qu’en réalité c’était quelqu’un qui était encore hypocrite.
Ainsi, la règle est qu’on ne demande pas à Dieu qu’Il pardonne ou qu’Il fasse reposer en paix quelqu’un qui n’est pas mort musulman, car celui qui est mort mécréant ne reposera pas en paix. Dieu nous apprend que ce mécréant n’aura que des châtiments et des supplices qui vont se succéder.
Ainsi, celui qui demande à Dieu qu’Il leur fasse miséricorde ou qu’Il leur permette de vivre en paix ou de reposer en paix contredit la parole de Allah, et celui qui contredit la parole de Allah n’est pas croyant, il n’est pas musulman.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ [سُورَةَ الْفَتْح/ 13].
L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : Allah ta^ala dit dans sourate al-fath verset 13 :
﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾
ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. »
الشَّرْحُ هَذِهِ الآيَةُ فِيهَا دَلِيلٌ عَلَى مَا مَرَّ مِنْ أَنَّ الإِيـمَانَ بِمُحَمَّدٍ لا بُدَّ مِنْهُ لِصِحَّةِ الإِيـمَانِ أَيْ لِكَوْنِ الْعَبْدِ مُؤْمِنًا عِنْدَ اللَّهِ بِحَيْثُ إِنَّ مَنْ شَكَّ فِي ذَلِكَ أَوْ أَنْكَرَ فَهُوَ كَافِرٌ لِأَنَّهُ عَانَدَ الْقُرْءَانَ.
Commentaire : ce verset comporte la preuve que croire que Mouhammed est un envoyer de Dieu est indispensable pour la validité de la foi, c’est-à-dire que pour que l’esclave soit croyant selon le jugement de Allah, il est indispensable qu’il croie au prophète Mouhammed, de sorte que celui qui doute à ce sujet n’est pas musulman parce qu’il aura contredit le Qour’an.
Et qu’est-ce que cela signifie « de sorte que celui qui doute à ce sujet n’est pas musulman » ? C’est le fait que la personne se dise : « peut-être que croire que Mouhammed est un envoyer de Dieu est une condition de la validité de la foi, et peut être que ce n’est pas une condition pour la validité de la foi. » Ainsi, celui qui doute à ce sujet ou celui qui renie cela est mécréant. Et qu’est-ce que cela signifie « celui qui renie cela est mécréant » ? C’est le fait que la personne se dise : « ce n’est pas une condition pour la validité de la foi que de croire au prophète Mouhammed. » Donc celui qui doute à ce sujet, ou celui qui renie ce sujet est un mécréant.
Et pourquoi est-il mécréant ? Parce qu’il a contredit le Qour’an. Car, qu’est-ce que le Qour’an nous dit ? Dans le Qour’an, Dieu dit dans sourate al-fath verset 13 :
﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾
ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. »
Ainsi, dire que croire au prophète Mouhammed n’est pas une condition pour la validité de la foi revient à contredire ce verset, et pas uniquement ce verset, mais ce verset est un exemple. Et celui qui contredit le Qour’an, c’est comme s’il disait que Dieu ment, et celui qui dit que Dieu ment n’est pas un croyant ni un musulman, Dieu ne l’agrée pas et c’est un mécréant.
وَهَذِهِ الآيَةُ أَيْضًا تُعْطِي أَنَّ مَنْ ءَامَنَ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ ثُمَّ لَمْ يَعْمَلْ شَيْئًا مِنَ الْفَرَائِضِ لَيْسَ بِكَافِرٍ وَأَنَّهُ لَيْسَ خَالِدًا فِي النَّارِ
Et ce verset [13 de sourate al-fath] indique également que celui qui a cru en Dieu et en Son Messager mais qui n’accompli aucune obligation n’est pas un mécréant, et il ne restera pas éternellement en enfer.
Ainsi, ce verset indique que : croire au prophète Mouhammed est une condition pour la validité de la foi,c’est-à-dire pour que l’on dise de quelqu’un qu’il est croyant [musulman]. Et ce verset indique que : celui qui croit en Dieu et en Son prophète Mouhammed est musulman même s’il n’accompli aucune obligation.Il n’est pas mécréant et ne restera pas éternellement en enfer.
وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿فَإِنَّا أَعْتَدْنَا﴾ أَيْ هَيَّأْنَا ﴿لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ أَيْ نَارَ جَهَنَّمَ لِكُفْرِهِمْ
Pour ce qui est de Sa parole ta^ala dans sourate al-fath verset 13 :
﴿فَإِنَّا أَعْتَدْنَا﴾
elle signifie : « Nous avons préparés -Nous avons réservés-. » Et Sa parole :
﴿لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾
signifie : « l’enfer pour les mécréants. »
وَذَلِكَ لِقَوْلِهِ تَعَالَى ﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ حَيْثُ دَلَّتْ هَذِهِ الآيَةُ عَلَى أَنَّ مَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ مُحَمَّدٍ كَافِرٌ وَلَوْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ الْمُنْتَسِبِينَ لِلتَّوْرَاةِ وَالإِنْجِيلِ لِأَنَّ الْقُرْءَانَ سَمَّاهُمْ أَهْلَ الْكِتَابِ وَسَمَّاهُمْ كَافِرِينَ لِأَنَّهُمْ لَمْ يُؤْمِنُوا بِمُحَمَّدٍ.
Et ce verset 13 de sourate al- fath :
﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾
qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer » indique que celui qui ne croit pas en Dieu et en Son prophète Mouhammed est un mécréant même s’il fait partie de ahlou l-kittab -des gens du livre- ceux qui prétendent suivre la Torah -at-Tawrat- et l’Évangile -al-Injil- car le Qour’an les a appelés « les gens du livre » mais il les a aussi appelés « mécréants » car ils ne croient pas en Mouhammed.
Et pourquoi sont-ils appelés mécréants ? Car ce verset 13 de sourate al-fath l’indique :
﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾
Eh bien, du fait qu’ils n’aient pas cru en Mouhammed ceux sont des mécréants. Certes, ceux sont des gens du livre, mais ceux sont des mécréants.
وَالتَّوْرَاةُ وَالإِنْجِيلُ الْمُنَزَّلانِ فِيهِمَا الأَمْرُ بِالإِيـمَانِ بِمُحَمَّدٍ غَيْرَ أَنَّ هَؤُلاءِ الْمُنْتَسِبِينَ إِلَيْهِمَا لَمْ يَعْمَلُوا بِالْكِتَابَيْنِ وَلَوْ عَمِلُوا بِهِمَا لَاتَّبَعُوا مُحَمَّدًا لِأَنَّ الْكِتَابَيْنِ حُرِّفَا تَحْرِيفًا بَالِغًا وَحُذِفَ مِنْهُمَا ذِكْرُ الإِيـمَانِ بِمُحَمَّدٍ
La Thorah [en arabe at-Tawrat] et l’Évangile [en arabe al-Ingil] qui ont été descendus par révélation comportent l’ordre de croire en Mouhammed. Cependant, ceux qui se réclament de ces deux livres -ceux qui disent : « nous suivons la Thorah» et d’autres qui disent : « nous suivons l’évangile » – n’appliquent pas ce qu’il y a dans ces livres car s’ils avaient appliqué ce qu’il y a dans ces livres, ils auraient suivi Mouhammed. Et pourquoi n’appliquent-ils pas ce qu’il y a dans ces livres ? Car eux prétendent les suivre, mais en réalité ces deux livres ont été fortement falsifiés de sorte qu’il en a été enlevé la mention de la croyance en Mouhammad.
وَالآنَ لَمْ يَبْقَ بَيْنَ الْبَشَرِ إِلَّا الْمُحَرَّفُ
Et de nos jours, entre les mains des humains il ne reste plus que ce qui a été falsifié. Il ne reste donc plus les exemplaires d’origines qui ont été révélés aux prophètes de Dieu.
وَلِأَجْلِ انْتِسَابِ الْيَهُودِ إِلَى التَّوْرَاةِ وَالنَّصَارَى إِلَى الإِنْجِيلِ انْتِسَابًا بِاللَّفْظِ سَمَّاهُمُ الْقُرْءَانُ أَهْلَ الْكِتَابِ وَكَفَّرَهُمْ
Mais comme par prétention les juifs se réclament de la Thorah et les chrétiens se réclament de l’Évangile, le Qour’an les a appelés « ahlou l-kittab » -les gens du livres- et le Qour’an les a déclarés mécréant.
قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لِمَ تَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَأَنتُمْ تَشْهَدُونَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/70].
Allah ta^ala dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 70 :
﴿يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لِمَ تَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَأَنتُمْ تَشْهَدُونَ﴾
ce qui signifie : « ô vous gens du livre, pourquoi vous êtes mécréants en ce que Dieu a révélé alors que vous êtes censé le savoir ? »
وَمِنَ الدَّلِيلِ عَلَى كُفْرِ أَهْلِ الْكِتَابِ قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أُولَئِكَ هُمْ شَرُّ الْبَرِيَّةِ﴾ [سُورَةَ الْبَيِّنَة/6] أَيْ شَرُّ الْخَلْقِ.
Et comme autre preuve de la mécréance des gens du livre il y a la parole de Allah dans sourate al-bayyinah verset 6 :
﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أُولَئِكَ هُمْ شَرُّ الْبَرِيَّةِ﴾
ce qui signifie : « certes, ceux qui ont mécru, qu’ils fassent partie des gens du livre ou des associateurs, ils seront dans le feu de l’enfer, ils y resteront éternellement, ceux sont les pires des créatures. »
وَبَعْضُ النَّاسِ الْجُهَّالِ يَقُولُونَ الْقُرْءَانُ يَقُولُ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ مَعْنَاهُ لَيْسُوا كُلُّهُمْ كُفَّارًا وَهَذَا جَهْلٌ بِاللُّغَةِ لِأَنَّ مِنْ هَذِهِ بَيَانِيَّةٌ وَلَيْسَتْ لِلتَّبْعِيضِ مَعْنَاهُ الْكُفَّارُ إِنْ كَانُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَإِنْ كَانُوا مُشْرِكِينَ مِنْ غَيْرِ أَهْلِ الْكِتَابِ هُمْ شَرُّ الْخَلْقِ.
Et certaines personnes ignorantes disent que le therme « min ahli l-kittab » cité dans le Qour’an signifierait qu’ils ne seraient pas tous mécréants, et ceci est une ignorance de la langue arabe car le « min » ici est un min bayaniyyah -c’est-à-dire qui va énumérer- et ce n’est pas pour indiquer la partie, cela signifie que les mécréants qu’ils fassent partie des gens du livre ou qu’ils soient associateurs ne faisant pas partie des gens du livre, les deux sont les pires des créatures.
Et les mécréants sont les pires des créatures, parce que les mécréants ont atteint le summum de l’ingratitude et de l’injustice. Dieu les a créés, Dieu leur a donné la vie, Dieu leur a donné la raison, Dieu leur a donné la santé, Dieu leur a donné le pouvoir de vivre, Dieu leur a donné le pouvoir de respirer, et malgré cela, ces mécréants renient Son existence, ou ils Lui attribue ce qui n’est pas digne de Lui, ou ils adorent autre que Lui, ou ils ne croient pas en un prophète qu’Il a envoyé, ou tout autre forme de mécréance. Que Dieu nous en préserve. C’est pour cela que l’acte de ne pas être croyant [de ne pas être musulman] est le plus grave des péchés.
La mécréance est le péché que Dieu ne pardonne pas tout comme Il nous l’a appris dans le verset 6 de sourate al-bayyinah :
﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أُولَئِكَ هُمْ شَرُّ الْبَرِيَّةِ﴾
ce qui signifie : « certes ceux qui ont mécru, qu’ils fassent partie des gens du livre ou des associateurs, ils seront dans le feu de l’enfer, ils y resteront éternellement, ceux sont les pires des créatures », et dans sourate al-fath verset 13 :
﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾
ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. » Ces deux versets sont donc des preuves qu’ils sont mécréants et qu’ils iront éternellement en enfer. Et il n’y a pas que ces versets comme preuve.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَهَذِهِ الآيَةُ صَرِيْحَةٌ فِي تَكْفِيرِ مَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَمَنْ نَازَعَ فِي هَذَا الْمَوْضُوعِ يَكُونُ قَدْ عَانَدَ الْقُرْءَانَ وَمَنْ عَانَدَ الْقُرْءَانَ كَفَرَ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cette ‘ayah 13 de sourate al-fath juge explicitement [clairement] mécréant quiconque ne croit pas en Mouhammed, et celui qui conteste ce jugement-là aura contredit le Qour’an, et celui qui contredit le Qour’an est mécréant.
Ainsi, celui qui ne croit pas en Allah et en Son Messager a été appelé kafir par Allah, et qu’est-ce que cela signifie « kafir » ? Ça veut dire mécréant. Ainsi, ce verset [13 de sourate al-fath] juge explicitement mécréant quiconque ne croit pas en Mouhammed, et celui qui conteste ce jugement-là aura contredit le Qour’an.
Ainsi, celui qui dit : « non, du moment qu’il fasse du bien et qu’il soit gentil, celui-là Dieu lui pardonnera » aura contredit le verset et sera devenu mécréant. Et pourquoi sera-t-il devenu mécréant ? Car celui qui contredit le Qour’an devient mécréant, voici la règle. Comment est-ce que quelqu’un croirait au Qour’an et le contredirait ??? Cela ne fonctionne pas, s’il croit au Qour’an, nécessairement il reconnait la véracité du Qour’an.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ خَالَفَ فِي هَذَا الْمَوْضُوعِ فَأَنْكَرَ الإِيـمَانَ بِمُحَمَّدٍ فَهُوَ كَافِرٌ.
Commentaire : celui qui contredit ce sujet [en disant que la croyance que Mouhammed est un envoyé de Dieu n’est pas une condition pour la validité de la foi] ou qui renie la foi en Mouhammed un mécréant.
فَمَنْ ظَنَّ أَنَّ الإِنْسَانَ يَكُونُ مُؤْمِنًا مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ مِنْ غَيْرِ إِيـمَانٍ بِمُحَمَّدٍ فَهُوَ كَافِرٌ كَمَا أَنَّهُ مَنْ كَانَ فِي زَمَانِ عِيسَى أَوْ زَمَانِ مُوسَى أَوْ غَيْرِهِمَا مِنَ الأَنْبِيَاءِ إِذَا كَذَّبَ أَحَدًا مِنْهُمْ وَاعْتَرَفَ بِوُجُودِ اللَّهِ وَلَمْ يَعْبُدْ غَيْرَهَ فَهُوَ كَافِرٌ لِأَنَّ اللَّهَ أَرْسَلَ هَؤُلاءِ لِيُصَدَّقُوا وَيُتَّبَعُوا فَتَكْذِيبُهُمْ تَكْذِيبٌ لِلَّهِ.
Et si quelqu’un pensait qu’il était possible d’être croyant et d’aller au paradis sans croire en Mouhammed, celui qui a une telle croyance n’est pas musulman, il est mécréant. Tout comme à l’époque de Jésus -^Iça- ou à l’époque de Moise -Moussa- ou d’autres prophètes, si quelqu’un démentait l’un des prophètes de son époque, même s’il reconnaissait l’existence de Dieu et qu’il n’a pas adoré autre que Dieu, du fait qu’il ait démenti le prophète de son époque il est devenu mécréant, parce que Dieu a envoyé ces prophètes pour qu’ils soient crus et suivis, et les démentir revient à démentir Dieu.
Attention : démentir les prophètes revient à démentir Celui qui les a envoyés.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَجْمَعَ الْفُقَهَاءُ الإِسْلامِيُّونَ عَلَى تَكْفِيرِ مَنْ دَانَ بِغَيْرِ الإِسْلامِ. وَعَلَى تَكْفِيرِ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْهُ أَوْ شَكَّ أَوْ تَوَقَّفَ كَأَنْ يَقُولَ: أَنَا لا أَقُولُ إِنَّهُ كَافِرٌ أَوْ غَيْرُ كَافِرٍ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les juristes de l’Islam sont unanimes à juger mécréant celui qui aurait une autre religion que l’Islam, ainsi que celui qui ne le jugerait pas mécréant, ainsi que celui qui en douterait, ou encore celui qui ne prendrait pas position comme en disant : « moi je ne dis pas qu’il est mécréant et je ne dis pas qu’il n’est pas mécréant. »
الشَّرْحُ أَنَّ مَنِ اتَّخَذَ لِنَفْسِهِ دِينًا غَيْرَ دِينِ الإِسْلامِ فَهُوَ كَافِرٌ، وَمَنْ تَرَدَّدَ فِي تَكْفِيرِهِ أَيْ فِي تَكْفِيرِ مَنْ لا يَدِينُ بِالإِسْلامِ بَلْ يَدِينُ بِغَيْرِهِ مِنْ يَهُودِيَّةٍ أَوْ مَجُوسِيَّةٍ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ يَكْفُرُ، وَكَذَلِكَ الَّذِي يَقُولُ لَعَلَّهُ كَافِرٌ وَلَعَلَّهُ غَيْرُ كَافِرٍ وَلَوْ كَانَ هَذَا الشَّخْصُ مِمَّنْ يَدَّعِي الإِسْلامَ لَفْظًا، بَلْ وَلَوِ اعْتَقَدَ هَذَا الشَّخْصُ وَظَنَّ أَنَّهُ مُسْلِمٌ، فَإِنْكَارُ كُفْرِهِ وَالتَّرَدُّدُ فِي كُفْرِهِ كُفْرٌ.
Commentaire : les juristes de l’Islam sont unanimes [il n’y a pas de divergence] à juger mécréant plusieurs personnes :
Premièrement : celui qui aurait une autre religion que l’Islam.
Par exemple il est bouddhiste, mazdéen, athée, il est mécréant par unanimité des savants.
Ainsi, quiconque a une autre religion que l’Islam comme ceux qui suivent une soi-disant mode qui disent : « je suis agnostique, toutes les croyances sont possiblement vraies» est mécréant selon l’unanimité des savants.
Deuxièmement : celui qui ne le jugerait pas mécréant devient mécréant selon l’unanimité des savants.
C’est-à-dire qu’il ne juge pas mécréant celui qui n’a pas pour religion l’Islam mais qui a pour religion autre que l’Islam, comme s’il était juif, mage ou autre que ces religions.
Donc si une personne A dit d’une personne B qui ne croit pas au prophète Mouhammed : « oui, c’est un musulman celui-là », A de même est mécréant.
Troisièmement : celui qui en douterait.
Comme en disant : « c’est possible que ce soit vrai et c’est possible que ce soit faux», il est mécréant selon l’unanimité des savants.
Par exemple, une personne A dit à propos de quelqu’un qui aurait une autre religion que l’Islam [comme un juif] : « oui au jour du jugement c’est Dieu qui jugera », A devient mécréant selon l’unanimité des savants.
Certes, c’est sûr que c’est Dieu qui jugera, mais Dieu nous a transmis par l’intermédiaire de Ses prophètes ce qu’il en est. Ainsi, nous sommes avertis, il y a des choses que nous connaissons et Dieu nous a ordonné d’appliquer les jugements qui sont révélés aux prophètes, et Dieu nous a ordonné d’interdire le mal et d’ordonner le bien. Et comment est-ce que tu vas ordonner le bien et interdire le mal si tu ne peux pas juger mécréant ? Comme certains ignorants qui disent que c’est Dieu qui juge. C’est sûr que c’est Dieu qui juge mais Dieu nous a donné des règles à appliquer et nous devons les appliquer. Donc celui qui doute de la mécréance de quelqu’un qui a une autre religion que l’Islam, lui-même est devenu mécréant, et ceci selon l’unanimité des savants.
Quatrièmement : celui qui ne prendrait pas position.
Comme certains qui te disent : « moi je suis neutre, je suis pacifiste, je ne veux pas me prononcer, ceci est quelque chose qui émane de la sphère privé, je garde ça pour moi, je ne dis pas qu’il est mécréant ni qu’il n’est pas mécréant », il devient mécréant selon l’unanimité des savants, c’est-à-dire que celui qui suit une autre religion que l’Islam est mécréant.
Ainsi, celui qui hésite [qui doute] au sujet de sa mécréance, c’est-à-dire qu’il doute du fait de déclarer mécréant quelqu’un qui a une autre religion que l’Islam, [comme s’il était juif ou mazdéen ou autre] lui aussi devient mécréant.
Et de même, celui qui dit : « peut-être qu’il est mécréant, peut-être qu’il n’est pas mécréant» est lui-même mécréant, même si celui qui dit cela prétend être musulman par la parole, même s’il se croyait être musulman, il n’est plus musulman.
Donc nier la mécréance ou douter de la mécréance de quelqu’un qui a une autre religion que l’Islam est en soit une mécréance. Que Dieu nous en préserve.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَاعْلَمْ بِإِسْتِيقَانٍ أَنَّهُ لا يَصِحُّ الإِيـمَانُ وَالإِسْلامُ وَلا تُقْبَلُ الأَعْمَالُ الصَّالِحَةُ بِدُونِ الشَّهَادَتَيْنِ بِلَفْظِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ أَوْ مَا فِي مَعْنَاهُمَا وَلَوْ بِغَيْرِ اللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ. وَيَكْفِي لِصِحَّةِ الإِسْلامِ النُّطْقُ مَرَّةً فِي الْعُمُرِ وَيَبْقَى وُجُوبُهَا فِي كُلِّ صَلاةٍ لِصِحَّةِ الصَّلاةِ، هَذَا فِيمَنْ كَانَ عَلَى غَيْرِ الإِسْلامِ ثُمَّ أَرَادَ الدُّخُولَ فِي الإِسْلامِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : sache aussi avec certitude que la foi et l’Islam ne sont pas valables et que les bonnes œuvres ne sont pas acceptées sans les deux témoignages qui sont :
أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ
ce qui signifie : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Allah » ou avec tout autre expression qui aurait la même signification même dans une autre langue que la langue arabe. Et il est suffisant de prononcer les deux témoignages une fois dans la vie pour la validité de l’Islam, et il reste un devoir de prononcer les deux témoignages dans chaque prière pour la validité de la prière. Ainsi, c’est en prononçant les deux témoignages que la personne qui était sur autre que l’Islam et qui souhaite entrer en islam devient musulmane.
Ainsi, la personne peut dire en français : « je témoignage qu’il n’est de Dieu que Dieu, et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Allah » même si elle est toute seule, mais au minimum en se faisant entendre, ce n’est pas en les disant dans son cœur.
Ainsi, comment quelqu’un qui n’est pas musulman fait pour le devenir ? Il suffit qu’il prononce les deux témoignages, c’est tout. Et c’est ainsi que notre prophète a fait quand les gens venaient pour devenir musulmans. Il ne leur disait pas : « recitez la Fatiha ou prenez rdv avec l’imam » comme dans certains livres d’ignorants vous pouvez trouver cela.
Ainsi, si quelqu’un vient à toi pour prononcer les deux témoignages, tu t’empresses, tu ne le retardes pas, tu ne te satisfais pas du fait qu’il reste mécréant encore quelque minutes, mais tu lui dis : répètes : « il n’est de Dieu que Dieu et Mouhammed est le Messager de Dieu. »
الشَّرْحُ قَوْلُهُ: »وَاعْلَمْ بِاسْتِيقَانٍ« أَيْ جَازِمًا بِلا شَكٍّ أَنَّهُ لا يَصِحُّ الإِيـمَانُ وَالإِسْلامُ وَلا تُقْبَلُ الأَعْمَالُ الصَّالِحَةُ بِدُونِ النُّطْقِ بِالشَّهَادَتَيْنِ بِلَفْظِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ، وَلا يُشْتَرَطُ خُصُوصُ هَذَا اللَّفْظِ بَلْ يَكْفِي مَا يُعْطِي مَعْنَاهُمَا كَقَوْلِ لا رَبَّ إِلَّا اللَّهُ مُحَمَّدٌ نَبِيُّ اللَّهِ، وَكَذَلِكَ لَوْ نَطَقَ بِمَا يُعْطِي مَعْنَاهُمَا بِغَيْرِ اللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ، وَهَذَا النُّطْقُ يَكْفِي مَرَّةً وَاحِدَةً فِي الْعُمُرِ لِصِحَّةِ الإِسْلامِ هَذَا فِيمَنْ كَانَ عَلَى غَيْرِ الإِسْلامِ ثُمَّ أَرَادَ الدُّخُولَ فِي الإِسْلامِ، وَبَعْدَ تِلْكَ الْمَرَّةِ يَبْقَى وُجُوبُهَا فِي كُلِّ صَلاةٍ لِصِحَّةِ الصَّلاةِ.
Commentaire : la parole « sache avec certitude » signifie : sois catégorique, sans aucun doute, que la foi et l’Islam ne sont valables tout comme les bonnes œuvres ne sont acceptées uniquement par les deux témoignages par la parole :
أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ
qui signifie : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Allah », etil n’est pas une condition que d’utiliser ces thermes là en particulier, mais il suffit de dire ce qui a le même sens, comme en disant : « il n’est de seigneur que Allah, Mouhammed est le prophète de Allah », de même, s’il prononce leurs sens mais dans une autre langue que la langue arabe, ceci est valide. Et il est suffisant de prononcer cette expression une seule fois dans la vie pour que l’Islam soit valide de la part de cette personne, cela étant pour la personne qui n’était pas musulmane et qui souhaite entrée en islam, après cette première fois, il reste un devoir de reciter les deux témoignages dans chaque prière lors du dernier tachahhoud pour que la prière soit valide.
ثُمَّ إِنَّ الأَعْمَالَ الصَّالِحَةَ لا تَكُونُ مَقْبُولَةً عِنْدَ اللَّهِ بِدُونِ الإِيـمَانِ، وَالدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿وَمَن يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتَ مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ وَلا يُظْلَمُونَ نَقِيرًا﴾ [سُورَةَ النِّسَاء/124].
Par ailleurs, les bonnes œuvres ne sont pas acceptées selon le jugement de Allah sans la foi, et la preuve que les bonnes œuvres ne sont acceptées que de la part du croyant [du musulman] réside dans la parole de Dieu dans sourate an-niça’ verset 124 :
﴿وَمَن يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتَ مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ وَلا يُظْلَمُونَ نَقِيرًا﴾
ce qui signifie : « celui qui accompli les bonnes œuvres qu’il soit homme ou femme et qui est croyant, ceux-là entreront au paradis, ne seront aucunement lésés, ils ne subiront aucune injustice. »
La parole de Dieu :
﴿وَمَن يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتَ مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى﴾
signifie : « celui qui accompli des bonnes œuvres qu’il soit homme ou femme », et la parole de Dieu :
﴾ وَهُوَ مُؤْمِنٌ ﴿
signifie : « et qui est croyant », voici la condition pour l’acceptation des œuvres vertueuses.
Et la parole de Dieu :
﴿فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ وَلا يُظْلَمُونَ نَقِيرًا﴾
signifie : « ceux-là entreront au paradis et ne subiront aucune injustice, ils ne seront aucunement lésés. » Ainsi, le critère pour gagner des récompenses pour les bonnes œuvres que la personne accomplie c’est d’être croyant. Et qu’est-ce que cela signifie « être croyant » ? Comme dit précédemment, être croyant c’est ce qui est indiqué dans le verset 13 de sourate al-fath :
﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾
ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. » Ainsi, être croyant est le fait de croire en Allah et en Son Messager. Et pourquoi être croyant réside dans le fait de croire en Allah et en Son Messager ? Parce que celui qui ne croit pas en Allah et ni en Son Messager n’est pas un musulman, mais c’est un mécréant qui restera éternellement en enfer, que Dieu nous en préserve.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَمَّا مَنْ نَشَأَ عَلَى الإِسْلامِ وَكَانَ يَعْتَقِدُ الشَّهَادَتَيْنِ فَلا يُشْتَرَطُ فِي حَقِّهِ النُّطْقُ بِهِمَا، بَلْ هُوَ مُسْلِمٌ لَوْ لَمْ يَنْطِقْ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : quant à celui qui a grandi sur l’Islam en croyant aux deux témoignages, il n’est pas une condition pour lui de les prononcer, c’est-à-dire qu’il est musulman même s’il ne prononce pas les deux témoignages.
الشَّرْحُ مَنْ نَشَأَ عَلَى الإِسْلامِ بَيْنَ أَبَوَيْنِ مُسْلِمَيْنِ مَا دَامَ اعْتِقَادُهُ عَلَى مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ فَهُوَ مُسْلِمٌ مُؤْمِنٌ وَلَوْ لَمْ يَنْطِقْ بِهِمَا بِلِسَانِهِ حَتَّى مَاتَ، لَكِنَّهُ يَكُونُ عَاصِيًا مُرْتَكِبًا لِلْكَبِيرَةِ لِأَنَّهُ لَمْ يَنْطِقْ بِهِمَا بَعْدَ الْبُلُوغِ.
Commentaire : si quelqu’un a grandi musulman et qu’il a pour croyance les deux témoignages, il n’est pas une condition pour lui de prononcer les deux témoignages, il est musulman même s’il ne prononce pas les deux témoignages par la langue jusqu’à la mort [parce qu’il a grandi de parents musulmans]. Cependant, s’il ne dit jamais les deux témoignages durant toute sa vie, on dit qu’il a commis un grand péché parce qu’il ne les a pas prononcés après sa puberté.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: وَمَا تَقَرَّبَ إِلَيَّ عَبْدِي بِشَىْءٍ أَحَبَّ إِلَيَّ مِمَّا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ حَدِيثٌ قُدْسِيٌّ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ. وَأَفْضَلُ وَأَوَّلُ فَرْضٍ هُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le prophète a dit : « Allah ta^ala dit :
وَمَا تَقَرَّبَ إِلَيَّ عَبْدِي بِشَىْءٍ أَحَبَّ إِلَيَّ مِمَّا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ
ce qui signifie : « Mon esclave n’obtiendra pas Mon agrément pour quelque chose que J’agrée davantage que par ce que J’ai rendu obligatoire sur lui », hadith *qoudsiyy rapporté par al-Boukhariyy. Et la meilleure et la première des obligations est la foi en Allah et en Son Messager.
* Le hadith qoudsiyy est un hadith dans lequel le prophète commence en disant : « Allah ta^ala dit : ».
Ainsi, qu’est-ce que ce hadith qoudsiyy nous enseigne-t-il ? Il nous enseigne que ce qui permet de gagner l’agrément de Allah avant toute chose, c’est d’accomplir ce que Allah a ordonné d’accomplir, or, la meilleure et la première des obligations c’est la foi en Allah et en Son Messager.
الشَّرْحُ الْحَدِيثُ الْقُدْسِيُّ هُوَ الْحَدِيثُ الَّذِي صَدَّرَهُ رَسُولُ اللَّهِ بِقَالَ اللَّهُ أَوْ يَقُولُ اللَّهُ أَوْ بِمَا فِي مَعْنَى ذَلِكَ، أَمَّا الْحَدِيثُ النَّبَوِيُّ فَمَا صَدَّرَهُ الصَّحَابِيُّ بِقَالَ الرَّسُولُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.
Commentaire : le hadith qoudsiyy c’est le hadith dans lequel le Messager de Allah commence en disant : « qal Allah » ou bien « yaqoulou l-Lah » ou ce qui est de cet ordre, c’est-à-dire : « Allah dit : ». Quant au hadith prophétique qui n’est pas qoudsiyy, c’est le hadith dans lequel le compagnon commence en disant : « le Messager a dit : ».
Ainsi il y a une différence entre le hadith qoudsiyy, qui est celui dans lequel le prophète commence par dire : « Allah ta^ala dit : » et le hadith nabawiyy qui est le hadith dans lequel le compagnon commence en disant : « le prophète a dit: ».
وَفِي هَذَا الْحَدِيثِ بَيَانُ أَنَّ أَعْظَمَ مَا يُتَقَرَّبُ بِهِ إِلَى اللَّهِ هُوَ أَدَاءُ فَرَائِضِ اللَّهِ
Dans ce hadith qoudsiyy il y a l’indication de l’éminence de ce qui permet de se rapprocher de l’agrément de Dieu, à savoir l’accomplissement des obligations.
وَقَدْ قَالَ بَعْضُ الأَكَابِرِ: مَنْ شَغَلَهُ الْفَرْضُ عَنِ النَّفْلِ فَهُوَ مَعْذُورٌ وَمَنْ شَغَلَهُ النَّفْلُ عَنِ الْفَرْضِ فَهُوَ مَغْرُورٌ ذَكَرَهُ الْحَافِظُ ابْنُ حَجَرٍ فِي شَرْحِ الْبُخَارِيِّ
Et un grand saint a dit :
مَنْ شَغَلَهُ الْفَرْضُ عَنِ النَّفْلِ فَهُوَ مَعْذُورٌ وَمَنْ شَغَلَهُ النَّفْلُ عَنِ الْفَرْضِ فَهُوَ مَغْرُورٌ
ce qui signifie : « celui qui a été occupé par l’obligatoire et qui, par conséquent n’a pas pu faire ce qui est surérogatoire est quelqu’un d’excusé, et celui qui a été détourné par le surérogatoire et n’a pas fait l’obligatoire car il s’est occupé du surérogatoire, c’est quelqu’un qui s’est trompé. » Cette parole a été rapportée par le hafidh Ibnou Hajar dans charh al-Boukhariyy -le commentaire du sahih al-Boukhariyy-.
فَالْعَمَلُ بِالْفَرْضِ يُقَرِّبُ إِلَى اللَّهِ أَكْثَرَ مِنَ الْعَمَلِ بِالنَّوَافِلِ، فَعَلَيْكُمْ بِتَقْدِيمِ الْفَرْضِ عَلَى النَّفْلِ عَمَلًا بِالْقَاعِدَةِ الْمَذْكُورَةِ، وَأَفْضَلُ الأَعْمَالِ عَلَى الإِطْلاقِ هُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ.
Par conséquent, accomplir les obligations permet de gagner davantage l’agrément de Dieu que les œuvres surérogatoires. Priorisez donc l’obligatoire sur le surérogatoire pour appliquer et mettre en pratique la règle précédemment citée. Et la meilleure des œuvres dans l’absolue est de croire en Allah et en Son Messager.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَاعْتِقَادُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ فَقَطْ لا يَكْفِي مَا لَمْ يُقْرَنْ بِاعْتِقَادِ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ قَالَ تَعَالَى: ﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/32] أَيْ لا يُحِبُّ اللَّهُ مَنْ تَوَلَّى عَنِ الإِيـمَانِ بِاللَّهِ وَالرَّسُولِ لِكُفْرِهِمْ وَالْمُرَادُ بِطَاعَةِ اللَّهِ وَالرَّسُولِ فِي هَذِهِ الآيَةِ الإِيـمَانُ بِهِمَا.
L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : et la croyance seule qu’il n’est de Dieu que Allah ne suffit pas si on ne lui joint pas la croyance que Mouhammed est Son Messager. Allah ta^ala dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 32 :
﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾
ce qui signifie : « dis : obéissez à Allah et au Messager, s’ils se détournent, alors certes Allah n’agrée pas les mécréants », c’est-à-dire que Allah n’agrée pas ceux qui se détournent de la croyance en Allah et en Son Messager en raison de leur mécréance. Et dans ce verset, ce qui est visé par l’obéissance à Allah et à Son Messager est la foi en Allah et en Son Messager.
الشَّرْحُ مَعْنَى ﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ﴾ أَيْ بِالإِيـمَانِ بِهِمَا ﴿فَإِنْ تَوَلَّوْا﴾ أَيْ أَعْرَضُوا عَنْ ذَلِكَ ﴿فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾ أَيْ فَهُمْ كُفَّارٌ لا يُحِبُّهُمُ اللَّهُ وَلَوْ أَحَبَّهُمْ لَرَزَقَهُمُ الإِيـمَانَ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ مُحَمَّدٍ.
Commentaire : le sens de : « dis : obéissez à Allah et au Messager », c’est-à-dire en ayant foi en Allah et en croyant en Son Messager : « s’ils se détournent », c’est-à-dire s’ils se détournent de la foi : « alors certes Allah n’agrée pas les mécréants», c’est-à-dire que ceux sont des mécréants que Allah n’agrée pas, et si Dieu avait agrée ces gens-là, Dieu leur aurait accorder la foi en Dieu et en Son Messager Mouhammed.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَهَذَا دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ مَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهُوَ كَافِرٌ وَأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى لا يُحِبُّهُ لِكُفْرِهِ، فَمَنْ قَالَ إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ الْمُؤْمِنِينَ وَالْكَافِرِينَ لِأَنَّهُ خَلَقَ الْجَمِيعَ فَقَدْ كَذَّبَ الْقُرْءَانَ، فَيُقَالُ لَهُ: اللَّهُ خَلَقَ الْجَمِيعَ لَكِنْ لا يُحِبُّ الْكُلَّ.
L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : ceci est donc une preuve que celui qui n’a pas cru en Allah et en Son Messager Mouhammed est mécréant et que Allah ne l’agrée pas en raison de sa mécréance. Par conséquent, si quelqu’un dit que Allah aime les croyants et les mécréants parce qu’Il les a tous crée, il aura contredit le Qour’an. On lui répond : « certes Allah les a tous crée, mais Allah ne les agrée pas tous. »
الشَّرْحُ اللَّهُ خَلَقَ الْمُسْلِمِينَ وَالْكَافِرِينَ لَكِنَّهُ لا يُحِبُّ سِوَى الْمُسْلِمِينَ.
Commentaire : Allah a créé les musulmans et Il a créé les mécréants cependant Il n’agrée pas les mécréants, Il n’agrée que les musulmans, comme c’est indiqué dans le verset précédemment cité dans sourate ‘Ali ^Imran verset 32 :
﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾
ce qui signifie : « dis : obéissez à Allah et au Messager, s’ils se détournent, alors certes Allah n’agrée pas les mécréants. »
الْفَرْضُ عَلَى كُلِّ مُكَلَّفٍ
وَاعْلَمْ أَنَّ النُّطْقَ بِالشَّهَادَتَيْنِ بَعْدَ الْبُلُوغِ فَرْضٌ عَلَى كُلِّ مُكَلَّفٍ مَرَّةً وَاحِدَةً فِي عُمُرِهِ بِنِيَّةِ الْفَرْضِ عِنْدَ الْمَالِكِيَّةِ لِأَنَّهُمْ لا يُوجِبُونَ التَّحِيَّاتِ فِي الصَّلاةِ إِنَّمَا هُمْ يَعْتَبِرُونَهَا سُنَّةً وَعِنْدَ غَيْرِهِمْ كَالشَّافِعِيَّةِ وَالْحَنَابِلَةِ تَجِبُ فِي كُلِّ صَلاةٍ لِصِحَّةِ الصَّلاةِ.
L’obligation pour toute personne responsable
Et sache que prononcer les deux témoignages après la puberté est une obligation pour toute personne responsable une fois dans sa vie avec l’intention d’accomplir cette obligation chez les malikites car les malikites considèrent que la récitation du tachahhoud dans la prière n’est pas un devoir, mais selon eux, c’est recommandé, et selon d’autres savants, tel que les chafi^ites et les hanbalites, la récitation du tachahhoud est une obligation dans chaque prière pour la validité de la prière. Il y a donc divergence.
Étant donné que les malikites ne considèrent pas obligatoire le fait de prononcer les deux témoignages dans la prière, ils ont dit que c’est une obligation que de prononcer une fois dans la vie les deux témoignages qui sont :
أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ
الشَّرْحُ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ ضَرُورِيَّةٌ فِي كُلِّ صَلاةٍ عِنْدَ الشَّافِعِيَّةِ وَالْحَنَابِلَةِ أَمَّا عِنْدَ الْمَالِكِيَّةِ فَهِيَ عِنْدَهُمْ سُنَّةٌ مُؤَكَّدَةٌ عَلَى أَحَدِ الْقَوْلَيْنِ فِي الْمَذْهَبِ الْمَالِكِيِّ، وَالسُّنَّةُ الْمُؤَكَّدَةُ هِيَ مَا كَانَ يُوَاظِبُ عَلَيْهِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ
Commentaire : les deux témoignages sont indispensables dans chaque prière selon les chafi^ites et les hanbalites. Tandis que chez les malikites, le tachahhoud est une sounnah *mou’akkadah. Et la sunnah mou’akkadah ce que le prophète persévérait à faire.
*La sunnah mou’akkadah est l’acte qui n’est pas obligatoire mais que le prophète faisait tout le temps tout le temps tout le temps, c’est-à-dire que le prophète était assidu à le faire, c’est un acte très recommandé.
فَيَكْفِي عِنْدَهُمْ أَنْ يَرْفَعَ رَأْسَهُ وَيَنْتَظِرَ بِقَدْرِ السَّلامُ عَلَيْكُمْ ثُمَّ يَقُول السَّلامُ عَلَيْكُمْ فَيُفْهَمُ مِنْ هَذَا أَنَّ الْمَالِكِيَّةَ يُوجِبُونَ النُّطْقَ بِالشَّهَادَتَيْنِ مَرَّةً وَاحِدَةً بَعْدَ الْبُلُوغِ بِنِيَّةِ الْفَرْضِ لِأَنَّهُمْ لا يُوجِبُونَهَا فِي الصَّلاةِ.
Ainsi,selon les malikites ce n’est pas un devoir que de prononcer les deux témoignages dans la prière, chez eux, il suffit que la personne se relève de la prosternation puis attende le temps de dire « as-salamou^alaykoum » puis il dit « as-salamou^alaykoum » [ce n’est donc pas une condition de reciter le tachahhoud chez les malikites]. On comprend de là que les malikites considèrent obligatoire le fait prononcer les deux témoignages une fois dans la vie après la puberté dans l’intention d’accomplir l’obligation parce que les malikites ne considèrent pas les deux témoignages comme étant obligatoires dans la prière. Et c’est pour cela que les malikites ont dit que c’est indispensable de prononcer les deux témoignages une fois dans la vie, c’est-à-dire que c’est une obligation selon eux.
informations utiles :
Celui qui fait une invocation pour son frère ou pour sa sœur qui n’est pas présent, il y a un ange qui dit : « ‘amin et à toi la même chose. » Ainsi, l’ange dit « ‘amin: pour l’invocation et il dit : « à toi aussi la même chose », c’est-à-dire : « que Dieu t’accorde la même chose que ce que tu viens de demander pour ton frère. » Et si vous voulez demander la guérison pour quelqu’un qui est malade vous dites :
أَسْأَلُ اللهَ الْعَظِيمَ رَبَّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ أَنْ يَشْفِيَ
puis vous citez le prénom. Et c’est une invocation que l’on peut faire pour la personne en son absence.
Et parmi ce qui a été rapporté de notre Chaykh que Allah lui fasse miséricorde il a dit : dans son pays al-Habasha il y avait un Chaykh qui s’appelait Mouhammed fils de ‘Ydris [comme l’imam ach-Chafi^iyy]. Cet homme était Qadi -c’était un juge légal-, et il était pieux, c’était quelqu’un de pieux. Et cet homme-là, Mouhammed fils de ‘Ydris était ascète, c’est-à-dire qu’il n’avait pas le cœur attaché à ce bas monde. Et il craignait énormément Dieu, au point qu’après sa mort, Allah lui a accordé quelque chose d’extraordinaire, Allah lui a accordé ce qu’on appelle une karamah -un prodige-. Il a enseigné à un élève à lui après sa mort.
Par ailleurs, ce Chaykh Mouhammed Ibnou ‘Ydris avait commencé à enseigner un livre à l’un de ses élèves, et avant de terminer le livre avec son élève il est mort. Cet élève fut alors profondément attristé, il était extrêmement chagriné parce qu’il n’a pas pu continuer d’étudier tout le livre avec son Chaykh. Alors, son Chaykh Mouhammed Ibnou ‘Ydris est venu voir son élève dans le rêve et lui a dit : « prends le livre avec toi, et viens auprès de ma tombe, tu me le lis tout comme tu me le lisais lorsque j’étais vivant, et moi, je t’explique. » Alors cet élève s’est mis à aller auprès de la tombe, il ouvrait le livre et le lisait, puis le Chaykh dans la tombe lui expliquait, jusqu’à ce qu’il ait pu terminer tout le livre. L’élève a ensuite pris un deuxième livre avec lui, puis a essayé de faire la même chose, mais le Chaykh ne lui a pas fait de commentaire comme pour le première livre.
Et l’imam Ibnou Sirin qui a pris la science auprès des compagnons et qui est donc un tabi^i, a dit :
إِنَّ هَذَا العِلْمَ دِينٌ فَانْظُرُوا عَمَّن تَأْخُذُونَ دِينَكُمْ
ce qui signifie : « certes, cette science est la religion, alors faites particulièrement attention de qui vous prenez votre religion. » Cela signifie que l’on n’apprend pas la science de la religion auprès de n’importe qui prétend la détenir, hormis auprès de ceux qui sont de confiance et qui ont la capacité.
Et il y a des gens qui ont pris beaucoup de connaissances, mais qui n’ont pas pu comprendre ces sciences, comme cet égaré qui a dit dans son livre Charhou Hadithi ‘Imrani Bni Housayn : « le genre des créatures n’a pas de début »,or cela est contraire à la raison et aux textes. C’est quelqu’un qui a considéré que le genre de ce monde est sans début, c’est-à-dire que Allah ne l’aurait pas fait précéder par l’inexistence. Cet homme a prétendu que cette parole qui est un démenti des fondements de la croyance, serait une perfection à dire. Selon lui, si le genre de ce monde n’était pas de toute éternité il serait incomplet.
Et donc, que la personne fasse attention auprès de qui elle prend la science, car cet homme était un hafidh, il était hanbalite, il avait beaucoup de science mais il n’avait pas de compréhension. Il a prétendu que Allah est dans la direction du haut, au-dessus du trône et qu’Il descendrait au ciel du bas monde sans pour autant libérer le trône, même la raison ne l’accepte pas. Il a été confronté à ses mécréances, les savants des 4 écoles lui ont fait un débat, et ils ont jugé qu’il soit mis en prison. Et pourquoi ? Parce qu’à chaque fois il disait qu’il abandonnait ses mauvaises croyances, puis quand les gens le laissaient, il se remettait à enseigner ses mauvaises croyances. Donc les savants des quatre écoles, les qadi des 4 écoles de son époque ont jugé qu’il devait être emprisonner et il est mort en prison.
Et quelqu’un l’a vue dans le rêve, il a vue dans le rêve le shaytan qui tenait quelqu’un entre ses bras. L’homme a alors demandé au shaytan : « qui est-ce ? », le shaytan a répondu : « c’est mon frère Ibnou Taymiyah » et combien de gens ont été égarés par sa cause. On ne dit pas que Allah ta^ala touche ni n’est touché, Allah est exempt du contact et de la séparation. Al-^arch, Allah l’a qualifié de karim et de madjid, parce qu’il n’y a pas de péché qui ait été commis sur al-^arch.
Et al-^arch est entouré par les anges honorés. Allah ta^ala dit dans sourate az-zoumar verset 75 :
وَتَرَى الْمَلَائِكَةَ حَافِّينَ مِنْ حَوْلِ الْعَرْشِ يُسَبِّحُونَ بِحَمْدِ رَبِّهِمْ
ce qui signifie : « tu vois les anges qui sont tout autour du trône, ils louent leur Seigneur. »
Et lorsque nous parlons de l’éminence à propos de quelque chose, l’éminence vient par le degré et non par l’endroit. La meilleure de toute les créatures est notre maitre Mouhammed n’est-ce pas ? Où est-ce qu’il est né ? Où est-ce qu’il a vécu ? Où a-t-il été enterré ? Et aujourd’hui où est ce qu’il est ? Il sous terre, dans sa tombe. Pourtant, les anges qui entourent le trône ont un degré très inferieur par rapport au degré de Mouhammed, de très loin selon le jugement de Dieu. Et même dans les sujets du bas monde, il se peut qu’il y ait un roi, un gouverneur d’un pays, qui a sa maison ou son palais en bas de la vallée, alors que vous avez des gardes qui habitent tout en haut dans les hauteurs des montagnes. Donc ce qui compte ce n’est pas l’élévation de l’endroit, mais c’est l’élévation en degré. Et ces gens-là ont prétendu glorifier Dieu en disant qu’Il est dans la direction du haut. Mais qui a créé la direction du haut ? C’est Allah. Qui a créé la direction du bas ? C’est Allah. Allah n’a ni besoin de la direction du haut ni de la direction du bas. Quant à la parole de Allah dans sourate al-moulk verset 16 :
ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ
dans ce verset :
مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ
ce sont les anges -al-mala’ikah- parce que prophète de Dieu a dit :
ارْحَمُوا أَهْلَ الْأَرْض، يَرْحَمْكُمْ أَهْلُ السَّمَاءِ
ce qui signifie : « faites miséricorde aux gens sur Terre, les gens du ciel vous feront miséricorde. » Hadith rapporté par Ahmad et par Abou Dawoud. Et qui sont ahlou s-sama’ ? Ce sont les anges.
Ainsi, la parole de Allah dans sourate al-moulk verset 16 :
ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخْسِفَ بِكُمُ ٱلْأَرْضَ
signifie : « si Allah ta^ala donnait l’ordre aux anges qui sont les habitants des cieux d’ensevelir sous terre les associateurs, qui va les sauver ? » Qui va s’interposer entre eux et ce châtiment ? Car un seul ange suffit, si Dieu le lui ordonne il ouvre la terre et tous ces associateurs seront ensevelis.
Il est très important d’apprendre la science et de ne pas la prendre de n’importe qui, mais de la prendre auprès des gens de la vérité qui l’ont apprise d’une chaine de transmission qui remonte jusqu’aux compagnons du prophète, eux qui ont appris directement du prophète.
لا دِينَ صَحِيحٌ إِلَّا الإِسْلامُ
Il n’y a pas d’autre religion qui soit correcte en dehors de l’Islam
L’Islam est la seule religion qui soit correcte, mais ça ne veut pas dire que nous n’appelons pas « religion » autre que l’Islam, nous les appelons bien religion. Cependant, la seule qui soit valide, la seule qui soit correcte c’est l’Islam.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الدِّينُ الْحَقُّ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ. قَالَ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلامِ دِينًا فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/85].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : selon le jugement de Allah, la religion correcte est l’Islam. Allah ta^ala dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 85 :
﴿وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلامِ دِينًا فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾
ce qui signifie : « si quelqu’un choisit autre que l’Islam pour religion, cela ne sera pas accepté de lui et il sera dans l’au-delà au nombre des perdants. »
الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي يَطْلُبُ دِينًا غَيْرَ الإِسْلامِ يَدِينُ بِهِ فَلَنْ يَقْبَلَهُ اللَّهُ مِنْهُ، فَالدِّينُ الصَّحِيحُ عِنْدَ اللَّهِ هُوَ الإِسْلامُ، وَلَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّهُ لا يُسَمَّى مَا سِوَى الإِسْلامِ دِينًا بَلْ يُقَالُ دِينُ الْيَهُودِ وَدِينُ الْمَجُوسِ لَكِنَّهُ دِينٌ بَاطِلٌ، وَقَدْ أَمَرَ اللَّهُ تَعَالَى الرَّسُولَ أَنْ يَقُولَ ﴿لَكُمْ دِينُكُمْ وَلِيَ دِينِ﴾ [سُورَةَ الْكَافِرُون/6] أَيْ أَنَا مَا أَزَالُ عَلَى دِينِي الَّذِي هُوَ حَقٌّ وَأَنْتُمْ لَكُمْ دِينُكُمُ الْبَاطِلُ فَعَلَيْكُمْ أَنْ تَتْرُكُوهُ.
Commentaire : celui qui suit une autre religion que l’Islam, Allah ne l’acceptera pas de lui. Ainsi, la seule religion correcte et bonne selon le jugement de Allah est l’Islam. Mais, cela ne veut pas dire qu’on ne va pas appeler religion ce qui est autre que l’Islam. Cependant nous disons bien « la religion des juifs », « la religion des mages » -des mazdéens-. En revanche, ceux sont des religions infondées. Ainsi, Allah a ordonné à Son Messager de dire dans sourate al-kafiroun verset 6 :
﴿لَكُمْ دِينُكُمْ وَلِيَ دِينِ﴾
ce qui signifie : « vous avez votre religion et j’ai ma religion », c’est-à-dire : « je reste sur ma religion qui est correcte et vous avez votre religion qui est fausse. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَالَ تَعَالَى أَيْضًا: ﴿إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/19].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et Allah dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 19 :
﴿إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ﴾
ce qui signifie : « certes la religion [agrée] selon le jugement de Allah est l’Islam. »
الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ الدِّينَ الصَّحِيحَ الَّذِي ارْتَضَاهُ اللَّهُ لِعِبَادِهِ مِنَ الْبَشَرِ وَالْجِنِّ وَالْمَلائِكَةِ الإِسْلامُ لا غَيْرُ وَمَا سِوَاهُ مِنَ الأَدْيَانِ فَهُوَ بَاطِلٌ. وَهُوَ الدِّينُ الَّذِي كَانَ عَلَيْهِ الْبَشَرُ، ءَادَمُ وَأَوْلادُهُ مَا كَانُوا يَدِينُونَ إِلَّا بِالإِسْلامِ إِنَّمَا نَشَأَ الْكُفْرُ بَعْدَ ذَلِكَ
Commentaire : c’est-à-dire que la religion que Allah a agréé pour Ses esclaves, que ce soient les humains, que ce soit pour les jinn ou pour les anges, c’est l’Islam et nul autre que l’Islam, et tout autre religion que l’Islam est infondée [elle est rejetée]. Par ailleurs, la religion qu’avaient tous les humains est l’Islam, ‘Adam ainsi que ses enfants n’avaient pas d’autres religions que l’Islam, cependant la mécréance est apparue après.
قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/213] أَيْ كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ ثُمَّ اخْتَلَفَ الْبَشَرُ بَقِيَ بَعْضُهُمْ عَلَى الإِسْلامِ وَكَفَرَ بَعْضٌ فَدَانَ بِغَيْرِ الإِسْلامِ، ثُمَّ لَمَّا اخْتَلَفُوا بَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ لِيُبَشِّرُوا مَنْ أَسْلَمَ بِالْجَنَّةِ وَيُنْذِرُوا مَنْ كَفَرَ بِالْعَذَابِ فِي الآخِرَةِ.
Ainsi, dans sourate al-baqarah verset 213 Allah ta^ala dit :
﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾
ce qui signifie : « les gens formaient une seule communauté »,c’est-à-dire qu’ils étaient tous musulmans, puis ils ont divergé, certains sont restés sur l’Islam et d’autres ont mécru et ont suivi autre que l’Islam. Et après qu’il y a eu cette divergence et que certains ont suivi autre que l’Islam, Dieu a envoyé les prophètes qui annonçaient la bonne nouvelle à celui qui les suivrait qu’il entrera au paradis, et qui mettaient en garde les mécréants du fait qu’ils encouraient le châtiment éternel sans fin en enfer.
قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فِي هَذِهِ الآيَةِ ﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾ أَيْ كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ فَاخْتَلَفُوا ﴿فَبَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنْذِرِينَ﴾.
Ibnou ^Abbas que Dieu l’agrée lui et son père a dit à propos de la parole de Dieu dans sourate al-baqarah verset 213 :
﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾
qui signifie : « les gens formaient une seule communauté » c’est-à-dire qu’ils étaient tous sur l’Islam puis ils ont divergé :
﴿فَبَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنْذِرِينَ﴾.
ce qui signifie : après cela, Dieu a envoyé les prophètes en tant qu’annonceurs de bonnes nouvelles et avertisseurs d’un châtiment. » Ainsi, au début de l’humanité, durant le temps de ‘Adam et au temps des enfants de ‘Adam, c’est-à-dire sa descendance directe, les humains étaient tous sur l’Islam, puis la mécréance est parvenue bien plus tard, des centaines d’années après. Et lorsqu’il y a eu de la mécréance qui est apparue sur Terre, Allah ta^ala a envoyé des prophètes qui appelaient à l’Islam, qui annonçaient la bonne nouvelle à celui qui les suivrait qu’il entrera au paradis, et qui mettaient en garde les mécréants du fait qu’ils encouraient le châtiment éternel sans fin en enfer. Cependant, ‘Adam était prophète, ainsi que son fils Chith -Seth- et après lui ‘Ydris étaient prophètes, ils étaient tous envoyés à des musulmans uniquement. Et ce n’est qu’après la mort du prophète ‘Ydris que la mécréance est apparue pour la première fois au sein de l’humanité sur Terre. Et donc, Ibnou ^Abbass que Allah l’agrée lui et son père a dit à propos de ce verset 213 de sourate al-baqarah : « tout le monde était sur l’Islam, puis lorsque la mécréance est apparue, Allah a envoyé des prophètes annonciateurs de bonne nouvelle et avertisseurs d’un châtiment. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَكُلُّ الأَنْبِيَاءِ مُسْلِمُونَ، فَمَنْ كَانَ مُتَّبِعًا لِمُوسَى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهُوَ مُسْلِمٌ مُوسَوِيٌّ، وَمَنْ كَانَ مُتَّبِعًا لِعِيسَى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهُوَ مُسْلِمٌ عِيسَوِيٌّ، وَيَصِحُّ أَنْ يُقَالَ لِمَنِ اتَّبَعَ مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُسْلِمٌ مُحَمَّدِيٌّ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ainsi, tous les prophètes étaient musulmans, par conséquent ceux qui suivaient Moussa étaient des musulmans Mouçawiyy, et ceux qui suivaient ^Iça étaient également des musulmans, des musulmans qu’on appelle des musulmans ^Içawiyy, [relativement au prénom de chacun des deux prophètes] et il est correcte de dire à propos de ceux qui suivent Mouhammed qu’ils sont musulmans Mouhammadiyy.
الشَّرْحُ أَنَّ الأَنْبِيَاءَ جَمِيعَهُمْ دِينُهُمُ الإِسْلامُ فَكَانَ ءَادَمُ عَلَى الإِسْلامِ وَكَذَلِكَ الأَنْبِيَاءُ بَعْدَهُ إِلَى نَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ كَانُوا كُلُّهُمْ يَعْبُدُونَ اللَّهَ وَلا يُشْرِكُونَ بِهِ شَيْئًا، فَمَنْ كَانَ فِي زَمَنِ مُوسَى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَآمَنَ بِاللَّهِ رَبًّا وَصَدَّقَ بِرِسَالَةِ مُوسَى فَهُوَ مُسْلِمٌ مُوسَوِيٌّ أَيْ مِنْ أَتْبَاعِ مُوسَى، وَكَذَلِكَ الأَمْرُ فِيمَنْ كَانَ فِي أَيَّامِ عِيسَى فَآمَنَ بِاللَّهِ وَصَدَّقَ بِعِيسَى فَهُوَ مُسْلِمٌ عِيسَوِيٌّ.
Commentaire : ainsi, la religion de tous les prophètes dans leur totalité c’est l’Islam. Ainsi ‘Adam était sur l’Islam, puis les prophètes qui sont venus après lui jusqu’à notre prophète Mouhammed adoraient Allah et ne Lui attribuaient aucun associé. De sorte que celui qui avait vécu à l’époque de Moïse -Moussa- et qui a cru en Dieu comme Seigneur, et qui a cru au message de Moïse, nous l’appelons musulman Mouçawiyy, c’est-à-dire de ceux qui avaient suivis Moussa. Et il en est de même pour celui qui était à l’époque de ^Iça, qui a cru en Dieu et qui a cru en la véridicité de ^Iça -Jésus-, c’est un musulman ^Içawiyy.
وَمَعْنَى مُسْلِمٌ مُحَمَّدِيٌّ أَيْ مُسْلِمٌ مُتَّبِعٌ مُحَمَّدًا فِيمَا جَاءَ بِهِ مِنْ تَوْحِيدِ اللَّهِ وَتَصْدِيقِ الأَنْبِيَاءِ وَالإِيـمَانِ بِوُجُودِ الْمَلائِكَةِ الْمُكْرَمِينَ وَالإِيـمَانِ بِالْكُتُبِ السَّمَاوِيَّةِ وَالإِيـمَانِ بِالْيَوْمِ الآخِرِ الَّذِي يُجَازَى فِيهِ الْعِبَادُ الْمُؤْمِنُونَ بِأَعْمَالِهِمْ بِإِدْخَالِهِمُ الْجَنَّةَ وَالْكَافِرُونَ بِإِدْخَالِهِمْ جَهَنَّمَ، وَأَنَّ الْجَنَّةَ فِيهَا نَعِيمٌ مَحْسُوسٌ وَجَهَنَّمَ فِيهَا ءَالامٌ مَحْسُوسَةٌ، وَأَنَّهُ لا خَالِقَ لِلأَجْسَامِ وَلا لِشَىْءٍ مِنَ الْحَرَكَاتِ وَالسَّكَنَاتِ إِلَّا اللَّهُ.
Et le sens lorsque nous disons qu’untel est un musulman Mouhammadiyy, c’est-à-dire que c’est un musulman qui suit Mouhammed dans tous ce qu’il a amené concernant le tawhid de Allah -c’est-à-dire concernant la croyance en l’unicité de Allah- la véridicité des prophètes, la croyance en l’existence des anges honorés, la foi aux livres célestes, la foi au jour dernier durant lequel les esclaves seront rétribués, les croyants pour leurs œuvres seront emmenés au paradis, et les mécréants seront emmenés en enfer, et que le paradis comporte une félicité qui est perceptible et l’enfer comporte des douleurs perceptibles, et qu’il n’y a pas de créateur pour les corps, ni pour quoi que ce soit des mouvements comme des immobilités si ce n’est Allah.
فَكُلُّ الأَنْبِيَاءِ جَاءُوا بِهَذَا لا يَخْتَلِفُونَ فِي هَذَا إِنَّمَا تَخْتَلِفُ الأَحْكَامُ الَّتِي أَنْزَلَهَا اللَّهُ عَلَيْهِمْ
Ainsi, tous les prophètes ont amené cette même croyance, ils ne se distinguent pas les uns des autres à propos de ces sujets, mais ce qui vari, ceux sont les jugements que Allah leur a révélés.
وَذَلِكَ لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى فَرَضَ عَلَى أَنْبِيَاءِ بَنِي إِسْرَائِيلَ وَأُمَمِهِمْ صَلاتَيْنِ وَأَنْزَلَ عَلَى بَعْضِ الأَنْبِيَاءِ خَمْسِينَ صَلاةً
Ainsi, Allah ta^ala a ordonné aux prophètes des fils de ‘Isra’il et à leur communauté d’accomplir deux prières tous les jours, et Allah a révélé à certains prophètes l’obligation d’accomplir 50 prières quotidiennes.
وَأَوْجَبَ فِيمَا أَوْجَبَ عَلَى بَعْضٍ أَنْ يَدْفَعُوا رُبُعَ أَمْوَالِهِمْ زَكَاةً
Et parmi les devoirs que Allah a donnés à certain c’est qu’ils devaient payer le quart de leur bien à titre de zakat.
وَأَنْزَلَ عَلَى بَعْضٍ تَحَتُّمَ قَتْلِ الْقَاتِلِ
Et Dieu a révélé à certain l’exécution de celui qui est coupable d’un homicide, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’alternative à cela.
وَأَنْزَلَ عَلَى ءَادَمَ تَحْلِيلَ زِوَاجِ الأَخِ بِأُخْتِهِ الَّتِي هِيَ تَوْأَمَةُ أَخِيهِ الآخَرِ
Et Dieu a fait descendre à ‘Adam un jugement qui décrétait qu’il était permis qu’un frère épouse sa sœur qui est la sœur jumelle de son autre frère.
وَكُلٌّ يَجِبُ الْعَمَلُ بِهِ فِي شَرِيعَةِ ذَلِكَ النَّبِيِّ
Et il est un devoir d’appliquer chacun de ces jugements dans la loi de ce prophète.
وَاللَّهُ تَعَالَى يُغَيِّرُ الأَحْكَامَ الَّتِي كَانَتْ فِي شَرْعِ نَبِيٍّ سَبَقَهُ وَهُوَ الْعَلِيمُ بِمَصَالِحِ عِبَادِهِ، وَالْمَصَالِحُ تَخْتَلِفُ بِاخْتِلافِ الأَزْمَانِ وَالأَحْوَالِ.
Et Allah change les jugements qui étaient dans la loi du prophète qui l’a précédé. Et Allah est Celui qui connait les intérêts de Ses esclaves. Et les intérêts des esclaves changent en fonction des époques et en fonction des situations.
وَكُلُّ نَبِيٍّ فِي زَمَانِهِ يَجِبُ التَّقَيُّدُ بِهِ فِي الإِيـمَانِ وَالأَحْكَامِ الَّتِي أُنْزِلَتْ عَلَيْهِ
Il est donc un devoir de s’attacher à chaque prophète de chaque époque concernant la foi et les jugements qui lui ont été révélés.
فَلَمَّا جَاءَ سَيِّدُنَا مُحَمَّدٌ ءَاخِرُهُمْ أَنْزَلَ اللَّهُ عَلَيْهِ أَحْكَامًا لَمْ تَكُنْ فِي شَرَائِعِ مَنْ قَبْلَهُ مِنَ الأَنْبِيَاءِ كَالصَّلاةِ فِي الأَمَاكِنِ الَّتِي هُيِّئَتْ لِلصَّلاةِ وَغَيْرِهَا وَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ فِي شَرْعِ مَنْ قَبْلَهُ مِنَ الأَنْبِيَاءِ، بَلْ كَانَ مَفْرُوضًا عَلَيْهِمْ أَنْ يُصَلُّوا فِي أَمَاكِنَ مَخْصُوصَةٍ هُيِّئَتْ لِلصَّلاةِ وَهِيَ الْمَسَاجِدُ بِاللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ
Et lorsqu’est venu notre maitre Mouhammed le dernier des prophètes, Allah lui a fait descendre par révélation des jugements qui n’étaient pas dans les lois des prophètes qui l’ont précédé. Et parmi les exemples de ces lois qui étaient spécifiques au prophète Mouhammed et qui n’ont pas été autorisées à des communautés antérieures, il y a la possibilité d’accomplir la prière dans les endroits réservés à la prière et dans les endroits qui ne sont pas initialement réservés pour la prière, untel jugement n’existait pas dans les lois des prophètes qui l’ont précédé, cependant, il était une obligation pour eux de faire la prière uniquement dans les endroits réservés à la prière, il s’agit de l’équivalent des mosquées.
وَكَانَ لِتِلْكَ الأَمَاكِنِ عِنْدَ أُولَئِكَ اسْمٌ غَيْرُ الْمَسْجِدِ
Et ces communautés-là avaient un nom pour ces endroits qui n’était pas le mot « mosquée » ni « masdjid. »
وَكَانَ أُولَئِكَ لا تُقْبَلُ صَلاتُهُمْ إِلَّا فِي مَسَاجِدِهِمْ وَلا تَصِحُّ صَلاتُهُمْ فِي بُيُوتِهِمْ وَلا فِي مَتَاجِرِهِمْ وَلا فِي مَزَارِعِهِمْ وَلا فِي الْبَرِّيَّةِ وَالْغَابَةِ
Ainsi, pour ces gens-là des communautés antérieures, ces endroits avaient le statut de mosquée, et leurs prières n’étaient acceptées que dans leurs mosquées, leurs prières n’étaient pas valides lorsqu’il la faisait chez eux, ou dans leur lieu de travail, ou dans leur lieu de commerce, ou dans leur champ, ou dans la campagne, ou dans la foret.
إِلَّا أَنَّ بَنِي إِسْرَائِيلَ الْمُسْلِمِينَ هَدَمَ فِرْعَوْنُ مَسَاجِدَهُمْ فَأَذِنَ اللَّهُ لَهُمْ أَنْ يُصَلُّوا فِي بُيُوتِهِمْ
Toutefois, il y a eu une exception, c’était lorsque Pharaon avait détruit les mosquées des musulmans des fils de Israël, c’est ainsi que Allah leur a autorisé d’accomplir la prière chez eux.
وَأَنْزَلَ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ التَّيَمُّمَ بِالتُّرَابِ عِنْدَ فَقْدِ الْمَاءِ أَوِ الْعَجْزِ عَنِ اسْتِعْمَالِهِ وَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ فِي شَرَائِعِ الأَنْبِيَاءِ قَبْلَهُ
Et parmi les choses qui ont été révélées à notre maitre Mouhammed, il y a le tayammoum qui est l’ablution sèche avec la terre lorsque la personne ne trouve pas d’eau ou qu’elle est incapable d’utiliser l’eau à cause de sa maladie, untel jugement n’existait pas dans les lois des prophètes antérieurs.
بَلْ كَانُوا يَتَوَضَّئُونَ وَيُصَلُّونَ فَإِنْ لَمْ يَجِدُوا مَا يَتَوَضَّئُونَ بِهِ تَوَقَّفُوا عَنِ الصَّلاةِ حَتَّى يَجِدُوا الْمَاءَ.
Cependant, dans les lois des prophètes antérieurs, les musulmans faisaient le woudou’ puis accomplissaient la prière, et lorsqu’ils n’avaient plus d’eau, ils s’arrêtaient de faire la prière jusqu’à ce qu’ils trouvent à nouveau de l’eau.
قِصَّةٌ غَرِيبَةٌ فِيهَا دِلالَةٌ عَلَى أَنَّ سَيِّدَنَا عِيسَى عَلَيْهِ السَّلامُ أَوْصَى بِاتِّبَاعِ مُحَمَّدٍ إِذَا ظَهَرَ: خَرَجَ مِنَ الْيَمَنِ أَرْبَعَةُ أَشْخَاصٍ قَاصِدِينَ مَكَّةَ فَأَدْرَكَهُمُ اللَّيْلُ فِي الْبَرِّيَّةِ فَنَزَلُوا فِي بَعْضِ اللَّيْلِ فِي أَرْضٍ فَنَامُوا إِلَّا جَعْدَ بنَ قَيْسٍ الْمُرَادِيَّ فَسَمِعَ هَاتِفًا لا يَرَى شَخْصَهُ يَقُولُ:
أَلا أَيُّهَا الرَّكْبُ الْمُعَرِّسُ بَلِّغُوا إِذَا مَا وَصَلْتُمْ لِلْحَطِيمِ وَزَمْزَمَا
مُحَمَّدًا الْمَبْعُوثَ مِنَّا تَحِيَّةً تُشَيِّعُهُ مِنْ حَيْثُ سَارَ وَيَمَّمَا
وَقُولُوا لَهُ إِنَّا لِدِينِكَ شِيعَةٌ بِذَلِكَ أَوْصَانَا الْمَسِيحُ ابْنُ مَرْيَمَا
Un récit étonnant qui comporte la preuve que notre maitre ^Iça avait recommandé de suivre Mouhammed lorsque Mouhammed allait apparaitre : il y a quatre personnes qui sont sortis du Yémen pour se rendre à la Mecque, puis la nuit est tombée alors qu’ils étaient en rase campagne. Ils ont alors fait halte une partie de la nuit dans une terre, puis se sont tous endormis excepté un qui s’appelait Ja^d fils de Qays al-Mouradiyy, cet homme a alors entendu une voix, cependant, il ne voyait pas de qui elle provenait, c’est alors que la voix qu’il entendait dont il ne voyait pas de qui elle provenait a cité trois vers de poésie :
أَلا أَيُّهَا الرَّكْبُ الْمُعَرِّسُ بَلِّغُوا إِذَا مَا وَصَلْتُمْ لِلْحَطِيمِ وَزَمْزَمَا
مُحَمَّدًا الْمَبْعُوثَ مِنَّا تَحِيَّةً تُشَيِّعُهُ مِنْ حَيْثُ سَارَ وَيَمَّمَا
وَقُولُوا لَهُ إِنَّا لِدِينِكَ شِيعَةٌ بِذَلِكَ أَوْصَانَا الْمَسِيحُ ابْنُ مَرْيَمَا
qui signifient : « ô vous voyageurs qui avez fait une halte dans la nuit, transmettez lorsque vous arriverez à al-hatim et à zamzam [c’est-à-dire lorsque vous arriverez à la Mecque] à Mouhammed l’envoyé, une salutation de notre part qui l’accompagne d’où qu’il vienne et quelle que soit que soit sa destination, et dites-lui que nous sommes des partisans de ta religion, c’est ainsi que nous a recommandé le massih le fils de Maryam. »
فَهَذَا الْهَاتِفُ جِنِّيٌّ مُؤْمِنٌ أَدْرَكَ عِيسَى قَبْلَ رَفْعِهِ إِلَى السَّمَاءِ وَءَامَنَ بِهِ وَسَمِعَ مِنْهُ وَصِيَّتَهُ بِالإِيـمَانِ بِمُحَمَّدٍ إِذَا ظَهَرَ وَاتِّبَاعِهِ
Il s’agissait de la voix d’un *jinn qui était croyant et qui avait vécu à l’époque de Jésus avant qu’il ne soit élevé au ciel. Ce jinn avait pu écouter la parole de Jésus, il avait cru en lui, il a entendu sa recommandation de croire en Mouhammed lorsque Mouhammed apparaitrait et de le suivre.
* les jinn, comme les humains sont des créatures de Dieu, certains d’entre eux sont croyants et certains d’entre eux sont mécréants, celui-là en l’occurrence était croyant, c’est-à-dire un musulman.
فَلَّمَا وَصَلُوا إِلَى مَكَّةَ سَأَلَ أَهْلَ مَكَّةَ عَنْ مُحَمَّدٍ فَاجْتَمَعَ بِهِ فَآمَنَ بِهِ وَأَسْلَمَ
Et lorsqu’ils sont arrivés à la Mecque, l’homme qui avait entendu la voix de ce jinn a demandé aux gens de la Mecque après Mouhammed. Il a pu le rencontrer, il a cru en lui et est entré en islam.
وَذَلِكَ كَانَ فِي أَوَّلِ بِعْثَةِ مُحَمَّدٍ قَبْلَ أَنْ يَنْتَشِرَ خَبَرُهُ فِي الْجَزِيرَةِ الْعَرَبِيَّةِ، وَمَعْنَى الْمُعَرِّسِ أَيِ الْمُسَافِرُ الَّذِي يَنْزِلُ فِي ءَاخِرِ اللَّيْلِ لِيَسْتَرِيحَ.
Et cet évènement s’est produit au tout début de la mission d’envoyer de notre maitre Mouhammed, avant que sa nouvelle ne se diffuse dans toute la péninsule arabique.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالإِسْلامُ هُوَ الدِّينُ الَّذِي رَضِيَهُ اللَّهُ لِعِبَادِهِ وَأَمَرَنَا بِاتِّبَاعِهِ.
L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : l’Islam est la religion que Allah agrée pour Ses esclaves et qu’Il nous ordonne de suivre.
الشَّرْحُ أَنَّ الإِسْلامَ هُوَ الدِّينُ الَّذِي أَحَبَّهُ اللَّهُ لِعِبَادِهِ وَأَمَرَنَا بِاتِّبَاعِهِ.
Commentaire : c’est-à-dire que l’Islam est la religion que Allah a agréé pour Ses esclaves et c’est la religion qu’Il nous a ordonné de suivre.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلا يُسَمَّى اللَّهُ مُسْلِمًا كَمَا تَلَفَظَّ بِهِ بَعْضُ الْجُهَّالِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : on n’appelle pas Allah « musulman » comme le disent certains ignorants.
الشَّرْحُ اللَّهُ تَعَالَى لا يَجُوزُ أَنْ يُسَمَّى مُسْلِمًا فَلَيْسَ مِنْ أَسْمَائِهِ تَعَالَى مُسْلِمٌ، بَلِ اسْمُهُ السَّلامُ أَيِ السَّالِمُ مِنْ كُلِّ نَقْصٍ وَعَيْبٍ.
Commentaire : il n’est pas permis d’appeler Allah ta^ala « musulman », il n’y a pas de parmi Ses noms « mouslim -musulman- », mais Son nom est « as-Salam », c’est-à-dire : Celui Qui est sauf de toute défaut et de toute imperfection.
الْمُسْلِمُ مَعْنَاهُ الْمُنْقَادُ، اللَّهُ لا يَنْقَادُ، بَلْ يُنْقَادُ لَهُ فَلا يُقَالُ لَهُ مُسْلِمٌ.
Et le musulman signifie : « celui qui est soumis », et Allah ne Se soumet pas, en revanche on se soumet à Lui. Donc ne dit pas au sujet de Allah qu’Il est mouslim.
وَلا يَجُوزُ تَسْمِيَةُ اللَّهِ إِلَّا بِمَا جَاءَ فِي الْقُرْءَانِ أَوْ فِي حَدِيثِ رَسُولِ اللَّهِ الثَّابِتِ أَوْ أَجْمَعَتْ عَلَيْهِ الأُمَّةُ
Et il n’est permis d’appeler Allah que par un nom qui est parvenu dans le Qour’an ou dans le hadith authentique du Messager de Allah ou ce sur quoi la communauté a été unanime.
فَتَسْمِيَةُ بَعْضِ النَّاسِ اللَّهَ تَعَالَى سَبَبًا وَعِلَّةً كُفْرٌ كَمَا قَالَ الإِمَامُ الْعَلَّامَةُ رُكْنُ الإِسْلامِ عَلِيٌّ السُّغْدِيُّ مِنْ أَكَابِرِ الْحَنَفِيَّةِ.
Mise en garde : certaines personnes appellent Allah « une cause » ou un « agent causale » et c’est de la mécréance, tout comme l’a dit l’illustre savant Rouknou l-islam ^Aliyy as-Soughdiyy de parmi les grands savants hanafites. Ainsi, c’est de la mécréance que d’appeler Allah « cause » ou « agent causale. »
وَلا يَجُوزُ تَسْمِيَتُهُ رُوحًا لِأَنَّ الرُّوحَ مَخْلُوقَةٌ.
De même, il n’est pas permis d’appeler Allah « une âme », car l’âme est créée.
فَتَسْمِيَةُ اللَّهِ سَبَبًا وَعِلَّةً وَرُوحًا كُفْرٌ.
Ainsi, appeler Allah « une cause » ou « un agent causale » ou « une âme » est de la mécréance.
وَمِنْ ذَلِكَ مَا اسْتَحْدَثَهُ بَعْضُ جَهَلَةِ الْمُتَصَوِّفَةِ فَسَمَّوِا اللَّهَ الْخَمَّارَ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ.
Et entre autres, il y a ceux qui ont innové parmi les ignorants, les soufiyy qui prétendent le tasawwouf, ils ont appelé Allah « al-khammar » c’est à dire : « celui qui enivre » وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَقَدِيمًا كَانَ الْبَشَرُ جَمِيعُهُمْ عَلَى دِينٍ وَاحِدٍ هُوَ الإِسْلامُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : jadis, l’humanité entière avait une seule religion qui est l’Islam.
الشَّرْحُ أَنَّ الْبَشَرَ فِي زَمَنِ ءَادَمَ كَانُوا كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ لَمْ يَكُنْ بَيْنَهُمْ كَافِرٌ.
Commentaire : c’est-à-dire que les humains à l’époque de ‘Adam étaient tous sur l’Islam et il n’y avait pas parmi eux de mécréants.
هُوَ عَلَّمَ أَوْلادَهُ الدِّينَ كَمَا عَلَّمَهُمْ أُصُولَ الْمَعِيشَةِ وَعَمِلَ لَهُمُ الدِّينَارَ وَالدِّرْهَمَ وَغَيْرَ ذَلِكَ مِنْ أُصُولِ الْمَعِيشَةِ، فَصَلَّى اللَّهُ عَلَى نَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ وَعَلَى ءَادَمَ وَسَائِرِ الأَنْبِيَاءِ وَسَلَّمَ.
‘Adam a enseigné à ses enfants la religion, tout comme il leur a enseigné les moyens de subsistance, et c’est ‘Adam qui a fabriqué les pièces d’or [les dinar] et les pièces d’argent [les dirham], et il leur a enseigné d’autres choses qui leur ont permis de survivre sur Terre. Que Allah honore et élève davantage en degré le rang de notre maitre Mouhammed et ‘Adam ainsi que tous les prophètes.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَإِنَّمَا حَدَثَ الشِّرْكُ وَالْكُفْرُ بِاللَّهِ تَعَالَى بَعْدَ النَّبِيِّ إِدْرِيسَ.
L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : le *shirk et le *koufr en Allah ta^ala se sont produits après le prophète ‘Ydris.
* le shirk : l’attribution d’un associé à Dieu.
* le koufr : la mécréance en Dieu.
الشَّرْحُ أَنَّهُ حَدَثَ الْكُفْرُ بَعْدَ ءَادَمَ بِأَلْفِ سَنَةٍ وَذَلِكَ بَعْدَ وَفَاةِ إِدْرِيسَ.
La mécréance est apparue 1000 années après ‘Adam, et c’était après le décès de Ydris.
فَأَوَّلُ الأَنْبِيَاءِ ءَادَمُ ثُمَّ ابْنُهُ شِيثٌ ثُمَّ إِدْرِيسُ.
Ainsi, le premier prophète c’est ‘Adam, ensuite son fils Chith ensuite ‘Ydris.
Mise en garde : il ne faut pas prêter attention à certains ignorants qui renient le statut de prophète de ‘Adam de Chith et de ‘Ydris. Ils prétendent que le premier prophète serait Nouh. On dit : « le premier des prophètes c’est ‘Adam, après ‘Adam vient son fils Chith, ensuite est venu ‘Ydris. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَكَانَ نُوحٌ أَوَّلَ نَبِيٍّ أُرْسِلَ إِلَى الْكُفَّارِ يَدْعُو إِلَى عِبَادِةِ اللَّهِ الْوَاحِدِ الَّذِي لا شَرِيكَ لَهُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ainsi, Nouh fut alors le premier prophète qui fut envoyé aux mécréants pour appeler à croire en Allah al-Wahid Celui Qui est unique et Qui n’a pas d’associé.
الشَّرْحُ أَنَّهُ بَعْدَ وَفَاةِ إِدْرِيسَ عَلَيْهِ السَّلامُ حَصَلَ الشِّرْكُ بَيْنَ النَّاسِ وَاسْتَمَرُّوا عَلَى هَذَا زَمَانًا إِلَى أَنْ بَعَثَ اللَّهُ نُوحًا يَدْعُوهُمْ إِلَى الإِسْلامِ.
Commentaire : c’est-à-dire qu’après le décès de ‘Ydris, le shirk -l’association à Dieu- s’est produit pour la première fois entre les gens. Ils sont restés ainsi une certaine période jusqu’à ce que Allah leur ait envoyé Nouh pour les appelés à l’Islam.
فَبَيْنَ إِدْرِيسَ وَنُوحٍ عَلَيْهِمَا السَّلامُ أَلْفُ سَنَةٍ وَتِلْكَ الْفَتْرَةُ تُسَمَّى الْجَاهِلِيَّةَ الأُولَى
Ainsi, entre [la mort de] Ydris et [l’envoie de] Nouh il s’est écoulé 1000 années, et c’est cette période qu’on appelle « la première jahiliyyah. »
فَبِهَذَا يَكُونُ نُوحٌ عَلَيْهِ السَّلامُ هُوَ أَوَّلَ نَبِيٍّ أُرْسِلَ إِلَى الْكُفَّارِ يَدْعُوهُمْ إِلَى الإِسْلامِ.
Et c’est ainsi que Nouh fut le premier des prophètes envoyé à des mécréants pour les appeler à l’adoration de Dieu et à l’Islam.
فَآدَمُ مِنْ جُمْلَةِ الأَنْبِيَاءِ الَّذِينَ مَنْ أَنْكَرَ نُبُوَّتَهُمْ يَكْفُرُ
Et ‘Adam fait partie de l’ensemble des prophètes, tel que celui qui renie son statut de prophète devient mécréant.
فَكَمَا أَنَّ مَنْ أَنْكَرَ نُبُوَّةَ إِبْرَاهِيمَ وَمُوسَى وَعِيسَى وَمُحَمَّدٍ يَكْفُرُ كَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ أَنْكَرَ نُبُوَّةَ ءَادَمَ
Tout comme celui qui renie le statu de prophète de ‘Ibrahim, de Moussa, de ^Iça et de Mouhammed devient mécréant, celui qui renie le statu de prophète de ‘Adam devient mécréant.
كَمَا نَقَلَ ابْنُ حَزْمٍ الإِجْمَاعَ عَلَى نُبُوَّةِ ءَادَمَ، بَلْ هُوَ نَبِيٌّ رَسُولٌ كَمَا وَرَدَ ذَلِكَ فِي حَدِيثِ أَبِي ذَرٍّ الَّذِي أَخْرَجَهُ ابْنُ حِبَّانَ وَصَحَّحَهُ وَأَقَرَّهُ الْحَافِظُ ابْنُ حَجَرٍ
Et par ailleurs, Ibnou Hazam a rapporté de l’unanimité [des savants] que ‘Adam était un prophète. Il est même un prophète Messager tout comme cela a été rapporté dans le hadith de Abou Dharr qui a été rapporté par Ibnou Hibban qui l’a jugé sahih [authentique] et le hafidh Ibnou Hajar al-^Asqalaniyy a été d’accord avec lui sur cela.
وَلا مَعْنَى لإِنْكَارِ الْوَهَّابِيَّةِ رِسَالَةَ ءَادَمَ وَلَعَلَّ بَعْضَهُمْ يُنْكِرُ نُبُوَّتَهُ وَلا حُجَّةَ لَهُمْ فِي حَدِيثِ الشَّفَاعَةِ الَّذِي فِيهِ أَنَّ النَّاسَ يَأْتُونَ ءَادَمَ لِيَشْفَعَ لَهُمْ ثُمَّ نُوحًا فَيَقُولُونَ لِنُوحٍ أَنْتَ أَوَّلُ الرُّسُلِ اشْفَعْ لَنَا إِلَى رَبِّكَ، رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَغَيْرُهُ
Ainsi, il n’y a pas de sens dans ce que disent les wahhabiyyah qui renient le statut de prophète de ‘Adam, et ils n’ont pas d’arguments dans le hadith de l’intercession, c’est-à-dire que le hadith de l’intercession ne comporte pas d’argument en leur faveur. Dans ce hadith, il est mentionné que les gens au jour du jugement vont se rendre auprès de ‘Adam pour qu’il intercède en leur faveur, à savoir pour qu’il les délivre d’une des épreuves du jour du jugement, mais après ils vont voir Nouh et vont dire à Nouh : « tu es le premier des messagers, intercèdes en notre faveur auprès de ton Seigneur. » Voici ce qui est dit mais ce hadith comporte un sens autre que le sens apparent. Et ce hadith a été rapporté par al-Boukhariyy et d’autres.
لِأَنَّ مَعْنَاهُ أَنْتَ أَوَّلُ الرُّسُلِ إِلَى قَوْمِهِ الْمُنْتَشِرِينَ فِي الأَرْضِ [فِي الْجُزْءِ الْحَادِي عَشَرَ مِنْ فَتْحِ الْبَارِي (ص/365) وَمِنَ الأَجْوِبَةِ أَنَّ رِسَالَةَ ءَادَمَ كَانَتْ إِلَى بَنِيهِ وَهُمْ مُوَحِّدُونَ لِيُعَلِّمَهُمْ شَرِيعَتَهُ وَنُوحٌ كَانَتْ رِسَالَتُهُ إِلَى قَوْمٍ كُفَّارٍ يَدْعُوهُمْ إِلَى التَّوْحِيدِ اهـ] لِأَنَّ الأَنْبِيَاءَ الَّذِينَ بَعْدَهُ كَانَ النَّبِيُّ يُرْسَلُ إِلَى قَوْمِهِ كَمَا حَكَى اللَّهُ عَنْ عِيسَى أَنَّهُ قَالَ ﴿يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ إِنِّي رَسُولُ اللَّهِ إِلَيْكُم﴾ [سُورَةَ الصَّف/6] فَقَدْ خَالَفَتِ الْوَهَّابِيَّةُ فِي قَوْلِهَا هَذَا قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى ﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَّاحِدَةً﴾ قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَيْ كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ، فَمَاذَا تَقُولُ الْوَهَّابِيَّةُ عَنْ ءَادَمَ وَأَوْلادِهِ أَتَقُولُ إِنَّهُمْ كَانُوا يَعِيشُونَ عِيشَةَ الْبَهَائِمِ لا يَعْرَفُونَ مَا يَأْتُونَ وَمَا يَذَرُونَ! وَكَفَاهُمْ هَذَا خِزْيًا.
Ce hadith signifie : « tu es le premier prophète envoyé à son peuple qui s’est diffusé sur terre »,ils ne sont pas tous dans une même ville par exemple, ils sont diffusés sur terre, parce que chacun des prophètes qui ont succédés à notre maitre Nouh ont été envoyés à leur peuple, tout comme Allah nous l’apprend dans le Qour’an à propos de notre maitre ^Iça qui dit dans sourate as-safa :
﴾يَٰبَنِىٓ إِسْرَٰٓءِيلَ إِنِّى رَسُولُ ٱللَّهِ إِلَيْكُم ﴿
ce qui signifie : « ô vous fils d’Israël je suis l’envoyer de Dieu pour vous. »
Ainsi, dans leur prétention précédemment cité, les wahhabiyyah contredisent la parole de Allah ta^ala dans sourate al-baqarah verset 213 :
﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَّاحِدَةً﴾
ce qui signifie : « les gens formaient une seule communauté. » Ibnou ^Abbass a expliqué ce verset par : « ils étaient tous sur l’Islam », ceci a été rapporté par at-Tabaraniyy dans [son livre] mou^jam l-kabir. Et qu’est-ce que les wahhabiyyah vont dire à propos de ‘Adam et de ses enfants ? Est-ce que les wahhabiyyah vont dire que ‘Adam et ses enfants vivaient comme des animaux qui ne savaient pas ce qui était licite et ce qui ne l’est pas ?! Et cela leur suffit comme rabaissement à ces gens-là qui osent nier le statu de prophète de notre maitre ‘Adam. Que Allah ta^ala honore et élève davantage en degré ‘Adam et tous ses frères prophètes et messagers.
Informations utiles :
Notre Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Allah a asservi les anges pour la gestion de nombreuses affaires des esclaves. Beaucoup d’affaires des esclaves sont gérées par les anges. Et beaucoup de sujets qui concernent les gens sur Terre. En autre les anges gèrent la pluie. La pluie qui tombe ne tombe pas aléatoirement sans quantité, mais ce sont les anges qui gèrent la descente de la pluie, c’est en fonction de la gestion des anges que les gouttes de pluie tombent. Et les anges interviennent également dans la gestion des plantes. Les plantes, qui poussent sur terre, c’est-à-dire ce que consomment les gens et les animaux, tout cela est géré par les anges.
Allah ta^ala est Le créateur de toute chose, il n’y a pas de créateur qui fasse surgir du néant à l’existence hormis Lui. C’est Dieu Qui a fait que les anges gèrent beaucoup de chose, comme la pluie qui descend pour revivifier la terre. Allah ta^ala leur a accordé de gérer, et eux ils gèrent cela. Et même le tonnerre, d’ailleurs le Messager de Allah l’a expliqué. Ainsi, le Messager a dit à propos du tonnerre : « ar-Ra^d est un ange qui conduit les nuages, et, il a à sa main un mikhraq avec lequel il frappe les nuages. » Hadith rapporté par at-Tirmidhiyy.
Et al-mikhraq, dont nous allons expliquer le sens, n’est pas semblable au mikhraq du bas monde que les humains utilisent, mais c’est quelque chose d’autre qui lui ressemble. Donc le prophète a dit : « ar-Ra^d a à sa main un mikhraq. » Et le mikhraq c’est par exemple une cape, un vêtement ou un châle qu’on enroule de sorte qu’il devient comme une corde puis l’on frappe avec comme un fouet. Donc, c’est dans la main de cet ange qui s’appelle ar-Ra^d -en français le tonnerre- qu’il y a ce mikhraq avec lequel il frappe les nuages et les déplacent d’une terre à une autre. Ainsi, c’est ar-Ra^d qui frappe les nuages avec ce mikhraq qui est comme à l’image d’un fouet, et ces nuages d’une terre à une autre se déplacent. Et Allah a donné une force physique aux anges qu’Il n’a pas accordé à d’autre qu’eux. Allah ta^ala n’a pas accordé cette force ni aux humains ni aux jinn. Et le mot « ra^d » en plus d’être le nom de l’ange, c’est le nom du son qui provient des nuages. Et il y a parmi les anges de Dieu, des anges gardiens du vent. Ce vent est également géré par les anges. Ce vent qui souffle sur Terre dans cet espace est géré par les anges. Parfois le vent est fort, parfois le vent est faible, tout cela est par leur gestion. Ils gèrent en fonction des ordres qui leur parviennent. Ce n’est pas une gestion détournée ou incompétente ou absurde ou qui suivrait les passions, cependant les anges gèrent cela conformément à l’ordre de Dieu. Tout comme ils gèrent le vent, ils gèrent la pluie, ils gèrent également les plantes de la terre. Et tout cela est par ordre de Allah ta^ala, c’est-à-dire qu’ils reçoivent l’ordre de Allah ta^ala.
Tout comme Allah a chargé ces anges qui interrogent le mort dans sa tombe, ils lui poseront trois questions, eh bien les anges également gèrent sous ordre de Allah tabaraka wa ta^ala. Mais l’interrogatoire de la tombe n’existait pas à l’époque des autres prophètes. L’interrogatoire dans la tombe avant la mission de notre maitre Mouhammed n’avait pas lieu. Cela a eu lieu dans la communauté de Mouhammed. Et Allah a fait que cette interrogatoire dans la tombe soit dans la communauté de Mouhammed, même le croyant sera interrogé.
La première question sera : « man rabbouka ? », c’est-à-dire : « qui est ton Seigneur ? »
Et la deuxième question sera : « man nabiyyouka », qui signifie : « qui est ton prophète ? »
Ainsi, les anges vont lui dire : « qui est ton prophète ? », et dans une autre version il lui sera dit : « que disais tu à propos de cet homme Mouhammed celui qui vous a été envoyé ? » rapporté par al-Boukhariyy et at-Tabaraniyy.
Le croyant se réjouira en donnant cette réponse, parce que c’était sa croyance catégorique, il n’était pas dans le doute, il ne faisait pas partie de ceux qui renient. Ainsi, le croyant va répondre aux deux anges : « Mouhammed est mon prophète. » Et dans une autre version : « il est l’esclave de Dieu et Son Messager, il nous a amené les preuves et la bonne guidée, nous avons cru en lui et nous avons cru en sa véridicité. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَقَامَ سَيِّدُنَا مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِتَجْدِيدِ الدَّعْوَةِ إِلَى الإِسْلامِ بَعْدَ أَنِ انْقَطَعَ فِيمَا بَيْنَ النَّاسِ فِي الأَرْضِ مُؤَيَّدًا بِالْمُعْجِزَاتِ الدَّالَّةِ عَلَى نُبُوَّتِهِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : notre maitre Mouhammed a renouvelé l’appel à l’Islam après que l’Islam a cessé d’être présent chez les humains sur Terre, notre maitre Mouhammed était appuyé pour cela par des miracles qui sont des preuves de son statut de prophète.
الشَّرْحُ أَنَّهُ لَمَّا نَزَلَ الْوَحْيُ عَلَى النَّبِيِّ لَمْ يَكُنْ بَيْنَ الْبَشَرِ عَلَى الأَرْضِ مُسْلِمٌ غَيْرُهُ
Commentaire : lorsque la révélation de la part de Dieu que notre maitre Mouhammed est un prophète est descendue par l’ange Jibril, il n’y avait pas parmi les humains sur Terre d’autres musulmans hormis lui.
فَعَرَبُ الْجَزِيرَةِ الْعَرَبِيَّةِ كَانُوا يَعْبُدُونَ الأَوْثَانَ
A cette époque-là, les arabes de la péninsule arabique étaient des idolâtres, ils adoraient des idoles, ils adoraient des statues.
وَأَهْلُ فَارِسٍ كَانُوا يَعْبُدُونَ النَّارَ
Et les habitants de la Perse quant à eux étaient des mages, ils étaient mazdéens, ils adoraient le feu.
وَسَائِرُ أَهْلِ الأَرْضِ كَانَتْ لَهُمْ أَصْنَامٌ أَوْ أَشْيَاءُ أُخْرَى يَعْبُدُونَهَا
Et le reste des habitants sur Terre avaient des statues ou d’autres choses qu’ils adoraient.
فَقَامَ سَيِّدُنَا مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَدْعُو إِلَى الإِسْلامِ مُؤَيَّدًا بِمُعْجِزَاتٍ تَدُلُّ عَلَى نُبُوَّتِهِ فَهُوَ مُجَدِّدُ الدَّعْوَةِ.
Notre maitre Mouhammed a appelé à l’Islam, et il était appuyé en cela par des miracles qui prouvaient qu’il était un prophète. Le prophète a donc renouvelé l’appel à l’Islam. Et pourquoi est-ce que le Chaykh a dit : « il a renouvelé l’appel à l’Islam ? » Parce que notre maitre Mouhammed a été précédé en cela par d’autres prophètes, car tous les prophètes ont appelé à cette même religion que Dieu agrée, qui est la seule religion que Dieu agrée.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَدَخَلَ الْبَعْضُ فِي الإِسْلامِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : certains sont entrés en islam.
الشَّرْحُ كَالْجَعْدِ بنِ قَيْسٍ الْمُرَادِيِّ الَّذِي أَسْلَمَ بِسَبَبِ مَا سَمِعَهُ مِنَ الْجِنِّيِّ الَّذِي كَانَ فِي أَيَّامِ كَانَ عِيسَى عَلَى وَجْهِ الأَرْضِ وَدَعَى إِلَى الإِسْلامِ إِلَى أَنْ أَدْرَكَ زَمَانَ مُحَمَّدٍ فَآمَنَ بِعِيسَى وَبِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِمَا وَسَلَّمَ.
Commentaire : parmi ceux qui sont entrés en islam, il y a cet homme qui s’appelle al-Ja^d fils de Qaïs al-Mouradiyy qui était entré en islam à cause de ce qu’il avait entendu de ce jinn qui avait vécu à l’époque où Jésus était encore sur Terre. Et ce jinn dont Ja^d fils de Qaïs al-Mouradiyy avait entendu la voix est resté vivant jusqu’à l’époque de Mouhammed. Ce djinn a donc été croyant en Jésus et en Mouhammed, que Allah les honore et les élèves tous deux en degré.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَجَحَدَ بِنُبُوَّتِهِ أَهْلُ الضَّلالِ الَّذِينَ مِنْهُمْ مَنْ كَانَ مُشْرِكًا قَبْلًا كَفِرْقَةٍ مِنَ الْيَهُودِ عَبَدَتْ عُزَيْرًا فَازْدَادُوا كُفْرًا إِلَى كُفْرِهِمْ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et certains destinés à l’égarement n’ont pas cru que notre maitre Mouhammed était bien un envoyé de Dieu, et parmi eux il y avait ceux qui étaient déjà des associateurs, tel un groupe de juif qui avait adoré ^Ouzayr et qui par conséquent ont cumulé mécréance sur mécréance.
La première mécréance qui est provenue de ce groupe de juif était d’avoir adoré un homme, à savoir ^Ouzayr, et la deuxième mécréance c’est de ne pas avoir cru que Mouhammed est un envoyé de Dieu.
الشَّرْحُ قَوْلُهُ: جَحَدَ أَيْ أَنْكَرَ، وَأَمَّا عُزَيْرٌ فَهُوَ رَجُلٌ مِنَ الصَّالِحِينَ وَقَدْ قَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ بِنُبُوَّتِهِ.
Commentaire : ils ont ainsi renié le statu de prophète de notre Mouhammed. Et il faut savoir que ^Ouzayr était un vertueux, et certains savants ont dit qu’il était un prophète.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَءَامَنَ بِهِ بَعْضُ أَهْلِ الْكِتَابِ الْيَهُودِ وَالنَّصَارَى كَعَبْدِ اللَّهِ بنِ سَلامٍ عَالِمِ الْيَهُودِ بِالْمَدِينَهِ، وَأَصْحَمَةَ النَّجَاشِيِّ مَلِكِ الْحَبَشَةِ وَكَانَ نَصْرَانِيًّا ثُمَّ اتَّبَعَ الرَّسُولَ اتِّبَاعًا كَامِلًا وَمَاتَ فِي حَيَاةِ رَسُولِ اللَّهِ وَصَلَّى عَلَيْهِ الرَّسُولُ صَلاةَ الْغَائِبِ يَوْمَ مَاتَ. أَوْحَى اللَّهُ إِلَيْهِ بِمَوْتِهِ. ثُمَّ كَانَ يُرَى عَلَى قَبْرِهِ فِي اللَّيَالِي نُورٌ وَهَذَا دَلِيلٌ أَنَّهُ صَارَ مُسْلِمًا كَامِلًا وَلِيًّا مِنْ أَوْلِيَاءِ اللَّهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : d’autres parmi *les gens du livre, juifs et chrétiens ont cru en notre maitre Mouhammed, ce fut le cas de ^Abd l-Lah fils de Salam qui était le savant des juifs à Médine, et ce fut le cas de As–hamah An-Nadjachiyy, le négus qui était le roi *d’abissynie, il était chrétien et avait par la suite suivi le Messager de manière parfaite, c’est-à-dire qu’il avait parfaitement appliquer l’Islam. Il est décédé durant la vie du prophète, et le prophète a fait la prière funéraire de l’absence du défunt le jour même de sa mort. C’est Dieu qui lui a révélé sa mort. Par la suite, on voyait provenant de sa tombe durant la nuit une lumière, et ceci est une preuve qu’il était un musulman accompli et un saint de parmi les saints de Dieu, que Dieu l’agrée.
* Nous disons « les gens du livre » parce qu’eux prétendent suivre un livre, même si nous savons que le livre qu’ils suivent est falsifié, ce n’est pas le livre authentique qui a été révélé au prophète respectif qu’ils prétendent suivre, donc c’est pour cela que nous les appelons « gens du livre », mais ils sont également appelés mécréants, c’est-à-dire que nous ne les appelons pas croyant.
* Abissynie : actuelle Éthiopie.
Et avant que ^Abdou l-Lah Ibnou Salam le savant des juifs n’annonce au grand jour son islam, le prophète avait invité les juifs pour leur dire : « que dites-vous à propos de ^Abdou l-Lah Ibnou Salam ? » Ils ont alors fait son éloge, les juifs ont alors répondu : « c’est le fils de notre savant », mais lorsque le prophète lui a dit de se montrer à eux et de leur annoncer qu’il était musulman, ils se sont retournés contre lui, tout cela par entêtement pour ne pas reconnaitre la vérité.
Quant à As-hamah An-Nadjachiyy, An-Nadjachiyy est un titre signifiant le négus, le négus qui était le roi d’Abyssinie, eh bien ce négus était chrétien puis avait suivi le Messager. As-Hamah An-Nadjachiyy est décédé du vivant du messager de Allah, et le Messager avait fait la prière funéraire en sa faveur en son absence le jour même de son décès, Allah, lui ayant révélé que As-Hamah An-Nadjachiyy était décédé. Cependant, An-Nadjachiyy n’avait pas pu rencontrer le Messager de Allah. Ainsi, As-hamah An-Nadjachiyy a vécu à l’époque du prophète, il était musulman accompli, cependant il n’a pas pu rencontrer le prophète car il était préoccupé par son royaume. Donc notre maitre Mouhammed avait fait la prière funéraire en sa faveur en son absence le jour même de sa mort, Allah lui ayant révélé qu’il était décédé. Par la suite, nous pouvions voir la nuit une lumière au-dessus de la tombe de An-Nadjachiyy, cela étant une preuve qu’il était devenu un musulman complet, un saint, que Allah l’agrée.
الشَّرْحُ أَنَّ مِنَ الَّذِينَ ءَامَنُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ عَالِمَ الْيَهُودِ بِالْمَدِينَةِ عَبْدَ اللَّهِ بنَ سَلامٍ وَهُوَ مِنَ الْمُبَشَّرِينَ بِالْجَنَّةِ.
Commentaire : parmi ceux qui sont devenus croyant de parmi les gens du livre, il y a le savant des juifs à Médine, ^Abd l-Lah fils de Salam, et ^Abd l-Lah fils de Salam fait partie de ceux qui ont reçu la bonne nouvelle du paradis.
وَمِنْهُمُ النَّجَاشِيُّ الَّذِي عَاشَ بَعْدَ إِسْلامِهِ سَبْعَ سَنَوَاتٍ
Et de même, il y a An-Nadjachiyy qui a vécu 7 années après son entrée en l’islam. Il a reçu la bonne nouvelle du paradis.
وَلَمَّا مَاتَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَاتَ الْيَوْمَ رَجُلٌ صَالِحٌ، فَقُومُوا فَصَلُّوا عَلَى أَخِيكُمْ أَصْحَمَةَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ. وَأَصْحَمَةُ اسْمُ النَّجَاشِيِّ.
Et le jour du décès de An-Nadjachiyy, le prophète a dit :
مَاتَ الْيَوْمَ رَجُلٌ صَالِحٌ، فَقُومُوا فَصَلُّوا عَلَى أَخِيكُمْ أَصْحَمَةَ
ce qui signifie : « aujourd’hui est mort un homme pieux, levez-vous et faites la prière funéraire en faveur de votre frère As–hamah. » As-Hamah est le prénom de An-Nadjachiyy, An-Nadjachiyy qui est son titre, c’est le titre des souverains de cette région d’Abyssinie.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالْمَبْدَأُ الإِسْلامِيُّ الْجَامِعُ لِجَمِيعِ أَهْلِ الإِسْلامِ عِبَادَةُ اللَّهِ وَحْدَهُ.
L’auteur Dieu lui fasse miséricorde a dit : le principe islamique qui réunit tous les gens de l’Islam, c’est l’adoration de Allah Lui seul.
الشَّرْحُ الْمَبْدَأُ أَيِ الأَسَاسُ الْجَامِعُ لِجَمِيعِ أَهْلِ الإِسْلامِ مِنْ لَدُنِ ءَادَمَ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ هُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَحْدَهُ أَيْ أَنْ لا يُشْرَكَ بِهِ شَىْءٌ
Commentaire : le principe qui réunit tous les gens de l’Islam depuis ‘Adam jusqu’au jour du jugement c’est la croyance en Dieu Lui seul, c’est-à-dire ne pas Lui attribué d’associer.
ثُمَّ هَؤُلاءِ لا يَصِحُّ إِيـمَانُهُمْ إِلَّا أَنْ يُؤْمِنُوا بِنَبِيِّ عَصْرِهِمْ.
Par ailleurs, l’Islam et la foi des gens de l’Islam n’est valide qu’en croyant au prophète de leur époque, c’est-à-dire qu’il ne suffit pas de croire qu’il n’est de Dieu que Dieu, mais il est indispensable de croire au prophète de son époque. Et pourquoi est-il indispensable de croire au prophète de son époque ? Car Celui qui a envoyé les prophètes c’est Dieu, donc ne pas croire au prophète de son époque revient à démentir Dieu, c’est pour cela que la foi n’est pas valide de la part de celui qui ne croit pas au prophète.
هَذَا الْمَبْدَأُ جَمَعَ أَهْلَ الإِسْلامِ كُلَّهُمْ، هَذَا الْمَعْنَى يَشْمَلُهُمْ لِأَنَّهُمْ كُلَّهُمْ يَعْبُدُونَ اللَّهَ وَحْدَهُ.
C’est ce principe qui a réuni les gens de l’Islam dans leur totalité, c’est ce sens-là qui les englobe tous parce que tous adorent Allah Lui seul.
حُكْمُ مَنْ يَدَّعِي الإِسْلامَ لَفْظًا
وَهُوَ مُنَاقِضٌ لِلإِسْلامِ مَعْنًى
Le jugement de ceux qui se réclament de l’Islam par la parole mais qui en contredisent le sens.
الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ هَذَا بَيَانُ حُكْمِ مَنْ يَزْعُمُ الإِسْلامَ بِلِسَانِهِ وَهُوَ مُخَالِفٌ لِلإِسْلامِ فِي الْحَقِيقَةِ بِاعْتِقَادِ أَوْ قَوْلِ أَوْ فِعْلِ مَا يُنَافِيهِ.
Commentaire : ceci est l’indication du jugement de celui qui prétend être sur l’Islam par sa langue, mais en réalité contredit l’Islam soit en ayant une croyance, soit en disant une parole, soit en faisant un acte qui contredit l’Islam.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: هُنَاكَ طَوَائِفُ عَدِيدَةٌ كَذَّبَتِ الإِسْلامَ مَعْنًى وَلَوِ انْتَمَوْا لِلإِسْلامِ بِقَوْلِهِمُ الشَّهَادَتَيْنِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ وَصَلَّوْا وَصَامُوا لِأَنَّهُمْ نَاقَضُوا الشَّهَادَتَيْنِ بِاعْتِقَادِ مَا يُنَافِيهِمَا فَإِنَّهُمْ خَرَجُوا مِنَ التَّوْحِيدِ بِعِبَادَتِهِمْ لِغَيْرِ اللَّهِ فَهُمْ كُفَّارٌ لَيْسُوا مُسْلِمِينَ، كَالَّذِينَ يَعْتَقِدُونَ أُلُوهِيَّةَ عَلِيِّ بنِ أَبِي طَالِبٍ أَوِ الْخَضِرِ أَوِ الْحَاكِمِ بِأَمْرِ اللَّهِ وَغَيْرِهِمْ أَوْ بِمَا فِي حُكْمِ ذَلِكَ مِنَ الْقَوْلِ وَالْفِعْلِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : il y a de nombreux groupes qui ont contredit le sens de l’Islam même s’ils se réclament de l’Islam en prononçant les deux témoignages : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Dieu », même s’ils font la prière et le jeûne, parce qu’ils ont contredit les deux témoignages en ayant pour croyance ce qui s’y oppose, ce sont donc des gens qui ont quitté la croyance en l’unicité de Dieu -le tawhid- parce qu’ils ont adoré autre chose que Dieu, ce sont donc des mécréants, ce ne sont pas des musulmans, comme ceux qui ont cru en la divinité de ^Aliyy Ibnou Abi Talib, ou ceux qui ont cru en la divinité de al-Khadir, ou ceux qui ont cru en la divinité de al-Hakim bi ‘amri l-Lah ou de quelqu’un d’autre, ou bien en commettant des actes d’apostasie, ou en disant des paroles qui entrainent le même jugement, c’est-à-dire un jugement qui fait sortir de l’islam.
الشَّرْحُ يَعْنِي أَنَّ هُنَاكَ أُنَاسًا يَدَّعُونَ الإِسْلامَ وَهُمْ فِرَقٌ مُتَعَدِّدَةٌ ثُمَّ يُنَاقِضُونَ الإِسْلامَ فَهَؤُلاءِ لَيْسُوا بِمُسْلِمِينَ مُؤْمِنِينَ
Commentaire : il y a des gens qui se disent musulmans et ce sont des groupes nombreux, mais ils contredisent l’Islam, ces gens-là ne sont pas des musulmans ni des croyants.
مِثَالُ ذَلِكَ أَنَّ أَحَدَهُمْ يَقُولُ لَفْظًا لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ مُحَمَّدٌ رَسُولُ اللَّهِ ثُمَّ يَعْبُدُ شَيْئًا مِنْ خَلْقِ اللَّهِ كَأُنَاسٍ يَعْبُدُونَ عَلِيًّا وَهُوَ الْخَلِيفَةُ الرَّاشِدُ ابْنُ عَمِّ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَأُنَاسٍ يَعْبُدُونَ الْخَضِرَ وَهُوَ نَبِيٌّ عَلَى الْقَوْلِ الرَّاجِحِ، وَأُنَاسٍ يَعْتَقِدُونَ الأُلُوهِيَّةَ لِلْحَاكِمِ بِأَمْرِ اللَّهِ الَّذِي كَانَ فِي الْقَاهِرَةِ يَعْبُدُ الشَّيَاطِينَ يَخْتَلِي وَيَعْبُدُ فِي خَلَوَاتِهِ الرُّوحَانِيِّينَ أَيِ الْجِنَّ.
Un exemple de ceux-là est le cas de quelqu’un qui dirait : « il n’est de Dieu que Dieu et Mouhammed est le Messager de Dieu » puis il adore une des créatures de Dieu, c’est le cas de ceux qui adorent ^Aliyy qui est le calife bien guidé, le cousin du Messager de Dieu, le fils de l’oncle paternel du Messager, ou des gens qui adorent al-Khadir, et c’est un prophète selon l’avis le plus plausible, ou c’est le cas des gens qui croyaient à la divinité d’un homme qui s’appelle al-Hakim bi ‘amri l-Lah qui a vécu au Caire en Égypte et qui s’isolait et se mettait à adorer les démons -les jinn-.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحُكْمُ مَنْ يَجْحَدُ الشَّهَادَتَيْنِ التَّكْفِيرُ قَطْعًا وَمَأْوَاهُ جَهَنَّمُ خَالِدًا فِيهَا أَبَدًا لا يَنْقَطِعُ فِي الآخِرَةِ عَنْهُ الْعَذَابُ إِلَى مَا لا نِهَايَةَ لَهُ وَمَا هُوَ بِخَارِجٍ مِنَ النَّارِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et le jugement de celui qui renie les deux témoignages c’est de le déclarer mécréant catégoriquement, sa demeure sera le feu de l’enfer dans lequel il restera éternellement à jamais, le châtiment dans l’au-delà ne s’interrompra pas pour lui, ça sera sans fin, il ne sortira pas du feu.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ يُنْكِرُ مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ فَهُوَ كَافِرٌ قَطْعًا بِلا شَكٍّ، وَالْكَافِرُ إِذَا دَخَلَ جَهَنَّمَ فِي الآخِرَةِ فَلا يَخْرُجُ مِنْهَا أَبَدًا قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿إِنَّ اللَّهَ لَعَنَ الْكَافِرِينَ وَأَعَدَّ لَهُمْ سَعِيرًا خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾ [سُورَةَ الأَحْزَاب].
Commentaire : celui qui renie le sens des deux témoignages par une croyance qui les contredit, ou par un acte qui les contredit, ou par une parole qui les contredit, est sans aucun doute mécréant. Et lorsque le mécréant entrera en enfer il n’en sortira plus jamais, preuve en est les verset 64 et 65 de sourate al-ahzab :
﴿إِنَّ اللَّهَ لَعَنَ الْكَافِرِينَ وَأَعَدَّ لَهُمْ سَعِيرًا خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾
ce qui signifie : « Allah a maudit les mécréants, Il leur a réservé l’enfer où ils y resteront éternellement. »
وَفِي هَذِهِ الْمَسْئَلَةِ خَالَفَ جَهْمٌ وَابْنُ تَيْمِيَةَ، وَكَانَ ابْنُ تَيْمِيَةَ قَبْلَ أَنْ يَقُولَ هَذَا كَفَّرَ جَهْمًا لِقَوْلِهِ بِفَنَاءِ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ ثُمَّ شَارَكَهُ ابْنُ تَيْمِيَةَ فِي نِصْفِ عَقِيدَتِهِ فَقَالَ بِفَنَاءِ النَّارِ فَهُوَ أَخُو جَهْمٍ.
Et sur cette question, à savoir que les mécréants resteront éternellement en enfer, deux hommes célèbres ont contredit le Qour’an, le premier de ces deux hommes s’appelle Jahm Ibnou Safwan et le deuxième s’appelle Ahmad Ibnou Taymiyah. Auparavant, Ibnou Taymiyah disait que Jahm était mécréant parce qu’il disait que le paradis et l’enfer avaient une fin, et Ibnou Taymiyah l’a contredit en disant que c’est de la mécréance, parce que Ibnou Taymiyah a pour croyance que le paradis n’a pas de fin, puis Ibnou Taymiyah était d’accord avec lui dans la moitié de sa croyance, comme Jahm, Ibnou Taymiyah a dit que l’enfer avait une fin, donc c’est son frère. C’est son frère puisqu’ils ont la même croyance au sujet de l’enfer, mais ils sont des frères mécréants, parce qu’ils contredisent le Qour’an, car Dieu dit dans le verset 65 de sourate al-ahzab :
﴿خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾
ce qui signifie : « ils y resteront éternellement » et eux disent : « non l’enfer a une fin. »
Et le jugement d’une parole qui revient à démentir Dieu est que c’est une parole de mécréance. C’est pour cela qu’en contredisant le Qour’an, Jahm et Ibnou Taymiyah sont sortis de l’Islam.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمَنْ أَدَّى أَعْظَمَ حُقُوقِ اللَّهِ بِتَوْحِيدِهِ تَعَالَى أَيْ تَرْكِ الإِشْرَاكِ بِهِ شَيْئًا وَتَصْدِيقِ رَسُولِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يَخْلُدُ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خُلُودًا أَبَدِيًّا وَإِنْ دَخَلَهَا بِمَعَاصِيهِ وَمَآلُهُ فِي النِّهَايَةِ عَلَى أَيِّ حَالٍ كَانَ الْخُرُوجُ مِنَ النَّارِ وَدُخُولُ الْجَنَّةِ بَعْدَ أَنْ يَكُونَ قَدْ نَالَ الْعِقَابَ الَّذِي يَسْتَحِقُّ إِنْ لَمْ يَعْفُ اللَّهُ عَنْهُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : quant à celui qui s’acquitte du plus éminent des droits que Allah a sur lui, en n’adorant Allah uniquement, c’est-à-dire en se gardant de Lui associé quoi que ce soit, et en reconnaissant la véridicité de Son Messager, celui qui aura accompli cela ne restera pas éternellement à jamais dans le feu de la géhenne, même s’il y entre un certain temps à cause de ses péchés, sa destinée finale sera de sortir de l’enfer et d’entrer au paradis après avoir subi le châtiment qu’il mérite, si Allah ne lui a pas pardonné auparavant.
الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي أَدَّى أَعْظَمَ حُقُوقِ اللَّهِ وَهُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ وَاجْتَنَبَ الْكُفْرَ هَذَا إِنْ مَاتَ لا يُخَلَّدُ فِي النَّارِ إِنْ دَخَلَهَا مَهْمَا كَانَتْ ذُنُوبُهُ وَلا بُدَّ أَنْ يَدْخُلَ الْجَنَّةَ بَعْدَ أَنْ يُعَاقَبَ بِذُنُوبِهِ الَّتِي كَانَ اقْتَرَفَهَا، هَذَا إِنْ لَمْ يَغْفِرِ اللَّهُ لَهُ ذُنُوبَهُ
Commentaire : celui qui a accompli le plus éminent des droits que Dieu a sur Ses esclaves, à savoir de croire en Dieu et de croire en Son Messager, et qui aura évité la mécréance, s’il meurt, il ne restera pas éternellement en enfer et ceci quel que soit ses péchés, nécessairement il ira au paradis après avoir reçu la punition pour ses péchés qu’il avait commis, dans le cas où Dieu ne lui pardonne pas ses péchés, mais si Dieu lui pardonne ses péchés, il ne sera pas du tout châtier et il ira au paradis sans châtiment
فَحُكْمُ الْمُسْلِمِ الْعَاصِي الَّذِي مَاتَ قَبْلَ التَّوْبَةِ أَنَّهُ تَحْتَ الْمَشِيئَةِ إِمَّا أَنْ يُعَذِّبَهُ اللَّهُ ثُمَّ يُدْخِلَهُ الْجَنَّةَ وَإِمَّا أَنْ يَعْفُوَ عَنْهُ.
Et le jugement du musulman désobéissant qui est mort avant le repentir, c’est qu’il est sous la volonté de Dieu, c’est-à-dire qu’il sera soit châtié pour ses péchés dont il n’a pas fait le repentir ensuite Dieu le fait entrer au paradis, soit Allah lui pardonne ses péchés et ne le châtie pas. Nous demandons à Allah qu’Il nous pardonne.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: يَخْرُجُ مِنَ النَّارِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَفِي قَلْبِهِ وَزْنُ ذَرَّةٍ مِنْ إِيـمَانٍ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le Prophète a dit :
يَخْرُجُ مِنَ النّارِ مَنْ قالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ وَفِي قَلْبِهِ وَزْنُ ذَرَّةٍ مِنْ إِيمانٍ
ce qui signifie : « sortira de l’enfer quiconque a dit :لا إله إلَّا الله –Il n’est de Dieu que Dieu– en ayant dans son cœur ne serai ce que le poids infime de foi. » Hadithrapporté par al-Boukhariyydans son sahih.
الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ مَنْ مَاتَ وَفِي قَلْبِهِ وَزْنُ ذَرَّةٍ مِنْ إِيـمَانٍ أَيْ أَقَلُّ الإِيـمَانِ لا بُدَّ أَنْ يَخْرُجَ مِنَ النَّارِ وَإِنْ دَخَلَهَا بِمَعَاصِيهِ
Commentaire : Ainsi, celui qui meurt et qui a dans son cœur le poids d’un grain de poussière de foi, c’est-à-dire le minimum de la foi, nécessairement sortira de l’enfer même s’il y rentre à cause de ses péchés.
وَالذَّرُّ هُوَ الَّذِي مِثْلُ الْغُبَارِ يُرَى لَمَّا يَدْخُلُ نُورُ الشَّمْسِ مِنَ الْكَوَّهِ، وَيُطْلَقُ عَلَى النَّمْلِ الأَحْمَرِ الصَّغِيرِ، وَإِذَا أَرَدْتَ الْمُفْرَدَ قُلْتَ ذَرَّةٌ وَيُقَالُ لِلْجَمْعِ ذَرٌّ.
Le mot « dharr » que le prophète a utilisé dans ce hadith est un pluriel de « dharrah », et ça peut avoir le sens de la particule de poussière que l’on voit en suspension dans l’air lorsqu’un rayon de soleil passe par une fente, et c’est ce même terme qui désigne les petites fourmis rouges.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَمَّا الَّذِي قَامَ بِتَوْحِيدِهِ تَعَالَى وَاجْتَنَبَ مَعَاصِيَهُ وَقَامَ بِأَوَامِرِهِ فَيَدْخُلُ الْجَنَّهَ بِلا عَذَابٍ حَيْثُ النَّعِيمُ الْمُقِيمُ الْخَالِدُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : quant à celui qui s’en tient à la croyance en Son unicité ta^ala, qui se garde de désobéir à Dieu, qui accomplit ce que Dieu ordonne entrera au paradis sans châtiment, là où se trouve la félicité éternelle à jamais.
الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي ءَامَنَ بِاللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ وَنَزَّهَهُ عَنْ مُشَابَهَةِ خَلْقِهِ وَأَدَّى الْفَرَائِضَ وَاجْتَنَبَ الْمُحَرَّمَاتِ فَهُوَ التَّقِيُّ الَّذِي مَآلُهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ أَنْ يَدْخُلَ الْجَنَّةَ لا يَلْقَى جُوعًا وَلا عَطَشًا وَلا نَكَدًا فِي الْقَبْرِ وَلا فِي الآخِرَةِ، بَلْ يَدْخُلُ الْجَنَّةَ حَيْثُ النَّعِيمُ الْمُقِيمُ، فَيَكُونُ مَأْوَاهُ الَّذِي لا يَخْرُجُ مِنْهُ.
Commentaire : quant à celui qui s’en tient donc à la croyance en l’unicité de Dieu, c’est-à-dire qui aura exempté Dieu de toute ressemblance avec Ses créatures, qui aura accompli les obligations, qui aura évité les péchés, celui-là est appelé le pieux -at-taqiyy- c’est celui-là dont le devenir au jour du jugement sera d’entrer au paradis, et au paradis il n’aura ni faim, ni soif, ni tristesse, et ceci ni dans sa tombe ni dans l’au-delà. Mais il entrera au paradis là où se trouve la félicité ininterrompue, éternelle, ce sera la demeure de son refuge final, duquel il ne sortira jamais.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: بِدِلالَةِ الْحَدِيثِ الْقُدْسِيِّ الَّذِي رَوَاهُ أَبُو هُرَيْرَةَ قَالَ رَسُولُ اللَّهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: أَعْدَدْتُ لِعِبَادِيَ الصَّالِحِينَ مَا لا عَيْنٌ رَأَتْ وَلا أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلا خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : preuve en est le hadith *qoudsiyy qu’a rapporté le compagnon Abou Hourayrah que Dieu l’agrée : il a dit : le Messager de Allah a dit :
قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: أَعْدَدْتُ لِعِبَادِيَ الصَّالِحِينَ مَا لا عَيْنٌ رَأَتْ وَلا أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلا خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ
ce qui signifie : « Allah ^Azza wajall dit : « J’ai préparé pour Mes esclaves vertueux ce qu’aucun œil n’a vue, aucune oreille n’a entendu, et ce qui n’a pas même effleuré le cœur d’un être humain. »
Donc le hadith qoudsiyy signifie : Allah ^Azza wajall dit : « J’ai préparé pour Mes esclaves vertueux -c’est-à-dire les pieux, ceux qui s’acquittent des devoirs et évite les péchés- ce qu’aucun œil n’a jamais vue -c’est-à-dire que ça sera au paradis- aucune oreille n’a jamais entendu -c’est-à-dire que ça sera au paradis- et ce qui n’a pas même traversé le cœur d’un être humain -c’est-à-dire quelque chose qui est au-delà de ce que la personne imaginerait comme plaisir-.
* hadith qoudsiyy : lorsqu’on dit hadith qoudsiyy c’est-à-dire que c’est un hadith dans lequel le Messager rapporte en disant : « Dieu a dit », cependant, les termes du hadith sont les termes composés par le Prophète, ce n’est pas comme le Qour’an, car ce n’est pas le prophète qui a composé les termes du Qour’an, et à la différence du Qour’an, nous ne recitons pas le hadith qoudsiyy durant la prière.
وَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ: إِقْرَءُوا إِنْ شِئْتُمْ قَوْلَهُ تَعَالَى: ﴿فَلا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَّا أُخْفِيَ لَهُم مِّنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ﴾ [سُورَةَ السَّجْدَة/17] رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ فِي الصَّحِيحِ.
Et pour encourager les gens à œuvrer pour l’au-delà, Abou Hourayrah que Allah l’agrée a dit : « récitez si vous le voulez, Sa parole ta^ala-sourate as-sadjdah verset 17- :
﴿فَلا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَّا أُخْفِيَ لَهُم مِّنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ﴾
qui signifie : « aucune âme ne sait ce qui leur a été caché comme réjouissance pour les yeux, en récompense de ce qu’ils faisaient comme bonnes œuvres. » Et ceci a été rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih.
الشَّرْحُ قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿قُرَّةِ أَعْيُنٍ﴾ أَيْ شَىْءٌ تَقَرُّ بِهِ أَعْيُنُهُمْ أَيْ تَفْرَحُ بِهِ مِمَّا لَمْ يُطْلِعِ اللَّهُ عَلَيْهِ مَلائِكَتَهُ وَلا أَنْبِيَائَهُ، فَالنَّعِيمُ الْخَاصُّ الْمُعَدُّ لِلصَّالِحِينَ لَمْ يَرَهُ الرَّسُولُ وَلا الْمَلائِكَةُ وَلا خُزَّانُ الْجَنَّةِ الْمُوَظَّفُونَ هُنَاكَ، وَقَدْ فُسِّرَتِ الآيَةُ بِهَذَا الَّذِي جَاءَ فِي هَذَا الْحَدِيثِ الْقُدْسِيِّ.
Commentaire : la parole de Dieu : ﴿قُرَّةِ أَعْيُنٍ﴾ signifie qu’il y a au paradis comme de source de joie ce qui vont leur réjouir le regard, c’est-à-dire que c’est quelque chose qui va leur procurer du plaisir dans leur cœur, et ce plaisir que Dieu a réservé pour les pieux au paradis n’a même pas été connu par les anges ni les prophètes, c’est-à-dire que même les anges et les prophètes n’ont pas vue ce plaisir que Dieu réserve pour les pieux. Ainsi, cette félicité particulière que Dieu a réservé pour les vertueux n’a pas été vue par le Messager, ni par les anges, et même les anges gardiens qui ont des fonctions au paradis n’ont pas vue cette félicitée que Dieu a réservé pour les pieux. Et le verset 17 de sourate as-sadjdah a justement été expliqué par ce qui est parvenu dans le hadith qoudsiyy précédemment cité.
Informations utiles :
Le moujadid est un savant. Dieu fait que le moujadid est vivant à chaque passage de siècle de l’hégire. Ce savant renforce l’appelle à l’Islam, il ne ramène pas quelque chose de nouveau, cette religion est la même depuis 15 siècle, elle ne disparaitra pas jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de musulman sur Terre. Mais la loi de notre prophète sera appliquée.
Parmi les moujadid, il y a en a un qui s’appelle Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed qui est le moujadid du quatrième siècle de l’hégire. Notre Chaykh a dit : il nous a été autorisé de rapporter d’une chaîne de transmission ininterrompue jusqu’au livre al-qadr de al-Bayhaqiyy qui rapporte de ach-charif al-^Othmaniyy qu’il a dit : j’ai entendu l’imam Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed dire : « nos œuvres sont des signes pour la récompense et le châtiment. Nos œuvres sont des signes qui indiquent quel sera notre état dans l’au-delà. »
Cet homme, l’imam Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed a été cité par al-Hakim dans son moustadrak qu’il était le moujadid, celui qui renouvelle l’appel à l’Islam du quatrième siècle de l’hégire.
Ainsi, al-Hakim a d’abord cité qui était le moujadid, c’est-à-dire celui qui renouvelle et renforce l’appel à l’Islam du premier siècle de l’hégire, c’était ^Oumar Ibnou ^Abd l-^aziz, il était vivant lors du passage du premier siècle de l’hégire au deuxième siècle de l’hégire. Et il est indispensable que le moujadid soit vivant lors du passage de siècle. Al-Hakim a cité que le moujadid du deuxième siècle de l’hégire était l’imam Ach-Chafi^iyy Mouhammed fils de ‘Ydris, il est né en 150 de l’hégire et est mort en 204 de l’hégire. Et il a cité que le moujadid, c’est-à-dire celui qui a renouvelé l’appelle à l’Islam du troisième siècle de l’hégire, c’est l’imam, le Faqih chafi^ite Ibnou Sourayj, que Dieu les agrée tous. Et il a dit à propos de l’imam Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed fils de Souleymane qu’il était le quatrième moujadid, il était célèbre et connu en tant qu’imam chez tous musulman. Et ce savant, sehel fils de Mouhammed faisait partie des ach^arites. Les ach^arites et les matouridites sont ahlou sounnah. La voie correcte dans la croyance est la voie de ces deux groupes de savant, à savoir ceux qui ont suivi l’imam al-Ach^ariyy et ceux qui ont suivi l’imam al-Matouridiyy. Et ces deux imam ont une particularité, ils se sont appliqués à résumer la croyance du salaf, à savoir des musulmans des trois premiers siècles de l’hégire. Et ce savant Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed était ach^arites, tout comme de nombreux illustres savants dans le hadith, dans la jurisprudence, dans la piété, dans l’ascèse étaient des ach^arites.
Celui qui connait la vérité aura su cela, et celui qui ignore la vérité ne l’aura pas su. Les mouchabbihah, c’est-à-dire les assimilationnistes avaient pris pour ennemi les ach^arites par le passé et récemment, parce que la source à laquelle les assimilationnistes s’abreuvent est loin de la source des ach-ach^arites. Les ach^arites exemptent Dieu de toute ressemblance de Dieu avec Ses créatures d’aucune manière que ce soit, quant aux assimilationnistes -les mouchabbihah- le tachbih coule dans leur veine, c’est-à-dire l’assimilation de Dieu avec Ses créatures. Les mouchabbihah -les assimilationnistes- recitent le verset 11 de sourate ach-choura :
لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ
qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui », mais ils contredisent sa signification. Ceux qui ont véritablement cru en ce verset 11 de sourate ach-choura sont ceux qui ont exempté Dieu de toute ressemblance avec les créatures d’aucune manière que ce soit. Tout comme l’a dit l’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy a dit :
وَمَنْ وَصَفَ اللَّهَ بِمَعْنًى مِنْ مَعَانِى الْبَشَرِ فَقَدْ كَفَرَ
ce qui signifie : « et celui qui qualifie Allah par une signification des humains est certes devenu mécréant. »
بَيَانُ أَقْسَامِ الْكُفْرِ
وَاعْلَمْ يَا أَخِي الْمُسْلِمَ أَنَّ هُنَاكَ اعْتِقَادَاتٍ وَأَفْعَالًا وَأَقْوَالًا تَنْقُضُ الشَّهَادَتَيْنِ وَتُوقِعُ فِي الْكُفْرِ لِأَنَّ الْكُفْرَ ثَلاثَةُ أَنْوَاعٍ: كُفْرٌ اعْتِقَادِيٌّ وَكُفْرٌ فِعْلِيٌّ وَكُفْرٌ لَفْظِيٌّ، وَذَلِكَ بِاتِّفَاقِ الْمَذَاهِبِ الأَرْبَعَةِ كَالنَّوَوِيِّ وَابْنِ الْمُقْرِي مِنَ الشَّافِعِيَّةِ وَابْنِ عَابِدِينَ مِنَ الْحَنَفِيَّةِ وَالْبُهُوتِيِّ مِنَ الْحَنَابِلَةِ وَالشَّيْخِ مُحَمَّدِ عِلَّيْشٍ مِنَ الْمَالِكِيَّةِ وَغَيْرِهِمْ فَلْيَنْظُرْهَا مَنْ شَاءَ.
L’exposé des sortes de mécréance
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : sache mon frère en islam qu’il existe des croyances, des actes et des paroles qui annulent les deux témoignages et font tombés dans la mécréance, parce que la mécréance est de trois sortes : il y a la mécréance par la croyance, la mécréance par les actes et la mécréance par les paroles. Et cette classification en trois catégories est par accord des savants des 4 écoles comme An-Nawawiyy et Ibnou l-Mouqriyy chez les chafi^ites, Ibnou ^Abidin chez les hanafites, al-Bouhoutiyy chez les hanbalites, et le Chaykh Mohammed ^illaych parmi les malikites et d’autres qu’eux, et celui qui le souhaite, qu’il vérifie.
وَكَذَلِكَ غَيْرُ عُلَمَاءِ الْمَذَاهِبِ الأَرْبَعَةِ مِنَ الْمُجْتَهِدِينَ الْمَاضِينَ كَالأَوْزَاعِيِّ فَإِنَّهُ كَانَ مُجْتَهِدًا لَهُ مَذْهَبٌ كَانَ يُعْمَلُ بِهِ ثُمَّ انْقَرَضَ أَتْبَاعُهُ.
Et ce ne sont pas uniquement les savants des quatre écoles, mais c’est également le cas pour d’autres savants que ceux des quatre écoles parmi les moujtahid du passé comme Al-‘Awza^iyy, Al-‘Awza^iyy qui était un moujtahid ayant une école -un madh-hab- qui était autrefois suivi mais dont les disciples ont fini par disparaitre. C’est-à-dire que son école n’a pas été retenu et transmise comme ce fut le cas pour les quatre école.
الشَّرْحُ أَنَّ مِمَّا اسْتَدَلَّ بِهِ أَهْلُ الْحَقِّ عَلَى أَنَّ الْكُفْرَ ثَلاثَةُ أَقْسَامٍ ءَايَاتٍ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿يَحْلِفُونَ بِاللَّهِ مَا قَالُوا وَلَقَدْ قَالُوا كَلِمَةَ الْكُفْرِ وَكَفَرُوا بَعْدَ إِسْلامِهِمْ﴾ [سُورَةَ التَّوْبَة/74] فَهَذِهِ الآيَةُ يُفْهَمُ مِنْهَا أَنَّ الْكُفْرَ مِنْهُ قَوْلِيٌ، وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ الَّذِينَ ءَامَنُوا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ ثُمَّ لَمْ يَرْتَابُوا﴾ [سُورَةَ الْحُجُرَات/15] فَهَذِهِ الآيَةُ يُفْهَمُ مِنْهَا أَنَّ الْكُفْرَ مِنْهُ اعْتِقَادِيٌّ لِأَنَّ الِارْتِيَابَ أَيِ الشَّكَّ يَكُونُ بِالْقَلْبِ، وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿لا تَسْجُدُوا لِلشَّمْسِ وَلا لِلْقَمَرِ﴾ [سُورَةَ فُصِّلَت/37] يُفْهَمُ مِنْهُ أَنَّ الْكُفْرَ مِنْهُ فِعْلِيٌّ
Commentaire : et parmi les preuves qui indiquent que la mécréance est bien classée en trois catégories, comme l’ont dit les savants des quatre écoles et d’autre qu’eux, il y a des versets du Qour’an et des hadith qui sont des preuves de cette classification. En autre la parole de Allah ta^ala dans sourate at-tawbah verset 74 :
يَحْلِفُونَ بِٱللَّهِ مَا قَالُوا۟ وَلَقَدْ قَالُوا۟ كَلِمَةَ ٱلْكُفْرِ وَكَفَرُوا۟ بَعْدَ إِسْلَٰمِهِمْ
qui signifie : « ils jurent par Dieu qu’ils ne l’ont pas dite, alors qu’ils ont effectivement dit la parole de mécréance, ils ont ainsi montré leur mécréance après avoir montré l’Islam. » Ce verset est donc une preuve qu’il y a une mécréance par la parole. Et parmi les versets du Qour’an qui indiquent qu’il y a une mécréance par la croyance, il y a le verset 15 de sourate al-houjourat :
إِنَّمَا ٱلۡمُؤۡمِنُونَ ٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ بِٱللَّهِ وَرَسُولِهِۦ ثُمَّ لَمۡ يَرۡتَابُواْ
qui signifie : « certes les croyants sont uniquement ceux qui ont cru en Allah et en Son Messager, et qui n’ont point douté. » Ce verset est une preuve qu’il y a une mécréance par la croyance. Et parmi les versets qui indiquent qu’il y a une mécréance qui a lieu par les actes, il y a par exemple la parole de Allah ta^ala dans sourate al-foussilat verset 37 :
لَا تَسۡجُدُواْ لِلشَّمۡسِ وَلَا لِلۡقَمَرِ
ce qui signifie : « ne vous prosternez ni pour le soleil ni pour la lune. » On comprend de ce verset qu’il y a une mécréance par les actes.
وَهَذِهِ الْمَسْئَلَةُ إِجْمَاعِيَّةٌ اتَّفَقَ عَلَيْهَا عُلَمَاءُ الْمَذَاهِبِ الأَرْبَعَةِ.
Ainsi, la question de la classification de la mécréance en trois catégories est une question faisant l’objet de l’unanimité des savants des 4 écoles.
وَكُلٌّ مِنَ الثَّلاثَةِ كُفْرٌ بِمُفْرَدِهِ فَالْكُفْرُ الْقَوْلِيُّ كُفْرٌ وَلَوْ لَمْ يَقْتَرِنْ بِهِ اعْتِقَادٌ وَلا فِعْلٌ، وَالْكُفْرُ الْفِعْلِيُّ كُفْرٌ وَلَوْ لَمْ يَقْتَرِنْ بِهِ اعْتِقَادٌ وَانْشِرَاحُ الصَّدْرِ بِهِ وَلا قَوْلٌ، وَالْكُفْرُ الِاعْتِقَادِيُّ كُفْرٌ وَلَوْ لَمْ يَقْتَرِنْ بِهِ قَوْلٌ وَلا فِعْلٌ.
Et chacune de ces trois catégories de mécréance suffit pour faire sortir la personne de l’Islam, ce n’est pas une condition qu’une mécréance d’une catégorie donnée soit accompagnée d’une mécréance d’une autre catégorie pour que cela fasse sortir la personne de l’Islam. Ainsi, chaque catégorie de mécréance à elle seule suffit pour faire sortir la personne de l’Islam. Par exemple la mécréance par la parole est une mécréance, c’est-à-dire que celui qui dit une parole de mécréance sort de l’Islam, même s’il n’a pas la croyance ni commis un acte qui corresponds à cette parole. Et la mécréance par les actes est une mécréance à elle seule, c’est-à-dire qu’à elle toute seule la mécréance par les actes fait sortir la personne de l’Islam même si elle n’est pas accompagnée par une croyance ou d’une satisfaction par le cœur ni d’une parole. Et la mécréance par la croyance est une mécréance à elle seule même si elle n’est pas accompagnée de parole ni d’acte.
وَإِنَّمَا يُشْتَرَطُ لِلْقَوْلِ الْكُفْرِيِّ انْشِرَاحُ الصَّدْرِ فِي الْمُكْرَهِ عَلَى قَوْلِ الْكُفْرِ بِالْقَتْلِ وَنَحْوِهِ. فَالْمُكْرَهُ هُوَ الَّذِي لا يَكْفُرُ لِمُجَرَّدِ الْقَوْلِ بَعْدَ أَنْ أُكْرِهَ إِلَّا أَنْ يَشْرَحَ صَدْرَهُ بِمَا يَقُولُهُ فَعِنْدَئِذٍ يَكْفُرُ، لِأَنَّ الْمُسْلِمَ الْمُكْرَهَ عَلَى قَوْلِ الْكُفْرِ إِنْ قَالَ كَلِمَةَ الْكُفْرِ لإِنْقَاذِ نَفْسِهِ مِمَّا هَدَّدَهُ بِهِ الْكُفَّارُ وَقَلْبُهُ غَيْرُ مُنْشَرِحٍ بِمَا يَقُولُهُ فَلا يُحْكَمُ بِكُفْرِهِ، وَأَمَّا إِنْ تَغَيَّرَ خَاطِرُهُ بَعْدَ الإِكْرَاهِ فَشَرَحَ صَدْرَهُ بِقَوْلِ الْكُفْرِ كَفَرَ، وَهَذَا مَعْنَى قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿مَنْ كَفَرَ بِاللَّهِ مِنْ بَعْدِ إِيـمَانِهِ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ وَلَكِنْ مَّنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ﴾
[سُورَةَ النَّحْل/106
La satisfaction par le cœur est une condition pour que la personne sorte de l’Islam lorsqu’elle prononce une parole de mécréance dans le cas où la personne a dit la parole de mécréance parce qu’elle est menacée de mort, c’est-à-dire qu’elle était sous la contrainte de mort. Mais si la personne dit cette parole de mécréance sous la contrainte de mort et qu’elle s’en satisfait par le cœur, c’est-à-dire qu’elle accepte la mécréance, alors c’est une mécréance pour elle, même si la personne était sous la contrainte de mort. Ainsi, la personne échappe à la mécréance par la parole dans le cas où la personne est sous la contrainte de mort et qu’elle prononce la parole de mécréance à la suite de cette contrainte sans l’acceptée par le cœur, dans cette situation ce n’est pas une mécréance. Ainsi, nous allons prendre en compte le fait que la personne se soit satisfaite de la parole de mécréance ou pas dans le cas où la personne est menacée de mort, c’est-à-dire qu’elle est sous la contrainte de mort. Ce qui indique cela, c’est la parole de Allah dans sourate an-nahl verset 106 :
مَن كَفَرَ بِٱللَّهِ مِنۢ بَعْدِ إِيمَٰنِهِۦٓ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُۥ مُطْمَئِنٌّۢ بِٱلْإِيمَٰنِ وَلَٰكِن مَّن شَرَحَ بِٱلْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ ٱللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ
qui signifie : « si quelqu’un fait de la mécréance après avoir été musulman [il subira le châtiment de Allah] sauf celui qui est sous la menace[d’être exécuté ou de ce qui revient au même] et dont le cœur est apaisé par la foi, mais si quelqu’un ouvre son cœur à la mécréance il subira le châtiment de Allah. »
Et comme exemples de paroles qui font sortir de l’Islam, il y a ceux qui prétendent l’unité de l’existence, qui prétendent que tout est Allah, c’est une parole qui fait sortir de l’Islam, ou encore la parole de ceux qui disent que Allah s’incarne dans Ses créatures -qu’Il prendrait place dans Ses créatures- c’est l’unité de l’incarnation, c’est également une mécréance.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْكُفْرُ الِاعْتِقَادِيُّ: مَكَانُهُ الْقَلْبُ كَنَفْيِ صِفَةٍ مِنْ صِفَاتِ اللَّهِ تَعَالَى الْوَاجِبَةِ لَهُ إِجْمَاعًا كَوُجُودِهِ وَكَوْنِهِ قَادِرًا وَكَوْنِهِ سَمِيعًا بَصِيرًا أَوِ اعْتِقَادِ أَنَّهُ نُورٌ بِمَعْنَى الضَّوْءِ أَوْ أَنَّهُ رُوحٌ، قَالَ الشَّيْخُ عَبْدُ الْغَنِيِّ النَّابُلُسِيُّ: مَنِ اعْتَقَدَ أَنَّ اللَّهَ مَلَأَ السَّمَوَاتِ وَالأَرْضَ أَوْ أَنَّهُ جِسْمٌ قَاعِدٌ فَوْقَ الْعَرْشِ فَهُوَ كَافِرٌ وَإِنْ زَعَمَ أَنَّهُ مُسْلِمٌ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la mécréance par la croyance : son siège est le cœur, comme renier l’un des attributs de Allah ta^ala qui est obligatoirement Sien par unanimité, comme la science, ou bien l’existence, ou le fait qu’Il soit tout puissant, ou qu’Il entende ou qu’Il voit, ou croire que Dieu serait une luminosité ou qu’Il serait une âme. Le Chaykh ^Abdou l-Ghaniyy An-Naboulousiyy a dit : « si quelqu’un croit que Allah est un corps qui remplit les cieux et la Terre ou qu’Il est un corps assis au-dessus du Trône, c’est un mécréant même s’il prétend qu’il est musulman. »
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ نَفَى وُجُودَ اللَّهِ بِقَلْبِهِ فَهُوَ كَافِرٌ، وَكَذَلِكَ مَنِ اعْتَقَدَ أَنَّ اللَّهَ غَيْرُ قَادِرٍ عَلَى كُلِّ شَىْءٍ أَوْ شَكَّ فِي قُدْرَتِهِ عَلَى كُلِّ شَىْءٍ.
Commentaire : celui qui nie par son cœur l’existence de Allah, c’est un mécréant. Parmi les exemples de mécréance par la croyance il y a celui qui croit que Allah n’est pas sur toute chose tout puissant ou qui doute de la toute-puissance de Allah sur toute chose.
فَلا يُعْذَرُ أَحَدٌ فِي الْجَهْلِ بِقُدْرَةِ اللَّهِ وَنَحْوِهَا مِنْ صِفَاتِهِ مَهْمَا بَلَغَ الْجَهْلُ بِصَاحِبِهِ.
Nul n’est excusé pour son ignorance à propos de la toute-puissance de Dieu et ce qui est de cet ordre de parmi Ses attributs, quel que soit le degré d’ignorance que cet personne a atteint.
وَأَمَّا إِذَا قَالَ قَائِلٌ اللَّهُ نُورٌ فَلا يُعْتَرَضُ عَلَيْهِ إِلَّا إِذَا كَانَ يَعْتَقِدُ أَنَّهُ نُورٌ بِمَعْنَى الضَّوْءِ عِنْدَئِذٍ يَكْفُرُ
Par ailleurs, si quelqu’un dit : « Allah est Nour » nous n’émettons pas d’objection contre lui, [parce que ce nom est cité dans le Qour’an au sujet de Dieu] sauf s’il avait pour croyance que Nour vient dans le sens de la lumière au sujet de Dieu, à ce moment-là il devient mécréant parce qu’il aura assimilé Dieu à Ses créatures [dans la langue arabe, « nour » a un de ses sens qui est lumière].
أَمَّا إِذَا قَالَ اللَّهُ نُورٌ وَلَمْ يُفْهَمْ مَاذَا يَقْصِدُ فَلا يُكَفَّرُ
Cependant s’il dit : « Allah est Nour » mais nous ne savions pas ce qu’il visait, il n’est pas déclaré mécréant [nous utilisons délibérément le terme en arabe « Nour », on ne parle pas de celui qui dit un mot en français, là nous parlons du jugement de ce mot en arabe].
وَلا يُقَالُ لَهُ حَرَامٌ أَنَّ تَقُولَ هَذَا لِأَنَّهُ وَرَدَ فِي تَعْدَادِ أَسْمَاءِ اللَّهِ الْحُسْنَى عِنْدَ الْبَيْهَقِيِّ وَغَيْرِهِ.
Et nous ne disons pas à celui qui dit Nour que c’est interdit de dire cela, parce que le nom Nour nous est parvenu dans l’énumération des noms parfaits de Allah, c’est-à-dire que parmi les noms parfaits de Dieu il y a Nour, et ceci a été rapporté par al-Bayhaqiyy et d’autres que lui.
وَكَذَلِكَ وَرَدَ فِي بَعْضِ رِوَايَاتِ تَعْدَادِ أَسْمَاءِ اللَّهِ الْمُنِيرُ وَهُوَ تَفْسِيرٌ لِاسْمِ اللَّهِ النُّورِ.
Et de même, il est parvenu dans certaines versions que de parmi les noms de Allah il y a al-Mounir, et le nom de Allah al-Mounir est une explication du nom de Allah An-Nour. Al-Mounir c’est Celui Qui éclair, Dieu a éclairé les endroits qu’Il a voulu dans les cieux et les Terres.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْكُفْرُ الْفِعْلِيُّ: كَإِلْقَاءِ الْمُصْحَفِ فِي الْقَاذُورَاتِ قَالَ ابْنُ عَابِدِينَ: وَلَوْ لَمْ يَقْصِدِ الِاسْتِخْفَافَ، لِأَنَّ فِعْلَهُ يَدُلُّ عَلَى الِاسْتِخْفَافِ. أَوْ أَوْرَاقِ الْعُلُومِ الشَّرْعِيَّةِ، أَوْ أَيِّ وَرَقَةٍ عَلَيْهَا اسْمٌ مِنْ أَسْمَاءِ اللَّهِ تَعَالَى مَعَ الْعِلْمِ بِوُجُودِ الِاسْمِ فِيهَا.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la mécréance par les actes : comme jeté le livre du Qour’an -al-mous–haf- dans un endroit répugnant. Ibnou ^Abidin [qui est un savant hanafite] a dit : « même s’il n’avait pas l’intention du rabaissement car son geste indique le rabaissement. » C’est-à-dire que si une personne a jeté le livre du Qour’an dans un endroit répugnant, c’est de la mécréance même s’il n’avait pas l’intention du rabaissement car son geste indique le rabaissement. Il en est de même pour les feuilles de sciences de la religion, ou toute feuille sur laquelle il y aurait un des noms de Allah ta^ala en sachant que ce nom s’y trouve.
Ainsi, s’il y avait le nom de Allah sur une feuille, et que la personne savait que le nom de Allah figurait sur cette feuille, puis qu’il jette cette feuille dans un endroit répugnant, c’est de la mécréance.
الشَّرْحُ قَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ: إِذَا رَمَى اسْمَ اللَّهِ فِي الْقَاذُورَاتِ عَلَى وَجْهِ الِاسْتِخْفَافِ كَفَرَ، أَمَّا إِذَا لَمْ يَكُنْ عَلَى وَجْهِ الِاسْتِخْفَافِ فَلا يَكُونُ رِدَّةً وَهَذَا فِي غَيْرِ الْمُصْحَفِ فَإِنَّ رَمْيَهُ فِي الْقَاذُورَاتِ كُفْرٌ لِأَنَّهُ يَدُلُّ عَلَى الِاسْتِخْفَافِ
Commentaire : certains savant ont dit : « si quelqu’un jette une feuille sur laquelle il y a le nom de Dieu dans un endroit répugnant par rabaissement c’est de la mécréance, mais si ce n’est pas par rabaissement ce n’est pas une apostasie, et ceci est pour autre que le mous–haf -le Qour’an– car le fait de jeté le mous–haf dans les qadhourat -dans les endroits répugnants- est de la mécréance, car que cela indique le rabaissement. »
وَقَالَ الْمَالِكِيَّةُ فِي كُتُبِهِمْ تَرْكُ وَرَقَةٍ فِي الْقَاذُورَاتِ مَكْتُوبٌ فِيهَا قُرْءَانٌ اسْتِخْفَافًا رِدَّةٌ وَكُفْرٌ، أَمَّا الَّذِي يَتْرُكُهَا لَيْسَ لِلِاسْتِخْفَافِ بِهَا، بَلْ يَعْتَقِدُ أَنَّ لَهَا حُرْمَةً لَكِنْ تَرَكَهَا تَكَاسُلًا فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ، وَلَكِنَّهُ أَثِمَ إِثْمًا كَبِيرًا
Les malikites ont dit dans leurs livres : « celui qui laisse délibérément une feuille sur laquelle il y a le Qour’an dans les endroits répugnants, c’est de la mécréance et c’est de l’apostasie. Cependant, celui qui laisse cette feuille sur laquelle il y a du Qour’an non pas par rabaissement, il la laisse en ayant pour conviction que cette feuille sur laquelle il y a du Qour’an est respectable et qu’il l’a laissée juste par paresse, il ne devient pas mécréant mais il aura commis un grand péché. »
وَهَذَا الَّذِي قَالَهُ الْمَالِكِيَّةُ يُوَافِقُ عَلَيْهِ سَائِرُ أَهْلِ الْمَذَاهِبِ الأُخْرَى لَكِنَّ الْمَالِكِيَّةَ نَصُّوا عَلَيْهِ أَمَّا الآخَرُونَ فَلَمْ يَنُصُّوا عَلَيْهِ فِيمَا أَعْلَمُ لَكِنْ قَوَاعِدُهُمْ تُوَافِقُ عَلَى ذَلِكَ.
Ce qu’ont dit les malikites [à savoir que si quelqu’un laisse une feuille sur laquelle il y a du Qour’an dans un endroit répugnant, sans que ce soit par rabaissement, en ayant pour conviction que c’est quelque chose de respectable, il a simplement laissé par paresse, alors dans ce cas-là il ne devient pas mécréant mais il aura commis un grand péché] est une règle que à propos de laquelle sont d’accord toutes les autres écoles. Cependant les malikites ont énoncé cette règle, tandis que les autres ne l’ont pas énoncé d’après mes connaissances, cependant leur règle, les lois sur lesquelles ils sont d’accord sont en conformités avec ce qui a été dit par les malikites.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمَنْ عَلَّقَ شِعَارَ الْكُفْرِ عَلَى نَفْسِهِ مِنْ غَيْرِ ضَرُورَةٍ فَإِنْ كَانَ بِنِيَّةِ التَّبَرُّكِ أَوِ التَّعْظِيمِ أَوِ الِاسْتِحْلالِ كَانَ مُرْتَدًّا.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : celui qui accroche sur lui un signe de mécréance sans nécessité, s’il le fait dans l’intention d’en rechercher des bénédictions ou de le vénéré ou en considérant que c’est licite, il devient apostat.
الشَّرْحُ أَمَّا إِنْ عَلَّقَهُ لا بِنِيَّةِ إِحْدَى هَذِهِ الْمَذْكُورَاتِ فَلا يَكْفُرُ لَكِنَّهُ أَثِمَ إِثْمًا كَبِيرًا.
Commentaire : cependant, s’il accroche sur lui ce signe de mécréance mais sans avoir les intentions précédemment citées, [ce n’est pas pour rechercher le tabarrouk, ce n’est pas pour glorifier, ce n’est pas en se rendant licite le fait de porter ce signe des mécréants] il ne devient pas mécréant mais il aura commis un grand péché.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْكُفْرُ الْقَوْلِيُّ: كَمَنْ يَشْتِمُ اللَّهَ بِقَوْلِهِ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ مِنَ الْكُفْرِ: أُخْتَ رَبِّكَ، أَوِ ابْنَ اللَّهِ، يَقَعُ الْكُفْرُ هُنَا وَلَوْ لَمْ يَعْتَقِدْ أَنَّ لِلَّهِ أُخْتًا أَوِ ابْنًا.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la mécréance par la parole : si quelqu’un blasphème contre Allah ta^ala en disant, que Allah nous préserve de la mécréance : « ‘ouktha rabbika » ce qui signifie : « sœur de ton Seigneur », ou bien : « ‘ibna l-Lah » ce qui signifie : « fils de Dieu », la mécréance à lieu dans ces cas-là, et ceci même s’il n’a pas cru que Allah a une sœur ou un fils.
Car chacune des catégories de mécréance à elle seule suffit pour faire tomber la personne dans la mécréance et faire sortir la personne de l’islam. Et le Chaykh a cité un exemple qui revient à attribuer à Allah un fils ou une sœur, dans ce cas-là, la personne qui a dit ça sort de l’Islam même si elle n’accompagne pas cette parole d’une croyance ni qu’elle ne commette un acte qui accompagne cette parole de mécréance, c’est-à-dire que sans y croire ni en ne commettant un acte, la personne est sortie de l’Islam par cette parole.
الشَّرْحُ وَيَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ قَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: شَتَمَنِي ابْنُ ءَادَمَ وَلَمْ يَكُنْ لَهُ ذَلِكَ وَفَسَّرَ ذَلِكَ بِقَوْلِهِ: وَأَمَّا شَتْمُهُ إِيَّايَ فَقَوْلُهُ: اتَّخَذَ اللَّهُ وَلَدًا رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
Commentaire : et ce qui indique cela c’est la parole du prophète :
قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: شَتَمَنِي ابْنُ ءَادَمَ وَلَمْ يَكُنْ لَهُ ذَلِكَ
qui signifie : « Allah ta^ala dit : l’être humain M’a insulté, et il n’avait pas à M’insulté. »
وَفَسَّرَ ذَلِكَ بِقَوْلِهِ
ce qui signifie : « et Dieu a expliqué cela par Sa parole :
وَأَمَّا شَتْمُهُ إِيَّايَ فَقَوْلُهُ: اتَّخَذَ اللَّهُ وَلَدًا
qui signifie : pour ce qui est de son insulte à Mon encontre c’est qu’il dise : « Allah a eu un fils.» Hadith rapporté par al-Boukhariyy.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ نَادَى مُسْلِمٌ مُسْلِمًا ءَاخَرَ بِقَوْلِهِ: يَا كَافِرُ بِلا تَأْوِيلٍ كَفَرَ الْقَائِلُ لِأَنَّهُ سَمَّى الإِسْلامَ كُفْرًا.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si un musulman appelle un autre musulman en lui disant : « eh mécréant » sans ta’wil -sans interprétation- [c’est-à-dire sans qu’il y ait une cause sur laquelle il se soit basé en ayant pensé qu’elle fait sortir de l’Islam alors qu’en réalité elle ne fait pas sortir de l’Islam et en ayant à ce sujet une sorte de confusion] alors celui qui dit cela devient mécréant car il a qualifié l’Islam de mécréance.
Donc si une personne « A » qualifie une personne « B » qui est musulmane de mécréante, ça revient à qualifier l’Islam de mécréance, c’est donc une mécréance.
الشَّرْحُ يَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ مَا رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ فِي الصَّحِيحِ وَغَيْرُهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: مَنْ رَمَى مُسْلِمًا بِالْكُفْرِ أَوْ قَالَ عَدُوَّ اللَّهِ إِلَّا عَادَتْ عَلَيْهِ إِنْ لَمْ يَكُنْ كَمَا قَالَ
Commentaire : et ce qui indique cela c’est la parole du prophète rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih et d’autres qui est :
مَنْ رَمَى مُسْلِمًا بِالْكُفْرِ أَوْ قَالَ عَدُوَّ اللَّهِ إِلَّا عَادَتْ عَلَيْهِ إِنْ لَمْ يَكُنْ كَمَا قَالَ
ce qui signifie : « celui qui accuse un musulman de mécréance, ou s’il dit d’un musulman qu’il est l’ennemi de Dieu, alors cette accusation retombera sur celui qui a parlé si ce qu’il a dit n’était pas vrai. »
وَفِي لَفْظٍ لِهَذَا الْحَدِيثِ: إِذَا قَالَ الرَّجُلُ لِأَخِيهِ يَا كَافِرُ فَقَدْ بَاءَ بِهَا أَحَدُهُمَا فَإِنْ كَانَ كَمَا قَالَ وَإِلَّا رَجَعَتْ عَلَيْهِ
Et dans une autre version de ce hadith rapportée par Mouslim dans son sahih, le prophète a dit :
إِذَا قَالَ الرَّجُلُ لِأَخِيهِ يَا كَافِرُ فَقَدْ بَاءَ بِهَا أَحَدُهُمَا فَإِنْ كَانَ كَمَا قَالَ وَإِلَّا رَجَعَتْ عَلَيْهِ
ce qui signifie : « lorsqu’un musulman dit à son frère : « tu es mécréant » alors c’est une accusation qui va retomber sur l’un des deux, soit c’est comme il a dit, soit cette accusation retombera sur celui qui a parlé. »
فَقَدْ حَذَّرَنَا رَسُولُ اللَّهِ فِي هَذَا الْحَدِيثِ مِنْ أَنْ نَقُولَ لِمُسْلِمٍ: كَافِرٌ، أَوْ عَدُوَّ اللَّهِ، وَبَيَّنَ لَنَا أَنَّ مَنْ قَالَ ذَلِكَ لِمُسْلِمٍ يَعُودُ عَلَيْهِ وَبَالُ هَذِهِ الْكَلِمَةِ
Ainsi le messager de Allah nous a fortement mis en garde contre le fait de dire à un musulman : « tu es mécréants» ou bien : « tu es l’ennemie de Dieu », et dans ce hadith, le prophète nous a expliqué que si cette accusation est infondée, elle retombera sur celui qui a parlé.
أَمَّا مَنْ قَالَ لِمُسْلِمٍ يَا عَدُوَّ اللَّهِ أَوْ أَنْتَ عَدُوُّ اللَّهِ بِسَبَبٍ شَرْعِيٍّ فَلَيْسَ عَلَيْهِ حَرَجٌ، أَيْ لَيْسَ فِيهِ مَعْصِيَةٌ.
Quant à celui qui parle à un musulman en lui disant : « ô l’ennemi de Dieu » ou il lui dit : « tu es un ennemi» avec une raison valable, alors il n’y a pas de conséquence pour celui qui a parlé, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de péché.
وَإِنْ كَانَ قَالَ لَهُ ذَلِكَ مُتَأَوِّلًا بِنَوْعِ تَأْوِيلٍ فَلا يَكْفُرُ
Et s’il dit cela à cause d’une mauvaise interprétation -d’un mauvais ta’wil- il ne devient pas mécréant.
وَالتَّأْوِيلُ مَعْنَاهُ أَنَّهُ اعْتَمَدَ عَلَى سَبَبٍ فِي ذَلِكَ الشَّخْصِ ظَنَّهُ مُخْرِجًا مِنَ الإِسْلامِ وَهُوَ فِي الْحَقِيقَةِ لَيْسَ مُخْرِجًا مِنَ الإِسْلامِ، وَكَانَ لَهُ فِي ذَلِكَ نَوْعُ شُبْهَةٍ أَيِ الْتِبَاسٍ فَإِنَّ الْمُكَفِّرَ هُنَا لا يَكْفُرُ كَمَا أَنَّ الْمُكَفَّرَ لَمْ يَكْفُرْ
Le ta’wil [dans ce contexte] signifie que la personne s’est basée sur quelque chose provenant de cette personne, et il pensait [du fait de ce qu’il a observé provenant de cette personne] que cette personne était sortie de l’Islam, alors qu’en réalité cette personne n’était pas sortie de l’Islam. Et il avait à ce sujet une sorte de tromperie et de duperie, il avait une certaine dose de confusion en cela. Dans ce cas de figure, celui qui a déclaré mécréant le musulman ne sort pas de l’Islam tout comme celui qui a été accusé de mécréance ne sort pas de l’Islam.
ومِثَالُ ذَلِكَ رَجُلٌ بَلَغَهُ أَنَّ فُلانًا انْتَحَرَ فَقَالَ مَاتَ كَافِرًا وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ، فَهَذَا الْمُكَفِّرُ إِنْ كَانَ جَاهِلًا يَظُنُّ أَنَّ الِانْتِحَارَ وَحْدَهُ كُفْرٌ وَلا يَعْرِفُ أَنَّ الِانْتِحَارَ بِمُجَرَّدِهِ لَيْسَ كُفْرًا لَمْ يَكْفُرْ لِأَنَّهُ لَهُ تَأْوِيلًا.
Et comme exemple de cela, s’il est parvenu à un homme que untel s’est suicidé, et cet homme à qui la nouvelle est parvenu a dit : « malheur à lui, il est mort mécréant », eh bien, celui qui a déclaré mécréant celui qui s’est suicidé, si c’est par ignorance comme s’il pensait que le suicide à lui seul faisait sortir de l’Islam et qu’il ne savait pas que le suicide à lui seul n’est pas quelque chose qui fait sortir de l’Islam, eh bien celui qui a déclaré mécréant ne sort pas de l’Islam parce qu’il a fait une mauvaise interprétation [parce qu’il a mal compris quelque chose].
وَمِنَ التَّأْوِيلِ أَيْضًا أَنْ يَفْعَلَ هَذَا الْمُسْلِمُ فِعْلًا يُشْبِهُ فِعْلَ الْكُفَّارِ فَيَظُنُّ بِهِ أَنَّهُ لا يُحِبُّ الإِسْلامَ أَوْ لا يَعْتَقِدُ الإِسْلامَ فَكَفَّرَهُ بِنَاءً عَلَى هَذَا الظَّنِّ، لِمَا رَأَى مِنْهُ مِنْ فِعْلٍ خَبِيثٍ أَوْ قَوْلٍ خَبِيثٍ.
Également, parmi les sortes de mauvaises interprétations, il y a qu’un musulman fasse un acte qui correspond à l’acte des mécréants, et que celui qui le voit pense que c’est quelqu’un qui a renié l’islam, qu’il n’aime plus l’Islam, qu’il ne croit plus en l’Islam, et du fait de ce qu’il a vu il l’a déclaré mécréant en se basant sur cette conjecture, parce qu’il a vue des actes laids ou des paroles laides.
ثُمَّ إِنَّهُ يُوجَدُ مَسْئَلَةٌ نَفِيسَةٌ يَنْبَغِي بَيَانُهَا أَلا وَهِيَ أَنَّهُ لا يَكْفُرُ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ مَنْ وَقَعَ فِي بَعْضِ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ إِنَّمَا يَكْفُرُ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ مَنْ وَقَعَ فِي بَعْضِ الأَنْوَاعِ الأُخْرَى مِنَ الْكُفْرِ، لِأَنَّ الْكُفْرَ نَوْعَانِ:
نَوْعٌ ظَاهِرٌ لَيْسَ فِيهِ خِلافٌ بِأَنَّهُ كُفْرٌ بَيْنَ الأَئِمَّةِ وَبِأَنَّ مَنْ فَعَلَهُ فَقَدْ كَفَرَ فَمَنْ لَمْ يُكَفِّرْ فَاعِلَهُ يَكْفُرُ.
Une règle très précieuse qu’il convient d’expliquer, c’est que ne deviens pas mécréant celui qui ne déclare pas mécréant celui qui est tombé dans une des sortes de mécréance, mais deviens mécréant celui qui ne déclare pas mécréant quelqu’un qui est tombé dans d’autres sortes de mécréances.Parceque la mécréance est de deux sortes : il y a une première sorte de mécréance qui est évidente, au sujet de laquelle il n’y a pas de divergence au sein de la communauté que c’est de la mécréance, et que celui qui la commet devient mécréant et que celui qui ne déclare pas mécréant celui qui la commet devient lui-même mécréant.
Ainsi, il y a une sorte de mécréance qui est claire, à propos de laquelle il n’y a pas de divergence, c’est-à-dire que tous les musulmans sont d’accord à propos de cette chose là que c’est une mécréance et que celui qui l’a fait devient mécréant, dans ce cas-là, celui qui ne le déclare pas mécréant sort de l’Islam, parce que c’est une mécréance claire et qui fait l’objet de l’unanimité.
فَالْكُفْرُ الَّذِي مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ صَاحِبَهُ يَكْفُرُ هُوَ كَسَبِّ اللَّهِ، أَوِ الأَنْبِيَاءِ، أَوِ احْتِقَارِ دِينِ الإِسْلامِ، أَوْ إِنْكَارِ الْبَعْثِ بَعْدَ الْمَوْتِ أَوِ الثَّوَابِ أَوِ الْعِقَابِ هَذَا مَنْ شَكَّ فِي كُفْرِهِ يَكْفُرُ.
Et la mécréance à propos de laquelle celui qui ne déclare pas mécréant celui l’ayant commise devient alors lui-même mécréant c’est comme insulter Dieu, ou insulter les prophètes, ou mépriser la religion de l’Islam, ou renier la résurrection après la mort ou la récompense ou le châtiment, celui qui doute à propos de celui qui commet une telle mécréance, lui-même devient mécréant. C’est-à-dire que si quelqu’un entend un autre insulter Dieu, ou il insulte le prophète, et il dit : « peut-être qu’il n’est pas mécréant », c’est à dire qu’il doute de la mécréance de celui-là, eh bien celui qui ne déclare pas mécréant celui qui a insulté Dieu ou insulté le prophète sort de l’Islam, parce que c’est une mécréance à propos de laquelle il n’y a pas de divergence au sein de la communauté.
وَالنَّوْعُ الآخَرُ هُوَ الْكُفْرُ الَّذِي هُوَ كُفْرٌ لَكِنَّهُ إِذَا إِنْسَانٌ لَمْ يُكَفِّرْ مَنْ حَصَلَ مِنْهُ ذَلِكَ الْكُفْرُ لا يَكْفُرُ مَعَ أَنَّ هَذَا كُفْرٌ كَمَا أَنَّ ذَاكَ كُفْرٌ لَكِنَّ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ هَذَا الَّذِي ارْتَكَبَ نَوْعًا مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ لا يَكْفُرُ
Et le deuxième cas est une mécréance également, cependant, si quelqu’un n’a pas déclaré mécréant celui à propos duquel provient cette deuxième sorte de mécréance, il ne devient pas mécréant, bien que la première sorte soit une mécréance, et que la deuxième sorte est une mécréance, celui qui ne déclare pas mécréant celui qui a commis cette deuxième sorte de mécréance, il ne devient pas mécréant.
فَيُعْلَمُ مِنْ هَذَا أَنَّ هَذِهِ الْكَلِمَةَ الَّتِي يُرَدِّدُهَا بَعْضُ النَّاسِ لَيْسَتْ قَاعِدَةً فَانْبُذُوهَا وَحَذِّرُوا مِنْهَا لِأَنَّهُ لا يَصِحُّ أَنْ تُقَالَ، وَهَذِهِ الْكَلِمَةُ هِيَ: مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ كَافِرًا كَفَرَ.
Nous apprenons à partir de là, que cette phrase que répète certaine personne n’est pas une règle, alors rejetez là et mettez en garde contre elle, parce qu’il n’est pas valide de la dire. Et cette parole est : « celui qui ne déclare pas mécréant le mécréant, alors il est mécréant »,
هَذِهِ الْكَلِمَةُ لا تُقَالُ لِأَنَّ الْكُفْرَ نَوْعَانِ نَوْعٌ شَأْنُهُ أَنَّهُ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ فَاعِلَهُ يَكْفُرُ وَنَوْعٌ لا يُكَفَّرُ مَنْ تَرَدَّدَ هَلْ هَذَا كُفْرٌ أَمْ لا.
On ne dit pas cette parole, parce que la mécréance est de deux sortes, il y a une mécréance telle que celui qui ne déclare pas mécréant celui qui la commet devient mécréant, et il y a une deuxième sorte de mécréance telle que celui qui hésite si c’est de la mécréance ou pas, il ne devient pas mécréant, parce que c’est n’est pas toute les mécréances qui sont connues de tout le monde.
فَالْكُفْرُ الَّذِي مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ صَاحِبَهُ يَكْفُرُ هُوَ كَسَبِّ اللَّهِ، أَوِ الأَنْبِيَاءِ، أَوِ احْتِقَارِ دِينِ الإِسْلامِ، أَوْ إِنْكَارِ الْبَعْثِ بَعْدَ الْمَوْتِ أَوِ الثَّوَابِ أَوِ الْعِقَابِ فَإِنَّ هَذَا مَنْ شَكَّ فِي كُفْرِهِ يَكْفُرُ.
La mécréance à propos de laquelle celui qui ne déclare pas mécréant celui qui la commet devient lui-même mécréant, c’est comme celui qui insulte Dieu, ou qui insulte les prophètes, ou celui qui rabaisse la religion de l’Islam, ou celui qui renie la résurrection après la mort, ou qui renie la récompense ou le châtiment. Celui qui doute de cette mécréance-là, il devient lui-même mécréant.
Informations utiles :
Question : quelqu’un qui doit de l’argent à un autre, comme s’il a acheté avec un paiement différé, ou il a acheté de lui avec as-salam, et l’échéance est arrivée, et lui a les moyens de rembourser sa dette, c’est-à-dire qu’il n’est pas incapable de rembourser, mais malgré cela il lui promet de le rembourser mais il ne le fait pas, quel est son cas ?
Si l’échéance est arrivée et lui a les moyens de rembourser sa dette, c’est-à-dire qu’il n’est pas incapable, mais malgré cela il lui promet de le rembourser mais il ne le fait pas, ceci s’appelle retarder -différer- le remboursement d’une dette, et c’est un grand péché.
Quant à celui qui est riche, il n’a pas à différer ou retarder le remboursement d’une dette. Et celui qu’on qualifie de riche est celui qui a au-delà de ses besoins de base, il a au-delà de ce qui lui permet de rembourser sa dette, c’est celui-là que nous appelons riche dans ce chapitre.
Il y a énormément de choses qui sont au-delà des besoins de base, de sorte qu’il n’y a presque pas une maison dans laquelle nous ne trouvons pas ce qui est au-delà des besoins de base.
Donc si le prêteur dit à l’emprunteur : « rembourse-moi, rends-moi mon argent », l’emprunteur n’a a pas à lui dire : « moi je n’ai pas » s’il est riche. L’emprunteur va devoir vendre ces choses qui sont chez lui et qui sont au-delà des besoins de base pour rembourser, il n’a pas à lui dire : « non moi je n’ai pas de quoi te rembourser. »
Donc celui qui a au-delà de ses besoins de base, au-delà des besoins de ses épouses, au-delà des besoins de ses enfants qui ne sont pas pubères, au-delà des besoin de ses parents qui sont pauvres, il n’a pas à différer le remboursement et ne pas rembourser son créancier, à savoir celui à qui il doit de l’argent. Et beaucoup de gens tombent dans cela parce qu’il ne leur est pas facile de se passer de choses auxquelles ils se sont habitués. C’est juste parce qu’ils se sont habitués à voir ces choses-là. Pourtant, le prophète nous a expliqué que dans ce bas monde tu peux rembourser tes dettes avec des dinar, des dirhams, mais dans l’au-delà tu n’auras pas la capacité de rembourser tes dettes de cette manière-là. Alors que chacun s’acquitte des droits qu’il lui incombe avant que ne vienne un jour durant lequel il n’y aura ni dinar ni dirham.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ لِلْمُسْلِمِ يَا يَهُودِيُّ أَوْ أَمْثَالَهَا مِنَ الْعِبَارَاتِ بِنِيَّةِ أَنَّهُ لَيْسَ بِمُسْلِمٍ إِلَّا إِذَا قَصَدَ أَنَّهُ يُشْبِهُ الْيَهُودَ فَلا يَكْفُرُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : apostasie celui qui dit à un musulman : « eh mécréant » ou toute expression similaire dans le but de dire qu’il n’est pas musulman, sauf s’il visait qu’il ressemble aux mécréants, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.
الشَّرْحُ إِنْ كَانَ هُنَاكَ شَىْءٌ ظَنَّ مِنْ أَجْلِهِ أَنَّهُ كَفَرَ فَقَالَ لَهُ يَا كَافِرُ لا نُكَفِّرُهُ كَأَنْ كَانَ يَرَاهُ يُجَالِسُ الْكُفَّارَ وَيَوَادُّهُمْ وَيُخَالِطُهُمْ أَوْ يُوَافِقُهُمْ فِي كَثِيرٍ مِنْ أُمُورِهِمْ فَقَالَ لَهُ أَنْتَ كَافِرٌ ظَنًّا مِنْهُ أَنَّهُ يَعْتَقِدُ اعْتِقَادَهُمْ أَوْ أَنَّهُ يَسْتَحْسِنُ دِينَهُمْ.
Commentaire : s’il y a quelque chose à cause de laquelle il a pensé que ce musulman était devenu mécréant, et il lui a dit : « eh mécréant », alors nous ne le déclarons pas mécréant, comme s’il l’avait vu côtoyer les mécréants, être amie avec eux, se mélanger à eux, ou faire la même chose qu’eux dans beaucoup de leurs sujets, puis il lui a dit : « tu es mécréant » en pensant qu’il avait renié l’Islam et qu’il s’était mis à croire leurs croyances, ou qu’il approuvait leurs religions, alors il ne devient pas mécréant.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ قَالَ شَخْصٌ لِزَوْجَتِهِ أَنْتِ أَحَبُّ إِلَيَّ مِنَ اللَّهِ أَوْ أَعْبُدُكِ كَفَرَ إِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا الْعِبَادَةَ الَّتِي هِيَ خَاصَّةٌ لِلَّهِ تَعَالَى.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si un homme dit à son épouse « je t’aime plus que je n’aime Dieu » ou il lui dit : « je t’adore », il devient alors mécréant s’il en comprend le sens de l’adoration qui est réservé à Allah ta^ala.
الشَّرْحُ هَذَا اللَفْظُ صَرِيحٌ فِي الْكُفْرِ لِأَنَّ اللَّهَ يَجِبُ مَحَبَّتُهُ أَكْثَرَ مِنْ كُلِّ شَىْءٍ، فَمَنْ أَحَبَّ شَيْئًا أَكْثَرَ مِنَ اللَّهِ فَقَدْ كَفَرَ.
Commentaire : lorsque quelqu’un dit « je t’aime plus que Allah » c’est une parole qui est explicite dans la mécréance, parce qu’il est un devoir d’aimer Allah plus que tout autre chose, celui donc qui aime quelque chose plus qu’il n’aime Allah, il devient mécréant.
وَأَمَّا مَنْ قَالَ لِزَوْجَتِهِ أَعْبُدُكِ وكَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا أُحِبُّكِ مَحَبَّةً شَدِيدَةً فَهَذَا لا نُكَفِّرُهُ.
Quant à celui qui dit à sa femme « je t’adore » sans en comprendre le sens de l’adoration qui est réservé à Dieu, mais il en comprend « je t’aime beaucoup », dans ce cas-là il n’est pas déclaré mécréant.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ قَالَ شَخْصٌ لِآخَرَ اللَّهُ يَظْلِمُكَ كَمَا ظَلَمْتَنِي كَفَرَ الْقَائِلُ لِأَنَّهُ نَسَبَ الظُّلْمَ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى، إِلَّا إِذَا كَانَ يَفْهَمُ أَنَّ مَعْنَى يَظْلِمُكَ يَنْتَقِمُ مِنْكَ فَلا نُكَفِّرُهُ، بَلْ نَنْهَاهُ
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si quelqu’un dit à une autre personne : « Allah youdhlimouka kama dhalmataniy » il devient mécréant, parce qu’il aura attribué l’injustice à Allah, à moins qu’il n’ait compris que : « Allah youdhlimouka kama dhalmataniy » aurait signifié : « que Allah te châtie tout comme tu as été injuste envers moi », dans ce cas-là nous ne le jugeons pas mécréant mais nous lui interdisons de le dire, parce que le verbe yadhlim signifie être injuste, et nous n’attribuons pas l’injustice à Dieu.
الشَّرْحُ الظُّلْمُ مُسْتَحِيلٌ عَلَى اللَّهِ قَالَ تَعَالَى: ﴿وَمَا رَبُّكَ بِظَلَّامٍ لِلْعَبِيدِ﴾، [سُورَةَ فُصِّلَت/46]، وَالظُّلْمُ مَعْنَاهُ التَّصَرُّفُ فِي مِلْكِ الْغَيْرِ بِمَا لا يَرْضَى، وَاللَّهُ يَتَصَرَّفُ بِمِلْكِهِ فَنَحْنُ وَمَا نَمْلِكُ مِلْكٌ لَهُ.
Commentaire : l’injustice est impossible au sujet de Allah, Dieu dit dans sourate al-foussilat verset 46 :
وَمَا رَبُّكَ بِظَلَّامٍ لِّلْعَبِيدِ
ce qui signifie : « et ton Seigneur n’est en rien injuste envers les esclaves. » Et la définition de adh-dhouloum -l’injustice- c’est le fait d’agir dans la propriété d’autrui sans son accord, or Allah agit dans ce qui Lui appartient, car nous, ainsi que ce que nous possédons appartenons à Dieu.
فَمَنْ يَقُولُ اللَّهُ يَظْلِمُكَ وَيَقِفُ عِنْدَهَا يَكْفُرُ وَلا تَأْوِيلَ لِكَلامِهِ، وَمَنْ يَشُكُّ فِي ذَلِكَ يَكْفُرُ وَلَوْ نَوَى أَنَّهُ يَنْتَقِمُ مِنْكَ.
Ainsi, celui qui dit : « que Dieu soit injuste envers toi » et ne dit rien d’autres, là il devient mécréant, il n’y a pas d’interprétation à sa parole par un autre sens que le sens apparent. Et celui qui doute à ce sujet devient mécréant, même s’il visait : « que Dieu me venge de toi. »
وَأَمَّا مَنْ قَالَ اللَّهُ يَظْلِمُكَ كَمَا ظَلَمْتَنِي إِنْ فَهِمَ مِنْهُ اللَّهُ يَنْتَقِمُ مِنْكَ قَالَ بَعْضُهم لا يَكْفُرُ.
Quant à celui qui dit : « Allah youdhlimouka kama dhalmataniy» en comprenant de cela : « que Allah me venge de toi, tout comme tu as été injuste envers moi », certains savants ont dit : « il ne devient pas mécréant par le fait qu’il a utilisé le même verbe qui indique être injuste. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ قَالَ شَخْصٌ لِشَخْصٍ ءَاخَرَ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ يَلْعَنْ رَبَّكَ كَفَرَ. وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ لِلْمُسْلِمِ يَلْعَنْ دِينَكَ قَالَ بَعْضُ الْفُقَهَاءِ إِنْ قَصَدَ سِيرَتَهُ فَلا يَكْفُرُ. قَالَ بَعْضُ الْحَنَفِيَّةِ: يَكْفُرُ إِنْ أَطْلَقَ، أَيْ إِنْ لَمْ يَقْصِدْ سِيرَتَهُ وَلا قَصَدَ دِينَ الإِسْلامِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si quelqu’un dit à une autre personne : « yal^an rabbaka » qui signifie : « maudit soit ton Dieu », il devient mécréant parce qu’il aura maudit Dieu -c’est une insulte à l’égard de Dieu-. De même devient mécréant celui qui dit à un musulman : « yal^an dinaka », parce que le sens apparent est : « que Dieu maudisse ta religion », s’il l’a dit à un musulman, il devient mécréant. Et certains spécialistes de la jurisprudence disent : « s’il visait son comportement, il ne devient pas mécréant », parce que dans la langue arabe, le mot « dinak » peut avoir le sens du comportement. Par conséquent, si lui visait le sens de comportement, il ne devient pas mécréant. Mais certains hanafites disent : « il devient mécréant s’il l’a dit dans l’absolue », c’est-à-dire sans rien viser, ni viser la religion ni viser le comportement, dans un tel cas il devient mécréant.
الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي يَقُولُ يَلْعَنْ رَبَّكَ كَفَرَ كُفْرًا صَريِحًا لا تَأْوِيلَ لَهُ، وَأَمَّا مَنْ قَالَ لِلْمُسْلِمِ يَلْعَنْ دِينَكَ فَإِنْ قَصَدَ سِيرَتَهُ أَيْ عَادَتَهُ وَأَخْلاقَهُ فَلا يَكْفُرُ.
Commentaire : celui qui dit : « yal^an rabbaka » devient mécréant d’une mécréance explicite qui ne comporte pas d’interprétation possible. Quant à celui qui dit à un musulman : « yal^an dinaka », s’il vise sa conduite, -c’est-à-dire sa manière de se comporter -ses caractères- alors il ne devient pas mécréant.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ فُلانٌ زَاحَ رَبِّي لِأَنَّ هَذَا فِيهِ نِسْبَةُ الْحَرَكَةِ وَالْمَكَانِ لِلَّهِ. وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ قَدَّ اللَّهِ يَقْصِدُ الْمُمَاثَلَةَ. وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ نَسَبَ إِلَى اللَّهِ جَارِحَةً مِنَ الْجَوَارِحِ كَقَوْلِ بَعْضِ السُّفَهَاءِ يَا زُبَّ اللَّهِ وَهُوَ لَفْظٌ صَرِيحٌ فِي الْكُفْرِ لا يُقْبَلُ فِيهِ التَّأْوِيلُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit à quelqu’un d’autre : « foulan zaha rabbi » ce qui signifie : « untel a bousculé mon Dieu », que Dieu nous en garde, car cela revient à attribuer à Allah un mouvement et un lieu. De même, devient mécréant celui qui dit « qadda l-Lah », que Allah nous en garde, en visant la similarité avec Allah, qui signifie : « autant que Dieu » -il aura attribué à Dieu la quantité-. De même, devient mécréant celui qui attribue à Allah un organe, comme en disant la parole de certains impudents : « ya zoubba Allah » et le mot « zoubb » signifie : « le pénis », cette expression est de la mécréance explicite, aucune interprétation n’en est acceptée, c’est une mécréance sans aucun doute.
الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِينَ يَتَلَفَّظُونَ بِهَذَا اللَّفْظِ يَفْهَمُونَ أَنَّ مَعْنَى الزُّبِّ الآلَةُ الَّتِي هِيَ الذَّكَرُ، وَلا يُسْتَبْعَدُ مِنْ كَثِيرٍ مِنَ الْجَهَلَةِ اعْتِقَادُ أَنَّ اللَّهَ لَهُ هَذِهِ الآلَةُ فَقَدْ أَخْبَرَنِي ثِقَةٌ بِأَنَّهُ كَانَ يُحَذِّرُ أَهْلَهُ الَّذِينَ بِبَلْدَةِ بلُودَان مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ قَالَ حَذَّرْتُ امْرَأَةً مِنْ قَرَائِبِي كَبِيرَةً فِي السِّنِّ مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ فَقَالَتْ أَلَيْسَ لَهُ ذَلِكَ الشَّىْءُ، وَلَقَدْ شَاعَتْ فِي عِدَّةِ قُرَى فِي لُبْنَانَ وَفِي سُورِيَا فَلا يَجُوزُ السُّكُوتُ عَنِ النَّهْيِ عَنْهَا بَلِ النَّهْيُ عَنْهَا أَوْلَى مِنَ النَّهْيِ عَنِ الزِّنَى وَالسَّرِقَةِ وَالرِّبَا وَالسُّفُورِ وَكَشْفِ الْمَرْأَةِ رَأْسَهَا فِي الطَّرِيقِ وَعَنِ السِّينَمَا، وَكَثِيرٌ مِنَ الْخُطَبَاءِ يَنْهَوْنَ عَنِ السُّفُورِ وَالسِّينَمَا وَلَمْ نَسْمَعْ مِنْ أَحَدٍ مِنَ الْخُطَبَاءِ أَنَّهُ نَهَى عَنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ. قَالَ لِي بَعْضُ أَهْلِ الشَّامِ: وَلَمْ أَسْمَعْ مَنْ يَنْهَى عَنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ إِلَّا شَيْخًا يُقَالُ لَهُ الشَّيْخُ خَالِدُ النَّقْشَبَنْدِيُّ نَهَى عَنْهَا عَلَى الْمِنْبَرِ فِي الزَّبَدَانِي.
Commentaire : ceux qui disent cette expression tout en comprenant le pénis -à savoir cette instrument propre à l’homme- deviennent mécréants -c’est-à-dire s’ils comprennent la langue-. Et ce n’est pas étonnant venant de la part de certains ignorants qu’ils aient pour croyance que Allah a cet organe, quelqu’un de confiance m’a dit qu’il mettait en garde sa famille qui était dans le village de baloudan contre cette expression, l’homme de confiance a dit : « j’ai mis en garde contre cette parole une femme de mes proches parents qui était âgée, et elle m’a dit : « mais Dieu n’a pas cet organe ? » Et cette expression s’est propagée dans certains villages au Liban et en Syrie, il n’est pas permis de se taire et de ne pas l’interdire,interdire cette expression est prioritaire sur le fait d’interdire la fornication, le vol, le riba, le fait que la femme sorte avec sa zone de pudeur découverte à l’extérieur ou au cinéma. Beaucoup d’orateurs interdisent le fait que la femme sorte la tête découverte ou au cinéma, mais nous n’avons pas entendu d’un de ces orateurs qu’il interdisait cette parole. Un des habitants de ach-cham m’a dit : « je n’ai entendu personne interdire cette parole excepté un Chaykh qui s’appelle le Chaykh Khalid an-Naqchabandiyy qui l’a interdite sur le minbar dans le quartier de az-Zabadaniyy. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ أَنَا رَبُّ مَنْ عَمِلَ كَذَا.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit : « je suis le rabb de celui qui fait telle activité. »
الشرح أَنَّ قَائِلَ هَذِهِ الْعِبَارَةِ يَكْفُرُ لِأَنَّهُ جَعَلَ نَفْسَهُ رَبًّا لِلْعِبَادِ،
Commentaire : celui qui dit cette expression devient mécréant, parce qu’il s’est considéré comme étant un Dieu pour les gens.
أَمَّا إِذَا قَالَ أَنَا رَبُّ هَذِهِ الصَّنْعَةِ كَالتِّجَارَةِ بِمَعْنَى أَنِّي خَبِيرٌ بِهَا فَلا يَكْفُرُ
Quant à celui qui dit : « je suis le rabb de ce métier », comme le commerce, dans le sens que « je suis expert », alors il ne devient pas mécréant.
وَكَذَلِكَ يَصِحُّ أَنْ يُقَالَ لِمَنْ كَانَ يَمْلِكُ شَيْئًا كَدَابَّةٍ، أَوْ بُسْتَانٍ، أَوْ جَارِيَةٍ، أَوْ عَبْدٍ: فُلانٌ رَبُّ هَذِهِ الدَّابَّةِ أَوْ رَبُّ هَذِهِ الْجَارِيَةِ أَوْ رَبُّ هَذَا الْعَبْدِ بِمَعْنَى سَيِّدِهِ
Et de même il est valide de dire à propos de quelqu’un qui possède quelque chose comme un animal ou un verger ou une femme ou un esclave de dire : « untel est le rabb de cet animal » ou « untel est le rabb de cette femme », ou « untel est le rabb de cet esclave » dans le sens que c’est son maitre.
وَمِنْ هَذَا مَا جَاءَ فِي الْقُرْءَانِ الْكَرِيْمِ مِنْ قَوْلِ يُوسُفَ: ﴿اذْكُرْنِي عِنْدَ رَبِّكَ﴾ [سُورَةَ يُوسُف/42] فَمَنْ كَانَ فِي صُورَةِ الْعَبْدِ الْمَمْلُوكِ وَلَوْ لَمْ يَكُنْ حَقِيقَةً مَمْلُوكًا لِلشَّخْصِ يُطْلَقُ عَلَيْهِ مِنْ حَيْثُ الصُّورَةُ هَذَا عَبْدُ فُلانٍ
Et c’est à ce titre là qu’est l’usage du mot « ^abd » et « rabb » comme dans sourate Yousouf dans le verset 42 du Qour’an, la parole de notre maitre Yousouf :
اذْكُرْنِي عِندَ رَبِّكَ
qui signifie : « cite-moi auprès de ton rabb. » Celui qui était à l’image d’un esclave appartient à un maitre, même si en réalité il ne l’était pas, il est désigné du point de vue de l’apparence comme étant l’esclave de untel.
وَيُقَالُ لِلَّذِي هُوَ مُسْتَوْلٍ عَلَيْهِ هَذَا رَبُّ فُلانٍ
Et nous disons à propos de celui qui s’est emparé de lui : « c’est son rabb », c’est-à-dire que c’est son propriétaire.
أَمَّا النَّاسُ الأَحْرَارُ فَلا، لا يُقَالُ أَنَا رَبُّ النَّجَّارِينَ أَوْ رَبُّ الْبَنَّائِينَ
Mais à propos des gens libres nous ne disons pas cela. Par conséquent, on ne dit pas : « je suis le rabb des menuisiers », ou « je suis le rabb des maçon. »
وَكَذَلِكَ لا يَجُوزُ أَنْ يُقَالَ لِطَبِيبِ الْعُيُونِ رَبُّ الْعُيُونِ
Et de même, il n’est pas permis de dire d’un ophtalmologue : « il est le Dieu des yeux. »
وَقَدْ ذَكَرَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ الَّذِينَ تَلَقَّوِا الْعِلْمَ فِي مِصْرَ أَنَّهُ كَانَ طَبِيبُ عُيُونٍ مَاهِرٌ فَقَالَ عَنْ نَفْسِهِ: أَنَا رَبُّ الْعُيُونِ فَأُصِيبَ بِالْعَمَى، هُوَ كَفَرَ بِقَوْلِهِ هَذَا أَمَّا لَوْ قَالَ أَنَا رَبُّ طِبِّ الْعُيُونِ فَلا يَكْفُرُ.
Et un des savants qui a appris la science en Égypte a dit qu’il y avait un ophtalmologue qui était très fort dans son métier, et tellement que cet ophtalmologue était imbu de lui-même qu’il a dit : « je suis le rabb des yeux » qui signifie : « je suis le Dieu des yeux », et il est devenu aveugle, cet ophtalmologue a commis la mécréance en disant cela, mais s’il avait dit : « je suis le rabb de l’ophtalmologie », alors il ne serait pas devenu mécréant.
هَذَا إِنْ كَانَ يَفْهَمُ الْقَائِلُ تَصَرُّفَاتِ كَلِمَةِ رَبٍّ مِنْ حَيْثُ اللُّغَةُ وَأَمَّا مَنْ لا يَفْهَمُ ذَلِكَ فَيُحْكَمُ عَلَيْهِ بِحَسَبِ مَا يَلِيقُ بِحَالِهِ
Ce jugement concerne celui qui connait les déclinaison et les utilisations du mot « rabb » du point de vue de la langue. Quant à celui qui ne connait pas ses déclinaisons et ses différentes significations, alors il est jugé en fonction de ce qu’il convient par rapport à son état.
فَقَدْ عُرِفَ فِي اللُّغَةِ أَنْ يُقَالَ رَبُّ هَذِهِ الْجَارِيَةِ أَوْ رَبُّ هَذِهِ الدَّارِ أَوْ رَبُّ هَذَا الْبُسْتَانِ بِمَعْنَى مُسْتَحِقِّةِ
Il a été su dans la langue arabe que l’on peut dire : « untel est le rabb de cet esclave » ou bien : « le rabb de cette maison » ou bien : « le rabb de ce verger » dans le sens de celui à qui cela appartient.
قَالَ صَاحِبُ الْقَامُوسِ: رَبُّ كُلِّ شَىْءٍ مُسْتَحِقُّهُ
L’auteur de al-Qamous a donné la règle, il a dit : « le rabb de toute chose c’est celui qui en est propriétaire. »
وَكَذَلِكَ إِذَا كَانَ الشَّخْصُ بَارِعًا فِي النَّحْوِ فَقَالَ قَائِلٌ: فُلانٌ رَبُّ النَّحْوِ فَلا يَكْفُرُ
De même, si quelqu’un était adroit dans la grammaire arabe et quelqu’un dit : « untel est rabb de la grammaire arabe », il ne devient pas mécréant.
وَكَذَلِكَ إِذَا كَانَ بَارِعًا فِي النِّجَارَةِ فَقَالَ فُلانٌ رَبُّ النِّجَارَةِ فَلا يَكْفُرُ
Et de même, si quelqu’un était adroit dans la menuiserie, et quelqu’un dit : « untel est rabb de la menuiserie », il ne devient pas mécréant.
أَمَّا لَوْ قَالَ فُلانٌ رَبُّ النَّجَّارِينَ فَيَكْفُرُ لِأَنَّهُ لا مَعْنَى لَهُ إِلَّا أَنَّهُ خَالِقُهُمْ
Quant à celui qui dit : « untel est le rabb des menuisiers », alors il devient mécréant, parce qu’il n’y a pas d’autres sens que le sens de leur créateur, donc il s’est attribué le fait d’être le créateur des menuisiers, et ceci est de la mécréance.
تَنْبِيهٌ: مِنَ الأَلْفَاظِ الْمُسْتَقْبَحَةِ مَا شَاعَ فِي بَعْضِ الْبِلادِ مِنْ قَوْلِهِمْ رَبُّ الْعَائِلَةِ وَيَعْنُونَ بِهِ صَاحِبَ الْعَائِلَةِ فَإِنَّهُ لا يَصِحُّ لُغَةً وَصْفُ شَخْصٍ بِأَنَّهُ رَبُّ الأَشْخَاصِ الأَحْرَارِ أَمَّا الْعَبِيدُ الْمَمْلُوكُونَ وَالإِمَاءُ الْمَمْلُوكَاتُ فَيَصِحُّ أَنْ يُقَالَ فُلانٌ رَبُّ هَؤُلاءِ الْعَبِيدِ وَرَبُّ هَؤُلاءِ الإِمَاءِ بِمَعْنَى الْمُسْتَحِقِّ وَالْمُخْتَصِّ بِمِلْكِهِمْ، أَمَّا مَنْ قَالَ فُلانٌ رَبُّ الْعَائِلَةِ أَوْ قَالَ رَبُّ الأُسْرَةِ وَكَانَ يَفْهَمُ مِنْ ذَلِكَ أَنَّهُ صَاحِبُهُمْ وَيَكْفِيهِمْ حَاجَاتِهِمْ فَلا يَكْفُرُ.
Mise en garde : contre une expression laide qui s’est propagée dans certains pays, ils disent : « rabbou l-^a’ilah » qui signifie : « le rabb de la famille », et ils visent par-là : « c’est le chef de la famille », et cet usage n’est pas valide selon la langue arabe. Ainsi, dans la langue arabe il n’est pas valide de qualifier quelqu’un qu’il est le rabb de gens qui sont libres, cependant il est valide de dire : « il est le rabb d’esclaves. » Ainsi il est valide de dire : « untel est le rabb de ses esclaves » dans le sens qu’il est leur propriétaire. En revanche, dire de quelqu’un qu’il est le rabb d’une famille tout en comprenant par cela qu’il est celui qui est le chef de famille, il est celui qui subvient aux besoins de la famille, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant, mais ce n’est pas un usage étant correcte.
وَأَمَّا حَدِيثُ: الْخَلْقُ كُلُّهُمْ عِيَالُ اللَّهِ وَأَحَبُّهُمْ إِلَى اللَّهِ أَنْفَعُهُمْ لِعِيَالِهِ
فَلَيْسَ صَحِيحًا، بَلْ هُوَ حَدِيثٌ سَاقِطٌ شَدِيدُ الضَّعْفِ وَبَعْضُ النَّاسِ يَفْهَمُونَهُ عَلَى اللُّغَةِ الْمَحَلِّيَّةِ فَيَقَعُونَ فِي الْكُفْرِ
Pour ce qui est du hadith qui signifie : « toutes les créatures ^iyalou l-Lah et celui que Allah agrée le plus d’entre elles c’est celui qui est le plus bénéfique et profitable pour ses ^iyal » il n’est pas sahih -ce hadith n’est pas authentique-. Et ce hadith est saqit -ce hadith est extrêmement faible- c’est-à-dire que sa chaine de transmission est extrêmement faible. Et certains comprennent le mot « ^iyal » dans le sens du dialecte local, et il tombe dans la mécréance.
فَإِنَّهُمْ يَفْهَمُونَ مِنْ كَلِمَةِ عِيَال أَبْنَاءَ وَلَيْسَ الْمَعْنَى كَذَلِكَ
Certains comprennent du mot « ^iyal » : « les enfants », alors que ce n’est pas le sens correct dans la langue. Donc celui qui comprend le mot « enfant » et dit que les créatures seraient des enfants de Dieu, c’est de la mécréance.
فَإِنَّ الْعِيَالَ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ مَعْنَاهُ النَّاسُ الَّذِينَ يُنْفِقُ عَلَيْهِمُ الشَّخْصُ لَوْ كَانُوا أَعْمَامَهُ وَأَخْوَالَهُ وَزَوْجَاتِهِ وَوَالِدَيْهِ بِمَعْنَى أَنَّهُمْ تَحْتَ نَفَقَتِهِ وَرِعَايَتِهِ لِكَوْنِهِمْ مُحْتَاجِينَ إِلَيْهِ وَيَكْفِيهِمْ نَفَقَاتِهِمْ، وَلا يُوجَدُ فِي اللُّغَةِ عِيَالٌ بِمَعْنَى الأَوْلادِ
Ainsi, dans la langue arabe, le mot « ^iyal » signifie « les gens qui sont à la charge d’une personne », même si ce sont ses oncles paternels, ses oncles maternels, ses épouses, ses parents, dans le sens qu’il subvient à leur charge, ils veillent sur eux, parce qu’ils ont besoin de lui et qu’il leur assure leur subsistance, leur suffisance. Et il n’y a pas dans la langue arabe le sens d’enfant pour « ^iyal. »
وَهَذِهِ الْعِبَارَةُ مِنْ جُمْلَةِ مَا أَخْرَجَهُ النَّاسُ عَنْ مَعْنَاهُ الأَصْلِيِّ فِي اللُّغَةِ إِلَى غَيْرِ مَعْنَاهُ
Ainsi, ce terme « ^iyal» fait partie des termes que les gens ont déformé, les gens ont donné à ce terme un autre sens que le sens d’origine dans la langue.
وَلَوْ صَحَّ هَذَا الْحَدِيثُ الَّذِي مَرَّ ذِكْرُهُ لَكَانَ مَعْنَاهُ فُقَرَاءُ اللَّهِ كَمَا قَالَ الْمُنَاوِيُّ عِنْدَ شَرْحِ هَذَا الْحَدِيثِ الَّذِي أَوْرَدَهُ السُّيُوطِيُّ فِي الْجَامِعِ الصَّغِيرِ
Et si ce hadith précédemment cité avait été authentique, il aurait eu le sens de ceux qui sont pauvres, ceux qui ont besoin de Dieu, tout comme l’a dit al-Mounawiyy lorsqu’il a fait le commentaire de ce hadith qui a été rapporté par as-Souyoutiyy dans al-Jami^ as-Saghir.
فَمَنْ ظَنَّ أَنَّهُ يَجُوزُ أَنْ يُقَالَ عَنِ الْبَشَرِ أَبْنَاءُ اللَّهِ أَوْ أَوْلادُ اللَّهِ بِالْمَعْنَى الْمَجَازِيِّ أَيْ أَنَّهُ كَافِيهِمْ بِالرِّزْقِ كَفَرَ كَمَا ذَكَرَ ابْنُ عَطِيَّةَ فِي تَفْسِيرِهِ هَذِهِ الآيَةَ: ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ وَالنَّصَارَى نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/18]
Celui qui a cru qu’il était permis de dire au sujet des humains qu’ils seraient les fils de Dieu ou les enfants de Dieu dans un sens figuré, c’est-à-dire qu’Il leur suffit leur subsistance, il devient mécréant, tout comme l’a dit Ibnou ^Atiyyah dans son tafsir du verset 18 de sourate al-ma’idah :
وَقَالَتِ ٱلْيَهُودُ وَٱلنَّصَٰرَىٰ نَحْنُ أَبْنَٰٓؤُا۟ ٱللَّهِ وَأَحِبَّٰٓؤُهُۥ
qui signifie : « les juifs et les chrétiens ont dit : « nous sommes les enfants de Dieu et ceux qu’Il aime. »
وَأَمَّا قَوْلُ بَعْضِ الصُّوفِيَّةِ أَرْبَابُ الْقُلُوبِ أَيْ أَصْحَابُ الْعُقُولِ الْمُتَنَوِّرَةِ بِالتَّقْوَى لَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّ هَؤُلاءِ خَالِقُو الْعُقُولِ، وَالْقُلُوبُ هُنَا بِمَعْنَى الْعُقُولِ وَيَقَعُ فِي بَعْضِ مُؤَلَّفَاتِ الْعُلَمَاءِ قَوْلُ رَبُّ الأَرْبَابِ يَعْنُونَ أَنَّ اللَّهَ مَالِكُ الْمُلَّاكِ وَهَذَا صَحِيحٌ.
Quant à la parole de certains soufiyy qui disent : « arbabou l-qouloub » c’est-à-dire : «ceux qui ont des raison éclairées par la piété », le mot « rabb » ici signifie : « celui qui possède », et ça ne veut pas dire que ce sont des gens qui ont créé des raisons, « al-qouloub » ici signifie : « les raisons. » Et dans certains ouvrage de savants, ils disent à propos de Dieu : « rabbou l-arbab » ce qui signifie : « Le seigneur des seigneurs », c’est-à-dire que Allah est Celui à Qui appartient tous ceux qui possèdent quelque chose, et ceci c’est un sens correct.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ خَوَتْ رَبِّي [أَيْ جَنَّنَ] أَوْ قَالَ لِلْكَافِرِ اللَّهُ يُكْرِمُكَ بِقَصْدِ أَنْ يُحِبَّهُ اللَّهُ كَفَرَ لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ كَمَا قَالَ تَعَالَى: ﴿فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/32].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit, que Allah nous en préserve : « khawat rabbiy » ce qui signifie : « il a rendu fou mon seigneur. » De même, devient mécréant celui qui dit à un mécréant : « Allah youkrimouka » dans le sens : « Allah t’agrée », car Allah n’agrée pas les mécréants, tout comme Allah dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 32 :
فَإِن تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ
ce qui signifie : « s’ils se détournent de la croyance, alors certes Allah n’agrée pas les mécréants. »
الشَّرْحُ مَعْنَى أَكْرَمَهُ اللَّهُ فِي اللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ وَسَّعَّ عَلَيْهِ الرِّزْقَ فَمَنْ قَالَ هَذَا لِكَافِرٍ عَلَى هَذَا الْمَعْنَى فَلا يَكْفُرُ
Commentaire : le sens d’origine du mot « akramahou l-Lah », «akrama » c’est-à-dire : « qu’Il lui accorde une large subsistance», ceci est le sens d’origine du terme dans la langue arabe. Ainsi, celui qui dit cela à un mécréant, dans ce sens-là, c’est-à-dire : « que Dieu lui accorde une large subsistance», il n’y a pas de mécréance en cela, nous pouvons invoquer Dieu pour qu’Il accorde une large subsistance à un mécréant, ceci n’est pas une mécréance.
أَمَّا إِنْ قَالَ ذَلِكَ عَلَى مَعْنَى أَنْ يُحِبَّهُ اللَّهُ كَفَرَ وَمَعْنَى قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿فَإِنْ تَوَلَّوْا﴾ أَيْ فَإِنْ أَعْرَضُوا عَنِ الإِيـمَانِ بِاللَّهِ وَالرَّسُولِ.
En revanche, s’il dit « akramahou l-Lah » dans le sens : « que Dieu l’agrée » alors qu’il est mécréant, il devient mécréant. Et dans le verset 32 de sourate ‘Ali ^Imran :
فَإِن تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ
ce qui signifie : « s’ils se détournent de la croyance -c’est-à-dire s’ils rejettent la croyance en Dieu et en Son Messager- alors certes Allah n’agrée pas les mécréants. » Allah a appelé « mécréants » ceux qui rejettent la foi en Dieu et en Son Messager Mouhammed.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ الْقَوْلُ لِلْكَافِرِ اللَّهُ يَغْفِرُ لَكَ، إِنْ قَصَدَ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَغْفِرُ لَهُ وَهُوَ عَلَى كُفْرِهِ إِلَى الْمَوْتِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit à un mécréant : « que Allah te pardonne » s’il vise par cela : « que Allah le pardonne tout en restant mécréant jusqu’à la mort », c’est-à-dire Il lui pardonne ses péchés.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ ذَلِكَ لِلْكَافِرِ وَقَصَدَ أَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُ وَهُوَ كَافِرٌ مَعَ مُوَاظَبَتِهِ عَلَى الْكُفْرِ حَتَّى يَمُوتَ عَلَى ذَلِكَ كَفَرَ، وَأَمَّا إِنْ قَصَدَ أَنْ يَغْفِرَ لَهُ بِالإِسْلامِ فَلا يَكْفُرُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ ءَامَنُوا أَنْ يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَى مِنْ بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ﴾ [سُورَةَ التوبة/113].
Commentaire : cependant, s’il visait : « que Allah lui pardonne sa mécréance par l’entré en islam », alors il ne devient pas mécréant. Tout comme cela nous l’indique dans sourate at-Tawbah verset 113 :
مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَن يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَىٰ مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ قَالَ لِمَنْ مَاتَ عَلَى الْكُفْرِ اللَّهُ يَرْحَمُهُ بِقَصْدِ أَنْ يُريِحَهُ فِي قَبْرِهِ لا بِقَصْدِ أَنْ يُخَفِّفَ عَنْهُ عَذَابَ الْقَبْرِ مِنْ غَيْرِ أَنْ يَنَالَ رَاحَةً فَإِنَّهُ إِنْ قَالَ ذَلِكَ بِهَذَا الْقَصْدِ فَيَحْتَمِلُ أَنَّهُ لا يَكْفُرُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit à propos de quelqu’un qui est mort mécréant : « Allah yarhamouhou » ce qui signifie : « que Dieu lui fasse miséricorde » en visant par cela : « que Dieu lui donne le repos dans la tombe », en revanche, s’il dit : « Allah yarhamouhou », dans le sens d’un allègement du châtiment dans la tombe sans qu’il n’ait de repos, il se peut qu’il ne soit pas sorti de l’Islam.
الشَّرْحُ أَنَّ التَّرَحُّمَ عَلَى الْكَافِرِ فِي حَالِ حَيَاتِهِ جَائِزٌ لِأَنَّهُ يَجُوزُ أَنْ يَهْتَدِيَ فَيُسْلِمَ فَيَمُوتَ عَلَى الإِسْلامِ، أَمَّا إِذَا مَاتَ فَقَدْ فَاتَهُ الإِيـمَانُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَىْءٍ فَسَأَكْتُبُهَا لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ﴾ [سُورَةَ الأَعْرَاف/156] أَيْ وَسَعِتْ رَحْمَةُ اللَّهِ فِي الدُّنْيَا كُلَّ مُؤْمِنٍ وَكَافِرٍ أَمَّا فِي الآخِرَةِ فَقَدْ جَعَلَهَا اللَّهُ خَاصَّةً بِالْمُؤْمِنِينَ.
Commentaire : demander la miséricorde en faveur d’un mécréant durant sa vie est quelque chose de permis parce qu’il est possible qu’il soit bien guidé, qu’il entre en islam et qu’il meurt sur l’islam. Mais s’il est mort, alors il n’a plus la possibilité de devenir croyant. Ainsi, dans le verset 156 de sourate al-a^raf Dieu dit :
وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَيْءٍ فَسَأَكْتُبُهَا لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ
ce qui signifie : « Ma miséricorde englobe dans le bas monde tout croyant et mécréant, mais dans l’au-delà Je l’ai réservée uniquement aux croyants. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَسْتَعْمِلُ كَلِمَةَ الْخَلْقِ مُضَافَةً لِلنَّاسِ فِي الْمَوْضِعِ الَّذِي تَكُونُ فِيهِ بِمَعْنَى الإِبْرَازِ مِنَ الْعَدَمِ إِلَى الْوُجُودِ كَأَنْ يَقُولَ شَخْصٌ مَا: أُخْلُقْ لِي كَذَا كَمَا خَلَقَكَ اللَّهُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui utilise le mot création : « khalaqa » en l’attribuant aux gens dans un contexte où il a le sens de faire passer du néant à l’existence. Par exemple si quelqu’un dit : « crée-moi ça, tout comme Allah t’a créé », il n’y a pas de confusion, il n’y a pas d’autres possibilités d’interprétation, parce que la personne aura précisé en disant : « comme Allah t’a créé », ceci est donc de la mécréance. Ainsi, attribuer l’acte de création dans le sens de faire passer du néant à l’existence une créature -de donner existence à ce qui n’existe pas à une créature- revient à attribuer à une créature un des attributs de Dieu, et c’est pour cela que c’est une mécréance.
الشَّرْحُ الْخَلْقُ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ لَهُ خَمْسَةُ مَعَانٍ أَحَدُهَا بِمَعْنَى الإِبْرَازِ مِنَ الْعَدَمِ إِلَى الْوُجُودِ وَعَلَى هَذَا الْمَعْنَى لا تُسْتَعْمَلُ مُضَافَةً إِلَى غَيْرِ اللَّهِ، أَمَّا عَلَى الْمَعَانِي الأُخْرَى فَيَجُوزُ اسْتِعْمَالُهَا مُضَافَةً لِغَيْرِ اللَّهِ. وَأَمَّا اسْتِعْمَالُ كَلِمَةِ فُلانٌ اخْتَرَعَ كَذَا فَلا يَضُرُّ بِالإِعْتِقَادِ.
Commentaire : dans la langue arabe, le mot -le verbe- « khalaqa » a 5 sens, et l’un de ces sens est faire surgir du néant à l’existence, et nous n’utilisons pas ce sens-là pour autre que Allah. Mais à propos des quatre autres sens du verbe « khalaqa », nous pouvons les utiliser pour autre que Allah. Pour ce qui est de l’utilisation du verbe « ikhtara^a » qui veut dire « inventer », il n’y a pas de préjudice pour la croyance si nous l’attribuons à un humain, c’est-à-dire que ça ne fait pas sortir de l’Islam.
وَمِنَ الأَلْفَاظِ الْبَشِعَةِ الشَّنِيعَةِ قَوْلُ بَعْضِ النَّاسِ عِنْدَ الْغَضَبِ مِنْ شَخْصٍ أَحْسِبُ اللَّه مَا خَلَقَكَ وَيُرِيدُونَ بِذَلِكَ أَضْرِبُكَ ضَرْبًا شَدِيدًا.
وَكَذَلِكَ قَوْلُ بَعْضِهِمْ عِنْدَ الْغَضَبِ مِنْ شَخْصٍ ضَرَبَ لَهُمْ وَلَدًا مِنْ أَوْلادِهِمْ الَّذِي يَضْرِبُكَ مَا خَلَقَهُ اللَّهُ، فَإِنَّ هَذَا اللَّفْظَ فِيهِ نَفْيُ وُجُودِ مَا خَلَقَهُ اللَّهُ إِلَّا أَنَّ كَثِيرًا مِنَ النَّاسِ لا يَفْهَمُونَ مِنْ هَذَا اللَّفْظِ إِلَّا أَنَّهُمْ يَضْرِبُونَ هَذَا الشَّخْصَ ضَرْبًا شَدِيدًا وَيَعْتَبِرُونَهُ كَأَنَّهُ لَيْسَ مَوْجُودًا.
Et il y a des expressions que certains disent dans certains pays lorsqu’ils sont en colère, il dit à quelqu’un : « je considère que Allah ne t’a pas créé » ou ils disent à quelqu’un : « considère comme si Allah ne l’a pas créé. » Eux ils disent cela dans le sens que : « je te frappe violemment », cependant, si quelqu’un dit : « je considère que ce n’est pas Allah qui t’a créé », c’est comme s’il dit qu’il y aurait un autre créateur que Allah. Et ceci est de la mécréance, mais ce n’est pas ce que certains comprennent.
La règle c’est que nous n’attribuons pas le fait de faire surgir du néant à l’existence à autre que Dieu, et nous n’attribuons pas le verbe d’attribution de faire surgir du néant à l’existence à un être humain. Seul Allah fait surgir du néant à l’existence, et l’être humain ne crée pas dans le sens de faire surgir du néant à l’existence.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَشْتِمُ عَزْرَائِيلَ عَلَيْهِ السَّلامُ كَمَا قَالَ ابْنُ فَرْحُونٍ فِي تَبْصِرَةِ الْحُكَّامِ، أَوْ أَيَّ مَلَكٍ مِنَ الْمَلائِكَةِ عَلَيْهِمُ السَّلامُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui insulte l’ange ^Azra’ïl, comme le dit Ibnou l-Farhoun dans son livre « tabsirati l-houkkam » ou qui insulte un des anges.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ شَتَمَ عَزْرَائِيلَ عَلَيْهِ السَّلامُ يَكْفُرُ نَصَّ عَلَى ذَلِكَ ابْنُ فَرْحُونٍ الْمَالِكِيُّ فِي تَبْصِرَةِ الْحُكَّامِ، وَكَذَا يَكْفُرُ مَنْ شَتَمَ أَيَّ مَلَكٍ مِنَ مَلائِكَةِ اللَّهِ كَجِبْرِيلَ وَإِسْرَافِيلَ وَمِيكَائِيلَ وَغَيْرِهِمْ، وَقَدْ نَقَلَ الْقَاضِي عِيَاضٌ الإِجْمَاعَ عَلَى أَنَّ اسْمَ مَلَكِ الْمَوْتِ عَزْرَائِيلُ.
Commentaire : celui qui insulte ^Azra’ïl devient mécréant, cela a été indiqué par un texte de Ibnou l-Farhoun le malikite dans son livre tabsirati l-houkkam. De même, devient mécréant celui qui insulte n’importe quel ange de Dieu comme Jibril ou ‘Israfil ou Mika’il ou autre qu’eux. Et le Qadi ^Iyad, le malikite, celui qui est enterré au Maroc à Marrakech a rapporté de l’unanimité des savants que le nom de l’ange de la mort est ^Azra’ïl.
Et si quelqu’un vous dit : « cite-moi un texte, un hadith ou un verset dans lequel il y a l’ange de la mort qui s’appelle ^Azra’ïl » tu dis : « l’unanimité suffit pour preuve », et il y a un verset du Qour’an qui indique que l’unanimité suffit pour preuve. Dieu تعالى dit dans le قرءان Qour’an Honoré, dans la sourate النِّسَاء An-Niça’ verset 115 :
وَمَن يُشَاقِقِ ٱلرَّسُولَ مِنۢ بَعۡدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُ ٱلۡهُدَىٰ وَيَتَّبِعۡ غَيۡرَ سَبِيلِ ٱلۡمُؤۡمِنِينَ نُوَلِّهِۦ مَا تَوَلَّىٰ وَنُصۡلِهِۦ جَهَنَّمَ وَسَآءَتۡ مَصِيرًا
ce qui signifie : « si quelqu’un prend comme ennemi le Messager après avoir connu la bonne guidée et suit une autre voie que celle des croyants, Nous lui ferons subir les conséquences de ce qu’il a choisi ; et Nous le ferons parvenir en enfer. Et quelle mauvaise demeure ! »
Et l’unanimité est une preuve parce que l’unanimité est forcément basée sur un texte. La communauté du prophète Mouhammed ne se met pas d’accord sur quelque chose de faux. Ainsi, si à une époque donnée les moujtahid étaient unanimes sur une question, c’est qu’il y a forcément un texte même si nous ne connaissons pas ce texte. C’est comme si tu dis : « cette montagne s’appelle ouhoud », si quelqu’un te dit : « donne-moi un hadith ou un verset du Qour’an que cette montagne s’appelle ouhoud», tu dis : « l’unanimité des musulmans sont d’accord sur le fait que cette montagne s’appelle ouhoud », ce n’est pas une condition qu’il y ait un texte ou un hadith disant : « cette montagne se trouve à telle distance de la Mecque à cet endroit-là » non.
Ainsi, pour l’ange de la mort également, il y a unanimité des musulmans qui appel ^Azra’ïl. Ainsi, tu dis : « la communauté du prophète n’est jamais unanime sur quelque chose de faux », et ça c’est une miséricorde de la part de Allah.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ مَنْ يَقُولُ أَنَا عَايِف اللَّه، أَيْ كَرِهْتُ اللَّهَ. وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا إِذَا فَهِمَ الْعَجْزَ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ، أَمَّا إِذا َكَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ أَنَّ اللَّهَ يَكْرَهُهُ فَلا يَكْفُرُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui dit : « je déteste Allah. » De même, devient mécréant celui qui dit : « Allah la yatahammalou foulan », qui signifie : « Allah ne supporte pas untel », et en comprend que cela implique une incapacité ou que Allah serait dérangé par lui. Néanmoins, s’il comprend de cette expression : « Allah ne l’agrée pas », il ne devient pas mécréant.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا فَحُكْمُهُ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ، فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا نِسْبَةَ الْعَجْزِ إِلَى اللَّهِ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ وَيَحْصُلُ لَهُ انْفِعَالٌ يَكْفُرُ، أَمَّا إِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ أَنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ هَذَا الإِنْسَانَ لِفِسْقِهِ وَإِنْ كَانَ مُسْلِمًا فَلا يَكْفُرُ.
Commentaire : celui qui dit : « Allah ne supporte pas untel » en arabe : « Allah la yatahammalou foulan », son jugement dépend de ce qu’il comprend de cette expression, s’il comprend de cette expression l’incapacité au sujet de Dieu, ou que Allah serait dérangé, ou que Allah aurait un saut d’humeur à cause d’untel, il devient mécréant. Mais s’il comprend de cette expression que Allah n’agrée pas cet être humain parce qu’il est grand pécheur, même si c’est un musulman, alors il ne devient pas mécréant.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: يَلْعَنْ سَمَاءَ رَبِّكَ، لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit : « maudit soit le ciel de ton Dieu », parce qu’il s’est moqué de Dieu, il a rabaissé Allah ta^ala, il a ainsi blasphémé à l’encontre de Allah ta^ala.
الشَّرْحُ إِنَّمَا يَكْفُرُ قَائِلُ هَذِهِ الْعِبَارَةِ لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى، وَأَمَّا الَّذِي يَقُولُ يَلْعَنْ سَمَاكَ فَهَذَا يُحْكَمُ عَلَيْهِ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا السَّمَاءَ الَّتِي هِيَ مَسْكَنُ الْمَلائِكَةِ كَفَرَ لِأَنَّ اللَّهَ جَعَلَهَا قِبْلَةَ الدُّعَاءِ وَمَهْبِطَ الرَّحَمَاتِ وَالْبَرَكَاتِ فَعَظَّمَ شَأْنَهَا، وَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا سَقْفَ الْبَيْتِ أَوِ الْفَرَاغَ الَّذِي يَلِي مَوْضِعَ إِقَامَةِ هَذَا الشَّخْصِ فَلا يَكْفُرُ.
Commentaire : le mot « sama » signifie le ciel ou le toit. Ainsi, s’il a dit l’expression en la comprenant et en l’attribuant à Dieu, en disant : « le ciel de ton Dieu », là c’est une mécréance, il n’y a pas de détail dans ce cas-là parce qu’il se sera moqué de Dieu, il aura rabaissé Dieu. Mais s’il dit : « samaka » qui signifie littéralement « ton ciel », dans ce cas-là, son jugement dépend de sa compréhension, s’il comprend par le mot « sama » le lieu de résidence des anges et qu’il maudit ce lieu de résidence des anges, il devient mécréant, parce que Allah a fait du ciel la qiblah -la direction- des invocations -dou^ah- et la provenance des miséricordes, c’est-à-dire que les miséricordes et les bénédictions nous parviennent du ciel, et donc Allah a magnifié le ciel. Mais s’il comprend par : « samaka » : « le toit de ta maison », c’est-à-dire : « ce qui t’abrite toi» ou bien : « cet espace qui est au-dessus de toi », alors dans ce cas-là, il ne devient pas mécréant.
Informations utiles :
Le Chaykh a dit : si quelqu’un était malade et qu’il a eu les deux reins qui étaient hors d’état de fonctionnés, et qu’un autre étant en bonne santé voulait lui donner un rein -c’est-à-dire que celui qui veut donner est vivant et celui qui reçoit est vivant- si celui qui donne ne subit pas de nuisance mais va simplement ressentir des douleurs et que l’autre ne peut pas vivre sauf si on lui donne un rein, alors il est permis qu’il lui donne. Mais ce n’est pas un prélèvement du corps d’un musulman qui est mort, parce que le messager de Allah a dit :
كَسْرُ عَظْمِ الْمَيِّتِ كَكَسْرِهِ حَيَّا
ce qui signifie : « brisez l’os d’un mort est comme le lui briser lorsqu’il est vivant. »
Et si quelqu’un dit : « mais nous n’allons pas casser les os du mort musulman, nous allons juste ouvrir», la réponse est : « cela revient à ne pas respecter le musulman en lui ouvrant le corps lorsqu’il est mort, et manquer au respect dû au musulman qui est mort est quelque chose d’interdit. »
Autre information utile :
at-Tabaraniyy a rapporté dans al-mou^jam al-awsat un hadith, il a dit : le messager de Allah a dit :
أَلَا أُعَلِّمُكُمُ الْكَلِمَاتِ الَّتِي تَكَلَّمَ بِهَا مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ حِينَ جَاوَزَ الْبَحْرَ بِبَنِي إِسْرَائِيلَ ؟
ce qui signifie : « voulez-vous que je vous enseigne les paroles que Moussa avait dites quand il a dépassé la mer avec les fils d’Israël ? »
فَقُلْنَا : بَلَى، يَا رَسُولَ اللهِ
Nous avons alors répondu : « bien sûr ô messager de Allah »
قَالَ : قُولُوا : اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ، وَإِلَيْكَ الْمُشْتَكَى، وَأَنْتَ الْمُسْتَعَانُ، وَلَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللهِ الْعَلِيِّ الْعَظِيمِ
ce qui signifie : « dites : ô Allah, à Toi la louange, à Toi nous nous plaignions, c’est Ton aide que nous recherchons, il n’est de protection et de force que par Allah al-^Aliyy al-^Adhim. »
Le compagnon qui a rapporté s’appelle al-A^mach, et a dit : « je n’ai jamais cesser de dire ces phrases depuis que je les ai entendus de chaqiq. »
Et chaqiq a dit : « je n’ai jamais cessé de répéter ces paroles depuis que j’ai entendu ce hadith de ^Abdou l-Lah. »
Et ^Abdou l-Lah a dit : « je n’ai pas cesser de les dire depuis que j’ai entendu ces paroles de la bouche du messager de Allah. »
Et al-A^mach a dit : « j’ai vu dans le rêve quelqu’un qui me disait : « ô Souleymane, ajoutes à ces paroles :
وَنَسْتَعِينُكَ عَلَى فَسَادٍ هُوَ فِينَا، وَنَسْأَلُكَ صَلَاحَ أَمْرِنَا كُلِّه
ce qui signifie : « et nous demandons Allah de nous aider à corriger la corruption qui est en nous, et nous Te demandons de corriger notre état tout entier»
huitième cours Charh al-qawim donné par Chaykh Ismael le mardi 2 mars 2021. Page 54 à 59 du livre Charh al-qawim édition 2022.
وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا إِذَا فَهِمَ الْعَجْزَ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ، أَمَّا إِذا َكَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ أَنَّ اللَّهَ يَكْرَهُهُ فَلا يَكْفُرُ.
Et devient mécréant celui qui dit : « Allah la yatahammalou foulan » qui signifie : « Allah ne supporte pas untel » et il en comprend que cela implique une incapacité au sujet de Dieu ou que Allah serait dérangé par cette personne. Néanmoins, s’il comprend de cette expression que Allah ne l’agrée pas, alors il ne devient pas mécréant.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا فَحُكْمُهُ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ، فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا نِسْبَةَ الْعَجْزِ إِلَى اللَّهِ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ وَيَحْصُلُ لَهُ انْفِعَالٌ يَكْفُرُ، أَمَّا إِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ أَنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ هَذَا الإِنْسَانَ لِفِسْقِهِ وَإِنْ كَانَ مُسْلِمًا فَلا يَكْفُرُ.
Commentaire : le jugement de celui qui dit : « Allah la yatahammalou foulan » dépend de ce qu’il comprend de cette expression. S’il comprend de cette expression l’attribution de l’incapacité à Allah ou le fait que Allah serait dérangé par cette personne, c’est-à-dire que Dieu serait dérangé de cette personne, alors il devient mécréant, que Dieu nous en préserve. Mais s’il comprend de cette expression que Allah n’agrée pas cette personne, parce que c’est une personne qui commet les grands péchés, même s’il est musulman, alors s’il comprend ce sens-là de cette parole en arabe, alors il ne devient pas mécréant.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: يَلْعَنْ سَمَاءَ رَبِّكَ، لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et devient mécréant celui qui dit : « que soit maudit le ciel de ton Dieu » car il a ainsi blasphème à l’égard de Allah.
الشَّرْحُ إِنَّمَا يَكْفُرُ قَائِلُ هَذِهِ الْعِبَارَةِ لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى، وَأَمَّا الَّذِي يَقُولُ يَلْعَنْ سَمَاكَ فَهَذَا يُحْكَمُ عَلَيْهِ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا السَّمَاءَ الَّتِي هِيَ مَسْكَنُ الْمَلائِكَةِ كَفَرَ لِأَنَّ اللَّهَ جَعَلَهَا قِبْلَةَ الدُّعَاءِ وَمَهْبِطَ الرَّحَمَاتِ وَالْبَرَكَاتِ فَعَظَّمَ شَأْنَهَا، وَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا سَقْفَ الْبَيْتِ أَوِ الْفَرَاغَ الَّذِي يَلِي مَوْضِعَ إِقَامَةِ هَذَا الشَّخْصِ فَلا يَكْفُرُ.
Commentaire : devient mécréant celui qui dit cette expression : « sois maudit le ciel de ton Seigneur » parce qu’il se sera moqué de Dieu, il aura rabaissé Dieu. Mais le jugement de celui qui dit cette parole : « yal^an samak », son jugement sera en fonction de ce qu’il comprend de cette expression. Si dans cette expression, il comprend : « as-sama’ » par « le ciel » qui est le lieu de résidence des anges, alors il devient mécréant, parce que Allah a fait que le ciel soit la direction des invocations, et c’est également du ciel que descendent les miséricordes et les bénédictions. Allah a ainsi élevé le rang du ciel. Mais s’il comprend de cette expression, le toit de la maison, parce qu’en arabe ce terme peut avoir le sens du toit de la maison, ou encore, s’il comprend de cette expression cet espace qui est au-dessus de la personne, alors, dans ce sens-là il ne devient pas mécréant.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ مَنْ يُسَمِّي الْمَعَابِدَ الدِّينِيَّةَ لِلْكُفَّارِ »بُيُوتَ اللَّهِ«، وَأَمَّا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿وَلَوْلا دَفْعُ اللَّهِ النَّاسَ بَعْضَهُمْ بِبَعْضٍ لَّهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِدُ﴾ [سُورَةَ الْحَج/40] فَالْمُرَادُ بِهِ مَعَابِدُ الْيَهُودِ وَالنَّصَارَى لَمَّا كَانُوا عَلَى الإِسْلامِ لِأَنَّهَا كَمَسَاجِدِ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ حَيْثُ إِنَّ الْكُلَّ بُنِيَ لِتَوْحِيدِ اللَّهِ وَتَمْجِيدِهِ لا لِعِبَادَةِ غَيْرِ اللَّهِ فَقَدْ سَمَّى اللَّهُ الْمَسْجِدَ الأَقْصَى مَسْجِدًا وَهُوَ لَيْسَ مِنْ بِنَاءِ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ. فَلْيَتَّقِ اللَّهَ امْرُؤٌ وَلْيَحْذَرْ أَنْ يُسَمِّيَ مَا بُنِيَ لِلشِّرْكِ بُيُوتَ اللَّهِ وَمَنْ لَمْ يَتَّقِ اللَّهَ قَالَ مَا شَاءَ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même sort de l’Islam celui qui nomme les lieux de culte des mécréants « maison de Dieu », parce que les lieux de culte de mécréance sont des lieux où est adoré autre que Dieu, dans lesquels ils attribuent des associés à Dieu ou ils attribuent à Dieu ce dont Il est exempt. Quant à la parole de Allah dans sourate al-Hajj verset 40 :
﴿وَلَوْلا دَفْعُ اللَّهِ النَّاسَ بَعْضَهُمْ بِبَعْضٍ لَّهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِدُ﴾
qui signifie : « si Allah n’avait pas empêché les hommes de se nuire les uns aux autres, des sawami^, des biya^, des salawat et des masadjid auraient été démolies », il s’agit des lieux d’adorations des gens de la communauté de Moussa et des gens de la communauté de ^Iça lorsqu’ils suivaient l’Islam, car ces lieux ont le statut des mosquées de la communauté de Mouhammed, que Allah l’honore et l’élève davantage en degré. En effet, à l’époque de ces prophètes, ces lieux d’adorations ont été bâtis pour adorer Allah uniquement, pour Le glorifier, et non pas pour adorer autre chose que Lui. Allah a nommé la mosquée al-aqsa « masdjid » bien qu’elle n’ait pas été construite par la communauté de Mouhammed. Que tout un chacun craigne donc Allah et se garde d’appeler « maison de Dieu » ce qui a été édifié pour pratiquer l’association -le shirk-, et celui qui ne craint pas Allah dira ce qu’il veut, que Dieu nous en préserve.
الشَّرْحُ جَعَلَ اللَّهُ تَعَالَى الْحُكَّامَ يَدْفَعُونَ الأَذَى وَالضَّرَرَ فَأَقَامَهُمُ اللَّهُ لِذَلِكَ فَصَارَ بِهِمُ الأَمَانُ وَلَوْلا ذَلِكَ لَهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ لِلنَّصَارَى الْمُسْلِمِينَ الَّذِينَ كَانُوا عَلَى شَرِيعَةِ الْمَسِيحِ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِدُ.
Commentaire : Dieu a fait que les gouverneurs repoussent la nuisance et le mal, c’est pour cela qu’Il a fait qu’il y ait des gouverneurs et c’est par leurs causes qu’il y a eu une sécurité, et s’il n’y avait eu ces gouverneurs, il y aurait des sawami^ et des biya^ qui auraient été détruites. Les sawami^ et les biya^ sont les lieux que les nasara musulmans, ceux qui étaient sur la loi de ^Iça al-Massih prenaient comme lieu d’adoration de Dieu, et également des salawat et des mosquées.
وَالصَّوَامِعُ جَمْعُ صَوْمَعَةٍ وَهِيَ أَبْنِيَةٌ مُحَدَّبَةُ الرُّءُوسِ تُبْنَى عَلَى أَمَاكِنَ مُرْتَفِعَةٍ يَتَعَبَّدُ فِيهَا الرَّاهِبُ، وَاسِعَةُ الأَسْفَلِ ضَيِّقَةُ الأَعْلَى
Le mot « sawami^ » est un pluriel de « sawma^ah », et sawma^ah est une sorte de construction arrondie par en haut qui est construite dans des endroits élevés où des ermites se consacraient à l’adoration de Dieu. Leur base est large et ça devient étroit en haut.
وَالْبِيَعُ جَمْعُ بِيعَةٍ وَهِيَ الأَمَاكِنُ الَّتِي كَانَ يَتَعَبَّدُ فِيهَا النَّصَارَى قَبْلَ أَنْ يَكْفُرُوا
Et al-biya^, est le pluriel de bi^ah, ce sont les endroits où les nasara adoraient Dieu avant qu’ils ne deviennent mécréants.
وَالصَّلَوَاتُ يُقَالُ لِلْوَاحِدَةِ مِنْهَا صَلُوتَا – وَهِيَ لُغَةٌ عِبْرِيَّةٌ كَمَا فِي كِتَابِ الْقَامُوسِ الْمُحِيطِ –
Et le mot « salawat » est un pluriel de « salouta » qui est en hébreux, tout comme cela est indiqué dans le livre al-qamouss al-mouhit.
وَالصَّلَوَاتُ هِيَ الأَمَاكِنُ الَّتِي كَانَتِ الْيَهُودُ تَتَعَبَّدُ فِيهَا قَبْلَ أَنْ يَكْفُرُوا بِتَكْذِيبِهِمُ الْمَسِيحَ فَإِنَّهُمْ قَبْلَ ذَلِكَ كَانُوا مُسْلِمِينَ عَلَى شَرِيعَةِ التَّوْرَاةِ الأَصْلِيَّةِ قَبْلَ التَّحْرِيفِ
Et les salawat sont les endroits où les yahoud se consacraient à l’adoration avant de commettre la mécréance lorsqu’ils ont démenti Jésus, le fait qu’ils aient démentis un prophète les a fait sortir de l’Islam. Auparavant ils étaient musulmans, ils étaient sur la loi de la Torah d’origine avant sa falsification, maintenant elle est falsifiée.
وَالْمَسَاجِدُ الْمُرَادُ بِهَا فِي الآيَةِ مَسَاجِدُ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ
Concernant les masadjid, ce qui est visé dans ce verset, ce sont les mosquées de la communauté de Mouhammed.
وَكُلُّ هَذِهِ مَسَاجِدُ، إِلَّا الصَّوَامِعَ يَبْنِيهَا شَخْصٌ وَاحِدٌ عَلَى التِّلالِ وَيَقْصِدُونَ بِذَلِكَ التَّفَرُّغَ لِعِبَادَةِ اللَّهِ كَخَلَوَاتِ الصُّوفِيَّةِ عِنْدَنَا
Et tout ce qui a été cité sont des mosquées, c’est-à-dire les biya^, les salawat et les masadjid sont des mosquées, exceptés les sawami^, les sawami^ sont les ermitages, c’est ce qu’une seule personne construit sur les hauteurs, sur les collines et il cherche par cela le fait de se consacrer totalement à l’adoration de Allah, à l’image des khalawat des soufiyy dans la communauté de notre maitre Mouhammed.
قَالَ تَعَالَى: ﴿سُبْحَانَ الَّذِي أَسْرَى بِعَبْدِهِ لَيْلًا مِّنَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ إِلَى الْمَسْجِدِ الأَقْصَى﴾ [سُورَةَ الإِسْرَاء/1] فَاللَّهُ سَمَّاهُ الْمَسْجِدَ الأَقْصَى مَعَ أَنَّهُ لَيْسَ مِنْ بِنَاءِ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ فَقَدْ بَنَاهُ سَيِّدُنَا ءَادَمُ ثُمَّ جُدِّدَ بِنَاؤُهُ عِدَّةَ مَرَّاتٍ.
Ainsi, Dieu dit dans sourate al-‘isra’ verset 1 :
﴿سُبْحَانَ الَّذِي أَسْرَى بِعَبْدِهِ لَيْلًا مِّنَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ إِلَى الْمَسْجِدِ الأَقْصَى﴾
ce qui signifie : « Il est exempt d’imperfection Celui Qui a fait voyager de nuit Son esclave depuis la mosquée al-haram jusqu’à la mosquée al-‘aqsa. » Allah l’a appelé « la mosquée al-‘aqsa » bien qu’elle n’ait pas été construite par la communauté de Mouhammed, c’était notre maitre ‘Adam qui l’avait construite, puis elle a été reconstruite à plusieurs reprises.
وَلْيُعْلَمْ أَنَّ قَوْلَ:وَمَنْ لَمْ يَتَّقِ اللَّهَ قَالَ مَا شَاءَ لَيْسَ فِيهِ الرِّضَى لِلْكَافِرِ بِكُفْرِهِ،
Que l’on sache que la parole de l’auteur : « celui qui ne craint pas Dieu, qu’il dise ce qu’il veut » ne veut pas dire que ça serait un encouragement aux mécréants pour dire de la mécréance, il n’y a pas de satisfaction de la mécréance du mécréant par cela.
فَإِنَّ مَنْ يَقُولُ لِكَافِرٍ مُتَهَكِّمًا بِهِ مُسْتَهْزِءًا سَاخِرًا بِهِ بَعْدَمَا يَنْصَحُهُ فَيَجِدُهُ مُعَانِدًا: إِنْ شِئْتَ اكْفُرْ
لا يُكَفَّرُ، وَلَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّهُ يَعْرِضُ عَلَيْهِ الْكُفْرَ، بَلْ هَذَا إِنْكَارٌ فِي الْحَقِيقَةِ وَزَجْرٌ لَيْسَ أَمْرًا لَهُ بِالْكُفْرِ
Celui qui dit à un mécréant de manière ironique, il le dit pour se moquer de lui après lui avoir donné le conseil, et il constate que c’est quelqu’un de têtu, s’il lui dit : « si tu veux restes mécréant » ou bien : « mécrois » celui qui dit cela ne devient pas mécréant, et ça ne veut pas dire qu’il lui propose de commettre de la mécréance, mais en réalité c’est un reproche, c’est un blâme, c’est une réprimande, ce n’est pas un ordre pour lui de commettre de la mécréance.
وَمَعْنَاهُ إِنْ كَفَرْتَ أَنْتَ مَاذَا تَضُرُّنِي فِي الآخِرَةِ أَنْتَ تَضُرُّ نَفْسَكَ إِذَا كَفَرْتَ بِكُفْرِكَ هَذَا
Et la signification est : « si toi tu es mécréant, en quoi cela va-t-il me porter préjudice dans l’au-delà ? En réalité, si tu es mécréant tu ne fais que nuire à toi-même par ta mécréance. »
وَالدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ قَوْلُ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى فِي سُورَةِ الْكَهْفِ: ﴿فَمَنْ شَاءَفَلْيُؤْمِنْ وَمَنْ شَاءَ فَلْيَكْفُرْ إِنَّا أَعْتَدْنَا لِلظَّالِمِينَ نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾ فَإِنَّهُ تَهْدِيدٌ وَلَيْسَ تَرْخِيصًا لِمَنْ شَاءَ أَنْ يَكْفُرَ فِي الْكُفْرِ.
Et la preuve à cela c’est le verset 29 de sourat al-kahf dans lequel Dieu dit :
﴿فَمَنْ شَاءَفَلْيُؤْمِنْ وَمَنْ شَاءَ فَلْيَكْفُرْ إِنَّا أَعْتَدْنَا لِلظَّالِمِينَ نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾
Dans ce verset, il y a une menace et non pas une autorisation à qui le voudrait de rester dans la mécréance ou de commettre de la mécréance.
فَلا وَجْهَ لِقَوْلِ بَعْضِ الْمُلْحِدِينَ الْمُحَرِّفِينَ إِنَّ هَذِهِ الآيَةَ فِيهَا حُرِّيَّةُ الْفِكْرِ بِمَعْنَى أَنَّ الإِنْسَانَ لَهُ أَنْ يَخْتَارَ الإِسْلامَ أَوْ غَيْرَهُ،
Il n’y a donc pas lieu de justifier ou d’accepter la parole de certains athées déviés qui disent que ce verset comporte la liberté de croyance, dans le sens que l’homme pourrait choisir l’Islam ou autre chose.
وَمَعْنَى قَوْلِهِ تَعَالَى ﴿نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾ أَيْ أَنَّ الْكُفَّارَ مَحْفُوفُونَ فِي جَهَنَّمَ مِنْ جَمِيعِ الْجِهَاتِ.
Et le sens de la parole de Allah à la fin de ce verset de sourate al-kahf :
﴿نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾
est : « l’enfer entour les mécréants de toute part. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ مَنْ حَدَّثَ حَدِيثًا كَذِبًا وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ كَذِبٌ فَقَالَ: اللَّهُ شَهِيدٌ عَلَى مَا أَقُولُ بِقَصْدِ أَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ أَنَّ الأَمْرَ كَمَا قُلْتُ لِأَنَّهُ نَسَبَ الْجَهْلَ لِلَّهِ تَعَالَى لِأَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ أَنَّهُ كَاذِبٌ لَيْسَ صَادِقًا.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, sort de l’Islam celui qui tient sciemment un propos mensonger, et dit : « Allah est témoin de ce que je dis » en visant que Allah saurait qu’il en est tel qu’il le dit, ceci, du fait qu’il ait attribué l’ignorance à Allah ta^ala est de la mécréance, car Allah sait qu’il est menteur et non pas véridique.
الشَّرْحُ اللَّهُ يَعْلَمُ الْكَاذِبَ كَاذِبًا وَيَعْلَمُ الصَّادِقَ صَادِقًا، فَمَنْ قَالَ اللَّهُ شَهِيدٌ أَنِّي مَا عَمِلْتُ كَذَا وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ قَدْ عَمِلَ ذَلِكَ الشَّىْءَ يَكْفُرُ لِأَنَّهُ نَسَبَ الْجَهْلَ إِلَى اللَّهِ، وَأَمَّا إِنْ كَانَ نَاسِيًا أَنَّهُ عَمِلَ ذَلِكَ الشَّىْءَ فَقَالَ اللَّهُ شَهِيدٌ أَنِّي مَا عَمِلْتُ ذَلِكَ الشَّىْءَ فَلا يَكْفُرُ لِأَنَّهُ لَمْ يَنْسُبِ الْجَهْلَ إِلَى اللَّهِ.
Commentaire : Allah sait que le menteur est un menteur et que celui qui est véridique est véridique, donc celui qui dit : « Allah est témoin que je n’ai pas fait telle chose » alors qu’il sait pertinemment qu’il l’a faite, alors il devient mécréant parce qu’il aura attribué l’ignorance à Dieu. Cependant, s’il avait oublié qu’il avait fait cette chose, et qu’il disait : « Allah est témoin que je n’ai pas fait cette chose » alors il ne devient pas mécréant parce qu’il n’aura pas attribué l’ignorance à Allah.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ لا يَجُوزُ الْقَوْلُ: كُلُّ وَاحِدٍ عَلَى دِينِهِ اللَّهُ يُعِينُهُ بِقَصْدِ الدُّعَاءِ لِكُلٍّ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, il n’est pas permis de dire : « koullou wahidin ^ala dinihi Allahou you^inouhou » en visant l’invocation en faveur de tous.
الشَّرْحُ لِيُعْلَمْ أَنَّ الإِعَانَةَ مَعْنَاهَا التَّمْكِينُ وَالإِقْدَارُ وَلَيْسَ الرِّضَا كَمَا يَتَوَهَّمُ بَعْضُ النَّاسِ، فَاللَّهُ تَعَالَى هُوَ الَّذِي أَعَانَ الْمُؤْمِنَ عَلَى إِيـمَانِهِ وَالْكَافِرَ عَلَى كُفْرِهِ،
Commentaire : que l’on sache que l’aide ici signifie de donner la capacité -de rendre capable de- l’aide n’est pas une acceptation, une satisfaction tout comme se sont donnés pour illusion certaines personnes. C’est donc Allah Qui a aidé le croyant pour sa foi, et le mécréant pour sa mécréance.
N’est-ce pas que c’est Allah Qui a créé les organes que le mécréant utilise dans sa mécréance ? Bien sûr.
وَمِمَّنْ صَرَّحَ بِهَذَا التَّعْبِيرِ الإِمَامُ مُحَمَّدُ الأَمِيرُ الْمَالِكِيُّ وَهُوَ مِنْ مَشَاهِيرِ عُلَمَاءِ الْقَرْنِ الثَّانِي عَشَرَ الْهِجْرِيِّ وَوَافَقَهُ عَلَيْهِ الشَّيْخُ مُحَمَّدُ عِلَيَّشٍ الْمَالِكِيُّ مُفْتِي الدِّيَارِ الْمِصْرِيَّةِ وَإِمَامُ الْحَرَمَيْنِ فِي كِتَابِهِ الإِرْشَادِ وَغَيْرُهُمْ
Parmi ceux qui ont déclaré explicitement cette expression, à savoir : « c’est Allah qui aide le musulman pour sa foi et le mécréant pour sa mécréance » il y a l’imam Mouhammed al-‘amir le malikiyy qui fait partie des plus célèbres des savants du douzième siècle de l’hégire, et le Chaykh Mouhammed ^ilayyach le malikiyy, le moufti d’Égypte a été d’accord avec lui, ainsi que l’imam des deux haram dans son livre al-‘irchad et autres qu’eux.
فَعُلِمَ مِنْ هَذَا أَنَّ الْمَسْئَلَةَ فِيهَا تَفْصِيلٌ فَمَنْ قَالَ هَذِهِ الْكَلِمَةَ بِقَصْدِ الدُّعَاءِ أَيِ الطَّلَبِ بِأَنْ يُعِينَ اللَّهُ الْكَافِرِينَ عَلَى الْكُفْرِ كَفَرَ لِأَنَّ فِيهِ الرِّضَا بِالْكُفْرِ لِلْغَيْرِ، وَأَمَّا إِذَا أَرَادَ الإِخْبَارَ فَلا يَكْفُرُ لِأَنَّ اللَّهَ هُوَ الَّذِي يَهْدِي مَنْ يَشَاءُ وَيُضِلُّ مَنْ يَشَاءُ وَلا يُسْأَلُ عَمَّا يَفْعَلُ لِأَنَّهُ لَيْسَ عَلَيْهِ مَحْكُومِيَّةٌ وَلا نَاهِيَ لَهُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَاهَا﴾ [سُورَةَ الشَّمْس/8].
Nous apprenons de là que la question comporte un détail, celui qui dit cette expression, à savoir qu’il dit : « chacun a sa religion, Dieu l’aide » si par cette parole il vise l’invocation, c’est-à-dire qu’il demande à Dieu qu’Il aide les mécréants à commettre de la mécréance, il devient mécréant dans cas-là, parce que c’est une acceptation de la mécréance pour autrui. Cependant, s’il ne voulait qu’informer, c’est-à-dire qu’il dit que Allah aide les mécréants dans leurs mécréances, il ne demande pas que Allah leur accorde davantage de capacité à commettre la mécréance, s’il ne fait qu’informer il ne devient pas mécréant, parce que Allah est Celui Qui guide qui Il veut et Il égare qui Il veut, et Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait, parce que Dieu n’est pas sujet à l’ordre ni à l’interdiction. Dieu dit dans sourate ach-chams verset 8 :
﴿فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَاهَا﴾
ce qui signifie : « c’est Lui qui inspire à l’âme sa perversité et sa piété », c’est Allah Qui crée les causes et Qui crée toute chose. Il y a donc une différence entre le fait d’informer, et le fait de demander.
Si quelqu’un ne fait qu’informer, il dit que c’est Allah qui aide le mécréant dans sa mécréance, il dit : « Allah l’aide », si c’est une information il ne devient pas mécréant, mais si c’est une demande, c’est-à-dire qu’il demande que Allah l’aide à commettre davantage de mécréance que ce qu’il fait, là c’est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Ainsi, dans certains cas, il y a des phrases qui peuvent admettre plusieurs sens, et il y a des phrases qui n’admettent qu’un seul sens, ici, c’est une phrase qui en arabe peut avoir plusieurs sens, et c’est selon le sens qu’avait visé celui qui a parlé, et ainsi est la règle dans ce cas.
وَمِمَّنْ قَالَ بِأَنَّ اللَّهَ يُعِينُ الْكَافِرَ عَلَى كُفْرِهِ الشَّيْخُ مُحَمَّدُ الْبَاقِرُ النَّقْشَبَنْدِيُّ، فَلا عِبْرَةَ بِإِنْكَارِ بَعْضِ الرَّعَاعِ الْمُدَّعِينَ لِلتَّصَوُّفِ الْمُنْتَسِبِينَ إِلَى النَّقْشَبَنْدِيَّةِ حَيْثُ أَنْكَرُوا عَلَيْنَا ذَلِكَ وَاسْتَعْظَمُوهُ وَذَلِكَ مِنْ فَرْطِ الْجَهْلِ، لِأَنَّ مَعْنَى الإِعَانَةِ التَّمْكِينُ
Parmi ceux qui ont dit que Allah aide le mécréant à sa mécréance, à commettre sa mécréance, il y a le Chaykh Mouhammed al-Baqir an-Naqchabandiyy, il n’y a donc pas de considération au reniement de certains du commun qui prétendent le tasawwouf et qui se réclament de la tariqah naqchabandiyyah, puisqu’ils ont renié cela, ils ont trouvé que c’était grave, mais ça ne reflète que leur extrême ignorance, parce que le sens de l’aide ici est le fait de donner la capacité, et c’est bien Allah Qui donne la capacité, c’est Dieu qui crée toute chose, mais ça ne veut pas dire qu’Il agrée, il y a une différence entre crée et agrée, Dieu a créé l’enfer et pour autant Il n’agrée pas l’enfer. Allah crée les actes du mécréant qui commet sa mécréance, mais Il n’agrée pas sa mécréance.
فَاللَّهُ تَعَالَى هُوَ الَّذِي يُمَكِّنُ الْمُؤْمِنَ مِنَ الإِيـمَانِ وَهُوَ الَّذِي يُقَدِّرُهُ عَلَى ذَلِكَ، وَهُوَ الَّذِي يُمَكِّنُ الْكَافِرَ مِنَ الْكُفْرِ لِأَنَّهُ هُوَ الَّذِي قَدَّرَهُ عَلَى أَنْ يَفْعَلَ الْكُفْرَ.
C’est donc Allah ta^ala Qui donne la capacité au croyant d’être croyant, et c’est Lui Qui donne la capacité pour le faire, et c’est Lui qui donne la capacité au mécréant d’être mécréant, parce que c’est Lui Qui donne la puissance de le faire.
فَالْحَاصِلُ أَنَّهُ يَصِحُّ اعْتِقَادُ أَنَّ اللَّهَ هُوَ يُعِينُ الْمُؤْمِنَ عَلَى الإِيـمَانِ وَفِعْلِ الصَّالِحَاتِ، وَأَنَّهُ هُوَ الَّذِي يُعِينُ الْكَافِرَ عَلَى الْكُفْرِ وَعَلَى الْمَعَاصِي.
Ainsi, il est valide de dire que c’est Allah qui aide le croyant pour la foi et pour les actes de vertus -les actes d’obéissances- et c’est Allah qui aide le mécréant à la mécréance et à la désobéissance.
وَأَمَّا الدُّعَاءُ لِلْكَافِرِ وَالْعَاصِي بِالْكُفْرِ وَالْمَعْصِيَةِ فَهَذَا لا يَجُوزُ، فَالأَوَّلُ أَيِ الدُّعَاءُ لِلْكَافِرِ بِالْكُفْرِ كُفْرٌ وَأَمَّا الدُّعَاءُ لِلْعَاصِي بِأَنْ يُمَكِّنَهُ اللَّهُ مِنْ تِلْكَ الْمَعْصِيَةِ فَذَلِكَ مَعْصِيَةٌ وَلَيْسَ كُفْرًا.
Quant au fait de faire une invocation pour que Allah permet au mécréant de faire la mécréance ou pour qu’Il lui permette de commettre un péché, cela n’est pas permis, cela est interdit. Le premier cas, c’est-à-dire de demander à Allah en faveur du mécréant pour qu’il commette la mécréance, c’est une mécréance. Tandis qu’invoquer Dieu pour le désobéissant, pour que Allah le facilite de commettre cette désobéissance, c’est un péché, mais ce n’est pas de la mécréance.
وَفِي قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿تُؤْتِي الْمُلْكَ مَنْ تَشَاءُ وَتَنْزِعُ الْمُلْكَ مِمَّنْ تَشَاءُ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/26] أَوْضَحُ دَلِيلٍ عَلَى أَنَّ اللَّهَ هُوَ الَّذِي أَعَانَ الْمُؤْمِنِينَ الَّذِينَ مَلَكُوا وَالْكُفَّارَ الَّذِينَ مَلَكُوا فَنُمْرُودُ وَفِرْعَوْنُ وَغَيْرُهُمَا مِنْ مُلُوكِ الْكُفْرِ الَّذِينَ أَفْسَدُوا فِي الأَرْضِ وَدَعَوُا النَّاسَ إِلَى الْكُفْرِ اللَّهُ تَعَالَى هُوَ الَّذِي أَعْطَاهُمْ هَذِهِ الْقُدْرَةَ فَهُوَ الَّذِي أَعَانَهُمْ عَلَى ذَلِكَ.
Et Dieu dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 26 :
﴿تُؤْتِي الْمُلْكَ مَنْ تَشَاءُ وَتَنْزِعُ الْمُلْكَ مِمَّنْ تَشَاءُ﴾
ce qui signifie : « Tu accordes la souveraineté à qui Tu veux, et Tu ôtes la souveraineté à qui Tu veux », ceci est la preuve la plus claire que c’est bien Allah Qui aide les croyants qui ont été souverains, et les mécréants qui ont été souverains. Ainsi, Noumroud, Pharaon et d’autres qu’eux parmi les rois des mécréants qui ont semé la corruption sur terre, ceux qui ont appelé les gens à la mécréance, c’est Allah Qui leur a octroyé cette capacité, c’est donc Allah qui les a aidés à commettre ce qu’ils ont commis.
وَأَمَّا قَوْلُ الشَّافِعِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ:
خَلَقْتَ الْعِبَادَ عَلَى مَا عَلِمْتَ فَفِي الْعِلْمِ يَجْرِي الْفَتَى وَالْمُسِنْ
عَلَى ذَا مَنَنْتَ وَهَذَا خَذَلْتَ وَهَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ
فِيهِ إِثْبَاتُ أَنَّ الْعِبَادَ يَجْرُونَ فِيمَا عَلِمَ اللَّهُ مِنْهُمْ، فَمَنْ عَلِمَ اللَّهُ مِنْهُ أَنَّهُ يُؤْمِنُ ءَامَنَ وَمَنْ عَلِمَ اللَّهُ مِنْهُ أَنَّهُ يَكْفُرُ كَفَرَ.
Quant à la parole de l’imam ach-Chafi^iyy que Dieu l’agrée :
خَلَقْتَ الْعِبَادَ عَلَى مَا عَلِمْتَ فَفِي الْعِلْمِ يَجْرِي الْفَتَى وَالْمُسِنْ
عَلَى ذَا مَنَنْتَ وَهَذَا خَذَلْتَ وَهَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ
qui signifie : « Tu as créé les esclaves conformément à ce que Tu as su, c’est donc conformément à la science que le jeune homme et le plus âgé seront évolués, à celui-ci Tu as fait grâce à cet autre Tu n’as pas fait, celui-ci Tu l’as aidé et cet autre Tu ne l’as pas aidé », il y a la confirmation que les esclaves évoluent conformément à ce que Allah a su d’eux. Ainsi, celui à propos duquel Allah a su qu’il sera croyant, il sera croyant, et celui à propos duquel Allah a su qu’il sera mécréant, il sera mécréant.
وَقَوْلُهُ وَهَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ مَعْنَاهُ هَذَا الَّذِي وَفَّقْتَهُ لِلْخَيْرِ أَعَنْتَهُ عَلَى الْخَيْرِ وَأَمَّا إِذَا لَمْ تُعِنْ أَيْ لَمْ تُعِنْهُ عَلَى الْخَيْرِ وَأَعَنْتَهُ عَلَى الشَّرِّ فَهَذَا لَمْ تُعِنْهُ عَلَى الْخَيْرِ وَلَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّ اللَّهَ لا يُعِينُ عَلَى الشَّرِّ.
Quant au dernier strophes du deuxième vers, quand ach-Chafi^iyy a dit :
وَ هَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ
qui signifie : « celui-ci Tu l’as aidé, cet autre Tu ne l’as pas aidé » « Tu l’as aidé » signifie : « Tu l’as aidé à faire le bien » et : « cet autre Tu ne l’as pas aidé » c’est-à-dire : « Tu ne l’as pas aidé à faire le bien, mais Tu l’as aidé à faire le mal », c’est-à-dire que Tu n’as pas aidé ce dernier à faire le bien, ça ne veut pas dire que Allah n’aide pas pour le mal, c’est-à-dire dans le sens de donner la capacité à le faire.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ مُعَمِّمًا كَلامَهُ: الْكَلْبُ أَحْسَنُ مِنْ بَنِي ءَادَمَ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui dit en généralisant son propos : « les chiens sont meilleurs que les fils de ‘Adam. »
Il devient mécréant parce qu’il aura contredit le Qour’an, parmi les fils de ‘Adam il y a des prophètes et les prophètes sont meilleurs que les chiens, ils sont meilleurs que le reste des humains.
الشَّرْحُ هَذَا اللَّفْظُ لَفْظٌ عَامٌّ يُؤَدِّي إِلَى تَكْذِيبِ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿وَلَقَدْ كَرَّمْنَا بَنِي ءادَمَ﴾ [سُورَةَ الإِسْرَاء/70]، وَأَمَّا إِنْ كَانَ هَذَا الشَّخْصُ فِي كَلامِهِ قَرِينَةٌ تَدُلُّ عَلَى أَنَّهُ أَحْسَنُ مِنَ الشَّخْصِ الْمُخَاطَبِ فِي بَعْضِ الْخِصَالِ كَالْوَفَاءِ لِصَاحِبِهِ الَّذِي يَرْعَاهُ فَلا يَكْفُرُ.
Commentaire : cette expression est une expression générale, et comme elle est générale elle entraine à démentir la parole de Allah dans sourate al’isra’ verset 70 :
وَلَقَدْ كَرَّمْنَا بَنِىٓ ءَادَمَ
qui signifie : « Nous avons honorés les fils de ‘Adam. » Quant à la personne qui prodigue une telle parole, s’il y a dans son contexte une indication qui prouve qu’en fait il visait que le chien était meilleur que la personne avec laquelle il est en train de discuter dans certaines caractéristiques, comme la fidélité envers son propriétaire qui veille sur lui, alors s’il y a une indication qui restreint sa parole dans le cours de la conversation, alors il ne devient pas mécréant, parce que même si la portée de la phrase était générale, par la cause de la restriction elle ne l’est plus.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: أَوْ مَنْ يَقُولُ الْعَرَبُ جَرَبٌ، أَمَّا إِذَا خَصَّصَ كَلامَهُ لَفْظًا أَوْ بِقَرِينَةِ الْحَالِ كَقَوْلِهِ الْيَوْمَ الْعَرَبُ فَسَدُوا ثُمَّ قَالَ الْعَرَبُ جَرَبٌ فَلا يَكْفُرُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui dit : « les arabes sont tels de la galle. » Cependant, s’il restreint son propos par une expression ou un contexte en disant par exemple : « aujourd’hui les arabes sont corrompus » puis il continue et dit par exemple : « les arabes sont de la galle », dans ce cas-là, il ne devient pas mécréant, parce qu’il y a cette indication qui indique qu’il ne généralisait pas.
الشَّرْحُ يَكْفُرُ مَنْ قَالَ هَذِهِ الْكَلِمَةَ مَعَ التَّعْمِيمِ لِأَنَّ كَلامَهُ هَذَا شَمَلَ الأَنْبِيَاءَ وَغَيْرَهُمُ.
Commentaire : devient mécréant celui qui dit cette parole en généralisant, parce que cette parole englobe les prophètes et autres que les prophètes.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يُسَمِّي الشَّيْطَانَ بِـ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ لا إِنْ ذَكَرَ الْبَسْمَلَةَ بِنِيَّةِ التَّعَوُّذِ بِاللَّهِ مِنْ شَرِّهِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui nomme Satan :
بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمـَنِ الرَّحِيمِ
mais il ne devient pas mécréant s’il recite la basmalah dans l’intention que Allah le protège de son mal.
الشَّرْحُ هَذِهِ الْكَلِمَةُ الشَّرِيفَةُ مَنْ جَعَلَهَا عِبَارَةً عَنِ الشَّيْطَانِ يَكْفُرُ، وَأَمَّا مَنْ قَالَ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ عِنْدَ إِرَادَةِ ذِكْرِ الشَّيْطَانِ بِنِيَّةِ التَّعَوُّذِ بِاللَّهِ مِنْ شَرِّهِ كَأَنَّهُ يُرِيدُ الشَّيْطَانُ يَحْفَظُنَا اللَّهُ مِنْ شَرِّهِ بِبَرَكَةِ الْبَسْمَلَةِ فَلا يَكْفُرُ.
Commentaire : celui qui utilise cette parole honorable qui est la basmalah comme si c’était le nom du shaytan, il devient mécréant. Quant à celui qui dit la basmalah lorsqu’il veut mentionner le shaytan dans l’intention de rechercher la préservation par Allah contre son mal, comme s’il voulait dire : « le shaytan, que Allah nous préserve de son mal par la barakah -la bénédiction- de la basmalah », dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.
وَهَذَا يَجْرِي عَلَى أَلْسِنَةِ كَثِيرٍ مِنَ الْعَوَامِّ عَلَى وَجْهٍ يُوهِمُ أَنَّ الشَّيْطَانَ هُوَ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ.
Et malheureusement ceci est une parole qui provient de nombreuses personnes du commun d’une manière qui laisse croire que le shaytan serait :
بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمـَنِ الرَّحِيمِ
que la personne fasse attention et n’utilise pas les paroles à tort et à travers.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَهُنَاكَ بَعْضُ الشُّعَرَاءِ وَالْكُتَّابِ يَكْتُبُ كَلِمَاتٍ كُفْرِيَّةً كَمَا كَتَبَ أَحَدُهُمْ هَرَبَ اللَّهُ فَهَذَا مِنْ سُوءِ الأَدَبِ مَعَ اللَّهِ الْمُوقِعِ فِي الْكُفْرِ وَقَدْ قَالَ الْقَاضِي عِيَاضٌ فِي كِتَابِهِ الشِّفَا: لا خِلافَ أَنَّ سَابَّ اللَّهِ تَعَالَى مِنَ الْمُسْلِمِينَ كَافِرٌ اهـ
وَيَكْفُرُ مَنْ يَسْتَحْسِنُ هَذِهِ الأَقْوَالَ وَالْعِبَارَاتِ وَمَا أَكْثَرَ انْتِشَارَهَا فِي مُؤَلَّفَاتٍ عَدِيدَةٍ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et malheureusement, il y a beaucoup d’auteurs qui utilisent des paroles de mécréances comme l’un d’entre eux qui a écrit : « Dieu s’est enfuit », ceci est un manque de respect à l’égard de Allah qui fait tomber dans la mécréance. Et dans son livre ach-chifa, le qadi ^Iyad a dit : « il n’y a pas de divergence du fait que celui qui était musulman puis qui insulte Allah devient mécréant. » que Dieu nous en préserve. Et de même, devient mécréant celui qui apprécie de telles paroles et de telles expressions, et combien elles sont nombreuses dans beaucoup d’ouvrages.
الشَّرْحُ أَنَّ قَائِلَ كَلِمَةِ هَرَبَ اللَّهُ كَفَرَ لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ وَنَسَبَ إِلَيْهِ التَّحَيُّزَ فِي الْمَكَانِ وَالْحَرَكَةَ وَالْفِرَارَ، وَمَا قَالَهُ الْقَاضِي عِيَاضٌ فِي كِتَابِ الشِّفَا دَلِيلٌ عَلَى كُفْرِ مَنْ قَالَ مِثْلَ هَذِهِ الأَلْفَاظِ الشَّنِيعَةِ بِاتِّفَاقِ الْعُلَمَاءِ.
Commentaire : celui qui dit cette phrase, : « Dieu s’est enfuit », devient mécréant parce qu’il se sera moqué de Dieu, il aura attribué à Dieu le fait de se situer dans un endroit, de bouger, de s’enfuir, or tous les musulmans ont pour croyance que Allah est exempt de la direction, Il est exempt de l’emplacement, Il est exempt de l’endroit, Dieu existe sans endroit ni direction et Il n’est pas un corps, Dieu est donc exempt du mouvement et de l’immobilité et de la fuite. Et dans son livre ach-chifa, le qadi ^Iyad a dit : « ceci est une preuve de la mécréance de ceux qui disent de telles paroles abominables par accord des savants. »
Informations utiles :
Le Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « c’est une innovation que de se laver la tête dans le woudou’, il n’aura pas de récompense. » Lors du woudou’, nous passons la main mouillée sur la tête, mais celui qui lave la tête au lieu de seulement passer la main dessus aura commis une innovation, il n’aura pas de récompense.
Et dans le hadith :
أَيُّمَا امْرَأَةٍ خَرَجَتْ مِنْ بَيْتِهَا مُتَعَطِرَةً وَ مَرَّتْ بِقَوْمٍ لِيَجِدُوا رِيـحَهَا فَهِيَ زَانِيَة
qui signifie : « toute femme qui sort de chez elle parfumée et qui passe auprès de gens afin qu’ils sentent son parfum, elle a fait un des péchés qui sont des préliminaires à la fornication », le « li » de « liyajidou -afin- » n’est pas le « lam » de la conséquence. Ibnou Sam^aniyy, le spécialiste des fondements a dit : le « lam » de al-^aqibah -le lam des conséquences- est quelque chose qui est utilisé au sens figuré. Et donc nous pouvons expliquer un tel « lam » comme étant un lam de « ^aqibah » que s’il y a une preuve puisque ce n’est pas le sens propre, c’est le sens figuré. Le lam de la conséquence ne vient que dans le majaz -dans le sens figuré- or, on n’explique un texte par le sens figuré -un majaz- que s’il y a une indication, mais s’il n’y en a pas, on l’explique par le sens propre par défaut. ‘Asma’ la fille de ^Oumays que Dieu l’agrée était venu voir ^A’ichah que Dieu l’agrée, et le Messager de Allah lorsqu’il est entré a senti l’odeur du parfum, et il a dit :
لَا يَنْبَغِي لِلْمَرْأَةِ أَنْ تَتَطَيَّبَ إِلَّا عِنْدَ زَوْجِهَا
ce qui signifie : « il ne convient pas à une femme de se parfumer pour autre que son mari, sauf si elle est en présence de son mari pour son mari. » Et donc, il ne lui a pas dit que c’est interdit qu’elle se soit parfumée. Ainsi, si une femme sorte parfumée de chez elle, et que son objectif n’était pas d’entrainer les hommes et les tentés au péché, non, dans ce cas-là, ce que l’on dit à son sujet c’est qu’elle a commis quelque chose de déconseiller, c’est-à-dire que si elle évitait cela elle aura des récompenses, mais si elle le fait elle ne mérite pas d’être châtier.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَسُوءُ الأَدَبِ مَعَ الرَّسُولِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِالِاسْتِهْزَاءِ بِحَالٍ مِنْ أَحْوَالِهِ أَوْ بِعَمَلٍ مِنْ أَعْمَالِهِ كُفْرٌ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ne pas respecter le Messager en se moquant d’une de ses attitudes ou en se moquant d’une de ses actions ou en se moquant de lui est une mécréance.
الشَّرْحُ مَنِ اسْتَهْزَأَ بِنَبِيٍّ مِنَ الأَنْبِيَاءِ بِحَالٍ مِنْ أَحْوَالِهِ أَوْ بِعَمَلٍ مِنْ أَعْمَالِهِ كَفَرَ وَذَلِكَ كَالَّذِي يَسْتَهْزِئُ بِلُبْسِ الْعِمَامَةِ وَلُبْسِ الْقَمِيصِ أَيْ مَا يُعْرَفُ عِنْدَ النَّاسِ الْيَوْمَ بِالْجَلَّابِيَّةِ، أَوْ يَسْتَهْزِئُ بِاسْتِعْمَالِ السِّوَاكِ مَعَ عِلْمِهِ أَنَّ النَّبِيَّ فَعَلَ ذَلِكَ وَمَدَحَهُ، أَوْ يَسْتَهْزِئُ بِرَوَاتِبِ الصَّلَوَاتِ أَوْ قِيَامِ اللَّيْلِ أَوْ صِيَامِ النَّفْلِ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ مِمَّا وَرَدَ عَنِ النَّبِيِّ أَنَّهُ فَعَلَهُ وَمَدَحَهُ كَإِعْفَاءِ اللِّحْيَةِ وَنَحْوِهِ.
Commentaire : celui qui se moque d’un des prophètes de Allah, il se moque de l’un de ses états ou d’une de ses œuvres, il devient mécréant, c’est le cas par exemple de celui qui se moque du fait de porter un turban ou du fait de porter une tunique longue, ou encore celui qui se moque du siwak -du bâtonnet avec lequel on se nettoie les dents- alors qu’il sait que le prophète l’avait fait, et non seulement il l’avait fait mais en plus il en a fait l’éloge, ou encore celui qui se moque des prières régulières surérogatoires que l’on accompli régulièrement avant ou après les prières obligatoires, ou qui se moque des veillées de nuit, c’est-à-dire qu’il se moque des prières que l’on accompli au milieu de la nuit qui sont des prières surérogatoires, ou celui qui se moque des jeûnes surérogatoires ou autre que cela parmi les choses qui nous ont été rapportés du Messager de Allah, il nous a été rapporté que le prophète l’avait faite et qu’il avait fait l’éloge de ces choses, comme de se laisser pousser la barbe et ce qui est de cet ordre. Celui qui se moque de cela tout en ayant connaissance que le prophète a fait l’éloge ou a commise cette chose-là, il devient mécréant, que Dieu nous en préserve.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالِاسْتِهْزَاءُ بِمَا كُتِبَ فِيهِ شَىْءٌ مِنَ الْقُرْءَانِ الْكَرِيْمِ، أَوِ الأَنْبِيَاءِ عَلَيْهِمُ السَّلامُ، أَوِ بِشَعَائِرِ الإِسْلامِ أَوْ بِحُكْمٍ مِنْ أَحْكَامِ اللَّهِ تَعَالَى كُفْرٌ قَطْعًا.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même se moquer de ce qui relève de l’honorable Qour’an, des prophètes, des emblèmes de l’Islam ou d’une des lois de Allah ta^ala constitue une mécréance de façon absolue.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنِ اسْتَهْزَأَ وَلَوْ بِآيَةٍ وَاحِدَةٍ مِنَ الْقُرْءَانِ فَقَدْ كَفَرَ، وَكَذَا لَوْ زَادَ حَرْفًا فِي الْقُرْءَانِ عِنَادًا أَوْ جَحَدَ حَرْفًا مِنْهُ مَعَ عِلْمِهِ أَنَّهُ مِنْهُ
Commentaire : celui qui se moque ne serai ce que d’un seul verset du Qour’an devient mécréant, de même, celui qui rajoute une lettre dans le Qour’an par entêtement, c’est-à-dire qu’il sait que cette lettre ne fait pas partie du Qour’an mais il la rajoute, ou au contraire il renie une lettre du Qour’an tout en sachant qu’elle en fait partie.
وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنِ اسْتَهْزَأَ بِنَبِيٍّ مِنْ أَنْبِيَاءِ اللَّهِ بِأَنْ نَسَبَ إِلَيْهِ الْقَبَائِحَ وَالرَّذَائِلَ كَالَّذِي يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا ءَادَمَ يُشْبِهُ الْقُرُودَ، أَوْ يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا يُوسُفَ إِنَّهُ قَصَدَ الزِّنَى أَيْ نَوَى، أَوْ يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا مُوسَى إِنَّهُ عَصَبِيُّ الْمِزَاجِ بِمَعْنَى سَيِّءِ الْخُلُقِ، أَوْ يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ نِسْوَنْجِي وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ، وَأَمَّا الَّذِي يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا مُوسَى إِنَّهُ كَانَ فِيهِ حِدَّةٌ فَلا يَكْفُرُ.
Également, devient mécréant celui qui se moque d’un des prophètes de Allah en lui attribuant des choses laides et des choses vils, comme celui qui dit à propos de notre maître ‘Adam qu’il ressemblait aux singes, ou qui dit à propos de notre maitre Yousouf : « il avait l’intention de commettre la fornication », ou celui qui dit de notre maitre Moussa qu’il est d’un tempérament nerveux, c’est-à-dire qu’il aurait un mauvais comportement, ou il dit de notre maitre Mouhammed qu’il est attiré par les femmes et ce qui est de cet ordre.
وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنِ اسْتَهْزَأَ بِشَعَائِرِ دِينِ اللَّهِ كَالصَّلاةِ وَالأَذَانِ أَوْ بِمَسَائِلِ الشَّرْعِ، وَالشَّعَائِرُ جَمْعُ شَعِيرَةٍ وَالشَّعِيرَةُ بِمَعْنَى الْمَعْلَمِ أَيْ مَا هُوَ مِنْ عَلامَاتِ الدِّينِ.
De même, devient mécréant celui qui se moque des rites -des symboles- -des signes- représentatifs de la religion agrée par Allah, telle que la prière, tel que l’appel à la prière, ou les questions de religion, c’est-à-dire tel jugement. Ici, quand le Chaykh a dit : « se moque d’un des rites de la religion » c’est-à-dire d’un des symboles de la religion, d’une chose qui est symbolique et représentative de la religion.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ اسْتِحْسَانُ الْكُفْرِ مِنْ غَيْرِهِ كُفْرٌ لِأَنَّ الرِّضَى بِالْكُفْرِ كُفْرٌ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, le fait d’apprécier la mécréance d’autrui est une mécréance, parce qu’accepter la mécréance est une mécréance.
Ainsi, approuver la mécréance d’autrui, est de la mécréance, parce que se satisfaire et accepter la mécréance c’est de la mécréance. Celui qui accepte de la mécréance, celui qui se satisfait de la mécréance aura commis de la mécréance.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنِ اسْتَحْسَنَ الْكُفْرَ الَّذِي فَعَلَهُ غَيْرُهُ يَكْفُرُ، فَإِذَا قِيلَ لِشَخْصٍ إِنَّ فُلانًا كَفَرَ فَاسْتَحْسَنَ هَذِهِ الْكُفْرِيَّةَ فِي نَفْسِهِ أَوْ بِلِسَانِهِ كَأَنْ قَالَ لا بَأْسَ بِهَا يَكْفُرُ، لِأَنَّهُ لَمَّا يَسْتَحْسِنُ كُفْرَ غَيْرِهِ رَضِيَ بِهِ وَالرِّضَا بِكُفْرِ الْغَيْرِ كُفْرٌ قَالَ تَعَالَى : ﴿وَلا يَرْضَى لِعِبَادِهِ الْكُفْرَ﴾ [سُورَةَ الزُّمَر/7]
Commentaire : celui qui approuve -qui apprécie- la mécréance qui a été commise par quelqu’un d’autre devient mécréant. Ainsi, s’il a été dit à quelqu’un : « untel a commis la mécréance » et lui a approuvé cette mécréance en lui-même, c’est-à-dire que dans son cœur il a approuvé, ou par sa langue il a approuvé cette mécréance comme s’il a dit : « il n’y a pas de mal en cela » alors il devient mécréant, parce qu’en approuvant la mécréance d’autrui, il s’en sera satisfait, en approuvant la mécréance d’autrui, il l’aura accepté, et accepter/se satisfaire de la mécréance d’autrui est une mécréance. Ainsi, dans sourate az-zoumar verset 7, Allah ta^ala dit :
وَلَا يَرْضَىٰ لِعِبَادِهِ ٱلْكُفْرَ
ce qui signifie : « Il n’agrée pas la mécréance pour Ses esclaves. »
وَمِنْ عَلامَاتِ الرِّضَا أَنْ يُصَفِّقَ لَهُ عَلَى وَجْهِ الرِّضَا وَالتَّأْيِيدِ لَهُ عَلَى مَا قَالَهُ، وَكَذَلِكَ مِنْ عَلامَاتِ الرِّضَا الضَّحِكُ لِقَوْلِهِ كَلِمَةَ الْكُفْرِ عَلَى وَجْهِ الْمُوَافَقَةِ لَهُ عَلَى قَوْلِهِ، وَأَمَّا إِنْ كَانَ مَغْلُوبًا بِضَحِكِهِ فَلا يَكْفُرُ.
Parmi les signes qui indiquent la satisfaction -l’accord- c’est d’applaudir celui qui qui a commis de la mécréance à la manière de celui qui s’en satisfait et pour le soutenir dans ce qu’il a dit. De même, parmi ce qui indique la satisfaction de la mécréance -l’approbation de la mécréance- -l’acceptation de la mécréance- il y a le fait de rire d’une parole de mécréance de manière à manifester son accord, c’est-à-dire le fait de rire en montrant son accord à ce qu’il a dit comme mécréance, est une mécréance. Quant à celui qui a été gagner par le fou rire, c’est-à-dire qu’il n’a pas rie délibérément mais il a été gagner par le fou rire, dans ce cas-là il ne sort pas de l’Islam.
أَمَّا مَا أَخْبَرَ اللَّهُ بِهِ عَنْ مُوسَى مِنْ قَوْلِهِ دُعَاءً عَلَى فِرْعَوْنَ وَقَوْمِهِ﴿رَبَّنَا اطْمِسْ عَلَى أَمْوَالِهِمْ وَاشْدُدْ عَلَى قُلُوبِهِمْ فَلا يُؤْمِنُوا﴾ [سُورَةَ يُونُس/88] فَلَيْسَ ذَلِكَ عَلَى وَجْهِ الرِّضَا بِكُفْرِهِمْ إِنَّمَا لِأَنَّهُ أَيِسَ مِنْ إِيـمَانِهِمْ فَقَالَ ذَلِكَ إِرَادَةَ التَّشْدِيدِ عَلَيْهِمْ.
Quant à la parole de Allah attribuée à notre maitre Moussa dans le verset 88 de sourate Younous :
رَبَّنَا ٱطْمِسْ عَلَىٰٓ أَمْوَٰلِهِمْ وَٱشْدُدْ عَلَىٰ قُلُوبِهِمْ فَلَا يُؤْمِنُوا۟
qui signifie : « ô seigneur fait qu’ils ne puissent plus disposer de leurs biens, et fait que par leurs cœur ils n’acceptent plus la foi », il ne s’agit pas de satisfaction de leur état de mécréance de la part de Moussa, mais c’est parce que Moussa a perdu espoir en leur foi, il ne se fait plus d’illusion, c’est-à-dire que Allah lui a appris qu’ils n’allaient pas être des croyants. Moussa a perdu espoir quant au fait qu’ils entrent en islam, alors il a dit cela pour que le châtiment leur soit encore plus terrible, encore plus difficile.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلا يَكْفُرُ مَنْ نَقَلَ [كِتَابَةً أَوْ قَوْلًا]عَنْ غَيْرِهِ كُفْرِيَّةً حَصَلَتْ مِنْهُ مِنْ غَيْرِ اسْتِحْسَانٍ لَهَا بِقَوْلِهِ: قَالَ فُلانٌ كَذَا وَلَوْ أَخَّرَ صِيغَةَ قَالَ إِلَى ءَاخِرِ الْجُمْلَةِ فَيُشْتَرَطُ أَنْ يَكُونَ فِي نِيَّتِهِ ذِكْرُ أَدَاةِ الْحِكَايَةِ مُؤَخَّرَةً عَنِ الِابْتِدَاءِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ne devient pas mécréant celui qui rapporte d’autrui une parole de mécréance qui se serait produite de lui sans l’approuvée en disant : « untel a dit telle chose. » S’il reporte l’expression « untel l’a dit » à la fin de la phrase, il est une condition d’avoir eu dès le début l’intention de mentionner à la fin de la phrase la formule du discours rapporté, c’est-à-dire qu’il doit avoir l’intention de citer le discours rapporté à la fin de la phrase dès le début de sa parole.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ: »قَالَ فُلانٌ كَذَا« وَأَوْرَدَ كُفْرِيَّةً بِدُونِ اسْتِحْسَانٍ لا يَكْفُرُ، سَوَاءٌ كَانَ كِتَابَةً أَوْ قَوْلًا، أَمَّا إِذَا أَخَّرَ صِيغَةَ الْحِكَايَةِ إِلَى ءَاخِرِ الْجُمْلَةِ كَأَنْ قَالَ: الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ قَوْلُ النَّصَارَى أَوْ قَالَتْهُ النَّصَارَى فَإِنَّ هَذَا حِكَايَةٌ مَانِعَةٌ لِلْكُفْرِ عَنِ الْحَاكِي بِشَرْطِ أَنْ يَكُونَ فِي نِيَّتِهِ ذِكْرُ أَدَاةِ الْحِكَايَةِ ءَاخِرَ الْجُمْلَةِ قَبْلَ الْبَدْءِ بِهَا، وَأَمَّا إِنْ كَانَ فِي نِيَّتِهِ أَنْ يَذْكُرَ أَدَاةَ الْحِكَايَةِ مُؤَخَّرَةً ثُمَّ نَسِيَ فَلا يَكْفُرُ.
Commentaire : celui qui dit : « untel a dit telle chose » puis il rapporte une mécréance sans l’approuver, il ne devient pas mécréant, que ce soit une mécréance par écrit ou par la parole. Et celui qui retarde la formule du discours rapporté à la fin de la phrase, comme s’il dit : « al-massih le fils de Allah, c’est la parole des chrétiens » ou bien : « c’est ce que les chrétiens ont dit » ceci est in discours rapporté empêchant celui qui le rapporte de tomber dans la mécréance, c’est-à-dire que celui qui mentionne cela ne sort pas de l’Islam, à condition d’avoir l’intention de citer le discours rapporté à la fin de la phrase avant même de commencer à rapporter la phrase. Quant à celui qui avait l’intention de mentionner le discours rapporté à la fin de la phrase qu’il va citer, puis il a oublié de citer le discours rapporté, dans ce cas-là, il n’est pas chargé de mécréance. Ainsi, si quelqu’un voulait citer un discours rapporté juste après la phrase qu’il va rapporter, et en fin de compte il a oublié de citer le discours rapporté à la fin de la phrase, dans ce cas-là ce n’est pas une mécréance.
مَا يُسْتَثْنَى مِنْ أَلْفَاظِ الْكُفْرِ الْقَوْلِيِّ
Quelles sont les exceptions de mécréance par la parole
يُسْتَثْنَى مِنَ الْكُفْرِ اللَّفْظِيِّ:
حَالَةُ سَبْقِ اللِّسَانِ: أَيْ أَنْ يَتَكَلَّمَ بِشَىْءٍ مِنْ ذَلِكَ مِنْ غَيْرِ إِرَادَةٍ، بَلْ جَرَى عَلَى لِسَانِهِ وَلَمْ يَقْصِدْ أَنْ يَقُولَهُ بِالْمَرَّةِ.
Sont exclus de la mécréance par la parole les choses suivantes :
Le cas du lapsus linguae : c’est le fait de dire une parole parmi les paroles de mécréance sans que ce soit dit volontairement, sans l’avoir voulu, involontairement, mais la parole sort de la bouche sans que l’on n’ait voulu la prodiguée.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ أَرَادَ أَنْ يَتَكَلَّمَ بِكَلامٍ غَيْرِ كُفْرِيٍّ فَأَخْطَأَ لِسَانُهُ فَخَرَجَتْ مِنْهُ كَلِمَةٌ كُفْرِيَّةٌ مِنْ دُونِ قَصْدٍ مِنْهُ لِلنُّطْقِ بِهَا لا يَكْفُرُ وَذَلِكَ كَأَنْ يَقْصِدَ أَنْ يَقُولَ وَمَا أَنَا مِنَ الْمُشْرِكِينَ فَيَسْبِقُ لِسَانُهُ فَيَقُول: وَمَا أَنَا مِنَ الْمُسْلِمِينَ فَلا مُؤَاخَذَةَ عَلَيْهِ فِي هَذَا.
Commentaire : si quelqu’un a voulu dire une parole qui n’est pas une parole de mécréance, puis il s’est trompé, sa langue à fourchée, et est sorti de sa bouche une parole de mécréance dite involontairement, non délibérément, il n’avait pas eu pour objectif de prodiguée cette parole de mécréance, alors dans ce cas il ne devient pas mécréant. Si quelqu’un voulait dire :
وَمَا أَنَا مِنَ الْمُشْرِكِينَ
ce qui signifie : « je ne suis pas au nombre des associateurs », mais il s’est trompé, sa langue à fourchée et il a dit :
وَمَا أَنَا مِنَ الْمُسْلِمِينَ
ce qui signifie « je ne suis pas au nombre des musulmans », alors dans ce cas il ne devient pas mécréant parce qu’il l’a dit involontairement, il n’a pas dit cette parole délibérément.
وَقَدْ مَثَّلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِسَبْقِ اللِّسَانِ بِرَجُلٍ فَقَدَ دَابَّتَهُ فِي الصَّحْرَاءِ وَعَلَيْهَا طَعَامُهُ وَشَرَابُهُ فَأَيِسَ مِنْهَا فَأَتَى شَجَرَةً فَاضْطَجَعَ فِي ظِلِّهَا فَبَيْنَمَا هُوَ كَذَلِكَ إِذَا هُوَ بِهَا قَائِمَةً عِنْدَهُ فَأَخَذَ بِخِطَامِهَا ثُمَّ أَرَادَ أَنْ يَقُولَ اللَّهُمَّ أَنْتَ رَبِّي وَأَنَا عَبْدُكَ فَقَالَ مِنْ شِدَّةِ فَرَحِهِ اللَّهُمَّ أَنْتَ عَبْدِي وَأَنَا رَبُّكَ.
Et le Messager de Allah a représenté le cas du lapsus par un homme qui a perdu sa monture en plein désert, et sur sa monture il y avait toute sa nourriture, sa boisson. Et cet homme avait perdu espoir de retrouver sa monture, puis cet homme est parti sous un arbre et s’est allonger à l’ombre de cet arbre, alors qu’il était ainsi, cet homme a retrouvé sa monture devant lui, puis il a attrapé sa monture. Puis cet homme a voulu dire : « ô Allah Tu es mon seigneur, je suis Ton esclave » et il a fait un lapsus tellement qu’il était heureux, il a fait un lapsus et a dit : « ô Allah Tu es mon esclave je suis Ton seigneur. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحَالَةُ غَيْبُوبَةِ الْعَقْلِ: أَيْ عَدَمِ صَحْوِ الْعَقْلِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : parmi les exceptions de la mécréance par la parole, il y a le cas de celui dont la raison est absente, c’est-à-dire l’absence de lucidité d’esprit.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ غَابَ عَقْلُهُ فَنَطَقَ وَهُوَ فِي هَذِهِ الْحَالِ بِكَلامٍ كُفْرِيٍّ لا يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ بِسَبَبِ هَذَا وَذَلِكَ لِارْتِفَاعِ التَّكْلِيفِ عَنْهُ حِينَذَاكَ، وَيَشْمَلُ هَذَا النَّائِمَ وَالْمَجْنُونَ وَنَحْوَهُمَا كَالْوَلِيِّ إِذَا غَابَ عَقْلُهُ بِالْوَجْدِ فَتَكَلَّمَ بِمَا يُخَالِفُ شَرْعَ اللَّهِ فِي حَالِ جَذْبِهِ مِمَّا هُوَ مِنْ أَلْفَاظِ الْكُفْرِ فَإِنَّهُ لا حَرَجَ عَلَيْهِ عِنْدَئِذٍ، وَمَعَ ذَلِكَ فَإِنَّ هَذَا الْمَجْذُوبَ وَكَذَلِكَ الْمَجْنُون يُنْهَيَانِ عَنْ ذَلِكَ الْقَوْلِ.
Commentaire : ainsi, celui qui a perdu sa raison, c’est-à-dire que sa raison est absente, il a parlé lorsqu’il était dans cet état et a dit des paroles de mécréances, alors il n’est pas juger mécréant à cause de cela, parce qu’il n’était pas responsable lorsqu’il a parlé, ce jugement concerne celui qui est endormi, celui qui est fou et ceux qui sont du même ordre, comme le saint s’il perd sa lucidité d’esprit par son extrême amour pour Dieu, à cause de al-wajd il perd la raison, s’il dit une parole qui contredit la loi alors que sa raison est absente, s’il dit une parole de mécréance alors qu’il n’a plus la raison, il n’y a pas de mal pour lui à ce moment-là. Et malgré cela, bien que le saint ne soit pas responsable, ce saint qui est majdhoub tout comme celui qui est fou, nous allons leur interdire de dire de telles paroles, même s’ils ne sont pas responsables, nous leur interdisons de dire de telles paroles.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحَالَةُ الإِكْرَاهِ: فَمَنْ نَطَقَ بِالْكُفْرِ بِلِسَانِهِ مُكْرَهًا بِالْقَتْلِ وَنَحْوِهِ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ فَلا يَكْفُرُ قَالَ تَعَالَى: ﴿مَنْ كَفَرَ بِاللَّهِ مِنْ بَعْدِ إِيـمَانِهِ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ وَلَكِنْ مَّنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللَّهِ﴾ الآيَةَ [سُورَةَ النَّحْل/106].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde dit : autre cas d’exception à la parole de mécréance : c’est le cas de celui qui est sous la menace. Si quelqu’un prononce la mécréance par la langue, contre son gré, sous menace de mort ou de ce qui est de cet ordre, mais son cœur est apaisé par la foi, son cœur n’a pas accepté cette mécréance, eh bien il ne sort pas de l’Islam, parce qu’il était sous la menace de mort ou ce qui entraine la mort. Dieu dit dans sourate an-nahl verset 106 :
مَن كَفَرَ بِٱللَّهِ مِنۢ بَعْدِ إِيمَٰنِهِۦٓ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُۥ مُطْمَئِنٌّۢ بِٱلْإِيمَٰنِ وَلَٰكِن مَّن شَرَحَ بِٱلْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ ٱللَّهِ
ce qui signifie : « si quelqu’un commet de la mécréance après avoir été musulman, il subira le châtiment de Allah, sauf celui qui est menacé de mort ou qui est de cet ordre et dont le cœur est apaisé par la foi, mais ceux qui ouvrent leur cœur à la mécréance subiront le châtiment de Allah. »
La règle générale est que celui qui dit une parole de mécréance sort de l’Islam, sauf s’il est menacé de mort ou ce qui est de cet ordre. Et s’il est menacé de mort et ce qui est de cet ordre, la condition pour qu’il soit excepté, c’est que son cœur rejette la mécréance, c’est-à-dire que son cœur est apaisé par la foi, dans ce cas-là, la personne ne sort pas de l’Islam. Cependant, si quelqu’un était sous la menace de mort ou ce qui est de cet ordre mais qu’il se satisfaisait de la mécréance, alors il sort de l’Islam.
الشَّرْحُ لِيُعْلَمْ أَنَّ النِّيَّةَ إِذَا خَالَفَتِ الشَّرْعَ فَهِيَ بَاطِلَةٌ وَكَذَلِكَ الْعَمَلُ، فَيَجِبُ تَطْبِيقُ الأَمْرَيْنِ عَلَى مَا يُوَافِقُ الشَّرْعَ، فَلَيْسَ الأَمْرُ الَّذِي كُلِّفَ بِهِ الْعِبَادُ النِّيَّةَ فَقَطْ وَلا الْعَمَلَ فَقَطْ بَلْ كُلِّفْنَا بِأَمْرَيْنِ تَحْسِينِ النِّيَّةِ وَتَحْسِينِ الْعَمَلِ فَلا يَجُوزُ أَنْ نُهْمِلَ وَاحِدًا مِنَ الأَمْرَيْنِ، وَالْعَجَبُ أَنَّ بَعْضَ النَّاسِ يُورِدُونَ هَذَا الْحَدِيثَ: إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ فِي غَيْرِ مَحَلِّهِ فَيَضِلُّونَ وَيُضِلُّونَ غَيْرَهُمْ، فَإِنَّهُمْ يُورِدُونَهُ لِدَفْعِ تَكْفِيرِ مَنْ يَتَكَلَّمُ بِالْكُفْرِ عَمْدًا عَلَى وَجْهِ الْمِزَاحِ أَوْ فِي حَالِ الْغَضَبِ.
Commentaire : que l’on sache que si l’intention n’est pas conforme à la loi de l’Islam, c’est une intention qui est infondée, et de même pour les œuvres, si une œuvre n’est pas conforme à la loi de l’Islam, alors cette œuvre n’est pas valide. Nous devons veillés à pratiquer les deux -l’intention et l’œuvre- conformément à la loi. Les esclaves n’ont pas été chargés uniquement de l’intention ni les œuvres seules, mais nous avons reçu l’ordre de deux choses : veiller à ce que l’intention soit bonne, et veiller à ce que les œuvres soient bonnes, les deux, il ne nous est pas autorisé de négliger l’un ou l’autre. Qu’il est étonnant qu’il y ait des gens qui prennent le hadith :
إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ
qui signifie : « certes les actes ne valent que par l’intention » mais l’explique hors de son contexte, ce qui les mènent à s’égarés eux-mêmes et à égarer d’autres qu’eux. Ils citent ce hadith hors de son contexte parce que parfois, quelqu’un commet une mécréance, il dit une mécréance par plaisanterie et pour s’exonérés ils disent : « oui mais Allah dit que les actes ne valent que par leur l’intention », mais ce hadith signifie pour que l’acte soit valide, il est indispensable qu’il y ait l’intention, c’est cela le sens, ça c’est un acte d’adoration. Mais celui qui dit une parole de mécréance délibérément il sort de l’islam, ce n’est pas uniquement s’il met l’intention de dire une mécréance qu’il sort de l’Islam ou s’il plaisante ça ne compterait pas comme le prétendent à tort ces ignorants, une telle personne n’est pas excusée, de même, si quelqu’un est en colère et dit une parole de mécréance il sort de l’Islam s’il l’a dite délibérément, eux disent à tort : « mais le prophète a dit : certes les actes ne sont considérés qu’avec l’intention » si ces gens-là comprennent qu’ils seraient excusés, ils se sont égarés.
وَمِنْ فَرْطِ الْجَهْلِ الْمُؤَدِّي إِلَى الْكُفْرِ احْتِجَاجُ بَعْضِ هَؤُلاءِ بِقَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿لا يُؤَاخِذُكُمُ اللَّهُ بِاللَّغْوِ فِي أَيْمَانِكُمْ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/225] ظَنُّوا أَنَّ هَذِهِ الآيَةَ مَعْنَاهَا أَنَّ الإِنْسَانَ لا يَكْفُرُ إِذَا لَمْ يَقْصِدْ بِكَلامِ الْكُفْرِ الْكُفْرَ، وَمَعْنَى هَذِهِ الآيَةِ أَنَّ مَنْ حَلَفَ بِلا إِرَادَةٍ كَقَوْلِ لا وَاللَّهِ وَبَلَى وَاللَّهِ بِدُونِ إِرَادَةٍ لا يُكْتَبُ عَلَيْهِ ذَلِكَ، وَفَرْقٌ بَيْنَ الأَيْمَانِ الَّتِي هِيَ جَمْعُ يَمِينٍ وَهُوَ الْقَسَمُ وَبَيْنَ التَّلَفُّظِ بِكَلامِ الْكُفْرِ، فَلا مُنَاسَبَةَ بَيْنَ هَذِهِ الآيَةِ وَبَيْنَ مَسْئَلَةِ مَنْ تَلَفَّظَ بِالْكُفْرِ وَهُوَ لا يَقْصِدُ الْكُفْرَ.
Et certaines personnes citent le verset 225 de sourate al-baqarah :
﴿لا يُؤَاخِذُكُمُ اللَّهُ بِاللَّغْوِ فِي أَيْمَانِكُمْ﴾
ils ont cru à tort que ce verset signifie : l’homme ne devient pas mécréant s’il n’avait pas l’intention par cette parole de mécréance que de commettre la mécréance », ce verset a un sens complètement différent de ce que eux prétendent. Ce verset signifie que si quelqu’un a dit : « non, par Allah » ou bien : « oui, par Allah » de manière machinal – certains jurent de manière machinale- sans que ce soit délibéré, il l’a dit involontairement, eh bien cette parole ne sera pas inscrite pour lui. La parole qu’il a dite lorsqu’il a juré involontairement ne sera pas inscrite pour lui, tel est le sens de ce verset 225 de sourate al-baqarah. Il y a une différence entre le fait de jurer -on appelle ça yamin en arabe- et le fait de dire une parole de mécréance. Ainsi, le verset 225 de sourate al-baqarah parle de ceux qui jurent de manière machinale -involontairement- sans prêter attention, ce verset signifie que cette parole n’est pas comptée pour eux, mais dans ce verset il ne s’agit pas de parole de mécréance. Il y a une grande différence entre ce verset et le fait que celui qui dit une parole de mécréance devient mécréant même s’il n’avait pas l’intention de commettre la mécréance.
وَهَؤُلاءِ لَمْ يَعْرِفُوا مَعْنَى ذَلِكَ الْحَدِيثِ، وَإِنَّمَا مَعْنَاهُ أَنَّ الأَعْمَالَ الَّتِي أَمَرَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى عِبَادَهُ بِهَا لا تَكُونُ مُعْتَبَرَةً إِلَّا بِالنِّيَّةِ كَالصَّلاةِ وَالصِّيَامِ وَالزَّكَاةِ وَالطَّهَارَةِ عَنِ الْحَدَثَيْنِ وَالْحَجِّ وَالْجِهَادِ، كُلُّ هَذَا لا يَكُونُ مَقْبُولًا عِنْدَ اللَّهِ إِلَّا بِالنِّيَّةِ، لَيْسَ مَعْنَاهُ كَمَا يَقُولُ سَيِّدُ سَابِقٍ الَّذِي فَتَحَ لِلنَّاسِ بَابًا مِنَ الْكُفْرِ وَاسِعًا وَوَرَّطَ بِهِ خَلْقًا كَثِيرًا
Ces gens-là n’ont pas su le sens de ce hadith, le sens de ce hadith est que les œuvres que Allah a donné l’ordre à Ses esclaves d’accomplir ne seront considérés qu’avec l’intention, les œuvres comme la prière, le jeûne, la zakat, la taharah, les deux hadath, le hajj, le djihad, tout cela n’est accepté selon le jugement de Dieu qu’avec l’intention. Il n’en est pas comme le prétend Sayyid Sabiq qui a ouvert une large porte dans la mécréance et dans laquelle il a fait tomber beaucoup de personne.
فَإِنَّهُ يَقُولُ: الأَلْفَاظُ الْكُفْرِيَّةُ لا تُؤَثِّرُ إِلَّا أَنْ تَكُونَ شَارِحًا صَدْرَكَ بِهَا وَنَاوِيًا مَعْنَاهَا وَمُعْتَقِدًا
Sayyid Sabiq a prétendu que si quelqu’un dit une parole de mécréance, elle n’a pas d’effet sur lui sauf s’il ouvre son cœur pour cette parole, s’il met l’intention du sens de cette parole et en y croyant fermement. Celui qui considère cela comme étant véridique, il aura ouvert une grande porte sur la mécréance.
فَإِنَّهُ جَعَلَ بِقَوْلِهِ هَذَا كُلَّ الْعِبَادِ فِي حُكْمِ الْمُكْرَهِ، وَاللَّهُ تَعَالَى اسْتَثْنَى الْمُكْرَهَ فِي كِتَابِهِ بِحُكْمٍ خَاصٍّ
Ainsi, cet homme Sayyid Sabiq a considéré que tout le monde avait le jugement de celui qui est sous la contrainte. Or Allah a excepté celui qui est contraint par un jugement particulier.
قَالَ تَعَالَى: ﴿مَنْ كَفَرَ بِاللَّهِ مِنْ بَعْدِ إِيـمَانِهِ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ وَلَكِنْ مَّنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ﴾ [سُورَةَ النَّحْل/106]
Dieu dit dans sourate an-nahl verset 106 :
مَن كَفَرَ بِٱللَّهِ مِنۢ بَعْدِ إِيمَٰنِهِۦٓ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُۥ مُطْمَئِنٌّۢ بِٱلْإِيمَٰنِ وَلَٰكِن مَّن شَرَحَ بِٱلْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ ٱللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ
ce qui signifie : « celui qui commet la mécréance après avoir été croyant, il sort de l’Islam, sauf celui qui était contraint et dont le cœur est apaisé par la foi, mais celui qui a ouvert son cœur à la mécréance, il mérite le châtiment de Allah, il aura un châtiment douloureux. »
فَقَدْ جَعَلَ لِلْمُكْرَهِ حُكْمًا خَاصًّا لا يَتَجَاوَزُهُ إِلَى غَيْرِهِ وَهُوَ أَنَّ الْمُكْرَهَ بِالْقَتْلِ أَوْ نَحْوِهِ كَقَطْعِ الْيَدِ وَالرِّجْلِ إِذَا نَطَقَ بِكَلِمَةِ الْكُفْرِ تَحْتَ الإِكْرَاهِ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ عِنْدَ نُطْقِهِ بِمَا أُكْرِهَ عَلَيْهِ مِنَ الْقَوْلِ الْكُفْرِيِّ لَيْسَ عَلَيْهِ غَضَبٌ مِنَ اللَّهِ وَلا يُعَذَّبُ لِأَنَّهُ لَمْ يَكْفُرْ، هَذَا مَعْنَى الآيَةِ.
Allah a accordé à celui qui est contraint un jugement particulier qui ne va pas concerner autre que lui, c’est-à-dire que c’est un jugement qui ne concerne que celui qui est contraint. Celui qui est contraint parce que menacé de mort, ou menacé d’avoir les bras et les jambes amputés s’il ne prononce pas la parole de mécréance, si pour échapper à cela il dit la parole de mécréance alors que son cœur est satisfait par la foi lorsqu’il la prononce, alors il ne mérite pas le châtiment de Allah, il ne sera pas châtié car il ne devient pas mécréant.
وَلَكِنَّ الْمُكْرَهَ إِذَا ثَبَتَ فَلَمْ يُجِبِ الْكُفَّارَ لِمَا أَرَادُوا مِنْهُ فَقَتَلُوهُ يَكُونُ قَدْ فَازَ بِالشَّهَادَةِ.
Cependant, si celui qui est contraint refuse de répondre à la demande de ceux qui veulent qu’il dise de la mécréance et qu’ils le tuent, il aura atteint le degré du martyre.
وَأَمَّا غَيْرُ الْمُكْرَهِ فَإِنَّهُ لا يُشْتَرَطُ لِلْحُكْمِ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ انْشِرَاحُ الصَّدْرِ وَلا مَعْرِفَةُ الْحُكْمِ لِحَدِيثِ: إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ لا يَرَى بِهَا بَأْسًا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ سَبْعِينَ خَرِيفًا رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ وَحَسَّنَهُ.
Quant à celui qui n’est pas contraint, il n’est pas une condition pour qu’il soit jugé mécréant qu’il se soit satisfait par le cœur de cette mécréance ni qu’il connaisse le jugement de cette mécréance. La preuve vient du hadith :
إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ لا يَرَى بِهَا بَأْسًا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ سَبْعِينَ خَرِيفًا
qui signifie : « certes, il arrive que l’esclave dise une parole dans laquelle il ne voit pas de mal mais à cause de laquelle il chutera en enfer pendant soixante-dix automnes. » Que Allah nous évite ainsi qu’à vous le châtiment de l’enfer.
Informations utiles :
Allah est exempt de l’endroit, Il n’est pas dans le ciel ni dans un autre endroit ni dans une quelconque direction.
Dans le verset 16 de sourate al-moulk :
أَأَمِنتُم مَّن فِي السَّمَاء
qui signifie : « ne craigniez-vous donc pas ceux qui sont dans le ciel ? » ce n’est pas Allah qui est concerné pas le fait d’être dans le ciel, mais c’est l’ange Jibril.
Le verset 16 de sourate al-moulk :
أَأَمِنتُم مَّن فِي السَّمَاء أَن يَخْسِفَ بِكُمُ الأَرْضَ فَإِذَا هِيَ تَمُورُ
signifie : « vous croyez vous donc protéger du fait que Allah donne l’ordre aux anges qui ont la charge du châtiment -et il s’agit de Jibril- de vous ensevelir tout comme il a enseveli les villes du peuple de Lout ?»
Parmi les savants qui ont rapporté l’unanimité à propos du ta’wil -de l’interprétation- de ce verset, il y a an-Nawawiy dans le commentaire du sahih de Mouslim.
Et ceux qui ont rapporté l’unanimité que ce verset 16 de sourate l-moulk est interprété par un autre sens que le sens apparent -le sens apparent étant que Allah serait dans le ciel mais ce n’est pas cela le sens du verset- c’est le hafidh an-Nawawiyy dans le commentaire du sahih de Mouslim, il y a également ar-Razi, Abou Hayyan al-Andalousiyy, Mouslim, al-Qourtoubiyy, al-Qouchayriyy, l’imam al-Matouridiyy dans at-tafasir ainsi que l’imam des deux haram al-Jouwayniyy as-Shamil fi ousoul ad-Din. Ceux qui ont expliqué ce verset 16 de sourate al-moulk de cette manière sont très nombreux. Il n’y a pas lieu de dire que ce verset signifierait que Dieu serait dans le ciel, parce que Allah est Le créateur du ciel, Il n’en a pas besoin.
Allah est Le créateur du ciel, Il est Le créateur des endroits, celui qui attribue à Allah le ciel ou l’endroit, ou le trône il aura insulté Allah, parce qu’il aura comparé Dieu à Ses créatures, et celui qui insulte Allah n’est pas croyant.
Que Allah m’accorde ainsi qu’à vous une fin heureuse et un bon état.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: حَالَةُ الْحِكَايَةِ لِكُفْرِ الْغَيْرِ: فَلا يَكْفُرُ الْحَاكِي كُفْرَ غَيْرِهِ عَلَى غَيْرِ وَجْهِ الرِّضَى وَالِاسْتِحْسَانِ، وَمُسْتَنَدُنَا فِي اسْتِثْنَاءِ مَسْئَلَةِ الْحِكَايَةِ قَوْلُ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ عُزَيْرٌ ابْنُ اللَّهِ وَقَالَتِ النَّصَارَى الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ﴾ [سُورَةَ التَّوْبَة/30]، ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ يَدُ اللَّهِ مَغْلُولَةٌ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/64].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : parmi les exceptions à la mécréance par la parole : le cas de celui qui rapporte la mécréance d’autrui. Celui qui rapporte la mécréance d’autrui ne devient pas mécréant s’il le fait sans s’en satisfaire ni l’approuvée. Notre preuve concernant l’exception à la mécréance du cas du discours rapporté, c’est la parole de Allah ta^ala dans sourate at-tawbah verset 30 :
وَقَالَتِ الْيَهُودُ عُزَيْرٌ ابْنُ اللَّهِ وَقَالَتِ النَّصَارَى الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ
ce qui signifie : « les juifs ont dit : « ^ouzayr est le fils de Dieu » et les chrétiens ont dit : « le messie est le fils de Dieu », il y a bien un discours rapporté, et la parole de Allah dans sourate al-ma’idah verset 64 :
وَقَالَتِ الْيَهُودُ يَدُ اللَّهِ مَغْلُولَةٌ
qui signifie : « les juifs ont dit : « Allah est avar », là aussi il y a un discours rapporté.
الشَّرْحُ مِمَّا هُوَ مُهِمٌّ مَعْرِفَتُهُ أَنَّ مَا ذُكِرَ هُنَا لَيْسَ مُشَابِهًا لِمَا قَالَهُ أَحْمَدُ دِيدَات وَبَعْضٌ غَيْرُهُ فَكَلامُهُمْ كُفْرٌ صَرِيحٌ لا يَقْبَلُ التَّأْوِيلَ وَهُوَ قَوْلُهُمْ نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ مِنْ بَابِ الْمَجَازِ،
Commentaire : parmi les choses qu’il est important de connaitre, c’est que ce qui a été mentionné ici -c’est-à-dire le discours rapporté- n’est pas du même ordre que ce qu’a dit Ahmad Didat et autres que lui, leur parole est une mécréance claire -explicite- qui n’admet pas d’interprétation. Lorsqu’ils disent : « nous sommes des enfants de Dieu » mais au sens figuré, cette parole est une mécréance qui n’admet pas d’interprétation.
فَإِنَّ هَؤُلاءِ وَافَقُوا الْيَهُودَ بِقَوْلِهِمْ هَذَا لِأَنَّ الْيَهُودَ لَمَّا قَالُوا نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ مَا قَصَدُوا أَنَّ اللَّهَ وَلَدَهُمْ إِنَّمَا قَصَدُوا أَنَّ اللَّهَ يُعِزُّهُمْ، وَمَعَ ذَلِكَ اللَّهُ تَعَالَى كَفَّرَهُمْ فَنَحْنُ أَيْضًا نُكَفِّرُ هَؤُلاءِ عَمَلًا بِحُكْمِ الْقُرْءَانِ: ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ وَالنَّصَارَى نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ قُلْ فَلِمَ يُعَذِّبُكُم بِذُنُوبِكُم بَلْ أَنْتُمْ بَشَرٌ مِّمَّنْ خَلَقَ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/18].
Ces gens-là qui disent que nous sommes des enfants de Dieu -même sils prétendent que c’est au sens figuré- ont été en conformité avec les mécréants des fils d’Israël lorsqu’ils disent cela, car lorsque les mécréants des fils d’Israël disent : « nous sommes des enfants de Dieu » eux n’avaient pas pour objectif de visé que Dieu leur aurait donné naissance dans le sens qu’Il les aurait engendré, mais eux visent par-là que Allah les honore, les glorifie, mais malgré cela Dieu les a déclarés mécréant, et nous également déclarons mécréant ces gens-là par application du jugement du Qour’an. Dans sourate al-ma’idah verset 18 Dieu dit :
وَقَالَتِ ٱلْيَهُودُ وَٱلنَّصَٰرَىٰ نَحْنُ أَبْنَٰٓؤُا۟ ٱللَّهِ وَأَحِبَّٰٓؤُهُۥ ۚ قُلْ فَلِمَ يُعَذِّبُكُم بِذُنُوبِكُم ۖ بَلْ أَنتُم بَشَرٌۭ مِّمَّنْ خَلَقَ
ce qui signifie : « les juifs et les chrétiens ont dit : « nous sommes les enfants de Dieu et Ses bien aimés », dit : alors pourquoi est-ce qu’Il vous châtie pour vos péchés ? Vous n’êtes que des humains parmi ceux qu’Il a créé. »
وَلا اعْتِبَارَ لِقَوْلِ بَعْضِ هَؤُلاءِ: نَحْنُ لا نَقْصِدُ الْبُنُوَّةَ بِمَعْنَى الْوِلادَةِ إِنَّمَا نَقْصِدُ الْعِنَايَةَ وَالْعَطْفَ وَالرَّحْمَةَ
Il n’y a pas de considération a accordé à certains qui disent : « mais quand nous disons « enfant de Dieu » nous ne visons pas le fait qu’Il nous a engendré, mais dans le sens qu’Il nous accorde une attention particulière, une grâce, une miséricorde » il n’y a pas de considération a accordé à de telle parole.
فَقَدْ ذَكَرَ ابْنُ عَطِيَّةَ فِي تَفْسِيرِهِ أَنَّ إِطْلاقَ نِسْبَةِ الْبُنُوَّةِ إِلَى اللَّهِ وَلَوْ قُصِدَ بِهِ الْحَنَانُ كُفْرٌ.
En effet, dans son tafsir -dans son exégèse-, Ibnou ^Atiyyah a cité que le fait d’employer l’affiliation à Allah, de dire que telle créature est fils ou fille de Dieu, même si c’est sans le sens de la miséricorde, de la compassion et de la tendresse, c’est de la mécréance.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: ثُمَّ الْحِكَايَةُ الْمَانِعَةُ لِكُفْرِ حَاكِي الْكُفْرِ إِمَّا أَنْ تَكُونَ فِي أَوَّلِ الْكَلِمَةِ الَّتِي يَحْكِيهَا عَمَّنْ تَكَلَّمَ بِكُفْرٍ، أَوْ بَعْدَ ذِكْرِهِ الْكَلِمَةَ عَقِبَهَا وَقَدْ كَانَ نَاوِيًا أَنْ يَأْتِيَ بِأَدَاةِ الْحِكَايَةِ قَبْلَ أَنْ يَقُولَ كَلِمَةَ الْكُفْرِ
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : par ailleurs, l’expression du discours rapporté qui empêche celui qui rapporte une parole de mécréance de tomber dans la mécréance, cette expression est placée soit au début de ce qu’il rapporte de celui qui a mécrut, il dit par exemple : « untel a dit telle chose », il a donc dit : « untel a dit » au début de sa phrase, ou bien, il cite cette expression du discours rapporté juste après la citation de la mécréance, mais dans ce dernier cas, il est une condition d’avoir eu l’intention d’utilisé l’expression du discours rapporté avant de citer la parole de mécréance.
Ainsi, s’il va utiliser l’expression du discours rapporté à la fin de sa phrase la condition c’est qu’il ait eu l’intention de cité le discours rapporté avant qu’il ne cite la parole de mécréance. En d’autres termes, ce n’est pas après avoir commencé à dire la parole de mécréance sans avoir eu l’intention de la rapporter qu’en citant l’expression du discours rapporté juste après cela va l’excuser, non. Pour qu’il puisse être excepté de la déclaration de mécréance, il est une condition qu’il ait eu l’intention de citer l’expression du discours rapporté avant de commencer à dire cette parole de mécréance.
فَلَوْ قَالَ: الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ قَوْلُ النَّصَارَى، أَوْ قَالَتْهُ النَّصَارَى، فَهِيَ حِكَايَةٌ مَانِعَةٌ لِلْكُفْرِ عَنِ الْحَاكِي.
Si par exemple il dit : « Jésus le fils de Dieu » c’est ce que disent les chrétiens » ou bien : « c’est ce qu’ont dit les chrétiens » ceci est un discours rapporté qui empêche de tomber dans la mécréance pour celui qui rapporte ce discours, parce qu’il avait employé ce qui indique le discours rapporté juste après, dans ce cas-là celui qui rapporte échappe à la déclaration de mécréance, parce qu’il avait mentionné ce qui fait référence au discours rapporté juste après, mais il avait eu l’intention de citer le discours rapporté avant de commencer sa phrase, c’est-à-dire que ce n’est pas un rattrapage qu’il a fait, ce n’est pas après avoir cité la parole de mécréance que soi-disant il se serait rattrapé pour dire le discours rapporté à la fin.
وَحَالَةُ كَوْنِ الشَّخْصِ مُتَأَوِّلًا بِاجْتِهَادِهِ فِي فَهْمِ الشَّرْعِ
Ainsi, l’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a mentionné les cas d’exception à la mécréance par la parole : il y a le cas du lapsus, il y a le cas de celui dont la raison est absente, il y a le cas de celui qui dit une parole de mécréance sous la menace, il y a le cas de celui qui rapporte la parole d’autrui.
Le Chaykh a cité un autre cas qui est le cas de celui qui fait une interprétation -ta’wil- par son propre effort -ijtihad- dans la compréhension de la loi.
Ainsi, c’est quelqu’un qui a mal interprété parce qu’il a fourni un effort de compréhension seul, il a alors mal interprété un jugement de la loi, alors dans certains cas il n’est pas sorti de l’Islam, ce n’est pas dans tous les cas qu’il sort de l’Islam, comme le Chaykh va l’expliquer.
وَحَالَةُ كَوْنِ الشَّخْصِ مُتَأَوِّلًا بِاجْتِهَادِهِ فِي فَهْمِ الشَّرْعِ: فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ الْمُتَأَوِّلُ إِلَّا إِذَا كَانَ تَأَوُّلُهُ فِي الْقَطْعِيَّاتِ فَأَخْطَأَ فَإِنَّهُ لا يُعْذَرُ كَتَأَوُّلِ الَّذِينَ قَالُوا بِقِدَمِ الْعَالَمِ وَأَزَلِيَّتِهِ كَابْنِ تَيْمِيَةَ.
Celui qui se livre à une interprétation, c’est-à-dire qu’il interprète à sa manière un jugement de la loi, il ne devient pas mécréant sauf si son interprétation concerne ce qui est catégorique et qu’il s’est trompé, c’est-à-dire que ce n’est pas un sujet à divergence, mais il est catégorique et confirmé par les textes, et qui fait partie des fondements et qu’il s’est trompé, dans ce cas-là il n’est pas excusé. Ainsi, ce n’est pas dans tous les cas que la mauvaise interprétation excuse, comme quelqu’un qui a fait une mauvaise interprétation dans un sujet catégorique, c’est-à-dire un sujet qui est un fondement de la croyance et il s’est trompé, c’est le cas de la mauvaise interprétation de ceux qui ont déduit que ce monde n’a pas de début, à l’exemple de Ibnou Taymiyah, une telle interprétation n’est pas excusée, parce que ça porte sur un sujet fondamental de croyance, parce que celui qui dit que ce monde n’a pas de début, ça revient à dire qu’il y aurait un associé à Dieu dans cet attribut d’exemption de début, et cela contredit le tawhid -la croyance en l’unicité de Dieu- à savoir le fait que Dieu n’ait absolument aucune ressemblance avec Ses créatures, c’est pour cela que la mauvaise interprétation à ce sujet n’est pas excusée. Ainsi, ce n’est pas toute mauvaise interprétation qui est excusée.
وَأَمَّا مِثَالُ مَنْ لا يَكْفُرُ مِمَّنْ تَأَوَّلَ فَهُوَ كَتَأَوُّلِ الَّذِينَ مَنَعُوا الزَّكَاةَ فِي عَهْدِ أَبِي بَكْرٍ بِأَنَّ الزَّكَاةَ وَجَبَتْ فِي عَهْدِ الرَّسُولِ لِأَنَّ صَلاتَهُ كَانَتْ عَلَيْهِمْ سَكَنًا لَهُمْ وَطُهْرَةً – أَيْ رَحْمَةً وَطُمَأْنِينَةً – وَأَنَّ ذَلِكَ انْقَطَعَ بِمَوْتِهِ فَإِنَّ الصَّحَابَةَ لَمْ يُكَفِّرُوهُمْ لِذَلِكَ لِأَنَّ هَؤُلاءِ فَهِمُوا مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿خُذْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِم بِهَا وَصَلِّ عَلَيْهِمْ إِنَّ صَلاتَكَ سَكَنٌ لَّهُمْ﴾ [سُورَةَ التوبة/103] أَنَّ الْمُرَادَ مِنْ قَوْلِهِ خُذْ أَيْ يَا مُحَمَّدُ الزَّكَاةَ لِتَكُونَ إِذَا دَفَعُوهَا إِلَيْكَ سَكَنًا لَهُمْ
Quant à ceux qui font une mauvaise interprétation mais qui ne sortent pas de l’Islam, ce sont par exemple ceux qui se sont abstenus de payer la zakat à l’époque de Abou Bakr as–Siddiq que Allah l’agrée, ceux-là pensaient que la zakat était un devoir uniquement du vivant du Messager, c’est-à-dire qu’ils pensaient que la zakat était obligatoire durant la vie du prophète car ses invocations étaient pour eux une miséricorde, un apaisement et une purification et que cela s’interromprait après sa mort. Ils ont dit : « après sa mort ce n’est plus un devoir de payer la zakat car après sa mort il ne va pas nous faire d’invocation » ils pensaient qu’ils donnaient la zakat en contrepartie des invocations du prophète et que donc après sa mort ça ne serait plus obligatoire. Voici une mauvaise interprétation. Cependant, les compagnons ne les ont pas jugés mécréants pour cela, ils les ont combattus pour qu’ils s’acquittent de ce qui leur incombe comme obligation, mais ils ne les ont pas combattus pour la mécréance. Car ils ne les ont pas jugés mécréant pour cela. Et la source de leur mauvaise interprétation c’est qu’ils ont mal compris un verset, en effet ces gens-là ont compris de la parole de Allah dans sourate at-tawbah verset 103 :
خُذْ مِنْ أَمْوَٰلِهِمْ صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِم بِهَا وَصَلِّ عَلَيْهِمْ إِنَّ صَلَوٰتَكَ سَكَنٌ لَّهُمْ
qui signifie : « prélève de leur bien une aumône qui les purifie et les augmente en bénédiction et fais des invocations en leur faveur, certes tes invocations sont un apaisement pour eux », ils ont compris de ce verset qu’en contrepartie de la zakat il y avait les invocations qui seraient un apaisement. Ils ont compris que ce qui serait visé par Sa parole ta^ala :
خُذْ
qui signifie : « prends », c’est-à-dire ô Mouhammed prends la zakat afin qu’elle soit, s’il te la verse, une miséricorde et un apaisement pour eux. Ils ont compris de ce verset que cela ne se produirait plus après sa mort et que par conséquent il n’était plus un devoir pour eux de la verser, parce qu’il était mort, et que c’était le prophète qui avait reçu l’ordre de prélever, voici leur mauvaise interprétation.
وَلَمْ يَفْهَمُوا أَنَّ الْحُكْمَ عَامٌّ فِي حَالِ حَيَاتِهِ وَبَعْدَ مَوْتِهِ
Ces gens-là n’avaient pas compris que le jugement était général, et que c’était un jugement qui s’appliquait de son vivant et après sa mort.
وَإِنَّمَا قَاتَلَهُمْ أَبُو بَكْرٍ كَمَا قَاتَلَ الْمُرْتَدِّينَ الَّذِينَ اتَّبَعُوا مُسَيْلِمَةَ الْكَذَّابَ فِي دَعْوَاهُ النُّبُوُّةَ لِأَنَّهُ مَا كَانَ يُمْكِنُهُ أَنْ يَأْخُذَ مِنْهُمْ قَهْرًا بِدُونِ قِتَالٍ لِأَنَّهُمْ كَانُوا ذَوِي قُوَّةٍ فَاضْطُرَّ إِلَى الْقِتَالِ.
Abou Bakr que Allah l’agrée n’a pas combattu ces gens-là comme il a combattu les apostats qui avaient suivis Mousaylimah le menteur dans sa prétention à la prophétie, mais il les a combattus uniquement parce qu’il ne pouvait pas prendre d’eux la zakat malgré eux, sans combattre, ils avaient en effet une certaine force, il fut alors dans la nécessité d’engager le combat pour prélever d’eux ce qu’il leur incombait, c’était là la raison pour laquelle il les avait combattus, il n’avait pas combattu ces gens-là comme il avait combattu Mousaylimah qui avait prétendu la prophétie, qui lui, a été combattu pour son apostasie. Mais il les avait combattus parce que c’étaient des gens qui avaient refusés de s’acquitter de leur obligation et qu’ils étaient fort, donc ils ne comprenaient que par le combat.
وَكَذَلِكَ الَّذِينَ فَسَّرُوا قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾ بِأَنَّهُ تَخْيِيرٌ وَلَيْسَ تَحْريِمًا لِلْخَمْرِ فَشَرِبُوهَا لِأَنَّ عُمَرَ مَا كَفَّرَهُمْ وَإِنَّمَا قَالَ: اجْلِدُوهُمْ ثَمَانِينَ ثَمَانِينَ، ثُمَّ إِنْ عَادُوا فَاقْتُلُوهُمْ اهـ. رَوَاهُ ابْنُ أَبِي شَيْبَةَ.
Attention, ces mauvaises interprétations ont eu lieu au début de l’Islam, nous n’allons pas dire qu’aujourd’hui il est possible qu’il y ait des gens qui fassent la même mauvaise interprétation, ici c’est à titre pédagogique pour illustrer des cas que le Chaykh a expliqué, mais ce n’est pas toute mauvaise interprétation qui est excusée, car il y a des gens qui se cachent derrière ces sois disant prétextes pour détruire l’Islam, mais celui qui a eu vent d’un jugement et qui le renie, il ne rentre pas dans le cas de celui qui fait une mauvaise interprétation, la mauvaise interprétation cité ici est à propos de gens qui croyaient véritablement que le jugement était ainsi, alors que de nos jours ces jugements sont connus.
Et un autre exemple à propos de ceux qui ont fait une mauvaise interprétation, c’est ceux qui ont mal interprété le verset 91 de sourate al-ma’idah à propos de l’alcool :
فَهَلْ أَنتُم مُّنتَهُونَ
qui signifie : « allez-vous vous en abstenir ? » sous-entendu une fois pour toute. Ils avaient compris que c’était un choix, à savoir : « est-ce que vous allez vous en abstenir ou pas ? », ils croyaient que les boissons enivrantes n’étaient pas une interdiction, et ils en ont bu. Cependant, notre maitre ^Oumar que Dieu l’agrée ne les a pas jugés mécréants, mais il leur a appliqué une grande peine légale avec pour qu’ils cessent et il les a menacés d’être exécuté s’ils reprenaient, parce qu’ils avaient mal interprétés ce verset, et l’explication correcte leur a été donné, donc ils ne pouvaient plus prétendre avoir mal compris. Et ceci a été rapporté par Ibnou Abi Chaybah.
الشَّرْحُ أَيْ إِنْ عَادُوا إِلَى اسْتِحْلالِ الْخَمْرِ أَمَّا فِي زَمَانِنَا هَذَا فَلا عُذْرَ لِمَنْ يُنْكِرُ حُرْمَةَ الْخَمْرِ مِمَّنْ كَانَ يَعِيشُ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ لِأَنَّهُ فِي زَمَانِنَا انْتَشَرَ حُرْمَةُ الْخَمْرِ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ وَلا يَخْفَى عَلَى مَنْ يَعِيشُ بَيْنَهُمْ ذَلِكَ، فَصَارَ مَعْلُومًا مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ.
Commentaire : quant à notre époque, il n’y a pas d’excuse pour celui qui renie l’interdiction de l’alcool, pour quelqu’un qui vit parmi les musulmans, parce qu’à notre époque, l’interdiction de boire de l’alcool est un jugement qui s’est propagé chez les musulmans, les musulmans connaissent ce jugement, c’est un jugement qui n’échappe pas à quelqu’un qui vit parmi les musulmans, c’est donc devenu quelque chose comme d’évidence dans la religion.
Et qu’est-ce que ça veut dire « comme d’évidence » ? Et pourquoi nous n’avons pas dit : « connu d’évidence » sans ajouter « comme » ? Parce que l’évidence est à propos des sujets rationnels. Si on prend quelqu’un à l’improviste, et qu’on je lui demande : « qu’est-ce qui est plus grand ? : une baguette ou la moitié d’une baguette ? », d’évidence il va répondre : « le plus grand c’est la baguette entière », c’est cela qui est connu d’évidence, c’est-à-dire que si tu prends quelqu’un à l’improviste il connait, mais comme l’interdiction de l’alcool est un sujet de loi -on ne parle pas de la croyance- et que les sujet des lois ne sont pas des sujets que nous allons connaitre par la raison, ce sont des sujets que nous allons connaitre par la transmission. Allah nous a envoyé un prophète, le prophète a enseigné à ses compagnons, les compagnons ont enseigné à ceux qui sont venus après eux et ainsi de suite, et il y a des moujtahid qui ont déduit des jugements pour les cas qui n’ont pas été cités dans les textes. Ainsi, si nous prenons à l’improviste un musulman qui a vécu parmi les musulmans et que nous lui demandons : « quel est le jugement de boire de l’alcool ? », il va répondre : « c’est interdit ! », mais il n’a pas su cela par la raison, mais c’est parce que c’est un jugement qui a été diffusé, c’est pour cela que nous disons « c’est comme connu d’évidence dans la religion », c’est connu comme si c’était une évidence. Bien que nous parlions d’évidence à propos des sujets rationnels, étant donné qu’ici c’est un sujet religieux, nous rajoutons le « comme. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: إِنَّمَا كَفَّرُوا الآخَرِينَ الَّذِينَ ارْتَدُّوا عَنِ الإِسْلامِ لِتَصْدِيقِيهِمْ لِمُسَيْلِمَةَ الْكَذَّابِ الَّذِي ادَّعَى الرِّسَالَةَ، فَمُقَاتَلَتُهُمْ لِهَؤُلاءِ الَّذِينَ تَأَوَّلُوا مَنْعَ الزَّكَاةِ عَلَى هَذَا الْوَجْهِ كَانَ لِأَخْذِ الْحَقِّ الْوَاجِبِ عَلَيْهِمْ فِي أَمْوَالِهِمْ
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les compagnons n’ont déclaré mécréants que les autres, à savoir ceux qui avaient apostasiés, parce qu’ils avaient cru en Mousaylimah le menteur, celui qui prétendait être Messager. Ainsi le combat des compagnons contre ceux qui s’étaient abstenus de payer la zakat -dans les circonstances mentionnées- fut mené pour prendre la part du droit qui leur incombait, telle est la raison pour laquelle les compagnons les ont combattus, c’est pour prendre la part de droit qui leur incombait sur leurs biens.
وَذَلِكَ كَقِتَالِ الْبُغَاةِ فَإِنَّهُمْ لا يُقَاتَلُونَ لِكُفْرِهِمْ، بَلْ يُقَاتَلُونَ لِرَدِّهِمْ إِلَى طَاعَةِ الْخَلِيفَةِ
Ceci est comparable au combat contre les rebelles, en effet, ils ne furent pas combattus pour leur mécréance mais ils furent combattus pour les ramener à l’obéissance au Calife.
كَالَّذِينَ قَاتَلَهُمْ سَيِّدُنَا عَلِيٌّ فِي الْوَقَائِعِ الثَّلاثِ: وَقْعَةِ الْجَمَلِ، وَوَقْعَةِ صِفِّينَ مَعَ مُعَاوِيَةَ، وَوَقْعَةِ النَّهْرَوَانِ مَعَ الْخَوَارِجِ عَلَى أَنَّ مِنَ الْخَوَارِجِ صِنْفًا هُمْ كُفَّارٌ حَقِيقَةً فَأُولَئِكَ لَهُمْ حُكْمُهُمُ الْخَاصُّ.
Un exemple de ceux qui ont été combattus pour qu’ils soient ramenés à l’obéissance au Calife, comme ceux que notre maitre ^Aliyy a combattu lors des trois batailles principales qu’il a mené, la bataille du chameau -al djamal-, la bataille de siffin contre Mou^awiyah et la bataille de an-nahrawan contre les khawarij. En précisant toutefois qu’il y avait une catégorie des khawarij qui étaient effectivement mécréants, ceux-là avaient donc un jugement particulier.
الشَّرْحُ الَّذِي يُصَدِّقُ مَنْ يَدَّعِي النُّبُوَّةَ بَعْدَ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ فَهُوَ كَافِرٌ مُكَذِّبٌ لِقَوْلِ اللَّهِ ﴿وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ﴾ وَلِقَوْلِ النَّبِيِّ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: وَخُتِمَ بِيَ النَّبِيُّونَ،رَوَاهُ مُسْلِمٌ
Commentaire : celui qui croit quelqu’un qui prétend être prophète après notre maitre Mouhammed est un mécréant, parce qu’il aura démenti la parole de Dieu dans sourate al-ahzab verset 40 :
﴿وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ﴾
qui signifie : « le dernier des prophètes », également, il aura contredit le hadith du prophète rapporté par Mouslim :
وَخُتِمَ بِيَ النَّبِيُّون
qui signifie : « l’envoie des prophètes a été scellé par mon envoie. »
وَأَمَّا الْبُغَاةُ الظَّالِمُونَ الَّذِينَ تَمَرَّدُوا عَلَى الْخَلِيفَةِ الرَّاشِدِ عَلِيِّ بنِ أَبِي طَالِبٍ كَالَّذِينَ تَمَرَّدُوا عَلَيْهِ فِي الْوَقَائِعِ الثَّلاثِ الْمَشْهُورَةِ فَلَيْسَ لَهُمْ حُكْمُ الْمُرْتَدِّينَ.
Quant aux rebelles, ceux qui étaient injustes, ceux qui s’étaient rebellés contre le Calife bien guidé ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée, ceux qui se sont rebellés contre lui lors des trois batailles principales très célèbres qu’on a nommé al-jamal, siffin et an-nahrawan, ceux-là n’ont pas le jugement des apostats. Bien sûr avec la précision que de parmi les khawarij il y a ceux qui sont devenus mécréants.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْحَافِظُ أَبُو زُرْعَةَ الْعِرَاقِيُّ فِي نُكَتِهِ: وَقَالَ شَيْخُنَا الْبُلْقِينِيُّ: يَنْبَغِي أَنْ يُقَالَ بِلا تَأْوِيلٍ لِيَخْرُجَ الْبُغَاةُ وَالْخَوَارِجُ الَّذِينَ يَسْتَحِلُّونَ دِمَاءَ أَهْلِ الْعَدْلِ وَأَمْوَالَهُمْ وَيَعْتَقِدُونَ تَحْرِيْمَ دِمَائِهِمْ عَلَى أَهْلِ الْعَدْلِ، وَالَّذِينَ أَنْكَرُوا وُجُوبَ الزَّكَاةِ عَلَيْهِمْ بَعْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِالتَّأْوِيلِ فَإِنَّ الصَّحَابَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ لَمْ يُكَفِّرُوهُمْ اهـ. وَهَذَا شَاهِدٌ مِنْ مَنْقُولِ الْمَذْهَبِ لِمَسْئَلَةِ التَّأْوِيلِ بِالِاجْتِهَادِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le hafidh Abou Zour^ah al-^Iraqiyy dans son livre an-noukat a dit : notre Chaykh al-Boulqiniyy a dit : « il convient de dire sans interprétation -c’est-à-dire qu’il excepte de la parole de mécréance la parole qui est dite par mauvaise interprétation- pour excepté les rebelles et les khawarij qui se sont rendus licite de faire couler le sang des gens de la vérité et de prendre leur bien tout en croyant que les gens de la vérité n’avaient pas le droit de faire couler leur sang à eux, et ceux qui ont renié l’obligation de la zakat qui leur incombait après le Messager de Allah à cause d’une mauvaise interprétation de leur part, en effet, les compagnons que Allah les agrées, ne les ont pas jugés mécréants. » Ceci est une preuve de ce qui est rapporté dans l’école -chafi^ite- à propos de la question du ta’wil -de l’interprétation- par ‘ijtihad -par effort de compréhension-.
الشَّرْحُ اخْتَلَفَ الْفُقَهَاءُ فِي الْخَوَارِجِ مِنْهُمْ مَنْ كَفَّرَهُمْ بِلا اسْتِثْنَاءٍ وَمِنْهُمْ مَنْ كَفَّرَ فِرْقَةً مِنْهُمْ مَخْصُوصَةً.
Commentaire : il y a parmi les savants ceux qui ont déclaré mécréants les khawarij sans exception, et il y a parmi les savants ceux qui ont déclaré mécréants un sous-groupe des khawarij.
فَالَّذِينَ كَفَّرُوهُمْ جُمْلَةً اعْتَمَدُوا عَلَى حَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ يَمْرُقُونَ مِنَ الدِّينِ مُرُوقَ السَّهْمِ مِنَ الرَّمِيَّةِ ثُمَّ لا يَعُودُونَ إِلَيْهِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ
Ceux qui ont déclaré mécréants les khawarij dans l’absolue se sont basés sur le hadith de Abou Sa^id al-Khoudriyy dans lequel le prophète lui a dit :
يَمْرُقُونَ مِنَ الدِّينِ مُرُوقَ السَّهْمِ مِنَ الرَّمِيَّةِ ثُمَّ لا يَعُودُونَ إِلَيْهِ
ce qui signifie : ce sont des gens qui quittent la religion comme une flèche transperce sa cible, ils n’y retournent pas. » Rapporté par al-Boukhariyy. Ces savants ont pris ce hadith et ont dit à propos des khawarij que ce sont des mécréants [car tous les savants se sont accordés sur le fait que ce sont des khawarij dans ce hadith] puisque le prophète a dit : « ils n’y retournent pas. »
وَهَذَا الْحَدِيثُ ظَاهِرُهُ يَشْهَدُ بِتَكْفِيرِهِمْ لِأَنَّ فِيهِ وَصْفَ الرَّسُولِ لَهُمْ بِأَنَّهُمْ يَخْرُجُونَ مِنَ الإِسْلامِ خُرُوجَ السَّهْمِ مِنَ الرَّمِيَّةِ، أَيْ كَمَا يُصِيبُ السَّهْمُ الطَّرِيدَةَ وَيَخْرُجُ مِنْهَا بِسُرْعَةٍ، فَيُفْهَمُ مِنْ هَذَا أَنَّهُ لا بَأْسَ بِالْقَوْلِ بِتَكْفِيرِهِمْ.
Et le sens apparent de ce hadith témoigne de la mécréance des khawarij, car dans ce hadith le Messager les a décrits comme sortant de l’Islam comme une flèche qui transperce sa cible, c’est-à-dire tout comme une flèche atteint un gibier et sort de l’autre côté rapidement. Nous comprenons de là qu’il n’y a pas de mal à dire que ce sont des mécréants, il n’y a pas de danger pour celui qui prends le sens apparent de ce hadith et dit : « les khawarij sont des mécréants. »
وَالْخَوَارِجُ هُمْ أَوَّلُ فِرْقَةٍ شَذَّتْ فِي الِاعْتِقَادِ عَنْ مُعْتَقَدِ الصَّحَابَةِ فَقَاتَلَهُمْ سَيِّدُنَا عَلِيٌّ فَأَبَادَهُمْ وَلَمْ يَبْقَ مِنْهُمْ إِلَّا قَلِيلٌ
Et les khawarij est le premier groupe qui s’est singularisé dans la croyance, il s’est singularisé de la croyance des compagnons, notre maître ^Aliyy les a combattus, il les a exterminés hormis quelques individus.
وَمِنْ ضَلالاتِهِمْ تَكْفِيرُ مُرْتَكِبِ الْكَبِيرَةِ
Et parmi les égarements des khawarij, il y a qu’ils déclarent mécréants celui qui commet un grand péché.
وَيَدُلُّ عَلَى كُفْرِهِمْ حُكْمُهُمْ عَلَى كُلِّ مَنْ خَالَفَ مُعْتَقَدَهُمْ بِالْكُفْرِ وَالتَّخْلِيدِ فِي النَّارِ فَكَانُوا هُمْ أَحَقَّ بِالِاسْمِ مِنْهُمْ.
Et ce qui indique leur mécréance, c’est qu’ils jugent quiconque les contredits dans leur croyance comme étant mécréant et comme étant quelqu’un qui restera éternellement en enfer, et cette déclaration de mécréance s’applique plutôt à eux.
وَكَذَلِكَ يُسْتَدَلُّ عَلَى كُفْرِ الْخَوَارِجِ بِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ: لَئِنْ أَدْرَكْتُهُمْ لَأَقْتُلَنَّهُمْ قَتْلَ عَادٍ، وَفِي لَفْظٍ: ثَمُود وَكُلٌّ مِنْهُمَا إِنَّمَا هَلَكَ بِالْكُفْرِ.
Également, parmi les arguments retenus concernant la déclaration de mécréance des khawarij, c’est la parole du prophète rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih :
لَئِنْ أَدْرَكْتُهُمْ لَأَقْتُلَنَّهُمْ قَتْلَ عَادٍ
qui signifie : « si je vivais à leur époque, je les exterminerais comme ont été exterminés le peuple de ^Ad », et dans une autre version rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih :
ثَمُود
ce qui signifie : « le peuple de Thamoud », et chacun de ces deux peuples ont péri par leur mécréance.
وَبِقَوْلِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: هُمْ شَرُّ الْخَلْقِ وَالْخَلِيقَةِ، وَبِقَوْلِهِ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: إِنَّهُمْ أَبْغَضُ الْخَلْقِ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى وَلا يُوصَفُ بِذَلِكَ إِلَّا الْكُفَّارُ.
Parmi les preuves retenus concernant la mécréance des khawarij, il y a la parole du prophète rapporté par Mouslim qui les a décrits en disant :
هُم شَرُّ الْخَلْقِ وَالْخَلِيقَة
ce qui signifie : « ce sont les pires des créatures et de la création. » Également par la parole du prophète au sujet des khawarij :
إِنَّهُم أَبْغَضُ الْخَلْقِ إلى اللهِ تَعَالَى
qui signifie : « ce sont les plus méprisables des créatures selon le jugement de Dieu », c’est-à-dire que ce sont ceux dont Dieu les menace du plus grave des châtiment, et le plus grave des châtiment n’est pas appliqué aux musulmans.
وَمَبْدَأُ أَمْرِهِمْ حَصَلَ لَمَّا وَافَقَ سَيِّدُنَا عَلِيٌّ عَلَى تَحْكِيمِ الْحَكَمَيْنِ، فَانْحَازَ عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ طَائِفَةٌ مِمَّنْ كَانُوا يُقَاتِلُونَ مَعَهُ، فَرَأَوْا هَذَا التَّحْكِيمَ ضَلالًا وَكُفْرًا
Au début les khawarijd étaient avec les musulmans, la première apparition de ces khawarij a eu lieu lorsque notre maître ^Aliyy a accepté l’arbitrage des deux arbitres lorsqu’il était dans la bataille de siffin contre Mou^awiyah et que pour faire cesser l’effusion du sang des musulmans il a accepté l’arbitrage. Eux étaient dans son camp, ils ont considéré le fait qu’il accepte l’arbitrage est de l’égarement et de la mécréance. Ils ont ainsi déclaré mécréant notre maitre ^Aliyy.
وَقَالُوا كَيْفَ يُحَكِّمُ مَخْلُوقًا وَاللَّهُ يَقُولُ: ﴿إِنِ الْحُكْمُ إِلَّا لِلَّهِ﴾ [سُورَةَ الأَنْعَام/57] فَظَنُّوا مِنْ فَسَادِ أَفْهَامِهِمْ أَنَّ عَلِيًّا خَالَفَ الْقُرْءَانَ، وَهُوَ فِي الْحَقِيقَةِ لَمْ يُخَالِفْ فَقَالَ عَلِيٌّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: كَلِمَةُ حَقٍّ أُرِيدَ بِهَا بَاطِلٌ أَيْ مَا وَضَعُوا هَذِهِ الآيَةَ فِي مَحَلِّهَا.
Ils ont dit : « comment est-ce que ^Aliyy accepte l’arbitrage d’une créature ? Alors que Allah ta^ala dit dans sourate al-an^am verset 57 :
إِنِ ٱلْحُكْمُ إِلَّا لِلَّهِ
alors que ce verset n’a pas du tout le sens que eux ont retenu. À cause de leur mauvaise compréhension, ils ont cru que ^Aliyy avait contredit le Qour’an, alors qu’en réalité il ne l’avait pas contredit, c’est alors que notre maître ^Aliyy a dit une parole qui est devenu connu à son sujet qui est :
كَلِمَةُ حَقٍّ أُرِيدَ بِهَا بَاطِلٌ
ce qui signifie : « c’est une parole de vérité, mais par laquelle ils en ont voulu un sens qui est faux. »
Sa parole : « c’est une parole de vérité » c’est-à-dire que c’est du Qour’an, c’est nécessairement une parole de vérité, mais par laquelle ils en ont voulu un sens qui est faux, c’est-à-dire qu’ils ont attribué à cette parole de vérité un sens qui n’est pas correcte, le verset ne signifie pas : « il n’est pas valide d’accepter l’arbitrage d’arbitre humain » ce n’est pas le sens de ce verset, le verset n’est pas du tout dans le sens qu’il ne fallait pas accepter l’arbitrage d’un humain, non, mais le verset à un autre sens, le sens est : « n’a lieu que ce que Dieu a voulu. » Et donc à cause de cela, ils ont déclaré mécréant notre maitre ^Aliyy et ils se sont retrouvés à le combattre. Ils étaient dans son camp et lors de la bataille d’après, la bataille de an-nahrawan, c’était contre notre maître ^Aliyy qu’ils se sont opposés, et au bout du compte les khawarij l’ont tué.
Ainsi, comme cas d’exception à la mécréance par la parole, il y a celui qui dit une parole de mécréance par lapsus, il ne sort pas de l’Islam, de même s’il était endormi ou fou, c’est-à-dire qu’il n’avait pas toute sa raison, il ne sort pas de l’Islam, s’il rapporte la parole de mécréance, il ne sort pas de l’Islam, s’il dit la parole de mécréance sous la contrainte parce qu’il est menacé de mort, il ne sort pas de l’Islam et s’il fait une mauvaise interprétation il ne sort pas de l’Islam, mais l’exception à la mécréance par la mauvaise interprétation n’est pas dans tous les cas.
Informations utiles :
Notre Chaykh que Allah lui fasse miséricorde aimait beaucoup le siwak, et il incitait beaucoup à l’utiliser. Il aimait que le siwak soit du bois d’arak, qu’il soit neuf et qu’il soit souple. Il rapportait les hadith du Messager de Allah concernant le siwak, comme le hadith :
رَكْعَتَانِ بِسِوَاكٍ أَفْضَلُ مِنْ 70 رَكْعَةً مِنْ دُونِ سِوَاك
qui signifie : « deux rak^ah qui sont accomplies après avoir utilisé le siwak valent plus que soixante-dix rak^ah accomplies sans avoir utiliser le siwak. » Et ce hadith a été rapporté avec une forte chaîne de transmission qui est rapporté par al-Bazzar, al-Bayhaqiyy d’après la dame ^A’ichah que Allah l’agrée.
Le Chaykh disait : « le siwak multiplie la récompense de la prière. » Et le Chaykh appréciait beaucoup que celui qui l’accompagne ait toujours le woudou’, qu’il ait une bonne odeur et qu’il ait toujours avec lui un siwak.
En effet le siwak -le siwak étant le petit bâtonnet en bois qu’on utilise pour se frotter les dents- fait en sorte que l’haleine de la bouche soit bonne, il contribue à la blancheur des gens, il renforce la gencive, le siwak aide à bien articuler les lettres, si on frotte le siwak sur la langue de l’enfant qui a tardé à parler, cela l’aide à bien prononcer, il renforce le cerveau, le siwak rappel les deux témoignages au moment de la mort, il rend malheureux le shaytan, et il réjouit les anges.
Lorsque notre Chaykh que Dieu l’agrée se réveillait la nuit, il utilisait le siwak par application de l’enseignement du Messager de Allah.
Il nous a rapporté du Messager de Allah que lorsqu’il se levait la nuit, il frottait ses dents avec le siwak.
Et notre Chaykh que Allah l’agrée mettait parfois un peu de miel dans la bouche, il utilisait al-arak avec le miel dans la bouche. Il disait : « ce qui n’est pas enlever avec le siwak, c’est le miel qui va l’enlever », et parfois il mettait de l’huile d’olive dans la bouche et il faisait le siwak comme nous l’avons cité. Et il citait le hadith :
تَهَادَوْا تَحَابُّوا
qui signifie : « offrez-vous des cadeaux, aimez-vous les uns les autres », tout comme l’a rapporté al-Boukhariyy dans al-adab, al-Bayhaqiyy et at-Tabaraniyy.
Et le Chaykh citait le hadith qoudsiyy :
حَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَحَابِّينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَزَاوِرِينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَنَاصِحِينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَبَاذِلِينَ فِيَّ
qui signifie : « Allah ta^ala dit : Mon agrément est mérité par ceux qui s’aiment les uns les autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité par ceux qui se rendent visite les uns les autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui se donnent le conseil les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité par ceux qui s’offrent des cadeaux les uns aux autres par recherche de Mon agrément. »
Et al-Bayhaqiyy, al-Hakim ainsi que Ibnou Hibban ont rapporté d’après le compagnon ^Oubadah fils de as-Samit qu’il a dit : « j’ai entendu le Messager de Allah dire, en rapportant de son Seigneur tabaraka wa ta^ala :
حَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَحَابِّينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَنَاصِحِينَ فِيَّ, وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَزَاوِرِين فِيَّ
وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَبَادِلِينَ فيَّ ، وَهُمْ عَلَى مَنَابِرَ مِن نُورٍ يَغْبِطُهُمُ النَّبِيُّونَ وَالصَّدِيقُونَ بِمَكَانِهِم
ce qui signifie : « Mon agrément est mérité par ceux qui s’aiment les uns les autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui se portent le conseil les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui se rendent visite les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui s’offrent des cadeaux les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et ils seront au jour du jugement sur des chairs de lumières, les prophètes et les véridiques seront heureux pour eux et auraient tant aimé avoir comme eux leur place. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمِمَّا يَشْهَدُ مِنَ الْمَنْقُولِ فِي مَسْئَلَةِ الِاجْتِهَادِ بِالتَّأَوُّلِ وَحِكَايَةِ الْكُفْرِ قَوْلُ شَمْسِ الدِّينِ الرَّمْلِيِّ فِي شَرْحِهِ عَلَى مِنْهَاجِ الطَّالِبِينَ فِي أَوَائِلِ كِتَابِ الرِّدَّةِ فِي شَرْحِ قَوْلِ النَّوَوِيِّ: الرِّدَّةُ قَطْعُ الإِسْلامِ بِنِيَّةٍ أَوْ قَوْلِ كُفْرٍ مَا نَصُّهُ: فَلا أَثَرَ لِسَبْقِ لِسَانٍ أَوْ إِكْرَاهٍ، وَاجْتِهَادٍ وَحِكَايَةِ كُفْرٍ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : parmi les preuves rapportées concernant l’effort de compréhension pour l’interprétation et la citation des propos de mécréance, il y a ce qu’a rapporté Chamsou d-Din ar-Ramliyy dans son commentaire de minhaj at-Talibin au début du chapitre de l’apostasie lorsqu’il commente la parole de an-Nawawiyy, lorsque an-Nawawiyy a dit : « l’apostasie c’est la rupture de l’Islam par une intention ou une parole de mécréance », ar-Ramliyy a dit : « il n’y a donc pas de conséquence en cas de lapsus ou de menace, en cas d’ijtihad ou de citation de parole de mécréance. »
Ainsi, il y a des paroles qui lorsqu’elles sont prononcées la personne sort de l’Islam, cependant si cette parole a été dite à la suite d’un lapsus, c’est-à-dire qu’il a commis un lapsus en disant cette parole, il ne sort pas de l’Islam à cause de cette parole, ou encore si c’est une parole qu’il a dite parce qu’il est menacé de mort, s’il dit cette parole sans pour autant l’appréciée, là aussi il ne sort pas de l’Islam.
Et ar-Ramliyy rajoute en disant : « en cas d’ijtihad », c’est-à-dire en cas de tentative d’interprétation par son propre effort, c’est-à-dire que la personne à d’elle-même mal compris quelque chose, ça aussi fait l’objet d’exception à la mécréance dans certain cas. Et il y a la citation d’une parole de mécréance, c’est-à-dire que si quelqu’un rapporte la parole de mécréance de quelqu’un d’autre, il ne sort pas de l’Islam.
وَقَوْلُ الْمُحَشِّي – أَيْ صَاحِبِ الْحَاشِيَةِ عَلَى الشَّرْحِ – نُورِ الدِّينِ عَلِيِّ الشَّبْرَامَلِّسِي الْمُتَوَفَّى سَنَةَ أَلْفٍ وَسَبْعٍ وَثَمَانِينَ، عِنْدَ قَوْلِ الرَّمْلِيِّ: وَاجْتِهَادٍ مَا نَصُّهُ: أَيْ لا مُطْلَقًا كَمَا هُوَ ظَاهِرٌ لِمَا سَيَأْتِي مِنْ نَحْوِ كُفْرِ الْقَائِلِينَ بِقِدَمِ الْعَالَمِ مَعَ أَنَّهُ بِالِاجْتِهَادِ وَالِاسْتِدْلالِ.
Ainsi, Chamsou d-Din ar-Ramliyy a fait le commentaire du livre de an-Nawawiyy dans lequel il y a la parole de l’auteur du texte -à savoir an-Nawawiyy- qui se trouve en marge du commentaire. Et il y a un autre savant qui s’appelle Nour d-Din ^Aliyy ach-Chabramallisiy qui est mort en 1087 de l’hégire, il a fait un commentaire sur la parole de ar-Ramliyy. Ainsi ar-Ramliyy a cité l’exception à la mécréance de l’ijtihad, et le savant ach-Chabramallisiy explique la parole de ar-Ramliyy. Ainsi, ar-Ramliyy a dit : « en cas d’ijtihad » mais il n’a pas détaillé, et ach-Chabramallisiy dit : « il y a un détail », car les savants donnent une règle et après il y a des exceptions.
Ainsi, ar-Ramliyy a simplement dit que l’ijtihad est une exception à la mécréance, mais bien sur ce n’est pas parce que l’on dit que c’est une exception que c’est dans tous les cas, non, et justement le savant ach-Chabramallisiy dit : « ce n’est pas de façon absolue » et le savant ach-Chabramallisiy donne des exemples, il a dit : « comme cela est clairement illustrer par ce qui va venir, à savoir que ceux qui disent que le monde est sans commencement ou des choses similaires sont mécréants, bien qu’ils l’aient affirmés à partir d’un ‘ijtihad et par déduction. »
Ainsi, ce sont des gens qui ont soi-disant fait un ‘ijtihad, par effort de déduction ils ont prétendu que le monde n’aurait pas de début, mais cette parole est une mécréance, même si c’est par déduction, parce qu’elle est à l’encontre des fondements de la religion, un des principes fondamentaux de la religion c’est que Dieu est Le créateur de tout autre que Lui, ainsi, ceux qui disent que ce monde n’a pas de début c’est comme s’ils disaient que ce monde est associé à Dieu dans Son exemption de début, ceci contredit la croyance en l’unicité de Dieu puisqu’ils attributs un des attributs de Dieu à autre que Dieu, en l’occurrence au monde. C’est pour cela que ce n’est pas tout ‘ijtihad qui serait excusé.
قَالَ الْمُحَشِّي الآخَرُ عَلَى الرَّمْلِيِّ أَحْمَدُ بنُ عَبْدِ الرَّزَّاقِ الْمَعْرُوفُ بِالْمَغْرِبِيِّ الرَّشِيدِيِّ الْمُتَوَفَّى سَنَةَ أَلْفٍ وَسِتٍّ وَتِسْعِينَ قَوْلُهُ وَاجْتِهَادٍ أَيْ فِيمَا لَمْ يَقُمِ الدَّلِيلُ الْقَاطِعُ عَلَى خِلافِهِ بِدَلِيلِ كُفْرِ نَحْوِ الْقَائِلِينَ بِقِدَمِ الْعَالَمِ مَعَ أَنَّهُ بِالِاجْتِهَادِ اهـ
Et il y a un autre auteur qui a commenté en marge l’ouvrage de ar-Ramliyy. Le livre d’origine c’est an-Nawawiyy qui l’a écrit, puis ar-Ramliyy en a fait un commentaire, et il y a deux savants qui ont fait des commentaires additionnels. Ainsi, le deuxième commentateur s’appelle Ahmad fils de ^Abdou r-Razzaq, il est connu sous le nom de al-Maghribiyy ar-Rachidiyy, il est mort en 1096, c’est-à-dire 9 ans après ach-Chabramallisiy.
Al-Maghribiyy ar-Rachidiyy a dit : « sa parole – c’est-à-dire celle de ar-Ramliyy- « en cas d’ijtihad » c’est-à-dire dans les questions dont la preuve catégorique du contraire n’a pas été établie », c’est-à-dire que ce n’est pas tout ‘ijtihad qui serait excusé -qui fait en sorte que la personne n’est pas déclarée mécréante- mais ce sont les ‘ijtihad qui ne vont pas à l’encontre des fondamentaux de la religion, les ‘ijtihad qui ne sont pas contraires à ce qui est prouvé de manière catégorique.
Et il donne un exemple. Il donne le même exemple que le commentateur précédant, il dit : « preuve en est la mécréance de ceux qui disent que le monde est sans commencement, bien que cela vienne d’un ‘ijtihad de leur part. » Ainsi, ils ont soi-disant fait un ‘ijtihad et ont abouti à ça, mais cela contredit les fondements, cette prétention, cette parole va à l’encontre de la croyance de l’Islam et va à l’encontre de ce qu’implique la raison saine et va à l’encontre de ce qu’impliquent les textes. C’est pour cela que cet ‘ijtihad de leur part -cet effort de déduction- n’est pas excusé, il les a faits tomber dans une mécréance pour laquelle ils ne sont pas excusés, ils sont sortis de l’Islam pour avoir dit cela.
فَلْيَجْعَلْ طَالِبُ الْعِلْمِ قَوْلَ الرَّشِيدِيِّ الْمَذْكُورَ فِيمَا لَمْ يَقُمْ دَلِيلٌ قَاطِعٌ عَلَى ذُكْرٍ – يَعْنِي أَنْ يَكُونَ مُسْتَحْضِرًا لِهَذِهِ الْكَلِمَةِ فِي قَلْبِهِ لِأَنَّهَا مُهِمَّةٌ -، لِأَنَّ التَّأَوُّلَ مَعَ قِيَامِ الدَّلِيلِ الْقَاطِعِ لا يَمْنَعُ التَّكْفِيرَ عَنْ صَاحِبِهِ
Par conséquent, que celui qui recherche la science de la religion garde bien en mémoire la parole de ar-Rachidiyy précédemment cité, qui est : « dans les questions dont une preuve catégorique du contraire n’a pas été établie » alors qu’il garde bien cette parole en mémoire, c’est-à-dire qu’il la garde bien présente dans son cœur, cette précision de al-Maghribiyy ar-Rachidiyy est très importante, parce que faire une interprétation en présence de la preuve catégorique du contraire ne sauve pas son auteur de la mécréance.
وَقَوْلُنَا فِي الْخَوَارِجِ بِاسْتِثْنَاءِ بَعْضِهِمْ مِنَ الَّذِينَ لَمْ يُكَفَّرُوا لِثُبُوتِ مَا يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ فِي بَعْضِهِمْ كَمَا يُؤَيِّدُهُ قَوْلُ بَعْضِ الصَّحَابَةِ الَّذِينَ رَوَوْا أَحَادِيثَ الْخَوَارِجِ.
Nous avons dit à propos des khawarij que certains faisaient exceptions et n’avaient pas été déclarés mécréants car ce qui implique la mécréance est confirmé pour d’autres.
Ainsi, certains savants n’ont pas déclaré les khawarij mécréants pour certaines choses, c’est pour cela que le Chaykh dit : nous avons dit à propos des khawarij que certains faisaient exceptions – à la déclaration de mécréance- et n’avaient donc pas été déclarés mécréants car ce qui implique la mécréance est confirmé pour les autres, comme cela est appuyé par la parole de certains compagnons qui ont rapporté des hadith concernant les khawarij.
الشَّرْحُ قَوْلُهُمْ بِالتَّأْوِيلِ وَالِاجْتِهَادِ مَعْنَاهُ عَلَى حَسَبِ مَا هُوَ أَرَادَ أَنْ يَطْلُبَ مَا هُوَ الْحَقُّ فَإِذَا أَخْطَأَ الشَّخْصُ فِي هَذَا الْبَابِ لا يُكَفَّرُ إِلَّا أَنْ يَكُونَ فِي الْقَطْعِيَّاتِ، فَمَنِ اجْتَهَدَ فِي الْقَطْعِيَّاتِ فَأَخْطَأَ لا يُعْذَرُ.
Commentaire : lorsqu’ils ont dit « est excepté de la parole de mécréance le ta’wil ou l’ijtihad » c’est-à-dire l’effort de déduction ou l’interprétation de la propre personne, c’est-à-dire en fonction de ce que la personne recherchait comme étant la vérité, c’est-à-dire que la personne croyait avoir atteint la vérité. Mais si cette personne se trompe concernant ce chapitre, elle ne devient pas mécréante, parce qu’elle a fourni un effort pour croire que c’était ainsi. Hormis le cas où il a fourni un effort de déduction dans les sujets catégoriques, parce que celui qui fait un ‘ijtihad dans les sujets catégoriques et se trompe n’est pas excusé.
هَذَا غَيْرُ الِاجْتِهَادِ الَّذِي هُوَ مُقَابِلُ التَّقْلِيدِ، لِأَنَّ هُنَاكَ مَرْتَبَتَيْنِ مَرْتَبَةَ الِاجْتِهَادِ وَمَرْتَبَةَ التَّقْلِيدِ، فَالِاجْتِهَادُ لِمَنْ يَحْفَظُ ءَايَاتِ الأَحْكَامِ وَأَحَادِيثَ الأَحْكَامِ وَيَكُونُ قَوِيَّ الذَّاكِرَةِ قَوِيَّ الْعَقْلِ مَعَ التُّقَى وَالْعَدَالَةِ كَالشَّافِعِيِّ وَمَالِكٍ وَكَثِيرِينَ مِنَ السَّلَفِ
Et ici, lorsque nous parlons du mot « ‘ijtihad » ce n’est pas l’ijtihad semblable à celui de l’imam Malik ou l’imam Abou Hanifah ou l’imam ach-Chafi^iyy ou l’imam Ahmad Ibnou Hanbal, non, ce n’est pas l’ijtihad qui est opposé au taqlid, nous ne parlons pas de cet ‘ijtihad là. L’ijtihad qui est à l’opposé du taqlid c’est l’ijtihad -l’effort de déduction- que peut faire celui qui mémorise les versets concernant les jugements, les hadith concernant les jugements, qui a une très forte mémoire, qui a une grande capacité intellectuelle, qui est pieux, qui est juste digne de confiance, comme ach-Chafi^iyy, comme l’imam Malik et de nombreux du salaf.
أَمَّا الِاجْتِهَادُ فِي هَذَا الْبَابِ فَمَعْنَاهُ أَنَّ الشَّخْصَ إِذَا أَرَادَ أَنْ يَعْرِفَ الْحَقَّ وَيَصِلَ إِلَيْهِ فَقَالَ كَلِمَةً شَاذَّةً كَهَؤُلاءِ الَّذِينَ قَالُوا: الزَّكَاةُ كَانَتْ فِي زَمَنِ الرَّسُولِ فَرْضًا لِأَنَّ الرَّسُولَ لَمَّا يَدْعُو لِلْمُزَكِّي دُعَاؤُهُ هَذَا سَكَنٌ لِلْمُزَكِّينَ، أَمَّا بَعْدَ وَفَاتِهِ فَقَدِ انْقَطَعَ ذَلِكَ فَلَيْسَتْ وَاجِبَةً، مِثْلُ هَذَا يُقَالُ لَهُ اجْتِهَادٌ وَيُقَالُ لَهُ تَأْوِيلٌ أَيْضًا فَهَؤُلاءِ لا نُكَفِّرُهُمْ، لِأَنَّ الَّذِي يَجْتَهِدُ فِي غَيْرِ الْقَطْعِيِّ يُقَالُ غَلِطَ وَلا يُكَفَّرُ.
Tandis que dans ce chapitre, l’ijtihad qui est considéré dans certains cas et non systématiquement comme étant une exception à la mécréance par la parole, c’est lorsque que quelqu’un veut connaitre la vérité et y parvenir, et il a dit une parole qui est singulière, comme ceux qui ont prétendu que la zakat n’était obligatoire que durant la vie du Messager parce que lorsque le Messager faisait des invocations pour celui qui donne la zakat, ces invocations seront une cause de sérénité pour ceux qui donnent la zakat, mais après son décès, cela s’est interrompu, ils ont donc dit : « la zakat n’est plus un devoir après la mort du prophète », cela s’appelle un ‘ijtihad -un effort de déduction- et ça s’appelle aussi un ta’wil. Eh bien ces gens-là ne sont pas déclarés mécréants à cause de cette mauvaise interprétation -ce mauvais ta’wil- ce mauvais ‘ijtihad. Nous ne les déclarons pas mécréants, parce que celui qui fournit un ‘ijtihad dans un autre sujet que les sujets catégoriques et s’est trompé, nous disons simplement qu’il s’est trompé et nous ne disons pas qu’il a commis la mécréance. Ainsi, par un ‘ijtihad, il a fourni un effort de déduction mais dans un sujet autre que les sujets catégoriques, les sujets catégoriques qui sont par exemple les attributs de Dieu, l’existence de Dieu, l’unicité de Dieu, qui sont des sujets catégoriques, le fait que Dieu préserve les prophètes de la mécréance, ceci est un sujet catégorique.
وَأَمَّا مُحَارَبَةُ أَبِي بَكْرٍ لَهُمْ فَلِأَنَّهُمُ امْتَنَعُوا عَنْ أَدَاءِ الْحَقِّ الْوَاجِبِ وَكَانُوا جَمْعًا لَهُمْ قُوَّةٌ فَقَاتَلَهُمْ مَعَ الْمُرْتَدِّينَ الَّذِينَ اتَّبَعُوا مُسَيْلِمَةَ وَءَامَنُوا بِدَعْوَاهُ النُّبُوَّةَ.
Quant au fait que Abou Bakr les ait combattus n’est pas parce qu’ils étaient des apostats, il les a combattus parce qu’ils s’étaient abstenus de s’acquitter d’un devoir dans la loi de l’Islam, qui est de payer la zakat. Et ils formaient un grand groupe, il les a combattus avec les apostats qui eux avaient suivis Mousaylimah et qui ont cru en la prétention à la prophétie de Mousaylimah.
أَمَّا فِي الْقَطْعِيَّاتِ فَلا عِبْرَةَ بِالِاجْتِهَادِ، كَابْنِ تَيْمِيَةَ الَّذِي اجْتَهَدَ فَقَالَ الْعَالَمُ أَزَلِيٌّ بِجِنْسِهِ أَيْ لَمْ يَتَقَدَّمِ اللَّهُ جِنْسَ الْعَالَمِ بِالْوُجُودِ، بَلْ قَالَ وَهَذَا كَمَالٌ لِلَّهِ ذَكَرَ هَذَا فِي كِتَابِ شَرْحِ حَدِيثِ عِمْرَانَ بنِ حُصَيْنٍ [انْظُرِ الْكِتَابَ (ص/193)، وَمَجْمُوعَ الْفَتَاوَى (18/239)] وَلَمْ يَدْرِ أَنَّ هَذَا قَوْلٌ مِنْهُ بِأَنَّ اللَّهَ مَا خَلَقَ جِنْسَ الْعَالَمِ إِنَّمَا خَلَقَ الأَفْرَادَ الْمُعَيَّنَةَ
Cependant, si c’est un ‘ijtihad -un effort de déduction- dans les sujets catégoriques, ce n’est pas excusé. Comme lorsque Ibnou Taymiyah à soi-disant fait un ‘ijtihad et a dit que le genre de ce monde n’a pas de début, c’est-à-dire que Allah n’a pas précédé le genre du monde par l’existence, et Ibnou Taymiyah a dit : « ceci est une perfection au sujet de Dieu » il a cité cela dans son livre « charh hadith ^Imran Ibni Houssayn » page 193 et dans son livre « majmou^ l-fatawa » tome 18 page 239. Et c’est comme si Ibnou Taymiyah ne s’était pas rendu compte qu’en disant cela, ça revient à dire que Allah n’a pas créé le genre de ce monde, mais que Dieu n’aurait créé que les individus en particulier.
وَقَالَ أَيْضًا عَنِ الْعَرْشِ إِنَّ جِنْسَهُ قَدِيمٌ لا ابْتِدَاءَ لِوُجُودِهِ أَيْ لَمْ يَسْبِقْهُ الْعَدَمُ كَمَا أَنَّ اللَّهَ لَمْ يَسْبِقْهُ الْعَدَمُ، فَقَدْ سَاوَى بِقَوْلِهِ هَذَا جِنْسَ الْعَالَمِ مَعَ اللَّهِ وَأَيُّ كُفْرٍ وَشِرْكٍ هَذَا.
Il a également dit à propos de al-^arch -le trône- [qui est le toit du paradis] que son genre est de toute éternité et qu’il n’a pas de début à son existence, c’est-à-dire qu’il n’a pas été précédé du néant tout comme Allah n’a pas été précédé du néant. Par cette parole, il aura ainsi considéré équivalent le genre de ce monde et Allah, et quelle mécréance et quelle association que celle-ci.
نَقَلَ هَذَا عَنْهُ الْعَالِمُ الْعَلَّامَةُ الثِّقَةُ جَلالُ الدِّينِ الدَّوَّانِيُّ فِي شَرْحِ الْعَضُدِيَّةِ.
Celui qui a rapporté cette parole de lui est l’illustre savant, le digne de confiance Djalal ad-Din ad-Dawwaniyy dans le commentaire d’al-^adoudiyyah.
فَلا يُخَلِّصُهُ اجْتِهَادُهُ هَذَا مِنَ الْكُفْرِ
Le fait que Ibnou Taymiyah ait fait cette ‘ijtihad ne va pas le délivrer -l’excepté- de la mécréance.
وَكَالَّذِي قَالَ الْكُفَّارُ يَنْقَطِعُ عَذَابُهُمْ بَعْدَ زَمَنٍ طَوِيلٍ فَإِنَّهُ عَلَى زَعْمِهِ أَرَادَ الْوُصُولَ إِلَى الْحَقِّ فَلا يَمْنَعُ تَأْوِيلُهُ هَذَا عَنْهُ التَّكْفِيرَ
Et comme celui qui a dit que les mécréants n’auront plus de châtiment après un certain temps, selon sa prétention il a voulu parvenir à la vérité, et cette mauvaise interprétation ne l’empêche pas d’être déclaré mécréant. Celui qui est ignorant comme celui qui est savant savent que l’enfer n’aura pas de fin, même celui qui n’a jamais étudié sait que l’enfer n’a pas de fin, c’est pour cela que c’est considéré comme étant un sujet catégorique, ça fait partie des sujets catégoriques à propos desquels celui qui fait un ‘ijtihad n’est pas excusé, c’est-à-dire qu’il fournit un effort de déduction et parvient à quelque chose de faux, du moment qu’il contredit un des sujets fondamentaux il n’est pas excusé.
فَالْمُتَأَوِّلُ فِي الْقَطْعِيَّاتِ لا يُعْذَرُ إِذَا أَخْطَأَ وَإِلَّا لَلَزِمَ تَرْكُ تَكْفِيرِ النَّصَارَى لِأَنَّهُمْ عَلَى حَسَبِ زَعْمِهِمِ اجْتَهَدُوا، وَالْبُوذِيُّونَ أَيْضًا اجْتَهَدُوا عَلَى حَسَبِ زَعْمِهِمْ فَرَأَوْا أَنَّ مَا هُمْ عَلَيْهِ حَقٌّ فَدَانُوا بِهِ
Et celui qui fait une mauvaise interprétation dans des sujets catégoriques n’est pas excusé, c’est-à-dire que son interprétation ne l’empêche pas d’être déclaré mécréant, ce n’est pas parce qu’il a fait une interprétation qu’il serait exempté de mécréance, non il est déclaré mécréant, car si celui qui fournissait de mauvaises interprétations ou aboutissait à de mauvaises déductions dans des sujets catégoriques et se trompait était excusé, selon cette [fausse] règle, comment allons-nous déclarer mécréants les chrétiens ? Car selon eux ils ont fait un ‘ijtihad, ou les bouddhistes car selon eux ils ont considéré que la religion qu’ils ont est correcte alors que bien sûr c’est quelque chose de faux.
فَالَّذِي يَعْتَقِدُ أَنَّ كُلَّ مُتَأَوِّلٍ يُعْذَرُ مَهْمَا كَانَ تَأَوُّلُهُ فَقَدْ عَطَّلَ الشَّرِيعَةَ.
Ainsi, celui qui a eu pour croyance que n’importe quelle personne qui fait un ta’wil -une interprétation- et se trompe serait excusé quelle que soit son interprétation, c’est comme s’il aura annulé l’application de la loi.
وَمِمَّنْ قَالَ بِقِدَمِ الْعَالَمِ بِالِاجْتِهَادِ ابْنُ سِينَا وَالْفَارَابِيُّ فَكَفَّرَهُمُ الْمُسْلِمُونَ، وَلا نُسَمِّي هَذَيْنِ وَأَمْثَالَهُمْ بِالْفَلاسِفَةِ الإِسْلامِيِّينَ كَمَا يَفْعَلُ بَعْضُهُمْ لِلتَّمْيِيزِ بَيْنَهُمْ وَبَيْنَ إِرَسْطُو لِأَنَّهُ كَانَ قَبْلَ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ بِزَمَانٍ بَعِيدٍ، لِأَنَّ تَسْمِيَتَهُمْ بِذَلِكَ تُوهِمُ أَنَّهُمْ مَا خَرَجُوا مِنَ الإِسْلامِ.
Et parmi ceux qui ont prétendu que ce monde n’a pas de commencement par effort de déduction –‘ijtihad-, il y a Ibnou Sina et al-Farabi. Ibnou Sina et al-Farabi ont été déclaré mécréants par les musulmans, les musulmans les ont déclarés mécréants pour cela. Et ces deux-là et leurs semblables ne sont pas appelés « des philosophes islamiques » comme le font certains pour soi-disant les distingués d’Aristote, parce qu’Aristote a vécu bien avant notre maitre Mouhammed. Car les appeler « philosophes islamiques » laisse croire qu’ils ne sont pas sortis de l’Islam, il faut prendre garde à ne pas les désignés par cette appellation.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَمَّا مَا يُرْوَى عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ مِنْ أَنَّهُ قَالَ »إِخْوَانُنَا بَغَوْا عَلَيْنَا« فَلَيْسَ فِيهِ حُجَّةٌ لِلْحُكْمِ عَلَى جَمِيعِهِمْ بِالإِسْلامِ، لِأَنَّهُ لَمْ يَثْبُتْ إِسْنَادًا عَنْ عَلِيٍّ، وَقَدْ قَطَعَ الْحَافِظُ الْمُجْتَهِدُ ابْنُ جَرِيرٍ الطَّبَرِيُّ بِتَكْفِيرِهِمْ وَغَيْرُهُ، وَحُمِلَ ذَلِكَ عَلَى اخْتِلافِ أَحْوَالِ الْخَوَارِجِ بِأَنَّ مِنْهُمْ مَنْ وَصَلَ إِلَى حَدِّ الْكُفْرِ وَمِنْهُمْ مَنْ لَمْ يَصِلْ، وَهَذِهِ الْمَسْئَلَةُ بَعْضُهُمْ عَبَّرَ عَنْهَا بِالِاجْتِهَادِ وَبَعْضُهُمْ عَبَّرَ عَنْهَا بِالتَّأْوِيلِ، فَمِمَّنْ عَبَّرَ بِالتَّأْوِيلِ الْحَافِظُ الْفَقِيهُ الشَّافِعِيُّ سِرَاجُ الدِّينِ الْبُلْقِينِيُّ الَّذِي قَالَ فِيهِ صَاحِبُ الْقَامُوسِ »عَلَّامَةُ الدُّنْيَا« وَعَبَّرَ بَعْضُ شُرَّاحِ مِنْهَاجِ الطَّالِبِينَ بِالِاجْتِهَادِ وَكِلْتَا الْعِبَارَتَيْنِ لا بُدَّ لَهُمَا مِنْ قَيْدٍ مَلْحُوظٍ.
Quant à ce qui est attribué à notre maitre ^Aliyy, qu’il aurait dit : « nos frères se sont rebellés contre nous » ça ne veut pas dire qu’on ne déclare pas mécréants tous ces gens-là, il n’y a pas en cela de preuve pour les juger musulmans dans leur totalité. En effet cette parole n’a pas été confirmée par chaîne de transmission jusqu’à ^Aliyy. D’autres par, le hafidh et moujtahid Ibnou Jarir at-Tabariyy les a jugés mécréants catégoriquement et d’autres que lui également. Et cette divergence dans les avis est imputable à la diversité des cas des khawarij, certains d’entre eux sont allés jusqu’à la mécréance tandis que d’autres ne sont pas tombés dans la mécréance. Certains ont désigné cette question par le terme « ‘ijtihad » tandis que d’autres l’ont désigné par le terme « ta’wil. » Parmi ceux qui l’ont désigné par le terme « ta’wil » il y a le hafidh et faqih chafi^ites Sirajoud d-Din al-Boulqiniyy que l’auteur du Qamous a appelé « le savant émérite du monde. » Et certains auteur du commentaire de minhaj at-Talibin l’ont désigné par le terme « ‘ijtihad », toutefois, pour chacune de ces deux expressions il est indispensable de bien noter qu’elle est assortie d’une restriction.
وَمِنْ هُنَا يُعْلَمُ أَنَّهُ لَيْسَ كُلُّ مُتَأَوِّلٍ يَمْنَعُ عَنْهُ تَأْوِيلُهُ التَّكْفِيرَ، فَلا يَظُنَّ ظَانٌّ أَنَّ ذَلِكَ مُطْلَقٌ لِأَنَّ الإِطْلاقَ فِي ذَلِكَ انْحِلالٌ وَمُرُوقٌ مِنَ الدِّينِ.
À partir de là, que la personne ne s’imagine pas que toute interprétation sauve son auteur de la mécréance. Et que personne ne pense que cela serait dans l’absolue, car la généralisation dans ce domaine revient à se départir et à sortir de la religion.
أَلا تَرَى أَنَّ كَثِيرًا مِنَ الْمُنْتَسِبِينَ إِلَى الإِسْلامِ الْمُشْتَغِلِينَ بِالْفَلْسَفَةِ مَرَقُوا مِنَ الدِّينِ بِاعْتِقَادِهِمُ الْقَوْلَ بِأَزَلِيَّةِ الْعَالَمِ اجْتِهَادًا مِنْهُمْ وَمَعَ ذَلِكَ أَجْمَعَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى تَكْفِيرِهِمْ كَمَا ذَكَرَ ذَلِكَ الْمُحَدِّثُ الْفَقِيهُ بَدْرُ الدِّينِ الزَّرْكَشِيُّ فِي شَرْحِ جَمْعِ الْجَوَامِعِ فَإِنَّهُ قَالَ بَعْدَ أَنَّ ذَكَرَ الْفَرِيقَيْنِ مِنْهُمُ الْفَرِيقَ الْقَائِلَ بِأَزَلِيَّةِ الْعَالَمِ بِمَادَّتِهِ وَصُورَتِهِ وَالْفَرِيقَ الْقَائِلَ بِأَزَلِيَّةِ الْعَالَمِ بِمَادَّتِهِ أَيْ بِجِنْسِهِ فَقَطْ مَا نَصُّهُ: اتَّفَقَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى تَضْلِيلِهِمْ وَتَكْفِيرِهِمْ
Ne vois-tu pas en effet que nombre de ceux qui se réclament de l’Islam en versant dans la philosophie sont sortis de la religion par leur croyance, et que le monde serait sans commencement selon leur prétention, ils ont pourtant dit cela à partir d’un ‘ijtihad de leur part, malgré cela les musulmans ont été unanimes à les jugé mécréants comme cela a été cite par l’imam, le mouhaddith et faqih Badrou d-Din az-Zarkachiyy dans son commentaire de djam^ou l-djawami^. Il a cité les deux groupes, l’un disant que le monde est sans commencement par sa matière et son apparence et l’autre disant que ce monde est sans commencement par sa matière, c’est-à-dire par son genre seulement, eh bien à leur sujet les musulmans s’accordent à les jugé égarés et mécréants.
وَكَذَلِكَ الْمُرْجِئَةُ الْقَائِلُونَ بِأَنَّهُ لا يَضُرُّ مَعَ الإِيـمَانِ ذَنْبٌ كَمَا لا تَنْفَعُ مَعَ الْكُفْرِ حَسَنَةٌ إِنَّمَا قَالُوا ذَلِكَ اجْتِهَادًا وَتَأْوِيلًالِبَعْضِ النُّصُوصِ عَلَى غَيْرِ وَجْهِهَا فَلَمْ يُعْذَرُوا [فَإِنَّهُمْ تَأَوَّلُوا هَذِهِ الآيَةَ ﴿وَهَلْ نُجَازِي إِلَّا الْكَفُورَ﴾ حَمَلُوهَا عَلَى أَنَّ مَعْنَاهَا لا عُقُوبَةَ فِي الآخِرَةِ إِلَّا عَلَى الْكَافِرِ. وَهَذَا التَّأَوُّلُ لا يَنْفَعُهُمْ] وَكَذَلِكَ ضَلَّ فِرَقٌ غَيْرُهُمْ وَهُمْ مُنْتَسِبُونَ إِلَى الإِسْلامِ كَانَ زَيْغُهُمْ بِطَرِيقِ الِاجْتِهَادِ بِالتَّأْوِيلِ، نَسْأَلُ اللَّهَ الثَّبَاتَ عَلَى الْحَقِّ.
Il en est de même pour les mourji’ah qui disent qu’aucun péché ne serait nuisible en ayant la foi, ils prétendent que du moment que la personne est croyante, aucun péché ne lui sera préjudiciable, tout comme aucune bonne action n’est profitable en étant mécréant, ils ont fait une fausse analogie. C’est vrai qu’aucune bonne action n’est profitable en étant mécréant, mais ça ne veut pas dire qu’aucun péché n’est préjudiciable avec l’Islam. Ils ont prétendu dire cela à partir de l’ijtihad et de leur interprétation de certains textes. Ils n’ont pas été excusés pour autant. De même, d’autres groupes se sont égarés bien qu’ils se réclamaient de l’Islam, leur égarement ayant eu lieu à cause d’un ‘ijtihad pour faire une interprétation. Nous demandons à Allah qu’Il nous maintienne dans la vérité.
قَاعِدَةٌ: اللَّفْظُ الَّذِي لَهُ مَعْنَيَانِ أَحَدُهُمَا نَوْعٌ مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ وَالآخَرُ لَيْسَ كُفْرًا، وَكَانَ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ كُفْرٌ ظَاهِرًا لَكِنْ لَيْسَ صَرِيْحًا، لا يُكَفَّرُ قَائِلُهُ حَتَّى يُعْرَفَ مِنْهُ أَيَّ الْمَعْنَيَيْنِ أَرَادَ، فَإِنْ قَالَ أَرَدْتُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ حُكِمَ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ وَأُجْرِيَ عَلَيْهِ أَحْكَامُ الرِّدَّةِ وَإِلَّا فَلا يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ.
Règle : une parole qui a deux sens dont l’un rentre dans l’une des catégories de mécréance et l’autre pas, et dont le sens qui relève de la mécréance est son sens apparent, mais n’est pas explicite. Celui qui prononce cette parole n’est pas jugé mécréant tant qu’on ne sait pas lequel des deux sens il a visé. S’il dit : « je visais le sens qui est de la mécréance » il est jugé mécréant et on lui applique les jugements relatifs à l’apostasie, sinon il n’est pas jugé mécréant.
Ainsi, il y a des mots qui ont plus d’un sens, celui qui dit un mot ayant plus d’un sens en visant par cette parole un sens étant de la mécréance, alors il est déclaré mécréant, mais s’il avait visé un sens qui n’est pas de la mécréance, il ne sera pas déclaré mécréant.
Informations utiles :
Habituellement, les choses à propos desquelles nous espérons qu’elles se réaliseront ont des causes, soit des causes apparentes soit des causes qui ne sont pas apparentes. D’autres ont utilisé une autre manière de s’exprimer et on dit : « il y a des causes qui sont terrestres et des causes qui sont célestes. »
Par exemple, quelqu’un qui est malade va voir un médecin pour se soigner, il aura pris la cause qui est apparente, et quand ce malade donne une aumône en étant sincère, il ne recherche que l’agrément de Dieu par cette aumône qu’il a donné, Allah le guérie, et c’est une cause qui n’est pas apparente.
Le Chaykh a dit à quelqu’un de reciter les deux mou^awidhat -al-falaq et an-nas- après l’appel de la prière de l’aube et du coucher du soleil. Et il lui a dit de reciter ces mou^awithat également dans la prière, c’est-à-dire dans chacune des cinq prières. Le Chaykh a dit : « ceci est utile pour protéger contre la sorcellerie, le mauvais œil et la jalousie. »
قَاعِدَةٌ: اللَّفْظُ الَّذِي لَهُ مَعْنَيَانِ أَحَدُهُمَا نَوْعٌ مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ وَالآخَرُ لَيْسَ كُفْرًا، وَكَانَ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ كُفْرٌ ظَاهِرًا لَكِنْ لَيْسَ صَرِيْحًا، لا يُكَفَّرُ قَائِلُهُ حَتَّى يُعْرَفَ مِنْهُ أَيَّ الْمَعْنَيَيْنِ أَرَادَ، فَإِنْ قَالَ أَرَدْتُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ حُكِمَ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ وَأُجْرِيَ عَلَيْهِ أَحْكَامُ الرِّدَّةِ وَإِلَّا فَلا يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ.
Règle : une parole qui a deux sens [ou plus] dont l’un rentre dans l’une des catégories de mécréance et l’autre pas, et dont le sens qui relève de la mécréance est son sens apparent, mais n’est pas explicite [c’est-à-dire qu’elle peut admettre d’autre sens]. Celui qui prononce cette parole n’est pas jugé mécréant tant qu’on ne sait pas lequel des deux sens il a visé. S’il dit : « je visais le sens qui est de la mécréance » il est jugé mécréant et on lui applique les jugements relatifs à l’apostasie, sinon il n’est pas jugé mécréant.
الشَّرْحُ مِثَالُ ذَلِكَ أَنَّ كَلِمَةَ النَّبِيِّ فِي اللُّغَةِ تَأْتِي بِمَعْنَى الأَرْضِ الْمُحْدَوْدِبَةِ الْمُرْتَفِعَةِ وَتَأْتِي بِمَعْنَى مَنْ أُوحِيَ إِلَيْهِ بِالنُّبُوَّةِ، فَلَوْ قَالَ شَخْصٌ الصَّلاةُ عَلَى النَّبِيِّ مَكْرُوهَةٌ وَأَرَادَ أَنَّ الصَّلاةَ عَلَى الأَرْضِ الْمُحْدَوْدِبَةِ مَكْرُوهَةٌ لِأَنَّ الشَّخْصَ لا يَخْشَعُ فِي صَلاتِهِ عَلَيْهَا فَكَلامُهُ صَحِيحٌ، وَأَمَّا إِنْ أَرَادَ أَنَّ الصَّلاةَ عَلَى النَّبِيِّ أَيْ مُحَمَّدٍ مَكْرُوهَةٌ فَهُوَ كُفْرٌ لِأَنَّ ذَلِكَ تَكْذِيبٌ لِلشَّرِيعَةِ قَالَ تَعَالَى: ﴿إِنَّ اللَّهَ وَمَلائِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلَى النَّبِيِّ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيمًا﴾ [سُورَةَ الأَحْزَاب/56].
Commentaire : un exemple pour ce genre de parole qui a deux sens : dans la langue arabe, le mot « an-nabiyy » peut avoir le sens de la terre de la petite colline dont le terrain est bosselé, c’est-à-dire qu’il y a des bosses. Une telle terre s’appelle « an-nabiyy. » Et celui à qui il est révélé qu’il est un prophète s’appelle aussi « an-nabiyy. » Le mot « an-nabiyy » a dans la langue arabe deux sens : il y a un sens qui est la terre qui comporte des bosses et il y a le sens qui désigne celui qui reçoit la révélation. Et lorsque quelqu’un dit « an-nabiyy », la première chose qui vient à l’esprit est le sens de celui qui reçoit la révélation. Or « an-nabiyy » peut également avoir le sens de la terre qui comporte des bosses. Si quelqu’un dit : الصَّلاةُ عَلَى النَّبِيِّ c’est déconseillé » en visant par « an-nabiyy » la terre qui est bosselée et par الصَّلاةُ la prière que nous faisons, parce que généralement la personne n’a pas de kouchou^ -la crainte révérencielle de Allah présente dans le cœur- parce qu’elle est plus préoccupée par le fait de tenir l’équilibre que de se concentrer dans sa prière, sa parole est vraie, ce n’est pas quelque chose de faux. Quant à celui qui dit : الصَّلاةُ عَلَى النَّبِيِّ c’est déconseillé » en visant par-là que les invocations que nous faisons en faveur du prophète Mouhammed seraient déconseillés, alors c’est de la mécréance, parce que cette phrase revient à démentir la loi de l’Islam. Dieu dit dans sourate al-‘ahzab verset 56 :
﴿إِنَّ اللَّهَ وَمَلائِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلَى النَّبِيِّ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيمًا﴾
ce qui signifie : « certes Allah élève en degré le Prophète et les anges font des invocations pour que Allah élève en degré le Prophète, ô vous qui êtes croyants faites des invocations pour que Allah l’élève davantage en degré. » Ainsi, Allah nous ordonne dans le Qour’an de faire des invocations en faveur du prophète, celui qui dit que c’est déconseillé de le faire revient à dire que Allah est un menteur, et celui qui dit que Allah ment ne s’est pas soumis à l’extrême pour Allah, ce n’est pas un musulman. Le croyant, le musulman qui se soumet totalement à Allah ne dit pas une parole qui revient à démentir Dieu.
وَكَذَلِكَ إِذَا قَالَ قَائِلٌ الْخُبْزُ خَيْرٌ مِنَ اللَّهِ فَإِنْ أَرَادَ أَنَّهُ نِعْمَةٌ مِنَ اللَّهِ فَلا يَكْفُرُ، أَمَّا إِنْ أَرَادَ أَنَّ هَذَا أَفْضَلُ مِنَ اللَّهِ يَكْفُرُ، لِأَنَّ كَلِمَةَ خَيْرٍ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ تَأْتِي بِمَعْنَى أَفْضَل وَتَأْتِي بِمَعْنَى نِعْمَةٍ فَيُحْكَمُ عَلَى الْقَائِلِ بِحَسَبِ الْمَعْنَى الَّذِي أَرَادَهُ.
Et de même, si quelqu’un dit : « le pain khayroun mina Allah » en visant par-là que le pain est une ni^mah -une grâce- de la part de Allah, il ne devient pas mécréant. En revanche, s’il vise par cette phrase que le pain est meilleur que Allah, il devient mécréant, parce que le mot « khayr » dans la langue arabe peut avoir le sens de meilleur et le sens d’une grâce. Par conséquent, on juge sa parole conforment au sens qu’il en a voulu.
Ainsi, dans ces deux exemples, la parole a deux sens dont l’un rentre dans l’une des catégories de mécréance et l’autre pas. Le jugement de la personne qui a dit une telle parole dépend du sens qu’elle a visé.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ إِنْ كَانَ اللَّفْظُ لَهُ مَعَانٍ كَثِيرَةٌ وَكَانَ كُلُّ مَعَانِيهِ كُفْرًا وَكَانَ مَعْنًى وَاحِدٌ مِنْهَا غَيْرَ كُفْرٍ لا يُكَفَّرُ إِلَّا أَنْ يُعْرَفَ مِنْهُ إِرَادَةُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيِّ، وَهَذَا هُوَ الَّذِي ذَكَرَهُ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ الْحَنَفِيِّينَ فِي كُتُبِهِمْ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, si une parole a plusieurs significations relevant toutes de la mécréance mais qu’elle possède un sens ne relevant pas de la mécréance, son auteur n’est pas jugé mécréant, sauf si l’on sait qu’il visait le sens relevant de la mécréance. C’est en effet ce qu’ont cité plusieurs savants hanafites dans leurs livres.
وَأَمَّا مَا يَقُولُهُ بَعْضُ النَّاسِ مِنْ أَنَّهُ إِذَا كَانَ فِي الْكَلِمَةِ تِسْعَةٌ وَتِسْعُونَ قَوْلًا بِالتَّكْفِيرِ وَقَوْلٌ وَاحِدٌ بِتَرْكِ التَّكْفِيرِ أُخِذَ بِتَرْكِ التَّكْفِيرِ فَلا مَعْنَى لَهُ، وَلا يَصِحُّ نِسْبَةُ ذَلِكَ إِلَى مَالِكٍ، وَلا إِلَى أَبِي حَنِيفَةَ كَمَا نَسَبَ سَيِّدُ سَابِقٍ شِبْهَ ذَلِكَ إِلَى مَالِكٍ، وَهُوَ شَائِعٌ عَلَى أَلْسِنَةِ بَعْضِ الْعَصْرِيِّينَ فَلْيَتَّقُوا اللَّهَ.
Quant à ce que disent certains individus : « s’il y avait au sujet d’une parole 99 avis en faveur du jugement de mécréance et un seul avis contre le jugement de mécréance, on prendrait systématiquement l’avis que ce n’est pas de la mécréance parce qu’il y a un seul cas. » cela n’a pas de sens. De plus, ce n’est pas valide d’attribuer cela à l’imam Malik ni à l’imam Abou Hanifah à l’instar de Sayyid Sabiq qui a attribué une citation semblable à Malik. Ceci s’est rependu chez certains contemporains, qu’ils craignent donc Allah.
Ils ouvrent ainsi la porte à la mécréance, ils encouragent les gens à dire de la mécréance, c’est pour cela que le Chaykh dit : « qu’ils craignent donc Allah. »
الشَّرْحُ أَنَّهُ يَنْبَغِي الْحَذَرُ مِمَّا يَقُولُهُ بَعْضُ الْمُؤَلِّفِينَ عَنْ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ إِذَا اخْتَلَفَ النَّاسُ عَلَى تِسْعَةٍ وَتِسْعِينَ قَوْلًا بِالتَّكْفِيرِ وَقَوْلٍ وَاحِدٍ بِتَرْكِ التَّكْفِيرِ يُؤْخَذُ بِهَذَا الْقَوْلِ الْوَاحِدِ، وَهَذِهِ لا أَصْلَ لَهَا عَنْ مَالِكٍ وَلا عَنْ أَبِي حَنِيفَةَ فَلا تَثْبُتُ عَنْ أَحَدٍ مِنْهُمَا، وَهَذَا لَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّ هَذِهِ الْكَلِمَةَ لَهَا عِدَّةُ مَعَانٍ أَحَدُ مَعَانِيهَا لَيْسَ كُفْرًا وَالأُخْرَى كُلُّهَا كُفْرٌ وَإِنَّمَا بَعْضُ الْمُؤَلِّفِينَ يُورِدُونَهَا فِي الْكَلِمَةِ الصَّرِيْحَةِ فِي الْكُفْرِ.
Commentaire : il convient de prendre garde à ce que disent certains auteurs en attribuant cela à l’imam Malik que Allah l’agrée. Ils prétendent que si les gens ont divergé en donnant 99 avis de déclaration de mécréance et un seul avis de non-déclaration de mécréance alors on prend systématiquement ce seul avis qui ne déclare pas mécréant, cela n’a aucun fondement, c’est-à-dire que ce n’est pas une parole qui a été dite par Malik ni par Abou Hanifah, elle n’est confirmée d’aucun des deux. Et ces gens-là ne veulent pas dire que l’un des sens de cette parole n’est pas de la mécréance et que tous les autres sens sont de la mécréance, non. Mais ces auteurs prétendent cela même pour la parole qui est explicite dans la mécréance. Ils disent : « si quelqu’un dit une parole explicite dans la mécréance et que 99 savants disent que c’est une parole explicite dans la mécréance et qu’un dit que ce n’est pas de la mécréance, alors on suit l’avis qui dit que ce n’est pas de la mécréance. » Alors que c’est une parole qui est explicite dans la mécréance.
وَإِنَّمَا الَّذِي فِي عِبَارَاتِ الْفُقَهَاءِ وَفِي مُؤَلَّفَاتِهِمْ أَنَّ مَنْ تَكَلَّمَ بِلَفْظٍ لَهُ أَوْجُهٌ عَدِيدَةٌ تَقْتَضِي التَّكْفِيرَ وَوَجْهٌ وَاحِدٌ لا يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ يَحْكُمُ الْمُفْتِيُّ بِالْوَجْهِ الْوَاحِدِ إِلَّا أَنْ يَقُولَ الْمُتَلَفِّظُ بِهِ إِنَّهُ أَرَادَ غَيْرَ ذَلِكَ الْوَجْهِ فَلا يَنْفَعُهُ فَتْوَى الْمُفْتِي وَتَبِينُ امْرَأَتُهُ، وَمَعْنَى هَذَا أَنَّ الَّذِي يَتَلَفَّظُ بِلَفْظٍ لَهُ عِدَّةُ مَعَانٍ وَلَهُ مَعْنًى وَاحِدٌ لا يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ وَالْمَعَانِي الأُخَرُ تَقْتَضِي التَّكْفِيرَ لا يُحْكَمُ بِكُفْرِهِ إِلَّا أَنْ يَقُولَ إِنَّهُ أَرَادَ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ
Quant à ce qui figure dans les livres des fouqaha’ c’est que si quelqu’un a dit une parole qui admet plusieurs possibilités et que toutes ces possibilités impliquent la mécréance mais il y a une possibilité de l’expliquer comme n’étant pas de la mécréance, alors le moufti ne juge pas la personne comme étant mécréante, sauf si celui qui a dit cette parole avoue lui-même qu’il avait visé autre que ce sens qui n’est pas de la mécréance, c’est-à-dire qu’il avait visé la mécréance. Dans ce cas-là, la fatwa du moufti ne lui sera pas utile puisqu’il avait visé la parole qui est de la mécréance, et celle qui était son épouse n’est plus son épouse. Car avec l’apostasie le contrat est suspendu.
Et Mouhammed Ibnou l-Haçan a donné un exemple pour illustrer cela. Mouhammed Ibnou l-Haçan était un élève de Abou Hanifah et qui est devenu un moujtahid à part entière, mais ses avis ont très souvent rejoint ceux de Abou Hanifah, c’est pour cela qu’il est rattaché à son école.
وَقَدْ ذُكِرَ لِذَلِكَ مِثَالٌ عَنْ مُحَمَّدِ بنِ الْحَسَنِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَهُوَ أَنَّ الرَّجُلَ إِذَا قِيلَ لَهُ: صَلِّ، فَقَالَ: لا أُصَلِّي، فَإِنْ أَرَادَ لا أُصَلِّي لِأَنِّي قَدْ صَلَّيْتُ لا يَكْفُرُ، وَإِنْ أَرَادَ لا أُصَلِّي لِقَوْلِكَ لا يَكْفُرُ، وَكَذَا إِنْ أَرَادَ لا أُصَلِّي أَنَا مُتَكَاسِلٌ لا يَكْفُرُ، وَإِنْ أَرَادَ أَنَّهُ لا يُصَلِّي لِأَنَّهُ مُسْتَخِفٌّ بِهَا كَفَرَ.
Ainsi, Mouhammed Ibnou l-Haçan a donné un exemple pour illustrer cela. Il a dit : si l’on dit à quelqu’un : « fais la prière » et qu’il répond : « je ne fais pas la prière », s’il a visé : « je ne fais pas la prière parce que je l’ai déjà faite » ce n’est pas de la mécréance. Et s’il vise par-là : « je ne fais pas la prière parce que c’est toi qui me l’ordonnes » ce n’est pas de la mécréance. Et s’il a visé : « je ne fais pas la prière parce que je suis paresseux » ce n’est pas de la mécréance. C’est sûr que son péché est grand mais ce n’est pas de la mécréance. Et s’il vise qu’il ne fait pas la prière parce qu’il ne lui accorde pas d’importance et se moque de la prière, alors c’est de la mécréance. Ainsi, une même phrase admet plusieurs possibilités.
وَيُفْهَمُ مِنْ لَفْظِ الْمَتْنِ أَيْضًا أَنَّ مَا كَانَ مِنَ الْكَلامِ فِيهِ اسْتِخْفَافٌ بِالدِّينِ أَوْ إِنْكَارُ مَا عُلِمَ مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ نُكَفِّرُ قَائِلَهُ وَلَوْ خَالَفَ فِي ذَلِكَ أَلْفُ إِنْسَانٍ وَلا نَنْظُرُ إِلَى كَثْرَةِ الْمُخَالِفِينَ وَإِنَّمَا نَنْظُرُ إِلَى مُوَافَقَةِ الْحَقِّ.
On comprend de cela que les paroles qui comportent une moquerie, un dédain, un rabaissement à l’égard de la religion ou toutes paroles qui comportent un reniement de ce qui est connu comme d’évidence dans la religion est de la mécréance, comme quelqu’un qui dit : « c’est permis de boire de l’alcool. » Celui qui dit cela est déclaré mécréant même s’il y a 1000 personnes qui disent le contraire. On ne prend pas en considération le nombre de personnes qui contredisent, mais on prend en considération ce qui est en conformité avec la loi, à savoir quelle parole est conforme à la loi et quelle parole n’est pas conforme à la loi. Ce qui n’est pas en conformité avec la loi n’a aucun poids.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْعُلَمَاءُ: أَمَّا الصَّرِيحُ أَيِ الَّذِي لَيْسَ لَهُ إِلَّا مَعْنًى وَاحِدٌ يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ فَيُحْكَمُ عَلَى قَائِلِهِ بِالْكُفْرِ كَقَوْلِ أَنَا اللَّهُحَتَّى لَوْ صَدَرَ هَذَا اللَّفْظُ مِنْ وَلِيٍّ فِي حَالَةِ غَيْبَةِ عَقْلِهِ يُعَزَّرُ وَلَوْ لَمْ يَكُنْ هُوَ مُكَلَّفًا تِلْكَ السَّاعَةَ قَالَ ذَلِكَ عِزُّ الدِّينِ بنُ عَبْدِ السَّلامِ، وَذَلِكَ لِأَنَّ التَّعْزِيرَ يُؤَثِّرُ فِيمَنْ غَابَ عَقْلُهُ كَمَا يُؤَثِّرُ فِي الصَّاحِي الْعَاقِلِ وَكَمَا يُؤَثِّرُ فِي الْبَهَائِمِ فَإِنَّهَا إِذَا جَمَحَتْ فَضُرِبَتْ تَكُفُّ عَنْ جُمُوحِهَا مَعَ أَنَّهَا لَيْسَتْ بِعَاقِلَةٍ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les savants ont dit : quant à ce qui est une mécréance sarih -explicite-, c’est-à-dire que ça n’a qu’un seul sens -univoque-, son jugement est que celui qui la prononce est jugé mécréant, comme si quelqu’un dit : « je suis Allah. » Et même si cette parole provenait d’un saint qui est dans un état dans lequel il n’a pas sa raison, on le réprimanderait, même s’il n’est pas responsable à ce moment-là. C’est ce qu’a dit ^Izzou d-Din Ibnou ^Abdi s-Salam. Ceci parce que la réprimande à un effet sur celui dont la raison est absente tout comme elle a un effet sur celui qui est lucide et qui a toute sa raison, de même qu’elle a un effet sur les animaux. Ainsi, lorsqu’on frappe les animaux lorsqu’ils refusent d’obéir ils cessent de désobéir même s’ils ne sont pas dotés de raison.
كَذَلِكَ الْوَلِيُّ الَّذِي نَطَقَ بِالْكُفْرِ فِي حَالِ الْغَيْبَةِ لَمَّا يُضْرَبُ أَوْ يُصْرَخُ عَلَيْهِ يَكُفُّ لِلزَّاجِرِ الطَّبِيعِيِّ
Il en est de même pour un saint qui prononcerait une parole de mécréance lorsque sa raison est absente, il cesse par retenu instinctive lorsqu’on le frappe ou qu’on élève la voix sur lui.
عَلَى أَنَّ الْوَلِيَّ لا يَصْدُرُ مِنْهُ كُفْرٌ فِي حَالِ حُضُورِ عَقْلِهِ إِلَّا أَنْ يَسْبِقَ لِسَانُهُ أَوْ يَغِيبَ عَقْلُهُ، لِأَنَّ الْوَلِيَّ مَحْفُوظٌ مِنَ الْكُفْرِ بِخِلافِ الْمَعْصِيَةِ الْكَبِيرَةِ أَوِ الصَّغِيرَةِ فَإِنَّ ذَلِكَ يَجُوزُ عَلَى الْوَلِيِّ لَكِنْ لا يَسْتَمِرُّ عَلَيْهِ، بَلْ يَتُوبُ عَنْ قُرْبٍ
À savoir qu’il ne provient pas du saint de mécréance lorsqu’il a toute sa raison sauf s’il commet un lapsus ou qu’il perde la raison, parce que le waliyy est préservé de la mécréance à la différence des grands péchés ou des petits péchés qui peuvent provenir d’un saint, cependant il ne persiste pas dessus et il se repend peu de temps après.
وَقَدْ يَحْصُلُ مِنَ الْوَلِيِّ مَعْصِيَةٌ كَبِيرَةٌ قَبْلَ مَوْتِهِ بِقَلِيلٍ لَكِنْ لا يَمُوتُ إِلَّا وَقَدْ تَابَ كَطَلْحَةَ بنِ عُبَيْدِ اللَّهِ وَالزُّبَيْرِ بنِ الْعَوَّامِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فَإِنَّهُمَا خَرَجَا عَلَى أَمِيرِ الْمُؤْمِنِينَ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ بِوُقُوفِهِمَا مَعَ الَّذِينَ قَاتَلُوهُ فِي الْبَصْرَةِ فَذَكَّرَ عَلِيٌّ كُلًّا مِنْهُمَا حَدِيثًا، أَمَّا الزُّبَيْرُ فَقَالَ لَهُ أَلَمْ يَقُلْ لَكَ رَسُولُ اللَّهِ إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ فَقَالَ نَسِيتُ، فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا عَنْ قِتَالِهِ ثُمَّ لَحِقَهُ فِي طَرِيقِهِ رَجُلٌ مِنْ جَيْشِ عَلِيٍّ فَقَتَلَهُ.
Il est possible qu’un saint commette un grand péché même peu de temps avant de mourir, mais il ne meurt qu’après s’en être repenti, comme ce fut le cas de Talha Ibnou ^Oubaydi l-Lah et de az-Zoubayr Ibnou l-^Awwam que Dieu les agrée tous les deux. En effet, ils s’étaient tous deux rebellés contre l’émir des croyants ^Aliyy que Allah l’agrée, en s’engageant dans les rangs de ceux qui le combattaient à Bassora, mais notre maitre ^Aliyy avait rappelé à chacun d’eux un hadith. Pour ce qui est de az-Zoubayr, ^Aliyy lui a dit : « n’est-ce pas que le prophète t’a dit :
إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ
ce qui signifie : « tu vas faillir combattre ^Aliyy et tu seras injuste envers lui. » az-Zoubayr lui a dit : « j’avais complètement oublié. » Il est donc reparti en quittant le champ de bataille, car il avait reconnu qu’il était injuste dans ce combat. C’est alors qu’un homme de l’armée de ^Aliyy l’avait rattrapé en chemin et l’avait tué, alors qu’il n’avait pas à le tué.
فَتَابَ بِتَذْكِيرِ عَلِيٍّ لَهُ فَلَمْ يَمُتْ إِلَّا تَائِبًا
Ainsi, il s’est repenti grâce au rappel de ^Aliyy, il n’est donc mort qu’après avoir fait le repentir.
وَأَمَّا طَلْحَةُ فَقَالَ لَهُ عَلِيٌّ: أَلَمْ يَقُلْرَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِوَسَلَّمَ مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا فَضَرَبَهُ مَرْوَانُ بنُ الْحَكَمِ فَقَتَلَهُ. وَهُوَ أَيْضًا تَابَ وَنَدِمَ عِنْدَ ذِكْرِ عَلِيٍّ لَهُ هَذَا الْحَدِيثَ.
Quant à Talha, ^Aliyy lui a dit : « n’est-ce pas que le Messager a dit :
مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ
ce qui signifie : « celui qui est mon partisan, alors qu’il soit le partisan de ^Aliyy. » C’est-à-dire que celui qui me soutient, qu’il se tienne au côté de ^Aliyy. C’est alors que Talha est lui aussi reparti, cependant Marwane Ibnou l-Hakam l’avait atteint d’une flèche qui le tua. Et au départ Marwane ne l’avait pas dit, mais c’est l’un de ses fils qui plus tard a dit que c’était Marwane qui avait tué Talha. Et Talha aussi avait fait le repentir lorsque ^Aliyy lui avait rappelé ce hadith.
فَكُلٌّ مِنْهُمَا مَا مَاتَ إِلَّا تَائِبًا
Ainsi, chacun des deux n’est mort qu’après avoir fait le repentir.
وَكِلا الْحَدِيثَيْنِ صَحِيحٌ، بَلِ الْحَدِيثُ الثَّانِي مُتَوَاتِرٌ
Les deux hadith sont authentiques, et le deuxième hadith est même moutawatir.
وَقَدْ ذَكَرَ الإِمَامُ أَبُو الْحَسَنِ الأَشْعَرِيُّ أَنَّ طَلْحَةَ وَالزُّبَيْرَ مَغْفُورٌ لَهُمَا لِأَجْلِ الْبِشَارَةِ الَّتِي بَشَّرَهُمَا رَسُولُ اللَّهِ بِهَا مَعَ ثَمَانِيَةٍ ءَاخَرِينَ فِيمَجْلِسٍ وَاحِدٍ فَهَذَا مِنَ الإِمَامِ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ إِثْبَاتٌ أَنَّهُمَا أَثِمَا
De plus, l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a mentionné que l’acte de Talha et de az-Zoubayr avait été pardonné du fait de la bonne nouvelle que leur avait annoncé le Messager de Allah, à eux ainsi qu’à huit autres lors d’une même assemblée. Ceci est donc un témoignage de l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy qui est l’imam de ahlou sounnah wa l-djama^ah. Ils ont donc fait le repentir avant de mourir. Tout cela pour confirmer que si le saint commet un grand péché, même si c’est peu de temps avant de mourir, en l’occurrence ici c’était lorsqu’ils se sont rebellés contre notre maitre ^Aliyy, mais étant donné que ce sont des saints, ils ne meurent pas avant d’avoir fait le repentir.
Informations utiles :
Celui qui dit que l’eau ne comporte pas d’intérêt, qu’elle est inutile, c’est un mécréant. Mais si quelqu’un insulte une catégorie d’eau, il ne devient pas mécréant. Celui qui insulte l’eau dans l’absolue devient mécréant parce qu’en insultant l’eau il aura contredit le Qour’an. Et dans le hadith, le Messager nous a dit que l’esclave sera interrogé : « n’est-ce pas que tu as eu un corps en bonne santé ? N’est-ce pas que tu as été abreuvé d’eau fraiche ? » Tout comme cela a été rapporté par at-Tabaraniyy et al-Bayhaqiyy.
L’eau fraiche est une grâce éminente à propos de laquelle l’esclave sera interrogé au jour du jugement : est-ce qu’il s’est acquitté du remerciement obligatoire qui lui incombe ou pas ?
Et dans le hadith, le Messager de Allah a dit :
سَيِّدُ شَرَابِ الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ الْمَاء
ce qui signifie : « le maitre de toutes les boissons du bas monde et de l’au-delà c’est l’eau. » Tout comme l’a rapporté Abou Nou^aym. Voici ce qui est parvenu dans le hadith. L’eau peut remplacer autre chose, mais autre que l’eau ne remplace pas l’eau dans tous les cas.
Quant à celui qui est assoiffé, la chose qu’il désire le plus est l’eau, plus qu’aucune autre boisson.
Et un savant a dit :
إِذَا الْعُشْرُونَ مِنْ شَعْبَانَ وَلَّتْ * فَوَاصِل شُرْبَ لَيْلِكَ بِالنَّهَارِ وَلَا تَشْرَب بِأَقْدَاحٍ صِغَارٍ * فَقَدْ ضَاقَ الزَّمَانُ عَنِ الصِّغَارِ
ce qui signifie : « si les 20 jours de cha^ban se sont écoulés, alors veilles nuit et jour. Et ne t’abreuves pas dans tes petits verres, parce qu’il y a beaucoup qui sont petits. » Ce qu’il vise ici c’est que la mort est imminente, la mort est proche, alors fait toi des provisions pour ton au-delà avec un surcroit de sérieux.
Et à ce sujet il y a la parole de Allah dans sourate al-qasas verset 77 :
وَلَا تَنسَ نَصِيبَكَ مِنَ ٱلدُّنْيَا
qui signifie : « n’oublie pas ta part du bas monde. » C’est-à-dire n’oublie pas de prendre tes provisions de ton bas monde pour ton au-delà. Celui qui a pris des provisions pour son au-delà à partir de ce bas monde est celui qui agit avec intelligence. Et celui qui a manqué de s’approvisionner pour son au-delà est le perdant.
Et nous rappelons qu’à propos du mensonge si la personne le dit en étant sérieuse ou en plaisantant c’est interdit. Et ce, même s’il voulait faire rire les gens, c’est interdit.
Notre maitre Mouhammed a dit :
إِنَّ الصِّدْقَ يَهْدِي إِلى الْبِرِّ وَإِنَّ الْبِرَّ يَهْدِي إِلى الْجَنَّةِ وَإِنَّ الْكَذِبَ يَهْدِي إِلى الْفُجُورِ وَإِنَّ الْفُجُورَ يَهْدِي إِلى النَّارِ
ce qui signifie : « être véridique mène à la bienfaisance, et la bienfaisance mène au paradis. Et le mensonge mène à la perversité, et la perversité mène en enfer. » Les savants ont dit que le fait d’être véridique est quelque chose qui mène aux bonnes œuvres qui sont pures de toutes choses blâmables. Quant au mot « al-birr » -la bienfaisance-, c’est un mot qui englobe toute sorte de bien. Tandis que le mensonge mène à la perversité, la perversité qui est le fait de s’écarter de la droiture. Il a été dit que la perversité ici signifie le fait de s’empresser à commettre les péchés.
Et le Messager de Allah a dit :
عَلَيْكُمْ بِالصِّدْقِ فَإِنَّ الصِّدْقَ يَهْدِي إِلى الْبِرِّ وَإِيَّاكُمْ وَالْكَذِبَ
ce qui signifie : « soyez véridiques car le fait d’être véridique mène à la bienfaisance et gare à vous du mensonge. » Les savants ont dit que ce hadith comporte une forte incitation à rechercher le fait d’être véridique, c’est-à-dire d’avoir cela pour objectif et de s’appliquer à être véridique. Et dans ce hadith il y a la mise en garde contre le mensonge et contre le fait de se faciliter le mensonge, parce que si quelqu’un trouve le fait de mentir facile, il va beaucoup mentir et sera connu comme étant un menteur. Et Allah ta^ala fera inscrire la personne en tant que siddiq si la personne est toujours véridique, et kadh-dhab -menteur- si la personne a pour habitude de mentir.
Alors, soyez en garde contre le mensonge, mettez en garde contre le mensonge, c’est une mauvaise habitude. Si elle indique quelque chose, elle indique la mauvaise nature de la personne, les mauvais penchants de la personne. Alors craigniez Dieu et soyez avec les véridiques.
Celui qui prononce certaines paroles qui sont explicites, c’est-à-dire qui n’admettent qu’un seul sens sort de l’Islam. S’il possède toute sa raison lorsqu’il prononce cette parole, c’est-à-dire saint d’esprit et qu’il est pubère, il sort de l’Islam. Et si c’est quelqu’un qui est fou et qui a perdu la raison, comme un saint qui perd la raison, s’il dit une parole explicite dans la mécréance il ne sort pas de l’Islam parce qu’il n’est pas responsable à ce moment-là. Et il ne provient pas du saint de parole de mécréance, sauf s’il fait un lapsus ou bien il perd la raison, mais lorsqu’il a toute sa raison, il ne provient pas de lui de mécréance, parce que Allah le protège de la mécréance. Et il se peut que le saint commette un grand péché, même peu de temps avant de mourir. Cependant, la particularité du saint c’est qu’il fait le repentir avant de mourir.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْعُلَمَاءُ: أَمَّا الصَّرِيحُ أَيِ الَّذِي لَيْسَ لَهُ إِلَّا مَعْنًى وَاحِدٌ يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ فَيُحْكَمُ عَلَى قَائِلِهِ بِالْكُفْرِ كَقَوْلِ أَنَا اللَّهُحَتَّى لَوْ صَدَرَ هَذَا اللَّفْظُ مِنْ وَلِيٍّ فِي حَالَةِ غَيْبَةِ عَقْلِهِ يُعَزَّرُ وَلَوْ لَمْ يَكُنْ هُوَ مُكَلَّفًا تِلْكَ السَّاعَةَ قَالَ ذَلِكَ عِزُّ الدِّينِ بنُ عَبْدِ السَّلامِ، وَذَلِكَ لِأَنَّ التَّعْزِيرَ يُؤَثِّرُ فِيمَنْ غَابَ عَقْلُهُ كَمَا يُؤَثِّرُ فِي الصَّاحِي الْعَاقِلِ وَكَمَا يُؤَثِّرُ فِي الْبَهَائِمِ فَإِنَّهَا إِذَا جَمَحَتْ فَضُرِبَتْ تَكُفُّ عَنْ جُمُوحِهَا مَعَ أَنَّهَا لَيْسَتْ بِعَاقِلَةٍ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les savants ont dit : quant à ce qui est une mécréance sarih -explicite-, c’est-à-dire que ça n’a qu’un seul sens -univoque-, son jugement est que celui qui la prononce est jugé mécréant, comme si quelqu’un dit : « je suis Allah. » Et même si cette parole provenait d’un saint qui est dans un état dans lequel il n’a pas sa raison, on le réprimanderait, même s’il n’est pas responsable à ce moment-là. C’est ce qu’a dit ^Izzou d-Din Ibnou ^Abdi s-Salam. Ceci parce que la réprimande à un effet sur celui dont la raison est absente tout comme elle a un effet sur celui qui est lucide et qui a toute sa raison, de même qu’elle a un effet sur les animaux. Ainsi, lorsqu’on frappe les animaux lorsqu’ils refusent d’obéir ils cessent de désobéir même s’ils ne sont pas dotés de raison.
كَذَلِكَ الْوَلِيُّ الَّذِي نَطَقَ بِالْكُفْرِ فِي حَالِ الْغَيْبَةِ لَمَّا يُضْرَبُ أَوْ يُصْرَخُ عَلَيْهِ يَكُفُّ لِلزَّاجِرِ الطَّبِيعِيِّ
Il en est de même pour un saint qui prononcerait une parole de mécréance lorsque sa raison est absente, il cesse par retenu instinctive lorsqu’on le frappe ou qu’on élève la voix sur lui.
عَلَى أَنَّ الْوَلِيَّ لا يَصْدُرُ مِنْهُ كُفْرٌ فِي حَالِ حُضُورِ عَقْلِهِ إِلَّا أَنْ يَسْبِقَ لِسَانُهُ أَوْ يَغِيبَ عَقْلُهُ، لِأَنَّ الْوَلِيَّ مَحْفُوظٌ مِنَ الْكُفْرِ بِخِلافِ الْمَعْصِيَةِ الْكَبِيرَةِ أَوِ الصَّغِيرَةِ فَإِنَّ ذَلِكَ يَجُوزُ عَلَى الْوَلِيِّ لَكِنْ لا يَسْتَمِرُّ عَلَيْهِ، بَلْ يَتُوبُ عَنْ قُرْبٍ
À savoir qu’il ne provient pas du saint de mécréance lorsqu’il a toute sa raison sauf s’il commet un lapsus ou qu’il perde la raison, parce que le waliyy est préservé de la mécréance à la différence des grands péchés ou des petits péchés qui peuvent provenir d’un saint, cependant il ne persiste pas dessus et il se repend peu de temps après.
وَقَدْ يَحْصُلُ مِنَ الْوَلِيِّ مَعْصِيَةٌ كَبِيرَةٌ قَبْلَ مَوْتِهِ بِقَلِيلٍ لَكِنْ لا يَمُوتُ إِلَّا وَقَدْ تَابَ كَطَلْحَةَ بنِ عُبَيْدِ اللَّهِ وَالزُّبَيْرِ بنِ الْعَوَّامِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فَإِنَّهُمَا خَرَجَا عَلَى أَمِيرِ الْمُؤْمِنِينَ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ بِوُقُوفِهِمَا مَعَ الَّذِينَ قَاتَلُوهُ فِي الْبَصْرَةِ فَذَكَّرَ عَلِيٌّ كُلًّا مِنْهُمَا حَدِيثًا، أَمَّا الزُّبَيْرُ فَقَالَ لَهُ أَلَمْ يَقُلْ لَكَ رَسُولُ اللَّهِ إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ فَقَالَ نَسِيتُ، فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا عَنْ قِتَالِهِ ثُمَّ لَحِقَهُ فِي طَرِيقِهِ رَجُلٌ مِنْ جَيْشِ عَلِيٍّ فَقَتَلَهُ.
Il est possible qu’un saint commette un grand péché même peu de temps avant de mourir, mais il ne meurt qu’après s’en être repenti, comme ce fut le cas de Talha Ibnou ^Oubaydi l-Lah et de az-Zoubayr Ibnou l-^Awwam que Dieu les agrée tous les deux. En effet, ils s’étaient tous deux rebellés contre l’émir des croyants ^Aliyy que Allah l’agrée, en s’engageant dans les rangs de ceux qui le combattaient à Bassora, mais notre maitre ^Aliyy avait rappelé à chacun d’eux un hadith. Pour ce qui est de az-Zoubayr, avant que le combat n’éclate, ^Aliyy l’a invité, il lui a dit qu’il allait lui parler. Il lui a dit : « n’est-ce pas que le prophète t’a dit :
إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ
ce qui signifie : « tu vas faillir combattre ^Aliyy et tu seras injuste envers lui. » az-Zoubayr lui a dit : « j’avais complètement oublié. » Il est donc reparti en quittant le champ de bataille, car il avait reconnu qu’il était injuste dans ce combat. C’est alors qu’un homme de l’armée de ^Aliyy l’avait rattrapé en chemin et l’avait tué, alors qu’il n’avait pas à le tué.
فَتَابَ بِتَذْكِيرِ عَلِيٍّ لَهُ فَلَمْ يَمُتْ إِلَّا تَائِبًا
Ainsi, il s’est repenti grâce au rappel de ^Aliyy, il n’est donc mort qu’après avoir fait le repentir.
وَأَمَّا طَلْحَةُ فَقَالَ لَهُ عَلِيٌّ: أَلَمْ يَقُلْرَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِوَسَلَّمَ مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا فَضَرَبَهُ مَرْوَانُ بنُ الْحَكَمِ فَقَتَلَهُ. وَهُوَ أَيْضًا تَابَ وَنَدِمَ عِنْدَ ذِكْرِ عَلِيٍّ لَهُ هَذَا الْحَدِيثَ.
Quant à Talha, ^Aliyy lui a dit : « n’est-ce pas que le Messager a dit :
مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ
ce qui signifie : « celui qui est mon partisan, alors qu’il soit le partisan de ^Aliyy. » C’est-à-dire que celui qui me soutient, qu’il se tienne au côté de ^Aliyy. C’est alors que Talha est lui aussi reparti. Cependant Marwane Ibnou l-Hakam qui était dans son camp l’avait atteint d’une flèche qui le tua, il n’est pas mort sur le coup mais a agonisé avant de mourir. Et au départ Marwane ne l’avait pas dit, mais c’est l’un de ses fils qui plus tard a dit que c’était Marwane qui avait tué Talha. Et Talha aussi avait fait le repentir lorsque ^Aliyy lui avait rappelé ce hadith.
فَكُلٌّ مِنْهُمَا مَا مَاتَ إِلَّا تَائِبًا
Ainsi, chacun des deux n’est mort qu’après avoir fait le repentir, ils ne sont donc pas morts chargés d’un grand péché.
وَكِلا الْحَدِيثَيْنِ صَحِيحٌ، بَلِ الْحَدِيثُ الثَّانِي مُتَوَاتِرٌ
Les deux hadith sont authentiques, et le deuxième hadith est même moutawatir, d’un degré encore plus fort que le sahih.
وَقَدْ ذَكَرَ الإِمَامُ أَبُو الْحَسَنِ الأَشْعَرِيُّ أَنَّ طَلْحَةَ وَالزُّبَيْرَ مَغْفُورٌ لَهُمَا لِأَجْلِ الْبِشَارَةِ الَّتِي بَشَّرَهُمَا رَسُولُ اللَّهِ بِهَا مَعَ ثَمَانِيَةٍ ءَاخَرِينَ فِيمَجْلِسٍ وَاحِدٍ فَهَذَا مِنَ الإِمَامِ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ إِثْبَاتٌ أَنَّهُمَا أَثِمَا
De plus, l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a mentionné que l’acte de Talha et de az-Zoubayr avait été pardonné du fait de la bonne nouvelle que leur avait annoncé le Messager de Allah, à eux ainsi qu’à huit autres lors d’une même assemblée. Ceci est donc un témoignage de l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy qui est l’imam de ahlou sounnah wa l-djama^ah. Ils ont donc fait le repentir avant de mourir. Tout cela pour confirmer que si le saint commet un grand péché, même si c’est peu de temps avant de mourir, en l’occurrence ici c’était lorsqu’ils se sont rebellés contre notre maitre ^Aliyy, mais étant donné que ce sont des saints, ils ne meurent pas avant d’avoir fait le repentir.
وَكَذَلِكَ قَالَ فِي حَقِّ عَائِشَةَ لِأَجْلِ أَنَّهَا مُبَشَّرَةٌ أَيْضًا وَكَانَتْ نَدِمَتْ نَدَمًا شَدِيدًا مِنْ وُقُوفِهَا فِي الْمُقَاتِلِينَ لِعَلِيٍّ حَتَّى كَانَتْ لَمَّا تَذْكُرُ سَيْرَهَا إِلَى الْبَصْرَةِ وَوُقُوفَهَا مَعَ الْمُقَاتِلِينَ لِعَلِيٍّ تَبْكِي بُكَاءً شَدِيدًا يَبْتَلُّ مِنْ دُمُوعِهَا خِمَارُهَا. وَهَذَا مُتَوَاتِرٌ أَيْضًا
L’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a d’ailleurs dit la même chose au sujet de ^A’ichah étant donné qu’elle avait elle aussi reçu la bonne nouvelle du paradis de la part du prophète, car le prophète avait annoncé à ^A’ichah qu’elle serait son épouse au paradis. D’ailleurs, elle est appelée la bien aimée du Messager de Allah, le prophète l’aimait beaucoup. Ainsi, L’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a dit que son péché est pardonné, et elle avait immensément regrettée de s’être retrouvée dans le camp adverse à ^Aliyy. Preuve en est qu’elle avait regrettée cela énormément, c’est qu’à chaque fois qu’elle s’en rappelait, qu’elle avait voyagé jusqu’à Bassora alors que ^Aliyy lui avait dit de ne pas y aller, car elle avait voyagé pour rejoindre les rangs de ceux qui combattaient ^Aliyy, et son objectif était de réconcilier les deux parties, mais elle n’avait pas à y aller sans que l’émir des croyants, en l’occurrence ^Aliyy le lui autorise, elle avait pourtant fait le voyage vers Bassora pour rejoindre les rangs de ceux qui combattaient ^Aliyy. Et comme elle regrettait cela par la suite, elle pleurait jusqu’à en tremper son voile de larme. Et ceci est également moutawatir.
وَقَالَ فِي غَيْرِهِمَا مِنْ مُقَاتِلِي عَلِيٍّ مِنْ أَهْلِ وَقْعَةِ الْجَمَلِ وَمِنْ أَهْلِ صِفِّينَ الَّذِينَ قَاتَلُوا مَعَ مُعَاوِيَةَ عَلِيًّا مُجَوَّزٌ غُفْرَانُهُ وَالْعَفْوُ عَنْهُ كَمَا نَقَلَ ذَلِكَ الإِمَامُ أَبُو بَكْرِ بنُ فُورَك عَنْ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ فِي كِتَابِهِ مُجَرَّدِ مَقَالاتِ الأَشْعَرِيِّ، وَابْنُ فُورَك تِلْمِيذُ تِلْمِيذِ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ وَهُوَ أَبُو الْحَسَنِ الْبَاهِلِيُّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ.
Et l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a aussi dit au sujet de ceux qui ont combattu ^Aliyy dans la bataille du chameau en dehors de Talha et de az-Zoubayr et au sujet de ceux qui ont combattu avec Mou^awiyah contre ^Aliyy durant la bataille de Siffin : « il est possible que leur acte soit pardonné. » Ça veut dire qu’ils ont commis un péché mais qu’il est possible que Dieu le pardonne, donc ce n’est pas un péché qui fait sortir de l’Islam. Cette parole de l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a été rapportée de lui par l’imam Abou Bakr Ibnou Fourak dans son livre moudjarradou maqalat al-‘Ach^ariyy. Et Ibnou Fourak est l’élève de l’élève de al-‘Ach^ariyy, qui est Abou l-Haçan al-Bahiliyy que Allah les agrée.
وَمَا يَظُنُّ بَعْضُ الْجَهَلَةِ مِنْ أَنَّ الْوَلِيَّ لا يَقَعُ فِي مَعْصِيَةٍ فَهُوَ جَهْلٌ فَظِيعٌ. فَهَؤُلاءِ الثَّلاثَةُ طَلْحَةُ وَالزُّبَيْرُ وَعَائِشَةُ مِنْ أَكَابِرِ الأَوْلِيَاءِ.
Quant à ce que pensent certains ignorants, à savoir que le saint ne tomberait jamais dans un péché, ceci dénote une terrible ignorance. Ces trois, à savoir Talha, az-Zoubayr et ^A’ichah font parties des plus grands saints, pourtant ils sont tombés dans un péché, mais comme ils avaient reçu l’annonce de bonne nouvelle de la part du Messager de Allah, il leur a été pardonné. D’ailleurs ils ont fait le repentir.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ صَدَرَ مِنْهُ كُفْرٌ صَرِيحٌ يَكْفُرُ وَلا يُقْبَلُ لَهُ تَأْوِيلٌ إِلَّا إِذَا كَانَ لا يَفْهَمُ مَعْنَى الْكَلِمَةِ الَّتِي قَالَهَا فَعِنْدَئِذٍ لا يُكَفَّرُ، فَمَنْ حَصَلَ مِنْهُ كُفْرٌ صَرِيحٌ يُنْظَرُ إِلَى فَهْمِهِ وَلا يُنْظَرُ إِلَى قَصْدِهِ فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ وَقَالَ لَمْ أَقْصِدْهُ كَفَرَ وَلَمْ يُقْبَلْ مِنْهُ تَأَوُّلُهُ
Commentaire : celui de qui est provenu une mécréance explicite est sorti de l’Islam, et on n’accepte de lui aucune interprétation, sauf s’il ne comprend pas le sens de la parole qu’il a dite, dans ce cas-là il n’est pas déclaré mécréant. Ainsi, dans le cas où il ne comprend pas ce qu’il est en train de dire, car il y a des gens qui utilisent des termes sans les comprendre, il se peut qu’il parle la langue tout en croyant que ce mot a un autre sens. Celui de qui est provenue une parole de mécréance explicite, on prend en considération sa compréhension et on ne prend pas en considération ce qu’il visait, c’est-à-dire qu’on ne va pas lui demander ce qu’il visait, car sa parole est explicite, mais on s’assure qu’il comprenne ce qu’il dit. Ainsi, on prend en considération sa compréhension du sens de cette parole et non ce qu’il visait par elle. Ainsi, s’il comprend le sens qui est un sens de mécréance dans la phrase qu’il a dite, et qu’il dit : « mais moi je ne visais pas cela » il est quand même sorti de l’Islam, même s’il prétend ne pas avoir visé ce sens-là du moment qu’il le comprend. Et on n’accepte de lui aucune autre interprétation, puisque la parole en soi est une parole explicite, c’est-à-dire qu’elle n’admet qu’un seul sens.
وَإِنْ لَمْ يَفْهَمِ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ لا يَكْفُرُ، وَلَكِنْ يُنْهَى عَنْ ذَلِكَ الْقَوْلِ
Cependant, s’il ne comprenait pas ce sens, c’est-à-dire qu’il ne comprenait pas ce sens qui est un sens de mécréance, dans ce cas-là il ne sort pas de l’Islam. Cependant, on lui interdit de dire cette parole, parce que ce sens est un sens de mécréance. Et ceci est le cas de celui qui a dit une parole explicite, c’est-à-dire n’admettant qu’un seul sens.
وَأَمَّا مَنْ حَصَلَ مِنْهُ كَلامٌ يَحْتَمِلُ وَجْهَيْنِ بِحَسَبِ وَضْعِ اللُّغَةِ أَحَدُهُمَا كُفْرٌ وَالآخَرُ لَيْسَ كَذَلِكَ فَإِنَّ هَذَا يُنْظَرُ إِلَى قَصْدِهِ فَإِنْ كَانَ أَرَادَ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ كَفَرَ وَإِلَّا فَلا يَكْفُرُ.
Quant à celui de qui est provenu une parole admettant deux sens du point de vue de la langue, l’un des sens est une mécréance et l’autre sens n’est pas une mécréance, quelqu’un qui dit une telle parole qui n’est donc pas explicite, nous allons voir ce qu’il visait, parce que cette parole admet plusieurs possibilités du point de vue de la langue. S’il avait visé le sens qui est de la mécréance, alors il aura mécru, sinon, il n’aura pas mécru.
وَأَمَّا مَنْ قَالَ كَلِمَةً كُفْرِيَّةً لا تَحْتَمِلُ إِلَّا مَعْنًى وَاحِدًا بِحَسَبِ وَضْعِ اللُّغَةِ، وَلَكِنْ هُوَ ظَنَّ أَنَّ لَهَا مَعْنًى ءَاخَرَ غَيْرَ كُفْرِيٍّ فَقَالَهَا عَلَى هَذَا الْوَجْهِ الَّذِي ظَنَّهُ غَيْرَ كُفْرِيٍّ فَلا يَكْفُرُ.
Quant à celui qui dit une parole n’admettant qu’un seul sens qui est de la mécréance, c’est-à-dire du point de vue de la langue dans laquelle il s’exprime, mais qu’il croyait que ce terme -cette expression- avait un autre sens qui n’est pas de la mécréance, c’est-à-dire qu’il pensait que dans la langue cette expression pouvait avoir un autre sens, et cet autre sens auquel il pensait n’était pas de la mécréance, et que lui avait prononcé cette expression dans le sens qu’il avait imaginé être l’un de ses sens, dans ce cas-là, même si cette parole n’a qu’un seul sens dans la langue, relativement à lui cette parole à le jugement de la parole admettant plusieurs sens. Parce qu’il croyait véritablement que cette parole avait un autre sens et que cet autre sens n’était pas de la mécréance, il l’avait dite dans cet autre sens, dans ce cas-là il ne sort pas de l’Islam. Parce que même si cette parole est à l’origine explicite dans la mécréance, pour lui elle a le jugement de la parole qui est plurivoque, c’est-à-dire qui admet plusieurs sens, et lui avait prononcé cette parole dans un sens qui n’est pas de la mécréance.
Si quelqu’un a dit une parole dont il ne connaissait pas le jugement, et qu’après il a appris le jugement comme quoi son sens était de la mécréance, il devra dire les deux témoignages de manière catégorique pour entrer en islam.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ إِمَامُ الْحَرَمَيْنِ الْجُوَيْنِيُّ: اتَّفَقَ الأُصُولِيُّونَ عَلَى أَنَّ مَنْ نَطَقَ بِكَلِمَةِ الرِّدَّةِ – أَيِ الْكُفْرِ – وَزَعَمَ أَنَّهُ أَضْمَرَ تَوْرِيَةً[أَيْ أَنَّهُ أَرَادَ بِهِ مَعْنًى بَعِيدًا عَنِ الْمَعْنَى الْمُتَبَادِرِ مِنَ الْكَلِمَةِ] كُفِّرَ ظَاهِرًا وَبَاطِنًا وَأَقَرَّهُمْ عَلَى ذَلِكَ أَيْ فَلا يَنْفَعُهُ التَّأْوِيلُ الْبَعِيدُ كَالَّذِي يَقُولُ: يَلْعَنُ رَسُولَ اللَّهِ وَيَقُولُ قَصْدِي بِرَسُولِ اللَّهِ الصَّوَاعِقُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : l’imam des deux haram al-Jouwayniyy a dit : les savants spécialistes des fondements de la religion sont unanimes à dire que celui qui prononce une parole d’apostasie -c’est-à-dire une parle de mécréance- n’admettant qu’un seul sens et qui prétend par la suite qu’il avait visé intérieurement une tawriyah -un sens qui est très éloigné du sens de la parole qui vient communément à l’esprit- alors il est jugé mécréant selon les jugement des hommes et selon le jugement de Dieu. Après avoir rapporté la parole des spécialistes des fondements, al-Jouwayniyy a dit qu’il était d’accord avec eux sur ce point. C’est-à-dire qu’avoir fait une interprétation trop éloignée de sa parole ne lui est pas utile, comme celui qui dit : « que sois maudit l’envoyé de Dieu » et ajoute : « mais moi je vise la foudre puisqu’elle est envoyée de Dieu. » Ceci est une tawriyah qui ne le sauve pas, parce qu’elle est très éloignée du sens.
الشَّرْحُ هَذَا الْقَوْلُ ذَكَرَهُ إِمَامُ الْحَرَمَيْنِ عَبْدُ الْمَلِكِ الْجُوَيْنِيُّ فِي كِتَابِ الإِرْشَادِ وَمَعْنَاهُ أَنَّ مَنْ نَطَقَ بِاللَّفْظِ الصَّرِيحِ بِالْكُفْرِ وَزَعَمَ أَنَّهُ أَضْمَرَ تَوْرِيَةً أَيْ تَأْوِيلًا بَعِيدًا لا يُقْبَلُ مِنْهُ، بَلْ يَكُونُ كَافِرًا ظَاهِرًا وَبَاطِنًا.
Commentaire : c’est l’imam des deux haram ^Abdou l-Malik al-Jouwayniyy qu’il l’a citée dans son livre al-‘irchad. Ainsi, celui qui dit une expression qui est univoque dans la mécréance et a prétendu qu’il avait sous-entendu quelque chose mais qui était loin du sens, cette prétention n’est pas acceptée de lui mais il est déclaré mécréant en apparence pour nous et selon le jugement de Dieu.
أَمَّا التَّأْوِيلُ الْقَرِيبُ إِنْ أَبْدَاهُ الشَّخْصُ إِنْ كَانَ صَادِقًا فِي دَعْوَاهُ يَنْفَعُهُ.
Quant au sous-entendu qui n’est pas éloigné du sens proche, si la personne était véridique dans ce qu’elle dit, ça peut lui être utile.
وَهَذَا دَلِيلٌ عَلَى أَنَّهُ لا يُؤَوَّلُ كُلُّ لَفْظٍ مُنْحَرِفٍ وَإِنَّمَا يُؤَوَّلُ مَا كَانَ تَأْوِيلُهُ قَرِيبًا، وَأَمَّا مَا كَانَ صَرِيْحًا فِي الْمَعْنَى الْفَاسِدِ فَلا يُؤَوَّلُ، فَالْحَذَرَ مِنْ هَؤُلاءِ الَّذِينَ يُؤَوِّلُونَ الصَّرِيحَ لِمَنْ يَفْهَمُ مَعْنَاهُ.
Et ceci est une preuve que ce n’est pas n’importe quelle parole qui admet d’être interpréter par un autre sens que son sens apparent, mais seul l’interprétation qui est proche. Quant à la parole qui est univoque et qui a un sens mauvais, c’est-à-dire de la mécréance, on n’accepte pas son interprétation. Que l’on prenne garde contre ceux qui admettent l’interprétation par un autre sens que le sens apparent des paroles qui sont univoques dans la mécréance et de la part de quelqu’un qui comprend le sens qui est de la mécréance. C’est-à-dire que quelqu’un comprend le sens qui est de la mécréance, cette parole est univoque, c’est-à-dire qu’elle n’admet qu’un seul sens qui est de la mécréance, et malgré cela il y a des gens qui disent que l’on peut interpréter sa parole autrement. Que l’on prenne garde contre ces gens-là, parce que celui qui a parlé comprend ce sens univoque de mécréance.
وَقَوْلُ إِمَامِ الْحَرَمَيْنِ الْمَذْكُورُ مَحْمُولٌ عَلَى التَّوْرِيَةِ الَّتِي لا يَحْتَمِلُهَا اللَّفْظُ، أَمَّا التَّوْرِيَةُ الَّتِي يَحْتَمِلُهَا اللَّفْظُ فَإِنَّهَا تَنْفَعُ بِالتَّأْوِيلِ، فَلْيُعْلَمْ ذَلِكَ.
Cette règle énoncée par l’imam des deux haram al-Jouwayniyy précédemment citée s’applique dans le cas où la tawriyah -le sous-entendu- n’est pas admis par cette parole, c’est-à-dire que cette parole n’admet pas ce sous-entendu. Cependant, si c’est un sous-entendu qui peut être admis par l’expression prononcée, c’est-à-dire que cette parole admet ce sous-entendu, alors ça peut être utile pour celui qui l’a dite s’il est véridique. Que l’on sache cela.
فَمِنَ التَّوْرِيَةِ الْبَعِيدَةِ الَّتِي لا يَحْتَمِلُهَا اللَّفْظُ قَوْلُ بَعْضِ جَهَلَةِ الْمُتَصَوِّفَةِ:
كَفَرْتُ بِدِينِ اللَّهِ وَالْكُفْرُ وَاجِبٌ لَدَيَّ وَعِنْدَ الْمُسْلِمِينَ حَرَامُ
يَنْسِبُونَ هَذَا لِلْحَلَّاجِ وَيَسْتَحْسِنُونَهُ
Parmi les interprétations éloignées qui n’admettent pas de tawriyah, il y a la parole de certains qui se prétendent soufiyy, ils disent des vers de poésie qui sont de la mécréance univoque, et ça n’admet pas de sous-entendu comme eux prétendent, et après ils prétendent sous-entendre autre chose alors que c’est de la mécréance univoque. Ils attribuent ça à al-Hallaj.
وَكَذَا قَوْلُ بَعْضِهِمْ:
وَمَا الْكَلْبُ وَالْخِنْزِيرُ إِلَّا إِلَهُنَا وَمَا اللَّهُ إِلَّا رَاهِبٌ فِي كَنِيسَتِي
وَيَقُولُونَ فِي تَأْوِيلِهِ إِذَا أُنْكِرَ عَلَيْهِمْ قَوْلُهُمْ إِلَهُنَا مَعْنَاهُ إِلَى الأَرْضِ أَيِ الْكَلْبُ وَالْخِنْزِيرُ مَرْجِعُهُمْ إِلَى التُّرَابِ.
Ou d’autres verbes où ils jouent sur les mots avec des paroles qui sont de la mécréance univoque, et ils prétendent visés un sens qui est éloigné du sens de la parole, cela aussi ne leur est pas utile.
وَأَيْضًا قَوْلُ بَعْضِهِمْ:
أَلا بِالذِّكْرِ تَزْدَادُ الذُّنُوبُ وَتَنْطَمِسُ الْبَصَائِرُ وَالْقُلُوبُ
فَقَدْ قَالَ بَعْضُ مَنْ لَقِيتُهُ مِنَ الْمُتَعَسِّفِينَ: يُؤَوَّلُ بِأَنَّهُ أَرَادَ الذِّكْرَ مَعَ الْغَفْلَةِ.
Ou certains qui blâment le dhikr, ils sortent des interprétations qui sont loin du sens proche. Le Chaykh a cité plusieurs exemples qu’on retrouve chez des gens qui prétendent être des soufiyy alors que le tasawwouf est complètement innocent de leur pratique.
وَكَذَا قَوْلُ بَعْضِهِمْ: وُجُودُكَ ذَنْبٌ لا يُقَاسُ بِهِ ذَنْبُ، إِلَى أَمْثَالٍ لِهَذِهِ الْكَلِمَاتِ وَهِيَ كَثِيرَةٌ. وَهَؤُلاءِ بَعْضُهُمْ مَلاحِدَةٌ يُظْهِرُونَ الإِسْلامَ وَلا يَعْتَقِدُونَهُ مَعَ دَعْوَى التَّصَوُّفِ، وَبَعْضُهُمْ مِنْ شِدَّةِ الْجَهْلِ يَظُنُّونَ أَنَّ هَذَا صَوَابٌ، فَهَؤُلاءِ ضَرَرُهُمْ عَلَى بَعْضِ الْمُسْلِمِينَ أَشَدُّ مِنْ ضَرَرِ الْكُفَّارِ الْمُعْلِنِينَ الَّذِينَ لا يَنْتَسِبُونَ إِلَى الإِسْلامِ كَالْمَجُوسِ وَالْبُوذِيِّينَ.
Ces gens-là parfois sont des athées, c’est-à-dire qu’ils montrent en apparence qu’ils sont musulmans alors qu’en réalité ils sont athées, et ils se cachent en prétendant être des soufiyy. Et malheureusement certains sont tellement ignorants qu’ils pensent que ce qu’ils leur disent est vrai. Ces gens-là qui diffusent de telles paroles, leur nuisance aux musulmans est plus grave que la nuisance des mécréants qui déclarent leur mécréance et qui ne se réclament pas de l’Islam comme les mages et les bouddhistes.
Informations utiles :
Une question a été posée au Chaykh, on lui a dit : certains viennent faire des collectes d’argent dans la salle de prière pour demander des contributions pour rapatrier le corps d’un musulman qui est mort dans un pays musulman. Le Chaykh a dit : ce n’est pas un devoir pour vous de contribuer à cela, parce qu’il n’y a pas de nécessité en cela. Les musulmans à qui il leur a été demandé de donner de l’argent pour rapatrier un corps mais qui ne payent pas ne tombent pas dans le péché. Ils ne sont pas dans le péché s’ils ne contribuent pas.
Et s’il y a une nécessité pour qu’il soit enterré dans un cimetière de musulmans, s’il est enterré dans un cimetière de non musulmans, les gens qui n’ont pas contribué pour rapatrier le corps ne tombent pas dans le péché. Ceux qui n’ont pas contribué pour aider ne tombent pas dans le péché. Ça sera lui et ses œuvres dans sa tombe, s’il était pieux Allah le protège de tous le châtiment qui va s’abattre sur les mécréants. Allah lui éclairera même sa tombe et Il lui envoie une odeur, l’odeur du paradis. Le croyant qui s’attachait à la loi de l’Islam, qui accomplissait les devoirs et qui évitait les péchés, Allah lui accorde dans sa tombe le fait qu’elle deviendra l’un des jardins du paradis, et sa tombe sera éclairée, et Allah lui la élargie, Allah est sur toute chose tout puissant.
Cette place qui est toute petite, qui fait 4 coudées de long sur une coudée de large, Allah l’élargi pour certain musulman à perte de vue, et pour certain musulman elle sera élargie de 70 coudées sur 70 coudées.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَدْ عَدَّ كَثِيرٌ مِنَ الْفُقَهَاءِ كَالْفَقِيهِ الْحَنَفِيِّ بَدْرِ الرَّشِيدِ وَهُوَ قَرِيبٌ مِنَ الْقَرْنِ الثَّامِنِ الْهِجْرِيِّ أَشْيَاءَ كَثِيرَةً فَيَنْبَغِي الِاطِّلاعُ عَلَيْهَا فَإِنَّ مَنْ لَمْ يَعْرِفِ الشَّرَّ يَقَعْ فِيهِ فَلْيُحْذَرْ، فَقَدْ ثَبَتَ عَنْ أَحَدِ الصَّحَابَةِ أَنَّهُ أَخَذَ لِسَانَهُ وَخَاطَبَهُ: يَا لِسَانُ قُلْ خَيْرًا تَغْنَمْ، وَاسْكُتْ عَنْ شَرٍّ تَسْلَمْ، مِنْ قَبْلِ أَنْ تَنْدَمَ، إِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: أَكْثَرُ خَطَايَا ابْنِ ءَادَمَ مِنْ لِسَانِهِ، [رَوَاهُ الطَّبَرَانِيُّ بِإِسْنَادٍ صَحِيحٍ مِنْ حَدِيثِ عَبْدِ اللَّهِ بنِ مَسْعُودٍ] وَمِنْ هَذِهِ الْخَطَايَا الْكُفْرُ وَالْكَبَائِرُ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de plus, de nombreux savants ont énuméré de nombreux exemples de paroles de mécréance comme le faqih hanafite Badrou r-Rachid qui a vécu au huitième siècle de l’hégire, il y a environ 700 années. Il convient donc d’en prendre connaissance car celui qui ne connait pas le mal y chutera, alors qu’on prenne garde. Il a été confirmé à propos d’un *compagnon du prophète qu’il a pris à parti sa langue et s’est adressé à elle en disant : « ô langue, dis du bien tu y gagneras, et gardes toi de dire du mal, tu seras sauvé, avant d’avoir à regretter. Certes j’ai entendu le Messager de Allah dire :
أَكْثَرُ خَطَايَا ابْنِ ءَادَمَ مِنْ لِسَانِهِ
ce qui signifie : « la plupart des péchés du fils de ‘Adam proviennent de sa langue. » Rapporté par at–Tabaraniyy avec une chaine de transmission sûr d’après le compagnon ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud qui fait partie des tout premiers à être entrés en islam. Et parmi ces péchés il y a la mécréance et les grands péchés.
*Le compagnon est celui qui a rencontré le prophète de manière habituelle, ordinaire, ce n’est pas de manière extraordinaire comme notre maitre ar-Rifa^iyy qui a embrassé la main du prophète 5 siècle après le décès du prophète, on ne dit pas que notre maitre ar-Rifa^iyy est un compagnon, non, mais nous parlons de celui qui a rencontré le prophète de manière habituelle, ordinaire. Qui a cru en lui, c’est-à-dire qui a cru qu’il était bien un envoyé de Dieu et qui est mort musulman, parce qu’il y a des gens qui ont apostasié. On ne dit pas de ceux qui sont morts apostats qu’ils sont des compagnons. Mais si l’un d’entre eux a apostasié puis est revenu à l’Islam, il garde son statut de compagnon.
الشَّرْحُ مَعْنَى الْحَدِيثِ أَنَّ مَنْ قَالَ مِنَ الْكَلامِ مَا هُوَ خَيْرٌ كَذِكْرِ اللَّهِ وَأَفْضَلُهُ التَّهْلِيلُ كَسَبَ ثَوَابًا، وَأَنَّ مَنْ أَمْسَكَ لِسَانَهُ عَمَّا فِيهِ مَعْصِيَةٌ فَقَدْ حَفِظَ نَفْسَهُ وَسَلِمَ لِأَنَّ مَنْ لَمْ يَحْفَظْ لِسَانَهُ فَقَدْ عَرَّضَ نَفْسَهُ لِلْهَلاكِ لِأَنَّ أَكْثَرَ الْمَهَالِكِ سَبَبُهَا اللِّسَانُ، فَإِنْ مَاتَ وَهُوَ عَلَى هَذِهِ الْحَالِ فَإِنَّهُ يَنْدَمُ يَوْمَ لا يَنْفَعُ النَّدَمُ.
Commentaire : la signification de ce hadith est que celui qui dit des paroles de bien comme l’évocation de Dieu, et la meilleure des évocations de Dieu est le tahlil – لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ-, il gagnera des récompenses, et que celui qui garde sa langue de dire ce qui est un péché se sera préservé et sauvé, parce que celui qui ne préserve pas sa langue se sera exposé à sa propre perte, parce que la plupart des péchés proviennent de la langue. Et s’il meurt ainsi, c’est-à-dire chargé de ces péchés qu’il a commis avec sa langue, il va le regretter le jour où le regret ne sera d’aucune utilité.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَفِي حَدِيثٍ ءَاخَرَ لِلرَّسُولِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ مِمَّا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ مِنْ حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : dans un autre hadith du Messager de Allah, il y a cette parole :
إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ مِمَّا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ
qui signifie : « certes il arrive que l’esclave prononce une parole dont il ne réalise pas la portée, mais à cause de laquelle il chutera en enfer plus loin encore de ce qui sépare le levant du couchant. » C’est-à-dire d’une grande distance. Hadith rapporté par al-Boukhariyy et Mouslim d’après le compagnon Abou Hourayrah.
الشَّرْحُ مَعْنَى حَدِيثِ الشَّيْخَيْنِ أَنَّ الإِنْسَانَ قَدْ يَتَكَلَّمُ بِكَلِمَةٍ لا يَرَى أَنَّ فِيهَا ذَنْبًا وَلا يَرَاهَا ضَارَّةً لَهُ يَسْتَوْجِبُ بِهَا النُّزُولَ إِلَى قَعْرِ جَهَنَّمَ كَمَا تَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ رِوَايَةُ التِّرْمِذِيِّ مِنْ غَيْرِ فَرْقٍ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ مُنْشَرِحَ الْبَالِ أَوْ غَيْرَ مُنْشَرِحٍ، وَقَعْرُ جَهَنَّمَ مَسَافَةُ سَبْعِينَ عَامًا وَذَلِكَ مَحَلُّ الْكُفَّارِ لا يَصِلُهُ عُصَاةُ الْمُسْلِمِينَ.
Commentaire : le sens du hadith des *deux Chaykh comporte le fait qu’il se peut que quelqu’un dise une parole dans laquelle il ne voit pas de péché, il ne voit pas qu’il y a une désobéissance à la dire, il ne pense même pas que cette parole va être préjudiciable pour eux, c’est-à-dire qu’elle va leur faire du tort, il ne considère même pas qu’il y ait un mal dans ce qu’il dit alors qu’il se peut que cette parole va entrainer pour lui la descente au fond de l’enfer, tout comme cela est indiqué dans la version rapportée par at-Tirmidhiyy, sans qu’il n’y ait de différence entre le fait qu’il se soit satisfait ou pas de ce qu’il dit, c’est-à-dire qu’il ait adhéré par son cœur cette parole ou pas, même s’il dit : « mais je rejette par mon cœur ce que j’ai dit. » Le fait qu’il l’ait dite implique que le jugement s’applique à lui. Et le fond de l’enfer sa trouve à une distance de 70 ans, c’est-à-dire que du haut de l’enfer jusqu’au fond de l’enfer, une pierre mettrait soixante-dix ans de chute pour l’atteindre. Et le fond de l’enfer est un emplacement réservé aux mécréants. Les désobéissants de parmi les musulmans ne l’atteindront pas.
* Lorsque l’on dit « les deux Chaykh » dans le hadith, il s’agit de al-Boukhariyy et Mouslim. Et lorsque l’on parle des deux Chaykh dans les compagnons, il s’agit de Abou Bakr et ^Oumar.
وَقَدْ عُلِمَ أَنَّ الْمَسَافَةَ الَّتِي تُوصِلُ إِلَى قَعْرِ جَهَنَّمَ هِيَ هَذِهِ مِنَ الْحَدِيثِ الَّذِي فِيهِ أَنَّهُ بَيْنَمَا كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَعَ بَعْضِ أَصْحَابِهِ إِذْ سَمِعُوا وَجْبَةً أَيْ صَوْتًا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: تَدْرُونَ مَا هَذَا قَالُوا: اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ قَالَ: هَذَا حَجَرٌ رُمِيَ بِهِ فِي النَّارِ مُنْذُ سَبْعِينَ خَرِيفًا فَهُوَ يَهْوِي فِي النَّارِ الآنَ حَتَّى انْتَهَى إِلَى قَعْرِهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
Et nous avons su que la distance pour atteindre le fond de l’enfer est de soixante-dix ans à partir d’un hadith. Tandis que le Messager de Allah était en compagnie de ses compagnons, ils ont entendu un bruit, le Messager leur a dit :
تَدْرُونَ مَا هَذَا
ce qui signifie : « vous savez ce que c’est ? » Les compagnons ont répondu :
اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ
ce qui signifie : « Allah sait plus que tout autre et Son Messager sait. » Le prophète a expliqué en disant :
هَذَا حَجَرٌ رُمِيَ بِهِ فِي النَّارِ مُنْذُ سَبْعِينَ خَرِيفًا فَهُوَ يَهْوِي فِي النَّارِ الآنَ حَتَّى انْتَهَى إِلَى قَعْرِهَا
ce qui signifie : « il s’agit d’une pierre qui a été lancée en enfer il y a 70 automnes, elle était en train de chuter en enfer et c’est maintenant qu’elle a atteint le fond de l’enfer. » Hadith rapporté par Mouslim.
ثُمَّ إِنَّ الْعُلَمَاءَ اخْتَلَفُوا فِي بَعْضِ الأَشْيَاءِ هَلْ هِيَ كُفْرٌ أَمْ لا، فَقَالَ بَعْضٌ إِنَّهَا كُفْرٌ وَقَالَ بَعْضٌ إِنَّهَا لَيْسَتْ كُفْرًا.
Par ailleurs, les savants ont divergé à propos de certaines choses, est-ce de la mécréance ou pas ? Certains ont dit que telle chose est de la mécréance et d’autres ont considéré que ce n’était pas de la mécréance.
هَؤُلاءِ الْعُلَمَاءُ بَعْضُهُمْ مُجْتَهِدٌ اجْتِهَادًا مُطْلَقًا وَبَعْضُهُمْ مُجْتَهِدُونَ فِي الْمَذْهَبِ وَهَاكَ الْبَيَان.
De ces savants qui ont divergé, certains sont des moujtahid moutlaq -absolu- et d’autres sont moujtahid au sein de l’école -du madh-hab-. Et il va y avoir des exemples, c’est-à-dire que le Chaykh va illustrer dans quel cas il se peut qu’il y ait des divergences entre les savants quant au jugement de mécréance de telle et telle chose.
قَالَ فِي فَتَاوَى قَاضِيخَان مَا نَصُّهُ: رَجُلٌ صَلَّى إِلَى غَيْرِ الْقِبْلَةِ مُتَعَمِّدًا رُوِيَ عَنْ أَبِي حَنِيفَةَ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى أَنَّهُ يَكْفُرُ وَإِنْ أَصَابَ الْقِبْلَةَ، وَبِهِ أَخَذَ الْفَقِيهُ أَبُو اللَّيْثِ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى، وَكَذَا إِذَا صَلَّى فِي الثَّوْبِ النَّجِسِ أَوْ بِغَيْرِ طَهَارَةٍ
Et dans « fatawa qadihan » [qui est un livre] figure la question suivante : un homme a prétendu faire la prière en se dirigeant vers une autre direction que la qiblah délibérément. Il a été rapporté de l’imam Abou Hanifah qu’il sort de l’Islam, même si ça a coïncidé avec la qiblah. Supposons qu’il soit rentré dans une mosquée dont la direction n’était pas correcte, la qiblah était dans une direction et lui pensait que c’était celle-ci la bonne direction, mais pour contredire la religion il s’est dirigé vers une autre direction, lui pensait se diriger vers autre que la qiblah, même si ça a coïncidé avec la véritable direction de la qiblah, selon Abou Hanifah, étant donné que son objectif était de se diriger vers autre que la qiblah, il sort de l’Islam, et ce même si ça a coïncidé avec la qiblah. Et c’est cet avis de Abou Hanifah qui a été retenu par le faqih Abou l-layt que Dieu lui fasse miséricorde. Et c’est le même jugement s’il accompli la prière avec un vêtement najis -impure- ou s’il n’est pas purifié.
وَبَعْضُ الْمَشَايِخِ قَالُوا إِنْ فَعَلَ ذَلِكَ بِتَأْوِيلِ قَوْلِهِ تَعَالَى ﴿فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/115] لا يَكُونُ كَافِرًا
Et certains savant ont dit que s’il s’était dirigé dans une autre direction que la qiblah en raison d’une mauvaise interprétation du verset 115 de sourate al-baqarah :
﴿فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ﴾
qui signifie : « où que vous vous dirigiez, il y a une direction que Dieu agrée. » Mais ce verset ne concerne pas celui qui accompli des prières en étant résidant, ni les prières obligatoires que fait celui qui est voyageur. Ce verset concerne les prières surérogatoires, mais pas n’importe quelle prière surérogatoire. Ce sont les prières surérogatoires que fait un voyageur, et ce n’est pas n’importe quelle voyageur. Ce sont les prières surérogatoires que fait un voyageur lorsqu’il est assis sur sa monture, comme s’il voyageait sur un chameau et traversait le désert en voulant faire des prières surérogatoires tout en étant assis. Dans ce cas-là, lorsqu’il entre en rituel de prière il se dirige vers la qiblah puis dit « Allah ‘akbar », puis, quelle que soit la direction que va emprunter sa monture, sa prière surérogatoire sera valable, parce qu’il est voyageur et est sur une monture, c’est-à-dire un animal. Tel est le sens de ce verset. Et ce verset ne veut pas dire que si quelqu’un est résidant chez lui il peut faire la prière dans n’importe quelle direction. Pour ce qui est des savants qui n’ont pas déclaré mécréant celui qui se dirige vers autre que la qiblah, ils ont dit que si c’était par mauvaise interprétation du verset, c’est-à-dire qu’il pensait véritablement que ce verset signifiait que l’on peut faire la prière dans n’importe quelle direction, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.
وَقَالَ مَشَايِخُ بُخَارَا مِنْهُمُ الْقَاضِي الإِمَامُ أَبُو عَلِيٍّ السُّغْدِيُّ وَشَمْسُ الأَئِمَّةِ الْحَلْوَانِيُّ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى: لَوْ صَلَّى إِلَى غَيْرِ الْقِبْلَةِ لا يَكْفُرُ وَكَذَا إِذَا صَلَّى فِي الثَّوْبِ النَّجِسِ لِأَنَّ الصَّلاةَ إِلَى غَيْرِ الْقِبْلَةِ جَائِزَةٌ حَالَةَ الِاخْتِيَارِ وَهُوَ التَّطَوُّعُ عَلَى الدَّابَّةِ وَمِنَ الْعُلَمَاءِ مَنْ جَوَّزَ الصَّلاةَ فِي الثَّوْبِ النَّجِسِ [وَهُوَ قَوْلٌ لِمَالِكٍ مَشْهُورٌ عِنْدَ أَهْلِ الْمَذْهَبِ] فَلا يُحْكَمُ بِكُفْرِهِ
Et il y a un troisième avis sur la question, c’est l’avis des savants de Boukhara [la région qui se trouve à l’est de la perse qui se trouve aujourd’hui en Ouzbékistan, avant il y avait beaucoup de science là-bas]. Le Qadi, l’imam ^Aliyy as-Soughdiyy et Chamsou l-‘A’immah al-Halwaniyy on dit : « si quelqu’un faisait la prière en direction d’autre que la qiblah, il ne devient pas mécréant. Et de même si quelqu’un fait la prière avec un vêtement najis, il ne devient pas mécréant, parce que la prière vers autre que la qiblah est valide dans certains cas, et il s’agit de la prière surérogatoire sur une monture. Dans certains cas la personne a le choix et peut prier vers autre que la qiblah, ceci est le jugement pour la prière vers une autre direction que la qiblah. Et concernant les vêtement najis, parmi les savants il y a ceux qui ont autorisé le fait d’accomplir la prière avec des vêtements sur lesquels il y a une najaçah -une impureté rituelle-. On ne le déclare donc pas mécréant. » Et la validité de la prière en ayant des habits najis est l’avis de l’imam Malik, c’est un avis qui est très connu dans l’école.
أَمَّا إِذَا صَلَّى بِغَيْرِ الطَّهَارَةِ مُتَعَمِّدًا فَإِنَّهُ يَصِيرُ كَافِرًا، وَقَالَ شَمْسُ الأَئِمَّةِ الْحَلْوَانِيُّ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى يَكُونُ زِنْدِيقًا لِأَنَّ أَحَدًا لَمْ يُجَوِّزِ الصَّلاةَ بِغَيْرِ طَهَارَةٍ فَيَكُونُ اسْتِخْفَافًا بِاللَّهِ تَعَالَى اهـ
Ils ont dit : cependant, s’il fait la prière sans avoir fait son woudou’ délibérément, alors il devient mécréant. Et Chamsou l-‘A’immah al-Halwaniyy a rajouté en disant : « celui qui fait la prière sans avoir le woudou’ est un *zindiq, parce que personne n’a autorisé la prière sans avoir le woudou’. Ce sera donc un rabaissement de Allah ta^ala. » Ce savant considère donc que le fait de prier sans avoir le woudou’ est un rabaissement de Dieu.
*Le mot zindiq désigne les athées qui n’accordent aucune importance à la religion.
وَالْقَوْلُ الصَّحِيحُ الَّذِي يُوَافِقُ قَوَاعِدَ مَذْهَبِ الشَّافِعِيِّ وَمَالِكٍ وَغَيْرِهِمَا أَنَّهُ لا يَكْفُرُ وَلَيْسَ يَلْزَمُ مِنْهُ الِاسْتِخْفَافُ بِالدِّينِ.
Après avoir rapporté la parole de ces hanafites, le Chaykh a dit : l’avis correcte qui est conforme aux règles de l’école chafi^ite, de l’école malikite et d’autres qu’eux est que celui qui fait la prière sans avoir le woudou’ ne devient pas mécréant parce que faire la prière sans avoir le woudou’ n’implique pas qu’il se moque de la religion.
فَائِدَةٌ مُهِمَّةٌ
حُكْمُ مَنْ يَأْتِي بِأَحْدَى أَنْوَاعِ هَذِهِ الْكُفْرِيَّاتِ هُوَ أَنْ تَحْبَطَ أَعْمَالُهُ الصَّالِحَةُ وَحَسَنَاتُهُ جَمِيعُهَا فَلا تُحْسَبُ لَهُ ذَرَّةٌ مِنْ حَسَنَةٍ كَانَ سَبَقَ لَهُ أَنْ عَمِلَهَا مِنْ صَدَقَةٍ، أَوْ حَجٍّ، أَوْ صِيَامٍ، أَوْ صَلاةٍ وَنَحْوِهَا. إِنَّمَا تُحْسَبُ لَهُ الْحَسَنَاتُ الْجَدِيدَةُ الَّتِي يَقُومُ بِهَا بَعْدَ تَجْدِيدِ إِيـمَانِهِ قَالَ تَعَالَى ﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/5].
Remarque importante
Le jugement de celui qui commet une de ces sortes de mécréance est que ses bonnes œuvres ainsi que ses bonnes actions sont toutes effacés, c’est-à-dire que le fait qu’il sorte de l’Islam lui fait perdre toutes ses récompenses, il ne lui sera pas compté ne serai ce que l’équivalent d’un infime poids de bonnes actions qu’il aurait accompli auparavant comme une aumône, un hajj, un jeûne, une prière ou autre. Ce qui lui sera compté sont les nouvelles bonnes œuvres qu’il va accomplir après avoir renouvelé sa foi en prononçant les deux témoignages. Allah ta^ala dit dans sourate al-ma’idah verset 5 :
﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾
ce qui signifie : « celui qui apostasie, ses bonnes œuvres sont annulés. »
الشَّرْحُ أَنَّ الشَّخْصَ إِذَا كَانَ مُسْلِمًا ثُمَّ صَدَرَ مِنْهُ كُفْرٌ فَإِنَّ أَعْمَالَهُ الصَّالِحَةَ تَحْبَطُ كُلُّهَا فَيَخْسَرُ حَسَنَاتِهِ السَّابِقَةَ كُلَّهَا مِنْ صَلاةٍ أَوْ صِيَامٍ أَوْ صَدَقَةٍ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ مِنْ وُجُوهِ الْخَيْرِ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾ فَإِنْ رَجَعَ إِلَى الإِسْلامِ لَمْ تَرْجِعْ إِلَيْهِ حَسَنَاتُهُ الَّتِي خَسِرَهَا، وَأَمَّا ذُنُوبُهُ الَّتِي عَمِلَهَا فِي أَثْنَاءِ الرِّدَّةِ وَقَبْلَ ذَلِكَ فَإِنَّهَا لا تُمْحَى عَنْهُ بِرُجُوعِهِ إِلَى الإِسْلامِ
Commentaire : si quelqu’un était musulman puis qu’il est provenu de lui une mécréance, alors toutes ses bonnes œuvres seront annulés, il perdra toutes ses bonnes actions précédentes, que ce soit la récompense de la prière, la récompense du jeûne, la récompense de l’aumône ou d’autres récompenses des œuvres de bien. Et ceci de Sa parole ta^ala dans sourate al-ma’idah verset 5 :
﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾
qui signifie : « celui qui apostasie, ses bonnes œuvres sont annulés. » S’il revient à l’Islam, il ne retrouvera pas ses bonnes actions qu’il aura perdu. Cependant, pour ce qui est des péchés qu’il aurait commis pendant son apostasie, ils ne seront pas effacés lorsqu’il revient à l’Islam. Et de même, les péchés qu’il aurait fait avant son apostasie ne seront pas effacés par son retour à l’Islam.
وَإِنَّمَا الَّذِي يُغْفَرُ لَهُ بِذَلِكَ هُوَ الْكُفْرُ لا غَيْرُ، بِخِلافِ الْكَافِرِ الأَصْلِيِّ فَإِنَّ ذُنُوبَهُ تُمْحَى بِإِسْلامِهِ لِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الإِسْلامُ يَهْدِمُ مَا قَبْلَهُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
Ainsi, ce qui lui sera effacé c’est uniquement la mécréance et rien d’autre que la mécréance, mais ses péchés qui ne lui seront pas effacé, contrairement au mécréant d’origine, lorsqu’il entre en islam pour la première fois, tous ses péchés antérieurs lui seront effacés par son entré islam, preuve en est la parole du Messager :
الإِسْلامُ يَهْدِمُ مَا قَبْلَهُ
qui signifie : « l’Islam efface tout ce qui l’a précédé. » Hadith rapporté par Mouslim.
أَمَّا حَسَنَاتُهُ الَّتِي كَانَ عَمِلَهَا قَبْلَ إِسْلامِهِ فَلا تُكْتَبُ لَهُ بَعْدَ أَنْ يُسْلِمَ، وَهَذَا هُوَ الْقَوْلُ الصَّحِيحُ وَمَنْ قَالَ بِأَنَّ حَسَنَاتِهِ تَعُودُ لَهُ فَهُوَ غَالِطٌ لَكِنْ لا يُكَفَّرُ إِنْ كَانَ مِمَّنْ يَخْفَى عَلَيْهِ الْحُكْمُ.
Pour ce qui est des bonnes œuvres qu’avait fait le mécréant d’origine avant son entré en islam, après son entré en islam ses bonnes œuvres ne lui seront pas inscrites, et ceci est l’avis retenu. Et celui qui a prétendu qu’il gardera ses bonnes actions, il s’est trompé, mais il n’est pas déclaré mécréant s’il fait partie de ceux pour qui le jugement pourrait échapper. Et de même pour l’apostat, à savoir celui qui était musulman, qui a fait de bonnes œuvres et qui a apostasié, il perd toutes ses bonnes actions, c’est-à-dire ses récompenses, et s’il revient à l’Islam, ses bonnes actions ne seront pas rétablies, elles ne lui reviendront pas, il les aura perdus.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَإِذَا قَالَ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ قَبْلَ أَنْ يُجِدِّدَ إِيـمَانَهُ بِقَوْلِهِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ وَهُوَ عَلَى حَالَتِهِ هَذِهِ فَلا يَزِيدُهُ قَوْلُهُ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ إِلَّا إِثْمًا وَكُفْرًا لِأَنَّهُ يُكَذِّبُ قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾ [سُورَةَ مُحَمَّد/34]، وَقَوْلَهُ تَعَالَى ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللَّهُ لِيَغْفِرَ لَهُمْ وَلا لِيَهْدِيَهُمْ طَرِيقًا إِلَّا طَرِيقَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾ [سُورَةَ النِّسَاء].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si quelqu’un dit أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ -je demande le pardon à Allah- avant d’avoir renouveler sa foi, c’est-à-dire avant d’avoir renouveler son islam par la prononciation des deux témoignages : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Dieu », c’est-à-dire qu’il est toujours sur son état de mécréance, comme s’il a apostasié en se moquant d’un prophète ou en se moquant d’un ange ou il a dit que les juifs et les chrétiens étaient nos frères et allaient entrés au paradis, ou s’il a dit que chacun est libre de croire ce qu’il veut, s’il dit une parole de mécréance et qu’il n’est pas revenu à l’Islam en prononçant les deux témoignages puis il dit : « que Dieu me pardonne », le fait de dire « que Dieu me pardonne », « je demande pardon à Allah » ne lui ajoute que péché et mécréance, c’est-à-dire que par cette parole il s’enfonce davantage, par cette parole il contredit à nouveau la religion. Il contredit le verset 34 de sourate Mouhammed
﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾
qui signifie : « certes ceux qui ont mécru et ont empêché les gens d’entrer en islam puis sont morts en étant mécréant, ceux-là Allah ne leur pardonne pas. » Et il contredit la parole de Allah dans sourate an-niça’ versets 168 à 169 :
﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللَّهُ لِيَغْفِرَ لَهُمْ وَلا لِيَهْدِيَهُمْ طَرِيقًا إِلَّا طَرِيقَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾
qui signifient : « certes ceux qui ont mécru et qui font preuve d’injustice, Allah ne leur pardonnera pas et ne les mènera qu’à la géhenne où ils resteront éternellement à jamais. » Ainsi, le fait de dire : « que Dieu me pardonne » alors qu’il est sur la mécréance ne fait que l’enfoncer davantage.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ كَفَرَ ثُمَّ قَالَ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ قَبْلَ أَنْ يَرْجِعَ إِلَى الإِسْلامِ بِالشَّهَادَتَيْنِ لا يَنْفَعُهُ ذَلِكَ شَيْئًا، بَلْ يَزْدَادُ إِثْمًا وَكُفْرًا لِأَنَّهُ يَطْلُبُ الْمَغْفِرَةَ وَهُوَ عَلَى الْكُفْرِ وَاللَّهُ تَعَالَى لا يَغْفِرُ كُفْرَ الْكَافِرِ وَذُنُوبَهُ وَهُوَ عَلَى كُفْرِهِ
Commentaire : celui qui a commis une mécréance, puis il dit : سْتَغْفِرُاللَّهَavant d’être revenu à l’Islam par la prononciation des deux témoignages, celui ne lui sera aucunement utile. Non seulement cela ne sera pas utile pour lui mais en plus il augmentera en péché et en mécréance, parce qu’il demande le pardon tout en étant mécréant, or Allah ta^ala ne pardonne pas la mécréance du mécréant ni les péchés du mécréant tant qu’il est mécréant.
وَمَنْ صَدَرَ مِنْهُ كُفْرٌ ثُمَّ تَشَهَّدَ عَلَى سَبِيلِ الْعَادَةِ مِنْ غَيْرِ الإِقْلاعِ عَنِ الْكُفْرِ وَمِنْ غَيْرِ أَنْ يَعْتَقِدَ أَنَّهُ كَفَرَ لا يَنْتَفِعُ بِذَلِكَ وَلا يَرْجِعُ إِلَى الإِسْلامِ حَتَّى يُقْلِعَ عَنِ الْكُفْرِ فَيَتَشَهَّدَ بِنِيَّةِ الدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ وَهَذَا هُوَ الْحَقُّ الَّذِي عَلَيْهِ عُلَمَاءُ الإِسْلامِ بِالِاتِّفَاقِ فَإِنَّ مَنْ هُوَ مُقِيمٌ عَلَى الْكُفْرِ لا يَنْفَعُهُ التَّشَهُّدُ وَلَوْ تَكَرَّرَ مِنْهُ مِائَةَ مَرَّةٍ.
Et celui de qui est provenu une mécréance puis a témoigné d’une manière systématique, car certains prononcent les deux témoignages sans que ce soit pour accomplir un acte d’adoration, c’est-à-dire sans que ce soit dans l’intention de devenir musulman ou dans l’intention d’accomplir un acte d’adoration, ce témoignage n’est pas utile pour celui qui est tombé dans la mécréance s’il ne dit pas ce témoignage dans le but de se débarrasser de la mécréance, ça ne lui est pas utile s’il n’a pas pour croyance que ce qu’il a commis était de la mécréance, il n’en profitera pas. Il ne retournera pas à l’Islam tant qu’il n’a pas abandonné la mécréance, tant qu’il n’a pas considérer que c’est une mécréance et qu’il s’en décharge en prononçant les deux témoignages dans l’intention d’entrer en islam. Et c’est cela la vérité sur laquelle sont les savants de l’Islam par accord. Ainsi, celui qui est sur la mécréance ne profitera d’aucun témoignage même s’il le fait 100 fois.
Informations utiles :
Notre Chaykh, que Dieu lui fasse miséricorde a été interrogé à propos de quelqu’un qui avait des jours de jeûne à rattraper. On lui a posé la question : si quelqu’un avait des jours de jeûne à rattraper, est-ce qu’il peut jeûner en même temps le rattrapage et un jeûne recommandé comme le jeûne de ^arafah par exemple ?
Le Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cette question est autorisée chez certains savants. C’est-à-dire que chez certains savants, la personne peut mettre l’intention de rattraper le jour de ramadan et en même temps de faire l’acte recommandé du jour de ^arafah, mais c’est contraire à l’avis qui est retenu. C’est-à-dire que ce n’est pas l’avis que le Chaykh a retenu.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: رَوَى ابْنُ حِبَّانَ عَنْ عِمْرَانَ بنِ الْحُصَيْنِ: أَتَى رَسُولَ اللَّهِ رَجُلٌ فَقَالَ يَا مُحَمَّدُ، عَبْدُ الْمُطَّلِبِ خَيْرٌ لِقَوْمِهِ مِنْكَ كَانَ يُطْعِمُهُمُ الْكَبِدَ وَالسَّنَامَ وَأَنْتَ تَنْحَرُهُمْ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ مَا شَاءَ اللَّهُ – مَعْنَاهُ رَدَّ عَلَيْهِ -،فَلَمَّا أَرَادَ أَنْ يَنْصَرِفَ قَالَ: مَا أَقُولُ، قَالَ:قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي فَانْطَلَقَ الرَّجُلُ وَلَمْ يَكُنْ أَسْلَمَ، ثُمَّ قَالَ لِرَسُولِ اللَّهِ إِنِّي أَتَيْتُكَ فَقُلْتُ عَلِّمْنِي فَقُلْتَ: قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي، فَمَا أَقُولُ الآنَ حِينَ أَسْلَمْتُ قَالَ: قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي مَا أَسْرَرْتُ وَمَا أَعْلَنْتُ وَمَا عَمَدْتُ وَمَا أَخْطَأْتُ وَمَا جَهِلْتُ.
Ibnou Hibban rapporte de ^Imran Ibnou l-Housayn, : un homme est venu auprès du Messager de Allah et lui a dit : « ô Mouhammed, ^Abdou l-Mouttalib est meilleur que toi [il parle du grand père du Prophète] pour son peuple, il leur donnait à manger du foi et de la graisse de bosse de chameau alors que toi tu les envoie se faire tuer. » Et cette parole est une mécréance parce que c’est une insulte à l’égard du Prophète. Et le Messager lui a répliqué. Et cet homme qui avait insulté était dans l’assemblée et voulait partir, et malgré le fait qu’il soit mécréant il voulait apprendre quelque chose du Prophète, il lui a dit : « que puis-je dire ? » C’est-à-dire enseigne moi des paroles que je puisse dire. Alors le prophète lui a dit de dire cette invocation :
اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي
qui signifie : « ô Allah préserve moi du mal de mon âme et guide moi vers ce qui est le mieux pour moi. » Puis l’homme est parti, il n’était pas encore entré en islam à ce moment-là. Par la suite, l’homme a dit au Messager de Allah : « j’étais venu auprès de toi, je t’avais demandé de m’enseigner et tu m’avais dit de dire cette invocation :
اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي
qui signifie : « ô Allah préserve moi du mal de mon âme et guide moi vers ce qui est le mieux pour moi. » Alors que vais-je dire maintenant que je suis entré en islam ? » C’est-à-dire qu’il est revenu plus tard et était devenu musulman, et il a demandé au Prophète de lui enseigner des paroles à dire. Alors le Prophète lui a enseigné de dire :
اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي مَا أَسْرَرْتُ وَمَا أَعْلَنْتُ وَمَا عَمَدْتُ وَمَا أَخْطَأْتُ وَمَا جَهِلْتُ
ce qui signifie : « ô Allah préserve moi du mal de mon âme et guide moi vers ce qui est le mieux pour moi. Ô Allah pardonne moi ce que j’ai fait en secret et ce que j’ai fait au grand jour, pardonne-moi mes désobéissances, ce que j’ai fait délibérément et ce que j’ai fait par manque de sagesse. » Ainsi, la deuxième fois le Prophète lui a enseigné de demander que Dieu lui pardonne ses péchés après son entré en islam.
الشَّرْحُ قَوْلُهُ أَتَى رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ أَيْ رَجُلٌ مِنَ الْمُشْرِكِينَ، وَأَمَّا السَّنَامُ فَهُوَ سَنَامُ الإِبِلِ وَهُوَ طَعَامٌ فَاخِرٌ عِنْدَ الْعَرَبِ، وَقَوْلُهُ وَأَنْتَ تَنْحَرُهُمْ أَيْ تَقْتُلُهُمْ فِي الْجِهَادِ، وَقَوْلُهُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ مَا شَاءَ اللَّهُ مَعْنَاهُ أَنَّ الرَّسُولَ رَدَّ عَلَيْهِ بِمَا شَاءَ اللَّهُ لَهُ مِنَ الْكَلامِ.
Commentaire : dans le hadith de ^Imran Ibnou Housayn, lorsqu’il a dit : « un homme est venu auprès du Messager de Allah » c’est-à-dire un homme associateur, ce n’était pas un musulman. Quant à « as-sanam » c’est la graisse de la bosse du chameau qui est un mets luxueux chez les arabes. Et lorsque que l’homme a dit au prophète : « ton grand père leur donnait à manger et toi tu les envoie se faire tuer » c’est-à-dire que tu les fais tuer au jihad. Puis le Prophète lui a expliqué qu’on n’a pas à négocier les ordres de Dieu. Dieu donne les ordres Qu’il veut, Il interdit ce qu’Il veut et Il mérite qu’on se soumette à Lui. Dans le hadith, ^Imran Ibnou Housayn n’a pas rapporté en détail ce que le Prophète lui a répliqué mais il lui a expliqué.
ثُمَّ إِنَّ هَذَا الْحَدِيثَ الصَّحِيحَ فِيهِ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ الإِنْسَانَ مَا دَامَ كَافِرًا لا يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَقُولَ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي ذَنْبِي لِأَنَّهُ لَوْ كَانَ ذَلِكَ جَائِزًا لَكَانَ الرَّسُولُ عَلَّمَهُ من الأَوَّلِ الِاسْتِغْفَارَ اللَّفْظِيَّ، وَلَكِنَّهُ لَمْ يُعَلِّمْهُ الِاسْتِغْفَارَ اللَّفْظِيَّ إِلَّا بَعْدَ أَنْ أَسْلَمَ.
Par ailleurs, dans ce hadith qui est authentique il y a la preuve que tant que la personne est mécréante, il ne lui est pas permis de dire : « ô Allah pardonne moi mon péché. » Car si cela avait été autorisé, le Messager lui aurait enseigné dès la première fois la demande de pardon par l’expression سْتَغْفِرُاللَّهَ. Mais il ne lui a pas enseigné la première fois, il ne lui a enseigné qu’après qu’il soit devenu musulman.
فَإِنْ قَالَ قَائِلٌ أَلَيْسَ كَانَ نُوحٌ يَقُولُ لِقَوْمِهِ الَّذِينَ هُمْ عَلَى عِبَادَةِ الأَوْثَانِ: ﴿اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ إِنَّهُ كَانَ غَفَّارًا﴾ [سُورَةَ نُوح/10] فَالْجَوَابُ أَنَّ قَوْلَهُ ﴿اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ﴾ أَيِ اطْلُبُوا مَغْفرةَ اللَّهِ بِالدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ بِتَرْكِ عِبَادَةِ الأَصْنَامِ وَالإِيـمَانِ بِاللَّهِ وَحْدَهُ وَالإِيـمَانِ بِي أَنِّي نَبِيُّ اللَّهِ
Et si quelqu’un dit : mais n’est-ce pas que Nouh disait à son peuple qui étaient idolâtres, c’est-à-dire qu’ils adoraient les idoles, il leur disait ce que Dieu a rapporté dans sourate Nouh verset 10 :
﴿اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ إِنَّهُ كَانَ غَفَّارًا﴾
dans ce verset, la parole : اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ ne veut pas dire « demandez le pardon à Dieu alors que vous êtes mécréants » non. Mais ce verset signifie : « demandez à Dieu qu’Il vous pardonne en vous faisant entré en islam en délaissant l’adoration des idoles et en croyant en Dieu Lui seul, et en croyant au Prophète Nouh qu’il est un envoyé de Dieu. »
كَذَلِكَ الِاسْتِغْفَارُ فِي مَوَاضِعَ أُخْرَى فِي الْقُرْءَانِ مَعْنَاهُ طَلَبُ الْغُفْرَانِ بِالدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ لِأَنَّ الإِسْلامَ يَمْحُو اللَّهُ بِهِ الْكُفْرَ
Et même, dans d’autres passages du Qour’an, l’istighfar a été mentionné dans le sens de la demande de pardon de la mécréance en entrant en islam, parce que Dieu efface la mécréance par l’Islam.
قَالَ تَعَالَى : ﴿قُل لِّلَّذِينَ كَفَرُوا إِن يَنتَهُوا يُغْفَرْ لَهُم مَّا قَدْ سَلَفَ﴾[سُورَةَ الأَنْفَال/38] وَلَيْسَ الْمُرَادُ فِي تِلْكَ الْمَوَاضِعِ قَوْلَ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ أَوْ رَبِّ اغْفِرْ لِي أَوْ نَحْوِ ذَلِكَ
Dans sourate al-‘anfal verset 38 Dieu dit :
﴾قُل لِّلَّذِينَ كَفَرُوا إِن يَنتَهُوا يُغْفَرْ لَهُم مَّا قَدْ سَلَفَ﴿
ce qui signifie : « dis à ceux qui ont mécru que s’ils cessent leur mécréance ils leur seront pardonner leur péché antérieur. » Et au sujet du Prophète Nouh, la parole اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ ne veut pas dire : « dites astaghfirou l-Lah » tout en restant mécréant. Mais ça veut dire : « demandez que Dieu vous pardonne par l’entrer en islam et qu’Il vous pardonne vos péchés par votre entré en islam. »
وَهَذِهِ الآيَةُ نَصٌّ صَرِيحٌ فِي أَنَّ الْكَافِرَ الأَصْلِيَّ وَالْمُسْلِمَ الَّذِي كَفَرَ بِقَوْلِ كُفْرٍ أَوْ فِعْلِ كُفْرٍ أَوِ اعْتِقَادٍ كُفْرِيٍّ إِنْ رَجَعَ عَنْهُ فَدَخَلَ فِي الإِسْلامِ يُغْفَرُ لَهُ لا وَسِيلَةَ غَيْرُ ذَلِكَ فَإِنْ كَانَ كَافِرًا أَصْلِيًّا يُغْفَرُ لَهُ كُلُّ ذُنُوبِهِ الْكُفْرُ وَمَا سِوَاهُ وَإِنْ كَانَ مُسْلِمًا ارْتَدَّ يُغْفَرُ لَهُ كُفْرُهُ فَقَطْ.
Ce verset 38 de sourate al-‘anfal est un texte explicite sur le fait que le mécréant d’origine, tout comme le musulman qui a commis de la mécréance par une parole de mécréance ou par un acte de mécréance ou par une croyance de mécréance, s’il revient à l’Islam en abandonnant sa mécréance et en entrant en islam, il lui sera pardonné, il n’y a pas d’autres moyens que celui-là. Ce qu’il lui sera pardonné est sa mécréance. Si c’est un mécréant d’origine, il lui sera pardonné tous ses péchés, la mécréance et autre que la mécréance, et s’il était musulman mais qu’il a apostasié, il ne lui sera pardonné que sa mécréance.
تَنْبِيهٌ مُهِمٌّ: فِي تَحْرِيْمِ الدُّعَاءِ لِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِمَغْفِرَةِ جَمِيعِ الذُّنُوبِ: قَالَ الشَّوْبَرِيُّ فِي تَجْرِيدِهِ حَاشِيَةَ الرَّمْلِيِّ الْكَبِيرِ مَا نَصُّهُ: وَجَزَمَ ابْنُ عَبْدِ السَّلامِ فِي الأَمَالِي وَالْغَزَالِيُّ بِتَحْرِيْمِ الدُّعَاءِ لِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِمَغْفِرَةِ جَمِيعِ الذُّنُوبِ وَبِعَدَمِ دُخُولِهِمُ النَّارَ، لِأَنَّا نَقْطَعُ بِخَبَرِ اللَّهِ تَعَالَى وَخَبَرِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّ فِيهِمْ مَنْ يَدْخُلُ النَّارَ.
Remarque importante : l’interdiction de demander que Allah pardonne aux croyants et aux croyantes la totalité de leurs péchés, c’est-à-dire qu’il est interdit de demander à Allah de pardonner aux croyants et aux croyantes la totalité de leurs péchés. Ach-Chawbariyy, dans tajridi hachiyatou r-Ramliyy a dit : Ibnou ^Abdi as-Salam a été catégorique dans al-’amali tout comme al-Ghazaliyy sur l’interdiction de faire une invocation en faveur des croyants et des croyantes pour que leur soit pardonné la totalité de leurs péchés et pour qu’aucun d’entre eux n’entrent en enfer, parce que nous sommes catégoriques suite à la nouvelle qui nous a été amenée de Allah et la nouvelle qui nous a été amenée du Messager de Allah qu’il y aura parmi les croyants et les croyantes ceux qui entreront en enfer. Ils ne resteront pas éternellement, mais il y a sans aucun doute des croyants et des croyantes qui entreront en enfer. Par conséquent, il est interdit de demander quelque chose qui revient à attribuer le mensonge à Allah et à Son Messager.
وَأَمَّا الدُّعَاءُ بِالْمَغْفِرَةِ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى حِكَايَةً عَنْ نُوحٍ: ﴿رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَنْ دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ﴾ [سُورَةَ نُوح/28] وَنَحْوِ ذَلِكَ فَإِنَّهُ وَرَدَ بِصِيغَةِ الْفِعْلِ فِي سِيَاقِ الإِثْبَاتِ، وَذَلِكَ لا يَقْتَضِي الْعُمُومَ لِأَنَّ الأَفْعَالَ نَكِرَاتٌ، وَلِجَوَازِ قَصْدِ مَعْهُودٍ خَاصٍّ وَهُوَ أَهْلُ زَمَانِهِ مَثَلًا اهـ.
Quant aux invocations de demande de pardon qui sont parvenues dans le Qour’an, comme dans le verset 28 de sourate Nouh :
﴿رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَنْ دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ﴾
ici, ça n’implique pas la généralisation. Et c’est possible qu’il vise un sens restreint qui est connu, comme les gens de son époque. C’est-à-dire qu’il a demandé le pardon en faveur des gens de son époque.
وَكَذَا ذَكَرَ الرَّمْلِيُّ فِي شَرْحِ الْمِنْهَاجِ، فَلَيْسَ مَعْنَى الآيَةِ اغْفِرْ لِجَمِيعِ الْمُؤْمِنِينَ جَمِيعَ ذُنُوبِهِمْ.
Et ar-Ramliyy a cité la même chose dans le commentaire de al-minhaj. Ainsi, ce verset ne veut pas dire : « ô Allah, pardonnes à tous les croyants la totalité de leurs péchés. Cette invocation est interdite.
وَهَذَا الدُّعَاءُ أَيْ بِعَدَمِ دُخُولِ أَحَدٍ مِنْ أَهْلِ الإِسْلامِ النَّارَ فِيهِ رَدٌّ لِلنُّصُوصِ، وَرَدُّ النُّصُوصِ كُفْرٌ كَمَا قَالَ النَّسَفِيُّ فِي عَقِيدَتِهِ الْمَشْهُورَةِ، وَقَدْ قَالَ أَبُو جَعْفَرٍ الطَّحَاوِيُّ: وَالأَمْنُ وَالإِيَاسُ يَنْقُلانِ عَنْ مِلَّةِ الإِسْلامِ، وَهَذِهِ عَقِيدَةُ الْمُرْجِئَةِ، وَهُمْ مِنَ الْكَافِرِينَ مِنْ أَهْلِ الأَهْوَاءِ وَذَلِكَ لِقَوْلِهِمْ لا يَضُرُّ مَعَ الإِسْلامِ ذَنْبٌ كَمَا لا تَنْفَعُ مَعَ الْكُفْرِ حَسَنَةٌ.
Ainsi, cette invocation, à savoir le fait de demander qu’aucun musulmans n’entrent en enfer comporte une réfutation des textes, or la réfutation des textes est de la mécréance tout comme l’a dite an-Naçafiyy dans son traité de croyance très célèbre. Et Abou Ja^far at-Tahawiyy le hanafite a dit : « al-’amn wa l-‘iyas font sortir de la communauté de l’Islam. » En effet, c’est la croyance des Mourji’ah, à savoir le fait de croire qu’aucun musulman ne sera châtié. Les mourji’ah sont des mécréants, des gens qui suivent leurs passions, parce qu’ils disent qu’aucun péché n’est nuisible tant que la personne est musulmane tout comme aucune bonne action n’est profitable à celui qui est mécréant. Ceci est une fausse analogie. Nous disons que certes, aucunes bonnes actions ne sont profitables pour celui qui est mécréant tant qu’il est mécréant, mais on ne dit pas qu’aucun péché n’est nuisible à quelqu’un tant qu’il est musulman, non. Nous disons que Allah châtie pour les péchés, et il y a des musulmans qui seront châtiés en enfer.
تَنْبِيهٌ: إِذَا شَخْصٌ وَقَعَ فِي كُفْرِيَّةٍ ثُمَّ لَمَّا تَعَلَّمَ عَرَفَ أَنَّهَا كُفْرٌ وَلَمْ يَتَذَكَّرْ أَنَّهُ قَالَهَا فَصَارَ يَتَلَفَّظُ بِالشَّهَادَتَيْنِ عَلَى سَبِيلِ الْعَادَةِ مِنْ دُونِ اسْتِحْضَارٍ لِمَا حَصَلَ مِنْهُ قَبْلُ وَلَوْ تَذَكَّرَ هَذِهِ الْمُدَّةَ لَتَشَهَّدَ لِلْخَلاصِ ثُمَّ بَعْدَ أَيَّامٍ تَذَكَّرَ أَنَّهُ قَالَهَا وَقَبْلَ ذَلِكَ لَمْ يَتَشَهَّدْ قَطُّ لِلْخَلاصِ مِنْ كُفْرٍ وَقَعَ فِيهِ لِأَنَّهُ لَمْ يَذْكُرْ أَنَّهُ حَصَلَ مِنْهُ فَشَهَادَتُهُ الَّتِي تَشَهَّدَهَا عَلَى سَبِيلِ الْعَادَةِ تَكْفِيهِ، لِأَنَّهُ كَانَ أَرَادَ الْبُعْدَ مِنَ الْكُفْرِ.
Remarque : si quelqu’un était tombé dans une mécréance et qu’il a par la suite appris que c’était une mécréance, mais lorsqu’il a appris, il ne s’est pas rappelé qu’il l’avait commise, puis il a continué sa vie et disait les deux témoignages par habitude, c’est-à-dire sans que ce soit au titre d’un acte d’adoration. Plus tard, il s’est rappelé qu’il avait effectivement dit cette parole, mais il n’avait jamais dit les deux témoignages pour se débarrasser de la mécréance dans laquelle il était tombé, parce qu’il ne s’est pas du tout rappelé qu’il avait commis une mécréance. Alors les témoignages qu’il a fait entre temps par habitude lui suffiront, c’est-à-dire entre le moment où il a appris le jugement et le moment où il s’est rappelé qu’il a commis cette mécréance. Ainsi, comme il connaissait le jugement et prononçait les deux témoignages par habitude, les témoignages par habitudes lui seront suffisant, parce qu’il n’aime pas la mécréance et il aime s’éloigner de la mécréance. Dans ce cas-là, les témoignages qu’il fait partie habitude lui auront été suffisant. Et par habitude signifie lorsque ce n’est pas dans l’intention d’accomplir un acte d’adoration.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمِنْ أَحْكَامِ الرِّدَّةِ أَنْ يَنْفَسِخَ نِكَاحُ زَوْجَتِهِ أَيْ عَقْدُ الزِّوَاجِ الشَّرْعِيِّ فَتَكُونُ الْعَلاقَةُ بَيْنَ الزَّوْجَيْنِ بَعْدَ كُفْرِهِ عَلاقَةً غَيْرَ شَرْعِيَّةٍ فَجِمَاعُهُ لَهَا زِنًى، وَلا فَرْقَ بَيْنَ أَنْ يَكْفُرَ الزَّوْجُ وَبَيْنَ أَنْ تَكْفُرَ الزَّوْجَةُ.
الشَّرْحُ أَنَّ الرِّدَّةَ يَتَرَتَّبُ عَلَيْهَا أَحْكَامٌ عَدِيدَةٌ مِنْهَا أَنَّ الْمُرْتَدَّ يَفْسُدُ صِيَامُهُ وَتَيَمُّمُهُ ونِكَاحُهُ قَبْلَ الدُّخُولِ وَكَذَا بَعْدَهُ إِنْ لَمْ يَرْجِعْ إِلَى الإِسْلامِ فِي الْعِدَّةِ، وَلا يَصِحُّ عَقْدُ نِكَاحِهِ لا عَلَى مُسْلِمَةٍ وَلا كَافِرَةٍ وَلَوْ مُرْتَدَّةٍ مِثْلِهِ.
À la suite de l’apostasie il y a de nombreux jugements, son jeûne sera annulé, tout comme son tayammoum, tout comme son contrat de mariage avant la consommation. Son contract de mariage après la consommation sera également rompu s’il ne revient pas à l’Islam avant la période d’attente post maritale. Et son contrat de mariage ne sera pas valable avec une musulmane ni une non musulmane même si c’est une apostate comme lui.
وَلا فَرْقَ فِي حُكْمِ انْفِسَاخِ الْعَقْدِ بَيْنَ أَنْ يَرْتَدَّ الزَّوْجُ أَوْ تَرْتَدَّ الزَّوْجَةُ، وَلَوِ ارْتَدَّ أَحَدُهُمَا وَعَرَفَ الآخَرُ بِذَلِكَ ثُمَّ حَصَلَ جِمَاعٌ بَيْنَهُمَا فَهُوَ زِنًى مِنْهُمَا وَكِلاهُمَا ءَاثِمٌ وَالْوَلَدُ مِنْ هَذَا الزِّنَى لا يُنْسَبُ إِلَى الرَّجُلِ، وَأَمَّا إِنْ لَمْ يَعْرِفِ الثَّانِي فَالإِثْمُ عَلَى الْمُرْتَدِّ مِنْهُمَا فَقَطْ.
Et il n’y a pas de différence concernant le jugement de l’effacement du contract entre le fait que ce soit l’époux qui apostasie ou l’épouse qui apostasie. Et si l’un des deux a apostasié et que l’autre en a pris connaissance et qu’il y a eu un rapport entre eux, alors c’est de la fornication et les deux tombent dans le péché. Et l’enfant issu de cette fornication n’est pas attribué au père. Cependant, dans le cas où l’un des deux apostasie sans que le deuxième ne soit courant, le péché n’incombe qu’au premier des deux, à savoir celui qui a apostasié. L’autre qui n’est pas au courant n’est pas chargé de péché.
تَنْبِيهٌ: الْكُفَّارُ الأَصْلِيُّونَ نِكَاحُهُمْ فِيمَا بَيْنَهُمْ نِكَاحٌ وَزِنَاهُمْ زِنًى فَلِذَلِكَ نَقُولُ خَالِدُ بنُ الْوَلِيدِ وَعُمَرُ بنُ الْخَطَّابِ فَنَنْسُبُ كُلًّا مِنْهُمَا إِلَى أَبِيهِ مَعَ أَنَّهُمَا وُلِدَا وَأَبَوَاهُمَا مُشْرِكَانِ فِي الْجَاهِلِيَّةِ.
Remarque : le mariage queles mécréants d’origines considèrent comme étant un mariage entre eux est considéré comme un mariage, et la fornication qu’ils commettent est considérée comme une fornication. Et c’est pour cela que nous disons « Khalid le fils de al-Walid » et « ^Oumar le fils de al-Khattab. » Nous attribuons chacun d’entre eux à leurs pères bien qu’ils étaient nés de parents associateurs.
عَوْدٌ إِلَى تَقْسِيمِ الْكُفْرِ لِزِيَادَةِ فَائِدَةٍ
وَاعْلَمْ أَنَّ الْكُفْرَ ثَلاثَةُ أَبْوَابٍ: إِمَّا تَشْبِيهٌ، أَوْ تَكْذِيبٌ، أَوْ تَعْطِيلٌ.
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Sache que la mécréance relève de trois catégories : sois de l’assimilation -tachbih-, sois du démenti -takdhib-, sois de l’athéisme -ta^til-.
الشَّرْحُ أَنَّ أَبْوَابَ الْكُفْرِ ثَلاثَةٌ تَشْبِيهٌ أَيْ تَشْبِيهُ اللَّهِ بِخَلْقِهِ، وَتَكْذِيبٌ أَيْ لِلشَّرْعِ، وَتَعْطِيلٌ أَيْ نَفْيُ وُجُودِ اللَّهِ تَعَالَى.
Commentaire : sache que la mécréance relève de trois catégories : sois de l’assimilation, c’est-à-dire de l’assimilation de Dieu à Ses créatures ; sois du démenti, c’est-à-dire du démenti de la loi de l’Islam ; sois de l’athéisme, c’est-à-dire le fait de renier l’existence de Allah ta^ala.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: أَحَدُهَا التَّشْبِيهُ: أَيْ تَشْبِيهُ اللَّهِ بِخَلْقِهِ كَمَنْ يَصِفُهُ بِالْحُدُوثِ، أَوِ الْفَنَاءِ، أَوِ الْجِسْمِ، أَوِ اللَّوْنِ، أَوِ الشَّكْلِ، أَوِ الْكَمِيَّةِ أَيْ مِقْدَارِ الْحَجْمِ، أَمَّا مَا وَرَدَ فِي الْحَدِيثِ إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ فَلَيْسَ مَعْنَاهُ جَمِيلَ الشَّكْلِ وَإِنَّمَا مَعْنَاهُ جَمِيلُ الصِّفَاتِ أَوْ مُحْسِنٌ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : l’un d’entre elles est l’assimilation, c’est-à-dire le fait d’assimiler Allah à Ses créatures comme en Lui attribuant un début à Son existence, ou l’anéantissement, ou le corps, ou qu’Il aurait une couleur, ou une forme, ou une quantité, c’est-à-dire la taille du volume. Quant à ce qui a été rapporté dans le hadith :
إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ
qui signifie : « certes Allah est Jamil. » Cela ne vient pas dans le sens de la beauté ni de l’aspect, mais ça vient dans le sens qu’Il est Celui dont les attributs sont parfaits, ou dans le sens qu’Il est Celui Qui accorde beaucoup de bienfaits.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ وَقَعَ فِي التَّشْبِيهِ فَعَبَدَ صُورَةً مَا أَوْ خَيَالًا تَخَيَّلَهُ يَكُونُ بِذَلِكَ مِنَ الْكَافِرِينَ الْخَارِجِينَ عَنْ مِلَّةِ الْمُسْلِمِينَ وَإِنْ زَعَمَ أَنَّهُ مِنْهُمْ. لِأَنَّ الَّذِي يُشَبِّهُ اللَّهَ بِخَلْقِهِ يَكُونُ مُكَذِّبًا لِـ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ مَعْنًى وَلَوْ قَالَهَا لَفْظًا.
Commentaire : celui qui tombe dans l’assimilation de Allah avec Ses créatures et qui aura adoré une image, une figure ou un aspect qu’il aurait imaginé, celui-là est mécréant, il aura mécru en Dieu et est sorti de la religion des musulmans même s’il prétend en faire partie. Parce que celui qui assimile Allah à Ses créatures est mécréant, il aura démenti la parole : « il n’est de Dieu que Dieu » même s’il la prononce.
وَمَعْنَى إِنَّ اللَّهَ جَمِيلُ الصِّفَاتِ أَيْ صِفَاتُهُ كَامِلَةٌ، وَقَوْلُهُ أَوْ مُحْسِنٌ أَيْ يُحْسِنُ لِعِبَادِهِ وَيَتَكَرَّمُ عَلَيْهِمْ بِنِعَمِهِ.
Et le sens de :
إِنَّ اللَّهَ جَمِيلُ الصِّفَاتِ
signifie que les attributs de Allah sont parfaits. Et l’explicitation de
مُحْسِنٌ
c’est-à-dire que Allah accorde avec bienfait à Ses esclaves. Il leur fait grâce de ces nombreux bienfaits.
وَأَمَّا الْحَدِيثُ الَّذِي رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ وَهُوَ: إِنَّ اللَّهَ نَظِيفٌ يُحِبُّ النَّظَافَةَ فَمَعْنَاهُ مُنَزَّهٌ عَنِ السُّوءِ وَالنَّقْصِ، وَقَوْلُهُ: يُحِبُّ النَّظَافَةَ أَيْ يُحِبُّ لِعِبَادِهِ نَظَافَةَ الْخُلُقِ، وَالْعَمَلِ، وَالثَّوْبِ، وَالْبَدَنِ.
Quant au hadith rapporté par at-Tirmidhiyy :
إِنَّ اللَّهَ نَظِيفٌ يُحِبُّ النَّظَافَةَ
il signifie que Allah est exempt de tout défaut. Il est exempt de tout mal. Et la parole du Prophète :
يُحِبُّ النَّظَافَةَ
signifie que Allah agrée pour Ses esclaves la pureté du comportement, des œuvres, des vêtements et du corps.
Informations utiles :
Dans l’islam, la ta^ziyah est le fait de présenter ses condoléances. Ta^ziyah est le fait de consoler, c’est-à-dire que c’est une sorte de consolation de celui qui a été touché par la mort de l’un de ses proches. Ainsi, la ta^ziyah -le fait de présenter ses condoléances- est une sounnah avant l’enterrement jusqu’à trois jours après l’enterrement. Sauf si quelqu’un était excusé, comme s’il était en voyage et n’est revenu qu’après un mois pour lui présenter ses condoléances, ceci du fait qu’il était excusé, il était absent. Et si un musulman est proche d’un musulman, on présente la ta^ziyah au musulman. On lui : أَعْظَمَ اللهُ أَجْرَكَ. Et il est correcte de dire : عَظَّمَ اللهُ أَجْرَكَ, mais ce qui a été rapporté des expressions des savants c’est de dire : أَعْظَمَ اللهُ أَجْرَكَ وَأَحْسَنَ عَزَاءَكَ وَغَفَرَ لِمَيِّتِكَ qui veut littéralement dire : « que Allah t’accorde une grande récompense [en raison de sa patience pour la perte de son proche] » puis on demande qu’il soit consolé dans son chagrin et on fait l’invocation du pardon envers le mort. On peut présenter les condoléances à un musulman pour un mort mécréant, c’est-à-dire que si un mécréant est mort dans sa famille, on peut présenter les condoléances à ce musulman. On dit au musulman :
أَعْظَمَ اللهُ أَجْرَكَ وَصَبَّرَكَ
ce qui signifie : « que Allah t’accorde une grande récompense et qu’Il t’accorde la patience. » On dit cela à un musulman. Et on ne dit pas : « que Dieu pardonne à ton défunt » parce que celui qui est mort est mécréant. Et on peut présenter les condoléances à un mécréant pour la mort d’un musulman, on dit :
غَفَرَ اللهُ لِمَيِّتِكَ وَأَحْسَنَ عَزَاءَكَ
ce qui signifie : que Dieu pardonne à ton défunt [ce musulman qui est mort] et on espère que tu seras consolé. »
Il est permis de pleurer un mort avant la mort et après. Le Messager de Allah a versé des larmes lors de la mort de son fils ‘Ibrahim. Un des compagnons qui a vu ces larmes a dit :
مَا هَذَا يَا رَسُولُ الله ؟
ce qui signifie : « qu’est-ce que c’est ô Messager de Allah ? »
le Prophète a répondu :
هَذِهِ رَحْمَةٌ يَجْعَلُ اللَّهُ فِي قُلُوبِ مَنْ شَاءَ مِنْ عِبَادِهِ، وَإِنَّمَا يَرْحَمُ اللَّهُ مِنْ عِبَادِهِ الرُّحَمَاءَ
ce qui signifie : « ces larmes sont une miséricorde que Allah place dans les cœurs de qui Il veut parmi Ses esclaves. Et Allah fait miséricorde à ceux qui sont miséricordieux. » C’est-à-dire que dans pareilles situations, ces larmes ne sont pas un signe de faiblesse, les larmes ne sont pas interdites. Ce qui est interdit c’est an-nadb et an-niyahah. An-nadb est le fait de citer les qualités du défunt d’une manière bien particulière comme ils faisaient durant la jahiliyyah. Et an-niyahah est le fait d’élever la voix pour cela, comme en disant : « tu étais comme une montagne pour moi » ou « comme une caverne où je me protégeais. » Quant au fait de mentionné les qualités du défunt sans que ce soit de cette manière, mais d’une manière posée et réfléchi, cela n’est pas interdit. Il n’est pas interdit de cité les qualités d’un défunt.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: ثَانِيهَا التَّكْذِيبُ: أَيْ تَكْذِيبُ مَا وَرَدَ فِي الْقُرْءَانِ الْكَرِيْمِ أَوْ مَا جَاءَ بِهِ الرَّسُولُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى وَجْهٍ ثَابِتٍ وَكَانَ مِمَّا عُلِمَ مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ كَاعْتِقَادِ فَنَاءِ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ، أَوْ أَنَّ الْجَنَّةَ لَذَّاتٌ غَيْرُ حِسِيَّةٍ، وَأَنَّ النَّارَ ءَالامٌ مَعْنَوِيَّةٌ،أَوْ إِنْكَارِ بَعْثِ الأَجْسَادِ وَالأَرْوَاحِ مَعًا أَوِ إِنْكَارِ وُجُوبِ الصَّلاةِ أَوِ الصِّيَامِ أَوِ الزَّكَاةِ، أَوِ اعْتِقَادِ تَحْرِيْمِ الطَّلاقِ أَوِ تَحْلِيلِ الْخَمْرِ وَغَيْرِ ذَلِكَ مِمَّا ثَبَتَ بِالْقَطْعِ وَظَهَرَ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la troisième catégorie [de mécréance] est le démenti : c’est-à-dire le démenti de ce qui est parvenu dans le Qour’an honoré ou ce qui est rapporté du Messager d’une manière confirmée et faisant partie de ce qui est bien connu comme faisant partie de la religion. C’est-à-dire que quelqu’un dément ce qui est rapporté du Messager et qui est connu comme étant dans la religion, c’est-à-dire comme d’évidence, c’est-à-dire comme si c’était connu d’évidence que ça fait partie de la religion. Comme croire que le paradis et l’enfer auront une fin, cela étant un démenti, ou croire que le paradis est un lieu de félicité uniquement moral et non pas physique, c’est-à-dire non perceptible, cela étant un démenti, ou croire que l’enfer serait un lieu de souffrance uniquement moral, cela étant un démenti, ou encore nier que les corps et les âmes seront ressuscités ensemble, ou en niant l’obligation de la prière, ou en niant l’obligation du jeûne, ou nier l’obligation de la zakat, ou en croyant à l’interdiction du divorce. Ou en croyant que la consommation des boissons alcoolisées serait autorisée, permise. Et autres que cela des choses qui sont confirmées de manière catégorique et connu manifestement chez les musulmans.
الشَّرْحُ أَنَّ مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ كُفْرَ التَّكْذِيبِ وَيَكُونُ بِتَكْذِيبِ مَا جَاءَ بِهِ الْقُرْءَانُ مِمَّا هُوَ ظَاهِرٌ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ كَتَحْلِيلِ لَحْمِ الْخِنْزِيرِ أَوْ بِرَدِّ مَا جَاءَ بِهِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعْدَ مَعْرِفَتِهِ بِأَنَّ هَذَا الأَمْرَ مِمَّا جَاءَ بِهِ مُحَمَّدٌ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ، فَمَنْ جَحَدَ خَبَرَ الْقُرْءَانِ وَمَا قَدْ ثَبَتَ عِنْدَهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ جَاءَ بِهِ فَهُوَ كَافِرٌ لا شَكَّ فِي ذَلِكَ
Commentaire : parmi les sortes de mécréance,que Dieu nous en préserve, il y a la mécréance par démenti, cela a lieu en démentant ce qui est parvenue dans le Qour’an faisant partie de ce qui est manifestement connu chez les musulmans, comme quelqu’un qui dit que consommer le porc serait licite, ou encore en réfutant ce qu’a amené comme information le Messager de Allah de la part de quelqu’un qui a su que cette information est quelque chose que le Prophète nous a transmise, que nous a informé notre maitre Mouhammed. De sorte que celui qui renie une information qui est venue dans le Qour’an et celui qui renie une information alors que pour lui c’est authentifié que le Messager de Allah l’a amené, c’est-à-dire que s’il est parvenu à quelqu’un qu’il a été authentifié que le Messager a dit telle chose et qu’il la renie, alors c’est un mécréant, il n’y a aucun doute à ce sujet.
وَأَمَّا إِنْ سَمِعَ حَدِيثًا يُوهِمُ ظَاهِرُهُ أَنَّ لِلَّهِ جَوَارِحَ فَأَنْكَرَهُ جَهْلًا مِنْهُ فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ وَذَلِكَ كَأَنْ سَمِعَ حَدِيثَ: وَلا يَزَالُ عَبْدِي يَتَقَرَّبُ إِلَيَّ بِالنَّوَافِلِ حَتَّى أُحِبَّهُ فَإِذَا أَحْبَبْتُهُ كُنْتُ سَمْعَهُ الَّذِي يَسْمَعُ بِهِ وَبَصَرَهُ الَّذِي يُبْصِرُ بِهِ وَيَدَهُ الَّتِي يَبْطُشُ بِهَا وَرِجْلَهُ الَّتِي يَمْشِي بِهَا فَأَنْكَرَهُ ظَنًّا مِنْهُ أَنَّهُ مُفْتَرًى عَلَى الرَّسُولِ وَأَنَّ فِيهِ إِثْبَاتَ الْجَوَارِحِ لِلَّهِ فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ.
Cependant, si quelqu’un a entendu un hadith dont le sens apparent donne l’illusion [ce n’est pas vrai bien sûr] que Dieu aurait des organes et que lui a renié ce hadith en ignorant que le Prophète a dit cela, alors il ne devient pas mécréant, comme quelqu’un qui a entendu le hadith :
وَلا يَزَالُ عَبْدِي يَتَقَرَّبُ إِلَيَّ بِالنَّوَافِلِ حَتَّى أُحِبَّهُ فَإِذَا أَحْبَبْتُهُ كُنْتُ سَمْعَهُ الَّذِي يَسْمَعُ بِهِ وَبَصَرَهُ الَّذِي يُبْصِرُ بِهِ وَيَدَهُ الَّتِي يَبْطُشُ بِهَا وَرِجْلَهُ الَّتِي يَمْشِي بِهَا
dont le sens apparent est que Allah devient l’ouïe de Son esclave, la vue de Son esclave, la main de Son esclave, le pied de Son esclave. Ce sens apparent n’est pas un sens correct. Ainsi, celui qui a entendu cette parole et a dit : « non, le Prophète n’a pas dit cela » en pensant que c’était une calomnie, c’est-à-dire que ce sont des paroles attribuées mensongèrement au Messager parce que le sens apparent revient à attribuer les organes à Allah, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.
وَهَذَا الْحَدِيثُ مَعْنَاهُ أَحْفَظُ لَهُ سَمْعَهُ وَبَصَرَهُ وَيَدَهُ وَرِجْلَهُ، وَقَالَ بَعْضُهُمْ: أَيْ أُعْطِيهِ قُوَّةً غَرِيبَةً فِي سَمْعِهِ، وَبَصَرِهِ، وَيَدِهِ وَرِجْلِهِ.
Et ce hadith qoudsiyy signifie que Allah préserve l’ouïe de Son esclave vertueux, la vue la main et le pied. Et d’autres savants ont expliqué autrement en disant : ce hadith signifie que Allah accorde à Son esclave vertueux une force étonnante dans son ouïe, sa vue, sa main et son pied, c’est-à-dire que Allah accorde à cette esclave vertueux des prodiges.
وَمِنْ كُفْرِ التَّكْذِيبِ أَيْضًا اعْتِقَادُ فَنَاءِ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ أَوْ إِحْدَاهُمَا وَهُوَ كُفْرٌ بِالإِجْمَاعِ، وَمِثْلُهُ فِي الْحُكْمِ مَنْ يَعْتَقِدُ أَنَّ الْجَنَّةَ لَذَّاتُهَا مَعْنَوِيَّةٌ فَقَطْ أَوْ أَنَّ النَّارَ لَيْسَ فِيهَا ءَالامٌ حِسِيَّةٌ لِأَنَّ هَذَا إِنْكَارٌ لِنُصُوصِ الشَّرْعِ الصَّرِيْحَةِ الْمُتَوَاتِرَةِ الْمَعْرُوفَةِ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ الْعُلَمَاءِ وَالْعَوَامِّ.
Parmi les mécréances par démenti, il y a également le fait de croire que le paradis et l’enfer ou l’un des deux aurait une fin, et cela est une mécréance selon l’unanimité, parce que avoir une telle croyance revient à accuser Dieu de mentir et revient à accuser le Prophète de mentir, et toute parole qui revient à attribuer un défaut à Allah ou à Son Messager ne provient pas de la part de quelqu’un qui adore Allah et qui croit en Son Messager. Possède le même jugement celui qui a pour croyance que les plaisirs du paradis sont uniquement de l’ordre moral, ou que l’enfer ne comporte pas de douleurs physiques, parce que cela revient également à renier les textes de la loi explicites qui sont parvenus par tawatour -par un grand nombre qui rapporte d’un grand nombre et ainsi de suite- et ce sont des croyances qui sont connues chez les musulmans, aussi bien chez les savants que chez les gens du commun, à savoir ceux qui n’ont pas appris.
وَمِنَ الدَّلِيلِ عَلَى أَنَّ الْجَنَّةَ فِيهَا لَذَّاتٌ حِسِيَّةٌ ءَايَاتٌ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿كُلُوا وَاشْرَبُوا هَنِيئًا بِمَا أَسْلَفْتُمْ فِي الأَيَّامِ الْخَالِيَةِ﴾ [سُورَةَ الْحَاقَّة/24]، وَمِنَالدَّلِيلِ عَلَى أَنَّ النَّارَ فِيهَا ءَالامٌ حِسِيَّةٌ ءَايَاتٌ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿كُلَّمَا نَضِجَتْ جُلُودُهُمْ بَدَّلْنَاهُمْ جُلُودًا غَيْرَهَا لِيَذُوقُوا الْعَذَابَ﴾ [سُورَةَ النِّسَاء/56].
Et parmi les preuves que le paradis comporte une félicité et un plaisir physique perceptible, il y a des versets comme la parole de Allah ta^ala dans sourate al-haqqah verset 24 :
﴿كُلُوا وَاشْرَبُوا هَنِيئًا بِمَا أَسْلَفْتُمْ فِي الأَيَّامِ الْخَالِيَةِ﴾
qui signifie : « mangez et buvez en guise de récompense pour ce que vous avez accompli dans des temps révolus. » Et parmi les preuves que l’enfer comporte des douleurs perceptibles, il y a plusieurs versets, parmi lesquels le verset 56 de sourate an-niça’ :
﴿كُلَّمَا نَضِجَتْ جُلُودُهُمْ بَدَّلْنَاهُمْ جُلُودًا غَيْرَهَا لِيَذُوقُوا الْعَذَابَ﴾
qui signifie : « à chaque fois que leurs peaux vont brûler, Nous leur changeons de nouvelles peaux pour qu’ils goûtent encore et encore au châtiment. »
وَمن التَّكْذِيبِ لِلشَّرْعِ إِنْكَارُ بَعْثِ الأَرْوَاحِ وَالأَجْسَادِ مَعًا فَإِنِ اعْتَقَدَ مُعْتَقِدٌ أَنَّ الأَرْوَاحَ تُبْعَثُ فَقَطْ دُونَ الأَجْسَادِ فَإِنَّهُ يَكْفُرُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ تَعَالَى، وَالنُّصُوصُ الصَّرِيْحَةُ بِبَعْثِ الأَجْسَادِ كَثِيرَةٌ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿كَمَا بَدَأْنَا أَوَّلَ خَلْقٍ نُّعِيدُهُ﴾ [سُورَةَ الأَنْبِيَاء/104] وَهَذَا الأَمْرُ مَعْلُومٌ عِنْدَ الْجَاهِلِ وَالْعَالِمِ مِنَ الْمُسْلِمِينَ.
Et de parmi les démentis de la loi de l’Islam, il y a le fait de renier le fait que les âmes et les corps seront ressuscités ensemble, c’est-à-dire que si quelqu’un a eu pour croyance que les âmes seront ressuscitées seulement mais pas les corps, il aura commis de la mécréance, que Dieu nous en préserve. Et les textes indiquant que les corps seront ressuscités sont nombreux, parmi lesquels le verdet 104 de sourate al-‘anbiya’ :
﴿كَمَا بَدَأْنَا أَوَّلَ خَلْقٍ نُّعِيدُهُ﴾
qui signifie : « tout comme Nous vous avons crées la première fois, Nous vous ressusciterons. » Et ce sujet est connu aussi bien chez l’ignorant que le savant parmi les musulmans.
وَمِنَ الْكُفْرِ إِنْكَارُ أَيِّ أَمْرٍ مَعْلُومٍ مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ كَإِنْكَارِ وُجُوبِ الصَّلاةِ وَالصِّيَامِ وَالزَّكَاةِ، ونَقَلَ الْقَاضِي عِيَاضٌ فِي الشِّفَا الإِجْمَاعَ عَلَى تَكْفِيرِ مَنْ أَنْكَرَ وُجُوبَ الصَّلَوَاتِ الْخَمْسِ وَعَدَدَ رَكَعَاتِهَا وَسَجَدَاتِهَا.
Et parmi les sortes de mécréances qui font partie du démenti, il y a le fait de renier n’importe quel sujet qui est connu comme d’évidence de la religion, comme celui qui renie l’obligation de la prière ou celui qui renie l’obligation du jeûne ou de la zakat. Et le qadi ^Iyad, dans son livre ach-chifa a rapporté l’unanimité de la mécréance de celui qui renie l’obligation des cinq prières ou qui renie le nombre de leurs rak^ah ou de leurs inclinations ou de leurs prosternations.
وَكَذَا الْحُكْمُ فِيمَنْ يَعْتَقِدُ تَحْرِيْمَ الطَّلاقِ عَلَى الإِطْلاقِ فَإِنَّ فَسَادَ هَذَا ظَاهِرٌ بَيْنَ عَامَّةِ الْمُسْلِمِينَ وَعُلَمَائِهِمْ، وَمِثْلُهُ حُكْمُ مَنْ أَحَلَّ شُرْبَ الْخَمْرِ فَقَدْ أَجْمَعَ عَلَى تَحْرِيْمِهَا الأَئِمَّةُ مِنْ عَهْدِ صَحَابَةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَى أَيَّامِنَا هَذِهِ وَانْتَشَرَ هَذَا الْحُكْمُ وَشُهِرَ حَتَّى بَيْنَ مَنْ يَشْرَبُهَا مِنَ الأُمَّةِ وَلِذَلِكَ جَزَمَ الْعُلَمَاءُ بِتَكْفِيرِ مَنْ أَحَلَّ شُرْبَهَا مُطْلَقًا
Et a le même jugement celui qui croit que le divorce est interdit dans l’absolue. La corruption de pareille croyance est claire chez les musulmans, le commun des musulmans et leurs savants. Et a le même jugement celui qui autorise de boire de l’alcool, car les imam depuis l’époque des compagnons du Messager de Allah jusqu’à nos jours ont été unanimes sur l’interdiction de l’alcool, et ce jugement s’est diffusé au sein de la communauté, et c’est un jugement qui est connu, ce n’est pas quelque chose qui échappe, même les buveurs d’alcool de la communauté connaissent ce jugement, pour cela les savants ont été catégoriques à déclarer mécréant celui qui rend autoriser d’en boire dans l’absolue.
وَخَالَفَ فِي ذَلِكَ وَشَذَّ رَعَاعٌ مُرَادُهُمْ هَدْمُ الدِّينِ وَإِفْسَادُ الشَّرْعِ وَإِشَاعَةُ الْفَوَاحِشِ وَالرَّذَائِلِ فَزَعَمُوا أَنْ لَيْسَ فِي الْقُرْءَانِ نُصُوصٌ عَلَى تَحْرِيْمِ الْخَمْرِ بَلْ غَايَةُ مَا جَاءَ فِيهِ قَوْلُهُ تَعَالَى عَنِ الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَالأَنْصَابِ وَالأَزْلامِ ﴿فَاجْتَنِبُوهُ﴾ وَغَرَضُهُمْ بِهَذَا الْكَلامِ الْمُمَوَّهِ التَّوَصُّلُ إِلَى إِبَاحَةِ الْخَمْرِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنْصَابُ وَالأَزْلامُ رِجْسٌ مِّنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَن ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلاةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة]، فَقَوْلُهُ ﴿فَاجْتَنِبُوهُ﴾ مَعَ قَوْلِهِ ﴿فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾ يُفْهِمَانِ التَّحْرِيْمَ الشَّدِيدَ وَلِهَذَا قَالَ عُمَرُ لَمَّا سَمِعَهَا: »انْتَهَيْنَا انْتَهَيْنَا« رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ وَغَيْرُهُ، وَأَرَاقَ الْمُسْلِمُونَ لَمَّا نَزَلَتْ ءَايَةُ التَّحْرِيْمِ الْخَمْرَ حَتَّى جَرَتْ فِي شَوَارِعِ الْمَدِينَةِ.
Et à ce sujet, un groupuscule de gens se sont singularisés. Leur objectif en cela est de détruire les règles de la religion, de corrompre la loi de l’Islam, de propager les vilenies et les actes indécents. Ils ont prétendu qu’il n’y a pas dans le Qour’an de texte qui indique l’interdiction de l’alcool. Ils ont prétendu que tout ce qu’il y à ce sujet c’est la parole de Allah dans le verset 90 de sourate al-ma’idah :
﴿فَاجْتَنِبُوهُ﴾
qui prit toute seule veut dire : « évitez-le. » Leur objectif par cette parole qui veut instaurer le doute et induire les gens dans l’erreur est de parvenir à autoriser l’alcool. Or, il y a deux versets dans sourate al-ma’idah :
﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنْصَابُ وَالأَزْلامُ رِجْسٌ مِّنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَن ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلاةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾
dont le sens globale est : « ô vous qui êtes croyants, le vin, les pari argent, les ‘ansab et les ‘azlam [qui sont des pratiques de la jahiliyyah] sont des souillures qui sont suggérées par le shaytan, alors évitez-le, puissiez-vous réussir. Le shaytan veut provoquer la haine et l’animosité entre vous par l’alcool les pari d’argent et vous détourner de l’évocation de Dieu et de la prière. Allez-vous en finir ? » La parole « évitez le » avec la parole « allez-vous en finir ? » font comprendre l’interdiction ferme et définitive. Et c’est pour cela que lorsque ^Oumar a entendu ces versets a dit : « nous en avons finis, nous en avons finis. » Rapporté par at-Tirmidhiyy et d’autres. Et lorsque le verset de l’interdiction de l’alcool a été révélé, les musulmans ont déversé le restant des stocks d’alcool qu’ils avaient chez eux à point que l’alcool a coulé dans les rues de Médine, c’est-à-dire qu’ils se sont débarrassés de ce qu’ils avaient chez eux puisque l’alcool n’était pas encore interdit au départ.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَهَذَا بِخِلافِ مَنْ يَعْتَقِدُ بِوُجُوبِ الصَّلاةِ عَلَيْهِ مَثَلًا لَكِنَّهُ لا يُصَلِّي فَإِنَّهُ يَكُونُ عَاصِيًا لا كَافِرًا كَمَنْ يَعْتَقِدُ عَدَمَ وُجُوبِهَا عَلَيْهِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ceci est différent du cas de celui qui a pour croyance que la prière est bien un devoir pour lui mais qu’il ne l’accompli pas par paresse, celui-là est désobéissant et non pas mécréant comme le serait celui qui croit qu’elle ne serait pas un devoir pour lui, parce que celui qui renie son caractère obligatoire, sa croyance revient à contredire la parole de Dieu et la parole du Prophète. Tandis que celui qui a pour croyance qu’elle est bien obligatoire sans la faire par paresse, il ne sort pas de l’Islam à cause de cela mais on dit qu’il est désobéissant puisqu’il n’a pas accompli une obligation.
الشَّرْحُ هَذَا مَذْهَبُ أَهْلِ السُّنَّةِ وَالْجَمَاعَةِ أَنَّ مُرْتَكِبَ الْكَبِيرَةِ لا يَكْفُرُ إِذَا لَمْ يَسْتَحِلَّهَا.
Commentaire :telle est la voie de ahlou sounnah wa l-jama^ah -les sunnites qui ont la croyance du Prophète et de ses compagnons et qui constitue le groupe majoritaire de ceux qui se disent musulman-, à savoir que celui qui commet le grand péché ne devient pas mécréant tant qu’il ne se l’autorise pas. C’est-à-dire que ce n’est pas le fait de commettre le péché qui fait sortir de l’Islam, mais c’est le fait de se l’autoriser, c’est-à-dire de le considérer licite.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: ثَالِثُهَا التَّعْطِيلُ: أَيْ نَفْيُ وُجُودِ اللَّهِوَهُوَ أَشَدُّ الْكُفْرِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la troisième sorte est l’athéisme : c’est-à-dire le fait de nier l’existence de Allah et c’est la pire des mécréance.
الشَّرْحُ كَالشُّيُوعِيَّةِ النَّافِينَ لِوُجُودِهِ تَعَالَى وَهَذَا أَشَدُّ الْكُفْرِ عَلَى الإِطْلاقِ. وَكَذَلِكَ كُفْرُ الْوَحْدَةِ الْمُطْلَقَةِ وَكُفْرُ الْحُلُولِ.
Commentaire : comme les communistes qui renient l’existence de Dieu et c’est la pire des mécréances dans l’absolue. De même pour la mécréance de l’unité de l’existence, c’est-à-dire croire que tout ce monde est Allah, et que ce que nous voyons ainsi que nous sont des parties de Lui. Et également la mécréance de l’incarnation, c’est-à-dire celui qui croit que Allah S’incarne dans les choses, qu’Il est dans le mur, dans la table. Les pires des mécréances sont ces trois-là, à savoir celui qui nie l’existence de Dieu, celui qui croit que tout ce monde est Allah -l’unité absolue- et celui qui croit que Allah S’incarne dans les créatures -al-houloul-.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحُكْمُ مَنْ يُشَبِّهُ اللَّهَ بِخَلْقِهِ التَّكْفِيرُ قَطْعًا.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le jugement de celui qui assimile Allah à Ses créatures est qu’il est mécréant catégoriquement.
الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ يُشَبِّهُ اللَّهَ تَعَالَى بِخَلْقِهِ فَهُوَ كَافِرٌ مِنْ غَيْرِ شَكٍّ وَذَلِكَ أَنَّ الْمُشَبِّهَ لا يَعْبُدُ اللَّهَ تَعَالَى وَإِنَّمَا يَعْبُدُ صُورَةً تَخَيَّلَهَا وَتَوَهَّمَهَا وَمَنْ عَبَدَ غَيْرَ اللَّهِ فَلا يَكُونُ مُسْلِمًا.
Commentaire : celui qui assimile Allah à Ses créatures est un mécréant sans aucun doute, et ceci parce que l’assimilateur n’adore pas Allah mais il adore une image qu’il s’est imaginé, il s’est donné pour illusion que c’est Dieu, et celui qui adore autre que Dieu n’est pas un musulman. Parce que lui a adoré une chose qu’il est imaginé, et cette chose qu’il a imaginé n’est pas Allah.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالسَّبِيلُ إِلَى صَرْفِ التَّشْبِيهِ اتِّبَاعُ هَذِهِ الْقَاعِدَةِ الْقَاطِعَةِ: مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ وَهِيَ مُجْمَعٌ عَلَيْهَا عِنْدَ أَهْلِ الْحَقِّ، وَهِيَ مَأْخُوذَةٌ مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى ﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾ [سُورَةَ الشُّورَى/11].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et le moyen pour écarter l’assimilation, c’est-à-dire pour que tout un chacun enlève l’assimilation de Dieu de son cœur, c’est de suivre cette règle catégorique :
مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ
qui signifie : « quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent. » C’est-à-dire que quoi que tu imagines en ton esprit, Allah n’est pas ainsi. Et cette règle fait l’objet de l’unanimité chez les gens de la vérité, elle est tirée de la parole de Allah dans le Qour’an dans sourate ach-choura verset 11 :
﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾
qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui. »
الشَّرْحُ أَنَّ السَّبِيلَ لِصَرْفِ التَّشْبِيهِ وَالْمُحَافَظَةِ عَلَى التَّنْزِيهِ هُوَ اتِّبَاعُ قَوْلِ ذِي النُّونِ الْمِصْرِيِّ: مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ رَوَاهُ الْحَافِظُ أَبُو بَكْرٍ الْخَطِيبُ الْبَغْدَادِيُّ فِي تَارِيخَ بَغْدَادَ، لِأَنَّ مَا يَتَصَوَّرُهُ الإِنْسَانُ بِبَالِهِ خَيَالٌ وَمِثَالٌ وَاللَّهُ مُنَزَّهٌ عَنْ ذَلِكَ، فَهَذِهِ قَاعِدَةٌ مُجْمَعٌ عَلَيْهَا عِنْدَ أَهْلِ الْحَقِّ مَأْخُوذَةٌ مِنْ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾ [سُورَةَ الشُّورَى/11].
Commentaire : la manière d’éviter le tachbih -l’assimilation de Dieu avec Ses créatures- et de conserver le tanzih -l’exemption de Allah de toute ressemblance avec Ses créatures- est de suivre cette parole de Dhou n-Noun al-Misriyy :
مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ
qui signifie : « quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent. » Cette règle a été rapportée par le hafidh Abou Bakr al-Khatib al-Baghdadiyy dans son livre : « tarikh Baghdad » -l’histoire de Bagdad-. Car tout ce que l’être humain imagine en son esprit est une image et une représentation, et Allah est exempt de cela. Cette règle fait l’objet de l’unanimité chez les gens de la vérité, elle est tirée de la parole de Allah ta^ala sourate ach-choura verset 11 :
﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾
qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui. »
وَهَذِهِ الْعِبَارَةُ يَنْقُلُهَا الْحَافِظُ أَبُو بَكْرٍ الْخَطِيبُ الْبَغْدَادِيُّ فِي تَارِيخِ بَغْدَادَ بِإِسْنَادٍ مُتَّصِلٍ إِلَى ذِي النُّونِ الْمِصْرِيِّ وَاسْمُهُ ثَوْبَانُ بنُ إِبْرَاهِيمَ وَهُوَ مِنَ الصُّوفِيَّةِ الصَّادِقِينَ الأَكَابِرِ مِمَّنْ جَمَعَ بَيْنَ الْعِلْمِ وَالْعَمَلِ، تَلَقَّى الْحَدِيثَ مِنَ الإِمَامِ مَالِكٍ وَغَيْرِهِ، وَأَفَاضَ اللَّهُ عَلَى قَلْبِهِ جَوَاهِرَ الْحِكَمِ، وَهَذَا الْقَوْلُ نَقَلَهُ أَيْضًا أَبُو الْفَضْلِ التَّمِيمِيُّ الْحَنْبَلِيُّ [فِي كِتَابِهِ اعْتِقَادُ الإِمَامِ الْمُبَجَّلِ أَحْمَدَ بنِ حَنْبَلٍ] عَنِ الإِمَامِ أَحْمَدَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ.
Et cette expression, le hafidh Abou Bakr al-Khatib al-Baghdadiyy la rapporte dans son livre « Tarikh Baghdad » d’une chaîne de transmission ininterrompue qui remonte jusqu’à Dhou n-Noun al-Misriyy. Dhou n-Noun al-Misriyy est son surnom, il s’appelle Thawban fils de ‘Ibrahim, il fait partie des soufiyy véridiques, des grands parmi ceux qui ont réuni la science et la pratique conformément à la science. Il a pris le hadith par transmission auprès de l’imam Malik et auprès d’autres que lui et Allah a inondé son cœur par des diamants et des perles de sagesse. Et cette même parole a été rapportée par Abou l-fadl at-Tamimiyy al-Hanbaliyy dans son livre « اعْتِقَادُ الإِمَامِ الْمُبَجَّلِ أَحْمَدَ بنِ حَنْبَلٍ » d’après l’imam Ahmad que Allah l’agrée. Ceci est une preuve de l’infondé de la parole des assimilationnistes, parce que beaucoup d’entre eux se disent hanbalite, on leur dit : « l’imam Ahmad Ibnou Hanbal lui-même a dit : « quoi que tu imagines en ton esprit Dieu en est différent. »
وَكَذَلِكَ يُفْهَمُ مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿وَأَنَّ إِلَى رَبِّكَ الْمُنْتَهَى﴾ [سُورَةَ النَّجْم/42] أَنَّهُ لا تُدْرِكُهُ تَصَوُّرَاتُ الْعِبَادِ وَأَوْهَامُهُمْ.
Et cette règle est également déduite du verset 42 de sourate an-najm
﴿وَأَنَّ إِلَى رَبِّكَ الْمُنْتَهَى﴾
qui signifie : « les imaginations des esclaves et leurs illusions n’atteignent pas la réalité de Dieu. »
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمُلاحَظَةُ مَا رُوِيَ عَنِ الصِّدِّيقِ (شِعْرٌ مِنَ الْبَسِيطِ)
الْعَجْزُ عَنْ دَرَكِ الإِدْرَاكِ إِدْرَاكٌ وَالْبَحْثُ عَنْ ذَاتِهِ كُفْرٌ وَإِشْرَاكُ [رَوَاهُ الْفَقِيهُ الْمُحَدِّثُ بَدْرُ الدِّينِ الزَّرْكَشِيُّ الشَّافِعِيُّ].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et pour s’écarter de l’assimilation de Dieu envers Ses créatures, il y a le ver rapporté de notre maitre Abou Bakr as–Siddiq :
الْعَجْزُ عَنْ دَرَكِ الإِدْرَاكِ إِدْرَاكٌ وَالْبَحْثُ عَنْ ذَاتِهِ كُفْرٌ وَإِشْرَاكُ
qui signifie : « l’incapacité à connaitre la réalité de Allah est en soi une connaissance, et essayer d’appréhender Sa réalité est une mécréance et de l’association. » Tout comme cela a été rapporté par le faqih, le mouhaddith Badrou d-Din az-Zarkachiyy le chafi^ite.
الشَّرْحُ مَعْنَى مَا رُوِيَ عَنْ أَبِي بَكْرٍ الصِّدِّيقِ أَنَّ الإِنْسَانَ إِذَا عَرَفَ اللَّهَ تَعَالَى بِأَنَّهُ مَوْجُودٌ لا كَالْمَوْجُودَاتِ وَاعْتَقَدَ أَنَّهُ لا يُمْكِنُ تَصْوِيرُهُ فِي النَّفْسِ وَاقْتَصَرَ عَلَى هَذَا وَاعْتَرَفَ بِالْعَجْزِ عَنْ إِدْرَاكِهِ أَيْ عَنْ مَعْرِفَةِ حَقِيقَتِهِ وَلَمْ يَبْحَثْ عَنْ ذَاتِ اللَّهِ لِلْوُصُولِ إِلَى حَقِيقَةِ اللَّهِ فَهَذَا إِيـمَانٌ، وَهَذَا يُقَالُ عَنْهُ عَرَفَ اللَّهَ وَإِنَّهُ سَلِمَ مِنَ التَّشْبِيهِ
Commentaire : la signification de ce qui a été rapporté notre maitre Abou Bakr as-Siddiq est que si la personne a su que Allah existe non pas comme ce qui existe, s’il a eu pour croyance qu’il n’est pas possible d’imaginer Allah et que la personne s’est limitée à cela, c’est-à-dire la croyance que Dieu existe et qu’il n’est pas possible de l’imaginer tout en reconnaissant son incapacité à atteindre la réalité de Dieu et ne cherche pas à parvenir à connaitre la réalité de Dieu, c’est cela la foi.
أَمَّا الَّذِي لا يَكْتَفِي بِذَلِكَ وَيُرِيدُ بِزَعْمِهِ أَنْ يَعْرِفَ حَقِيقَتَهُ وَيَبْحَثَ عَنْ ذَاتِهِ وَلا يَكْتَفِي بِهَذَا الْعَجْزِ فَيَتَصَوَّرُهُ كَالإِنْسَانِ أَوْ كَكُتْلَةٍ نُورَانِيَّةٍ أَوْ يَتَصَوَّرُهُ حَجْمًا مُسْتَقِّرًا فَوْقَ الْعَرْشِ أَوْ نَحْوَ ذَلِكَ فَهَذَا كَفَرَ بِاللَّهِ تَعَالَى.
Quant à celui qui ne se limite pas à cela, il cherche à atteindre la réalité de Dieu, il ne se suffit pas de cette incapacité à connaitre Sa réalité mais il en arrive à l’imaginer comme un être humain, ou comme étant une boule lumineuse ou il imagine un corps qui est établit au-dessus du trône ou ce qui est de cet ordre, alors celui-là aura mécru en Allah ta^ala.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَوْلُ بَعْضِهِمْ: لا يَعْرِفُ اللَّهَ عَلَى الْحَقِيقَةِ إِلَّا اللَّهُ تَعَالَى. وَمَعْرِفَتُنَا نَحْنُ بِاللَّهِ تَعَالَى لَيْسَتْ عَلَى سَبِيلِ الإِحَاطَةِ، بَلْ بِمَعْرِفَةِ مَا يَجِبُ لِلَّهِ تَعَالَى كَوُجُوبِ الْقِدَمِ لَهُ، وَتَنْزِيهِهِ عَمَّا يَسْتَحِيلُ عَلَيْهِ تَعَالَى كَاسْتِحَالَةِ الشَّرِيكِ لَهُ ومَا يَجُوزُ فِي حَقِّهِ تَعَالَى كَخَلْقِ شَىْءٍ وَتَرْكِهِ.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : certains savants ont : « nul ne sait la réalité de Allah hormis Allah ta^ala. » Quant à notre connaissance de Allah ta^ala, elle n’est pas exhaustive, mais elle a lieu par la connaissance de ce qui est obligatoire selon la raison s’agissant de Lui, comme l’obligation selon la raison qu’Il ait pour attribut l’existence de toute éternité et par le fait de l’exempter de ce qui est impossible s’agissant de Lui, comme l’impossibilité selon la raison qu’Il ait un associé, et par la connaissance de ce qui est possible s’agissant de Lui comme le fait de crée une chose ou de ne pas la crée.
الشَّرْحُ أَنَّ مَعْرِفَتَنَا بِاللَّهِ تَعَالَى لَيْسَتْ عَلَى سَبِيلِ الإِحَاطَةِ إِذْ لا يَعْرِفُ أَحَدٌ مِنَ الْخَلْقِ اللَّهَ تَعَالَى عَلَى الْحَقِيقَةِ حَتَّى الأَنْبِيَاءُ وَالأَوْلِيَاءُ لا يَعْرِفُونَ اللَّهَ تَعَالَى بِالإِحَاطَةِ وَإِنَّمَا اللَّهُ تَعَالَى عَالِمٌ بِذَاتِهِ عَلَى الْحَقِيقَةِ وَبِمَا يُحْدِثُهُ مِنْ مَخْلُوقَاتِهِ، وَمَعْرِفَتُنَا نَحْنُ بِاللَّهِ إِنَّمَا هِيَ بِمَعْرِفَةِ مَا يَجِبُ لِلَّهِ مِنَ الصِّفَاتِ كالْعِلْمِ وَالْقُدْرَةِ وَالإِرَادَةِ وَالْقِدَمِ، وَمَعْرِفَةِ مَا يَسْتَحِيلُ فِي حَقِّهِ تَعَالَى كَالْعَجْزِ وَالْحَجْمِ وَالشَّرِيكِ، وَمَعْرِفَةِ مَا يَجُوزُ فِي حَقِّهِ سُبْحَانَهُ كَإِيْجَادِ شَىْءٍ وَإِعْدَامِهِ، فَاللَّهُ تَعَالَى يَجُوزُ أَنْ يَخْلُقَ مَا يَشَاءُ وَيَتْرُكَ مَا يَشَاءُ أَيْ لا يَخْلُقَهُ.
Commentaire : notre connaissance de Allah ta^ala n’est pas une connaissance de Sa réalité, puisque aucune des créatures de Dieu ne connait la réalité de Dieu, pas même les prophètes ni les saints, ils ne connaissent pas Allah en cernant Sa réalité. Ainsi, seul Allah connait Sa réalité, Il sait ce qu’il va créer parmi Ses créatures. Quant à notre connaissance de Dieu, c’est une connaissance sur ce qui est obligatoire à Son sujet comme attributs tel que la science, la puissance, la volonté, l’exemption de début et la connaissance de ce qui est impossible à Son sujet comme l’impuissance, le corps, l’associé et la connaissance de ce qui est possible à Son sujet comme le fait de faire exister une chose et de l’anéantir. Ainsi, il est possible pour Allah de créer ce qu’Il veut ou de ne pas créer ce qu’Il veut.
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الإِمَامُ الرِّفَاعِيُّ: غَايَةُ الْمَعْرِفَةِ بِاللَّهِ الإِيقَانُ بِوُجُودِهِ تَعَالَى بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ. [وَالرِّفَاعِيُّ هُوَ أَحْمَدُ بنُ أَبِي الْحَسَنِ عَلِيٌّ وَكَانَ مِمَّنْ جَمَعَ بَيْنَ الْعِلْمِ وَالْعَمَلِ وَالزُّهْدِ. كَانَ فَقِيهًا مُحَدِّثًا مُفَسِّرًا أَلَّفَ تَآلِيفَ مِنْهَا كِتَابُ شَرْحِ التَّنْبِيهِ فِي الْفِقْهِ الشَّافِعِيِّ وَأَلَّفَ فِي الْحَدِيثِ أَرْبَعِينَ حَدِيثًا بِالإِسْنَادِ، تُوُفِّيَ سَنَةَ خَمْسِمِائَةٍ وَثَمَانِيَةٍ وَسَبْعِينَ. أَلَّفَ فِي تَرْجَمَتِهِ الإِمَامُ أَبُو الْقَاسِمِ الرَّافِعِيُّ تَأْلِيفًا سَمَّاهُ سَوَادَ الْعَيْنَيْنِ فِي مَنَاقِبِ أَبِي الْعَلَمَيْنِ].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : l’imam ar-Rifa^iyy a dit :
غَايَةُ الْمَعْرِفَةِ بِاللَّهِ الإِيقَانُ بِوُجُودِهِ تَعَالَى بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ
qui signifie : « la limite de la connaissance que l’on peut avoir de Allah, c’est la certitude en Son existence ta^ala sans comment et sans endroit. »
الشَّرْحُ أَنَّ أَقْصَى مَا يَصِلُ إِلَيْهِ الْعَبْدُ مِنَ الْمَعْرِفَةِ بِاللَّهِ الإِيقَانُ أَيِ الِاعْتِقَادُ الْجَازِمُ الَّذِي لا شَكَّ فِيهِ بِوُجُودِ اللَّهِ تَعَالَى بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ، فَقَوْلُهُ بِلا كَيْفٍ صَرِيحٌ فِي نَفْيِ الْجِسْمِ وَالْحَيِّزِ وَالشَّكْلِ وَالْحَرَكَةِ وَالسُّكُونِ وَالِاتِّصَالِ وَالِانْفِصَالِ وَالْقُعُودِ إِذْ كُلُّ ذَلِكَ شَىْءٌ غَيْرُهُ وَاللَّهُ مُنَزَّهٌ عَنْهُ.
Commentaire : la limite de ce à quoi peut parvenir l’esclave en tant que connaissance de Dieu c’est d’avoir la certitude, c’est-à-dire une croyance catégorique qui n’est entachée d’aucun doute en l’existence de Dieu sans qu’Il n’ait de comment ni d’endroit. Ainsi, lorsque ar-Rifa^iyy a dit : « sans comment » c’est explicite pour nier le corps, la localisation, la forme, le mouvement, l’immobilité, le contact, la séparation, la position assise, car ce sont des choses autres que Lui et Allah en est exempt.
فَالْكَيْفُ يَشْمَلُ كُلَّ مَا كَانَ مِنْ صِفَاتِ الْمَخْلُوقِينَ، فَمَنْ أَيْقَنَ بِأَنَّ اللَّهَ مَوْجُودٌ بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ فَقَدْ وَصَلَ إِلَى غَايَةِ مَا يَبْلُغُ الإِنْسَانُ مِنْ مَعْرِفَةِ اللَّهِ.
Et le comment englobe tout ce qui est de l’ordre des caractéristiques des créatures. Ainsi, celui qui a eu la certitude que Dieu existe sans comment et sans endroit sera parvenu à la limite à ce à quoi peut parvenir un être humain concernant la connaissance de Allah.
فَائِدَةٌ
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْغَزَالِيُّ فِي إِحْيَاءِ عُلُومِ الدِّينِ: إِنَّهُ (أَيِ اللَّه)أَزَلِيٌّ لَيْسَ لِوُجُودِهِ أَوَّلٌ وَلَيْسَ لِوُجُودِهِ ءَاخِرٌ. وَإِنَّهُ لَيْسَ بِجَوْهَرٍ يَتَحَيَّزُ بَلْ يَتَعَالَى وَيَتَقَدَّسُ عَنْ مُنَاسَبَةِ الْحَوَادِثِ وَإِنَّهُ لَيْسَ بِجِسْمٍ مُؤَلَّفٍ مِنْ جَوَاهِرَ، وَلَوْ جَازَ أَنْ يُعْتَقَدَ أَنَّ صَانِعَ الْعَالَمِ جِسْمٌ لَجَازَ أَنْ تُعْتَقَدَ الأُلُوهِيَّةُ لِلشَّمْسِ وَالْقَمَرِ أَوْ لِشَىْءٍ ءَاخَرَ مِنْ أَقْسَامِ الأَجْسَامِ فَإِذًا لا يُشْبِهُ شَيْئًا وَلا يُشْبِهُهُ شَىْءٌ بَلْ هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ الَّذِي لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ وَأَنَّى يُشْبِهُ الْمَخْلُوقُ خَالِقَهُ وَالْمُقَدَّرُ مُقَدِّرَهُ وَالْمُصَوَّرُ مُصَوِّرَهُ [وَالْخَلْقُ الْمُقَدَّرُ أَيْ لَهُ كَمِيَّةٌ هَذَا شَكْلُهُ مُرَبَّعٌ وَهَذَا شَكْلُهُ غَيْرُ ذَلِكَ وَهَذَا حَارٌّ وَهَذَا بَارِدٌ].
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : al-Ghazaliyy a dit dans son livre al-‘ihya’ : « Il est –c’est-à-dire Allah– exempt de début, Son existence n’a ni début ni fin. Il n’est pas une substance élémentaire ayant une localisation, mais Il est exempt de toutes correspondances avec ce qui entre en existence –c’est-à-dire qu’il n’a pas les caractéristiques de ce qui entre en existence-, et Allah n’est pas un corps composé de différentes substances élémentaires, s’il était possible de croire que Le créateur de ce monde est un corps, il serait possible de croire que le soleil soit un Dieu ou que la lune soit un Dieu ou que tout autre corps soit un Dieu. Ainsi, Allah n’a de ressemblance avec aucune chose et rien n’a de ressemblance avec lui. Il est donc al-Hayy -Qui a la vie- al-Qayyoum -Qui ne S’anéanti pas- et absolument rien n’est tel que Lui. Et comment celui qui est créé ressemblerait il à son créateur, comment ce qui est quantifié ressemblerait il à Celui Qui a donné sa quantité, et comment ce qui a une image aurait-il une ressemblance avec Celui Qui la lui a donné.
الشَّرْحُ الْعَالَمُ جَوَاهِرُ وَأَعْرَاضٌ، وَالْجَوْهَرُ عِنْدَ عُلَمَاءِ اللُّغَةِ أَصْلُ الشَّىْءِ وَهُوَ مَا لَهُ تَحَيُّزٌ وَقِيَامٌ بِذَاتِهِ كَالأَجْسَامِ فَمَا لَهُ حَجْمٌ كَثِيفٌ كَالْعَرْشِ وَالشَّجَرِ وَالْحَجَرِ وَالسَّمَوَاتِ وَالأَرْضِ وَالإِنْسَانِ وَالنَّبَاتِ أَوْ لَطِيفٌ كَالرِّيحِ وَالنُّورِ وَالرُّوحِ وَالْجِنِّ وَالْمَلائِكَةِ يُقَالُ لَهُ جَوْهَرٌ.
Commentaire : le monde -c’est-à-dire tout autre que Allah- est composé de substances et de caractéristiques de substances. La substance, selon les savants de la langue arabe c’est ce qui constitue l’origine de la chose. La substance est ce qui a une localisation, un emplacement et qui se défini par lui-même comme les corps, c’est-à-dire qu’il existe en soi comme les corps. Tout ce qui a un corps qu’il soit palpable comme le trône, les arbres, les pierres, les cieux, la Terre, l’être humain, les plantes ou que ce soient des corps impalpables comme le vent, la lumière, l’âme, les jinn, les anges, tout cela s’appelle jawhar -substance-.
وَالْجَوْهَرُ إِمَّا مُرَكَّبٌ وَإِمَّا مُفْرَدٌ فَالْمُفْرَدُ هُوَ الْجَوْهَرُ الْفَرْدُ، وَالْمُرَكَّبُ مَا تَرَكَّبَ مِنْ جَوْهَرَيْنِ فَأَكْثَرَ.
Et la substance est soit composée soit unitaire. La substance unitaire s’appelle la substance élémentaire. Et la substance composée est celle qui est composée de deux substances élémentaires ou plus.
وَأَمَّا الْعَرَضُ فهُوَ صِفَاتُ الْجَوْهَرِ كَحَرَكَةِ الْجِسْمِ وَسُكُونِهِ وَالْبُرُودَةِ وَالْحَرَارَةِ وَالتَّحَيُّزِ فِي مَكَانٍ وَجِهَةٍ، فَالنَّارُ جَوْهَرٌ وَحَرَارَتُهَا عَرَضٌ وَالرِّيحُ جَوْهَرٌ وَحَرَارَتُهَا أَوْ بُرُودَتُهَا عَرَضٌ.
Concernant la caractéristique de la substance -al-^arad- c’est comme le mouvement du corps, l’immobilité du corps, la froideur ou la chaleur, la localisation dans un endroit et dans une direction. Ainsi le feu est une substance, et la chaleur du feu est sa caractéristique, le vent est une substance, sa chaleur ou sa froideur sont des caractéristiques.
وَأَصْغَرُ الأَشْيَاءِ يُقَالُ لَهُ الْجَوْهَرُ الْفَرْدُ وَهُوَ الْجُزْءُ الَّذِي لا يَتَجَزَّأُ مِنْ تَنَاهِيهِ فِي الْقِلَّةِ، وَالْجِسْمُ مَا تَرَكَّبَ مِنْ جَوْهَرَيْنِ فَأَكْثَرَ بِأَنْ يَنْضَمَّ إِليه جَوْهَرٌ ءَاخَرُ فَيَصِيرُ قَابِلًا لِلْقِسْمَةِ
La plus petite des choses s’appelle la substance élémentaire, c’est la partie qui ne se divise plus du corps tellement qu’elle est petite. Et le corp est ce qui est composé de deux substances élémentaires ou plus, c’est-à-dire qu’une substance élémentaire est jointe à une deuxième de sorte que l’ensemble accepte la division.
فَاللَّهُ تَعَالَى لا يُشْبِهُ ذَلِكَ كُلَّهُ، بَلْ يَتَنَزَّهُ عَنْ مُشَابَهَةِ الْحَوَادِثِ
Allah ta^ala n’a aucune ressemblance avec tout cela, Allah est exempt de toute ressemblance avec toutes les créatures.
وَلَيْسَ لَهُ حَدٌّ وَالدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ أَنَّ الْحَدَّ هُوَ مِقْدَارُ الْجِرْمِ، فَمِقْدَارُ الْجَسَدِ يُقَالُ لَهُ الْحَدُّ وَالشَّمْسُ لَهَا حَدٌّ وَهِيَ مَعَ عُظْمِ نَفْعِهَا مُسَخَّرَةٌ لِغَيْرِهَا وَاللَّهُ هُوَ خَالِقُهَا لِأَنَّ الشَّمْسَ لا تَصْلُحُ أَنْ تَكُونَ مُدَبِّرَةً لِلْعَالَمِ لِأَنَّ لَهَا حَجْمًا وَمِقْدَارًا وَجِهَةً وَمَكَانًا
Et Allah n’a pas de limite -de quantité-, et la preuve que Allah n’a pas de limite -de quantité- est que la limite est la quantité du corps, la quantité du corps s’appelle la limite, le soleil a une limite. Malgré son immense bénéfice, le soleil est asservi pour d’autres que lui. C’est Dieu Qui a créé le soleil. Il n’est pas valide selon la raison que ce soit que soleil qui crée et qui gère de monde, parce que le soleil a une taille, parce que le soleil a une quantité, parce que le soleil a une direction, parce que le soleil a un endroit.
فَلَوْ كَانَتِ الأُلُوهِيَّةُ تَصِحُّ لِلأَجْسَامِ لَصَحَّتْ لِلشَّمْسِ وَالْقَمَرِ وَغَيْرِ ذَلِكَ، وَلَوْ كَانَتِ الأُلُوهِيَّةُ تَصِحُّ لِشَىْءٍ مِنَ الأَجْسَامِ لَكَانَتِ الشَّمْسُ أَوْلَى بِالأُلُوهِيَّةِ لِكَثْرَةِ مَنَافِعِهَا وَحُسْنِ لَوْنِهَا مِمَّا هُوَ مَحْسُوسٌ لِكُلِّ الْخَلْقِ.
Si la divinité avait été possible pour les corps, alors, elle aurait été valide pour le soleil, pour la lune et pour d’autres corps que ces deux-là. Si la divinité avait été possible pour un quelconque corps, alors le soleil aurait été prioritairement divin, tellement que le soleil est bénéfique, tellement que le soleil a un bel aspect, et ce sont des choses qui sont perceptibles pour tout le monde.
فَكُلُّ مَا لَهُ حَيِّزٌ يَسْتَحِيلُ أَنْ يَكُونَ إِلَهًا، وَالتَّحَيُّزُ هُوَ أَخْذُ مِقْدَارٍ مِنَ الْفَرَاغِ، فَالنُّورُ يَأْخُذُ مَسَافَةً وَالظَّلامُ يَأْخُذُ مَسَافَةً، وَالرِّيحُ كَذَلِكَ، فَاللَّهُ تَعَالَى بِمَا أَنَّهُ لَيْسَ حَجْمًا كَثِيفًا وَلا لَطِيفًا لا يَجُوزُ فِي حَقِّهِ أَنْ يَأْخُذَ قَدْرًا مِنَ الْفَرَاغِ.
Ainsi, tout ce qui a donc une localisation, tout ce qui est situé dans un endroit, il est impossible selon la raison qu’il soit un Dieu. Et être localisé dans un endroit veut dire occuper une partie de l’espace. La lumière occupe une étendu, et l’obscurité aussi occupe une étendu. Et le vent également. Et comme Allah n’est pas un corps palpable ni un corps impalpable, il n’est pas possible à Son sujet qu’Il occupe une partie de l’espace.
فَلَوْ قَالَ أَحَدُ عَبَدَةِ الشَّمْسِ الْمُلْحِدِينَ لِمُسْلِمٍ: أَنْتَ تَقُولُ إِنَّ دِينِي هُوَ الصَّحِيحُ وَتَقُولُ عَنِّي إِنَّ دِينِيَ بَاطِلٌ فَأَيْنَ الدَّلِيلُ، فَإِنْ قَالَ لَهُ هذا الْمُسْلِمُ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿أَفِي اللَّهِ شَّكٌّ﴾ [سُورَةَ إِبْرَاهِيم/10] يَقُولُ الْمُلْحِدُ: أَنَا لا أُؤْمِنُ بِكِتَابِكَ أَعْطِنِي دَلِيلًا عَقْلِيًّا
Et si un de ces adorateurs du soleil disait à un musulman : « Toi, tu prétends que ta religion est correcte et que ma religion est fausse, quelle est ta preuve ? » Si le musulman lui dit : « Allah dit dans sourate ‘Ibrahim verset 10 :
﴿أَفِي اللَّهِ شَّكٌّ﴾
ce qui signifie : « il n’y a pas de doute au sujet de Allah. » L’athée va lui dire : « moi je ne crois pas en ton livre, donne-moi une preuve rationnelle. »
فَإِنْ كَانَ هَذَا الْمُسْلِمُ يَفْهَمُ الدَّلِيلَ الْعَقْلِيَّ وَالدَّلِيلَ النَّقْلِيَّ عَلَى وَجْهِهِ يَقُولُ: هَذِهِ الشَّمْسُ لَهَا هَيْئَةٌ وَشَكْلٌ وَحُدُودٌ وَالشَّىْءُ الْمَحْدُودُ يَحْتَاجُ إِلَى حَادٍّ حَدَّهُ بِهَذَا الْحَدِّ، ثُمَّ هِيَ مُتَطَوِّرَةٌ وَالْمُتَطَوِّرُ يَحْتَاجُ إِلَى مُطَوِّرٍ لَهُ فَهَذِهِ لا تَصْلُحُ عَقْلًا أَنْ تَكُونَ إِلَهًا كَمَا أَنْتَ تَزْعُمُ، وَأَمَّا دِينِي فَحَقٌّ لِأَنَّ دِينِي يَقُولُ إِنَّ صَانِعَ الْعَالَمِ لا يُشْبِهُهُ بِوَجْهٍ مِنَ الْوُجُوهِ مُنَزَّهٌ عَنِ الْحَدِّ وَالْمَكَانِ وَالشَّكْلِ وَالْكَيْفِيَّةِ مُنَزَّهٌ عَنْ كُلِّ مَا فِي هَذَا الْعَالَمِ مِنْ صِفَةٍ، فَلِذَلِكَ دِينِي هُوَ الصَّحِيحُ الَّذِي يَقْبَلُهُ الْعَقْلُ فَيَكُونُ هَذَا الْمُسْلِمُ قَطَعَ بِهَذَا الدَّلِيلِ الْعَقْلِيِّ عَابِدَ الشَّمْسِ وَأَدْحَضَ دَعْوَاهُ.
Si ce musulman comprenait la preuve rationnelle et la preuve textuelle convenablement, il va répondre à cet athée en lui disant : « le soleil a un aspect, le soleil a une forme, le soleil a une limite, une quantité, et ce qui a une limite et une quantité a besoin de qui lui a fixé cette limite et cette quantité. Par ailleurs, le soleil change, et ce qui change à besoin de qui le fait évoluer. Puisque le soleil a besoin, il n’est pas valide selon la raison qu’il soit un Dieu tout comme tu le prétends. Quant à ma religion qui est l’Islam, c’est une religion qui est correcte, parce que ma religion dit que Le créateur de ce monde n’a absolument aucune ressemblance avec ce monde d’aucune manière que ce soit, que Le créateur de ce monde est exempt de la limite, Il est exempt de l’endroit, Il est exempt de l’aspect, Il est exempt du comment, Il est exempt de tout ce qu’il y a dans ce monde comme caractéristique. C’est ainsi que ma religion est la religion correcte, que la raison accepte. » Et donc ce musulman aura clôturé le débat en ayant le dernier mot par les preuves rationnelles face à cet adorateur du soleil et il a prouvé l’infonder de sa prétention.
أَمَّا الَّذِي يَقُولُ اللَّهُ سَاكِنٌ فِي السَّمَاءِ فَبِأَيِّ دَلِيلٍ يَدْفَعُ كَلامَ هَذَا الَّذِي يَعْبُدُ الشَّمْسَ، يَقُولُ لَهُ ذَاكَ: أَنْتَ تَقُولُ إِنَّ مَعْبُودِيَ سَاكِنٌ فِي السَّمَاءِ وَأَنَا أَقُولُ إِنَّ مَعْبُودِيَ الشَّمْسُ فِي الْفَضَاءِ وَقَدْ يَدَّعِي أَنَّهَا فِي سَمَاءٍ مِنَ السَّمَوَاتِ وَالشَّمْسُ مَنْفَعَتُهَا ظَاهِرَةٌ تَنْفَعُ الْهَوَاءَ وَالنَّبَاتَ وَالإِنْسَانَ، وَأَنْتَ تَعْبُدُ شَيْئًا مُتَحَيِّزًا مُتَوَهَّمًا وَأَنَا أَعْبُدُ شَيْئًا مُتَحَيِّزًا مُتَحَقَّقَ الْوُجُودِ مُشَاهَدًا يَرَاهُ كُلُّ الْخَلْقِ وَيَرَوْنَ مَنْفَعَتَهُ وَأَمَّا هَذَا الَّذِي أَنْتَ تَعْبُدُهُ لا نَرَاهُ وَلا أَنْتَ رَأَيْتَهُ وَلا أَحْسَسْنَا لَهُ بِمَنْفَعَةٍ، فَلِمَاذَا تَجْعَلُ الْحَقَّ فِي دِينِكَ وَتَجْعَلُ دِينِي مُخَالِفًا لِلْحَقِّ فَذَاكَ الْمُشَبِّهُ كَالْوَهَّابِيِّ الَّذِي يَعْتَقِدُ أَنَّ اللَّهَ جَسَدٌ قَاعِدٌ فَوْقَ الْعَرْشِ لا يَكُونُ عِنْدَهُ جَوَابٌ.
Quant à celui qui dit que Allah est localisé dans le ciel ou habite dans le ciel, avec quelle preuve pourra-t-il réfuté la parole de celui qui adore le soleil ? Il va lui dire : « moi ce que j’adore est dans l’espace », il se peut qu’il lui dise : « il est dans l’un des cieux » « et le soleil est fortement bénéfique, son bénéfice est apparent, il profite à l’air, aux plantes, aux humains, alors que toi tu adores quelque chose qui est situé dans un endroit mais que tu as imaginé, tandis que moi j’adore quelque chose qui est situé dans un endroit mais dont l’existence est authentifiée, il est observable, toutes les créatures peuvent le voir. Ils voient l’intérêt, quant à celui que tu adores, on ne le voit pas, et toi-même tu ne l’as pas vue, et nous n’avons pas senti son bénéfice. Pourquoi veux-tu que la vérité soit dans ta religion et tu fais que ma religion soit contraire à la vérité. » Le mouchabbih, le wahabite qui croit que Allah est un corps assis sur le trône n’aura pas de réponse.’
قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَلَيْسَ هَذَا الْكَلامَ الَّذِي عَابَهُ الْعُلَمَاءُ وَإِنَّمَا عَابَ السَّلَفُ كَلامَ الْمُبْتَدِعَةِ فِي الِاعْتِقَادِ كَالْمُشَبِّهَةِ وَالْمُعْتَزِلَةِ وَالْخَوَارِجِ وَسَائِرِ الْفِرَقِ الَّتِي شَذَّتْ عَمَّا كَانَ عَلَيْهِ الرَّسُولُ وَالصَّحَابَةُ الَّذِينَ افْتَرَقُوا إِلَى اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً كَمَا أَخْبَرَ الرَّسُولُ بِذَلِكَ فِي حَدِيثِهِ الصَّحِيحِ الثَّابِتِ الَّذِي رَوَاهُ ابْنُ حِبَّانَ بِاسْنَادِهِ إِلَى أبي هُريرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: افْتَرَقَتِ الْيَهُودُ إِحْدَى وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَافْتَرَقَتِ النَّصَارَى على اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَسَتَفْتَرِقُ أُمَّتِي إِلَى ثَلاثٍ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً كُلُّهُمْ فِي النَّارِ إِلَّا وَاحِدَةً وَهِيَ الْجَمَاعَةُ – أَيِ السَّوَادُ الأَعْظَمُ
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ces paroles que nous sommes en train de prodiguées ne font pas parties du kalam que les innovateurs ont pratiqué en matière de croyance et que les savants ont blâmé. En revanche, les savants du salaf ont bien blâmé la pratique des innovateurs dans la croyance comme les mouchabbihah -ceux qui assimilent Allah à Ses créatures- qui disent que Allah est établit sur le trône, comme les mou^tazilah qui prétendent que l’homme est créateur de ses actes et qu’il n’y a pas de prédestination, comme les khawarijd qui déclarent mécréants les musulmans qui commettent les péchés et l’ensemble des groupes qui ont dévié de ce sur quoi étaient le Messager et les compagnons. Ces groupes se sont divisés en 72 factions comme l’a annoncé le Messager dans son hadith sahih et confirmé que Ibnou Hibban rapporte avec une chaine de transmission remontant jusqu’à Abou Hourayrah qu’il a dit :
افْتَرَقَتِ الْيَهُودُ إِحْدَى وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَافْتَرَقَتِ النَّصَارَى على اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَسَتَفْتَرِقُ أُمَّتِي إِلَى ثَلاثٍ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً كُلُّهُمْ فِي النَّارِ إِلَّا وَاحِدَةً وَهِيَ الْجَمَاعَةُ
ce qui signifie : « les yahoud se sont divisés en 71 groupes, les nasarah se sont divisés en 72 groupes, et ma communauté se sont divisés en 73 groupes, tous iront en enfer sauf 1 et c’est la jama^ah. » C’est-à-dire la grande majorité de ceux qui se disent musulmans.
وَأَمَّا عِلْمُ الْكَلامِ الَّذِي يَشْتَغِلُونَ بِهِ أَهْلُ السُّنَّةِ مِنَ الأَشَاعِرَةِ وَالْمَاتُرِيدِيَّةِ فَقَدْ عُمِلَ بِهِ مِنْ قِبَلِ الأَشْعَرِيِّ وَالْمَاتُرِيدِيِّ كَأَبِي حَنِيفَةَ فَإِنَّ لَهُ خَمْسَ رَسَائِلَ فِي ذَلِكَ وَالإِمَامُ الشَّافِعِيُّ كَانَ يُتْقِنُهُ حَتَّى إِنَّهُ قَالَ: أَتْقَنَّا ذَاكَ قَبْلَ هَذَا، أَيْ أَتْقَنَّا عِلْمَ الْكَلامِ قَبْلَ الْفِقْهِ.
Quant à la science du kalam que pratiquent les gens de ahlou sounnah, qu’ils soient ach-^arites ou matouridites, elle était déjà pratiquée avant al-‘Ach^ariyy et al-Matouridiyy. En effet, Abou Hanifah a écrit 5 épitres à ce sujet, et l’imam ach-Chafi^iyy maîtrisait la science du kalam au point qu’il a dit :
أَتْقَنَّا ذَاكَ قَبْلَ هَذَا
ce qui signifie : « nous avons maitriser ceci avant cet autre. » C’est-à-dire que nous avons maitriser la science du kalam avant la science des lois de la jurisprudence.
الشَّرْحُ عِلْمُ التَّوْحِيدِ هُوَ الْعِلْمُ الَّذِي يُعْرَفُ بِهِ مَا يَجُوزُ عَلَى اللَّهِ وَمَا يَلِيقُ بِهِ وَمَا لا يَجُوزُ عَلَيْهِ وَمَا يَجِبُ لَهُ مِنْ أَنْ يُعْرَفَ فِي حَقِّهِ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى، وَلِذَلِكَ سَمَّاهُ أَبُو حَنِيفَةَ الْفِقْهَ الأَكْبَرَ إِيذَانًا وَإِعْلامًا بِأَنَّهُ هُوَ الْفِقْهُ الَّذِي هُوَ أَشْرَفُ وَأَفْضَلُ مِنْ غَيْرِهِ.
Commentaire : la science du tawhid c’est cette science par laquelle nous apprenons et savons ce qui est digne d’être attribué à Allah et ce qui n’est pas digne d’être attribuer à Allah, ce qui est possible à Son sujet et ce qui n’est pas possible à Son sujet, ce qui est obligatoire à Son sujet et ce qui n’est pas obligatoire à Son sujet. Pour cela, l’imam Abou Hanifah a appelé cette science « al-fiqh al-’akbar » -la science majeure-. C’est une allusion claire de sa part que c’est la science la plus noble des sciences et qui est meilleure qu’autre qu’elle.
فَلَيْسَ هَذَا هُوَ عِلْمُ الْكَلامِ الَّذِي ذَمَّهُ الْعُلَمَاءُ وَإِنَّمَا ذَمُّوا كَلامَ أَهْلِ الأَهْوَاءِ أَهْلِ الضَّلالِ الْمُنْشَقِّينَ عَنْ أَهْلِ السُّنَّةِ كَعَقِيدَةِ الْخَوَارِجِ وَالْمُعْتَزِلَةِ وَالْمُرْجِئَةِ وَغَيْرِهِمْ مِنَ الْفِرَقِ الْمُخَالِفِينَ لِأَهْلِ السُّنَّةِ فَإِنَّ لَهُمْ مَقَالاتٍ يُجَادِلُونَ عَلَيْهَا لِيُوهِمُوا النَّاسَ أَنَّ مَا هُمْ عَلَيْهِ هُوَ الْحَقُّ وَأَنَّ مَا عَلَيْهِ أَهْلُ السُّنَّةِ بَاطِلٌ.
Il ne s’agit pas ici de la science de al-kalam qu’ont blâmé les savants, mais ce qu’ils ont blâmé c’est ce qu’ont dit les gens qui suivent leurs passions, ceux qui sont égarés et se sont écartés de ahlou sounnah, comme la croyance des khawarijd, ou les mou^talizah, les mourji’ah et d’autres parmi les groupes qui ont contredit ahlou sounnah. En effet ces gens-là ont des avis avec lesquels ils débattent avec ahlou sounnah pour leur faire croire que leur position est la vérité et que la positon de ahlou sounnah est fausse.
وَهَذَا هُوَ الَّذِي عَنَاهُ الشَّافِعِيُّ بِقَوْلِهِ الَّذِي رَوَاهُ عَنْهُ الإِمَامُ الْمُجْتَهِدُ الْحَافِظُ أَبُو بَكْرِ بنُ الْمُنْذِرِ: لَأَنَّ يَلْقَى اللَّهَ الْعَبْدُ بِكُلِّ ذَنْبٍ مَا عَدَا الشِّرْكَ خَيْرٌ مِنْ أَنْ يَلْقَاهُ بِشَىْءٍ مِنَ الأَهْوَاءِ
Et voilà le sens avec lequel on explique la parole de ach-Chafi^iyy qui a été rapportée de lui par l’imam, le moujtahid, le hafidh Abou Bakr Ibnou l-Moundhir :
لَأَنَّ يَلْقَى اللَّهَ الْعَبْدُ بِكُلِّ ذَنْبٍ مَا عَدَا الشِّرْكَ خَيْرٌ مِنْ أَنْ يَلْقَاهُ بِشَىْءٍ مِنَ الأَهْوَاءِ
ce qui signifie : « que l’esclave vienne au jour du jugement avec tous péchés hormis la mécréance, cela vaut mieux pour lui que de venir avec les paroles de ceux qui suivent leurs passions [dans la croyance]. »
وَمَعْنَى قَوْلِهِ: الأَهْوَاءِ أَيِ الْعَقَائِدُ الَّتِي مَالَ إِلَيْهَا الْمُخَالِفُونَ لِأَهْلِ السُّنَّةِ فَإِنَّ لَهُمْ مُؤَلَّفَاتٍ وَلا سِيَّمَا الْمُعْتَزِلَةُ، وَكَذَلِكَ الْمُشَبِّهَةُ الَّذِينَ يَعْتَقِدُونَ أَنَّ اللَّهَ جِسْمٌ وَأَنَّهُ مُتَّصِفٌ بِالْحَرَكَةِ وَالسُّكُونِ وَالنُّزُولِ وَالصُّعُودِ إِلَى غَيْرِ ذَلِكَ مِنْ صِفَاتِ الأَجْسَامِ، وَكَلِمَةُ الأَهْوَاءِ جَمْعُ هَوى وَالْهَوَى مَا تَمِيلُ إِلَيْهِ النَّفْسُ مِنَ الْبَاطِلِ.
Et le mot « ‘ahwa’ » vise les croyances qui ont attiré les gens qui contredisent ahlou sounnah, ils ont même rédigé des livres, dont notamment les mou^tazilah. Il en est de même pour les mouchabbihah -les assimilationnistes-, ceux qui ont pour croyance que Allah est un corps et qu’Il a les caractéristiques des corps comme le mouvement et l’immobilité, la descente et la montée et autres que cela de parmi les caractéristiques des corps. Et le mot « ‘ahwa’ » est le pluriel de « hawa » qui est ce vers quoi l’âme penche alors que c’est quelque chose d’infondé.
أَمَّا عِلْمُ الْكَلامِ الَّذِي يُعْرَفُ بِهِ أَدِلَّةُ الرَّدِّ عَلَى الْمُخَالِفِينَ هُوَ فَرْضُ كِفَايَةٍ فَيَجِبُ أَنْ يَقُومَ بِذَلِكَ مَنْ تَحْصُلُ بِهِ الْكِفَايَةُ لِأَنَّ هَذَا مِنْ بَابِ إِزَالَةِ الْمُنْكَرِ، وَهَذَا مِنْ أَفْرَضِ الْفُرُوضِ لِأَنَّهُ حِفْظٌ لِأُصُولِ عَقِيدَةِ أَهْلِ السُّنَّةِ.
Tandis que la science d’al-kalam qui permet de connaitre les preuves pour répliquer à ceux qui contredisent, cela est une obligation collective, il est un devoir de l’accomplir. C’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait des gens qui réalisent la suffisance, qui s’acquittent de cette obligation au titre d’interdire ce qui est blâme. Et ceci fait partie des obligations les plus importantes car c’est ce qui permet de conserver les fondements de la croyance de ahlou sounnah.
Informations utiles :
Le Messager de Allah est mort dans la maison de ^A’ichah, et ceci est une preuve du mérite de la dame ^A’ichah. Et le Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « le Messager n’a pas vécu après le pèlerinage de l’adieu plus que deux mois et quelque. »
Et notre maitre Mouhammed avait eu une bannière [qui est comme un drapeau] de couleur noir. Il a choisi la couleur noir parce que le noir ne dérange pas le regard. C’est-à-dire que celui qui voit cette couleur peut fixer son regard dessus plus qu’il ne peut fixer son regard sur une autre couleur au soleil.
Le Chaykh a dit que le Messager de Allah a oublié alors qu’il faisait la prière. Une fois, il a passé le salam au bout de deux rak^ah pour une prière de quatre rak^ah, il a pensé qu’il avait terminé. Un des compagnons lui a dit :
يَا رَسُولُ الله أَقُصِرَتِ الصَّلَاةُ أَمْ نُسِيتَ
ce qui signifie : « ô Messager de Allah, est-ce que la prière a été raccourcie ou tu as oublié ? » Le Prophète a répondu :
كُلُّ ذَلِكَ لَمْ يَكُون
ce qui signifie : « cela n’a pas eu lieu. » C’est-à-dire ni l’un ni l’autre. Puis on lui a rappelé. Il a dit :
بَلَا كَانَ بَعْدُ ذَلِكَ
ce qui signifie : « oui, il y a eu une partie de ce que tu dis. » Puis il a dit aux compagnons :
أَحَقٌّ مَا يَقُولُ ذُو الْيَدَيْنِ ؟
ce qui signifie : « est-ce vrai ce qu’a dit dhou l-yadayn ? » Ils ont répondu : « oui. » Il s’est alors levé et a complété les deux rak^ah manquantes. Rapporté par an-Naça‘iyy.
Notre Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ^Abdou l-Lah Ibnou Salam a dit que dans la Torah d’origine il est parvenu que ^Iça sera enterré tout près de notre maitre Mouhammed tout comme l’a rapporté at-Tabaraniyy.