Chaykhaboulaliyah's Blog


Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-Anbiyaa’ : 1-47

Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres.  Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.

Toute chose qui va venir est proche.

Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre.  Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.

Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).

Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.

« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.

C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.

Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ». 

Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).

Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie.  Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.

Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.

Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).

Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.

Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces

Ou c’est plutôt un poète

Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.

Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.

Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.

Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.

Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie

Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.

Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?

Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.

La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.

Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».

Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».

Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.

Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.

Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.

Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.

La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.

Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.

Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.

Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.

Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).

Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.

Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.

N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.

Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.

qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée. 

Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.

Verset 12 :  quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation

 C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.

Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.

Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.

Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.

Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.

Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé.  C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.

Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.

Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).

Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –

Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.  

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.

Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.

Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.

Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,

Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.

Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.

Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,

De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.

Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.

Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».

Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre.  « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.

Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.

Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)

Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »

Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.

 « subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ».  Or Dieu est absolument exempt de cela.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.

« law kāna fīhimā » :  fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.

Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.

Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,

1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.

2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance

3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.

Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.

Et il est impossible que le dieu soit impuissant.

Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre  que lui, il est possible  que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement,  cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on  n’émette pas d’objection contre lui.

Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.

On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.

L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.

Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.

La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.

Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.

Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.

Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.

Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.

Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.

Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.

Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).

Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.

Et ils agissent conformément à Ses ordres.

Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.

Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.

Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.

Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.

Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.  

Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer

C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer

C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.

Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.

Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.

Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).

Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.

Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.

 Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.

Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.

Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?

Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont   et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.

Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.

Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī )  des piquets pour que la terre ne tremble pas.    rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.

Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.

Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.

Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».

Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas.  Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.

Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.

Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.

Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.

Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.

Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.  

Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.

Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.

Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.

inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.

C’est la première explication qui vise l’être humain en général.

Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».

Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer.  Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.

Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.

Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.

Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.

Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.

Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.

Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.

Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu.  Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.

Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ?  Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.

Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.

Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.

Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.

Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?

Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.

Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.

Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis.  C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.

Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.

Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.

Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.

Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes.  Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.

Tafsir An-Nasafiyy : sourate al ‘Anbiyaa’ de 1 à 14

Posted in Coran,Dieu,islam,Livre,Quran,tafsir par chaykhaboulaliyah sur Mai 22, 2025
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Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres.  Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.

Toute chose qui va venir est proche.

Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre.  Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.

Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).

Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.

« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.

C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.

Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ». 

Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).

Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie.  Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.

Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.

Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).

Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.

Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces

Ou c’est plutôt un poète

Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.

Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.

Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.

Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.

Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie

Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.

Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?

Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.

La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.

Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».

Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».

Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.

Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.

Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.

Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.

La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.

Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.

Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.

Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.

Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).

Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.

Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.

N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.

Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.

qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée. 

Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.

Verset 12 :  quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation

 C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.

Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.

Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.

Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.

Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.

Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé.  C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.

Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.

Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).

Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –

Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.  

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.

Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.

Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.

Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait, Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.

Tafsir, Exégèse sourate Taha : versets de 1 à 109

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur janvier 13, 2025
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C’est une sūrat mecquoise (c’est-à-dire révélée au Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam à La Mecque) et elle comporte 135 versets.

Verset 1 : cette sūrat s’appelle ṭāhā et as-Suyūṭī a dit qu’elle s’appelle aussi sūrat at-taklīm : ça a été rapporté par as-Saẖāwī. Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : certains savants ont dit que ṭāhā est un des prénoms du Prophète mais ce n’est pas quelque chose de confirmé. Les musulmans ont employé le début des deux sūrat ṭāhā et sūrat yāsīn pour désigner le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Mais le Prophète lui-même ne s’est pas donné ces prénoms-là. Le šayẖ a dit que ṭāhā signifie « ô toi homme éminent ». Dans la langue des Arabes, quand ils disent « yā ṭāhā », cela veut dire « ô toi homme éminent » et « yāsīn » signifie « ô toi être humain éminent ». C’est par la suite que les musulmans se sont mis à employer ces noms pour désigner le Messager, yāsīn, ṭāhā, Musṭafā (qui signifie celui qui est élu). Et le šayẖ a dit que c’était autorisé. Il est valide également d’appeler notre Prophète le prophète élu, Muẖtār, choisi pour la mission de prophète.

Quelques exégètes ont dit que ṭāhā signifie « ô toi qui te lèves beaucoup la nuit pour faire des actes d’adoration surérogatoires, ménage-toi » c’est-à-dire « ne te fatigue pas ».

As-Suyūṭī a dit dans son livre al-ʾitqān : Dieu a cité dans le qurʾān des lettres : une lettre seule, deux lettres, trois lettres, quatre lettres et cinq lettres. Parce que les mots sont composés le plus souvent de ce nombre -là et il n’y a pas plus que cinq lettres. Et il a été dit que ces mots qui sont dans le qurʾān sont des signes que Dieu a donnés aux gens du Livre, qu’il sera révélé à Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam un livre qui comporte dans le début de certaines sūrat des lettres qui ne sont pas des mots. As-Suyūṭī continue en disant que c’est un des avis qu’il a trouvé pour expliquer le début de certaines sūrat en général.

Pour certains de ces mots, il y a une autre explication. Il a été dit que ṭāhā et yāsīn signifient « ô homme » ou bien « ô Muḥammad » ou bien « ô être humain ». Et il a été dit qu’il s’agit de deux prénoms du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Et il a été dit que ṭāhā, comme nous avons vu précédemment, signifie « ménage-toi » parce que le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, veillait souvent en prières surérogatoires.

Verset 2 : Nous ne t’avons pas fait descendre le qurʾān pour que tu sois éprouvé, parce que tu es désolé pour eux et pour leur mécréance. C’est-à-dire du fait que les mécréants de Qurayš ne deviennent pas musulmans.

Deuxième explication : Nous ne t’avons pas fait descendre le qurʾān pour que tu sois éprouvé par les veillées de nuit en prières surérogatoires.

Il a été rapporté que le Prophète ʿalayhi s-salām était tellement resté debout pour faire des prières surérogatoires la nuit que cela avait fait gonfler ses pieds. Alors Ǧibrīl lui a dit : « ménage tes forces. Ton corps et ton âme ont un droit sur toi ». Autrement dit, Nous ne t’avons pas révélé le qurʾān pour que tu t’épuises dans l’adoration. Et tu n’as été envoyé qu’avec la Loi qui est belle et facile.

Verset 3 : (Nous avons révélé le qurʾān) en tant que rappel pour ceux qui craignent Dieu : le rappel est utile pour les croyants.

Ou bien pour ceux qui vont craindre Dieu, c’est-à-dire ceux qui vont être amenés à craindre Dieu.

Verset 4 : et en tant que révélation de la part de Celui qui a créé la terre et les cieux élevés.  Al-ʿulā est un pluriel, c’est un adjectif qui qualifie les cieux et ceci est une preuve claire de l’éminence de la puissance de Dieu.

Verset 5 : Dieu est ar-Raḥmān c’est-à-dire Celui Qui est très miséricordieux pour les croyants et les mécréants dans le bas-monde et pour les croyants uniquement dans l’au-delà.

An-Nasafī a expliqué istawā par istawlā c’est-à-dire que le Trône est sous la toute puissance de Dieu. Az-Zaǧǧāǧ qui est un grand spécialiste de la langue arabe a dit cela. Dieu domine le Trône par Sa puissance. An-Nasafī a attiré l’attention sur le Trône parce que c’est la plus éminente des créatures.

Certains ont dit que al-ʿarš signifie le trône d’un roi, c’est ce qui permet au roi de manifester son autorité, sa souveraineté. Le trône est devenu un symbole de royauté et de souveraineté. De sorte que lorsque les Arabes disent « un tel istawā ʿala l-ʿarch » cela signifie qu’un tel est devenu roi, qu’il s’est emparé du pouvoir. C’est devenu une expression pour désigner la souveraineté.

Il a utilisé une expression en arabe « yadu fulān mabsūtah » qui signifie que la main d’un tel est grand ouverte, c’est pour indiquer la générosité.

An-Nasafī dit que ce qu’il convient de dire à propos de ce verset 5 de la sūrat ṭāhā, c’est ce qu’a dit l’imām Malik, qui signifie : « l’istawā n’est pas inconnu ». Le šayẖ a dit que cela signifie que la confirmation de l’istawā est chose connue dans la Loi. L’imām Malik continue en disant : « et le comment est inconcevable ». C’est-à-dire que le comment n’est pas valide au sujet de Dieu, selon la raison. Car le comment est tout ce qui est caractéristique des créatures. Il est donc inconcevable au sujet de Dieu qu’il y ait un comment. C’est impossible selon la raison. La voie correcte est la parole de l’imām Malik : « l’istawā n’est pas inconnu. Et le comment est inconcevable. Croire à l’istawā est un devoir. Et poser la question à propos du comment de l’istawā est une mauvaise innovation ». Parce que Dieu est de toute éternité (Son existence n’a pas de début). Et de toute éternité il n’y a pas d’endroit. Cela veut dire que de toute éternité, Dieu existe sans endroit. L’endroit est ce qu’occupe une substance dans l’espace. Et Dieu n’est pas une substance qui occupe un espace. Et Dieu est, actuellement, tel qu’Il est, avant la création des endroits. Il ne change pas. C’est-à-dire que, tout comme avant la création des endroits, Dieu est sans endroit, après la création des endroits, Il n’est pas dans un endroit. Il ne change pas. Le changement est la plus grande caractéristique des créatures.

Notre šayẖ a dit que ce verset 5 de sūrat ṭāhā, il n’est pas permis de l’expliquer dans le sens de la position assise. Parce que le fait de s’asseoir est une des caractéristiques des humains. Celui qui croit cela aura considéré que Dieu est semblable aux humains. La position assise quelque soit la manière de s’asseoir, reste une caractéristique des humains, qu’on soit assis en tailleur, ou qu’on soit accroupi, ou en étant assis comme dans la prière. Aucun compagnon du Prophète n’a dit que l’istawā de Dieu sur le Trône signifiait la position assise. Mais les compagnons avaient pour croyance que l’istawā de Dieu a un sens digne de Dieu parmi les sens valides dans la langue arabe. Parce que l’istiwā a quinze sens dans la langue arabe : pour une créature, il peut avoir le sens de la position assise. Et il peut avoir le sens de l’établissement, et le verbe istawā peut avoir le sens d’arriver à maturité, ou de se relever après avoir été allongé et aussi le sens de viser.

Istawā peut avoir le sens de l’istilā qui signifie s’emparer et de qahar qui signifie dominer. Et il peut avoir aussi le sens de l’élévation du degré et ces deux derniers sens sont dignes de Dieu. Il ne s’agit pas de l’élévation de l’endroit ni de la direction. Parce que ce qui compte c’est l’élévation en degrés. Aucun compagnon du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’a expliqué l’istiwā par la position assise ni l’établissement. Mais ils donnaient à l’istiwā un sens digne de Dieu. Ils ne l’expliquaient pas dans un sens d’une des caractéristiques des humains comme la position assise. Parce que la position assise ne peut avoir lieu que de la part des humains ou de certains animaux, qui ont deux partie, une partie supérieure et une partie inférieure. Quant à Dieu, Lui Qui a créé les humains et leurs caractéristiques, Qui a créé les anges et leurs caractéristiques, Qui a créé les ǧin et leurs caractéristiques et leurs états, et Qui a créé d’autres corps que ceux-là, il n’est pas concevable selon la raison ni selon la Loi qu’Il soit caractérisé par la position assise sur le Trône ou le kursiyy, cela est impossible selon la raison. 

Et l’imam Aḥmad a dit que Dieu istawā comme Il l’a dit mais pas comme on peut l’imaginer.

Et il a été authentifié avec une très bonne chaine de transmission d’après l’imam Mālik que Dieu l’agrée qu’il a dit : Dieu istawā tout comme Il nous l’a appris, comme étant un de Ses attributs. Dieu nous a appris que, parmi Ses attributs, il y a l’istiwā et on ne dit pas comment au sujet de Dieu. Et le comment, Dieu en est exempt.

Et il n’est pas valide du point de vue de la chaine de transmission et ce n’est pas correct que l’imam Mālik ou que quelqu’un d’autre que lui ait rapporté du salaf qu’il aurait dit : l’istiwā est connu et le comment est inconnu. Personne n’a dit cette phrase parmi les savants. Car le fait de dire que Dieu a un comment qui est inconnu c’est que Dieu aurait un comment mais que nous, nous ne connaissons pas. Donc cela revient à attribuer à Dieu le comment. Et le comment ce sont les caractéristiques des créatures. Cette phrase suggère un sens qui est faux : que Dieu aurait un istiwā avec un aspect et une forme, mais que nous, nous ne connaitrions pas. Or ceci est complètement différent de ce que le salaf a dit : et le comment est inconcevable.

Le šayẖ a dit que cette phrase « le comment est inconnu », certains Acharites l’ont dite mais eux, ils n’en comprenaient pas que Dieu aurait un comment que nous ignorons, mais ils en comprenaient que Dieu est exempt du comment. Mais cette phrase est dite par beaucoup d’assimilationnistes et de wahabites, qui ont pour croyance que Dieu est assis sur le Trône ou bien qu’Il est au-dessus du Trône.

Ne vous laissez méprendre par le fait que cette expression figure dans le livre « iḥyāhu ʿulūmi d-dīne » parce que l’auteur de ce livre Al-Ġaẓālī ne vise pas le sens que les assimilationnistes visent. En effet Al-Ġaẓālī déclare explicitement dans ce livre que Dieu est exempt d’être dans un endroit, Il est exempt de la limite et de la quantité. La limite et la quantité font partie des caractéristiques des créatures.

Dieu dit dans sūrat ar-raʿd verset 8 ce qui signifie : « toute que Dieu a créée a une quantité ».

Etre situé dans un endroit ou une direction fait partie des caractéristiques des corps et Dieu n’est pas un corps.

Les wahabites comprennent de l’expression qu’ils emploient un sens qui implique que Dieu serait situé dans un endroit. Ce qui est étonnant de leur part c’est qu’ils disent que l’istiwā sur le Trône, il est physique mais ils disent que c’est inconnu.

Nous, nous disons que la phrase « aR-Raḥmān istawā ʿala l-ʿarš » signifie que Dieu domine le Trône. Si quelqu’un nous dit pourquoi dites-vous cela alors qu’on sait que Dieu domine toute chose ! On répond que Dieu dit aussi « wa huwa rabbu l-ʿarchi l-ʿāẓīm » dans sūratū t-tawbah verset 129 ce qui signifie que Dieu est le Seigneur du Trône éminent alors qu’Il est le Seigneur de toute chose. Comme l’a dit le poète : qad istawā Bišrun ʿala l-ʿIrāqī min ġayri sayfin wa damin muġrāqī, ce qui signifie que Bišr a dominé l’Iraq sans brandir d’épée ni faire couler de sang. Il n’a pas fait de guerre. Dans la langue arabe, on peut utiliser le terme istawā ʿala dans le sens de dominer.

Pourquoi le Trône est-il mentionné en particulier ? L’intérêt est que le Trône est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu est tout puissant à créer plus grand que le Trône mais Il a fait que ce soit la plus grande des créatures. Donc cela veut dire que Dieu domine tout ce qui est plus petit que le Trône. Dominer signifie que le Trône est sous la puissance de Dieu. Si ce n’était la puissance de Dieu, le Trône serait tombé sur ce qui en-dessous de lui.

L’imam ʿAlī que Dieu l’agrée a dit ce qui signifie : « certes Dieu a créé le Trône par manifestation de Sa puissance et non pas pour le prendre comme endroit pour s’asseoir ». Rapporté par l’imam le muḥaddiṯ le faqīh Abū Manṣūr at-tamimī dans son livre « at-tabsirah ». Il a dit : lorsque nous disons que Dieu domine le Trône, cela veut dire que Dieu domine toute chose. Le Trône est la plus grande des créatures par ses dimensions, il a une dimension, il a une limite mais seul Dieu sait cette limite. Par contre, ibnu Taymiyah qui est un égaré et qui a une mauvaise croyance, il dit que Dieu a une limite mais que, seul Lui sait. Donc il aura ainsi comparé Dieu au Trône. Et c’est une mécréance car Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.

Si l’un d’eux nous dit : comment dites-vous que Dieu a créé le trône par manifestation de sa puissance, alors que nous ne le voyons pas ? Nous répondons que les anges qui sont tout autour du Trône, ils le voient. Et ainsi, ils augmentent en crainte révérencielle envers Dieu. Leur crainte en glorification de Dieu augmente. Et ils augmentent également en certitude en la parfaite toute puissance de Dieu.

Une autre manière d’expliquer ce verset 5 de sūrāt ṭāhā est de dire : Dieu istawā ʿala l-ʿarš d’un istawā qui est digne de lui, tout en L’exemptant de l’istawā des créatures.

Si quelqu’un dit que Dieu istawā d’un istiwā digne de Lui, cela s’appelle une interprétation globale. On ne précise pas un sens pour l’istiwā.

Quand on dit que Dieu domine le Trône, cela s’appelle une interprétation détaillée. Parce que le mot istawā a 15 sens et le sens de dominer est un de ces quinze sens. On a éliminé les sens qui ne sont pas dignes de Dieu et parmi les sens restants, on a pris parmi eux. On n’a pas la certitude que c’est ce sens -là que Dieu vise mais il n’y a pas de péché à le dire. En effet il n’y a pas que ce sens-là qui est digne de Dieu parmi les sens du terme istawā. Mais ce sens-là « dominer », on a une forte présomption que c’est celui-là qui est correct.

Sachez qu’il est un devoir de mettre en garde contre ceux qui rendent possible pour Dieu la position assise ou l’établissement sur le Trône en expliquant la parole de Dieu « ar-Raḥmānou ʿala l-ʿarši stawā » par la position assise ou l’établissement ou la proximité. C’est la croyance des wahabites, c’est une nouvelle religion qui date d’environ trois siècles. Et avant eux, il y a eu d’autres gens qui ont expliqué l’istiwā par la position assise. C’est un devoir de se méfier d’eux. Ils sont partis d’une proposition qui est fausse : ils ont dit que tout ce qui existe est forcément dans un endroit. Et c’est faux car cela concerne les créatures uniquement. Ils ont fait une analogie entre le Créateur et la créature. La créature est dans un endroit mais Dieu n’est pas dans un endroit. Ils disent : « comment Dieu existe-t-il sans endroit ? Car tout ce qui existe est forcément dans un endroit. Comme Dieu existe, il est dans un endroit ». C’est une argumentation complètement fausse. On leur répond en disant que ce n’est pas une condition pour l’existence que d’être dans un endroit. On leur dit : n’est-ce pas que Dieu existe avant l’existence des endroits, avant l’existence du temps, avant l’existence de tout autre que cela ? !

Preuve en est le ḥadīṯ : qāla rasūlu l-Lāhi ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : « kāna l-Lāhu wa lam yakun šayʾun ġayruh « ce qui signifie : le Messager que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « Dieu est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité ». Le Prophète a dit cette phrase lorsque des gens du Yémen sont venus le questionner au sujet du commencement de ce monde. Le Prophète leur a répondu par une information encore plus importante c’est-à-dire qu’avant le début de ce monde, seul Dieu existe. Autre que Dieu englobe les endroits, les directions, le temps et tout cela n’est pas de toute éternité. Cela veut dire que Dieu existe de toute éternité sans les endroits, sans les directions, sans le temps. Et comme Dieu ne change pas, cela veut dire qu’après la création des endroits, du temps, des directions, Dieu est toujours sans endroit, ni direction, ni temps. Ce ḥadīṯ a été rapporté par Al-Buẖārī, par Al-Bayhaqī et d’autres.

Il est donc valide selon la Loi et selon la raison que Dieu existe sans les endroits et sans les directions. Et l’Islam est le fait de faire l’absolue différence entre le Créateur et la créature. Mais les wahabites ont fait une analogie entre le créateur et la créature : ils ont dit : « tout comme on ne conçoit pas l’existence d’une créature sans qu’elle soit dans un endroit, alors c’est impossible que Dieu soit sans endroit ». C’est cela qui les a amenés à leur perte. Quand on dit que Dieu existe sans comment, cela veut dire que Dieu n’a pas les caractéristiques des créatures.

Verset 6 : à Lui tout ce qu’il y a dans les cieux et sur terre, et ce qu’il y a entre eux et ce qui est sous terre. C’est-à-dire que tout cela appartient à Dieu. Et Il fait de ce qui Lui appartient ce qu’Il veut.

Verset 7 : que tu dises quelque chose à voix haute ou à voix basse, Dieu sait ce que tu dis à voix basse. Et même ce qui encore plus discret que ce qui est dit à voix basse. Comme ce qui nous passe par l’esprit ou ce qu’on a dans le cœur. Rien n’échappe à la science de Dieu.

Dieu sait absolument tout.

Verset 8 : Allāh il n’est de dieu que Lui. Il a les noms qui indiquent la perfection. Allāh est le plus beau mot de la langue arabe. « Allāh il n’est de dieu que Lui » cela signifie que Dieu est unique par Son Etre, même si Ses noms et Ses attributs sont plusieurs. « Il a les noms qui indiquent la perfection » : c’est-à-dire que les noms de Dieu ne comportent pas de défaut.

Verset 9 : est-ce qu’il t’est bien parvenu le récit de Moise ? C’est-à-dire que Dieu a cité le récit de Moise pour que notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam le prenne comme une consolation et un modèle pour lui et pour que ce soit une aide à supporter le statut de prophète, par la patience face aux difficultés.

Verset 10 : lorsqu’il a vu un feu. Dieu a ordonné à notre maitre Moise de se rendre dans un endroit et il a vu un feu. Il a été rapporté que notre maître Moise avait demandé l’autorisation à Šuʿayb (qui était son beau-père et qui était aussi un prophète) de s’absenter pour aller visiter sa mère qui se trouvait en Egypte. Il est parti avec son épouse et elle a accouché en route. C’était par une nuit obscure et froide. Il avait perdu son chemin, son troupeau s’était dispersé, il n’avait pas d’eau. Il a essayé d’attiser un feu mais son bras était devenu comme glacé tellement il faisait froid. Il a alors vu un feu. En réalité c’était une lumière. Il a dit à sa famille : attendez, j’ai vu un feu. Pourvu qu’on puisse se réchauffer, puissé-je amener une braise de ce feu. On comprend de cette phrase qu’il avait un espoir, ce n’était pas une certitude. Ceci, afin de ne pas promettre ce qu’il ne peut pas réaliser.

En extraire un feu : c’est-à-dire soit un feu au bout d’un bâton ou au bout d’une mèche.

Ou peut-être que je trouve autour de ce feu des gens qui sont bien guidés. C’est-à-dire qui puissent m’indiquer le chemin pour que je puisse continuer.

Verset 11 : quand il s’est rendu auprès de ce feu, il a vu que c’était un feu qui était tout blanc. Il n’y avait pas de flamme. Ce feu jaillissait d’un arbre en partant du bas du tronc jusqu’en haut. C’était un arbre de al ʿunnāb un jujubier, dont le fruit qui ressemble à une toute petite pomme. Il n’a vu personne autour. Il a été rapporté que chaque fois qu’il se rapprochait de cet arbre, l’arbre s’éloignait. Et s’il reculait, l’arbre retournait à sa place. Moise fut appelé, c’est-à-dire qu’un ange l’a appelé de la part de Dieu. Il a dit : ton Seigneur te dit ô Mūsā

Verset 12 : Je suis Ton Seigneur. Ceux qui attribuent le corps à Dieu ont prétendu que Dieu parle avec une voix. Or la voix est une caractéristique du corps. Le corps et la voix ont un début. Ce sont des choses relatives aux créatures. Mais la parole de Dieu n’est pas une voix. Dieu est exempt d’être une substance ni une caractéristique d’une substance. L’être humain a forcément des caractéristiques. Il n’y a pas un être humain qui soit dépourvu de mouvement ou d’immobilité. Tout ce qui change implique le début. Il est impossible selon la raison qu’il y ait quelque chose qui change et qui soit sans début. Tout ce qui change a obligatoirement un commencement.

Enlève tes chaussons : An-Nasafī a dit que c’est pour qu’il puisse fouler cette terre bénie. D’autres ont dit que c’est parce que ses chaussons sont faits à partir d’une peau d’âne qui n’a pas été tannée. C’est cela l’avis qui est retenu. Il a été dit aussi que le fait de marcher pieds nus est une preuve de modestie et d’humilité envers Dieu. Et le qurʾān indique cela. Les musulmans du salaf ont fait les tours autour de la kaʿbah pieds nus, par humilité envers Dieu. Alors Mūsā a enlevé ses chaussons et les a jetés par-derrière la vallée.

Le šayẖ a dit : c’est l’habitude des gens de mon pays, quand un étudiant de science vient étudier chez son enseignant, il enlève ses chaussures avant de rentrer. 

Certes tu es dans la vallée sacrée : c’est-à-dire pure ou bénie.

Verset 13 : Je t’ai élu pour le statut de prophète. Alors entends bien ce qu’il t’est révélé.

Verset 14 : certes Je suis Allāh il n’est de dieu que Moi. Adore-Moi et accomplis la prière. C’est-à-dire : crois en Mon unicité et obéis-Moi. Et accomplis la prière pour M’évoquer. Parce que dans la prière, il y a des évocations. Ou bien parce que j’ai mentionné la prière dans les livres anciens et J’ai ordonné qu’elle soit accomplie.

Il y a plusieurs explications et le šayẖ a dit : accomplis la prière pour M’évoquer, c’est-à-dire en des temps bien précis. Car Dieu dit ce qui signifie : la prière a été prescrite pour les croyants dans des temps bien précis.

Il a mentionné, d’abord pour adorer Dieu puis pour faire la prière. Ceci est une preuve que la croyance en l’unicité de Dieu est prioritaire sur tout autre chose.

Verset 15 : certes l’Heure du jugement arrive inéluctablement : les gens ne savent pas quand ce jour va arriver exactement. Ce jour-là chaque âme sera justement rétribuée de ce qu’elle aura accompli.  Dieu a su et a voulu que le Jour du jugement va arriver. Chaque instant qui passe nous rapproche, et de notre terme, et du Jour du Jugement. Dieu nous a donnés des signes annonciateurs de ce jour sans nous informer exactement quand. Ceci, pour que nous soyons toujours prêts à nous préparer pour ce jour. Dieu nous a voilé la date exacte du Jour du Jugement, pour que chaque âme soit correctement rétribuée en fonction de ce qu’elle aura réalisé.

Celui qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra les conséquences. Et celui qui le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra les conséquences. Dieu dit ce qui signifie : « l’exemple de ceux qui ont mécru en Dieu, leurs œuvres sont telles un tas de cendres exposé au vent un jour de tempête ».  Et Il dit ce qui signifie : « dis : obéissez à Dieu et à Son Messager, s’ils rejettent cela, alors Dieu n’agrée pas les mécréants ».

Verset 16 : ne te laisse pas détourner : c’est-à-dire ne te laisse pas détourner pour œuvrer pour le Jour du Jugement ou bien ne te laisse pas détourner pour accomplir la prière ou bien ne te laisse pas détourner de la croyance au Jour du Jugement. La parole est adressée ici à Moise mais ce qui est visé est sa communauté. En effet tous les prophètes sont préservés de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse. Ils sont l’élite de la création.

Par ceux qui n’y croient pas : c’est-à-dire que ceux qui n’y croient pas ne t’influencent pas.

Et qui ont suivi leurs passions : c’est-à-dire ce que leur embellit leur âme. Et qui contredisent l’ordre de Dieu

Car cela va te mener à ta perte.

Dieu dit en s’adressant au Prophète mais ceux qui sont visés ce sont les gens de sa communauté ce qui signifie : si tu tombes dans l’association (c’est-à-dire si des gens de ta communauté tombent dans l’association) alors tu perdras toute récompense.

Verset 17 : Dieu annonce à Moise qu’il aura un miracle avec son bâton qu’il tient avec sa main droite.

Verset 18 : il (Moise) a dit : c’est un bâton que j’utilise comme appui ou bien quand je conduis un troupeau ou bien pour sauter et je tape les branches des arbres pour que mon troupeau puisse manger ce qui tombe des arbres et je l’utilise pour d’autres choses encore.

Les autres usages que Moise avait de ce bâton c’est que ce bâton l’accompagnait, conversait avec lui, combattait l’ennemi, les fauves, devenait aussi comme un support pour accrocher une poulie pour pouvoir récupérer de l’eau d’un puits et parfois les deux branches de ce bâton devenaient comme des bougies qui éclairent la nuit et il servait aussi à porter ses affaires, ses provisions et également, quand il le plantait dans le sol, ce bâton donnait le fruit qu’il désirait.  Et aussi quand Moise plantait son bâton dans le sol, l’eau jaillissait et la source tarissait quand il l’enlevait du sol. Ce bâton protégeait aussi des animaux sauvages. Donc Moise a énuméré les bienfaits qu’il tirait de ce bâton.

Verset 19 : il lui a été dit lance ton bâton ô Mūsā : c’est pour que tu ne t’appuies plus dessus et que tu n’aies plus recours à autre qu’à Dieu et que tu voies ce que ce bâton comporte comme autre usages et que tu te fies à Nous pour tes demandes.

Verset 20 : Mūsā l’a lancé et c’était devenu un serpent qui se mouvait rapidement. Il a été dit que c’était devenu un serpent qui engloutissait les rochers et les arbres. Quand notre maitre Mūsā a vu son bâton qui était devenu un serpent qui dévorait tout sur son passage, il a eu un mouvement naturel d’appréhension.

Le terme utilisé en arabe est le mot ḥayyah qui est un terme générique car il peut englober aussi bien ce qui est un petit serpent ou un gros serpent, il désigne les différentes catégories de reptiles. 

Verset 21 : Dieu dit reprends-le (ce serpent) et ne crains rien, Nous allons lui redonner son aspect d’origine. Quand notre maitre Moise a entendu la parole « ne crains rien », il a même introduit sa main dans la gueule du serpent et il a pris ses deux mâchoires.

Nous allons lui redonner son aspect d’origine : sīratu l-insān c’est la conduite de l’être humain, qu’il a naturellement ou par acquisition. Dieu a dit à Moise que le serpent allait reprendre son aspect d’origine pour que Moise réalise son miracle avec pharaon et ainsi Dieu a préparé Moise à l’aspect que le bâton allait prendre quand il serait en présence de pharaon.

Verset 22 : ramène ta main sous ton ǧanāḥ. Le mot ǧanāḥ à l’origine signifie l’aile de l’oiseau mais ici, cela veut dire le bras. Donc « mets ta main sous ton bras ». Les ǧanāḥ de l’être humain ce sont ses côtés. C’est une métaphore, c’est comme les ailes de l’oiseau. yaǧnaḥ signifie « il bat des ailes ». Elle sortira toute blanche. C’est-à-dire qu’elle sera lumineuse comme le soleil qui aveugle les yeux, sans qu’il n’y ait de maladie comme le vitiligo, ça sera un autre miracle pour toi. C’est-à-dire un autre signe de ton statut de prophète.

Le šayẖ al-Hararī que Dieu l’agrée a dit : la couleur blanche de la main de Moise sera agréable à voir, ce n’est pas comme quand quelqu’un a le vitiligo et c’est une couleur blanche qui est laide.

Verset 23 : afin de te montrer de Nos grands signes. C’est-à-dire : voici là un autre miracle (après celui de la transformation du bâton en serpent). Afin que Nous te montrions par ces deux signes certains de Nos grands signes.

Verset 24 : va chez pharaon, il a fait preuve d’injustice : il est devenu tyrannique. Il a dépassé son statut d’esclave pour prétendre à la divinité. Lorsque notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a reçu l’ordre d’aller chez pharaon le tyrannique, l’injuste et que Mūsā a su qu’il avait été chargé d’une mission lourde de responsabilité, qui nécessite un cœur plein de patience.

Verset 25 : il a dit (Mūsā ʿalayhi s-salām) ô Seigneur, fais que mon cœur soit fort pour supporter cela. Fais que mon cœur soit suffisamment fort pour supporter la révélation, pour supporter les difficultés et pour que je puisse supporter les mauvais comportements de pharaon et de ses soldats.

Verset 26 : et facilite-moi ma tâche : c’est-à-dire : ô Dieu, rends facile pour moi ce que tu as ordonné de faire.  Facilite-moi la transmission du message à pharaon.

Verset 27 : dénoue le nœud que j’ai dans ma langue c’est-à-dire facilite-moi la parole. Facilite-moi de trouver les mots justes et de les exprimer facilement. Dans la langue de notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām, il y avait une trace de brûlure parce qu’il avait mis une braise dans sa bouche lorsqu’il était enfant. Il était né l’année où pharaon faisait tuer tous les garçons des fils de Isrāʾīl qui naissaient. Dieu a inspiré la mère de notre maitre Mūsā de le placer dans un berceau qu’elle attacherait sur le fleuve et Dieu a fait que ce berceau est allé dans la maison de pharaon. Comme la femme de pharaon était musulmane et ne pouvait avoir d’enfant, elle a demandé à pharaon de garder cet enfant. Mais il a refusé toutes les nourrices qu’on lui proposait. Alors sa sœur qui avait suivi le berceau a indiqué sa mère comme nourrice, il a donc été rendu à sa mère. Puis un jour qu’il était dans le palais de pharaon, il a tiré sur sa barbe. Pharaon était énervé, il voulait le tuer. Sa femme Āsiyah a intercédé en faveur de Mūsā en disant à pharaon : « ne le tue pas, c’est un enfant ». Elle a pris un récipient dans lequel elle a mis des braises et un autre récipient avec des perles. Elle voulait prouver à pharaon que ce bébé n’avait pas encore l’âge de la distinction. Le bébé allait prendre les perles mais un ange a poussé sa main vers les braises qu’il a prises dans sa bouche et ça lui a brûlé la langue. Suite à cela, cela a entrainé un effet sur sa langue. Mais il parlait correctement, avec une certaine lenteur.

Il a été rapporté que, quand il a pris le charbon, sa main aussi a été brûlée et que pharaon avait fait tout son possible pour la soigner mais il n’a pas réussi et quand Mūsā est venu appeler pharaon à l’islam, celui-ci lui a dit : à quoi m’appelles-tu ? Et Mūsā lui a dit : je t’appelle à adorer celui qui a soigné ma main alors que toi, tu étais incapable de la soigner.

ʿuqdatan min lisānī : c’est comme si c’était un des nœuds de ma langue et cela fait croire que ce ne sont pas tous les nœuds qui ont été dénoués. Mais la plupart des savants ont dit que tous les nœuds ont été dénoués. Et notre maitre Mūsā n’a plus eu de difficultés à parler depuis.

Notre prophète Mūsā ʿalayhi s-salām avait eu un effet sur sa langue. Et cela était pour une sagesse pour que pharaon ne le tue pas.  Attention, ce charbon qu’il avait placé dans sa bouche n’avait pas eu pour effet que ses propos étaient incompréhensibles. Il parlait avec une légère lenteur mais ses paroles étaient parfaitement compréhensibles. Il ne modifiait pas une lettre par une autre. Mais il parlait parfaitement. Il y avait un nœud léger c’est-à-dire une certaine lenteur à cause de cette brûlure. Puis il a invoqué Dieu quand la révélation lui était parvenue. Dieu l’a exaucé et même cette lenteur a disparu.

Il a dit ô Seigneur libère-moi de cette légère lenteur que j’ai sur la langue. C’est-à-dire fais que ça touche leurs cœurs et que ça soit efficace. Et Dieu l’a exaucé et même cette lenteur a disparu.

Verset 28 : afin qu’ils comprennent ma parole quand je leur transmets le message. Tous les prophètes avaient un aspect physique parfait, il n’y avait pas parmi les prophètes un seul qui avait une quelconque infirmité. Il n’y avait pas parmi les prophètes un boiteux ni un aveugle.  Mais Yaʿqūb ʿalayhi s-salām, tellement il avait été chagriné suite à la perte de son fils Yūsuf, tellement il avait pleuré qu’il avait perdu la vue pendant un certain temps. Puis il avait recouvré la vue après que Yūsuf lui avait envoyé sa chemise.  Yūsuf était en Egypte et Yaʿqūb était à Madian. Quand il a reçu la chemise de son fils, il a senti l’odeur de son fils et il a recouvré la vue. C’est la preuve qu’il est permis de faire le tabarruk (le fait de rechercher les bénédictions par une trace physique). Et Dieu fait que cette bénédiction soit une cause de guérison. Cela montre qu’un prophète peut perdre la vue pendant un certain temps, mais pas au début de la révélation. C’est-à-dire que quand la révélation lui parvient, il n’est pas aveugle. Donc Yaʿqūb a recouvré la vue quand il a reçu la chemise de son fils. Mais il n’était pas aveugle de naissance et il n’avait pas de cécité avant cette épreuve. Un prophète, au début de la révélation, nécessairement, il a la vue. Mais après avoir reçu sa mission de prophète, il est possible qu’il perde la vue pendant un certain temps.

Mais celui qui prétend qu’Ādam ^alayhi s-salām était sauvage, de petite taille, trapu comme un singe, c’est un mécréant. De même devient mécréant celui qui dit qu’Ādam marchait nu sur terre. Parce que cela constitue une réfutation du Qur’ān, un démenti. Ainsi, Dieu jure dans sūrat at-tīn par les figues et les olives et par le mont aṭ-ṭūr qui est dans le Sinaï. Nous, nous jurons par Dieu, par de Ses attributs. Mais Dieu jure par ce qu’Il veut. Il a aussi juré par cette ville paisible qui est La Mecque. Il a dit ce qui signifie : « Nous avons créé l’homme avec la meilleure apparence ». Et le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « Ādam était grand de taille, il mesurait soixante coudées (une coudée équivaut à environ 46.2 cm, donc sa taille atteignait les trente mètres), et il avait sept coudées de large. Puis ses descendants sont devenus petits.

Verset 29 : et fais que j’ai un ministre de ma famille. C’est-à-dire quelqu’un sur qui je puisse m’adosser sur qui je puisse m’appuyer. Donc le mot wazīr dérive de wizr qui signifie la charge, le fardeau. Le ministre est celui qui aide le roi à soulever les fardeaux. Ou encore le mot wazīr dérive de wazar qui signifie le refuge. Le roi se réfugie dans l’avis de son ministre et il a recours à lui pour gérer ses affaires. Ou encore le mot wazīr dérive de al-mouʾāzarah, c’est-à-dire le soutien et l’entraide.

Verset 30 : mon frère Hārūn 

Verset 31 : fais qu’il me soutienne et de qui je puisse tirer plus de force.

Verset 32 : et fais qu’il soit mon associé dans ma mission. C’est-à-dire fais qu’il soit un prophète et un messager avec moi.

Verset 33 : Dieu dit au sujet de Mūsā ʿalayhi s-salām : afin que nous T’évoquions beaucoup sabbaḥa ici, signifie faire la prière et évoquer Dieu. Mūsā ʿalayhi s-salām a demandé à Dieu de lui envoyer Hārūn pour qu’ils puissent ensemble évoquer beaucoup Dieu, pour qu’ils s’entraident à l’adoration de Dieu.

Verset 34 : et que nous T’évoquions beaucoup (pendant la prière et en-dehors de la prière).

Verset 35 : Mūsā ʿalayhi s-salām a dit : ô Allāh, certes Tu sais tout de nous. Dieu, rien n’échappe à Sa science.

Verset 36 : Dieu a répondu à l’invocation de notre maitre Mūsā : ta demande a été exaucée ô Mūsā c’est-à-dire qu’il t’a été donné ce que tu as demandéô Mūsā. Il y a différentes sortes de récitation ici : au lieu de dire « suʾlak » on dit « sūlak ».

Verset 37 : et Nous t’avons fait grâce une seconde fois. Nous t’avions déjà fait grâce auparavant une autre fois, auparavant.

Verset 38 : Nous avions inspiré à ta mère ce que Nous t’avions inspiré. aʾuḥā signifie Nous t’avions révélé ; mais les femmes ne reçoivent pas la révélation car ce sont les hommes qui sont des prophètes. Une explication est : il se peut que Dieu ait envoyé un ange à la mère de Mūsā qui lui a dit ce que Dieu veut qu’elle sache. Ou bien c’est une inspiration qu’elle a eue dans son cœur. Ou bien elle a fait un rêve lorsqu’elle a accouché de Mūsā.

Car le pharaon de cette époque faisait tuer tous les garçons qui naissaient, une année sur deux. Et Mūsā est né une de ces années-là. Pharaon avait ordonné à ses gardes de chercher tous les descendants d’ Isrāʾīl et il faisait tuer tous les garçons qui naissaient.

Ce qui a été révélé à la mère de Mūsā est expliqué dans le verset suivant.

Verset 39 : que tu mettes ton enfant dans un berceau flottant dans l’eau (du Nil) afin que cette eau l’amène sur le rivage et il sera récupéré par un ennemi à Moi et par un ennemi à lui (àMūsā).

Il a été rapporté que la mère de Mūsā avait mis sur l’eau ce berceau flottant et qu’elle l’avait enduit d’un produit qui empêchait l’eau de l’infiltrer. Il y avait une grande partie du fleuve qui arrivait à un verger de pharaon. Alors qu’il était assis avec son épouse Āsiyah dans ce verger, ils ont vu le berceau qui avait échoué sur le rivage. Il a ordonné qu’on lui ramène ce berceau et il a vu un garçon qui avait le plus beau des visages. Tout de suite pharaon l’a aimé.

Je t’ai accordé un amour de Ma part : Dieu a agréé Mūsā et ceux que Dieu agrée, les gens les aiment. Il n’y pas eu une seule personne qui ait vu Mūsā sans l’aimer.

Un des compagnons du Prophète qui s’appelle Qatādah a dit : « il y avait une beauté dans le visage de Mūsā, personne ne le voyait sans qu’il ne l’aimât ».

Et que tu sois élevé sous Ma protection : ici le mot ʿaynne veut pas dire « œil » au sujet de Dieu parce que Dieu n’est pas un corps. Cela veut dire « afin que tu grandisses sous la protection de Dieu ».

Verset 40 : ta sœur a marché pour lui dire « est-ce que vous voulez que je vous indique une nourrice qui puisse l’allaiter ? » C’est une autre grâce de la part de Dieu, le fait que la sœur de Mūsā ait suivi le berceau. Sa sœur s’appelait Maryam. Il s’est avéré qu’ils étaient en train de chercher une nourrice qui puisse l’allaiter. Dieu a fait que Mūsā avait rejeté toutes les nourrices qui lui avaient été proposées. Et elle visait par cette nourrice la véritable mère du bébé. Ils ont été d’accord. Alors elle a ramené la mère de Mūsā et bien sûr il a accepté le sein de sa mère.

Nous t’avons ramené auprès de ta mère tout comme Nous le lui avions promis. Pour que ton cœur se réjouisse en t’ayant à nouveau auprès d’elle.

Et qu’elle ne soit pas chagrinée pour t’avoir perdu et il est arrivé plus tard quand tu as grandi, tu as tué quelqu’un et Nous t’avons sauvé des conséquences. Et tu as tué un Qibt et Nous t’avons sauvé du fait d’être tué à ton tour. Le mot ġamm, certains ont dit que c’est l’homicide dans la langue de  Qurayš et d’autres ont dit qu’il était tourmenté à cause de cet homicide par crainte du châtiment de Dieu. Ceci a eu lieu avant le statut de prophète de notre maître Mūsā ^alayhi s-salām et ceci n’est pas un grand péché car il l’a tué involontairement. Il craignait que pharaon ne le tuât en raison de cet homme. Et Dieu a pardonné à Mūsā quand il a dit : « ô Seigneur, j’ai été injuste envers moi-même, pardonne-moi ». Dieu a sauvé Mūsā de pharaon puisqu’Il a fait que Mūsā quitte l’Egypte pour Madiane qui se trouve entre l’Arabie et la Jordanie. Madiane était la ville du prophète Šuʿayb.

Nous t’avons élu parmi d’autres : Mūsā a été élu par le fait d’être prophète.

Tu es resté un certain nombre d’années parmi les habitants de Madiane : c’est la ville du prophète Šuʿayb, elle se trouve à huit étapes de l’Egypte. Wahb, un des exégètes du qur’ān a dit que notre maitre Mūsā ^alayhi s-salām est resté 28 ans à Madiane : 10 ans en tant que dot pour Séphora, la fille de Šuʿayb qui était la femme de Mūsā, puis 18 ans en plus. Il a eu des enfants.

Puis il est arrivé le temps où Mūsā a reçu son statut de prophète.

Verset 41 : Je t’ai choisi pour recevoir la révélation de Ma part pour que tu te comportes tel que Je veux et j’agrée.

Az-Zaǧǧāǧ qui est un spécialiste de la langue a expliqué ce verset par : « Je t’ai choisi pour la mission que Je t’ai donnée, Je t’ai fait celui qui est Ma preuve pour les gens, tu es celui qui est l’intermédiaire entre les gens et Moi, c’est comme s’ils ont entendu Ma parole que tu leur transmets ».

Verset 42 : va, toi et ton frère, avec Mes signes. Avec mes miracles et ne vous lassez pas de m’évoquer. Ne soyez pas de ceux qui faiblissent et qui font preuve de défaillance. ḏikrī c’est-à-dire : c’est comme si vous aviez des ailes pour vous envoler. Ou bien transmettez Mon message à pharaon et à son peuple. Le mot ḏikr qui est traduit communément par évocation est un mot qui désigne différentes sortes d’adoration. Et transmettre le message est un acte d’adoration et c’est le plus éminent des actes d’adoration.

Verset 43 : allez donc tous les deux voir pharaon, il a dépassé les limites. Cette phrase a été répétée deux fois. Pharaon a été tyrannique puisqu’il a prétendu la divinité.

Verset 44 : dites-lui des paroles convenables : c’est-à-diredes paroles adéquates, douces, car c’est cela qui va l’amener à accepter l’Islam.

Pour que ce soit une cause de rappel pour lui : de sorte à ce qu’il soit exhorté et qu’il reconnaisse la vérité. Le rappel a eu lieu pour lui mais il a accepté au moment où il allait se noyer, donc c’était trop tard. Car Dieu n’accepte pas le repentir de la part de quelqu’un qui a perdu tout espoir de vivre.

Il a été dit que pharaon avait été exhorté par le rappel que lui avait fait Mūsā et Hārūn et qu’il voulait les suivre mais que c’était son ministre qui l’en avait empêché.

Il a été dit que ce verset a été récité auprès de Yaḥyā fils de Muʿāḏ et il était connu pour être un ascète, un grand saint. Quand il a entendu ce verset, il s’est mis à pleurer et il a dit : « quand tu es de ceux qui parlent avec douceur et de manière adaptée à un mécréant qui prétend la divinité (pharaon avait dit qu’il était le seigneur suprême), alors comment vas-tu parler à quelqu’un qui reconnait la divinité de Dieu !! A plus forte raison, il convient de parler de manière adaptée à quelqu’un qui est musulman et qui dit la parole -subḥāna rabi l-ʾaʿlā-

Verset 45 : ils ont tous deux dit ô Seigneur nous craignons qu’il ne s’empresse de nous punir ou qu’il fasse preuve d’injustice. Nous craignons qu’il ne nous punisse en dépassant la limite en nous faisant du mal.

Verset 46 : Il leur a dit ne craignez rien Je serai avec vous J’entends et Je vois. Je suis avec vous : c’est-à-dire Je vous donne la victoire et Je vous protège.

J’entends : ce que vous allez dire et Je vois : ce que vous faites. Dieu, par Son ouie qui est de toute éternité, Il entend les choses qui entrent en existence. Et Il entend Sa parole qui, elle, est de toute éternité. Sa parole est un attribut, elle n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures.

Et Dieu voit les choses qui sont entrées en existence. Et Dieu voit Son Etre à Lui qui est de toute éternité.

Ibnu ʿAbbās a dit au sujet de ce verset : (ne craignez rien, Je vous soutiens, J’entends (c’est-à-dire vos invocations) et Je vous les exaucerai et Je vois (ce qui risque de vous arriver de la part de ceux qui complotent contre vous) et Je l’empêcherai). Autrement dit, ce qui vous arrive n’est pas quelque chose qui M’échappe. Alors n’ayez pas de crainte.

Verset 47 :  allez le voir (c’est-à-dire pharaon) dites-lui nous sommes les envoyés de ton Seigneur.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : dans ce verset où Dieu leur dit de dire : nous sommes des messagers envoyés à toi, c’est une preuve qu’aussi bien Mūsā que Hārūn sont des messagers.

Et dites-lui envoie avec nous les descendants Isrāʾīl (le prophète Yaʿqūb qui est le petit-fils du prophète Ibrāhīm). Laisse les descendants d’Isrāʾīl venir avec nous, c’est-à-dire libère-les du joug de l’esclavage de la part de pharaon.

Et ne leur fais pas subir des tâches qu’ils ne peuvent pas supporter : car pharaon leur faisait faire des travaux forcés

Nous t’avons amené un signe de la part de ton Seigneur : c’est-à-dire une preuve que c’est bien Dieu Qui nous a envoyés, nous t’amenons la preuve de la véracité de ce que nous prétendons. Cette phrase par rapport à la première phrase qui est (nous sommes des envoyés de la part de ton Seigneur) est une indication, une explication et un détail de la première. Parce que la prétention du message n’est confirmée qu’avec sa preuve. Et la preuve des messagers, ce sont les miracles. Alors pharaon a demandé : et quel est donc ce miracle ? Notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a montré sa main, elle était rayonnante comme le soleil, fluorescente.

Et salutation à celui qui aura suivi la bonne guidée : ici, salutation signifie la sauvegarde et non pas le salut. C’est-à-dire la sauvegarde du châtiment pour celui qui entre en Islam. C’est pour indiquer à pharaon que, s’il entre en Islam, il sera sauvé du châtiment éternel.

Verset 48 : il nous a été révélé que le châtiment sera accordé à celui qui dément et qui se détourne.

Il nous a été révélé que le châtiment dans le bas-monde et dans l’au-delà sera accordé à celui qui dément les messagers et qui se détourne de la foi de l’      Islam.

Ce verset est le verset qui porte le plus d’espoir parce qu’il a indiqué que la sauvegarde sera accordée pour le croyant et le châtiment est pour celui qui dément. Ils sont donc partis le voir et ils ont donc accompli leur mission. Et ils ont dit à pharaon ce qu’ils avaient reçu l’ordre de dire.

Verset 49 : il leur a dit qui est donc votre Seigneur ô Mūsā. Mūsā est Mūšī en hébreu et Mū signifie eau et Šī signifie arbre. Pharaon s’est adressé aux deux mais il a appelé l’un des deux seulement Moise. Parce que c’est Moise qui était prophète en premier puis Hārūn est venu après lui.

Verset 50 : il a répondu (Moise) notre Seigneur (à nous deux) c’est Celui Qui a donné à chaque chose ce dont elle a besoin. Ici, le verbe ʾaʿṭā est transitif et il admet deux compléments d’objet direct.

La deuxième explication : Dieu est Celui Qui a donné à chaque chose son aspect et la forme qui est adaptée au bénéfice pour lequel elle a été créée. Exemple : l’œil, c’est Dieu Qui lui a donné l’aspect correspondant à la vue. La main a été créée avec le pouce en opposition pour pouvoir saisir des objets.

Et Il a guidé : c’est-à-dire que Dieu a fait savoir à Sa créature comment tirer profit des moyens de subsistance : comment semer du blé, comment le récolter, le décortiquer, le moudre, …Et Dieu a indiqué à Ses créatures quel est le moyen du bonheur dans l’au-delà. Dieu a envoyé des prophètes alors qu’Il n’était pas obligé.

Verset 51 : il (pharaon) a dit qu’en est-il de ceux qui ont vécu dans les siècles antérieurs. Il a posé la question àMūsā à propos de l’état de ceux qui ont vécu dans les siècles précédents et qui sont transformés en poussière, du malheur de ceux qui seront malheureux pour l’éternité et du bonheur de ceux qui seront heureux pour l’éternité.

Verset 52 : Mūsā a dit (en guise de réponse) Dieu sait ce qu’il en est de ces gens-là. Il s’en est remis à Dieu au sujet de cette connaissance.

Leur état est inscrit dans un livre : c’est la Table Préservée qui est au-dessus des cieux et sur laquelle est inscrit tout ce qui a lieu dans ce bas-monde jusqu’au Jour du Jugement. C’est comme s’il avait répondu : tu as posé la question à propos d’une chose que nous ignorons, qui est cachée pour nous. Et Dieu est Celui Qui sait cela. C’est comme s’il lui disait : je ne suis qu’un esclave comme toi et je n’ai de connaissance que ce que Dieu, Qui sait les choses cachées me dévoile. Il lui a dit : ce qu’il en est des gens qui ont vécu avant nous, Dieu l’a fait écrire sur la Table préservée.

Dieu ne se trompe pas : c’est-à-dire celui à qui Dieu accorde la félicité, Dieu lui accorde la félicité et celui qui mérite le malheur, Dieu lui accordera ce qu’il mérite.

Et Dieu n’oublie personne : c’est-à-dire que Dieu n’oublie pas de les récompenser ou de les châtier. Il a été dit que Dieu n’est pas de ceux qui oublient. Et la Table Préservée n’est pas là pour lui rappeler ce qu’Il aurait pu oublier. Mais Dieu a fait inscrire sur la Table Préservée pour faire savoir aux anges que ce que vont faire les gens est conforme à ce que Lui Sait.

Verset 53 : Il est Celui Qui a fait que la terre est pour vous comme un support et Il a fait qu’il y a sur terre des chemins (pour que vous puissiez vous déplacer) et Dieu a fait descendre du ciel de l’eau (de pluie) et Nous avons fait pousser par elle différentes variétés de plantes qui sont différentes par leurs couleurs, leurs odeurs, leurs formes ; certaines sont pour les gens, d’autres pour les animaux. Parmi les grâces que Dieu nous a accordées, c’est que nos subsistances, nous les obtenons en partie par le travail des animaux. Et Dieu a fait que les animaux que les humains utilisent, leur alimentation provient du reste des cultures que nous ne consommons pas.

Verset 54 : mangez (vous-mêmes) et faites paître vos troupeaux, il y a en cela des signes pour ceux qui sont dotés de raison. C’est un récapitulatif du verset précédent c’est-à-dire Nous avons fait sortir de la terre différentes sortes de plantes, autorisant à en profiter pour que vous puissiez en consommer une partie et que vous donniez en fourrage une partie pour vos animaux. Il y en cela c’est-à-dire en ce que J’ai mentionné des signes c’est-à-dire des preuves pour ceux qui sont sensés c’est-à-dire ceux qui sont dotés de raison : an-nuhā –  

Verset 55 : c’est à partir d’elle que Nous vous avons créés, c’est à elle que Nous vous rendrons et c’est à partir d’elle que Nous ferons sortir une deuxième fois : c’est-à-dire de la terre. Votre ancêtre, votre père à tous qui est Ādam a été créé à partir de la terre. Et c’est à la terre que Nous vous rendrons (c’est-à-dire c’est dans la terre que vous serez enterrés). C’est à partir d’elle que Nous vous ferons sortir une deuxième fois c’est-à-dire pour le jour de la résurrection. Dieu fait que les parties des corps qui sont transformées en poussière, qui sont mélangées avec la terre, seront ramenées pour reconstituer à nouveau le corps, comme ils étaient pendant leur vie, avant leur mort. Et après la reconstitution des corps, Dieu les fera sortir pour le jour du rassemblement.

L’auteur a dit : Dieu a énuméré ce qui se rapporte à la terre, à savoir qu’elle est un support pour les humains, sur lequel ils peuvent se déplacer, faire leurs occupations ; Dieu leur a tracé des chemins pour circuler pour aller là où ils veulent, Dieu leur a fait pousser différentes sortes de plantes parmi lesquelles celles qui sont sources de subsistance pour eux, ou pour leurs animaux. Et c’est à partir de la terre qu’ils ont été créés et c’est d’elle qu’ils sont nés et elle sera leur linceul quand ils vont mourir.

Verset 56 : Nous lui avons fait voir tous Nos signes, il a démenti et il a refusé. C’est-à-dire à pharaon, il n’a pas été mentionné explicitement mais le pronom « lui » se rapporte à pharaon. « Tous Nos signes » : il s’agit de neuf grands signes que Dieu a accordés à Moise (neuf grands miracles).

1/le bâton qui s’est transformé en un serpent

2/la main de Moise qui est devenue scintillante

3/ la séparation de la mer en douze chemins

4/le rocher qui était une source d’eau pour les tribus descendant d’Isrāʾīl. Chaque fois qu’ils avaient besoin d’eau, Moise frappait ce rocher et douze sources d’eau jaillissaient. Et il emmenait ce rocher avec lui.

5/ les criquets

6/ les poux

7/les crapauds

8/le sang

9/ la prononciation de la montagne.

Mais pharaon a refusé d’accepter la vérité.

Verset 57 : il lui a dit est-ce que tu es venu pour nous faire sortir de notre terre par ta sorcellerie ô Mūsā : c’est pharaon qui a parlé. Il a dit est ce que tu es venu pour nous faire sortir de notre terre d’Egypte ? « Par ta sorcellerie ô Mūsā » : il y a en cela que pharaon avait extrêmement peur de Moise. Pharaon a utilisé cela comme un prétexte car quel sorcier pourrait faire sortir un roi de son royaume !?

Verset 58 : nous allons t’amener une sorcellerie semblable, alors fixe-nous une date pour toi et moi où nous viendrons, ce sera un endroit commun : pharaon a dit : nous allons te contrer avec une sorcellerie comme la tienne. Fixe-nous une date et nous nous y tiendrons, c’est-à-dire que nous n’allons pas manquer ce rendez-vous.

Verset 59 : notre rendez-vous sera un le jour dezīnah (c’était un jour de fête pour eux) : c’est Mūsāqui a répondu cela, même si la question concernait un endroit, il a répondu par un moment. Parce que forcément à cette date-là, ils allaient se retrouver dans un endroit.

Et que le rassemblement des gens soit en matinée. La matinée est le moment de la journée où les gens sont plus sûrs de ce qu’ils voient, ainsi il y a moins de suspicion. Et c’est un moment plus propice pour que la vérité se propage entre les contrées, pour que ce que les gens vont voir soit diffusé à large échelle, dans les villes et les villages.

Verset 60 : pharaon s’est détourné de Mūsā et il a rassemblé tout ce qui constituait sa ruse et ses sorciers puis il est venu. Pharaon s’est détourné de Moise et il a ressemblé ses sorciers : il y a eu trois avis sur le nombre de sorciers de pharaon : soit 72, soit 400 soit 70.000. Puis il est venu pour le jour du rendez-vous.

Verset 61 : Mūsā ʿalayhi s-salām s’est adressé aux sorciers, Mūsā leur a dit malheur à vous, ne calomniez pas Dieu (dans le sens : ne prétendez pas que le miracleque j’ai, soit de la sorcellerie

Sinon Dieu vous anéantira par un châtiment terrible et aura été déçu celui qui calomnie.

Verset 62 : alors ils se sont disputés entre eux et ils se sont concertés en cachette : ils n’étaient pas d’accord entre eux, certains ont dit c’est un sorcier comme nous, d’autres ont dit non, ce qu’il a dit là ce ne sont pas des paroles de sorciers, ne calomniez pas Dieu. Ils se sont dits : si c’est un sorcier, nous allons avoir le dessus, et si c’est quelque chose qui lui vient du ciel, alors il va certainement avoir un soutien.

Verset 63 : ils ont dit mais ce ne sont là que deux sorciers : en parlant de Mūsā et de Hārūn, qui veulent vous faire sortir de votre terre, c’est-à-dire d’Egypte, par leur sorcellerie et ils veulent faire disparaitre votre religion et votre loi exemplaire. Ils font référence au fait qu’ils adorent pharaon.

Verset 64 : venez tous ensemble : les sorciers se sont dits entre eux : soyons tous unis. En une rangée : cela inspire davantage le respect et la crainte pour celui qui observe. Celui qui va avoir le dessus aura réussi.

Verset 65 : les sorciers ont dit ô Moise soit tu lances ton bâton en premier ou alors c’est nous qui commençons par lancer ce que nous avons entre nos mains : ils lui ont laissé le choix entre ce que ce soit lui qui commence ou bien eux. L’auteur dit : c’est comme si Dieu leur a inspiré cela. Ils ont été touchés par la barakah de Moise ʿalayhi s-salām et Moise a su qu’ils voulaient, eux, lancer en premier. Dieu a fait savoir cela à Moise.

Verset 66 : il a dit lancez en premier afin que Dieu manifeste Sa toute puissance et qu’Il annule ce qu’ils auront fait et que, quand le miracle apparait, cela montre la faiblesse de la sorcellerie, pour ceux qui observent et que ce soit une moralité claire pour les gens. Et ils ont lancé.

C’est alors que leurs cordes et leurs bâtons donnaient l’illusion à celui qui les observe qu’ils se déplaçaient. Il a été dit qu’ils les avaient enduits de mercure et, avec le soleil, ils donnaient l’impression de bouger.

Verset 67 : Mūsā ʿalayhi s-salām a craint que les gens ne soient en proie au doute et qu’ils ne le suivent pas.

Verset 68 : Nous lui avons dit n’aie aucune crainte, tu seras le victorieux. Celui qui va vaincre.

Verset 69 : et lance ce que tu as dans ta main droite et c’est ça qui va dévorer ce qu’ils ont fait. C’est-à-dire lance le bâton que tu tiens dans ta main droite, il va avaler les objets que les sorciers ont lancés, c’est-à-dire leurs bâtons et leurs cordes. Le bâton n’a pas été cité précisément mais c’est « ce que tu as dans ta main droite » et ceci par honneur pour ce bâton. Ou alors c’est pour rabaisser ce qu’ils ont fait c’est-à-dire ne te laisse pas impressionner par le grand nombre de cordes et de bâtons qu’ils ont jetés. Toi, tu n’as qu’un bâton dans ta main droite, lance-le et tu verras qu’il ne fera qu’une bouchée de ce qu’ils ont lancé. Autrement dit, par la puissance de Dieu, même si ce que tu tiens dans ta main n’est qu’un seul bâton, il va dévorer tous les autres bâtons malgré leur grand nombre. ʾinnamā ṣanaʿū kaydu sāḥirin wa lā yufliḥu s-sāḥiru ḥayṯu ʾatā : c’est une partie du verset que l’on récite pour dénouer une sorcellerie.

Ce qu’ils ont fait n’est que la ruse d’un sorcier et le sorcier ne réussira jamais, où qu’il soit.

Et Mūsā a lancé son bâton qui a dévoré ce qu’ils avaient jeté. Tellement le signe de ce qu’ils ont vu était impressionnant qu’ils se sont tous prosternés.

Verset 70 : les sorciers se sont tous prosternés rapidement : c’est ce qu’indique le verbe faʾulqiya s-saḥaratu suǧǧadā c’est-à-dire que c’est comme si quelqu’un les avait lancés à se prosterner : ils ont été extrêmement rapides à se prosterner parce qu’ils ont vu que ce n’était pas de la sorcellerie.  L’auteur a dit qu’ils avaient lancé au début leurs cordes et leurs bâtons pour appuyer la mécréance et le reniement, puis ils ont lancé leurs têtes au sol, en se prosternant pour remercier Dieu Qui les a bien guidés, Qui leur a fait savoir qu’en réalité ils étaient dans l’erreur. Regardez le premier lancer et le deuxième : le premier était pour appuyer le faux et le deuxième pour adorer Dieu (c’est un sens figuré du verbe lancer, ici, car ils n’ont pas lancé leurs têtes, c’est pour marquer la rapidité avec laquelle ils se sont prosternés).

Ils ont dit nous avons cru au Seigneur de Hārūn et Mūsā.

Verset 71 : alors pharaon était énervé : il leur a dit comment vous êtes devenus croyants en Moise avant que je ne vous y autorise ; car tous ls sorciers sont devenus croyants musulmans. C’est certes votre kabīr qui vous a enseigné. Ici le mot kabīr fait référence à votre enseignant. Les gens de La Mecque disent à propos de leur grand enseignant le kabīr.

Alors je vais vous couper vos mains et vos pieds des côtés opposés : c’est-à-dire couper la main droite et le pied gauche.

Je vais vous accrocher ensuite sur des troncs de palmier et vous verrez qui de nous est celui qui porte un châtiment plus terrible et qui dure plus longtemps : c’est comme s’il avait dit : est-ce que c’est moi qui vous châtie le plus pour avoir délaissé votre foi en moi ou bien le Seigneur de Moise si vous délaissez la foi en Lui.

Verset 72 : ils (les magiciens) lui ont dit (à pharaon) nous n’allons pas te choisir toi, vu les signes clairs qui nous sont parvenus : nous n’allons pas te préférer, aux dépens de ces preuves claires

Et ne pas suivre Celui Qui nous a créés.

Une autre explication est : par Celui Qui nous a créés, nous n’allons pas te préférer : ils ont juré par Dieu qu’ils n’allaient pas choisir pharaon au détriment des preuves claires qui leur sont parvenues.

Alors fais ce que tu veux nous faire comme mal : tu veux nous accrocher à des poteaux. 

Notre šayẖ a dit : prononce la sentence que tu veux prononcer, cela ne changera rien.

Cela n’est juste que dans la vie du bas-monde : ce que tu vas faire n’a lieu que dans la vie du bas-monde mais dans l’au-delà, tu ne feras rien du tout car l’au-delà demeure plus longtemps.

Verset 73 : nous avons cru en notre Seigneur afin qu’Il nous pardonne notre péché et qu’Il nous pardonne la pratique de la sorcellerie que tu nous as contraints de faire : il a été rapporté qu’ils ont demandé à pharaon « montre-nous Mūsā quand il dort ». Car ils ont vu que Mūsā, dans son sommeil, était surveillé par son bâton. Son bâton était comme un garde. Ils ont dit : cela n’est pas de la sorcellerie : parce que la sorcellerie n’a pas d’effet quand le sorcier dort. Ils ont voulu éviter de provoquer Mūsā ʿalayhi s-salām, pour éviter le scandale mais pharaon les a contraints. Donc malgré leur refus au départ, il les a contraints à pratiquer la sorcellerie. Ce qui a été préjudiciable à pharaon, c’est son ignorance. Parce qu’il ne savait pas la différence entre la sorcellerie et ce qui n’en est pas. Et ce qui a été utile pour les magiciens, c’est la connaissance de la sorcellerie : ils connaissaient ce qu’était la sorcellerie et ils ont profité de leurs connaissances. Ils ont vu que ce que Mūsā avait fait n’était pas de la sorcellerie. Donc si la connaissance de la sorcellerie est bénéfique, que dire alors de la connaissance de la Loi de l’Islam ?

Et Allāh rétribue davantage celui qui lui obéit. Si on obéit à Dieu, la rétribution de la part de Dieu est plus bénéfique que l’acte d’obéissance.

Et le châtiment de la part de Dieu à celui qui Lui désobéit dure plus longtemps. Ici celui qui désobéit à Dieu, c’est celui qui mécroit en Dieu. Et cette dernière partie de verset est une réplique à la parole de pharaon quand il avait dit aux magiciens : vous allez voir qui a un châtiment plus terrible et qui dure plus longtemps. Car la mort est parfois un soulagement : il arrive que quelqu’un souffre et la mort le soulage de ses souffrances.

Verset 74 : mais eux (les mécréants), ils n’auront pas ce soulagement de la souffrance mais ils auront la géhenne dans laquelle ils ne mourront pas. Donc le mécréant ne mourra pas en enfer et il n’aura pas de vie profitable.  C’est-à-dire qu’il vivra perpétuellement sans fin, sans interruption, dans le châtiment et les douleurs. Il n’aura pas une vie paisible.

Quant à ceux qui n’ont pas désobéi à Dieu par la mécréance, et qui sont morts avant de se repentir, donc ils font partie des musulmans désobéissants, il y a parmi eux ceux qui seront touchés par une punition dans l’au-delà puis le châtiment s’interrompra pour eux et ils sortiront de l’enfer pour se rendre au paradis. Et parmi eux, il y a ceux à qui Dieu pardonne et Il ne les châtie pas, parce qu’ils sont morts musulmans. Parce que Dieu est Celui Qui fait ce qu’Il veut. Il ne tire aucun profit d’aucune de Ses créatures : ni des anges, ni des prophètes, ni d’autres qu’eux. Dieu n’est pas injuste s’Il châtie un tel pour sa mécréance ou tel autre pour ses péchés. Et même si Dieu pardonne à ce musulman qui était souillé de péchés et qui est mort avant de faire le repentir, on ne dit pas : pourquoi Dieu pardonne à celui-ci et ne pardonne pas à celui-là ? Dieu est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. On n’émet aucune objection contre lui. Dieu a créé le monde comme Il l’a voulu, par Sa volonté qui est de toute éternité, Il ne S’est concerté avec personne. Dieu ne Se concerte avec personne pour créer quoi que ce soit de ce monde parce que Dieu n’a pas besoin d’autrui. Allāh est al-Qayyūm : certains exégètes ont expliqué ce terme en disant que Dieu est celui Qui n’a besoin de rien, Il n’a pas besoin d’autrui.

Verset 75 : et celui qui meurt sur la foi (l’Islam) et qui aura accompli les bonnes œuvres, celui-là aura les hauts degrés.

Verset 76 : ce seront des jardins d’Eden : ce sera la rétribution de ceux qui se sont purifiés

Dans lesquels couleront des fleuves, ils y resteront éternellement

Et c’est la rétribution de ceux qui se sont purifiés : de ceux qui se sont purifiés de l’association à Dieu, en disant « il n’est de dieu que Dieu ».

An-Nasafī a dit que ces trois versets 74 à 76, il a été dit que ce sont les paroles que les sorciers ont dites. Et il a été dit que ce ne sont pas les paroles des sorciers mais que c’est une information de la part de Dieu. Et le premier avis a le plus de preuves en sa faveur.

Verset 77 : et Nous avons révélé à Moise d’emmener Mes esclaves de nuit : quand Dieu a voulu l’anéantissement de pharaon et de son peuple, Il a donné l’ordre à Moise d’emmener son peuple hors d’Egypte et de partir la nuit, et d’emprunter le chemin de la mer, (d’aller vers l’est)

Ouvre-leur un chemin en mer, un chemin de terre ferme et ne crains pas qu’ils te rattrapent et ne crains pas (la noyade). Alors Moise a entamé le voyage au début de la nuit et ils étaient 70 .000, ils avaient emprunté des bijoux. Le šayẖ, que Dieu lui fasse miséricorde a dit : comme c’était la fête, ils avaient emprunté les bijoux des non musulmans. 

Alors pharaon les a poursuivis avec 600.000 Qibt (coptes) et il les a suivis à la trace. Mais notre šayẖ, que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la plupart des exégètes ont dit que Moise, quand il a quitté l’Egypte, il était accompagné de 600.000 des descendants d’Isrāʾīl alors que pharaon les avait poursuivis avec un million 600.000 soldats et le šayẖ a dit que cet avis était meilleur.

Verset 78 : pharaon est parti à leurs trousses avec ses soldats. Quand ils sont arrivés aux abords de la mer, ils (Moise et ceux qui étaient avec lui) ont été alors pris par des sentiments (ici il y a une formulation très jolie en arabe qui exprime en peu de mots beaucoup de sens et ça s’appelle ǧawāmiʿ l-kalim) ; on peut imaginer ce qu’ils ont ressenti alors qu’ils avaient pharaon à leurs trousses et la mer devant eux. C’est-à-dire qu’ils ont ressenti ce que seul Dieu sait.

Verset 79 : et pharaon a égaré son peuple : il l’a égaré de la voie de la bonne guidée.

Et il ne l’a pas guidé vers la vérité et le droit chemin.

Et ce verset est une réplique à pharaon quand il avait dit à son peuple : « et je ne vous guide que vers la voie de la bonne guidée ».

Puis Dieu cite la grâce et le bienfait qu’Il a accordés aux descendants d’Isrāʾīl après les avoir sauvés de la mer et anéanti pharaon et son peuple dans le verset suivant :

Verset 80 : ô vous descendants d’Isrāʾīl Nous vous avons sauvés de votre ennemi et Nous vous avons fixé une date à côté de la montagne de aṬ-Ṭūr

Ö vous fils d’Isrāʾīl, Nous avons révélé à Moise d’emmener Mes esclaves, la nuit et Nous avons dit : ô vous d’Isrāʾīl, Nous vous avons sauvé de pharaon et Nous vous avons fixé une date et Nous vous avons promis de vous donner le Livre et c’était du côté droit de la montagne de aṬ-Ṭūr qui se trouve au Sinaï. Parce que Allāh ʿazza wa ǧall a fixé une date à Mūsā pour qu’il se rende à cet endroit-là et qu’il choisisse qu’il se fasse accompagner par 70 hommes qui soient présents avec lui lorsqu’at-tawrāt (la torah) sera révélée.

La phrase s’adresse aux descendants d’Isrāʾīl parce que cette date fixée était pour leur élite (les naqīb qui sont des saints de haut degré) et leur prophète Mūsā. En définitive, ce sont eux qui vont bénéficier de cette révélation de la torah puisqu’elle comporte leurs lois et leur religion.

Al-ayman : c’est le côté droit. Du point de vue grammatical c’est un adjectif épithète qui qualifie ǧānib qui est manṣūb car il est circonstanciel de lieu donc al-ayman est aussi manṣūb, donc avec une fatḥah. 

Mais il y a une récitation avec une kasrah, qui s’appelle ǧarru l-muǧāwarah : ceci du fait de la proximité du terme al-ayman du terme aṬ-Ṭūr qui, lui, est complément du nom ǧāniba et est maǧrūr (donc avec une kasrah).

Remarque : il y a un autre exemple dans le Qur’ān sūratu l-māʾidah verset 6 : (yā ʿayyuha l-laḏīna āmanū iḏā qumtum ila s-salāti faġsilu wuǧūhakum wa aydiyakum ʾila-l-marāfiqi wa msaḥū bi ruʾūsikum wa ʾarjūlakum (ou ʾarjūlikum) ʾila l- kaʿbayn). Si on dit (waʾarjūlikum) c’est maǧrūr du fait du terme (bi) qui précède, mais ça ne veut pas dire qu’on passe la main mouillée sur ses pieds, c’est le mafʿūl bihi de faġsilu (c’est le complément d’objet direct de « lave » et non pas de « passe la main mouillée »). Ceci est un exemple pour montrer l’importance de la grammaire arabe.

Et Nous vous avons fait descendre al-manna et as-salwā.

C’est une nourriture qui est prête : al-mann c’est comme du sucre candy qui est tombée, comme la rosée du matin et ils le mangeaient alors qu’ils étaient pendant quarante ans dans le désert en train de tourner en rond. Et as-salwā ce sont des cailles toutes prêtes. Dieu fait descendre du ciel ces deux nourritures.

Verset 81 : (et Nous leur avons dit) : mangez des choses bonnes et licites que Nous vous avons accordées et ne soyez pas injustes : c’est-à-dire « ne dépassez pas les limites que Dieu vous a fixées ». C’est-à-dire « ne soyez pas ingrats pour les biens que Dieu vous a accordés et ne dépensez pas ces grâces que Dieu vous a accordées dans la désobéissance ».

Autre explication : ne soyez pas injustes les uns envers les autres

Sinon vous mériterez Ma volonté de châtiment. C’est-à-dire que vous mériterez Ma punition. Et celui pour qui la punition est méritée, alors il sera perdu : il va faire une chute après laquelle il ne pourra pas se relever. Le terme (hawā) signifie chuter d’une hauteur et périr suite à cette chute. La métaphore est le fait de chuter des honneurs de la foi vers les abîmes du feu de l’enfer.

Verset 82 : et certes Je suis Celui Qui pardonne celui qui fait le repentir et qui est croyant : c’est-à-dire que Dieu est Celui Qui pardonne à qui fait le repentir de l’attribution d’un associé à Dieu et qui a cru en l’unicité de Dieu et qui a cru Dieu en ce qu’Il a fait descendre et qui a accompli les bonnes œuvres c’est-à-dire qui a accompli les obligations puis qui a pris la voie de droiture et qui a persévéré sur la voie de la bonne guidée.

Verset 83 : qu’est-ce qui t’a amené à t’empresser, ô Mūsā, au point que tu as précédé ton peuple ? Le peuple dont il s’agit est les soixante dix hommes que Mūsā avait choisis sur ordre de Dieu. Mūsā ʿalayhi s-salām s’est dirigé vers la montagne de aṬ-Ṭūr avec ces 70 hommes mais, tellement il se languissait d’entendre la parole de Dieu, tellement il avait hâte qu’il les a précédés. Et il leur a dit de le suivre.

Le verset est une interrogation sous forme de reproche à l’encontre de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām qui avait précédé les hommes de son peuple afin de recevoir la révélation de la part de Dieu.

Verset 84 : il a dit ils sont derrière moi et je me suis empressé pour me rendre au lieu précisé pour ton agrément. Mūsā ʿalayhi s-salām a dit : ils sont derrière moi, ils me suivent et il n’y a entre eux et moi qu’une courte distance. Puis il a cité la raison pour laquelle il s’était empressé ainsi : je me suis empressé pour rejoindre l’endroit ô Seigneur par recherche de Ton agrément : c’est-à-dire pour que je profite davantage de Ton agrément.

An-Nasafī précise une information intéressante : c’est qu’il est permis de faire un iǧtihād. En effet Mūsā ʿalayhi s-salām a fait un iǧtihād ; Dieu lui a ordonné de venir à un endroit à tel moment et Mūsā est venu plus rapidement. Il s’agit d’un effort de déduction, pour s’appliquer à faire ce qui pourrait être le mieux.

Verset 85 :  Il a dit Nous avons entrainé ton peuple dans une zizanie pendant ton absence et c’est aS-Sāmirī qui les a égarés. La zizanie est l’égarement ici. Après que tu les as laissés : car Mūsā avait laissé son peuple avec Hārūn. Et un homme qui s’appelle aS-Sāmirī les a égarés parce qu’il les a appelés à adorer un veau et eux, ils l’ont suivi. Cet homme Mūsā aS-Sāmirī est d’une tribu des fils d’Isrāʾīl qui s’appelle aS-Sāmirah. Et il a été dit qu’il était un esclave blanc de Karmān (c’est la Perse). Il s’appelait aussi Mūsā.

Un poète a dit un vers de poésie : « Mūsā qui a été élevé par Ǧibrīl est mécréant et Mūsā qui a été élevé par pharaon était un messager ». Donc Dieu guide Il veut.

Notre šayẖ a dit : le mécréant parmi les non Arabes s’appelle (al-ʿilǧ)

Mūsā aS-Sāmirī, il a été dit que sa mère l’a abandonné dans une forêt ou bien qu’elle est morte. Et c’est Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui lui ramenait de la nourriture.

Quand Mūsā ʿalayhi s-salām est parti pour recevoir la révélation de la part de Dieu, l’autre Mūsā aS-Sāmirī a fabriqué un veau avec les bijoux et l’or que les fils d’Isrāʾīl possédaient. Il s’appelait Mūsā fils de Ḍafar. Et il était un hypocrite : il montrait en apparence l’Islam mais il était mécréant au fond de lui.

Verset 86 : Mūsā (le prophète) est revenu auprès de son peuple en colère et désolé. Il est revenu de là où il était en train d’implorer son Seigneur, au Sinaï, pour rejoindre son peuple et il était en colère contre eux, ou chagriné.

Il a dit ô mon peuple n’est-ce -pas que votre Seigneur vous a promis une promesse de bien. Dieu leur a promis de leur accorder la Torah et dans la Torah, il y a la bonne guidée et la lumière. Elle était composée de mille chapitres. Chaque chapitre comportait mille versets. Elle était sur des tablettes qui étaient portées par 70 chameaux. Ce peuple ne pouvait pas espérer une meilleure promesse que celle-là. Mūsāleur a dit : pourquoi en êtes-vous arrivés là alors que vous avez eu la promesse d’avoir la torah ?

Est-ce que le temps où je vous ai laissés vous a paru long ?

Ou alors vous voulez faire une chose de sorte à mériter le châtiment de votre Seigneur ?

Vous n’avez pas tenu votre engagement. Son peuple lui avait promis de rester sur l’Islam et de s’attacher à ce qu’il leur a laissé. Mais ils n’ont pas tenu leur promesse et ils se sont mis à adorer le veau.

Verset 87 : ils ont répondu si nous n’avons pas tenu notre promesse, ce n’était pas en notre pouvoir, mais c’est aS-Sāmirī et sa ruse qui nous y ont amené. Mais nous avons porté les charges parmi les parures.

Les charges (al-ʾawzār) : une explication est qu’il s’agit des bijoux des Qibṭ (c’est le peuple de pharaon) ou bien ce qui est visé ce sont les péchés et les choses qui sont dues aux autres (comme une injustice commise). Ils avaient emprunté ces bijoux la veille de leur départ d’Egypte, prétextant qu’ils auraient une fête le lendemain.

La ruse de aS-Sāmirī a été de leur dire : si Mūsā n’a pas pu vous rejoindre, c’est en raison de ces bijoux que vous avez avec vous. Ils étaient comme un objet qui leur avait été confié, dans une terre qui n’est pas une terre d’Islam (quand ils étaient en Egypte) et celui qui est dans une telle terre, il doit rendre cet objet à son propriétaire, il n’a pas le droit d’emmener cet objet. Tout cela est vrai. Mais la suite est un mensonge, quand il a dit que c’était cela la cause pour laquelle Mūsā avait été retenu. Et à cette époque-là, il n’était pas autorisé de prendre le butin. Et ils ont brûlé ces bijoux. Et Mūsā aS-Sāmirī était rusé : il a creusé une tranchée avec dedans un moule qui avait la forme d’un veau. Quand ils ont mis les bijoux qui avaient fondu avec la chaleur, ils ont pris la forme du moule. Ces bijoux ont alors pris la forme d’un veau qui était creux à l’intérieur. Quand le veau a soufflé, il a traversé des conduits dans ce veau et ça a émis un son. C’est comme si le veau émettait un son. Il a été dit que Mūsā aS-Sāmirī avait observé le jour où les fils d’Isrāʾīl avaient traversé la mer ; Ǧibrīl ʿalayhi s-salām était sur une jument. Mūsā aS-Sāmirī avait vu l’endroit où se tenait cette jument. Il a alors pris une poignée de terre de là où s’était posée une des pattes de cette jument. Et il avait mélangé cette poignée de terre avec l’or dans ce veau et le veau est devenu vivant.

Au moment où pharaon s’était retrouvé devant la mer dans laquelle s’était engagé Mūsā ʿalayhi s-salām, il ne voulait entrer dans la mer. Mais il montait un étalon et Dieu a fait que cet étalon a été attiré par la jument de Ǧibrīl ʿalayhi s-salām. La jument s’est engagée dans un chemin et l’étalon de pharaon l’a suivie, puis les soldats de pharaon l’ont suivi. C’est ensuite qu’ils sont morts noyés.

Quand le veau est devenu vivant, par la volonté de Dieu, il a meuglé. Leur âme a penché vers l’or et ils se sont mis à adorer cet or.

Et nous avons jeté des parures dans le feu de aS-Sāmirī et il nous a ordonné de faire comme lui.

C’est ainsi qu’aS-Sāmirī a fait. Il a jeté les parures d’or dans le feu Ou bien il a jeté les poignées de terre qu’il avait prélevées sous les pattes de la jument de Ǧibrīl ʿalayhi s-salām.

Verset 88 : Mūsā (aS-Sāmirī)leur a fait sortir du trou un veau : c’est un veau que Dieu a créé à partir des bijoux qui ont été fondus par le feu. Et c’est une épreuve de la part de Dieu car Dieu éprouve qu’il Il veut par ce qu’Il veut.

Qui émettait un son : il meuglait comme meuglent les veaux.

Ils (aS-Sāmirī et ceux qui l’ont suivi) voici votre dieu et le dieu de Mūsā. La majorité d’entre eux se sont mis à adorer le veau excepté 12.000 d’entre eux. (Sur les 600.000)

Et il a oublié : il y a plusieurs explications ;

  • Mūsā le prophète est parti à ce moment-là pour prendre la révélation de la part de son Seigneur.
  • As-Sāmirī a délaissé la foi apparente et a montré sa mécréance.
  • Mūsā aS-Sāmirī a oublié d’utiliser l’argumentation : en effet il n’est pas possible selon la raison que le veau soit un dieu.

Verset 89 : ne voient-ils donc pas que ce veau ne leur répond pas quand ils lui parlent et il ne possède pour eux ni nuisance ni profit. Ce veau est incapable de leur parler, il ne les exauce pas et il n’apporte ni nuisance ni profit. Alors comment le prenez-vous pour un dieu ? 

Il a été dit qu’il n’a meuglé qu’une seule fois.

Verset 90 : et Hārūn leur avait bien dit (à ceux qui avaient adoré le veau) avant le retour de Mūsā : vous avez été égarés (vous avez été éprouvés par le veau, ne l’adorez pas) et votre Seigneur c’est aR-Raḥmān, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez ma religion qui est la religion de vérité) et obéissez à ce que je vous dis (en abandonnant l’adoration du veau).

Verset 91 : ils ont dit nous n’allons pas cesser d’adorer le veau jusqu’à ce que Mūsā revienne. C’est-à-dire qu’ils ont dit : nous allons rester à adorer le veau jusqu’au retour de Mūsā. Ils ont dit : on va voirsiMūsā va se mettre à adorer le veau, comme nous et dans ce cas, As-Sāmirī aura dit vrai et le veau est notre dieu ; ou alors il ne va pas le faire.

Au retour de Mūsā, il leur a dit ce qui est mentionné dans le verset suivant.

Verset 92 : il a dit ô Hārūn qu’est-ce qui t’a empêché quand tu as vu qu’ils se sont égarés (en adorant le veau)

Verset 93 :  de venir me rejoindre et de m’informer (de ce qu’ils ont fait).

2° explication : qu’est-ce qui t’a empêché de te mettre en colère pour Dieu, comme je l’ai fait ?

3° explication : qu’est-ce qui t’a empêché de prendre avec toi ceux qui ont été croyants et de combattre ceux qui ont mécru tout comme je l’aurais fait si j’avais été présent ?

N’aurais-tu pas suivi mes consignes. (C’est-à-dire remplace-moi au sein de mon peuple et veille à leur intérêt).

Ici notre šayẖ n’a pas retenu une parole que An- Nasafī a donnée parce que cette parole n’est pas convenable au sujet deHārūn. Il a dit que si Mūsā a pris les cheveux de Hārūn par la main droite et la barbe avec la main gauche, pour montrer que ce qu’il s’était produit était quelque chose de très grave, le fait que son peuple se soit mis à adorer le veau. En réalité, il était en train de réprimander les autres qui s’étaient mis à adorer le veau.

Verset 94 : il (Hārūn) lui a ditMūsā) ô toi le fils de ma mère. Selon la majorité des savants, ils sont frères de même père et mère mais il a cité la mère pour lui adoucir le cœur. Ne me prends pas par ma barbe ni par mes cheveux. J’ai craint que tu dises que j’ai provoqué un clivage entre les descendants d’Isrāʾīl.

(Si j’avais, comme tu l’as proposé, combattu ceux qui s’étaient opposés, que je ne fasse un clivage entre les descendants d’Isrāʾīl).

Ou bien deuxième possibilité, c’est que si je les avais quittés, ils seraient restés avec celui qui les a égarés (aS-Sāmirī) et si j’étais venu te rejoindre avec les autres, j’aurais aussi provoqué la division entre les descendants d’Isrāʾīl.

Donc si j’avais quitté mon peuple, je n’aurais pas respecté ta consigne.

Il y a ici la preuve qu’il est permis de faire un iǧtihād (un effort de déduction).  Mūsā a donné une consigne à son frère mais il est arrivé un cas qui n’était pas prévu et il avait été amené à faire un effort de déduction. Certains savants ont dit que les prophètes font aussi des efforts de déduction.

Puis Mūsā a laissé son frère et il s’est adressé à cet homme aS-Sāmirī dans le verset suivant.

Verset 95 : qu’est-ce qui s’est passé aS-Sāmirī ?

Verset 96 : il (aS-Sāmirī) a dit j’ai pris connaissance de ce que, eux, n’ont pas pris connaissance. Mūsā lui a dit : et quelle est cette chose ? Il a répondu : j’ai vu Ǧibrīl qui était sur le cheval de la vie et j’ai été inspiré de prendre une poignée de terre de l’endroit où était posé le sabot de ce cheval. Et chaque fois que je mettais un peu de cette terre sur quelque chose, cela devenait vivant avec une âme, une chair et du sang.

Il a dit j’ai pris une poignée : ici il y a deux récitations : qabḍah et qabṣah; qabḍah c’est le plein jusqu’au creux de la main et qabṣah c’est juste avec le bout des doigts.

Des traces du cheval de Ǧibrīl : ar-rasūl ici est Ǧibrīl puisqu’il est l’envoyé de Dieu

Et je l’ai mise dans le veau (que j’avais fabriqué avec des bijoux)

Et c’est ce que mon âme m’a amené à faire : c’est une sorte de reconnaissance de son erreur. Il a ainsi reconnu son erreur.

Verset 97 : il (Mūsā) a dit : quitte-nous, tu es chassé, tant que tu vis, tu diras à quiconque veut te côtoyer et qui ne connait pas ton état, (lā misās) : c’est-à-dire que tu ne me touches pas et je ne touche pas.

Il a été empêché de côtoyer les gens de manière définitive et totale.  Il leur a été interdit de le rencontrer, il leur a été interdit de lui parler et il leur a été interdit de procéder à une transaction de vente ou d’achat avec lui. Il a ainsi complètement exclu des gens.

S’il était arrivé que quelqu’un le touche, celui qui l’aurait touché et lui-même seraient devenus très chauds.

Il était tout seul dans la campagne et il disait (lā misās). Il a été dit que cela est resté chez ses descendants jusqu’à maintenant.

Et tu auras une date qui t’attend et tu ne vas pas la manquer. C’est-à-dire que Dieu t’a promis ta punition suite au fait que tu as attribuer un associé à Dieu et pour avoir semé la corruption sur terre. Tu auras cette punition dans l’au-delà après avoir subi cette punition sur terre.

Regarde ce que tu as pris pour Dieu, ce que tu as adoré, nous allons le brûler dans le feu puis nous allons le pulvériser et le jeter dans l’eau.

Certains, tellement ils étaient épris du veau qu’ils ont bu de cette eau et ils ont eu les lèvres avec la couleur jaunâtre de l’or.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a résumé ce que nous venons de voir : lorsque notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām est parti pour recevoir la révélation de la part de Dieu, il est resté 40 nuits puis il est revenu. Il les a alors trouvés en train d’adorer un veau, excepté un faible nombre d’entre eux. Donc son peuple, qui avait vu ce grand miracle de la séparation de la mer en douze chemins avec des montagnes d’eau entre chaque chemin, ce peuple qu’il avait sauvé de pharaon qui voulait les exterminer, alors qu’ils étaient 600.000 combattants tandis que pharaon avait avec lui une armée d’un million, tous armés, malgré cela, ils ont été égarés par un homme qui s’appelle Mūsā aS-Sāmirī. Il porte le même prénom que (le prophète) Mūsā. Et il les a égarés.

 Il leur a fabriqué un veau en or dans lequel il avait mis un peu de la terre sur laquelle étaient posés les sabots de la jument de Ǧibrīl. Quand pharaon a voulu poursuivre Mūsā et traverser la mer, Ǧibrīl était monté sur une jument et Mūsā aS-Sāmirī, ce malin, avait vu cela. Dieu a donné vie à ce veau qui s’est mis à mugir comme un veau véritable. Donc Dieu a créé en lui la vie. Mūsā aS-Sāmirī a alors dit à son peuple : « voici votre dieu et le dieu de Mūsā ». Il les a amenés à adorer ce veau, il les a égarés et ils se sont mis à l’adorer. Car certains des descendants d’Isrāʾīl qui étaient avec Mūsā l’ont cru. Quand ils ont vu cette chose surprenante, ils l’ont suivi.

Quand le prophète Mūsā ʿalayhi s-salām fut informé de cela, il fut extrêmement exaspéré. Et il a dit à Mūsā aS-Sāmirī : « regarde ce que tu as considéré comme ton dieu, celui que tu t’es mis à adorer. Nous allons le brûler, nous allons le pulvériser et nous allons le jeter dans l’eau de la mer ».

Puis notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a choisi 70 personnes de son peuple pour invoquer Dieu. Alors il a dit ce qui signifie : « ô mon Dieu, si Tu l’avais voulu, Tu les aurais tous anéantis avant cela et moi, également. Ne nous punis pour ce qu’ont fait certains vils et impudents de parmi notre peuple. Ce n’est là qu’une épreuve de Ta part par laquelle Tu égares qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux ».

Ils ont alors fait le repentir. Puis la colère de Mūsā s’est atténuée. Alors il a invoqué Dieu en disant : « ô Dieu ne nous punis pas pour ce qu’ont fait certains vils et impudents de parmi notre peuple. Ce n’est là qu’une épreuve que Tu as créée. Ce n’est là qu’une épreuve de Ta part par laquelle Tu égares qui Tu veux ».

Ceux qui étaient restés sur la foi, après avoir vu ceux qui s’étaient égarés, leur degré a augmenté par leur persévérance sur la foi. Quant aux autres qui ont suivi aS-Sāmirī et se sont mis à adorer le veau, eux, ils se sont égarés.

« Et Tu guides qui Tu veux. Tu es notre dieu, pardonne-nous ».

Ce verset « Ce n’est là qu’une épreuve de Ta part par laquelle Tu égares qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux » et les autres versets « Dieu égare qui Il veut et Il guide qui Il veut », il est un devoir de concilier entre les deux, même s’ils peuvent donner l’impression qu’il y a une opposition entre eux.  Parce que les versets du Qurʾān sont exemptés de la contradiction.

Si quelqu’un suit les gens qui ont suivi leurs mauvaises passions comme les moutazilites (qui sont aussi appelés les qadarites qui prétendent que l’homme crée ses actes ; et c’est une mécréance car ils ont attribué un associé à Dieu dans le fait de créer) et il dit : mais comment Dieu va-t-Il châtier cet esclave si ce n’est pas l’esclave qui crée le mal qu’il commet mais que c’est Dieu qui le crée ? C’est-à-dire qu’ils disent : comment Dieu châtie-t-Il un esclave pour quelque chose qu’il n’a pas créé alors que c’est Dieu Qui est le Créateur ?

La réponse est : oui, Dieu châtie pour quelque chose que l’esclave n’a pas créé car l’esclave ne crée pas. Dieu fait ce qu’Il veut. Si Dieu voulait châtier tout le monde sur terre, il l’aurait fait.

Car eux, ils renient la prédestination ; ils disent que c’est l’homme qui crée ses actes, c’est lui fait le mal.

On leur répond : n’est-ce pas que Dieu sait de toute éternité que tel esclave fait le mal, par son propre choix et que tel esclave fait le bien, par son propre choix et, malgré cela, vous considérez valide qu’il y ait une punition pour l’esclave dans l’au-delà pour la mécréance et les péchés. Ils disent : oui, nous reconnaissons que Dieu sait de toute éternité que tel esclave va commettre de la mécréance et que tel esclave va désobéir à son Seigneur par son propre choix et malgré cela, il mérite le châtiment.  

Nous leur disons : nous aussi, nous disons que Dieu sait tout cela. Nous disons que Dieu est le seul à créer les actes, les mouvements et les immobilités qui sont un bien et ceux qui sont un mal. Dieu est le créateur de tout cela. Et l’esclave ne crée absolument rien de tout cela. Bien que ce soit Dieu qui est le Créateur de toute chose, malgré cela, bien l’esclave ne crée absolument rien, il mérite, cet esclave mécréant et désobéissant que Dieu le punisse dans l’au-delà.

Verset 98 : votre dieu c’est Allāh, il n’est de dieu que Lui Il sait absolument toute chose. Rien n’échappe à Sa science.

Verset 99 : ainsi Nous te rapportons une partie des récits de ceux qui t’ont précédé. Ce verset s’adresse à notre maître Muḥammad ʿalayhi s-salām : tout cela pour t’augmenter en connaissance et augmenter dans tes miracles.

Et Nous t’avons accordé de Notre part un Qurʾān : c’est une évocation éminente, un Qurʾān honoré dans lequel il y a la sauvegarde pour celui qui l’applique. Et il comporte des nouvelles et des informations qui méritent la réflexion et la méditation.

Verset 100 : celui qui s’en détourne il aura à supporter des charges au jour du jugement. C’est-à-dire celui qui se détourne du Qurʾān, celui qui n’y croit pas, il aura à supporter au jour du jugement un lourd fardeau. Et il s’agit de la punition. Elle a été appelée wizr parce que c’est une punition qui est lourde à supporter pour celui qui est puni. De la même façon qu’une charge lourde brise le dos de celui qui la porte et qui apporte le tourment à celui qui a à la porter.

Ou une autre explication : c’est une rétribution pour le wizr qui est le péché. Elle a été appelée par le même nom que ce que cette personne a commis, qui est le péché.

Verset 101 : où ils resteront éternellement et quelle mauvaise charge que ce jour du jugement. Ils resteront éternellement dans ce qui constitue la rétribution pour leurs péchés c’est-à-dire dans l’enfer. Et quelle mauvaise punition que la leur en raison de ce qu’ils ont fait. Dieu les menace d’un châtiment éternel.

Verset 102 : le jour où il sera soufflé dans le cor : le cor est un instrument qui émet un son. C’est-à-dire le jour du jugement car c’est le son du cor qui indique le jour du jugement.

Il y a une autre version de récitation avec : yawma nanfuẖu.

Le cor est un instrument qui est à l’image d’une corne (d’un animal qui a des cornes).

Et Nous rassemblerons les criminels ce jour-là, aveugles. Les criminels ici, ce sont ceux qui n’ont pas cru en Dieu, qui n’ont pas cru au Messager de Dieu. « Zurqā » signifie « bleu » et ici, la signification est « aveugle » parce que l’œil de celui qui devient aveugle devient bleu.

Verset 103 : ils se chuchoteront les uns aux autres vous n’êtes restés qu’une dizaine de jours. Ils vont se parler les uns aux autres à voix basse, tellement le jour du jugement est un jour qui entraîne une grande peur chez eux. Ils vont trouver très court le temps de leur séjour dans leurs tombes.

Ou alors ils vont dire : vous n’êtes restés qu’une dizaine de nuits dans le bas monde ; en raison de ce qu’ils vont endurer comme difficultés et épreuves qui vont leur rappeler le souvenir des jours du bas monde, les jours où ils étaient dans le confort, dans le luxe, la joie. Ils vont regretter ces jours-là et ils vont les qualifier de très courts car les jours de bonheur sont courts.

Ou alors parce que ces jours du bas monde sont révolus et qu’ils n’y sont plus et ce qui est révolu est court, du fait de son achèvement. Quand quelque chose s’achève, c’est comme si ça avait été court, même si ça avait duré longtemps.

Ou encore ils vont dire : nous n’étions restés qu’une dizaine de nuits parce qu’ils vont de rendre compte que l’au-delà est long, puisqu’il n’a pas de fin et la vie qu’ils ont passée dans le bas-monde semble courte.

Verset 104 : Dieu dit : Nous savons ce qu’ils disent puisque le plus objectif d’entre eux va dire mais vous n’êtes restés qu’un jour.

Dieu fait prévaloir la parole de ceux qui disent qu’ils sont restés moins que dix jours.

Verset 105 : et ils t’interrogeront à propos des montagnes. Dis : mon Seigneur les pulvérisera. Ils ont interrogé le Prophète Salla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : que va-t-il advenir des montagnes au jour du jugement ?

Il y a une autre explication : s’ils t’interrogent à propos des montagnes, alors dis

Parce qu’avant ce verset, il y a eu d’autres versets qui commencent par : (ils t’interrogent à propos de, alors dis (telle chose). Ce sont des questions qui ont été posées au Prophète.

C’est la forme de (ils t’interrogent) mais l’explication est : S’ils venaient à t’interroger à propos des montagnes, que va-t-il en advenir ?  Alors tu leur dis la réponse.

Alors dis-leur que mon Seigneur les pulvérisera. C’est-à-dire réduire en poudre. Dieu les réduira en poussière. Et Dieu va envoyer un vent qui va souffler, qui va emporter ces grains. Al-H̱alīl a dit que c’est comme si les montagnes vont être arrachées.

Verset 106 : la terre devient plate et lisse. Après que les montagnes vont être pulvérisées, Dieu fait que ce qui est en-dessous va être plat et lisse.

Verset 107 : tu ne verras sur terre ni dénivellation ni élévation

Verset 108 : ce jour-là, ils vont suivre la voie et il n’y a pas de déviation possible. C’est-à-dire le jour où les montagnes seront pulvérisées et c’est le jour du jugement. Ils vont suivre la voie de celui qui va appeler au rassemblement et c’est la voix d’Isrāfīl (qui fait partie des anges qui ont le plus haut degré) et c’est lui qui va souffler dans le cor et c’est lui qui va appeler : il se tiendra sur le rocher de Jérusalem et il va dire : « ô vous les os qui ont été réduits en poussière, vous les peaux qui se sont déchirées, vous les chairs qui se sont séparées, venez pour l’exposition du jour du jugement ».

Ils ne vont pas faire d’écart ce jour-là, aucun d’entre eux ne fera d’écart, c’est-à-dire qu’ils vont tous obéir à son appel, ils vont tous suivre ce qu’il leur dit. Ils vont tous être ressuscités.

Et les gens seront emplis de crainte ce jour-là et les voix seront apaisées par égard et par gloire envers Dieu. Et tu n’entendras que des chuchotements. On n’entendra pas de son, les lèvres bougeront seulement.

Il a été dit que le hams ici, c’est le bruit des pas des chameaux.

Verset 109 : ce jour-là, l’intercession ne profitera que celui à qui Dieu l’autorise et dont Il agrée la parole. C’est-à-dire que seule l’intercession de celui à qui Dieu l’autorise, sera profitable. L’intercession que Dieu accepte, c’est lorsque celui qui va en bénéficier est un musulman. Il n’y a pas d’intercession en faveur du non musulman.

Tafsir An-Nasafiyy sourate al-Baqarah : versets 229-230

Posted in cours général,tafsir par chaykhaboulaliyah sur Mai 17, 2023
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verset 229 : le divorce est jusqu’à deux fois : le fait de libérer la femme des liens du mariage, le divorce suite auquel l’homme peut reprendre la femme en mariage, après l’avoir divorcée, est jusqu’à deux fois.

Suite à cela, soit l’homme reste en bons termes avec son épouse, ou alors il la libère définitivement mais toujours en bons termes.  C’est-à-dire qu’il prononce le troisième divorce, dans une période inter menstruelle. S’il l’a divorcée une ou deux fois, soit il la reprend en mariage, ou bien s’il veut la libérer définitivement, il prononce le divorce dans la troisième période inter menstruelle.

Ce verset a été révélé à propos d’une femme compagnon qui s’appelle Jamiilah et son époux s’appelle Thaabit fils de Qays fils de Chammaas. Elle ne le supportait pas parce qu’il n’était pas beau mais lui, il l’aimait. Il lui avait donné à titre de dot un verger. Elle a dit au Prophète qu’elle avait peur de ne pas assumer ses devoirs conjugaux. Elle n’avait rien à dire concernant l’application des devoirs conjugaux de la part de son époux. Le Prophète a proposé à cet homme d’accepter qu’elle lui rende son verger en contrepartie de quoi il la libèrerait des liens du mariage. C’est le khoulou^ c’est-à-dire une séparation moyennant une contrepartie qui est versée au mari. Ce peut être la femme qui la verse, ce peut être un tiers. Moyennant cette contrepartie, le lien du mariage est effacé. Ce fut le premier khoulou^ en islam.

Et il ne vous est pas autorisé (c’est-à-dire vous les maris) de prendre ce que vous leur avez donné (aux femmes) quoi que ce soit (de leur dot).

Sauf dans le cas où les deux époux craignent de ne pas assurer leurs droits conjugaux mutuels. Comme si la femme craint de tomber dans le « nouchouuz » c’est-à-dire qu’elle ne craint de refuser à son mari son droit conjugal. Dans ce cas-là, justement, il y a cette issue de libération des liens du mariage moyennant une contrepartie.

Si vous craignez : An-Naçafiyy a dit que le pronom « vous » ici peut être adressé aux gouverneurs et c’est possible aussi qu’il s’adresse aux maris et que, plus tard, à la fin de ce verset, la parole s’adressera aux gouverneurs.

Qu’ils ne respectent pas les limites de la religion agréée par Allaah (en ce qui concerne la vie conjugale, c’est-à-dire le droit de chacun des époux l’un sur l’autre)

Alors il n’y a pas de mal (à ce que le mari récupère tout ou partie de la dot et il n’y a pas de mal à ce que la femme donne tout ou partie de la dot).

A ce que la femme verse pour son mari (pour se libérer des liens du mariage).

Ce sont là les limites définies dans la religion agréée par Dieu. Concernant le mariage, le fait de jurer, le fait de divorcer, le fait de faire le khoulou^, etc… Ceci, pour que les musulmans sachent comment exécuter ces différentes transactions.

Ne dépassez pas ces limites : c’est-à-dire n’outrepassez pas ce que Dieu vous a fixé. Agissez conformément aux règles que Dieu a fixées.

Ceux qui outrepassent les limites fixées par Dieu, ce sont eux les injustes. Allaah nous a envoyé un Prophète qui nous a indiqué les lois à suivre. Celui qui ne suit pas cela, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même.

Verset 230 : s’il la divorce : c’est-à-dire s’il prononce un troisième divorce après les deux précédemment cités, elle ne lui est plus licite jusqu’à ce qu’elle se marie avec un autre. C’est une parole de dissuasion pour que l’homme réfléchisse bien avant de prononcer une parole de divorce. Ce jugement est conforme à ce que notre Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit à une femme qui a été divorcée trois fois par son mari nommé Rifaa^ah. Elle est allée voir le Prophète pour lui dire que, malgré cela, elle voudrait bien redevenir son épouse. Le Prophète lui a dit qu’elle ne pourrait revenir à Rifaa^ah que si un autre homme l’épousait, consommait le mariage, puis qu’il veuille bien la divorcer pour qu’elle puisse se marier à nouveau avec Rifaa^ah. Hadiith réputé rapporté par Al-Boukhaariyy. Il n’y a pas de considération à accorder à tout avis qui serait non conforme à ce jugement.

Les moujtahid sont ceux qui ont l’habitude de déduire les lois à propos de questions qui n’ont pas été mentionnées dans les textes (et ce sont les versets du Qour’aan et les Hadiith confirmés du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam). Quand les musulmans sont confrontés à un cas qui n’a pas été mentionné dans un texte, celui qui va donner la réponse, c’est le moujtahid, comme l’imam Maalik, comme l’imam Ach-Chaafi^iyy, comme l’imam Abouu Haniifah, comme l’imam AHmad ibnou Hanbal. Il ne s’agit donc pas d’une concertation entre les gens du commun. Ce sont les savants moujtahid qui ont l’aptitude à déduire les lois en utilisant l’analogie par rapport aux questions qui, elles, ont été mentionnées dans les textes. Par ailleurs, il y a des textes qui sont abrogés – l’application de ce texte s’est arrêtée – mais que l’on continue à réciter. Donc si quelqu’un ne sait pas que tel texte a été abrogé (et ceci a eu lieu au temps du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam)et qu’un autre texte est venu après, il est possible qu’il fasse une analogie avec ce verset qui a été abrogé et ceci n’est pas valable. Il y a de nombreux critères qui font qu’un savant ait le degré de moujtahid.

Tous les savants moujtahid sont d’accord sur le fait qu’à partir du moment où un homme a prononcé trois divorces, il ne peut pas vivre à nouveau avec cette femme tant qu’elle n’aura pas été épousée par un autre puis qu’il veuille bien la divorcer.

Quiconque dit une parole qui n’est pas conforme aux textes, sa parole est rejetée. Le moujtahid ne va pas dire une parole qui ne soit pas conforme à un texte. Et tous les textes n’ont pas le poids d’arguments. Le plus fort est le Qour’aan. Concernant la parole du Prophète, il y a des degrés de fiabilité. Il se peut qu’un savant moujtahid dise que cette chaine de transmission n’est pas suffisamment forte pour qu’il s’appuie dessus. C’est pour cela qu’il y a des divergences entre les moujtahid. Un moujtahid va arriver à un jugement différent d’un autre moujtahid en s’appuyant sur tel Hadiith que l’autre n’a pas retenu. Les divergences concernent les actes pratiques et non pas la croyance. Il n’y a pas de divergence acceptable dans la croyance. Si un moujtahid aboutit à un jugement qui contredit un texte qui fait l’accord chez les savants, on ne doit pas le suivre dans ce qu’il a dit. Comme l’exemple de ce verset qui indique que l’homme ne pourra pas épouser cette femme après qu’il l’ait divorcée trois fois, tant qu’elle n’a pas épousé un autre. Si quelqu’un vient et dit le contraire de cela, on ne va pas le suivre parce qu’il est en train de contredire un texte qui va l’accord chez tous les savants. De même, si un juge émet une sentence (en sachant qu’il y a des juges pour chaque école de jurisprudence) et que cette sentence revient à contredire un texte qui fait l’objet d’accord des savants, cette sentence n’est pas à prendre en compte. Et nous demandons à Dieu qu’Il fasse que nous persévérions sur la voie correcte, sur la tradition prophétique.

La sagesse dans le fait qu’une femme qui a été divorcée par trois fois par son mari, celui-ci ne pourra pas vivre à nouveau avec cette femme tant qu’elle n’aura pas été épousée par un autre qui aura consommé ce mariage puis qu’il veuille bien la divorcer pour que le premier puisse l’épouser à nouveau, tient dans le fait que l’homme soit au courant que s’il fait cela, cette séparation ne pourra pas être compensée par un regret. C’est une séparation définitive.

S’il la divorce (ici il s’agit du deuxième mari)

Il n’y aura pas de mal pour eux deux (le premier mari et la femme) qu’ils se remettent ensemble (c’est-à-dire par un mariage) si eux deux pensent qu’ils vont respecter la loi de Dieu (s’ils pensent qu’ils pourront respecter leurs obligations conjugales l’un envers l’autre).

Ce sont là les limites fixées par Dieu. Dieu les explique pour les gens qui ont de la compréhension. (C’est-à-dire qui comprennent ce qui leur a été indiqué).

Verset 231 : et si vous divorcez une femme et qu’elle atteint son terme (c’est-à-dire la fin de sa période d’attente post maritale). Le mot « ajal » peut avoir le sens d’échéance, du terme et peut avoir le sens de la période. On dit que l’âge d’un être humain, sa vie s’appelle un « ajal » et on dit que la mort qui est le terme de cette vie est un « ajal ».

Ou bien vous les retenez dans de bonnes conditions ou bien vous les libérez dans de bonnes conditions. C’est-à-dire que : soit il la reprend à son mariage (l’homme peut reprendre cette femme à son mariage lors de cette période d’attente post-maritale, sans faire de nouveau contrat, et ceci par une simple phrase comme s’il dit qu’il la reprend à son mariage) mais sans vouloir lui nuire par cette reprise. Soit il la quitte jusqu’à ce que s’achève la période d’attente post-maritale et qu’elle soit définitivement séparée de lui, sans qu’il ne lui nuise.

Mais ne retenez pas votre femme que vous avez divorcée pour lui nuire. Il arrivait en effet, avant le verset, qu’un homme prononce le divorce avec sa femme, qu’il la laisse jusqu’à ce que la fin de la période d’attente post maritale soit proche puis il la reprenait, non pas parce qu’il avait besoin d’elle mais juste pour lui prolonger sa période d’attente post maritale : c’est cela le fait de retenir avec une nuisance.

Pour être injuste envers elle. Ne faites pas cela pour la pousser à vouloir vous payer pour que vous la libériez.

Et celui qui fait cela, (c’est-à-dire qui retient l’épouse pour lui nuire) il aura exposé sa femme au châtiment de Dieu (il l’aura poussée à commettre peut-être des péchés)

Et ne prenez pas les versets et les ordres de Dieu comme objets de moquerie : c’est-à-dire soyez sérieux en prenant ces jugements, en les appliquant, en les respectant, sinon vous aurez dénigré ces jugements-là.

Et citez les bienfaits et les grâces que Dieu vous a accordés : le bienfait de l’islam et le bienfait du Prophète ^alayhi s-salaam

Comme livres et comme sagesses. Le livre c’est le Qour’aan et les sagesses c’est la sounnah, le Hadiith du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Citez c’est -à-dire évoquez, répondez à ces bienfaits par le remerciement. Et considérez ces bienfaits à leur juste valeur, ce Livre que Dieu vous a révélé et cette sagesse que Dieu vous a fait connaitre par le biais de Son envoyé. Ne soyez pas ingrats.

Dieu vous exhorte par ce qu’Il vous a fait descendre (comme révélation à Son Prophète)

Et craignez Dieu : c’est-à-dire préservez Dieu dans les épreuves qu’Il vous accorde.

Et sachez que Dieu sait absolument tout : Il sait ceux pour qui le rappel est profitable et qui le mettent en œuvre, ceux qui se préservent, ceux qui sont exhortés et autres que ceux-là. C’est une menace et une promesse très éloquentes : une menace de châtiment et une promesse de récompense. Ceci est un rappel pour que nous accomplissions ce que Dieu nous a ordonné de faire et que nous évitions ce que Dieu nous a interdit de faire.

Biographies : Le Chaykh Abdou lLaah Al-Harariyy

LE CHAYKH 3ABDOU L LAAH AL-HARARIYY

Son nom et sa naissance :

Il est l’honorable savant, le modèle des experts en authentification et le doyen de ceux qui examinent scrupuleusement la compatibilité des textes, celui qui est à la tête des savants qui œuvrent pour la religion, l’Imam, le Mouhaddith, le pieux ascète, le vertueux, celui qui persévère dans l’adoration, celui qui possède les dons éminents, le Chaykh Abou ^Abdi r-Rahman ^Abdou l-Lah fils de Mouhammad fils de Youçouf fils de ^Abdou l-Lah fils de Jami^ Al-Harariyy Ach-Chaybiyy Al-^Abdariyy, le Moufti (Jurisconsulte) de Harar. Il est né dans la ville de Harar, aux environs de l’an 1328 de l’Hégire (1910).

Son évolution et ses déplacements :

Il a grandi dans une famille modeste, aimant la science de la religion et les gens de science. Il a donc appris le Qour’an honoré avec mémorisation, psalmodie et maîtrise à l’âge de sept ans, puis il s’est entièrement consacré à puiser dans les océans de la science. Il a ainsi appris par cœur un certain nombre de manuels de base dans différents domaines de la science. Puis il a accordé son attention à la science du Hadith et a ainsi appris par cœur les six livres et d’autres encore, avec leurs chaînes de transmission, à tel point qu’il a été autorisé à donner des avis de jurisprudence et à transmettre le Hadith alors qu’il n’avait pas même dix-huit ans.

Il s’est distingué à travers toutes les régions de l’Ethiopie et de la Somalie en surclassant ses pairs dans la science de la biographie des hommes de la transmission du Hadith et de leurs niveaux respectifs. Il s’est également distingué par la mémorisation des manuels de base et l’approfondissement des sciences de la Sounnah, de la langue, de l’exégèse, de l’héritage et d’autres encore, à tel point qu’il n’est pas de science islamique connue qu’il n’ait étudiée et dans laquelle il ne soit compétent.

Son intelligence et sa mémoire exceptionnelle lui ont permis d’approfondir sa connaissance dans le fiqh Chafi^ite, les règles fondamentales de constitution du fiqh selon Ach-Chafi^iyy et les points de différence d’avis dans l’école. C’est également le cas dans le fiqh ma1ikite, hanafite et hanbalite, à tel point qu’il est devenu celui que les gens désignent et recommandent de visiter et auprès de qui les gens des contrées éthiopiennes et somaliennes se rendaient, jusqu’à ce qu’on lui accorde le poste de Moufti de Harar et de ses environs.

Il a appris le fiqh chafi^ite, les règles fondamentales de constitution selon Ach-Chafi^iyy et la grammaire arabe de plusieurs savants et maîtres parmi lesquels il y a le savant et maître le Chaykh Mouhammad Siraj Al-Jabartiyy le Moufti de l’Ethiopie. Il a appris les sciences de la langue arabe entre autres Chaykh et en particulier, du Chaykh Ahmad Al-Basir.

Il a étudié le fiqh des trois autres écoles ainsi que leurs règles fondamentales de constitution de plusieurs savants parmi lesquels il y a le Chaykh Mouhammad Al-^Arabiyy Al-Façiyy. Il a appris la science de l’exégèse du Chaykh Charif Al-Habachiyy, dans sa ville Jimmah, et il a pris la science du Hadith et les sciences attenantes de très nombreux savants. Parmi les plus honorables d’entre eux il y a le Chaykh Abou Bakr Mouhammad Siraj Al-Jabartiyy, Moufti de l’Ethiopie et le Chaykh ^Abdou r-Rahman ^Abdou l-Lah Al-Habachiyy ainsi que d’autres.

Puis il est parti vers La Mecque et ses savants avec lesquels il a fait connaissance. Parmi eux le Chaykh Mouhammad Yaçin Al-Fadaniyy. I1 a aussi fait partie de l’auditoire du Chaykh Mouhammad Al-^Arabiyy At-Tabban. Il a aussi rencontré le Chaykh vertueux, le Mouhaddith et spécialiste de la récitation du Qour’an Ahmad ^Abdou l-Mouttalib, Chaykh des spécialistes des sciences de la lecture du Qour’an à la mosquée de La Mecque. Il a appris de lui les quatorze versions de lecture ainsi que davantage de science du Hadith et il a obtenu de sa part une licence.

Il est parti par la suite à Médine l’Illuminée où il a établi des liens avec ses savants et où il a appris encore du Hadith du Mouhaddith le Chaykh Mouhammad fils de ^Aliyy AsSiddiqiyy Al-Bakriyy Al-Hanafiyy qui l’a autorisé à transmettre le Hadith.

Puis, il s’est dirigé vers Damas. Les habitants de la ville lui ont fait bon accueil, d’autant que venait de décéder le Mouhaddith, le Chaykh Badrou d-Din Al-Haçaniyy, que Allah lui fasse miséricorde. Puis, lorsqu’il a habité Damas, il a appris du Chaykh Mahmoud Fayiz Ad-Dir^ataniyy, le résident à Damas et son spécialiste de la lecture du Qour’an. Puis il s’est déplacé dans le pays du Cham. Sa renommée n’a cessé de croître, les savants du Cham ainsi que les étudiants le fréquentaient assidûment, il a donc fait connaissance avec ses savants et ils ont tiré profit de sa science. Ils ont témoigné de son mérite et ont reconnu son haut degré dans la science. Il est devenu célèbre dans le pays du Cham comme étant « le successeur du Chaykh Badrou d-Din Al-Haçaniyy » et comme étant « le Mouhaddith du pays du Cham ». Par ailleurs, de nombreux savants et spécialistes du fiqh du Cham lui ont rendu hommage, parmi eux le Chaykh Abou l-Yousr ^Abidin, Moufti de la Syrie, le Chaykh Nouh de la Jordanie, le docteur Al-Halwaniyy, Chaykh des spécialistes de la lecture du Qour’an en Syrie. De même le Chaykh ^Outhman Sirajou d-Din de la descendance du Chaykh ^Ala‘ou d-Din, maître des Naqchabandiyy en son temps, a fait son éloge et une correspondance fraternelle et scientifique s’est établie entre eux. Ont fait son éloge également le Chaykh ^Abdou l-Karim Al-Bayyariyy, l’enseignant à la mosquée Al-Hadra Al-Kaylaniyyah à Bagdad, le Chaykh Mouhammad Zahid Al-Islambouliyy, le Chaykh Mouhammad Al-Hanafiyy qui est l’un des plus célèbres savants turcs œuvrant actuellement dans ces contrées, les deux Chaykh ^Abdou l-Lah et ^Abdou l-^Aziz Al-Ghoummariyy qui sont les deux Mouhaddith des contrées marocaines, le Chaykh Mouhammad Yaçin Al-Fadaniyy le Mecquois, Chaykh du Hadith et des chaînes de transmission à l’Institut des sciences de religion à La Mecque honorée (Dar Al-^ouloum ad-Diniyyah). De nombreuses autres personnalités lui ont encore rendu hommage.

Il est arrivé à Beyrouth en l’an 1370 de l’Hégire (1950). Il a été l’hôte des plus grands Chaykh de cette ville, tels le Chaykh le Qadi (Juge) Mouhyi d-Din Al-^Ajouz, le Chaykh et Conseiller Mouhammad Ach-Charif. Le Chaykh Baha‘ou d-Din Al-Kilaniyy s’est réuni avec le Chaykh ^Abdou l-Lah chez le Chaykh Mouhammad Ach-Charif et il a tiré profit de lui dans la science du Hadith.

Le Chaykh Moukhtar Al-^Alayli, l’ancien responsable de la fatwa, que Allah lui fasse miséricorde, s’est réuni avec le Chaykh ^Abdou l-Lah et a reconnu son mérite et son haut degré dans la science. Il a préparé la prise en charge de son installation à Beyrouth par Dar Al-Fatwa, afin qu’il puisse se déplacer dans les différentes mosquées pour y diriger des assemblées de sciences, et ceci par une autorisation écrite du Chaykh Moukhtar.

 

Il est décédé que Dieu lui fasse miséricorde le mois de Ramadan de l’année 1429 H 2008. Il est enterré à Beyrouth.


1- Al-Harariyy : de Harar, région de la corne africaine (Ethiopie) ayant une histoire islamique glorieuse et qui a vu naître sur son sol beaucoup de savants et de saints.

2- Al-^Abdariyy : de la descendance de ^Abdou d-Dar, qui est une branche de la tribu de Qousayy fils de Kilab, le quatrième arrière-grand-père du Prophète

3- Hadith -Tradition prophétique – : parole, fait ou événement rapporté du Prophète ou de ses compagnons, que Allah les agrée.

4- Les six livres sont les recueils de Hadith les plus importants de la Tradition : AI-Boukhariyy, Mouslim, An-Naça‘iyy, Abou Dawoud, At-Tirmidhiyy, Ibnou Majah.

5- Fiqh : science de la jurisprudence des lois de l’Islam.

6- Chafi^ite : relatif à Ach-Chafi^iyy, le grand savant Qouraychite, l’un des plus illustres jurisconsultes musulmans, que Allah lui fasse miséricorde, il a pris la science de l’Imam Malik à Médine et ce dernier l’a autorisé à donner des avis de jurisprudence alors qu’il n’avait que quinze ans. Puis, il est parti en Irak et il a appris chez les élèves de l’Imam Abou Hanifah. Il a rencontré l’Imam Ahmad que Allah leur fasse miséricorde à tous.

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Noter prophète : Les manifestations de l’amour du Salaf et des Imams illustres pour le Prophète

Les manifestations de l’amour du Salaf et des Imams illustres pour le Prophète

 

Il y a eu beaucoup de nouvelles qui ont été rapportées du Salaf vertueux (c’est-à-dire les musulmans des trois premiers siècles de l’Hégire) et des Imams illustres qui indiquent leur profond amour pour leur prophète et le fait qu’ils se languissaient de lui. Le prophète a dit : « min ‘achaddi ‘oummati li houbban ‘ounasoun yakounouna ba^di yawaddou ‘ahadouhoum law ra’ani bi ‘ahlihi wa malihi » ce qui signifie : « les gens de ma communauté qui m’aimeront le plus, ce sont des gens qui vont venir après moi. L’un d’entre eux serait prêt à sacrifier sa famille et ses biens pour me voir » et le prophète a dit dans un autre hadith : « wadidtou law ra’aytou ahbabi » ce qui signifie : « j’aurai souhaité voir mes bien-aimés ». Les compagnons lui ont dit : « mais ne sommes-nous pas tes biens aimés ô messager de Allah ? ». Il a répondu : « ‘antoum ‘ashabi, ‘ahbabi al-ladhina ya’touna min ba^di yawaddou ‘ahadouhoum ‘an law ra’ani bi ‘ahlihi wa malih » ce qui signifie : « vous, vous êtes mes compagnons, mais mes bien-aimés ce sont ceux qui viendront après moi. L’un d’entre-eux serait prêt à sacrifier sa famille et ses biens pour me voir ».

 

Parmi les paroles rapportés du Salaf vertueux, les paroles et les nouvelles qui manifestaient leur amour pour leur prophète, et le fait qu’ils étaient attachés à lui durant sa vie et après sa mort c’est que ^Amr ibnou l-^As a dit : « il n’y avait personne que j’aimais plus que le messager de Allah ». D’après ^Abdah, la fille de Khalid ibnou Ma^dan elle parlait de son père et elle disait : « Khalid n’allait pas dormir sans citer son profond amour pour le messager de Allah, pour ses compagnons, qu’ils soient mouhajiroun (émigrants) ou ‘ansar (partisans). Il les mentionnait et il disait : ce sont eux ma famille, ce sont eux mon clan, c’est à eux que mon cœur s’attendrit. Je me languis d’eux. O Seigneur fais que je les rejoigne rapidement, et il disait cela jusqu’à dormir ». Il a été rapporté qu’une femme des ‘ansar, des partisans, c’est-à-dire des musulmans de Médine a apprit que son père, son frère et son mari ont été tués le jour de la bataille de ‘Ouhoud, ils étaient auprès du messager de Allah. Elle a dit : « comment vas le messager de Allah ? ». On lui a répondu : « il va bien par la grâce de Allah, il va comme tu le souhaites ». Elle a dit alors : « montre-le moi que je puisse le voir » et quand elle a vu le prophète, elle a dit : « toute épreuve après toi est comme rien du tout ». Un jour ^Aliyy ibnou Abi Talib, que Allah l’honore davantage, a été interrogé : « comment vous aimiez le messager de Allah ? ». Alors notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, a répondu : « par Allah, nous l’aimions plus que nos biens, plus que nos enfants, plus que nos parents, plus que nos pères et mères et plus que l’eau fraîche pour celui qui est assoiffé ». D’après Zayd ibnouAslam, il a dit : « ^Oumar ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée était sorti faire son inspection de nuit (il avait instauré une bonne innovation, c’est qu’il sortait de nuit et inspectait les musulmans : comment est l’état des musulmans, il regardait s’il y avait quelqu’un à qui il manquait quelque chose, c’était une innovation qu’il avait instauré, que le sultan, le calife, le responsable sorte et inspecte les gens la nuit pour voir s’il ne leur manque pas quelque chose. De nos jours certains parents peut-être n’inspectent même pas leurs enfants au lit pour voir s’ils sont bien couvert ou pas. Lui il sortait de chez lui et il passait et contrôlait les gens). Alors il a vu une lumière allumée dans une maison et une vieille femme qui était en train de filer de la laine et elle disait de la poésie. Elle disait :

^ala Mouhammadin salatou l-‘abrar

salla ^alayhi ttayyibouna l-‘akhyar

qad kounta qawwaman boukan bi l-‘as-har

ya layta chi^ri wa l-manaya ‘atwar

hal tajma^ouni wa habibi d-dar

 

Que Allah honore et élève d’avantage le prophète Mouhammad

Ce sont les bons et les meilleurs qui ont fait des invocations en sa faveur

Puis dans sa poésie elle s’adressait au prophète et elle disait :

Tu veillais les nuits en pleurant par crainte de Allah

Quand est ce que la mort viendra et je pourrai venir te rejoindre

 

Notre maître ^Oumar que Allah l’agrée s’est assis et s’est mis à pleurer. Il a demandé qu’elle parle avec lui.

 

Il a été rapporté que le compagnon glorieux ^Abdou l-Lah, fils de ^Oumar ibnou l-Khattab, que Allah les agrée tous les deux, une fois sa jambe s’est comme paralysée. On lui a dit : « cite la personne que tu aimes le plus, tu guériras ». Alors il a dit : « Ya Mouhammadan », il a appelé le prophète. C’est alors qu’il guérit sur le coup.

 

Information utile : L’imam Al-Boukhariyy dans son livre al-‘adabou l-moufrad, a dit qu’il était permis d’appeler le prophète après sa mort en disant « Ya Mouhammad », « Ô Mouhammad ».

 

Ibnou s-Sounniy a également cité cela dans son livre ^amalou l-yawmi wa l-laylah. Le texte de ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy dans al-‘adabou l-moufrad, son livre, il a dit : « la jambe du fils de ^Oumar s’est comme paralysée. Un homme lui a alors dit : cite la personne que tu aimes le plus, celle qui est le plus cher pour toi. Il a dit : « Ya Mouhammad », « Ô Mouhammad ». Cette quasi-paralysie de sa jambe, c’est-à-dire que sa jambe c’est comme si elle n’a plus de sensibilité, ce n’est pas le simple fourmillement. Certains ne comprennent pas ce hadith, ils pensent que c’est comme si la jambe se met à fourmiller, mais ce n’est pas le simple fourmillement de jambe, c’est une quasi-paralysie, la jambe ne sent plus rien. Lorsque Bilal Al-Habachiy que Allah l’agrée, qui était le mou’adh-dhin, celui qui appelait à la prière pour le messager, quand il était près de mourir, sa femme s’est mise à dire : « Ô qu’il est grand mon chagrin », parce qu’elle voyait que son mari était prés de mourir. C’est alors que Bilal lui a répondu : « qu’il est grand mon bonheur : Demain je vais rejoindre mes bien-aimés, Mouhammad et ses compagnons ».

Il a été rapporté qu’une femme avait dit à ^A’ichah, que Allah l’agrée, elle lui avait dit après le décès du prophète élu : « montre-moi la tombe du messager de Allah ». ^A’ichah a alors dévoilé la tombe et c’est alors que cette femme s’est mise à pleurer en face de la tombe honorée jusqu’à ce qu’elle soit morte tellement elle se languissait du prophète et l’aimait.

 

Parmi les nouvelles qui nous sont parvenues au sujet de l’immense amour que les compagnons éprouvaient envers leur prophète, et comment ils faisaient tout pour qu’il ne lui arrive aucun mal, aucune nuisance : lorsque les gens de La Mecque, qui étaient à l’époque encore mécréants, ont emmené Zayd ibnou d-dathnah, ils l’ont fait sortir de al-haram, l’enceinte sacré de La Mecque pour le tuer alors que Zayd était un compagnon du prophète. Abou Soufiyan ibnou Harb qui était mécréant lui a dit : « je te demande par Allah ô Zayd, est-ce que tu aurais aimé que Mouhammad soit à ta place maintenant entre nos mains et qu’on lui tranche le cou et que toi tu sois parmi les gens de ta famille, tranquille ? ». Alors Zayd, que Allah l’agrée lui a répondu : « Par Allah, je ne voudrai pas que Mouhammad, qui est à la place où il est maintenant, je ne voudrai même pas qu’il soit touché par une épine. Alors que moi je serai assis avec les gens de ma famille ». Et Abou Soufiyan a dit : « je n’ai pas vu des gens qui aimaient plus quelqu’un que les compagnons de Mouhammad qui aimaient le prophète Mouhammad ».

Ce qui nous indique le grand attachement des compagnons, leur grand amour pour le messager éminent, il y a ce qui s’est passé lors de la bataille de ‘Ouhoud. Lorsque les archers (ceux qui devaient être positionnés pour couvrir les musulmans qui combattaient. Le Prophète les avait placés sur une hauteur, le mont des archers jabalou r-roumat, ils étaient là normalement pour surveiller que les musulmans ne soient pas attaqués par derrière) avaient contredit la parole du prophète, ils avaient quitté leurs positions alors que le prophète leur avait dit ce qui signifie : « même si vous voyez que nous sommes en train de gagner la bataille, vous ne quittez pas vos positions » et eux ont désobéi, ils ont quitté leurs position. C’est alors que les musulmans n’ont plus été couverts, et les associateurs sont venus pour les attaquer par derrière. Il y a eu beaucoup de morts parmi les musulmans à cette occasion là. Et à cette occasion, les compagnons du prophète ont manifesté leur grand attachement pour le prophète. Ils étaient devenus comme une forteresse : par leur corps ils avaient constitué comme une forteresse autour du prophète et ils protégeaient le prophète par leurs corps et ils tombaient les uns à la suite des autres sous les flèches des associateurs au point que nombre d’entre eux furent tués à cette occasion là. Tout cela manifestant leur amour pour leur prophète et leur guide éminent et oeuvrant conformément à la parole de Allah : « an-nabiyyou ‘awla bi l-mou’minina min ‘anfousihim » [sourat Al-‘Ahzab / 6].

 

Parmi ce qui est rapporté également concernant le sacrifice des compagnons, que Allah les agrée, le sacrifice qu’ils ont fait pour leur prophète, ils sacrifiaient leurs âmes et leurs corps le jour de la bataille de ‘Ouhoud. Lorsque les gens n’avaient pas écouté la parole du prophète et que parce qu’ils n’avaient pas écouté la parole du prophète ils avaient perdu, mais le prophète il ne perd jamais. On ne dit pas que le prophète a perdu une bataille, le prophète est toujours gagnant. Ce sont ceux qui n’ont pas écouté sa parole qui ont perdu.

 

Le compagnon honorable Abou Talhah, que Allah l’agrée a protégé le prophète et il était debout pour le protéger et porter son bouclier. Il protégeait le prophète avec son propre corps et son bouclier. Et Abou Talhah était un homme adroit dans le lancer. Le prophète surveillait la bataille mais Abou Talhah lui disait : « s’il te plait ne te découvre pas sinon tu risques d’être atteint par une flèche. Je préfère que ce soit moi qui meurt et pas toi ».

 

Abou Doujanah également, que Allah l’agrée, a protégé le messager de Allah par son corps. Son corps était comme un bouclier pour le prophète et les flèches tombaient sur son dos alors qu’il était penché sur le messager de Allah pour le couvrir jusqu’à ce qu’il meure lui et cinq autres avec lui qui protégeaient le messager de Allah par leurs corps. Ils ont sacrifiés leurs âmes pour le prophète et ils ont obtenu la gloire du martyr. Le dernier d’entre eux était ^Amarah ibnou Yazid que Allah l’agrée qui lui aussi protégeait et combattait jusqu’à ce que ses blessures l’aient achevé. Quand ce compagnon était tout plein de blessure et qu’il allait bientôt mourir, le messager de Allah, lui qui a le cœur tendre et miséricordieux a dit aux autres : « ‘adnouhou minni », ce qui signifie : « rapprochez-le de moi » et le prophète a posé la tête de ce compagnon blessé sur son pied honoré et ce compagnon est mort avec sa joue contre la jambe du messager de Allah.

 

Parmi ce qui indique le grand amour des compagnons pour leur prophète et le grand attachement de leur cœur à le voir et le fait qu’ils ne supportaient pas de la quitter, c’est qu’un homme est venu un jour voir le prophète élu et lui a dit : «  Ô messager de Allah je t’aime plus que ma famille et mes biens. Chaque fois que je te cite, je ne peux pas patienter jusqu’à venir te voir. J’ai pensé, le jour où moi je vais mourir et que toi tu vas mourir, j’ai su que toi lorsque tu rentreras au paradis, tu y entreras en haut du paradis avec les prophètes et que si moi j’y rentre je ne t’y verrai pas ». Alors Allah tabaraka wa ta^ala a révélé Sa parole : « wa man youti^i l-Laha wa r-rasoula fa‘oula’ika ma^a l-ladhina ‘an^ama l-Lahou ^alayhim m-mina n-nabiyyina wa ssiddiqina wa ch-chouhada’i wa ssalihina wa hasouna ‘oula’ika rafiqa » [sourat An-Niça / 69], c’est-à-dire dans cette ‘ayah nous comprenons que ceux qui obéissent à Allah et au messager ceux-là seront avec le prophète, les véridiques, les martyrs et les vertueux et quelle meilleure compagnie que la compagnie de ces gens-là.

 

Le prophète a demandé qu’on lui ramène cet homme et il lui a récité cette ‘ayah pour lui égayer le cœur. Dans le hadith de ‘Anas, que Allah l’agrée, le prophète a dit : « man ‘ahabbani kana ma^i fi l-jannah », ce qui signifie : « celui qui m’aime sera avec moi au paradis ».

 

Information utile : le messager de Allah a dit : « al-mar’ou ma^a man ‘ahabb », c’est-à-dire que Allah ta^ala réunit l’homme avec celui qu’il aime s’il fait partie des vertueux. Au jour du jugement, si quelqu’un aimait quelqu’un de vertueux, il sera avec lui au jour du jugement.

 

Parmi les manifestations claires également de l’amour des compagnons envers leur prophète, et que leur cœur était attaché à l’accompagner même après sa mort, il y a ce qu’a rapporté Mouslim que Rabi^ah ibnou Ka^b Al-‘Aslamiy qui avait été un certain moment au service du messager de Allah. Le messager de Allah lui a dit un jour pour le rétribuer, car ce compagnon était à son service : « salni », ce qui signifie : « demande quelque chose je, le ferai » c’est-à-dire par rétribution. C’est alors que ce compagnon a demandé au messager de Allah d’être avec lui au paradis. Le messager de Allah ne l’a pas blâmé pour cela. Il ne lui a pas dit, ce n’est pas bien ce que tu demandes. Mais par modestie, le prophète lui a dit : « ‘aw ghayra dhalik » ce qui signifie : « ou autre chose ». Mais le compagnon lui a dit : « non c’est ce que je veux ». Alors le prophète lui a dit : « fa’a^inni ^ala nafsika bi kathrati s-soujoud », ce qui signifie : « œuvre, accompli beaucoup des prières surérogatoires, peut-être que ce sera une cause pour que tu sois exaucé ».

 

Information utile : ce hadith honoré dans lequel ce compagnon honorable Rabi^ah ibnou Ka^b, que Allah l’agrée avait demandé au messager de Allah d’être avec lui au paradis par rétribution pour son service à lui dans le bas monde. Ce hadith constitue une preuve claire qu’il est permis de demander à autre que Allah ta^ala quelque chose qu’il n’est pas habituel de demander. Il a demandé au prophète d’être avec lui au paradis, il a demandé à autre que Allah. Et lui demander d’être au paradis, ça n’est pas quelque chose d’habituel, les gens habituellement ne demandent pas ça. Donc ce hadith est une preuve qu’il est permis de demander à autre que Allah ce qu’il n’est pas habituel de demander contrairement à ce que disent ces perturbateurs qui renient le tawassoul, les wahhabites ou prétendus salafites. Ils disent le contraire, ils déforment. Ils prétendent qu’il n’est pas permis de demander à autre que Allah et qu’il n’est pas permis de demander ce qui n’est pas habituel. Ils ont ramené des règles de leur tête. Nous, nous suivons le hadith du prophète et des compagnons ou ces gens là ? On suite le prophète et ses compagnons, mais eux c’est comme si leur cœur est voilé, c’est comme si tu parles avec le vent. Ces gens ont ramené une nouvelle religion et avec leur argent ils la diffusent. Ils prennent des jeunes qui n’ont pas vécu dans les pays musulmans, qui n’ont pas appris ou même ceux qui ont vécu dans les pays musulmans et ils les détournent, ils sèment parmi eux leur mauvaise religion. S’ils l’ont propagée, c’est avec l’argent car le fondateur de leur secte wahhabite est apparu il y a plus de 250 ans et il n’a pas réussi à attirer des gens. C’est seulement lorsqu’ils ont découvert du pétrole qu’ils ont réussi à diffuser leur mauvaise croyance et pourtant ils n’ont rien changé, c’est toujours la même chose. Avant ils n’avaient pas d’argent, ils n’avaient pas de client maintenant qu’ils ont l’argent ils trouvent des clients.

Ils disent : « comment tu demandes à quelqu’un qui lui aussi est dans le besoin ?! », c’est soit disant la réplique qu’ils ont trouvée ! Quand on leur dit qu’il est permis de demander à autre que Allah quelque chose qu’il n’est pas habituel de demander, comme ce compagnon, ils disent : « comment tu demandes à quelqu’un qui lui-même est dans le besoin ?! ». La réplique est que le messager de Allah qui lui aussi ne se passe pas de Allah, il a toujours besoin de Allah a dit à son propre serviteur ce qui signifie : « demande-moi ce que tu veux ». C’est le prophète qui a pris l’initiative de lui dire de demander et le compagnon qui connaît certainement la religion de l’Islam mieux que ces wahhabites a demandé. Le prophète ne lui a pas dit : « tu as fait quelque chose de mal, pourquoi tu demandes à quelqu’un qui lui-même est dans le besoin ». Ces gens-là sont très loin de la religion du prophète.

 

Les gens de la vérité, parmi les savants ont dit : « il est permis de demander au prophète qu’il soit vivant ou mort et il est également permis de demander à un saint qu’il soit vivant ou mort. Cela n’est pas contraire à la loi de l’islam et cela ne représente pas  une adoration d’autre que Allah » tout comme le prétendent ces perturbés, ces perturbateurs qui renient le tawassoul. L’adoration comme l’ont définie les linguistes, les spécialistes de la langue, c’est : « ghayatou l-khouchou^i wa l-khoudou^ » c’est-à-dire l’extrême limite de l’humilité, de la crainte et de la soumission. On comprend à partir de là que le simple tawassoul, la simple demande d’aide ou de renfort par le prophète ou par un saint et lui demander qu’il soit vivant ou mort, cela n’est pas une adoration pour celui à qui on demande cela car ce n’est pas une extrême limite d’une soumission, ce n’est pas une forme d’association. Les prophètes et les saints tout comme l’ont dit les savants de la vérité peuvent agir, accomplir certaine chose durant leur vie et après leur mort. Tout cela par la volonté de Allah. Allah ta^ala fait que s’Il veut, ce saint sort de sa tombe, il fait ce que Allah veut qu’il fasse et il revient. N’est ce pas que Allah est sur toute chose tout puissant. Qu’est ce qui empêche cela ? Rien du point de vue de la raison n’empêche cela, rien. C’est quelque chose de possible selon la raison.

 

Parmi ce qui est parvenu au sujet de l’amour des compagnons envers le prophète élu, il y a la visite qu’ils lui font après sa mort et le tabarrouk, c’est-à-dire la recherche des bénédictions par sa tombe honorée, il y a ce qu’à, rapporté Bilal Al-Habachiy, que Allah l’agrée, le mou’adh-dhin du messager de Allah. Il avait quitté Médine l’illuminée après la mort du prophète et il était parti s’installer au pays de Ach-Cham. Il a vu dans son rêve le messager de Allah lui dire dans le rêve ce qui signifie : « tu fais preuve là d’une froideur ô Bilal. Le moment de venir me rendre visite n’est donc pas encore arrivé ». C’est-à-dire que le prophète s’est comme s’il reprochait avec douceur, comme lorsque quelqu’un te dit « il y a longtemps que tu n’es pas venu me rendre visite pourquoi tu ne viens pas ». Bilal, que Allah l’agrée s’est réveillé de son sommeil attristé et touché. Il a pris sa monture et s’est dirigé vers Médine l’illuminée, que Allah honore et élève d’avantage celui qui y réside. Il est parti à la tombe du prophète, il s’est mis à pleurer et à frotter son visage sur la tombe. C’est alors que Al-Haçan et Al-Houçayn, les deux petit-fils du messager de Allah, sont venus et Bilal les a pris contre lui, les a serrés contre sa poitrine en les embrassant. Ils lui ont dit : « nous souhaitons tant entendre à nouveau l’appel à la prière que tu faisais pour le messager de Allah dans la mosquée ». C’est alors que Bilal a fait ce que les petit-fils du prophète lui ont demandé. Il est monté sur le toit de la mosquée du prophète. Il a pris la place qu’il prenait habituellement et quand il a dit Allahou ‘akbar Allahou ‘akbar, Médine a tremblé. Quand il a dit Ach-hadou an-la ‘ilaha illa l-Lah, les gens ont tous remarqué qu’il y avait quelque chose d’inhabituel. Lorsqu’il a dit Ach-hadou anna Mouhammadan raçoulou l-Lah les femmes étaient sorties de chez elles, elles se sont dit « est ce que le prophète a ressuscité ? » et ce jour-là, était le jour où on avait vu le plus les gens pleurer, hommes et femmes à Médine, après le décès du messager de Allah. Cela a été rapporté par le Hafidh Taqiyyou d-Din As-Soubkiyy dans son livre Chifa’ou s-Saqam.

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