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Tafsir an-Nasafiyy : Sūrātu Āli ʿImrān versets 1-55

Posted in Coran,cours général,islam,tafsir,Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur décembre 7, 2025
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Commentaire de Sūrātu Āli ʿImrān

Verset 1 : alif lām mīm

Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)

Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.

Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.

Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude

Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.

Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.

Verset 4 : auparavant : cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān

En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.

Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.

Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres

Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.

Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.

Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse : c’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.

Il a été rapporté que les gens de Banī Naǧrān qui sont des Arabes à l’époque du Prophète,b ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.

60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.

Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’āndans lequel il y a des versets univoques (muḥkam) : leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible.

Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces versets-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.

Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques (mutašābih) : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables.  Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.

Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».

Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.

Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.

Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.

Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.

Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.

Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance

Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.

Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.

Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.

Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.

Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.  

Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.

La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.

Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –

Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.

La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.

C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).

Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques que les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.

Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.

Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.

Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.

Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.

Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accorde beaucoup de biens.

Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :

Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.

Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.

Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.

Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.

Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.

Ceux-là seront le combustible de l’enfer.

Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.

Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.

Et le châtiment de Dieu est terrible.

Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)

À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)

Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)

Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond

Et quelle mauvaise demeure

Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš

Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour   de la bataille de Badr.

Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans

Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.

Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux, pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.

Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.

Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.

Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.

Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit

Une exhortation : une moralité

Pour ceux qui sont dotés de raison.

Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.

L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.

Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.

Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)

Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.

Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.

Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.

Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.

Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.

Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :

Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé

Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.

Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu

Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.

Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves

Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel

Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse

 Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.

Verset 17 :  ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,

Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)

Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants

Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes

Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».

Verset 18 : Allāh a jugé ou bien Allāh a dit qu’il n’est de dieu que Lui ainsi que les anges : c’est-à-dire que les anges également ont témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu en raison de ce qu’ils ont vu de l’éminence de la toute-puissance de Dieu

Ainsi que les gens qui ont la connaissance qui ont également témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu. Ceux qui ont la connaissance ce sont les prophètes et les savants.

Dieu réalise la justice et l’équité dans les subsistances et les échéances qu’Il accorde, dans le fait qu’Il récompense et qu’Il châtie et dans les ordres qu’Il donne à Ses esclaves, d’être justes les uns avec les autres et d’œuvrer ensemble.

Il n’est de dieu que Lui : c’est une insistance

Il est al-ʿĀzīz et al-Ḥakīm : Dieu est Celui Qui n’est pas vaincu et Celui Qui ne Se détourne pas de la vérité c’est-à-dire Celui Qui fait que toute chose soit selon une sagesse

Verset 19 : certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam. Dieu a jugé et a dit et a témoigné que la religion qu’Il agrée c’est l’Islam.

Et ceux qui ont reçu le Livre n’ont dévié : ce sont les yahūd et les nasārāʾ qui ont quitté l’Islam qui est la croyance en l’unicité de Dieu. Les nasārāʾ ont parlé de trinité et les yahūd ont dit que ʿUzayr était le fils de Dieu.

Qu’après avoir eu la connaissance : leur déviation est venue après qu’ils ont eu la connaissance de la vérité : ils n’ont divergé qu’après avoir eu la connaissance de la vérité de laquelle il ne convient pas de s’écarter.

Et c’est une injustice de leur part : cette divergence n’a eu lieu que parce qu’ils ont été jaloux les uns des autres. Chaque groupe cherchait le pouvoir.

Il a été dit que cette divergence de leur part qui était une injustice était une divergence à propos du statut de prophète de notre maître Muḥammad alayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisque certains d’entre eux ont cru en lui et d’autres ont mécru.

Et celui qui ne croit pas aux signes de Dieu (c’est-à-dire les arguments, les preuves que Dieu nous donne) alors certes Dieu est Celui Qui rétribue rapidement.

Verset 20 : s’ils débattent avec toi : c’est-à-dire s’ils discutent avec toi en refusant ce que tu leur dis, à savoir que la religion agréée par Dieu, c’est l’Islam. Ceux qui sont visés par « ils » c’est le groupe de Banī Naǧrān.

Alors dis je me soumets totalement à Dieu, mon âme et tout mon être sont sincèrement soumis à Dieu Lui Seul : je n’ai pas attribué à Dieu un associé : ma religion est la religion de la croyance en Dieu uniquement. Et c’est la religion de droiture, la religion juste dont la véracité est confirmée pour vous tout comme elle est confirmée pour moi. Et je n’ai pas amené quelque chose de nouveau pour que vous débattiez avec moi à ce sujet.

Ainsi que ceux qui m’ont suivi : nous sommes tous musulmans, soumis à Dieu.

Et dis aux gens du Livre : etce sont les yahūd et les nasārāʾ

Ainsi qu’à ceux qui n’ont pas de livre : ce sont les associateurs arabes.

Qu’il vous a été amené les preuves claires qui impliquent la réalisation de l’Islam : allez-vous enfin entrer en islam ou alors vous persistez sur votre mécréance malgré les preuves ?

S’ils se soumettent : s’ils deviennent musulmans, alors ils auront été bien guidés puisqu’ils auront quitté l’égarement pour la bonne guidée.

Mais s’ils refusent, tu n’as qu’à transmettre : ce dont tu es chargé, c’est de transmettre. Cela veut dire que le fait qu’ils ne soient pas entrés en islam, cela ne t’est pas préjudiciable. Tu es un messager qui avertit, tu n’es chargé que de transmettre le message, tu avertis et tu indiques la voie de la bonne guidée.

Et Dieu voit tout de Ses esclaves : Dieu n’ignore rien de Ses esclaves, Il les rétribuera pour leur Islam et pour leur mécréance. Ceux qui sont musulmans, il les rétribue pour leur Islam, ceux qui sont mécréants, Il les rétribue pour leur mécréance.

Verset 21 : certes ceux qui mécroient aux signes de Dieu : ceux qui ne croient pas aux preuves ni aux arguments et qui assassinent les prophètes : il s’agit des gens du Livre qui se sont satisfaits que leurs ancêtres aient assassiné des prophètes.

Injustement : c’est une insistance parce le fait d’assassiner un prophète n’est pas juste.

Et qui assassinent ceux qui ordonnent la justice et l’équité : c’est-à-dire les gens qui ordonnent la justice et l’équité, autres que les prophètes.

Annonce-leur la nouvelle qu’ils auront un châtiment douloureux.

Verset 22 : ceux-là dont les œuvres auront été perdues : c’est-à-dire que tout ce qu’ils auront fait dans le bas-monde ne leur procurera aucune récompense dans l’au-delà. Ils auront la malédiction et l’humiliation dans le bas-monde et le châtiment dans l’au-delà.

Ils n’auront aucun soutien.

Verset 23 : ne vois-tu donc pas ceux qui ont reçu une certaine part du Livre : il vise les savants des yahūd qui ont appris une part importante de la torah

Lorsqu’ils sont appelés à appliquer ce qu’il y a dans le Livre de Dieu : c’est-à-dire la torah ou le Qur’ān

Afin qu’il arbitre entre eux : le Livre a été appelé arbitre ici parce que c’est une cause pour l’arbitrage ; arbitrer signifie juger. Ou bien que le prophète juge et arbitre entre eux.

Puis malgré cela un groupe d’entre eux s’éloigne : c’est surprenant de leur part qu’ils refusent de se référer au Livre après avoir eu connaissance que cela est un devoir.

Et ils sont dans l’objection. C’est le contraire de la soumission c’est-à-dire que ce sont des gens dont l’habitude est de refuser de se soumettre.

Verset 24 : ce refus et cette objection ont pour cause le fait qu’ils considèrent facile pour eux le châtiment et qu’ils espéraient sortir de l’enfer après quelques jours. Ils savaient qu’ils étaient dans l’erreur, ils savaient qu’ils allaient entrer en enfer mais ils disaient qu’ils allaient en sortir après quelques jours seulement. Ils ont dit que c’était soit quarante jours ou bien sept jours.

Ce qui les a trompés c’est leur calomnie au sujet de Dieu : il s’agit de leur parole « nous sommes les enfants de Dieu et ses bien -aimés ».

Verset 25 : comment seront-ils lorsque Nous les rassemblerons pour un jour : c’est-à-dire quel sera leur état ce jour-là ? C’est une menace.

Un jour au sujet duquel il n’y a pas de doute : c’est un jour qui aura lieu inéluctablement.

Et chaque âme recevra la rétribution de ce qu’elle a acquis

Et ils ne seront pas lésés : ils ne subiront pas d’injustice par l’augmentation de leurs mauvaises actions ou la diminution de leurs bonnes actions.

Verset 26 : dis ô Allāh Toi à Qui appartient la souveraineté : la souveraineté ici c’est celle que Dieu accorde aux créatures, aux rois. Alors que la souveraineté de Dieu qui est Son attribut est exempte de début et exempte de fin. Cette première souveraineté qui est citée est générale : tout appartient à Dieu.

Tu accordes la souveraineté à qui tu veux : cette souveraineté-là est partielle et tu la retires à qui Tu veux : c’est aussi une souveraineté partielle. Il a été rapporté que, lorsque le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a conquis La Mecque, il a promis à sa communauté la souveraineté de La Perse et de Rome (Byzance). Alors les yahūd et les hypocrites ont dit : comment Muḥammad aurait-il la souveraineté sur les Perses et les Romains qui sont beaucoup plus glorieux et forts ? C’est ainsi que la suite de ce verset a été révélée.

Tu accordes la gloire à qui Tu veux : il s’agit de la gloire de la souveraineté. Il s’agit du bien que Dieu accorde aux croyants.

Et Tu humilies qui tu Veux : en lui retirant la souveraineté.

A Toi appartient le bien : et le mal est sous-entendu ici : Tu es Celui à Qui appartient le bien et le mal. Et Dieu est puissant pour faire le bien et Il est puissant pour faire le mal, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est une figure de style qui s’appelle en arabe l’iktifāʾ, « le fait de se suffire de citer un des deux opposés pour ne pas mentionner le second » : c’est-à-dire qu’il a été suffisant de mentionner le bien pour faire comprendre que le mal était sous-entendu.  Le contexte parlait du bien, de la souveraineté que Dieu allait accorder aux croyants et c’est ce que les mécréants avaient renié. Il est question du bien que Dieu accorde à ceux qui Lui obéissent au détriment des mécréants.

Certes Tu es sur toute chose tout puissant : et personne ne peut faire quoi que ce soit si ce n’est par la capacité que Dieu accorde aux gens.

Verset 27 : le verbe utilisé a le sens de faire entrer une chose dans une autre et dans ce verset c’est selon un sens métaphorique : Dieu fait que les heures de la nuit diminuent et que les heures du jour augmentent et Il fait que les heures du jour diminuent et les heures de la nuit augmentent (selon les saisons le nombre d’heures du jour et de la nuit change)

Et Tu fais sortir le vivant à partir de celui qui est mort : il y a trois explications

  1. Dieu fait exister un être vivant à partir d’eau mélangée (qui, elle, n’est pas un être vivant)
  2. Dieu fait exister un poussin à partir d’un œuf qui lui, n’a pas de vie
  3. Dieu fait qu’un mécréant devient croyant : le mécréant a été comparé à celui qui est mort et le croyant à celui qui est vivant.

Et Tu fais sortir ce qui est mort à partir de celui qui est vivant : il y a aussi trois explications.

  1. Dieu fait sortir le liquide séminal de l’être humain
  2. Dieu fait sortir l’œuf à partir de la poule
  3. Dieu fait sortir un mécréant à partir d’un croyant : un parent est croyant et un de ses enfants est mécréant. 

Et Tu accordes à qui Tu veux sans compte : les créatures ne savent pas quelle quantité de subsistance chacun aura mais Dieu sait la subsistance de chacun. Tout cela est pour indiquer que celui qui est tout puissant à faire ces actes éminents qui rendent l’esprit sidéré, Il est tout puissant pour accorder sans limite à qui Il veut parmi Ses esclaves et Il est tout puissant à enlever la souveraineté aux non Arabes pour les humilier et à l’accorder aux Arabes pour les glorifier.

Verset 28 : que les croyants ne prennent pas les non croyants comme référence (comme tuteurs, comme gouverneurs, comme autorités) c’est-à-dire qu’il n’y a pas de tutelle d’un non musulman sur un musulman, même s’ils étaient proches parents, même s’ils étaient amis avant leur Islam. Le fait d’aimer quelqu’un pour Dieu et le fait de détester quelqu’un pour Dieu, c’est un grand chapitre de la foi : aimer pour Dieu signifie aimer quelqu’un parce qu’il a la croyance de vérité, qu’il adore Dieu et qu’il aime les prophètes. Et détester pour Dieu signifie détester ce que Dieu n’agrée pas. En suivant les croyants, en aimant les croyants, en étant les partisans des croyants, ceci vous fait vous dispenser de prendre des tuteurs parmi les non croyants. Vous ne préférez pas les non croyants au détriment des croyants.

Et celui qui fait cela alors il n’est pas dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire que celui qui prend pour partisan des non croyants, il n’est pas dans la voie que Dieu agrée. Parce qu’on ne peut pas être le partisan de quelqu’un et être le partisan de son ennemi, en même temps.

Sauf si c’est pour te préserver d’eux : dans le cas où le non croyant a un pouvoir sur le musulman et celui-ci craint pour sa personne ou pour ses biens.

Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : ne vous exposez pas au châtiment de Dieu en prenant pour partisans les ennemis de Dieu. Et ceci est une grave mise en garde.

Et à Dieu le devenir.  Votre devenir est d’être ressuscités pour le jugement de Dieu. Et le châtiment est préparé, l’enfer est déjà préparé.

Verset 29 : dis, que vous cachiez ce que vous avez dans votre cœur ou que vous le montriez (que ce soit le fait de vous rallier aux non croyants ou autre chose que Dieu n’agrée pas), Dieu le sait et cela ne Lui échappe pas. Et c’est encore une plus grande mise en garde.

Et Il sait ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre. Dieu sait votre for intérieur et votre apparence.

Et Dieu est sur toute chose tout puissant. Dieu est tout puissant à vous châtier, à vous punir.

Verset 30 : le jour où chaque personne trouvera le bien qu’elle a préparé (elle le verra) il sera présent. Et le mal qu’elle a fait, elle espère qu’il soit très éloigné d’elle. Le jour du jugement la personne verra le bien qu’elle a fait et le mal qu’elle a fait, tous deux seront présents. Elle espère qu’elle soit éloignée de ce mal.

Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : c’est une répétition de la même phrase pour que chacun soit conscient de cela.

Et Dieu est miséricordieux pour les esclaves. Parmi les manifestations de la miséricorde de Dieu, c’est qu’Il a mis en garde les gens contre Son châtiment pour ne pas qu’ils s’y exposent.

Puis lorsque les yahūd ont dit qu’ils étaient les enfants de Dieu, les bien-aimés de Dieu, Dieu a révélé le verset 31 :

Verset 31 : dis, si vous aimez Dieu véritablement, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) : « aimer Dieu » signifie préférer Lui obéir plutôt que Lui désobéir, c’est-à-dire c’est le fait de préférer Son obéissance à Sa désobéissance. 

Dieu vous agréera :  Dieu récompense Son esclave pour ses actes.  D’après Al-Ḥasan Al-Biṣrī, il y a des gens qui, du temps du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, prétendaient aimer Dieu. Dieu a voulu faire en sorte que ce prétendu amour soit confirmé par des actes. Celui qui prétend aimer Dieu mais qui contredit la sunnah de Son messager, c’est un menteur. La sunnah ici signifie la croyance et l’enseignement du Prophète.

Et vous pardonnera vos péchés et Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 32 : dis, obéissez à Dieu et à Son Messager.

S’ils se détournent : c’est-à-dire s’ils refusent d’accepter l’obéissance à Dieu et au Messager

Alors Dieu n’agrée pas les mécréants. Il ne les agrée pas et Il ne leur pardonne pas.

Verset 33 : Dieu a élu (Dieu a choisi dans le sens que ces gens-là sont meilleurs que les autres)

Ādam qui est le père de toute l’humanité, il est le premier des prophètes

Et Nūḥ qui fut le premier prophète envoyé à des mécréants et il fait partie des cinq meilleurs prophètes

Et la famille d’Ibrāhīm et ce sont Ismāʿīl et Isḥāq et leurs enfants

Et la famille d’ʿImrān et ce sont Mūsā et Hārūn qui sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur et il a été dit que la famille d’ʿImrān était ʿīsā et Maryam fille d’ʿImrān fils de Māṯān. Et entre les deux ʿImrān se sont écoulées 1800 années.

Par rapport au reste des mondes. A leur époque, ils étaient les meilleurs . La phrase est générale mais on a su qu’il y a une restriction donc ce n’est pas dans l’absolu car on a su que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est meilleur qu’eux.

Verset 34 : une descendance l’une après l’autre. La famille d’Ibrāhīm et la famille d’ʿImrān, la deuxième descendant de la première. Mūsā et Hārūn sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur qui est fils de Qāḥaṯ qui est fils de Lāwā qui est fils de Yaʿqūb qui est fils d’Isḥāq qui est fils d’Ibrāhīm. (Ibrāhīm ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est donc l’ancêtre de Mūsā).

Et également ʿīsā fils de Maryam qui est fille d’ʿImrān fils de Māṯān qui remonte à Yahūḏā fils de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm.

Et notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est descendant d’Ibrāhīm par Ismāʿīl. Il fait donc partie de la famille d’Ibrāhīm.

Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il sait qui est valable pour être élu pour être prophète.

C’est recommandé de réciter la dernière partie du verset 36 pour un nouveau-né : (wa ʾinnī uʿīḏuhā bika wa ḏurriyyatahā mina š-šayṭani r-raǧim) qui signifie (ô Allāh, je Te demande de la préserver elle et sa descendance contre le diable maudit).

Verset 35 : la femme d’ʿImrān a dit (il s’agit du fils de Māṯān et on parle de la mère de Maryam qui est la grand-mère maternelle d’ʿīsā ʿalayhi wa sallam) Elle s’appelle Ḥannah fille de Fāqūḏā

O Seigneur j’ai fait le vœu (c’est-à-dire que je m’engage à faire ce qui va suivre) que l’enfant que je porte soit un muḥarrar (sous-entendu qu’elle s’attendait à avoir un garçon)

1 – c’est-à-dire dédié pour le service de la mosquée de Jérusalem, je le consacre à cela (et c’était un vœu très méritoire à cette époque-là)   

2 – Ou bien que cet enfant soitconsacré à l’adoration de Dieu.

 Accepte de moi cet enfant, certes Tu es Celui Qui entend et Qui sait.

Verset 36 : quand elle a accouché elle a dit ô Seigneur j’ai accouché d’une fille (elle a dit cela parce que le muḥarrar était forcément un garçon, donc c’est comme si elle s’excusait du vœu qu’elle avait fait, elle ne pourra pas le tenir puisqu’elle avait mis au monde une fille. Elle a exprimé sa déception à son Seigneur)

Dieu sait ce qu’elle a mis au monde : c’est pour magnifier ce sujet qui n’est pas négligeable, c’est pour indiquer que le vœu est quelque chose d’important et dans le sens que le fait qu’elle ait mis au monde une fille, il se peut qu’il y ait en cela un secret et une sagesse.

Et le garçon (qu’elle avait souhaité avoir) n’est pas comme la fille (qu’elle avait eue)

Et je l’ai appelée Maryam : dans leur langue, Maryam signifie « celle qui se consacre à l’adoration ». Elle a voulu, par le prénom qu’elle a donné à sa fille, gagner des récompenses. C’est comme si elle demandait à Dieu de préserver sa fille pour que son acte soit conforme à son prénom, pour que sa fille soit véritablement une adoratrice ; et pour que se réalise en sa fille le souhait qu’elle avait eu quand elle était tombée enceinte, c’est-à-dire qu’elle ait un garçon qui se consacre à la mosquée de Jérusalem.

Et je Te demande de la préserver elle, ainsi que sa descendance (c’est-à-dire ses enfants à elle) contre le diable maudit (c’est-à-dire éloigné du bien). Dans le ḥadīṯ, la plupart des nouveau-nés, le diable leur nuit au moment de leur naissance, et le nouveau-né pousse un cri suite à la nuisance du diable, excepté Maryam et son fils.

Verset 37 : Dieu a agréé Maryam en guise de réponse au vœu à la place du garçon : Dieu a agréé Maryam comme si c’était le garçon que sa mère avait fait le vœu de mettre au monde. Il a été rapporté que Ḥannah, quand elle a mis au monde Maryam, elle l’a enveloppée dans un bout d’étoffe et elle l’a emmenée à la mosquée et elle l’a placée chez les prêtres qui étaient descendants de Hārūn. Et ils étaient à Jérusalem comme la famille de banu Šaybah qui est en charge de la clé de la kaʿbah à La Mecque. Elle leur a dit « je vous charge de cette fille qui est la réalisation d’un vœu que j’ai fait ». Les prêtres se concurrençaient pour s’occuper d’elle car elle était la fille de leur imam Imrān. Et c’était lui qui s’occupait de faire les sacrifices pour Dieu.  Ils étaient les descendants de Māṯān, les chefs des fils d’Isrāʾīl. Mais Zakariyyā leur a dit : « non, ce n’est pas vous qui allez vous occuper de Maryam, c’est moi qui vais m’occuper d’elle ». Zakariyyā était un prophète, il était le mari de sa sœur. Ils ont refusé et lui ont dit : on va tirer un nom pour choisir qui va s’occuper de Maryam. » Ils étaient 27 et chacun d’eux voulait s’occuper de l’éducation de Maryam. Ils sont allés à un fleuve et ont jeté leurs crayons. Celui de Zakariyyā a flotté alors que tous les autres ont coulé. Ce fut ainsi Zakariyyā qui a pris en charge l’éducation de Maryam.

Et Dieu a fait qu’elle grandisse dans le bien. Le verbe utilisé est le verbe qui est employé pour une plante, c’est une métaphore qui indique que Maryam était comme une plante qui a poussé dans les meilleures conditions.

Et ce fut Zakariyyā qui en a assuré la tutelle : il était un tuteur pour elle et un garant. Zakariyyāsignifie en hébreu « celui qui fait tout le temps des évocations et la glorification de Dieu ».

Chaque fois que Zakariyyā venait vérifier si Maryam était dans de bonnes conditions dans le miḥrāb : et c’est une pièce à laquelle on accède par des marches et il a été dit que c’est l’endroit le plus honorable des assemblées, c’est-à-dire à l’avant de l’assemblée. Et dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est là où se tient l’imam, une partie concave. C’est comme si, dans ce verset, Dieu nous apprend que Maryam a été placée dans l’endroit le plus honorable de la mosquée de Jérusalem. Et il n’y avait que Zakariyyā qui pouvait atteindre cet endroit.

Il trouvait qu’elle avait une subsistance.  Sa subsistance provenait du paradis. Et elle n’a jamais été allaitée. Il trouvait chez elle les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver.

Il a dit ô Maryam d’où as-tu cela : d’où as-tu cette subsistance qui ne ressemble pas à la subsistance du bas-monde ? Et ce sont des fruits qui sont hors saison.

Elle a dit c’est Dieu Qui accorde : c’est-à-dire ne sois pas étonné, Dieu accorde à qui Il veut. C’était un prodige pour Maryam : elle était une sainte, la meilleure des femmes de l’humanité. Il a été dit qu’elle a parlé alors qu’elle était enfant tout comme Jésus a parlé au berceau.

Certes Dieu accorde à Qui Il veut sans limite : c’est-à-dire sans prendre en compte la quantité. Autre explication : Dieu fait grâce sans demander des comptes.

Verset 38 : et là : c’est-à-dire à l’endroit où il était assis auprès de Maryam, dans le miḥrāb, ou bien à ce moment-là, Zakariyyā (qui était le mari de sa sœur ʿišāʿ) quand il a vu le degré de Maryam de la part de Dieu, a également souhaité avoir de sa femme un fils qui ait aussi un haut degré de la part de Dieu, tout comme Maryam avait un haut degré. Et cela même si sa femme était stérile et âgée.

A invoqué son Seigneur, il a dit ô Seigneur, accorde-moi de Ta part une descendance : le mot (ḏurriyyah) signifie une descendance qui peut faire allusion à un singulier ou à un pluriel ; donc on peut dire d’un enfant que c’est une ḏurriyyah et de plusieurs enfants que c’est une (ḏurriyyah).

Une bonne descendance : c’est-à-dire une descendance bénie. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Donc Zakariyyā a demandé à Dieu de lui accorder une descendance vertueuse.

Certes Tu es Celui Qui exauce nos invocations. Zakariyyā avait toute confiance en Dieu, que Dieu exauce les invocations.

Verset 39 :  les anges l’ont interpellé : il a été dit que c’était Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a interpellé Zakariyyā. « Les anges » est au pluriel parce que celui qui l’a appelé fait partie des anges. Comme quand on dit en arabe « un tel monte les chevaux », cela vise qu’il monte un cheval en particulier mais le cheval fait partie de l’ensemble des chevaux. Donc ici dans ce verset, c’est un ange et en l’occurrence l’ange Ǧibrīl, qui a appelé le prophète Zakariyyā.

Alors qu’il (Zakariyyā) était debout, il faisait la prière dans le miḥrāb : il y a la preuve ici que ce que l’on recherche, on l’obtient en faisant la prière : on prie Dieu pour obtenir ce que l’on recherche. Et il y a en cela l’exaucement des invocations et la réalisation des affaires qui sont demandées. (Zakariyyā demandait à Dieu de lui donner un fils). C’est par la prière qu’on espère que Dieu nous exauce. An-Nasafī cite la parole d’un savant qui s’appelle ibnu ʿAṭāʾ : il a dit : « Dieu n’accorde des ouvertures de bien à un esclave que s’il suit les ordres de Dieu et qu’il est sincère dans son obéissance et qu’il s’attache aux endroits où on fait la prière ». Attache-toi à l’obéissance, ne suis pas tes passions et patiente face aux épreuves. Ne sois pas de ceux qui disent « j’ai invoqué, j’ai invoqué et je n’ai rien eu ».

(L’ange lui a dit) que Dieu lui annonce (à Zakariyyā) la bonne nouvelle qu’il aura un fils qui s’appelle Yaḥyā et qui croit en la véracité de celui que Dieu a envoyé : c’est-à-dire que Yaḥyā croit en Jésus qui est son cousin par sa tante maternelle. Et Yaḥyā fut le premier qui a cru en Jésus, lorsque Jésus a annoncé son statut de prophète. Et dans ce verset, Jésus est désigné par le terme « kalimatin mina l-Lāh » c’est-à-dire « une parole de la part de Dieu » : ceci parce que Jésus a été créé par l’ordre de Dieu : Jésus n’avait pas de père et il a existé parce que Dieu a voulu qu’il existe, par Son ordre et Sa parole.

Ou bien cette partie du verset signifie que Yaḥyā croit aux livres de Dieu.

Il est celui qui est le maitre de son peuple : Yaḥyā est le maitre c’est-à-dire qu’il est au-dessus d’eux par l’honneur. Il dépasse son peuple par l’honneur. Effectivement, Yaḥyā dépassait son peuple parce qu’il n’avait jamais commis de péché, quelle maitrise il avait !

Et ḥaṣūr : c’est celui qui n’approche pas les femmes, c’est-à-dire que même s’il avait la capacité de le faire, mais il empêchait son âme de pencher vers ses désirs.

Et un prophète parmi les vertueux : et il était issu de vertueux, parce qu’il était descendant de prophètes : son père était prophète et parmi ses ascendants, il y avait des prophètes.

Ou bien c’est quelqu’un parmi les vertueux.

Verset 40 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur, comment allais-je avoir un enfant alors que je suis devenu âgé et que ma femme est stérile :il a posé cette question parce qu’habituellement, cela ne se produit pas, c’est une exclamation de sa part à titre d’étonnement : cela ne veut pas dire qu’il doute de la toute-puissance de Dieu pour lui accorder un fils malgré son âge avancé et la stérilité de son épouse. Ila dit : l’âge avancé a eu un effet sur moi et cela m’a affaibli. Il avait 99 ans. Et son épouse avait 98 ans.

Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi Dieu fait ce qu’Il veut. Dieu fait que des choses surprenantes se réalisent.

Verset 41 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur accorde-moi un signe : il voulait un signe qui lui indique que sa femme était tombée enceinte pour accueillir cette grâce avec les louanges.

(Ǧibrīl lui a dit) Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois jours : quand ta femme sera enceinte, tu ne pourras plus parler aux gens, sauf en faisant des signes de la main soit un signe de la tête soit des yeux soit des sourcils, tout en en gardant ta capacité à parler si c’est pour l’évocation de Dieu. Sans que Zakariyyā ne soit muet, mais Dieu va faire qu’il ne pourra pas parler aux gens.

Et évoque beaucoup ton Seigneur, fais le tasbīḥ la nuit et le matin : il s’agit là des signes éclatants et des preuves claires du miracle de Zakariyyā que Dieu lui a accordé un fils malgré son âge avancé. Pourquoi sa langue a-telle été ainsi empêchée de tenir la conversation aux gens ? C’était afin qu’il consacre cette période uniquement à l’évocation de Dieu. C’est une grâce que Dieu lui a accordée pour que Zakariyyā le remercie. Zakariyyā n’a pas utilisé sa langue pour autre chose. Comme si, quand il avait demandé un signe pour remercier Dieu, il ne pouvait plus utiliser sa langue qu’exclusivement dans le remerciement de Dieu.

Il lui a été dit : ton signe c’est que tu ne puisses pas utiliser ta langue pour autre chose que pour remercier Dieu.

Fais le tasbīḥ pendant al-ʿašiyyi wa l-ibkār : al-ʿašiyyi c’est depuis que le soleil quitte le milieu du ciel jusqu’à son coucher et al-ibkār c’est depuis le lever de l’aube jusqu’au temps de aḍ-ḍuḥā.

Verset 42 : et cite comment les anges ont dit à Maryam comment Dieu t’a élue et t’a purifiée et Il t’a élue par rapport aux femmes de l’humanité : il a été rapporté que les anges ont adressé la parole directement à Maryam

T’a élue : c’est-à-dire que Dieu t’a accordé quelque chose qu’Il n’a pas accordé à d’autres, Il t’a acceptée de la part de ta mère Ḥannah. Il a fait que tu sois éduquée et Il t’a accordé un degré particulier, un grand honneur.

Dieu t’a purifiée : c’est-à-dire des actes qui sont répugnants.

Dieu t’a élue sur les femmes de l’humanité : puisqu’Il t’a accordé Jésus sans père ; et cela n’a été accordé à aucune autre femme.

Verset 43 : ô Maryam, fais le maximum d’actes d’obéissance, consacre-toi à l’obéissance à Dieu. Ou bien : prolonge la position debout dans tes prières.

Prosterne-toi : il a été dit qu’elle a reçu l’ordre d’accomplir la prière avec la mention de al-qunūt parce que la prosternation et la position debout font partie des positions de la prière.

Et incline-toi avec ceux qui s’inclinent : fais en sorte que ta prière soit réalisée en assemblée.

Ou bien : fais en sorte d’être au nombre des gens qui font la prière. Et ne sois pas de ceux qui ne la font pas.

Verset 44 : ceci : fait référence aux récits précédents : Ḥannah la mère de Maryam, Zakariyyā et Yaḥyā, ce sont des choses cachées que Nous t’avons révélées. Cette parole s’adresse à notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : ceci fait partie des nouvelles qui t’étaient inconnues, que tu n’as pu connaitre que par la révélation.

Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils avaient jeté leurs qalam pour savoir qui allait prendre en charge Maryam. Explication du mot qalam :

1 – les azlām : ce sont les tiges avec lesquelles on fabrique les flèches, et il s’agit des tiges que les savants de la mosquée de Jérusalem avaient jetées dans la rivière pour désigner celui qui allait s’occuper de Maryam.

2 – ou bien c’était le crayon avec lequel ils écrivaient la Torah. Ils avaient choisi de jeter ces qalam pour la barakah, car c’étaient des instruments pour écrire un texte révélé.

Tu n’étais pas à côté d’eux quand ils se disputaient : pour savoir qui allait prendre en charge Maryam.

Verset 45 : les anges ont dit (et cite ô Muḥammad lorsque Ǧibrīl a dit) Il a été fait référence à Ǧibrīl par le pluriel employé « les anges » parce que Ǧibrīl ʿalayhi s-salām, quand il descend pour un sujet particulier, il est accompagné d’un ensemble d’anges et c’est pour cela que quand il informe d’une chose, il est permis de dire « les anges ont dit »

O Maryam, Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’une parole de Sa part : c’est-à-dire de Jésus. Et Dieu a créé Jésus par Son ordre, sans que Jésus n’ait de père.

Il s’appelle al-Masīḥ : c’est un surnom, c’est le surnom de Jésus et c’est un surnom honorable, comme aṣ-siddīq qui est le surnom de abū Bakr et al-Fârûq qui est le surnom de ʿUmar, sont des surnoms honorables. Et l’origine du terme al-Masīḥ, en hébreu est mašiḥā qui signifie « béni » mubārak. Il a été dit aussi que chaque fois qu’il passait la main (yamsaḥ) sur quelqu’un qui était malade, celui-ci guérissait. Ou parce qu’il se déplaçait sur terre et il n’avait pas pris de lieu de résidence pour lui : on dit en arabe « masaḥa l-arḍ » ce qui signifie « il a parcouru la terre » : tellement il se fiait à Dieu qu’il dormait là où il se trouvait la nuit.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si Jésus avait pris une maison comme résidence, les chrétiens auraient adoré cette maison.

Jésus fils de Maryam :  Ǧibrīl a dit « fils de Maryam » pour lui annoncer qu’il va être sans père. Il ne sera attribué qu’à sa mère.

Il aura un honneur dans le bas-monde : il sera honorable dans le bas-monde parce qu’il aura le statut de prophète, il sera sur l’obéissance à Dieu. Celui qui obéit à Dieu est honoré et celui qui désobéira sera humilié.

Et dans l’au-delà : par son haut degré et par son intercession : il va intercéder.

Et parmi ceux qui ont un haut degré : Dieu fait que son honneur sera élevé.

Verset 46 : il parlera aux gens alors qu’il sera au berceau. Il s’adressera aux gens en parlant, alors qu’il sera dans son berceau : à l’état de nourrisson, il va parler aux gens.

Et quand il sera adulte : il s’adressera aux gens dans ces deux situations. Et la parole des prophètes est différente selon leur âge. Quand il sera adulte et qu’il aura le statut de prophète, il s’adressera aux gens également.

Il sera au nombre des vertueux.

Verset 47 : elle (Maryam) a dit ô Seigneur comment pourrais-je avoir un fils alors qu’aucun humain ne m’a touchée 

Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi que Dieu crée ce qu’Il veut. Si Dieu ordonne une chose, Il fait que cette chose ait lieu. Si Dieu prédestine l’existence d’une chose, Il la fait exister sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Et « kun » est un impératif du verbe être, c’est comme si on disait en français « sois ». Ici c’est pour indiquer la rapidité avec laquelle Dieu fait qu’une chose entre en existence dès lors qu’Il en veut l’existence. Cela ne veut pas dire que Dieu prononce les lettres kāf et nūn, ceci est impossible ; mais cela veut dire plutôt que ce dont Dieu veut l’existence, Il le fait exister sans fatigue, sans difficulté, sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence.

Verset 48 : et il lui enseigne l’écriture, la sagesse, la torah et l’évangile.

Al-kitāb : il y a deux explications : 1 – l’écriture : Dieu a fait que Jésus a appris l’écriture et il avait la plus belle écriture de son époque. 2 – Les livres de Dieu.

La sagesse : c’est-à-dire l’indication de ce qui est licite et de ce qui est interdit.

La torah : c’est le Livre révélé à Moise

L’évangile : c’est le livre révélé à Jésus.

Verset 49 : et un envoyé : c’est-à-dire que Dieu fait de Jésus un envoyé

Aux descendants de banī Isrāʾīl que je vous ai amené et un signe de la part de votre Seigneur : c’est-à-dire qu’il y a une preuve qui indique que Jésus est véridique dans sa prétention au statut de prophète.

Je (c’est Jésus qui parle) vais concevoir à partir de la terre glaise quelque chose qui a l’aspect d’un volatile (c’est-à-dire quelque chose qui vole)

Les différents sens de « ẖalaqa » :

1 / ṣawwara qui signifie « donner une forme, façonner ». On dit « ẖalaqa un tel à partir de la boue un oiseau » signifie qu’un tel a façonné un oiseau à partir de la terre glaise.

2 / taqdīr c’est-à-dire prévoir, planifier, concevoir.

3/ fomenter, monter de toutes pièces : ẖalaqa une information.

4/ donner l’existence, faire surgir du néant à l’existence : ce sens n’est attribué qu’à Dieu. Dieu seul est Celui Qui donne l’existence à ce qui n’existait pas. Dans sūratu ar-raʿd, verset 16,  Dieu dit : « dis, Dieu est Le Créateur de toute chose ».

Et je vais souffler dans cet objet et il sera un volatile : le mot volatile est plus général que le simple oiseau. Par la volonté de Dieu et par l’acte de Dieu de créer. Il a été dit que Jésus n’a pas façonné autre chose qu’une chauve-souris. Et la chauve-souris est un animal complexe : elle vole, mais elle a des poils, la femelle a des saignements de menstrues, elle allaite ses bébés. Elle ne voit pas, sauf à deux moments dans la journée : à l’aube et au coucher du soleil. Mais la chauve -souris que Jésus a façonnée ; une fois qu’elle a disparu des regards, elle n’a pas eu de descendance.

Et je soigne celui qui est né aveugle : par l’invocation de Jésus, celui qui est né aveugle, voit. 

Et je soigne celui qui a al-baraṣ : c’est une maladie de la peau qui consiste en une dépigmentation de la peau sous forme de plaques blanches qui ne disparaissent pas avec les médicaments habituellement.

Et je ressuscite les morts par la volonté de Dieu : il a répété ici « par la volonté de Dieu », et ceci, pour repousser l’illusion de ceux qui auraient pu penser que Jésus aurait la divinité. Il a été rapporté que Jésus a ressuscité Sām le fils de Nūḥ ʿalayhi s-salām et ils ont bien vu cela, quand Jésus était devant la tombe de Sām puis il l’a fait sortir de sa tombe et il était vivant. Alors ils lui ont dit que c’était de la sorcellerie. Ils lui ont demandé de leur montrer un autre signe.

Jésus leur dit : « toi, tu as mangé telle nourriture, et toi, à la maison, on t’a caché telle nourriture ». Et c’est cela le sens de la suite du verset : et je vous informe de ce que vous mangez et de ce que vous cachez comme provision chez vous. Il y a en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants.

Verset 50 : et je confirme ce qui m’a précédé dans la torah : il s’agit du livre qui a été révélé à Moise et c’est la torah.

Et je vais vous rendre licite certaines choses qui vous avaient été interdites : ce qui avait été interdit dans la Loi de Moise pour les fils d’Isrāʾīl c’était de manger le gras, la viande de chameau, le poisson, et tout ce qui a des griffes. Donc Jésus leur a autorisé une partie de cela.

Et je vous ai ramené un signe de la part de votre Seigneur : c’est une répétition pour insister.

Alors craignez Dieu : au lieu de me démentir et de me contredire

Et obéissez-moi : dans ce que je vous transmets.

Verset 51 : certes Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur : c’est une reconnaissance de la part de Jésus qu’il est bien un esclave de Dieu, il nie ici le fait qu’il soit un dieu, contrairement à ce que disent les Naṣārah.

Alors adorez-Le : autrement dit, ne m’adorez pas, moi.

Ceci est une voie de droiture : qui mène celui qui l’emprunte à une félicité ininterrompue.

Verset 52 : quand il (Jésus) a senti de leur part la mécréance : Jésus a su avec certitude que les yahūd commettaient une mécréance et que c’était une mécréance sans aucun doute, tout comme celui qui perçoit la connaissance avec ses sens (la vue, l’odorat)

Il a dit qui sont mes partisans : qui sont mes compagnons, ceux qui  vont me soutenir

Qui cherchent le refuge auprès de Dieu.

Les apôtres ont dit :  al-ḥawārī est le compagnon proche, l’ami intime.

Nous, nous sommes les partisans de Dieu, nous soutenons Sa religion.

Nous avons cru en Dieu et sois témoin de cela : témoigne  en notre faveur, ô Jésus, de notre croyance en Dieu

Que nous sommes musulmans : ils ont demandé le témoignage de Jésus en faveur de leur Islam pour insister sur leur foi. Parce que les messagers de Dieu, au jour du jugement, ils témoigneront, soit en faveur de leur peuple, soit contre eux. Et ce verset comporte la preuve que la foi et l’Islam sont la même chose.

Verset 53 : ô notre Seigneur nous sommes croyants en ce que Tu as fait descendre comme révélation et nous avons suivi le Messager : c’est-à-dire Ton Messager Jésus.

Alors inscris-nous au nombre de ceux qui témoigneront.

1/ Inscris-nous avec les prophètes qui témoigneront en faveur de leurs communautés

2/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de Ton unicité, qu’il n’est de dieu que Dieu

3/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 54 : et ils ont rusé : ils ont fait preuve de perfidie. La perfidie c’est de faire parvenir la nuisance à quelqu’un de manière cachée. Les mécréants des fils d’Isrāʾīl ont fait preuve de ruse et de perfidie. Ils ont voulu le tuer et le crucifier. Dieu a révélé cela à Jésus.

Et Dieu les a rétribués pour leur perfidie : Dieu les a punis puisque Jésus est actuellement au ciel, vivant au deuxième ciel. Les traits de Jésus ont été donné à un de ses élèves et c’est lui qui a été emmené et a été tué à la place de Jésus : c’est ce qui a été rapporté de ibnu ʿAbbās qui a dit que c’était le plus jeune des élèves de Jésus et c’était un homme vertueux.

Ce n’est pas permis d’attribuer le sens de la ruse et de la perfidie à Dieu : car la ruse et la perfidie sont blâmables. Donc le mot « makr » ne peut avoir que le sens de la rétribution.

Et Dieu est le meilleur des mākirīn : c’est-à-dire le meilleur de ceux qui rétribuent. Dieu est Le plus fort et Le plus puissant de ceux qui rétribuent, Celui Qui a la plus grande capacité à punir, d’une manière telle que celui qui est puni ne s’y attend pas.

Verset 55 : Dieu dit à Jésus Je vais te faire mourir ultérieurement à ton terme :c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus d’être tué par les mécréants et Jésus mourra ultérieurement mais sans être tué par les mécréants. Il a été dit que « mutawaffīka » signifie que Dieu va faire élever Jésus au-dessus de la terre, que Jésus ne va pas rester sur terre ou encore Dieu va faire mourir Jésus après sa descente du ciel et maintenant Dieu va l’élever.

Et la conjonction de coordination « wa » ne préjuge pas de l’ordre chronologique des actions indiquées. Cela veut dire que ce qui est cité en premier n’aura pas forcément lieu avant ce qui est cité après le terme « wa ». Ici, cela ne veut pas dire que Dieu va faire mourir Jésus dans un premier temps puis que Jésus va être élevé au ciel. 

Et Je vais t’élever « ilayya » : le sens apparent est « à moi » mais cela ne veut pas dire que Dieu est en haut et que Jésus va monter à côté de Dieu. Donc « ilayya » signifie que Dieu va élever Jésus au ciel qui appartient à Dieu et que Dieu honore et qui est le lieu de résidence des anges.

Et Je vais te préserver de ceux qui ont mécru :  c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus de la mauvaise compagnie des mécréants. Jésus n’aura pas à supporter leur mauvaise compagnie.

Et Je vais faire que ceux qui te suivent seront au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu’au jour du jugement : c’est-à-dire que ceux vont suivre Jésus vont avoir une supériorité sur les mécréants jusqu’au jour du jugement. Les musulmans seront au-dessus des mécréants grâce aux preuves. Les preuves rationnelles sont du côté des musulmans.

Puis vous reviendrez à Mon jugement : au jour du jugement.

Et Je juge entre vous dans ce à propos de quoi vous n’étiez pas d’accord : Dieu juge au jour du jugement à propos de ce que les gens disaient au sujet de Jésus : certains ont dit qu’il était le fils de Dieu et les musulmans disent que c’est un messager de Dieu. Au jour du jugement, Dieu fait que tous seront au courant de la vérité.

Réplique aux prétendus coranistes

Posted in Coran,cours général par chaykhaboulaliyah sur août 5, 2025
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بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Il se trouve aujourd’hui des gens qui disent à notre époque, qu’il nous suffit de nous attacher au Qour’an et que nous n’avons pas à croire au hadith prophétique ni à l’appliquer pour nous, ni à œuvrer conformément aux hadith. Ceci est une sortie de la religion, c’est une apostasie.

Ce groupe, cher bien aimés, ce groupe se prétend de l’Islam en apparence, ils disent d’eux même : « Nous sommes musulmans », ils prétendent qu’ils sont attachés au Qour’an mais ils disent : « Qu’est-ce que nous avons à voir avec le hadith prophétique ? Pourquoi ne devons avoir à faire aux hadith prophétique ? Nous n’avons pas à prendre le hadith prophétique ni à croire en la véracité en certains hadith prophétique que le prophète a dit. »

Nous disons : le Qour’an, nous devons y croire et le hadith authentique, sûr, que le messager de Allah a prononcé, il est un devoir pour nous de croire en sa véracité.

Tu les vois argumenter selon leur prétention par certains versets du Qour’an comme la parole de Allah :

مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾

[sourat Al-An^am / 38] C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Ils disent que se verset est une preuve en leur faveur, une preuve pour eux selon leur prétention que le Qour’an comporte le détail de tous avec minutie et tous ce dont les personnes responsables ont besoin comme lois et autres. 

Ils disent, Allah dit :

مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾

C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Ils prennent ce verset comme preuve en leur faveur pour rejeter la sounnah et pour ne pas œuvrer conformément à la sounnah. Ils disent : « Nous avons dans le Qour’an ce qui nous passe de la sounnah » c’est-à-dire qu’ils disent : « nous, si nous nous attachons au Qour’an nous n’avons pas besoin du hadith du messager de Allah ».

Nous parlons là de gens qui existent maintenant à notre époque, ils existent en Egypte et dans plus d’un état arabe, ils se prétendent comme les coranistes les -qour’aniyyine-. Il se font appeler les coranistes parce que selon leur prétention ils s’attachent au Qour’an et délaissent le hadith prophétique.

Ce verset :

مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾

Le sens est correct mais ce n’est pas celui qu’ils ont prétendu. La parole de Allah :

مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾

Signifie : le Qour’an comporte des choses que Allah a mentionné avec force détail, avec beaucoup de clarté, des jugements clairs, explicites, détaillés, nous devons œuvrer conformément à ces versets car Allah les a indiqués, les a détaillés, les a clarifiés. Mais dans le Qour’an il y a des choses que Allah a mentionné en globalité, en général, c’est-à-dire ce sont des choses générales, ce sont des choses dont Allah ^azza wa jall n’a pas indiqué le détail. Comment connaissons-nous le détail alors que Allah n’a pas détaillé ces jugements ? En se réfèrent au hadith du messager de Allah.

Et Allah, Lui qui a révélé le Qour’an, nous a ordonné de suivre notre prophète. Dans le Qour’an il y a l’ordre pour nous de suivre sa parole dans ce que le Qour’an a comporté en globalité, c’est-à-dire, là où le Qour’an n’a pas détaillé, là où le Qour’an n’a pas indiqué mais qu’il a mentionné en globalité, d’une manière générale sans détail. 

N’est-ce pas que Allah ^azza wa jall dit :

وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ﴿ ٧ ﴾

[Sourat Al-Hachr / 7] c’est-à-dire : « Ce que le messager vous a indiqué prenez-le en compte ». Qui nous a ordonné de prendre en compte ce que le messager dit ? C’est Allah, Lui qui a révélé le Qour’an.

Allah dit :

وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَىٰكُمۡ عَنۡهُ فَٱنتَهُوا۟ۚ ﴿ ٧ ﴾

C’est-à-dire : « Ce que le messager vous a ordonnez de faire, faites-le, et ce qu’il vous a interdit de faire abstenez-vous en ».

Donc, nous si nous apprenons le hadith prophétique, que nous connaissons les Lois que notre messager a indiqué, qu’il nous a détaillé, nous aurons ainsi agit conformément à l’ordre de Allah, nous aurons appliqué l’ordre de Allah qu’Il nous ordonné dans le Qour’an par Sa parole :

وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَىٰكُمۡ عَنۡهُ فَٱنتَهُوا۟ۚ ﴿ ٧ ﴾

C’est-à-dire : « Ce que le messager vous a ordonnez de faire, faites-le, et ce qu’il vous a interdit de faire abstenez-vous en ».

Que veut dire alors la parole de Allah :

مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾

C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Elle veut dire que le Qour’an comporte des versets dans lesquels Allah a indiqué le détail. Allah a clarifié les jugements, dans le détail de ces jugements il y a une suffisance, c’est pour cela que le messager n’a pas rajouter sur ce que Allah ^azza wa jall a dit, tant que l’ordre est venu détailler dans le Qour’an. Mais il y a d’autres sujets que Allah ta^ala a mentionné en globalité, qu’Il n’a pas détaillé, les gens ont eu donc besoin de l’explication du messager, des détails qu’il nous a donné.

Allah dans le Qour’an a indiqué par allusion l’obligation des 5 prières par jour et nuit :

‫فَسُبۡحَـٰنَ ٱللَّهِ حِینَ تُمۡسُونَ وَحِینَ تُصۡبِحُونَ﴿ ١٧ ﴾

‫وَلَهُ ٱلۡحَمۡدُ فِی ٱلسَّمَـٰوَ ٰ⁠تِ وَٱلۡأَرۡضِ وَعَشِیࣰّا وَحِینَ تُظۡهِرُونَ﴿ ١٨ ﴾

[sourat Ar-Roum / 17-18]

تُمۡسُونَ  fait référence à la prière du maghrib et la prière du ^icha’ car ce sont des prières qui ont lieu la nuit. Et وَحِینَ تُصۡبِحُونَ ceci fait référence à la prière de l’aube, as-soubh. وَعَشِیࣰّا c’est-à-dire la prière de al-^asr, وَحِینَ تُظۡهِرُونَ c’est-à-dire la prière de adh-dhouhr.

Donc ces versets comportent l’allusion, comme l’a compris Ibnou ^Abbas, de l’obligation des 5 prières.

Si nous nous suffisons de ce verset, nous aurons su qu’il y a 5 prières que Allah ^azza wa jall nous a ordonné d’accomplir, mais où est le détail de ces prières ? Est-ce qu’il y a un détail du nombre de rak^ah pour chaque prière dans le Qour’an ? Il n’y a pas le détail que la prière du soubh est de deux rak^ah, que la prière de adh-dhouhr, du ^asr et du ^icha’ et de 4 rak^ah et que la prière de Al-maghrib est de 3 rak^ah. Il n’y a rien qui indique cela dans le Qour’an. Que ce soit concernant le nombre de rak^ah de chaque prière et leur nom.

C’est le messager qui nous a indiqué que la prière de Adh-dhouhr, du ^asr et du ^icha’ sont de 4 rak^ah et ainsi de suite. Ainsi, le messager nous a clarifié, nous a détaillé, ce que le Qour’an a mentionné en globalité.

Autre exemple : le Tawaf autour de la Ka^bah. Allah ta^ala dit dans le Qour’an :

وَلۡیَطَّوَّفُوا۟ بِٱلۡبَیۡتِ ٱلۡعَتِیقِ﴿ ٢٩ ﴾

[sourat Al-Hajj / 29]

C’est-à-dire : « Ils tournent autour de la Maison ancienne -c’est-à-dire la Ka^bah-. »

Combien de tour devons-nous faire ? 3, 5, 7, 14, 13 ? Comment avons-nous su qu’il s’agit de 7 tours ? C’est le messager qui a indiqué, qui a expliqué, qui a détaillé ce que le Qour’an a mentionné de manière globale sans détailler.

Le prophète a dit :

خذوا عنِّي مناسِكَكم

C’est-à-dire : « Apprenez de moi les rites de vos actes d’adorations. », c’est-à-dire : « Apprenez à faire vos actes d’adorations en m’observant. » Quand il a fait 7 tours autours de la Ka^bah, pas 9, pas 5, nous avons su que les nombres de tours autour de la Ka^bah sont au nombre de 7. Car c’est le messager qui a dit :

خذوا عنِّي مناسِكَكم

 C’est-à-dire : « Apprenez de moi les rites de vos actes d’adorations. » Donc, nous avons su qu’il s’agit de 7 tours par l’enseignement du messager.

Autres versets dans le Qour’an que Allah a fait descendre par révélation en indiquant des lois générales qui ont besoin de spécification, de restriction ; si l’un d’entre nous étudie la parole de Allah ^azza wa jall :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾

[Sourat An-Niça’ / 11] 

C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille ». Donc, si un père meurt, ses enfants vont hériter de lui et le garçon aura le double de la fille, c’est-à-dire que le frère va prendre deux parts et la sœur va prendre une part. La mention est citée dans ce verset. Ceci est un jugement général.

Il est parvenu dans la loi du messager ce qui indique des exceptions, il y a des gens qui ne vont pas hériter. Notre prophète, quand il est mort a laissé sa fille Fatimah et il avait des épouses. Si c’était autre que le prophète, quelqu’un d’autre qui n’est pas prophète, n’est-ce pas que ses épouses, sa fille auraient héritées de lui ? Mais le prophète, lui, ne laisse pas d’héritage. Tous les prophètes ne laissent pas d’héritage.

C’est-à-dire que sa fille Fatimah, que Dieu l’agrée n’a pas hérité de son père, le messager de Allah. Pourtant dans le Qour’an, Allah dit :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾

C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille » Et Fatimah est la fille du messager de Allah, malgré cela elle n’a pas héritée, pourquoi ? Car il est parvenu dans la sounnah ce qui spécifie la règle générale de ce verset. Dans la sounnah, c’est-à-dire le hadith prophétique, il y a ce qui a spécifié le caractère général de ce verset. Qu’est-ce qui est spécifié ? Le fait que les prophètes ne laissent pas d’héritage, le prophète a dit :

نحن معاشر الأنبياء لا نورث ما تركنا صدقة

C’est-à-dire : Nous ne laissons pas d’héritage, ce que nous laissons sera distribué aux gens », c’est-à-dire : « Quand nous mourrons, ce qui était notre propriété sera dépensée dans les intérêts des musulmans, dans des postes bien définis ».

Ainsi, comment avons-nous su que le verset :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾

A un cas particulier qui est que le prophète ne laisse pas d’héritage ? Par le hadith ; le messager a indiqué que le jugement du prophète, du fait qu’il ne laisse pas d’héritage, c’est un jugement particulier qui décline du jugement général du verset.

N’eût été le messager qui nous a indiqué cela nous n’aurions pas su et nous n’aurions pas connu ce jugement et Fatimah aurait dit quand son père est mort : « Je veux ma part d’héritage, n’est-ce pas que Dieu dit :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ

Mais notre maître Abou Bakr a dit : « J’ai entendu le Messager de Allah dire :

نحن معاشر الأنبياء لا نورث ما تركنا صدقة

Qui signifie : « Nous autres prophètes nous ne laissons pas d’héritage ce que nous laissons sera dépensé dans les intérêts des musulmans ». Fatimah a ainsi su qu’elle n’avait pas de part dans l’héritage du messager de Allah.

Un autre point : Le messager a restreint le caractère général de ce verset par consensus, par l’unanimité chez les savants des musulmans dans leur totalité, que le fils s’il tue son père, que Dieu nous en préserve, il n’hérite pas des biens de son père. Car le père était la cause de la vie de son fils et le fils a été la cause de la mort du père, c’est cela qui le prive de l’héritage. Car il n’a pas répondu à la bienfaisance par la bienfaisance.

Il n’y a pas dans le Qour’an, depuis sourat Al-Fatihah, puis Al-Baqarah, puis ‘Ali ^Imran, jusqu’à sourat An-Nas, que celui qui assassine, même si c’est un fils, il n’hérite pas de son père, mais Allah ^azza wa jall dit :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾

Donc, le caractère général de ce verset est que le fils hérite nécessairement de son père mais est venu ce qui a restreint, ce qui a spécifié le jugement de ce verset, à partir du hadith du messager :

Qui signifie : « L’assassin n’hérite pas de sa victime »

Et dans une version :

« L’assassin n’hérite aucune part du bien de sa victime ». Le messager nous a indiqué ce jugement, il a spécifié par ce hadith le jugement général qui est compris dans la parole de Allah ^azza wa jall :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾

C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille » et pourtant le fils n’hérite pas de son père s’il l’a assassiné. Si le fils a tué son père il n’hérite rien de lui par unanimité, par consensus car le messager l’a dit et en raison de l’unanimité de la communauté à ce sujet.

Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-Anbiyaa’ : 1-47

Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres.  Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.

Toute chose qui va venir est proche.

Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre.  Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.

Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).

Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.

« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.

C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.

Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ». 

Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).

Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie.  Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.

Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.

Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).

Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.

Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces

Ou c’est plutôt un poète

Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.

Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.

Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.

Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.

Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie

Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.

Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?

Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.

La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.

Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».

Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».

Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.

Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.

Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.

Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.

La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.

Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.

Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.

Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.

Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).

Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.

Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.

N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.

Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.

qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée. 

Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.

Verset 12 :  quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation

 C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.

Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.

Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.

Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.

Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.

Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé.  C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.

Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.

Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).

Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –

Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.  

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.

Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.

Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.

Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,

Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.

Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.

Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,

De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.

Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.

Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».

Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre.  « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.

Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.

Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)

Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »

Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.

 « subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ».  Or Dieu est absolument exempt de cela.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.

« law kāna fīhimā » :  fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.

Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.

Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,

1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.

2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance

3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.

Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.

Et il est impossible que le dieu soit impuissant.

Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre  que lui, il est possible  que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement,  cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on  n’émette pas d’objection contre lui.

Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.

On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.

L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.

Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.

La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.

Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.

Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.

Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.

Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.

Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.

Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.

Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).

Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.

Et ils agissent conformément à Ses ordres.

Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.

Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.

Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.

Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.

Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.  

Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer

C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer

C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.

Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.

Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.

Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).

Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.

Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.

 Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.

Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.

Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?

Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont   et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.

Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.

Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī )  des piquets pour que la terre ne tremble pas.    rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.

Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.

Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.

Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».

Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas.  Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.

Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.

Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.

Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.

Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.

Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.  

Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.

Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.

Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.

inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.

C’est la première explication qui vise l’être humain en général.

Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».

Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer.  Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.

Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.

Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.

Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.

Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.

Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.

Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.

Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu.  Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.

Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ?  Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.

Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.

Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.

Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.

Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?

Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.

Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.

Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis.  C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.

Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.

Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.

Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.

Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes.  Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.

Ach CharH al Qawiim : Commentaire du Sirat al Moustaqim : de page 1 à 94

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الشَّرْحُ الْقَوِيمُ

Charh al-qawim

بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Le Chaykh dit : je commence par le nom de Allah ar-Rahman ar-Rahim. 

بِسْمِ اللَّهِ أَيْ أَبْتَدِئُ بِاسْمِ اللَّهِ، وَلَفْظُ الْجَلالَةِ اللَّهُ عَلَمٌ لِلذَّاتِ الْمُقَدَّسِ الْمُسْتَحِقِّ لِنِهَايَةِ التَّعْظِيمِ وَغَايَةِ الْخُضُوعِ وَمَعْنَاهُ مَنْ لَهُ الإِلَهِيَّةُ وَهِيَ الْقُدْرَةُ عَلَى الِاخْتِرَاعِ أَيْ إِخْرَاجِ الْمَعْدُومِ مِنَ الْعَدَمِ إِلَى الْوُجُودِ، وَالرَّحْمٰنُ مَعْنَاهُ الْكَثِيرُ الرَّحْمَةِ بِالْمُؤْمِنِينَ وَالْكَافِرِينَ فِي الدُّنْيَا وَبِالْمُؤْمِنِينَ فِي الآخِرَةِ.

Il dit : quand je commence par le nom de Allah, c’est-à-dire je débute par le nom de Allah. Et le nom de Allah est un nom indiquant un Être Qui est glorifié et Qui mérite l’extrême glorification de notre part et l’extrême soumission de notre part. Et le nom de Allah veut dire : « Celui Qui a la divinité », la divinité qui signifie : « la capacité de crée », et ici « crée » signifie : « faire passer ce qui n’existe pas du néant à l’existence. » Ainsi, Allah est Celui Qui a la capacité de donner l’existence à ce qui n’existait pas. Et « ar-Rahman » qui est un nom de Dieu signifie : « Celui qui est très miséricordieux envers les croyants et les mécréants dans le bas monde, et envers les croyants dans l’au-delà. »

أَمَّا الرَّحِيمُ فَمَعْنَاهُ الْكَثِيرُ الرَّحْمَةِ بِالْمُؤْمِنِينَ.

Quant au nom de Allah « ar-Rahim », il signifie : « Celui qui est très miséricordieux envers les croyants. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الصِّرَاطُ الْمُسْتَقِيمُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : assirat al-moustaqim, qui signifie : « le chemin de droiture. »

الشَّرْحُ أَيْ هَذَا بَيَانٌ لِلصِّرَاطِ الْمُسْتَقِيمِ أَيْ لِلطَّرِيقِ الْحَقِّ

Commentaire : il s’agit là de l’indication du chemin de droiture, c’est-à-dire du chemin de la vérité.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْحَمْدُ لِلَّهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : louange est à Allah.

الشَّرْحُ الْحَمْدُ مَعْنَاهُ الثَّنَاءُ بِاللِّسَانِ عَلَى الْجَمِيلِ الِاخْتِيَارِيِّ عَلَى جِهَةِ التَّبْجِيلِ وَالتَّعْظِيمِ وَمَعْنَى الْجَمِيلِ الِاخْتِيَارِيِّ أَيِ الشَّىْءُ الَّذِي أَنْعَمَ بِهِ عَلَى عِبَادِهِ مِنْ غَيْرِ وُجُوبٍ عَلَيْهِ.

Commentaire : la louange « al-hamd », est le fait de remercier par la langue pour les bienfaits accordés par la volonté de Dieu, et c’est un remerciement qui indique la glorification. Et le sens de : « bienfaits qu’Il accorde par Sa volonté », signifie : « ce dont Allah fait grâce à Ses esclaves sans que ce soit un devoir pour Lui de le faire », car il n’y a pas d’obligation qui incombe à Allah. Par conséquent, Allah accorde ces bienfaits par Sa grâce sans qu’Il ne soit obligé de le faire.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالصَّلاةُ وَالسَّلامُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : que Dieu élève en grade et en degré le Messager de Allah et qu’Il apaise ses craintes quant au sort de sa communauté.

الشَّرْحُ الصَّلاةُ هُنَا مَعْنَاهَا التَّعْظِيمُ أَيْ نَطْلُبُ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى أَنْ يَزِيدَ سَيِّدَنَا مُحَمَّدًا تَعْظِيمًا وَأَمَّا السَّلامُ فَمَعْنَاهُ الأَمَانُ أَيْ نَطْلُبُ مِنَ اللَّهِ لِرَسُولِهِ الأَمَانَ مِمَّا يَخَافُهُ عَلَى أُمَّتِهِ.

Commentaire : le mot salat signifie la glorification, c’est à dire que nous demandons à Dieu d’élever la gloire de notre maitre Mouhammed. Et as-salam, signifie al-‘aman, c’est-à-dire que nous demandons à Allah en faveur de Son Messager la sauvegarde de sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Ainsi, la phrase :

الصَّلاةُ وَالسَّلامُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ

qui signifie « que Allah apaise ses craintes quant au sort de sa communauté » résume ceci : « nous demandons à Allah en faveur de Son Messager la sauvegarde de ce que le Messager craint pour sa communauté. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾ [سُورَةَ الْحَشْرِ/18]. 

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Dieu dit dans sourate al-hachr verset 18 :

﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾

ce qui signifie : « ô vous qui avez cru, faites preuve de piété à l’égard de Allah et que chacun considère ce qu’il prépare et avance comme acte de bien pour le jour du jugement. »

الشَّرْحُ أَيْ لِيَنْظُرِ الْمَرْءُ مَا يُعِدُّ وَيُقَدِّمُ لِآخِرَتِهِ مِنَ الْعَمَلِ الصَّالِحِ، وَالآخِرَةُ يَنْفَعُ فِيهَا تَقْوَى اللَّهِ.

Commentaire : c’est-à-dire : que la personne prête attention et prenne conscience de ce qu’elle prépare pour son au-delà comme bonnes œuvres. Et ce qui est profitable dans l’au-delà c’est de faire preuve de piété à l’égard de Allah.

وَالتَّقْوَى هِيَ أَدَاءُ الْوَاجِبَاتِ وَاجْتِنَابُ الْمُحَرَّمَاتِ، وَمِنْ جُمْلَةِ الْوَاجِبَاتِ تَعَلُّمُ الْعِلْمِ الشَّرْعِيِّ، فَلا يَكُونُ الْعَبْدُ مِنَ الْمُتَّقِينَ مَا لَمْ يَتَعَلَّمْ مَا فَرَضَ اللَّهُ عَلَى عِبَادِهِ مَعْرِفَتَهُ مِنْ عِلْمِ دِينِهِ، فَلا يَكُونُ مِثْلُ هَذَا مُتَّقِيًا مَهْمَا أَتْعَبَ نَفْسَهُ فِي الْعِبَادَاتِ وَجَاهَدَ نَفْسَهُ بِتَحَمُّلِ مَشَقَّاتِ الْعِبَادَةِ وَكَفِّهَا عَنْ هَوَاهَا.

Et la piété est le fait d’accomplir les devoirs et d’éviter les interdits. Et parmi les devoirs il y a le fait d’apprendre la science de la religion. Ainsi, l’esclave ne sera au nombre des pieux que s’il apprend ce que Allah a ordonné à Ses esclaves de connaitre comme science de la religion. En d’autres termes, celui qui n’a pas appris ce que Allah a ordonné à Ses esclaves d’apprendre, il ne sera jamais pieux, parce que l’une des conditions pour atteindre la piété c’est de connaitre le minimum indispensable de la science de la religion. Ainsi, celui qui n’a pas appris ce minimum indispensable de la science de la religion ne deviendra pas pieux, car il n’a pas de quoi garantir que ses actes soient corrects, que sa croyance soit correcte. Ainsi, pareille personne qui n’a pas appris ce que Allah a ordonné à Ses esclaves d’apprendre ne deviendra pas pieuse, quels que soient les efforts qu’elle fournira pour accomplir les actes d’adorations, quels que soient les efforts qu’elle fournit pour contredire les passions de son âme en supportant la difficulté que la personne peut rencontrer pour accomplir les actes d’adorations, quelles que soient les difficultés que la personne rencontre pour empêcher son âme à suivre ses passions, à suivre ses désirs.

فَلا يَكُونُ الْعَبْدُ مِنَ الْمُتَّقِينَ مَا لَمْ يَتَعَلَّمْ مَا فَرَضَ اللَّهُ عَلَى عِبَادِهِ مَعْرِفَتَهُ مِنْ عِلْمِ دِينِهِ

Ainsi, l’esclave ne fera pas partie des pieux s’il n’a pas appris ce que Dieu a ordonné à l’esclave d’apprendre comme science de la religion.

وَأَكْثَرُ الْمُتَصَوِّفَةِ الْيَوْمَ لا يَطْلُبُونَ الْعِلْمَ الشَّرْعِيَّ إِلَى الْقَدْرِ الْكَافِي إِنَّمَا يَمِيلُونَ إِلَى الإِكْثَارِ مِنَ الذِّكْرِ فَهَؤُلاءِ لا يَصِيرُونَ مِنْ أَوْلِيَاءِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ مَهْمَا تَعِبُوا وَمَهْمَا صَحِبُوا أَوْلِيَاءَ اللَّهِ وَخَدَمُوهُمْ إِلَّا إِذَا أَتَتْهُمْ نَفْحَةٌ فَيَتَعَلَّمُونَ وَيَجِدُّونَ فِي الْعَمَلِ، فَهَؤُلاءِ مِنْ أَهْلِ الْعِنَايَةِ، وَأَمَّا الَّذِينَ بَقُوا عَلَى مَا هُمْ عَلَيْهِ مِنَ الْجَهْلِ وَظَنُّوا أَنَّهُمْ يَصِلُونَ إِلَى اللَّهِ بِالذِّكْرِ وَمَحَبَّةِ الأَوْلِيَاءِ فَهَؤُلاءِ مَخْدُوعُونَ.

Et de nos jours, la plupart de ceux qui se proclament soufiyy à notre époque n’apprennent pas la science de la religion jusqu’à atteindre une part suffisante, mais la plupart d’entre eux ont tendance à multiplier les assemblées d’évocation -dhikr-, et ces gens-là ne deviendront pas des saints vertueux de Dieu, quel que soit l’effort qu’ils fournissent, et quels que soient les saints dont ils tiennent compagnie et au service desquels ils sont. Sauf s’ils reçoivent un souffle, [au sens figuré] c’est-à-dire qu’ils reçoivent un renfort de la part du saint au service duquel ils sont et qui leur donne un souffle, et ce souffle va les amener à apprendre la religion et ils vont s’appliquer dans les œuvres. Ces gens-là sont des gens qui ont été recommandés, c’est-à-dire que les saints se sont occupés d’eux. Quant à ceux qui sont restés sur leur état d’ignorance, ils ont cru qu’ils allaient atteindre un état dans lequel Allah les agrée juste en faisant du dhikr, juste par leur amour pour les saints, eh bien ces gens-là sont dupés, ils sont dans une erreur profonde.

Ainsi, ce qui est à retenir dans ce que le Chaykh dit c’est qu’il n’y a pas de voie pour atteindre les hauts degrés sans l’apprentissage, la voie pour atteindre les hauts degrés passe indispensablement par l’apprentissage d’un minimum de la religion.

وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾ فِيهِ دَلِيلٌ عَلَى مُحَاسَبَةِ الْعَبْدِ نَفْسَهُ، وَمَعْنَى الْغَدِ هُوَ الآخِرَةُ.

Quant à la parole de Dieu dans sourate al-hachr verset 18 :

﴿وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾

elle signifie : « que chacun considère ce qu’il prépare comme acte de bien pour l’au-delà », et c’est une preuve que l’esclave doit se rendre des comptes. Et dans le verset « al-ghad » -le lendemain- fait référence à l’au-delà, ça signifie que l’au-delà est imminent.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَالَ عَلِيٌّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَكَرَّمَ وَجْهَهُ: الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَغَدًا الْحِسَابُ

رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ فِي كِتَابِ الرِّقَاقِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et ^Aliyy que Allah l’agrée et honore son visage a dit :

الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَغَدًا الْحِسَابُ

ce qui signifie : « aujourd’hui ce sont les actes et demain les comptes. » Rapporté par al-Boukhariyy dans le chapitre ar-riqaq.

الشَّرْحُ قَوْلُ كَرَّمَ وَجْهَهُ عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ اسْتَحْدَثَهُ النَّاسُ بَعْدَ مِائَةِ سَنَةٍ أَوْ أَكْثَرَ مِنْ وَفَاةِ عَلِيٍّ وَلا بَأْسَ بِقَوْلِهِ وَقَوْلِ عَلَيْهِ السَّلامُ

Commentaire : la parole « karrama wadjhahou » à propos de notre maitre ^Aliyy est une invocation qui a été innovée par les gens 100 ans ou plus après le décès de ^Aliyy et il n’y a pas de mal à dire cette invocation.

وَلَيْسَ قَوْلُ كَرَّمَ اللَّهُ وَجْهَهُ خَاصًّا بِسَيِّدِنَا عَلِيٍّ لِأَنَّهُ لَمْ يَسْجُدْ لِصَنَمٍ كَمَا يَظُنُّ بَعْضُ النَّاسِ، بَلْ يُوجَدُ غَيْرُهُ فِي الصَّحَابَةِ مَنْ لَمْ يَسْجُدْ لِصَنَمٍ كَعَبْدِ اللَّهِ بنِ الزُّبَيْرِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا وَفِيهِمْ مَنْ وُلِدَ ضِمْنَ الْكَعْبَةِ كَمَا وُلِدَ عَلِيٌّ فِي الْكَعْبَةِ فَإِنَّ حَكِيمَ بنَ حِزَامٍ وُلِدَ فِي الْكَعْبَةِ.

Et on ne dit pas l’invocation « karrama Allahou wadjhahou » envers l’imam ^Aliyy pas parce qu’il ne s’est jamais prosterné pour une idole, car il y a eu d’autres compagnons qui ne se sont pas prosternés pour une idole comme ^Abdou l-Lah fils de az-Zoubayr, que Dieu les agrée. Et de même, on ne dit pas « karrama Allahou wadjhahou » à propos de notre maitre Aliyy parce qu’il est né à l’intérieur de la ka^ba, car il y en a d’autres qui sont nées à l’intérieur de la ka^ba, comme un homme qui s’appelle Hakim fils de Hizam qui est née à l’intérieur de la ka^ba tout comme notre maitre ^Aliyy.

   وَتَمَامُ الرِّوَايَةِ الَّتِي رُوِيَتْ عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ:

ارْتَحَلَتِ الدُّنْيَا وَهِيَ مُدْبِرَةٌ وَارْتَحَلَتِ الآخِرَةُ وَهِيَ مُقْبِلَةٌ فَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الآخِرَةِ وَلا تَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الدُّنْيَا، الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَلا حِسَابَ وَغَدًا الْحِسَابُ وَلا عَمَل

Et par rapport à la parole de notre maitre ^Aliyy :

الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَغَدًا الْحِسَابُ

qui signifie : « aujourd’hui ce sont les actes et demain les comptes », c’est un extrait d’une parole qui est plus longue que celle-ci qui est :

ارْتَحَلَتِ الدُّنْيَا وَهِيَ مُدْبِرَةٌ وَارْتَحَلَتِ الآخِرَةُ وَهِيَ مُقْبِلَةٌ فَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الآخِرَةِ وَلا تَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الدُّنْيَا، الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَلا حِسَابَ وَغَدًا الْحِسَابُ وَلا عَمَل

qui signifie : « le bas monde est comme en train de se déplacer pour nous quitter, et c’est comme si l’au-delà se déplaçait pour venir vers à nous, alors soyez de ceux qui sont attachés à l’au-delà et ne soyez pas de ceux qui sont attachés au bas monde, aujourd’hui ce sont les œuvres et il n’y a pas de compte, et demain ceux sont les comptes et il n’y a pas d’œuvres. »

وَمَعْنَى قَوْلِهِ: ارْتَحَلَتِ الدُّنْيَا أَيْ سَارَتِ الدُّنْيَا، وَمَعْنَى مُدْبِرَةٌ أَيِ الدُّنْيَا سَائِرَةٌ إِلَى الِانْقِطَاعِ وَالآخِرَةُ سَارَتْ مُقْبِلَةً فَالدُّنْيَا دَارُ الْعَمَلِ، وَالآخِرَةُ دَارُ الْجَزَاءِ عَلَى الْعَمَلِ، دَارُ الْحِسَابِ وَلَيْسَتْ دَارَ الْعَمَلِ.

Ainsi, le bas monde se déplace comme s’il va vers sa fin et c’est comme si l’au-delà se déplaçait pour venir à nous, le bas monde est donc une résidence pour œuvrer et l’au-delà est une résidence de rétribution pour les œuvres, l’au-delà est une résidence de rétribution et ce n’est pas une résidence pour les œuvres. Cette parole a été rapportée par al-Boukhariyy dans ar-riqaq.

وَالرِّقَاقُ كِتَابٌ مَخْصُوصٌ فِي أَوَاخِرِ الْجَامِعِ الْمُسْنَدِ لِلْبُخَارِيِّ.

Et « ar-riqaq » est un chapitre dédié à la fin du livre al-jami^ou l-mousnad qui est un livre de hadith qui comporte des chaînes de transmission -al-mousnad- de al-Boukhariyy. Ainsi, al-Boukhariyy a dédié un chapitre du nom de « ar-riqaq » dans son livre jami^ou l-mousnad qui veut littéralement dire : «les paroles d’exhortations. »

أَعْظَمُ حُقُوقِ اللَّهِ عَلَى عِبَادِهِ

Le devoir le plus éminent à l’égard de Allah de la part de Ses esclaves

اعْلَمْ أَنَّ أَعْظَمَ حُقُوقِ اللَّهِ تَعَالَى عَلَى عِبَادِهِ هُوَ تَوْحِيدُهُ تَعَالَى وَأَنْ لا يُشْرَكَ بِهِ شَىْءٌ لِأَنَّ الإِشْرَاكَ بِاللَّهِ هُوَ أَكْبَرُ ذَنْبٍ يَقْتَرِفُهُ الْعَبْدُ وَهُوَ الذَّنْبُ الَّذِي لا يَغْفِرُهُ اللَّهُ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَاءُ.

قَالَ تَعَالَى: ﴿إِنَّ اللَّهَ لا يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَآءُ﴾ [سُورَةَ النِّسَاء/48].

Sache que le plus éminent des droits de Allah sur Ses esclaves c’est la croyance en Son unicité ta^ala et de ne rien adorer d’autre que Lui, en effet, attribuer un associé à Dieu est le plus grand péché que l’esclave puisse commettre, et c’est le péché que Allah ne pardonne pas alors qu’Il pardonne tout péché moindre que celui-là à qui Il veut. Ainsi, Allah dit sourate an-niça’ verset 48 :

﴿إِنَّ اللَّهَ لا يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَآءُ﴾

ce qui signifie : « certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui attribue un associé et Il pardonne les péchés moins grave que cela à qui Il veut. »

الشَّرْحُ مَعْرِفَةُ اللَّهِ تَعَالَى مَعَ إِفْرَادِهِ بِالْعِبَادَةِ أَيْ نِهَايَةِ التَّذَلُّلِ هُوَ أَعْظَمُ حُقُوقِ اللَّهِ عَلَى عِبَادِهِ، وَأَكْبَرُ ذَنْبٍ يَقْتَرِفُهُ الْعَبْدُ هُوَ الْكُفْرُ وَهُوَ عَلَى نَوْعَيْنِ: كُفْرٌ شِرْكٌ وَكُفْرٌ غَيْرُ شِرْكٍ، فَكُلُّ شِرْكٍ كُفْرٌ وَلَيْسَ كُلُّ كُفْرٍ شِرْكًا، لِذَلِكَ كَانَ أَعْظَمُ حُقُوقِ اللَّهِ عَلَى عِبَادِهِ أَنْ يَعْبُدُوهُ وَلا يُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا. 

Commentaire : connaitre Allah ta^ala en n’adorant que Lui, c’est-à-dire en se soumettant à l’extrême uniquement à Lui, est le plus éminent des droits que Dieu a sur Ses esclaves. Et le plus grave des péchés que puisse commettre l’esclave c’est la mécréance, et la mécréance est de deux sortes : il y a une mécréance qui revient à attribuer un associé à Dieu, et il y a une mécréance qui ne revient pas attribuer un associer à Dieu. Ainsi toute forme d’association à Dieu est de la mécréance, mais ce n’est pas toute mécréance qui revient forcément à attribuer un associé à Dieu. Ainsi, le plus grand des droits que Dieu a sur Ses esclaves est qu’ils L’adorent et qu’ils ne Lui attribue aucun associé.

وَالْكُفْرُ أَكْبَرُ الظُّلْمِ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/254] فُظُلْمُ الْكَافِرِ بِكُفْرِهِ أَعْظَمُ مِنْ قَتْلِ الْمُسْلِمِ ءَالافَ الآلافِ مِنَ الْمُسْلِمِينَ مِنْ غَيْرِ اسْتِحْلالٍ لِقَتْلِهِمْ.

Et la mécréance est la pire des injustices, c’est-à-dire que toutes les injustices par rapport à la mécréance sont comme rien du tout. Et la preuve est la parole de Dieu dans sourate al-baqarah verset 254 :

﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾

ce qui signifie : « les mécréants ce sont eux les injustes. » Ainsi, l’injustice commise par le mécréant lorsqu’il commet de la mécréance est la pire des injustices, et l’injustice qu’il commet par sa mécréance est plus grave que si un musulman assassinait des milliers et des milliers de musulmans, sans pour autant considérer licite de les tuer, c’est-à-dire qu’il les assassine en considérant que c’est un péché.

وَقَدْ أَخْبَرَ اللَّهُ تَعَالَى أَنَّهُ يَغْفِرُ كُلَّ الذُّنُوبِ لِمَنْ شَاءَ مِنْ عِبَادِهِ الْمُسْلِمِينَ الْمُتَجَنِّبِينَ لِلْكُفْرِ بِنَوْعَيْهِ الإِشْرَاكِ بِاللَّهِ تَعَالَى الَّذِي هُوَ عِبَادَةُ غَيْرِهِ وَالْكُفْرِ الَّذِي لَيْسَ فِيهِ إِشْرَاكٌ كَتَكْذِيبِ الرَّسُولِ وَالِاسْتِخْفَافِ بِاللَّهِ أَوْ بِرَسُولِهِ مَعَ تَوْحِيدِ اللَّهِ تَعَالَى وَتَنْزِيهِهِ.

Ainsi, Allah nous a appris qu’Il pardonne tous les péchés à qui Il veut parmi Ses esclaves musulmans qui évitent la mécréance sous ses deux formes, à savoir l’attribution d’associer à Dieu qui consiste à adorer autre que Allah, ainsi que la mécréance qui ne comporte pas d’attribution d’associer à Allah comme le fait de démentir le Messager ou comme le fait de se moquer de Dieu ou de Son Messager tout en ayant pour croyance que Allah est unique et en L’exemptant de toute ressemblance avec Ses créatures.

وَمِمَّا يَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ أَيْضًا قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: إِنَّ اللَّهَ لَيَغْفِرُ لِعَبْدِهِ مَا لَمْ يَقَعِ الْحِجَابُ قَالُوا: وَمَا وُقُوعُ الْحِجَابِ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: أَنْ تَمُوتَ النَّفْسُ وَهِيَ مُشْرِكَةٌ رَوَاهُ أَحْمَدُ وَابْنُ حِبَّانَ وَصَحَّحَهُ.

Et parmi ce qui indique cela, à savoir que Allah ne pardonne pas la mécréance pour celui qui en meurt chargé, il y a la parole du prophète :

إِنَّ اللَّهَ لَيَغْفِرُ لِعَبْدِهِ مَا لَمْ يَقَعِ الْحِجَابُ

ce qui signifie : « certes Allah pardonne à Son esclave tant que le voile n’est pas tombé. »

 قَالُوا: وَمَا وُقُوعُ الْحِجَابِ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟

Alors les compagnons ont dit : « que signifie donc : « que le voile tombe » ô Messager de Dieu ? »

قَالَ: أَنْ تَمُوتَ النَّفْسُ وَهِيَ مُشْرِكَةٌ

Le prophète a expliqué en disant : « c’est que la personne meurt en étant assimilatrice », c’est que la personne meurt en ayant commise la mécréance. Hadith rapporté Ahmad et Ibnou Hibban qui l’a jugé sahih.

فَالْكُفْرُ بِجَمِيعِ أَنْوَاعِهِ هُوَ الذَّنْبُ الَّذِي لا يَغْفِرُهُ اللَّهُ أَيْ لِمَنِ اسْتَمَرَّ عَلَيْهِ إِلَى الْمَوْتِ أَوْ إِلَى حَالَةِ الْيَأْسِ مِنَ الْحَيَاةِ بِرُؤْيَةِ مَلَكِ الْمَوْتِ وَمَلائِكَةِ الْعَذَابِ أَوْ إِدْرَاكِ الْغَرَقِ بِحَيْثُ أَيْقَنَ بِالْهَلاكِ وَنَحْوِهِ فَذَاكَ مُلْحَقٌ بِالْمَوْتِ.

Ainsi, la mécréance sous toutes ses formes est le péché que Allah ne pardonne pas, c’est-à-dire pour celui qui persiste sur la mécréance jusqu’à la mort, ou jusqu’à parvenir à un état où il perd tout espoir de vivre, donc s’il meurt ou bien s’il arrive à un état dans lequel il perd tout espoir de vivre, Dieu ne lui pardonnera pas sa mécréance. Et la parole « il perd tout espoir de vivre » signifie qu’il sait qu’il va mourir, comme dans le cas où il voit l’ange de la mort, ou encore comme dans le cas où il voit les anges du châtiment, ou encore comme s’il sait qu’il va se noyer, c’est-à-dire qu’il est certain qu’il va mourir ou ce qui est de cet ordre. Eh bien, ces cas-là que nous venons de citer sont rattachés au jugement du mort, c’est-à-dire que c’est le même jugement que s’il était mort, par conséquent, ce sont les mêmes règles qui s’appliquent à la personne.

Et nous parlons de la règle qui stipule comme quoi si quelqu’un meurt mécréant, il ne sera pas pardonné. Par conséquent, celui qui voit l’ange de la mort c’est comme s’il était déjà mort, celui qui voit les anges du châtiment c’est comme s’il était mort, celui qui sait qu’il va mourir noyer c’est comme s’il était mort, c’est-à-dire que c’est le même jugement qui s’applique à lui, à savoir le jugement qui stipule qu’il ne sera pas pardonné.

 فَالْحَاصِلُ أَنَّ الْكُفْرَ لا يُغْفَرُ إِلَّا بِالإِسْلامِ فِي الْوَقْتِ الَّذِي يَكُونُ مَقْبُولًا فِيهِ

En résumé, la mécréance n’est pardonnée que par l’Islam pendant le temps dans lequel l’Islam est accepté.

فَمَنْ أَسْلَمَ بَعْدَ الْوَقْتِ الَّذِي يُقْبَلُ فِيهِ فَلا يَمْحُو إِسْلامُهُ كُفْرَهُ.

Celui donc qui reconnait l’Islam comme juste religion dans un temps où son islam n’est plus accepté de lui, eh bien cette reconnaissance n’effacera pas de lui cette mécréance.

فَالْكُفْرُ هُوَ أَعْظَمُ الذُّنُوبِ وَبَعْدَهُ قَتْلُ النَّفْسِ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ إِلَّا بِالْحَقِّ

Ainsi, la mécréance est le plus grave des péchés, et après la mécréance, le péché le plus grave est le fait de tuer quelqu’un injustement.

وَأَمَّا قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿وَالْفِتْنَةُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/191] أَيِ الشِّرْكُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ

Cela étant dit, Dieu dit dans sourate al-baqarah verset 191 :

﴿وَالْفِتْنَةُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ﴾

ce qui signifie : « وَالْفِتْنَةُ est plus grave que de tuer », et dans ce verset : «الْفِتْنَة « ici signifie « ash-shirk» [l’association].

Ainsi, dans ce verset 191 de sourate al-baqarah, la fitnah ne veut pas dire semer la zizanie, car nous ne disons pas que semer la zizanie est plus grave que tuer, non. Mais qu’est-ce qui est plus grave que tuer ? C’est la mécréance. Ainsi, dans le verset 191 de sourate al-baqarah, le mot « fitna » fait référence à la mécréance.

فَالشِّرْكُ هُوَ أَعْظَمُ الظُّلْمِ لِقَوْلِهِ تَعَالَى ﴿إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ﴾ [سُورَةَ لُقْمَان/13]

Et l’association est la plus grande des injustices, preuve en est la parole de Dieu dans sourate Louqmanverset 13 :

﴿إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ﴾

ce qui signifie : « l’association à Dieu est certes une grave injustice. »

وَقَوْلِهِ: ﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾ وَمَعْنَاهُ أَكْبَرُ الظُّلْمِ هُوَ الْكُفْرُ.

Et dans sourate al-baqarah verset 254, Dieu dit :

﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾

ce qui signifie : « les mécréants ce sont eux les injustes», c’est-à-dire que par leur mécréance, les mécréants sont ceux qui ont atteint le plus haut degré d’injustice, car la mécréance est la pire des injustices.

Informations utiles :

قول : نَحْنُ قَوْمُ لَا نَأْكُلُ حَتَّى نَجُوع وَإِذَا أَكَلْنَا فَلَا نَشْبَعْ، لَيْسَ حَدِيثَا

La parole : « nous sommes de gens, nous ne mangeons pas avant d’avoir faim, et lorsque nous mangeons, nous ne mangeons pas à notre faim » n’est pas un hadith. Ce n’est pas un hadith ce que certains arabophones répètent.

Autre information utile :

Et le Chaykh a dit : certains savants ont dit : « celui qui mange beaucoup, il dormira beaucoup, et celui qui dort beaucoup ratera beaucoup de bien. »

Autre information utile :

Il a été rapporté par al-Bayhaqiyy et par autres que al-Bayhaqiyy que le Messager utilisait le siwak l’après-midi durant le mois de ramadan. Le Chaykh a dit : « étant donné que cela a été authentifié, on ne dit pas que le fait d’utiliser le siwak l’après-midi durant le mois de ramadan est déconseillé. »

Autre information utile :

Dieu dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 200 :

﴾ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اصْبِرُوا وَصَابِرُوا ﴿

ce qui signifie : « ô vous qui êtes croyants, patientez et صَابِرُوا «

Le Chaykh a dit : صَابِرُوا signifie : « ayez la victoire sur les non musulmans par votre patience. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ جَمِيعُ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ لا يَغْفِرُهَا اللَّهُ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾ [سُورَةَ مُحَمَّد/34].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et il en est de même pour toutes les sortes mécréances, Allah ne les pardonne pas, preuve en est Sa parole ta^ala dans sourate Mohammed verset 34 :

﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾

ce qui signifie : « certes ceux qui ont mécru et qui ont empêché les gens d’entrer en Islam puis qui sont morts en étant mécréants, Allah ne leur pardonne pas. »

الشَّرْحُ هَذِهِ الآيَةُ فِيهَا النَّصُّ عَلَى أَنَّ مَنْ مَاتَ كَافِرًا لا يَغْفِرُ اللَّهُ لَهُ، وَهَذَا يُؤْخَذُ مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ﴾ لِأَنَّ هَذَا قَيْدٌ لِعَدَمِ الْمَغْفِرَةِ لَهُمْ.

Commentaire : ce verset est un énoncé sur le fait que celui qui meurt mécréant, Allah ne lui pardonnera pas. Et ceci est déduit de Sa parole ta^ala :

﴿ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ﴾

ce qui signifie : « puis qui sont morts en étant mécréants », car c’est cela le critère qui fait qu’il ne leur sera pas pardonner, à savoir le fait qu’ils soient morts mécréant.

وَمَعْنَى ﴿وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ﴾ أَيْ وَمَنَعُوا النَّاسَ مِنَ الدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ، وَلَيْسَ هَذَا شَرْطًا لِلْحِرْمَانِ مِنَ الْمَغْفِرَةِ، بَلِ الْكَافِرُ مَحْرُومٌ مِنَ الْمَغْفِرَةِ إِنْ مَنَعَ النَّاسَ مِنَ الإِسْلامِ أَوْ لَمْ يَمْنَعْ، بَلْ وَلَوْ سَاعَدَ الْمُسْلِمِينَ فِي إِدْخَالِ النَّاسِ فِي دِينِهِمْ.

Et dans ce verset 34 de sourate Mouhammed, la phrase :

﴿وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ﴾

signifie : « il y a parmi ceux qui sont mécréants ceux qui empêchent les gens d’entrer en islam », mais cela ne signifie pas que ce verset ne concernerait que ceux qui empêchent les gens d’entrer en islam, c’est-à-dire que ce n’est pas une condition pour être priver du pardon dans l’au-delà que d’empêcher les gens d’entrer en islam. Ainsi, Le mécréant est privé du pardon dans l’au-delà, qu’il empêche les gens d’entrer en islam ou qu’il ne les empêche pas d’entrer en islam.

لَكِنَّ الْكَافِرَ الَّذِي يَصُدُّ النَّاسَ مِنَ الإِسْلامِ أَشَدُّ ذَنْبًا مِنَ الْكَافِرِ الَّذِي يَكْفُرُ بِنَفْسِهِ وَلا يَصُدُّ غَيْرَهُ عَنِ الإِيـمَانِ

Cependant, le péché du mécréant qui empêche les gens d’entrer en Islam est plus grave que le péché du mécréant qui n’empêche pas les gens d’entrer en Islam.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَدْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ شَهِدَ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لا شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ وَأَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ أَدْخَلَهُ اللَّهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ، رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et le Messager de Allah a dit :

مَنْ شَهِدَ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لا شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ وَأَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ أَدْخَلَهُ اللَّهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ

ce qui signifie : « celui qui témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah, qu’Il est unique sans associer, que Mouhammed est Son esclave et Son Messager, que ^Iça est l’esclave de Allah et Son Messager, qu’il est Sa bonne nouvelle annoncée à Maryam, et que son âme est créée et honorée par Allah, que le paradis est une vérité et que l’enfer est une vérité, Allah le fera entrer au paradis quels que soient ses actes. » Hadith rapporté par al-Boukhariyy et Mouslim :

الشَّرْحُ هَذَا الْحَدِيثُ الصَّحِيحُ اتَّفَقَ عَلَى إِخْرَاجِهِ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ فِي كِتَابَيْهِمَا الْمَعْرُوفَيْنِ بَيْنَ الأُمَّةِ الإِسْلامِيَّةِ

Commentaire : ce hadith a été rapporté aussi bien par al-Boukhariyy que par Mouslim dans leurs deux livres qui sont connus au sein de la communauté islamique.

وَمَعْنَاهُ يَتَضَمَّنُ أَنَّ الإِنْسَانَ إِذَا مَاتَ وَهُوَ يَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَتَجَنَّبَ عِبَادَةَ غَيْرِهِ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ، وَيَشْهَدُ أَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَيَشْهَدُ أَنَّ الْجَنَّةَ حَقٌّ وَأَنَّ النَّارَ حَقٌّ – أَيْ مَوْجُودَتَانِ – يُدْخِلُهُ اللَّهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ أَيْ وَلَوْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الْكَبَائِرِ.

Le sens de ce hadith est : si l’homme meurt en témoignant qu’il n’est de Dieu que Dieu, c’est-à-dire qu’il meurt dans un état où il témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu, et qu’il évite l’adoration d’autre que Dieu et qu’il témoigne que Mouhammed est l’esclave de Dieu et Son Messager et qu’il témoigne que ^Iça est l’esclave de Allah et Son Messager et qu’il est la bonne nouvelle annoncée à Maryam, et que l’âme de ^Iça est une âme qui est honorée par Allah, et qu’il témoigne que le paradis est une réalité, et que l’enfer est une réalité -c’est-à-dire qu’ils existent actuellement- Allah le fera entrer au paradis quels que soient ses actes, c’est-à-dire même s’il commettait les grands péchés.

وَمَعْنَى قَوْلِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ أَنَّ الْمَسِيحَ بِشَارَةُ اللَّهِ لِمَرْيَمَ الَّتِي بَشَّرَتْهَا بِهَا الْمَلائِكَةُ بِأَمْرِهِ قَبْلَ أَنْ تَحْمِلَ بِهِ، فَإِنَّ الْمَلَكَ جِبْرِيلَ بَشَّرَهَا بِهِ

Et dans le hadith que nous venons de cité, la parole du prophète : وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمْ signifie que ^Iça, al-massih, Jésus, est l’annonce de bonne nouvelle de Allah à Maryam, et cette annonce a été apportée à Maryam par les anges sous ordre de Dieu avant qu’elle ne soit enceinte de lui. Et c’est l’ange Jibril qui lui a annoncé cette bonne nouvelle.

قَالَ لَهَا أَنَا رَسُولٌ مِنَ اللَّهِ لِأُعْطِيَكِ غُلامًا زَكِيًّا أَيْ طَيِّبًا.

Il lui a dit : « je suis un envoyer de la part de Dieu pour te donner un garçon qui est bon », et c’est ainsi que Maryam s’est retrouvée enceinte sans qu’un homme ne l’ai touché. Jibril a soufflé à partir de l’encolure de la tunique de Maryam, l’âme de Jésus s’est alors retrouvée dans l’utérus de Maryam puis elle s’est retrouvée enceinte sans que ^Iça ne soit créé à partir de l’eau d’un homme et d’une femme, c’est Allah ta^ala Qui a créé ^Iça sans père directement à partir de Maryam. Et ceci est une preuve que ce ne sont pas les causes qui créent les effets mais c’est Allah qui crée les causes et c’est Allah qui crée les effets.

وَقَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وُرُوحٌ مِنْهُ مَعْنَاهُ أَنَّ رُوحَ الْمَسِيحِ رُوحٌ صَادِرَةٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى خَلْقًا وَتَكْوِينًا

Puis dans la suite du hadith, le Messager de Allah a dit : وَرُوُحٌ مِنْه ce qui signifie : « l’âme de ^Iça est honorée par Allah», c’est-à-dire que l’âme de ^Iça est une âme qui provient de Dieu par création, c’est Dieu Qui l’a créé et c’est Dieu Qui l’a fait exister.

أَيْ رُوحُهُ رُوحٌ مُشَرَّفٌ كَرِيْمٌ عَلَى اللَّهِ

C’est-à-dire que l’âme de ^Iça est une âme honorée que Allah ta^ala honore.

وَإِلَّا فَجَمِيعُ الأَرْوَاحِ صَادِرَةٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى تَكْوِينًا لا فَرْقَ فِي ذَلِكَ بَيْنَ رُوحٍ وَرُوحٍ

Et toutes les âmes proviennent de la part de Dieu par création, toutes les âmes ont été créées par Dieu, il n’y a pas de différence en cela entre une âme et une autre âme.

وَكَلِمَةُ رُوحٌ مِنْهُ لَيْسَ مَعْنَاهَا أَنَّ الْمَسِيحَ عِيسَى جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ إِنَّمَا مَعْنَاهَا رُوحٌ وُجِدَتْ بِإِيْجَادِ اللَّهِ أَيِ اللَّهُ أَوْجَدَهَا مِنَ الْعَدَمِ

Puis le prophète a dit : رُوحٌ مِنْهُ, et que veut dire « minh » dans le hadith ?  « minh » ne veut pas dire que ^Iça serait une partie de Allah, mais le sens de « minh » ici est que c’est une âme qui a existée par la création de Dieu, c’est-à-dire que c’est Allah qui l’a fait exister à partir du néant.

لَيْسَ مَعْنَاهَا أَنَّهُ جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ كَمَا ادَّعَى بَعْضُ مُلُوكِ النَّصَارَى احْتَجَّ بِهَذِهِ الآيَةِ عَلَى أَنَّ الْمَسِيحَ جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ

Et cela ne veut pas dire que ^Iça serait une partie de Allah comme l’ont prétendu certains Roi chrétiens. Car certains roi chrétiens ont prétendu argumenté leur croyance, à savoir que al-massih, ^Iça serait une partie de Allah à partir de ce terme : وَرُوُحٌ مِنْه qui figure aussi dans un verset du Qour’an.

فَرَدَّ عَلَيْهِ الْقَاضِي أَبُو بَكْرٍ الْبَاقِلَّانِيُّ بِهَذِهِ الآيَةِ ﴿وَسَخَّرَ لَكُمْ مَّا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِّنْهُ﴾ [سُورَةَ الْجَاثِيَة/13]، فَسَكَتَ ذَلِكَ الْمَلِكُ لِأَنَّ كَلِمَةَ ﴿مِّنْهُ﴾ فِي النَّصَّيْنِ مَوْجُودَةٌ

Mais le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy a répliqué à un de ces rois chrétiens par le verset 13 de sourate al-djathiyah :

﴿وَسَخَّرَ لَكُمْ مَّا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِّنْهُ﴾

qui signifie : « Il vous a asservi ce qu’il y a dans les cieux et dans la Terre, tout cela ﴿مِّنْهُ﴾ » et ici, il y a le même : ﴿مِّنْهُ﴾ pourtant cela ne veut pas dire : « ce qu’il y a dans les cieux et dans la Terre est une partie de Lui », alors ce Roi chrétien n’a rien trouvé à dire parce que le mot ﴿مِّنْهُ﴾ existe dans les deux textes.

Et l’histoire est qu’il y a eu un roi chrétien qui avait demandé à qu’on lui envoie un savant musulman très fort, car ce roi chrétien voulait soi-disant débattre. Ainsi, le gouverneur des musulmans de l’époque lui a envoyé le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy qui est un des élèves de Abou l-Haçan al-Ach^ariyy. Et donc Abou Bakr al-Baqillaniyy a débattu avec ce roi chrétien. Et quand ce roi chrétien lui a dit : « nous disons la même chose que vous, à savoir que Jésus est une partie de Dieu, dans le Qour’an il y a : « وَرُوحٌ مِّنْهُ « comme dans sourate an-nisa’ verset 171 », al-Baqillaniyy lui a dit : « non, ici :  وَرُوحٌ مِّنْهُ ne signifie pas « une partie de Lui », mais cela signifie : « une âme qui est honorée par Lui. » Puis, l’imam al-Baqillaniyy lui a donné la preuve que le mot ﴿مِّنْهُ﴾ ne veut pas dire « une partie de Lui. »

فَكَمَا أَنَّهَا لا تَدُلُّ فِي الآيَةِ عَلَى أَنَّ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ كَذَلِكَ لا تَدُلُّ كَلِمَةُ ﴿مِّنْهُ﴾ فِي ءَايَةِ ﴿وَرُوحٌ مِّنْهُ﴾ عَلَى أَنَّ رُوحَ عِيسَى جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ.

Ainsi, tout comme ce verset 13 de sourate al-djathiyah ne signifie pas que les cieux et la Terre seraient des parties de Allah, également le mot ﴿مِّنْهُ﴾ dans le verset 171 de sourate an-nisa’ ﴿وَرُوحٌ مِّنْهُ﴾ ne veut pas dire que l’âme de ^Iça serait une partie de Allah.

Et le débat a porté sur plusieurs sujets avec le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy mais nous nous focalisons sur celui-ci.

Et il faut savoir que ce roi chrétien voulait absolument que tout le monde s’incline pour lui. Ainsi, avant que Abou Bakr al-Baqillaniyy ne vienne, le roi a demandé à ses conseillers comment faire ? Car il s’est dit : « c’est sûr que ce savant musulman ne va pas s’incliner pour moi… » Et qu’est-ce que ses conseillers lui ont alors dit ? Ils lui ont dit : « tu mets un petit portillon à l’entrée de là où tu te trouves, de sorte que Abou Bakr al-Baqillaniyy sera obligé de se baisser pour que sa tête ne tape pas le haut du portillon, et ça sera comme une inclination », et ce Roi chrétien a aimé l’idée. Ainsi, le roi a fait fabriquer un petit portique, mais quand Abou Bakr al-Baqillaniyy est arrivé et qu’il a remarqué cela, il a compris directement. Alors qu’est-ce qu’il a fait ? Abou Bakr al-Baqillaniyy est rentré à reculons, il a montré son arrière-train, et le Roi était offusqué, ça ne lui a pas plus. Les savants de l’Islam sont très intelligents, cela étant le fait de trouver le bon argument au bon moment.

 Ainsi, le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy a trouvé directement le verset 13 de sourate al-djathiyah :

﴿وَسَخَّرَ لَكُمْ مَّا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِّنْهُ﴾

qui signifie : « Allah ta^ala a asservie pour l’être humain tout ce qu’il y a dans les cieux et sur Terre. »

وَمَعْنَى الآيَةِ الثَّانِيَةِ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى سَخَّرَ لِبَنِي ءَادَمَ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِنْهُ

Ainsi, ce verset 13 de sourate al-djathiyah signifie que Allah ta^ala a asservi pour l’être humain tout ce qu’il y a dans les cieux et sur Terre.

أَيْ أَنَّ جَمِيعَ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ مِنَ اللَّهِ خَلْقًا وَتَكْوِينًا وَلَيْسَ الْمَعْنَى أَنَّهَا أَجْزَاءٌ مِنْهُ تَعَالَى.

C’est-à-dire que tout ce qu’il y a dans les cieux et sur Terre provient de Allah par création, c’est Allah Qui l’a créé et c’est Allah Qui l’a fait exister, et ça ne signifie pas que ça serait une partie de Allah.

فَالْمَلائِكَةُ مُسَخَّرُونَ لِبَنِي ءَادَمَ بِحِفْظِهِمْ لَهُمْ وَغَيْرِ ذَلِكَ كَإِنْزَالِ الْمَطَرِ وَإِرْسَالِ الرِّيَاحِ الَّتِي يَنْتَفِعُونَ بِهَا وَالدُّعَاءِ لَهُمْ أَيْ لِلْمُؤْمِنِينَ مِنْ بَنِي ءَادَمَ خَاصَّةً.

Et il faut savoir que Allah ta^ala fait que les anges protègent les êtres humains, et ce sont les anges qui font tomber la pluie, et les anges ramènent le vent qui est utile, et ils font des invocations pour les êtres humains, c’est-à-dire parmi les croyants en particulier. Et Dieu a fait ce soient des causes pour protéger l’être humain.

وَقَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ مَعْنَاهُ أَنَّهُمَا مَوْجُودَتَانِ وَبَاقِيَتَانِ وَأَنَّهُمَا دَارَا جَزَاءٍ

Et pour revenir à la suite du hadith, notre prophète a dit :

وَالْجَنَّةَ حَقٌّ والنَّارَ حَقٌّ

ce qui signifie : « le paradis est une réalité et l’enfer est une réalité », cela veut dire que le paradis et l’enfer existent actuellement et qu’ils demeureront sans fin, et que ce seront des résidences de rétribution.

فَالْجَنَّةُ دَارُ جَزَاءٍ لِلْمُؤْمِنِينَ وَالنَّارُ دَارُ جَزَاءٍ لِلْكَافِرِينَ.

Et le paradis est une résidence de rétribution pour les croyants, et l’enfer est une résidence de rétribution pour les mécréants.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَفِي حَدِيثٍ ءَاخَرَ: فَإِنَّ اللَّهَ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et dans un autre hadith le Messager de Allah a dit :

فَإِنَّ اللَّهَ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ

ce qui signifie : « certes, Allah ne châtiera pas éternellement celui qui a témoigné qu’il n’est de Dieu que Allah, en recherchant par cette parole l’agrément de Allah. » Hadith rapporté par al-Boukhariyy.

الشَّرْحُ الْمَعْنَى أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى حَرَّمَ عَلَى النَّارِ أَيِ الدَّوَامَ فِيهَا إِلَى الأَبَدِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ

Commentaire : la signification est que Allah a interdit le séjour éternel à jamais en enfer à celui qui dit :

لا إِلَهَ إِلَّا اللَّه، en recherchant par cette parole l’agrément de Allah. Et qu’est-ce que ça veut dire : لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ ? Ça signifie : « il n’est de Dieu que Allah. »

أَيْ إِنْ قَالَ ذَلِكَ مُعْتَقِدًا فِي قَلْبِهِ لا مُنَافِقًا لِيُرْضِيَ الْمُسْلِمِينَ وَهُوَ فِي قَلْبِهِ غَيْرُ رَاضٍ بِالإِسْلامِ إِمَّا بِشَكِّهِ فِي الْوَحْدَانِيَّةِ أَوْ بِتَكْذِيبِهِ فِي قَلْبِهِ مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

C’est-à-dire qu’il doit dire cette parole en y croyant dans son cœur, c’est-à-dire qu’il ne prononce pas cette phrase par hypocrisie pour satisfaire les musulmans alors que dans son cœur il ne se satisfait pas de l’Islam et qu’il doute de l’unicité de Dieu ou qu’il dément dans son cœur le prophète Mouhammed.

Ainsi, il doit prononcer cette parole en recherchant l’agrément de Dieu, en ayant pour croyance qu’il n’est de Dieu que Dieu et en ayant la conviction que seul Dieu mérite d’être adorer, et que Dieu seul mérite qu’on se soumette à Lui à l’extrême, la personne ne dit pas cette parole en rejetant l’Islam par le cœur ou en doutant à propos de l’unicité de Dieu ou bien en démentant par son cœur le prophète Mouhammed.

وَمَعْنَى يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ أَيْ يَبْتَغِي الْقُرْبَ إِلَى اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى لَيْسَ لِمُرَاءَاةِ النَّاسِ بِدُونِ اعْتِقَادٍ.

Et qu’est-ce que cela veut dire « en recherchant par cela l’agrément de Allah » ? C’est-à-dire qu’il veut obtenir une récompense de la part de Dieu en disant cette phrase, c’est ça le sens du hadith :

يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ الله

qui signifie : « il recherche par cela l’agrément de Allah », c’est-à-dire qu’il ne dit pas cette parole pour plaire aux gens sans y croire.

وَالْوَجْهُ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ يَأْتِي بِمَعَانٍ عَدِيدَةٍ مِنْهَا الْقَصْدُ

Et le terme « al-wadjh » dans la langue arabe peut avoir plusieurs sens comme « al-qasad » par exemple, c’est-à-dire « ce qui est visé. »

كَمَا قَالَ الشَّاعِرُ:

أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ ذَنْبًا لَسْتُ مُحْصِيَهُ                       رَبَّ الْعِبَادِ إِلَيْهِ الْوَجْهُ وَالْعَمَلُ

أَيِ الْقَصْدُ.

Comme un poète a dit :

أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ ذَنْبًا لَسْتُ مُحْصِيَهُ                       رَبَّ الْعِبَادِ إِلَيْهِ الْوَجْهُ وَالْعَمَلُ

ce qui signifie : « je demande à Allah le pardon de péchés (péchés au pluriel) que je ne peux énumérer tellement qu’ils sont nombreux ; Lui Qui est Le Seigneur des esclaves, à Lui al-wadjhou et les œuvres. »

Ainsi, « al-wadjh » dans le poème signifie « c’est Son agrément que je recherche », c’est-à-dire : « c’est Son agrément qui est la destination et l’objectif de mes œuvres» Ainsi, le sens de al-wadjh ici est : « la destination -l’objectif-. »

وَكَذَلِكَ وَرَدَ حَدِيثٌ رَوَاهُ ابْنُ حِبَّانَ وَغَيْرُهُ وَهَذَا لَفْظُ ابْنِ حِبَّانَ الْمَرْأَةُ عَوْرَةٌ فَإِذَا خَرَجَتِ اسْتَشْرَفَهَا الشَّيْطَانُ وَأَقْرَبُ مَا تَكُونُ الْمَرْأَةُ إِلَى وَجْهِ اللَّهِ إِذَا كَانَتْ فِي قَعْرِ بَيْتِهَا وَمَعْنَى وَجْهِ اللَّهِ هُنَا طَاعَةُ اللَّهِ.

Et le mot « wadjh » peut avoir d’autres sens que l’objectif et la destination, comme ce qui nous est parvenue dans un hadith rapporté par Ibnou Hibban et d’autres, et là c’est la version d’Ibnou Hibban :

الْمَرْأَةُ عَوْرَةٌ فَإِذَا خَرَجَتِ اسْتَشْرَفَهَا الشَّيْطَانُ وَأَقْرَبُ مَا تَكُونُ الْمَرْأَةُ إِلَى وَجْهِ اللَّهِ إِذَا كَانَتْ فِي قَعْرِ بَيْتِهَا

ce qui signifie : « la femme est une cause facile pour le shaytan pour entrainer les gens dans le péché, dès qu’elle sort de chez elle, le shaytan va l’exploiter, et l’endroit où la femme est le plus proche de al-wadjh de Allah, c’est lorsqu’elle est chez elle », et « al-wadjh » dans ce hadith signifie clairement « l’obéissance », et ceci est un sens qui est valide dans la langue et nous pouvons le dire.

Et nous pouvons aussi dire :

‎اللهُمَّ ارْزُقْنَا أَنْ نَرَى وَجْهَكَ الْكَرِيم

Et al-wadjh ici n’est pas le visage, mais ça veut dire l’Être, adh-dhat, « al-wadjh », c’est la réalité -l’Être de Dieu-, ce qui est aussi un sens valable. Cette invocation signifie : « ô Allah accorde nous de voir Ton Être. »

Et il y a aussi une autre signification à al-wadjh comme dans le verset 115 de sourate al-baqarah :

فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ

et dans ce verset 115 de sourate al-baqarah « wadjhou l-Lah » signifie : « la qiblah. »

Ainsi, dans la langue arabe, al-wadjh a beaucoup de sens, il n’a pas que le sens commun que l’on connait qui est le visage.

وَمَنِ اعْتَقَدَ أَنَّ الْوَجْهَ إِذَا أُضِيفَ إِلَى اللَّهِ فِي الْقُرْءَانِ أَوْ فِي الْحَدِيثِ مَعْنَاهُ الْجَسَدُ الَّذِي هُوَ مُرَكَّبٌ عَلَى الْبَدَنِ فَهُوَ لَمْ يَعْرِفْ رَبَّهُ

Celui qui croit que quand « al-wadjh » est attribué à Allah que ce soit dans le Qour’an ou dans le hadith veut dire le corps, le visage, celui-là n’a pas connu Dieu. Et le visage c’est ce qui se trouve sur la partie de la tête où il y a les yeux, le nez, la bouche.

Ainsi, celui qui croit que Dieu a un visage n’a pas connu Dieu, c’est-à-dire qu’il n’a pas adoré Allah.

لِأَنَّ هَذِهِ هَيْئَةُ الإِنْسَانِ وَالْمَلائِكَةِ وَالْجِنِّ وَالْبَهَائِمِ

Et pourquoi n’a-t-il pas connu Dieu [c’est-à-dire qu’il n’a pas adoré Allah] ? Car cette partie de la tête où il y a les yeux, la bouche, le nez, les joues, est l’aspect des êtres humains, c’est l’aspect des anges qui ont des visages, c’est l’aspect des djinn qui ont des visages, et de même les animaux ont des faces.

فَكَيْفَ يَكُونُ خَالِقُ الْعَالَمِ مِثْلَهُمْ.

Alors comment est-ce que Le créateur de ce monde serait-Il semblable à ce qu’Il crée ? Ceci est impossible à Son sujet, ce n’est pas possible selon la raison.

فَاللَّهُ لَيْسَ حَجْمًا بِالْمَرَّةِ، لا هُوَ حَجْمٌ لَطِيفٌ وَلا هُوَ حَجْمٌ كَثِيفٌ لِأَنَّ الْعَالَمَ حَجْمٌ كَثِيفٌ وَحَجْمٌ لَطِيفٌ.

Et Dieu n’est pas un corps, Il n’est ni un corps impalpable ni un corps palpable car ce monde lui-même est composé de corps palpables et de corps impalpables.

Et qu’est-ce c’est qu’un corps impalpable ? C’est ce que nous ne pouvons pas attraper avec la main comme la lumière, comme l’air ou comme l’âme.

Ainsi, Allah n’est pas un corps impalpable ni un corps palpable.

Et qu’est-ce que c’est qu’un corps palpable ? C’est le corps que nous pouvons attraper avec la main comme un arbre ou une pierre. Ainsi, Dieu n’est pas un corps palpable ni un corps impalpable.

فَاللَّهُ لَيْسَ حَجْمًا بِالْمَرَّةِ، لا هُوَ حَجْمٌ لَطِيفٌ وَلا هُوَ حَجْمٌ كَثِيفٌ لِأَنَّ الْعَالَمَ حَجْمٌ كَثِيفٌ وَحَجْمٌ لَطِيفٌ.

Et Dieu n’est pas un corps, Il n’est ni un corps impalpable ni un corps palpable car ce monde lui-même est composé de corps palpables et de corps impalpables.

ثُمَّ هَذَا الْحَجْمُ لَهُ صِفَاتٌ حَرَكَةٌ وَسُكُونٌ وَتَغَيُّرٌ وَلَوْنٌ وَانْفِعَالٌ وَتَحَيُّزٌ فِي الْمَكَانِ وَالْجِهَةِ وَاللَّهُ تَعَالَى لَيْسَ كَذَلِكَ

Et ces corps qui sont palpables ou impalpables possèdent des caractéristiques, comme le mouvement ; l’immobilité ; le changement ; la couleur ; les sauts d’humeur ; le fait d’être situé dans un endroit ainsi que les directions, et Allah ta^ala n’est pas ainsi.

Et qu’est-ce que les sauts d’humeur ? C’est le cas de quelqu’un qui était à l’aise, heureux et puis d’un coup il se met en colère. Et le changement d’humeur est une caractéristique des corps. Et de même, le fait d’être situé dans un endroit est une des caractéristiques des corps. Et de même, le fait d’être dans une direction est une caractéristique du corps, et Allah ta^ala n’est pas ainsi.

إِنَّمَا هُوَ مَوْجُودٌ غَيْرُ مُتَحَيِّزٍ فِي الْجِهَاتِ وَالأَمَاكِنِ لِأَنَّهُ كَانَ مَوْجُودًا قَبْلَهَا وَلَوْ لَمْ يَكُنْ كَذَلِكَ لَكَانَ لَهُ أَمْثَالٌ فِي خَلْقِهِ.

Allah ta^ala est un Être Qui existe et Qui n’est pas situé dans une quelconque direction ni dans un endroit, parce que Allah existe avant toutes les directions et avant tous les endroits, et s’Il n’avait pas été ainsi, Il aurait eu des semblables parmi Ses créatures.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَجِبُ قَرْنُ الإِيـمَانِ بِرِسَالَةِ مُحَمَّدٍ بِشَهَادَةِ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَذَلِكَ أَقَلُّ شَىْءٍ يَحْصُلُ بِهِ النَّجَاةُ مِنَ الْخُلُودِ الأَبَدِيِّ فِي النَّارِ.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : il est un devoir de joindre la foi en l’envoie de Mouhammed au témoignage qu’il n’est de Dieu que Allah, et ceci est le minimum pour être sauver de l’éternité à jamais en enfer.

الشَّرْحُ أَنَّ اعْتِقَادَ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لا يَكْفِي مَا لَمْ يُقْرَنْ بِاعْتِقَادِ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ، فَالْجَمْعُ بَيْنَ الشَّهَادَتَيْنِ ضَرُورِيٌّ لِلنَّجَاةِ مِنَ الْخُلُودِ الأَبَدِيِّ فِي النَّارِ.

Commentaire : croire qu’il n’est de Dieu que Allah seulement n’est pas suffisant tant que cette croyance n’est pas jointe à la croyance que Mouhammed est le Messager de Allah. Ainsi, joindre les deux témoignages est indispensable pour être sauver du séjour éternel en enfer.

وَالْمُرَادُ بِهَذَا الْحَدِيثِ الَّذِي مَرَّ ءَانِفًا وَمَا أَشْبَهَهُ مِنَ الأَحَادِيثِ الَّتِي لَمْ يُذْكَرْ فِيهَا شَهَادَةُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ مَا يَشْمَلُ الشَّهَادَةَ الأُخْرَىِأَنَّ ذِكْرَ الشَّهَادَةِ الأُولَى صَارَ فِي عُرْفِ الشَّرْعِ مَلْحُوظًا فِيهِ الشَّهَادَةُ الثَّانِيَةُ وَهِيَ شَهَادَةُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ

Et ce qui est visé par ce hadith que nous avons mentionné précédemment, et des hadith qui sont semblables dans lesquels il n’y a pas eu la mention du témoignage que Mouhammed est le Messager de Allah, c’est ce qui englobe l’autre témoignage, c’est-à-dire que dans l’usage des textes de la loi c’est connu que lorsque seul le premier témoignage est mentionné, le deuxième témoignage est implicite.

Et quel est le premier témoignage ? C’est : « il n’est de Dieu que Dieu. » Et quel est le deuxième témoignage ? C’est le témoignage que Mouhammed est le Messager de Allah. Ainsi, lorsque le hadith mentionne seulement le premier témoignage, le deuxième témoignage est sous-entendu.

وَلَيْسَ الْمَعْنِيُّ بِهَذَا الْحَدِيثِ وَشِبْهِهِ أَنَّ الِاقْتِصَارَ عَلَى شَهَادَةِ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ بِدُونِ الشَّهَادَةِ الأُخْرَى يَكْفِي لِلنَّجَاةِ مِنَ الْخُلُودِ الأَبَدِيِّ فِي النَّارِ، بَلْ لا بُدَّ مِنَ الْجَمْعِ بَيْنَ الشَّهَادَتَيْنِ

Ainsi, de ce hadith mentionné et de ceux qui sont de cet ordre, la signification n’est pas que se limiter à : « il n’est de Dieu que Allah » sans ajouter le deuxième témoignage serait suffisant pour être sauver du séjour éternel en enfer, non, mais il est indispensable de réunir les deux témoignages.

وَذَلِكَ بِدَلِيلِ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ [سُورَةَ الْفَتْح/13] فَتُحْمَلُ هَذِهِ الأَحَادِيثُ عَلَى مَا يُوَافِقُ هَذِهِ الآيَةَ

Et la preuve vient de la parole de Allah dans sourate al-fath verset 13 :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

ce qui signifie : « celui qui ne croit pas en Dieu et en Son Messager certes Nous avons réservés pour les mécréants l’enfer. » Ainsi, ces hadith sont expliqués de manière conforme à ce verset 13 de sourate al-fath.

فَحَدِيثُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يَأْتِي مُنَاقِضًا لِلْقُرْءَانِ

Le hadith du Messager de Allah ne va pas contredire le Qour’an.

وَمَنْ تَوَهَّمَ خِلافَ ذَلِكَ فَهُوَ لِقُصُورِ فَهْمِهِ وَشِدَّةِ جَهْلِهِ.

Celui qui croit le contraire c’est dû au fait qu’il a une faiblesse de compréhension et à son extrême ignorance.

مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ

La signification des deux témoignages 

   الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ هَذَا بَيَانُ مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ.

Commentaire : ce paragraphe est la signification des deux témoignages.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَمَعْنَى شَهَادَةِ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ إِجْمَالًا أَعْتَرِفُ بِلِسَانِي وَأَعْتَقِدُ وَأُذْعِنُ بِقَلْبِي أَنَّ الْمَعْبُودَ بِحَقٍّ هُوَ اللَّهُ تَعَالَى فَقَطْ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la signification du témoignage qu’il de Dieu que Allah est globalement : je reconnais par ma langue, je crois et je me soumets par le cœur que Celui Qui mérite d’être adorer c’est Allah Lui seul.

الشَّرْحُ أَنَّ مَعْنَى لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ إِجْمَالًا أَيْ مِنْ غَيْرِ تَفْصِيلٍ اعْتِرَافٌ مَعَ الِاعْتِقَادِ وَالإِذْعَانِ بِأَنَّهُ لا يَسْتَحِقُّ الأُلُوهِيَّةَ أَحَدٌ إِلَّا اللَّهُ أَيْ لا يَسْتَحِقُّ أَحَدٌ غَايَةَ الْخُشُوعِ وَالْخُضُوعِ إِلَّا هُوَ

Commentaire : la signification de : لآ إلَـهَ اِلا الله est globalement, c’est-à-dire sans détail, la reconnaissance accompagnée de la croyance et de l’acceptance que nul autre que Allah ne mérite la divinité, c’est-à-dire que nul ne mérite l’extrême limite de la crainte et de la soumission si ce n’est Lui.

وَالإِلَهُ فِي أَصْلِ اللُّغَةِ الْمَعْبُودُ بِحَقٍّ ثُمَّ اسْتَعْمَلَهُ الْمُشْرِكُونَ لِمَا يَعْبُدُونَهُ مِنْ دُونِ اللَّهِ.

Et à l’origine, dans la langue arabe, le mot « al-‘ilah », signifie : « Celui qui est adorer légitimement » mais les associateurs ont détourné l’utilisation de ce terme pour designer avec ce qu’ils adorent au lieu d’adorer Allah ta^ala.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمَعْنَى شَهَادَةِ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ أَعْتَرِفُ بِلِسَانِي وَأُذْعِنُ بِقَلْبِي أَنَّ سَيِّدَنَا مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُرْسَلٌ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ إِلَى كَافَّةِ الْعَالَمِينَ مِنْ إِنْسٍ وَجِنٍّ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la signification du témoignage que Mouhammed est le Messager de Allah est : je reconnais par ma langue et je me soumets par le cœur au fait que notre maitre Mouhammed est envoyé par Allah en tant que Messager à l’ensemble des mondes, des humains et des djinns.

الشَّرْحُ أُذْعِنُ بِمَعْنَى أَعْتَقِدُ لِأَنَّ الِاعْتِرَافَ وَحْدَهُ مِنْ دُونِ اعْتِقَادٍ لا يَكْفِي

Commentaire : « je me soumet » a pour sens « je crois », car la reconnaissance par la langue seule sans qu’elle ne soit accompagnée d’une croyance par le cœur n’est pas suffisante.

فَالْمَعْرِفَةُ إِذَا اقْتَرَنَ بِهَا الإِذْعَانُ أَيْ رِضَا النَّفْسِ بِالشَّىْءِ الَّذِي عَرَفَتْهُ هِيَ الإِيـمَانُ الَّذِي هُوَ مَقْبُولٌ عِنْدَ اللَّهِ.

Ainsi, si la connaissance est accompagnée de cette soumission, c’est-à-dire que l’âme accepte ce qu’elle a connu, c’est cela la foi -al-‘iman- qui est acceptée selon le jugement de Dieu.

وَأَمَّا الْمَعْرِفَةُ وَحْدَهَا فَلا تَكْفِي لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى أَخْبَرَ عَنِ الْيَهُودِ أَنَّهُمْ كَانُوا يَعْرِفُونَ مُحَمَّدًا أَنَّهُ نَبِيٌّ فَقَالَ تَعَالَى: ﴿يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمْ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/146]

Quant à la connaissance elle seule, elle ne suffit pas car Allah nous a appris à propos des juifs qu’ils savaient que Mouhammed était un prophète. Ainsi, dans sourate al-baqarah verset 146 Dieu dit :

﴿يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمْ﴾

ce qui signifie : « ils le connaissent [ils savent qu’il est prophète] tout comme ils connaissent leurs propres enfant. »

لَكِنْ لَمْ تُذْعِنْ نُفُوسُهُمْ فَلِذَلِكَ كَانُوا يُكَذِّبُونَهُ بِأَلْسِنَتِهِمْ مَعَ عِلْمِهِمْ بِأَنَّهُ نَبِيٌّ لِأَنَّ التَّوْرَاةَ الَّتِي أُنْزِلَتْ عَلَى مُوسَى فِيهَا الإِخْبَارُ بِأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ

Cependant leurs âmes n’ont pas accepté cela, c’est pour cela qu’ils démentaient par leurs langues alors que ces juifs savaient par leurs cœurs que Mouhammed était bien un envoyer de Dieu car dans la Torah qui a été révélée à Moussa il y a l’annonce de Mouhammed en tant que Messager de Dieu.

لَكِنَّ التَّوْرَاةَ وَالإِنْجِيلَ حُرِّفَا لَفْظًا بَعْدَ أَنْ حُرِّفَا مَعْنًى.

Cependant, la Torah et l’Évangile ont été falsifiées, leurs thermes -les textes- ont été falsifiés et cette falsification des thermes -des textes- a eu lieu après la falsification des sens. Quant au Qour’an, Allah ta^ala le préserve, et cela est un défi permanent, c’est un miracle permanent pour notre maitre Mouhammed. Ainsi, quels que soient les moyens que les non croyants mettent en place pour falsifier le Qour’an, pour déformer le Qour’an, il restera intact. Et cela est un défi, car ils ne pourront rien faire, quoi qu’ils fassent. Ceci est donc un miracle permanent pour notre maître Mouhammed.

Ainsi, Dieu dit dans sourate al-baqarah verset 146 :

﴿يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمْ﴾

ce qui signifie : « ils le connaissent [ils savent qu’il est prophète] tout comme ils connaissent leurs propres enfant. »

وَقَوْلُهُ: مُرْسَلٌ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ إِلَى كَافَّةِ الْعَالَمِينَ مِنْ إِنْسٍ وَجِنٍّ فَالْعَالَمُونَ هُنَا هُمُ الإِنْسُ وَالْجِنُّ بِدَلِيلِ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿لِيَكُونَ لِلْعَالَمِينَ نَذِيرًا﴾[سُورَةَ الْفُرْقَان/1]

Quant à la parole du Chaykh à propos de notre maitre Mouhammed : « il est un Messager envoyé à l’ensemble des mondes par Allah aux humains et aux djinns », l’ensemble des mondes ici ce n’est pas tout autre que Allah, mais c’est dans le sens des humains et des jinn, preuve en est la parole de Allah dans sourate al-fourqan verset 1 :

﴿لِيَكُونَ لِلْعَالَمِينَ نَذِيرًا﴾

ce qui signifie : « afin qu’il soit un avertisseur pour les mondes. »

فَالْمَعْنَى أَنَّهُ مُرْسَلٌ إِلَى كَافَّةِ الإِنْسِ مِنْ عُرْبٍ وَعَجَمٍ وَإِلَى كَافَّةِ الْجِنِّ.

Le sens de ce verset est que notre maitre Mouhammed est envoyé de la part de Allah à tous les humains, arabes et non arabes, et à tous les jinn.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: صَادِقٌ فِي كُلِّ مَا يُبَلِّغُهُ عَنِ اللَّهِ تَعَالَى، لِيُؤْمِنُوا بِشَرِيعَتِهِ وَيَتَّبِعُوهُ.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit à propos de notre maitre Mouhammed : il a été véridique en tous ce qu’il leur a transmis de la part de Allah ta^ala afin qu’ils aient foi en sa loi et afin qu’ils le suivent.

الشَّرْحُ يَجِبُ الإِيـمَانُ بِأَنَّ سَيِّدَنَا مُحَمَّدًا صَادِقٌ فِي كُلِّ مَا جَاءَ بِهِ سَوَاءٌ كَانَ مِمَّا أَخْبَرَ بِهِ عَنِ الأُمُورِ الَّتِي سَتَحْدُثُ فِي الْمُسْتَقْبَلِ كَأُمُورِ الآخِرَةِ أَوْ أُمُورِ الأُمَمِ السَّابِقَةِ أَوْ تَحْلِيلِ شَىْءٍ أَوْ تَحْرِيْمِهِ.

Commentaire : il est un devoir de croire que notre maitre Mouhammed est véridique en tous ce qu’il a amené de la part de Dieu, que ce soient des choses dont il a informé qui vont se déroulées dans le futur comme les sujets de l’au-delà ou les sujets des communautés antérieures qui nous ont précédé ou le jugement de la licéité ou de l’interdit de telle ou telle chose.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالْمُرَادُ بِالشَّهَادَتَيْنِ نَفْيُ الأُلُوهِيَّةِ عَمَّا سِوَى اللَّهِ وَإِثْبَاتُهَا لِلَّهِ تَعَالَى مَعَ الإِقْرَارِ بِرِسَالَةِ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ce qui est visé par les deux témoignages c’est de nier la divinité à tout autre que Allah et de la confirmée pour Allah ta^ala tout en reconnaissant et en croyant au statut de prophète de notre maitre Mouhammed.

الشَّرْحُ هَذِهِ الْعِبَارَةُ فِيهَا نَفْيُ أَنْ يَكُونَ شَىْءٌ سِوَى اللَّهِ يَسْتَحِقُّ الْعِبَادَةَ

Commentaire : cette expression comporte le fait de nier que autre que Allah mérite l’adoration.

وَفِيهَا إِثْبَاتُ أَنَّ اللَّهَ وَحْدَهُ هُوَ الَّذِي يَسْتَحِقُّ الْعِبَادَةَ أَيْ مَعَ الِاعْتِرَافِ وَالإِيـمَانِ بِرِسَالَةِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

Et cette expression comporte la confirmation que Allah Lui seul est Celui Qui mérite l’adoration, c’est-à-dire en reconnaissant et en ayant foi au message de notre maitre Mouhammed.

وَيَنْبَغِي مَعْرِفَةُ مَعْنَى الْعِبَادَةِ عَلَى مَا هُوَ الْمُرَادُ فِي الْكِتَابِ وَالسُّنَّةِ، فَإِنَّ كَثِيرًا مِنَ النَّاسِ يَجْهَلُونَ ذَلِكَ وَهُمُ الْوَهَّابِيَّةُ وَيَظُنُّونَ أَنَّ قَوْلَ الشَّخْصِ يَا مُحَمَّدُ أَوْ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَوْ يَا شَيْخُ عَبْدَ الْقَادِرِ الْجِيلانِيَّ أَوْ يَا عَلِيُّ أَوْ يَا حَسَنُ أَوْ يَا حُسَيْنُ وَنَحْوِ ذَلِكَ عِبَادَةٌ لِلرَّسُولِ وَلِمَنْ ذُكِرُوا

Il convient donc de connaitre le sens de l’adoration tel que cela est visé dans le livre et dans la sunnah, en effet beaucoup de gens ignorent le sens de l’adoration, comme notamment les wahhabiyyah qui croient que le simple fait de dire « ya Mouhammed » ou « ya rassoula l-Lah » ou « ya Chaykh ^Abd l-Qadir al-Jilainiyy » ou « ya ^Aliyy » ou « ya Haçan », ou « ya Houçayn » et ce qui est de cet ordre serait une adoration du Messager et de ceux dont le prénom a été cité.

فَعَلَى زَعْمِهِمْ هُوَ كَافِرٌ بِنِدَائِهِ لِلرَّسُولِ وَلِمَنْ ذُكِرَ بَعْدَهُ وَهَذَا مِنْ أَجْهَلِ الْجَهْلِ

Et selon leur prétention ce serait un mécréant car il aurait appelé le Messager ou qu’il aurait appelé l’un de ceux qui sont mentionnés après le Messager, et ceci est la plus profonde des ignorances.

فَنِدَاءُ غَيْرِ اللَّهِ مِنْ رَسُولٍ أَوْ وَلِيٍّ فِي حَيَاتِهِ أَوْ بَعْدَ مَمَاتِهِ لَيْسَ عِبَادَةً لِغَيْرِ اللَّهِ

Ainsi, appeler autre que Allah que ce soit un messager ou un saint durant sa vie ou après sa mort n’est pas une adoration à autre que Allah.

إِنَّمَا الْعِبَادَةُ كَمَا شَرَحَ عُلَمَاءُ اللُّغَةِ غَايَةُ التَّذَلُّلِ.

L’adoration comme l’ont expliqué les savants de la langue c’est « ghayatou t-tadhalloul » : « l’extrême limite de la soumission. »

هَؤُلاءِ الْمُسْلِمُونَ الَّذِينَ يَقُولُونَ يَا رَسُولَ اللَّهِ عِنْدَ الضِّيقِ أَوِ الْفَرَحِ مَا تَذَلَّلُوا لِلرَّسُولِ غَايَةَ التَّذَلُّلِ إِنَّمَا يُعَظِّمُونَ الرَّسُولَ تَعْظِيمًا

Ainsi, lorsque les musulmans disent « ya rassoula l-Lah » -ô Messager de Dieu- lorsqu’ils sont touchés par une épreuve ou lorsqu’ils sont heureux, ils ne se soumettent pas au Messager de Allah de l’extrême limite de la soumission, cependant, ils glorifient le Messager de Allah d’une glorification qui convient à son rang.

ثُمَّ قَدْ يَقْصِدُونَ مَعَ ذَلِكَ أَنْ يُفَرِّجَ اللَّهُ عَنْهُمُ الْكَرْبَ أَوْ يَقْضِيَ لَهُمْ حَاجَاتِهِمْ إِكْرَامًا لِلرَّسُولِ وَالأَوْلِيَاءِ بِمَا لَهُمْ عِنْدَ اللَّهِ مِنَ الْكَرَامَةِ.

Et il se peut également que lorsque ces musulmans disent « ya rassoula l-Lah » ils recherchent en disant cela que Dieu les délivre de leurs tourments ou règle leurs affaires par honneur pour le Messager ou pour les saints en raison du haut degré qu’ils ont selon le jugement de Dieu.

فَإِذَا كَانَ قَوْلُ يَا فُلانُ لِمَلِكٍ مِنَ الْمُلُوكِ أَوْ نَحْوِهِ فِي وَجْهِهِ لِيُسَاعِدَهُ فِي حَاجَتِهِ الَّتِي يُرِيدُهَا أَوْ لِيَدْفَعَ عَنْهُ مَا يُزْعِجُهُ وَيُؤْذِيهِ جَائِزًا لَيْسَ عِبَادَةً لَهُ فَكَيْفَ يَكُونُ إِذَا حَصَلَ هَذَا لِأَهْلِ الْقُبُورِ أَوْ لِلأَحْيَاءِ الَّذِينَ هُمْ غَيْرُ حَاضِرِينَ عِبَادَةً لَهُمْ.

Si déjà lorsque que quelqu’un s’adresse à un roi devant lui, il lui dit : « ô mon roi », pour l’aider pour une affaire qu’il veut ou pour le défendre de quelque chose qui le dérange et lui nuit, si cela est permis car ce n’est pas une adoration pour ce roi, que dire alors si cela a lieu avec ceux qui sont dans les tombes, ou ceux qui sont vivants et ceux qui ne sont pas présent, comment cela serait-ce une adoration pour eux ?

Ainsi, pourquoi ça deviendrait une adoration lorsqu’ils sont absents ou lorsqu’ils sont morts ? Il n’y a rien dans la langue ni selon la raison qui transformerait cet appel en adoration.

فَاعْتِقَادُ الْوَهَّابِيَّةِ هَذَا مَنْشَؤُهُ الْجَهْلُ بِمَعْنَى الْعِبَادَةِ

Et quelle est donc la racine de cette croyance des wahhabiyyah [qui est fausse bien sûr] ? Cette fausse croyance prend racine dans leur ignorance du sens de l’adoration.

أَلَيْسَ ثَبَتَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ أَنَّهُ عَلَّمَ بَعْضَ أُمَّتِهِ أَنْ يَقُولَ فِي غَيْرِ حَضْرَتِهِ يَا مُحَمَّدُ إِنِّي أَتَوَجَّهُ بِكَ إِلَى رَبِّي فِي حَاجَتِي لِتُقْضَى لِي فَفَعَلَ ذَلِكَ الشَّخْصُ

Et n’est-ce pas qu’il a été confirmé que le messager de Allah avait enseigné à certaines personnes de sa communauté de dire sans que ce soit en sa présence :

يَا مُحَمَّدُ إِنِّي أَتَوَجَّهُ بِكَ إِلَى رَبِّي فِي حَاجَتِي لِتُقْضَى لِي

ce qui signifie : « ô Mohammed je m’adresse par toi à mon Seigneur pour mon affaire afin qu’elle me soit réglée », et celui envers qui le Messager avait enseigné cela a fait cette invocation.

وَهُوَ رَجُلٌ أَعْمَى أَرَادَ أَنْ يَكْشِفَ اللَّهُ بَصَرَهُ فِي غَيْرِ حَضْرَةِ الرَّسُولِ ثُمَّ عَادَ إِلَى الرَّسُولِ وَهُوَ فِي مَكَانِهِ وَقَدْ أَبْصَرَ.

Et c’était un homme aveugle qui voulait que Allah lui rende la vue, et il a fait cela sans que le Messager ne soit présent. Ensuite, l’homme aveugle est revenu auprès du Messager alors que le Messager était toujours à sa place et cet homme avait alors recouvré la vue.

ثُمَّ الصَّحَابِيُّ الَّذِي كَانَ عِنْدَ الرَّسُولِ تِلْكَ السَّاعَةَ عَلَّمَ شَخْصًا فِي زَمَنِ عُثْمَانَ بنِ عَفَّانَ كَانَتْ لَهُ حَاجَةٌ عِنْدَ عُثْمَانَ فَمَا كَانَ يَلْتَفِتُ إِلَيْهِ لِشُغْلِ بَالِهِ فَفَعَلَ الرَّجُلُ مِثْلَ فِعْلِ ذَلِكَ الأَعْمَى ثُمَّ جَاءَ إِلَى عُثْمَانَ فَقَضَى لَهُ حَاجَتَهُ.

Et ce compagnon qui était présent lorsque le Messager avait enseigné cette invocation à son tour l’a enseigné à l’époque de ^Othman Ibnou ^Affan à un homme qui voulait que le calife, notre maitre Othman lui règle son affaire. Mais notre maitre ^Othman était toujours occupé. Cet homme a alors fait cette invocation qui est la même que l’homme aveugle avait faite durant le temps du prophète. Puis l’homme est retourné auprès de Othman puis ^Othman lui a réglé son affaire.

Donc l’homme a pris la cause, et quelle est la cause ? C’est cette invocation. Puis l’homme est retourné voir Othman, et qu’est-ce que notre maitre Othman a fait ? Il lui a alors réglé son affaire.

ثُمَّ لَمْ يَزَلِ الْمُسْلِمُونَ يَذْكُرُونَ هَذَا الْحَدِيثَ وَيَعْمَلُونَ بِهِ إِلَى يَوْمِنَا هَذَا

Et les musulmans n’ont pas cessé de rappeler ce hadith et de l’appliquer jusqu’à de nos jours.

  وَأَوْدَعَهُ حُفَّاظُ الْحَدِيثِ كُتُبَهُمْ الْحَافِظُ الطَّبَرَانِيُّ وَالْحَافِظُ التِّرْمِذِيُّ مِنَ الْمُتَقَدِّمِينَ وَالْحَافِظُ النَّوَوِيُّ وَالْحَافِظُ ابْنُ الْجَزَرِيِّ وَغَيْرُهُمَا مِنَ الْمُتَأَخِّرِينَ ذَكَرُوهُ فِي مُؤَلَّفَاتِهِمْ [وَالْحَدِيثُ صَحَّحَهُ الطَّبَرَانِيُّ وَقَالَ فِي مُعْجَمَيْهِ الْكَبِيرِ وَالصَّغِيرِ: وَالْحَدِيثُ صَحِيحٌ]

Et les hafidh -les spécialistes de mémorisation des hadith- ont intégré ce hadith dans leurs livres comme le hafidh at-Tabaraniyy et le hafidh at-Tirmidhiyy parmi les anciens, le hafidh an-Nawawiyy et le hafidh Ibnou l-Jazariyy et d’autre parmi les plus récents, ils les ont cités dans leurs ouvrages.

Et le hadith a été jugé sahih [authentique] par at-Tabaraniyy, il a dit dans son mou^jam al-kabir et dans son mou^jam as-saghir : « le hadith est authentique. »

فَالْوَهَّابِيَّةُ بِقَوْلِهِمْ إِنَّ هَذَا شِرْكٌ وَكُفْرٌ يَكُونُونَ كَفَّرُوا هَؤُلاءِ الْحُفَّاظَ الَّذِينَ أَوْدَعُوا كُتُبَهُمْ هَذَا الْحَدِيثَ لِيُعْمَلَ بِهِ

Ainsi, les wahhabiyyah qui disent que ce serait du shirk -une adoration d’autre que Dieu- et de la mécréance auront ainsi déclarés mécréant tous ces hafidh qui ont écrit et intégré ce hadith dans leurs ouvrages pour que les gens l’applique.

فَنَعُوذُ بِاللَّهِ مِنْ فَسَادِ الْفَهْمِ.

Nous demandons à Allah qu’il nous préserve de la mauvaise compréhension.

Informations utiles :

Le prophète n’a pas fait de prière funéraire en faveur de quelqu’un de mécréant. Le prophète n’a pas fait la prière funéraire en faveur de ^Abdou l-Lah Ibnou ‘Oubay Ibnou Saloul en ayant pour croyance qu’il était mécréant, non, le prophète pensait qu’il n’avait plus cette hypocrisie, car cet homme faisait preuve d’hypocrisie. Cependant le prophète pensait que cet homme n’était plus hypocrite et c’est pour cela que le prophète a fait la prière funéraire en sa faveur. Et c’est après que le Messager a reçu la révélation qui lui a annoncée que cet homme était encore hypocrite et est mort hypocrite. Quelqu’un de sensé ne va pas dire que le Messager de Dieu faisait la prière funéraire en faveur de quelqu’un à propos duquel le prophète savait qu’il était hypocrite, parce que cela reviendrait à dénigrer la religion, et ceci est impossible au sujet du Messager, le Messager ne se joue pas de la religion.

Ainsi, après la mort du mécréant, il est impossible que le prophète demande le pardon en sa faveur. Dieu dit dans sourate at-tawbah verset 113 :

مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَن يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَىٰ مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ﴿

﴾أَصْحَابُ الْجَحِيمِ

ce qui signifie : « le prophète et ceux qui sont croyants n’ont pas à demander le pardon en faveur des associateurs, même si ce sont des proches parents, dès lors qu’il s’est avéré pour eux qu’ils sont morts mécréants. » Ainsi, le prophète ne fait pas la prière en faveur de quelqu’un qui est mort mécréant.

Autre information utile :

Notre Chaykh a dit : « les épreuves qui touchent la personne, tant que sa religion est sauve -préservée-, cela comporte un grand intérêt pour l’au-delà. » Et pourquoi est-ce que les épreuves sont d’un grand profit tant qu’elles ne portent pas sur la religion et tant que ce ne sont que des épreuves du bas monde ? Car lorsque le croyant patiente, ce sera une cause soit pour lui expier les péchés ou pour l’augmenter en degré.

Attention : ce que nous disons au sujet du prophète est que lorsqu’il a fait cette prière funéraire en faveur de Abdou l-Lah Ibnou ‘Oubay Ibnou Saloul, le prophète pensait qu’il n’était plus hypocrite et qu’il avait abandonné son hypocrisie. Puis, par la suite un verset est descendu au prophète lui annonçant qu’en réalité c’était quelqu’un qui était encore hypocrite.

Ainsi, la règle est qu’on ne demande pas à Dieu qu’Il pardonne ou qu’Il fasse reposer en paix quelqu’un qui n’est pas mort musulman, car celui qui est mort mécréant ne reposera pas en paix. Dieu nous apprend que ce mécréant n’aura que des châtiments et des supplices qui vont se succéder.

Ainsi, celui qui demande à Dieu qu’Il leur fasse miséricorde ou qu’Il leur permette de vivre en paix ou de reposer en paix contredit la parole de Allah, et celui qui contredit la parole de Allah n’est pas croyant, il n’est pas musulman.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ [سُورَةَ الْفَتْح/ 13].

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : Allah ta^ala dit dans sourate al-fath verset 13 :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. »

الشَّرْحُ هَذِهِ الآيَةُ فِيهَا دَلِيلٌ عَلَى مَا مَرَّ مِنْ أَنَّ الإِيـمَانَ بِمُحَمَّدٍ لا بُدَّ مِنْهُ لِصِحَّةِ الإِيـمَانِ أَيْ لِكَوْنِ الْعَبْدِ مُؤْمِنًا عِنْدَ اللَّهِ بِحَيْثُ إِنَّ مَنْ شَكَّ فِي ذَلِكَ أَوْ أَنْكَرَ فَهُوَ كَافِرٌ لِأَنَّهُ عَانَدَ الْقُرْءَانَ.

Commentaire : ce verset comporte la preuve que croire que Mouhammed est un envoyer de Dieu est indispensable pour la validité de la foi, c’est-à-dire que pour que l’esclave soit croyant selon le jugement de Allah, il est indispensable qu’il croie au prophète Mouhammed, de sorte que celui qui doute à ce sujet n’est pas musulman parce qu’il aura contredit le Qour’an.

Et qu’est-ce que cela signifie « de sorte que celui qui doute à ce sujet n’est pas musulman » ? C’est le fait que la personne se dise : « peut-être que croire que Mouhammed est un envoyer de Dieu est une condition de la validité de la foi, et peut être que ce n’est pas une condition pour la validité de la foi. » Ainsi, celui qui doute à ce sujet ou celui qui renie cela est mécréant. Et qu’est-ce que cela signifie « celui qui renie cela est mécréant » ? C’est le fait que la personne se dise : « ce n’est pas une condition pour la validité de la foi que de croire au prophète Mouhammed. » Donc celui qui doute à ce sujet, ou celui qui renie ce sujet est un mécréant.

Et pourquoi est-il mécréant ? Parce qu’il a contredit le Qour’an. Car, qu’est-ce que le Qour’an nous dit ? Dans le Qour’an, Dieu dit dans sourate al-fath verset 13 :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. »

Ainsi, dire que croire au prophète Mouhammed n’est pas une condition pour la validité de la foi revient à contredire ce verset, et pas uniquement ce verset, mais ce verset est un exemple. Et celui qui contredit le Qour’an, c’est comme s’il disait que Dieu ment, et celui qui dit que Dieu ment n’est pas un croyant ni un musulman, Dieu ne l’agrée pas et c’est un mécréant.

وَهَذِهِ الآيَةُ أَيْضًا تُعْطِي أَنَّ مَنْ ءَامَنَ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ ثُمَّ لَمْ يَعْمَلْ شَيْئًا مِنَ الْفَرَائِضِ لَيْسَ بِكَافِرٍ وَأَنَّهُ لَيْسَ خَالِدًا فِي النَّارِ

Et ce verset [13 de sourate al-fath] indique également que celui qui a cru en Dieu et en Son Messager mais qui n’accompli aucune obligation n’est pas un mécréant, et il ne restera pas éternellement en enfer.

Ainsi, ce verset indique que : croire au prophète Mouhammed est une condition pour la validité de la foi,c’est-à-dire pour que l’on dise de quelqu’un qu’il est croyant [musulman]. Et ce verset indique que : celui qui croit en Dieu et en Son prophète Mouhammed est musulman même s’il n’accompli aucune obligation.Il n’est pas mécréant et ne restera pas éternellement en enfer.

وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿فَإِنَّا أَعْتَدْنَا﴾ أَيْ هَيَّأْنَا ﴿لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ أَيْ نَارَ جَهَنَّمَ لِكُفْرِهِمْ

Pour ce qui est de Sa parole ta^ala dans sourate al-fath verset 13 :

﴿فَإِنَّا أَعْتَدْنَا﴾

elle signifie : « Nous avons préparés -Nous avons réservés-. » Et Sa parole :

﴿لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

signifie : « l’enfer pour les mécréants. »

وَذَلِكَ لِقَوْلِهِ تَعَالَى ﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ حَيْثُ دَلَّتْ هَذِهِ الآيَةُ عَلَى أَنَّ مَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ مُحَمَّدٍ كَافِرٌ وَلَوْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ الْمُنْتَسِبِينَ لِلتَّوْرَاةِ وَالإِنْجِيلِ لِأَنَّ الْقُرْءَانَ سَمَّاهُمْ أَهْلَ الْكِتَابِ وَسَمَّاهُمْ كَافِرِينَ لِأَنَّهُمْ لَمْ يُؤْمِنُوا بِمُحَمَّدٍ.

Et ce verset 13 de sourate al- fath :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer » indique que celui qui ne croit pas en Dieu et en Son prophète Mouhammed est un mécréant même s’il fait partie de ahlou l-kittab -des gens du livre- ceux qui prétendent suivre la Torah -at-Tawrat- et l’Évangile -al-Injil- car le Qour’an les a appelés « les gens du livre » mais il les a aussi appelés « mécréants » car ils ne croient pas en Mouhammed.

Et pourquoi sont-ils appelés mécréants ? Car ce verset 13 de sourate al-fath l’indique :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

Eh bien, du fait qu’ils n’aient pas cru en Mouhammed ceux sont des mécréants. Certes, ceux sont des gens du livre, mais ceux sont des mécréants.

وَالتَّوْرَاةُ وَالإِنْجِيلُ الْمُنَزَّلانِ فِيهِمَا الأَمْرُ بِالإِيـمَانِ بِمُحَمَّدٍ غَيْرَ أَنَّ هَؤُلاءِ الْمُنْتَسِبِينَ إِلَيْهِمَا لَمْ يَعْمَلُوا بِالْكِتَابَيْنِ وَلَوْ عَمِلُوا بِهِمَا لَاتَّبَعُوا مُحَمَّدًا لِأَنَّ الْكِتَابَيْنِ حُرِّفَا تَحْرِيفًا بَالِغًا وَحُذِفَ مِنْهُمَا ذِكْرُ الإِيـمَانِ بِمُحَمَّدٍ

La Thorah [en arabe at-Tawrat] et l’Évangile [en arabe al-Ingil] qui ont été descendus par révélation comportent l’ordre de croire en Mouhammed. Cependant, ceux qui se réclament de ces deux livres -ceux qui disent : « nous suivons la Thorah» et d’autres qui disent : « nous suivons l’évangile » – n’appliquent pas ce qu’il y a dans ces livres car s’ils avaient appliqué ce qu’il y a dans ces livres, ils auraient suivi Mouhammed. Et pourquoi n’appliquent-ils pas ce qu’il y a dans ces livres ? Car eux prétendent les suivre, mais en réalité ces deux livres ont été fortement falsifiés de sorte qu’il en a été enlevé la mention de la croyance en Mouhammad.

وَالآنَ لَمْ يَبْقَ بَيْنَ الْبَشَرِ إِلَّا الْمُحَرَّفُ

Et de nos jours, entre les mains des humains il ne reste plus que ce qui a été falsifié. Il ne reste donc plus les exemplaires d’origines qui ont été révélés aux prophètes de Dieu.

وَلِأَجْلِ انْتِسَابِ الْيَهُودِ إِلَى التَّوْرَاةِ وَالنَّصَارَى إِلَى الإِنْجِيلِ انْتِسَابًا بِاللَّفْظِ سَمَّاهُمُ الْقُرْءَانُ أَهْلَ الْكِتَابِ وَكَفَّرَهُمْ

Mais comme par prétention les juifs se réclament de la Thorah et les chrétiens se réclament de l’Évangile, le Qour’an les a appelés « ahlou l-kittab » -les gens du livres- et le Qour’an les a déclarés mécréant.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لِمَ تَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَأَنتُمْ تَشْهَدُونَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/70].

Allah ta^ala dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 70 :

﴿يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لِمَ تَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَأَنتُمْ تَشْهَدُونَ﴾

ce qui signifie : « ô vous gens du livre, pourquoi vous êtes mécréants en ce que Dieu a révélé alors que vous êtes censé le savoir ? »

 وَمِنَ الدَّلِيلِ عَلَى كُفْرِ أَهْلِ الْكِتَابِ قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أُولَئِكَ هُمْ شَرُّ الْبَرِيَّةِ﴾ [سُورَةَ الْبَيِّنَة/6] أَيْ شَرُّ الْخَلْقِ.

Et comme autre preuve de la mécréance des gens du livre il y a la parole de Allah dans sourate al-bayyinah verset 6 :

﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أُولَئِكَ هُمْ شَرُّ الْبَرِيَّةِ﴾

ce qui signifie : « certes, ceux qui ont mécru, qu’ils fassent partie des gens du livre ou des associateurs, ils seront dans le feu de l’enfer, ils y resteront éternellement, ceux sont les pires des créatures. »

وَبَعْضُ النَّاسِ الْجُهَّالِ يَقُولُونَ الْقُرْءَانُ يَقُولُ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ مَعْنَاهُ لَيْسُوا كُلُّهُمْ كُفَّارًا وَهَذَا جَهْلٌ بِاللُّغَةِ لِأَنَّ مِنْ هَذِهِ بَيَانِيَّةٌ وَلَيْسَتْ لِلتَّبْعِيضِ مَعْنَاهُ الْكُفَّارُ إِنْ كَانُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَإِنْ كَانُوا مُشْرِكِينَ مِنْ غَيْرِ أَهْلِ الْكِتَابِ هُمْ شَرُّ الْخَلْقِ.

Et certaines personnes ignorantes disent que le therme « min ahli l-kittab » cité dans le Qour’an signifierait qu’ils ne seraient pas tous mécréants, et ceci est une ignorance de la langue arabe car le « min » ici est un min bayaniyyah -c’est-à-dire qui va énumérer- et ce n’est pas pour indiquer la partie, cela signifie que les mécréants qu’ils fassent partie des gens du livre ou qu’ils soient associateurs ne faisant pas partie des gens du livre, les deux sont les pires des créatures.

Et les mécréants sont les pires des créatures, parce que les mécréants ont atteint le summum de l’ingratitude et de l’injustice. Dieu les a créés, Dieu leur a donné la vie, Dieu leur a donné la raison, Dieu leur a donné la santé, Dieu leur a donné le pouvoir de vivre, Dieu leur a donné le pouvoir de respirer, et malgré cela, ces mécréants renient Son existence, ou ils Lui attribue ce qui n’est pas digne de Lui, ou ils adorent autre que Lui, ou ils ne croient pas en un prophète qu’Il a envoyé, ou tout autre forme de mécréance. Que Dieu nous en préserve. C’est pour cela que l’acte de ne pas être croyant [de ne pas être musulman] est le plus grave des péchés.

La mécréance est le péché que Dieu ne pardonne pas tout comme Il nous l’a appris dans le verset 6 de sourate al-bayyinah :

﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أُولَئِكَ هُمْ شَرُّ الْبَرِيَّةِ﴾

ce qui signifie : « certes ceux qui ont mécru, qu’ils fassent partie des gens du livre ou des associateurs, ils seront dans le feu de l’enfer, ils y resteront éternellement, ceux sont les pires des créatures », et dans sourate al-fath verset 13 :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. » Ces deux versets sont donc des preuves qu’ils sont mécréants et qu’ils iront éternellement en enfer. Et il n’y a pas que ces versets comme preuve.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَهَذِهِ الآيَةُ صَرِيْحَةٌ فِي تَكْفِيرِ مَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَمَنْ نَازَعَ فِي هَذَا الْمَوْضُوعِ يَكُونُ قَدْ عَانَدَ الْقُرْءَانَ وَمَنْ عَانَدَ الْقُرْءَانَ كَفَرَ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cette ‘ayah 13 de sourate al-fath juge explicitement [clairement] mécréant quiconque ne croit pas en Mouhammed, et celui qui conteste ce jugement-là aura contredit le Qour’an, et celui qui contredit le Qour’an est mécréant.

Ainsi, celui qui ne croit pas en Allah et en Son Messager a été appelé kafir par Allah, et qu’est-ce que cela signifie « kafir » ? Ça veut dire mécréant. Ainsi, ce verset [13 de sourate al-fath] juge explicitement mécréant quiconque ne croit pas en Mouhammed, et celui qui conteste ce jugement-là aura contredit le Qour’an.

Ainsi, celui qui dit : « non, du moment qu’il fasse du bien et qu’il soit gentil, celui-là Dieu lui pardonnera » aura contredit le verset et sera devenu mécréant. Et pourquoi sera-t-il devenu mécréant ? Car celui qui contredit le Qour’an devient mécréant, voici la règle. Comment est-ce que quelqu’un croirait au Qour’an et le contredirait ??? Cela ne fonctionne pas, s’il croit au Qour’an, nécessairement il reconnait la véracité du Qour’an.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ خَالَفَ فِي هَذَا الْمَوْضُوعِ فَأَنْكَرَ الإِيـمَانَ بِمُحَمَّدٍ فَهُوَ كَافِرٌ.

Commentaire : celui qui contredit ce sujet [en disant que la croyance que Mouhammed est un envoyé de Dieu n’est pas une condition pour la validité de la foi] ou qui renie la foi en Mouhammed un mécréant.

فَمَنْ ظَنَّ أَنَّ الإِنْسَانَ يَكُونُ مُؤْمِنًا مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ مِنْ غَيْرِ إِيـمَانٍ بِمُحَمَّدٍ فَهُوَ كَافِرٌ كَمَا أَنَّهُ مَنْ كَانَ فِي زَمَانِ عِيسَى أَوْ زَمَانِ مُوسَى أَوْ غَيْرِهِمَا مِنَ الأَنْبِيَاءِ إِذَا كَذَّبَ أَحَدًا مِنْهُمْ وَاعْتَرَفَ بِوُجُودِ اللَّهِ وَلَمْ يَعْبُدْ غَيْرَهَ فَهُوَ كَافِرٌ لِأَنَّ اللَّهَ أَرْسَلَ هَؤُلاءِ لِيُصَدَّقُوا وَيُتَّبَعُوا فَتَكْذِيبُهُمْ تَكْذِيبٌ لِلَّهِ.

Et si quelqu’un pensait qu’il était possible d’être croyant et d’aller au paradis sans croire en Mouhammed, celui qui a une telle croyance n’est pas musulman, il est mécréant. Tout comme à l’époque de Jésus -^Iça- ou à l’époque de Moise -Moussa- ou d’autres prophètes, si quelqu’un démentait l’un des prophètes de son époque, même s’il reconnaissait l’existence de Dieu et qu’il n’a pas adoré autre que Dieu, du fait qu’il ait démenti le prophète de son époque il est devenu mécréant, parce que Dieu a envoyé ces prophètes pour qu’ils soient crus et suivis, et les démentir revient à démentir Dieu.

Attention : démentir les prophètes revient à démentir Celui qui les a envoyés.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَجْمَعَ الْفُقَهَاءُ الإِسْلامِيُّونَ عَلَى تَكْفِيرِ مَنْ دَانَ بِغَيْرِ الإِسْلامِ. وَعَلَى تَكْفِيرِ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْهُ أَوْ شَكَّ أَوْ تَوَقَّفَ كَأَنْ يَقُولَ: أَنَا لا أَقُولُ إِنَّهُ كَافِرٌ أَوْ غَيْرُ كَافِرٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les juristes de l’Islam sont unanimes à juger mécréant celui qui aurait une autre religion que l’Islam, ainsi que celui qui ne le jugerait pas mécréant, ainsi que celui qui en douterait, ou encore celui qui ne prendrait pas position comme en disant : « moi je ne dis pas qu’il est mécréant et je ne dis pas qu’il n’est pas mécréant. »

الشَّرْحُ أَنَّ مَنِ اتَّخَذَ لِنَفْسِهِ دِينًا غَيْرَ دِينِ الإِسْلامِ فَهُوَ كَافِرٌ، وَمَنْ تَرَدَّدَ فِي تَكْفِيرِهِ أَيْ فِي تَكْفِيرِ مَنْ لا يَدِينُ بِالإِسْلامِ بَلْ يَدِينُ بِغَيْرِهِ مِنْ يَهُودِيَّةٍ أَوْ مَجُوسِيَّةٍ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ يَكْفُرُ، وَكَذَلِكَ الَّذِي يَقُولُ لَعَلَّهُ كَافِرٌ وَلَعَلَّهُ غَيْرُ كَافِرٍ وَلَوْ كَانَ هَذَا الشَّخْصُ مِمَّنْ يَدَّعِي الإِسْلامَ لَفْظًا، بَلْ وَلَوِ اعْتَقَدَ هَذَا الشَّخْصُ وَظَنَّ أَنَّهُ مُسْلِمٌ، فَإِنْكَارُ كُفْرِهِ وَالتَّرَدُّدُ فِي كُفْرِهِ كُفْرٌ.

Commentaire : les juristes de l’Islam sont unanimes [il n’y a pas de divergence] à juger mécréant plusieurs personnes :

Premièrement : celui qui aurait une autre religion que l’Islam.

Par exemple il est bouddhiste, mazdéen, athée, il est mécréant par unanimité des savants.

Ainsi, quiconque a une autre religion que l’Islam comme ceux qui suivent une soi-disant mode qui disent : « je suis agnostique, toutes les croyances sont possiblement vraies» est mécréant selon l’unanimité des savants.

Deuxièmement : celui qui ne le jugerait pas mécréant devient mécréant selon l’unanimité des savants.

C’est-à-dire qu’il ne juge pas mécréant celui qui n’a pas pour religion l’Islam mais qui a pour religion autre que l’Islam, comme s’il était juif, mage ou autre que ces religions.

Donc si une personne A dit d’une personne B qui ne croit pas au prophète Mouhammed : « oui, c’est un musulman celui-là », A de même est mécréant.

Troisièmement : celui qui en douterait.

Comme en disant : « c’est possible que ce soit vrai et c’est possible que ce soit faux», il est mécréant selon l’unanimité des savants.

Par exemple, une personne A dit à propos de quelqu’un qui aurait une autre religion que l’Islam [comme un juif] : « oui au jour du jugement c’est Dieu qui jugera », A devient mécréant selon l’unanimité des savants.

Certes, c’est sûr que c’est Dieu qui jugera, mais Dieu nous a transmis par l’intermédiaire de Ses prophètes ce qu’il en est. Ainsi, nous sommes avertis, il y a des choses que nous connaissons et Dieu nous a ordonné d’appliquer les jugements qui sont révélés aux prophètes, et Dieu nous a ordonné d’interdire le mal et d’ordonner le bien. Et comment est-ce que tu vas ordonner le bien et interdire le mal si tu ne peux pas juger mécréant ? Comme certains ignorants qui disent que c’est Dieu qui juge. C’est sûr que c’est Dieu qui juge mais Dieu nous a donné des règles à appliquer et nous devons les appliquer. Donc celui qui doute de la mécréance de quelqu’un qui a une autre religion que l’Islam, lui-même est devenu mécréant, et ceci selon l’unanimité des savants.

Quatrièmement : celui qui ne prendrait pas position.

Comme certains qui te disent : « moi je suis neutre, je suis pacifiste, je ne veux pas me prononcer, ceci est quelque chose qui émane de la sphère privé, je garde ça pour moi, je ne dis pas qu’il est mécréant ni qu’il n’est pas mécréant », il devient mécréant selon l’unanimité des savants, c’est-à-dire que celui qui suit une autre religion que l’Islam est mécréant.

Ainsi, celui qui hésite [qui doute] au sujet de sa mécréance, c’est-à-dire qu’il doute du fait de déclarer mécréant quelqu’un qui a une autre religion que l’Islam, [comme s’il était juif ou mazdéen ou autre] lui aussi devient mécréant.

Et de même, celui qui dit : « peut-être qu’il est mécréant, peut-être qu’il n’est pas mécréant» est lui-même mécréant, même si celui qui dit cela prétend être musulman par la parole, même s’il se croyait être musulman, il n’est plus musulman.

Donc nier la mécréance ou douter de la mécréance de quelqu’un qui a une autre religion que l’Islam est en soit une mécréance. Que Dieu nous en préserve.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَاعْلَمْ بِإِسْتِيقَانٍ أَنَّهُ لا يَصِحُّ الإِيـمَانُ وَالإِسْلامُ وَلا تُقْبَلُ الأَعْمَالُ الصَّالِحَةُ بِدُونِ الشَّهَادَتَيْنِ بِلَفْظِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ أَوْ مَا فِي مَعْنَاهُمَا وَلَوْ بِغَيْرِ اللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ. وَيَكْفِي لِصِحَّةِ الإِسْلامِ النُّطْقُ مَرَّةً فِي الْعُمُرِ وَيَبْقَى وُجُوبُهَا فِي كُلِّ صَلاةٍ لِصِحَّةِ الصَّلاةِ، هَذَا فِيمَنْ كَانَ عَلَى غَيْرِ الإِسْلامِ ثُمَّ أَرَادَ الدُّخُولَ فِي الإِسْلامِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : sache aussi avec certitude que la foi et l’Islam ne sont pas valables et que les bonnes œuvres ne sont pas acceptées sans les deux témoignages qui sont :

أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ

ce qui signifie : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Allah » ou avec tout autre expression qui aurait la même signification même dans une autre langue que la langue arabe. Et il est suffisant de prononcer les deux témoignages une fois dans la vie pour la validité de l’Islam, et il reste un devoir de prononcer les deux témoignages dans chaque prière pour la validité de la prière. Ainsi, c’est en prononçant les deux témoignages que la personne qui était sur autre que l’Islam et qui souhaite entrer en islam devient musulmane.

Ainsi, la personne peut dire en français : « je témoignage qu’il n’est de Dieu que Dieu, et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Alla» même si elle est toute seule, mais au minimum en se faisant entendre, ce n’est pas en les disant dans son cœur.

Ainsi, comment quelqu’un qui n’est pas musulman fait pour le devenir ? Il suffit qu’il prononce les deux témoignages, c’est tout. Et c’est ainsi que notre prophète a fait quand les gens venaient pour devenir musulmans. Il ne leur disait pas : « recitez la Fatiha ou prenez rdv avec l’imam » comme dans certains livres d’ignorants vous pouvez trouver cela.

Ainsi, si quelqu’un vient à toi pour prononcer les deux témoignages, tu t’empresses, tu ne le retardes pas, tu ne te satisfais pas du fait qu’il reste mécréant encore quelque minutes, mais tu lui dis : répètes : « il n’est de Dieu que Dieu et Mouhammed est le Messager de Dieu. »

الشَّرْحُ قَوْلُهُ: »وَاعْلَمْ بِاسْتِيقَانٍ« أَيْ جَازِمًا بِلا شَكٍّ أَنَّهُ لا يَصِحُّ الإِيـمَانُ وَالإِسْلامُ وَلا تُقْبَلُ الأَعْمَالُ الصَّالِحَةُ بِدُونِ النُّطْقِ بِالشَّهَادَتَيْنِ بِلَفْظِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ، وَلا يُشْتَرَطُ خُصُوصُ هَذَا اللَّفْظِ بَلْ يَكْفِي مَا يُعْطِي مَعْنَاهُمَا كَقَوْلِ لا رَبَّ إِلَّا اللَّهُ مُحَمَّدٌ نَبِيُّ اللَّهِ، وَكَذَلِكَ لَوْ نَطَقَ بِمَا يُعْطِي مَعْنَاهُمَا بِغَيْرِ اللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ، وَهَذَا النُّطْقُ يَكْفِي مَرَّةً وَاحِدَةً فِي الْعُمُرِ لِصِحَّةِ الإِسْلامِ هَذَا فِيمَنْ كَانَ عَلَى غَيْرِ الإِسْلامِ ثُمَّ أَرَادَ الدُّخُولَ فِي الإِسْلامِ، وَبَعْدَ تِلْكَ الْمَرَّةِ يَبْقَى وُجُوبُهَا فِي كُلِّ صَلاةٍ لِصِحَّةِ الصَّلاةِ.

Commentaire : la parole « sache avec certitude » signifie : sois catégorique, sans aucun doute, que la foi et l’Islam ne sont valables tout comme les bonnes œuvres ne sont acceptées uniquement par les deux témoignages par la parole :

أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ

qui signifie : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Alla», etil n’est pas une condition que d’utiliser ces thermes là en particulier, mais il suffit de dire ce qui a le même sens, comme en disant : « il n’est de seigneur que Allah, Mouhammed est le prophète de Allah », de même, s’il prononce leurs sens mais dans une autre langue que la langue arabe, ceci est valide. Et il est suffisant de prononcer cette expression une seule fois dans la vie pour que l’Islam soit valide de la part de cette personne, cela étant pour la personne qui n’était pas musulmane et qui souhaite entrée en islam, après cette première fois, il reste un devoir de reciter les deux témoignages dans chaque prière lors du dernier tachahhoud pour que la prière soit valide.

ثُمَّ إِنَّ الأَعْمَالَ الصَّالِحَةَ لا تَكُونُ مَقْبُولَةً عِنْدَ اللَّهِ بِدُونِ الإِيـمَانِ، وَالدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿وَمَن يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتَ مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ وَلا يُظْلَمُونَ نَقِيرًا﴾ [سُورَةَ النِّسَاء/124].

Par ailleurs, les bonnes œuvres ne sont pas acceptées selon le jugement de Allah sans la foi, et la preuve que les bonnes œuvres ne sont acceptées que de la part du croyant [du musulman] réside dans la parole de Dieu dans sourate an-niça’ verset 124 :

﴿وَمَن يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتَ مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ وَلا يُظْلَمُونَ نَقِيرًا﴾

ce qui signifie : « celui qui accompli les bonnes œuvres qu’il soit homme ou femme et qui est croyant, ceux-là entreront au paradis, ne seront aucunement lésés, ils ne subiront aucune injustice. »

La parole de Dieu :

﴿وَمَن يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتَ مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى﴾

signifie : « celui qui accompli des bonnes œuvres qu’il soit homme ou femme », et la parole de Dieu :

﴾ وَهُوَ مُؤْمِنٌ ﴿

signifie : « et qui est croyant », voici la condition pour l’acceptation des œuvres vertueuses.

Et la parole de Dieu :

﴿فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ وَلا يُظْلَمُونَ نَقِيرًا﴾

signifie : « ceux-là entreront au paradis et ne subiront aucune injusticeils ne seront aucunement lésés. » Ainsi, le critère pour gagner des récompenses pour les bonnes œuvres que la personne accomplie c’est d’être croyant. Et qu’est-ce que cela signifie « être croyant » ? Comme dit précédemment, être croyant c’est ce qui est indiqué dans le verset 13 de sourate al-fath :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. » Ainsi, être croyant est le fait de croire en Allah et en Son Messager. Et pourquoi être croyant réside dans le fait de croire en Allah et en Son Messager ? Parce que celui qui ne croit pas en Allah et ni en Son Messager n’est pas un musulman, mais c’est un mécréant qui restera éternellement en enfer, que Dieu nous en préserve.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَمَّا مَنْ نَشَأَ عَلَى الإِسْلامِ وَكَانَ يَعْتَقِدُ الشَّهَادَتَيْنِ فَلا يُشْتَرَطُ فِي حَقِّهِ النُّطْقُ بِهِمَا، بَلْ هُوَ مُسْلِمٌ لَوْ لَمْ يَنْطِقْ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : quant à celui qui a grandi sur l’Islam en croyant aux deux témoignages, il n’est pas une condition pour lui de les prononcer, c’est-à-dire qu’il est musulman même s’il ne prononce pas les deux témoignages.

الشَّرْحُ مَنْ نَشَأَ عَلَى الإِسْلامِ بَيْنَ أَبَوَيْنِ مُسْلِمَيْنِ مَا دَامَ اعْتِقَادُهُ عَلَى مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ فَهُوَ مُسْلِمٌ مُؤْمِنٌ وَلَوْ لَمْ يَنْطِقْ بِهِمَا بِلِسَانِهِ حَتَّى مَاتَ، لَكِنَّهُ يَكُونُ عَاصِيًا مُرْتَكِبًا لِلْكَبِيرَةِ لِأَنَّهُ لَمْ يَنْطِقْ بِهِمَا بَعْدَ الْبُلُوغِ.                           

Commentaire : si quelqu’un a grandi musulman et qu’il a pour croyance les deux témoignages, il n’est pas une condition pour lui de prononcer les deux témoignages, il est musulman même s’il ne prononce pas les deux témoignages par la langue jusqu’à la mort [parce qu’il a grandi de parents musulmans]. Cependant, s’il ne dit jamais les deux témoignages durant toute sa vie, on dit qu’il a commis un grand péché parce qu’il ne les a pas prononcés après sa puberté.

 قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: وَمَا تَقَرَّبَ إِلَيَّ عَبْدِي بِشَىْءٍ أَحَبَّ إِلَيَّ مِمَّا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ حَدِيثٌ قُدْسِيٌّ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ. وَأَفْضَلُ وَأَوَّلُ فَرْضٍ هُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le prophète a dit : « Allah ta^ala dit :

وَمَا تَقَرَّبَ إِلَيَّ عَبْدِي بِشَىْءٍ أَحَبَّ إِلَيَّ مِمَّا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ

ce qui signifie : « Mon esclave n’obtiendra pas Mon agrément pour quelque chose que J’agrée davantage que par ce que J’ai rendu obligatoire sur lui », hadith *qoudsiyy rapporté par al-Boukhariyy. Et la meilleure et la première des obligations est la foi en Allah et en Son Messager.

* Le hadith qoudsiyy est un hadith dans lequel le prophète commence en disant : « Allah ta^ala dit : ».

Ainsi, qu’est-ce que ce hadith qoudsiyy nous enseigne-t-il ? Il nous enseigne que ce qui permet de gagner l’agrément de Allah avant toute chose, c’est d’accomplir ce que Allah a ordonné d’accomplir, or, la meilleure et la première des obligations c’est la foi en Allah et en Son Messager.

الشَّرْحُ الْحَدِيثُ الْقُدْسِيُّ هُوَ الْحَدِيثُ الَّذِي صَدَّرَهُ رَسُولُ اللَّهِ بِقَالَ اللَّهُ أَوْ يَقُولُ اللَّهُ أَوْ بِمَا فِي مَعْنَى ذَلِكَ، أَمَّا الْحَدِيثُ النَّبَوِيُّ فَمَا صَدَّرَهُ الصَّحَابِيُّ بِقَالَ الرَّسُولُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

Commentaire : le hadith qoudsiyy c’est le hadith dans lequel le Messager de Allah commence en disant : « qal Allah » ou bien « yaqoulou l-Lah » ou ce qui est de cet ordre, c’est-à-dire : « Allah dit : ». Quant au hadith prophétique qui n’est pas qoudsiyy, c’est le hadith dans lequel le compagnon commence en disant : « le Messager a dit : ».

Ainsi il y a une différence entre le hadith qoudsiyy, qui est celui dans lequel le prophète commence par dire : « Allah ta^ala dit : » et le hadith nabawiyy qui est le hadith dans lequel le compagnon commence en disant : « le prophète a dit: ».

وَفِي هَذَا الْحَدِيثِ بَيَانُ أَنَّ أَعْظَمَ مَا يُتَقَرَّبُ بِهِ إِلَى اللَّهِ هُوَ أَدَاءُ فَرَائِضِ اللَّهِ

Dans ce hadith qoudsiyy il y a l’indication de l’éminence de ce qui permet de se rapprocher de l’agrément de Dieu, à savoir l’accomplissement des obligations.

وَقَدْ قَالَ بَعْضُ الأَكَابِرِ: مَنْ شَغَلَهُ الْفَرْضُ عَنِ النَّفْلِ فَهُوَ مَعْذُورٌ وَمَنْ شَغَلَهُ النَّفْلُ عَنِ الْفَرْضِ فَهُوَ مَغْرُورٌ ذَكَرَهُ الْحَافِظُ ابْنُ حَجَرٍ فِي شَرْحِ الْبُخَارِيِّ

Et un grand saint a dit :

مَنْ شَغَلَهُ الْفَرْضُ عَنِ النَّفْلِ فَهُوَ مَعْذُورٌ وَمَنْ شَغَلَهُ النَّفْلُ عَنِ الْفَرْضِ فَهُوَ مَغْرُورٌ

ce qui signifie : « celui qui a été occupé par l’obligatoire et qui, par conséquent n’a pas pu faire ce qui est surérogatoire est quelqu’un d’excusé, et celui qui a été détourné par le surérogatoire et n’a pas fait l’obligatoire car il s’est occupé du surérogatoire, c’est quelqu’un qui s’est trompé. » Cette parole a été rapportée par le hafidh Ibnou Hajar dans charh al-Boukhariyy -le commentaire du sahih al-Boukhariyy-.

فَالْعَمَلُ بِالْفَرْضِ يُقَرِّبُ إِلَى اللَّهِ أَكْثَرَ مِنَ الْعَمَلِ بِالنَّوَافِلِ، فَعَلَيْكُمْ بِتَقْدِيمِ الْفَرْضِ عَلَى النَّفْلِ عَمَلًا بِالْقَاعِدَةِ الْمَذْكُورَةِ، وَأَفْضَلُ الأَعْمَالِ عَلَى الإِطْلاقِ هُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ.

Par conséquent, accomplir les obligations permet de gagner davantage l’agrément de Dieu que les œuvres surérogatoires. Priorisez donc l’obligatoire sur le surérogatoire pour appliquer et mettre en pratique la règle précédemment citée. Et la meilleure des œuvres dans l’absolue est de croire en Allah et en Son Messager.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَاعْتِقَادُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ فَقَطْ لا يَكْفِي مَا لَمْ يُقْرَنْ بِاعْتِقَادِ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ قَالَ تَعَالَى: ﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/32] أَيْ لا يُحِبُّ اللَّهُ مَنْ تَوَلَّى عَنِ الإِيـمَانِ بِاللَّهِ وَالرَّسُولِ لِكُفْرِهِمْ وَالْمُرَادُ بِطَاعَةِ اللَّهِ وَالرَّسُولِ فِي هَذِهِ الآيَةِ الإِيـمَانُ بِهِمَا.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : et la croyance seule qu’il n’est de Dieu que Allah ne suffit pas si on ne lui joint pas la croyance que Mouhammed est Son Messager. Allah ta^ala dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 32 :

﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾

ce qui signifie : « dis : obéissez à Allah et au Messager, s’ils se détournent, alors certes Allah n’agrée pas les mécréants », c’est-à-dire que Allah n’agrée pas ceux qui se détournent de la croyance en Allah et en Son Messager en raison de leur mécréance. Et dans ce verset, ce qui est visé par l’obéissance à Allah et à Son Messager est la foi en Allah et en Son Messager.

الشَّرْحُ مَعْنَى ﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ﴾ أَيْ بِالإِيـمَانِ بِهِمَا ﴿فَإِنْ تَوَلَّوْا﴾ أَيْ أَعْرَضُوا عَنْ ذَلِكَ ﴿فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾ أَيْ فَهُمْ كُفَّارٌ لا يُحِبُّهُمُ اللَّهُ وَلَوْ أَحَبَّهُمْ لَرَزَقَهُمُ الإِيـمَانَ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ مُحَمَّدٍ.

Commentaire : le sens de : « dis : obéissez à Allah et au Messager », c’est-à-dire en ayant foi en Allah et en croyant en Son Messager : « s’ils se détournent », c’est-à-dire s’ils se détournent de la foi : « alors certes Allah n’agrée pas les mécréants», c’est-à-dire que ceux sont des mécréants que Allah n’agrée pas, et si Dieu avait agrée ces gens-là, Dieu leur aurait accorder la foi en Dieu et en Son Messager Mouhammed.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَهَذَا دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ مَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهُوَ كَافِرٌ وَأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى لا يُحِبُّهُ لِكُفْرِهِ، فَمَنْ قَالَ إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ الْمُؤْمِنِينَ وَالْكَافِرِينَ لِأَنَّهُ خَلَقَ الْجَمِيعَ فَقَدْ كَذَّبَ الْقُرْءَانَ، فَيُقَالُ لَهُ: اللَّهُ خَلَقَ الْجَمِيعَ لَكِنْ لا يُحِبُّ الْكُلَّ.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : ceci est donc une preuve que celui qui n’a pas cru en Allah et en Son Messager Mouhammed est mécréant et que Allah ne l’agrée pas en raison de sa mécréance. Par conséquent, si quelqu’un dit que Allah aime les croyants et les mécréants parce qu’Il les a tous crée, il aura contredit le Qour’an. On lui répond : « certes Allah les a tous crée, mais Allah ne les agrée pas tous. »

   الشَّرْحُ اللَّهُ خَلَقَ الْمُسْلِمِينَ وَالْكَافِرِينَ لَكِنَّهُ لا يُحِبُّ سِوَى الْمُسْلِمِينَ.

Commentaire : Allah a créé les musulmans et Il a créé les mécréants cependant Il n’agrée pas les mécréants, Il n’agrée que les musulmans, comme c’est indiqué dans le verset précédemment cité dans sourate ‘Ali ^Imran verset 32 :

﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾

ce qui signifie : « dis : obéissez à Allah et au Messager, s’ils se détournent, alors certes Allah n’agrée pas les mécréants. »

الْفَرْضُ عَلَى كُلِّ مُكَلَّفٍ

وَاعْلَمْ أَنَّ النُّطْقَ بِالشَّهَادَتَيْنِ بَعْدَ الْبُلُوغِ فَرْضٌ عَلَى كُلِّ مُكَلَّفٍ مَرَّةً وَاحِدَةً فِي عُمُرِهِ بِنِيَّةِ الْفَرْضِ عِنْدَ الْمَالِكِيَّةِ لِأَنَّهُمْ لا يُوجِبُونَ التَّحِيَّاتِ فِي الصَّلاةِ إِنَّمَا هُمْ يَعْتَبِرُونَهَا سُنَّةً وَعِنْدَ غَيْرِهِمْ كَالشَّافِعِيَّةِ وَالْحَنَابِلَةِ تَجِبُ فِي كُلِّ صَلاةٍ لِصِحَّةِ الصَّلاةِ.       

L’obligation pour toute personne responsable

Et sache que prononcer les deux témoignages après la puberté est une obligation pour toute personne responsable une fois dans sa vie avec l’intention d’accomplir cette obligation chez les malikites car les malikites considèrent que la récitation du tachahhoud dans la prière n’est pas un devoir, mais selon eux, c’est recommandé, et selon d’autres savants, tel que les chafi^ites et les hanbalites, la récitation du tachahhoud est une obligation dans chaque prière pour la validité de la prière. Il y a donc divergence.

Étant donné que les malikites ne considèrent pas obligatoire le fait de prononcer les deux témoignages dans la prière, ils ont dit que c’est une obligation que de prononcer une fois dans la vie les deux témoignages qui sont :

أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ

الشَّرْحُ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ ضَرُورِيَّةٌ فِي كُلِّ صَلاةٍ عِنْدَ الشَّافِعِيَّةِ وَالْحَنَابِلَةِ أَمَّا عِنْدَ الْمَالِكِيَّةِ فَهِيَ عِنْدَهُمْ سُنَّةٌ مُؤَكَّدَةٌ عَلَى أَحَدِ الْقَوْلَيْنِ فِي الْمَذْهَبِ الْمَالِكِيِّ، وَالسُّنَّةُ الْمُؤَكَّدَةُ هِيَ مَا كَانَ يُوَاظِبُ عَلَيْهِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

Commentaire : les deux témoignages sont indispensables dans chaque prière selon les chafi^ites et les hanbalites. Tandis que chez les malikites, le tachahhoud est une sounnah *mou’akkadah. Et la sunnah mou’akkadah ce que le prophète persévérait à faire.

*La sunnah mou’akkadah est l’acte qui n’est pas obligatoire mais que le prophète faisait tout le temps tout le temps tout le temps, c’est-à-dire que le prophète était assidu à le faire, c’est un acte très recommandé.

فَيَكْفِي عِنْدَهُمْ أَنْ يَرْفَعَ رَأْسَهُ وَيَنْتَظِرَ بِقَدْرِ السَّلامُ عَلَيْكُمْ ثُمَّ يَقُول السَّلامُ عَلَيْكُمْ فَيُفْهَمُ مِنْ هَذَا أَنَّ الْمَالِكِيَّةَ يُوجِبُونَ النُّطْقَ بِالشَّهَادَتَيْنِ مَرَّةً وَاحِدَةً بَعْدَ الْبُلُوغِ بِنِيَّةِ الْفَرْضِ لِأَنَّهُمْ لا يُوجِبُونَهَا فِي الصَّلاةِ.

Ainsi,selon les malikites ce n’est pas un devoir que de prononcer les deux témoignages dans la prière, chez eux, il suffit que la personne se relève de la prosternation puis attende le temps de dire « as-salamou^alaykoum » puis il dit « as-salamou^alaykoum » [ce n’est donc pas une condition de reciter le tachahhoud chez les malikites]. On comprend de là que les malikites considèrent obligatoire le fait prononcer les deux témoignages une fois dans la vie après la puberté dans l’intention d’accomplir l’obligation parce que les malikites ne considèrent pas les deux témoignages comme étant obligatoires dans la prière. Et c’est pour cela que les malikites ont dit que c’est indispensable de prononcer les deux témoignages une fois dans la vie, c’est-à-dire que c’est une obligation selon eux.

informations utiles :

Celui qui fait une invocation pour son frère ou pour sa sœur qui n’est pas présent, il y a un ange qui dit : « ‘amin et à toi la même chose. » Ainsi, l’ange dit « amin: pour l’invocation et il dit : « à toi aussi la même chose », c’est-à-dire : « que Dieu t’accorde la même chose que ce que tu viens de demander pour ton frère. » Et si vous voulez demander la guérison pour quelqu’un qui est malade vous dites :

أَسْأَلُ اللهَ الْعَظِيمَ رَبَّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ أَنْ يَشْفِيَ

puis vous citez le prénom. Et c’est une invocation que l’on peut faire pour la personne en son absence.

Et parmi ce qui a été rapporté de notre Chaykh que Allah lui fasse miséricorde il a dit : dans son pays al-Habasha il y avait un Chaykh qui s’appelait Mouhammed fils de ‘Ydris [comme l’imam ach-Chafi^iyy]. Cet homme était Qadi -c’était un juge légal-, et il était pieux, c’était quelqu’un de pieux. Et cet homme-là, Mouhammed fils de ‘Ydris était ascète, c’est-à-dire qu’il n’avait pas le cœur attaché à ce bas monde. Et il craignait énormément Dieu, au point qu’après sa mort, Allah lui a accordé quelque chose d’extraordinaire, Allah lui a accordé ce qu’on appelle une karamah -un prodige-. Il a enseigné à un élève à lui après sa mort.

Par ailleurs, ce Chaykh Mouhammed Ibnou ‘Ydris avait commencé à enseigner un livre à l’un de ses élèves, et avant de terminer le livre avec son élève il est mort. Cet élève fut alors profondément attristé, il était extrêmement chagriné parce qu’il n’a pas pu continuer d’étudier tout le livre avec son Chaykh. Alors, son Chaykh Mouhammed Ibnou ‘Ydris est venu voir son élève dans le rêve et lui a dit : « prends le livre avec toi, et viens auprès de ma tombe, tu me le lis tout comme tu me le lisais lorsque j’étais vivant, et moi, je t’explique. » Alors cet élève s’est mis à aller auprès de la tombe, il ouvrait le livre et le lisait, puis le Chaykh dans la tombe lui expliquait, jusqu’à ce qu’il ait pu terminer tout le livre. L’élève a ensuite pris un deuxième livre avec lui, puis a essayé de faire la même chose, mais le Chaykh ne lui a pas fait de commentaire comme pour le première livre.

Et l’imam Ibnou Sirin qui a pris la science auprès des compagnons et qui est donc un tabi^i, a dit :

إِنَّ هَذَا العِلْمَ دِينٌ فَانْظُرُوا عَمَّن تَأْخُذُونَ دِينَكُمْ

ce qui signifie : « certes, cette science est la religion, alors faites particulièrement attention de qui vous prenez votre religion. » Cela signifie que l’on n’apprend pas la science de la religion auprès de n’importe qui prétend la détenir, hormis auprès de ceux qui sont de confiance et qui ont la capacité.

Et il y a des gens qui ont pris beaucoup de connaissances, mais qui n’ont pas pu comprendre ces sciences, comme cet égaré qui a dit dans son livre Charhou Hadithi ‘Imrani Bni Housayn : « le genre des créatures n’a pas de début »,or cela est contraire à la raison et aux textes. C’est quelqu’un qui a considéré que le genre de ce monde est sans début, c’est-à-dire que Allah ne l’aurait pas fait précéder par l’inexistence. Cet homme a prétendu que cette parole qui est un démenti des fondements de la croyance, serait une perfection à dire. Selon lui, si le genre de ce monde n’était pas de toute éternité il serait incomplet.

Et donc, que la personne fasse attention auprès de qui elle prend la science, car cet homme était un hafidh, il était hanbalite, il avait beaucoup de science mais il n’avait pas de compréhension. Il a prétendu que Allah est dans la direction du haut, au-dessus du trône et qu’Il descendrait au ciel du bas monde sans pour autant libérer le trône, même la raison ne l’accepte pas. Il a été confronté à ses mécréances, les savants des 4 écoles lui ont fait un débat, et ils ont jugé qu’il soit mis en prison. Et pourquoi ? Parce qu’à chaque fois il disait qu’il abandonnait ses mauvaises croyances, puis quand les gens le laissaient, il se remettait à enseigner ses mauvaises croyances. Donc les savants des quatre écoles, les qadi des 4 écoles de son époque ont jugé qu’il devait être emprisonner et il est mort en prison.

Et quelqu’un l’a vue dans le rêve, il a vue dans le rêve le shaytan qui tenait quelqu’un entre ses bras. L’homme a alors demandé au shaytan : « qui est-ce ? », le shaytan a répondu : « c’est mon frère Ibnou Taymiyah » et combien de gens ont été égarés par sa cause. On ne dit pas que Allah ta^ala touche ni n’est touché, Allah est exempt du contact et de la séparation. Al-^arch, Allah l’a qualifié de karim et de madjid, parce qu’il n’y a pas de péché qui ait été commis sur al-^arch.

Et al-^arch est entouré par les anges honorés. Allah ta^ala dit dans sourate az-zoumar verset 75 :

وَتَرَى الْمَلَائِكَةَ حَافِّينَ مِنْ حَوْلِ الْعَرْشِ يُسَبِّحُونَ بِحَمْدِ رَبِّهِمْ

ce qui signifie : « tu vois les anges qui sont tout autour du trône, ils louent leur Seigneur. »

Et lorsque nous parlons de l’éminence à propos de quelque chose, l’éminence vient par le degré et non par l’endroit. La meilleure de toute les créatures est notre maitre Mouhammed n’est-ce pas ? Où est-ce qu’il est né ? Où est-ce qu’il a vécu ? Où a-t-il été enterré ? Et aujourd’hui où est ce qu’il est ? Il sous terre, dans sa tombe. Pourtant, les anges qui entourent le trône ont un degré très inferieur par rapport au degré de Mouhammed, de très loin selon le jugement de Dieu. Et même dans les sujets du bas monde, il se peut qu’il y ait un roi, un gouverneur d’un pays, qui a sa maison ou son palais en bas de la vallée, alors que vous avez des gardes qui habitent tout en haut dans les hauteurs des montagnes. Donc ce qui compte ce n’est pas l’élévation de l’endroit, mais c’est l’élévation en degré.  Et ces gens-là ont prétendu glorifier Dieu en disant qu’Il est dans la direction du haut. Mais qui a créé la direction du haut ? C’est Allah. Qui a créé la direction du bas ? C’est Allah. Allah n’a ni besoin de la direction du haut ni de la direction du bas. Quant à la parole de Allah dans sourate al-moulk verset 16 :

ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ

dans ce verset :

مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ

ce sont les anges -al-mala’ikah- parce que prophète de Dieu a dit :

ارْحَمُوا أَهْلَ الْأَرْض، يَرْحَمْكُمْ أَهْلُ السَّمَاءِ

ce qui signifie : « faites miséricorde aux gens sur Terre, les gens du ciel vous feront miséricorde. » Hadith rapporté par Ahmad et par Abou Dawoud. Et qui sont ahlou s-sama’ ? Ce sont les anges.

Ainsi, la parole de Allah dans sourate al-moulk verset 16 :

ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخْسِفَ بِكُمُ ٱلْأَرْضَ

signifie : « si Allah ta^ala donnait l’ordre aux anges qui sont les habitants des cieux d’ensevelir sous terre les associateurs, qui va les sauver ? » Qui va s’interposer entre eux et ce châtiment ? Car un seul ange suffit, si Dieu le lui ordonne il ouvre la terre et tous ces associateurs seront ensevelis.

Il est très important d’apprendre la science et de ne pas la prendre de n’importe qui, mais de la prendre auprès des gens de la vérité qui l’ont apprise d’une chaine de transmission qui remonte jusqu’aux compagnons du prophète, eux qui ont appris directement du prophète.

لا دِينَ صَحِيحٌ إِلَّا الإِسْلامُ

Il n’y a pas d’autre religion qui soit correcte en dehors de l’Islam

L’Islam est la seule religion qui soit correcte, mais ça ne veut pas dire que nous n’appelons pas « religion » autre que l’Islam, nous les appelons bien religion. Cependant, la seule qui soit valide, la seule qui soit correcte c’est l’Islam.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الدِّينُ الْحَقُّ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ. قَالَ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلامِ دِينًا فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/85].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : selon le jugement de Allah, la religion correcte est l’Islam. Allah ta^ala dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 85 :

﴿وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلامِ دِينًا فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾

ce qui signifie : « si quelqu’un choisit autre que l’Islam pour religion, cela ne sera pas accepté de lui et il sera dans l’au-delà au nombre des perdants. »

الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي يَطْلُبُ دِينًا غَيْرَ الإِسْلامِ يَدِينُ بِهِ فَلَنْ يَقْبَلَهُ اللَّهُ مِنْهُ، فَالدِّينُ الصَّحِيحُ عِنْدَ اللَّهِ هُوَ الإِسْلامُ، وَلَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّهُ لا يُسَمَّى مَا سِوَى الإِسْلامِ دِينًا بَلْ يُقَالُ دِينُ الْيَهُودِ وَدِينُ الْمَجُوسِ لَكِنَّهُ دِينٌ بَاطِلٌ، وَقَدْ أَمَرَ اللَّهُ تَعَالَى الرَّسُولَ أَنْ يَقُولَ ﴿لَكُمْ دِينُكُمْ وَلِيَ دِينِ﴾ [سُورَةَ الْكَافِرُون/6] أَيْ أَنَا مَا أَزَالُ عَلَى دِينِي الَّذِي هُوَ حَقٌّ وَأَنْتُمْ لَكُمْ دِينُكُمُ الْبَاطِلُ فَعَلَيْكُمْ أَنْ تَتْرُكُوهُ.

Commentaire : celui qui suit une autre religion que l’Islam, Allah ne l’acceptera pas de lui. Ainsi, la seule religion correcte et bonne selon le jugement de Allah est l’Islam. Mais, cela ne veut pas dire qu’on ne va pas appeler religion ce qui est autre que l’Islam. Cependant nous disons bien « la religion des juifs », « la religion des mages » -des mazdéens-. En revanche, ceux sont des religions infondées. Ainsi, Allah a ordonné à Son Messager de dire dans sourate al-kafiroun verset 6 :

﴿لَكُمْ دِينُكُمْ وَلِيَ دِينِ﴾

ce qui signifie : « vous avez votre religion et j’ai ma religion », c’est-à-dire : « je reste sur ma religion qui est correcte et vous avez votre religion qui est fausse. »

 قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَالَ تَعَالَى أَيْضًا: ﴿إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/19].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et Allah dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 19 :

﴿إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ﴾

ce qui signifie : « certes la religion [agrée] selon le jugement de Allah est l’Islam. »

الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ الدِّينَ الصَّحِيحَ الَّذِي ارْتَضَاهُ اللَّهُ لِعِبَادِهِ مِنَ الْبَشَرِ وَالْجِنِّ وَالْمَلائِكَةِ الإِسْلامُ لا غَيْرُ وَمَا سِوَاهُ مِنَ الأَدْيَانِ فَهُوَ بَاطِلٌ. وَهُوَ الدِّينُ الَّذِي كَانَ عَلَيْهِ الْبَشَرُ، ءَادَمُ وَأَوْلادُهُ مَا كَانُوا يَدِينُونَ إِلَّا بِالإِسْلامِ إِنَّمَا نَشَأَ الْكُفْرُ بَعْدَ ذَلِكَ

Commentaire : c’est-à-dire que la religion que Allah a agréé pour Ses esclaves, que ce soient les humains, que ce soit pour les jinn ou pour les anges, c’est l’Islam et nul autre que l’Islam, et tout autre religion que l’Islam est infondée [elle est rejetée]. Par ailleurs, la religion qu’avaient tous les humains est l’Islam, ‘Adam ainsi que ses enfants n’avaient pas d’autres religions que l’Islam, cependant la mécréance est apparue après.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/213] أَيْ كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ ثُمَّ اخْتَلَفَ الْبَشَرُ بَقِيَ بَعْضُهُمْ عَلَى الإِسْلامِ وَكَفَرَ بَعْضٌ فَدَانَ بِغَيْرِ الإِسْلامِ، ثُمَّ لَمَّا اخْتَلَفُوا بَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ لِيُبَشِّرُوا مَنْ أَسْلَمَ بِالْجَنَّةِ وَيُنْذِرُوا مَنْ كَفَرَ بِالْعَذَابِ فِي الآخِرَةِ.

Ainsi, dans sourate al-baqarah verset 213 Allah ta^ala dit :

﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾

ce qui signifie : « les gens formaient une seule communauté »,c’est-à-dire qu’ils étaient tous musulmans, puis ils ont divergé, certains sont restés sur l’Islam et d’autres ont mécru et ont suivi autre que l’Islam. Et après qu’il y a eu cette divergence et que certains ont suivi autre que l’Islam, Dieu a envoyé les prophètes qui annonçaient la bonne nouvelle à celui qui les suivrait qu’il entrera au paradis, et qui mettaient en garde les mécréants du fait qu’ils encouraient le châtiment éternel sans fin en enfer.

قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فِي هَذِهِ الآيَةِ ﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾ أَيْ كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ فَاخْتَلَفُوا ﴿فَبَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنْذِرِينَ﴾.

Ibnou ^Abbas que Dieu l’agrée lui et son père a dit à propos de la parole de Dieu dans sourate al-baqarah verset 213 :

﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾

qui signifie : « les gens formaient une seule communauté » c’est-à-dire qu’ils étaient tous sur l’Islam puis ils ont divergé :

﴿فَبَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنْذِرِينَ﴾.

ce qui signifie : après cela, Dieu a envoyé les prophètes en tant qu’annonceurs de bonnes nouvelles et avertisseurs d’un châtiment. » Ainsi, au début de l’humanité, durant le temps de ‘Adam et au temps des enfants de ‘Adam, c’est-à-dire sa descendance directe, les humains étaient tous sur l’Islam, puis la mécréance est parvenue bien plus tard, des centaines d’années après. Et lorsqu’il y a eu de la mécréance qui est apparue sur Terre, Allah ta^ala a envoyé des prophètes qui appelaient à l’Islam, qui annonçaient la bonne nouvelle à celui qui les suivrait qu’il entrera au paradis, et qui mettaient en garde les mécréants du fait qu’ils encouraient le châtiment éternel sans fin en enfer. Cependant, ‘Adam était prophète, ainsi que son fils Chith -Seth- et après lui ‘Ydris étaient prophètes, ils étaient tous envoyés à des musulmans uniquement. Et ce n’est qu’après la mort du prophète ‘Ydris que la mécréance est apparue pour la première fois au sein de l’humanité sur Terre. Et donc, Ibnou ^Abbass que Allah l’agrée lui et son père a dit à propos de ce verset 213 de sourate al-baqarah : « tout le monde était sur l’Islam, puis lorsque la mécréance est apparue, Allah a envoyé des prophètes annonciateurs de bonne nouvelle et avertisseurs d’un châtiment. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَكُلُّ الأَنْبِيَاءِ مُسْلِمُونَ، فَمَنْ كَانَ مُتَّبِعًا لِمُوسَى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهُوَ مُسْلِمٌ مُوسَوِيٌّ، وَمَنْ كَانَ مُتَّبِعًا لِعِيسَى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهُوَ مُسْلِمٌ عِيسَوِيٌّ، وَيَصِحُّ أَنْ يُقَالَ لِمَنِ اتَّبَعَ مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُسْلِمٌ مُحَمَّدِيٌّ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ainsi, tous les prophètes étaient musulmans, par conséquent ceux qui suivaient Moussa étaient des musulmans Mouçawiyy, et ceux qui suivaient ^Iça étaient également des musulmans, des musulmans qu’on appelle des musulmans ^Içawiyy, [relativement au prénom de chacun des deux prophètes] et il est correcte de dire à propos de ceux qui suivent Mouhammed qu’ils sont musulmans Mouhammadiyy.

الشَّرْحُ أَنَّ الأَنْبِيَاءَ جَمِيعَهُمْ دِينُهُمُ الإِسْلامُ فَكَانَ ءَادَمُ عَلَى الإِسْلامِ وَكَذَلِكَ الأَنْبِيَاءُ بَعْدَهُ إِلَى نَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ كَانُوا كُلُّهُمْ يَعْبُدُونَ اللَّهَ وَلا يُشْرِكُونَ بِهِ شَيْئًا، فَمَنْ كَانَ فِي زَمَنِ مُوسَى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَآمَنَ بِاللَّهِ رَبًّا وَصَدَّقَ بِرِسَالَةِ مُوسَى فَهُوَ مُسْلِمٌ مُوسَوِيٌّ أَيْ مِنْ أَتْبَاعِ مُوسَى، وَكَذَلِكَ الأَمْرُ فِيمَنْ كَانَ فِي أَيَّامِ عِيسَى فَآمَنَ بِاللَّهِ وَصَدَّقَ بِعِيسَى فَهُوَ مُسْلِمٌ عِيسَوِيٌّ.

Commentaire : ainsi, la religion de tous les prophètes dans leur totalité c’est l’Islam. Ainsi ‘Adam était sur l’Islam, puis les prophètes qui sont venus après lui jusqu’à notre prophète Mouhammed adoraient Allah et ne Lui attribuaient aucun associé. De sorte que celui qui avait vécu à l’époque de Moïse -Moussa- et qui a cru en Dieu comme Seigneur, et qui a cru au message de Moïse, nous l’appelons musulman Mouçawiyy, c’est-à-dire de ceux qui avaient suivis Moussa. Et il en est de même pour celui qui était à l’époque de ^Iça, qui a cru en Dieu et qui a cru en la véridicité de ^Iça -Jésus-, c’est un musulman ^Içawiyy.

وَمَعْنَى مُسْلِمٌ مُحَمَّدِيٌّ أَيْ مُسْلِمٌ مُتَّبِعٌ مُحَمَّدًا فِيمَا جَاءَ بِهِ مِنْ تَوْحِيدِ اللَّهِ وَتَصْدِيقِ الأَنْبِيَاءِ وَالإِيـمَانِ بِوُجُودِ الْمَلائِكَةِ الْمُكْرَمِينَ وَالإِيـمَانِ بِالْكُتُبِ السَّمَاوِيَّةِ وَالإِيـمَانِ بِالْيَوْمِ الآخِرِ الَّذِي يُجَازَى فِيهِ الْعِبَادُ الْمُؤْمِنُونَ بِأَعْمَالِهِمْ بِإِدْخَالِهِمُ الْجَنَّةَ وَالْكَافِرُونَ بِإِدْخَالِهِمْ جَهَنَّمَ، وَأَنَّ الْجَنَّةَ فِيهَا نَعِيمٌ مَحْسُوسٌ وَجَهَنَّمَ فِيهَا ءَالامٌ مَحْسُوسَةٌ، وَأَنَّهُ لا خَالِقَ لِلأَجْسَامِ وَلا لِشَىْءٍ مِنَ الْحَرَكَاتِ وَالسَّكَنَاتِ إِلَّا اللَّهُ.

Et le sens lorsque nous disons qu’untel est un musulman Mouhammadiyy, c’est-à-dire que c’est un musulman qui suit Mouhammed dans tous ce qu’il a amené concernant le tawhid de Allah -c’est-à-dire concernant la croyance en l’unicité de Allah- la véridicité des prophètes, la croyance en l’existence des anges honorés, la foi aux livres célestes, la foi au jour dernier durant lequel les esclaves seront rétribués, les croyants pour leurs œuvres seront emmenés au paradis, et les mécréants seront emmenés en enfer, et que le paradis comporte une félicité qui est perceptible et l’enfer comporte des douleurs perceptibles, et qu’il n’y a pas de créateur pour les corps, ni pour quoi que ce soit des mouvements comme des immobilités si ce n’est Allah.

فَكُلُّ الأَنْبِيَاءِ جَاءُوا بِهَذَا لا يَخْتَلِفُونَ فِي هَذَا إِنَّمَا تَخْتَلِفُ الأَحْكَامُ الَّتِي أَنْزَلَهَا اللَّهُ عَلَيْهِمْ

Ainsi, tous les prophètes ont amené cette même croyance, ils ne se distinguent pas les uns des autres à propos de ces sujets, mais ce qui vari, ceux sont les jugements que Allah leur a révélés.

وَذَلِكَ لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى فَرَضَ عَلَى أَنْبِيَاءِ بَنِي إِسْرَائِيلَ وَأُمَمِهِمْ صَلاتَيْنِ وَأَنْزَلَ عَلَى بَعْضِ الأَنْبِيَاءِ خَمْسِينَ صَلاةً

Ainsi, Allah ta^ala a ordonné aux prophètes des fils de ‘Isra’il et à leur communauté d’accomplir deux prières tous les jours, et Allah a révélé à certains prophètes l’obligation d’accomplir 50 prières quotidiennes.

وَأَوْجَبَ فِيمَا أَوْجَبَ عَلَى بَعْضٍ أَنْ يَدْفَعُوا رُبُعَ أَمْوَالِهِمْ زَكَاةً

Et parmi les devoirs que Allah a donnés à certain c’est qu’ils devaient payer le quart de leur bien à titre de zakat.

وَأَنْزَلَ عَلَى بَعْضٍ تَحَتُّمَ قَتْلِ الْقَاتِلِ

Et Dieu a révélé à certain l’exécution de celui qui est coupable d’un homicide, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’alternative à cela.

وَأَنْزَلَ عَلَى ءَادَمَ تَحْلِيلَ زِوَاجِ الأَخِ بِأُخْتِهِ الَّتِي هِيَ تَوْأَمَةُ أَخِيهِ الآخَرِ

Et Dieu a fait descendre à ‘Adam un jugement qui décrétait qu’il était permis qu’un frère épouse sa sœur qui est la sœur jumelle de son autre frère.

وَكُلٌّ يَجِبُ الْعَمَلُ بِهِ فِي شَرِيعَةِ ذَلِكَ النَّبِيِّ

Et il est un devoir d’appliquer chacun de ces jugements dans la loi de ce prophète.

وَاللَّهُ تَعَالَى يُغَيِّرُ الأَحْكَامَ الَّتِي كَانَتْ فِي شَرْعِ نَبِيٍّ سَبَقَهُ وَهُوَ الْعَلِيمُ بِمَصَالِحِ عِبَادِهِ، وَالْمَصَالِحُ تَخْتَلِفُ بِاخْتِلافِ الأَزْمَانِ وَالأَحْوَالِ.

Et Allah change les jugements qui étaient dans la loi du prophète qui l’a précédé. Et Allah est Celui qui connait les intérêts de Ses esclaves. Et les intérêts des esclaves changent en fonction des époques et en fonction des situations.

وَكُلُّ نَبِيٍّ فِي زَمَانِهِ يَجِبُ التَّقَيُّدُ بِهِ فِي الإِيـمَانِ وَالأَحْكَامِ الَّتِي أُنْزِلَتْ عَلَيْهِ

Il est donc un devoir de s’attacher à chaque prophète de chaque époque concernant la foi et les jugements qui lui ont été révélés.

فَلَمَّا جَاءَ سَيِّدُنَا مُحَمَّدٌ ءَاخِرُهُمْ أَنْزَلَ اللَّهُ عَلَيْهِ أَحْكَامًا لَمْ تَكُنْ فِي شَرَائِعِ مَنْ قَبْلَهُ مِنَ الأَنْبِيَاءِ كَالصَّلاةِ فِي الأَمَاكِنِ الَّتِي هُيِّئَتْ لِلصَّلاةِ وَغَيْرِهَا وَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ فِي شَرْعِ مَنْ قَبْلَهُ مِنَ الأَنْبِيَاءِ، بَلْ كَانَ مَفْرُوضًا عَلَيْهِمْ أَنْ يُصَلُّوا فِي أَمَاكِنَ مَخْصُوصَةٍ هُيِّئَتْ لِلصَّلاةِ وَهِيَ الْمَسَاجِدُ بِاللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ

Et lorsqu’est venu notre maitre Mouhammed le dernier des prophètes, Allah lui a fait descendre par révélation des jugements qui n’étaient pas dans les lois des prophètes qui l’ont précédé. Et parmi les exemples de ces lois qui étaient spécifiques au prophète Mouhammed et qui n’ont pas été autorisées à des communautés antérieures, il y a la possibilité d’accomplir la prière dans les endroits réservés à la prière et dans les endroits qui ne sont pas initialement réservés pour la prière, untel jugement n’existait pas dans les lois des prophètes qui l’ont précédé, cependant, il était une obligation pour eux de faire la prière uniquement dans les endroits réservés à la prière, il s’agit de l’équivalent des mosquées.

وَكَانَ لِتِلْكَ الأَمَاكِنِ عِنْدَ أُولَئِكَ اسْمٌ غَيْرُ الْمَسْجِدِ

Et ces communautés-là avaient un nom pour ces endroits qui n’était pas le mot « mosquée » ni « masdjid. »

وَكَانَ أُولَئِكَ لا تُقْبَلُ صَلاتُهُمْ إِلَّا فِي مَسَاجِدِهِمْ وَلا تَصِحُّ صَلاتُهُمْ فِي بُيُوتِهِمْ وَلا فِي مَتَاجِرِهِمْ وَلا فِي مَزَارِعِهِمْ وَلا فِي الْبَرِّيَّةِ وَالْغَابَةِ

Ainsi, pour ces gens-là des communautés antérieures, ces endroits avaient le statut de mosquée, et leurs prières n’étaient acceptées que dans leurs mosquées, leurs prières n’étaient pas valides lorsqu’il la faisait chez eux, ou dans leur lieu de travail, ou dans leur lieu de commerce, ou dans leur champ, ou dans la campagne, ou dans la foret.

إِلَّا أَنَّ بَنِي إِسْرَائِيلَ الْمُسْلِمِينَ هَدَمَ فِرْعَوْنُ مَسَاجِدَهُمْ فَأَذِنَ اللَّهُ لَهُمْ أَنْ يُصَلُّوا فِي بُيُوتِهِمْ

Toutefois, il y a eu une exception, c’était lorsque Pharaon avait détruit les mosquées des musulmans des fils de Israël, c’est ainsi que Allah leur a autorisé d’accomplir la prière chez eux.

وَأَنْزَلَ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ التَّيَمُّمَ بِالتُّرَابِ عِنْدَ فَقْدِ الْمَاءِ أَوِ الْعَجْزِ عَنِ اسْتِعْمَالِهِ وَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ فِي شَرَائِعِ الأَنْبِيَاءِ قَبْلَهُ

Et parmi les choses qui ont été révélées à notre maitre Mouhammed, il y a le tayammoum qui est l’ablution sèche avec la terre lorsque la personne ne trouve pas d’eau ou qu’elle est incapable d’utiliser l’eau à cause de sa maladie, untel jugement n’existait pas dans les lois des prophètes antérieurs.

بَلْ كَانُوا يَتَوَضَّئُونَ وَيُصَلُّونَ فَإِنْ لَمْ يَجِدُوا مَا يَتَوَضَّئُونَ بِهِ تَوَقَّفُوا عَنِ الصَّلاةِ حَتَّى يَجِدُوا الْمَاءَ.

Cependant, dans les lois des prophètes antérieurs, les musulmans faisaient le woudou’ puis accomplissaient la prière, et lorsqu’ils n’avaient plus d’eau, ils s’arrêtaient de faire la prière jusqu’à ce qu’ils trouvent à nouveau de l’eau.

قِصَّةٌ غَرِيبَةٌ فِيهَا دِلالَةٌ عَلَى أَنَّ سَيِّدَنَا عِيسَى عَلَيْهِ السَّلامُ أَوْصَى بِاتِّبَاعِ مُحَمَّدٍ إِذَا ظَهَرَ: خَرَجَ مِنَ الْيَمَنِ أَرْبَعَةُ أَشْخَاصٍ قَاصِدِينَ مَكَّةَ فَأَدْرَكَهُمُ اللَّيْلُ فِي الْبَرِّيَّةِ فَنَزَلُوا فِي بَعْضِ اللَّيْلِ فِي أَرْضٍ فَنَامُوا إِلَّا جَعْدَ بنَ قَيْسٍ الْمُرَادِيَّ فَسَمِعَ هَاتِفًا لا يَرَى شَخْصَهُ يَقُولُ:

أَلا أَيُّهَا الرَّكْبُ الْمُعَرِّسُ بَلِّغُوا              إِذَا مَا وَصَلْتُمْ لِلْحَطِيمِ وَزَمْزَمَا

        مُحَمَّدًا الْمَبْعُوثَ مِنَّا تَحِيَّةً                 تُشَيِّعُهُ مِنْ حَيْثُ سَارَ وَيَمَّمَا

               وَقُولُوا لَهُ إِنَّا لِدِينِكَ شِيعَةٌ            بِذَلِكَ أَوْصَانَا الْمَسِيحُ ابْنُ مَرْيَمَا

Un récit étonnant qui comporte la preuve que notre maitre ^Iça avait recommandé de suivre Mouhammed lorsque Mouhammed allait apparaitre : il y a quatre personnes qui sont sortis du Yémen pour se rendre à la Mecque, puis la nuit est tombée alors qu’ils étaient en rase campagne. Ils ont alors fait halte une partie de la nuit dans une terre, puis se sont tous endormis excepté un qui s’appelait Ja^d fils de Qays al-Mouradiyy, cet homme a alors entendu une voix, cependant, il ne voyait pas de qui elle provenait, c’est alors que la voix qu’il entendait dont il ne voyait pas de qui elle provenait a cité trois vers de poésie :

أَلا أَيُّهَا الرَّكْبُ الْمُعَرِّسُ بَلِّغُوا              إِذَا مَا وَصَلْتُمْ لِلْحَطِيمِ وَزَمْزَمَا

        مُحَمَّدًا الْمَبْعُوثَ مِنَّا تَحِيَّةً                 تُشَيِّعُهُ مِنْ حَيْثُ سَارَ وَيَمَّمَا

               وَقُولُوا لَهُ إِنَّا لِدِينِكَ شِيعَةٌ            بِذَلِكَ أَوْصَانَا الْمَسِيحُ ابْنُ مَرْيَمَا

qui signifient : « ô vous voyageurs qui avez fait une halte dans la nuit, transmettez lorsque vous arriverez à al-hatim et à zamzam [c’est-à-dire lorsque vous arriverez à la Mecque] à Mouhammed l’envoyé, une salutation de notre part qui l’accompagne d’où qu’il vienne et quelle que soit que soit sa destination, et dites-lui que nous sommes des partisans de ta religion, c’est ainsi que nous a recommandé le massih le fils de Maryam. »

فَهَذَا الْهَاتِفُ جِنِّيٌّ مُؤْمِنٌ أَدْرَكَ عِيسَى قَبْلَ رَفْعِهِ إِلَى السَّمَاءِ وَءَامَنَ بِهِ وَسَمِعَ مِنْهُ وَصِيَّتَهُ بِالإِيـمَانِ بِمُحَمَّدٍ إِذَا ظَهَرَ وَاتِّبَاعِهِ

Il s’agissait de la voix d’un *jinn qui était croyant et qui avait vécu à l’époque de Jésus avant qu’il ne soit élevé au ciel. Ce jinn avait pu écouter la parole de Jésus, il avait cru en lui, il a entendu sa recommandation de croire en Mouhammed lorsque Mouhammed apparaitrait et de le suivre.

* les jinn, comme les humains sont des créatures de Dieu, certains d’entre eux sont croyants et certains d’entre eux sont mécréants, celui-là en l’occurrence était croyant, c’est-à-dire un musulman.

فَلَّمَا وَصَلُوا إِلَى مَكَّةَ سَأَلَ أَهْلَ مَكَّةَ عَنْ مُحَمَّدٍ فَاجْتَمَعَ بِهِ فَآمَنَ بِهِ وَأَسْلَمَ

Et lorsqu’ils sont arrivés à la Mecque, l’homme qui avait entendu la voix de ce jinn a demandé aux gens de la Mecque après Mouhammed. Il a pu le rencontrer, il a cru en lui et est entré en islam.

وَذَلِكَ كَانَ فِي أَوَّلِ بِعْثَةِ مُحَمَّدٍ قَبْلَ أَنْ يَنْتَشِرَ خَبَرُهُ فِي الْجَزِيرَةِ الْعَرَبِيَّةِ، وَمَعْنَى الْمُعَرِّسِ أَيِ الْمُسَافِرُ الَّذِي يَنْزِلُ فِي ءَاخِرِ اللَّيْلِ لِيَسْتَرِيحَ.

Et cet évènement s’est produit au tout début de la mission d’envoyer de notre maitre Mouhammed, avant que sa nouvelle ne se diffuse dans toute la péninsule arabique.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالإِسْلامُ هُوَ الدِّينُ الَّذِي رَضِيَهُ اللَّهُ لِعِبَادِهِ وَأَمَرَنَا بِاتِّبَاعِهِ.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : l’Islam est la religion que Allah agrée pour Ses esclaves et qu’Il nous ordonne de suivre.

الشَّرْحُ أَنَّ الإِسْلامَ هُوَ الدِّينُ الَّذِي أَحَبَّهُ اللَّهُ لِعِبَادِهِ وَأَمَرَنَا بِاتِّبَاعِهِ.

Commentaire : c’est-à-dire que l’Islam est la religion que Allah a agréé pour Ses esclaves et c’est la religion qu’Il nous a ordonné de suivre.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلا يُسَمَّى اللَّهُ مُسْلِمًا كَمَا تَلَفَظَّ بِهِ بَعْضُ الْجُهَّالِ.                                               

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : on n’appelle pas Allah « musulman » comme le disent certains ignorants.

الشَّرْحُ اللَّهُ تَعَالَى لا يَجُوزُ أَنْ يُسَمَّى مُسْلِمًا فَلَيْسَ مِنْ أَسْمَائِهِ تَعَالَى مُسْلِمٌ، بَلِ اسْمُهُ السَّلامُ أَيِ السَّالِمُ مِنْ كُلِّ نَقْصٍ وَعَيْبٍ.

Commentaire : il n’est pas permis d’appeler Allah ta^ala « musulman », il n’y a pas de parmi Ses noms « mouslim -musulman- », mais Son nom est « as-Salam », c’est-à-dire : Celui Qui est sauf de toute défaut et de toute imperfection.

الْمُسْلِمُ مَعْنَاهُ الْمُنْقَادُ، اللَّهُ لا يَنْقَادُ، بَلْ يُنْقَادُ لَهُ فَلا يُقَالُ لَهُ مُسْلِمٌ.

Et le musulman signifie : « celui qui est soumis », et Allah ne Se soumet pas, en revanche on se soumet à Lui. Donc ne dit pas au sujet de Allah qu’Il est mouslim.

وَلا يَجُوزُ تَسْمِيَةُ اللَّهِ إِلَّا بِمَا جَاءَ فِي الْقُرْءَانِ أَوْ فِي حَدِيثِ رَسُولِ اللَّهِ الثَّابِتِ أَوْ أَجْمَعَتْ عَلَيْهِ الأُمَّةُ

Et il n’est permis d’appeler Allah que par un nom qui est parvenu dans le Qour’an ou dans le hadith authentique du Messager de Allah ou ce sur quoi la communauté a été unanime.

فَتَسْمِيَةُ بَعْضِ النَّاسِ اللَّهَ تَعَالَى سَبَبًا وَعِلَّةً كُفْرٌ كَمَا قَالَ الإِمَامُ الْعَلَّامَةُ رُكْنُ الإِسْلامِ عَلِيٌّ السُّغْدِيُّ مِنْ أَكَابِرِ الْحَنَفِيَّةِ.

Mise en garde : certaines personnes appellent Allah « une cause » ou un « agent causale » et c’est de la mécréance, tout comme l’a dit l’illustre savant Rouknou l-islam ^Aliyy as-Soughdiyy de parmi les grands savants hanafites. Ainsi, c’est de la mécréance que d’appeler Allah « cause » ou « agent causale. »

وَلا يَجُوزُ تَسْمِيَتُهُ رُوحًا لِأَنَّ الرُّوحَ مَخْلُوقَةٌ.

De même, il n’est pas permis d’appeler Allah « une âme », car l’âme est créée.

فَتَسْمِيَةُ اللَّهِ سَبَبًا وَعِلَّةً وَرُوحًا كُفْرٌ.

Ainsi, appeler Allah « une cause » ou « un agent causale » ou « une âme » est de la mécréance.

وَمِنْ ذَلِكَ مَا اسْتَحْدَثَهُ بَعْضُ جَهَلَةِ الْمُتَصَوِّفَةِ فَسَمَّوِا اللَّهَ الْخَمَّارَ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ.

Et entre autres, il y a ceux qui ont innové parmi les ignorants, les soufiyy qui prétendent le tasawwouf, ils ont appelé Allah « al-khammar » c’est à dire : « celui qui enivre » وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَقَدِيمًا كَانَ الْبَشَرُ جَمِيعُهُمْ عَلَى دِينٍ وَاحِدٍ هُوَ الإِسْلامُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : jadis, l’humanité entière avait une seule religion qui est l’Islam.

الشَّرْحُ أَنَّ الْبَشَرَ فِي زَمَنِ ءَادَمَ كَانُوا كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ لَمْ يَكُنْ بَيْنَهُمْ كَافِرٌ.

Commentaire : c’est-à-dire que les humains à l’époque de ‘Adam étaient tous sur l’Islam et il n’y avait pas parmi eux de mécréants.

هُوَ عَلَّمَ أَوْلادَهُ الدِّينَ كَمَا عَلَّمَهُمْ أُصُولَ الْمَعِيشَةِ وَعَمِلَ لَهُمُ الدِّينَارَ وَالدِّرْهَمَ وَغَيْرَ ذَلِكَ مِنْ أُصُولِ الْمَعِيشَةِ، فَصَلَّى اللَّهُ عَلَى نَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ وَعَلَى ءَادَمَ وَسَائِرِ الأَنْبِيَاءِ وَسَلَّمَ.

‘Adam a enseigné à ses enfants la religion, tout comme il leur a enseigné les moyens de subsistance, et c’est ‘Adam qui a fabriqué les pièces d’or [les dinar] et les pièces d’argent [les dirham], et il leur a enseigné d’autres choses qui leur ont permis de survivre sur Terre. Que Allah honore et élève davantage en degré le rang de notre maitre Mouhammed et ‘Adam ainsi que tous les prophètes.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَإِنَّمَا حَدَثَ الشِّرْكُ وَالْكُفْرُ بِاللَّهِ تَعَالَى بَعْدَ النَّبِيِّ إِدْرِيسَ.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : le *shirk et le *koufr en Allah ta^ala se sont produits après le prophète ‘Ydris.

* le shirk : l’attribution d’un associé à Dieu.

* le koufr : la mécréance en Dieu.

الشَّرْحُ أَنَّهُ حَدَثَ الْكُفْرُ بَعْدَ ءَادَمَ بِأَلْفِ سَنَةٍ وَذَلِكَ بَعْدَ وَفَاةِ إِدْرِيسَ.

La mécréance est apparue 1000 années après ‘Adam, et c’était après le décès de Ydris.

فَأَوَّلُ الأَنْبِيَاءِ ءَادَمُ ثُمَّ ابْنُهُ شِيثٌ ثُمَّ إِدْرِيسُ.

Ainsi, le premier prophète c’est ‘Adam, ensuite son fils Chith ensuite ‘Ydris.

Mise en garde : il ne faut pas prêter attention à certains ignorants qui renient le statut de prophète de ‘Adam de Chith et de ‘Ydris. Ils prétendent que le premier prophète serait Nouh. On dit : « le premier des prophètes c’est ‘Adam, après ‘Adam vient son fils Chith, ensuite est venu ‘Ydris. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَكَانَ نُوحٌ أَوَّلَ نَبِيٍّ أُرْسِلَ إِلَى الْكُفَّارِ يَدْعُو إِلَى عِبَادِةِ اللَّهِ الْوَاحِدِ الَّذِي لا شَرِيكَ لَهُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ainsi, Nouh fut alors le premier prophète qui fut envoyé aux mécréants pour appeler à croire en Allah al-Wahid Celui Qui est unique et Qui n’a pas d’associé.

الشَّرْحُ أَنَّهُ بَعْدَ وَفَاةِ إِدْرِيسَ عَلَيْهِ السَّلامُ حَصَلَ الشِّرْكُ بَيْنَ النَّاسِ وَاسْتَمَرُّوا عَلَى هَذَا زَمَانًا إِلَى أَنْ بَعَثَ اللَّهُ نُوحًا يَدْعُوهُمْ إِلَى الإِسْلامِ.

Commentaire : c’est-à-dire qu’après le décès de ‘Ydris, le shirk -l’association à Dieu- s’est produit pour la première fois entre les gens. Ils sont restés ainsi une certaine période jusqu’à ce que Allah leur ait envoyé Nouh pour les appelés à l’Islam.

فَبَيْنَ إِدْرِيسَ وَنُوحٍ عَلَيْهِمَا السَّلامُ أَلْفُ سَنَةٍ وَتِلْكَ الْفَتْرَةُ تُسَمَّى الْجَاهِلِيَّةَ الأُولَى

Ainsi, entre [la mort de] Ydris et [l’envoie de] Nouh il s’est écoulé 1000 années, et c’est cette période qu’on appelle « la première jahiliyyah. »

فَبِهَذَا يَكُونُ نُوحٌ عَلَيْهِ السَّلامُ هُوَ أَوَّلَ نَبِيٍّ أُرْسِلَ إِلَى الْكُفَّارِ يَدْعُوهُمْ إِلَى الإِسْلامِ.

Et c’est ainsi que Nouh fut le premier des prophètes envoyé à des mécréants pour les appeler à l’adoration de Dieu et à l’Islam.

فَآدَمُ مِنْ جُمْلَةِ الأَنْبِيَاءِ الَّذِينَ مَنْ أَنْكَرَ نُبُوَّتَهُمْ يَكْفُرُ

Et ‘Adam fait partie de l’ensemble des prophètes, tel que celui qui renie son statut de prophète devient mécréant.

فَكَمَا أَنَّ مَنْ أَنْكَرَ نُبُوَّةَ إِبْرَاهِيمَ وَمُوسَى وَعِيسَى وَمُحَمَّدٍ يَكْفُرُ كَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ أَنْكَرَ نُبُوَّةَ ءَادَمَ

Tout comme celui qui renie le statu de prophète de ‘Ibrahim, de Moussa, de ^Iça et de Mouhammed devient mécréant, celui qui renie le statu de prophète de ‘Adam devient mécréant.

كَمَا نَقَلَ ابْنُ حَزْمٍ الإِجْمَاعَ عَلَى نُبُوَّةِ ءَادَمَ، بَلْ هُوَ نَبِيٌّ رَسُولٌ كَمَا وَرَدَ ذَلِكَ فِي حَدِيثِ أَبِي ذَرٍّ الَّذِي أَخْرَجَهُ ابْنُ حِبَّانَ وَصَحَّحَهُ وَأَقَرَّهُ الْحَافِظُ ابْنُ حَجَرٍ

Et par ailleurs, Ibnou Hazam a rapporté de l’unanimité [des savants] que ‘Adam était un prophète. Il est même un prophète Messager tout comme cela a été rapporté dans le hadith de Abou Dharr qui a été rapporté par Ibnou Hibban qui l’a jugé sahih [authentique] et le hafidh Ibnou Hajar al-^Asqalaniyy a été d’accord avec lui sur cela.

وَلا مَعْنَى لإِنْكَارِ الْوَهَّابِيَّةِ رِسَالَةَ ءَادَمَ وَلَعَلَّ بَعْضَهُمْ يُنْكِرُ نُبُوَّتَهُ وَلا حُجَّةَ لَهُمْ فِي حَدِيثِ الشَّفَاعَةِ الَّذِي فِيهِ أَنَّ النَّاسَ يَأْتُونَ ءَادَمَ لِيَشْفَعَ لَهُمْ ثُمَّ نُوحًا فَيَقُولُونَ لِنُوحٍ أَنْتَ أَوَّلُ الرُّسُلِ اشْفَعْ لَنَا إِلَى رَبِّكَ، رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَغَيْرُهُ

Ainsi, il n’y a pas de sens dans ce que disent les wahhabiyyah qui renient le statut de prophète de ‘Adam, et ils n’ont pas d’arguments dans le hadith de l’intercession, c’est-à-dire que le hadith de l’intercession ne comporte pas d’argument en leur faveur. Dans ce hadith, il est mentionné que les gens au jour du jugement vont se rendre auprès de ‘Adam pour qu’il intercède en leur faveur, à savoir pour qu’il les délivre d’une des épreuves du jour du jugement, mais après ils vont voir Nouh et vont dire à Nouh : « tu es le premier des messagers, intercèdes en notre faveur auprès de ton Seigneur. » Voici ce qui est dit mais ce hadith comporte un sens autre que le sens apparent. Et ce hadith a été rapporté par al-Boukhariyy et d’autres.

لِأَنَّ مَعْنَاهُ أَنْتَ أَوَّلُ الرُّسُلِ إِلَى قَوْمِهِ الْمُنْتَشِرِينَ فِي الأَرْضِ [فِي الْجُزْءِ الْحَادِي عَشَرَ مِنْ فَتْحِ الْبَارِي (ص/365) وَمِنَ الأَجْوِبَةِ أَنَّ رِسَالَةَ ءَادَمَ كَانَتْ إِلَى بَنِيهِ وَهُمْ مُوَحِّدُونَ لِيُعَلِّمَهُمْ شَرِيعَتَهُ وَنُوحٌ كَانَتْ رِسَالَتُهُ إِلَى قَوْمٍ كُفَّارٍ يَدْعُوهُمْ إِلَى التَّوْحِيدِ اهـ] لِأَنَّ الأَنْبِيَاءَ الَّذِينَ بَعْدَهُ كَانَ النَّبِيُّ يُرْسَلُ إِلَى قَوْمِهِ كَمَا حَكَى اللَّهُ عَنْ عِيسَى أَنَّهُ قَالَ ﴿يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ إِنِّي رَسُولُ اللَّهِ إِلَيْكُم﴾ [سُورَةَ الصَّف/6] فَقَدْ خَالَفَتِ الْوَهَّابِيَّةُ فِي قَوْلِهَا هَذَا قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى ﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَّاحِدَةً﴾ قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَيْ كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ، فَمَاذَا تَقُولُ الْوَهَّابِيَّةُ عَنْ ءَادَمَ وَأَوْلادِهِ أَتَقُولُ إِنَّهُمْ كَانُوا يَعِيشُونَ عِيشَةَ الْبَهَائِمِ لا يَعْرَفُونَ مَا يَأْتُونَ وَمَا يَذَرُونَ! وَكَفَاهُمْ هَذَا خِزْيًا.

Ce hadith signifie : « tu es le premier prophète envoyé à son peuple qui s’est diffusé sur terre »,ils ne sont pas tous dans une même ville par exemple, ils sont diffusés sur terre, parce que chacun des prophètes qui ont succédés à notre maitre Nouh ont été envoyés à leur peuple, tout comme Allah nous l’apprend dans le Qour’an à propos de notre maitre ^Iça qui dit dans sourate as-safa :

﴾يَٰبَنِىٓ إِسْرَٰٓءِيلَ إِنِّى رَسُولُ ٱللَّهِ إِلَيْكُم ﴿

ce qui signifie : « ô vous fils d’Israël je suis l’envoyer de Dieu pour vous. »

Ainsi, dans leur prétention précédemment cité, les wahhabiyyah contredisent la parole de Allah ta^ala dans sourate al-baqarah verset 213 :

﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَّاحِدَةً﴾

ce qui signifie : « les gens formaient une seule communauté. » Ibnou ^Abbass a expliqué ce verset par : « ils étaient tous sur l’Islam », ceci a été rapporté par at-Tabaraniyy dans [son livre] mou^jam l-kabir. Et qu’est-ce que les wahhabiyyah vont dire à propos de ‘Adam et de ses enfants ? Est-ce que les wahhabiyyah vont dire que ‘Adam et ses enfants vivaient comme des animaux qui ne savaient pas ce qui était licite et ce qui ne l’est pas ?! Et cela leur suffit comme rabaissement à ces gens-là qui osent nier le statu de prophète de notre maitre ‘Adam. Que Allah ta^ala honore et élève davantage en degré ‘Adam et tous ses frères prophètes et messagers.

Informations utiles :

Notre Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Allah a asservi les anges pour la gestion de nombreuses affaires des esclaves. Beaucoup d’affaires des esclaves sont gérées par les anges. Et beaucoup de sujets qui concernent les gens sur Terre. En autre les anges gèrent la pluie. La pluie qui tombe ne tombe pas aléatoirement sans quantité, mais ce sont les anges qui gèrent la descente de la pluie, c’est en fonction de la gestion des anges que les gouttes de pluie tombent. Et les anges interviennent également dans la gestion des plantes. Les plantes, qui poussent sur terre, c’est-à-dire ce que consomment les gens et les animaux, tout cela est géré par les anges.

Allah ta^ala est Le créateur de toute chose, il n’y a pas de créateur qui fasse surgir du néant à l’existence hormis Lui. C’est Dieu Qui a fait que les anges gèrent beaucoup de chose, comme la pluie qui descend pour revivifier la terre. Allah ta^ala leur a accordé de gérer, et eux ils gèrent cela. Et même le tonnerre, d’ailleurs le Messager de Allah l’a expliqué. Ainsi, le Messager a dit à propos du tonnerre : « ar-Ra^d est un ange qui conduit les nuages, et, il a à sa main un mikhraq avec lequel il frappe les nuages. » Hadith rapporté par at-Tirmidhiyy.

Et al-mikhraq, dont nous allons expliquer le sens, n’est pas semblable au mikhraq du bas monde que les humains utilisent, mais c’est quelque chose d’autre qui lui ressemble. Donc le prophète a dit : « ar-Ra^d a à sa main un mikhraq. » Et le mikhraq c’est par exemple une cape, un vêtement ou un châle qu’on enroule de sorte qu’il devient comme une corde puis l’on frappe avec comme un fouet. Donc, c’est dans la main de cet ange qui s’appelle ar-Ra^d -en français le tonnerre- qu’il y a ce mikhraq avec lequel il frappe les nuages et les déplacent d’une terre à une autre. Ainsi, c’est ar-Ra^d qui frappe les nuages avec ce mikhraq qui est comme à l’image d’un fouet, et ces nuages d’une terre à une autre se déplacent. Et Allah a donné une force physique aux anges qu’Il n’a pas accordé à d’autre qu’eux. Allah ta^ala n’a pas accordé cette force ni aux humains ni aux jinn. Et le mot « ra^d » en plus d’être le nom de l’ange, c’est le nom du son qui provient des nuages. Et il y a parmi les anges de Dieu, des anges gardiens du vent. Ce vent est également géré par les anges. Ce vent qui souffle sur Terre dans cet espace est géré par les anges. Parfois le vent est fort, parfois le vent est faible, tout cela est par leur gestion. Ils gèrent en fonction des ordres qui leur parviennent. Ce n’est pas une gestion détournée ou incompétente ou absurde ou qui suivrait les passions, cependant les anges gèrent cela conformément à l’ordre de Dieu. Tout comme ils gèrent le vent, ils gèrent la pluie, ils gèrent également les plantes de la terre. Et tout cela est par ordre de Allah ta^ala, c’est-à-dire qu’ils reçoivent l’ordre de Allah ta^ala.

Tout comme Allah a chargé ces anges qui interrogent le mort dans sa tombe, ils lui poseront trois questions, eh bien les anges également gèrent sous ordre de Allah tabaraka wa ta^ala. Mais l’interrogatoire de la tombe n’existait pas à l’époque des autres prophètes. L’interrogatoire dans la tombe avant la mission de notre maitre Mouhammed n’avait pas lieu. Cela a eu lieu dans la communauté de Mouhammed. Et Allah a fait que cette interrogatoire dans la tombe soit dans la communauté de Mouhammed, même le croyant sera interrogé.

La première question sera : « man rabbouka ? », c’est-à-dire : « qui est ton Seigneur ? »

Et la deuxième question sera : « man nabiyyouka », qui signifie : « qui est ton prophète ? »

Ainsi, les anges vont lui dire : « qui est ton prophète ? », et dans une autre version il lui sera dit : « que disais tu à propos de cet homme Mouhammed celui qui vous a été envoyé ? » rapporté par al-Boukhariyy et at-Tabaraniyy.

Le croyant se réjouira en donnant cette réponse, parce que c’était sa croyance catégorique, il n’était pas dans le doute, il ne faisait pas partie de ceux qui renient. Ainsi, le croyant va répondre aux deux anges : « Mouhammed est mon prophète. » Et dans une autre version : « il est l’esclave de Dieu et Son Messager, il nous a amené les preuves et la bonne guidée, nous avons cru en lui et nous avons cru en sa véridicité. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَقَامَ سَيِّدُنَا مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِتَجْدِيدِ الدَّعْوَةِ إِلَى الإِسْلامِ بَعْدَ أَنِ انْقَطَعَ فِيمَا بَيْنَ النَّاسِ فِي الأَرْضِ مُؤَيَّدًا بِالْمُعْجِزَاتِ الدَّالَّةِ عَلَى نُبُوَّتِهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : notre maitre Mouhammed a renouvelé l’appel à l’Islam après que l’Islam a cessé d’être présent chez les humains sur Terre, notre maitre Mouhammed était appuyé pour cela par des miracles qui sont des preuves de son statut de prophète.

   الشَّرْحُ أَنَّهُ لَمَّا نَزَلَ الْوَحْيُ عَلَى النَّبِيِّ لَمْ يَكُنْ بَيْنَ الْبَشَرِ عَلَى الأَرْضِ مُسْلِمٌ غَيْرُهُ

Commentaire : lorsque la révélation de la part de Dieu que notre maitre Mouhammed est un prophète est descendue par l’ange Jibril, il n’y avait pas parmi les humains sur Terre d’autres musulmans hormis lui.

فَعَرَبُ الْجَزِيرَةِ الْعَرَبِيَّةِ كَانُوا يَعْبُدُونَ الأَوْثَانَ

A cette époque-là, les arabes de la péninsule arabique étaient des idolâtres, ils adoraient des idoles, ils adoraient des statues.

وَأَهْلُ فَارِسٍ كَانُوا يَعْبُدُونَ النَّارَ

Et les habitants de la Perse quant à eux étaient des mages, ils étaient mazdéens, ils adoraient le feu.

وَسَائِرُ أَهْلِ الأَرْضِ كَانَتْ لَهُمْ أَصْنَامٌ أَوْ أَشْيَاءُ أُخْرَى يَعْبُدُونَهَا

Et le reste des habitants sur Terre avaient des statues ou d’autres choses qu’ils adoraient.

فَقَامَ سَيِّدُنَا مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَدْعُو إِلَى الإِسْلامِ مُؤَيَّدًا بِمُعْجِزَاتٍ تَدُلُّ عَلَى نُبُوَّتِهِ فَهُوَ مُجَدِّدُ الدَّعْوَةِ.

Notre maitre Mouhammed a appelé à l’Islam, et il était appuyé en cela par des miracles qui prouvaient qu’il était un prophète. Le prophète a donc renouvelé l’appel à l’Islam. Et pourquoi est-ce que le Chaykh a dit : « il a renouvelé l’appel à l’Islam ? » Parce que notre maitre Mouhammed a été précédé en cela par d’autres prophètes, car tous les prophètes ont appelé à cette même religion que Dieu agrée, qui est la seule religion que Dieu agrée.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَدَخَلَ الْبَعْضُ فِي الإِسْلامِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : certains sont entrés en islam.

الشَّرْحُ كَالْجَعْدِ بنِ قَيْسٍ الْمُرَادِيِّ الَّذِي أَسْلَمَ بِسَبَبِ مَا سَمِعَهُ مِنَ الْجِنِّيِّ الَّذِي كَانَ فِي أَيَّامِ كَانَ عِيسَى عَلَى وَجْهِ الأَرْضِ وَدَعَى إِلَى الإِسْلامِ إِلَى أَنْ أَدْرَكَ زَمَانَ مُحَمَّدٍ فَآمَنَ بِعِيسَى وَبِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِمَا وَسَلَّمَ.

Commentaire : parmi ceux qui sont entrés en islam, il y a cet homme qui s’appelle al-Ja^d fils de Qaïs al-Mouradiyy qui était entré en islam à cause de ce qu’il avait entendu de ce jinn qui avait vécu à l’époque où Jésus était encore sur Terre. Et ce jinn dont Ja^d fils de Qaïs al-Mouradiyy avait entendu la voix est resté vivant jusqu’à l’époque de Mouhammed. Ce djinn a donc été croyant en Jésus et en Mouhammed, que Allah les honore et les élèves tous deux en degré.

 قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَجَحَدَ بِنُبُوَّتِهِ أَهْلُ الضَّلالِ الَّذِينَ مِنْهُمْ مَنْ كَانَ مُشْرِكًا قَبْلًا كَفِرْقَةٍ مِنَ الْيَهُودِ عَبَدَتْ عُزَيْرًا فَازْدَادُوا كُفْرًا إِلَى كُفْرِهِمْ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et certains destinés à l’égarement n’ont pas cru que notre maitre Mouhammed était bien un envoyé de Dieu, et parmi eux il y avait ceux qui étaient déjà des associateurs, tel un groupe de juif qui avait adoré ^Ouzayr et qui par conséquent ont cumulé mécréance sur mécréance.

La première mécréance qui est provenue de ce groupe de juif était d’avoir adoré un homme, à savoir ^Ouzayr, et la deuxième mécréance c’est de ne pas avoir cru que Mouhammed est un envoyé de Dieu.

   الشَّرْحُ قَوْلُهُ: جَحَدَ أَيْ أَنْكَرَ، وَأَمَّا عُزَيْرٌ فَهُوَ رَجُلٌ مِنَ الصَّالِحِينَ وَقَدْ قَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ بِنُبُوَّتِهِ.

Commentaire : ils ont ainsi renié le statu de prophète de notre Mouhammed. Et il faut savoir que ^Ouzayr était un vertueux, et certains savants ont dit qu’il était un prophète.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَءَامَنَ بِهِ بَعْضُ أَهْلِ الْكِتَابِ الْيَهُودِ وَالنَّصَارَى كَعَبْدِ اللَّهِ بنِ سَلامٍ عَالِمِ الْيَهُودِ بِالْمَدِينَهِ، وَأَصْحَمَةَ النَّجَاشِيِّ مَلِكِ الْحَبَشَةِ وَكَانَ نَصْرَانِيًّا ثُمَّ اتَّبَعَ الرَّسُولَ اتِّبَاعًا كَامِلًا وَمَاتَ فِي حَيَاةِ رَسُولِ اللَّهِ وَصَلَّى عَلَيْهِ الرَّسُولُ صَلاةَ الْغَائِبِ يَوْمَ مَاتَ. أَوْحَى اللَّهُ إِلَيْهِ بِمَوْتِهِ. ثُمَّ كَانَ يُرَى عَلَى قَبْرِهِ فِي اللَّيَالِي نُورٌ وَهَذَا دَلِيلٌ أَنَّهُ صَارَ مُسْلِمًا كَامِلًا وَلِيًّا مِنْ أَوْلِيَاءِ اللَّهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : d’autres parmi *les gens du livre, juifs et chrétiens ont cru en notre maitre Mouhammed, ce fut le cas de ^Abd l-Lah fils de Salam qui était le savant des juifs à Médine, et ce fut le cas de Ashamah An-Nadjachiyy, le négus qui était le roi *d’abissynie, il était chrétien et avait par la suite suivi le Messager de manière parfaite, c’est-à-dire qu’il avait parfaitement appliquer l’Islam. Il est décédé durant la vie du prophète, et le prophète a fait la prière funéraire de l’absence du défunt le jour même de sa mort. C’est Dieu qui lui a révélé sa mort. Par la suite, on voyait provenant de sa tombe durant la nuit une lumière, et ceci est une preuve qu’il était un musulman accompli et un saint de parmi les saints de Dieu, que Dieu l’agrée.

* Nous disons « les gens du livre » parce qu’eux prétendent suivre un livre, même si nous savons que le livre qu’ils suivent est falsifié, ce n’est pas le livre authentique qui a été révélé au prophète respectif qu’ils prétendent suivre, donc c’est pour cela que nous les appelons « gens du livre », mais ils sont également appelés mécréants, c’est-à-dire que nous ne les appelons pas croyant.

* Abissynie : actuelle Éthiopie. 

Et avant que ^Abdou l-Lah Ibnou Salam le savant des juifs n’annonce au grand jour son islam, le prophète avait invité les juifs pour leur dire : « que dites-vous à propos de ^Abdou l-Lah Ibnou Salam ? » Ils ont alors fait son éloge, les juifs ont alors répondu : « c’est le fils de notre savant », mais lorsque le prophète lui a dit de se montrer à eux et de leur annoncer qu’il était musulman, ils se sont retournés contre lui, tout cela par entêtement pour ne pas reconnaitre la vérité.

Quant à As-hamah An-Nadjachiyy, An-Nadjachiyy est un titre signifiant le négus, le négus qui était le roi d’Abyssinie, eh bien ce négus était chrétien puis avait suivi le Messager. As-Hamah An-Nadjachiyy est décédé du vivant du messager de Allah, et le Messager avait fait la prière funéraire en sa faveur en son absence le jour même de son décès, Allah, lui ayant révélé que As-Hamah An-Nadjachiyy était décédé. Cependant, An-Nadjachiyy n’avait pas pu rencontrer le Messager de Allah. Ainsi, As-hamah An-Nadjachiyy a vécu à l’époque du prophète, il était musulman accompli, cependant il n’a pas pu rencontrer le prophète car il était préoccupé par son royaume. Donc notre maitre Mouhammed avait fait la prière funéraire en sa faveur en son absence le jour même de sa mort, Allah lui ayant révélé qu’il était décédé. Par la suite, nous pouvions voir la nuit une lumière au-dessus de la tombe de An-Nadjachiyy, cela étant une preuve qu’il était devenu un musulman complet, un saint, que Allah l’agrée.

الشَّرْحُ أَنَّ مِنَ الَّذِينَ ءَامَنُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ عَالِمَ الْيَهُودِ بِالْمَدِينَةِ عَبْدَ اللَّهِ بنَ سَلامٍ وَهُوَ مِنَ الْمُبَشَّرِينَ بِالْجَنَّةِ.

Commentaire : parmi ceux qui sont devenus croyant de parmi les gens du livre, il y a le savant des juifs à Médine, ^Abd l-Lah fils de Salam, et ^Abd l-Lah fils de Salam fait partie de ceux qui ont reçu la bonne nouvelle du paradis.

وَمِنْهُمُ النَّجَاشِيُّ الَّذِي عَاشَ بَعْدَ إِسْلامِهِ سَبْعَ سَنَوَاتٍ

Et de même, il y a An-Nadjachiyy qui a vécu 7 années après son entrée en l’islam. Il a reçu la bonne nouvelle du paradis.

وَلَمَّا مَاتَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَاتَ الْيَوْمَ رَجُلٌ صَالِحٌ، فَقُومُوا فَصَلُّوا عَلَى أَخِيكُمْ أَصْحَمَةَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ. وَأَصْحَمَةُ اسْمُ النَّجَاشِيِّ.

Et le jour du décès de An-Nadjachiyy, le prophète a dit :

مَاتَ الْيَوْمَ رَجُلٌ صَالِحٌ، فَقُومُوا فَصَلُّوا عَلَى أَخِيكُمْ أَصْحَمَةَ

ce qui signifie : « aujourd’hui est mort un homme pieux, levez-vous et faites la prière funéraire en faveur de votre frère Ashamah. » As-Hamah est le prénom de An-Nadjachiyy, An-Nadjachiyy qui est son titre, c’est le titre des souverains de cette région d’Abyssinie.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالْمَبْدَأُ الإِسْلامِيُّ الْجَامِعُ لِجَمِيعِ أَهْلِ الإِسْلامِ عِبَادَةُ اللَّهِ وَحْدَهُ.

L’auteur Dieu lui fasse miséricorde a dit : le principe islamique qui réunit tous les gens de l’Islam, c’est l’adoration de Allah Lui seul.

الشَّرْحُ الْمَبْدَأُ أَيِ الأَسَاسُ الْجَامِعُ لِجَمِيعِ أَهْلِ الإِسْلامِ مِنْ لَدُنِ ءَادَمَ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ هُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَحْدَهُ أَيْ أَنْ لا يُشْرَكَ بِهِ شَىْءٌ

Commentaire : le principe qui réunit tous les gens de l’Islam depuis ‘Adam jusqu’au jour du jugement c’est la croyance en Dieu Lui seul, c’est-à-dire ne pas Lui attribué d’associer.

ثُمَّ هَؤُلاءِ لا يَصِحُّ إِيـمَانُهُمْ إِلَّا أَنْ يُؤْمِنُوا بِنَبِيِّ عَصْرِهِمْ.

Par ailleurs, l’Islam et la foi des gens de l’Islam n’est valide qu’en croyant au prophète de leur époque, c’est-à-dire qu’il ne suffit pas de croire qu’il n’est de Dieu que Dieu, mais il est indispensable de croire au prophète de son époque. Et pourquoi est-il indispensable de croire au prophète de son époque ? Car Celui qui a envoyé les prophètes c’est Dieu, donc ne pas croire au prophète de son époque revient à démentir Dieu, c’est pour cela que la foi n’est pas valide de la part de celui qui ne croit pas au prophète.

هَذَا الْمَبْدَأُ جَمَعَ أَهْلَ الإِسْلامِ كُلَّهُمْ، هَذَا الْمَعْنَى يَشْمَلُهُمْ لِأَنَّهُمْ كُلَّهُمْ يَعْبُدُونَ اللَّهَ وَحْدَهُ.

C’est ce principe qui a réuni les gens de l’Islam dans leur totalité, c’est ce sens-là qui les englobe tous parce que tous adorent Allah Lui seul.

حُكْمُ مَنْ يَدَّعِي الإِسْلامَ لَفْظًا

وَهُوَ مُنَاقِضٌ لِلإِسْلامِ مَعْنًى

Le jugement de ceux qui se réclament de l’Islam par la parole mais qui en contredisent le sens.

الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ هَذَا بَيَانُ حُكْمِ مَنْ يَزْعُمُ الإِسْلامَ بِلِسَانِهِ وَهُوَ مُخَالِفٌ لِلإِسْلامِ فِي الْحَقِيقَةِ بِاعْتِقَادِ أَوْ قَوْلِ أَوْ فِعْلِ مَا يُنَافِيهِ.

Commentaire : ceci est l’indication du jugement de celui qui prétend être sur l’Islam par sa langue, mais en réalité contredit l’Islam soit en ayant une croyance, soit en disant une parole, soit en faisant un acte qui contredit l’Islam.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: هُنَاكَ طَوَائِفُ عَدِيدَةٌ كَذَّبَتِ الإِسْلامَ مَعْنًى وَلَوِ انْتَمَوْا لِلإِسْلامِ بِقَوْلِهِمُ الشَّهَادَتَيْنِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ وَصَلَّوْا وَصَامُوا لِأَنَّهُمْ نَاقَضُوا الشَّهَادَتَيْنِ بِاعْتِقَادِ مَا يُنَافِيهِمَا فَإِنَّهُمْ خَرَجُوا مِنَ التَّوْحِيدِ بِعِبَادَتِهِمْ لِغَيْرِ اللَّهِ فَهُمْ كُفَّارٌ لَيْسُوا مُسْلِمِينَ، كَالَّذِينَ يَعْتَقِدُونَ أُلُوهِيَّةَ عَلِيِّ بنِ أَبِي طَالِبٍ أَوِ الْخَضِرِ أَوِ الْحَاكِمِ بِأَمْرِ اللَّهِ وَغَيْرِهِمْ أَوْ بِمَا فِي حُكْمِ ذَلِكَ مِنَ الْقَوْلِ وَالْفِعْلِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : il y a de nombreux groupes qui ont contredit le sens de l’Islam même s’ils se réclament de l’Islam en prononçant les deux témoignages : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Dieu », même s’ils font la prière et le jeûne, parce qu’ils ont contredit les deux témoignages en ayant pour croyance ce qui s’y oppose, ce sont donc des gens qui ont quitté la croyance en l’unicité de Dieu -le tawhid- parce qu’ils ont adoré autre chose que Dieu, ce sont donc des mécréants, ce ne sont pas des musulmans, comme ceux qui ont cru en la divinité de ^Aliyy Ibnou Abi Talib, ou ceux qui ont cru en la divinité de al-Khadir, ou ceux qui ont cru en la divinité de al-Hakim bi ‘amri l-Lah ou de quelqu’un d’autre, ou bien en commettant des actes d’apostasie, ou en disant des paroles qui entrainent le même jugement, c’est-à-dire un jugement qui fait sortir de l’islam.

الشَّرْحُ يَعْنِي أَنَّ هُنَاكَ أُنَاسًا يَدَّعُونَ الإِسْلامَ وَهُمْ فِرَقٌ مُتَعَدِّدَةٌ ثُمَّ يُنَاقِضُونَ الإِسْلامَ فَهَؤُلاءِ لَيْسُوا بِمُسْلِمِينَ مُؤْمِنِينَ

Commentaire : il y a des gens qui se disent musulmans et ce sont des groupes nombreux, mais ils contredisent l’Islam, ces gens-là ne sont pas des musulmans ni des croyants.

 مِثَالُ ذَلِكَ أَنَّ أَحَدَهُمْ يَقُولُ لَفْظًا لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ مُحَمَّدٌ رَسُولُ اللَّهِ ثُمَّ يَعْبُدُ شَيْئًا مِنْ خَلْقِ اللَّهِ كَأُنَاسٍ يَعْبُدُونَ عَلِيًّا وَهُوَ الْخَلِيفَةُ الرَّاشِدُ ابْنُ عَمِّ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَأُنَاسٍ يَعْبُدُونَ الْخَضِرَ وَهُوَ نَبِيٌّ عَلَى الْقَوْلِ الرَّاجِحِ، وَأُنَاسٍ يَعْتَقِدُونَ الأُلُوهِيَّةَ لِلْحَاكِمِ بِأَمْرِ اللَّهِ الَّذِي كَانَ فِي الْقَاهِرَةِ يَعْبُدُ الشَّيَاطِينَ يَخْتَلِي وَيَعْبُدُ فِي خَلَوَاتِهِ الرُّوحَانِيِّينَ أَيِ الْجِنَّ.

Un exemple de ceux-là est le cas de quelqu’un qui dirait : « il n’est de Dieu que Dieu et Mouhammed est le Messager de Dieu » puis il adore une des créatures de Dieu, c’est le cas de ceux qui adorent ^Aliyy qui est le calife bien guidé, le cousin du Messager de Dieu, le fils de l’oncle paternel du Messager, ou des gens qui adorent al-Khadir, et c’est un prophète selon l’avis le plus plausible, ou c’est le cas des gens qui croyaient à la divinité d’un homme qui s’appelle al-Hakim bi ‘amri l-Lah qui a vécu au Caire en Égypte et qui s’isolait et se mettait à adorer les démons -les jinn-.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحُكْمُ مَنْ يَجْحَدُ الشَّهَادَتَيْنِ التَّكْفِيرُ قَطْعًا وَمَأْوَاهُ جَهَنَّمُ خَالِدًا فِيهَا أَبَدًا لا يَنْقَطِعُ فِي الآخِرَةِ عَنْهُ الْعَذَابُ إِلَى مَا لا نِهَايَةَ لَهُ وَمَا هُوَ بِخَارِجٍ مِنَ النَّارِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et le jugement de celui qui renie les deux témoignages c’est de le déclarer mécréant catégoriquement, sa demeure sera le feu de l’enfer dans lequel il restera éternellement à jamais, le châtiment dans l’au-delà ne s’interrompra pas pour lui, ça sera sans fin, il ne sortira pas du feu.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ يُنْكِرُ مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ فَهُوَ كَافِرٌ قَطْعًا بِلا شَكٍّ، وَالْكَافِرُ إِذَا دَخَلَ جَهَنَّمَ فِي الآخِرَةِ فَلا يَخْرُجُ مِنْهَا أَبَدًا قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿إِنَّ اللَّهَ لَعَنَ الْكَافِرِينَ وَأَعَدَّ لَهُمْ سَعِيرًا خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾ [سُورَةَ الأَحْزَاب].

Commentaire : celui qui renie le sens des deux témoignages par une croyance qui les contredit, ou par un acte qui les contredit, ou par une parole qui les contredit, est sans aucun doute mécréant. Et lorsque le mécréant entrera en enfer il n’en sortira plus jamais, preuve en est les verset 64 et 65 de sourate al-ahzab :

﴿إِنَّ اللَّهَ لَعَنَ الْكَافِرِينَ وَأَعَدَّ لَهُمْ سَعِيرًا خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾

ce qui signifie : « Allah a maudit les mécréants, Il leur a réservé l’enfer où ils y resteront éternellement. »

 وَفِي هَذِهِ الْمَسْئَلَةِ خَالَفَ جَهْمٌ وَابْنُ تَيْمِيَةَ، وَكَانَ ابْنُ تَيْمِيَةَ قَبْلَ أَنْ يَقُولَ هَذَا كَفَّرَ جَهْمًا لِقَوْلِهِ بِفَنَاءِ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ ثُمَّ شَارَكَهُ ابْنُ تَيْمِيَةَ فِي نِصْفِ عَقِيدَتِهِ فَقَالَ بِفَنَاءِ النَّارِ فَهُوَ أَخُو جَهْمٍ.

Et sur cette question, à savoir que les mécréants resteront éternellement en enfer, deux hommes célèbres ont contredit le Qour’an, le premier de ces deux hommes s’appelle Jahm Ibnou Safwan et le deuxième s’appelle Ahmad Ibnou Taymiyah. Auparavant, Ibnou Taymiyah disait que Jahm était mécréant parce qu’il disait que le paradis et l’enfer avaient une fin, et Ibnou Taymiyah l’a contredit en disant que c’est de la mécréance, parce que Ibnou Taymiyah a pour croyance que le paradis n’a pas de fin, puis Ibnou Taymiyah était d’accord avec lui dans la moitié de sa croyance, comme Jahm, Ibnou Taymiyah a dit que l’enfer avait une fin, donc c’est son frère. C’est son frère puisqu’ils ont la même croyance au sujet de l’enfer, mais ils sont des frères mécréants, parce qu’ils contredisent le Qour’an, car Dieu dit dans le verset 65 de sourate al-ahzab :

﴿خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾

ce qui signifie : « ils y resteront éternellement » et eux disent : « non l’enfer a une fin. »

Et le jugement d’une parole qui revient à démentir Dieu est que c’est une parole de mécréance. C’est pour cela qu’en contredisant le Qour’an, Jahm et Ibnou Taymiyah sont sortis de l’Islam.

 قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمَنْ أَدَّى أَعْظَمَ حُقُوقِ اللَّهِ بِتَوْحِيدِهِ تَعَالَى أَيْ تَرْكِ الإِشْرَاكِ بِهِ شَيْئًا وَتَصْدِيقِ رَسُولِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يَخْلُدُ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خُلُودًا أَبَدِيًّا وَإِنْ دَخَلَهَا بِمَعَاصِيهِ وَمَآلُهُ فِي النِّهَايَةِ عَلَى أَيِّ حَالٍ كَانَ الْخُرُوجُ مِنَ النَّارِ وَدُخُولُ الْجَنَّةِ بَعْدَ أَنْ يَكُونَ قَدْ نَالَ الْعِقَابَ الَّذِي يَسْتَحِقُّ إِنْ لَمْ يَعْفُ اللَّهُ عَنْهُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : quant à celui qui s’acquitte du plus éminent des droits que Allah a sur lui, en n’adorant Allah uniquement, c’est-à-dire en se gardant de Lui associé quoi que ce soit, et en reconnaissant la véridicité de Son Messager, celui qui aura accompli cela ne restera pas éternellement à jamais dans le feu de la géhenne, même s’il y entre un certain temps à cause de ses péchés, sa destinée finale sera de sortir de l’enfer et d’entrer au paradis après avoir subi le châtiment qu’il mérite, si Allah ne lui a pas pardonné auparavant.

الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي أَدَّى أَعْظَمَ حُقُوقِ اللَّهِ وَهُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ وَاجْتَنَبَ الْكُفْرَ هَذَا إِنْ مَاتَ لا يُخَلَّدُ فِي النَّارِ إِنْ دَخَلَهَا مَهْمَا كَانَتْ ذُنُوبُهُ وَلا بُدَّ أَنْ يَدْخُلَ الْجَنَّةَ بَعْدَ أَنْ يُعَاقَبَ بِذُنُوبِهِ الَّتِي كَانَ اقْتَرَفَهَا، هَذَا إِنْ لَمْ يَغْفِرِ اللَّهُ لَهُ ذُنُوبَهُ

Commentaire : celui qui a accompli le plus éminent des droits que Dieu a sur Ses esclaves, à savoir de croire en Dieu et de croire en Son Messager, et qui aura évité la mécréance, s’il meurt, il ne restera pas éternellement en enfer et ceci quel que soit ses péchés, nécessairement il ira au paradis après avoir reçu la punition pour ses péchés qu’il avait commis, dans le cas où Dieu ne lui pardonne pas ses péchés, mais si Dieu lui pardonne ses péchés, il ne sera pas du tout châtier et il ira au paradis sans châtiment

فَحُكْمُ الْمُسْلِمِ الْعَاصِي الَّذِي مَاتَ قَبْلَ التَّوْبَةِ أَنَّهُ تَحْتَ الْمَشِيئَةِ إِمَّا أَنْ يُعَذِّبَهُ اللَّهُ ثُمَّ يُدْخِلَهُ الْجَنَّةَ وَإِمَّا أَنْ يَعْفُوَ عَنْهُ.

Et le jugement du musulman désobéissant qui est mort avant le repentir, c’est qu’il est sous la volonté de Dieu, c’est-à-dire qu’il sera soit châtié pour ses péchés dont il n’a pas fait le repentir ensuite Dieu le fait entrer au paradis, soit Allah lui pardonne ses péchés et ne le châtie pas. Nous demandons à Allah qu’Il nous pardonne.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: يَخْرُجُ مِنَ النَّارِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَفِي قَلْبِهِ وَزْنُ ذَرَّةٍ مِنْ إِيـمَانٍ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le Prophète a dit :

يَخْرُجُ مِنَ النّارِ مَنْ قالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ وَفِي قَلْبِهِ وَزْنُ ذَرَّةٍ مِنْ إِيمانٍ

ce qui signifie : « sortira de l’enfer quiconque a dit :لا إله إلَّا الله –Il n’est de Dieu que Dieu– en ayant dans son cœur ne serai ce que le poids infime de foi. » Hadithrapporté par al-Boukhariyydans son sahih.

الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ مَنْ مَاتَ وَفِي قَلْبِهِ وَزْنُ ذَرَّةٍ مِنْ إِيـمَانٍ أَيْ أَقَلُّ الإِيـمَانِ لا بُدَّ أَنْ يَخْرُجَ مِنَ النَّارِ وَإِنْ دَخَلَهَا بِمَعَاصِيهِ

Commentaire : Ainsi, celui qui meurt et qui a dans son cœur le poids d’un grain de poussière de foi, c’est-à-dire le minimum de la foi, nécessairement sortira de l’enfer même s’il y rentre à cause de ses péchés.

وَالذَّرُّ هُوَ الَّذِي مِثْلُ الْغُبَارِ يُرَى لَمَّا يَدْخُلُ نُورُ الشَّمْسِ مِنَ الْكَوَّهِ، وَيُطْلَقُ عَلَى النَّمْلِ الأَحْمَرِ الصَّغِيرِ، وَإِذَا أَرَدْتَ الْمُفْرَدَ قُلْتَ ذَرَّةٌ وَيُقَالُ لِلْجَمْعِ ذَرٌّ.

Le mot « dharr » que le prophète a utilisé dans ce hadith est un pluriel de « dharrah », et ça peut avoir le sens de la particule de poussière que l’on voit en suspension dans l’air lorsqu’un rayon de soleil passe par une fente, et c’est ce même terme qui désigne les petites fourmis rouges.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَمَّا الَّذِي قَامَ بِتَوْحِيدِهِ تَعَالَى وَاجْتَنَبَ مَعَاصِيَهُ وَقَامَ بِأَوَامِرِهِ فَيَدْخُلُ الْجَنَّهَ بِلا عَذَابٍ حَيْثُ النَّعِيمُ الْمُقِيمُ الْخَالِدُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : quant à celui qui s’en tient à la croyance en Son unicité ta^ala, qui se garde de désobéir à Dieu, qui accomplit ce que Dieu ordonne entrera au paradis sans châtiment, là où se trouve la félicité éternelle à jamais.

 الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي ءَامَنَ بِاللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ وَنَزَّهَهُ عَنْ مُشَابَهَةِ خَلْقِهِ وَأَدَّى الْفَرَائِضَ وَاجْتَنَبَ الْمُحَرَّمَاتِ فَهُوَ التَّقِيُّ الَّذِي مَآلُهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ أَنْ يَدْخُلَ الْجَنَّةَ لا يَلْقَى جُوعًا وَلا عَطَشًا وَلا نَكَدًا فِي الْقَبْرِ وَلا فِي الآخِرَةِ، بَلْ يَدْخُلُ الْجَنَّةَ حَيْثُ النَّعِيمُ الْمُقِيمُ، فَيَكُونُ مَأْوَاهُ الَّذِي لا يَخْرُجُ مِنْهُ.

Commentaire : quant à celui qui s’en tient donc à la croyance en l’unicité de Dieu, c’est-à-dire qui aura exempté Dieu de toute ressemblance avec Ses créatures, qui aura accompli les obligations, qui aura évité les péchés, celui-là est appelé le pieux -at-taqiyy- c’est celui-là dont le devenir au jour du jugement sera d’entrer au paradis, et au paradis il n’aura ni faim, ni soif, ni tristesse, et ceci ni dans sa tombe ni dans l’au-delà. Mais il entrera au paradis là où se trouve la félicité ininterrompue, éternelle, ce sera la demeure de son refuge final, duquel il ne sortira jamais.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: بِدِلالَةِ الْحَدِيثِ الْقُدْسِيِّ الَّذِي رَوَاهُ أَبُو هُرَيْرَةَ قَالَ رَسُولُ اللَّهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: أَعْدَدْتُ لِعِبَادِيَ الصَّالِحِينَ مَا لا عَيْنٌ رَأَتْ وَلا أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلا خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : preuve en est le hadith *qoudsiyy qu’a rapporté le compagnon Abou Hourayrah que Dieu l’agrée : il a dit : le Messager de Allah a dit :

قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: أَعْدَدْتُ لِعِبَادِيَ الصَّالِحِينَ مَا لا عَيْنٌ رَأَتْ وَلا أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلا خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ

ce qui signifie : « Allah ^Azza wajall dit : « J’ai préparé pour Mes esclaves vertueux ce qu’aucun œil n’a vue, aucune oreille n’a entendu, et ce qui n’a pas même effleuré le cœur d’un être humain. »

Donc le hadith qoudsiyy signifie : Allah ^Azza wajall dit : « J’ai préparé pour Mes esclaves vertueux -c’est-à-dire les pieux, ceux qui s’acquittent des devoirs et évite les péchés- ce qu’aucun œil n’a jamais vue -c’est-à-dire que ça sera au paradis- aucune oreille n’a jamais entendu -c’est-à-dire que ça sera au paradis- et ce qui n’a pas même traversé le cœur d’un être humain -c’est-à-dire quelque chose qui est au-delà de ce que la personne imaginerait comme plaisir-.

* hadith qoudsiyy : lorsqu’on dit hadith qoudsiyy c’est-à-dire que c’est un hadith dans lequel le Messager rapporte en disant : « Dieu a dit », cependant, les termes du hadith sont les termes composés par le Prophète, ce n’est pas comme le Qour’an, car ce n’est pas le prophète qui a composé les termes du Qour’an, et à la différence du Qour’an, nous ne recitons pas le hadith qoudsiyy durant la prière.

وَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ: إِقْرَءُوا إِنْ شِئْتُمْ قَوْلَهُ تَعَالَى: ﴿فَلا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَّا أُخْفِيَ لَهُم مِّنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ﴾ [سُورَةَ السَّجْدَة/17] رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ فِي الصَّحِيحِ.

Et pour encourager les gens à œuvrer pour l’au-delà, Abou Hourayrah que Allah l’agrée a dit : « récitez si vous le voulez, Sa parole ta^ala-sourate as-sadjdah verset 17- :

﴿فَلا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَّا أُخْفِيَ لَهُم مِّنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ﴾

qui signifie : « aucune âme ne sait ce qui leur a été caché comme réjouissance pour les yeux, en récompense de ce qu’ils faisaient comme bonnes œuvres. » Et ceci a été rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih.

   الشَّرْحُ قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿قُرَّةِ أَعْيُنٍ﴾ أَيْ شَىْءٌ تَقَرُّ بِهِ أَعْيُنُهُمْ أَيْ تَفْرَحُ بِهِ مِمَّا لَمْ يُطْلِعِ اللَّهُ عَلَيْهِ مَلائِكَتَهُ وَلا أَنْبِيَائَهُ، فَالنَّعِيمُ الْخَاصُّ الْمُعَدُّ لِلصَّالِحِينَ لَمْ يَرَهُ الرَّسُولُ وَلا الْمَلائِكَةُ وَلا خُزَّانُ الْجَنَّةِ الْمُوَظَّفُونَ هُنَاكَ، وَقَدْ فُسِّرَتِ الآيَةُ بِهَذَا الَّذِي جَاءَ فِي هَذَا الْحَدِيثِ الْقُدْسِيِّ.

Commentaire : la parole de Dieu : ﴿قُرَّةِ أَعْيُنٍ﴾ signifie qu’il y a au paradis comme de source de joie ce qui vont leur réjouir le regard, c’est-à-dire que c’est quelque chose qui va leur procurer du plaisir dans leur cœur, et ce plaisir que Dieu a réservé pour les pieux au paradis n’a même pas été connu par les anges ni les prophètes, c’est-à-dire que même les anges et les prophètes n’ont pas vue ce plaisir que Dieu réserve pour les pieux. Ainsi, cette félicité particulière que Dieu a réservé pour les vertueux n’a pas été vue par le Messager, ni par les anges, et même les anges gardiens qui ont des fonctions au paradis n’ont pas vue cette félicitée que Dieu a réservé pour les pieux. Et le verset 17 de sourate as-sadjdah a justement été expliqué par ce qui est parvenu dans le hadith qoudsiyy précédemment cité.

Informations utiles :

Le moujadid est un savant. Dieu fait que le moujadid est vivant à chaque passage de siècle de l’hégire. Ce savant renforce l’appelle à l’Islam, il ne ramène pas quelque chose de nouveau, cette religion est la même depuis 15 siècle, elle ne disparaitra pas jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de musulman sur Terre. Mais la loi de notre prophète sera appliquée.

Parmi les moujadid, il y a en a un qui s’appelle Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed qui est le moujadid du quatrième siècle de l’hégire. Notre Chaykh a dit : il nous a été autorisé de rapporter d’une chaîne de transmission ininterrompue jusqu’au livre al-qadr de al-Bayhaqiyy qui rapporte de ach-charif al-^Othmaniyy qu’il a dit : j’ai entendu l’imam Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed dire : « nos œuvres sont des signes pour la récompense et le châtiment. Nos œuvres sont des signes qui indiquent quel sera notre état dans l’au-delà. »

Cet homme, l’imam Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed a été cité par al-Hakim dans son moustadrak qu’il était le moujadid, celui qui renouvelle l’appel à l’Islam du quatrième siècle de l’hégire.

Ainsi, al-Hakim a d’abord cité qui était le moujadid, c’est-à-dire celui qui renouvelle et renforce l’appel à l’Islam du premier siècle de l’hégire, c’était ^Oumar Ibnou ^Abd l-^aziz, il était vivant lors du passage du premier siècle de l’hégire au deuxième siècle de l’hégire. Et il est indispensable que le moujadid soit vivant lors du passage de siècle. Al-Hakim a cité que le moujadid du deuxième siècle de l’hégire était l’imam Ach-Chafi^iyy Mouhammed fils de ‘Ydris, il est né en 150 de l’hégire et est mort en 204 de l’hégire. Et il a cité que le moujadid, c’est-à-dire celui qui a renouvelé l’appelle à l’Islam du troisième siècle de l’hégire, c’est l’imam, le Faqih chafi^ite Ibnou Sourayj, que Dieu les agrée tous. Et il a dit à propos de l’imam Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed fils de Souleymane qu’il était le quatrième moujadid, il était célèbre et connu en tant qu’imam chez tous musulman. Et ce savant, sehel fils de Mouhammed faisait partie des ach^arites. Les ach^arites et les matouridites sont ahlou sounnah. La voie correcte dans la croyance est la voie de ces deux groupes de savant, à savoir ceux qui ont suivi l’imam al-Ach^ariyy et ceux qui ont suivi l’imam al-Matouridiyy. Et ces deux imam ont une particularité, ils se sont appliqués à résumer la croyance du salaf, à savoir des musulmans des trois premiers siècles de l’hégire. Et ce savant Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed était ach^arites, tout comme de nombreux illustres savants dans le hadith, dans la jurisprudence, dans la piété, dans l’ascèse étaient des ach^arites.

Celui qui connait la vérité aura su cela, et celui qui ignore la vérité ne l’aura pas su. Les mouchabbihah, c’est-à-dire les assimilationnistes avaient pris pour ennemi les ach^arites par le passé et récemment, parce que la source à laquelle les assimilationnistes s’abreuvent est loin de la source des ach-ach^arites. Les ach^arites exemptent Dieu de toute ressemblance de Dieu avec Ses créatures d’aucune manière que ce soit, quant aux assimilationnistes -les mouchabbihah- le tachbih coule dans leur veine, c’est-à-dire l’assimilation de Dieu avec Ses créatures. Les mouchabbihah -les assimilationnistes- recitent le verset 11 de sourate ach-choura :

لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ

qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui », mais ils contredisent sa signification. Ceux qui ont véritablement cru en ce verset 11 de sourate ach-choura sont ceux qui ont exempté Dieu de toute ressemblance avec les créatures d’aucune manière que ce soit. Tout comme l’a dit l’Imam Abou Ja^far AtTahawiyy a dit :

وَمَنْ وَصَفَ اللَّهَ بِمَعْنًى مِنْ مَعَانِى الْبَشَرِ فَقَدْ كَفَرَ

ce qui signifie : « et celui qui qualifie Allah par une signification des humains est certes devenu mécréant. »

بَيَانُ أَقْسَامِ الْكُفْرِ

   وَاعْلَمْ يَا أَخِي الْمُسْلِمَ أَنَّ هُنَاكَ اعْتِقَادَاتٍ وَأَفْعَالًا وَأَقْوَالًا تَنْقُضُ الشَّهَادَتَيْنِ وَتُوقِعُ فِي الْكُفْرِ لِأَنَّ الْكُفْرَ ثَلاثَةُ أَنْوَاعٍ: كُفْرٌ اعْتِقَادِيٌّ وَكُفْرٌ فِعْلِيٌّ وَكُفْرٌ لَفْظِيٌّ، وَذَلِكَ بِاتِّفَاقِ الْمَذَاهِبِ الأَرْبَعَةِ كَالنَّوَوِيِّ وَابْنِ الْمُقْرِي مِنَ الشَّافِعِيَّةِ وَابْنِ عَابِدِينَ مِنَ الْحَنَفِيَّةِ وَالْبُهُوتِيِّ مِنَ الْحَنَابِلَةِ وَالشَّيْخِ مُحَمَّدِ عِلَّيْشٍ مِنَ الْمَالِكِيَّةِ وَغَيْرِهِمْ فَلْيَنْظُرْهَا مَنْ شَاءَ.

L’exposé des sortes de mécréance

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : sache mon frère en islam qu’il existe des croyances, des actes et des paroles qui annulent les deux témoignages et font tombés dans la mécréance, parce que la mécréance est de trois sortes : il y a la mécréance par la croyance, la mécréance par les actes et la mécréance par les paroles. Et cette classification en trois catégories est par accord des savants des 4 écoles comme An-Nawawiyy et Ibnou l-Mouqriyy chez les chafi^ites, Ibnou ^Abidin chez les hanafites, al-Bouhoutiyy chez les hanbalites, et le Chaykh Mohammed ^illaych parmi les malikites et d’autres qu’eux, et celui qui le souhaite, qu’il vérifie.

وَكَذَلِكَ غَيْرُ عُلَمَاءِ الْمَذَاهِبِ الأَرْبَعَةِ مِنَ الْمُجْتَهِدِينَ الْمَاضِينَ كَالأَوْزَاعِيِّ فَإِنَّهُ كَانَ مُجْتَهِدًا لَهُ مَذْهَبٌ كَانَ يُعْمَلُ بِهِ ثُمَّ انْقَرَضَ أَتْبَاعُهُ.

Et ce ne sont pas uniquement les savants des quatre écoles, mais c’est également le cas pour d’autres savants que ceux des quatre écoles parmi les moujtahid du passé comme Al-‘Awza^iyy, Al-‘Awza^iyy qui était un moujtahid ayant une école -un madh-hab- qui était autrefois suivi mais dont les disciples ont fini par disparaitre. C’est-à-dire que son école n’a pas été retenu et transmise comme ce fut le cas pour les quatre école.

الشَّرْحُ أَنَّ مِمَّا اسْتَدَلَّ بِهِ أَهْلُ الْحَقِّ عَلَى أَنَّ الْكُفْرَ ثَلاثَةُ أَقْسَامٍ ءَايَاتٍ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿يَحْلِفُونَ بِاللَّهِ مَا قَالُوا وَلَقَدْ قَالُوا كَلِمَةَ الْكُفْرِ وَكَفَرُوا بَعْدَ إِسْلامِهِمْ﴾ [سُورَةَ التَّوْبَة/74] فَهَذِهِ الآيَةُ يُفْهَمُ مِنْهَا أَنَّ الْكُفْرَ مِنْهُ قَوْلِيٌ، وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ الَّذِينَ ءَامَنُوا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ ثُمَّ لَمْ يَرْتَابُوا﴾ [سُورَةَ الْحُجُرَات/15] فَهَذِهِ الآيَةُ يُفْهَمُ مِنْهَا أَنَّ الْكُفْرَ مِنْهُ اعْتِقَادِيٌّ لِأَنَّ الِارْتِيَابَ أَيِ الشَّكَّ يَكُونُ بِالْقَلْبِ، وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿لا تَسْجُدُوا لِلشَّمْسِ وَلا لِلْقَمَرِ﴾ [سُورَةَ فُصِّلَت/37] يُفْهَمُ مِنْهُ أَنَّ الْكُفْرَ مِنْهُ فِعْلِيٌّ

Commentaire : et parmi les preuves qui indiquent que la mécréance est bien classée en trois catégories, comme l’ont dit les savants des quatre écoles et d’autre qu’eux, il y a des versets du Qour’an et des hadith qui sont des preuves de cette classification. En autre la parole de Allah ta^ala dans sourate at-tawbah verset 74 :

يَحْلِفُونَ بِٱللَّهِ مَا قَالُوا۟ وَلَقَدْ قَالُوا۟ كَلِمَةَ ٱلْكُفْرِ وَكَفَرُوا۟ بَعْدَ إِسْلَٰمِهِمْ

qui signifie : « ils jurent par Dieu qu’ils ne l’ont pas dite, alors qu’ils ont effectivement dit la parole de mécréance, ils ont ainsi montré leur mécréance après avoir montré l’Islam. » Ce verset est donc une preuve qu’il y a une mécréance par la parole. Et parmi les versets du Qour’an qui indiquent qu’il y a une mécréance par la croyance, il y a le verset 15 de sourate al-houjourat :

إِنَّمَا ٱلۡمُؤۡمِنُونَ ٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ بِٱللَّهِ وَرَسُولِهِۦ ثُمَّ لَمۡ يَرۡتَابُواْ

qui signifie : « certes les croyants sont uniquement ceux qui ont cru en Allah et en Son Messager, et qui n’ont point douté. » Ce verset est une preuve qu’il y a une mécréance par la croyance. Et parmi les versets qui indiquent qu’il y a une mécréance qui a lieu par les actes, il y a par exemple la parole de Allah ta^ala dans sourate al-foussilat verset 37 :

لَا تَسۡجُدُواْ لِلشَّمۡسِ وَلَا لِلۡقَمَرِ

ce qui signifie : « ne vous prosternez ni pour le soleil ni pour la lune. » On comprend de ce verset qu’il y a une mécréance par les actes.

وَهَذِهِ الْمَسْئَلَةُ إِجْمَاعِيَّةٌ اتَّفَقَ عَلَيْهَا عُلَمَاءُ الْمَذَاهِبِ الأَرْبَعَةِ.

Ainsi, la question de la classification de la mécréance en trois catégories est une question faisant l’objet de l’unanimité des savants des 4 écoles.

وَكُلٌّ مِنَ الثَّلاثَةِ كُفْرٌ بِمُفْرَدِهِ فَالْكُفْرُ الْقَوْلِيُّ كُفْرٌ وَلَوْ لَمْ يَقْتَرِنْ بِهِ اعْتِقَادٌ وَلا فِعْلٌ، وَالْكُفْرُ الْفِعْلِيُّ كُفْرٌ وَلَوْ لَمْ يَقْتَرِنْ بِهِ اعْتِقَادٌ وَانْشِرَاحُ الصَّدْرِ بِهِ وَلا قَوْلٌ، وَالْكُفْرُ الِاعْتِقَادِيُّ كُفْرٌ وَلَوْ لَمْ يَقْتَرِنْ بِهِ قَوْلٌ وَلا فِعْلٌ.

Et chacune de ces trois catégories de mécréance suffit pour faire sortir la personne de l’Islam, ce n’est pas une condition qu’une mécréance d’une catégorie donnée soit accompagnée d’une mécréance d’une autre catégorie pour que cela fasse sortir la personne de l’Islam. Ainsi, chaque catégorie de mécréance à elle seule suffit pour faire sortir la personne de l’Islam. Par exemple la mécréance par la parole est une mécréance, c’est-à-dire que celui qui dit une parole de mécréance sort de l’Islam, même s’il n’a pas la croyance ni commis un acte qui corresponds à cette parole. Et la mécréance par les actes est une mécréance à elle seule, c’est-à-dire qu’à elle toute seule la mécréance par les actes fait sortir la personne de l’Islam même si elle n’est pas accompagnée par une croyance ou d’une satisfaction par le cœur ni d’une parole. Et la mécréance par la croyance est une mécréance à elle seule même si elle n’est pas accompagnée de parole ni d’acte.

وَإِنَّمَا يُشْتَرَطُ لِلْقَوْلِ الْكُفْرِيِّ انْشِرَاحُ الصَّدْرِ فِي الْمُكْرَهِ عَلَى قَوْلِ الْكُفْرِ بِالْقَتْلِ وَنَحْوِهِ. فَالْمُكْرَهُ هُوَ الَّذِي لا يَكْفُرُ لِمُجَرَّدِ الْقَوْلِ بَعْدَ أَنْ أُكْرِهَ إِلَّا أَنْ يَشْرَحَ صَدْرَهُ بِمَا يَقُولُهُ فَعِنْدَئِذٍ يَكْفُرُ، لِأَنَّ الْمُسْلِمَ الْمُكْرَهَ عَلَى قَوْلِ الْكُفْرِ إِنْ قَالَ كَلِمَةَ الْكُفْرِ لإِنْقَاذِ نَفْسِهِ مِمَّا هَدَّدَهُ بِهِ الْكُفَّارُ وَقَلْبُهُ غَيْرُ مُنْشَرِحٍ بِمَا يَقُولُهُ فَلا يُحْكَمُ بِكُفْرِهِ، وَأَمَّا إِنْ تَغَيَّرَ خَاطِرُهُ بَعْدَ الإِكْرَاهِ فَشَرَحَ صَدْرَهُ بِقَوْلِ الْكُفْرِ كَفَرَ، وَهَذَا مَعْنَى قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿مَنْ كَفَرَ بِاللَّهِ مِنْ بَعْدِ إِيـمَانِهِ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ وَلَكِنْ مَّنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ﴾

[سُورَةَ النَّحْل/106

La satisfaction par le cœur est une condition pour que la personne sorte de l’Islam lorsqu’elle prononce une parole de mécréance dans le cas où la personne a dit la parole de mécréance parce qu’elle est menacée de mort, c’est-à-dire qu’elle était sous la contrainte de mort. Mais si la personne dit cette parole de mécréance sous la contrainte de mort et qu’elle s’en satisfait par le cœur, c’est-à-dire qu’elle accepte la mécréance, alors c’est une mécréance pour elle, même si la personne était sous la contrainte de mort. Ainsi, la personne échappe à la mécréance par la parole dans le cas où la personne est sous la contrainte de mort et qu’elle prononce la parole de mécréance à la suite de cette contrainte sans l’acceptée par le cœur, dans cette situation ce n’est pas une mécréance. Ainsi, nous allons prendre en compte le fait que la personne se soit satisfaite de la parole de mécréance ou pas dans le cas où la personne est menacée de mort, c’est-à-dire qu’elle est sous la contrainte de mort. Ce qui indique cela, c’est la parole de Allah dans sourate an-nahl verset 106 :

مَن كَفَرَ بِٱللَّهِ مِنۢ بَعْدِ إِيمَٰنِهِۦٓ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُۥ مُطْمَئِنٌّۢ بِٱلْإِيمَٰنِ وَلَٰكِن مَّن شَرَحَ بِٱلْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ ٱللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ


qui signifie : « si quelqu’un fait de la mécréance après avoir été musulman [il subira le châtiment de Allah] sauf celui qui est sous la menace[d’être exécuté ou de ce qui revient au même] et dont le cœur est apaisé par la foi, mais si quelqu’un ouvre son cœur à la mécréance il subira le châtiment de Allah. »

Et comme exemples de paroles qui font sortir de l’Islam, il y a ceux qui prétendent l’unité de l’existence, qui prétendent que tout est Allah, c’est une parole qui fait sortir de l’Islam, ou encore la parole de ceux qui disent que Allah s’incarne dans Ses créatures -qu’Il prendrait place dans Ses créatures- c’est l’unité de l’incarnation, c’est également une mécréance.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْكُفْرُ الِاعْتِقَادِيُّ: مَكَانُهُ الْقَلْبُ كَنَفْيِ صِفَةٍ مِنْ صِفَاتِ اللَّهِ تَعَالَى الْوَاجِبَةِ لَهُ إِجْمَاعًا كَوُجُودِهِ وَكَوْنِهِ قَادِرًا وَكَوْنِهِ سَمِيعًا بَصِيرًا أَوِ اعْتِقَادِ أَنَّهُ نُورٌ بِمَعْنَى الضَّوْءِ أَوْ أَنَّهُ رُوحٌ، قَالَ الشَّيْخُ عَبْدُ الْغَنِيِّ النَّابُلُسِيُّ: مَنِ اعْتَقَدَ أَنَّ اللَّهَ مَلَأَ السَّمَوَاتِ وَالأَرْضَ أَوْ أَنَّهُ جِسْمٌ قَاعِدٌ فَوْقَ الْعَرْشِ فَهُوَ كَافِرٌ وَإِنْ زَعَمَ أَنَّهُ مُسْلِمٌ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la mécréance par la croyance : son siège est le cœur, comme renier l’un des attributs de Allah ta^ala qui est obligatoirement Sien par unanimité, comme la science, ou bien l’existence, ou le fait qu’Il soit tout puissant, ou qu’Il entende ou qu’Il voit, ou croire que Dieu serait une luminosité ou qu’Il serait une âme. Le Chaykh ^Abdou l-Ghaniyy An-Naboulousiyy a dit : « si quelqu’un croit que Allah est un corps qui remplit les cieux et la Terre ou qu’Il est un corps assis au-dessus du Trône, c’est un mécréant même s’il prétend qu’il est musulman. »

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ نَفَى وُجُودَ اللَّهِ بِقَلْبِهِ فَهُوَ كَافِرٌ، وَكَذَلِكَ مَنِ اعْتَقَدَ أَنَّ اللَّهَ غَيْرُ قَادِرٍ عَلَى كُلِّ شَىْءٍ أَوْ شَكَّ فِي قُدْرَتِهِ عَلَى كُلِّ شَىْءٍ.

Commentaire : celui qui nie par son cœur l’existence de Allah, c’est un mécréant. Parmi les exemples de mécréance par la croyance il y a celui qui croit que Allah n’est pas sur toute chose tout puissant ou qui doute de la toute-puissance de Allah sur toute chose.

فَلا يُعْذَرُ أَحَدٌ فِي الْجَهْلِ بِقُدْرَةِ اللَّهِ وَنَحْوِهَا مِنْ صِفَاتِهِ مَهْمَا بَلَغَ الْجَهْلُ بِصَاحِبِهِ.

Nul n’est excusé pour son ignorance à propos de la toute-puissance de Dieu et ce qui est de cet ordre de parmi Ses attributs, quel que soit le degré d’ignorance que cet personne a atteint.

وَأَمَّا إِذَا قَالَ قَائِلٌ اللَّهُ نُورٌ فَلا يُعْتَرَضُ عَلَيْهِ إِلَّا إِذَا كَانَ يَعْتَقِدُ أَنَّهُ نُورٌ بِمَعْنَى الضَّوْءِ عِنْدَئِذٍ يَكْفُرُ

Par ailleurs, si quelqu’un dit : « Allah est Nour » nous n’émettons pas d’objection contre lui, [parce que ce nom est cité dans le Qour’an au sujet de Dieu] sauf s’il avait pour croyance que Nour vient dans le sens de la lumière au sujet de Dieu, à ce moment-là il devient mécréant parce qu’il aura assimilé Dieu à Ses créatures [dans la langue arabe, « nour » a un de ses sens qui est lumière].

أَمَّا إِذَا قَالَ اللَّهُ نُورٌ وَلَمْ يُفْهَمْ مَاذَا يَقْصِدُ فَلا يُكَفَّرُ

Cependant s’il dit : « Allah est Nour » mais nous ne savions pas ce qu’il visait, il n’est pas déclaré mécréant [nous utilisons délibérément le terme en arabe « Nour », on ne parle pas de celui qui dit un mot en français, là nous parlons du jugement de ce mot en arabe].

وَلا يُقَالُ لَهُ حَرَامٌ أَنَّ تَقُولَ هَذَا لِأَنَّهُ وَرَدَ فِي تَعْدَادِ أَسْمَاءِ اللَّهِ الْحُسْنَى عِنْدَ الْبَيْهَقِيِّ وَغَيْرِهِ.

Et nous ne disons pas à celui qui dit Nour que c’est interdit de dire cela, parce que le nom Nour nous est parvenu dans l’énumération des noms parfaits de Allah, c’est-à-dire que parmi les noms parfaits de Dieu il y a Nour, et ceci a été rapporté par al-Bayhaqiyy et d’autres que lui.

وَكَذَلِكَ وَرَدَ فِي بَعْضِ رِوَايَاتِ تَعْدَادِ أَسْمَاءِ اللَّهِ الْمُنِيرُ وَهُوَ تَفْسِيرٌ لِاسْمِ اللَّهِ النُّورِ.

Et de même, il est parvenu dans certaines versions que de parmi les noms de Allah il y a al-Mounir, et le nom de Allah al-Mounir est une explication du nom de Allah An-Nour. Al-Mounir c’est Celui Qui éclair, Dieu a éclairé les endroits qu’Il a voulu dans les cieux et les Terres.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْكُفْرُ الْفِعْلِيُّ: كَإِلْقَاءِ الْمُصْحَفِ فِي الْقَاذُورَاتِ قَالَ ابْنُ عَابِدِينَ: وَلَوْ لَمْ يَقْصِدِ الِاسْتِخْفَافَ، لِأَنَّ فِعْلَهُ يَدُلُّ عَلَى الِاسْتِخْفَافِ. أَوْ أَوْرَاقِ الْعُلُومِ الشَّرْعِيَّةِ، أَوْ أَيِّ وَرَقَةٍ عَلَيْهَا اسْمٌ مِنْ أَسْمَاءِ اللَّهِ تَعَالَى مَعَ الْعِلْمِ بِوُجُودِ الِاسْمِ فِيهَا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la mécréance par les actes : comme jeté le livre du Qour’an -al-moushaf- dans un endroit répugnant. Ibnou ^Abidin [qui est un savant hanafite] a dit : « même s’il n’avait pas l’intention du rabaissement car son geste indique le rabaissement. » C’est-à-dire que si une personne a jeté le livre du Qour’an dans un endroit répugnant, c’est de la mécréance même s’il n’avait pas l’intention du rabaissement car son geste indique le rabaissement. Il en est de même pour les feuilles de sciences de la religion, ou toute feuille sur laquelle il y aurait un des noms de Allah ta^ala en sachant que ce nom s’y trouve.

Ainsi, s’il y avait le nom de Allah sur une feuille, et que la personne savait que le nom de Allah figurait sur cette feuille, puis qu’il jette cette feuille dans un endroit répugnant, c’est de la mécréance.

الشَّرْحُ قَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ: إِذَا رَمَى اسْمَ اللَّهِ فِي الْقَاذُورَاتِ عَلَى وَجْهِ الِاسْتِخْفَافِ كَفَرَ، أَمَّا إِذَا لَمْ يَكُنْ عَلَى وَجْهِ الِاسْتِخْفَافِ فَلا يَكُونُ رِدَّةً وَهَذَا فِي غَيْرِ الْمُصْحَفِ فَإِنَّ رَمْيَهُ فِي الْقَاذُورَاتِ كُفْرٌ لِأَنَّهُ يَدُلُّ عَلَى الِاسْتِخْفَافِ

Commentaire : certains savant ont dit : « si quelqu’un jette une feuille sur laquelle il y a le nom de Dieu dans un endroit répugnant par rabaissement c’est de la mécréance, mais si ce n’est pas par rabaissement ce n’est pas une apostasie, et ceci est pour autre que le moushaf -le Qour’an– car le fait de jeté le moushaf dans les qadhourat -dans les endroits répugnants- est de la mécréance, car que cela indique le rabaissement. »

وَقَالَ الْمَالِكِيَّةُ فِي كُتُبِهِمْ تَرْكُ وَرَقَةٍ فِي الْقَاذُورَاتِ مَكْتُوبٌ فِيهَا قُرْءَانٌ اسْتِخْفَافًا رِدَّةٌ وَكُفْرٌ، أَمَّا الَّذِي يَتْرُكُهَا لَيْسَ لِلِاسْتِخْفَافِ بِهَا، بَلْ يَعْتَقِدُ أَنَّ لَهَا حُرْمَةً لَكِنْ تَرَكَهَا تَكَاسُلًا فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ، وَلَكِنَّهُ أَثِمَ إِثْمًا كَبِيرًا

Les malikites ont dit dans leurs livres : « celui qui laisse délibérément une feuille sur laquelle il y a le Qour’an dans les endroits répugnants, c’est de la mécréance et c’est de l’apostasieCependant, celui qui laisse cette feuille sur laquelle il y a du Qour’an non pas par rabaissement, il la laisse en ayant pour conviction que cette feuille sur laquelle il y a du Qour’an est respectable et qu’il l’a laissée juste par paresse, il ne devient pas mécréant mais il aura commis un grand péché. »

وَهَذَا الَّذِي قَالَهُ الْمَالِكِيَّةُ يُوَافِقُ عَلَيْهِ سَائِرُ أَهْلِ الْمَذَاهِبِ الأُخْرَى لَكِنَّ الْمَالِكِيَّةَ نَصُّوا عَلَيْهِ أَمَّا الآخَرُونَ فَلَمْ يَنُصُّوا عَلَيْهِ فِيمَا أَعْلَمُ لَكِنْ قَوَاعِدُهُمْ تُوَافِقُ عَلَى ذَلِكَ.

Ce qu’ont dit les malikites [à savoir que si quelqu’un laisse une feuille sur laquelle il y a du Qour’an dans un endroit répugnant, sans que ce soit par rabaissement, en ayant pour conviction que c’est quelque chose de respectable, il a simplement laissé par paresse, alors dans ce cas-là il ne devient pas mécréant mais il aura commis un grand péché] est une règle que à propos de laquelle sont d’accord toutes les autres écoles. Cependant les malikites ont énoncé cette règle, tandis que les autres ne l’ont pas énoncé d’après mes connaissances, cependant leur règle, les lois sur lesquelles ils sont d’accord sont en conformités avec ce qui a été dit par les malikites.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمَنْ عَلَّقَ شِعَارَ الْكُفْرِ عَلَى نَفْسِهِ مِنْ غَيْرِ ضَرُورَةٍ فَإِنْ كَانَ بِنِيَّةِ التَّبَرُّكِ أَوِ التَّعْظِيمِ أَوِ الِاسْتِحْلالِ كَانَ مُرْتَدًّا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : celui qui accroche sur lui un signe de mécréance sans nécessité, s’il le fait dans l’intention d’en rechercher des bénédictions ou de le vénéré ou en considérant que c’est licite, il devient apostat.

   الشَّرْحُ أَمَّا إِنْ عَلَّقَهُ لا بِنِيَّةِ إِحْدَى هَذِهِ الْمَذْكُورَاتِ فَلا يَكْفُرُ لَكِنَّهُ أَثِمَ إِثْمًا كَبِيرًا.

Commentaire : cependant, s’il accroche sur lui ce signe de mécréance mais sans avoir les intentions précédemment citées, [ce n’est pas pour rechercher le tabarrouk, ce n’est pas pour glorifier, ce n’est pas en se rendant licite le fait de porter ce signe des mécréants] il ne devient pas mécréant mais il aura commis un grand péché.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْكُفْرُ الْقَوْلِيُّ: كَمَنْ يَشْتِمُ اللَّهَ بِقَوْلِهِ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ مِنَ الْكُفْرِ: أُخْتَ رَبِّكَ، أَوِ ابْنَ اللَّهِ، يَقَعُ الْكُفْرُ هُنَا وَلَوْ لَمْ يَعْتَقِدْ أَنَّ لِلَّهِ أُخْتًا أَوِ ابْنًا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la mécréance par la parole : si quelqu’un blasphème contre Allah ta^ala en disant, que Allah nous préserve de la mécréance : « ‘ouktha rabbika » ce qui signifie : « sœur de ton Seigneur », ou bien : « ‘ibna l-Lah » ce qui signifie : « fils de Dieu », la mécréance à lieu dans ces cas-là, et ceci même s’il n’a pas cru que Allah a une sœur ou un fils.

Car chacune des catégories de mécréance à elle seule suffit pour faire tomber la personne dans la mécréance et faire sortir la personne de l’islam. Et le Chaykh a cité un exemple qui revient à attribuer à Allah un fils ou une sœur, dans ce cas-là, la personne qui a dit ça sort de l’Islam même si elle n’accompagne pas cette parole d’une croyance ni qu’elle ne commette un acte qui accompagne cette parole de mécréance, c’est-à-dire que sans y croire ni en ne commettant un acte, la personne est sortie de l’Islam par cette parole.

الشَّرْحُ وَيَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ قَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: شَتَمَنِي ابْنُ ءَادَمَ وَلَمْ يَكُنْ لَهُ ذَلِكَ وَفَسَّرَ ذَلِكَ بِقَوْلِهِ: وَأَمَّا شَتْمُهُ إِيَّايَ فَقَوْلُهُ: اتَّخَذَ اللَّهُ وَلَدًا رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.                                            

Commentaire : et ce qui indique cela c’est la parole du prophète :

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: شَتَمَنِي ابْنُ ءَادَمَ وَلَمْ يَكُنْ لَهُ ذَلِكَ

qui signifie : « Allah ta^ala dit : l’être humain M’a insulté, et il n’avait pas à M’insulté. »

وَفَسَّرَ ذَلِكَ بِقَوْلِهِ

ce qui signifie : « et Dieu a expliqué cela par Sa parole :

وَأَمَّا شَتْمُهُ إِيَّايَ فَقَوْلُهُ: اتَّخَذَ اللَّهُ وَلَدًا

qui signifie : pour ce qui est de son insulte à Mon encontre c’est qu’il dise : « Allah a eu un fils.» Hadith rapporté par al-Boukhariyy.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ نَادَى مُسْلِمٌ مُسْلِمًا ءَاخَرَ بِقَوْلِهِ: يَا كَافِرُ بِلا تَأْوِيلٍ كَفَرَ الْقَائِلُ لِأَنَّهُ سَمَّى الإِسْلامَ كُفْرًا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si un musulman appelle un autre musulman en lui disant : « eh mécréant » sans ta’wil -sans interprétation- [c’est-à-dire sans qu’il y ait une cause sur laquelle il se soit basé en ayant pensé qu’elle fait sortir de l’Islam alors qu’en réalité elle ne fait pas sortir de l’Islam et en ayant à ce sujet une sorte de confusion] alors celui qui dit cela devient mécréant car il a qualifié l’Islam de mécréance.

Donc si une personne « A » qualifie une personne « B » qui est musulmane de mécréante, ça revient à qualifier l’Islam de mécréance, c’est donc une mécréance.

الشَّرْحُ يَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ مَا رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ فِي الصَّحِيحِ وَغَيْرُهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: مَنْ رَمَى مُسْلِمًا بِالْكُفْرِ أَوْ قَالَ عَدُوَّ اللَّهِ إِلَّا عَادَتْ عَلَيْهِ إِنْ لَمْ يَكُنْ كَمَا قَالَ

Commentaire : et ce qui indique cela c’est la parole du prophète rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih et d’autres qui est :

مَنْ رَمَى مُسْلِمًا بِالْكُفْرِ أَوْ قَالَ عَدُوَّ اللَّهِ إِلَّا عَادَتْ عَلَيْهِ إِنْ لَمْ يَكُنْ كَمَا قَالَ

ce qui signifie : « celui qui accuse un musulman de mécréance, ou s’il dit d’un musulman qu’il est l’ennemi de Dieu, alors cette accusation retombera sur celui qui a parlé si ce qu’il a dit n’était pas vrai. »

وَفِي لَفْظٍ لِهَذَا الْحَدِيثِ: إِذَا قَالَ الرَّجُلُ لِأَخِيهِ يَا كَافِرُ فَقَدْ بَاءَ بِهَا أَحَدُهُمَا فَإِنْ كَانَ كَمَا قَالَ وَإِلَّا رَجَعَتْ عَلَيْهِ

Et dans une autre version de ce hadith rapportée par Mouslim dans son sahih, le prophète a dit :

إِذَا قَالَ الرَّجُلُ لِأَخِيهِ يَا كَافِرُ فَقَدْ بَاءَ بِهَا أَحَدُهُمَا فَإِنْ كَانَ كَمَا قَالَ وَإِلَّا رَجَعَتْ عَلَيْهِ

ce qui signifie : « lorsqu’un musulman dit à son frère : « tu es mécréant » alors c’est une accusation qui va retomber sur l’un des deux, soit c’est comme il a dit, soit cette accusation retombera sur celui qui a parlé. »

فَقَدْ حَذَّرَنَا رَسُولُ اللَّهِ فِي هَذَا الْحَدِيثِ مِنْ أَنْ نَقُولَ لِمُسْلِمٍ: كَافِرٌ، أَوْ عَدُوَّ اللَّهِ، وَبَيَّنَ لَنَا أَنَّ مَنْ قَالَ ذَلِكَ لِمُسْلِمٍ يَعُودُ عَلَيْهِ وَبَالُ هَذِهِ الْكَلِمَةِ

Ainsi le messager de Allah nous a fortement mis en garde contre le fait de dire à un musulman : « tu es mécréants» ou bien : « tu es l’ennemie de Dieu », et dans ce hadith, le prophète nous a expliqué que si cette accusation est infondée, elle retombera sur celui qui a parlé.

أَمَّا مَنْ قَالَ لِمُسْلِمٍ يَا عَدُوَّ اللَّهِ أَوْ أَنْتَ عَدُوُّ اللَّهِ بِسَبَبٍ شَرْعِيٍّ فَلَيْسَ عَلَيْهِ حَرَجٌ، أَيْ لَيْسَ فِيهِ مَعْصِيَةٌ.

Quant à celui qui parle à un musulman en lui disant : « ô l’ennemi de Dieu » ou il lui dit : « tu es un ennemi» avec une raison valable, alors il n’y a pas de conséquence pour celui qui a parlé, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de péché.

وَإِنْ كَانَ قَالَ لَهُ ذَلِكَ مُتَأَوِّلًا بِنَوْعِ تَأْوِيلٍ فَلا يَكْفُرُ

Et s’il dit cela à cause d’une mauvaise interprétation -d’un mauvais ta’wil- il ne devient pas mécréant.

وَالتَّأْوِيلُ مَعْنَاهُ أَنَّهُ اعْتَمَدَ عَلَى سَبَبٍ فِي ذَلِكَ الشَّخْصِ ظَنَّهُ مُخْرِجًا مِنَ الإِسْلامِ وَهُوَ فِي الْحَقِيقَةِ لَيْسَ مُخْرِجًا مِنَ الإِسْلامِ، وَكَانَ لَهُ فِي ذَلِكَ نَوْعُ شُبْهَةٍ أَيِ الْتِبَاسٍ فَإِنَّ الْمُكَفِّرَ هُنَا لا يَكْفُرُ كَمَا أَنَّ الْمُكَفَّرَ لَمْ يَكْفُرْ

Le ta’wil [dans ce contexte] signifie que la personne s’est basée sur quelque chose provenant de cette personne, et il pensait [du fait de ce qu’il a observé provenant de cette personne] que cette personne était sortie de l’Islam, alors qu’en réalité cette personne n’était pas sortie de l’Islam. Et il avait à ce sujet une sorte de tromperie et de duperie, il avait une certaine dose de confusion en cela. Dans ce cas de figure, celui qui a déclaré mécréant le musulman ne sort pas de l’Islam tout comme celui qui a été accusé de mécréance ne sort pas de l’Islam.

ومِثَالُ ذَلِكَ رَجُلٌ بَلَغَهُ أَنَّ فُلانًا انْتَحَرَ فَقَالَ مَاتَ كَافِرًا وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ، فَهَذَا الْمُكَفِّرُ إِنْ كَانَ جَاهِلًا يَظُنُّ أَنَّ الِانْتِحَارَ وَحْدَهُ كُفْرٌ وَلا يَعْرِفُ أَنَّ الِانْتِحَارَ بِمُجَرَّدِهِ لَيْسَ كُفْرًا لَمْ يَكْفُرْ لِأَنَّهُ لَهُ تَأْوِيلًا.

Et comme exemple de cela, s’il est parvenu à un homme que untel s’est suicidé, et cet homme à qui la nouvelle est parvenu a dit : « malheur à lui, il est mort mécréant », eh bien, celui qui a déclaré mécréant celui qui s’est suicidé, si c’est par ignorance comme s’il pensait que le suicide à lui seul faisait sortir de l’Islam et qu’il ne savait pas que le suicide à lui seul n’est pas quelque chose qui fait sortir de l’Islam, eh bien celui qui a déclaré mécréant ne sort pas de l’Islam parce qu’il a fait une mauvaise interprétation [parce qu’il a mal compris quelque chose].

وَمِنَ التَّأْوِيلِ أَيْضًا أَنْ يَفْعَلَ هَذَا الْمُسْلِمُ فِعْلًا يُشْبِهُ فِعْلَ الْكُفَّارِ فَيَظُنُّ بِهِ أَنَّهُ لا يُحِبُّ الإِسْلامَ أَوْ لا يَعْتَقِدُ الإِسْلامَ فَكَفَّرَهُ بِنَاءً عَلَى هَذَا الظَّنِّ، لِمَا رَأَى مِنْهُ مِنْ فِعْلٍ خَبِيثٍ أَوْ قَوْلٍ خَبِيثٍ.

Également, parmi les sortes de mauvaises interprétations, il y a qu’un musulman fasse un acte qui correspond à l’acte des mécréants, et que celui qui le voit pense que c’est quelqu’un qui a renié l’islam, qu’il n’aime plus l’Islam, qu’il ne croit plus en l’Islam, et du fait de ce qu’il a vu il l’a déclaré mécréant en se basant sur cette conjecture, parce qu’il a vue des actes laids ou des paroles laides.

ثُمَّ إِنَّهُ يُوجَدُ مَسْئَلَةٌ نَفِيسَةٌ يَنْبَغِي بَيَانُهَا أَلا وَهِيَ أَنَّهُ لا يَكْفُرُ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ مَنْ وَقَعَ فِي بَعْضِ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ إِنَّمَا يَكْفُرُ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ مَنْ وَقَعَ فِي بَعْضِ الأَنْوَاعِ الأُخْرَى مِنَ الْكُفْرِ، لِأَنَّ الْكُفْرَ نَوْعَانِ:

نَوْعٌ ظَاهِرٌ لَيْسَ فِيهِ خِلافٌ بِأَنَّهُ كُفْرٌ بَيْنَ الأَئِمَّةِ وَبِأَنَّ مَنْ فَعَلَهُ فَقَدْ كَفَرَ فَمَنْ لَمْ يُكَفِّرْ فَاعِلَهُ يَكْفُرُ.

Une règle très précieuse qu’il convient d’expliquer, c’est que ne deviens pas mécréant celui qui ne déclare pas mécréant celui qui est tombé dans une des sortes de mécréance, mais deviens mécréant celui qui ne déclare pas mécréant quelqu’un qui est tombé dans d’autres sortes de mécréances.Parceque la mécréance est de deux sortes : il y a une première sorte de mécréance qui est évidente, au sujet de laquelle il n’y a pas de divergence au sein de la communauté que c’est de la mécréance, et que celui qui la commet devient mécréant et que celui qui ne déclare pas mécréant celui qui la commet devient lui-même mécréant.

Ainsi, il y a une sorte de mécréance qui est claire, à propos de laquelle il n’y a pas de divergence, c’est-à-dire que tous les musulmans sont d’accord à propos de cette chose là que c’est une mécréance et que celui qui l’a fait devient mécréant, dans ce cas-là, celui qui ne le déclare pas mécréant sort de l’Islam, parce que c’est une mécréance claire et qui fait l’objet de l’unanimité.

فَالْكُفْرُ الَّذِي مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ صَاحِبَهُ يَكْفُرُ هُوَ كَسَبِّ اللَّهِ، أَوِ الأَنْبِيَاءِ، أَوِ احْتِقَارِ دِينِ الإِسْلامِ، أَوْ إِنْكَارِ الْبَعْثِ بَعْدَ الْمَوْتِ أَوِ الثَّوَابِ أَوِ الْعِقَابِ هَذَا مَنْ شَكَّ فِي كُفْرِهِ يَكْفُرُ.

Et la mécréance à propos de laquelle celui qui ne déclare pas mécréant celui l’ayant commise devient alors lui-même mécréant c’est comme insulter Dieu, ou insulter les prophètes, ou mépriser la religion de l’Islam, ou renier la résurrection après la mort ou la récompense ou le châtiment, celui qui doute à propos de celui qui commet une telle mécréance, lui-même devient mécréant. C’est-à-dire que si quelqu’un entend un autre insulter Dieu, ou il insulte le prophète, et il dit : « peut-être qu’il n’est pas mécréant », c’est à dire qu’il doute de la mécréance de celui-là, eh bien celui qui ne déclare pas mécréant celui qui a insulté Dieu ou insulté le prophète sort de l’Islam, parce que c’est une mécréance à propos de laquelle il n’y a pas de divergence au sein de la communauté.

وَالنَّوْعُ الآخَرُ هُوَ الْكُفْرُ الَّذِي هُوَ كُفْرٌ لَكِنَّهُ إِذَا إِنْسَانٌ لَمْ يُكَفِّرْ مَنْ حَصَلَ مِنْهُ ذَلِكَ الْكُفْرُ لا يَكْفُرُ مَعَ أَنَّ هَذَا كُفْرٌ كَمَا أَنَّ ذَاكَ كُفْرٌ لَكِنَّ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ هَذَا الَّذِي ارْتَكَبَ نَوْعًا مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ لا يَكْفُرُ

Et le deuxième cas est une mécréance également, cependant, si quelqu’un n’a pas déclaré mécréant celui à propos duquel provient cette deuxième sorte de mécréance, il ne devient pas mécréant, bien que la première sorte soit une mécréance, et que la deuxième sorte est une mécréance, celui qui ne déclare pas mécréant celui qui a commis cette deuxième sorte de mécréance, il ne devient pas mécréant.

فَيُعْلَمُ مِنْ هَذَا أَنَّ هَذِهِ الْكَلِمَةَ الَّتِي يُرَدِّدُهَا بَعْضُ النَّاسِ لَيْسَتْ قَاعِدَةً فَانْبُذُوهَا وَحَذِّرُوا مِنْهَا لِأَنَّهُ لا يَصِحُّ أَنْ تُقَالَ، وَهَذِهِ الْكَلِمَةُ هِيَ: مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ كَافِرًا كَفَرَ.

Nous apprenons à partir de là, que cette phrase que répète certaine personne n’est pas une règle, alors rejetez là et mettez en garde contre elle, parce qu’il n’est pas valide de la dire. Et cette parole est : « celui qui ne déclare pas mécréant le mécréant, alors il est mécréant »,

هَذِهِ الْكَلِمَةُ لا تُقَالُ لِأَنَّ الْكُفْرَ نَوْعَانِ نَوْعٌ شَأْنُهُ أَنَّهُ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ فَاعِلَهُ يَكْفُرُ وَنَوْعٌ لا يُكَفَّرُ مَنْ تَرَدَّدَ هَلْ هَذَا كُفْرٌ أَمْ لا.

On ne dit pas cette parole, parce que la mécréance est de deux sortes, il y a une mécréance telle que celui qui ne déclare pas mécréant celui qui la commet devient mécréant, et il y a une deuxième sorte de mécréance telle que celui qui hésite si c’est de la mécréance ou pas, il ne devient pas mécréant, parce que c’est n’est pas toute les mécréances qui sont connues de tout le monde.

فَالْكُفْرُ الَّذِي مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ صَاحِبَهُ يَكْفُرُ هُوَ كَسَبِّ اللَّهِ، أَوِ الأَنْبِيَاءِ، أَوِ احْتِقَارِ دِينِ الإِسْلامِ، أَوْ إِنْكَارِ الْبَعْثِ بَعْدَ الْمَوْتِ أَوِ الثَّوَابِ أَوِ الْعِقَابِ فَإِنَّ هَذَا مَنْ شَكَّ فِي كُفْرِهِ يَكْفُرُ.

La mécréance à propos de laquelle celui qui ne déclare pas mécréant celui qui la commet devient lui-même mécréant, c’est comme celui qui insulte Dieu, ou qui insulte les prophètes, ou celui qui rabaisse la religion de l’Islam, ou celui qui renie la résurrection après la mort, ou qui renie la récompense ou le châtiment. Celui qui doute de cette mécréance-là, il devient lui-même mécréant.

Informations utiles :

Question : quelqu’un qui doit de l’argent à un autre, comme s’il a acheté avec un paiement différé, ou il a acheté de lui avec as-salam, et l’échéance est arrivée, et lui a les moyens de rembourser sa dette, c’est-à-dire qu’il n’est pas incapable de rembourser, mais malgré cela il lui promet de le rembourser mais il ne le fait pas, quel est son cas ?

Si l’échéance est arrivée et lui a les moyens de rembourser sa dette, c’est-à-dire qu’il n’est pas incapable, mais malgré cela il lui promet de le rembourser mais il ne le fait pas, ceci s’appelle retarder -différer- le remboursement d’une dette, et c’est un grand péché.

Quant à celui qui est riche, il n’a pas à différer ou retarder le remboursement d’une dette. Et celui qu’on qualifie de riche est celui qui a au-delà de ses besoins de base, il a au-delà de ce qui lui permet de rembourser sa dette, c’est celui-là que nous appelons riche dans ce chapitre.

Il y a énormément de choses qui sont au-delà des besoins de base, de sorte qu’il n’y a presque pas une maison dans laquelle nous ne trouvons pas ce qui est au-delà des besoins de base.

Donc si le prêteur dit à l’emprunteur : « rembourse-moi, rends-moi mon argent », l’emprunteur n’a a pas à lui dire : « moi je n’ai pas » s’il est riche. L’emprunteur va devoir vendre ces choses qui sont chez lui et qui sont au-delà des besoins de base pour rembourser, il n’a pas à lui dire : « non moi je n’ai pas de quoi te rembourser. »

Donc celui qui a au-delà de ses besoins de base, au-delà des besoins de ses épouses, au-delà des besoins de ses enfants qui ne sont pas pubères, au-delà des besoin de ses parents qui sont pauvres, il n’a pas à différer le remboursement et ne pas rembourser son créancier, à savoir celui à qui il doit de l’argent. Et beaucoup de gens tombent dans cela parce qu’il ne leur est pas facile de se passer de choses auxquelles ils se sont habitués. C’est juste parce qu’ils se sont habitués à voir ces choses-là. Pourtant, le prophète nous a expliqué que dans ce bas monde tu peux rembourser tes dettes avec des dinar, des dirhams, mais dans l’au-delà tu n’auras pas la capacité de rembourser tes dettes de cette manière-là. Alors que chacun s’acquitte des droits qu’il lui incombe avant que ne vienne un jour durant lequel il n’y aura ni dinar ni dirham.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ لِلْمُسْلِمِ يَا يَهُودِيُّ أَوْ أَمْثَالَهَا مِنَ الْعِبَارَاتِ بِنِيَّةِ أَنَّهُ لَيْسَ بِمُسْلِمٍ إِلَّا إِذَا قَصَدَ أَنَّهُ يُشْبِهُ الْيَهُودَ فَلا يَكْفُرُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : apostasie celui qui dit à un musulman : « eh mécréant » ou toute expression similaire dans le but de dire qu’il n’est pas musulman, sauf s’il visait qu’il ressemble aux mécréants, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.

الشَّرْحُ إِنْ كَانَ هُنَاكَ شَىْءٌ ظَنَّ مِنْ أَجْلِهِ أَنَّهُ كَفَرَ فَقَالَ لَهُ يَا كَافِرُ لا نُكَفِّرُهُ كَأَنْ كَانَ يَرَاهُ يُجَالِسُ الْكُفَّارَ وَيَوَادُّهُمْ وَيُخَالِطُهُمْ أَوْ يُوَافِقُهُمْ فِي كَثِيرٍ مِنْ أُمُورِهِمْ فَقَالَ لَهُ أَنْتَ كَافِرٌ ظَنًّا مِنْهُ أَنَّهُ يَعْتَقِدُ اعْتِقَادَهُمْ أَوْ أَنَّهُ يَسْتَحْسِنُ دِينَهُمْ.

Commentaire : s’il y a quelque chose à cause de laquelle il a pensé que ce musulman était devenu mécréant, et il lui a dit : « eh mécréant », alors nous ne le déclarons pas mécréant, comme s’il l’avait vu côtoyer les mécréants, être amie avec eux, se mélanger à eux, ou faire la même chose qu’eux dans beaucoup de leurs sujets, puis il lui a dit : « tu es mécréant » en pensant qu’il avait renié l’Islam et qu’il s’était mis à croire leurs croyances, ou qu’il approuvait leurs religions, alors il ne devient pas mécréant.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ قَالَ شَخْصٌ لِزَوْجَتِهِ أَنْتِ أَحَبُّ إِلَيَّ مِنَ اللَّهِ أَوْ أَعْبُدُكِ كَفَرَ إِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا الْعِبَادَةَ الَّتِي هِيَ خَاصَّةٌ لِلَّهِ تَعَالَى.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si un homme dit à son épouse « je t’aime plus que je n’aime Dieu » ou il lui dit : « je t’adore », il devient alors mécréant s’il en comprend le sens de l’adoration qui est réservé à Allah ta^ala.

الشَّرْحُ هَذَا اللَفْظُ صَرِيحٌ فِي الْكُفْرِ لِأَنَّ اللَّهَ يَجِبُ مَحَبَّتُهُ أَكْثَرَ مِنْ كُلِّ شَىْءٍ، فَمَنْ أَحَبَّ شَيْئًا أَكْثَرَ مِنَ اللَّهِ فَقَدْ كَفَرَ.

Commentaire : lorsque quelqu’un dit « je t’aime plus que Allah » c’est une parole qui est explicite dans la mécréance, parce qu’il est un devoir d’aimer Allah plus que tout autre chose, celui donc qui aime quelque chose plus qu’il n’aime Allah, il devient mécréant.

وَأَمَّا مَنْ قَالَ لِزَوْجَتِهِ أَعْبُدُكِ وكَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا أُحِبُّكِ مَحَبَّةً شَدِيدَةً فَهَذَا لا نُكَفِّرُهُ. 

Quant à celui qui dit à sa femme « je t’adore » sans en comprendre le sens de l’adoration qui est réservé à Dieu, mais il en comprend « je t’aime beaucoup », dans ce cas-là il n’est pas déclaré mécréant.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ قَالَ شَخْصٌ لِآخَرَ اللَّهُ يَظْلِمُكَ كَمَا ظَلَمْتَنِي كَفَرَ الْقَائِلُ لِأَنَّهُ نَسَبَ الظُّلْمَ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى، إِلَّا إِذَا كَانَ يَفْهَمُ أَنَّ مَعْنَى يَظْلِمُكَ يَنْتَقِمُ مِنْكَ فَلا نُكَفِّرُهُ، بَلْ نَنْهَاهُ

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si quelqu’un dit à une autre personne : « Allah youdhlimouka kama dhalmataniy » il devient mécréant, parce qu’il aura attribué l’injustice à Allah, à moins qu’il n’ait compris que : « Allah youdhlimouka kama dhalmataniy » aurait signifié : « que Allah te châtie tout comme tu as été injuste envers moi », dans ce cas-là nous ne le jugeons pas mécréant mais nous lui interdisons de le dire, parce que le verbe yadhlim signifie être injuste, et nous n’attribuons pas l’injustice à Dieu.

الشَّرْحُ الظُّلْمُ مُسْتَحِيلٌ عَلَى اللَّهِ قَالَ تَعَالَى: ﴿وَمَا رَبُّكَ بِظَلَّامٍ لِلْعَبِيدِ﴾، [سُورَةَ فُصِّلَت/46]، وَالظُّلْمُ مَعْنَاهُ التَّصَرُّفُ فِي مِلْكِ الْغَيْرِ بِمَا لا يَرْضَى، وَاللَّهُ يَتَصَرَّفُ بِمِلْكِهِ فَنَحْنُ وَمَا نَمْلِكُ مِلْكٌ لَهُ.

Commentaire : l’injustice est impossible au sujet de Allah, Dieu dit dans sourate al-foussilat verset 46 :

وَمَا رَبُّكَ بِظَلَّامٍ لِّلْعَبِيدِ

ce qui signifie : « et ton Seigneur n’est en rien injuste envers les esclaves. » Et la définition de adh-dhouloum -l’injustice- c’est le fait d’agir dans la propriété d’autrui sans son accord, or Allah agit dans ce qui Lui appartient, car nous, ainsi que ce que nous possédons appartenons à Dieu.

فَمَنْ يَقُولُ اللَّهُ يَظْلِمُكَ وَيَقِفُ عِنْدَهَا يَكْفُرُ وَلا تَأْوِيلَ لِكَلامِهِ، وَمَنْ يَشُكُّ فِي ذَلِكَ يَكْفُرُ وَلَوْ نَوَى أَنَّهُ يَنْتَقِمُ مِنْكَ.

Ainsi, celui qui dit : « que Dieu soit injuste envers toi » et ne dit rien d’autres, là il devient mécréant, il n’y a pas d’interprétation à sa parole par un autre sens que le sens apparent. Et celui qui doute à ce sujet devient mécréant, même s’il visait : « que Dieu me venge de toi»

وَأَمَّا مَنْ قَالَ اللَّهُ يَظْلِمُكَ كَمَا ظَلَمْتَنِي إِنْ فَهِمَ مِنْهُ اللَّهُ يَنْتَقِمُ مِنْكَ قَالَ بَعْضُهم لا يَكْفُرُ.

Quant à celui qui dit : « Allah youdhlimouka kama dhalmataniy» en comprenant de cela : « que Allah me venge de toi, tout comme tu as été injuste envers moi », certains savants ont dit : « il ne devient pas mécréant par le fait qu’il a utilisé le même verbe qui indique être injuste. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ قَالَ شَخْصٌ لِشَخْصٍ ءَاخَرَ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ يَلْعَنْ رَبَّكَ كَفَرَ. وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ لِلْمُسْلِمِ يَلْعَنْ دِينَكَ قَالَ بَعْضُ الْفُقَهَاءِ إِنْ قَصَدَ سِيرَتَهُ فَلا يَكْفُرُ. قَالَ بَعْضُ الْحَنَفِيَّةِ: يَكْفُرُ إِنْ أَطْلَقَ، أَيْ إِنْ لَمْ يَقْصِدْ سِيرَتَهُ وَلا قَصَدَ دِينَ الإِسْلامِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si quelqu’un dit à une autre personne : « yal^an rabbaka » qui signifie : « maudit soit ton Dieu », il devient mécréant parce qu’il aura maudit Dieu -c’est une insulte à l’égard de Dieu-. De même devient mécréant celui qui dit à un musulman : « yal^an dinaka », parce que le sens apparent est : « que Dieu maudisse ta religion », s’il l’a dit à un musulman, il devient mécréant. Et certains spécialistes de la jurisprudence disent : « s’il visait son comportement, il ne devient pas mécréant », parce que dans la langue arabe, le mot « dinak » peut avoir le sens du comportement. Par conséquent, si lui visait le sens de comportement, il ne devient pas mécréant. Mais certains hanafites disent : « il devient mécréant s’il l’a dit dans l’absolue », c’est-à-dire sans rien viser, ni viser la religion ni viser le comportement, dans un tel cas il devient mécréant.

الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي يَقُولُ يَلْعَنْ رَبَّكَ كَفَرَ كُفْرًا صَريِحًا لا تَأْوِيلَ لَهُ، وَأَمَّا مَنْ قَالَ لِلْمُسْلِمِ يَلْعَنْ دِينَكَ فَإِنْ قَصَدَ سِيرَتَهُ أَيْ عَادَتَهُ وَأَخْلاقَهُ فَلا يَكْفُرُ. 

Commentaire : celui qui dit : « yal^an rabbaka » devient mécréant d’une mécréance explicite qui ne comporte pas d’interprétation possible. Quant à celui qui dit à un musulman : « yal^an dinaka », s’il vise sa conduite, -c’est-à-dire sa manière de se comporter -ses caractères- alors il ne devient pas mécréant.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ فُلانٌ زَاحَ رَبِّي لِأَنَّ هَذَا فِيهِ نِسْبَةُ الْحَرَكَةِ وَالْمَكَانِ لِلَّهِ. وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ قَدَّ اللَّهِ يَقْصِدُ الْمُمَاثَلَةَ. وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ نَسَبَ إِلَى اللَّهِ جَارِحَةً مِنَ الْجَوَارِحِ كَقَوْلِ بَعْضِ السُّفَهَاءِ يَا زُبَّ اللَّهِ وَهُوَ لَفْظٌ صَرِيحٌ فِي الْكُفْرِ لا يُقْبَلُ فِيهِ التَّأْوِيلُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit à quelqu’un d’autre : « foulan zaha rabbi » ce qui signifie : « untel a bousculé mon Dieu », que Dieu nous en garde, car cela revient à attribuer à Allah un mouvement et un lieu. De même, devient mécréant celui qui dit « qadda l-Lah », que Allah nous en garde, en visant la similarité avec Allah, qui signifie : « autant que Dieu » -il aura attribué à Dieu la quantité-. De même, devient mécréant celui qui attribue à Allah un organe, comme en disant la parole de certains impudents : « ya zoubba Allah » et le mot « zoubb » signifie : « le pénis », cette expression est de la mécréance explicite, aucune interprétation n’en est acceptée, c’est une mécréance sans aucun doute.

الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِينَ يَتَلَفَّظُونَ بِهَذَا اللَّفْظِ يَفْهَمُونَ أَنَّ مَعْنَى الزُّبِّ الآلَةُ الَّتِي هِيَ الذَّكَرُ، وَلا يُسْتَبْعَدُ مِنْ كَثِيرٍ مِنَ الْجَهَلَةِ اعْتِقَادُ أَنَّ اللَّهَ لَهُ هَذِهِ الآلَةُ فَقَدْ أَخْبَرَنِي ثِقَةٌ بِأَنَّهُ كَانَ يُحَذِّرُ أَهْلَهُ الَّذِينَ بِبَلْدَةِ بلُودَان مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ قَالَ حَذَّرْتُ امْرَأَةً مِنْ قَرَائِبِي كَبِيرَةً فِي السِّنِّ مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ فَقَالَتْ أَلَيْسَ لَهُ ذَلِكَ الشَّىْءُ، وَلَقَدْ شَاعَتْ فِي عِدَّةِ قُرَى فِي لُبْنَانَ وَفِي سُورِيَا فَلا يَجُوزُ السُّكُوتُ عَنِ النَّهْيِ عَنْهَا بَلِ النَّهْيُ عَنْهَا أَوْلَى مِنَ النَّهْيِ عَنِ الزِّنَى وَالسَّرِقَةِ وَالرِّبَا وَالسُّفُورِ وَكَشْفِ الْمَرْأَةِ رَأْسَهَا فِي الطَّرِيقِ وَعَنِ السِّينَمَا، وَكَثِيرٌ مِنَ الْخُطَبَاءِ يَنْهَوْنَ عَنِ السُّفُورِ وَالسِّينَمَا وَلَمْ نَسْمَعْ مِنْ أَحَدٍ مِنَ الْخُطَبَاءِ أَنَّهُ نَهَى عَنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ. قَالَ لِي بَعْضُ أَهْلِ الشَّامِ: وَلَمْ أَسْمَعْ مَنْ يَنْهَى عَنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ إِلَّا شَيْخًا يُقَالُ لَهُ الشَّيْخُ خَالِدُ النَّقْشَبَنْدِيُّ نَهَى عَنْهَا عَلَى الْمِنْبَرِ فِي الزَّبَدَانِي.

Commentaire : ceux qui disent cette expression tout en comprenant le pénis -à savoir cette instrument propre à l’homme- deviennent mécréants -c’est-à-dire s’ils comprennent la langue-. Et ce n’est pas étonnant venant de la part de certains ignorants qu’ils aient pour croyance que Allah a cet organe, quelqu’un de confiance m’a dit qu’il mettait en garde sa famille qui était dans le village de baloudan contre cette expression, l’homme de confiance a dit : « j’ai mis en garde contre cette parole une femme de mes proches parents qui était âgée, et elle m’a dit : « mais Dieu n’a pas cet organe ? » Et cette expression s’est propagée dans certains villages au Liban et en Syrie, il n’est pas permis de se taire et de ne pas l’interdire,interdire cette expression est prioritaire sur le fait d’interdire la fornication, le vol, le riba, le fait que la femme sorte avec sa zone de pudeur découverte à l’extérieur ou au cinéma. Beaucoup d’orateurs interdisent le fait que la femme sorte la tête découverte ou au cinéma, mais nous n’avons pas entendu d’un de ces orateurs qu’il interdisait cette parole. Un des habitants de ach-cham m’a dit : « je n’ai entendu personne interdire cette parole excepté un Chaykh qui s’appelle le Chaykh Khalid an-Naqchabandiyy qui l’a interdite sur le minbar dans le quartier de az-Zabadaniyy. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ أَنَا رَبُّ مَنْ عَمِلَ كَذَا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit : « je suis le rabb de celui qui fait telle activité. »

الشرح أَنَّ قَائِلَ هَذِهِ الْعِبَارَةِ يَكْفُرُ لِأَنَّهُ جَعَلَ نَفْسَهُ رَبًّا لِلْعِبَادِ،

Commentaire : celui qui dit cette expression devient mécréant, parce qu’il s’est considéré comme étant un Dieu pour les gens.

أَمَّا إِذَا قَالَ أَنَا رَبُّ هَذِهِ الصَّنْعَةِ كَالتِّجَارَةِ بِمَعْنَى أَنِّي خَبِيرٌ بِهَا فَلا يَكْفُرُ

Quant à celui qui dit : « je suis le rabb de ce métier », comme le commerce, dans le sens que « je suis expert », alors il ne devient pas mécréant.

وَكَذَلِكَ يَصِحُّ أَنْ يُقَالَ لِمَنْ كَانَ يَمْلِكُ شَيْئًا كَدَابَّةٍ، أَوْ بُسْتَانٍ، أَوْ جَارِيَةٍ، أَوْ عَبْدٍ: فُلانٌ رَبُّ هَذِهِ الدَّابَّةِ أَوْ رَبُّ هَذِهِ الْجَارِيَةِ أَوْ رَبُّ هَذَا الْعَبْدِ بِمَعْنَى سَيِّدِهِ

Et de même il est valide de dire à propos de quelqu’un qui possède quelque chose comme un animal ou un verger ou une femme ou un esclave de dire : « untel est le rabb de cet animal » ou « untel est le rabb de cette femme », ou « untel est le rabb de cet esclave » dans le sens que c’est son maitre.

وَمِنْ هَذَا مَا جَاءَ فِي الْقُرْءَانِ الْكَرِيْمِ مِنْ قَوْلِ يُوسُفَ: ﴿اذْكُرْنِي عِنْدَ رَبِّكَ﴾ [سُورَةَ يُوسُف/42] فَمَنْ كَانَ فِي صُورَةِ الْعَبْدِ الْمَمْلُوكِ وَلَوْ لَمْ يَكُنْ حَقِيقَةً مَمْلُوكًا لِلشَّخْصِ يُطْلَقُ عَلَيْهِ مِنْ حَيْثُ الصُّورَةُ هَذَا عَبْدُ فُلانٍ

Et c’est à ce titre là qu’est l’usage du mot « ^abd » et « rabb » comme dans sourate Yousouf dans le verset 42 du Qour’an, la parole de notre maitre Yousouf :

اذْكُرْنِي عِندَ رَبِّكَ

qui signifie : « cite-moi auprès de ton rabb. » Celui qui était à l’image d’un esclave appartient à un maitre, même si en réalité il ne l’était pas, il est désigné du point de vue de l’apparence comme étant l’esclave de untel.

وَيُقَالُ لِلَّذِي هُوَ مُسْتَوْلٍ عَلَيْهِ هَذَا رَبُّ فُلانٍ

Et nous disons à propos de celui qui s’est emparé de lui : « c’est son rabb », c’est-à-dire que c’est son propriétaire.

أَمَّا النَّاسُ الأَحْرَارُ فَلا، لا يُقَالُ أَنَا رَبُّ النَّجَّارِينَ أَوْ رَبُّ الْبَنَّائِينَ

Mais à propos des gens libres nous ne disons pas cela. Par conséquent, on ne dit pas : « je suis le rabb des menuisiers », ou « je suis le rabb des maçon. »

وَكَذَلِكَ لا يَجُوزُ أَنْ يُقَالَ لِطَبِيبِ الْعُيُونِ رَبُّ الْعُيُونِ

Et de même, il n’est pas permis de dire d’un ophtalmologue : « il est le Dieu des yeux. »

وَقَدْ ذَكَرَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ الَّذِينَ تَلَقَّوِا الْعِلْمَ فِي مِصْرَ أَنَّهُ كَانَ طَبِيبُ عُيُونٍ مَاهِرٌ فَقَالَ عَنْ نَفْسِهِ: أَنَا رَبُّ الْعُيُونِ فَأُصِيبَ بِالْعَمَى، هُوَ كَفَرَ بِقَوْلِهِ هَذَا أَمَّا لَوْ قَالَ أَنَا رَبُّ طِبِّ الْعُيُونِ فَلا يَكْفُرُ.

Et un des savants qui a appris la science en Égypte a dit qu’il y avait un ophtalmologue qui était très fort dans son métier, et tellement que cet ophtalmologue était imbu de lui-même qu’il a dit : « je suis le rabb des yeux » qui signifie : « je suis le Dieu des yeux », et il est devenu aveugle, cet ophtalmologue a commis la mécréance en disant cela, mais s’il avait dit : « je suis le rabb de l’ophtalmologie », alors il ne serait pas devenu mécréant.

هَذَا إِنْ كَانَ يَفْهَمُ الْقَائِلُ تَصَرُّفَاتِ كَلِمَةِ رَبٍّ مِنْ حَيْثُ اللُّغَةُ وَأَمَّا مَنْ لا يَفْهَمُ ذَلِكَ فَيُحْكَمُ عَلَيْهِ بِحَسَبِ مَا يَلِيقُ بِحَالِهِ

Ce jugement concerne celui qui connait les déclinaison et les utilisations du mot « rabb » du point de vue de la langue. Quant à celui qui ne connait pas ses déclinaisons et ses différentes significations, alors il est jugé en fonction de ce qu’il convient par rapport à son état.

فَقَدْ عُرِفَ فِي اللُّغَةِ أَنْ يُقَالَ رَبُّ هَذِهِ الْجَارِيَةِ أَوْ رَبُّ هَذِهِ الدَّارِ أَوْ رَبُّ هَذَا الْبُسْتَانِ بِمَعْنَى مُسْتَحِقِّةِ

Il a été su dans la langue arabe que l’on peut dire : « untel est le rabb de cet esclave » ou bien : « le rabb de cette maison » ou bien : « le rabb de ce verger » dans le sens de celui à qui cela appartient.

قَالَ صَاحِبُ الْقَامُوسِ: رَبُّ كُلِّ شَىْءٍ مُسْتَحِقُّهُ

L’auteur de al-Qamous a donné la règle, il a dit : « le rabb de toute chose c’est celui qui en est propriétaire»

وَكَذَلِكَ إِذَا كَانَ الشَّخْصُ بَارِعًا فِي النَّحْوِ فَقَالَ قَائِلٌ: فُلانٌ رَبُّ النَّحْوِ فَلا يَكْفُرُ

De même, si quelqu’un était adroit dans la grammaire arabe et quelqu’un dit : « untel est rabb de la grammaire arabe », il ne devient pas mécréant.

وَكَذَلِكَ إِذَا كَانَ بَارِعًا فِي النِّجَارَةِ فَقَالَ فُلانٌ رَبُّ النِّجَارَةِ فَلا يَكْفُرُ

Et de même, si quelqu’un était adroit dans la menuiserie, et quelqu’un dit : « untel est rabb de la menuiserie », il ne devient pas mécréant.

أَمَّا لَوْ قَالَ فُلانٌ رَبُّ النَّجَّارِينَ فَيَكْفُرُ لِأَنَّهُ لا مَعْنَى لَهُ إِلَّا أَنَّهُ خَالِقُهُمْ

Quant à celui qui dit : « untel est le rabb des menuisiers », alors il devient mécréant, parce qu’il n’y a pas d’autres sens que le sens de leur créateur, donc il s’est attribué le fait d’être le créateur des menuisiers, et ceci est de la mécréance.

تَنْبِيهٌ: مِنَ الأَلْفَاظِ الْمُسْتَقْبَحَةِ مَا شَاعَ فِي بَعْضِ الْبِلادِ مِنْ قَوْلِهِمْ رَبُّ الْعَائِلَةِ وَيَعْنُونَ بِهِ صَاحِبَ الْعَائِلَةِ فَإِنَّهُ لا يَصِحُّ لُغَةً وَصْفُ شَخْصٍ بِأَنَّهُ رَبُّ الأَشْخَاصِ الأَحْرَارِ أَمَّا الْعَبِيدُ الْمَمْلُوكُونَ وَالإِمَاءُ الْمَمْلُوكَاتُ فَيَصِحُّ أَنْ يُقَالَ فُلانٌ رَبُّ هَؤُلاءِ الْعَبِيدِ وَرَبُّ هَؤُلاءِ الإِمَاءِ بِمَعْنَى الْمُسْتَحِقِّ وَالْمُخْتَصِّ بِمِلْكِهِمْ، أَمَّا مَنْ قَالَ فُلانٌ رَبُّ الْعَائِلَةِ أَوْ قَالَ رَبُّ الأُسْرَةِ وَكَانَ يَفْهَمُ مِنْ ذَلِكَ أَنَّهُ صَاحِبُهُمْ وَيَكْفِيهِمْ حَاجَاتِهِمْ فَلا يَكْفُرُ.

Mise en garde : contre une expression laide qui s’est propagée dans certains pays, ils disent : « rabbou l-^a’ilah » qui signifie : « le rabb de la famille », et ils visent par-là : « c’est le chef de la famille », et cet usage n’est pas valide selon la langue arabe. Ainsi, dans la langue arabe il n’est pas valide de qualifier quelqu’un qu’il est le rabb de gens qui sont libres, cependant il est valide de dire : « il est le rabb d’esclaves. » Ainsi il est valide de dire : « untel est le rabb de ses esclaves » dans le sens qu’il est leur propriétaire. En revanche, dire de quelqu’un qu’il est le rabb d’une famille tout en comprenant par cela qu’il est celui qui est le chef de famille, il est celui qui subvient aux besoins de la famille, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant, mais ce n’est pas un usage étant correcte.

وَأَمَّا حَدِيثُ: الْخَلْقُ كُلُّهُمْ عِيَالُ اللَّهِ وَأَحَبُّهُمْ إِلَى اللَّهِ أَنْفَعُهُمْ لِعِيَالِهِ

فَلَيْسَ صَحِيحًا، بَلْ هُوَ حَدِيثٌ سَاقِطٌ شَدِيدُ الضَّعْفِ وَبَعْضُ النَّاسِ يَفْهَمُونَهُ عَلَى اللُّغَةِ الْمَحَلِّيَّةِ فَيَقَعُونَ فِي الْكُفْرِ

Pour ce qui est du hadith qui signifie : « toutes les créatures ^iyalou l-Lah et celui que Allah agrée le plus d’entre elles c’est celui qui est le plus bénéfique et profitable pour ses ^iyal » il n’est pas sahih -ce hadith n’est pas authentique-. Et ce hadith est saqit -ce hadith est extrêmement faible- c’est-à-dire que sa chaine de transmission est extrêmement faible. Et certains comprennent le mot « ^iyal » dans le sens du dialecte local, et il tombe dans la mécréance.

فَإِنَّهُمْ يَفْهَمُونَ مِنْ كَلِمَةِ عِيَال أَبْنَاءَ وَلَيْسَ الْمَعْنَى كَذَلِكَ

Certains comprennent du mot « ^iyal » : « les enfants », alors que ce n’est pas le sens correct dans la langue. Donc celui qui comprend le mot « enfant » et dit que les créatures seraient des enfants de Dieu, c’est de la mécréance.

فَإِنَّ الْعِيَالَ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ مَعْنَاهُ النَّاسُ الَّذِينَ يُنْفِقُ عَلَيْهِمُ الشَّخْصُ لَوْ كَانُوا أَعْمَامَهُ وَأَخْوَالَهُ وَزَوْجَاتِهِ وَوَالِدَيْهِ بِمَعْنَى أَنَّهُمْ تَحْتَ نَفَقَتِهِ وَرِعَايَتِهِ لِكَوْنِهِمْ مُحْتَاجِينَ إِلَيْهِ وَيَكْفِيهِمْ نَفَقَاتِهِمْ، وَلا يُوجَدُ فِي اللُّغَةِ عِيَالٌ بِمَعْنَى الأَوْلادِ

Ainsi, dans la langue arabe, le mot « ^iyal » signifie « les gens qui sont à la charge d’une personne », même si ce sont ses oncles paternels, ses oncles maternels, ses épouses, ses parents, dans le sens qu’il subvient à leur charge, ils veillent sur eux, parce qu’ils ont besoin de lui et qu’il leur assure leur subsistance, leur suffisance. Et il n’y a pas dans la langue arabe le sens d’enfant pour « ^iyal. »

وَهَذِهِ الْعِبَارَةُ مِنْ جُمْلَةِ مَا أَخْرَجَهُ النَّاسُ عَنْ مَعْنَاهُ الأَصْلِيِّ فِي اللُّغَةِ إِلَى غَيْرِ مَعْنَاهُ

Ainsi, ce terme « ^iyal» fait partie des termes que les gens ont déformé, les gens ont donné à ce terme un autre sens que le sens d’origine dans la langue.

وَلَوْ صَحَّ هَذَا الْحَدِيثُ الَّذِي مَرَّ ذِكْرُهُ لَكَانَ مَعْنَاهُ فُقَرَاءُ اللَّهِ كَمَا قَالَ الْمُنَاوِيُّ عِنْدَ شَرْحِ هَذَا الْحَدِيثِ الَّذِي أَوْرَدَهُ السُّيُوطِيُّ فِي الْجَامِعِ الصَّغِيرِ

Et si ce hadith précédemment cité avait été authentique, il aurait eu le sens de ceux qui sont pauvres, ceux qui ont besoin de Dieu, tout comme l’a dit al-Mounawiyy lorsqu’il a fait le commentaire de ce hadith qui a été rapporté par as-Souyoutiyy dans al-Jami^ as-Saghir.

فَمَنْ ظَنَّ أَنَّهُ يَجُوزُ أَنْ يُقَالَ عَنِ الْبَشَرِ أَبْنَاءُ اللَّهِ أَوْ أَوْلادُ اللَّهِ بِالْمَعْنَى الْمَجَازِيِّ أَيْ أَنَّهُ كَافِيهِمْ بِالرِّزْقِ كَفَرَ كَمَا ذَكَرَ ابْنُ عَطِيَّةَ فِي تَفْسِيرِهِ هَذِهِ الآيَةَ: ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ وَالنَّصَارَى نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/18]

Celui qui a cru qu’il était permis de dire au sujet des humains qu’ils seraient les fils de Dieu ou les enfants de Dieu dans un sens figuré, c’est-à-dire qu’Il leur suffit leur subsistance, il devient mécréant, tout comme l’a dit Ibnou ^Atiyyah dans son tafsir du verset 18 de sourate al-ma’idah :

وَقَالَتِ ٱلْيَهُودُ وَٱلنَّصَٰرَىٰ نَحْنُ أَبْنَٰٓؤُا۟ ٱللَّهِ وَأَحِبَّٰٓؤُهُۥ

qui signifie : « les juifs et les chrétiens ont dit : « nous sommes les enfants de Dieu et ceux qu’Il aime. »

وَأَمَّا قَوْلُ بَعْضِ الصُّوفِيَّةِ أَرْبَابُ الْقُلُوبِ أَيْ أَصْحَابُ الْعُقُولِ الْمُتَنَوِّرَةِ بِالتَّقْوَى لَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّ هَؤُلاءِ خَالِقُو الْعُقُولِ، وَالْقُلُوبُ هُنَا بِمَعْنَى الْعُقُولِ وَيَقَعُ فِي بَعْضِ مُؤَلَّفَاتِ الْعُلَمَاءِ قَوْلُ رَبُّ الأَرْبَابِ يَعْنُونَ أَنَّ اللَّهَ مَالِكُ الْمُلَّاكِ وَهَذَا صَحِيحٌ.

Quant à la parole de certains soufiyy qui disent : « arbabou l-qouloub » c’est-à-dire : «ceux qui ont des raison éclairées par la piété », le mot « rabb » ici signifie : « celui qui possède », et ça ne veut pas dire que ce sont des gens qui ont créé des raisons, « al-qouloub » ici signifie : « les raisons. » Et dans certains ouvrage de savants, ils disent à propos de Dieu : « rabbou l-arbab » ce qui signifie : « Le seigneur des seigneurs », c’est-à-dire que Allah est Celui à Qui appartient tous ceux qui possèdent quelque chose, et ceci c’est un sens correct.

  قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ خَوَتْ رَبِّي [أَيْ جَنَّنَ] أَوْ قَالَ لِلْكَافِرِ اللَّهُ يُكْرِمُكَ بِقَصْدِ أَنْ يُحِبَّهُ اللَّهُ كَفَرَ لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ كَمَا قَالَ تَعَالَى: ﴿فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/32].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit, que Allah nous en préserve : « khawat rabbiy » ce qui signifie : « il a rendu fou mon seigneur. » De même, devient mécréant celui qui dit à un mécréant : « Allah youkrimouka » dans le sens : « Allah t’agrée », car Allah n’agrée pas les mécréants, tout comme Allah dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 32 :

فَإِن تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ

ce qui signifie : « s’ils se détournent de la croyance, alors certes Allah n’agrée pas les mécréants. »

الشَّرْحُ مَعْنَى أَكْرَمَهُ اللَّهُ فِي اللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ وَسَّعَّ عَلَيْهِ الرِّزْقَ فَمَنْ قَالَ هَذَا لِكَافِرٍ عَلَى هَذَا الْمَعْنَى فَلا يَكْفُرُ

Commentaire : le sens d’origine du mot « akramahou l-Lah », «akrama » c’est-à-dire : « qu’Il lui accorde une large subsistance», ceci est le sens d’origine du terme dans la langue arabe. Ainsi, celui qui dit cela à un mécréant, dans ce sens-là, c’est-à-dire : « que Dieu lui accorde une large subsistance», il n’y a pas de mécréance en cela, nous pouvons invoquer Dieu pour qu’Il accorde une large subsistance à un mécréant, ceci n’est pas une mécréance.

أَمَّا إِنْ قَالَ ذَلِكَ عَلَى مَعْنَى أَنْ يُحِبَّهُ اللَّهُ كَفَرَ وَمَعْنَى قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿فَإِنْ تَوَلَّوْا﴾ أَيْ فَإِنْ أَعْرَضُوا عَنِ الإِيـمَانِ بِاللَّهِ وَالرَّسُولِ.

En revanche, s’il dit « akramahou l-Lah » dans le sens : « que Dieu l’agrée » alors qu’il est mécréant, il devient mécréant. Et dans le verset 32 de sourate ‘Ali ^Imran :

فَإِن تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ

ce qui signifie : « s’ils se détournent de la croyance -c’est-à-dire s’ils rejettent la croyance en Dieu et en Son Messager- alors certes Allah n’agrée pas les mécréants. » Allah a appelé « mécréants » ceux qui rejettent la foi en Dieu et en Son Messager Mouhammed.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ الْقَوْلُ لِلْكَافِرِ اللَّهُ يَغْفِرُ لَكَ، إِنْ قَصَدَ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَغْفِرُ لَهُ وَهُوَ عَلَى كُفْرِهِ إِلَى الْمَوْتِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit à un mécréant : « que Allah te pardonne » s’il vise par cela : « que Allah le pardonne tout en restant mécréant jusqu’à la mort », c’est-à-dire Il lui pardonne ses péchés.

   الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ ذَلِكَ لِلْكَافِرِ وَقَصَدَ أَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُ وَهُوَ كَافِرٌ مَعَ مُوَاظَبَتِهِ عَلَى الْكُفْرِ حَتَّى يَمُوتَ عَلَى ذَلِكَ كَفَرَ، وَأَمَّا إِنْ قَصَدَ أَنْ يَغْفِرَ لَهُ بِالإِسْلامِ فَلا يَكْفُرُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ ءَامَنُوا أَنْ يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَى مِنْ بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ﴾ [سُورَةَ التوبة/113].

Commentaire : cependant, s’il visait : « que Allah lui pardonne sa mécréance par l’entré en islam », alors il ne devient pas mécréant. Tout comme cela nous l’indique dans sourate at-Tawbah verset 113 :

مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَن يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَىٰ مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ قَالَ لِمَنْ مَاتَ عَلَى الْكُفْرِ اللَّهُ يَرْحَمُهُ بِقَصْدِ أَنْ يُريِحَهُ فِي قَبْرِهِ لا بِقَصْدِ أَنْ يُخَفِّفَ عَنْهُ عَذَابَ الْقَبْرِ مِنْ غَيْرِ أَنْ يَنَالَ رَاحَةً فَإِنَّهُ إِنْ قَالَ ذَلِكَ بِهَذَا الْقَصْدِ فَيَحْتَمِلُ أَنَّهُ لا يَكْفُرُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit à propos de quelqu’un qui est mort mécréant : « Allah yarhamouhou » ce qui signifie : « que Dieu lui fasse miséricorde » en visant par cela : « que Dieu lui donne le repos dans la tombe », en revanche, s’il dit : « Allah yarhamouhou », dans le sens d’un allègement du châtiment dans la tombe sans qu’il n’ait de repos, il se peut qu’il ne soit pas sorti de l’Islam.

الشَّرْحُ أَنَّ التَّرَحُّمَ عَلَى الْكَافِرِ فِي حَالِ حَيَاتِهِ جَائِزٌ لِأَنَّهُ يَجُوزُ أَنْ يَهْتَدِيَ فَيُسْلِمَ فَيَمُوتَ عَلَى الإِسْلامِ، أَمَّا إِذَا مَاتَ فَقَدْ فَاتَهُ الإِيـمَانُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَىْءٍ فَسَأَكْتُبُهَا لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ﴾ [سُورَةَ الأَعْرَاف/156] أَيْ وَسَعِتْ رَحْمَةُ اللَّهِ فِي الدُّنْيَا كُلَّ مُؤْمِنٍ وَكَافِرٍ أَمَّا فِي الآخِرَةِ فَقَدْ جَعَلَهَا اللَّهُ خَاصَّةً بِالْمُؤْمِنِينَ.

Commentaire : demander la miséricorde en faveur d’un mécréant durant sa vie est quelque chose de permis parce qu’il est possible qu’il soit bien guidé, qu’il entre en islam et qu’il meurt sur l’islam. Mais s’il est mort, alors il n’a plus la possibilité de devenir croyant. Ainsi, dans le verset 156 de sourate al-a^raf Dieu dit :

وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَيْءٍ فَسَأَكْتُبُهَا لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ

ce qui signifie : « Ma miséricorde englobe dans le bas monde tout croyant et mécréant, mais dans l’au-delà Je l’ai réservée uniquement aux croyants. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَسْتَعْمِلُ كَلِمَةَ الْخَلْقِ مُضَافَةً لِلنَّاسِ فِي الْمَوْضِعِ الَّذِي تَكُونُ فِيهِ بِمَعْنَى الإِبْرَازِ مِنَ الْعَدَمِ إِلَى الْوُجُودِ كَأَنْ يَقُولَ شَخْصٌ مَا: أُخْلُقْ لِي كَذَا كَمَا خَلَقَكَ اللَّهُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui utilise le mot création : « khalaqa » en l’attribuant aux gens dans un contexte où il a le sens de faire passer du néant à l’existence. Par exemple si quelqu’un dit : « crée-moi ça, tout comme Allah t’a créé », il n’y a pas de confusion, il n’y a pas d’autres possibilités d’interprétation, parce que la personne aura précisé en disant : « comme Allah t’a créé », ceci est donc de la mécréance. Ainsi, attribuer l’acte de création dans le sens de faire passer du néant à l’existence une créature -de donner existence à ce qui n’existe pas à une créature- revient à attribuer à une créature un des attributs de Dieu, et c’est pour cela que c’est une mécréance.

   الشَّرْحُ الْخَلْقُ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ لَهُ خَمْسَةُ مَعَانٍ أَحَدُهَا بِمَعْنَى الإِبْرَازِ مِنَ الْعَدَمِ إِلَى الْوُجُودِ وَعَلَى هَذَا الْمَعْنَى لا تُسْتَعْمَلُ مُضَافَةً إِلَى غَيْرِ اللَّهِ، أَمَّا عَلَى الْمَعَانِي الأُخْرَى فَيَجُوزُ اسْتِعْمَالُهَا مُضَافَةً لِغَيْرِ اللَّهِ. وَأَمَّا اسْتِعْمَالُ كَلِمَةِ فُلانٌ اخْتَرَعَ كَذَا فَلا يَضُرُّ بِالإِعْتِقَادِ.

Commentaire : dans la langue arabe, le mot -le verbe- « khalaqa » a 5 sens, et l’un de ces sens est faire surgir du néant à l’existence, et nous n’utilisons pas ce sens-là pour autre que Allah. Mais à propos des quatre autres sens du verbe « khalaqa », nous pouvons les utiliser pour autre que Allah. Pour ce qui est de l’utilisation du verbe « ikhtara^a » qui veut dire « inventer », il n’y a pas de préjudice pour la croyance si nous l’attribuons à un humain, c’est-à-dire que ça ne fait pas sortir de l’Islam.

   وَمِنَ الأَلْفَاظِ الْبَشِعَةِ الشَّنِيعَةِ قَوْلُ بَعْضِ النَّاسِ عِنْدَ الْغَضَبِ مِنْ شَخْصٍ أَحْسِبُ اللَّه مَا خَلَقَكَ وَيُرِيدُونَ بِذَلِكَ أَضْرِبُكَ ضَرْبًا شَدِيدًا.

   وَكَذَلِكَ قَوْلُ بَعْضِهِمْ عِنْدَ الْغَضَبِ مِنْ شَخْصٍ ضَرَبَ لَهُمْ وَلَدًا مِنْ أَوْلادِهِمْ الَّذِي يَضْرِبُكَ مَا خَلَقَهُ اللَّهُ، فَإِنَّ هَذَا اللَّفْظَ فِيهِ نَفْيُ وُجُودِ مَا خَلَقَهُ اللَّهُ إِلَّا أَنَّ كَثِيرًا مِنَ النَّاسِ لا يَفْهَمُونَ مِنْ هَذَا اللَّفْظِ إِلَّا أَنَّهُمْ يَضْرِبُونَ هَذَا الشَّخْصَ ضَرْبًا شَدِيدًا وَيَعْتَبِرُونَهُ كَأَنَّهُ لَيْسَ مَوْجُودًا.

Et il y a des expressions que certains disent dans certains pays lorsqu’ils sont en colère, il dit à quelqu’un : « je considère que Allah ne t’a pas créé » ou ils disent à quelqu’un : « considère comme si Allah ne l’a pas créé. » Eux ils disent cela dans le sens que : « je te frappe violemment », cependant, si quelqu’un dit : « je considère que ce n’est pas Allah qui t’a créé », c’est comme s’il dit qu’il y aurait un autre créateur que Allah. Et ceci est de la mécréance, mais ce n’est pas ce que certains comprennent.

La règle c’est que nous n’attribuons pas le fait de faire surgir du néant à l’existence à autre que Dieu, et nous n’attribuons pas le verbe d’attribution de faire surgir du néant à l’existence à un être humain. Seul Allah fait surgir du néant à l’existence, et l’être humain ne crée pas dans le sens de faire surgir du néant à l’existence.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَشْتِمُ عَزْرَائِيلَ عَلَيْهِ السَّلامُ كَمَا قَالَ ابْنُ فَرْحُونٍ فِي تَبْصِرَةِ الْحُكَّامِ، أَوْ أَيَّ مَلَكٍ مِنَ الْمَلائِكَةِ عَلَيْهِمُ السَّلامُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui insulte l’ange ^Azraïl, comme le dit Ibnou l-Farhoun dans son livre « tabsirati l-houkkam » ou qui insulte un des anges.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ شَتَمَ عَزْرَائِيلَ عَلَيْهِ السَّلامُ يَكْفُرُ نَصَّ عَلَى ذَلِكَ ابْنُ فَرْحُونٍ الْمَالِكِيُّ فِي تَبْصِرَةِ الْحُكَّامِ، وَكَذَا يَكْفُرُ مَنْ شَتَمَ أَيَّ مَلَكٍ مِنَ مَلائِكَةِ اللَّهِ كَجِبْرِيلَ وَإِسْرَافِيلَ وَمِيكَائِيلَ وَغَيْرِهِمْ، وَقَدْ نَقَلَ الْقَاضِي عِيَاضٌ الإِجْمَاعَ عَلَى أَنَّ اسْمَ مَلَكِ الْمَوْتِ عَزْرَائِيلُ.

Commentaire : celui qui insulte ^Azra’ïl devient mécréant, cela a été indiqué par un texte de Ibnou l-Farhoun le malikite dans son livre tabsirati l-houkkam. De même, devient mécréant celui qui insulte n’importe quel ange de Dieu comme Jibril ou ‘Israfil ou Mika’il ou autre qu’eux. Et le Qadi ^Iyad, le malikite, celui qui est enterré au Maroc à Marrakech a rapporté de l’unanimité des savants que le nom de l’ange de la mort est ^Azra’ïl.

Et si quelqu’un vous dit : « cite-moi un texte, un hadith ou un verset dans lequel il y a l’ange de la mort qui s’appelle ^Azraïl » tu dis : « l’unanimité suffit pour preuve », et il y a un verset du Qour’an qui indique que l’unanimité suffit pour preuve. Dieu تعالى dit dans le قرءان Qour’an Honoré, dans la sourate النِّسَاء An-Niça’ verset 115 :

وَمَن يُشَاقِقِ ٱلرَّسُولَ مِنۢ بَعۡدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُ ٱلۡهُدَىٰ وَيَتَّبِعۡ غَيۡرَ سَبِيلِ ٱلۡمُؤۡمِنِينَ نُوَلِّهِۦ مَا تَوَلَّىٰ وَنُصۡلِهِۦ جَهَنَّمَ وَسَآءَتۡ مَصِيرًا

ce qui signifie : « si quelqu’un prend comme ennemi le Messager après avoir connu la bonne guidée et suit une autre voie que celle des croyants, Nous lui ferons subir les conséquences de ce qu’il a choisi ; et Nous le ferons parvenir en enfer. Et quelle mauvaise demeure ! »

Et l’unanimité est une preuve parce que l’unanimité est forcément basée sur un texte. La communauté du prophète Mouhammed ne se met pas d’accord sur quelque chose de faux. Ainsi, si à une époque donnée les moujtahid étaient unanimes sur une question, c’est qu’il y a forcément un texte même si nous ne connaissons pas ce texte. C’est comme si tu dis : « cette montagne s’appelle ouhoud », si quelqu’un te dit : « donne-moi un hadith ou un verset du Qour’an que cette montagne s’appelle ouhoud», tu dis : « l’unanimité des musulmans sont d’accord sur le fait que cette montagne s’appelle ouhoud », ce n’est pas une condition qu’il y ait un texte ou un hadith disant : « cette montagne se trouve à telle distance de la Mecque à cet endroit-là » non.

Ainsi, pour l’ange de la mort également, il y a unanimité des musulmans qui appel ^Azra’ïl. Ainsi, tu dis : « la communauté du prophète n’est jamais unanime sur quelque chose de faux », et ça c’est une miséricorde de la part de Allah.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ مَنْ يَقُولُ أَنَا عَايِف اللَّه، أَيْ كَرِهْتُ اللَّهَ. وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا إِذَا فَهِمَ الْعَجْزَ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ، أَمَّا إِذا َكَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ أَنَّ اللَّهَ يَكْرَهُهُ فَلا يَكْفُرُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui dit : « je déteste Allah. » De même, devient mécréant celui qui dit : « Allah la yatahammalou foulan », qui signifie : « Allah ne supporte pas untel », et en comprend que cela implique une incapacité ou que Allah serait dérangé par lui. Néanmoins, s’il comprend de cette expression : « Allah ne l’agrée pas », il ne devient pas mécréant.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا فَحُكْمُهُ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ، فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا نِسْبَةَ الْعَجْزِ إِلَى اللَّهِ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ وَيَحْصُلُ لَهُ انْفِعَالٌ يَكْفُرُ، أَمَّا إِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ أَنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ هَذَا الإِنْسَانَ لِفِسْقِهِ وَإِنْ كَانَ مُسْلِمًا فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : celui qui dit : « Allah ne supporte pas untel » en arabe : « Allah la yatahammalou foulan », son jugement dépend de ce qu’il comprend de cette expression, s’il comprend de cette expression l’incapacité au sujet de Dieu, ou que Allah serait dérangé, ou que Allah aurait un saut d’humeur à cause d’untel, il devient mécréant. Mais s’il comprend de cette expression que Allah n’agrée pas cet être humain parce qu’il est grand pécheur, même si c’est un musulman, alors il ne devient pas mécréant.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: يَلْعَنْ سَمَاءَ رَبِّكَ، لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit : « maudit soit le ciel de ton Dieu », parce qu’il s’est moqué de Dieu, il a rabaissé Allah ta^ala, il a ainsi blasphémé à l’encontre de Allah ta^ala.

الشَّرْحُ إِنَّمَا يَكْفُرُ قَائِلُ هَذِهِ الْعِبَارَةِ لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى، وَأَمَّا الَّذِي يَقُولُ يَلْعَنْ سَمَاكَ فَهَذَا يُحْكَمُ عَلَيْهِ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا السَّمَاءَ الَّتِي هِيَ مَسْكَنُ الْمَلائِكَةِ كَفَرَ لِأَنَّ اللَّهَ جَعَلَهَا قِبْلَةَ الدُّعَاءِ وَمَهْبِطَ الرَّحَمَاتِ وَالْبَرَكَاتِ فَعَظَّمَ شَأْنَهَا، وَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا سَقْفَ الْبَيْتِ أَوِ الْفَرَاغَ الَّذِي يَلِي مَوْضِعَ إِقَامَةِ هَذَا الشَّخْصِ فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : le mot « sama » signifie le ciel ou le toit. Ainsi, s’il a dit l’expression en la comprenant et en l’attribuant à Dieu, en disant : « le ciel de ton Dieu », là c’est une mécréance, il n’y a pas de détail dans ce cas-là parce qu’il se sera moqué de Dieu, il aura rabaissé Dieu. Mais s’il dit : « samaka » qui signifie littéralement « ton ciel », dans ce cas-là, son jugement dépend de sa compréhension, s’il comprend par le mot « sama » le lieu de résidence des anges et qu’il maudit ce lieu de résidence des anges, il devient mécréant, parce que Allah a fait du ciel la qiblah -la direction- des invocations -dou^ah- et la provenance des miséricordes, c’est-à-dire que les miséricordes et les bénédictions nous parviennent du ciel, et donc Allah a magnifié le ciel. Mais s’il comprend par : « samaka » : « le toit de ta maison », c’est-à-dire : « ce qui t’abrite toi» ou bien : « cet espace qui est au-dessus de toi », alors dans ce cas-là, il ne devient pas mécréant.

Informations utiles :

Le Chaykh a dit : si quelqu’un était malade et qu’il a eu les deux reins qui étaient hors d’état de fonctionnés, et qu’un autre étant en bonne santé voulait lui donner un rein -c’est-à-dire que celui qui veut donner est vivant et celui qui reçoit est vivant- si celui qui donne ne subit pas de nuisance mais va simplement ressentir des douleurs et que l’autre ne peut pas vivre sauf si on lui donne un rein, alors il est permis qu’il lui donne. Mais ce n’est pas un prélèvement du corps d’un musulman qui est mort, parce que le messager de Allah a dit :

كَسْرُ عَظْمِ الْمَيِّتِ كَكَسْرِهِ حَيَّا

ce qui signifie : « brisez l’os d’un mort est comme le lui briser lorsqu’il est vivant. »

Et si quelqu’un dit : « mais nous n’allons pas casser les os du mort musulman, nous allons juste ouvrir», la réponse est : « cela revient à ne pas respecter le musulman en lui ouvrant le corps lorsqu’il est mort, et manquer au respect dû au musulman qui est mort est quelque chose d’interdit. »

Autre information utile :

at-Tabaraniyy a rapporté dans al-mou^jam al-awsat un hadith, il a dit : le messager de Allah a dit :

أَلَا أُعَلِّمُكُمُ الْكَلِمَاتِ الَّتِي تَكَلَّمَ بِهَا مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ حِينَ جَاوَزَ الْبَحْرَ بِبَنِي إِسْرَائِيلَ ؟

ce qui signifie : « voulez-vous que je vous enseigne les paroles que Moussa avait dites quand il a dépassé la mer avec les fils d’Israël ? »

فَقُلْنَا : بَلَى، يَا رَسُولَ اللهِ

Nous avons alors répondu : « bien sûr ô messager de Allah »

قَالَ : قُولُوا : اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ، وَإِلَيْكَ الْمُشْتَكَى، وَأَنْتَ الْمُسْتَعَانُ، وَلَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللهِ الْعَلِيِّ الْعَظِيمِ

ce qui signifie : « dites : ô Allah, à Toi la louange, à Toi nous nous plaignions, c’est Ton aide que nous recherchons, il n’est de protection et de force que par Allah al-^Aliyy al-^Adhim. »

Le compagnon qui a rapporté s’appelle al-A^mach, et a dit : « je n’ai jamais cesser de dire ces phrases depuis que je les ai entendus de chaqiq. »

Et chaqiq a dit : « je n’ai jamais cessé de répéter ces paroles depuis que j’ai entendu ce hadith de ^Abdou l-Lah. »

Et ^Abdou l-Lah a dit : « je n’ai pas cesser de les dire depuis que j’ai entendu ces paroles de la bouche du messager de Allah. »

Et al-A^mach a dit : « j’ai vu dans le rêve quelqu’un qui me disait : « ô Souleymane, ajoutes à ces paroles :

وَنَسْتَعِينُكَ عَلَى فَسَادٍ هُوَ فِينَا، وَنَسْأَلُكَ صَلَاحَ أَمْرِنَا كُلِّه

ce qui signifie : « et nous demandons Allah de nous aider à corriger la corruption qui est en nous, et nous Te demandons de corriger notre état tout entier»

huitième cours Charh al-qawim donné par Chaykh Ismael le mardi 2 mars 2021. Page 54 à 59 du livre Charh al-qawim édition 2022.

وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا إِذَا فَهِمَ الْعَجْزَ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ، أَمَّا إِذا َكَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ أَنَّ اللَّهَ يَكْرَهُهُ فَلا يَكْفُرُ.

Et devient mécréant celui qui dit : « Allah la yatahammalou foulan » qui signifie : « Allah ne supporte pas untel » et il en comprend que cela implique une incapacité au sujet de Dieu ou que Allah serait dérangé par cette personne. Néanmoins, s’il comprend de cette expression que Allah ne l’agrée pas, alors il ne devient pas mécréant.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا فَحُكْمُهُ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ، فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا نِسْبَةَ الْعَجْزِ إِلَى اللَّهِ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ وَيَحْصُلُ لَهُ انْفِعَالٌ يَكْفُرُ، أَمَّا إِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ أَنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ هَذَا الإِنْسَانَ لِفِسْقِهِ وَإِنْ كَانَ مُسْلِمًا فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : le jugement de celui qui dit : « Allah la yatahammalou foulan » dépend de ce qu’il comprend de cette expression. S’il comprend de cette expression l’attribution de l’incapacité à Allah ou le fait que Allah serait dérangé par cette personne, c’est-à-dire que Dieu serait dérangé de cette personne, alors il devient mécréant, que Dieu nous en préserve. Mais s’il comprend de cette expression que Allah n’agrée pas cette personne, parce que c’est une personne qui commet les grands péchés, même s’il est musulman, alors s’il comprend ce sens-là de cette parole en arabe, alors il ne devient pas mécréant.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: يَلْعَنْ سَمَاءَ رَبِّكَ، لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et devient mécréant celui qui dit : « que soit maudit le ciel de ton Dieu » car il a ainsi blasphème à l’égard de Allah.

الشَّرْحُ إِنَّمَا يَكْفُرُ قَائِلُ هَذِهِ الْعِبَارَةِ لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى، وَأَمَّا الَّذِي يَقُولُ يَلْعَنْ سَمَاكَ فَهَذَا يُحْكَمُ عَلَيْهِ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا السَّمَاءَ الَّتِي هِيَ مَسْكَنُ الْمَلائِكَةِ كَفَرَ لِأَنَّ اللَّهَ جَعَلَهَا قِبْلَةَ الدُّعَاءِ وَمَهْبِطَ الرَّحَمَاتِ وَالْبَرَكَاتِ فَعَظَّمَ شَأْنَهَا، وَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا سَقْفَ الْبَيْتِ أَوِ الْفَرَاغَ الَّذِي يَلِي مَوْضِعَ إِقَامَةِ هَذَا الشَّخْصِ فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : devient mécréant celui qui dit cette expression : « sois maudit le ciel de ton Seigneur » parce qu’il se sera moqué de Dieu, il aura rabaissé Dieu. Mais le jugement de celui qui dit cette parole : « yal^an samak », son jugement sera en fonction de ce qu’il comprend de cette expression. Si dans cette expression, il comprend : « as-sama’ » par « le ciel » qui est le lieu de résidence des anges, alors il devient mécréant, parce que Allah a fait que le ciel soit la direction des invocations, et c’est également du ciel que descendent les miséricordes et les bénédictions. Allah a ainsi élevé le rang du ciel. Mais s’il comprend de cette expression, le toit de la maison, parce qu’en arabe ce terme peut avoir le sens du toit de la maison, ou encore, s’il comprend de cette expression cet espace qui est au-dessus de la personne, alors, dans ce sens-là il ne devient pas mécréant.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ مَنْ يُسَمِّي الْمَعَابِدَ الدِّينِيَّةَ لِلْكُفَّارِ »بُيُوتَ اللَّهِ«، وَأَمَّا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿وَلَوْلا دَفْعُ اللَّهِ النَّاسَ بَعْضَهُمْ بِبَعْضٍ لَّهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِدُ﴾ [سُورَةَ الْحَج/40] فَالْمُرَادُ بِهِ مَعَابِدُ الْيَهُودِ وَالنَّصَارَى لَمَّا كَانُوا عَلَى الإِسْلامِ لِأَنَّهَا كَمَسَاجِدِ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ حَيْثُ إِنَّ الْكُلَّ بُنِيَ لِتَوْحِيدِ اللَّهِ وَتَمْجِيدِهِ لا لِعِبَادَةِ غَيْرِ اللَّهِ فَقَدْ سَمَّى اللَّهُ الْمَسْجِدَ الأَقْصَى مَسْجِدًا وَهُوَ لَيْسَ مِنْ بِنَاءِ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ. فَلْيَتَّقِ اللَّهَ امْرُؤٌ وَلْيَحْذَرْ أَنْ يُسَمِّيَ مَا بُنِيَ لِلشِّرْكِ بُيُوتَ اللَّهِ وَمَنْ لَمْ يَتَّقِ اللَّهَ قَالَ مَا شَاءَ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même sort de l’Islam celui qui nomme les lieux de culte des mécréants « maison de Dieu », parce que les lieux de culte de mécréance sont des lieux où est adoré autre que Dieu, dans lesquels ils attribuent des associés à Dieu ou ils attribuent à Dieu ce dont Il est exempt. Quant à la parole de Allah dans sourate al-Hajj verset 40 :

﴿وَلَوْلا دَفْعُ اللَّهِ النَّاسَ بَعْضَهُمْ بِبَعْضٍ لَّهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِدُ﴾

qui signifie : « si Allah n’avait pas empêché les hommes de se nuire les uns aux autres, des sawami^, des biya^, des salawat et des masadjid auraient été démolies », il s’agit des lieux d’adorations des gens de la communauté de Moussa et des gens de la communauté de ^Iça lorsqu’ils suivaient l’Islam, car ces lieux ont le statut des mosquées de la communauté de Mouhammed, que Allah l’honore et l’élève davantage en degré. En effet, à l’époque de ces prophètes, ces lieux d’adorations ont été bâtis pour adorer Allah uniquement, pour Le glorifier, et non pas pour adorer autre chose que Lui. Allah a nommé la mosquée al-aqsa « masdjid » bien qu’elle n’ait pas été construite par la communauté de Mouhammed. Que tout un chacun craigne donc Allah et se garde d’appeler « maison de Dieu » ce qui a été édifié pour pratiquer l’association -le shirk-, et celui qui ne craint pas Allah dira ce qu’il veut, que Dieu nous en préserve.

   الشَّرْحُ جَعَلَ اللَّهُ تَعَالَى الْحُكَّامَ يَدْفَعُونَ الأَذَى وَالضَّرَرَ فَأَقَامَهُمُ اللَّهُ لِذَلِكَ فَصَارَ بِهِمُ الأَمَانُ وَلَوْلا ذَلِكَ لَهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ لِلنَّصَارَى الْمُسْلِمِينَ الَّذِينَ كَانُوا عَلَى شَرِيعَةِ الْمَسِيحِ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِدُ.

Commentaire : Dieu a fait que les gouverneurs repoussent la nuisance et le mal, c’est pour cela qu’Il a fait qu’il y ait des gouverneurs et c’est par leurs causes qu’il y a eu une sécurité, et s’il n’y avait eu ces gouverneurs, il y aurait des sawami^ et des biya^ qui auraient été détruites. Les sawami^ et les biya^ sont les lieux que les nasara musulmans, ceux qui étaient sur la loi de ^Iça al-Massih prenaient comme lieu d’adoration de Dieu, et également des salawat et des mosquées.

وَالصَّوَامِعُ جَمْعُ صَوْمَعَةٍ وَهِيَ أَبْنِيَةٌ مُحَدَّبَةُ الرُّءُوسِ تُبْنَى عَلَى أَمَاكِنَ مُرْتَفِعَةٍ يَتَعَبَّدُ فِيهَا الرَّاهِبُ، وَاسِعَةُ الأَسْفَلِ ضَيِّقَةُ الأَعْلَى

Le mot « sawami^ » est un pluriel de « sawma^ah », et sawma^ah est une sorte de construction arrondie par en haut qui est construite dans des endroits élevés où des ermites se consacraient à l’adoration de Dieu. Leur base est large et ça devient étroit en haut.

وَالْبِيَعُ جَمْعُ بِيعَةٍ وَهِيَ الأَمَاكِنُ الَّتِي كَانَ يَتَعَبَّدُ فِيهَا النَّصَارَى قَبْلَ أَنْ يَكْفُرُوا

Et al-biya^, est le pluriel de bi^ah, ce sont les endroits où les nasara adoraient Dieu avant qu’ils ne deviennent mécréants.

وَالصَّلَوَاتُ يُقَالُ لِلْوَاحِدَةِ مِنْهَا صَلُوتَا – وَهِيَ لُغَةٌ عِبْرِيَّةٌ كَمَا فِي كِتَابِ الْقَامُوسِ الْمُحِيطِ –

Et le mot « salawat » est un pluriel de « salouta » qui est en hébreux, tout comme cela est indiqué dans le livre al-qamouss al-mouhit.

وَالصَّلَوَاتُ هِيَ الأَمَاكِنُ الَّتِي كَانَتِ الْيَهُودُ تَتَعَبَّدُ فِيهَا قَبْلَ أَنْ يَكْفُرُوا بِتَكْذِيبِهِمُ الْمَسِيحَ فَإِنَّهُمْ قَبْلَ ذَلِكَ كَانُوا مُسْلِمِينَ عَلَى شَرِيعَةِ التَّوْرَاةِ الأَصْلِيَّةِ قَبْلَ التَّحْرِيفِ

Et les salawat sont les endroits où les yahoud se consacraient à l’adoration avant de commettre la mécréance lorsqu’ils ont démenti Jésus, le fait qu’ils aient démentis un prophète les a fait sortir de l’Islam. Auparavant ils étaient musulmans, ils étaient sur la loi de la Torah d’origine avant sa falsification, maintenant elle est falsifiée.

وَالْمَسَاجِدُ الْمُرَادُ بِهَا فِي الآيَةِ مَسَاجِدُ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ

Concernant les masadjid, ce qui est visé dans ce verset, ce sont les mosquées de la communauté de Mouhammed.

وَكُلُّ هَذِهِ مَسَاجِدُ، إِلَّا الصَّوَامِعَ يَبْنِيهَا شَخْصٌ وَاحِدٌ عَلَى التِّلالِ وَيَقْصِدُونَ بِذَلِكَ التَّفَرُّغَ لِعِبَادَةِ اللَّهِ كَخَلَوَاتِ الصُّوفِيَّةِ عِنْدَنَا

Et tout ce qui a été cité sont des mosquées, c’est-à-dire les biya^, les salawat et les masadjid sont des mosquées, exceptés les sawami^, les sawami^ sont les ermitages, c’est ce qu’une seule personne construit sur les hauteurs, sur les collines et il cherche par cela le fait de se consacrer totalement à l’adoration de Allah, à l’image des khalawat des soufiyy dans la communauté de notre maitre Mouhammed.

قَالَ تَعَالَى: ﴿سُبْحَانَ الَّذِي أَسْرَى بِعَبْدِهِ لَيْلًا مِّنَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ إِلَى الْمَسْجِدِ الأَقْصَى﴾ [سُورَةَ الإِسْرَاء/1] فَاللَّهُ سَمَّاهُ الْمَسْجِدَ الأَقْصَى مَعَ أَنَّهُ لَيْسَ مِنْ بِنَاءِ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ فَقَدْ بَنَاهُ سَيِّدُنَا ءَادَمُ ثُمَّ جُدِّدَ بِنَاؤُهُ عِدَّةَ مَرَّاتٍ.

Ainsi, Dieu dit dans sourate al-‘isra’ verset 1 :

﴿سُبْحَانَ الَّذِي أَسْرَى بِعَبْدِهِ لَيْلًا مِّنَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ إِلَى الْمَسْجِدِ الأَقْصَى﴾

ce qui signifie : « Il est exempt d’imperfection Celui Qui a fait voyager de nuit Son esclave depuis la mosquée al-haram jusqu’à la mosquée al-‘aqsa. » Allah l’a appelé « la mosquée al-‘aqsa » bien qu’elle n’ait pas été construite par la communauté de Mouhammed, c’était notre maitre ‘Adam qui l’avait construite, puis elle a été reconstruite à plusieurs reprises.

وَلْيُعْلَمْ أَنَّ قَوْلَ:وَمَنْ لَمْ يَتَّقِ اللَّهَ قَالَ مَا شَاءَ لَيْسَ فِيهِ الرِّضَى لِلْكَافِرِ بِكُفْرِهِ،

Que l’on sache que la parole de l’auteur : « celui qui ne craint pas Dieu, qu’il dise ce qu’il veut » ne veut pas dire que ça serait un encouragement aux mécréants pour dire de la mécréance, il n’y a pas de satisfaction de la mécréance du mécréant par cela.

فَإِنَّ مَنْ يَقُولُ لِكَافِرٍ مُتَهَكِّمًا بِهِ مُسْتَهْزِءًا سَاخِرًا بِهِ بَعْدَمَا يَنْصَحُهُ فَيَجِدُهُ مُعَانِدًا: إِنْ شِئْتَ اكْفُرْ

لا يُكَفَّرُ، وَلَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّهُ يَعْرِضُ عَلَيْهِ الْكُفْرَ، بَلْ هَذَا إِنْكَارٌ فِي الْحَقِيقَةِ وَزَجْرٌ لَيْسَ أَمْرًا لَهُ بِالْكُفْرِ

Celui qui dit à un mécréant de manière ironique, il le dit pour se moquer de lui après lui avoir donné le conseil, et il constate que c’est quelqu’un de têtu, s’il lui dit : « si tu veux restes mécréant » ou bien : « mécrois » celui qui dit cela ne devient pas mécréant, et ça ne veut pas dire qu’il lui propose de commettre de la mécréance, mais en réalité c’est un reproche, c’est un blâme, c’est une réprimande, ce n’est pas un ordre pour lui de commettre de la mécréance.

وَمَعْنَاهُ إِنْ كَفَرْتَ أَنْتَ مَاذَا تَضُرُّنِي فِي الآخِرَةِ أَنْتَ تَضُرُّ نَفْسَكَ إِذَا كَفَرْتَ بِكُفْرِكَ هَذَا

Et la signification est : « si toi tu es mécréant, en quoi cela va-t-il me porter préjudice dans l’au-delà ? En réalité, si tu es mécréant tu ne fais que nuire à toi-même par ta mécréance. »

وَالدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ قَوْلُ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى فِي سُورَةِ الْكَهْفِ: ﴿فَمَنْ شَاءَفَلْيُؤْمِنْ وَمَنْ شَاءَ فَلْيَكْفُرْ إِنَّا أَعْتَدْنَا لِلظَّالِمِينَ نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾ فَإِنَّهُ تَهْدِيدٌ وَلَيْسَ تَرْخِيصًا لِمَنْ شَاءَ أَنْ يَكْفُرَ فِي الْكُفْرِ.

Et la preuve à cela c’est le verset 29 de sourat al-kahf dans lequel Dieu dit :

﴿فَمَنْ شَاءَفَلْيُؤْمِنْ وَمَنْ شَاءَ فَلْيَكْفُرْ إِنَّا أَعْتَدْنَا لِلظَّالِمِينَ نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾

Dans ce verset, il y a une menace et non pas une autorisation à qui le voudrait de rester dans la mécréance ou de commettre de la mécréance.

فَلا وَجْهَ لِقَوْلِ بَعْضِ الْمُلْحِدِينَ الْمُحَرِّفِينَ إِنَّ هَذِهِ الآيَةَ فِيهَا حُرِّيَّةُ الْفِكْرِ بِمَعْنَى أَنَّ الإِنْسَانَ لَهُ أَنْ يَخْتَارَ الإِسْلامَ أَوْ غَيْرَهُ،

Il n’y a donc pas lieu de justifier ou d’accepter la parole de certains athées déviés qui disent que ce verset comporte la liberté de croyance, dans le sens que l’homme pourrait choisir l’Islam ou autre chose.

وَمَعْنَى قَوْلِهِ تَعَالَى ﴿نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾ أَيْ أَنَّ الْكُفَّارَ مَحْفُوفُونَ فِي جَهَنَّمَ مِنْ جَمِيعِ الْجِهَاتِ.

Et le sens de la parole de Allah à la fin de ce verset de sourate al-kahf :

﴿نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾

est : « l’enfer entour les mécréants de toute part. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ مَنْ حَدَّثَ حَدِيثًا كَذِبًا وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ كَذِبٌ فَقَالَ: اللَّهُ شَهِيدٌ عَلَى مَا أَقُولُ بِقَصْدِ أَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ أَنَّ الأَمْرَ كَمَا قُلْتُ لِأَنَّهُ نَسَبَ الْجَهْلَ لِلَّهِ تَعَالَى لِأَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ أَنَّهُ كَاذِبٌ لَيْسَ صَادِقًا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, sort de l’Islam celui qui tient sciemment un propos mensonger, et dit : « Allah est témoin de ce que je dis » en visant que Allah saurait qu’il en est tel qu’il le dit, ceci, du fait qu’il ait attribué l’ignorance à Allah ta^ala est de la mécréance, car Allah sait qu’il est menteur et non pas véridique.

الشَّرْحُ اللَّهُ يَعْلَمُ الْكَاذِبَ كَاذِبًا وَيَعْلَمُ الصَّادِقَ صَادِقًا، فَمَنْ قَالَ اللَّهُ شَهِيدٌ أَنِّي مَا عَمِلْتُ كَذَا وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ قَدْ عَمِلَ ذَلِكَ الشَّىْءَ يَكْفُرُ لِأَنَّهُ نَسَبَ الْجَهْلَ إِلَى اللَّهِ، وَأَمَّا إِنْ كَانَ نَاسِيًا أَنَّهُ عَمِلَ ذَلِكَ الشَّىْءَ فَقَالَ اللَّهُ شَهِيدٌ أَنِّي مَا عَمِلْتُ ذَلِكَ الشَّىْءَ فَلا يَكْفُرُ لِأَنَّهُ لَمْ يَنْسُبِ الْجَهْلَ إِلَى اللَّهِ.

Commentaire : Allah sait que le menteur est un menteur et que celui qui est véridique est véridique, donc celui qui dit : « Allah est témoin que je n’ai pas fait telle chose » alors qu’il sait pertinemment qu’il l’a faite, alors il devient mécréant parce qu’il aura attribué l’ignorance à Dieu. Cependant, s’il avait oublié qu’il avait fait cette chose, et qu’il disait : « Allah est témoin que je n’ai pas fait cette chose » alors il ne devient pas mécréant parce qu’il n’aura pas attribué l’ignorance à Allah.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ لا يَجُوزُ الْقَوْلُ: كُلُّ وَاحِدٍ عَلَى دِينِهِ اللَّهُ يُعِينُهُ بِقَصْدِ الدُّعَاءِ لِكُلٍّ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, il n’est pas permis de dire : « koullou wahidin ^ala dinihi Allahou you^inouhou » en visant l’invocation en faveur de tous.

الشَّرْحُ لِيُعْلَمْ أَنَّ الإِعَانَةَ مَعْنَاهَا التَّمْكِينُ وَالإِقْدَارُ وَلَيْسَ الرِّضَا كَمَا يَتَوَهَّمُ بَعْضُ النَّاسِ، فَاللَّهُ تَعَالَى هُوَ الَّذِي أَعَانَ الْمُؤْمِنَ عَلَى إِيـمَانِهِ وَالْكَافِرَ عَلَى كُفْرِهِ،

Commentaire : que l’on sache que l’aide ici signifie de donner la capacité -de rendre capable de- l’aide n’est pas une acceptation, une satisfaction tout comme se sont donnés pour illusion certaines personnes. C’est donc Allah Qui a aidé le croyant pour sa foi, et le mécréant pour sa mécréance.

N’est-ce pas que c’est Allah Qui a créé les organes que le mécréant utilise dans sa mécréance ? Bien sûr.

وَمِمَّنْ صَرَّحَ بِهَذَا التَّعْبِيرِ الإِمَامُ مُحَمَّدُ الأَمِيرُ الْمَالِكِيُّ وَهُوَ مِنْ مَشَاهِيرِ عُلَمَاءِ الْقَرْنِ الثَّانِي عَشَرَ الْهِجْرِيِّ وَوَافَقَهُ عَلَيْهِ الشَّيْخُ مُحَمَّدُ عِلَيَّشٍ الْمَالِكِيُّ مُفْتِي الدِّيَارِ الْمِصْرِيَّةِ وَإِمَامُ الْحَرَمَيْنِ فِي كِتَابِهِ الإِرْشَادِ وَغَيْرُهُمْ

Parmi ceux qui ont déclaré explicitement cette expression, à savoir : « c’est Allah qui aide le musulman pour sa foi et le mécréant pour sa mécréance » il y a l’imam Mouhammed al-‘amir le malikiyy qui fait partie des plus célèbres des savants du douzième siècle de l’hégire, et le Chaykh Mouhammed ^ilayyach le malikiyy, le moufti d’Égypte a été d’accord avec lui, ainsi que l’imam des deux haram dans son livre al-‘irchad et autres qu’eux.

فَعُلِمَ مِنْ هَذَا أَنَّ الْمَسْئَلَةَ فِيهَا تَفْصِيلٌ فَمَنْ قَالَ هَذِهِ الْكَلِمَةَ بِقَصْدِ الدُّعَاءِ أَيِ الطَّلَبِ بِأَنْ يُعِينَ اللَّهُ الْكَافِرِينَ عَلَى الْكُفْرِ كَفَرَ لِأَنَّ فِيهِ الرِّضَا بِالْكُفْرِ لِلْغَيْرِ، وَأَمَّا إِذَا أَرَادَ الإِخْبَارَ فَلا يَكْفُرُ لِأَنَّ اللَّهَ هُوَ الَّذِي يَهْدِي مَنْ يَشَاءُ وَيُضِلُّ مَنْ يَشَاءُ وَلا يُسْأَلُ عَمَّا يَفْعَلُ لِأَنَّهُ لَيْسَ عَلَيْهِ مَحْكُومِيَّةٌ وَلا نَاهِيَ لَهُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَاهَا﴾ [سُورَةَ الشَّمْس/8].

Nous apprenons de là que la question comporte un détail, celui qui dit cette expression, à savoir qu’il dit : « chacun a sa religion, Dieu l’aide » si par cette parole il vise l’invocation, c’est-à-dire qu’il demande à Dieu qu’Il aide les mécréants à commettre de la mécréance, il devient mécréant dans cas-là, parce que c’est une acceptation de la mécréance pour autrui. Cependant, s’il ne voulait qu’informer, c’est-à-dire qu’il dit que Allah aide les mécréants dans leurs mécréances, il ne demande pas que Allah leur accorde davantage de capacité à commettre la mécréance, s’il ne fait qu’informer il ne devient pas mécréant, parce que Allah est Celui Qui guide qui Il veut et Il égare qui Il veut, et Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait, parce que Dieu n’est pas sujet à l’ordre ni à l’interdiction. Dieu dit dans sourate ach-chams verset 8 :

﴿فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَاهَا﴾

ce qui signifie : « c’est Lui qui inspire à l’âme sa perversité et sa piété », c’est Allah Qui crée les causes et Qui crée toute chose. Il y a donc une différence entre le fait d’informer, et le fait de demander.

Si quelqu’un ne fait qu’informer, il dit que c’est Allah qui aide le mécréant dans sa mécréance, il dit : « Allah l’aide », si c’est une information il ne devient pas mécréant, mais si c’est une demande, c’est-à-dire qu’il demande que Allah l’aide à commettre davantage de mécréance que ce qu’il fait, là c’est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Ainsi, dans certains cas, il y a des phrases qui peuvent admettre plusieurs sens, et il y a des phrases qui n’admettent qu’un seul sens, ici, c’est une phrase qui en arabe peut avoir plusieurs sens, et c’est selon le sens qu’avait visé celui qui a parlé, et ainsi est la règle dans ce cas.

وَمِمَّنْ قَالَ بِأَنَّ اللَّهَ يُعِينُ الْكَافِرَ عَلَى كُفْرِهِ الشَّيْخُ مُحَمَّدُ الْبَاقِرُ النَّقْشَبَنْدِيُّ، فَلا عِبْرَةَ بِإِنْكَارِ بَعْضِ الرَّعَاعِ الْمُدَّعِينَ لِلتَّصَوُّفِ الْمُنْتَسِبِينَ إِلَى النَّقْشَبَنْدِيَّةِ حَيْثُ أَنْكَرُوا عَلَيْنَا ذَلِكَ وَاسْتَعْظَمُوهُ وَذَلِكَ مِنْ فَرْطِ الْجَهْلِ، لِأَنَّ مَعْنَى الإِعَانَةِ التَّمْكِينُ

Parmi ceux qui ont dit que Allah aide le mécréant à sa mécréance, à commettre sa mécréance, il y a le Chaykh Mouhammed al-Baqir an-Naqchabandiyy, il n’y a donc pas de considération au reniement de certains du commun qui prétendent le tasawwouf et qui se réclament de la tariqah naqchabandiyyah, puisqu’ils ont renié cela, ils ont trouvé que c’était grave, mais ça ne reflète que leur extrême ignorance, parce que le sens de l’aide ici est le fait de donner la capacité, et c’est bien Allah Qui donne la capacité, c’est Dieu qui crée toute chose, mais ça ne veut pas dire qu’Il agrée, il y a une différence entre crée et agrée, Dieu a créé l’enfer et pour autant Il n’agrée pas l’enfer. Allah crée les actes du mécréant qui commet sa mécréance, mais Il n’agrée pas sa mécréance.

فَاللَّهُ تَعَالَى هُوَ الَّذِي يُمَكِّنُ الْمُؤْمِنَ مِنَ الإِيـمَانِ وَهُوَ الَّذِي يُقَدِّرُهُ عَلَى ذَلِكَ، وَهُوَ الَّذِي يُمَكِّنُ الْكَافِرَ مِنَ الْكُفْرِ لِأَنَّهُ هُوَ الَّذِي قَدَّرَهُ عَلَى أَنْ يَفْعَلَ الْكُفْرَ.

C’est donc Allah ta^ala Qui donne la capacité au croyant d’être croyant, et c’est Lui Qui donne la capacité pour le faire, et c’est Lui qui donne la capacité au mécréant d’être mécréant, parce que c’est Lui Qui donne la puissance de le faire.

  فَالْحَاصِلُ أَنَّهُ يَصِحُّ اعْتِقَادُ أَنَّ اللَّهَ هُوَ يُعِينُ الْمُؤْمِنَ عَلَى الإِيـمَانِ وَفِعْلِ الصَّالِحَاتِ، وَأَنَّهُ هُوَ الَّذِي يُعِينُ الْكَافِرَ عَلَى الْكُفْرِ وَعَلَى الْمَعَاصِي.

Ainsi, il est valide de dire que c’est Allah qui aide le croyant pour la foi et pour les actes de vertus -les actes d’obéissances- et c’est Allah qui aide le mécréant à la mécréance et à la désobéissance.

وَأَمَّا الدُّعَاءُ لِلْكَافِرِ وَالْعَاصِي بِالْكُفْرِ وَالْمَعْصِيَةِ فَهَذَا لا يَجُوزُ، فَالأَوَّلُ أَيِ الدُّعَاءُ لِلْكَافِرِ بِالْكُفْرِ كُفْرٌ وَأَمَّا الدُّعَاءُ لِلْعَاصِي بِأَنْ يُمَكِّنَهُ اللَّهُ مِنْ تِلْكَ الْمَعْصِيَةِ فَذَلِكَ مَعْصِيَةٌ وَلَيْسَ كُفْرًا.

Quant au fait de faire une invocation pour que Allah permet au mécréant de faire la mécréance ou pour qu’Il lui permette de commettre un péché, cela n’est pas permis, cela est interdit. Le premier cas, c’est-à-dire de demander à Allah en faveur du mécréant pour qu’il commette la mécréance, c’est une mécréance. Tandis qu’invoquer Dieu pour le désobéissant, pour que Allah le facilite de commettre cette désobéissance, c’est un péché, mais ce n’est pas de la mécréance.

   وَفِي قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿تُؤْتِي الْمُلْكَ مَنْ تَشَاءُ وَتَنْزِعُ الْمُلْكَ مِمَّنْ تَشَاءُ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/26] أَوْضَحُ دَلِيلٍ عَلَى أَنَّ اللَّهَ هُوَ الَّذِي أَعَانَ الْمُؤْمِنِينَ الَّذِينَ مَلَكُوا وَالْكُفَّارَ الَّذِينَ مَلَكُوا فَنُمْرُودُ وَفِرْعَوْنُ وَغَيْرُهُمَا مِنْ مُلُوكِ الْكُفْرِ الَّذِينَ أَفْسَدُوا فِي الأَرْضِ وَدَعَوُا النَّاسَ إِلَى الْكُفْرِ اللَّهُ تَعَالَى هُوَ الَّذِي أَعْطَاهُمْ هَذِهِ الْقُدْرَةَ فَهُوَ الَّذِي أَعَانَهُمْ عَلَى ذَلِكَ.

Et Dieu dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 26 :

﴿تُؤْتِي الْمُلْكَ مَنْ تَشَاءُ وَتَنْزِعُ الْمُلْكَ مِمَّنْ تَشَاءُ﴾

ce qui signifie : « Tu accordes la souveraineté à qui Tu veux, et Tu ôtes la souveraineté à qui Tu veux », ceci est la preuve la plus claire que c’est bien Allah Qui aide les croyants qui ont été souverains, et les mécréants qui ont été souverains. Ainsi, Noumroud, Pharaon et d’autres qu’eux parmi les rois des mécréants qui ont semé la corruption sur terre, ceux qui ont appelé les gens à la mécréance, c’est Allah Qui leur a octroyé cette capacité, c’est donc Allah qui les a aidés à commettre ce qu’ils ont commis.

وَأَمَّا قَوْلُ الشَّافِعِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ:

خَلَقْتَ الْعِبَادَ عَلَى مَا عَلِمْتَ                فَفِي الْعِلْمِ يَجْرِي الْفَتَى وَالْمُسِنْ

عَلَى ذَا مَنَنْتَ وَهَذَا خَذَلْتَ           وَهَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ

فِيهِ إِثْبَاتُ أَنَّ الْعِبَادَ يَجْرُونَ فِيمَا عَلِمَ اللَّهُ مِنْهُمْ، فَمَنْ عَلِمَ اللَّهُ مِنْهُ أَنَّهُ يُؤْمِنُ ءَامَنَ وَمَنْ عَلِمَ اللَّهُ مِنْهُ أَنَّهُ يَكْفُرُ كَفَرَ.

Quant à la parole de l’imam ach-Chafi^iyy que Dieu l’agrée :

خَلَقْتَ الْعِبَادَ عَلَى مَا عَلِمْتَ                فَفِي الْعِلْمِ يَجْرِي الْفَتَى وَالْمُسِنْ

عَلَى ذَا مَنَنْتَ وَهَذَا خَذَلْتَ           وَهَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ

qui signifie : « Tu as créé les esclaves conformément à ce que Tu as su, c’est donc conformément à la science que le jeune homme et le plus âgé seront évolués, à celui-ci Tu as fait grâce à cet autre Tu n’as pas fait, celui-ci Tu l’as aidé et cet autre Tu ne l’as pas aidé », il y a la confirmation que les esclaves évoluent conformément à ce que Allah a su d’eux. Ainsi, celui à propos duquel Allah a su qu’il sera croyant, il sera croyant, et celui à propos duquel Allah a su qu’il sera mécréant, il sera mécréant.

وَقَوْلُهُ وَهَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ مَعْنَاهُ هَذَا الَّذِي وَفَّقْتَهُ لِلْخَيْرِ أَعَنْتَهُ عَلَى الْخَيْرِ وَأَمَّا إِذَا لَمْ تُعِنْ أَيْ لَمْ تُعِنْهُ عَلَى الْخَيْرِ وَأَعَنْتَهُ عَلَى الشَّرِّ فَهَذَا لَمْ تُعِنْهُ عَلَى الْخَيْرِ وَلَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّ اللَّهَ لا يُعِينُ عَلَى الشَّرِّ.

Quant au dernier strophes du deuxième vers, quand ach-Chafi^iyy a dit :

وَ هَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ

qui signifie : « celui-ci Tu l’as aidé, cet autre Tu ne l’as pas aidé » « Tu l’as aidé » signifie : « Tu l’as aidé à faire le bien » et : « cet autre Tu ne l’as pas aidé » c’est-à-dire : « Tu ne l’as pas aidé à faire le bien, mais Tu l’as aidé à faire le mal », c’est-à-dire que Tu n’as pas aidé ce dernier à faire le bien, ça ne veut pas dire que Allah n’aide pas pour le mal, c’est-à-dire dans le sens de donner la capacité à le faire.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ مُعَمِّمًا كَلامَهُ: الْكَلْبُ أَحْسَنُ مِنْ بَنِي ءَادَمَ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui dit en généralisant son propos : « les chiens sont meilleurs que les fils de ‘Adam. »

Il devient mécréant parce qu’il aura contredit le Qour’an, parmi les fils de ‘Adam il y a des prophètes et les prophètes sont meilleurs que les chiens, ils sont meilleurs que le reste des humains.

الشَّرْحُ هَذَا اللَّفْظُ لَفْظٌ عَامٌّ يُؤَدِّي إِلَى تَكْذِيبِ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿وَلَقَدْ كَرَّمْنَا بَنِي ءادَمَ﴾ [سُورَةَ الإِسْرَاء/70]، وَأَمَّا إِنْ كَانَ هَذَا الشَّخْصُ فِي كَلامِهِ قَرِينَةٌ تَدُلُّ عَلَى أَنَّهُ أَحْسَنُ مِنَ الشَّخْصِ الْمُخَاطَبِ فِي بَعْضِ الْخِصَالِ كَالْوَفَاءِ لِصَاحِبِهِ الَّذِي يَرْعَاهُ فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : cette expression est une expression générale, et comme elle est générale elle entraine à démentir la parole de Allah dans sourate al’isra’ verset 70 :

وَلَقَدْ كَرَّمْنَا بَنِىٓ ءَادَمَ

qui signifie : « Nous avons honorés les fils de ‘Adam. » Quant à la personne qui prodigue une telle parole, s’il y a dans son contexte une indication qui prouve qu’en fait il visait que le chien était meilleur que la personne avec laquelle il est en train de discuter dans certaines caractéristiques, comme la fidélité envers son propriétaire qui veille sur lui, alors s’il y a une indication qui restreint sa parole dans le cours de la conversation, alors il ne devient pas mécréant, parce que même si la portée de la phrase était générale, par la cause de la restriction elle ne l’est plus.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: أَوْ مَنْ يَقُولُ الْعَرَبُ جَرَبٌ، أَمَّا إِذَا خَصَّصَ كَلامَهُ لَفْظًا أَوْ بِقَرِينَةِ الْحَالِ كَقَوْلِهِ الْيَوْمَ الْعَرَبُ فَسَدُوا ثُمَّ قَالَ الْعَرَبُ جَرَبٌ فَلا يَكْفُرُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui dit : « les arabes sont tels de la galle. » Cependant, s’il restreint son propos par une expression ou un contexte en disant par exemple : « aujourd’hui les arabes sont corrompus » puis il continue et dit par exemple : « les arabes sont de la galle », dans ce cas-là, il ne devient pas mécréant, parce qu’il y a cette indication qui indique qu’il ne généralisait pas.

الشَّرْحُ يَكْفُرُ مَنْ قَالَ هَذِهِ الْكَلِمَةَ مَعَ التَّعْمِيمِ لِأَنَّ كَلامَهُ هَذَا شَمَلَ الأَنْبِيَاءَ وَغَيْرَهُمُ.

Commentaire : devient mécréant celui qui dit cette parole en généralisant, parce que cette parole englobe les prophètes et autres que les prophètes.


قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يُسَمِّي الشَّيْطَانَ بِـ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ لا إِنْ ذَكَرَ الْبَسْمَلَةَ بِنِيَّةِ التَّعَوُّذِ بِاللَّهِ مِنْ شَرِّهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui nomme Satan :

بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمـَنِ الرَّحِيمِ

mais il ne devient pas mécréant s’il recite la basmalah dans l’intention que Allah le protège de son mal.

الشَّرْحُ هَذِهِ الْكَلِمَةُ الشَّرِيفَةُ مَنْ جَعَلَهَا عِبَارَةً عَنِ الشَّيْطَانِ يَكْفُرُ، وَأَمَّا مَنْ قَالَ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ عِنْدَ إِرَادَةِ ذِكْرِ الشَّيْطَانِ بِنِيَّةِ التَّعَوُّذِ بِاللَّهِ مِنْ شَرِّهِ كَأَنَّهُ يُرِيدُ الشَّيْطَانُ يَحْفَظُنَا اللَّهُ مِنْ شَرِّهِ بِبَرَكَةِ الْبَسْمَلَةِ فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : celui qui utilise cette parole honorable qui est la basmalah comme si c’était le nom du shaytan, il devient mécréant. Quant à celui qui dit la basmalah lorsqu’il veut mentionner le shaytan dans l’intention de rechercher la préservation par Allah contre son mal, comme s’il voulait dire : « le shaytan, que Allah nous préserve de son mal par la barakah -la bénédiction- de la basmalah », dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.

وَهَذَا يَجْرِي عَلَى أَلْسِنَةِ كَثِيرٍ مِنَ الْعَوَامِّ عَلَى وَجْهٍ يُوهِمُ أَنَّ الشَّيْطَانَ هُوَ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ.

Et malheureusement ceci est une parole qui provient de nombreuses personnes du commun d’une manière qui laisse croire que le shaytan serait :

بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمـَنِ الرَّحِيمِ

que la personne fasse attention et n’utilise pas les paroles à tort et à travers.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَهُنَاكَ بَعْضُ الشُّعَرَاءِ وَالْكُتَّابِ يَكْتُبُ كَلِمَاتٍ كُفْرِيَّةً كَمَا كَتَبَ أَحَدُهُمْ هَرَبَ اللَّهُ فَهَذَا مِنْ سُوءِ الأَدَبِ مَعَ اللَّهِ الْمُوقِعِ فِي الْكُفْرِ وَقَدْ قَالَ الْقَاضِي عِيَاضٌ فِي كِتَابِهِ الشِّفَا: لا خِلافَ أَنَّ سَابَّ اللَّهِ تَعَالَى مِنَ الْمُسْلِمِينَ كَافِرٌ اهـ

   وَيَكْفُرُ مَنْ يَسْتَحْسِنُ هَذِهِ الأَقْوَالَ وَالْعِبَارَاتِ وَمَا أَكْثَرَ انْتِشَارَهَا فِي مُؤَلَّفَاتٍ عَدِيدَةٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et malheureusement, il y a beaucoup d’auteurs qui utilisent des paroles de mécréances comme l’un d’entre eux qui a écrit : « Dieu s’est enfuit », ceci est un manque de respect à l’égard de Allah qui fait tomber dans la mécréance. Et dans son livre ach-chifa, le qadi ^Iyad a dit : « il n’y a pas de divergence du fait que celui qui était musulman puis qui insulte Allah devient mécréant. » que Dieu nous en préserve. Et de même, devient mécréant celui qui apprécie de telles paroles et de telles expressions, et combien elles sont nombreuses dans beaucoup d’ouvrages.

الشَّرْحُ أَنَّ قَائِلَ كَلِمَةِ هَرَبَ اللَّهُ كَفَرَ لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ وَنَسَبَ إِلَيْهِ التَّحَيُّزَ فِي الْمَكَانِ وَالْحَرَكَةَ وَالْفِرَارَ، وَمَا قَالَهُ الْقَاضِي عِيَاضٌ فِي كِتَابِ الشِّفَا دَلِيلٌ عَلَى كُفْرِ مَنْ قَالَ مِثْلَ هَذِهِ الأَلْفَاظِ الشَّنِيعَةِ بِاتِّفَاقِ الْعُلَمَاءِ. 

Commentaire : celui qui dit cette phrase, : « Dieu s’est enfuit », devient mécréant parce qu’il se sera moqué de Dieu, il aura attribué à Dieu le fait de se situer dans un endroit, de bouger, de s’enfuir, or tous les musulmans ont pour croyance que Allah est exempt de la direction, Il est exempt de l’emplacement, Il est exempt de l’endroit, Dieu existe sans endroit ni direction et Il n’est pas un corps, Dieu est donc exempt du mouvement et de l’immobilité et de la fuite. Et dans son livre ach-chifa, le qadi ^Iyad a dit : « ceci est une preuve de la mécréance de ceux qui disent de telles paroles abominables par accord des savants. »

Informations utiles :

Le Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « c’est une innovation que de se laver la tête dans le woudou’, il n’aura pas de récompense. » Lors du woudou’, nous passons la main mouillée sur la tête, mais celui qui lave la tête au lieu de seulement passer la main dessus aura commis une innovation, il n’aura pas de récompense.

Et dans le hadith :

أَيُّمَا امْرَأَةٍ خَرَجَتْ مِنْ بَيْتِهَا مُتَعَطِرَةً وَ مَرَّتْ بِقَوْمٍ لِيَجِدُوا رِيـحَهَا فَهِيَ زَانِيَة

qui signifie : « toute femme qui sort de chez elle parfumée et qui passe auprès de gens afin qu’ils sentent son parfum, elle a fait un des péchés qui sont des préliminaires à la fornication », le « li » de « liyajidou -afin- » n’est pas le « lam » de la conséquence. Ibnou Sam^aniyy, le spécialiste des fondements a dit : le « lam » de al-^aqibah -le lam des conséquences- est quelque chose qui est utilisé au sens figuré. Et donc nous pouvons expliquer un tel « lam » comme étant un lam de « ^aqibah » que s’il y a une preuve puisque ce n’est pas le sens propre, c’est le sens figuré. Le lam de la conséquence ne vient que dans le majaz -dans le sens figuré- or, on n’explique un texte par le sens figuré -un majaz- que s’il y a une indication, mais s’il n’y en a pas, on l’explique par le sens propre par défaut. ‘Asma’ la fille de ^Oumays que Dieu l’agrée était venu voir ^A’ichah que Dieu l’agrée, et le Messager de Allah lorsqu’il est entré a senti l’odeur du parfum, et il a dit :

لَا يَنْبَغِي لِلْمَرْأَةِ أَنْ تَتَطَيَّبَ إِلَّا عِنْدَ زَوْجِهَا

ce qui signifie : « il ne convient pas à une femme de se parfumer pour autre que son mari, sauf si elle est en présence de son mari pour son mari. » Et donc, il ne lui a pas dit que c’est interdit qu’elle se soit parfumée. Ainsi, si une femme sorte parfumée de chez elle, et que son objectif n’était pas d’entrainer les hommes et les tentés au péché, non, dans ce cas-là, ce que l’on dit à son sujet c’est qu’elle a commis quelque chose de déconseiller, c’est-à-dire que si elle évitait cela elle aura des récompenses, mais si elle le fait elle ne mérite pas d’être châtier.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَسُوءُ الأَدَبِ مَعَ الرَّسُولِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِالِاسْتِهْزَاءِ بِحَالٍ مِنْ أَحْوَالِهِ أَوْ بِعَمَلٍ مِنْ أَعْمَالِهِ كُفْرٌ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ne pas respecter le Messager en se moquant d’une de ses attitudes ou en se moquant d’une de ses actions ou en se moquant de lui est une mécréance.

الشَّرْحُ مَنِ اسْتَهْزَأَ بِنَبِيٍّ مِنَ الأَنْبِيَاءِ بِحَالٍ مِنْ أَحْوَالِهِ أَوْ بِعَمَلٍ مِنْ أَعْمَالِهِ كَفَرَ وَذَلِكَ كَالَّذِي يَسْتَهْزِئُ بِلُبْسِ الْعِمَامَةِ وَلُبْسِ الْقَمِيصِ أَيْ مَا يُعْرَفُ عِنْدَ النَّاسِ الْيَوْمَ بِالْجَلَّابِيَّةِ، أَوْ يَسْتَهْزِئُ بِاسْتِعْمَالِ السِّوَاكِ مَعَ عِلْمِهِ أَنَّ النَّبِيَّ فَعَلَ ذَلِكَ وَمَدَحَهُ، أَوْ يَسْتَهْزِئُ بِرَوَاتِبِ الصَّلَوَاتِ أَوْ قِيَامِ اللَّيْلِ أَوْ صِيَامِ النَّفْلِ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ مِمَّا وَرَدَ عَنِ النَّبِيِّ أَنَّهُ فَعَلَهُ وَمَدَحَهُ كَإِعْفَاءِ اللِّحْيَةِ وَنَحْوِهِ.

Commentaire : celui qui se moque d’un des prophètes de Allah, il se moque de l’un de ses états ou d’une de ses œuvres, il devient mécréant, c’est le cas par exemple de celui qui se moque du fait de porter un turban ou du fait de porter une tunique longue, ou encore celui qui se moque du siwak -du bâtonnet avec lequel on se nettoie les dents- alors qu’il sait que le prophète l’avait fait, et non seulement il l’avait fait mais en plus il en a fait l’éloge, ou encore celui qui se moque des prières régulières surérogatoires que l’on accompli régulièrement avant ou après les prières obligatoires, ou qui se moque des veillées de nuit, c’est-à-dire qu’il se moque des prières que l’on accompli au milieu de la nuit qui sont des prières surérogatoires, ou celui qui se moque des jeûnes surérogatoires ou autre que cela parmi les choses qui nous ont été rapportés du Messager de Allah, il nous a été rapporté que le prophète l’avait faite et qu’il avait fait l’éloge de ces choses, comme de se laisser pousser la barbe et ce qui est de cet ordre. Celui qui se moque de cela tout en ayant connaissance que le prophète a fait l’éloge ou a commise cette chose-là, il devient mécréant, que Dieu nous en préserve.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالِاسْتِهْزَاءُ بِمَا كُتِبَ فِيهِ شَىْءٌ مِنَ الْقُرْءَانِ الْكَرِيْمِ، أَوِ الأَنْبِيَاءِ عَلَيْهِمُ السَّلامُ، أَوِ بِشَعَائِرِ الإِسْلامِ أَوْ بِحُكْمٍ مِنْ أَحْكَامِ اللَّهِ تَعَالَى كُفْرٌ قَطْعًا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même se moquer de ce qui relève de l’honorable Qour’an, des prophètes, des emblèmes de l’Islam ou d’une des lois de Allah ta^ala constitue une mécréance de façon absolue.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنِ اسْتَهْزَأَ وَلَوْ بِآيَةٍ وَاحِدَةٍ مِنَ الْقُرْءَانِ فَقَدْ كَفَرَ، وَكَذَا لَوْ زَادَ حَرْفًا فِي الْقُرْءَانِ عِنَادًا أَوْ جَحَدَ حَرْفًا مِنْهُ مَعَ عِلْمِهِ أَنَّهُ مِنْهُ

Commentaire : celui qui se moque ne serai ce que d’un seul verset du Qour’an devient mécréant, de même, celui qui rajoute une lettre dans le Qour’an par entêtement, c’est-à-dire qu’il sait que cette lettre ne fait pas partie du Qour’an mais il la rajoute, ou au contraire il renie une lettre du Qour’an tout en sachant qu’elle en fait partie.

وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنِ اسْتَهْزَأَ بِنَبِيٍّ مِنْ أَنْبِيَاءِ اللَّهِ بِأَنْ نَسَبَ إِلَيْهِ الْقَبَائِحَ وَالرَّذَائِلَ كَالَّذِي يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا ءَادَمَ يُشْبِهُ الْقُرُودَ، أَوْ يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا يُوسُفَ إِنَّهُ قَصَدَ الزِّنَى أَيْ نَوَى، أَوْ يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا مُوسَى إِنَّهُ عَصَبِيُّ الْمِزَاجِ بِمَعْنَى سَيِّءِ الْخُلُقِ، أَوْ يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ نِسْوَنْجِي وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ، وَأَمَّا الَّذِي يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا مُوسَى إِنَّهُ كَانَ فِيهِ حِدَّةٌ فَلا يَكْفُرُ.

Également, devient mécréant celui qui se moque d’un des prophètes de Allah en lui attribuant des choses laides et des choses vils, comme celui qui dit à propos de notre maître ‘Adam qu’il ressemblait aux singes, ou qui dit à propos de notre maitre Yousouf : « il avait l’intention de commettre la fornication », ou celui qui dit de notre maitre Moussa qu’il est d’un tempérament nerveux, c’est-à-dire qu’il aurait un mauvais comportement, ou il dit de notre maitre Mouhammed qu’il est attiré par les femmes et ce qui est de cet ordre.

وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنِ اسْتَهْزَأَ بِشَعَائِرِ دِينِ اللَّهِ كَالصَّلاةِ وَالأَذَانِ أَوْ بِمَسَائِلِ الشَّرْعِ، وَالشَّعَائِرُ جَمْعُ شَعِيرَةٍ وَالشَّعِيرَةُ بِمَعْنَى الْمَعْلَمِ أَيْ مَا هُوَ مِنْ عَلامَاتِ الدِّينِ.

De même, devient mécréant celui qui se moque des rites -des symboles- -des signes- représentatifs de la religion agrée par Allah, telle que la prière, tel que l’appel à la prière, ou les questions de religion, c’est-à-dire tel jugement. Ici, quand le Chaykh a dit : « se moque d’un des rites de la religion » c’est-à-dire d’un des symboles de la religion, d’une chose qui est symbolique et représentative de la religion.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ اسْتِحْسَانُ الْكُفْرِ مِنْ غَيْرِهِ كُفْرٌ لِأَنَّ الرِّضَى بِالْكُفْرِ كُفْرٌ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, le fait d’apprécier la mécréance d’autrui est une mécréance, parce qu’accepter la mécréance est une mécréance.

Ainsi, approuver la mécréance d’autrui, est de la mécréance, parce que se satisfaire et accepter la mécréance c’est de la mécréance. Celui qui accepte de la mécréance, celui qui se satisfait de la mécréance aura commis de la mécréance.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنِ اسْتَحْسَنَ الْكُفْرَ الَّذِي فَعَلَهُ غَيْرُهُ يَكْفُرُ، فَإِذَا قِيلَ لِشَخْصٍ إِنَّ فُلانًا كَفَرَ فَاسْتَحْسَنَ هَذِهِ الْكُفْرِيَّةَ فِي نَفْسِهِ أَوْ بِلِسَانِهِ كَأَنْ قَالَ لا بَأْسَ بِهَا يَكْفُرُ، لِأَنَّهُ لَمَّا يَسْتَحْسِنُ كُفْرَ غَيْرِهِ رَضِيَ بِهِ وَالرِّضَا بِكُفْرِ الْغَيْرِ كُفْرٌ قَالَ تَعَالَى : ﴿وَلا يَرْضَى لِعِبَادِهِ الْكُفْرَ﴾ [سُورَةَ الزُّمَر/7]

Commentaire : celui qui approuve -qui apprécie- la mécréance qui a été commise par quelqu’un d’autre devient mécréant. Ainsi, s’il a été dit à quelqu’un : « untel a commis la mécréance » et lui a approuvé cette mécréance en lui-même, c’est-à-dire que dans son cœur il a approuvé, ou par sa langue il a approuvé cette mécréance comme s’il a dit : « il n’y a pas de mal en cela » alors il devient mécréant, parce qu’en approuvant la mécréance d’autrui, il s’en sera satisfait, en approuvant la mécréance d’autrui, il l’aura accepté, et accepter/se satisfaire de la mécréance d’autrui est une mécréance. Ainsi, dans sourate az-zoumar verset 7, Allah ta^ala dit :

وَلَا يَرْضَىٰ لِعِبَادِهِ ٱلْكُفْرَ

ce qui signifie : « Il n’agrée pas la mécréance pour Ses esclaves. »

وَمِنْ عَلامَاتِ الرِّضَا أَنْ يُصَفِّقَ لَهُ عَلَى وَجْهِ الرِّضَا وَالتَّأْيِيدِ لَهُ عَلَى مَا قَالَهُ، وَكَذَلِكَ مِنْ عَلامَاتِ الرِّضَا الضَّحِكُ لِقَوْلِهِ كَلِمَةَ الْكُفْرِ عَلَى وَجْهِ الْمُوَافَقَةِ لَهُ عَلَى قَوْلِهِ، وَأَمَّا إِنْ كَانَ مَغْلُوبًا بِضَحِكِهِ فَلا يَكْفُرُ.

Parmi les signes qui indiquent la satisfaction -l’accord- c’est d’applaudir celui qui qui a commis de la mécréance à la manière de celui qui s’en satisfait et pour le soutenir dans ce qu’il a dit. De même, parmi ce qui indique la satisfaction de la mécréance -l’approbation de la mécréance- -l’acceptation de la mécréance- il y a le fait de rire d’une parole de mécréance de manière à manifester son accord, c’est-à-dire le fait de rire en montrant son accord à ce qu’il a dit comme mécréance, est une mécréance. Quant à celui qui a été gagner par le fou rire, c’est-à-dire qu’il n’a pas rie délibérément mais il a été gagner par le fou rire, dans ce cas-là il ne sort pas de l’Islam.

أَمَّا مَا أَخْبَرَ اللَّهُ بِهِ عَنْ مُوسَى مِنْ قَوْلِهِ دُعَاءً عَلَى فِرْعَوْنَ وَقَوْمِهِ﴿رَبَّنَا اطْمِسْ عَلَى أَمْوَالِهِمْ وَاشْدُدْ عَلَى قُلُوبِهِمْ فَلا يُؤْمِنُوا﴾ [سُورَةَ يُونُس/88] فَلَيْسَ ذَلِكَ عَلَى وَجْهِ الرِّضَا بِكُفْرِهِمْ إِنَّمَا لِأَنَّهُ أَيِسَ مِنْ إِيـمَانِهِمْ فَقَالَ ذَلِكَ إِرَادَةَ التَّشْدِيدِ عَلَيْهِمْ.

Quant à la parole de Allah attribuée à notre maitre Moussa dans le verset 88 de sourate Younous :

رَبَّنَا ٱطْمِسْ عَلَىٰٓ أَمْوَٰلِهِمْ وَٱشْدُدْ عَلَىٰ قُلُوبِهِمْ فَلَا يُؤْمِنُوا۟

qui signifie : « ô seigneur fait qu’ils ne puissent plus disposer de leurs biens, et fait que par leurs cœur ils n’acceptent plus la foi », il ne s’agit pas de satisfaction de leur état de mécréance de la part de Moussa, mais c’est parce que Moussa a perdu espoir en leur foi, il ne se fait plus d’illusion, c’est-à-dire que Allah lui a appris qu’ils n’allaient pas être des croyants. Moussa a perdu espoir quant au fait qu’ils entrent en islam, alors il a dit cela pour que le châtiment leur soit encore plus terrible, encore plus difficile.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلا يَكْفُرُ مَنْ نَقَلَ [كِتَابَةً أَوْ قَوْلًا]عَنْ غَيْرِهِ كُفْرِيَّةً حَصَلَتْ مِنْهُ مِنْ غَيْرِ اسْتِحْسَانٍ لَهَا بِقَوْلِهِ: قَالَ فُلانٌ كَذَا وَلَوْ أَخَّرَ صِيغَةَ قَالَ إِلَى ءَاخِرِ الْجُمْلَةِ فَيُشْتَرَطُ أَنْ يَكُونَ فِي نِيَّتِهِ ذِكْرُ أَدَاةِ الْحِكَايَةِ مُؤَخَّرَةً عَنِ الِابْتِدَاءِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ne devient pas mécréant celui qui rapporte d’autrui une parole de mécréance qui se serait produite de lui sans l’approuvée en disant : « untel a dit telle chose. » S’il reporte l’expression « untel l’a dit » à la fin de la phrase, il est une condition d’avoir eu dès le début l’intention de mentionner à la fin de la phrase la formule du discours rapporté, c’est-à-dire qu’il doit avoir l’intention de citer le discours rapporté à la fin de la phrase dès le début de sa parole.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ: »قَالَ فُلانٌ كَذَا« وَأَوْرَدَ كُفْرِيَّةً بِدُونِ اسْتِحْسَانٍ لا يَكْفُرُ، سَوَاءٌ كَانَ كِتَابَةً أَوْ قَوْلًا، أَمَّا إِذَا أَخَّرَ صِيغَةَ الْحِكَايَةِ إِلَى ءَاخِرِ الْجُمْلَةِ كَأَنْ قَالَ: الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ قَوْلُ النَّصَارَى أَوْ قَالَتْهُ النَّصَارَى فَإِنَّ هَذَا حِكَايَةٌ مَانِعَةٌ لِلْكُفْرِ عَنِ الْحَاكِي بِشَرْطِ أَنْ يَكُونَ فِي نِيَّتِهِ ذِكْرُ أَدَاةِ الْحِكَايَةِ ءَاخِرَ الْجُمْلَةِ قَبْلَ الْبَدْءِ بِهَا، وَأَمَّا إِنْ كَانَ فِي نِيَّتِهِ أَنْ يَذْكُرَ أَدَاةَ الْحِكَايَةِ مُؤَخَّرَةً ثُمَّ نَسِيَ فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : celui qui dit : « untel a dit telle chose » puis il rapporte une mécréance sans l’approuver, il ne devient pas mécréant, que ce soit une mécréance par écrit ou par la parole. Et celui qui retarde la formule du discours rapporté à la fin de la phrase, comme s’il dit : « al-massih le fils de Allah, c’est la parole des chrétiens » ou bien : « c’est ce que les chrétiens ont dit » ceci est in discours rapporté empêchant celui qui le rapporte de tomber dans la mécréance, c’est-à-dire que celui qui mentionne cela ne sort pas de l’Islam, à condition d’avoir l’intention de citer le discours rapporté à la fin de la phrase avant même de commencer à rapporter la phrase. Quant à celui qui avait l’intention de mentionner le discours rapporté à la fin de la phrase qu’il va citer, puis il a oublié de citer le discours rapporté, dans ce cas-là, il n’est pas chargé de mécréance. Ainsi, si quelqu’un voulait citer un discours rapporté juste après la phrase qu’il va rapporter, et en fin de compte il a oublié de citer le discours rapporté à la fin de la phrase, dans ce cas-là ce n’est pas une mécréance.

مَا يُسْتَثْنَى مِنْ أَلْفَاظِ الْكُفْرِ الْقَوْلِيِّ

Quelles sont les exceptions de mécréance par la parole

يُسْتَثْنَى مِنَ الْكُفْرِ اللَّفْظِيِّ:

حَالَةُ سَبْقِ اللِّسَانِ: أَيْ أَنْ يَتَكَلَّمَ بِشَىْءٍ مِنْ ذَلِكَ مِنْ غَيْرِ إِرَادَةٍ، بَلْ جَرَى عَلَى لِسَانِهِ وَلَمْ يَقْصِدْ أَنْ يَقُولَهُ بِالْمَرَّةِ.

Sont exclus de la mécréance par la parole les choses suivantes :

Le cas du lapsus linguae : c’est le fait de dire une parole parmi les paroles de mécréance sans que ce soit dit volontairement, sans l’avoir voulu, involontairement, mais la parole sort de la bouche sans que l’on n’ait voulu la prodiguée.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ أَرَادَ أَنْ يَتَكَلَّمَ بِكَلامٍ غَيْرِ كُفْرِيٍّ فَأَخْطَأَ لِسَانُهُ فَخَرَجَتْ مِنْهُ كَلِمَةٌ كُفْرِيَّةٌ مِنْ دُونِ قَصْدٍ مِنْهُ لِلنُّطْقِ بِهَا لا يَكْفُرُ وَذَلِكَ كَأَنْ يَقْصِدَ أَنْ يَقُولَ وَمَا أَنَا مِنَ الْمُشْرِكِينَ فَيَسْبِقُ لِسَانُهُ فَيَقُول: وَمَا أَنَا مِنَ الْمُسْلِمِينَ فَلا مُؤَاخَذَةَ عَلَيْهِ فِي هَذَا.

Commentaire : si quelqu’un a voulu dire une parole qui n’est pas une parole de mécréance, puis il s’est trompé, sa langue à fourchée, et est sorti de sa bouche une parole de mécréance dite involontairement, non délibérément, il n’avait pas eu pour objectif de prodiguée cette parole de mécréance, alors dans ce cas il ne devient pas mécréant. Si quelqu’un voulait dire :

وَمَا أَنَا مِنَ الْمُشْرِكِينَ

ce qui signifie : « je ne suis pas au nombre des associateurs », mais il s’est trompé, sa langue à fourchée et il a dit :

وَمَا أَنَا مِنَ الْمُسْلِمِينَ

ce qui signifie « je ne suis pas au nombre des musulmans », alors dans ce cas il ne devient pas mécréant parce qu’il l’a dit involontairement, il n’a pas dit cette parole délibérément.

وَقَدْ مَثَّلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِسَبْقِ اللِّسَانِ بِرَجُلٍ فَقَدَ دَابَّتَهُ فِي الصَّحْرَاءِ وَعَلَيْهَا طَعَامُهُ وَشَرَابُهُ فَأَيِسَ مِنْهَا فَأَتَى شَجَرَةً فَاضْطَجَعَ فِي ظِلِّهَا فَبَيْنَمَا هُوَ كَذَلِكَ إِذَا هُوَ بِهَا قَائِمَةً عِنْدَهُ فَأَخَذَ بِخِطَامِهَا ثُمَّ أَرَادَ أَنْ يَقُولَ اللَّهُمَّ أَنْتَ رَبِّي وَأَنَا عَبْدُكَ فَقَالَ مِنْ شِدَّةِ فَرَحِهِ اللَّهُمَّ أَنْتَ عَبْدِي وَأَنَا رَبُّكَ.

Et le Messager de Allah a représenté le cas du lapsus par un homme qui a perdu sa monture en plein désert, et sur sa monture il y avait toute sa nourriture, sa boisson. Et cet homme avait perdu espoir de retrouver sa monture, puis cet homme est parti sous un arbre et s’est allonger à l’ombre de cet arbre, alors qu’il était ainsi, cet homme a retrouvé sa monture devant lui, puis il a attrapé sa monture. Puis cet homme a voulu dire : « ô Allah Tu es mon seigneur, je suis Ton esclave » et il a fait un lapsus tellement qu’il était heureux, il a fait un lapsus et a dit : « ô Allah Tu es mon esclave je suis Ton seigneur. »

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحَالَةُ غَيْبُوبَةِ الْعَقْلِ: أَيْ عَدَمِ صَحْوِ الْعَقْلِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : parmi les exceptions de la mécréance par la parole, il y a le cas de celui dont la raison est absente, c’est-à-dire l’absence de lucidité d’esprit.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ غَابَ عَقْلُهُ فَنَطَقَ وَهُوَ فِي هَذِهِ الْحَالِ بِكَلامٍ كُفْرِيٍّ لا يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ بِسَبَبِ هَذَا وَذَلِكَ لِارْتِفَاعِ التَّكْلِيفِ عَنْهُ حِينَذَاكَ، وَيَشْمَلُ هَذَا النَّائِمَ وَالْمَجْنُونَ وَنَحْوَهُمَا كَالْوَلِيِّ إِذَا غَابَ عَقْلُهُ بِالْوَجْدِ فَتَكَلَّمَ بِمَا يُخَالِفُ شَرْعَ اللَّهِ فِي حَالِ جَذْبِهِ مِمَّا هُوَ مِنْ أَلْفَاظِ الْكُفْرِ فَإِنَّهُ لا حَرَجَ عَلَيْهِ عِنْدَئِذٍ، وَمَعَ ذَلِكَ فَإِنَّ هَذَا الْمَجْذُوبَ وَكَذَلِكَ الْمَجْنُون يُنْهَيَانِ عَنْ ذَلِكَ الْقَوْلِ.

Commentaire : ainsi, celui qui a perdu sa raison, c’est-à-dire que sa raison est absente, il a parlé lorsqu’il était dans cet état et a dit des paroles de mécréances, alors il n’est pas juger mécréant à cause de cela, parce qu’il n’était pas responsable lorsqu’il a parlé, ce jugement concerne celui qui est endormi, celui qui est fou et ceux qui sont du même ordre, comme le saint s’il perd sa lucidité d’esprit par son extrême amour pour Dieu, à cause de al-wajd il perd la raison, s’il dit une parole qui contredit la loi alors que sa raison est absente, s’il dit une parole de mécréance alors qu’il n’a plus la raison, il n’y a pas de mal pour lui à ce moment-là. Et malgré cela, bien que le saint ne soit pas responsable, ce saint qui est majdhoub tout comme celui qui est fou, nous allons leur interdire de dire de telles paroles, même s’ils ne sont pas responsables, nous leur interdisons de dire de telles paroles.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحَالَةُ الإِكْرَاهِ: فَمَنْ نَطَقَ بِالْكُفْرِ بِلِسَانِهِ مُكْرَهًا بِالْقَتْلِ وَنَحْوِهِ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ فَلا يَكْفُرُ قَالَ تَعَالَى: ﴿مَنْ كَفَرَ بِاللَّهِ مِنْ بَعْدِ إِيـمَانِهِ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ وَلَكِنْ مَّنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللَّهِ﴾ الآيَةَ [سُورَةَ النَّحْل/106].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde dit : autre cas d’exception à la parole de mécréance : c’est le cas de celui qui est sous la menace. Si quelqu’un prononce la mécréance par la langue, contre son gré, sous menace de mort ou de ce qui est de cet ordre, mais son cœur est apaisé par la foi, son cœur n’a pas accepté cette mécréance, eh bien il ne sort pas de l’Islam, parce qu’il était sous la menace de mort ou ce qui entraine la mort. Dieu dit dans sourate an-nahl verset 106 :

مَن كَفَرَ بِٱللَّهِ مِنۢ بَعْدِ إِيمَٰنِهِۦٓ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُۥ مُطْمَئِنٌّۢ بِٱلْإِيمَٰنِ وَلَٰكِن مَّن شَرَحَ بِٱلْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ ٱللَّهِ

ce qui signifie : « si quelqu’un commet de la mécréance après avoir été musulman, il subira le châtiment de Allah, sauf celui qui est menacé de mort ou qui est de cet ordre et dont le cœur est apaisé par la foi, mais ceux qui ouvrent leur cœur à la mécréance subiront le châtiment de Allah. »

La règle générale est que celui qui dit une parole de mécréance sort de l’Islam, sauf s’il est menacé de mort ou ce qui est de cet ordre. Et s’il est menacé de mort et ce qui est de cet ordre, la condition pour qu’il soit excepté, c’est que son cœur rejette la mécréance, c’est-à-dire que son cœur est apaisé par la foi, dans ce cas-là, la personne ne sort pas de l’Islam. Cependant, si quelqu’un était sous la menace de mort ou ce qui est de cet ordre mais qu’il se satisfaisait de la mécréance, alors il sort de l’Islam.

الشَّرْحُ لِيُعْلَمْ أَنَّ النِّيَّةَ إِذَا خَالَفَتِ الشَّرْعَ فَهِيَ بَاطِلَةٌ وَكَذَلِكَ الْعَمَلُ، فَيَجِبُ تَطْبِيقُ الأَمْرَيْنِ عَلَى مَا يُوَافِقُ الشَّرْعَ، فَلَيْسَ الأَمْرُ الَّذِي كُلِّفَ بِهِ الْعِبَادُ النِّيَّةَ فَقَطْ وَلا الْعَمَلَ فَقَطْ بَلْ كُلِّفْنَا بِأَمْرَيْنِ تَحْسِينِ النِّيَّةِ وَتَحْسِينِ الْعَمَلِ فَلا يَجُوزُ أَنْ نُهْمِلَ وَاحِدًا مِنَ الأَمْرَيْنِ، وَالْعَجَبُ أَنَّ بَعْضَ النَّاسِ يُورِدُونَ هَذَا الْحَدِيثَ: إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ فِي غَيْرِ مَحَلِّهِ فَيَضِلُّونَ وَيُضِلُّونَ غَيْرَهُمْ، فَإِنَّهُمْ يُورِدُونَهُ لِدَفْعِ تَكْفِيرِ مَنْ يَتَكَلَّمُ بِالْكُفْرِ عَمْدًا عَلَى وَجْهِ الْمِزَاحِ أَوْ فِي حَالِ الْغَضَبِ.

Commentaire : que l’on sache que si l’intention n’est pas conforme à la loi de l’Islam, c’est une intention qui est infondée, et de même pour les œuvres, si une œuvre n’est pas conforme à la loi de l’Islam, alors cette œuvre n’est pas valide. Nous devons veillés à pratiquer les deux -l’intention et l’œuvre- conformément à la loi. Les esclaves n’ont pas été chargés uniquement de l’intention ni les œuvres seules, mais nous avons reçu l’ordre de deux choses : veiller à ce que l’intention soit bonne, et veiller à ce que les œuvres soient bonnes, les deux, il ne nous est pas autorisé de négliger l’un ou l’autre. Qu’il est étonnant qu’il y ait des gens qui prennent le hadith :

إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ

qui signifie : « certes les actes ne valent que par l’intention » mais l’explique hors de son contexte, ce qui les mènent à s’égarés eux-mêmes et à égarer d’autres qu’eux. Ils citent ce hadith hors de son contexte parce que parfois, quelqu’un commet une mécréance, il dit une mécréance par plaisanterie et pour s’exonérés ils disent : « oui mais Allah dit que les actes ne valent que par leur l’intention », mais ce hadith signifie pour que l’acte soit valide, il est indispensable qu’il y ait l’intention, c’est cela le sens, ça c’est un acte d’adoration. Mais celui qui dit une parole de mécréance délibérément il sort de l’islam, ce n’est pas uniquement s’il met l’intention de dire une mécréance qu’il sort de l’Islam ou s’il plaisante ça ne compterait pas comme le prétendent à tort ces ignorants, une telle personne n’est pas excusée, de même, si quelqu’un est en colère et dit une parole de mécréance il sort de l’Islam s’il l’a dite délibérément, eux disent à tort : « mais le prophète a dit : certes les actes ne sont considérés qu’avec l’intention » si ces gens-là comprennent qu’ils seraient excusés, ils se sont égarés.

وَمِنْ فَرْطِ الْجَهْلِ الْمُؤَدِّي إِلَى الْكُفْرِ احْتِجَاجُ بَعْضِ هَؤُلاءِ بِقَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿لا يُؤَاخِذُكُمُ اللَّهُ بِاللَّغْوِ فِي أَيْمَانِكُمْ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/225] ظَنُّوا أَنَّ هَذِهِ الآيَةَ مَعْنَاهَا أَنَّ الإِنْسَانَ لا يَكْفُرُ إِذَا لَمْ يَقْصِدْ بِكَلامِ الْكُفْرِ الْكُفْرَ، وَمَعْنَى هَذِهِ الآيَةِ أَنَّ مَنْ حَلَفَ بِلا إِرَادَةٍ كَقَوْلِ لا وَاللَّهِ وَبَلَى وَاللَّهِ بِدُونِ إِرَادَةٍ لا يُكْتَبُ عَلَيْهِ ذَلِكَ، وَفَرْقٌ بَيْنَ الأَيْمَانِ الَّتِي هِيَ جَمْعُ يَمِينٍ وَهُوَ الْقَسَمُ وَبَيْنَ التَّلَفُّظِ بِكَلامِ الْكُفْرِ، فَلا مُنَاسَبَةَ بَيْنَ هَذِهِ الآيَةِ وَبَيْنَ مَسْئَلَةِ مَنْ تَلَفَّظَ بِالْكُفْرِ وَهُوَ لا يَقْصِدُ الْكُفْرَ.

Et certaines personnes citent le verset 225 de sourate al-baqarah :

﴿لا يُؤَاخِذُكُمُ اللَّهُ بِاللَّغْوِ فِي أَيْمَانِكُمْ﴾

ils ont cru à tort que ce verset signifie : l’homme ne devient pas mécréant s’il n’avait pas l’intention par cette parole de mécréance que de commettre la mécréance », ce verset a un sens complètement différent de ce que eux prétendent. Ce verset signifie que si quelqu’un a dit : « non, par Allah » ou bien : « oui, par Allah » de manière machinal – certains jurent de manière machinale- sans que ce soit délibéré, il l’a dit involontairement, eh bien cette parole ne sera pas inscrite pour lui. La parole qu’il a dite lorsqu’il a juré involontairement ne sera pas inscrite pour lui, tel est le sens de ce verset 225 de sourate al-baqarah. Il y a une différence entre le fait de jurer -on appelle ça yamin en arabe- et le fait de dire une parole de mécréance. Ainsi, le verset 225 de sourate al-baqarah parle de ceux qui jurent de manière machinale -involontairement- sans prêter attention, ce verset signifie que cette parole n’est pas comptée pour eux, mais dans ce verset il ne s’agit pas de parole de mécréance. Il y a une grande différence entre ce verset et le fait que celui qui dit une parole de mécréance devient mécréant même s’il n’avait pas l’intention de commettre la mécréance.

وَهَؤُلاءِ لَمْ يَعْرِفُوا مَعْنَى ذَلِكَ الْحَدِيثِ، وَإِنَّمَا مَعْنَاهُ أَنَّ الأَعْمَالَ الَّتِي أَمَرَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى عِبَادَهُ بِهَا لا تَكُونُ مُعْتَبَرَةً إِلَّا بِالنِّيَّةِ كَالصَّلاةِ وَالصِّيَامِ وَالزَّكَاةِ وَالطَّهَارَةِ عَنِ الْحَدَثَيْنِ وَالْحَجِّ وَالْجِهَادِ، كُلُّ هَذَا لا يَكُونُ مَقْبُولًا عِنْدَ اللَّهِ إِلَّا بِالنِّيَّةِ، لَيْسَ مَعْنَاهُ كَمَا يَقُولُ سَيِّدُ سَابِقٍ الَّذِي فَتَحَ لِلنَّاسِ بَابًا مِنَ الْكُفْرِ وَاسِعًا وَوَرَّطَ بِهِ خَلْقًا كَثِيرًا

Ces gens-là n’ont pas su le sens de ce hadith, le sens de ce hadith est que les œuvres que Allah a donné l’ordre à Ses esclaves d’accomplir ne seront considérés qu’avec l’intention, les œuvres comme la prière, le jeûne, la zakat, la taharah, les deux hadath, le hajj, le djihad, tout cela n’est accepté selon le jugement de Dieu qu’avec l’intention. Il n’en est pas comme le prétend Sayyid Sabiq qui a ouvert une large porte dans la mécréance et dans laquelle il a fait tomber beaucoup de personne.

فَإِنَّهُ يَقُولُ: الأَلْفَاظُ الْكُفْرِيَّةُ لا تُؤَثِّرُ إِلَّا أَنْ تَكُونَ شَارِحًا صَدْرَكَ بِهَا وَنَاوِيًا مَعْنَاهَا وَمُعْتَقِدًا

Sayyid Sabiq a prétendu que si quelqu’un dit une parole de mécréance, elle n’a pas d’effet sur lui sauf s’il ouvre son cœur pour cette parole, s’il met l’intention du sens de cette parole et en y croyant fermement. Celui qui considère cela comme étant véridique, il aura ouvert une grande porte sur la mécréance.

فَإِنَّهُ جَعَلَ بِقَوْلِهِ هَذَا كُلَّ الْعِبَادِ فِي حُكْمِ الْمُكْرَهِ، وَاللَّهُ تَعَالَى اسْتَثْنَى الْمُكْرَهَ فِي كِتَابِهِ بِحُكْمٍ خَاصٍّ

Ainsi, cet homme Sayyid Sabiq a considéré que tout le monde avait le jugement de celui qui est sous la contrainte. Or Allah a excepté celui qui est contraint par un jugement particulier.

قَالَ تَعَالَى: ﴿مَنْ كَفَرَ بِاللَّهِ مِنْ بَعْدِ إِيـمَانِهِ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ وَلَكِنْ مَّنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ﴾ [سُورَةَ النَّحْل/106]

Dieu dit dans sourate an-nahl verset 106 :

مَن كَفَرَ بِٱللَّهِ مِنۢ بَعْدِ إِيمَٰنِهِۦٓ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُۥ مُطْمَئِنٌّۢ بِٱلْإِيمَٰنِ وَلَٰكِن مَّن شَرَحَ بِٱلْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ ٱللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ

ce qui signifie : « celui qui commet la mécréance après avoir été croyant, il sort de l’Islam, sauf celui qui était contraint et dont le cœur est apaisé par la foi, mais celui qui a ouvert son cœur à la mécréance, il mérite le châtiment de Allah, il aura un châtiment douloureux. »

فَقَدْ جَعَلَ لِلْمُكْرَهِ حُكْمًا خَاصًّا لا يَتَجَاوَزُهُ إِلَى غَيْرِهِ وَهُوَ أَنَّ الْمُكْرَهَ بِالْقَتْلِ أَوْ نَحْوِهِ كَقَطْعِ الْيَدِ وَالرِّجْلِ إِذَا نَطَقَ بِكَلِمَةِ الْكُفْرِ تَحْتَ الإِكْرَاهِ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ عِنْدَ نُطْقِهِ بِمَا أُكْرِهَ عَلَيْهِ مِنَ الْقَوْلِ الْكُفْرِيِّ لَيْسَ عَلَيْهِ غَضَبٌ مِنَ اللَّهِ وَلا يُعَذَّبُ لِأَنَّهُ لَمْ يَكْفُرْ، هَذَا مَعْنَى الآيَةِ.

Allah a accordé à celui qui est contraint un jugement particulier qui ne va pas concerner autre que lui, c’est-à-dire que c’est un jugement qui ne concerne que celui qui est contraint. Celui qui est contraint parce que menacé de mort, ou menacé d’avoir les bras et les jambes amputés s’il ne prononce pas la parole de mécréance, si pour échapper à cela il dit la parole de mécréance alors que son cœur est satisfait par la foi lorsqu’il la prononce, alors il ne mérite pas le châtiment de Allah, il ne sera pas châtié car il ne devient pas mécréant.

وَلَكِنَّ الْمُكْرَهَ إِذَا ثَبَتَ فَلَمْ يُجِبِ الْكُفَّارَ لِمَا أَرَادُوا مِنْهُ فَقَتَلُوهُ يَكُونُ قَدْ فَازَ بِالشَّهَادَةِ.

Cependant, si celui qui est contraint refuse de répondre à la demande de ceux qui veulent qu’il dise de la mécréance et qu’ils le tuent, il aura atteint le degré du martyre.

   وَأَمَّا غَيْرُ الْمُكْرَهِ فَإِنَّهُ لا يُشْتَرَطُ لِلْحُكْمِ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ انْشِرَاحُ الصَّدْرِ وَلا مَعْرِفَةُ الْحُكْمِ لِحَدِيثِ: إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ لا يَرَى بِهَا بَأْسًا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ سَبْعِينَ خَرِيفًا رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ وَحَسَّنَهُ.

Quant à celui qui n’est pas contraint, il n’est pas une condition pour qu’il soit jugé mécréant qu’il se soit satisfait par le cœur de cette mécréance ni qu’il connaisse le jugement de cette mécréance. La preuve vient du hadith :

إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ لا يَرَى بِهَا بَأْسًا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ سَبْعِينَ خَرِيفًا

qui signifie : « certes, il arrive que l’esclave dise une parole dans laquelle il ne voit pas de mal mais à cause de laquelle il chutera en enfer pendant soixante-dix automnes. » Que Allah nous évite ainsi qu’à vous le châtiment de l’enfer.

Informations utiles :

Allah est exempt de l’endroit, Il n’est pas dans le ciel ni dans un autre endroit ni dans une quelconque direction.

Dans le verset 16 de sourate al-moulk :

أَأَمِنتُم مَّن فِي السَّمَاء

qui signifie : « ne craigniez-vous donc pas ceux qui sont dans le ciel ? » ce n’est pas Allah qui est concerné pas le fait d’être dans le ciel, mais c’est l’ange Jibril.

Le verset 16 de sourate al-moulk :

أَأَمِنتُم مَّن فِي السَّمَاء أَن يَخْسِفَ بِكُمُ الأَرْضَ فَإِذَا هِيَ تَمُورُ

signifie : « vous croyez vous donc protéger du fait que Allah donne l’ordre aux anges qui ont la charge du châtiment -et il s’agit de Jibril- de vous ensevelir tout comme il a enseveli les villes du peuple de Lout ?»

Parmi les savants qui ont rapporté l’unanimité à propos du ta’wil -de l’interprétation- de ce verset, il y a an-Nawawiy dans le commentaire du sahih de Mouslim.

Et ceux qui ont rapporté l’unanimité que ce verset 16 de sourate l-moulk est interprété par un autre sens que le sens apparent -le sens apparent étant que Allah serait dans le ciel mais ce n’est pas cela le sens du verset- c’est le hafidh an-Nawawiyy dans le commentaire du sahih de Mouslim, il y a également ar-Razi, Abou Hayyan al-Andalousiyy, Mouslim, al-Qourtoubiyy, al-Qouchayriyy, l’imam al-Matouridiyy dans at-tafasir ainsi que l’imam des deux haram al-Jouwayniyy as-Shamil fi ousoul ad-Din. Ceux qui ont expliqué ce verset 16 de sourate al-moulk de cette manière sont très nombreux. Il n’y a pas lieu de dire que ce verset signifierait que Dieu serait dans le ciel, parce que Allah est Le créateur du ciel, Il n’en a pas besoin.

Allah est Le créateur du ciel, Il est Le créateur des endroits, celui qui attribue à Allah le ciel ou l’endroit, ou le trône il aura insulté Allah, parce qu’il aura comparé Dieu à Ses créatures, et celui qui insulte Allah n’est pas croyant.

Que Allah m’accorde ainsi qu’à vous une fin heureuse et un bon état.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: حَالَةُ الْحِكَايَةِ لِكُفْرِ الْغَيْرِ: فَلا يَكْفُرُ الْحَاكِي كُفْرَ غَيْرِهِ عَلَى غَيْرِ وَجْهِ الرِّضَى وَالِاسْتِحْسَانِ، وَمُسْتَنَدُنَا فِي اسْتِثْنَاءِ مَسْئَلَةِ الْحِكَايَةِ قَوْلُ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ عُزَيْرٌ ابْنُ اللَّهِ وَقَالَتِ النَّصَارَى الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ﴾ [سُورَةَ التَّوْبَة/30]، ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ يَدُ اللَّهِ مَغْلُولَةٌ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/64].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : parmi les exceptions à la mécréance par la parole : le cas de celui qui rapporte la mécréance d’autrui. Celui qui rapporte la mécréance d’autrui ne devient pas mécréant s’il le fait sans s’en satisfaire ni l’approuvée. Notre preuve concernant l’exception à la mécréance du cas du discours rapporté, c’est la parole de Allah ta^ala dans sourate at-tawbah verset 30 :

وَقَالَتِ الْيَهُودُ عُزَيْرٌ ابْنُ اللَّهِ وَقَالَتِ النَّصَارَى الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ

ce qui signifie : « les juifs ont dit : « ^ouzayr est le fils de Dieu » et les chrétiens ont dit : « le messie est le fils de Dieu », il y a bien un discours rapporté, et la parole de Allah dans sourate al-ma’idah verset 64 :

وَقَالَتِ الْيَهُودُ يَدُ اللَّهِ مَغْلُولَةٌ

qui signifie : « les juifs ont dit : « Allah est avar », là aussi il y a un discours rapporté.

الشَّرْحُ مِمَّا هُوَ مُهِمٌّ مَعْرِفَتُهُ أَنَّ مَا ذُكِرَ هُنَا لَيْسَ مُشَابِهًا لِمَا قَالَهُ أَحْمَدُ دِيدَات وَبَعْضٌ غَيْرُهُ فَكَلامُهُمْ كُفْرٌ صَرِيحٌ لا يَقْبَلُ التَّأْوِيلَ وَهُوَ قَوْلُهُمْ نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ مِنْ بَابِ الْمَجَازِ،

Commentaire : parmi les choses qu’il est important de connaitre, c’est que ce qui a été mentionné ici -c’est-à-dire le discours rapporté- n’est pas du même ordre que ce qu’a dit Ahmad Didat et autres que lui, leur parole est une mécréance claire -explicite- qui n’admet pas d’interprétation. Lorsqu’ils disent : « nous sommes des enfants de Dieu » mais au sens figuré, cette parole est une mécréance qui n’admet pas d’interprétation.

فَإِنَّ هَؤُلاءِ وَافَقُوا الْيَهُودَ بِقَوْلِهِمْ هَذَا لِأَنَّ الْيَهُودَ لَمَّا قَالُوا نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ مَا قَصَدُوا أَنَّ اللَّهَ وَلَدَهُمْ إِنَّمَا قَصَدُوا أَنَّ اللَّهَ يُعِزُّهُمْ، وَمَعَ ذَلِكَ اللَّهُ تَعَالَى كَفَّرَهُمْ فَنَحْنُ أَيْضًا نُكَفِّرُ هَؤُلاءِ عَمَلًا بِحُكْمِ الْقُرْءَانِ: ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ وَالنَّصَارَى نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ قُلْ فَلِمَ يُعَذِّبُكُم بِذُنُوبِكُم بَلْ أَنْتُمْ بَشَرٌ مِّمَّنْ خَلَقَ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/18].

Ces gens-là qui disent que nous sommes des enfants de Dieu -même sils prétendent que c’est au sens figuré- ont été en conformité avec les mécréants des fils d’Israël lorsqu’ils disent cela, car lorsque les mécréants des fils d’Israël disent : « nous sommes des enfants de Dieu » eux n’avaient pas pour objectif de visé que Dieu leur aurait donné naissance dans le sens qu’Il les aurait engendré, mais eux visent par-là que Allah les honore, les glorifie, mais malgré cela Dieu les a déclarés mécréant, et nous également déclarons mécréant ces gens-là par application du jugement du Qour’an. Dans sourate al-ma’idah verset 18 Dieu dit :

وَقَالَتِ ٱلْيَهُودُ وَٱلنَّصَٰرَىٰ نَحْنُ أَبْنَٰٓؤُا۟ ٱللَّهِ وَأَحِبَّٰٓؤُهُۥ ۚ قُلْ فَلِمَ يُعَذِّبُكُم بِذُنُوبِكُم ۖ بَلْ أَنتُم بَشَرٌۭ مِّمَّنْ خَلَقَ

ce qui signifie : « les juifs et les chrétiens ont dit : « nous sommes les enfants de Dieu et Ses bien aimés », dit : alors pourquoi est-ce qu’Il vous châtie pour vos péchés ? Vous n’êtes que des humains parmi ceux qu’Il a créé. »

وَلا اعْتِبَارَ لِقَوْلِ بَعْضِ هَؤُلاءِ: نَحْنُ لا نَقْصِدُ الْبُنُوَّةَ بِمَعْنَى الْوِلادَةِ إِنَّمَا نَقْصِدُ الْعِنَايَةَ وَالْعَطْفَ وَالرَّحْمَةَ

Il n’y a pas de considération a accordé à certains qui disent : « mais quand nous disons « enfant de Dieu » nous ne visons pas le fait qu’Il nous a engendré, mais dans le sens qu’Il nous accorde une attention particulière, une grâce, une miséricorde » il n’y a pas de considération a accordé à de telle parole.

فَقَدْ ذَكَرَ ابْنُ عَطِيَّةَ فِي تَفْسِيرِهِ أَنَّ إِطْلاقَ نِسْبَةِ الْبُنُوَّةِ إِلَى اللَّهِ وَلَوْ قُصِدَ بِهِ الْحَنَانُ كُفْرٌ.

En effet, dans son tafsir -dans son exégèse-, Ibnou ^Atiyyah a cité que le fait d’employer l’affiliation à Allah, de dire que telle créature est fils ou fille de Dieu, même si c’est sans le sens de la miséricorde, de la compassion et de la tendresse, c’est de la mécréance.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: ثُمَّ الْحِكَايَةُ الْمَانِعَةُ لِكُفْرِ حَاكِي الْكُفْرِ إِمَّا أَنْ تَكُونَ فِي أَوَّلِ الْكَلِمَةِ الَّتِي يَحْكِيهَا عَمَّنْ تَكَلَّمَ بِكُفْرٍ، أَوْ بَعْدَ ذِكْرِهِ الْكَلِمَةَ عَقِبَهَا وَقَدْ كَانَ نَاوِيًا أَنْ يَأْتِيَ بِأَدَاةِ الْحِكَايَةِ قَبْلَ أَنْ يَقُولَ كَلِمَةَ الْكُفْرِ

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : par ailleurs, l’expression du discours rapporté qui empêche celui qui rapporte une parole de mécréance de tomber dans la mécréance, cette expression est placée soit au début de ce qu’il rapporte de celui qui a mécrut, il dit par exemple : « untel a dit telle chose », il a donc dit : « untel a dit » au début de sa phrase, ou bien, il cite cette expression du discours rapporté juste après la citation de la mécréance, mais dans ce dernier cas, il est une condition d’avoir eu l’intention d’utilisé l’expression du discours rapporté avant de citer la parole de mécréance.

Ainsi, s’il va utiliser l’expression du discours rapporté à la fin de sa phrase la condition c’est qu’il ait eu l’intention de cité le discours rapporté avant qu’il ne cite la parole de mécréance. En d’autres termes, ce n’est pas après avoir commencé à dire la parole de mécréance sans avoir eu l’intention de la rapporter qu’en citant l’expression du discours rapporté juste après cela va l’excuser, non. Pour qu’il puisse être excepté de la déclaration de mécréance, il est une condition qu’il ait eu l’intention de citer l’expression du discours rapporté avant de commencer à dire cette parole de mécréance.

فَلَوْ قَالَ: الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ قَوْلُ النَّصَارَى، أَوْ قَالَتْهُ النَّصَارَى، فَهِيَ حِكَايَةٌ مَانِعَةٌ لِلْكُفْرِ عَنِ الْحَاكِي.

Si par exemple il dit : « Jésus le fils de Dieu » c’est ce que disent les chrétiens » ou bien : « c’est ce qu’ont dit les chrétiens » ceci est un discours rapporté qui empêche de tomber dans la mécréance pour celui qui rapporte ce discours, parce qu’il avait employé ce qui indique le discours rapporté juste après, dans ce cas-là celui qui rapporte échappe à la déclaration de mécréance, parce qu’il avait mentionné ce qui fait référence au discours rapporté juste après, mais il avait eu l’intention de citer le discours rapporté avant de commencer sa phrase, c’est-à-dire que ce n’est pas un rattrapage qu’il a fait, ce n’est pas après avoir cité la parole de mécréance que soi-disant il se serait rattrapé pour dire le discours rapporté à la fin.

وَحَالَةُ كَوْنِ الشَّخْصِ مُتَأَوِّلًا بِاجْتِهَادِهِ فِي فَهْمِ الشَّرْعِ

Ainsi, l’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a mentionné les cas d’exception à la mécréance par la parole : il y a le cas du lapsus, il y a le cas de celui dont la raison est absente, il y a le cas de celui qui dit une parole de mécréance sous la menace, il y a le cas de celui qui rapporte la parole d’autrui.

Le Chaykh a cité un autre cas qui est le cas de celui qui fait une interprétation -ta’wil- par son propre effort -ijtihad- dans la compréhension de la loi.

Ainsi, c’est quelqu’un qui a mal interprété parce qu’il a fourni un effort de compréhension seul, il a alors mal interprété un jugement de la loi, alors dans certains cas il n’est pas sorti de l’Islam, ce n’est pas dans tous les cas qu’il sort de l’Islam, comme le Chaykh va l’expliquer.

وَحَالَةُ كَوْنِ الشَّخْصِ مُتَأَوِّلًا بِاجْتِهَادِهِ فِي فَهْمِ الشَّرْعِ: فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ الْمُتَأَوِّلُ إِلَّا إِذَا كَانَ تَأَوُّلُهُ فِي الْقَطْعِيَّاتِ فَأَخْطَأَ فَإِنَّهُ لا يُعْذَرُ كَتَأَوُّلِ الَّذِينَ قَالُوا بِقِدَمِ الْعَالَمِ وَأَزَلِيَّتِهِ كَابْنِ تَيْمِيَةَ.

Celui qui se livre à une interprétation, c’est-à-dire qu’il interprète à sa manière un jugement de la loi, il ne devient pas mécréant sauf si son interprétation concerne ce qui est catégorique et qu’il s’est trompé, c’est-à-dire que ce n’est pas un sujet à divergence, mais il est catégorique et confirmé par les textes, et qui fait partie des fondements et qu’il s’est trompé, dans ce cas-là il n’est pas excusé. Ainsi, ce n’est pas dans tous les cas que la mauvaise interprétation excuse, comme quelqu’un qui a fait une mauvaise interprétation dans un sujet catégorique, c’est-à-dire un sujet qui est un fondement de la croyance et il s’est trompé, c’est le cas de la mauvaise interprétation de ceux qui ont déduit que ce monde n’a pas de début, à l’exemple de Ibnou Taymiyah, une telle interprétation n’est pas excusée, parce que ça porte sur un sujet fondamental de croyance, parce que celui qui dit que ce monde n’a pas de début, ça revient à dire qu’il y aurait un associé à Dieu dans cet attribut d’exemption de début, et cela contredit le tawhid -la croyance en l’unicité de Dieu- à savoir le fait que Dieu n’ait absolument aucune ressemblance avec Ses créatures, c’est pour cela que la mauvaise interprétation à ce sujet n’est pas excusée. Ainsi, ce n’est pas toute mauvaise interprétation qui est excusée.

وَأَمَّا مِثَالُ مَنْ لا يَكْفُرُ مِمَّنْ تَأَوَّلَ فَهُوَ كَتَأَوُّلِ الَّذِينَ مَنَعُوا الزَّكَاةَ فِي عَهْدِ أَبِي بَكْرٍ بِأَنَّ الزَّكَاةَ وَجَبَتْ فِي عَهْدِ الرَّسُولِ لِأَنَّ صَلاتَهُ كَانَتْ عَلَيْهِمْ سَكَنًا لَهُمْ وَطُهْرَةً – أَيْ رَحْمَةً وَطُمَأْنِينَةً – وَأَنَّ ذَلِكَ انْقَطَعَ بِمَوْتِهِ فَإِنَّ الصَّحَابَةَ لَمْ يُكَفِّرُوهُمْ لِذَلِكَ لِأَنَّ هَؤُلاءِ فَهِمُوا مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿خُذْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِم بِهَا وَصَلِّ عَلَيْهِمْ إِنَّ صَلاتَكَ سَكَنٌ لَّهُمْ﴾ [سُورَةَ التوبة/103] أَنَّ الْمُرَادَ مِنْ قَوْلِهِ خُذْ أَيْ يَا مُحَمَّدُ الزَّكَاةَ لِتَكُونَ إِذَا دَفَعُوهَا إِلَيْكَ سَكَنًا لَهُمْ

Quant à ceux qui font une mauvaise interprétation mais qui ne sortent pas de l’Islam, ce sont par exemple ceux qui se sont abstenus de payer la zakat à l’époque de Abou Bakr asSiddiq que Allah l’agrée, ceux-là pensaient que la zakat était un devoir uniquement du vivant du Messager, c’est-à-dire qu’ils pensaient que la zakat était obligatoire durant la vie du prophète car ses invocations étaient pour eux une miséricorde, un apaisement et une purification et que cela s’interromprait après sa mort. Ils ont dit : « après sa mort ce n’est plus un devoir de payer la zakat car après sa mort il ne va pas nous faire d’invocation » ils pensaient qu’ils donnaient la zakat en contrepartie des invocations du prophète et que donc après sa mort ça ne serait plus obligatoire. Voici une mauvaise interprétation. Cependant, les compagnons ne les ont pas jugés mécréants pour cela, ils les ont combattus pour qu’ils s’acquittent de ce qui leur incombe comme obligation, mais ils ne les ont pas combattus pour la mécréance. Car ils ne les ont pas jugés mécréant pour cela. Et la source de leur mauvaise interprétation c’est qu’ils ont mal compris un verset, en effet ces gens-là ont compris de la parole de Allah dans sourate at-tawbah verset 103 :

خُذْ مِنْ أَمْوَٰلِهِمْ صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِم بِهَا وَصَلِّ عَلَيْهِمْ إِنَّ صَلَوٰتَكَ سَكَنٌ لَّهُمْ

qui signifie : « prélève de leur bien une aumône qui les purifie et les augmente en bénédiction et fais des invocations en leur faveur, certes tes invocations sont un apaisement pour eux », ils ont compris de ce verset qu’en contrepartie de la zakat il y avait les invocations qui seraient un apaisement. Ils ont compris que ce qui serait visé par Sa parole ta^ala :

خُذْ

qui signifie : « prends », c’est-à-dire ô Mouhammed prends la zakat afin qu’elle soit, s’il te la verse, une miséricorde et un apaisement pour eux. Ils ont compris de ce verset que cela ne se produirait plus après sa mort et que par conséquent il n’était plus un devoir pour eux de la verser, parce qu’il était mort, et que c’était le prophète qui avait reçu l’ordre de prélever, voici leur mauvaise interprétation.

وَلَمْ يَفْهَمُوا أَنَّ الْحُكْمَ عَامٌّ فِي حَالِ حَيَاتِهِ وَبَعْدَ مَوْتِهِ

Ces gens-là n’avaient pas compris que le jugement était général, et que c’était un jugement qui s’appliquait de son vivant et après sa mort.

وَإِنَّمَا قَاتَلَهُمْ أَبُو بَكْرٍ كَمَا قَاتَلَ الْمُرْتَدِّينَ الَّذِينَ اتَّبَعُوا مُسَيْلِمَةَ الْكَذَّابَ فِي دَعْوَاهُ النُّبُوُّةَ لِأَنَّهُ مَا كَانَ يُمْكِنُهُ أَنْ يَأْخُذَ مِنْهُمْ قَهْرًا بِدُونِ قِتَالٍ لِأَنَّهُمْ كَانُوا ذَوِي قُوَّةٍ فَاضْطُرَّ إِلَى الْقِتَالِ.

Abou Bakr que Allah l’agrée n’a pas combattu ces gens-là comme il a combattu les apostats qui avaient suivis Mousaylimah le menteur dans sa prétention à la prophétie, mais il les a combattus uniquement parce qu’il ne pouvait pas prendre d’eux la zakat malgré eux, sans combattre, ils avaient en effet une certaine force, il fut alors dans la nécessité d’engager le combat pour prélever d’eux ce qu’il leur incombait, c’était là la raison pour laquelle il les avait combattus, il n’avait pas combattu ces gens-là comme il avait combattu Mousaylimah qui avait prétendu la prophétie, qui lui, a été combattu pour son apostasie. Mais il les avait combattus parce que c’étaient des gens qui avaient refusés de s’acquitter de leur obligation et qu’ils étaient fort, donc ils ne comprenaient que par le combat.

وَكَذَلِكَ الَّذِينَ فَسَّرُوا قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾ بِأَنَّهُ تَخْيِيرٌ وَلَيْسَ تَحْريِمًا لِلْخَمْرِ فَشَرِبُوهَا لِأَنَّ عُمَرَ مَا كَفَّرَهُمْ وَإِنَّمَا قَالَ: اجْلِدُوهُمْ ثَمَانِينَ ثَمَانِينَ، ثُمَّ إِنْ عَادُوا فَاقْتُلُوهُمْ اهـ. رَوَاهُ ابْنُ أَبِي شَيْبَةَ.

Attention, ces mauvaises interprétations ont eu lieu au début de l’Islam, nous n’allons pas dire qu’aujourd’hui il est possible qu’il y ait des gens qui fassent la même mauvaise interprétation, ici c’est à titre pédagogique pour illustrer des cas que le Chaykh a expliqué, mais ce n’est pas toute mauvaise interprétation qui est excusée, car il y a des gens qui se cachent derrière ces sois disant prétextes pour détruire l’Islam, mais celui qui a eu vent d’un jugement et qui le renie, il ne rentre pas dans le cas de celui qui fait une mauvaise interprétation, la mauvaise interprétation cité ici est à propos de gens qui croyaient véritablement que le jugement était ainsi, alors que de nos jours ces jugements sont connus.

Et un autre exemple à propos de ceux qui ont fait une mauvaise interprétation, c’est ceux qui ont mal interprété le verset 91 de sourate al-ma’idah à propos de l’alcool :

فَهَلْ أَنتُم مُّنتَهُونَ

qui signifie : « allez-vous vous en abstenir ? » sous-entendu une fois pour toute. Ils avaient compris que c’était un choix, à savoir : « est-ce que vous allez vous en abstenir ou pas ? », ils croyaient que les boissons enivrantes n’étaient pas une interdiction, et ils en ont bu. Cependant, notre maitre ^Oumar que Dieu l’agrée ne les a pas jugés mécréants, mais il leur a appliqué une grande peine légale avec pour qu’ils cessent et il les a menacés d’être exécuté s’ils reprenaient, parce qu’ils avaient mal interprétés ce verset, et l’explication correcte leur a été donné, donc ils ne pouvaient plus prétendre avoir mal compris. Et ceci a été rapporté par Ibnou Abi Chaybah.

الشَّرْحُ أَيْ إِنْ عَادُوا إِلَى اسْتِحْلالِ الْخَمْرِ أَمَّا فِي زَمَانِنَا هَذَا فَلا عُذْرَ لِمَنْ يُنْكِرُ حُرْمَةَ الْخَمْرِ مِمَّنْ كَانَ يَعِيشُ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ لِأَنَّهُ فِي زَمَانِنَا انْتَشَرَ حُرْمَةُ الْخَمْرِ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ وَلا يَخْفَى عَلَى مَنْ يَعِيشُ بَيْنَهُمْ ذَلِكَ، فَصَارَ مَعْلُومًا مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ.

Commentaire : quant à notre époque, il n’y a pas d’excuse pour celui qui renie l’interdiction de l’alcool, pour quelqu’un qui vit parmi les musulmans, parce qu’à notre époque, l’interdiction de boire de l’alcool est un jugement qui s’est propagé chez les musulmans, les musulmans connaissent ce jugement, c’est un jugement qui n’échappe pas à quelqu’un qui vit parmi les musulmans, c’est donc devenu quelque chose comme d’évidence dans la religion.

Et qu’est-ce que ça veut dire « comme d’évidence » ? Et pourquoi nous n’avons pas dit : « connu d’évidence » sans ajouter « comme » ? Parce que l’évidence est à propos des sujets rationnels. Si on prend quelqu’un à l’improviste, et qu’on je lui demande : « qu’est-ce qui est plus grand ? : une baguette ou la moitié d’une baguette ? », d’évidence il va répondre : « le plus grand c’est la baguette entière », c’est cela qui est connu d’évidence, c’est-à-dire que si tu prends quelqu’un à l’improviste il connait, mais comme l’interdiction de l’alcool est un sujet de loi -on ne parle pas de la croyance- et que les sujet des lois ne sont pas des sujets que nous allons connaitre par la raison, ce sont des sujets que nous allons connaitre par la transmission. Allah nous a envoyé un prophète, le prophète a enseigné à ses compagnons, les compagnons ont enseigné à ceux qui sont venus après eux et ainsi de suite, et il y a des moujtahid qui ont déduit des jugements pour les cas qui n’ont pas été cités dans les textes. Ainsi, si nous prenons à l’improviste un musulman qui a vécu parmi les musulmans et que nous lui demandons : « quel est le jugement de boire de l’alcool ? », il va répondre : « c’est interdit ! », mais il n’a pas su cela par la raison, mais c’est parce que c’est un jugement qui a été diffusé, c’est pour cela que nous disons « c’est comme connu d’évidence dans la religion », c’est connu comme si c’était une évidence. Bien que nous parlions d’évidence à propos des sujets rationnels, étant donné qu’ici c’est un sujet religieux, nous rajoutons le « comme. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: إِنَّمَا كَفَّرُوا الآخَرِينَ الَّذِينَ ارْتَدُّوا عَنِ الإِسْلامِ لِتَصْدِيقِيهِمْ لِمُسَيْلِمَةَ الْكَذَّابِ الَّذِي ادَّعَى الرِّسَالَةَ، فَمُقَاتَلَتُهُمْ لِهَؤُلاءِ الَّذِينَ تَأَوَّلُوا مَنْعَ الزَّكَاةِ عَلَى هَذَا الْوَجْهِ كَانَ لِأَخْذِ الْحَقِّ الْوَاجِبِ عَلَيْهِمْ فِي أَمْوَالِهِمْ

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les compagnons n’ont déclaré mécréants que les autres, à savoir ceux qui avaient apostasiés, parce qu’ils avaient cru en Mousaylimah le menteur, celui qui prétendait être Messager. Ainsi le combat des compagnons contre ceux qui s’étaient abstenus de payer la zakat -dans les circonstances mentionnées- fut mené pour prendre la part du droit qui leur incombait, telle est la raison pour laquelle les compagnons les ont combattus, c’est pour prendre la part de droit qui leur incombait sur leurs biens.

وَذَلِكَ كَقِتَالِ الْبُغَاةِ فَإِنَّهُمْ لا يُقَاتَلُونَ لِكُفْرِهِمْ، بَلْ يُقَاتَلُونَ لِرَدِّهِمْ إِلَى طَاعَةِ الْخَلِيفَةِ

Ceci est comparable au combat contre les rebelles, en effet, ils ne furent pas combattus pour leur mécréance mais ils furent combattus pour les ramener à l’obéissance au Calife.

كَالَّذِينَ قَاتَلَهُمْ سَيِّدُنَا عَلِيٌّ فِي الْوَقَائِعِ الثَّلاثِ: وَقْعَةِ الْجَمَلِ، وَوَقْعَةِ صِفِّينَ مَعَ مُعَاوِيَةَ، وَوَقْعَةِ النَّهْرَوَانِ مَعَ الْخَوَارِجِ عَلَى أَنَّ مِنَ الْخَوَارِجِ صِنْفًا هُمْ كُفَّارٌ حَقِيقَةً فَأُولَئِكَ لَهُمْ حُكْمُهُمُ الْخَاصُّ.

Un exemple de ceux qui ont été combattus pour qu’ils soient ramenés à l’obéissance au Calife, comme ceux que notre maitre ^Aliyy a combattu lors des trois batailles principales qu’il a mené, la bataille du chameau -al djamal-, la bataille de siffin contre Mou^awiyah et la bataille de an-nahrawan contre les khawarij. En précisant toutefois qu’il y avait une catégorie des khawarij qui étaient effectivement mécréants, ceux-là avaient donc un jugement particulier.

الشَّرْحُ الَّذِي يُصَدِّقُ مَنْ يَدَّعِي النُّبُوَّةَ بَعْدَ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ فَهُوَ كَافِرٌ مُكَذِّبٌ لِقَوْلِ اللَّهِ ﴿وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ﴾ وَلِقَوْلِ النَّبِيِّ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: وَخُتِمَ بِيَ النَّبِيُّونَ،رَوَاهُ مُسْلِمٌ

Commentaire : celui qui croit quelqu’un qui prétend être prophète après notre maitre Mouhammed est un mécréant, parce qu’il aura démenti la parole de Dieu dans sourate al-ahzab verset 40 :

﴿وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ﴾

qui signifie : « le dernier des prophètes », également, il aura contredit le hadith du prophète rapporté par Mouslim :

وَخُتِمَ بِيَ النَّبِيُّون

qui signifie : « l’envoie des prophètes a été scellé par mon envoie. » 

وَأَمَّا الْبُغَاةُ الظَّالِمُونَ الَّذِينَ تَمَرَّدُوا عَلَى الْخَلِيفَةِ الرَّاشِدِ عَلِيِّ بنِ أَبِي طَالِبٍ كَالَّذِينَ تَمَرَّدُوا عَلَيْهِ فِي الْوَقَائِعِ الثَّلاثِ الْمَشْهُورَةِ فَلَيْسَ لَهُمْ حُكْمُ الْمُرْتَدِّينَ.

Quant aux rebelles, ceux qui étaient injustes, ceux qui s’étaient rebellés contre le Calife bien guidé ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée, ceux qui se sont rebellés contre lui lors des trois batailles principales très célèbres qu’on a nommé al-jamal, siffin et an-nahrawan, ceux-là n’ont pas le jugement des apostats. Bien sûr avec la précision que de parmi les khawarij il y a ceux qui sont devenus mécréants.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْحَافِظُ أَبُو زُرْعَةَ الْعِرَاقِيُّ فِي نُكَتِهِ: وَقَالَ شَيْخُنَا الْبُلْقِينِيُّ: يَنْبَغِي أَنْ يُقَالَ بِلا تَأْوِيلٍ لِيَخْرُجَ الْبُغَاةُ وَالْخَوَارِجُ الَّذِينَ يَسْتَحِلُّونَ دِمَاءَ أَهْلِ الْعَدْلِ وَأَمْوَالَهُمْ وَيَعْتَقِدُونَ تَحْرِيْمَ دِمَائِهِمْ عَلَى أَهْلِ الْعَدْلِ، وَالَّذِينَ أَنْكَرُوا وُجُوبَ الزَّكَاةِ عَلَيْهِمْ بَعْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِالتَّأْوِيلِ فَإِنَّ الصَّحَابَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ لَمْ يُكَفِّرُوهُمْ اهـ. وَهَذَا شَاهِدٌ مِنْ مَنْقُولِ الْمَذْهَبِ لِمَسْئَلَةِ التَّأْوِيلِ بِالِاجْتِهَادِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le hafidh Abou Zour^ah al-^Iraqiyy dans son livre an-noukat a dit : notre Chaykh al-Boulqiniyy a dit : « il convient de dire sans interprétation -c’est-à-dire qu’il excepte de la parole de mécréance la parole qui est dite par mauvaise interprétation- pour excepté les rebelles et les khawarij qui se sont rendus licite de faire couler le sang des gens de la vérité et de prendre leur bien tout en croyant que les gens de la vérité n’avaient pas le droit de faire couler leur sang à eux, et ceux qui ont renié l’obligation de la zakat qui leur incombait après le Messager de Allah à cause d’une mauvaise interprétation de leur part, en effet, les compagnons que Allah les agrées, ne les ont pas jugés mécréants. » Ceci est une preuve de ce qui est rapporté dans l’école -chafi^ite- à propos de la question du ta’wil -de l’interprétation- par ‘ijtihad -par effort de compréhension-.

الشَّرْحُ اخْتَلَفَ الْفُقَهَاءُ فِي الْخَوَارِجِ مِنْهُمْ مَنْ كَفَّرَهُمْ بِلا اسْتِثْنَاءٍ وَمِنْهُمْ مَنْ كَفَّرَ فِرْقَةً مِنْهُمْ مَخْصُوصَةً.

Commentaire : il y a parmi les savants ceux qui ont déclaré mécréants les khawarij sans exception, et il y a parmi les savants ceux qui ont déclaré mécréants un sous-groupe des khawarij.

فَالَّذِينَ كَفَّرُوهُمْ جُمْلَةً اعْتَمَدُوا عَلَى حَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ يَمْرُقُونَ مِنَ الدِّينِ مُرُوقَ السَّهْمِ مِنَ الرَّمِيَّةِ ثُمَّ لا يَعُودُونَ إِلَيْهِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ

Ceux qui ont déclaré mécréants les khawarij dans l’absolue se sont basés sur le hadith de Abou Sa^id al-Khoudriyy dans lequel le prophète lui a dit :

يَمْرُقُونَ مِنَ الدِّينِ مُرُوقَ السَّهْمِ مِنَ الرَّمِيَّةِ ثُمَّ لا يَعُودُونَ إِلَيْهِ

ce qui signifie : ce sont des gens qui quittent la religion comme une flèche transperce sa cible, ils n’y retournent pas. » Rapporté par al-Boukhariyy. Ces savants ont pris ce hadith et ont dit à propos des khawarij que ce sont des mécréants [car tous les savants se sont accordés sur le fait que ce sont des khawarij dans ce hadith] puisque le prophète a dit : « ils n’y retournent pas. »

وَهَذَا الْحَدِيثُ ظَاهِرُهُ يَشْهَدُ بِتَكْفِيرِهِمْ لِأَنَّ فِيهِ وَصْفَ الرَّسُولِ لَهُمْ بِأَنَّهُمْ يَخْرُجُونَ مِنَ الإِسْلامِ خُرُوجَ السَّهْمِ مِنَ الرَّمِيَّةِ، أَيْ كَمَا يُصِيبُ السَّهْمُ الطَّرِيدَةَ وَيَخْرُجُ مِنْهَا بِسُرْعَةٍ، فَيُفْهَمُ مِنْ هَذَا أَنَّهُ لا بَأْسَ بِالْقَوْلِ بِتَكْفِيرِهِمْ.

Et le sens apparent de ce hadith témoigne de la mécréance des khawarij, car dans ce hadith le Messager les a décrits comme sortant de l’Islam comme une flèche qui transperce sa cible, c’est-à-dire tout comme une flèche atteint un gibier et sort de l’autre côté rapidement. Nous comprenons de là qu’il n’y a pas de mal à dire que ce sont des mécréants, il n’y a pas de danger pour celui qui prends le sens apparent de ce hadith et dit : « les khawarij sont des mécréants. »

وَالْخَوَارِجُ هُمْ أَوَّلُ فِرْقَةٍ شَذَّتْ فِي الِاعْتِقَادِ عَنْ مُعْتَقَدِ الصَّحَابَةِ فَقَاتَلَهُمْ سَيِّدُنَا عَلِيٌّ فَأَبَادَهُمْ وَلَمْ يَبْقَ مِنْهُمْ إِلَّا قَلِيلٌ

Et les khawarij est le premier groupe qui s’est singularisé dans la croyance, il s’est singularisé de la croyance des compagnons, notre maître ^Aliyy les a combattus, il les a exterminés hormis quelques individus.

وَمِنْ ضَلالاتِهِمْ تَكْفِيرُ مُرْتَكِبِ الْكَبِيرَةِ

Et parmi les égarements des khawarij, il y a qu’ils déclarent mécréants celui qui commet un grand péché.

وَيَدُلُّ عَلَى كُفْرِهِمْ حُكْمُهُمْ عَلَى كُلِّ مَنْ خَالَفَ مُعْتَقَدَهُمْ بِالْكُفْرِ وَالتَّخْلِيدِ فِي النَّارِ فَكَانُوا هُمْ أَحَقَّ بِالِاسْمِ مِنْهُمْ.

Et ce qui indique leur mécréance, c’est qu’ils jugent quiconque les contredits dans leur croyance comme étant mécréant et comme étant quelqu’un qui restera éternellement en enfer, et cette déclaration de mécréance s’applique plutôt à eux.

وَكَذَلِكَ يُسْتَدَلُّ عَلَى كُفْرِ الْخَوَارِجِ بِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ: لَئِنْ أَدْرَكْتُهُمْ لَأَقْتُلَنَّهُمْ قَتْلَ عَادٍ، وَفِي لَفْظٍ: ثَمُود وَكُلٌّ مِنْهُمَا إِنَّمَا هَلَكَ بِالْكُفْرِ.

Également, parmi les arguments retenus concernant la déclaration de mécréance des khawarij, c’est la parole du prophète rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih :

لَئِنْ أَدْرَكْتُهُمْ لَأَقْتُلَنَّهُمْ قَتْلَ عَادٍ

qui signifie : « si je vivais à leur époque, je les exterminerais comme ont été exterminés le peuple de ^Ad », et dans une autre version rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih :

ثَمُود

ce qui signifie : « le peuple de Thamoud », et chacun de ces deux peuples ont péri par leur mécréance.

وَبِقَوْلِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: هُمْ شَرُّ الْخَلْقِ وَالْخَلِيقَةِ، وَبِقَوْلِهِ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: إِنَّهُمْ أَبْغَضُ الْخَلْقِ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى وَلا يُوصَفُ بِذَلِكَ إِلَّا الْكُفَّارُ.

Parmi les preuves retenus concernant la mécréance des khawarij, il y a la parole du prophète rapporté par Mouslim qui les a décrits en disant :

هُم شَرُّ الْخَلْقِ وَالْخَلِيقَة

ce qui signifie : « ce sont les pires des créatures et de la création. » Également par la parole du prophète au sujet des khawarij :

إِنَّهُم أَبْغَضُ الْخَلْقِ إلى اللهِ تَعَالَى

qui signifie : « ce sont les plus méprisables des créatures selon le jugement de Dieu », c’est-à-dire que ce sont ceux dont Dieu les menace du plus grave des châtiment, et le plus grave des châtiment n’est pas appliqué aux musulmans.

وَمَبْدَأُ أَمْرِهِمْ حَصَلَ لَمَّا وَافَقَ سَيِّدُنَا عَلِيٌّ عَلَى تَحْكِيمِ الْحَكَمَيْنِ، فَانْحَازَ عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ طَائِفَةٌ مِمَّنْ كَانُوا يُقَاتِلُونَ مَعَهُ، فَرَأَوْا هَذَا التَّحْكِيمَ ضَلالًا وَكُفْرًا

Au début les khawarijd étaient avec les musulmans, la première apparition de ces khawarij a eu lieu lorsque notre maître ^Aliyy a accepté l’arbitrage des deux arbitres lorsqu’il était dans la bataille de siffin contre Mou^awiyah et que pour faire cesser l’effusion du sang des musulmans il a accepté l’arbitrage. Eux étaient dans son camp, ils ont considéré le fait qu’il accepte l’arbitrage est de l’égarement et de la mécréance. Ils ont ainsi déclaré mécréant notre maitre ^Aliyy.

وَقَالُوا كَيْفَ يُحَكِّمُ مَخْلُوقًا وَاللَّهُ يَقُولُ: ﴿إِنِ الْحُكْمُ إِلَّا لِلَّهِ﴾ [سُورَةَ الأَنْعَام/57] فَظَنُّوا مِنْ فَسَادِ أَفْهَامِهِمْ أَنَّ عَلِيًّا خَالَفَ الْقُرْءَانَ، وَهُوَ فِي الْحَقِيقَةِ لَمْ يُخَالِفْ فَقَالَ عَلِيٌّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: كَلِمَةُ حَقٍّ أُرِيدَ بِهَا بَاطِلٌ أَيْ مَا وَضَعُوا هَذِهِ الآيَةَ فِي مَحَلِّهَا.

Ils ont dit : « comment est-ce que ^Aliyy accepte l’arbitrage d’une créature ? Alors que Allah ta^ala dit dans sourate al-an^am verset 57 :

إِنِ ٱلْحُكْمُ إِلَّا لِلَّهِ

alors que ce verset n’a pas du tout le sens que eux ont retenu. À cause de leur mauvaise compréhension, ils ont cru que ^Aliyy avait contredit le Qour’an, alors qu’en réalité il ne l’avait pas contredit, c’est alors que notre maître ^Aliyy a dit une parole qui est devenu connu à son sujet qui est :

كَلِمَةُ حَقٍّ أُرِيدَ بِهَا بَاطِلٌ

ce qui signifie : « c’est une parole de vérité, mais par laquelle ils en ont voulu un sens qui est faux. »

Sa parole : « c’est une parole de vérité » c’est-à-dire que c’est du Qour’an, c’est nécessairement une parole de vérité, mais par laquelle ils en ont voulu un sens qui est faux, c’est-à-dire qu’ils ont attribué à cette parole de vérité un sens qui n’est pas correcte, le verset ne signifie pas : « il n’est pas valide d’accepter l’arbitrage d’arbitre humain » ce n’est pas le sens de ce verset, le verset n’est pas du tout dans le sens qu’il ne fallait pas accepter l’arbitrage d’un humain, non, mais le verset à un autre sens, le sens est : « n’a lieu que ce que Dieu a voulu. » Et donc à cause de cela, ils ont déclaré mécréant notre maitre ^Aliyy et ils se sont retrouvés à le combattre. Ils étaient dans son camp et lors de la bataille d’après, la bataille de an-nahrawan, c’était contre notre maître ^Aliyy qu’ils se sont opposés, et au bout du compte les khawarij l’ont tué.

Ainsi, comme cas d’exception à la mécréance par la parole, il y a celui qui dit une parole de mécréance par lapsus, il ne sort pas de l’Islam, de même s’il était endormi ou fou, c’est-à-dire qu’il n’avait pas toute sa raison, il ne sort pas de l’Islam, s’il rapporte la parole de mécréance, il ne sort pas de l’Islam, s’il dit la parole de mécréance sous la contrainte parce qu’il est menacé de mort, il ne sort pas de l’Islam et s’il fait une mauvaise interprétation il ne sort pas de l’Islam, mais l’exception à la mécréance par la mauvaise interprétation n’est pas dans tous les cas.

Informations utiles :

Notre Chaykh que Allah lui fasse miséricorde aimait beaucoup le siwak, et il incitait beaucoup à l’utiliser. Il aimait que le siwak soit du bois d’arak, qu’il soit neuf et qu’il soit souple. Il rapportait les hadith du Messager de Allah concernant le siwak, comme le hadith :

رَكْعَتَانِ بِسِوَاكٍ أَفْضَلُ مِنْ 70 رَكْعَةً مِنْ دُونِ سِوَاك

qui signifie : « deux rak^ah qui sont accomplies après avoir utilisé le siwak valent plus que soixante-dix rak^ah accomplies sans avoir utiliser le siwak. » Et ce hadith a été rapporté avec une forte chaîne de transmission qui est rapporté par al-Bazzar, al-Bayhaqiyy d’après la dame ^A’ichah que Allah l’agrée.

Le Chaykh disait : « le siwak multiplie la récompense de la prière. » Et le Chaykh appréciait beaucoup que celui qui l’accompagne ait toujours le woudou’, qu’il ait une bonne odeur et qu’il ait toujours avec lui un siwak.

En effet le siwak -le siwak étant le petit bâtonnet en bois qu’on utilise pour se frotter les dents- fait en sorte que l’haleine de la bouche soit bonne, il contribue à la blancheur des gens, il renforce la gencive, le siwak aide à bien articuler les lettres, si on frotte le siwak sur la langue de l’enfant qui a tardé à parler, cela l’aide à bien prononcer, il renforce le cerveau, le siwak rappel les deux témoignages au moment de la mort, il rend malheureux le shaytan, et il réjouit les anges.

Lorsque notre Chaykh que Dieu l’agrée se réveillait la nuit, il utilisait le siwak par application de l’enseignement du Messager de Allah.

Il nous a rapporté du Messager de Allah que lorsqu’il se levait la nuit, il frottait ses dents avec le siwak.

Et notre Chaykh que Allah l’agrée mettait parfois un peu de miel dans la bouche, il utilisait al-arak avec le miel dans la bouche. Il disait : « ce qui n’est pas enlever avec le siwak, c’est le miel qui va l’enlever », et parfois il mettait de l’huile d’olive dans la bouche et il faisait le siwak comme nous l’avons cité. Et il citait le hadith :

تَهَادَوْا تَحَابُّوا

qui signifie : « offrez-vous des cadeaux, aimez-vous les uns les autres », tout comme l’a rapporté al-Boukhariyy dans al-adab, al-Bayhaqiyy et at-Tabaraniyy.

Et le Chaykh citait le hadith qoudsiyy :

حَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَحَابِّينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَزَاوِرِينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَنَاصِحِينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَبَاذِلِينَ فِيَّ

qui signifie : « Allah ta^ala dit : Mon agrément est mérité par ceux qui s’aiment les uns les autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité par ceux qui se rendent visite les uns les autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui se donnent le conseil les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité par ceux qui s’offrent des cadeaux les uns aux autres par recherche de Mon agrément. »

Et al-Bayhaqiyy, al-Hakim ainsi que Ibnou Hibban ont rapporté d’après le compagnon ^Oubadah fils de as-Samit qu’il a dit : « j’ai entendu le Messager de Allah dire, en rapportant de son Seigneur tabaraka wa ta^ala :

حَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَحَابِّينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَنَاصِحِينَ فِيَّ, وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَزَاوِرِين فِيَّ

 وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَبَادِلِينَ فيَّ ، وَهُمْ عَلَى مَنَابِرَ مِن نُورٍ يَغْبِطُهُمُ النَّبِيُّونَ وَالصَّدِيقُونَ بِمَكَانِهِم

ce qui signifie : « Mon agrément est mérité par ceux qui s’aiment les uns les autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui se portent le conseil les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui se rendent visite les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui s’offrent des cadeaux les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et ils seront au jour du jugement sur des chairs de lumières, les prophètes et les véridiques seront heureux pour eux et auraient tant aimé avoir comme eux leur place. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمِمَّا يَشْهَدُ مِنَ الْمَنْقُولِ فِي مَسْئَلَةِ الِاجْتِهَادِ بِالتَّأَوُّلِ وَحِكَايَةِ الْكُفْرِ قَوْلُ شَمْسِ الدِّينِ الرَّمْلِيِّ فِي شَرْحِهِ عَلَى مِنْهَاجِ الطَّالِبِينَ فِي أَوَائِلِ كِتَابِ الرِّدَّةِ فِي شَرْحِ قَوْلِ النَّوَوِيِّ: الرِّدَّةُ قَطْعُ الإِسْلامِ بِنِيَّةٍ أَوْ قَوْلِ كُفْرٍ مَا نَصُّهُ: فَلا أَثَرَ لِسَبْقِ لِسَانٍ أَوْ إِكْرَاهٍ، وَاجْتِهَادٍ وَحِكَايَةِ كُفْرٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : parmi les preuves rapportées concernant l’effort de compréhension pour l’interprétation et la citation des propos de mécréance, il y a ce qu’a rapporté Chamsou d-Din ar-Ramliyy dans son commentaire de minhaj at-Talibin au début du chapitre de l’apostasie lorsqu’il commente la parole de an-Nawawiyy, lorsque an-Nawawiyy a dit : « l’apostasie c’est la rupture de l’Islam par une intention ou une parole de mécréance », ar-Ramliyy a dit : « il n’y a donc pas de conséquence en cas de lapsus ou de menace, en cas d’ijtihad ou de citation de parole de mécréance. »

Ainsi, il y a des paroles qui lorsqu’elles sont prononcées la personne sort de l’Islam, cependant si cette parole a été dite à la suite d’un lapsus, c’est-à-dire qu’il a commis un lapsus en disant cette parole, il ne sort pas de l’Islam à cause de cette parole, ou encore si c’est une parole qu’il a dite parce qu’il est menacé de mort, s’il dit cette parole sans pour autant l’appréciée, là aussi il ne sort pas de l’Islam.

Et ar-Ramliyy rajoute en disant : « en cas d’ijtihad », c’est-à-dire en cas de tentative d’interprétation par son propre effort, c’est-à-dire que la personne à d’elle-même mal compris quelque chose, ça aussi fait l’objet d’exception à la mécréance dans certain cas. Et il y a la citation d’une parole de mécréance, c’est-à-dire que si quelqu’un rapporte la parole de mécréance de quelqu’un d’autre, il ne sort pas de l’Islam.

وَقَوْلُ الْمُحَشِّي – أَيْ صَاحِبِ الْحَاشِيَةِ عَلَى الشَّرْحِ – نُورِ الدِّينِ عَلِيِّ الشَّبْرَامَلِّسِي الْمُتَوَفَّى سَنَةَ أَلْفٍ وَسَبْعٍ وَثَمَانِينَ، عِنْدَ قَوْلِ الرَّمْلِيِّ: وَاجْتِهَادٍ مَا نَصُّهُ: أَيْ لا مُطْلَقًا كَمَا هُوَ ظَاهِرٌ لِمَا سَيَأْتِي مِنْ نَحْوِ كُفْرِ الْقَائِلِينَ بِقِدَمِ الْعَالَمِ مَعَ أَنَّهُ بِالِاجْتِهَادِ وَالِاسْتِدْلالِ.

Ainsi, Chamsou d-Din ar-Ramliyy a fait le commentaire du livre de an-Nawawiyy dans lequel il y a la parole de l’auteur du texte -à savoir an-Nawawiyy- qui se trouve en marge du commentaire. Et il y a un autre savant qui s’appelle Nour d-Din ^Aliyy ach-Chabramallisiy qui est mort en 1087 de l’hégire, il a fait un commentaire sur la parole de ar-Ramliyy. Ainsi ar-Ramliyy a cité l’exception à la mécréance de l’ijtihad, et le savant ach-Chabramallisiy explique la parole de ar-Ramliyy. Ainsi, ar-Ramliyy a dit : « en cas d’ijtihad » mais il n’a pas détaillé, et ach-Chabramallisiy dit : « il y a un détail », car les savants donnent une règle et après il y a des exceptions.

Ainsi, ar-Ramliyy a simplement dit que l’ijtihad est une exception à la mécréance, mais bien sur ce n’est pas parce que l’on dit que c’est une exception que c’est dans tous les cas, non, et justement le savant ach-Chabramallisiy dit : « ce n’est pas de façon absolue » et le savant ach-Chabramallisiy donne des exemples, il a dit : « comme cela est clairement illustrer par ce qui va venir, à savoir que ceux qui disent que le monde est sans commencement ou des choses similaires sont mécréants, bien qu’ils l’aient affirmés à partir d’un ‘ijtihad et par déduction. »

Ainsi, ce sont des gens qui ont soi-disant fait un ‘ijtihad, par effort de déduction ils ont prétendu que le monde n’aurait pas de début, mais cette parole est une mécréance, même si c’est par déduction, parce qu’elle est à l’encontre des fondements de la religion, un des principes fondamentaux de la religion c’est que Dieu est Le créateur de tout autre que Lui, ainsi, ceux qui disent que ce monde n’a pas de début c’est comme s’ils disaient que ce monde est associé à Dieu dans Son exemption de début, ceci contredit la croyance en l’unicité de Dieu puisqu’ils attributs un des attributs de Dieu à autre que Dieu, en l’occurrence au monde. C’est pour cela que ce n’est pas tout ‘ijtihad qui serait excusé.

قَالَ الْمُحَشِّي الآخَرُ عَلَى الرَّمْلِيِّ أَحْمَدُ بنُ عَبْدِ الرَّزَّاقِ الْمَعْرُوفُ بِالْمَغْرِبِيِّ الرَّشِيدِيِّ الْمُتَوَفَّى سَنَةَ أَلْفٍ وَسِتٍّ وَتِسْعِينَ قَوْلُهُ وَاجْتِهَادٍ أَيْ فِيمَا لَمْ يَقُمِ الدَّلِيلُ الْقَاطِعُ عَلَى خِلافِهِ بِدَلِيلِ كُفْرِ نَحْوِ الْقَائِلِينَ بِقِدَمِ الْعَالَمِ مَعَ أَنَّهُ بِالِاجْتِهَادِ اهـ

Et il y a un autre auteur qui a commenté en marge l’ouvrage de ar-Ramliyy. Le livre d’origine c’est an-Nawawiyy qui l’a écrit, puis ar-Ramliyy en a fait un commentaire, et il y a deux savants qui ont fait des commentaires additionnels. Ainsi, le deuxième commentateur s’appelle Ahmad fils de ^Abdou r-Razzaq, il est connu sous le nom de al-Maghribiyy ar-Rachidiyy, il est mort en 1096, c’est-à-dire 9 ans après ach-Chabramallisiy.

Al-Maghribiyy ar-Rachidiyy a dit : « sa parole – c’est-à-dire celle de ar-Ramliyy- « en cas d’ijtihad » c’est-à-dire dans les questions dont la preuve catégorique du contraire n’a pas été établie », c’est-à-dire que ce n’est pas tout ‘ijtihad qui serait excusé -qui fait en sorte que la personne n’est pas déclarée mécréante- mais ce sont les ‘ijtihad qui ne vont pas à l’encontre des fondamentaux de la religion, les ‘ijtihad qui ne sont pas contraires à ce qui est prouvé de manière catégorique.

Et il donne un exemple. Il donne le même exemple que le commentateur précédant, il dit : « preuve en est la mécréance de ceux qui disent que le monde est sans commencement, bien que cela vienne d’un ‘ijtihad de leur part. » Ainsi, ils ont soi-disant fait un ‘ijtihad et ont abouti à ça, mais cela contredit les fondements, cette prétention, cette parole va à l’encontre de la croyance de l’Islam et va à l’encontre de ce qu’implique la raison saine et va à l’encontre de ce qu’impliquent les textes. C’est pour cela que cet ‘ijtihad de leur part -cet effort de déduction- n’est pas excusé, il les a faits tomber dans une mécréance pour laquelle ils ne sont pas excusés, ils sont sortis de l’Islam pour avoir dit cela.

فَلْيَجْعَلْ طَالِبُ الْعِلْمِ قَوْلَ الرَّشِيدِيِّ الْمَذْكُورَ فِيمَا لَمْ يَقُمْ دَلِيلٌ قَاطِعٌ عَلَى ذُكْرٍ – يَعْنِي أَنْ يَكُونَ مُسْتَحْضِرًا لِهَذِهِ الْكَلِمَةِ فِي قَلْبِهِ لِأَنَّهَا مُهِمَّةٌ -، لِأَنَّ التَّأَوُّلَ مَعَ قِيَامِ الدَّلِيلِ الْقَاطِعِ لا يَمْنَعُ التَّكْفِيرَ عَنْ صَاحِبِهِ

Par conséquent, que celui qui recherche la science de la religion garde bien en mémoire la parole de ar-Rachidiyy précédemment cité, qui est : « dans les questions dont une preuve catégorique du contraire n’a pas été établie » alors qu’il garde bien cette parole en mémoire, c’est-à-dire qu’il la garde bien présente dans son cœur, cette précision de al-Maghribiyy ar-Rachidiyy est très importante, parce que faire une interprétation en présence de la preuve catégorique du contraire ne sauve pas son auteur de la mécréance.

وَقَوْلُنَا فِي الْخَوَارِجِ بِاسْتِثْنَاءِ بَعْضِهِمْ مِنَ الَّذِينَ لَمْ يُكَفَّرُوا لِثُبُوتِ مَا يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ فِي بَعْضِهِمْ كَمَا يُؤَيِّدُهُ قَوْلُ بَعْضِ الصَّحَابَةِ الَّذِينَ رَوَوْا أَحَادِيثَ الْخَوَارِجِ.

Nous avons dit à propos des khawarij que certains faisaient exceptions et n’avaient pas été déclarés mécréants car ce qui implique la mécréance est confirmé pour d’autres.

Ainsi, certains savants n’ont pas déclaré les khawarij mécréants pour certaines choses, c’est pour cela que le Chaykh dit : nous avons dit à propos des khawarij que certains faisaient exceptions – à la déclaration de mécréance- et n’avaient donc pas été déclarés mécréants car ce qui implique la mécréance est confirmé pour les autres, comme cela est appuyé par la parole de certains compagnons qui ont rapporté des hadith concernant les khawarij.

الشَّرْحُ قَوْلُهُمْ بِالتَّأْوِيلِ وَالِاجْتِهَادِ مَعْنَاهُ عَلَى حَسَبِ مَا هُوَ أَرَادَ أَنْ يَطْلُبَ مَا هُوَ الْحَقُّ فَإِذَا أَخْطَأَ الشَّخْصُ فِي هَذَا الْبَابِ لا يُكَفَّرُ إِلَّا أَنْ يَكُونَ فِي الْقَطْعِيَّاتِ، فَمَنِ اجْتَهَدَ فِي الْقَطْعِيَّاتِ فَأَخْطَأَ لا يُعْذَرُ.

Commentaire : lorsqu’ils ont dit « est excepté de la parole de mécréance le ta’wil ou l’ijtihad » c’est-à-dire l’effort de déduction ou l’interprétation de la propre personne, c’est-à-dire en fonction de ce que la personne recherchait comme étant la vérité, c’est-à-dire que la personne croyait avoir atteint la vérité. Mais si cette personne se trompe concernant ce chapitre, elle ne devient pas mécréante, parce qu’elle a fourni un effort pour croire que c’était ainsi. Hormis le cas où il a fourni un effort de déduction dans les sujets catégoriques, parce que celui qui fait un ‘ijtihad dans les sujets catégoriques et se trompe n’est pas excusé.

هَذَا غَيْرُ الِاجْتِهَادِ الَّذِي هُوَ مُقَابِلُ التَّقْلِيدِ، لِأَنَّ هُنَاكَ مَرْتَبَتَيْنِ مَرْتَبَةَ الِاجْتِهَادِ وَمَرْتَبَةَ التَّقْلِيدِ، فَالِاجْتِهَادُ لِمَنْ يَحْفَظُ ءَايَاتِ الأَحْكَامِ وَأَحَادِيثَ الأَحْكَامِ وَيَكُونُ قَوِيَّ الذَّاكِرَةِ قَوِيَّ الْعَقْلِ مَعَ التُّقَى وَالْعَدَالَةِ كَالشَّافِعِيِّ وَمَالِكٍ وَكَثِيرِينَ مِنَ السَّلَفِ

Et ici, lorsque nous parlons du mot « ‘ijtihad » ce n’est pas l’ijtihad semblable à celui de l’imam Malik ou l’imam Abou Hanifah ou l’imam ach-Chafi^iyy ou l’imam Ahmad Ibnou Hanbal, non, ce n’est pas l’ijtihad qui est opposé au taqlid, nous ne parlons pas de cet ‘ijtihad là. L’ijtihad qui est à l’opposé du taqlid c’est l’ijtihad -l’effort de déduction- que peut faire celui qui mémorise les versets concernant les jugements, les hadith concernant les jugements, qui a une très forte mémoire, qui a une grande capacité intellectuelle, qui est pieux, qui est juste digne de confiance, comme ach-Chafi^iyy, comme l’imam Malik et de nombreux du salaf.

أَمَّا الِاجْتِهَادُ فِي هَذَا الْبَابِ فَمَعْنَاهُ أَنَّ الشَّخْصَ إِذَا أَرَادَ أَنْ يَعْرِفَ الْحَقَّ وَيَصِلَ إِلَيْهِ فَقَالَ كَلِمَةً شَاذَّةً كَهَؤُلاءِ الَّذِينَ قَالُوا: الزَّكَاةُ كَانَتْ فِي زَمَنِ الرَّسُولِ فَرْضًا لِأَنَّ الرَّسُولَ لَمَّا يَدْعُو لِلْمُزَكِّي دُعَاؤُهُ هَذَا سَكَنٌ لِلْمُزَكِّينَ، أَمَّا بَعْدَ وَفَاتِهِ فَقَدِ انْقَطَعَ ذَلِكَ فَلَيْسَتْ وَاجِبَةً، مِثْلُ هَذَا يُقَالُ لَهُ اجْتِهَادٌ وَيُقَالُ لَهُ تَأْوِيلٌ أَيْضًا فَهَؤُلاءِ لا نُكَفِّرُهُمْ، لِأَنَّ الَّذِي يَجْتَهِدُ فِي غَيْرِ الْقَطْعِيِّ يُقَالُ غَلِطَ وَلا يُكَفَّرُ.

Tandis que dans ce chapitre, l’ijtihad qui est considéré dans certains cas et non systématiquement comme étant une exception à la mécréance par la parole, c’est lorsque que quelqu’un veut connaitre la vérité et y parvenir, et il a dit une parole qui est singulière, comme ceux qui ont prétendu que la zakat n’était obligatoire que durant la vie du Messager parce que lorsque le Messager faisait des invocations pour celui qui donne la zakat, ces invocations seront une cause de sérénité pour ceux qui donnent la zakat, mais après son décès, cela s’est interrompu, ils ont donc dit : « la zakat n’est plus un devoir après la mort du prophète », cela s’appelle un ‘ijtihad -un effort de déduction- et ça s’appelle aussi un ta’wil. Eh bien ces gens-là ne sont pas déclarés mécréants à cause de cette mauvaise interprétation -ce mauvais ta’wil- ce mauvais ‘ijtihad. Nous ne les déclarons pas mécréants, parce que celui qui fournit un ‘ijtihad dans un autre sujet que les sujets catégoriques et s’est trompé, nous disons simplement qu’il s’est trompé et nous ne disons pas qu’il a commis la mécréance. Ainsi, par un ‘ijtihad, il a fourni un effort de déduction mais dans un sujet autre que les sujets catégoriques, les sujets catégoriques qui sont par exemple les attributs de Dieu, l’existence de Dieu, l’unicité de Dieu, qui sont des sujets catégoriques, le fait que Dieu préserve les prophètes de la mécréance, ceci est un sujet catégorique.

وَأَمَّا مُحَارَبَةُ أَبِي بَكْرٍ لَهُمْ فَلِأَنَّهُمُ امْتَنَعُوا عَنْ أَدَاءِ الْحَقِّ الْوَاجِبِ وَكَانُوا جَمْعًا لَهُمْ قُوَّةٌ فَقَاتَلَهُمْ مَعَ الْمُرْتَدِّينَ الَّذِينَ اتَّبَعُوا مُسَيْلِمَةَ وَءَامَنُوا بِدَعْوَاهُ النُّبُوَّةَ.

Quant au fait que Abou Bakr les ait combattus n’est pas parce qu’ils étaient des apostats, il les a combattus parce qu’ils s’étaient abstenus de s’acquitter d’un devoir dans la loi de l’Islam, qui est de payer la zakat. Et ils formaient un grand groupe, il les a combattus avec les apostats qui eux avaient suivis Mousaylimah et qui ont cru en la prétention à la prophétie de Mousaylimah.

   أَمَّا فِي الْقَطْعِيَّاتِ فَلا عِبْرَةَ بِالِاجْتِهَادِ، كَابْنِ تَيْمِيَةَ الَّذِي اجْتَهَدَ فَقَالَ الْعَالَمُ أَزَلِيٌّ بِجِنْسِهِ أَيْ لَمْ يَتَقَدَّمِ اللَّهُ جِنْسَ الْعَالَمِ بِالْوُجُودِ، بَلْ قَالَ وَهَذَا كَمَالٌ لِلَّهِ ذَكَرَ هَذَا فِي كِتَابِ شَرْحِ حَدِيثِ عِمْرَانَ بنِ حُصَيْنٍ [انْظُرِ الْكِتَابَ (ص/193)، وَمَجْمُوعَ الْفَتَاوَى (18/239)] وَلَمْ يَدْرِ أَنَّ هَذَا قَوْلٌ مِنْهُ بِأَنَّ اللَّهَ مَا خَلَقَ جِنْسَ الْعَالَمِ إِنَّمَا خَلَقَ الأَفْرَادَ الْمُعَيَّنَةَ

Cependant, si c’est un ‘ijtihad -un effort de déduction- dans les sujets catégoriques, ce n’est pas excusé. Comme lorsque Ibnou Taymiyah à soi-disant fait un ‘ijtihad et a dit que le genre de ce monde n’a pas de début, c’est-à-dire que Allah n’a pas précédé le genre du monde par l’existence, et Ibnou Taymiyah a dit : « ceci est une perfection au sujet de Dieu » il a cité cela dans son livre « charh hadith ^Imran Ibni Houssayn » page 193 et dans son livre « majmou^ l-fatawa » tome 18 page 239. Et c’est comme si Ibnou Taymiyah ne s’était pas rendu compte qu’en disant cela, ça revient à dire que Allah n’a pas créé le genre de ce monde, mais que Dieu n’aurait créé que les individus en particulier.

وَقَالَ أَيْضًا عَنِ الْعَرْشِ إِنَّ جِنْسَهُ قَدِيمٌ لا ابْتِدَاءَ لِوُجُودِهِ أَيْ لَمْ يَسْبِقْهُ الْعَدَمُ كَمَا أَنَّ اللَّهَ لَمْ يَسْبِقْهُ الْعَدَمُ، فَقَدْ سَاوَى بِقَوْلِهِ هَذَا جِنْسَ الْعَالَمِ مَعَ اللَّهِ وَأَيُّ كُفْرٍ وَشِرْكٍ هَذَا.

Il a également dit à propos de al-^arch -le trône- [qui est le toit du paradis] que son genre est de toute éternité et qu’il n’a pas de début à son existence, c’est-à-dire qu’il n’a pas été précédé du néant tout comme Allah n’a pas été précédé du néant. Par cette parole, il aura ainsi considéré équivalent le genre de ce monde et Allah, et quelle mécréance et quelle association que celle-ci.

نَقَلَ هَذَا عَنْهُ الْعَالِمُ الْعَلَّامَةُ الثِّقَةُ جَلالُ الدِّينِ الدَّوَّانِيُّ فِي شَرْحِ الْعَضُدِيَّةِ.

Celui qui a rapporté cette parole de lui est l’illustre savant, le digne de confiance Djalal ad-Din ad-Dawwaniyy dans le commentaire d’al-^adoudiyyah.

فَلا يُخَلِّصُهُ اجْتِهَادُهُ هَذَا مِنَ الْكُفْرِ

Le fait que Ibnou Taymiyah ait fait cette ‘ijtihad ne va pas le délivrer -l’excepté- de la mécréance.

وَكَالَّذِي قَالَ الْكُفَّارُ يَنْقَطِعُ عَذَابُهُمْ بَعْدَ زَمَنٍ طَوِيلٍ فَإِنَّهُ عَلَى زَعْمِهِ أَرَادَ الْوُصُولَ إِلَى الْحَقِّ فَلا يَمْنَعُ تَأْوِيلُهُ هَذَا عَنْهُ التَّكْفِيرَ

Et comme celui qui a dit que les mécréants n’auront plus de châtiment après un certain temps, selon sa prétention il a voulu parvenir à la vérité, et cette mauvaise interprétation ne l’empêche pas d’être déclaré mécréant. Celui qui est ignorant comme celui qui est savant savent que l’enfer n’aura pas de fin, même celui qui n’a jamais étudié sait que l’enfer n’a pas de fin, c’est pour cela que c’est considéré comme étant un sujet catégorique, ça fait partie des sujets catégoriques à propos desquels celui qui fait un ‘ijtihad n’est pas excusé, c’est-à-dire qu’il fournit un effort de déduction et parvient à quelque chose de faux, du moment qu’il contredit un des sujets fondamentaux il n’est pas excusé.

فَالْمُتَأَوِّلُ فِي الْقَطْعِيَّاتِ لا يُعْذَرُ إِذَا أَخْطَأَ وَإِلَّا لَلَزِمَ تَرْكُ تَكْفِيرِ النَّصَارَى لِأَنَّهُمْ عَلَى حَسَبِ زَعْمِهِمِ اجْتَهَدُوا، وَالْبُوذِيُّونَ أَيْضًا اجْتَهَدُوا عَلَى حَسَبِ زَعْمِهِمْ فَرَأَوْا أَنَّ مَا هُمْ عَلَيْهِ حَقٌّ فَدَانُوا بِهِ

Et celui qui fait une mauvaise interprétation dans des sujets catégoriques n’est pas excusé, c’est-à-dire que son interprétation ne l’empêche pas d’être déclaré mécréant, ce n’est pas parce qu’il a fait une interprétation qu’il serait exempté de mécréance, non il est déclaré mécréant, car si celui qui fournissait de mauvaises interprétations ou aboutissait à de mauvaises déductions dans des sujets catégoriques et se trompait était excusé, selon cette [fausse] règle, comment allons-nous déclarer mécréants les chrétiens ? Car selon eux ils ont fait un ‘ijtihad, ou les bouddhistes car selon eux ils ont considéré que la religion qu’ils ont est correcte alors que bien sûr c’est quelque chose de faux.

فَالَّذِي يَعْتَقِدُ أَنَّ كُلَّ مُتَأَوِّلٍ يُعْذَرُ مَهْمَا كَانَ تَأَوُّلُهُ فَقَدْ عَطَّلَ الشَّرِيعَةَ.

Ainsi, celui qui a eu pour croyance que n’importe quelle personne qui fait un ta’wil -une interprétation- et se trompe serait excusé quelle que soit son interprétation, c’est comme s’il aura annulé l’application de la loi.

وَمِمَّنْ قَالَ بِقِدَمِ الْعَالَمِ بِالِاجْتِهَادِ ابْنُ سِينَا وَالْفَارَابِيُّ فَكَفَّرَهُمُ الْمُسْلِمُونَ، وَلا نُسَمِّي هَذَيْنِ وَأَمْثَالَهُمْ بِالْفَلاسِفَةِ الإِسْلامِيِّينَ كَمَا يَفْعَلُ بَعْضُهُمْ لِلتَّمْيِيزِ بَيْنَهُمْ وَبَيْنَ إِرَسْطُو لِأَنَّهُ كَانَ قَبْلَ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ بِزَمَانٍ بَعِيدٍ، لِأَنَّ تَسْمِيَتَهُمْ بِذَلِكَ تُوهِمُ أَنَّهُمْ مَا خَرَجُوا مِنَ الإِسْلامِ.

Et parmi ceux qui ont prétendu que ce monde n’a pas de commencement par effort de déduction –‘ijtihad-, il y a Ibnou Sina et al-Farabi. Ibnou Sina et al-Farabi ont été déclaré mécréants par les musulmans, les musulmans les ont déclarés mécréants pour cela. Et ces deux-là et leurs semblables ne sont pas appelés « des philosophes islamiques » comme le font certains pour soi-disant les distingués d’Aristote, parce qu’Aristote a vécu bien avant notre maitre Mouhammed. Car les appeler « philosophes islamiques » laisse croire qu’ils ne sont pas sortis de l’Islam, il faut prendre garde à ne pas les désignés par cette appellation.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَمَّا مَا يُرْوَى عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ مِنْ أَنَّهُ قَالَ »إِخْوَانُنَا بَغَوْا عَلَيْنَا« فَلَيْسَ فِيهِ حُجَّةٌ لِلْحُكْمِ عَلَى جَمِيعِهِمْ بِالإِسْلامِ، لِأَنَّهُ لَمْ يَثْبُتْ إِسْنَادًا عَنْ عَلِيٍّ، وَقَدْ قَطَعَ الْحَافِظُ الْمُجْتَهِدُ ابْنُ جَرِيرٍ الطَّبَرِيُّ بِتَكْفِيرِهِمْ وَغَيْرُهُ، وَحُمِلَ ذَلِكَ عَلَى اخْتِلافِ أَحْوَالِ الْخَوَارِجِ بِأَنَّ مِنْهُمْ مَنْ وَصَلَ إِلَى حَدِّ الْكُفْرِ وَمِنْهُمْ مَنْ لَمْ يَصِلْ، وَهَذِهِ الْمَسْئَلَةُ بَعْضُهُمْ عَبَّرَ عَنْهَا بِالِاجْتِهَادِ وَبَعْضُهُمْ عَبَّرَ عَنْهَا بِالتَّأْوِيلِ، فَمِمَّنْ عَبَّرَ بِالتَّأْوِيلِ الْحَافِظُ الْفَقِيهُ الشَّافِعِيُّ سِرَاجُ الدِّينِ الْبُلْقِينِيُّ الَّذِي قَالَ فِيهِ صَاحِبُ الْقَامُوسِ »عَلَّامَةُ الدُّنْيَا« وَعَبَّرَ بَعْضُ شُرَّاحِ مِنْهَاجِ الطَّالِبِينَ بِالِاجْتِهَادِ وَكِلْتَا الْعِبَارَتَيْنِ لا بُدَّ لَهُمَا مِنْ قَيْدٍ مَلْحُوظٍ.

Quant à ce qui est attribué à notre maitre ^Aliyy, qu’il aurait dit : « nos frères se sont rebellés contre nous » ça ne veut pas dire qu’on ne déclare pas mécréants tous ces gens-là, il n’y a pas en cela de preuve pour les juger musulmans dans leur totalité. En effet cette parole n’a pas été confirmée par chaîne de transmission jusqu’à ^Aliyy. D’autres par, le hafidh et moujtahid Ibnou Jarir at-Tabariyy les a jugés mécréants catégoriquement et d’autres que lui également. Et cette divergence dans les avis est imputable à la diversité des cas des khawarij, certains d’entre eux sont allés jusqu’à la mécréance tandis que d’autres ne sont pas tombés dans la mécréance. Certains ont désigné cette question par le terme « ‘ijtihad » tandis que d’autres l’ont désigné par le terme « ta’wil. » Parmi ceux qui l’ont désigné par le terme « ta’wil » il y a le hafidh et faqih chafi^ites Sirajoud d-Din al-Boulqiniyy que l’auteur du Qamous a appelé « le savant émérite du monde. » Et certains auteur du commentaire de minhaj at-Talibin l’ont désigné par le terme « ‘ijtihad », toutefois, pour chacune de ces deux expressions il est indispensable de bien noter qu’elle est assortie d’une restriction.

وَمِنْ هُنَا يُعْلَمُ أَنَّهُ لَيْسَ كُلُّ مُتَأَوِّلٍ يَمْنَعُ عَنْهُ تَأْوِيلُهُ التَّكْفِيرَ، فَلا يَظُنَّ ظَانٌّ أَنَّ ذَلِكَ مُطْلَقٌ لِأَنَّ الإِطْلاقَ فِي ذَلِكَ انْحِلالٌ وَمُرُوقٌ مِنَ الدِّينِ.

À partir de là, que la personne ne s’imagine pas que toute interprétation sauve son auteur de la mécréance. Et que personne ne pense que cela serait dans l’absolue, car la généralisation dans ce domaine revient à se départir et à sortir de la religion.

أَلا تَرَى أَنَّ كَثِيرًا مِنَ الْمُنْتَسِبِينَ إِلَى الإِسْلامِ الْمُشْتَغِلِينَ بِالْفَلْسَفَةِ مَرَقُوا مِنَ الدِّينِ بِاعْتِقَادِهِمُ الْقَوْلَ بِأَزَلِيَّةِ الْعَالَمِ اجْتِهَادًا مِنْهُمْ وَمَعَ ذَلِكَ أَجْمَعَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى تَكْفِيرِهِمْ كَمَا ذَكَرَ ذَلِكَ الْمُحَدِّثُ الْفَقِيهُ بَدْرُ الدِّينِ الزَّرْكَشِيُّ فِي شَرْحِ جَمْعِ الْجَوَامِعِ فَإِنَّهُ قَالَ بَعْدَ أَنَّ ذَكَرَ الْفَرِيقَيْنِ مِنْهُمُ الْفَرِيقَ الْقَائِلَ بِأَزَلِيَّةِ الْعَالَمِ بِمَادَّتِهِ وَصُورَتِهِ وَالْفَرِيقَ الْقَائِلَ بِأَزَلِيَّةِ الْعَالَمِ بِمَادَّتِهِ أَيْ بِجِنْسِهِ فَقَطْ مَا نَصُّهُ: اتَّفَقَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى تَضْلِيلِهِمْ وَتَكْفِيرِهِمْ

Ne vois-tu pas en effet que nombre de ceux qui se réclament de l’Islam en versant dans la philosophie sont sortis de la religion par leur croyance, et que le monde serait sans commencement selon leur prétention, ils ont pourtant dit cela à partir d’un ‘ijtihad de leur part, malgré cela les musulmans ont été unanimes à les jugé mécréants comme cela a été cite par l’imam, le mouhaddith et faqih Badrou d-Din az-Zarkachiyy dans son commentaire de djam^ou l-djawami^. Il a cité les deux groupes, l’un disant que le monde est sans commencement par sa matière et son apparence et l’autre disant que ce monde est sans commencement par sa matière, c’est-à-dire par son genre seulement, eh bien à leur sujet les musulmans s’accordent à les jugé égarés et mécréants.

وَكَذَلِكَ الْمُرْجِئَةُ الْقَائِلُونَ بِأَنَّهُ لا يَضُرُّ مَعَ الإِيـمَانِ ذَنْبٌ كَمَا لا تَنْفَعُ مَعَ الْكُفْرِ حَسَنَةٌ إِنَّمَا قَالُوا ذَلِكَ اجْتِهَادًا وَتَأْوِيلًالِبَعْضِ النُّصُوصِ عَلَى غَيْرِ وَجْهِهَا فَلَمْ يُعْذَرُوا [فَإِنَّهُمْ تَأَوَّلُوا هَذِهِ الآيَةَ ﴿وَهَلْ نُجَازِي إِلَّا الْكَفُورَ﴾ حَمَلُوهَا عَلَى أَنَّ مَعْنَاهَا لا عُقُوبَةَ فِي الآخِرَةِ إِلَّا عَلَى الْكَافِرِ. وَهَذَا التَّأَوُّلُ لا يَنْفَعُهُمْ] وَكَذَلِكَ ضَلَّ فِرَقٌ غَيْرُهُمْ وَهُمْ مُنْتَسِبُونَ إِلَى الإِسْلامِ كَانَ زَيْغُهُمْ بِطَرِيقِ الِاجْتِهَادِ بِالتَّأْوِيلِ، نَسْأَلُ اللَّهَ الثَّبَاتَ عَلَى الْحَقِّ.

Il en est de même pour les mourji’ah qui disent qu’aucun péché ne serait nuisible en ayant la foi, ils prétendent que du moment que la personne est croyante, aucun péché ne lui sera préjudiciable, tout comme aucune bonne action n’est profitable en étant mécréant, ils ont fait une fausse analogie. C’est vrai qu’aucune bonne action n’est profitable en étant mécréant, mais ça ne veut pas dire qu’aucun péché n’est préjudiciable avec l’Islam. Ils ont prétendu dire cela à partir de l’ijtihad et de leur interprétation de certains textes. Ils n’ont pas été excusés pour autant. De même, d’autres groupes se sont égarés bien qu’ils se réclamaient de l’Islam, leur égarement ayant eu lieu à cause d’un ‘ijtihad pour faire une interprétation. Nous demandons à Allah qu’Il nous maintienne dans la vérité.

قَاعِدَةٌ: اللَّفْظُ الَّذِي لَهُ مَعْنَيَانِ أَحَدُهُمَا نَوْعٌ مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ وَالآخَرُ لَيْسَ كُفْرًا، وَكَانَ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ كُفْرٌ ظَاهِرًا لَكِنْ لَيْسَ صَرِيْحًا، لا يُكَفَّرُ قَائِلُهُ حَتَّى يُعْرَفَ مِنْهُ أَيَّ الْمَعْنَيَيْنِ أَرَادَ، فَإِنْ قَالَ أَرَدْتُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ حُكِمَ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ وَأُجْرِيَ عَلَيْهِ أَحْكَامُ الرِّدَّةِ وَإِلَّا فَلا يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ.

Règle : une parole qui a deux sens dont l’un rentre dans l’une des catégories de mécréance et l’autre pas, et dont le sens qui relève de la mécréance est son sens apparent, mais n’est pas explicite. Celui qui prononce cette parole n’est pas jugé mécréant tant qu’on ne sait pas lequel des deux sens il a visé. S’il dit : « je visais le sens qui est de la mécréance » il est jugé mécréant et on lui applique les jugements relatifs à l’apostasie, sinon il n’est pas jugé mécréant.

Ainsi, il y a des mots qui ont plus d’un sens, celui qui dit un mot ayant plus d’un sens en visant par cette parole un sens étant de la mécréance, alors il est déclaré mécréant, mais s’il avait visé un sens qui n’est pas de la mécréance, il ne sera pas déclaré mécréant.

Informations utiles :

Habituellement, les choses à propos desquelles nous espérons qu’elles se réaliseront ont des causes, soit des causes apparentes soit des causes qui ne sont pas apparentes. D’autres ont utilisé une autre manière de s’exprimer et on dit : « il y a des causes qui sont terrestres et des causes qui sont célestes. »

Par exemple, quelqu’un qui est malade va voir un médecin pour se soigner, il aura pris la cause qui est apparente, et quand ce malade donne une aumône en étant sincère, il ne recherche que l’agrément de Dieu par cette aumône qu’il a donné, Allah le guérie, et c’est une cause qui n’est pas apparente.

Le Chaykh a dit à quelqu’un de reciter les deux mou^awidhat -al-falaq et an-nas- après l’appel de la prière de l’aube et du coucher du soleil. Et il lui a dit de reciter ces mou^awithat également dans la prière, c’est-à-dire dans chacune des cinq prières. Le Chaykh a dit : « ceci est utile pour protéger contre la sorcellerie, le mauvais œil et la jalousie. »

قَاعِدَةٌ: اللَّفْظُ الَّذِي لَهُ مَعْنَيَانِ أَحَدُهُمَا نَوْعٌ مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ وَالآخَرُ لَيْسَ كُفْرًا، وَكَانَ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ كُفْرٌ ظَاهِرًا لَكِنْ لَيْسَ صَرِيْحًا، لا يُكَفَّرُ قَائِلُهُ حَتَّى يُعْرَفَ مِنْهُ أَيَّ الْمَعْنَيَيْنِ أَرَادَ، فَإِنْ قَالَ أَرَدْتُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ حُكِمَ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ وَأُجْرِيَ عَلَيْهِ أَحْكَامُ الرِّدَّةِ وَإِلَّا فَلا يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ.

Règle : une parole qui a deux sens [ou plus] dont l’un rentre dans l’une des catégories de mécréance et l’autre pas, et dont le sens qui relève de la mécréance est son sens apparent, mais n’est pas explicite [c’est-à-dire qu’elle peut admettre d’autre sens]. Celui qui prononce cette parole n’est pas jugé mécréant tant qu’on ne sait pas lequel des deux sens il a visé. S’il dit : « je visais le sens qui est de la mécréance » il est jugé mécréant et on lui applique les jugements relatifs à l’apostasie, sinon il n’est pas jugé mécréant.

الشَّرْحُ مِثَالُ ذَلِكَ أَنَّ كَلِمَةَ النَّبِيِّ فِي اللُّغَةِ تَأْتِي بِمَعْنَى الأَرْضِ الْمُحْدَوْدِبَةِ الْمُرْتَفِعَةِ وَتَأْتِي بِمَعْنَى مَنْ أُوحِيَ إِلَيْهِ بِالنُّبُوَّةِ، فَلَوْ قَالَ شَخْصٌ الصَّلاةُ عَلَى النَّبِيِّ مَكْرُوهَةٌ وَأَرَادَ أَنَّ الصَّلاةَ عَلَى الأَرْضِ الْمُحْدَوْدِبَةِ مَكْرُوهَةٌ لِأَنَّ الشَّخْصَ لا يَخْشَعُ فِي صَلاتِهِ عَلَيْهَا فَكَلامُهُ صَحِيحٌ، وَأَمَّا إِنْ أَرَادَ أَنَّ الصَّلاةَ عَلَى النَّبِيِّ أَيْ مُحَمَّدٍ مَكْرُوهَةٌ فَهُوَ كُفْرٌ لِأَنَّ ذَلِكَ تَكْذِيبٌ لِلشَّرِيعَةِ قَالَ تَعَالَى: ﴿إِنَّ اللَّهَ وَمَلائِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلَى النَّبِيِّ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيمًا﴾ [سُورَةَ الأَحْزَاب/56].

Commentaire : un exemple pour ce genre de parole qui a deux sens : dans la langue arabe, le mot « an-nabiyy » peut avoir le sens de la terre de la petite colline dont le terrain est bosselé, c’est-à-dire qu’il y a des bosses. Une telle terre s’appelle « an-nabiyy. » Et celui à qui il est révélé qu’il est un prophète s’appelle aussi « an-nabiyy. » Le mot « an-nabiyy » a dans la langue arabe deux sens : il y a un sens qui est la terre qui comporte des bosses et il y a le sens qui désigne celui qui reçoit la révélation. Et lorsque quelqu’un dit « an-nabiyy », la première chose qui vient à l’esprit est le sens de celui qui reçoit la révélation. Or « an-nabiyy » peut également avoir le sens de la terre qui comporte des bosses. Si quelqu’un dit : الصَّلاةُ عَلَى النَّبِيِّ c’est déconseillé » en visant par « an-nabiyy » la terre qui est bosselée et par الصَّلاةُ la prière que nous faisons, parce que généralement la personne n’a pas de kouchou^ -la crainte révérencielle de Allah présente dans le cœur- parce qu’elle est plus préoccupée par le fait de tenir l’équilibre que de se concentrer dans sa prière, sa parole est vraie, ce n’est pas quelque chose de faux.  Quant à celui qui dit : الصَّلاةُ عَلَى النَّبِيِّ c’est déconseillé » en visant par-là que les invocations que nous faisons en faveur du prophète Mouhammed seraient déconseillés, alors c’est de la mécréance, parce que cette phrase revient à démentir la loi de l’Islam. Dieu dit dans sourate al-‘ahzab verset 56 :

﴿إِنَّ اللَّهَ وَمَلائِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلَى النَّبِيِّ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيمًا﴾

ce qui signifie : « certes Allah élève en degré le Prophète et les anges font des invocations pour que Allah élève en degré le Prophète, ô vous qui êtes croyants faites des invocations pour que Allah l’élève davantage en degré. » Ainsi, Allah nous ordonne dans le Qour’an de faire des invocations en faveur du prophète, celui qui dit que c’est déconseillé de le faire revient à dire que Allah est un menteur, et celui qui dit que Allah ment ne s’est pas soumis à l’extrême pour Allah, ce n’est pas un musulman. Le croyant, le musulman qui se soumet totalement à Allah ne dit pas une parole qui revient à démentir Dieu.

وَكَذَلِكَ إِذَا قَالَ قَائِلٌ الْخُبْزُ خَيْرٌ مِنَ اللَّهِ فَإِنْ أَرَادَ أَنَّهُ نِعْمَةٌ مِنَ اللَّهِ فَلا يَكْفُرُ، أَمَّا إِنْ أَرَادَ أَنَّ هَذَا أَفْضَلُ مِنَ اللَّهِ يَكْفُرُ، لِأَنَّ كَلِمَةَ خَيْرٍ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ تَأْتِي بِمَعْنَى أَفْضَل وَتَأْتِي بِمَعْنَى نِعْمَةٍ فَيُحْكَمُ عَلَى الْقَائِلِ بِحَسَبِ الْمَعْنَى الَّذِي أَرَادَهُ.

Et de même, si quelqu’un dit : « le pain khayroun mina Allah » en visant par-là que le pain est une ni^mah -une grâce- de la part de Allah, il ne devient pas mécréant. En revanche, s’il vise par cette phrase que le pain est meilleur que Allah, il devient mécréant, parce que le mot « khayr » dans la langue arabe peut avoir le sens de meilleur et le sens d’une grâce. Par conséquent, on juge sa parole conforment au sens qu’il en a voulu.

Ainsi, dans ces deux exemples, la parole a deux sens dont l’un rentre dans l’une des catégories de mécréance et l’autre pas. Le jugement de la personne qui a dit une telle parole dépend du sens qu’elle a visé.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ إِنْ كَانَ اللَّفْظُ لَهُ مَعَانٍ كَثِيرَةٌ وَكَانَ كُلُّ مَعَانِيهِ كُفْرًا وَكَانَ مَعْنًى وَاحِدٌ مِنْهَا غَيْرَ كُفْرٍ لا يُكَفَّرُ إِلَّا أَنْ يُعْرَفَ مِنْهُ إِرَادَةُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيِّ، وَهَذَا هُوَ الَّذِي ذَكَرَهُ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ الْحَنَفِيِّينَ فِي كُتُبِهِمْ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, si une parole a plusieurs significations relevant toutes de la mécréance mais qu’elle possède un sens ne relevant pas de la mécréance, son auteur n’est pas jugé mécréant, sauf si l’on sait qu’il visait le sens relevant de la mécréance. C’est en effet ce qu’ont cité plusieurs savants hanafites dans leurs livres.

وَأَمَّا مَا يَقُولُهُ بَعْضُ النَّاسِ مِنْ أَنَّهُ إِذَا كَانَ فِي الْكَلِمَةِ تِسْعَةٌ وَتِسْعُونَ قَوْلًا بِالتَّكْفِيرِ وَقَوْلٌ وَاحِدٌ بِتَرْكِ التَّكْفِيرِ أُخِذَ بِتَرْكِ التَّكْفِيرِ فَلا مَعْنَى لَهُ، وَلا يَصِحُّ نِسْبَةُ ذَلِكَ إِلَى مَالِكٍ، وَلا إِلَى أَبِي حَنِيفَةَ كَمَا نَسَبَ سَيِّدُ سَابِقٍ شِبْهَ ذَلِكَ إِلَى مَالِكٍ، وَهُوَ شَائِعٌ عَلَى أَلْسِنَةِ بَعْضِ الْعَصْرِيِّينَ فَلْيَتَّقُوا اللَّهَ.

Quant à ce que disent certains individus : « s’il y avait au sujet d’une parole 99 avis en faveur du jugement de mécréance et un seul avis contre le jugement de mécréance, on prendrait systématiquement l’avis que ce n’est pas de la mécréance parce qu’il y a un seul cas. » cela n’a pas de sens. De plus, ce n’est pas valide d’attribuer cela à l’imam Malik ni à l’imam Abou Hanifah à l’instar de Sayyid Sabiq qui a attribué une citation semblable à Malik. Ceci s’est rependu chez certains contemporains, qu’ils craignent donc Allah.

Ils ouvrent ainsi la porte à la mécréance, ils encouragent les gens à dire de la mécréance, c’est pour cela que le Chaykh dit : « qu’ils craignent donc Allah. »

الشَّرْحُ أَنَّهُ يَنْبَغِي الْحَذَرُ مِمَّا يَقُولُهُ بَعْضُ الْمُؤَلِّفِينَ عَنْ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ إِذَا اخْتَلَفَ النَّاسُ عَلَى تِسْعَةٍ وَتِسْعِينَ قَوْلًا بِالتَّكْفِيرِ وَقَوْلٍ وَاحِدٍ بِتَرْكِ التَّكْفِيرِ يُؤْخَذُ بِهَذَا الْقَوْلِ الْوَاحِدِ، وَهَذِهِ لا أَصْلَ لَهَا عَنْ مَالِكٍ وَلا عَنْ أَبِي حَنِيفَةَ فَلا تَثْبُتُ عَنْ أَحَدٍ مِنْهُمَا، وَهَذَا لَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّ هَذِهِ الْكَلِمَةَ لَهَا عِدَّةُ مَعَانٍ أَحَدُ مَعَانِيهَا لَيْسَ كُفْرًا وَالأُخْرَى كُلُّهَا كُفْرٌ وَإِنَّمَا بَعْضُ الْمُؤَلِّفِينَ يُورِدُونَهَا فِي الْكَلِمَةِ الصَّرِيْحَةِ فِي الْكُفْرِ.

Commentaire : il convient de prendre garde à ce que disent certains auteurs en attribuant cela à l’imam Malik que Allah l’agrée. Ils prétendent que si les gens ont divergé en donnant 99 avis de déclaration de mécréance et un seul avis de non-déclaration de mécréance alors on prend systématiquement ce seul avis qui ne déclare pas mécréant, cela n’a aucun fondement, c’est-à-dire que ce n’est pas une parole qui a été dite par Malik ni par Abou Hanifah, elle n’est confirmée d’aucun des deux. Et ces gens-là ne veulent pas dire que l’un des sens de cette parole n’est pas de la mécréance et que tous les autres sens sont de la mécréance, non. Mais ces auteurs prétendent cela même pour la parole qui est explicite dans la mécréance. Ils disent : « si quelqu’un dit une parole explicite dans la mécréance et que 99 savants disent que c’est une parole explicite dans la mécréance et qu’un dit que ce n’est pas de la mécréance, alors on suit l’avis qui dit que ce n’est pas de la mécréance. » Alors que c’est une parole qui est explicite dans la mécréance.

وَإِنَّمَا الَّذِي فِي عِبَارَاتِ الْفُقَهَاءِ وَفِي مُؤَلَّفَاتِهِمْ أَنَّ مَنْ تَكَلَّمَ بِلَفْظٍ لَهُ أَوْجُهٌ عَدِيدَةٌ تَقْتَضِي التَّكْفِيرَ وَوَجْهٌ وَاحِدٌ لا يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ يَحْكُمُ الْمُفْتِيُّ بِالْوَجْهِ الْوَاحِدِ إِلَّا أَنْ يَقُولَ الْمُتَلَفِّظُ بِهِ إِنَّهُ أَرَادَ غَيْرَ ذَلِكَ الْوَجْهِ فَلا يَنْفَعُهُ فَتْوَى الْمُفْتِي وَتَبِينُ امْرَأَتُهُ، وَمَعْنَى هَذَا أَنَّ الَّذِي يَتَلَفَّظُ بِلَفْظٍ لَهُ عِدَّةُ مَعَانٍ وَلَهُ مَعْنًى وَاحِدٌ لا يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ وَالْمَعَانِي الأُخَرُ تَقْتَضِي التَّكْفِيرَ لا يُحْكَمُ بِكُفْرِهِ إِلَّا أَنْ يَقُولَ إِنَّهُ أَرَادَ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ

Quant à ce qui figure dans les livres des fouqaha’ c’est que si quelqu’un a dit une parole qui admet plusieurs possibilités et que toutes ces possibilités impliquent la mécréance mais il y a une possibilité de l’expliquer comme n’étant pas de la mécréance, alors le moufti ne juge pas la personne comme étant mécréante, sauf si celui qui a dit cette parole avoue lui-même qu’il avait visé autre que ce sens qui n’est pas de la mécréance, c’est-à-dire qu’il avait visé la mécréance. Dans ce cas-là, la fatwa du moufti ne lui sera pas utile puisqu’il avait visé la parole qui est de la mécréance, et celle qui était son épouse n’est plus son épouse. Car avec l’apostasie le contrat est suspendu.

Et Mouhammed Ibnou l-Haçan a donné un exemple pour illustrer cela. Mouhammed Ibnou l-Haçan était un élève de Abou Hanifah et qui est devenu un moujtahid à part entière, mais ses avis ont très souvent rejoint ceux de Abou Hanifah, c’est pour cela qu’il est rattaché à son école.

وَقَدْ ذُكِرَ لِذَلِكَ مِثَالٌ عَنْ مُحَمَّدِ بنِ الْحَسَنِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَهُوَ أَنَّ الرَّجُلَ إِذَا قِيلَ لَهُ: صَلِّ، فَقَالَ: لا أُصَلِّي، فَإِنْ أَرَادَ لا أُصَلِّي لِأَنِّي قَدْ صَلَّيْتُ لا يَكْفُرُ، وَإِنْ أَرَادَ لا أُصَلِّي لِقَوْلِكَ لا يَكْفُرُ، وَكَذَا إِنْ أَرَادَ لا أُصَلِّي أَنَا مُتَكَاسِلٌ لا يَكْفُرُ، وَإِنْ أَرَادَ أَنَّهُ لا يُصَلِّي لِأَنَّهُ مُسْتَخِفٌّ بِهَا كَفَرَ.

Ainsi, Mouhammed Ibnou l-Haçan a donné un exemple pour illustrer cela. Il a dit : si l’on dit à quelqu’un : « fais la prière » et qu’il répond : « je ne fais pas la prière », s’il a visé : « je ne fais pas la prière parce que je l’ai déjà faite » ce n’est pas de la mécréance. Et s’il vise par-là : « je ne fais pas la prière parce que c’est toi qui me l’ordonnes » ce n’est pas de la mécréance. Et s’il a visé : « je ne fais pas la prière parce que je suis paresseux » ce n’est pas de la mécréance. C’est sûr que son péché est grand mais ce n’est pas de la mécréance. Et s’il vise qu’il ne fait pas la prière parce qu’il ne lui accorde pas d’importance et se moque de la prière, alors c’est de la mécréance. Ainsi, une même phrase admet plusieurs possibilités.

وَيُفْهَمُ مِنْ لَفْظِ الْمَتْنِ أَيْضًا أَنَّ مَا كَانَ مِنَ الْكَلامِ فِيهِ اسْتِخْفَافٌ بِالدِّينِ أَوْ إِنْكَارُ مَا عُلِمَ مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ نُكَفِّرُ قَائِلَهُ وَلَوْ خَالَفَ فِي ذَلِكَ أَلْفُ إِنْسَانٍ وَلا نَنْظُرُ إِلَى كَثْرَةِ الْمُخَالِفِينَ وَإِنَّمَا نَنْظُرُ إِلَى مُوَافَقَةِ الْحَقِّ.

On comprend de cela que les paroles qui comportent une moquerie, un dédain, un rabaissement à l’égard de la religion ou toutes paroles qui comportent un reniement de ce qui est connu comme d’évidence dans la religion est de la mécréance, comme quelqu’un qui dit : « c’est permis de boire de l’alcool. » Celui qui dit cela est déclaré mécréant même s’il y a 1000 personnes qui disent le contraire. On ne prend pas en considération le nombre de personnes qui contredisent, mais on prend en considération ce qui est en conformité avec la loi, à savoir quelle parole est conforme à la loi et quelle parole n’est pas conforme à la loi. Ce qui n’est pas en conformité avec la loi n’a aucun poids.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْعُلَمَاءُ: أَمَّا الصَّرِيحُ أَيِ الَّذِي لَيْسَ لَهُ إِلَّا مَعْنًى وَاحِدٌ يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ فَيُحْكَمُ عَلَى قَائِلِهِ بِالْكُفْرِ كَقَوْلِ أَنَا اللَّهُحَتَّى لَوْ صَدَرَ هَذَا اللَّفْظُ مِنْ وَلِيٍّ فِي حَالَةِ غَيْبَةِ عَقْلِهِ يُعَزَّرُ وَلَوْ لَمْ يَكُنْ هُوَ مُكَلَّفًا تِلْكَ السَّاعَةَ قَالَ ذَلِكَ عِزُّ الدِّينِ بنُ عَبْدِ السَّلامِ، وَذَلِكَ لِأَنَّ التَّعْزِيرَ يُؤَثِّرُ فِيمَنْ غَابَ عَقْلُهُ كَمَا يُؤَثِّرُ فِي الصَّاحِي الْعَاقِلِ وَكَمَا يُؤَثِّرُ فِي الْبَهَائِمِ فَإِنَّهَا إِذَا جَمَحَتْ فَضُرِبَتْ تَكُفُّ عَنْ جُمُوحِهَا مَعَ أَنَّهَا لَيْسَتْ بِعَاقِلَةٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les savants ont dit : quant à ce qui est une mécréance sarih -explicite-, c’est-à-dire que ça n’a qu’un seul sens -univoque-, son jugement est que celui qui la prononce est jugé mécréant, comme si quelqu’un dit : « je suis Allah. » Et même si cette parole provenait d’un saint qui est dans un état dans lequel il n’a pas sa raison, on le réprimanderait, même s’il n’est pas responsable à ce moment-là. C’est ce qu’a dit ^Izzou d-Din Ibnou ^Abdi s-Salam. Ceci parce que la réprimande à un effet sur celui dont la raison est absente tout comme elle a un effet sur celui qui est lucide et qui a toute sa raison, de même qu’elle a un effet sur les animaux. Ainsi, lorsqu’on frappe les animaux lorsqu’ils refusent d’obéir ils cessent de désobéir même s’ils ne sont pas dotés de raison.

كَذَلِكَ الْوَلِيُّ الَّذِي نَطَقَ بِالْكُفْرِ فِي حَالِ الْغَيْبَةِ لَمَّا يُضْرَبُ أَوْ يُصْرَخُ عَلَيْهِ يَكُفُّ لِلزَّاجِرِ الطَّبِيعِيِّ

Il en est de même pour un saint qui prononcerait une parole de mécréance lorsque sa raison est absente, il cesse par retenu instinctive lorsqu’on le frappe ou qu’on élève la voix sur lui.

عَلَى أَنَّ الْوَلِيَّ لا يَصْدُرُ مِنْهُ كُفْرٌ فِي حَالِ حُضُورِ عَقْلِهِ إِلَّا أَنْ يَسْبِقَ لِسَانُهُ أَوْ يَغِيبَ عَقْلُهُ، لِأَنَّ الْوَلِيَّ مَحْفُوظٌ مِنَ الْكُفْرِ بِخِلافِ الْمَعْصِيَةِ الْكَبِيرَةِ أَوِ الصَّغِيرَةِ فَإِنَّ ذَلِكَ يَجُوزُ عَلَى الْوَلِيِّ لَكِنْ لا يَسْتَمِرُّ عَلَيْهِ، بَلْ يَتُوبُ عَنْ قُرْبٍ

À savoir qu’il ne provient pas du saint de mécréance lorsqu’il a toute sa raison sauf s’il commet un lapsus ou qu’il perde la raison, parce que le waliyy est préservé de la mécréance à la différence des grands péchés ou des petits péchés qui peuvent provenir d’un saint, cependant il ne persiste pas dessus et il se repend peu de temps après.

وَقَدْ يَحْصُلُ مِنَ الْوَلِيِّ مَعْصِيَةٌ كَبِيرَةٌ قَبْلَ مَوْتِهِ بِقَلِيلٍ لَكِنْ لا يَمُوتُ إِلَّا وَقَدْ تَابَ كَطَلْحَةَ بنِ عُبَيْدِ اللَّهِ وَالزُّبَيْرِ بنِ الْعَوَّامِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فَإِنَّهُمَا خَرَجَا عَلَى أَمِيرِ الْمُؤْمِنِينَ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ بِوُقُوفِهِمَا مَعَ الَّذِينَ قَاتَلُوهُ فِي الْبَصْرَةِ فَذَكَّرَ عَلِيٌّ كُلًّا مِنْهُمَا حَدِيثًا، أَمَّا الزُّبَيْرُ فَقَالَ لَهُ أَلَمْ يَقُلْ لَكَ رَسُولُ اللَّهِ إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ فَقَالَ نَسِيتُ، فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا عَنْ قِتَالِهِ ثُمَّ لَحِقَهُ فِي طَرِيقِهِ رَجُلٌ مِنْ جَيْشِ عَلِيٍّ فَقَتَلَهُ.

Il est possible qu’un saint commette un grand péché même peu de temps avant de mourir, mais il ne meurt qu’après s’en être repenti, comme ce fut le cas de Talha Ibnou ^Oubaydi l-Lah et de az-Zoubayr Ibnou l-^Awwam que Dieu les agrée tous les deux. En effet, ils s’étaient tous deux rebellés contre l’émir des croyants ^Aliyy que Allah l’agrée, en s’engageant dans les rangs de ceux qui le combattaient à Bassora, mais notre maitre ^Aliyy avait rappelé à chacun d’eux un hadith. Pour ce qui est de az-Zoubayr, ^Aliyy lui a dit : « n’est-ce pas que le prophète t’a dit :

إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ

ce qui signifie : « tu vas faillir combattre ^Aliyy et tu seras injuste envers lui. » az-Zoubayr lui a dit : « j’avais complètement oublié. » Il est donc reparti en quittant le champ de bataille, car il avait reconnu qu’il était injuste dans ce combat. C’est alors qu’un homme de l’armée de ^Aliyy l’avait rattrapé en chemin et l’avait tué, alors qu’il n’avait pas à le tué.

فَتَابَ بِتَذْكِيرِ عَلِيٍّ لَهُ فَلَمْ يَمُتْ إِلَّا تَائِبًا

Ainsi, il s’est repenti grâce au rappel de ^Aliyy, il n’est donc mort qu’après avoir fait le repentir.

وَأَمَّا طَلْحَةُ فَقَالَ لَهُ عَلِيٌّ: أَلَمْ يَقُلْرَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِوَسَلَّمَ مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا فَضَرَبَهُ مَرْوَانُ بنُ الْحَكَمِ فَقَتَلَهُ. وَهُوَ أَيْضًا تَابَ وَنَدِمَ عِنْدَ ذِكْرِ عَلِيٍّ لَهُ هَذَا الْحَدِيثَ.

Quant à Talha, ^Aliyy lui a dit : « n’est-ce pas que le Messager a dit :

مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ

ce qui signifie : « celui qui est mon partisan, alors qu’il soit le partisan de ^Aliyy. » C’est-à-dire que celui qui me soutient, qu’il se tienne au côté de ^Aliyy. C’est alors que Talha est lui aussi reparti, cependant Marwane Ibnou l-Hakam l’avait atteint d’une flèche qui le tua. Et au départ Marwane ne l’avait pas dit, mais c’est l’un de ses fils qui plus tard a dit que c’était Marwane qui avait tué Talha. Et Talha aussi avait fait le repentir lorsque ^Aliyy lui avait rappelé ce hadith.

فَكُلٌّ مِنْهُمَا مَا مَاتَ إِلَّا تَائِبًا

Ainsi, chacun des deux n’est mort qu’après avoir fait le repentir.

وَكِلا الْحَدِيثَيْنِ صَحِيحٌ، بَلِ الْحَدِيثُ الثَّانِي مُتَوَاتِرٌ

Les deux hadith sont authentiques, et le deuxième hadith est même moutawatir.

وَقَدْ ذَكَرَ الإِمَامُ أَبُو الْحَسَنِ الأَشْعَرِيُّ أَنَّ طَلْحَةَ وَالزُّبَيْرَ مَغْفُورٌ لَهُمَا لِأَجْلِ الْبِشَارَةِ الَّتِي بَشَّرَهُمَا رَسُولُ اللَّهِ بِهَا مَعَ ثَمَانِيَةٍ ءَاخَرِينَ فِيمَجْلِسٍ وَاحِدٍ فَهَذَا مِنَ الإِمَامِ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ إِثْبَاتٌ أَنَّهُمَا أَثِمَا

De plus, l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a mentionné que l’acte de Talha et de az-Zoubayr avait été pardonné du fait de la bonne nouvelle que leur avait annoncé le Messager de Allah, à eux ainsi qu’à huit autres lors d’une même assemblée. Ceci est donc un témoignage de l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy qui est l’imam de ahlou sounnah wa l-djama^ah. Ils ont donc fait le repentir avant de mourir. Tout cela pour confirmer que si le saint commet un grand péché, même si c’est peu de temps avant de mourir, en l’occurrence ici c’était lorsqu’ils se sont rebellés contre notre maitre ^Aliyy, mais étant donné que ce sont des saints, ils ne meurent pas avant d’avoir fait le repentir.

Informations utiles :

Celui qui dit que l’eau ne comporte pas d’intérêt, qu’elle est inutile, c’est un mécréant. Mais si quelqu’un insulte une catégorie d’eau, il ne devient pas mécréant. Celui qui insulte l’eau dans l’absolue devient mécréant parce qu’en insultant l’eau il aura contredit le Qour’an. Et dans le hadith, le Messager nous a dit que l’esclave sera interrogé : « n’est-ce pas que tu as eu un corps en bonne santé ? N’est-ce pas que tu as été abreuvé d’eau fraiche ? » Tout comme cela a été rapporté par at-Tabaraniyy et al-Bayhaqiyy.

L’eau fraiche est une grâce éminente à propos de laquelle l’esclave sera interrogé au jour du jugement : est-ce qu’il s’est acquitté du remerciement obligatoire qui lui incombe ou pas ?

Et dans le hadith, le Messager de Allah a dit :

سَيِّدُ شَرَابِ الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ الْمَاء

ce qui signifie : « le maitre de toutes les boissons du bas monde et de l’au-delà c’est l’eau. » Tout comme l’a rapporté Abou Nou^aym. Voici ce qui est parvenu dans le hadith. L’eau peut remplacer autre chose, mais autre que l’eau ne remplace pas l’eau dans tous les cas.

Quant à celui qui est assoiffé, la chose qu’il désire le plus est l’eau, plus qu’aucune autre boisson.

Et un savant a dit :

إِذَا الْعُشْرُونَ مِنْ شَعْبَانَ وَلَّتْ * فَوَاصِل شُرْبَ لَيْلِكَ بِالنَّهَارِ وَلَا تَشْرَب بِأَقْدَاحٍ صِغَارٍ * فَقَدْ ضَاقَ الزَّمَانُ عَنِ الصِّغَارِ

ce qui signifie : « si les 20 jours de cha^ban se sont écoulés, alors veilles nuit et jour. Et ne t’abreuves pas dans tes petits verres, parce qu’il y a beaucoup qui sont petits. » Ce qu’il vise ici c’est que la mort est imminente, la mort est proche, alors fait toi des provisions pour ton au-delà avec un surcroit de sérieux.

Et à ce sujet il y a la parole de Allah dans sourate al-qasas verset 77 :

وَلَا تَنسَ نَصِيبَكَ مِنَ ٱلدُّنْيَا

qui signifie : « n’oublie pas ta part du bas monde. » C’est-à-dire n’oublie pas de prendre tes provisions de ton bas monde pour ton au-delà. Celui qui a pris des provisions pour son au-delà à partir de ce bas monde est celui qui agit avec intelligence. Et celui qui a manqué de s’approvisionner pour son au-delà est le perdant.

Et nous rappelons qu’à propos du mensonge si la personne le dit en étant sérieuse ou en plaisantant c’est interdit. Et ce, même s’il voulait faire rire les gens, c’est interdit.

Notre maitre Mouhammed a dit :

إِنَّ الصِّدْقَ يَهْدِي إِلى الْبِرِّ وَإِنَّ الْبِرَّ يَهْدِي إِلى الْجَنَّةِ وَإِنَّ الْكَذِبَ يَهْدِي إِلى الْفُجُورِ وَإِنَّ الْفُجُورَ يَهْدِي إِلى النَّارِ

ce qui signifie : « être véridique mène à la bienfaisance, et la bienfaisance mène au paradis. Et le mensonge mène à la perversité, et la perversité mène en enfer. » Les savants ont dit que le fait d’être véridique est quelque chose qui mène aux bonnes œuvres qui sont pures de toutes choses blâmables. Quant au mot « al-birr » -la bienfaisance-, c’est un mot qui englobe toute sorte de bien. Tandis que le mensonge mène à la perversité, la perversité qui est le fait de s’écarter de la droiture. Il a été dit que la perversité ici signifie le fait de s’empresser à commettre les péchés.

Et le Messager de Allah a dit :

عَلَيْكُمْ بِالصِّدْقِ فَإِنَّ الصِّدْقَ يَهْدِي إِلى الْبِرِّ وَإِيَّاكُمْ وَالْكَذِبَ

ce qui signifie : « soyez véridiques car le fait d’être véridique mène à la bienfaisance et gare à vous du mensonge. » Les savants ont dit que ce hadith comporte une forte incitation à rechercher le fait d’être véridique, c’est-à-dire d’avoir cela pour objectif et de s’appliquer à être véridique. Et dans ce hadith il y a la mise en garde contre le mensonge et contre le fait de se faciliter le mensonge, parce que si quelqu’un trouve le fait de mentir facile, il va beaucoup mentir et sera connu comme étant un menteur. Et Allah ta^ala fera inscrire la personne en tant que siddiq si la personne est toujours véridique, et kadh-dhab -menteur- si la personne a pour habitude de mentir.

Alors, soyez en garde contre le mensonge, mettez en garde contre le mensonge, c’est une mauvaise habitude. Si elle indique quelque chose, elle indique la mauvaise nature de la personne, les mauvais penchants de la personne. Alors craigniez Dieu et soyez avec les véridiques.

Celui qui prononce certaines paroles qui sont explicites, c’est-à-dire qui n’admettent qu’un seul sens sort de l’Islam. S’il possède toute sa raison lorsqu’il prononce cette parole, c’est-à-dire saint d’esprit et qu’il est pubère, il sort de l’Islam. Et si c’est quelqu’un qui est fou et qui a perdu la raison, comme un saint qui perd la raison, s’il dit une parole explicite dans la mécréance il ne sort pas de l’Islam parce qu’il n’est pas responsable à ce moment-là. Et il ne provient pas du saint de parole de mécréance, sauf s’il fait un lapsus ou bien il perd la raison, mais lorsqu’il a toute sa raison, il ne provient pas de lui de mécréance, parce que Allah le protège de la mécréance. Et il se peut que le saint commette un grand péché, même peu de temps avant de mourir. Cependant, la particularité du saint c’est qu’il fait le repentir avant de mourir.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْعُلَمَاءُ: أَمَّا الصَّرِيحُ أَيِ الَّذِي لَيْسَ لَهُ إِلَّا مَعْنًى وَاحِدٌ يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ فَيُحْكَمُ عَلَى قَائِلِهِ بِالْكُفْرِ كَقَوْلِ أَنَا اللَّهُحَتَّى لَوْ صَدَرَ هَذَا اللَّفْظُ مِنْ وَلِيٍّ فِي حَالَةِ غَيْبَةِ عَقْلِهِ يُعَزَّرُ وَلَوْ لَمْ يَكُنْ هُوَ مُكَلَّفًا تِلْكَ السَّاعَةَ قَالَ ذَلِكَ عِزُّ الدِّينِ بنُ عَبْدِ السَّلامِ، وَذَلِكَ لِأَنَّ التَّعْزِيرَ يُؤَثِّرُ فِيمَنْ غَابَ عَقْلُهُ كَمَا يُؤَثِّرُ فِي الصَّاحِي الْعَاقِلِ وَكَمَا يُؤَثِّرُ فِي الْبَهَائِمِ فَإِنَّهَا إِذَا جَمَحَتْ فَضُرِبَتْ تَكُفُّ عَنْ جُمُوحِهَا مَعَ أَنَّهَا لَيْسَتْ بِعَاقِلَةٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les savants ont dit : quant à ce qui est une mécréance sarih -explicite-, c’est-à-dire que ça n’a qu’un seul sens -univoque-, son jugement est que celui qui la prononce est jugé mécréant, comme si quelqu’un dit : « je suis Allah. » Et même si cette parole provenait d’un saint qui est dans un état dans lequel il n’a pas sa raison, on le réprimanderait, même s’il n’est pas responsable à ce moment-là. C’est ce qu’a dit ^Izzou d-Din Ibnou ^Abdi s-Salam. Ceci parce que la réprimande à un effet sur celui dont la raison est absente tout comme elle a un effet sur celui qui est lucide et qui a toute sa raison, de même qu’elle a un effet sur les animaux. Ainsi, lorsqu’on frappe les animaux lorsqu’ils refusent d’obéir ils cessent de désobéir même s’ils ne sont pas dotés de raison.

كَذَلِكَ الْوَلِيُّ الَّذِي نَطَقَ بِالْكُفْرِ فِي حَالِ الْغَيْبَةِ لَمَّا يُضْرَبُ أَوْ يُصْرَخُ عَلَيْهِ يَكُفُّ لِلزَّاجِرِ الطَّبِيعِيِّ

Il en est de même pour un saint qui prononcerait une parole de mécréance lorsque sa raison est absente, il cesse par retenu instinctive lorsqu’on le frappe ou qu’on élève la voix sur lui.

عَلَى أَنَّ الْوَلِيَّ لا يَصْدُرُ مِنْهُ كُفْرٌ فِي حَالِ حُضُورِ عَقْلِهِ إِلَّا أَنْ يَسْبِقَ لِسَانُهُ أَوْ يَغِيبَ عَقْلُهُ، لِأَنَّ الْوَلِيَّ مَحْفُوظٌ مِنَ الْكُفْرِ بِخِلافِ الْمَعْصِيَةِ الْكَبِيرَةِ أَوِ الصَّغِيرَةِ فَإِنَّ ذَلِكَ يَجُوزُ عَلَى الْوَلِيِّ لَكِنْ لا يَسْتَمِرُّ عَلَيْهِ، بَلْ يَتُوبُ عَنْ قُرْبٍ

À savoir qu’il ne provient pas du saint de mécréance lorsqu’il a toute sa raison sauf s’il commet un lapsus ou qu’il perde la raison, parce que le waliyy est préservé de la mécréance à la différence des grands péchés ou des petits péchés qui peuvent provenir d’un saint, cependant il ne persiste pas dessus et il se repend peu de temps après.

وَقَدْ يَحْصُلُ مِنَ الْوَلِيِّ مَعْصِيَةٌ كَبِيرَةٌ قَبْلَ مَوْتِهِ بِقَلِيلٍ لَكِنْ لا يَمُوتُ إِلَّا وَقَدْ تَابَ كَطَلْحَةَ بنِ عُبَيْدِ اللَّهِ وَالزُّبَيْرِ بنِ الْعَوَّامِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فَإِنَّهُمَا خَرَجَا عَلَى أَمِيرِ الْمُؤْمِنِينَ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ بِوُقُوفِهِمَا مَعَ الَّذِينَ قَاتَلُوهُ فِي الْبَصْرَةِ فَذَكَّرَ عَلِيٌّ كُلًّا مِنْهُمَا حَدِيثًا، أَمَّا الزُّبَيْرُ فَقَالَ لَهُ أَلَمْ يَقُلْ لَكَ رَسُولُ اللَّهِ إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ فَقَالَ نَسِيتُ، فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا عَنْ قِتَالِهِ ثُمَّ لَحِقَهُ فِي طَرِيقِهِ رَجُلٌ مِنْ جَيْشِ عَلِيٍّ فَقَتَلَهُ.

Il est possible qu’un saint commette un grand péché même peu de temps avant de mourir, mais il ne meurt qu’après s’en être repenti, comme ce fut le cas de Talha Ibnou ^Oubaydi l-Lah et de az-Zoubayr Ibnou l-^Awwam que Dieu les agrée tous les deux. En effet, ils s’étaient tous deux rebellés contre l’émir des croyants ^Aliyy que Allah l’agrée, en s’engageant dans les rangs de ceux qui le combattaient à Bassora, mais notre maitre ^Aliyy avait rappelé à chacun d’eux un hadith. Pour ce qui est de az-Zoubayr, avant que le combat n’éclate, ^Aliyy l’a invité, il lui a dit qu’il allait lui parler. Il lui a dit : « n’est-ce pas que le prophète t’a dit :

إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ

ce qui signifie : « tu vas faillir combattre ^Aliyy et tu seras injuste envers lui. » az-Zoubayr lui a dit : « j’avais complètement oublié. » Il est donc reparti en quittant le champ de bataille, car il avait reconnu qu’il était injuste dans ce combat. C’est alors qu’un homme de l’armée de ^Aliyy l’avait rattrapé en chemin et l’avait tué, alors qu’il n’avait pas à le tué.

فَتَابَ بِتَذْكِيرِ عَلِيٍّ لَهُ فَلَمْ يَمُتْ إِلَّا تَائِبًا

Ainsi, il s’est repenti grâce au rappel de ^Aliyy, il n’est donc mort qu’après avoir fait le repentir.

وَأَمَّا طَلْحَةُ فَقَالَ لَهُ عَلِيٌّ: أَلَمْ يَقُلْرَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِوَسَلَّمَ مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا فَضَرَبَهُ مَرْوَانُ بنُ الْحَكَمِ فَقَتَلَهُ. وَهُوَ أَيْضًا تَابَ وَنَدِمَ عِنْدَ ذِكْرِ عَلِيٍّ لَهُ هَذَا الْحَدِيثَ.

Quant à Talha, ^Aliyy lui a dit : « n’est-ce pas que le Messager a dit :

مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ

ce qui signifie : « celui qui est mon partisan, alors qu’il soit le partisan de ^Aliyy. » C’est-à-dire que celui qui me soutient, qu’il se tienne au côté de ^Aliyy. C’est alors que Talha est lui aussi reparti. Cependant Marwane Ibnou l-Hakam qui était dans son camp l’avait atteint d’une flèche qui le tua, il n’est pas mort sur le coup mais a agonisé avant de mourir. Et au départ Marwane ne l’avait pas dit, mais c’est l’un de ses fils qui plus tard a dit que c’était Marwane qui avait tué Talha. Et Talha aussi avait fait le repentir lorsque ^Aliyy lui avait rappelé ce hadith.

فَكُلٌّ مِنْهُمَا مَا مَاتَ إِلَّا تَائِبًا

Ainsi, chacun des deux n’est mort qu’après avoir fait le repentir, ils ne sont donc pas morts chargés d’un grand péché.

وَكِلا الْحَدِيثَيْنِ صَحِيحٌ، بَلِ الْحَدِيثُ الثَّانِي مُتَوَاتِرٌ

Les deux hadith sont authentiques, et le deuxième hadith est même moutawatir, d’un degré encore plus fort que le sahih.

وَقَدْ ذَكَرَ الإِمَامُ أَبُو الْحَسَنِ الأَشْعَرِيُّ أَنَّ طَلْحَةَ وَالزُّبَيْرَ مَغْفُورٌ لَهُمَا لِأَجْلِ الْبِشَارَةِ الَّتِي بَشَّرَهُمَا رَسُولُ اللَّهِ بِهَا مَعَ ثَمَانِيَةٍ ءَاخَرِينَ فِيمَجْلِسٍ وَاحِدٍ فَهَذَا مِنَ الإِمَامِ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ إِثْبَاتٌ أَنَّهُمَا أَثِمَا

De plus, l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a mentionné que l’acte de Talha et de az-Zoubayr avait été pardonné du fait de la bonne nouvelle que leur avait annoncé le Messager de Allah, à eux ainsi qu’à huit autres lors d’une même assemblée. Ceci est donc un témoignage de l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy qui est l’imam de ahlou sounnah wa l-djama^ah. Ils ont donc fait le repentir avant de mourir. Tout cela pour confirmer que si le saint commet un grand péché, même si c’est peu de temps avant de mourir, en l’occurrence ici c’était lorsqu’ils se sont rebellés contre notre maitre ^Aliyy, mais étant donné que ce sont des saints, ils ne meurent pas avant d’avoir fait le repentir.

وَكَذَلِكَ قَالَ فِي حَقِّ عَائِشَةَ لِأَجْلِ أَنَّهَا مُبَشَّرَةٌ أَيْضًا وَكَانَتْ نَدِمَتْ نَدَمًا شَدِيدًا مِنْ وُقُوفِهَا فِي الْمُقَاتِلِينَ لِعَلِيٍّ حَتَّى كَانَتْ لَمَّا تَذْكُرُ سَيْرَهَا إِلَى الْبَصْرَةِ وَوُقُوفَهَا مَعَ الْمُقَاتِلِينَ لِعَلِيٍّ تَبْكِي بُكَاءً شَدِيدًا يَبْتَلُّ مِنْ دُمُوعِهَا خِمَارُهَا. وَهَذَا مُتَوَاتِرٌ أَيْضًا

L’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a d’ailleurs dit la même chose au sujet de ^A’ichah étant donné qu’elle avait elle aussi reçu la bonne nouvelle du paradis de la part du prophète, car le prophète avait annoncé à ^A’ichah qu’elle serait son épouse au paradis. D’ailleurs, elle est appelée la bien aimée du Messager de Allah, le prophète l’aimait beaucoup. Ainsi, L’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a dit que son péché est pardonné, et elle avait immensément regrettée de s’être retrouvée dans le camp adverse à ^Aliyy. Preuve en est qu’elle avait regrettée cela énormément, c’est qu’à chaque fois qu’elle s’en rappelait, qu’elle avait voyagé jusqu’à Bassora alors que ^Aliyy lui avait dit de ne pas y aller, car elle avait voyagé pour rejoindre les rangs de ceux qui combattaient ^Aliyy, et son objectif était de réconcilier les deux parties, mais elle n’avait pas à y aller sans que l’émir des croyants, en l’occurrence ^Aliyy le lui autorise, elle avait pourtant fait le voyage vers Bassora pour rejoindre les rangs de ceux qui combattaient ^Aliyy. Et comme elle regrettait cela par la suite, elle pleurait jusqu’à en tremper son voile de larme. Et ceci est également moutawatir.

وَقَالَ فِي غَيْرِهِمَا مِنْ مُقَاتِلِي عَلِيٍّ مِنْ أَهْلِ وَقْعَةِ الْجَمَلِ وَمِنْ أَهْلِ صِفِّينَ الَّذِينَ قَاتَلُوا مَعَ مُعَاوِيَةَ عَلِيًّا مُجَوَّزٌ غُفْرَانُهُ وَالْعَفْوُ عَنْهُ كَمَا نَقَلَ ذَلِكَ الإِمَامُ أَبُو بَكْرِ بنُ فُورَك عَنْ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ فِي كِتَابِهِ مُجَرَّدِ مَقَالاتِ الأَشْعَرِيِّ، وَابْنُ فُورَك تِلْمِيذُ تِلْمِيذِ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ وَهُوَ أَبُو الْحَسَنِ الْبَاهِلِيُّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ.

Et l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a aussi dit au sujet de ceux qui ont combattu ^Aliyy dans la bataille du chameau en dehors de Talha et de az-Zoubayr et au sujet de ceux qui ont combattu avec Mou^awiyah contre ^Aliyy durant la bataille de Siffin : « il est possible que leur acte soit pardonné. » Ça veut dire qu’ils ont commis un péché mais qu’il est possible que Dieu le pardonne, donc ce n’est pas un péché qui fait sortir de l’Islam. Cette parole de l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a été rapportée de lui par l’imam Abou Bakr Ibnou Fourak dans son livre moudjarradou maqalat al-‘Ach^ariyy. Et Ibnou Fourak est l’élève de l’élève de al-‘Ach^ariyy, qui est Abou l-Haçan al-Bahiliyy que Allah les agrée.

وَمَا يَظُنُّ بَعْضُ الْجَهَلَةِ مِنْ أَنَّ الْوَلِيَّ لا يَقَعُ فِي مَعْصِيَةٍ فَهُوَ جَهْلٌ فَظِيعٌ. فَهَؤُلاءِ الثَّلاثَةُ طَلْحَةُ وَالزُّبَيْرُ وَعَائِشَةُ مِنْ أَكَابِرِ الأَوْلِيَاءِ.

Quant à ce que pensent certains ignorants, à savoir que le saint ne tomberait jamais dans un péché, ceci dénote une terrible ignorance. Ces trois, à savoir Talha, az-Zoubayr et ^A’ichah font parties des plus grands saints, pourtant ils sont tombés dans un péché, mais comme ils avaient reçu l’annonce de bonne nouvelle de la part du Messager de Allah, il leur a été pardonné. D’ailleurs ils ont fait le repentir.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ صَدَرَ مِنْهُ كُفْرٌ صَرِيحٌ يَكْفُرُ وَلا يُقْبَلُ لَهُ تَأْوِيلٌ إِلَّا إِذَا كَانَ لا يَفْهَمُ مَعْنَى الْكَلِمَةِ الَّتِي قَالَهَا فَعِنْدَئِذٍ لا يُكَفَّرُ، فَمَنْ حَصَلَ مِنْهُ كُفْرٌ صَرِيحٌ يُنْظَرُ إِلَى فَهْمِهِ وَلا يُنْظَرُ إِلَى قَصْدِهِ فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ وَقَالَ لَمْ أَقْصِدْهُ كَفَرَ وَلَمْ يُقْبَلْ مِنْهُ تَأَوُّلُهُ

Commentaire : celui de qui est provenu une mécréance explicite est sorti de l’Islam, et on n’accepte de lui aucune interprétation, sauf s’il ne comprend pas le sens de la parole qu’il a dite, dans ce cas-là il n’est pas déclaré mécréant. Ainsi, dans le cas où il ne comprend pas ce qu’il est en train de dire, car il y a des gens qui utilisent des termes sans les comprendre, il se peut qu’il parle la langue tout en croyant que ce mot a un autre sens. Celui de qui est provenue une parole de mécréance explicite, on prend en considération sa compréhension et on ne prend pas en considération ce qu’il visait, c’est-à-dire qu’on ne va pas lui demander ce qu’il visait, car sa parole est explicite, mais on s’assure qu’il comprenne ce qu’il dit. Ainsi, on prend en considération sa compréhension du sens de cette parole et non ce qu’il visait par elle. Ainsi, s’il comprend le sens qui est un sens de mécréance dans la phrase qu’il a dite, et qu’il dit : « mais moi je ne visais pas cela » il est quand même sorti de l’Islam, même s’il prétend ne pas avoir visé ce sens-là du moment qu’il le comprend. Et on n’accepte de lui aucune autre interprétation, puisque la parole en soi est une parole explicite, c’est-à-dire qu’elle n’admet qu’un seul sens.

وَإِنْ لَمْ يَفْهَمِ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ لا يَكْفُرُ، وَلَكِنْ يُنْهَى عَنْ ذَلِكَ الْقَوْلِ

Cependant, s’il ne comprenait pas ce sens, c’est-à-dire qu’il ne comprenait pas ce sens qui est un sens de mécréance, dans ce cas-là il ne sort pas de l’Islam. Cependant, on lui interdit de dire cette parole, parce que ce sens est un sens de mécréance. Et ceci est le cas de celui qui a dit une parole explicite, c’est-à-dire n’admettant qu’un seul sens.

وَأَمَّا مَنْ حَصَلَ مِنْهُ كَلامٌ يَحْتَمِلُ وَجْهَيْنِ بِحَسَبِ وَضْعِ اللُّغَةِ أَحَدُهُمَا كُفْرٌ وَالآخَرُ لَيْسَ كَذَلِكَ فَإِنَّ هَذَا يُنْظَرُ إِلَى قَصْدِهِ فَإِنْ كَانَ أَرَادَ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ كَفَرَ وَإِلَّا فَلا يَكْفُرُ.

Quant à celui de qui est provenu une parole admettant deux sens du point de vue de la langue, l’un des sens est une mécréance et l’autre sens n’est pas une mécréance, quelqu’un qui dit une telle parole qui n’est donc pas explicite, nous allons voir ce qu’il visait, parce que cette parole admet plusieurs possibilités du point de vue de la langue. S’il avait visé le sens qui est de la mécréance, alors il aura mécru, sinon, il n’aura pas mécru.

وَأَمَّا مَنْ قَالَ كَلِمَةً كُفْرِيَّةً لا تَحْتَمِلُ إِلَّا مَعْنًى وَاحِدًا بِحَسَبِ وَضْعِ اللُّغَةِ، وَلَكِنْ هُوَ ظَنَّ أَنَّ لَهَا مَعْنًى ءَاخَرَ غَيْرَ كُفْرِيٍّ فَقَالَهَا عَلَى هَذَا الْوَجْهِ الَّذِي ظَنَّهُ غَيْرَ كُفْرِيٍّ فَلا يَكْفُرُ.

Quant à celui qui dit une parole n’admettant qu’un seul sens qui est de la mécréance, c’est-à-dire du point de vue de la langue dans laquelle il s’exprime, mais qu’il croyait que ce terme -cette expression- avait un autre sens qui n’est pas de la mécréance, c’est-à-dire qu’il pensait que dans la langue cette expression pouvait avoir un autre sens, et cet autre sens auquel il pensait n’était pas de la mécréance, et que lui avait prononcé cette expression dans le sens qu’il avait imaginé être l’un de ses sens, dans ce cas-là, même si cette parole n’a qu’un seul sens dans la langue, relativement à lui cette parole à le jugement de la parole admettant plusieurs sens. Parce qu’il croyait véritablement que cette parole avait un autre sens et que cet autre sens n’était pas de la mécréance, il l’avait dite dans cet autre sens, dans ce cas-là il ne sort pas de l’Islam. Parce que même si cette parole est à l’origine explicite dans la mécréance, pour lui elle a le jugement de la parole qui est plurivoque, c’est-à-dire qui admet plusieurs sens, et lui avait prononcé cette parole dans un sens qui n’est pas de la mécréance.

Si quelqu’un a dit une parole dont il ne connaissait pas le jugement, et qu’après il a appris le jugement comme quoi son sens était de la mécréance, il devra dire les deux témoignages de manière catégorique pour entrer en islam.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ إِمَامُ الْحَرَمَيْنِ الْجُوَيْنِيُّ: اتَّفَقَ الأُصُولِيُّونَ عَلَى أَنَّ مَنْ نَطَقَ بِكَلِمَةِ الرِّدَّةِ – أَيِ الْكُفْرِ – وَزَعَمَ أَنَّهُ أَضْمَرَ تَوْرِيَةً[أَيْ أَنَّهُ أَرَادَ بِهِ مَعْنًى بَعِيدًا عَنِ الْمَعْنَى الْمُتَبَادِرِ مِنَ الْكَلِمَةِ] كُفِّرَ ظَاهِرًا وَبَاطِنًا وَأَقَرَّهُمْ عَلَى ذَلِكَ أَيْ فَلا يَنْفَعُهُ التَّأْوِيلُ الْبَعِيدُ كَالَّذِي يَقُولُ: يَلْعَنُ رَسُولَ اللَّهِ وَيَقُولُ قَصْدِي بِرَسُولِ اللَّهِ الصَّوَاعِقُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : l’imam des deux haram al-Jouwayniyy a dit : les savants spécialistes des fondements de la religion sont unanimes à dire que celui qui prononce une parole d’apostasie -c’est-à-dire une parle de mécréance- n’admettant qu’un seul sens et qui prétend par la suite qu’il avait visé intérieurement une tawriyah -un sens qui est très éloigné du sens de la parole qui vient communément à l’esprit- alors il est jugé mécréant selon les jugement des hommes et selon le jugement de Dieu. Après avoir rapporté la parole des spécialistes des fondements, al-Jouwayniyy a dit qu’il était d’accord avec eux sur ce point. C’est-à-dire qu’avoir fait une interprétation trop éloignée de sa parole ne lui est pas utile, comme celui qui dit : « que sois maudit l’envoyé de Dieu » et ajoute : « mais moi je vise la foudre puisqu’elle est envoyée de Dieu. » Ceci est une tawriyah qui ne le sauve pas, parce qu’elle est très éloignée du sens.

الشَّرْحُ هَذَا الْقَوْلُ ذَكَرَهُ إِمَامُ الْحَرَمَيْنِ عَبْدُ الْمَلِكِ الْجُوَيْنِيُّ فِي كِتَابِ الإِرْشَادِ وَمَعْنَاهُ أَنَّ مَنْ نَطَقَ بِاللَّفْظِ الصَّرِيحِ بِالْكُفْرِ وَزَعَمَ أَنَّهُ أَضْمَرَ تَوْرِيَةً أَيْ تَأْوِيلًا بَعِيدًا لا يُقْبَلُ مِنْهُ، بَلْ يَكُونُ كَافِرًا ظَاهِرًا وَبَاطِنًا.

Commentaire : c’est l’imam des deux haram ^Abdou l-Malik al-Jouwayniyy qu’il l’a citée dans son livre al-‘irchad. Ainsi, celui qui dit une expression qui est univoque dans la mécréance et a prétendu qu’il avait sous-entendu quelque chose mais qui était loin du sens, cette prétention n’est pas acceptée de lui mais il est déclaré mécréant en apparence pour nous et selon le jugement de Dieu.

أَمَّا التَّأْوِيلُ الْقَرِيبُ إِنْ أَبْدَاهُ الشَّخْصُ إِنْ كَانَ صَادِقًا فِي دَعْوَاهُ يَنْفَعُهُ.

Quant au sous-entendu qui n’est pas éloigné du sens proche, si la personne était véridique dans ce qu’elle dit, ça peut lui être utile.

وَهَذَا دَلِيلٌ عَلَى أَنَّهُ لا يُؤَوَّلُ كُلُّ لَفْظٍ مُنْحَرِفٍ وَإِنَّمَا يُؤَوَّلُ مَا كَانَ تَأْوِيلُهُ قَرِيبًا، وَأَمَّا مَا كَانَ صَرِيْحًا فِي الْمَعْنَى الْفَاسِدِ فَلا يُؤَوَّلُ، فَالْحَذَرَ مِنْ هَؤُلاءِ الَّذِينَ يُؤَوِّلُونَ الصَّرِيحَ لِمَنْ يَفْهَمُ مَعْنَاهُ.

Et ceci est une preuve que ce n’est pas n’importe quelle parole qui admet d’être interpréter par un autre sens que son sens apparent, mais seul l’interprétation qui est proche. Quant à la parole qui est univoque et qui a un sens mauvais, c’est-à-dire de la mécréance, on n’accepte pas son interprétation. Que l’on prenne garde contre ceux qui admettent l’interprétation par un autre sens que le sens apparent des paroles qui sont univoques dans la mécréance et de la part de quelqu’un qui comprend le sens qui est de la mécréance. C’est-à-dire que quelqu’un comprend le sens qui est de la mécréance, cette parole est univoque, c’est-à-dire qu’elle n’admet qu’un seul sens qui est de la mécréance, et malgré cela il y a des gens qui disent que l’on peut interpréter sa parole autrement. Que l’on prenne garde contre ces gens-là, parce que celui qui a parlé comprend ce sens univoque de mécréance.

وَقَوْلُ إِمَامِ الْحَرَمَيْنِ الْمَذْكُورُ مَحْمُولٌ عَلَى التَّوْرِيَةِ الَّتِي لا يَحْتَمِلُهَا اللَّفْظُ، أَمَّا التَّوْرِيَةُ الَّتِي يَحْتَمِلُهَا اللَّفْظُ فَإِنَّهَا تَنْفَعُ بِالتَّأْوِيلِ، فَلْيُعْلَمْ ذَلِكَ.

Cette règle énoncée par l’imam des deux haram al-Jouwayniyy précédemment citée s’applique dans le cas où la tawriyah -le sous-entendu- n’est pas admis par cette parole, c’est-à-dire que cette parole n’admet pas ce sous-entendu. Cependant, si c’est un sous-entendu qui peut être admis par l’expression prononcée, c’est-à-dire que cette parole admet ce sous-entendu, alors ça peut être utile pour celui qui l’a dite s’il est véridique. Que l’on sache cela.

فَمِنَ التَّوْرِيَةِ الْبَعِيدَةِ الَّتِي لا يَحْتَمِلُهَا اللَّفْظُ قَوْلُ بَعْضِ جَهَلَةِ الْمُتَصَوِّفَةِ:

كَفَرْتُ بِدِينِ اللَّهِ وَالْكُفْرُ وَاجِبٌ  لَدَيَّ وَعِنْدَ الْمُسْلِمِينَ حَرَامُ

يَنْسِبُونَ هَذَا لِلْحَلَّاجِ وَيَسْتَحْسِنُونَهُ

Parmi les interprétations éloignées qui n’admettent pas de tawriyah, il y a la parole de certains qui se prétendent soufiyy, ils disent des vers de poésie qui sont de la mécréance univoque, et ça n’admet pas de sous-entendu comme eux prétendent, et après ils prétendent sous-entendre autre chose alors que c’est de la mécréance univoque. Ils attribuent ça à al-Hallaj.

وَكَذَا قَوْلُ بَعْضِهِمْ:

وَمَا الْكَلْبُ وَالْخِنْزِيرُ إِلَّا إِلَهُنَا              وَمَا اللَّهُ إِلَّا رَاهِبٌ فِي كَنِيسَتِي

وَيَقُولُونَ فِي تَأْوِيلِهِ إِذَا أُنْكِرَ عَلَيْهِمْ قَوْلُهُمْ إِلَهُنَا مَعْنَاهُ إِلَى الأَرْضِ أَيِ الْكَلْبُ وَالْخِنْزِيرُ مَرْجِعُهُمْ إِلَى التُّرَابِ.  

Ou d’autres verbes où ils jouent sur les mots avec des paroles qui sont de la mécréance univoque, et ils prétendent visés un sens qui est éloigné du sens de la parole, cela aussi ne leur est pas utile.

   وَأَيْضًا قَوْلُ بَعْضِهِمْ:

أَلا بِالذِّكْرِ تَزْدَادُ الذُّنُوبُ          وَتَنْطَمِسُ الْبَصَائِرُ وَالْقُلُوبُ

   فَقَدْ قَالَ بَعْضُ مَنْ لَقِيتُهُ مِنَ الْمُتَعَسِّفِينَ: يُؤَوَّلُ بِأَنَّهُ أَرَادَ الذِّكْرَ مَعَ الْغَفْلَةِ.

Ou certains qui blâment le dhikr, ils sortent des interprétations qui sont loin du sens proche. Le Chaykh a cité plusieurs exemples qu’on retrouve chez des gens qui prétendent être des soufiyy alors que le tasawwouf est complètement innocent de leur pratique.

وَكَذَا قَوْلُ بَعْضِهِمْ: وُجُودُكَ ذَنْبٌ لا يُقَاسُ بِهِ ذَنْبُ، إِلَى أَمْثَالٍ لِهَذِهِ الْكَلِمَاتِ وَهِيَ كَثِيرَةٌ. وَهَؤُلاءِ بَعْضُهُمْ مَلاحِدَةٌ يُظْهِرُونَ الإِسْلامَ وَلا يَعْتَقِدُونَهُ مَعَ دَعْوَى التَّصَوُّفِ، وَبَعْضُهُمْ مِنْ شِدَّةِ الْجَهْلِ يَظُنُّونَ أَنَّ هَذَا صَوَابٌ، فَهَؤُلاءِ ضَرَرُهُمْ عَلَى بَعْضِ الْمُسْلِمِينَ أَشَدُّ مِنْ ضَرَرِ الْكُفَّارِ الْمُعْلِنِينَ الَّذِينَ لا يَنْتَسِبُونَ إِلَى الإِسْلامِ كَالْمَجُوسِ وَالْبُوذِيِّينَ.

Ces gens-là parfois sont des athées, c’est-à-dire qu’ils montrent en apparence qu’ils sont musulmans alors qu’en réalité ils sont athées, et ils se cachent en prétendant être des soufiyy. Et malheureusement certains sont tellement ignorants qu’ils pensent que ce qu’ils leur disent est vrai. Ces gens-là qui diffusent de telles paroles, leur nuisance aux musulmans est plus grave que la nuisance des mécréants qui déclarent leur mécréance et qui ne se réclament pas de l’Islam comme les mages et les bouddhistes.

Informations utiles :

Une question a été posée au Chaykh, on lui a dit : certains viennent faire des collectes d’argent dans la salle de prière pour demander des contributions pour rapatrier le corps d’un musulman qui est mort dans un pays musulman. Le Chaykh a dit : ce n’est pas un devoir pour vous de contribuer à cela, parce qu’il n’y a pas de nécessité en cela. Les musulmans à qui il leur a été demandé de donner de l’argent pour rapatrier un corps mais qui ne payent pas ne tombent pas dans le péché. Ils ne sont pas dans le péché s’ils ne contribuent pas.

Et s’il y a une nécessité pour qu’il soit enterré dans un cimetière de musulmans, s’il est enterré dans un cimetière de non musulmans, les gens qui n’ont pas contribué pour rapatrier le corps ne tombent pas dans le péché. Ceux qui n’ont pas contribué pour aider ne tombent pas dans le péché. Ça sera lui et ses œuvres dans sa tombe, s’il était pieux Allah le protège de tous le châtiment qui va s’abattre sur les mécréants. Allah lui éclairera même sa tombe et Il lui envoie une odeur, l’odeur du paradis. Le croyant qui s’attachait à la loi de l’Islam, qui accomplissait les devoirs et qui évitait les péchés, Allah lui accorde dans sa tombe le fait qu’elle deviendra l’un des jardins du paradis, et sa tombe sera éclairée, et Allah lui la élargie, Allah est sur toute chose tout puissant.

Cette place qui est toute petite, qui fait 4 coudées de long sur une coudée de large, Allah l’élargi pour certain musulman à perte de vue, et pour certain musulman elle sera élargie de 70 coudées sur 70 coudées.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَدْ عَدَّ كَثِيرٌ مِنَ الْفُقَهَاءِ كَالْفَقِيهِ الْحَنَفِيِّ بَدْرِ الرَّشِيدِ وَهُوَ قَرِيبٌ مِنَ الْقَرْنِ الثَّامِنِ الْهِجْرِيِّ أَشْيَاءَ كَثِيرَةً فَيَنْبَغِي الِاطِّلاعُ عَلَيْهَا فَإِنَّ مَنْ لَمْ يَعْرِفِ الشَّرَّ يَقَعْ فِيهِ فَلْيُحْذَرْ، فَقَدْ ثَبَتَ عَنْ أَحَدِ الصَّحَابَةِ أَنَّهُ أَخَذَ لِسَانَهُ وَخَاطَبَهُ: يَا لِسَانُ قُلْ خَيْرًا تَغْنَمْ، وَاسْكُتْ عَنْ شَرٍّ تَسْلَمْ، مِنْ قَبْلِ أَنْ تَنْدَمَ، إِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: أَكْثَرُ خَطَايَا ابْنِ ءَادَمَ مِنْ لِسَانِهِ، [رَوَاهُ الطَّبَرَانِيُّ بِإِسْنَادٍ صَحِيحٍ مِنْ حَدِيثِ عَبْدِ اللَّهِ بنِ مَسْعُودٍ] وَمِنْ هَذِهِ الْخَطَايَا الْكُفْرُ وَالْكَبَائِرُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de plus, de nombreux savants ont énuméré de nombreux exemples de paroles de mécréance comme le faqih hanafite Badrou r-Rachid qui a vécu au huitième siècle de l’hégire, il y a environ 700 années. Il convient donc d’en prendre connaissance car celui qui ne connait pas le mal y chutera, alors qu’on prenne garde. Il a été confirmé à propos d’un *compagnon du prophète qu’il a pris à parti sa langue et s’est adressé à elle en disant : « ô langue, dis du bien tu y gagneras, et gardes toi de dire du mal, tu seras sauvé, avant d’avoir à regretter. Certes j’ai entendu le Messager de Allah dire :

أَكْثَرُ خَطَايَا ابْنِ ءَادَمَ مِنْ لِسَانِهِ

ce qui signifie : « la plupart des péchés du fils de ‘Adam proviennent de sa langue. » Rapporté par atTabaraniyy avec une chaine de transmission sûr d’après le compagnon ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud qui fait partie des tout premiers à être entrés en islam. Et parmi ces péchés il y a la mécréance et les grands péchés.

*Le compagnon est celui qui a rencontré le prophète de manière habituelle, ordinaire, ce n’est pas de manière extraordinaire comme notre maitre ar-Rifa^iyy qui a embrassé la main du prophète 5 siècle après le décès du prophète, on ne dit pas que notre maitre ar-Rifa^iyy est un compagnon, non, mais nous parlons de celui qui a rencontré le prophète de manière habituelle, ordinaire. Qui a cru en lui, c’est-à-dire qui a cru qu’il était bien un envoyé de Dieu et qui est mort musulman, parce qu’il y a des gens qui ont apostasié. On ne dit pas de ceux qui sont morts apostats qu’ils sont des compagnons. Mais si l’un d’entre eux a apostasié puis est revenu à l’Islam, il garde son statut de compagnon.

الشَّرْحُ مَعْنَى الْحَدِيثِ أَنَّ مَنْ قَالَ مِنَ الْكَلامِ مَا هُوَ خَيْرٌ كَذِكْرِ اللَّهِ وَأَفْضَلُهُ التَّهْلِيلُ كَسَبَ ثَوَابًا، وَأَنَّ مَنْ أَمْسَكَ لِسَانَهُ عَمَّا فِيهِ مَعْصِيَةٌ فَقَدْ حَفِظَ نَفْسَهُ وَسَلِمَ لِأَنَّ مَنْ لَمْ يَحْفَظْ لِسَانَهُ فَقَدْ عَرَّضَ نَفْسَهُ لِلْهَلاكِ لِأَنَّ أَكْثَرَ الْمَهَالِكِ سَبَبُهَا اللِّسَانُ، فَإِنْ مَاتَ وَهُوَ عَلَى هَذِهِ الْحَالِ فَإِنَّهُ يَنْدَمُ يَوْمَ لا يَنْفَعُ النَّدَمُ.

Commentaire : la signification de ce hadith est que celui qui dit des paroles de bien comme l’évocation de Dieu, et la meilleure des évocations de Dieu est le tahlil – لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ-, il gagnera des récompenses, et que celui qui garde sa langue de dire ce qui est un péché se sera préservé et sauvé, parce que celui qui ne préserve pas sa langue se sera exposé à sa propre perte, parce que la plupart des péchés proviennent de la langue. Et s’il meurt ainsi, c’est-à-dire chargé de ces péchés qu’il a commis avec sa langue, il va le regretter le jour où le regret ne sera d’aucune utilité.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَفِي حَدِيثٍ ءَاخَرَ لِلرَّسُولِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ مِمَّا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ مِنْ حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ.  

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : dans un autre hadith du Messager de Allah, il y a cette parole :

إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ مِمَّا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ

qui signifie : « certes il arrive que l’esclave prononce une parole dont il ne réalise pas la portée, mais à cause de laquelle il chutera en enfer plus loin encore de ce qui sépare le levant du couchant. » C’est-à-dire d’une grande distance. Hadith rapporté par al-Boukhariyy et Mouslim d’après le compagnon Abou Hourayrah.

الشَّرْحُ مَعْنَى حَدِيثِ الشَّيْخَيْنِ أَنَّ الإِنْسَانَ قَدْ يَتَكَلَّمُ بِكَلِمَةٍ لا يَرَى أَنَّ فِيهَا ذَنْبًا وَلا يَرَاهَا ضَارَّةً لَهُ يَسْتَوْجِبُ بِهَا النُّزُولَ إِلَى قَعْرِ جَهَنَّمَ كَمَا تَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ رِوَايَةُ التِّرْمِذِيِّ مِنْ غَيْرِ فَرْقٍ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ مُنْشَرِحَ الْبَالِ أَوْ غَيْرَ مُنْشَرِحٍ، وَقَعْرُ جَهَنَّمَ مَسَافَةُ سَبْعِينَ عَامًا وَذَلِكَ مَحَلُّ الْكُفَّارِ لا يَصِلُهُ عُصَاةُ الْمُسْلِمِينَ.

Commentaire : le sens du hadith des *deux Chaykh comporte le fait qu’il se peut que quelqu’un dise une parole dans laquelle il ne voit pas de péché, il ne voit pas qu’il y a une désobéissance à la dire, il ne pense même pas que cette parole va être préjudiciable pour eux, c’est-à-dire qu’elle va leur faire du tort, il ne considère même pas qu’il y ait un mal dans ce qu’il dit alors qu’il se peut que cette parole va entrainer pour lui la descente au fond de l’enfer, tout comme cela est indiqué dans la version rapportée par at-Tirmidhiyy, sans qu’il n’y ait de différence entre le fait qu’il se soit satisfait ou pas de ce qu’il dit, c’est-à-dire qu’il ait adhéré par son cœur cette parole ou pas, même s’il dit : « mais je rejette par mon cœur ce que j’ai dit. » Le fait qu’il l’ait dite implique que le jugement s’applique à lui. Et le fond de l’enfer sa trouve à une distance de 70 ans, c’est-à-dire que du haut de l’enfer jusqu’au fond de l’enfer, une pierre mettrait soixante-dix ans de chute pour l’atteindre. Et le fond de l’enfer est un emplacement réservé aux mécréants. Les désobéissants de parmi les musulmans ne l’atteindront pas.

* Lorsque l’on dit « les deux Chaykh » dans le hadith, il s’agit de al-Boukhariyy et Mouslim. Et lorsque l’on parle des deux Chaykh dans les compagnons, il s’agit de Abou Bakr et ^Oumar.

وَقَدْ عُلِمَ أَنَّ الْمَسَافَةَ الَّتِي تُوصِلُ إِلَى قَعْرِ جَهَنَّمَ هِيَ هَذِهِ مِنَ الْحَدِيثِ الَّذِي فِيهِ أَنَّهُ بَيْنَمَا كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَعَ بَعْضِ أَصْحَابِهِ إِذْ سَمِعُوا وَجْبَةً أَيْ صَوْتًا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: تَدْرُونَ مَا هَذَا قَالُوا: اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ قَالَ: هَذَا حَجَرٌ رُمِيَ بِهِ فِي النَّارِ مُنْذُ سَبْعِينَ خَرِيفًا فَهُوَ يَهْوِي فِي النَّارِ الآنَ حَتَّى انْتَهَى إِلَى قَعْرِهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ. 

Et nous avons su que la distance pour atteindre le fond de l’enfer est de soixante-dix ans à partir d’un hadith. Tandis que le Messager de Allah était en compagnie de ses compagnons, ils ont entendu un bruit, le Messager leur a dit :

تَدْرُونَ مَا هَذَا

ce qui signifie : « vous savez ce que c’est ? » Les compagnons ont répondu :

اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ

ce qui signifie : « Allah sait plus que tout autre et Son Messager sait. » Le prophète a expliqué en disant :

هَذَا حَجَرٌ رُمِيَ بِهِ فِي النَّارِ مُنْذُ سَبْعِينَ خَرِيفًا فَهُوَ يَهْوِي فِي النَّارِ الآنَ حَتَّى انْتَهَى إِلَى قَعْرِهَا

ce qui signifie : « il s’agit d’une pierre qui a été lancée en enfer il y a 70 automnes, elle était en train de chuter en enfer et c’est maintenant qu’elle a atteint le fond de l’enfer. » Hadith rapporté par Mouslim.

ثُمَّ إِنَّ الْعُلَمَاءَ اخْتَلَفُوا فِي بَعْضِ الأَشْيَاءِ هَلْ هِيَ كُفْرٌ أَمْ لا، فَقَالَ بَعْضٌ إِنَّهَا كُفْرٌ وَقَالَ بَعْضٌ إِنَّهَا لَيْسَتْ كُفْرًا.

Par ailleurs, les savants ont divergé à propos de certaines choses, est-ce de la mécréance ou pas ? Certains ont dit que telle chose est de la mécréance et d’autres ont considéré que ce n’était pas de la mécréance.

هَؤُلاءِ الْعُلَمَاءُ بَعْضُهُمْ مُجْتَهِدٌ اجْتِهَادًا مُطْلَقًا وَبَعْضُهُمْ مُجْتَهِدُونَ فِي الْمَذْهَبِ وَهَاكَ الْبَيَان.

De ces savants qui ont divergé, certains sont des moujtahid moutlaq -absolu- et d’autres sont moujtahid au sein de l’école -du madh-hab-. Et il va y avoir des exemples, c’est-à-dire que le Chaykh va illustrer dans quel cas il se peut qu’il y ait des divergences entre les savants quant au jugement de mécréance de telle et telle chose.

قَالَ فِي فَتَاوَى قَاضِيخَان مَا نَصُّهُ: رَجُلٌ صَلَّى إِلَى غَيْرِ الْقِبْلَةِ مُتَعَمِّدًا رُوِيَ عَنْ أَبِي حَنِيفَةَ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى أَنَّهُ يَكْفُرُ وَإِنْ أَصَابَ الْقِبْلَةَ، وَبِهِ أَخَذَ الْفَقِيهُ أَبُو اللَّيْثِ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى، وَكَذَا إِذَا صَلَّى فِي الثَّوْبِ النَّجِسِ أَوْ بِغَيْرِ طَهَارَةٍ

Et dans « fatawa qadihan » [qui est un livre] figure la question suivante : un homme a prétendu faire la prière en se dirigeant vers une autre direction que la qiblah délibérément. Il a été rapporté de l’imam Abou Hanifah qu’il sort de l’Islam, même si ça a coïncidé avec la qiblah. Supposons qu’il soit rentré dans une mosquée dont la direction n’était pas correcte, la qiblah était dans une direction et lui pensait que c’était celle-ci la bonne direction, mais pour contredire la religion il s’est dirigé vers une autre direction, lui pensait se diriger vers autre que la qiblah, même si ça a coïncidé avec la véritable direction de la qiblah, selon Abou Hanifah, étant donné que son objectif était de se diriger vers autre que la qiblah, il sort de l’Islam, et ce même si ça a coïncidé avec la qiblah. Et c’est cet avis de Abou Hanifah qui a été retenu par le faqih Abou l-layt que Dieu lui fasse miséricorde. Et c’est le même jugement s’il accompli la prière avec un vêtement najis -impure- ou s’il n’est pas purifié.

وَبَعْضُ الْمَشَايِخِ قَالُوا إِنْ فَعَلَ ذَلِكَ بِتَأْوِيلِ قَوْلِهِ تَعَالَى ﴿فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/115] لا يَكُونُ كَافِرًا

Et certains savant ont dit que s’il s’était dirigé dans une autre direction que la qiblah en raison d’une mauvaise interprétation du verset 115 de sourate al-baqarah :

﴿فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ﴾

qui signifie : « où que vous vous dirigiez, il y a une direction que Dieu agrée. » Mais ce verset ne concerne pas celui qui accompli des prières en étant résidant, ni les prières obligatoires que fait celui qui est voyageur. Ce verset concerne les prières surérogatoires, mais pas n’importe quelle prière surérogatoire. Ce sont les prières surérogatoires que fait un voyageur, et ce n’est pas n’importe quelle voyageur. Ce sont les prières surérogatoires que fait un voyageur lorsqu’il est assis sur sa monture, comme s’il voyageait sur un chameau et traversait le désert en voulant faire des prières surérogatoires tout en étant assis. Dans ce cas-là, lorsqu’il entre en rituel de prière il se dirige vers la qiblah puis dit « Allah ‘akbar », puis, quelle que soit la direction que va emprunter sa monture, sa prière surérogatoire sera valable, parce qu’il est voyageur et est sur une monture, c’est-à-dire un animal. Tel est le sens de ce verset. Et ce verset ne veut pas dire que si quelqu’un est résidant chez lui il peut faire la prière dans n’importe quelle direction. Pour ce qui est des savants qui n’ont pas déclaré mécréant celui qui se dirige vers autre que la qiblah, ils ont dit que si c’était par mauvaise interprétation du verset, c’est-à-dire qu’il pensait véritablement que ce verset signifiait que l’on peut faire la prière dans n’importe quelle direction, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.

وَقَالَ مَشَايِخُ بُخَارَا مِنْهُمُ الْقَاضِي الإِمَامُ أَبُو عَلِيٍّ السُّغْدِيُّ وَشَمْسُ الأَئِمَّةِ الْحَلْوَانِيُّ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى: لَوْ صَلَّى إِلَى غَيْرِ الْقِبْلَةِ لا يَكْفُرُ وَكَذَا إِذَا صَلَّى فِي الثَّوْبِ النَّجِسِ لِأَنَّ الصَّلاةَ إِلَى غَيْرِ الْقِبْلَةِ جَائِزَةٌ حَالَةَ الِاخْتِيَارِ وَهُوَ التَّطَوُّعُ عَلَى الدَّابَّةِ وَمِنَ الْعُلَمَاءِ مَنْ جَوَّزَ الصَّلاةَ فِي الثَّوْبِ النَّجِسِ [وَهُوَ قَوْلٌ لِمَالِكٍ مَشْهُورٌ عِنْدَ أَهْلِ الْمَذْهَبِ] فَلا يُحْكَمُ بِكُفْرِهِ

Et il y a un troisième avis sur la question, c’est l’avis des savants de Boukhara [la région qui se trouve à l’est de la perse qui se trouve aujourd’hui en Ouzbékistan, avant il y avait beaucoup de science là-bas]. Le Qadi, l’imam ^Aliyy as-Soughdiyy et Chamsou l-‘A’immah al-Halwaniyy on dit : « si quelqu’un faisait la prière en direction d’autre que la qiblah, il ne devient pas mécréant. Et de même si quelqu’un fait la prière avec un vêtement najis, il ne devient pas mécréant, parce que la prière vers autre que la qiblah est valide dans certains cas, et il s’agit de la prière surérogatoire sur une monture. Dans certains cas la personne a le choix et peut prier vers autre que la qiblah, ceci est le jugement pour la prière vers une autre direction que la qiblah. Et concernant les vêtement najis, parmi les savants il y a ceux qui ont autorisé le fait d’accomplir la prière avec des vêtements sur lesquels il y a une najaçah -une impureté rituelle-. On ne le déclare donc pas mécréant. » Et la validité de la prière en ayant des habits najis est l’avis de l’imam Malik, c’est un avis qui est très connu dans l’école.

أَمَّا إِذَا صَلَّى بِغَيْرِ الطَّهَارَةِ مُتَعَمِّدًا فَإِنَّهُ يَصِيرُ كَافِرًا، وَقَالَ شَمْسُ الأَئِمَّةِ الْحَلْوَانِيُّ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى يَكُونُ زِنْدِيقًا لِأَنَّ أَحَدًا لَمْ يُجَوِّزِ الصَّلاةَ بِغَيْرِ طَهَارَةٍ فَيَكُونُ اسْتِخْفَافًا بِاللَّهِ تَعَالَى اهـ

Ils ont dit : cependant, s’il fait la prière sans avoir fait son woudou’ délibérément, alors il devient mécréant. Et Chamsou l-‘A’immah al-Halwaniyy a rajouté en disant : « celui qui fait la prière sans avoir le woudou’ est un *zindiq, parce que personne n’a autorisé la prière sans avoir le woudou’. Ce sera donc un rabaissement de Allah ta^ala. » Ce savant considère donc que le fait de prier sans avoir le woudou’ est un rabaissement de Dieu.

*Le mot zindiq désigne les athées qui n’accordent aucune importance à la religion.

وَالْقَوْلُ الصَّحِيحُ الَّذِي يُوَافِقُ قَوَاعِدَ مَذْهَبِ الشَّافِعِيِّ وَمَالِكٍ وَغَيْرِهِمَا أَنَّهُ لا يَكْفُرُ وَلَيْسَ يَلْزَمُ مِنْهُ الِاسْتِخْفَافُ بِالدِّينِ.

Après avoir rapporté la parole de ces hanafites, le Chaykh a dit : l’avis correcte qui est conforme aux règles de l’école chafi^ite, de l’école malikite et d’autres qu’eux est que celui qui fait la prière sans avoir le woudou’ ne devient pas mécréant parce que faire la prière sans avoir le woudou’ n’implique pas qu’il se moque de la religion.

فَائِدَةٌ مُهِمَّةٌ

حُكْمُ مَنْ يَأْتِي بِأَحْدَى أَنْوَاعِ هَذِهِ الْكُفْرِيَّاتِ هُوَ أَنْ تَحْبَطَ أَعْمَالُهُ الصَّالِحَةُ وَحَسَنَاتُهُ جَمِيعُهَا فَلا تُحْسَبُ لَهُ ذَرَّةٌ مِنْ حَسَنَةٍ كَانَ سَبَقَ لَهُ أَنْ عَمِلَهَا مِنْ صَدَقَةٍ، أَوْ حَجٍّ، أَوْ صِيَامٍ، أَوْ صَلاةٍ وَنَحْوِهَا. إِنَّمَا تُحْسَبُ لَهُ الْحَسَنَاتُ الْجَدِيدَةُ الَّتِي يَقُومُ بِهَا بَعْدَ تَجْدِيدِ إِيـمَانِهِ قَالَ تَعَالَى ﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/5].

Remarque importante

Le jugement de celui qui commet une de ces sortes de mécréance est que ses bonnes œuvres ainsi que ses bonnes actions sont toutes effacés, c’est-à-dire que le fait qu’il sorte de l’Islam lui fait perdre toutes ses récompenses, il ne lui sera pas compté ne serai ce que l’équivalent d’un infime poids de bonnes actions qu’il aurait accompli auparavant comme une aumône, un hajj, un jeûne, une prière ou autre. Ce qui lui sera compté sont les nouvelles bonnes œuvres qu’il va accomplir après avoir renouvelé sa foi en prononçant les deux témoignages. Allah ta^ala dit dans sourate al-ma’idah verset 5 :

﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾

ce qui signifie : « celui qui apostasie, ses bonnes œuvres sont annulés. »

الشَّرْحُ أَنَّ الشَّخْصَ إِذَا كَانَ مُسْلِمًا ثُمَّ صَدَرَ مِنْهُ كُفْرٌ فَإِنَّ أَعْمَالَهُ الصَّالِحَةَ تَحْبَطُ كُلُّهَا فَيَخْسَرُ حَسَنَاتِهِ السَّابِقَةَ كُلَّهَا مِنْ صَلاةٍ أَوْ صِيَامٍ أَوْ صَدَقَةٍ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ مِنْ وُجُوهِ الْخَيْرِ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾ فَإِنْ رَجَعَ إِلَى الإِسْلامِ لَمْ تَرْجِعْ إِلَيْهِ حَسَنَاتُهُ الَّتِي خَسِرَهَا، وَأَمَّا ذُنُوبُهُ الَّتِي عَمِلَهَا فِي أَثْنَاءِ الرِّدَّةِ وَقَبْلَ ذَلِكَ فَإِنَّهَا لا تُمْحَى عَنْهُ بِرُجُوعِهِ إِلَى الإِسْلامِ

Commentaire : si quelqu’un était musulman puis qu’il est provenu de lui une mécréance, alors toutes ses bonnes œuvres seront annulés, il perdra toutes ses bonnes actions précédentes, que ce soit la récompense de la prière, la récompense du jeûne, la récompense de l’aumône ou d’autres récompenses des œuvres de bien. Et ceci de Sa parole ta^ala dans sourate al-ma’idah verset 5 :

﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾

qui signifie : « celui qui apostasie, ses bonnes œuvres sont annulés. » S’il revient à l’Islam, il ne retrouvera pas ses bonnes actions qu’il aura perdu. Cependant, pour ce qui est des péchés qu’il aurait commis pendant son apostasie, ils ne seront pas effacés lorsqu’il revient à l’Islam. Et de même, les péchés qu’il aurait fait avant son apostasie ne seront pas effacés par son retour à l’Islam.

وَإِنَّمَا الَّذِي يُغْفَرُ لَهُ بِذَلِكَ هُوَ الْكُفْرُ لا غَيْرُ، بِخِلافِ الْكَافِرِ الأَصْلِيِّ فَإِنَّ ذُنُوبَهُ تُمْحَى بِإِسْلامِهِ لِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الإِسْلامُ يَهْدِمُ مَا قَبْلَهُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.

Ainsi, ce qui lui sera effacé c’est uniquement la mécréance et rien d’autre que la mécréance, mais ses péchés qui ne lui seront pas effacé, contrairement au mécréant d’origine, lorsqu’il entre en islam pour la première fois, tous ses péchés antérieurs lui seront effacés par son entré islam, preuve en est la parole du Messager :

الإِسْلامُ يَهْدِمُ مَا قَبْلَهُ

qui signifie : « l’Islam efface tout ce qui l’a précédé. » Hadith rapporté par Mouslim.

أَمَّا حَسَنَاتُهُ الَّتِي كَانَ عَمِلَهَا قَبْلَ إِسْلامِهِ فَلا تُكْتَبُ لَهُ بَعْدَ أَنْ يُسْلِمَ، وَهَذَا هُوَ الْقَوْلُ الصَّحِيحُ وَمَنْ قَالَ بِأَنَّ حَسَنَاتِهِ تَعُودُ لَهُ فَهُوَ غَالِطٌ لَكِنْ لا يُكَفَّرُ إِنْ كَانَ مِمَّنْ يَخْفَى عَلَيْهِ الْحُكْمُ.

Pour ce qui est des bonnes œuvres qu’avait fait le mécréant d’origine avant son entré en islam, après son entré en islam ses bonnes œuvres ne lui seront pas inscrites, et ceci est l’avis retenu. Et celui qui a prétendu qu’il gardera ses bonnes actions, il s’est trompé, mais il n’est pas déclaré mécréant s’il fait partie de ceux pour qui le jugement pourrait échapper. Et de même pour l’apostat, à savoir celui qui était musulman, qui a fait de bonnes œuvres et qui a apostasié, il perd toutes ses bonnes actions, c’est-à-dire ses récompenses, et s’il revient à l’Islam, ses bonnes actions ne seront pas rétablies, elles ne lui reviendront pas, il les aura perdus.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَإِذَا قَالَ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ قَبْلَ أَنْ يُجِدِّدَ إِيـمَانَهُ بِقَوْلِهِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ وَهُوَ عَلَى حَالَتِهِ هَذِهِ فَلا يَزِيدُهُ قَوْلُهُ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ إِلَّا إِثْمًا وَكُفْرًا لِأَنَّهُ يُكَذِّبُ قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾ [سُورَةَ مُحَمَّد/34]، وَقَوْلَهُ تَعَالَى ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللَّهُ لِيَغْفِرَ لَهُمْ وَلا لِيَهْدِيَهُمْ طَرِيقًا إِلَّا طَرِيقَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾ [سُورَةَ النِّسَاء].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si quelqu’un dit أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ -je demande le pardon à Allah- avant d’avoir renouveler sa foi, c’est-à-dire avant d’avoir renouveler son islam par la prononciation des deux témoignages : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Dieu », c’est-à-dire qu’il est toujours sur son état de mécréance, comme s’il a apostasié en se moquant d’un prophète ou en se moquant d’un ange ou il a dit que les juifs et les chrétiens étaient nos frères et allaient entrés au paradis, ou s’il a dit que chacun est libre de croire ce qu’il veut, s’il dit une parole de mécréance et qu’il n’est pas revenu à l’Islam en prononçant les deux témoignages puis il dit : « que Dieu me pardonne », le fait de dire « que Dieu me pardonne », « je demande pardon à Allah » ne lui ajoute que péché et mécréance, c’est-à-dire que par cette parole il s’enfonce davantage, par cette parole il contredit à nouveau la religion. Il contredit le verset 34 de sourate Mouhammed

﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾

qui signifie : « certes ceux qui ont mécru et ont empêché les gens d’entrer en islam puis sont morts en étant mécréant, ceux-là Allah ne leur pardonne pas. » Et il contredit la parole de Allah dans sourate an-niça’ versets 168 à 169 :

﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللَّهُ لِيَغْفِرَ لَهُمْ وَلا لِيَهْدِيَهُمْ طَرِيقًا إِلَّا طَرِيقَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾

qui signifient : « certes ceux qui ont mécru et qui font preuve d’injustice, Allah ne leur pardonnera pas et ne les mènera qu’à la géhenne où ils resteront éternellement à jamais. » Ainsi, le fait de dire : « que Dieu me pardonne » alors qu’il est sur la mécréance ne fait que l’enfoncer davantage.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ كَفَرَ ثُمَّ قَالَ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ قَبْلَ أَنْ يَرْجِعَ إِلَى الإِسْلامِ بِالشَّهَادَتَيْنِ لا يَنْفَعُهُ ذَلِكَ شَيْئًا، بَلْ يَزْدَادُ إِثْمًا وَكُفْرًا لِأَنَّهُ يَطْلُبُ الْمَغْفِرَةَ وَهُوَ عَلَى الْكُفْرِ وَاللَّهُ تَعَالَى لا يَغْفِرُ كُفْرَ الْكَافِرِ وَذُنُوبَهُ وَهُوَ عَلَى كُفْرِهِ

Commentaire : celui qui a commis une mécréance, puis il dit :  سْتَغْفِرُاللَّهَavant d’être revenu à l’Islam par la prononciation des deux témoignages, celui ne lui sera aucunement utile. Non seulement cela ne sera pas utile pour lui mais en plus il augmentera en péché et en mécréance, parce qu’il demande le pardon tout en étant mécréant, or Allah ta^ala ne pardonne pas la mécréance du mécréant ni les péchés du mécréant tant qu’il est mécréant.

وَمَنْ صَدَرَ مِنْهُ كُفْرٌ ثُمَّ تَشَهَّدَ عَلَى سَبِيلِ الْعَادَةِ مِنْ غَيْرِ الإِقْلاعِ عَنِ الْكُفْرِ وَمِنْ غَيْرِ أَنْ يَعْتَقِدَ أَنَّهُ كَفَرَ لا يَنْتَفِعُ بِذَلِكَ وَلا يَرْجِعُ إِلَى الإِسْلامِ حَتَّى يُقْلِعَ عَنِ الْكُفْرِ فَيَتَشَهَّدَ بِنِيَّةِ الدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ وَهَذَا هُوَ الْحَقُّ الَّذِي عَلَيْهِ عُلَمَاءُ الإِسْلامِ بِالِاتِّفَاقِ فَإِنَّ مَنْ هُوَ مُقِيمٌ عَلَى الْكُفْرِ لا يَنْفَعُهُ التَّشَهُّدُ وَلَوْ تَكَرَّرَ مِنْهُ مِائَةَ مَرَّةٍ.

Et celui de qui est provenu une mécréance puis a témoigné d’une manière systématique, car certains prononcent les deux témoignages sans que ce soit pour accomplir un acte d’adoration, c’est-à-dire sans que ce soit dans l’intention de devenir musulman ou dans l’intention d’accomplir un acte d’adoration, ce témoignage n’est pas utile pour celui qui est tombé dans la mécréance s’il ne dit pas ce témoignage dans le but de se débarrasser de la mécréance, ça ne lui est pas utile s’il n’a pas pour croyance que ce qu’il a commis était de la mécréance, il n’en profitera pas. Il ne retournera pas à l’Islam tant qu’il n’a pas abandonné la mécréance, tant qu’il n’a pas considérer que c’est une mécréance et qu’il s’en décharge en prononçant les deux témoignages dans l’intention d’entrer en islam. Et c’est cela la vérité sur laquelle sont les savants de l’Islam par accord. Ainsi, celui qui est sur la mécréance ne profitera d’aucun témoignage même s’il le fait 100 fois.

Informations utiles :

Notre Chaykh, que Dieu lui fasse miséricorde a été interrogé à propos de quelqu’un qui avait des jours de jeûne à rattraper. On lui a posé la question : si quelqu’un avait des jours de jeûne à rattraper, est-ce qu’il peut jeûner en même temps le rattrapage et un jeûne recommandé comme le jeûne de ^arafah par exemple ?

Le Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cette question est autorisée chez certains savants. C’est-à-dire que chez certains savants, la personne peut mettre l’intention de rattraper le jour de ramadan et en même temps de faire l’acte recommandé du jour de ^arafah, mais c’est contraire à l’avis qui est retenu. C’est-à-dire que ce n’est pas l’avis que le Chaykh a retenu.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: رَوَى ابْنُ حِبَّانَ عَنْ عِمْرَانَ بنِ الْحُصَيْنِ: أَتَى رَسُولَ اللَّهِ رَجُلٌ فَقَالَ يَا مُحَمَّدُ، عَبْدُ الْمُطَّلِبِ خَيْرٌ لِقَوْمِهِ مِنْكَ كَانَ يُطْعِمُهُمُ الْكَبِدَ وَالسَّنَامَ وَأَنْتَ تَنْحَرُهُمْ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ مَا شَاءَ اللَّهُ – مَعْنَاهُ رَدَّ عَلَيْهِ -،فَلَمَّا أَرَادَ أَنْ يَنْصَرِفَ قَالَ: مَا أَقُولُ، قَالَ:قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي فَانْطَلَقَ الرَّجُلُ وَلَمْ يَكُنْ أَسْلَمَ، ثُمَّ قَالَ لِرَسُولِ اللَّهِ إِنِّي أَتَيْتُكَ فَقُلْتُ عَلِّمْنِي فَقُلْتَ: قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي، فَمَا أَقُولُ الآنَ حِينَ أَسْلَمْتُ قَالَ: قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي مَا أَسْرَرْتُ وَمَا أَعْلَنْتُ وَمَا عَمَدْتُ وَمَا أَخْطَأْتُ وَمَا جَهِلْتُ.

Ibnou Hibban rapporte de ^Imran Ibnou l-Housayn, : un homme est venu auprès du Messager de Allah et lui a dit : « ô Mouhammed, ^Abdou l-Mouttalib est meilleur que toi [il parle du grand père du Prophète] pour son peuple, il leur donnait à manger du foi et de la graisse de bosse de chameau alors que toi tu les envoie se faire tuer. » Et cette parole est une mécréance parce que c’est une insulte à l’égard du Prophète. Et le Messager lui a répliqué. Et cet homme qui avait insulté était dans l’assemblée et voulait partir, et malgré le fait qu’il soit mécréant il voulait apprendre quelque chose du Prophète, il lui a dit : « que puis-je dire ? » C’est-à-dire enseigne moi des paroles que je puisse dire. Alors le prophète lui a dit de dire cette invocation :

اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي

qui signifie : « ô Allah préserve moi du mal de mon âme et guide moi vers ce qui est le mieux pour moi. » Puis l’homme est parti, il n’était pas encore entré en islam à ce moment-là. Par la suite, l’homme a dit au Messager de Allah : « j’étais venu auprès de toi, je t’avais demandé de m’enseigner et tu m’avais dit de dire cette invocation :

اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي

qui signifie : « ô Allah préserve moi du mal de mon âme et guide moi vers ce qui est le mieux pour moi. » Alors que vais-je dire maintenant que je suis entré en islam ? » C’est-à-dire qu’il est revenu plus tard et était devenu musulman, et il a demandé au Prophète de lui enseigner des paroles à dire. Alors le Prophète lui a enseigné de dire :

اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي مَا أَسْرَرْتُ وَمَا أَعْلَنْتُ وَمَا عَمَدْتُ وَمَا أَخْطَأْتُ وَمَا جَهِلْتُ

ce qui signifie : « ô Allah préserve moi du mal de mon âme et guide moi vers ce qui est le mieux pour moi. Ô Allah pardonne moi ce que j’ai fait en secret et ce que j’ai fait au grand jour, pardonne-moi mes désobéissances, ce que j’ai fait délibérément et ce que j’ai fait par manque de sagesse. » Ainsi, la deuxième fois le Prophète lui a enseigné de demander que Dieu lui pardonne ses péchés après son entré en islam.

الشَّرْحُ قَوْلُهُ أَتَى رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ أَيْ رَجُلٌ مِنَ الْمُشْرِكِينَ، وَأَمَّا السَّنَامُ فَهُوَ سَنَامُ الإِبِلِ وَهُوَ طَعَامٌ فَاخِرٌ عِنْدَ الْعَرَبِ، وَقَوْلُهُ وَأَنْتَ تَنْحَرُهُمْ أَيْ تَقْتُلُهُمْ فِي الْجِهَادِ، وَقَوْلُهُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ مَا شَاءَ اللَّهُ مَعْنَاهُ أَنَّ الرَّسُولَ رَدَّ عَلَيْهِ بِمَا شَاءَ اللَّهُ لَهُ مِنَ الْكَلامِ.

Commentaire : dans le hadith de ^Imran Ibnou Housayn, lorsqu’il a dit : « un homme est venu auprès du Messager de Allah » c’est-à-dire un homme associateur, ce n’était pas un musulman. Quant à « as-sanam » c’est la graisse de la bosse du chameau qui est un mets luxueux chez les arabes. Et lorsque que l’homme a dit au prophète : « ton grand père leur donnait à manger et toi tu les envoie se faire tuer » c’est-à-dire que tu les fais tuer au jihad. Puis le Prophète lui a expliqué qu’on n’a pas à négocier les ordres de Dieu. Dieu donne les ordres Qu’il veut, Il interdit ce qu’Il veut et Il mérite qu’on se soumette à Lui. Dans le hadith, ^Imran Ibnou Housayn n’a pas rapporté en détail ce que le Prophète lui a répliqué mais il lui a expliqué.

ثُمَّ إِنَّ هَذَا الْحَدِيثَ الصَّحِيحَ فِيهِ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ الإِنْسَانَ مَا دَامَ كَافِرًا لا يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَقُولَ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي ذَنْبِي لِأَنَّهُ لَوْ كَانَ ذَلِكَ جَائِزًا لَكَانَ الرَّسُولُ عَلَّمَهُ من الأَوَّلِ الِاسْتِغْفَارَ اللَّفْظِيَّ، وَلَكِنَّهُ لَمْ يُعَلِّمْهُ الِاسْتِغْفَارَ اللَّفْظِيَّ إِلَّا بَعْدَ أَنْ أَسْلَمَ.

Par ailleurs, dans ce hadith qui est authentique il y a la preuve que tant que la personne est mécréante, il ne lui est pas permis de dire : « ô Allah pardonne moi mon péché. » Car si cela avait été autorisé, le Messager lui aurait enseigné dès la première fois la demande de pardon par l’expression سْتَغْفِرُاللَّهَ. Mais il ne lui a pas enseigné la première fois, il ne lui a enseigné qu’après qu’il soit devenu musulman.

فَإِنْ قَالَ قَائِلٌ أَلَيْسَ كَانَ نُوحٌ يَقُولُ لِقَوْمِهِ الَّذِينَ هُمْ عَلَى عِبَادَةِ الأَوْثَانِ: ﴿اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ إِنَّهُ كَانَ غَفَّارًا﴾ [سُورَةَ نُوح/10] فَالْجَوَابُ أَنَّ قَوْلَهُ ﴿اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ﴾ أَيِ اطْلُبُوا مَغْفرةَ اللَّهِ بِالدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ بِتَرْكِ عِبَادَةِ الأَصْنَامِ وَالإِيـمَانِ بِاللَّهِ وَحْدَهُ وَالإِيـمَانِ بِي أَنِّي نَبِيُّ اللَّهِ

Et si quelqu’un dit : mais n’est-ce pas que Nouh disait à son peuple qui étaient idolâtres, c’est-à-dire qu’ils adoraient les idoles, il leur disait ce que Dieu a rapporté dans sourate Nouh verset 10 :

﴿اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ إِنَّهُ كَانَ غَفَّارًا﴾

dans ce verset, la parole :  اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ ne veut pas dire « demandez le pardon à Dieu alors que vous êtes mécréants » non. Mais ce verset signifie : « demandez à Dieu qu’Il vous pardonne en vous faisant entré en islam en délaissant l’adoration des idoles et en croyant en Dieu Lui seul, et en croyant au Prophète Nouh qu’il est un envoyé de Dieu. »

كَذَلِكَ الِاسْتِغْفَارُ فِي مَوَاضِعَ أُخْرَى فِي الْقُرْءَانِ مَعْنَاهُ طَلَبُ الْغُفْرَانِ بِالدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ لِأَنَّ الإِسْلامَ يَمْحُو اللَّهُ بِهِ الْكُفْرَ

Et même, dans d’autres passages du Qour’an, l’istighfar a été mentionné dans le sens de la demande de pardon de la mécréance en entrant en islam, parce que Dieu efface la mécréance par l’Islam.

قَالَ تَعَالَى : ﴿قُل لِّلَّذِينَ كَفَرُوا إِن يَنتَهُوا يُغْفَرْ لَهُم مَّا قَدْ سَلَفَ﴾[سُورَةَ الأَنْفَال/38] وَلَيْسَ الْمُرَادُ فِي تِلْكَ الْمَوَاضِعِ قَوْلَ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ أَوْ رَبِّ اغْفِرْ لِي أَوْ نَحْوِ ذَلِكَ

Dans sourate al-‘anfal verset 38 Dieu dit :

﴾قُل لِّلَّذِينَ كَفَرُوا إِن يَنتَهُوا يُغْفَرْ لَهُم مَّا قَدْ سَلَفَ﴿

ce qui signifie : « dis à ceux qui ont mécru que s’ils cessent leur mécréance ils leur seront pardonner leur péché antérieur. » Et au sujet du Prophète Nouh, la parole اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ ne veut pas dire : « dites astaghfirou l-La» tout en restant mécréant. Mais ça veut dire : « demandez que Dieu vous pardonne par l’entrer en islam et qu’Il vous pardonne vos péchés par votre entré en islam. »

وَهَذِهِ الآيَةُ نَصٌّ صَرِيحٌ فِي أَنَّ الْكَافِرَ الأَصْلِيَّ وَالْمُسْلِمَ الَّذِي كَفَرَ بِقَوْلِ كُفْرٍ أَوْ فِعْلِ كُفْرٍ أَوِ اعْتِقَادٍ كُفْرِيٍّ إِنْ رَجَعَ عَنْهُ فَدَخَلَ فِي الإِسْلامِ يُغْفَرُ لَهُ لا وَسِيلَةَ غَيْرُ ذَلِكَ فَإِنْ كَانَ كَافِرًا أَصْلِيًّا يُغْفَرُ لَهُ كُلُّ ذُنُوبِهِ الْكُفْرُ وَمَا سِوَاهُ وَإِنْ كَانَ مُسْلِمًا ارْتَدَّ يُغْفَرُ لَهُ كُفْرُهُ فَقَطْ.

Ce verset 38 de sourate al-‘anfal est un texte explicite sur le fait que le mécréant d’origine, tout comme le musulman qui a commis de la mécréance par une parole de mécréance ou par un acte de mécréance ou par une croyance de mécréance, s’il revient à l’Islam en abandonnant sa mécréance et en entrant en islam, il lui sera pardonné, il n’y a pas d’autres moyens que celui-là. Ce qu’il lui sera pardonné est sa mécréance. Si c’est un mécréant d’origine, il lui sera pardonné tous ses péchés, la mécréance et autre que la mécréance, et s’il était musulman mais qu’il a apostasié, il ne lui sera pardonné que sa mécréance.

 تَنْبِيهٌ مُهِمٌّ: فِي تَحْرِيْمِ الدُّعَاءِ لِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِمَغْفِرَةِ جَمِيعِ الذُّنُوبِ: قَالَ الشَّوْبَرِيُّ فِي تَجْرِيدِهِ حَاشِيَةَ الرَّمْلِيِّ الْكَبِيرِ مَا نَصُّهُ: وَجَزَمَ ابْنُ عَبْدِ السَّلامِ فِي الأَمَالِي وَالْغَزَالِيُّ بِتَحْرِيْمِ الدُّعَاءِ لِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِمَغْفِرَةِ جَمِيعِ الذُّنُوبِ وَبِعَدَمِ دُخُولِهِمُ النَّارَ، لِأَنَّا نَقْطَعُ بِخَبَرِ اللَّهِ تَعَالَى وَخَبَرِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّ فِيهِمْ مَنْ يَدْخُلُ النَّارَ.

Remarque importante : l’interdiction de demander que Allah pardonne aux croyants et aux croyantes la totalité de leurs péchés, c’est-à-dire qu’il est interdit de demander à Allah de pardonner aux croyants et aux croyantes la totalité de leurs péchés. Ach-Chawbariyy, dans tajridi hachiyatou r-Ramliyy a dit : Ibnou ^Abdi as-Salam a été catégorique dans al-’amali tout comme al-Ghazaliyy sur l’interdiction de faire une invocation en faveur des croyants et des croyantes pour que leur soit pardonné la totalité de leurs péchés et pour qu’aucun d’entre eux n’entrent en enfer, parce que nous sommes catégoriques suite à la nouvelle qui nous a été amenée de Allah et la nouvelle qui nous a été amenée du Messager de Allah qu’il y aura parmi les croyants et les croyantes ceux qui entreront en enfer. Ils ne resteront pas éternellement, mais il y a sans aucun doute des croyants et des croyantes qui entreront en enfer. Par conséquent, il est interdit de demander quelque chose qui revient à attribuer le mensonge à Allah et à Son Messager.

وَأَمَّا الدُّعَاءُ بِالْمَغْفِرَةِ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى حِكَايَةً عَنْ نُوحٍ: ﴿رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَنْ دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ﴾ [سُورَةَ نُوح/28] وَنَحْوِ ذَلِكَ فَإِنَّهُ وَرَدَ بِصِيغَةِ الْفِعْلِ فِي سِيَاقِ الإِثْبَاتِ، وَذَلِكَ لا يَقْتَضِي الْعُمُومَ لِأَنَّ الأَفْعَالَ نَكِرَاتٌ، وَلِجَوَازِ قَصْدِ مَعْهُودٍ خَاصٍّ وَهُوَ أَهْلُ زَمَانِهِ مَثَلًا اهـ.

Quant aux invocations de demande de pardon qui sont parvenues dans le Qour’an, comme dans le verset 28 de sourate Nouh :

﴿رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَنْ دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ﴾

ici, ça n’implique pas la généralisation. Et c’est possible qu’il vise un sens restreint qui est connu, comme les gens de son époque. C’est-à-dire qu’il a demandé le pardon en faveur des gens de son époque.

وَكَذَا ذَكَرَ الرَّمْلِيُّ فِي شَرْحِ الْمِنْهَاجِ، فَلَيْسَ مَعْنَى الآيَةِ اغْفِرْ لِجَمِيعِ الْمُؤْمِنِينَ جَمِيعَ ذُنُوبِهِمْ.

Et ar-Ramliyy a cité la même chose dans le commentaire de al-minhaj. Ainsi, ce verset ne veut pas dire : « ô Allah, pardonnes à tous les croyants la totalité de leurs péchés. Cette invocation est interdite.

 وَهَذَا الدُّعَاءُ أَيْ بِعَدَمِ دُخُولِ أَحَدٍ مِنْ أَهْلِ الإِسْلامِ النَّارَ فِيهِ رَدٌّ لِلنُّصُوصِ، وَرَدُّ النُّصُوصِ كُفْرٌ كَمَا قَالَ النَّسَفِيُّ فِي عَقِيدَتِهِ الْمَشْهُورَةِ، وَقَدْ قَالَ أَبُو جَعْفَرٍ الطَّحَاوِيُّ: وَالأَمْنُ وَالإِيَاسُ يَنْقُلانِ عَنْ مِلَّةِ الإِسْلامِ، وَهَذِهِ عَقِيدَةُ الْمُرْجِئَةِ، وَهُمْ مِنَ الْكَافِرِينَ مِنْ أَهْلِ الأَهْوَاءِ وَذَلِكَ لِقَوْلِهِمْ لا يَضُرُّ مَعَ الإِسْلامِ ذَنْبٌ كَمَا لا تَنْفَعُ مَعَ الْكُفْرِ حَسَنَةٌ.

Ainsi, cette invocation, à savoir le fait de demander qu’aucun musulmans n’entrent en enfer comporte une réfutation des textes, or la réfutation des textes est de la mécréance tout comme l’a dite an-Naçafiyy dans son traité de croyance très célèbre. Et Abou Ja^far at-Tahawiyy le hanafite a dit : « al-’amn wa l-‘iyas font sortir de la communauté de l’Islam. » En effet, c’est la croyance des Mourji’ah, à savoir le fait de croire qu’aucun musulman ne sera châtié. Les mourji’ah sont des mécréants, des gens qui suivent leurs passions, parce qu’ils disent qu’aucun péché n’est nuisible tant que la personne est musulmane tout comme aucune bonne action n’est profitable à celui qui est mécréant. Ceci est une fausse analogie. Nous disons que certes, aucunes bonnes actions ne sont profitables pour celui qui est mécréant tant qu’il est mécréant, mais on ne dit pas qu’aucun péché n’est nuisible à quelqu’un tant qu’il est musulman, non. Nous disons que Allah châtie pour les péchés, et il y a des musulmans qui seront châtiés en enfer.

تَنْبِيهٌ: إِذَا شَخْصٌ وَقَعَ فِي كُفْرِيَّةٍ ثُمَّ لَمَّا تَعَلَّمَ عَرَفَ أَنَّهَا كُفْرٌ وَلَمْ يَتَذَكَّرْ أَنَّهُ قَالَهَا فَصَارَ يَتَلَفَّظُ بِالشَّهَادَتَيْنِ عَلَى سَبِيلِ الْعَادَةِ مِنْ دُونِ اسْتِحْضَارٍ لِمَا حَصَلَ مِنْهُ قَبْلُ وَلَوْ تَذَكَّرَ هَذِهِ الْمُدَّةَ لَتَشَهَّدَ لِلْخَلاصِ ثُمَّ بَعْدَ أَيَّامٍ تَذَكَّرَ أَنَّهُ قَالَهَا وَقَبْلَ ذَلِكَ لَمْ يَتَشَهَّدْ قَطُّ لِلْخَلاصِ مِنْ كُفْرٍ وَقَعَ فِيهِ لِأَنَّهُ لَمْ يَذْكُرْ أَنَّهُ حَصَلَ مِنْهُ فَشَهَادَتُهُ الَّتِي تَشَهَّدَهَا عَلَى سَبِيلِ الْعَادَةِ تَكْفِيهِ، لِأَنَّهُ كَانَ أَرَادَ الْبُعْدَ مِنَ الْكُفْرِ.

Remarque : si quelqu’un était tombé dans une mécréance et qu’il a par la suite appris que c’était une mécréance, mais lorsqu’il a appris, il ne s’est pas rappelé qu’il l’avait commise, puis il a continué sa vie et disait les deux témoignages par habitude, c’est-à-dire sans que ce soit au titre d’un acte d’adoration. Plus tard, il s’est rappelé qu’il avait effectivement dit cette parole, mais il n’avait jamais dit les deux témoignages pour se débarrasser de la mécréance dans laquelle il était tombé, parce qu’il ne s’est pas du tout rappelé qu’il avait commis une mécréance. Alors les témoignages qu’il a fait entre temps par habitude lui suffiront, c’est-à-dire entre le moment où il a appris le jugement et le moment où il s’est rappelé qu’il a commis cette mécréance. Ainsi, comme il connaissait le jugement et prononçait les deux témoignages par habitude, les témoignages par habitudes lui seront suffisant, parce qu’il n’aime pas la mécréance et il aime s’éloigner de la mécréance. Dans ce cas-là, les témoignages qu’il fait partie habitude lui auront été suffisant. Et par habitude signifie lorsque ce n’est pas dans l’intention d’accomplir un acte d’adoration.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمِنْ أَحْكَامِ الرِّدَّةِ أَنْ يَنْفَسِخَ نِكَاحُ زَوْجَتِهِ أَيْ عَقْدُ الزِّوَاجِ الشَّرْعِيِّ فَتَكُونُ الْعَلاقَةُ بَيْنَ الزَّوْجَيْنِ بَعْدَ كُفْرِهِ عَلاقَةً غَيْرَ شَرْعِيَّةٍ فَجِمَاعُهُ لَهَا زِنًى، وَلا فَرْقَ بَيْنَ أَنْ يَكْفُرَ الزَّوْجُ وَبَيْنَ أَنْ تَكْفُرَ الزَّوْجَةُ.

الشَّرْحُ أَنَّ الرِّدَّةَ يَتَرَتَّبُ عَلَيْهَا أَحْكَامٌ عَدِيدَةٌ مِنْهَا أَنَّ الْمُرْتَدَّ يَفْسُدُ صِيَامُهُ وَتَيَمُّمُهُ ونِكَاحُهُ قَبْلَ الدُّخُولِ وَكَذَا بَعْدَهُ إِنْ لَمْ يَرْجِعْ إِلَى الإِسْلامِ فِي الْعِدَّةِ، وَلا يَصِحُّ عَقْدُ نِكَاحِهِ لا عَلَى مُسْلِمَةٍ وَلا كَافِرَةٍ وَلَوْ مُرْتَدَّةٍ مِثْلِهِ.

À la suite de l’apostasie il y a de nombreux jugements, son jeûne sera annulé, tout comme son tayammoum, tout comme son contrat de mariage avant la consommation. Son contract de mariage après la consommation sera également rompu s’il ne revient pas à l’Islam avant la période d’attente post maritale. Et son contrat de mariage ne sera pas valable avec une musulmane ni une non musulmane même si c’est une apostate comme lui.

وَلا فَرْقَ فِي حُكْمِ انْفِسَاخِ الْعَقْدِ بَيْنَ أَنْ يَرْتَدَّ الزَّوْجُ أَوْ تَرْتَدَّ الزَّوْجَةُ، وَلَوِ ارْتَدَّ أَحَدُهُمَا وَعَرَفَ الآخَرُ بِذَلِكَ ثُمَّ حَصَلَ جِمَاعٌ بَيْنَهُمَا فَهُوَ زِنًى مِنْهُمَا وَكِلاهُمَا ءَاثِمٌ وَالْوَلَدُ مِنْ هَذَا الزِّنَى لا يُنْسَبُ إِلَى الرَّجُلِ، وَأَمَّا إِنْ لَمْ يَعْرِفِ الثَّانِي فَالإِثْمُ عَلَى الْمُرْتَدِّ مِنْهُمَا فَقَطْ.

Et il n’y a pas de différence concernant le jugement de l’effacement du contract entre le fait que ce soit l’époux qui apostasie ou l’épouse qui apostasie. Et si l’un des deux a apostasié et que l’autre en a pris connaissance et qu’il y a eu un rapport entre eux, alors c’est de la fornication et les deux tombent dans le péché. Et l’enfant issu de cette fornication n’est pas attribué au père. Cependant, dans le cas où l’un des deux apostasie sans que le deuxième ne soit courant, le péché n’incombe qu’au premier des deux, à savoir celui qui a apostasié. L’autre qui n’est pas au courant n’est pas chargé de péché.

 تَنْبِيهٌ: الْكُفَّارُ الأَصْلِيُّونَ نِكَاحُهُمْ فِيمَا بَيْنَهُمْ نِكَاحٌ وَزِنَاهُمْ زِنًى فَلِذَلِكَ نَقُولُ خَالِدُ بنُ الْوَلِيدِ وَعُمَرُ بنُ الْخَطَّابِ فَنَنْسُبُ كُلًّا مِنْهُمَا إِلَى أَبِيهِ مَعَ أَنَّهُمَا وُلِدَا وَأَبَوَاهُمَا مُشْرِكَانِ فِي الْجَاهِلِيَّةِ.

Remarque : le mariage queles mécréants d’origines considèrent comme étant un mariage entre eux est considéré comme un mariage, et la fornication qu’ils commettent est considérée comme une fornication. Et c’est pour cela que nous disons « Khalid le fils de al-Walid » et « ^Oumar le fils de al-Khattab. » Nous attribuons chacun d’entre eux à leurs pères bien qu’ils étaient nés de parents associateurs.

عَوْدٌ إِلَى تَقْسِيمِ الْكُفْرِ لِزِيَادَةِ فَائِدَةٍ

   وَاعْلَمْ أَنَّ الْكُفْرَ ثَلاثَةُ أَبْوَابٍ: إِمَّا تَشْبِيهٌ، أَوْ تَكْذِيبٌ، أَوْ تَعْطِيلٌ.

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Sache que la mécréance relève de trois catégories : sois de l’assimilation -tachbih-, sois du démenti -takdhib-, sois de l’athéisme -ta^til-.

الشَّرْحُ أَنَّ أَبْوَابَ الْكُفْرِ ثَلاثَةٌ تَشْبِيهٌ أَيْ تَشْبِيهُ اللَّهِ بِخَلْقِهِ، وَتَكْذِيبٌ أَيْ لِلشَّرْعِ، وَتَعْطِيلٌ أَيْ نَفْيُ وُجُودِ اللَّهِ تَعَالَى.

Commentaire : sache que la mécréance relève de trois catégories : sois de l’assimilation, c’est-à-dire de l’assimilation de Dieu à Ses créatures ; sois du démenti, c’est-à-dire du démenti de la loi de l’Islam ; sois de l’athéisme, c’est-à-dire le fait de renier l’existence de Allah ta^ala.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: أَحَدُهَا التَّشْبِيهُ: أَيْ تَشْبِيهُ اللَّهِ بِخَلْقِهِ كَمَنْ يَصِفُهُ بِالْحُدُوثِ، أَوِ الْفَنَاءِ، أَوِ الْجِسْمِ، أَوِ اللَّوْنِ، أَوِ الشَّكْلِ، أَوِ الْكَمِيَّةِ أَيْ مِقْدَارِ الْحَجْمِ، أَمَّا مَا وَرَدَ فِي الْحَدِيثِ إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ فَلَيْسَ مَعْنَاهُ جَمِيلَ الشَّكْلِ وَإِنَّمَا مَعْنَاهُ جَمِيلُ الصِّفَاتِ أَوْ مُحْسِنٌ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : l’un d’entre elles est l’assimilation, c’est-à-dire le fait d’assimiler Allah à Ses créatures comme en Lui attribuant un début à Son existence, ou l’anéantissement, ou le corps, ou qu’Il aurait une couleur, ou une forme, ou une quantité, c’est-à-dire la taille du volume. Quant à ce qui a été rapporté dans le hadith :

إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ

qui signifie : « certes Allah est Jamil. » Cela ne vient pas dans le sens de la beauté ni de l’aspect, mais ça vient dans le sens qu’Il est Celui dont les attributs sont parfaits, ou dans le sens qu’Il est Celui Qui accorde beaucoup de bienfaits.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ وَقَعَ فِي التَّشْبِيهِ فَعَبَدَ صُورَةً مَا أَوْ خَيَالًا تَخَيَّلَهُ يَكُونُ بِذَلِكَ مِنَ الْكَافِرِينَ الْخَارِجِينَ عَنْ مِلَّةِ الْمُسْلِمِينَ وَإِنْ زَعَمَ أَنَّهُ مِنْهُمْ. لِأَنَّ الَّذِي يُشَبِّهُ اللَّهَ بِخَلْقِهِ يَكُونُ مُكَذِّبًا لِـ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ مَعْنًى وَلَوْ قَالَهَا لَفْظًا.

Commentaire : celui qui tombe dans l’assimilation de Allah avec Ses créatures et qui aura adoré une image, une figure ou un aspect qu’il aurait imaginé, celui-là est mécréant, il aura mécru en Dieu et est sorti de la religion des musulmans même s’il prétend en faire partie. Parce que celui qui assimile Allah à Ses créatures est mécréant, il aura démenti la parole : « il n’est de Dieu que Dieu » même s’il la prononce.

وَمَعْنَى إِنَّ اللَّهَ جَمِيلُ الصِّفَاتِ أَيْ صِفَاتُهُ كَامِلَةٌ، وَقَوْلُهُ أَوْ مُحْسِنٌ أَيْ يُحْسِنُ لِعِبَادِهِ وَيَتَكَرَّمُ عَلَيْهِمْ بِنِعَمِهِ.

Et le sens de :

إِنَّ اللَّهَ جَمِيلُ الصِّفَاتِ

signifie que les attributs de Allah sont parfaits. Et l’explicitation de 

مُحْسِنٌ

c’est-à-dire que Allah accorde avec bienfait à Ses esclaves. Il leur fait grâce de ces nombreux bienfaits.

وَأَمَّا الْحَدِيثُ الَّذِي رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ وَهُوَ: إِنَّ اللَّهَ نَظِيفٌ يُحِبُّ النَّظَافَةَ فَمَعْنَاهُ مُنَزَّهٌ عَنِ السُّوءِ وَالنَّقْصِ، وَقَوْلُهُ: يُحِبُّ النَّظَافَةَ أَيْ يُحِبُّ لِعِبَادِهِ نَظَافَةَ الْخُلُقِ، وَالْعَمَلِ، وَالثَّوْبِ، وَالْبَدَنِ.

Quant au hadith rapporté par at-Tirmidhiyy :

إِنَّ اللَّهَ نَظِيفٌ يُحِبُّ النَّظَافَةَ

il signifie que Allah est exempt de tout défaut. Il est exempt de tout mal. Et la parole du Prophète :

يُحِبُّ النَّظَافَةَ

signifie que Allah agrée pour Ses esclaves la pureté du comportement, des œuvres, des vêtements et du corps.

Informations utiles :

Dans l’islam, la ta^ziyah est le fait de présenter ses condoléances. Ta^ziyah est le fait de consoler, c’est-à-dire que c’est une sorte de consolation de celui qui a été touché par la mort de l’un de ses proches. Ainsi, la ta^ziyah -le fait de présenter ses condoléances- est une sounnah avant l’enterrement jusqu’à trois jours après l’enterrement. Sauf si quelqu’un était excusé, comme s’il était en voyage et n’est revenu qu’après un mois pour lui présenter ses condoléances, ceci du fait qu’il était excusé, il était absent. Et si un musulman est proche d’un musulman, on présente la ta^ziyah au musulman. On lui : أَعْظَمَ اللهُ أَجْرَكَ. Et il est correcte de dire : عَظَّمَ اللهُ أَجْرَكَ, mais ce qui a été rapporté des expressions des savants c’est de dire : أَعْظَمَ اللهُ أَجْرَكَ وَأَحْسَنَ عَزَاءَكَ وَغَفَرَ لِمَيِّتِكَ qui veut littéralement dire : « que Allah t’accorde une grande récompense [en raison de sa patience pour la perte de son proche] » puis on demande qu’il soit consolé dans son chagrin et on fait l’invocation du pardon envers le mort. On peut présenter les condoléances à un musulman pour un mort mécréant, c’est-à-dire que si un mécréant est mort dans sa famille, on peut présenter les condoléances à ce musulman. On dit au musulman :

أَعْظَمَ اللهُ أَجْرَكَ وَصَبَّرَكَ

ce qui signifie : « que Allah t’accorde une grande récompense et qu’Il t’accorde la patience. » On dit cela à un musulman. Et on ne dit pas : « que Dieu pardonne à ton défunt » parce que celui qui est mort est mécréant. Et on peut présenter les condoléances à un mécréant pour la mort d’un musulman, on dit :

غَفَرَ اللهُ لِمَيِّتِكَ وَأَحْسَنَ عَزَاءَكَ

ce qui signifie : que Dieu pardonne à ton défunt [ce musulman qui est mort] et on espère que tu seras consolé. »

Il est permis de pleurer un mort avant la mort et après. Le Messager de Allah a versé des larmes lors de la mort de son fils ‘Ibrahim. Un des compagnons qui a vu ces larmes a dit :

مَا هَذَا يَا رَسُولُ الله ؟

ce qui signifie : « qu’est-ce que c’est ô Messager de Allah ? »

le Prophète a répondu :

هَذِهِ رَحْمَةٌ يَجْعَلُ اللَّهُ فِي قُلُوبِ مَنْ شَاءَ مِنْ عِبَادِهِ، وَإِنَّمَا يَرْحَمُ اللَّهُ مِنْ عِبَادِهِ الرُّحَمَاءَ

ce qui signifie : « ces larmes sont une miséricorde que Allah place dans les cœurs de qui Il veut parmi Ses esclaves. Et Allah fait miséricorde à ceux qui sont miséricordieux. » C’est-à-dire que dans pareilles situations, ces larmes ne sont pas un signe de faiblesse, les larmes ne sont pas interdites. Ce qui est interdit c’est an-nadb et an-niyahah. An-nadb est le fait de citer les qualités du défunt d’une manière bien particulière comme ils faisaient durant la jahiliyyah. Et an-niyahah est le fait d’élever la voix pour cela, comme en disant : « tu étais comme une montagne pour moi » ou « comme une caverne où je me protégeais. » Quant au fait de mentionné les qualités du défunt sans que ce soit de cette manière, mais d’une manière posée et réfléchi, cela n’est pas interdit. Il n’est pas interdit de cité les qualités d’un défunt. 

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: ثَانِيهَا التَّكْذِيبُ: أَيْ تَكْذِيبُ مَا وَرَدَ فِي الْقُرْءَانِ الْكَرِيْمِ أَوْ مَا جَاءَ بِهِ الرَّسُولُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى وَجْهٍ ثَابِتٍ وَكَانَ مِمَّا عُلِمَ مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ كَاعْتِقَادِ فَنَاءِ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ، أَوْ أَنَّ الْجَنَّةَ لَذَّاتٌ غَيْرُ حِسِيَّةٍ، وَأَنَّ النَّارَ ءَالامٌ مَعْنَوِيَّةٌ،أَوْ إِنْكَارِ بَعْثِ الأَجْسَادِ وَالأَرْوَاحِ مَعًا أَوِ إِنْكَارِ وُجُوبِ الصَّلاةِ أَوِ الصِّيَامِ أَوِ الزَّكَاةِ، أَوِ اعْتِقَادِ تَحْرِيْمِ الطَّلاقِ أَوِ تَحْلِيلِ الْخَمْرِ وَغَيْرِ ذَلِكَ مِمَّا ثَبَتَ بِالْقَطْعِ وَظَهَرَ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la troisième catégorie [de mécréance] est le démenti : c’est-à-dire le démenti de ce qui est parvenu dans le Qour’an honoré ou ce qui est rapporté du Messager d’une manière confirmée et faisant partie de ce qui est bien connu comme faisant partie de la religion. C’est-à-dire que quelqu’un dément ce qui est rapporté du Messager et qui est connu comme étant dans la religion, c’est-à-dire comme d’évidence, c’est-à-dire comme si c’était connu d’évidence que ça fait partie de la religion. Comme croire que le paradis et l’enfer auront une fin, cela étant un démenti, ou croire que le paradis est un lieu de félicité uniquement moral et non pas physique, c’est-à-dire non perceptible, cela étant un démenti, ou croire que l’enfer serait un lieu de souffrance uniquement moral, cela étant un démenti, ou encore nier que les corps et les âmes seront ressuscités ensemble, ou en niant l’obligation de la prière, ou en niant l’obligation du jeûne, ou nier l’obligation de la zakat, ou en croyant à l’interdiction du divorce. Ou en croyant que la consommation des boissons alcoolisées serait autorisée, permise. Et autres que cela des choses qui sont confirmées de manière catégorique et connu manifestement chez les musulmans.

الشَّرْحُ أَنَّ مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ كُفْرَ التَّكْذِيبِ وَيَكُونُ بِتَكْذِيبِ مَا جَاءَ بِهِ الْقُرْءَانُ مِمَّا هُوَ ظَاهِرٌ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ كَتَحْلِيلِ لَحْمِ الْخِنْزِيرِ أَوْ بِرَدِّ مَا جَاءَ بِهِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعْدَ مَعْرِفَتِهِ بِأَنَّ هَذَا الأَمْرَ مِمَّا جَاءَ بِهِ مُحَمَّدٌ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ، فَمَنْ جَحَدَ خَبَرَ الْقُرْءَانِ وَمَا قَدْ ثَبَتَ عِنْدَهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ جَاءَ بِهِ فَهُوَ كَافِرٌ لا شَكَّ فِي ذَلِكَ

Commentaire : parmi les sortes de mécréance,que Dieu nous en préserve, il y a la mécréance par démenti, cela a lieu en démentant ce qui est parvenue dans le Qour’an faisant partie de ce qui est manifestement connu chez les musulmans, comme quelqu’un qui dit que consommer le porc serait licite, ou encore en réfutant ce qu’a amené comme information le Messager de Allah de la part de quelqu’un qui a su que cette information est quelque chose que le Prophète nous a transmise, que nous a informé notre maitre Mouhammed. De sorte que celui qui renie une information qui est venue dans le Qour’an et celui qui renie une information alors que pour lui c’est authentifié que le Messager de Allah l’a amené, c’est-à-dire que s’il est parvenu à quelqu’un qu’il a été authentifié que le Messager a dit telle chose et qu’il la renie, alors c’est un mécréant, il n’y a aucun doute à ce sujet.

وَأَمَّا إِنْ سَمِعَ حَدِيثًا يُوهِمُ ظَاهِرُهُ أَنَّ لِلَّهِ جَوَارِحَ فَأَنْكَرَهُ جَهْلًا مِنْهُ فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ وَذَلِكَ كَأَنْ سَمِعَ حَدِيثَ: وَلا يَزَالُ عَبْدِي يَتَقَرَّبُ إِلَيَّ بِالنَّوَافِلِ حَتَّى أُحِبَّهُ فَإِذَا أَحْبَبْتُهُ كُنْتُ سَمْعَهُ الَّذِي يَسْمَعُ بِهِ وَبَصَرَهُ الَّذِي يُبْصِرُ بِهِ وَيَدَهُ الَّتِي يَبْطُشُ بِهَا وَرِجْلَهُ الَّتِي يَمْشِي بِهَا فَأَنْكَرَهُ ظَنًّا مِنْهُ أَنَّهُ مُفْتَرًى عَلَى الرَّسُولِ وَأَنَّ فِيهِ إِثْبَاتَ الْجَوَارِحِ لِلَّهِ فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ.

Cependant, si quelqu’un a entendu un hadith dont le sens apparent donne l’illusion [ce n’est pas vrai bien sûr] que Dieu aurait des organes et que lui a renié ce hadith en ignorant que le Prophète a dit cela, alors il ne devient pas mécréant, comme quelqu’un qui a entendu le hadith :

وَلا يَزَالُ عَبْدِي يَتَقَرَّبُ إِلَيَّ بِالنَّوَافِلِ حَتَّى أُحِبَّهُ فَإِذَا أَحْبَبْتُهُ كُنْتُ سَمْعَهُ الَّذِي يَسْمَعُ بِهِ وَبَصَرَهُ الَّذِي يُبْصِرُ بِهِ وَيَدَهُ الَّتِي يَبْطُشُ بِهَا وَرِجْلَهُ الَّتِي يَمْشِي بِهَا

dont le sens apparent est que Allah devient l’ouïe de Son esclave, la vue de Son esclave, la main de Son esclave, le pied de Son esclave. Ce sens apparent n’est pas un sens correct. Ainsi, celui qui a entendu cette parole et a dit : « non, le Prophète n’a pas dit cela » en pensant que c’était une calomnie, c’est-à-dire que ce sont des paroles attribuées mensongèrement au Messager parce que le sens apparent revient à attribuer les organes à Allah, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.

وَهَذَا الْحَدِيثُ مَعْنَاهُ أَحْفَظُ لَهُ سَمْعَهُ وَبَصَرَهُ وَيَدَهُ وَرِجْلَهُ، وَقَالَ بَعْضُهُمْ: أَيْ أُعْطِيهِ قُوَّةً غَرِيبَةً فِي سَمْعِهِ، وَبَصَرِهِ، وَيَدِهِ وَرِجْلِهِ.

Et ce hadith qoudsiyy signifie que Allah préserve l’ouïe de Son esclave vertueux, la vue la main et le pied. Et d’autres savants ont expliqué autrement en disant : ce hadith signifie que Allah accorde à Son esclave vertueux une force étonnante dans son ouïe, sa vue, sa main et son pied, c’est-à-dire que Allah accorde à cette esclave vertueux des prodiges.

وَمِنْ كُفْرِ التَّكْذِيبِ أَيْضًا اعْتِقَادُ فَنَاءِ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ أَوْ إِحْدَاهُمَا وَهُوَ كُفْرٌ بِالإِجْمَاعِ، وَمِثْلُهُ فِي الْحُكْمِ مَنْ يَعْتَقِدُ أَنَّ الْجَنَّةَ لَذَّاتُهَا مَعْنَوِيَّةٌ فَقَطْ أَوْ أَنَّ النَّارَ لَيْسَ فِيهَا ءَالامٌ حِسِيَّةٌ لِأَنَّ هَذَا إِنْكَارٌ لِنُصُوصِ الشَّرْعِ الصَّرِيْحَةِ الْمُتَوَاتِرَةِ الْمَعْرُوفَةِ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ الْعُلَمَاءِ وَالْعَوَامِّ.

Parmi les mécréances par démenti, il y a également le fait de croire que le paradis et l’enfer ou l’un des deux aurait une fin, et cela est une mécréance selon l’unanimité, parce que avoir une telle croyance revient à accuser Dieu de mentir et revient à accuser le Prophète de mentir, et toute parole qui revient à attribuer un défaut à Allah ou à Son Messager ne provient pas de la part de quelqu’un qui adore Allah et qui croit en Son Messager. Possède le même jugement celui qui a pour croyance que les plaisirs du paradis sont uniquement de l’ordre moral, ou que l’enfer ne comporte pas de douleurs physiques, parce que cela revient également à renier les textes de la loi explicites qui sont parvenus par tawatour -par un grand nombre qui rapporte d’un grand nombre et ainsi de suite- et ce sont des croyances qui sont connues chez les musulmans, aussi bien chez les savants que chez les gens du commun, à savoir ceux qui n’ont pas appris.

وَمِنَ الدَّلِيلِ عَلَى أَنَّ الْجَنَّةَ فِيهَا لَذَّاتٌ حِسِيَّةٌ ءَايَاتٌ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿كُلُوا وَاشْرَبُوا هَنِيئًا بِمَا أَسْلَفْتُمْ فِي الأَيَّامِ الْخَالِيَةِ﴾ [سُورَةَ الْحَاقَّة/24]، وَمِنَالدَّلِيلِ عَلَى أَنَّ النَّارَ فِيهَا ءَالامٌ حِسِيَّةٌ ءَايَاتٌ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿كُلَّمَا نَضِجَتْ جُلُودُهُمْ بَدَّلْنَاهُمْ جُلُودًا غَيْرَهَا لِيَذُوقُوا الْعَذَابَ﴾ [سُورَةَ النِّسَاء/56].

Et parmi les preuves que le paradis comporte une félicité et un plaisir physique perceptible, il y a des versets comme la parole de Allah ta^ala dans sourate al-haqqah verset 24 :

﴿كُلُوا وَاشْرَبُوا هَنِيئًا بِمَا أَسْلَفْتُمْ فِي الأَيَّامِ الْخَالِيَةِ﴾

qui signifie : « mangez et buvez en guise de récompense pour ce que vous avez accompli dans des temps révolus. » Et parmi les preuves que l’enfer comporte des douleurs perceptibles, il y a plusieurs versets, parmi lesquels le verset 56 de sourate an-niça’ :

﴿كُلَّمَا نَضِجَتْ جُلُودُهُمْ بَدَّلْنَاهُمْ جُلُودًا غَيْرَهَا لِيَذُوقُوا الْعَذَابَ﴾

qui signifie : « à chaque fois que leurs peaux vont brûler, Nous leur changeons de nouvelles peaux pour qu’ils goûtent encore et encore au châtiment. »

وَمن التَّكْذِيبِ لِلشَّرْعِ إِنْكَارُ بَعْثِ الأَرْوَاحِ وَالأَجْسَادِ مَعًا فَإِنِ اعْتَقَدَ مُعْتَقِدٌ أَنَّ الأَرْوَاحَ تُبْعَثُ فَقَطْ دُونَ الأَجْسَادِ فَإِنَّهُ يَكْفُرُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ تَعَالَى، وَالنُّصُوصُ الصَّرِيْحَةُ بِبَعْثِ الأَجْسَادِ كَثِيرَةٌ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿كَمَا بَدَأْنَا أَوَّلَ خَلْقٍ نُّعِيدُهُ﴾ [سُورَةَ الأَنْبِيَاء/104] وَهَذَا الأَمْرُ مَعْلُومٌ عِنْدَ الْجَاهِلِ وَالْعَالِمِ مِنَ الْمُسْلِمِينَ.

Et de parmi les démentis de la loi de l’Islam, il y a le fait de renier le fait que les âmes et les corps seront ressuscités ensemble, c’est-à-dire que si quelqu’un a eu pour croyance que les âmes seront ressuscitées seulement mais pas les corps, il aura commis de la mécréance, que Dieu nous en préserve. Et les textes indiquant que les corps seront ressuscités sont nombreux, parmi lesquels le verdet 104 de sourate al-‘anbiya’ :

﴿كَمَا بَدَأْنَا أَوَّلَ خَلْقٍ نُّعِيدُهُ﴾

qui signifie : « tout comme Nous vous avons crées la première fois, Nous vous ressusciterons. » Et ce sujet est connu aussi bien chez l’ignorant que le savant parmi les musulmans.

وَمِنَ الْكُفْرِ إِنْكَارُ أَيِّ أَمْرٍ مَعْلُومٍ مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ كَإِنْكَارِ وُجُوبِ الصَّلاةِ وَالصِّيَامِ وَالزَّكَاةِ، ونَقَلَ الْقَاضِي عِيَاضٌ فِي الشِّفَا الإِجْمَاعَ عَلَى تَكْفِيرِ مَنْ أَنْكَرَ وُجُوبَ الصَّلَوَاتِ الْخَمْسِ وَعَدَدَ رَكَعَاتِهَا وَسَجَدَاتِهَا.

Et parmi les sortes de mécréances qui font partie du démenti, il y a le fait de renier n’importe quel sujet qui est connu comme d’évidence de la religion, comme celui qui renie l’obligation de la prière ou celui qui renie l’obligation du jeûne ou de la zakat. Et le qadi ^Iyad, dans son livre ach-chifa a rapporté l’unanimité de la mécréance de celui qui renie l’obligation des cinq prières ou qui renie le nombre de leurs rak^ah ou de leurs inclinations ou de leurs prosternations.

وَكَذَا الْحُكْمُ فِيمَنْ يَعْتَقِدُ تَحْرِيْمَ الطَّلاقِ عَلَى الإِطْلاقِ فَإِنَّ فَسَادَ هَذَا ظَاهِرٌ بَيْنَ عَامَّةِ الْمُسْلِمِينَ وَعُلَمَائِهِمْ، وَمِثْلُهُ حُكْمُ مَنْ أَحَلَّ شُرْبَ الْخَمْرِ فَقَدْ أَجْمَعَ عَلَى تَحْرِيْمِهَا الأَئِمَّةُ مِنْ عَهْدِ صَحَابَةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَى أَيَّامِنَا هَذِهِ وَانْتَشَرَ هَذَا الْحُكْمُ وَشُهِرَ حَتَّى بَيْنَ مَنْ يَشْرَبُهَا مِنَ الأُمَّةِ وَلِذَلِكَ جَزَمَ الْعُلَمَاءُ بِتَكْفِيرِ مَنْ أَحَلَّ شُرْبَهَا مُطْلَقًا

Et a le même jugement celui qui croit que le divorce est interdit dans l’absolue. La corruption de pareille croyance est claire chez les musulmans, le commun des musulmans et leurs savants. Et a le même jugement celui qui autorise de boire de l’alcool, car les imam depuis l’époque des compagnons du Messager de Allah jusqu’à nos jours ont été unanimes sur l’interdiction de l’alcool, et ce jugement s’est diffusé au sein de la communauté, et c’est un jugement qui est connu, ce n’est pas quelque chose qui échappe, même les buveurs d’alcool de la communauté connaissent ce jugement, pour cela les savants ont été catégoriques à déclarer mécréant celui qui rend autoriser d’en boire dans l’absolue.

وَخَالَفَ فِي ذَلِكَ وَشَذَّ رَعَاعٌ مُرَادُهُمْ هَدْمُ الدِّينِ وَإِفْسَادُ الشَّرْعِ وَإِشَاعَةُ الْفَوَاحِشِ وَالرَّذَائِلِ فَزَعَمُوا أَنْ لَيْسَ فِي الْقُرْءَانِ نُصُوصٌ عَلَى تَحْرِيْمِ الْخَمْرِ بَلْ غَايَةُ مَا جَاءَ فِيهِ قَوْلُهُ تَعَالَى عَنِ الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَالأَنْصَابِ وَالأَزْلامِ ﴿فَاجْتَنِبُوهُ﴾ وَغَرَضُهُمْ بِهَذَا الْكَلامِ الْمُمَوَّهِ التَّوَصُّلُ إِلَى إِبَاحَةِ الْخَمْرِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنْصَابُ وَالأَزْلامُ رِجْسٌ مِّنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَن ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلاةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة]، فَقَوْلُهُ ﴿فَاجْتَنِبُوهُ﴾ مَعَ قَوْلِهِ ﴿فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾ يُفْهِمَانِ التَّحْرِيْمَ الشَّدِيدَ وَلِهَذَا قَالَ عُمَرُ لَمَّا سَمِعَهَا: »انْتَهَيْنَا انْتَهَيْنَا« رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ وَغَيْرُهُ، وَأَرَاقَ الْمُسْلِمُونَ لَمَّا نَزَلَتْ ءَايَةُ التَّحْرِيْمِ الْخَمْرَ حَتَّى جَرَتْ فِي شَوَارِعِ الْمَدِينَةِ.

Et à ce sujet, un groupuscule de gens se sont singularisés. Leur objectif en cela est de détruire les règles de la religion, de corrompre la loi de l’Islam, de propager les vilenies et les actes indécents. Ils ont prétendu qu’il n’y a pas dans le Qour’an de texte qui indique l’interdiction de l’alcool. Ils ont prétendu que tout ce qu’il y à ce sujet c’est la parole de Allah dans le verset 90 de sourate al-ma’idah :

﴿فَاجْتَنِبُوهُ﴾

qui prit toute seule veut dire : « évitez-le. » Leur objectif par cette parole qui veut instaurer le doute et induire les gens dans l’erreur est de parvenir à autoriser l’alcool. Or, il y a deux versets dans sourate al-ma’idah :

﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنْصَابُ وَالأَزْلامُ رِجْسٌ مِّنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَن ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلاةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾

dont le sens globale est : « ô vous qui êtes croyants, le vin, les pari argent, les ‘ansab et les ‘azlam [qui sont des pratiques de la jahiliyyah] sont des souillures qui sont suggérées par le shaytan, alors évitez-le, puissiez-vous réussir. Le shaytan veut provoquer la haine et l’animosité entre vous par l’alcool les pari d’argent et vous détourner de l’évocation de Dieu et de la prière. Allez-vous en finir ? » La parole « évitez le » avec la parole « allez-vous en finir ? » font comprendre l’interdiction ferme et définitive. Et c’est pour cela que lorsque ^Oumar a entendu ces versets a dit : « nous en avons finis, nous en avons finis. » Rapporté par at-Tirmidhiyy et d’autres. Et lorsque le verset de l’interdiction de l’alcool a été révélé, les musulmans ont déversé le restant des stocks d’alcool qu’ils avaient chez eux à point que l’alcool a coulé dans les rues de Médine, c’est-à-dire qu’ils se sont débarrassés de ce qu’ils avaient chez eux puisque l’alcool n’était pas encore interdit au départ.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَهَذَا بِخِلافِ مَنْ يَعْتَقِدُ بِوُجُوبِ الصَّلاةِ عَلَيْهِ مَثَلًا لَكِنَّهُ لا يُصَلِّي فَإِنَّهُ يَكُونُ عَاصِيًا لا كَافِرًا كَمَنْ يَعْتَقِدُ عَدَمَ وُجُوبِهَا عَلَيْهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ceci est différent du cas de celui qui a pour croyance que la prière est bien un devoir pour lui mais qu’il ne l’accompli pas par paresse, celui-là est désobéissant et non pas mécréant comme le serait celui qui croit qu’elle ne serait pas un devoir pour lui, parce que celui qui renie son caractère obligatoire, sa croyance revient à contredire la parole de Dieu et la parole du Prophète. Tandis que celui qui a pour croyance qu’elle est bien obligatoire sans la faire par paresse, il ne sort pas de l’Islam à cause de cela mais on dit qu’il est désobéissant puisqu’il n’a pas accompli une obligation.

   الشَّرْحُ هَذَا مَذْهَبُ أَهْلِ السُّنَّةِ وَالْجَمَاعَةِ أَنَّ مُرْتَكِبَ الْكَبِيرَةِ لا يَكْفُرُ إِذَا لَمْ يَسْتَحِلَّهَا.

Commentaire :telle est la voie de ahlou sounnah wa l-jama^ah -les sunnites qui ont la croyance du Prophète et de ses compagnons et qui constitue le groupe majoritaire de ceux qui se disent musulman-, à savoir que celui qui commet le grand péché ne devient pas mécréant tant qu’il ne se l’autorise pas. C’est-à-dire que ce n’est pas le fait de commettre le péché qui fait sortir de l’Islam, mais c’est le fait de se l’autoriser, c’est-à-dire de le considérer licite.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: ثَالِثُهَا التَّعْطِيلُ: أَيْ نَفْيُ وُجُودِ اللَّهِوَهُوَ أَشَدُّ الْكُفْرِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la troisième sorte est l’athéisme : c’est-à-dire le fait de nier l’existence de Allah et c’est la pire des mécréance.

الشَّرْحُ كَالشُّيُوعِيَّةِ النَّافِينَ لِوُجُودِهِ تَعَالَى وَهَذَا أَشَدُّ الْكُفْرِ عَلَى الإِطْلاقِ. وَكَذَلِكَ كُفْرُ الْوَحْدَةِ الْمُطْلَقَةِ وَكُفْرُ الْحُلُولِ.  

Commentaire : comme les communistes qui renient l’existence de Dieu et c’est la pire des mécréances dans l’absolue. De même pour la mécréance de l’unité de l’existence, c’est-à-dire croire que tout ce monde est Allah, et que ce que nous voyons ainsi que nous sont des parties de Lui. Et également la mécréance de l’incarnation, c’est-à-dire celui qui croit que Allah S’incarne dans les choses, qu’Il est dans le mur, dans la table. Les pires des mécréances sont ces trois-là, à savoir celui qui nie l’existence de Dieu, celui qui croit que tout ce monde est Allah -l’unité absolue- et celui qui croit que Allah S’incarne dans les créatures -al-houloul-.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحُكْمُ مَنْ يُشَبِّهُ اللَّهَ بِخَلْقِهِ التَّكْفِيرُ قَطْعًا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le jugement de celui qui assimile Allah à Ses créatures est qu’il est mécréant catégoriquement.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ يُشَبِّهُ اللَّهَ تَعَالَى بِخَلْقِهِ فَهُوَ كَافِرٌ مِنْ غَيْرِ شَكٍّ وَذَلِكَ أَنَّ الْمُشَبِّهَ لا يَعْبُدُ اللَّهَ تَعَالَى وَإِنَّمَا يَعْبُدُ صُورَةً تَخَيَّلَهَا وَتَوَهَّمَهَا وَمَنْ عَبَدَ غَيْرَ اللَّهِ فَلا يَكُونُ مُسْلِمًا.

Commentaire : celui qui assimile Allah à Ses créatures est un mécréant sans aucun doute, et ceci parce que l’assimilateur n’adore pas Allah mais il adore une image qu’il s’est imaginé, il s’est donné pour illusion que c’est Dieu, et celui qui adore autre que Dieu n’est pas un musulman. Parce que lui a adoré une chose qu’il est imaginé, et cette chose qu’il a imaginé n’est pas Allah.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالسَّبِيلُ إِلَى صَرْفِ التَّشْبِيهِ اتِّبَاعُ هَذِهِ الْقَاعِدَةِ الْقَاطِعَةِ: مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ وَهِيَ مُجْمَعٌ عَلَيْهَا عِنْدَ أَهْلِ الْحَقِّ، وَهِيَ مَأْخُوذَةٌ مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى ﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾ [سُورَةَ الشُّورَى/11].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et le moyen pour écarter l’assimilation, c’est-à-dire pour que tout un chacun enlève l’assimilation de Dieu de son cœur, c’est de suivre cette règle catégorique :

مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ

qui signifie : « quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent. » C’est-à-dire que quoi que tu imagines en ton esprit, Allah n’est pas ainsi. Et cette règle fait l’objet de l’unanimité chez les gens de la vérité, elle est tirée de la parole de Allah dans le Qour’an dans sourate ach-choura verset 11 :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾

qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui. »

الشَّرْحُ أَنَّ السَّبِيلَ لِصَرْفِ التَّشْبِيهِ وَالْمُحَافَظَةِ عَلَى التَّنْزِيهِ هُوَ اتِّبَاعُ قَوْلِ ذِي النُّونِ الْمِصْرِيِّ: مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ رَوَاهُ الْحَافِظُ أَبُو بَكْرٍ الْخَطِيبُ الْبَغْدَادِيُّ فِي تَارِيخَ بَغْدَادَ، لِأَنَّ مَا يَتَصَوَّرُهُ الإِنْسَانُ بِبَالِهِ خَيَالٌ وَمِثَالٌ وَاللَّهُ مُنَزَّهٌ عَنْ ذَلِكَ، فَهَذِهِ قَاعِدَةٌ مُجْمَعٌ عَلَيْهَا عِنْدَ أَهْلِ الْحَقِّ مَأْخُوذَةٌ مِنْ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾ [سُورَةَ الشُّورَى/11].

Commentaire : la manière d’éviter le tachbih -l’assimilation de Dieu avec Ses créatures- et de conserver le tanzih -l’exemption de Allah de toute ressemblance avec Ses créatures- est de suivre cette parole de Dhou n-Noun al-Misriyy :

مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ

qui signifie : « quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent. » Cette règle a été rapportée par le hafidh Abou Bakr al-Khatib al-Baghdadiyy dans son livre : « tarikh Baghdad » -l’histoire de Bagdad-. Car tout ce que l’être humain imagine en son esprit est une image et une représentation, et Allah est exempt de cela. Cette règle fait l’objet de l’unanimité chez les gens de la vérité, elle est tirée de la parole de Allah ta^ala sourate ach-choura verset 11 :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾

qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui. »

وَهَذِهِ الْعِبَارَةُ يَنْقُلُهَا الْحَافِظُ أَبُو بَكْرٍ الْخَطِيبُ الْبَغْدَادِيُّ فِي تَارِيخِ بَغْدَادَ بِإِسْنَادٍ مُتَّصِلٍ إِلَى ذِي النُّونِ الْمِصْرِيِّ وَاسْمُهُ ثَوْبَانُ بنُ إِبْرَاهِيمَ وَهُوَ مِنَ الصُّوفِيَّةِ الصَّادِقِينَ الأَكَابِرِ مِمَّنْ جَمَعَ بَيْنَ الْعِلْمِ وَالْعَمَلِ، تَلَقَّى الْحَدِيثَ مِنَ الإِمَامِ مَالِكٍ وَغَيْرِهِ، وَأَفَاضَ اللَّهُ عَلَى قَلْبِهِ جَوَاهِرَ الْحِكَمِ، وَهَذَا الْقَوْلُ نَقَلَهُ أَيْضًا أَبُو الْفَضْلِ التَّمِيمِيُّ الْحَنْبَلِيُّ [فِي كِتَابِهِ اعْتِقَادُ الإِمَامِ الْمُبَجَّلِ أَحْمَدَ بنِ حَنْبَلٍ] عَنِ الإِمَامِ أَحْمَدَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ.

Et cette expression, le hafidh Abou Bakr al-Khatib al-Baghdadiyy la rapporte dans son livre « Tarikh Baghdad » d’une chaîne de transmission ininterrompue qui remonte jusqu’à Dhou n-Noun al-Misriyy. Dhou n-Noun al-Misriyy est son surnom, il s’appelle Thawban fils de ‘Ibrahim, il fait partie des soufiyy véridiques, des grands parmi ceux qui ont réuni la science et la pratique conformément à la science. Il a pris le hadith par transmission auprès de l’imam Malik et auprès d’autres que lui et Allah a inondé son cœur par des diamants et des perles de sagesse. Et cette même parole a été rapportée par Abou l-fadl at-Tamimiyy al-Hanbaliyy dans son livre « اعْتِقَادُ الإِمَامِ الْمُبَجَّلِ أَحْمَدَ بنِ حَنْبَلٍ » d’après l’imam Ahmad que Allah l’agrée. Ceci est une preuve de l’infondé de la parole des assimilationnistes, parce que beaucoup d’entre eux se disent hanbalite, on leur dit : « l’imam Ahmad Ibnou Hanbal lui-même a dit : « quoi que tu imagines en ton esprit Dieu en est différent. »

وَكَذَلِكَ يُفْهَمُ مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿وَأَنَّ إِلَى رَبِّكَ الْمُنْتَهَى﴾ [سُورَةَ النَّجْم/42] أَنَّهُ لا تُدْرِكُهُ تَصَوُّرَاتُ الْعِبَادِ وَأَوْهَامُهُمْ.

Et cette règle est également déduite du verset 42 de sourate an-najm

﴿وَأَنَّ إِلَى رَبِّكَ الْمُنْتَهَى﴾

qui signifie : « les imaginations des esclaves et leurs illusions n’atteignent pas la réalité de Dieu. »

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمُلاحَظَةُ مَا رُوِيَ عَنِ الصِّدِّيقِ (شِعْرٌ مِنَ الْبَسِيطِ)

الْعَجْزُ عَنْ دَرَكِ الإِدْرَاكِ إِدْرَاكٌ وَالْبَحْثُ عَنْ ذَاتِهِ كُفْرٌ وَإِشْرَاكُ [رَوَاهُ الْفَقِيهُ الْمُحَدِّثُ بَدْرُ الدِّينِ الزَّرْكَشِيُّ الشَّافِعِيُّ].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et pour s’écarter de l’assimilation de Dieu envers Ses créatures, il y a le ver rapporté de notre maitre Abou Bakr asSiddiq :

الْعَجْزُ عَنْ دَرَكِ الإِدْرَاكِ إِدْرَاكٌ وَالْبَحْثُ عَنْ ذَاتِهِ كُفْرٌ وَإِشْرَاكُ

qui signifie : « l’incapacité à connaitre la réalité de Allah est en soi une connaissance, et essayer d’appréhender Sa réalité est une mécréance et de l’association. » Tout comme cela a été rapporté par le faqih, le mouhaddith Badrou d-Din az-Zarkachiyy le chafi^ite.

الشَّرْحُ مَعْنَى مَا رُوِيَ عَنْ أَبِي بَكْرٍ الصِّدِّيقِ أَنَّ الإِنْسَانَ إِذَا عَرَفَ اللَّهَ تَعَالَى بِأَنَّهُ مَوْجُودٌ لا كَالْمَوْجُودَاتِ وَاعْتَقَدَ أَنَّهُ لا يُمْكِنُ تَصْوِيرُهُ فِي النَّفْسِ وَاقْتَصَرَ عَلَى هَذَا وَاعْتَرَفَ بِالْعَجْزِ عَنْ إِدْرَاكِهِ أَيْ عَنْ مَعْرِفَةِ حَقِيقَتِهِ وَلَمْ يَبْحَثْ عَنْ ذَاتِ اللَّهِ لِلْوُصُولِ إِلَى حَقِيقَةِ اللَّهِ فَهَذَا إِيـمَانٌ، وَهَذَا يُقَالُ عَنْهُ عَرَفَ اللَّهَ وَإِنَّهُ سَلِمَ مِنَ التَّشْبِيهِ

Commentaire : la signification de ce qui a été rapporté notre maitre Abou Bakr as-Siddiq est que si la personne a su que Allah existe non pas comme ce qui existe, s’il a eu pour croyance qu’il n’est pas possible d’imaginer Allah et que la personne s’est limitée à cela, c’est-à-dire la croyance que Dieu existe et qu’il n’est pas possible de l’imaginer tout en reconnaissant son incapacité à atteindre la réalité de Dieu et ne cherche pas à parvenir à connaitre la réalité de Dieu, c’est cela la foi.

أَمَّا الَّذِي لا يَكْتَفِي بِذَلِكَ وَيُرِيدُ بِزَعْمِهِ أَنْ يَعْرِفَ حَقِيقَتَهُ وَيَبْحَثَ عَنْ ذَاتِهِ وَلا يَكْتَفِي بِهَذَا الْعَجْزِ فَيَتَصَوَّرُهُ كَالإِنْسَانِ أَوْ كَكُتْلَةٍ نُورَانِيَّةٍ أَوْ يَتَصَوَّرُهُ حَجْمًا مُسْتَقِّرًا فَوْقَ الْعَرْشِ أَوْ نَحْوَ ذَلِكَ فَهَذَا كَفَرَ بِاللَّهِ تَعَالَى.

Quant à celui qui ne se limite pas à cela, il cherche à atteindre la réalité de Dieu, il ne se suffit pas de cette incapacité à connaitre Sa réalité mais il en arrive à l’imaginer comme un être humain, ou comme étant une boule lumineuse ou il imagine un corps qui est établit au-dessus du trône ou ce qui est de cet ordre, alors celui-là aura mécru en Allah ta^ala.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَوْلُ بَعْضِهِمْ: لا يَعْرِفُ اللَّهَ عَلَى الْحَقِيقَةِ إِلَّا اللَّهُ تَعَالَى. وَمَعْرِفَتُنَا نَحْنُ بِاللَّهِ تَعَالَى لَيْسَتْ عَلَى سَبِيلِ الإِحَاطَةِ، بَلْ بِمَعْرِفَةِ مَا يَجِبُ لِلَّهِ تَعَالَى كَوُجُوبِ الْقِدَمِ لَهُ، وَتَنْزِيهِهِ عَمَّا يَسْتَحِيلُ عَلَيْهِ تَعَالَى كَاسْتِحَالَةِ الشَّرِيكِ لَهُ ومَا يَجُوزُ فِي حَقِّهِ تَعَالَى كَخَلْقِ شَىْءٍ وَتَرْكِهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : certains savants ont : « nul ne sait la réalité de Allah hormis Allah ta^ala. » Quant à notre connaissance de Allah ta^ala, elle n’est pas exhaustive, mais elle a lieu par la connaissance de ce qui est obligatoire selon la raison s’agissant de Lui, comme l’obligation selon la raison qu’Il ait pour attribut l’existence de toute éternité et par le fait de l’exempter de ce qui est impossible s’agissant de Lui, comme l’impossibilité selon la raison qu’Il ait un associé, et par la connaissance de ce qui est possible s’agissant de Lui comme le fait de crée une chose ou de ne pas la crée.

الشَّرْحُ أَنَّ مَعْرِفَتَنَا بِاللَّهِ تَعَالَى لَيْسَتْ عَلَى سَبِيلِ الإِحَاطَةِ إِذْ لا يَعْرِفُ أَحَدٌ مِنَ الْخَلْقِ اللَّهَ تَعَالَى عَلَى الْحَقِيقَةِ حَتَّى الأَنْبِيَاءُ وَالأَوْلِيَاءُ لا يَعْرِفُونَ اللَّهَ تَعَالَى بِالإِحَاطَةِ وَإِنَّمَا اللَّهُ تَعَالَى عَالِمٌ بِذَاتِهِ عَلَى الْحَقِيقَةِ وَبِمَا يُحْدِثُهُ مِنْ مَخْلُوقَاتِهِ، وَمَعْرِفَتُنَا نَحْنُ بِاللَّهِ إِنَّمَا هِيَ بِمَعْرِفَةِ مَا يَجِبُ لِلَّهِ مِنَ الصِّفَاتِ كالْعِلْمِ وَالْقُدْرَةِ وَالإِرَادَةِ وَالْقِدَمِ، وَمَعْرِفَةِ مَا يَسْتَحِيلُ فِي حَقِّهِ تَعَالَى كَالْعَجْزِ وَالْحَجْمِ وَالشَّرِيكِ، وَمَعْرِفَةِ مَا يَجُوزُ فِي حَقِّهِ سُبْحَانَهُ كَإِيْجَادِ شَىْءٍ وَإِعْدَامِهِ، فَاللَّهُ تَعَالَى يَجُوزُ أَنْ يَخْلُقَ مَا يَشَاءُ وَيَتْرُكَ مَا يَشَاءُ أَيْ لا يَخْلُقَهُ.

Commentaire : notre connaissance de Allah ta^ala n’est pas une connaissance de Sa réalité, puisque aucune des créatures de Dieu ne connait la réalité de Dieu, pas même les prophètes ni les saints, ils ne connaissent pas Allah en cernant Sa réalité. Ainsi, seul Allah connait Sa réalité, Il sait ce qu’il va créer parmi Ses créatures. Quant à notre connaissance de Dieu, c’est une connaissance sur ce qui est obligatoire à Son sujet comme attributs tel que la science, la puissance, la volonté, l’exemption de début et la connaissance de ce qui est impossible à Son sujet comme l’impuissance, le corps, l’associé et la connaissance de ce qui est possible à Son sujet comme le fait de faire exister une chose et de l’anéantir. Ainsi, il est possible pour Allah de créer ce qu’Il veut ou de ne pas créer ce qu’Il veut.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الإِمَامُ الرِّفَاعِيُّ: غَايَةُ الْمَعْرِفَةِ بِاللَّهِ الإِيقَانُ بِوُجُودِهِ تَعَالَى بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ. [وَالرِّفَاعِيُّ هُوَ أَحْمَدُ بنُ أَبِي الْحَسَنِ عَلِيٌّ وَكَانَ مِمَّنْ جَمَعَ بَيْنَ الْعِلْمِ وَالْعَمَلِ وَالزُّهْدِ. كَانَ فَقِيهًا مُحَدِّثًا مُفَسِّرًا أَلَّفَ تَآلِيفَ مِنْهَا كِتَابُ شَرْحِ التَّنْبِيهِ فِي الْفِقْهِ الشَّافِعِيِّ وَأَلَّفَ فِي الْحَدِيثِ أَرْبَعِينَ حَدِيثًا بِالإِسْنَادِ، تُوُفِّيَ سَنَةَ خَمْسِمِائَةٍ وَثَمَانِيَةٍ وَسَبْعِينَ. أَلَّفَ فِي تَرْجَمَتِهِ الإِمَامُ أَبُو الْقَاسِمِ الرَّافِعِيُّ تَأْلِيفًا سَمَّاهُ سَوَادَ الْعَيْنَيْنِ فِي مَنَاقِبِ أَبِي الْعَلَمَيْنِ].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : l’imam ar-Rifa^iyy a dit :

غَايَةُ الْمَعْرِفَةِ بِاللَّهِ الإِيقَانُ بِوُجُودِهِ تَعَالَى بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ

qui signifie : « la limite de la connaissance que l’on peut avoir de Allah, c’est la certitude en Son existence ta^ala sans comment et sans endroit. »

الشَّرْحُ أَنَّ أَقْصَى مَا يَصِلُ إِلَيْهِ الْعَبْدُ مِنَ الْمَعْرِفَةِ بِاللَّهِ الإِيقَانُ أَيِ الِاعْتِقَادُ الْجَازِمُ الَّذِي لا شَكَّ فِيهِ بِوُجُودِ اللَّهِ تَعَالَى بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ، فَقَوْلُهُ بِلا كَيْفٍ صَرِيحٌ فِي نَفْيِ الْجِسْمِ وَالْحَيِّزِ وَالشَّكْلِ وَالْحَرَكَةِ وَالسُّكُونِ وَالِاتِّصَالِ وَالِانْفِصَالِ وَالْقُعُودِ إِذْ كُلُّ ذَلِكَ شَىْءٌ غَيْرُهُ وَاللَّهُ مُنَزَّهٌ عَنْهُ.

Commentaire : la limite de ce à quoi peut parvenir l’esclave en tant que connaissance de Dieu c’est d’avoir la certitude, c’est-à-dire une croyance catégorique qui n’est entachée d’aucun doute en l’existence de Dieu sans qu’Il n’ait de comment ni d’endroit. Ainsi, lorsque ar-Rifa^iyy a dit : « sans comment » c’est explicite pour nier le corps, la localisation, la forme, le mouvement, l’immobilité, le contact, la séparation, la position assise, car ce sont des choses autres que Lui et Allah en est exempt.

فَالْكَيْفُ يَشْمَلُ كُلَّ مَا كَانَ مِنْ صِفَاتِ الْمَخْلُوقِينَ، فَمَنْ أَيْقَنَ بِأَنَّ اللَّهَ مَوْجُودٌ بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ فَقَدْ وَصَلَ إِلَى غَايَةِ مَا يَبْلُغُ الإِنْسَانُ مِنْ مَعْرِفَةِ اللَّهِ.

Et le comment englobe tout ce qui est de l’ordre des caractéristiques des créatures. Ainsi, celui qui a eu la certitude que Dieu existe sans comment et sans endroit sera parvenu à la limite à ce à quoi peut parvenir un être humain concernant la connaissance de Allah.

فَائِدَةٌ

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْغَزَالِيُّ فِي إِحْيَاءِ عُلُومِ الدِّينِ: إِنَّهُ (أَيِ اللَّه)أَزَلِيٌّ لَيْسَ لِوُجُودِهِ أَوَّلٌ وَلَيْسَ لِوُجُودِهِ ءَاخِرٌ. وَإِنَّهُ لَيْسَ بِجَوْهَرٍ يَتَحَيَّزُ بَلْ يَتَعَالَى وَيَتَقَدَّسُ عَنْ مُنَاسَبَةِ الْحَوَادِثِ وَإِنَّهُ لَيْسَ بِجِسْمٍ مُؤَلَّفٍ مِنْ جَوَاهِرَ، وَلَوْ جَازَ أَنْ يُعْتَقَدَ أَنَّ صَانِعَ الْعَالَمِ جِسْمٌ لَجَازَ أَنْ تُعْتَقَدَ الأُلُوهِيَّةُ لِلشَّمْسِ وَالْقَمَرِ أَوْ لِشَىْءٍ ءَاخَرَ مِنْ أَقْسَامِ الأَجْسَامِ فَإِذًا لا يُشْبِهُ شَيْئًا وَلا يُشْبِهُهُ شَىْءٌ بَلْ هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ الَّذِي لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ وَأَنَّى يُشْبِهُ الْمَخْلُوقُ خَالِقَهُ وَالْمُقَدَّرُ مُقَدِّرَهُ وَالْمُصَوَّرُ مُصَوِّرَهُ [وَالْخَلْقُ الْمُقَدَّرُ أَيْ لَهُ كَمِيَّةٌ هَذَا شَكْلُهُ مُرَبَّعٌ وَهَذَا شَكْلُهُ غَيْرُ ذَلِكَ وَهَذَا حَارٌّ وَهَذَا بَارِدٌ].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : al-Ghazaliyy a dit dans son livre al-‘ihya’ : « Il estc’est-à-dire Allahexempt de début, Son existence n’a ni début ni fin. Il n’est pas une substance élémentaire ayant une localisation, mais Il est exempt de toutes correspondances avec ce qui entre en existencec’est-à-dire qu’il n’a pas les caractéristiques de ce qui entre en existence-, et Allah n’est pas un corps composé de différentes substances élémentaires, s’il était possible de croire que Le créateur de ce monde est un corps, il serait possible de croire que le soleil soit un Dieu ou que la lune soit un Dieu ou que tout autre corps soit un Dieu. Ainsi, Allah n’a de ressemblance avec aucune chose et rien n’a de ressemblance avec lui. Il est donc al-Hayy -Qui a la vie- al-Qayyoum -Qui ne S’anéanti pas- et absolument rien n’est tel que Lui. Et comment celui qui est créé ressemblerait il à son créateur, comment ce qui est quantifié ressemblerait il à Celui Qui a donné sa quantité, et comment ce qui a une image aurait-il une ressemblance avec Celui Qui la lui a donné.

الشَّرْحُ الْعَالَمُ جَوَاهِرُ وَأَعْرَاضٌ، وَالْجَوْهَرُ عِنْدَ عُلَمَاءِ اللُّغَةِ أَصْلُ الشَّىْءِ وَهُوَ مَا لَهُ تَحَيُّزٌ وَقِيَامٌ بِذَاتِهِ كَالأَجْسَامِ فَمَا لَهُ حَجْمٌ كَثِيفٌ كَالْعَرْشِ وَالشَّجَرِ وَالْحَجَرِ وَالسَّمَوَاتِ وَالأَرْضِ وَالإِنْسَانِ وَالنَّبَاتِ أَوْ لَطِيفٌ كَالرِّيحِ وَالنُّورِ وَالرُّوحِ وَالْجِنِّ وَالْمَلائِكَةِ يُقَالُ لَهُ جَوْهَرٌ.

Commentaire : le monde -c’est-à-dire tout autre que Allah- est composé de substances et de caractéristiques de substances. La substance, selon les savants de la langue arabe c’est ce qui constitue l’origine de la chose. La substance est ce qui a une localisation, un emplacement et qui se défini par lui-même comme les corps, c’est-à-dire qu’il existe en soi comme les corps. Tout ce qui a un corps qu’il soit palpable comme le trône, les arbres, les pierres, les cieux, la Terre, l’être humain, les plantes ou que ce soient des corps impalpables comme le vent, la lumière, l’âme, les jinn, les anges, tout cela s’appelle jawhar -substance-.

وَالْجَوْهَرُ إِمَّا مُرَكَّبٌ وَإِمَّا مُفْرَدٌ فَالْمُفْرَدُ هُوَ الْجَوْهَرُ الْفَرْدُ، وَالْمُرَكَّبُ مَا تَرَكَّبَ مِنْ جَوْهَرَيْنِ فَأَكْثَرَ.

Et la substance est soit composée soit unitaire. La substance unitaire s’appelle la substance élémentaire. Et la substance composée est celle qui est composée de deux substances élémentaires ou plus.

وَأَمَّا الْعَرَضُ فهُوَ صِفَاتُ الْجَوْهَرِ كَحَرَكَةِ الْجِسْمِ وَسُكُونِهِ وَالْبُرُودَةِ وَالْحَرَارَةِ وَالتَّحَيُّزِ فِي مَكَانٍ وَجِهَةٍ، فَالنَّارُ جَوْهَرٌ وَحَرَارَتُهَا عَرَضٌ وَالرِّيحُ جَوْهَرٌ وَحَرَارَتُهَا أَوْ بُرُودَتُهَا عَرَضٌ.

Concernant la caractéristique de la substance -al-^arad- c’est comme le mouvement du corps, l’immobilité du corps, la froideur ou la chaleur, la localisation dans un endroit et dans une direction. Ainsi le feu est une substance, et la chaleur du feu est sa caractéristique, le vent est une substance, sa chaleur ou sa froideur sont des caractéristiques.

وَأَصْغَرُ الأَشْيَاءِ يُقَالُ لَهُ الْجَوْهَرُ الْفَرْدُ وَهُوَ الْجُزْءُ الَّذِي لا يَتَجَزَّأُ مِنْ تَنَاهِيهِ فِي الْقِلَّةِ، وَالْجِسْمُ مَا تَرَكَّبَ مِنْ جَوْهَرَيْنِ فَأَكْثَرَ بِأَنْ يَنْضَمَّ إِليه جَوْهَرٌ ءَاخَرُ فَيَصِيرُ قَابِلًا لِلْقِسْمَةِ

La plus petite des choses s’appelle la substance élémentaire, c’est la partie qui ne se divise plus du corps tellement qu’elle est petite. Et le corp est ce qui est composé de deux substances élémentaires ou plus, c’est-à-dire qu’une substance élémentaire est jointe à une deuxième de sorte que l’ensemble accepte la division.

فَاللَّهُ تَعَالَى لا يُشْبِهُ ذَلِكَ كُلَّهُ، بَلْ يَتَنَزَّهُ عَنْ مُشَابَهَةِ الْحَوَادِثِ

Allah ta^ala n’a aucune ressemblance avec tout cela, Allah est exempt de toute ressemblance avec toutes les créatures.

وَلَيْسَ لَهُ حَدٌّ وَالدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ أَنَّ الْحَدَّ هُوَ مِقْدَارُ الْجِرْمِ، فَمِقْدَارُ الْجَسَدِ يُقَالُ لَهُ الْحَدُّ وَالشَّمْسُ لَهَا حَدٌّ وَهِيَ مَعَ عُظْمِ نَفْعِهَا مُسَخَّرَةٌ لِغَيْرِهَا وَاللَّهُ هُوَ خَالِقُهَا لِأَنَّ الشَّمْسَ لا تَصْلُحُ أَنْ تَكُونَ مُدَبِّرَةً لِلْعَالَمِ لِأَنَّ لَهَا حَجْمًا وَمِقْدَارًا وَجِهَةً وَمَكَانًا

Et Allah n’a pas de limite -de quantité-, et la preuve que Allah n’a pas de limite -de quantité- est que la limite est la quantité du corps, la quantité du corps s’appelle la limite, le soleil a une limite. Malgré son immense bénéfice, le soleil est asservi pour d’autres que lui. C’est Dieu Qui a créé le soleil. Il n’est pas valide selon la raison que ce soit que soleil qui crée et qui gère de monde, parce que le soleil a une taille, parce que le soleil a une quantité, parce que le soleil a une direction, parce que le soleil a un endroit.

فَلَوْ كَانَتِ الأُلُوهِيَّةُ تَصِحُّ لِلأَجْسَامِ لَصَحَّتْ لِلشَّمْسِ وَالْقَمَرِ وَغَيْرِ ذَلِكَ، وَلَوْ كَانَتِ الأُلُوهِيَّةُ تَصِحُّ لِشَىْءٍ مِنَ الأَجْسَامِ لَكَانَتِ الشَّمْسُ أَوْلَى بِالأُلُوهِيَّةِ لِكَثْرَةِ مَنَافِعِهَا وَحُسْنِ لَوْنِهَا مِمَّا هُوَ مَحْسُوسٌ لِكُلِّ الْخَلْقِ.

Si la divinité avait été possible pour les corps, alors, elle aurait été valide pour le soleil, pour la lune et pour d’autres corps que ces deux-là. Si la divinité avait été possible pour un quelconque corps, alors le soleil aurait été prioritairement divin, tellement que le soleil est bénéfique, tellement que le soleil a un bel aspect, et ce sont des choses qui sont perceptibles pour tout le monde.

فَكُلُّ مَا لَهُ حَيِّزٌ يَسْتَحِيلُ أَنْ يَكُونَ إِلَهًا، وَالتَّحَيُّزُ هُوَ أَخْذُ مِقْدَارٍ مِنَ الْفَرَاغِ، فَالنُّورُ يَأْخُذُ مَسَافَةً وَالظَّلامُ يَأْخُذُ مَسَافَةً، وَالرِّيحُ كَذَلِكَ، فَاللَّهُ تَعَالَى بِمَا أَنَّهُ لَيْسَ حَجْمًا كَثِيفًا وَلا لَطِيفًا لا يَجُوزُ فِي حَقِّهِ أَنْ يَأْخُذَ قَدْرًا مِنَ الْفَرَاغِ.

Ainsi, tout ce qui a donc une localisation, tout ce qui est situé dans un endroit, il est impossible selon la raison qu’il soit un Dieu. Et être localisé dans un endroit veut dire occuper une partie de l’espace. La lumière occupe une étendu, et l’obscurité aussi occupe une étendu. Et le vent également. Et comme Allah n’est pas un corps palpable ni un corps impalpable, il n’est pas possible à Son sujet qu’Il occupe une partie de l’espace.

فَلَوْ قَالَ أَحَدُ عَبَدَةِ الشَّمْسِ الْمُلْحِدِينَ لِمُسْلِمٍ: أَنْتَ تَقُولُ إِنَّ دِينِي هُوَ الصَّحِيحُ وَتَقُولُ عَنِّي إِنَّ دِينِيَ بَاطِلٌ فَأَيْنَ الدَّلِيلُ، فَإِنْ قَالَ لَهُ هذا الْمُسْلِمُ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿أَفِي اللَّهِ شَّكٌّ﴾ [سُورَةَ إِبْرَاهِيم/10] يَقُولُ الْمُلْحِدُ: أَنَا لا أُؤْمِنُ بِكِتَابِكَ أَعْطِنِي دَلِيلًا عَقْلِيًّا

Et si un de ces adorateurs du soleil disait à un musulman : « Toi, tu prétends que ta religion est correcte et que ma religion est fausse, quelle est ta preuve ? » Si le musulman lui dit : « Allah dit dans sourate ‘Ibrahim verset 10 :

﴿أَفِي اللَّهِ شَّكٌّ﴾

ce qui signifie : « il n’y a pas de doute au sujet de Allah. » L’athée va lui dire : « moi je ne crois pas en ton livre, donne-moi une preuve rationnelle. »

فَإِنْ كَانَ هَذَا الْمُسْلِمُ يَفْهَمُ الدَّلِيلَ الْعَقْلِيَّ وَالدَّلِيلَ النَّقْلِيَّ عَلَى وَجْهِهِ يَقُولُ: هَذِهِ الشَّمْسُ لَهَا هَيْئَةٌ وَشَكْلٌ وَحُدُودٌ وَالشَّىْءُ الْمَحْدُودُ يَحْتَاجُ إِلَى حَادٍّ حَدَّهُ بِهَذَا الْحَدِّ، ثُمَّ هِيَ مُتَطَوِّرَةٌ وَالْمُتَطَوِّرُ يَحْتَاجُ إِلَى مُطَوِّرٍ لَهُ فَهَذِهِ لا تَصْلُحُ عَقْلًا أَنْ تَكُونَ إِلَهًا كَمَا أَنْتَ تَزْعُمُ، وَأَمَّا دِينِي فَحَقٌّ لِأَنَّ دِينِي يَقُولُ إِنَّ صَانِعَ الْعَالَمِ لا يُشْبِهُهُ بِوَجْهٍ مِنَ الْوُجُوهِ مُنَزَّهٌ عَنِ الْحَدِّ وَالْمَكَانِ وَالشَّكْلِ وَالْكَيْفِيَّةِ مُنَزَّهٌ عَنْ كُلِّ مَا فِي هَذَا الْعَالَمِ مِنْ صِفَةٍ، فَلِذَلِكَ دِينِي هُوَ الصَّحِيحُ الَّذِي يَقْبَلُهُ الْعَقْلُ فَيَكُونُ هَذَا الْمُسْلِمُ قَطَعَ بِهَذَا الدَّلِيلِ الْعَقْلِيِّ عَابِدَ الشَّمْسِ وَأَدْحَضَ دَعْوَاهُ.

Si ce musulman comprenait la preuve rationnelle et la preuve textuelle convenablement, il va répondre à cet athée en lui disant : « le soleil a un aspect, le soleil a une forme, le soleil a une limite, une quantité, et ce qui a une limite et une quantité a besoin de qui lui a fixé cette limite et cette quantité. Par ailleurs, le soleil change, et ce qui change à besoin de qui le fait évoluer. Puisque le soleil a besoin, il n’est pas valide selon la raison qu’il soit un Dieu tout comme tu le prétends. Quant à ma religion qui est l’Islam, c’est une religion qui est correcte, parce que ma religion dit que Le créateur de ce monde n’a absolument aucune ressemblance avec ce monde d’aucune manière que ce soit, que Le créateur de ce monde est exempt de la limite, Il est exempt de l’endroit, Il est exempt de l’aspect, Il est exempt du comment, Il est exempt de tout ce qu’il y a dans ce monde comme caractéristique. C’est ainsi que ma religion est la religion correcte, que la raison accepte. » Et donc ce musulman aura clôturé le débat en ayant le dernier mot par les preuves rationnelles face à cet adorateur du soleil et il a prouvé l’infonder de sa prétention.

أَمَّا الَّذِي يَقُولُ اللَّهُ سَاكِنٌ فِي السَّمَاءِ فَبِأَيِّ دَلِيلٍ يَدْفَعُ كَلامَ هَذَا الَّذِي يَعْبُدُ الشَّمْسَ، يَقُولُ لَهُ ذَاكَ: أَنْتَ تَقُولُ إِنَّ مَعْبُودِيَ سَاكِنٌ فِي السَّمَاءِ وَأَنَا أَقُولُ إِنَّ مَعْبُودِيَ الشَّمْسُ فِي الْفَضَاءِ وَقَدْ يَدَّعِي أَنَّهَا فِي سَمَاءٍ مِنَ السَّمَوَاتِ وَالشَّمْسُ مَنْفَعَتُهَا ظَاهِرَةٌ تَنْفَعُ الْهَوَاءَ وَالنَّبَاتَ وَالإِنْسَانَ، وَأَنْتَ تَعْبُدُ شَيْئًا مُتَحَيِّزًا مُتَوَهَّمًا وَأَنَا أَعْبُدُ شَيْئًا مُتَحَيِّزًا مُتَحَقَّقَ الْوُجُودِ مُشَاهَدًا يَرَاهُ كُلُّ الْخَلْقِ وَيَرَوْنَ مَنْفَعَتَهُ وَأَمَّا هَذَا الَّذِي أَنْتَ تَعْبُدُهُ لا نَرَاهُ وَلا أَنْتَ رَأَيْتَهُ وَلا أَحْسَسْنَا لَهُ بِمَنْفَعَةٍ، فَلِمَاذَا تَجْعَلُ الْحَقَّ فِي دِينِكَ وَتَجْعَلُ دِينِي مُخَالِفًا لِلْحَقِّ فَذَاكَ الْمُشَبِّهُ كَالْوَهَّابِيِّ الَّذِي يَعْتَقِدُ أَنَّ اللَّهَ جَسَدٌ قَاعِدٌ فَوْقَ الْعَرْشِ لا يَكُونُ عِنْدَهُ جَوَابٌ.

Quant à celui qui dit que Allah est localisé dans le ciel ou habite dans le ciel, avec quelle preuve pourra-t-il réfuté la parole de celui qui adore le soleil ? Il va lui dire : « moi ce que j’adore est dans l’espace », il se peut qu’il lui dise : « il est dans l’un des cieux » « et le soleil est fortement bénéfique, son bénéfice est apparent, il profite à l’air, aux plantes, aux humains, alors que toi tu adores quelque chose qui est situé dans un endroit mais que tu as imaginé, tandis que moi j’adore quelque chose qui est situé dans un endroit mais dont l’existence est authentifiée, il est observable, toutes les créatures peuvent le voir. Ils voient l’intérêt, quant à celui que tu adores, on ne le voit pas, et toi-même tu ne l’as pas vue, et nous n’avons pas senti son bénéfice. Pourquoi veux-tu que la vérité soit dans ta religion et tu fais que ma religion soit contraire à la vérité. » Le mouchabbih, le wahabite qui croit que Allah est un corps assis sur le trône n’aura pas de réponse.’

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَلَيْسَ هَذَا الْكَلامَ الَّذِي عَابَهُ الْعُلَمَاءُ وَإِنَّمَا عَابَ السَّلَفُ كَلامَ الْمُبْتَدِعَةِ فِي الِاعْتِقَادِ كَالْمُشَبِّهَةِ وَالْمُعْتَزِلَةِ وَالْخَوَارِجِ وَسَائِرِ الْفِرَقِ الَّتِي شَذَّتْ عَمَّا كَانَ عَلَيْهِ الرَّسُولُ وَالصَّحَابَةُ الَّذِينَ افْتَرَقُوا إِلَى اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً كَمَا أَخْبَرَ الرَّسُولُ بِذَلِكَ فِي حَدِيثِهِ الصَّحِيحِ الثَّابِتِ الَّذِي رَوَاهُ ابْنُ حِبَّانَ بِاسْنَادِهِ إِلَى أبي هُريرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: افْتَرَقَتِ الْيَهُودُ إِحْدَى وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَافْتَرَقَتِ النَّصَارَى على اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَسَتَفْتَرِقُ أُمَّتِي إِلَى ثَلاثٍ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً كُلُّهُمْ فِي النَّارِ إِلَّا وَاحِدَةً وَهِيَ الْجَمَاعَةُ – أَيِ السَّوَادُ الأَعْظَمُ

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ces paroles que nous sommes en train de prodiguées ne font pas parties du kalam que les innovateurs ont pratiqué en matière de croyance et que les savants ont blâmé. En revanche, les savants du salaf ont bien blâmé la pratique des innovateurs dans la croyance comme les mouchabbihah -ceux qui assimilent Allah à Ses créatures- qui disent que Allah est établit sur le trône, comme les mou^tazilah qui prétendent que l’homme est créateur de ses actes et qu’il n’y a pas de prédestination, comme les khawarijd qui déclarent mécréants les musulmans qui commettent les péchés et l’ensemble des groupes qui ont dévié de ce sur quoi étaient le Messager et les compagnons. Ces groupes se sont divisés en 72 factions comme l’a annoncé le Messager dans son hadith sahih et confirmé que Ibnou Hibban rapporte avec une chaine de transmission remontant jusqu’à Abou Hourayrah qu’il a dit :

افْتَرَقَتِ الْيَهُودُ إِحْدَى وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَافْتَرَقَتِ النَّصَارَى على اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَسَتَفْتَرِقُ أُمَّتِي إِلَى ثَلاثٍ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً كُلُّهُمْ فِي النَّارِ إِلَّا وَاحِدَةً وَهِيَ الْجَمَاعَةُ

ce qui signifie : « les yahoud se sont divisés en 71 groupes, les nasarah se sont divisés en 72 groupes, et ma communauté se sont divisés en 73 groupes, tous iront en enfer sauf 1 et c’est la jama^ah. » C’est-à-dire la grande majorité de ceux qui se disent musulmans.

وَأَمَّا عِلْمُ الْكَلامِ الَّذِي يَشْتَغِلُونَ بِهِ أَهْلُ السُّنَّةِ مِنَ الأَشَاعِرَةِ وَالْمَاتُرِيدِيَّةِ فَقَدْ عُمِلَ بِهِ مِنْ قِبَلِ الأَشْعَرِيِّ وَالْمَاتُرِيدِيِّ كَأَبِي حَنِيفَةَ فَإِنَّ لَهُ خَمْسَ رَسَائِلَ فِي ذَلِكَ وَالإِمَامُ الشَّافِعِيُّ كَانَ يُتْقِنُهُ حَتَّى إِنَّهُ قَالَ: أَتْقَنَّا ذَاكَ قَبْلَ هَذَا، أَيْ أَتْقَنَّا عِلْمَ الْكَلامِ قَبْلَ الْفِقْهِ.

Quant à la science du kalam que pratiquent les gens de ahlou sounnah, qu’ils soient ach-^arites ou matouridites, elle était déjà pratiquée avant al-‘Ach^ariyy et al-Matouridiyy. En effet, Abou Hanifah a écrit 5 épitres à ce sujet, et l’imam ach-Chafi^iyy maîtrisait la science du kalam au point qu’il a dit :

أَتْقَنَّا ذَاكَ قَبْلَ هَذَا

ce qui signifie : « nous avons maitriser ceci avant cet autre. » C’est-à-dire que nous avons maitriser la science du kalam avant la science des lois de la jurisprudence.

الشَّرْحُ عِلْمُ التَّوْحِيدِ هُوَ الْعِلْمُ الَّذِي يُعْرَفُ بِهِ مَا يَجُوزُ عَلَى اللَّهِ وَمَا يَلِيقُ بِهِ وَمَا لا يَجُوزُ عَلَيْهِ وَمَا يَجِبُ لَهُ مِنْ أَنْ يُعْرَفَ فِي حَقِّهِ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى، وَلِذَلِكَ سَمَّاهُ أَبُو حَنِيفَةَ الْفِقْهَ الأَكْبَرَ إِيذَانًا وَإِعْلامًا بِأَنَّهُ هُوَ الْفِقْهُ الَّذِي هُوَ أَشْرَفُ وَأَفْضَلُ مِنْ غَيْرِهِ.

Commentaire : la science du tawhid c’est cette science par laquelle nous apprenons et savons ce qui est digne d’être attribué à Allah et ce qui n’est pas digne d’être attribuer à Allah, ce qui est possible à Son sujet et ce qui n’est pas possible à Son sujet, ce qui est obligatoire à Son sujet et ce qui n’est pas obligatoire à Son sujet. Pour cela, l’imam Abou Hanifah a appelé cette science « al-fiqh al-’akbar » -la science majeure-. C’est une allusion claire de sa part que c’est la science la plus noble des sciences et qui est meilleure qu’autre qu’elle.

فَلَيْسَ هَذَا هُوَ عِلْمُ الْكَلامِ الَّذِي ذَمَّهُ الْعُلَمَاءُ وَإِنَّمَا ذَمُّوا كَلامَ أَهْلِ الأَهْوَاءِ أَهْلِ الضَّلالِ الْمُنْشَقِّينَ عَنْ أَهْلِ السُّنَّةِ كَعَقِيدَةِ الْخَوَارِجِ وَالْمُعْتَزِلَةِ وَالْمُرْجِئَةِ وَغَيْرِهِمْ مِنَ الْفِرَقِ الْمُخَالِفِينَ لِأَهْلِ السُّنَّةِ فَإِنَّ لَهُمْ مَقَالاتٍ يُجَادِلُونَ عَلَيْهَا لِيُوهِمُوا النَّاسَ أَنَّ مَا هُمْ عَلَيْهِ هُوَ الْحَقُّ وَأَنَّ مَا عَلَيْهِ أَهْلُ السُّنَّةِ بَاطِلٌ.

Il ne s’agit pas ici de la science de al-kalam qu’ont blâmé les savants, mais ce qu’ils ont blâmé c’est ce qu’ont dit les gens qui suivent leurs passions, ceux qui sont égarés et se sont écartés de ahlou sounnah, comme la croyance des khawarijd, ou les mou^talizah, les mourji’ah et d’autres parmi les groupes qui ont contredit ahlou sounnah. En effet ces gens-là ont des avis avec lesquels ils débattent avec ahlou sounnah pour leur faire croire que leur position est la vérité et que la positon de ahlou sounnah est fausse.

وَهَذَا هُوَ الَّذِي عَنَاهُ الشَّافِعِيُّ بِقَوْلِهِ الَّذِي رَوَاهُ عَنْهُ الإِمَامُ الْمُجْتَهِدُ الْحَافِظُ أَبُو بَكْرِ بنُ الْمُنْذِرِ: لَأَنَّ يَلْقَى اللَّهَ الْعَبْدُ بِكُلِّ ذَنْبٍ مَا عَدَا الشِّرْكَ خَيْرٌ مِنْ أَنْ يَلْقَاهُ بِشَىْءٍ مِنَ الأَهْوَاءِ

Et voilà le sens avec lequel on explique la parole de ach-Chafi^iyy qui a été rapportée de lui par l’imam, le moujtahid, le hafidh Abou Bakr Ibnou l-Moundhir :

لَأَنَّ يَلْقَى اللَّهَ الْعَبْدُ بِكُلِّ ذَنْبٍ مَا عَدَا الشِّرْكَ خَيْرٌ مِنْ أَنْ يَلْقَاهُ بِشَىْءٍ مِنَ الأَهْوَاءِ

ce qui signifie : « que l’esclave vienne au jour du jugement avec tous péchés hormis la mécréance, cela vaut mieux pour lui que de venir avec les paroles de ceux qui suivent leurs passions [dans la croyance]. »

وَمَعْنَى قَوْلِهِ: الأَهْوَاءِ أَيِ الْعَقَائِدُ الَّتِي مَالَ إِلَيْهَا الْمُخَالِفُونَ لِأَهْلِ السُّنَّةِ فَإِنَّ لَهُمْ مُؤَلَّفَاتٍ وَلا سِيَّمَا الْمُعْتَزِلَةُ، وَكَذَلِكَ الْمُشَبِّهَةُ الَّذِينَ يَعْتَقِدُونَ أَنَّ اللَّهَ جِسْمٌ وَأَنَّهُ مُتَّصِفٌ بِالْحَرَكَةِ وَالسُّكُونِ وَالنُّزُولِ وَالصُّعُودِ إِلَى غَيْرِ ذَلِكَ مِنْ صِفَاتِ الأَجْسَامِ، وَكَلِمَةُ الأَهْوَاءِ جَمْعُ هَوى وَالْهَوَى مَا تَمِيلُ إِلَيْهِ النَّفْسُ مِنَ الْبَاطِلِ.

Et le mot « ‘ahwa’ » vise les croyances qui ont attiré les gens qui contredisent ahlou sounnah, ils ont même rédigé des livres, dont notamment les mou^tazilah. Il en est de même pour les mouchabbihah -les assimilationnistes-, ceux qui ont pour croyance que Allah est un corps et qu’Il a les caractéristiques des corps comme le mouvement et l’immobilité, la descente et la montée et autres que cela de parmi les caractéristiques des corps. Et le mot « ‘ahwa’ » est le pluriel de « hawa » qui est ce vers quoi l’âme penche alors que c’est quelque chose d’infondé.

أَمَّا عِلْمُ الْكَلامِ الَّذِي يُعْرَفُ بِهِ أَدِلَّةُ الرَّدِّ عَلَى الْمُخَالِفِينَ هُوَ فَرْضُ كِفَايَةٍ فَيَجِبُ أَنْ يَقُومَ بِذَلِكَ مَنْ تَحْصُلُ بِهِ الْكِفَايَةُ لِأَنَّ هَذَا مِنْ بَابِ إِزَالَةِ الْمُنْكَرِ، وَهَذَا مِنْ أَفْرَضِ الْفُرُوضِ لِأَنَّهُ حِفْظٌ لِأُصُولِ عَقِيدَةِ أَهْلِ السُّنَّةِ.

Tandis que la science d’al-kalam qui permet de connaitre les preuves pour répliquer à ceux qui contredisent, cela est une obligation collective, il est un devoir de l’accomplir. C’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait des gens qui réalisent la suffisance, qui s’acquittent de cette obligation au titre d’interdire ce qui est blâme. Et ceci fait partie des obligations les plus importantes car c’est ce qui permet de conserver les fondements de la croyance de ahlou sounnah.

Informations utiles :

Le Messager de Allah est mort dans la maison de ^A’ichah, et ceci est une preuve du mérite de la dame ^A’ichah. Et le Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « le Messager n’a pas vécu après le pèlerinage de l’adieu plus que deux mois et quelque. »

Et notre maitre Mouhammed avait eu une bannière [qui est comme un drapeau] de couleur noir. Il a choisi la couleur noir parce que le noir ne dérange pas le regard. C’est-à-dire que celui qui voit cette couleur peut fixer son regard dessus plus qu’il ne peut fixer son regard sur une autre couleur au soleil.

Le Chaykh a dit que le Messager de Allah a oublié alors qu’il faisait la prière. Une fois, il a passé le salam au bout de deux rak^ah pour une prière de quatre rak^ah, il a pensé qu’il avait terminé. Un des compagnons lui a dit :

يَا رَسُولُ الله أَقُصِرَتِ الصَّلَاةُ أَمْ نُسِيتَ

ce qui signifie : « ô Messager de Allah, est-ce que la prière a été raccourcie ou tu as oublié ? » Le Prophète a répondu :

كُلُّ ذَلِكَ لَمْ يَكُون

ce qui signifie : « cela n’a pas eu lieu. » C’est-à-dire ni l’un ni l’autre. Puis on lui a rappelé. Il a dit :

بَلَا كَانَ بَعْدُ ذَلِكَ

ce qui signifie : « oui, il y a eu une partie de ce que tu dis. » Puis il a dit aux compagnons :

أَحَقٌّ مَا يَقُولُ ذُو الْيَدَيْنِ ؟

ce qui signifie : « est-ce vrai ce qu’a dit dhou l-yadayn ? » Ils ont répondu : « oui. » Il s’est alors levé et a complété les deux rak^ah manquantes. Rapporté par an-Naça‘iyy.

Notre Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ^Abdou l-Lah Ibnou Salam a dit que dans la Torah d’origine il est parvenu que ^Iça sera enterré tout près de notre maitre Mouhammed tout comme l’a rapporté at-Tabaraniyy.

An-Nasafiyy : Exégèse sourate al-Kahf versets de 21 à 60

Posted in cours général,Croyance,islam,Livre,tafsir,Tajwid par chaykhaboulaliyah sur mars 20, 2024
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Verset 20 : ʾin-nahum ʾin yaẓharū ʿalaykum yarǧumūkum : s’ils prennent conscience que vous êtes là, ils vont vous tuer : c’est-à-dire les gens de votre peuple, s’ils savaient que vous êtes là, ils vous tueraient de la pire mort.

ʾaw yuʿīdūkum fi mil-latihim : ou alors ils vont vous forcer à revenir dans leur religion.

wa lan tufliḥū ʾiḏan ʾabadan : et vous ne réussirez alors jamais. C’est-à-dire dans le cas où vous retourneriez dans leur religion.

Verset 21 :  wa kaḏālika ʾaʿṯarnā ʿalayhim : et de la même manière, Nous avons fait que les gens les découvrent. C’est-à-dire de la même manière que Nous les avons faits s’endormir, de la même manière que Nous les avons faits ressusciter, de la même manière, Nous avons fait qu’ils soient retrouvés. La manière commune aux trois situations, c’est qu’il y a une sagesse. Il y a une sagesse dans le fait de les faire s’endormir, il y a une sagesse dans leur résurrection et il y a une sagesse dans le fait qu’ils soient découverts par leur peuple.

li-yaʿlamūʾan-na waʿda Allāhi ḥaq-qun : afin qu’ils sachent que la promesse de Dieu est vraie. C’est-à-dire afin que ceux qui les ont découverts sachent que la résurrection après la mort est quelque chose de réel, de véritable. C’est cela, la sagesse. Car leur état à eux durant leur sommeil et leur réveil après cela est analogue à l’état de celui qui meurt puis qui va être ressuscité au Jour du Jugement.

wa ʾan-na al-sāʿata lā rayba fīhā : et que le Jour du Jugement est inéluctable.

ʾiḏ yatanāzaʿūna baynahum : alors qu’ils se disputaient entre eux. C’est relatif au fait qu’ils soient découverts. Ils ont été découverts par ceux qui se disputaient à leur époque à propos d’un sujet.

ʾamrahum : à propos de leur religion. Ils étaient en divergence à propos de la réalité de la résurrection. Certains disaient que les âmes seront ressuscitées mais pas les corps. Et les autres disaient que les corps seront ressuscités avec les âmes. Afin que la divergence soit levée, et qu’il leur soit avéré que les corps seront ressuscités vivants avec une perception sensorielle, avec leur âme, tout comme ils l’étaient avant la mort.

fa-qālū ʾibnū ʿalayhim bunyānan : ils ont dit. C’est-à-dire les gens de leur peuple ont dit : construisez à l’entrée de leur grotte une construction pour ne pas que les gens comblent cette grotte et pour conserver leur tombe. Tout a été conservée la tombe du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam. C’est-à-dire pour que ce soit un emplacement connu que les gens pourront visiter.

rab-buhum ʾaʿlamu bihim : leur Seigneur sait mieux leur état. C’est-à-dire plus que ceux qui sont en conflit, ceux qui se sont disputés à leur sujet. C’est comme s’ils avaient parlés des compagnons de la caverne, qu’ils avaient rapporté la parole à propos de leur ascendance, à propos de leur état, et la durée de leur séjour dans la caverne. Mais comme ils n’étaient pas arrivés à la réalité à leur sujet, ils ont dit leur Seigneur sait plus leur état. Une autre explication : c’est la parole de Dieu en réplique à leur sujet : leur Seigneur sait plus ce qu’il en est en réalité à leur propos.

qāla al-laḏīna ġalabū ʿalā ʾamrihim la-nat-taẖiḏan-na ʿalayhim masǧidan : ceux qui étaient musulmans et leur roi voulaient construire cette construction à l’entrée de la caverne Ils ont dit : nous allons construire une construction à l’entrée de leur caverne et nous allons construire une mosquée pour que les musulmans puissent y accomplir la prière et pour obtenir la bénédiction de leur endroit. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Il a été rapporté que les gens qui suivaient l’évangile c’est-à-dire notre maitre Jésus, n’étaient plus très nombreux après trois siècles. Ils ont commis beaucoup de péchés et leurs rois étaient tyranniques. Puis ils se sont mis à adorer des idoles et les rois ont forcé les gens à adorer ces statues. Et parmi ces rois, il y avait Dès (diqyānūs) qui se réclamait de l’évangile. Il voulait forcer un groupe de jeunes gens parmi les notables de son peuple à devenir associateurs.  Et il les a menacés de mort s’ils ne le faisaient pas. Mais ils ont refusé car ils étaient fermement attachés à leur religion. Alors ils ont voulu s’échapper pour préserver leur religion. Ils ont fait semblant de jouer à la balle pour ne pas attirer l’attention et ils sont arrivés devant cette grotte. Sur leur chemin, ils ont été poursuivis par un chien. Ils l’ont chassé. Dieu a fait parler ce chien. Il a dit : « qu’est-ce que vous me voulez ? Moi, j’aime ceux que Dieu agrée. Dormez, moi, je monterai la garde ». Certains ont dit que ce chien s’appelait Casimir. Il y a une autre version qui dit que sur leur trajet jusqu’à la caverne, ils sont passés près d’un berger qui avait un chien. Il les a suivis dans leur religion et le chien les a suivis. Et Dieu a fait que les jeunes gens ont dormi et ils n’entendaient pas autour d’eux.

Et avant qu’ils ne soient ressuscités de leur sommeil profond, Dieu a fait que le roi de leur ville soit un roi vertueux. Et les gens avaient divergé à propos de la résurrection : certains disaient qu’il y avait une résurrection et d’autres disaient que non. Alors ce roi s’est retranché dans sa maison, il est rentré chez lui, il a fermé sa porte, il a changé ses vêtements et a mis un vêtement de laine rêche, à l’image de celui qui est ascète, détaché du bas-monde et il s’est assis sur de la cendre. Tout cela pour indiquer son humilité et il a supplié son Seigneur pour que la vérité éclate. Dieu a inspiré un de leurs bergers de casser une des constructions qui étaient construites à l’entrée de la grotte pour faire une sorte d’étable pour son troupeau. Les jeunes gens se sont réveillés entre-temps et ils ont envoyé un des leurs pour chercher de la nourriture. Et ils lui ont donné des pièces d’argent (al-wariq). Quand ce jeune est arrivé à la ville et qu’il a sorti les fameuses pièces, elles étaient à l’effigie du roi Dès. Les habitants ont alors pensé qu’il avait trouvé un trésor.  Puis ils l’ont emmené au roi de l’époque qui était un croyant vertueux et il a raconté son histoire. Le roi et les gens de la ville sont alors sortis ensemble et ils ont remercié Dieu de leur avoir montré ce signe qui prouve la véracité de la résurrection. Les jeunes gens ont dit au roi : « nous te confions à Dieu et nous demandons à Dieu qu’Il te préserve du mal des jinns et des humains ». Ils sont ensuite retournés chez eux et Dieu les a faits mourir. Le roi a pris son vêtement et il l’a étalé sur eux et il a ordonné que chacun d’entre eux ait un cercueil en or. Puis il a vu dans le rêve qu’ils n’aimaient pas l’or. Il a alors changé leurs cercueils avec du bois (de thèque) et il a construit à l’entrée de la grotte une mosquée.

Verset 22 : sayaqūlūna ṯalāṯatun rābiʿuhum kalbuhum : ils disent qu’ils étaient trois et chien était le quatrième

wa yaqūlūna ẖamsatun sādisuhum kalbuhum : et ils disent qu’ils étaient cinq et que le chien était le sixième

 raǧman bi-al-ġayb wa yaqūlūna sabʿatun wa ṯāminuhum kalbuhum : pour vous annoncer quelque chose qui était inconnu et ils disent qu’ils étaient sept et que le chien était le huitième. Le pronom « ils » désigne ceux qui avaient discuté de leur histoire à l’époque du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam. Ce sont les compagnons du prophète Muḥammad qui avaient discuté des compagnons de la caverne. Les gens du Livre, à l’époque du Prophète, ils l’avaient interrogé à leur sujet. Mais notre Prophète avait tardé à leur répondre, jusqu’à ce qu’il reçoive la révélation. Le verset qui est parvenu était pour annoncer la divergence des gens du Livre à propos du nombre des jeunes gens. Ce verset est venu pour informer de la divergence à ce sujet. Et celui qui avait raison était celui qui disait qu’ils étaient sept et que leur chien était le huitième. Il a été rapporté que deux Arabes qui étaient chrétiens à l’époque du Prophète, l’un s’appelle aS-Sayyid et l’autre al-ʿĀqib et le sujet des compagnons de la caverne a été évoqué. aS-Sayyid qui était jacobite  a dit qu’ils étaient trois et que le chien était le quatrième. Et al-ʿĀqib qui était nestorien a dit qu’ils étaient cinq et que le chien était le sixième. Et les musulmans ont dit qu’ils étaient sept et que leur chien était le huitième. Et Dieu a confirmé dans ce verset qu’ils étaient sept et que le chien était le huitième. Et notre maître ʿĀlī que Dieu l’agrée a dit qu’ils étaient sept et il a donné leurs noms : Yamlīẖā, Machalīnā, – ils étaient à la droite du roi – et Maranūch, Dabrānūch et Chāḏanūch – ils étaient à la gauche du roi – et le roi leur demandait conseil. Et le septième était le berger qui les avait rejoints. Et leur ville s’appelle aṣ-Ṣūṣ et leur chien s’appelle Qitmīr

Une autre version de leurs noms est la suivante : un ḥāfiẓ ibnu Ṭūlūm a dit qu’on peut rechercher la bénédiction par chaque nom des compagnons de la caverne et dans quel objectif. Il rapporte ce qu’a dit un savant hanbalite qui a composé un petit poème pour retenir les noms des compagnons de la caverne : « toi qui veux connaitre le nombre des compagnons de la caverne, sache qu’ils sont sept, il n’y a pas de divergence.

La divergence qu’il y a eu est à propos de leurs noms, alors prends la version célèbre que j’ai composée dans mon poème : Mukaslamīne (Maximilien) Amlīẖā, Marṭūnis, Yanyūnis, Salsamūnis, Dawānawānis, Kachfīṭit, et leur chien s’appelle Qitmīr. Le premier nom, si tu l’écris sur un bout de tissu et tu le jettes dans un incendie, le feu s’éteint tout de suite. Le second nom, si tu l’écris et que tu le jettes en mer alors qu’il y a une tempête, elle se calme. Le troisième nom, si tu l’écris et que tu l’accroches sur la cuisse du voyageur qui marche à pied, il ne sera pas fatigué, même s’il parcourt de grandes distances. Le quatrième nom, si tu l’écris et tu le mets dans l’argent pour la protection. Le cinquième nom, si tu l’écris et que tu l’accroches sur celui qui a la fièvre, sa fièvre s’atténue par la volonté de Dieu. Le sixième nom, tu l’écris sur une armée, pour sa protection. Et le septième nom, tu l’écris sur un récipient et tu verses de l’eau dessus et tu donnes à boire à celui qui est malade pour qu’il guérisse. Et certains savants ont dit que le bénéfice des sept noms ensemble a lieu pour six choses : pour rechercher ce qu’on a perdu, pour marcher, lors d’un incendie, pour les pleurs de l’enfant (on les met sous son oreiller), pour les maux de tête, pour la fièvre. Mémorise cela, avec la poésie, ça sera plus facile à retenir. »

qul rab-bī ʾaʿlamu bi-ʿid-datihim mā yaʿlamuhum ʾil-lā qalīl fa-lā tumāri fīhim ʾil-lā mirāʾan ẓāhiran wa lā tastafti fīhim minhum ʾaḥadan

23 wa lā taqūlan-na li-šayʾin ʾin-nī fāʿilun ḏālika ġadan

24 ʾil-lā ʾan yašāʾa Allāhu wa ʾuḏkur rab-baka ʾiḏā nasīta wa qul ʿasā ʾan yahdiyani rab-bī li-ʾaqraba min hāḏā rašadan

25 wa labiṯū fī kahfihim ṯalāṯa miʾatin sinīna wa ‘izdādū tisʿan

Verset 26 : quli Allāhu ʾaʿlamu bi-mā labiṯū : dis : Dieu sait plus que tout autre combien ces hommes sont restés dans cette caverne. Dieu sait plus que ceux qui ont divergé à leur sujet combien de temps ils sont restés. Et c’est la vérité. Deuxième explication : c’est le discours rapporté de ce qu’on dit aux gens du Livre : c’est une réplique aux gens du Livre. Et la majorité des savants sont d’avis qu’il s’agit là d’une information de la part de Dieu, qu’ils sont restés tant d’années dans leur caverne : trois cent années plus neuf années.

lahū ġaybu al-samāwati wa al-ʾarḍi : Dieu sait ce qu’il y a comme choses cachées dans les cieux et sur terre. Il cite dans cette partie du verset que Dieu seul sait ce qui n’est pas apparent pour nous dans les cieux et sur terre et ce qui n’est pas apparent pour nous concernant les gens qui sont dans les cieux et sur terre.

 ʾabṣir bihī wa ʾasmiʿ : Dieu entend tout et Il voit tout. Dieu voit tout ce qui existe sur terre et dans les cieux. Et Il entend tout ce qu’il y a sur terre et dans les cieux. Rien n’échappe à Sou ouïe et à Sa vue.

mā lahum min dūnihi  min waliy-yin : auraient-ils autre que Lui comme Seigneur ? !

wa lā yušriku fī ḥukmihi ʾaḥadan : Dieu n’associe personne dans ce qu’Il prédestine. Les associateurs avaient dit à notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām de ramener un autre Qur’ān ou bien de le changer.

Verset 27 : wa ʾutlu mā ʾūḥiya ʾilayka min kitābi rab-bika : récite ce qu’il t’est révélé du Livre de ton Seigneur. Et ne prête pas attention à leur délire quand ils demandent un autre Qur’ān que celui-là.

lā mubad-dila li-kalimātihi : nul n’a la capacité de modifier le Qur’ān

wa lan taǧida min dūnihī multaḥadan : et tu ne trouveras personne auprès de qui tu trouves refuge si tu voulais répondre à leur demande. (D’amener un autre Qur’ān ou de le changer). Les versets du Qur’ān ont une cause à leur révélation. Et le verset suivant qui est le verset 28 a une cause à sa révélation : il y a des gens parmi les chefs des mécréants qui ont dit au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam d’enlever des gens de ses partisans et il s’agit de Suhayb, ʿAm-mār, H̱ab-bāb, Salmān et d’autres parmi les musulmans qui sont pauvres. Ces chefs de Quraych ne voulaient pas entrer en Islam, soi-disant, tant que ces gens pauvres seraient les partisans du prophète.

Verset 28 : wa ʾiṣbir nafsaka maʿa al-laḏīna yadʿūna rab-bahum: force ton âme à patienter auprès de ceux qui invoquent leur Seigneur. C’est-à-dire : malgré la demande de ces mécréants, reste avec ces gens-là, ne les quitte pas, force-toi à rester à leur côté.

bi-al-ġadāti wa-al-ʿašiy-yi : matin et après-midi. C’est-à-dire qu’ils persévèrent à faire des invocations en tout temps. Autre explication : ils demandent à Dieu la réussite et la facilité dans les actes. Et l’après-midi, ils demandent que Dieu te pardonne tes défaillances. Troisième explication : le matin fait référence à la prière de l’aube et l’après-midi fait référence à la prière de al-ʿasr.

yurīdūna waǧhahu : et ils recherchent Son agrément. C’est-à-dire qu’ils recherchent l’agrément de Dieu.

wa lā taʿdu ʿaynāka ʿanhum turīdu zīnata al-hayāti al-dunyā : ne les quitte pas des yeux : c’est-à-dire : reste avec tes compagnons, ne les quitte pas pour rejoindre les gens du bas-monde

wa lā tuṭiʿ man ʾaġfalnā qalbahū ʿan ḏikrinā :  et ne suis pas à ceux dont Nous avons égaré les cœurs et qui ne Nous évoquent pas.  Ils sont dans une insouciance telle qu’ils n’évoquent pas Dieu. Celui dont Nous avons fait le cœur complètement endormi et il oublie d’évoquer Dieu. Et c’est une preuve que Dieu est le créateur des actes des esclaves. Dieu crée l’égarement dans le cœur de ces gens-là, c’est-à-dire ceux qui se détournent et qui suivent leurs passions. Tout comme Dieu guide qui Il veut.

wa ʾit-tabaʿa hawāhu wa kāna ʾamruhū furuṭan : et qui a suivi ses passions et qui a dépassé les limites. C’est-à-dire qu’il a quitté la vérité.

Verset 29 : wa quli al-ḥaq-qu min rab-bikum : et dis : la vérité est de la part de votre Seigneur. C’est-à-dire c’est l’Islam ou le Qur-ān

fa-man šāʾa fal-yuʾmin wa man šāʾa fal-yakfur : celui qui veut, qu’il soit croyant et celui qui veut, qu’il soit mécréant. Attention : cela ne veut pas dire que vous avez le choix. Mais cela veut dire que la vérité est claire et apparente, il n’y a plus aucune excuse. Il ne reste plus que votre choix : si vous choisissez la voie de la sauvegarde ou la voie de la perdition. La phrase du verset est dans la forme de l’impératif parce que l’esclave a la capacité de choisir ce qu’il veut. C’est comme s’il choisissait et qu’il avait l’ordre de choisir ce qu’il veut entre les deux chemins. Puis la suite du verset indique les conséquences de celui qui choisit la mécréance.

ʾin-nā ʾaʿtadnā li-al-ẓālimīna nāran ʾaḥāṭa bihim surādiquhā : Nous avons préparé pour les injustes (pour les mécréants) un feu qui est entouré d’une fumée. C’est-à-dire qu’ils auront une fumée avant d’entrer dans le feu ou bien ils auront à franchir un mur de feu. Donc la première partie du verset n’est pas une autorisation à mécroire mais c’est une menace. Le Qur-ān menace ceux qui ont mécru. Si le Qur-ān autorisait d’avoir la croyance que chacun veut, pourquoi donc Dieu a-t-Il envoyé les prophètes ? « Celui qui veut, qu’il soit croyant et celui qui veut, qu’il soit mécréant » ne veut pas dire : ô vous les gens, si vous voulez être des croyants, alors croyez et si vous voulez être des mécréants, mécroyez. Cela ne veut pas dire que chacun a une autorisation de croire ce qu’il veut mais cela indique que c’est une menace. Celui qui aura été croyant, c’est lui le gagnant. Celui qui aura mécru, il sera en enfer, entouré de toutes parts. L’enfer a un sol indépendant, ce n’est pas le sol actuel et ce n’est pas le sol de la septième terre. L’enfer a des murs et un couvercle, pour que le feu soit encore plus fort. L’enfer a un plafond pour que le feu augmente en intensité.

wa ʾin yastaġīṯū yuġāṯū bi-māʾin kal-muhli yašwī al-wuǧūha : s’ils demandent à être secourus pour avoir de l’eau, ils auront de l’eau comme al-muhl : et c’est ce qu’on récupère après avoir pressé de l’huile. Ou alors ce sont les diamants et les pierres de la terre qui auront été fondus. C’est pour les rabaisser et les humilier. Ils demandent de l’eau pour se désaltérer et ils auront ce liquide mauvais.

  biʾsa al-šarābu wa sāʾat murtafaqan : quelle mauvaise boisson que cette boisson-là. Et quelle mauvaise demeure que cette demeure-là. Ce sera la géhenne, l’enfer.

Verset 30 :  ʾinna al-laḏīna ʾāmanū wa ʿamilu al-ṣāliḥāti ʾinnā lā nuḍiʿu ʾaǧra man ʾaḥsana ʿamalan : quant à ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, la récompense de ceux qui auront agi en bien ne sera pas perdu.

Verset 31 : ‘Ūlā’ika Lahum Jannātu `Adnin : ceux-là auront des jardins d’eden.

Tajrī Min Taĥtihimu Al-‘Anhāru Yuĥallawna Fīhā Min ‘Asāwira : sous lesquels des fleuves vont couler et ils auront des parures

Min Dhahabin: en or

 Wa Yalbasūna Thiyābāan Khuđrāan Min Sundusin : ils porteront des vêtements de brocard (un tissu qui est très fin et très joli)

Wa ‘Istabraqin : et un tissu qui est épais.

Muttaki’īna Fīhā `Alá Al-‘Arā’iki : ils seront adossés sur des fauteuils. Le fait d’avoir le dos calé est l’aspect de ceux qui sont dans le confort, l’aspect des rois.

ni`ma Ath-Thawābu : que c’est beau , le paradis et les fauteuils sur lesquels ils sont assis

Wa Ĥasunat Murtafaqāan :     quelle belle récompense  

Verset 32 : Wa Ađrib Lahum Mathalāan Rajulayni : cite-leur le cas de ces deux hommes ; donne en exemple le cas des croyants et des mécréants comme si c’était deux hommes. C’était deux hommes de banou Isrāʾīl, l’un était mécréant et s’appelait Qatrūs et l’autre était croyant et s’appelait Yahūḏā. Il a été dit que ce sont deux hommes qui sont cités également dans une autre sourate : sourate aṣ-ṣaffāt, ce qui signifie : « j’avais un compagnon ». Ils ont hérité de leur père huit mille dinars qu’ils ont partagé en deux. Le mécréant a acheté un terrain pour mille dinars. Le croyant a dit : » ô mon dieu, mon frère a acheté un terrain pour mille dinars et moi, je t’achète un terrain au paradis pour mille dinars ». Il a pris mille dinars qu’il a donnés en aumône ». Puis son frère s’est fait construire une maison pour mille dinars. Puis le croyant a dit : « ô mon dieu, je t’achète une maison au paradis pour mille dinars ». Puis il a donné mille dinars en aumône. Puis son frère s’est marié pour mille dinars. Le croyant a dit : « ô mon dieu, je donne mille dinars en aumône pour les femmes du paradis ». Puis son frère a acheté des serviteurs et des esclaves pour mille dinars. Le croyant a dit : « ô mon dieu, j’achète de toi des serviteurs pour l’éternité pour mille dinars ». Puis il a donné mille dinars en aumône. Puis le croyant s’est retrouvé dans le besoin. Il s’est retrouvé sur le chemin de son frère qui passait avec ses serviteurs. Il a voulu lui parler. Mais son frère mécréant l’a chassé et l’a blâmé pour avoir donné son argent en aumône.

Ja`alnā Li’ĥadihimā Jannatayni Min ‘A`nābin : Nous avons accordé à l’un des deux un verger plein de vignes

Wa Ĥafafnāhumā Binakhlin et Nous l’avons entouré par des palmiers dattiers. C’est ce que les commerçants aiment avoir.

Wa Ja`alnā Baynahumā Zar`āan : et Nous avons fait qu’entre les vignes, il y ait aussi des plantations.

Verset 33 : Kiltā Al-Jannatayni ‘Ātat : chacun des deux vergers a donné ses fruits

‘Ukulahā Wa Lam Tažlim Minhu Shay’āan : et la récolte était élevée, elle n’a pas baissé.

 Wa Fajjarnā Khilālahumā Naharāan : et Nous avons fait jaillir un fleuve entre les deux vergers. Il a qualifié les deux vergers par le fait qu’il y ait beaucoup de fruits, qu’ils étaient en grandes quantité et qu’il y avait de l’eau.

Verset 34 :  Wa Kāna Lahu Thamarun : et le propriétaire de ces deux vergers avait des fruits. Ce qui est visé ici, ce sont des biens. Non seulement il avait les deux vergers qui donnaient beaucoup de fruits mais en plus il avait d’autres biens, comme de l’or, de l’argent métal et autres.  

Faqāla Lişāĥibihi Wa Huwa Yuĥāwiruhu : il a dit à son compagnon en discutant avec lui. Il voulait débattre avec lui. Qatrūs le mécréant a pris la main de son frère et il lui montrait : regarde ce que j’ai, grâce à ma bonne gestion.

‘Anā ‘Aktharu Minka Mālāan Wa ‘A`azzu Nafarāan : moi, j’ai plus de biens que toi, j’ai plus de gens à mon service.

nafara veut dire : des serviteurs ou bien des fils

Verset 35 : Wa Dakhala Jannatahu : et il est entré dans son verger : ou bien il est entré dans un des deux vergers ou bien il a considéré que c’est un seul verger parce qu’il y a un seul mur qui les entoure ou bien il les a considérés deux parce qu’il y a un fleuve qui les traverse. Parfois il dit deux vergers, parfois il dit un seul.

 Wa Huwa Žālimun Linafsihi : et il était injuste envers lui-même. Parce qu’il était mécréant.

 Qāla Mā ‘Ažunnu ‘An Tabīda Hadhihi ‘Abadāan : il a dit : je ne pense pas que ce verger va disparaitre un jour. Il a douté de l’anéantissement de ce verger, tellement il a de l’espoir, tellement il est noyé dans son insouciance, tellement il était dupé par la vie que Dieu lui a accordée dans ce bas-monde. Et on constate que la plupart des riches sont dans cet état-là.

Verset 36 :  Wa Mā ‘Ažunnu As-Sā`ata Qā’imatan : il a dit je ne pense qu’il y aura un jour du Jugement. Et c’est une mécréance.

Wa La’in Rudidtu ‘Ilá Rabbī La’ajidanna Khayrāan Minhā Munqalabāan : Et si jamais je reviens à la vie : puisque toi, tu prétends qu’il y a une résurrection, je vais avoir un verger meilleur que celui-là. Il a cru que Dieu l’avait honoré en lui donnant un verger dans le bas-monde, il a cru qu’il avait un certain degré et il s’attendait à avoir la même chose dans l’éventualité où il y aurait une résurrection.

Verset 37 :  Qāla Lahu Şāĥibuhu Wa Huwa Yuĥāwiruhu ‘Akafarta Bial-Ladhī Khalaqaka Min Turābin : son compagnon (celui qui était musulman) lui a dit en discutant avec lui : aurais-tu mécru en celui qui t’a créé à partir de terre ? N’est-ce pas que l’origine de tous les humains est Ādam que Dieu a créé à partir de terre. Donc ici il est fait référence à son premier ancêtre qui est le premier des humains, qui a été créé à partir de terre. Et les êtres humains suivants ont été créés à partir de leurs pères et mères. (Sauf Jésus qui a été créé à partir de sa mère et Eve a été créée à partir de Ādam). Parce que la création de son premier ancêtre est une cause pour sa création à lui.

Thumma Min Nuţfatin: puis à partir d’un mélange de liquide séminal.

 Thumma Sawwāka Rajulāan: puis Il a fait de toi un être humain. Il a complété ta création, Il a fait de toi un homme, quelqu’un qui est pubère, qui est au summum de sa capacité, de sa santé, de sa richesse, mais Il a fait de toi un mécréant, qui a douté à propos de la résurrection. L’exemple de ceux qui ont mécru est que leurs œuvres sont telles de la cendre exposée au vent un jour de tempête.

Verset 38 : lākin-na huwa Allāhu Rabbī : lākin-na est un mot qui est contracté, il provient de deux mots qui sont lākin et anā. Cela veut dire « quant à moi ». Quant à moi, je crois que Dieu est mon Seigneur.  

 Wa Lā ‘Ushriku Birabbī ‘Aĥadāan : et je n‘attribue aucun associé à Dieu.

Verset 39 : Wa Lawlā ‘Idh dakhalta Jannataka Qulta mā Shā’a Allāhu : et si, quand tu rentres dans ton verger, tu disais que tout est par la volonté de Dieu. C’est-à-dire si tu reconnaissais que tout ce qu’il y a dans ton verger n’a lieu que par la volonté de Dieu. Et que si Dieu veut Il fait que ton verger reste tel quel et si Dieu veut, Il fait que ton verger soit anéanti.

Lā Qūwata ‘Illā Billāhi : et qu’il n’est de force que par Dieu. Tu reconnaitrais ainsi que, si tu as réussi à faire de ton verger ce qu’il est, c’est par la grâce de Dieu et l’aide de Dieu.

‘In Tarani ‘Anā ‘Aqalla Minka Mālāan : même si tu constates que moi, j’ai moins d’argent que toi.

Wa Waladāan : et moins d’enfants que toi.

Verset 40 :  Fa`asá Rabbī ‘An Yu’utiyanī Khayrāan Min Jannatika : si mon Seigneur le veut, Il m’accorde mieux que ton verger. Soit dans le bas-monde, soit dans l’au-delà.

Wa Yursila `Alayhā Ĥusbānāan Mina As-Samā’i Fatuşbiĥa Şa`īdāan Zalaqāan : et Il envoie sur ton verger une manifestation de châtiment qui s’abat du ciel au point que ton verger devienne une terre glissante.

Verset 41 : ‘Aw Yuşbiĥa Mā’uuhā Ghawrāan : ou que la rivière qui le traverse soit asséchée. C’est-à-dire que l’eau soit absorbée par la terre et soit enfouie sous terre.

 Falan Tastaţī`a Lahu Ţalabāan : et tu ne pourras plus trouver d’eau.

Le sens de ce verset est le suivant : même si, actuellement, je suis plus pauvre que toi, je m’attends à ce que Dieu change mon état et change ton état (c’est-à-dire mon état de pauvreté et ton état de richesse) et qu’en raison de ma foi, Dieu m’accorde un jardin meilleur que ton jardin et qu’en raison de ta mécréance, Il t’enlève les grâces qu’Il t’a données et Il détruise les fruits et vergers.

Verset 42 : wa uḥīṭa bithamarihi : uḥīṭa signifie assiéger ou être entouré ; à l’origine, cela veut dire que l’ennemi s’est emparé de lui donc que celui a subi cela est devenu sous son autorité. Le verbe est utilisé ici à la voix passive concernant les récoltes. Cela veut dire que ses récoltes ont été encerclées. Ses fruits ont été anéantis.

 Fa’aşbaĥa Yuqallibu Kaffayhi : le mécréant s’est mis à frapper ses mains l’une contre l’autre. Et ceci par regret et par remords, car son verger a été anéanti. Puis le fait de frapper ses mains l’une contre l’autre est devenu une allusion au regret et au chagrin, en passant la paume d’une main sur le dos de l’autre main.

`Alá Mā ‘Anfaqa Fīhā Wa Hiya Khāwiyatun `Alá `Urūshihā : il regrette que tout ce qu’il a dépensé pour que son verger soit beau, est parti en vain.  Tout est tombé : les supports sont tombés et les vignes sont tombées.

wa yaqūlu yā laytanī lam ‘ushrik birabbī ‘aĥadāan : et il s’est dit : si seulement je n’avais pas attribué d’associé à mon Seigneur. Il s’est rappelé de l’exhortation que lui avait faite son frère. Alors il a su que ce qui lui était arrivé était une punition en raison de sa mécréance et de son orgueil. Alors il a souhaité n’avoir pas été associateur pour que Dieu ne lui détruise son verger, alors que le regret n’est plus d’aucun recours. An-Nasafī a dit : il est possible que cette parole qu’il a dite était en réalité un repentir suite à son attribution d’un associé à Dieu. Et qu’elle soit donc considérée comme une entrée en Islam.

Verset 43 : Wa Lam Takun Lahu Fi’atun Yanşurūnahu Min Dūni Allāhi : il n’avait pas d’allié qui puisse le soutenir hormis Dieu : Dieu seul est tout puissant à le soutenir. Nul autre que Dieu ne peut le soutenir.

 Wa Mā Kāna Muntaşirāan : mais Dieu ne l’a pas soutenu pour une sagesse. Sa force à lui n’a pas pu empêcher que s’abatte sur lui le châtiment de Dieu, ni la destruction de ses vergers.

Verset 44 : hunālika al-walāyatu lil-lāhi Al-Ĥaqqi : dans une telle situation l’aide est de la part de Dieu seulement. Il n’y a pas autre que Dieu qui peut amener une telle aide pour éviter la destruction des vergers. Il y a deux manières de réciter ici : soit al-wilāyah soit al-walāyah et le sens est différent selon la prononciation.

Avec le terme al-wilāyah, cela signifie que la souveraineté de Dieu n’est pas vaincue. Une troisième explication est : dans une telle situation difficile, vont avoir recours à Dieu et vont croire en Dieu, tous ceux qui sont dans une grande difficulté.

Donc quand il a dit :  yā laytanī lam ‘ushrik birabbī ‘aĥadāan qui signifie : si seulement je n’avais pas attribué d’associé à mon Seigneur, il a été amené à dire cette phrase suite à la gravité des conséquences de sa mécréance. Si ses vergers n’avaient pas été détruits, il n’aurait pas dit cette parole.

Ou encore une autre explication : Dieu donne la victoire à ceux qui se soumettent à Lui et sont croyants, contre les mécréants et Il les venge d’eux, Il leur donne leur revanche.

C’est-à-dire que Dieu a réalisé ce qu’avait dit le frère croyant à avec son frère mécréant. Il lui avait dit : « je m’attends à ce que Dieu change mon état et change ton état (c’est-à-dire mon état de pauvreté et ton état de richesse) et qu’en raison de ma foi, Dieu m’accorde un jardin meilleur que ton jardin et qu’en raison de ta mécréance, Il t’enlève les grâces qu’Il t’a données et Il détruise les fruits et vergers ».

Huwa Khayrun Thawābāan Wa khayrun `uqbāa : Dieu donne une meilleure récompense et une meilleure issue. C’est une allusion à l’au-delà. C’est-à-dire que dans l’au-delà, Dieu accorde une récompense à ceux qui ont cru en Lui.

Verset 45 : Wa Ađrib Lahum Mathala Al-Ĥayāati Ad-Dunyā Kamā’in ‘Anzalnāhu Mina As-Samā’i : et donne-leur l’exemple du bas-monde c’est comme de l’eau qui est tombée du ciel. C’est-à-dire de l’eau que Nous avons fait tomber du ciel.

 fākhtalaţa bihi nabātu al-‘arđi : grâce à laquelle les plantes sur terre se sont mélangées. Grâce à cette eau de pluie qui est tombée, la végétation est devenue dense, au point que les tiges et les plantes se sont entrecroisées. Deuxième explication : c’est que l’eau de pluie a irrigué les plantes et elle s’est mélangée avec les plantes.

fa’aşbaĥa hašīman tadhrūhu ar-riyāĥu : puis ces plantes sont devenues sèches, cassantes, que le vent fait envoler

Wa Kāna Allāhu `Alá Kulli Shay’in Muqtadirāan : et Dieu est sur toute chose (c’est-à-dire depuis la première chose créée jusqu’à l’anéantissement). Le bas monde est résumé en deux phrases : des plantes ont poussé puis elles ont séché.  Tout puissant : Dieu a comparé l’état du bas-monde avec ce qu’il comporte comme beautés, verdures agréables et ce qui va suivre comme destruction et anéantissement. Dieu a comparé le bas-monde à des plantes qui sont vertes puis qui se multiplient puis qui deviennent sèches et le vent les fait s’envoler, comme si elles n’avaient pas existé.

Verset 46 : Al-Mālu Wa Al-Banūna Zīnatu Al-Ĥayāati Ad-Dunyā : les biens et les enfants sont la parure de la vie du bas-monde. Ce ne sont pas la provision de la tombe et ce n’est pas ce que tu emportes pour l’au-delà.

Wa Al-Bāqiyātu Aş-Şāliĥātu : et celles qui demeurent ce sont celles qui sont bonnes. C’est-à-dire les œuvres de bien dont les fruits vont rester pour l’homme.Les fruits sont la récolte. Deuxième explication : ce sont les cinq prières. Troisième explication : c’est la parole soubḥāna Allāh wa al-ḥamdou lil-Allāh wa lā ilāha il-la Allāh wa Allāhu akbar.

Khayrun `Inda Rabbika Thawābāan : leur récompense vaudra mieux selon le jugement de ton Seigneur.

Wa Khayrun ‘Amalāan: et elles valent mieux que  d’autres pour y attacher de l’espoir. Parce que derrière ces bonnes œuvres, il y a une promesse de récompense. La promesse de la part de Dieu est véridique alors que la plupart des espoirs sont mensongers. Celui qui accomplit ces bonnes œuvres dans le bas-monde, son espoir est d’avoir la récompense de la part de Dieu. Et il va l’obtenir.

Le sens du verset est que l’argent et les enfants sont une parure de la vie du bas-monde qui, elle, va à sa fin. Alors que celles qui demeurent et qui sont bonnes, elles sont meilleures selon le jugement de Dieu. Les bonnes actions sont la prière, le jeûne, le pèlerinage, l’aumône obligatoire, les évocations, la récitation du   Qur-ān.

Dieu les a appelées « celles qui demeurent », elles sont perpétuelles parce que la récompense des bonnes actions est continue, elle ne s’interrompra pas dans l’au-delà. Le paradis est une récompense et il n’a pas de fin. L’au-delà n’a pas de fin. Ce sera une vie après laquelle il n’y a pas de mort. Ce sera une bonne santé après laquelle il n’y aura pas de maladie. Ce sera une jeunesse après laquelle il n’y a pas de vieillesse. Ce sera un repos après lequel il n’y a pas de fatigue.

Quant à la parure du bas-monde (les biens et les enfants), elle va être anéantie. Les enfants sont amenés à mourir, l’un meurt le jour de sa naissance, l’autre meurt après avoir vécu une semaine, un an, à l’adolescence. Et il se peut que le petit-fils meure avant le grand-père. Les joies du bas-monde sont éphémères. Elles s’estompent très rapidement. Et même l’argent, il disparait très rapidement. La nourriture, si délicieuse soit-elle, quelque soit l’effort réalisé pour la préparer, sera à la fin cette chose qui va sortir et qui est répugnante. La nourriture, qu’elle soit délicieuse ou moins bonne aura cette même fin qui est répugnante. De même les vêtements, aussi luxueux soient-ils, leur devenir est qu’ils seront jetés dans une poubelle, après que la couleur sera usée.

Quant aux bonnes actions, elles vont demeurer, elles ne vont pas s’estomper. Celui qui fait les bons calculs, il ne va pas perdre son temps dans les choses qui sont inutiles, mais il va œuvrer pour son au-delà. La plus facile des bonnes actions à accomplir avec la langue, c’est l’évocation de Dieu. Et la récompense du ḏikr est éminente.  Et parmi les évocations, il y a la parole « subḥāna Allāhi wa biḥamdih ». Le musulman qui dit cette parole, il lui sera planté un arbre au paradis et c’est un palmier en or.  Celui qui cette parole cent fois, il lui sera planté cent palmiers. Et celui qui dit mille fois cette parole, il lui sera planté mille palmiers. Et celui qui la dit plus que mille fois, il aura plus que mille arbres au paradis. Le chaykh a dit : par ailleurs les palmiers au paradis ne sont pas comme les palmiers du bas-monde, en ce qui concerne la couleur, l’odeur et le goût du fruit. Le nom est commun aux deux, on les appelle tous les deux un palmier, sur terre et au paradis. L’arbre au paradis reste éternellement, avec des fruits.

L’aumône fait partie des bonnes actions. Celui qui donne une aumône à partir d’argent qui est licite, avec une bonne intention par recherche de l’agrément de Dieu et non pas pour rechercher l’éloge des gens, il aura une récompense éminente. En fonction de l’intention de la personne, plus quelqu’un préfère l’au-delà au bas-monde, alors la récompense sera encore plus éminente.

Si quelqu’un possède peu d’argent mais s’il a donné la moitié de ce qu’il possède et il a gardé la moitié, sa récompense est plus éminente que celui qui possède beaucoup d’argent et qui donne en aumône une partie de sa grande fortune. L’exemple qui illustre cela est ce qui est parvenu du hadith du Messager de Dieu   ṣalla Allāhu ʿalayhi wa sallam qui a dit ce qui signifie : « un dirham procure plus que cent mille dirham ». On lui a dit : « mais comment cela, ô messager de Dieu ? Il a répondu ce qui signifie : « c’est le cas d’un homme qui ne possède que deux dirhams et il a donné en aumône un des deux dirhams. Et un autre qui possède cent mille dirhams et il a donné une partie qui n’est pas très élevée de sa grande fortune. Celui a donné un dirham aura plus de récompenses. » Rapporté par An-Nasāʾiy et At-Tirmiḏiy et ibnu Ḥibbān et Al-Ḥākim et Al-Bayhaqīy. C’est-à-dire que celui qui avait la grande fortune, il a donné en aumône une petite partie et il a gardé beaucoup pour lui-même. Même si ce qu’il a donné était cent mille dirhams et que cela représentait une toute petite partie de sa fortune, il aura une récompense moindre.

Donc celui qui a donné en aumône un seul dirham et qui ne garde pour lui qu’un seul dirham, sa récompense dépasse de loin, selon le jugement de Dieu, la récompense de celui qui a donné en aumône cent mille dirhams qui représente très peu de son immense fortune.

Par ailleurs, Dieu n’agrée les bonnes actions, que ce soit la prière, le jeûne, les aumônes, qu’après avoir connu Dieu. Quant à celui qui aura connu Dieu, celui qui a cru en Dieu et en Son messager, c’est de celui-là dont les bonnes actions seront récompensées. Dieu existe, Il n’a pas de ressemblance avec autre que Lui. Dieu n’est pas un corps de petite taille et ce n’est pas un corps de grande taille. Dieu existe de toute éternité avant toute chose, avant l’existence des cieux, des terres, Il existe avant l’existence des endroits, sans endroit.  La première chose qu’Il a créée c’est l’eau.  Puis Dieu a créé un corps immense qui s’appelle le Trône. Ensuite Il a créé un autre corps qui s’appelle le calame élevé. Ce n’est pas un crayon comme les crayons du bas-monde. Puis Il a créé un corps qui est une table qui a une étendue de cinq cents années. Le calame a écrit, sans que personne ne le tienne, sur cette table, tout ce qui va avoir lieu dans ce bas-monde, jusqu’au jour du jugement. Puis, après que le calame a eu fini d’écrire ce qui va se passer dans le bas-monde, cinquante mille années plus tard, Dieu a fait entrer en existence les cieux et la terre. Avant que Dieu ne crée la nuit et le jour, il n’y avait ni lumière ni obscurité. Et toutes ces choses-là, Dieu les a créées par Sa puissance et Sa volonté. Et Dieu a créé l’être humain en tant que dernière espèce de ce monde. Après que Dieu a créé les différentes espèces de créatures, Dieu a créé Ādam qui est le premier de l’espèce humaine.

Dieu a créé la terre dans deux jours : le dimanche et le lundi. Puis Dieu a créé les sept cieux le mardi et le mercredi. Puis Dieu les deux derniers jours (jeudi et vendredi) a créé tout ce qu’il y a sur terre comme choses qui sont un support pour nous et ce sont les montagnes, les fleuves, les océans. Dieu a fait que, sur terre, il y a des endroits qui sont bénéfiques et profitables pour les gens pour qu’ils puissent y vivre. Puis Dieu a créé, dans le temps de al-ʿaṣr du jour du vendredi, notre maitre Ādam ʿalayhi s-salām. Quant aux six jours dans lesquels ont été créés les cieux et la terre, chacun de ces six jours a une durée de mille années des années que nous comptons aujourd’hui. Ādam ʿalayhi s-salām a été créé à partir des sols de cette terre. Un ange a prélevé de cette terre une certaine quantité qui a été élevée au paradis et qui a été pétrie avec l’eau du paradis. Il n’a pas été rapporté qui est l’ange qui a fait cela. Il est possible que ce soit Ǧibrīl ou ʿAzrāʾīl ou que ce soit un autre ange que ces deux-là. Cette terre est restée ainsi sous forme de terre glaise pendant un certain temps puis elle a été transformée en quelque chose de dur et sec comme de la porcelaine. Et Dieu l’a transformée en chair, en os et en sang. Puis Dieu a fait que l’âme entre dans ce corps. Puis Dieu a enseigné à Ādam la manière de parler. Et Il a inondé son cœur de connaissances. Ādam connaissait le nom des choses. A partir d’une des côtes d’Ādam, Dieu a créé Eve et Il la lui a donnée en tant qu’épouse. Et ils ont vécu au paradis ensemble pendant cent trente ans. C’est la dernière partie de la journée du vendredi. Ensuite Dieu a envoyé Ādam sur terre et Il lui a enseigné les moyens de subsistance pour survivre sur terre, comment manger, boire, s’abriter, comment planter le blé, le récolter, comment en fabriquer du pain. Il lui a enseigné comment extraire le fer, le feu et comment fabriquer des pièces d’or et des pièces d’argent, pour que les gens puissent faire des échanges.

 Verset 47 : Wa Yawma Nusayyiru Al-Jibāla : et cite-leur le jour où les montagnes vont se déplacer. Soit les montagnes vont être pulvérisées, Dieu va les réduire en poudre qui va se déplacer

Wa Tará Al-‘Arđa Bārizatan : et tu vas voir la terre dénudée. La terre ne sera plus couverte par les montagnes, par les arbres qui la couvraient.

Wa Ĥasharnāhum : Nous les avons rassemblés. C’est-à-dire que Dieu rassemblera les   morts au jour du Jugement. Ceci pour indiquer que le rassemblement a eu lieu avant que les montagnes ne se déplacent. C’est un évènement qui a eu lieu avant ce qui est cité avant.

Falam Nughādir Minhum ‘Aĥadāan : et personne ne sera laissé de côté. Tous vont sortir de leurs tombes pour être réunis ce jour-là.

Ce verset 47 signifie que les gens seront rassemblés au jour du Jugement. Personne ne sera laissé de côté : cela signifie que tout le monde va être rassemblé. Personne ne sera oublié.

 Verset 48 : Wa `Uriđū `Alá Rabbika Şaffāan : et ils ont été exposés à leur Seigneur en rangées. C’est-à-dire que tous ceux qui sont sortis de leurs tombes seront alignés en rangées, on peut voir chacun d’entre eux. Il n’y a pas un qui cache l’autre. Leur état a été comparé à l’état de soldats qui sont exposés à un sultan.

Laqad Ji’tumūnā Kamā Khalaqnākum ‘Awwala Marratin : vous êtes venus à la vie tout comme Nous vous avons créés la toute première fois. C’est-à-dire que Nous vous avons ressuscités tout comme Nous vous avons créés la toute première fois. Deuxième explication : vous êtes venus tout nus tout comme Nous vous avons créés la première fois.

Bal Za`amtum ‘Allan Naj`ala Lakum Maw`idāan: vous avez prétendu qu’il n’y avait pas de résurrection. Voilà le démenti dans ce que vous croyez dans cette vie. Vous avez pourtant reçu la nouvelle par les prophètes qui vous ont dit que vous allez être ressuscités, que vous allez être rassemblés et ce jour-là ils vous sera dit : voici votre rassemblement.

 Verset 49 : Wa Wuđi`a Al-Kitābu Fatará Al-Mujrimīna Mushfiqīna : puis le livre a été rendu. C’est-à-dire le livre des œuvres. Tu verras les criminels ce jour-là qui seront effrayés.

Mimmā Fīhi : de ce qu’il y a dedans.

Wa Yaqūlūna Yā Waylatanā Māli Hādhā Al-Kitābi Lā Yughādiru Şaghīratan Wa Lā Kabīratan : ils vont dire : malheur à nous, pourquoi dans ce livre rien n’est omis, ni une petite chose, ni une grande chose (c’est-à-dire parmi les péchés)

‘Illā ‘Aĥşāhā : sans qu’elle ne soit consignée.

Wa Wajadū Mā `Amilū Ĥāđirāan : et ils verront ce qu’il y aura dans les livres, qui sera présent. Soit ce qui sera inscrit dans les livres ou « présent » c’est-à-dire ce qui sera la rétribution de ce qu’ils ont fait.

Wa Lā Yažlimu Rabbuka ‘Aĥadāan: et ton Seigneur n’est injuste envers personne .Dieu ne charge pas l’esclave d’une chose qu’il n’a pas faite. Dieu ne va pas châtier quelqu’un plus qu’il ne le mérite et Il ne va pas châtier quelqu’un qui n’a pas commis de péchés.

aṬ-Ṭabāriyyu a dit dans son exégèse :  « ton Seigneur ne rétribue personne, ô MuḤammad , autrement que par ce qu’il mérite ». C’est-à-dire qu’Il ne rétribue par le bien que les gens de bien, et Il ne rétribue par la punition que les gens du mal. Et c’est cela la justice.

Verset 50 : Wa ‘Idh Qulnā Lilmalā’ikati Asjudū Li’dama : et Nous avons dit aux anges prosternez-vous pour Ādam : d’une prosternation de salutation ou bien de respect.

 Fasajadū ‘Illā ‘Iblīsa Kāna Mina Al-Jinni : les anges se sont prosternés sauf Iblīs qui faisait partie des jinns. Cette phrase est comme une réponse à la question : et pourquoi ne s’est-il pas prosterné ? La réponse est : il faisait partie des jinns. La question n’est pas mentionnée mais elle est sous-entendue.

Fafasaqa `An ‘Amri Rabbihi : il n’a pas respecté l’ordre de son Seigneur. Il a agi d’une façon non conforme à ce que son Seigneur lui a ordonné. Il avait reçu l’ordre de se prosterner tout comme les anges avaient reçu cet ordre-là. Il n’est pas permis de dire qu’Iblīs était le prince des anges.Il n’était pas du tout un ange. Preuve en est la parole de Dieu qui signifie : « sauf Iblīs qui, lui faisait partie des jinns ».

Et le Messager de Dieu   ṣalla Allāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les anges ont été créés à partir de la lumière et les jinns ont été créés à partir d’une flamme pure de feu ».  Il s’avère donc qu’Iblīs faisait partie des jinns, véritablement, tout comme nous l’avons indiqué précédemment.

‘Afatattakhidhūnahu Wa Dhurrīyatahu ‘Awliyā’a Min Dūnī : est-ce que vous les considérez, lui et ses descendants, comme des partisans, au lieu de M’obéir ? La lettre qui commence cette phrase est une hamza qui signifie « est-ce que » mais ce n’est pas une question qui attend une réponse, mais c’est un blâme. C’est exprimer l’exclamation, l’étonnement. C’est comme s’il était dit : après ce qu’ils ont fait, lui et ses descendants, vous les considérez comme des partisans, au lieu de M’adorer ? Puis An-Nasafī a cité certains noms de chayāṭīn de sa descendance comme Lāqīs qui est celui qui ramène les mauvaises suggestions, pour celui qui doute de sa purification. Un autre ramène à la personne le doute quant au nombre des rakʿa dans la prière. Dāsam est celui qui mange avec la personne qui n’a pas dit la basmala.

Wa Hum Lakum `Adūwun : alors qu’ils sont pour vous des ennemis

Bi’sa Lilžžālimīna Badalāan : quels mauvais remplaçants pour les injustes. C’est-à-dire ces injustes qui, au lieu d’obéir à Dieu, ils obéissent à Iblīs. Quelle mauvaise chose qu’ils font !!

Verset 51 : Mā ‘Ash/hadtuhum: Je n’ai pas pris à témoin Iblīs et sa descendance

 Khalqa As-Samāwāti Wa Al-‘Arđi: pour la création des  cieux et de la terre. C’est-à-dire que vous les avez adorés, or, ils auraient été associés dans l’adoration s’ils avaient été associés dans la divinité. Dieu a nié le fait qu’ils soient des associés dans la divinité pour leur soi-disant soutien dans la création des cieux et de la terre ou bien pour les consulter dans la création des cieux et de la terre. Autrement dit, Dieu dit : Je suis le Seul à créer les choses, alors, n’adorez que Moi.

 Wa Lā Khalqa ‘Anfusihim : Dieu nous apprend qu’Il ne S’est pas fait aider par certains d’entre eux pour la création d’autres qu’eux. Ni Il ne s’est consulté avec eux pour la création des cieux et de la terre ni pour leur propre création eux-mêmes.

Wa Mā Kuntu Muttakhidha Al-Muđillīna `Ađudāan : et je ne prends pas les égarés comme soutien. Dieu nous apprend que, s’ils (Iblīs et sa descendance) ne sont pas des soutiens pour Lui dans la création, alors pourquoi vous, les associateurs, vous les considérez comme des associés à Dieu dans l’adoration ?

Verset 52 : Wa Yawma Yaqūlu : le jour où Dieu dit (aux mécréants). Et dans la récitation de Hamzah c’est « wa yawma naqūl » c’est-à-dire « le jour où Nous dirons » avec le « Nous » de majesté. Toutes ces récitations remontent au Prophète qui parfois, récitait la première récitation et parfois le seconde.

 Nādū Shurakā’iya Al-Ladhīna Za`amtum : Il fait entendre aux mécréants. Au Jour du Jugement, les associateurs vont entendre la parole de Dieu, appelez c’est-à-dire appelez à haute voix mes associés, selon votre prétention. C’est-à-dire appelez ceux que vous avez prétendus comme étant mes associés qui vont vous protéger de Mon châtiment. Et il est visé par les associés, les djinns. Et le terme associé est utilisé avec le pronom possessif « mes » mais avec la précision « selon votre prétention ». Ceci n’est pas pour confirmer que Dieu aurait des associés.

Fada`awhum Falam Yastajībū Lahum Wa Ja`alnā Baynahum Mawbiqāan : ils les ont appelés mais ils ne leur ont pas répondu et Nous avons fait qu’il y ait entre eux un mawbiq. Il y a plusieurs explications à ce mot :

Ça peut être une cause de perdition.

Ou encore c’est une vallée en enfer qui est un endroit de châtiment douloureux dans lequel ils vont être associés, c’est-à-dire ceux qui ont adoré autre que Dieu et ceux qui ont demandé à être adorés.

Ou encore une longue distance entre les anges, ʿOuzayr et ʿIsā : parce que certains avaient adoré les anges, certains avaient adoré ʿOuzayr et certains avaient adoré ʿIsā. Les mécréants seront en enfer alors que les anges seront dans les cieux et ʿOuzayr et ʿIsā, eux, seront au paradis.

Verset 53 :  Wa Ra’á Al-Mujrimūna An-Nāra Fažannū : les criminels vont voir le feu. Ce sont les mécréants qui verront le feu de l’enfer.

Fažannū Annahum Muwāqi`ūhā :  et ils auront la certitude. Et ils auront la certitude qu’ils vont entrer en enfer.

Wa Lam Yajidū `Anhā Maşrifāan : et ils n’ont pas trouvé de moyen pour en échapper.

Verset 54 : Wa Laqad Şarrafnā Fī Hādhā Al-Qur’āni : Nous avons fait que dans ce Qur-ān, il y ait des exemples, des moralités, des récits, des leçons

 Lilnnāsi Min Kulli Mathalin : pour chaque personne tout ce dont ils ont besoin.

Wa Kāna Al-‘Insānu ‘Akthara Shay’in Jadalāan : et l’être humain en général est celui qui débat, qui discute. C’est la créature de laquelle provient le plus le débat et la discussion.

Verset 55 : Wa Mā Mana`a An-Nāsa ‘An Yu’uminū ‘Idh Jā’ahumu Al-Hudá : et qu’est-ce qui empêche les gens d’être croyants lorsque la bonne guidée leur parvient ? La bonne guidée ici c’est-à-dire celui qui est la cause de la bonne guidée, en l’occurrence le Livre de Dieu et Son Messager.

Wa Yastaghfirū Rabbahum ‘Illā ‘An Ta’tiyahum Sunnatu Al-‘Awwalīna ‘Aw Ya’tiyahumu Al-`Adhābu : (et qu’est-ce qui les empêche de) demander le pardon à leur Seigneur, si ce n’est ce qui est arrivé aux premiers (certains peuples ont été anéantis) ou que leur arrive le châtiment de l’au-delà. Ce verset est une incitation à devenir croyants : entrez en Islam, devenez croyants, demandez à Dieu le pardon pour ne pas qu’il vous arrive ce qui est arrivé aux premiers, c’est-à-dire l’anéantissement, la destruction ou le châtiment de l’au-delà.

Qubulāan : que le châtiment leur arrive sous différentes sortes. Il y a aussi une récitation avec qibalā : c’est-à-dire : face à eux, c’est-à-dire est-ce qu’ils attendent que le châtiment soit devant eux, pour devenir croyants ?

Verset 56 : Wa Mā Nursilu Al-Mursalīna ‘Illā Mubashirīna Wa Mundhirīna : et Nous n’envoyons les messagers qu’annonciateurs de bonne nouvelle et avertisseurs d’un châtiment. C’est une preuve que Dieu n’agrée pas autre que l’Islam comme religion. Si Dieu agréait autre que l’Islam comme religion, Il n’aurait pas envoyé les prophètes et les messagers, pour annoncer la bonne nouvelle aux croyants qu’ils auront le paradis et pour avertir les mécréants du feu de l’enfer.

 Wa Yujādilu Al-Ladhīna Kafarū Bil-Bāţili: ceux qui ont mécru débattent de manière fausse sans avoir de preuves acceptables. Il est question ici lorsque les mécréants ont dit aux messagers : « vous n’êtes que des humains comme nous ; si Dieu le voulait, Il aurait fait descendre des anges ». Ce verset dénonce les arguments avancés par les mécréants.

Liyudĥiđū Bihi Al-Ĥaqqa : afin d’annuler par leurs débats le statut de prophète.

 Wa Attakhadhū ‘Āyātī Wa Mā ‘Undhirū Huzūan : et ils ont considéré Mes versets : les mécréants ont considéré le Qur-ān et ce dont ils ont été avertis, c’est-à-dire le châtiment dont ils ont été menacés comme sujet de moquerie.

Verset 57 : Wa Man ‘Ažlamu Mimman Dhukkira Bi’āyāti Rabbihi : qui est plus injuste que celui qui a reçu le rappel des versets de son Seigneur ?

Fa’a`rađa `Anhā : et qui s’en est détourné. Le rappel ne l’a pas amené à se corriger.

Wa Nasiya Mā Qaddamat Yadāhu : et il a oublié ce qu’il a accompli comme actes. C’est -à-dire qu’il n’a pas réfléchi aux conséquences de ce qu’il a accompli comme actes, en l’occurrence comme mécréances et comme péchés. Il ne réfléchit pas au fait que le bienfaisant et le malfaisant, nécessairement auront une rétribution. Ils agissent ainsi parce que cette objection est ancrée dans leur cœur.

 ‘Innā Ja`alnā `Alá Qulūbihim ‘Akinnatan : Nous avons fait sur leurs cœurs comme des couvercles.

‘an yafqahūhu wa fī ‘Ādhānihim waqrāan : qui les empêchent de comprendre ce rappel. La récitation du Qur-ān ne dépasse pas leurs gorges, c’est-à-dire qu’elle n’atteint pas leurs cœurs.

 wa ‘in tad`uhum ‘ilá al-hudá falan yahtadū ‘idhāan ‘abadāan: et si tu les appelais : c’est-à-dire ô toi Muḥammad, à la bonne guidée, c’est-à-dire à la foi  ils ne seront pas bien guidés. Dieu guide qui Il veut et Il égare qui Il veut. Ils ne seront alors jamais bien guidés. C’est-à-dire que toute la durée où ils seront responsables, ils ne seront alors pas bien guidés. C’est comme si c’était une réponse au Messager qui dirait : pourquoi je ne les appellerais pas pour qu’ils deviennent musulmans ? Il lui a été dit : même si tu les appelais à la bonne guidée, ils ne seront jamais bien guidés, parce que Dieu a voulu qu’ils ne soient pas bien guidés.

Verset 58 : Wa Rabbuka Al-Ghafūru Dhū Ar-Raĥmati : et ton Seigneur est Celui Qui pardonne beaucoup et Qui est très miséricordieux.

 Law Yu’uākhidhuhum Bimā Kasabū La`ajjala Lahumu Al-`Adhāba : parmi les formes de Sa miséricorde, c’est que s’Il les châtiait pour ce qu’ils ont fait, Il leur aurait fait parvenir rapidement un châtiment. C’est par miséricorde qu’Il ne châtie pas rapidement les gens de La Mecque, alors qu’ils manifestaient une grande forme d’animosité envers le Prophète ṣalla Allāhu ʿalayhi wa sallam.

 Bal Lahum Maw`idun Lan Yajidū Min Dūnihi Maw’ilāan : mais ils auront une date : c’est le jour de la bataille de Badr. Et ils ne trouveront pas de refuge ce jour-là pour échapper à ce châtiment-là.

Verset 59 :  Wa Tilka Al-Qurá ‘Ahlaknāhum : et ces villes, Nous les avons détruites. Il s’agit des villes du peuple de Nūḥ , ʿĀd et Ṯamūd.

Lammā Žalamū : lorsqu’ils ont été injustes. Tout comme les gens de La Mecque ont été injustes. Le verset signifie : observez ce qui est arrivé à ceux qui étaient injustes. Craignez qu’il ne vous arrive la même chose.

Wa Ja`alnā Limahlikihim Maw`idāan: et Nous avons fixé pour leur destruction une date. Tout comme a été fixée une date de destruction pour les autres peuples.

Verset 60 : Wa ‘Idh Qāla Mūsá Lifatāhu : et Mūsā a dit à son serviteur : c’est-à-dire « cite ô Muḥammad » lorsque Mūsā a dit à celui qui était à son service et ce serviteur n’a pas été mentionné explicitement. En fait il s’appelait Yūchāʿ fils de Nūn, il était, après Mūsā, le premier des prophètes des descendants d’Isrāʾīl. Et le dernier d’entre eux était ʿIsā. Yūchā appliquait les règles révélées dans la torah. Il a été surnommé al-fatā (qui est un terme qui désigne celui qui est au service de quelqu’un) parce qu’il était au service de Mūsā ʿalayhi s-salām. Il le suivait et il apprenait auprès de lui la science. Ici ce n’est pas dans le sens d’un esclave, cela ne veut pas dire que Yūchā appartenait à Mūsā mais il l’aidait dans son quotidien. Parce que dans la langue arabe, le mot « fatā » peut avoir le sens du jeune homme ou bien de l’esclave.

Lā ‘Abraĥu : il y a dans la construction en arabe quelques subtilités. Je ne vais cesser. La suite est omise et c’est possible dans la langue arabe.

Ĥattá ‘Ablugha Majma`a Al-Baĥrayni : jusqu’à atteindre le point de rencontre des deux mers. Ce qui a été omis après « je ne vais cesser » est « de marcher ». Les deux mers :  il s’agit de la mer de Perse et de la mer des Romains. C’est là où notre maître Mūsā a eu la promesse qu’il pourrait rencontrer Al-H̱aḍir. Celui-ci a été surnommé ainsi parce qu’il a été rapporté dans le ḥadīṯ qu’il était assis sur un endroit blanc qui est devenu vert. Et ce n’était pas de manière habituelle. Les savants ont divergé au sujet de cet homme Al-Ǧaḍir : certains ont dit que c’était un saint et d’autres ont dit que c’était un prophète.

‘Aw ‘Amđiya Ĥuqubāan : ou s’il le faut je ferai un voyage d’une durée de quatre-vingts ans. Dans la langue, une durée de 80 ans a un nom, elle s’appelle ḥuqub. Il a été rapporté que, lorsque Mūsā a eu le dessus avec son peuple les descendants d’Isrāʾīl, sur l’Egypte et qu’ils s’y sont installés, après l’anéantissement des Qibṭ (ce sont qui adoraient pharaon), Mūsā a demandé à son Seigneur : « quels sont parmi Tes esclaves ceux que Tu agrées le plus ? Dieu lui a révélé : c’est celui qui M’évoque et qui ne M’oublie pas. C’est-à-dire celui qui se surveille tout le temps pour obtenir les hauts degrés.  L’intelligent est celui qui se surveille pour Dieu. Se surveiller pour Dieu signifie le fait d’avoir présent dans son cœur que Dieu sait tout de nous, que Dieu nous a ordonné certaines choses que nous devons accomplir, que Dieu nous a interdit certaines choses que l’on doit éviter, que Dieu a tous les droits sur nous parce que c’est Lui Qui nous a donné tous les bienfaits que l’on a, qu’on ne doit pas être ingrat envers Dieu.  

Puis Mūsā a posé une autre question : qui, parmi Tes esclaves est le plus correct dans ses jugements ? Dieu a dit : c’est celui qui juge conformément au droit et qui ne suit pas ses passions. Et c’est le Créateur qui définit le droit. Donc celui qui applique correctement ce qui est révélé aux prophètes, c’est celui-là qui est le plus juste. Le Prophète ʿalayhi š-šalāt wa s-salām a dit ce qui signifie : « l’un de vous n’atteindra un degré de foi complète que s’il fait soumettre ses penchants à ce que je vous ai transmis ». Notre maitre Mūsā a demandé à son Seigneur :  qui parmi Tes esclaves a le plus de science ? La réponse a été : « c’est celui qui cherche à acquérir la science auprès des gens, pour l’ajouter à sa propre science à lui, puisse-t-il obtenir de la sorte une parole qui va lui montrer une voie de bien ou le détourner d’une voie de mal ».  La sagesse est comme l’objet que tu cherches. Ceci est conforme à une autre parole du Prophète ʿalayhi š-šalāt wa s-salām, qui signifie : « le croyant ne se lasse pas d’un bien qu’il entend jusqu’à ce qu’il parvienne au paradis ». Mūsā a dit à Son Seigneur : « si quelqu’un a plus de connaissances que moi, indique-le-moi ».

Dieu lui a appris que celui qui avait plus de connaissances que lui, était Al-H̱aḍir.

Il a dit : « où pourrais-je le trouver ? ».

Tu le trouveras au bord de l’eau auprès d’un rocher.

Il a demandé : quelle eau, quelle mer, quel rocher ?

Dieu a révélé à notre maitre Mūsā de prendre un poisson mort dans un panier et, là où il perdra, ce sera là où il trouvera Al-H̱aḍir.

Notre maitre Mūsā a entamé le chemin avec son serviteur Yūchāʿ fils de Nūn et il lui a dit : « là où tu vas perdre le poisson, avertis-moi ».

Ils ont marché et à un moment, notre maitre Mūsā s’est assoupi. Dieu a fait que le poisson reprenne vie et il a sauté dans l’eau. Mūsā et Yūchāʿ mangeaient de ce poisson lors de leur voyage, à chaque fois, ils en consommaient une petite partie. Quand le moment du repas est arrivé, Mūsā a demandé à ce qu’on amène le poisson, et son serviteur lui a dit que le poisson avait sauté dans l’eau. Mūsā a dit que c’était exactement ce qu’il recherchait. Alors ils sont revenus auprès du rocher où ils avaient fait halte, et ils sont tombés sur un homme qui était recouvert avec un drap. Notre maitre Mūsā l’a salué et l’homme lui a rendu le salām. C’est la salutation que Dieu a agréée pour nous. Et cela signifie que tu n’as rien à craindre de ma part. « wa ʿalaykoumou s-salām » signifie que toi aussi, tu n’as rien à craindre de moi. Notre maitre Mūsā s’est présenté en disant qu’il était Mūsā fils de ʿImrān. Alors Al-H̱aḍir lui a dit : « ô Mūsā, moi, j’ai des connaissances que Dieu m’a données et que toi, tu ne détiens pas. Et toi, tu as des connaissances que Dieu t’a données et que moi, je n’ai pas ». Al-H̱aḍir dépasse Mūsā sur la connaissance des choses cachées : Dieu lui révèle certaines choses cachées (comme quelle sera la fin de telle personne). Et Mūsā dépasse Al-H̱aḍir sur la maitrise de la Loi de l’Islam, dans la connaissance des lois apparentes. Nous disons, pour être conforme au texte, que Al-H̱aḍir a plus de connaissances que Mūsā, en prenant en compte le détail que nous venons de citer.

La cause qui a poussé Mūsā à rencontrer Al-H̱aḍir est que les descendants d’Isrāʿīl lui ont posé la question : qui, parmi les gens, a le plus de connaissances ? Mūsā a répondu : « moi ». Il n’a pas dit : « Dieu sait plus que tout autre ». Puis Dieu lui a révélé que ce n’était pas lui qui avait le plus de science, mais que c’était l’esclave de Dieu, qui s’appelle Al-H̱aḍir. Ce ḥadīṯ a été rapporté par Al-Bouẖārī.

Puis Mūsā a dit :« ô Allāh, comment pourrais-je le rencontrer ? » Mūsā a aspiré à rencontrer celui qui avait plus de science que lui. Dieu lui a indiqué comment il pourrait le rencontrer. Parce que la loi qu’Al-H̱aḍir appliquait à cette époque-là, avait pris fin. En effet, quand un nouveau messager vient, c’est sa loi qui est appliquée. Donc la loi de Al-H̱aḍir ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’était plus appliquée et c’était la loi de Mūsā qui rentrait en application. Les gens devaient appliquer la loi du nouveau prophète. Lorsque notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām est arrivé, Dieu lui a révélé de nouvelles lois. Quant à la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, elle est plus simple que les lois des autres prophètes. Celui qui ne connait pas la réalité pense que cette loi est la plus dure des lois.  Un exemple : l’accomplissement de la prière était un devoir pour chaque communauté. Le nombre des prières était différent mais il y avait des prières obligatoires. Dans les lois des autres prophètes, il n’était permis d’accomplir la prière que dans un endroit dédié, réservé à cela. Quant à nous, dans la loi de notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, où que nous nous trouvions quand le temps de la prière commence, nous pouvons faire notre prière. Dieu nous a facilité.

Concernant notre maitre Al-H̱aḍir, nous pouvons dire Al-H̱aḍir ou bien H̱aḍir. Quelqu’un est venu à notre maitre Mūsā et lui a demandé : connais-tu quelqu’un qui a plus de science que toi ? Mūsā a répondu : non, je n’en connais pas. Et Dieu lui a révélé que quelqu’un avait plus de connaissances que lui et que c’était Al-H̱aḍir. Et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a demandé à le rencontrer. Et Dieu a fait que le poisson serait le signe qui lui permettrait de le rencontrer, c’est-à-dire que là où il allait perdre le poisson, ce serait là où il allait rencontrer Al-H̱aḍir ʿalayhi s-salām, parce que notre croyance est qu’Al- H̱aḍir était un prophète. Il y a divergence concernant le fait qu’il était soit un prophète, soit un saint.

Alors qu’ils étaient sur un navire et qu’un oiseau a picoré un peu d’eau de la mer, Al- H̱aḍir a dit à notre maître Mūsā : la part de connaissances que Dieu nous a donnée, par rapport à la part de connaissances que Dieu ne nous a pas donnée est une part infime, semblable à ce que cet oiseau a pris dans son bec, par rapport à l’étendue de l’eau.

C’est-à-dire que toi, Mūsā, tu as cherché à connaitre la personne qui avait plus de connaissances que toi. Même si tu l’as trouvée, sache que tes connaissances, mes connaissances et ce que toutes les créatures savent, par rapport aux restes des connaissances que nous n’avons pas, est infime.

Notre maître Al- H̱aḍir avait cassé deux planches du navire, de façon à ce que ce navire présente un défaut, parce que le roi de cette époque confisquait toute embarcation qui était en état de naviguer. Au début, notre maître Mūsā n’a pas compris la raison de cet acte. Il a dit : « ce sont des gens qui nous ont emmenés gracieusement, ils nous ont emmenés à bord et toi, tu leur casses deux planches de leur navire ! » Et quand les envoyés du roi étaient passés et qu’ils ont vu que ce navire avait un défaut, ils l’ont laissé. Par la suite, notre maître Al- H̱aḍir a passé sa main sur les deux planches et le navire est redevenu intact. Personne ne s’était noyé malgré les deux planches cassées. Et elles sont redevenues telles quelles. Et les gens du navire étaient heureux. Puis notre maitre Al- H̱aḍir a atteint son objectif qui était de sauver ces pauvres gens qui ont ainsi pu conserver ce navire qui était leur outil de travail.

Dieu a fait un reproche à notre maitre Mūsā parce que celui-ci avait répondu à la question (qui a le plus de science ?) avant de dire ce qui signifie : « Dieu sait plus que tout autre ». Lorsque certains descendants des fils d’Isrāʿīl ont demandé à notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām qui, parmi les gens, a le plus de connaissances, notre maitre Mūsā n’a pas dit « Dieu sait plus que tout autre »et c’est pour cela que Dieu lui a reproché cette réponse. Et il lui a révélé qu’il existait bien parmi les créatures de Dieu à son époque quelqu’un qui avait plus de connaissances que lui. Quand ils sont descendus du navire, Al- H̱aḍir a dit à notre maitre Mūsā : « ô Mūsā, toi, tu as des connaissances que Dieu t’a données et que, moi, je n’ai pas et moi, j’ai des connaissances que Dieu m’a données et que toi, tu n’as pas ».

Si quelqu’un pose la question : « comment cette réponse de Al- H̱aḍir est-elle en conformité avec ce que Dieu a révélé à notre maitre Mūsā ? » Comment concilier les deux ? La réponse est : les connaissances de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām n’étaient pas aussi nombreuses que celles de Al- H̱aḍir ʿalayhi s-salām, bien que le degré de notre maitre Mūsā est supérieur au degré de Al- H̱aḍir, selon le jugement de Dieu. Et Al- H̱aḍir n’a pas plus de connaissances au sujet de la Loi que Mūsā. C’est-à-dire ce qui concerne ce qui est licite, ce qui est interdit, ce qui est bon, ce qui est mauvais. Al- H̱aḍir a plus de connaissances que Mūsā concernant ce qui se rapporte à l’état des créatures. Dieu lui a accordé de vivre un âge que seul Dieu sait. Car Al- H̱aḍir a vécu bien avant notre maitre Mūsā, peut-être mille ans. De ce fait, il avait, concernant les connaissances de l’état des créatures, ce que notre maitre Mūsā n’avait pas.

Et c’est par cette explication que l’on concilie les deux paroles : la parole de Dieu qui signifie : « oui, il y a quelqu’un qui a plus de connaissances que toi « et la parole de Al- H̱aḍir : « ta science et ma science, par rapport aux connaissances que Dieu ne nous a pas données, c’est comme une goutte d’eau dans la mer ».

Le šayẖ, que Dieu lui fasse miséricorde a dit : selon l’avis le plus fort, Al-H̱aḍir ʿalayhi s-salām est un prophète. Il y a beaucoup de savants qui ont néanmoins dit qu’il était un saint et non pas un prophète. Donc le fait d’avoir une particularité n’implique pas forcément d’avoir plus de mérite.

Il y a une deuxième divergence entre les savants qui concerne le fait de savoir si Al-H̱aḍir est déjà mort ou bien s’il est encore vivant. La plupart des savants sont d’avis qu’il est encore vivant. Mais il mourra lorsque le Qurʾān sera élevé dans le ciel. Viendra une époque où le Qurʾān sera élevé jusqu’au ciel, environ cent ans avant la fin des temps.

Dans le verset qui signifie « et Il sait absolument toute chose », nous comprenons que celui qui prétend connaître toute chose est un mécréant parce qu’il s’est considéré égal à Dieu. Il n’est pas permis de croire qu’il y a un être autre que Dieu qui sait toute chose. Car ainsi celui -là aura attribué un associé à Dieu. Dieu sait ce qui a eu lieu, comment cela a eu lieu et Il sait ce qui aura lieu, comment cela aura lieu, par Sa science qui est unique, qui n’augmente pas ni ne diminue.

Verset 61 : falammā balaghā majma`a baynihimā : quand ils sont arrivés au point de rencontre des deux étendues d’eau Nasiyā Ĥūtahumā : ils ont oublié leur poisson : et c’est Yūchāʿ, celui qui était en charge des provisions, qui l’a oublié.   

Livre sur l’éclaircissement concernant l’interdiction de dire « ah » concernant Dieu

Introduction :

الحمد لله رب العالمين والصلاة والسلام على سيّد الأنبياء والمرسلين محمد الأمين وعلى ءاله الطاهرين وصحابته الميامين وبعد:

فإن بعض جهلة المتصوفة ممن ينتسب إلى الطريقة الشاذلية ابتدعوا بدعة قبيحة مخالفة للقرءان الكريم والسنة النبوية وانحرفوا بذلك عن نهج الأمة الإسلامية وعن طريق التصوف الصحيح بل وعن نهج الشيخ أبي الحسن الشاذلي رضي الله عنه فقاموا بتحريف اسم الله تعالى مدعين أن  » ءاه » اسم من أسمائه تعالى واحتجوا بحديث موضوع في إثبات هذه البدعة المنكرة حتى قال بعض هؤلاء وهو من أهل دمشق: إن  » ءاه » أقرب للفتوح من  » الله »

Certains ignorants qui se prétendent du soufisme–moutasawwifah de la tariqah ach-Chadhiliyy enterré en Egypte, ils ont innové une bid^ah laide, une innovation contraire au Qour’an, hadith, et ont dévié de la communauté des musulmans et de la voie du tasawwouf véritable. Il y a des bonnes innovations et des mauvaises pour preuve le hadith (man ahdatha fii amrinaa..)

Qui est le soufi ? Celui qui s’est purifié le corps et l’âme et qui porte de la laine, il a laissé le bas dans son dos et a suivi le chemin de Al-Moustafa–l’Élu, ils se sont même écartés de la voie de Ach-Chadhiliyy, et ce en déformant le nom de Allah ils ont prétendu que « a» est un des noms de Dieu. Ils ont prétendu argumenté par un hadithmawdou^– fomenté pour confirmer cette mauvaise innovation, au point que l’un d’entre eux à Damas a prétendu que « a» fait rapprocher des plus haut degré plus qu’en disant Allah.

C’est le plus beau mot de la langue arabe le nom arabe, Sibawayh a été vu dans le rêve après sa mort et il a dit : « Mon seigneur m’a pardonné car j’ai dit que le nom Allah est le plus déterminé des noms déterminés. » En effet tout est une preuve de l’existence de Dieu, et c’est un honneur pour lui d’avoir énoncé cette règle.

وءاخر منهم يقول عندما يقيمون ما يسمونه بالحضرة » اليوم حصل تجلي » وهو عاقُّ الوالدين ووالده كان من أولياء الله تعالى فكان يقول لوالده: » أُكسّر رأسك »، فمن أين لهذا المدعي وأمثاله التجلي وهذا ينطبق عليه قول الجنيد البغدادي رضي الله عنه:

فساد كبير عالم متهتك ~~~ وأكبر منه جاهل متنسك

Un autre d’entre eux, lorsqu’ils ont fait une Hadrah—Assemblée de dhikr en évoquant avec le mot « a» a dit : « Aujourd’hui j’ai eu, ressentie une grande manifestation de bien. » Il faisait preuve de ^ouqouq envers ses parents alors que son père était un saint. Il disait à son père : « Je vais te casser la tête. » D’où ce prétentieux qui dit des choses erronées auraient la manifestation du bien–At-Tajalli. Il s’applique à lui la parole de Al-Jounayd Al-Baghdadiyy a dit :

)فساد كبير عالم متهتك ~~~ وأكبر منه جاهل متنسك(

(fasadoun kabiroun ^alimoun moutahattikou,

wa’akbarou minhou jahiloun moutanassikou)

c’est-à-dire : « Qu’il est une grande corruption un savant impudent, et plus grave encore un ignorant prétendument obéissant. » Souvent les ignorants sont illusionnés par l’apparence parfois, alors que cette personne déforme l’évocation, le Qour’an.

Ibnou ^Achir a dit :

(fii ^aqli ach^ariyy wafiqhi Maaliki wafii Taariiqati l-jounaydi ssaalikii)

As-salik c’est-à-dire : celui qui emprunte.

ثم هذا ليس من التجليات بل هذا من الشيطان حيث أوهمهم بأن هذا فيه عبادة لله وما يحصل لهم من الفرح النفساني فهذا فرح الهوى وليس هوى الوجد.
فمن باب الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر وعملا ً بقوله تعالىكُنتُم خيرَ أُمّـة ٍ أُخرجَت للنّاسِ تأمُرونَ بالمعروفِ وتَنهَونَ عنِ المنكر« سورة ءال عمران.

Le chaytan leur a donné l’illusion que dire « ah » serait une adoration de Dieu, et ce qu’ils ressentent comme joie intérieur c’est la joie des mauvais penchants de l’âme, et ce n’est pas al-wajd–le profond amour pour Dieu, comme lorsqu’on prie et qu’on a cette crainte révérencielle, et le saint ressent cela encore plus.

C’est au titre d’ordonner le bien et interdire le blâmable et par application de la parole dans sourate Ali ^Imran / 110 :

﴿ كُنتُم خيرَ أُمّـة ٍ أُخرجَت للنّاسِ تأمُرونَ بالمعروفِ وتَنهَونَ عنِ المنكر

(kountoum khayra oummatin oukhrijat linnaas ta’mourouuna bil-ma^rouufi watanhawna ^ani l-mounkar)

Qui signifie : « Vous êtes la meilleure des communautés apparues aux gens, vous ordonnez le bien et interdisez le mal ».

قمت بجمع هذه الورقات على عجل عسى أن ينفع الله بها هؤلاء الأغمار فاقول ولله الحمد :هذا الأمر ليس من اصل الطريقة الشاذلية بل شىء أحدثه بعض جهلة المتصوفة من شاذلية فاس كما قال شيخ الشاذلية في المدينة المنورة الشيخ ظافر المدني الشاذلي رحمه الله تعالى في رسالة له فقال: » إن الاشتغال بـ  » ءاه » من فعل شاذلية فاس » ا هــ.

وقولهم هذا أي زعمهم أن  » ءاه » من اسماء الله مردود بكتاب الله تعالى وسنة نبيه محمد صلى الله عليه وسلم واقوال أهل المذاهب الأربعة واللغويين.

L’auteur dit : j’ai réuni ces quelques feuillets rapidement, puisse Allah faire profiter ces gens. Je dis la louange est à Dieu, cela ne fait pas partie de la tariiqah chaadhiliyyah, c’est plutôt une innovation amené par quelques ignorants prétendus soufi de Fés au Maroc, et ce comme l’a dit le chaykh des chaadhiliyy de Médine l’illuminée Dhaafir al-Madaniyy ach-Chaadhilyy dans une épitre, il a dit : « Pratiquer le dhikr avec « a» a été innové par les chaadhiliyyah de Fés, et leur parole que voici, c’est-à-dire leur prétention que « a» est un des noms de Allah est rejeté par le livre de Allah ta^aalaa, par la sounnah de Son Prophète Mouhammad, par la parole des savants des quatre écoles, et par les spécialistes de la langue. »

مخالفتهم للقرءان الكريم

أما بعد ما يرد به عليهم من كتاب الله عز وجل أن الله وصف نفسه بأن له الأسماء الدالة على الكمال فقال عز وجل: ولله الاسماءُ الحُسنى فادعوهُ بِها وذَرُوا الذينَ يُلحِدونَ في أسمئِهِ  » سورة الأعراف

Leur contradiction au Qour’an honoré

Ce par quoi il leur est répliqué à partir du livre de Allah ^azza wajall c’est que Allah nous a appris qu’Il a les noms qui indiquent la perfection par Sa parole :

﴿ ولله الاسماءُ الحُسنى فادعوهُ بِها وذَرُوا الذينَ يُلحِدونَ في أسمئِهِ

(walil-Laahi l-asmaaaa’ou l-Housnaa fad^ouuhou bihaa, wadharou l-ladhiina youlHidouuna fii asmaaa’ih) ce qui signifie : « Allah a les noms parfaits, évoquez-le par ces noms-là et délaissez ceux qui font preuve de il-Had–athéisme, en déformant les noms. »

وقال الله تعالى: » أيّـًا مّا تدعُوا فلهُ الاسمآءُ الحُسنَى » سورة الإسراء
وقال تعالى : » هو الله الذي لا إلهَ إلاّ هُوَ عالمُ الغيبِ والشهادةِ هو الرحمنُ الرَّحيمُ(22) هوَ الله الذي لا إله إلا هو الملكُ القُدّوسُ السَّلَمُ المؤمنُ المُهيمِنُ العزيزُ الجبّارُ المُتَكبِرُ سُبحنَ اللهِ عمَّا يٌشركونَ(23) هو اللهُ الخَلِقُ البارِىءُ المُصوّرُ لهُ الأسماءُ الحُسنَى (24) سورة الحشر

Et Dieu dit dans sourate Al-Isra/110 :

أيّـًا مّا تدعُوا فلهُ الاسمآءُ الحُسنَى

(ayyaman ma tad^ou falahou l-‘asma’ou l-Housna)

et Il dit dans sourate Al-Hachr / 22-24 :

هو الله الذي لا إلهَ إلاّ هُوَ عالمُ الغيبِ والشهادةِ هو الرحمنُ الرَّحيمُ (22) هوَ الله الذي لا إله إلا هو الملكُ القُدّوسُ السَّلَمُ المؤمنُ المُهيمِنُ العزيزُ الجبّارُ المُتَكبِرُ سُبحنَ اللهِ عمَّا يشركونَ (23) هو اللهُ الخَلِقُ البارِىءُ المُصوّرُ لهُ الأسماءُ الحُسنَى 24(

ومعنى الحسنى أي الدالة على الكمال، فلا يجوز أن يكون اسم من أسماء الله تعالى دالاً على خلاف الكمال قال الزجاج (1)  » ولا ينبغي لأحد أن يدعوه بما لم يسم به نفسه »

وقال ابو سليمان الخطابي : ودليل هذه الآية أن الغلط في أسمائه والزيغ عنها إلحاد » اهــ.
وقال النسفي في تفسيره : » ومعنى قوله تعالى: » وذروا الذينَ يُلحِدونًَ في أسمَئِهِ » سورة الأعراف أي اتركوا تسمية الذين يميلون عن الحق والصواب فيها فيسمونه بغير الأسماء الحسنى وذلك أن يسموه بما لا يجوز عليه نحو أن يقولوا: » يا سخي يا كريم » لأنه لم يسم نفسه بذلك ومن الإلحاد في أسماء الله تعالى هو تسميته بما لم يسم به نفسه

ce qui signifie : « Il est Allah il n’est de Dieu que Lui, Il est Celui qui sait les choses cachées et apparentes, Il est Ar-Rahmaan, Ar-Rahiim. Il est Allah, il n’est de dieu que Lui, Al-Malik, Al-Qouddouus As-Salaam, Al-Mou’min, Al-Mouhaymin, Al-^Aziiz, Al-Jabbaar, Al-Moutakabbir, Dieu est exempt de ce qu’ils Lui attribuent comme associer. Il est Allah Al-Khaaliq ,Al-Baari’, Al-MouSawwir, il a les noms qui indiquent la perfection. »

Al-Housna signifie les noms qui indiquent la perfection. Il n’est donc pas possible qu’un des noms de Allah indique autre que la perfection.

AzZajjaj a dit : « Il ne convient à personne c’est-à-dire que c’est interdit, de L’appeler par un nom par lequel il ne s’est pas nommé lui-même. »

Et Abou Soulaymaan Al-Khattabiyy a dit : « La preuve de ce verset dans sourate al-a^raaf wadharou l-ladhiina youlHidouuna fii asmaaa’ih) est que l’erreur à propos des noms de Dieu et le fait de dévier à leur sujet c’est de al-il-had—l’athéisme. » En effet ce monde change et tout ce qui change a nécessairement un début, et ce qui a un début a besoin de qui lui donne le commencement, et Celui qui donne un début aux choses, il n’a pas de début et il s’agit du créateur celui que l’on nomme Allah, c’est lui seul qui mérite l’adoration à savoir qu’on se soumette à Lui à l’extrême.

An-Naçafiyy dans son tafsir au sujet de ce verset a dit : (wadharou l-ladhiina youlHidouuna fii asmaaaa’ihc’est-à-dire : « délaisser les noms utiliser par ceux qui s’écartent de la vérité et de ce qui est correcte puisqu’ils nomment Allah par autre que les noms qui indiquent la perfection. » Ils nomment ainsi par ce qui n’est pas permis à son sujet comme de dire « ya sakhiyy ya rafiq » parce qu’Il ne s’est pas nommé ainsi. C’est de l’athéisme que d’appeler Allah jism—corps ou encore jawhar–substance ou encore ^aqal–cerveau ou encore ^illah– cause ou agent causal. »

Il apparait que l’athéisme à propos des noms de Allah ta^aalaa c’est de le nommer par un nom qu’Il ne s’est pas donner à Lui-même et à propos duquel il n’est pas parvenu de textes du Livre c’est-à-dire du Qour’an ou de la sounnah c’est-à-dire le hadith, ni de l’unanimité ijmaa^ car tous les noms de Allah sont tawqifiyyah car l’emploie de ces noms à propos de Dieu dépendent de leur mention dans ce qui nous est parvenu dans le livre de Allah, la sounnah de son Prophète ou l’unanimité (comme le nom Al-Qadim). Par conséquent, nous savons qu’il n’est pas permis de nommer Allah « a» parce que c’est un terme qui indique l’incapacité, la plainte, et l’expression de la douleur, et ce qui est ainsi il est impossible qu’il soit un nom de Dieu.

ولم يرد فيه نص من كتاب ولا سنة ولا إجماع لأن اسماء الله سبحانه وتعالى كلها توقيفية أي يتوقف إطلاقها عليه تعالى على ورودها في كتاب الله أو سنة نبيّه أو إجماع، ومن هنا يعلم أنه لا يجوز تسمية الله تعالى بـ « ءاه » لأنه لفظ على العجز والشكاية والتوجع وما كان كذلك يستحيل أن يكون اسمًا لله تعالى.

05/10/23 :

مخالفتهم للسنة النبوية المطهرة

أما ما يرد على هؤلاء من حديث رسول الله صلى الله عليه وسلم فما ثبت عنه أنه قال: « إن الله يحب العطاس ويكره التثاؤب فإذا تثاءب أحدكم فلا يقل: ءاه ءاه فإن الشيطان يضحك منه » أو قال: « يلعب منه » رواه الترمذي والحافظ المجتهد ابن المنذر وابن خزيمة واللفظ له، فلو كان لفظ ءاه من أسماء الله تعالى التي يتقرب بها إلى الله تعالى كما يزعمون لم يقل النبي صلى الله عليه وسلم: « فإن الشيطان يضحك منه ».

Leur contradiction avec la sounnah prophétique pure

Ils contredisent aussi le hadith, le Prophète a dit :

))إن الله يحب العطاس ويكره التثاؤب فإذا تثاءب أحدكم فلا يقل: ءاه ءاه فإن الشيطان يضحك منه((

Ce qui signifie : « Dieu agrée l’éternuement mais pas le bâillement, si l’un d’entre vous baille qu’il ne dise pas ah ah car le chaytan se moque de lui », et dans une version ((يلعب منه)) ce qui signifie : « se joue de lui. » Rapporté par At-Tirmidhiyy de l’Ouzbekistan et le Hafidh ibnou l-Moundhir et Ibnou Houzaymah.

Si le terme « ah » était un nom de Dieu le Prophète n’aurait pas dit que le chaytan se moque de lui. Il n’y a pas eu de hadith sahih ou haçan qui indique que « ah » est un des noms de Allah.

ثم إنه لم يرد في حديث صحيح ولا حسن أن « ءاه » اسم من أسماء الله تعالى، وإنما الذي ورد ما رواه الديلمي في مسند الفردوس والرافعي في تاريخ قزوين أن عائشة رضي الله عنها قالت: دخل علينا رسول الله صلى الله عليه وسلم وعندنا مريض يئن فقلنا له: اسكت فقد جاء النبي صلى الله عليه وسلم فقال النبي صلى الله عليه وسلم:  » دعوه يئن فإن الأنين اسم من أسماء الله تعالى يستريح إليه العليل »،

Quant au hadith de Ad-Daylamiyy dans ses sounan et de Ar-Rafi^iyy (ou Al-Qazwiniyy), il est fomenté–mawdou^ dans lequel il est dit que ^A’ichah a dit que le Messager est venu chez nous alors qu’il y avait un malade qui gémissait. Nous lui avons dit au malade : Tais-toi le Prophète est présent. Et le Prophète aurait dit :

))دعوه يئن فإن الأنين اسم من أسماء الله تعالى يستريح إليه العليل((

ce qui signifie : « Laissez-le gémir car le gémissement est un des noms de Allah qui procure un apaisement pour le malade. »

رواه الديلمي من طريق محمد بن أيوب بن سويد ثنا أبي عن نوفل بن الفرات عن القاسم عن عائشة، والقزويني من طريق إسماعيل بن عياش عن ليث بن أبي سليم عن بهية عن عائشة، وهو حديث موضوع جزمًا أي مكذوب على رسول الله صلى الله عليه وسلم وحاشا أن يقول النبي صلى الله عليه وسلم بذلك، وقد عزاه له السيوطي في الجامع الصغير وسكت عليه

Ad-Daylamiyy le rapporte d’après Mouhammad ibnou Ayyoub ibnou Souwayd qui rapporte de son père Ayyoub qui rapporte de Nawfal ibnou Fourat d’après Al-Qaçim d’après ^Aichah.

Quant à Ar-Rafi^iyy il rapporte de Isma^il ibnou ^Iyyach d’après Layth ibnou Abi Soulaym d’après Bahiyyah d’après ^A’ichah.

C’est un hadith mawdou^^ c’est-à-dire makdhoub–mensongèrement attribué au Prophète. As-Souyoutiyy a cité le hadith dans son Jami^ sans le commenter. Ce n’est pas un livre dans lequel il s’est engagé à ne citer que des hadith sahih.

وتعقبه الحافظ أحمد بن الصديق الغماري في كتابه المغير على الجامع الصغير وحكم بوضعه فقال ما نصه: « أخرجه أيضًا الديلمي من طريق الطبراني وفيه محمد بن أيوب بن سويد الرملي وهو متهم بوضع الحديث ولي في بيان وضعه جزء مستقل » اهـ.

Ahmad ibnou Siddiq Al-Ghoummariyy a écrit Al-Moughir ^ala Jami^ AsSaghir de As-Souyoutiyy, c’est un commentaire du livre et il a dit : « Ce hadith a été rapporté de Ad-Daylamiyy par l’intermédiaire de At-Tabaraniyy dans une chaine comportant Mouhammad ibnou Ayyoub qui est accusé de fomenter les hadith », et il a dit : « J’ai consacré un écrit à part pour démontrer que ce hadith est mawdou^. »

وقال الحافظ أحمد الغماري في كتابه المداوي لعلل المناوي بعد إيراد سنده ما نصه: « ومحمد بن أيوب بن سويد قال ابن حبان: لا تحل الرواية عنه ولا الاحتجاج به يروي عن أبيه الأشياء الموضوعة، كان أبو زرعة يقول: رأيته أدخل في كتب أبيه أشياء موضوعة بخط طري وكان يحدث بها اهـ، فالحديث موضوع » انتهى كلام الغماري.

Ainsi dans son livre Al-Moudawi li^ilali l-Mounawi, Al-Ghoummariyy dit après avoir cité la chaine de transmission de ce hadith : « Mouhammad ibnou Ayyoub, ibnou Hibban a dit de lui : « Il n’est pas permis de rapporter le hadith de cet homme, ni de le prendre pour preuve car il attribue à son père des choses mensongères. “ Abou Zour^ah a dit : « Je l’ai vu rajouté des choses dans le livre de son père avec une écriture toute fraiche–Tariyy, et il le rapportait aux gens. “ Le hadith est mawdou^. » Fin de citation.

قلت: وهو كما قال فهو جدير بأن يكون موضوعًا، ومحمد بن أيوب قال فيه أيضًا الدارقطني: متروك، والحاكم وأبو نعيم: روى عن أبيه أحاديث موضوعة.
أما سند القزويني ففيه إسماعيل بن عياش وإن كان حافظًا فقد ضعفه النسائي، وقال الحاكم: « هو مع جلالته إذا انفرد بحديث لم يقبل منه لسوء حفظه »،

Je dis : « Il en est tel qu’il a dit. » c’est-à-dire que le Chaykh confirme la parole de Al-Ghoummariyy. Cet homme Mouhammad ibnou Ayyoub, Ad-Daraqoutniyy a dit qu’il est qu’il est matrouk–délaissé. Et Al-Hakim et Abou Nou^aym ont dit que Mouhammad ibnou Ayyoub ont dit qu’il a rapporté de son père des hadith fomentés.

-Quant à la version de Ar-Rafi^iyy Al-Qazwiniyy, elle comporte Isma^il ibnou ^Iyyach, et ce même s’il connait certains hadith, An-Naça’iyy l’a jugé faible. Et Al-Hakim a dit de lui : « Malgré sa respectabilité, s’il est le seul a rapporté un hadith, on ne le prend pas de lui en raison de sa faible mémorisation. »

Par conséquent on ne peut pas retenir ce qu’il rapporte comme preuve, sauf dans le cas où il n’a pas été confus. En revanche, Yahya et autres que lui ont jugé de confiance, il y a eu divergence à son sujet.

وقال أبو حاتم: ليّن، وقال ابن حبان: « كثر الخطأ في حديثه فخرج عن الاحتجاج به فيما لم يخلط فيه »، ووثقه يحيى وغيره، وهذا الحديث من رواية إسماعيل بن عياش عن غير أهل بلده وروايته عنهم ضعيفة كما نقل ذلك الحفاظ المعتبرون.

Abou Hatim a dit de lui qu’il est Layyin–faible, et ibnou Hibban a dit : « Il y a eu beaucoup d’erreur dans ce qu’il rapporte. » Par ailleurs ce hadith, Isma^il ibnou ^Ayyach le rapporte de gens qui ne sont pas de sa ville et ce qu’il rapporte des gens qui ne sont pas de sa ville est faible, tout comme cela a été mentionné par les houffadh digne de considération.

Utilité :

Un poète a dit : (Idhaa ra’ayta anyaaba l-laythi baaridhatan ; falaa taDhounnanna anna l-laytha yabtasimouu) c’est-à-dire : « Si tu vois les canines du lion apparentes ne pense pas qu’il est en train de te sourire. »

وفيه أيضًا ليث بن أبي سليم (12) روى له مسلم مقرونًا بأبي إسحاق الشيباني لكن ضعّفه النسائي والقطان وأبو زرعة وأبو حاتم وقال أحمد: مضطرب الحديث،

 وقال ابن حبان: « كان من العبّاد ولكن اختلط في ءاخر عمره حتى كان لا يدري ما يحدث به فكان يقلب الأسانيد ويرفع المراسيل ويأتي عن الثقات بما ليس من أحاديثهم كل ذلك كان منه في اختلاطه، وتركه يحيى القطان وابن مهدي وأحمد بن حنبل ويحيى بن معين ».

وفيه أيضًا بهية مولاة أبي بكر الصديق رضي الله عنه وهي مجهولة، وهي أيضًا ليست بحجة كما قال ابن عمار الموصلي. 13

وفيه أيضًا غير هؤلاء من المجاهيل، فتلخص بذلك أن هذا السند مشتمل على ضعفاء

ومجاهيل لذا فهو ساقط ظاهر النكارة.

وممن رده أيضًا المناوي في شرح الجامع الصغير فقال ما نصه (14) : « لكن هذا لم يرد فيه حديث صحيح ولا حسن وأسماؤه تعالى توقيفية » اهـ.
ولا يدفع قولهم ما ذكره العزيزي شارح الجامع الصغير (15) : « قال الشيخ: حديث حسن لغيره » اهـ، فلا معنى له لأن شيخ العزيزي هو الشيخ محمد حجازي الشعراني ولا ذكر له ولا للعزيزي في طبقات المحدثين فضلاً عن الحفاظ الذين إليهم المرجع في معرفة درجة الحديث، إذ التصحيح والتحسين من شأن الحافظ المطلع كما هو معلوم عند أهل الحديث، قال الحافظ السيوطي في ألفيته (16) :

وخذهُ حيث حافظٌ عليه نص = أو مِن مصنَّفٍ بجمعِهِ يُخَص
 أي يُعرف الحديث إذا نص حافظ على صحته أو ذكره في كتاب اشترط أن لا يذكر فيه إلا الصحيح كالحافظ سعيد ابن السكن فإنه ألف كتابًا اشترط أنه لا يذكر فيه إلا الصحيح وسماه: « السنن الصحاح ». قال المحدث عبد الله الغماري المغربي ما نصه (17) : « وهذا الحديث رواه الرافعي في تاريخ قزوين والديلمي في مسند الفردوس عن عائشة بإسناد فيه راو كذاب، فهو حديث واه نازل عن درجة الاحتجاج بالمرة. ولقد غلط العزيزي في شرح الجامع الصغيرحيث ادعى أنه حسن لغيره مع أن عمدته في التصحيح والتحسين غالبًا – وهو المناوي – لم يحسنه أصلاً لا في شرحه الكبير ولا الصغير ولا حسنه الحافظ السيوطي الذي هو عمدتهم جميعًا، وكيف يستطيع أن يحسنه وفي سنده كذاب كما ذكرنا » اهـ.
فإن قيل: كيف يكون موضوعًا وقد أورده السيوطي في الجامع الصغير الذي التزم في مقدمته أنه صانه عما تفرد به وضاع أو كذاب؟ فالجواب: أن كتاب الجامع الصغير ليس من هذا القبيل الذي ذكرناه ففيه الكثير من الصحيح والحسن والكثير من الضعيف وفيه جملة من الموضوع كما في شأن حديث: « دعوه يئن »، كما أن السيوطي نفسه لم يوف بشرطه فقد أورد في جامعه أحاديث حكم هو بوضعها إما بإقراره حُكمَ ابنِ الجوزي بوضعه وذلك في اللآلئ المصنوعة أو في ذيلها، أو حَكمَ بوضعها في كتابه ذيل الموضوعات.
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(1) رواه الترمذي في سننه: كتاب الأدب: باب ما جاء إن الله يحب العطاس ويكره التثاؤب، وصححه، وابن خزيمة في صحيحه: أبواب الأفعال المكروهة في الصلاة: باب الزجر عن قول المتثائب في الصلاة هاه وما أشبهه.
(2) الفردوس بمأثور الخطاب 5/431 بلفظ: « يا حميراء أما شعرت أن الأنين اسم من أسماء الله تعالى يستريح به المريض ».
(3) تاريخ قزوين 4/72.
(4) الجامع الصغير 1/651.
(5) المغير على الأحاديث الموضوعة في الجامع الصغير ص/62-63.
(6) الضعفاء والمتروكين للدارقطني ص/353، المجروحين 2/299، تهذيب التهذيب 9/69، لسان الميزان 5/87، الميزان 3/487، المدخل إلى الصحيح ص/208، المغني 2/558، سؤالات البرقاني للدارقطني ص/58، الكشف الحثيث ص/354، الضعفاء والمتروكين لابن الجوزي 3/43، النكت البديعات للسيوطي ص/177، تنزيه الشريعة 1/101، الضعفاء لأبي نعيم ص/143، الموضوعات 1/201.
(7) المداوي لعلل المناوي 4/36.
(8) المجروحين 2/299.
(9) سؤالات البرقاني للدارقطني ص/58.
(10) المدخل إلى الصحيح ص/208، الضعفاء لأبي نعيم ص/143.
(11) الضعفاء والمتروكين للنسائي ص/49، ولابن الجوزي 1/118، التاريخ الكبير 1/369، المجروحين 1/124، الجرح والتعديل 2/191، المغني 1/76، الميزان 1/240، تهذيب التهذيب 1/321، الضعفاء الكبير 1/88، سؤالات الآجري لأبي داود 2/133، الكامل 1/288.
(12) الضعفاء والمتروكين للنسائي ص/209، ولابن الجوزي 3/29، التاريخ الكبير 7/246، المجروحين 2/231، الجرح والتعديل 7/177، المغني 2/536، الميزان 3/420، تهذيب التهذيب 8/465، لسان الميزان 7/347، الضعفاء الكبير 4/14، الكامل 6/2105، أحوال الرجال ص/91، سؤالات ابن الجنيد لابن معين ص/113، البيان والتوضيح ص/218، الموضوعات 2/129، سؤالات الآجري لأبي داود 1/304، تاريخ أسماء الضعفاء لابن شاهين ص/162.
(13) تهذيب التهذيب 12/405.
(14) فيض القدير 3/533.
(15) السراج المنير شرح الجامع الصغير 2/287.
(16) ألفية السيوطي (ص/12).
(17) مجلة الإسلام – العدد/35، ص/31.

قال العمراني في البيان (4) : « فإن تنحنح أو أنّ أو تنفس أو نفخ فإن تبين منه حرفان مثل أن يقول: « ءاه » أو « واه » أو « أُف » بطلت صلاته لأن ذلك يُعد كلامًا »، وقال المقدسي الحنبلي في المغني والشرح الكبير ما نصه (5) :  » ولم أر عن أحمد في التأوه شيئا ولا في الأنين والأشبه بأصولنا أنه متى فعله مختارًا أفسد صلاته »، لكن المالكية (6) والحنفية (7) قالوا: « الأنين والتأوه إن كان من خشية الله أو خوف النار أو العذاب لا يفسد الصلاة وإلا فسدت ».
ثم مما يدل على أن هذه اللفظة ليست من أسماء الله تعالى أنه لا يثبت بها اليمين وكذا لا يثبت بقول بعض الجهال: « واللا » بدون هاء بل من قال ذلك عليه معصية لأنه حرّف اسم الله تعالى.

فبعد هذا كيف يكون ءاه اسمًا لله تعالى وهو يُبطل الصلاة، فإنه لم يذكر واحد من الفقهاء أن واحدًا من ألفاظ الأنين هو اسم من أسماء الله، بل قال جمع من السلف ومن فضلاء أهل التصوف الحقيقي ومنهم طاووس والفضيل بن عياض وذو النون المصري وسفيان الثوري والإمام أحمد بن حنبل وجماعة من الشافعية منهم أبو الطيب وابن الصباغ: « إن أنين المريض وتأوهَه مكروه »، وتعقبه بعضهم وهو النووي وقال: اشتغاله بالذكر أولى، وهي مسئلة مشهورة بين الفقهاء ومع ذلك لم يقل أحد منهم إن « ءاه » من أسماء الله تعالى.

12/10/23 :

مخالفتهم لعلماء الفقه

أما ما يرد مزاعمهم من أقوال علماء الفقه من أهل المذاهب الأربعة وغيرها ما رواه ابن المنذر في الأوسط (1) أن الأنين ـ وهو قول « ءاه » و »أوه » وفيها لغات كثيرة (2) ـ يفسد الصلاة وحكاه عن الشعبي والنخعي ومغيرة وبه قال سفيان الثوري، وفي مذهب الشافعي ثلاثة أوجه أصحها إن ظهر منه حرفان أفسد وإلا فلا (3)،

Leur contradiction avec les savants jurisconsultes

Pour ce qui est de leur contradiction avec les savants des quatre écoles, et autres qu’eux, il y a ce qu’a rapporté ibnou l-Moundhir dans Al-Awsat que le fait de dire « ah » le gémissement–al-anin et « ouh » et autres termes par les gémissements, annulent la prière. Il rapporte ceci de Ach-Cha^biyy, Moughirah, et Soufiyan Ath-Thawriyy.

Dans l’école Chafirite il y a trois avis, le plus fort est que suite à cette expression de gémissement il y a deux lettres qui apparait en arabe, la prière est annulée et si c’est moins que deux lettres la prière n’est pas annulé.

Dans le livre Al-Bayan Al-^Oumraniyy a dit : « Celui qui se racle la gorge ou s’il gémit, ou s’il souffle, s’il apparait suite à cela deux lettres comme « ah »ou« wa» ou « ouff » alors sa prière sera annulée car ceci est considéré comme du langage courant. »

Al-Maqdisiyy le hanbalite dans deux de ses livres, Al-Moughniyy et Ach-charhou l-Kabir, a dit : « Je n’ai pas vu de la part de Ahmad à propos du fait de dire « ah » ni à propos du gémissement qu’il soit rapporté quoique ce soit. Le plus plausible par application de nos règles c’est que dès celui qui le fait c’est-à-dire qu’il dit « ah » ou gémit délibérément, il aura annulé sa prière. »

Cependant, les malikites et les hanafites ont dit que le gémissement et le fait de dire « ah » si c’est par crainte de Dieu ou par peur du feu ou du châtiment alors celui qui le fait n’annule pas sa prière, sinon ça l’annule. 

Par ailleurs ce qui prouve que ce terme n’est pas un nom de Allah c’est que l’on ne jure avec, tout comme on ne jure pas avec le nom de Allah sans le ha, ceci ne revient pas à jurer, mais celui qui le fait commet un péché, en raison de sa déformation du nom de Dieu. Après cela comment l’expression « ah » serait un nom de Dieu alors qu’il annule la prière !?

Aucun savant de la jurisprudence n’a dit qu’un des termes de gémissement serait un nom de Dieu, bien plus encore, il y a un certains nombres de savant du Salaf parmi les gens de mérites du tasawwouf véritable, tel que ceux qui suivent la voie de Al-Jounayd en se détachant du bas monde, celui qui a mis la laine sur son corps il a tourné le dos au bas monde et a suivi le chemin de Al-Moustafa comme Tawous, Al-Foudayl ibnou ^Iyad, Dhou n-Noun Al-Misriyy, Soufyan At-Thawriyy, Ahmad ibnou Hanbal et un certains nombres de charifites notamment Abou t-Tayyib, et ibnou s-Sabbab ont dit : « Les plaintes du malade et ses gémissements sont déconseillé. »

Certains savant ont commenté, comme An-Nawawiyy, il a dit : « Le fait que le malade fasse du dhikr est prioritaire au fait de gémir, et cette question est très connu chez les jurisconsultes et malgré cela aucun d’entre eux n’a dit que « ah » est un des noms de Dieu. »


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(1) الأوسط في السنن والإجماع والخلاف 3/257.
(2) قال الشرنبلالي الحنفي ممزوجًا بالمتن في باب ما يفسد الصلاة ص/61 ما نصه: « (والأنين) وهو أه بسكون الهاء مقصور بوزن دع (والتأوه) وهو أن يقول أوه وفيها لغات كثيرة » اهـ.
(3) فتح الباري 2/206.
(4) البيان في مذهب الشافعي 2/309.
(5) المغني والشرح الكبير 1/707.
(6) الخرشي على مختصر خليل 1/325، منح الجليل شرح مختصر خليل لمحمد عليش 1/203 ـ 204.
(7) مراقي الفلاح شرح نور الإيضاح ص/220، حاشية الطحاوي على مراقي الفلاح ص/220، إعلاء السنن 5/47.

مخالفتهم لأقوال أهل اللغة

أما مخالفتهم لعلماء اللغة فقد قال الحافظ اللغوي الفقيه محمد مرتضى الزبيدي في شرح القاموس (1) بعد أن عدّ جملة من ألفاظ الأنين ما نصه: « أوَّهِ، وءاهِ، وأوَّهْ، وأوِّ، وءاوُوه، وءاهٍ، وأوَّتاه، وءاويَّاه » ثم قال ممزوجًا بالمتن: « فهن اثنتان وعشرون لغة كل ذلك كلمة تقال عند الشكاية أو التوجع والتحزن » اهـ، وكذا ذكر صاحب لسان العرب (2)،

Leur contradiction avec les linguistes

Pour ce qui est de leur contradictions avec les linguistes, il y a ce qu’a dit le Hafidh Mouhammad Mourtada Az-Zabidiyy dans son commentaire de Al-Qamous de Al-Fayrouz Al-Abadiyy, après avoir cité un certains nombres de termes qui indiquent le gémissement tel que Awwaghi, aahi, awwah, awwi, aawouuh, aahin, awwataah, aawiyaah, et autres il a dit : « Il y a vingt-deux termes indiquant le gémissement, la plainte, la douleur ou le chagrin. »

وقال الفيومي في المصباح (3) : « ءاهِ من كذا بالمد وكسر الهاء لالتقاء الساكنين كلمة تقال عند التوجع وقد تقال في الإشفاق، وأوْهِ بسكون الواو وبالكسر كذلك وقد تشدد الواو وتفتح وتسكن الهاء وقد تحذف الهاء فتكسر الواو. وتأوه مثل توجع وزنًا ومعنًى » اهـ.

L’auteur de liçanou l-^Arab, et Al-Fayyoumiyy dans Misbahou l-Mounir : «  aahi est un terme qui exprime la douleur et il se peut qu’on l’utilise pour la compassion et awhi et awwah et awwih, tous expriment le gémissement et la douleur. Et ta’awwa^a est un synonyme à tawajjaha. »

فالعجب كيف أن الذين يعملون بزعمهم حضرة ذكرٍ عند وقوفهم وقيامهم متماسكين بالأيدي واهتزازهم مع التثني والتكسر اختاروا لفظ « ءاه » من بين تلك الكلمات العديدة التي ذكرها الحافظ الزبيدي في شرح القاموس والتي كلها تدل على الشكاية والتوجع والعجز. أيضًا المريض يقول: « ءاه » والمظلوم يقول: « ءاه »

Qu’il est surprenant comment ceux qui prétendent faire des hadrah de dhikr, qui est un bien à l’origine, mais eux font des choses mauvaises, comme paroles, toucher et danse en se pliant, qu’ils aient choisit « ah » parmi les vingt-deux termes mentionnés par AzZabidiyy.

وقد قال بعض المداحين :

ءاهٍ مما جنيتُ إن كان يغني —- ألِفٌ من عظيمِ ذنبٍ وهاءُ

ومعناه إن كان يغني ألف وهاء من عظيم ذنبٍ فـ ءاهٍ مما جنيتُ من ذنوب كثيرة ولكنها لا تغني ولا تفيد، فهذا دليل على أن « ءاه » ليس من أسماء الله.

Un de ceux qui font le madih a dit : « ah ! Les crimes que j’ai commis, si seulement le alif et le ha (dans le terme ah) pouvaient m’épargner mes graves péchés. » c’est-à-dire qu’il exprime sa douleur moral pour avoir désobéir à Dieu, ce terme n’effacera pas ses péchés, si le ah pouvait effacer mes péchés je l’aurai dit mais ce n’est pas le cas. Ceci est une preuve que le terme ah ne décharge pas des péchés.

Utilité :  Pour faciliter la subsistance, il convient de réciter sourate Al-Waqi^ah le soir après le coucher du soleil, et le fait de multiplier la parole : « soubhana l-Lahi wabihamdih »

19/10/23 :

ومما يرد مزاعمهم الباطلة في اختيار هذه اللفظة أن المذكور في الحديث المكذوب على رسول الله صلى الله عليه وسلم لفظ الأنين وليس لفظ « ءاه » فمقتضى احتجاجهم بهذا الحديث الموضوع أن يكون لفظ: ءاه، وءاووه، وأوتاه وغيرها من ألفاظ الأنين وهي نحو العشرين كما ذكر الحافظ محمد مرتضى الزبيدي فيلزم على كلامهم أن تكون كل تلك الكلمات اسمًا من أسماء الله وهم لا يقولون ولا يذكرون

Parmi ce qui réfute leur prétention infondé pour le choix de cette expression c’est que ce qui est cité dans le hadith makdhoub–fomenté, il y a le terme al-anin c’est-à-dire gémir et non le terme « ah », et ce qu’implique leur argumentation basée sur ce hadith fomenté est que les termes ah awouh et awwatah et autres termes de gémissements qui sont une vingtaine comme l’a dit le Hafidh Mourtada Az-Zabidiyy, leur parole implique que tous les termes de gémissement seraient des noms de Dieu, mais eux ne disent pas et ne mentionnent pas cela.

ذلك فالعجب كيف أنهم اختاروا من بينها لفظ « ءاه » وقالوا عنه اسمًا من أسماء الله، وهذا الحديث الموضوع الذي يحتجون به لم ينص على لفظ من ألفاظ الأنين التي هي اثنتان وعشرون كلمة فما هذا التحكم،

Il est surprenant le fait qu’ils ont choisi d’entre tous les termes de gémissement le terme ah et ont dit que c’est un des noms de Allah. Et le hadith fomenté sur lequel ils s’appuient, il ne mentionne pas un terme de gémissement précis, alors qu’il y’en a vingt-deux, c’est donc là un agissement arbitraire.

فبأي حجة اختاروا « ءاه » من بين تلك الكلمات فليس لهم مستند إلا الهوى، فتبين أن مستندهم أوهى من بيت العنكبوت وتبين أن الطريقة الشاذلية بريئة من هذا ومن نسبه إلى الشيخ أبي الحسن الشاذلي رضي الله عنه فقد افترى عليه،

Sur quelle preuve se sont-ils appuyé pour retenir « ah » d’entre tous ces termes !? Ils n’ont pas d’autre appui si ce n’est leur passion. Il s’avère clairement que ce sur quoi ils s’appuient est plus fragile que la toile d’araignée, et il s’avère également que la tariqah chadhiliyyah du chaykh Abou l-Haçan ach-Chadhiliyy est totalement innocente de cela, et celui qui attribue cela au chaykh Abou l-Haçan l’aura calomnié.

وتبين أيضًا بطلان ما ذكره الأمير والباجوري في حاشيتهما على جوهرة التوحيد حيث قال الباجوري (4) : « ينبغي للمريض أن يقول « ءاه » لأنه ورد أنه اسم من أسمائه تعالى »، وذكر نحوه الأمير في شرحه على منظومة « غرامي صحيح » فليُحذر من ذلك.

Il s’avère également que ce qu’on mentionnait Al-‘Amir et Al-Bajouriyy en marge de jawharatou t-tawhid est infondé. Al-Bajouriyy a prétendu qu’il convient au malade de dire « ah » parce que c’est rapporté que se serait un nom de Dieu. Al-‘Amir a dit ce qui est de cet ordre dans son livre غرامي صحيح , que l’on prenne garde à cela.

فبعد هذا ماذا بقي للمتشبث بهذا الرأي الفاسد بعد هذا إلا العناد.

Après tout ce qui vient d’être indiqué, celui qui ne veut pas en démordre, il ne lui reste que l’entêtement.


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(1) تاج العروس 9/376 ـ 377.
(2) لسان العرب 13/472 ـ 473.
(3) المصباح المنير ص/31.
(4) شرح جوهرة التوحيد ص/157.

رد شبهات


ـ الشبهة الأولى : ادعى بعض جهلة الصوفية أن هذا الحديث الموضوع اتفق الصوفية على العمل به وأيضًا صح كشفًا وإلهامًا.

La réplique aux arguments fallacieux

La première tentative fallacieuse : Certains ignorants faux soufi ont prétendu que ce hadith fomenté se sont accordés à l’appliquer et ils ont également prétendu que selon eux le hadith serait authentifié par le dévoilement d’un saint.

والجواب: أن أحكام الشريعة الإسلامية أربعة: الكتاب العزيز، والسنة النبوية الثابتة، والإجماع، القياس،

La réponse : Les sources de la chari^ah islamique sont au nombre de quatre : le livre éminent, la sounnah prophétique authentique, l’unanimité, et l’analogie.

والمراد بالإجماع اتفاق أئمة المجتهدين في أي عصر على حكم، فلو سلَمنا جدلا كما يزعم البعض أن الصوفية اتفقوا على العمل به ـ وهذا كذب وافتراء عليهم ـ

Ce qui est visé par l’unanimité il s’agit de l’accord des imams moujtahid sur un jugement à une époque donné, si on supposait que les soufis s’étaient accordés à le mettre en œuvre tout en sachant que c’est un mensonge et une calomnie à leur encontre.

فالجواب: أنه لا حجة في اتفاقهم دون غيرهم لا سيما ولم يكن لهم دليل من هذه الأربعة فلا يكون اتفاقهم بمجرده إجماعًا علمًا أن هذا افتراء على الصوفية

La réponse est que le consensus des soufis ne constitue pas un argument dans la religion, leur accord sans autre qu’eux n’est pas une preuve à partir des quatre sources. Ainsi l’accord des soufis seul ne constitue pas une unanimité, tout en sachant que c’est une calomnie à l’égard des soufis.

ونحن نرى أصحاب الطرق المختلفة لا يذكرون بهذه اللفظة المنكرة ما عدا أولئك الذين انتحلوا لأنفسهم لقب الشاذلية وانتسبوا إلى الشيخ أبي الحسن الشاذلي رضي الله عنه المبرأ عن مثل هذه البدعة القبيحة لعدم ثبوته في شيء من كلامه ولا كلام أتباعه المعترف بجلالتهم في العلم والعمل كتلميذه أبي العباس المرسي رضي الله عنه وغيره علمًا أن هذه اللفظة ليست مستعملة عند كل من ينتسب إلى الشاذلية كما قدمنا من إنكار الشيخ ظافر المدني شيخ الشاذلية في المدينة المنورة لهذه الكلمة،

Nous observons que ceux qui suivent les différentes voies soufis n’évoquent pas Dieu par cette expression blâmable, hormis ceux qui ont usurpé l’appellation de chadhiliyyah et qui se sont réclamés du chaykh Abou l-Haçan Ach-Chadhiliyy que Dieu l’agrée, qui est innocent de pareil innovation blâmable. Comment avons-nous su qu’il est innocent ? Car cela n’a pas été confirmé dans une des paroles rapportées de lui, ni dans la parole de ceux qui le suivent dont le haut degré dans la science et les œuvres est reconnu comme Abou l-^Abbas et autre que lui, tout en sachant que ce terme n’est pas utilisé par tous ceux qui se réclament de la voie Chadhiliyy, comme nous avions indiqué que le chaykh Dhafir Al-Madaniyy avait blâmé ceux qui évoquent Dieu par l’expression « ah ».

وأيضًا شاذلية اليمن لا يستعملونها، وأيضًا عند شاذلية الشيخ حسنين الحصافي المصري وهم كثيرون منتشرون في البلاد.

Il y a aussi les chadhiliyy du Yémen qui n’utilisent pas « ah » pour nommer Dieu, également selon le chaykh chadhiliyy Houçayn Al-Housafiyy.

Utilité : ​​​​

دُعاءٌ عظيمٌ لِذهاب الهِمّ والحزن

رَوَى ابنُ حِبّانَ في صَحِيحِه والبيهقيُّ والطَّبرانيُّ وأحمدُ وغيرُهُم عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ الله عنهُ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «مَا قَالَ عَبْدٌ قَطُّ إِذَا أَصَابَهُ هَمٌّ أَوْ حُزْنٌ:

)) اللَّهُمَّ إِنِّي عَبْدُكَ ابْنُ عَبْدِكَ ابْنُ أَمَتِكَ، نَاصِيَتِي بِيَدِكَ، مَاضٍ فِيَّ حُكْمُكَ، عَدْلٌ فِيَّ قَضَاؤُكَ، أَسْأَلُكَ بِكُلِّ اسْمٍ هُوَ لَكَ سَمَّيْتَ بِهِ نَفْسَكَ، أَوْ أَنْزَلْتَهُ فِي كِتَابِكَ، أَوْ عَلَّمْتَهُ أَحَدًا مِنْ خَلْقِكَ، أَوِ اسْتَأْثَرْتَ بِهِ فِي عِلْمِ الْغَيْبِ عِنْدَكَ، أَنْ تَجْعَلَ الْقُرْءَانَ رَبِيعَ قَلْبِي، وَنُورَ بَصَرِي، وَجِلَاءَ حُزْنِي، وَذَهَابَ هَمِّي إِلَّا أَذْهَبَ اللَّهُ هَمَّهُ وَأَبْدَلَهُ مَكَانَ حُزْنِهِ فَرَحًا ((

اللهمّ فقهنا فـــي الدّين واجعلنا خــدّامًا له ءامين​​​​

Invocation pour dissiper le tourment :

Ibnou Hibban, d’après ibnou Mas^oud que le Prophète a dit :

)) اللَّهُمَّ إِنِّي عَبْدُكَ ابْنُ عَبْدِكَ ابْنُ أَمَتِكَ، نَاصِيَتِي بِيَدِكَ، مَاضٍ فِيَّ حُكْمُكَ، عَدْلٌ فِيَّ قَضَاؤُكَ، أَسْأَلُكَ بِكُلِّ اسْمٍ هُوَ لَكَ سَمَّيْتَ بِهِ نَفْسَكَ، أَوْ أَنْزَلْتَهُ فِي كِتَابِكَ، أَوْ عَلَّمْتَهُ أَحَدًا مِنْ خَلْقِكَ، أَوِ اسْتَأْثَرْتَ بِهِ فِي عِلْمِ الْغَيْبِ عِنْدَكَ، أَنْ تَجْعَلَ الْقُرْءَانَ رَبِيعَ قَلْبِي، وَنُورَ بَصَرِي، وَجِلَاءَ حُزْنِي، وَذَهَابَ هَمِّي إِلَّا أَذْهَبَ اللَّهُ هَمَّهُ وَأَبْدَلَهُ مَكَانَ حُزْنِهِ فَرَحًا ((

ce qui signifie : « Ô Allah je suis ton esclave fils de ton esclave homme et fils de ton esclave femme, je suis totalement sous ta puissance et ta volonté, ce que tu prédestines à mon sujet se réalise et c’est juste. Je te demande par tout nom qui est le tient que Tu nous as informé qu’il est ton nom, ou que tu as fait descendre par révélation dans ton livre ou que Tu as enseigné à l’un de tes créatures, ou que Tu ne nous as pas informé qu’il est le tien. Fais que le Qour’an soit un printemps pour mon cœur, et une lumière pour ma vue et une cause de dissipation pour mon chagrin, et une cause pour que mon tourment s’estompe. S’il dit cela Dieu fait partir son tourment et change par une joie. »`

02/11/23 :

وكان الشيخ محمود حجازي أحد رؤساء الشاذلية وتلميذه الشيخ المحروقي يدافع عن هذه الكلمة بشدة حتى استفتى مفتي الديار المصرية الشيخ محمد بخيت المطيعي رحمه الله فأفتاه بتحريم الذكر بها فرجع الشيخ محمود حجازي عن القول بها وألّف رسالة سماها: « التفصيل الواضح في الرد على تغيير أهل الطريق الفاضح » وعقد لذلك فيها بابًا فقال: « باب رفض اسمية ءاه لله تعالى ».

Le chaykh Mahmoud Hijaziyy est un des représentants des chadhiliyyah et son élève le chaykh Al-Mahrouqi défendait fermement l’usage du terme « ah » pour évoquer Dieu, jusqu’à ce qu’il ait demandé le jugement au moufti d’Egypte, le chaykh Mouhammad Boukhit Al-Mouti^iyy et il a dit qu’il était interdit d’évoquer Dieu par ce terme. Alors le chaykh Mahmoud Hijaziyy est revenu sur ce qu’il disait et il a composé une épitre « At-Tafsilou l-Wadih fi r-raddi ^ala taghyiri ahli ttariqou l-fadih » et il en a consacré un chapitre particulier qu’il a nommé « babou rafdin ismiyyati « ah » li l-Lahi ta^ala » afin d’interdire d’appeler Allah par le terme « ah ».

ثم ليس مجرد الكشف أو الإلهام حجة شرعية يثبت بها حكم من أحكام الدين فلا تثبت الأحكام الشرعية بالكشف وأنه لو فـُتح هذا الباب لتخالفت الأحكام وكثر المدعون لذا أوجب أئمة التصوف الحقيقي عرضَ كل كشف يراد العمل به على الكتاب والسنة كما هو مسطور في كتب القوم، فأي كشف وافق أصول الشريعة يُعتد به وما لا فلا.

Par ailleurs, le simple dévoilement et la simple inspiration ne constituent pas des arguments dans la loi par lesquels seraient confirmés un jugement dans la religion. Les jugements de la religion ne sont pas confirmés par un dévoilement, car si cela était possible, les jugements se seraient contradictoires, et les usurpateurs nombreux, c’est pour cela les imams du tasawwouf véritable ont considéré qu’il fallait exposer chaque dévoilement qu’on voulait mettre en pratique au Livre et à la sounnah c’est-à-dire lui trouver un jugement en conformité avec le Qour’an et le hadith et s’il n’est pas conforme il n’est pas pris en considération, tout comme cela est mentionné dans les livres par les maitres soufis. Ainsi tout dévoilement en accord avec les fondements de la loi est pris en considération et ce qui ne l’est pas est rejeté.

وقولهم هذا أضل كثيرًا من أدعياء التصوف بمخالفتهم لأصول الشريعة وخالفوا القوم فأتَوا بأمور منكرة بدعوى أنها تثبت لديهم بالكشف أو الإلهام وقد علمتَ أن الكشف والإلهام ليسا حجة شرعية فكيف إذا انضم إلى ذلك جهلهم وكذبهم في تلك الدعوى،

Et leur affirmation que ce hadith aurait été authentifié par dévoilement a été la cause de l’égarement de beaucoup de ceux qui prétendent le tasawwouf, en contredisant les fondements de la loi. Ils ont contredit les maitres soufis et amené des choses blâmables en prétendant qu’elles seraient confirmées par dévoilement ou inspiration.

Et tu auras su que le dévoilement et l’inspiration ne constituent pas des preuves légales et que dire s’il se rajoute à cela leur ignorance et leur mensonge dans leur prétention car il n’y a pas eu de dévoilement à ce sujet le saint est sur la droiture il n’a pas de dévoilement contraire à la religion.

وقد شنع الشيخ الفقيه الصوفي محمد علّيش المالكي في أوائل فتاويه تشنيعًا شديدًا على جهلة الصوفية القائلين بمثل هذا القول مدعين أنهم أهلُ الحقيقة والفقهاء أهل الظاهر

Le chaykh Mouhammad ^Illaych Al-Malikiyy le jurisconsulte le soufi a fortement blâmé au début de son livre Al-Fatawi les ignorants prétendus soufis qui prétendent de telles paroles en prétendant qu’ils seraient eux les gens de la vérité et que les jurisconsultes seraient des gens des lois apparentes.

ولجهلهم لم يعلموا أن الحقيقة لا تخالف الشريعة وأن ما يسميه القوم بالحقيقة هو عبارة عن معارف وأسرار يُلهَمُها من أتقن الشريعة علمًا وعملا فما دامت لا تأباها الشريعة فهي مقبولة ومعتبرة،

Et à cause de leur ignorance, ils n’ont pas su que la vérité le fond des choses n’est pas en contradiction avec les lois apparentes, et ce que les maitres soufis désignent par le terme « haqiqah » désigne un ensemble de connaissances et de secrets qui sont inspirés à celui qui maitrise la loi en termes de science et de pratique, et tant que cette « haqiqah » n’est pas rejeté par la loi, alors elle est acceptée et prise en considération.

قال الشيخ مصطفى البكري في ألفيته:

ومَن يُخالف فِعلـُه الشريعَه ~ فذاك في مَهَامه القطيعَه
إذ كلُ مـَن حالفهـا صِدّيـق ~ وكل من خالفهـا زنديـق
وجاهلُ يَفـْرُقُ ما بينهما ~ وليس يمكن انفكاكٌ عنهما

Et le chaykh Moustafa Al-Bakriyy dans sa Alfiyah a dit :

« Celui dont l’acte contredit la loi, c’est un errant et son errance amène une rupture avec nous,

Car tous ceux qui s’allient à la loi est un véridique, et tous ceux qui la contredise est un hypocrite,

L’ignorant est celui distingue entre les deux (al-haqiqah et la loi), car ce n’est pas possible que l’un se détache de l’autre. »

فتبين أن ضلالات أدعياء التصوف المدعين للولاية بمقالهم أو حالهم مصادرها ثلاث: دعوى مخالفة الحقيقة للشريعة، وزعم حجية الكشف أو الإلهام في الدين، والاغترار بأحاديث مكذوبة غير ثابتة عن نبينا المصطفى صلى الله عليه وسلم.

Il s’avère que les égarements de ceux qui prétendent le tasawwouf et la sainteté soit par leur parole soit par leur état pour faire croire qu’il est un saint comme Al-Hallaj, il cachait un aquarium et lorsqu’il voyait quelqu’un qui habitait loin de la mer il disait que veux-tu ? et l’autre disait un poisson et il en ramenait un pour faire croire en un prodige. Les savants disent même si tu vois quelqu’un marchait dans l’air, pèse selon la conformité de la loi il est possible que le diable l’aide, ce qui compte c’est la loi ont trois sources : leur prétention que la haqiqah serait contraire à la loi, leur prétention que le dévoilement ou l’inspiration seraient des arguments dans la religion, et le fait d’être induit en erreur par des hadiths mensongers non authentifier de notre prophète élu صلَّى الله عليه وسلم.

16/11/23 :

-الشبهة الثانية :ظن هؤلاء المتصوفة من شدة جهلهم أن معنى أوّاه في قوله تعالى: ((إن إبراهيمَ لأوّاهٌ حليم)) [سورة التوبة] أن إبراهيم كان يذكر بلفظ ءاه والجواب: ان هذا غير صحيح فإن الأواه من يُظهر خشية الله تعالى كما ذكر الراغب الأصفهاني في المفردات (1)، وهو كناية عن رقة قلبه وشدة رحمته، وقد صح عن ابن مسعود رضي الله عنه أنه قال: « الأواه: الرحيم »، رواه ابن أبي حاتم (2) بإسناد حسن (3). 

La deuxième tentative fallacieuse :  Ces gens qui se prétendent soufis, tellement ils sont ignorants qu’ils ont pensé que le sens de « awwah » dans la sourate At-Tawbah / 114 voulait dire celui qui dit « ah ». La réponse est que c’est faux, « Al-‘awwah » c’est celui qui manifeste la crainte envers Dieu comme l’a dit Ar-Raghib Al-Asfahaniyy de perse dans Al-Moufradat, en d’autres termes c’est l’indication de la douceur du cœur et l’extrême miséricorde, et il a été confirmé de ibnou Mas^oud que Dieu l’agrée qu’il a dit : « Al-‘awwah » c’est ar-rahim–le miséricordieux » comme cela est rapporté de ibnou Abi Hatim dans son livre tafsirou l-Qour’an, avec une bonne chaine de transmission comme l’a jugé le Hafidh ibnou Hajar dans Fathou l-Bari.

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1. المفردات في غريب القرءان ص/32.

2. تفسير القرءان لابن أبي حاتم 6/1896.

3. حسّنه الحافظ ابن حجر في فتح الباري 6/389.

ـ الشبهة الثالثة: زعم بعضهم (1) من شدة الغلو أن هذا الحديث رواه البخاري ومسلم والترمذي وعزا ذلك لشرح العزيزي وهذا افتراء فإن هذا الحديث الموضوع لا وجود له في الصحيحين ولا في الترمذي ولا في بقية الكتب الستة ولا في غيرها مما هو مَظِنـّة الصحيح أو الحسن فضلاً عن شرح الجامع الصغير للعزيزي وإنما هو في الجامع الصغير للسيوطي معزوًا إلى الرافعي في تاريخ قزوين ولو كان في شيء من هذه الكتب لعزاه إليه فإنها أقوى بدرجات من تاريخ قزوين وسائر كتب التاريخ

La troisième tentative fallacieuse :  Certains ont prétendu tellement ils font preuve d’outrance ont prétendu que ce hadith aurait été rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim et At-Tirmidhiyy et ils attribuent cela au charh de Al-^Aziziyy et ceci est une calomnie, et ce hadith mensonger n’existe pas dans les deux sahih ni dans At-Tirmidhiyy, ni dans le reste des six livres, ni dans d’autres livres dont on pense qu’ils sont sahih ou haçan, et ne figure pas non plus dans le charh  Al-Jamii^ As-Saghiir de Al-^Aziiziyy, mais il figure dans Al-Jaami^As-Saghiir qui est l’abrégé de Jaami^ou l-Kabiir de As-Souyoutiyy qui fait allusion que ce hadith figure dans Taarikh Qazwiiniyy.

Et si ce hadith figurerait dans l’un des livres authentiques, As-Souyoutiyy l’aurait mentionné car c’est livre sont d’un degré plus élevé que Taarikh Qazwiiniyy et le reste des livres d’histoire

فقد ذكر السيوطي في فاتحة جامعه الكبير الذي اختصر منه الجامع الصغير أن كل ما يعزوه فيه إلى كتب التاريخ فهو ضعيف. 

As-Souyoutiyy a mentionné dans le préambule Jaami^Al-Kabiir que tous ce qu’il rapportera comme hadith issu de livre d’histoire comme taarikh Qazwiiniyy.

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1. مجلة الإسلام ـ السنة الخامسة ـ العدد 33 ـ ص/33 ـ 34.

ـ الشبهة الرابعة: افترى بعض المتعصبين من جهلة الشاذلية فادعوا أن « ءاه » قال بها جمهور العلماء، والجواب: أن هذا من أعاجيب الفِرى ويرده ما نص عليه العلماء من أن أسماءه تعالى توقيفية يتوقف ثبوتها على القرءان والحديث الثابت

La quatrième tentative fallacieuse : Certains fanatiques de la tariqah Ach-Chadhiliyyah prétendent que « ah » serait un des noms de Allah par la majorité des savants.

La réponse est que c’est une des plus surprenantes calomnies, et ce qui est une réplique à cela est que les noms de Dieu sont tawqifiyyah c’est-à-dire confirmé par les textes du verbe yatawaqqafou dépendre, ils dépendent de leur confirmations dans le Qour’an et le hadith confirmé.

ولا نعلم بل لا يجدون عالمًا معتبرًا يُقتدى به في الوفاق والخلاف بأن يكون مجتهدًا أو ناقلاً عن مجتهد ذهب إلى اسمية « ءاه » اللهم إلا ما وقع في شرح « غرامي صحيح » للأمير، وفي حاشية جوهرة التوحيد للأمير والباجوري وقد أسلفنا أنه لا تقوم به حجة.

Et nous n’avons pas connaissance et ils ne trouveront aucun savant digne de considération, que l’on puisse prendre comme modèle concernant les avis concordants et divergents c’est-à-dire un moujtahid ou quelqu’un qui rapporte d’un moujtahid qui ait dit que « ah » serait un nom de Dieu hormis ce qui a figuré dans le commentaire du livre gharaamiyy sahih de Al-‘Amir et dans la Haachiyah de Jawharatou t-tawhid de Al-Amiir et Al-Baajouuriyy,et nous avons précédemment indiqué qu’ils ne constituent pas des preuves.

الخاتمة

عُلم مما تقدم أنه لا يجوز الذكر بلفظ « ءاه » ولا بنحوه فمن أراد أن يذكر الله تعالى فليذكره بما هو ثابت في القرءان الكريم والسنة النبوية الشريفة قال الله تعالى: ((ولله الأسماء الحسنى فادعوه بها وذروا الذين يُلحدون في أسمائه)) [سورة الأعراف/180]. قال الإمام أبو الحسن الأشعري رضي الله عنه: « لا يجوز تسمية الله إلا بما ورد في الكتاب والسنة الصحيحة » اهـ، وقال أبو بكر الباقلاني تلميذ الأشعري: « ما أطلق الله على نفسه أطلقناه عليه وما لا فلا » اهـ. 

Conclusion

On a su de ce qui a précédé qu’il n’est pas permis d’évoquer Dieu par le terme « ah » ni par des termes du même ordre, celui qui veut évoquer Dieu qu’il L’évoque par ce qui est authentique dans le Qour’an honoré et la sounnah authentique. Allah ta^ala dit :

Ce qui signifie : « Allah a les noms qui indiquent la perfection, évoquez-le par ses noms-là, et délaissez ceux qui modifient ces noms. »

L’imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Dieu l’agrée a dit : « Il n’est permis de nommer Dieu que par ce qui est parvenu dans le Livre et la sounnah authentique », et son élève Abou Bakr Al-Baqillaniyy a dit : « Ce que Dieu nous a appris comme étant son nom, nous l’employons à Son sujet, et inversement. » c’est-à-dire que ce qu’Il ne nous a pas appris comme étant son nom nous ne l’employons pas à son sujet.

قال الحافظ أحمد الغماري في المداوي ما نصه (1) : « بعض الشاذلية بمصر يستدلون بهذا الحديث على الذكر الذي يذكرون به ويسمونه اسم الصدر وهو ءاه ءاه والحديث كما ترى، وقد كان شيخنا أبو ثابت محمد بخيت المطيعي المصري رحمه الله سُئل عن الذكر بهذا الاسم فشرع في الجواب بإبطاله وإبطال كون ءاه اسمًا من أسماء الله تعالى إلا أنه توقف في الجواب ولم يمضه لتوقفه في الحديث وعدم اهتدائه للجواب عنه لظنه أنه ثابت فاتفق أني زرته يومًا مع حفيد الشيخ الفاسي المكي وأصحابه هم الذين يذكرون بذلك الاسم

Le Hafidh Ahmad Al-Ghoummariyy a dit dans Al-Moudawiyy : « Certains chadhiliyy en Egypte s’appuient sur ce hadith pour le dhikr qu’ils font et l’appellent le nom issu de la poitrine, et le hadiht est tel que tu vois, et notre chaykh Abou Thaabit Mouhammad Bakhiit Al-Mouti^iyy Al-Misriyy a été interrogé à propos du dhikr avec ce nom et il a commencé à répliquer pour l’annuler et prouver que « aah » n’est pas un nom de Allah, sauf qu’il s’est arrêté dans sa réplique et n’a pas terminé car il s’est arrêté au niveau du hadith et n’a pas su y répondre car il pensait qu’il était authentique. Il est arrivé que je sois parti le rendre visite un jour avec le ptit fils du chaykh Al-Faasiyy Al-Makkiyy alors que ce sont ses compagnons qui évoquent par ce nom-là.

فلما استقر بنا المجلس وعرّفتُ الشيخ أن الذي معي هو حفيد الشيخ الفاسي فقال له: هل لا زلتم تذكرون باسم ءاه؟ فقال له: نعم، فشرع ـ يعني الشيخ المطيعي ـ يتكلم عليه وذكر أنه سئل عنه وأنه أجاب بالإبطال إلا أنه توقف في الحديث وذكر عن الحفني كلامًا نسيته الآن فبادرته وقلت له: إن الحديث غير صحيح،

Lorsque j’étais en plein milieu de l’assemblée et que j’ai présenté que e chaykh qui était avec moi était le petit fils du chaykh Al-Faasiyy, il lui a dit : « Est-ce que vous évoquez toujours avec le nom “ aah“ », il lui a répondu : « oui », alors le chaykh Al-Mouti^iyy s’est mis à parler de ce sujet et il a dit qu’il avait été interroger à ce propos, et il avait dit que ce n’était pas correcte mais qu’il s’était arrêté au niveau du hadith et il a rapporté des paroles de Al-Hafniyy, des paroles que j’ai oublié maintenant. Alors je lui ai dit : « Le hadith n’est pas authentique », et lorsqu’il a entendu cela de ma part il a failli s’envoler de joie et il a été délivré d’un grand tourment à propos du hadith et il m’a demandé de lui écrire l’indication de la faiblesse de ce hadith afin qu’il s’appuie dessus.

فلما سمع مني هذا طار فرحًا وفـُرِجَ عنه همٌ كبير من جهة الحديث وطلب مني أن أكتب له بيان ضعفه ليعتمد عليه في الجواب، فلما خرجنا من عنده طلب مني حفيد الفاسي ألا أذكر له ذلك لئلا يتجيش بفتواه أعداؤهم عليهم، فتشاغلت عنه مدة لا لكلام الفاسي فكتب إليّ كتابًا مع قيّم خزانته يستحثني فيه على الجواب عن الحديث وأرسل معه نسخة من حاشيته على شرح الإسنوي على منهاج البيضاوي فكتبت له بيان وضعه وعدم صحته (2) ودفعته للقيّم وقلت له: إذا تم تأليف الشيخ في الجواب عن المسئلة فليتحفنا منه بنسخة، فلما مضت على ذلك نحو خمسة عشر يومًا لم يُرِعْنا إلا خبر وفاته وذلك في منتصف شعبان سنة أربع وخمسين وثلاثمائة وألف » » اهـ.

Quand nous sommes sortis de chez lui, le petit fils de Al-Faasii m’a demandé de ne pas lui donner cela, pour que leurs ennemis ne se renforcent pas contre eux grâce à sa fatwa. J’ai été détourné du sujet pendant un certain temps mais pas en raison de ce que m’a dit Al-Faasii, il m’a alors écrit une lettre par l’intermédiaire du responsable de sa bibliothèque pour m’inciter à répliquer à ce hadith et il a envoyé une copie de sa Haachiyah–émargement sur le commentaire de Al-Isnawiyy sur le minhaaj de Al-BayDaawiyy c’était un cadeau qu’il lui a offert, en retour, je lui ai écrit l’indication de son caractère mensonger et qui n’est pas authentique ce livre de Al-Ghoumariyy a été imprimé à Bayrouth, son nom est Al-Haniin biwaD^i hadiithi l-‘aniin et je lui ai dit c’est-à-dire au responsable de la bibliothèque : « Si le chaykh termine la réplique à ce sujet qu’il nous égaye le cœur en nous offrant une copie. »

Environ quinze jours plus tard, nous avons eu la nouvelle de son décès c’était à la mi cha^ban de l’an 1354 c’était il y a quatre-vingt-dix ans. » Fin de citation

23/11/23 :

وقد أفتى شيخ الأزهر الشيخ سليم البشري المالكي فتوتين بتحريم الذكر بهذا اللفظ (3) وبلفظ « أح أح » وكذا بلفظ « لا إله إلا الله » بمد هاء كلمة إله، أو بلفظ من يشبع همزة إله مع مدها فيتولد عنها ياء، أو بلفظ إثبات ومد همزة لفظ الجلالة فتصير كالاستفهام، حتى إنه أفتى بتحريم حضور مجالسهم ويجب تغيير ذلك باليد لمن قدر فإن لم يقدر باليد فباللسان فإن لم يقدر فبالقلب

Le chaykh de Al-Azhar Salim Al-Bichriyy Al-Malikiyy a émis deux avis de jurisprudence dans lesquels il affirme l’interdiction de mentionner Dieu par cette expression « ah » et « ah ah », également il a dit qu’il est interdit de dire l’expression « لا إله إلا الله » si le ha de ilaaha est prolongé. Certains pour suivre une mélodie pour embellir il récite faux, c’est de réciter correctement qui compte, également il a dit qu’il est interdit de prolonger le i de ilaha en disant iilaha, ou encore au lieu de dire « لا إله إلا الله » ils disent : laa ilaaha illa aallaah, il a même dit qu’il est interdit d’assiter à leur assemblée, et c’est un devoir de faire cesser cela par la main pour celui qui est capable, sinon par la langue, s’il ne peut pas il doit rejeter par le cœur.

فقال في الأولى: « لا يكون الذكر إلا كما ورد في القرءان المجيد والسنة المطهرة ولا فرق بين الشريعة والحقيقة لأن الحقيقة ما جاءت إلا من الشرع، وأما « ءاه » فلم تثبت من طريق صحيح أنه اسم من أسمائه تعالى، ولم تضِق أسماء الله عن الذكر بها حتى يذكر بغيرها »،

Dans la première fatwa il dit : « Le dhikr ne peut avoir lieu que par ce qui est parvenu dans le Qour’an glorieux et la sounnah pure et il n’y a pas de différence entre la chari^ah et la haqiqah par ce que Al-Haqiqah n’est issue que de la loi, or il n’a pas été authentifié avec une chaine valide que « ah » est un nom de Dieu, et les noms de Allah ne sont pas réduits pour qu’on puisse faire du dhikr au point d’évoquer par d’autres noms.

وجاء في الثانية: « وكل هذا مخالف لما نطق به رسول الله صلى الله عليه وسلم، وتارة يزعمون أنهم انجذبوا فيأكلون بعض حروف هذه الكلمة ويحرفونها، وربما لم تسمع إلا أصواتـًا ساذجة أو شيئـًا يشبه نهيق الحمار أو هدير الطائر، ويرحم الله الأخضري حيث قال في منظومته فيهم: 

Dans la deuxième fatwa il dit : « Et tout cela est en contradiction avec la voie du Messager de Allah, et parfois ils prétendent qu’ils ont été majdhoub, ceci arrive à certains saint par amour pour Dieu  qu’ils deviennent comme fou, majdhoub signifie tirer littéralement tirer vers l’amour de Dieu, et se mettent à ne pas prononcer certaines lettres et déforme le mot, et il est possible que tu n’entendes que des sons stupides ou quelque chose qui ressemble au braiment de l’âne, ou le roucoulement d’un oiseau, que Dieu fasse miséricorde à Al-Akhdariyy puisqu’il a composé un poème à leur sujet :

ويَنبَحون النبـحَ كالكلابِ = طريقـُهم ليست على الصوابِ

ولـيس فيهم مِن فتـًى مُطيعِ = فـلـعـنـةُ اللـه على الجميـعِ

C’est-à-dire : « Et ils aboient de l’aboiement des chiens, Leur voie n’est pas correcte,

Et il n’y a pas parmi eux quelqu’un obéissant à Dieu, Que Dieu les maudisse tous. »

نعم المأخوذ عن حسه الغائب عن نفسه كل ما جرى على لسانه لا لوم عليه إنما كلامنا في الذين يتعمدون ذلك وهم باختيارهم ولم يخرجوا عن حد التكليف فهؤلاء يخشى عليهم من تقطيع أسماء الله وتحريف أذكاره إنهم يذكرونه وهي تلعنهم على حد ما ورد: « رب قارئ للقرءان والقرءانُ يلعنه » اهـ. 

Oui il est vrai que celui qui a été dépourvu de ses sens qui a perdu sa conscience, tout ce qui sort de sa bouche il n’en est pas blâmé, mais nous nous parlons de ceux qui le font délibérément, ceux qui ne sont pas sortis de la responsabilité, ceux-là ont craint d’eux par leur décomposition des noms de Dieu et leur déformation de son évocation, qu’ils pensent L’évoquer alors que les paroles qu’ils disent les maudissent tout comme cela est parvenu du hadith :

رب قارئ للقرءان والقرءانُ يلعنه

Ce qui signifie : « Combien de ceux qui récite le Qour’an et le Qour’an les maudit » soit en raison de leur mauvaise récitation, soit parce qu’ils font parties de ceux qui ont été maudit dans certains versets.

وللشيخ محمد أبي الفضل شيخ الأزهر فتوتان بالتحريم الأولى موجزة أجاب بها سؤالا رُفع إليه إذ كان شيخ علماء الإسكندرية والأخرى مسهبة أجاب بها سؤالا رُفع إليه وهو شيخ الأزهر (4).

Quant au chaykh Mouhammad Abou l-Fadl Al-‘Azhar avait aussi deux fatwa d’interdiction d’évoquer avec le nom « ah », la première était concise par laquelle il a répondu à une question qui lui a été posé. Il a été rapporté qu’un sultan ottoman a demandé qu’on l’enterre avec une boite, et lorsqu’on a ouvert la boite il y avait la réponse des savants des questions qu’il avait posé aux savants, les savant ont dit : Il a été sauvé car il a posé des questions et a agi selon la réponse des savants et nous qu’est-ce qu’on va dire. » Il était avant cela le chaykh de Alexandrie et la deuxième fatwa était plus détaillée par laquelle il avait répondu à une question posée alors qu’il était devenu le chaykh à Al-Azhar.

وللشيخ مصطفى بن حسن العسيلي العدوي رسالة طبعت قديمًا متضمنة للإجابة عن أسئلة رفعت إليه بشأن مد هاء « إله » من كلمة التوحيد والذكر بلفظ « ءاه » قرر فيها منع الأمرين بأدلة واضحة وقد جاء فيها ما نصه (5) : « وأما قول المحرف المعاند إنه موجود في كتب الشاذلية ما يدل على جواز الذكر بلفظ « ءاه » إلخ فالعجب ثم العجب من قوم يزعمون أنهم يذكرون ربهم ويعظمونه ويرضون بأفعاله ويأتون بلفظ « ءاه » وهو موضوع للتشكي أو التوجع » اهـ

De même le chaykh Moustafa ibnou Haçan Al-^Ousayliyy Al-‘^Adawiyy, il a une épitre qui a été imprimé par le passé et qui comporte la réponse à des questions qui lui ont été posé à propos de la prolongation du ha dans le terme « ‘ilaha » et l’évocation avec le terme « ah », et dans laquelle il a décrété l’interdiction des deux par des preuves claires, et parmi ce qui y a été mentionné il y a ce qui suit : « Quant à la parole du déformateur, on était qu’il existe dans les livre des chadhiliyyah ce qui prouve le caractère permis d’évoquer avec le terme « ah » etc, il est surprenant et encore plus surprenant de la part de personnes qui prétendent évoquer leur Seigneur et Le glorifier, et qu’ils acceptent Sa prédestination, puis emploient le terme « ah » qui est définit pour exprimer la plainte ou la douleur. »

واستدل على هذا بكلام ابن الأثير في النهاية وبكلمة المصباح والمختار والقاموس ثم قال: « فقد أجمع اللغويون وشارحو الحديث على أن لفظ « ءاه » موضوع للتشكي أو التوجع

فكيف يليق بقوم يزعمون أنهم يعبدون ربهم ويتقربون إليه بأسمائه أن يذكروه بكلمة الشكاية أو التوجع ويستدلون على ذلك بأشياء هي أوهى من بيت العنكبوت وما نقل أن أحدًا من السلف الصالح ذكر ربه بذلك قط » انتهى كلامه. 

Puis il a argumenté ce qu’il dit par la parole de ibnou l-‘Athiir dans An-Nihaayah et la parole de Al-Misbar, de Al-Moukhtar et de Al-Qamous, puis il a dit : « Les spécialistes de la langue ont été unanime tout comme les commentateurs de hadith que le terme « ah » est un terme usité pour exprimer la plainte ou la douleur. Comment sied-t-il à des gens qui prétendent adorer leur Seigneur de l’évoquer avec un terme exprimant la plainte ou la douleur, et prétendent argumenter cela par des arguments plus fragile qu’une toile d’araignée, et il n’a pas été rapporté d’aucun des salafs vertueux aient évoqué Dieu par ce terme. » Fin de citation

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1 – المداوي لعلل المناوي 4/36-37.

2 – هو كتابه المسمى: « الحنين بوضع حديث الأنين »، طبع حديثـًا في بيروت. 

3- مجلة الإسلام ـ السنة السادسة ـ العدد 13 ـ ص/25، ونقل الشيخ محمود خطاب السبكي في كتابه مختصر كتاب أعذب المسالك المحمودية     إلى منهج السادة الصوفية ص/422 ـ 429 نص السؤال الوارد على الشيخ سليم البشري ونص الجواب. 

4 – مجلة الإسلام – السنة السادسة العدد 13 – ص/25. 

5 – مجلة الإسلام ـ السنة السادسة العدد 21 ـ ص/20

30/11/23 :

Le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : L’assemblée dans laquelle on met en garde contre les gens de l’égarement, sa récompense est supérieure à la récompense de la veillée toute la nuit pour l’accomplissement des prières surérogatoires avec le khouchou^ jusqu’à l’aube.

Le mise en garde contre les gens de l’égarement à notre époque vaut mieux que de construire mille mosquées. Celui qui met en garde contre les gens de l’égarement, sa récompense selon le jugement de Dieu est comme celle du moujahid qui fait le jihad contre les mécréants avec son épée. Dans certaines situation, sa récompense sera plus éminente que celle du moujahid.

Les savants du salaf qui étaient au deuxième siècles de l’hégire ont dit au sujet de Ghaylan Ad-Dimachqiyy : « Exécutez cet homme est meilleur que de tuer mille mécréants parmi les turques. » A cette époque les turques n’étaient pas encore sous l’islam, et il en est ainsi véritablement. Le mécréant déclaré ne se réclament pas de l’islam, lorsqu’il parle avec les musulmans, ils ne vont pas prendre en compte ce qu’il dit au sujet de la religion vu qu’il n’est pas sur l’islam, quant à l’égaré qui se dit musulman et récite le Qour’an, mentionne des hadith son influence est rapide.

Celui qui à notre époque défend la croyance de Ahlou s-sounnah et la protège et la diffuse parmi les gens, il combat les groupes d’égarement et met en garde contre leurs mécréances, il ordonne le bien et interdit le mal, il s’attache à la voie de ahlou s-sounnah wa l-jama^ah, il aura la récompense de cinquante compagnons pour ce qui est d’ordonner le bien et d’interdire c’est-à-dire pour cette acte, preuve en est le hadith de Abou Tha^labah Al-Kouchaniyy rapporté par At-Tirmidhiyy, et sa récompense sera plus grande que celle de cent mille pèlerinages surérogatoires, et plus de récompenses que deux cents mille raka^ah surérogatoire, plus que la récompense que la construction de cinq cents mosquées lorsqu’il n’y a pas de nécessité à les construire, et plus de récompense que le fait de réciter cent fois la totalité du Qour’an, et s’il meurt dans son lit, il aura la récompense d’un martyr, et il aura au Paradis une étendue de cinquante mille années, et même s’il commettait certains grands péchés il lui seront pardonnés et il aura un haut degré au Paradis.

وقد أسلفنا أن الشيخ ظافرًا المدني شيخ شيوخ شاذلية عصره ابن الأستاذ الشيخ محمد ظافر المدني نص على عدم اسمية « ءاه » وحرمة الذكر به في رسالته المسماة: « الرسالة الظافرية في ءاداب الطريقة الشاذلية » وهي عظيمة الفائدة ومن جملة ما جاء فيها (1) : »وشروط الذكر عند من يلقنه معلومة وأوقاته معينة مرسومة ولكن لا يُلتفت لما عليه بعض زوايا الشاذلية من التحريف في « لا إله إلا الله » بمد هاء إله، ولا إلى الذكر بـ « هيْ » أو « ءاه » حيث لم يكن لذلك سند صحيح يعتمد عليه سوى أنه كان من بين رجال الطريق أشياخ مغاربة يغلب في لغتهم مد بعض الحروف المقصورة فكان يجري على ألسنتهم قهرًا لا قصدًا مد هاء إله من « لا إله إلا الله »

Et nous avons mentionné précédemment que le chaykh Dhafir Al-Madaniyy fils du chaykh Mouhammad Dhafir Al-Madaniyy le chaykh des chouyoukh des chadhiliyyah de son époque, il a énoncé que « ah » n’est pas un non de Dieu, et qu’il était interdit d’évoquer Dieu par ce nom dans une épitre appelée : « Ar-Riçalatou dh-Dhafiriyyah fi ‘Adabi t-Tariqati ch-Chadhiliyyah » qui comporte des utilités éminentes, et parmi ce qu’il a mentionné il y a : « Les conditions du dhikr pour celui qui les transmet sont connus et ses temps sont précis et déterminés et on ne prête pas attention à ce que font certaines zawiyah chadhiliyyah dans la déformation de la phrase la ilaha il-la l-Lah en prolongeant le ha de ilaha, ni en faisant le dhikr avec « hi » ou « ah » puisque cela n’a pas de chaine de transmission authentique fiable sur laquelle on peut se baser, sauf qu’il y a eu parmi les gens de la tariqah des chouyoukh du maghreb qui dans leurs dialectes prolongent certaines lettres courtes de sorte qu’ils disaient par erreur et non délibérément la prolongation du ha de ilaha dans « la ilaha il-la l-Lah».

فتبعهم في ذلك من تلقى عنهم، كما أن أصل الذكر بآه على اختلاف كيفية النطق به أنه كان مما يجري على ألسنة بعض الخواص أرباب الأحوال نحو ثلاث مرات في ءاخر نهضة من طبقة الذكر بالله الأخيرة ثم يجلس عقب ذلك فكان بعض المريدين يتبعهم في ذلك على سبيل التبرك ولكن أنكره كثير من العلماء المعول عليهم في الأحكام الشرعية المنتسبين لطريقتنا الشاذلية قائلين إنه لا يجوز اتباع أرباب الأحوال في حال كما لا يجوز قصر لام « الله » بحال في أي طبقة من طبقات الذكر مهما أسرع به الذاكر،

 Ils ont été suivis en cela par ceux qui ont pris la transmission d’eux tout comme à l’origine prétendre faire du dhikr avec « ah » quel que soit la manière de prononcer se produisait par langue de certains grands soufis qui perdaient leur conscience à trois reprises à la fin de la position debout la dernière fois que l’on évoque par Allah dans le wird, puis ils s’asseyaient après cela et certains mourid les suivaient en cela pour le tabarrouk, mais cela a été renié par nombreux de nos savants auxquels on se réfère pour les lois de la religion et qui se réclament de notre tariqah chadhiliyyah. Ils ont ainsi dit qu’il n’est pas permis de suivre ceux qui peuvent avoir le hal dans ce qu’ils font dans cet état, tout comme il n’est pas permis de raccourcir le lam de Allah en aucun cas et dans aucune des étapes du dhikr quel que soit la rapidité de celui qui fait le dhikr.

هذا هو طريق السادة الشاذلية الصحيح الذي تلقيناه عن والدنا شيخ مشايخ الطريق كما تلقاه هو كذلك وعليه العمل الآن في جميع الزوايا التابعة لنا في البلاد العثمانية والعربية وفي صحراء سيوه ومطروح متفقين جميعًا على عدم مد هاء إله في « لا إله إلا الله »، وعلى أن اسم الصدر هو لفظ الله بدون قصر ولا حذف شيء منه لا لفظُ هيْ ولا لفظ ءاه » اهـ.

Voici la voie correcte des maitres chadhiliyy que nous avons reçu par transmission de notre père le chaykh des machaykh de la voie soufiyy tout comme il l’a reçu également, et c’est ce que nous appliquons actuellement dans toutes les zawiyah qui nous sont rattachés dans les régions ottomanes et arabes, dans le désert de Siwah région à l’ouest de l’Egypte proche de la frontière libienne et Matlouh une ville qui est sur la mer méditerranéenne, plus proche du maghreb que de la culture égyptienne, ils sont tous en accord qu’il ne faut pas prolongé le ha de ilaha dans la ilaha il-la l-Lah, et que le nom qui provient de la poitrine c’est bien le nom Allah sans raccourcir ni omettre aucune lettre, ce n’est pas le terme « hi » ni « ah ». Fin de citation

وقد قرظ الرسالة المذكورة كثير من العلماء على اختلاف مذاهبهم ومن تلك التقاريظ: عبد الله دراز المالكي وكيل معهد علماء الإسكندرية، ومحمد تاج الدين الحنفي، وعبد الهادي الضرغامي المالكي، ومصطفى صفوت المالكي، وأمين سرور الشافعي المدرسين بمشيخة الإسكندرية، وإسماعيل حسين أمين الشاذلي، وعلي الشايب وكلاهما من مشايخ الأزهر، وإبراهيم السيد من مشايخ الجامع الأحمدي

Cet épitre de chaykh Dhafir Al-Madaniyy a été signé par plusieurs savants et le contenu validé malgré leur différentes écoles, parmi eux : ^Abdou l-lah Daraz le malikite qui est le doyen des savants d’Alexandrie, Mouhammad Tajou d-Din le hanafite, ^Abdou l-Hadi AdDourghamiyy le malikite, et Moustafa Safwat le malikite, ‘Amin Sourour le chafi^ite, tous deux sont des enseignants par les machaykh d’Alexandrie, Isma^il Houçayn Amin Ach-Chadhiliyy, ^Aliyy Ach-Chayb, et tous deux sont des machaykh de Al-Azhar, et Ibrahim As-Sayid parmi les machaykh de Al-Jami^ou l-Ahmadiyy.

أيضًا فقد ورد سؤال على الشيخ عطية صقر الأزهري سنة 1997ر ونصه: « ما حكم ذكر بعض أرباب الطرق الصوفية بلفظ « ءاه »؟ فأجاب: « … فإن لفظ « ءاه » لم يثبت بسند صحيح أنه من أسمائه تعالى » ثم قال: « وما يروى من أن النبي صلى الله عليه وسلم زار مريضًا كان يئن وأن أصحابه عليه الصلاة والسلام نهوه عن الأنين وأنه قال لهم: « دعوه يئن فإنه يذكر اسمًا من أسمائه تعالى » لم يرد في حديث صحيح ولا حسن كما قرره الثقات، وما قيل في بعض الحواشي من أن لفظ « ءاه » الاسم الأعظم لا سند له. 

La question a été posé également au chaykh ^Atiyyah Saqar Al-Azhariyy en l’an 1997 à propos du jugement de certains soufis chadhiliyy qui prétendent évoquer avec le noms « ah », il a dit : « Le terme « ah » n’a pas été authentifié comme étant un des noms de Dieu avec une chaine de transmission authentique, quant à ce qui est rapporté que le Prophète aurait visité un malade qui gémissait et que ses compagnons l’ont défendu de gémir et que le Prophète leur aurait dit : « Laissez-le gémir il est en train de citer un des noms de Dieu », cela n’est pas parvenu dans un hadith sahih ni haçan tout comme l’ont décrété les savants de confiance. Et ce qui est cité dans certains l’émargement de certains livres que « ah » serait un des noms éminents de Dieu, cela n’a pas de chaine de transmission.

Audio 07/12/23 :

وقد أفتى شيخ الجامع الأزهر الشيخ محمد أبو الفضل الجيزاوي في هذه المسئلة فقال ما نصه: إن هذا اللفظ المسئول عنه « أه » بفتح الهمزة وسكون الهاء ليس من الكلمات العربية في شيء بل هو لفظ مهمل لا معنى له مطلقـًا، وإن كان بالمد فهو إنما يدل في اللغة العربية على التوجع وليس من أسماء الذوات فضلاً عن أن يكون من أسماء الله الحسنى التي أُمِرنا أن ندعوه بها » إلى أن قال: « ولا يجوز لنا التعبد بشيء لم يرد الشرع بجواز التعبد به. وفي الصحيحين عن عائشة رضي الله عنها عن النبي صلى الله عليه وسلم أنه قال: « من أحدث في أمرنا هذا ما ليس منه فهو رد » (2) اهـ.

Le chaykh de la mosquée Al-Azhar chaykh Mouhammad Abou l-Fadl Al-Jizawiyy a donné une fatwa sur cette question et a dit : « Ce terme “ah“ sur laquelle la question a été posé n’est même pas un mot arabe et il n’a pas de sens, et si c’est avec la prolongation ah“ il indique la plainte, et ce n’est pas un nom propre, et a plus forte raison ce n’est pas un des noms de Dieu par lesquels il serait permis de l’évoquer. Il ne nous est pas autorisé de prétendre adorer Dieu par un acte qui n’est pas parvenu comme étant un acte d’adoration autorisé dans la loi.

Et dans les deux sahih d’après ^A’ichah que Dieu l’agrée le Prophète a dit :

))من أحدث في أمرنا هذا ما ليس منه فهو رد((

ce qui signifie : « Celui qui innove dans notre religion ce qui n’y est pas conforme, est rejeté. »

كذلك جاء في مجلة الإسلام (3) الصادرة في القاهرة سنة 1937ر أنه منذ نحو ثلاثين سنة ظهر ببلدة (مطوبس) من بَحري مديرية الغربية قوم يذكرون بمد هاء إله وبتكرير لفظ أه بفتح الهمزة غير ممدودة وسكون الهاء فأنكر عليهم الكثير من أهل العلم وغيرهم وناقشهم الشيخ علي حسن السيسي رحمه الله من فضلاء علماء الأزهر حتى أفحمهم لكنهم لم يرجعوا

Également il est parvenu dans le magazine Al-Islam le numéro 6 n°21 p19 édité au Caire en l’an 1937 que depuis une trentaine d’années il est apparu dans le village de Matoubis dans un département de l’ouest de l’Egypte des gens qui prolonge le ha de « ilahah et qui répète « ah » et beaucoup de gens de science leur ont reproché ce qu’ils ont fait, et le chaykh ^Aliyy Haçan As-Sisiyy un des grands savants de Al-Azhar a débattu avec eux jusqu’à les faire taire, cependant ils n’ont pas voulu accepter.

فرفع سؤالاً إلى علماء المعهد الدسوقي فأفتوا بأن ما ذكر حرام بالإجماع فلم يكترثوا فأنهى سؤالا إلى العلامة الشيخ بخيت رجاء أن يرتفع بفتواه النزاع لشهرته بالجلالة علمًا وعملاً ومحبة الصوفية فأفتى كذلك بالتحريم فلم يبالوا،

Il a alors été posé la question aux savants de l’université Ad-Dousouqiyy et ils ont répondu par la fatwa que c’était interdit par unanimité mais ils ont persisté.

La question est parvenue au chaykh Bakhit Al-Mouti^iyy en espérant que par sa fatwa le conflit cesse en raison de sa célébrité, de son haut degré dans la science et les œuvres et dans l’amour pour les soufiyy, et il a donné la fatwa de l’interdiction mais ils ont persisté.

وما زال النزاع بينهم وبين الغيورين على الدين والطريق من العلماء وغيرهم يشتد والفتاوى تستصدر من جهابذة العلماء فيرجع للحق من شاء الله ويصر على الباطل من أصدأ مرءاة بصيرته التعصب للموروث حتى إذا تفاقم الخلاف اتفق الفريقان على استصدار فتوى من الأستاذ الأكبر الشيخ البشري الذي كان إذ ذاك شيخًا للأزهر ورضوا به حكمًا تحسم فتواه النزاع فجاءت الفتوى بالتحريم أيضًا فنقض أولئك عهدهم وأصروا على صنيعهم، وقد ذكرنا نص هذه الفتوى والسؤال الذي هي (4) جواب له سابقًا، وللعلامة المذكور فتوى أخرى ربما نذكرها بعد. 

Le conflit n’a pas cessé de s’amplifier entre ceux qui défendent la religion et la tariqah avec ferveur que ce soit les savants ou autre et ces gens, et les fatwas demandées aux plus illustres des savants de sorte que ceux pour qui Dieu a voulu reviennent au droit chemin, et ceux dont le miroir de la clairvoyance a été rouiller par le fanatisme de ce qui a été hérité, ont persisté sur le faux, et les deux groupes se sont accordés à de poser la question au grand maitre le chaykh Al-Bichriyy qui était à cette époque le chaykh de Al-Azhar afin qu’il arbitre et tranche entre les deux parties, et il a dit que c’était interdit également. Néanmoins ces égarés n’ont pas respecté leur engagement et ils ont persisté sur leur pratique. Nous avions mentionné le texte de cette fatwa, ainsi que la réponse qu’il a donnée précédemment, et l’illustre savant Al-Bichriyy a une autre fatwa que nous mentionneront ultérieurement.

وقد أسلفنا أن الشيخ بخيتـًا رحمه الله جرى بينه وبين الأستاذ الشيخ محمود حجازي أحد مشايخ الشاذلية مكاتبة بهذا الصدد انتهت بإقناع المذكور. 

وهذه جملة من فتاوى علماء الأزهر وغيرهم في تحريم الذكر بهذا اللفظ ولم يبق للمتشبثين به بعد ذلك إلا العناد. 

Et nous avons précédemment cité que le chaykh Bakhit que Dieu lui fasse miséricorde a eu avec le chaykh Mahmoud Hijaziyy l’un des machaykh des chadhiliyyah une correspondance à ce sujet à la fin de laquelle ce dernier a été convaincu.

Et c’était là un ensemble de fatwa des chaykh de Al-Azhar et il ne reste plus qu’à ceux qui s’y attachent l’entêtement.

أقول: الحكم الشرعي في سب الله تعالى تكفير فاعله (5) وهذا اللفظ إذا أطلق على الله بحسب اللغة هو شتم لله لأنه وصف الله بالشكاية والتوجع والتحزن وهذه صفات مستحيلة على الله تعالى ومن أطلقها على الله وهو يفهم هذا المعنى كفر،

Le jugement dans la loi est que celui qui insulte Dieu est déclaré mécréant, et il ne retourne à l’islam qu’en prononçant les témoignages, or ce terme lorsqu’il est employé au sujet de Dieu  dans la langue arabe est une insulte à son encontre, car cela revient à caractériser Dieu de plainte de douleur et de chagrin or ces attributs sont impossibles à Son sujet, et celui qui les emploie en comprenant le sens devient mécréant.

وأما من يظن أنه إذا أُطلق على الله له معنى ءاخر فلا يكفر ويبقى الإثم والمعصية لأنه سمّى الله بما لم يرد،

Quant à celui qui pense que si ce terme était employé au sujet de Dieu il aurait une autre signification il ne devient pas mécréant, il demeure toutefois le péché, la désobéissance car il aura nommé Dieu par un nom qui n’est pas valable dans la langue.

وأما من يقصد به ترويح النفس ولا يقصد به إطلاقه على الله ولا يعتبره ذكرًا لله فلا بأس بذلك فكأنه يقول أتوجع من حالي، ولكنه تضييع للوقت. 

Quant à celui qui ne vise de cela que le fait de se divertir et de se soulager et n’en vise pas que c’est un nom de Dieu, ni une évocation, alors il n’y a pas de mal en cela c’est comme s’il disait : « Je me plains de mon état », mais c’est une perte de temps.

والحمد لله أولاً وءاخرًا وصلى الله على نبيه المصطفى وعلى ءاله وأصحابه الطاهرين الطيبين.

Et la louange est à Dieu en début et en fin et que Dieu honore Son Prophète élu, ainsi que sa famille et ses compagnons bons et purs.

Information utile : Le Prophète a dit (()) ce qui signifie : « A chaque fois que la douceur intervient dans une chose, elle ne fait que l’embellir. » Rapporté par ibnou Hibban

Dans une autre version il est dit (()) ce qui signifie : « Certes, Allah agrée la douceur en toute chose. » Rapporté par Mouslim.

La douceur c’est le contraire de la violence, c’est le fait de prendre la voie de la sagesse pour ordonner et interdire, et Allah ^azza wajalla agrée pour Son esclave croyant de faire preuve de douceur en toute chose, que ce soit pour l’enseignement, interagir avec les autres, en toute chose la douceur est requise.

La douceur signifie d’œuvrer conformément à la loi et à ce qu’implique la sagesse, il s’agit d’œuvrer de la meilleure manière et de patienter lorsqu’on interagit avec les gens. Celui qui veut avoir un tel état, qu’il cherche à apprendre le comportement du Prophète afin d’avoir un comportement qui correspond au sien.

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1 – مجلة الإسلام ـ السنة السادسة العدد 21 ـ ص/21. 

2– مجلة الأزهر ـ المجلد الثالث ـ سنة 1351 هـ = 1932 ر ـ ص/499.

3 – مجلة الإسلام ـ السنة السادسة ـ العدد 21 ـ ص/19.

ـ 4كذا في الأصل والصواب: « الذي هو ». 

5 ـ ولا يرجع إلى الإسلام إلا بالنطق بالشهادتين.

فهرس المصادر

حرف الألف

ـ أحوال الرجال، للجوزجاني، مؤسسة الرسالة ـ بيروت.

ـ الأوسط، لابن المنذر، دار طيبة ـ الرياض.

ـ إعلاء السنن، لظفر التهانوي، إدارة القرءان والعلوم الإسلامية ـ كراتشي.

ـ ألفية السيوطي في علم الحديث، للسيوطي، دار المعرفة ـ بيروت. 

حرف الباء

ـ البيان في مذهب الإمام الشافعي، للعمراني، دار المنهاج ـ جدة.

ـ البيان والتوضيح لمن أخرج له في الصحيح ومُسّ بضرب من التجريح، لأبي زرعة العراقي، دار الجنان ـ بيروت.

حرف التاء

ـ تاج العروس من جواهر القاموس، للزبيدي، المطبعة الخيرية ـ مصر.

ـ تاريخ أسماء الضعفاء والكذابين، لابن شاهين، الطبعة الأولى 1409 هـ ـ 1989ر.

ـ تاريخ قزوين، للقزويني، دار الكتب العلمية ـ بيروت. 

ـ التاريخ الكبير، للبخاري، مؤسسة الكتب الثقافية ـ بيروت.

ـ تفسير القرءان، لابن أبي حاتم، المكتبة العصرية ـ بيروت. 

ـ تنزيه الشريعة عن الأخبار الشنيعة الموضوعة، لابن عراق، دار الكتب العلمية ـ بيروت.

ـ تهذيب التهذيب، للحافظ ابن حجر، دار الفكر ـ بيروت.

حرف الجيم

ـ الجامع الصغير، للسيوطي، دار الفكر ـ بيروت.

ـ الجرح والتعديل، لابن أبي حاتم، دار الكتب العلمية ـ بيروت. 

حرف الحاء

ـ حاشية الطحطاوي على مراقي الفلاح، للطحطاوي، دار الكتب العلمية ـ بيروت.

حرف الخاء

ـ الخرشي على مختصر خليل، للخرشي، دار الفكر ـ بيروت.

حرف الزاي

ـ زاد المسير في علم التفسير، لابن الجوزي، طبعة زهير الشاويش ـ بيروت.

حرف السين

ـ السراج المنير شرح الجامع الصغير، للعزيزي، دار الفكر ـ بيروت.

ـ سنن الترمذي، للترمذي، دار الكتب العلمية ـ بيروت.

ـ سؤالات أبي عبيد الآجري أبا داود السجستاني، للآجري، مؤسسة الريان ـ بيروت.

ـ سؤالات البرقاني للدارقطني، لاهور ـ باكستان.

حرف الشين

ـ شرح جوهرة التوحيد، للقاني، دار الكتب العلمية ـ بيروت.

حرف الصاد

ـ صحيح ابن خزيمة، لابن خزيمة، طبعة زهير الشاويش ـ بيروت.

حرف الضاد

ـ الضعفاء، لأبي نعيم الأصبهاني، دار الثقافة ـ الدار البيضاء.

ـ الضعفاء الكبير، للعقيلي، دار الكتب العلمية ـ بيروت.

ـ الضعفاء والمتروكين، لابن الجوزي، دار الكتب العلمية ـ بيروت.

ـ الضعفاء والمتروكين، للدارقطني، مكتبة المعارف ـ الرياض.

ـ الضعفاء والمتروكين، للنسائي، مؤسسة الكتب الثقافية ـ بيروت.

حرف الفاء

ـ فتح البارئ بشرح صحيح البخاري، للحافظ ابن حجر، دار المعرفة ـ بيروت.

ـ الفردوس بمأثور الخطاب، لأبي شجاع الديلمي، دار الكتب العلمية ـ بيروت.

ـ فيض القدير شرح الجامع الصغير، للمناوي، دار الفكر ـ بيروت.

حرف الكاف

ـ الكامل في ضعفاء الرجال، لابن عدي، دار الفكر ـ بيروت.

ـ الكشف الحثيث عمن رمي بوضع الحديث، لبرهان الحلبي، وزارة الأوقاف ـ بغداد. 

حرف اللام

ـ لسان العرب، لابن منظور، دار صادر ـ بيروت.

ـ لسان الميزان، للحافظ ابن حجر، دار الفكر ـ بيروت.

حرف الميم

ـ المجروحين، لابن حبان، دار المعرفة ـ بيروت.

ـ مجلة الإسلام، مصر.

ـ مختصر كتاب أعذب المسالك المحمودية إلى منهج السادة الصوفية، لمحمود خطاب السبكي، الطبعة الأولى 1417 هـ ـ 1996ر ـ القاهرة.

ـ مدارك التنزيل وحقائق التأويل، للنسفي، دار الفكر ـ بيروت.

ـ المداوي لعلل الجامع الصغير وشرحَي المناوي، لأحمد الغماري، دار الكتبي ـ القاهرة.

ـ المدخل إلى الصحيح، للحاكم، مؤسسة الرسالة ـ بيروت. 

ـ مراقي الفلاح شرح نور الإيضاح، للشرنبلالي، دار المعرفة ـ بيروت. 

ـ المصباح المنير في غريب الشرح الكبير للرافعي، للفيومي، دار الكتب العلمية ـ بيروت.

ـ المفردات في غريب القرءان، للراغب الأصبهاني، مصطفى البابي الحلبي ـ القاهرة.

ـ المغني في الضعفاء، للذهبي، طبعة دمشق.

ـ المغني ويليه الشرح الكبير، لموفق الدين بن قدامة المقدسي، دار الكتب العلمية ـ بيروت. 

ـ المغير على الأحاديث الموضوعة في الجامع الصغير، لأحمد الغماري، دار الرائد العربي ـ بيروت.

ـ منح الجليل شرح مختصر خليل، لمحمد عليش، دار الفكر ـ بيروت.

ـ الموضوعات، لابن الجوزي، دار الفكر ـ بيروت.

ـ ميزان الاعتدال، للذهبي، دار المعرفة ـ بيروت.

حرف النون

ـ النكت البديعات على الموضوعات، للسيوطي، دار الجنان ـ بيروت.

تـــمّ بعـــون الله تعالــى … ملتزم الطبع شركة دار المشاريع للطباعة والنشر والتوزيع …الطبعة الأولى 1429هـ 2008 ر.

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Série le Mariage en Islam (16) : suite de la reprise en mariage et la période d’attente post-maritale

Posted in cours général,islam,jurisprudence,Livre par chaykhaboulaliyah sur août 29, 2023
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Al-raj^ah

Après que l’auteur a fini de parler du divorce, il parle maintenant de الرجعة  –ar-raj^ah–  qui est la reprise en mariage.

C’est quoi ar-raj^ah, la reprise en mariage ? C’est de ramener la femme au mariage suite à un divorce non définitif, et ce, pendant la période d’attente post-maritale –al-^idda-. Il y a eu un divorce, ce n’est pas un divorce suite auquel il n’y a plus de reprise possible.

C’est quoi un divorce suite auquel il n’y a pas de reprise possible? Par exemple, un divorce triple ou le khoul^ aussi -effacement de contrat-. On n’est pas dans un cas où il n’y a pas de reprise possible. On est dans un cas où il y a possibilité de reprise. Donc, reprendre en mariage suite à un divorce qui n’est pas définitif et ce dans la période d’attente post-maritale.

C’est quoi la période d’attente post-maritale ? C’est une période durant laquelle la femme ne se marie pas avec autre que celui qui l’a divorcé.

Sa durée :

  1. 1er cas : c’est lorsqu’il arrive à la femme d’avoir ses menstrues. Ça ne veut pas dire qu’elle a ses menstrues là maintenant. Mais il lui arrive qu’elle a ses menstrues, c’est-à-dire qu’elle n’est pas ménopausée par exemple.
  2. 2ème cas : la femme à qui il est possible d’avoir ses menstrues, sa période d’attente post-maritale est de 3 périodes intermenstruelles (selon l’école Chafi^ites).

Qu’est ce que 3 périodes intermenstruelles ? Ça veut dire qu’ après la 3ème période de pureté, elle voit à nouveau les menstrues, là c’est fini. Quand elle voit les nouvelles menstrues, c’est là que sa période d’attente post-maritale finie. Ce n’est pas quand elle arrive à la pureté, mais c’est après la 3ème période de pureté.

  • 3ème cas : si c’est une femme qui est enceinte, c’est lorsqu’elle accouche.
  • 4ème cas : celle qui ne peut pas avoir de menstrues. La durée est de 3 mois lunaires.
  • 5ème cas : celle qui est veuve -son mari meurt-, sa période, il y a deux cas.

Cela dépend si la femme est enceinte ou non.

  • Si son mari meurt aujourd’hui, demain elle accouche et après-demain elle peut se remarier. Cela veut dire qu’il n’est plus dans une période d’attente post-maritale. On ne parle plus d’endeuillement, mais de la période d’attente post-maritale.
  • Maintenant si elle n’est pas enceinte et que son mari meurt, sa période d’attente post-maritale est de 4 mois lunaires et 10 jours. C’est un verset du Qour’an qui indique que c’est 4 mois lunaires et 10 jours.

Le divorce suite auquel il y a possibilité de reprise en mariage est de 2 divorces.

Cela signifie que soit c’est le premier divorce, soit le second divorce. C’est-à-dire qu’après le troisième divorce, l’homme ne peut pas la reprendre en mariage, sauf après certaines choses. Mais il ne peut pas la reprendre dans la période d’attente post-maritale.

Le divorce suite auquel il y a possibilité de reprise en mariage c’est un ou deux divorces. Le troisième non. Quand c’est un divorce triple, alors soit c’est triple en une seule fois, soit c’est le troisième en cumulé.

Ici, ce verset 229 de sourat Al-Baqarah, ne veut pas dire que le divorce n’est compté que s’il est prononcé 2 fois. Ce n’est pas cela le sens du verset.

Le sens de ce verset est que si le divorce n’a pas été triple en une seule fois, alors le mari peut reprendre la femme en mariage, même si ce n’est pas en sa présence. S’il dit « je la reprends en mariage », elle devient sa femme à nouveau.

La reprise en mariage c’est de reprendre une femme à son mariage pendant la période d’attente post-maritale, suite à un divorce qui n’est pas définitif. Donc, si le divorce n’est pas encore définitif, elle est encore dans la période d’attente post-maritale. Donc, si le divorce a été définitif, alors il n’y a plus de reprise possible. Il ne peut pas dire « je te reprends en mariage. » et continuer à vivre avec elle. C’est ainsi qu’est le sens de ce verset 229 de sourat Al-Baqarah.

Quelle est la sagesse? Il se peut qu’il divorce une fois et après il regrette. Donc, la loi lui a permis de la reprendre. Il se peut qu’il divorce une deuxième fois et il regrette une deuxième fois et il regrette à nouveau. La loi lui permet de la reprendre. C’est ça la sagesse. Quant à celui qui, dès le départ, du premier coup prononce le divorce triple en même temps, il se sera mis lui-même dans une situation difficile. Il aurait pu être plus mesuré. Il divorce une fois. Si lui dès le départ il a prononcé 3 fois, il s’est mis dans une situation difficile et il se peut qu’il regrette. 

Mais il n’y a pas moyen de la reprendre jusqu’à ce qu’elle se marie avec un autre homme. Donc, celui qui divorce de sa femme une fois ou deux fois, il peut la reprendre tant que la période d’attente post-maritale ne s’est pas écoulée.

Comment il va la reprendre ? Il lui dit « je te reprends à mon mariage ». Une phrase c’est ce qui lui dit. Et ce qui est de cet ordre.

Deuxième cas de figure, si la femme n’est pas présente -parce qu’on a dit qu’il peut la reprendre même si ce n’est pas en sa présence-, il dit « je reprends ma femme à mon mariage. » Même si elle n’est pas là et qu’il est tout seul. Du simple fait qu’il lui ait dit cette phrase « je te reprends à mon mariage », elle est devenue licite à lui, c’est sa femme comme avant. Pourquoi ? Parce qu’il a divorcé une fois ou deux fois et qu’il a dit cette phrase dans la période d’attente post-maritale.

Maintenant si la période d’attente post-maritale s’est écoulée et qu’il ne l’a pas reprise, s’il veut vivre avec elle maritalement, il va faire un nouveau contrat de mariage avec un tuteur et deux témoins, comme si c’est pour la première fois. Parce que la période d’attente post-maritale s’est écoulée. Donc de là, on comprend que la reprise en mariage ne veut pas dire un renouvellement du contrat, puisqu’on a dit que ce n’est pas avec un tuteur et deux témoins, mais juste avec la phrase « je la reprends à mon mariage » ou il lui dit « je te reprends à mon mariage ». Il n’y a pas de tuteur, de deux témoins, de parole de ’ijab et de qaboul comme dans un contrat de mariage. Donc, la reprise en mariage n’est pas un renouvellement de contrat, mais c’est une expression qui indique qu’il lui est à nouveau permis de vivre maritalement avec elle.

L’auteur, que Dieu lui fasse miséricorde, met en garde contre la parole de certains ignorants.

Qu’est ce que ces ignorants disent ? Ils disent que s’il reprend sa femme en mariage, ils prétendent qu’il n’est pas permis qu’il ait un rapport avec elle jusqu’à la fin de la période d’attente post-maritale. Et ça c’est faux, parce que la reprise signifie qu’il peut vivre maritalement avec elle. Pourquoi ils disent qu’il ne peut pas avoir de rapport avec elle? Tant qu’il l’a reprise elle redevient sa femme et il continue à vivre avec elle maritalement.

Quant à celui qui a prononcé le divorce triple avec sa femme, en lui disant « tu es divorcée 3 fois », même s’il lui dit en une seule assemblée, il ne lui est pas permis de la reprendre en mariage, il ne peut pas vivre avec elle maritalement.

  1. Sauf si, premièrement, la période d’attente post-maritale avec lui s’achève.
  2. Ensuite, elle se marie avec un autre homme (contrat de mariage avec un tuteur, deux témoins).
  3. Troisièmement, ce deuxième homme consomme le mariage avec elle. Ce n’est pas juste il fait comme ils disent « mariage blanc ». Quelle est la sagesse à cela ? Pour que celui qui prononce le divorce triple, réfléchis à 3 fois avant de vouloir divorcer. Cela le calme.
  4. Quatrième point, que le second veuille bien prononcer le divorce. Il se peut que le second homme dise « oui pourquoi pas, on est mari et femme ».  
  5. Cinquièmement, que la période d’attente post-maritale avec le deuxième s’achève, puis le premier peut faire un nouveau contrat de mariage avec elle, avec un tuteur et deux témoins et la formule (ijab et qaboul). Et donc le jugement est le même, s’il dit à sa femme « tu es divorcée 3 fois », qu’il l’ait dit parce qu’il était en colère, la colère n’est pas une excuse. Même si lui dit « mais moi je plaisantais ».

Dans le hadith,le messager ﷺ a dit qu’il y a 3 choses, qui lorsqu’elles sont prononcées en étant sérieux, sont comptées pour du sérieux. Et lorsqu’elles sont prononcées en plaisanterie, elles sont comptées pour du sérieux. Ces 3 choses sont : le mariage, le divorce et la reprise en mariage.

Même s’il plaisante pour la reprise en mariage, cela est compté pour du sérieux.

Les savants ont dit : « Si le contrat de mariage , le divorce et la reprise en mariage, qu’on l’ait dit en plaisantant ou qu’on l’ait dit pour du sérieux, c’est compté pour du sérieux, à plus forte raison, la parole de mécréance. Si quelqu’un dit la parole de mécréance en plaisantant ou en colère ou en étant sérieux, c’est compté pour du sérieux.»

Ce n’est pas une condition que s’il va reprendre sa femme en mariage qu’il demande qu’il y ait des témoins. Même si c’est entre elle et lui. Même s’il n’y a pas de témoin, la reprise en mariage est valable. Cela veut dire qu’il n’est pas une condition qu’il fasse appel à des témoins et qu’il leur dise « je vous prends à témoin, témoignez que je reprends ma femme en mariage ».

Mais, il vaut mieux prendre des témoins, c’est-à-dire le mieux c’est qu’ils prennent des témoins pour la reprise en mariage.

Nous avons fini le chapitre de ar-raj^ah la reprise en mariage.

Al-^iddah

Maintenant, chapitre suivant al ^idda, la période d’attente post-maritale. On en a parlé, on va le détailler un peu.

La période d’attente post-maritale, comme son nom l’indique c’est une période, c’est un temps durant lequel la femme attend pour savoir qu’elle n’est pas enceinte, ou bien elle attend par obéissance à Dieu, ou bien elle attend par affliction (chagrinée) pour la perte d’un mari.

  1. Première raison : C’est une période durant laquelle la femme attend pour savoir qu’elle n’a pas de fœtus dans son utérus c’est-à-dire pour savoir que son utérus est libre.
  2. Deuxième raison : par acte d’obéissance.

Qu’est ce que cela veut dire ? C’est-à-dire par obéissance à l’ordre de Dieu. Dieu lui a ordonné d’attendre, alors elle attend. Ce n’est pas pour vérifier qu’elle est enceinte, il se peut qu’elle soit véritablement enceinte, donc elle ne va pas vérifier qu’elle n’est pas enceinte puisqu’elle l’est, mais elle va attendre par obéissance à l’ordre de Dieu.

  • Troisième raison : par affliction parce que son mari est mort et donc pour cette raison là, elle attend de se remarier. Donc, la période d’attente post-maritale concerne la femme et non l’homme. Al-^idda a été appelée ainsi car c’est le même mot que ^idda qui signifie multiple, plusieurs, parce qu’il y a plusieurs cas de figure.

Donc, la période d’attente post-maritale c’est le temps que la femme s’assure qu’elle n’est pas enceinte. Parce que si elle a été divorcée aujourd’hui, maintenant, ou que son mari meurt aujourd’hui, si elle se remarie après une semaine, il se peut qu’elle soit enceinte. Allah ta^ala pour une sagesse, pour la conservation de la lignée. On n’est pas comme les animaux, le chat après avec sa sœur, ils ont des enfants. Nous, les humains, ne sommes pas comme ça. Donc, pour s’assurer que cet enfant soit le fils de untel, on ne sait pas c’est le fils de qui. C’est pour cette raison qu’il y a une période d’attente post-maritale. Regardez combien la sagesse de la loi de l’islam. Les kouffar tournent en rond, ils n’ont pas ces règles là. Parmi eux, certains sont comme des animaux. Un jour avec l’un et l’autre jour avec un autre, pas de contrat de mariage, après ils se séparent avec un enfant, on ne sait pas de qui est cet enfant.

Celle qui est en période d’attente post-maritale, il y a deux grands cas possibles. L’auteur détaille les 2 grands cas :

  1. Premier cas : celle dont le mari meurt,
  2. Deuxième cas : celle dont le mari n’est pas mort.

On va voir pourquoi il les distingue comme cela.

Premier cas : celle qui se retrouve veuve, dont le mari est mort.

Deuxième cas: ce n’est pas le cas de la veuve.

Celle qui n’est pas dans le cas où son mari meurt, c’est comme celle qui est divorcée ou celle avec qui son mari a fait le khoul^. Donc, celle dont le mari est mort, si elle était enceinte, sa période d’attente post-maritale finit par l’accouchement. Dans sourat at-talaq verset 4 Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Et celles qui sont enceintes, leur terme -le terme de la période d’attente- est par l’accouchement. »

Et en raison de la parole du prophète ﷺ à une femme compagnon qui s’appelle Soubay^ah et sa tribu al-Aslamiyyah. Elle avait accouché 1/2 mois après la mort de son mari. Le prophète lui a dit ce qui signifie : « Tu es libérée de la période d’attente post-maritale.Tu peux lui épouser qui tu veux. »Thouwayba al-Aslamiyah

[Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim].

Prenez par exemple une femme, son mari meurt alors qu’elle est au 9ème mois de grossesse. Un exemple, un jour après son décès, elle accouche, sa période d’attente post-maritale est finie. Le lendemain, elle peut se remarier.

Donc celle dont le mari est mort et qui n’était pas enceinte sa période d’attente post-maritale est de 4 mois lunaires et 10 jours.

Allah ta^ala dit dans le verset 234 sourat Al-Baqarah ce qui signifie : « Ceux d’entre vous qui meurent et qui laissent des épouses elles attendent 4 mois et 10 jours».

Donc le verset est clair.

Donc ça c’est l’autre cas. Nous poursuivrons la fois prochaine.

26 août 2023

L’auteur, que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : celle qui est en période d’attente post-maritale est de deux catégories, c’est-à-dire qu’il y a deux catégories de possibilités pour être en période d’attente post-maritale.

  1. Celle dont le mari est mort,
  2. Celle dont le mari n’est pas mort comme celle qui a été divorcée ou celle qui a fait le khoul^ -séparation moyennant une contrepartie qui revient à l’époux-.

Donc, celle dont le mari meurt se retrouve dans la période d’attente post-maritale, elle finit sa période d’attente post-maritale, dans le cas où elle est enceinte lorsqu’elle accouche. La preuve vient du Qour’an dans sourat at-talaq verset 4 ce qui signifie : “Celles qui sont enceintes, leur terme s’achève par l’accouchement.”

La période d’attente post-maritale est une période durant laquelle la femme ne se marie pas. La preuve vient également du hadith du prophète ﷺ dans lequel il a dit à une femme compagnon qui s’appelle Soubay^ah al-Aslamiyyah. Elle avait accouché 1/2 mois après la mort de son mari. Le prophète ﷺ lui a dit ce qui signifie : « Tu es libre maintenant -tu n’es plus en période d’attente post-maritale-, tu peux épouser qui tu veux. »

Par exemple, une femme qui a son mari qui meurt et elle était au 9ème mois de grossesse. Un jour après le décès de son mari, elle accouche. Donc sa période d’attente post-maritale finie. Le lendemain, elle peut se remarier.

Dans le cas où elle n’est pas enceinte, alors sa période d’attente post-maritale est de 4 mois lunaires et 10 jours.

Allah ta^ala dit dans le verset 234 sourat Al-Baqarah ce qui signifie : « Ceux d’entres vous -ce verset s’adresse aux hommes- qui meurent et qui laissent des épouses, ces épouses attendent 4 mois et 10 jours».

Nous allons maintenant aborder la deuxième catégorie qui est celle qui se retrouve en période d’attente post-maritale mais ce n’est pas suite au décès de son mari. Comme une femme que le mari a divorcé, ou celle avec laquelle son mari a fait le khoul^ -effacement de contrat-, c’est une séparation entre lui et son épouse. Selon certains savants, ce n’est pas compté comme un divorce. Donc cette femme, là encore, si elle est enceinte, sa période d’attente post-maritale s’achève par l’accouchement, comme pour celle qui est veuve. Si elle n’était pas veuve, elle s’est retrouvée libérée des liens du mariage pour une autre raison que la mort de son mari, la même chose si elle est enceinte, sa période d’attente finit par l’accouchement. Si la femme a été divorcée par son mari et elle était enceinte, sa période d’attente post-maritale finit par l’accouchement. Si elle n’était pas enceinte et elle fait partie de celles qui peuvent avoir les menstrues, sa période d’attente post-maritale est de trois périodes intermenstruelles.

Attention, ici il y a divergence entre les savants. Là, nous sommes en train d’étudier selon l’école Chafi^ites. Celles dont le mari a divorcé alors qu’elle est en période intermenstruelle -période de pureté-, elle compte cette période-là. Cette période fait partie des trois périodes intermenstruelles. N’est-ce pas qu’on a dit que la période d’attente post-maritale est de trois périodes intermenstruelles. Donc si elle a été divorcée dans une période intermenstruelle, elle fait partie des trois. Dans tous les cas, elle compte parmi ses périodes d’attente post-maritale. La femme qui a été divorcée dans une période de pureté, cette période-là elle la compte parmi les trois périodes de son attente post-maritale. Donc si quelqu’un a divorcé sa femme alors qu’elle n’avait pas les menstrues, alors cette période-là où elle n’avait pas les menstrues compte parmi les trois de sa période d’attente post-maritale. Donc si elle avait été divorcée dans une période intermenstruelle, que se passe-t-il ? Dans ce cas cette période intermenstruelle compte parmi les trois de sa période d’attente post-maritale, car après elle va avoir les menstrues, puis une deuxième période intermenstruelle, puis à nouveau elle va avoir les menstrues, puis elle va avoir une troisième période intermenstruelle, puis elle va avoir à nouveau les menstrues. Donc, celle qui n’est pas veuve mais qui entame une période d’attente post-maritale, elle est de plusieurs cas :

  • soit elle est enceinte,
  • soit c’est une femme qui peut avoir les menstrues,
  • soit c’est une femme qui ne peut pas avoir les menstrues.

Si elle peut avoir les menstrues, on compte par des périodes intermenstruelles.

Si elle n’a plus les menstrues, on compte en mois.

Dans le cas où elle est encore jeune et qu’elle n’a pas encore atteint la puberté, ou dans le cas où elle est ménopausée, sa période d’attente post-maritale est de 3 mois lunaires.

Il y a un cas où la femme n’a pas de période d’attente post-maritale, c’est dans le cas où il n’y a pas eu de consommation du contrat. Donc s’ils ont juste fait un contrat et qu’ils n’ont pas consommé, puis il y a eu divorce ou séparation par la khoul^, il n’y a pas de période d’attente post-maritale, elle peut se remarier immédiatement.

Si quelqu’un par exemple a épousé une autre, il a fait un contrat avec elle. Et avant de consommer il l’a divorcé. Cette femme n’a pas de période d’attente post-maritale. Cela veut dire qu’elle peut, après qu’il l’a divorcé, se remarier. Elle n’a pas à attendre. Ceci est dans le cas où il n’y a pas eu de consommation.

Quant à celle qui est ménopausée, celle qui a perdu espoir d’avoir les menstrues al-ayyisa -celui qui perd espoir-, ou elle a atteint l’âge de 62 ans et elle n’a plus de menstrues. Si l’a divorce, alors sa période d’attente post-maritale est de 3 mois lunaires.

Nous allons voir quelques conséquences en plus du divorce et de la période d’attente post-maritale.

Donc celle qui a été divorcée, on dit d’un divorce suite auquel il y a possibilité de reprise -c’est comme si elle a été divorcée une fois ou deux fois-, celle-là son mari peut la reprendre pendant cette période. Comment il peut la reprendre ? Sans nouveau contrat de mariage, juste par une parole.

Il dit “je te reprends à mon mariage”, une fois ou deux fois, c’est-à-dire il a divorcé une deuxième fois, également il peut la reprendre à son mariage par une parole, même si elle n’est pas présente. Il dit « je reprends ma femme à mon mariage ».

Dans le cas où il y a eu divorce suite auquel il y a possibilité de reprise au mariage, l’homme doit assurer à la femme le logement et la charge obligatoire, pendant toute la période d’attente post-maritale. Un logement, c’est-à-dire un endroit où elle passe cette période d’attente post-maritale et il lui assure la charge obligatoire, comme si c’était sa femme.

Combien ça lui coûte de subvenir à sa charge? Durant toute cette période, il lui assure la charge obligatoire. La femme qu’un mari peut reprendre à son mariage a un statut analogue à l’épouse de ce point de vue, c’est-à-dire que du point de vue de la charge obligatoire elle est comme sa femme.

L’homme doit subvenir à la charge obligatoire de la femme durant la période d’attente post-maritale, on parle de celle qu’il est possible de reprendre.

Mais après la fin de la période d’attente post-maritale, il ne lui doit plus de charge obligatoire. Elle est devenue indépendante, elle peut épouser qui elle veut.

Parmi les loi relative à celle qui est en période d’attente post-maritale est qu’elle reste dans le logement jusqu’à la fin de la période d’attente post-maritale, c’est-à-dire qu’elle ne dort pas ailleurs que dans la maison où elle passe sa période d’attente post-maritale que son mari lui a assuré. Si c’est la maison où​ ils vivaient ensemble, s’il lui dit “tu passes ta période d’attente post-maritale ici”, elle ne dort pas ailleurs que dans cette maison.

Elle ne va pas habiter ailleurs. Elle reste dans la maison où il y a eu séparation, la maison où elle a été divorcée, une fois ou deux fois.

Question : celle qui a été divorcée reste dans la maison dans laquelle son mari l’a divorcé. Celui qui assure pour elle le logement quitte la maison pour la lui laisser, comme on sait il y a des ignorants, si il l’a chassé, où elle dort.

Et le problème vient de lui, pas d’elle, puisqu’il doit lui assurer la charge.

Durant la période d’attente post-maritale on parle de celle qui n’est pas veuve, celle qui n’est pas veuve peut s’embellir, elle peut se faire belle, elle peut se parfumer, mais le mieux c’est de délaisser cela. Mais c’est permis. Elle n’engage pas de contrat de mariage ou de fiançailles jusqu’à la fin de la période d’attente post-maritale.

Maintenant s’il l’a divorcé triplement, dans ce cas il doit lui assurer le logement seulement mais pas la charge obligatoire, sauf si elle est enceinte, auquel cas il lui assure aussi la charge.

C’est quoi la charge obligatoire ?

C’est la nourriture, la boisson et la tenue vestimentaire (c’est-à-dire un vêtement par saison).

Le logement est un logement convenable. Ca ne veut pas dire qu’il lui assure un confort du superflu, s’il veut le faire il le fait, mais l’obligation dans la religion, c’est de lui assurer les besoins de base qui sont d’usage du pays. Dans certains pays froids par exemple, il lui assure une couverture. Il ne va pas se comparer à ceux qui sont dans le superflu.

Il n’est pas une condition qu’il se cale sur les gens qui sont dans le superflu, mais il se positionne par rapport aux gens qui sont intermédiaires. C’est cela la charge obligatoire.

Et en plus s’il le fait avec une bonne intention il gagne des récompenses. S’il veut l’emmener faire une ^oumrah par exemple de bon cœur, il peut, c’est quelque chose de bien; il n’est pas obligé.

Donc on a dit quelques informations utiles:

Celle qui a été divorcée d’un divorce suite auquel la reprise en mariage est possible, elle ne quitte pas le domicile conjugal sans l’autorisation du mari. Elle a un statut analogue à celui de l’épouse. Quant à celle qui a été divorcée triplement, elle peut sortir. Ce n’est pas comme celle qui est divorcée une fois ou deux fois qui est comme l’épouse, elle ne sort qu’avec l’autorisation de son mari. Celle qui a été divorcée triplement, elle peut sortir, il n’y a plus de lien. Mais elle doit dormir dans la maison qu’il lui a assuré pour passer sa période d’attente post-maritale. Et lui quitte la maison pour qu’elle puisse passer sa période d’attente post-maritale car il ne peut pas rester en khalwah avec elle, puisqu’elle n’est plus sa femme.

Mais si elle est dans le cas où elle a été divorcée une fois ou deux fois, elle va passer sa période d’attente post-maritale dans ce domicile, mais elle craint pour elle-même parce que la maison est dans un mauvais état où elle risque de tomber, alors là elle peut sortir.

Si la femme a été divorcée et qu’elle a une période d’attente post-maritale, son mari est dans le péché s’il ne lui a pas assuré de logement pour passer sa période d’attente post-maritale.

C’est pour cela que celui qui a appris, il se dit : “je préfère rester avec des gens qui ont appris, parce que si je côtoie des gens qui n’ont pas appris c’est des problèmes, sauf si quelqu’un n’a pas appris mais il a une prédisposition à apprendre et qu’il est sérieux. Mais s’il n’est pas sérieux, c’est comme être avec quelqu’un qui n’est pas sur le même système. C’est de l’ordre du personnel, de l’intime, de l’individuel. Si c’est avec quelqu’un avec qui tu vas vivre, tu as besoin d’une base commune d’entente. Si cette base commune n’existe pas, qu’est-ce que tu vas faire ? Tu vas te fatiguer.

C’est possible qu’il y a des gens qui n’ont pas appris, on leur fait la da^wah et ils apprennent. Mais il faut voir les indicateurs qui prouvent qu’ils apprennent. Si c’est quelqu’un qui ne veut pas apprendre, ou pire encore, quelqu’un qui a une mauvaise croyance. 

Une soeur a fait entrer en islam quelqu’un, elle lui a appris, ils se sont mariés, ils ont des enfants et ils vivent ensemble. Les deux sont possibles, mais il faut bien réfléchir et bien tester les personnes.

Comme notre maître ^Oumar, une fois il a voulu confier une responsabilité à quelqu’un, alors un s’est proposé pour cette responsabilité. Et notre maître ^Oumar a dit : “Moi je ne te connais pas mais ça ne te nuis pas que je ne te connaisse pas.”

Ce qui vaut selon le jugement de Dieu, ce n’est pas que moi je te connaisse. Ce qui vaut, c’est ce que toi tu vaut selon le jugement de Dieu.

Alors il s’est adressé à l’assemblée et a dit : “Est-ce que quelqu’un le connait et peut le cautionner?”

Quelqu’un a dit : “Oui, moi je le connais.”

Il lui a dit : “Est-ce que tu as fait un voyage avec lui?” Il lui a dit : “Non”.

Il lui a dit : “Est-ce que tu as fait une transaction financière avec lui ? Il lui a dit : “Non”.

Il lui a dit : “Alors tu ne le connais pas.”

Souvent, dans le voyage, tu connais la valeur de la personne. Souvent, quand tu fais des transactions financières avec quelqu’un, tu lui prêtes, tu connais la valeur de la personne. Ce n’est pas les seuls critères, mais cela aide.

Pourquoi avant les gens faisaient en sorte que ce soit les familles qui se rencontrent, que ce soit la mère, le père qui se renseignent, puis ils se trouvent des liens, se connaissent par le biais d’autres personnes. Cela aide.

Je sais, on est dans une période où c’est très difficile, même pour ceux qui viennent dans des sociétés où cela a été d’usage, cela est difficile. Que Dieu nous facilite.

Celle dont le mari est mort doit en plus de cela l’endeuillement, c’est-à-dire de ne pas se faire belle et de ne pas se parfumer. Certains pensent qu’elle doit mettre que du noir. Non, il y a du noir qui est un embellissement. Celle dont le mari meurt a un jugement particulier.

D’abord, elle doit éviter le parfum, tel que le shampoing parfumé, ou le savon parfumé et pas seulement le parfum pschitt pschitt. Elle ne se parfume pas.

Il lui est interdit de s’embellir, de porter un vêtement qui est un embellissement (que ce soit du noir ou du blanc ou autre) durant la période de endeuillement qui est la période d’attente post-maritale. Certains ont même dit les sous-vêtements, qui sont des sous-vêtements d’embellissement qu’elles mettaient pour son mari, même cela elle ne le porte pas pendant sa période de deuil.

Elle doit rester chez elle, sauf s’il y a nécessité pour sortir. Elle ne quitte pas la maison sauf pour un besoin indispensable. Par exemple, si elle sort pour survivre car elle a besoin de revenu, pour qu’elle puisse se prendre en charge. Si elle restait à la maison et qu’elle n’a pas d’économie, elle va mourir de faim. Là, elle sort pour gagner sa vie. Mais s’il n’y a pas de besoin, elle ne sort pas.

Sauf si vraiment elle s’ennuie chez elle et qu’elle cherche la compagnie de ses voisines et qu’elle va discuter avec elles. Par exemple, ce sont des voisines dans le même immeuble ou à une distance proche de chez elle. Pour cela, c’est permis. Elle sort pour avoir de la compagnie.

Maintenant, si c’est une femme qui a un homme de sa proche parenté qui est mort, mais ce n’est pas son mari, la femme ne s’endeuille pas plus de 3 jours pour autre que son mari.

L’endeuillement ici aussi c’est de ne pas s’embellir. Si c’est son père qui est mort, si c’est son frère qui est mort, si c’est son oncle qui est mort, elle ne s’endeuille pas plus de 3 jours.

Regardez combien dans la loi de l’islam, le mari a un degré important pour son épouse.

Vous connaissez tous le hadith qui signifie : “La personne qui a le plus grand droit sur un homme, c’est sa mère. Et la personne qui a le plus grand droit sur son épouse, c’est son mari.”

Cet ordre est très important. Et grâce à cela, en le respectant, on gagne l’agrément de Dieu. Et donc 4 mois lunaire et 10 jours vu l’importance du droit du mari sur l’épouse.

Si c’est une femme mariée, par exemple son père ou son frère meurt, elle ne s’endeuille pas sans l’autorisation de son mari. Elle doit demander l’autorisation de son mari pour s’endeuiller même si c’est 3 jours. Parce que si son mari lui dit de se faire belle, elle doit se faire belle.

L’homme ne s’endeuille pas, il peut pleurer, manifester sa tristesse, mais il ne s’endeuille pas.

Il n’est pas interdit à la femme de parler à des hommes pendant sa période de deuil, ce n’est pas interdit comme cela s’est propagé chez les gens du commun. Même si ce sont des hommes ‘ajnabiyy, elle peut les accueillir, mais dans la limite de la loi de l’islam, c’est-à-dire qu’elle voile sa zone de pudeur et elle ne se retrouve pas dans la khalwah -elle ne se retrouve pas seule à seule avec un ‘ajnabiyy– avec eux.

Si des hommes ‘ajnabiyy sont venus lui présenter les condoléances ou pour d’autres raisons que cela, elle peut rester avec eux pour faire la conversation. Cela est permis.

Par exemple, les cousins les frères de son mari sont venus, elle ne va pas dire “non je suis en période de deuil, je ne parle pas aux hommes”, elle peut les accueillir et discuter avec eux. Ce qui lui est interdit c’est de dévoiler une partie de sa zone de pudeur et qu’elle se retrouve seule à seule avec l’un d’entre eux. S’il n’y a pas de khalwah, s’il n’y a pas de dévoilement de zone de pudeur, alors il lui est permis de les accueillir, de discuter avec eux tant qu’il n’y a pas de désobéissance.

Question importante avec laquelle nous terminons ce chapitre : il est permis à la femme qui est en période d’attente post-maritale suite au décès de son mari et pour autre que pour le décès de son mari, même si c’est une période d’attente post-maritale pour un divorce.

Il lui est permis de se voir dans le miroir, par l’unanimité. Pourquoi ces points là ? Parce qu’il y a des ignorants qui disent des choses de leur tête. Et cela existe dans certains pays. Il lui est permis de se voir dans un miroir, par l’unanimité, il lui est permis de rester dans son balcon, il lui est permis de regarder ce qu’il y a dans la rue. On ne dit pas que c’est haram et celui qui dit que c’est haram, il devient mécréant. C’est pour cela qu’on rappelle ces choses là, sauf si c’est quelqu’un qui est comme récemment entré en islam ou qui est récemment entré en islam. C’est pour cela qu’il est très important de faire ces rappels. Et comme vous le savez, nous ordonnons le bien et interdisons le mal.

Là, c’est quelque chose qui est clairement connu d’évidence. Où est le mal qu’une femme regarde dans un miroir alors que son mari est mort?  Faites bien attention. Il y a des choses pour lesquelles il peut y avoir des avis dans une école, et d’autres qui sont comme connus d’évidence.

Série Le Mariage en Islam (14) : Détails sur le divorce

Posted in cours général,islam,jurisprudence,Livre,société par chaykhaboulaliyah sur août 1, 2023
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Il n’y a pas de différence entre le divorce qui est dit en étant sérieux et le divorce qui est dit en plaisantant. Le divorce a lieu.

La preuve en est la parole du Prophète ﷺ qui signifie : “il y a 3 choses qui, si elle sont prononcées en étant sérieux ou, si elles sont prononcées en plaisantant, elles sont comptées pour du sérieux. Ces 3 choses sont : le mariage, le divorce et la reprise en mariage.”

[hadith rapporté par Abou Dawoud dans ses sounan]

Ce hadith est sahih -authentique-. 

La signification de ce hadith est que ces 3 choses : le mariage, le divorce et la reprise en mariage, qu’elles soient prononcées en plaisantant ou en étant sérieux, sont comptées pour du sérieux.

Cela veut dire que si le père dit à un homme qui est du niveau de sa fille, en plaisantant : “je te donne en mariage ma fille une telle” et que l’homme répond : “oui j’accepte son mariage.” 

Le mariage est conclu même s’ils étaient tous les deux en train de plaisanter.

De même, si un homme, en plaisantant dit à sa femme “je te divorce”, le divorce est effectif. De même la reprise en mariage, c’est-à-dire qu’il l’a divorcée une ou deux fois, elle est dans sa période d’attente post-maritale et il lui dit “je te reprends à mon mariage”. La reprise est effective, et ce, même si c’est par plaisanterie. Que dire alors de la mécréance. Si tel est le cas pour le mariage, pour le divorce, pour la reprise en mariage, à plus forte raison la mécréance. Si quelqu’un dit de la mécréance en plaisantant ou en étant sérieux c’est compté pour du sérieux.

L’auteur dit : si le mariage -la transaction- a eu lieu et a rempli les conditions, même si le tuteur et le mari étaient tous deux en train de plaisanter, le mariage est confirmé.

De même pour le divorce, si le mari et la femme étaient tous deux en train de plaisanter ou que l’un des deux étaient sérieux. Comme par exemple, si la femme lui a dit : “divorce moi” et lui dit : “je te divorce.” Et ils étaient tous deux sérieux. C’est compté pour un divorce. Ou qu’ils étaient tous deux en train de plaisanter, elle lui a dit “divorce moi” par plaisanterie. Et lui a dit : “je te divorce”. Le divorce est effectif. C’est du sérieux.

Ou si elle par plaisanterie elle lui a dit “tu me divorces” et lui sérieusement il a dit “tu es divorcée”. Ou bien si elle lui dit sérieusement “divorce moi” et lui par plaisanterie il dit “je te divorce”. Dans tous les cas, c’est compté comme effectif.

Donc, s’il y a eu un divorce ou deux divorces et que dans ce cas là, la reprise en mariage est possible, tant que la femme est encore dans la période d’attente post-maritale.

Comment l’homme reprend la femme en mariage ? Il lui dit : “je te reprends à mon mariage”, ou ce qui est de cet ordre. En revanche, si la période d’attente post-maritale s’est achevée, avant qu’il ne l’a reprenne en mariage, elle ne lui est pas permise, sauf s’il fait un nouveau contrat de mariage avec elle, avec son tuteur à elle et deux témoins musulmans.

Quand on dit الجِد c’est le contraire de la plaisanterie. C’est quand on est sérieux.

Parce que الجَد c’est autre chose; ce mot peut avoir le sens de la richesse ou de la gloire.

Allah ta^ala dit dans sourat Al-jinn : Ici جد ربّنا signifie « la gloire de notre Seigneur/notre Seigneur glorifié soit-il ». 

Et il y a le sens du père de son père ou du père de la mère. Cela s’appelle al-jadd également.

Pour revenir à la différence entre un effacement de contrat et un divorce.

L’effacement de contrat n’est pas limité par un nombre. Tandis que le divorce peut aller jusqu’à 3 fois. Un homme peut au maximum divorcer 3 fois d’une femme libre.

Pour ce qui est de l’effacement de contrat –al-faskh-, il n’est pas limité par 3 comme le divorce. S’ils ont fait 3 effacements de contrats ou plus, la femme n’a pas besoin de se marier avec un autre homme pour que le premier puisse se marier avec elle une autre fois, comme pour le divorce. Le divorce triple, s’il y a lieu, pour que celui qui l’a divorcée 3 fois puisse l’épouser à nouveau, il faut qu’elle se marie avec un autre auparavant et qu’il l’a divorce. Après le premier peut faire un nouveau contrat. Mais pour les effacements de contrat, il n’y a pas cette condition. Même s’ils ont fait plusieurs effacements de contrat, si l’homme veut refaire un nouveau contrat de mariage avec elle, il peut. La femme n’a pas besoin de se remarier avec un autre homme. Ils ont simplement besoin de renouveler le contrat de mariage.

Certains ont dit que si l’homme dit à sa femme “tu es divorcée triplement” en une même assemblée, selon un hadith de Mouslim, cela est compté que pour une seule fois. 

Le divorce après lequel il y a possibilité de reprise en mariage, c’est lorsque c’est un divorce simple ou un divorce double. Dans ces cas-là, il est possible de reprendre en mariage par une phrase que dit l’homme “je te reprends à mon mariage”, dans le cas où la période d’attente post-maritale ne s’est pas écoulée. Cependant, si la période d’attente post-maritale s’est achevée, il ne peut pas vivre maritalement avec elle sans avoir fait un nouveau contrat de mariage avec un tuteur et deux témoins dignes de confiance.

La période d’attente post-maritale est de trois périodes intermenstruelles ou trois périodes de pureté.

Dès lors que cela la est connu, il s’avère que la reprise en mariage ce n’est pas un renouvellement de contrat, mais c’est une expression qui indique qu’il est permis de vivre maritalement avec elle.

Certaines personnes ont dit quelque chose qui est faux. Ils ont dit que si quelqu’un a repris sa femme en mariage, ils ont prétendu qu’il ne peut pas avoir de rapport avec elle qu’après la fin de la période d’attente post-maritale. Cela est faux. Parce que dès lors qu’il l’a reprise en mariage, c’est sa femme. Il ne va pas attendre une prétendue période d’attente post-maritale pour avoir un rapport avec elle.

Donc quant à celui qui divorce de son épouse 3 fois en une seule fois (il lui dit “tu es divorcée” 3 fois ou il lui dit “tu es divorcée triplement”), il ne lui est pas permis de la reprendre sauf si la période d’attente post-maritale s’achève, qu’elle épouse un autre homme -qu’elle fasse un autre contrat de mariage-, que cet autre homme consomme le contrat de mariage, puis qu’il veuille la divorcer,  puis que la période d’attente post-maritale avec le deuxième homme s’achève, pour que le premier puisse faire un nouveau contrat de mariage. Et ce jugement est le même s’il lui dit “tu es divorcée triplement” s’il était en colère ou s’il était en train de plaisanter ou en étant sérieux. Le jugement est le même. 

Et donc Ibnou ^Abbas lui-même, un homme est venu et lui a dit : “j’ai prononcé le divorce 100 fois avec ma femme.”

Il lui a dit : “3 fois font qu’elle n’est plus ta femme et 97 c’est une imbécilité de ta part. Tu n’as pas divorcé 100 fois, tu as jusqu’à 3 fois, c’est tout.”

Les savants ont retenu cet avis que Ibnou ^Abbas a donné. Et c’est pour cela qu’ils n’ont pas pris en compte ce que Mouslim a rapporté de Ibnou ^Abbas. Nous allons voir quel est ce hadith et pourquoi les savants ne l’ont pas pris en compte. 

Ils n’ont pas retenu le hadith rapporté par Mouslim d’après Ibnou ^Abbas. Nous allons voir qu’il y a un terme dans ce hadith qui fait que le hadith n’est pas authentique. Parce que d’une part il n’est pas conforme à ce que Ibnou ^Abbas a donné comme jugement. Et Mouslim a rapporté de lui des paroles qui sont contraires à cette fatwa. Nous allons voir qu’il y a une petite subtilité dans le terme et que si cela est rectifié, alors cela devient cohérent.

Mouslim a rapporté que Ibnou ^Abbas a dit que : “le divorce triple était à l’époque du messager de Allah ﷺ et de Abou Bakr et la première partie du califat de ^Oumar était compté comme un seul divorce.”

Puis, ^Oumar a dit : “les gens se sont empressés sur un sujet alors qu’ils avaient eu la possibilité de prendre du temps au lieu de divorcer 3 fois. Nous allons leur appliquer ce qu’ils comprennent.” Et il leur a appliqué le jugement.

Ceux qui ont retenu ce hadith comme preuve que le divorce triple en une seule assemblée n’est compté comme une fois, ce hadith n’est pas une preuve en leur faveur pour différentes causes qui vont être énumérées.

  1. Première cause : l’imam Ahmad Ibnou Hanbal a dit que ce hadith est شاذ –chadh-, -singulier-, il n’est pas cohérent avec le reste de ce qui est rapporté sur ce sujet. Et ce qui est singulier n’est pas retenu comme argument. L’imam Ahmad a dit que cette version rapportée par Mouslim est faible parce qu’il est singulier et n’est pas cohérent avec ce qui a été rapporté sur le sujet. Et donc ce n’est pas un argument.

Comme on a dit, Ibnou ^Abbas a donné une fatwa. Quelqu’un lui a dit : “j’ai divorcé 100 fois” et donc il lui a dit : “Les 3 comptent pour un divorce définitif”. C’est confirmé de lui qu’il a émis un jugement que celui qui divorce 3 fois en une même assemblée, cela est compté comme un divorce triple. Donc ça c’est ce qui est rapporté de lui.

Pourquoi il se base sur un autre hadith qui est contraire à ce qui est confirmé de la part de Ibnou ^Abbas?

Et le fait que Ibnou ^Abbas a compté le divorce triple en une seule assemblée comme étant compté 3 fois, 8 parmi ses compagnons dignes de confiance ont rapporté cela de lui. Ils ont entendu Ibnou ^Abbas dire cela et l’ont rapporté de lui.

Tout comme l’a indiqué Al Bayhaqiyy dans as-sounan al-koubra.

Il y a une règle : lorsqu’un hadith est en opposition avec un acte, -ici nous parlons de Ibnou ^Abbas-. Le hadith rapporté est que celui qui dit à sa femme “tu es divorcée par 3 fois”, ils ont prétendu que c’est compté comme un seul divorce. Or, l’acte qui est rapporté de Ibnou ^Abbas: celui qui a divorcé 100 fois, 3 fois est considéré comme étant un divorce triple. Cela a été confirmé et rapporté par 8 de ses compagnons dignes de confiance.

Si l’acte n’est pas conforme au hadith, alors on ne prend pas en compte le hadith. C’est une règle chez certains mouhaddith -spécialiste du hadith-.

Ils ont dit : si on rapporte de quelqu’un un hadith et que son acte n’a pas été conforme à cette parole qui a été rapportée de lui, alors on ne prend pas en compte cette parole car il a agi lui. Et son action est différente de la parole qui lui est attribuée. Donc, on ne prend pas en compte cette parole qui lui est attribuée. C’est une règle chez certains mouhaddith, ils ont dit cela.

Donc, il a été rapporté de Ibnou ^Abbas par Mouslim quelque chose et 8 parmi ses compagnons dignes de confiance ont rapporté qu’il a agi d’une manière différente. Ils ont dit que cette parole de Mouslim, on ne la prend pas.

Et cette règle est suivie par Abou Hanifah et ses disciples.

Et c’est peu probable/plausible que Ibnou ^Abbas rapporte ce hadith selon son sens apparent et il lui donne son sens apparent et d’autre part qu’il donne un jugement contraire à ce qu’il rapporte. Ce n’est pas plausible que ^Abdoullah Ibnou ^Abbas agisse de cette manière.

3 raisons :

  1. Le hadith rapporté par Mouslim de Ibnou ^Abbas est faible en raison de sa singularité.
  2. Il a été confirmé que Ibnou ^Abbas a donné un jugement que le divorce dit 3 fois en une seule assemblée est compté triplement et donc ce qui est rapporté de lui est contraire à l’acte qui est rapporté de lui. Donc, on ne prend pas en compte cette parole rapportée de lui.
  3. Abou Bakr Ibnou Al-^Arabiyy a dit dans son livre al-Qabas -commentaire de al-mouwatta de Al-Malik Ibnou Anas-, que le terme البتة –al-battah– à l’époque du messager de Allah, à l’époque de Abou Bakr et une partie de l’époque de ^Oumar Ibn al-Khattab était considéré comme une seule fois, c’est-à-dire que les gens quand ils utilisaient le terme البتة c’était pour insister sur un divorce unique.

Qu’est-ce qu’il a dit ^Oumar ? Il a dit : “les gens s’empressent dans un sujet alors qu’ils pouvaient prendre plus leur temps.”

Et il leur a appliqué le jugement. Dans la deuxième partie du califat de ^Oumar, les gens utilisaient le mot al-battah dans le sens de triple. Puis, la compréhension des gens a changé. Ils se sont mis à comprendre al-battah par 3 fois, c’est-à-dire définitivement.

La première fois, ils comprenaient ce mot par fermement, certainement. Et après, ils ont compris définitivement. ^Oumar leur a appliqué le jugement selon leur compréhension.

Si vous remplacez dans la version de Mouslim, au lieu de 3 fois par le mot al-battah, on trouve la même chose. Donc, c’est à priori une erreur de l’un des rapporteurs qui a remplacé le mot al-battah par 3 fois.

Abou Bakr Ibnou Al-^Arabiyy a dit que cette parole c’est Mouslim qui l’a rapportée. Abou Bakr Ibnou Al-^Arabiyy est d’Andalousie et il a dit : peut-être qu’il s’est basé sur l’une des versions de Mouslim qui était chez les maghrébins, parce qu’il y a des gens qui transmettent et puis, il y a peut-être eu une dérivation, une version qui est restée chez les gens en Orient et une autre version qui est restée chez les gens du Maghreb. Et que lui aurait pris connaissance d’une version des gens du Maghreb, chez qui cela était resté intact et qu’il est possible que là l’erreur soit dans une des retranscriptions chez les gens du machraq.

Le chaykh explique encore une fois ce qu’on vient de dire.

Il a dit : Les gens lorsqu’ils disaient “tu es divorcée al-battah”. Au début, c’était dans l’intention d’insister dans le divorce unique. Mais pour dire que c’est ferme. Puis, la compréhension des gens a changé, ils en ont compris définitivement. C’était fermement et ils en ont compris définitivement et donc ça veut dire 3 fois. C’est pour cela que certaines écoles de jurisprudence ont divergé sur ce sujet lorsque le divorce triple est prononcé en une seule assemblée.

Certains ont considéré que le terme al-battah c’est pour le divorce triple.

De même, lorsqu’il dit “tu m’es interdite” ou “tu es définitivement séparée de moi”. Et certains d’entre eux, l’emploient en fonction de la compréhension de la personne.

  • C’est ce que nous venons d’expliquer. C’est que l’expression rapportée par Mouslim est interprétée autrement que par le sens apparent. Ces explications ont été mentionnées par le hafidh Ibnou Hajar.

Certaines possibilités d’interprétation, c’est que un des rapporteurs de hadith chez Mouslim a rapporté la parole de Ibnou ^Abbas par la signification que lui a eu, par le sens que lui a compris et non pas par le terme que Ibnou ^Abbas a dit. Parce qu’il a dit que le divorce par trois fois. Alors que Ibnou ^Abbas a dit : “le divorce al-battah”.

Donc, il n’y a plus de preuve pour dire que le divorce prononcé 3 fois en une seule occasion serait compté une fois seulement. Ce n’est donc pas permis pour celui qui a divorcé de son épouse en une seule assemblée par 3 fois de continuer à vivre avec son épouse sans qu’un autre homme ne l’épouse (avec les règles que l’on connaît). Et celui qui fait cela aura violé l’unanimité qui a été réalisée à l’époque de notre maître ^Oumar.

Il n’est pas permis de croire que notre maître ^Oumar, que Allah l’agrée,aurait de sa propre initiative changé la loi et le jugement qui étaient appliqués par le messager de Allah  et les compagnons. Il n’a juste fait qu’appliquer aux gens ce qu’ils comprennent de cette parole.

Ainsi, dans le commentaire de Al-Boukhariyy, chapitre ‘Le divorce triple’, le hafidh Ibnou Hajar Al-Asqalaniyy a dit que la question que le divorce triple dit en une seule fois est compté comme étant un divorce triple, c’est un sujet qui fait l’objet de l’unanimité. Et celui qui contredit en cela, c’est quelqu’un qui délaisse l’unanimité.

Certains de ceux qui déforment les jugements de la religion dans la question du divorce, il a dit à propos de quelqu’un qui a prononcé deux divorces en une seule fois. Comme s’il a dit à sa femme : “je t’ai divorcée 2 divorces”. Puis, quelques temps plus tard, il a prononcé un autre divorce. Certains ont dit qu’en tout, cela fait deux. Les deux premiers parce qu’ils sont dit une seule fois, il les a compté comme un et le troisième, il l’a compté comme étant le deuxième. Ils ont prétendu que dans le verset 229 de sourat al-baqarah, dans lequel Allah ta^ala dit ce qui signifie : “Le divorce est deux fois”. Ils ont prétendu que cela est la preuve de ce que nous disons. Ils ont prétendu qu’il n’y a pas de divorce triple en une seule fois. 

Et la réponse que les savants ont donné à ces gens-là, ils ont dit que la parole de Allah -ce verset 229 de sourat al-baqarah-, il y a une information qui est implicite, elle n’a pas été mentionnée mais elle est comprise du contexte. C’est le divorce après lequel il y a possibilité de reprise, est de deux fois. « Après lequel il y a possibilité de reprise« , ça n’a pas été mentionné, mais c’est implicite. Preuve en est ce qui appuie ce verset.

Qu’est ce qu’il y a après ce verset? Après ce verset, le divorce est de deux fois, ensuite, soit vous conservez votre épouse dans de bons termes, soit vous vous séparez définitivement dans de bons termes.


Ce n’est pas une guerre. C’est possible que vous ne vous entendiez pas mais, soit vous restez dans de bons termes, soit vous vous quittez dans de bons termes.

Le verset est explicite.

Allah ta^ala dit dans le verset 230 de sourat al-baqarah, qui signifie : « Le divorce est jusqu’à 2 fois. Ensuite, soit vous continuez à vivre en bons termes, soit une séparation définitive dans de bons termes. Et s’il la divorce -s’il choisit la deuxième option- alors elle ne lui sera à nouveau licite que si elle se marie avec un autre homme. »

Allah tabaraka wa ta^ala dit dans le sens que le divorce est jusqu’à 2 fois. Ça veut dire que le divorce après lequel il y a une reprise possible en mariage est de deux fois.

Cela veut dire que celui qui prononce le divorce de son épouse une seule fois, il peut lui dire « je te reprends à mon mariage ». Elle devient à nouveau licite pour lui tout comme elle l’était tant qu’il dit cette phrase avant la fin de la période d’attente post-maritale. Elle lui est licite.

Et de même, s’il prononce un 2e divorce, il peut dire à sa femme « je te reprends en mariage » tant que la période d’attente post-maritale ne s’est pas achevée.

Selon ce qu’ont dit ces gens-là, ils ont prétendu que le divorce n’est valide que s’il est prononcé que deux fois. Cela est totalement faux et personne n’accepte cela. Ils ont pris le sens apparent du verset, mais ce n’est pas cela le sens.

Le sens de ce verset “le divorce est de deux fois” : signifie que les divorces après lesquels il y a possibilité de reprise en mariage est deux fois, c’est-à-dire après le premier divorce et après le deuxième divorce. C’est là où il y a possibilité de reprise.

Donc ce qui manque ici, c’est un mot qui est implicite et qui est compris du contexte, c’est-à-dire le nombre de divorce après lequel il est possible de reprendre en mariage est de deux. C’est cette phrase qui n’est pas mentionnée, mais qui est implicite.

Les arabes parlent comme cela, pour eux c’est évident. Le Qour’an est descendu dans la langue que parlaient les compagnons du Prophète. Pour eux c’est quelque chose d’évident.

C’est pour cela qu’on a besoin de tant d’explications.

Ce qui est à retenir : l’homme libre peut avoir jusqu’à 3 divorces avec sa femme. Mais, il peut avoir autant d’effacement de contrat qu’il veut.

Tandis que si jamais il y a eu un divorce triple, l’homme ne pourra vivre maritalement avec cette femme que si sa période d’attente post-maritale avec elle s’achève, qu’elle fasse un nouveau contrat de mariage avec un autre homme, que cet autre homme consomme avec elle, puis s’il veut il l’a divorce car il se peut qu’il ne veuille pas la divorcer. Puis, que la période d’attente post-maritale avec le deuxième s’achève, pour qu’à nouveau le premier puisse faire un nouveau contrat de mariage avec elle.

Les savants n’ont pas pris la version de Mouslim, du moins celle qui se trouve chez autre que les maghrébins car comme on a vu Ibnou Al-^Arabiyy a rapporté dans le commentaire de Malik, une version de Ibnou ^Abbas dans laquelle il n’a pas dit le divorce triple est compté une fois, mais dans laquelle il a dit “le divorce al-battah est compté une fois”. Et cela est cohérent avec l’unanimité qui a été établie sur le fait que divorcer 3 fois son épouse, que ce soit en une même assemblée ou en des assemblées différentes est compté comme un divorce triple et donc définitif.

Sourate Yaa Siin : Tafsir de an Nasafiyy (première partie)

Posted in cours général,Livre,tafsir par chaykhaboulaliyah sur août 1, 2023
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L’ardeur pour obtenir la science est une des plus importante grâce que Dieu accorde, car la science de la religion est la voie pour être sauvé. La grâce des biens matériels et de la bonne santé ne sauvera pas au jour du jugement. Si quelqu’un a vécu toute sa vie sans être atteint d’un seul mal de tête, cela sera oublié par un seul instant de châtiment au jour du jugement et de même pour les biens matériels, pour l’argent. Tandis que la science, l’homme ne s’en lasse pas. Les assemblées de science sont entourées d’anges.

Le tafsir que nous allons voir est le tafsir de an-Naçafiyy Abou l-Barakaat.

Il ne s’agit pas de An-Naçafiyy Abou Hafs. En effet, il y a plusieurs « an-Naçafiyy » dont an-Naçafiyy Abou Hafs, qui est l’auteur du célèbre traité de croyance mais aussi d’un autre tafsir.  Ici il ne s’agit pas de son tasfsir mais de celui de an-Naçafiyy Abou l-Barakaat. Tous les deux sont des matouridites, tous les deux font partie de Ahlou s-Sounnah et tous les deux répondent aux mouchabbihah et aux mou^tazilah.

Toutefois, par le passé, ceux qui faisaient ces tafsir, ces exégèses du Qour’an, ne se limitaient pas à citer uniquement ce qui était authentifié et vérifié. Par exemple, si al-Boukhariyy et Mouslim dans leur Sahih se sont bien restreints à ne citer que ce qui est sahih, dans d’autres livres al-Boukhariyy a lui-même mentionné des hadith qui ne sont pas uniquement du degré du sahih, mais aussi du degré du da^if.

Les savants, qu’ils soient faqih ou mouhaddith, citaient plusieurs paroles parce qu’elles étaient souvent rapportées, en se basant sur le fait que les gens étaient capables de distinguer les paroles authentiques des autres.

Dans ce tafsir, an-Naçafiyy Abou l-barakaat a déjà filtré beaucoup de choses qui n’étaient pas authentifiées, comme les isra’iliyates, qui sont ces paroles que les bani Isra’il ont rajouté comme histoires fausses, notamment sur les Prophètes. Il a donc enlevé certaines paroles et en a laissé d’autres, tout en sachant que la plupart des gens savent que ce sont des récits faibles. Tandis qu’aujourd’hui, le commun des gens sont tels des nouveaux qui n’ont pas les connaissances de base.

Nous avons donc ici, l’occasion et l’opportunité de voir le tafsir de an-Naçafiyy Abou l-Barakaat revu par le chaykh Abdou l-Lah al-Harariy qui a fait un filtre supplémentaire en enlevant les choses qui pourraient porter à confusion et a ajouté quelques commentaires.

Les faqih, en plus de composer des ouvrages, se basent sur le fait que l’ouvrage ne sera pas simplement lu mais transmis oralement de sorte que celui qui transmet va préciser à celui qui écoute, le degré de la chaîne de transmission de telle ou telle parole.

L’un des élèves de ach-Chafi^iyy lui a lu 40 fois un ouvrage qu’il avait pourtant écrit lui-même. Et à chacune de ces 40 lectures, l’Imam ach-Chafi^iyy ajustait ses propos en corrigeant des passages alors que c’est son propre ouvrage. Ach-Chafi^iyy a alors dit : « Allah a fait qu’il n’y ait pas d’autres livres aussi correct que Son Livre, le Qour’an ». C’est-à-dire que, quel que soit l’implication de la personne, il y aura des erreurs.

Exégèse

Sourat Yassin est une sourat qui comporte 83 versets et elle est mecquoise c’est-à-dire qu’elle a été révélée entièrement pendant que le Prophète était à la Mecque. Certaines sourat du Qour’an sont entièrement mecquoises, d’autres sont entièrement médinoises et certaines sont mecquoises et médinoises. C’est-à-dire qu’elles ont été révélées soit entièrement à la Mecque et ses alentours, soit entièrement à Médine et ses alentours. Le Qour’an n’a pas été révélé dans l’ordre que l’on retrouve aujourd’hui dans le Moushaf. C’est le Prophète qui a fixé cet ordre.

Verset 1 => يسٓ qui a pour sens :

« Ô toi être humain » ou « Ô toi Mouhammad » ou « autre que cela ».

La plupart des gens récite ce verset avec un soukoun sur le noun et s’arrêtent et cela est recommandé de s’arrêter après chaque verset. Mais il est valable de réciter avec une kasra, une avec une fatha  ou avec une dama. Dans le livre d’origine de an-Naçafiyy il y avait un hadith dans lequel le Prophète aurait dit « Dieu m’a donné sept noms dont Yassin et Taha » mais ce hadith n’est pas authentique, Chaykh a donc enlevé cette partie.

Précision : quand un hadith est da^if cela veut dire que la chaîne de transmission est faible. Il est permis de dire « le Prophète a dit » même si on n’est pas catégorique et on ne le cite que dans les actes de bonnes œuvres. A contrario, le hadith mawdou^, le mensonger, monté de toute pièce, il n’est pas permis de dire « le Prophète a dit ».

Verset 2 => وَٱلْقُرْءَانِ ٱلْحَكِيمِ qui a pour sens :

  • « Par le Qour’an ». Ici Dieu a juré par le Qour’an et Dieu jure par ce qu’Il veut. Il arrive qu’Il jure par Son Être, qu’Il jure par certaines de Ses créatures comme Son soleil et il arrive qu’Il jure par certains de Ses attributs comme le Qour’an.
  • « Al-Hakim » : « qui comporte une sagesse ».  
  •  

Verset 3 => إِنَّكَ لَمِنَ ٱلْمُرْسَلِينَ qui a pour sens :

« Tu es certes au nombre des envoyés »

Ici, Dieu jure par le Qour’an que le Prophète Mouhammad est un envoyé et ce verset est une réplique aux mécréants qui ont renié le statut de Prophète du messager Mouhammad. Certains disaient qu’il était sorcier et d’autres qu’il mentait.  Dieu leur a répliqué et a juré par le Qour’an.

Certains moufassir qui ont interprété « YaSin » en disant que cela voulait dire « ya Mouhammad »,  ont dit que par cette ‘ayah, dans laquelle Dieu interpelle le Prophète Mouhammad en confirmant que c’est un envoyé de sa part, constitue une preuve que le Prophète Mouhammad a été appelé YaSin.

Verset 4 => عَلَىٰ صِرَٰطٍۢ مُّسْتَقِيمٍۢ qui a pour sens :

« Certes tu es un envoyé ET certes tu es sur une voie de droiture », c’est-à-dire tu es sur la vérité, sur l’Islam. D’autres ont expliqué ce verset par « certes tu fais partie des envoyés et tous les envoyés sont sur une voie de droiture »

Verset 5 => تَنزِيلَ ٱلْعَزِيزِ ٱلرَّحِيمِ qui a pour sens :

  • « Il [le Qour’an] » a été révélé, c’est-à-dire qu’il est descendu par révélation.
  •  « Al ^Aziz » c’est-à-dire que le texte du Qour’an a le dessus par sa beauté, sa grâce, son éloquence sur les illusions des entêtés. Car ceux qui s’opposaient au Prophète et niaient que le Qour’an a été révélé, n’ont pas été capables de mentionner une seule phrase répliquant à un verset, tant la structure du texte du Qour’an est éloquente. Elle est une preuve contre ceux qui s’opposaient au Prophète, à une époque où le niveau de la langue arabe était élevé.
  • « Ar-Rahim » c’est-à-dire que ce texte attire par la douceur et la subtilité de ses sens, la compréhension des gens bien guidés. Allah a fait que les gens de la bonne compréhension soient attirés par le texte du Qour’an, qu’ils aiment l’écouter et le réciter, contrairement à ceux qui s’entêtaient à ne pas reconnaitre leur impuissance face à l’éloquence du texte du Qour’an alors qu’ils maitrisaient la langue. C’est ça le sens.

Verset 6 => لِتُنذِرَ قَوْمًۭا مَّآ أُنذِرَ ءَابَآؤُهُمْ فَهُمْ غَٰفِلُونَ qui a pour sens :

  • « Tu es un envoyé afin d’avertir les gens dont les ancêtres n’ont pas été avertis ». C’est une parole qui vise la période qu’ont vécu les gens entre le Prophète ^Iça et le Prophète Mouhammad. Il y a eu environ 600 années entre le Prophète Mouhammad et le Prophète ^Iça au cours desquelles il n’y a pas eu d’envoyé.

Une autre explication, qui est valable du point de vue de la langue est que « tu as été envoyé pour avertir les gens de la même chose dont ont été avertis leurs ancêtres »

  • « Fahoum ghafiloun » Et puisque ni eux ni leurs ancêtres n’ont été avertis, ils sont dans une totale insouciance, dans l’égarement.

Verset 7 => لَقَدْ حَقَّ ٱلْقَوْلُ عَلَىٰٓ أَكْثَرِهِمْ فَهُمْ لَا يُؤْمِنُونَ qui a pour sens :

« La parole s’applique à la majorité d’entre eux ; ils ne seront donc pas croyants ». La « parole » de Dieu visée ici et qui s’adresse à eux est  : [« certes je remplirai l’enfer de jinns et d’humains »]. Ils ont été avertis et ne pourront pas dire « nous ne savions pas ». Au début, ceux qui ont cru au Prophète étaient minoritaires. Ce verset veut donc dire que la majorité mourront sur la mécréance et seront au nombre des gens de l’enfer. Allah a su que le plupart d’entre eux mourraient mécréants.

Verset 8 => إِنَّا جَعَلْنَا فِىٓ أَعْنَٰقِهِمْ أَغْلَٰلًۭا فَهِىَ إِلَى ٱلْأَذْقَانِ فَهُم مُّقْمَحُونَ qui a pour sens :

« Nous avons fait que sur leurs cous il y aient des chaînes qui les attachent ». C’est-à-dire que l’état de ces gens-là, ceux qui refusent de croire au Qour’an, est comme celui des personnes qui ont les mains enchainées au cou et avec une barre qui part du menton jusqu’à la poitrine et qui les empêche de baisser la tête. Au jour du jugement, ils seront véritablement ainsi. Mais dans le bas monde, Dieu a fait une analogie de leur persistance sur la mécréance et les a fait ressembler à ceux qui sont enchaînés et qui sont incapables de se soumettre à la vérité. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas capables d’utiliser correctement leur raison. Ainsi, pour ce qui est de cette vie c’est un sens figuré mais c’est un sens propre pour ce qui est de l’au-delà car ils seront réellement ainsi.

Verset 9 => وَجَعَلْنَا مِنۢ بَيْنِ أَيْدِيهِمْ سَدًّۭا وَمِنْ خَلْفِهِمْ سَدًّۭا فَأَغْشَيْنَٰهُمْ فَهُمْ لَا يُبْصِرُونَ qui a pour sens :

  • « Nous avons fait que devant eux, il y ait un mur et derrière eux un mur, nous avons voilé leur regard ». Il sont tels des gens pris entre deux murs, c’est-à-dire dont la vision est couverte. Ils sont des gens qui ne voient pas la vérité.
  • Cela ne veut pas dire que ce sont des gens aveugles au sens propre. Il n’est pas question de la perception sensorielle, c’est un sens métaphorique. Il n’est pas question de la cécité des yeux mais de celle du cœur.
  • « Fahoum la youbsiroun » Il a été dit que ce verset (numéro 9) a été révélé à propos du clan bani makhzoum. Abou Jahal avait juré que s’il voyait le Prophète faire la prière, il lancerait une grosse pierre sur sa tête. Il a vu le Prophète prier à la Ka^bah et quand il a voulu lui lancer le rocher sur la tête, ses mains se sont redirigées vers lui et le rocher est tombé sur lui, la pierre collée à son cou. Les gens de bani makhzoum n’ont pu le libérer qu’avec difficulté. Un autre de bani makhzoum a alors dit « je vais y aller et lancer le rocher moi-même sur le Prophète ». Dieu a alors fait qu’il perde la vue sur le champ. C’est pourquoi certains exégètes, ont dit que ce verset s’adressaient à bani makhzoum et vise alors la cécité au sens propre.

Verset 10 => وَسَوَآءٌ عَلَيْهِمْ ءَأَنذَرْتَهُمْ أَمْ لَمْ تُنذِرْهُمْ لَا يُؤْمِنُونَ qui a pour sens :

« Et que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas, il ne seront pas croyants », c’est-à-dire que l’avertissement et le non-avertissement sont équivalents. Ici, Dieu s’adresse au Prophète et confirme que s’Il veut l’égarement pour quelqu’un, l’avertissement ne lui sera pas profitable.

Certains savants ont rapporté que ^Oumar Ibnou ^Abdou l^Aziz avait répliqué par ce verset à Ghaylan le Qadariyy. Les Qadariyy renient la prédestination ou prétendent que l’esclave créé ses actes délibérés et que le mal n’a lieu que par la volonté de l’esclave et non de Dieu. La mécréance de Ghaylan a été rapportée au calife bien guidé de l’époque qui s’appelait ^Oumar Ibnou ^Abdou l^Aziz. Ce dernier a dit à Ghaylan : « il nous a été rapporté que tu parles à propos de la prédestination en disant des choses qui sont fausses ». Au début, Ghaylan niait sa mauvaise croyance devant le calife ^Oumar, en criant à la calomnie. Par la suite, il a reconnu son égarement et le calife lui a répliqué par ce verset,  qui est une preuve que la mécréance est par la prédestination de Dieu. Alors Ghaylan a alors prétendu au calife « c’est comme si j’entendais ce verset pour la première fois » et a montré son repentir. Le calife ^Oumar a alors invoqué Dieu en disant « ô Allah, s’il est véridique accepte son repentir, s’il est menteur fais qu’il soit confronté à quelqu’un qui ne lui fera pas miséricorde » et dans une autre version il a dit  « fais qu’il goûte au tranchant de l’épée ». Puis, lorsque vint le calife Hicham Ibnou ^Abdi l-Malik qui était le successeur du calife ^Oumar, Gahylan a de nouveau affirmé et propagé sa mauvaise croyance. Le calife lui a alors dit « mais ne t’étais-tu pas engagé à ne plus jamais diffuser de telles mauvaises croyances ? ». Il a alors répondu au calife, « je suis prêt à en débattre, c’est ma croyance ». Le calife Hicham Ibnou ^Abdi l-Malik a alors fait appel à ses savants pour savoir qui débattrait avec lui. Le savant al-‘Awza^i, enterré à Beyrouth, a débattu avec lui, tout en lui apportant les preuves et a ensuite affirmé au calife « il est mécréant, il faut lui appliquer la sentence de l’apostat ».

Alors qu’il allait se faire exécuté, Ghaylan dit alors « l’invocation de l’homme vertueux a été exaucée à mon encontre » . Ses mains et ses pieds ont été tranchées et il a été accroché à la porte de Damas pour qu’il soit un exemple pour ceux qui ont la même croyance.

Verset 11 => إِنَّمَا تُنذِرُ مَنِ ٱتَّبَعَ ٱلذِّكْرَ وَخَشِىَ ٱلرَّحْمَٰنَ بِٱلْغَيْبِ ۖ فَبَشِّرْهُ بِمَغْفِرَةٍۢ وَأَجْرٍۢ كَرِيمٍ qui a pour sens :

 « Ceux qui vont profiter de ton rappel, sont ceux qui suivent le Qour’an et ceux qui croient en Dieu et qui Le craignent sans l’avoir vu. Ce sont eux qui vont profiter de ton rappel, annonce-leur la bonne nouvelle du pardon de leurs pêchés et annonce leur la grande récompense, le paradis. Et ceux pour qui Dieu n’a pas voulu qu’ils soient croyants, ils ne vont pas profiter de ton rappel ».

Verset 12 => إِنَّا نَحْنُ نُحْىِ ٱلْمَوْتَىٰ وَنَكْتُبُ مَا قَدَّمُوا۟ وَءَاثَٰرَهُمْ ۚ وَكُلَّ شَىْءٍ أَحْصَيْنَٰهُ فِىٓ إِمَامٍۢ مُّبِينٍۢ qui a pour sens :

« Certes, Nous ressuscitons les morts, c’est-à-dire Nous les faisons vivre après leur mort et nous faisons écrire ce qu’ils ont accompli, c’est-à-dire aussi bien les bonnes œuvres que les pêchés et la mécréance et Nous faisons écrire les belles choses qu’ils laissent après leur mort, comme la science qu’ils ont enseignée, ou un livre qu’ils ont constitué ou un bien dédié, ou une mosquée, ou un ribat ».  Le ribat* est le fait d’observer la station de surveillance, d’être à la limite du territoire des musulmans pour veiller à ce que les ennemis n’attaquent pas. Même après leur mort, ils auront une récompense pour cela.

Et de même, parmi les choses consignées, il y a les bonnes traditions et les mauvaises traditions du musulman. Et celles que les gens imiteront après sa mort, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, seront consignées.

« Et toute chose, nous l’avons inventoriée dans un livre clair, c’est-à-dire nous avons comptabilisé les œuvres des gens sur la table préservée ».

Verset 13 => وَٱضْرِبْ لَهُم مَّثَلًا أَصْحَٰبَ ٱلْقَرْيَةِ إِذْ جَآءَهَا ٱلْمُرْسَلُونَ qui a pour sens :

« Donne-leur pour exemple les compagnons du village », c’est-à-dire cite leur en exemple, le récit surprenant des compagnons du village d’Antioche [*village dans l’actuelle Turquie].  

Verset 14 => إِذْ أَرْسَلْنَآ إِلَيْهِمُ ٱثْنَيْنِ فَكَذَّبُوهُمَا فَعَزَّزْنَا بِثَالِثٍۢ فَقَالُوٓا۟ إِنَّآ إِلَيْكُم مُّرْسَلُونَ qui a pour sens :

« Nous leur avons envoyé [c’est-à-dire par l’intermédiaire de ^Iça] sur Notre ordre deux hommes »

^Iça a envoyé deux hommes Sadiq et Sadouq afin qu’ils prêchent la vérité dans la ville d’Antioche où les gens adoraient des statues. Quand ces deux hommes se sont approchés de la ville, ils ont vu un vieil homme qui s’appelait Habib et qui faisait paitre ses bêtes. C’était le menuisier de la ville.

  • Il leur a demandé qui ils étaient.
  • Ils ont alors répondu « nous sommes des envoyés de Jésus pour appeler à n’adorer que Dieu et à ne rien lui associer ».
  • Il a alors demandé « avez-vous une preuve de ce que vous avancez » ?
  • Ils ont dit « oui nous guérissons celui qui est né aveugle et celui atteint de [al-baras] la maladie du vitiligo ».

Il est en effet plus compliqué de guérir celui qui est aveugle de naissance que celui qui l’est devenu tout comme le vitiligo qui, comme maladie de peau, est difficile à soigner. Ils ont guéri le fils de Habib atteint d’une maladie depuis des années. Habib est alors devenu croyant et la nouvelle s’est répandue dans la ville jusqu’à leur roi qui les a convoqués et leur a alors demandé :

  • « Appelez-vous à adorer autre que notre divinité » ?
  • Ils ont répondu « oui, Dieu est Celui Qui a créé toute chose dont celle que tu adores.
  • Le roi a alors répondu « je vais réfléchir à votre sujet » et les idolâtres ont poursuivi Sadiq et Sadouq en leur jetant des pierres.

Puis, il a été rapporté qu’ils ont été emprisonnés. Le Prophète ^Iça a alors envoyé un troisième homme qui s’appelait Cham^oun. Ce dernier ne s’est pas déclaré comme étant l’envoyé du Prophète ^Iça. Il a d’abord côtoyé la cour rapprochée du roi jusqu’à ce qu’ils aient confiance en lui ainsi que le roi. Et un jour il a interpelé le roi en disant :

  • « Il m’a été rapporté que tu as emprisonné deux hommes, est-ce que tu as entendu ce qu’ils disent ? ».
  • Le roi a alors dit « non »
  • Cham^oun, de par sa notoriété acquise à la cour du roi, les a convoqués et leur a demandé devant tout le monde « qui vous a envoyé ? »
  • Ils ont répondu « c’est Dieu qui créé toute chose, celui qui fait absolument tout ce qu’Il veut, c’est Celui qui donne la subsistance et Qui n’a pas d’associé »
  • Il leur a alors demandé « quelle est votre preuve ? »
  • Ils ont dit « nous sommes prêts à faire ce que le roi désire ». Le Roi a alors amené un enfant aveugle de naissance. Il ont invoqué Dieu et il a, tout de suite, retrouvé la vue. Cham^oun a alors exhorté le Roi qui est entré en Islam, avec beaucoup d’autres aussi.

Toutefois, certains ne sont pas entrés en Islam. Jibril a alors poussé un cri et ils ont été anéanti.

Il a été rapporté que lorsque le roi a été témoin du prodige de Sadiq et Sadouq, Cham^oun a interpelé le roi et lui a demandé si son idole était capable de réaliser la même chose…ce à quoi le roi a répondu :  « notre idole ne voit rien, n’entend rien et n’a pas de capacité de créer ni de nuisance, ni de profit », Cham^oun l’a alors exhorté à croire.

Verset 15 => قَالُوا۟ مَآ أَنتُمْ إِلَّا بَشَرٌۭ مِّثْلُنَا وَمَآ أَنزَلَ ٱلرَّحْمَٰنُ مِن شَىْءٍ إِنْ أَنتُمْ إِلَّا تَكْذِبُونَ qui a pour sens :

« Les habitants de la ville ont alors dit au trois hommes : vous n’êtes que des humains comme nous, c’est-à-dire vous n’avez rien de plus que nous qui impliquerait que vous ayez cette caractéristique d’envoyé, le Seigneur n’a rien transmis par révélation ni à vous ni à Jésus et vous n’êtes que des menteurs ». Et même à l’époque du Prophète Mouhammad, les incrédules réfutaient le fait que les envoyés soient des hommes et prétendaient que s’il y avait vraiment une révélation, Dieu aurait envoyé des anges.

Verset 16 => قَالُوا۟ رَبُّنَا يَعْلَمُ إِنَّآ إِلَيْكُمْ لَمُرْسَلُونَ qui a pour sens :

Les trois hommes ont alors dit « Allah témoigne de la véracité de ce que nous prétendons » . Prendre Dieu à témoin comporte un insistance et comporte une preuve plus forte dans le cœur des gens.

Verset 17 => وَمَا عَلَيْنَآ إِلَّا ٱلْبَلَٰغُ ٱلْمُبِينُ qui a pour sens :

« Et nous n’avons pas autre chose que le fait de vous transmettre une transmission claire qui ne comporte aucun doute, puisque ce que nous vous avons transmis est confirmé par les preuves qui témoignent de la véracité de ce que nous vous transmettons et notre fonction est uniquement de vous transmettre »

Verset 18 => قَالُوٓا۟ إِنَّا تَطَيَّرْنَا بِكُمْ ۖ لَئِن لَّمْ تَنتَهُوا۟ لَنَرْجُمَنَّكُمْ وَلَيَمَسَّنَّكُم مِّنَّا عَذَابٌ أَلِيمٌۭ qui a pour sens :

  • « Vous êtes de mauvaises augure pour nous » [car ils ont détesté la religion de Sadiq, Sadouq et Cham^oun et leur âme en éprouve de l’aversion]. C’est l’habitude des ignorants de considérer de bonne augure ce vers quoi leur âme a un penchant, ce que leur nature accepte et de considérer de mauvaise augure ce pour quoi ils ont une aversion ou détestent ; de sorte que quand ils sont touchés par une épreuve ils disent que la cause en est la « mauvaise augure » et que quand ils sont touchés par la grâce, la cause en serait alors la « bonne augure ».
  • Il a été dit qu’ils ont subi une sécheresse. La pluie ne tombant pas, ils ont alors considéré que leur mauvaise augure était Sadiq, Sadouq et Cham^oun. Et ils ont dit si vous n’arrêtez pas d’appeler à votre religion, nous allons لَنَرْجُمَنَّكُمْ. Les savants ont donné trois explications à ce verbe :
  • « Nous allons vous tuer »
  • « Nous allons vous chasser »
  • « Nous allons vous insulter »
  • « Et vous allez subir de notre part un châtiment douloureux », c’est-à-dire qu’ils ont les ont menacé du pire châtiment, celui de les brûler.

Verset 19 => قَالُوا۟ طَٰٓئِرُكُم مَّعَكُمْ ۚ أَئِن ذُكِّرْتُم ۚ بَلْ أَنتُمْ قَوْمٌۭ مُّسْرِفُونَ qui a pour sens :

  • « Ils leur ont répondu : la cause de votre malheur est en vous, ce n’est pas le fait que nous appelions à l’Islam. Comment considérer que quelqu’un qui exhorte à l’Islam soit une mauvaise augure ? La cause de votre mauvaise augure est votre mécréance. »
  • « C’est vous qui avez fait preuve d’outrance, c’est vous qui avez dépassé la limite par votre désobéissance. C’est là, la cause de votre malheur et non les envoyés de Dieu et leur rappel ».

Par le passé, quand une personne hésitait à faire quelque chose, elle allait à la campagne et cherchait un endroit où se trouvait un oiseau et le faisait voler. Si l’oiseau s’envolait vers la droite, la personne disait alors que la chose à faire est de « bonne augure » et s’il s’envolait à gauche, elle estimait que c’était de « mauvaise augure » et ceci est bien entendu, une mauvaise manière d’agir.

Verset 20 => وَجَآءَ مِنْ أَقْصَا ٱلْمَدِينَةِ رَجُلٌۭ يَسْعَىٰ قَالَ يَٰقَوْمِ ٱتَّبِعُوا۟ ٱلْمُرْسَلِينَ  

qui a pour sens :

« De l’extrémité de la ville, un homme est venu [Habib le menuisier qui s’était alors consacré à l’adoration de Dieu dans une grotte]. Lorsque la nouvelle lui était parvenue que les envoyés subissaient une oppression, il était venu à leur défense, en clamant haut et fort son Islam. Puis, pour preuve de la véracité des envoyés, il les a interrogés en leur demandant s’ils appelaient les gens à l’Islam contre une rémunération ? Chose à laquelle ils ont répondu non. Habib a alors exhorté le peuple de les suivre eux, qui ne demandaient aucune contrepartie financière.

Verset 21 => ٱتَّبِعُوا۟ مَن لَّا يَسْـَٔلُكُمْ أَجْرًۭا وَهُم مُّهْتَدُونَ qui a pour sens :

« Suivez ceux qui ne vous demandent pas de rémunération pour la transmission du message et qui sont bien-guidés, c’est-à-dire les envoyés ». Alors le peuple a répliqué : es-tu donc sur la même religion que ceux là , ! » Il a répondu au verset 22.

Verset 22 => وَمَا لِىَ لَآ أَعْبُدُ ٱلَّذِى فَطَرَنِى وَإِلَيْهِ تُرْجَعُونَ qui a pour sens :

« Qu’est ce qui m’empêche d’adorer Celui Qui m’a créé et Celui pour lequel nous seront ressuscités et Qui rétribuera, tout un chacun, pour ses œuvres ?! ».

Verset 23 => ءَأَتَّخِذُ مِن دُونِهِۦٓ ءَالِهَةً إِن يُرِدْنِ ٱلرَّحْمَٰنُ بِضُرٍّۢ لَّا تُغْنِ عَنِّى شَفَٰعَتُهُمْ شَيْـًۭٔا وَلَا يُنقِذُونِ qui a pour sens :

« Habib leur a dit : voulez-vous donc que je prenne pour Dieu vos idoles ? Car si Dieu veut me faire parvenir un mal, vos idoles ne pourront pas intercéder. Celles que vous prétendez être intercesseur, vos idoles ne peuvent pas l’empêcher. Alors comment voulez-vous que j’adore ce qui n’a pas de capacité ? »

Verset 24 => إِنِّىٓ إِذًۭا لَّفِى ضَلَٰلٍۢ مُّبِينٍ qui a pour sens :

« Si je les considérais comme des divinités, je serais dans un profond égarement, ces idoles qui n’ayant aucune capacité ne mérite pas que je les adore ».

Verset 25 => إِنِّىٓ ءَامَنتُ بِرَبِّكُمْ فَٱسْمَعُونِ qui a pour sens :

« Je crois en notre Seigneur, alors entendez-bien, soyez témoin de ma foi pour que vous en témoigniez au jour du jugement [car il savait que son peuple allait le tuer] ».

Verset 26 => قِيلَ ٱدْخُلِ ٱلْجَنَّةَ ۖ قَالَ يَٰلَيْتَ قَوْمِى يَعْلَمُونَ qui a pour sens :

« Il lui a été dit : « Entre donc au paradis » ». Habib a reçu la bonne nouvelle qu’il ferait partie des gens du paradis. Son emplacement au paradis lui a été dévoilé et a ainsi su qu’il était au nombre des gens du paradis. Il a donc vu ce qui lui réjouissait le cœur. Lorsque cela s’est produit il s’est dit « si seulement mon peuple pouvait savoir cela ». Il a ainsi souhaité que son peuple sache qu’il allait au paradis pour que eux aussi deviennent croyants.

Il a été rapporté que la tombe de Habib est au marché d’Antioche. Mais ce n’est pas vrai de croire, comme cela est mentionné dans certaines explications, qu’il est entré véritablement au paradis.

Verset 27 => بِمَا غَفَرَ لِى رَبِّى وَجَعَلَنِى مِنَ ٱلْمُكْرَمِينَ qui a pour sens :

« Si seulement mon peuple prenait connaissance du fait que mon Seigneur m’ait pardonné et qu’Il m’ait honoré en m’accordant le paradis. » Il a eu l’honneur du paradis grâce à l’Islam alors qu’avant il sculptait les idoles.

Verset 28 => وَمَآ أَنزَلْنَا عَلَىٰ قَوْمِهِۦ مِنۢ بَعْدِهِۦ مِن جُندٍۢ مِّنَ ٱلسَّمَآءِ وَمَا كُنَّا مُنزِلِينَ qui a pour sens :

Allah nous apprend qu’Il n’a pas anéanti le peuple de Habib par des armées qui descendent du ciel pour les châtier parce que Allah a fait que la sagesse n’était pas de faire descendre du ciel des anges pour anéantir ce peuple. Car Dieu a fait que certains peuples soient anéantis d’une manière et d’autres d’une autre manière. Certains peuples ont été anéanti par un vent qui les emporté jusqu’au ciel et a arraché leur tête, d’autres par des volatiles qui ont lâché des pierres qui ont transpercé leur têtes… chacun selon une sagesse. Mais le peuple de Habib n’a pas été anéanti par une armée d’anges venue du ciel.

Verset 29 => إِن كَانَتْ إِلَّا صَيْحَةًۭ وَٰحِدَةًۭ فَإِذَا هُمْ خَٰمِدُونَ qui a pour sens :

« Leur anéantissement n’a été que par un seul cri tout comme on éteint un feu ». Le sens est que Allah a donné l’ordre à l’ange Jibril de pousser un cri et n’a pas fait descendre comme ce fut le cas pendant la bataille de Badr et la bataille de Al-Khandaq. Ces jours-là, Dieu a envoyé des anges à l’image d’humains qui portaient des turbans et combattaient comme des humains.

Le peuple de Pharaon, Dieu les a anéanti par la noyade, le peuple de Lout, Dieu a fait qu’un ange ait soulevé leur ville jusqu’au premier ciel.

Verset 30 => يَٰحَسْرَةً عَلَى ٱلْعِبَادِ ۚ مَا يَأْتِيهِم مِّن رَّسُولٍ إِلَّا كَانُوا۟ بِهِۦ يَسْتَهْزِءُونَ qui a pour sens :

« Dieu nous apprend que ces gens-là méritent que l’on s’attriste pour leur cas, qu’ils se soient comportés de la sorte chaque fois que des messagers leur sont envoyés ».

Cela ne veut pas dire que Dieu regrette. Mais il s’adresse à nous pour que nous prenions ces gens comme exemple d’attristement.

Verset 31 => أَلَمْ يَرَوْا۟ كَمْ أَهْلَكْنَا قَبْلَهُم مِّنَ ٱلْقُرُونِ أَنَّهُمْ إِلَيْهِمْ لَا يَرْجِعُونَ qui a pour sens :

« Ne voient-ils [dans le sens de « savoir » et non de la perception visuelle] donc pas combien de peuples avant eux, ont été anéantis ? Et que ces gens-là une fois, anéantis, ne reviendront pas à eux dans ce bas-monde mais seront ressuscités au jour du jugement où ils seront châtiés pour avoir démentis les envoyés de Dieu ?

Verset 32 => وَإِن كُلٌّۭ لَّمَّا جَمِيعٌۭ لَّدَيْنَا مُحْضَرُونَ qui a pour sens :

« Et tous ceux qui ont précédé et eux également [les associateurs de Qouraych] seront ressuscités et rassemblés pour le jour du jugement, pour l’exposition des œuvres »

Verset 33 => وَءَايَةٌۭ لَّهُمُ ٱلْأَرْضُ ٱلْمَيْتَةُ أَحْيَيْنَٰهَا وَأَخْرَجْنَا مِنْهَا حَبًّۭا فَمِنْهُ يَأْكُلُونَ            qui a pour sens :

« Un signe pour eux, une preuve qui indique que Dieu ressuscite les morts est le fait qu’une terre sèche et aride, qui ne comporte aucune plante devient source de vie grâce à la pluie ». Cette terre morte fait pousser les graines et c’est grâce à ces graines que les gens se nourrissent. C’est ce sur quoi dépend la survie de la majeure partie des gens. Et si ces graines disparaissent, une famine survient et la mort s’installe alors ».

Tout comme Dieu fait revivre cette terre après qu’elle soit sèche, Dieu fait ressusciter après la mort.

Verset 34 => وَجَعَلْنَا فِيهَا جَنَّٰتٍۢ مِّن نَّخِيلٍۢ وَأَعْنَٰبٍۢ وَفَجَّرْنَا فِيهَا مِنَ ٱلْعُيُونِ qui a pour sens :

« Et Nous avons fait que sur cette terre il y ait des vergers, des jardins de palmiers, de vignes et Nous avons fait jaillir des sources d’eau qui vous sont profitables ». C’est-à-dire qu’après l’aridité, la mort de cette terre, Dieu a fait pousser des graines. Il a fait qu’il y ait des jardins et en a fait jaillir des sources d’eau. Celui [Dieu] Qui est tout puissant à faire cela est tout puissant à ressusciter les morts.

Verset 35 => لِيَأْكُلُوا۟ مِن ثَمَرِهِۦ وَمَا عَمِلَتْهُ أَيْدِيهِمْ ۖ أَفَلَا يَشْكُرُونَ qui a pour sens :

  • « Afin que les gens puissent consommer du fruit que Dieu a créé et du fruit de leur labeur, de ce qu’ils ont fait de leur mains » [c’est-à-dire le fait qu’ils aient semé, irrigué, pollinisé jusqu’à ce que le fruit arrive à maturité].

Le fruit est la création de Dieu, c’est l’acte de Dieu et il comporte également le résultat du travail de l’humain. « Ne remercient-ils donc pas pour ce dont ils œuvré ? » La création du fruit est par Dieu, mais Il a fait que les humains soient des causes pour que les fruits apparaissent. Mais ce qui a été une cause et la conséquence de cette cause sont tous deux créés par Dieu. En effet parfois certains entretiennent un verger et il n’y a pas de fruit. C’est Dieu le Créateur.

Il y a une deuxième exégèse de ce verset : « ma » ici est une négation qui donne le sens que « ces fruits NE sont PAS la création des gens qui ont travaillé la terre. Les humains ont travaillé leur terre mais les fruits ne sont pas leur création ».

Il n’y a aucune contradiction entre ces deux exégèses qui sont en réalité complémentaires

Dans la langue arabe « ma ^amila » peut avoir deux sens :

  1. Ce qui n’a pas été fait
  2. Ce qui a été fait  
  • « Ne remercient-ils donc pas », c’est-à-dire que malgré tout ce qui vient d’être cité et tout ce qu’ils voient, ils tardent à remercier Dieu. C’est une parole pour exhorter les gens à remercier Dieu en utilisant les bienfaits qu’Il nous a accordé dans l’obéissance.

Verset 36 => سُبْحَٰنَ ٱلَّذِى خَلَقَ ٱلْأَزْوَٰجَ كُلَّهَا مِمَّا تُنۢبِتُ ٱلْأَرْضُ وَمِنْ أَنفُسِهِمْ وَمِمَّا لَا يَعْلَمُونَ qui a pour sens :

« Il est exempt d’imperfection Celui Qui a créé les différentes catégories de créatures ».

Ici le terme « zawaj » ne vise pas le mariage. Ce qui est visé ici, ce sont les différentes catégories de créatures en allant de ce qui pousse sur terre (comme les palmiers, les arbres, les plantations, les fruits…), à ce que Dieu a créé à partir d’eux même, c’est-à-dire les enfants créés à partir d’un mâle et d’une femelle mais aussi ce que Dieu ne [leur] a pas donné à connaitre, comme certaines créatures qui existent dans les vallées et les océans que les gens ne connaissent pas.

Verset 37 => وَءَايَةٌۭ لَّهُمُ ٱلَّيْلُ نَسْلَخُ مِنْهُ ٱلنَّهَارَ فَإِذَا هُم مُّظْلِمُونَ qui a pour sens :

« Un autre signe pour eux [que celui de la terre morte précité] de Notre puissance, Notre science et Notre miséricorde, est la nuit qui s’installe après le jour de sorte qu’il ne reste plus rien de la lumière du jour » .

Verset 38 => وَٱلشَّمْسُ تَجْرِى لِمُسْتَقَرٍّۢ لَّهَا ۚ ذَٰلِكَ تَقْدِيرُ ٱلْعَزِيزِ ٱلْعَلِيمِ qui a pour sens :

  • « Parmi les signes également, il y a le soleil qui a un parcours qui suit une trajectoire bien précise, pour arriver à une limite qui lui est fixée à un temps également bien précis ». Le parcours du soleil est prédestiné avec un compte bien précis. Le soleil en soit est un signe de la parfaite toute-puissance de Dieu. Le soleil n’avance pas plus, ne recule pas, ne va pas plus haut, plus bas que ce que Dieu veut et a prédestiné qu’il ait comme trajectoire.

Il a été rapporté dans le Qour’an, que le soleil a plusieurs couchants et plusieurs levants (qui diffèrent d’un jour à l’autre).

Le soleil a deux levants et deux couchants (par saison).

Le soleil a un levant* : c’est-à-dire un endroit à partir duquel il se lève

Il a également un couchant* : c’est-à-dire un endroit par lequel il se couche.

C’est Dieu qui fait que telle année, en été ou en hiver, cet endroit de levant et cet endroit de couchant change.  Le soleil est un objet inanimé dominé par Dieu. Et du point de vue de la raison il aurait pu avoir une position plus haute, plus basse, plus avancée ou reculée.

Ce qui fait qu’il emprunte cet exact parcours c’est par la volonté et la toute-puissance de Dieu Qui le domine.

  • Tout cela est dominé par « Al ^Aziz », Celui Qui domine par sa toute-puissance tout ce qui est possible et rationnel et « Al ^Alim » Celui Qui sait absolument tout.

Verset 39 => وَٱلْقَمَرَ قَدَّرْنَٰهُ مَنَازِلَ حَتَّىٰ عَادَ كَٱلْعُرْجُونِ ٱلْقَدِيمِ qui a pour sens :

« Et la lune, Nous lui avons prédestiné des stations ». La lune a 28 stations et chaque nuit, elle s’arrête à une de ces stations, elle y parvient et ne la dépasse pas. Durant les mois lunaires, la lune occupe 28 stations puis disparait une ou deux nuits. Si elle ne disparait qu’une nuit, le mois comptera alors 29 jours. Si elle disparait deux nuits, cela veut dire que c’est un mois de 30 jours.

Verset 40 => لَا ٱلشَّمْسُ يَنۢبَغِى لَهَآ أَن تُدْرِكَ ٱلْقَمَرَ وَلَا ٱلَّيْلُ سَابِقُ ٱلنَّهَارِ ۚ وَكُلٌّۭ فِى فَلَكٍۢ  يَسْبَحُونَ qui a pour sens :

  • Le soleil, il ne lui convient pas et il n’est pas valide qu’il rejoigne la lune de sorte qu’ils soient réunis en même temps et rayonnants ensemble dans le même temps. Le temps où le soleil est rayonnant est le jour et le temps où la lune est rayonnante est la nuit.
  • La nuit ne précède pas le jour c’est-à-dire que ce qui est un corps rayonnant la nuit ne précède pas, dans sa trajectoire et son temps, le jour. La nuit a un temps et le jour a un temps. C’est-à-dire que l’un ne va pas accélérer pour prendre la place de l’autre. Et cet ordre demeurera jusqu’à ce qu’arrivent les signes du jour du jugement où que Dieu fera que le soleil et la lune seront réunis et que le soleil se lèvera de son couchant.

Chacun des astres parcourt la trajectoire que Dieu Lui a voulu

Verset 41 => وَءَايَةٌۭ لَّهُمْ أَنَّا حَمَلْنَا ذُرِّيَّتَهُمْ فِى ٱلْفُلْكِ ٱلْمَشْحُونِ qui a pour sens :

Dieu rappelle un des signes de Sa toute-puissance : « Nous avons fait porter leur descendance [leurs enfants, c’est-à-dire ceux qui sont importants pour eux]  par des navires chargés sur la mer et sur terre ».

Il a été dit que ce qui a été visé ici sont ceux qui étaient transportés dans l’arche de Nouh. Et ceux qui étaient dans la jahiliyyah à l’époque du Prophète Mouhammaden connaissaient le récit . Dieu leur a fait le rappel de Sa toute-puissance.

Le terme « dhourriyyah » peut vouloir dire « descendants » ou « ascendants ». Ceux à qui il est fait référence ici sont donc leurs [mécréants qui reniaient le message du Prophète Mouhammad] ancêtres c’est-à-dire Nouh et ses fils. Et c’est connu que leurs ancêtres sont lfils de Nouh carce sont les seuls qui ont eu une descendance. Tous les humains sont des descendants de Nouh

Verset 42 => وَخَلَقْنَا لَهُم مِّن مِّثْلِهِۦ مَا يَرْكَبُونَ qui a pour sens :

« Nous leur avons créé la même chose [c’est-à-dire pareil que ces navires] ».  Les montures visées ici sont les chameaux que les arabes surnomment « les navires du désert » car ils supportent ce que beaucoup d’autres animaux ne supportent pas. Les chameaux peuvent aussi aller dans d’extrêmes chaleurs, là où d’autres auraient les pieds brûlés, tout en supportant la soif très longtemps (jusqu’à 4 jours). Et Dieu les a asservis pour les humains malgré leur grande taille. Et peu d’animaux ont autant de spécificités. C’est pourquoi ils ont été surnommés « les navires su désert ».

Verset 43 => وَإِن نَّشَأْ نُغْرِقْهُمْ فَلَا صَرِيخَ لَهُمْ وَلَا هُمْ يُنقَذُونَ qui a pour sens :

« Et si Nous le voulions, nous aurions fait qu’ils se soient noyés en mer et ils n’auraient personne pour les sauver ». Dieu cite les bienfaits et les grâces qu’Il leur a accordées.

Verset 44 => إِلَّا رَحْمَةًۭ مِّنَّا وَمَتَٰعًا إِلَىٰ حِينٍۢ qui a pour sens :

« Par miséricorde de Notre part et pour qu’ils vivent jusqu’à leur terme ». Si Dieu voulait les faire noyer, personne ne pourrait les sauver, si ce n’est Lui et pour leur faire profiter de la fin de leur vie.

Verset 45 => وَإِذَا قِيلَ لَهُمُ ٱتَّقُوا۟ مَا بَيْنَ أَيْدِيكُمْ وَمَا خَلْفَكُمْ لَعَلَّكُمْ تُرْحَمُونَ qui a pour sens :

  • « S’il est dit à ces associateurs « préservez-vous de ce qui est arrivé à ceux qui vous ont précédé et qui ont démenti leurs Prophètes et préservez-vous du châtiment de ce qui vient après vous, c’est-à-dire du jour du jugement ».

Préservez-vous des punitions et épreuves qui sont arrivés aux communautés précédentes qui ont démenti leur Prophète et préservez-vous du châtiment de ce qui vient après vous en œuvrant, en accomplissant les actes d’obéissance et puissiez-vous bénéficier de la miséricorde de Dieu.

Ici la réponse sous-entendue au « si » qui est « ils [les associateurs] se détournent du rappel » est implicite. Elle n’a pas été mentionnée textuellement car la langue arabe est basée sur la concision. C’est-à-dire que quand le sens est clair, on ne le précise pas.

Série le Mariage en Islam (13) : les sortes de séparations et le sortes de divorces

Posted in cours général,islam,jurisprudence,Livre par chaykhaboulaliyah sur juillet 26, 2023

L’auteur, que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : il y a une différence entre le divorce et les séparations -qu’on appelle fourqah– pour différentes raisons.

Nous allons voir quelles sont les séparations et quelles sont les raisons possibles pour ces séparations. Le divorce dans la loi de l’islam est différent de ces différentes sortes de séparation, c’est-à-dire qu’il y a des lois qui sont relatives au divorce spécifiquement par rapport aux sortes de séparations.

Dans les séparations, il y a la séparation de al-faskh -la séparation d’effacement-, il y a la séparation de al-khoul^ -celle que nous avons vu- , il y a la séparation de al-‘ila et il y a la séparation des deux arbitres.

Pour la séparation des deux arbitres, c’est-à-dire que c’est une séparation à cause des deux arbitres, à l’initiative des deux arbitres : c’est lorsqu’il y a une dispute ou une divergence entre les deux époux, deux arbitres sont désignés/envoyés, s’ils sont tous deux d’accord pour la séparation, alors ils vont arbitrer/décider la séparation entre les deux époux.

Selon l’école chafi^ite, ce n’est pas eux qui vont procéder à la séparation, ils vont informer le juge et c’est le juge lui-même qui va décider de la séparation et qui va séparer. 

Dans le Qour’an Allah ta^ala dit :

وَإِنْ خِفْتُمْ شِقَاقَ بَيْنِهِمَا فَابْعَثُوا حَكَمًا مِنْ أَهْلِهِ وَحَكَمًا مِنْ أَهْلِهَا

Ce qui signifie : “Si vous craignez qu’il y ait divergence et écart de l’un des deux par rapport à l’autre, alors envoyez/désignez un arbitre de la famille de l’homme -quelqu’un qui est valable pour être arbitre, pour réparer entre les deux époux, quelqu’un qui s’applique dans la religion, qui craint Dieu, quelqu’un de confiance- et un arbitre de la famille de la femme -avec les mêmes critères, quelqu’un qui s’applique dans le religion et qui craint Dieu-. »

[Sourat an-nisa/ 35]

Pourquoi la désignation de ces deux arbitres se fait de leur famille respective -de la famille de l’homme et de la famille de la femme- ? Parce que les proches parents connaissent mieux le fond des choses, de l’état de chacun de son proche parent. Parce que les proches parents recherchent également plus qu’il y ait réconciliation. Et les deux époux vont se confier à leur propre parent -qui est son arbitre et qui va le représenter-.

Il est plus enclin à se confier à leur proche parent, qui est son arbitre, et donc il va lui dévoiler ce qu’il y a dans son for intérieur, comme amour ou comme haine, ou comme volonté de continuer la vie de couple, ou volonté de séparation. C’est pour ces raisons là que Allah ta^ala a fait que dans le Qour’an, il y a eu désignation d’un arbitre de la famille de chacun des deux.

La suite du verset :

إِنْ يُرِيدَا إِصْلَاحًا يُوَفِّقِ اللَّهُ بَيْنَهُمَا

Ce qui signifie : “Si les deux arbitres veulent la réconciliation, Allah accordera la réussite en cela entre les deux époux.

[Sourat an-nisa / 35]

Par cette cause, Allah fait qu’il y ait réussite pour cela. Cela veut dire que s’ils voulaient réparer le conflit qu’il y a entre les deux et que leurs intentions étaient valide, Allah fait que leur arbitrage et leur médiation soit béni/fructueuse. Et Allah fait que grâce à leur bonnes interventions, il y ait l’amour entre les deux époux, la symbiose. Et Dieu fait que dans le cœur des deux époux, il y ait l’amitié, l’accord et la réussite à vivre en commun avec les deux époux.

Chez les chafi^ites, les deux arbitres n’ont pas autorité pour prononcer la séparation, ils vont informer le juge et c’est le juge qui sépare. Contrairement à Malik, que Dieu lui fasse miséricorde, chez lui, les deux arbitres prononcent la séparation, les deux arbitres séparent.

Dans l’école malikite, dans la voie de l’école de l’imam Malik, les deux arbitres peuvent séparer, c’est-à-dire que s’ils se mettent d’accord sur cela -il y a eu accord entre les deux arbitres sur cette décision-. Si l’arbitre qui représente l’homme et l’arbitre qui représente la femme ont vu que cela ne marchait pas et qu’il faut que les deux se séparent, après avoir étudié le cas des deux époux, ils se sont mis d’accord sur la séparation entre les deux, alors ils peuvent décider et procéder à la séparation.

Chez les chafi^ites, le rapport est fait au juge légal musulman qui applique la loi de l’islam, et c’est lui qui décide la séparation entre les deux époux.

Les différentes séparations

Il y a la séparation par effacement de contrat, c’est-à-dire que le contrat est défait. La séparation par effacement est de plusieurs catégories.

  • La séparation par incapacité financière :

C’est-à-dire que le mari a été incapable de donner la dot ou la charge obligatoire. Si le mari a été incapable de les donner, après lui avoir donné un ultimatum/délai de 3 jours, alors il est possible d’effacer le contrat de mariage. Après avoir prouvé et confié cela auprès du juge, le juge efface le contrat de mariage.

Autre cas de figure : si le mari n’a pas pris en charge sa femme par la charge obligatoire -pas de ce qui est superflu, on parle de la charge obligatoire-, alors qu’il en avait les moyens -le cas précédent est qu’il n’avait pas les moyens, mais dans ce cas il a les moyens-, alors c’est le juge qui le contraint, l’oblige à fournir la charge obligatoire de sa femme.

Si lui ne veut pas le faire, le qaadii prend de l’argent du mari qui a les moyens  -il désigne qui le fait- et assure la charge obligatoire de l’épouse. Et si le mari n’était pas là,  s’il est absent -par exemple en voyage-, le juge dit à la femme d’emprunter de l’argent et il oblige le mari à rembourser.

Mais s’il était incapable d’assurer, de payer la charge obligatoire, et qu’elle prouve, par deux témoins,  que son mari n’a pas la capacité de la prendre en charge.

Dans la loi de l’Islam c’est celui qui prétend quelque chose qui a la charge de la preuve.

Elle prétend que le mari n’assure pas sa charge, c’est à elle d’en amener les preuves. Ici, la preuve c’est deux témoins de confiance, qui vont témoigner que effectivement son mari ne la prend pas en charge.

Qu’est-ce qui se passe dans ce cas ? Elle vient voir le juge, elle amène deux témoins, elle dit au juge que le mari ne l’a prend pas en charge, les témoins témoignent que c’est le cas. Le juge s’adresse au mari et lui fixe un délai, un ultimatum.

Le juge fixe un délai de 3 jours au mari pour qu’il prenne en charge la femme. Passé ce délai, le contrat de mariage est effacé. Après sa période d’attente post-maritale, elle peut se marier avec qui elle veut.

Dans l’islam, le mariage d’un homme qui est pauvre est correct, valable par l’unanimité.

Mais si après le contrat de mariage, la femme n’est pas prise en charge par son mari, comment est-ce qu’elle va vivre?

Elle est partie se plaindre auprès du juge légal, elle dit « je n’ai pas de quoi manger et il ne me prend pas en charge, il ne me donne pas la charge obligatoire ».

Elle n’a pas patienté. Si elle, elle avait patienter, si elle voulait patienter, il n’y aurait pas de problème, il n’y aurait pas de conflit.

Il y a certaines femmes qui patientent et il y a d’autres femmes qui ne patientent pas.

Pour cela, lorsqu’une femme a interrogé le Prophète ﷺ et lui a dit : deux hommes m’ont demandés en mariage, un tel s’appelle Mou^awiya et un tel s’appelle Abou Jahm.

Deux sont venus lui demander en mariage et c’est une femme compagnon.

Le messager ﷺ a répondu à cette femme qui lui a demandé le conseil. Quand quelqu’un lui demande le conseil, il le donne, il ne va pas mentir, ni trahir, il ne va pas donner quelque chose en dehors de ce qui est correct.

Il a dit, ce qui signifie : Mou^awiya est quelqu’un qui est sans le sous, il n’a pas d’argent. Ici, cela veut dire pauvre. « Pauvre » ce n’est pas pour le dénigrer mais c’est un qualificatif.

Si quelqu’un est pauvre, on dit de lui qu’il est pauvre, ce n’est pas un problème. Là, c’est au titre du conseil.

Le Prophète ﷺ quand il a dit à cette femme que Mou^awiya est pauvre c’est au titre du conseil.

Pourquoi ? Parce que certaines femmes ne patientent pas face à la pauvreté du mari. Et on craint d’elle que si elle se marie avec un pauvre, qu’elle ne tombe dans la désobéissance à Dieu.

Comment cela ? Après le mariage, elle peut dire des paroles blessantes ou par d’autres comportements.

Le messager ﷺ lui a alors donné le conseil obligatoire, il lui a dit, ce qui signifie : pour ce qui est de Mou^awiya c’est quelqu’un qui n’a pas d’argent –salouq– et Abou Jahm c’est quelqu’un qui bat les femmes, c’est-à-dire qu’il frappe beaucoup les femmes, cest quelqu’un qui a cette caractéristique.

Et là encore il se peut qu’elle ne patiente pas et qu’elle tombe dans ce qui n’est pas une bonne issue, ce qui n’a pas une bonne conséquence.

Ce que le Prophète ﷺ a dit a cette femme s’appelle un conseil.

Si quelqu’un on lui demande un conseil à propos du mariage, il donne le conseil légal, que ce soit de la part de la famille de la femme, ou de la part de la femme (si c’est la femme qui lui demande ou si c’est la famillee la femme que lui demande), ou de la part de la famille de l’homme, ou de la part de l’homme lui-même (si c’est l’homme qui demande lui demande le conseil ou si c’est la famille de l’homme qui lui demande le conseil). Dans tous les cas, il donne le conseil légal, il dit la vérité et ne va pas mentir.

Il est rapporté dans le hadith de Abou Dawoud, qu’il a cité dans son livre, dans le recueil de hadith qui s’appelle as-sounan, il est parvenu que le messager ﷺ  a dit ce qui signifie :

« La chose licite que Dieu agrée le moins est le divorce« 

Pourquoi ? Parce qu’il se peut que cela entraîne un ressentiment de solitude ou de rejet pour la femme, cela peut entraîner une exposition des enfants à leur perte si entre le mari et la femme il y a avait des enfants. Mais ce n’est pas dans tous les cas que le divorce soit la chose licite que Dieu agrée le moins.

Ce n’est pas dans tous les cas que le divorce est licite seulement, il y a des divorces qui sont recommandés, il y a un divorce qui est un devoir, il y a un divorce qui est interdit.

Parce que dans le hadith le Prophète ﷺ a dit, ce qui signifie : « Le divorce est la chose licite que Dieu agrée le moins« . Ça c’est un cas général, mais dans d’autres hadith le prophète ﷺ a spécifié qu’il y a des cas où c’est recommandé de divorcer, des cas où c’est un devoir de divorcer et des cas où c’est interdit de divorcer. Donc ce n’est pas dans tous les cas que c’est simplement licite. Le plus souvent, le divorce est soit interdit ou soit déconseillé.

Le divorce qui est permis, qui est méritoire est peu fréquent par rapport au divorce qui est blâmable.

La parole du Prophète ﷺ qui signifie : la chose licite que Dieu agrée le moins est le divorce. Ce qui en est visé ici c’est le divorce qui n’a pas de raison légale, car sinon le messager ﷺ lui-même a divorcé. Si le Prophète a fait cette chose, ce n’est pas blâmable dans tous les cas.

Il y a parmi le divorce ce qui est blâmable et il y a parmi le divorce ce qui est recommandé. La femme qui ne fait pas la prière, c’est recommandé de la divorcer.

Les savants ont classé le divorce sous les 5 jugements, les 5 jugements que vous connaissez :

  • Il peut être un devoir, comme le divorce prononcé par le juge en cas de conflit ;
  • Il peut être recommandé, comme le divorce d’une femme qui n’est pas sur la droiture ;
  • Il peut être interdit, comme lorsqu’on appelle bid^i -non conforme à la sounnah– ;
  • Il peut être déconseillé ;
  • Et il peut être permis.

Rappelons-nous le hadith du Messager ﷺ rapporté par Abou Dawoud dans ses sounan, dans lequel le Messager ﷺ a dit, ce qui signifie : la chose licite que Dieu agrée le moins est le divorce.

Bien sûr, ici, c’est en général, car dans certains cas, le divorce peut être obligatoire, il peut être recommandé. Donc, en général c’est la chose la chose que Dieu agrée le moins, c’est une chose licite mais que Dieu agrée le moins. Pourquoi ? Parce que ça fait ressentir à la femme le fait qu’elle a été délaissée et parce que ça expose les enfants a être perdu, dans le cas où il y a eu des enfants entre les deux.

Mais ce n’est pas dans tous les cas que le divorce est uniquement autorisé. Il y a des cas où le divorce est recommandé, il y a des cas où le divorce est obligatoire et des cas où le divorce n’est pas autorisé, il est interdit, mais il a lieu quand même.

Ce qui est une cause de séparation, c’est-à-dire une cause d’effacement de contrat de mariage, c’est ce qu’on appelle :

  • La séparation par prononciation de paroles de malédictionfourqat li^an– :

Dans quel cas ? Dans le cas où l’homme accuse sa femme d’avoir commis l’adultère.

Comment ça se passe ? C’est lorsque l’homme accuse son épouse d’avoir commis l’adultère et que la femme s’est plainte au juge. Elle est partie voir le juge islamique, en lui disant que son mari l’accuse d’adultère. Et bien sûr dans le cas où il n’a pas de témoin et qu’il va y avoir ce qu’on appelle moula^anah -prononciation de parole de malédiction-, chacun va dire une parole un certain nombre de fois.

Une fois que ces paroles de malédiction sont prononcées, ils ne peuvent plus se remettre ensemble, ils ne peuvent pas faire un nouveau contrat de mariage, ces deux là sont définitivement séparés.

Donc cette femme devient interdite à jamais pour cet homme, ce n’est pas comme le divorce triple. Le divorce triple, s’ils font un certain nombre de choses, ils peuvent se remarier. Pour le divorce triple, si par exemple, il y a un premier divorce, puis un deuxième divorce, puis un troisième, ou les trois en même temps, ou bien une fois et ensuite deux fois, ou deux fois ensuite une fois, en tout cas le cumul fait qu’il y a trois divorces, ils ne peuvent pas rester ensemble.

Mais la femme si elle se marie avec un autre homme -après la fin de pérode d’attente post-maritale du premier-, si elle veut, il faut que le deuxième consomme le contrat pour que par la suite, s’il veut il la divorce, puis elle finit la période d’attente post maritale avec le deuxième pour qu’elle puisse faire un contrat de mariage avec le premier.

S’il y a divorce triple, ce n’est pas comme s’il y a un divorce simple ou double parce que lors d’un divorce simple, il peut la reprendre dans la période d’attente post maritale s’ils ont consommé. Sinon, si la période d’attente post maritale s’est achevée ou qu’ils n’ont pas consommé, ils peuvent refaire un nouveau contrat de mariage. Si c’est un divorce double, c’est la même chose, ils peuvent faire un contrat de mariage. Et si c’est un divorce triple, il faut faire absolument comme ce qui a été dit précédemment. A savoir que la période d’attente post maritale avec le premier s’achève, si elle veut elle se marie avec un autre, si ils veut ils consomment ensemble, s’il veut il la divorce, si après la période d’attente post maritale le deuxième mari divorce pour qu’elle puisse faire un contrat de mariage avec le le premier. Dans ce cas là, ils peuvent se remarier. Mais avec cette séparation par malédiction, c’est fini les deux ne peuvent plus se mettre ensemble à jamais.

Que signifie al-li^an ? C’est un substantif, c’est-à-dire que c’est un nom qui dérive d’un verbe. Le verbe est la^ana qui signifie éloigner du bien, c’est la malédiction.

Quand on dit « la^natou l-Lah ^ala ‘iblis » -que Dieu maudisse Iblis-, c’est-à-dire qu’on invoque pour que Dieu l’éloigne du bien.

Donc, al-la^n c’est l’éloignement du bien, d’éloigner quelqu’un du bien.

Donc, selon la loi de l’islam, dans le cadre que nous sommes en train d’étudier,  al-li^an correspondent à des paroles bien spécifiques que va dire l’homme pour prouver, lorsqu’il a été amené et qu’il y a ete contraint, l’adultère de celle qui a souillé son honneur. Parce qu’il n’a pas de témoin, la loi a défini cette issue pour lui. Il va dire certaines paroles dans laquelle il va invoquer Dieu pour l’éloignement du bien pour celle qui a souillé son honneur, parce qu’il a vu sa femme commettre l’adultère, mais il n’y a pas les 4 témoins digne de confiance pour que le juge s’appuie sur le témoignage des 4. Donc, il a eu recours à ces paroles.

Si quelqu’un accuse un autre de fornication et n’a pas de témoin, il commet un péché. Dire « untel fils de p… » est une parole de qadf et c’est un grand péché. Dans la loi de l’islam, il mérite de recevoir 80 coups de fouet.

Donc, si lui dit cela de sa femme, il mérite, car c’est une accusation de fornication. Donc si quelqu’un accuse un autre de fornication, il mérite à ce qui lui soit appliqué cette règle là, de recevoir 40 coups de fouet sur le dos, sauf s’il ramène la preuve. La preuve c’est 4 personnes dignes de confiance qui ont vu l’acte, ce n’est pas voir deux corps nus sous un drap, ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas facile d’accuser quelqu’un de fornication.

Donc, si lui n’a pas -4 témoins- et qu’il a vu sa femme -faire l’acte-, il est coincé et la loi lui a donné une issus, il l’accuse de cela.

Dans le cas où il est digne de confiance, il faut qu’il y ait 3 autres personnes -de sorte à faire 4 personnes- digne de confiance. Vous voyez, ce n’est pas évident d’accuser quelqu’un de fornication.

Donc, 4 personnes dignes de confiance et il faut qu’ils voient l’acte. Les savants ont été très précis, il faut qu’ils voient l’organe de l’homme entrer dans l’organe de la femme. Ce n’est pas juste deux corps collés sous des draps. C’est-à-dire qu’il a vu qu’il a introduit son gland dans le vagin de la femme.

Et s’il n’a pas la capacité et il a accusé sa femme, qu’est-ce qu’il va faire ? Il va procéder à ce qu’on appelle ici al-li^an, al-li^an sa femme qu’il accuse d’adultère.

Regardez comment l.a loi de l’Islam est précise, ce n’est pas de la rigolade, si on est amené à dire certaines choses et que certains pourrait dire « c’est cru », non ! C’est la loi de l’islam, elle est détaillé parce qu’il y a des droits, Dieu nous a envoyé un prophète qui nous a fixé des droits et il n’y a pas meilleure justice que cette loi là.

Il dit dans la mosquée, devant tout le monde sur le minbar, et le juge est présent -et il faut avoir du cran pour faire cela-. Et la mosquée n’est pas une salle de prière dans une cave, mais c’est la mosquée où la ville fait la prière du vendredi.

Pourquoi toutes ces règles ? Parce que celui qui est menteur ne va pas oser faire cela, cela aura plus d’effet sur l’âme. Imaginez vous, la mosquée où tout le monde fait la prière du vendredi, devant tout le monde, il monte sur le minbar et il va dire des choses pour accuser sa femme. C’est pour lui faire prendre peur quand il va s’avancer et faire cela. Pour qu’il aille jusqu’au bout de la procédure que s’il est véridique, s’il va jusqu’au bout de la procédure avec tout ce contexte et ce cadre c’est pour éliminer au maximum les menteurs.

Il va dire cette phrase : « je témoigne par Allah que je suis véridique dans mon accusation de mon épouse une telle de fornication ». Et si elle est présente dans la mosquée il dit « ma femme que voici » -en la pointant du doigt- et s’il y a eu un enfant et lui prétend que ce n’est pas son enfant, il le renie devant tout le monde en disant « et cet enfant est un enfant de fornication et ce n’est pas mon enfant ». Et il va répéter cette parole 4 fois.

Avant qu’il ne poursuive, le juge/gouverneur va l’exhorter en lui disant : « ait peur, craint Dieu, n’accuse pas mensongère, le châtiment de l’au-delà est plus grave que le châtiment du bas monde », il l’exhorte, il le fait peur. 

Et il dit encore la même phrase et il rajoute : « que Dieu me maudisse si je suis un menteur dans mon accusation de cette femme d’adultère ».

Comme il n’a pas les 4 hommes dignes de confiance, il a recours à cela.  La loi de l’islam a prévu cette procédure, parce que ce n’est pas simple d’accuser quelqu’un de fornication.

Quand il dit cette parole de li^an, il y a 5 conséquences qui se rapportent à l’homme :

  1. Il ne reçoit pas les 80 coups de fouet de al-qadf, la punition n’est pas appliquée pour lui ;
  2. C’est la femme à laquelle il sera appliqué la punition de fornication si elle ne fait pas la même chose que lui, de dire la parole 4 fois devant tout le monde. Si elle ne dit pas les 4 paroles devant de tout le monde, alors il lui sera appliquée la peine légale de la fornication ;
  3. Ils sont définitivement séparés à jamais, ils ne sont plus mari et femme et ils ne peuvent pas revenir ensemble -cest pas comme on a dit pour le divorce triple- ; 
  4. L’enfant n’est pas attribué au père, en terme de conséquences, d’héritage, de noms ;
  5. Dès lors qu’il a prononcé la parole de li^an le contrat de mariage est annulé mais en plus, ils ne peuvent plus se marier à jamais, même si c’était une esclave et qu’il l’a achetée, il ne peut plus avoir de rapport avec elle.

La femme maintenant, il ne lui est pas appliquée la peine légale de la fornication si elle fait la même chose que lui immédiatement après, c’est-à-dire elle monte sur le minbar et devant tous le monde elle dit les 4 phrases. Elle dit à 4 reprises devant tout le monde et dans la mosquée : je témoigne devant Allah que untelest un menteur lorsqu’il m’accuse d’adultère.

Après la 4eme fois le juge l’exhorte et lui dit : Fais attention au châtiment de Dieu dans l’au-delà. Le châtiment de l’au-delà est plus grave que le châtiment du bas monde. Ne sois pas menteuse.

Et elle dit : que Dieu me châtie s’il était véridique dans son accusation d’adultère.

Vous voyez ? C’est-à-dire que c’est allé loin. Cela est mentionné et détaillé dans le Qour’an. Nous on a le résumé mais c’est détaillé dans le Qour’an.

Dès lors que ces paroles sont dites de part et d’autre ? Quelles en sont les conséquences ? Ils sont définitivement séparés, il ne peut plus l’épouser à jamais.

S’il a accusé sa femme d’avoir commis la fornication, il témoigne à 4 reprises et que la 5eme phrase il dit « que Dieu me maudisse si je suis menteur ». Et elle aussi, elle témoigne 4 fois en disant qu’elle n’a pas fait ce qu’il accuse d’avoir fait. Et la 5ème fois elle dit ‘Que Dieu me châtie s’il est véridique”. ’

Si cela a lieu, ils ne peuvent plus se remarier. Ces paroles-là sont comme le divorce sauf qu’il ne peut pas l’épouser même si elle se marie avec un autre.

Il y a une 3eme sorte de séparation que les savants ont mentionnée dans le livre du mariage :

  • La séparation par affranchissement

Si c’était une femme esclave qui était mariée à un homme esclave, puis elle a été affranchie, elle devenu libre, alors elle a le choix : soit elle décide de rester son épouse, soit elle efface son contrat de mariage.

Parce que si elle est libre, il est possible que quelqu’un lui dise « comment tu es mariée avec un esclave ? » Et ça pourrait la blesser.

Ce choix d’effacer le contrat est dans l’immédiat, c’est-à-dire que dès qu’elle est affranchie. Par exemple, si au début elle dit : “je reste avec lui”, elle ne va pas dire au bout d’une semaine qu’elle veut finalement se séparer de lui.

Elle a le choix immédiatement, comme lorsqu’on achète une marchandise avec un défaut, c’est de suite lorsqu’on voit le défaut qu’on peut aller rendre la marchandise ou décider de la garder. Et dans le cas où il n’a pas été averti avant de ce défaut.

Le fait de rendre la marchandise qui a un défaut c’est possible quand tu découvres le défaut, dans le cas où tu n’as pas été averti avant qu’il y avait un défaut dans cette marchandise.

C’est le même cas pour elle lorsqu’elle est affranchie elle peut choisir l’effacement du contrat du mariage. Mais si elle choisit de rester, elle reste. C’est possible qu’une femme soit l’épouse d’un esclave.

Dans le cas où elle était esclave mais mariée à un homme libre et elle a été affranchie dans ce cas, elle n’a pas le choix d’annuler le contrat parce que le bénéfice qu’elle a eu étant esclave, est devenu libre. Le mari l’a déjà, donc il n’y a pas de cause comme dans l’autre cas où le mari était esclave et elle était redevenue libre. Donc dans ce cas là -si elle était esclave mariée à un homme libre-, elle n’a pas la possibilité d’effacer le contrat parce que le plus qu’elle a eu le mari l’a déjà -à savoir le statut de libre-.

  • La séparation pour cause de défaut.

Comme ci, après avoir avec fait le contrat de mariage il découvre que sa femme a le vitiligo ou qu’elle est folle.

Vitiligo : zone blanche de la peau où le sang ne circule pas dans ces zones-là; cela entraîne de l’aversion.

Il y a 5 défauts pour lesquels l’homme peut choisir la séparation -l’annulation du contrat-, c’est-à-dire, si quelqu’un par exemple ne savait pas, mais après le contrat de mariage il découvre que celle qu’il a épousé avait un de ces 5 défauts. Il peut choisir de la quitter et récupérer la dot donnée. Et les défauts ne sont pas uniquement chez la femme. Il y a des défauts chez l’homme également.

La femme peut être refusée pour 5 defauts :

  1. La folie, s’il découvre que la femme est folle. Cela peut être une folie continue ou par intermittence. Dans les deux cas, il peut choisir la séparation ;
  2. La lèpre, dans certains pays, ils connaissent la lèpre. C’est une maladie suite à laquelle le membre devient rouge, puis noir, puis s’effrite et le membre se coupe. Généralement c’est une maladie dans les pays chaud ;
  3. Al-baras : Ici il y a 2 maladies de la peau, al baras qui est la cause pour laquelle l’homme peut choisir la séparation. al baras est une blancheur au niveau de la peau qui descend même au niveau de la chair, de sorte que cela empêche le sang de circuler en profondeur. Ceci n’est pas à confondre avec al-baraq qui est juste une plaque superficielle. C’est al baras qui est une cause pour choisir la séparation;
  4. Ar-rataq : c’est lorsque l’organe génital de la femme est obstrué par de la chair. Il y a un bout de chair qui l’empêche de la pénétrer;
  5. Al qaran : c’est lorsque l’organe génital de femme est obstrué par un os. C’est comme le cas précédent, mais le premier est avec de la chair et le second avec un os.

Ce sont les 5 défauts pour lesquels l’homme peut choisir l’effacement de contrat.

L’homme peut être refusé pour 5 défauts, qui fait que la femme peut choisir la séparation par effacement de contrat :

  1. La folie al-jounoun,
  2. La lèpre al joudham,
  3. Al baras, le vitiligo,

Ceux-là sont similaires, on va voir les 2 deniers.

  • Lorsque l’organe génital de l’homme est coupé, soit en totalité ou en partie de sorte que ce qui reste est plus petit de la taille du gland -partie supérieure de l’organe génital de l’homme- al-jabb,

Et notre intention est d’assister à une assemblée de cours de religion, et le prophète a comparé cette assemblée de science à des jardins du paradis.

Enseignez ne serait-ce qu’une question de religion est meilleure que les trésors de la terre. Donc nous on apprend pour profiter nous même et faire profiter les autres car nous voulons atteindre la piété -appliquer les devoirs et éviter les péchés- et on veut augmenter en connaissance. Allah a dit à son prophète : “Et dis Ô mon seigneur, augmente-moi en connaissance ».

  • L’impuissance : il est incapable d’avoir un rapport dans un vagin, parce qu’il n’a pas la vigueur / la force d’avoir une érection dans un vagin. Soit c’est une faiblesse morale ou dans son organe. Là aussi, la femme peut choisir la séparation.

Voilà les 5 défauts.

Alors ici l’auteur dit : c’est une condition pour tous ces effacements étudiés que la situation soit présentée à un juge islamique qui applique la loi de l’islam.

  • La séparation de ghourour -séparation par duperie-. 

Comme si le père de la femme a dupé l’homme en disant par exemple que sa fille est de telle ou telle caractéristique. Puis, après qu’il a fait le contrat il s’est aperçu de la supercherie et qu’elle n’était pas comme cela.

Comme si par exemple, il lui a dit : “je te donne en mariage ma fille une telle qui est vierge et n’a jamais été mariée auparavant.”

Puis, il découvre qu’elle ne l’est pas. Donc, il l’a dupé. L’homme peut choisir l’effacement du contrat car le père lui a dit quelque chose qui n’est pas vrai.

Dans le cas où il choisit l’effacement du contrat, cet effacement s’appelle effacement par duperie parce qu’il a dupé concernant les caractéristiques de la femme.

Les savants citent ce cas là dans les livres de jurisprudence.

  • La séparation suite à un rapport par erreur.

Comme dans le cas où un homme a eu un rapport avec la mère de son épouse, ou la fille de son épouse en croyant que c’était son épouse. Si les savants en ont parlé c’est ce que cela peut arriver.

Comme il a trouvé une femme qui dort habituellement à l’endroit où lui dort, il pensait que c’était sa femme et il a eu un rapport avec elle sans qu’elle ne le sache; elle était endormie.

Mais si elle s’en rend compte, elle doit l’en empêcher. Si elle s’en rend compte et qu’elle l’a accepté, alors c’est une fornicatrice.

Il en est de même si un fils a fait un rapport avec la femme de son père en pensant que c’était son épouse à lui la nuit. Peut-être que les gens disent mais comment ce genre de choses peut arriver? Les gens aujourd’hui sont habitués, ils ont des chambres à part, il y a l’électricité, la lumière de la nuit. Ce sont des scénarios qui peuvent se produire, ce n’est pas de la science-fiction. Si les savants en parlent c’est que cela est déjà arrivé par le passé.

Donc, si un fils a un rapport avec la femme de son père mais par erreur, en pensant que c’était sa propre épouse à lui, la nuit. Dans ce cas là, à cause de son erreur, le contrat de cette femme avec son père sera effacé.

Cas où si des mécréants étaient mari et femme et qu’ils deviennent esclaves, le contrat de mariage entre eux sera effacé du fait qu’ils deviennent des esclaves.

Les savants en ont parlé. Peut-être qu’aujourd’hui on ne va pas rencontrer ces cas-là, mais nous les citons pour savoir qu’il y a plusieurs scénarios de séparations.

  • La séparation qui est la séparation suite à l’entrée en islam de l’un des deux époux.

Il y a un préambule à ce cas de séparation. Quel est le rappel?

Si deux mécréants d’origine étaient mariés -comme des juifs ou des chrétiens par exemple-, les faqih disent que tout ce que les mécréants considèrent comme étant un mariage valide dans leur religion, leur relation conjugale, est considérée comme licite.

Un homme juif et une femme juive qui sont mariés, ils ont des enfants, ce sont des enfants qu’on considère légitimes, qui sont attribués au père et à la mère.

Un homme chrétien et une femme chrétienne sont mariés -d’origine, ce ne sont pas des apostats-, on reconnait la descendance. 

Attention ici, certains savants disent que ce qu’on considère comme étant chrétiens ce sont ceux qui sont chrétiens de père en fils depuis l’époque de la mission de prophète de notre maître Mouhammad ﷺ. Cela ne concerne pas les gens qui se sont convertis au christianisme il y a 2 siècles. Ceux-là ne sont pas appelés les gens du livre. Concernant l’autorisation d’épouser leurs femmes, de manger de ce qu’ils égorgent, c’est lorsque ce sont des gens du livre, c’est-à-dire que ce sont des chrétiens de génération en génération depuis l’époque de la mission de prophète de notre maître Mouhammad ﷺ. Ce n’est pas des gens qui étaient idolâtres et ont changé d’une mécréance à une autre et ils sont devenus chrétiens. Ceux-là ne sont pas appelés les gens du livre, c’est-à-dire qu’on ne peut pas manger de ce qu’ils égorgent et on ne peut pas épouser leurs femmes.

Donc, si des mécréants d’origine, ce qu’ils considèrent eux comme étant un mariage correct, des enfants issus de ce mariage sont attribués à leurs parents. On dit que c’est le fils de sa mère et de son père, ce n’est pas un enfant de fornication.

La vie conjugale entre ce mécréant et cette mécréante, s’ils ont fait ce que eux dans leur religion on considère comme un contrat de mariage valable, c’est une vie en commun qui n’est pas interdite, dans le sens que le rapport qu’il a n’est pas une fornication. Et l’enfant qui est issu, est un enfant qui est attribué aux parents.

Pourquoi parle t-on de cela ? Car il y a des conséquences après sur beaucoup de sujets.

Par exemple, s’il l’égorge. Par exemple, est-ce qu’un musulman peut épouse une femme faisant partie des gens du livre? La réponse est oui, mais il faut qu’il vérifie les critères, “qu’est ce que ça veut dire les gens du livre?” etc.

Ces mécréants qui étaient mariés, dans leur religion c’était un contrat valide et ils entrent en islam, leur contrat de mariage n’est pas interrompu. Ils n’ont pas besoin de refaire un autre contrat de mariage. Le lien qui les unissait perdure, même après leur entrée en islam à tous les deux. On ne leur dit pas “vous, vous étiez sur la mécréance, maintenant vous êtes entrés en islam, alors faites un nouveau contrat de mariage.” Non. Ce qui était valide dans leur religion reste. Le lien qui les liait continu après leur entrée en islam.

Comme à l’époque du prophète ﷺ cela s’est produit, lorsqu’un associateur homme et associatrice femme qui étaient mariés dans leur religion et qu’ils entrent tous les deux en islam. Le messager ne leur demandait pas de faire un nouveau contrat de mariage. Mais, si l’un des deux entrent en islam et que l’autre reste mécréant, il y a plusieurs cas possibles et nous allons les étudier.

Ici, nous parlons des mécréants d’origine. Un apostat -celui qui était musulman et pour une raison ou une autre il est sorti de l’islam-, son contrat de mariage n’est valable avec personne, ni avec une apostate, ni avec une mécréante, ni avec une musulmane.

Et la femme apostate également, son mariage n’est valable avec personne. Le contrat de mariage avec une femme apostate n’est valable ni avec un apostat comme elle, ni avec un mécréant d’origine, ni avec un musulman.

Le mariage d’un apostat n’est valable avec personne.

Lorsqu’il s’agit d’un homme ce n’est pas valable avec n’importe quelle femme apostate. Et lorsqu’il s’agit d’une femme ce n’est valable avec aucun homme.

Le chaykh Zakariyyah dans son livre at-tahrir a dit : si un homme et une femme tout deux des gens du livre -mécréants qui prétendent suivre un livre. Ce sont les juifs et les chrétiens-, l’homme est entré en islam.

Le chaykh a dit : Le contrat reste, son contrat avec cette femme n’est pas annulé car c’est l’homme qui est entré en islam.

Pourquoi ? Si par exemple deux juifs étaient mariés et que l’homme entre en islam, n’est-ce pas qu’il est permis à un musulman d’avoir pour épouse une juive ou une chrétienne? Oui, cela est permis. Le musulman peut épouser une musulmane, ou une juive, ou une chrétienne. Donc, si c’est l’homme qui entre en islam, alors le contrat de mariage n’est pas annulé. Ils étaient tout deux juifs, ils étaient mariés, l’homme est entré en islam et la femme est restée juive. Leur contrat de mariage reste.

De même, s’ils étaient tous deux chrétiens et que c’est l’homme qui entre en islam et que la femme est restée chrétienne, le mariage reste parce que c’est valable à un musulman d’épouser une musulmane, une juive ou une chrétienne.

Mais là attention les savants ont dit qu’il est très déconseillé que l’homme épouse une juive ou une chrétienne car on n’a pas la garanti que les enfants grandissent sur l’islam. Leur mère peut les corrompre.

Et dans le Qour’an, dans sourat al-moumtahana Allah ta^ala dit ce qui signifie : “Si vous avez su que ces femmes étaient véritablement des croyantes -des musulmanes-, alors ne les renvoyez pas chez les mécréants. Elles ne sont pas licites pour eux et ils ne sont pas licites pour elles.”

Si c’est le cas inverse, c’est-à-dire un couple marié qui faisait partie des gens du livre et que c’est la femme qui est entrée en islam et que l’homme est resté sur sa mécréance, il ne lui est plus licite à la femme de lui permettre d’avoir un rapport avec lui. Elle va attendre jusqu’à l’écoulement de la période d’attente post maritale –al-^idda-. Si avant la fin de la période d’attente post-maritale, celui qui était son mari entre en islam, alors le contrat de mariage est continu -il n’est pas interrompu-. Mais s’il n’entre pas en islam dans la période d’attente post-maritale -le mari est resté sur la mécréance- et donc de sorte que la période d’attente post-maritale s’est écoulée, cette femme n’est pas licite pour cet homme et cet homme n’est pas licite pour cette femme.

  • La séparation suite à l’apostasie de l’un des deux.

S’il y a eu une apostasie de l’un des deux époux et que l’apostasie a eu lieu avant la consommation du contrat de mariage, le contrat de mariage est interrompu.

Comme le contrat de mariage est interrompu, ils ne pourront pas vivre maritalement sans avoir fait un nouveau contrat de mariage, même si celui qui a apostasié des deux, entre en islam.

Mais si l’apostasie a eu lieu après la consommation du contrat de mariage, alors on dit que le contrat de mariage est suspendu. Cela ressemble à une séparation -effacement de contrat-, jusqu’à ce qu’il soit avéré que celui des deux qui a apostasié revienne à l’islam dans la période d’attente post-maritale.

Rappel de la durée de la période d’attente post-maritale :

  • 3 périodes inter menstruelles;
  • Pour la femme enceinte, jusqu’à l’accouchement.

Dans le cas où il y a eu apostasie après consommation de l’un des deux époux et qu’il est revenu à l’islam dans la période d’attente post-maritale, alors le contrat de mariage est rétabli sans renouvellement. Il était suspendu. Si celui des deux qui a apostasié, entre en islam dans la période d’attente post-maritale, alors le contrat est rétabli.

Mais si la période d’attente post-maritale s’est déjà écoulée, avant le retour à l’islam de celui des deux qui a apostasié, le contrat de mariage n’est pas rétabli. S’ils veulent vivre maritalement, ils auront besoin d’un nouveau contrat.

Point important: quel que ce soit le nombre de fois que l’apostasie se répète, cela n’est pas considéré comme un divorce. C’est un point important parce qu’il y a une différence entre cet effacement et le divorce.

Pour le divorce on a un premier divorce, un deuxième divorce et un troisième divorce. Pour le divorce, il est un devoir de compter combien de fois l’homme l’a prononcé.

Lorsqu’il arrive à 3 divorces, il ne pourra plus vivre avec cette femme jusqu’à ce qu’elle se marie avec un autre homme. Par contre, avec le fait de considérer comme un faskh -comme un effacement-, il n’y a pas de nombre maximal, ce n’est pas un divorce, c’est-à-dire qu’il est permis à l’homme de dépasser 3 effacements de contrat. Cela n’est pas considéré comme étant 3 divorces.

Rappel:

L’homme possède jusqu’à 3 divorces avec une même femme, pas plus.

Si un homme dit à sa femme “tu es divorcée” et qu’il visait un seul divorce, cela est considéré comme un divorce. Donc il peut encore la divorcer deux autres fois.

Dans le cas où il a divorcé une deuxième fois, il lui reste un divorce. S’il divorce encore une fois, il n’y a plus d’autre possibilité de divorcer. Donc, elle est définitivement séparée de lui, il n’y a plus de relation conjugale entre les deux.

Et le divorce est compté comme un divorce, que ce soit en cas de plaisanterie, que ce soit en cas de colère, que ce soit en cas de sérieux.

Question importante : si le musulman était marié avec une musulmane, puis qu’il y a eu apostasie, c’est-à-dire que le mari est devenu mécréant.

Rappel : L’apostasie est de 3 sortes :

  • par la croyance,
  • par la parole,
  • par l’acte.

Par exemple, comme certains, que Dieu nous en préserve, sur des plateaux de télévision se moquent des jugements de la religion sous prétexte de plaisanter, ou ils se moquent d’une des références de la religion prétextant la plaisanterie et ils commettent l’apostasie. 

Le Prophète ﷺ a dit ce qui signifie : “Il arrive à l’esclave de dire une parole dans laquelle il ne voit aucun mal, mais à cause de laquelle il chute en Enfer d’une distance de 70 automnes (70 ans de chutes pour atteindre le fond de l’Enfer).”

Donc, si le mari ou la femme a commis une apostasie, le contrat de mariage est suspendu. Il n’est plus effectif, il n’y a plus de liens de mariage entre un apostat et une musulmane.

On a dit qu’il a apostasié, ils sont dans une période où le contrat est suspendu et cette période est une période d’attente post-maritale. Et si avant son retour à l’islam il a prononcé la parole de divorce -il croyait qu’il était encore musulman-, avant que ne s’écoule la période d’attente post-maritale. Par exemple, sa femme était enceinte, avant qu’elle n’accouche il a dit à sa femme “tu es divorcée”, alors qu’il était apostat (il ne savait ou il ne savait pas).

Est-ce que ce divorce est compté ou pas ? Les faqih chafi^ites ont dit : s’il divorce de sa femme après avoir apostasié, puis qu’il est revenu à l’islam avant la fin de la période d’attente post-maritale, alors ce divorce sera compté.

Il a apostasié, ensuite, la période d’attente post-maritale commence, le contrat de mariage est suspendu, puis, il a prononcé une parole de divorce.

Est-ce que ce divorce est compté ou pas, puisque le contrat est suspendu, du fait de son apostasie ?

Il ont dit : si après avoir prononcé le divorce, avant la fin de la période d’attente post-maritale il est revenu à l’islam, ce divorce sera compté, même s’il l’a prononcé alors qu’il était apostat.

En d’autres terme, s’il n’est pas revenu à l’islam pendant la période d’attente post-maritale, alors le divorce ne sera pas compté.

Dans quel cas le divorce est compté ?

  • S’il revient à l’islam avant la fin de période d’attente post-maritale.
  • Mais s’il ne revient pas à l’islam avant la fin de la période d’attente post-maritale, alors le divorce ne sera pas compté.

Ceci est dans le cas où le contrat a été fait conformément à l’école de l’imam Ach Chafi^iyy,que Dieu lui fasse miséricorde.

Nous revenons aux différentes sortes de séparations -où le contrat de mariage est annulé-.  

  • La séparation lorsque l’un des deux époux devient propriétaire de l’autre.

C’est lorsque par exemple, il était marié avec une femme qui était esclave et cette femme esclave devient sa propriété à lui, parce qu’il a acheté de chez son propriétaire. Ou deuxième cas de figure, si c’est la femme qui achète son mari qui était esclave et elle achète de chez son propriétaire. Dans ces cas aussi, il y a séparation.

Ce sont des cas de jurisprudence que les savants citent.

Pour le rappel : si un musulman devient prioritaire d’une femmme esclave, elle lui est licite dans le sens qu’il peut avoir des enfants de cette femme, parce qu’elle lui appartient.

Là, nous ne parlons pas de ce cas là. Nous parlons de quelqu’un qui est libre, qui veut épouser une femme esclave qui appartient à quelqu’un d’autre. Il veut l’épouser avec un contrat de mariage.

Ce cas peut se produire si quelqu’un par exemple, est libre mais ne dispose pas de la dot d’une femme libre; il n’a pas les moyens et il craint de tomber dans l’interdit -la fornication- et qu’il y a une femme esclave musulmane. Si ces conditions sont réunies et qu’il épouse cette femme esclave, alors le contrat de mariage est valable. Dès lors que quelqu’un épouse une femme esclave, il n’est plus permis à son maître d’avoir un rapport avec elle. Elle est devenue licite pour celui qui l’a épousée et interdite pour son propriétaire -dans le cas où son propriétaire était un homme-.

Donc, dès qu’il achète de son propriétaire à elle, il y a séparation entre eux, il n’y a plus de lien de contrat de mariage entre les deux. Parce qu’il était son mari et après l’avoir achetée, elle lui appartient.

Par le simple fait qu’il achète, le contrat est effacé et il y a séparation. Ou l’inverse, comme si une femme est devenue propriétaire de son mari, qui lui est un esclave. Comme si par exemple, une femme a été épousée par un homme esclave, ensuite elle a acheté cet esclave de son propriétaire. Là encore il y a séparation. Ils ne sont plus liés par les liens du mariage car elle est devenue propriétaire de celui qui était son mari. 

L’auteur cite un autre type de séparation :

  • La séparation de non équivalence –الكفاءة– ou quand il n’est pas du même rang qu’elle.

Dans la langue arabe, الكفاءة –al-kafa’ah– signifie l’équivalence ou l’égalité.

Dans la loi de l’islam, dans ce contexte de mariage, quand on dit qu’il y a al-kafa’ah entre l’homme et la femme ou qu’il n’y a pas al-kafa’ah entre l’homme et la femme.

En l’absence de cette équivalence (entre l’homme et la femme) cela entraîne comme si c’était quelque chose de scandaleux, de honteux.

Cette équivalence n’est pas une condition de la validité du contrat de mariage. Mais c’est un droit pour la femme et pour son tuteur. Et donc comme c’est un droit, celui qui détient un droit, peut ne pas l’exercer.

Si son tuteur la donne en mariage à quelqu’un qui ne lui est pas équivalent, mais qu’elle est d’accord, alors leur mariage est valable, parce que c’est son droit à elle. Si elle, elle choisit et accepte de se marier avec quelqu’un qui n’est pas équivalent à elle, alors c’est son choix à elle. Et le tuteur c’est comme s’il l’avait donnée, c’est qu’implicitement il a accepté de ne pas exercer son droit.

Et donc l’auteur dit : il y a deux avis lorsqu’un père marie celle qui n’a jamais été mariée à quelqu’un qui n’est pas équivalent à elle, sans son accord. L’avis le plus fort c’est que le contrat n’est pas valable.

Alors quels sont les critères de l’équivalence ?

Il y a 5 critères :

  1. Ne pas avoir un des défauts qui donne le choix d’effacer le contrat,
  2. Être libre : celui qui est esclave, même partiellement, n’est pas équivalent à celle qui est libre. L’esclave affranchi n’est pas équivalent à celle qui est libre d’origine.
  3. L’ascendance : l’ascendance d’une femme c’est ce qui lui accorde un honneur relativement à l’ascendance du mari.

Il va donner des contres exemples : celui qui n’est pas arabe, n’est pas équivalent à une femme arabe. Et celui qui n’est pas de la tribu de Qouraysh n’est pas équivalent à une femme issue de la tribu de Qouraysh.

Retenez que l’équivalence n’est pas une condition de validité, mais c’est un droit. Le tuteur et la femme peuvent avoir le choix de ne pas exercer ce droit.

  • La chasteté : l’attachement à la religion et la vertu. Celui qui est grand pécheur n’est pas équivalent à une femme chaste.
  • Le métier -la source de subsistance- : celui qui a un métier qui est bas n’est pas équivalent à celui qui a un métier plus élevé que le sien.

Il va donner des exemples : un métier qui est bas, le fait de l’exercer sans nécessité démontre d’un manque de noblesse d’âme. Par exemple un balayeur, ou celui qui extrait le mauvais sang du corps (hijamah), ou le gardien, ou le berger, ou celui qui fait un accueil ou supervise dans un bain maure (hammam). De tels métiers font d’eux qu’ils ne sont pas équivalents de la fille d’un couturier. Et un tailleur n’est pas équivalent à la fille d’un commerçant (de vêtement ou autre). Et le commerçant (de vêtement ou autre), n’est pas équivalent à la fille d’un savant ou d’un juge légal.

Ce qui est pris en considération pour les métiers c’est l’habitude des gens. Et ce qui est à prendre en considération pour un savant c’est sa vertu.

  • La séparation suite au changement d’une religion à une autre.

Comme si un des deux époux passe du judaïsme au christianisme. Dans ce cas là, il est considéré comme un apostat et on agit avec lui comme un apostat.

  • La séparation suite à allaitement.

Ils étaient mariés et ils apprennent plus tard qu’ils étaient frères et sœurs par allaitement.

Cela étant dit, Allah ta^ala dit dans sourat Qaf verset 18 ce qui signifie : “Pas une parole qu’il prononce sans qu’il n’ait auprès de lui les deux anges Raqib et ^Atid.”

Cela veut dire que les deux anges qui ont la charge d’inscrire les actes de l’esclave, écrivent ce que cet esclave dit, que ce soit des bonnes actions ou des mauvaises actions -les paroles qui sont considérées comme étant de bonnes actions et des paroles considérées comme étant de mauvaises actions-. Et même ce qui est de l’ordre de l’indifférent, les anges inscrivent cela.

Donc, dans le verset que nous venons de citer, il y a une mise en garde. De quelle mise en garde il s’agit? Il s’agit de la mise en garde de parler, de dire ce qui ne comporte pas de bien. L’on apprend de cela que l’homme n’est pas excusé de l’inscription de ce qu’il dit, c’est-à-dire que les anges vont inscrire ce qu’il dit. Toutes ses paroles seront inscrites. Que ce soit ses paroles qui sont au nombre des bonnes actions -ordonner le bien, interdire ce qui est blâmable, évoquer Dieu…- et ils inscrivent également, parmi les paroles ce qui est compté comme étant de mauvaises actions, c’est-à-dire, les péchés et la mécréance, ou ce qui est moins que la mécréance. Ils inscrivent tout.

Les anges inscrivent également ce qui est compté au nombre de l’indifférent, c’est-à-dire ce qui n’est pas considéré comme bonne action, ni mauvaise action. Les paroles qui ne sont pas comptées comme bonne action, ni comme une mauvaise action, les anges les inscrivent également. S’il en est ainsi, c’est-à-dire qu’on a su que tout ce que nous disons est inscrit, alors l’homme doit s’abstenir de dire du mal. Il devra préserver sa langue, qui en soi est une grâce de Dieu, de prononcer avec une désobéissance à Dieu, que ce soit en étant sérieux ou en plaisantant, que ce soit en étant satisfait ou en étant en colère.

Il est un devoir pour l’homme de préserver sa langue dans toutes les situations et notamment dans 4 cas :

  1. en cas de plaisanterie,
  2. en cas de colère,
  3. en cas de sérieux,
  4. dans le cas où la personne ne fait pas attention à ce qu’elle dit. Elle ne doit pas se retrouver dans un état d’insouciance.

Pourquoi doit-il faire attention ? Car ce qu’il dit lui sera exposé au jour du jugement. Si au jour du jugement, il voit dans le livre de ses œuvres, ce livre qu’il va recevoir de la part des anges, s’il trouve ces choses laides dans ce livre, que ce soit la mécréance, ou que ce soit les péchés, cela le chagrinera au jour du jugement. Au jour du jugement, il ne va pas y avoir l’istighfar -la demande de pardon- qui va lui effacer ses péchés. Ce n’est pas comme aujourd’hui où nous pouvons faire l’istighfar, au jour du jugement il n’y a pas l’istighfar. Al-istighfar est utile et bénéfique, ici, dans cette résidence du bas monde. Mais dans l’au-delà, il ne va pas y avoir al-istighfar qui soit utile comme c’est le cas dans le bas monde.

Donc, au jour du jugement il ne va pas y avoir d’istighfar dans le sens que nous connaissons dans le bas monde, c’est-à-dire une demande de pardon, parce qu’au jour du jugement c’est la résidence de la rétribution. Tandis qu’ici, dans ce bas monde, c’est la résidence des œuvres.

Le messager de Allah ﷺ a dit ce qui signifie : “Il y a 3 choses, qui, lorsqu’elles sont prononcées en étant sérieux sont comptées comme du sérieux. Et si elles sont prononcées par plaisanterie, elles sont comptées comme du sérieux. Quelles sont ces 3 choses ? Le mariage, le divorce et la reprise en mariage.”

[hadith rapporté par Abou Dawoud dans as-sounan, d’après ^Abdoullah Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père, qui le rapporte du messager de Allah ﷺ , avec une forte chaîne de transmission].

La signification du hadith est que le mariage -le contrat de mariage- et le divorce -le dénouement du lien du mariage- et الرجعة -la reprise en mariage-. La reprise en mariage c’est lorsque l’homme qui prononce un ou deux divorces de son épouse la reprend en mariage.

Notre Prophète ﷺ dit de ces 3 choses que si elles sont prononcées en étant sérieux, elles sont comptées comme du sérieux. Et si elles sont prononcées en plaisantant, elles sont comptées comme étant du sérieux.

Le sens de cela, si on veut aller un peu plus en profondeur de ce que nous sommes en train de voir est que si quelqu’un dit à un homme qui est convenable pour sa fille -quelqu’un qui a un degré qui est digne de sa fille-. Il lui dit par plaisanterie, “je te donne en mariage ma fille une telle” et que l’autre lui répond “j’accepte son mariage” et qu’il y a dans l’assemblée deux témoins musulmans ou plus, le mariage est valide. Cette fille -la fille de cet homme- est donc devenue l’épouse de cet homme. Bien que les deux hommes étaient en train de plaisanter, ils n’avaient pas visé le sérieux. Malgré cela, elle est devenue son épouse.

La loi de l’islam considère ce contrat comme étant du sérieux. Elle est ainsi devenue son épouse.

Il en est de même pour le divorce, si quelqu’un dit à son épouse “tu es divorcée” ou il lui dit “je te divorce” par plaisanterie, le divorce est confirmé. Cette femme est devenue interdite pour cet homme. Il n’y a pas de différence pour le divorce, entre le fait que ce soit prononcé par plaisanterie ou en étant sérieux. Et il n’y a pas de différence non plus par le fait qu’il ait prononcé cette parole en présence de la femme ou en son absence. Et ce n’est pas une condition que ce soit en présence d’un juge ou d’un tribunal.

Le jugement est le même pour la reprise en mariage, c’est-à-dire, le fait que l’homme reprenne la femme qu’il a divorcée à son mariage. Ceci est compté comme étant du sérieux s’il le dit en étant sérieux ou en plaisantant, que ce soit en présence de la femme ou en son absence. S’il dit à la femme qu’il a divorcé une ou deux fois, par plaisanterie “je te reprends en mariage”, alors qu’elle est dans la période d’attente post-maritale et que c’était un ou deux divorces, alors elle devient licite pour lui comme elle l’était auparavant.

Il en est de même pour le divorce. Il n’y a pas de différence entre le fait que ce soit en étant en colère ou en étant satisfait. Dans les deux situations, le divorce a lieu et la femme est alors interdite au mari. Du simple fait qu’il dise “tu es divorcée” qu’il soit sérieux ou en train de plaisanter, elle est devenue interdite pour lui. Mais si c’est un premier divorce ou un second divorce et que la période d’attente post-maritale –al-^idda– ne s’est pas écoulée, s’il lui dit “je te reprends en mariage”, alors elle redevient son épouse comme avant le divorce.

Donc, s’il en est ainsi pour ces 3 choses-là, c’est-à-dire que si on les dit en étant sérieux, c’est compté pour du sérieux et si on les dit par plaisanterie c’est compté pour du sérieux, alors, à fortiori, la parole de mécréance, si elle est dite en étant sérieux, si elle est dite en état de plaisanterie, si elle est dite en état de colère, si elle est dite en état de satisfaction, cette parole de mécréance est comptée comme une mécréance et fait sortir de l’islam.

Vous voyez pourquoi on parle de ces sujets. Si le Prophète ﷺ a dit que le mariage, le divorce, la reprise en mariage, s’ils sont dit par sérieux ou par plaisanterie sont comptés pour du sérieux, qu’est ce qui est plus grave? La parole de mécréance.

Comme ils disent “qui peut le plus, peut le moins”.

Si tel est le jugement pour le mariage, le divorce et la reprise en mariage, à plus forte raison, pour la parole de mécréance. Si elle est dite en étant sérieux ou en plaisantant, c’est une mécréance.

Ne reprenez pas les expressions et les habitudes des mécréants. Certains mécréants disent une parole, puis disent “je rigole”. Mais que veut dire “je rigole”? Si c’est un mensonge, c’est un mensonge. Si c’est une mécréance, c’est une mécréance. Si c’est un divorce, c’est un divorce. Si c’est un don en mariage, c’est un don en mariage. Donc n’utilisez pas ces expressions comme ça bêtement. Ne dites pas une bêtise grosse comme votre tête et après vous dites “je rigole”. Cela ne change rien du tout.

Rappelez-vous le Prophète ﷺ dans le voyage nocturne, a vu un grand taureau qui sort d’un petit orifice et après il veut revenir mais n’arrive pas, parce qu’il est grand. Jibril a expliqué et a dit “ceci est la représentation de la mauvaise parole”. La mauvaise parole quand elle sort de ta bouche, tu ne peux pas l’avaler.

C’est pour cela que nous apprenons. Certains disent “mais nous savons tout cela”. Admettons que tu saches, n’est-ce pas que Allah dit ce qui signifie : “Fais le rappel, parce que le rappel est utile pour les croyants”.

Beaucoup de gens à notre époque, c’est ce qu’on appelle l’ignorance^2 (au carré).

C’est l’ignorance multipliée par l’ignorance. C’est celui qui ignore et ignore qu’il ignore. Ça c’est dramatique.

Il y a celui qui ignore et qui sait qu’il ignore. Ça c’est bon signe pour lui. C’est quelqu’un qui cherche à être éclairé. Donc on le prend par la main et on lui explique. Mais celui qui ignore et qui croit qu’il sait, il ignore qu’il ignore, c’est dramatique. C’est comme si quelqu’un est malade et qu’il ignore qu’il est malade. Il croit qu’il est en bonne santé. Et il y a beaucoup d’époux, de maris qui ont la gâchette facile et après avoir divorcé ils regrettent et veulent revivre avec elle.

Il dit “oui mais moi mon intention était juste de la menacer.” Certains disent une mécréance et après ils disent “mon intention ce n’était pas cela”. L’intention n’intervient pas. Si tu viens devant quelqu’un et qu’il t’insulte, après il te dit “mais moi mon intention n’était pas de t’insulter.” Est-ce que tu admets cela? L’intention n’intervient pas dans les choses qui sont mauvaises. Elle intervient pour qu’elle te procure des récompenses, si c’est dans un acte de bien. Par exemple, tu vas manger et tu dis “je mange, je prends des forces pour adorer Dieu.” Là, oui. L’intention va te procurer des récompenses.

Donc l’intention n’intervient pas. Celui qui dit “moi mon intention était juste de la menacer”, il ne sait pas que l’intention n’intervient pas du tout ici. L’intention ne change pas le jugement.

Celui qui dit à sa femme “tu es divorcée” pour la menacer et celui qui dit à sa femme “tu es divorcée” pour qu’elle ne vive plus avec lui, qu’il soit séparé d’elle, le jugement est le même dans les deux cas.

S’il regrette après le premier ou après le deuxième, s’il dit ça après pour menacer et qu’il regrette, cela revient au même; c’est la même chose.

Les sortes de divorces

  • Le divorce conforme à la tradition prophétique et autorisé.

Le divorce, dans certains cas, est autorisé et il est conforme à la sounnah. Ici سنّي –sounniyy– signifie qu’il est conforme à la tradition prophétique. Dans le cas où il n’y a pas de regret à la suite de ce divorce. Immédiatement après que l’homme a divorcé, la femme entame sa période d’attente post-maritale. Ça c’est le divorce qui est permis et qui est conforme à la sounnah, c’est lorsqu’il l’a divorcée et qu’elle a entamé immédiatement sa période d’attente post-maritale et que ce divorce a été prononcé après la consommation du contrat et que la période d’attente post-maritale de cette femme est comptée par les périodes de pureté.

Dans certains cas, la période d’attente post-maritale de la femme est comptée par les périodes de pureté, parce qu’il y a d’autres cas où la période d’attente post-maritale est comptée en mois, comme dans le cas où la femme n’a pas les menstrues, ou encore lorsque la femme est enceinte. Sa période d’attente post-maritale n’est pas comptée en période inter-menstruelle, sa période d’attente post-maritale finit par l’accouchement.

Là, nous parlons d’un cas particulier de divorce qui est جائز -autorisé-, سنّي -conforme à la Sunnah-.

C’est lorsque :

  • Il n’y a pas de regret
  • Dès que l’homme prononce le divorce, la femme commence à compter sa période d’attente post-maritale.

Quand est ce qu’elle ne commence pas à compter sa période d’attente post maritale? Quand il l’a divorcée et qu’elle a les menstrues, parce que quand elle a les menstrues c’est une période dans laquelle elle ne va pas commencer à compter sa période d’attente post-maritale. Elle va attendre que ses menstrues s’achèvent pour commencer à compter sa période d’attente post-maritale.

  • Et donc que ce divorce a été prononcé après la consommation du mariage. Et quand il a prononcé le divorce c’était dans une période de pureté -une période inter menstruelle-, durant laquelle il n’a pas eu de rapport avec elle. Donc, ce n’est pas dans une période de menstrues qui a précédé la période de pureté. Et parce que dans ce cas là -quand il prononce un divorce non pas dans une période de menstrues, non pas dans une période intermenstruelle durant laquelle il a eu un rapport-, il ne va pas y avoir de regret suite à ce divorce. Et la femme peut commencer à compter sa période d’attente post-maritale immédiatement après le divorce. Elle ne va pas attendre un certain temps avant de commencer parce que la période d’attente post-maritale pour elle est de 3 périodes intermenstruelles -de pureté-.

Ainsi, dans le verset 1 de sourat At-talaq, Allah dit ce qui signifie : « O toi le prophète, lorsque vous divorcez une femme, alors divorcez-la de sorte qu’elle commence immédiatement à compter sa période d’attente post-maritale. »

Parce que si elle a déjà divorcé alors qu’elle a eu les menstrues, ses menstrues là sont des jours qui vont passer et elle ne va pas commencer à compter sa période d’attente post-maritale.

Cela signifie que quand vous divorcez une femme, divorcez-là de sorte à ce qu’elle puisse directement commencer à compter sa période d’attente post-maritale, c’est-à-dire ne la divorcez pas alors qu’elle a encore les menstrues. Et parce que la période où la femme a des menstrues n’est pas comptée dans sa période d’attente post-maritale. Elle doit attendre que cela finisse pour commencer à compter al-^iddah. Et les lochies c’est la même chose que les menstrues. Si c’est une femme qui vient d’accoucher et qui a eu des lochies c’est la même chose. On ne la divorce pas quand elle a encore ses lochies. Si l’homme veut la divorcer, il attend la fin des lochies pour prononcer le divorce.

Et donc il a été rapporté dans Al Boukhariyy et Mouslim que ^Abdoullah, le fils de ^Oumar a prononcé un divorce de sa femme alors qu’elle avait les menstrues. Mais il a prononcé un seul divorce. Notre maître ^Oumar – le père de ^Abdoullah– est parti voir le Prophète et lui a cité ce qui est arrivé. Quand ^Oumar a rapporté ce que son fils a fait, le messager ﷺ lui a dit ce qui signifie : “Dis-lui qu’il la reprenne en mariage, parce que c’était un seul divorce. Puis, qu’il la garde en tant qu’épouse jusqu’à ce qu’elle finisse ses menstrues -jusqu’à ce qu’elle arrive à une période de pureté-, puis, qu’elle ait à nouveau les menstrues -de sorte qu’il s’assure qu’elle ne soit pas enceinte-, puis qu’elle ait à nouveau la pureté -qu’elle soit encore dans une deuxième période intermenstruelle- et après cela s’il veut, il la garde et s’il veut il la divorce, mais avant qu’il n’ait de rapport avec elle.”

Le messager lui a dit de la reprendre, d’attendre qu’elle finisse ses menstrues -qu’elle ait une période inter menstruelle-, puis qu’elle ait à nouveau les menstrues, puis qu’elle ait à nouveau une période inter menstruelle. Et dans ce nouveau cas (dans cette nouvelle période intermenstruelle), sans qu’il n’ait de rapport avec elle, s’il veut il la garde et s’il veut il prononce le divorce.

Et il a dit ce qui signifie : “Voici la période dans laquelle Allah a autorisé qu’on y prononce le divorce.”

Ici il a utilisé le verbe أمر .

Cela ne veut pas dire que Dieu a ordonné qu’on y prononce le divorce mais cela veut dire que Allah a autorisé. Ici أمر c’est dans le sens de أذن c’est à dire “autorisé”. 

Et dans ce hadith,il y a la preuve que le divorce peut avoir lieu avec une femme qui a les menstrues. Cela peut se produire. Parce que le Prophète ﷺ lui a dit ce qui signifie : “Dis lui de la reprendre.”

Cela sous-entend qu’elle a été divorcée. Cela sous-entend que ce n’est pas un divorce qui est autorisé. C’est interdit, c’est un péché de la langue. Mais le divorce reste effectif, il a lieu. Et le Prophète ﷺ a enseigné à ^Abdoullah fils de ^Oumar quand est ce qu’il est autorisé de prononcer le divorce.

^Abdoullah Ibnou ^Oumar avait prononcé le divorce de son épouse. Donc, son père lui a ordonné de divorcer cette femme et lui ^Abdoullah aimait cette femme. ^Oumar est allé se plaindre au messager ﷺ et il lui a dit : “Voilà j’ai dit à mon fils de prononcer le divorce et lui il l’aime et ne l’a pas divorcé.”

Et le messager lui a dit de la divorcer pour gagner l’agrément de ton père, écoute la parole de ton père.

Al-Bayhaqiyy a rapporté dans ses sounan qu’un homme est venu voir notre maître ^Oumar que Dieu l’agrée et a dit : j’ai prononcé le divorce définitif avec ma femme alors qu’elle avait les menstrues. Donc ^Oumar lui a dit : “Tu as désobéi à ton Seigneur.”

Pourquoi a-t-il dit cela ? Car cet homme a divorcé sa femme alors qu’elle avait les menstrues.

« Et tu as été définitivement séparé de ta femme » : parce qu’il a prononcé le divorce triple. Le terme définitif sous-entend que c’est un divorce triple.

L’homme a alors dit à notre maître ^Oumar : “Mais le messager de Allah a ordonné à ton fils de reprendre sa femme lorsqu’il a prononcé le divorce alors qu’elle avait les menstrues.”

^Oumar lui a expliqué et lui a dit : “Si le messager a ordonné à mon fils de reprendre sa femme c’est parce que le divorce a été prononcé pendant ses menstrues, parce qu’il lui restait encore deux divorces. Mais toi il t’en est resté aucun parce que tu l’as divorcé définitivement.”

Certains, sur le coup de la colère, disent des paroles et après ils se mordent les doigts toute leur vie. Et certains restent dans l’interdit parce que leur âme ne supporte pas d’obéir à Dieu. Ils préfèrent satisfaire leur âme plutôt que d’obéir à Dieu. Il ne faut pas jouer avec ces choses-là même si la personne est en colère. C’est pour cela que c’est pour une sagesse que Allah a fait que ce soit l’homme qui prononce le divorce.

N’est-ce pas que le Prophète ﷺ a dit aux femmes dans le sens : “Vous prononcez beaucoup les paroles de malédictions et vous reniez les bienfaits du mari.”

Il a fait une erreur un jour et elles disent « je n’ai jamais vu un bien de toi. »

Si l’homme ne garde pas son sang-froid, il patiente, il va faire son wudu, il va passer à autre chose, est-ce qu’il y a des couples qui vont rester? Non. C’est pour cela qu’il faut patienter.

Le hafidh Az-Zabidiyy a dit : “Si le divorce avec une femme a été prononcé alors qu’elle avait ses menstrues et bien ce divorce est quand même compté.”

C’est l’objet de l’unanimité des savants qui donnent des avis. C’est vrai que c’est un péché de prononcer le divorce alors que la femme a les menstrues mais le divorce est compté malgré cela.

  • Le divorce bid^iyy non conforme à la tradition prophétique.
  1. Premier cas de figure : Le divorce n’est pas conforme à la tradition prophétique dans le cas où il prononçait le divorce après consommation du contrat pendant qu’elle a les menstrues ou qu’elle a les lochies. Comme nous venons de voir juste avant. Quand elle a les menstrues ou les lochies, après la consommation, il prononce le divorce. On dit que ce n’est pas un divorce conforme à la tradition prophétique. C’est un péché de la langue dans ce cas-là.
  • Deuxième cas de figure : lorsqu’il prononce le divorce avec cette femme pendant une période qui n’est pas une période d’écoulement de sang -une période inter menstruelle-, mais durant laquelle il a eu un rapport avec elle. Et il n’y a pas eu de grossesse avérée. Parce que divorcer une femme qui est enceinte c’est un troisième cas.

Là, on est dans le cas où le divorce n’est pas conforme à la tradition prophétique : lorsqu’elle a les menstrues ou les lochies ou durant une période inter menstruelle durant laquelle il a eu un rapport avec elle et qu’il n’y a pas eu de grossesse avérée.

Pourquoi ce divorce de la femme qui a les menstrues ou les lochies n’est pas conforme à la tradition prophétique? Parce qu’il y a un préjudice pour la femme quand elle est divorcée pendant qu’elle a les menstrues ou les lochies. Cela lui rallonge sa période d’attente post-maritale, qui est une période durant laquelle elle ne peut pas se marier. Donc, elle attend encore des jours de la fin des écoulements pour qu’elle puisse commencer à compter sa période pour qu’elle puisse se remarier. Donc, c’est un préjudice pour elle, ça lui fait prolonger la durée d’attente.

Dans le deuxième cas, dans le cas où on a dit que le divorce n’est pas conforme à la tradition prophétique, lorsqu’il prononce le divorce dans une période inter menstruelle durant laquelle il a eu un rapport avec elle et qu’il n’y a pas eu de grossesse avérée. Ce cas-là est interdit car il se peut qu’elle soit enceinte par la suite et qu’il regrette d’avoir prononcé le divorce. Parce qu’il se peut que quelqu’un prononce un divorce avec une femme, son épouse qui n’est pas enceinte, mais s’il le regrette, dans certains cas, il ne peut pas se rattraper. Si par exemple, il s’avère qu’elle était enceinte et que c’était le 3e divorce, il ne peut pas la reprendre. Donc dans certains cas, il se peut qu’il ne puisse pas se rattraper. Et donc ça sera préjudiciable pour lui et pour l’enfant.

  • Le divorce n’est ni conforme ni non conforme.

On ne l’appelle pas divorce conforme à la tradition prophétique et on ne l’appelle pas divorce non conforme à la tradition prophétique.

Il y a plusieurs cas de figures :

  1.  lorsqu’il a prononcé le divorce avant qu’il n’ait consommé, c’est-à-dire qu’il a fait un contrat de mariage, puis il n’a pas consommé le contrat et il a prononcé le divorce. C’est un cas de divorce ni conforme à la tradition prophétique, ni non conforme à la tradition prophétique.
  2. s’il a prononcé le divorce avec celle qui n’est pas encore pubère. C’est un cas qui est ni conforme à la tradition prophétique, ni non conforme à la tradition prophétique.
  3. c’est quand il prononce le divorce avec une femme qui est ménopausée -elle n’a plus les menstrues-. C’est un cas de divorce ni conforme à la tradition prophétique, ni non conforme à la tradition prophétique.
  4. lorsqu’il a prononcé le divorce avec celle qui est enceinte de lui.

Et il y a d’autres cas de figure de ce troisième cas de divorce comme ceux qu’on a vu les fois passées, comme lorsque c’est un divorce qui était décidé par les deux arbitres, ou comme la séparation de celle qui fait le khoul^ -lorsque la femme paye un montant pour qu’elle soit libérée des liens du mariage-. C’est un divorce qui n’est ni sounniy ni bid^iyy. Ou le divorce d’une femme qui ne sait pas où elle en est de ses menstrues متحيرة celle qui est embarassée. Elle ne sait pas de combien étaient ses menstrues ni dans quelle période du mois elle avait ses menstrues. Elle avait tout le temps des écoulements et elle ne sait plus dire : quelle est ma période qui correspond à mes menstrues? et quelle est la période du mois qui correspond à ma période de pureté? Parce qu’elle n’a pas marqué, ou qu’elle n’a pas de comment distinguer. Dans certains cas, on dit que la femme est dans l’embarras, prononcer le divorce avec une telle femme, est ni l’un ni l’autre -ni conforme, ni non conforme-.

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