Mise en garde contre Al-Bouti
Comment ose-t-il, lui qui prétend l’Islam,
appeler Allah « ^il-lah » ou « agent causal » ?
Il est déplorable dans cette époque que soit mis au programme dans certains instituts le livre « Koubra l-Yaqiniyyati l-Kawniyyah » de Mouhammad Sa^id Ramadan Al-Boutiyy sous prétexte qu’il serait un ouvrage de croyance islamique alors qu’il comporte des contradictions éhontées avec la croyance musulmane. Il comporte la croyance en l’incarnation (al-houloul), la négation de la prédestination (al-i^tizal) et la philosophie des grecs, en présentant ces croyances comme étant la croyance islamique, sans jamais les attribuer aux groupes égarés.
Parmi ses expressions les plus abominables, c’est qu’il appelle Allah ta^ala « ^il-lah » ou « cause ». En effet, dans ce livre, après certains propos, il dit ce qui suit : « … jusqu’à ce que ces nombreuses causes variées t’amènent et aboutissent à la grande cause unique qui se trouve derrière tout ce que tu vois, c’est-à-dire, Celui Dont l’existence est obligatoire qui est Allah ^azza wa jall ».
Il dit en page 87 du même livre : « Quelle est donc l’agent causal (al-^il-lah) qui l’a fait exister, l’a éveillé des ténèbres du néant et l’a posé sur les premières marches de l’existence ? ». Et en page 77, il déclare explicitement que Allah est la source et l’origine et que le monde serait une ramification de Lui. Il dit :« En d’autres termes, nous disons que toutes les réalités du monde que tu vois sont une ramification d’une seule réalité qui est l’être de Dieu. Et il est impossible que tu connaisses les réalités des choses minimes avant que tu ne connaisses leur source et leur première origine ». En page 174 du même livre, il appelle Allah « al-wacitah » –l’Intermédiaire, le moyen ou le Facteur causal– et il dit : « Il est nécessairement le premier et le dernier intermédiaire et Il est le créateur des causes et des conséquences ».
Comment profère-t-il de telles choses, dans un livre par lequel il fait croire aux gens qu’il contient la croyance correcte puisqu’il l’a appelé « Koubra l-Yaqiniyyati l-Kawniyyah » –Les Grandes Certitudes du Monde–. Ceci représente une imposture majeure envers la communauté. Le fait qu’il appelle Allah « l’origine et la source » (al-masdar wa l-manba^) est une mécréance explicite. Allah n’est pas une origine pour le monde mais comme Il le dit Lui-même :
قل هو الله أحد الله الصمد لم يلد و لم يولد
ce qui signifie : « Dis que Allah est unique, qu’Il n’a besoin de rien alors que tout a besoin de Lui, qu’Il n’engendre pas et qu’Il n’est pas engendré ». Il n’est pas une origine pour autrui et Il n’est pas une ramification d’autrui. Il n’y a aucune correspondance, ni aucun rapport ni aucun lien de cause à effet entre Allah et le monde de sorte qu’il L’appelle « origine » ou « source ». La hawla wa la qouwwata ‘il-la bil-Lah – il n’est de préservation et de force que par Allah.
Le Chaykh ^Abdou l-Ghaniyy An-Naboulouçiyy a déclaré mécréant celui qui appelle Allah « ^il-lah » –agent causal– [et ce dans son livre « ‘Asrarou ch-Chari^ah, Al-Fathou r-Rabbaniyy wa l-Faydou r-Rahmaniyy », page 169, édition Darou l-Baz li n-Nachri wa t-Tawzi^, ^Abbas Ahmad Al-Baz, La Mecque honorée]. Ses paroles sont les suivantes : « Est liée à la mécréance des chrétiens également, la mécréance des philosophes grecs qui croient que Allah ta^ala est la cause des causes, ils Lui attribuent de faire exister toutes les choses par la causalité –du fait même de Son existence, sans que ce soit par Sa volonté. Ce sont des assimilationnistes (mouchabbihah) qui nient les attributs de Dieu (mou^attilah). Ils ont pour croyance que ce monde n’a pas de début de par la matière originelle (al-hayyoula) et le schème (as–sourah) selon leur odieuse terminologie ». Le Chaykh An-Naboulouçiyy, que Allah lui fasse miséricorde, a été en accord avec les gens de science qui l’ont précédé comme l’Imam, le Pilier de l’Islam, ^Aliyy As-Soughdiyy qui a déclaré mécréant celui qui appelle Allah ta^ala « sabab » ou « ^il-lah » –agent causal–comme il le dit dans le livre « An-Noutafou fi l-Fatawa », et tout comme le dit le Moufassir, spécialiste de l’exégèse du Qour’an, Abou l-Barakat An-Naçafiyy, dans l’explication de la parole de Allah ta^ala :
ولله الأسماء الحسنى فادعوه بها وذروا الذين يلحدون في أسمائه
[sourat Al-‘A^raf] : « C’est de l’athéisme que d’appeler Allah « corps » (jism) ou « substance élémentaire » (jawhar) ou « raison » (^aql) ou « cause » (^il-lah) ». Le Chaykh ^Abdou l-Ghaniyy a été en conformité avec ce qui a été décrété chez Ahlou s-Sounnah, les ach^ariyy et les matouridiyy, à savoir que les noms de Allah sont établis par la Loi (tawqifiyy), ce ne sont pas les gens qui déterminent les noms de Dieu.
L’Imam ^Abdou l-Ma^in An-Naçafiyy, qui fait partie des savants matouridiyy, dans son livre « Tabsiratou l-‘Adil-lati fi ‘Ousouli d-Din », page 138 et 139, édition Al-Jaffan et Al-Jabi, Damas et Chypre, dit ce qui suit : « Nous nous limitons au sujet des noms de Allah à ce qui a été fixé dans la Loi. Ne vois-tu pas que nous n’appelons pas Allah sahih (sain) même si les maladies et les calamités sont impossibles à Son sujet ?! On ne L’appelle pas non plus tabib –médecin– même s’Il sait les affections et les maladies ainsi que leurs remèdes. On ne L’appelle pas non plus faqih -jurisconsulte- même s’Il sait les jugements et leurs significations ». Avant lui, l’Imam de Ahlou s-Sounnah, Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, a dit d’après ce qu’a rapporté de lui Ibnou Fourak dans son livre Moujarrad Maqalat Al-‘Ach^ariyy : « Il n’est pas permis de donner à Allah un nom en-dehors de ce qui est parvenu dans le Livre, la Sounnah et l’Unanimité (al-‘ijma^). » Il a dit : « Nous n’appelons pas Allah Moustati^ même si cela a le sens de Al-Qadir –Celui Qui a la toute-puissance– car le nom Moustati^ n’est pas parvenu dans la Loi. Il n’est pas permis non plus de l’appeler Faqih ou Fahim parce que ces noms ne sont pas parvenus dans la Loi même s’ils ont le sens de Al-^Alim –Celui Qui sait tout– ».
Les textes semblables à ceux-là sont nombreux. Ils ne peuvent échapper à quelqu’un qui a un minimum de connaissance des livres de Ahlou s-Sounnah. Mais il semble que l’auteur du livre sus-mentionné, le Docteur Mouhammad Sa^id Ramadan Al-Boutiyy, n’en ait pas pris connaissance ou qu’il ne soit pas en accord avec eux. S’il en est ainsi, pourquoi a-t-on mis au programme l’enseignement de son livre sous prétexte qu’il serait un ouvrage de croyance islamique alors qu’il est en opposition fondamentale avec la croyance musulmane ? Al-Boutiyy accepterait-il que quelqu’un le traite de maladie (marad) ou d’agent pathogène ou causal (^il-lah) ? Comment accepte-t-il de donner ce nom à Allah soubhanah ? Du point de vue de la langue arabe, le mot ^il-lah signifie « al-marad » –la maladie– et appeler Allah en ces termes est de la mécréance. Dans la terminologie des philosophes maintenant, le mot « ^il-lah » –la cause, la raison, le principe– est contraire à la religion agréée par Allah. Ainsi dans les deux cas, sa parole n’a pas d’autre issue que la mécréance. Il y a quarante ans lorsqu’il était à Damas, notre Chaykh, le Mouhaddith, le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy avait pris connaissance de son livre « Koubra l-Yaqiniyyati l-Kawniyyah » et avait vu cette expression que Allah serait l’origine du monde et la source du monde. Il l’avait contré à ce sujet et lui avait demandé de changer ce qu’il avait écrit dans son livre. Il avait alors fait mine d’être d’accord et avait promis qu’il allait faire la modification dans la nouvelle édition du livre. Mais il n’a pas tenu sa promesse et n’a rien changé. Le livre a été réédité plus de neuf fois et les expressions n’ont pas été modifiées.
La réalité, indiquée par ses actes et ses ouvrages, c’est que cet homme est contre la voie de Ahlou s-Sounnah. Il conduit ceux qui le suivent à la mécréance sans qu’ils s’en aperçoivent. Que l’on soit donc en garde contre ses ouvrages. Si jamais son livre devait être mis au programme des étudiants, qu’il soit mis alors en tant qu’exemple de livres qui ont été écrits contre la religion sous le couvert de la religion, mais ceci, après que l’étudiant a maîtrisé la croyance de Ahlou s-Sounnah ‘ach^ariyy et matouridiyy, ceci afin de le protéger.
Mise en garde contre la croyance de l’unité de l’existence (wahdatou l-woujoud)
Le conseil aux croyants pour la mise en garde contre la parole de l’unité absolue et la parole de l’incarnation
L’unité absolue (al-wahdatou l-moutlaqah) c’est la croyance que Allah est ce monde. L’incarnation (al-houloul) c’est la croyance que Allah s’installe dans certaines de Ses créatures.
Ces deux croyances sont de l’égarement. Elles n’ont rien à voir avec le tasawwouf. Le tasawwouf est comme l’a dit le maître des soufis, Al-Jounayd fils de Mouhammad Al-Baghdadiyy. Il est en effet un Imam reconnu et un guide pour les premiers soufis ainsi que les plus récents. Il est compté au nombre des musulmans du Salaf puisqu’il est mort en l’an deux cent quatre-vingt-dix de l’Hégire.
Il a dit, que Allah l’agrée : « Le tawhid –la croyance en l’unicité de Dieu– c’est la distinction entre Celui Qui est exempt de début et ce qui est entré en existence –la créature–. » Cela veut dire que rien ne s’incarne dans Dieu, que Dieu ne s’incarne pas dans quoi que ce soit, que ce monde n’est pas une partie de Dieu et que Dieu n’est pas l’origine de ce monde.
A l’époque de Al-Jounayd, il y avait un homme qui s’appelle Al-Hallaj et qui venait à lui de temps à autre. Mais il est venu une fois chez lui et lui a posé une question à laquelle il n’a pas répondu. Al-Jounayd a plutôt dit de lui : « C’est quelqu’un qui prétend des choses dont il est loin ». Et il lui a dit à une autre occasion : « Tu as ouvert une brèche dans l’Islam que seule ta tête comblera ». Cela veut dire que toi Hallaj tu as provoqué une dissension parmi les musulmans puisqu’il avait pour croyance l’unité absolue et l’incarnation de Dieu dans Ses créatures.
La firaçah –vision prémonitoire– de Al-Jounayd s’est manifestée neuf ans plus tard lorsque Al-Hallaj a été exécuté par le Calife sur ordre du Qadi Abou ^Amr Al-Malikiyy. C’était là un prodige (karamah) pour Al-Jounayd.
Ainsi, Al-Hallaj n’a aucune considération chez les soufis. Le Mouhaddith, le Hafidh soufi Abou ^Abdi r-Rahman As-Soulamiyy a dit dans son livre Tabaqatou s–Soufiyyah que les soufis ont renié Al-Hallaj et ne l’ont pas compté en leur nombre, mis à part quatre.
Le Hafidh Abou Bakr Al-Khatib Al-Baghdadiyy a dit la même chose dans Tarikh Baghdad. Par la suite, et plus précisément au début du septième siècle de l’Hégire, des gens se sont mis à colporter la parole de l’unité absolue et celle de l’incarnation de Dieu dans Ses créatures. La raison en est que le Chaykh Mouhyi d-Din Ibnou ^Arabiyy a composé un ouvrage qu’il a nommé Al-Foutouhat Al-Makkiyyah et un autre qu’il a nommé Fousousou l-Hikam. Mais des juifs ont inséré des ajouts dans certains de ses livres, tout comme l’a dit l’auteur de Al-Ma^roudat Al-Mazbourah qui fait partie des hanafiyy réputés. Il a dit : « Nous avons eu la certitude que les juifs ont inséré des paroles dans les livres du Chaykh Mouhyi d-Din Ibnou ^Arabiyy ».
Par ailleurs, le Chaykh Faqih reconnu pour son tasawwouf, ^Abdou l-Wahhab Ach-Cha^raniyy a dit : « J’avais résumé le livre Al-Foutouhat Al-Makkiyyah et j’ai enlevé tous les passages faisant référence à la croyance en l’unité absolue et en l’incarnation. Plus tard, j’ai rencontré à La Mecque le Chaykh Abou t–Tahir résident lui-même à La Mecque. Il m’a montré un exemplaire du livre Al-Foutouhat Al-Makkiyyah qu’il a comparé mot à mot avec une copie manuscrite du Chaykh Mouhyi d-Din et qui se trouve dans la ville de Qounyah. Dans cette version, il n’y avait aucune référence à l’incarnation ou à l’unité absolue. » Ceci figure dans son livre Lata’ifou l-Minan wa l-‘Akhlaq. Dans son livre Al-Yawaqit wa l-Jawahir, il innocente aussi le Chaykh Mouhyi d-Din de ces mauvaises croyances.
De plus, ce qui indique que le Chaykh Mouhyi d-Din est innocent de la croyance en l’unité absolue et de l’union, c’est qu’il y a dans l’exemplaire de Al-Foutouhat Al-Makkiyyah où il y a les ajouts, ce qui justement contredit la croyance de l’unité et de l’incarnation. En effet, dans cet exemplaire, on peut trouver : « Celui qui prétend l’union et l’incarnation, c’est quelqu’un qui fait preuve d’irréligion, et celui qui prétend l’unité absolue, sa religion est rompue ».
Ce qui est digne du Chaykh Mouhyi d-Din c’est qu’il lui soit attribué ce qui est conforme à ces paroles et non ce qui est faux, à savoir la croyance de l’unité et celle de l’incarnation.
De plus, ce qui confirme que l’attribution de la croyance de l’unité et celle de l’incarnation au Chaykh Mouhyi d-Din est infondée et pas correcte, c’est ce qui est cité dans cette version altérée. Dans un passage, il y est écrit la parole du Chaykh Mouhyi d-Din: seul Allah a une existence obligatoire selon la raison. Cette expression est loin de la croyance en l’unité absolue et de l’incarnation.
Suite à la lecture de ces exemplaires falsifiés, de graves corruptions ont eu lieu, en particulier au Yémen. Cette mauvaise croyance s’était en effet propagée au point que le savant du Yémen et son Faqih Abou Bakr Ibnou l-Mouqri qui, dans son livre Rawdou t–Talib dans l’explication de l’apostasie et des paroles de mécréance, a écrit : « Celui qui doute de la mécréance du groupe de Ibnou ^Arabiyy est un mécréant », c’est-à-dire ceux qui disent que le monde avec Dieu ne font qu’un. Il a ainsi jugé mécréant ceux qui ont eu pour croyance ce qu’il y a dans ces livres falsifiés et attribués au Chaykh Ibnou ^Arabiyy. Il n’a pas déclaré mécréant le Chaykh Ibnou ^Arabiyy. Mais il a dit (le groupe de Ibnou ^Arabiyy), c’est-à-dire ceux qui se réclament de lui. Et Ibnou ^Arabiyy est en réalité innocent de ces gens-là. Il a déclaré mécréant ceux qui ont pour croyance que Allah est le monde et que ce monde serait une partie de Lui, ainsi que la croyance que Allah s’incarne dans certaines de Ses créatures.
Que ceux qui lisent les livres du Chaykh Ibnou ^Arabiyy et lui attribuent ces deux mécréances prennent garde. Cette croyance est en fait en opposition avec la croyance en l’unicité de Allah (tawhid). Le Qour’an a par ailleurs nié ces deux croyances par sourat Al-‘Ikhlas :
« قل هو الله أحد الله الصمد لم يلد ولم يولد »
(qoul houwa l-Lahou ‘ahad ; Allahou s–samad ; lam yalid wa lam youlad)
Qui signifie : « Dis : Allah est unique. Il n’a pas besoin des créatures alors qu’elles ont besoin de Lui. Il n’est pas généré à partir de quoi que ce soit et Il n’a pas engendré quoi que ce soit ».
Cela veut dire que Dieu n’est pas une origine pour quoi que ce soit et Il n’est pas une dérivation de quoi que ce soit. La phrase :
« ولم يكن له كفوًا أحد »
(wa lam yakoun lahou koufouwan ‘ahad)
Qui signifie : « Il n’a pas d’équivalent, aucun » nie justement la ressemblance de Allah à autre que Lui, de quelque manière que ce soit.
Que ceux qui se sont épris de ces versions falsifiées se réveillent donc. Ils ont délaissé les fondements de la croyance en l’unicité de Dieu. Ces deux croyances-là comptent au nombre des plus atroces mécréances et des plus laides. Il est arrivé de la part de certains qui les avaient, de croire qu’il n’est pas obligatoire de se laver suite à la janabah puisqu’ils considèrent que celui qui a fait l’acte [sexuel] et celui qui est sujet à l’acte sont tous deux Allah ! J’ai entendu cela de l’un d’entre eux à Beyrouth. Cet homme qui prétendait cela se présentait comme étant un Chaykh !
Il y a parmi ces gens-là le groupe des yachroutiyyah dévié, qui se réclame du Chaykh ^Aliyy Nourou d-Din Al-Yachroutiyy. Or ce Chaykh s’est innocenté d’eux lorsqu’il a su qu’ils avaient cette croyance corrompue. Il s’était établi à ^Akka et y a été enterré. Beaucoup de gens ont pu profiter de ses connaissances. Mais certains sont allés à leur propre perte en se réclamant de lui.
En résumé, la croyance de l’unité absolue et la croyance de l’incarnation font toutes deux parties des pires mécréances. Toutes deux sont opposées au tawhid, la croyance en l’unicité de Allah. Elles sont opposées à la ‘ayah :
» ليس كمثله شىء »
(layça kamithlihi chay’)
Qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ».
Elles sont également contraires à sourat Al-‘Ikhlas. Ces deux croyances constituent par ailleurs un démenti de tous les prophètes. Ils ont en effet tous appelé à la croyance en l’unicité de Dieu, c’est-à-dire qu’Il existe et qu’Il n’a pas de ressemblance avec quoi que ce soit, qu’Il n’est pas une origine pour le monde, ni un dérivé de quoi que ce soit de ce monde. Celui qui doute de la mécréance de ceux qui ont pour croyance l’unité absolue ou l’incarnation, il devient lui-même mécréant.
Ces deux croyances sont par ailleurs en opposition avec toutes les religions.
Que l’on se méfie des livres qui comportent une de ces deux mécréances, comme le livre Al-‘Insanou l-Kamil de Al-Jiliyy et Al-Mandhoumah Al-^Ayniyyah qui est une poésie de huit cent vers, également de ^Abdou l-Karim Al-Jiliyy.
Celui qui les a pour croyance, est plus mécréant que tous les groupes de mécréants : les mazdéens, les boudhistes et les autres religions que suivent les humains. Elles sont plus laides que le négationnisme des athées d’un point de vue et cette dernière est plus laide que ces deux croyances d’un autre point de vue. Mais toutes trois sont les pires mécréances.
De nombreux soufis authentificateurs ont dit que ces croyances étaient de la mécréance. Le soufi très réputé, l’ascète qui s’est détaché pour l’adoration de Allah, a dit une poésie par laquelle il a répliqué à ces deux mauvaises croyances. On en cite ce vers :
ما وحد الله تعالى امرؤ يقصده بالوحدة المطلقة
Qui signifie :
N’aura pas cru en l’unicité de Allah ta^ala quelqu’un qui
Aura eu pour croyance l’unité absolue
Il s’agit du Chaykh Mouhammad Mahdiyy Ar-Rawwas Ar-Rifa^iyy.
Ceci a été dit par ^Abdou l-Lah fils de Mouhammad Al-Harariyy.
Biographie : L’Imam Zaynou l-3Aabidiin As-Sajjaad
L’Imam As-Sajjad Zaynou l-^Abidin
Sa biographie
Il s’appelle ^Aliyy fils de Al-Houçayn, fils de ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah les agréé tous, connu sous le surnom de Zaynou l-^Abidin, il était surnommé également Abou l-Houçayn et d’autres ont dit Abou Mouhammad.
Al-Houçayn, que Allah l’agréé, n’a pas d’autres descendants qu’à partir des descendants de Zaynou l-^Abidin.
Sa mère était une esclave qui s’appelait Ghazalah tout comme Ibnou Sa^ad l’a rapporté dans » At– Tabaqat« .
Ibnou Qoutaybah a dit dans son livre « Al Ma^arif » que la mère de Zaynou l-^Abidin est de la région de Sindih et qui s’appelle Soulafah et d’autres ont dit Ghazalah.
Il a été rapporté dans le livre « Wa fayatou l ^ayan » de Ibnou Khoulikan que sa mère Soulafah était la fille de Yazdajrd, le dernier des rois perses.
Et Ibnou Sa^ad rapporté dans « At–Tabaqat » que ^Aliyy fils de Al-Houçayn était avec son père et il avait alors vingt-trois ans, il était malade allongé sur son lit, lorsque Al-Houçayn, ^alayhi sallam, a été assassiné Choummar Ibnou Dhiyy l-Jouchana a dit :
« -Tirez sur cet homme !
C’est alors qu’un de ses compagnons lui a dit
–Soubhanallah ! ! Veux tu que l’on tue un jeune homme qui est malade, qui n’a pas combattu ?
Et ^Oumar Ibnou Sa^ad a dit
-Ne faites aucun mal à ces femmes ni à ce malade. »
C’est ainsi qu’il a échappé au fait d’être tué lorsque son père Al-Houçayn a été tué.
Sa science et son ascèse, sa piété
L’imam Zaynou l-^Abidin fait partie des maîtres des successeurs des compagnons.
Az–Zouhriyy a dit :
« -Je nain pas vu un seul hachimite qui soit meilleur que lui et je n’ai vu personne qui ait plus de science que lui. Il était, que Allah l’agréé, lorsqu’il s’apprêtait à faire le woudou‘, son visage devenait jaune.
Sa famille lui disait :
« -Qu’est ce qui te prend lorsque tu veux faire le woudou’ ?
Il a dit:
-Je ne savais pas pour Qui je compte me lever. » ( C’est-à-dire lorsqu’il s’apprête à faire la prière)
Il a été rapporté un jour qu’un incendie a éclaté dans la maison dans laquelle se trouvait ^Aliyy fils de Al-Houçayn, alors qu’il était en prosternation, les gens s’étaient mis à lui dire :
« -O, toi le fils de la fille du Messager de Allah, O, toi le fils de la fille du Messager de Allah, au feu!! ! »
Mais il n’a pas relevé la tête jusqu’à ce que le feu ait été éteint et il a été dit :
« -Qu’est ce qui t’a détourné de ce feu ?
-C’est l’autre feu qui m’en a détourné a t’il répondu. (Il fait allusion au feu de l’enfer.)
Un jour un homme était venu à lui alors qu’il était avec ses compagnons dans la mosquée, il n’a pas laissé une seule mauvaise parole sans qu’il le lui ait dite et Zaynou l-^Abidin se taisait.
Par la suite, cet homme était reparti lorsque la nuit était venue, il est venu à la porte de cet homme et lui a dit :
« -Ô, mon frère, si tu étais véridique en ce que tu m’as dit, que Allah me pardonne et si tu étais menteur, que Allah te pardonne. »
Puis il est reparti. C’est alors que cet homme est sorti et l’a suivi par derrière et s’est mis à pleurer tant que Zaynou l-^Abidin a eu de la compassion pour lui.Cet homme lui a dit :
« -Ne me méprends pas. Je ne reviendrais plus à faire quelque chose que tu n’aimes pas .
-Et toi je te pardonne pour tout ce que tu m’as dit. »
Sa générosité
L’imam As-Sajjad Ibnou l-^Abidin, que Allah l’agréé, était généreux, il prodiguait le bien, il était bienfaiteur.
Ibnou l-Jawziyy a rapporté dans « Sifatou As–Safawah » d’aprés Mouhammad fils de Is-haq il a dit : « Il y avait des gens à Médine qui vivaient et ils ne savaient pas d’où leur parvenait leur subsistance; lorsque ^Aliyy fils de Al-Houçayn était mort ils ne retrouvaient plus ce qu’il leur était donné de nuit et il est rapporté que leur nombre était de cent familles de Médine.
Et lorsque venait à lui un mendiant pour lui demander quelque chose, il lui faisait bon accueil et lui disait :
-Bienvenue à celui qui transporte mes provisions pour l’au-delà ! »
Et un des fils de ^Amr Ibnou Yasir a rapporté :
« Il y avait un jour chez ^Aliyy fils de Al-Houçayn des invités qui avaient demandé à l’un de ses serviteurs à ce qu’il leur ramène rapidement de la viande cuite dans le four. C’est alors que le serviteur était venu en courant et la brochette -le fer sur lequel était mis les bouts de viande- ( On dit plutôt la broche, non?) était tombée de sa main sur l’un des enfants de ^Aliyy qui l’a atteint dans sa tête et il en est mort c’est alors que ^Aliyy a dit à ce serviteur :
« -Tu es libre, parce que tu n’as pas fait exprès ; »
Et il l’a amené avec lui dans le convoi funéraire de son fils.
Un jour il a rendu visite à Mouhammad fils de Houssama fils de Zayd lors de sa maladie et Mouhammad s’était mis à pleurer. Zaynou l-^Abidin lui a dit:
« -Qu »est ce qui t’arrive?
-Je suis endetté.
-De combien?
-Quinze mille dinars.
C’est alors que Zaynou l-^Abidin lui a dit:
-C’est moi qui me charge de les rembourser. »
Sa modestie.
^Aliyy fils de Houçayn était, que Allah l’agréé, modeste. Lorsqu’il marchait sa main ne dépassait pas sa cuisse et il ne marchait pas avec arrogance et fierté. Lorsqu’il se levait pour accomplir la prière il était pris de tremblements il lui était dit :
« -Qu’est ce qui t’arrive ?
-Vous ne savez pas pour Qui je me lève et Qui j’invoque. »
Il s’asseyait, que Allah l’agréé, dans l’assemblée de ‘Aslam, l’esclave affranchi de ^Oumar, que Allah l’agréé. C’est alors qu’un homme de Qouraych lui a dit:
« -Tu laisses l’assemblée de Qouraych et tu tiens l’assemblée avec un esclave de Bani ^Oudayy !
C’est alors que ^Aliyy lui a dit:
-Mais la personne s’asseoit là où elle profite. »
Et Yazid Ibnou Hazim a dit :
« -J’ai vu ^Aliyy fils de Al-Houçayn et Soulayman fils de Yasar s’asseoir dans Ar-Rawdah (c’est-à-dire entre la tombe du Prophète et le minbar du Prophète dans la mosquée du Prophète) Ils discutaient de sujets utiles jusqu’à ad–douha et ils révisaient la science de la religion lorsqu’ils voulaient se lever alors ^Abdoul-Lah fils de Abou Salamah leur récitait une sourah du Qour’an. Lorsqu’il terminait, ils faisaient des invocations .
Les faits remarquables de l’imam Zaynou l-^Abidin
Ibnou Qoutaybah a rapporté dans “Al ma^arif”:
« ^Aliyy fils de Al-Houçayn avait affranchi une femme esclave qui lui appartenait puis il l’a épousé. C’est alors que ^Abdoul-Malik Ibnou Marwan lui a envoyé une lettre pour le blâmer pour ce qu’il a fait et Zaynou l-^Abidin lui a écrit sa réponse en lui disant:
« Vous avez certes un excellent modèle en la personne du Messager de Allah , qui avait affranchi Safyah la fille de Khouyay fils de ‘Akhtab puis il l’avait épousé et il a affranchi Zayd, le fils de Kharithah et il lui a donné en épouse la fille de sa tante paternelle Zaynab bintou Jahch »
Zaynou l-^Abidin était extrêmement bienfaisant envers sa mère tant qu’il évitait de manger dans le même récipient que sa mère de crainte que sa main ne prenne le morceau qu’avait vu en premier sa mère. Et il accomplissait, que Allah l’agréé, chaque jour et nuit mille rak^ah des prières surérogatoires tant qu’il a été surnommé l’imam As-Sajjad ( c’est-à-dire celui qui se prosterne)
Az–Zouhriyy a dit également:
« C’était celui des gens de sa famille que l’on avait le plus pour destination et c’était celui d’entre le plus que Marwan Ibnou l-Hakam et ^Abdoul-Malik Ibnou Marwan aimaient »
Quelques- unes de ses caractéristiques
Zaynou l-^Abidin avait un drap de tissu qui s’appelle khaz de couleur jaune qu’il mettait le vendredi et il mettait dans ses pieds des sortes de sandales qui ne sont pas fermées de derrière et qui avait une description particulière Il achetait aussi le tissu de khaz à cinquante dinars, il passait dans ce tissu là l’hiver puis il revendait ce tissu et donnait en aumône le prix. Il passait l’été dans deux vêtements, des habits d’Egypte qu’il achetait à un dinar et il mettait de temps en temps d’autres vêtements. Il mettait sur sa tête une ^imamah (un turban) et il laissait l’extrémité du turban dépasser derrière son dos. Il mettait du baume ou du parfum aprés le ghousl lorsqu’il voulait entrer en rituel. Il rassemblait les prières de Adh-dhour et de Al-^asr, ainsi que celle de Al-maghrib et de Al-^icha pendant le voyage.
Ses paroles dans l’exemption de Allah de toute ressemblance avec Ses créatures
Zaynou l-^Abidin était sur la croyance du Prophète et de ses compagnons en terme de croyance en l’unicité de Allah et de Son exemption de l’endroit, de la localisation, de la limite et de la couleur
Le maître Mourtadah Az–Zabidiyy le commentateur de « Al-Qamous » a rapporté avec une chaîne de transmission ininterrompue composée de gens qui sont tous de la famille du Prophéte que Zaynou l-^Abidin ^Aliyy fils de Al-Houçayn a dit dans son épître appelé « As–Sahifah As- Sajjadiyyah« :
« Tu es exempt d’imperfection, O Allah Tu n’es pas contenu dans un endroit »
Et Zaynou l-^Abidin, que Allah l’agréé, personne ne l’aidait pour sa purification, il puisait l’eau pour sa purification avant de s’endormir. Lorsqu’il se levait pendant la nuit il commençait par utiliser le siwak ensuite il faisait son woudou’ et il commençait à faire la prière et il rattrapait les prières surérogatoires qu’il avait manqué la journée, il les rattrapait pendant la nuit puis il était dit: « Mes fils, ceci n’est pas un devoir pour vous (c’est-à-dire d’accomplir les prières surrérogatoires) mais celui d’entre vous qui s’est habitué à une habitude de bien, c’est bien pour lui de persévérer sur cela »
Et il ne délaissait la prière surérogatoire de nuit ni lorsqu’il était résident ni lorsqu’il était voyageur.
On rapporte de lui, qu’il a dit:
« Je suis étonné de l’orgueilleux arrogant qui la veille était de l’eau mélangée du père et de la mère et demain il sera un cadavre puant. Et je suis étonné du profond étonnement de celui qui doute au sujet de Allah alors qu’il voit les créatures de Allah et je suis étonné du plus profond étonnement de celui qui renie la résurrection alors qu’il voit cette vie présente et je suis étonné de tout l’étonnement pour celui qui oeuvre pour cette résidence qui va à sa fin et alors qu’il sait qu’il y aura une résidence qui sera éternelle sans fin.»
Et il été rapporté de Abou Ja^far Mouhammad fils de ^Aliyy Zaynou l-^Abidin qu’il a dit :
« Mon père m’a recommandé certaines choses, il m’a dit :
-Ne tiens pas la compagnie de cinq catégories de personnes ne leur parle pas et ne les accompagne pas sur le chemin.
Je lui ai dit:
-Je me sacrifies pour toi, ô mon père qui sont donc ces cinq personnes?
Il m’ a dit:
-Ne tiens pas la compagnie du grand pécheur car il est capable de te vendre pour une bouchée ou moins que cela.
Je lui ai dit:
-Père qu’est ce qui est moins qu’une bouchée ?
-Il souhaite obtenir la bouchée et il ne l’obtient pas.
-Père et qui est donc la deuxième de qui je ne tiens pas la compagnie ?
-Ne tiens pas la compagnie de celui qui est avare car il est capable de prendre de toi et de te rendre encore plus dans le besoin que lorsque tu l’avais connu.
-Père et qui est donc la troisième personne?
-Ne tiens pas la compagnie du menteur car il est comme le mirage: il éloigne de toi celui qui est proche et te rapproche celui qui est loin
-Père et qui est donc le quatrième?
-Ne tiens pas la compagnie de celui qui est stupide car il veut t’être utile et il va te nuire
-Père et qui est donc le cinquième?
-Ne tiens pas la compagnie de celui qui rompt les liens avec ses proches parents car j’ai vu que dans le Livre de Allah il est maudit à trois reprises »
Au sujet du mérite de la famille du Prophète
Il a été dit au sujet des mérites de la famille du Prophète beaucoup de poésie et parmi ce qui est rapporté c’est que Hicham fils de ^Abdoul-Malik a accompli le pèlerinage avant d’être chargé du califat. Il a essayé d’embrasser la pierre noire mais il n’a pas pu, c’est alors que Zaynou l-^Abidin ^Aliyy fils de Al-Houçayn était venu, les gens se sont alors écartés, éloignés pour qu’il puisse embrasser la pierre noire. Des gens ont dit à Hicham:
« -Qui est donc cet homme ?
Il a dit:
-Je ne le connais pas »
C’est alors que Al-Farazdaq, le poète a dit :
« -Moi, je le connais. Et il s’est mis à dire de la poésie (en arabe qui est très belle, qui signifie en français) :
Cet homme est le fils du meilleur de tous les esclaves de Allah
C’est lui le pieux, le pur, celui qui est illustre
La terre reconnaît son pas
Et la maison sacrée le reconnaît
Tout comme ceux qui ne sont pas en rituel de pèlerinage
Et ceux qui sont en rituel de pèlerinage
C’est lui qui, lorsque sa belle main a touché le noir de la Ka^bah
Lorsqu’il va l’embrasser
Lorsque Qouraych le voit celui qui parle en leur nom dit
C’est à l’honneur de cet homme que tout l’honneur aboutit
Si les gens de la piété sont énumérés
Les gens de la famille seront leurs imams
Ou s’il a été dit : « Qui sont les meilleurs gens de la terre? »
Il sera dit: “Ce sont eux”
Cet homme, c’est le fils de Fatimah, si tu l’ignores
C’est son grand-père qui était le dernier des prophètes de Allah
Mais ta parole: “Qui est cet homme? », ne lui nuie pas
Les arabes connaissent celui que tu n’as pas connu
Tout comme les non arabes
Il est modeste et pudique
Tellement il inspire de respect, les gens ne parlent
Que lorsqu’il sourit”
Son décès, ^alayhi s-salam
Ses mérites et les faits remarquables de sa vie, que Allah l’agréé, sont beaucoup plus nombreux que d’être énumérés ici.
Il a été dit qu’il est mort en 99 de l’hégire et d’autres ont dit 92 de l’hégire à Médine.
Il a été enterré à Al-Baqi^ dans la tombe de son oncle paternel Al-Haçan fils de ^Aliyy sous la coupole où il y a la tombe de Al-^Abbas, que Allah les agréé tous.
Que Allah te fasse miséricorde, Ô toi l’Imam, l’ascète, le saint, le vertueux, que Allah te fasse miséricorde, tu étais véritablement Zaynou l-^Abidin (c’est-à-dire la parure des adorateurs) et que Allah nous accorde l’intercession de ton grand-père, salla Lahou ^alayhi wa sallam.
Biographie : le Chaykh ‘Abou Bakr ibnou ^Arabiyy
Le connaisseur de Allah, le Chaykh ‘Abou Bakr ibnou ^Arabiyy
Sa biographie
C’est le grand chaykh Mouhyid din fils de ^arabiyy Al hatimiyy at ta’i al andalouçiyy-mouhyid-din, c’est un surnom qui lui a été donné, conformément à ce qui a été pratique de son époque, des surnoms qui étaient donnés comme diya’oud –din et d’autres. Mouhyi d-din c’est a dire le revificateur de la religion, Mouhyi d-Din, Diya’oud-din l’éclat de la religion. At–Ta’iyy c’est relatif à une tribu, la tribu de Tay’ qui est une tribu arabe très connue parmi lesquelles il y a des gens comme Hatim At–Ta’iyy qui est connu pour sa générosité et ainsi le chaykh ibnou ^arabiyy est un arabe dont l’ascendance est pure. Il a été appelé Ach-Chaykhou-l-‘akbar ou le grand chaykh en raison de ce par quoi il se distinguait comme science étendue, de nombreuses connaissances dans plusieurs domaines de la science, au point qu’il était devenu un savant qui était la destination des gens pour qu’ils profitent de lui. Le chaykh ibnou ^arabiyy est né en l’an 560 de l’Hégire a Murci en Andalousie. A partir de là, il est parti à Séville (Ichbiliyyah)en Andalousie également et il s’est déplacé de pays en pays. Il a visité le Maroc et il a composé de nombreux écrits pour certains émirs puis il est partit en Egypte. A partir de là-bas, il a fait un voyage il a visité le Cham et le pays des romains a Rome en Byzance, l’irak, le Hijaz et il a fait de nombreux voyages. Il s’est déplacé de pays en pays en voyageant pour quérir la science et rencontrant les imams de son époque, les savants de son époque, chose qui lui a permis d’acquérir une grande place parmi les savants et une grande expérience. Pendant sa visite de l’Egypte certains ont œuvré pour qu’il soit tué alors il a été emprisonné un certain temps, puis il est sorti après cela grâce à l’aide de ^Aliyy ibnou-l-fath al bija‘i et il s’est installé en fin de compte au pays de ach-cham et à Damas plus particulièrement jusqu’à sa mort.
Les faits remarquables de sa vie
Nous n’exagérons pas si nous disons que le grand chaykh ibnou ^arabiyy que Allah lui fasse miséricorde fait partie des grands imams de son époque par la science, la jurisprudence, le tasawwouf et la composition dans les différents domaines de la science, il a visité le Hijaz, il a entendu à La Mecque le hadith de Zahr. Durant ses voyages, il est passé par Baghdad et s’est installé à Damas et il a entendu là bas la science de ibnou l harastani. Il avait entendu la science auparavant de son pays de ibnou Saf. En plus de tout cela, il était extrêmement intelligent, il était honorable et il avait beaucoup de science et de connaissance. Ad-Dhahabiyy l’a décrit dans as-siyyar au début de sa biographie, il a dit : « l’illustre savant celui qui a de nombreux ouvrages Abou bakr ibnou mouhammad ibnou ^aliyy ………….. » il l’a décrit comme étant un compositeur des plus fertiles par la raison et qui avait le plus d’imagination et il lui a attribué environ 150 ouvrages qui sont encore conservés entre manuscrits et imprimés. Malgré les contradictions qu’il y a entre les auteurs sur le nombre des ouvrages de ibnou ^arabiyy et leur taille, il n’y a pas de doute que cet homme était des plus fertiles des compositeurs des auteurs musulmans dans leurs sciences. Avec tout cela il était ascète il recherchait la solitude, il s’était distingué, il se consacrait aux adorations Il croyait en l’unicité et il s’est attaché au tasawouf durant toute sa vie il n’a pas débattu dans la philosophie des problématiques des philosophes, il a plutôt composé il a excellé et les gens du tasawwouf ont été influencés par ses ouvrages. Sauf que parmi les livres les plus connus : al foutouhat al makiyyah et fousousou l-hikam n’ont pas été épargnés de faux qui ont été calomnieusement insérés. Il y a été effectivement ajouté des choses dont le chaykh ibnou ^arabiyy est innocent vu son haut degré, nous demandons à Allah la persévérance sur la vérité et le bon état.
l’innocence de ibnou ^arabiyy de ce qui lui a été attribué.
Sache que le chaykh ibnou ^arabiyy est innocent des différents égarements et des paroles de l’unicité de l’existence qui lui ont été attribués, même si certains prétendent qu’il est l’imam de cette école. Nous disons plutôt que nous renions cela à son sujet car ce que tu trouves comme paroles attribuées ajoutées qui sont des paroles d’égarement. Tu trouves également dans ce même ouvrage, des paroles claires et explicites concernant l’exemption de Allah de toute ressemblance avec Ses créatures et l’explication que Allah est unique qui ne s’incarne pas dans quoi que ce soit tout comme cela est compris dans Fousousou-l-hikam. Il a été rapporté de lui qu’il a dit : « celui qui prétend l’unité de l’existence, sa religion est mauvaise ». Ainsi il est impossible qu’il soit de la voie de l’unité de l’existence, ceux qui disent que tout est Allah. C’est une des plus atroces mécréances que la croyance de l’incarnation de Allah dans le monde et c’est cela la signification de l’unité de l’existence qu’il n’est pas valable d’attribuer à ibnou ^arabiyy même si dans certains ouvrages, certains auteurs le lui ont attribué ou d’autres que cela comme égarements. Tout comme le cite adh-dhahabiyy dans ses Siyar puis il dit : je dis que si mouhyi d-Din avait abandonné ces paroles avant de mourir, il aura gagné. Mais cette parole de Adh-Dhahaliyy n’est pas à prendre en considération pour confirmer ce qui a été calomnieusement attribué à ibnou ^arabiyy.
Notre réplique à cela est que tout ce qui a été attribué au chaykh comme égarements qui mènent à la perte, ce ne sont que des paroles qui ont été ajoutées à ses livres à son insu et cela pour deux raisons la première est que Ach charaniyy a dit qu’il avait l’exemplaire manuscrit d’origine et il a vu qu’il était libre de toutes ces mécréances et que l’auteur de al-marroudat al mazboura l’un des faqih spécialiste de jurisprudence, réputé de l’école hanafite a dit nous avons eu la certitude que les juifs ont ajouté des paroles dans le livre fousousou l-hikam ; la seconde raison est que le Hafidh ibnou Hajar a dit dans liçanou-l-mizan dans la biographie de ibnou ^arabiyy, que les Hafidh de son époque comme ibnou mayar, ibnou doubayfi ont pris ibnou ^arabiyy comme référence et ceux-ci ont confirmé encore dans Af-foutouhatou l-makkiyyah que les expressions claires pour prouver le faux de la parole de l’unité et qui confirme l’exemption explicite de Allah ^azza wa jall de toute ressemblance avec ses créatures fin de citation
Le chaykh ahmad ibnou Hajjar al haytamiyy a également cité lorsqu’il a évoqué ibnou ^arabiyy : ceux qui lui ont ajouté des choses dans ses livres : Ainsi mon frére musulman une fois que tu as su cela pour l’innocence de ibnou ^arabiyy alors attache toi à cela et délaisse toutes les voies de l’égarements et gare à toi de débattre dans un océan qui peut te noyer.
Il a écrit beaucoup d’ouvrages tant qu’il a été dit qu’ils ont atteint 400 livres et épîtres comme cela a été rapporté ; nous attirons l’attention que dans la plupart de ses livres ont été insérés des paroles de mensonges et vu qu’il écrivait des choses que l’esprit des gens du commun ne pouvait pas assimiler, nous conseillons d’éviter ces livres pour celui qui ne distingue pas le bon et le mauvais et qui n’a pas beaucoup pris de science de la croyance.
Son décès
Le chaykh ibnou ^arabiyy a composé et écrit sans ennui ni fatigue jusqu’à la fin de sa vie puisqu’il a atteint environ 80 ans. La mort est venue à lui à Damas, lorsqu’il était dans la maison ibnou-dhaki, alors qu’il était entouré de sa famille et de ses disciples parmi les chaykh soufis. C’était la nuit du vendredi 28 de rabi^oul-akhir de l’an 638 de l’hégire. Ibnou dhaki a fait son ghousl, l’a lavé du lavage funéraire et à partir de là, il l’a emporté avec deux de ses disciples qui sont ibnou abdil khaliq et ibnou n-nahhas jusqu’à l’exterieur de Damas puisqu’il est enterré dans As-sahiya au nord de la ville au flanc de la montagne Qasiyoun dans le cimetière qui était privé pour la famille de ibnou dhaki à cette époque et sa tombe est jusqu’à aujourd’hui un lieu de visite pour les gens.
Biographie : Ibnou Hajar Al-Asqalaaniyy
Al-Hafidh Ibnou Hajar Al-^Asqalaniyy
Sa biographie
Il s’appelle Ahmad fils de ^Aliyy, fils de Mouhammad, fils de Mouhammad, fils de ^Aliyy Al-^Asqalaniyy d’origine l’égyptien, Al Kinaniyy de naissance, Ach-Chafi^iyy d’école, surnommé Ibnou Hajar comme ses ancêtres. Et ceci est relativement à la famille Hajar, qui sont des gens qui habitent le sud du pays de Al-Jarid, et leurs terres c’est Gabes, c’est à dire au pays du Maghreb. Quand à Chihabou d-Din c’est un surnom à lui comme cela est habituel dans son époque, et Abou l-Fadl est son surnom.
Il est né dans l’ancienne Egypte en l’an 773 de l’Hégire. Son père est mort en l’an 774 de l’Hégire, sa mère était morte peu avant cela, il a donc grandi orphelin et son tuteur Abou Bakr Al-Kharoubiyy l’a pris en charge, c’était le plus grand des commerçants d’Egypte.
Sa quête de science
Quand il a atteint sa cinquième année on l’inscrivit au Qouttab, il mémorisa le Qour’an alors qu’il avait neuf ans auprès du Chaykh Sadrou d-Din As–Souftiyy. Puis il a mémorisé Al-^oumdah, Al- Hawi dans la jurisprudence, Al-‘Alfiyyah de son chaykh Zaynou d-Din Al-^Iraqiyy dans la science du hadith, moukhtasar Ibnou l-Hajib dans les fondements de la religion, Milhatou l-‘i^rab de Abou Mouhammad Al-Qacim fils de ^Aliyy Al-Haririyy Al-Bisriyy dans la grammaire puis il est parti à la Mecque pour accomplir le pèlerinage en l’an 784 de l’Hégire. Il lut auprès du Hafidh Abou Hamid Mouhammad Ibnou Dhahirah et auprès de Al-^Afif An-Nachawouriyy.
Il a pris la langue arabe auprès de Chamsou d-Din Mouhammad Al-Ghoumariyy, la littérature le ^aroud auprès de Al-Badr Al-Bachtakiyy, le fiqh auprès de Bourhanou d-Din Al-‘Ibnaciyy et Nourou d-Din Al-Haythamiyy, et auprès des deux faqih de son époque As-Siraj Al-Boulqiniyy et As-Siraj Ibnou l-Moulaqqin . Il a pris la plupart des sciences auprès de ^Izzou d-Din Ibnou Jama^ah qui était un océan maîtrisant les sciences au point qu’il disait : « J’ai pris dans quinze sciences dont les savants de mon époque ne connaissent même pas le nom ».
En général Ach-Chihab Ibnou Hajar était un savant qui connaissait les sciences de son époque avec ses différentes ramifications et ses différences comme le tasrif, la balaghah, les différentes sortes de science de la langue arabe, l’histoire, le fiqh et le hadith, les différentes récitations du Qour’an, les différentes sciences rapportées et les sciences par la raison comme le calcul et autre.
Pour ce qui est du hadith dans lequel il a dépassé ses pairs et dans lequel sa réputation était très grande, ses contemporains ont été unanimes concernant sa grande maîtrise du hadith. Et ils lui ont donné le titre de Hafidh pour cela. Le premier chaykh auprès duquel il a pris cette science était ^Afifou d-Din An-Nachawouriyy à Makka puis il partit à Baytou l-Maqdis, Nabouls, Ar-Ramlah, Ghazzah et Damas puis à Alexandrie et à Tous en Egypte puis à Makkah et au Yémen et il s’est attaché particulièrement à apprendre auprès du Chaykh du hadith Az–Zayn Al-^Iraqiyy au Caire.
Le Hafidh Ibnou Hajar a eu beaucoup de chaykh et il a atteint un niveau que ses contemporains n’avaient pas atteint, il maîtrisait les sciences du hadith, le sanad, le matn, le ^ilal et le moustalah et la connaissance de l’état des gens d’une manière parfaite. C’est pour cela qu’il avait composé des ouvrages que les savants ont utilisé comme base par la suite et il fut reconnu par l’unanimité pour sa maîtrise de cette science.
Ses Chaykh
Le hafidh Ibnou Hajar a rassemblé les noms de ses Chaykh et ce, par ordre alphabétique dans son livre « Al-majma^ou l-mou’assasou bi l-mou^jami l-moufahras« , qu’il a classé en deux parties. Dans la première partie, il a inscrit les noms des Chaykh auprès desquels il a pris le hadith (c’est- à-dire il le rapporte d’eux). dans la deuxième partie, ceux à qui il a récité le hadith. Il a cité certains d’entre eux dans son Tarikh : » ‘Inba‘ou l-ghoumari bi ‘anba‘i l- ^oumar « .
En ce qui concerne ses Chaykh les plus réputés, dans la langue arabe, il y a Majdou d-Din Bnou Ya^qoub Al-Fayrouz‘abadiyy, Badrou d-Dini l-Bachtakiyy dans la littérature et Al-Ghoumariyy dans différentes parties de la langue arabe.
Pour ce qui est des récitations du Qour’an, il a pris auprès de Abou Ishaq ‘Ibrahim Bnou ‘Ahmad At-Tanoukhiyy Al-Ba^labaqiyy.
Dans la jurisprudence il a pris auprès de Sirajou d-Din Al-Boulqiniyy et Sirajou d-Din Bnou l-Moulaqqin.
Et dans le hadith auprès de ^Afifou d-Din An-Nachawouriyy, de Zaynou d-Din Al-^Iraqiyy, le hafidh Abou Hourayrah et Badrou d-Din Bnou Qawam Al-Baliciyy. Parmi les Chaykh femmes qu’il a eu, il y a Fatima la fille de Al-Mounja At-Tanoukhiyyah, Fatima bintou Mouhammad Bnou ^Abdi l-Hadi et sa sœur ^A’ichah.
Ses fonctions et ses différents postes d’enseignement
Ibnou Hajar s’est chargé de l’enseignement de la récitation et la dictée dans les assemblées à la manière des Mouhaddith, c’est-à-dire comme les spécialistes du hadith. Il a aussi donné des avis de jurisprudence (fatawa), il a été chargé de la fonction de qadi à plusieurs reprises, il a enseigné le tafsir dans l’école Haçaniyyah et Mansouriyyah, il a également enseigné le hadith dans l’école Bibarciyyah et celle de Al-Jamaliyyah Al-Moustajidah ainsi que Al-Haçaniyyah, Ach-Chaykhouniyyah et Az–Zaynabiyyah. Toutes ces écoles ont été appelées ainsi par rapport aux gouverneurs et dignitaires qui les ont construites. Il a également enseigné dans la mosquée de Ibnou Touloun Al-Qoubah Al-Mansouriyyah. Il s’est chargé aussi de faire entendre le hadith dans Al-Mahmoudiyyah et d’enseigner la jurisprudence dans Al-Kharoubiyyah, Ach-Chaykhouniyyah ainsi que As–Salihiyyah An-Najmiyyah et Al-Mou’yadiyyah. Il a été chargé aussi de la fonction de Chaykh de Al-Bibarciyyah et de donner des avis de jurisprudence dans Dar l-^Adl. Parmi ses fonctions également il avait la fonction d’orateur de la mosquée Al-‘Azhar et celle de la mosquée de ^Amrou Bnou l-^As. Il a dicté le hadith dans la zawiyah ( appelée Khanqah ) de Bibars environ vingt ans. Puis dans Darou l-Hadith Al-Kamiliyyah dans le quartier qui est ainsi appelé entre les deux palais du Caire.
Pour ce qui est du qada‘, la fonction de juge légal, il s’en est chargé au début durant le gouvernement du sultan Al-Achraf Birsbay et il lui avait proposé aussi d’assurer cette tâche dans le pays de Ach-Cham mais il s’en était abstenu. Il était chargé également de la bibliothèque Mahmoudiyyah pour laquelle il avait composé un index (c’est-à-dire un recensement de tout ce qu’elle comportait).
Son décés
En l’an 852 de l’hégire, Ibnou Hajar Al-^Asqalaniyy a été atteint de diarrhées et il est resté ainsi jusqu’à sa mort, la nuit du samedi 18 du mois de Dhou l-Hijjah de cette année. Il était dans sa maison qui se trouvait prés de l’école Al-Mankoutamriyyah au Caire. La prière funéraire a été accomplie en sa faveur à Roumaylah à l’extérieur de la ville. Parmi ceux qui ont assisté à la prière funéraire, il y avait le sultan Adh–Dhahir Jaqmaq et le calife ^Abbasiyy et c’est ^Alamou d-Din Al-Boulqiniyy qui a accompli la prière funéraire en tant qu’Imam. Ensuite son corps a été transporté à Al-Qourafah As–Soughra qui est un cimetière en face de la mosquée Ad-Daylamiyy où il a été enterré prés de Al-Layth Bnou Sa^ad.
Ibnou Hajar Al-^Asqalaniyy a dit une poésie dans laquelle il fait l’éloge du Prophète, et ceci est une preuve que les savants de cette communauté reconnaissent le caractère permis de faire l’éloge du prophète. Ils prennent en cela pour modèle les compagnons du Prophète, comme son oncle Al-^Abbas qui a récité de la poésie pour faire l’éloge du prophète. Allah ta^ala a fait l’éloge du prophète, par Sa parole qui signifie : « Et Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour les gens ».
Extraits du livre Fitnatou l-Wahhaabiyyah : la visite de la tombe du Prophète
Extraits du livre Fitnatou l-Wahhaabiyyah
De son auteur Chaykh ‘Ahmad bni Zayni Dahlan
Moufti de La Mecque
La louange est à Allah le Seigneur des mondes,
Que Allah honore et élève davantage le rang de notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu‘il craint pour elle.
Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler de ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissances et nous Lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer.
Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément.
A la suite du livre du chaykh ‘Ahmad bni zayni dahlan en réplique à l’égarement des wahhabites l’illustre savant ‘ibnou hajar al^asqalaniyy a dit que certains hafidhs ont rapporté de abou sa^id as-sam^aniyy qui a rapporté de notre maître ^Aliyy ‘ibnou abi talib, que Allah l’agrée et l’honore, que trois jours après l’enterrement du Prophète salla l Lahou ^alayhi wa sallam un homme venant de la campagne est venu et s’est jeté sur sa tombe honorée, que Allah honore et élève davantage celui qui y est enterré, il prit de la terre qui recouvrait la tombe du Prophète et il l’a passée sur sa tête. Puis il s’est mis à dire : « Ô Messager de Allah tu as parlé et nous avons écouté ta parole, tu as reçu la révélation et nous avons reçu ce que tu nous as transmis et parmi ce que Allah t’a révélé il y a Sa parole ta^ala « wa law ‘annahoum idh dhalamou anfouça houm ja‘ouka fastaghfarou l-Laha wastaghfara lahoumou r-raçoulou lawajadou l-Laha tawwabar rahima » », ce qui signifie : « et s’ils avaient été injustes envers eux (c’est-à-dire si la personne a commis des péchés) ils étaient venus à toi en demandant le pardon à Allah et que le messager demandait le pardon en leur faveur, ils verraient que Allah est Celui Qui accepte le repentir, Celui Qui est miséricordieux ». Cet homme a donc cité cette ‘ayah puis il a ajouté que lui-même avait été injuste envers sa propre personne en commettant des péchés, et il est venu au Prophète afin d’implorer le pardon de Son Seigneur, c’est alors qu’il lui a été dit à partir de la tombe honorée ce qui signifie : « ton péché t’est pardonné ». Ce récit est également parvenu de notre maître ^Aliyy par une autre chaîne de transmission qui renforce les propos rapportés par as-sam^aniyy et ceci est en conformité avec ce qui a été authentifié du Messager de Allah salla l Lahou ^alayhi wa sallam quand il a dit « hayati khayroun lakoum touhdithouna wa youhdathou lakoum ; wa wafati khayroun lakoum tou^radou ^alayya ‘a^maloukoum fama ra‘aytou min khayrin hamidtou l-Laha ta^ala ma ra‘aytou min charrin istaghfartou lakoum », c’est-à-dire la parole du Prophète signifie « ma vie est un bien pour vous, car lorsque vous agissez, je reçois la révélation et je vous transmets les jugements qui vous concernent par rapport aux actions que vous faites, et ma mort est un bien pour vous, vos actes me sont exposés, lorsque ce sont des actes de bien j’en remercie Allah et cela est un bienfait pour vous, en revanche quand il se trouve que ce sont des actes en votre défaveur, je demande que Allah vous pardonne pour le mal que vous faites ». Il en vient qu’aussi bien la vie que la mort du Prophète sont un bien pour nous dans ce sens qu’elles nous sont profitables et ceci est renforcé, est confirmé par ce que les savants ont rapporté parmi les règles de comportement à adopter lors de nos visites au Prophète salla l Lahou ^alayhi wa sallam. Il est notamment recommandé que le visiteur renouvelle son repentir dans cette station honorée et qu’il demande à Allah ta^ala qu’Il fasse que son repentir soit un repentir définitif. On l’appelle en arabe « tawbah nasouhah » dans ce sens que la personne ne commette dorénavant plus de péché après ce repentir. Egalement la personne demande l’intercession « ach-chafa^ah » c’est-à-dire l’intercession du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam pour que son repentir lui soit accepté, elle demande à Allah par le degré du Prophète que son repentir soit accepté ; toujours parmi les règles qui régissent cette visite, elle se doit de multipler l’istighfar en demandant le pardon à Allah et ce, après la récitation de la parole de Allah ta^ala : « wa law ‘annahoum idh dhalamou anfouçahoum ja‘ouka fastaghfarou l-Laha wastaghfara lahoumou r-raçoulou lawajadou l-Laha tawwaba r-rahima ».
Ensuite la personne rapporte la série de paroles suivantes : «nahnou wafdouka ya raçouloula l-Lah… », ce qui signifie : « nous faisons partie de ceux qui sont venus pour te visiter ô messager de Allah ; nous sommes venus par égard pour ton droit, pour le droit que tu as, pour le grand mérite que tu as, et nous sommes venus en recherchant la barakah, les bénédictions par ta visite et nous recherchons ton intercession pour le fardeau qui pèse sur nos épaules et qui a obscurcit nos cœurs, (c’est à dire nos péchés) ; nous n’avons pas d’intercesseur autre que toi ô messager de Allah quelqu’un d’autre dont nous puissions espérer l’intercession ; et nous n’avons pas d’autre espoir à l’exception de celui qui nous parviendrait de ta porte ; demande le pardon en notre faveur et intercède en notre faveur ; et demande à Allah qu’Il nous fasse grâce en nous accordant ce que nous demandons et qu’Il fasse que nous soyons rassemblés au jour du jugement au nombre de Ses esclaves vertueux et des savants qui œuvrent pour la religion. »
Et dans le livre de ‘Ibnou Hajar , il est parvenu également qu’un homme venant de la campagne s’était rendu auprès de la tombe honorée du prophète salla l-Lahou ^alyhi wa sallam et il avait dit ce qui signifie : « Ô Allah voici celui que Tu agrées le plus (il vise par là le prophète salla l Lahou ^alayhi wa sallam) et moi je suis Ton esclave et le chaytan est Ton ennemi, si Tu me pardonnes, celui que Tu agrées le plus se réjouira. Il sera heureux et Ton esclave réussira alors que Ton ennemi sera en colère (c’est à dire le chaytan) et il sera malheureux parce que je serai sauvé. En revanche, si Tu ne me pardonnes pas, il n’y aura pas de réjouissance chez celui que Tu agrées ( non pas qu’il risque d’émettre une objection mais simplement qu’il sera informé qu’il y a une personne de sa communauté à qui il n’a pas été pardonné), Ton ennemi sera heureux et Ton esclave ira à sa perte ». Puis il ajouta ce qui signife : « c’est Toi ô Seigneur Celui Qui est miséricordieux, Tu ne rends pas malheureux celui que Tu agrées le plus, et Tu ne rends pas heureux Ton ennemi. Tu peux faire miséricorde à Ton esclave afin qu’il n’aille pas à sa perte »; puis il dit ce qui signifie : « ô Allah lorsqu’un arabe honorable vient à mourir, ils affranchissent des esclaves aux abords de sa tombe et voici le maître des monde le P[S1] rophète, alors affranchis-moi ô Allah devant sa tombe », ici lorsque le verbe affranchir est employé cela a pour signification : « affranchis-moi du feu de l’enfer ». Et il dit : c’est alors qu’une personne présente lui a répondu : « ô toi frère arabe Allah te pardonne certainement par la beauté de tes paroles. »
Les savants qui ont évoqué les règles de comportement lors du pèlerinage ainsi que de la visite ont également dit que lorsqu’on lui rend visite, et lorsqu’on fait des invocations, se diriger vers la tombe honorée du Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, vaut mieux que de se diriger vers la qiblah.
On retrouve parmi les savants qui ont parlé de la visite du Prophète, salla l Lahou ^alayhi wa sallam, (la visite à l’occasion du pèlerinage) le savant al kamal ‘ibnou hammam qui a dit que se diriger vers la tombe honorée vaut mieux que se diriger vers la qiblah. Quant aux paroles que certains ont rapporté de l’imam Ahmad, que Allah l’agréé, qu’il aurait indiqué que se diriger vers la qiblah valait mieux, cette transmission n’est pas fiable, ni correcte.
En effet l’imam Ahmad lui-même a rapporté dans son mousnad d’après ‘ibnou ^oumar le fils de ^oumar ‘ibnou l khattab, que Allah les agrée tous les deux, qu’il a dit c’est une sounnah que de se tourner en direction de la tombe honorée et ainsi de tourner le dos à la qiblah. Il confirme par cela quand une personne rend visite au Prophète pour faire des invocations, il est une sounnah de se diriger vers sa tombe et de tourner le dos à la qiblah. Précédant le savant ‘ibnou hammam, le savant ‘ibnou jama^ah avait rapporté la même chose l’imam abou hanifah en recommandant de s’orienter en direction de la tombe du prophète que Allah l’agrée. Ceci afin de répliquer à al qarmaniyy qui avait prétendu le contraire en prétextant que la parole de ce savant n’avait aucune valeur.
‘Ibnou hajar dans al jawhar a écrit que la preuve du fait de se diriger vers la tombe du Prophète quand on lui rend visite est que nous sommes d’abord tous d’accord que le Prophète, salla l Lahou ^alayhi wa sallam, est vivant dans sa tombe et qu’il est conscient de la personne qui lui rend visite. De son vivant, le Prophète, salla l Lahou ^alayhi wa sallam, quand quelqu’un venait à lui et qu’il le recevait, alors cette personne nécessairement tournait le dos à la qiblah du fait même de l’orientation de la maison du Prophète, alors pourquoi en serait-il différent après sa mort?
Egalement, nous pouvons tous constater quand un savant qui enseigne dans une mosquée à la mosquée al haram[S2] et qui se positionne de façon à ce qu’il soit dirigé vers la qiblah, ces étudiants respectueusement lui font face en tournant naturellement le dos à la ka^bah. Alors que dire du Prophète salla l Lahou ^alayhi wa sallam est certainement prioritaire sur un savant qui donne un cours dans la moquée al haram. Nous avons aussi vu la parole de l’imam malik quand il a répondu au Gouverneur des musulmans : « pourquoi détournerais-tu ton visage du Prophète, salla l Lahou ^alayhi wa sallam, alors qu’il est ton intercesseur et l’intercesseur de ton père ‘Adam à Allah, dirige-toi vers le Prophète et demande son intercession. »
Le savant al zourqaniyy dans son livre charhou-l-mawaniyy a écrit que les livres malikites recensent de nombreuses preuves dans lesquelles nous retrouvons la recommandation de faire des invocations devant la tombe du Prophète, salla l Lahou ^alayhi wa sallam, et ce en se dirigeant vers la tombe du Prophète et en tournant le dos à la qiblah. Puis il a rapporté des avis de l’école de l’imam abou hanifah, ach-chafi^iyy et la majorité a rapporté la même chose. Quant à l’imam ‘Ahmad dans son école il y a eu une divergence parmi les savants de son école. Néanmoins ce qui prévaut, est qu’ils ont retenu des authentificateurs de son école qu’il est recommandé de se diriger vers la tombe honorée comme c’est le cas pour toutes les autre écoles.
Concernant le tawassoul ce qui apparaît chez les spécialistes d’authentification- c’est qu’il est recommandé de faire le tawassoul par le Prophète en raison du degré de sahih (de sûr) des hadith qui indiquent son caractère recommandé. Ainsi ce qui prévaut chez le hanbalites est conforme à ce sur quoi sont les savants des trois autres grandes écoles. L’imam as-soubkiyy dans son livre « chifa’ou s-saqam » a rapporté une multitude de textes de savants des quatre écoles à ce sujet, et le chaykh dans une Riçalah a rapporté quant à lui que parmi les savants qui ont rapporté cela chez les hanbalites, on compte l’imam abou ^oubaydi lLah as-sabiliyy
Par ailleurs, une fatwa c’est à dire qu’une requête a été émise au sujet d’une demande de jugement au moufti des hanbalites à la mecque le chaykh mouhammad ^abdoulLah ‘ibnou houmayd à ce sujet (ce savant ‘ibnou houmayd est celui qui a rédigé la biographie de 800 savants hanbalites hommes et femmes – As-Sayyid Ach-Chaykh Ahmad bin As-Sayyid Zayni Dahlan, Le moufti des chafi^iy à la sainte Mecque . (1231-1304 h * 1886-1959 c)). Il a cité dans son livre qui s’intitule as-souhou bou l-wabilah ^ala ‘adrihati hanabilah, (c’est à dire les nuages qui se déversent sous forme de pluies sur les tombes des savants hanbalites), c’est un ouvrage dans lequel le savant ^abdoulLah ‘ibnou houmayd, le moufti des hanbalites de son époque ; a cité la biographie de 800 savants hommes et femmes de l’école hanbalite.
Il est pourtant apparu après mouhammad ‘ibnou ^abdil wahhab mais il ne l’a pas cité comme faisant partie des savants des hanbalites. Mouhammad ‘ibnou ^abdil wahhab est le fondateur du groupe wahhabite, cependant il n’est pas mentionné dans son livre avec le reste des savants contrairement à son père et son frère qui étaient pour leur part des savants hanbalites.
En revanche, une annotation apparaît en bas de page du passage consacrée à son père où il est dit qu’il est le père de cet homme égaré qui a entraîné la discorde connue. Il a certes évoqué mouhammad ‘ibnou ^abdil wahhab mais comme étant celui qui a diffusé sa fitnah, sa source de dissension, sa source de discorde afin que vous le sachiez, et ce livre de ‘ibnou houmayd a même été imprimé dans le pays des wahhabites, Allah ta^ala les a aveuglés…
Pour revenir au livre de ‘ahmad bni zayni dahlan, ‘ibnou houmayd a dit en réponse à la fatwa que l’avis qui prévaut on le nomme ar-rajih, c’est-à-dire que l’avis le plus fort le plus argumenté chez les hanbalites c’est de se diriger vers la tombe honorée lors des invocations.
Lors des invocations l’avis qui est retenu est celui de se diriger vers la tombe du Prophète et de ne pas se diriger vers la qiblah. Pour information, vous saviez que celui qui se dirige vers la tombe du Prophète est de facto dos à la qiblah, forcément s’il se dirige vers la tombe du Prophète il tourne le dos à la qiblah. Et ‘ibnou houmayd a dit l’avis qui prévaut chez les hanbalites c’est qu’il est recommandé de se diriger vers la tombe du Prophète pour faire des invocations et qu’il est recommandé de faire le tawassoul. Il a ajouté dans sa réponse et en raison du fait qu’il a donné une fatwa, que ceci etait cité dans de nombreux ouvrages de l’école qui sont fiables parmi lesquels on dénombre charhou manasik de l’imam chamsou d-din ‘ibnou l-moufti ; l’auteur de al fourouq, charhou l-‘iqna^…, le chaykh mansour al bouhoutiyy, charh ghayatoul mountaha, mansik chaykh soulayman ‘ibnou ^abdi l-wahhab, le grand-père de mouhammad ‘ibnou ^abdil wahhab (Mouhammad est celui qui a diffusé l’égarement à l’origine des idées des wahhabite sprétendus salafites), et d’autres auteurs encore dans l’école qui l’ont mentionnée.
Il a dit que parmi les savants hanbalites il y a ceux qui ont cité l’histoire très connue de al ^outbiyy. Al ^outbiyy est ce savant qui a rapporté ce que cet homme qui venait de la campagne avait récité comme poésie en disant « ya khayra man doufinat fil qa^i a^dhoumouhou » jusqu’à la fin, et a demandé à ce que Allah lui pardonne. Plus tard, après que cet homme s’en est allé, al ^outbiyy qui était présent et témoin de la scène et s’est assoupi, c’est alors qu’il a vu le Prophète, salla l Lahou ^alayhi wa sallam, lui dire dans le rêve rattrape cet homme et dis-lui que Allah lui a pardonné.
Et pour ce qui est du hadith…dou^a’oul haja « Allahoumma ‘inni ‘as ‘alouk wa ‘atawajjahou ‘ilayka » jusqu’ à la fin, c’est un hadith rapporté par at tirmidhiyy qui l’a jugé sahih tout comme an naca ‘iyy qui l’a rapporté et al bayhaqiyy qui l’a jugé sahih.
Le moufti ^abdoul-Lah ‘ibnou houmayd, le moufti des hanbalites, a dit qu’une fois tout cela a été connu, ils ont alors su que l’avis des hanbalites est qu’il est recommandé de se diriger vers la tombe du Prophète quand on fait des invocations et qu’il est recommandé de faire le tawassoul. Et celui qui le renie, est quelqu’un qui ignore l’école de l’imam ‘ahmad fin de citation.
Donc vous voyez que les hanbalites eux mêmes ont retenu l’avis qu’il est recommandé de se diriger vers la tombe du Prophète pour faire des invocations et même si pour cela on doit tourner le dos à la qiblah. Il est également recommandé de faire le tawassoul c’est à dire de demander à Allah par le degré du Prophète salla l Lahou ^alayhi wa sallam.
| Informations utiles : |
« liçanouka ‘asadouk ‘in harastahou harasak ; wa‘in atlaqtahou rafaçak » c’est à dire que ta langue c’est ton lion. En effet, ta langue est telle un lion si tu le surveilles il te surveillera, si tu surveilles ta langue et donc si tu surveilles ton lion alors il va te protéger. En revanche si tu lui lâches du lest il va t’écraser, te piétiner ; cette parole n’est certes pas un hadith, mais elle comporte une sagesse…
Le hadith : «man lazima l-istighfar razaqahou l-Lahou min haythou la yahtasibou wa farraja karbah » rapporté par at–tabaraniyy ce qui signifie : « celui qui s’attache à l’istighfar, à la demande de pardon, et qui répète de nombreuses fois « ‘astaghfiroul-Lah al ^adhim wa ‘atoubou ‘ilayh » ou encore « rabbighfir li rabbighfir li rabbighfir li », à savoir qui multiplie l’istighfar, Allah lui accorde une subsistance d’une voie à partir de laquelle il ne s’attendait pas et Il le délivre de son tourment » ; Il est arrivé qu’un homme était marié depuis onze années et qu’il n’arrivait pas à avoir d’enfant. Il s’est alors attaché à l’istighfar lui et son épouse, et c’est alors qu’elle tomba enceinte sans que le mois entier ne se soit écoulé. Cela est arrivé à d’autres personnes également.
Ach-chafi^iyy, que Allah ta^ala lui fasse miséricorde, a dit : « Celui qui se croit supérieur à sa véritable valeur , Allah le ramène à sa juste valeur, » c’est à dire que Allah le dévoile, et Allah dévoile sa réalité aux gens.
« gare à vous d’oublier de diminuer les paroles, » car chez certaines le débit de paroles est incessant. Le chaykh nous a conseillé en disant : « gare à vous d’oublier de diminuer les paroles et de délaisser la colère, diminuer les paroles et délaisser la colère, de nombreuses catastrophes et épreuves, ainsi que de nombreux problèmes proviennent du trop parler, n’oubliez pas cela. »
Cela ne signifie pas que la personne s’abstienne de dire du bien, mais plutôt de diminuer les paroles inutiles, les paroles qui peuvent provoquer des disputes ou les paroles qui font l’objet d’un débat inutile (al-mira’).
Il est important cependant de parler dans le bien. Cela est même une chose louable. Si tu rencontres une personne alors fais-lui un rappel au sujet de la science de la religion, ou incite-la à obéir à Allah en mettant bien sûr la bonne intention. Ou encore si tu te retrouves dans une assemblée par exemple et que vous vous connaissez tous à l’exception d’une personne qui se retrouve isolée ou délaissée, alors tu vas à sa rencontre afin de lui faire un petit peu la conversation dans le but de la mettre à l’aise ; et c’est une bonne chose que de mettre à l’aise un musulman et de le réconforter.
Un hadith du Prophète, salla l Lahou ^alayhi wa sallam, « al mouslimou ‘akhou l-mouslim la yadhlimouhou wa la youslimouhou wa la yahqirouhou » celui qui applique ce hadith Allah l’élève en degré ; « al-mouslimou ‘akhou l-mouslim la yadhlimouhou wa la youslimouhou wa la yahqirouhou » celui qui veut s’élever en degré et avoir un bon état selon le jugement de Allah qu’il mette en pratique ce hadith, qu’il soit modeste avec son frère, qu’il pense du bien de lui, penser du bien des uns des autres parmi les croyants entraîne un bon comportement des uns envers les autres.
Ainsi celui-là aura ainsi housnou l-khoulouq, il aura ainsi l’excellence de comportement, l’excellence de comportement c’est accomplir le bien, de cesser la nuisance, d’arrêter de faire le mal et de supporter la nuisance d’autrui. Et cette conduite était celle qu’adoptaient les prophètes et les saints et la signification de la parole du prophète « wa la youslimouh » c’est qu’il ne le laisse pas subir une injustice, et s’il est capable de repousser une injustice envers son frère alors il s’interpose, et ne se satisfait pas de le laisser subir une injustice sans agir.
Que Allah fasse que nous soyons de ceux qui profitent des paroles qu’ils écoutent, de ceux qui mettent en pratique le bien qu’ils entendent,
Que Allah fasse que nos cœurs soient ouverts pour le bien et que nous soyons une cause pour le bien wa l-Lahou ta^ala ‘a^lamou wa‘ahkam wa barakal-Lahoufikoum.
Biographie : Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah
Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah
Le martyr, celui qui fait preuve de bien et de générosité
Sa biographie
Il est surnommé Abou Mouhammad, il s’appelle Talhah fils de ^Oubaydi l-Lah, fils de ^Outhman, fils de ^Amr, fils de Ka^b, fils de Sa^d, fils de Taym, fils de Mourrah, fils de Ka^b, fils de Lou’ay, sa mère s’appelle As–Sa^bah la fille de Al-Hadramiyy, elle était la sœur de Al-^Ala’, fils de Al-Hadramiyy, que Allah l’agrée, elle était entrée en Islam ainsi que Talhah parmi les premiers.
Talhah, que Allah l’agrée, est l’un des dix à qui le Messager de Allah a annoncé la bonne nouvelle du paradis, il est l’un des premiers à être entré en Islam et l’un des six qui étaient connus sous l’appellation de Ahlou ch-Choura – c’est-à-dire ceux qui se concertent, ceux qui s’étaient concertés pour désigner le calife à la mort du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam-.
Il a rapporté de nombreux hadith du Prophète, parmi lesquels il y en a deux qui font sujet d’accord entre Al-Boukhariyy et Mouslim. Al-Boukhariyy a rapporté de Talhah deux hadith que Mouslim n’avait pas rapportés et Mouslim a rapporté de Talhah trois autres hadith que Al-Boukhariyy n’avait pas rapportés de lui. Et dans le Mousnad de Baqiyy Ibnou Makhlad il y a trente-huit hadith rapportés de Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah.
Il était de taille moyenne plutôt de courte taille, il avait un beau visage, une poitrine large, les épaules également larges, il avait beaucoup de cheveux qui n’étaient pas frisés ni complètement raides.
Le récit de son entrée en Islam
Ibnou Sa^d rapporte dans ses Tabaqat un récit dont le résumé est le suivant : Talhah avait dit : J’étais présent dans un marché à Bousra dans le pays de Ach-Cham. C’est alors qu’un ermite dans son ermitage – de ceux qui disaient suivre ^Iça– a dit : « Demandez aux gens, aux nouveaux arrivants de cette époque, s’il y a parmi eux qui vient du Haram, l’enceinte sacrée, c’est-à-dire la Mecque. » Alors j’ai dit : « Oui (c’est Talhah qui parle), c’est moi » Alors il m’a demandé : « Est-ce que ‘Ahmad est apparu ? » Je lui ai dit : « Et qui est donc ‘Ahmad ? » Il a répondu : « C’est le fils de ^Abdou l-Lah, fils de ^Abdou l- Mouttalib, c’est son mois dans lequel il va dire qu’il est prophète, il va apparaître au Haram et il va émigrer vers une terre où il y a des palmiers » et il a décrit Médine sans la nommer. Alors Talhah a dit : C’est alors que ce qu’il m’a dit est entré dans mon cœur et je suis revenu rapidement jusqu’à La Mecque et j’ai demandé : « Y-a-t-il eu un événement particulier? » Alors les gens m’ont dit : « Oui, Mouhammad le fils de ^Abdou l-Lah, l’honnête, Al-‘Amin, dit être prophète et Ibnou Abi Qouhafah (c’est-à-dire Abou Bakr) que Allah l’agrée, l’a suivi. » Je me suis alors dirigé vers Abou Bakr, je lui ai appris ce que l’ermite avait dit et nous sommes partis ensemble voir le Messager de Allah et je suis entré en Islam sur ses mains. Je l’ai informé de la nouvelle de cet homme à Bousra de Ach-Cham, il a été extrêmement heureux par ce que je lui ai dit.
Talhah, que Allah l’agrée, a été présent dans tous les grands événements avec le Messager de Allah, mis à part la bataille de Badr. En effet, le Messager de Allah lorsqu’il a su que la caravane de Qouraych était sur le chemin du retour de Ach-Cham, il a envoyé Talhah et Sa^id Ibnou Zayd afin qu’ils lui ramènent des nouvelles de cette caravane.
*Ils étaient sortis de Médine jusqu’à arriver à Al-Hawra’ lorsque la caravane était passée devant eux, puis ils s’en retournèrent voulant avertir le Messager de Allah des informations concernant la caravane, mais le Messager de Allah avait déjà quitté Médine avant qu’ils ne reviennent, et la bataille de Badr a eu lieu le jour même où Talhah et Sa^id étaient arrivés à Médine sur leur chemin de retour ; ils n’avaient ainsi pas pu être présents à la bataille de Badr. Mais le Messager de Allah leur a donné une part du butin et il les a considérés comme ceux qui étaient présents lors de la bataille.
Certains faits remarquables de la vie de Talhah
Il est rapporté dans « Siyarou A^lam An-Noubala’ » de Adh-Dhahabiyy que Talhah, que Allah l’agrée, a reçu de l’argent de l’Hadramaout, du Yémen, de l’ordre de sept cent mille dirhams.
C’est alors qu’il a passé la nuit à se tourner et se retourner, sa femme lui a demandé : « Qu’est ce que tu as ? », il lui a répondu : « J’ai réfléchi cette nuit, Que devrait penser quelqu’un de ce que son Seigneur va faire de lui s’il passe la nuit avec cet argent chez lui, dans sa maison ? » C’est alors que son épouse, qui était Oummou Kalthoum, la fille de Abou Bakr As–Siddiq, que Allah les agrée tous les deux, lui a dit : « Au matin, demande à avoir des grands plats et tu partages cet argent et tu le distribues. » C’est alors qu’il lui a dit : « Que Allah te fasse miséricorde, tu es une mouwaffaqah c’est-à-dire une personne à qui Allah accorde la réussite, fille de mouwaffah, c’est-à-dire celui à qui Allah accorde la réussite. » Au matin il a ainsi partagé cet argent qu’il avait reçu entre les Emigrants (Al-Mouhajirin) et les partisans (Al-Ansar). Il a envoyé à ^Aliyy, que Allah l’agrée, un plat plein de cet argent. Son épouse lui a dit : « Et nous, n’avons-nous pas une part dans cet argent ? » Il lui a dit : « Tu peux prendre ce qui est resté. » Et il était resté une bourse qui comportait environ mille dirham (ceci est une des preuves de sa largesse et de sa générosité).
Les nouvelles concernant la générosité de Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah sont très nombreuses dans les livres des biographies et des conduites. Parmi celles-ci, il est rapporté qu’un homme de la campagne est venu lui demander de l’argent et il a supplié par un de ses parents il a dit : Tout comme tu as de l’estime pour tel parent alors compatis pour moi ? Alors Talhah lui a dit : personne ne m’a imploré pour me demander de l’argent en évoquant ce proche parent, avant toi, il lui a dit : J’ai une terre et ^Outhman m’a offert trois cent mille dirham pour l’acheter, si tu veux prends cette terre ou si tu veux je la vends à ^Outhman et je te donne le prix de la vente. C’est alors que cet homme lui a dit : « non, je veux le prix de la vente ». Et il le lui a donné.
Et d’après Ibnou ‘Ibrahim At-Taymiyy, Talhah ne laissait personne de Taym, de sa tribu qui avait une famille sans qu’il lui assure sa suffisance et qu’il rembourse ses dettes ; il envoyait également à ^A’ichah chaque année dix mille et il avait remboursé de Soubayhah At-Taymiyy trente mille c’est-à-dire qu’il remboursait les dettes des gens.
Az–Zoubayr Ibnou Bakkar a dit : ^Outhman Ibnou ^Abdi r-Rahman m’a rapporté que Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah avait remboursé les dettes de ^Oubaydi l-Lah Ibnou Ma^mar et de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amir Ibnou Kourayz quatre vingt mille dirham et le Messager de Allah a dit du bien et a fait l’éloge de Talhah : il l’a ainsi surnommé Talhatou l-Khayr (le Talhah du bien) et Talhah Al-Fayyad ( Talhah le généreux, comme s’il débordait de bonté) et Talhatou l-Joud (Talhah de la générosité). Tout cela parce que c’était quelqu’un qui était extrêmement généreux, qui dépensait de l’argent dans la voie que Allah agrée et dans de nombreuses occasions il donnait sans que les gens ne lui demandent.
Et d’après ^A’ichah, que Allah l’agrée, d’après son père As–Siddiq, que Allah l’agrée, chaque fois qu’on évoquait le jour de la bataille de ‘Ouhoud, Abou Bakr disait : « toute cette journée, c’était le jour de Talhah, il était le premier à venir le jour de ‘Ouhoud et le Messager de Allah m’a dit à moi ainsi qu’à ^Oubaydah Ibnou l-Jarrah (( عليكما صاحبكما)) ce qui signifie : « Prenez soin de votre compagnon » C’est-à-dire nous nous étions occupés d’abord du Prophète puis nous sommes partis au secours de Talhah car il avait des hémorragies et nous avions vu qu’il avait soixante-dix ou plus ou moins de coups d’épée ou de coups de couteau ou flèches. »
Il a été confirmé que Talhah, que Allah l’agrée, avait assuré la défense du Messager le jour de la bataille de ‘Ouhoud. Ainsi An-Naça’iyy a rapporté que le Messager de Allah était avec douze compagnons parmi lesquels il y avait Talhah et les associateurs les avaient rattrapés et le Prophète a dit : (( من للقوم)) ce qui signifie : (Qui va combattre ces gens ?)) Alors Talhah lui a dit : « moi ». Le Prophète lui a dit :(( كما أنت)) ce qui signifie ((reste à ta place)) c’est alors qu’un homme des ‘Ansar, des partisans, a dit : « moi ». Et le Prophète lui a dit : (( أنت )) ce qui signifie : (( oui, vas-y)) il a combattu jusqu’à être tué et cela s’est répété jusqu’à ce que ne soit resté avec le Prophète que Talhah. Celui-ci les a combattus comme les onze qui l’avaient précédé tant que ses doigts avaient été coupés puis Allah a fait que les associateurs soient repoussés.
Al-Hakim ainsi que At-Tirmidhiyy ont rapporté que le Messager de Allah a dit du bien le jour de ‘Ouhoud de Talhah et dans Tabaqat d’Ibnou Sa^d avec une chaîne de transmission qui remonte jusqu’à ^Amr Ach-Cha^miyy qu’il a dit : « le nez du Prophète a été atteint le jour de ‘Ouhoud ainsi que l’incisive qui est près de la canine et Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah avait défendu ce jour-là le Messager de Allah avec sa main qui a été atteinte d’un coup d’épée et ses doigts ont été paralysés. »
Et dans Tabaqat également d’après ^A’ichah et ‘Oummou Is-haq, les deux filles de Talhah, elles avaient dit : « Notre père a été blessé le jour de la bataille de ‘Ouhoud de vingt-quatre coups et parmi lesquels certains étaient au niveau de sa tête, un coup qui a laissé une cicatrice carrée et il avait des nerfs qui avaient été atteints, ses doigts paralysés et il avait beaucoup de blessures sur son corps et il était presque évanoui et le Messager de Allah avait eu son incisive qui a été atteinte et son visage blessé. Et Talhah le protégeait avec son corps, il reculait avec le Prophète derrière lui, chaque fois qu’un associateur venait, il le combattait jusqu’à assurer la défense du Prophète, il l’avait ramené dans un refuge. »
Son décès
Le décès de notre maître Talhah, que Allah l’agrée, a eu lieu le jour de la bataille de Al-Jamal, le jour où l’armée de ^Aliyy avait rencontré l’armée de Mou^awiyah Ibnou Abi Soufyan durant le mois de Joumada l-‘Akhirah de l’année 36 de l’hégire. Et il est mort après que Marwan Ibnou l-Hakam ait tiré une flèche en sa direction alors qu’il avait quitté le champ de bataille de Mou^awiyah, le camp de Mou^awiyah : il s’était repenti de s’être tenu dans l’armée qui combattait l’Emir des croyants ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée.
Al-Hakim a rapporté dans son Moustadrak que l’Emir des croyants ^Aliyy, que Allah l’agrée, avait envoyé chercher Talhah et lui a dit : « Viens je veux te voir. » Talhah était venu et ^Aliyy lui a dit : « Je te conjure par Allah n’as-tu pas entendu le Messager de Allah dire :
((مولاه فعليّ مولاه، اللهم وال من والاه وعاد من عاداه كنت من ))
Ce qui signifie : ((Celui qui me suit alors il suit ^Aliyy ; Ô Allah accorde la réussite à celui qui le suit et l’échec à celui qui le prend pour ennemi)) » C’est alors que Talhah lui a répondu : « oui ». « Pourquoi alors me combats-tu ? » Et Talhah lui a répondu : « je ne me suis pas rappelé ce hadith » et Talhah est reparti en s’étant repenti.
L’auteur de Al-Moustadrak dit dans la suite dans son récit d’après Thawr Ibnou Majza’h qu’il a dit : « je suis passé auprès de Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah le jour de la bataille de Al-Jamal alors qu’il était allongé et c’étaient ses derniers souffles. Je me suis tenu au niveau de sa tête et il a dit : « je vois un visage d’un homme comme si c’était la lune, avec qui es-tu ? » « Je suis des compagnons de l’Emir des croyants ^Aliyy » alors Talhah lui a dit : « Tends-moi ta main pour que je la serre et j’indique ainsi mon engagement d’obéissance à ton Emir ^Aliyy. » Je lui ai tenu la main et il l’a serrée en faisant ce pacte d’obéissance pour ^Aliyy et son âme est sortie ; je suis allé voir ^Aliyy et je lui ai annoncé ce qui s’était produit c’est-à-dire la parole de Talhah et ^Aliyy a dit : « Allahou ‘akbar, Allahou ‘akbar le Messager de Allah a dit la vérité, Allah a voulu que Talhah entre au paradis en ayant fait l’engagement d’obéissance. »
Que Allah fasse miséricorde à Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah le compagnon du Messager de Allah.
Biographie : Az-Zoubayr Ibnou l-^Awwam
Az–Zoubayr Ibnou l-^Awwam,
l’Apôtre du Prophèter.
Sa biographie
Il est surnommé Abou ^Abdou l-Lah, il s’appelle Az–Zoubayr fils de Al-^Awwam fils de Khouwaylid, fils de ‘Açad, fils de ^Abdou l-^Ouza, fils de Qousay, fils de Kilab. Il est l’apôtre [c’est-à-dire le Compagnon qui a cette appellation particulière] du Messager de Allahr, il est également le fils de sa tante paternelle Safiyyah, la fille de ^Abdou l- Mouttalib. Il est l’un des dix à qui le Prophèter a annoncé la bonne nouvelle d’être au Paradis et l’un des six membres de ‘Ahlou ch-Choura, ceux qui se sont concertés pour désigner le calife. Il est entré en Islam avec sa mère alors qu’il avait huit ans ; il compte ainsi parmi les premiers à être entrés en Islam.
Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté de lui deux hadith qu’il a tenus du Prophèter. Et à lui seul, Al-Boukhariyy a rapporté de Az–Zoubayr Ibnou l-^Awwam quatre autres hadith. Quant à Mouslim, il a rapporté à lui seul un seul hadith de Az–Zoubayr.
Az–Zoubayr -que Allah l’agrée- a fait les deux Emigrations : pour l’Abyssinie ( Al-Habachah) et l’Hégire, l’Emigration obligatoire pour Médine l’Illuminée, il y a émigré alors qu’il avait dix-huit ans.
Ses mérites et les faits remarquables de sa vie
Le glorieux Compagnon Az–Zoubayr Ibnou l- ^Awwam, que Allah l’agrée, était le premier de ceux qui ont dégainé leur sabre pour défendre le Messager de Allah. Ainsi, il est rapporté dans « Hilyatou l-‘Awliya’ » que Az–Zoubayr a entendu une voix de Satan selon laquelle le Prophèter a été kidnappé dans les hauteurs de La Mecque, alors il est parti à sa recherche. Lorsqu’il l’a rencontré, le Prophèter lui a dit ce qui signifie : ((Ô Az-Zoubayr, qu’est-ce qui t’arrive ?)) Az-Zoubayr lui a répondu : «On m’a dit qu’on t’a kidnappé ; je suis venu pour frapper avec mon sabre celui qui l’a fait.» Sur ce, le Prophète lui a fait une invocation en sa faveur. C’est ainsi que Az-Zoubayr a été le premier à avoir brandi son sabre dans la voie que Allah agrée.
Le Prophèter a dit ce qui signifie : ((Chaque prophète a un apôtre, et mon apôtre c’est Az–Zoubayr.))
Az–Zoubayr -que Allah l’agrée- à ce moment-là, comme l’a cité Adh-Dhahabiyy dans « Siyar ‘A^lami n-Noubala’ » avait l’âge de douze ans ; Mouça Ibnou Talhah a dit : « ^Aliyy, Az–Zoubayr, Talhah et Sa^d sont nés dans la même année. » En plus, Al-Mada’iniyy a dit : « Talhah, Az–Zoubayr et ^Aliyy avaient le même âge ; l’oncle de Az–Zoubayr l’accrochait au-dessus du feu et faisait en sorte que la fumée arrivât sur lui ; mais Az–Zoubayr répétait : « Je ne retournerai jamais à la mécréance ! » »
Az–Zoubayr, que Allah l’agrée, a été présent dans toutes les conquêtes avec le Messager de Allah ; et il avait fait même l’engagement de mourir dans la voie que Allah agrée. Il était resté ferme à ses côtés le jour de la bataille de Badr, ainsi que le jour de la bataille de ‘Ouhoud ; il avait avec lui l’une des bannières des Emigrants. Lorsque les musulmans sont entrés à La Mecque honorée le jour de Al-Fath, le jour de la conquête de La Mecque, Az–Zoubayr– que Allah l’agrée- était sur le côté gauche et Al-Miqdad Ibnou l-‘Aswad était sur le côté droit. Ils sont venus chacun à cheval. Le Messager de Allahr s’est mis debout, a essuyé la poussière de leur visage avec son vêtement et a dit ce qui signifie : ((J’ai consacré pour le cheval deux parts [du butin] et pour le cavalier une seule part.))
Le jour de la bataille de Badr, Az–Zoubayr avait un turban de couleur jaune, Jibril ^alayhi s-salam et les Anges ^alayhimou s-salam étaient descendus avec la même apparence que Az–Zoubayr. Dans « At–Tabaqat Al-Koubra« Ibnou Sa^d rapporte de ^Amrou Ibnou ^Asim Al-Kilabiyy qui, d’après Hammam, rapporte de Hicham Ibnou ^Ourwah ces paroles qu’il tient de son père : « Az–Zoubayr avait un bout d’étoffe avec lequel il s’était enturbanné le jour de la bataille de Badr ; le Prophète a dit : (( ان الملائكة نزلت على شيماء الزبير)) ce qui signifie ((Ce sont les Anges qui sont descendus sous l’apparence de Az–Zoubayr.))
D’après Al-Boukhariyy et Mouslim et d’autres, il est rapporté que le Messager de Allah r a dit le jour de la bataille de Al-Khandaq :(( يأتيني بخبر القوم )) ce qui signifie : (( Qui m’apporte des nouvelles de nos ennemis ?)) Et Az–Zoubayr a dit : « Moi ! » Le Prophète l’a répété une deuxième et une troisième fois, et c’était à chaque fois Az–Zoubayr qui se proposait en disant : « Moi ! » C’est alors que le Prophète a dit ce qui signifie : ((Chaque prophète a son apôtre, et mon apôtre c’est Az–Zoubayr.))
Dans « Siyar‘A^lami n-Noubala’ « , Adh-Dhahabiyy rapporte de Younous Ibnou Boukayr qui rapporte de Hicham les paroles qu’il tient de son père et qui sont de Az–Zoubayr : « Le Messager de Allah a pris ma main et a dit : ((لكل نبي حواريّ وجواريّ الزبير وابن عمتي)) ce qui signifie : ((Chaque prophète a son apôtre, et mon apôtre c’est Az–Zoubayr le fils de ma tante paternelle.)) Ibnou Sa^ad l’a également rapporté ce hadith dans ses « Tabaqat » et Al-Hakim l’a jugé sahih (sûr) dans son « Moustadrak ».
Dans la langue arabe, le mot « الحواريّ, al-hawariyy » signifie, celui qui soutient les Prophètes ^alayhimou s-salam tout comme l’a mentionné l’auteur de « Al-Qamous« .
Mous^ab Az–Zoubayriyy a dit : «l’apôtre est celui qui est pur.»
Selon Al-Kalbiyy : « al-hawariyy signifie l’intime. »
Dans « Tabaqat Al-koubra’« , Ibnou Sa^d- avec une chaîne de transmission remontant jusqu’à Hicham Ibnou ^Ourwah– rapporte qu’un homme est passé près du fils de ^Oumar, en l’occurrence ^Abdoul-Lah Ibnou ^Oumar, et il a été interrogé sur son identité. Alors, ce jeune homme a répondu : « Je suis le fils de l’apôtre du Messager de Allah » Ibnou ^Oumar lui a dit : « Si tu es le fils de Az–Zoubayr, d’accord, sinon tu n’as pas cette appellation. » C’est alors que Ibnou ^Oumar a été interrogé : « Est-ce qu’il y avait quelqu’un qui était surnommé hawariyy Raçouli-Lah , l’apôtre du Messager de Allahr mis à part Az–Zoubayr. » Alors, Ibnou ^Oumar a répondu : « Je n’en ai pas connaissance. »
Son décès.
Le décès de Az–Zoubayr, que Allah l’agrée, a eu lieu le jour de la bataille de Al-Jamal. Lorsqu’il a quitté le lieu de la bataille en ayant fait le repentir pour avoir été dans les rangs de ceux qui combattaient contre l’Emir des Croyants, notre maître ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée. Cela s’est produit l’an 36 de l’Hégire. Al-Hakim, dans son « Moustadrak », rapporte de Qays Ibnou Abi Hazim les circonstances de son assassinat : « ^Aliyy a adressé la parole à Az–Zoubayr : « Ne te rappelles-tu pas de ce jour où nous étions dans une saqifah (cour couverte et ouverte) des’Ansar (Partisans médinois) et que le Messager de Allah t’as demandé si tu m’aimais ; tu as répondu : ˝ Qu’et-ce que qui pourrais m’en empêcher ?˝ Ensuite, le Messager de Allah t’as dit que tu seras contre moi, que tu me combattras et que tu seras injuste envers moi. » Sur ce, Az–Zoubayr a quitté le champ de bataille.»
Après avoir regretté, il a quitté les rangs des combattants qui étaient avec Mou^awiyah Ibnou Abi Soufyan. Sur le chemin du retour, ^Amrou Ibnou Jourmouz l’a rattrapé et l’a tué dans une vallée qui s’appelle Wadiyy As-Siba^, à sept farsakh (environ 40 km) de Al-Basrah. Il a pris sa tête et l’a emmenée à l’Emir des Croyants ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée. Il a demandé la permission de le rencontrer, mais l’Imam ^Aliyy a répondu : « Annoncez-lui qu’il mérite l’Enfer !» Et dans une autre version, il a dit : « Annoncez à l’assassin du fils de Safiyyah qu’il mérite l’Enfer ! »
Adh-Dhahabiyy, rapporte avec une chaîne de transmission que Abou Jarou Al-Mazaniyy a dit : « J’ai été présent lorsque ^Aliyy et Az–Zoubayr s’étaient mis d’accord. ^Aliyy a dit à Az–Zoubayr: « Ô Zoubayr, je te conjure par Allah, n’as-tu pas entendu le Messager de Allahr dire la parole qui signifie que tu vas me combattre et que tu seras injuste dans ce combat. » A cela, Az–Zoubayr a répondu : « Oui, mais je ne m’en suis rappelé que là maintenant que tu me parles ». Puis, il est parti. »
Yazid Ibnou Abi Ziyad rapporte de ^Abdou r-Rahman Ibnou Abi Layla : « Az–Zoubayr avait quitté le front de bataille le jour de Al-Jamal et pris congé de ^Aliyy, c’est alors que son fils ^Abdou l-Lah l’a rencontré et lui a dit : « C’est un manque de courage dont tu fais preuve ! » Alors, Az–Zoubayr lui a répondu : « Les gens savent que je ne suis pas peureux, mais ^Aliyy m’a rappelé quelque chose que j’avais entendu du Messager de Allah et j’ai juré que je ne le combattrais pas. » Puis, Az–Zoubayr a dit ce poème :
“J’ai laissé les choses dont je crains les conséquences.
Par recherche de l’agrément de Allah, cela vaut mieux dans le bas monde et dans la Religion. ” »
Dans son livre « Wafiyy bi l- Wafayyat », As–Safadiyy dit que Ibnou l-Jourmouz (celui qui a tué injustement Az–Zoubayr après qu’il a quitté le champ de bataille) s’est mis à dire ce poème lorsque l’Imam ^Aliyy lui a annoncé la nouvelle qu’il méritait l’Enfer pour avoir tué Az–Zoubayr :
«J’ai ramené à ^Aliyy la tête de Az–Zoubayr.
Et j’espérais me rapprocher de lui par cet acte.
C’est alors qu’il m’a annoncé la nouvelle du feu de l’Enfer lorsque je suis venu à lui.
Quelle mauvaise nouvelle et quelle mauvaise issue!»
Az–Zoubayr-que Allah l’agrée- n’avait laissé ni dinar ni dirham, mis à part deux terres et quatre maisons : une à Médine, une à Al-Basrah, une à Al-Koufah et une en Egypte ; mais il avait des dettes. La raison en était que lorsque quelqu’un lui ramenait de l’argent pour le lui confier à titre de dépôt, il lui disait : « Non, je ne prends que s’il s’agit d’un prêt ; parce que je crains qu’il ne se perde ! » Et son fils ^Abdou l-Lah a estimé la totalité des dettes qu’il avait : cela atteignait deux millions deux cent mille. Il a vendu alors sa terre qu’il avait à Al-Ghabah et il a fait annoncer durant le Pèlerinage- et ce pendant quatre ans- pour que celui à qui Az–Zoubayr est redevable, qu’il le rejoigne afin qu’il le rembourse ce qu’il lui devait. Lorsque quatre années se sont écoulées, il a partagé le restant de l’argent entre les héritiers.
Hassan Ibnou Thabit a écrit ce poème très célèbre dédié à Az–Zoubayr Ibnou l-^Awwam :
« Il a vécu en demeurant fidèle au serment donné au Prophèter et fidèle à son enseignement, lui qui est son apôtre.
En effet, la parole ne vaut que par l’acte.
Il est demeuré sur la voie du Prophèter.
Il donne son alliance à celui qui suit le Droit ; et c’est son application qui est juste.
Il est le cavalier célèbre et l’héros qui s’engage avec bravoure dans les batailles les plus redoutables.
Lorsque la guerre se montrait rude, il s’y jetait avec sont sabre brillant, comme s’il faisait la course vers la mort, sans peur.
Un homme dont la mère est Safiyyah, et qui est en plus du clan des ‘Açad, est forcément un brave.
Il est un parent proche du Messager de Allah.
Et, il a acquis, en défendant l’Islam, une renommée indiscutable.
Combien de fois Az–Zoubayr a dégagé avec son sabre les dangers qui menaçaient le Messager de Allah.
Et Allah donne généreusement Sa récompense.
Tes éloges sont meilleurs que les actes de certains amis.
Et tes actes, ô fils de la femme hachimiyy, sont meilleurs que tout cela ! »