Tafsir an-Nasafiyy : Sūrātu Āli ʿImrān versets 1-17
Commentaire de Sūrātu Āli ʿImrān
Verset 1 : alif lām mīm
Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)
Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.
Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.
Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude–
Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.
Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.
Verset 4 : auparavant -cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān-
En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.
Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.
Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres
Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.
Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.
Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse :
C’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.
Il a été rapporté que lorsque les gens de Banī Naǧrān, ce sont des Arabes à l’époque du Prophète, mais ils ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.
60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.
Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – dans lequel il y a des versets univoques – leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible –
Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces verset-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.
Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables. Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.
Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».
Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.
Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.
Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.
Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.
Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.
Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance
Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.
Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.
Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.
Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.
Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.
La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –
Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.
La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.
C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).
Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.
Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.
Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.
Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.
Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.
Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accordes beaucoup de biens.
Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :
Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.
Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.
Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.
Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.
Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.
Ceux-là seront le combustible de l’enfer.
Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.
Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.
Et le châtiment de Dieu est terrible.
Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)
À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)
Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)
Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond
Et quelle mauvaise demeure
Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš
Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour de la bataille de Badr.
Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans
Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.
Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.
Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.
Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.
Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.
Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit
Une exhortation : une moralité
Pour ceux qui sont dotés de raison.
Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.
L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.
Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.
Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)
Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (percer, ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.
Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.
Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.
Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.
Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.
Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :
Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé
Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.
Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu
Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.
Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves
Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel
Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse
Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.
Verset 17 : ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,
Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)
Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants
Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes
Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».
Tafsir An-Nasafiyy : sourate al-ʾanbiyāʾ dans le Coran
Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres. Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.
Toute chose qui va venir est proche.
Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans le bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.
Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).
Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.
« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.
C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.
Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ».
Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).
Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie. Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.
Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.
Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).
Verset 5 : ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.
Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces
Ou c’est plutôt un poète
Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.
Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.
Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.
Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.
Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie
Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.
Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?
Cela veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.
La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.
Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».
Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».
Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous ne savez pas.
Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas des anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.
Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.
Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.
La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.
Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.
Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.
Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.
Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).
Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous : « vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.
Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.
N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que Je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.
Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.
qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée.
Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.
Verset 12 : quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation
C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.
Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.
Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.
Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.
Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.
Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé. C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.
Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour vous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour vous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute-puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.
Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).
Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –
Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.
Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.
Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.
Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,
Malheur à vous du fait que vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.
Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.
Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,
De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.
Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant ( lā ilāha illa l-Lāh) ou (al ḥamdu lil-Lāh) ou (Allāhu akbar). Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».
Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre. « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.
Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.
Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)
Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »
Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils Lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.
« subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ». Or Dieu est absolument exempt de cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.
« law kāna fīhimā » : fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.
Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.
Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,
1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.
2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance
3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.
Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.
Et il est impossible que le dieu soit impuissant.
Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre que lui, il est possible que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement, cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on n’émette pas d’objection contre Lui.
Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.
On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.
L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.
Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.
La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.
Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.
Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.
Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.
Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.
Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.
Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.
Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).
Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.
Et ils agissent conformément à Ses ordres.
Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.
Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.
Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.
Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.
Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.
Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer
C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer
C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.
Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.
Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.
Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).
Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.
Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.
Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu crée tout être qui se déplace sur terre, à partir de l’eau.
Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie « l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.
Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?
Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.
Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.
Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī ) des piquets pour que la terre ne tremble pas. rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.
Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.
Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par Sa volonté.
Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».
Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas. Parce que s’ils méditaient sur ces signes (en utilisant correctement leur raison), ils deviendraient croyants.
Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.
Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.
Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.
Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.
Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.
Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.
Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas Son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en Lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.
Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.
inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.
C’est la première explication qui vise l’être humain en général.
Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».
Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer. Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.
Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.
Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.
Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.
Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.
Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.
Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.
Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu. Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.
Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ? Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.
Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.
Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.
Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.
Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?
Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.
Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.
Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis. C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.
Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils avaient été touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqué le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refusé d’entendre ce rappel.
Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.
Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.
Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes. Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.
Verset 48 : Nous avons accordé à Mūsā et à Hārūn al-furqān qui est un éclairage et un rappel pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Il a été dit que ces trois caractéristiques (al-furqān, un éclairage et un rappel) sont les trois caractéristiques de la torah. al-furqān signifie ce qui permet de séparer entre le vrai et le faux et l’éclairage est ce qui permet d’éclairer, de montrer notre chemin, c’est ce qui permet de parvenir à la voie de la sauvegarde et le rappel c’est dans le sens de l’honneur ou de l’exhortation ou de l’avertissement, ou encore c’est le rappel de ce dont les gens auront besoin concernant leur religion. La structure du verset avec la conjonction de coordination « wa » est une structure qui permet d’énumérer la même chose, tout comme à propos de Yaḥyā, le cousin de notre maître ʿīsā, sayyidan il était un maitre, il était chaste et c’était un prophète. Et tu dis en arabe : je suis passé auprès de Zayd, l’honorable, le savant et le vertueux. Et ce qui est mentionné (ces trois caractéristiques) est utile pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Verset 49 : ceux qui craignent leur Seigneur quand ils sont tous seuls et qui craignent le jour du jugement. Quand on est seul, on est plus proche de la sincérité. Et ils craignent les stations importantes du jour du jugement.
Verset 50 : et celui-ci est une évocation bénie : ils’agit du Qur’ān qui comporte beaucoup de biens et qui est extrêmement bénéfique, Nous l’avons fait descendre sur Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Est-ce que vous reniez cela : c’est une interrogation de réprimande, de blâme. C’est-à-dire « est-ce que vous reniez donc que ce livre soit révélé par Dieu ? »
Verset 51 : Nous avons accordé à Ibrāhīm la bonne guidée auparavant : c’est-à-dire avant Mūsā et Hārūn, ou bien avant Muḥammad. Et Nous savons : c’est un « Nous » de majesté et non pas un « nous » de pluriel, il indique que c’est Dieu qui parle à propos de Ibrāhīm ou bien à propos de sa bonne guidée, qu’il est apte à recevoir ce que Dieu lui accordé. Il lui a été accordé le statut de prophète.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, savait, avant même de recevoir la révélation que Dieu seul mérite la divinité. Certains se sont trompés, ils ont prétendu qu’Ibrāhīm avait pensé que l’astre était son dieu ainsi que le soleil également et que la lune. Puis ils disent que Dieu l’a guidé. Or ceci est faux. Et le Qur’ān confirme cela, le fait qu’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, soit bien guidé, par ce verset. En effet Ibrāhīm ʿalayhi s-salām savait cela avant le débat qu’il a mené avec son peuple au sujet des astres qui ne sont pas des divinités. (ar-rušd) ici c’est la foi : le Qur’ān a innocenté Ibrāhīm de ce que pensent à tort certaines personnes. Et leur prétention qu’Ibrāhīm aurait prétendu que le soleil aurait été son dieu, puis la lune puis le soleil, cela contredit le Qur’ān. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ne connaisse Dieu, sans qu’il ne connaisse ce qui est possible au sujet de Dieu et ce qui est impossible à Son sujet. Et ceci avant même de recevoir la révélation du statut de prophète. Et Dieu dit à propos d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, ce qui a pour sens : « Ibrāhīm n’était ni juif ni chrétien, il était sur l’Islam, à l‘écart de tout autre religion. Et il n’était pas au nombre des associateurs ». Al-Ġāzī (un exégète de la ville de Téhéran) a dit : « le plus authentique de l’explication de la parole d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām quand il a dit (hāḏā rabbī), est au titre de l’argumentation, il a établi la preuve contre son peuple. Ce n’était pas au titre de l’information. Dieu n’a pas blâmé Ibrāhīm ʿalayhi s-salām pour cela mais Il l’a mentionné par l’éloge et la glorification. Dieu lui a montré cela pour qu’il augmente en certitude ».
Verset 52 : Ibrāhīm disait à son père et à son peuple qu’est-ce donc ces représentations autour desquelles vous vous tenez. (Pour les adorer)
Le père d’Ibrāhīm s’appelait Āẓār et c’était un mécréant. Les représentations ici, ce sont les idoles qui ont l’aspect de fauves, d’oiseaux et d’humains. En disant « qu’est-ce donc », il feint d’ignorer ce qu’ils font, pour humilier leurs idoles, car il savait bien qu’ils les glorifiaient. Ils ont été incapables de donner une réponse à cela. Ils ont dit dans le verset suivant.
Verset 53 : ils ont dit nous avons trouvé nos ancêtres qui les adoraient.
Verset 54 : il (Ibrāhīm) leur a dit vous étiez, vous ainsi que vos parents, dans un profond égarement. Il vise par-là que ceux qui imitent (ceux à qui il s’adresse) et ceux qui sont imités (ce sont leurs ancêtres), tous deux se sont engagés dans une voie claire d’égarement qui n’échappe à aucune personne sensée.
Verset 55 : ils lui ont dit est-ce que tu es sérieux ou bien tu es en train de plaisanter ? Ils lui ont dit : tu veux vraiment qu’on abandonne l’adoration de nos idoles ? Ils ont considéré sérieusement le blâme qu’il leur avait fait. Et ils ne pensaient pas qu’ils étaient dans un état d’égarement. Ibrāhīm leur a répondu par le verset 56.
Verset 56 : il (Ibrāhīm) a dit non votre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre, c’est Lui Qui les a créés. Comment la créature serait-elle adorée au lieu d’adorer le créateur ?
Et moi je suis témoin de cela : c’est-à-dire qu’Ibrāhīm dit qu’il est témoin que Dieu est le créateur de ce que vous avez représentés et que vous vous êtes mis à adorer.
Verset 57 : par Dieu, je vais nuire à vos idoles et je vais les détruire. : ici c’est la lettre « ta » qui est employée pour jurer et pour marquer l’étonnement, car le fait de nuire aux idoles était quelque chose de difficile, face au pouvoir du gouverneur de l’époque Nabuchodonosor. Mais ici c’est pour marquer la facilité avec laquelle il va pouvoir détruire les idoles malgré cela.
Quand vous allez partir pour votre jour de fête : quand ils vont partir pour leur fête, ils vont laisser leur temple sans surveillance.
Ibrāhīm a dit cela à voix basse, à l’écart de son peuple. Mais un parmi eux l’a entendu. Notre maître Ibrāhīm a dit une parole qu’il ne faut pas prendre dans son sens apparent, quand il a dit « je suis malade » c’est-à-dire « je vais tomber malade ». Ceci pour ne pas se rendre avec eux à leur fête afin de pouvoir aller au temple où ils entreposaient les idoles pour les détruire.
Verset 58 : il les a mises en pièces : Ibrāhīm a détruit ces idoles (il les a mises en morceaux) sauf la plus grande. Il a utilisé une hache pour les casser puis il a accroché la hache sur la plus grande des idoles.
Ceci dans le cas où son peuple se serait retourné vers la plus grande des idoles afin de savoir qui avait cassé les plus petites. Ceci pour leur montrer que l’idole est incapable de se défendre.
Verset 59 : ils ont dit qui donc a fait cela à nos idoles, c’est certes quelqu’un d’injuste. Cela signifie que celui qui a détruit ainsi nos idoles c’est quelqu’un d’extrêmement injuste parce qu’il a osé attaquer la divinité véritable (ce qu’ils considèrent comme mériter l’extrême glorification).
Verset 60 : ils ont dit nous avons entendu un jeune homme parler de nos idoles qui s’appelle Ibrāhīm.
Verset 61 : ils ont dit amenez-le devant tout le monde, comme ça ils vont témoigner. Ils (il s’agit de Nabuchodonosor et des nobles de son peuple) voulaient venger leurs idoles de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi s-salām : Ils ont dit « convoquez-le devant tout le monde », ils voulaient lui faire son procès, pour que les gens puissent témoigner de ce qu’ils auraient entendu. C’est comme si Nabuchodonosor et sa cour rapprochée ne voulaient pas punir Ibrāhīm sans preuve contre lui. Ou alors ils voulaient rassembler les gens pour qu’ils viennent pour témoigner de la punition.
Verset 62 : ils ont dit est-ce donc toi qui as fait cela à nos idoles, ô Ibrāhīm ?
Verset 63 : il a dit c’est la plus grande des idoles qui a fait cela : c’est comme s’il avait dit : c’est à cause de la plus grande.
- Ce n’est pas un mensonge quand il a dit cela mais c’est la réalité car c’est la plus grande des idoles qui avait amené Ibrāhīm à détruire les idoles. Ibrāhīm était exaspéré de leur exagération dans la glorification de la plus grande des idoles ; en effet ils l’embellissaient, ils lui donnaient des offrandes. C’est ce qui a amené Ibrāhīm à détruire les petites idoles et à humilier la plus grande. De sorte que l’attribution du verbe à la plus grande est à prendre au sens figuré.
- Comme quand il avait dit que Sārah était sa sœur alors qu’ils étaient en Egypte : cela ne voulait pas dire qu’ils avaient le même père mais cela voulait dire qu’elle était sa sœur en Islam.
Posez-leur la question si elles sont capables de prononcer (de parler) : Ibrāhīm leur a lancé un défi car les idoles ne peuvent pas parler, ce qui prouve encore une fois leur impuissance. Et ceci montre que son peuple était dans l’erreur.
Verset 64 : ils se sont remis en cause : ils se sont posés la question quand Ibrāhīm leur a prouvé que ce qu’ils faisaient, était faux.
Et ils ont dit vous êtes injustes. Ils se sont dit entre eux : vous, vous êtes les injustes car, en réalité vous êtes en train d’adorer ce qui n’a pas la capacité de parler. Ce n’est pas celui qui a détruit vos idoles qui est injuste. Celui qui n’arrive pas à se défendre d’une hache, comment va-t-il défendre ceux qu’il adore, de la nuisance ?
Verset 65 : puis ils sont revenus sur ce qu’ils avaient dit. Dieu a fait que, dans un premier temps, la vérité sorte de leur bouche, ils ont reconnu que ce qu’Ibrāhīm avait dit était vrai. Malgré cela, ils sont quand même revenus à leur mécréance. « Nukisū » signifie « renverser, inverser ». Il y a eu deux temps : le premier temps c’était quand ils ont reconnu la vérité et qu’ils ont reconnu qu’ils étaient injustes. Le deuxième temps était quand ils ont inversé cet état et ils se sont mis à discuter, à débattre, comme c’est le cas des mécréants. Et ils ont fait preuve d’orgueil.
Tu sais bien qu’elles ne parlent pas : c’est comme s’ils disaient : comment tu nous demandes de leur poser la question alors qu’elles ne parlent pas.
Verset 66 : il (Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam) leur a répondu comment vous adorez autre que Dieu, ce qui ne peut ni vous être utile ni vous nuire. C’est-à-dire que si vous adorez ces idoles, elles ne vont pas vous être bénéfiques et elles ne vont pas vous faire du tort.
Verset 67 : ouf à vous et à ce que vous adorez d’autre que Dieu : « ouf » est une onomatopée qui indique que celui qui la prononce est exaspéré. Ibrāhīm est exaspéré de les voir persister dans l’adoration des idoles alors qu’ils n’ont plus aucun argument pour justifier cela, après que la vérité a éclaté au grand jour. Ici il y a différentes récitations « uffin » et « uffun » et « uffā ». Il est exaspéré d’eux et de leurs idoles.
N’êtes-vous donc pas censés ? Vous n’utilisez pas correctement votre raison. Cela veut dire que celui qui a cette caractéristique, qui ne vous parle pas, qui ne vous défend pas, qui ne vous apporte ni utilité ni nuisance, qui n’a pas la capacité de se défendre contre quelqu’un qui les casse, ce n’est pas valide que ce soit un dieu.
Verset 68 : ils ont dit brûlez-le : c’est l’arme de l‘incapable. Comme ils étaient incapables de donner des arguments, au lieu de reconnaitre qu’ils étaient dans le faux, ils ont dit : mettez-le dans un brasier, dans un feu, parce que c’est la plus atroce des punitions.
Et soutenez vos divinités : en vous vengeant de lui
Si vous voulez les soutenir d’un soutien clair : ils ont choisi pour Ibrāhīm la plus difficile des punitions qui était de le brûler dans le feu. Faites-le, sinon vous n’aurez pas soutenu vos divinités. Celui qui a suggéré le fait de le brûler c’était le roi Nabuchodonosor ou bien un des Kurdes de Perse. Et quand ils ont décidé de le brûler, ils ont emprisonné notre maître Ibrāhīm ʿalayhi s- sallam et ils ont construit une prison et ils sont restés un mois à ramasser du bois puis ils ont allumé un grand brasier ; tellement le feu était intense que les oiseaux dans les airs ont failli être brûlés. Puis ils l’ont placé sur une catapulte, attaché et ligoté. Puis ils l’ont projeté dans le feu et lui il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » ce qui a pour sens : « Dieu me suffit, qui de mieux que Lui à qui me fier ? » Ibrāhīm, alors qu’il était dans les airs, projeté vers ce brasier, Ǧibrīl est venu le voir et lui a dit : « as-tu besoin de quelque chose ? » Ibrāhīm lui a répondu qu’il n’avait besoin de rien. Ǧibrīl lui a dit : « demande alors à ton Seigneur ». Ibrāhīm lui a dit : « le fait qu’Il sache mon état suffit pour que je Lui demande ». Et le feu n’a brûlé que les liens avec lesquels il était attaché.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les liens avec lesquels il était ligoté avaient été mis par les mécréants. Les vêtements qu’il portait étaient restés intacts.
Ibnu ʿAbbās a dit qu’Ibrāhīm a été sauvé de la brûlure parce qu’il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » mais le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié. Ce qui est authentifié est que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui a pour sens : lorsqu’ Ibrāhīm a été jeté dans le feu, il a dit : « ḥasbiya l-Lāh » mais le prophète n’a pas dit que si Ibrāhīm n’avait pas dit cela, il aurait été brûlé. La vérité est que, même s’il n’avait pas dit « ḥasbiya l-Lāh », il n’aurait pas brûlé. Parce que Dieu a voulu qu’il ne brûle pas, Dieu a voulu que ce soit un miracle pour notre maître Ibrāhīm.
Verset 69 : Nous avons dit ô feu sois fraicheur et paix C’est-à-dire ô feu sois une cause de fraicheur et de paix. C’est pour indiquer l’ordre donné au feu pour que sa substance devienne fraicheur et paix. Alors qu’habituellement, le feu a une nature qui est brûlante.
Pour Ibrāhīm : pour qu’Ibrāhīm soit épargné de toi. S’Il n’avait pas dit « et paix » après la fraicheur, le feu serait devenu froid et Ibrāhīm aurait péri de la froideur du feu. Le sens est que Dieu a retiré de ce feu sa nature qui est la chaleur et la brûlure. Et Il a maintenu d’autres caractéristiques que ce feu avait et parmi elles, il y a l’éclairage et le rayonnement. Et Dieu est sur toute chose tout puissant.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : il a été confirmé et réputé que Aḥmad ibnu Ḥanbal avait envoyé à son élève Abū Bakr Al-Marwārūdī ou al-Marwazī) (alors qu’il était tombé malade et il avait eu de la fièvre) ce verset 69 écrit sur un support pour que ce soit une cause pour guérir de la fièvre. Ceci figure dans le livre « al adābu š-šariyyah » de Šamsu d-dīne ibnu Mufliḥ le ḥanbalite : il rapporte de ce savant al-Marwazī qu’il a dit : une femme s’est plainte à abū ʿAbdillāh (c’est un surnom de l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal) qu’elle se sentait seule dans sa maison, elle avait peur de sa solitude.
1/ Et il lui a écrit un ḥirz de sa main : « bismil-Lāh puis la fātiḥah puis les deux muʿawwiḏāt (sūratu n-nās et sūratu l-falaq) et āyatu l-kursī »
2/ il a écrit pour al-Marwazī (pour lutter contre la fièvre) : bismil-Lāhi r-raḥmāni r-raḥīm/ bismil-Lāhi wa bil-Lāh wa Muḥammadun rasūlu l-Lāh/yā nāru kūnī bardan wa salāman ʿalā Ibrāhīm/Allāhumma rabba Ǧibrīl wa Mīkāʾīl wa Isrāfīl išfi ṣaḥiba haḏa l-kitāb bi ḥawlika wa quwwatika wa ǧabarūtika ilāha l-ḥaqqi āmīne
Les deux dernières phrases signifient : O Allah Tu es le Seigneur de l’ange Gabriel et Mikail et Isrāfīl, donne la guérison à celui qui porte cet écrit par Ta préservation, par Ta puissance et Ta souveraineté, Tu es le Dieu véritable, Amine
Si quelqu’un a de la fièvre, on peut écrire cela avec l’écriture du muṣḥaf.
3 / Et il a dit une troisième chose : Ṣāliḥ a dit : « il m’arrivait de tomber malade. Mon père prenait un récipient dans lequel il y a de l’eau et il récitait dedans puis il me disait : bois-en, lave ton visage et tes mains avec.
4 / Et ʿAbdul-Lāh (le fils de l’imam Aḥmad) a rapporté qu’il voyait son père réciter les invocations de protection sur de l’eau puis il buvait de cette eau et il s’en déversait sur le corps.
5/ ʿAbdul-Lāh a dit qu’il a vu son père, plus d’une fois, à maintes reprises, boire de l’eau de Zamzam en recherchant la guérison et il s’en passait sur le visage et les mains.
6 / Yūsuf fils de Mūsā a dit qu’on rapportait un verre avec de l’eau à l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal, alors qu’on était dans la mosquée avec lui, puis il récitait dessus des invocations de protection.
7/ Certaines femmes qui ont du mal à accoucher : il écrivait dans un récipient blanc : bismil-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm / lā ilāha illal-Lāhu l-ḥalīmu l-karīm / subḥāna l-Lāahu rabbu l- l-ʿāalamīne/puis le verset 35 de sūratu l-aḥqāf qui fait référence au jour du jugement quand ils verront ce dont ils avaient été menacés et ce qui les attend. Ils vont dire : on est resté dans la vie du bas-monde comme si c’était une heure. Ceci est un avertissement. / et le verset 46 de sūratu n-nāziʿāt qui fait référence également au jour du jugement : ils vont dire : la vie du bas-monde, c’est comme si nous étions restés juste une après-midi ou une matinée / Puis on donnait à boire à cette femme et on aspergeait sa poitrine avec le reste de cette eau. L’imam Aḥmad a rapporté cela de ʿAbdul-Lāh ibnu ʿAbbās.ʿarši l-karīm/ al ḥamdu lil-Lāhi rabbi
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit à propos du verset 69 : les ignorants comme les wahabites expliquent la parole de Dieu en disant que Dieu prononce cette phrase avec ces termes-là et c’est faux car Dieu n’est pas concerné par les attributs des créatures. Les Acharites expliquent ce verset en disant que Dieu a jugé de toute éternité que ce feu soit froid et paix ; c’est-à-dire que Dieu a ordonné cela. En effet on ne dit pas au sujet de Dieu qu’Il ne prononce ni qu’Il articule mais on dit qu’Il parle, d’une parole qui n’est pas de lettres ni de sons.
Quant aux Matouridites, ils disent que la signification est : Nous avons fait que ce feu soit fraicheur et paix sans que cela ne nous demande d’effort, sans que Nous soyons touchés par la fatigue.
Verset 70 : ils lui ont voulu du mal ; le peuple de Ibrāhīm lui voulait du mal, ils voulaient le brûler. Nous avons fait qu’ils soient, eux, les perdants. Dieu a fait que ce peuple de Nabuchodonosor soit anéanti. Dieu a fait qu’ils ont été attaqués par des moustiques qui ont dévoré leur chair et qui ont bu leur sang. Et un moustique s’est introduit dans le cerveau de Nabuchodonosor qui a été la cause de sa mort.
Verset 71 : et Nous l’avons sauvé lui ainsi que Lūṭ : Nous avons sauvé Ibrāhīm en Irak. Lūṭ est le neveu d’Ibrāhīm.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que Lūṭ est le fils de Hārān qui est le frère d’Ibrāhīm.
Dans la terre que Nous avons bénie pour les gens : cette terre qui est bénie est la région de Aš-Šām qui englobe l’actuelle Syrie, Liban, Palestine et une partie de la Turquie. La bénédiction consiste au fait que la plupart des prophètes sont originaires de cette région. Et leurs traces se sont diffusées partout sur terre. C’est une terre qui est fertile et généreuse. Le riche comme le pauvre peuvent y vivre. Il a été rapporté que notre maître Ibrāhīm est parti de l’Irak jusqu’en Palestine et que Lūṭ était dans une terre qui s’appelle al-muʾtafikah. Entre les deux, il y avait une distance d’un jour et d’une nuit de marche. Et le Prophète ʿalayhi s-salām a dit ce qui a pour sens : « il y aura des émigrations successives ; les meilleurs des gens sont ceux qui iront là où est allé Ibrāhīm ». Rapporté par ibnu ʿAsākir.
Verset 72 : et Nous lui avons accordé Isḥāq et Yaʿqūb en tant que dons : il y a eu plusieurs explications et parmi elles : il a été dit qu’Ibrāhīm a demandé à avoir un enfant et Dieu l’a exaucé en lui accordant Isḥāq puis Isḥāq a eu Yaʿqūb comme fils. Donc Ibrāhīm a eu un fils et un petit-fils.
Et tous, Nous en avons fait des vertueux : « tous » ici, il s’agit de ceux qui ont été vertueux dans leur application de la religion et par le fait qu’ils étaient prophètes.
Verset 73 : Nous avons fait qu’ils soient des guides, des imams qui guident les gens par notre ordre, Nous leur avons révélé d’accomplir le bien, d’accomplir la prière, de s’acquitter de la zakāt et qu’ils Nous adorent. C’est-à-dire qu’ils adorent Dieu.
Nous avons fait que ce soit des imams, c’est-à-dire qu’ils étaient pris pour modèles dans la religion. Ils guident les gens par la révélation de la part de Dieu Et Nous leur avons révélé d’accomplir les bonnes œuvres. Et d’accomplir la prière et de s’acquitter de la zakāt. Et ils n’adoraient pas les idoles. Par conséquent vous autres Arabes, qui êtes des descendants d’Ibrāhīm, suivez-le en cela, dans son adoration de Dieu uniquement.
Verset 74 : et Lūṭ, Nous lui avons accordé la sagesse : il y a 3 explications de la sagesse :
1/ c’est ce qu’il convient de faire comme actes ou bien
2/ c’est l’arbitrage juste entre les gens qui ont des différends ou bien
3/ le statut de prophète
Et une science : ici il s’agit du fiqh (la connaissance des jugements)
Et Nous l’avons sauvé de la ville (des habitants de la ville) et il s’agit de la ville de Sodome
Qui pratiquaient des actes mauvais : comme la sodomie ou le fait de lapider les gens qui passaient à proximité de leur ville
C’étaient des gens mauvais qui étaient pervers : ils désobéissaient à Dieu.
Verset 75 : Nous l’avons inclus dans notre miséricorde : c’est-à-dire que Nous l’avons inclus dans les gens à qui Nous faisons miséricorde et il s’agit de Lūṭ
Ou bien autre explication : il fait partie des gens du paradis.
Il fait certes partie des vertueux : c’est-à-dire en rétribution pour leur vertu, tout comme Nous avons anéanti son peuple par châtiment pour leur corruption.
Verset 76 : ainsi que Nūḥ, c’est-à-dire évoque-le quand il a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple. Nūḥ a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple.
Auparavant : c’est-à-dire avant ceux qui ont été mentionnés et il s’agit d’Ibrāhīm, d’Isḥāq et de Yaʿqūb et Lūṭ
Nous l’avons exaucé : Dieu a exaucé l’invocation de Nūḥ
Nous l’avons sauvé ainsi que son ahl (il est visé ici ses trois fils qui étaient croyants (car le 4° était mécréant) ainsi que les croyants qui l’avaient suivi, environ 80 personnes)
De la grande tourmente : et il s’agit du déluge et du démenti des injustes de son peuple.
Verset 77 : et Nous l’avons soutenu contre le peuple qui a démenti Nos signes : c’était des gens mauvais, Nous les avons tous fait périr par la noyade. Les plus jeunes et les plus âgés, les hommes et les femmes.
Verset 78 : et Dāwūd et Sulaymān (mentionne-les), ils arbitraient à propos des récoltes ou des vignes, lorsqu’un troupeau est entré dans une plantation de nuit (qui n’était pas celle de son propriétaire, il était sans berger) et il a mangé et Nous avons été témoins de leur arbitrage. Cela a eu lieu et Dieu le sait.
Verset 79 : Nous l’avons fait savoir (c’est-à-dire l’arbitrage ou bien le jugement religieux) à Sulaymān. Ceci est une preuve que la vérité était du côté de Sulaymān, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. L’histoire est qu’il y avait un troupeau qui avait pénétré dans une vigne sans qu’il y ait un berger qui les ait conduits là-bas et c’était de nuit. Les gens (les propriétaires du champ de vignes et les propriétaires du bétail) sont venus demander l’arbitrage à Dāwūd d’abord car c’était le père de Sulaymān. Il a dit : « il faut donner le troupeau aux propriétaires du champ à titre de dédommagement, parce que la valeur des deux était équivalente ». La valeur du troupeau était l’équivalent de ce qui a diminué de la valeur du champ, c’est-à-dire la valeur de la récolte. C’est alors que Sulaymān qui n’avait que onze ans à ce moment-là, a dit : il y a une autre sentence qui est moins contraignante pour les deux parties. Alors son père Dāwūd a dit : dis ce que tu as à dire. Sulaymān a dit : « je considère plutôt que le troupeau soit confié au propriétaire du champ pour qu’ils en tirent bénéfice (du lait, de la laine, des descendants lors de la reproduction) et de confier le champ au propriétaire du troupeau pour qu’il entretienne le champ en le labourant pour qu’il redevienne comme il était avant qu’il ne soit détruit. Ensuite chacun rendra à l’autre ce qu’il lui a donné C’est-à-dire que le propriétaire du champ va reprendre son champ et le propriétaire du troupeau va reprendre son troupeau. » Alors Dāwūd a entériné la sentence de son fils Sulaymān. Et il a demandé l’application du jugement émis par Sulaymān.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cela veut dire que la sentence qu’avait émise Dāwūd était correcte et également celle de Sulaymān. Mais le jugement de Sulaymān était meilleur.
Chacun des deux avait fait un iǧtihād (un effort de déduction) car il n’y avait pas eu dans leurs lois un texte qui indiquât le jugement pour un cas semblable. Mais dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, selon l’imam Abū Ḥanīfah et ses compagnons, que Dieu les agrée, il n’y a pas de dédommagement si un troupeau pénètre dans un champ, de nuit tout comme de jour, sauf si c’est un berger ou quelqu’un les y a amenés. Mais selon l’imam Aš-Šāfiʿī, si cela a eu lieu la nuit, il y a dédommagement. Et al-Ǧaṣāṣ qui est un grand savant hanafite a détaillé : ils doivent dédommager parce que ce sont eux qui ont envoyé le troupeau. Puis le dédommagement a été abrogé par la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui signifie : « ce que fait l’animal n’est pas dédommagé ». Rapporté par Al-Buǧārī. Car les animaux ne sont pas dotés de raison.
Muǧāhid qui est l’élève de Ibnu ʿAbbās a dit : ce que Sulaymān avait proposé était un accord à l’amiable. Et ce que Dāwūd avait proposé était une sentence et l’accord à l’amiable vaut mieux.
Et à chacun des deux : c’est-à-dire Dāwūd et Sulaymān, Nous avons accordé une sagesse : le statut de prophète
Et une science : c’est la connaissance du jugement.
Et Nous avons asservi à Dāwūd les montagnes qui évoquent Dieu avec Dāwūd, ainsi que les oiseaux. Les oiseaux ont été mentionnés après les montagnes parce que les montagnes sont des objets inanimés. Le fait que les montagnes évoquent Dieu est quelque chose d’encore plus étonnant et surprenant que les oiseaux. Il a été rapporté que Dāwūd passait auprès des montagnes en évoquant Dieu. Et elles répétaient avec lui les évocations. Et il a été dit que les montagnes se déplaçaient avec lui où qu’il aille.
Et Nous faisions cela
Verset 80 : et Nous lui avons enseigné comment fabriquer des labūs : ce sont des vêtements et ce qui est visé ici ce sont les armures et les boucliers. Dieu a enseigné à Dāwūd. Il y a 3 récitations ici : » lituḥṣinakum » « linuḥṣinakum » « liyuḥṣinakum » / « Pour que Nous vous préservions » « pour que cela vous préserve » « pour vous préserver »
Pour que ces armures vous protègent lorsque vous êtes en guerre contre votre ennemi
Allez-vous remercier pour les grâces que Dieu vous a accordées : le sens est un ordre.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les descendant d’Israël (le prophète Yaʿqūb), il est requis de leur part qu’ils remercient Dieu et ceci, en étant musulmans. Ces yahūd sont les descendants d’Israël, mais leurs mécréants ont mécru au lieu de remercier Dieu.
Verset 81 : Dieu a asservi à notre maître Sulaymān le vent et ici c’est une tempête et dans d’autres passages, ce vent a soufflé doucement : dans certains cas le vent soufflait fort et dans d’autres cas, il soufflait moins fort, en fonction de ce que Sulaymān lui demandait : c’est Sulaymān qui ordonnait au vent de souffler tantôt très fort et tantôt doucement, pour l’emmener, lui et son armée là où il voulait.
Ce vent soufflait sur l’ordre de Sulaymān vers la terre que Nous avons bénie : cette terre était bénie parce qu’elle comportait beaucoup de fleuves, de rivières, de fruits et il s’agit du pays de aš-šām qui est toute la région des confins du Sinaï jusqu’à la Turquie. C’était là-bas la résidence de notre maître Sulaymān.
Et Nous savons toute chose : tout ce qui arrive a lieu conformément à la science de Dieu. Tout ce qui a lieu, Dieu le sait avec détail. Il n’y a pas une seule chose qu’Il ignore.
Verset 82 : et parmi les démons ceux qui plongent dans les profondeurs et qui lui font d’autres tâches encore : et ils agissent sous notre ordre. Parmi les démons : c’est-à-dire que certains démons ont été asservis à notre maître Sulaymān. Certains ont été asservis pour plonger dans les profondeurs des mers sur ordre de Sulaymān pour extraire des pierres précieuses et ce qu’il y a dans les mers.
Et qui lui font d’autres tâches encore : comme de construire des lieux pour l’adoration, construire des statues, des palais, des grands chaudrons, des grands récipients.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le terme qu’a employé An-Nasafī est al-ǧifān qui est le pluriel de ǧifnah et il s’agit des récipients qu’on utilise pour manger (comme des assiettes) ils étaient taillés dans du bois. Les Arabes qui étaient connus pour leur générosité avaient des grands récipients pour honorer leurs invités. Ḥassān ibnu Ṯābit qui était un grand poète s’est mis à dire de la poésie qui critiquait les non musulmans et le prophète l’encourageait. « Nous avons des grands récipients et nous avons des épées qui coulent de sang quand nous venons au secours des autres. » C’est-à-dire que nous sommes généreux et nous sommes des gens qui venons au secours des autres. La poésie arabe est un référentiel pour la compréhension du vocabulaire. Les savants ont accordé beaucoup d’importance à la poésie, notamment celle qui était avant les Omeyyades parce que, par la suite, la langue arabe s’est détériorée. Et l’apprentissage de la langue arabe qui permet de comprendre les textes est un devoir d’ordre communautaire. Ḥassān ibnu Ṯābit décrivait sa famille comme étant des gens généreux et vaillants lors du combat. Et il était le poète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et il prenait sa défense en utilisant la poésie. Il insultait les associateurs et il faisait l’éloge du Messager. Et cela leur faisait du mal comme s’il les lançait des épées. Et le Messager de Dieu lui a dit un jour : « cite-les en mal (c’est-à-dire les associateurs) et Ǧibrīl va te soutenir ». C’est une preuve de la confirmation du renfort de la part des prophètes et de la part des saints. Ce n’est pas Ǧibrīl qui était en train de souffler à ce compagnon les paroles qu’il disait à l’encontre des associateurs. Cela veut dire que Ǧibrīl sera à ses côtés et qu’il lui donnera du renfort. Et c’est ce renfort -là qui est connu chez les soufis.
Et un autre poète qui était de l’époque abbasside (qui est venue après l’époque omeyyade) qui s’appelle Baššār fils de Buʿd – il était aveugle – a dit un vers de poésie : « nos épées sont comme des étoiles qui tombent sur le sol ». Il a comparé les épées qui sont sur la terre qui est remuée dans tous les sens lors de la bataille, comme si c’était la nuit lorsque les étoiles brillantes apparaissent au milieu de l’obscurité. Quand les chevaux soulèvent la poussière lors de la bataille, ça devient obscur et les épées dans cette obscurité sont comme des étoiles dans la nuit.
Et Nous les préservons de s’écarter de l’ordre de Sulaymān : Dieu fait que les démons obéissent à la lettre aux ordres de Sulaymān et ils ne changent pas ce que Sulaymān leur ordonne de faire.
Autre explication ; Dieu fait qu’il n’y a pas de leur part de corruption. Malgré leur mécréance, Dieu les a asservis à notre maitre Sulaymān.
Verset 83 : et mentionne le récit d’Ayyūb qui a invoqué son Seigneur et qui a dit j’ai été touché par aḍ-ḍurr (Et c’est la nuisance dans le corps alors que aḍ-ḍarr c’est la nuisance en toute chose) dans mon corps et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. Ayyūba employé beaucoup d’élégance et de douceur dans sa demande. Il a parlé de lui-même mais il a mentionné en lui ce qui demande la miséricorde. Puis il a mentionné son Seigneur par l’extrême miséricorde. Cela veut dire « j’ai besoin de Ta miséricorde et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux ». C’est comme s’il disait : ô Allāh Tu es Celui Qui est digne de faire miséricorde et Ayyūb est celui qui a le plus besoin de ta miséricorde. Alors délivre- le de ce qui l’a touché ».
D’après Anas le serviteur du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, Ayyūb a avoué sa faiblesse quand il n’a pas pu se lever pour faire la prière. Et il ne s’était pas plaint auparavant. Il est celui à propos de qui Dieu dit : Nous avons vu qu’Ayyūb patientait, il était un bon esclave. Il a été dit qu’il s’est plaint à Dieu parce qu’il avait du plaisir à invoquer Dieu et non pas parce qu’il évacuait ses douleurs en évoquant Dieu. Et le fait de se plaindre à Dieu est le fait de s’en remettre totalement à Dieu et de rechercher la délivrance de la part de Dieu directement.
Verset 84 : Nous l’avons exaucé : c’est-à-dire que Nous lui avons donné ce qu’il avait demandé dans son invocation.
Nous l’avons délivré de la nuisance qu’il avait : Dieu lui a fait grâce de le délivrer de cette nuisance.
Et Nous lui avons accordé sa famille et le nombre semblable d’enfants : il a été rapporté qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām était romain de la descendance d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām et qu’il avait sept fils et sept filles et trois mille chameaux et sept mille moutons et cinq cent charrues. Et en plus de cela, il avait cinq cent esclaves et chaque esclave avait une femme et des enfants. Il avait des dattiers. Et Dieu lui a fait subir une épreuve. Dieu l’a éprouvé par la perte de ses enfants, par la perte de sa fortune et par la maladie dans son corps durant dix-huit ans. Et qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām ne s’est pas plaint.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’il retenait cet avis-là car il y a un ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān qui confirme cela.
La femme d’Ayyūb ʿalayhi s-salām était restée à ses côtés pendant tout ce temps-là. Un jour, elle lui a dit de demander à Dieu qu’Il le guérisse de sa maladie. Il a demandé à sa femme la durée qu’ils avaient passée dans une situation confortable avant sa maladie ; elle lui a dit : quatre-vingts ans. Il a dit : « j’ai honte de demander à Dieu de me délivrer de mon épreuve alors que la durée de l’épreuve n’a pas encore égalé la durée de l’aisance ». Quand Dieu l’a délivré de sa maladie, Il lui a ressuscité ces mêmes enfants qu’il avait perdus. Et il lui a donné le double.
C’est une miséricorde de Notre part et un rappel pour les adorateurs : ce qui est arrivé à Ayyūb est une miséricorde pour lui et c’est un rappel pour d’autres que lui afin que d’autres que lui patientent comme lui a patienté et qu’ils soient récompensés tout comme lui a été récompensé.
Verset 85 : et Ismāʿīl (le fils d’Ibrāhīm) et Idrīs (qui est le fils de šīṯ descendant d’Ādam) et Ḏu l-Kifl mentionne -les, Ḏu l-Kifl est le prophète Ilyās ou bien le prophète Zakariyyā ou bien le prophète Yūšāʿ fils de Nūn.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que c’est l’avis de certains mais en réalité Ḏu l-Kifl est un prophète autre que ceux-là. A ne pas confondre avec un homme qui s’appelle al-Kifl qui est un descendant d’Isrāʾīl. C’était un désobéissant puis il a fait le repentir.
Tous sont au nombre de ceux qui patientent : c’est-à-dire que tous ceux qui ont été cités font partie de ceux qui patientent.
Verset 86 : et Nous leur avons accordé Notre miséricorde : ici la miséricorde signifie le statut de prophète ou bien la grâce qui les attend dans l’au-delà.
Certes ils font partie de ceux qui sont vertueux : c’est-à-dire de ceux dont la vertu n’est pas souillée par une quelconque corruption.
A partir du verset 87, il est question du prophète Ḏu n-Nūn
Verset 87 : an-Nūn signifie le poisson ou le cétacé donc Ḏu n-Nūn est celui dont l’histoire est associée à ce cétacé. Et il s’agit du prophète Yūnus.
Cite le récit de Ḏu n-Nūn comment il a quitté son peuple. Son peuple a alors pris peur qu’il ne leur arrive un châtiment. Il a été rapporté que Ḏu n-Nūn a perdu espoir parce qu’il a fait beaucoup de rappels à son peuple, mais son peuple n’a pas été exhorté et ils sont restés sur leur mécréance. Il les a alors quittés ce qui a entrainé leur colère. Il a pensé que le fait de quitter la ville était permis. Car il a fait cela pour défendre la religion de Dieu. Il les a quittés en raison de leur mécréance. Mais il aurait dû plutôt patienter et attendre l’autorisation de la part de Dieu pour les quitter. Alors il a été éprouvé puisqu’il a été avalé par un gros cétacé.
Il a pensé que Nous n’allions pas l’éprouver. D’après Ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, il est allé chez Muʿāwiyah qui a utilisé un discours métaphorique. Il lui a dit : « hier les vagues du Qur’ān m’ont bouleversé et je me suis noyé dedans et je n’ai de moyen de survie que par toi » – il a comparé le Qur’ān à une mer – Ibnu ʿAbbās lui a dit et quoi donc ? Alors Muʿāwiyah a récité ce verset 87 de sūrat al anbiyāʾ (fa ẓanna ʾallan naqdira ʿalayk) Il a dit est-ce qu’un prophète va penser que Dieu n’est pas sur lui tout puissant ? Ce n’est pas cela le sens : quel est le sens ? Alors Ibnu ʿAbbās lui a dit : c’est dans le sens de l’épreuve, ce n’est pas dans le sens de la puissance. Donc Ḏu n-Nūn a pensé qu’il n’allait pas être éprouvé pour être sorti de la ville alors qu’il aurait dû rester et attendre l’autorisation de pouvoir quitter son peuple.
Et il a appelé alors qu’il était dans les ténèbres : ici il est visé une obscurité intense alors qu’il était à l’intérieur de ce cétacé. Certains ont dit l’obscurité de la nuit, l’obscurité de la mer et l’obscurité de l’intérieur du poisson.
Il n’est de dieu que Toi Tu es exempt d’imperfection j’ai été au nombre de ceux qui ont été injustes envers eux-mêmes : parce qu’il a quitté son peuple avant que Dieu ne le lui autorise. Cette invocation comporte un grand secret « lā ʾillāha ʾillā ant subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīne ». Dans le ḥadīṯ le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui a pour sens : « pas une personne qui est tourmentée et qui récite cette invocation sans qu’elle ne soit exaucée ». n
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a corrigé ce que An-Nasafī a dit : ce n’est pas exactement en ces termes qu’est parvenu le ḥadīṯ. Ibrāhīm rapporte de son père Muḥammad qui rapporte de son père Saʿād ibnu abī Waqqās : le messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam allait citer une invocation lorsqu’un bédouin est venu et il a parlé avec le prophète et celui-ci n’a pas continué ce qu’il allait dire. Alors Saʿād l’a suivi et le prophète s’est retourné vers lui et lui a demandé : tu es Saʿād ? – Oui. Il lui a dit : qu’est-ce que tu veux ? Il lui a dit : tu allais citer une invocation puis un bédouin est venu et tu n’as pas dit ce que tu voulais nous dire. Le Prophète a dit oui, c’est l’invocation de Ḏu n-Nūn qui a appelé alors qu’il était dans le ventre du cétacé « lā ʾillāha ʾillā ant subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīne ». Il n’y a pas un musulman qui récité cette invocation pour quoi que ce soit sans qu’elle ne soit exaucée ». C’est un ḥadīṯ qui est ḥasan rapporté par At-Tirmiḏī.
Ḏu n-Nūn est le surnom du prophète Yūnus dont le père s’appelle Mattāʾ. Et il a été attribué au cétacé parce que le cétacé l’a avalé. Quand on dit qu’on a été injuste envers soi, ça peut être un péché et ça peut être une défaillance moindre qu’un péché. Le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit dans le ḥadīṯ ce qui signifie : « le cas du croyant est surprenant : dans tous les cas, il a du bien. Et cela n’est réservé à personne d’autre qu’au croyant. S’il est touché par quelque chose qui réjouit le cœur, alors il est content et il remercie Dieu : et cela est un bien pour lui. Et s’il est touché par une épreuve, il patiente et là encore c’est un bien pour lui ». Lorsque le croyant est touché par quelque chose qui réjouit le cœur, il convient qu’il remercie Dieu. Et s’il est touché par une nuisance, il doit patienter. Le fait qu’un croyant subisse beaucoup d’épreuves, c’est le signe de la force de sa foi pour celui qui patiente. Les prophètes sont parmi les gens ceux qui sont le plus éprouvés. Beaucoup de prophètes ont été tués par les mécréants des fils d’Isrāʾīl. Et ceux qu’ils n’ont pas tués ont souffert énormément. Entre autres il y a le prophète Ayyūb ʿalayhi s-salām qui était riche et Dieu l’a éprouvé par une maladie qui a duré pendant dix-huit années. Et il avait à l’époque sept fils et sept filles. Le šayṭān a détruit la maison où il se trouvait et ils sont tous morts. Puis le šayṭān lui a brûlé ses champs avec les récoltes et Ayyūb est devenu extrêmement pauvre. Tellement il a patienté qu’il n’a pas demandé à Dieu de lui remplacer ce qu’il avait perdu. Puis un jour il a entendu deux hommes qui parlaient de lui et l’un des deux a dit une parole de mécréance : il a dit : « Ayyūb, s’il n’avait pas commis un très grave péché, que personne d’autre que lui n’a commis, alors Dieu ne l’aurait pas éprouvé comme Il l’a éprouvé ». Et c’est une mécréance car il a accusé un prophète d’avoir commis un grave péché. Quand Ayyūb a entendu cela, il a eu le cœur brisé du fait que cet homme venait de sortir de l’Islam. A ce moment-là, il a demandé à Dieu de le guérir. Dieu a révélé à Ayyūb de donner un coup avec son pied sur le sol : il y a eu alors deux sources d’eau qui ont jailli. Il a pu boire d’une des deux sources et il a pu se laver avec l’autre source. Et Dieu l’a guéri. Et Dieu lui a accordé le double des enfants qu’il avait auparavant : il a donc eu quatorze garçons et quatorze filles. Et Ayyūb avait deux entrepôts où il entreposait les récoltes. Dieu envoya deux gros nuages qui ont lâché de l’eau de pluie sur l’entrepôt du blé et il est tombé des criquets en or et sur l’entrepôt de l’orge, le nuage a déversé de l’argent métal. Après cette lourde épreuve et cette grande patience, Dieu lui a fait grâce de cet énorme bienfait. Et c’est ainsi qu’est le croyant. C’est vrai que notre maître Ayyūb a été éprouvé par de nombreuses maladies mais il n’est jamais arrivé que des vers sortent de son corps comme le disent certains ignorants. Mais il a été éprouvé par la maladie, les épreuves se sont abattues sur lui au point que ceux qui étaient proches de lui et ceux qui étaient éloignés avaient pris leurs distances par rapport à lui. Très peu de gens étaient restés à ses côtés. Il a été rapporté dans le ḥadīṯ rapporté par Aḥmad et at-Tirmiḏī ainsi que Al-Bayhaqī et aṭ-Ṭabarānī que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les épreuves sont plus rapides à atteindre celui qui m’aime que les ruisseaux se déversent dans la rivière ». Cela veut dire que celui qui aime le Messager d’un amour complet, l’épreuve qu’il va subir est très intense, pour que ça soit relatif à son haut degré. Le croyant que Dieu agrée, Dieu lui préserve sa religion, mais Il l’éprouve dans les sujets du bas-monde : ce croyant est éprouvé dans ses biens quand un injuste les lui prend. Parfois il est touché dans sa santé, il est touché par des maladies.
Notre maître Ayyūb ʿalayhi s-salām est resté alité pendant dix-huit ans mais il n’a pas eu des vers qui sortaient de son corps comme le prétendent certains, parce que cela est une maladie répugnante, les gens sont repoussés par cela. Et Dieu a préservé les prophètes de ce qui repousse les gens d’eux. Les maladies répugnantes ne sont pas possibles aux prophètes. Ayyūb ʿalayhi s-salām qui a été éprouvé gravement pendant dix-huit ans, il a perdu ses biens, il a perdu sa famille et Dieu lui a accordé la guérison, Dieu lui a rendu la richesse, Il lui a accordé beaucoup d’enfants. Certains ignorants le calomnient en disant que des vers ont dévoré son corps. Ils prétendent que notre maître Ayyūb avait des vers qui tombaient de son corps et qu’il disait « ô toi la créature de mon Seigneur, mange de ce que Dieu t’a accordé comme subsistance ». Nous demandons à Dieu qu’Il nous préserve de ce profond égarement.
Alors que celui qui dit que des vers tombaient de son corps, seulement, sans considérer que c’était quelque chose de repoussant, alors il ne devient pas mécréant. C’est-à-dire qu’il considère que c’est quelque chose qui témoigne de la grande patience d’Ayyūb, il ne voit pas que c’est un rabaissement ni que c’est quelque chose qui éloigne les gens de lui, alors il ne devient pas mécréant. Ayyūb ʿalayhi s-salām a patienté, il n’a pas émis d’objection contre Dieu et c’est cela l’état des prophètes et des vertueux.
Zakariyyā ʿalayhi s-salām a été scié avec une scie par les mécréants. Yaḥyā quant à lui a été égorgé par les mécréants, notre maître Yūsuf a été emprisonné pendant sept années. Les prophètes ont un haut degré selon le jugement de Dieu, ce ne sont pas des gens négligeables. Et malgré cela, Dieu les a éprouvés pour que leur degré soit élevé.
Dans le ḥadīṯ authentique rapporté Al-Buẖārī, Aḥmad, at-Tirmiḏī et d’autres, le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les gens les plus éprouvés sont les prophètes, puis les meilleurs avant les autres ».
Dans le ḥadīṯ authentique rapporté par Aḥmad, par ibnu Hibbān et Al-Hākim, le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les esclaves vertueux de Dieu sont fortement éprouvés ».
Et dans un autre ḥadīṯ rapporté par Aḥmad, Al-Bayhaqī et Al-Hākim dans lequel le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les épreuves ne cessent de s’abattre sur le croyant c’est-à-dire sur sa personne, sa famille et ses biens jusqu’à ce qu’il vienne au Jour du Jugement sans être chargé d’un seul péché ». C’est-à-dire que les épreuves vont compenser ses péchés de sorte qu’il va être lavé de ses péchés.
Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « tout ce qui touche le musulman comme fatigue, comme maladie, comme tourment, comme chagrin, même s’il est piqué par une épine, tout ce qui lui arrive est une cause pour que Dieu lui expie ses péchés ».
Pour ce qui est de la sauvegarde du prophète Yūnus, Dieu l’a fait sortir du ventre du cétacé grâce à son évocation citée plus haut « lā ʾillāha ʾillā ant subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīne ».
Verset 88 : Nous l’avons exaucé et Nous l’avons sauvé de la solitude, c’est ainsi que Nous sauvons les croyants. C’est ainsi que Nous sauvons les croyants, quand ils nous invoquent et ils demandent secours à Dieu, Dieu les sauve.
Verset 89 : Zakariyyā a invoqué son Seigneur : ô Seigneur ne me laisse pas tout seul, il a demandé à Dieu de lui accorder un fils qui héritera de lui c’est-à-dire qui sera un prophète comme lui ; il ne voulait pas rester sans enfant. Puis il s’en est remis à Dieu en se soumettant à Dieu.
Il a dit « Tu es le meilleur de ceux qui accordent ». C’est-à-dire si Tu ne m’accordes pas de descendant, je ne prête pas attention, parce que tout ce qu’il y a dans ce bas monde T’appartient et Tu es Celui Qui n’a pas de fin à Son existence.
Verset 90 : Nous l’avons exaucé et Nous lui avons accordé un fils Yaḥyā et Nous avons fait que son épouse puisse enfanter : après qu’elle a été stérile, Dieu a fait qu’elle pouvait tomber enceinte.
Certes les prophètes s’empressaient de faire le bien : ils méritent d’être exaucés
Et ils Nous invoquent par espoir et par crainte : les prophètes invoquent Dieu par espoir de la miséricorde de Dieu et par crainte de l’au-delà.
Et ils sont humbles : ils sont modestes, ils craignent Dieu.
Verset 91 : et cite le récit de celle qui a fait preuve de chasteté : c’est-à-dire qu’elle s’est préservée d’avoir des relations ni dans le licite ni dans l’interdit
Nous avons insufflé en elle l’âme qui Nous appartient et qui est honorée : il s’agit ici de Maryam qui était chaste, et Dieu a fait qu’elle soit enceinte. rūḥinā : notre âme : « notre » ici indique la possession et l’honneur. C’est-à-dire que Dieu a insufflé en Maryam l’âme qui appartient à Dieu et qui est honorée selon le jugement de Dieu. L’âme de Jésus est une âme qui appartient à Dieu, elle est honorée par Dieu. Dieu a donné l’ordre à Ǧibrīl qui est le président des anges et il est chargé de transmettre la révélation aux prophètes.
Nous avons donné l’ordre à Ǧibrīl qui a soufflé par l’encolure de la chemise de Maryam et elle s’est retrouvée enceinte de Jésus. Donc l’adjonction de l’âme à Dieu est pour indiquer l’honneur de Jésus.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Dieu a dit : Nous avons donné l’ordre à Ǧibrīl d’insuffler dans Maryam l’âme qui Nous appartient et qui est honorée selon Notre jugement. C’est ainsi que Maryam est devenue enceinte, sans qu’un homme ne la touche : c’est un prodige pour elle et un miracle pour Jésus ʿalayhi s-salām.
Et Nous avons fait d’elle et de son fils un signe pour les gens : c’est un signe de la parfaite toute puissance de Dieu. On remarque qu’il est mentionné ici UN signe et pas deux signes (la mère et son fils) alors que dans d’autres versets, il est question de deux signes quand il est cité le jour et la nuit par exemple. An-Nasafī a dit qu’ici leur cas revient au même, c’est-à-dire que Maryam a donné naissance à Jésus sans qu’il n’y ait de père. Tout en sachant qu’il y a une version de récitation avec le terme (āyatayn) (deux signes)
Verset 92 : et votre communauté est une nation unique. On dit en arabe al-ummah et al-millah, ce qui signifie l’ensemble de personnes. Il s’agit de la communauté de tous les prophètes. Tous les prophètes constituent une seule ummah. Ce verset veut dire que la communauté de l’Islam est votre communauté sur laquelle vous devez rester, vous ne devez pas en dévier.
Et Je suis votre Seigneur, adorez-moi : c’est une parole qui est adressée à tout le monde, dans laquelle Dieu nous ordonne de L’adorer, en guise de remerciement pour les bienfaits qu’Il nous a accordés.
Verset 93 : et ils se sont divisés les uns les autres : c’est-à-dire qu’ils sont devenus des petits groupes différents
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’ils sont devenus des groupes avec des religions différentes : il y a un ḥadīṯ qui dit que les yahūd vont se diviser en 71 groupes, les nasārāʾ en 72 groupes et la communauté du Prophète va se partager en 73 groupes mais tous les groupes seront en enfer sauf un seul : et c’est le groupe majoritaire qui est sunnite. La grande majorité de ceux qui se disent musulmans aujourd’hui suivent le Prophète et ses compagnons.
Mais ils reviendront tous à Notre jugement : Dieu les a avertis que tous ces groupes différents vont revenir au jour du jugement pour leur rétribution. Ils seront justement rétribués pour leurs actes. « Celui qui a fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra la rétribution et celui qui a fait le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra la rétribution ».
Verset 94 : celui qui accomplit de bonnes œuvres et qui est croyant : celui qui fait de bonnes œuvres, même si cela ne semble pas important et qui est croyant : c’est-à-dire qu’il croit en ce quoi on doit croire pour être croyant, et cela consiste à croire en Dieu, en Ses messagers et en ce qu’ils nous ont transmis, en Ses anges, en Ses livres, au jour dernier et le fait de croire en la prédestination du bien et du mal.
Il n’y aura pas de manquement à sa rétribution : il ne sera pas lésé, il sera largement rétribué. Dieu ne le privera pas de récompenses.
Et tout ce qu’il fait est inscrit : le croyant sera heureux quand il recevra le livre de ses actes au jour du jugement, de sa main droite.
Verset 95 : ḥarām ici ne veut pas dire interdit mais cela veut dire le fait de priver. (Il y a 2 récitations : ḥarām et ḥirm). Si les habitants d’une ville, Dieu a jugé qu’ils doivent être anéantis en raison de leur égarement, ceux-là seront privés de la récompense dont il est question dans le verset précédent.
Verset 96 : jusqu’au jour où Gog et Magog pourront s’échapper : quand ils seront libérés, et ce sont des humains qui sont tous des mécréants. Leur sortie est une des grands signes du jour du jugement.
Et les gens ce jour-là vont sortir de partout sur terre : toute l’humanité va être ressuscitée pour le jour du jugement et va aller dans tous les endroits de la terre. Et Gog et Magog vont se propager sur terre à partir d’une extrémité de la terre. Dieu les a voilés aux yeux des humains. Eux ne viennent pas chez nous et nous, nous n’allons pas chez eux. C’est aṣ-ṣaʿb qui est appelé ḏu l-Qarnayn qui était un grand saint, qui les a emprisonnés, par la toute-puissance de Dieu, il a construit un barrage. Dieu lui a donné beaucoup de prodiges parce que c’est un grand saint. Le vent l’emportait d’est en ouest. Et ḏu l-Qarnayn ʿalayhi s-salām, par un prodige que Dieu lui a accordé, il a fait édifier une grande montagne en fer puis du cuivre a été fondu pour solidifier l’édifice. Aucun humain ne peut franchir cette montagne de façon habituelle. Et eux, chaque jour, ils essaient de franchir cette montagne mais ils ne peuvent pas. Chaque jour, après un dur labeur, ils disent : demain nous allons poursuivre. Quand ils reviennent le lendemain, ils trouvent que ce qu’ils avaient creusé la veille a été à nouveau comblé. Jusqu’au jour où ils vont dire : demain nous poursuivrons, si Dieu le veut. Ils reviennent le lendemain et ils trouvent que ce qu’ils avaient trouvé la veille était resté tel quel. Ils vont continuer à creuser jusqu’à pouvoir s’échapper. Par ailleurs ces deux tribus Gog et Magog, chacun d’entre eux ne meurt pas avant d’avoir laissé mille descendants ou plus, comme l’a dit le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. De sorte que leur nombre, avant leur échappée, va être extrêmement nombreux, au point que tous les humains, au jour du jugement, par rapport à Gog et Magog, représentent 1%. Dieu seul sait comment ils vivent actuellement et ce qu’ils mangent. Ce que certains racontent, qu’ils ont de longues oreilles et qu’ils dorment sur une des deux oreilles, comme si c’était un oreiller, qu’ils se couvrent avec la deuxième et qu’ils seraient de petite taille, cela n’a pas été confirmé. C’est Dieu Qui les a dissimulés, ils sont cachés dans un lieu sur terre.
Il va y avoir après eux trois peuples qui vont venir. Seul Dieu connait leur nombre. Un peuple s’appelle Mansak, un autre s’appelle Tāwīl et un autre s’appelle Tārīs
A l’époque de Gog et Magog, il y aura une famine sur terre. Ils vont passer par le lac Tibériade qui se trouve en Palestine et ils vont l’assécher. Quand le dernier d’entre eux va passer il va dire : « ici il y avait de l’eau ». Et quand Jésus va descendre sur terre, ils vont être sidérés. Les musulmans ne vont pas oser combattre Gog et Magog parce qu’ils sont très nombreux. Notre maitre Jésus accompagné de tous les musulmans de son époque va aller au Sinaï, le mont où notre maître Moise a reçu la révélation, là où Dieu lui a fait entendre Sa parole. Ils vont se rendre là-bas et ils vont invoquer Dieu pour qu’Il anéantisse le peuple de Gog et Magog. Dieu fait que la cause de leur mort va être des vers : un vers va pénétrer dans le cou de chacun d’entre eux et ils vont en mourir. Puis Dieu va envoyer des oiseaux qui vont prendre leurs corps et les jeter en mer. Puis il y aura une pluie qui va évacuer toutes leurs traces en mer. Ces gens-là vont apparaitre bien après la descente de Jésus. Gog et Magog étaient sur terre proches de l’époque de notre maître Ibrāhīm. On ne sait pas exactement quand ils étaient dans cette région où ils se sont retrouvés emprisonnés. Ils sont tous mécréants. Il a été rapporté que la nuit où le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a fait son voyage nocturne et son ascension, il est passé par chez eux et il leur a transmis l’appel à l’Islam mais ils ont refusé. Dieu fait que ce sont eux qui vont remplir l’enfer. C’est à l’époque de Jésus qu’ils vont sortir et personne n’osera les combattre. Puis notre maître Jésus va invoquer Dieu et Dieu va faire que des vers vont venir et rentrer dans le cou de chacun d’entre eux et ce sera la cause de leur mort. Ce qui est sûr c’est qu’ils sont des descendants de Ādam mais la date exacte où ils ont été emprisonnés par Ḏul Qarnayn est inconnue. Ḏul Qarnayn était un saint, il avait des prodiges : Dieu lui a asservi le vent qui l’emmenait, lui et son armée, là où il voulait. Dieu lui a accordé également une longue vie, il a vécu deux mille ans. Il est resté roi pendant deux mille ans ; c’est lui qui a construit ce barrage entre Gog et Magog. Dans l’une des extrémités de la terre, il ya une cavité où ils se trouvent. Et cette cavité est refermée par cette montagne.
Verset 97 : ce qui est promis et qui est inéluctable est devenu imminent : c’est-à-dire que le jour du jugement se rapproche et ce sera une surprise pour eux. Ce jour qui va arriver va les surprendre. Leur regard est hagard, ils ne savent pas quoi faire tellement cette situation est difficile.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : leurs yeux regardent vers le haut tellement ils sont dans une grande épreuve.
Ceux qui ont mécru leurs regards sont ainsi grand ouverts,
Ils vont dire malheur à nous : ils avaient consacré l’adoration à autre que celui qui la mérite
Nous étions dans une grande insouciance, nous ne nous attendions pas à vivre ce jour : ils ne pensaient pas que ce jour allait venir
Nous étions injustes.
Verset 98 : vous, ainsi que ce que vous adorez au lieu d’adorer Dieu : c’est-à-dire les idoles et Iblis, vous serez jetés en enfer pour contribuer à l’augmentation du feu de l’enfer.
Vous serez un combustible pour l’enfer, vous y entrerez.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le soleil et la lune, au jour du jugement, seront jetés en enfer. Il y a, parmi les mécréants, ceux qui adoraient le soleil et la lune, donc le fait qu’ils soient jetés en enfer sera une humiliation pour ces mécréants qui les adoraient. Et avant que le soleil et la lune ne soient jetés en enfer, Dieu fait que leur lumière soit éclipsée.
Verset 99 : s’ils avaient été des divinités, ils (le soleil, la lune et ce que vous avez adoré autre que Dieu) ne seraient pas en enfer. Et tous y resteront éternellement. C’est-à-dire que si c’était des divinités comme vous le prétendiez, ils ne seraient pas entrés en enfer. Et tous : c’est-à-dire celui qui adorait et celui qui était adoré, seront en enfer éternellement.
Verset 100 : les mécréants auront en enfer zafīr c’est -à-dire des gémissements, des larmes et des hurlements : ils vont gémir, ils vont pleurer, ils vont hurler.
Et eux ils n’entendent rien : ils sont devenus sourds, parce que quand on entend quelque chose, ça nous réconforte. Mais même cela ne leur a pas été accordé, c’est un châtiment en plus.
Verset 101 : certes ceux à qui Nous avons accordé le bien : c’est-à-dire la réussite pour l’obéissance. Ce verset a été révélé à propos d’un homme qui s’appelle Muḥammad ibnu Z-Zibarāʿ fils de Qays as-Saʿmī al-Qurašī il est surnommé abū Saʿd, c’est le poète de Qurayš. Il était très dur dans ses poésies envers les musulmans et ceci, jusqu’à la conquête de La Mecque. Il s’est enfui dans une ville de chrétiens. C’est alors que Ḥassān ibnu Ṯabit, le poète du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, a dit des vers de poésie à propos d’ibnu Z-Zibarāʿ. Quand ces vers lui sont parvenus, il est revenu à La Mecque et il est entré en Islam. Et il s’est excusé et il a fait l’éloge du prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Il est mort en l’an 15 de l’hégire. Donc ce verset était une réponse à ibnu Z-Zibarāʿ quand il n’était pas musulman. Lorsque le Prophète avait récité les versets précédents qui annonçaient que les mécréants et ceux qu’ils adoraient iraient en enfer éternellement, il avait dit « n’est-ce pas que les yahūd ont adoré ʿUzayr et les nasārāʾ ont adoré Jésus ? Est-ce que cela veut dire qu’eux et ceux qu’ils adoraient iront en enfer ? » En arabe, il y a une forme de pronoms qui font référence à ceux qui sont dotés de raison et à ceux qui ne sont pas dotés de raison. La construction de la phrase en arabe fait référence à ce qui n’est pas doté de raison c’est-à-dire le soleil, la lune. Mais les gens sont têtus. Ici, « mā » fait référence à ceux qui ne sont pas dotés de raison alors que Jésus, ʿUzayr et les anges sont dotés de raison. Mais ibnu Z-Zibarāʿ les a inclus pour mettre le doute. Or c’est le terme « man » qui indique des êtres qui sont dotés de raison. Et c’est « man » qui est utilisé dans le verset et non pas « mā ». « Vous ainsi que ce (mā) que vous adorez ». Il y a un ḥadīṯ qui est faible selon lequel le Messager a dit à cet homme ibnu Z-Zibarāʿ « tu ne maitrises pas la langue de ton peuple ».
Ceux-là : il s’agit de ʿUzayr, de Jésus et des anges.
Seront éloignés de l’enfer : parce qu’ils n’ont pas accepté que les gens les adorent.
Verset 102 : ils n’entendent pas le bruit de l’enfer : ils n’entendent pas son bruit qui est perceptible ni le mouvement des flammes. ʿUzayr, Jésus et les anges n’entendent pas cela. Car ils seront éloignés de l’enfer ; c’est pour indiquer qu’ils seront très éloignés de l’enfer, ils ne vont entendre ni le bruit de l’enfer ni le bruit de ceux qui seront en enfer. Ce verset est une preuve que le verset 71 de sūrat Maryam ne veut pas dire que tout un chacun musulman est mécréant et va rentrer en enfer. La signification de ce verset est : vous aurez tous à franchir l’enfer. En effet le pont est au-dessus de l’enfer.
Et ils seront dans ce qu’ils auront désiré comme félicité de laquelle ils vont profiter éternellement :
Verset 103 : ils ne seront pas apeurés par ce qui est terrible il s’agit du dernier souffle dans le cor lorsque
Et ce seront les anges qui vont leur faire bon accueil : c’est-à-dire aux portes du paradis,
Ils vont leur dire : voici le jour qui vous a été promis. C’est-à-dire voici venu le temps de votre récompense qui vous a été promise quand vous étiez dans le bas-monde.
Verset 104 : le jour où le ciel sera plié : cela veut dire que les étoiles qui étaient dans le ciel n’auront plus aucun éclat, elles perdront leur lumière et elles ne seront plus visibles. Ou bien : cela veut dire que le ciel sera véritablement plié comme une feuille qui est pliée et c’est le contraire d’ouvert. Le sens est : « le jour où Nous plierons le ciel comme les pages d’un livre dont la couverture se referme sur les pages qu’il contient ».
Tout comme Nous avons créé les créatures la première fois, Nous les ressusciterons : tout comme Dieu a fait exister les créatures une première fois, Il les fait exister une seconde fois. « Tout comme » est une formule d’analogie : il s’agit de l’analogie entre la première création et la deuxième parce que toutes les deux sont par la puissance de Dieu.
C’est une promesse de Notre part : c’est-à-dire que cela aura lieu sans doute : la résurrection aura lieu sans doute.
Certes Nous le ferons : c’est pour insister. C’est-à-dire que Dieu réalisera cette promesse.
Préparez-vous pour ce jour et accomplissez les bonnes œuvres : chaque fois qu’on a l’occasion de faire une bonne œuvre, qu’on la fasse, pour être épargné de ces épreuves.
Verset 105 : Nous avons fait écrire dans az-zabūr (les psaumes, c’est le livre de Dāwūd ʿalayhi s-salām) après la torah que la terre (ici c’est la terre de aš-šām) ce seront des esclaves vertueux qui l’auront : c’est-à-dire la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 106 : il y a en cela une annonce suffisante pour des gens qui sont adorateurs : « en cela » c’est-à-dire dans ce Qur’ān : il y a une annonce d’atteinte de l’objectif pour des gens qui croient en l’unicité de Dieu et il s’agit de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 107 : et Nous ne t’avons envoyé qu’en tant que miséricorde pour les mondes : le Prophète a dit ce qui a pour sens : « je ne suis qu’une miséricorde qui vous est offerte ». « Pour les mondes » : le prophète a amené ce qui est une cause de bonheur pour eux s’ils le suivent. Et celui qui ne suit pas le prophète c’est quelqu’un qui a nui à sa propre personne puisqu’il a perdu cette part de bonheur qui est promise. Il a été dit que notre prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est une miséricorde pour les croyants, dans les deux résidences c’est-à-dire dans cette vie et dans l’au-delà au jour du jugement.
Et qu’il est une miséricorde pour les mécréants dans le bas-monde : parce qu’ils ne vont pas subir de châtiment d’extermination dans le bas-monde, comme ce fut le cas du peuple de Nūḥ et du peuple de ʿĀd qui furent exterminés. Et parce qu’ils ne vont pas subir de transformation à grande échelle comme cela s’est passé dans les peuples antérieurs : certains ont été transformés en porcs ou en en singes. Et ils ne vont pas subir les fissures de la terre qui font que ce qui est dessus soit avalé. (ẖasif)
Tout en sachant que dans cette communauté il y aura un (ẖasif) et une transformation d’humains en porcs mais pas à grande échelle comme dans le passé et il y aura aussi des projectiles qui seront lancés.
Verset 108 : Dis il m’a été révélé que votre Seigneur est un dieu unique. Ce que je reçois comme révélation c’est l’unicité de mon Dieu.
Allez-vous être musulmans : c’est une forme interrogative mais le sens est un ordre c’est-à-dire – devenez musulmans- Aujourd’hui vous avez l’illusion d’être gagnants mais au jour du jugement, ce sera la grande désillusion.
Verset 109 : s’ils se détournent (c’est-à-dire s’ils se détournent de l’Islam)
Alors dis je vous ai prévenus (c’est-à-dire que je vous ai informés de ce que j’ai reçu l’ordre de vous dire)
Tous ensemble : c’est-à-dire que je vous ai tous prévenus, de manière équivalente. Je n’ai pas laissé certains dans l’ignorance.
Et je ne sais pas si c’est proche ou loin ce qui vous a été promis : c’est-à-dire que je ne sais pas quand exactement aura lieu le jour du jugement, parce que Dieu ne m’a pas donné à le connaitre. Mais je sais que ce jour aura lieu inéluctablement. Ou bien : je ne sais pas quand va vous arriver le châtiment si vous n’êtes pas croyants. C’est pour insister sur l’importance d’être croyants.
Verset 110 : certes Il sait les paroles que vous dites à haute voix et ce que vous dites à voix basse. Dieu sait toute chose. Il sait ce que vous me dites à haute voix en portant atteinte à l’Islam et il sait ce que vous dissimulez comme haine contre les musulmans. Et Il vous rétribuera pour cela.
Verset 111 : et je ne sais pas si c’est une épreuve pour vous : je ne sais pas si ce retard de châtiment pour vous dans le bas-monde ne serait pas une épreuve pour vous, afin que Dieu manifeste ce que vous allez faire. Vous n’êtes pas châtiés immédiatement mais Dieu retarde pour vous le châtiment ceci pour montrer ce que vous faites, pour que ce soit une preuve contre vous.
Et un répit jusqu’à un certain terme : Dieu vous laisse vivre jusqu’à votre mort pour que ce soit une preuve contre vous c’est-à-dire que ce que vous allez faire jusqu’à votre mort soit une preuve contre vous.
Verset 112 : il a dit « ô Seigneur arbitre entre nous justement » et notre Seigneur est ar-Raḥmān Celui Dont on demande l’aide contre ce que vous décrivez : c’est-à-dire « arbitre entre nous et les gens de La Mecque équitablement ». Ou bien « fais-leur parvenir le châtiment qu’ils méritent et fais que ce soit terrible pour eux ».
Comme a dit une fois le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām ce qui signifie : « ô Allah, fais que Ta punition de la tribu de Muḍar soit terrible ». Cette tribu a nui aux musulmans alors le Prophète a fait une invocation pour qu’ils soient rétribués à hauteur de ce qu’ils ont fait.
Les associateurs de La Mecque décrivaient la situation contrairement à ce qu’elle était véritablement et ils espéraient qu’ils soient les plus forts et que la victoire soit de leur côté. Mais Dieu a démenti leurs illusions, Il leur a fait perdre leur espoir et il a donné la victoire à Son messager et aux croyants, quand il s’agissait de la conquête de La Mecque.
Tafsir an-Nasafiyy : sourate al Anbiyaa – versets de 1 à 86
Commentaire de sūratu l-ʾanbiyāʾ
Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres. Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.
Toute chose qui va venir est proche.
Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.
Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).
Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.
« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.
C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.
Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ».
Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).
Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie. Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.
Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.
Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).
Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.
Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces
Ou c’est plutôt un poète
Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.
Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.
Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.
Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.
Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie
Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.
Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?
Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.
La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.
Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».
Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».
Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.
Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.
Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.
Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.
La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.
Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.
Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.
Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.
Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).
Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.
Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.
N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.
Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.
qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée.
Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.
Verset 12 : quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation
C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.
Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.
Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.
Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.
Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.
Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé. C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.
Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.
Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).
Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –
Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.
Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.
Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.
Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,
Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.
Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.
Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,
De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.
Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».
Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre. « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.
Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.
Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)
Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »
Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.
« subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ». Or Dieu est absolument exempt de cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.
« law kāna fīhimā » : fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.
Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.
Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,
1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.
2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance
3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.
Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.
Et il est impossible que le dieu soit impuissant.
Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre que lui, il est possible que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement, cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on n’émette pas d’objection contre lui.
Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.
On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.
L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.
Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.
La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.
Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.
Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.
Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.
Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.
Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.
Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.
Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).
Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.
Et ils agissent conformément à Ses ordres.
Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.
Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.
Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.
Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.
Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.
Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer
C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer
C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.
Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.
Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.
Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).
Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.
Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.
Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.
Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.
Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?
Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.
Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.
Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī ) des piquets pour que la terre ne tremble pas. rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.
Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.
Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.
Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».
Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas. Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.
Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.
Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.
Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.
Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.
Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.
Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.
Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.
Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.
inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.
C’est la première explication qui vise l’être humain en général.
Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».
Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer. Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.
Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.
Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.
Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.
Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.
Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.
Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.
Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu. Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.
Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ? Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.
Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.
Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.
Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.
Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?
Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.
Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.
Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis. C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.
Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.
Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.
Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.
Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes. Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.
Verset 48 : Nous avons accordé à Mūsā et à Hārūn al-furqān qui est un éclairage et un rappel pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Il a été dit que ces trois caractéristiques (al-furqān, un éclairage et un rappel) sont les trois caractéristiques de la torah. al-furqān signifie ce qui permet de séparer entre le vrai et le faux et l’éclairage est ce qui permet d’éclairer, de montrer notre chemin, c’est ce qui permet de parvenir à la voie de la sauvegarde et le rappel c’est dans le sens de l’honneur ou de l’exhortation ou de l’avertissement, ou encore c’est le rappel de ce dont les gens auront besoin concernant leur religion. La structure du verset avec la conjonction de coordination « wa » est une structure qui permet d’énumérer la même chose, tout comme à propos de Yaḥyā, le cousin de notre maître ʿīsā, sayyidan il était un maitre, il était chaste et c’était un prophète. Et tu dis en arabe : je suis passé auprès de Zayd, l’honorable, le savant et le vertueux. Et ce qui est mentionné (ces trois caractéristiques) est utile pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Verset 49 : ceux qui craignent leur Seigneur quand ils sont tous seuls et qui craignent le jour du jugement. Quand on est seul, on est plus proche de la sincérité. Et ils craignent les stations importantes du jour du jugement.
Verset 50 : et celui-ci est une évocation bénie : ils’agit du Qur’ān qui comporte beaucoup de biens et qui est extrêmement bénéfique, Nous l’avons fait descendre sur Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Est-ce que vous reniez cela : c’est une interrogation de réprimande, de blâme. C’est-à-dire « est-ce que vous reniez donc sue ce livre soit révélé par Dieu ? »
Verset 51 : Nous avons accordé à Ibrāhīm la bonne guidée auparavant : c’est-à-dire avant Mūsā et Hārūn, ou bien avant Muḥammad. Et Nous savons : c’est un « Nous » de majesté et non pas un « nous » de pluriel, il indique que c’est Dieu qui parle à propos de Ibrāhīm ou bien à propos de sa bonne guidée, qu’il est apte à recevoir ce que Dieu lui accordé. Il lui a été accordé le statut de prophète.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, savait, avant même de recevoir la révélation que Dieu seul mérite la divinité. Certains se sont trompés, ils ont prétendu qu’Ibrāhīm al-Ġāzī avait pensé que l’astre était son dieu ainsi que le soleil également et que la lune. Puis ils disent que Dieu l’a guidé. Or ceci est faux. Et le Qur’ān confirme cela, le fait que Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, soit bien guidé, par ce verset. En effet Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam savait cela avant le débat qu’il a mené avec son peuple au sujet des astres qui ne sont pas des divinités. (ar-rušd) ici c’est la foi : le Qur’ān a innocenté Ibrāhīm de ce que pensent à tort certaines personnes. Et leur prétention que Ibrāhīm aurait prétendu que le soleil aurait été son dieu, puis la lune puis le soleil, cela contredit le Qur’ān. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ne connaisse Dieu, sans qu’il ne connaisse ce qui est possible au sujet de Dieu et ce qui est impossible à Son sujet. Et ceci avant même de recevoir la révélation du statut de prophète. Et Dieu dit à propos de Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, ce qui a pour sens : « Ibrāhīm n’était ni juif ni chrétien, il était sur l’Islam, à l‘écart de tout autre religion. Et il n’était pas au nombre des associateurs ». Al-Ġāzī (un exégète de la ville de Téhéran) a dit : « le plus authentique de l’explication de la parole d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam quand il a dit (hāḏā rabbī), est au titre de l’argumentation, il a établi la preuve contre son peuple. Ce n’était pas au titre de l’information. Dieu n’a pas blâmé d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam pour cela mais Il l’a mentionné par l’éloge et la glorification. Dieu lui a montré cela pour qu’il augmente en certitude ».
Verset 52 : Ibrāhīm disait à son père et à son peuple qu’est-ce donc ces représentations autour desquelles vous vous tenez. (Pour les adorer)
Le père d’Ibrāhīm s’appelait Āẓār et c’était un mécréant. Les représentations ici, ce sont les idoles qui ont l’aspect de fauves, d’oiseaux et d’humains. En disant « qu’est-ce donc », il feint d’ignorer ce qu’ils font, pour humilier leurs idoles, car il savait bien qu’ils les glorifiaient. Ils ont été incapables de donner une réponse à cela. Ils ont dit dans le verset suivant.
Verset 53 : ils ont dit nous avons trouvé nos ancêtres qui les adoraient.
Verset 54 : il (Ibrāhīm) leur a dit vous étiez, vous que vos parents, dans un profond égarement. Il vise par-là que ceux qui imitent (ceux à qui il s’adresse) et ceux qui sont imités (ce sont leurs ancêtres), tous deux se sont engagés dans une voie claire d’égarement qui n’échappe à aucune personne sensée.
Verset 55 : ils lui ont dit est-ce que tu es sérieux ou bien tu es en train de plaisanter ? Ils lui ont dit : tu veux vraiment qu’on abandonne l’adoration de nos idoles ? Ils ont considéré sérieusement le blâme qu’il leur avait fait. Et ils ne pensaient pas qu’ils étaient dans un état d’égarement. Ibrāhīm leur a répondu par le verset 56.
Verset 56 : il (Ibrāhīm) a dit non votre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre, c’est Lui Qui les a créés. Comment la créature serait-elle adorée au lieu d’adorer le créateur ?
Et moi je suis témoin de cela : c’est-à-dire qu’Ibrāhīm dit qu’il est témoin que Dieu est le créateur de ce que vous avez représentés et que vous vous êtes mis à adorer.
Verset 57 : par Dieu, je vais nuire à vos idoles et je vais les détruire. : ici c’est la lettre « ta » qui est employée pour jurer et pour marquer l’étonnement, car le fait de nuire aux idoles était quelque chose de difficile, face au pouvoir du gouverneur de l’époque Nabuchodonosor. Mais ici c’est pour marquer la facilité avec laquelle il va pouvoir détruire les idoles malgré cela.
Quand vous allez partir pour votre jour de fête : quand ils vont partir pour leur fête, ils vont laisser leur temple sans surveillance.
Ibrāhīm a dit cela à voix basse, à l’écart de son peuple. Mais un parmi eux l’a entendu. Notre maître Ibrāhīm a dit une parole qu’il ne faut pas prendre dans son sens apparent, quand il a dit « je suis malade » c’est-à-dire « je vais tomber malade ». Ceci pour ne pas se rendre avec eux à leur fête afin de pouvoir aller au temple où ils entreposent les idoles pour les détruire.
Verset 58 : il les a mis en pièces : Ibrāhīm a détruit ces idoles (il les a mises en morceaux) sauf la plus grande. Il a utilisé une hache pour les casser puis il a accroché la hache sur la plus grande des idoles.
Ceci dans le cas où son peuple se serait retourné vers la plus grande des idoles afin de savoir qui avait cassé les plus petites. Ceci pour leur montrer que l’idole est incapable de se défendre.
Verset 59 : ils ont dit qui donc a fait cela à nos idoles, c’est certes quelqu’un d’injuste. Cela signifie que celui qui a détruit ainsi nos idoles c’est quelqu’un d’extrêmement injuste parce qu’il a osé attaquer la divinité véritable (ce qu’ils considèrent comme mériter l’extrême glorification).
Verset 60 : ils ont dit nous avons entendu un jeune homme parler de nos idoles qui s’appelle Ibrāhīm.
Verset 61 : ils ont dit amenez-le devant tout le monde, comme ça ils vont témoigner. Ils (il s’agit de Nabuchodonosor et des nobles de son peuple) voulaient venger leurs idoles de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam : Ils ont dit « convoquez-le devant tout le monde », ils voulaient lui faire son procès, pour que les gens puissent témoigner de ce qu’ils auraient entendu. C’est comme si Nabuchodonosor et sa cour rapprochée ne voulaient pas punir Ibrāhīm sans preuve contre lui. Ou alors ils voulaient rassembler les gens pour qu’ils viennent pour témoigner de la punition.
Verset 62 : ils ont dit est-ce donc toi qui as fait cela à nos idoles, ô Ibrāhīm ?
Verset 63 : il a dit c’est la plus grande des idoles qui a fait cela : c’est comme s’il avait dit : c’est à cause de la plus grande.
- Ce n’est pas un mensonge quand il a dit cela mais c’est la réalité car c’est la plus grande des idoles qui avait amené Ibrāhīm à détruire les idoles. Ibrāhīm était exaspéré de leur exagération dans la glorification de la plus grande des idoles ; en effet ils l’embellissaient, ils lui donnaient des offrandes. C’est ce qui a amené Ibrāhīm à détruire les petites idoles et à humilier la plus grande. De sorte que l’attribution du verbe à la plus grande est à prendre au sens figuré.
- Comme quand il avait dit que Sārah était sa sœur alors qu’ils étaient en Egypte : cela ne voulait pas dire qu’ils avaient le même père mais cela voulait dire qu’elle était sa sœur en Islam.
Posez-leur la question si elles sont capables de prononcer (de parler) : Ibrāhīm leur a lancé un défi car les idoles ne peuvent pas parler, ce qui prouve encore une fois leur impuissance. Et ceci montre que son peuple était dans l’erreur.
Verset 64 : ils se sont remis en cause : ils se sont posés la question quand Ibrāhīm leur a prouvé que ce qu’ils faisaient, était faux.
Et ils ont dit vous êtes injustes. Ils se sont dit entre eux : vous, vous êtes les injustes car, en réalité vous êtes en train d’adorer ce qui n’a pas la capacité de parler. Ce n’est pas celui qui a détruit vos idoles qui est injuste. Celui qui n’arrive pas à se défendre d’une hache, comment va-t-il défendre ceux qu’il adore, de la nuisance ?
Verset 65 : puis ils sont revenus sur ce qu’ils avaient dit. Dieu a fait que, dans un premier temps, la vérité sorte de leur bouche, ils ont reconnu que ce qu’Ibrāhīm avait dit était vrai. Malgré cela, ils sont quand même revenus à leur mécréance. « Nukisū » signifie « renverser, inverser ». Il y a eu deux temps : le premier temps c’était quand ils ont reconnu la vérité et qu’ils ont reconnu qu’ils étaient injustes. Le deuxième temps était quand ils ont inversé cet état et ils se sont mis à discuter, à débattre, comme c’est le cas des mécréants. Et ils ont fait preuve d’orgueil.
Tu sais bien qu’ils ne parlent pas : c’est comme s’ils disaient : comment tu nous demandes de leur poser la question alors qu’ils ne parlent pas.
Verset 66 : il (Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam) leur a répondu comment vous adorez autre que Dieu, ce qui ne peut vous être utile ni vous nuire. C’est-à-dire que si vous adorez ces idoles, elles ne vont pas vous être bénéfiques et elles ne vont pas vous faire du tort.
Verset 67 : ouf à vous et à ce que vous adorez d’autre que Dieu : « ouf » est une onomatopée qui indique que celui qui la prononce est exaspéré. Ibrāhīm est exaspéré de les voir persister dans l’adoration des idoles alors qu’ils n’ont plus aucun argument pour justifier cela, après que la vérité a éclaté au grand jour. Ici il y a différentes récitations « uffin » et « uffun » et « uffā ». Il est exaspéré d’eux et de leurs idoles.
N’êtes-vous donc pas censés ? Vous n’utilisez pas correctement votre raison. Cela veut dire que celui a cette caractéristique, qui ne vous parle pas, qui ne vous défend pas, qui ne vous apporte ni utilité ni nuisance, qui n’a pas la capacité de se défendre contre quelqu’un qui les casse, ce n’est pas valide que ce soit un dieu.
Verset 68 : ils ont dit brûlez-le : c’est l’arme de l‘incapable. Comme ils étaient incapables de donner des arguments, au lieu de reconnaitre qu’ils étaient dans le faux, ils ont dit : mettez-le dans un brasier, dans un feu, parce que c’est la plus atroce des punitions.
Et soutenez vos divinités : en vous vengeant de lui
Si vous voulez les soutenir d’un soutien clair : ils ont choisi pour Ibrāhīm la plus difficile des punitions qui était de le brûler dans le feu. Faites-le, sinon vous n’aurez pas soutenu vos divinités. Celui qui a suggéré le fait de le brûler c’était le roi Nabuchodonosor ou bien un des Kurdes de Perse. Et quand ils ont décidé de le brûler, ils ont emprisonné notre maître Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam et ils ont construit une prison et ils sont restés un mois à ramasser du bois puis ils ont allumé un grand brasier ; tellement le feu était intense que les oiseaux dans les airs ont failli être brûlés. Puis ils l’ont placé sur une catapulte, attaché et ligoté. Puis ils l’ont projeté dans le feu et lui il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » ce qui a pour sens : « Dieu me suffit, qui de mieux que Lui à qui me fier ? » Ibrāhīm, alors qu’il était dans les airs, projeté vers ce brasier, Ǧibrīl est venu le voir et lui a dit : « as-tu besoin de quelque chose ? » Ibrāhīm lui a répondu qu’il n’avait besoin de rien. Ǧibrīl lui a dit : « demande alors à ton Seigneur ». Ibrāhīm lui a dit : « le fait qu’Il sache mon état suffit pour que je Lui demande ». Et le feu n’a brûlé que les liens avec lesquels il était attaché.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les liens avec lesquels il était ligoté avaient été mis par les mécréants. Les vêtements qu’il portait étaient restés intacts.
Ibnu ʿAbbās a dit qu’Ibrāhīm a été sauvé de la brûlure parce qu’il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » mais le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié. Ce qui est authentifié est que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui a pour sens : lorsqu’ Ibrāhīm a été jeté dans le feu, il a dit : « ḥasbiya l-Lāh » mais le prophète n’a pas dit que si Ibrāhīm n’avait pas dit cela, il aurait été brûlé. La vérité est que, même s’il n’avait pas dit « ḥasbiya l-Lāh », il n’aurait pas brûlé. Parce que Dieu a voulu qu’il ne brûle pas, Dieu a voulu que ce soit un miracle pour notre maître Ibrāhīm.
Verset 69 : Nous avons dit ô feu sois fraicheur et paix C’est-à-dire ô feu sois une cause de fraicheur et de paix. C’est pour indiquer l’ordre donné au feu pour sa substance devienne fraicheur et paix. Alors qu’habituellement, le feu a une nature qui est brûlante.
Pour Ibrāhīm : pour qu’Ibrāhīm soit épargné de toi. S’Il n’avait pas dit « et paix » après la fraicheur, le feu serait devenu froid et Ibrāhīm aurait péri de la froideur du feu. Le sens est que Dieu a retiré de ce feu sa nature qui est la chaleur et la brûlure. Et Il a maintenu d’autres caractéristiques que ce feu avait et parmi elles, il y a l’éclairage et le rayonnement. Et Dieu est sur toute chose tout puissant.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : il a été confirmé et réputé que Aḥmad ibnu Ḥanbal avait envoyé à son élève Abū Bakr Al-Marwārūdī ou al-Marwazī) (alors qu’il était tombé malade et il avait eu de la fièvre) ce verset 69 écrit sur un support pour que ce soit une cause pour guérir de la fièvre. Ceci figure dans le livre « al adābu š-šariyyah » de Šamsu d-dīne ibnu Mufliḥ le ḥanbalite : il rapporte de ce savant al-Marwazī qu’il a dit : une femme s’est plainte à abū ʿAbdillāh (c’est un surnom de l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal) qu’elle se sentait seule dans sa maison, elle avait peur de sa solitude.
1/ Et il lui a écrit un ḥirz de sa main : « bismil-Lāh puis la fātiḥah puis les deux muʿawwiḏāt (sūratu n-nās et sūratu l-falaq) et āyatu l-kursī »
2/ il a écrit pour al-Marwazī (pour lutter contre la fièvre) : bismil-Lāhi r-raḥmāni r-raḥīm/ bismil-Lāhi wa bil-Lāh wa Muḥammadun rasūlu l-Lāh/yā nāru kūnī bardan wa salāman ʿalā Ibrāhīm/Allāhumma rabba Ǧibrīl wa Mīkāʾīl wa Isrāfīl išfi ṣaḥiba haḏa l-kitāb bi ḥawlika wa quwwatika wa ǧabarūtika ilāha l-ḥaqqi āmīne
Les deux dernières phrases signifient : O Allah Tu es le Seigneur de l’ange Gabriel et Mikail et Isrāfīl, donne la guérison à celui qui porte cet écrit par Ta préservation, par Ta puissance et Ta souveraineté, Tu es le Dieu véritable, Amine
Si quelqu’un a de la fièvre, on peut écrire cela avec l’écriture du muṣḥaf.
3 / Et il a dit une troisième chose : Ṣāliḥ a dit : « il m’arrivait de tomber malade. Mon père prenait un récipient dans lequel il y a de l’eau et il récitait dedans puis il me disait : bois-en, lave ton visage et tes mains avec.
4 / Et ʿAbdul-Lāh (le fils de l’imam Aḥmad) a rapporté qu’il voyait son père réciter les invocations de protection sur de l’eau puis il buvait de cette eau et il s’en déversait sur le corps.
5/ ʿAbdul-Lāh a dit qu’il a vu son père, plus d’une fois, à maintes reprises, boire de l’eau de Zamzam en recherchant la guérison et il s’en passait sur le visage et les mains.
6 / Yūsuf fils de Mūsā a dit qu’on rapportait un verre avec de l’eau à l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal, alors qu’on était dans la mosquée avec lui, puis il récitait dessus des invocations de protection.
7/ Certaines femmes qui ont du mal à accoucher : il écrivait dans un récipient blanc : bismil-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm / lā ilāha illal-Lāhu l-ḥalīmu l-karīm / subḥāna l-Lāahu rabbu l-ʿarši l-karīm/ al ḥamdu lil-Lāhi rabbi l-ʿāalamīne/puis le verset 35 de sūratu l-aḥqāf qui fait référence au jour du jugement quand ils verront ce dont ils avaient été menacés et ce qui les attend. Ils vont dire : on est resté dans la vie du bas-monde comme si c’était une heure. Ceci est un avertissement. / et le verset 46 de sūratu n-nāziʿāt qui fait référence également au jour du jugement : ils vont dire : la vie du bas-monde, c’est comme si nous étions restés juste une après-midi ou une matinée / Puis on donnait à boire à cette femme et on aspergeait sa poitrine avec le reste de cette eau. L’imam Aḥmad a rapporté cela de ʿAbdul-Lāh ibnu ʿAbbās.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit à propos du verset 69 : les ignorants comme les wahabites expliquent la parole de Dieu en disant que Dieu prononce cette phrase avec ces termes-là et c’est faux car Dieu n’est pas concerné par les attributs des créatures. Les Acharites expliquent ce verset en disant que Dieu a jugé de toute éternité que ce feu soit froid et paix ; c’est-à-dire que Dieu a ordonné cela. En effet on ne dit pas au sujet de Dieu qu’Il ne prononce ni qu’Il articule mais on dit qu’Il parle, d’une parole qui n’est pas de lettres ni de sons.
Quant aux Matouridites, ils disent que la signification est : Nous avons fait que ce feu soit fraicheur et paix sans que cela ne nous demande d’effort, sans que Nous soyons touchés par la fatigue.
Verset 70 : ils lui ont voulu du mal ; le peuple de Ibrāhīm lui voulait du mal, ils voulaient le brûler. Nous avons fait qu’ils soient, eux, les perdants. Dieu a fait que ce peuple de Nabuchodonosor soit anéanti. Dieu a fait qu’ils ont été attaqués par des moustiques qui ont dévoré leur chair et qui ont bu leur sang. Et un moustique s’est introduit dans le cerveau de Nabuchodonosor qui a été la cause de sa mort.
Verset 71 : et Nous l’avons sauvé lui ainsi que Lūṭ : Nous avons sauvé Ibrāhīm en Irak. Lūṭ est le neveu d’Ibrāhīm.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que Lūṭ est le fils de Hārān qui est le frère d’Ibrāhīm.
Dans la terre que Nous avons bénie pour les gens : cette terre qui est bénie est la région de Aš-Šām qui englobe l’actuelle Syrie, Liban, Palestine et une partie de la Turquie. La bénédiction consiste au fait que la plupart des prophètes sont originaires de cette région. Et leurs traces se sont diffusées partout sur terre. C’est une terre qui est fertile et généreuse. Le riche comme le pauvre peuvent y vivre. Il a été rapporté que notre maître Ibrāhīm est parti de l’Irak jusqu’en Palestine et que Lūṭ était dans une terre qui s’appelle al-muʾtafikah. Entre les deux, il y avait une distance d’un jour et d’une nuit de marche. Et le Prophète ʿalayhi s-salām a dit ce qui a pour sens : « il y aura des émigrations successives ; les meilleurs des gens sont ceux qui iront là où est allé Ibrāhīm ». Rapporté par ibnu ʿAsākir.
Verset 72 : et Nous lui avons accordé Isḥāq et Yaʿqūb en tant que dons : il y a eu plusieurs explications et parmi elles : il a été dit qu’Ibrāhīm a demandé à avoir un enfant et Dieu l’a exaucé en lui accordant Isḥāq puis Isḥāq a eu Yaʿqūb comme fils. Donc Ibrāhīm a eu un fils et un petit-fils.
Et tous, Nous en avons fait des vertueux : « tous » ici, il s’agit de ceux qui ont été vertueux dans leur application de la religion et par le fait qu’ils étaient prophètes.
Verset 73 : Nous avons fait qu’ils soient des guides, des imams qui guident les gens par notre ordre, Nous leur avons révélé d’accomplir le bien, d’accomplir la prière, de s’acquitter de la zakāt et qu’ils Nous adorent. C’est-à-dire qu’ils adorent Dieu.
Nous avons fait que ce soit des imams, c’est-à-dire qu’ils étaient pris pour modèles dans la religion. Ils guident les gens par la révélation de la part de Dieu Et Nous leur avons révélé d’accomplir les bonnes œuvres. Et d’accomplir la prière et de s’acquitter de la zakāt. Et ils n’adoraient pas les idoles. Par conséquent vous autres Arabes, qui êtes des descendants d’Ibrāhīm, suivez-le en cela, dans son adoration de Dieu uniquement.
Verset 74 : et Lūṭ, Nous lui avons accordé la sagesse : il y a 3 explications de la sagesse :
1/ c’est ce qu’il convient de faire comme actes ou bien
2/ c’est l’arbitrage juste entre les gens qui ont des différends ou bien
3/ le statut de prophète
Et une science : ici il s’agit du fiqh (la connaissance des jugements)
Et Nous l’avons sauvé de la ville (des habitants de la ville) et il s’agit de la ville de Sodome
Qui pratiquaient des actes mauvais : comme la sodomie ou le fait de lapider les gens qui passaient à proximité de leur ville
C’étaient des gens mauvais qui étaient pervers : ils désobéissaient à Dieu.
Verset 75 : Nous l’avons inclus dans notre miséricorde : c’est-à-dire que Nous l’avons inclus dans les gens à qui Nous faisons miséricorde et il s’agit de Lūṭ
Ou bien autre explication : il fait partie des gens du paradis.
Il fait certes partie des vertueux : c’est-à-dire en rétribution pour leur vertu, tout comme Nous avons anéanti son peuple par châtiment pour leur corruption.
Verset 76 : ainsi que Nūḥ, c’est-à-dire évoque -le quand il a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple. Nūḥ a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple.
Auparavant : c’est-à-dire avant ceux qui ont été mentionnés et il s’agit d’Ibrāhīm, d’Isḥāq et de Yaʿqūb et Lūṭ
Nous l’avons exaucé : Dieu a exaucé l’invocation de Nūḥ
Nous l’avons sauvé ainsi que son ahl (il est visé ici ses trois fils qui étaient croyants (car le 4° était mécréant) ainsi que les croyants qui l’avaient suivi, environ 80 personnes)
De la grande tourmente : et il s’agit du déluge et du démenti des injustes de son peuple.
Verset 77 : et Nous l’avons soutenu contre le peuple qui a démenti Nos signes : c’était des gens mauvais, Nous les avons tous fait périr par la noyade. Les plus jeunes et les plus âgés, les hommes et les femmes.
Verset 78 : et Dāwūd et Sulaymān (mentionne-les), ils arbitraient à propos des récoltes ou des vignes, lorsqu’un troupeau est entré dans une plantation de nuit (qui n’était pas celle de son propriétaire, il était sans berger) et il a mangé et Nous avons été témoins de leur arbitrage. Cela a eu lieu et Dieu le sait.
Verset 79 : Nous l’avons fait savoir (c’est-à-dire l’arbitrage ou bien le jugement religieux) à Sulaymān. Ceci est une preuve que la vérité était du côté de Sulaymān, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. L’histoire est qu’il y avait un troupeau qui avait pénétré dans une vigne sans qu’il y ait un berger qui les ait conduits là-bas et c’était de nuit. Les gens (les propriétaires du champ de vignes et les propriétaires du bétail) sont venus demander l’arbitrage à Dāwūd d’abord car c’était le père de Sulaymān. Il a dit : « il faut donner le troupeau aux propriétaires du champ à titre de dédommagement, parce que la valeur des deux était équivalente ». La valeur du troupeau était l’équivalent de ce qui a diminué de la valeur du champ, c’est-à-dire la valeur de la récolte. C’est alors que Sulaymān qui n’avait que onze ans à ce moment-là, a dit : il y a une autre sentence qui est moins contraignante pour les deux parties. Alors son père Dāwūd a dit : dis ce que tu as à dire. Sulaymān a dit : « je considère plutôt que le troupeau soit confié au propriétaire du champ pour qu’ils en tirent bénéfice (du lait, de la laine, des descendants lors de la reproduction) et de confier le champ au propriétaire du troupeau pour qu’il entretienne le champ en le labourant pour qu’il redevienne comme il était avant qu’il ne soit détruit. Ensuite chacun rendra à l’autre ce qu’il lui a donné C’est-à-dire que le propriétaire du champ va reprendre son champ et le propriétaire du troupeau va reprendre son troupeau. » Alors Dāwūd a entériné la sentence de son fils Sulaymān. Et il a demandé l’application du jugement émis par Sulaymān.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cela veut dire que la sentence qu’avait émise Dāwūd était correcte et également celle de Sulaymān. Mais le jugement de Sulaymān était meilleur.
Chacun des deux avait fait un iǧtihād (un effort de déduction) car il n’y avait pas eu dans leurs lois un texte qui indiquât le jugement pour un cas semblable. Mais dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, selon l’imam Abū Ḥanīfah et ses compagnons, que Dieu les agrée, il n’y a pas de dédommagement si un troupeau pénètre dans un champ, de nuit tout comme de jour, sauf si c’est un berger ou quelqu’un les y a amenés. Mais selon l’imam Aš-Šāfiʿī, si cela a eu lieu la nuit, il y a dédommagement. Et al-Ǧaṣāṣ qui est un grand savant hanafite a détaillé : ils doivent dédommager parce que ce sont eux qui ont envoyé le troupeau. Puis le dédommagement a été abrogé par la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui signifie : « ce que fait l’animal n’est pas dédommagé ». Rapporté par Al-Buǧārī. Car les animaux ne sont pas dotés de raison.
Muǧāhid qui est l’élève de Ibnu ʿAbbās a dit : ce que Sulaymān avait proposé était un accord à l’amiable. Et ce que Dāwūd avait proposé était une sentence et l’accord à l’amiable vaut mieux.
Et à chacun des deux : c’est-à-dire Dāwūd et Sulaymān, Nous avons accordé une sagesse : le statut de prophète
Et une science : c’est la connaissance du jugement.
Et Nous avons asservi à Dāwūd les montagnes qui évoquent Dieu avec Dāwūd, ainsi que les oiseaux. Les oiseaux ont été mentionnés après les montagnes parce que les montagnes sont des objets inanimés. Le fait que les montagnes évoquent Dieu est quelque chose d’encore plus étonnant et surprenant que les oiseaux. Il a été rapporté que Dāwūd passait auprès des montagnes en évoquant Dieu. Et elles répétaient avec lui les évocations. Et il a été dit que les montagnes se déplaçaient avec lui où qu’il aille.
Et Nous faisions cela
Verset 80 : et Nous lui avons enseigné comment fabriquer des labūs : ce sont des vêtements et ce qui est visé ici ce sont les armures et les boucliers. Dieu a enseigné à Dāwūd. Il y a 3 récitations ici : » lituḥṣinakum » « linuḥṣinakum » « liyuḥṣinakum » / « Pour que Nous vous préservions » « pour que cela vous préserve » « pour vous préserver »
Pour que ces armures vous protègent lorsque vous êtes en guerre contre votre ennemi
Allez-vous remercier pour les grâces que Dieu vous a accordées : le sens est un ordre.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les descendant d’Israël (le prophète Yaʿqūb), il est requis de leur part qu’ils remercient Dieu et ceci, en étant musulmans. Ces yahūd sont les descendants d’Israël, mais leurs mécréants ont mécru au lieu de remercier Dieu.
Verset 81 : Dieu a asservi à notre maître Sulaymān le vent et ici c’est une tempête et dans d’autres passages, ce vent a soufflé doucement : dans certains cas le vent soufflait fort et dans d’autres cas, il soufflait moins fort, en fonction de ce que Sulaymān lui demandait : c’est Sulaymān qui ordonnait au vent de souffler tantôt très fort et tantôt doucement, pour l’emmener, lui et son armée là où il voulait.
Ce vent soufflait sur l’ordre de Sulaymān vers la terre que Nous avons bénie : cette terre était bénie parce qu’elle comportait beaucoup de fleuves, de rivières, de fruits et il s’agit du pays de aš-šām qui est toute la région des confins du Sinaï jusqu’à la Turquie. C’était là-bas la résidence de notre maître Sulaymān.
Et Nous savons toute chose : tout ce qui arrive a lieu conformément à la science de Dieu. Tout ce qui a lieu, Dieu le sait avec détail. Il n’y a pas une seule chose qu’Il ignore.
Verset 82 : et parmi les démons ceux qui plongent dans les profondeurs et qui lui font d’autres tâches encore : Et ils agissent sous notre ordre. Parmi les démons : c’est-à-dire que certains démons ont été asservis à notre maître Sulaymān. Certains ont été asservis pour plonger dans les profondeurs des mers sur ordre de Sulaymān pour extraire des pierres précieuses et ce qu’il y a dans les mers.
Et qui lui font d’autres tâches encore : comme de construire des lieux pour l’adoration, construire des statues, des palais, des grands chaudrons, des grands récipients.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le terme qu’a employé An-Nasafī est al-ǧifān qui est le pluriel de ǧifnah et il s’agit des récipients qu’on utilise pour manger (comme des assiettes) ils étaient taillés dans du bois. Les Arabes qui étaient connus pour leur générosité avaient des grands récipients pour honorer leurs invités. Ḥassān ibnu Ṯābit qui était un grand poète s’est mis à dire de la poésie qui critiquait les non musulmans et le prophète l’encourageait. « Nous avons des grands récipients et nous avons des épées qui coulent de sang quand nous venons au secours des autres. » C’est-à-dire que nous sommes généreux et nous sommes des gens qui venons au secours des autres. La poésie arabe est un référentiel pour la compréhension du vocabulaire. Les savants ont accordé beaucoup d’importance à la poésie, notamment celle qui était avant les Omeyyades parce que, par la suite, la langue arabe s’est détériorée. Et l’apprentissage de la langue arabe qui permet de comprendre les textes est un devoir d’ordre communautaire. Ḥassān ibnu Ṯābit décrivait sa famille comme étant des gens généreux et vaillants lors du combat. Et il était le poète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et il prenait sa défense en utilisant la poésie. Il insultait les associateurs et il faisait l’éloge du Messager. Et cela leur faisait du mal comme s’il les lançait des épées. Et le Messager de Dieu lui a dit un jour : « cite-les en mal (c’est-à-dire les associateurs) et Ǧibrīl va te soutenir ». C’est une preuve de la confirmation du renfort de la part des prophètes et de la part des saints. Ce n’est pas Ǧibrīl qui était en train de souffler à ce compagnon les paroles qu’il disait à l’encontre des associateurs. Cela veut dire que Ǧibrīl sera à ses côtés et qu’il lui donnera du renfort. Et c’est ce renfort -là qui est connu chez les soufis.
Et un autre poète qui était de l’époque abbasside (qui est venue après l’époque omeyyade) qui s’appelle Baššār fils de Buʿd – il était aveugle – a dit un vers de poésie : « nos épées sont comme des étoiles qui tombent sur le sol ». Il a comparé les épées qui sont sur la terre qui est remuée dans tous les sens lors de la bataille, comme si c’était la nuit lorsque les étoiles brillantes apparaissent au milieu de l’obscurité. Quand les chevaux soulèvent la poussière lors de la bataille, ça devient obscur et les épées dans cette obscurité sont comme des étoiles dans la nuit.
Et Nous les préservons de s’écarter de l’ordre de Sulaymān : Dieu fait que les démons obéissent à la lettre aux ordres de Sulaymān et ils ne changent pas ce que Sulaymān leur ordonne de faire.
Autre explication ; Dieu fait qu’il n’y a pas de leur part de corruption. Malgré leur mécréance, Dieu les a asservis à notre maitre Sulaymān.
Verset 83 : et mentionne le récit d’Ayyūb qui a invoqué son Seigneur et qui a dit j’ai été touché par aḍ-ḍurr (Et c’est la nuisance dans le corps alors que aḍ-ḍarr c’est la nuisance en toute chose). Dans mon corps et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. Ayyūba employé beaucoup d’élégance et de douceur dans sa demande. Il a parlé de lui-même mais il a mentionné en lui ce qui demande la miséricorde. Puis il a mentionné son Seigneur par l’extrême miséricorde. Cela veut dire « j’ai besoin de Ta miséricorde et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux ». C’est comme s’il disait : ô Allāh Tu es celui Qui est digne de faire miséricorde et Ayyūb est celui qui a le plus besoin de ta miséricorde. Alors délivre- le de ce qui l’a touché ».
D’après Anas le serviteur du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, Ayyūb a avoué sa faiblesse quand il n’a pas pu se lever pour faire la prière. Et il ne s’était pas plaint auparavant. Il est celui à propos de qui Dieu dit : Nous avons vu qu’Ayyūb patientait, il était un bon esclave. Il a été dit qu’il s’est plaint à Dieu parce qu’il avait du plaisir à invoquer Dieu et non pas parce qu’il évacuait ses douleurs en évoquant Dieu. Et le fait de se plaindre à Dieu est le fait de s’en remettre totalement à Dieu et de rechercher la délivrance de la part de Dieu directement.
Verset 84 : Nous l’avons exaucé : c’est-à-dire que Nous lui avons donné ce qu’il avait demandé dans son invocation.
Nous l’avons délivré de la nuisance qu’il avait : Dieu lui a fait grâce de le délivrer de cette nuisance.
Et Nous lui avons accordé sa famille et le nombre semblable d’enfants : il a été rapporté qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām était romain de la descendance d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām et qu’il avait sept fils et sept filles et trois mille chameaux et sept mille moutons et cinq cent charrues. Et en plus de cela, il avait cinq cent esclaves et chaque esclave avait une femme et des enfants. Il avait des dattiers. Et Dieu lui a fait subir une épreuve. Dieu l’a éprouvé par la perte de ses enfants, par la perte de sa fortune et par la maladie dans son corps durant dix-huit ans. Et qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām ne s’est pas plaint.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’il retenait cet avis-là car il y a un ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān qui confirme cela.
La femme d’Ayyūb ʿalayhi s-salām était restée à ses côtés pendant tout ce temps-là. Un jour, elle lui a dit de demander à Dieu qu’Il le guérisse de sa maladie. Il a demandé à sa femme la durée qu’ils avaient passée dans une situation confortable avant sa maladie ; elle lui a dit : quatre-vingts ans. Il a dit : « j’ai honte de demander à Dieu de me délivrer de mon épreuve alors que la durée de l’épreuve n’a pas encore égalé la durée de l’aisance ». Quand Dieu l’a délivré de sa maladie, Il lui a ressuscité ces mêmes enfants qu’il avait perdus. Et il lui a donné le double.
C’est une miséricorde de Notre part et un rappel pour les adorateurs : ce qui est arrivé à Ayyūb est une miséricorde pour lui et c’est un rappel pour d’autres que lui afin que d’autres que lui patientent comme lui a patienté et qu’ils soient récompensés tout comme lui a été récompensé.
Verset 85 : et Ismāʿīl (le fils d’Ibrāhīm) et Idrīs (qui est le fils de šīṯ descendant d’Ādam) et Ḏu l-Kifl mentionne -les, Ḏu l-Kifl est le prophète Ilyās ou bien le prophète Zakariyyā ou bien le prophète Yūšāʿ fils de Nūn.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que c’est l’avis de certains mais en réalité Ḏu l-Kifl est un prophète autre que ceux-là. A ne pas confondre avec un homme qui s’appelle al-Kifl qui est un descendant d’Isrāʾīl. C’était un désobéissant puis il a fait le repentir.
Tous sont au nombre de ceux qui patientent : c’est-à-dire que tous ceux qui ont été cités font partie de ceux qui patientent.
Verset 86 : et Nous leur avons accordé Notre miséricorde : ici la miséricorde signifie le statut de prophète ou bien la grâce qui les attend dans l’au-delà.
Certes ils font partie de ceux qui sont vertueux : c’est-à-dire de ceux dont la vertu n’est pas souillée par une quelconque corruption.
A partir du verset 87, il est question du prophète Ḏu n-Nūn
Exégèse de sūratu l-ʾanbiyāʾ versets de 1 à 63
Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres. Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.
Toute chose qui va venir est proche.
Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.
Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).
Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.
« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.
C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.
Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ».
Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).
Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie. Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.
Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.
Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).
Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.
Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces
Ou c’est plutôt un poète
Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.
Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.
Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.
Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.
Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie
Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.
Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?
Cela veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.
La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.
Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».
Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».
Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.
Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.
Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.
Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.
La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.
Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.
Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.
Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.
Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).
Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.
Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.
N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.
Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.
qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée.
Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.
Verset 12 : quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation
C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.
Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.
Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.
Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.
Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.
Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé. C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.
Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.
Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).
Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –
Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.
Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.
Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.
Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,
Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.
Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.
Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,
De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.
Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».
Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre. « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.
Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.
Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)
Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »
Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.
« subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ». Or Dieu est absolument exempt de cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.
« law kāna fīhimā » : fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.
Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.
Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,
1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.
2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance
3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.
Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.
Et il est impossible que le dieu soit impuissant.
Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre que lui, il est possible que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement, cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on n’émette pas d’objection contre lui.
Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.
On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.
L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.
Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.
La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.
Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.
Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.
Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.
Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.
Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.
Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.
Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).
Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.
Et ils agissent conformément à Ses ordres.
Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.
Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.
Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.
Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.
Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.
Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer
C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer
C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.
Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.
Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.
Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).
Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.
Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.
Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.
Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.
Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?
Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.
Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.
Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī ) des piquets pour que la terre ne tremble pas. rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.
Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.
Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.
Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».
Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas. Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.
Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.
Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.
Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.
Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.
Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.
Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.
Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.
Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.
inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.
C’est la première explication qui vise l’être humain en général.
Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».
Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer. Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.
Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.
Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.
Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.
Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.
Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.
Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.
Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu. Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.
Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ? Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.
Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.
Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.
Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.
Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?
Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.
Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.
Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis. C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.
Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.
Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.
Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.
Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes. Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.
Verset 48 : Nous avons accordé à Mūsā et à Hārūn al-furqān qui est un éclairage et un rappel pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Il a été dit que ces trois caractéristiques (al-furqān, un éclairage et un rappel) sont les trois caractéristiques de la torah. al-furqān signifie ce qui permet de séparer entre le vrai et le faux et l’éclairage est ce qui permet d’éclairer, de montrer notre chemin, c’est ce qui permet de parvenir à la voie de la sauvegarde et le rappel c’est dans le sens de l’honneur ou de l’exhortation ou de l’avertissement, ou encore c’est le rappel de ce dont les gens auront besoin concernant leur religion. La structure du verset avec la conjonction de coordination « wa » est une structure qui permet d’énumérer la même chose, tout comme à propos de Yaḥyā, le cousin de notre maître ʿīsā, sayyidan il était un maitre, il était chaste et c’était un prophète. Et tu dis en arabe : je suis passé auprès de Zayd, l’honorable, le savant et le vertueux. Et ce qui est mentionné (ces trois caractéristiques) est utile pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Verset 49 : ceux qui craignent leur Seigneur quand ils sont tous seuls et qui craignent le jour du jugement. Quand on est seul, on est plus proche de la sincérité. Et ils craignent les stations importantes du jour du jugement.
Verset 50 : et celui-ci est une évocation bénie : ils’agit du Qur’ān qui comporte beaucoup de biens et qui est extrêmement bénéfique, Nous l’avons fait descendre sur Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Est-ce que vous reniez cela : c’est une interrogation de réprimande, de blâme. C’est-à-dire « est-ce que vous reniez donc sue ce livre soit révélé par Dieu ? »
Verset 51 : Nous avons accordé à Ibrāhīm la bonne guidée auparavant : c’est-à-dire avant Mūsā et Hārūn, ou bien avant Muḥammad. Et Nous savons : c’est un « Nous » de majesté et non pas un « nous » de pluriel, il indique que c’est Dieu qui parle à propos de Ibrāhīm ou bien à propos de sa bonne guidée, qu’il est apte à recevoir ce que Dieu lui accordé. Il lui a été accordé le statut de prophète.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, savait, avant même de recevoir la révélation que Dieu seul mérite la divinité. Certains se sont trompés, ils ont prétendu qu’Ibrāhīm al-Ġāzī avait pensé que l’astre était son dieu ainsi que le soleil également et que la lune. Puis ils disent que Dieu l’a guidé. Or ceci est faux. Et le Qur’ān confirme cela, le fait que Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, soit bien guidé, par ce verset. En effet Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam savait cela avant le débat qu’il a mené avec son peuple au sujet des astres qui ne sont pas des divinités. (ar-rušd) ici c’est la foi : le Qur’ān a innocenté Ibrāhīm de ce que pensent à tort certaines personnes. Et leur prétention que Ibrāhīm aurait prétendu que le soleil aurait été son dieu, puis la lune puis le soleil, cela contredit le Qur’ān. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ne connaisse Dieu, sans qu’il ne connaisse ce qui est possible au sujet de Dieu et ce qui est impossible à Son sujet. Et ceci avant même de recevoir la révélation du statut de prophète. Et Dieu dit à propos de Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, ce qui a pour sens : « Ibrāhīm n’était ni juif ni chrétien, il était sur l’Islam, à l‘écart de tout autre religion. Et il n’était pas au nombre des associateurs ». Al-Ġāzī (un exégète de la ville de Téhéran) a dit : « le plus authentique de l’explication de la parole d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam quand il a dit (hāḏā rabbī), est au titre de l’argumentation, il a établi la preuve contre son peuple. Ce n’était pas au titre de l’information. Dieu n’a pas blâmé d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam pour cela mais Il l’a mentionné par l’éloge et la glorification. Dieu lui a montré cela pour qu’il augmente en certitude ».
Verset 52 : Ibrāhīm disait à son père et à son peuple qu’est-ce donc ces représentations autour desquelles vous vous tenez. (Pour les adorer)
Le père d’Ibrāhīm s’appelait Āẓār et c’était un mécréant. Les représentations ici, ce sont les idoles qui ont l’aspect de fauves, d’oiseaux et d’humains. En disant « qu’est-ce donc », il feint d’ignorer ce qu’ils font, pour humilier leurs idoles, car il savait bien qu’ils les glorifiaient. Ils ont été incapables de donner une réponse à cela. Ils ont dit dans le verset suivant.
Verset 53 : ils ont dit nous avons trouvé nos ancêtres qui les adoraient.
Verset 54 : il (Ibrāhīm) leur a dit vous étiez, vous que vos parents, dans un profond égarement. Il vise par-là que ceux qui imitent (ceux à qui il s’adresse) et ceux qui sont imités (ce sont leurs ancêtres), tous deux se sont engagés dans une voie claire d’égarement qui n’échappe à aucune personne sensée.
Verset 55 : ils lui ont dit est-ce que tu es sérieux ou bien tu es en train de plaisanter ? Ils lui ont dit : tu veux vraiment qu’on abandonne l’adoration de nos idoles ? Ils ont considéré sérieusement le blâme qu’il leur avait fait. Et ils ne pensaient pas qu’ils étaient dans un état d’égarement. Ibrāhīm leur a répondu par le verset 56.
Verset 56 : il (Ibrāhīm) a dit non votre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre, c’est Lui Qui les a créés. Comment la créature serait-elle adorée au lieu d’adorer le créateur ?
Et moi je suis témoin de cela : c’est-à-dire qu’Ibrāhīm dit qu’il est témoin que Dieu est le créateur de ce que vous avez représentés et que vous vous êtes mis à adorer.
Verset 57 : par Dieu, je vais nuire à vos idoles et je vais les détruire. : ici c’est la lettre « ta » qui est employée pour jurer et pour marquer l’étonnement, car le fait de nuire aux idoles était quelque chose de difficile, face au pouvoir du gouverneur de l’époque Nabuchodonosor. Mais ici c’est pour marquer la facilité avec laquelle il va pouvoir détruire les idoles malgré cela.
Quand vous allez partir pour votre jour de fête : quand ils vont partir pour leur fête, ils vont laisser leur temple sans surveillance.
Ibrāhīm a dit cela à voix basse, à l’écart de son peuple. Mais un parmi eux l’a entendu. Notre maître Ibrāhīm a dit une parole qu’il ne faut pas prendre dans son sens apparent, quand il a dit « je suis malade » c’est-à-dire « je vais tomber malade ». Ceci pour ne pas se rendre avec eux à leur fête afin de pouvoir aller au temple où ils entreposent les idoles pour les détruire.
Verset 58 : il les a mis en pièces : Ibrāhīm a détruit ces idoles (il les a mises en morceaux) sauf la plus grande. Il a utilisé une hache pour les casser puis il a accroché la hache sur la plus grande des idoles.
Ceci dans le cas où son peuple se serait retourné vers la plus grande des idoles afin de savoir qui avait cassé les plus petites. Ceci pour leur montrer que l’idole est incapable de se défendre.
Verset 59 : ils ont dit qui donc a fait cela à nos idoles, c’est certes quelqu’un d’injuste. Cela signifie que celui qui a détruit ainsi nos idoles c’est quelqu’un d’extrêmement injuste parce qu’il a osé attaquer la divinité véritable (ce qu’ils considèrent comme mériter l’extrême glorification).
Verset 60 : ils ont dit nous avons entendu un jeune homme parler de nos idoles qui s’appelle Ibrāhīm.
Verset 61 : ils ont dit amenez-le devant tout le monde, comme ça ils vont témoigner. Ils (il s’agit de Nabuchodonosor et des nobles de son peuple) voulaient venger leurs idoles de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam : Ils ont dit « convoquez-le devant tout le monde », ils voulaient lui faire son procès, pour que les gens puissent témoigner de ce qu’ils auraient entendu. C’est comme si Nabuchodonosor et sa cour rapprochée ne voulaient pas punir Ibrāhīm sans preuve contre lui. Ou alors ils voulaient rassembler les gens pour qu’ils viennent pour témoigner de la punition.
Verset 62 : ils ont dit est-ce donc toi qui as fait cela à nos idoles, ô Ibrāhīm ?
Verset 63 : il a dit c’est la plus grande des idoles qui a fait cela : c’est comme s’il avait dit : c’est à cause de la plus grande.
- Ce n’est pas un mensonge quand il a dit cela mais c’est la réalité car c’est la plus grande des idoles qui avait amené Ibrāhīm à détruire les idoles. Ibrāhīm était exaspéré de leur exagération dans la glorification de la plus grande des idoles ; en effet ils l’embellissaient, ils lui donnaient des offrandes. C’est ce qui a amené Ibrāhīm à détruire les petites idoles et à humilier la plus grande. De sorte que l’attribution du verbe à la plus grande est à prendre au sens figuré.
- Comme quand il avait dit que Sārah était sa sœur alors qu’ils étaient en Egypte : cela ne voulait pas dire qu’ils avaient le même père mais cela voulait dire qu’elle était sa sœur en Islam.
Posez-leur la question si elles sont capables de prononcer (de parler) : Ibrāhīm leur a lancé un défi car les idoles ne peuvent pas parler, ce qui prouve encore une fois leur impuissance. Et ceci montre que son peuple était dans l’erreur.
40 Hadith an Nawawiyy : Hadith 2
D’après ^Oumar, que Allah l’agrée, il a dit : Tandis que nous étions assis auprès du Messager de Allah, un jour un homme est apparu portant des habits d’une extrême blancheur et des cheveux extrêmement noirs, on ne distinguait sur lui aucune trace de voyage, aucun de nous ne le connaissait. Il prit place auprès du Prophète, il a accolé ses genoux aux genoux du Prophète, il a posé ses mains sur les cuisses du Prophète et a dit :
« يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي عَنِ الإسْلامِ »
Ô Mouhammad parle-moi de l’Islam. Le Messager de Allah a dit :
((الإسْلامُ أَنْ تَشْهَدَ أَنْ لا إِلَهَ إِلا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّداً رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَتُقِيمَ الصَّلاةَ وَتُؤْتِيَ الزَّكَاةَ وَتَصُومَ رَمَضَانَ وَتَحُجَّ الْبَيْتَ إِنِ اسْتَطَعْتَ إِلَيْهِ سَبِيلاً ))
ce qui signifie : « L’Islam, c’est que tu témoignes qu’il n’est de dieu que Allah et que Mouhammad est le Messager de Allah, que tu accomplisses la prière, que tu t’acquittes de la zakat, que tu jeûnes Ramadan et que tu accomplisses le pèlerinage à la Maison sacrée si tu en es capable« . Il a dit :
« صَدَقْتَ »
« Tu as dit vrai« . Nous nous sommes alors étonnés à son sujet, il l’interroge puis il atteste de sa véracité. Il a dit :
« فَأَخْبِرْنِي عَنِ الإيمَانِ »
Parle-moi de la foi (al-‘iman). Le Prophète a dit :
((أَنْ تُؤْمِنَ بِاللَّهِ وَمَلائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّهِ ))
ce qui signifie : « C’est que tu crois en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers, au jour dernier, et que tu crois en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal« . Il lui a dit
« صَدَقْتَ »
« Tu as dit vrai« . Il lui a dit :
« فَأَخْبِرْنِي عَنِ الإحْسَانِ »
Parle-moi de al-‘ihsan. Le Prophète lui a dit :
((أَنْ تَعْبُدَ اللَّهَ كَأَنَّكَ تَرَاهُ فَإِنْ لَمْ تَكُنْ تَرَاهُ فَإِنَّهُ يَرَاكَ ))
ce qui signifie : « C’est que tu adores Allah comme si tu le voyais car si tu ne le vois pas, Lui Il te voit« . Il lui a dit :
« فَأَخْبِرْنِي عَنِ السَّاعَةِ »
Parle-moi de l’Heure annonçant le jour du jugement, le Prophète a dit :
((مَا الْمَسْئُولُ عَنْهَا بِأَعْلَمَ مِنَ السَّائِلِ ))
ce qui signifie : « Celui qui a été interrogé n’en a pas plus de connaissance que celui qui interroge« . Il lui a dit :
« فَأَخْبِرْنِي عَنْ أَمَارَتِهَا »
Parle-moi de ses signes annonciateurs. Le Prophète a dit :
((أَنْ تَلِدَ الأمَةُ رَبَّتَهَا وَأَنْ تَرَى الْحُفَاةَ الْعُرَاةَ الْعَالَةَ رِعَاءَ الشَّاءِ يَتَطَاوَلُونَ فِي الْبُنْيَانِ ))
ce qui signifie : « Que la femme esclave donne naissance à sa maîtresse, que tu voies les gens qui étaient nu-pieds, mal habillés, pauvres qui étaient hébergés construire des bâtiments en hauteur« . Puis il s’en est allé. Je suis resté longtemps, puis le Prophète a dit :
((يَا عُمَرُ أَتَدْرِي مَنِ السَّائِلُ ))
ce qui signifie : « Ô ^Oumar, sais-tu qui a posé ces questions ?« , je lui ai dit :
« اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ »
« Allah ta^ala sait plus que tout autre et Son prophète sait« . Il m’a dit :
((فَإِنَّهُ جِبْرِيلُ أَتَاكُمْ يُعَلِّمُكُمْ دِينَكُمْ ))
ce qui signifie : « Il s’agit de Jibril, il est venu vous enseigner votre religion«
[Rapporté par Mouslim].
Commentaire du hadîth
Ce hadîth éminent a englobé tous les actes réguliers apparents et intérieurs, les sciences de la Loi de l’Islam se réfèrent à ce hadîth dérivent de ce hadîth en raison de ce qu’il comporte comme informations générales englobant la science de la sounnah. Ce hadîth constitue une référence pour la sounnah comme la Fâtihah est une référence pour le Qour’ân en raison de ce que la Fâtihah englobe comme sens du Qour’ân.
Il y a dans ce hadîth une indication quant au fait de soigner ses vêtements et son aspect, ainsi que de veiller à son hygiène lorsqu’on rend visite aux savants, aux gens de mérite et aux rois, car certes Jibrîl était venu pour enseigner aux gens par son comportement et par sa parole.
Sa parole « lâ yourâ ˆalayhi ‘atharou s-safar » ce qui est célèbre c’est avec la dammah sur le yâ’ qui est à la voie passif dont le sujet n’est pas cité, et il y a certains qui rapporte une version à la première personne du pluriel (lâ narâ) et les deux sont corrects.
Sa parole « wawadaˆa kaffayhi ˆalâ fakhidhayh, waqâla : yâ Mouhammad » c’est la version la plus célèbre et la plus authentique, et An-Naçâ’iyy l’a rapporté dans le même sens, il a dit « fawadaˆa yadayhi ˆalâ roukbatayyi n-nabiyy » alors cela lève l’ambiguïté qu’il y a dans les termes du livre de Mouslim [car le pronom rattaché aux genoux peut se rapporter au Prophète ou à Jibrîl lui-même, alors la version de An-Naçâ’iyy à lever cette ambivalence][1].
En outre, on déduit de ce hadîth que l’Islam et la foi sont deux réalités différentes, selon la langue et selon la Loi, et c’est cela la règle d’origine concernant les noms qui sont différents, mais il arrive par extension que la Loi emploie l’un des deux termes pour désigner l’autre par figure de style.
Sa parole qui signifie « Nous nous sommes alors étonnés à son sujet, il l’interroge puis il atteste de sa véracité » et ils étaient surpris de cela car ce que le Prophète a amené comme information sont des informations que l’on ne peut connaitre que par son intermédiaire, et celui-là qui pose la question n’est pas connu pour avoir rencontré le Prophète ni d’avoir entendu de lui ces informations, par ailleurs celui qui a posé la question l’a posé de la manière de celui qui est sûr de lui-même connaissant la réponse, alors ils se sont étonné de cela.
Sa parole qui signifie : « Que tu crois en Dieu, en Ses anges[2] et en Ses livres » et la foi en Dieu c’est d’avoir pour conviction que Allâh qui est exempt de tous défauts existe, qu’Il a les attributs de perfection, qu’Il est exempt de tous caractères d’imperfection, et qu’Il est unique, qu’Il n’a besoin de rien et que tout autre a besoin de Lui, qu’Il est Le Créateur de toutes les créatures, Il fait changer ce qu’Il veut comme Il le veut et Il fait dans ce qui Lui appartient ce qu’Il veut[3].
Quant à la foi aux anges c’est de confirmer qu’ils sont des esclaves honorés, qu’ils ne désobéissent pas et qu’ils font ce qui leur est ordonné[4].
Et la foi aux messagers de Dieu c’est de croire qu’ils sont véridique en ce qu’ils ont informé de la part de Dieu, et Il leur a accordé des miracles[5]. Et qu’ils transmettent de la part de Dieu le message et qu’ils ont exposé aux personnes responsables ce que Allâh leur a ordonné, qu’il est un devoir de les respecter et de ne pas faire de différence entre aucun d’entre eux (dans le sens qu’ils sont tous envoyés par Dieu).
La foi au jour dernier, c’est de croire au jour du jugement et ce qu’il englobe comme résurrection après la mort, le rassemblement, l’exposition des actes, la balance, le pont, le paradis et l’enfer et qu’ils sont des demeures de récompenses et de rétributions pour ceux qui ont agit en bien et pour ce qui ont agit en mal, et d’autre sujets de parmi ce qui est authentifié.
La foi en la prédestination c’est de croire en la véracité de ce qui a précédé, et le résumé de cela est ce qui est indiqué par Sa parole taˆâlâ :
{وَاللَّهُ خَلَقَكُمْ وَمَا تَعْمَلُونَ (96)}
[Sourate Aṣ-Ṣāffāt 96]
{إِنَّا كُلَّ شَيْءٍ خَلَقْنَاهُ بِقَدَرٍ (49)}
[Sourate Al-Qamar 49], et d’autres versets tels que cela. Il y a aussi la parole du Prophète adressée à Ibnou ˆAbbâs :
واعلَم أنَّ الأمَّةَ لو اجتَمعت علَى أن ينفَعوكَ بشَيءٍ لم يَنفعوكَ إلَّا بشيءٍ قد كتبَهُ اللَّهُ لَكَ ، وإن اجتَمَعوا على أن يضرُّوكَ بشَيءٍ لم يَضرُّوكَ إلَّا بشيءٍ قد كتبَهُ اللَّهُ عليكَ ، رُفِعَتِ الأقلامُ وجفَّتِ الصُّحفُ
Qui signifie : « Sache que si la communauté se réunissait pour te faire profiter par quelque chose, ils ne te profiteraient que par une chose que Allâh t’a prédestiné, et s’ils se réunissaient pour te nuire par une chose ils ne te nuiraient que par une chose que Allâh t’a prédestiné, les qalam sont levés et les feuilles ont séchées »[6].
La voie qui a été suivi par les prédécesseurs et les imams qui ont suivis est que, celui qui croit fermement à ces sujets sans aucun doute, sans hésitation, est un croyant véritablement, que cela soit par des preuves catégoriques ou par une croyance catégorique.
Et sa parole au sujet de al-‘ihsân :
أن تعبدَ الله كأنك تراه
Qui signifie : « Que tu adores Dieu comme si tu le voyais[7] » jusqu’à la fin, cela revient à la bonne maitrise des actes d’adoration, et de respecter les droits de Dieu, de se surveiller et d’avoir présent dans son cœur l’éminence de Dieu lorsque les actes d’adorations sont accomplit[8].
Quant à sa parole : « Alors informe-moi au sujet de ses signes »[9], et « al-’amah » ici c’est la femme esclave qui peut enfanter de son maître, « rabbatahâ » c’est la maîtresse, et il est rapporté dans une version « baˆlouha », en effet il est rapporté d’un campagnard qu’il a été interrogé sur sa chamelle, il a dit : je suis baˆlouhâ, et on appelle le mari baˆl, mais ici dans le hadîth c’est « rabbatahâ » au féminin, et il y a eu divergence sur l’explication de sa parole :
أَنْ تَلِدَ الأمَةُ رَبَّتَهَا
Il a été dit que le sens est que les musulmans vont s’emparer des pays de mécréance, il y aura donc beaucoup d’esclave et la femme esclave donnera beaucoup d’enfants à son maître, ses enfants auront le statut de son maître en raison de l’honneur du père, par conséquent parmi les condition de l’heure que les musulmans s’emparent des associateurs, qu’il y ait beaucoup de conquête et d’esclave, et il a été dit que les états vont se corrompre au point que les maîtres vont vendre les mères de leurs enfants, qu’elles vont changer de mains en mains jusqu’à que son propre enfant l’achète un jour sans s’en rendre compte, et donc selon cette explication parmi les conditions de l’heure que l’ignorance va prévaloir au point que les gens vont ignorer qu’il est interdit de vendre la mère de ses enfants. Et il a été dit que cela veut dire que le grand tort aux parent va se multiplier de la part des enfants, de sorte l’enfant va se comporter avec sa mère comme le maître se comporte envers sa femme esclave, en l’humiliant et en l’insultant.
« Al-ˆâlah » ce sont les pauvres.
En outre, il y a dans le hadîth le caractère déconseillé lorsqu’il n’y a pas de besoin de construire en hauteur, il est certes rapporté du Prophète qu’il a dit :
يُؤجَرُ ابنُ آدمَ في كل شئٍ إلا ما وَضَعَه في هذا التراب
Ce qui signifie : « Le fils de ‘Âdam recevra des récompenses pour chaque chose hormis ce qu’il place dans cette terre »[10] puis le Messager de Dieu est mort sans avoir posé une pierre sur une pierre, c’est-à-dire sans avoir construit, sans avoir élevé en hauteur ni chercher le confort en cela.
Sa parole « riˆâ’a ch-châ’ », ceux qui font paître les troupeaux, car en général ils sont les plus démunis des gens de la campagne, cela veut dire que malgré leur faiblesse et leur éloignement des causes de subsistance, contrairement à ceux qui possèdent des chameaux qui en général ne sont pas pauvres.
Et sa parole « walabithtou maliyyâ », je suis resté un temps, et il a été rapporté à la voie passive c’est-à-dire que le Prophète est resté un temps, et les deux versions sont correctes, et sa parole « maliyyâ » c’est-à-dire une longue période, et certains ont dit trois jours, c’est parvenu ainsi pour expliquer dans une version rapporté par Aboû Dâwoûd et autre.
Sa parole « ‘Atâkoum youˆallimoukoum dînakoum », il est venu à vous vous enseigner votre religion, c’est-à-dire les règles de votre religion ou les sujets fondamentaux de votre religion, le chaykh Mouhyi d-Dîn [An-Nawawiyy] a dit cela concernant ce hadîth dans son commentaire du Sahîh de Mouslim.
Le plus important dans ce hadîth est l’explication de l’Islam, de la foi et de al-‘ihsân, l’obligation de la foi en confirmant la toute puissance de Dieu, et il a mentionné[11] pour l’explication de l’Islam et de la foi beaucoup de paroles de savants, parmi lesquelles ce qu’il a rapporté de l’imam Aboû l-Houçayn connu sous le nom de Ibnou Battâl le malikite, qui a dit que la voie des sunnites, qu’ils fassent partie du Salaf ou du Khalaf, que la foi ce sont des paroles et des actes, qui augmente et qui diminue, pour preuve la parole de Dieu :
{ لِيَزْدَادُوا إِيمَانًا مَعَ إِيمَانِهِمْ ۗ }
[Sourate Al-Fatḥ 4]
Qui signifie : « Pour que leur foi augmente » et ce qui est de cet ordre parmi les versets. Certains savants ont dit que la croyance cela n’augmente pas et ne diminue pas, et la foi légale (les actes et paroles) elle augmente et diminue, ses profits augmentent et il s’agit des actes, et elle diminue. Ils ont dit qu’il y a en cela une conciliation entre ce qui apparait des textes dans lesquelles sont parvenus l’augmentation de la foi avec son statut d’origine dans la langue, ce qui ont dit cela ont dit que ce qui est le plus plausible, et Dieu sait plus que tout autre, c’est que la croyance, sa certitude augmente par la réflexion sur les preuves, c’est pour cela que la foi des siddîq est plus forte que la foi d’autre qu’eux, de sorte qu’ils ne sont pas atteint par les tentatives de mise en doute par des arguties, leur foi ne vacille pas suite à un évènement, leur cœur demeure ferme et éclairé par la foi quelque soit leurs états, quant à autre qu’eux comme ceux qui vienne d’entrer en Islam ou ceux qui leur sont semblables ne sont pas comme ça et on ne peut pas le renier, il n’y a pas de doute sur la certitude de la foi de Aboû Bakr As-Siddîq, que Dieu l’agrée, que c’est une foi qui n’est pas équivalent à la foi de n’importe qui d’autre, c’est pour cela que Al-Boukhâriyy a dit dans son Sahîh que Aboû Moulaykatah a dit : j’ai rencontré trente hommes de parmi les compagnons du Messager de Dieu, chacun d’entre craignait pour lui-même l’hypocrisie, aucun d’entre eux ne disait qu’il avait la foi de Jibrîl et de Mîkâ’îl. Quant au fait d’employer le terme de al-îmân pour des actes, ceci fait l’objet de l’accord des gens de la vérité, les preuves sont nombreuses à ce sujet, Allâh taˆâlâ dit :
{ وَمَا كَانَ اللَّهُ لِيُضِيعَ إِيمَانَكُمْ ۚ }
[Sourate Al-Baqarah 143]
Qui vient dans le sens de vos prières, et il est rapporté du chaykh Aboû ˆAmr Ibnou Salâh concernant sa parole qui signifie : « L’Islam c’est que tu témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu et que Mouhammad est le Messager de Dieu, que tu accomplisse la prière » jusqu’à la fin, et il a expliqué la foi par sa parole : « C’est que tu crois en Dieu, en Ses anges » jusqu’à la fin, il a dit, que Dieu lui fasse miséricorde : il y a là l’indication de la base de la foi, il s’agit de la croyance qui est dans le cœur, et l’explication de la base de l’Islam qui est la soumission apparente, et le jugement de l’Islam par l’apparence est confirmé dans les deux témoignages, cependant il a ajouté la prière la zakât, le jeûne et le pèlerinage parce que ce sont les rites les plus apparent dans la représentation de l’Islam, en les accomplissant sa soumission est valide.
De plus, le nom de al-îmân englobe ce par quoi a été expliqué l’Islam dans ce hadîth, et l’ensemble des actes d’adoration du fait qu’ils sont les fruits de la croyance cachée qui est la base de la foi, c’est pour cela que ne rentre pas dans la définition du croyant (mou’min) dit dans l’absolu celui qui commet les grands péchés, ou qui délaisse les obligations, car un nom cité dans l’absolu désigne la forme complète de ce qui est désigné par ce nom et on ne l’utilise pas pour ce qui en est incomplet, sauf s’il y a une précision, et il est valable dans l’absolu ce qu’a dit le Prophète :
Dans le sens : « Le fornicateur n’est pas croyant lorsqu’il accomplit la fornication, et le voleur n’est pas croyant lorsqu’il vole »[12].
Et le nom al-‘islâm englobe également ce qui est la base de al-‘îmân qui est la croyance par le cœur, et il englobe la base des actes d’adorations car tout cela est soumission, il a dit : et cela vient de ce que nous avons mentionné que la foi et l’Islam se rejoignent et se différencient, et si tous les croyant sont des musulmans, ce n’est pas tous musulmans[13] qui sont croyants …[14]
[1] Jibrîl est apparu au Messager une fois sous sa véritable apparence, il remplissait ce qu’il y a entre le ciel et la terre, il avait six-cent ailes, et une fois il est apparu sous une apparence humaine sans l’organe génital masculin. Les anges, parfois ils viennent sous l’apparence d’oiseau et parfois sous l’apparence d’humain avec un bel aspect et portant de beaux vêtements, comme cet ange qui est apparu au compagnon honorable Al-‘Irbâd ibnou Sâriyah lorsqu’il était devenu âgé et qu’il avait commencer à sentir la faiblesse dans son corps et qu’il avait craint de lui-même une corruption, dans le sens qu’il a craint qu’il manque à des obligations, ou qu’il provienne de lui quelque chose qui ne soit pas digne de la totale soumission à Dieu, alors il s’est mis à invoquer ô Allâh mon corps est devenu faible, mes os sont devenus fragiles, alors fais moi mourir sans que je ne tombe dans le désobéissance, il s’est mis donc à espérer la mort dans un bon état avant d’être sujet à la corruption. C’est alors que lui est apparu un très beau jeune homme qui portait des habits verts sur du vert qui lui dit : ne dis pas cela, alors le compagnon lui demanda : que dis-je ô mon neveu ? il lui répondit : « Allâhoumma hassini l-ˆamal wa ballighi l-‘ajal » alors le compagnon lui demanda : et qui es-tu ô mon neveu ? il pensait qu’il était un humain, et il lui répondit : je suis Ratâ’îl celui qui ôte la tristesse du cœur des vertueux. Ceci est arrivé dans la mosquée des Omeyyades à Damas. L’apparence d’origine des anges c’est qu’ils sont pourvus d’ailes impalpables, non pas comme les oiseaux, les oiseaux leurs corps sont palpables tandis que les anges dans leur aspect d’origine ils sont plus impalpable que le vent. Les anges peuvent prendre des formes avec un corps palpable ou impalpable. Les jinn ont été crée impalpable plus impalpable que l’air, cependant il prenne parfois forme humaine, ou d’un serpent, ou d’un oiseau, un chat ou un chien, et les mécréants parmi eux aiment prendre l’apparence d’un chien noir. Les jinn sont également capable de prendre l’aspect d’un saint.
[2] Les anges sont des corps de lumière dans leur création d’origine, et Allâh leur a donné la capacité de se métamorphoser en homme mais sans l’organe génital masculin, c’est-à-dire sans les orifices de sortie de l’urine et des selles, c’est seulement par l’aspect extérieur. Ils ont des corps impalpables, leur âme est plus impalpable que leur corps, ils une raison, ils ont une âme et ont une volonté, ils ne sont pas comme les feuilles poussées par le vent et qui n’ont pas de volonté, mais les anges ont une volonté et un choix, cependant ils ne choisissent que l’obéissance par la volonté de Dieu.
[3] La foi en Dieu, c’est-à-dire de Le connaitre selon ce qui est digne de Lui, et il est un devoir de l’exempter de toute ressemblance avec les créatures, en effet les créatures sont de deux sortes : les corps impalpables et les corps palpables = = et les caractéristiques des corps. Les caractéristiques des corps c’est ce qui caractérise les corps palpables et impalpables, est compris dans cela le temps, l’endroit et l’espace. Donc, celui qui a cru au sujet de Dieu serait un corps impalpable ou un corps palpable il n’aura pas connu Allâh, et celui qui a eu pour croyance que Dieu aurait une des caractéristiques des corps il n’aura pas connu Allâh. Le corps impalpable c’est ce qui ne peut être palper avec la main (palper ici c’est de toucher en appuyant légèrement) comme la lumière, l’obscurité et l’âme. Quant au corps palpable c’est ce qui peut être palper par la main. Et concernant les caractéristiques c’est ce qui est une caractéristique pour ces deux corps : les corps palpable et les corps impalpable, et les caractéristiques des corps sont nombreux, les couleurs, les mouvements et les immobilités sont parmi les caractéristiques, la chaleur et la froideur sont parmi les caractéristiques, l’humidité et la sécheresse sont parmi les caractéristiques, l’odeur et le gout font parties des caractéristiques, les odeurs font partie des caractéristiques des corps et autre que cela, il s’agit d’une quarantaine de caractéristiques. Toutes ces caractéristiques sont des créatures de Dieu et le Créateur n’en n’est pas caractérisé. Il est un devoir de croire que Allâh n’est pas du tout concerné par la quantité, celui qui a cru que Dieu serait étendu à l’infini est mécréant, ou celui qui a cru que Dieu serait de la taille du ciel, ou celui qui a cru que Dieu serait de la taille du trône, ou plus petit, tous ceux-là notre maître ˆAliyy les a déclaré mécréants, car il a dit que Dieu l’agrée :
من زعم أن إلهنا محدود فقد جهل الخالق المعبود
Ce qui a pour sens : « Celui qui prétend que notre Dieu est limité alors il n’a pas connu le Créateur Celui qui est adoré », ainsi lorsque les savants des fondements disent que Allâh n’a pas de limite, c’est-à-dire qu’Il n’a pas de quantité dans l’absolu, Il n’a pas une petite quantité, ni une grande quantité, ni une quantité intermédiaire, car ce qui a une limite a besoin de qui lui a donné sa limite, de qui lui a accordé cette quantité et cette limite qu’il a, et celui qui a besoin d’autrui n’est pas un dieu, le hâfidh Az-Zabîdiyy a dit : celui qui a prétendu que Allâh aurait une quantité et une taille est mécréant, et cela – c’est-à-dire que Allâh n’est pas un corps impalpable ni un corps palpable, Il n’est pas une caractéristique de corps et Il n’est pas sujet aux caractéristiques des corps, tout cela est tiré du Qour’ân et confirmé par la raison. Pour ce qui est du Qour’ân, c’est tel que Sa parole taˆâlâ :
{ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ ۖ }
[Sourate Ach-Choūrā 11]. A partir de cela, les gens de la vérité qu’ils fussent parmi les savants du hadîth ou les savants des fondements ou de la jurisprudence ont dit : les versets qui pourrait donner l’illusion que Dieu serait un corps, ou qu’Il serait sujet au caractéristiques des corps, c’est-à-dire qu’Il en serait caractérisé, il n’est pas permis de donner à ces versets leur sens apparent, on les récite tout comme il sont parvenu, comme il ont été révélés, cependant nous n’avons pas pour croyance qu’ils sont selon leurs sens apparents. Quant aux hadîth prophétique, ce dont le sens apparent laisse suggérer les contraire de ce verset par son sens apparent, alors s’ils sont parvenus par une chaîne de transmission authentique selon les spécialiste du hadîth, alors on rapporte ce hadîth mais on ne l’explique pas selon son sens apparent. Les savants des fondements et du hadîth ont dit : tout hadîth qui donne l’illusion d’avoir un sens qui est faux et qui n’admet pas une interprétation [parce que dans la langue ce n’a qu’un sens, un sens qui est faux] alors ce hadîth est infondé. Quant aux mouhaddith, a cité cette règle le grand hafîdh, l’orateur Al-Baghdâdiyy dans son livre « Al-Faqîhou wal-Moutafaqqih » et ailleurs, il a dit : « La Loi ne vient pas avec quelque chose que la raison n’accepte » c’est-à-dire qu’elle ne vient qu’avec ce que la raison accepte, or la raison n’accepte pas que Dieu serait localisé dans le ciel, car celui qui est localisé dans une direction et un endroit est un corps, soit c’est un corps de petite taille soit un corps de grande taille, or la raison n’accepte pas que le Créateur des corps soit Lui-même un corps. Est-ce que l’humain crée un humain comme lui, ou un animal, ou un oiseau, ou une lumière, ou une obscurité, que ce soit un corps palpable ou corps impalpable ? la raison ne l’accepte pas. Donc, tout hadîth dont son sens apparent pourrait laisser croire que Dieu serait un corps, ou qu’Il serait attribué par une chose de parmi les caractéristiques des corps c’est rejeté, ainsi, la croyance que Dieu serait un corps, ou qu’Il aurait un volume ou une taille, ou qu’Il serait assis, ou au-dessus du trône, ou qu’Il aurait une quantité, ou une localisation dans une direction, ou qu’Il serait dans un endroit ou dans tous les endroits, tout cela est de la mécréance qui fait sortir de l’Islam, de même celui qui le fait ressembler par quoi que ce soit de parmi Ses créatures, même par une seule des caractéristiques des créatures.
En outre, Ach-Châfiˆiyy a dit, que Dieu l’agrée :
من قال أو اعتقد أنَّ الله جالسٌ على العرش فهو كافر
Ce qui signifie : « Celui qui dit ou croit que Dieu serait assis sur le trône est un mécréant », rapporté par Ibnou l-Mouˆallim Al-Qourachiyy dans son livre « Najmou l-Mouhtadiyy waRajmou l-Mouˆtadiyy » page 551.
Et il a dit, que Dieu l’agrée :
المجسّم كافر
Ce qui signifie : « Les corporalistes sont des mécréants » rapporté par le hâfidh As-Souyoûtiyy dans son livre « Al-‘Achbâhou wan-Nadhâ’ir » en page 488.
Et l’imam ‘Ahmad Ibnou Hanbal a dit, que Dieu l’agrée :
من قال إن الله جسم لا كالأجسام كفر
Ce qui signifie : « Celui qui dit que Dieu est un corps pas comme les corps est mécréant » rapporté par le hâfidh Badrou d-Dîn Az-Zarkachiyy dans son livre « Tachnîfou l-Maçâmiˆ » quatrième volume page 648.
Et l’imam Mouhammad Ibnou Badrou d-Dîn Ibnou Balbân Ad-Dimachqiyy le hanbalite, mort en 1083 de l’hégire dans son livre « Moukhtasarou l-‘Ifâdât » page 489 a dit : donc celui qui a cru ou qui a dit que Dieu par Son Être est dans tous les endroit ou dans un endroit alors il est mécréant.
Aboû Hanîfah a dit dans sa Wasiyyah : celui qui a dit qu’un attribut de Dieu est entré en existence, ou qui a douté, ou qui ne prend pas position est mécréant. =
= De plus, le savant hanafite le Chaykh ˆAbdou l-Ghaniyy An-Nâboulçiyy dans son livre « ‘Asrârou ch-Charîˆah » a dit que celui qui croit que Dieu est une lumière qui emplit les cieux et la terre, ou qu’Il est un corps assis au-dessus du trône est certes mécréant, et même s’il prétend être musulman, fin de citation. En raison de ce que cela contredit les preuves rationnelles catégoriques. De plus, le Qour’ân honoré nous a guidé dans plus d’un passage à prendre en considération la raison, ainsi parmi ceux-là il se trouve la parole de Dieu :
{ فَاعْتَبِرُوا يَا أُولِي الْأَبْصَارِ }
[Sourate Al-Ḥashr 2], ce qui signifie : « Observez bien ô vous qui êtes doté de raison », et Sa parole :
{أَوَلَمْ يَنْظُرُوا فِي مَلَكُوتِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَمَا خَلَقَ اللَّهُ مِنْ شَيْءٍ }
[Sourate Al-A`rāf 185], ce qui signifie : « N’ont-ils pas observez la souveraineté de Dieu dans les cieux et dans la terre, et ce que Dieu a créé comme chose ». Cela veut dire que ces mécréants ne méditent pas sur le monde céleste ni sur le monde terrestre, si sur ce que Dieu a créé autre que ces deux, tout cela indique l’existence de Dieu, tout cela indique Sa divinité et l’absence de toute ressemblance avec autre que Lui. La louange est à Allâh, Dieu a guidé les sunnites a bien comprendre la preuve textuelle : le Qour’ân et le hadîth, et la preuve rationnelle, et les sunnites ont rassemblé entre les deux preuves, la preuve rationnelle et la preuve textuelle, et la louange et à Dieu.
[4] Allâh taˆâlâ dit :
{اللَّهُ يَصْطَفِي مِنَ الْمَلَائِكَةِ رُسُلًا وَمِنَ النَّاسِ ۚ }
[Sourate Al-Ḥajj 75], ce qui signifie : « Dieu choisit parmi les anges des messagers et de parmi les humains » c’est-à-dire que Dieu a élu d’entre les anges un groupe à qui Il a accordé un degré supérieur sur les autres, les meilleurs et les plus spécifiques sont Jibrîl, Mîkâ’îl, Isrâfîl, ˆAzrâ’îl, Ridwân l’ange gardien du paradis, Mâlik l’ange gardien de l’enfer, les anges portant le trône, et le meilleur de tous les anges particuliers et leur président est Jibrîl. Les anges, leur apparence d’origine n’est pas comme celles des humains, mais ils sont des créatures particulières, ils sont des créatures de lumière, il ne sont ni mâle ni femelle, les anges ne mangent pas et ne boivent pas, ils ne dorment pas, ils ne défèquent pas ni n’urinent, ils ne désobéissent pas en ce qui leur a été ordonné et ils font ce qui leur a été ordonné, et chaque ange a deux ailes, ou quatre, ou six ou plus que cela, Allâh taˆâlâ dit :
{ الْحَمْدُ لِلَّهِ فَاطِرِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ جَاعِلِ الْمَلَائِكَةِ رُسُلًا أُولِي أَجْنِحَةٍ مَثْنَىٰ وَثُلَاثَ وَرُبَاعَ ۚ يَزِيدُ فِي الْخَلْقِ مَا يَشَاءُ ۚ إِنَّ اللَّهَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ }
[Sourate Fāṭir 1]
Ce qui signifie : « La louange est à Allâh le Créateur des cieux et de la terre qui a fait de certains anges des messagers, ils ont des paires d’ailes, deux, trois ou quatre. Il ajoute dans Sa création ce qu’Il veut, certes Allâh est sur toutes choses tout puissant ».
Notre maitre Jibrîl a six-cent ailes, et il se trouve des anges qui ont plus que Jibrîl, mais du pont de vue du mérite il est celui qui a le plus au degré selon Dieu. Une fois, le Messager était à La Mecque, il était dans un endroit qu’on appelle ‘Ajyâd, alors Jibrîl lui dit : demande à ton Seigneur de me voir sous ma véritable apparence. Il a demandé et il lui est apparu à partir du levant et à caché ce qui est du levant au couchant, le Messager de Dieu s’est alors évanoui, Jibrîl a repris une apparence humaine, apirs le Messager avec lui et l’a serré contre lui, ensuite le Messager de Dieu a dit :
يَا جِبْرِيلُ مَا ظَنَنْتُ أَنَّ اللَّهَ تعالى خَلَقَ أَحَدًا عَلَى مثل هذه الصورة
Ce qui signifie : « Ô Jibrîl, je n’ai pas pensé que Allâh taˆâlâ a crée une créature avec un tel aspect », et Jibrîl a dit : certes Dieu m’a crée avec six-cent ailes mais je n’en ai ouverte que deux, et Allâh a créé Isrâfîl avec six-cent ailes sauf qu’une seule de ses ailes est de la même taille que l’ensemble de mes ailes.
[5] Sache que la voie pour reconnaitre le prophète c’est le miracle (mouˆjizah). Et le sens du miracle c’est que c’est un signe qui témoigne que cette personne qui dit de lui-même qu’il est un prophète de Dieu qu’il est bien un prophète de Dieu et qu’il est véridique. Et le miracle est une chose d’extraordinaire qui vient en conformité avec ce que dit celui qui prétend la prophétie, il ne peut être contredit par une chose semblable, c’est-à-dire que les incrédules ne sont pas capable de faire quelque chose de semblable.
Utilité importante : le miracle, il n’est pas une condition qu’il ait lieu suite à un défi, cependant il est une condition qu’il soit valide à constituer un défi.
Les chose qui sont étonnantes mais qui ne sorte pas de l’ordinaire ce ne sont pas des miracles. De même, ce qui est extraordinaire mais qui ne s’accompagne pas d’une prétention à la prophétie, comme les choses extraordinaire qui arrive aux saints qui suivent les prophètes, il ne s’agit pas de miracle mais on les nomme prodige (karâmah). Celui qui suit le prophète véritablement, d’une manière complète, il accomplit les devoirs, il évite les interdits et il multiplie les actes surérogatoires, alors la chose extraordinaire qui peut apparaitre entre ses mains on dit de cela un prodige, et on ne dit pas un miracle car le saint ne prétend qu’il est un prophète, sinon il n’aurait pas eu de prodige, et tous prodige qui arrive aux mains de ce saint c’est un miracle pour le prophète qui est suivi. =
= Et de même, ne constitue pas un miracle ce qui peut être opposé par quelque chose de semblable comme la sorcellerie, en effet il peut lui être opposé quelque chose de semblable. La sorcellerie ne s’appelle pas miracle car la sorcellerie, un autre sorcier peut faire la même chose, quant au miracle les opposant ne peuvent pas amener quoi que ce soit de semblable.
[6] Rapporté par At-Tirmidhiyy.
[7] Il est un devoir de croire que Allâh taˆâlâ n’est pas vu dans le bas-monde, cependant le Messager L’a vu dans la nuit de l’ascension par son cœur, et il ne l’a pas vu par ses yeux comme l’a dit Ibnou ˆAbbâs dans ce qu’a rapporté Mouslim « Mouhammad a vu son Seigneur par son cœur à deux reprise », et il est un devoir de croire que Allâh sera vu par les croyants dans l’au-delà alors qu’ils seront au paradis, ils le verront sont comment, ni assimilation et sans direction, c’est-à-dire qu’Il est taˆâlâ sans direction ni endroit, ce sont eux qui seront dans leur endroit au paradis Le voyant d’une vision dans laquelle ils n’auront aucun doute, ils ne se demanderont pas si ce qu’ils voient c’est Dieu ou autre, tout comme celui qui voit la lune une nuit de pleine lune sans nuages, il ne doute pas que ce qu’il a vu est bien la lune, en cela il y a la parole du Messager :
إنَّكُمْ سَتَرَوْنَ رَبَّكُمْ يَومَ القِيَامَةِ كما تَرَوْنَ القَمر ليلة البدر، لا تُضَامُونَ في رُؤْيَتِهِ
Qui signifie : « Certes vous verrez votre Seigneur au jour dernier comme vous voyez la lune une nuit de pleine lune, vous ne vous bousculerez pas pour Le voir » rapporté par Mouslim (ils ne se bousculeront pas pour Le voir, et cela est une preuve qu’Il est sans endroit, car les gens s’ils veulent voir celui qui est dans un endroit particulier, alors ils vont se bousculer pour le voir, ceux qui sont proches le verront et ceux qui sont loin ne le verront pas, ils vont de bousculer. Il y a aussi dans ce hadîth la preuve que Allâh est sans endroit). Le Messager a comparé notre vision de Dieu par le fait qu’elle ne comporte aucun doute à la vision de la lune une nuit de pleine lune, il n’a donc pas comparé Dieu avec la lune comme le prétendent certains grands ignorants, si on leur cite ce hadîth ils s’imaginent que Dieu ressemble à la lune et ceci est de la mécréance, cela fait sortir de l’Islam, quant à la preuve de la vision des croyants de leur Seigneur dans l’au-delà est Sa parole taˆâlâ :
{وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ نَاضِرَةٌ (22) إِلَىٰ رَبِّهَا نَاظِرَةٌ (23)}
[Sourate Al-Qiyāmah 22 – 23] qui signifie : « Des visages en ce jour resplendissants ; voyant leur Seigneur », et il a dit :
واعلموا أنَّكُم لن ترَوا ربَّكُم حتَّى تموتوا
Ce qui signifie : « Sachez que vous ne verrez pas votre Seigneur jusqu’à ce que vous mourriez » rapporté par Al-Bayhaqiyy et autre que lui. Ainsi, Dieu sera vu dans l’au-delà sans direction, les croyants le verront sans un aspect, sans faire face, sans une distance, sans qu’Il ne soit dans la direction du haut, ni la direction du bas, ni devant, ni derrière, ni à droite, ni à gauche, car certes pas une chose n’est tel que Lui.
[8] Le degré de al-‘ihsân est le plus haut des degrés dans la religion, puis dans ce degré même il comprend des degrés inférieurs et supérieurs, et le plus haut des degrés fût atteint par Aboû Bakr, on ne trouve pas après les prophètes quelqu’un parmi les humains qui ait un degré supérieur à celui de Aboû Bakr dans son ascèse, dans sa modestie, dans sa crainte envers Dieu, dans sa présence dans le cœur, dans son courage et son audace à dire la vérité, il est le musulman ayant le plus haut des degrés de al-ihsân après les prophètes, et en dessous de lui il y a des degrés, et tous ceux qui sont arrivés à ce degré ont toujours le cœur présent, c’est-à-dire qu’ils ont présent dans leur cœur la crainte de Dieu et Sa glorification comme s’ils Le voyaient, et malgré le fait qu’ils ne Le voient pas ils le craignent comme s’ils Le voyaient, voici le degré de al-ihsân, et lorsque la personne atteint le degré de al-ihsân l’adoration devient un plaisir pour lui, c’est pour cela que certains saints lorsqu’ils commencent la prière ils la prolongent. Notre maître ˆOuthmân terminait le Qour’ân en une seule rakˆah pour ce qu’ils trouvait comme grand plaisir, joie et bonheur, ceux-là sont les gens du degré de al-ihsân. Un des saints aimait tellement la prière il est sorti de chez lui vers un endroit comme une forêt comportant des arbres et il s’est mis a prier là-bas pour faire beaucoup de prière. Alors qu’il était ainsi dans la prière, il était pris par son amour pour Dieu, alors il est resté debout deux mois sans manger, sans boire, sans bouger, comme s’il était un morceau de bois, des gens lui ont ramené de la nourriture et du miel, ils disent : peut-être va-t-il se reposer dans la nuit et manger, alors que lui ne prêtait pas attention à eux et ne remarquait même pas leur présence, quand ils revenaient le lendemain ils retrouvaient la nourriture telle quelle, et après deux mois il a quitter cette région, tellement il trouvait du plaisir et de la joie, il est entré dans la prière et il s’est absenté.
Une personne s’est dit : je vais rester à le surveiller chaque nuit, peut-être se repose-t-il dans la nuit, , il a dit : je suis resté toute la nuit auprès de lui à l’observer et je n’ai pas vu qu’il bougeait, ce saint, après qu’il ait eu cette absence, il est parti vers un autre endroit, il y a vécu et les gens ont profité de lui. Il s’est plongé dans un océan d’amour pour Dieu, il a oublié sa propre personne et il a oublié le temps, il ne ressent même pas le besoin de manger ou de boire durant ce temps. Ce saint, durant la période dans laquelle il n’était pas conscient il n’a pas a rattraper.
[9] De parmi ses signes : la disparition totale des montagnes à partir de leur base, la multiplication des tremblement de terre, la multiplication de maladies inconnues auparavant, la multiplication des charlatans et des orateurs de mal, et tout cela s’est produit. Parmi cela aussi la prétention de certaines personnes à la prophétie et ceci a eu lieu également, de même le changement des saisons, l’été devient comme l’hiver et l’hiver devient comme l’été, aussi la diminution de la science religieuse et la multiplication de l’ignorance, c’est-à-dire l’ignorance de la science religieuse, et cela a eu lieu, la multiplication du meurtre et de l’injustice, le temps qui passe plus vite, la multiplication des marchés, l’attaque des différentes communautés sur la communauté de Mouhammad comme s’ils attaquaient un plat de nourriture qu’ils entourent de toutes parts, et tout cela à eu lieu.
Et de parmi les petits signes il y a l’apparition de du Mahdiyy.
[10] Rapporté par Al-Boukhâriyy et autre.
[11] C’est-à-dire An-Nawawiyy.
[12] An-Nawawiyy a dit dans le commentaire de Mouslim, chapitre de la diminution de la foi par les péchés : sa parole :
Qui signifie : « Le fornicateur n’est pas croyant lorsqu’il accomplit la fornication, et le voleur n’est pas croyant lorsqu’il vole, et le buveur d’alcool n’est pas croyant lorsqu’il boit » avec ses différentes versions, ceci est un hadîth sur lequel les savants ont divergés quant à sa signification, l’avis correct est ce qu’on dit les authentificateurs, que le croyant qui commet ces péchés sa foi n’est pas complète, ceci est parmi les termes généraux qui renient ce qui n’est pas complet, il veut par cela la négation de sa complétude dans la foi, comme lorsqu’on dit : il n’y a de science que celle qui profite, ou : il n’y a pas de biens si ce n’est les chameaux, ou : il n’y pas de vie en dehors de la vie de l’au-delà, et nous avons expliqué de cette manière en raison du hadîth de Aboû Dharr et autre :
Qui signifie : « Celui qui a dit qu’il n’est de Dieu que Dieu il entrera au paradis, et même s’il a forniqué et même s’il a volé » …
[13] Il vise par cela la soumission apparente, c’est-à-dire que ce n’est pas toute personne qui montre l’islam qui est croyant.
[14] Al-îmân dans la langue c’est l’acceptation, dans la Loi c’est une acceptation particulière, et il s’agit d’accepter ce par quoi est venu le Messager de Dieu. Quant à al-islâm dans la langue c’est la soumission, et dans la Loi c’est une soumission particulière, c’est de se soumettre à ce par quoi est venu le Prophète en prononçant les deux témoignages.
Al-Qourtoubiyy a dit : « le sens de : {وَلَٰكِنْ قُولُوا أَسْلَمْنَا}
{قَالَتِ الْأَعْرَابُ آمَنَّا ۖ قُلْ لَمْ تُؤْمِنُوا وَلَٰكِنْ قُولُوا أَسْلَمْنَا وَلَمَّا يَدْخُلِ الْإِيمَانُ فِي قُلُوبِكُمْ ۖ }
[Sourate Al-Ḥujurāt 14] c’est-à-dire : nous nous sommes soumis par crainte de la mort et de la captivité et ceci est la caractéristique des hypocrites ». Il n’y a pas dance ce verset que ces bédouin seraient des musulman (mouslim) véritablement sans être des croyants.
Celui qui croit en Dieu et en Son Messager , qui accomplit les obligations, qui évite les interdits, celui-là est muslman croyant et sa foi est complète, quant à celui qui délaisse certaines obligations comme les cinq prières, ou qu’il commette certains péchés comme de profiter du gain usuraire ou boire de l’alcool, celui-là est un musulman croyant et sa foi est incomplète. L’imam Aboû Hanîfah a dit :
« Al-‘Islâm et al-‘îmân vont de pair, ils sont tous deux comme le recto et le verso ».
Biographies : Le Chaykh Abdou lLaah Al-Harariyy
LE CHAYKH 3ABDOU L LAAH AL-HARARIYY
Son nom et sa naissance :
Il est l’honorable savant, le modèle des experts en authentification et le doyen de ceux qui examinent scrupuleusement la compatibilité des textes, celui qui est à la tête des savants qui œuvrent pour la religion, l’Imam, le Mouhaddith, le pieux ascète, le vertueux, celui qui persévère dans l’adoration, celui qui possède les dons éminents, le Chaykh Abou ^Abdi r-Rahman ^Abdou l-Lah fils de Mouhammad fils de Youçouf fils de ^Abdou l-Lah fils de Jami^ Al-Harariyy Ach-Chaybiyy Al-^Abdariyy, le Moufti (Jurisconsulte) de Harar. Il est né dans la ville de Harar, aux environs de l’an 1328 de l’Hégire (1910).
Son évolution et ses déplacements :
Il a grandi dans une famille modeste, aimant la science de la religion et les gens de science. Il a donc appris le Qour’an honoré avec mémorisation, psalmodie et maîtrise à l’âge de sept ans, puis il s’est entièrement consacré à puiser dans les océans de la science. Il a ainsi appris par cœur un certain nombre de manuels de base dans différents domaines de la science. Puis il a accordé son attention à la science du Hadith et a ainsi appris par cœur les six livres et d’autres encore, avec leurs chaînes de transmission, à tel point qu’il a été autorisé à donner des avis de jurisprudence et à transmettre le Hadith alors qu’il n’avait pas même dix-huit ans.
Il s’est distingué à travers toutes les régions de l’Ethiopie et de la Somalie en surclassant ses pairs dans la science de la biographie des hommes de la transmission du Hadith et de leurs niveaux respectifs. Il s’est également distingué par la mémorisation des manuels de base et l’approfondissement des sciences de la Sounnah, de la langue, de l’exégèse, de l’héritage et d’autres encore, à tel point qu’il n’est pas de science islamique connue qu’il n’ait étudiée et dans laquelle il ne soit compétent.
Son intelligence et sa mémoire exceptionnelle lui ont permis d’approfondir sa connaissance dans le fiqh Chafi^ite, les règles fondamentales de constitution du fiqh selon Ach-Chafi^iyy et les points de différence d’avis dans l’école. C’est également le cas dans le fiqh ma1ikite, hanafite et hanbalite, à tel point qu’il est devenu celui que les gens désignent et recommandent de visiter et auprès de qui les gens des contrées éthiopiennes et somaliennes se rendaient, jusqu’à ce qu’on lui accorde le poste de Moufti de Harar et de ses environs.
Il a appris le fiqh chafi^ite, les règles fondamentales de constitution selon Ach-Chafi^iyy et la grammaire arabe de plusieurs savants et maîtres parmi lesquels il y a le savant et maître le Chaykh Mouhammad Siraj Al-Jabartiyy le Moufti de l’Ethiopie. Il a appris les sciences de la langue arabe entre autres Chaykh et en particulier, du Chaykh Ahmad Al-Basir.
Il a étudié le fiqh des trois autres écoles ainsi que leurs règles fondamentales de constitution de plusieurs savants parmi lesquels il y a le Chaykh Mouhammad Al-^Arabiyy Al-Façiyy. Il a appris la science de l’exégèse du Chaykh Charif Al-Habachiyy, dans sa ville Jimmah, et il a pris la science du Hadith et les sciences attenantes de très nombreux savants. Parmi les plus honorables d’entre eux il y a le Chaykh Abou Bakr Mouhammad Siraj Al-Jabartiyy, Moufti de l’Ethiopie et le Chaykh ^Abdou r-Rahman ^Abdou l-Lah Al-Habachiyy ainsi que d’autres.
Puis il est parti vers La Mecque et ses savants avec lesquels il a fait connaissance. Parmi eux le Chaykh Mouhammad Yaçin Al-Fadaniyy. I1 a aussi fait partie de l’auditoire du Chaykh Mouhammad Al-^Arabiyy At-Tabban. Il a aussi rencontré le Chaykh vertueux, le Mouhaddith et spécialiste de la récitation du Qour’an Ahmad ^Abdou l-Mouttalib, Chaykh des spécialistes des sciences de la lecture du Qour’an à la mosquée de La Mecque. Il a appris de lui les quatorze versions de lecture ainsi que davantage de science du Hadith et il a obtenu de sa part une licence.
Il est parti par la suite à Médine l’Illuminée où il a établi des liens avec ses savants et où il a appris encore du Hadith du Mouhaddith le Chaykh Mouhammad fils de ^Aliyy As–Siddiqiyy Al-Bakriyy Al-Hanafiyy qui l’a autorisé à transmettre le Hadith.
Puis, il s’est dirigé vers Damas. Les habitants de la ville lui ont fait bon accueil, d’autant que venait de décéder le Mouhaddith, le Chaykh Badrou d-Din Al-Haçaniyy, que Allah lui fasse miséricorde. Puis, lorsqu’il a habité Damas, il a appris du Chaykh Mahmoud Fayiz Ad-Dir^ataniyy, le résident à Damas et son spécialiste de la lecture du Qour’an. Puis il s’est déplacé dans le pays du Cham. Sa renommée n’a cessé de croître, les savants du Cham ainsi que les étudiants le fréquentaient assidûment, il a donc fait connaissance avec ses savants et ils ont tiré profit de sa science. Ils ont témoigné de son mérite et ont reconnu son haut degré dans la science. Il est devenu célèbre dans le pays du Cham comme étant « le successeur du Chaykh Badrou d-Din Al-Haçaniyy » et comme étant « le Mouhaddith du pays du Cham ». Par ailleurs, de nombreux savants et spécialistes du fiqh du Cham lui ont rendu hommage, parmi eux le Chaykh Abou l-Yousr ^Abidin, Moufti de la Syrie, le Chaykh Nouh de la Jordanie, le docteur Al-Halwaniyy, Chaykh des spécialistes de la lecture du Qour’an en Syrie. De même le Chaykh ^Outhman Sirajou d-Din de la descendance du Chaykh ^Ala‘ou d-Din, maître des Naqchabandiyy en son temps, a fait son éloge et une correspondance fraternelle et scientifique s’est établie entre eux. Ont fait son éloge également le Chaykh ^Abdou l-Karim Al-Bayyariyy, l’enseignant à la mosquée Al-Hadra Al-Kaylaniyyah à Bagdad, le Chaykh Mouhammad Zahid Al-Islambouliyy, le Chaykh Mouhammad Al-Hanafiyy qui est l’un des plus célèbres savants turcs œuvrant actuellement dans ces contrées, les deux Chaykh ^Abdou l-Lah et ^Abdou l-^Aziz Al-Ghoummariyy qui sont les deux Mouhaddith des contrées marocaines, le Chaykh Mouhammad Yaçin Al-Fadaniyy le Mecquois, Chaykh du Hadith et des chaînes de transmission à l’Institut des sciences de religion à La Mecque honorée (Dar Al-^ouloum ad-Diniyyah). De nombreuses autres personnalités lui ont encore rendu hommage.
Il est arrivé à Beyrouth en l’an 1370 de l’Hégire (1950). Il a été l’hôte des plus grands Chaykh de cette ville, tels le Chaykh le Qadi (Juge) Mouhyi d-Din Al-^Ajouz, le Chaykh et Conseiller Mouhammad Ach-Charif. Le Chaykh Baha‘ou d-Din Al-Kilaniyy s’est réuni avec le Chaykh ^Abdou l-Lah chez le Chaykh Mouhammad Ach-Charif et il a tiré profit de lui dans la science du Hadith.
Le Chaykh Moukhtar Al-^Alayli, l’ancien responsable de la fatwa, que Allah lui fasse miséricorde, s’est réuni avec le Chaykh ^Abdou l-Lah et a reconnu son mérite et son haut degré dans la science. Il a préparé la prise en charge de son installation à Beyrouth par Dar Al-Fatwa, afin qu’il puisse se déplacer dans les différentes mosquées pour y diriger des assemblées de sciences, et ceci par une autorisation écrite du Chaykh Moukhtar.
Il est décédé que Dieu lui fasse miséricorde le mois de Ramadan de l’année 1429 H 2008. Il est enterré à Beyrouth.
1- Al-Harariyy : de Harar, région de la corne africaine (Ethiopie) ayant une histoire islamique glorieuse et qui a vu naître sur son sol beaucoup de savants et de saints.
2- Al-^Abdariyy : de la descendance de ^Abdou d-Dar, qui est une branche de la tribu de Qousayy fils de Kilab, le quatrième arrière-grand-père du Prophète
3- Hadith -Tradition prophétique – : parole, fait ou événement rapporté du Prophète ou de ses compagnons, que Allah les agrée.
4- Les six livres sont les recueils de Hadith les plus importants de la Tradition : AI-Boukhariyy, Mouslim, An-Naça‘iyy, Abou Dawoud, At-Tirmidhiyy, Ibnou Majah.
5- Fiqh : science de la jurisprudence des lois de l’Islam.
6- Chafi^ite : relatif à Ach-Chafi^iyy, le grand savant Qouraychite, l’un des plus illustres jurisconsultes musulmans, que Allah lui fasse miséricorde, il a pris la science de l’Imam Malik à Médine et ce dernier l’a autorisé à donner des avis de jurisprudence alors qu’il n’avait que quinze ans. Puis, il est parti en Irak et il a appris chez les élèves de l’Imam Abou Hanifah. Il a rencontré l’Imam Ahmad que Allah leur fasse miséricorde à tous.
Noter prophète : Les manifestations de l’amour du Salaf et des Imams illustres pour le Prophète
Les manifestations de l’amour du Salaf et des Imams illustres pour le Prophète
Il y a eu beaucoup de nouvelles qui ont été rapportées du Salaf vertueux (c’est-à-dire les musulmans des trois premiers siècles de l’Hégire) et des Imams illustres qui indiquent leur profond amour pour leur prophète et le fait qu’ils se languissaient de lui. Le prophète a dit : « min ‘achaddi ‘oummati li houbban ‘ounasoun yakounouna ba^di yawaddou ‘ahadouhoum law ra’ani bi ‘ahlihi wa malihi » ce qui signifie : « les gens de ma communauté qui m’aimeront le plus, ce sont des gens qui vont venir après moi. L’un d’entre eux serait prêt à sacrifier sa famille et ses biens pour me voir » et le prophète a dit dans un autre hadith : « wadidtou law ra’aytou ahbabi » ce qui signifie : « j’aurai souhaité voir mes bien-aimés ». Les compagnons lui ont dit : « mais ne sommes-nous pas tes biens aimés ô messager de Allah ? ». Il a répondu : « ‘antoum ‘as–habi, ‘ahbabi al-ladhina ya’touna min ba^di yawaddou ‘ahadouhoum ‘an law ra’ani bi ‘ahlihi wa malih » ce qui signifie : « vous, vous êtes mes compagnons, mais mes bien-aimés ce sont ceux qui viendront après moi. L’un d’entre-eux serait prêt à sacrifier sa famille et ses biens pour me voir ».
Parmi les paroles rapportés du Salaf vertueux, les paroles et les nouvelles qui manifestaient leur amour pour leur prophète, et le fait qu’ils étaient attachés à lui durant sa vie et après sa mort c’est que ^Amr ibnou l-^As a dit : « il n’y avait personne que j’aimais plus que le messager de Allah ». D’après ^Abdah, la fille de Khalid ibnou Ma^dan elle parlait de son père et elle disait : « Khalid n’allait pas dormir sans citer son profond amour pour le messager de Allah, pour ses compagnons, qu’ils soient mouhajiroun (émigrants) ou ‘ansar (partisans). Il les mentionnait et il disait : ce sont eux ma famille, ce sont eux mon clan, c’est à eux que mon cœur s’attendrit. Je me languis d’eux. O Seigneur fais que je les rejoigne rapidement, et il disait cela jusqu’à dormir ». Il a été rapporté qu’une femme des ‘ansar, des partisans, c’est-à-dire des musulmans de Médine a apprit que son père, son frère et son mari ont été tués le jour de la bataille de ‘Ouhoud, ils étaient auprès du messager de Allah. Elle a dit : « comment vas le messager de Allah ? ». On lui a répondu : « il va bien par la grâce de Allah, il va comme tu le souhaites ». Elle a dit alors : « montre-le moi que je puisse le voir » et quand elle a vu le prophète, elle a dit : « toute épreuve après toi est comme rien du tout ». Un jour ^Aliyy ibnou Abi Talib, que Allah l’honore davantage, a été interrogé : « comment vous aimiez le messager de Allah ? ». Alors notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, a répondu : « par Allah, nous l’aimions plus que nos biens, plus que nos enfants, plus que nos parents, plus que nos pères et mères et plus que l’eau fraîche pour celui qui est assoiffé ». D’après Zayd ibnou ‘Aslam, il a dit : « ^Oumar ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée était sorti faire son inspection de nuit (il avait instauré une bonne innovation, c’est qu’il sortait de nuit et inspectait les musulmans : comment est l’état des musulmans, il regardait s’il y avait quelqu’un à qui il manquait quelque chose, c’était une innovation qu’il avait instauré, que le sultan, le calife, le responsable sorte et inspecte les gens la nuit pour voir s’il ne leur manque pas quelque chose. De nos jours certains parents peut-être n’inspectent même pas leurs enfants au lit pour voir s’ils sont bien couvert ou pas. Lui il sortait de chez lui et il passait et contrôlait les gens). Alors il a vu une lumière allumée dans une maison et une vieille femme qui était en train de filer de la laine et elle disait de la poésie. Elle disait :
^ala Mouhammadin salatou l-‘abrar
salla ^alayhi t–tayyibouna l-‘akhyar
qad kounta qawwaman boukan bi l-‘as-har
ya layta chi^ri wa l-manaya ‘atwar
hal tajma^ouni wa habibi d-dar
Que Allah honore et élève d’avantage le prophète Mouhammad
Ce sont les bons et les meilleurs qui ont fait des invocations en sa faveur
Puis dans sa poésie elle s’adressait au prophète et elle disait :
Tu veillais les nuits en pleurant par crainte de Allah
Quand est ce que la mort viendra et je pourrai venir te rejoindre
Notre maître ^Oumar que Allah l’agrée s’est assis et s’est mis à pleurer. Il a demandé qu’elle parle avec lui.
Il a été rapporté que le compagnon glorieux ^Abdou l-Lah, fils de ^Oumar ibnou l-Khattab, que Allah les agrée tous les deux, une fois sa jambe s’est comme paralysée. On lui a dit : « cite la personne que tu aimes le plus, tu guériras ». Alors il a dit : « Ya Mouhammadan », il a appelé le prophète. C’est alors qu’il guérit sur le coup.
Information utile : L’imam Al-Boukhariyy dans son livre al-‘adabou l-moufrad, a dit qu’il était permis d’appeler le prophète après sa mort en disant « Ya Mouhammad », « Ô Mouhammad ».
Ibnou s-Sounniy a également cité cela dans son livre ^amalou l-yawmi wa l-laylah. Le texte de ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy dans al-‘adabou l-moufrad, son livre, il a dit : « la jambe du fils de ^Oumar s’est comme paralysée. Un homme lui a alors dit : cite la personne que tu aimes le plus, celle qui est le plus cher pour toi. Il a dit : « Ya Mouhammad », « Ô Mouhammad ». Cette quasi-paralysie de sa jambe, c’est-à-dire que sa jambe c’est comme si elle n’a plus de sensibilité, ce n’est pas le simple fourmillement. Certains ne comprennent pas ce hadith, ils pensent que c’est comme si la jambe se met à fourmiller, mais ce n’est pas le simple fourmillement de jambe, c’est une quasi-paralysie, la jambe ne sent plus rien. Lorsque Bilal Al-Habachiy que Allah l’agrée, qui était le mou’adh-dhin, celui qui appelait à la prière pour le messager, quand il était près de mourir, sa femme s’est mise à dire : « Ô qu’il est grand mon chagrin », parce qu’elle voyait que son mari était prés de mourir. C’est alors que Bilal lui a répondu : « qu’il est grand mon bonheur : Demain je vais rejoindre mes bien-aimés, Mouhammad et ses compagnons ».
Il a été rapporté qu’une femme avait dit à ^A’ichah, que Allah l’agrée, elle lui avait dit après le décès du prophète élu : « montre-moi la tombe du messager de Allah ». ^A’ichah a alors dévoilé la tombe et c’est alors que cette femme s’est mise à pleurer en face de la tombe honorée jusqu’à ce qu’elle soit morte tellement elle se languissait du prophète et l’aimait.
Parmi les nouvelles qui nous sont parvenues au sujet de l’immense amour que les compagnons éprouvaient envers leur prophète, et comment ils faisaient tout pour qu’il ne lui arrive aucun mal, aucune nuisance : lorsque les gens de La Mecque, qui étaient à l’époque encore mécréants, ont emmené Zayd ibnou d-dathnah, ils l’ont fait sortir de al-haram, l’enceinte sacré de La Mecque pour le tuer alors que Zayd était un compagnon du prophète. Abou Soufiyan ibnou Harb qui était mécréant lui a dit : « je te demande par Allah ô Zayd, est-ce que tu aurais aimé que Mouhammad soit à ta place maintenant entre nos mains et qu’on lui tranche le cou et que toi tu sois parmi les gens de ta famille, tranquille ? ». Alors Zayd, que Allah l’agrée lui a répondu : « Par Allah, je ne voudrai pas que Mouhammad, qui est à la place où il est maintenant, je ne voudrai même pas qu’il soit touché par une épine. Alors que moi je serai assis avec les gens de ma famille ». Et Abou Soufiyan a dit : « je n’ai pas vu des gens qui aimaient plus quelqu’un que les compagnons de Mouhammad qui aimaient le prophète Mouhammad ».
Ce qui nous indique le grand attachement des compagnons, leur grand amour pour le messager éminent, il y a ce qui s’est passé lors de la bataille de ‘Ouhoud. Lorsque les archers (ceux qui devaient être positionnés pour couvrir les musulmans qui combattaient. Le Prophète les avait placés sur une hauteur, le mont des archers jabalou r-roumat, ils étaient là normalement pour surveiller que les musulmans ne soient pas attaqués par derrière) avaient contredit la parole du prophète, ils avaient quitté leurs positions alors que le prophète leur avait dit ce qui signifie : « même si vous voyez que nous sommes en train de gagner la bataille, vous ne quittez pas vos positions » et eux ont désobéi, ils ont quitté leurs position. C’est alors que les musulmans n’ont plus été couverts, et les associateurs sont venus pour les attaquer par derrière. Il y a eu beaucoup de morts parmi les musulmans à cette occasion là. Et à cette occasion, les compagnons du prophète ont manifesté leur grand attachement pour le prophète. Ils étaient devenus comme une forteresse : par leur corps ils avaient constitué comme une forteresse autour du prophète et ils protégeaient le prophète par leurs corps et ils tombaient les uns à la suite des autres sous les flèches des associateurs au point que nombre d’entre eux furent tués à cette occasion là. Tout cela manifestant leur amour pour leur prophète et leur guide éminent et oeuvrant conformément à la parole de Allah : « an-nabiyyou ‘awla bi l-mou’minina min ‘anfousihim » [sourat Al-‘Ahzab / 6].
Parmi ce qui est rapporté également concernant le sacrifice des compagnons, que Allah les agrée, le sacrifice qu’ils ont fait pour leur prophète, ils sacrifiaient leurs âmes et leurs corps le jour de la bataille de ‘Ouhoud. Lorsque les gens n’avaient pas écouté la parole du prophète et que parce qu’ils n’avaient pas écouté la parole du prophète ils avaient perdu, mais le prophète il ne perd jamais. On ne dit pas que le prophète a perdu une bataille, le prophète est toujours gagnant. Ce sont ceux qui n’ont pas écouté sa parole qui ont perdu.
Le compagnon honorable Abou Talhah, que Allah l’agrée a protégé le prophète et il était debout pour le protéger et porter son bouclier. Il protégeait le prophète avec son propre corps et son bouclier. Et Abou Talhah était un homme adroit dans le lancer. Le prophète surveillait la bataille mais Abou Talhah lui disait : « s’il te plait ne te découvre pas sinon tu risques d’être atteint par une flèche. Je préfère que ce soit moi qui meurt et pas toi ».
Abou Doujanah également, que Allah l’agrée, a protégé le messager de Allah par son corps. Son corps était comme un bouclier pour le prophète et les flèches tombaient sur son dos alors qu’il était penché sur le messager de Allah pour le couvrir jusqu’à ce qu’il meure lui et cinq autres avec lui qui protégeaient le messager de Allah par leurs corps. Ils ont sacrifiés leurs âmes pour le prophète et ils ont obtenu la gloire du martyr. Le dernier d’entre eux était ^Amarah ibnou Yazid que Allah l’agrée qui lui aussi protégeait et combattait jusqu’à ce que ses blessures l’aient achevé. Quand ce compagnon était tout plein de blessure et qu’il allait bientôt mourir, le messager de Allah, lui qui a le cœur tendre et miséricordieux a dit aux autres : « ‘adnouhou minni », ce qui signifie : « rapprochez-le de moi » et le prophète a posé la tête de ce compagnon blessé sur son pied honoré et ce compagnon est mort avec sa joue contre la jambe du messager de Allah.
Parmi ce qui indique le grand amour des compagnons pour leur prophète et le grand attachement de leur cœur à le voir et le fait qu’ils ne supportaient pas de la quitter, c’est qu’un homme est venu un jour voir le prophète élu et lui a dit : « Ô messager de Allah je t’aime plus que ma famille et mes biens. Chaque fois que je te cite, je ne peux pas patienter jusqu’à venir te voir. J’ai pensé, le jour où moi je vais mourir et que toi tu vas mourir, j’ai su que toi lorsque tu rentreras au paradis, tu y entreras en haut du paradis avec les prophètes et que si moi j’y rentre je ne t’y verrai pas ». Alors Allah tabaraka wa ta^ala a révélé Sa parole : « wa man youti^i l-Laha wa r-rasoula fa‘oula’ika ma^a l-ladhina ‘an^ama l-Lahou ^alayhim m-mina n-nabiyyina wa s–siddiqina wa ch-chouhada’i wa s–salihina wa hasouna ‘oula’ika rafiqa » [sourat An-Niça’ / 69], c’est-à-dire dans cette ‘ayah nous comprenons que ceux qui obéissent à Allah et au messager ceux-là seront avec le prophète, les véridiques, les martyrs et les vertueux et quelle meilleure compagnie que la compagnie de ces gens-là.
Le prophète a demandé qu’on lui ramène cet homme et il lui a récité cette ‘ayah pour lui égayer le cœur. Dans le hadith de ‘Anas, que Allah l’agrée, le prophète a dit : « man ‘ahabbani kana ma^i fi l-jannah », ce qui signifie : « celui qui m’aime sera avec moi au paradis ».
Information utile : le messager de Allah a dit : « al-mar’ou ma^a man ‘ahabb », c’est-à-dire que Allah ta^ala réunit l’homme avec celui qu’il aime s’il fait partie des vertueux. Au jour du jugement, si quelqu’un aimait quelqu’un de vertueux, il sera avec lui au jour du jugement.
Parmi les manifestations claires également de l’amour des compagnons envers leur prophète, et que leur cœur était attaché à l’accompagner même après sa mort, il y a ce qu’a rapporté Mouslim que Rabi^ah ibnou Ka^b Al-‘Aslamiy qui avait été un certain moment au service du messager de Allah. Le messager de Allah lui a dit un jour pour le rétribuer, car ce compagnon était à son service : « salni », ce qui signifie : « demande quelque chose je, le ferai » c’est-à-dire par rétribution. C’est alors que ce compagnon a demandé au messager de Allah d’être avec lui au paradis. Le messager de Allah ne l’a pas blâmé pour cela. Il ne lui a pas dit, ce n’est pas bien ce que tu demandes. Mais par modestie, le prophète lui a dit : « ‘aw ghayra dhalik » ce qui signifie : « ou autre chose ». Mais le compagnon lui a dit : « non c’est ce que je veux ». Alors le prophète lui a dit : « fa’a^inni ^ala nafsika bi kathrati s-soujoud », ce qui signifie : « œuvre, accompli beaucoup des prières surérogatoires, peut-être que ce sera une cause pour que tu sois exaucé ».
Information utile : ce hadith honoré dans lequel ce compagnon honorable Rabi^ah ibnou Ka^b, que Allah l’agrée avait demandé au messager de Allah d’être avec lui au paradis par rétribution pour son service à lui dans le bas monde. Ce hadith constitue une preuve claire qu’il est permis de demander à autre que Allah ta^ala quelque chose qu’il n’est pas habituel de demander. Il a demandé au prophète d’être avec lui au paradis, il a demandé à autre que Allah. Et lui demander d’être au paradis, ça n’est pas quelque chose d’habituel, les gens habituellement ne demandent pas ça. Donc ce hadith est une preuve qu’il est permis de demander à autre que Allah ce qu’il n’est pas habituel de demander contrairement à ce que disent ces perturbateurs qui renient le tawassoul, les wahhabites ou prétendus salafites. Ils disent le contraire, ils déforment. Ils prétendent qu’il n’est pas permis de demander à autre que Allah et qu’il n’est pas permis de demander ce qui n’est pas habituel. Ils ont ramené des règles de leur tête. Nous, nous suivons le hadith du prophète et des compagnons ou ces gens là ? On suite le prophète et ses compagnons, mais eux c’est comme si leur cœur est voilé, c’est comme si tu parles avec le vent. Ces gens ont ramené une nouvelle religion et avec leur argent ils la diffusent. Ils prennent des jeunes qui n’ont pas vécu dans les pays musulmans, qui n’ont pas appris ou même ceux qui ont vécu dans les pays musulmans et ils les détournent, ils sèment parmi eux leur mauvaise religion. S’ils l’ont propagée, c’est avec l’argent car le fondateur de leur secte wahhabite est apparu il y a plus de 250 ans et il n’a pas réussi à attirer des gens. C’est seulement lorsqu’ils ont découvert du pétrole qu’ils ont réussi à diffuser leur mauvaise croyance et pourtant ils n’ont rien changé, c’est toujours la même chose. Avant ils n’avaient pas d’argent, ils n’avaient pas de client maintenant qu’ils ont l’argent ils trouvent des clients.
Ils disent : « comment tu demandes à quelqu’un qui lui aussi est dans le besoin ?! », c’est soit disant la réplique qu’ils ont trouvée ! Quand on leur dit qu’il est permis de demander à autre que Allah quelque chose qu’il n’est pas habituel de demander, comme ce compagnon, ils disent : « comment tu demandes à quelqu’un qui lui-même est dans le besoin ?! ». La réplique est que le messager de Allah qui lui aussi ne se passe pas de Allah, il a toujours besoin de Allah a dit à son propre serviteur ce qui signifie : « demande-moi ce que tu veux ». C’est le prophète qui a pris l’initiative de lui dire de demander et le compagnon qui connaît certainement la religion de l’Islam mieux que ces wahhabites a demandé. Le prophète ne lui a pas dit : « tu as fait quelque chose de mal, pourquoi tu demandes à quelqu’un qui lui-même est dans le besoin ». Ces gens-là sont très loin de la religion du prophète.
Les gens de la vérité, parmi les savants ont dit : « il est permis de demander au prophète qu’il soit vivant ou mort et il est également permis de demander à un saint qu’il soit vivant ou mort. Cela n’est pas contraire à la loi de l’islam et cela ne représente pas une adoration d’autre que Allah » tout comme le prétendent ces perturbés, ces perturbateurs qui renient le tawassoul. L’adoration comme l’ont définie les linguistes, les spécialistes de la langue, c’est : « ghayatou l-khouchou^i wa l-khoudou^ » c’est-à-dire l’extrême limite de l’humilité, de la crainte et de la soumission. On comprend à partir de là que le simple tawassoul, la simple demande d’aide ou de renfort par le prophète ou par un saint et lui demander qu’il soit vivant ou mort, cela n’est pas une adoration pour celui à qui on demande cela car ce n’est pas une extrême limite d’une soumission, ce n’est pas une forme d’association. Les prophètes et les saints tout comme l’ont dit les savants de la vérité peuvent agir, accomplir certaine chose durant leur vie et après leur mort. Tout cela par la volonté de Allah. Allah ta^ala fait que s’Il veut, ce saint sort de sa tombe, il fait ce que Allah veut qu’il fasse et il revient. N’est ce pas que Allah est sur toute chose tout puissant. Qu’est ce qui empêche cela ? Rien du point de vue de la raison n’empêche cela, rien. C’est quelque chose de possible selon la raison.
Parmi ce qui est parvenu au sujet de l’amour des compagnons envers le prophète élu, il y a la visite qu’ils lui font après sa mort et le tabarrouk, c’est-à-dire la recherche des bénédictions par sa tombe honorée, il y a ce qu’à, rapporté Bilal Al-Habachiy, que Allah l’agrée, le mou’adh-dhin du messager de Allah. Il avait quitté Médine l’illuminée après la mort du prophète et il était parti s’installer au pays de Ach-Cham. Il a vu dans son rêve le messager de Allah lui dire dans le rêve ce qui signifie : « tu fais preuve là d’une froideur ô Bilal. Le moment de venir me rendre visite n’est donc pas encore arrivé ». C’est-à-dire que le prophète s’est comme s’il reprochait avec douceur, comme lorsque quelqu’un te dit « il y a longtemps que tu n’es pas venu me rendre visite pourquoi tu ne viens pas ». Bilal, que Allah l’agrée s’est réveillé de son sommeil attristé et touché. Il a pris sa monture et s’est dirigé vers Médine l’illuminée, que Allah honore et élève d’avantage celui qui y réside. Il est parti à la tombe du prophète, il s’est mis à pleurer et à frotter son visage sur la tombe. C’est alors que Al-Haçan et Al-Houçayn, les deux petit-fils du messager de Allah, sont venus et Bilal les a pris contre lui, les a serrés contre sa poitrine en les embrassant. Ils lui ont dit : « nous souhaitons tant entendre à nouveau l’appel à la prière que tu faisais pour le messager de Allah dans la mosquée ». C’est alors que Bilal a fait ce que les petit-fils du prophète lui ont demandé. Il est monté sur le toit de la mosquée du prophète. Il a pris la place qu’il prenait habituellement et quand il a dit Allahou ‘akbar Allahou ‘akbar, Médine a tremblé. Quand il a dit Ach-hadou an-la ‘ilaha illa l-Lah, les gens ont tous remarqué qu’il y avait quelque chose d’inhabituel. Lorsqu’il a dit Ach-hadou anna Mouhammadan raçoulou l-Lah les femmes étaient sorties de chez elles, elles se sont dit « est ce que le prophète a ressuscité ? » et ce jour-là, était le jour où on avait vu le plus les gens pleurer, hommes et femmes à Médine, après le décès du messager de Allah. Cela a été rapporté par le Hafidh Taqiyyou d-Din As-Soubkiyy dans son livre Chifa’ou s-Saqam.