tafsir : sourat An-Nas
Sourat An-Nas Médinoise
D’autres ont dit Mecquoise
Elle est composée de six ‘ayah
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
{قُل} (qoul) Dis Ô Mouhammad ;
{أَعُوذُ} (‘a^oudhou) Je recherche la protection ;
{بِرَبِّ االنّاس} (bi rabbi n-nas) Par le Seigneur des gens, c’est-à-dire leur Créateur et Celui à Qui ils appartiennent. Si l’on dit : pourquoi est-ce que les gens ont été spécifiés ici par le fait qu’Il est leur Seigneur, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ? La réponse est que parce qu’Il leur ordonne de rechercher la protection de leur mal, Il nous apprend qu’Il est leur Seigneur pour que l’on sache que c’est Lui Qui protège de leur mal. Comme il y a parmi les gens des rois, Allah dit : {مَلِكِ النَّاس} (maliki n-nas) Celui à Qui appartiennent les gens et comme il en est parmi eux qui adorent autre que Lui, Il dit : {إِلَهِ النَّاس} (‘ilahi n-nas) le Dieu des gens. Certains ont dit : ce sont là trois des attributs du Dieu ^azza wa jall : ar-rouboubiyyah le fait d’être Seigneur , al-milk le fait que tout Lui appartient et al-‘ilahiyyah le fait d’être Dieu . Ainsi, Il est le Seigneur de toute chose, toute chose Lui appartient et Il est le Dieu de toute chose. Ainsi, toutes les choses sont Sa création, et Lui appartiennent. Les choses qui ont une âme et des raisons comme les jinn, les anges et les hommes sont appelés esclaves. Mais les objets inanimés ne sont pas appelés esclaves. Il ordonne à celui qui recherche la protection de demander que Celui Qui possède ces attributs le protège du mal du chaytan qui suggère dans les poitrines.
{مِنْ شَرِّالوَسْوَاس} (min charri l-waswas) Du mal de celui qui suggère et qui est le chaytan.
{الخَنَّاس} (al-khannas) Celui qui suggère dans les fors intérieurs mais cesse de le faire lorsque Allah est évoqué. Az–Zajjaj a dit : ici, al-waswas, c’est celui qui fait des suggestions.
{الَّذِي يُوَسْوِسُ فِي صُدُورِ النّاس} (al-ladhi youwaswiçou fi soudouri n-nas) celui qui suggère dans les poitrines des gens. Ibnou Qoutaybah a dit : par les poitrines ici, il est visé les curs. Ibnou ^Abbas a dit : le chaytan est à l’affût du cur du fils de ‘Adam. Si le cur devient oublieux et distrait, [chaytan] suggère et si [le coeur] évoque Allah, [chaytan] se tait.
Par l’évocation véritable, celle que ressent le coeur, avec la sincérité pour Allah ta^ala lorsque l’esclave la fait, le chaytan cesse de lui faire les suggestions. Ce n’est pas le simple fait de dire Allahou ‘akbar, la ‘ilaha ‘il-la l-Lah en ayant le cur distrait même s’il évoque par sa langue ; dans ce cas-là, le chaytan persévère à lui faire des suggestions.
{مِنَ الجِنةِ وَالنَّاس} (mina l-jinnati wa n-nas) al-jinnah ce sont les jinn. Dans l’exégèse de cette ‘ayah, il y a deux avis. L’un des deux est : qu’il suggère dans les poitrines des gens, les jinn d’entre eux et les humains. C’est là l’avis de Al-Farra‘. Selon cet avis, le waswas suggère aux jinn tout comme il suggère aux humains. Le Chaykh a dit : les diables se suggèrent les uns aux autres.
Le deuxième avis est que al-waswas qui suggère dans les poitrines des gens fait partie des jinn. Le sens serait : du mal du waswas qui est un jinn puis Il dit {وَالنَّاس} (wa n-nas) c’est-à-dire du mal du waswas et du mal des gens. C’est comme s’Il ordonne de se préserver des jinn et des hommes. C’est là la parole de Az–Zajjaj. Qatadah a dit : Certes, parmi les humains, il y a des chaytan et, parmi les jinn, il y a des chaytan, que Allah nous préserve d’eux.
Mouslim a rapporté dans son Sahih, d’après ^Abdoullah Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, qu’il a dit : le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Pas un de vous qui n’ait avec lui un qarin qui l’accompagne parmi les jinn« . On lui dit alors : Pas même toi Ô Messager de Allah ? Il a dit ce qui signifie : »Pas même moi sauf que Allah m’a aidé à prendre le dessus sur lui : il est entré en Islam et ne m’ordonne que le bien ». Le respect que le Messager de Allah inspire a eu raison de lui et il est alors entré en Islam.
Dans ce hadith, il y a une indication de la mise en garde contre la dissension du qarin et ses mauvaises suggestions et ses pièges. Il nous a ainsi appris qu’il est avec nous pour que nous prenions garde contre lui dans la mesure du possible.
Il a aussi été rapporté dans les deux Sahih, d’après Anas dans l’histoire de la visite de Safiyyah au Prophète alors qu’il était en ‘i^tikaf et sa sortie avec elle de nuit pour la raccompagner chez elle. Il a alors rencontré deux hommes parmi les ansar les partisans , habitants de Médine. Lorsqu’ils ont vu le Prophète, ils ont pressé le pas. Alors, le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Doucement, c’est Safiyyah la fille de Hayiy [mon épouse] ». Ils ont alors dit : soubhanallah, Ô Messager de Allah. Il a alors dit ce qui signifie : « Certes le chaytan peut entraîner le fils de ‘Adam facilement, comme circule le sang dans son corps et j’ai eu peur qu’il ne lance dans votre cur quelque chose » ou il a dit ce qui signifie : « un mal ».
Le Qadi ^Iyad, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Sache que la communauté est réunie, en accord sur la préservation du Prophète du mal du chaytan, qu’il s’agisse de son corps, de sa pensée et de sa langue ».
Tafsir : sourat Al-Falaq
Sourat Al-Falaq Mecquoise
D’autres ont dit Médinoise.
Elle est composée de cinq ‘ayah
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
Les spécialistes de l’Exégèse du Tafsir ont dit à propos de la révélation des deux sourat Al-Mou^awwidhat de protection , qu’un jeune juif était au service du Messager de Allah. Les juifs l’avaient tant pressé qu’il avait pris au Messager de Allah des traces des cheveux de son peigne et quelques dents de son peigne. Il les a donnés aux juifs, qui ont alors fait de la magie [au Messager]. Celui qui se chargea de cela fut Loubayd Ibnou ‘A^sam le juif puis il l’enfouit au puits de Bani Zourayq, appelé puits de Dharwan. Le Messager de Allah tomba alors malade. Tandis qu’un jour, il était endormi, deux anges sont venus auprès de lui. L’un d’eux s’est assis à sa tête et l’autre à ses pieds. L’un d’eux a dit à l’autre : Qu’a donc l’homme ? Il lui a dit : On lui a fait de la magie. Il lui a dit : Qui lui a donc fait la magie ? Il lui a répondu : Loubayd Ibnou ‘A^sam. Il a dit : Avec quoi lui a-t-il fait la magie ? Il a dit : Avec des traces des cheveux de son peigne et quelques dents de son peigne. Il a dit : Où est-ce maintenant ? Il a dit : Dans le creu d’une écorce de palmier sous la roche au fond du puits de Dharwan [c’est la roche qui est placée au fonds du puits lorsqu’il est creusé. Lorsqu’on veut nettoyer le puits, celui qui le nettoie s’asseoit dessus]. Le Messager de Allah s’est alors réveillé et a dit ce qui signifie : Ô ^A‘ichah, ne t’es-tu pas aperçue que Allah m’apprends la cause de ma maladie ? Puis il a envoyé ^Aliyy, Az–Zoubayr et ^Ammar Ibnou Yacir. Ils ont alors asséché ce puits, puis ils ont soulevé la roche et ont extrait l’écorce. A l’intérieur, il y avait les traces des cheveux de son peigne et des dents de son peigne. Ils ont trouvé aussi un fil comportant onze
nuds piqués chacun d’une aiguille. Allah a révélé [à cette occasion] les deux Mou^awwidhah Al-Falaq et An-Nas . Chaque fois qu’il récitait une ‘ayah, un nud se dénouait. Le Messager de Allah s’est ainsi retrouvé mieux lorsque le dernier nud fut dénoué. Jibril ^alayhi s-salam s’est alors mis à dire : Bismi l-Lahi ‘arqika min koulli chay’in you’dhika wa min hacidin wa ^aynin wallahou yachfika – par le nom de Allah, je te protège de toute chose qui te fait du mal et du mal d’un envieux et du mauvais il ; et c’est Allah Qui te guérit– . Cette invocation pour la protection et la guérison rouqyah est connue sous le nom de rouqyatou Jibril.
Ils ont alors dit : Ô Messager de Allah, ne veux-tu pas que l’on prenne ce malin et qu’on le tue ? Il a répondu ce qui signifie : Quant à moi, Allah m’a guéri. Je ne souhaite pas provoquer de mal parmi les gens.
{قُل} (qoul) Dis Ô Mouhammad ;
{أَعُوذُ} (‘a^oudhou) Je demande la protection ;
{بِرَبِّ الْفَلَق} (bi-rabbi l-falaq) Par le Seigneur de l’aube. C’est ce qu’a dit Ibnou ^Abbas ;
{مِنْ شَرِّ مَا خَلَق} (min charri ma khalaq) De tout mal que Allah crée et ceci est général. Est compris ici tout ce qui peut entraîner un mal, que ce soit l’être vivant responsable, non responsable ou l’objet inanimé comme le poison, la brûlure par le feu, la noyade par l’eau et autre que cela ;
{وَمِنْ شَرِّ غَاسِقٍ} (wa min charri ghaciqin) Et du mal de la nuit, c’est la parole de Ibnou ^Abbas et Moujahid.
{إِذَا وَقَب} (‘idha waqab) Lorsqu’elle tombe et qu’elle s’installe. D’autres ont dit : c’est la lune lors de l’éclipse et qu’elle devient sombre. Ainsi, le sens de {وَقَب} (waqab), c’est l’éclipse.
Az–Zajjaj a dit : {الْغُاسِق} (al-ghaciq), c’est celui qui est froid. Ainsi, on a dit que la nuit est un ghaciq car elle est plus fraîche que le jour.
{وَمِنْ شَرِّ النَّفَّاثاتِ} (wa min charri n-naffathati) Ibnou Qoutaybah a dit : il s’agit des sorcières qui soufflent [sans émettre de salive] lorsqu’elles font la magie.
{فِي الْعُقَد} (fi l-^ouqad) Ce sont les nuds qu’elles font dans le fil. Elles soufflent dans ces nuds en disant quelque chose, sans émettre de salive.
Certains exégètes ont dit : ce qui est visé par an-naffathati, ici, ce sont les filles de Loubayd Ibnou ‘A^sam le juif, elles qui ont fait de la magie au Messager de Allah. Ibnou l-‘Anbariyy a dit : l’exégèse de nafatha, c’est souffler d’un souffle sans émettre de salive. Et le sens de tafala, c’est souffler avec de la salive.
{وَمِنْ شَرِّ حَاسِدٍ} (wa min charri hacidin) Du mal des envieux, c’est-à-dire les juifs qui ont envié le Messager de Allah ;
{إِذَا حَسَد} (‘idha haçad) Lorsqu’il manifeste son envie et qu’il agit en conséquent comme Loubayd qui a été cité et qui fait partie des juifs qui ont envié le Messager de Allah. Celui qui envie, son envie n’a de conséquence que s’il la manifeste en nuisant à celui qui est envié. Mais tant qu’il n’a pas manifesté l’envie, ce sentiment ne nuit qu’à celui qui le ressent car il est chagriné par le bienfait d’autrui. Certains ont dit que l’envie compte parmi les plus vils des caractères et c’est le premier des péchés par lesquels Allah a été désobéi au paradis l’envie que Iblis a éprouvée envers ‘Adam et aussi sur terre l’envie que Qabil a éprouvée envers Habil .
Allah cite les trois maux venant à la suite de l’expression {مَا خَلَق} (ma khalaq) [le mal] de ce qu’Il crée , pour [montrer] la gravité de leur mal.
Certains mou^tazilah – secte égarée – qui disent que Allah ne crée pas le mal, ont récité {مِنْ شَرّ} (min charrin) avec le tanwin suivi de l’expression {مَا خَلَق} (ma khalaq) en lui donnant le sens de la négation ; cette récitation est refusée, elle est basée sur une voie erronée à cause de nombreuses ‘ayah du Qour’an en contredisant ce qu’ils ont prétendu.
Tafsir : sourat Al-‘Ikhlas
Sourat Al-‘Ikhlas Mecquoise
D’autres ont dit Médinoise
Elle est composée de quatre ‘ayah
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
{قُل هُوَ اللهُ أَحَد} (qoul houwa l-Lahou ‘ahad) Dis c’est-à-dire Ô Mouhammad, Ô l’être le plus honorable de la création ; « houwallahou ‘ahad » c’est-à-dire Allah est Celui Qui n’admet pas la pluralité ni la multiplicité, Celui Qui n’a pas d’associé à Lui-même, ni à Ses attributs et rien n’a d’attribut tel que Ses attributs. (الأَحَد) Al-‘Ahad c’est Celui Qui n’admet pas la division et le fractionnement car Il n’est pas un corps. Certains ont dit : (الأَحَد) Al-‘Ahad est dans le même sens que (الوَاحِد) Al-Wahid. Abou Soulayman Al-Khattabiyy a dit : (الوَاحِد) Al-Wahid c’est Celui Qui est unique par Lui-même, rien ne L’égale et (الأَحَد) Al-‘Ahad c’est Celui Qui est unique par les attributs, rien n’a les mêmes attributs que Lui.
{اللهُ الصَّمَد} (Allahou s–Samad) c’est-à-dire Celui de Qui ont besoin toutes les créatures, alors que Lui Il n’a besoin d’aucun être ; Il est Celui à Qui l’on s’adresse lors des difficultés de toute sorte, Celui Qui ne recherche pas un profit pour Lui par Ses créatures et Qui ne repousse pas grâce à elles une nuisance qui pourrait L’atteindre. Ibnou ^Abbas a dit : (الصَّمَد) As–Samad, c’est Celui Qui n’a pas de partie intérieure. Al-Haçan et Moujahid l’ont dit également. Cela signifie qu’Il ‘est pas comme l’homme ; cela ne signifie pas fermé c’est-à-dire bouché. On a dit également (الصَّمَد) As–Samad signifie le Maître absolu, Sa souveraineté englobe toute chose.
{لَمْ يَلِد} (lam yalid) Mouqatil a dit : Il n’engendre pas qui de ce fait hériterait de Lui.
{وَلَمْ يُولَد} (wa lam youlad) Il n’est pas né de quelque chose qui Lui serait associée dans la divinité et ce, car les associateurs parmi les arabes disaient : les anges sont les filles de (الرَّحْمَن) Ar-Rahman – le Très-Miséricordieux – et les juifs disaient ^Ouzayr est le fils de Allah et les chrétiens ont dit : le Messie est le fils de Allah. Il a déclaré qu’il n’est pas concerné par cela.
Le Hafidh Al-^Abdariyy a dit : {لَمْ يَلِد وَلَمْ يُولَد} (lam yalid wa lam youlad) est une négation de la matière et du fait de prendre place en un lieu [au sujet de Allah], c’est-à-dire qu’Il n’émane pas quelque chose de Lui et qu’Il ne prend pas place dans quelque chose.
{وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُواً أحَد} (wa lam yakoun lahou koufouwan ‘ahad) c’est-à-dire qu’Il n’a pas d’équivalent de quelque ordre que ce soit. Al-koufou’, c’est l’équivalent. Al-Bayhaqiyy a transmis avec une chaîne de transmission sahih – sûre d’après Ibnou ^Abbas que les juifs étaient venus au Messager de Allah et lui ont dit : Ô Mouhammad, décris-nous ton Seigneur, Celui Que tu adores. C’est ainsi que la sourah {قُل هُوَ اللهُ أَحَد} Qoul houwa l-Lahou ‘ahad a été révélée. Le Messager de Allah a dit ce qui signifie : Ce sont là des attributs de mon Seigneur ^azza wa jall. C’est ce qu’a dit le Hafidh Al-^Abdariyy.
Al-Boukhariyy a rapporté dans son Sahih d’après Abou Sa^id Al-Khoudriyy que Allah l’agrée qu’il a entendu un homme réciter :
{قُل هُوَ اللهُ أَحَد} Qoul houwallahou ‘ahad et répéter cette sourah. Au matin, il est parti chez le Messager de Allah et lui raconta ce fait, que c’était comme si l’homme trouvait cela peu de chose. Le Messager de Allah lui a alors dit ce qui signifie : Par Celui Qui détient mon âme par Sa toute-puissance, elle est équivalente au tiers du Qour’an[1]. Et il y a un autre hadith rapporté par Al-Boukhariyy qui signifie : Ton amour pour [cette sourah] t’a fait entrer au paradis.
[1] c’est-à-dire que les significations concernant l’unicité de Allah dans cette sourah correspondent au tiers des significations figurant dans le Qour’an entier.
Tafsir : sourat Al-Lahab
Sourat Al-Lahab appelée également Tabbat
Mecquoise par l’unanimité des savants
Elle est composée de cinq ‘ayah
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
{تَبَّتْ يَدَا أبِي لَهَب} (tabbat yada ‘abi lahab) Malheur aux mains de Abou Lahab, c’est-à-dire les mains de Abou Lahab sont dans la perdition.
{وَتَبَّ} (wa tabb) c’est-à-dire et il a perdu ; il s’agit de l’oncle paternel du Prophète. Il s’appelle ^Abdou l-^ouzza Ibnou ^Abdi l-Mouttalib.
{مَا أَغْنَى عَنْهُ مَالُهُ وَمَا كَسَب} (ma ‘aghna ^anhou malouhou wa ma kaçab) Ibnou Mas^oud a dit : lorsque le Messager a appelé ses proches à [l’adoration de] Allah ^azza wa jall, Abou Lahab a dit : si ce que dit mon neveu est vrai, je libèrerai par mes biens et mes enfants. Allah ^azza wa jall dit : {مَا أَغْنَى عَنْهُ مَالُهُ وَمَا كَسَب} (ma ‘aghna ^anhou malouhou wa ma kaçab) ce qui signifie ses biens et ce qu’il a acquis, c’est-à-dire ses enfants ne lui seront pas utiles et ne le déchargeront pas.
{سَيَصْلَى ناراً ذَاتَ لَهَب} (çayasla naran dhata lahab) il subira un feu qui le brûlera et s’attisera contre lui sans émettre de fumée.
{وَامْرَأَتُهُ} (wamra’atouhou) c’est-à-dire que sa femme aussi qui est ‘Oummou Jamil Bintou Harb la sœur de Abou Soufyan subira le feu. En cela il y a une preuve de la véracité de la prophétie de notre prophète r car il a donné la nouvelle en ce sens, que lui – Abou Lahab – ainsi que sa femme mourront mécréants et il en a été ainsi qu’il nous l’a appris.
{حَمَّالَةَ الْحَطَب} (hammalata l-hatab) il y a à propos de cela plusieurs avis : qu’elle circulait en rapportant la parole des uns aux autres pour semer la discorde – an-namimah –. Les savants exégètes ont ainsi assimilé an-namimah au bois et l’animosité et la haine au feu car deux choses se produisent à la suite de an-namimah tout comme le feu s’attise par le bois. Le deuxième avis est le suivant : c’est qu’elle ramassait les branches d’épine et les jetait de nuit sur le chemin du Messager de Allah.
{فِي جِيدِهَا} (fi jidiha) autour de son cou.
{حَبْلٌ مِنْ مَسَد} (habloun min maçad) une corde [faite de fibres] de l’arbre dont elle ramassait les branches. Al-maçad c’est tout ce qui se tresse et dont on fait des mèches que ce soit du lin ou autre. D’autres ont dit : ce qui est visé ici par la corde, c’est la chaîne que Allah cite et qui est en enfer. Sa longueur est de soixante-dix coudées. Elle a été soigneusement tressée en mèche et elle sera à son cou pour qu’elle en soit châtiée en enfer.
Il a été rapporté dans Al-Boukhariyy et Mouslim d’après Ibnou ^Abbas qu’il a dit : lorsqu’a été révélée : {وَأَنْذِرْ عَشِيرَتَكَ الأَقْرَبِين} (wa ‘andhir ^achirataka l-‘aqrabin) ce qui signifie : « et mets en garde tes proches« , le Messager de Allah s’est mis sur le mont de As–Safa et a dit ce qui signifie : Ô vous [présents] , ce matin. Les gens de Qouraych se sont alors réunis et lui ont dit : qu’as-tu ? Il leur a dit ce qui signifie : Voyez-vous, si je vous apprends que l’ennemi est venu à vous le matin ou le soir, ne me croirez-vous pas ? Ils lui ont dit : Bien sûr que oui. Il a alors dit ce qui signifie : Je vous mets alors en garde d’un châtiment intense très proche. Abou Lahab que Allah le maudisse a dit alors : Malheur à toi, est-ce pour cela que tu nous a appelés. Allah révèle alors : {تَبَّتْ يَدَا أبِي لَهَب} (tabbat yada ‘Abi Lahab).
On a rapporté que ‘Oummou Jamil, lorsqu’elle a entendu cette sourah est venue à Abou Bakr qui était alors avec le Messager de Allah dans la mosquée avec à sa main un fihr. Elle a dit : on m’a rapporté que ton ami a dit des propos diffamatoires à mon sujet ; je lui ferai telle et telle chose. Allah a aveuglé les yeux de cette femme et elle n’a pas vu Son Messager. Abou Bakr lui a alors dit : tu ne vois personne avec moi ? Elle a dit : Tu te moques de moi ? Je ne vois personne d’autre que toi et s’il y a des poètes, alors moi aussi je dis : comme il nous blâme, nous refusons, sa religion nous rejetons et à ce qu’il prétend nous désobéissons.
Abou Bakr s’est alors tu et elle s’en est allée. Le Messager de Allah a dit alors ce qui signifie : Des anges m’ont voilé à ses yeux, elle n’a pu me voir et Allah nous a déchargé de son mal. Il a été rapporté qu’elle est morte étranglée par sa corde et Abou Lahab est mort de al-^adaçah qui est une maladie repoussante et ce, sept nuits après la bataille de Badr.
Tafsir : sourat An-Nasr
Sourat An-Nasr Médinoise
Elle est composée de trois ‘ayah
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
{إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللهِ وَالْفَتْح} (‘idha ja‘a nasroullahi wa l-fath) ce qui signifie : « Lorsque vient la victoire [accordée par]Allah« , c’est-à-dire Son aide contre les ennemis, et Al-Fath c’est-à-dire la conquête de La Mecque.
Al-Haçan a dit : lorsque le Messager a conquis La Mecque, les arabes ont dit : Si Mouhammad a eu gain de cause sur les gens du Haram, alors que Allah les a protégés de As–habou l-fil l’armée appuyée par l’éléphant , vous ne pourrez rien contre lui, alors entrez dans la religion [agréée par] Allah par grands groupes.
{وَرَأَيْتَ النَّاسَ} (wa ra’ayta n-naça) ce qui signifie : « et que tu vois les gens« . La majorité [des savants] ont dit : il s’agit des groupes parmi les arabes : de leur entrée [en Islam] entre la conquête de La Mecque et la mort [du Prophète].
{يَدْخُلُونَ فِي دِينِ اللهِ أَفْوَاجاً} (yadkhoulouna fi dinillahi ‘afwaja) ce qui signifie : « entrer dans la religion [agréée par] Allah par groupes« , c’est-à-dire l’Islam. Des groupes nombreux entraient dans la religion, des tribus entières après qu’ils fussent entrés en Islam un par un et deux par deux.
{فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ} (fasabbih bihamdi rabbika) ce qui signifie : « fais le tasbih pour ton Seigneur« . Il y a à ce propos deux avis : selon l’un d’eux, il s’agit de la prière. C’est ce qu’a dit Ibnou ^Abbas. Selon le deuxième, il s’agit du tasbih qui est connu. C’est ce qu’a dit un groupe des spécialistes de l’exégèse.
{وَاسْتَغْفِرْهُ إِنَّهُ كَانَ تَوَّاباً} (wastaghfirhou ‘innahou kana tawwaba) ce qui signifie : « et demande Son pardon. Il est certes Celui Qui accepte le repentir chaque fois qu’il se renouvelle« . Le Prophète, après la révélation de cette sourah disait beaucoup : soubhana l-Lahi wa bihamdih, ‘astaghfirou l-Laha wa ‘atoubou ‘ilayh. Rappporté par Ahmad d’après ^A‘ichah, ainsi que Al-Boukhariyy, An-Naça‘iyy et autres qu’eux deux d’après elle mais avec d’autres termes.
Le Prophète a fait connaître par cette sourah l’approche de son heure et lorsqu’il l’a récitée, les compagnons y ont trouvé une annonce de bonne nouvelle et Al-^Abbas en a pleuré. Il lui a alors dit ce qui signifie : qu’est-ce qui te fait pleurer oncle ? Il lui a dit : c’est l’annonce de ta mort proche. Il lui a répondu ce qui signifie : cette sourah est certes comme tu le dis. Il a vécu après elle deux années.
Tafsir : sourat Al-Kafiroun
Sourat Al -Kafiroun Mécquoise
D’autres ont dit Médinoise
Elle est composée de six ‘ayah
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
{قُل يا أيها الكافرون} (qoul ya ‘ayyouha l-kafiroun) ce qui signifie : »Dis, Ô vous les mécréants« , c’est-à-dire : Dis Ô Mouhammad. Les mécréants sont des gens bien précis : Ce sont ceux qui lui ont demandé d’adorer une année leurs idoles et qu’ils adorent eux sonDieu l’année d’aprés.
Allah a révélé cette sourah, nous apprenant ainsi que cela ne pouvait avoir lieu. Dans Sa parole : {قُل} (Qoul), il y a une preuve que le Prophéte a eu l’ordre de [dire] de la part de Allah. Il y a dans cette interpellation {يا أيها الكافرون} (Ya ‘ayyouha l-kafiroun) qui leur est adressée, dans leurs lieux de détente, malgré ce que ce qualificatif comporte de rabaissement pour eux, il y a une preuve que le Prophète est protégé par Allah ta^ala,et qu’il ne les craint pas.
{لا أعبد} (la ‘a^boudou), ce qui signifie : « Je n’adore pas » actuellement; {ما تعبدون} (ma ta^boudoun) ce qui signifie : « Ce que vous adorez » comme idoles.
{ولا أنتم عابدون} (wa la ‘antoum ^abidoun) ce qui signifie : « Et vous n’adorez pas » maintenant.
{ما أعبد} (ma ‘a^boud) ce qui signifie : »Celui Que j’adore » Qui est Allah soubhanahou wa ta^ala.
{ولا أنا عابد} (wa la ‘ana ^abidoun) ce qui signifie : « Et je n’adorerai pas » (ma ^abadtoum) ce qui signifie : « Ce que vous adorez » comme idoles.
{ولا أنتم عابدون} (wa la antoum ^abidouna) ce qui signifie : « Non plus que vous n’adorerez » dans le futur {ما أعبد} (ma ‘a^boud), ce qui signifie : « Celui Que j’adore« .
L’intérêt de cette insistance est de couper court aux convoitises des mécréants et de confirmer qu’ils ont eu la nouvelle de leur mort sur la mécréance et qu’ils n’entreront jamais dans l’Islam.
{لكم دينكم} (lakoum dinoukoum) ce qui signifie : « Vous avez votre religion« , qui est l’association. Houjjatou l-‘Islam Al- ^Abdariyy, que Allah l’agrée, a dit : »Vous avez votre religion fausse et erronée, que vous suivez ».
{ولي دين} (wa liya din) ce qui signifie : « J’ai ma religion« . C’est-à-dire la religion de vérité qui est l’Islam, à savoir, vous avez votre religion d’association et j’ai ma religion de tawhid, de croyance en l’unicité de Allah, et ceci est la limite de ce que l’on peut faire pour s’innocenter d’eux.
Tafsir : sourat Al-Kawthar
Sourat Al-Kawthar Mecquoise
D’autres savants ont dit Médinoise
Elle est composée de trois ‘ayah
Bismil-lahi-r-Rahmani r-Rahim
Je commence par le nom de Allah, le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
{إنا أعطيناك الكوثر} (‘Inna ‘a^taynaka l- kawthar) ce qui signifie : « Certes, Nous t’avons accordé Al-Kawthar » et Al-Kawthar est une rivière au paradis. Le Prophète r a dit ce qui signifie : « C’est une rivière au paradis, dont les berges sont en or et sont lit est de perles et de rubis, sa terre est plus odorante que le musc, son eau est plus douce que le miel et plus blanche que la neige« . At-Tirmidhiyy a dit que ce hadith est haçan sahih – fiable, sûr –. D’autres ont dit : Al-Kawthar, c’est le bien élargi. D’autres encore ont dit : C’est la science, le Qour’an et la sagesse. D’autres ont dit : c’est la prophétie et d’autres ont dit : c’est le bassin du Messager de Allah. Il a ainsi été rapporté dans le Sahih de Mouslim ce qui signifie : « Savez- vous ce qu’est Al-Kawthar ? » Ils ont dit : Allah sait plus que tout autre que Lui et Son Messager sait plus que nous. Il a dit ce qui signifie : « C’est une rivière que mon Seigneur ^azza wa jall m’a accordée. Elle comporte beaucoup de bienfaits. C’est un bassin auquel ma communauté parviendra au jour du jugement. Il comporte des coupes Par le nombre des étoiles« .
{فصل لربك} (fasalli li-rabbika ) ce qui signifie : « Accomplis donc la prière de ton Seigneur« . Il y a à ce propos plusieurs avis. Certains ont dit : « Il s’agit de la prière de la Fête. D’autres ont dit : « C’est la prière de ad–douha. D’autres ont dit : C’est la prière de as–soubh à Mouzdalifah et c’est ce qu’a dit Moujahid. D’autres ont dit : Ce sont les cinq prières, c’est ce qu’a dit Mouqatil.
{وانحر}(Wanhar). Il y a à ce sujet plusieurs avis : l’un d’eux est l’ordre d’égorger au jour du sacrifice. D’autres ont dit : et pose la main droite sur la gauche lors du nahr pendant la prière. D’autres ont dit : le sens est : »accomplis la prière pour Allah et égorge en sacrifice pour Allah car certes, il y a des gens qui accomplissent la prière pour autres que Lui et enfin d’autres ont dit : C’est le fait de se diriger vers la Qiblah en faisant le sacrifice.
{إنّ شانئك هو الأبتر} (‘inna chani’aka houwa l-‘abtar) c’est-à-dire celui qui te déteste{هو الأبتر} (houwa l-‘abtar) cela signifie : celui qui a le moins, celui qui est rabaissé, qui n’a pas de descendants. Cette ‘ayah a été révélée à propos de Al-^As Ibnou Wa‘il As-Sahmiyy et ce, parce qu’il avait vu une fois le Prophète r sortir de la mosquée. Il le rencontra devant la porte de Bani Sahm et ils ont parlé ensemble. Il y avait des gens très durs de Qouraych qui étaient assis dans la mosquée. Lorsque Al-^As est entré, ils lui ont dit : avec qui parlais-tu ? Il a dit : C’est avec ce ‘abtar – il visait le Prophète – alors que le fils du Messager de Allah et de Khadijah, ^Abdoullah venait de mourir.
D’autres ont dit : « C’est Al-^As Ibnou Wa‘il qui, chaque fois que l’on évoquait le Messager de Allah, disait : laissez-le, c’est un homme ‘abtar, qui n’a pas de descendance. Lorsqu’il mourra, on ne se rappellera plus de lui et Allah a révélé cette sourah [à cette occasion]. D’autres ont dit al-‘abtar c’est celui qui est privé de bienfaits.
Tafsir : sourat Al-Maa3oun
Sourat Al-Ma^oun Mecquoise
D’autres savants ont dit Médinoise
Elle est composée de sept ‘ayah
{بسم الله الرحمـن الرحيم}
Bismil-lahi r-Rahmani r-Rahim
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
{أرأيت الذي يكذّب بالدين} (‘ara’ayta l-ladhi youkadh-dhibou bid-din) ce qui signifie : « Vois-tu celui qui ne crois pas en la religion« , en la rétribution et l’exposition des actes – C’est-à-dire l’as-tu reconnu ? –
Si tu ne l’as pas reconnu, {فذلك الَّذي يدعّ اليتيم} (fadhalika l-ladhi yadou^^ou l-yatim) ce qui signifie : « C’est celui qui repousse l’orphelin« . La signification est qu’il repousse l’orphelin et le prive de son droit violemment et sèchement pour lui prendre son bien et pour le repousser d’une manière vulgaire, en le réprimant avec dureté. D’autres ont dit : il repousse l’orphelin pour l’éloigner car il n’espère pas de récompense en le nourrissant.
{ولا يحضّ على طعام المسكين} (wa la yahouddou ^ala ta^ami l-miskin) ce qui signifie : « et n’encourage pas à nourrir le pauvre« , c’est-à-dire qu’il ne lui donne pas de nourriture et qu’il n’ordonne pas qu’on lui donne de la nourriture parce qu’il ne croit pas en l’exposition des actes. {فويل للمصلّين الذين هم عن صلاتهم ساهون} (fawayloun li l-mousallina l-ladhina houm ^an salatihim sahoun) ce qui signifie : « Al-wayl pour ceux qui font la prière et la reculent par négligence en dehors de son temps sans excuse valable« . Al-wayl, c’est le grand châtiment. Allah menace de ce châtiment celui qui néglige la prière et la retarde ainsi par rapport à son temps jusqu’à ce que commence le temps de la prière suivante et ce, sans excuse valable.
{الّذين هم يراءون} (‘alladhina houm youra‘oun) ce qui signifie : « ceux qui font preuve d’insincérité » ; ils sont insincères dans leur prière et les autres adorations.
{ويمنعون الماعون} (wa yamna^ouna l-ma^oun) ce qui signifie : « et qui privent de al-ma^oun« . Il y a à ce propos plusieurs avis. Certains ont dit : il s’agit de la zakat. D’autres ont dit : ce sont les actes d’obéissance, ou encore l’eau, ou le bienfait envers autrui, ou l’objet prêté. Ainsi, d’après Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, il a dit : « nous appelions al-ma^oun du temps du Messager de Allah le seau, la hache, le chaudron ou la balance, lorsqu’ils sont prêtés, et ce que vous vous donnez les uns les autres.
^Ikrimah a dit : al-wayl n’est pas destiné à celui qui prive seulement de cela mais al-wayl est destiné à celui qui a réuni le tout : « qui a fait preuve d’insincérité dans sa prière, qui l’a retardée par négligence et qui a privé [les autres] de cela ».
Az–Zajjaj a dit : Al-ma^oun en période antéislamique est tout ce qui comporte en soi une utilité comme la pioche, le chaudron, le seau et ce qui est du même ordre et il en est de même dans l’Islam.
Tafsir : sourat Qouraych
Sourat Qouraych Mecquoise
Elle est composée de quatre ‘ayah
Bismil-lahi-r-Rahmani r-Rahim
Je commence par le nom de Allah, le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
{لإيلاف قريش} (li ‘ilafi Qouraych). Il y a trois avis au sujet de (lam) dans (li ‘ilafi) : le premier, c’est que cette phrase est liée avec ce qui la précède. La signification est qu’Il les a rendus comme les feuilles sèches mangées par les animaux en raison de l’habitude de Qouraych. C’est-à-dire que Allah a aneanti l’armée de l’éléphant pour que les gens de Qouraych demeurent, eux et ce dont ils avaient l’habitude : le voyage de l’hiver et de l’été.
Le deuxième avis : c’est que le (lam) vient pour marquer la surprise, comme si le sens était : Etonnez-vous de l’habitude de Qouraych le voyage d’hiver et d’été et du fait qu’ils n’adorent pas le Seigneur de cette maison Al-Ka^bah .
Le troisième avis : c’est que sa signification est liée avec ce qui vient par la suite. Le sens est : qu’ils adorent le Seigneur de cette maison – Al-Ka^bah – puisqu’Il les rend capables de conserver leur habitude du voyage de l’hiver et de l’été par lesquels ils obtiennent leur subsistance, car durant les deux voyages ils étaient en sécurité : si l’on s’attaquait à eux, ils disaient : nous sommes les habitants du Haram de Allah – le lieu sûr – alors on les laissait.
{إيلافهم رحلة الشتاء والصيف}(‘ilafihim rihlata ch-chita‘i wa s–sayf). La signification est que les gens de Qouraych étaient établis au Haram et ils étaient en sécurité par rapport aux ennemis. Le Haram est une vallée aride, sans plantation ni arbre. Qouraych y vivait grâce au commerce. Ils avaient deux convois chaque année : un en hiver pour le Yémen et un en été pour le Cham. S’il n’y avait pas ces deux voyages, ils n’auraient pu y vivre et s’ils ne sétaient pas installés au voisinage de Al-Ka^bah, ils n’auraient rien pu faire. Lorsque l’armée de l’éléphant était venue pour détruire la Ka^bah, Allah les a anéantis pour que Qouraych demeure au Haram. Allah leur a ainsi rappelé Son bienfait par ces sourat (Al-Fil et Qouraych). La signification est qu’Il a anéanti ceux-là pour que Qouraych s’attache à ces deux voyages par lesquels ils obtenaient leur subsistance et qui leur permettaient de résider à la Mecque. La parole {لإيلاف} (li-‘ilafi) a été répétée pour insister. Quand à Qouraych, il s’agit des descendants de Moudar Ibnou Kinanah. Ils ont été appelé Qouraych à cause de leur commerce et du rassemblement des biens. Al-Qirch, c’est ce qui est acquis.
{فليعبدوا ربّ هذا البيت}(fal-ya^boudou Rabba hadha l-bayt) ce qui signifie : « Qu’ils adorent le Seigneur de cette bâtisse – Al Ka^bah – ». Lorsque Allah évoque dans sourat Al-Fil qu’Il leur accorde une grâce en leur évitant le mal, Il évoque dans cette sourat Sa grâce envers eux, et qui est de leur faire parvenir le bien. Ce sont donc deux grâces éminentes : Il leur a ainsi ordonné de L’adorer et de Le remercier. Certains ont dit : Comme Il leur a assuré ce qui concerne les deux voyages, Il leur a ordonné de s’employer à adorer le Seigneur de cette bâtisse, c’est-à-dire la Ka^bah, parce qu’Il est Celui Qui leur a donné la nourriture après la faim et Il leur a garanti la sécurité après la peur.
{الذي أطعمهم من جوع وآمنهم من خوف} (‘alladhi ‘at^amahoum min jou^in wa ‘amanahoum min khawf) c’est-à-dire qu’Il leur a donné la nourriture grâce aux deux voyages après une famine extrême dans laquelle ils se trouvaient et qu’Il leur a garanti la sécurité après une extrême peur qu’ils avaient eue à la suite de l’attaque de l’armée de l’éléphant ou la peur d’être arrachés de leur pays et de leur route. Certains ont dit : Ils avaient été tellement éprouvés qu’ils avaient mangé les charognes et les os brûlés.
D’autre part, Il leur a garanti la sauvegarde contre la lèpre qui ne les atteints pas dans leur pays.
Tafsir : sourat Al-Fil
Sourat Al-Fil Mecquoise par unanimité des savants
Elle est composée de cinq ‘ayah
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
{ألم تر}(‘alam tara), il y a à ce sujet deux avis. L’un d’eux : « Ne t’a-t-on pas appris? » Le second : « N’as-tu pas su ? »
{كيف فعل ربّك بأصحاب الفيل} (kayfa fa^ala Rabbouka bi ‘as–habi l-fil) ce qui signifie : « Ce qu’a fait Ton Seigneur de ceux qui accompagnaient l’éléphant« . C’est une mention d’une référence à leur histoire. Les spécialistes de l’exégèse du Qour’an at-tafsir ont cité que lorsque Abrahah marcha avec ses soldats sur la Ka^bah pour la détruire, il sortit en emenant dans son armée un éléphant. Lorsqu’il fut proche de la Mecque, il ordonna à ceux qui étaient avec lui d’opérer une attaque pour prendre les biens de gens. Ils prirent ainsi des chameaux appartenant à ^Abdou l-Mouttalib Ibnou Hachim. Abrahah envoya un de ses soldats et lui dit : Demande après le dignitaire de La Mecque et dis-lui que je ne suis pas venu pour combattre mais pour détruire cette bâtisse. Le soldat partit et entra à La Mecque, il rencontra ^Abdou l-Mouttalib Ibnou Hachim et lui dit : le roi m’a envoyé à toi pour t’apprendre qu’il n’était pas venu pour combattre sauf si vous le combattez. Il n’est venu que pour détruire cette bâtisse et s’en aller ensuite en vous laissant. ^Abdou l-Mouttalib lui répondit : Il ne trouvera pas d’opposition par le combat de notre part et, nous ne sommes pas capables de lui tenir tête. On ne s’interposera pas entre lui et le but de sa venue. Cette bâtisse est une bâtisse honorée par Allah et sacrée, c’est la bâtisse de Son bien-aimé ‘Ibrahim. S’il les empêche [de lui nuire], c’est certes la bâtisse qu’Il a Honorée et s’Il les laisse faire, par Allah, nous n’avons pas la puissance de les en empêcher. L’émissaire dit : Viens avec moi auprès du roi. Lorsque ^Abdou l-Mouttalib entra chez Abrahah, ce dernier l’accueillit avec les honneurs puis dit à son traducteur : dis-lui : as-tu un besoin à exprimer au roi. Il lui dit : mon besoin, c’est qu’il me rende deux cents chameaux qu’il m’a pris. Abrahah dit à son traducteur : dis-lui : tu m’as plu lorsque je t’ai vu mais maintenant, tu n’as plus de valeur à mes yeux. Je suis venu pour détruire une bâtisse qui est un symbole de ta religion, tu ne m’en parles pas mais tu me parles de chameaux que j’ai pris. Je suis le propriétaire de ces chameaux, dit ^Abdou l-Mouttalib, et cette bâtisse a un Seigneur qui la défend. Le roi ordonna que ses chameaux lui soient rendus et ^Abdou l-Mouttalib partit informer Qouraych, il leur ordonna de se disperser dans les chemins et les hauteurs des montagnes en prévision de l’attaque de l’armée lorsqu’elle pénétrerait. Ils s’exécutèrent. ^Abdou l-Mouttalib partit alors à la Ka^bah, il prit l’anneau de la porte et se mit à dire :
Ô Seigneur, je n’espère personne d’autre que Toi contre eux
Ô Seigneur défends contre eux ce lieu sacré
Certes l’ennemi de la bâtisse est quelqu’un qui T’a pris pour ennemi
Empêche-les de détruire les villes qui T’appartiennent
Abrahah s’apprêtait à entrer à la Mecque mais l’éléphant s’accroupit. Les soldats le poussèrent à se relever, il refusa. Ils le frappèrent, il refusa. Lorsqu’ils le dirigèrent vers le Yémen sur le chemin du retour, il se releva alors en courant. Ils le dirigèrent vers la région de Cham et il fit de même. Ils le dirigèrent vers l’orient, il refit de même. Ils le dirigèrent donc vers l’enceinte sacrée – al-Haram – et il refusa. Puis Allah a envoyé des volatils venant du côté de la mer. Il y a eu divergence quant à leur description. Ibnou ^Abbas a dit : Ces volatils avaient des becs comme ceux des oiseaux et des pattes comme celles des chiens. ^Ikrimah a dit : ils avaient des têtes comme celles des fauves. Et il y a eu divergence au sujet de leur couleur. Certains ont dit : verte, d’autres ont dit : noire et d’autres ont dit : blanche. Chaque oiseau avait trois pierres : deux dans ses pattes et une dans son bec. Chaque pierre avait une taille supérieure à celle de la lentille et plus petite que le pois chiche et sur chacune était inscrit le nom de celui à qui elle était destinée. Elle chutait sur sa tête et ressortait par le postérieur. Ils périrent et n’entrèrent pas dans l’enceinte sacrée. Abrahah Ibnou s–Sabbah Al-Habachiyy tomba malade et son corps se déchira en lambeaux. Il ne mourut pas tant que son cœur ne se fut détaché de sa poitrine.
Abou Yaksoum son ministre s’échappa, un oiseau le suivant jusqu’à ce qu’il arrive auprès de An-Najachiyy – le roi Négus –. Il lui apprit ce qui était arrivé à l’armée. L’oiseau lança alors sa pierre sur lui et il en mourut devant le roi. C’est ainsi que Allah lui a fait voir comment les autres avaient péri. D’autres ont dit : l’armée était composée de soixante mille soldats. Le chef de l’armée avec un petit groupe seuls en revinrent. Lorsqu’ils eurent rapporté ce qu’ils avaient vu, ils périrent. D’autres ont dit que le nom de l’éléphant était Mahmoud et c’est ce qui est répandu. Ce qui a incité Abrahah à se lancer à la conquête de la Mecque, c’est qu’il avait construit à San^a‘ une cathédrale qu’il avait appelée Al-Qoullays pour y faire venir les gens en pèlerinage en les détournant de La Mecque. Un homme de Kinanah y fit ses besoins et salit la direction que les gens avaient prise pour la prière avec des impuretés, pour la rabaisser. Abrahah Al-‘Achram jura alors qu’il détruirait la Ka^bah. Il est donc venu à la Mecque avec son armée et il arriva ce que nous avons cité. Il y a eu divergence sur la durée qui s’est écoulée entre la naissance du Prophète et cet événement. L’avis le plus argumenté c’est qu’il est né l’année de l’éléphant. D’autres ont dit : il s’est écoulé entre les deux événements vingt-trois ans. D’autres ont dit : quarante ans.
{ألم يجعل كيدهم}(‘alam yaj^al kaydahoum) ce qui signifie : « n’a-t-il pas rendu leur plan » c’est-à-dire ce qu’ils visaient comme opération de destruction de la Ka^bah.
{في تضليل}(fi tadlil) c’est-à-dire « vain et sans conséquence« . La signification en est que leur plan n’a pas abouti à ce qu’ils avaient l’intention de faire, ils ne sont donc pas parvenus à leur fin.
{وأرسل عليهم طيراً أبابيل}(wa ‘arsala ^alayhim tayran ‘ababil) ce qui signifie : « Il leur à envoyé des oiseaux ‘ababil« . Au sujet de (‘ababil), il y a divers avis : à savoir que ces oiseaux étaient épars. D’autres ont dit : nombreux. D’autres ont dit : ce sont des oiseaux qui sont venus vagues après vagues. D’autres ont dit : de couleurs différentes. Ils sont venus du côté de la mer, pas de la direction du Najd, ni de Tihamah, ni du Hijaz.
{ترميهم بحجارة من سجّيل}(tarmihim bi hijaratin min sijjil) ce qui signifie : « leur lancer des pierres de sijjil » et il s’agit de la terre cuite au feu.
{فجعلهم كعصف مأكول}(faja^alahoum ka^asfin ma’koul) ce qui signifie : « Il les a rendus comparable au ^asf ma’koul » c’est-à-dire aux feuilles des plantes sèches dilacérées que les animaux ont mangées.
D’autres ont dit : ^Abdou l-Mouttalib a envoyé son fils ^Abdoullah sur un cheval pour voir l’armée et qu’il est revenu à la hâte en disant : toute l’armée a péri. ^Abdou l-Mouttalib sortit donc avec ses compagnons et prit les biens en butin.