Mawlid : Chapitre de la commémoration de la naissance honorée (al-mawlid ach-charif) du Prophète et l’évocation des preuves de son caractère permis
Parmi les bonnes innovations, il y a la célébration de la naissance (Mawlid) du Prophète r. Cette pratique n’existait pas à l’époque du Prophète r ni à l’époque qui l’a suivie. Mais elle fut innovée aux débuts du septième siècle de l’Hégire. Le premier à l’avoir innovée fut le roi de ‘Irbil. Il était savant, pieux, courageux et il est surnommé Al-Moudhaffar. Il réunit pour cela beaucoup de savants, parmi lesquels il y avait des gens du hadith et des soufis véridiques. Les savants des orients de la terre et de ses occidents ont approuvé cela. Il y a parmi eux le Hafidh ‘Ahmad Ibnou Hajar Al-^Asqalaniyy et son élève le Hafidh As-Sakhawiyy ainsi que le Hafidh As-Souyoutiyy et d’autres encore.
Le Hafidh As-Sakhawiyy a cité dans son livre Al-Fatawa que la commémoration du Mawlid a été innovée après les trois premiers siècles. Par la suite, les gens de l’Islam dans les grandes villes des différents pays n’ont pas cessé de commémorer le Mawlid, de donner les différentes sortes d’aumônes durant ses nuits, et de s’appliquer à la lecture de l’histoire de sa noble naissance, et tous les mérites largement répandus rejaillissaient sur eux grâce à ses bénédictions.
Le Hafidh As-Souyoutiyy [1] a une lettre qu’il a appelée Housnou l-Maqsad fi ^Amali l-Mawlid, dans laquelle il a dit ce qui signifie : « La question a été posée sur le fait de commémorer la naissance honorée au mois de Rabi^ou l-‘Awwal, quel est son jugement du point de vue de la Loi de l’Islam ? Est-ce une chose louable ou blâmable ? Est-ce que celui qui le commémore a des récompenses ou non ? La réponse d’après moi est la suivante : la commémoration de la naissance (Mawlid) à l’origine consiste en le rassemblement des gens, la récitation de ce qu’il est possible de réciter du Qour’an, la narration des nouvelles rapportées au sujet du début de l’histoire du Prophète et ce qui est advenu comme signes à sa naissance, à la suite de quoi il leur est présenté de la nourriture qu’ils consomment puis partent sans rien ajouter à cela. Ceci compte parmi les bonnes innovations pour laquelle celui qui la fait sera récompensé, et ce, pour ce que cela comporte comme glorification du degré du Prophète r, et comme manifestation de joie et de réjouissance pour sa noble naissance. Le premier à l’innover fut le gouverneur de ‘Irbil, le roi Al-Moudhaffar Abou Sa^id Koukabri Ibnou Zayni d-Din ^Aliyy Ibnou Baktakin qui était l’un des rois glorieux et des grands généreux. Il a laissé de bonnes traces et c’est lui qui avait édifié la mosquée Al-Moudhaffariyy au pied de la montagne de Qasiyoun« . Fin de citation.
Ibnou Kathir [2] a dit dans son livre d’histoire : « Il organisait – il vise le roi Al-Moudhaffar – le Mawlid honoré au mois de Rabi^ou l-‘Awwal et le fêtait par une festivité grandiose. Il était magnanime, courageux, brave, sage, savant et juste, que Allah lui fasse miséricorde et qu’Il honore pour lui sa demeure dans l’au-delà. Il a dit : le Chaykh Abou l-Khattab Ibnou Dahyah a composé pour lui un livre sur la naissance du Prophète qu’il a intitulé : At-Tanwir fi Mawlidi l-Bachiri n-Nadhir ; il l’a récompensé pour cela de mille dinars. L’époque de son règne s’est prolongée jusqu’à ce qu’il meurt alors qu’il faisait le siège des croisés dans la ville de ^Akka en l’an six-cent-trente et il était alors louable de conduite et de fond de cœur« . Fin de citation.
Le descendant de Ibnou l-Jawziyy cite dans Mir’atou z–Zaman que les notables parmi les savants et les soufis [3] assistaient à la fête chez lui à l’occasion du Mawlid.
Ibnou Khillikan [4] a dit dans la biographie du Hafidh Ibnou Dahyah : « Il faisait partie des notables, des savants et des plus réputés des gens qui ont un mérite. Il est venu du Maghreb et il est entré au pays du Cham et de l’Irak. Il est passé par ‘Irbil en l’an six cent quatre ; il a trouvé son roi glorieux Moudhaffirou d-Din Ibnou Zayni d-Din attachant une attention particulière pour le Mawlid du Prophète. Il a écrit pour lui le livre At-Tanwir fi Mawlidi l-Bachiri n-Nadhir et il le lui a récité personnellement. Le roi l’a récompensé de mille dinars« . Fin de citation.
As-Souyoutiyy a dit : « L’Imam des Hafidh, Abou l-Fadl ‘Ahmad Ibnou Hajar a trouvé à la commémoration du Mawlid, une origine à partir de la Sounnah et je lui ai trouvé moi-même une deuxième origine…« . Fin de citation.
A partir de cela, il est devenu clair que la commémoration de la naissance du Prophète r (Mawlid) est une bonne innovation ; il n’y a donc pas à la blâmer sous aucun rapport. Bien au contraire, elle est digne d’être nommée une bonne tradition (sounnah haçanah) parce qu’elle fait partie des choses englobées par la parole du Messager de Allah r :
((مَنْ سَنَّ فِي الإِسْلاَمِ سُنَّةً حَسَنَةً فَلَهُ أَجْرُهَا وَأَجْرُ مَنْ عَمِلَ بِهَا بَعْدَهُ لاَ يَنْقُصُ مِنْ أُجُورِهِمْ شَىْءٌ))
ce qui signifie : « Celui qui instaure dans l’Islam une bonne tradition (sounnah), il en aura la récompense et il aura une récompense chaque fois que quelqu’un la refait après lui, sans que rien ne soit diminué de leurs récompenses« . Ce hadith a été énoncé dans une circonstance précise qui est la suivante : un groupe de gens, qui ont été réduits à la misère, sont venus au Messager de Allah, habillés de vêtements rayés, déchirés par leur milieu. Le Messager r ordonna qu’on leur fasse l’aumône. Il s’est alors amassé pour eux beaucoup de bien. Le Messager de Allah se réjouit de cela et dit :الحديث ((مَنْ سَنَّ فِي الإِسْلاَمِ…)) ce qui signifie : « Celui qui instaure dans l’Islam … » le hadith.
Ce qui est pris en compte, c’est la généralité du terme et non le caractère spécifique de la circonstance pour laquelle le hadith a été énoncé, comme cela est établi chez les savants spécialistes de la science des fondements (al-‘ousoul). Celui qui nie cela refuse effectivement la vérité.
Mawlid : Chapitre de la précision du sens de l’Innovation et de son jugement
Sache que l’innovation (al-bid^ah) dans la langue est ce qui a été innové sans équivalent antérieur ; on dit par exemple : tu as fait une chose badi^, c’est-à-dire une chose nouvelle, étonnante qu’on ne connaissait pas avant cela. Selon la Loi de l’Islam, c’est ce qui a été innové sans que cela soit cité ni dans le Qour’an ni dans la Sounnah. Ibnou l-^Arabiyy a dit : « L’innovation (bid^ah) et la nouveauté (mouhdath) ne sont pas blâmables pour leur appellation d’innovation et de nouveauté, ni pour leur sens, mais ce qui est blâmable parmi ce qui relève de l’innovation, c’est ce qui contredit la tradition prophétique, et ce qui est blâmable parmi les nouveautés, c’est ce qui appelle à l’égarement ». Fin de citation.
Les différentes sortes d’innovations :
L’innovation se divise en deux sortes :
L’innovation d’égarement : c’est la nouveauté qui contredit le Qour’an et la Sounnah ;
L’innovation de bonne guidée : c’est la nouveauté qui est en accord avec le Qour’an et la Sounnah.
Cette classification, on la comprend du hadith de Al-Boukhariyy [1] et Mouslim [2] d’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, qui a dit : « Le Messager de Allah r a dit :
((مَنْ أَحدَثَ فِي أَمْرِنَا هَذَا مَا لَيْسَ مِنْهُ فَهُوَ رَدٌّ))
ce qui signifie : « Celui qui innove dans notre religion une chose qui n’y est pas conforme, elle est rejetée« . Ce hadith a été rapporté par Mouslim [3] en d’autres termes à savoir : ((مَنْ عَمِلَ عَمَلاً لَيْسَ عَلَيْهِ أَمْرُنَا فَهُوَ رَدٌّ)) ce qui signifie : « Celui qui fait une œuvre qui n’est pas en accord avec notre religion, elle est rejetée« . Par sa parole : ((ما ليس منه)) ce qui signifie : « qui n’y est pas conforme« , le Messager de Allah r a expliqué que la nouveauté est rejetée si elle va à l’encontre de la Loi de l’Islam et que la nouveauté qui est en accord avec la Loi de l’Islam n’est pas rejetée.
Cette classification est déduite également de ce qu’a rapporté Mouslim [4] dans son Sahih, du hadith de Jarir Ibnou ^Abdou l-Lah Al-Bajliyy, que Allah l’agrée, qui a dit : « Le Messager de Allah r a dit :
))مَنْ سَنَّ فِي الإِسْلامِ سُنَّةً حَسَنَةً فَلَهُ أَجْرُهََا وَأَجْرُ مَنْ عَمِلَ بِهَا بَعْدَهُ مِنْ غَيْرِ أَنْ يَنْقُصَ مِنْ أُجُورِهِمْ شَىْءٌ، وَمَنْ سَنَّ فِي الإِسْلامِ سُنَّةً سَيِّئَةً كَانَ عَلَيْهِ وِزْرُهَا وَوِزْرُ مَنْ عَمِلَ بِهَا مِنْ بَعْدِهِ مِنْ غَيْرِ أَنْ يَنْقصَ مِنْ أَوْزَارِهِمْ شَىْءٌ((
ce qui signifie : « Celui qui instaure dans l’Islam une bonne tradition (sounnah), il en aura la récompense et il aura une récompense chaque fois que quelqu’un la refait après lui sans que rien ne soit diminué de leurs récompenses. Celui qui instaure dans l’Islam une mauvaise tradition, il se chargera de son péché et il sera chargé d’un péché chaque fois que quelqu’un la refait après lui sans que rien ne soit diminué de leurs péchés« .
Aussi, dans le recueil de Al-Boukhariyy [5] dans le livre la prière surérogatoire des nuits de Ramadan (at-tarawih), il est cité ce qui suit et qui signifie : Ibnou Chihab a dit : « Le Messager de Allah r est mort et les gens se conduisaient ainsi ». Le Hafidh Ibnou Hajar [6] a dit : « C’est-à-dire qu’ils ne faisaient pas la prière surérogatoire des nuits de Ramadan en assemblée ». Puis Ibnou Chihab dans la suite de sa citation a dit : « Et il en était ainsi à l’époque du califat de Abou Bakr et pendant la première partie du califat de ^Oumar, que Allah l’agrée ».
Il y est cité aussi [7], suite à cet événement que ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi l-Qari a dit ce qui signifie : « Je suis sorti avec ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, en une nuit de Ramadan, à la mosquée, alors que les gens étaient en groupes isolés et séparés ; certains faisaient la prière individuellement, d’autres se rassemblaient en petits groupes et faisaient la prière en assemblée, alors ^Oumar a dit : Je vois que si je rassemble ces gens pour qu’ils soient dirigés par un seul homme récitant le Qour’an, ce serait mieux. Puis il s’est décidé et les a rassemblés derrière ‘Oubayy Ibnou Ka^b. Une autre nuit, je suis sorti avec lui alors que les gens faisaient la prière derrière celui qui récitait le Qour’an, ^Oumar a dit : quelle bonne innovation que voici (ni^ma l-bid^ah hadhih) ». Fin de citation. Dans Al-Mouwatta’ [8] figure le terme : « Quelle bonne innovation que celle-ci (ni^mati l-bid^ah hadhih) ».
Le Hafidh Ibnou Hajar [9] a dit ce qui signifie : « A propos de sa parole : « ^Oumar a dit: quelle bonne innovation que voici (ni^ma l-bid^ah hadhih) », et en d’autres versions « quelle bonne innovation que celle-ci (ni^mati l-bid^ah hadhih) », et à l’origine, l’innovation c’est ce qui a été innové sans équivalent antérieur, et est employé dans la Loi de l’Islam en opposition à la tradition prophétique (sounnah) et dans ce cas elle est blâmable. La précision du sens de l’innovation est que si elle rentre dans la catégorie des choses approuvées dans la Loi de l’Islam, alors elle est approuvée ; si elle rentre dans la catégorie des choses désapprouvées dans la Loi, alors elle est désapprouvée ; sinon elle est de la catégorie des choses permises. Il se peut aussi qu’elle soit classée dans une des cinq sortes de jugement ». Fin de citation. Par les cinq sortes de jugements, il veut dire : le devoir, l’acte recommandé, l’acte indifférent, l’acte déconseillé et l’illicite.
Al-Boukhariyy [10] a cité dans son Sahih ce qui signifie : « Rifa^ah Ibnou Rafi^ Az–Zarqiyy a dit : nous étions un jour en train de faire la prière dirigés par le Prophète r ; quand il a levé sa tête de l’inclination, il a dit : ((سَمِعَ اللهُ لِمَنْ حَمِدَهُ)) (sami^a l-Lahou liman hamidah) ce qui signifie : « Allah exauce celui qui Le loue ». Un homme derrière lui a dit : (Rabbana wa laka l-hamd, hamdan kathiran, tayyiban moubarakan fih). Quand il a fini la prière et qu’il s’apprêtait à partir, le Prophète r a dit :((مَنِ المُتَكَلِّمُ)) ce qui signifie : « Qui a parlé ?« . Il a dit : « C’est moi ». Le Prophète r a dit : ((رَأَيْتُ بِضْعَةً وَثَلاثِينَ مَلَكًا يَبْتَدِرُونَهَا أَيُّهُمْ يَكْتُبُهَا أَوَّل)) ce qui signifie : « J’ai vu plus de trente anges qui se précipitaient à qui d’entre eux l’écrirait le premier« .
Ibnou Hajar a dit [11] dans Al-Fat-h dans le commentaire de ce hadith : « On a pris ce hadith pour preuve qu’il est permis d’innover dans la prière une évocation qui n’a pas été rapportée du Prophète r si elle ne contredit pas ce qui est rapporté du Prophète r ». Fin de citation.
Abou Dawoud [12] a rapporté que ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar ajoutait lors du tachahhoud : « wahdahou la charika lah » ce qui signifie : « Lui seul, Il n’a pas d’associé » et disait : « C’est moi qui l’ai ajouté ». Fin de citation.
An-Nawawiyy a dit dans son livre Tahdhibou l-‘Asma‘i wa l-Loughat [13] textuellement ce qui signifie : « L’innovation (al-bid^ah) dans la Loi de l’Islam, c’est innover ce qui n’existait pas à l’époque du Messager r, elle se divise en bonne et en mauvaise innovation. L’Imam, le Chaykh, à propos duquel il y a unanimité sur le fait qu’il est un guide, sur sa grandeur, sur sa maîtrise de nombreuses sortes de sciences et sur le fait qu’il y excellait, Abou Mouhammad ^Abdou l-^Aziz Ibnou ^Abdi s-Salam, que Allah lui fasse miséricorde et que Allah l’agrée, a dit à la fin de son livre Al-Qawa^id ce qui signifie : « L’innovation est divisée en : obligatoire, illicite, recommandée, déconseillée et permise. Il a dit : le moyen pour cela est de soumettre l’innovation aux règles de la Loi de l’Islam, si elle entre dans le cadre du devoir, elle est alors un devoir, ou dans le cadre de l’interdiction, elle est alors illicite, ou dans le cadre de la recommandation, elle est alors recommandée, ou dans le cadre du déconseillé, elle est alors déconseillée, ou dans le cadre de la permission, elle est alors dans ce cas permise« . Fin de citation de An-Nawawiyy.
Ibnou ^Abidin a dit dans Raddou l-Mouhtar [14] textuellement ce qui signifie : « L’innovation peut être un devoir, comme le fait d’établir les preuves pour répliquer aux gens des groupes égarés et l’apprentissage de la grammaire arabe qui permet de comprendre le Livre et la Tradition Prophétique ; elle peut être recommandée comme l’édification des ribat ou des medressa – école – ainsi que toute œuvre de bienfaisance qui n’avait pas lieu durant la première période de l’Islam, elle peut être déconseillée comme la décoration excessive des mosquées et elle peut être indifférente comme le fait de multiplier les plaisirs de la table, des boissons et des vêtements« . Fin de citation.
An-Nawawiyy a dit dans Rawdatou t–Talibin [15] au sujet de dou^a‘ou l-qounout textuellement ce qui signifie : « C’est cela qui a été rapporté du Prophète r et les savants lui ont ajouté : « wa la ya^izzou man ^adayt » avant : « tabarakta wa ta^alayt » et après il y a : « fa laka l-hamdou ^ala ma qadayt, ‘astaghfirouka wa ‘atoubou ‘ilayk ». J’ai dit : nos compagnons de l’école chafi^iyy ont dit : il n’y a pas de mal dans cet ajout. Abou Hamid et Al-Bandanijiyy et d’autres ont dit : il est recommandé« . Fin de citation de An-Nawawiyy.
Al-Bayhaqiyy [16] par sa chaîne de transmission dans Manaqibou ch-Chafi^iyy a rapporté que Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée, a dit ce qui signifie : « Les nouveautés parmi les choses sont de deux sortes : l’une, c’est ce qui est innové et qui contredit le Livre, la Sounnah, les textes des prédécesseurs parmi les compagnons ou l’Unanimité. Celle-là est l’innovation d’égarement. La deuxième, c’est ce qui est innové et qui fait partie des bonnes choses, qui ne comporte pas de contradiction avec aucun de ceux-là et cette nouveauté-ci n’est pas blâmable« .
Parmi les innovations recommandées :
- Le monachisme innové par ceux qui ont suivi ^Iça Al-Macih ^alayhi s-salam :
Allah tabaraka wa ta^ala dit dans Son Livre honoré :
] وَجَعَلْنَا فِي قُلُوبِ الَّذِينَ اتَّبَعُوهُ رَأْفَةً وَرَحْمَةً وَرَهْبَانِيَّةً ابْتَدَعُوهَا مَا كَتَبْنَاهَا عَلَيْهِمْ إِلاَّ ابْتِغَاء رِضْوَانِ اللهِ[
[Al-Hadid / 27] ce qui signifie : « Nous avons créé dans les cœurs de ceux qui l’ont suivi une bienveillance, une miséricorde et un monachisme qu’ils ont innové ; Nous ne le leur avons pas ordonné ; ils ne l’ont fait que par recherche de l’agrément de Allah « . Cette ‘ayah est prise comme preuve de la bonne innovation, parce que son sens est l’éloge de ceux qui faisaient partie de la communauté de ^Iça et qui étaient musulmans, croyants et qui le suivaient ^alayhi s-salam dans la croyance et la foi en l’unicité de Allah. Allah ta^ala a fait leur éloge parce qu’ils étaient des gens de bienfaisance et de miséricorde et parce qu’ils ont innové le monachisme. Le monachisme, c’est le fait de se détacher des passions au point d’abandonner le mariage par désir de se consacrer exclusivement à l’adoration. Ainsi, le sens de [مَا كَتَبْنَاهَا عَلَيْهِمْ]
ce qui signifie : « Nous ne le leur avons pas ordonné » est : Nous ne l’avons pas rendu obligatoire sur eux, mais ce sont eux qui ont voulu rechercher l’agrément de Allah. Allah ta^ala a fait leur éloge pour ce qu’ils ont innové de ce qui ne leur a pas été énoncé dans Al-‘Injil, et que ^Iça Al-Macih ne leur a pas dit par un énoncé de sa part. Seulement, ce sont eux qui ont voulu accomplir des adorations à Allah ta^ala à l’extrême et s’y consacrer exclusivement en abandonnant la préoccupation du mariage et de la charge de l’épouse et de la famille. Ils construisaient ainsi des ermitages qui sont des maisonnettes en argile ou autre que cela en des lieux écartés des villes pour se consacrer exclusivement à l’adoration.
- L’instauration de Khoubayb de deux rak^ah avant d’être exécuté :
Parmi elles, il y a l’innovation de la prière de deux rak^ah faite par Khoubayb Ibnou ^Adiyy lorsqu’il a été emmené pour être tué, comme cela a été rapporté dans le Sahih de Al-Boukhariyy [17], il y figure textuellement ce qui signifie : « ‘Ibrahim Ibnou Mouça m’a rapporté que Hicham Ibnou Youçouf nous a rapporté que Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, a dit : le Prophète r a envoyé un groupe pour collecter des informations et a désigné ^Asim Ibnou Thabit – qui est le grand père de ^Asim Ibnou ^Oumar Ibni l-Khattab – comme chef de groupe. Ils se sont alors mis en route jusqu’à ce qu’ils arrivèrent à mi-chemin entre ^Ousfan et La Mecque, il se trouva quelqu’un pour les dénoncer à l’une des tribus de Houdhayl appelée Banou Lahyan. Ceux-là les ont alors suivis avec presque cent archers. Ils ont donc suivi leurs traces jusqu’à ce qu’ils parviennent à un endroit où ils avaient fait halte, ils y trouvèrent des noyaux de dattes dont ils s’étaient approvisionnés à Médine. Ils ont dit : ce sont des dattes de Yathrib – Médine –. Ils ont alors suivi leurs traces jusqu’à ce qu’ils les rattrapèrent. Quand ^Asim et ses compagnons s’arrêtèrent, ils se réfugièrent dans un abri. Les autres les encerclèrent et dirent : vous avez l’assurance et le pacte que si vous vous rendez à nous, nous ne tuerons aucun homme parmi vous. ^Asim a dit alors : « quant à moi, je ne me mets pas sous la garantie d’un mécréant. Ô Allah, informe Ton Prophète de notre situation ». Ils les combattirent jusqu’à ce qu’ils tuèrent ^Asim avec un groupe de sept personnes de leurs flèches. Khoubayb et Zayd et un autre homme restèrent vivants et ils leur donnèrent l’assurance et le pacte. Lorsqu’ils leur donnèrent l’assurance et le pacte, ils se rendirent à eux. Lorsqu’ils les maîtrisèrent, ils défirent les cordes de leurs arcs et les ligotèrent avec. Alors, le troisième homme qui était avec eux deux a dit : c’est le début de la trahison et il refusa de les suivre, alors ils le tirèrent et essayèrent de le forcer à les suivre, mais il ne le fit pas. Alors, ils le tuèrent et prirent Khoubayb et Zayd qu’ils vendirent à La Mecque. Khoubayb a été acheté par Banou l-Harith Ibnou ^Amir Ibnou Nawfal. Khoubayb était celui qui avait tué leur père Al-Harith lors de la bataille de Badr. Ainsi, il resta prisonnier chez eux jusqu’à ce qu’ils se soient mis d’accord pour le tuer. C’est alors qu’il demanda à l’une des filles de Al-Harith qu’elle lui prête un rasoir pour se raser, ce qu’elle fit. Elle a dit : « J’ai manqué d’attention pour un de mes enfants qui s’est avancé vers lui et quand il arriva auprès de lui, il l’a posé sur sa cuisse. Quand je le vis ainsi, j’eus une frayeur dont il s’aperçut alors qu’il avait le rasoir à la main ». Alors, il dit : « Crains-tu que je le tue ? Je ne l’aurais pas fait, si Allah le veut ». Elle disait aussi : « Je n’ai jamais vu de prisonnier meilleur que Khoubayb, je l’ai bien vu manger des grappes de raisins fraîchement cueillies alors que ce jour-là, il n’y avait pas un seul fruit à La Mecque et de plus, il était bien enchaîné. Certes, ce n’était qu’une subsistance dont Allah l’a pourvu ». Ils l’amenèrent ensuite hors du Haram – l’enceinte sacrée – pour le tuer, il a dit : « Laissez-moi faire une prière de deux rak^ah », après quoi, il se dirigea vers eux et dit : « Si vous n’aviez pensé que mon état était motivé par la crainte de la mort, j’aurais encore ajouté ». Il fut donc le premier qui instaura les deux rak^ah avant d’être exécuté. Puis, il a dit : « Allahoumma hsihim ^adada« . Puis, il a dit :
Je ne me fais pas de souci du moment que je suis tué, musulman
sur la manière dont ma mort a lieu, pour rechercher de Allah l’agrément
Tout cela pour l’amour de Allah et pour Son agrément et s’Il le veut,
Il bénira des lambeaux de chair éparpillés
^Ouqbah Ibnou l-Harith vint ensuite à lui et le tua. Les mécréants de Qouraych envoyèrent pour qu’on leur amène une partie du corps de ^Asim afin de le reconnaître, ce même ^Asim qui avait tué un de leurs chefs dans la bataille de Badr, Allah a alors envoyé sur son corps une nuée de guêpes qui l’a protégé de leurs envoyés, ils ne purent rien prendre de son corps« . Fin de citation.
- La notation des points des lettres dans les livres du Qour’an faite par Yahya Ibnou Ya^mar :
Parmi les bonnes innovations, il y a la notation des points des lettres des livres du Qour’an. Les compagnons qui ont transcrit la révélation, dictée par le Messager écrivaient les lettres ب (b) et ت (t) et ce qui est du même genre sans les points. Puis, lorsque ^Outhman Ibnou ^Affan écrivit six exemplaires du Qour’an et en envoya aux différents horizons, à Bassora, à La Mecque et aux autres lieux, gardant un exemplaire pour lui, ces manuscrits ne comportaient pas de points. Le premier à mettre les points des lettres dans le Livre du Qour’an fut un homme parmi les successeurs des compagnons faisant partie des gens de la science, du mérite et de la piété nommé Yahya Ibnou Ya^mar. Voici ce qui a été cité textuellement dans le livre Al-Masahif de Ibnou Abi Dawoud As-Sijistaniyy [18] ce qui signifie : « ^Abdou l-Lah m’a rapporté : Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Lah Al-Makhzoumiyy m’a rapporté : ‘Ahmad Ibnou Nasr Ibnou Malik m’a rapporté : Al-Houçayn Ibnou l-Walid m’a rapporté d’après Haroun Ibnou Mouça qu’il a dit : Le premier qui a mis les points des lettres dans le Livre du Qour’an, ce fut Yahya Ibnou Ya^mar« . Fin de citation. Avant cela, il était écrit sans les points. Lorsqu’il fit cela, les savants ne le lui ont pas reproché bien que le Messager de Allah n’ait pas ordonné de mettre les points des lettres dans le Livre du Qour’an.
- L’ajout d’un deuxième appel à la prière (‘adhan) par ^Outhman Ibnou ^Affan le jour du vendredi :
C’est une innovation de ^Outhman que Allah l’agrée. Ainsi, il a été rapporté dans le Sahih de Al-Boukhariyy [19] textuellement ce qui signifie : « ‘Adam m’a rapporté et il a dit : Ibnou Abi Dhi’b m’a rapporté d’après Az–Zouhriyy d’après As-Sa‘ib Ibnou Yazid qu’il a dit : « L’appel du vendredi commençait quand l’imam s’asseyait sur le minbar, à l’époque du Prophète r, de Abou Bakr et de ^Oumar que Allah les agrée. A l’époque de ^Outhman, que Allah l’agrée, alors que les gens sont devenus plus nombreux, il a ajouté le troisième appel à Az–Zawra‘ [20] « .
Dans le commentaire de ce hadith dans Fat-hou l-Bari [21] : « D’après lui aussi, dans la version de Waki^ d’après Ibnou Abi Dhi’b : L’appel à la prière à l’époque du Messager de Allah r, de Abou Bakr et de ^Oumar était de deux appels le vendredi. Ibnou Khouzaymah a dit : par sa parole : « deux appels », il vise l’appel à la prière (al-‘adhan) et l’annonce de la prière (al-‘iqamah), c’est-à-dire en faisant prévaloir l’appel ou parce qu’ils ont comme point commun l’appel à la prière comme cela a déjà été expliqué dans les chapitres de l’appel (al-‘adhan)« . Fin de citation.
Puis il dit : « Sa parole : « Il a ajouté le troisième appel ». Dans la version de Waki^ d’après Ibnou Abi Dhi’b : ^Outhman a ordonné de faire le premier appel, et de même dans une version de Ach-Chafi^iyy, et il n’y a pas de contradiction entre ces deux versions car du fait qu’il a été ajouté, il est appelé troisième appel, et en considérant qu’il a été fait avant l’appel et l’annonce, il est appelé premier appel. Aussi, les termes de la version de ^Aqil qui va être citée après deux chapitres est : « Que l’appel par le deuxième appel a été ordonné par ^Outhman ». Le fait de l’appeler un deuxième appel est eu égard à l’appel proprement dit, et non à l’annonce« . Fin de citation
- La commémoration de la naissance du Prophète r (Mawlid) :
On en parlera si Allah ta^ala le veut dans un chapitre à part.
- Dire à haute voix l’invocation en faveur du Prophète après l’appel à la prière :
Parmi les bonnes innovations, il y a dire à haute voix l’invocation en faveur du Prophète r (as–salatou ^ala n-Nabiyy r) après l’appel à la prière (al-‘adhan) et cela a été instauré après l’an sept cents de l’hégire. Avant cela, ils ne la disaient pas à haute voix.
- L’écriture de (r) lors de l’écriture du nom du Prophète :
Parmi les innovations, il y a l’écriture de r lors de l’écriture de son nom. Le Prophète n’a pas fait écrire cela dans ses lettres qu’il a envoyées aux rois et chefs mais il faisait écrire ce qui signifie : de Mouhammad le Messager de Allah à Untel.
- Les voies (tariqah) que certains vertueux ont innovées :
Parmi les innovations, il y a les tariqah – les voies soufis – que certains saints vertueux de Allah ont instaurées telles que la tariqah Rifa^iyyah et la tariqah Qadiriyyah. Elles sont environ quarante. Ces tariqah prennent toutes racine dans de bonnes innovations, mais certains de ceux qui s’en réclament se sont singularisés et ceci ne porte en rien atteinte aux fondements de ces tariqah.
L’innovation d’égarement :
Elle est de deux sortes : l’innovation relative aux fondements de la religion et l’innovation relative à ses branches.
L’innovation relative aux fondements de la religion : c’est celle qui a été innovée dans les sujets de la croyances et elle est contraire à la croyance que suivaient les compagnons. Il y a plusieurs exemples de ces mauvaises innovations. Parmi eux, il y a :
- L’innovation de la négation de la prédestination :
Le premier qui l’a mise à jour, c’est Ma^bad Al-Jouhaniyy [22] à Bassora, comme cela a été cité dans le Sahih de Mouslim [23] rapporté par Yahya Ibnou Ya^mar. Ceux qui adhèrent à cette mauvaise croyance sont nommés les qadariyyah [24]. Ils prétendent que Allah n’a pas prédestiné les actes volontaires de Ses esclaves et qu’Il ne les crée pas, mais que ces actes auraient lieu par la création des esclaves, selon leur prétention. Il se trouve parmi eux des gens qui prétendent que Allah a prédestiné le bien et n’a pas prédestiné le mal. Ils prétendent par ailleurs que celui qui commet un grand péché n’est ni croyant ni mécréant mais qu’il est dans une situation intermédiaire dite entre les deux situations. De plus, ils renient l’intercession en faveur des désobéissants ainsi que la vision que les croyants auront de Allah ta^ala au paradis [25].
- L’innovation du groupe dévié al-jahmiyyah :
Ils sont appelés aussi les jabriyyah, les disciples de Jahm Ibnou Safwan [26]. Ils disent : (l’esclave de Allah est contraint dans ses actes, il n’a pas de choix mais il est plutôt comme la plume suspendue dans l’air, que l’air prend à droite et à gauche).
- L’innovation du groupe dévié al-khawarij [27] :
Ceux qui sont sortis du rang des gens obéissants à notre maître ^Aliyy. Ils déclarent mécréant celui qui commet le grand péché.
- L’innovation du dire selon lequel des choses qui entrent en existence n’ont pas de début, et ceci est contraire au raisonnement sain et aux textes clairs transmis
Quant à l’innovation relative aux branches, c’est celle qui suit la classification citée précédemment.
Parmi les mauvaises innovations pratiques :
- L’écriture de « ص » (sad) lors de l’écriture du nom du Prophète r et pire et plus laid encore, l’écriture de « صلعم » (sal^am).
- Parmi les mauvaises innovations, il y a le fait que certaines gens prétendent faire l’ablution sèche (tayammoum) avec les tapis et les coussins sur lesquels il n’y a pas de poussière de terre.
- Il y a aussi la déformation du nom de Allah, chose provenant de la part d’un grand nombre de ceux qui se réclament des tariqah. Certains d’entre eux commencent par dire « Allah » puis par la suite, soit ils amputent le ‘alif qui se trouve entre le « ل » (lam) et le « هـ » (ha‘) et ils la prononcent alors sans la prolongation de la voyelle ou alors, ils amputent le « هـ » (ha‘) lui-même ; ils disent alors « Alla« . Et certains d’entre eux disent « Ah » qui est un mot utilisé pour exprimer la souffrance et la plainte, chose reconnue par l’Unanimité des savants linguistes. Al-Khalil Ibnou ‘Ahmad a dit : « Il n’est pas permis d’amputer le ‘alif de la prolongation du mot Allah « .
Si quelqu’un dit : le Messager de Allah r n’a-t-il pas dit dans ce qu’a rapporté Abou Dawoud d’après de Al-^Irbad Ibnou Sariyah [28] :
((وَإِيَّاكُمْ وَمُحْدَثَاتِ الأُمُورِ فَإِنَّ كُلَّ مُحْدَثَةٍ بِدْعَةٌ وَكُلَّ بِدْعَةٍ ضَلاَلَةٌ))
ce qui signifie : « …Certes, toute innovation [qui est contraire à la Loi] est un égarement ».
La réponse à donner est la suivante : que l’expression de ce hadith est générale (^amm) et son sens est restreint (makhsous) en raison de la preuve déduite des hadith cités précédemment. On dit alors : ce que le Prophète r a visé par ce hadith est ce qui est innové et qui est contraire au Livre, à la Sounnah, à l’Unanimité ou aux textes des prédécesseurs.
Dans le commentaire fait par An-Nawawiyy du Sahih de Mouslim [29] on trouve textuellement ce qui signifie : « Sa parole r : ((وَكُلَّ بِدْعَةٍ ضَلاَلَةٌ)) ce qui signifie : « Et toute innovation [qui est contraire à la Loi] est un égarement« , est une expression générale dont le sens est restreint et ce qui est visé par là, c’est la majorité des innovations« . Fin de citation. Puis, il a classé l’innovation en cinq catégories : obligatoire, recommandée, illicite, déconseillée et permise. Il a dit aussi : « Ainsi, si l’on a pris connaissance de ce que je viens de citer, on saura que le hadith en question fait partie de ceux qui comprennent une expression générale dont le sens est restreint. Il en est de même pour tout autre hadith semblable qui a été rapporté du Prophète r. Ce qui confirme ce que l’on vient de dire, c’est la parole de ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, à propos de la prière de at-tarawih : « quelle bonne innovation que celle-ci ». Il n’empêche pas que le hadith fait partie de ceux qui comprennent une expression générale dont le sens est restreint, sa parole r : ((كُلَّ بِدْعَةٍ)) ce qui signifie : « toute innovation [contraire à la Loi] », mais ce hadith est sujet à la restriction malgré cela, tout comme Sa parole ta^ala : [تُدَمِّرُ كُلَّ شَىْءٍ][Al-‘Ahqaf / 25] ce qui signifie : « Il – le vent que Allah a envoyé pour châtier le peuple du prophète Houd – anéantit tout [ce que Allah a prédestiné qu’Il anéantisse de leurs habitations et autres] ». Fin de citation.
Ce classement a été cité par le Chaykh ^Abdou l-^Aziz Ibnou ^Abdi s-Salam à la fin du livre Al-Qawa^id avec un peu plus de détail. Al-Hafidh l’a rapporté de lui dans son livre Fat-hou l-Bari sans le contester.
[1] Sahih de Al-Boukhariyy : livre du pacte : chapitre s’ils se sont mis d’accord pour un pacte d’injustice, le pacte est rejeté.
[2] Sahih de Mouslim : livre des Al-‘Aqdiyah : chapitre de la non-tenue des jugements non valables et le rejet des nouveautés parmi les choses.
[3] Sahih de Mouslim : même chapitre et livre que précédemment.
[4] Sahih de Mouslim : livre de Az–Zakat : chapitre l’incitation à l’aumône, même d’une moitié d’une datte ou d’une bonne parole et qu’elle est un écran contre le feu. Ainsi que livre de la science : chapitre celui qui instaure dans l’Islam une bonne tradition ou une mauvaise tradition et qui appelle à la bonne guidée ou à l’égarement.
[5] Sahih de Al-Boukhariyy : livre de la prière surérogatoire des nuits de Ramadan : chapitre le mérite de celui qui accomplit des actes d’adoration de nuit, durant Ramadan.
[6] Fat-hou l-Bari 4/252.
[7] Sahih de Al- Boukhariyy: livre de la prière surérogatoire des nuits de Ramadan : chapitre le mérite de celui qui accomplit des actes d’adoration de nuit, durant Ramadan.
[8] Al-Mouwatta’ : livre de la prière : chapitre le début de l’accomplissement des actes d’adoration durant les nuits de Ramadan 1/217.
[9] Fat-hou l-Bari, 4/253.
[10] Sahih de Al-Boukhariyy : livre de l’appel à la prière : chapitre du mérite de la parole Allahoumma rabbana laka l-hamd.
[11] Fat-hou l-Bari, 2/287.
[12] Sounan de Abou Dawoud : livre de la prière : chapitre du tachahhoud.
[13] Tahdhibou l-‘Asma‘i wa l-Loughat, matière (ba, da ^a), 3/22.
[14] Raddou l-Mouhtar ^ala d-Dourri l-Moukhtar, 1/376.
[15] Rawdatou t–Talibin, 1/253-254.
[16] Manaqibou ch-Chafi^iyy, 1/469.
[17] Sahih de Al-Boukhariyy : livre des conquêtes : chapitre la conquête Ar-Raji^, Ra^l, Dhakwan et Bi’r Ma^ounah et le hadith de ^Adal, Al-Qarrah, ^Asim Ibnou Thabit, Khoubayb et ses compagnons.
[18] Kitabou l-Masahif, page 141.
[19] Sahih de Al-Boukhariyy : livre de la prière de vendredi : chapitre l’appel à la prière le jour de vendredi.
[20] Az–Zawra‘ : un endroit à Médine, d’après Mou^jamou l-Bouldan 3/156.
[21] Fat-hou l-Bari, 2/393.
[22] Revois ce qui a été dit à son sujet : At-Tabsirou fi d-Din, page 21 et Tahdhibou t-Tahdhib, 10/225.
[23] Sahih de Mouslim : début du livre de la foi.
[24] Revois à propos de leurs dires et de leurs groupes : At-Tabsirou fi d-Din, page 63 et 95.
[25] Les musulmans ont pour croyance que les croyants au paradis verront Allah ta^ala par leurs propres yeux de l’au-delà, sans comment, sans qu’Il soit ta^ala dans un endroit ou dans une direction, c’est-à-dire pas comme sont vues les créatures.
[26] Revois à son propos et à propos de son groupe : At-Tabsirou fi d-Din, page 107, Al-Farqou Bayna l-Firaq, page 211 et Al-Milalou wa n-Nihal, 1/86.
[27] Revois à propos de leurs dires et de leurs groupes : At-Tabsirou fi d-Din, page 45 et 62.
[28] Sounan de Abou Dawoud : livre de la Sounnah : chapitre s’attacher à la Sounnah.
[29] Commentaire du Sahih de Mouslim : livre de la prière du vendredi, 6/154.
Biographies : Le Chaykh Abdou lLaah Al-Harariyy
LE CHAYKH 3ABDOU L LAAH AL-HARARIYY
Son nom et sa naissance :
Il est l’honorable savant, le modèle des experts en authentification et le doyen de ceux qui examinent scrupuleusement la compatibilité des textes, celui qui est à la tête des savants qui œuvrent pour la religion, l’Imam, le Mouhaddith, le pieux ascète, le vertueux, celui qui persévère dans l’adoration, celui qui possède les dons éminents, le Chaykh Abou ^Abdi r-Rahman ^Abdou l-Lah fils de Mouhammad fils de Youçouf fils de ^Abdou l-Lah fils de Jami^ Al-Harariyy Ach-Chaybiyy Al-^Abdariyy, le Moufti (Jurisconsulte) de Harar. Il est né dans la ville de Harar, aux environs de l’an 1328 de l’Hégire (1910).
Son évolution et ses déplacements :
Il a grandi dans une famille modeste, aimant la science de la religion et les gens de science. Il a donc appris le Qour’an honoré avec mémorisation, psalmodie et maîtrise à l’âge de sept ans, puis il s’est entièrement consacré à puiser dans les océans de la science. Il a ainsi appris par cœur un certain nombre de manuels de base dans différents domaines de la science. Puis il a accordé son attention à la science du Hadith et a ainsi appris par cœur les six livres et d’autres encore, avec leurs chaînes de transmission, à tel point qu’il a été autorisé à donner des avis de jurisprudence et à transmettre le Hadith alors qu’il n’avait pas même dix-huit ans.
Il s’est distingué à travers toutes les régions de l’Ethiopie et de la Somalie en surclassant ses pairs dans la science de la biographie des hommes de la transmission du Hadith et de leurs niveaux respectifs. Il s’est également distingué par la mémorisation des manuels de base et l’approfondissement des sciences de la Sounnah, de la langue, de l’exégèse, de l’héritage et d’autres encore, à tel point qu’il n’est pas de science islamique connue qu’il n’ait étudiée et dans laquelle il ne soit compétent.
Son intelligence et sa mémoire exceptionnelle lui ont permis d’approfondir sa connaissance dans le fiqh Chafi^ite, les règles fondamentales de constitution du fiqh selon Ach-Chafi^iyy et les points de différence d’avis dans l’école. C’est également le cas dans le fiqh ma1ikite, hanafite et hanbalite, à tel point qu’il est devenu celui que les gens désignent et recommandent de visiter et auprès de qui les gens des contrées éthiopiennes et somaliennes se rendaient, jusqu’à ce qu’on lui accorde le poste de Moufti de Harar et de ses environs.
Il a appris le fiqh chafi^ite, les règles fondamentales de constitution selon Ach-Chafi^iyy et la grammaire arabe de plusieurs savants et maîtres parmi lesquels il y a le savant et maître le Chaykh Mouhammad Siraj Al-Jabartiyy le Moufti de l’Ethiopie. Il a appris les sciences de la langue arabe entre autres Chaykh et en particulier, du Chaykh Ahmad Al-Basir.
Il a étudié le fiqh des trois autres écoles ainsi que leurs règles fondamentales de constitution de plusieurs savants parmi lesquels il y a le Chaykh Mouhammad Al-^Arabiyy Al-Façiyy. Il a appris la science de l’exégèse du Chaykh Charif Al-Habachiyy, dans sa ville Jimmah, et il a pris la science du Hadith et les sciences attenantes de très nombreux savants. Parmi les plus honorables d’entre eux il y a le Chaykh Abou Bakr Mouhammad Siraj Al-Jabartiyy, Moufti de l’Ethiopie et le Chaykh ^Abdou r-Rahman ^Abdou l-Lah Al-Habachiyy ainsi que d’autres.
Puis il est parti vers La Mecque et ses savants avec lesquels il a fait connaissance. Parmi eux le Chaykh Mouhammad Yaçin Al-Fadaniyy. I1 a aussi fait partie de l’auditoire du Chaykh Mouhammad Al-^Arabiyy At-Tabban. Il a aussi rencontré le Chaykh vertueux, le Mouhaddith et spécialiste de la récitation du Qour’an Ahmad ^Abdou l-Mouttalib, Chaykh des spécialistes des sciences de la lecture du Qour’an à la mosquée de La Mecque. Il a appris de lui les quatorze versions de lecture ainsi que davantage de science du Hadith et il a obtenu de sa part une licence.
Il est parti par la suite à Médine l’Illuminée où il a établi des liens avec ses savants et où il a appris encore du Hadith du Mouhaddith le Chaykh Mouhammad fils de ^Aliyy As–Siddiqiyy Al-Bakriyy Al-Hanafiyy qui l’a autorisé à transmettre le Hadith.
Puis, il s’est dirigé vers Damas. Les habitants de la ville lui ont fait bon accueil, d’autant que venait de décéder le Mouhaddith, le Chaykh Badrou d-Din Al-Haçaniyy, que Allah lui fasse miséricorde. Puis, lorsqu’il a habité Damas, il a appris du Chaykh Mahmoud Fayiz Ad-Dir^ataniyy, le résident à Damas et son spécialiste de la lecture du Qour’an. Puis il s’est déplacé dans le pays du Cham. Sa renommée n’a cessé de croître, les savants du Cham ainsi que les étudiants le fréquentaient assidûment, il a donc fait connaissance avec ses savants et ils ont tiré profit de sa science. Ils ont témoigné de son mérite et ont reconnu son haut degré dans la science. Il est devenu célèbre dans le pays du Cham comme étant « le successeur du Chaykh Badrou d-Din Al-Haçaniyy » et comme étant « le Mouhaddith du pays du Cham ». Par ailleurs, de nombreux savants et spécialistes du fiqh du Cham lui ont rendu hommage, parmi eux le Chaykh Abou l-Yousr ^Abidin, Moufti de la Syrie, le Chaykh Nouh de la Jordanie, le docteur Al-Halwaniyy, Chaykh des spécialistes de la lecture du Qour’an en Syrie. De même le Chaykh ^Outhman Sirajou d-Din de la descendance du Chaykh ^Ala‘ou d-Din, maître des Naqchabandiyy en son temps, a fait son éloge et une correspondance fraternelle et scientifique s’est établie entre eux. Ont fait son éloge également le Chaykh ^Abdou l-Karim Al-Bayyariyy, l’enseignant à la mosquée Al-Hadra Al-Kaylaniyyah à Bagdad, le Chaykh Mouhammad Zahid Al-Islambouliyy, le Chaykh Mouhammad Al-Hanafiyy qui est l’un des plus célèbres savants turcs œuvrant actuellement dans ces contrées, les deux Chaykh ^Abdou l-Lah et ^Abdou l-^Aziz Al-Ghoummariyy qui sont les deux Mouhaddith des contrées marocaines, le Chaykh Mouhammad Yaçin Al-Fadaniyy le Mecquois, Chaykh du Hadith et des chaînes de transmission à l’Institut des sciences de religion à La Mecque honorée (Dar Al-^ouloum ad-Diniyyah). De nombreuses autres personnalités lui ont encore rendu hommage.
Il est arrivé à Beyrouth en l’an 1370 de l’Hégire (1950). Il a été l’hôte des plus grands Chaykh de cette ville, tels le Chaykh le Qadi (Juge) Mouhyi d-Din Al-^Ajouz, le Chaykh et Conseiller Mouhammad Ach-Charif. Le Chaykh Baha‘ou d-Din Al-Kilaniyy s’est réuni avec le Chaykh ^Abdou l-Lah chez le Chaykh Mouhammad Ach-Charif et il a tiré profit de lui dans la science du Hadith.
Le Chaykh Moukhtar Al-^Alayli, l’ancien responsable de la fatwa, que Allah lui fasse miséricorde, s’est réuni avec le Chaykh ^Abdou l-Lah et a reconnu son mérite et son haut degré dans la science. Il a préparé la prise en charge de son installation à Beyrouth par Dar Al-Fatwa, afin qu’il puisse se déplacer dans les différentes mosquées pour y diriger des assemblées de sciences, et ceci par une autorisation écrite du Chaykh Moukhtar.
Il est décédé que Dieu lui fasse miséricorde le mois de Ramadan de l’année 1429 H 2008. Il est enterré à Beyrouth.
1- Al-Harariyy : de Harar, région de la corne africaine (Ethiopie) ayant une histoire islamique glorieuse et qui a vu naître sur son sol beaucoup de savants et de saints.
2- Al-^Abdariyy : de la descendance de ^Abdou d-Dar, qui est une branche de la tribu de Qousayy fils de Kilab, le quatrième arrière-grand-père du Prophète
3- Hadith -Tradition prophétique – : parole, fait ou événement rapporté du Prophète ou de ses compagnons, que Allah les agrée.
4- Les six livres sont les recueils de Hadith les plus importants de la Tradition : AI-Boukhariyy, Mouslim, An-Naça‘iyy, Abou Dawoud, At-Tirmidhiyy, Ibnou Majah.
5- Fiqh : science de la jurisprudence des lois de l’Islam.
6- Chafi^ite : relatif à Ach-Chafi^iyy, le grand savant Qouraychite, l’un des plus illustres jurisconsultes musulmans, que Allah lui fasse miséricorde, il a pris la science de l’Imam Malik à Médine et ce dernier l’a autorisé à donner des avis de jurisprudence alors qu’il n’avait que quinze ans. Puis, il est parti en Irak et il a appris chez les élèves de l’Imam Abou Hanifah. Il a rencontré l’Imam Ahmad que Allah leur fasse miséricorde à tous.
Noter prophète : Les manifestations de l’amour du Salaf et des Imams illustres pour le Prophète
Les manifestations de l’amour du Salaf et des Imams illustres pour le Prophète
Il y a eu beaucoup de nouvelles qui ont été rapportées du Salaf vertueux (c’est-à-dire les musulmans des trois premiers siècles de l’Hégire) et des Imams illustres qui indiquent leur profond amour pour leur prophète et le fait qu’ils se languissaient de lui. Le prophète a dit : « min ‘achaddi ‘oummati li houbban ‘ounasoun yakounouna ba^di yawaddou ‘ahadouhoum law ra’ani bi ‘ahlihi wa malihi » ce qui signifie : « les gens de ma communauté qui m’aimeront le plus, ce sont des gens qui vont venir après moi. L’un d’entre eux serait prêt à sacrifier sa famille et ses biens pour me voir » et le prophète a dit dans un autre hadith : « wadidtou law ra’aytou ahbabi » ce qui signifie : « j’aurai souhaité voir mes bien-aimés ». Les compagnons lui ont dit : « mais ne sommes-nous pas tes biens aimés ô messager de Allah ? ». Il a répondu : « ‘antoum ‘as–habi, ‘ahbabi al-ladhina ya’touna min ba^di yawaddou ‘ahadouhoum ‘an law ra’ani bi ‘ahlihi wa malih » ce qui signifie : « vous, vous êtes mes compagnons, mais mes bien-aimés ce sont ceux qui viendront après moi. L’un d’entre-eux serait prêt à sacrifier sa famille et ses biens pour me voir ».
Parmi les paroles rapportés du Salaf vertueux, les paroles et les nouvelles qui manifestaient leur amour pour leur prophète, et le fait qu’ils étaient attachés à lui durant sa vie et après sa mort c’est que ^Amr ibnou l-^As a dit : « il n’y avait personne que j’aimais plus que le messager de Allah ». D’après ^Abdah, la fille de Khalid ibnou Ma^dan elle parlait de son père et elle disait : « Khalid n’allait pas dormir sans citer son profond amour pour le messager de Allah, pour ses compagnons, qu’ils soient mouhajiroun (émigrants) ou ‘ansar (partisans). Il les mentionnait et il disait : ce sont eux ma famille, ce sont eux mon clan, c’est à eux que mon cœur s’attendrit. Je me languis d’eux. O Seigneur fais que je les rejoigne rapidement, et il disait cela jusqu’à dormir ». Il a été rapporté qu’une femme des ‘ansar, des partisans, c’est-à-dire des musulmans de Médine a apprit que son père, son frère et son mari ont été tués le jour de la bataille de ‘Ouhoud, ils étaient auprès du messager de Allah. Elle a dit : « comment vas le messager de Allah ? ». On lui a répondu : « il va bien par la grâce de Allah, il va comme tu le souhaites ». Elle a dit alors : « montre-le moi que je puisse le voir » et quand elle a vu le prophète, elle a dit : « toute épreuve après toi est comme rien du tout ». Un jour ^Aliyy ibnou Abi Talib, que Allah l’honore davantage, a été interrogé : « comment vous aimiez le messager de Allah ? ». Alors notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, a répondu : « par Allah, nous l’aimions plus que nos biens, plus que nos enfants, plus que nos parents, plus que nos pères et mères et plus que l’eau fraîche pour celui qui est assoiffé ». D’après Zayd ibnou ‘Aslam, il a dit : « ^Oumar ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée était sorti faire son inspection de nuit (il avait instauré une bonne innovation, c’est qu’il sortait de nuit et inspectait les musulmans : comment est l’état des musulmans, il regardait s’il y avait quelqu’un à qui il manquait quelque chose, c’était une innovation qu’il avait instauré, que le sultan, le calife, le responsable sorte et inspecte les gens la nuit pour voir s’il ne leur manque pas quelque chose. De nos jours certains parents peut-être n’inspectent même pas leurs enfants au lit pour voir s’ils sont bien couvert ou pas. Lui il sortait de chez lui et il passait et contrôlait les gens). Alors il a vu une lumière allumée dans une maison et une vieille femme qui était en train de filer de la laine et elle disait de la poésie. Elle disait :
^ala Mouhammadin salatou l-‘abrar
salla ^alayhi t–tayyibouna l-‘akhyar
qad kounta qawwaman boukan bi l-‘as-har
ya layta chi^ri wa l-manaya ‘atwar
hal tajma^ouni wa habibi d-dar
Que Allah honore et élève d’avantage le prophète Mouhammad
Ce sont les bons et les meilleurs qui ont fait des invocations en sa faveur
Puis dans sa poésie elle s’adressait au prophète et elle disait :
Tu veillais les nuits en pleurant par crainte de Allah
Quand est ce que la mort viendra et je pourrai venir te rejoindre
Notre maître ^Oumar que Allah l’agrée s’est assis et s’est mis à pleurer. Il a demandé qu’elle parle avec lui.
Il a été rapporté que le compagnon glorieux ^Abdou l-Lah, fils de ^Oumar ibnou l-Khattab, que Allah les agrée tous les deux, une fois sa jambe s’est comme paralysée. On lui a dit : « cite la personne que tu aimes le plus, tu guériras ». Alors il a dit : « Ya Mouhammadan », il a appelé le prophète. C’est alors qu’il guérit sur le coup.
Information utile : L’imam Al-Boukhariyy dans son livre al-‘adabou l-moufrad, a dit qu’il était permis d’appeler le prophète après sa mort en disant « Ya Mouhammad », « Ô Mouhammad ».
Ibnou s-Sounniy a également cité cela dans son livre ^amalou l-yawmi wa l-laylah. Le texte de ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy dans al-‘adabou l-moufrad, son livre, il a dit : « la jambe du fils de ^Oumar s’est comme paralysée. Un homme lui a alors dit : cite la personne que tu aimes le plus, celle qui est le plus cher pour toi. Il a dit : « Ya Mouhammad », « Ô Mouhammad ». Cette quasi-paralysie de sa jambe, c’est-à-dire que sa jambe c’est comme si elle n’a plus de sensibilité, ce n’est pas le simple fourmillement. Certains ne comprennent pas ce hadith, ils pensent que c’est comme si la jambe se met à fourmiller, mais ce n’est pas le simple fourmillement de jambe, c’est une quasi-paralysie, la jambe ne sent plus rien. Lorsque Bilal Al-Habachiy que Allah l’agrée, qui était le mou’adh-dhin, celui qui appelait à la prière pour le messager, quand il était près de mourir, sa femme s’est mise à dire : « Ô qu’il est grand mon chagrin », parce qu’elle voyait que son mari était prés de mourir. C’est alors que Bilal lui a répondu : « qu’il est grand mon bonheur : Demain je vais rejoindre mes bien-aimés, Mouhammad et ses compagnons ».
Il a été rapporté qu’une femme avait dit à ^A’ichah, que Allah l’agrée, elle lui avait dit après le décès du prophète élu : « montre-moi la tombe du messager de Allah ». ^A’ichah a alors dévoilé la tombe et c’est alors que cette femme s’est mise à pleurer en face de la tombe honorée jusqu’à ce qu’elle soit morte tellement elle se languissait du prophète et l’aimait.
Parmi les nouvelles qui nous sont parvenues au sujet de l’immense amour que les compagnons éprouvaient envers leur prophète, et comment ils faisaient tout pour qu’il ne lui arrive aucun mal, aucune nuisance : lorsque les gens de La Mecque, qui étaient à l’époque encore mécréants, ont emmené Zayd ibnou d-dathnah, ils l’ont fait sortir de al-haram, l’enceinte sacré de La Mecque pour le tuer alors que Zayd était un compagnon du prophète. Abou Soufiyan ibnou Harb qui était mécréant lui a dit : « je te demande par Allah ô Zayd, est-ce que tu aurais aimé que Mouhammad soit à ta place maintenant entre nos mains et qu’on lui tranche le cou et que toi tu sois parmi les gens de ta famille, tranquille ? ». Alors Zayd, que Allah l’agrée lui a répondu : « Par Allah, je ne voudrai pas que Mouhammad, qui est à la place où il est maintenant, je ne voudrai même pas qu’il soit touché par une épine. Alors que moi je serai assis avec les gens de ma famille ». Et Abou Soufiyan a dit : « je n’ai pas vu des gens qui aimaient plus quelqu’un que les compagnons de Mouhammad qui aimaient le prophète Mouhammad ».
Ce qui nous indique le grand attachement des compagnons, leur grand amour pour le messager éminent, il y a ce qui s’est passé lors de la bataille de ‘Ouhoud. Lorsque les archers (ceux qui devaient être positionnés pour couvrir les musulmans qui combattaient. Le Prophète les avait placés sur une hauteur, le mont des archers jabalou r-roumat, ils étaient là normalement pour surveiller que les musulmans ne soient pas attaqués par derrière) avaient contredit la parole du prophète, ils avaient quitté leurs positions alors que le prophète leur avait dit ce qui signifie : « même si vous voyez que nous sommes en train de gagner la bataille, vous ne quittez pas vos positions » et eux ont désobéi, ils ont quitté leurs position. C’est alors que les musulmans n’ont plus été couverts, et les associateurs sont venus pour les attaquer par derrière. Il y a eu beaucoup de morts parmi les musulmans à cette occasion là. Et à cette occasion, les compagnons du prophète ont manifesté leur grand attachement pour le prophète. Ils étaient devenus comme une forteresse : par leur corps ils avaient constitué comme une forteresse autour du prophète et ils protégeaient le prophète par leurs corps et ils tombaient les uns à la suite des autres sous les flèches des associateurs au point que nombre d’entre eux furent tués à cette occasion là. Tout cela manifestant leur amour pour leur prophète et leur guide éminent et oeuvrant conformément à la parole de Allah : « an-nabiyyou ‘awla bi l-mou’minina min ‘anfousihim » [sourat Al-‘Ahzab / 6].
Parmi ce qui est rapporté également concernant le sacrifice des compagnons, que Allah les agrée, le sacrifice qu’ils ont fait pour leur prophète, ils sacrifiaient leurs âmes et leurs corps le jour de la bataille de ‘Ouhoud. Lorsque les gens n’avaient pas écouté la parole du prophète et que parce qu’ils n’avaient pas écouté la parole du prophète ils avaient perdu, mais le prophète il ne perd jamais. On ne dit pas que le prophète a perdu une bataille, le prophète est toujours gagnant. Ce sont ceux qui n’ont pas écouté sa parole qui ont perdu.
Le compagnon honorable Abou Talhah, que Allah l’agrée a protégé le prophète et il était debout pour le protéger et porter son bouclier. Il protégeait le prophète avec son propre corps et son bouclier. Et Abou Talhah était un homme adroit dans le lancer. Le prophète surveillait la bataille mais Abou Talhah lui disait : « s’il te plait ne te découvre pas sinon tu risques d’être atteint par une flèche. Je préfère que ce soit moi qui meurt et pas toi ».
Abou Doujanah également, que Allah l’agrée, a protégé le messager de Allah par son corps. Son corps était comme un bouclier pour le prophète et les flèches tombaient sur son dos alors qu’il était penché sur le messager de Allah pour le couvrir jusqu’à ce qu’il meure lui et cinq autres avec lui qui protégeaient le messager de Allah par leurs corps. Ils ont sacrifiés leurs âmes pour le prophète et ils ont obtenu la gloire du martyr. Le dernier d’entre eux était ^Amarah ibnou Yazid que Allah l’agrée qui lui aussi protégeait et combattait jusqu’à ce que ses blessures l’aient achevé. Quand ce compagnon était tout plein de blessure et qu’il allait bientôt mourir, le messager de Allah, lui qui a le cœur tendre et miséricordieux a dit aux autres : « ‘adnouhou minni », ce qui signifie : « rapprochez-le de moi » et le prophète a posé la tête de ce compagnon blessé sur son pied honoré et ce compagnon est mort avec sa joue contre la jambe du messager de Allah.
Parmi ce qui indique le grand amour des compagnons pour leur prophète et le grand attachement de leur cœur à le voir et le fait qu’ils ne supportaient pas de la quitter, c’est qu’un homme est venu un jour voir le prophète élu et lui a dit : « Ô messager de Allah je t’aime plus que ma famille et mes biens. Chaque fois que je te cite, je ne peux pas patienter jusqu’à venir te voir. J’ai pensé, le jour où moi je vais mourir et que toi tu vas mourir, j’ai su que toi lorsque tu rentreras au paradis, tu y entreras en haut du paradis avec les prophètes et que si moi j’y rentre je ne t’y verrai pas ». Alors Allah tabaraka wa ta^ala a révélé Sa parole : « wa man youti^i l-Laha wa r-rasoula fa‘oula’ika ma^a l-ladhina ‘an^ama l-Lahou ^alayhim m-mina n-nabiyyina wa s–siddiqina wa ch-chouhada’i wa s–salihina wa hasouna ‘oula’ika rafiqa » [sourat An-Niça’ / 69], c’est-à-dire dans cette ‘ayah nous comprenons que ceux qui obéissent à Allah et au messager ceux-là seront avec le prophète, les véridiques, les martyrs et les vertueux et quelle meilleure compagnie que la compagnie de ces gens-là.
Le prophète a demandé qu’on lui ramène cet homme et il lui a récité cette ‘ayah pour lui égayer le cœur. Dans le hadith de ‘Anas, que Allah l’agrée, le prophète a dit : « man ‘ahabbani kana ma^i fi l-jannah », ce qui signifie : « celui qui m’aime sera avec moi au paradis ».
Information utile : le messager de Allah a dit : « al-mar’ou ma^a man ‘ahabb », c’est-à-dire que Allah ta^ala réunit l’homme avec celui qu’il aime s’il fait partie des vertueux. Au jour du jugement, si quelqu’un aimait quelqu’un de vertueux, il sera avec lui au jour du jugement.
Parmi les manifestations claires également de l’amour des compagnons envers leur prophète, et que leur cœur était attaché à l’accompagner même après sa mort, il y a ce qu’a rapporté Mouslim que Rabi^ah ibnou Ka^b Al-‘Aslamiy qui avait été un certain moment au service du messager de Allah. Le messager de Allah lui a dit un jour pour le rétribuer, car ce compagnon était à son service : « salni », ce qui signifie : « demande quelque chose je, le ferai » c’est-à-dire par rétribution. C’est alors que ce compagnon a demandé au messager de Allah d’être avec lui au paradis. Le messager de Allah ne l’a pas blâmé pour cela. Il ne lui a pas dit, ce n’est pas bien ce que tu demandes. Mais par modestie, le prophète lui a dit : « ‘aw ghayra dhalik » ce qui signifie : « ou autre chose ». Mais le compagnon lui a dit : « non c’est ce que je veux ». Alors le prophète lui a dit : « fa’a^inni ^ala nafsika bi kathrati s-soujoud », ce qui signifie : « œuvre, accompli beaucoup des prières surérogatoires, peut-être que ce sera une cause pour que tu sois exaucé ».
Information utile : ce hadith honoré dans lequel ce compagnon honorable Rabi^ah ibnou Ka^b, que Allah l’agrée avait demandé au messager de Allah d’être avec lui au paradis par rétribution pour son service à lui dans le bas monde. Ce hadith constitue une preuve claire qu’il est permis de demander à autre que Allah ta^ala quelque chose qu’il n’est pas habituel de demander. Il a demandé au prophète d’être avec lui au paradis, il a demandé à autre que Allah. Et lui demander d’être au paradis, ça n’est pas quelque chose d’habituel, les gens habituellement ne demandent pas ça. Donc ce hadith est une preuve qu’il est permis de demander à autre que Allah ce qu’il n’est pas habituel de demander contrairement à ce que disent ces perturbateurs qui renient le tawassoul, les wahhabites ou prétendus salafites. Ils disent le contraire, ils déforment. Ils prétendent qu’il n’est pas permis de demander à autre que Allah et qu’il n’est pas permis de demander ce qui n’est pas habituel. Ils ont ramené des règles de leur tête. Nous, nous suivons le hadith du prophète et des compagnons ou ces gens là ? On suite le prophète et ses compagnons, mais eux c’est comme si leur cœur est voilé, c’est comme si tu parles avec le vent. Ces gens ont ramené une nouvelle religion et avec leur argent ils la diffusent. Ils prennent des jeunes qui n’ont pas vécu dans les pays musulmans, qui n’ont pas appris ou même ceux qui ont vécu dans les pays musulmans et ils les détournent, ils sèment parmi eux leur mauvaise religion. S’ils l’ont propagée, c’est avec l’argent car le fondateur de leur secte wahhabite est apparu il y a plus de 250 ans et il n’a pas réussi à attirer des gens. C’est seulement lorsqu’ils ont découvert du pétrole qu’ils ont réussi à diffuser leur mauvaise croyance et pourtant ils n’ont rien changé, c’est toujours la même chose. Avant ils n’avaient pas d’argent, ils n’avaient pas de client maintenant qu’ils ont l’argent ils trouvent des clients.
Ils disent : « comment tu demandes à quelqu’un qui lui aussi est dans le besoin ?! », c’est soit disant la réplique qu’ils ont trouvée ! Quand on leur dit qu’il est permis de demander à autre que Allah quelque chose qu’il n’est pas habituel de demander, comme ce compagnon, ils disent : « comment tu demandes à quelqu’un qui lui-même est dans le besoin ?! ». La réplique est que le messager de Allah qui lui aussi ne se passe pas de Allah, il a toujours besoin de Allah a dit à son propre serviteur ce qui signifie : « demande-moi ce que tu veux ». C’est le prophète qui a pris l’initiative de lui dire de demander et le compagnon qui connaît certainement la religion de l’Islam mieux que ces wahhabites a demandé. Le prophète ne lui a pas dit : « tu as fait quelque chose de mal, pourquoi tu demandes à quelqu’un qui lui-même est dans le besoin ». Ces gens-là sont très loin de la religion du prophète.
Les gens de la vérité, parmi les savants ont dit : « il est permis de demander au prophète qu’il soit vivant ou mort et il est également permis de demander à un saint qu’il soit vivant ou mort. Cela n’est pas contraire à la loi de l’islam et cela ne représente pas une adoration d’autre que Allah » tout comme le prétendent ces perturbés, ces perturbateurs qui renient le tawassoul. L’adoration comme l’ont définie les linguistes, les spécialistes de la langue, c’est : « ghayatou l-khouchou^i wa l-khoudou^ » c’est-à-dire l’extrême limite de l’humilité, de la crainte et de la soumission. On comprend à partir de là que le simple tawassoul, la simple demande d’aide ou de renfort par le prophète ou par un saint et lui demander qu’il soit vivant ou mort, cela n’est pas une adoration pour celui à qui on demande cela car ce n’est pas une extrême limite d’une soumission, ce n’est pas une forme d’association. Les prophètes et les saints tout comme l’ont dit les savants de la vérité peuvent agir, accomplir certaine chose durant leur vie et après leur mort. Tout cela par la volonté de Allah. Allah ta^ala fait que s’Il veut, ce saint sort de sa tombe, il fait ce que Allah veut qu’il fasse et il revient. N’est ce pas que Allah est sur toute chose tout puissant. Qu’est ce qui empêche cela ? Rien du point de vue de la raison n’empêche cela, rien. C’est quelque chose de possible selon la raison.
Parmi ce qui est parvenu au sujet de l’amour des compagnons envers le prophète élu, il y a la visite qu’ils lui font après sa mort et le tabarrouk, c’est-à-dire la recherche des bénédictions par sa tombe honorée, il y a ce qu’à, rapporté Bilal Al-Habachiy, que Allah l’agrée, le mou’adh-dhin du messager de Allah. Il avait quitté Médine l’illuminée après la mort du prophète et il était parti s’installer au pays de Ach-Cham. Il a vu dans son rêve le messager de Allah lui dire dans le rêve ce qui signifie : « tu fais preuve là d’une froideur ô Bilal. Le moment de venir me rendre visite n’est donc pas encore arrivé ». C’est-à-dire que le prophète s’est comme s’il reprochait avec douceur, comme lorsque quelqu’un te dit « il y a longtemps que tu n’es pas venu me rendre visite pourquoi tu ne viens pas ». Bilal, que Allah l’agrée s’est réveillé de son sommeil attristé et touché. Il a pris sa monture et s’est dirigé vers Médine l’illuminée, que Allah honore et élève d’avantage celui qui y réside. Il est parti à la tombe du prophète, il s’est mis à pleurer et à frotter son visage sur la tombe. C’est alors que Al-Haçan et Al-Houçayn, les deux petit-fils du messager de Allah, sont venus et Bilal les a pris contre lui, les a serrés contre sa poitrine en les embrassant. Ils lui ont dit : « nous souhaitons tant entendre à nouveau l’appel à la prière que tu faisais pour le messager de Allah dans la mosquée ». C’est alors que Bilal a fait ce que les petit-fils du prophète lui ont demandé. Il est monté sur le toit de la mosquée du prophète. Il a pris la place qu’il prenait habituellement et quand il a dit Allahou ‘akbar Allahou ‘akbar, Médine a tremblé. Quand il a dit Ach-hadou an-la ‘ilaha illa l-Lah, les gens ont tous remarqué qu’il y avait quelque chose d’inhabituel. Lorsqu’il a dit Ach-hadou anna Mouhammadan raçoulou l-Lah les femmes étaient sorties de chez elles, elles se sont dit « est ce que le prophète a ressuscité ? » et ce jour-là, était le jour où on avait vu le plus les gens pleurer, hommes et femmes à Médine, après le décès du messager de Allah. Cela a été rapporté par le Hafidh Taqiyyou d-Din As-Soubkiyy dans son livre Chifa’ou s-Saqam.