L’invocation en faveur du Prophète
Où a été créé Adam et comment ?
Que se passe-t-il dans la tombe ?
La prédestination, qu’est-ce que c’est ?
Transactions : al mousaqat – contrat d’entretien d’arbres fruitiers et mariage
La prière dans son temps pour Dieu le Créateur de toute chose
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, que Allah honore et élève davantage le rang de notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler de ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissance. Et nous Lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément.
Il nous a été rapporté dans le jami^ de At-Tirmidhiyy et d’autres que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie: » Je vous recommande mes compagnons et ensuite ceux qui les suivent puis ceux qui les suivent. Ensuite le mensonge va se propager au point qu’il arrive à l’homme de témoigner sans qu’on ne lui demande de témoigner et il arrive à l’homme de jurer sans qu’on ne lui demande de jurer. Chaque fois qu’un homme se retrouve seul à seul avec une femme, le chaytan sera là pour les entraîner aux péchés. Attachez-vous à la majorité et gardez-vous de la dispersion, le chaytan est plus fort lorsque la personne est seule et il s’éloigne lorsqu’ils sont deux. Celui qui veut profiter du Paradis, qu’il reste avec la majorité. Celui qui est heureux quand il fait une bonne action et malheureux quand il commet une mauvaise action, c’est celui-là le croyant « .
Al-jama^ah ici c’est-à-dire la majorité de la communauté. C’est-à-dire le sens du hadith du Prophète, la personne ne doit pas quitter la majorité de la communauté c’est-à-dire sa croyance. Parce que la personne sera sauvée dans l’au-delà que si elle suit la majorité de la communauté de Mouhammad dans la croyance.
Et la louange est à Dieu, la majorité de la communauté de Mouhammad, des centaines de millions leurs savants à l’est et à l’ouest ont pour croyance et ils enseignent et ils disent que Allah tabaraka wa ta^ala existe et qu’Il est exempt de la limite et de l’endroit. Allah existe sans limite et sans endroit. La limite ici c’est-à-dire la quantité, Allah est exempt de la limite, c’est-à-dire Il est exempt de la quantité et Il est exempt de l’endroit. Lorsque les savants de Ahlou s-sounah disent Allah n’est pas limité, cela veut dire qu’Il n’est pas quelque chose qui a une quantité. Cela veut dire que Allah n’est pas quelque chose qui a une quantité car toute chose qui a une quantité depuis le grain de poussière jusqu’au Trône a besoin de qui l’a fait exister avec cette quantité. Le soleil a une quantité. Le soleil a une limite et une quantité. Le soleil a besoin de Qui l’a fait avec cette limite et avec cette quantité. Ce n’est pas valable selon la raison que ce soit le soleil qui ce soit donné l’existence avec cette limite et cette quantité qu’il a. La raison ne l’accepte pas parce que la chose ne se crée pas elle-même, une chose ne se crée pas elle-même. Comme le soleil malgré son grand profit, il n’est pas valable qu’il soit un dieu pour ce monde alors obligatoirement le Créateur du soleil n’a pas de quantité, c’est-à-dire Il n’est pas quelque chose qui a une quantité.
Le Trône éminent a une quantité, c’est la quantité la plus grande de toutes les créatures. Le Trône a besoin de Qui l’a fait exister avec cette limite qu’il a. Ce n’est pas valable selon la raison que ce soit le Trône qui ce soit créé lui-même. Et même ce qui est de taille intermédiaire entre le grain de poussière et le Trône, tous ces corps-là ont besoin de Qui les a fait exister avec la quantité qu’ils ont. Celui qui fait exister toutes ces créatures obligatoirement selon la raison, Il n’a pas de quantité. Parce que si le Créateur avait une quantité, Il aurait eu besoin de qui l’a fait exister avec cette quantité et ce sujet , quelqu’un qui a une raison saine n’est pas perturbé à ce sujet.
Quant à ceux qui sont des moujassimah, qu’est-ce que ça veut dire moujassimah ? Ceux qui attribuent le corps à Allah et leurs semblables, ceux qui ont pour croyance que Allah est un corps qui a une quantité de la taille du Trône ni plus petit ni plus grand, ceux-là n’ont pas connu Allah. Si Allah avait eu une quantité, Il aurait eu besoin de qui L’a créé et Lui a accordé cette quantité. Exactement tout comme le Trône, il a besoin de qui l’a créé, il lui a donné la quantité et la limite qu’il a. Il est donc obligatoire selon la raison que le Trône et tout ce qui est plus petit que le Trône ont une quantité, toutes ces choses qui ont une quantité sont entrées en existence, ils ont besoin de Qui les a créé.
Il est obligatoire selon la raison que tout ce qui a une quantité, que tout ce qui a une limite, il a besoin de qui l’a fait exister, de qui lui a donné cette quantité et cette limite, et donc c’est forcément quelque chose qui est entré en existence, qui a existé après n’avoir pas existé. Et ceci est compris de la parole de Allah : » Absolument rien n’est tel que Lui « . Parce que si Allah avait eu une quantité et une limite, Il aurait eu des semblables innombrables. Donc si Allah ta^ala avait eu une limite et une quantité, alors l’être humain aurait été semblable à Lui, le soleil aurait été semblable à Lui, le Trône aurait été semblable à Lui et c’est pour cela conformément à ce verset honoré et en prenant en considération la preuve rationnelle il est obligatoire d’exempter Allah de la limite et de la quantité. Et ceci est confirmé par les paroles des savants des trois premiers siècles de l’hégire.
Notre maître ^Aliyy que Allah l’agrée, le quatrième calife, a dit : » Celui qui prétend que notre Dieu est limité, il n’a pas connu le Créateur Celui Qui est adoré « . Qu’est-ce que ça veut dire limité ? C’est ce qui a une quantité. Limité, ici c’est ce qui a une quantité. Donc le mot mahdoud limité ça ne veut pas dire quelque chose qui est tout petit, non ! Certains lorsque tu leur dis cette chose est limitée, qu’est-ce qu’ils comprennent ? Ils croient que c’est quelque chose qui n’est pas très étendue, c’est tout petit. Ce n’est pas cela la définition chez les spécialistes de la religion, les savants de Ahlou s-sounnah, quand ils disent que telle chose est limitée, cela veut dire que telle chose a une quantité. Donc le grain de poussière est appelé limité. Et le Trône honoré, on dit aussi qu’il est limité. Parce que le grain de poussière a une quantité et le Trône a une quantité. Tout comme les humains et cette terre sur laquelle nous sommes, tous ont une quantité. Voilà, le sens de limité. Le Créateur de ce monde, il n’est pas valable selon la raison et il n’est pas valable selon les textes, qu’Il ait une quantité. Car Allah a nié à Son sujet tout équivalent, quel est le verset qui le prouve ? Le verset 11 de sourat Ach-Chourah qui signifie : » Absolument rien n’est tel que Lui « . Et la raison accepte cela, la raison confirme cela.
Ainsi, Zaynou l-^Abidin fils de Houçayn fils de ^Aliyy a dit : » Ô Allah, Tu n’es pas limité c’est-à-dire Tu n’as pas de quantité « . C’est le petit fils du petit fils du Prophète, le fils du petit fils du Prophète. Il est surnommé As-sajad c’est-à-dire celui qui se prosterne, pourquoi parce que chaque jour et nuit, il faisait mille rak^ah surérogatoire. Certains d’entre nous à notre époque, ils ont du mal à faire cinq prières, pourtant Allah ta^ala nous a ordonné de les accomplir dans leur temps, il n’y pas d’excuse : quelqu’un dit : » moi, je travaille » et il les fait le soir et il les fait en rattrapage, non ! Les savants ont dit : » même si les musulmans sont en guerre, ils n’arrêtent pas de faire la prière « , même quelqu’un qui est malade, il n’arrête pas de faire la prière. Lui, non seulement il faisait les prières obligatoires mais il faisait en plus par jour mille rak^ah, certains n’ont pas fait peut-être mille rak^ah dans leur vie de prières surérogatoires, lui, il les fait par jour et nuit, c’est pour cela qu’il était surnommé As-Sajjaad, il se prosternait beaucoup pour Dieu. Donc, qu’est-ce qu’il a dit ? Et il a un traité un texte qu’on a appelé as-sahafiyah as-sajjaadiyyah les paroles de croyance qui sont appelées As-Sahifah As-Sajjaadiyyah donc les pages de As-Sajjaad.
Plus tard après Zaynou l-^Abidin As-Sajjaad, il y a eu un autre savant qui s’appelle Abou Ja^far At–Tahawiyy, il a dit dans un livre qu’il a indiqué comme étant la croyance de Ahlou s-sounnah wa l-jama^ah, il a écrit un texte qu’il a présenté comme étant la croyance de Ahlou s-sounnah wa jama^ah, et parmi ce qu’il a écrit, il a dit : » Allah est exempt des limites c’est-à-dire des quantités « , Allah, quand on dit exempt c’est-à-dire n’est pas concerné. Allah est exempt des limites, c’est-à-dire exempt des quantités, on ne dit pas qu’Il a une petite quantité ni une grande quantité parce que celui qui a une quantité a besoin de qui la lui a donné et Allah n’a pas de besoin. Allah est exempt des limites c’est-à-dire des quantités, Il est exempt des fins et Il est exempt des côtés et Il est exempt des membres comme la main, le pied, Il n’est pas concerné par cela et des petits organes comme la langue, Il est exempt de tout cela, Il n’est pas concerné par tout cela , on ne Lui attribue pas cela, ces paroles que Abou Ja^far At–Tahawiyy a dites, Abou Ja^far At–Tahawiyy est mort en 322 de l’hégire, c’est la croyance des compagnons des Prophètes, ce qu’il a résumé, c’est la croyance des compagnons et la croyance de ceux qui les ont suivis jusqu’à son époque. Et ensuite, après cela les savants de l’Islam que ce soit à l’est ou à l’ouest, au nord ou au sud, voilà c’est ce qu’ils enseignent dans leur cours. L’Indonésie par exemple, ils ont plus que cent millions, même plus, peut-être deux cent millions, leur croyance c’est une croyance Ach^arite c’est-à-dire ils ont pour croyance que Allah existe sans endroit, on ne dit pas qu’Il est partout, on dit Il est sans endroit. En Indonésie, ils sont Ach^arites, leur croyance est que Allah existe sans quantité, sans endroit, sans direction, Il n’est pas qualifié de mouvement ou d’immobilité, on ne dit pas qu’Il est en mouvement, on ne dit pas qu’Il est immobile, pourquoi ? Parce que celui qui est en mouvement c’est un corps et celui qui est immobile, c’est un corps, Allah n’est pas concerné ni par le mouvement ni par l’immobilité parce qu’Il n’est pas un corps. Tout comme on ne dit pas par exemple de ce stylo, il est intelligent ou il est bête, il n’est pas concerné par la connaissance, il n’est pas concerné, il n’est même pas vivant pour dire est-ce qu’il est vivant, pour dire s’il est intelligent ou il n’est pas intelligent, d’accord ! il n’est pas concerné.
Allah n’est pas concerné par le mouvement et par l’immobilité, pourquoi ? Parce qu’Il n’est pas un corps, Il est le Créateur des corps, Il n’est pas un corps, Il est le Créateur des endroits, Il n’a pas besoin des endroits, c’est ça la croyance des musulmans. Les savants d’Égypte, c’est cela leur enseignement également. Les savants de Ach-Chaam, également c’est cela leur enseignement parce que leur croyance est que Allah existe sans endroit c’est-à-dire qu’Il n’est pas quelque chose qui a une quantité, Allah n’a pas de quantité, l’endroit c’est quelque chose de relatif à ce qui a une quantité et une limite. Quant à celui qui n’a pas de quantité, Il n’est pas situé dans un endroit.
Comme Allah soubhanahou wa ta^ala n’est pas dans un endroit, Il n’a pas de quantité et Il n’est pas dans une direction et que l’être humain n’arrive pas à imaginer quelque chose qui ne soit pas dans un endroit, qui n’ait pas de quantité, qui ne soit pas dans une direction ni dans toutes les directions, l’imagination n’arrive pas à imaginer un Être qui ne soit pas dans une direction ou dans toutes les directions, comme notre imagination est incapable, qu’est-ce que les savants du salaf ont dit, ils ont dit : » quoi que tu imagines en ton esprit, Allah n’est pas ainsi » Parce que toi, tu ne peux imaginer que quelque chose dans un endroit, dans une direction et Allah n’est pas dans un endroit, Il n’est pas dans une direction, Il n’a pas de quantité et toi tu n’arrives pas à imaginer quelque chose qui ne soit pas dans un endroit, qui n’ait pas de quantité, donc tout ce que tu peux imaginer et ce n’est pas Allah, c’est cela la parole des savants du salaf : » quoi que tu imagines en ton esprit, Allah n’est pas ainsi « . Cette règle a été énoncée par l’Imam Ibnou Hanbal, elle a été énoncé également par Dhou nNoun Al-Misriyy, ils étaient contemporain, ils ont vécu à la même époque. Dhou nNoun a pris la science auprès de l’Imam Malik et l’Imam Malik est mort au deuxième siècle de l’hégire. Mais Dhou nNoun Al-Misriyy est mort après le deuxième siècle de l’hégire, il a vécu des dizaines d’années dans le troisième et l’Imam Ahmad est mort après le deuxième siècle de l’hégire et d’autres qu’eux ont dit la même chose, cela est la croyance des musulmans, c’est que Allah existe sans endroit, sans direction et sans limite. Cette croyance des musulmans, la raison en témoigne de la validité de cette croyance et le qour’an témoigne de la validité de cette croyance. Le qour’an, en l’occurrence le verset
﴾ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ البَصِيرُ ﴿
(layça kamithlihi chay’ wa houwa sssami`ou l-Basir)
qui signifie : » Absolument rien n’est tel que Lui « . Ce verset suffit pour nier la limite au sujet de Allah, la situation dans un endroit et une direction, elle nie au sujet de Dieu tout ce qui fait partie des caractéristiques des créatures comme le mouvement et l’immobilité.
Ce n’est pas comme le prétendent ces égarés, les moujassimah, ceux qui attribuent le corps à Allah et ceux qui les ont précédés, ces gens-là du point de vue de la croyance sont égarés et même du point de vue de pratique, ils ont des choses qui sont propres à eux et à savoir par exemple ils déclarent mécréants celui qui dit : » ya Mouhammad » qui appelle le Prophète qui dit : » ô Mouhammad » ils le déclarent mécréant, ils déclarent mécréant celui qui dit : » ya raçoulou l-Lah » » ô Messager de Dieu » Celui qui dit : » ô Mouhammad, ô Messager de Allah » pour eux, eux, ils le déclarent mécréant, ils disent que son sang est licite, s’ils sont capables de le tuer, ils le tuent , s’ils peuvent tuer quelqu’un qui dit : » ô Mouhammad » parce qu’ils l’ont déclaré mécréant, ils disent qu’il est mécréant et celui qui déclare mécréant quelqu’un , il considère qu’il est licite de le tuer, c’est ça. Mais ils peuvent s’abstenir de le faire parce qu’ils ne sont pas capables. Ces gens-là pour eux celui qui dit » ya Mouhammad ô Mouhammad » c’est un associateur, c’est un mécréant. Celui qui considère que Allah a une quantité plus petite que le Trône ou égal au Trône ou plus grande que le Trône dans tous les cas il est devenu mécréant, pourquoi ? Parce qu’il a attribué à Allah, la caractéristique de la créature. Celui qui Lui a attribué cela, il L’aura comparé à Ses créatures, il n’a pas connu Allah.
Ces moujassimah, ces assimilationnistes qu’on appelle les wahhabites, ceux qui se font appeler les salafites, eux, ils suivent les idées d’un homme qu’ils appellent Chaykh Al-‘Islam, il s’appelle Ibnou Taymiyah, alors qu’en réalité c’est un égaré, pourquoi ? Parce qu’il a attribué le comment à Allah, il a attribué la quantité à Allah.
Et le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a recommandé de suivre la majorité de cette communauté dans plus d’un hadith. Ainsi, dans les sounan de Abou Dawoud, il y a un hadith qui a été rapporté par Mou^aawiyah d’après le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam dans lequel il a dit ce qui signifie : » Ma communauté va se diviser en soixante-treize groupes, tous iront en enfer sauf, un seul, qui est le groupe majoritaire » Cela veut dire que le sens de ce hadith est que la majorité de la communauté du Prophète Mouhammad a une croyance qui est agrée par Allah, la majorité a une croyance qui est agrée par Allah.
Il y a un autre hadith qui signifie : » Ma communauté ne sera pas unanime sur un égarement, si vous voyez de la divergence, alors suivez la majorité « . Cela veut dire que la majorité de ceux qui se disent musulmans, ils ne vont pas s’égarer dans la croyance, ils auront la croyance de l’Islam, celle que Dieu agrée et que le Messager agrée. Ils ne seront pas égarés, ils ne sortiront pas tous de l’Islam jusqu’au jour dernier, jusqu’à la fin de ce monde les musulmans resteront sur la croyance correcte. Là il s’agit d’autres que les œuvres, mais du point de vue des pratiques, les actes d’adoration, la communauté n’est pas comme la pratique des compagnons, la pratique des successeurs des compagnons, la pratique des successeurs des successeurs des compagnons, ils ne sont pas comme la pratique des musulmans des trois premiers siècles de l’hégire. Les musulmans des trois premiers siècles, ils étaient solidaires les uns envers les autres concernant les biens du bas monde, ils se soutenaient à un point très très avancé dans leur solidarité les uns avec les autres. Celui qui a pris connaissance, qui a lu les livres d’histoire de l’Islam, il saura cela.
Il y avait au deuxième siècle de l’hégire, un gouverneur sur le Sijistaan un pays qui n’est pas un pays arabe, qui s’appelle Sijistaan en Asie mineure et ce gouverneur s’appelait TalHatou TalHaat. C’était quelqu’un qui était très généreux et qui était brave. Il a même (c’est-à-dire regardez sa générosité), il a financé le mariage de cent femmes arabes avec cent hommes arabes, c’est lui qui a tout pris en charge. Où va t-on trouver quelqu’un qui fait la même chose à notre époque ?! En résumé la communauté du point de vue des pratiques, des œuvres n’est pas comme les premiers dans leur soutient les uns les autres, dans le fait de s’attacher à la Loi de Allah dans les lois. Ils ont failli énormément, ils ont délaissé la solidarité sauf très peu d’entre eux. Aujourd’hui très très très peu font preuve de solidarité envers ceux qui sont dans le besoin, la plupart des gens à notre époque cherchent à amasser encore plus d’argent.
Abdou l-Lah Ibnou Mas^ouud que Allah l’agrée, un compagnon a dit : » Je ne pensais pas qu’un jour qu’il y ait des gens parmi les musulmans qui vont aimer l’argent jusqu’à ce que Allah a révélé Sa parole dans le verset 152 de sourat Ali ^Imraan qui signifie : » Il y a parmi vous ceux qui veulent le bas monde « . Quand ce verset a été révélé, il a su qu’il va y avoir parmi les musulmans des gens qui vont aimer le bas-monde, auparavant il pensait que personne ne cherche pas après le bas-monde « . Regardez, c’est-à-dire avec l’enseignement du Prophète, c’est un compagnon du Prophète. Toute leur préoccupation était orientée vers comment gagner les hauts degrés dans l’au-delà mais malgré cela il y avait même parmi les compagnons certains qui cherchaient l’argent. En résumé, si on fait un bilan sur notre époque, les musulmans ont rétrogradé énormément concernant les pratiques. Depuis des siècles, ils ont rétrogradé, depuis des siècles mais surtout ça s’est accentué à notre époque du point de vue des pratiques. Mais du point de vue de la croyance et la louange est à Dieu, ils ont absolument la même croyance que celle des compagnons, des successeurs des compagnons et des successeurs des successeurs des compagnons. Les gens des trois premiers siècles, les siècles de mérite et la louange est à Dieu que nous ayons cette croyance. Et le Messager salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a indiqué la cause de la décadence de la communauté à notre époque. Le Prophète a dit à son compagnon Thawbaan, il lui a dit ce qui signifie : » Que penses-tu Thawbaan, comment tu te sentiras le jour où les différentes communautés vont vous attaquer de toutes parts, tout comme des gens s’assoient autour d’un même récipient pour en manger, chacun mange de son côté « . Thawbaan a posé la question, il a dit : » Mais pourquoi est-ce que toutes les communautés vont nous attaquer de toutes parts, est-ce qu’on sera tellement peu nombreux ce jour-là pour que tout le monde nous attaque de toutes parts ? » Le prophète lui a dit ce qui signifie : » Non, ce jour-là vous serez très nombreux mais vous serez comme ce que vous savez comme quand il pleut, où quand il y a des ruisseaux, ils entraînent les brindilles, les choses qui sont légères, vous serez comme cela, ce jour-là parce que vous n’allez plus avoir cette grandeur d’âme et cette noblesse de l’âme que vous aviez par le passé , vous serez humiliés, c’est cela « . Et Thawban a dit » Mais cela veut dire quoi cette faiblesse de noblesse d’âme, le fait d’être ainsi faible , qu’est-ce que cela veut dire ? » Le Messager salla l-Lahou ^alayhi wa sallam tout comme l’a rapporté l’Imam Ahmad et At-Tabaraaniyy dans Al-‘AwsaT a dit » c’est parce que vous êtes attachés au bas monde et vous détestez la mort, c’est-à-dire vous n’êtes pas prêt à faire des sacrifices, vous êtes tellement viscéralement attachés à des biens de ce bas monde, c’est cela qui va faire que vous soyez bas. C’est cela la raison de votre décadence ce qui va vous parvenir à cette limite, que les ennemis vont vous encercler, vous entourer de toutes parts, tout comme des gens affamés entourent de toutes parts un plat de nourriture au milieu, un il tend la main pour prendre, l’autre il prend la main de son côté et l’autre il tend la main de son côté « . Et le Messager salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a indiqué la raison de cela et il a dit ce qui signifie : » c’est l’amour du bas-monde et le fait de détester la mort « . Mais dans tous les cas, celui qui ne perd pas son capital, quelqu’un qui fait du commerce, s’il ne perd pas son capital c’est comme s’il n’a rien perdu, il n’a pas fait de bénéfice mais il a gardé son capital, et quel est le capital du musulman ? C’est sa croyance, c’est cela ton capital, tu peux le faire fructifier en accomplissant des oeuvres, en faisant les devoirs et en évitant les péchés, mais si quelqu’un est paresseux pour une raison ou une autre, mais qu’au moins il garde son capital, qu’il garde sa croyance, que Dieu existe sans endroit, qu’Il n’a pas besoin de Ses créatures et que notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam est le meilleur de toutes les créatures de Dieu, c’est le prophète arabe Mouhammad fils de ^Abdou l-Lah qui est né à la Mecque et qui est enterré à Médine, lui que Dieu a envoyé en tant que miséricorde, parmi ses compagnons il y avait l’éthiopien, il y avait le romain, il y avait le perse, c’étaient des compagnons. Souhayb est romain, Salmaan est perse, Bilal est Habachiyy. Donc le capital du musulman, c’est quoi ? C’est sa croyance. La croyance de Ahlou s-sounnah, la même que celle du Prophète, des compagnons, des successeurs des compagnons, des successeurs des successeurs des compagnons, nous le savons : nous sommes sur la même croyance qu’eux : que Allah n’a pas de ressemblance avec Ses créatures :
﴾ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ البَصِيرُ ﴿
(layça kamithlihi chay’ wa houwa sami`ou l-Basir)
Absolument rien n’est tel que Lui, Il n’est pas dans une direction, il n’est pas dans un endroit, Il n’est pas sujet au temps, Il ne change pas, Il n’a pas de quantité, Il n’a pas de comment. Nous remercions Allah pour cela, Allah nous a gratifié par cela.
Lorsque les musulmans ont conquis le pays de Ach-Cham pour diffuser l’Islam, ils ont eu la victoire sur les Romains, ils sont restés à Damas pendant un mois et Abou ^Oubaydah qui était le chef des armées des musulmans que Allah l’agrée, c’était un compagnon, il a rassemblé les chefs des différentes factions de l’armée des musulmans, il leur a demandé le conseil, il s’est concerté avec eux soit pour aller conquérir Qaysariyyah ou Baytou l-Maqdis. Alors Mou^adh Ibnou Jabal lui a dit : » ô émir, envoie un écrit à l’émir des croyants qui était notre maître ^Oumar Ibnou l-Khattab, c’était lui le gouverneur des musulmans et s’il te dit d’aller à Al-Qaysariyyah, on va à Qaysariyyah et s’il te dit d’aller à batou l-maqis, on va à batou l-maqdis. Alors Abou ^Oubydah a dit à Mou^adh : » tu as eu un bon avis et il a envoyé un écrit pour demander le conseil à notre maître ^Oumar Ibnou l-Khattab. Lorsque la lettre de Abou ^Oubaydah est arrivé à Médine jusqu’à notre maître ^Oumar Ibnou l-Khattab, ^Oumar a lu ce que Abou ^Oubaydah lui a envoyé aux musulmans et il leur a demandé leur conseil : » qu’est-ce vous conseillez ? » Alors ^Aliyy que Allah l’agrée lui a dit : » ô émir des croyants, dis à Abou ^Oubaydah d’emmener les armées des musulmans à baytou l-maqdis, à Jérusalem, si Allah nous accorde la conquête de Jérusalem, alors il se dirigera par la suite à al-Qaysariyah car elle sera conquise par la volonté de Dieu, c’est ainsi, que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, nous l’a annoncé « . C’est alors que ^Oumar a dit : » Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit vrai et tu as bien parlé Abou l-Haçan, c’est le surnom de ^Aliyy, puis il a demandé à ce qu’on lui ramène de l’encre et un support pour écrire « . Qu’est-ce qu’il a écrit ? Il a dit : » Je commence mon écrit par l’évocation du nom de Allah Ar-Rahman Ar-Rahim de ^Abdou l-Lah de l’esclave de Dieu ^Oumar à son représentant dans le pays de Ach-Cham Abou ^Oubaydah. Je loue Allah, il n’est de dieu que Lui et j’invoque Allah pour qu’Il élève en degré Son Prophète. Ton écrit me demandant vers quelle direction aller m’est parvenu et le fils de l’oncle paternel du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a recommandé que tu ailles à Baytou l-maqdis à Jérusalem car Allah t’accordera la conquête par Sa volonté et le salam à toi » (assez bref) et voilà ce qui lui a écrit. Quand l’écrit de ^Oumar est arrivé à Abou ^Oubaydah. Abou ^Oubaydah l’a lu aux musulmans, ils étaient contents parce qu’ils allaient faire Baytou l-Maqdis. L’armée s’est avancée et ils sont restés dix jours et les gens de Baytou l-Maqdis qui étaient des mécréants à l’époque, manifestaient la joie ou soit-disant ils n’avaient pas peur d’eux.
Le onzième jour du combat, la bannière de Abou ^Oubaydah est apparue, Khalid Ibnou l-Walid à sa droite et ^Abdou r-Rahman le fils de Abou Bakr As-Sidiq à sa gauche, c’est alors que l’armée des musulmans était contente, ils se sont mis à dire la ‘ilaha illa l-Lah, Allahou akbar. Alors les gens de Baytou l-Maqdis s’étaient terrorisés , ils avaient peur, donc ils se sont réfugiés auprès de leur patriarche, il leur a dit : » c’est quoi ce bruit que j’entends ? » Ils lui ont dit : » Ô notre père, c’est l’émir des croyants est venu avec le reste des musulmans « . Alors le patriarche, quand ils lui ont dit : » c’est l’émir des croyants qui est venu avec le reste des musulmans, son visage a pâli , il a dit : » Mais nous avons dans notre science que nous avons héritée, que celui qui va conquérir cette terre, c’est un homme de couleur rose, rougeâtre qui est le compagnon du Prophète Mouhammad, s’il est arrivé alors il n’y a pas moyen de lui tenir tête mais il suffit juste que je le vois comment il est, si c’est lui je répondrai à ce qu’il demande, si c’est quelqu’un d’autre, alors vous n’avez rien n’a craindre « .
Et lorsque Abou ^Oubaydah ibn Al-Jarraah qui est le chef des armées musulmanes est arrivée, un homme parmi les romains s’est adressé à eux et leur a dit : » Ô vous les musulmans, arrêtez le combat, on veut vous posez une question « . C’est alors que l’un d’entre eux qui parlait l’arabe s’est adressé à eux, parmi les romains, en langue arabe et leur a dit : » Celui qui va conquérir notre ville et toutes les terres aux alentours, il a telle et telle caractéristiques et nous les connaissons, s’il est dans votre chef d’armée alors nous n’allons pas vous combattre, nous allons nous rendre mais si on ne trouve pas ses caractéristiques, nous ne nous rendrons jamais « . Les musulmans ont alors transmis le message à Abou ^Oubaydah. Donc lorsque Abou ^Oubaydah s’est avancé, le patriarche a bien regardé comment il était et il a dit à ceux qui étaient avec lui : » ce n’est pas lui, l’homme qui va conquérir cette ville, alors soyez heureux et défendez votre ville et vos familles « .
Lorsque les musulmans sont partis pour la conquête de Baytou l-Maqdis, c’était en hiver et c’était froid, ils sont restés quatre mois à mener un combat très difficile tout en patientant avec la pluie et la neige. Alors quand les gens à l’intérieur de la ville subissait le siège, ils étaient dans une saison de froid difficile et ils ont enduré de la part des musulmans, ils sont partis voir leur patriarche et ils lui ont dit la situation est intenable : » nous voudrons que tu t’adresses aux gens et tu leur demandes qu’est-ce qu’ils veulent, si c’est quelque chose de vraiment difficile qu’on ne peut pas faire, alors on va ouvrir les portes et on va sortir tous pour les combattre soit on va être tuer tous, soit on va les faire partir « .
Quand le patriarche leur a répondu à leur demande et c’est alors qu’il y a un des romains qui entoure la forteresse, qui entoure la ville, s’est adressé en arabe et leur a dit : « Ô vous les combattants que votre chef se rapproche de nous, on a un message à lui passer « . Donc Abou ^Oubaydah s’est levé et s’est avancé avec lui un ensemble de compagnons du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, il y avait un traducteur avec lui. Quand il est arrivé proche d’eux, il leur a dit : » qu’est- ce que vous voulez, je suis l’émir des arabes « . Alors le patriarche leur a dit : » Si vous restez à nous assiéger pendant vingt temps, vous n’aurez pas cette ville mais celui qui va la conquérir c’est un homme dont la description est dans nos livres, nous l’avons sa description et elle n’est pas chez vous aujourd’hui. » Alors Abou ^Oubaydah lui a dit : » Comment est celui qui va conquérir votre ville ? « . Alors le patriarche lui a dit : » Je ne vais pas vous dire comment il est, mais nous avons lu que cette ville va être conquise par un compagnon de Mouhammad qui est surnommé Al-Farouq, celui qui fait la part entre le bon et le faux, entre le vrai et le faux, et c’est un homme qui est ferme dans le religion, il ne craint pour l’obéissance à Dieu personne et nous ne trouvons pas ces caractéristiques chez vous « . Et quand Abou ^Oubaydah a entendu, il a su de qui il s’agissait, il a sourit et il a dit : » ça y est nous avons conquis la ville par le Seigneur de la Ka^bah « .
La tombe !
La prophétie
La louange est à Allah le Seigneur des mondes que Allah honore et élève davantage le rang de notre maître Mouhammad, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’Il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissance. Et nous lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément.
La prophétie (an-noubouwwah) tire sa racine de (an-naba’), c’est-à-dire la nouvelle, car la prophétie est une transmission de la part de Allah ; ou bien de (an-nabwah) qui est l’élévation, ici on vise l’élévation en degrés.
Ainsi, il y a deux possibilités selon la langue concernant le mot Nabiyy :
1°) C’est une dérivation de la racine indiquant celui qui fait l’acte (c’est à dire qui transmet des nouvelles), dans le sens qu’il nous informe de la part de Allah conformément à ce qui lui est révélé ;
2°) C’est une dérivation de la racine indiquant celui qui est sujet à l’acte, dans le sens qu’il est informé de la part de Allah.
Dans les deux cas, il est informé ou il informe.
La prophétie est donc possible selon la raison, elle n’est pas impossible. C’est-à-dire qu’il n’y a pas selon la raison quelque chose qui juge impossible qu’il y ait des prophètes. La raison ne peut pas de manière indépendante connaitre les choses qui sauvent la personne dans l’au-delà.
L’existence des prophètes n’est pas quelque chose qui entraîne quelque chose d’impossible selon la raison. Plus encore, la prophétie a été connue par la perception sensorielle : les gens ont vu les prophètes, ils ont entendu leur parole, ils les ont touchés. La prophétie a été confirmée chez plusieurs humains avec des preuves basées sur la perception sensorielle ensuite par la transmission de l’information de manière large et de manière authentique : par le tawatour.
Allah ta^ala a envoyé les prophètes par miséricorde pour Ses esclaves car il n’y a pas, selon la raison naturelle, ce qui permet de se dispenser d’eux. En effet, la raison ne parvient pas à elle seule à connaître les choses qui peuvent sauver dans l’au-delà. Par conséquent, il y a dans l’envoi des prophètes une utilité, un bénéfice indispensable pour suffire aux besoins des esclaves dans ce domaine (c’est-à-dire le domaine de ce qui va les sauver dans l’au-delà), et la grâce revient à Allah pour l’avoir accordé à Ses esclaves. Ce sont donc des ambassadeurs de Sa part, ta^ala, auprès des créatures.
Qu’est-ce que la raison ? La raison est un bien qui est dans l’être humain sain de raison, c’est une capacité par laquelle il distingue ce qui est laid et ce qui est bon conformément à la nature de l’être humain. À titre d’exemple, la raison permet de savoir que le fait de mettre sa main dans le feu est une chose laide. Il ne s’agit pas de ce qui est bon et laid dans la Loi de l’Islam car ce n’est pas par la raison que l’être humain distingue ce qui est laid et ce qui est bon dans la Loi de l’Islam. Ce que transmet le prophète de la part de Dieu comme étant des règles dans la Loi, la raison n’intervient pas là-dedans. La raison ne va pas juger ce que Dieu nous ordonne ou nous interdit car nous sommes Ses esclaves et nous n’avons pas à remettre en cause les ordres qu’Il nous donne ou les interdits qu’Il nous fixe. Nous n’avons pas à critiquer, à nous rebeller ou emmètre d’objection. La raison n’intervient pas pour émettre des jugements de valeurs concernant la Loi de l’Islam autrement qu’en appréciant ce qui est venu de la part de Dieu et en s’y soumettant.
En conséquence et à titre d’exemple :
- Dieu nous interdit de boire de l’alcool, nous n’avons pas à dire que nous avons un avis contraire à cela
- Nous n’avons pas à dire que ce n’est pas bien d’égorger les animaux pour que l’on puisse les manger
Nous n’avons pas à dire que « c’est mauvais » concernant ce qui est parvenu dans la Loi, parce que ceci est venu de la part d’un prophète qui est véridique et les miracles démontrent sa véracité. La Loi parvenue par un prophète n’est pas sujette à évaluation par la raison autrement qu’en l’appréciant, qu’en s’y soumettant.
La différence entre les prophètes et les messagers
Sache que le prophète (Nabiyy) et le messager (Raçoul) ont en commun la révélation. Chacun des deux est un homme qui reçoit la révélation. Allah révèle donc à chacun une Loi de l’Islam, conformément à laquelle ils œuvrent, pour la transmettre aux gens.
Il n’y a pas de prophète parmi les femmes tout comme Allah dit dans sourat Youçouf verset 109 et dans sourat An-Nahl verset 43 :
« Wa ma arsalna min qablika illa rijalan Nouhi ilayhim ».
Ce qui signifie « Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui nous avons transmis la révélation ».
Il n’y a pas de prophète qui n’ait pas eu l’ordre de transmettre aux gens, tous les prophètes transmettent ce qui leur est révélé aux gens. Tout comme Allah ta^ala dit dans sourat Al Hajj verset 52 :
« Wa ma arsalna min qablika min raçoulin wa la nabiyyin illa idha tamanna alqa ach-chaytani fi oumniyyatih »
Ce qui signifie : « Nous n’avons envoyé avant toi de messager, de prophète sans qu’ils n’aient transmis ».
Ainsi ceux qui disent que le prophète non messager serait quelqu’un qui a reçu par révélation une Loi mais n’aurait pas reçu l’ordre de transmettre, ceci est faux. Il n’y a pas d’envoi sans ordre de transmettre, cela n’a pas de sens.
Toutefois, un messager vient avec l’abrogation de certains jugements de la Loi antérieure à son envoi ou avec une nouvelle Loi.
Le messager abroge une partie de la loi du prophète messager qui l’a précédé, le reste des jugements reste applicable. Par conséquent, les jugements qui n’ont pas été abrogés constituent une partie de la loi de ce messager ultérieur, même si ces jugements n’ont pas été rappelés un à un.
Cette définition du messager est conforme à la parole de certains savants qui ont dit : la loi du messager qui nous a précédé est également une loi pour nous excepté ce qui a été abrogé.
La définition du messager serait donc : Celui qui reçoit la révélation de l’abrogation d’une partie de la Loi du messager qui l’a précédé.
Ou, autre définition : Le messager ultérieur est celui qui vient avec une nouvelle Loi, c’est-à-dire une Loi nouvelle qui abroge la Loi du messager qui l’a précédé. En conséquence de quoi, les jugements de la Loi du messager antérieur ne seraient des jugements de la Loi du messager ultérieur que si cela lui est explicitement mentionné.
Le messager est celui qui a reçu par révélation une nouvelle loi.
Alors qu’un prophète qui n’est pas messager, il lui est révélé de suivre la Loi du messager précédent et de la transmettre.
Abou Mansour At-Tamimiyy al Baghdadi dans Al Farqou bayna l-firaq a cité cette définition (en Page 342) pour définir qui est le prophète et qui est le messager : le prophète qui n’est pas messager, il lui est révélé de suivre la Loi du messager précédent et de la transmettre.
C’est pour cela que les savants ont dit : « Tout messager (Nabiyy) est aussi prophète alors que tout prophète n’est pas forcément messager (Raçoul) ».
Cette règle enoncée par les savants est une preuve que aussi bien le prophète que le messager reçoivent la révélation et ont l’ordre de transmettre aux gens ce qui leur est transmis.
Ils se différencient aussi par le fait que le statut de messager peut être attribué aux anges et aux êtres humains, alors que le statut de prophète non messager ne peut l’être qu’aux humains.
On dit que Dieu a envoyé Jibril (Gabriel) en tant que messager aux prophètes humains, tout comme on dit que Allah a envoyé Mouhammad aux humains et aux jins. Jibril est un messager pour les prophètes et les messagers humains sont des messagers pour les gens sur terre. Notre maître Mouhammad est messager pour les humains et les jins.
Alors que le statut de prophète non messager ne peut l’être qu’aux humains. Il n’y a pas d’ange ni de jin qui soit prophète. Les prophètes ne peuvent être que des humains alors que les messagers peuvent être des anges ou des humains.
Jibril est un messager de la part de Dieu ; Il l’envoi aux prophètes et Il l’envoi aux anges.
Les attributs obligatoires des prophètes et ce qui est impossible à leur sujet
Les prophètes ont obligatoirement pour attribut la véracité, c’est une obligation rationnelle (selon la raison) et légale (en référence à la Loi de l’Islam). Le mensonge est donc impossible de leur part. Il n’est jamais arrivé qu’un prophète mente, que ce soit un petit ou un grand mensonge.
Il leur est obligatoire aussi l’intelligence c’est-à-dire la perspicacité, car s’ils n’étaient pas intelligents et perspicaces ils auraient été incapables de donner les preuves de la véracité de cette croyance aux mécréants et ils auraient été incapables de guider les gens vers ce qui est de leur intérêt dans ce bas monde et dans l’au-delà.
Il est impossible à leur sujet l’idiotie (faiblesse dans la raison) et la stupidité (faiblesse dans la compréhension): ce n’est pas quelque chose qui convienne à leur rang, ceci est impossible selon la raison et selon la Loi. Aucun d’entre eux n’est caractérisé par cela.
Il leur est obligatoire l’honnêteté, il n’y a pas de trahison qui se produise de la part de l’un d’entre eux, que ce soit une trahison par la parole, par les actes ou par le comportement, l’attitude. Allah a élevé leur degré et Il les a sélectionnés et choisis parmi tous les humains pour qu’ils soient porteurs de Son message et c’est pour cela que Allah les a préservés des caractères qui ne sont pas dignes d’eux : pour ce haut degré qu’ils ont.
Ils sont préservés avant et après l’avènement de leur prophétie et ceci par unanimité des savants de l’Islam.
Les prophètes sont préservés de la mécréance et des grands péchés aussi bien avant d’avoir reçu leur mission de prophète qu’après, et ceci selon l’unanimité des savants de l’Islam.
Ils sont également préservés de tomber dans les petits péchés de bassesse c’est-à-dire les caractères des gens qui sont bas, vils et immondes. Ce sont des péchés qui indiquent une bassesse de caractère de celui qui les commet comme le fait de voler une bouchée de pain par exemple. Ils sont préservés des petits péchés de bassesse aussi bien avant d’avoir reçu leur mission de prophète qu’après, et ceci également selon l’unanimité des savants de l’Islam.
Tout ceci s’appelle al ^ismatou l-wajibah c’est-à-dire la préservation qui est obligatoire à leur statut de prophète. Un prophète est forcément ainsi : préservé de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse. Tout comme l’a énoncé l’imam Abou l Haçan al Ach^ariyy que Dieu l’agrée et d’autres que lui.
De même, la traîtrise qui est le contraire de l’honnêteté est impossible à leur sujet.
D’autre part, la chasteté est obligatoire à leur sujet de sortes que la vilénie soit impossible à leur sujet. La vilénie est le caractère des gens vils comme le fait de regarder avec désir une femme ajnabiyyah en cachète. Les prophètes ne commettent pas cela.
Il leur est impossible également le manque de sagesse ou la vulgarité: As-safahah qui est le fait de se comporter de manière contraire à la sagesse comme celui qui insulte à tort et à travers.
Il leur est également impossible la lâcheté. Ils ont tous le cœur ferme et ils sont courageux. Il est également impossible à leur sujet, tout ce qui pourrait repousser l’acceptation de leur appel, de leur message. Ils fournissent tous le maximum de leur effort pour transmettre ce que Dieu leur a révélé, ils sont tous éloquents, ils s’expriment par ailleurs parfaitement. Ils n’ont pas de défaut dans leur langue qui pourrait faire que leur parole ne soit pas compréhensible (pas de zozotement ou bégayement par exemple). Il ne se produit pas d’eux de lapsus, aussi bien dans les sujets de la Loi (religion) que dans les sujets du quotidien. Ils sont tous lucides et ne perdent pas la raison, il ne leur arrive pas de folie, il ne leur arrive pas ce qui arrive aux gens qui sont d’humeur noire, sont mélancoliques… il ne leur arrive pas non plus d’être sous l’emprise d’un jin. La sorcellerie n’affecte pas leur raison même s’il leur arrive de s’évanouir et il leur arrive d’oublier mais pas un oubli qui affecte leur haut degré.
Ils avaient tous un aspect parfait, de beaux visages, de belles voix. Il n’y avait pas parmi eux de boiteux ou de paraplégiques ni d’aveugle de naissance. Il leur est impossible également toute maladie repoussante comme la lèpre, le vitiligo, ou des vers qui sortent du visage ou du corps.
Voici en résumé ce qui est obligatoire au sujet des prophètes comme caractères, attributs et ce qui est impossible à leur sujet. Il est important de le connaitre, car leur attribuer ce qui n’est pas digne d’eux est extrêmement dangereux tout comme cela est indiqué dans le hadith rapporté par Mouslim que Dieu lui fasse miséricorde dans lequel Safiyyah l’épouse du prophète salla lLahou ^alayhi wa sallam, était venue à sa rencontre pour lui parler. Deux hommes passaient par là et quand ils l’ont vu occupé avec elle, ils ont accéléré le pas. C’est alors que le messager les a appelés et leur a dit : « hadhihi Safiyyah » dans le sens que « c’est mon épouse ». Ils ont alors répondu : « SoubhanalLah ô messager de Dieu » c’est-à-dire « nous n’allions pas penser du mal de toi ». Mais le messager leur a répondu ce qui signifie : « le chaytan est rapide pour atteindre le cœur d’un être humain par des mauvaises pensées comme le sang circule dans les veines (est rapide pour atteindre le cœur) et j’ai craint pour vous qu’il n’insuffle dans vos cœurs une mauvaise pensée à l’égard d’un prophète et que vous alliez à votre perte » car penser du mal d’un prophète est de la mécréance. Cela montre à quel point le prophète craint pour sa communauté et à quel point le chaytan ne nous lache pas. C’est l’ennemi de l’être humain. Il se peut que la personne ait une mauvaise pensée que le chaytan lui insuffle, elle n’a pas la capacité de l’empêcher de le faire cependant elle a la capacité de la rejeter par la vérité qu’elle connait.
Ainsi, l’une des voies pour chasser les mauvaises pensées (ce dont on ne maitrise pas la capacité de l’empêcher de venir à nous, mais nous avons la capacité de ne pas la suivre) est de suivre ce que le prophète a enseigné aux compagnons qui avaient ce genre de choses, de dire :
«Amantou bi lLahi wa bi rouçoulih » ou «Amantou bi lLahi wa rouçoulih », ce qui signifie « j’ai cru ferment en Dieu et en Ses messagers ».
Allahou Allahou rabi, la ouchrikou bihi chay’a, ce qui signifie « Allah, Allah est mon Dieu je ne Lui attribue aucun associé. »
Par conséquent, celui qui leur attribue un mensonge, une traîtrise, une vilénie, un manque de sagesse, une lâcheté ou ce qui est de cet ordre, est certes devenu mécréant, que Dieu nous en préserve.
Aliyy et Mouawiyah
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à Son Messager honnête.
La preuve que se rebeller contre le Gouverneur, chargé des affaires des musulmans, fait partie des grands péchés
Ibnou Hibban a rapporté dans son Sahih du hadith de Abou Hourayrah que le Messager de Allah a dit :
من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع
(man kharaja mina t–taa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraji^)
ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur ».
Dans ce hadith il y a une grande menace pour celui qui dispute le Calife et se rebelle contre lui, qu’il se mette à le combattre ou pas. Celui qui dit que Mou^awiyah et ceux qui étaient avec lui dans son combat contre ^Aliyy n’avaient pas commis de péché et ne se sont chargés d’aucun blâme, il aura contredit ce hadith là du Messager de Allah. Le Messager de Allah a dit :
ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار
(wayha ^Ammarin taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah ; yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : “Pauvre ^Ammar, c’est le groupe rebelle qui va le tuer. Il les appelle au paradis alors que eux l’appellent à l’enfer ».
Ainsi, ^Ammar, que Allah l’agrée, appelait les gens à l’obéissance à l’Emir des croyants ^Aliyy. Tandis que l’appel de ses opposants, qui l’ont tué et qui est le groupe de Mou^awiyah, est un appel à l’enfer. En effet, ils appelaient les gens à combattre l’Emir des croyants. Ainsi, ceux que le Messager de Allah a décrits comme étant des gens appelants à l’enfer font partie des grands pécheurs. Comment avec cela, serait-il valable de dire que Mou^awiyah et ceux qui étaient avec lui, alors qu’il n’y a parmi eux que très peu de compagnons, comment dire qu’ils ne sont pas désobéissants ! Pire encore, comment serait-il valable de dire qu’ils seront récompensés ! Le hadith a été rapporté par Al-Boukhariyy et Ibnou Hibban. Al-Boukhariyy l’a même rapporté à une autre occasion, en abrégé.
Si donc ceux qui ont combattu ^Aliyy, que Allah l’agrée, lors de la bataille de al-jamal qui n’a duré qu’une partie de la journée, étaient désobéissants par leur combat, y compris Zoubayr, Talhah et ^A’ichah, que Allah les agrée, preuve en est le premier hadith et aussi le hadith de Al-Hakim dans Al-Moustadrak dans lequel le Messager de Allah a dit à Az–Zoubayr :
إنك لتقاتلن علياً وأنت ظالم له
(‘innaka latouqatilanna ^aliyyan wa ‘anta dhalimoun lahou)
ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy en étant injuste avec lui », que dire alors du groupe de Mou^awiyah qui a combattu l’Emir des croyants pendant trois mois. Ils ont tué à cette occasion un grand nombre des meilleurs compagnons, de ceux qui avaient participé à la bataille de Badr, celle de ‘Ouhoud et même ceux qui étaient présents lors du pacte d’allégeance de Ar-Ridwan (bay^atou r-Ridwan) !
Dans le commentaire de Al-Boukhariyy, tome 6, page 173, figure ce qui suit : « Sa parole (wa ‘inni la’ourani) est dans le sens de la conjecture. Il pense qu’il va être tué injustement. Cette parole s’est réalisée car il a été tué traîtreusement après que ^Aliyy lui a rappelé. Il avait quitté le lieu du combat. Il s’était endormi dans Wadi l-Qoura. Ce fut un homme de Bani Tamim qui s’appelle ^Amr Ibnou Jourmouz qui l’avait assassiné. Ibnou Abi Khaythamah a rapporté dans son Tarikh par l’intermédiaire de ^Abdou r-Rahman Ibnou Abi Layla qu’il a dit : J’étais avec ^Aliyy lorsque les deux groupes s’étaient rencontrés. Il a demandé : Où est Az–Zoubayr ? aaa Az–Zoubayr était alors venu. Nous avions alors vu la main de ^Aliyy que Az–Zoubayr avait serrée indiquant son allégeance, avant même que le combat n’ait lieu.
Al-Hakim a rapporté avec plusieurs chaînes de transmission que ^Aliyy avait rappelé à Az–Zoubayr que le Prophète lui avait dit :
لتقاتلن عليا وأنت ظالم له
(latouqatilanna ^Aliyyan wa ‘anta dhalimoun lahou)
ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy et tu seras injuste envers lui dans ce combat ». C’était pour cela qu’il s’était détourné du combat et était retourné.
Ya^qoub Ibnou Soufyan ainsi que Khalifah dans leurs Tarikh ont rapporté par l’intermédiaire de ^Oumar Ibnou Jawan qu’il a dit : Az–Zoubayr était reparti quittant le lieu de la bataille et c’était ^Amr Ibnou Jourmouz qui l’avait assassiné à Wadi s-Siba^.
On ne dit pas que Mou^awiyah avait fait un ijtihad en cela et qu’il serait alors excusé, comme l’ont dit certains. Ceci n’est pas correct. Mou^awiyah combattait ^Aliyy pour parvenir à la souveraineté et à la présidence. Mousaddad Ibnou Mousarhad, le Chaykh de Al-Boukhariyy a rapporté que ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit :
إن بني أمية يقاتلونني يزعمون أني قتلت عثمان وكذبوا إنما يريدون المُلك ولو أنني أعلم أنه يردهم عن ذلك أن أحلف عند المقام باللَّه إني ما قتلت عثمان ولا أمرت بقتله لفعلت ولكنهم إنما يريدون الملك
(‘inna bani ‘Oumayyah youqatilounani yaz^oumouna ‘anni qataltou ^Outhmana wa kadhabou ‘innama youridouna l-moulka. Wa law ‘annani ‘a^lamou ‘annahou yarouddouhoum ^an dhalika ‘an ‘ahlifa ^inda l-maqami bi l-Lahi ‘inni ma qataltou ^Outhmana wa la ‘amartou biqatlihi lafa^altou wa lakinnahoum ‘innama youridouna l-moulk)
ce qui signifie : « Certes, Banou ‘Oumayyah –les omeyyades– me combattent prétendant que j’aurai assassiné ^Outhman mais ils mentent. Ils ne veulent que le pouvoir. Par Allah, si je savais qu’ils abandonneraient cela si je jurais auprès du Maqam par Allah que je n’ai pas tué ^Outhman et que je n’ai pas ordonné de le tuer, je l’aurai fait. Mais en réalité, ils veulent le pouvoir ». Cela a également été rapporté par Sa^id Ibnou Mansour dans ses Sounan, tout comme dans le livre Al-Matalibou l-^Aliyah du Hafidh Ibnou Hajar en page 293, avec les termes :
إن بني أمية يقاتلونني يزعمون أني قتلت عثمان وكذبوا إنما يريدون الملك ولو أعلم أن يذهب ما في قلوبهم أني أحلف لهم عند المقام والله ما قتلت عثمان ولا أمرت بقتله لفعلت ولكنهم يريدون الملك. وإني لأرجو أن أكون أنا وعثمان ممن قال الله عزوجل: {ونزعنا ما في قلوبهم من غل}
(‘inna bani ‘Oumayyah youqatilounani yaz^oumouna ‘anni qataltou ^Outhmana wa kadhabou ‘innama youridouna l-moulka. Wa law ‘a^lamou ‘an youdh-hiba ma fi qouloubihim ‘anni ‘ahlifou lahoum ^inda l-maqami wa l-Lahi ma qataltou ^Outhmana wa la ‘amartou biqatlihi lafa^altou wa lakinnahoum youridouna l-moulka. Wa ‘inni la’arjou ‘an ‘akouna ‘ana wa ^Outhmana mimman qala l-Lahou ^azza wa jall : wa naza^na ma fi qouloubihim min ghill)
ce qui signifie : « Certes, Banou ‘Oumayyah –les omeyyades– me combattent prétendant que j’aurai assassiné ^Outhman mais ils mentent. Ils ne veulent que le pouvoir. Par Allah, si je savais que ce qu’il y a dans leurs cœurs disparaîtra si je leur jurais auprès du Maqam par Allah que je n’ai pas tué ^Outhman et que je n’ai pas ordonné de le tuer, je l’aurai fait. Mais en réalité, ils veulent le pouvoir ; et j’espère être ^Outhman et moi de ceux au sujet de qui Allah dit ce qui signifie : Et Nous leur avons ôté l’animosité qu’il y a dans leurs cœurs ». ^Ammar Ibnou Yacir a dit aussi semblable à cela. Les propos de ^Aliyy et de ^Ammar sont prioritaires sur la parole de celui qui a dit que Mou^awiyah était moujtahid dans son combat et qu’il serait alors excusé, tout comme un gouverneur qui fait un ijtihad puis qui se trompe, il aura une seule récompense et que s’il ne se trompe pas, il aura deux récompenses. En effet, la question de la rébellion contre le Calife n’est pas sujette à ijtihad en raison du texte clair et explicite du Qour’an et qui est Sa parole ta^ala :
يا أيها الذين ءامنوا اطيعوا اللَّه وأطيعوا الرسول وأولي الأمر منكم
(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)
ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à celui qui est en charge de vous –votre gouverneur– ».
Cette ayah est ainsi explicite pour l’obligation de l’obéissance au calife et pour ne pas se rebeller contre lui. Ceci n’est donc pas de l’ordre de ce qui est sujet au ijtihad qui a lieu de la part des moujtahid comme Ach-Chafi^iyy, Abou Hanifah sur des questions qui n’ont pas fait l’objet de textes explicites. C’est le cas par exemple de l’avis de Abou Hanifah de considérer valable le contrat de mariage sans tuteur et l’avis de Ach-Chafi^iyy que le mariage n’est pas valable sans tuteur. Il n’y a pas eu de texte explicite clamant l’obligation du tuteur pour la validité du mariage. Il y a plutôt un hadith qui fait sujet à divergence :
لا نكاح إلا بولي
(la nikaha ‘il-la biwaliyy)
ce qui signifie : « Pas de mariage sans tuteur ». Ach-Chafi^iyy l’a considéré sahih –sûr– et l’a retenu. Abou Hanifah n’a pas considéré ce hadith sahih –sûr– et ne l’a donc pas retenu. Par ailleurs, Ach-Chafi^iyy considère que le mariage qui a lieu sans tuteur n’entraîne pas l’obligation d’appliquer la peine légale. Il n’est en effet pas catégorique à considérer invalide le mariage du hanafiyy sans tuteur. Il le considère fait à titre de conjecture et pour cela, il ne rend pas obligatoire la peine légale pour celui qui a imité le hanafiyy.
La tentative de certains pour rendre ce qu’a fait Mou^awiyah avec l’Emir des croyants semblable au ijtihad de Abou Hanifah ou de Ach-Chafi^iyy n’est que fausse illusion et erreur. Si cela avait été à ce titre –un ijtihad–, l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, que Allah l’agrée, n’aurait pas dit :
إن حرب معاوية لعلي خطأ وباطل ومنكر وبغي
(‘inna harba Mou^awiyata li^Aliyyin khata’oun wa batiloun wa mounkaroun wa baghy)
ce qui signifie : « Le combat de Mou^awiyah contre ^Aliyy est erreur, infondé, blâmable et injuste ». Selon la parole de celui-là, la divergence qui peut avoir lieu entre les Moujtahid parmi les quatre Imams Ach-Chafi^iyy et Abou Hanifah décrirait son ijtihad comme étant blâmable et infondé. Or aucun Imam digne de considération n’a dit cela auparavant ! C’est là une preuve que celui qui a prétendu cela n’a pas senti l’odeur de la science. Il n’a fait qu’imiter certains impudents qui disent n’importe quoi.
Mais ce qu’a dit certain des plus récents que Mou^awiyah avait fait un ijtihad dans sa guerre menée contre notre maître ^Aliyy et qu’il s’est trompé dans son interprétation, ce n’est là qu’une conjecture sans fondement. C’est plutôt la parole de ^Aliyy et celle de ^Ammar qui sont dignes de considération. La parole de ^Aliyy et celle de ^Ammar ne sont pas contrées par l’auteur de Az–Zoubad et ses semblables (n’ont pas de poids devant les paroles de ^Aliyy et de ^Ammar celles de l’auteur de Az–Zoubad et de ses semblables). Par ailleurs, les propos de ces gens-là sont contradictoires : Ils disent d’une part que la rébellion contre le Chargé des affaires –le gouverneur– est interdite sauf s’il devient mécréant. Malgré cela, ils disent que Mou^awiyah a une seule récompense et que ^Aliyy en a deux. Comment réunissent-ils la récompense et la désobéissance ?! Comment l’auteur de Az–Zoubad a-t-il eu l’audace de dire ces deux vers de poésie dans son livre alors qu’ils se contredisent :
Il ne nous est pas permis s’il n’y a pas de mécréance claire
de nous rebeller contre le chargé de nous –gouverneur– (gouverneur)
avec sa parole :
Ce qui s’est produit entre les compagnons nous n’en parlons pas
Et la récompense du ijtihad nous confirmons
Il a réuni deux choses contradictoires. Il s’agit de son interdiction de la rébellion contre le chargé des affaires –le gouverneur– et c’est une vérité sur laquelle il y a unanimité, avec sa confirmation de la récompense pour ce faible nombre de compagnons qui étaient avec Mou^awiyah.
Pour ce qui est de ce que certains arguent comme étant la parole de l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Mou^awiyah aurait fait un ijtihad pour son combat contre ^Aliyy, la réponse est que si ces paroles sont confirmées comme étant de lui, ce qu’il vise c’est que Mou^awiyah aurait eu un avis qui l’a amené à combattre ^Aliyy. Ce qu’il a visé n’est pas qu’il a fait un ijtihad comme est le cas des Moujtahid, et la preuve est qu’il a dit au sujet de la guerre de Mou^awiyah contre ^Aliyy est blâmable, infondée et injuste. S’il avait considéré Mou^awiyah comme ayant fait un ijtihad digne de considération, dont l’auteur serait excusé, il n’aurait pas dit que sa guerre « était blâmable, infondée et injuste ». Ceci n’échappe pas à qui est objectif. Seul un entêté ne considère pas la vérité vérité mais contrairement à ce qu’il en est réellement.
Il devient clair que le cas de Mou^awiyah n’est pas concerné par le hadith de Al-Boukhariyy :
إذا اجتهد الحاكم فأصاب فله أجران، وإذا اجتهد فأخطأ فله أجر واحد
(‘idha jtahada l-hakimou fa’asaba falahou ‘ajrani wa ‘idha jtahada fa ‘akhta’a falahou ‘ajroun wahid)
ce qui signifie : « Si le gouverneur fait un ijtihad et a dit vrai, il aura deux récompenses et s’il fait un ijtihad et se trompe, il aura une seule récompense ». Avoir pour croyance ce qui contredit cela est une atroce ignorance ou un pur entêtement.
Ce qui prouve également cela, c’est-à-dire l’infondé de la parole de celui qui dit que les compagnons qui ont combattu ^Aliyy n’ont pas commis de péché en cela car ils auraient fait un ijtihad, c’est la parole de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Allah l’agrée :
إن طلحة والزبير ذنبهما بقتال علي مغفور لأجل البشارة التي وردت في العشرة المذكورين في الحديث قال وأما خطأ غيرهما أي إثمهم فمجوز غفرانه والعفو عنه
(‘inna Talhata wa z–Zoubayr dhanbouhouma biqitali ^Aliyyin maghfouroun li’ajli l-bicharati l-lati waradat fi l-^acharati l-madhkourina fi l-hadith ; wa ‘amma khata’ou ghayrihima ‘ay ‘ithmouhouma famoujawwazoun ghoufranouhou wa l-^afwou ^anh)
ce qui signifie : « Talhata et Az–Zoubayr leur péché pour avoir combattu ^Aliyy est pardonné en raison de l’annonce de bonne nouvelle rapportée au sujet des dix mentionnés dans le hadith. Quant au péché des autres, il est possible qu’il soit pardonné et qu’ils soient excusés ». C’est-à-dire qu’ils sont désobéissants, Allah pardonne à qui Il veut d’entre eux et Il châtie qui Il veut. Il a dit la même chose au sujet de ^A’ichah. Si telle est la parole des imams des ach^riyy, quelle attention prêter alors à quiconque contredit son texte-ci et qui prétend qu’ils auront une récompense parce qu’ils ont fait un ijtihad. Ceux-là ont contredit le texte de leur imam et ont contredit les hadith sûrs qui sont authentifiés du Messager de Allah. Ainsi dans le hadith :
ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار
(wayh ^Ammarin, taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah. Yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)
ce qui signifie : « Pauvre ^Ammar, c’est le groupe injuste qui va le tuer. Il les appelle au paradis et eux l’appellent à l’enfer », il y a l’indication que Mou^awiyah et les compagnons qui ont combattu avec lui appellent à l’enfer. Comment celui qui appelle à l’enfer aura-t-il une récompense pour son acte par lequel il appelle à l’enfer ! Comment auront-ils une récompense alors que le Messager dit :
من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع
(man kharaj mina t–taa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraja^a)
ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur » ! Comment auront-ils une récompense après la parole du Messager de Allah :
من كره من أميره شيئا فليصبر عليه فإنه من يخرج من السلطان شبرا فمات على ذلك مات ميتة جاهلية
(man kariha min ‘amirihi chay’an fa l-yasbir ^alayhi fa’innahou man yakhroujou mina s-soultani chibran famata ^ala dhalika mata mitatan jahiliyyatan)
ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son Emir, qu’il patiente avec lui. Il n’y a pas un seul qui se rebelle d’un empan contre le Sultan et qui est mort sur cela sans qu’il meure d’une mort jahiliyy ». Ceci a été rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Comment auront-ils une récompense après la parole du Messager de Allah au sujet de ^Aliyy :
اللهم وال من والاه وعاد من عاداه
(Allahoumma wali man walahou wa ^adi man ^adah)
ce qui signifie : « Ô Allah donne la victoire à celui qui se rallie à lui et châtie celui qui le prend pour ennemi ».
Comment ceux qui ont manifesté leur animosité contre ^Aliyy, que Allah l’agrée, tels que Mou^awiyah auraient-ils une récompense. Non seulement il s’était rebellé contre ^Aliyy mais aussi il a ordonné aux gens de l’insulter. Mouslim a ainsi rapporté de Mous^ab Ibnou Sa^d Ibn ‘Abi Waqqas que Mou^awiyah avait ordonné à Sa^d en lui disant : Qu’est-ce qui t’empêche d’insulter Abou Tourab –le surnom de ^Aliyy– ?! Mou^awiyah était en effet la cause pour que les omeyyades insultent ^Aliyy, que Allah l’agrée, du dessus des minbar pendant quatre-vingts ans.
من عادى عمارا عاداه الله
(man ^ada ^Ammaran ^adahou l-Lah)
ce qui signifie : « Celui qui prend ^Ammar pour ennemi, Allah le châtie ». C’est un hadith confirmé rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy a rapporté l’unanimité que ceux qui ont combattu ^Aliyy sont des rebelles qui ont été injustes envers lui. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy fait partie des premiers ach^ariyy ; il est réputé parmi eux pour son imamat et sa science. Il a en effet reçu l’école ach^arite de Abou l-Haçan Al-Bahiliyy qui l’a lui-même reçue de l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy par transmission orale. Nous citons ce qu’a dit le commentateur de Al-Jami^ As–Saghir le Mouhaddith le Hafidh ^Abdou r-Razzaq Al-Mounawiyy dans son Charh en page 365 : « Wayha ^Ammar, taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah –Pauvre ^Ammar c’est le groupe injuste et rebelle qui va le tuer– Al-Qadi a dit dans Charhou l-Masabih : il vise par là Mou^awiyah et ses partisans ». Fin de citation
Ceci est explicite pour confirmer la rebellion du groupe de Mou^awiyah qui ont assassiné ^Ammar lors de la bataille de Siffin et que ^Aliyy était dans son droit. Ceci fait partie des hadith apprenant des choses cachées du futur. ^Ammar appelait le groupe de Mou^awiyah qui l’a assassiné lors de la bataille de Siffin au paradis. Ceci avait eu lieu bien après que le Prophète ne l’ait dit. Il les appelait à ce qui serait une cause de l’entrée au paradis. Il s’agit de l’obéissance à l’Imam véritable. Alors que eux l’appelaient à ce qui est une cause pour l’entrée en enfer. Il s’agit de la désobéissance à l’Imam et l’appel à son combat. Ils ont dit : Cela s’est réalisé à l’occasion de la bataille de Siffin. Il les avait alors appelés à l’Imam véritable et ils l’ont appelé à l’enfer et l’ont tué. C’était là un miracle pour le Prophète élu (al-moustafa) et un des signes illustrant son statut de Prophète.
Lorsque certains ont dit il s’agit de ceux qui l’avaient torturé à La Mecque au début de l’Islam, les savants leur ont répliqué comme Al-Qourtoubiyy qui a dit : « Ce hadith fait partie des plus authentiques et des plus sûrs. Lorsque Mou^awiyah n’a pas pu le renier, il a dit : (c’est celui qui l’a amené au front pour combattre qui l’a assassiné). ^Aliyy lui a répondu que c’est alors le Messager de Allah qui aurait assassiné Hamzah lorsqu’il l’a amené au fornt ?! Ibnou Dihyah a dit : C’est là une réplique de ^Aliyy qui ne donne aucune suite, aucun argument pour la contrer ou lui émettre une objection ».
L’Imam ^Abdou l-Qahir Al-Jourjaniyy a dit dans on livre Al-‘Amamiyyah : « Les spécialistes de jurisprudence du Hijaz et de l’Irak des deux groupes : du hadith et de l’avis, parmi lesquels Malik, Ach-Chafi^iyy, Abou Hanifah, Al-‘Awza^iyy et la majorité des spécialistes de la science du tawhid et des musulmans, ont été unanimes à dire que ^Aliyy était dans son droit dans son combat des gens de Siffin, tout comme il était dans son droit dans son combat contre les gens de al-jamal et que ceux qui l’ont combattu sont des rebelles injustes envers lui mais ne deviennent pas mécréants pour leur rebellion ».
L’Imam Abou Mansour a dit dans le livre Al-Firaq pour indiquer la croyance de Ahlou s-Sounnah : « Ils ont été unanimes que ^Aliyy était dans son droit dans son combat des gens de al-jamal : Talhah, Az–Zoubayr et ^A’ichah à Al-Basrah, et des gens de Siffin : Mou^awiyah et son armée ». Fin de citation
Suite :
Dans Ar-Rawdou l-‘Anif, un homme a dit à ^Oumar, que Allah l’agrée : « J’ai vu cette nuit dans le rêve comme si le soleil et la lune s’entre-tuaient et avec chacun il y avait des étoiles ». ^Oumar lui a dit : « avec lequel des deux tu étais ? » Il lui a dit : « J’étais avec la lune ». Il lui a dit : « Tu étais avec celle qui est effacée. Va-t-en et ne fais plus aucun travail pour moi ». Il l’a limogé. Il fut tué le jour de Siffin avec Mou^awiyah et il s’appelait Habis Ibnou Sa^d.
D’après Abou Sa^id Al-Khoudriyy : « Nous transportions les briques pour construire la mosquée une par une et ^Ammar les portait deux par deux. Le Prophète l’a alors vu et s’est mis à lui enlever la poussière de terre en disant wayha … ». L’auteur a dit Al-Khasa’is : « Ce hadith –celui de ^Ammar– est moutawatir, plus de dix compagnons l’a rapporté ».
Parmi ce qui constitue une preuve claire que Mou^awiyah n’était pas Moujtahid dans son combat contre ^Aliyy d’un ijtihad conforme à la Loi, c’est qu’il disait aux gens : Nous n’avons pas de pacte d’allégeance à faire à ^Aliyy car il a manqué à la loi du Talion pour le sang de ^Outhman à l’encontre de ses assassins. Il disait à ^Aliyy : Nous ne te ferons pas de pacte d’allégeance tant que tu n’as pas exécuté les assassins de ^Outhman. Par la suite, lorsque notre maître Al-Haçan s’était destitué en sa faveur et qu’il était devenu lui le Calife, il n’a pas cherché à venger l’assassinat de ^Outhman. Il s’est occupé d’autre que cela. Son objectif était en effet la souveraineté et il avait atteint son objectif. Il manifeste par cela que son souci n’était pas d’appliquer le Talion en faveur de ^Outhman, que Allah l’agrée, mais il cherchait plutôt ceux qui s’étaient ralliés à ^Aliyy, que Allah l’agrée, leur nuisait et les tuait. Il était auparavant gouverneur d’Egypte, d’Irak du Cham et d’autres pays que ceux-là qui étaient sous la souveraineté des musulmans du temps de ^Outhman. ^Outhman avait par ailleurs des fils âgés qui n’ont pas requis de ^Aliyy qu’il leur applique le talion pour l’assassinat de leur père. Si les fils de ^Outhman avaient demandé l’application du Talion pour leur père et qu’ils lui avaient donné les noms des assassins, il le leur aurait permis. ^Aliyy fait partie des plus ascètes des créatures de Allah à l’égard du bas-monde. C’est lui qui le jour de sa mort, on n’avait trouvé sur lui que sept cents dirhams qu’il avait laissés pour s’acheter un serviteur, tout comme l’a rapporté Ibnou Hibban de la parole de Haçan fils de ^Aliyy dans son discours qu’il a donné le jour de la mort de son père. Mou^awiyah connaissait l’ascèse de ^Aliyy. Mais il a prétendu vouloir appliquer le Talion aux assassins de ^Outhman pour parvenir en réalité au pouvoir. La manière légale de l’application du Talion est que la famille de la victime accuse un assassin précis auprès d’un juge. Ils lui demandent de leur permettre de se venger de lui. Or tout cela ne s’était pas produit. Mou^awiyah n’est pas de la famille de ^Outhman. Sa famille sont ses fils pubères. Certains d’entre eux étaient des gens de science et de mérite.
Tous ceux qui disent que les combattants de ^Aliyy n’étaient pas dans le péché parce qu’ils auraient fait un ijtihad, n’ont pas de réponse au hadith :
من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع
(man kharaj mina t–taa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraji^)
ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur » car ce hadith est explicite pour indiquer que la rébellion contre le calife fait partie des grands péchés. Il est ainsi connu d’évidence de la religion qu’il n’est pas permis de se rebeller contre le Calife bien-guidé en raison des textes explicites rapportés à ce sujet et l’unanimité des savants de la communauté. Le Messager de Allah a décrit les combattants de ^Aliyy dans la bataille de Siffin comme étant des boughat –des rebelles–. La rébellion n’a pas d’autre sens que l’injustice et le dépassement de la limite.
Adh–Dhoulm est de deux sortes : que la personne fait preuve de dhoulm envers elle-même et qu’elle soit injuste envers d’autres qu’elle. Ce qu’ont fait ceux-là est une injustice envers autrui. L’injustice envers autrui ne peut être qu’un grand péché comme l’a dit le Messager de Allah :
الظلم ظلمات يوم القيامة
(adh–dhoulmou dhouloumatoun yawma l-qiyamah)
ce qui signifie : “L’injustice ce sera des ténèbres pour la personne au jour du jugement », puisqu’ils ont tué plus de vingt mille personnes.
Pour ce qui est du dhoulm de la personne envers elle-même, il se peut que ce soit un péché, tout comme il se peut que ce soit un manquement ne comportant pas de désobéissance. C’est de cette catégorie qu’est la parole de Younous ^alayhi s-salam dans le ventre du gros poisson : (soubhanaka ‘inni kountou mina dh–dhalimin). C’est ce sens-là que certains spécialistes de la jurisprudence ont donné à ce qui figure dans Abou Dawoud du hadith de ^Amr Ibnou Chou^ayb au sujet duquel il y a divergence chez les spécialistes du hadith. Il y a été cité que le woudou’ est par trois fois et que celui qui a ajouté ou diminué, il aura agi en mal et été injuste (‘aça’a wa dhalama). Certains savants de jurisprudence ont dit que (dhalama) concerne celui qui a diminué par rapport aux trois fois, qui a donc fait le woudou’ une fois ou deux fois chaque membre. Ce serait alors quelqu’un qui n’a pas été accompli dans son woudou’ et qui aura sa récompense diminuée par rapport à celui qui fait son woudou’ trois fois chaque membre. D’autres ont dit : sa parole (dhalama) concerne celui qui ne s’est même pas lavé une fois en ayant délaissé la partie de la main, du pied ou du visage qu’il est un devoir de laver.
Quant à ce que dit certains impudents que ^Aliyy n’a pas été investi de sa fonction de Calife par un pacte d’allégeance pour dire que celui qui le contredit soit considéré comme s’étant rebellé contre un Calife, ceci fait partie du plus infondé de l’infondé et des plus grandes ignorances. En effet, ce n’est pas chaque individu des musulmans qui a fait pacte d’allégeance à Abou Bakr. ^Oumar également, (il ne lui a pas été fait le pacte d’allégeance) mais c’était Abou Bakr qui l’a désigné pour lui succéder. ^Outhman, ce furent six qui lui avaient fait pacte d’allégeance parmi lesquels figurait ^Aliyy. Quant à ^Aliyy, ce furent les émigrants (mouhajiroun) et les partisans (al-‘ansar) qui lui firent pacte d’allégeance. Ce pacte est ainsi donc confirmé pour chaque individu des musulmans, aussi bien Mou^awiyah que les gens de Ach-Cham qui étaient avec lui et qui ont combattu ^Aliyy. Tout comme il n’est pas permis de se rebeller contre Abou Bakr, ^Oumar et ^Outhman, il n’est également pas permis de se rebeller contre ^Aliyy. Comment quelqu’un pourrait-il s’imaginer le contraire alors qu’il a été confirmé au sujet du mérite de ^Aliyy plusieurs hadith qui n’ont pas été mentionnés au sujet d’autres que lui.
Le Messager de Allah r a dit à son sujet :
من كنت مولاه فعلي مولاه اللهم والِ من والاه وعاد من عاداه
(man kountou mawlahou fa^aliyyoun mawlahou ; Allahoumma wali man walahou wa ^adi man ^adah)
[rapporté par Ibnou Hibban et An-Naça’iyy au sujet des mérites de ^Aliyy] ce qui signifie : « Celui qui m’aime, qu’il suive ^Aliyy. Ô Allah donne la victoire à celui qui se rallie à lui et prive de victoire celui qui le prend pour ennemi ».
Il a dit aussi :
من ءاذى علياً فقد ءاذاني
(man ‘adha ^Aliyyan faqad ‘adhani)
[rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak et il l’a jugé sahih et Adh-Dhahabiyy a été en accord avec lui] ce qui signifie : « Celui qui nuit à ^Aliyy, il m’aura nuit à moi ».
Mouslim et d’autres ont rapporté de ^Aliyy que Allah l’agrée qu’il a dit :
إنه لعهد النبي الأمِّيِّ إِلَيَّ لا يحبني إلا مؤمن ولا يبغضني إلا منافق
(innahou la^ahdou n-nabiyyi l-‘oummiyyi ‘ilayya la youhibbouni ‘il-la mou’minoun wa la yabghadouni ‘il-la mounafiq)
ce qui signifie : « C’est la promesse que m’a faite le Prophète qui ne lit pas et n’écrit pas : ne m’aime qu’un croyant et ne me hait qu’un hypocrite ».
Le Prophète r a dit :
إن منكم من يقاتل على تأويله كما قاتلت على تنـزيله
(inna minkoum man youqatilou ^ala ta’wilihi kama qataltou ^ala tanzilihi)
ce qui signifie : « Il y aura parmi vous qui combattra pour défendre des sens du Qour’an tout comme j’aurai combattu pour défendre qu’il est révélé ». Abou Bakr a dit alors : est-ce que ce sera moi Ô Messager de Allah ? Il a dit : (لا) (la) ce qui signifie : « Non ». ^Oumar dit alors : Est-ce moi Ô Messager de Allah ? Il a dit : (لا) (la) ce qui signifie : « Non ». Il a dit : (هو خاصف النعل) (houwa khasifou n-na^l) ce qui signifie : « Ce sera celui qui répare ses sandales ». ^Aliyy était à ce moment en train de réparer ses sandales. Ceci est sahih et rapporté par Ibnou Hibban.
Mouslim a rapporté que le Messager de Allah r a dit :
إني تارك فيكم ثقلين لا تضلوا ما تمسكتم بهما كتاب الله وعترتي أهل بيتي أذكركم الله في أهل بيتي
(inni tarikou fikoum thaqalayni la tadillou ma tamassaktoum bihima : kitaba l-Lahi wa ^outrati, Ahlou bayti. ‘Oudhakkiroukoumou l-Laha fi ahli bayti)
ce qui signifie : « J’ai laissé parmi vous deux choses telles que vous ne serez pas perdus si vous vous y attachez : le Livre de Allah et le pas de chez moi, les gens de ma famille. Je vous rappelle de craindre Allah au sujet des gens de ma famille ». Ainsi donc ceux qui l’ont combattu ont contredit ce hadith.
Quant au fait que Al-Houçayn, que Allah l’agrée, se soulève contre Yazid, c’était légitime et légal. En effet, aucun des émigrants ni des partisans n’avait fait pacte d’allégeance à Yazid. Les gens de Médine ne lui avaient pas fait pacte d’allégeance. Son investiture n’avait donc pas été confirmée. Plusieurs malikiyy ont dit cela comme ceux qui ont fait le commentaire de Khalil. Mou^awiyah avait œuvré auparavant pour qu’il lui succède. Il parlait à l’un et à l’autre. Il leur disait prenez mon fils Yazid en tant que successeur à moi après moi. C’est un conseil que je vous donne. Il n’avait pas retenu de se faire succéder par les fils des compagnons comme le fils de ^Oumar ou ^Abdou l-Lah Ibnou z–Zoubayr. Il a transformé le califat en tradition des rois de perse. Ces deux-là étaient des savants vertueux. Mais Yazid lui n’était pas des gens de science et de vertu. Il a été investi de la présidence conformément à la parole du Messager de Allah :
هلاك أمتي على أيدي أغيلمة من قريش
(halakou ‘oummati ^ala ‘aydi ‘oughaylimatin min qouraych)
[rapporté par Al-Boukhariyy et d’autres] ce qui signife : « Une cause de la perte au sein de ma communauté sera par des jeunes de Qouraych ».
Ont été confirmes les propos du Messager de Allah :
الخلافة بعدي ثلاثون سنة ثم يكون ملك عضودٌ
(al-khilafatou ba^di thalathouna sanatan thoumma yakounou milkoun ^adoud)
ce qui signifie : « Le califat après moi sera de trente ans, après quoi ce seront des souverains durs ». Les trente années ont été accomplies avec Al-Haçan fils de ^Aliyy. Il a en effet désigné pour succéder à son père et a assuré le califat durant six mois. Les trente années s’étaient ainsi écoulées et s’est destitué en faveur de Mou^awiyah afin de préserver le sang des musulmans. Al-Haçan avait été désigné par un pacte d’allégeance de la part des émigrants et des partisans à Médine. Lorsque Al-Haçan s’était déchargé en faveur de Mou^awiyah, Mou^awiyah était devenu Calife.
Détailler le sujet ici comme nous l’avons fait n’est pas une chose qui mène à insulter les compagnons. C’est plutôt prendre la voie des spécialistes du hadith. Les gens du hadith ont mentionné ces sujets dans leurs livres.
Pour ce qui est du hadith :
ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار
(wayha ^Ammarin taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah ; yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)
ce qui signifie : “Pauvre ^Ammar, c’est le groupe rebelle qui va le tuer. Il les appelle au paradis alors que eux l’appellent à l’enfer », c’est Al-Boukhariyy qui l’a rapporté.
Quant au hadith :
لا أشبع اللَّه بطنه
(la ‘achba^a l-Lahou batnah)
ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié », au sujet de Mou^awiyah, il a été mentionné par Mouslim.
Il en est de même pour tout autre que cela parmi les hadith et les nouvelles rapportées (‘athar), que nous avons mentionné dans cet écrit, tous ont été mentionnés par les Mouhaddith.
L’habitude des Mouhaddith était de réciter le hadith dans des assemblées auxquelles assistaient les plus âgés et les plus jeunes, même l’enfant de sept ans. Pour plus de précisions, ils chargeaient des gens qui transmettaient à haute voix la parole du Mouhaddith, tout comme les gens transmettent à haute voix la parole de l’imam qui dirige la prière. Il y avait en cela un intérêt pour la religion en plaçant les choses à leur juste contexte et afin de ne pas considérer équivalents celui qui a du mérite et celui qui en a moins. Si on délaissait ces présentations et ces détails des vérités, certains pourraient croire que ce qu’avait fait Mou^awiyah est légitime et qu’il serait alors permis de le suivre en cela. Or il y a en ceci un voile et une déformation de la Loi, puisque ceci diminue de la gravité de la rébellion contre le calife, gravité de laquelle le Qour’an ainsi que le hadith ont fortement insisté. Allah ta^ala dit :
يا أيها الذين ءامنوا اطيعوا اللَّه واطيعوا الرسول وأولي الأمر منكم
(Ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)
ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à celui qui est en charge de vous –votre gouverneur– ».
Le Messager a dit :
من كره من أميره شيئاً فليصبر فانه من يخرج من السلطان فيموت على ذلك إلا مات ميتة جاهلية
(man kariha min ‘amirihi chay’an fa l-yasbir fa’innahou man yakhroujou mina s-soultani fayamoutou ^ala dhalika ‘il-la mata mitatan jahiliyyatan)
ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son Emir, qu’il patiente avec lui. Il n’y a pas un seul qui se rebelle contre le Sultan et qui est mort sur cela sans qu’il meure d’une mort jahiliyy ».
Indiquer ces sujets contribue à préserver ce que Allah a rendu important ainsi que Son Messager. Abandonner cela contribue à le perdre.
Quant à insulter les compagnons au sujet duquel il y a eu interdiction par la parole du Messager de Allah :
لا تسبوا أصحابي
(la tasoubbou ‘s–habi)
ce qui signifie : « N’insultez pas mes compagnons », il s’agit d’insulter la totalité des compagnons ou de blâmer l’un d’entre eux sans raison légale, du moment qu’il n’a rien commis qui lui fait mériter la mise en garde. C’est le cas des insultes proférées par les khawarij lorsqu’ils s’étaient rebellés contre ^Aliyy alors qu’auparavant ils combattaient à ses côtés. Ils l’ont insulté et ont insulté ceux qui s’étaient ralliés à lui. Ils ont été jusqu’à le déclarer mécréant ainsi que ceux qui l’avaient rallié. Mais blâmer des individus parmi les compagnons pour une raison valable selon la Loi, cela a été confirmé par le texte même du hadith. Ainsi, le Messager ^alayhi s-salam, a dit au sujet d’un serviteur à lui qui se dénommait Karkarah, et qui était chargé de la famille du Prophète pendant la conquête ; cet homme était mort durant la conquête ; Le Messager a dit : (هو في النار) (houwa fi n-nar) ce qui signifie : « Il est en enfer ». Ils ont trouvé alors qu’il avait volé un voile du butin. Rapporté par Al-Boukhariyy.
Mouslim a rapporté de ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah qu’il a dit à ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As que le fils de ton oncle paternel Mou^awiyah nous ordonne de consommer les biens des uns des autres injustement et de nous entre-tuer. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr s’est tu un instant puis lui a dit :
أطعه في طاعة اللَّه واعصه في معصية اللَّه
(ati^hou fi ta^ati l-Lahi wa ^sihi fi ma^siyati l-Lah)
ce qui signifie : « Obéis-lui en ce qui constitue une obéissance à Allah et désobéis-lui en ce qui constitue une désobéissance à Allah ». ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr le compagnon n’a pas dit à ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah qui fait partie des successeurs dignes de confiance des compagnons : (tu as blâmé Mou^awiyah et le Messager a dit ce qui signifie : N’insultez pas mes compagnons).
Les savants du hadith n’ont pas cessé de mentionner ce hadith rapporté par Mouslim lorsque le Messager de Allah a envoyé ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas pour lui appeler Mou^awiyah. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas était parti l’appeler mais il l’a trouvé en train de manger. Il a dit : Ô Messager de Allah, il est en train de manger. Le Messager de Allah lui a dit : (ارجع فادعه) (irji^ fad^ouhou) ce qui signifie : «retourne et appelle-le ». Il est reparti puis est revenu en disant : Ô Messager de Allah, il est en train de manger. Il a alors dit : (لا أشبع اللَّه بطنه) (la ‘achba^a l-Lahou batnah) ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié ». Ceci est bien un blâme de la part du Messager et non pas une invocation en sa faveur. En effet, trop manger n’est pas la qualité des pieux. Le Messager de Allah a dit :
المؤمن يأكل في معى واحد والكافر يأكل في سبعة أمعاء
(al-mou’minou ya’koulou fi ma^an wahidin wa l-kafirou ya’koulou fi sab^ati ‘am^a’in)
ce qui signifie : “Le croyant accompli mange le un septième de ce que mange le mécréant ». Trop manger est un blâme et non pas une éloge. Le Messager de Allah a dit r :
ما ملأ ابن ءادم وعاء شرا من بطنه، بحسب أحدكم لقيمات يُقمن صلبه، فإن كان ولا بد فثلث للطعام وثلث للشراب وثلث للنفس
(ma mala’a bnou ‘Adama wi^a’an charran min batnihi ; bihasbi ‘ahadikoum louqaymatoun youqimna soulbahou ; fa’in kana wa la boudda fathoulouthoun li t–ta^ami wa thoulouthoun li ch-charabi wa thoulouthoun li t-tanaffouci)
ce qui signifie : « Le fils de Adam n’aura pas rempli un pire récipient que son ventre. Que chacun d’entre vous se suffise de quelques bouchées qui lui permettent de garder sa santé. S’il était nécessaire, qu’il se suffise d’un tiers pour la nourriture, un tiers pour la boisson et un tiers pour la respiration ». Rapporté par At-Tirmidhiyy qui a dit haçan sahih.
Ce qui fait partie des choses étranges, c’est que certains ont dit que la parole du Messager à Mou^awiyah (لا أشبع اللَّه بطنه) (la ‘achba^a l-Lahou batnah) ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié » est une éloge pour lui ! La corruption de ces propos est apparente en raison de sa contradiction avec les deux autres hadith d’une contradiction claire. Le Messager fait l’éloge du fait de se limiter à quelques bouchées. Il approuve que le croyant se suffise de quelques bouchées, que ce qu’il mange soit de faible quantité.
Nous disons cela, et Allah sait les consciences et les fors intérieurs. Les actes valent selon leur intention et Allah sait nos intentions. A Lui le devenir et le retour pour le jugement.
La Dame Nafisah
La dame Nafisah a vécu dans un contexte où il y avait beaucoup de science, d’ascèse et de piété. Elle a vécu dans un milieu où il y avait des savants, des adorateurs et des ascètes. Elle a ainsi récitait tout le qour’an et l’a mémorisé par coeur. Elle a étudié la science de la religion et l’a bien assimilée. Elle a entendu des questions sur le hadith du Prophète et le fiqh – la jurisprudence – et les a parfaitement comprises. C’était une femme dont l’invocation était exaucée, la dame Nafisah. C’est une femme qui faisait tout le temps le jeûne surérogatoire et elle veillait les nuits en prière surérogatoire.
Elle a connu la vérité. Elle a connu quels sont ses devoirs, quels sont ses droits et elle s’est limitée à cela. Elle a connu quelles sont les choses qui sont interdites, elle les a évitées. Elle s’est appliquée dans l’adoration et jusqu’à devenir une sainte et Allah lui a donné beaucoup de prodiges.
Elle est la dame Nafisah la fille de Al-Haçan Al-’Anouwar qui est surnommé Abou Mouhammad le fils de Zayd Al-’Ablaj, le fils de Al-Haçan, le petit fils du Prophète, fils de l’Imam ^Aliyy que Allah l’honore. Elle est issue de la famille du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.
La dame Nafisah était une femme qui était chaste. On n’a pas su d’elle qu’elle a un jour tendu la main pour demander de l’argent à quiconque. Elle subvenait à ses propres besoins à elle et aux besoins de sa famille à partir de son argent ou de l’argent de son mari ou de ce qu’elle gagnait en travaillant le fil elle-même. ( Les femmes par le passé regardez c’était une sainte et pourtant elle travaillait pour gagner sa vie ).
Allah tabaraka wa ta^ala a facilité à la dame Nafisah de se réunir avec des savants d’un très haut degrés, des Imams dans la jurisprudence, des Chouyoukh dans l’ascèse et des adorateurs. A l’exemple d’un saint qui s’appelle Bichr Ibnou Al-Harith il est connu sous le surnom de Bichr Al-Hafiyy. Elle a rencontré également l’Imam de Ahlou s-sounnah l’Imam Ahmad Ibnou Hanbal. Elle rencontré également l’Imam Ach-Chafi^iyy. Elle a rencontré également l’Imam Malik. Elle a rencontré également ^Abdou l-Lah Ibnou Al-Hakam. Elle a rencontré Abou Sa^id Souhnoun fils de Sa^id le faqih Malikite. Elle a rencontré Ar-Rabi^ fils de Soulayman qui est Mouradiyy qui est un compagnon de l’Imam Ach-Chafi^iyy. Elle a rencontré Ar-Rabi^ Al-Jiziyy et beaucoup d’autres.
Mawloudouha – Sa naissance
Il était de l’habitude de Al-Haçan Al-’Anouwar qui est le père de la dame Nafisah de s’asseoir dans la mosquée Al-Haram à la Mecque pour donner des cours de religion et il expliquait aux gens les sujets de la religion et les sujets du qour’ân.
Alors qu’il était assis comme à son habitude pour donner des cours aux gens, il y a une jeune femme qui est venue pour lui annoncer la bonne nouvelle. Cette femme a dit à notre maître Al-Haçan : « je t’annonce la bonne nouvelle oh mon maître, cette nuit tu as eu une petite fille qui est née, nous n’avons pas vu une fille aussi belle qu’elle ni qui a un front aussi éclairé que son front, la lumière sort de sa bouche et elle est rayonnante ».
Quand Al-Haçan Al-’Anouwar a reçu cette bonne nouvelle, il était heureux. Et il s’est tout de suite prosterné ( vous savez qu’on peut faire une prosternation de remerciement quand nous recevons une bonne nouvelle, quand on est soulagé ou d’être délivré d’une épreuve, on peut faire une prosternation en direction de la qiblah). Il s’est prosterné pour Dieu, pour Le remercier pour ce bienfait qu’Il lui accordé et pour avoir exaucé son invocation.
Puis il a récompensé la jeune femme qui est venue lui annoncer la bonne nouvelle. Il a dit à cette jeune femme : « dis à la famille (il vise la mère sa fille) d’appeler cette petite fille Nafisah ( nafisah veut dire précieuse et le mot nafis signifie précieux) ». Il a dit : « appelez-la Nafisah parce que in cha‘ Allah elle sera nafisah, elle sera précieuse ».
La dame Nafisah est née à la Mecque honorée, le mercredi onze du mois de Rabi^ou ‘Al-’Awwal de l’an 145 de l’hégire. Sa mère était heureuse de sa naissance. Et ce qui a augmenté la joie de Al-’Anouwar, du père de Nafisah, Al-Haçan Al-’Anouwar, c’est que sa petite fille ressemblait beaucoup à sa sœur à lui, la dame qui s’appelait aussi Nafisah fille de Zayd que Allah l’agrée, c’était celle que le Calife Al-Walid Ibnou ^Abdi l-Malik avait épousée.
Lorsque l’assistance, comme lui donnait un cours à la Mecque, donc les gens qui étaient dans l’assistance ont entendu cette annonce de bonne nouvelle et c’étaient des gens parmi l’élite, des gens qui étaient vertueux parmi ses disciples Quand ils ont entendu l’annonce de bonne nouvelle, de la naissance qu’a reçu Al-Haçan Al-’Anouwar, ils se sont levés pour le féliciter pour avoir obtenu ce qu’il souhaité et pour l’exaucement de son invocation.
Il avait remercié les gens qui l’avaient félicité puis il a levé les mains vers le ciel ( le ciel est la direction pour les invocations, ça ne veut pas dire que Allah habite dans le ciel, Allah n’est pas dans le ciel, Il n’est pas partout et Il est sans endroit ).
Donc il a dirigé les mains vers le ciel, en ouvrant les mains pour les invocations en disant des invocations, le sens général est le suivant : « Ô Allah, fais qu’elle grandisse dans le bien, agrée cette petite fille, fais qu’elle soit au nombre de tes esclaves vertueux parmi les saints du plus haut degrés que Tu agrées et qui T’aime. Ô Allah, fais qu’elle soit une femme de mérite, une source de bien et de bienfaisance, une lumière et une guidée. Ô Allah, fais qu’elle soit précieuse par sa science, éminente dans son indulgence, d’un très haut degré, qu’elle soit ferme et forte dans l’attachement à la religion et qu’elle a une certitude complète dans la croyance ».
Avec cette annonce de bonne nouvelle de sa fille Nafisah, il y a aussi un émissaire qui est venu du calife Abasside de l’époque c’est Abou Ja^far Al-Mansour, cet envoyé du calife est descendu de son cheval, il est entré dans la mosquée Al-Haram, il a traversé les rang jusqu’arriver devant Al-Haçan Al-’Anouwar le père de Sayyidah Nafisah. Il a sorti de son sac une lettre, il a donné ave la lettre le cadeau du calife qui était une grande bourse qui contenait vingt mille dinars ( quand on dit un dinar c’est-à-dire c’est une pièce d’or donc vingt mille pièces d’or ).
Il émanait de cette lettre l’odeur du musc – du parfum -. Le Chaykh c’est-à-dire Al-Haçan Al-’Anouwar a ouvert cette lettre et il a lu le contenu lentement. Les gens qui étaient là, ils écoutaient, ils craignaient pour lui parce que la famille du Prophète a été opprimée par certains qui rechercher le pouvoir après les quatre Califes, notre maître Abou Bakr, notre maître ^Oumar, notre maître ^Outhman et notre maître ^Aliyy et après six mois de notre maître Al-Haçan, il y a eu toute une dynastie qu’on appelle les Omeyades qui ont pris le pouvoir, ils ne voulaient pas que le pouvoir reviennent à la famille du Prophète, c’est pour cela qu’ils ont beaucoup opprimé, certains ont même été assassinés comme notre maître Al-Houçayn le petit fils du Prophète ( c’est-à-dire imaginez le petit fils du Prophète était tué par des gens, juste pour le pouvoir ).
Les gens étaient là à attendre et ils craignaient pour celui qui était le plus grand de la famille du Prophète, celui qui était le plus noble des descendants de Hachim. Ils craignaient que le Calife ne lui fasse un quelconque mal ou qu’il ne lui arrive quoi que ce soit, mais ils n’ont pas quitté la place et ils ont vu que Al-Haçan Al-’Anouwar s’était mis à pleurer. Alors ils ont augmenté en peu pour lui. Ils lui ont dit : « qu’est-ce qu’il y avait dans la lettre du Calife ». Il leur a annoncé cette situation importante puisqu’il lui était confié une grande charge. Il leur a dit : « j’ai reçu la mission de gouverné Médine l’illuminée et le le Calife m’a désigné comme son représentant sur Médine », la ville de Médine, la ville du Prophète ^alayhi salatou wa sallam, donc c’est une lourde charge, donc il avait pleurait parce qu’il allait assumer une grande responsabilité, donc ce n’était pas ce qu’ils craignaient pour lui, ce n’était pas un mal, mais lui, il a pleuré parce que c’était une grande responsabilité.
Les gens étaient tous heureux, l’assistance était contente de ce qui est arrivé. Leurs visages étaient rayonnant de bonheur. Ils ont dit : « Bonheur, félicitation à la ville du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam pour avoir quelqu’un comme toi, qui va réaliser la justice, diffuser la vérité et propager la sécurité, la sérénité, la paix et la justice ».
Ils lui ont dit : « Bonheur aux habitants de Médine s’ils ont quelqu’un comme toi qui va les gouverner, quelqu’un qui est bienfaisant de la famille du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, qui va exécuter les lois, réaliser les peines, revivifier les sounnah et renouveler les préceptes de la religion de droiture ».
Ils lui ont dit : « Surtout n’hésite pas, prends cette responsabilité parce que peut être tu vas trouver quelqu’un qui a subit une injustice, tu vas rétablir son droit. Quelqu’un qui a besoin de secours, tu vas venir à son secours. Un prisonnier que tu vas libérer ou quelqu’un qui a été chassé, tu vas le protéger et l’abriter. »
C’est alors quand il a entendu ces paroles, il leur a dit : « Si cette responsabilité que je viens d’avoir est une grâce de la part de Dieu pour les gens, alors c’est cette petite fille qui est née, qui est l’annonce de cette gouvernance, il vise la dame Nafisah. Et si cette gouvernance est un honneur pour nous, alors c’est cette petite fille qui est la cause ».
La dame Nafisah a grandi de manière honorable. Elle a grandi d’abord à la Mecque et lorsqu’elle a atteint les cinq ans, son père l’a amenée à Médine. Il s’est mis à lui enseigné les sujets de la religion et du bas monde. ( Voyez comment c’est très important que les parents veillent à enseigner à leurs enfants les sujets de la religion).
Elle a d’abord mémorisé le qour’an. Il lui a enseigné le hadith du Prophète honnête salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Elle a appris comment se conduisaient les vertueux. Elle a appris comment les gens pieux se conduisaient. Il ne s’est pas limité à enseigner à sa fille, à ce qu’elle mémorise, à ce qu’elle retienne mais aussi à ce qu’elle applique ce qu’elle apprend pour qu’elle mette en pratique ce qu’elle apprend.
Il faisait participer sa fille dans ses actes d’adoration. Il avait des wird c’est-à-dire des paroles qu’il disait régulièrement, des dhikr, des évocations de Dieu. Donc, il faisait que sa fille fasse la même chose avec lui. Souvent, il l’emmené à la mosquée du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, pour qu’elle voit l’assemblée des musulmans, pour qu’elle voit de ses yeux les convois des gens de bien, les groupes des bienfaisants qui viennent avec grande nostalgie, visitait le Prophète dans sa mosquée salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.
Allah a donné des bénédictions à la dame Nafisah dans son enfance. Elle n’avait pas même huit ans qu’elle avait appris par coeur tout le qour’an, la dame Nafisah.Elle avait appris quelque chose qui n’est pas négligeable du hadith du Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam. Elle était toujours en compagnie de son père que ce soit lorsqu’il était en voyage ou lorsqu’il n’était pas en voyage. Son père était pour elle un modèle, un exemple pour elle, puis elle le suivait.
Son coeur a été éclairé par la lumière de la foi et son âme a goûté à la douceur de l’obéissance. Souvent, elle invoquait Allah, alors qu’elle était encore petite. Elle demandait à Allah qu’Il écarte de son coeur à elle tout ce qui peut la détourner de l’adoration de Dieu. Et elle demandait à Allah qu’Il fasse aimer dans son coeur à elle tout ce qui pouvait lui faire gagner l’agrément de Dieu. Elle demandait à Allah qu’Il lui facilite le chemin pour l’obéissance à Dieu. Elle demandait à Allah qu’Il fasse qu’elle soit au nombre des saintes. Elle disait : « Ô Allah, Tu es Celui dont nous recherchons l’aide lorsque nous sommes dans les épreuves, Celui dont nous recherchons le secours quand nous serons dans les difficultés. »
Parmi ceux que la dame Nafisah a rencontré à Médine, il y a l’Imam Malik que Allah l’agrée. L’Imam Malik avait collecté les hadith des faqih et des musulmans dans un livre qu’il appelait Al-Mouwata et la jurisprudence de l’Imam Malik s’est diffusée dans les différents pays.
L’Imam Malik fils de ‘Anas était l’Imam de Médine. Il était parmi les savants qui avaient les plus hauts degrés, celui parmi les savants qui avaient le plus de crainte de Dieu, celui parmi les savants qui veillaient à ne dire que les paroles des plus authentiques et celui qui récitait le plus le livre de Allah.
Et dans la maison de son père la dame Nafisah, elle rencontrait l’élite parmi les savants, les plus grands des faqih, les plus forts parmi les poètes et les gens de littérature. Elle écoutait d’eux et ensuite elle rapportait d’eux ce qu’elle avait entendu d’eux. Elle prenait d’eux et de leur parole. Elle apprenait par coeur de leur sagesse ce qui nourrissait sa raison éclairée et qui éclairait son âme.
C’était une femme qui avait une raison clairvoyante, elle était clairvoyante, elle avait une grande ardeur pour l’adoration. Et elle avait une intention sincère et elle avait une ardeur toujours forte pour oeuvrer pour le bien.
Quand la dame Nafisah a atteint l’âge du mariage. Les descendants du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, ils étaient descendants de Al-Haçan et Al-Houçayn, souhaitaient se marier avec elle. Tout comme beaucoup de jeunes gens, des plus nobles de la tribu de Qouraych ont souhaité la demander en mariage qaund ils ont su que c’était une femme de bien, qu’elle agissait en bien, qu’elle avait une foi très forte et qu’elle était très pieuse. Et celui qui veillait le plus à l’épouser c’était Is-haq le fils de Ja^far As–Sadiq.
Is-haq fils de Ja^far As–Sadiq était surnommé Al-Mou’taman, Is-haq Al-Mou’taman, celui qui était honnête dans ce qu’il lui est confié, tellement il était digne de confiance, il avait une forte foi et un grand attachement à la religion. Ce jeune homme n’était pas étrangé puisque lui même s’appelle Is-haq fils de Ja^far As–Sadiq fils de Mouhammad Al-Baqir fils de ^Aliyy Zaynou l-^Abidin fils de Al-Houçayn le petit fils du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.
Is-haq voyait les gens demander la main de la dame Nafisah auprès de son père Al-Haçan Al-’Anouwar, parmi ceux qui venaient la demander en mariage, il y avait des savants émérites, des adorateurs illustres, mais son père, quand les gens lui demandaient la raison pour laquelle il les refusait, il disait : « Je voudrai rendre ce qui m’a été confié à sa famille et rendre la goutte à la mer, et je voudrai planter la rose dans son jardin. » Quand les gens entendaient sa réponse, ils s’abstenaient de parler, ils disaient : « peut-être qu’il y a dans l’affaire un secret que nous ne pouvons pas connaître ».
Mais Is-haq a voulu essayer lui-même. Il a demandé le mariage avec la dame Nafisah. Il a fait une prière de consultation – ‘istikharah – puis il est parti avec son oncle et avec lui les plus grands de la famille du Prophète. Al-Haçan Al-’Anouwar, le père de sayyidah Nafisah leur a fait bonne accueil mais il s’est abstenu de marier la dame Nafisah à Is-haq. Donc ils sont partis, ils avaient très mal au coeur parce que quelqu’un comme Is-haq généralement n’est pas quelqu’un que l’on refuse.
Is-haq est sorti de chez Al-Haçan, il était profondément chagriné, il est parti à la mosquée du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, il s’est tenu dans le mihrab du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam et il s’est mis à faire la prière. Puis, quand il a fini les prières, il est entré dans la chambre honorée, là où est enterré le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, il s’est tenu en face de la tombe du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam et il a dit : « A toi le salam ô Messager de Allah, à toi le salam ô toi le maître des Messagers, le dernier des Prophètes, Celui que le Seigneur des mondes agrée le plus, je te fais part de mon chagrin, je viens avec mon besoin, je t’expose mon affaire, combien de gens avaient besoin de secours sont venus vers toi, combien de gens qui étaient déprimés et attristés ont demandé ton aide. J’ai demandé la main de Nafisah de mon oncle Al-Haçan mais il me l’a refusé », puis il a passé le salam et il est parti.
Le lendemain matin matin, Al-Haçan a demandé quelqu’un pour l’amener et il était étonné. ( Et qu’est-ce qu’il lui a dit?) Il lui a dit : « Cette nuit, j ‘ai vu mon grand-père, le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam avec un très bel aspect, il m’a passé le salam et il m’a dit : « Ô Haçan donne ta fille Nafisah en mariage à Is-haq Al-Mou’taman. »
Son mariage a eu lieu le premier jour de Rajab de l’année 161 de l’Hégire. Par leur mariage, se sont réunis deux lumières, la lumière de Al-Haçan et celle de Al-Houçayn, les maîtres des jeunes gens du Paradis, parce que la dame Nafisah sont ancêtre, son grand-père c’est l’Imam Al-Haçan et Is-haq Al-Mou’taman, son grand-père, son ancêtre c’est l’Imam Al-Houçayn, qua Allah les agrée tous les deux.
Is-haq, son mari était quelqu’un qui faisait partie des gens de mérites, des gens qui fournissaient les efforts dans l’adoration et qui craignaient Dieu. Beaucoup de gens ont rapporté de lui les hadith du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa salla. C’était quelqu’un qui était mouhadith, il était digne de confiance, il était honnête et il était véridique.
Il est parvenu dans le livre ^Oumdatou t–talib, à propos de Is-haq, pour ce qui est de Is-haq fils de Ja^far As–Sadiq, il est surnommé Abou Mouhammad et il est surnommé Al-Mou’taman. Il est né à Al-^Arid qui est vallée à Médine et c’était parmi les gens, celui qui ressemblait le plus physiquement au Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.
Et lorsque Soufiyan fils de ^Ouwayna, qui était le Chaykh de l’Imam Ach-Chafi^iyy. Soufiyan fils de ^Ouwayna, c’est le Chaykh de l’Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah les agrée tous les deux. Quand il rapporté il citait la chaîne de transmission de ce qu’il avait entendu de Is-haq fils de Ja^far As–Sadiq, il disait : « Celui qui est digne de confiance, celui qui est agrée, Is-haq fils de Ja^far As–Sadiq fils de Mouhammad, fils de ^Aliyy, fils de Al-Houçayn, que Allah l’agrée, m’a rapporté ».
Et Al-Mouqriziyy dans ses khoutat, il rapporte, il dit : « celui qui épousé Nafisah c’est Is-haq fils de Ja^far As–Sadiq, quelqu’un de vertueux, des gens de bien, de mérites, et d’attaché à la religion.
Le voyage de Nafisah en Egypte
La dame Nafisah avait une grande part, elle occupait une place importante dans le coeur des musulmans et les égyptiens en particulier. Les gens d’Egypte quand ils venaient en pèlerinage, ils veillaient à la rencontrer. Et à chaque fois, ils lui demandaient de venir chez eux, de les visiter en Egypte, tellement ils ont entendu de sa grande science et de son grand mérite. Elle leur disait à chaque fois : « je vais venir vous rendre visite dans votre pays, si Dieu le veut. Dieu a fait l’éloge de l’Egypte et l’a mentionnée dans Son Livre honoré. » Et elle a dit : « mon grand-père (elle vise le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam) m’a recommandé l’Egypte, par sa parole qui signifie: « lorsque vous allez conquérir l’Egypte (et ça aussi c’est un des signes de la prophétie de notre maître Mouhammad, parce qu’à son époque l’Egypte n’était pas encore conquise) donc il leur disait ce qui signifie : « lorsque vous allez conquérir l’Egypte, alors recommandez vous les uns aux autres d’agir en bien avec les gens d’Egypte parce qu’il y a en Egypte, il a cité sahran wa nasaba entre autre vous savez parce que parmi les épouses de notre maître Mouhammad, il y a une femme qui s’appelle Mariya et elle est égyptienne, donc c’est pour ça c’est comme si vous avez une belle famille là-bas ».
Entre temps la situation a dégénérée concernant la famille du Prophète. Le père de la dame Nafisah, Al-Haçan Al-’Anouwar a été démit de ses fonctions, de gouverneur de Médine, après qu’un homme qui s’appelle Ibnou Abi Dhi’b a colporté ou a fait circuler des fausses rumeurs. (Vous savez à cette époque-là, il y avait des gens qui faisaient circuler de mauvaises informations à propos de gens et certains gouverneurs tombaient dans le piège et ils démettaient certaient gouverneurs de leur fonction juste à cause de ces rumeurs que les gens faisaient circuler. Donc la situation a dégénérée et il y a eu beaucoup de zizanie et la famille du Prophète s’est trouvée amenée à se déplacer d’un endroit à un autre, de quitter Médine bien qu’ils chérissaient énormément Médine. Ils se sont décidés à partir en Egypte.
Ils ont décidé d’aller en Egypte et bien sûr dans un temps, beaucoup d’années auparavant, des dizaines d’années auparavant il y avait la dame pure Zaynab la fille de l’Imam ^Aliyy qui était la sœur de Al-Haçan et de Al-Houçayn, la fille de notre dame Fatimah. Et Zaynab était la petite fille du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Elle était déjà installé en Egypte, puis elle était enterrée en Egypte.
Les égyptiens ont fait bonne accueil à la famille du Prophète et bien sûr à leur tête notre dame Nafisah et son mari Is-haq et ses deux enfants Al-Qacim et sa fille Oum kalthoum et d’autres personnes de la famille du Prophète. Ils se sont tous empressés , qui pouvez les accueillir, qui pouvez les héberger. Celui qui a eu cet honneur, c’est le maître Jamal Ibnou Al-Jasas, il les a accueillis chez lui dans sa maison.
La dame Nafisah a vécu en Egypte jusqu’à sa mort, elle a été enterrée en Egypte. Malgré le fait que la dame Nafisah a grandi dans la maison de son père où il y avait des signes de luxe et de confort parce que son père était gouverneur, sauf qu’elle avait préféré le détachement des choses du bas-monde et l’ascèse. Elle mangeait très peu. On a rapporté d’elle qu’elle mangeait un plat complet une fois tous les trois jours.
Zaynab qui est la nièce de la dame Nafisah, c’est la fille de son frère, elle a dit : « j’ai été au service de ma tante paternelle pendant quarante ans. Quarante ans, je ne l’ai pas vue dormir une nuit ni ne pas jeûner un jour hormis les deux jours de al-^id et les trois jours de At-tachriq. » La nièce, la dame Zaynad a dit à la dame Nafisah : « tu ne prends pas pitié de toi-même, parfois ne fais pas le jeûne, dors certaines nuits ». Elle a dit : « comment tu veux que je prennes pitié de mon âme, alors que j’ai devant moi des épreuves pouvant être dépassées que par ceux qui vont réussir. »
Regardez leur degré, elle est descendante du prophète et elle est très proche, elle a vécu à une période de gens de science, comment elle a peur du Jour du Jugement, alors que nous, nous sommes dans notre insoucience, à penser : oui Allah est miséricordieux, tu trouves des gens qui commettent des péchés, qui ne prennent pas l’effort à faire les devoirs, qui ne prennent pas l’effort d’éviter les péchés. Donc regardez, l’insouciance est une voie pour l’interdit, c’est une voie pour l’enfer.
Elle disait : « Ma tante, elle connaissait tout le qour’an par coeur, elle le récitait et elle connaissait son tafsir sa signification, elle récitait le qour’an et elle pleurait quand elle le récitait ».
Lorsque la dame Nafisah a persévéré sur l’obéissance à Dieu, Allah ta^ala lui a donné de nombreux prodiges, parmi lesquels :
Al-Qina^iyy que Dieu lui fasse miséricorde, a dit à Zaynab, cette même femme qui était la nièce de la dame Nafisah parce que le père de Zaynab s’appelle Yahya, et Yahya était le père de Nafisah. Il lui dit : « quelle est la nourriture de ta tante ? » Elle disait : « elle ne mangeait qu’un seul plat complet tous les trois jours, elle avait un panier qui était accroché devant son lieu de prière. Elle avait un lieu de prière, elle avait un panier qui était accroché. Chaque fois qu’elle voulait quelque chose à manger, elle trouvait dans ce panier. Et elle ne prenait rien des gens hormis de ce que son mari lui donnait où de ce que Allah lui accordait ». Elle a dit : « La louange est à Allah Qui nous a accordé une part de ce qu’Il a accordé à Maryam, la dame Maryam fille de ^Imran, ^alayha s-salam » Pourquoi?Parce que notre dame Maryam, c’est cité dans le qour’an que Allah lui donnait les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver, et c’était d’une manière prodigieuse, que ce soit d’une manière, c’est-à-dire que c’était des prodiges qui étaient à la dame Nafisah, Allah faisait parvenir sa subsistance.
Sa^d Ibnou Al-Haçan a dit : « une année où il y avait une sécheresse en Egypte, le fleuve du Nil s’est arrêté de couler ». Vous savez c’est un fleuve, c’est comme une mer et il s’est arrêté, il s’est asséché. Les gens se sont empressés auprès de notre dame Nafisah pour lui demander l’intercession, pour qu’elle invoque Dieu pour que le Nil continue à couler, ils lui ont demandé des invocations. Alors elle avait une pièce qui lui appartenait, un objet qui lui appartenait, ils l’ont ramené et ils ont pris cet objet de notre dame Nafisah dans le fleuve. Le fleuve a repris son cours et à déborder de ce qu’il était de son lit habituel ».
^Abdou r-Rahman Al-’Awza^iyy que Allah l’agrée, c’était l’Imam des gens de Ach-Cham, le faqih, c’était un savant, il est mort en 158 de l’Hégire, il est enterré à Beyrout et l’invocation est exaucé auprès de sa tombe. Il a dit : « j’ai demandé à Jawhar, c’était une des filles de Al-Houçayn, est-ce que tu as vu de ta maîtresse Nafisah le prodige ? » Elle lui a répondit : « oui ». Elle a dit : « c’était un jour de grande chaleur, un grand serpent était venu, et j’avais un récipient d’eau de la dame Nafisah, alors ce serpent s’est mis à se frotter la tête contre le récipient comme s’il recherchait les bénédictions de l’eau de la dame Nafisah, puis il est reparti d’où il est venu ».
L’Imam Ach-Chafi^iyy que Allah l’agrée, quand il tombait malade, il envoyé un de ses élèves comme Ar-Rabi^ Al-Jiziyy ou bien Ar-Rabi^ Al-Mouradiyy auprès de la dame Nafisah, il lui passait lesalam et il lui disait : « ton cousin Ach-Chafi^yy est malade, il te demande de lui faire des invocations ». Et elle faisait des invocations pour lui, l’envoyé de Ach-Chafi^iyy ne retournait pas auprès de Ach-Chafi^iyy sans que Ach-Chafi^iyy soit directement guérit de sa maladie.
Lorsque Ach-Chafi^iyy est tombé malade de sa dernière maladie, il ne savait pas à ce moment-là, il a envoyé quelqu’un comme à son habitude pour demander à la dame Nafisah des invocations. Elle lui a fait une autre invocation, elle a dit : « Que Allah accorde à Ach-Chafi^iyy de voir Allah dans l’au-delà c’est-à-dire de voir l’Être de Allah dans l’au-delà »
Donc le mot wajh signifie l’Être au sujet de Allah, ce n’est pas cette partie de la tête, la face. Celui qui a une face ou qui a un dos est un corps et Allah, Il dit layça kamithlihi chay’ qui signifie : rien n’est tel que Lui. Donc Allah n’est pas un corps. Al-wajh ici signifie adh-dhat c’est-à-dire l’Être de Allah. Allah ta^ala lorsque les croyants seront au paradis, ils verront Allah sans que Allah soit dans un endroit au paradis ou dans un autre endroit, à l’extérieur du paradis, non. Allah est sans endroit.
Donc quand elle lui a dit que Allah lui accorde de voir Allah, l’Être de Allah, le mot wajh signifie l’Être, ça ne veut pas dire la face ici, au sujet de Dieu, ça veut dire que Allah lui accorde d’être au paradis parce que les croyants lorsqu’ils seront au paradis, ils verront Dieu sans que Dieu soit dans un endroit, sans qu’Il soit dans une direction parce que Allah est le Créateur des endroits, Il est le Créateur des directions. Avant la création des endroits, avant la création des directions, Allah existe sans endroit, sans direction. Après la création des endroits et des directions, Allah ne change pas. Donc les croyants leur plus grande récompense c’est qu’ils verront Allah lorsqu’ils seront au paradis sans que Allah soit au paradis, mais Allah leur donne la force de la voir, sans qu’Il soit dans dans un endroit et ça c’est quelque chose qui est confirmé dans le qour’an et dans le hadith.
Dans le qour’an, Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Les visages ce jour-là seront resplandisssant de bonheur, ils verront leur Seigneur ».
Et la parole du Prophète a dit ce qui signifie : « Vous allez voir certes votre Seigneur au Jour du Jugement , vous n’aurez aucun doute tout comme vous voyez la lune une nuit de pleine lune, vous n’avez pas de doute que ce que vous avez vu c’est la lune » il n’ a pas comparé Allah avec la lune mais il a comparé la certitude, le fait de ne pas douter que ce que vous avez vu c’est Allah.
Son mari Is-haq Al-Mou’taman lui a dit un jour : « Nous allons partir à Al-Hijaz ». Elle a répondu : « je ne pourrai pas aller avec toi à Al-Hijaz parce que j’ai vu le Messager de Allah dans le rêve qui m’a dit : ne quitte pas l’Egypte parce que Allah te fera mourir en Egypte »
La dame Nafisah que Allah l’agrée est tombée malade le mois de Rajab de l’an 208 de l’Hégire. Et la maladie s’est emplifiée jusqu’à Ramadan, elle était à la situation la plus difficile de sa maladie. Elle ne pouvait même plus bouger. Ils lui ont ramené un medecin , il lui a dit de rompre le jeûne. Elle a dit : « que c’est étonnant, depuis trente ans que je demande à Dieu de faire en sorte que je meure, en étant en état de jeûne et tu veux que je rompts le jeûne maintenant ».
Il y avait un rideau dans sa maison, et derrière le rideau il y avait une tombe qui était creusée. Elle a fait signe vers cette tombe , elle a dit : « voici ma tombe » et elle a dit : « ici, je serai enterrée si Dieu le veut ». Elle leur a dit : « quand je meure, faites moi entrer dans cette tombe ». Quand son âme pure a débordé de son corps, elle a été enterrée dans la tombe qu’elle avait creusée de ses mains et dans laquelle elle avait récité six mille fois tout le qour’an et cela avait eu lieu quarante ans après la mort de Ach-Chafi^iyy.
Que Allah fasse que nous profitions et que nous ayons les bénédictions de la dame Nafisah, que Allah l’agrée, que Allah nous accorde sa barakah.