Khoutbah : Contredire ses Passions, Délaisser les Désobéissances et le Récit de Dinar Al-^Ayyar
La louange est à Allah et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés au Prophète de Allah. Louanges à Allah l’Unique, Celui Qui n’a besoin de rien, Celui Qui n’est pas engendré, Qui n’engendre pas et Qui n’a nul équivalent. Je loue Allah, ta^ala, et je L’implore de me guider sur le chemin de droiture. Je recherche Son pardon et je me repens à Lui. Je recherche la préservation de Allah contre le mal de nos âmes et de nos mauvais actes. Celui que Allah guide, c’est lui le bien-guidé ; et celui qu’Il égare, nul ne peut le guider.
Que l’honneur et l’élévation en degré les plus complets et les plus parfaits soient accordés à notre maître Mouhammad le maître des fils de ^Adnan, celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant que guide et annonciateur de bonne nouvelle et avertisseur d’un châtiment, appelant à la religion agréée par Allah par Sa volonté, le Prophète qui est tel une lumière éclatante et une lune éclairante. Allah a guidé par lui la communauté. Il a dévoilé par lui les obscurités. Il a transmis le message. Il s’est acquitté de ce qui lui a été confié. Il a conseillé la communauté. Que Allah le rétribue pour nous du meilleur de ce dont Il a rétribué un de Ses prophètes. Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Lui seul n’a pas d’associé. Il a envoyé Son messager avec l’enseignement de droiture et la religion de la vérité. Je témoigne que notre maître Mouhammad r est Son esclave et Son messager. Que Allah l’honore ainsi que tous les messagers qu’Il a envoyés.
Esclaves de Allah, je vous aime par recherche de l’agrément de Allah. Je vous souhaite les biens du bas-monde et de l’au-delà. Je vous incite à l’obéissance à Allah. je vous recommande ainsi qu’à moi-même de faire preuve de piété à l’égard de Allah Al-^Aliyy Al-^Adhim.
Ô toi qui a atteint les rangs élevés par la piété
Ne délaisse pas son honneur pour l’abaissement des péchés
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
يا أيها الذين ءامنوا اتقوا الله ولتنظر نفس ما قدّمت لغد واتقوا الله إن الله خبير بما تعملون
(Ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou t-taqou l-Laha wa l-tandhour nafsoun ma qaddmat lighad ; wa t-taqou l-Laha ‘inna l-Laha khabiroun bima ta^maloun)
[sourat Al-Hachr / 18] ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, faites preuve de piété à l’égard de Allah et que chaque personne considère ce qu’elle a préparé pour le jour du jugement. Faites preuve de piété à l’égard de Allah, certes Allah sait ce que vous faites ».
Mes frères de foi,
Notre Prophète Mouhammad r a dit une parole qui comporte beaucoup de profit :
ليسَ الشديد من غلبَ الناسَ ولكنَّ الشديد من غلبَ نفسَهُ
ce qui signifie : « Le fort n’est pas celui qui a vaincu les gens. Le fort est plutôt celui qui a vaincu ses passions ».
L’homme, chers frères, voit son degré s’élever selon le jugement de Allah selon sa patience. La patience est de trois catégories. Patienter pour ne pas commettre l’interdit est le plus éprouvant. C’est la patience la plus forte. La deuxième est la patience pour accomplir les obéissances. La troisième est la patience face aux difficultés et aux catastrophes. Empêcher son âme pour ne pas commettre les interdits quels qu’ils soient, c’est la plus éprouvante des patiences.
Si tu fais une halte pour comprendre le sens de la patience, il s’agit de contrôler et contraindre son âme pour supporter une chose qu’elle déteste ou à quitter une chose qu’elle désire.
Contrains donc ton âme, toi mon frère musulman. Empêche-la de tomber dans ce qui est interdit. Dis-lui donc :
Ô mon âme, repens-toi donc car l’heure de la mort est arrivée
Contredis tes passions, les passions entraînent à la dissension
Chaque jour, nous avons un mort que l’on accompagne à sa tombe
Et par sa mort, nous oublions ce qu’ont laissé nos morts
Ô mon âme, qu’ai-je à voir avec des biens que je cumule
Du moment que je quitte ce bas-monde sans habits.
Esclaves de Allah, délaisser un seul péché vaut mieux selon le jugement de Allah qu’accomplir mille bonnes actions.
Retourne donc sur tes pas et abandonne la voie de l’insouciance. Entre par la porte de l’éveil. Rappelle-toi la parole de Allah ta^ala :
فمن يعمل مثقال ذرة خيرا يره ومن يعمل مثقال ذرة شرا يره
(faman ya^mal mithqala dharratin khayran yarah wa man ya^mal mithqala dharratin charran yarah)
[sourat Az–Zalzalah / 7-8] ce qui signifie : « Celui donc qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, en sera rétribué et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal, en sera rétribué ».
Dans ces deux ayah, il y a l’incitation à faire peu et beaucoup de bien et la mise en garde de faire peu ou beaucoup de mal.
Rappelle-toi que l’interdit ou l’illicite (al-haram), c’est ce dont Allah a menacé du châtiment celui qui l’accomplit et a promis la récompense pour celui qui le délaisse.
Rappelle-toi que le Prophète r la nuit de l’ascension a vu des gens qui se disputaient de la viande pourrie et avariée et délaissaient la belle viande bien découpée. Ijibril a dit : « Ce sont des gens de ta communauté qui délaissent ce qui est licite et n’en goûtent pas pour consommer de l’interdit et mauvais. Ce sont les fornicateurs ».
Il a vu également des gens qui buvaient de la rouille qui sortait des corps des fornicateurs. Jibril lui a dit : « Ce sont les buveurs de khamr –vin et alcools– interdit dans le bas-monde ».
Rappelle-toi que tu auras des comptes à rendre au jour du jugement. Tu rendras des comptes sur ton argent, d’où l’as-tu acquis et en quoi l’as-tu dépensé. Si tu as acquis le bien à partir de ce qui est licite, gare à toi de le dépenser dans ce que Allah a interdit.
Rappelle-toi la parole de Allah :
فوربّك لنسألنّهم أجمعين عمّا كانوا يعملون
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun)
[sourat Al-Hijr / 92-93] ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient ».
Il est dit qu’un homme était connu sous le nom de Dinar Al-^Ayyar. Il avait une mère vertueuse qui l’exhortait souvent mais il ne s’exécutait pas. Un jour, il était passé par un cimetière. Il en a pris un os qui s’est alors transformé en poussière au contact de sa main. Il a réfléchi et s’est alors dit : Malheur à toi Dinar, c’est comme si je voyais bientôt tes os devenir ainsi poussière et ton corps se transformer en terre. Il a regretté son laisser-aller et a eu la ferme volonté de se repentir. Il a alors relevé la tête vers le ciel qui est la direction (qiblah) des invocations et non un lieu de résidence de Dieu : Allah n’y habite pas et Il n’a pas besoin du ciel ni d’autre chose. Allah existe sans endroit. Il a relevé la tête et a dit : Seigneur, mon Maître, je me remets à Toi pour tout ce qui me concerne, accepte-moi et fais-moi miséricorde. Il s’est ensuite dirigé vers sa mère en ayant changé de couleur, le cœur brisé et a dit : Mère, que fait-on de l’esclave qui s’était enfui lorsque son maître le retrouve ? Elle a dit : On lui donne à mettre des habits rugueux, une nourriture grossière et on lui attache les mains et les pieds. Il lui a dit : Je voudrai une joubbah –sorte de cape fermée sauf de la tête et des bras– en laine et fais de moi ce qui est fait de l’esclave qui s’était enfui. Lorsque la nuit tombait, il se mettait à pleurer à chaudes larmes en se disant : Malheur à toi Ô Dinar, peux-tu supporter le feu ? Comment t’es-tu exposé au châtiment du tout-puissant ? Il demeurait ainsi jusqu’au matin. Sa mère lui dit alors : ais de la pitié pour toi-même, mon fils. Il lui répondait : Laisse-moi donc me fatiguer un peu, puissé-je me reposer longtemps, mère. J’ai demain une longue station pour le jugement du Seigneur glorieux et je ne sais pas s’il sera ordonné que je sois dans une ombre dense (au paradis) ou bien dans la pire station (en enfer). Elle lui disait : Mon fils, prends donc une pause. Il disait : Je ne recherche pas la pause. C’est comme si tu voyais mère les créatures demain être conduites au paradis et moi être conduit en enfer avec ses gens.
Elle le laissait alors dans son état. Il se mettait à pleurer, à s’adonner aux actes d’adoration et à la récitation du Qour’an. Un soir, il a récité :
فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun)
[sourat Al-Hijr / 92-93] ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient ». Il médita au sujet de cette ayah éminente :
فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun)
[sourat Al-Hijr / 92-93] ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » et se mit alors à pleurer jusqu’à l’évanouissement. Sa mère l’avait alors appelé mais il ne lui répondit pas. Elle lui dit alors : Mon chéri, toi la prunelle de mes yeux, où sera notre rencontre ?
Il lui dit d’une faible voix : Mère, si tu ne me trouves pas dans les stations du jour du jugement, demande après moi auprès de Malik l’ange en charge de l’enfer. Puis il poussa un soupir après lequel il mourut, que Allah lui fasse miséricorde.
Sa mère lui a alors fait le lavage funéraire, elle l’a préparé et est sortie appeler les gens en leur disant : Ô vous les gens, venez tous pour faire la prière funéraire pour celui qui a été tué par le feu. Les gens étaient venus de toute part. On ne vit pas autant de gens ni des larmes plus abondantes que ce jour-là. Après l’avoir enterré, un de ses amis l’a vu dans le rêve la même nuit marcher au paradis portant sur lui une belle cape verte et il récitait :
فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun)
[sourat Al-Hijr / 92-93] ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » et il disait : Par Sa gloire et Son honneur, Il m’a interrogé, Il m’a fait miséricorde, Il m’a pardonné et a effacé mes péchés. Informez-en ma mère.
Ô Allah pardonne-nous, fais que le Qour’an soit le printemps de nos cœurs, la lumière de nos regards et de nos organes, Ô Toi le Seigneur des mondes.
Voici mes propos et je demande à ce que Allah me pardonne ainsi qu’à vous.
Conseil : méthodes d’enseignement aux enfants dans les écoles
Je commence par le nom de Allah Ar-Rahman, Ar-Rahim
Association des Projets de Bienfaisance Islamiques
Lettre du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy, que Allah l’agrée, au Chaykh Nizar, que Allah lui fasse miséricorde
Certes, répéter un grand nombre de fois fait partie des méthodes d’enseignement. Les gens se distinguent en cela : Il y a des gens qui retiennent ce qui est appris sans trop de répétition. Il y a des gens qui ne retiennent qu’après un grand nombre de répétitions. Il convient donc de ne pas multiplier les matières et les mémorisations pour les enfants de sorte que les leçons leur paraissent nombreuses et que cela entraîne la fatigue, la retenue des derniers cours tout en oubliant les premiers, ceci venant de la rapidité de l’enseignant et du grand nombre de cours surtout à notre époque où la mémoire de la plupart des gens est devenue très faible. Ce qu’il convient de faire, c’est de diminuer le nombre de cours dans leur ensemble et de multiplier les répétitions tout en mémorisant ; c’est cela qui est utile. N’attachez pas d’importance aux autres ni à leur méthode d’enseignement. De nombreux savants et mouhaddith reprenaient le même cours plusieurs fois. Ibnou l-Jawziyy a rapporté qu’un savant spécialiste de la jurisprudence a repris chez lui un cours de nombreuses fois. Une vieille femme qui se trouvait alors chez lui lui a dit : je l’ai déjà appris. Il lui dit alors : répète-le. Elle le lui répéta. Ensuite, après quelques jours, il lui demanda de le lui répéter. Elle lui dit alors : je l’ai oublié. Il lui répondit : je répète la récitation par cœur pour qu’il ne m’arrive pas ce qui t’est arrivé.
Il convient à l’enseignant de ne pas prolonger le cours d’une durée qui entraîne l’ennui, ni de le raccourcir d’une manière qui porterait atteinte [à la compréhension]. Il prend en considération pour cela ce qui est de l’intérêt des étudiants. Il convient de procéder avec douceur pour faire comprendre les choses, de prendre soin d’enseigner et de faire comprendre en fournissant tout son effort et de faire des rapprochements d’idées sans en faire trop de sorte que son esprit ne puisse pas le supporter, et sans trop détailler non plus de sorte que l’étudiant ne puisse pas mémoriser avec rigueur. Il convient aussi qu’il éclaircisse les questions par des exemples et qu’il demande aux étudiants de reprendre le commentaire pour qu’il persiste dans leurs esprits. Il ne charge pas l’étudiant de ce qu’il n’est pas apte à supporter de par sa compréhension ou son âge, ni d’un écrit que son esprit serait incapable de comprendre. Il convient à l’enseignant de faire preuve de modestie envers l’étudiant ainsi qu’avec toute personne cherchant à être guidée et qui poserait à cet effet des questions. Il convient également qu’il agisse avec un visage détendu et une intention sincère. Rappelle-leur la parole des mouhaddith : celui qui recherche toute la science d’un seul coup, il la manque entièrement.
Ensuite, porte le conseil aux enseignants et aux dirigeants des écoles de faire preuve de miséricorde les uns envers les autres, de faire preuve d’humilité, de faire preuve de modestie et d’excellence de comportement, d’écouter le bon conseil de ceux qui sont moins bien qu’eux ou mieux qu’eux, de diminuer les paroles sauf pour le bien. Porte leur le conseil de s’embellir par les caractéristiques louables, de faire preuve de docilité et de souplesse les uns envers les autres : en effet, ce qu’ils font est une tâche éminente. Alors, soyez sincères dans votre intention et que votre travail soit loin des innovations. Je vous rappelle la parole du Messager de Allah ce qui signifie : « Certes Allah accorde pour ce qui est effectué avec douceur ce qu’Il n’accorde pas pour ce qui est accompli avec rudesse« . Ceci est mon conseil pour vous.
Et je demande à Allah de nous accorder la réussite ainsi que vous pour ce en quoi il y a Son agrément.
^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Fiqh : La confirmation du mois de RamaDaan est par l’observation et non par le calcul
Je commence par le nom de Allaah Ar-RaHmaan Ar-RaHiim
Préface
La louange est à Allaah, le Seigneur des mondes, Celui Qui a dit ce qui signifie : « Ce que le Messager vous a transmis, prenez-le et ce qu’il vous a interdit, abstenez-vous en » et que Allaah élève en degré notre maître MouHammad qui nous a laissés sur la grande voie immaculée, dont la nuit est comme le jour, qu’Il élève en degré sa famille et ses compagnons et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Ainsi, le jeûne de RamaDaan est une adoration éminente et il suffit pour montrer son mérite, de citer la parole rapportée par le Prophète de la part de Allaah ta^ala (hadith qoudsiyy) qui a été rapportée par Al-Boukhaariyy ce qui signifie : »Tout acte du fils de ‘Adam lui vaudra une rétribution déterminée, sauf le jeûne, il est certes pour Moi et c’est Moi Qui en accorde la récompense correspondante ». Le jeûne de RamaDaan compte parmi les meilleurs actes d’obéissance et parmi les choses les plus honorables qui rapprochent de l’agrément de Allaah. Il est aussi l’une des plus importantes choses de l’Islam, conformément à ce qui est parvenu dans le hadith rapporté par les deux chaykh – Al-Boukhaariyy et Mouslim – ce qui signifie « L’Islam est construit sur cinq choses » et il a compté parmi ces choses ce qui signifie: « Le jeûne de RamaDaan ».
Et pour la connaissance du commencement du mois de RamaDaan et de sa fin, il y a une voie à suivre et des lois à appliquer que notre Seigneur tabaaraka wa ta^aalaa a expliquées dans Son livre honoré, ce livre que la fausseté n’altèrera pas. Allaah soubHaanahou a aussi expliqué cette voie et ces lois par la langue de Son Prophète qui ne parle pas sous l’effet de la passion, mais c’est bien Jibriil qui lui a révélé la Sounnah – la parole prophétique – tout comme il est descendu avec le Qour’an. Ensuite, c’est de lui que les musulmans ont pris cette voie et ces lois et les ont appliquées depuis ses jours à lui jusqu’à nos jours.
Et cette méthode est basée sur l’observation du croissant à l’oeil nu dans les villes, les villages, les localités et les communes. Et tous ceux qui ont vécu dans les pays des musulmans et ont observé leurs habitudes telles que leur sortie pour l’observation du croissant, leur rassemblement dans les endroits où la vision est généralement aisée et les tirs de canon ou l’allumage des feux aux sommets des montagnes lorsque la vue [du croissant] est confirmée et ce, pour annoncer le commencement du mois honorable ou l’arrivée de la Fête (al-^iid) bénie.
De belles habitudes, dont les racines remontent au temps des compagnons honorables, que les gens de science ont supervisées à travers les siècles, auxquelles les gens de piété et de mérite ont tenu à participer et qui se sont établies chez les musulmans dans les différentes contrées de la terre.
Et voilà que l’on est surpris par une innovation récemment apparue, venant d’un groupe qui a fait irruption à notre époque et qui veut que nous abandonnions cette voie, que nous délaissions la méthode du Messager. Il voudrait que nous nous basions à la place sur les calculs des astronomes pour déterminer le début du jeûne et la date de la Fête de la fin du jeûne (^iidou l-fiTr) sans se baser sur le témoignage des gens crédibles et sur l’annonce des témoins justes (^adl) et vertueux. Ils se sont ainsi rassemblés en Amérique du nord, puis ils ont fait un vote !! Ensuite, ils ont décidé à la majorité !! d’adopter les calculs en se limitant à cela !! et de déterminer le commencement et la fin du mois de RamaDaan de l’année 1413 de l’hégire, ainsi que son commencement et sa fin pour l’année 1414 de l’hégire et d’obliger les musulmans à se restreindre à cela !! Ainsi cela a-t-il eu lieu et en une seule réunion qui s’est déroulée à l’aide des écrans de télévision !! Comme si les lois de la religion agréée par Allaah ta^ala étaient déterminées par les voix de la majorité ou se déduisaient par l’intermédiaire des avis.
‘Inna lil-laahi wa ‘innaa ‘ilayhi raaji^ououn, certes, nous appartenons à Allaah et nous reviendrons [pour Son jugement].
Bien au contraire, la déduction des lois est la tâche des moujtahid absolus (moutlaq) tels que Ach-Chafi^iyy, Malik, Abou Hanifah et ‘Ahmad, ou celle des moujtahid restreints au madh-hab (mouqayyad), comme l’Imam des deux haram (la Mecque et Médine) Al-Jouwayniyy, Al-Khattabiyy, ‘Ibnou Daqiqi l-^Id et Al-Halimiyy ou de tout savant qui a atteint leur niveau. Mais, parmi ces gens-là qui se sont réunis, lequel a atteint le degré de ceux que l’on vient de citer ou même le dixième du dixième de leur degré de science et de piété ? Bien au contraire, il n’y a parmi eux personne qui connaisse par cœur un seul manuel de base (matn) parmi les textes de la jurisprudence enseignés aux débutants. La Hawla wa laa qouwwata ‘il-laa bil-laahi l-^aliyyi l-^aDhiim, certes, sans la protection de Allaah personne n’est préservé contre les péchés et sans Son aide, personne n’a de force pour Lui obéir, Celui Qui domine Sa création par Sa puissance, Celui Qui a la prééminence sur toute chose importante.
Et nous, nous savons pertinemment qu’ils ne réussiront pas à convaincre la masse de la communauté de Mouhammad par leur parole ni à lui faire suivre leur voie innovée et déviée.
Comme celui qui lance des coups de tête au rocher pour l’ébranler
Il ne l’a même pas touché et, ses cornes dont il est fier, il les a écrasées
Mais, quand ils ont osé déclarer ce que l’on vient de citer et qu’ils l’ont publié, nous n’avons pu nous taire et il ne nous suffit pas de réprouver cela par le cœur. Et ce, parce que le conseil est un devoir pour les musulmans, ordonner le bien et interdire le mal est la devise des pieux. Nous avons voulu ainsi imiter les Gens de vérité en publiant le vrai et en frappant de nullité le faux, désirant la récompense et le salut au jour de jugement, et c’est ainsi que nous avons réalisé cette dépêche impromptue et que nous publions ce texte que nous avons nommé :
« Tathbiitou ‘Ahli l-‘Imaan fi l-I^timaadi li s-Sawmi ^alaa Rou’yati Hilaali RamaDaan ‘aw-Istikmaali Thalaathiina min Cha^baan », ce qui signifie « La confirmation des gens de la croyance que l’on se base pour le jeûne sur la vue du croissant de RamaDaan ou sur l’accomplissement à trente jours du mois de Cha^ban ».
Que Allaah fasse que ce texte comporte un profit généralisé. ‘Aamiin.
Chapitre des textes des savants se rapportant à cette question
Il n’y a pas de divergence entre deux musulmans que la façon de déterminer l’entrée et la fin du mois de RamaDaan est la fonction des spécialistes du fiqh [1] et la préoccupation des savants qui sont la référence en cela.
Les savants des quatre écoles de jurisprudence (madh-hab) se sont accordés que l’origine de la détermination du premier jour du mois de RamaDaan est la suivante :
Après le coucher du soleil du vingt-neuvième jour de Cha^baan, on guettera le croissant. S’il est vu, le jour suivant sera le premier jour de RamaDaan et s’il n’est pas vu, le jour suivant sera le trentième jour de Cha^ban et le jour d’après sera le premier jour de RamaDaan.
Ainsi ont procédé les musulmans dans tous les pays du monde. Et c’est avec cela que les spécialistes du fiqh ont donné leur avis de jurisprudence (fatwa). Ils ont ainsi prescrit que c’est bien cela qui est retenu, qu’il n’y a aucune considération à donner aux dires des gens qui se basent sur les calculs et les astronomes et que leurs paroles pour fixer le commencement ou la fin du jeûne ne sont pas à retenir.
1- Al-Maziriyy de l’école Chafi^iyy a dit : « Ils ont dit : et il n’est pas possible que ce qui est visé soit le calcul des astronomes parce que si les gens en avaient été chargés, ils ne seraient pas en mesure de le faire, en effet, ce calcul n’est connu que de quelques-uns et la Loi de l’Islam n’avise les gens que par ce qui est connu de leur masse. » Fin de citation
2- An-Nawawiyy, que Allaah lui fasse miséricorde a transmis cette parole et a été d’accord avec lui. Et il a dit dans son livre Rawdatou t-talibin : « Ce jeûne n’est pas un devoir à la suite de ce que donne le calcul de l’astronome, ni pour lui ni pour quelqu’un d’autre. » Fin de citation
3- Le HaafiDh Waliyyou d-Diin Al-^Iraaqiyy a dit que la totalité des savants qui suivent Ach-Chafi^iyy s’en tenaient à cela et que la loi concerne la vision et non autre chose. Il a dit : « Malik, Abou Hanifah et Ach-Chafi^iyy ainsi que la totalité des savants des prédécesseurs – le Salaf : les musulmans des trois premiers siècles de l’Hégire – et des successeurs – le Khalaf : les musulmans qui sont venus après les prédécesseurs – étaient avec cela. » Fin de citation. Ceci a été rapporté de lui par le dernier des grands linguistes, le Hafidh, le Faqih hanafiyy Mourtada Az-Zabidiyy dans son livre Charhou ‘Ihya’i ^Ouloumi d-Din, qui a été d’accord avec lui, puis il a dit : « Et ce qui prouve la non autorité de leur dire, c’est ce qui a été évoqué dans le hadith rapporté par Abou Dawoud, At-Tirmidhiyy et Al-Hakim de la parole de Abou Hourayrah ce qui signifie : »Celui qui vient consulter un devin ou un voyant … » jusqu’à la fin du hadith, puis il a dit : « Et le devin est celui qui prétend avoir la science de l’inconnu (ghayb) ou posséder une information sur les choses de l’avenir et le voyant est celui qui prétend savoir les choses enfouies, volées ou perdues. Celui-là, ainsi que l’astronome, le géomancien et celui qui utilise les pierres à cet effet sont tous inclus dans le terme devin et tous sont blâmables dans la loi de l’Islam. » fin de citation.
4- Chihabou d-Din Ar-Ramliyy le Chafi^iyy a dit dans son livre très connu Al-Fatawa, dans un passage sur la détermination du commencement du mois du jeûne [RamaDaan] : « Le législateur – le Prophète – n’a pas adopté le calcul, mais au contraire, il l’a complètement exclu en disant ce qui signifie : « Nous sommes une communauté qui n’a pas [été chargée de connaître le début des mois par] l’écriture et le calcul. Le mois est soit ainsi [vingt-neuf jours], soit ainsi [trente jours]. » Fin de citation
Et il a dit dans le livre Charhou l-Minhaj : « Nos compagnons -c’est-à-dire les Chafi^iyy- ont dit : [le commencement du mois de RamaDaan] ne s’établit pas par la parole des gens qui utilisent le calcul du temps même s’ils sont des gens fiables, ceci est l’avis correct et c’est ce à quoi se tenaient les compagnons de Abou Hanifah. » Fin de citation
5- Et il a dit dans le livre Ad-Dourrou l-Moukhtar parmi les livres des hanafiyy : « Il n’y a pas de considération à donner aux paroles des gens qui utilisent le calcul pour le jeûne. » Fin de citation
6- Et il a dit dans le livre Al-Fatawa l-Hindiyyatou l-Hanafiyyah : « Est-ce que la parole des experts fiables qui connaissent l’astronomie est une référence ? Ce qui est retenu, c’est qu’elle n’est pas acceptée comme cela est cité dans le livre As-Sirajou l-Wahhajj. » Fin de citation
7- Et Ibnou ^Abidin a dit dans son commentaire sur le livre Ad-Dourrou l-Moukhtar – qui compte parmi les livres les plus connus des savants Hanafiyy – : « Quand il dit que l’on ne se réfère pas à la parole de ceux qui utilisent le calcul, c’est-à-dire pour l’obligation du jeûne aux gens ». Bien plus, [il a été cité] dans [le livre] Al-Mi^raj : « On ne se réfère pas à leur parole et ce, par l’Unanimité et il n’est pas permis à l’astronome de faire [le jeûne] en se basant sur son propre calcul. » Fin de citation. Il a dit aussi dans Al-Hachiyah : « Les Imam des quatre écoles de jurisprudence (madh-hab) ont déclaré que ce qui est retenu, c’est qu’on ne considère pas la vue du croissant pendant la journée, mais ce qui est considéré, c’est sa vue de nuit et que l’on ne se réfère pas à la parole des astronomes. » Fin de citation
8- Dans le livre Ach-Charhou l-Kabir dans l’école de Malik : « Et [le commencement de] RamaDaan n’est pas confirmé par la parole d’un astronome. » fin de citation. Et dans le commentaire de ce livre (Al-Hachiyah) de Chamsou d-Din Ach-chaykh Mouhammad Ibnou ^Arafah, il est dit textuellement : « Quand il dit « non de la parole d’un astronome », il s’agit de celui qui calcule si l’arc du croissant va apparaître telle nuit ou pas. » Fin de citation
9- Le Chaykh Mouhammad ^Oulaych Al-Malikiyy a dit : « Certes, on ne se base pas sur le calcul pour la connaissance du début du mois de RamaDaan. » Fin de citation Il a mentionné cela dans le recueil de ses avis de jurisprudence (fatwa).
10- Al-Bajiyy, qui a fait le commentaire du Mouwatta’ et qui est l’un des plus connus parmi les faqih de l’école de Malik, que Allaah l’agrée, a dit la même chose. Bien plus, il a dit : « Les prédécesseurs – les gens du Salaf – ont été unanimes sur cela. » Fin de citation et ses paroles ont été rapportés par le Hafidh Ibnou Hajar dans son livre Fathou l-Bari et il a été d’accord avec lui.
11- De même, le Qadi Ibnou Rouchd le Malikiyy a rapporté l’unanimité dans ses Mouqaddimat. Il s’agit de Abou l-Walid Ibnou Rouchd le grand-père et non pas le petit-fils qui est un philosophe égaré comme Ibnou Sina (Avicenne).
12- Ibnou Bazizah a dit : « Si cela [la connaissance du début et de la fin des mois] avait été lié à ça -c’est-à-dire à la connaissance du calcul des évolutions des croissants- ce serait une chose difficile, car elle n’est connue que par un petit nombre de gens. » fin de citation
13- Cela a été rapporté de lui [par l’auteur de] Fathou l-Bari et il a été d’accord avec lui.
14- Al-Bouhoutiyy le Han~baliyy dans son livre Kach-chafou l-Qina^ et qui est l’un des plus connus parmi les faqih Han~baliyy des derniers siècles a dit : « Et s’il a fait l’intention de jeûner le trentième jour de Cha^ban sans aucun argument légal tel que la vue de son croissant [RamaDaan], l’accomplissement de Cha^ban [à trente jours] ou la présence de nuages, de difficultés ou de ce qui est équivalent, comme dans le cas de celui qui a jeûné en se basant sur le calcul et l’astronomie, même si plusieurs de leurs conclusions convergent, ou bien si le ciel est dégagé mais il n’a pas fait d’observation, alors son jeûne ne le décharge pas parce qu’il ne s’est pas basé sur ce qui est un argument du point de vue de la Loi de l’Islam. » Fin de citation
Il apparaît dans les exemples que nous venons de citer que les spécialistes du fiqh des quatre écoles s’accordent que l’on ne prend pas en considération les dires des gens qui utilisent le calcul, ni ceux des astronomes et des gens qui utilisent les calculs arithmétiques pour la connaissance du début et de la fin du mois de RamaDaan. Bien plus, nombre d’entre eux ont rapporté l’unanimité des savants sur ce point. On se base donc bien sur l’observation du croissant ou sur l’accomplissement de Cha^ban à trente jours, comme cela été rapporté par un nombre difficilement évaluable de spécialistes du fiqh de ces écoles. Et tout ceci est connu de celui qui a considéré avec attention les manuels de base (matn) résumés [1] sans même parler des ouvrages détaillés. Celui donc qui s’attache aux choses sur lesquelles sont la majorité des gens de la communauté, il est sauvé et celui qui s’écarte, il s’écartera en enfer.
Chapitre pour répondre à une équivoque
Ces gens ont dit : certes, le Messager a amené [les musulmans] à considérer la vue [du croissant] et non le calcul parce que la majorité des arabes à son époque ne savaient pas écrire ni calculer le mouvement de la lune. S’ils avaient su cela, il leur aurait indiqué le calcul. fin de citation
Et la réponse à cela vient de différentes voies :
Premièrement : S’il en était tel qu’ils le prétendent et si le Messager avait voulu faire dépendre la loi [pour connaître le début du mois] de l’adoption du calcul, il leur aurait dit de consulter les gens compétents dans ce domaine, car bien qu’ils étaient peu nombreux, ces gens-là existaient et ils ne leur aurait pas dit de jeûner à sa vue [le croissant] et de cesser le jeûne à sa vue.
Deuxièmement : S’il en était tel qu’ils le prétendent, ceci ne serait pas inconnu de tous les savants musulmans qui nous ont précédé, ni à travers tant d’époques où l’astronomie était connue et répandue, alors que malgré la grande connaissance qu’ils avaient de cette science, ils se sont astreints à s’en tenir à ce qu’on a cité, à savoir l’observation [du croissant] ou l’accomplissement de Cha^ban à trente jours. En effet, ils ont su que le Messager de Allaah n’a pas voulu rattacher le jugement [concernant la connaissance du début et de la fin des mois] aux conjectures des astronomes ou aux calculs de ceux qui le détermine à l’aide des astres.
Et si ces gens, qui se sont singularisés, prétendent que tous ces savants étaient dans l’erreur, ils accusent donc toute la communauté d’égarement et cela suffit pour les déshonorer et les discréditer.
Et s’ils disent que les savants étaient sur la vérité, alors qu’ils reviennent à cette vérité et qu’ils abandonnent la disparité.
Troisièmement : La majorité des musulmans aujourd’hui ne connaissent pas les calculs des astronomes et ne les maîtrisent pas, avec exactitude comme cela existait à l’époque du Messager de Allaah. Rien n’a changé de ce point de vue. Ainsi, s’ils prétendent que cette ignorance des calculs des astronomes est la cause qui a fait que le jugement [concernant la connaissance du début et de la fin des mois] est lié à l’observation, cette cause demeure encore présente. Et s’ils disent que ce n’est pas cela la cause, alors ils auront ainsi abandonné leur parole et ils se seront rétractés.
Quatrièmement : Ce qui a été rapporté par Al-Bayhaqiyy d’après Soufyan Ibnou Salamah qui a dit : « Une lettre de ^Oumar Ibnou l-Khattab nous est parvenue alors que nous étions à Khanqin, qui nous apprenait que certains croissants de lune sont [certains mois] plus grands que d’autres. Ainsi, si le croissant est vu de jour, nous n’avons pas à rompre le jeûne [à l’occasion de la fin de RamaDaan] que si deux hommes musulmans l’ont vu la veille. » Fin de citation
C’est ici notre maître ^Oumar, que Allaah l’agrée, qui ne s’est pas seulement contenté de ne pas adopter le calcul, mais il a ordonné aussi à celui qui a vu le croissant de ses propres yeux dans la journée, de ne pas se baser sur cela parce que ce n’est pas sur cette vue-là que le Messager de Allaah nous a ordonné de nous baser ni celle qu’il nous a indiquée.
Et sa parole, que Allaah l’agrée : « Certains croissants de lune sont certains mois plus grands que d’autres » est claire pour les contredire et montrer leurs dires sur l’adoption du calcul sont faux, à moins qu’ils prétendent connaître la religion agréée par Allaah et connaître ce qu’a visé le Messager de Allaah mieux que notre maître ^Oumar. Loin s’en faut. « Certes, tout jeune homme n’est pas Maalik et toute épée n’est pas son sabre tranchant et inflexible ».
Et ce n’est pas tout Zayd qui pourrait s’enorgueillir de sa chevelure de jais
ni toute chevelure qui porte une couronne
Chapitre de leur contradiction avec les Hadiith clairs du Messager de Allaah
Que l’on sache que les promoteurs de cet avis singulier ont contredit beaucoup de hadith du Messager de Allaah , et si le musulman feuillette n’importe lequel des livres connus de hadith et qu’il regarde dans le chapitre du jeûne, il trouvera leur contradiction manifeste et flagrante. Il en sera étonné et se posera la question : comment ces gens là vont-ils retrouver le Messager de Allaah le jour du jugement, eux qui prétendent le suivre puis rejettent sa parole et la refusent ?
Et voici pour toi, qui quête la vérité, une sélection de ces Hadiith clairs :
1- Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté de ^Abdoullah Ibnou ^Oumar que Allaah les agrée tous les deux, que le Messager de Allaah a dit ce qui signifie : « Le mois compte vingt-neuf nuits, alors ne jeûnez pas jusqu’à ce que vous voyiez [le croissant] et si l’observation est gênée [par des nuages par exemple] complétez le compte jusqu’à trente ».
Alors que ceux-là disent : nous jeûnons, que nous l’ayons vu ou non, que le ciel soit voilé ou non, du moment que l’astronome nous l’a ordonné !
2- Malik, Abou Daawououd, At-Tirmidhiyy et An-Naçaa’iyy ont rapporté de Ibnou ^Abbaas que le Messager de Allaah a dit ce qui signifie : « Ne jeûnez pas jusqu’à ce que vous voyiez le croissant et ne rompez pas le jeûne jusqu’à ce que vous le voyiez et si toutefois l’observation est gênée [par des nuages par exemple], alors complétez le compte jusqu’à trente ».
Quant à eux, ils ont dit qu’il n’y a pas de considération à donner à la vue [du croissant], même si le Messager de Allaah l’a citée ! Et [ils ont dit que] la considération doit être donnée à l’avis de ceux qui fixent le temps par le calcul, même si le Messager de Allaah ne l’a pas cité !
3- Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté que le Messager de Allaah a dit ce qui signifie : « Nous somme une communauté ‘oummiyyah [c’est-à-dire pour la plupart] qui n’écrivons pas et ne calculons pas. Le mois est ainsi, soit ainsi soit ainsi », ce qui signifie parfois vingt-neuf et parfois trente jours. fin de citation
Et dans la version rapportée par l’Imam ‘Ahmad ce qui signifie : « Nous sommes une communauté ‘oummiyyah qui n’écrivons pas et ne calculons pas [le début et la fin des mois] . Le mois est ainsi ou ainsi. Jeûnez à la vue [du croissant] et interrompez le jeûne à la vue [du croissant] et si l’observation est gênée [par des nuages par exemple], complétez le compte de Cha^ban à trente jours ».
Al-Qadi ^Iyad a dit : »Le fait qu’il a qualifié [les membres de] la communauté de « ‘oummiyyah », c’est qu’ils ne calculent pas et n’écrivent pas lorsqu’ils ignorent [si le mois est de] trente ou vingt-neuf [jours]. Il n’a pas nié leur connaissance de pareils calculs, mais il les a qualifiés ainsi pour rejeter à leur sujet la conjecture basée sur les maisons astrologiques et les différentes méthodes de calcul sur lesquelles les non-arabes se basent pour leur [prétendu] jeûne et leur [prétendue] interruption du jeûne. » fin de citation
Et dans le livre Al-‘IHkaam : « Le fait d’établir le commencement du jeûne par le simple calcul contredit le texte. Et comment se baserait-on sur la parole de celui qui utilise le calcul alors que le Prophète le Sage Législateur dit ce qui signifie : « Si l’observation est gênée [par des nuages par exemple], complétez le compte de Cha^ban à trente jours ». Et si celui qui utilise le calcul était un moyen légal pour la détermination [du début] du jeûne et de son interruption, alors le législateur ne l’aurait pas négligé. Bien plus, il a indiqué le contraire nous sommes une communauté ‘oummiyyah qui n’écrivons pas et ne calculons pas [le début et la fin des mois]. Le mois est ainsi soit ainsi ou soit ainsi. Et il a fait un cercle avec le pouce au troisième « ainsi ». Et ce « ainsi » signifie exactement trente. » Fin de citation
Le Hafidh Ibnou Hajar Al-^Asqalaniyy a dit dans son explication de ce hadith : « Ainsi, il a relié le jugement concernant le jeûne et d’autres questions avec la vue [du croissant], pour les dégager de l’embarras dû au calcul éprouvant des cycles et des trajectoires. Le jugement pour le jeûne demeure et ce, même s’il vient après [les compagnons] des gens qui connaissent tout cela.
Bien plus, le contexte de la parole fait connaître le rejet radical de la dépendance du jugement sur le calcul et cela est clarifié par la parole qui signifie : « … et si l’observation est gênée [par des nuages par exemple], complétez le compte de Cha^ban à trente jours » et il n’a pas dit : demandez donc aux gens qui utilisent le calcul. » Fin de citation.
Et Al-Qastalaniyy, que Allaah lui accorde sa miséricorde dans son livre ‘Irchadou s-Sari a également dit dans l’explication de ce hadith : « Nous ne sommes pas chargés d’utiliser pour déterminer les temps de nos adorations, ce qui nécessiterait que nous connaissions le calcul ou l’écriture. Notre adoration a été liée [à la considération] de signes clairs et de choses apparentes qui sont à la portée de la connaissance tant des gens qui utilisent le calcul que des autres. » fin de citation
Regarde alors comment ces prétentieux-là ont laissé de côté le Hadiith du Prophète de Allaah, et comment les savants de l’Islam et ses spécialistes du hadith sont sur une voie alors qu’ils sont eux sur une autre.
Certes, il n’est de préservation [contre les péchés] et de force [pour l’obéissance] que par Allaah, Celui Qui domine Sa création par Sa puissance, Celui Qui a la prééminence sur toute chose.
4- Al-Boukhariyy ainsi que d’autres ont rapporté que le Messager de Allaah a dit ce qui signifie : « N’anticipez pas RamaDaan d’un ou deux jours. Jeûnez à la vue [du croissant] et interrompez le jeûne à la vue [du croissant] et si l’observation est gênée [par des nuages par exemple], complétez le compte de Cha^ban à trente jours. » Fin de citation
Regarde, que Allaah t’accorde Sa miséricorde par Son aide, comment le Messager de Allaah a interdit de jeûner sans prendre en compte la vue [du croissant] ou l’accomplissement de Cha^ban à trente jours lorsque celle-ci a été gênée, comment il a considéré que telle chose était une anticipation de RamaDaan et l’a interdite.
Allaah est exempt de toute imperfection, une chose que le Messager de Allaah compte pour interdit, y a-t-il quelqu’un ayant un minimum de science et de piété pour oser le considérer comme permis ?!!
Le Hafidh Ibnou Hajar dans l’explication de ce hadith a dit : « …et le jeûne de RamaDaan est dépendant de la vue [du croissant], il n’y a donc pas besoin de se charger de plus que cela. » Fin de citation
Al-Qastalaniyy a rapporté de lui cette parole et a été d’accord avec lui.
5- Le Prophète a fortement insisté sur l’observation du croissant, si bien que lorsque certains des successeurs des compagnons ont dit que [d’après son épaisseur,] c’était un croissant de deux nuits et que d’autres ont dit qu’il était de trois, Ibnou ^Abbas leur a demandé : « Quelle nuit l’avez-vous vu ? », il ont dit telle et telle nuit, il a dit : « Le Messager de Allaah a dit [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Certes, Allaah a prolongé sa durée pour que vous l’observiez. Il est de la nuit que vous l’avez observé [pour la première fois]. » Fin de citation
Cette parole du Messager de Allaah est suffisante, puissent-ils le savoir, pour détruire tout ce qu’ils ont prétendu dans l’adoption du calcul.
Et il n’y a aucune considération à donner à quelle que parole qui provienne de qui que ce soit, tant qu’elle va à l’encontre de la parole du Prophète. On n’abandonne pas la parole de la meilleure des créatures pour celle de tel ou tel. Aussi, il n’est pas permis à celui qui prétend être musulman de s’opposer au texte du Messager de Allaah pour suivre les pensées qui traversent son esprit et les suggestions de son qarin, le démon qui lui est affecté.
Comment se le permettre, alors que le Messager de Allaah a dit [rapporté par At-Tabaraniyy] ce qui signifie : « On peut accepter ou rejeter la parole de tout un chacun, sauf celle du Messager de Allaah ».
Et l’Imam Malik, que Allaah l’agrée, a dit : « Nous pouvons tous réfuter ou être réfutés, sauf celui qui occupe cette tombe (et il veut dire par là le Prophète) ».
C’est pour cela que l’Imam Ach-Chafi^iyy n’a pas considéré la parole des astronomes comme preuve dans pareilles questions.
Le HaafiDh Ibnou Hajar dans son livre Al-Fath a dit : « Et il y a [dans ce hadith] une riposte aux astronomes lorsqu’ils prétendent que [le début du mois] ne peut avoir lieu qu’aux dates [qu’ils ont] déterminées. Ach-Chafi^iyy a dit qu’il est possible que al-^id et l’éclipse aient lieu en même temps. Certains de ceux qui ont adopté les paroles des astronomes se sont opposés à lui. Les [savants] compagnons de Ach-Chafi^iyy se sont appliqués à réfuter la parole de celui qui s’est opposé à lui et ils ont réussi. » Fin de citation
Et il a dit aussi dans Al-Fath : « Dans sa parole[du Prophète] ce qui signifie : « Elle fait peur (l’éclipse) », il y a une riposte à ceux parmi les astronomes qui prétendent que l’éclipse est une chose habituelle qui a lieu selon des cycles et qui ne retarde pas et n’avance pas. Si donc il en était comme ils disent cela ne comporterait pas d’intimidation et deviendrait comparable à l’alternance des marées des océans. Ibnou l-^Arabiyy leur a répondu, tout comme d’autres encore parmi les savants, par ce qui est compris du hadith suivant de Abou Mouça où il a dit ce qui signifie : « et il s’est levé effrayé, craignant que ce ne soit l’heure du jugement ». Ils ont dit que si l’éclipse était calculée à l’avance, il n’y aurait pas eu de frayeur …etc.. » Fin de citation
Celui donc qui suit les gens de science et de mérite, il boira d’une eau pure, claire de toutes choses néfastes et saine de toute nuisance. Alors que celui qui s’abreuve de l’eau trouble, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même.
Chapitre pour répondre à une autre équivoque
Et parmi les choses auxquelles ils s’attachent pour embellir leur parole aux faibles d’esprit et pour les tromper, ils disent : « La subordination des modalités du jeûne aux calculs des astronomes et faire dépendre d’eux le commencement et la fin de ce mois ça unit les musulmans, ça les fortifie et ça empêche leur dispersion. » Fin de citation
Et ces paroles peuvent tromper le naïf mais ne trompent pas l’intelligent qui a de l’expérience. Car, il a été établi d’une façon irréfutable que les musulmans dans la péninsule arabique à l’époque du Messager de Allaah ne commençaient pas le jeûne tous le même jour dans toutes les villes et tous les pays. Et de même, cela s’est avéré à l’époque des Califes bien guidés, époque pendant laquelle l’Etat musulman s’est étendu, et aussi aux époques des Omeyyades, des Abbassides et des Ottomans pendant lesquelles la religion s’est propagée à l’est, à l’ouest, au nord et au sud. Bien plus, certains parmi ceux-là ont été cités par le Messager de Allaah dans un hadith sûr (sahih) et a fait leur éloge en disant [rapporté par ‘Ahmad] ce qui signifie : « Certes, Constantinople sera conquise. Quelle belle armée que cette armée [qui la conquerra] et quel bon chef que ce chef [de cette armée]. » fin de citation et effectivement Constantinople – l’actuelle Istanbul – a été conquise à l’époque du Sultan Ottoman Mouhammad Al-Fatih. Quelqu’un osera-t-il dire que le fait qu’ils ne jeûnaient pas le même jour les dispersait, affaiblissait leur force et leur cassait leur unité ?!
Et si le Messager de Allaah et ceux qui sont venus après lui l’avaient voulu, ils auraient ordonné aux gens d’allumer un feu sur les hauteurs des montagnes ou d’utiliser d’autres moyens que cela pour informer les musulmans des différents pays du commencement du mois pendant la même nuit et les obliger tous à jeûner le même jour. Seulement, ils ne l’ont pas fait bien qu’ils en avaient la capacité. Ils n’ont pas voulu causer de gène aux musulmans sur cette question [le commencement et la fin des mois] et cela ne leur a causé ni faiblesse ni retardement.
Seulement, la dispersion des musulmans et l’éparpillement de leurs rangs n’est dû qu’à la propagation de l’ignorance parmi eux des règles de la Loi de l’Islam, à leur faible attachement à l’exécution des lois de l’Islam et à la disparition des savants, conformément à ce qu’a dit le Messager de Allaah [rapporté par At-Tirmidhiyy] ce qui signifie : « Certes, Allaah ne retire pas la science en l’arrachant des gens. Seulement, Il retire la science en retirant les savants, jusqu’à ce qu’il ne reste plus de savant, au point que les gens placeront des gens ignorants à leurs têtes. Ils leur demanderont des avis de religion. Ils leur répondront. Ils s’égareront et ils égareront les autres. » Fin de citation
Réfléchis donc toi qui est prudent vis à vis des conséquences : les musulmans priaient en se dirigeant tous vers une seule direction en Amérique du nord qui est le sud-est (et leurs anciennes tombes en est une preuve concrète), puis Untel qui n’a pas de connaissances dans la religion est apparu – même s’il a certaines connaissances dans l’ingénierie ou ce qui est semblable -. Il a ainsi prétendu que la direction correcte, c’est le nord-est en se fondant sur des règles et des bases nouvelles qu’il a innovées et non en se basant sur les paroles des Imam ni sur leurs écoles. Certains de ceux qui n’ont pas de science de religion appartenant au parti appelé « Hizbou l-‘Ikhwaan » et certains de ceux qui réfutent le tawassoul ont saisi au vol ces paroles et les ont propagées parmi les gens. Ils se sont séparés en un groupe de gens qui a été trompé par ce nouvel avis et en un groupe de gens qui s’attachent à la vérité qui prévalait. Ils se sont donc divisés et se sont contredits.
Et non contents de cela, ils veulent aujourd’hui encore une fois altérer la Loi de l’Islam sur la question du commencement du mois du jeûne en semant de nouvelles graines de discorde et en encourageant l’abandon du Qour’aan, de la Sounnah, de l’unanimité des savants des musulmans et des paroles des imam pour céder à leur propre avis en dépit de tout cela.
C’est comme s’ils essayaient de défaire les noeuds de l’Islam un par un afin de parvenir à détruire la religion.
Or ce qui disperse véritablement les musulmans, c’est ce qu’ont fait ces gens là. Il est arrivé qu’en 1984, le moufti du Liban a ordonné de jeûner le jeudi sur l’avis d’un astronome libanais. Alors qu’il y avait un autre astronome qui a dit que le commencement du mois de RamaDaan serait le mercredi selon les études qu’il a faites. Un autre encore a trouvé qu’il commencerait le vendredi… Est-ce que c’est cela que l’on considère comme une unification de la parole ?!
S’ils connaissaient la vérité, ils sauraient que ce qu’ils adoptent, c’est ce qui disperse et désunit véritablement la communauté du Prophète Mouhammad.
C’est comme si ces gens ne savaient pas ce qu’ils disent et c’est comme si d’après leur prétention la communauté de Mouhammad, ses savants tout comme ses gens du commun n’avaient pas connu la vérité en matière de direction de la Qiblah, ni la réalité concernant le début du jeûne de RamaDaan, et ce durant quatorze siècles. Cela leur suffit de perdition et d’égarement.
Et s’ils étaient sincères, ils auraient laissé les gens sur la vérité, cette vérité qui concorde avec les actes des musulmans de par la terre entière sans leur compliquer les choses et sans faire dépendre le commencement de leur jeûne de calculs et de chiffres auxquels beaucoup ne comprennent rien.
Il aurait mieux valu pour eux qu’ils s’attachent à apprendre les bases de la croyance correcte, les piliers de la petite ablution, les conditions [de validité] de la prière et ce qui est semblable à cela parmi les choses dont le musulman a besoin, ou à interdire de boire l’alcool, de faire la fornication, de vendre la viande de porc et tout ce qui enivre, ou à mettre en garde contre les péchés de l’oeil, de l’oreille, de la langue, de la main et des jambes. Et celui qui ne s’est pas assis avec modestie devant les porteurs de la science ne conviendra pas pour guider autrui, même s’il le veut.
Et le Messager de Allaah a dit [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « La purification représente la moitié de la foi ». Et ceux-là ne connaissent pas la purification comme il se doit, tout comme ils ne connaissent pas la plupart des lois de la religion parce que leur maître et leur modèle Sayyid Qoutb les a amenés à faire preuve d’ascétisme envers l’apprentissage de la science de la religion. En effet, il a dit dans son livre de prétendue exégèse du Qour’an : « S’occuper de l’apprentissage des lois de la jurisprudence de la religion à notre époque est une perte de temps ». Ils l’ont alors suivi et par conséquent, ils ont péri. ‘Innaa lil-laahi wa ‘innaa ‘ilayhi raaji^ououn, certes, nous appartenons à Allaah et nous reviendrons [pour Son jugement].
Conclusion contenant un conseil
Il est devenu clair pour toute personne raisonnable que ce qu’ont prétendu ces gens-là qui ont contredit les quatre écoles, n’a pas d’utilité, que c’est beaucoup de bruit pour rien et rien moins qu’un mirage que l’assoiffé croit être de l’eau mais lorsqu’il s’en approche, il ne trouve rien.
Notre conseil pour tout musulman, c’est qu’il s’attache aux paroles des savants des quatre écoles auxquels la communauté du Prophète est unanime à reconnaître leur grade élevé, et qu’il apprenne les lois du jeûne avant le début du mois de RamaDaan chez quelqu’un qui a réuni la connaissance et la fiabilité (^adaalah) et qui a reçu cette science de quelqu’un de tel et ainsi de suite, par chaîne de transmission jusqu’au Messager de Allaah. Et notre conseil aux musulmans dans chaque ville ou chaque région, c’est qu’une partie d’entre eux sorte pour observer le croissant après le coucher de soleil du vingt-neuvième jour. S’ils voient le croissant, le jour suivant sera alors le premier de RamaDaan. S’ils ne le voient pas et s’ils n’ont pas appris qu’un homme de confiance l’a vu dans une ville voisine, ils compléteront Cha^baan à trente jours puis ils jeûneront le jour d’après.
Mais si la vue du croissant a été établie d’une façon légale dans un pays éloigné du leur au point que les levers et couchers du soleil soient différents, et s’ils ont appris la nouvelle par la radio ou par un autre moyen, alors dans ce cas il y a eu deux avis des savants :
Certains d’entre eux ont dit qu’ils ne jeûnent pas et ils continuent le trentième jours de Cha^baan parce que les gens de chaque pays observent pour eux-mêmes (et c’est l’avis de l’Imam Ach-Chaafi^iyy et d’autres encore).
Et d’autres savants ont dit qu’ils jeûnent avec ceux qui l’ont vu (et c’est l’avis de l’Imam Abou Haniifah et d’autres que lui).
Et il n’y a pas de mal pour le musulman de suivre tel avis ou tel autre.
Mais dire que l’on se base sur les calculs des astronomes et sur les gens qui utilisent les calculs et leurs semblables, ces paroles ne sont pas prises en considération. Et celui qui prend cela pour argument, celui-là a fait une grave erreur. Et le Prophète a dit vrai lorsqu’il a dit [rapporté par Al-Boukhaariyy] ce qui signifie : « Toute condition qui n’est pas dans le Livre de Allaah, n’est pas valable, même s’il s’agit de cent conditions ».
Bonheur donc à celui qui s’est attaché à l’ensemble de la communauté des musulmans, à leur majorité et à la parole de leur Prophète. Les remords et les regrets au jour dernier [sont réservés] à celui qui a suivi un chemin autre que celui des croyants et qui s’est écarté de leur chemin bien tracé.
Wa soubHaanallaahi wa bi Hamdih, wallaahou ta^aalaa ‘a^lam.
Allaah est exempt de toute imperfection ; la louange est à Allaah et Allaah ta^aalaa sait plus que tout autre.
Miracles du Prophète : L’invocation du Prophète, ^alayhi s-salam, contre ^Outbah ibnou Abi Jahl
Lorsque les annonces de l’appel du Prophète Mouhammad apparurent, il y avait au sein de Qouraych un groupe d’associateurs qui avaient nui au messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, ainsi qu’à ses compagnons honorables, d’une forte nuisance.
Combien de musulmans avaient été jetés sur le sable brûlant du désert et sur le corps desquels étaient placées des pierres, d’autres avaient été ligotés sur le tronc d’un arbre sous le soleil brûlant et en étant assoiffés.
Parmi les associateurs il y avait Abou lahab, ^Ouqbah Ibnou Mou^ayt, Al Walid Ibnou Moughirah, Abou Jahl et son fils ^Outbah qui insultait le messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.
La haine l’avait amené jusqu‘à attaquer le Prophète, ^alayhi s-salam, lui déchirer son qamis et lui nuire.
C’est alors que le Prophète, ^alayhi s–salat wa s-salam avait fait une invocation contre lui en disant :
(Allahoumma sallit ^alayhi sabou^an min siba^ik )
Ce qui signifie : « Ô Allah, fais qu’un des fauves qui T’appartient s’attaque à lui. »
Un jour, ^Outbah Ibnou Abi Jahl sortit de la Mecque honorée avec ses compagnons, pour faire du commerce dans le pays de Ach-Cham. La caravane s’engagea dans une longue route jusqu’à arriver dans une région qui s’appelle Az–Zarqa, en Jordanie. Ils firent halte, reposèrent leurs chamelles et chameaux et descendirent leurs bagages. Tandis qu’ils étaient dans cette région, ils entendirent le rugissement d’un lion, ^Outbah Ibnou Abi Jahl trembla plus que les autres car il s’était rappelé de l’invocation de notre maître Mouhammad, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, lorsqu’il lui avait déchiré sa chemise. Il annonça à ses compagnons cela Alors qu’ils étaient en train de préparer le dîner.
Tous s’étaient assis pour commencer à manger et ils commençaient à manger les différents plats, mis à part ^Outbah Ibnou Abi Jahl qui n’avait pas tendu sa main et qui n’avait pas mangé avec eux tellement il avait peur. En effet, il se retournait à droite et à gauche en s’attendant à ce que le lion l’attaque. Quand ils eurent terminé leur repas et que fut venue l’heure de dormir, ils placèrent leur marchandises sous forme d’un cercle autour d’eux et ils mirent ^Outbah Ibnou Abi Jahl à leur centre pour le protéger. Ils préparèrent leurs épées et leurs armes pour les utiliser en cas de besoin et ils chargèrent un gardien de les surveiller.
La nuit tomba calmement, le lion vint doucement alors que le gardien comme tous les autres avait sombré dans un sommeil profond.
Le lion s’approcha d’eux, les renifla l’un après l’autre jusqu’à arriver à ^Outbah, le frappa fortement à la tête et le blessa. Ses compagnons se réveillèrent et l’entendirent dire : « n’est ce pas que je vous ai dit que Mouhammad est le plus véridique des gens. » Et il mourut de ses blessures en raison de ses actes atroces.
Miracles du Prophète : Le peu de nourriture qui suffit à 300 personnes par la volonté de Allaah
Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam était à Médine l’illuminée. Il sut que les associateurs venaient de La Mecque honorée pour l’attaquer et combattre ses compagnons. Notre maître Salman Al-Fariciyy lui suggéra de creuser une tranchée pour se protéger de l’ennemi. Cette technique n’était pas quelque chose de connu chez les Arabes à l’époque. Le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam ordonna aux compagnons alors de creuser rapidement. Il se mit lui aussi à la besogne avec eux pour porter les rochers et le sable en utilisant ses mains honorées.
Le Messager salla l-Lahou ^alayhi wa sallam et ses compagnons honorables étaient ainsi dans un dur labeur ; ils n’avaient pas mangé depuis trois jours. le compagnon Jabir Ibnou ^Abdi l-Lah demanda la permission au Prophète ^alayhi s-salam de s’absenter. Il partit voir son épouse et lui demanda ce qu’elle avait comme nourriture. Elle lui dit : « J’ai une petite quantité d’orge et une petite chèvre ». Il moulu l’orge et le fit cuire dans le four. Ensuite, il égorgea la chèvre et il la mit à bouillir dans un récipient d’eau.
Notre maître Jabir revint auprés du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, s’approcha de lui et lui souffla dans l’oreille ce qu’il avait fait. Il lui demanda de venir avec un seul homme car la nourriture ne suffirait pas à satisfaire tout le monde. Le Prophète honoré salla l-Lahou ^alayhi wa sallam l’interrogea sur la quantité de nourriture. Notre maître Jabir la lui cita. Alors, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam demanda à Jabir de dire à son épouse de ne pas enlever le chaudron du feu et de ne pas faire sortir le pain du four jusqu’à ce qu’il arrive.
Le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam ordonna à tous ses compagnons, qui étaient au nombre de trois cents de le suivre chez Jabir. En effet, le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam pensait toujours à eux. Il était celui qui avait le cœur miséricordieux. Il voulut pour eux qu’ils puissent jouir d’un bien, et cela après la difficulté qu’ils avaient éprouvée et l’effort qu’ils avaient fourni. Mais Jabir fut gêné car la nourriture était de faible quantité. Il se demandait comment pourrait-elle bien suffire à tout le monde. Malgré cela, il aimait la barakah du Messager ^alayhi s-salam.
Le Prophète élu, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam entra dans la maison de Jabir, passa le salam puis se lava les mains et invoqua Allah ta^ala pour qu’ils aient la bénédiction. Jabir et son épouse prirent de la viande du chaudron et ils ouvrirent le four dont ils firent sortir le pain. Ils disposèrent le tout dans des récipients autour de chacun desquels, huit compagnons du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam se réunissaient.
Chaque fois que ces huit finissaient de manger, ils louaient Allah ta^ala et sortaient. Puis, huit autres entraient. Jabir et son épouse mettaient à nouveau de la nourriture et le nouveau groupe mangeait puis partait pour que d’autres encore puissent prendre leurs places. Cela se prolongea, et le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam faisait des invocations de bien pour tous jusqu’à ce que les trois cents personnes eurent mangé par la grâce de Allah.
Une fois que tous les compagnons et le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam eurent terminé, on ouvrit le récipient et on constata que le chaudron était toujours plein de viande, comme si rien n’en avait été pris. Quant au pain qui se trouvait dans le four, il semblait n’avoir jamais été entamé. Et cela était l’un des miracles éminents accordés au Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. C’est également une preuve de la tendresse qu’il manifestait ^alayhi s–salatou wa s-salam.
Fiqh : Les transactions
(Chapitre) concernant l’exposé de l’importance de prendre en considération ce qui est permis (halal) et de délaisser ce qui est interdit (haram), et de connaître certains jugements relatifs à la vente et à d’autres transactions.
Que l’on sache qu’(il est du devoir de tout musulman responsable) c’est-à-dire pubère et sain d’esprit (de ne pas s’engager dans une affaire avant de savoir ce que Allah ta^ala y a rendu licite et illicite car Allah soubhanahou wa ta^ala nous ayant ordonné la soumission, c’est-à-dire nous ayant chargés), et ordonné, (de respecter certaines choses) et interdit certaines choses, (il est indispensable d’observer ce que) Allah ta^ala ([Il] nous a chargés de respecter). Ceci a lieu par l’apprentissage de la science indispensable de la religion, en accomplissant tous les devoirs et en évitant tous les interdits. (Allah a rendu permis la vente et a rendu interdit le gain usuraire (ar-riba)). Il est donc un devoir pour nous de prendre cela en considération.
(La Loi de l’Islam a déterminé cette vente) qu’elle a décrite comme étant licite (par l’article défini) qui est l’article de notoriété [1] الـ (al-) –en français « le, la, les »– c’est-à-dire celui qui indique que la vente qu’Il a rendue licite (al-bay^), c’est la vente qui est convenue dans la Loi de l’Islam comme étant licite [2], comme dans sa parole ta^ala :
[وَأَحَلَّ اللهُ البَيْعَ وَحَرَّمَ الرِّبَا]
(wa ‘ahalla l-Lahou l-bay^a wa harrama r-riba) [3] ce qui signifie : « Allah a rendu licite la vente et a interdit le gain usuraire » (car ce n’est pas toute vente qui est licite, mais n’est licite) qu’une vente ([que celle] qui remplit les conditions de validité et les piliers de la vente. Il est donc indispensable de les observer) afin de ne pas se retrouver dans la désobéissance de Allah. Par conséquent, (il incombe à celui qui veut vendre ou acheter) ou effectuer toute autre transaction (d’apprendre cela) c’est-à-dire les piliers et les conditions relatives à sa transaction, (sinon il consommera le gain usuraire) c’est-à-dire qu’il tombera dans ce péché (qu’il le veuille ou non), c’est-à-dire qu’il ait voulu commettre ce péché du riba ou non.
(Le Messager de Allah r a dit :
))التَّاجِرُ الصَّدُوقُ((
(at-tajirou s–sadouq)) c’est-à-dire : le commerçant qui pratique le commerce en respectant la Loi de Allah dans son commerce, qui évite de trahir, qui évite la fraude, qui évite l’escroquerie et toute chose que Allah a interdite,
))يُحْشَرُ يَوْمَ القِيَامَةِ مَعَ النَّبِيِّينَ والصِّدِّيقِينَ والشُّهَدَاءِ((
(youhcharou yawma l-qiyamati ma^a n-nabiyyina wa s–siddiqina wa ch-chouhada’)) ce commerçant-là sera rassemblé au Jour du jugement avec les prophètes, les saints du plus haut degré et les martyrs. Ce hadith a été rapporté par At-Tirmidhiyy [4].
Et (ceci ne vient) ce mérite que le Prophète r a annoncé pour le commerçant véridique (que de ce qu’il fournit comme efforts en luttant contre lui-même et contre ses penchants et en forçant son âme à exécuter les contrats conformément à la Loi de l’Islam. Sinon) s’il n’est pas ainsi dans ses ventes et ses achats (n’est pas caché ce dont Allah a menacé celui qui dépasse) c’est-à-dire qui enfreint (les limites) comme châtiment d’une extrême douleur. (Pour le reste des contrats, comme la location) [5] (le mandat de gérance commerciale) [6] (l’hypothèque) [7] (la procuration) [8] (le dépôt) [9] (le prêt à usage) [10] (la société de biens) [11] (et le métayage) [12] pour tous ces contrats et d’autres encore, (il est également indispensable) pour celui qui veut les pratiquer (d’apprendre les jugements et d’observer les conditions de validité et les piliers propres à chacun), que les jurisconsultes ont indiqués dans leurs livres.
(Le contrat de mariage requiert un surcroît de précaution et de vérification) parce qu’on fait preuve de plus de précaution pour le contrat de mariage que pour un autre contrat (par crainte des conséquences) et des divers problèmes que cela entraîne (en cas de manquement en cela) comme l’invalidité du contrat de mariage, ce qui entraîne beaucoup de dégâts qui n’échappent pas à notre connaissance.
(Le Qour’an honoré fait référence à) tout (cela) c’est-à-dire à tout ce que l’on vient de citer (par Sa parole ta^ala :
]يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا قُوا أَنْفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَاراً وَقودُها النَّاسُ والحِجَارَة[
(ya ‘ayyouha l–ladhina ‘amanou qou ‘anfouçakoum wa ‘ahlikoum naran waqoudouha n–naçou wa l–hijarah) qui signifie : « Ô vous qui avez cru, préservez-vous ainsi que vos familles, d’un feu dont le combustible sera des humains et des pierres » [13]) et cette préservation du feu de l’enfer a lieu par le fait que la personne apprenne la religion et l’enseigne à sa famille.
Le successeur glorieux des compagnons (tabi^iyy) (^Ata‘) Ibnou Abi Rabah [14], (que Allah l’agrée, a dit :) en faisant l’exégèse de cette ‘ayah :
[15] أَنْ تَتَعَلَّمَ كَيْفَ تُصَلِّي وَكَيْفَ تَصُومُ وَكَيْفَ تَبِيعُ وَ تَشْتَرِي وَكَيْفَ تَنْكِحُ وَكَيْفَ تُطَلِّقُ
ce qui signifie : (« C’est en apprenant comment prier et comment jeûner, comment vendre et) comment (acheter, comment te marier et comment divorcer ».)
Le gain usuraire
(Chapitre) concernant l’exposé des jugements du gain usuraire.
(Le gain usuraire est interdit : le pratiquer) c’est-à-dire passer un contrat comportant un gain usuraire, (le consommer) c’est-à-dire en tirer profit, (le prendre, le noter) c’est-à-dire noter les termes du contrat de gain usuraire (et être témoin de son contrat).
(Le gain usuraire [c’]est) de plusieurs sortes. Parmi elles, il y a le prêt usuraire ou « prêt avec intérêts », mais il y a aussi : (la vente de l’une des deux monnaies précieuses) l’or et l’argent métal [16] (contre l’autre en fixant un délai de règlement) même si ce délai est court, on appelle cela délai usuraire (riba n–naça‘), en disant par exemple : Je te vends ce dinar pour dix dirhams mais je te le donne dans une heure, (ou bien) la vente d’une monnaie précieuse contre l’autre (sans prises de possession respectives, c’est-à-dire si) le contrat est passé et que (les deux contractants se séparent avant les prises de possessions respectives) ou que l’un prend possession et pas l’autre. C’est une prise de possession usuraire (riba l-yad).
Tout comme le gain usuraire peut avoir lieu entre deux espèces différentes, l’usure peut également avoir lieu lorsqu’il s’agit de deux contreparties d’une même espèce, comme l’indique sa parole : (ou également) la vente d’une monnaie précieuse contre une autre (de la même espèce) –à savoir de l’or contre de l’or ou de l’argent métal contre de l’argent métal– (c’est-à dire en fixant un délai de règlement) c’est-à-dire avec une échéance (ou bien en se séparant sans prises de possession respectives) comme on l’a vu précédemment, (ou bien avec une inégalité) c’est-à-dire que le gain usuraire a lieu entre deux contreparties de même espèce en cas d’inégalité (c’est-à-dire avec un surplus de poids de l’un des deux articles) du contrat usuraire (sur l’autre) comme la vente d’un dinar d’or contre deux dinars ou d’un dirham d’argent métal contre deux dirhams.
(Et) il en est (de même pour la vente des denrées alimentaires) à savoir ce que les humains recherchent généralement pour la consommation, il est interdit de les vendre (entre elles) avec une échéance ou en se séparant sans prise de possession respective, qu’elles soient d’espèces différentes ou de même espèce, ou bien avec un surplus de l’un des deux articles sur l’autre si elles sont de mêmes espèce. Par conséquent, (il n’est permis de les vendre) c’est-à-dire les denrées alimentaires (lorsqu’il s’agit de deux espèces différentes comme par exemple du blé contre de l’orge, qu’à deux conditions) qui sont les suivantes : (l’absence de délai de règlement et l’absence de séparation avant les prises de possession respectives. Et s’il s’agit de la même espèce) comme par exemple du blé contre du blé, (ces deux conditions seront requises ainsi qu’)une troisième condition qui est (l’égalité) c’est-à-dire l’absence de surplus dans le volume ou le poids selon le cas.
Les ventes interdites
(Chapitre) concernant l’exposé de quelques ventes interdites.
(D’autre part, il est interdit de vendre ce qu’on n’a pas encore reçu) c’est-à-dire qu’il n’est pas permis de vendre une marchandise avant que son acheteur l’ait réceptionnée. Par conséquent, si Zayd achète à ^Amr un sa^ de blé, il n’appartient pas à Zayd de vendre son sa^ de blé à quelqu’un d’autre tant qu’il ne l’a pas réceptionné.
La réception diffère en fonction de la marchandise :
Pour ce qui ne peut pas être déplacé, la réception est réalisée par la délivrance, c’est-à-dire en donnant à l’acheteur la possibilité de jouir du bien vendu et par la libération du bien des affaires n’appartenant pas à l’acheteur ;
Pour ce qui peut être déplacé, la réception est réalisé par la prise en main pour ce qui peut être pris à la main, et sinon par le déplacement de la marchandise vers un endroit qui n’est pas réservé au vendeur.
(Et) il est interdit de vendre (la viande contre l’animal) que ce soit un animal licite à la consommation ou pas.
(Et) il est interdit de vendre (une créance en contrepartie d’une dette) comme en payant un dinar à un homme pour qu’il livre un sa^ de blé à une échéance donnée, puis de vendre ce blé à quelqu’un d’autre pour un dinar à payer plus tard.
(D’autre part, la vente) est interdite (par quelqu’un à qui le bien n’appartient pas et qui n’a ni tutelle ni mandat sur ce bien pour le vendre). Par conséquent, si quelqu’un vend quelque chose qui ne lui appartient pas et sur laquelle il n’a pas reçu d’autorité par l’une des voies légales de l’Islam, comme lorsque le propriétaire le procure pour vendre son bien, cette vente n’est pas valable.
(Et) il est interdit de vendre (ce qui n’a pas été vu), par les deux contractants ou l’un des deux contractants, avant le contrat (mais c’est permis) de le vendre (selon un avis de Ach–Chafi^iyy) que Allah l’agrée (s’il y a description) de la marchandise de sorte qu’elle ne soit plus inconnue à tout point de vue [17].
(Il n’est pas valable que quelqu’un qui n’est pas responsable vende ou qu’on lui vende) c’est-à-dire qu’il achète, parce qu’il n’est pas valable que l’un des deux contractants ne soit pas responsable, c’est-à-dire fou ou bien en dessous de la puberté ; (c’est-à-dire que la vente ou l’achat par un fou ou par un enfant n’est pas valable) dans l’école de notre Imam Ach–Chafi^iyy, que Allah l’agrée, même si, ([toutefois,] la vente par l’enfant qui a atteint le discernement est permise) avec la permission de son tuteur (selon l’école de jurisprudence de l’Imam ‘Ahmad) Ibnou Hanbal, que Allah l’agrée [18].
Il n’est pas valable non plus ([ni] de vendre ce qu’on n’a pas la capacité de livrer). Par conséquent c’est interdit, comme vendre ce qui a été égaré ou ce qui a été usurpé.
(Et) il est interdit de vendre (ce qui ne comporte pas d’utilité) comme le pain brûlé ou les bestioles qui ne comportent pas d’utilité, telles que les coléoptères et les scorpions.
(D’autre part, ce n’est pas valable) de vendre (selon certains) savants chafi^ites (sans formule de vente) telle que : je te vends et je t’achète avec les conditions requises, (alors que l’accord implicite des deux contractants suffit selon d’autres) parmi eux, comme si l’acheteur donne le prix et prend la marchandise achetée sans dire de formule. Selon eux c’est valable et on appelle cela vente par accord tacite (mou^atat).
(Et) il est interdit (de vendre ce qui ne s’approprie pas, comme un homme libre ou une terre qui n’a pas de propriétaire) à savoir une terre qui n’a pas été mise en valeur et qui n’a pas de propriétaire (et) il est interdit aussi (de vendre ce qui est indéterminé) comme en disant à quelqu’un : je te vends l’un de ces deux vêtements sans préciser lequel des deux ; cette vente n’est pas valable ; (et) il est interdit de vendre (une najaçah telle que le sang et tout ce) qu’on boit et (qui enivre) comme le vin, les jus fermentés enivrants, y compris l’alcool éthylique. Ces boissons sont des najaçah, il n’est pas permis de les vendre ni de les acheter ; (et) il est interdit de vendre tout (ce qui est illicite comme le tounbour, sorte d’instrument de musique semblable au luth), la flûte ou la koubah qui est la darbouka. (Il est interdit de vendre quelque chose de licite et de pur à quelqu’un dont on a connaissance qu’il veut commettre une désobéissance avec) en raison de ce que cela comporte comme aide à commettre ce que Allah a interdit, (comme) vendre (du raisin à quelqu’un) dont tu as connaissance qu’il ([qui] veut en faire du vin ou) vendre (des armes à quelqu’un) dont tu as connaissance qu’il veut se suicider avec ou ([qui] s’attaque)r (injustement aux gens avec), dans ce cas ce n’est pas permis de leur vendre ; (et) il est interdit de (vendre des substances enivrantes) même si elle sont solides et sèches ; (et) il est interdit (de vendre quelque chose ayant un défaut sans le signaler) c’est-à-dire sans signaler le défaut ; mais dans ce cas, l’acheteur a le droit de rendre immédiatement ce qu’il a acheté dès qu’il s’aperçoit du défaut.
Puis, l’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, cite une (Information utile) pour indiquer ce qu’on fait des biens laissés par le défunt avant le partage de son héritage. Il dit, que Allah lui fasse miséricorde et lui pardonne :
(Il n’est pas valable de partager les biens laissés par un défunt) entre les héritiers (ni d’en vendre quoi que ce soit tant que n’ont pas été soldées) acquittées (ses dettes) s’il en avait, et rentre dans ce cadre le cas où il devait une zakat qu’il n’a pas versée, tant que n’ont pas été (exécutées ses volontés) qu’il a prescrit d’exécuter après sa mort (et) tant que n’ont pas été (mis de côté les frais d’un hajj et d’une ^oumrah s’ils lui incombaient) par devoir après l’avènement de leur obligation sur lui alors qu’il ne les a pas accomplis jusqu’à sa mort ; on les fournit à qui fera le pèlerinage et la ^oumrah en son nom, (sauf si on en vend quelque chose) des biens qu’il a laissés (pour régler ces choses-là), c’est alors permis et (ses biens sont comme hypothéqués pour ce faire). Par conséquent, de même qu’on ne peut pas disposer d’un bien hypothéqué de sorte à en perdre la propriété avant le remboursement de la dette pour laquelle il a été hypothéqué sauf à le vendre pour rembourser la dette en question, l’héritage est dans le même cas.
(Il est interdit : de démotiver l’acheteur) comme en lui disant : Moi je vends mieux que cette marchandise pour le même prix ou en disant : Je te vends la même marchandise pour moins cher, (ou) de démotiver (le vendeur) comme en lui disant : Ne lui vends pas à lui, moi je t’achète pour plus dans le cas où la démotivation a lieu (après l’accord sur le prix) c’est-à-dire après que chacun des deux, l’acheteur et le vendeur, se sont accordés sur le prix. Sinon, tant qu’ils ne se sont pas accordés sur le prix, ce n’est pas interdit ; comme si le vendeur exposait son produit pour chercher qui lui offre plus. Également cette démotivation n’est pas interdite quand celui qui démotive ne veut pas acheter la marchandise du vendeur ni la vendre à l’acheteur, c’est-à-dire que ce n’est pas interdit dans ce cas. Et sa parole (dans le but de vendre au premier) signifie : à l’acheteur dans le premier cas, et sa parole (ou d’acheter au second) signifie : au vendeur dans le second cas. La démotivation tient dans le fait que celui qui démotive ordonne à l’acheteur d’annuler le contrat dans la période de choix pour lui vendre, ou bien qu’il ordonne au vendeur d’annuler le contrat pour lui acheter. (Et si) la démotivation ([cela] a lieu après) la conclusion de (l’acte de vente) et avant qu’il soit devenu irrévocable c’est-à-dire (dans la période de rétractation), qu’elle soit séance tenante ou stipulée dans le contrat, comme en disant à l’acheteur : Efface le contrat pour que moi je te vende ou au vendeur : pour que moi je t’achète (ce sera encore plus grave).
(Et) il est interdit (d’acheter les produits alimentaires de base) dont les gens ont besoin pour s’alimenter tel que le pain ou les dattes (en période de hausse des prix et de pénurie) de ces produits (afin de les stocker) chez soi sans les vendre (pour les revendre) après cela (à un prix plus élevé encore).
(Et) il est interdit (de surenchérir) sur le prix (pour une marchandise) c’est-à-dire de proposer un prix supérieur pour faire monter les enchères sans que son objectif soit d’acheter mais en le faisant uniquement (afin de tromper les autres) c’est-à-dire pour faire croire aux autres que le prix de cette marchandise est élevé pour qu’ils soient trompés par son offre et qu’ils l’achètent. (Et) il est interdit à chacun des deux contractants (de frauder) en cachant un défaut (ou de trahir en mesurant le volume, le poids et la longueur ou en comptant, ou bien de mentir) comme si le vendeur dit « cette marchandise se vend au marché à tel prix » alors qu’il sait qu’elle se vend pour moins que cela.
(Et) il est interdit (de vendre du coton ou toute autre marchandise) à quelqu’un qui ne possède pas le prix à payer par exemple (en accordant un prêt en parallèle à l’acheteur) par exemple (tout en augmentant le prix de la marchandise en raison du prêt) qu’il lui a consenti, de sorte qu’il requiert cela comme condition ; ceci est une sorte de prêt usuraire.
(Et) de même (d’accorder un prêt à un tisserand ou à toute autre personne dont on loue les services en le faisant travailler) pour son compte (pour une paie inférieure au salaire courant en raison du prêt en posant cela comme condition) pour accorder le prêt. Il est donc tombé dans le prêt usuraire également, et c’est par Allah qu’on recherche la protection.
(Et) de même (d’accorder un prêt aux agriculteurs jusqu’à leur récolte à condition qu’ils vendent leur production au créancier à un prix un peu inférieur), par conséquent, cela rentre également dans le cadre du prêt usuraire.
(Il en est de même pour plusieurs autres transactions des gens de notre époque) dans laquelle l’ignorance s’est propagée et la piété s’est raréfiée, (qui sont pour la plupart d’entre elles) des transactions interdites car elles sont (en-dehors des règles de la Loi de l’Islam).
(Celui donc qui cherche l’agrément de Allah soubhanahou) wa ta^ala (ainsi que la sauvegarde dans l’au-delà et dans la vie d’ici-bas) c’est-à-dire s’il veut être sauvé du haram, (qu’il apprenne) parmi les connaissances de la religion ce dont il a besoin, afin qu’il sache (ce qui) lui (est licite et ce qui) lui (est illicite) parmi les transactions avant de s’y engager, par transmission orale (auprès d’un savant précautionneux et pieux) qui craint Allah (qui le conseille et qui ait le soucis de sa bonne pratique religieuse) c’est-à-dire la pratique de cet étudiant de la science de la religion. (En effet, la recherche du licite) et l’abandon de la recherche des sources de subsistances par des voies interdites (est une obligation qui incombe à tout musulman)
La charge obligatoire
(Chapitre) concernant l’exposé des jugements de la charge obligatoire (an-nafaqah).
(Il est du devoir de la personne qui en a les moyens de prendre en charge) c’est-à-dire de fournir à (ses ascendants hommes) c’est-à-dire son père, son grand père et au delà (ainsi que ses ascendants femmes) c’est-à-dire sa mère, sa grand-mère, et au delà, s’ils sont (pauvres même s’ils sont) c’est-à-dire les parents et grands-parents (capables de gagner leur vie et) il est aussi de son devoir (de prendre en charge) c’est-à-dire de fournir la charge obligatoire à (ses descendants c’est-à-dire ses enfants et ses petits-enfants) garçons et filles, (s’ils sont pauvres) c’est-à-dire s’ils ne disposent pas de leur suffisance (et ne sont pas capables de gagner leur vie en raison de leur jeune âge ou d’une infirmité c’est-à-dire une maladie qui les empêche de gagner leur vie). Si ce descendant est capable de travailler, il est permis au tuteur de lui faire gagner sa vie et de subvenir à sa charge à partir de ce que ce descendant a gagné.
(Il est du devoir du mari de subvenir à la charge de son épouse) et cela concerne l’épouse qui ne l’empêche pas de jouir de son droit sur elle. Cette charge comprend la nourriture, les vêtements et ce qui est de cet ordre selon les détails que les spécialistes du fiqh ont mentionnés ;
(et) il est du devoir du mari envers son épouse (de s’acquitter de sa dot et il lui doit) c’est-à-dire l’époux envers son épouse (une compensation) de séparation, qui est une somme d’argent (au cas où la cause de la séparation entre eux ne vient pas d’elle) comme s’il la divorce pour son mauvais caractère. Mais si la femme a apostasié et qu’elle est restée sur l’apostasie jusqu’à la fin de la période d’attente post maritale, ici la séparation vient à cause d’elle.
(Il incombe à celui qui possède des animaux de s’acquitter de leur charge), nourriture et ce qui est de cet ordre, (de ne pas les affecter à des tâches qu’ils ne peuvent supporter et de ne pas les frapper injustement).
(Il est du devoir de l’épouse d’obéir à son mari quant à son corps) comme le rapport et la jouissance d’elle-même, y compris s’il demande à sa femme qu’elle se fasse belle pour lui, cela devient obligatoire sur elle de le faire (sauf pour ce qui n’est pas licite). Ainsi, elle ne lui obéit pas pour avoir un rapport en période de menstrues ou de lochies.
(Et) il est du devoir de l’épouse (de ne pas faire un jeûne surérogatoire) quand il est dans la même ville qu’elle sauf avec son autorisation, (ni de sortir du domicile de son mari) sans nécessité (sauf avec sa permission).
Notes
[1] le : article de notoriété : devant un nom désignant un objet unique très connu (le soleil), ce qui est conforme à la norme (la prière), ce qui est connu de l’interlocuteur (le gouverneur) ou ce qu’on veut présenter comme un type (le musulman).
[2] Il y a eu quatre avis au sujet de cette ayah. L’avis qu’a cité l’auteur dans le Moukhtasar, il a dit que cet article défini est l’article de notoriété qui fait référence à la vente que Allah a rendue licite, c’est la vente connue comme telle dans la Loi. Mais ce n’est pas l’avis le plus fort pour expliquer cette ayah. Un deuxième avis dit que l’article al est générique, c’est-à-dire qu’en général la vente est licite, sauf exception, sauf celle qui a été indiquée dans la Loi comme n’étant pas licite.
[3] [sourat Al-Baqarah / ‘ayah 275]
[4] At-Tirmidhiyy l’a rapporté dans ses Sounan, au chapitre des Ventes, Paragraphe : Ce qui est parvenu au sujet des commerçants, que le Prophète r les a désignés par les termes : « Le commerçant véridique et honnête sera avec les prophètes, les saints du plus haut degré et les martyres ».
[5] La location c’est le fait de mettre en possession un usage ou un service autorisé en échange d’une contrepartie avec conservation de la chose, d’une manière spécifique.
[6] C’est le fait de mandater quelqu’un d’autre et de l’autoriser à travailler avec son bien dans une ou plusieurs sortes de commerce en vue du partage des bénéfices.
[7] C’est de placer un bien ayant une valeur marchande en tant que caution solidaire d’une dette et c’est à partir de ce bien hypothéqué que sera remboursée la dette en cas d’incapacité.
[8] Elle consiste à donner procuration à quelqu’un pour gérer quelque chose, d’une manière spécifique et afin que cela soit fait de son vivant.
[9] Un dépôt, c’est ce qui est placé chez quelqu’un d’autre que le propriétaire, pour être conservé.
[10] C’est autoriser l’usage d’une chose, gratuitement, en conservant l’intégrité de cette chose.
[11] C’est un contrat qui comporte la confirmation d’un droit sur quelque chose pour deux personnes ou plus, de manière à ce qu’on ne distingue plus la part de l’un de la part de l’autre.
[12] C’est un contrat dans lequel une personne est chargée de l’entretien d’arbres fruitiers, comme l’irrigation et ce qui est de cet ordre, avec partage de la récolte entre les deux contractants.
[13] [souratou t-Tahrim / 6]
[14] Il s’agit de ^Ata’ Ibnou Abi Rabah Al-Qourachiyy, Mawla de Abou Khouthaym Al-Fahriyy, mais il vaut mieux l’appeler Abou Rabah. Son surnom est Abou Mouhammad. Il est né au Janad, au Yémen, il a grandit ensuite à La Mecque. Il faisait partie des maîtres des Successeurs (tabi^oun) par sa connaissance du Fiqh, l’étendue de ses connaissances, son scrupule et sa vertu. Il est décédé en l’an cent quatorze, il a été dit en l’an cent quinze, et il est né en l’an vingt sept. Cf. Ath-Thiqat, de Ibnou Hibban (tome 5 / page 198) et Al-Jarhou wat-Ta^dil (tome 6 / page 330) de Ibnou Abi Hatim Ar-Razi.
[15] Rapporté par Al-Khatib Al-Baghdadiyy dans son livre Al-Faqihou wa l-Moutafaqqih (tome 1 / page 49)
[16] les deux monnaies précieuses étant l’or et l’argent métal, frappées en pièce de monnaie ou non, sous forme de bijoux ou sous forme de métal brut
[17] Mais la majorité des imams considèrent permis de vendre ce qui n’a pas été vu à condition que l’acheteur ait le choix de refuser la marchandise lorsqu’il la voit. Il y a deux possibilités de choix, un choix dans l’assemblée et un choix conditionné. Si quelqu’un vend à un autre une marchandise, qu’ils ne se sont pas encore quittés et sont encore dans l’assemblée, il a le choix de la vendre, c’est-à-dire d’annuler la vente. Et s’il a acheté, il peut encore annuler la vente. Le second choix est que l’un des deux contractants, ou les deux, ajoute une condition d’avoir une période pour annuler la vente qui va jusqu’à trois jours.
[18] Il s’agit de Abou ^Abdi l-Lah ‘Ahmad Ibnou Mouhammad Ibni Hambal Ibni Hilal Ibni ‘Açad Ach-Chibaniyy le faqih, le mouhaddith, le fondateur de la voie de jurisprudence bien connue. Il est né à Baghdad en l’an 164 de l’Hégire et y a grandi. Il s’est rendu à Koufah, à Makkah, à Médine et au Cham. Il a étudié auprès de nombreux savants dont Mouhammad Ibnou Idris Ach-Chafi^iyy et Soufyan Ibnou ^Ouyaynah, Yazid Ibnou Haroun, Abou Dawoud At–Tayaliçiyy et Waki^ Ibnou l-Jarrah. Il est décédé en l’an 241 de l’Hégire. Cf. Tarikh Baghdad, Édition Darou l-Fikr (tome 4 / page 412).
Comportement : Notre Comportement entre la Réalité et ce qui est Souhaité
Notre Comportement entre la Réalité et ce qui est Souhaité
Il est bien évident pour celui qui parle de comportement de dire que nous vivons dans une période de crise du comportement, une crise qui s’est propagée dans les sociétés grandes ou petites. Son épidémie s’est propagée, son poison a coulé comme le sang dans les veines, au point que celui qui observe ce problème dangereux craint de considérer la recherche d’une personne dotée d’un bon comportement comme une tâche éprouvante et difficile.
Lorsqu’un peuple ou une des communautés parvient à une décadence des moeurs et des comportements, à un niveau de bassesse concernant les comportements des individus qui la composent, il est alors indispensable pour cette communauté de revenir à la voie de droiture concernant son comportement, avant que l’occasion ne soit perdue et avant qu’elle n’arrive à un état de dépravation totale.
Je ne dis pas, que Allah m’en préserve, que notre communauté musulmane avec tous ses individus s’est écartée et entraînée dans une pente dangereuse du point de vue du comportement. Il y a certes chez les musulmans ceux dont la voie est l’honnêteté, dont le propos est la vérité, dont le for intérieur est plein d’amour et les sentiments ceux de la sincérité, qui, lorsqu’ils parlent, disent la vérité, lorsqu’on leur confie une chose, la conservent, lorsqu’ils subissent une injustice, ne sont pas injustes, qui pardonnent lorsqu’ils sont frappés, font preuve de patience lorsqu’ils sont humiliés, empêchent leurs langues de prononcer de mauvais propos lorsqu’ils sont insultés et font plutôt l’invocation en faveur de notre maître Mouhammad la meilleure des créatures. Il n’y a pas de place à la truanderie dans leur comportement ou dans leur commerce, ni de voie menant à leurs coeurs pour l’insincérité dans leurs adorations. Nous ne sommes pas ici pour blâmer ces gens qui sont des chandelles de lumière et de clarté. Ils méritent bien au contraire l’éloge et les louanges. Nous sommes ici dans le but de parler de l’autre visage, si laid, de nombreuses sociétés musulmanes. Nous les appelons « musulmanes » non dans le sens que ce sont des sociétés modèles, qui s’attachent à l’Islam dans tous ses détails, mais nous les appelons « musulmanes » parce que leurs individus sont musulmans. Mais convient-il pour le musulman de se suffire de ce qu’il y a de foi dans son coeur dans le sens de la foi en les deux témoignages, sans s’attacher au comportement du Messager et des honorables compagnons. Nous ne mettons pas en question la foi du musulman quel qu’il soit, tant que sa foi est correcte et exempte de tout doute. Le musulman qui croit en Allah, en Son Messager mais qui n’accomplit pas ce que Allah lui a ordonné, comme de s’assurer que les musulmans sont saufs de sa langue et de sa main, celui-là est un musulman croyant mais dont la foi n’est pas complète. Comment sa foi serait-elle complète et parfaite alors que le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Le musulman [de foi complète] est celui de la langue et de la main duquel les musulmans sont saufs ». Le musulman ayant la foi complète garde les musulmans de sa nuisance. Il ne suit donc pas une voie par laquelle il nuit aux musulmans, il n’utilise pas de tromperie ni de ruse pour nuire à un musulman, il n’utilise pas contre lui la langue, il ne tend pas la main vers son bien pour le voler, ni vers sa propriété pour l’usurper et l’utiliser au gré de ses passions. De plus, il ne perd pas son temps à citer les défauts des gens, à dévoiler leur intimité par de mauvaises paroles, il ne s’attache pas à suivre les nouvelles de ses frères musulmans pour trouver dans leurs problèmes familiaux, dans leurs affaires de tous les jours, une histoire à laquelle il rajoutera des suites, fruits de son imagination et de ses illusions pour raconter tout cela aux oreilles de ses semblables, de ceux qui cherchent à entendre les nouvelles des gens, ceux dont les âmes trouvent de la ressource lorsque les intimités des gens sont dévoilées et qu’est dévoilé ce qui est voilé, comme s’ils croyaient que les intimités des gens existent pour qu’on les regarde et qu’eux seuls n’ont pas d’intimité ni de défauts, comme s’ils croyaient que les autres sont atteints de catastrophes et de problèmes, tandis qu’eux seraient à l’abri d’un revirement de situation. Que c’est mauvais ce qu’ils croient et quelle mauvaise chose que ce qu’ils font. Où sont-ils par rapport à la parole du poète :
Si tu veux avoir une vie sauve de nuisance
Avoir du bien et que ton honneur soit sauf
Ne cite pas avec ta langue l’intimité des gens
Tu as une intimité et les gens ont des langues
Si ton oeil te montre des défauts
Préserve-le et dis ô oeil, les gens ont des langues
Aies un bon comportement et pardonne à qui dépasse ses limites
Et éloigne toi mais en de bons termes
Que pouvons-nous dire à celui qui ne s’attache pas à la parole du Prophète [rapportée par Mouslim] ce qui signifie : « Ne vous enviez pas les uns les autres, ne vous disputez pas, ne vous haïssez pas les uns les autres, ne vous tournez pas le dos les uns aux autres, et soyez des esclaves de Allah, des frères. Le musulman est le frère du musulman, il n’est pas injuste avec lui, il ne le méprise pas et il ne le rabaisse pas. La piété est là [et il a montré sa poitrine trois fois]. Il suffit comme mal pour la personne de mépriser son frère musulman. Tout le musulman est interdit au musulman : son sang, son bien et son honneur ».
Le musulman est un frère pour le musulman même s’il n’y a pas entre eux de lien de parenté, car le lien de la religion et de la foi est plus fort que tout autre lien.
Il ne me sied plus dès lors que de dire seulement que la crise engendrée par la perte du bon comportement chez de nombreuses personnes est une crise grave et une catastrophe plus grande encore que les tremblements de terre et les volcans. En effet, ces catastrophes là entraînent avec elle les biens des personnes et à cause d’elles des personnes meurent, laissant derrière elles une ruine et une désolation sur terre. Quant à la catastrophe de la perte du bon comportement chez de nombreuses personnes, elle emporte les valeurs morales élevées, les caractères louables et laissent dans les personnes une ruine et une désolation plus dure et pire encore que celle des maisons, des villages et des villes. Le peuple dont les individus ne sont pas embellis d’un comportement honorable et de principes sains, est un peuple dont les villes ne seront pas peuplées et remplies de civilisation, de civisme et d’humanisme véritables, même si elles ont été peuplées de pierres.
Notre Prophète éminent, le maître des pieux, que le Seigneur tout puissant a décrit par Sa parole qui signifie : « Tu as certes un comportement d’excellence », est certes le meilleur modèle pour nous, par ses actes éminents, ses prises de position honorables et son caractère élevé et louable. En effet, il pardonnait à qui était injuste envers lui, il maintenait les relations avec qui les rompait avec lui, il faisait le bien à qui lui faisait du mal, le surcroît de nuisance ne faisait que lui ajouter patience et indulgence. Alors prenons exemple sur le Prophète de la bonne guidée et de la miséricorde, suivons ses traces honorées et faisons en sorte que ses actes nobles, ses paroles pleines de sagesse soient une voie que nous suivons pour élever nos âmes à l’aide du bon comportement jusqu’aux degrés élevés de la gloire, pour parvenir aux degrés de ceux qui possèdent un comportement d’excellence, les pieux, loin des marécages de l’ignorance, de l’injustice et de la nuisance. Ainsi nos sociétés musulmanes vivront-elles une vie musulmane, attachée aux règles du bon comportement et aux caractères honorés. Nous aurons ainsi dépassé la crise du comportement, considérée comme un des problèmes difficiles à résoudre.
Croyance : Le supplice de la tombe
Allah ta^ala dit :
{النَّارُ يُعْرَضُونَ عَلَيْهَا غُدُوّاً وَعَشِيًّا وَيَوْمَ تَقُومُ السَّاعَةُ أدْخِلُوا ءَالَ فِرْعَوْنَ أَشَدَّ العَذَابِ}[1]
(‘an-narou you^radouna ^alayha ghoudouwwan wa ^achiyya wa yawma taqoumou s-sa^ah ‘adkhilou ‘ala fir^awna ‘achadda l-^adhab)
ce qui signifie : « Ils sont exposés au feu au matin et en fin de journée, et le jour où arrivera l’Heure, faites entrer ceux qui ont suivi Pharaon dans le plus intense châtiment« , et Il dit, ta^ala : {وَمَنْ أَعْرَضَ عَنْ ذِكْرِي فَإِنَّ لَهُ مَعِيشَةً ضَنْكاً} [2] (wa man ‘a^rada ^an dhikri fa’inna lahou ma^ichatan danka) ce qui signifie : « Et celui qui se détourne de Mon rappel, sera certes dans une difficulté [3]« .
Ces deux ‘ayah concernent le châtiment de la tombe pour les mécréants. Quant à ceux qui désobéissaient parmi les musulmans, qui commettaient les grands péchés et sont morts avant de s’en repentir, ceux-là sont de deux sortes : ceux que Allah dispense du châtiment de la tombe et ceux qu’Il soumet à un supplice qu’Il interrompt et pour qui Il reporte le reste du châtiment au jour dernier.
Voici donc ce qu’ont rapporté Al-Boukhariyy, Mouslim, At-Tirmidhiyy, Abou Dawoud et An-Naça‘iyy d’après Ibnou ^Abbas : le Messager de Allah est passé près de deux tombes, il a dit : ((إِنَّهُمَا لَيُعَذَّبَانِ وَمَا يُعَذَّبَانِ فِي كَبِيرِ إِثْمٍ)) (‘innahouma layou^adh-dhabani wa ma you^adh-dhabani fi kabiri ‘ithm) ce qui signifie : « Certes, ils sont tous deux en train de subir un châtiment pour une chose qui n’apparaît pas très grave aux gens« . Il a dit :
((بَلَى أَمَّا أَحَدُهُمَا فَكَانَ يَمْشِي باِلنَّمِيمَةِ، وَأَمَّا الآخَرُ فَكَانَ لاَ يَسْتَتِرُ مِنَ الْبَوِل)) (bala ! ‘amma ‘ahadouhouma fakana yamchi bi n-namimah, wa ‘amma l-‘akhar fakana la yastatirou mina l-bawl) ce qui signifie : « Oh que oui ! Certes l’un des deux rapportait la parole des uns aux autres pour semer la discorde [4] tandis que l’autre se souillait avec l’urine [5]« . Ensuite, il a demandé une palme encore verte qu’il a fendue en deux et il a planté une moitié sur chacune des deux tombes. Puis il a dit : ((لَعَلَّهُ يُخَفَّفُ عَنْهُمَا)) (la^allahou youkhaffafou ^anhouma) ce qui signifie : « Peut-être [leur supplice] sera-t-il allégé« .
Et sache qu’il a été confirmé dans les nouvelles sûres que l’âme retourne au corps dans la tombe, comme dans le hadith de Al-Bara‘ Ibnou ^Azib [6] qui a été rapporté par Al-Hakim, Al-Bayhaqiyy et Abou ^Ouwanah et qui a été jugé sûr par plus d’un savant et le hadith de Ibnou ^Abbas :
((مَا مِنْ أَحَدٍ يَمُرُّ بِقَبْرِ أَخِيهِ الْمُؤْمِنِ كَانَ يَعْرِفُهُ فِي الدُّنْيَا فَيُسَلِّمُ عَلَيْهِ إِلاَّ عَرَفَهُ وَرَدَّ عَلَيْهِ السَّلاَمَ))
(ma min ‘ahadin yamourrou bi-qabri ‘akhihi l-mou’mini kana ya^rifouhou fi d-dounya fa-sallama ^alayhi ‘illa ^arafahou wa radda ^alayhi s-salam)
[rapporté par Ibnou ^Abdi l-Barr et ^Abdou l-Haqq Al-‘Ichbiliyy qui lui a donné le degré de sûr] ce qui signifie : « Nul ne passe près de la tombe de son frère croyant qu’il connaissait dans le bas monde et ne lui passe le salam sans que celui qui est mort le reconnaisse et lui rende le salam« .
Cela implique donc que l’âme revient à tout le corps –et c’est le sens qui vient communément à l’esprit du hadith– ou à une partie du corps. Le retour de la vie dans la tombe est encore plus certain pour les prophètes : il a été rapporté du hadith de ‘Anas d’après le Prophète r : ((الأَنْبِيَاءُ أَحْيَاءٌ فِي قُبُورِهِمْ يُصَلُّونَ)) (‘al-anbiya’ou ‘ahya’oun fi qoubourihim yousalloun) [rapporté par Al-Bayhaqiyy qui l’a jugé sûr tout comme Al-Hafidh qui l’a validé] ce qui signifie : « Les prophètes sont vivants dans leurs tombes, ils accomplissent la prière« .
Aussi, Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté de ‘Anas d’après le Prophète :
((إِنَّ الْعَبْدَ إِذَا وُضِعَ فِي قَبْرِهِ وَتَوَلَّى عَنْهُ أَصْحَابُهُ إِنَّهُ لَيَسْمَعُ قَرْعَ نِعَالِهِمْ إِذَا انْصَرَفُوا أَتَاهُ مَلَكَانِ فَيُقْعِدَانِهِ فَيَقُولاَنِ
: مَا كُنْتَ تَقُولُ فِي هَذَا الرَّجُلِ مُحَمَّد؟ فَأَمَّا الْمُؤْمِنُ فَيَقُولُ
: أَشْهَدُ أَنَّهُ عَبْدُ اللّهِ وَرَسُولُهُ، فَيُقَالُ لَهُ
: أُنْظُرْ إِلَى مِقْعَدْكَ مِنَ النَّارِ أَبْدَلَكَ اللّهُ بِهِ مِقْعَداً مِنَ الْجَنَّةِ، فَيَرَاهُمَا جَمِيعاً، وَأَمَّا الْكَافِرُ أَوِ الْمُنَافِقُ فَيَقُولُ
: لاَ أَدْرِي كُنْتُ أَقُولُ مَا يَقُولُ النَّاسُ فِيهِ، فَيُقَالُ: لاَ دَرَيْتَ وَلاَ تَلَيْتَ، ثُمَّ يُضْرَبُ بِمِطْرَقَةٍ مِنْ حَدِيدٍ بَيْنَ أُذُنَيْهِ فَيَصِيحُ صَيْحَةً يَسْمَعُهَا مَنْ يَلِيهِ إِلاَّ الثَّقَلَيْنِ))
(‘inna l-^abda ‘idha woudi^a fi qabrihi wa tawalla ^anhou ‘as–habouhou wa ‘innahou layasma^ou qar^a ni^alihim ‘idha n-sarafou ‘atahou malakani fayouq^idanihi fayaqoulani : ma kounta taqoulou fi hadha r-rajouli Mouhammad ? fa’amma l-mou’min –‘ayi l-kamil– fayaqoulou : ‘ach-hadou ‘annahou ^abdou l-Lahi wa raçoulouh fayouqalou lahou : ‘oundhour ‘ila maq^adika mina n-nari ‘abdalaka l-Lahou bihi maq^adan mina l-jannah fayarahouma jami^a wa ‘amma l-kafirou ‘awi l-mounafiqou fayaqoulou : la ‘adri, kountou ‘aqoulou ma yaqoulou n-naçou fihi, fayouqal : la darayta wa la talayt thoumma youdrabou bimitraqatin min hadidin bayna ‘oudhounayhi fayasihou sayhatan yasma^ouha man yalihi ‘il-la th-thaqalayn) ce qui signifie : « Quand l’homme est déposé dans sa tombe, et que ses compagnons le quittent, il entend le bruit de leurs pas et lorsqu’ils se sont retirés, deux anges viennent à lui, le font asseoir et lui disent : « Que disais-tu à propos de cet homme Mouhammad ? » Ainsi le croyant dira : « Je témoigne qu’il est l’esclave de Allah et Son messager », alors on lui dira : « Regarde la place en enfer [que tu aurais eue], Allah te l’a échangée contre une place au paradis » et il les verra toutes deux. Quant au mécréant ou à l’hypocrite [7], il dira : « Je ne sais pas, je disais ce que les gens disaient de lui ». Alors on lui dira : « Tu n’as rien su et tu n’as rien dit », puis il sera frappé entre les deux oreilles avec une masse de fer et il criera d’un cri qu’entendront tous ceux qui se trouvent aux alentours sauf les hommes et les jinn« .
D’après ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr, le Messager de Allah r a cité les examinateurs de la tombe. ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, a alors dit : « Est-ce que nous reprendrons conscience, Ô Messager de Allah ? » Il lui a dit : ((نَعَمْ كَهَيْئَتِكُمْ الْيَوْمَ)) (na^am kahay’atikoumou l-yawm) [rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Oui, comme vous l’êtes maintenant« . ^Oumar a alors dit : « Il ne reste plus rien à dire« .
D’après Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, le Messager de Allah r a dit :
((إِذَا قُبِرَ الْمَيتُ أَوِ الإِنْسَانُ أَتَاهُ مَلَكَانِ أَسْوَدَانِ أَزْرَقَانِ يُقَالُ لأَحَدِهِمَا مُنْكَرٌ وَلِلآخَرِ نَكِيرٌ، فَيَقُولاَنِ لَهُ
: مَا كُنْتَ تَقُولُ فِي هَذَا الرَّجُلِ مُحَمَّد ؟ فَهُوَ قَائِلٌ مَا كَانَ يَقُولُ. فَإِنْ كَانَ مُؤْمِناً قَالَ
هُوَ عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ أَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّداً عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ. فَيَقُولاَنِ لَهُ: إِنْ كُنَّا لَنَعْلَمُ أَنَّكَ لَتَقُولُ ذَلِكَ ، ثُمَّ يُفْسَحُ لَهُ فِي قَبْرِهِ سَبْعُونَ ذِرَاعاً فِي سَبْعِينَ ذِرَاعاً ، وَيُنَوَّرُ لَهُ فِيهِ ، فَيُقَالُ لَهُ
: نَمْ، فَيَنَامُ كَنَوْمِ الْعَرُوسِ الَّذِي لاَ يُوقِظُهُ إِلاَّ أَحَبُّ أَهْلِهِ حَتَّى يَبْعَثَهُ اللَّهُ مِنْ مَضْجَعِهِ ذَلِكَ. فَإِنْ كَانَ مُنَافِقاً قَالَ
: لاَ أَدْرِي، كُنْتُ أَسْمَعُ النَّاسَ يَقُولُونَ شَيْئاً فَكُنْتُ أَقُولُهُ. فَيَقُولاَنِ لَهُ
إِنْ كُنَّا لَنَعْلَمُ أَنَّكَ تَقُولُ ذَلِكَ، ثُمَّ يُقَالُ لِلأَرْضِ الْتَئِمِي فَتَلْتَئْمُ عَلَيْهِ حَتَّى تَخْتَلِفَ أَضْلاَعُهُ فَلاَ يَزَالُ مُعَذَّباً حَتَّى يَبْعَثَهُ اللَّهُ تَعَالىَ مِنْ مَضْجَعِهِ ذَلِك))
(‘idha qoubira l-mayyitou ‘awi l-‘insanou ‘atahou malakani ‘aswadani ‘azraqani youqalou li’ahadihima Mounkaroun wa lil-‘akhari Nakiroun fayaqoulani lahou : ma kounta taqoulou fi hadha r-rajouli Mouhammad ? fahouwa qa’iloun ma kana yaqoul : fa’in kana mou’minan qala : houwa ^abdou l-Lahi wa raçoulouhou ‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh fayaqoulani lahou : ‘in kounna lana^lamou ‘annaka lataqoulou dhalik ; thoumma youfsahou lahou fi qabrihi sab^ina dhira^an fi sab^ina dhira^an wa younawwarou lahou fih ; fayouqalou lahou : nam ; fayanamou kanawmi l-^arouçi l-ladhi la youqidhouhou ‘il-la ‘ahabbou ‘ahlihi hatta yab^athahou l-Lahou min madja^ihi dhalik ; fa’in kana mounafiqan qala : la ‘adri kountou ‘asma^ou n-naça yaqoulouna chay’an fakountou ‘aqoulouh ; fayaqoulani lahou : ‘in kounna lana^lamou ‘annaka taqoulou dhalik ; thoumma youqalou lil-‘ardi l-ta’imi fatalta’imou ^alayhi hatta takhtalifa ‘adla^ouhou fala yazalou mou^adh-dhaban hatta yab^athahou l-Lahou ta^ala min madja^ihi dhalik)
[rapporté par Ibnou Hibban] ce qui signifie : « Quand le mort ou l’homme est enterré, viennent à lui deux anges bleu-noir, l’un s’appelle Mounkar et l’autre Nakir, et ils lui disent : « Que disais-tu de cet homme Mouhammad ? » Et il dira ce qu’il disait [auparavant] ; s’il était croyant, il dira : « C’est l’esclave de Allah et Son messager, je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son messager ». Les anges lui diront : « Certes nous savions que tu disais cela », puis sa tombe sera élargie de soixante-dix coudées sur soixante-dix coudées [8] et sera illuminée pour lui. Puis on lui dira : « Dors », alors il dormira du sommeil du nouveau marié qui ne sera réveillé que par l’être le plus cher pour lui, jusqu’à ce que Allah le ressuscite de cette couche là. S’il était hypocrite, il dira : « Je ne sais pas. J’entendais les gens dire quelque chose et je disais comme eux ». Ils lui diront : « Certes, nous savions que tu dirais cela [9]« . Puis, il sera dit à la terre de se refermer et elle se refermera sur lui jusqu’à ce que ses côtes s’entremêlent. Il restera dans le châtiment jusqu’à ce que Allah ta^ala le ressuscite de cette couche. »
Ces deux hadith ont été rapportés par Ibnou Hibban qui les a jugés sûrs. Dans le premier, il y a confirmation du retour de l’âme au corps et de la perception sensorielle dans la tombe. Dans le deuxième, il y a confirmation de la présence de l’âme dans la tombe et la confirmation du sommeil et ce, tant que le corps ne s’est pas anéanti.
Cette félicité sera pour le croyant fort, celui qui se sera acquitté des obligations et aura évité les péchés. C’est celui à propos duquel le Messager de Allah r a dit :
((الدُّنْيَا سِجْنُ الْمُؤْمِنِ وَسَنَتُهُ، فَإِذَا فَارَقَ الدُّنْيَا فَارَقَ السِّجْنَ وَالسَّنَةَ)) (ad-dounya sijnou l-mou’mini wa sanatouh fa’idha faraqa d-dounya faraqa s-sijna wa s-sanah) [rapporté par Ibnou Hibban qui l’a jugé sûr] ce qui signifie : « Le bas monde est tel une prison pour le croyant et comme un lieu de fatigue. Ainsi, lorsqu’il quittera le bas monde, il aura quitté la prison et le lieu de fatigue« , il s’agit donc du croyant accompli.
Ensuite, lorsque tout le corps est désintégré et qu’il ne reste que le petit os de l’extrémité de la colonne vertébrale [10], l’âme du croyant pieux va au paradis. Les âmes des désobéissants musulmans, ceux qui commettaient les grands péchés et sont morts sans repentir, après la désintégration du corps, leurs âmes vont dans l’espace compris entre le ciel et la terre et certaines dans le premier ciel. Les âmes des mécréants, après la désintégration du corps vont à Sijjin qui est un endroit dans la terre la plus basse c’est-à-dire la septième terre. Quant aux martyrs, leurs âmes montent directement au paradis.
Avertissement :
Les prophètes, les martyrs du combat ainsi que les enfants qui sont morts avant la puberté ne sont pas concernés par l’interrogatoire.
Si quelqu’un dit : comment est-il possible d’interroger un si grand nombre de morts ?
La réponse se trouve dans la parole de Al-Halimiyy : « Le plus probable, c’est que les anges de l’interrogatoire représentent un groupe nombreux, dont certains sont appelés Mounkar et d’autres Nakir. Ainsi, à chaque mort sont envoyés deux d’entre eux« .
[1] [sourat Al-Mou’min / 46]
[2] [sourat Taha / 124]
[3] Ce qui est visé par « vie difficile » c’est le châtiment dans la tombe, c’est à dire leur état dans al-barzakh (la période après la mort et avant la résurrection).
[4] C’est ce qui est appelé namimah. C’est dire à celui-là untel a dit telle chose sur toi et dire à celui-ci untel a dit telle chose sur toi, ceci afin de semer la discorde entre les deux.
[5] Le messager de Allah a dit : « ‘istanzihou mina l-bawl fa’inna ^amata ^adhabi l-qabri minh » [rapporté par Ad-Daraqoutniyy du hadith de Abou Hourayrah] ce qui signifie : « Préservez-vous [vos corps et vos vêtements] de l’urine car certes c’est la cause la plus fréquente du châtiment de la tombe.
[6] C’est un hadith long, dans lequel il est cité : ((ويعاد الرّوح إلى الجسد)) (wa you^asou r-rouhou ‘ila l-jasad) ce qui signifie « et l’âme revient au corps« .
[7] C’est-à-dire : le mécréant déclaré et le mécréant qui laisse paraître l’Islam alors qu’au fond il n’est pas musulman, soit à cause du doute qu’il a concernant la véracité de l’Islam ou, comme faisaient certains, en laissant penser qu’ils étaient musulmans lorsqu’ils étaient devant le Prophète et en disant du mal de lui lorsqu’ils se retrouvaient entre eux.
[8] C’est-à-dire sa longueur est de soixante-dix coudées, tout comme sa largeur. Il s’agit de la coudée qui vaut deux empans.
[9] La question des deux anges au mécréant « man rabbouk » (qui est ton Seigneur ?) alors qu’ils savent qu’il dirait « je ne sais pas » c’est qu’ils savent qu’il ne dirait pas cette parole par croyance mais par stupeur, il la dira par lapsus tellement il est terrifié, sans contrôler sa langue.
[10] Ce petit os s’appelle ^oujbou dh-dhanab. Il ne se désintègre pas même s’il est soumis à un feu très puissant. Il est de la taille d’un grain de moutarde. Il a été rapporté à son sujet dans un hadith sahih « minhou khouliqa l-‘insan wa ^alayhi yourakkab » c’est à dire que tous les autres os sont montés sur ce petit os.
Croyance : On ne dit pas que Dieu peut avoir un fils ni qu’Il ne peut pas avoir un fils
A la question : Est-ce que Dieu est capable d’avoir un fils, il est interdit de répondre oui et il est interdit de répondre non. La réponse est plutôt :
Avoir un fils est impossible au sujet de Dieu.
Ce qui est impossible selon la raison est ce dont la raison n’en conçoit pas l’existence.
La puissance de Dieu est l’attribut par lequel Il agit sur tout ce qui est possible selon la raison.
Ce qui est possible selon la raison est ce dont la raison en conçoit aussi bien l’existence que l’inexistence.
La fonction de l’attribut de la puissance est de donner l’existence à ce qui n’existait pas et d’anéantir ce qui existe.
Le fait d’avoir un fils est quelque chose d’impossible selon la raison, qui n’admet pas l’existence.
La puissance de Dieu ne concerne pas ce qui n’admet pas l’entrée en existence.
La puissance de Dieu ne concerne pas ce dont l’existence est obligatoire.
Ce dont l’existence est obligatoire est appelé l’obligatoire selon la raison.
L’existence de Dieu est obligatoire selon la raison.
La puissance de Dieu ne concerne pas DIeu Lui-même.
Pour plus de détail, voici ce qu’un grand savant a écrit à ce sujet :
La puissance
La puissance sur toute chose, c’est-à-dire sur tout ce qui est possible selon la raison, est obligatoire selon la raison s’agissant de Allah ta^ala. Ce qui est impossible selon la raison n’est donc pas concerné par la puissance car cela n’accepte pas l’existence et ne peut donc pas être sujet à la puissance. Celui qui a contredit sur cette question c’est Ibnou Hazm. Ainsi, il a dit : (Certes Allah ^azza wa jall est puissant à avoir un fils, car s’Il ne l’était pas, Il serait impuissant). Et ce qu’il a dit n’est pas nécessaire selon la raison car avoir un fils est impossible s’agissant de Allah et ce qui est impossible selon la raison n’est pas concerné par la puissance. Or si la puissance ne concerne pas une chose, c’est (1) tantôt à cause de l’inaptitude à réaliser cette chose et ceci est valable s’agissant des créatures, (2) tantôt parce que cette chose n’accepte pas l’entrée en existence du fait qu’elle est impossible selon la raison ou bien obligatoire selon la raison. Pour ce qui est impossible selon la raison, la non-possibilité de son entrée en existence est claire. Quant à ce qui est obligatoire selon la raison, il n’accepte pas le début à l’existence car son existence est éternelle exempte de début. Il y a une différence entre l’existence et l’entrée en existence. L’existence englobe aussi bien l’existence de toute éternité que l’existence ayant un début et chacune d’elles s’appelle existence. Mais l’entrée en existence est l’existence ayant un début. Ce qui est obligatoire selon la raison, c’est Allah et Ses attributs. Ainsi, Allah Son existence est obligatoire selon la raison ; Son existence est éternelle exempte de début et Ses attributs sont éternels exempts de début. On ne dit pas de Allah, ni d’un de Ses attributs, qu’Il entre en existence car leur existence est exempte de début. Ainsi donc, lorsque nous disons que l’obligatoire n’accepte pas l’entrée en existence, cette parole est correcte mais elle n’est pas évidente d’accès à la compréhension des débutants dans la science de la croyance. Quant à celui qui a de la pratique, ce qu’elle vise est clair.
L’incapacité, c’est le premier des deux cas qui est exclu s’agissant de Sa puissance ta^ala, et non le deuxième cas. Ainsi, il n’est pas permis de dire que Allah est puissant à ce sujet ni qu’Il est incapable. Certains ont dit : de même qu’on ne dit pas à propos de la pierre qu’elle est savante ou ignorante.
De même, on répond ainsi à la parole de certains irréligieux qui disent : (Est-ce que Allah est capable de créer un dieu pareil à Lui ?). En cette parole, il y a le fait de rendre possible une impossibilité rationnelle. La démonstration de ceci, c’est que Allah est éternel exempt de début et s’Il avait un pareil, celui-ci serait lui aussi éternel exempt de début et ce qui est éternel exempt de début n’est pas créé car il existe de toute éternité, comment alors l’existant de toute éternité serait-il créé !
Mawlid : Dernier chapitre de la mise en garde contre certaines choses composées au sujet du Mawlid
Sache que le mérite du Messager de Allah r est établie dans le Qour’an et les hadith sûrs. On n’a donc nul besoin pour confirmer son mérite, de citer ce qui comporterait mensonge ou excès. ‘Ahmad et Ibnou Hibban [1] ont rapporté d’après ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « Le Messager de Allah r a dit :
((لا تُطْرُونِي كَمَا أطرت النَّصَارى عِيسَى، فَإِنَّمَا أَنَا عَبْدٌ، فَقُولُوا عَبْد اللهِ وَرَسُوله))
ce qui signifie : « Ne m’adulez pas, tout comme les chrétiens ont adulé ^Iça. Je ne suis qu’un esclave de Allah. Dites : l’esclave de Allah et Son messager« .
De plus, mentir au sujet du Messager de Allah r n’est pas une chose négligeable. Au contraire, ceci compte parmi les grands péchés comme l’a rapporté Mouslim et d’autres que lui [2] que le Messager de Allah r a dit :
((مَن حَدَّثَ عَنِّي بِحَدِيث يَرَى أَنَّهُ كَذِب فَهُوَ أَحَدُ الكَاذِبِين))
ce qui signifie : « Celui qui tient à mon sujet un propos et qui sait qu’il est faux, il fait certes partie des menteurs« . Al-Boukhariyy et Mouslim et d’autres qu’eux [3] ont rapporté que le Messager de Allah r a dit :
((مَنْ كَذَبّ عَلَيَّ فَلْيَتَبَوَّأْ مَقْعَدَهُ مِنَ النَّار))
ce qui signifie : « Celui qui m’attribue des paroles mensongèrement, qu’il se prépare à prendre sa place en enfer« .
Il est devenu clair qu’attribuer au Messager ce qui n’a pas été rapporté d’une manière sûre et ce qui comporte du mensonge compte parmi l’excès blâmable. On ne justifie pas cela par le fait que cela serait du genre de hadith des vertus, car les hadith qui traitent des vertus sont tolérés chez la majorité des savants lorsqu’ils sont de degré faible (da^if). Mais ce qui est une parole mensongère (makdhoub), cela n’est pas accepté pour inciter aux vertus et ce, par unanimité.
- Parmi les causes de corruptions qui se sont répandues, et que beaucoup de gens du commun se sont mis à lire, il y a certains livres qui ont été écrits au sujet du Mawlid du Prophète et qui ont été bourrés de hadith mensongers, de récits défectueux, d’excès blâmables, de mensonges au sujet de la religion, d’attribution du corps au Créateur (tajsim) et d’assimilation du Créateur à Ses créatures (tachbih), il est ainsi illicite de rapporter ces mensonges sans indiquer leur réalité et c’est un devoir que de mettre en garde contre eux.
Parmi les plus connus de ces livres attribués mensongèrement à certains auteurs, il y a le livre nommé : Mawlidou l-^Arous, dans lequel il est écrit : « Allah ta^ala a pris une poignée de la lumière de son visage et lui a dit : sois Mouhammad et elle fut Mouhammad « . Dans cette expression, il y a l’attribution de la composition à Allah ta^ala alors qu’Il est exempt de la composition et de l’incarnation. Il est en effet impossible à Son sujet la multiplication, le dénombrement, la division et la décomposition en parties. Allah est exempt de cela. Il n’a aucune ressemblance avec aucune de Ses créatures et aucune de Ses créatures n’est tel que Lui :
]لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ[
[Ach-Choura / 11] ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit« . Le jugement de celui qui croit que Mouhammad ou autre que lui est une partie de Allah ta^ala, c’est de le déclarer mécréant, catégoriquement. Allah ta^ala dit :[ وَجَعَلُوا لَهُ مِنْ عِبَادِهِ جُزْءًا] [Az–Zoukhrouf / 15] ce qui signifie : « Ils considérèrent que certains de Ses esclaves étaient une partie de Lui« . Ce livre n’est pas l’oeuvre de Ibnou l-Jawziyy, que Allah lui fasse miséricorde, mais il lui est attribué à tort et mensongèrement. Ce qui figure dans les livres de Ibnou l-Jawziyy, concernant l’exemption de Allah ta^ala de la ressemblance avec les créatures et la négation du corporéisme et de la décomposition, est contraire à ce qu’il y a dans ce livre mensongèrement attribué. Plus encore, dans ses expressions faibles et son style défectueux, il y a une indication qu’il n’est pas l’oeuvre de Ibnou l-Jawziyy qui est Mouhaddith –spécialiste de hadith–, Faqih –spécialiste de la jurisprudence–, Moufassir –spécialiste de l’exégèse– et à qui il fut accordé un don très fort pour l’exhortation au bien et la guidée. En effet, quand il parlait, il secouait les cœurs à tel point que cent mille personnes ou même plus sont entrées en Islam grâce à lui et ce, à cause de la force de son exhortation au bien, de sa bonne expression et de l’éloquence de ses propos, car il avait, que Allah lui fasse miséricorde, une grande éloquence et une grande maîtrise de la langue arabe. Ce livre ne lui a été attribué que par l’orientaliste Bruckelman.
- Parmi les causes de corruption qui se sont propagées parmi les gens du commun, il y a l’habitude qui a été prise par certaines personnes qui lisent le récit de la naissance du Prophète r et certains de ceux qui font l’appel à la prière, à savoir leur parole : « Certes Mouhammad est la première des créatures », et cela n’est dû qu’à la diffusion d’un hadith mensonger connu sous le nom de hadith de Jabir qui dit : « La première chose que Allah a créée est la lumière de ton Prophète Ô Jabir, Allah l’a créé de sa lumière avant toutes choses ». Ce hadith n’a pas d’origine, il est mensongèrement attribué au Messager de Allah r et il est contraire au Livre –Al-Qour’an– et à la Sounnah.
Concernant son infraction au Livre –Al-Qour’an–, Allah ta^ala dit :[ وَجَعَلْنَا مِنَ الْمَاءِ كُلَّ شَىْءٍ حَيّ][Al-‘Anbiya‘ / 30] ce qui signifie : « Nous avons fait de l’eau toute chose vivante« , et Allah ta^ala dit :
] قُلْ إِنَّمَا أَنَا بَشَرٌ مِثْلُكُمْ يُوحَى إِلَيّ [
[Al-Kahf / 110] ce qui signifie : « Dis : je ne suis qu’un être humain comme vous à qui il a été révélé« .
Pour ce qui est de son infraction aux hadith établis, Al-Boukhariyy et Al-Bayhaqiyy [4] ont rapporté d’après ^Imran Ibnou l-Housayn qu’il a dit : Le Messager de Allah r a dit : ((كَانَ اللهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىْءٌ غَيْرُهُ وَكَانَ عَرْشُهُ عَلَى الْمَاءِ)) ce qui signifie : « Allah est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité. Son Trône a été créé sur l’eau« .
Ibnou Hibban [5] a rapporté d’après Abou Hourayrah qu’il a dit : « J’ai dit Ô Messager de Allah chaque fois que je te vois je me sens bien et je me réjouis. Informe moi sur toute chose. Il a dit : ((كُلُّ شَىْءٍ خُلِقَ مَنَ الْمَاءِ)) ce qui signifie : « Toute chose a été créée à partir de l’eau« . As-Souddiyy a rapporté dans son exégèse [6] par de nombreuses chaînes de transmission qu’il a dit :
((إِنَّ اللهَ لَمْ يَخْلُقْ شَيْئًا مِمَّا خَلَقَ قَبْلَ الْمَاءِ ))
ce qui signifie : « Certes Allah n’a rien créé de ce qu’Il a créé avant l’eau« .
Dans le premier hadith, il y a indication que l’eau et le trône sont les premières créations de Allah. Quant au fait que l’eau ait existé avant le trône, ceci est pris des deux derniers hadith.
Quant à l’attribution du hadith de Jabir à Al-Bayhaqiyy, cela n’est pas vrai. Quant à son imputation au recueil (Mousannaf) de ^Abdou r-Razzaq, il n’existe pas dans son Mousannaf, ni dans son Jami^, ni dans son exégèse (Tafsir). Bien au contraire, ce qui existe dans son Tafsir est contraire à cela : En effet, il a cité que la première créature par l’existence, c’est l’eau. As-Souyoutiyy a dit dans le livre Al-Hawi [7] à propos du hadith de Jabir : « Il n’y a pas de chaîne de transmission sur laquelle on puisse se baser« . Fin de citation ; c’est sans aucun doute un hadith mensonger (mawdou^). Le Hafidh As-Souyoutiyy a déclaré dans le commentaire (Charh) de At-Tirmidhiyy que le hadith de l’antériorité de la lumière de Mouhammad n’est pas établi.
De plus, la médiocrité de ses expressions témoigne du bien-fondé du jugement de mensonger porté à ce hadith : le Messager est le plus éloquent des créatures de Allah et le plus fort en rhétorique, il ne parle donc pas avec un style médiocre. Le Mouhaddith, le Chaykh ‘Ahmad Ibnou s–Siddiq Al-Ghoummariyy [8] l’a jugé mensonger et il a pris comme preuve son style défectueux et les sens désapprouvés qu’il donne. Moi –Ach-Chaykh, Al-Mouhaddith, Al-Hafidh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy–, je dis qu’il en est comme il l’a dit. Même s’il ne contenait que cette expression : « Allah l’a créé de sa lumière avant toutes choses » ((خَلَقَهُ اللهُ مِن نوره قبل الأشياء)), cela aurait suffit de faiblesse d’expression car elle est extrêmement ambiguë. En effet, si l’article de « sa lumière » est pris au sens que c’est une lumière que Allah a créée, cela serait contradictoire avec ce qui est prétendu parce que dans ce sens-là, cette lumière serait la première et non la lumière de Mouhammad, la lumière de Mouhammad serait donc la deuxième des créatures. Si l’article est pris comme attribution de la partie au tout, ce serait une chose plus affreuse et plus odieuse parce que cela serait une confirmation d’une lumière faisant partie de Allah ta^ala. Cela entraînerait que Allah serait composé et dire que Allah Lui-même est composé fait partie des sortes de mécréance les plus odieuses car cela comporte l’attribution de l’entrée en existence à Allah ta^ala. De plus, cela est semblable à la croyance que ^Iça est une partie de Allah. A part cette phrase contenue dans ce faux hadith, il y a d’autres défauts d’expressions odieuses que le bon sens rejette et n’admet pas.
Par ailleurs, il y a une autre cause et qui est la perturbation des termes des différentes versions parce que certains de ceux qui l’ont mentionné dans leurs écrits l’ont cité d’une façon et d’autres l’ont cité d’une autre façon dont le sens est différent. Si l’on considère le terme rapporté par Az–Zourqaniyy puis celui rapporté par As–Sawi, une grande différence apparaîtra.
Quant au hadith : ((كنت أول النبيين في الخلق وءاخرهم في البعث)) ce qui signifie : « Je suis le premier des prophètes par la création et le dernier par l’envoi« , il est faible [9] comme cela a été rapporté par les mouhaddith et dans sa chaîne de transmission, il y a Baqiyyah Ibnou l-Walid qui est fraudeur, ainsi que Sa^id Ibnou Bachir qui est faible. Quant au hadith : ((كنت نبيا وءادم بين الماء والطين)) ce qui signifie : « J’étais prophète alors que ‘Adam était entre eau et terre » et : ((كنت نبيا ولا ءادم ولا ماء ولا طين)) ce qui signifie : « J’étais prophète et il n’y avait ni ‘Adam ni eau ni terre« , ils n’ont pas de fondement [10]. Il n’y a pas besoin d’interpréter autrement que par le sens apparent la ‘ayah ou le hadith sûr, à cause d’un texte mensonger, sans fondement.
- Parmi les mensonges qui se sont propagés dans certains livres relatant la naissance du Prophète, il y a leur parole : « si ce n’était toi, si ce n’était toi, Je n’aurai pas créé les astres [11] « ; les mouhaddith l’ont jugée mensongère.
- Il en est de même pour ce qui a été raconté que Jibril ^alayhi s-salam recevait la révélation de derrière un voile, que le voile lui aurait été dévoilé une fois et qu’il aurait alors trouvé le Prophète r qui lui révélait. Jibril aurait alors dit : « De toi et à toi ». Ceci compte pour mensonge abominable qui contredit Sa parole ta^ala :
]وَكَذَلِكَ أَوْحَيْنَا إِلَيْكَ رُوْحًا مِن أَمْرِنَا مَا كُُنْتَ تَدْرِي مَا الكِتَاب وَلاَ الإِيمَان[
[Ach-Choura / 52] ce qui signifie : « C’est ainsi que Nous t’avons révélé, par l’intermédiaire d’un ange, par Notre ordre. Tu ne connaissais pas auparavant les détails du Livre et de la Loi« .
- C’est également du mensonge ce qui a été raconté dans certains livres relatant la naissance du Prophète, d’après Abou Hourayrah qu’il aurait dit : le Prophète r a demandé et a dit : Ô Jibril combien d’années as-tu vécu ? Il a alors dit : Ô Messager de Allah je ne sais pas, seulement, dans le quatrième voile, il y a une étoile qui se lève une fois toutes les soixante dix mille années, je l’ai vue soixante douze mille fois. Le Prophète r a alors dit ce qui signifie : Par la gloire de mon Seigneur, je suis cette étoile.
La louange est à Allah en premier et en dernier, Celui Qui nous a accordé le succès pour réunir les chapitres de ce livre qui relate la naissance du Messager r. Nous Lui demandons de faire que notre œuvre soit sincère pour Son agrément Lui-même Al-Karim – Celui Dont le bien est abondant –, et il n’est de préservation et de force que par Allah Al-^Aliyy – Celui Qui domine Sa création –, Al-^Adhim – Celui Qui a la prééminence sur toute chose importante –.
[1] ‘Ahmad lui a trouvé une chaîne de transmission dans son Mousnad dans différents endroits : 1/23, 24-47-55-56 ainsi que Ibnou Hibban dans son Sahih voir Al-‘Ihsan 8/46.
[2] Mouslim lui a trouvé une chaîne de transmission dans son Sahih : L’introduction : chapitre de l’obligation de rapporter des gens dignes de confiance et de délaisser les menteurs, et la mise en garde contre le mensonge au sujet du Messager de Allah r, At-Tirmidhiyy dans ses Sounan : livre de la science : chapitre de ce qui est parvenu de celui qui rapporte un hadith alors qu’il considère qu’il est faux, et ‘Ibnou Majah dans ses Sounan : l’introduction : chapitre de celui qui parle du Messager de Allah r par un hadith qu’il considère faux.
[3] Al-Boukhariyy lui a trouvé une chaîne de transmission dans son Sahih : livre la science : chapitre le péché de celui qui ment au sujet du Prophète r et livre du comportement : chapitre de celui qui donne pour nom le nom des prophètes, Mouslim dans son Sahih : l’introduction : chapitre de la gravité du mensonge au sujet du Messager de Allah r, Abou Dawoud dans ses Sounan : livre de la science : chapitre de la gravité du mensonge au sujet du Messager de Allah r, At-Tirmidhiyy dans ses Sounan : livre de la science : chapitre de ce qui est parvenu au sujet de la glorification du rang du Messager de Allah r et Ibnou Majah dans ses Sounan : l’introduction : chapitre de la gravité du mensonge au sujet du Messager de Allah r.
[4] Al-Boukhariyy lui a trouvé une chaîne de transmission dans son Sahih : livre du début de la création, chapitre de ce qui est parvenu à propos de Sa parole ta^ala :[وهو الذي يبدأ الخلق ثم يعيده وهو أهون عليه ] ainsi que Al-Bayhaqiyy dans son livre Al-‘Asma‘ou wa s–Sifat 1/364.
[5] Sahih de Ibnou Hibban : livre de la prière : chapitre de l’éveil de nuit, revoir Al-‘Ihsan 4/115.
[6] Fat-hou l-Bari 6/286.
[7] Al-Hawi li l-Fatawa 1/325.
[8] Al-Moughir ^ala l-‘Ahadithi l-Mawdou^ati fi l-Jami^i s–Saghir page 4.
[9] Al-Maqasidou l-Haçanah page 520, Kachfou l-Khafa 2/169, ‘Asna l-Matalib page 244.
[10] At-Tadhkirah fi l-‘Ahadithi l-Mouchtaharah page 172, Al-Maqasidou l-Haçanah page 522, Kachfou l-Khafa 2/173, Tanzihou ch-Chari^ah 1/341, Al-‘Asrarou l-Marfou^ah page 178, et ‘Asna l-Matalib page 202.
[11] Al-^Ajlouniyy dans Kachfou l-Khafa 2/178 a jugé que ce hadith est mensonger (mawdou^), ainsi que As–Saghaniyy dans ses Mawdou^at page 52.