Série le Mariage en Islam (12) : Le divorce
Il est important de connaître les jugements du divorce parce qu’il y a de nombreuses personnes desquelles le divorce a lieu, c’est-à-dire ce sont des personnes qui ont divorcé leurs épouses, mais ils ne se rendent pas compte qu’ils les ont divorcées. Ils continuent alors à vivre avec elles mais dans l’interdit, puisque le lien de mariage a été effacé par le divorce.
C’est un devoir que d’apprendre les lois du mariage et du divorce pour celui qui veut se marier. Ce n’est pas parce qu’il dit “moi je vais me marier”, qu’il n’apprend pas les règles du divorce. Du moment qu’il va se marier, il doit apprendre les lois pour le mariage et les lois pour le divorce également.
Quant à celui qui n’avait pas l’intention de se marier, s’il n’apprend pas les règles du mariage et du divorce en islam, il ne commet pas de péché. L’obligation concerne celui qui veut se marier. Si quelqu’un n’envisage pas de se marier, on ne dit pas que c’est un péché s’il n’apprend pas les lois du mariage et les lois du divorce.
Quant à celui qui envisage de se marier, c’est un devoir pour lui d’apprendre comment a lieu le mariage. Qu’est ce qui fait que le mariage est valable selon la loi de l’islam ? Comme il envisage de se marier, il doit au préalable apprendre. Donc, celui qui n’aura pas appris les règles du mariage et qui va se marier sans avoir appris les règles du mariage, il aura désobéi à Allah soubhanahou wata^ala. Pourquoi ? Parce que s’il n’apprend pas les règles du mariage et qu’il se marie sans avoir appris au préalable les règles du mariage, il se peut qu’il vive dans une relation de vie conjugale en croyant qu’il est couvert par les liens du mariage, alors que le contrat n’est pas valable. Il va vivre dans l’interdit. C’est pour cela que c’est important. Celui qui envisage de se marier doit apprendre quelles sont les lois du mariage.
Par ailleurs, si quelqu’un envisage de se marier et qu’il n’apprend pas les lois du divorce, il se peut que pendant son mariage il provienne de lui une parole. Cela peut être une parole par plaisanterie, cela peut être une parole en état de colère de la part du mari. Et il ne sait pas que cette parole va annuler le mariage. Il reste à vivre d’une vie conjugale et il accumule les péchés. Parce que les liens du mariage ont été annulés à cause de cette parole qu’il a dite, peut-être en plaisantant, peut-être par colère, peut-être par ignorance. Donc, il reste dans la désobéissance à Allah, au point que les péchés vont s’accumuler jusqu’à devenir comme des montagnes.
Celui qui envisage de vivre maritalement, c’est un devoir, c’est un préalable pour lui d’apprendre auparavant les lois du mariage, telles que nous l’a enseignées notre prophète Mouhammad et les lois du divorce.
Dans un hadith rapporté par Abou Dawoud le messager ﷺ a dit
إِنَّ أَبْغَضُ الْحَلَالِ عِنْدَ اللهِ الطَّلَاقُ
Ce qui signifie : « La chose licite que Allah agrée le moins, c’est le divorce. »
Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que le divorce, dans la plupart des cas, est déconseillé. Il n’y a pas de bien dans le divorce. Il vaut mieux délaisser le divorce.
Dans l’école chafi^ites, si quelqu’un prononce le divorce avec son épouse, sans qu’il n’y ait de raisons légales, c’est quelque chose de déconseillé. Ce n’est pas interdit, mais c’est déconseillé c’est-à-dire qu’il ne se charge pas d’un péché, mais le fait de délaisser cela vaut mieux. Il vaut mieux qu’il délaisse cela.
Mais la femme qui ne fait pas la prière, divorcer d’une telle femme est sounnah. Cela procure des récompenses. Si un homme divorce de sa femme parce qu’elle ne fait pas la prière, il gagne des récompenses. Et dans l’école de l’imam Ahmad, que Allah l’agrée, il a dit que si le divorce a lieu sans raison légale, sans raison valable selon la loi de l’islam, alors ce divorce là est interdit. Que signifie qu’il est interdit ? Cela veut dire que l’homme qui l’a prononcé aura commis un péché. Mais malgré son interdiction, ce divorce est effectif -il a lieu-.
Le divorce est de deux catégories : il y a le divorce sarih -صريح | explicite- et il y a le divorce kinayah -كناية | implicite-.
Le divorce explicite
Quand est-ce qu’on parle de divorce explicite ?
C’est le divroce qui ne requiert pas d’intention, c’est-à-dire que si l’homme dit cette parole, on ne cherche pas s’il avait l’intention de divorcer ou pas. Cette parole, quelle que soit l’intention de l’homme, est considérée comme une parole de divorce.
Le divorce explicite : c’est l’expression de divorce qui implique et qui signifie de manière explicite le divorce. Le divorce a lieu par une telle parole, qu’il ait l’intention de divorcer ou qu’il n’ait pas l’intention de divorcer.
Comment avons-nous su que le divorce peut-être explicite ? Nous avons su que le divorce peut être explicite car il a été souvent mentionné dans le Qour’an et c’est quelque chose de connu dans le sens du divorce.
Il s’agit de 5 termes en arabe qui ont pour sens explicitement le divorce. Il y a le terme at-talaq. C’est un des 5 termes qui sont de manière explicite le divorce.
Le terme at–talaq | الطَّلَاقُ
Le mot talaq a été mentionné dans plusieurs versets du Qour’an, entre autres, sourat Al-Baqara verset 229 :
الطَّلَاقُ مَرَّتَانِ / الأية
Ce qui signifie : “Le divorce après lequel une reprise en mariage est possible est de deux fois.”
Cela veut dire que l’homme peut divorcer une femme une première fois et la reprendre en mariage sans nouveau contrat. Il peut la divorcer une deuxième fois, il peut la reprendre en mariage sans nouveau contrat, c’est-à-dire pendant la période d’attente post-maritale –al-^iddah | العدّ-. Mais la troisième fois, il ne peut pas la reprendre en mariage. Le divorce après lequel il y a reprise en mariage possible est de deux fois. Ça, c’est le verset 229 de sourat Al-Baqarah.
Le verset précédent, 228 de sourat Al-Baqarah :
وَالْمُطَلَّقَاتُ يَتَرَبَّصْنَ بِأَنْفُسِهِنَّ ثَلَاثَةَ قُرُوءٍ / الأية
Ce qui signifie : “Celles qui ont été divorcées attendent avant de pouvoir se remarier 3 périodes.”
Justement, c’est la force de la langue arabe, “القُرُوء”a un sens et le sens contraire. Le mot “القُرُوء”peut avoir le sens de la période des menstrues et le mot “القُرُوء” peut aussi avoir le sens de la période de pureté. Ici, ce sont trois périodes intermenstruelles, trois périodes de pureté.
C’est ça la période d’attente d’une femme après avoir éte divorcée, si c’est une femme qui peut avoir des menstrues. Pour les autres cas, on les verra إن شاء الله.
Le verset 237 de sourat Al-Baqara :
وَإِنْ طَلَّقْتُمُوهُنَّ مِنْ قَبْلِ أَنْ تَمَسُّوهُنَّ وَقَدْ فَرَضْتُمْ لَهُنَّ فَرِيضَةً / الأية
Ce qui signifie : “Si vous les avez divorcés avant d’avoir consommé et que vous leur aviez déjà promis une dot.”
Enfin, le verset 1 de sourat At-talaq. Il y a une sourat qui porte ce nom, sourat At-talaq, la sourat du divorce.
Allah dit :
يَا أَيُّهَا النَّبِيُّ إِذَا طَلَّقْتُمُ النِّسَاءَ / الأية
Ce qui signifie : “Ô vous le prophète lorsque vous divorcez les femmes.”
Ici, pourquoi on cite ces versets car dans ces versets il y a la mention du terme at-talaq en arabe, qui veut dire le divorce. C’est juste pour citer que parmi les 5 termes indiquent un divorce de manière explicite, il y a le mot at–talaq.
Les termes al-firaq et as-sarah | الفراق و السراح
Il y a les mots al-firaq et sarah qui sont parvenus dans la loi et ont été souvent mentionnés dans le Qour’an dans le sens du divorce, dans le sens de at–talaq.
Dans sourat At-talaq verset 2 :
أَوْ فَارِقُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ / الأية
Ce qui signifie : “Ou quittez-les mais dans de bonnes conditions.”
Il y a le mot firaq ici, le fait de séparer ou quitter. C’est ça le sens de firaq ici, c’est-à-dire séparation. C’est une première preuve dans le Qour’an du mot al-firaq.
Sourat An-Nisa’ verset 130 :
وَإِنْ يَتَفَرَّقَا يُغْنِ اللَّهُ كُلًّا مِنْ سَعَتِهِ / الأية
Ce qui signifie : “S’ils se séparent, chacun Allah ta^ala lui accorde de ses grâces.”
Là aussi al-firaq c’est dans le sens de la séparation.
Sourat Al-Ahzab verset 49 :
وَسَرِّحُوهُنَّ سَرَاحًا جَمِيلً / الأية
Ce qui signifie : “Libérez-les d’une belle libération.”
As-sarah ici c’est libération.
Et dans sourat Al-Ahzab verset 28
فَتَعَالَيْنَ أُمَتِّعْكُنَّ وَأُسَرِّحْكُنَّ / الأية
Ce qui signifie : “Je vous donne la mout^a et je vous donne le sarah -la séparation-.”
Et lorsque le prophète a été interrogé à propos du 3e divorce, il a cité le verset 229 de sourat Al-Baqara
أَوْ تَسْرِيحٌ بِإِحْسَانٍ / الأية
Qui signifie : “Ou une libération dans de bonnes conditions.”
[Rapporté par Ad-Daraqoutniyy]
Le terme al-khoul^ et ce qui est offert pour le khoul^ | الخلع و المفاداة من الخلع
Troisième mot : Al-khoul^ et ce qui est offert pour le khoul^. Comme s’il lui dit “libère-toi du mariage pour tel montant.”. Et elle dit “je me libère par cette contrepartie là.”
Selon certains, c’est considéré comme un divorce explicite. On a vu que le khoul^ est une séparation moyennant une contrepartie. Il lui dit “si tu veux te libérer du mariage, offre tel montant et tu es libérée” et elle répond “j’accepte, je me libère pour ce montant”. On a vu dans les cours précédents que le khoul^ est une séparation moyennant contrepartie. Par exemple, il lui dit “libère toi du mariage pour 1000€” et elle lui dit “oui, je me libère du mariage pour 1000€”. Donc là, selon certains, c’est un divorce.
Le terme na^am | نعم
Quatrième mot : c’est la réponse “oui” à la question s’il divorce maintenant son épouse.
Si on lui demande : “tu la divorce maintenant ?” et qu’il dit “Oui”, alors c’est compté comme les 4 paroles précédentes.
Mais si quelqu’un répond “oui” à la question “Est-ce que tu as divorcé ta femme ?” : S’il répond “oui”, cela n’est pas compté comme un nouveau divorce. C’est une information d’un événement qui s’est produit dans le passé. Donc, on ne peut pas dire qu’il est en train de prononcer un second divorce.
Si quelqu’un répond “oui”, mais on n’a pas su. Est-ce que quand il a dit “Oui”, ça veut dire “oui je l’ai divorcée” ou bien “Oui je la divorce”. Si on n’a pas su, alors on considère qu’il a dit “oui je l’ai divorcée”, c’est-à-dire par le passé, sauf si lui-même dit “non, je visais que je la divorce maintenant encore.”
Tout ce que nous sommes en train de voir ici, c’est par rapport au divorce explicite -صريح | sarih-.
Le divorce non explicite
Le talaq non explicite, n’est considéré comme un divorce que s’il y a l’intention. Quand le divorce est avec un de ses termes explicite, l’intention n’est pas prise en compte. Mais si le divorce est non explicite, alors il est compté comme divorce, uniquement si celui qui a dit la parole non explicite avait l’intention de divorcer.
Ce qui n’est pas explicite, c’est un terme qui a plusieurs sens. Comme s’il lui dit “tu es khaliyyah”, c’est-à-dire “tu es libérée de moi” ou bien “bariyyah”, c’est-à-dire “tu n’as plus droit à la charge d’un mari sur toi”. Or, une femme n’a plus le droit à la charge de son mari que si elle est divorcée. Ou il lui dit “tu es ba’in”, c’est-à-dire “séparée”. C’est aussi un divorce non explicite. Ou il dit “tu es battatoun”, c’est-à-dire “tu es coupée”, “batta” c’est définitif, “batt” c’est-à-dire “tu n’es plus liée”. Ou il lui dit “tu es batlah”, qui veut dire “sans mari, tu n’es pas liée à un mari”.
Justement Maryam, la mère de ^Iça عليه السلام, a été surnommée al-batoul car elle n’est pas liée à des hommes.
Ou s’il dit “i^taddi” c’est-à-dire “Prépare-toi pour la période d’attente post-maritale.” Cela indique la séparation. Dans ce cas là, on l’interroge, on lui dit “est-ce que tu as voulu divorcer quand tu lui dit » prépare-toi pour la période d’attente ou tu n’as pas ?”.”
S’il dit “oui, j’ai voulu le divorce”, alors c’est compté comme un divorce. Les savants ont détaillé ces termes qui ne sont pas explicites.
De même, s’il dit à sa femme “sors”. Ça, c’est une parole non explicite. Donc, s’il dit à sa femme “sors de la maison”, là on l’interroge : est-ce que s’il a voulu par “sors de la maison” le divorce, alors c’est compté comme un divorce. S’il n’avait pas visé le divorce, alors ce n’est pas compté comme un divorce.
Ou s’il lui dit : “couvre-toi” ou “je n’ai plus besoin de toi” ou “débrouille toi” ou “salam à toi”. Ces termes admettent le divorce et autre que le divorce et ce sont des possibilités proches.
Toutes ces expressions sont des expressions non explicites. Elles admettent le sens du divorce et elles admettent un sens qui n’est pas le divorce. Ca n’est pas compté comme un divorce, sauf si celui qui les a dit avait l’intention de divorcer.
Quand il lui dit “salam à toi”. Cela admet qu’il est juste en train de la saluer, il lui passe le salam et cela admet aussi “moi je ne veux plus de toi”, c’est-à-dire, tu peux partir.
Si quelqu’un a utilisé une expression explicite de divorce, alors le divorce a lieu qu’il ait eu l’intention de divorcer ou qu’il n’ait pas eu l’intention de divorcer. Même s’il dit, “mais moi je plaisantais”, cela est compté comme un divorce. Même s’il dit “moi j’étais en colère”, cela est compté comme un divorce.
Et s’il a utilisé une expression autre qu’une expression explicite comme s’il dit “va t’en” ou “je ne veux plus de toi”, ce n’est pas une expression explicite. Cela est compté comme un divorce, si lui avait l’intention de divorcer et que l’intention était présente avec le début de la parole qu’il dit. Quand il commence à dire cette parole, il avait l’intention de divorcer. Ce n’est pas qu’il voulait juste qu’elle sorte de la maison et au milieu de la parole, il s’est dit “tiens je vais la divorcer”. Non.
Le divorce peut être triple et il peut être triple prononcé en une seule fois, ou il peut être triple lorsqu’il est prononcé en plusieurs fois. Il arrive qu’un divorce soit triple et prononcé une seule fois et il arrive que le divorce soit triple mais prononcé en plusieurs fois.
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : le divorce, s’il est triple, mais prononcé en une seule fois ou en étant séparé. Comme s’il a dit par exemple “tu es divorcée” et il avait l’intention que ce soit un divorce triple. Alors, la femme ne lui est pas licite, jusqu’à ce que cette femme épouse quelqu’un d’autre, après une période d’attente post-maritale, suite à ce premier mari et une période d’attente post-maritale suite au deuxième. Le premier ne pourra l’épouser à nouveau qu’après qu’elle ait fini sa période d’attente post-maritale avec lui, qu’elle se marie avec un autre homme qui consomme le contrat de mariage, qu’il veuille la divorcer et que la période d’attente post-maritale avec ce second s’achève. C’est après cela que le premier peut à nouveau faire un contrat de mariage avec elle. Celui qui dit à son épouse, tu es divorcée 3 fois, alors elle est divorcée 3 fois.
Si un mari dit à sa femme “tu es divorcée”, “tu es divorcée”, “tu es divorcée”, donc il a répété la phrase 3 fois. Et son intention n’était pas d’insister sur l’unique divorce, alors c’est compté comme un divorce triple. Que veut dire insister sur le premier divorce ? Comme si par exemple une maman s’énerve contre son enfant, elle lui dit “non mange mange mange”. Ça ne veut pas dire mange 3 fois. Elle, elle veut dire pour insister sur cette fois-ci. Si lui n’a pas dit dans le sens d’insister sur le premier, alors c’est compté 3 fois.
Si par contre, il avait l’intention d’insister sur l’unique divorce qui est le premier, c’est-à-dire qu’il a répété une première fois, une deuxième fois, puis une troisième fois pour insister sur le premier. Alors, dans ce cas là, ce n’est pas compté comme un divorce triple. Mais cela est considéré comme un unique divorce.
L’auteur, que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : Le signe que fait un muet est valide. Cela signifie que le signe tient lieu de sa prononciation, pour tous les contrats et les jugements y compris le mariage.
Nous allons donner un exemple qui illustre : il est muet et il entend ou il comprend quand on lui parle. On lui a dit “divorces ta femme” Et il a fait comme ça 3 fois. C’est compté comme un divorce explicite.
Par ailleurs, si le signe que le muet fait est un signe que comprend tout un chacun, alors c’est considéré comme un divorce explicite. Mais si le signe est compris uniquement par ceux qui sont perspicaces, alors c’est considéré comme un divorce non explicite. Il est considéré comme divorce s’il a l’intention de divorcer.
Si c’est quelqu’un qui n’est pas muet, il est capable de parler, et il fait un signe. Par exemple la femme lui a dit “divorce moi” et lui fait un signe de la main, par exemple, “va t’en -avec la main-”, alors ce n’est pas compté comme un divorce. S’il est capable de parler, on ne prend pas en compte ce qu’il fait comme signe.
Si quelqu’un dit à sa femme “je t’ai divorcée” ou “ma femme est divorcée”, cette expression est explicite et ne nécessite pas d’intention. S’il dit une parole qui est explicite, on ne lui demande pas “est-ce que tu avais l’intention de divorcer quand tu as dit cette parole ou tu n’avais pas l’intention de divorcer?”.
Si quelqu’un dit “je divorce ma femme” ou “ma femme est divorcée”, le divorce a lieu, il est effectif. Par contre, s’il s’est dit dans son coeur “ma femme est divorcée”, mais il n’a rien prononcé, alors il n’y a pas de divorce. Ou s’il s’est décidé dans son coeur de divorcer sa femme, puis après cela, il ne l’a pas divorcée, alors le divorce n’a pas lieu. Si il avait l’intention de la divorcer, mais qu’il n’a rien prononcé par sa langue, alors le divorce n’a pas lieu. Et le divorce est effectif, que ce soit en présence de sa femme ou en son absence. Le divorce en présence de son épouse a lieu, comme si en sa présence il lui dit “tu es divorcée”; dans ce cas, le divorce a lieu. Ou si c’est en son absence, il se dit “ma femme est divorcée”, alors le divorce est effectif.
Dans le Qour’an, Allah ta^ala dit ce qui signifie : “Le jour où l’homme va fuir son propre frère, sa propre mère, son propre père, sa compagne et ses enfants, au jour du jugement l’homme va fuir de ceux qui ont un droit sur lui. Si sa mère a un droit sur lui, il va la fuir. Et si son père a un droit sur lui, il va le fuir. Mais s’il n’a pas été injuste envers eux et qu’ils n’avaient pas de droit sur lui, alors, il ne va pas les fuir. Mais si c’était lui qui avait un droit sur eux, alors eux vont le fuir.”
Le jour du jugement est un jour éminent. Les gens aujourd’hui, ils sont amis, ils s’entraident pour la plupart pour les péchés. Rare parmi les musulmans à notre époque ceux qui ne s’entraident pas avec sa famille et autre pour désobéir à Dieu. Très peu sont ceux qui ne s’entraident pas pour la désobéissance et cela ce sont ceux que Dieu agrée. Par contre, ceux qui s’entraident dans le bas monde avec leur famille, ou avec autre que leur famille, pour la désobéissance à Allah, seront des ennemis au jour du jugement.
A partir de maintenant, que l’homme réfléchisse. La mère réfléchit, le père réfléchit, le frère réfléchit à propos de l’au-delà, afin qu’ils ne regrettent pas au jour du jugement.
Pourquoi ? Pour qu’ils ne le regrettent pas au jour du jugement. Pour ne pas qu’ils se disent “pourquoi j’ai aidé untel?”, “pourquoi j’ai aidé mon fils pour commettre la désobéissance?”. Ils se disent, pourquoi j’ai aidé mon fils pour la désobéissance à Dieu et le mal, mais arriver avant même que vous le regrettiez. Avant de regretter, au jour du jugement, que les gens fassent le repentir. Avant de regretter, à partir de maintenant que les gens pensent de l’au-delà. Qu’ils cessent d’aider leur fils, qu’ils cessent d’aider leur frère, qu’ils cessent d’aider leurs sœurs et autres proches parents, qu’ils cessent de les aider sur la désobéissance à Dieu.
Pour cela, dès lors que la personne veut se marier, elle devra apprendre les lois du mariage et les lois du divorce en une seule fois. Parce qu’il se peut qu’ils se marient juste après avoir appris les conditions du mariage. Puis, pour soi-disant plaisanter avec son épouse, il lui dit “tu es divorcée”. Mais lui ne considère pas cela comme un divorce. Il ne considère pas qu’il l’a divorcée, il continue à vivre maritalement avec elle, dans l’interdit. Et il est mené à sa propre perte.
Beaucoup de gens ignorent cela -ils ignorent que le divorce a lieu même si c’est par plaisanterie-. Ils prononcent la parole de divorce, puis ils continuent de vivre avec leurs épouses, alors qu’ils ont prononcé un divorce triple en une seule fois. Ils pensent que c’est un seul divorce, alors qu’ils ont prononcé un divorce triple. Ils croient qu’il leur est possible de reprendre leurs femmes avant que ne s’écoule une période d’attente post-maritale. Ils pensent que c’est possible sans nouveau contrat de mariage. Ils pensent qu’après l’écoulement de la période d’attente post-maritale, ils leur suffit juste de renouveler le contrat, alors qu’ils ont divorcé 3 fois. Ils continuent à vivre avec leurs épouses dans l’interdit.
Il n’y a pas de différence entre le divorce, entre le fait qu’il soit dépourvu de condition -non conditionné- et le fait que ce soit un divorce conditionné par l’arrivée de quelque chose. Dire qu’un divorce n’est pas conditionné, c’est par exemple qu’il dit “mon épouse est divorcée” ou il dit “tu es divorcée” à son épouse. Et donc le divorce qui dépend de quelque chose, c’est-à-dire, qu’il fait dépendre le divorce par l’arrivée d’un événement. S’il dit “tu es divorcée” si tu entre chez untel, ou il dit “tu es divorcée si tu fais telle chose”, si elle est allée chez untel ou qu’elle a fait telle chose, alors le divorce est effectif. Ceci est un divorce conditionné. S’il dit à sa femme “si tu vas chez unetelle tu es divorcée 3 fois et qu’elle va chez unetelle”, c’est compté comme étant un divorce triple. La femme devient interdite en mariage pour lui, il ne pourra l’épouser que si elle se marie avec un autre homme que lui.
Il n’est pas permis d’annuler le jugement du divorce triple. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de divorce triple.
Il n’y a pas de considération à accorder à Ahmad Ibnou Taymiyah, par un avis par lequel il a contredit l’unanimité. Il a prétendu que le divorce conditionné, il n’a pas lieu si la personne expie ce qu’elle a dit. Il a considéré le divorce conditionné comme celui qui jure de faire une chose et ne la fait pas. Donc, il a dit “jusqu’à ce qu’il expie ce qu’il a juré”.
Il a prétendu que celui qui divorce par 3 fois peut reprendre son épouse et il ne devra que donner la kaffarah de celui qui a juré qu’il n’a pas tenu sa parole -kaffaratoul yamin-.
Comme quelqu’un qui a juré et qu’il n’a pas tenu parole. Il y a un choix entre 3 choses. S’il ne peut aucune des 3, il passe à la deuxième.
Ces 3 choses sont :
- l’affranchissement d’un esclave,
- nourrit 10 pauvres
- donne de quoi s’habiller à 10 pauvres.
S’il ne peut aucune des trois, on passe à la deuxième qui est de jeûner 3 jours.
Ibnou Taymiyah a dit c’est comme celui qui a juré et n’a pas tenu sa parole. Cet avis de Ibnou Taymiyah est contraire à l’unanimité des savants. Qui a rapporté l’unanimité à ce sujet ? C’est le faqih, le mouhaddith, le hafidh, digne de confiance, l’illustre Mouhammad fils de Nasr Al-Marwaziyy et un certain nombre d’autres que lui.
Ibnou Taymiyah a dit que le divorce n’a pas lieu si ce de quoi il dépendait s’est réalisé.
Il a dit : il devra simplement donner une expiation comme s’il avait juré et qu’il n’a pas tenu sa parole.Personne avant lui, parmi les musulmans, n’a dit qu’il était suffisant de faire une expiation. Et cet avis qu’il a donné est resté appliqué une longue période. Beaucoup d’ignorants l’ont suivi en cela. Et la situation s’est aggravée.
Il a été rapporté qu’il y a eu un grand nombre de personnes parmi les gens du commun qui l’ont suivi en cela.
Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-Baqarah versets 187 à 213
Verset 187 : au début, concernant le jeûne, lorsque le soleil se couchait, il était permis à l’homme qui faisait le jeûne de manger, de boire et d’avoir un rapport. C’était permis jusqu’à ce qu’il fasse la deuxième prière de la nuit (la prière de al-^ichaa’) et après cela, il ne pouvait plus ni boire, ni manger ni avoir de rapport jusqu’à la nuit suivante. Et il est arrivé que ^Oumar que Dieu l’agrée, a eu un rapport avec son épouse après la prière de ^ichaa’. Quand il a fait le ghousl, il s’est mis à pleurer et à se blâmer. Il est allé voir le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam et l’a informé de ce qu’il avait fait. Le Prophète lui a dit : « tu n’aurais pas dû faire cela ». Et c’est ainsi qu’a été révélé le verset 187 qui a abrogé ce qui était auparavant. C’est-à-dire lorsque c’est la nuit du jeûne et après la prière de ^ichaa’, il vous est permis d’avoir un rapport avec vos femmes.
Le mot « rafth » a été utilisé pour indiquer le fait d’avoir un rapport avec son épouse et ce terme n’est pas aussi beau qu’un autre terme. C’était pour leur expliquer que ce qu’ils considéraient comme quelque chose de mauvais, le fait de boire, ou manger ou avoir un rapport, après s’être endormis, même si c’était encore la nuit, cette chose était licite à présent. S’ils voulaient manger ou boire ou avoir un rapport, c’était avant de dormir. Puis ce jugement a été abrogé.
Elles sont comme un vêtement pour vous et vous êtes comme un vêtement pour elles. Quand l’homme et la femme se serrent l’un contre l’autre, l’un est comme un vêtement pour l’autre. Le vêtement, quand on le porte, il colle à la poitrine, au cou, au ventre. Et il a été dit que le mot « vêtement » ici est au sens figuré parce que, de la même façon qu’un vêtement te cache, le fait d’avoir un rapport avec son épouse empêche de tomber dans l’interdit. C’est quelque chose qui protège de l’interdit. Et c’est une explication de ce qui vient avant. S’il y a entre vos épouses et vous ce contact, alors vous allez peu patienter avec elles et c’est difficile pour vous de les éviter. C’est pour cela que Dieu vous a autorisé d’avoir un rapport avec elles la nuit qui précède le jeûne.
Allaah sait que vous avez été injustes envers vous-mêmes, vous avez trahi : c’est pour montrer la gravité de ce qui a été fait.
Allaah a accepté votre repentir ; le fait que vous ayez regretté de faire ce que Dieu vous avait interdit.
Et Il vous a excusé ce que vous avez fait avant d’avoir reçu l’autorisation.
Maintenant vous pouvez avoir un rapport avec elles. C’est-à-dire la nuit qui précède le jeûne. Ici c’est à l’impératif pour indiquer l’autorisation et non pas l’ordre de faire cela. Le verbe est « baachirouuhounna » : « baachara » a la même racine que « al-bacharah » qui signifie la peau. Baachara signifie « ayez un rapport avec vos femmes la nuit qui précède le jeûne ». Et c’est un ordre qui indique le caractère autorisé. Et le rapport a été appelé « moubaacharah » parce que les peaux du mari et de la femme se collent. Et le mot « moubaacharah » peut avoir le sens de se serrer l’un contre l’autre.
Notre chaykh a dit : un de ces docteurs qui prétendent avoir appris alors qu’ils n’ont pas appris a expliqué le Hadiith de ^Aa’ichah qui disait : « le messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam me serrait contre lui peau contre peau, alors qu’il faisait le jeûne ». Et elle a utilisé le terme « baachara ». Ceci pour enseigner aux gens ce qu’il est licite de faire ou pas : et ce n’est pas un manque de pudeur. Mais cet homme ignorant a expliqué ce terme par un rapport : comme si le Prophète, alors qu’il faisait le jeûne, aurait eu un rapport avec ^Aa’ichah. Et c’est interdit de faire cela. Et cela, parce que cet homme n’a pas su quel était le sens de « moubaacharah ». Cela est la caractéristique de celui qui n’apprend pas la science.
Et recherchez ce que Dieu vous a destiné. C’est-à-dire « ayez un rapport avec vos femmes pour rechercher ce que Dieu vous a prédestiné et ce qu’Il a confirmé dans la Table Préservée, c’est-à-dire l’enfant que vous pourrez avoir suite à ce rapport. C’est-à-dire « ne faites pas le rapport uniquement pour assouvir le désir mais pour rechercher ce pour quoi Dieu a autorisé le mariage, à savoir de vous reproduire, pour que vous ayez une descendance ».
Ou une autre explication : quand vous faites le rapport, faites-le dans l’endroit que Dieu vous a autorisé et pas dans un autre endroit. Ne faites pas la sodomie.
Et vous pouvez manger et boire jusqu’à ce que le trait blanc vous apparaisse. Dès que l’aube apparait, c’est comme un fil blanc c’est-à-dire un trait transversal qui apparait à l’horizon est. Jusqu’à ce que vous puissiez faire la distinction entre le trait blanc et le trait noir. Le trait noir indique la nuit et le trait blanc indique l’aube. Ici l’auteur a juste expliqué le trait blanc de l’aube, il n’a pas dit le trait noir de quoi, parce qu’il suffit d’expliquer l’un des deux et l’autre est déduit. Autre explication : il y a le mot « min » qui signifie « parmi » ou « de » : c’est pour dire que c’est un trait blanc qui est une partie de l’aube et l’aube va s’élargir encore plus. Il va expliquer la construction de la phrase dans la langue : s’il s’était limité au trait blanc, ça serait juste un sens figuré. Car en réalité ce n’est pas un trait blanc mais il s’agit d’une lueur blanche. La blancheur que l’on voit est fine et longue comme un trait. Du fait qu’il est rajouté « min al-fajr », ça devient une comparaison.
Un compagnon qui s’appelle ^Adiil fils de Haatim a dit : « j’ai pris deux cordes avec lesquelles on attache le chameau (un fil épais) une blanche et une noire et je les ai mises sur mon oreiller et j’ai essayé de distinguer entre les deux mais je ne voyais pas de différence car c’était la nuit. J’en ai parlé au Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam qui m’a dit : « tu es quelqu’un de naïf. Ce qui est cité dans le verset ce n’est pas que tu prennes un fil blanc et un fil noir mais il s’agit de la blancheur de l’aube et de la noirceur de la nuit. »
Poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. C’est-à-dire qu’une fois que l’aube s’est levée, poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. Cela signifie : tout d’abord, cessez ces choses-là, que vous pouviez faire la nuit. Maintenant que l’aube est arrivée, vous devez ne plus les faire. An-Naçafiyy est hanafite, il va donc déduire certains jugements selon l’école de jurisprudence hanafite. Il a dit que ceci est une preuve qu’on peut mettre l’intention dans la journée pour jeûner ramaDaan : si quelqu’un n’a pas mis l’intention de jeûner pendant la nuit, il peut la mettre après l’aube.
Deuxièmement : cela veut dire qu’il est permis de retarder le ghousl jusqu’à l’aube.
Troisièmement : c’est interdit d’enchaîner deux jours de jeûne consécutivement.
Quatrièmement : celui qui a mangé ou bu se charge d’une expiation.
Le fait d’être jounoub n’empêche pas la validité du jeûne.
Et n’ayez pas de rapport avec elles lorsque vous êtes en i^tikaaf dans la mosquée. Al-i^tikaaf est un acte d’adoration qui consiste, une fois qu’on se trouve dans la mosquée, à mettre l’intention de rester dans cette mosquée pendant un certain temps, même s’il est très court : cela fait gagner des récompenses. Et il est recommandé de faire al-i^tikaaf les dix dernières nuits de ramaDaan. Ce verset est une preuve que l’i^tikaaf ne peut avoir lieu que dans une mosquée.
Ces jugements qui vous ont été indiqués sont des limites que Dieu a fixées, c’est-à-dire que ce sont des jugements bien précis que Dieu vous a prescrits.
Ne vous en rapprochez pas, c’est-à-dire ne contredisez pas ce que Dieu vous a ordonné et ne modifiez pas ce que Dieu vous a ordonné. Donc ne vous rapprochez pas de ces limites que ce soit en les modifiant ou en les contredisant.
Ainsi Allaah indique Sa Loi pour des gens, puissent-ils éviter les interdits. C’est ainsi que Dieu indique aux gens Ses jugements, puissent-ils se préserver des péchés.
Verset 188 : ne consommez pas vos biens les uns les autres injustement. C’est-à-dire : ne prenez pas vos biens les uns les autres d’une manière que Dieu n’a pas rendu licite.
Et ne vous en remettez pas systématiquement aux juges. N’agissez pas de façon à ce que vous deviez passer devant un tribunal
Ne prenez pas les biens des gens en vous appuyant sur un jugement basé sur un faux témoignage. Ce verset interdit d’agir ainsi, d’aller consulter un juge pour prendre les biens des gens, en s’appuyant sur un faux témoignage ou bien en s’appuyant sur des gens qui jurent mensongèrement ou bien pour obtenir un règlement à l’amiable, alors que celui en faveur de qui le jugement a été prononcé est un injuste.
Le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit à deux personnes qui étaient venues se plaindre à lui et qui demandaient son arbitrage, il leur a dit ce qui signifie : « je ne suis qu’un humain et vous êtes en train de m’exposer votre différend et il se peut que l’un d’entre vous maquille sa preuve et que je prononce la sentence en sa faveur, conformément à ce que j’ai entendu de lui. Celui en faveur de qui j’ai émis un jugement (de prélever du bien de son frère), alors qu’il ne prenne rien de ce que j’ai jugé ». Parce qu’en réalité, c’est du feu qu’il est en train de manger. Si le Prophète juge en faveur de quelqu’un mais qu’en réalité, ce n’est pas son droit, qu’il ne prenne rien du tout, parce que c’est comme s’il lui donnait un bout de feu. Rapporté par Abouu Daawouud et Ad-DaraaQoutniyy. C’est alors que tous les deux se sont mis à pleurer et chacun des deux a dit : le droit que j’ai, je te le concède, mon frère. Il se peut que l’un des deux soit plus apte à développer un argument que l’autre. Il a été dit que le sens du verset est : vous donnez une partie de vos biens au juge pour le soudoyer, pour qu’il prononce le jugement en votre faveur.
Alors que vous le savez. Vous savez que vous êtes dans le faux. An-Naçafiyy a dit que commettre un péché tout en sachant que c’est un péché, c’est un acte plus laid encore, que celui qui commet un péché alors qu’il ne savait pas que c’était un péché. Le premier mérite plus d’être blâmé que le second, même si celui-ci se devait d’apprendre le jugement.
Mou^aadh ibnou Jabal a posé la question au prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam : « ô messager d’Allaah, pourquoi donc le croissant de lune est tout fin, comme un fil, puis il augmente en taille jusqu’à devenir la pleine lune, puis il va diminuer à nouveau jusqu’à devenir comme un fil ? Pourquoi ce n’est pas comme le soleil ? » Il n’y a pas de croissant de soleil. C’est ainsi que la parole d’Allah a été révélée, qui signifie :
Verset 189 : Ils t’interrogent à propos des croissants lunaires. Il a été appelé « hilaal » c’est-à-dire « croissant » parce que les gens lèvent la voix (du verbe hallala) quand ils le voient.
Sache que c’est un moyen de détermination des temps pour les gens et pour faire le pèlerinage. C’est-à-dire que c’est un des signes par lequel les gens comptent le temps pour leurs plantations, pour leur commerce, pour les dates d’échéance de leurs dettes, pour leurs jeûnes, la période d’attente post-maritale de leur femme, les périodes des menstrues des femmes, la période de la grossesse, les temps importants du pèlerinage et ainsi de suite.
Certains partisans de Médine, quand ils entraient en rituel de pèlerinage ou de ^oumrah, aucun d’entre eux n’entrait dans un champ ni dans une maison ni dans une ferme, par la porte. Si c’est quelqu’un qui était de la campagne, il faisait un trou dans une partie de sa maison pour rentrer et sortir. Et si c’était quelqu’un qui habitait dans des tentes faites habituellement à partir de la laine de chameau, il sortait et entrait par derrière et non plus par devant. Alors a été révélé la suite du verset :
Ce n’est pas le plus important que vous évitiez d’entrer par la porte mais ce qui compte, c’est la bienfaisance de quelqu’un qui craint Dieu et qui évite ce que Dieu a interdit.
C’est comme si la réponse était à propos des croissants indiquant le début des mois lunaires. Quelle était la sagesse qu’au début du mois, le croissant est tout fin et qu’au milieu du mois, c’est la pleine lune ? Alors que le soleil a toujours la même taille tout le long du mois ? Il est connu que tout ce que Dieu fait est selon une sagesse. C’est comme s’il leur dit : sachez que tout est selon une sagesse et laissez la question à propos de ce sujet. Regardez : vous, vous faites une chose qui est dépourvue de sagesse et vous pensiez que c’est quelque chose de bien. C’est cela le lien avec les versets qui ont précédé.
Il se peut que ce verset soit au titre de l’istiTraaD puisqu’il s’agit des versets indiquant le temps du pèlerinage. Les mois lunaires indiquent des temps et le pèlerinage est à faire à certains moments des mois parce que c’était parmi leurs actes de faire le pèlerinage. Et l’istiTraaD est une figure de style utilisée par les savants hors de son contexte parce qu’il y a un élément qui permet d’introduire ce sujet. (En français, alors qu’on parle d’un sujet, on cite une parole qui, en apparence, n’a pas de lien direct avec ce dont on parle, alors on dit pour l’introduire « entre parenthèses » puis on revient au premier sujet).
Il se peut aussi que ce soit là juste un exemple qu’il donne à propos de leur question sur le croissant lunaire. C’est comme celui qui laisse la porte d’entrée principale de sa maison et il rentre par une porte dérobée. Ce qu’il convient de faire, ce n’est pas de poser des questions inutiles mais la bienfaisance et la bienséance consiste à se préserver de poser pareille question.
Et entrez dans les maisons par leur porte principale. C’est-à-dire : traitez les sujets de la manière par laquelle il faut les traiter et ne les traitez pas à l’envers.
Ou alors : vous devez avoir pour certitude et pour croyance que tout ce que Dieu fait est selon une sagesse et que cela est correct, sans qu’il ne parvienne un quelconque doute ou une confusion ou objection, afin de ne pas poser de question à ce sujet, en raison de ce que la question peut sous-entendre de remise en cause suite au doute. Tout comme Dieu dit dans le Qour’aan ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait alors qu’eux, le seront ».
Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu : dans ce qu’Il vous a ordonné de faire et ce qu’Il vous a interdit de faire.
Puissiez-vous réussir : afin de gagner la félicité éternelle.
Verset 190 : et combattez dans la voie que Dieu agrée : le combat dans la voie que Dieu agrée, c’est pour élever la parole de Dieu et pour donner la gloire à la religion.
Ceux qui vous combattent : c’est-à-dire ceux qui se mesurent à vous et pas ceux qui se sont repliés sur eux-mêmes
Et ce verset a été abrogé par un autre verset qui signifie : et combattez les associateurs dans leur totalité.
Et il a été dit que c’était le premier verset à avoir été révélé à propos du combat et le Messager d’Allaah Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam combattait ceux qui combattaient et n’attaquait pas ceux qui ne combattaient pas.
An -Naçafiyy a dit : combattez ceux qui peuvent vous combattre et ne combattez pas ceux qui ne peuvent pas vous combattre comme les vieillards, les enfants et les femmes.
Et ne soyez pas injustes, certes Allaah n’agrée pas ceux qui sont injustes.
Verset 191 : et combattez-les où que vous les trouviez. C’est une autorisation qui vous est donnée de combattre ceux qui vous ont amené à quitter La Mecque.
Et la fitnah est plus grave que l’assassinat. Ce verset, certains se sont trompés pour le comprendre parce que généralement, le mot « fitnah » est utilisé pour indiquer la zizanie, la discorde. Or ce verset ne veut pas dire que semer la discorde est plus grave que de tuer. Ce verset signifie que l’attribution d’un associé à Dieu, c’est-à-dire la mécréance, elle, est plus grave que de tuer. Donc le mot « fitnah » ici, signifie attribuer un associé à Dieu. Ce verset signifie : votre mécréance est plus grave que le fait de tuer, car la mécréance est le plus grand des crimes et le plus laid des crimes selon le jugement de Dieu. Il n’y a pas de crime qui soit plus grave que la mécréance, que ce soit une mécréance par attribution d’un associé à Dieu ou une mécréance sans attribution d’associé à Dieu. Dans les deux cas, la mécréance est le plus grave des crimes et la plus grande des injustices. Cela veut dire que votre mécréance qui est le fait d’attribuer un associé à Dieu est plus grave que ce que vous dénoncez chez les musulmans, à savoir le fait qu’ils aient tué un associateur dans l’enceinte sacrée de La Mecque ; car eux, ils considéraient qu’on ne devait tuer personne dans l’enceinte sacrée de La Mecque. Suite au fait que les musulmans ont tué un associateur dans l’enceinte sacrée de La Mecque, les associateurs se sont mis à dénigrer les musulmans. Et ce verset est une réplique contre eux : donc ici nous avons appris le contexte dans lequel ce verset a été révélé. Mais la règle est de mise, même en dehors de ce contexte et c’est que la mécréance est plus grave que le fait de tuer.
Cet associateur que les musulmans avaient tué s’appelle ^Amr fils de Al-HaDraamiyy. Il avait un frère qui était un très grand compagnon, Al-^Alaa’ fils de Al-HaDraamiyy, il était même un saint parmi les compagnons.
Ne les combattez dans la mosquée Al-Haraam que si eux vous y combattent. C’est-à-dire : ne soyez pas les premiers à déclencher la guerre si c’est à l’intérieur de la mosquée Al-Haraam. Mais s’ils vous attaquent dans cette mosquée, alors combattez-les. Cela veut dire que vous, les croyants, il vous est interdit de combattre dans la mosquée Al-Haraam. Ici la mosquée Al-Haraam ne désigne pas uniquement l’endroit destiné à faire la prière, que ce soit dans ce verset ou dans d’autres versets. Il s’agit en réalité de toute La Mecque : les maisons, les magasins, tout ce qui est au voisinage de la mosquée.
Faites-les sortir de là où ils vous ont fait sortir. C’est-à-dire de La Mecque. Et ce verset a été révélé avant la conquête de La Mecque. Il est une annonce de bonne nouvelle pour les croyants qu’ils allaient conquérir La Mecque. C’est une promesse de la part de Dieu. Et cela a eu lieu la 8ème année de l’hégire. Le Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a réalisé cette conquête effectivement. Et il n’est resté à La Mecque que des musulmans. En effet la mécréance est plus grave que l’assassinat et dans d’autres versets qui signifient : « le fait d’attribuer un associé à Dieu est une grande injustice » et « les mécréants, ce sont eux les injustes » et « la plus grave des injustices est la mécréance ».
Ce verset ne veut pas dire que le simple fait de semer la zizanie entre deux musulmans serait plus grave que de tuer un musulman. Et ceci est très important à comprendre parce que celui qui croit que semer la zizanie entre deux personnes est plus grave que de tuer quelqu’un, il sort de l’islam. Car il aura démenti la Loi de l’islam. En effet, le fait de tuer quelqu’un est le plus grave des péchés après la mécréance. Ainsi le plus grave des péchés est la mécréance parce que Dieu ne le pardonne pas à celui qui en meurt chargé.
Le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « que le bas monde soit détruit est moins grave selon le jugement de Dieu que de tuer un seul musulman ». Rapporté par An-Naçaa’iyy. Ainsi le statut du musulman est respectable car il a accompli le plus important des devoirs qui est de croire en Dieu et en Son Prophète.
Et la cause de la révélation de ce verset est que les associateurs avaient émis une objection, ils avaient blâmé les musulmans parce qu’ils avaient combattu durant les mois Houroum qui sont : dhou l-Qa^dah, dhou l-Hijjah, Al-MouHarram et Rajab. Alors Allaah leur a répliqué par le fait qu’eux, les associateurs, avaient commis la plus grave des injustices qui est la mécréance, du fait qu’ils avaient attribué à Dieu un associé. Or le fait de combattre durant les mois Houroum était interdit. Puis ça a été abrogé selon l’avis de la majorité. Les gens de l’ignorance avaient cette croyance-là. Ils considéraient qu’il était interdit de combattre durant les mois Houroum.
Et il a été donné une autre explication : c’est que l’épreuve qui s’abat sur l’homme, pour laquelle il va être châtié, son châtiment est plus intense que le fait d’être tué.
Le sens apparent de ce verset est que ce jugement est toujours en vigueur, c’est-à-dire qu’il n’a pas été abrogé. Et c’est l’avis de certains imams : il n’est pas permis de commencer à combattre les non croyants à l’intérieur de l’enceinte sacrée de La Mecque, sauf si les non croyants commencent à y combattre les musulmans.
Mais d’autres savants ont dit que ce verset a été abrogé par un verset dans sourate baraa’ah qui s’appelle aussi sourate « at-tawbah ». Ce verset signifie : « combattez les associateurs où que vous les trouviez ». Et sourate Baraa’ah fait partie des dernières sourates qui ont été révélées dans le Qour’aan. Dieu dit ce qui signifie : « dès lors que les mois Houroum se sont écoulés, alors combattez les associateurs où que vous les trouvez ». Beaucoup de savants ont dit à propos de ce verset qu’il a abrogé l’application du jugement présent dans sourate al-baQarah et c’est ce dernier verset qui entre en vigueur. Cela signifie que le jugement de sourate al-baQarah qui empêchait de débuter le combat des non croyants dans la mosquée al-Haraam a été abrogé. Avant c’était interdit puis c’est devenu permis, c’est-à-dire que c’est devenu permis de les y combattre, qu’ils aient commencé ou non à vous y combattre.
S’ils vous y combattent, alors combattez-les-y. C’est-à-dire « dans la mosquée al-Haraam ». An-Naçafiyy est de l’avis des savants qui disent que ce verset n’a pas été abrogé. La mosquée al-Haraam a un jugement spécifique : les musulmans n’ont le droit de combattre les non musulmans dans cette enceinte sacrée que si ceux-ci commencent le combat.
Telle est la rétribution des non-croyants.
Verset 192 : s’ils arrêtent : s’ils cessent leur mécréance, s’ils cessent leur combat. Allaah est Celui Qui accepte le pardon, Qui pardonne leur injustice passée. S’ils arrêtent d’attribuer un associé à Dieu, s’ils arrêtent de combattre les musulmans et qu’ils deviennent musulmans, alors Allaah pardonne ce qu’ils ont fait auparavant. Allaah est miséricordieux, Il accepte le repentir, Il accepte leur foi.
Verset 193 : combattez-les afin qu’il n’y ait pas de fitnah : ici le mot « fitnah » signifie l’adoration d’autre que Dieu. Il ne s’agit pas de la zizanie.
Et afin que la religion soit vouée uniquement à Dieu. C’est-à-dire exclusivement à Dieu, pour que le chayTaane n’ait aucune part. C’est-à-dire qu’il n’y ait pas autre que Dieu qui soit adoré. Notre chaykh a dit : l’objectif principal est de protéger la religion de l’islam pour les musulmans, pour ne pas que les non musulmans les détournent de l’islam. Et afin de propager la religion agréée par Dieu. Dans le cas où nous n’avons pas la capacité, alors ce n’est pas une obligation pour nous. Mais nous pouvons expliquer et répliquer ; et cela est une obligation pour nous.
S’ils cessent : c’est-à-dire les non-musulmans, les associateurs, alors il n’y a pas d’attaque sauf contre les injustes. S’ils délaissent leur incrédulité, alors vous ne les combattrez pas, parce qu’il n’y a pas d’attaque sauf contre les injustes. Et eux, ils ne sont plus injustes puisqu’ils sont entrés en islam.
Ou alors ne combattez que les injustes, c’est-à-dire ceux qui n’arrêtent pas leur injustice. Il a appelé la rétribution des injustes « dhoulm » c’est une figure de style en arabe qui s’appelle « al-mouchaakalah » : la réponse à une chose est appelée par le même nom, même si elle n’a pas le même jugement. Cela ne veut pas dire « soyez injustes » mais il a utilisé le même terme « adh-dhoulm » parce qu’eux ont fait preuve d’injustice. On utilise le même mot pour une chose et sa réponse.
Les associateurs avaient combattu les musulmans dans l’année de al Houdaybiayh dans un mois sacré qui est dhoul-Qa^dah. Alors il leur a été dit cela quand ils sont partis pour faire la ^oumrah pour le rattrapage. Ce verset signifie « s’ils arrêtent leur mécréance, et s’ils entrent en islam, alors ils ne sont pas combattus. »
Verset 194 : le mois al-Haraam contre le mois al-Haraam : si eux, vous combattent pendant l’un des mois Houroum, alors vous les combattez dans l’un des mois Houroum. Et vous appliquez pour les choses sacrées la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. S’ils vous attaquent, alors vous les attaquez avec la même chose avec laquelle ils vous ont attaqués. Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu quand vous êtes victorieux, dans votre comportement envers celui qui vous a attaqués. C’est-à-dire : ne faites pas avec eux plus que ce qu’il vous est autorisé. Et sachez que Dieu accorde la victoire à ceux qui sont pieux.
Notre chaykh a dit : le soutien, la victoire que Dieu accorde est soit perceptible, physique ou morale. S’ils ont le dessus sur les non musulmans suite à un combat, c’est une victoire matérielle et morale. Mais si ce sont les non musulmans qui ont le dessus sur les musulmans dans la bataille, les croyants sont victorieux dans le sens moral et par le jugement : la victoire est de leur côté parce qu’ils ont une récompense pour avoir combattu et ceux d’entre eux qui ont été tués auront la récompense de martyr. La victoire n’est pas seulement une victoire physique, matérielle. Dieu a promis la victoire aux croyants, c’est-à-dire que, soit ils ont la victoire matérielle et morale, soit ils ont la victoire morale. Donc dans tous les cas, ils sont victorieux. Puis le chaykh cite le récit des gens du puits de Ma^ouun, ils étaient soixante-dix hommes. Ils étaient sur le chemin pour enseigner le Qour’aan à une tribu arabe qui avait demandé au Prophète de leur envoyer des enseignants de Qour’aan. Une tribu adverse les a attaqués et les a tous tués. Moralement, ce sont les 70 qui sont victorieux. Parce que ceux qui les ont tués méritent un châtiment, en plus de leur châtiment pour leur mécréance. Ils seront châtiés pour leur mécréance et ils seront châtiés pour avoir tué des musulmans. Ces 70 étaient des gens de science, on les appelait des récitateurs.
Verset 195 : et dépensez dans la voie que Dieu agrée. Dépensez dans toutes les voies que Dieu agrée. C’est général.
Et ne vous menez pas à votre propre perte : c’est-à-dire ne soyez pas vous-mêmes la cause de votre mort. Notre chaykh a dit que cela signifie : ne laissez pas la gestion de vos biens vous détourner du jihad. Certains partisans de Médine se sont occupés de gérer leurs biens au lieu de rejoindre le reste des musulmans et ils étaient des propriétaires de palmiers. Ils ont occupé leur temps à la gestion de leurs palmiers au lieu de rejoindre les autres musulmans.
Et faites le bien : c’est-à-dire pensez du bien au sujet de Dieu, si vous n’obtenez pas ce que vous avez voulu.
Certes Dieu agrée les bienfaiteurs. C’est-à-dire ceux qui sont bienfaiteurs envers les nécessiteux.
Verset 196 : poursuivez le Hajj et la ^oumrah pour l’agrément de Dieu. Accomplissez le pèlerinage et accomplissez la ^oumrah pour l’agrément de Dieu, c’est-à-dire accomplissez-les parfaitement, c’est-à-dire avec leurs conditions, avec leurs obligations, pour l’agrément de Dieu, sans paresse et sans diminution.
Si vous en avez été empêchés : c’est-à-dire si quelque chose vous en empêche, comme si un ennemi s’interpose entre vous et l’accomplissement du pèlerinage, ou une maladie.
Alors ce qui vous est possible comme sacrifice. C’est-à-dire si vous êtes sur votre chemin vers le ka^bah et vous êtes entrés en rituel pour faire un pèlerinage ou une ^oumrah, mais s’il y a quelque chose qui s’interpose qui vous empêche d’y aller alors vous vous désengagez du rituel avant le temps du désengagement pour faire un sacrifice à Dieu (soit un chameau, soit une vache, soit un mouton).
Et ne vous rasez pas le crâne avant que l’animal que vous voulez offrir à Dieu soit arrivé à l’enceinte sacrée de La Mecque. Cette parole s’adresse à ceux qui ont été empêchés d’arriver à l’enceinte sacrée de Médine ou de La Mecque, après qu’ils soient entrés en rituel. Il leur est dit de ne pas se raser le crâne comme ce serait le cas pour une situation normale , c’est-à-dire qu’ils ne se désengagent pas du rituel avant que l’animal qu’ils ont décidé d’offrir pour Dieu soit arrivé à l’enceinte sacrée. Parce que chez les Hanafites, ce qui est offert pour se désengager du rituel parce qu’on a été empêché d’y parvenir, il faut qu’il soit égorgé dans l’enceinte sacrée de La Mecque. Chez les chaféites, il peut être égorgé même ailleurs.
Si l’un d’entre vous était malade : c’est-à-dire si l’un d’entre vous avait une maladie qui nécessitait qu’il se rase le crâne,
Ou qui a un mal dans sa tête : soit des poux, soit une blessure, il devra alors faire une expiation, (qui consiste en) un jeûne (trois jours de jeûne) ou une aumône (distribuée à six pauvres, à chacun il sera donné la moitié d’un Saa^ de blé, selon les hanafites et chez les chaféites, trois Saa^ de la nourriture de base la plus répandue de la ville, que vont se partager six pauvres). (Le Saa^ équivaut à quatre moudd. Ce sont des unités de volume). Ou bien une brebis.
Si quelqu’un veut faire le tamattou^ : c’est le fait de profiter d’être parti à La Mecque dans la période du pèlerinage, pour faire une ^oumrah avant le pèlerinage. Si on est dans la période des mois du pèlerinage, on peut entrer en rituel du pèlerinage, mais il peut commencer par faire une ^oumrah. Donc quand il fait une ^oumrah dans les mois du pèlerinage, il fait le tamattou^. Il devra égorger ce qu’on égorge le jour de l’^id. Celui qui ne trouve pas quoi égorger, il devra jeûner trois jours dans le temps du pèlerinage. C’est-à-dire dans les mois du pèlerinage, entre son entrée en rituel pour la ^oumrah et son entrée en rituel pour le pèlerinage. Et vous jeûnerez sept jours quand vous aurez fini le pèlerinage. Ce sont là dix jours complets. « Complets » : soit parce que cela équivaut à ce qu’il devait égorger et qu’il n’a pas pu égorger ou bien ça équivaut dans la récompense.
Cette règle (c’est-à-dire l’obligation d’égorger ou de jeûner) est pour celui dont la famille n’est pas dans la mosquée Al-Haraam (il ne fait pas partie de ceux qui habitent dans les limites de La Mecque, c’est-à-dire ceux qui ont les mêmes horaires de lever et de coucher que les gens de La Mecque)
Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu : accomplissez ce que Dieu vous ordonne et évitez ce que Dieu vous interdit. Que ce soit pour le pèlerinage ou autre que le pèlerinage, Dieu nous ordonne de Lui obéir et nous interdit de Lui désobéir. C’est un rappel.
Et sachez que Dieu a un châtiment douloureux pour celui qui Lui désobéit.
Verset 197 : le temps du pèlerinage, ce sont des mois bien définis. Ce sont des mois bien connus chez les gens, c’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose qui peut prêter à confusion. Il s’agit de chawwaal, dhou l-Qa^dah et les neuf premiers jours de dhou l-Hijjah. Quand la nuit qui précède l’^iid s’achève, alors le jalon (c’est-à-dire la limite, la borne) temporel du pèlerinage est raté. Et il y a une borne qui est plutôt physique, et c’est un endroit. On s’engage en rituel du pèlerinage à certains endroits que le Prophète a indiqués. Les gens qui viennent du nord passent par Médine , ils ont une borne à ne pas dépasser avant d’être entrés en rituel. Ceux qui viennent de l’ouest ont une autre borne et ainsi de suite.
La borne temporelle s’achève lorsque la nuit qui précède le jour de l’^iid finit (c’est-à-dire le fajr). Quel est l’intérêt d’indiquer que les actes du pèlerinage ont lieu pendant trois mois ? Cela veut dire qu’aucun acte du pèlerinage n’est valable en-dehors de ces trois mois-là et même l’entrée en rituel, selon l’imam Ach-Chaafi^iyy que Dieu lui fasse miséricorde. Et ils ont été appelés « ach-hour », « mois », même si le dernier n’est pas un mois complet.
Celui qui s’y engage pour faire le pèlerinage. « Y » fait référence à ces trois mois-là. Celui qui s’engage à faire le pèlerinage dans cette période-là.
Il ne fait pas de rapport sexuel ni de fouçouuQ. Le fouçouuQ : certains savants ont dit que c’est le péché, d’autres ont dit que cela veut dire l’insulte envers les musulmans et d’autres ont dit que cela veut dire le fait de donner des surnoms qui indiquent le dénigrement.
Et pas de débat inutile pendant le pèlerinage. C’est le fait de débattre juste pour avoir le dernier mot, sans qu’il n’y ait d’intérêt religieux. Ibnou ^Abbaas a expliqué le mot « jidaal » par le « mira’ » et c’est lorsque quelqu’un débat avec son compagnon, il le dispute jusqu’à le mettre en colère. Parole rapportée par AT-Tabariyy dans son explication. Il a reçu l’ordre de ne pas faire de débats inutiles pour des raisons, parce que cela est comme le fait de porter de la soie quand un homme fait la prière et réciter le Qour’aan pour faire joli mais en rajoutant des lettres.
Après ces différentes interdictions pour interdire le mal, Il enchaîne sur le bien pour utiliser à la place de mauvaises paroles, de belles paroles, à la place du fouçouuQ la bienfaisance et la piété, à la place du débat inutile, le fait d’être concordant et les bons comportements :
Et tout ce que vous faites comme bien, Dieu le sait. Dieu sait le bien que vous faites et Il vous rétribue pour le bien que vous faites. An-Naçafiyy dit que par cette parole, Dieu réfute la parole de celui qui dit que Dieu ignore les détails. Car Dieu dit « tout » ce que vous faites comme bien, c’est-à-dire même les détails. La philosophie fait partie des sciences qui sont interdites. Il y avait un homme qui était moufti en Syrie, il s’appelle AHmad Kaftaarou et il était ignorant. Une fois, il enseignait et disait que l’islam enseigne la philosophie. Son père était quelqu’un de bien et quand il est décédé, les gens ont pensé qu’il était comme son père, alors qu’il était ignorant. Et les gens aujourd’hui sont ainsi, dans l’ignorance. Les gens avaient l’habitude, quand un homme vertueux mourait, de mettre à sa place, son fils, même s’il était encore jeune et même s’il était ignorant. An-Naçafiyy dit que les gens du Yémen avaient pour habitude de ne pas prendre de provisions quand ils allaient faire le pèlerinage. Ils se fiaient à Dieu. Ils se retrouvaient à la charge des gens. Alors Dieu a révélé la suite du verset 197
Alors faites des provisions. C’est-à-dire « faites des provisions et évitez d’aller demander aux gens de vous donner à manger ».
La meilleure des provisions c’est la piété. Le mot « taQwaa » a un sens propre et un sens figuré. Il signifie « se protéger de ». La piété signifie se protéger du châtiment. Et ici cela signifie se protéger de charger les gens de vous donner à manger. Il y a deux explications possibles : une des explications est « veuillez vous protéger de demander aux gens de vous donner à manger et faites donc des provisions pour cela » et l’autre explication est « faites donc des provisions pour le jour du jugement en vous protégeant des choses interdites ». Le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit que ce verset a été révélé à propos des gens du Yémen qui partaient pour le pèlerinage mais ils ne prenaient pas de provisions avec eux. Dieu a révélé ce verset pour leur indiquer ce qui est de leur intérêt. Il leur a indiqué que la meilleure des provisions, c’est la piété. Cela veut dire que prendre des provisions pour le voyage du pèlerinage, c’est un acte de bien parce que cela aide les gens à arriver à La Mecque pour faire le pèlerinage. Mais ce qui est plus important que cela, c’est la piété envers Dieu. Le mot « taQwaa » est un mot qui est global, qui englobe énormément de sens. Il signifie accomplir ce que Dieu a ordonné à Ses esclaves de faire et éviter ce que Dieu a interdit à Ses esclaves de faire. Du point de vue de l’expression orale, le mot « taQwaa » est un mot qui est léger , mais c’est un mot qui est lourd de sens. La piété consiste à accomplir les devoirs et éviter les interdits. Et parmi les devoirs, il y a l’apprentissage de la science de la religion. La voie pour atteindre la piété est la science. Si Dieu veut le bien pour un esclave, Il lui fait apprendre la religion, Il lui accorde la connaissance des sujets de sa religion. Il lui accorde de connaitre ce que Dieu lui a ordonné d’accomplir et de faire et Il lui accorde de connaitre ce qu’Il lui a ordonné d’éviter et qu’Il a interdit. Il n’y a de réussite qu’en connaissant les sujets de la religion. D’abord la croyance parce que c’est la plus prioritaire des obligations, puis les lois pratiques. Parce que la science de la croyance est la meilleure des sciences.
Et faites preuve de piété envers moi : c’est-à-dire craignez Mon châtiment
O vous qui êtes dotés de raison. La tâche qui est la plus importante pour celui qui est sensé, pour celui qui a une raison, c’est la piété envers Dieu. Et celui qui ne fait pas preuve de piété envers Dieu, c’est comme s’il n’a pas de raison.
Verset 198 : il n’y a pas de mal pour vous (c’est-à-dire pendant la saison du pèlerinage) de chercher à obtenir un bénéfice dans un commerce. Même si vous partez au pèlerinage, il n’y a pas de mal pour vous à rechercher à obtenir un gain, soit par le commerce soit par la location. Par exemple, ceux qui sont à La Mecque louent leurs maisons, leurs voitures pour transporter les gens. Il n’y a pas de mal à saisir cette opportunité pour gagner de l’argent de manière licite.
Dès lors que vous quittez ^Arafaat. Le verbe utilisé ici est « ‘afaaDa » qui signifie « déborder » parce que les gens sont nombreux à ^Arafaat. Quand ils sortent, c’est comme si de l’eau déborde. Tellement vous serez nombreux quand vous quitterez ^Arafaat et c’est le nom d’un endroit. Pourquoi cette terre qui se trouve à peu près à une vingtaine de kilomètres de La Mecque a été appelée ainsi ? ^Arafa signifie connaître. Cette terre avait été décrite à Ibraahiim et quand il l’a vue, il l’a reconnue. Et il a été dit que lorsque notre maitre Aadam et son épouse Hawwaa’ sont sortis du paradis, Aadam est arrivé dans une région en Inde qui correspond au Sri Lanka actuel, et l’air y est très bon et il ressemble le plus au paradis. Et Hawwaa’ a été descendue à Jeddah qui est le port qui est à quelques dizaines de kilomètres de La Mecque, sur la mer rouge. Il a été dit qu’ils se sont rencontrés à ^Arafaat et qu’ils se sont reconnus. Ce verset est une preuve que la station à ^Arafaat est un devoir. Parce que le fait de quitter ^Arafaat n’a lieu qu’après y avoir été. Dans les actes du pèlerinage, il y a la station à ^Arafaat.
Evoquez Dieu. En faisant la talbiyyah en disant « labbayka llaahoumma labbayk, labbayka laa chariika laka labbayk, ‘inna l-Hamda wa n-ni^amata laka wa l-moulk, laa chariika lak ». Ceci signifie : « ô Allaah nous répondons à Ton ordre et nous obéissons, obéissance après obéissance, nous ne nous détournons pas de Ton obéissance. La louange T’appartient, la grâce T’appartient, la souveraineté T’appartient, Tu n’as pas d’associé. Et en faisant le tahliil, qui est la parole « laa ‘ilaaha ‘illa -Laah ». Ou le takbiir qui est la parole « Allaahou ‘akbar ». Ou l’éloge de Dieu comme en disant « al-Hamdou lil-Laah » et des invocations, en demandant à Dieu des choses. Ou encore en accomplissant la prière du maghrib et du ^ichaa’. Quand vous quittez ^Arafaat, le temps du maghrib est rentré car le temps de la station à ^Arafaat est entre le début du dhour du 9 et l’aube du 10 du mois lunaire de dhou-l-Hijjah.
A un endroit qui s’appelle al-mach-^ar L-Haraam : c’est un emplacement qui est sacré. Certains l’ont expliqué par l’emplacement où se trouve l’imam. Le mot « mach-^ar » indique un lieu symbolique parce que c’est un lieu pour l’adoration de Dieu et il a été décrit comme étant Haraam parce qu’il est sacré : on y respecte certaines choses quand on s’y trouve. Il y a des choses qu’on n’y fait pas. D’autres l’ont expliqué par une terre qui s’appelle « Mouzdalifah ». Le verbe « izdalafa » signifie « se rapprocher ». Il a été dit que l’origine du terme « Mouzdalifah » c’est parce que ‘Aadam ^alayhi s-salaam s’est rapproché là-bas de Hawwaa’. C’est une explication. Ou une autre explication qui est la suivante : après la station à ^Arafah, les pèlerins quittent cette station après le coucher du soleil alors qu’ils n’ont pas encore fait la prière du maghrib. Donc ils accomplissent les prières du maghrib et du ^ichaa’ à Mouzdalifah parce qu’on rapproche les deux prières. Donc le sens du verbe « izdalafa » qui est le fait de se rapprocher est présent. Une troisième explication est parce que les gens se rapprochent de l’agrément de Dieu. Ils se consacrent à l’adoration de Dieu et espèrent avoir des récompenses de la part de Dieu.
Et évoquez Dieu d’une belle évocation. C’est-à-dire tout comme Dieu vous a bien guidés, évoquez-Le d’une belle évocation. C’est le propre du musulman, c’est le propre du croyant. Le croyant est reconnaissant envers Dieu pour les bienfaits qu’Il lui a accordés. Et le plus grand bienfait que Dieu nous a accordé c’est d’être musulman. Autre explication : évoquez-Le tout comme Il vous a appris de L’évoquer et ne vous détournez pas de ce qu’Il vous a appris.
Et si vous n’aviez pas été bien guidés, vous auriez été égarés : vous n’auriez pas su comment adorer Dieu. Grâce à cette bonne guidée, évoquez Dieu de manière parfaite et si vous n’aviez pas été bien guidés, vous auriez été égarés.
Verset 199 : puis quittez ^Arafaat de là où les gens l’ont quitté. Ne faites pas en sorte que ce soit à partir de Mouzdalifah. Il a été dit que c’est un ordre pour la tribu de Qouraych. C’est-à-dire que Qouraych avait reçu l’ordre de partir de ^Arafaat. L’ordre est venu qu’ils partent de La Mecque pour aller à ^Arafaat puis qu’ils quittent ^Arafaat pour retourner à La Mecque. C’est une explication qui concerne les gens de Qouraych.
Et demandez à ce que Dieu vous pardonne. Parce que vous ne faisiez pas comme les gens. Vous n’alliez pas jusqu’à ^Arafaat. Ils se réunissaient dans un autre endroit. L’ordre ici est qu’ils se réunissent à ^Arafaat et qu’ils demandent à Dieu le pardon pour n’avoir pas fait comme les gens, dans leur ignorance. Ou bien « demandez le pardon à Dieu parce que vous avez failli dans les actes du pèlerinage.
Certes Allaah est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.
Verset 200 : lorsque vous aurez fini avec les actes d’adoration que vous avez reçu l’ordre de faire ( c’est-à-dire pendant le pèlerinage et après avoir quitté ^Arafaat)
Alors évoquez Allaah tout comme vous évoquez vos parents. C’est-à-dire : évoquez beaucoup Dieu, car généralement, la personne, quand elle évoque ses parents, elle parle beaucoup de ses parents, elle est fière de ses ancêtres. Le sens est de glorifier Dieu en L’évoquant beaucoup. En effet, les Arabes, avant, quand ils finissaient leurs rituels, ils se tenaient entre la mosquée à Mina et la montagne, et ils énuméraient les mérites de leurs ancêtres.
Ou encore plus.
Il y a parmi les gens ceux qui disent : (ceux qui vont au pèlerinage et qui demandent à Dieu des choses du bas-monde) ô notre Seigneur , accorde-nous dans le bas-monde : ils demandent à avoir leurs dons dans le bas-monde uniquement, c’est-à-dire le pouvoir, la richesse.
Et il n’a aucune part pour son au-delà. Parce que son objectif est limité au bas-monde, parce qu’il ne croit pas à l’au-delà.
Cela veut dire : évoquez beaucoup Dieu (citez Dieu) et invoquez-Le. (Demandez-Lui). Les gens sont de plusieurs catégories. Il y a parmi les gens qui ne demandent que des choses du bas-monde. Et il y a ceux qui demandent beaucoup, des biens des deux résidences. Le sens de ce verset est : soyez de ceux qui demandent beaucoup, de cette vie et de l’au-delà.
Verset 201 : et parmi eux (c’est-à-dire ceux qui vont faire le pèlerinage) ceux qui disent ô notre Seigneur : accorde-nous dans le bas-monde un bien : ce bien est soit une grâce soit une sauvegarde c’est-à-dire une protection et une bonne santé ou une science et de l’adoration. C’est-à-dire : fais que nous soyons parmi ceux qui accomplissent les actes d’adoration et que nous ayons la science de la religion.
Et dans l’au-delà un bien : An-Naçafiyy a donné plusieurs explications : un pardon et une miséricorde, ou les biens et le paradis, ou les louanges des créatures et l’agrément du Créateur, ou la foi et la sauvegarde ou la sincérité et la délivrance, ou être sur la voie prophétique et obtenir le paradis, ou se suffire du peu et avoir l’intercession ou la femme vertueuse et les femmes du paradis, ou la vie heureuse et la sortie des tombes le jour de la résurrection avec la bonne nouvelle.
Notre chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ô Seigneur accorde-nous dans ce bas-monde de bonnes œuvres c’est-à-dire accorde-nous la réussite pour faire de bonnes œuvres et accorde-nous le paradis.
Al-Haçan al-BaSriyy a dit : le bien dans ce bas-monde c’est une épouse vertueuse et le bien dans l’au-delà c’est le paradis.
Et préserve-nous du châtiment du feu. C’est-à-dire préserve-nous du feu de l’enfer ou préserve-nous du feu de l’enfer et d’une épouse mauvaise. (C’était l’invocation que faisait le plus notre Prophète).
Verset 202 : ceux-là (qui cherchent les deux biens, dans le bas-monde et dans l’au-delà) ils auront une part de ce qu’ils auront acquis : c’est-à-dire qu’ils auront une rétribution pour les bonnes œuvres qu’ils auront acquises. Il s’agit des récompenses qui vont leur profiter en bien suite à l’invocation qu’ils ont faite. L’invocation est un acte et l’acte est acquis. Et il se peut que le terme « ceux-là » ne se réfère pas uniquement à ceux qui disent cette parole : « Seigneur, accorde-nous un bien dans le bas-monde et un bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer », mais que ceux-là se réfèrent aux deux groupes. Chacun des deux groupes aura une part de ce qu’il recherchait.
Allaah est Celui Qui fait parvenir les comptes rapidement. Ce qui est rapide, c’est le fait que les gens rendent des comptes rapidement. De manière imminente, le jour du jugement peut survenir. L’ange ‘Israafiil a pris le cor et l’a collé à sa bouche et il attend l’ordre. Le jour du jugement est donc imminent. Et les esclaves rendront des comptes alors empressez-vous de multiplier les évocations et d’œuvrer pour l’au-delà. Deuxième explication : Il S’est qualifié Lui-même par le fait qu’Il sait que les esclaves rendront compte rapidement de leurs actes, malgré le grand nombre des créatures ; leur nombre est très grand et leurs actes sont nombreux. Ceci indique la parfaite toute puissance de Dieu et l’obligation de prendre garde de son châtiment. Il a été rapporté que les esclaves rendront des comptes de tous leurs actes, en un laps de temps qui suffit pour traire une brebis, ou certains ont dit en un instant.
Verset 203 : évoquez Dieu en des jours bien précis. Allaah nous ordonne de L’évoquer en des jours bien particuliers. Ces jours bien définis sont les jours de at-tachriiQ qui sont les 11° 12° et 13° jours du mois de dhou-l-Hijjah. On fait le takbiir après les prières obligatoires. Dès que tu passes le salaam de la prière obligatoire, tu dis « Allaahou ‘akbar » c’est-à-dire que Dieu a un degré plus élevé que tous, Allaah a une puissance plus élevée que tous ceux qui ont une puissance, Allaah a une science plus élevée que tous ceux qui ont une science, Allaah mérite plus de glorification, plus de vénération que tout autre. Evoquer Allaah au niveau des bassins dans lesquels on jette des pierres.
Celui qui s’est empressé en deux jours : c’est-à-dire qu’il n’est pas parti jeter les pierres dans les trois bassins le troisième jour, mais il a lancé des pierres uniquement le premier et le deuxième jour, parce qu’il y a possibilité de jeter les pierres les premier et deuxième jours de at-tachriiQ et celui qui s’empresse c’est-à-dire qu’il quitte Mina avant que le soleil ne se couche le deuxième jour de at-tachriiQ, celui-là n’est pas obligé d’aller lancer les pierres le troisième jour. Mais s’il reste à Mina alors que le soleil se couche, alors il doit lancer les pierres les trois jours. Il s’agit de lancer sept pierres dans chacun des trois bassins
Il ne commet pas de péché en cela. Il ne tombe pas dans le péché pour s’être empressé de la sorte.
Et celui qui retarde pour lancer le troisième jour, il ne commet pas de péché s’il se préserve. C’est-à-dire s’il ne fait pas des choses qui sont interdites pour celui qui est en rituel. Par exemple, il ne peut pas chasser des animaux, il ne peut pas avoir un rapport sexuel. S’il se préserve de la chasse, du rapport sexuel et des grands péchés, il n’y a pas de mal pour lui. Ou encore il a le choix entre s’empresser ou retarder, même si le fait de retarder vaut mieux. Comme le voyageur, il lui est donné le choix entre jeûner et ne pas jeûner, même si jeûner vaut mieux pour lui. Il a été dit que dans la période d’ignorance, il y avait deux groupes : certains considéraient que celui qui s’empresse est dans le péché et certains considéraient que celui qui tarde est dans le péché. Le Qour’aan est venu pour indiquer qu’ils avaient le choix.
Et craignez Dieu : c’est-à-dire craignez Dieu dans toute chose.
Et sachez que vous allez être ressuscités et rassemblés pour Son jugement. C’est-à-dire : sachez que vous allez revenir à la vie pour le jugement de Dieu, c’est-à-dire lorsque vous serez ressuscités et rassemblés à partir de vos tombes.
Al-Akhnas fils de Chou^ayb était quelqu’un, comme on dit de nos jours, qui était un beau parleur et quand il rencontrait le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, il parlait de manière douce, il prétendait qu’il aimait le Prophète et qu’il était musulman, et il disait : « Dieu sait que je suis véridique ». C’est à son sujet qu’a été révélé le verset 204
Verset 204 : Il y a parmi les gens ceux dont les paroles te plaisent : c’est-à-dire qui ont une place dans ton cœur et le verbe « you^jibouka » vient dans le sens d’étonnant, d’agréable.
Dans le bas monde : soit ce qu’il te dit à propos du bas-monde te surprend car il te demande des choses du bas monde et il ne recherche pas les choses de l’au-delà. Ou alors ses belles paroles te plaisent dans ce bas monde mais pas dans l’au-delà parce que sa langue ne pourra pas exprimer ce qu’il exprimait ici-bas, sa langue sera empêchée de dire.
Et il prend à témoin Dieu de ce qu’il a dans son cœur : il jure et il prend Dieu à témoin de ce qu’il a dans son cœur comme amour et comme islam.
Alors qu’il est le pire des ennemis. Alors qu’il est quelqu’un qui a une profonde animosité envers les musulmans. Ou dans le sens qu’il se dispute beaucoup avec les musulmans.
Verset 205 : et lorsqu’il te quitte après avoir été à côté de toi, et qu’il va se retrouver avec des gens qui sont comme lui, il va aller sur terre pour semer la discorde et la zizanie. Tout comme il a fait avec la tribu de ThaQiif, avec laquelle il avait un conflit. Alors il les a pris par surprise la nuit et il a tué leurs troupeaux et il a brûlé leurs plantations.
Et il détruit les plantations et les animaux : ou bien lorsqu’il a une autorité ou un pouvoir, il agit en semant la corruption sur terre, en anéantissant les plantations et les troupeaux. Et il a été dit que certains gouverneurs ont été injustes au point que Dieu les a privés de la pluie et ce fut une cause pour la destruction de leurs plantations et de leurs animaux.
Et Allaah n’agrée pas la corruption.
Verset 206 : et s’il lui est dit (à cet homme Al-Akhnas) crains Dieu (c’est-à-dire au lieu de semer la corruption et la désolation) alors sa fierté et son amour propre l’amènent à faire encore plus de mal (c’est-à-dire cette arrogance de la période d’ignorance l’entraine à commettre ce qui est interdit). Ou alors il s’est considéré comme supérieur à cause de la mécréance qu’il a dans son cœur.
Il lui suffira d’être en enfer.
Et quel mauvais endroit pour résider.
Puis à propos de Souhayb ar Rouumiyy, lorsque les associateurs voulaient qu’il délaisse l’islam et qu’ils avaient tué un certain nombre de personnes qui étaient avec lui, alors pour s’affranchir de cela, il a donné toute sa fortune et il s’est rendu à Médine. Ou alors à propos de ceux qui ordonnent le bien et interdisent le mal, il a été révélé les versets suivants
Verset 207 : il y a parmi les gens ceux qui essaient de se libérer par recherche de l’agrément de Dieu et certes Dieu est miséricordieux envers les esclaves : puisque Dieu les a récompensés pour cela.
Verset 208 : ô vous qui avez cru, entrez tous dans la paix : c’est-à-dire la soumission et l’obéissance c’est-à-dire soumettez-vous à Dieu et obéissez-Lui ou bien à l’islam. Et la parole s’adresse aux gens du Livre parce qu’ils ont cru en leurs prophètes et en leurs livres ou aux hypocrites parce qu’ils ont cru par la parole. Ibnou l-Jawziyy dans son exégèse a dit : les spécialistes de l’exégèse ont divergé à propos de qui ces versets ont été révélés, ils ont eu trois avis différents.
- Le premier avis (de abouu SaaliH rapporté de ibnou ^Abbaas) est que ce verset a été révélé à propos de ceux qui sont devenus musulmans et qui, auparavant étaient des gens du Livre. Après leur entrée en islam, ils ont évité de faire ce qu’ils s’abstenaient de faire le samedi, ils évitaient de manger le chameau comme ceux qui suivaient la loi de Moise et d’autres choses que les gens du Livre évitaient.
- Le deuxième avis est que ce verset a été révélé aussi à propos des gens du Livre, mais à ceux qui n’ont pas cru au Prophète MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Ils ont reçu l’ordre d’entrer en Islam. Cela a été rapporté de ibnou ^Abbaas également et c’est ce qu’a dit AD-Dahhak.
- Et le troisième avis est que ce verset a été révélé à des musulmans avec l’ordre de s’engager dans toutes les lois de l’Islam. Cet avis a été donné par Moujaahid et Qataadah.
Totalement : cela veut dire qu’aucun d’entre vous ne s’écarte de l’obéissance à Dieu. Engagez-vous tous ou bien engagez -vous dans toutes les lois ou encore dans les lois et les détails de l’islam et les règles de l’Islam dans leur totalité. Ce qui est visé ici c’est qu’il leur a été interdit de s’écarter de l’obéissance à la loi de l’Islam.
Et ne suivez pas les pas du chayTaane : c’est-à-dire les suggestions du chayTaane.
Il est certes pour vous un ennemi déclaré. Son animosité est claire.
Verset 209 : si vous vous écartez de rentrer en Islam, après qu’il vous soit parvenu les preuves claires : c’est-à-dire les arguments clairs, évidents, que ce à quoi vous avez été appelés à vous engager, c’est la vérité.
Sachez alors que Dieu est glorieux : c’est-à-dire qu’Il a le dessus sur tout, rien ne L’empêche de vous châtier. Il ne châtie que justement.
Verset 210 : est-ce qu’ils attendent que le châtiment de Dieu leur parvienne dans des nuages ? Et ceci est pour faire encore plus peur du châtiment parce que les nuages font penser à la miséricorde, ils sont porteurs de pluie et la pluie est une miséricorde. Donc si, de ces nuages s’abat un châtiment, la chose est encore plus abominable, plus atroce, plus difficile.
Le Haafidh Al-Jawziyy le Hanbalite, dans son exégèse « zaadou l-maçiir » a dit que l’imam AHmad a dit que ce qui est visé ici c’est la puissance de Dieu et le châtiment de Dieu : est-ce qu’ils attendent que leur parvienne la manifestation de la puissance de Dieu et le châtiment de Dieu ? Il a dit que cela était expliqué dans d’autres versets du Qour’aan, comme dans le verset 33 de sourate an-naHl, et ibnou l-Jawziyy a renié la parole de ceux qui prétendent que la venue est la venue de Dieu Lui-même , il a indiqué que l’imam AHmad était innocent de ces mécréants assimilationnistes. Il a détaillé dans son livre réputé « daf^ou choubah at-tachbiih ».
En résumé, il n’est pas permis de croire au sujet de Dieu qu’il serait possible à Son sujet le mouvement et le déplacement. Mais nous Lui reconnaissons les attributs qu’Il S’est attribué à Lui-même dans le Qour’aan, de la manière qui est digne de Lui, en L’exemptant et en délaissant toute assimilation.
Il en est comme l’a dit l’imam Al-BayhaQiyy dans « al-’asmaa’ou wa S-Sifaat » : « Allaahou ta^aalaa n’a pas d’endroit ». Ensuite il a dit : le mouvement et l’immobilité et l’établissement sont des caractéristiques des corps. Or Allaahou ta^aalaa est unique, Il n’a besoin de rien, absolument rien n’est tel que Lui. Et ceci est comme la parole de Allaah ^azza wa jall dans le verset 26 de sourate an-naHl dans lequel il n’est pas visé que Dieu serait venu dans le sens du déplacement. Mais il en est visé que l’acte qui a amené la destruction de leurs constructions est un acte qui est de toute éternité et le résultat de cet acte est entré en existence. Et ceci est clair pour celui qui étudie et observe correctement.
Et les anges : c’est-à-dire les anges qui ont reçu l’ordre de les châtier viendront. Ou bien ce qui est visé c’est que les anges viendront au jour du jugement.
Et le sujet est clos : c’est-à-dire que leur anéantissement sera achevé et il en sera fini d’eux.
Et c’est à Dieu que sera le devenir. Cela veut dire qu’il a donné aux esclaves de posséder certaines choses mais ces choses reviendront à Dieu au jour de la résurrection.
Verset 211 : pose la question (demande) : la parole concerne le Messager ou tout un chacun. Et c’est une question de menace de châtiment. Comme les mécréants au jour du jugement seront interrogés.
Aux descendants d’Israël combien Nous leur avons fait parvenir de signes clairs : c’est-à-dire sur les mains de leurs prophètes et il s’agit de leurs miracles. Ou bien combien de signes qui témoignent de la véracité de la religion de l’islam.
Et celui qui change la grâce de Dieu : c’est-à-dire les signes qu’Il a créés ou qu’Il a donnés. C’est la plus grande des grâces de Dieu parce que ce sont des causes de bonne guidée et une sauvegarde contre l’égarement. Et leur changement, leur altération, c’est que Dieu a fait manifester ces signes pour que ce soit des causes de leur bonne guidée. Et eux, ils en ont fait des causes de leur égarement. Ou encore, ils ont déformé des versets des livres qui indiquaient la religion de MouHammad ^alayhi s-salaam.
Après qu’elle lui soit parvenue : c’est-à-dire après qu’il l’ait connue, parce que s’il ne l’avait pas connue, c’est comme si elle avait été absente pour lui.
Certes Allaah est Celui Qui accorde un châtiment terrible. C’est-à-dire le châtiment pour celui qui le mérite.
Verset 212 : la vie du bas -monde a été embellie pour ceux qui ont mécru. Et celui qui la leur a embellie est le chayTaane. Il leur embellit la vie du bas monde par ses mauvaises suggestions. Il la leur a faite aimée de sorte qu’ils ne cherchent pas autre chose. Ou alors c’est Dieu Qui crée des désirs en eux, parce que toutes les créatures, c’est Dieu Qui les a créées.
Et ils se moquaient de ceux qui étaient croyants, ils se moquaient des croyants qui étaient pauvres comme ibnou Mas^ouud, comme ^Amr ibnou Yaaçir comme Souhayb et ceux qui sont de cet ordre. C’est-à-dire qu’ils ne cherchent pas autre que le bas monde et en plus, ils se moquent de ceux qui n’ont pas de part des biens du bas monde. Ou bien ils se moquaient de ceux qui recherchent autre que le bas monde.
Et ceux qui se sont préservés du chirk (de l’association à Dieu) : et il s’agit justement de ces gens-là qui sont pauvres
Seront au-dessus d’eux au jour du jugement : parce que le paradis sera élevé alors que les autres seront dans un enfer qui sera tout en bas.
Et Allaah accorde à qui Il veut sans limite. C’est-à-dire que Dieu accorde avec profusion à qui Il a accordé avec profusion comme Qaarouun et d’autres. Or cette largesse dans les biens du bas monde, de la part de Dieu, est pour une sagesse. C’est pour vous amener, par cette grâce, à être dans l’état dans lequel vous êtes. Si cela avait été un honneur de Sa part, les croyants l’auraient mérité davantage, plus que vous.
Verset 213 : les gens étaient une seule communauté : ils étaient tous sur la religion de l’islam, depuis ‘Aadam jusqu’à NouuH ^alayhima -s-salaam. Ou encore il s’agit de NouuH et de ceux qui étaient avec lui sur son arche. Puis ils ont divergé. Ibnou ^Abbaas a dit : les gens étaient tous une seule et même communauté, sur l’islam.
Et Allaah a envoyé les prophètes : c’est-à-dire que les gens étaient sur une même communauté, sur l’Islam et Allaah leur a envoyé les prophètes, annonciateurs de bonne nouvelle : pour les croyants. Et avertisseurs d’un châtiment : pour les mécréants.
Et Allaah a révélé avec eux le Livre pour montrer la vérité. Prétendre que chaque prophète avait reçu un livre, cela n’a pas de preuve parce que la plupart des prophètes qui descendaient d’Israa’iil avaient reçu l’ordre de suivre la Torah.
Afin qu’il juge : c’est-à-dire Allaah ou bien le Livre ou bien le prophète à qui il a été révélé.
Entre les gens au sujet de ce sur quoi ils ont divergé. Ils ont divergé à propos de la religion de l’islam, alors qu’auparavant, ils étaient tous d’accord.
Et n’ont divergé (à propos de la vérité) que ceux qui ont reçu le Livre qui a été révélé pour enlever la divergence : c’est-à-dire qu’ils ont augmenté en divergence lorsque le Livre leur a été révélé
Après qu’ils aient reçu les preuves de sa véracité.
C’est une injustice de leur part : c’est-à-dire par envie de leur part, par injustice de leur part, tellement ils recherchaient le bas monde et qu’ils n’étaient pas objectifs.
Allaah a guidé ceux qui sont croyants vers ce au sujet de quoi ils ont divergé. C’est-à-dire que Dieu a guidé ceux qui sont croyants vers la vérité à propos de laquelle ont divergé ceux qui ont divergé.
Comme vérité : c’est pour indiquer justement cette vérité à propos de laquelle ils ont divergé.
Par Sa volonté
Et Allaah guide qui Il veut vers le chemin de droiture.
Série le Mariage en Islam (6)
Ce que l’on dit au moment de l’accouchement
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit :
Qu’est-ce que l’on dit au moment de l’accouchement ?
Abou Dawoud a rapporté, ainsi que At-Tirmidhiyy d’après Abou Rafi^, que Allah l’agrée, l’esclave affranchi par le Messager de Allah, qu’il a dit ce qui signifie : J’ai vu le Messager de Allah faire l’appel à la prière à l’oreille de Al-Houçayn le fils de ^Aliyy lorsque Fatimah l’a mis au monde.
C’est-à-dire qu’il lui a fait l’appel à la prière tout comme le mou’adh-dhin fait l’appel à la prière. Tout comme l’a rapporté Ahmad et At-Tirmidhiyy qui l’ont jugé authentique –sahih-.
Il est recommandé qu’il fasse l’appel à la prière à son oreille droite et qu’il fasse l’annonce de la prière –al-iqamah– à son oreille gauche, de sorte que quand l’enfant né, la première chose qu’il entende ce soit c’est l’appel à la prière. Comme lorsqu’on fait al-adhan sur le minaret, exactement la même chose à l’oreille droite et à l’oreille gauche, il fait al-iqamah.
La différence est qu’il ajoute “قد قامتِ الصلاة” c’est-à-dire l’annonce de la prière.
Et cela a été également rapporté de l’acte des compagnons. Cela signifie que les compagnons également faisaient cela.
Parmi ceux qui ont fait l’appel à la prière à l’oreille droite et al-iqamah, -l’annonce de la prière- à l’oreille gauche, il y a ^Oumar Ibnou Abdal ^Aziz, qui a fait celapour ses enfants.
Rapporté par Ibnou l-Moundhir
^Oumar Ibnou Abdal ^Aziz est un calife Omeyyade, il fait partie de ceux qui ont gouverné les musulmans. Il n’est pas resté longtemps à gouverner, environ 2-3 ans et c’était la fin du premier siècle de l’Hégire. C’était le seul gouverneur équitable et juste des Omeyyades. C’était un moujtahid, un homme pieux et un saint. Il était le moujaddid du premier siècle de l’Hégire, c’est-à-dire celui qui a renouvelé l’appel.
A savoir qu’à chaque passage de siècle, Dieu fait qu’au sein de la communauté il y ait un moujaddid, c’est-à-dire quelqu’un qui renouvelle l’appel à l’islam. Il était le moujaddid du premier siècle et certains l’ont même qualifié de bien guidé, comme Abou Bakr, ^Outhman, ^Aliyy et Al Haçan, ils ont dit que c’est le 6e calife bien guidé.
Dans le livre Al-bahr, c’est à dire Bahrou l-madhab de Aboul Mahar Al-Bouniyaniyy et dans le livre ‘imana, il est recommandé de réciter également, à l’oreille du nouveau-né, le verset 36 de sourat ‘Ali ^Imran. Et Allah sait plus que tout autre.
Lorsqu’on fait l’appel à la prière dans l’oreille droite de l’enfant et al-iqamah -c’est-à-dire l’annonce de la prière- dans son oreille gauche, il est préservé de Oummou s–Sibyan. Oummou s–Sibyan qui veut dire littéralement “la mère des enfants”, c’est-à-dire que c’est une jinniyyah –jinn femelle- qui s’attaque à la maman et aux enfants.
L’enfant (garçon ou fille), dès qu’il naît on lui fait l’appel à la prière à l’oreille droite et al-iqamah -l’annonce de la prière- dans son oreille gauche, il sera protégé de cette jinniyyah -démon femelle- qu’on appelle Oummou s–Sibyan.
Les jinns sont les ennemis des humains depuis leur ancêtre Iblis. Il y a entre eux et nous une animosité. Bien sûr pas les musulmans d’entre eux, il n’y a pas d’animosité avec les musulmans, notamment avec les pieux.
Parmi les jinns,il y a ceux qui sont bons, ceux qui sont pieux, ceux qui sont des savants et ceux qui sont des vertueux.
Quant aux non musulmans parmi les jinns, ils ont une terrible animosité envers les musulmans. Si Allah n’avait pas protégé les prophètes et les saints, leur animosité serait encore plus grande envers les prophètes et envers les saints. Les démons détestent l’être humain qui est musulman. Plus le musulman s’attache à sa religion, plus les jinns le déteste encore plus.
La personne que les chaytan – les démons- déteste le plus c’est notre maître Mouhammad ﷺ, et cela car il est la meilleure des créatures de Dieu, il est le plus parfait et le plus complet des créatures de Dieu. Parmi toutes les créatures de Dieu, il est celui qui craint le plus Dieu, c’est pour cela qu’ils le détestent plus que tout autre humain.
Les jinns mécréants, si Allah n’avait pas protégé notre maître Mouhammad ﷺ ils lui auraient nui, ils lui auraient fait du mal, ils ont essayé à plusieurs reprises de lui nuire.
Ibliss,leur grand ancêtre et le premier des jinns, a voulu nuire un jour à notre maître Mouhammad ﷺ. Il a été rapporté que Ibliss une fois était à la Mecque sur une montagne qui s’appelle “la montagne de Abou Qoubays”. C’était une montagne assez haute qui se trouve à l’est de la Ka^bah. Le Prophète était au niveau de la Ka^bah avec ses compagnons, ils faisaient la prière.
Ibliss a dit à son groupe de chaytan : “je vais fouler de mon pied -je vais marcher sur- le cou de Mouhammad.”
Et le Messager était en prosternation, et qu’est-ce que notre maître Jibril a fait ? Notre maître Jibril a donné un coup de pied à Ibliss et l’a envoyé en Irak. Il l’a projeté avec son pied et Ibliss est tombé en Irak, mais il n’est pas mort car Dieu ne lui a pas voulu la mort à ce moment-là, Allah lui a voulu de mourir dans un temps bien défini et ce n’était pas encore arrivé. Dieu a voulu que Iblis meurt lorsque Israfil soufflera dans le cor pour la première fois, c’est pour cela qu’il n’est pas mort de ce coup que Jibril lui a donné. Si Dieu avait voulu que Iblis meurt avant le souffle du jour du jugement, il serait mort de ce coup que Jibril lui a donné.
Cela a été rapporté par As-Souyoutiyy dans son livre Al-Fasa’isou Al-Koubra.
Une autre fois, Iblis est venu et il est apparu aux associateurs de Qouraych. Les associateurs de Qouraych se réunissaient dans un endroit à eux qui s’appelle Daroun n-Nadwah -la résidence de la concertation-, car ils étaient en train de comploter pour nuire à notre Prophète. Ibliss est venu sous l’apparence d’un homme de la région de Najd -région qui se trouve à l’Est de Al-hijaz, qui est la région de la péninsule arabique qui regroupe la Mecque, Médine, At–Ta’if-.
Entre la Mecque et Médine, il y a une distance d’environ 550 km, sachant que Médine se trouve au nord de la Mecque.
Entre At–Ta’if et le Mecque, il y a une distance d’environ 130 km, sachant que At–Ta’if se trouve à l’est de la Mecque.
Et entre la Mecque et Juddah, il y a environ 30-40 km, sachant que Juddah se trouve à l’ouest.
Donc Ibliss est venu sous l’aspect d’un vieil homme de Najd -la région qui a pour capitale Ar-Riyad qui se trouve à l’est de la péninsule arabique- alors que les associateurs étaient en train de comploter contre notre Prophète ﷺ. Ils étaient en train de discuter entre eux : Est-ce qu’on va le tuer ? Est ce qu’on va l’emprisonner ? Est ce qu’on va l’exiler de la Mecque ?
Iblis -qui est un jinn mécréant- est venu sous l’aspect d’un homme de Najd. Sachant que les jinns peuvent prendre un aspect qui est autre que leur aspect d’origine, puisqu’on ne peut pas les voir sous leur aspect d’origine. Et l’ancêtre des jinns est Iblis.
Parmi les jinns il y a des mécréants -qu’on appelle les chaytan– et il y a des musulmans. Les jinns en général sont les plus menteurs des créatures de Dieu.
Donc Iblis est venu et s’est engagé dans la conversation des associateurs de Qouraysh, lorsqu’ils étaient en train de se questionner sur ce qu’ils allaient faire du Prophète. Iblis a fait pencher la balance en faveur de l’avis de tuer le Prophète. Mais Allah a protégé le Prophète ﷺ. Allah a préservé notre Prophète de la ruse et du stratagème des associateurs. Allah a informé son Prophète par révélation et le messager de Allah ﷺ a quitté la Mecque avant l’aube.
Quand les associateurs voulaient tuer le Prophète, ils ont trouvé dans la maison ^Aliyy Ibnou Abi Talib, le cousin du Prophète. Ainsi, Allah a sauvé son Prophète de leur ruse, dans laquelle Ibliss était partie prenante, il avait favorisé cet avis-là.
La personne que les jinns détestent le plus est notre Prophète, Iblis déteste le plus notre Prophète car notre Prophète est le meilleur de toutes les créatures de Dieu. Il est le plus parfait de toutes les créatures de Dieu.
Le Prophète ﷺ a dit, ce qui signifie : “Je suis d’entre vous celui qui connaît le plus Dieu et qui le craint le plus.”
Ce qui fait qu’une personne est meilleure ce n’est pas parce qu’elle a un grand compte en banque, ou encore qu’elle a beaucoup, ce qui fait que la personne est meilleure qu’une autre c’est par la piété.
Allah a dit ce qui signifie : “Celui d’entre vous qui a le degré le plus élevé parmi vous c’est celui qui fait le plus preuve de piété.”
La piété –At-taqwa– c’est le fait d’accomplir les devoirs et d’éviter les péchés. Plus la personne accomplit les devoirs et évite les péchés, mieux elle est.
C’est pour cela que le Prophète ﷺ est la meilleure créature de Dieu car il est le plus pieux, le plus parfait. Et c’est pour cela que Iblis le déteste le plus. Iblis est content lorsque quelqu’un commet des péchés, il est content quand quelqu’un ne fait pas les devoirs, et il est malheureux quand quelqu’un fait ses devoirs et évite ses péchés. Il est malheureux quand quelqu’un vient assister à une assemblée de science car quand une personne vient dans une assemblée de science elle connaît mieux les ruses de Iblis. La personne sait et apprend comment accomplir ses devoirs et comment éviter les péchés. Mais si la personne sèche les cours, elle sera une proie facile pour Iblis car il peut faire croire que la personne est bien alors qu’elle est mal. Il va faire croire que la personne est bien, intelligente, belle et forte, mais en réalité elle est complètement à côté de la plaque. Et il va la laisser la bercer comme on berce un enfant, il la berce d’illusions jusqu’à sa mort. Quand la personne a 15 ans, il la berce par certaines illusions; quand elle a 20 ans, il va la bercer par d’autres illusions; quand elle aura 25 ans, ce seront d’autres illusions; quand elle aura 30 ans, ce sera d’autres illusions et ainsi de suite. A chaque fois, Iblis trouve quelque chose pour endormir la personne, jusqu’à ce que vient ^Azra’il pour lui retirer l’âme, et ce sera trop tard. C’est comme quand une personne passe un examen et qu’elle répond à l’examen, puis, le professeur dit : “L’heure de l’examen est terminée. Arrêtez, posez vos stylos et rendez vos copies.”
Donc si quelqu’un se laisse berner par Ibliss, il va perdre.
Les jinns mécréants, ceux qu’ils détestent le plus, ce sont les pieux, les vertueux. Ils ont encore plus d’animosité envers ceux-là qu’envers d’autres, mais Allah ta^ala préservent ceux qui sont pieux. S’il n’y avait pas eu la protection et la préservation de Dieu, ils auraient exterminé les croyants, les pieux.
Invocation de protection contre le Chaytan
Notre Prophète ﷺ récitait des invocations de protections, et c’est une chose très importante de réciter des invocations de protection aux deux extrémités de la journée et de veiller à le faire de manière régulière. Il ne faut pas négliger cela. Ces invocations que notre Prophète nous a enseignées sont une grande protection pour nous. Donc, notre Prophète lui-même, alors qu’il est la meilleure des créatures de Dieu, il est celui que Dieu préserve, récitait des invocations de protections, des paroles de dhikr que Dieu lui a révélées.
Et lorsque les deux mou^awwidhat ont été révélés, il faisait protection avec elles. Les deux mou^awwidhat sont “Qoul ‘a^oudhou birabbi l-falaq – قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ” : sourat Al falaq et “Qoul ‘a^oudhou birabbi n-nas – قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ” : sourat An-nas.
C’est pour cela que le Messager de Allah a instauré pour sa communauté la récitation des deux mou^awwidhat,pour notre protection, avecsourat Al-’ikhlas. Quand on s’assure que l’aube s’est levé, quand on s’assure que le soleil s’est couché, on récite les mou^awwidhat avec avecsourat Al-’ikhlas : “Qoul houwa l-Lahou ‘ahad – قُلْ هُوَ اللهُ أَحَدٌ”.
On récite 3 fois le soir et 3 fois le matin, en articulant correctement les lettres. Pour que la personne ait le secret, il faut qu’elle se fasse corriger et valider sa récitation par qui a appris la récitation par transmission orale. De sorte que quand la personne va réciter, elle aura été validée par quelqu’un, qui aura été validé par quelqu’un et ainsi de suite, jusqu’au Prophète. La science de la religion est par transmission orale et le Qour’an est par transmission orale. Donc la personne se fait valider sa récitation par qui s’est fait valider sa récitation et qui peut la valider également.
Le temps de cette récitation de protection est depuis l’aube jusqu’à environ 2 heures après le lever du soleil, et le soir, c’est à partir du coucher du soleil jusqu’à environ 3 heures plus tard.
Celui qui récite ces versets (Al-’ikhlas, Al-falaq, An-nas) et conserve cette récitation de manière régulière, -après l’aube et après le coucher du soleil-, il se sera préservé d’une grande préservation contre la nuisance des humains, contre la nuisance des jinns et contre la sorcellerie.
Également le messager de Allah ﷺ nous a enseigné ce qui repousse de nous les mauvaises suggestions -al-waswas-, quand quelqu’un est pris dans un engrenage et qu’il n’arrive pas à sortir des mauvaises pensées et des suggestions, le fait de souffler trois fois sur sa gauche, d’une manière comme s’il mettait de la salive, et c’est moins que le fait de cracher. S’il ressent les mauvaises suggestions -al-waswas-et il récite la préservation par Allah et il récite :
اللهم اعوذ بك من شر الشيطان وفتنة
C’est-à-dire que : “Ô Allah je te demande de me préserver du mal du chaytan et de la dissension qu’il provoque.”
Il ne se laisse pas aller à suivre ses mauvaises suggestions et il détourne sa raison ou sa réflexion vers autre chose. Il ne se laisse pas happer par l’engrenage. Les mauvaises suggestions sont comme un engrenage qui va broyer la personne. Il ne faut pas se laisser prendre au piège du chaytan.
En effet, le chaytan aime perturber l’humain, il aime le déranger, il aime le laisser dans un état de gêne, d’ennui et d’instabilité de sorte qu’il lui ouvre la porte sur les mauvaises suggestions. Au point que cet humain, tellement en proie aux mauvaises suggestions qu’il devient triste et déprimé, et il va se détourner des sujets plus importants au lieu de se consacrer par exemple sur “comment je vais faire des prières surérogatoires en plus des prières obligatoires”. Il ne le laisse même pas apaiser pour trouver du plaisir dans l’accomplissement des prières obligatoires, car son objectif est de le détourner et l’empêcher de trouver du plaisir dans l’adoration de Dieu. Le chaytan l’empêche même d’aller réviser son cours de science de religion, il l‘empêche d’apprendre le Qour’an, au lieu de mémoriser, il lui dit “toi tu ne sais même pas réciter correctement la Fatihah”. Et donc il l’empêche même d’apprendre au-delà de la Fatihah en apprenant les mou^awwidhat par exemple, qui sont une cause de préservation.
Si tu connais les ruses et les pièges de chaytan, ne rentre pas dans ses ruses, ne te laisse pas prendre. C’est comme s’il y a un terrain miné et que l’on sait où sont les mines, alors on va contourner les mines. Il en est de même avec les ruses de chaytan, lorsque la personne les connait elle n’a pas de quoi se laisser aller.
Comme l’histoire de cet homme qui avait enterré un trésor dans son jardin, mais il a oublié où il l’avait enterré. Il est parti voir l’imam Abou Hanifa, et lui a dit : “j’ai un trésor que j’ai enterré mais je ne me rappelle pas du tout où je l’ai enterré.”
L’imam lui a dit : “c’est le chaytan qui t’as fait oublier. Va cette nuit et fait, par exemple, 20 rak^ah de prières surérogatoires et tu te rappelleras. »
Immédiatement après, au milieu de la nuit, il est allé voir l’imam pour lui dire qu’il s’est rappelé du lieu où il avait enterré le trésor.
L’imam lui dit : “Mais comment ?”
Il a dit : “A peine j’ai commencé la 1ère rak^ah que je me suis rappelé où j’ai enterré le trésor.”
L’imam lui a dit : “c’est le chaytan qui ne veut pas que tu fasses les 20 rak^ah. Maintenant va et fais les 20 rak^ah.”
Pour contrer le chaytan, il faut multiplier les actes d’adoration, multiplier le dhikr, assister aux assemblées de science, ordonner le bien et interdire le mal, propager la croyance du Prophète, mettre en garde contre l’apostasie -le fait de sortir de l’islam par la croyance ou par les actes ou par la parole-. Et c’est comme cela que la personne a le dessus.
Et la personne ne parle pas pour rien dire. Chaytan est content quand une personne parle beaucoup, et cela parce que ce sont des occasions pour le chaytan de la faire tomber. Alors que si la personne ne parle pas beaucoup, ou ne parle que pour dire du bien, chaytan va se dire qu’il est ennuyeux et va alors s’éloigner de lui.
Allah nous a donné une langue et deux oreilles, c’est pour écouter plus que l’on ne parle.
Notre Prophète ﷺ a dit ce qui signifie : « Celui qui croit en Dieu et au jour dernier, qu’il dise du bien ou alors qu’il se taise. »
Même si la personne ne voit pas de mal dans ce qu’elle est en train de dire, il se peut que cela entraîne quelque chose de mal. C’est comme au jeu d’échec, on avance le premier pion, mais on pense au 2e, 3e et 4e coup qui vont suivre. Quand on prononce une parole, on se demande si cela ne va pas entraîner quelque chose de grave et quel est l’intérêt de cette parole, pourquoi la dit-on ?
Si la personne a toujours son intention présente dans le cœur, qui se rappelle que Dieu nous a créés pour nous ordonner de l’adorer et non pour s’amuser et s’exprimer inutilement.
On se demande si cette parole va nous aider à mieux adorer Dieu ou pas, est-ce que cette parole est quelque chose que Dieu agrée ou pas ?
Comme ça, la personne va se surveiller et se contrôler, car au jour du jugement on va rendre des comptes sur tout.
Allah dit :
فمن يعمل مثقال ذرّة خيرا يره . ومن يعمل مثقال ذرّة شرّا يره
Ce qui signifie : “Celui qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra la rétribution et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra la rétribution.”
[sourat Az-zalzalah / 7-8]
Que la personne soit intelligente, en utilisant les bienfaits que Dieu a accordés afin d’adorer Dieu. Qu’elle ne les gaspille pas pour des choses inutiles et encore moins qu’elle ne les utilise pas pour ce qui va être une source de châtiment pour elle.
Il y a une parole plus facile à dire que la récitation des deux mou^awwidhat et Al-’ikhlas (3 fois chacune matin et soir) qui est :
حَسْبِيَ اللهُ لا إِلَـهَ إِلّا هُوَ عَلَيْهِ تَوَكَّلْتُ وَهُوَ رَبُّ العَرْشِ العَظِيم
A dire 7 fois le matin et le soir.
Si quelqu’un l’a dit régulièrement, Dieu la protège de beaucoup de choses nuisibles, comme l’atteinte du mauvais œil et comme la sorcellerie. Le mauvais œil est une réalité et le Prophète ﷺ l’a dit. Il a dit, ce qui signifie : “Beaucoup de maladies que les gens ne connaissent pas est à cause du mauvais œil.”
Le Prophète ﷺ a dit ce qui signifie : “La plupart des membres de sa communauté vont mourir par le mauvais œil.”
Le mauvais œil c’est lorsque quelqu’un voit qu’un musulman a un bienfait, qu’il le regarde d’un regard d’envie et il ne supporte pas que ce musulman a ce bienfait.
Par exemple, il voit un musulman avec un bienfait et il dit « mais pourquoi lui et pourquoi pas moi » au lieu de dire une parole de bien comme “Que Allah Lui augmente”.
Ou encore il dit une parole mauvaise comme « quel beau manteau/voiture/famille il a » au lieu de dire “ما شاء الله” ou « اللهم بارك ». C’est là qu’il peut lui porter le mauvais œil et le chaytan est à l’affût. Quand il trouve quelqu’un qui fait ça, lui aussi en rajoute une couche. Il nuit aussi en même temps. C’est lorsqu’il y a un regard mauvais et une parole mauvaise, c’est cela qui fait que la personne est touchée par le mauvais œil.
C’est un bien que la personne s’attache à dire cette parole 7 fois :
حَسْبِيَ اللهُ لا إِلَـهَ إِلّا هُوَ عَلَيْهِ تَوَكَّلْتُ وَهُوَ رَبُّ العَرْشِ العَظِيم
C’est une parole à apprendre pour nous, qu’on fait apprendre à nos enfants, à nos voisins, ainsi qu’à notre entourage, et le mauvais œil est aussi présent de la part des non musulmans, qui sont très méchants, et de même parmi les musulmans il y en a qui sont méchants.
Le secret est lorsqu’il y a une bonne prononciation. Et la personne se fait corriger par quelqu’un pour qu’elle s’assure d’avoir la bonne prononciation.
Le Prophète ﷺ lui-même récitait pour la protection les deux mou^awwidhat. Il est le plus pur et le plus éclairé de toutes les créatures de Dieu et il les récitait. Alors comment l’un d’entre nous n’a pas besoin de les réciter ?
Il n’a pas dit : “Moi je suis le prophète de Dieu, je reçois la révélation matin et soir et les anges sont mes bien aimés et mes protecteurs. Alors, je n’ai pas besoin de réciter les invocations de protection.” Le Prophète n’a pas dit cela.
Si quelqu’un s’habitue de manière assidue, régulière, à réciter les invocations de préservation, par ce qu’on a cité, quand il est en bonne santé, cela l’aidera à se protéger quand il est exposé à la nuisance des jinns et à la nuisance des humains.
Si Allah n’avait pas préservé son esclave croyant et son esclave croyante, les chaytan -les démons- auraient une nuisance encore plus grande que ce qu’elle est actuellement.
Si Allah ne nous avait pas protégé, les démons nous auraient arraché de terre.
Et les croyants sont les ennemis des chaytan, qui n’ont pas laissé une seule tentative de nuisance envers le messager de Allah.
Le nouveau-né, dès qu’il né, on lui fait l’appel à la prière à l’oreille droite et al-’iqamah -l’annonce à la prière- à l’oreille gauche et c’est une protection contre ‘oummou s–Sibyan qui est une jinn femelle qui s’attaque aux femmes et aux enfants.
Tafsir An-Nasafiyy de sourate al-Baqarah versets 141-165
verset 141 : voici une communauté qui vous a précédés, ils auront ce qu’ils ont acquis et vous aurez ce que vous aurez acquis. Chacun sera rétribué en fonction de ses actes. Et vous ne serez pas interrogés à propos de ce qu’eux ont fait. Chacun rendra des comptes sur ce qu’il fait lui-même. Nous n’allons pas rendre des comptes sur ce que des communautés précédentes ont fait ou pas.
Il y a une répétition ici dans ces versets. La première explication est que c’est pour insister. Ou une autre explication : la fois précédente, le sujet était les prophètes tandis que cette fois-ci, il s’agit des prédécesseurs des yahouud et des naSaarah.
Verset 142 : les impudents parmi les gens vont dire. Les impudents sont ceux qui ont des idées stupides. L’impudence à l’origine est une forme de légèreté, c’est-à-dire un manque de maturité et une manière de ne pas accorder à chaque chose sa juste valeur. Ici il s’agit des yahouud qui ne veulent pas se diriger vers la ka^bah pour faire la prière. Non seulement ils ont refusé de croire au prophète Jésus mais ils refusent de croire au prophète MouHammad, et ils refusent de se diriger vers la ka^bah. Et ils considèrent qu’il n’y a pas d’abrogation possible dans la Loi. Ils veulent dire par là que c’est la loi de Moise qui reste appliquée. Alors que Dieu a fait que la loi de Moise a été abrogée par celle de Jésus et celle de Jésus a été abrogée par celle de MouHammad et, au sein-même de la loi de MouHammad, il y a des jugements qui ont été abrogés. Par exemple, le fait de boire de l’alcool n’était pas interdit depuis le début de la révélation. Au début, les musulmans consommaient de l’alcool et ils ne commettaient pas de péché. Par contre les prophètes, eux, n’ont jamais bu d’alcool. Cette interdiction est venue progressivement, jusqu’à ce qu’elle soit ferme et définitive.
Une deuxième explication pour les impudents : ce sont les hypocrites, dans la croyance. Ils aiment porter atteinte et se moquer.
Une troisième explication : les impudents sont les associateurs, qui adorent autre que Dieu. Ils adoraient des idoles au point qu’ils avaient entreposé 360 idoles dans la ka^bah. Au début, le Prophète se dirigeait vers Jérusalem dans la prière. Il plaçait la ka^bah devant lui et il se dirigeait vers Jérusalem. Quand il est parti à Médine, il a continué à prier vers Jérusalem. Puis il y a eu abrogation et l’ordre de se diriger vers la ka^bah. Il y a une mosquée à Médine qui s’appelle la mosquée des deux Qiblah car les musulmans devaient prier en direction de Jérusalem, donc vers le nord puis ils ont reçu l’ordre de changer de direction et de se diriger vers Médine, donc vers le sud. Les associateurs ont dit : « comment le Prophète s’est détourné de la Qiblah de ses ancêtres ! Puis il est revenu vers la direction de ses ancêtres ! ».
Ce verset 142 commence par le terme « sa » qui indique le futur, donc Dieu prépare le Prophète à ce qu’ils vont dire quand Dieu va ordonner de changer la direction de la prière. Quel est l’intérêt de cette annonce ? L’intérêt d’informer de ce que les associateurs vont dire, avant qu’ils ne le disent, c’est de raffermir le cœur. Parce que quand on est surpris par quelque chose de mauvais et qu’on ne s’y prépare pas, ça fait encore plus mal. Si on y est préparé, c’est plus facile. C’est une préparation de ce qu’ils vont dire. Et ça permet la préparation de la réponse avant d’en avoir besoin. Quand la réplique est préparée avant d’en avoir besoin, c’est plus fort pour couper court à ce que dit l’adversaire. Le proverbe arabe dit « avant de tirer la flèche, on lui met des plumes derrière ». Les plumes permettent de garder l’équilibre.
Qu’est-ce qui les a détournés (les musulmans) de leur Qiblah (de leur direction) qu’ils suivaient pour leur prière. Le mot Qiblah est la direction vers laquelle fait face celui qui fait la prière.
Dis : à Dieu appartient le levant et le couchant. Les pays du levant et les pays du couchant et toute la terre appartiennent à Dieu.
Il guide qui Il veut. C’est-à-dire que, de ces pays, Dieu guide qui Il veut.
Vers un chemin de droiture. C’est-à-dire qu’Il guide qui il veut vers la direction de vérité qui est la ka^bah vers laquelle nous avons reçu l’ordre de nous orienter. Deuxième explication : tous les endroits appartiennent à Dieu. Il donne l’ordre de nous diriger là où Il veut que nous nous dirigions, tantôt vers la ka^bah et tantôt vers Jérusalem. Il n’y a pas d’objection contre Lui parce qu’Il est Celui à Qui appartient toute chose.
Verset 143 : également Nous avons fait de vous (la communauté du Prophète MouHammad) une communauté de juste milieu. Et le juste milieu c’est le meilleur. C’est ce qui est juste et qui est agréé. Il a été dit que ce qui est bon a un milieu, parce que s’il y a une nuisance, ça parvient aux extrêmes et pas au centre. Et le juste milieu est protégé. C’est-à-dire que, tout comme Dieu a fait que votre Qiblah est la meilleure des Qiblah, Il a fait de vous la meilleure des communautés.
Notre chaykh a dit : ce qui justifie cet adverbe « également », afin que vous sachiez, vous, la communauté de MouHammad, par l’observation, grâce aux preuves qui vous ont été données et grâce au Livre qui a été révélé, que Dieu n’a été injuste envers personne. Mais Dieu a montré la voie, Il a envoyé des messagers qui ont transmis le message, ils ont porté le conseil. Mais ceux qui ont mécru, leur malheur les a amenés à suivre leurs passions, leur malheur les a amenés à émettre des objections contre les différents signes, afin que vous, la communauté du Prophète MouHammad, soyez les témoins de cela, que vous témoigniez de ceux qui vous sont contemporains et que vous témoigniez de ceux qui vous ont précédés et ceux qui vont vous suivre. N’est-ce pas que nous, nous témoignons qu’il n’est de dieu que Dieu et que MouHammad est le messager de Dieu ! Et nous témoignons qu’il a transmis le message honnêtement et fiablement ! N’est-ce pas que nous, nous transmettons son message et nous témoignons que certains acceptent et que ceux qui n’acceptent pas, ils ont entendu l’appel. Cela veut dire qu’au jour du jugement, ils ne pourront pas dire qu’ils n’étaient pas au courant ! Ils n’auront aucune excuse !!
Celui qui est au juste milieu, il ne penche pas vers les extrêmes, il n’est pas plus proche d’une extrême que de l’autre. Cela veut dire que, tout comme Nous avons fait que votre direction pour la prière soit au centre, Nous avons fait de vous une communauté de juste milieu. C’est-à-dire que vous n’êtes ni dans l’outrance, qui est le fait de dépasser la limite fixée par la Loi, en transgressant la Loi en faisant des choses mauvaises, ni dans la négligence, qui est le fait de manquer à ce que Dieu a ordonné. Vous n’avez pas fait preuve d’outrance comme les naSaarah, les chrétiens qui ont décrit Jésus comme étant un dieu : ils ont exagéré dans la glorification de Jésus au point de lui attribuer la divinité. Et vous n’avez pas fait preuve de négligence comme les yahouud qui ont attribué à Marie d’être fornicatrice et que Jésus serait le fils de fornication.
Afin que vous soyez témoins de ce que font les gens et que le Messager témoigne de ce que vous faites. Il a été rapporté que les différents mécréants au jour du jugement vont renier l’envoi des prophètes. Dieu ordonne aux prophètes de donner les preuves qu’ils ont bien transmis. Et Dieu sait qu’ils ont bien transmis. Et ce sera la communauté de MouHammad ^alayhi s-salaam qui viendra et qui témoignera que tous les prophètes ont transmis. Alors les mécréants des communautés diront : « mais comment savez-vous que les prophètes ont transmis ? » La communauté de MouHammad dira : « nous avons su que les différents prophètes ont bien transmis parce que Dieu nous en a informés dans Son Livre qu’Il a fait prononcer par Son Prophète véridique ». Le Prophète MouHammad a reçu le Qour’aan par révélation puis il l’a transmis à ses compagnons et c’est par ce biais que nous avons su. Alors le Prophète MouHammad sera appelé et il sera interrogé à propos de sa communauté. Il validera le témoignage de sa communauté et témoignera qu’elle est de confiance et qu’elle est la communauté du juste milieu.
Et le témoignage peut avoir lieu sans qu’on soit présent, comme si c’est quelque chose qui nous a été transmis.
Et il a été dit : « afin que vous puissiez apporter votre témoignage dans le bas-monde pour des sujets qui nécessitent des personnes de confiance ». Il y a des témoignages qui ne sont pas pris de n’importe qui. Il y a des témoignages qui nécessitent que le témoin soit digne de confiance.
Le chaykh Abouu ManSouur Al-Maatouridiyy a dit que ce verset est une preuve que l’unanimité est une preuve parce que Dieu a décrit cette communauté par le fait qu’elle est digne de confiance. « Le juste milieu » peut avoir la signification de « digne de confiance ». « Al-^adl » est celui dont le témoignage est pris en considération. Donc si les membres de cette communauté qui sont dignes de confiance sont parvenus à la même conclusion à propos de quelque chose et qu’ils ont témoigné de quelque chose, alors il faut prendre leur témoignage en considération.
Il y a eu deux citations de témoignage, de la part de la part de la communauté et de la part du Prophète. Au début, le verbe qui indique le témoignage est venu après et quand il s’agit du témoignage du Prophète, il est venu en premier. C’est pour confirmer le témoignage de cette communauté sur les autres communautés et pour spécifier que le Messager témoignera uniquement pour cette communauté-là.
Et Nous n’avons fait de la Qiblah que tu avais : c’est-à-dire la direction que tu suivais pour la prière et qui est la ka^bah. Il a été rapporté que le Messager Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, au tout début, s’est dirigé dans la prière vers la ka^bah. Puis il a reçu l’ordre de se diriger vers le rocher de Jérusalem, après l’émigration, pour une sagesse. (C’était pour rapprocher les yahouud). Puis il a reçu l’ordre de se diriger à nouveau vers la ka^bah.
Que pour que Nous montrions aux gens qui va suivre le Messager et qui va se rebeller. C’est-à-dire que Nous n’avons fait de la Qiblah que tu aimes prendre pour direction et qui était celle qui du début, que par épreuve pour les gens, pour indiquer qui reste ferme sur l’islam et qui est sur un fil et apostasie l’islam lorsque la Qiblah change. (C’est une règle générale : les ordres et les interdits que Dieu nous fixe, ce sont des épreuves. Dieu ordonne est interdit ce qu’Il veut). Donc ce changement de direction est une épreuve pour que se manifeste qui est imperturbable.
Le chaykh Abouu ManSouur a dit : « afin que Nous fassions exister ce que Nous savons de toute éternité que ça va avoir lieu ». Dieu sait de toute éternité tout ce dont Il a voulu l’existence, que cela va exister dans le temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Donc le changement n’a pas lieu dans l’attribut de la science de Dieu mais dans les choses qui sont sues et qui sont des créatures. Allaah ne change pas, ce sont les créatures qui changent. Dieu a su que certains allaient rester fermes sur leur foi et que d’autres allaient apostasier. Le changement n’est pas dans la science de Dieu.
Autre explication : afin que Dieu manifeste aux créatures qui reste ferme et qui revient sur ses pas. Ici l’épreuve est le changement de direction pour la prière, afin que les gens voient d’eux-mêmes qui est fort et ne change pas et qui ne tient qu’à un fil et qui a apostasié. C’est afin que ce soit connu par les gens. Comme dans d’autres versets dans lesquels Dieu dit ce qui signifie : « afin que soit distingué qui est mauvais et qui est bon ». Pour que cette distinction parvienne aux créatures. Ou afin que le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam et les croyants prennent connaissance de qui reste ferme et qui apostasie. Par cette épreuve, le Messager saura et les croyants sauront qui reste ferme et qui va apostasier. Allaah attribue le verbe à Lui-même parce qu’Il agrée le Messager et les croyants.
Ou encore c’est une figure de style, pour expliquer avec douceur à quelqu’un qui ne sait pas.
Et ce changement est difficile uniquement pour ceux que Dieu a guidés. Ils se dirigeaient dans une direction puis il leur a été demandé de changer de direction pour leur prière.
Et Allaah conserve votre iimaane. Le terme « iimaane » ici désigne la prière. C’est-à-dire que Dieu conserve la récompense des prières que vous avez accomplies en vous dirigeant vers Jérusalem.
Allaah a appelé la prière « iimaane » :
1 / parce qu’elle est obligatoire pour les croyants
2/ et qu’elle est récompensée quand elle est accomplie par des croyants
3 / et que le fait d’accomplir une prière en assemblée est une preuve de foi.
Et quand le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a reçu l’ordre de se tourner vers la ka^bah pour la prière, certains compagnons ont demandé quel était le jugement des prières de leurs frères qui se dirigeaient vers Jérusalem et qui étaient morts. C’est alors que ce verset a été révélé.
Certes Allaah est Ra’ouuf, Il est RaHiim. Ra’ouuf est encore plus fort que miséricordieux. Cela signifie : Dieu est très miséricordieux et Il est miséricordieux. C’est-à-dire que leur récompense ne sera pas perdue.
Verset 144 : Nous voyons comment tu scrutes le ciel de ton regard. Dieu a appris à Son prophète MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam qu’Il sait que le Prophète lève le regard vers le ciel parce qu’il s’attendait, de la part de son Seigneur, que la direction de la prière soit à nouveau vers la ka^bah. 1 /Conformément à ce que faisait notre maitre Ibraahiim qui se dirigeait vers la ka^bah dans sa prière et 2/ en contradiction avec les yahouud, qui eux, se dirigeaient vers Jérusalem. Le Prophète s’attendait à ce changement 3 / car c’était plus facile pour les Arabes pour devenir croyants. 4/ D’autre part parce que la ka^bah est une source de fierté pour les Arabes. 5 / Les différentes tribus s’y rendaient lorsqu’elles allaient à La Mecque. 6 / Également c’est là-bas qu’ils faisaient le Tawaaf, les tours autour de la ka^bah.
Pour toutes ces raisons, le Prophète scrutait le ciel en attendant que Dieu lui donne l’ordre de se diriger vers la ka^bah.
Nous allons certes t’accorder et Nous allons te donner la capacité de te diriger vers la ka^bah. Nous allons faire que la direction pour ta prière soit le corps de la ka^bah et non pas le corps de Jérusalem. Le corps de la ka^bah signifie le prolongement du corps de la ka^bah : que la personne soit située plus haut ou plus bas que la ka^bah, elle va faire sa prière en se dirigeant vers le prolongement du corps de la ka^bah.
Une Qiblah qui te réjouira le cœur. Nous allons t’accorder une Qiblah vers laquelle tu t’orienteras pour des raisons valides que tu as dans ton cœur et ton souhait est conforme à la volonté de Dieu et à Sa sagesse. C’est-à-dire que Dieu a voulu cela. Dieu n’a pas changé de volonté parce que, toi, tu le souhaites.
Oriente-toi vers la mosquée Al-Haraam. Fais en sorte que, dans la prière, tu t’orientes vers la mosquée Al-Haraam. « Vers » signifie dans la direction de la mosquée » et vers son corps. Parce que se diriger vers le corps de la ka^bah est difficile pour celui qui se trouve dans un endroit éloigné. Il a été rapporté que le Prophète ^alayhi s-salaam, lorsqu’il est arrivé à Médine, il a fait la prière en direction de Jérusalem durant seize mois, puis il a reçu l’ordre de se diriger vers la ka^bah dans sa prière.
Et où que vous vous trouvez : c’est-à-dire sur terre et que vous voulez faire la prière, alors orientez-vous vers la mosquée Al-Haraam et ceux qui ont reçu le Livre avant vous savent que c’est la vérité de la part de leur Seigneur C’est-à-dire que ce changement de direction vers la ka^bah, c’est la vérité, parce que les prophètes, avant notre maitre MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, avaient annoncé la bonne nouvelle qu’il y aura un prophète qui s’appellera MouHammad qui va venir et qui fera la prière vers les deux Qiblah, de Jérusalem et La Mecque.
C’est une obligation pour vous de vous orienter vers la ka^bah, dans la prière, où que vous vous trouviez sur terre. Et ce qui est visé par la ka^bah, c’est cette construction qui existe actuellement. Et quand le Prophète avait fait la prière en se dirigeant vers la ka^bah, il avait dit ce qui signifie : « voici votre direction pour la prière ». Ce Hadiith a été rapporté par Al-Boukhaariyy dans son SaHiiH. Et apprendre comment déterminer la direction pour la prière est un devoir.
Et rien de ce que vous faites n’échappe à Allaah.
Verset 145 : et si tu donnais à ceux qui ont reçu le Livre (ce sont les entêtés qui ont reçu le Livre mais qui refusent de le suivre) les arguments catégoriques qui prouvent que se diriger vers la ka^bah, c’est cela la vérité. Ils ne suivront pas ta direction. Car ce n’est pas cause d’une confusion qu’ils ont eue qui va être dissipée en leur donnant la preuve. Mais le fait qu’ils aient refusé de te suivre, c’est par orgueil et par entêtement parce qu’ils savent dans leurs livres que tu es décrit comme étant sur la vérité.
Et tu ne vas pas suivre leur Qiblah. Qiblah ici est au singulier. Pourtant, il s’agit de deux groupes qui ont reçu le Livre, ce sont les yahouud et les naSaarah. Chacun a eu une Qiblah différente. Ici, c’est pour couper définitivement tout espoir que tu suivras leur Qiblah. Parce qu’ils ont été perturbés à ce moment-là : ils ont dit : s’il était resté sur notre Qiblah, alors peut-être que nous aurions pensé que c’est celui que nous attendons. En effet, ils prétendent que le prophète qu’ils attendaient n’est pas le Prophète MouHammad, alors que c’est lui. Mais ils ont dit que ce serait quelqu’un de la descendance de Mouuçaa. Puis ils ont espéré qu’il se dirige à nouveau vers Jérusalem. Et le mot Qiblah est au singulier parce que leurs Qiblah respectives ont en commun qu’elles sont fausses. Dieu ne les agrée pas, Dieu n’agrée que ceux qui se dirigent vers la Ka^bah.
Et ils ne vont pas suivre les Qiblah des autres. Même s’ils sont d’accord sur le fait de contredire le Prophète MouHammad, ils sont divergents à propos de leurs Qiblah. Et on n’espère pas qu’ils tombent d’accord. Tout comme on n’espère pas qu’ils soient d’accord avec toi. Les yahouud se dirigent vers Jérusalem et les naSaarah vers le lever du soleil.
Et si tu suivais leurs passions après la science que tu as eue. La parole est adressée au Prophète mais ce n’est pas lui qui est visé parce que le Prophète est préservé de la mécréance. C’est-à-dire après les arguments que tu as connus, qui prouvent que la Qiblah c’est la ka^bah et que la religion que Dieu agrée, c’est l’islam, si tu suivais leurs passions après cela,
Tu serais au nombre des injustes, c’est-à-dire de ceux qui commettent l’injustice la plus abominable. Le mot « injuste » est parvenu dans le Qour’aan dans plus d’un passage. Parfois il a le sens des mécréants, parfois du grand pêcheur, parfois d’un petit pêcheur, tout comme notre maitre Youunous ^alayhi s-salaam, quand il a quitté la ville avant d’avoir reçu l’ordre de la quitter, il a fait une invocation alors qu’il était dans le ventre du cétacé, en disant ce qui signifie : « j’ai commis un petit péché qui ne comporte pas de bassesse de caractère ».
Dans cette parole, il y a un ordre qui est donné avec douceur pour ceux qui entendent ce verset. C’est également un moyen de renforcement pour rester ferme sur la vérité. Et c’est également une mise en garde pour celui délaisse les preuves et qui suit les mauvais penchants de son âme.
Il a été dit que cette parole s’adresse en apparence au Prophète ^alayhi s-salaam, alors que ceux qui sont visés, c’est sa communauté. Si les membres de sa communauté suivent les passions de ceux qui sont sur l’égarement, ils seront alors injustes.
verset 146 : ceux à qui on avait fait parvenir le Livre (c’est-à-dire les injustes)
Ils le reconnaissent (c’est-à-dire MouHammad à qui Nous avons fait parvenir le Livre)
Exactement comme ils sont capables de reconnaitre leurs enfants. ^Abdoul -Laah ibnou salaam était le savant des juifs puis il s’est converti à l’islam. Alors les autres juifs ont dit à son sujet que c’était quelqu’un qui ne savait rien du tout. Il a dit : « moi je connais MouHammad plus que je ne connais mon propre fils ». Alors notre maitre ^Oumar lui a dit : « comment ça ? Tu le connais plus que ton propre fils ? » Alors il a répondu : « le Prophète MouHammad, je n’ai aucun doute qu’il est prophète. Pour ce qui est de mon fils, je n’ai aucune garantie que sa mère ne m’a pas trahi ». C’est-à-dire que c’est quelque chose qui est possible selon la raison. C’est alors qu’^Oumar lui a embrassé la tête.
Notre chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la connaissance à elle-seule ne suffit pas. Il faut que la personne reconnaisse cela. Car les yahouud savaient que MouHammad était un envoyé de Dieu mais leur âme a refusé d’accepter cela. C’est pour cela qu’ils se sont mis à le démentir par la langue. Car la Torah d’origine, celle qui a été révélée à notre maitre Mouuçaa ^alayhi s-salaam, comporte l’annonce que MouHammad est l’envoyé de Dieu. Et la Torah ainsi que l’Evangile ont été falsifiées, les sens des termes ont été falsifiés. Puis les termes ont été déformés.
Et un groupe d’entre eux (qui n’ont pas été musulmans) dissimule la vérité alors qu’ils la connaissent. C’est par jalousie et par entêtement. Leurs livres qui ont été révélés à Moise et à Jésus comportent la vérité.
Verset 147 : la vérité est de la part de ton Seigneur. C’est-à-dire que la vérité est ce qui a été confirmé de la part de Dieu, comme la voie sur laquelle est le Prophète MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Et ce qui n’a pas été authentifié comme étant de la part de Dieu, comme la voie sur laquelle sont les gens du Livre, c’est faux.
Ne sois pas au nombre de ceux qui doutent. C’est-à-dire : ne doute pas que cette vérité est bien de la part de ton Seigneur.
Verset 148 : et chaque groupe de chaque religion a une direction a une direction vers laquelle il se dirige.
Empressez-vous pour faire le bien, où que vous soyez : c’est-à-dire que du fait que Dieu vous a ordonné de changer de direction pour la prière, alors empressez-vous pour aller vers le bien, que ce soit concernant la Qiblah ou autre que la Qiblah. Dans toutes les choses, soyez, vous, les pionniers. Qui que vous soyez, c’est-à-dire vous et vos ennemis. Même pour vos ennemis, c’est un ordre de vous rejoindre sur la vérité.
Allaah vous ressuscitera tous. Vous et vos ennemis, vous serez ressuscités pour le jour du jugement et Dieu jugera entre ceux qui étaient sur la vérité et ceux qui étaient sur le faux.
La deuxième explication du verset « où que vous soyez » est que vous, communauté de MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, chacun d’entre vous a une direction vers laquelle il prie. En effet si quelqu’un est au nord de la ka^bah, il va se diriger vers le sud pour sa prière ; celui qui est au sud, il se dirige vers le nord ; celui qui à l’est de la ka^bah, il se dirige vers l’ouest et celui qui est à l’ouest, il se dirige vers l’est. Donc ce verset veut dire que vous, communauté de MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, où que vous soyez, vous vous dirigez vers la meilleure des directions. Et c’est le prolongement de la ka^bah. Où que vous soyez : c’est comme si vous étiez tous ensemble dans la mosquée al-Haraam en train de prier.
Certes Allaah est sur toute chose tout puissant.
Verset 149 : de n’importe quel endroit tu pars pour entamer un voyage, oriente-toi vers la mosquée al-Haraam lorsque tu faisla prière.
Et l’ordre qui vous est donné est la vérité de la part de ton Seigneur.
Et Allaah, rien ne Lui échappe de ce que vous faites.
Verset 150 : c’est une répétition du verset précédent : et de n’importe quel endroit tu pars pour entamer un voyage, oriente-toi vers la mosquée al-Haraam
Et où que vous soyez, alors orientez-vous vers la mosquée Al-Haraam pour la prière. Cette répétition est pour insister à propos de la Qiblah, parce qu’il y a eu une abrogation ici : c’était Jérusalem puis c’est devenu la ka^bah. Cette répétition est pour éliminer toute confusion possible et pour que les gens restent fermes sur l’ordre qui leur a été donné. C’est bien vers la ka^bah qu’ils doivent se diriger vers la prière. Il y a beaucoup d’intérêts dans cette répétition.
Pour que les gens n’aient pas d’argument contre vous. C’est-à-dire que Dieu vous a donné suffisamment d’arguments pour justifier votre Qiblah, pour répliquer aux gens (ici ce sont les yahouud), car c’est différent de ce qui est dans la Torah. La Qiblah a bel et bien été changée. Leur parole a été appelée un argument parce que ce sont eux qui prétendent que c’est un argument. Mais en réalité ce n’est pas un argument car ça ne prouve pas quelque chose de vrai. Habituellement, l’argument prouve quelque chose de vrai. Mais eux, ils utilisent ces paroles comme étant une preuve alors que ça n’en est pas une.
Sauf ceux qui sont injustes parmi eux. C’est-à-dire ceux qui sont entêtés parmi les yahouud. Ils disent : s’il a quitté notre Qiblah pour se diriger vers la ka^bah, c’est pour rejoindre la religion de son peuple (les gens de Qouraych qui étaient des idolâtres), c’est parce qu’il aime sa ville. Ils ont dit : s’il était sur la vérité, il serait resté sur la Qiblah des prophètes, c’est-à-dire vers Jérusalem.
Ou bien deuxième explication : pour que les Arabes ne puissent pas émettre une objection sur le fait que vous ayez abandonné l’orientation vers la ka^bah qui est la Qiblah d’Ibraahiim et d’Ismaa^iil, le père des Arabes, excepté ceux qui sont injustes parmi eux, qui sont les gens de La Mecque, quand ils vont dire : il a changé d’avis, il est revenu à la Qiblah de ses ancêtres et bientôt, il va rejoindre leur religion.
Ne les craignez pas. N’ayez pas peur d’eux, c’est-à-dire ne les craignez pas dans leurs paroles qui portent atteinte à propos de votre Qiblah. Ils ne vont pas vous nuire.
Mais craignez-Moi. C’est-à-dire craignez Dieu et ne désobéissez pas à Son ordre.
Pour que Je vous parachève Ma grâce. C’est-à-dire : Je vous ai donné les arguments pour que personne ne puisse émettre de parole contre vous et Je vous ai guidé vers le ka^bah. Je vous ai accordé cette grâce de vous avoir dirigés vers la ka^bah.
Puissiez-vous être bien guidés. C’est-à-dire pour que vous soyez guidés vers la Qiblah de notre maître Ibraahiim. Car notre maitre Ibraahiim faisait la prière en se dirigeant vers la ka^bah , qu’il avait d’ailleurs reconstruite avec son fils Ismaa^iil.
Verset 151 : tout comme Nous avons envoyé parmi vous. « Tout comme », soit il se rapporte à ce qui l’a précédé, c’est-à-dire afin que Je vous parachève Ma grâce dans l’au-delà, en vous accordant la récompense, tout comme Je vous l’ai parachevée dans le bas-monde en vous envoyant le Messager. Dans ce cas, on ne marque pas d’arrêt à la fin du verset 149.
La deuxième explication est que le « tout comme » se rapporte à ce qui va suivre : tout comme Nous vous avons envoyé un messager d’entre vous, qui vous récite Nos versets, qui vous purifie, qui vous enseigne le Livre et la sagesse et qui vous enseigne ce que vous ne saviez pas. Allaah ta^aalaa nous rappelle ainsi qu’Il nous a envoyé le Messager,
Verset 152 : alors évoquez-Moi et Je vous accorderai la récompense. Selon cette deuxième explication, on marque un arrêt à la fin du verset 149, c’est-à-dire la parole « tahtadouune ».
D’entre vous : c’est-à-dire un messager qui est arabe
Qui vous récite : c’est-à-dire qui récite ce qui est révélé
Nos versets : c’est-à-dire le Qour’aan.
Wa youzzakkiikoum : il y a trois avis rapportés par le HaafiDh ibnou l-Jawziyy :
1/ Ibnou ^Abbaaas et al-FarraH ont dit : il prélève de vous la zakaat et c’est une cause pour purifier vos biens.
2/ Al-MouQaadir a dit : ce messager va vous purifier du chirk (l’association à Dieu) et du koufr (la mécréance)
3/ Il les invite à ce qui va faire d’eux des gens vertueux.
Et il vous enseigne le Livre : c’est-à-dire le Qour’aan
Et la sagesse : c’est-à-dire la sounnah (la croyance et les jugements et les actes du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam) et le fiQh (la science des lois).
Il vous enseigne ce que vous ne saviez pas : c’est-à-dire qu’il vous enseigne ce que vous ne pouvez connaitre que par révélation.
Verset 152 : évoquez-Moi : c’est-à-dire par la demande du pardon. Ibnou l-Jawziyy a dit dans son explication qu’Ibnou ^Abbaas et ibnou Joubayr ont dit : évoquez-Moi en M’obéissant, alors Je vous accorderai le pardon.
Ibraahiim ibnou S-Sariyy a dit : tout comme Je vous ai fait grâce par le message, c’est-à-dire le fait que Dieu nous a envoyé le Messager ^alayhi S-Salaat wa s-salaam,
Alors évoquez-Moi par le tawHiid, c’est-à-dire en ayant pour croyance que Je n’ai pas d’associé et en croyant en la véracité de Mon prophète.
Ou alors évoquez-Moi en faisant Mon éloge, en me remerciant et Je vous donnerai
Ou alors évoquez-Moi en Me demandant, et Je vous donnerai
Ou alors évoquez-Moi par le repentir et Je vous pardonnerai
Ou alors évoquez-Moi avec la sincérité et Je vous délivrerai
Ou évoquez-Moi par la supplication et Je vous sauverai.
Et remerciez-Moi : c’est-à-dire pour les grâces que Je vous ai accordées.
Et ne reniez pas les grâces. Ne soyez pas ingrats pour les grâces que Je vous ai accordées.
Verset 153 : ô vous qui êtes croyants, faites-vous aider par la patience. Par la patience, on obtient toutes les grandes vertus.
Et par la prière. La prière empêche de commettre les actes vils, les actes d’impudence. La prière aide la personne à s’améliorer et soigne du mauvais comportement.
Certes Allaah soutient ceux qui patientent. Dans la bague de notre maitre Idriis, il est écrit que la patience avec la sincérité donnent la réussite.
Verset 154 : ne dites pas à propos de ceux qui ont été tués dans la voie que Dieu agrée : ce verset a été révélé à propos des martyrs de la bataille de Badr et ils étaient au nombre de quatorze. Cette bataille a eu lieu le 17 de ramaDaan de l’an deux de l’hégire.
Qu’ils sont morts mais ils sont bien vivants. Mais vous ne le constatez pas. C’est-à-dire que vous ne savez pas cela, parce que la vie du martyr n’est pas quelque chose que l’on connait par la perception sensorielle. D’après Al-Haçan Al-BiSriyy que Dieu l’agrée, les martyrs sont vivants, selon le jugement de Dieu. Leur subsistance est exposée à leur âme et ils en ressentent la fraicheur et la joie, tout comme le feu est exposé aux âmes de ceux qui ont suivi pharaon dans la mécréance, matin et soir. (Verset qui cite cela). Dans cette vie, les mécréants ne sont pas exposés au feu et dans l’au-delà, ils seront en enfer. Donc ils seront exposés au feu dans la tombe. Et c’est de ce verset que les savants ont déduit qu’il y a un supplice dans la tombe. Et les suppliciés ressentiront de la peine et de la douleur suite à cela.
D’après Moujaahid, les martyrs reçoivent des fruits du paradis, ils sentent l’odeur du paradis sans y être. Mais cette parole n’est pas confirmée. Le chaykh rectifie et dit : leur âme sera au paradis. On a entendu que leur âme sera dans des volatiles verts qui mangent des fruits du paradis et qui se réfugient dans des chandelles accrochées au Trône. Leur âme sera au paradis mais les martyrs ne vont pas occuper la place qu’ils occuperont après le jour du jugement. Histoire d’un savant qui s’appelle ^Abdour -RaHmaan fils de al Qaaçim, il y a plus de six cent années. Il a été tué dans une bataille, avec d’autres personnes. Ils ont été laissés à terre. Un mécréant est venu et s’est moqué du Qour’aan. Il leur a dit : « vous, vous dites : ne dites pas à propos de ceux qui sont tués dans la voie que Dieu agrée, qu’ils sont morts mais qu’ils sont bien vivants ». L’un des morts s’est levé et a récité le verset. Le mécréant tremblait de peur. Le martyr est ensuite retourné comme il était.
Chez signifie selon le jugement de leur Seigneur. C’est-à-dire que Dieu les honore et les agrée. Le martyr, lorsqu’il meurt, son âme va au paradis. L’âme quitte le corps mais pas totalement. Comme le soleil qui est dans le ciel mais son effet est sur terre. De même, l’âme du martyr va au paradis mais son effet reste sur le corps qui est sur terre. Ils sont vivants même si ce n’est pas la même vie que nous avons actuellement. Il y a les traces de l’âme dans le corps du martyr qui est sur terre.
MouHammad AS-Sa^idiyy était un élève de notre chaykh ^Abdoul-Laah al-harariyy. Les gens ont ouvert sa tombe quinze ans après qu’il ait été enterré. Ils voulaient enterrer son frère et ils pensaient que son corps avait été assimilé par la terre. Ils ont trouvé son corps intact car il était mort martyr.
Verset 155 : et Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves pour éprouver vos états comme un examinateur. Est-ce que vous allez patienter et accomplir des actes d’obéissance ou bien vous n’allez pas patienter ? Dieu éprouve qui Il veut par ce qu’Il veut. Et certains croient que Dieu ne crée pas le mal. Or Dieu crée le bien et le mal et c’est une preuve de Sa parfaite toute puissance. Mais Il n’ordonne pas le mal et il n’agrée pas le mal.
Par quelques (c’est-à-dire quelques épreuves): « bi chay’in » signifie « un peu », pour indiquer que toute épreuve qui touche l’être humain, même si cette épreuve est importante, il se peut qu’il y ait plus grave encore. On dit : « dafa^a l-Laahou maa kaana a^dham », « Dieu repousse de nous ce qui est encore plus grave ». Ceci montre que les gens bénéficient de la miséricorde de Dieu en toute situation. Et Dieu les a informés qu’il y aura une épreuve avant qu’elle ne se produise, pour qu’ils puissent la supporter. Les gens ont ainsi été préparés.
Peurs. La crainte de Dieu et de l’ennemi.
Et faim : c’est-à-dire la famine ou le jeûne du mois de ramaDaan.
Et un manque dans les biens. Par la mort du bétail ou par la zakaat. Et le mot « et » suit, soit le mot « chay’ » (quelques pertes dans le bien) soit le mot « khaouf » (crainte). Nous allons vous éprouver par quelques pertes dans vos biens. Ce sont des épreuves de la part de Dieu.
Et dans les âmes : c’est-à-dire par les homicides et la mort. Nous allons vous éprouver par une diminution dans le nombre de personnes. Ou bien par la maladie et la vieillesse.
Et dans les fruits : les récoltes ou par la mort des enfants (car l’enfant est un fruit du cœur, il est comme un fruit pour les parents).
Et annonce la bonne nouvelle à ceux qui patientent. C’est-à-dire à ceux qui patientent suite à toutes ces épreuves. Parce que ceux qui font l’istirjaa^ face aux épreuves, annonce-leur la bonne nouvelle, parce que c’est une soumission totale à Dieu. C’est le fait de dire le verset « innaa lil-Laahi wa innaa ilayhi raaji^ouune » ce qui signifie : « certes nous appartenons à Dieu et nous retournerons à la vie pour Son jugement ». Ce qui veut dire qu’en définitive, même si j’ai été éprouvé par cette épreuve, j’appartiens à Dieu et je reviendrai à Son jugement au jour dernier.
Et dans le Hadiith notre maitre MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit ce qui signifie : « celui qui dit l’istirjaa^ lors de l’épreuve, Dieu lui comble le manque qu’il a à cause de cette épreuve et Il lui accorde un bien pour la suite ainsi qu’une suite vertueuse qui le satisfera ». Rapporté par Al-BayhaQiyy, AT-Tabaraaniyy et ibnou Jarir.
Une fois, la chandelle du messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam s’est éteinte. Le Prophète a alors dit : « innaa lil-Laahi wa innaa ilayhi raaji^ouune ». Quelqu’un s’est étonné et a dit : « ça, c’est une épreuve ? » alors le Prophète a dit ce qui signifie : « toute chose qui nuit au musulman est une épreuve ».
Ce verset s’adresse au Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam et à tous ceux à qui peut parvenir cette annonce de bonne nouvelle de ceux qui patientent.
Ceux qui patientent sont ceux qui se satisfont de Dieu, qui ne se rebellent pas contre Lui, ceux qui ne perdent pas patience pour ce que Dieu prédestine, même si les épreuves en tant que telles les dérangent, les chagrinent, leur font du mal dans leurs corps, mais leurs cœurs sont satisfaits vis -à- vis de Dieu. Notre maitre Ayyouub ^alayhi s-salaam, est resté dix-huit ans étant malade et il n’y avait un seul endroit de son corps qui n’était pas malade.
Ceux qui patientent, Dieu leur a annoncé la bonne nouvelle qu’ils auront des Salawaate de la part de Dieu, c’est-à-dire des miséricordes accompagnées d’élévations en degrés. Ici, il ne s’agit pas d’une simple miséricorde mais elle est accompagnée d’élévations en degrés. Parce que la simple miséricorde dans le bas-monde concerne le croyant et le mécréant. Même le mécréant profite de la miséricorde de Dieu, dans le bas-monde. Mais le mécréant est ingrat, car il mange et boit de ce que Dieu lui accorde et il renie Dieu. Il y a des miséricordes spécifiques et il y a des miséricordes générales. Il y a des miséricordes générales dans lesquelles sont associés le croyant et le non croyant, le bienfaisant et le malfaisant. Il y a le fait de profiter de cet air que nous respirons, de la bonne santé, des biens, et autres : tout cela fait partie des miséricordes générales. Alors que les miséricordes particulières, elles sont réservées aux croyants qui patientent, ceux qui sont soumis à Dieu d’une totale soumission. La première des conditions pour gagner ces miséricordes particulières, c’est la foi, c’est-à-dire être croyant. Celui qui n’est pas croyant ne bénéficie pas de ces miséricordes particulières.
verset 156 : ceux qui (il s’agit d’une description de ceux qui patientent)
Lorsqu’ils sont touchés par une épreuve (c’est-à-dire qui est difficile à supporter)
Ils disent « certes nous appartenons à Allaah et nous reviendrons à la vie pour Son jugement ». C’est une reconnaissance de la souveraineté de Dieu, c’est-à-dire que nous appartenons à Dieu et Dieu fait de nous ce qu’Il veut et nous sommes satisfaits de ce qu’Il fait de nous, que ce soit quelque chose qui correspond aux penchants de l’âme ou quelque chose qui va à l’encontre de notre nature. Nous nous soumettons à Lui, nous n’émettons pas d’objection contre Lui. Dieu a créé les âmes et Il fait que, naturellement, elles penchent pour certaines choses et elles ont une aversion pour certaines choses. Ceux dont Dieu fait l’éloge dans ce verset 156, ce sont des gens qui se soumettent totalement à Dieu, c’est-à-dire lorsqu’Il leur fait subir ce qui convient à leur âme et lorsqu’il leur fait subir ce qui ne convient pas à leur âme, des choses que Dieu leur a destinées et prédestinées. ; ils se soumettent à Lui dans les deux cas.
Pour illustrer cela, dans le Hadiith SaHiiH (authentique) rapporté du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, parmi les choses que nous récitons, entre la parole « Allaahou ‘akbar » et la récitation de la faatiHah, nous disons « naHnou laka wa ’ilayk », c’est-à-dire « ô Allaah, nous T’appartenons et nous reviendrons à la vie pour ton jugement ». C’est une reconnaissance par la langue de cette conviction par le cœur que tout appartient à Dieu.
Dans le livre « al-maraaçil » de Abouu Daawouud qu’il a composé pour les Hadiith mourçal. Un Hadiith mourçal est un Hadiith rapporté par un successeur des compagnons qui le rapporte du Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Mais il ne dit pas qui est le compagnon qui le lui a rapporté. Parmi ces Hadiith mourçal, il y a une parole qui est attribuée au Prophète par un successeur : « Allaahoumma innamaa naHnou bika wa ilayk », ce qui signifie littéralement : « ô Allaah nous sommes par Toi et à Toi », c’est-à-dire que notre existence est par Ta puissance et Ta volonté et conformément à Ta science ». Il n’y a pas une seule chose qui existe sans que ce soit par Ta création, par Ta puissance, par Ta volonté et par Ta science. Nos êtres et nos caractéristiques, tout cela est par la création de Dieu, par la volonté de Dieu, conformément à Sa science et Sa prédestination et Sa destinée. « Wa ilayk » : c’est-à-dire que notre devenir est à Toi. Chacun d’entre nous, Dieu lui a prescrit la mort. Pas un d’entre nous ne va y échapper. Soit la personne meurt dans un bon état selon le jugement de Dieu, soit elle meurt sur un état que Dieu n’agrée pas selon Son jugement.
« MouSiibatoun » : dans la grammaire, c’est un mot qui est indéfini (nakirah). Dieu nous fait comprendre ainsi que toute épreuve qui touche le musulman, quelle qu’elle soit, elle va profiter au musulman, soit par l’élévation en degrés, soit par une expiation de péché, ceci dans le cas où cette personne ne se rebelle pas contre Dieu. Donc celui qui se satisfait de Dieu, il patiente, il va profiter de l’épreuve, elle sera bénéfique pour lui. Parce que, soit ce sera une élévation en degrés selon le jugement de Dieu, soit une expiation de péchés. Tout ce qui va toucher le musulman sera une cause pour qu’il soit élevé en degrés ou bien ce seront des péchés qui lui seront expiés, c’est-à-dire qu’une partie de ses péchés lui sera effacée. Il n’y a pas une seule épreuve qu’il subisse, qu’elle soit petite ou grande, sans qu’il n’en profite. Et quel bon bénéfice de cela. Même l’épreuve qui parait négligeable aux yeux des gens, comme le fait d’être piqué par épine ou le fait d’être dérangé par un tourment ou un souci sans grande conséquence. Par contre si c’est un grand tourment, le musulman va en profiter, en fonction de la gravité de ce tourment. Par ailleurs, ces croyants dont Dieu fait l’éloge, ils ont une particularité, c’est que lors les jours de al-harj, ils s’attachent à l’obéissance à Dieu, autant que faire se peut. Al-Harj, c’est quand il y a beaucoup de morts, beaucoup de meurtres ; même dans ces jours-là, ils ne désobéissent pas à Dieu. Ils ne délaissent pas les obligations et ils ne se mettent pas à commettre des péchés à cause de cela. Ils sont fermes.
Le Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « se consacrer à l’adoration de Dieu en période de harj, c’est comme celui qui a fait une émigration pour venir me rejoindre ». Rapporté par Ibnou Hibbaan dans son SaHiiH, rapporté par Mouslim dans son SaHiiH, rapporté par ibnou Maajah dans ses sounan. C’est-à-dire que celui qui s’attache à l’obéissance à Dieu dans une période de harj, il est comme celui qui a accompli l’émigration pour rejoindre le Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, à l’époque où l’émigration vers le Messager ^alayhi S-Salaat wa s-salaam était obligatoire. Parce qu’il n’y a plus eu d’émigration obligatoire après la conquête de La Mecque.
Ils ont su (c’est une connaissance), ils ont eu pour croyance et ils sont catégoriques, qu’ils appartiennent à Dieu, qu’Il peut faire d’eux ce qu’Il veut et qu’ils vont revenir à Son jugement, c’est-à-dire qu’ils vont mourir, pour, par la suite, être rétribués par Dieu. La rétribution des croyants pour leur foi commence dans le barzakh (c’est la période entre la mort et la résurrection et elle a lieu dans la tombe). Mais la plus grande rétribution est dans l’au-delà. Pour les croyants, ce seront des choses qui vont les réjouir. Dieu leur a promis que, dès qu’ils quittent le bas-monde, ils n’auront rien qui va les chagriner. Mais le fait de quitter le bas-monde, ils sont à l’image de quelqu’un qui était prisonnier et qui sort de prison ou bien quelqu’un qui était dans une famine et une sécheresse, il retrouve le bien-être et le confort. La tombe que les gens craignent, certains seront dans un état meilleur que ce qu’ils avaient auparavant, même s’ils résidaient dans des palais luxueux et qu’ils avaient beaucoup de grâces dans ce bas-monde. Mais parce qu’ils étaient pieux, dans la tombe, ce sera encore meilleur. Il suffit pour cela le fait qu’ils verront dans leurs tombes leur place au paradis, une fois au début du jour et une fois à la fin de la journée. Ceci dépasse tous les plaisirs du bas monde lorsqu’ils étaient sur terre.
Il y a d’autres félicités que celles-là. Entre-autres, il y a le fait qu’ils ne seront pas en proie à ce qui va leur nuire, dans leurs tombes, comme les bêtes sous terre (les scorpions, les serpents, les vers) et ils ne vont pas endurer non plus la solitude dans la tombe, ils ne vont pas endurer non plus la difficulté de l’obscurité car leur tombe sera éclairée. Œuvrons pour gagner cela. Ils seront également épargnés de l’étroitesse de la tombe. Et la félicité de l’au-delà sera encore meilleure.
Certes nous allons revenir à Lui : c’est une reconnaissance qu’ils vont mourir et donc que le devenir, ce sera la rétribution de la part de Dieu.
Verset 157 : ceux-là auront des Salawaates de la part de leur Seigneur et une raHmah. Cela signifie une grâce et une miséricorde. Cela indique qu’ils auront des miséricordes qui vont se suivre. Sa^id ibnou Joubayr a indiqué dans ce verset que aS-Salawaate signifie le pardon de la part de Dieu. Ce verset indique une annonce de bonne nouvelle pour les croyants. Ce sont des gens qui se satisfont de Dieu, c’est-à-dire qu’ils n’émettent pas d’objection contre Dieu, ils ne se mettent pas en colère contre Dieu contre ce qu’Il a prédestiné, ils ne font pas preuve de rébellion ni d’exaspération pour les choses que Dieu leur a fait subir, même si les épreuves en tant que telles les dérangent, les attristent, leur nuisent dans leurs corps. Mais leurs cœurs sont satisfaits de Dieu.
Ceux-là, Dieu leur a annoncé la bonne nouvelle qu’ils auront des miséricordes qui sont accompagnées d’élévation en degrés. Il ne s’agit pas ici de simple miséricorde. Car la miséricorde dans le bas-monde, vont en bénéficier le croyant et le mécréant. Mais les Salawaates ici, ce sont les miséricordes qui sont accompagnées d’élévation en degré : ce sont des miséricordes particulières. Cet air que nous respirons fait partie de la miséricorde générale. Il y a des miséricordes générales dans lesquelles s’associent le croyant et le mécréant, comme le fait de profiter des biens, de la santé, des grâces du bas-monde. Alors que les miséricordes particulières, seuls les croyants qui patientent, qui se soumettent à Dieu totalement, vont les recevoir. La première condition pour obtenir ces miséricordes spécifiques est d’être croyant.
Et ce sont eux les bien-guidés. C’est-à-dire ceux qui ont été bien guidés pour aller sur le droit chemin, puisqu’ils ont fait l’istirja^ (qui est le fait de dire « innaa lil-Laahi wa innaa ilayhi raaji^ouun »). Et ^Oumar a dit : quelle belle charge que celle qu’on répartit sur le dos du chameau ».
Verset 158 : certes aS-Safaa wa l-marwah. Ce sont deux montagnes à La Mecque où les pèlerins font les trajets.
Font partie des rites de la religion agréée par Dieu.
Celui qui se rend à la ka^bah soit pour faire le pèlerinage, soit pour faire la ^oumrah, il n’y a pas de péché pour lui s’il fait les trajets entre aS-Safaa et al-marwah. Le mot Tawaaf à l’origine signifie marcher autour. Ici, par extension, cela signifie marcher entre As-Safaa et al-marwah. Il a été dit qu’au-dessus de Safaa, il y avait un içaaf et sur al-marwah, il y avait naa’ilah qui sont deux idoles, deux statues. C’était un homme et une femme qui avaient commis la fornication à l’intérieur de la ka^bah et ils ont été transformés en pierres et ils ont été placés sur chacun des deux monts pour que les gens soient exhortés de ce qui arrive à ceux qui commettent ce péché-là. Mais avec le temps, les gens se sont mis à les adorer ; les gens de la jahiliyah, quand ils marchaient entre les deux monts, ils se frottaient à ces idoles. Lorsque l’islam est venu et que les idoles ont été détruites, les musulmans n’étaient pas très à l’aise pour faire les trajets entre les deux monts parce que les gens faisaient des actes d’idolâtrie. Mais Allaah dit qu’il n’y a pas de mal en cela, de faire les trajets entre les deux monts. Et An-Naçafiyy dit que cela est une preuve que les trajets entre aS-Safaa et al-marwah ne sont pas un pilier du pèlerinage et de la ^oumrah, selon Abouu Haniifah. Contrairement à Maalik et Ach-Chafi^iyy qui considèrent tous deux que les trajets entre les deux monts sont un pilier.
Et celui qui veut le faire (c’est-à-dire les trajets entre aS-Safaa et al-marwah) et là encore, cela fait ressentir que ce n’est pas un pilier
Certes Allaah rétribue pour peu de choses d’une large récompense. Parfois il arrive que quelqu’un donne une datte en aumône, et c’est cette aumône qui sauvera cette personne de l’enfer.
Et Allaah sait absolument tout.
Audio 35 : verset 159 : certes ceux qui cachent (parmi les traitres des yahouud) ce que Nous avons révélé (c’est-à-dire ce que Dieu a révélé dans la Torah) comme signes clairs (qui témoignent de MouHammad ^alayhi s-salaam) et bonne guidée (ce qui guide à l’islam). Car dans la Torah, on trouve la description du dernier prophète.
Après que Nous l’avons montré aux gens dans le Livre (c’est-à-dire dans la Torah) Il n’y a pas sujet à confusion. Ils sont partis avec ce qui est indiqué au sujet du Prophète MouHammad dans le Livre et ils l’ont caché.
Ceux-là, Dieu les maudit et ceux qui maudissent les maudissent. « Ceux qui maudissent » : ce sont ceux de qui il est possible qu’il provienne une parole de malédiction. Ce sont les anges et ce sont les croyants parmi les humains et les djinns.
Verset 160 : hormis ceux qui ont fait le repentir. Pour avoir caché ce qui était dans la Torah et pour avoir délaissé la foi et l’islam.
Et qui ont corrigé. Ce qui a été corrompu de leur état antérieur et qui ont rattrapé ce qu’ils ont manqué.
Et qui ont indiqué. Ce qu’ils avaient caché comme indication du Prophète MouHammad qui était dans la Torah.
Ceux-là, J’accepte leur repentir et Je suis Celui Qui accepte le repentir. Allaah est Celui Qui accepte le repentir.
Verset 161 : certes ceux qui ont mécru et qui sont morts en étant mécréants, ceux-là, Allaah les maudit, les anges les maudissent et tout le monde les maudit. C’est-à-dire que ceux qui sont morts, parmi ceux qui ont dissimulé la description de MouHammad, et qui n’ont pas fait le repentir, Dieu a cité qu’ils seront maudits, quand ils étaient vivants et également quand ils sont morts. Et tout le monde les maudit : ce qui est visé par « tout le monde » ici, ce sont les croyants. Ou deuxième explication : ce sont les croyants et les mécréants. Puisque certains vont maudire les autres au jour du jugement. Allaah ta^aalaa dit ce qui signifie : « chaque fois qu’un groupe entre en enfer, il maudit le groupe qui a été la cause ».
Verset 162 : ils y resteront éternellement. C’est-à-dire dans la malédiction ou bien en enfer. L’enfer n’a pas été cité explicitement pour montrer sa gravité.
Il ne leur sera pas allégé du châtiment et ils n’auront pas de répit. Il ne leur sera pas donné de délai ou bien ils ne seront pas attendus pour qu’ils puissent se repentir.
Verset 163 : et votre dieu est un dieu unique. Il n’a pas d’associé dans Sa divinité. Et il n’est pas valide d’appeler dieu autre que Lui.
Il n’est de dieu que Lui : c’est une confirmation de Sa divinité et c’est une négation de la divinité pour tout autre que Lui.
Il est ar-RaHmaan, Il est ar-RaHiim : Il est Celui à Qui appartient toutes les grâces, que ce soient les origines des grâces ou leurs dérivations. Et nul autre que Lui n’est ainsi. Tout autre que Dieu est soit une grâce, soit une créature qui a bénéficié d’une grâce.
Verset 164 : les associateurs ont été surpris qu’il y ait un dieu unique parce qu’ils avaient des divinités et ils ont demandé un signe, alors Dieu a révélé ce verset.
Certes dans la création des cieux et de la terre et dans la variation de la nuit et du jour, (c’est-à-dire dans leurs couleurs, leur longueur, leur petitesse, leur succession)
Ainsi que les navires qui voguent sur l’eau et profitent aux gens, (c’est-à-dire que soit on transporte sur ces navires ce qui est bénéfique aux gens, soit on profite de ces navires qui sont eux-mêmes bénéfiques aux gens)
Et ce qui descend du ciel comme eau (c’est-à-dire de la pluie, car il arrive qu’il pleuve du sang et c’est une punition pour ces gens-là sur lesquels il pleut du sang et il arrive qu’il pleuve des poissons. Chaykh ^Abdoul-Laah a dit : « vous ne savez pas qu’il a des mers dans les cieux ? Et de ces mers, il tombe des poissons ». C’est pour cela que dans ce verset, il est précisé que c’est de l’eau.
Et Il a revivifié la terre après qu’elle a été morte. C’est-à-dire que la terre a fait pousser ses plantes après qu’elle a été sèche et dure.
Et Il a fait que sur terre, soient propagées des créatures qui se déplacent. Comme les animaux, comme les humains.
Et le fait que les vents soufflent et leurs directions sont différentes. Il y a ceux qui viennent du sud, du nord, de l’est, de l’ouest. Il y a des vents qui sont chauds, des vents qui sont froids, des vents qui sont des tempêtes, des vents qui sont des brises, des vents qui sèment la stérilité, des vents qui sèment la fertilité. Et il a été dit que ces vents, parfois ils ramènent la miséricorde, et parfois, ils ramènent le châtiment.
Et les nuages qui sont asservis : les nuages sont soumis à la volonté de Dieu. Allaah fait que ces nuages donnent la pluie où Il veut.
Entre ciel et terre. C’est-à-dire que ces nuages sont entre ciel et terre.
Ce sont autant de signes pour les gens qui méditent. Ils vont déduire par ces choses qu’ils observent la moralité qui est la toute-puissance de Celui Qui les a fait exister et la sagesse de Celui Qui les a créés, et l’unicité de Celui Qui a fait exister cela.
Et dans le Hadiith rapporté par ibnou Hibbaan, le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « malheur à celui qui récite ce verset et qui ne médite pas à son sujet ». C’est-à-dire qui ne médite pas son sujet et qui n’en tire pas des leçons.
Notre chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « c’est un blâme pour celui qui ne médite absolument pas ». Ce qui est interdit, c’est le fait de n’avoir jamais médité, absolument pas du tout sur la création des créatures qui sont un des signes de l’existence de leur créateur. Il a dit aussi : « le cœur est utile à la personne qui en est dotée, si elle l’utilise dans ce que Dieu lui a ordonné de l’utiliser ».
Si la personne médite à propos de la création des cieux et de la terre et même à propos de sa propre création à elle-même, et qu’elle ressent ainsi l’éminence de Dieu, elle aura ainsi une grande récompense. La méditation, le fait de réfléchir au sujet des créatures de Dieu, est une obligation.
Ainsi, notre maitre, le Messager de Dieu, Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, a récité le verset qui se trouve dans sourate Aali ^Imraane qui signifie : « certes il y a dans la création des cieux et de la terre et dans la succession de la nuit et du jour des signes pour ceux qui sont dotés de raison. Ceux qui évoquent Allah quand ils sont debout, quand ils sont assis, quand ils sont sur leurs couches, et ils réfléchissent à propos de la création des cieux et de la terre, et ils disent : Seigneur, Tu n’as pas créé cela absurdement ». Puis il a dit ce qui signifie : « malheur à celui qui le récite et qui ne médite pas à son sujet ». Rapporté par ibnou Hibbaan.
A partir de là, on sait que l’homme doit méditer, doit réfléchir au sujet des différents états de ce monde. Il médite à propos de sa propre personne, il médite à propos de l’air dans lequel il vit, pour que cela l’augmente en certitude en l’existence de Dieu Qui a créé toutes ces choses. Si la personne réfléchit à propos d’elle-même, de son propre état, elle saura qu’elle a existé après n’avoir pas existé, chacun d’entre nous en est bien conscient. Et il sait parfaitement que ce n’est pas lui-même qui s’est créé lui-même. Et celui qui les a créés, il n’est pas possible qu’il ait une ressemblance avec les humains ni avec autre chose. S’il réfléchit à ce sujet et qu’il aboutit à la connaissance que Dieu a une puissance parfaite et que le créateur de toutes ces choses-là, c’est Dieu. Grâce à cette méditation grâce à cette réflexion, il aura une récompense éminente. Ceci fait partie des devoirs du cœur. Également parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre Dieu. Parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre Son messager. Parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre ce que Dieu nous a ordonné de faire. Cette connaissance a pour siège le cœur. Le cœur est le siège de la connaissance. Et cette connaissance, Dieu nous a ordonné de l’avoir.
Verset 165 : et il y a parmi les gens (malgré les preuves éclatantes qui ont été données) ceux qui adorent autre que Dieu. Ils considèrent autre que Dieu qui sont équivalents à Dieu. Ils ont adoré des idoles. Ils les glorifient (leurs idoles) de la soumission de celui qui aime Allaah : comme celui qui glorifie Allaah et qui se soumet à Lui. C’est-à-dire qu’ils aiment leurs idoles tout comme ils aiment Allaah, c’est-à-dire qu’ils aiment de façon équivalente leurs idoles et Dieu. Ils reconnaissaient Dieu selon leur prétention, c’est-à-dire qu’ils reconnaissaient qu’il y avait un dieu qui s’appelle Allaah et ils essayaient de gagner Son agrément selon leur prétention, mais ils Lui attribuaient des associés. Et il a été dit qu’ils les aiment, c’est-à-dire qu’eux aiment leurs idoles tout comme les croyants aiment Allaah.
Mais les musulmans aiment Allah plus que les associateurs n’aiment leurs idoles : parce que les croyants ne vont pas se détourner de Dieu pour adorer autre que Lui, dans n’importe quelle situation. Tandis que les associateurs, quand ils sont en proie à une épreuve, ils se détournent de leurs idoles pour adorer Dieu.
Et s’il avait vu cela, il aurait vu quelque chose de très éminent. Quant à ceux qui ont été injustes, quand ils verront le châtiment, ils verront que la puissance revient à Allah. Ceux qui ont été injustes sont ceux qui ont pris des associés à Dieu.
Certes le châtiment de Dieu est terrible. C’est-à-dire que si ceux qui commettaient cette grande injustice, en attribuant des associés à Dieu, savaient que Dieu est sur toute chose tout puissant, qu’Il est tout puissant à faire parvenir la récompense et le châtiment, alors que les idoles qu’ils adorent n’ont pas cette capacité, s’ils savaient combien est terrible le châtiment de Dieu pour les injustes, lorsqu’ils vont être confrontés au châtiment au jour du jugement, alors il y aura parmi eux, ceux qui vont éprouver un regret et un chagrin indescriptibles.
Série le Mariage dans l’Islam (4)
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit :
L’ordre des tuteurs pour le mariage :
- Le premier des tuteurs dans l’ordre de priorité est le père de la femme qui va se marier,
- Ensuite, c’est le grand-père qui est le père du père,
- Ensuite, c’est son frère, le frère de la femme, de même père,
- Ensuite, son demi-frère à elle qui a le même père qu’elle,
- Ensuite, c’est le neveu de la mariée, le fils de son frère, frère de même père et mère qu’elle,
- Ensuite, c’est son neveu, fils du demi-frère de la mariée du côté du père,
- Ensuite, son oncle paternel de même père et mère qu’elle,
- Ensuite, l‘oncle paternel qui est le demi-frère du père c’est-à-dire, le frère de son père qui a même père que son père et pas la même mère,
- Ensuite, le cousin, le fils de son oncle paternel qui a même père et mère que son père,
- Puis, c’est son cousin paternel de son oncle paternel qui est demi-frère de son père du côté du père et pas la même mère.
Le clan est défini par des relations avec le père, l’ordre est toujours du côté du père.
S’il n’y a personne de ses tuteurs pour le mariage, alors son tuteur pour le mariage sera son ancien maître qui l’a affranchie, si elle était esclave avant.
Si à l’origine c’était une femme esclave, puis son maître l’a affranchie et qu’elle voulait se remarier et qu’il n’y a personne de son clan, alors son tuteur pour le mariage est celui qui l’a affranchie.
S’il n’y a personne de tous ces gens là, alors son tuteur pour son mariage sera le gouverneur (sultan) ou le calife ou celui qui le représente parmi ceux qui ont une tâche de responsabilité comme le Qaadiyy (juge islamique) de là où elle se trouve.
La preuve qu’après tous ces tuteurs qu’on a cité, ca sera le sultan ou le Qaadiyy est le Hadiith du Prophète qui a dit ce qui signifie : “Le sultan sera le tuteur de celle qui n’a pas de tuteur.”
S’il n’y a pas de Qaadiyy, alors elle et son fiancé, vont désigner quelqu’un qui est attaché à la religion, qui est musulman, qui assurera le rôle de Qaadiyy pour elle. Ils vont lui demander d’être comme un Qaadiyy pour leur mariage.
Ils vont dire à ce musulman pratiquant, qui comprend et connait les règles de mariage, cette phrase : “Nous te désignons pour arbitrer notre mariage.”
Ce n’est pas une condition pour que le fiancé et la femme parlent en même temps. ils peuvent le dire l’un après l’autre.
Comme c’est celui là qui va être le tuteur, c’est lui qui va dire au fiancé : “Je te donne en mariage, celle qui m’a désignée pour abriter son mariage et “son prénom”.”
Et celui qui veut l’épouser va dire : « J’accepte son mariage.”
Il est une condition de respecter cet ordre pour les tuteurs.
Si quelqu’un est, par exemple dans la 6e position dans l’ordre et c’est lui qui a donné en mariage la femme, alors que celui qui est en 4e était vivant et aurait pu la marier. Dans ce cas, le contrat n’est pas valide.
Si un dans la liste a donné en mariage la femme alors que celui qui est avant lui a rempli les conditions pour etre lui le tuteur, le contrat n’est pas valide.
Il n’est pas permis à l’homme de demander explicitement en mariage celle qui est en période d’attente post maritale et qui peut être reprise par son mari.
Celle qui a été divorcée une ou deux fois, tant qu’elle est encore dans la période d’attente post maritale, peut être reprise par son mari.
Même celle qui a été définitivement divorcée (c’est-à-dire divorcée triplement) mais qui est encore en période d’attente post maritale, il n’est pas permis à l’homme de la demander en mariage, quel que soit la cause de la période d’attente post maritale car la période d’attente post maritale peut être suite à un divorce, suite à un décès ou suite à un effacement de contrat comme le khoul^. En effet, certaines écoles comme l’école châfi^ites, un de ses avis considèrent que le khoul^ est un effacement de contrat et qui n’est pas compté comme un divorce. Les autres savants considèrent que c’est un divorce mais chez Ach Châfi^iyy, il y a deux avis (un avis que c’est compté comme un divorce et un autre que ce n’est pas compté comme un divorce). Mais le résultat du khoul^ est que le contrat est effacé.
Dans le cas où quelqu’un commet le péché de la demander en mariage alors qu’elle est dans la période d’attente post maritale, il est interdit à la femme de déclarer officiellement sa demande d’acceptation.
Pour illustrer l’auteur dit : comme si l’homme dit à la femme : “Je voudrais t’épouser” et la femme répond : “Je suis d’accord.”
C’est une demande explicite et un accord explicite.
L’auteur dit : car on craint que s’il fait cela, que la femme ne mente et qu’elle dise pour accélérer le mariage : “Ma période d’attente post maritale est finie.” Alors qu’elle ne l’est pas.
Tout ce que nous sommes en train de dire des demandes explicites en mariage pendant la période d’attente post maritale est interdite pour un autre que celui dont l’attente post maritale duquel elle se trouve.
Ceci est pour quelqu’un d’autre que celui dont l’attente post maritale duquel elle se trouve.
L’homme peut lui demander, s’il a divorcé une fois. Ce n’est pas un péché pour lui car il est permis pour lui de déclarer explicitement sa demande en mariage, comme s’il l’a divorcée une fois ou deux fois, ou alors il a fait le khoul^ avec elle moyennant un paiement.
Si elle est dans la période d’attente post maritale, l’homme peut la demander en mariage explicitement. Et il n’est pas interdit à la femme de répondre par l’accord (en disant : “je suis d’accord”).
L’auteur aborde un autre cas : pour ce qui est de l’allusion c’est-à-dire de dire une parole qui admet la demande en mariage et admet autre que la demande en mariage, alors c’est autorisé avec la femme qui a été définitivement séparée de son mari, c’est-à-dire que son mari l’a divorcée 3 fois. Donc là, s’il fait une allusion pendant qu’elle est en période d’attente post maritale, c’est-à-dire une parole qui peut admettre une volonté de se marier et peut aussi admettre autre chose, ce n’est pas explicite, dans ce cas là, cela est permis avec la femme qui a été définitivement séparée de son mari.
Comme celle qui se trouve en période d’attente post maritale suite au décès de son mari ou le divorce triple.
La preuve vient d’un verset du Qou’raan : “Vous n’avez pas de mal si vous faites allusion dans votre demande en mariage.”
Comme par exemple qu’il lui dit : “Il y a des gens qui souhaitent t’épouser.”
Mais, il n’a pas dit “moi”.
Puis, il l’épouse lorsque sa période d’attente post maritale s’achève, ou il lui dit “tu es belle” ou ce qui est de cet ordre.
Il est parvenu dans le Hadiith que FaaTimah, fille de Qays, son mari Abouu ^Amar, fils de HafS l’a divorcé 3 fois.
Le Prophète lui a dit ce qui signifie : “Quand tu auras fini ta période d’attente post maritale préviens moi.”
Cette parole est une allusion, c’est-à-dire qu’il y a qui veut l’épouser. Ceci est un exemple de parole par allusion.
Elle a dit : “Lorsque j’ai fini ma période d’attente post maritale, j’ai informé le Prophète que Mou^aawiyah et Abouu Jahm m’ont tous deux demandé en mariage.”
Le Prophète lui a dit ce qui signifie : “Mou^aawiyah est quelqu’un qui n’a pas d’argent. Et Abouu Jahm ne baisse pas le bâton de son épaule.”
Cela signifie que c’est quelqu’un qui frappe beaucoup.
Et le Prophète lui a dit ce qui signifie : « Épouse plutôt Ousaamah.”
Il l’a dirigée vers un autre compagnon, un troisième.
Elle l’a épousé et Allaah lui a accordé en Ousaamah du bien.
Qu’est ce que la demande explicite en mariage qui est interdite pour une femme qui est encore en période d’attente post maritale ?
Un exemple :
L’homme dit : “Tu m’épouses quand tu auras fini ta période d’attente post maritale.”
Cette parole est explicite.
Ou alors il lui dit : “Je t’épouserai volontiers lorsque tu finis ta période d’attente post maritale.” Et ce qui est de cet ordre qui a dépassé la simple allusion.
L’auteur dit : il y a une différence entre la demande explicite et la demande par allusion.
Quand c’est une demande explicite, elle s’est assurée qu’il souhaite se marier avec elle. Il est possible alors qu’elle mente à propos de l’écoulement de la période d’attente post maritale, soit pour le désir ou pour autre chose.
Mais si c’est par allusion cela ne se produit pas.
Par ailleurs, pourquoi il a dit que c’est permis par allusion avec la femme qui est définitivement séparée et il n’a pas dit pour la femme qui peut être reprise par son ancien mari ?
Si elle peut être reprise par son précédent mari, alors, il est interdit de faire une allusion pour la demander en mariage car elle est encore mariée. Cela veut dire qu’il peut la reprendre. Alors que celle qui a été définitivement car son mari est mort ou parce qu’ils ont fait le khoul^, ici il peut faire une allusion.
L’auteur a dit : il est interdit de demander une femme en mariage alors qu’elle a déjà été promise à un autre, tant qu’une réponse favorable a été donnée au premier qui l’a demandé.
Lorsqu’une réponse favorable a été donnée au premier qui l’a demandé, il est interdit qu’un deuxième vienne demander cette même femme en mariage :
- tant qu’il n’a pas pris l’autorisation du premier qui l’a demandé,
- ou tant que la famille de la femme ait rompu les fiançailles avec le premier.
Pour ce qui est de la femme qui est actuellement mariée, il est interdit de la demander en mariage. Il n’est pas permis à un homme de s’adresser à une femme mariée et lui dire : je voudrais t’épouser.
L’auteur dit : il est permis au père d’une fille et au grand-père de cette fille (le père de son père) qui n’a jamais été marié auparavant, de la marier à quelqu’un qui est digne d’elle (c’est-à-dire de son niveau) et qui a la dot à lui donner (à la femme et pas à son père) immédiatement.
Remarque pour le grand-père paternel : il peut marier la fille uniquement si le père est absent c’est-à-dire qu’il est mort, ou car le père, il n’est pas valide qu’il soit le tuteur de la fille pour le mariage car c’est un grand pécheur par exemple.
Dans l’école de l’imam Ach Chaafi^iyy, il y a un avis selon lequel le père ou un tuteur en général ne peut être tuteur pour le mariage que s’il n’est pas grand pécheur.
Règle que les savants ont donné :
Si la femme est vierge et que son père la donne en mariage et que si son père est inexistant, parce qu’il est mort par exemple ou qu’il a le jugement comme étant inexistant car il n’est pas digne de confiance), c’est son grand père paternel qui la donne en mariage.
Donc, l’ordre du tuteur pour le mariage c’est d’abord le père, en deuxième position c’est le père du père (grand-père), s’ils sont musulmans et si elle est musulmane.
Le père, sinon le grand-père paternel peuvent marier la fille qui n’a jamais été mariée sans son accord à elle avec quelqu’un qui est digne d’elle. Par contre, s’il la donne en mariage avec quelqu’un qui n’est pas digne d’elle, alors le mariage n’est pas valide.
Mais s’il la donne en mariage à quelqu’un qui est digne d’elle, alors le celui-ci est valable.
Hormis le père et le grand-père paternel, aucun autre tuteur ne peut marier la fille sans son accord, à condition que ce soit avec quelqu’un qui soit digne d’elle. S’il n’est pas digne d’elle, le mariage n’est pas valable.
La femme qui n’est plus vierge car elle a eu un rapport sexuel (sayyib), il n’est pas permis de la contraindre en mariage. Il est indispensable qu’elle donne son accord explicite après sa puberté. Sans son accord explicite, le mariage n’est pas valable.
Même le fait qu’elle reste silencieuse n’est pas suffisant. Si on lui dit : «est-ce que tu veux qu’on te marie avec un tel» et qu’elle reste silencieuse, cela n’est pas suffisant.
Il faut que son accord soit explicite car elle connaît mieux son intérêt.
D’après ^Abdoullaah Ibnou ^Abbas, que Allaah l’agrée lui et son père, a rapporté que le Messager a dit ce qui signifie : «Celle qui n’a plus sa virginité a le droit sur elle-même plus que son tuteur. Tandis que la fille vierge, on lui demande son avis et sa réponse c’est son silence.»
«Celle qui n’a plus sa virginité a le droit sur elle-même plus que son tuteur…» : c’est-à-dire qu’il faut que son avis soit pris en considération et qu’elle donne son accord explicite.
«…Tandis que la fille vierge, on lui demande son avis et sa réponse c’est son silence» : car généralement la pudeur de la fille vierge l’empêche de parler. Et donc son silence indique l’accord.
L’auteur dit : Le discours qu’on dit au moment du contrat de mariage.
Il est recommandé avant le contrat de mariage de dire un discours.
La meilleure manière pour ce discours est ce qu’à rapporté Abouu Daawouud et d’autres d’après ^Abdoullaah Ibnou Mas^oud que Allaah l’agrée, il a dit : Le Messager de Allaah nous a enseigné le discours du mariage, et c’est le suivant :
« La louange est à Allaah, nous recherchons son aide et nous lui demandons le pardon. Et nous lui demandons qu’Il nous préserve du mal de nos âmes. Celui que Dieu guide nul ne l’égarera. Et celui que Dieu égare, nul ne le guidera. Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que MouHammad est son esclave et son Messager. »
La sounnah pour le discours est de le dire en arabe.
On récite ce verset qui veut dire :
«Ô vous les gens faites preuve de piété à l’égard de votre Seigneur, craignez votre Seigneur, c’est-à-dire évitez de commettre les péchés et accomplissez les devoirs.
Faites preuve de piété à l’égard de votre Seigneur, lui qui vous a créé à partir d’une même personne. Et à partir de cette personne, il a créé son épouse (cela fait référence à Adam et à Eve – Allaah a créé Adam, à partir de Adam il a créé son épouse Hawwa’).
Et qui a fait que de ces deux là, ait existé un grand nombre d’hommes et de femmes de leurs descendances.
Et faites preuve de piété à l’égard de Allaah, Celui par lequel vous vous suppliez les uns les autres et craignez Dieu en maintenant les liens de proches parentés. Certes Allaah sait absolument tout de vous. Ô vous les gens (c’est-à-dire Ô vous descendants de Adam), craignez votre Seigneur qui vous a créé à partir d’une même personne (c’est-à-dire que vous êtes une dérivation à partir d’une même origine qui est Adam, votre père à vous tous). Dieu a créé la personne de Adam et le corps de Adam a été créé de terre. Et à partir de d’une des côtes de la cage thoracique de Adam, Dieu a créé Eve.
Il a fait que de ces deux là, aient lieu beaucoup d’hommes et de femmes.»
Explication : cela veut dire qu’il vous a créé d’une même personne qui est Adam. A partir de Adam il a créé votre mère Hawwa’. Et de ces deux là il y a eu beaucoup d’hommes et de femmes autres que vous c’est-à-dire autre que ceux à qui ce verset s’adresse de la communauté de notre maître MouHammad beaucoup d’hommes et de femmes des communautés qui vous ont précédées (communauté à l’époque de Chiite, Idriss, Nouh, Ibraahim…).
«Et craignez Allaah celui par lequel vous vous suppliez les uns les autres…»
Cela signifie pour l’amour de Dieu prend cela. Comme toi tu crains Dieu, tu aimes Dieu, alors fais ce que je te demande.
«Maintenez les liens de proches parenté.»
Cela signifie ne rompez pas les liens avec vos proches parents (cousins, oncles, tantes).
C’est une explication selon une manière de réciter.
Selon une autre récitation :
On peut réciter :
« واتَّقُواْ ﷲَ الذى تَسآءَلُونَ بِهِ والأرْحَام »
Et on peut dire aussi :
« والأرْحَامِ »
[Souurat An-Niça’ / 1]
Selon que l’on récite “والأرْحَامَ” ou “والأرْحَامِ” le sens est différent, c’est ce qui est à retenir.
Certes Allaah sait absolument tout de vous ou Allaah vous protège.
Suite du discours :
C’est dans Souurat Ali ^imraan verset 102 qui signifie :
«Ô vous qui êtes croyants, craignez Allaah et faites preuve de piété à l’égard de Allaah. Ô vous qui êtes croyants, faites preuve de piété à l’égard de Allaah, de la véritable piété et veillez à mourir musulman car ce qui compte est l’état de la personne au moment de sa mort. »
Le troisième verset dans le même discours qui signifie : « Ô vous qui êtes croyants faites preuve de piété à l’égard de Dieu et dites des paroles correctes. Allaah vous réparera vos œuvres et vous pardonnera vos péchés. Et celui qui obéit à Dieu et à son Messager aura gagné la grande réussite.»
L’auteur dit : Sache que ce discours a été rapporté du Messager est sounnah c’est-à-dire qu’il est recommandé mais pas obligatoire. Cela signifie que si on fait le contrat de mariage sans dire le discours, le contrat de mariage est valide par accord des savants.
Ce discours est un préambule qui est recommandé mais qui n’est pas obligatoire. Il n’y a pas de considération à donner à celui qui dit le contraire et qui prétend que le discours est obligatoire car l’unanimité n’est pas rompue par cette divergence là.
Donc ce que nous venons de réciter est le discours qu’il est recommandé de dire avant le contrat de mariage, mais il n’est pas indispensable. Cela veut dire que si on le fait, on gagne des récompenses, mais si on ne le fait pas, le contrat de mariage reste valable.
Qui fait le discours ?
C’est soit le père (le tuteur de la fille) ou le futur mari qui récite le discours.
Certains disent : on va faire la FaatiHah à l’occasion des fiançailles.
Réciter la FaatiHah à l’occasion des fiançailles est une habitude que les gens ont prise. Il n’y a pas de mal, mais ce n’est pas une condition pour les fiançailles. Les fiançailles sont une promesse de mariage.
Dans l’islam, on peut promettre une chose et changer son avis. Quand quelqu’un promet, il peut changer son avis. Il peut dire : «je te donnerai ma fille en mariage» et après dire : «non, tout compte fait j’ai changé d’avis.» Il n’est pas obligé.
De même, réciter la FaatiHah au moment du contrat de mariage n’est pas indispensable (ce n’est pas quelque chose qui si elle n’est pas faite, alors le contrat n’est pas valable).
Réciter la FaatiHah comporte la barakah, mais ce n’est pas un pilier pour le contrat et ce n’est pas une condition pour le contrat.
Ce qu’il est une condition pour la validité du contrat est qu’il y ait deux témoins musulmans de sexe masculin et digne de confiance.
Série le mariage dans l’Islam (2)
Il est recommandé pour celui qui veut se marier de chercher la femme sur le critère de la religion de sorte qu’elle a apprise et qu’elle applique, de sorte qu’elle soit digne de confiance et non pas perverse.
En raison du Hadiith du Prophète rapporté par Al Boukhaariyy, Mouslim, Abouu Dawouud, An Nacaa’i et Ibnou Maajah dans lequel le Messager de Allaah a dit ce qui signifie : « La femme est recherchée en mariage généralement pour un des 4 critères : pour sa fortune, pour sa beauté, pour sa famille (son ascendance) et pour sa religion. Alors choisis la femme sur le critère de la religion, alors tu gagneras. »
L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : “Il y a dans ce Hadiith l’indication qu’il est recommandé pour la femme que la personne cherche à épouser, qu’elle soit attachée à la religion.”
Habituellement, lorsque quelqu’un veut se marier, il va prendre en considération ces 4 critères. Mais le Prophète attire l’attention à celui qui veut se marier de rechercher la femme sur le critère de la religion. La personne sera gagnant si elle cherche la femme sur le critère de la religion et elle sera perdante si elle ne fait pas cela.
L’expression « taribat yadaak » c’est-à-dire tu t’appauvriras si tu ne fais pas cela et tu t’enrichiras si tu fais cela. Cela veut dire que tu seras gagnant si tu cherches la femme sur le critère de la religion et tu seras perdant si tu ne fais pas cela.
L’étymologie de cette expression à l’origine c’est-à-dire tu tombes par terre des mains sur le sol.
Mais par la suite les arabes ont détourné l’usage de cette expression, quand quelqu’un par exemple passe à côté de quelque chose qui était sans droit et qu’il devait connaître ou qu’il s’est trompé et qu’il a fait une erreur ils lui disent cette expression là (taribat yadaak).
Pour cela le Prophète l’a utilisé dans le sens « fais attention ».
Donc c’est une sunnah de rechercher la femme qui s’applique dans la religion et bonheur à celui qui aura eu une telle femme.
Il est recommandé pour l’homme qui cherche à se marier de chercher la femme qui est encore vierge. En raison des deux Sahih de Al Boukhaariyy et Mouslim, d’après Jaabiir que Allaah l’agrée qu’il a dit que le Prophète a dit ce qui signifie : « Épouse une femme vierge à qui tu procures du plaisir et qui te procureras du plaisir. »
Il est mieux d’épouser une femme vierge qu’une femme qui a déjà été mariée et qui a consommé un contrat de mariage valable.
Il est aussi recommandé pour celui qui veut se marier d’épouser une femme qui a une bonne ascendance et pas une femme issue de fornication par exemple.
La preuve vient du Hadiith du Prophète qui signifie : « Veillez ou vous placer ce qui va vous donner des enfants. »
Cependant le fait d’épouser une femme qui n’a pas une bonne ascendance (comme si c’était une femme issue de fornication), cela est déconseillé sauf dans le cas où son intention était de lui assurer sa chasteté.
Si c’est par exemple une femme qui est issue de fornication mais elle est attachée à la religion, elle a appris les sujets de la religion et elle était pieuse. Néanmoins, si elle demeurait sans mariage, on craint pour elle la corruption car à travers le temps, il se peut que l’être humain soit corrompu. Il se peut que dans l’état actuel présent il soit dans un bon état, puis le désir devient trop fort pour lui et il commet la fornication.
S’il l’épouse dans ce cas-là, dans l’intention de craindre pour elle la corruption, cela est sunnah et procure des récompenses.
Il est recommandé que la femme soit fertile et on sait qu’une femme qui est vierge est fertile en observant ses proches parentes, c’est-à-dire est ce que ses proches parents ont eu des descendants ou pas et ce n’est pas en dévoilant la zone de pudeur.
Il est recommandé que l’épouse soit souriante et agréable et qu’elle ne soit pas maussade devant son mari.
Le Prophète a incité à ce que le musulman épouse la femme agréable, qui renforce les sentiments d’amour, de sympathie, d’amitié envers son mari. Il s’agit de la femme encore vierge et fertile.
En effet, le fait qu’il y ait des enfants issus des deux époux, ces enfants sont une cause d’amitié, de concordance et d’amour.
Ainsi, d’après Ma^qal fils de Yasaar a dit : “Un homme est venu voir le Prophète et lui a dit : “J’ai trouvé une femme qui est issue d’une famille très honorable et qui est très belle, mais elle est stérile, est-ce que je l’épouse ?”
Le Prophète a dit ce qui signifie : “Non.”
Cet homme est venu une seconde fois et le Prophète ne lui a pas dit oui.
Puis, il est venu une troisième fois et le Prophète lui a dit ce qui signifie : « Épousez les femmes qui sont fertiles, qui peuvent avoir des enfants, qui sont souriantes, qui sont agréables, je serai fier de votre nombre parmi les communautés au jour du jugement.””
– Rapporté par Abouu Dawouud et An-Nacaa’i.
Ceci est un jugement général.
Il est également recommandé que la femme, que l’homme cherche à épouser ne soit pas une très proche parente comme la cousine, la fille de l’oncle paternel, la fille de la tante paternel, la fille de l’oncle maternel, la fille de la tante maternel.
Par contre, la cousine d’un deuxième degré : par exemple la fille du fils de l’oncle paternel n’est pas concernée par cela.
Ce qui confirme cela, tout comme l’a rapporté Ibnou Jariir At-Tabarii, est lorsque le Messager de Allaah a dit à sa fille Faatimah ce qui signifie : “Je t’ai donné en mariage à celui de ma communauté qui connaît le mieux ma sunnah.”
At-Tabarii a jugé Sahih. Et la sunnah ici correspond à la loi et pas seulement aux actes recommandés.
Ce n’est pas recommandé d’épouser la cousine direct mais si c’est une fille d’un cousin ou d’une cousine ça ne rentre pas dans le fait que ce soit déconseillé.
Il est permis à l’homme libre d’épouser 4 femmes libres seulement. Mais si l’une meurt, il peut en épouser une autre ou s’il divorce avec l’une il peut aussi en épouser une autre.
Haçan le fils de l’imam ^Aliyy que Dieu l’agrée, il a été rapporté qu’il a épousé ainsi environ 90 femmes.
En raison de la parole de Allaah dans sourat An-Niça’ verset 3 qui signifie : “Epousez autant que bon vous semble parmi les femmes, 2, 3 ou 4.”
La preuve vient également de la parole du Prophète au compagnon Ghaylaan. Quand il est rentré en islam il avait 10 femmes. Le Prophète lui a dit ce qui signifie : “Garde 4 seulement et quitte les 6 autres.”
– Rapporté par AHmad, Abou Daawouud et Ibn Hibban dans son Sahih.
Pour ce qui est du jugement de ce que l’homme peut voir ou non au sujet d’une femme.
L’auteur explique qu’il y a plusieurs cas de figure concernant le fait que l’homme regarde une femme.
Il y a le fait qu’il voit une femme ajnabiyyah c’est-à-dire autre que celles qui lui sont licites.
La maHram c’est celle qui lui est interdite d’épouser à jamais. Le fait qu’un homme voit une femme ajnabiyyah cela n’est pas permis quand il n’y a pas de besoin Si c’est pour une autre partie de son corps que son visage et ses mains.
Il lui est interdit également de voir son visage et ses mains si c’est avec désir. En revanche, si c’est sans désir et sans crainte de tomber dans le péché, il lui est permis de voir le visage et les mains d’une femme ajnabiyyah.
Ceci est l’avis de la majorité des savants.
Certains hommes ne peuvent se garantir pour eux-mêmes de ne pas tomber dans le péché s’ils voient le visage d’une femme ajnabiyyah. Alors dans ce cas, ils doivent détourner le regard. Mais nous ne disons pas que c’est un devoir pour la femme de cacher son visage.
Le fait de se couvrir le visage n’est pas un devoir pour les femmes mais c’est recommandé pour les femmes autres que les épouses du Prophète.
Certains savants ont considéré que c’était un devoir pour autre que les épouses du Prophète de se voiler le visage si l’on craint que les gens tombent dans le péché. Mais ce n’est pas l’avis de la majorité.
Concernant la zone de pudeur de la femme devant les hommes ajnabiyy. Il s’agit de tout son corps hormis le visage et les mains.
L’unanimité à ce propos a été rapporté c’est-à-dire qu’il est permis que la femme sorte le visage dévoilé. Cette unanimité a été rapportée par le QaaDii ^IyaaD Al-Maalikites dans sa Haachiyah sur Al ‘iiDaaH, ainsi que Ibnou Hajar Al haytamiyy le chaafi^iytes.
Le QaaDii ^IyaaD a dit : “Les hommes doivent détourner le visage.”
Cela veut dire que celui qui pense de lui-même qu’il va tomber dans le désir en regardant le visage ou les mains, il doit détourner son visage.
Ibnou Hajar Al haytamiyy a autorisé à la femme de sortir le visage et les mains dévoilés dans trois passages de son livre Al-Haachiyah ^ala ‘iDaHi l-manaasik de An Nawawiyy.
Si la femme a caché ce qu’elle devait cacher de son corps, en l’occurrence tout le corps hormis le visage et les mains et qu’elle sort ainsi, elle ne tombe pas dans le péché. Mais le devoir pour les hommes est de détourner le regard c’est-à-dire de ne pas regarder avec désir.
Ceci fait l’objet de l’unanimité des savants de l’islam. Tous les imams ont cet avis-là. Cette unanimité n’est pas annulée par la parole de quiconque.
Ibnou Hajar Al haytamiyy (savant chaafi^iyte) après avoir cité cela a dit : “Le fait que certains gouverneurs aient empêché les femmes de sortir le visage découvert pour l’intérêt général, n’implique pas l’obligation aux femmes de se couvrir le visage et les mains devant les hommes ajnabiyy.
En d’autres termes, si certains gouverneurs à un certain moment donné ont empêché les femmes de sortir le visage découvert, cela ne veut pas dire que c’est une obligation religieuse.
Quand il y a eu un certain moment donné beaucoup de péchés, les gouverneurs ont dit “vous les femmes couvrez-vous le visage”. Mais cela n’implique pas que ce soit un devoir. Il s’agit d’un ordre qui est une recommandation.
Alors que personne ne change les jugements de la loi en s’appuyant sur son opinion personnelle même s’il se trouve dans une époque où il y a beaucoup de péchés.
Si la simple crainte de tomber dans le péché du désir rendait obligatoire de se couvrir le visage, alors il aurait été un devoir pour les hommes qui peuvent entraîner des femmes dans le péché du désir de se couvrir leur visage à eux.
A l’époque de notre maître ^Oumar Ibnou-l KhaTTaab il y avait un homme très beau qui s’appelait NaaSir fils de Hajjaaj.
Notre maître ^Oumar avait pour habitude de faire une inspection nocturne. Un jour il marchait il a entendu une femme dans sa maison qui lisait un vers de poésie.
Elle disait dans ce vers : y a-t-il un moyen que je puisse boire du vin ou alors qu’on m’emmène auprès de NaaSir fils de Hajjaaj.
Cela veut dire qu’elle a été éprise de lui.
Elle disait, je bois du vin ou alors emmenez-moi chez NaaSir ibn Hajjaaj.
^Oumar a éloigné NaaSir loin de la ville. Il ne lui a pas dit qu’il était interdit pour lui de dévoiler son visage.
Ce n’est pas à nous de fixer les obligations et les interdits dans la religion. C’est le législateur qui les fixe, et ce législateur c’est le Prophète sur révélation de la part de Dieu. Et les interdits et les obligations sont une épreuve de la part de Dieu. Si Dieu voulait que ce soient les hommes qui se couvrent tout le corps sauf le visage et les mains, alors ce serait obligatoire pour les hommes. Dieu ordonne et interdit ce qu’il veut.
NaaSir fils de Hajjaaj était tellement beau que notre maître ^Oumar le surnommait notre Youuçouf de cette communauté.
Quand notre maître ^Oumar avait vu cette situation que les femmes étaient éprises de NaaSir fils de Hajjaaj, il lui a dit (à titre de recommandation et non d’obligation) : “Rase toi le crâne.”
Il a dit cela pour que NaaSir soit moins attirant pour les femmes.
NaaSir a rasé son crâne et il est devenu encore plus beau. Alors notre maître ^Oumar l’a laissé.
En résumé : si le simple fait de tomber dans le péché des yeux rendait obligatoire de se voiler le visage, alors ^Oumar aurait dit à NaaSir, fils de Hajjaaj : toi ton visage entraîne les femmes au péché et donc tu dois te les couvrir.
Il ne lui a pas dit cela.
Exégèse de sourat al-Baqarah – An-Nasafiyy (versets 1 à 62)
D’après Abou Oumaamatah (qui est un compagnon du Prophète) que Dieu l’agrée, il a dit : « j’ai entendu le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam dire (ce qui signifie) : récitez le Qour’aan car il intercèdera en faveur de ceux qui le récitent au Jour du jugement ».
Cela ne veut pas dire que le Qour’aan est un être vivant qui va venir mais cela veut dire que la récompense de la récitation sera en faveur de la personne au Jour du jugement. Et à la suite du Hadiith il a dit ce qui signifie : « récitez az-zaHratayne (c’est une fleur), (il a qualifié deux sourates comme des fleurs) qui sont al-baQarah et Aali ^Imraane ». Donc il a incité à réciter ces deux-là, il les a appelées d’une certaine manière, il a dit « elles viendront au Jour du jugement comme si c’était deux nuages ». Vous savez qu’au Jour du jugement le soleil va se rapprocher de la tête des gens, ceci est pour indiquer qu’elles vont protéger la personne au Jour du jugement. Comme cela a été rapporté du prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, le fait de réciter sourate al-baQarah et Aali ^Imraane qui seront comme deux nuages au Jour du jugement, AHmad ibnou Hanbal a dit : c’est-à-dire que ce sera la récompense qui viendra. Et là c’est une preuve qui indique qu’il a interprété par un autre sens que le sens apparent, chose que les assimilationnistes rejettent.
Verset 1 : ibnou ^Abbaas a dit : Dieu a juré par ces trois lettres (alif laam miim) et il a donné une autre explication, qui signifie : « Moi, Dieu, Je sais plus que tout autre ». Et c’est cette deuxième explication qui a été donnée par ibnou Mas^ouud et Sa^id ibnou Joubayr
Verset 2 : houdan lil mouttaQiine : c’est une bonne guidée pour ceux qui font preuve de piété et la guidée c’est le chemin qui fait parvenir à la destination. Or les pieux sont déjà bien guidés. Ici c’est une demande pour qu’ils soient augmentés encore en bonne guidée. C’est une demande pour renforcer ce qui est confirmé en eux et pour le prolonger. Ils sont sur la piété et ils demandent à être augmentés sur la piété. Comme lorsque nous disons « ihdina S-SiraaTa l-moustaQiim » qui signifie « guide-nous sur le droit chemin ». Or nous sommes sur le droit chemin du fait que nous sommes musulmans ; c’est-à-dire « fais que nous persévérions sur ce chemin », c’est-à-dire « augmente-nous en bonne guidée ».
Qui est le pieux, al -mouttaQiyy ? Le pieux, dans la Loi de l’Islam, c’est celui qui se protège. Dans le mot « taQwaa », il y a le mot « wiQaayah » qui est la protection. Le pieux a une racine similaire à protection. Il se protège de faire ce qui fait mériter la punition, que ce soit faire ou délaisser. Le pieux est celui qui accomplit les devoirs et qui évite les péchés. Comme Dieu nous a annoncé à propos de ce livre qu’il est une guidée pour les pieux. Il nous informe par cela que ce livre est une certitude, qu’il n’y a pas de doute à son sujet et que c’est une vérité, qu’il n’ya pas de faux dans ce Livre.
Verset 3 : ceux qui croient au ghayb. C’est-à-dire ceux qui reconnaissent la véridicité en le ghayb. La racine du mot « ghayb » c’est « ghaaba » qui signifie s’absenter c’est-à-dire qui n’est pas quelque chose que l’on connait. C’est-à-dire que les pieux croient en la véridicité de ce que leur prophète leur a annoncé, à propos de choses qu’ils n’ont pas vues, que ce soient les sujets de la résurrection ou du rassemblement ou de l’exposition des actes et autres. C’est une preuve de leur foi, ils croient en ce que leur dit le prophète, lui qui ne parle pas sous l’effet de ses passions, mais c’est bien par révélation. La foi qui est correcte c’est de reconnaitre par la langue et de croire par le cœur.
Wa youQiimouuna S-Salaat : cela vient de al-‘iQaamah, le fait d’être debout. Ces pieux accomplissent la prière, ils persévèrent à la faire. Il a exprimé le fait de faire la prière par le fait de se lever pour l’accomplir, parce que la position debout pour accomplir la prière est un des piliers de la prière. Ici le sens est « ceux qui accomplissent la prière dans son temps ».
Wa mimmaa razaQnaahoum younfiQouune : c’est-à-dire ceux qui donnent à partir de ce que Nous leur avons accordé comme subsistance. Cela signifie « ils donnent l’aumône, la zakaat et autre que cela ».
Verset 4 : et ceux qui croient en ce qu’il t’a été révélé. Ce sont toujours des qualificatifs des pieux. Il s’agit des croyants des gens du Livre, c’est-à-dire qui étaient juifs et chrétiens et qui sont devenus musulmans, comme ^Abdoul-Laah ibnou Salaam qui était le savant des juifs à Médine. Quand il a voulu annoncer son islam, le Prophète a invité les juifs à Médine et leur a dit : « que dites-vous de ^Abdoul-Laah ibnou Salaam ? » et celui-ci était resté dans un endroit où ils ne le voyaient pas et ils ne savaient pas qu’il était entré en islam. Ils ont dit : « c’est notre savant, c’est le fils de notre savant ». Quand le Prophète lui a dit d’annoncer aux juifs qu’il était devenu musulman, ils l’ont renié, par orgueil.
Le Qour’aan est également une bonne guidée pour les pieux car ils ont cru en la totalité du Qour’aan.
Ils ont cru en ce qui a été révélé avant toi c’est-à-dire qu’ils ont cru en tous les livres qui ont été révélés aux prophètes.
Et qui croient avec certitude en l’au-delà. C’est-à-dire qu’ils ne doutent pas ; la certitude ici est la connaissance parfaite qui ne comporte aucun doute ni aucune confusion. « AyQana » c’est avoir la certitude.
Verset 5 : ces gens-là sont sur la bonne guidée. Et cette bonne guidée, c’est leur Seigneur qui la leur a accordée. Nous disons « laa Hawla wa laa Qouwwata illaa bil Laah » c’est -à-dire que si nous accomplissons un acte d’obéissance, c’est grâce à Dieu et si on évite une désobéissance, c’est grâce à Dieu. Ils sont sur la bonne guidée mais c’est grâce à Dieu. C’est Dieu Qui a fait qu’ils sont sur la bonne guidée.
Et cette bonne guidée est de la part de leur Seigneur.
Ce sont ceux-là qui sont les gagnants. Ici al-falaaH c’est-à-dire les gagnants qui vont gagner ce qu’ils ont recherché et qui vont être sauvés de ce qu’ils ont fui. Ils ont gagné le paradis qu’ils ont recherché et ils sont sauvés de l’enfer qu’ils ont fui. La réussite c’est d’atteindre l’objectif. Dans l’appel à la prière il y a « Hayya ^ala l-falaaH » c’est-à-dire la réussite. Al-moufliH c’est celui qui a réussi et qui a atteint son objectif. Regardez comment Allaah a attiré notre attention sur cette spécificité des pieux qui vont obtenir ce que nul autre n’obtiendra. Cette bonne guidée que les pieux ont eue, elle est confirmée pour eux, et elle confirme la réussite. La bonne guidée leur confirme la réussite. La définition de ceux qui réussissent ce sont les pieux qui vont réussir dans l’au-delà. Les pieux seront victorieux. Nous demandons à Dieu qu’Il nous embellisse par la tenue des pieux et qu’Il nous rassemble au Jour du jugement dans le groupe de ceux qui ont été mentionnés au début de cette sourate.
Comme Dieu a cité en premier les pieux et les vertueux, les saints, par des caractéristiques qui permettent de gagner Son agrément, et Il a indiqué que ce Livre, le Qour’aan est une bonne guidée, Il fait suivre ce verset par la mention de leur opposé qui sont les rebelles, les obstinés, ceux qui ne profitent pas de la bonne guidée. Et ce sont les versets 6 à 10
Verset 6 : il débute par la mention de ceux qui ont mécru. Le mot « kafara » en arabe veut dire « couvrir », couvrir la vérité par le reniement, Ils ont refusé la vérité en la reniant. Ceux dont il est question ici sont des mécréants bien spécifiques, comme Abou Jahal, comme Abou Lahab et leurs semblables, au sujet de qui Dieu a su qu’ils allaient mourir mécréants. C’est comme s’Il dit : ceux qui sont mécréants, c’est équivalent pour eux que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas. L’avertissement c’est de faire craindre le châtiment de Dieu en réprimandant les gens qui commettent des péchés.
La sagesse dans l’avertissement en sachant que dans ce verset, les mécréants, qu’ils soient avertis ou pas, cela revient au même, est de trois ordres : la première est d’établir une preuve contre eux. Ils ne pourront pas dire au Jour du jugement : Dieu, pourquoi Tu nous châties ? Pourquoi Tu ne nous as pas envoyé un messager, on l’aurait suivi. Or, le messager a été envoyé mais eux, ils ne l’ont pas suivi. La deuxième : pour que l’envoi des messagers soit pour tout le monde. Et qu’il ne soit pas uniquement pour ceux qui vont devenir croyants. Il y a, parmi ceux qui sont mécréants, ceux qui vont profiter de cet avertissement. Et troisièmement, c’est pour que le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam soit récompensé. Quand le prophète va avertir Abou Jahal et Abou Lahab, il fait quelque chose que Dieu lui a ordonné de faire et il gagne des récompenses.
Verset 7 : Dieu a scellé leurs cœurs. Le sceau c’est de la cire qu’on met sur un manuscrit ou une lettre pour qu’on sache qu’elle a été ouverte. La cire va sécher et va se casser quand on va ouvrir la lettre. Az-Zajjaaj a dit : le sceau -al-khatam- c’est la couverture car pour s’assurer qu’une chose est bien fermée, il y a un sceau qui est apposé dessus, pour que personne n’en prenne connaissance. Ibnou ^Abbaas a donné une explication semblable, il a dit : Dieu a scellé leurs cœurs de sorte qu’ils ne comprennent pas le bien, ils ne saisissent pas le bien, ils ne saisissent pas cet avertissement que le Prophète leur a donné. C’est cela le sens. Cela veut dire que Dieu a refermé leurs cœurs de sorte que la mécréance qui est contenue dans leurs cœurs ne va pas s’échapper, ils vont rester mécréants et la foi ne va pas pénétrer dans leurs cœurs. Le résultat est que leur cœur va être ténébreux, obscur et étroit dans le corps de cet esclave, de sorte qu’il ne va pas être croyant tant que cette obscurité réside dans son cœur. Le HaafiDH ibnou l-Jawziyy a dit : le cœur est le siège de la raison. Il a été appelé Qalb parce qu’il yataQallab, il change. Le cœur est le siège de la compréhension. Le cœur est ce morceau de chair qui a une forme conique qui est placé dans la partie gauche de la cage thoracique.
Dans le Qour’aan, Allaah ta^aalaa dit ce qui a pour sens : ne vont-ils pas se déplacer sur terre, n’ont-ils donc pas des cœurs par lesquels ils peuvent comprendre ou des oreilles par lesquelles ils peuvent entendre ? Dieu a fait que la compréhension a lieu par le cœur tout comme l’audition a lieu par l’oreille. Allaah nous apprend que leurs cœurs ont été scellés et Il a placé comme une couverture, une couche qui recouvre leur audition et leur vue. Al-baSar c’est la lumière des yeux, c’est ce par quoi la personne voit. Et al-baSiirah c’est la lumière du cœur, c’est ce qui permet d’apprendre et de comprendre. C’est comme si c’était deux caractéristiques que Dieu a créées, dans lesquelles il y a l’instrument qui permet de voir et de comprendre. Et al-ghichaawah c’est-à-dire une couverture, une fine couche sur quelque chose. Le chaykh, l’imam Abouu ManSouur fils de ^Aliyy que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : lorsque le mécréant n’a pas voulu entendre la parole de vérité, qu’il a refusé de l’entendre, lorsqu’il n’a pas observé son propre état, il n’a pas médité sur sa propre réalité ni à propos de la réalité des autres créatures, il n’aura pas vu les manifestations de l’entrée en existence. Regardons autour de nous, tout ce que nous voyons, ce sont des choses qui sont entrées en existence, elles n’existaient pas puis elles ont existé. Nous concluons après avoir vu l’existence de ces choses qui sont entrée en existence qu’il est indispensable qu’il y ait un créateur qui les a fait exister. Comme ce mécréant a refusé de faire cette réflexion-là, c’est comme si sur sa vue et son ouïe, il y a un voile, même si ce n’est pas au sens propre. Et ceci est une preuve que l’audition intervient ici.
Ils auront un châtiment éminent. Parfois il y a le mot « ^aDHiim » qu’on traduit par « éminent » et le mot « kabiir » qui est traduit par « grand ». Dans le verset c’est le mot « ^aDHiim » qui est employé. « Eminent » est le contraire de méprisable et « grand » est le contraire de « petit ». C’est comme si « éminent » est au-dessus de « grand » tout comme méprisable est plus petit que « petit ». Ici Dieu blâme ces mécréants qui n’ont pas fait cette réflexion. C’est comme si, sur leurs yeux, il y a une sorte de couverture, mais pas la couverture que les gens connaissent, c’est une couverture de ceux qui feignent ne pas voir les signes des versets de Dieu et ils auront des douleurs car ils vont subir un châtiment éminent dont Dieu seul sait la réalité.
Information utile : le Messager Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a comparé le croyant à la tige d’une plante. Parfois le vent souffle et il la fait pencher et parfois il la laisse droite. Cela veut dire que le croyant dans ce bas-monde, il subit des épreuves. Voilà comment avaient vécu les prophètes. Celui qui étudie la biographie des prophètes, il verra qu’ils ont été fortement éprouvés. Il a comparé le mécréant au cèdre. Le cèdre est droit, il est fort parce que le vent ne le fait pas pencher, il est ferme comme une montagne. Mais quand il tombe, il tombe d’un seul coup. Ce n’est pas comme la plante qui est parfois inclinée, puis elle se redresse. Le Prophète a donc comparé le croyant à une tige qui , parfois est pliée par le vent et parfois, elle se redresse.
Versets 8 à 13.
Verset 8 : il y a parmi les gens ceux qui disent « nous croyons en Dieu et au Jour Dernier » mais en réalité ce ne sont pas des croyants. Allaahou soubHaanahou wa ta^aalaa a débuté cette sourate en mentionnant ceux qui vouaient pour Dieu une adoration sincère, c’est-à-dire ceux qui n’adorent que Dieu et ne Lui attribuent pas d’associé, c’est-à-dire ceux dont les cœurs ont été conformes à leurs paroles. Ils disent qu’ils sont croyants et dans leurs cœurs, ils sont véritablement croyants. Puis Il a cité ceux qui sont mécréants, ceux qui sont mécréants par leur cœur et par leurs paroles c’est-à-dire qu’ils étaient mécréants dans leurs cœurs et ils disaient qu’ils étaient mécréants. Dans ce verset numéro 8, Allaah mentionne les hypocrites, ceux qui disent par leur langue qu’ils sont croyants mais leurs cœurs ne sont pas conformes à ce qu’ils disent. Et ce sont les plus mauvais, les plus malins parmi les mécréants, parce qu’en plus de la mécréance, ils ont rajouté la tromperie et la moquerie. C’est à leur sujet qu’a été descendu par révélation la parole de Allaah qui signifie : certes les hypocrites seront aux fins fonds de l’enfer.
EtMoujaahid que Dieu l’agrée a dit : il y a au début de cette sourate, 4 versets pour la mention des croyants puis 2 versets pour la mention des mécréants et 13 versets à propos des hypocrites. Allaah les a dévoilés pour leur reniement, leur malignité, leur impudence et Il les a cités par leur ignorance, Il les a rabaissés et les a surnommés sourds, muets, aveugles. Ceci au sens figuré : sourds parce qu’ils n’entendent pas la vérité, muets parce qu’ils ne disent pas la vérité (ils ne prononcent pas les deux témoignages) et aveugles parce qu’ils ne voient pas la vérité. Et Dieu les a qualifiés par des qualificatifs abominables.
Et la foi est définie comme suit : Ahlou s-sounnah a défini la foi par le fait de reconnaitre par la langue et croire par le cœur. Reconnaitre les deux témoignages et croire au sens des deux témoignages.
Verset 9 : ils trompent le Messager de Dieu (car Dieu sait la réalité des choses, nul ne Le trompe) c’est-à-dire qu’ils donnent une apparence autre que ce qu’il y a dans leurs cœurs. L’apparence qu’ils donnent est qu’ils sont des croyants alors que dans leurs cœurs ce n’est pas le cas, donc ils dupent. La définition de la duperie c’est de montrer autre que ce qu’il y a dans le cœur. Et ils trompent ceux qui sont croyants. Ils donnent l’apparence qu’ils sont croyants, tout en ayant la mécréance dans leurs cœurs. Quel était leur intérêt dans cette hypocrisie ? C’est qu’ils ne soient pas combattus comme étaient combattus les autres mécréants. Et qu’il leur soit appliqué les lois relatives aux musulmans. Et d’obtenir une part des butins. Et d’autres raisons encore. Ces gens-là prononçaient les témoignages mais dans leurs cœurs, ils avaient de la mécréance. Du fait qu’ils prononçaient les témoignages, il leur est appliqué les jugements relatifs aux musulmans. Et ils obtiennent une part des butins. Et ils sont enterrés dans les cimetières des musulmans. Et il y a d’autres intérêts dans ce qu’ils font.
Et en réalité ils ne se dupent qu’eux-mêmes c’est-à-dire que si les croyants se comportant avec eux de cette manière, en réalité ils ne se trompent qu’eux-mêmes, parce que leur réalité se retournera contre eux. Leur réalité est qu’ils sont des mécréants. Et le châtiment qui est réservé aux mécréants va leur être appliqué. Quelle est la résultante de cette duperie ? C’est le châtiment dans l’au-delà et c’est eux qui vont le subir. Donc en réalité c’est comme s’ils se sont dupés eux-mêmes. Cette tromperie va les toucher eux uniquement, elle ne va pas toucher d’autres qu’eux.
Et ils ne s’en rendent pas compte. Ils ne le ressentent pas. Le ressenti c’est la perception des choses grâce aux sens. L’être humain ressent grâce à ses sens. Cette nuisance qui leur parvient est comme quelque chose qu’ils vont sentir. Et comme ils ne sentent pas qu’ils sont en train de se tromper eux-mêmes, c’est comme si le fait qu’ils persistent dans leur insouciance et leur hypocrisie, c’est comme si quelqu’un ne sentait pas. Car la réalité de cette tromperie est un châtiment pour eux.
Verset 10 : il y a dans leurs cœurs une maladie. C’est-à-dire le doute concernant la véracité de cette foi et l’hypocrisie. Parce que le doute est l’hésitation entre deux choses et l’hypocrite est quelqu’un qui est dans l’hésitation. Dieu a fait qu’il y a dans leurs cœurs une maladie, c’est-à-dire une faiblesse qui les prive de victoire, une impuissance qui les prive de pouvoir et ils auront un châtiment douloureux c’est-à-dire qui fait mal en raison de leur mensonge. Ils ont menti quand ils ont dit : « nous croyons en Dieu et au Jour Dernier ». La définition du mensonge est toute information à propos d’une chose contrairement à sa réalité.
Versets 11 : et s’il leur est dit « ne semez pas la corruption sur terre ». La corruption -al-façaad- c’est faire en sorte qu’une chose soit dans autre que son état de droiture, dans un état autre que ce qui est profitable. Et c’est le contraire de la chose qui est correcte – aS-SalaaH- la vertu qui est le fait d’être dans un état de droiture avec un profit. La corruption sur terre, ici c’est-à-dire la provocation des guerres et des zizanies ce qui entraine le délaissement de la droiture pour l’état des gens, pour les plantations et en général pour tout ce qui est bénéfique, religieusement et dans le bas monde. Quelle était la corruption des hypocrites sur terre ? C’est qu’ils se rapprochaient des mécréants et les remontaient (incitaient au mal) contre les musulmans, en divulguant leurs secrets et en les entrainant contre les musulmans, ce qui provoquait la zizanie entre eux.
Ils répondent : mais nous, nous sommes au contraire des gens qui réparons et corrigeons. Ils disent : nous sommes des gens qui rapprochent les croyants et les mécréants. Ils prétendent que cette caractéristique de conciliation leur est acquise, sans aucun doute d’aucune manière que ce soit et qu’il n’y a pas de corruption dans ce qu’ils font.
Verset 12 : en réalité ce sont eux les corrupteurs mais ils ne s’en rendent pas compte. Dieu leur a répliqué : ils ne se rendent pas compte que ce sont des corrupteurs, Il leur a répliqué contre leur prétention que ce sont des gens qui corrigent, des gens qui veulent le bien, d’une manière très éloquente, qui indique qu’ils méritent un grand châtiment.
Verset 13 : s’il leur est dit « soyez croyants tout comme les gens l’ont été » c’est-à-dire « ayez foi en Dieu et en Son Messager tout comme les gens ont été croyants ». Le conseil leur a été donné à ces hypocrites à deux reprises dans les versets 11 et 13 de deux points de vue : le premier afin qu’ils se rendent compte combien est laide leur position, combien elle est loin de la vérité et elle entraine à la corruption. Et le deuxième c’est de leur faire prendre conscience du bienfait de revenir sur leur position et d’être croyants tout comme les gens sont croyants. C’est pour leur montrer le chemin le plus droit pour eux, le meilleur chemin pour eux et pour ceux qui sont dotés de raison, qui est de croire en Dieu et en Son Messager. Mais leur réponse est qu’ils ont préféré rester sur leur ignorance et ils ont accusé ceux qui leur ont donné le conseil de stupides. Il y a dans ce verset une incitation à la patience pour celui qui est savant face à la réaction des ignorants. Tout comme les gens ont cru : ici il s’agit du Messager ^alayhi S-Salaat wa s-salaam et ceux qui étaient avec lui.
Ils ont dit : voulez-vous que nous soyons croyants comme les gens stupides l’ont été ? Ils les ont jugés idiots alors que ce sont eux qui sont censés. Donc ces hypocrites, en raison de leur ignorance, ils ont cru que la voie qu’ils suivaient était la vérité et que tout autre que cette voie était fausse. Et celui qui a adhéré au faux est quelqu’un de stupide. La stupidité est un manque dans la raison, une légèreté dans la raison.
En réalité, ce sont eux les stupides mais ils ne s’en rendent pas compte. Que Dieu nous préserve du mauvais état.
Informations utiles : le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : pharaon a vécu 400 années sans avoir un seul mal de tête, ni une douleur ni une fièvre. Tellement il était imbu de lui-même qu’il a dit aux gens : « je suis votre seigneurs suprême » c’est-à-dire qu’il était au-dessus de tous. Lorsqu’il s’est engagé dans la mer pour rattraper Mouçaa et son peuple, il a fait partie des noyés. Allaah ta^aalaa donne du répit et Il ne néglige pas. 400 années ç’est beaucoup mais c’est quoi par rapport à l’au-delà qui n’a pas de fin ? Rien du tout. Il n’a pas eu de mal de tête, il n’a pas eu de fièvre mais à quoi ça lui servira quand il sera en enfer ? Celui qui était mécréant et qui a eu le plus de félicités dans ce bas-monde, une fois qu’il sera plongé en enfer, il lui sera dit : est-ce que tu as goûté à un bien ? il dira : rien du tout. Il oubliera tout, tout. C’est pour cela que c’est un mauvais calcul ceux qui courent après ce bas-monde et qui n’ouvrent pas pour l’au-delà. Parce que le bas-monde, quelle que soit sa longueur, quelques soient les épreuves, il a une fin. Alors que l’au-delà n’a pas de fin. Celui qui est intelligent est celui qui œuvre pour ce qui n’a pas de fin. Il ne va pas oublier ce qui n’a pas de fin pour investir dans ce qui a une fin.
On raconte à propos de quelqu’un dont le cœur s’endurcissait qu’il avait fait creuser sa tombe chez lui dans sa maison. Pour adoucir son cœur, il descendait dans sa tombe et il restait quelques temps. Comme cela, ça lui rappelle qu’en fin de compte, il va y aller. C’est un moyen pour adoucir le cœur.
L’homme est appelé « insaane » car il oublie beaucoup. Que Dieu fasse que nous ayons présent dans notre cœur la crainte de Dieu, une crainte qui nous mène à accomplir les devoirs et éviter les péchés et à ne pas tomber dans l’insouciance. Que Dieu nous donne la force d’accomplir tous les devoirs et d’éviter tous les péchés.
Le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit pour montrer l’éminence du savant : Jésus fils de Marie, que Dieu l’honore et l’augmente en degrés, lui et notre Prophète MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, il a décrit les savants de la communauté du prophète que Dieu lui fasse miséricorde parce que Jésus, tout comme les prophètes qui l’ont précédé, ont tous su, Dieu leur a fait savoir qu’il y aura un dernier prophète qui s’appelle Mouhammad. Et il a parlé de la communauté de notre maitre MouHammad et il a dit : les savants de cette communauté sont des savants qui sont indulgents, qui sont bienfaisants et pieux. (L’indulgence c’est la patience face à la nuisance). Tellement ils ont de la science qu’on dirait des prophètes.
Rapporté par Abouu Nou^aym dans son livre « al-Hiliah »
Verset 14 : lorsqu’ils rencontrent les croyants, ils disent nous sommes croyants. Ils dénigraient les croyants, ils faisaient croire qu’ils étaient avec eux, comme s’ils étaient des amis.
Et lorsqu’ils se retrouvent seuls avec leur chaytan. C’est lorsqu’ils ne sont pas en présence des autres mais qu’ils se retrouvent seuls avec leur chaytan, ici c’est une métaphore, c’est -à-dire ceux qui étaient comme les véritables chaytanes, qui ont été en accord avec leur chaytan, c’est-à-dire les yahouud, les mécréants des descendants de Israa’iil.
Ils leur disent : non, en réalité nous sommes avec vous. Ici il y a une explication : ils ont utilisé une figure de style quand ils se sont adressés aux croyants et une autre figure de style quand ils se sont adressés aux mécréants, pour indiquer qu’ils ne pouvaient pas montrer leur réalité puisque ce sont des hypocrites qui vivent parmi les musulmans. Ils vivaient à Médine entre les émigrants et les partisans. Ce sont des gens qui voulaient faire croire aux croyants qu’ils étaient comme eux alors qu’en réalité ils ne l’étaient pas et quand ils se retrouvaient seuls avec les mécréants, ils leur faisaient croire qu’ils étaient avec eux et c’était vrai avec eux.
Et nous ne faisions que nous moquer des croyants. C’est pour insister sur la première partie et montrer qu’ils étaient sur la religion des yahouud. Ceci est une réfutation de l’islam. Ces gens-là rejetaient l’islam. Ils repoussent l’éventualité qu’ils soient sur l‘islam. Parce que celui qui dénigre une chose, il la renie et il repousse le fait qu’il la prend en compte. Celui qui rejette une chose et s’en moque, c’est une insistance au-delà du simple rejet. Ils repoussent le fait d’être croyants donc cela confirme le fait qu’ils soient mécréants. Donc repousser le contraire d’une chose confirme ce contraire.
Verset 15 : Dieu les rétribue pour leur moquerie (on ne dit pas que Dieu se moque d’eux). Même si la rétribution de leur moquerie a été appelée « istihzaa’ » qui est le même mot, c’est pour indiquer que Dieu les punira mais le sens propre de l’istihzaa’ n’est pas possible au sujet de Dieu parce que la moquerie est motivée par l’absurdité et Dieu est exempt de l’absurdité. Dans le fait d’appeler leur punition du même nom que ce qu’ils ont fait, c’est pour dire que ce que Dieu leur fera parvenir, c’est le summum qui puisse leur arriver comme punition, humiliation et rabaissement.
Comme les punitions et le châtiment que Dieu leur fait subir s’abattent sur eux étapes par vagues (ils ont une épreuve puis une autre puis une autre)
Dieu leur donne du répit dans leur mécréance, ils s’enfoncent encore et encore. Avec le temps, Dieu leur donne du répit et ils augmentent avec leur mécréance, ils s’enfoncent davantage.
Verset 16 : ils ont acheté l’égarement en payant la bonne guidée. Ils ont échangé la bonne guidée par l’égarement, ils ont choisi l’égarement au lieu de choisir la bonne guidée. Pourquoi ont-ils fait cela alors qu’ils n’étaient même pas sur la bonne guidée ? Parce qu’ils vivaient avec des gens qui étaient croyants et eux, étaient mécréants. L’égarement est un mot qui indique quelqu’un qui a perdu son chemin. Ces gens-là n’ont pas suivi le chemin qui mène à la bonne guidée.
Leur commerce n’est pas gagnant. Le bénéfice est ce qui est au-delà du capital.Le commerce est l’activité du commerçant qui est celui qui achète et qui revend dans l’objectif de faire du bénéfice. Ici, attribuer un bénéfice suite à un commerce est dans un sens figuré. Ils n’ont pas fait de bénéfice. Le début du verset est au sens figuré et la suite également. C’est pour insister qu’il s’agit d’un sens figuré et non pas d’un sens propre.
Et ils n’ont pas été bien guidés. Ils n’ont pas connu les voies correctes du commerce parce que les commerçants qui savent gérer leur commerce, savent ce qui risque d’entrainer des bénéfices ou des pertes. Ils n’ont pas su gérer. Le sens est que le commerçant veille à préserver son capital et à faire du bénéfice. Mais eux, ils n’ont eu aucun des deux. Le capital c’est la bonne guidée de l’islam. Or, eux, ils ont choisi l’égarement, donc ils n’ont pas de capital. S’il ne leur est resté que l’égarement, on ne peut pas dire qu’ils ont fait du bénéfice, même s’ils ont obtenu certaines choses du bas monde. Parce que celui qui arrive à sauvegarder son capital, c’est comme s’il n’a pas eu de pertes. Le capital du musulman c’est la croyance du Prophète et des compagnons. Et grâce à Dieu, cette croyance des sunnites, elle est encore en nous. La majorité de ceux qui se disent musulmans, que ce soit en Afrique ou en Asie, en Amérique, ils sont encore sur cette croyance, la croyance du Prophète et de ses compagnons. Même s’il y a un manque dans les pratiques. Il y a un relâchement dans les pratiques actuellement.
Verset 17 : leur exemple est comme celui qui a allumé un feu. Comme Il les a dévoilés dans les versets précédents, (eux, ils montraient qu’ils étaient avec les croyants), Dieu a fait suivre les versets suivants par un exemple pour augmenter en dévoilement et pour compléter cette présentation. Et les exemples aident beaucoup à dévoiler la réalité et la compréhension. Et le fait de donner des exemples est fréquent dans les livres célestes. Il y a même dans l’évangile authentique tout un chapitre qui s’appelle les exemples. L’origine du mot « mithl » c’est-à-dire « le semblable », c’est une situation semblable à cette situation-là. Si tu comprends cette situation et cette autre qui est semblable, et ainsi de suite, la première, tu vas bien la comprendre.
Leur état est comme celui qui a allumé un feu. An-Naçafiyy a dit que c’est une substance qui est impalpable mais notre chaykh a dit que le feu est une substance qui est palpable comme l’eau, sauf que sa lumière est impalpable.
Lorsque le feu a éclairé les alentours, Dieu a fait que cette lumière disparaisse. Et ce que Dieu fait disparaitre, nul ne peut le faire venir.
Il les a laissés dans une obscurité et ils ne voient pas. L’obscurité est le contraire de la lumière. Dans quelle mesure ressemblent-ils à celui qui a attisé un feu ? Après l’éclairage, ils se sont retrouvés dans l’obscurité. Après la bonne guidée, ils se sont retrouvés dans l’égarement. C’est vrai que l’hypocrite n’a jamais été dans la lumière. Il se débat dans l’obscurité de la mécréance. Comme ils n’ont pas été dans la bonne guidée, comment peut-on dire qu’ils ont profité d’une lumière ? Une première explication est qu’ils en ont un peu profité car, par la parole, ils disaient qu’ils étaient croyants. Une deuxième explication est que, après cette parole par laquelle ils prétendaient qu’ils étaient croyants, ils se sont retrouvés dans l’égarement de l’hypocrisie et donc dans l’obscurité de l’hypocrisie, qui, elle, entraine l’obscurité de la punition éternelle, puisque la punition du mécréant est un châtiment qui est sans fin, que Dieu nous en préserve.
Verset 18 : Allaah les a qualifiés d’être sourds, muets et aveugles. C’est-à-dire que leurs sens étaient sains, ils n’étaient pas, au sens propre, sourds, muets et aveugles. Mais lorsqu’ils ont refusé d’entendre la vérité et de la prononcer, ils ont refusé de prononcer les deux témoignages et ils ont refusé de la voir, donc ils ont été comparés à des gens qui sont sourds, muets et aveugles. Ils ne vont pas revenir à la bonne guidée après l’avoir délaissée.
Informations utiles :
1 – Abouu Ja^far aT-TaHaawiyy dit que Dieu a un ghaDab, Il a un riDaa mais pas comme les gens. On dit que Dieu a l’attribut de « al-ghaDab » mais on ne traduit pas par « colère ». On dit que Son ghaDab est un attribut qui n’est pas comme notre ghaDab. Le ghaDab de Dieu n’est pas comme une saute d’humeur. Nous, nous changeons d’humeur suite à des évènements. Or Dieu ne change pas, Il n’a pas de sentiments. Alors que nous, nous avons ders sentiments. On dit au sujet du ghaDab de Dieu que c’est la volonté de châtier.
Et le riDaa de Dieu, ce n’est pas comme notre satisfaction, ce n’est pas un changement d’humeur. On dit au sujet du riDaa de Dieu qu’Il agrée, c’est la volonté de faire miséricorde, c’est la volonté de récompenser.
Donc tout ce qui peut figurer dans le Qour’aan ou dans le Hadiith, lorsque le sens apparent est qu’il surviendrait à Dieu un attribut qu’Il n’avait pas, ce sens apparent n’est pas à retenir. Mais on dit que Dieu a l’attribut de al-ghaDab et l’attribut de ar-riDaa qui sont des attributs de toute éternité. On trouve dans le Qour’aan « raDiya l-Laahou ^anhoum » ce qui signifie que Dieu les agrée et « ghaDiba l-Laahou ^anhoum » ce qui signifie que Dieu a voulu pour eux un châtiment éternel.
2 – Boire de l’alcool est interdit. Dans sourate al-maa’idah les versets 90 et 91, Dieu cite certaines choses : l’alcool, les paris où la personne mise de l’argent et espère gagner, les idoles qu’ils adorent pour lesquelles il est donné des offrandes, des flèches sur lesquelles il est écrit « Dieu m’a ordonné telle chose », sur une autre « Dieu ne m’a pas ordonné telle chose et sur la troisième, il n’y a rien d’écrit. Puis ils faisaient un tirage : si c’était la troisième flèche qui était tirée, comme il n’y avait rien écrit dessus, ils la remettaient et ils tiraient à nouveau, jusqu’à ce qu’ils tirent une des deux premières flèches. Ces quatre choses -là ont été qualifiées de « rijls » ce qui signifie « une souillure ». La souillure est tout ce que l’âme répugne tout ce qui entraine chez la personne un rejet. C’est le chaytane qui incite à faire cela, c’est comme si c’était devenu son œuvre à lui.
Dans le verset, il est dit « évitez-le » ne faites pas ces choses-là. Dans ce verset, il y a une insistance sur l’interdiction de l’alcool et des paris d’argent et ceci, de plusieurs points de vue. En effet la phrase a commencé par « innama » qui est un terme qui indique l’insistance. Et Dieu a cité également dans cette énumération l’interdiction de l’adoration des idoles et troisièmement, Dieu les a qualifiés de souillures. Et quatrièmement, c’est l’œuvre du chaytane. Et le chaytane, il ne provient de lui que du mal.
Puis Dieu a ordonné de les éviter et Il a qualifié le fait de les éviter comme étant une réussite. Et si le fait de les éviter est une réussite, alors le fait de les commettre est une perte.
La suite du verset signifie : le chaytane veut provoquer l’adversité et l’animosité entre vous par l’intermédiaire du vin et des paris d’argent et il veut vous détourner de l’évocation de Dieu et de la prière. Ici il y a l’évocation de ce qu’engendrent le vin et les paris d’argent, comme calamités, à savoir l’animosité, l’éloignement entre les gens qui boivent de l’alcool et qui font des paris d’argent et ce sont des choses qui mènent à se détourner de l’évocation de Dieu et à se détourner du respect des horaires de la prière. Et Il a cité la prière en particulier pour indiquer combien son degré est élevé. Et à la fin du verset il est dit ce qui signifie : allez-vous en finir. Ceci pour indiquer combien il y a de danger et combien il y a de causes pour se détourner de ces choses-là qui sont mauvaises. Avec tout ce qui vous a été énoncé comme raisons pour vous en détourner, allez-vous finalement être exhortés et cesser de les pratiquer une fois pour toutes ? Ce n’est pas un simple questionnaire où on peut choisir la réponse positive ou négative.
Verset 19 : Dieu compare l’islam à une pluie qui tombe à verse car la terre profite de la pluie tout comme les gens profitent de l’islam. Dieu a comparé la religion de l’islam à la pluie car les cœurs se revivifient grâce à l’islam, tout comme la terre se revivifie par la pluie. Et Il a comparé les mécréants à l’obscurité et le tonnerre et l’éclair à la menace du châtiment que subit le mécréant. Et Il a comparé ce qui atteint les mécréants comme terreur et épreuves subies de la part des musulmans par la foudre qui tombe sur eux. Ce qui est cité dans ces versets est l’analogie de personnes qui ont été prises sous une tempête et qui ont enduré ce qu’ils ont enduré de cette tempête (l’orage, l’éclair, la foudre) sauf qu’il n’est pas cité ce qui ressemble à quoi exactement. Dieu a décrit la situation dans laquelle se sont retrouvés les hypocrites dans leur égarement et l’hésitation et la surprise dans laquelle ils se débattent, Il l’a comparé à l’étonnement et l’épreuve qu’ils subissent quand quelqu’un a eu son feu qui s’est éteint alors qu’il l’avait attisé auparavant en plein milieu de la nuit. Imaginez quelqu’un en plein milieu de la nuit qui allume un feu qui l’éclaire puis qui s’éteint. Donc il se retrouve dans un tel désarroi à l’image de ces hypocrites qui ont vu la foi (c’est l’analogie avec la lumière qui les a éclairés) sauf qu’ils n’en ont pas profité, comme celui qui a éteint son feu en plein milieu de la nuit.
Et le deuxième exemple comme celui qui se retrouve en plein milieu de la nuit obscure dans une tempête avec de l’orage, des éclairs, la peur de la foudre. Donc c’est comme l’hypocrite qui s’est retrouvé en pleine nuit exposé à tout cela. Et le deuxième exemple est encore plus éloquent que le premier parce que la situation est plus éprouvante. Car celui qui voit son feu qui s’éteint pendant la nuit, c’est certes éprouvant mais c’est plus supportable que celui qui est exposé pendant une nuit obscure à une tempête effroyable. Ce deuxième exemple a été cité après le premier, pour montrer la progression de leur état, de leur épreuve la moins grave vers la plus grave. Ils progressent du plus simple au plus difficile.
Cela veut dire que le récit de l’état des hypocrites est semblable à ces deux scénarios qui ont été mentionnés. Le premier qui est celui dont le feu s’éteint dans la nuit et le deuxième qui est en pleine obscurité et qui est exposé au tonnerre, aux éclairs et à la foudre. Les deux exemples représentent de manière indépendante chacun des deux l’état des hypocrites. Mais on peut également les représenter avec les deux exemples.
Puis on explique quelques mots de vocabulaire : « aS-Sayyib » c’est la pluie qui se déverse en abondance et ce sont aussi les nuages qui sont appelés ainsi. Et dans ce verset, le mot « Sayyib » est indéterminé, employé dans une forme indéfinie pour indiquer que c’est une pluie abondante, tout comme le feu dans le premier exemple était indéfini également.
L’auteur explique la composition du point de vue de la grammaire arabe. La mention de aS-Sayyib et du ciel, en sachant que le Sayyib ne provient que du ciel, c’est que « as-samaa’ » est déterminé, contrairement au mot Sayyib : cela indique que le mot Sayyib ici, ce sont des nuages qui viennent de l’horizon du ciel et dans cette composition, il y a une exagération pour montrer la gravité de la situation tout comme le mot Sayyib est indéterminé. Il y a ici la preuve que les nuages viennent du ciel et que c’est de là que les nuages prennent leur eau.
Le mot « ra^d » est un son, que l’on traduit en français par « orage », c’est le son que l’on entend lorsque les nuages s’entrechoquent. Le mot « ra^d » désigne également un ange, l’ange qui conduit les nuages, tout comme dans le Hadiith rapporté par At-Tirmidhiyy. Cet ange conduit les nuages avec un miHraaQ : si on prend un bout d’étoffe et qu’on l’enroule, on frappe avec comme un fouet. Le Prophète a dit que ar-ra^d est un ange qui tient à la main un miHraaQ avec lequel il fouette les nuages pour les conduire d’une région à une autre.
Et le barQ c’est ce qui brille, c’est l’éclair. BaraQa signifie « briller ».
Il a qualifié « aS-Sayyib » par la noirceur. Il a fait que ces nuages soient un lieu pour l’obscurité et si c’est pendant la nuit, c’est une double obscurité. Et s’il était visé par le mot « aS-Sayyib » la pluie, alors cela indique que la pluie tombe à verse, les gouttes d’eau sont très rapprochées les unes des autres c’est là qu’il y a une obscurité en plus de l’obscurité de la nuit. Il a fait que les nuages, c’est là qu’il y a le tonnerre et l’éclair et si c’est la pluie qui est visée, également.
Il a cité ces trois éléments cités qui sont « aS-Sayyib », l’orage et le tonnerre.
Ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles. Comme Il a cité le tonnerre, l’éclair et ce qui présage de leur intensité et de la gravité de cette situation, c’est comme si quelqu’un disait : comment étaient-ils dans pareille situation ? La réponse est : ils mettaient leurs doigts dans leurs oreilles tellement le bruit était fort. Il a cité les doigts mais pas les phalanges. Et généralement ce qu’on met dans les oreilles, c’est l’extrémité du doigt. Ici le doigt a été cité par extrapolation car dans le fait de citer les doigts, il y a une exagération qu’il n’y a pas dans les phalanges. À cause de l’intensité de la foudre, ils placent leurs doigts dans leurs oreilles. Et la foudre est un éclat d’orage dans lequel il y a une quantité de feu qui descend. Lorsque les nuages sont frottés l’un contre l’autre, il se produit un feu très puissant qui ne touche pas une seule chose sans qu’elle ne le foudroie, sauf que ce feu-là, malgré son intensité, il ne dure pas longtemps. C’est-à-dire que s’il ne trouve pas quelque chose à consumer, il s’éteint rapidement. On dit que la foudre s’est abattue sur un palmier, elle en a brûlé la moitié puis elle s’est éteinte.
Par crainte de la foudre et de la mort. La mort est la détérioration de l’état du vivant ou c’est un état dans lequel on n’a plus de perception. C’est un état qui fait suite à l’état de la vie.
Et les mécréants sont sous la puissance de Dieu. Ils n’arrivent pas à faire ce que Dieu ne veut pas. Tout ce qu’ils font est par la volonté et la puissance de Dieu. A l’image de celui qui est entouré, il ne peut pas faire plus que ce qui l’entoure
Verset 20 : l’éclair a failli arracher leur regard. Chaque fois qu’il y a un éclair, ils marchent à la lumière de cet éclair
C’est comme si cette partie du verset est une réponse à celui qui pose la question Et concernant l’éclair comment faisaient-ils ? Comment font-ils entre le moment où il y a un éclair et le moment où il n’y a pas d’éclair ? Ici, c’est une métaphore qui indique la gravité de l’état des hypocrites : leur état est similaire à la gravité qui est endurée par ceux qui sont sous cette pluie. Et la profonde hésitation. Leur état est semblable à ces gens qui sont exposés à cette tempête et leur profonde hésitation et leur ignorance entre ce qu’il faut qu’ils fassent et ce qu’il faut qu’ils délaissent. Lorsqu’il y a un éclat de l’éclair, bien qu’ils aient peur que cela les aveugle (que ça leur enlève la vue), ils profitent de cet éclair pour faire quelques petits pas. Et lorsque la lumière de l’éclair s’estompe, ils s’arrêtent et n’avancent plus. Chaque fois qu’il y a une lumière qui éclaire leur chemin, ils prennent ce chemin.
Puis l’auteur explique les nuances de la marche. La marche est le déplacement de la personne à un rythme habituel. Si la marche devient rapide, ça devient un « sa^y » (ce mot -là nous rappelle les trajets entre aS-Safaa’ et al-marwah). Et si elle est encore plus rapide, ça devient un « ^aDou^ », une course. Ibnou l-Jawziyy, ce grand savant hanbalite a dit dans son exégèse : les savants ont divergé sur l’explication de cette phrase « koullamaa ‘aDaa’a lahoum macha’ou fiihi » (chaque fois qu’il leur éclaire, ils marchent). Il y a quatre explications à ce sujet :
1/ Chaque fois que le Qour’aan leur parvient par ce qu’ils aiment, alors ils suivent ce qu’il y a dans le Qour’aan. C’est ce qui a été rapporté par ibnou ^Abbaas et aS-Souddiyy.
Et lorsqu’il n’y a plus d’éclair, ils s’arrêtent. Ils n’ont plus ce qui leur permet d’avancer, de savoir où marcher.
Et si Dieu veut, Il leur aurait fait perdre leur ouïe (par le bruit du tonnerre. Si Dieu avait voulu les rendre sourds, Il aurait pu les rendre sourds) et leur vue (par l’éclair)
Certes Allaah est sur toute chose tout puissant.
Récapitulatif : jusqu’à ce verset 20 de sourate al-baQarah, Allaah a énuméré les groupes de personnes responsables : ce sont les croyants, les mécréants et les hypocrites. Il a cité les caractéristiques de tout un chacun. Il a cité leur état et Il a cité ce qui est spécifique à chaque groupe, des choses qui les réjouissent ou qui les chagrinent. Puis il y a une introduction de ce qui vient après et Dieu s’adresse aux gens de La Mecque.
Verset 21 : ^AlQamah a dit : chaque fois qu’il y a dans le Qour’aan la parole « yaa ‘ayyouha n-naas », « ô vous les gens », cette parole s’adresse aux gens de La Mecque, c’est-à-dire aux associateurs. Et chaque fois qu’il y a dans un verset « yaa ‘ayyouha l-ladhiina ‘aamanouu » qui signifie « ô vous qui êtres croyants », c’est une parole qui s’adresse aux gens de Médine. Et le terme « yaa » est une Harf qui est utilisée pour appeler quelqu’un qui est éloigné. Alors que pour appeler quelqu’un qui est proche, on utilise le terme « a » ou bien « ay » : on va dire par exemple « aSalaaH » ou « aySalaaH » pour appeler celui qui est proche.
Puis le terme « yaa » a été utilisé par extension pour celui qui est « dans les nuages » comme quelqu’un qui s’est assoupi par exemple, même s’il est proche. Comme il a la tête ailleurs, ila été comparé à celui qui a été éloigné. Donc si quelqu’un de proche est appelé par le terme « yaa » c’est pour indiquer que la parole qui va suivre, il convient d’y prêter une attention particulière. C’est une insistance pour que la personne appelée accorde une attention particulière à cette parole.
Nous voyons ici l’importance d’apprendre la langue arabe qui est la langue fondamentale pour la compréhension des textes du Qour’aan et du Hadiith.
Et dans le Qour’aan, il y a souvent l’appel de cette manière, avec le terme « yaa », parce que Dieu adresse à Ses esclaves des ordres et des interdits, des promesses et des menaces. Donc il s’agit de sujets éminents. C’est donc un devoir pour les esclaves d’être extrêmement attentionnés et vigilants concernant ce que Dieu leur adresse. Il ne convient pas d’être insouciant. C’est pour cela que le terme « yaa » est présent car la plupart des gens sont dans l’insouciance. Le terme « yaa » est pour attirer l’attention et susciter la vigilance.
Ibnou l-Jawziyy dans son exégèse a dit qu’il y a eu divergence entre les savants à propos de qui est visé par ce discours « yaa ‘ayyouha n-naas » (ô vous les gens), qu’il y a eu 4 avis :
1 / C’est général pour tous les gens : et c’est l’avis de ibnou ^Abbaas. Le terme « an-naas » est le nom de l’être vivant qui est un être humain, un descendant de ‘Aadam. Il a été appelé ainsi car il change de volonté et le mouvement se dit « naous ». Il a été dit aussi qu’il a été appelé « ounaas » qui vient de « an-niçyaane » qui signifie l’oubli. L’être humain oublie.
« Ou^boudouu Rabbakoum » peut signifier « Ô vous les gens, adorez votre Seigneur », c’est-à-dire « ayez foi en Son unicité ». Ibnou ^Abbaas, que Dieu l’agrée, a dit : chaque fois que le mot « ou^boudouu » est utilisé, cela signifie « ayez foi en l’unicité de Dieu ». Et « ou^boudouu Rabbakoum » peut avoir le sens de « obéissez à votre Seigneur ».
Ô vous les gens adorez votre Seigneur Qui vous a créés. Ces gens-là étaient des idolâtres, ils considéraient leurs idoles comme étant leur seigneur. Mais ici il est spécifié « Celui Qui vous a créés » pour ne pas confondre avec les autres. Même si eux, ils considéraient leurs idoles comme étant dignes d’être adorées, il leur est rappelé ici que c’est Dieu Qui a créé les gens. Et le fait de créer c’est de donner l’existence à ce qui n’existait pas.
Et dans la langue arabe, le mot « chay’ » n’est pas traduit uniquement par le mot « chose ». Car le mot « chay’ » signifie « ce qui existe ». Et c’est pour cela qu’il est valide à propos de Dieu de dire « chay’ ». Et dans le Qour’aan, il y a le mot « chay’ » qui a été employé au sujet de Dieu. Mais dans le langage courant, le mot « chay’ » est employé dans le sens d’une « chose »
Vous ainsi que ceux qui vous ont précédés. L’argument que Dieu leur a donné c’est qu’Il est leur Créateur et qu’Il est Le Créateur de ceux qui les ont précédés. Et ils avaient reconnu cela. Comme ils avaient reconnu cela, il leur a été dit : si vous reconnaissez cela, qu’Il est votre Créateur, alors adorez-le et n’adorez plus les idoles.
Puissiez-vous devenir pieux c’est-à-dire d’accomplir les devoirs et d’éviter les péchés. Et grâce à la piété, vous serez sauvés du châtiment. « La^allaa » traduit par « puissiez-vous » est dans le sens de l’espoir et de l’incitation. Comme c’est une incitation de la part de Celui Qui est généreux, ça a le sens d’une promesse qui sera réalisée sans aucun doute. C’est l’explication donnée par Siibaway qui est une des plus grandes références dans la grammaire arabe, alors que lui-même n’était pas arabe. Et KhouTroub, un autre spécialiste a dit que cela signifie « afin que (likay) vous soyez pieux ».
Informations utiles
* Dieu voit les choses visibles par Son attribut de voir, qui est de toute éternité. Nous, nous confirmons Ses attributs qu’Il S’est confirmé pour Lui-même dans les textes, comme l’existence, l’exemption de début, l’exemption de fin, la non -ressemblance avec ce qui entre en existence, l’unicité, la puissance, la science, la volonté, la vie, l’ouïe, la vue, la parole et le fait de faire exister qui est connu par la puissance. Ces treize attributs, c’est un devoir de les connaitre en détail pour toute personne responsable, pubère, saine d’esprit, homme ou femme.
L’existence de Dieu est de toute éternité, sans début ; quant à l’existence d’autre que Lui, elle a un début. Donc tout autre que Dieu est entré en existence, c’est Dieu Qui l’a fait exister. Si Dieu ne les avait pas fait exister, ces choses-là n’auraient pas existé. Certains soufis disent : il n’y a d’existant par Lui-même que Dieu. Ils n’ont pas dit qu’il n’est d’existant que Dieu comme ceux qui croient en l’incarnation. Ils ont dit : nul autre que Dieu n’est de toute éternité.
* Oummou Salamah une des épouses du Prophète a dit : « j’ai entendu le Messager de Allaah Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam dire : il n’y a pas un seul esclave qui est touché par une épreuve et qui dit « certes nous appartenons à Dieu et nous allons revenir à la vie pour Son jugement. ô Allaah récompense-moi pour cette épreuve et remplace ce que j’ai perdu par cette épreuve par ce qui est meilleur « . Celui qui dit cela, Dieu lui remplace mieux que ce qu’il a perdu par cette épreuve et Il le récompense pour cette épreuve. C’est-à-dire qu’Il le récompense pour sa patience face à cette épreuve.
Elle a dit : « quand mon mari est mort, j’ai fait comme nous l’avait enseigné le messager de Dieu, j’ai dit « innaa lil-Laahi wa innaa ilayhi raaji^ouune Allaahoumma ajirnii fii mouSiibatii wa akhlif lii khayran minhaa ». Et elle a dit : Dieu m’a accordé meilleur que cela, Il m’a accordé le Messager de Dieu comme mari, Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam.
Verset 22 : Allaah est Celui Qui a fait que la terre soit pour vous comme un tapis sur lequel nous pouvons nous asseoir, sur lequel nous pouvons dormir et nous vivons notre vie dessus
Et que le ciel soit pour vous comme un toit. Dieu l’a préservé du fait de tomber et de détruire ce sur quoi il pourrait arriver. Parce que si ce n’était Dieu Qui maintient le ciel dans sa position, celui-ci serait tombé et aurait détruit la terre.
Il est Celui Qui a fait tomber du ciel de l’eau c’est-à-dire la pluie
Et grâce à laquelle Dieu fait pousser des fruits. C’est Dieu Qui a fait qu’à partir de l’eau il y ait des fruits
En tant que subsistance pour vous. C’est-à-dire qu’à partir de l’eau, Dieu a fait qu’il y ait des fruits, par Sa toute-puissance, par Sa volonté et par Son acte de créer. Mais Il a fait que l’eau soit une cause pour que les fruits sortent, parce que Dieu est tout puissant à créer la totalité sans qu’il n’y ait d’eau. Tout comme l’eau du mâle est une cause pour qu’il y ait l’enfant, Dieu est tout puissant à créer la totalité sans cette eau. En effet le fait que Dieu fasse évoluer les choses d’un état à un autre de manière progressive, alors qu’Il est tout puissant à créer le fruit directement, sans passer par les différentes étapes de maturation comme le bourgeon, les feuilles, etc. Mais Dieu fait qu’il y ait toutes ces étapes pour une sagesse, pour qu’il y ait une moralité pour nous, pour nous inciter à raisonner et que cette réflexion nous amène à considérer la toute-puissance du Créateur. L’eau de l’homme est une cause par laquelle Dieu peut créer l’enfant mais ce n’est pas cette eau de l’homme qui crée l’enfant. Si Dieu avait voulu, Il aurait créé l’enfant sans qu’il y ait cette eau de l’homme, tout comme Il a créé notre maître Aadam sans qu’il ne soit issu de l’eau d’un père ni d’une mère et Il a créé Jésus sans qu’il ne soit issu de l’eau d’un père. Donc c’est Dieu Qui est le Créateur des causes et des effets.
Puis il y a une explication concernant le vocabulaire car en arabe, il peut y avoir un même mot qui a plusieurs formes de pluriels. Les fruits en question ici, c’est une forme de pluriel très particulière, c’est un pluriel de pluriel pour indiquer entre autres qu’il y en a beaucoup.
Alors n’attribuez pas des équivalents à Dieu. C’est un ordre de n’adorer que votre Seigneur, de ne pas Lui attribuer d’associé. Parce que la base même de l’adoration, c’est de croire en l’unicité de Celui Qui est adoré. Cette partie du verset commence par la lettre « fa » qui a le sens ici de « alors » c’est-à-dire que c’est la suite de ce qui est parvenu auparavant, c’est-à-dire : regardez ce que Dieu vous a accordé comme bienfaits, Il a fait que la terre soit pour vous comme un tapis, Il a fait que le ciel soit pour vous comme un toit, Il a fait descendre l’eau qui est une cause pour faire pousser des fruits qui sont une subsistance pour vous. Donc Dieu énumère certains bienfaits qu’Il nous a accordés et après, vient le terme « alors » qui indique : prenez cela en compte, réfléchissez et méditez et ne Lui attribuez pas d’associé car ce sont autant de preuves qui indiquent l’unicité de Dieu.
Le mot « andaad » est le pluriel de « nidd » qui signifie « équivalent ». Et l’équivalent est celui qui peut se substituer à un autre. Et Dieu n’a pas d’équivalent, Il n’a pas qui peut se substituer à Lui ni qui est égal à Lui. Et Dieu n’a pas d’opposant, c’est-à-dire Il n’a pas qui a un pouvoir supérieur au Sien. « Wa laa nidd wa laa didd » signifie que Dieu n’a pas d’équivalent ni d’opposant.
Alors que vous savez (pertinemment). Ici il y a quelque chose qui est su et qui n’a pas été mentionné : il s’agit du fait qu’ils savent que les idoles ne créent absolument rien du tout. Vous savez pertinemment que les idoles ne donnent pas de subsistance, vous savez pertinemment que Dieu est Le Créateur, Celui Qui pourvoit. Donc attribuer des équivalents à Dieu, que ce soient des idoles ou le fait de faire une représentation de Dieu, de lui attribuer un fils, c’est le summum de l’ignorance.
Dieu, dans ces versets, a énuméré les preuves qui indiquent et confirment Son Unicité et qui prouvent l’invalidité de l’association à Dieu. D’abord Dieu a créé les humains et a fait d’eux des êtres vivants. Il les a dotés de capacités. Il a créé la terre qui est pour eux un abri, sur laquelle ils se sont établis. Et Il a créé le ciel qui est comme une tente qui est attachée et Dieu a fait que le ciel est à l’image de l’homme qui introduit l’eau dans la terre qui porte et donne les fruits, tout cela en tant que subsistance pour les humains. Ce sont des preuves qui indiquent l’unicité de Dieu et qui prouvent l’invalidité de l’association à Dieu. Parce qu’aucune des créatures n’a la capacité de créer ce qui a été énuméré jusqu’ici. Aucune créature n’a la capacité de créer ni une terre ni un ciel ni une pluie ni des fruits.
Après cette première partie introductive, Dieu a fait suivre par le rappel de ce qui confirme le statut de prophète de MouHammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, et ce qui prouve le caractère miraculeux du Qour’aan. Car le Qour’aan est un défi, c’est un défi que les associateurs n’ont pas pu relever et que personne, jusqu’à aujourd’hui ne peut relever. Par le Qour’aan, Dieu a défié les associateurs. S’ils avaient été capables de relever le défi, ils n’auraient pas eu recours au combat. S’ils avaient pu composer un texte pour relever le défi que constitue le Qour’aan, ils se seraient suffi de cela. Pourquoi auraient-ils eu recours au combat ?
Verset 23 : et si vous avez le doute concernant ce que Nous avons révélé à votre esclave, (c’est-à-dire MouHammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés). Le mot « ^abd » que l’on traduit en français par « esclave » désigne ce qui appartient et qui est doté de raison. Donc nous sommes des esclaves de Dieu parce que nous appartenons à Dieu. Et il peut y avoir un esclave qui appartient à un humain. Donc on n’appelle pas les animaux des esclaves parce qu’ils ne sont pas dotés de raison. Donc les esclaves, ce sont les humains, les jinns et les anges. Les humains sont des esclaves de Dieu, les jinns sont des esclaves de Dieu et les anges sont des esclaves de Dieu, parce qu’ils sont dotés de raison. Et ceux qui sont du même ordre qu’eux comme les femmes du paradis qu’on appelle « al-houurou l-^iin » et les serviteurs du paradis. Dieu a créé des serviteurs qui ont l’aspect humain mais qui ne sont pas des descendants de Aadam. Ils ont l’aspect d’adolescents et chaque personne au paradis aura un grand nombre de ces serviteurs. Eux aussi sont dotés de raison.
Pour ce qui est des animaux, ils ont bien des âmes mais ils n’ont pas de raison. On les appelle créatures de Dieu. Le mot « créature » est plus large que le mot « esclave » parce que les esclaves de Dieu sont aussi des créatures de Dieu. La définition d’un esclave est : un être vivant doté de raison qui appartient à autrui. Dans ce verset il y a le verbe « nazzalnaa » qui signifie « faire descendre » et on peut aussi utiliser le verbe « anzalnaa ». Il y a des subtilités entre ces deux formes. La forme « nazzalnaa » est employée pour indiquer que la révélation du Qour’aan est progressive. Ce n’est pas tout le Livre qui est descendu en même temps au Prophète MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Mais la révélation du Qour’aan a eu lieu sur environ 23 années, depuis que le Prophète avait 40 ans jusqu’à ses 63 ans.
Les mécréants ont dit que si ce Livre provenait de Dieu, il ne serait pas descendu ainsi éparpillé, parfois des sourates entières, parfois des versets, selon les évènements, comme c’est le cas des poètes ou des orateurs, lorsqu’ils composent leurs textes, ils ne le font pas d’une seule traite. Ils ont dit que si c’était de la part de Dieu, il serait parvenu en une seule fois. Mais Dieu dit ce qui signifie : « et ceux qui ont mécru ont dit : pourquoi est-ce que le Qour’aan n’est pas descendu tout entier en une seule fois ? » Ils ont prétendu avoir trouvé un argument que ce ne serait pas de la part de Dieu parce que le Livre du Qour’aan n’est pas parvenu d’un seul bloc, tout entier. Et le verset 23 de sourate al-baQarah est une réplique à cette interrogation. Il a été dit : « si vous doutez à propos de ce qui est parvenu par révélation, de cette façon qui est progressive, à Notre esclave, c’est-à-dire à maître MouHammad, alors amenez donc une sourate équivalente ». Le défi est que les mécréants composent une seule sourate, un chapitre de la taille du plus petit chapitre du Qour’aan si vous en êtes capables. Et ceci correspond à un chapitre qui est composé d’au moins trois versets.
Le mot « souurah » en arabe, soit il vient de « souur » d’une ville qui est ce qui entoure une ville c’est-à-dire ses remparts ceci pour dire qu’il s’agit d’un texte qui est bordé, qui a une délimitation ou bien pour dire que ce texte comporte plusieurs informations utiles tout comme les remparts d’une ville englobent ce qu’il y a dans cette ville. Une autre explication du mot « souurah » est dans le sens du degré parce que ce chapitre du Qour’aan est comme un niveau, un degré que la personne va atteindre progressivement. La personne va lire une sourate puis une autre et ainsi de suite : c’est comme si la personne passe d’un degré à un autre. Et les sourates du Qour’aan sont classées, il y a celles qui sont longues, celles qui sont moyennes, celles qui sont courtes. Ou encore pour expliquer le haut degré de ces sourates dans la religion. Une autre explication est le mot « sou’rah » qui est une part, une partie du Qour’aan.
Quel est l’intérêt que le Qour’aan soit composé de plusieurs sourates ? Il y a beaucoup d’intérêts, beaucoup de sagesses. Et c’est pour cela que Dieu a révélé les livres qu’Il a révélés : la torah, l’évangile, les psaumes, et tout ce que Dieu a révélé à Ses prophètes est classé ainsi par chapitres. Ce sont des chapitres qui se succèdent : les livres célestes sont ainsi. Une des sagesses est que quand un ensemble comporte plusieurs parties, c’est plus beau que si c’était d’un seul bloc. Une autre sagesse est que celui qui récite et termine la récitation d’une sourate puis qui entame un autre chapitre, cela va le motiver davantage, il va avoir plus d’ardeur pour attaquer le suivant. C’est ainsi que les récitateurs du Qour’aan ont eu cette classification en chapitres (en sourates) et de plus, le Qour’aan a été classé en quatre quarts, et en soixante Hizb et en trente jouz’. Par exemple, celui qui se fixe comme objectif de réciter tout le Qour’aan pendant le mois de ramaDaan, il se dit qu’il va réciter chaque jour un jouz’. Une autre sagesse est que celui qui va mémoriser le Qour’aan par cœur va être également motivé, il va accorder de la considération à ce qu’il a mémorisé et il va être encouragé pour poursuivre. Il y a un compagnon du Prophète qui s’appelle Anas ibnou Maalik qui a été le serviteur du Prophète depuis l’âge de dix ans. Sa mère, quand le Prophète est arrivé à Médine, elle lui a demandé de le garder à son service. Et Anas a passé les dix années que le Prophète a passées à Médine avec lui en étant à son service. Et le Prophète lui a fait beaucoup d’invocations et ainsi Anas a vécu longtemps, il a eu beaucoup d’enfants et il a été riche. Anas a dit : « quand l’un d’entre nous récitait sourate al-baQarah et sourate ‘aali-^Imraane, nous avions de la considération pour lui ». C’est à partir de là que les savants ont dit que, quand tu fais la prière, et que tu récites toute une sourate après la faatiHah, c’est mieux que si tu ne récitais que quelques versets.
Alors amenez une sourate semblable : en arabe il y a deux possibilités pour expliquer le mot semblable : soit cela concerne la similarité de la sourate ou alors cela concerne Notre esclave. Dans le cas où la similarité est avec la sourate, c’est-à-dire « amenez une sourate équivalente à ce texte, dans son éloquence, dans les informations qu’il comporte, dans le haut degré, dans la beauté du texte ». Dans le cas où la similarité concerne l’esclave (le Prophète) alors amenez un homme, comme notre maître MouHammad, qui ne sache ni lire ni écrire, qui n’a pas appris auprès des savants et qui amène un texte aussi beau que celui-là. Ici c’est un défi qui est lancé. Vous n’êtes pas capable d’amener un texte aussi beau, aussi impressionnant, aussi miraculeux que ce texte-là et vous n’êtes pas capable de trouver quelqu’un qui n’a jamais appris auprès de savants et qui vous amène un tel texte.
C’est la première explication qui a le plus d’arguments au niveau textuel, même si les deux explications au niveau de la langue, tiennent. Et ceci parce qu’il y a d’autres versets dans le Qour’aan qui ont le même sens. Dans certains versets, il est dit « amenez ne serait-ce qu’une sourate », dans d’autres versets, il est dit « amenez dix sourates » et dans certains versets, ils ne peuvent pas amener comme ce Qour’aan.
Et cette première explication est retenue car, du point de vue de la langue arabe, le style est meilleur, le fait de dire que ça se rapporte au texte et non pas au Prophète. Et le contexte depuis le début est à propos de ce qui a été révélé , c’est-à-dire le texte et non pas celui à qui il a été révélé.
Le sens global est : si vous doutez à propos du Qour’aan, s’il a bien été révélé de la part de Dieu, alors amenez donc un texte qui soit équivalent à une partie du Qour’aan.
Ici, si le pronom se rapportait au Prophète, comme c’est le cas dans la deuxième explication : si vous doutez que ce Qour’aan est bien révélé de la part de Dieu, alors amenez un homme qui soit comme MouHammad qui amène un texte semblable.
Et appelez ceux qui témoignent en votre faveur, d’autres que Dieu c’est-à-dire amenez ceux que vous considérez comme étant des divinités et que vous prétendez qu’ils seront témoins en votre faveur au jour du jugement, que vous êtes sur la vérité ou bien amenez qui témoigne en votre faveur que le texte que vous prétendez est comme le Qour’aan. C’est un défi lancé à ces gens-là qui doutent si le Qour’aan est révélé de la part de Dieu.
Si vous êtes véridiques dans votre prétention que le Qour’aan n’est pas de la part de Dieu, alors amenez un texte semblable et faites-vous aider par ceux que vous considérez comme étant votre dieu, c’est-à-dire les idoles que vous adorez.
Conseil : d’après Jaabir ibnou Samourah, qui est un compagnon du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, il a dit : « le Messager de Dieu, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, gardait longtemps le silence, il ne parlait pas beaucoup. Et il ne riait pas beaucoup, son rire était juste un sourire ».
Et dans le Hadiith rapporté par ibnou Hibbaan, le Messager de Dieu Sala l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « garde-toi de rire beaucoup car cela va faire mourir le cœur ». Cela signifie que le cœur de celui qui rit beaucoup devient corrompu et il n’inspire plus de respect. C’est pour cela que le fait de trop rire n’est pas recommandé.
Information utile :il n’est pas permis de suivre les habitudes des non musulmans, c’est-à-dire ce qui leur est spécifique. Le fait de fêter les anniversaires, la prétendue fête des mères ou du mariage ou ce qu’ils appellent la St Valentin, tout ceci ne fait pas partie des habitudes des musulmans, donc ce n’est pas licite.
Verset 24 : Si vous ne le faites pas et vous ne le ferez pas alors protégez-vous d’un feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres
Après leur avoir indiqué les moyens qui permettent de reconnaitre la véracité du Prophète, il leur a dit : si vous n’êtes pas capable d’opposer au Qour’aan quoi que ce soit de semblable, (parce qu’ils ont essayé mais ils n’ont pas pu) et que votre impuissance est avérée, c’est la preuve qu’il s’agit bien d’un miracle, alors c’est un devoir pour vous de croire en la véracité du Prophète. Alors croyez en lui et craignez un châtiment qui est réservé pour ceux qui ont démenti et qui se sont entêtés.
Si vous ne le faites pas signifie : si vous n’amenez pas un texte équivalent au Qour’aan. Et vous ne le ferez pas.
Il y a en cela deux preuves de la confirmation du statut de prophète de notre maître MouHammad Salla l -Laahou ^alayhi wa sallam. La première est que ce par quoi Dieu les a défiés est bien un miracle qui prouve leur impuissance à amener quoi que ce soit de semblable. Et il s’agit du Qour’aan. La deuxième est que Dieu les informe qu’ils ne pourront pas amener un texte semblable dans le futur. Et ceci est un ghayb c’est-à-dire une chose cachée, que seul Dieu sait. Ghayb, ghaaba, signifie « absent », c’est-à-dire pour nous, une chose que nous ne savons pas. Soit ce sont des choses cachées, ou bien des choses qui auront lieu dans le futur ou bien qui ont eu lieu dans le passé. Et Dieu sait tout le ghayb.
Wa Qouudouha n-naaçou wal-Hijaarah : craignez ce feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres. Ce feu a une particularité, il se distingue des autres feux. C’est que ce feu est attisé par des gens et de la pierre qui s’y trouve, ce feu augmente en chaleur par les gens qui y sont jetés et par la pierre qui est du soufre. Le soufre prend feu plus facilement et il s’éteint plus lentement. Il a aussi une plus mauvaise odeur. Et il imprègne le corps. Il y a une autre explication pour la pierre : il s’agit des idoles qu’ils adoraient. Et c’est pour augmenter leur regret parce qu’ils vont se retrouver à brûler avec elles.
Dieu a joint dans ce verset la mention des gens avec la pierre parce qu’eux-mêmes se sont joints à elle, ils l’ont adorée. Et ils ont faits des idoles des équivalents à Dieu. Comme dans le verset qui signifie : « certes vous et ce que vous adorez, autre que Dieu, vous serez le combustible de l’enfer ». Dans ce verset, Dieu les a joints à ces idoles qu’ils adoraient. Ils seront des combustibles pour l’enfer et ceci est pour les blâmer encore plus.
Dans la période antéislamique (avant la révélation à notre maitre MouHammad) qui était une période d’obscurantisme, ils avaient des pratiques très laides, ils enterraient leurs filles vivantes. Cela ne veut pas dire que l’islam est venu pour la première fois avec notre maître MouHammad. L’islam est la religion de tous les prophètes. Depuis Aadam jusqu’au prophète MouHammad, la religion est l’islam. Peu avant la venue de notre maitre MouHammad, l’islam a disparu sur terre. Donc les Arabes avaient des pratiques d’obscurantisme comme le fait d’enterrer les filles vivantes à leur naissance ou le fait d’adorer une pierre. Puis lorsqu’ils trouvaient une pierre plus jolie que la première, ils la jetaient et se mettaient à adorer la seconde. Et c’est pour cela que Dieu a révélé Sa parole qui signifie : « vois-tu celui qui prend ses passions pour divinité ». C’est-à-dire ce vers quoi son âme penche.
Le feu a été préparé pour les mécréants. C’est-à-dire que le feu de l’enfer existe déjà, tout comme le paradis existe déjà. Et Dieu sait combien de personnes vont aller en enfer et combien de personnes vont aller au paradis. Et Dieu a réservé pour chacun son emplacement, parce que Dieu, rien n’échappe à sa science. Cette phrase « ou^iddat lil-kaafiriine » est à la voix passive -le feu a été préparé pour les mécréants- c’est donc une preuve que l’enfer existe actuellement et non pas comme le prétend un homme qui s’appelle Jahm fils de Safwaane qui prétend que l’enfer sera créé dans le futur. Cet homme est le dirigeant des Jahmites qui est un groupe égaré qui a disparu actuellement. D’ailleurs les savants ont répertorié les groupes égarés comme Abouu ManSouur at-Tamimiyy dans son livre « al-farQou bayna l-firaaQ ». Le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit ce qui signifie : “ma communauté va se diviser en 73 groupes, tous iront en enfer sauf un seul c’est le groupe majoritaire ». Et le groupe majoritaire ce sont les sunnites. Ils ont une bonne croyance même s’ils se sont relâchés concernant la pratique. Quant aux autres groupes, ils sont nombreux en termes de nombre de groupes, mais ils sont peu nombreux en termes d’adeptes, par rapport au groupe majoritaire. Et ils iront en enfer à cause de leur mauvaise croyance.
Le Prophète a parlé d’un groupe qui s’appelle les khawaarij. L’un d’entre vous trouvera qu’il ne fait pas beaucoup de prières ni de jours de jeûne par rapport à eux. Et pourtant le Prophète a dit que l’un d’entre eux sort de la religion tout comme une flèche transperce sa cible et il a dit que s’il les trouve, il les tuera. Selon l’apparence, on voit que leur comportement est rigoureux mais en réalité, leur croyance est mauvaise. On en trouve encore à notre époque.
Donc Jahm ibnou Safwaane est un fondateur d’un de ces groupes égarés et il a été exécuté à l’époque des Omeyyades. Une fois, il a été interrogé au sujet de Dieu. Il n’a pas trouvé de réponse, il s’est retiré pendant quelques jours puis quand il est revenu, il a dit : « Dieu, c’est l’air, Il est partout, sur tout et avec tout ». Et il a prononcé d’autres paroles de mécréance. Mais nous, les sunnites, nous croyons que Dieu n’est pas un corps, donc Il n’est pas comme l’air. Dieu est un Etre Qui existe obligatoirement selon la raison parce que tout est une preuve de Son existence et nous ne connaissons pas Sa réalité. Il existe sans endroit et sans comment. Il n’est pas concerné par les endroits car les endroits, c’est Lui Qui les créés. Avant l’existence des endroits, Dieu existe. Après la création des endroits, Il ne change pas. Et Dieu n’est pas concerné par le comment. Ce sont les créatures qui ont un comment, comme le fait d’être proche ou éloigné, en mouvement ou immobile. Dieu n’est pas un corps. Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.
Dieu a fait que dans le Qour’aan, Il cite des paroles d’encouragement et d’incitation à faire le bien avec des paroles de menace de châtiment. Ceci est pour motiver la personne à acquérir ce qui rapproche de l’objectif et pour démotiver la personne de commettre des péchés. Notre âme, elle est comme un enfant : si tu la laisses, elle va faire des bêtises. Elle a besoin d’être cadrée. Dans le Qour’aan, il y a ce cadrage.
Jusqu’au verset 23, il y a eu mention des mécréants, de leurs œuvres et de la menace de châtiment. Puis il y a eu la mention des croyants, de leurs œuvres et l’annonce de bonne nouvelle qui les attend.
Verset 25
Annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont croyants et qui accomplissent les bonnes œuvres. Qui a l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle ? Il s’agit du messager, notre maitre MouHammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. Il y a une deuxième explication : il s’agit de tout un chacun : tout un chacun a l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle. L’auteur dit que cette explication est la meilleure parce qu’elle indique que ce sujet est éminent. Cette bonne nouvelle est quelque chose d’éminent. Puisque tout un chacun reçoit l’ordre de l’annoncer, c’est que c’est quelque chose de magnifique qui mérite d’être annoncé par tout le monde, par toux ceux qui ont la capacité de l’annoncer. L’annonce de bonne nouvelle est un seul mot en arabe – al-bichaarah – qui est le fait d’informer ce qui va entraîner la joie chez celui qui va être informé.
Parfois on trouve dans le Qour’aan ce même verbe – bichaarah – dans une menace aux mécréants « annonce-leur la bonne nouvelle d’un châtiment douloureux ». Or le châtiment douloureux n’est pas une bonne nouvelle, mais c’est une figure de style en arabe qui indique un surcroit de rabaissement à l’encontre de celui à qui le châtiment douloureux est annoncé. Tout comme un homme pourrait dire à son ennemi « je t’annonce la bonne nouvelle de la mort de tes descendants et le pillage de tes biens ». En réalité ce n’est pas une bonne nouvelle mais c’est pour l’humilier davantage.
« AS-SaaliHaat », c’est tout ce qui est correct parmi les œuvres. Les jugements de valeur que nous émettons sont conformes à ce que notre Prophète nous a transmis. Et il parle suite à la révélation de Dieu. Si le Prophète nous dit que telle chose est bonne, alors elle est bonne. S’il nous dit que telle chose est mauvaise, alors nous disons qu’elle est mauvaise parce qu’il sait mieux que nous notre propre intérêt. Les règles de la religion ont été enseignées par Dieu au Prophète qui nous les a enseignées et nous les appliquons. Et cela montre la force de la personne à contraindre ses passions, c’est un exercice qui n’est pas facile. Cela montre la différence entre les gens : il y a ceux qui s’empressent à obéir, à contraindre leur âme et il y a ceux qui suivent leurs passions. Ceux qui suivent leurs passions ne sont pas les plus intelligents, ils ne sont pas les plus forts. Les plus forts sont ceux qui contraignent leurs âmes à suivre la loi du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Donc les bonnes œuvres sont ce qui est conforme à la sounnah en référence au Qour’aan et au Hadiith.
On ne dit pas pour autant que le croyant entrera au paradis même sans accomplir de bonnes œuvres sous prétexte que Dieu a annoncé la bonne nouvelle aux croyants parce que Dieu a fait que cette annonce de bonne nouvelle du paradis est pour les croyants qui ont accompli les bonnes œuvres. L’annonce de bonne nouvelle dans l’absolu est pour ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres.
Par contre les croyants qui commettent les grands péchés, ils n’ont pas cette annonce de bonne nouvelle dans l’absolu. Mais ils auront une annonce de bonne nouvelle conditionnée par la volonté de Dieu. Cela veut dire que ce musulman grand pécheur qui est chargé de grands péchés (il n’a pas fait le repentir avant de mourir), que va-t-il lui arriver ? Il y a deux cas : si Dieu veut, Il lui pardonne : Il le fait entrer au paradis sans châtiment préalable. Si Dieu veut, Il le châtie à hauteur de ses péchés, puis Il le fait entrer au paradis. Dans le Hadiith le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam nous a parlé du dernier musulman à entrer au paradis : il aura comme cette terre et dix fois encore. C’est pour cela que l’intelligent est celui qui dit : ça vaut la peine que je patiente ici pour accomplir les devoirs et éviter les péchés, pour être au nombre des gagnants dans l’au-delà.
Information utile : la foi englobe les œuvres. Et la foi augmente et diminue par ses caractéristiques et pas par sa réalité. La base de la foi n’augmente pas et ne diminue pas. Il s’agit de la croyance en Dieu et en Son Prophète. Si cette base diminue, ça devient du doute et le doute est contraire à la foi. Ce qui augmente et qui diminue, ce sont ses caractéristiques. Quand on accomplit les devoirs et qu’on évite les péchés, les caractéristiques de la foi augmentent. Si on commet des péchés et qu’on délaisse certains devoirs, les caractéristiques de la foi diminuent.
Qu’ils auront des jardins. Ici -jannaat- signifie des jardins, des vergers. Le mot -jannaa- indique le sens de cacher et de couvrir et c’est la même origine que le mot -jinn-. Les jinns, on ne les voit pas. Et -al-jounooun- c’est la folie, ça concerne quelqu’un dont la raison est cachée. Et – al-janiine – c’est le fœtus qui est caché dans l’utérus de sa mère. Et – al-jounnah – c’est la protection, c’est un bouclier par exemple. « aS-Siyaamou jounnah » : le jeûne est une protection (contre le désir). Et le paradis est appelé – jannah – en raison de nombreux jinaanes qu’il y a dedans. Le paradis est déjà créé, en raison de la parole de Dieu qui signifie : « ô Aadam, habitez toi et ton épouse, au paradis et mangez ce que vous voulez mais ne touchez pas à cet arbre, sinon vous seriez injustes
Sous lesquels vont couler des rivières : à l’image des rivières qui coulent à proximité des arbres, des arbres qui poussent sur les bords de ces rivières dans le bas-monde. Donc il y a des rivières qui coulent au paradis ; mais elles ont une particularité. Les rivières du paradis coulent sans qu’il n’y ait de lit. Les plus beaux des vergers sont ceux qui ont des arbres qui font de l’ombre et dans lesquels l’eau est courante, pas stagnante. « An-Nahr » c’est une rivière (ou un fleuve), entre le ruisseau et la mer. Et on dit à propos du Nil que c’est le « nahr » de l’Egypte. Ce qui caractérise un verger, c’est qu’il comporte une rivière avec de l’eau qui coule et le fait que l’eau coule est un symbole de grande grâce et de grand bienfait. Et Dieu a cité cette spécificité des jardins avec des rivières qui coulent avant d’autres spécificités, en raison de l’importance de cette caractéristique-là. Il peut y avoir beaucoup de spécificités dans un verger mais Dieu a cité celle-là en premier, c’est-à-dire le fait qu’il y ait des rivières qui coulent.
Information utile : les attributs de Dieu sont de deux catégories. Il y a les attributs de Dieu qu’il est un devoir pour toute personne responsable de connaître et il y a des attributs de Dieu qu’il n’est pas un devoir de connaitre en détail pour toute personne responsable, mais c’est une obligation collective de les connaitre. Tous les attributs de Dieu sont cités dans le Qour’aan, parmi les deux catégories que l’on vient de citer, que ce soit l’attribut lui-même ou bien sa signification.
Conseil : le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leur épouse. Et je suis le meilleur d’entre vous avec mes épouses ». Rapporté par At-Tirmidhiyy. Cela veut dire que c’est celui qui agit parfaitement avec son épouse. Celui qui agit avec son épouse avec modestie, avec tendresse, avec miséricorde, avec bienfaisance, avec le pardon, il fait partie des meilleurs des hommes. Parce que celui qui a un tel comportement avec son épouse, alors il aura forcément le même comportement avec les autres. Malheureusement beaucoup d’hommes ont un comportement contraire à ce qui est indiqué dans ce Hadiith. Il n’est pas modeste avec son épouse, il est hautain avec elle. Ceci n’est pas convenable. Il convient qu’il soit modeste avec son épouse, qu’il agisse avec bienfaisance avec elle, qu’il ferme les yeux, qu’il pardonne ses erreurs, qu’il ne réponde pas au mauvais comportement de son épouse par un mauvais comportement.
Chaque fois qu’il leur est accordé en subsistance c’est-à-dire concernant ce qu’il y a au paradis. Quand il leur a été dit qu’il y a des jardins au paradis, alors celui qui entend va forcément imaginer qu’il y a des fruits au paradis, soit des fruits semblables aux fruits du bas monde, soit d’autres catégories de fruits. Il a été dit que ces fruits ressemblent aux fruits du bas monde, c’est-à-dire que leurs espèces sont semblables, même s’il y a une différence dans d’autres critères que Dieu sait. Cela veut dire que du point de vue de l’aspect de ces fruits, de la douceur du goût, de la bonne odeur, il n’y a pas de correspondance entre les deux, puisque les fruits du paradis dépassent de loin en beauté les fruits du bas-monde et leur goût est de loin meilleur et l’odeur est de loin meilleure. Mais les espèces sont la même.
De n’importe quel fruit : que ce soient des pommes, des grenades ou d’autres que cela, ils vont dire cela (la phrase qui va venir). Le terme « min » est employé deux fois : « minhaa, min thamarihim », c’est pour indiquer la provenance de cette subsistance. Et le premier « min » est pour indiquer que cette subsistance provient des jardins du paradis et à partir des jardins du paradis, ce sont des fruits. C’est comme si on dit à quelqu’un : un tel m’a donné une subsistance. Il te dit : à partir de quoi ? On répond : à partir de son jardin. Il te dit : de quel fruit de son jardin t’a-t-il donné ? Tu dis : des grenades. L’expression : min thamaratin : il ne s’agit pas d’un fruit unique, mais il s’agit du genre, c’est-à-dire des pommes, des grenades, …
Ils disent : voici ce qui est semblable à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant. Cela est une preuve que les fruits que nous avons reçus sont semblables aux fruits du bas monde par le genre.
Et ils ont reçu les fruits qui se ressemblent. C’est comme lorsqu’on dit : Abouu Youuçouf c’est Abouu Haniifah. On veut dire par là qu’ils se ressemblent énormément. Et le pronom « bihi » se rapporte à la subsistance qui a été accordée, dans le bas monde et dans l’au-delà. Dans cette phrase il est fait mention de ce qu’ils ont eu comme subsistance dans les deux résidences, dans le bas-monde et dans l’au-delà. Et si les fruits du paradis sont semblables aux fruits du bas monde et qu’il ne s’agit pas de nouvelles espèces, c’est parce que l’homme est plus apaisé avec les choses auxquelles il est habitué. L’homme penche plus vers ce à quoi il a été habitué. Et si l’homme voit ce à quoi il n’a pas été habitué, sa nature émet une répulsion et son âme répugne cette nouvelle chose. Par ailleurs, si l’homme voit une chose à laquelle il est habitué mais qu’il la voit avec une particularité et une faveur claire, c’est-à-dire quand il voit les pommes du paradis alors qu’il connait les pommes du bas-monde mais il constate que les pommes du paradis sont beaucoup plus douces, beaucoup plus parfumées, qui sont meilleures, alors son étonnement sera plus grand et sa surprise sera plus grande.
Et le fait que les gens du paradis disent cette expression à propos de chaque catégorie de fruits qu’ils reçoivent en subsistance, « voici ce qui ressemble à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant » ( c’est-à-dire dans le bas-monde), le fait qu’ils manifestent leur étonnement à chaque fruit qui leur est accordé en subsistance au paradis, est une preuve que ce qu’ils reçoivent est grandiose et que le mérite de ce qu’ils reçoivent au paradis est extrême, tellement ils voient la différence entre les fruits du bas-monde et les fruits de l’au-delà. Chaque fois qu’ils voient un fruit de l’au-delà, ils disent cette phrase d’étonnement. Tout en sachant que c’est cette grande différence qui provoque leur étonnement à chaque fois. Ils considèrent que ce qu’ils ont eu est étonnant et que c’est un bienfait éminent. Pourtant ce sont des choses qui se ressemblent en soi tout comme l’a rapporté Al-Haçan : ils disent que ce qu’ils reçoivent comme subsistance du paradis, est de la même espèce. Et chaque fois qu’il est ramené à quelqu’un un récipient dans lequel il y a de la nourriture du paradis, il en mange et quand on lui ramène un autre récipient, il dit : « mais c’est comme ce que nous avons eu auparavant ». Mais l’ange lui dit : « mange, l’aspect est le même mais le goût est différent ».
Et il est rapporté du Prophète ^alayhi s-salaam qu’il a dit ce qui signifie : « par Celui Qui détient l’âme de MouHammad, par Sa toute-puissance, il arrive que l’homme au paradis cueille un fruit pour en consommer. Avant même qu’il n’arrive dans sa bouche, Dieu fait pousser un autre fruit à la place de ce fruit. Et quand la personne voit qu’il y a un autre fruit à sa place, avec le même aspect, elle dit cette phrase : « voici ce qui est semblable à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant ».
Et ils ont reçu les fruits qui se ressemblent est une phrase qu’on appelle en arabe mouTTariDah qui revient à confirmer une information. C’est comme si on dit : un tel a bien agi envers un tel et ce qu’il a fait est bien. Ou quelqu’un a pensé faire telle chose et ce qu’il a pensé est correct. Ou la phrase du Qour’aan : ils ont rendu les habitants glorieux de cette ville humiliés et c’est comme ça qu’ils font.
Et ils y ont des épouses purifiées. C’est-à-dire pures des mauvais caractères, ce ne sont pas des femmes Tamihaat qui est le pluriel de Taamih. La femme qui est Taamih est celle qui déteste son mari et qui convoite d’autre que lui. Et qui ne sont pas marihaat, ce sont les orgueilleuses. Donc elles sont pures de tout mauvais caractère. La deuxième explication du mot « pures » est qu’elles sont pures de tout ce qui est spécifique aux femmes comme les menstrues, les lochies et le sang de maladie et pures de ce qui n’est pas spécifique aux femmes comme l’urine, les selles et le reste des choses répugnantes et diverses souillures. C’est-à-dire que ces femmes au paradis, elles sont pures de tout cela. Et dans le verset, c’est le mot « purifiées » qui est employé, car ce mot est encore plus éloquent et indique qu’elles ont été purifiées de beaucoup plus de choses. Et il y a également l’allusion qu’il y a QUI les a purifiées. Et il s’agit de Dieu, gloire à Lui.
Et ils y resteront éternellement. L’éternité ici, c’est qu’ils vont rester sans fin. C’est quelque chose qui ne s’interrompra pas. Et il y a ici l’infondé de la parole des Jahmiyyah qui prétendent que le paradis aura une fin et que les gens du paradis seront anéantis.
Nous disons « Al-Awwal » au sujet de Dieu, c’est Celui Qui n’a pas de début à Son existence. Et « Al-Aakhir » au sujet de Dieu, c’est Celui Qui n’a pas de fin à Son existence. Quant à nous, lorsque nous disons al-awwal, c’est l’individu qui a précédé les autres et lorsque nous disons « al-aakhir » c’est celui qui est ultérieur.
La précision ici est que les musulmans resteront éternellement au paradis.
Dieu a pour attribut l’exemption de début et l’exemption de fin, ceci pour indiquer Sa parfaite toute puissance et pour nier à Son sujet le défaut et l’anéantissement. Il suffit que tout autre que Lui, il est possible l’anéantissement en considérant sa réalité mais Dieu, l’anéantissement n’est pas possible à Son sujet. Allaah est unique en cela. Il n’y a donc pas de ressemblance entre Dieu et Ses créatures concernant l’exemption de fin parce que l’exemption de fin de Dieu est une exemption qui est propre à Son Etre, c’est un attribut qu’Il a de toute éternité, ce n’est pas autre que Lui qui l’en a caractérisé. Tandis que la non fin de Ses créatures, c’est Dieu Qui leur a accordé cela.
Par ailleurs l’exemption de fin de Dieu est une exemption qui est obligatoire selon la raison tandis que la non fin de certaines créatures, elle reste possible selon la raison. Ainsi la non fin du paradis et de l’enfer est possible selon la raison, elle n’est pas obligatoire selon la raison en considérant leur réalité. Tandis que l’exemption de fin de Dieu est une exemption de fin qui est obligatoire selon la raison.
Puis lorsque Dieu a mentionné dans Son Livre honoré les mouches et l’araignée et Il a donné des exemples par ces insectes, les Yahouud se sont mis à se moquer et ils ont dit : ça ne ressemble pas à la parole de Dieu. Et pour les démentir, Dieu a révélé les versets 26 à 30 de Sourate al-baQarah.
Verset 26 : Dieu n’est pas comme ceux qui ont une pudeur de donner des exemples tels un moustique c’est-à-dire que Dieu ne délaisse pas de donner en exemple même un moustique, comme celui qui délaisserait cela parce que c’est un insecte qui est méprisable. Les esclaves n’osent pas donner en exemple un moustique parce qu’il est méprisable. A l‘origine, le fait d’avoir honte ou la pudeur, c’est un changement, c’est un sentiment de faiblesse qui arrive à la personne par crainte d’être désigné par quelque chose qui est un défaut par crainte d’être blâmé. Or le changement et la crainte du blâme ne sont pas des choses possibles pour Celui Qui est exempt de début. Allaah ne craint pas le blâme de celui qui blâme, parce qu’Il est exempt de début, le changement est impossible à Son sujet. Mais comme le fait de délaisser est une implication de cela, Il l’a exprimé par ce terme-là « YastaHyi ».
Et il est possible également que cette expression provienne de la parole de mécréants qui ont dit : le dieu de MouHammad n’a-t-il pas honte de donner pour exemples les mouches et l’araignée ? Ce verset est une sorte de réplique et de réponse à la question et c’est un art de l’éloquence qui est très fin dans la langue des Arabes. En arabe, on peut dire « istaHyaytouh » qui est un verbe transitif avec un complément d’objet direct et également « istaHyayhou minhou » comme verbe intransitif et le sens est « j’ai eu honte de lui ». Le verbe en arabe est « Darbou l-mathal » et c’est le même verbe qu’on utilise pour d’autres verbes d’action. Mais ici c’est un sens figuré de ce verbe qui est utilisé.
Le terme « maa » employé ici, indique soit la généralisation soit l’insistance. Dieu ne se garde pas comme certains qui ont honte de donner un exemple. Le mot « maa » signifie quel que soit cet exemple ou bien cela signifie « du tout » : Il ne se garde pas du tout de donner en exemple. Puis le mot « ba^ouuDah » qui signifie le moustique est un mot qui dérive de « al-ba^D » qui veut dire les parties ou les morceaux. Et le mot « ba^ouuD » à l’origine est un adjectif qui signifie une petite partie de la chose, puis il a été transformé en un nom qui a été employé pour désigner cet insecte ou ce qui est au-dessus, c’est-à-dire qui dépasse les moustiques c’est-à-dire qui a un sens additionnel au moustique qui a été donné en exemple, qui est très peu et très méprisable ou bien ce qui le dépasse dans la taille. Il a voulu par-làc répliquer à ce qu’ils ont donné comme exemple qui a été donné avec les mouches et les araignées qui ont une taille plus grande que le moustique. Et on ne dit pas : comment donne-t-Il en exemple ce qui est plus petit que le moustique ? Parce que le moustique est extrêmement petit en taille et il y a ce qui est plus petit, en l’occurrence l’aile du moustique. L’aile du moustique est plus petite que le moustique. Et le Messager de Allaah Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam l’a donnée en exemple quand il a comparé le bas monde à l’aile d’un moustique. En effet dans le Hadiith célèbre rapporté par Al-Haakim et aT-Tabaraaniyy, le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « si le bas monde était équivalent selon le jugement de Dieu à l’aile d’un moustique, Dieu n’aurait pas accordé au mécréant une seule gorgée d’eau ».
De mêmeil n’est pas permis de déduire de ce verset « inna Laaha laa yastaHiyy », qu’on pourrait appeler Dieu « al-MoustaHiyy ». Le sens du verset est que Nous ne délaissons pas cela par pudeur, par honte comme certains humains pourraient délaisser quelque chose par pudeur. Le sens est que Dieu n’agrée pas de délaisser la manifestation de la vérité. Il ne délaisse pas la manifestation de la vérité par honte ou par pudeur comme le feraient certaines créatures. Ceci est impossible au sujet de Dieu. Il arrive que certaines créatures éprouvent de la honte ou de la pudeur et ne veulent pas manifester une vérité. Dieu n’agit pas ainsi.
Quant à ceux qui sont croyants, ils savent que c’est la vérité qui est de la part de leur Seigneur. La vérité c’est ce qui est vrai, c’est-à-dire qu’on ne peut renier. Lorsqu’une chose est confirmée et que c’est une chose obligatoire, on dit que c’est la vérité.
Quant à ceux qui ont mécru et disent mais qu’est-ce que Dieu a voulu nous indiquer par cet exemple ? C’est une sorte de dénigrement tout comme ^Aa’ichah que Dieu l’agrée a dit à propos de ^Abdoul -Laah fils de ^Amr : « qu’il est étonnant ce fils de ^Amr en Le dénigrant ». Le mot « ammaa » qu’on traduit en français par « quant à » vient dans le sens de la condition. C’est pour cela qu’il y a le mot « fa » dans « fayaQoulouune ». Et l’intérêt de cette structure est de donner une insistance, qu’on retrouve dans d’autres langues.
Et dans les deux phrases « fa’amma l-ladhiina ‘aamanouu » et « wa amma l-ladhiina kafarouu », « quant à ceux qui ont été croyants », « quant à ceux qui ont été mécréants », les deux phrases commencent par cette structure. En cela il y a un éloge éminent pour les croyants pour souligner le fait qu’ils savent que c’est la vérité et il y a un reproche aux mécréants parce qu’ils ont utilisé des mots qui indiquent une stupidité.
L’analyse grammaticale de « maadhaa » : ça peut être traduit par pourquoi et peut être analysé de deux manières différentes : qu’est-ce -que Dieu a voulu par cela ? Et le vouloir est un attribut véritable de Dieu selon Ahlou s-sounnah c’est-à-dire que Dieu a bien l’attribut de la volonté dans le sens de spécifier le possible selon la raison par certaines spécificités au lieu d’autres.
Par lequel Il égare de nombreuses personnes et par lequel Il guide de nombreuses personnes. C’est une explication pour les deux phrases qui précèdent : « quant aux croyants et quant aux mécréants » : le groupe qui sait que c’est la vérité et le groupe qui ignore, qui se moque, les deux sont nombreux. Et le fait de savoir que c’est la vérité de la part de Dieu, c’est une bonne guidée et ceux qui ignorent que c’est un bon exemple, c’est un égarement puisqu’ils sont arrivés à dénigrer l’exemple qui a été donné, en l’occurrence l’exemple du moustique.
Les gens de bonne guidée sont nombreux par eux-mêmes, même si, en les comptant, ils sont peu par rapport aux gens de l’égarement parce que le peu de bien guidés représente beaucoup en réalité. Et « al-iDlaal », c’est de créer l’égarement dans l’esclave : on dit que Dieu égare qui Il veut parmi Ses esclaves, c’est-à-dire qu’Il crée l’égarement en eux. Il crée en eux le fait d’agir et de commettre ce qui est un égarement. Et la bonne guidée c’est de créer l’acte de la bonne guidée. On dit que Dieu guide Son esclave, Il crée en lui les actes qui sont une bonne guidée, à savoir la foi et les actes d’obéissance. Voici le sens véritable pour ahlou s-sounnah. Et le contexte du verset est pour indiquer ce que ces ignorants parmi les mécréants ont renié, ce qu’ils ont trouvé étrange, le fait que des choses qui sont méprisables, en l’occurrence un moustique soient données en exemple, en réalité, ça ne devrait pas être quelque chose qui ferait l’objet d’un quelconque reniement ou d’un quelconque étonnement parce que l’exemple qui est donné est pour dévoiler un sens, c’est pour rapprocher ce qui n’est pas observé à ce qui est observé. Si ce qui était donné en exemple était éminent, alors ce qui est donné en exemple l’est également. Et s’il était méprisable, alors ce qui est donné en exemple l’est également. N’as-tu pas vu que la vérité est claire et éclatante et qu’il est donné pour la représenter la lumière et la clarté ! Et que le faux, comme il est à l’opposé de la vérité, il est représenté par l’obscurité. Donc comme l’état de ce qui est adoré a été donné en exemple pour les mécréants, (les mécréants ont considéré que Dieu a des équivalents et ce qu’ils ont donné comme équivalents à Dieu est très méprisable) il n’y a pas plus méprisable qu’eux, c’est pour cela que les associés que les mécréants ont attribués à Dieu, ont été comparés à la toile d’araignée, parce que la toile d’araignée est quelque chose de très fragile et c’est considéré comme moindre et plus méprisable que des mouches. Il leur a été donné l’exemple du moustique et de plus petit que le moustique, alors ces exemples ne sont pas blâmables et on ne dit pas que celui qui donne de tels exemples devrait avoir honte, parce qu’il a raison dans ces exemples qu’il donne. Ce qu’il dit est vrai et il donne l’exemple qui convient. Et pour indiquer également que les croyants qui ont pour habitude d’être objectifs, de traiter les sujets avec la raison, quand ils écoutent et qu’ils entendent de tels exemples, ils ont su que c’est la vérité, tandis que les mécréants chez qui l’ignorance a prévalu sur la raison, quand ils entendent cela, ils font preuve d’orgueil, ils s’entêtent et ils décident que c’est faux et ils font face à cela par du reniement. Et cela est la raison de la bonne guidée des croyants et de l’égarement des pervers. La louange est à Allaah Qui nous a guidés à cela et nous n’aurions pas pu être bien guidés s’il n’y avait pas eu cette bonne guidée de la part de Dieu.
Verset 26
A partir des preuves qui sont dans le Qour’aan, ne seront guidés par ces versets que ceux pour qui Dieu veut la bonne guidée. Les versets ne guident pas par eux-mêmes mais c’est Dieu Qui guide qui Il veut par ces versets. Les miracles qui sont apparus sur les mains des prophètes ont été une cause de bonne guidée pour un certain nombre de mécréants qui sont passés de la mécréance à la foi et ils sont devenus ainsi bienheureux. Et une partie de personnes ont été témoins de ces miracles mais ils n’ont pas été bien guidés par eux, ils sont donc malheureux c’est-à-dire qu’ils sont voués à l’enfer. Et tout est par la volonté de Dieu. Celui que Dieu a voulu qu’il soit bien guidé, il sera bien guidé. Et celui que Dieu n’a pas voulu qu’il soit bien guidé par les miracles des prophètes, il ne sera pas bien guidé.
Le verset « il égare par le Qour’aan beaucoup de personnes et il guide par le Qour’aan beaucoup de personnes » signifie que Dieu a voulu que le Qour’aan soit une cause de l’égarement de nombreuses personnes et Il a fait que le Qour’aan soit une cause de guidée pour de nombreuses personnes. Certains sont bien guidés par la cause du Qour’aan et d’autres sont égarés par la cause du Qour’aan. Et il est étonnant de la part de ces mécréants -là qu’ils renient les exemples que Dieu a donnés, comme l’exemple du moustique et ce qui est au-dessous. Pourtant les gens ont toujours donné des exemples avec des animaux, des oiseaux, des insectes. En réalité ces gens-là se rendent bien compte que les gens ont toujours donné des exemples avec les animaux. Par exemple, en arabe, on dit « il rassemble plus qu’une fourmi » (pour dire que quelqu’un ramasse beaucoup de choses) et « il a plus d’audace qu’une mouche » (si on chasse une mouche, elle revient) et « il a une ouïe plus fine que le singe », « plus faible qu’un papillon », « il mange plus que les mites » (qui dévorent même le bois), « plus faible que le moustique ». Celui qui a été vaincu dans le débat refuse la clarté et il rejette ce qui est clairement apparent juste par entêtement.
Et il n’égare par le Qour’aan que les pervers. Dieu égare les faaçiQ. Le faaçiQ est celui qui sort de l’objectif. Dans la Loi de l’islam, le faaçiQ qu’on traduit par « pervers » est celui qui sort du sujet en commettant le grand péché. Ici c’est l’attachement à la religion.
Dieu a pris d’eux l’engagement qu’ils ne soient pas injustes les uns envers les autres : qu’ils ne s’entretuent pas et qu’ils ne rompent pas les liens de proche parenté les uns avec les autres. Il a été dit que Dieu a pris de Ses créatures trois engagements :
1 / Le premier engagement est celui qu’a pris Dieu de la descendance de Aadam que tous reconnaissent l’unicité de Dieu dans sourate al-’A^raaf verset 172 qui signifie lorsque ton Seigneur a fait sortir du dos de Aadam ses descendants et qu’Il les a faits témoigner : n’est-ce pas que Je suis votre Seigneur ? Ils ont dit « oui, nous témoignons » et certains vont dire au jour du jugement « nous avions oublié cela ».
2 / le deuxième engagement est celui que Dieu a pris des prophètes que ceux-ci transmettent Son message et qu’ils fassent en sorte que les gens appliquent la religion en ordonnant le bien et en interdisant le mal, dans sourate al-AHzaab verset 7 qui signifie et Nous avons pris des prophètes l’engagement.
3/ Le troisième engagement est spécifique aux savants. Dieu a pris l’engagement de la part de ceux qui ont reçu le Livre de le transmettre aux gens et de ne pas le dissimuler. Mais certains l’ont caché et ils ont obtenu de l’argent et quel mauvais commerce ils ont fait. C’est-à-dire qu’ils ont vendu l’au-delà pour le bas monde.
Verset 27 : ceux qui rompent l’engagement à l’égard de Dieu après s’être engagés. C’est-à-dire ceux qui ont rompu l’engagement qu’ils ont pris à l’égard de Dieu et ils l’ont dénoué c’est-à-dire que certains n’ont pas tenu leur engagement. Ils n’ont pas respecté leur engagement. Ils rompent ce que Dieu a ordonné d’entretenir. Ils ont rompu les liens avec les proches parents et ils ont rompu le soutien des croyants ou encore ils ont rompu le lien qu’il y a entre les prophètes et le fait d’être unis sur la vérité, en croyant en certains prophètes et pas en d’autres. Tout comme les Yahouud qui reconnaissent que Mouuçaa est un prophète mais ils ne reconnaissent pas que ^Iiçaa et MouHammad sont des prophètes.
Et ils sèment la corruption sur terre en barrant la route (ils s’attaquent aux gens qui sont sur la route) et en empêchant les gens de devenir croyants.
Ce sont eux les perdants. Au lieu d’être fidèles, d’être loyaux, ils ont rompu le lien. Au lieu de maintenir, ils ont coupé. Au lieu d’être vertueux, ils ont corrompu. Et au lieu de la récompense, ils auront le châtiment.
Verset 28 : comment mécroyez-vous en Dieu ! Ici le terme « comment » n’est pas une question, mais c’est pour marquer la surprise : comment mécroyez-vous en Dieu alors que vous avez les preuves qui vous empêchent de mécroire en Dieu ? Comment ne croyez-vous pas en Dieu alors qu’il y a des preuves qui vous appellent à la foi ? Donc c’est un reniement et un étonnement, comme si on dit à quelqu’un : comment voles-tu sans ailes ?
Alors que vous n’étiez pas vivant et Dieu vous a donné la vie. Aucun d’entre nous n’était vivant puis Dieu lui a donné la vie. Vous étiez de l’eau mélangée dans vos parents. Celui qui est dépourvu de vie est appelé « mayt » (mort) puis votre vie a commencé dans les utérus (de vos mères). Vous étiez de l’eau mélangée sans âme. Le Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « l’un d’entre vous se constitue dans l’utérus de sa mère pendant quarante jours (il est à l’état de liquide mélangé de ses parents) puis il devient comme un caillot de sang pendant la même période puis il devient comme un bout de chair (comme une bouchée) pendant la même période (ce qui fait cent vingt jours) puis l’ange est envoyé et pendant la même période il insuffle l’âme ». Rapporté par Al-Boukhaariyy. Donc sa parole indique que le maniyy ne comporte pas d’âmeet que l’âme est insufflée dans le fœtus après quatre mois de grossesse.
Puis Il vous fait mourir (lorsque votre terme arrive).Vous connaissez l’histoire de cet homme qui était tombé dans un puits puis on l’a remonté. On lui a donné à boire un verre de lait puis il est retombé dans le puits et il est mort. C’est-à-dire que son terme n’était pas arrivé la première fois. Donc chacun va mourir à son terme. Cela ne veut pas dire qu’on ne prend pas nos précautions : oui, on fait les causes, comme prendre un médicament, se vacciner et autres. Un jour, un homme est venu voir le Prophète que Dieu l’élève davantage en degrés et lui a demandé : « est-ce que je laisse la chamelle et je me fie à Dieu ou bien je l’attache ? ». Il lui a répondu ce qui signifie : « tu l’attaches et tu te fies à Dieu ». C’est-à-dire que tu prends la cause et tu as pour conviction que c’est Dieu Qui est le Créateur.
Et Il vous ressuscite (c’est-à-dire le jour de la résurrection)
Puis vous reviendrez à Son jugement. Vous allez être ressuscités pour la rétribution le jour du jugement. Ou alors Il vous ressuscite quand vous êtes encore dans votre tombe, c’est-à-dire que vous revenez à la vie puis Il vous fait sortir de vos tombes pour le jugement. Remarque concernant les conjonctions de coordination « fa » et thoumma ». La première est « fa » dans le verset et les suivantes sont toutes « thoumma ». Parce que la première a suivi la mort (vous étiez morts et Il vous a donné la vie quand vous étiez dans l’utérus de votre mère, il n’y a pas eu d’intermède entre les deux : on a dit qu’au bout du 120ème jour, l’âme est arrivée. Avant le 120ème jour, il n’y avait pas de vie en vous). La suite est avec « thoumma » – ensuite Il vous a fait mourir – mais entre cette vie et cette mort il y a eu un temps qui s’est écoulé et c’est notre vie dans ce bas-monde- . Et « thoumma » est utilisé après la mort car s’il est visé la résurrection, entre la mort et la résurrection, il y a le séjour dans la tombe et s’il est visé la vie dans la tombe, on sait qu’elle survient après la mort, elle n’arrive pas immédiatement. Également le retour à la vie pour la rétribution, il a lieu après la sortie de la tombe, ce n’est pas immédiatement, car il y a cinquante stations au jour du jugement, et ensuite il y aura la rétribution par le paradis ou l’enfer. Donc il y a des intermèdes. Donc le premier « fa » indique que ce qui suit est immédiat et « thoumma » indique qu’il y a un intermède entre les deux.
Pourquoi les mécréants ont-ils été blâmés dans le récit précédemment cité ? Parce que dans ce récit, il y a beaucoup se signes clairs qui devraient les détourner de la mécréance et ce récit comporte des grâces énormes qui méritent que Dieu devrait être remercié et non pas être renié.
verset 29. Il est Celui Qui a créé pour vous ce qu’il y a sur terre. C’est-à-dire qu’Il a créé ce qu’il y a sur terre pour que ce soit utile pour vous, pour que vous en profitiez pour votre bas monde et pour ce qui est de votre religion. L’auteur qui est An-Naçafiyy explique qu’il y a dans ce bas-monde des choses étonnantes qui indiquent qu’elles sont l’œuvre d’un créateur tout puissant, qui crée toute chose selon une sagesse, qui sait tout. Et il y a dans ce bas-monde ce qui rappelle l’au-delà parce que les plaisirs du bas-monde rappellent la récompense et les choses qui sont désagréables dans le bas-monde rappellent le châtiment. C’est-à-dire que les plaisirs du bas-monde nous rappellent que les plaisirs de l’au-delà sont meilleurs que ceux-là, quels qu’ils soient et que le châtiment de l’au-delà est encore plus terrible que les choses désagréables de ce bas-monde. Ce bas-monde est une preuve de l’existence de son Créateur. Ce bas-monde est une preuve de l’existence de l’au-delà car nous voyons ce bas-monde qui change comme par exemple les plantes qui, après avoir été vertes et fraiches deviennent sèches et cassantes. Le paradis comporte des plaisirs et l’enfer comporte des choses désagréables.
Al- Kathriyy ainsi que Abouu Bakr al-Ghaaaziyy et même certains groupes égarés ont déduit à partir de la parole de Allaah qui signifie « Il a créé pour vous », qu’il est valide de profiter des choses. C’est-à-dire que l’origine des choses est qu’elles sont licites jusqu’à ce qu’il y ait un texte qui les interdise. Par défaut les choses sont permises sauf s’il y a un texte qui les rend interdites. On comprend de ce verset que Dieu a créé la terre avant les cieux. Donc Dieu a créé la terre puis les cieux. Et sur terre, Il a fait que nous puissions y vivre et profiter de ce qui s’y trouve. N’est-ce pas que Dieu y a fait couler des rivières et des fleuves, y a fait exister des chemins que l’on peut emprunter pour marcher et voyager. Il a fait qu’il y ait des sources d’eau. « DaHahaa » c’est-à-dire que Dieu a fait que les endroits sur terre soient étendus et qu’on puisse y vivre, même s’il y a certains endroits où il est difficile de vivre. Quand la terre a été créée, il n’était pas possible d’y vivre. C’est après que Dieu y a fait couler des rivières, …
Au jour du jugement, après que Dieu ait fait sortir les humains de leurs tombes, les âmes vont revenir aux nouveaux corps que Dieu crée pour ceux dont le corps a été assimilé par la terre. Les gens seront séparés de cette terre et emmenés dans un lieu obscur auprès du pont qui surplombe l’enfer et la terre sera, entre-temps, complètement détruite. Elle sera aplanie, elle sera changée complètement. Les cieux seront changés également, ils seront fissurés. La terre sera comme une peau tendue, sans hauteur ni ravin, elle sera plate. Actuellement, la terre ressemble à une balle mais le jour du jugement, elle deviendra plate. Après ce changement, les gens seront amenés sur cette terre changée. Puis ils rendront des comptes et un groupe sera amené au paradis et un groupe sera en enfer. L’exposition des actes aura lieu sur la terre qui aura été changée.
Et Il a fait exister le ciel (après avoir fait exister la terre). Al-’istiwaa signifie se redresser, à l’origine en arabe. Mais ici cela veut qu’Il a fait suivre la création de la terre par la création des cieux. Dieu a d’abord la terre puis les cieux. Certains ont expliqué le terme « istawaa » par « QaSada » c’est-à-dire avoir pour destination ou pour finalité ou pour direction : et ce sens-là n’est pas correct parce qu’il laisse croire que la volonté de Dieu change. Or la volonté de Dieu est unique, comme tous Ses attributs. La volonté de Dieu n’est pas multiple.
Ici le mot « thoumma » vient dans le sens de « et », pas dans le sens de « ensuite ». Cela ne veut pas dire qu’il Lui serait advenu une nouvelle volonté qu’Il n’aurait pas eue auparavant. Dieu a fait que l’entrée en existence du ciel soit ultérieure à l’entrée en existence de la terre. Cela ne veut pas dire qu’Il aurait fait un acte après un acte car l’acte de Dieu ne dépend pas du temps. L’acte de Dieu de créer est de toute éternité. Mais ce qui résulte de Son acte est la créature, Il a fait qu’une créature existe après une autre et Il a fait que le ciel existe après la terre. On ne dit pas qu’Il S’est consacré ou destiné parce que cela laisse croire que la volonté de Dieu dépend du temps. Ici cela signifie que Dieu a fait suivre la création de la terre par la création du ciel. On peut dire d’une plante « istawaa » c’est-à-dire qu’elle a poussé. Et on peut dire « istawaa ilay » c’est-à-dire « il a visé », comme une flèche qu’il a tirée directement, sans faire de détour.
Et certains ont expliqué cela par le fait que Dieu a créé le ciel après la création de la terre, sans qu’Il n’ait créé quelque chose entre les deux.
« As-samaa’ » indique ici tout ce qui est dans la direction du haut, c’est-à-dire au-dessus de nous, au-dessus de la terre.
Et Il les a créés sept cieux. Cela signifie que Dieu a créé les cieux parfaits, il n’y a pas de fissure, ils sont droits.
Une autre explication de « thoumma » : est pour indiquer le mérite de la création des cieux sur la création de la terre. Les cieux ont un mérite sur la création de la terre. Cela ne veut pas dire que Dieu a créé la terre puis qu’Il n’a rien créé et Il a créé le ciel, qu’Il n’aurait rien créé entre les deux. Ce qui est visé est que le ciel est meilleur que la terre.
Et cela ne contredit pas la parole « wa l-‘arDa ba^da dhaalika daHahaa » (la terre après cela daHahaa) parce que le corps de la terre a précédé la création des cieux, mais le fait qu’il y ait des facilités de subsistance sur terre est après la création des cieux. Dieu « daHaahaa », cela signifie que Dieu a étendu la terre. Il a fait jaillir l’eau de la terre et Il a fait jaillir les pâturages de la terre et Il a fait qu’il y ait des montagnes sur terre et Il a fait qu’il y ait des choses dont nous profitions sur terre et dont les humains profitent.
L’auteur rapporte de Al-Haçan Al-BiSriyy qu’Allaah a fait surgir la terre à partir d’un emplacement qui se trouve à Jérusalem. Au début c’était comme une pierre de la taille d’une main puis ça s’est étendu et ça a fait exister tout le reste de la terre. Mais cela n’a pas été rapporté du Prophète. Al Haçan Al-BiSriyy (qui était un successeur des compagnons) a dit qu’à partir de cette terre, il y a une fumée qui s’est dégagée et à partir de cette fumée, Dieu a créé les cieux. Et c’est à partir de là qu’ils ont expliqué le verset « thoumma « qui signifie que la terre et les cieux étaient collés.
Et Allaah sait absolument toute chose. Allaah a créé des créatures parfaites, sans qu’il n’y ait de défaut et Il a créé ce qu’il y a sur terre conformément aux besoins des gens qui vont vivre sur terre. Et après la création de la terre, Allaah a fait que les djinns habitent sur terre et Il a fait que les anges habitent au ciel. Mais les djinns ont semé la corruption et le désordre sur terre. Dieu leur a envoyé des anges qui les ont chassés de la terre jusque sur des iles et sur les hauteurs des montagnes. Et les anges ont peuplé la terre à leur place. Et Allaah a ordonné à Son Prophète MouHammad de leur citer ce récit.
Verset 30 : et ton Seigneur a dit aux anges Je vais faire en sorte qu’il y ait sur terre un successeur. Parce que c’était eux, les habitants sur terre et Dieu a fait en sorte que la descendance d’Aadamleur succède. Il a dit « un » successeur. Pourquoi le singulier ? Parce que de la même manière que quand on veut citer une tribu, on cite le chef de la tribu, on dit la tribu de MouDar, de Qouraych et on vise les descendants de ce chef. Donc « un » successeur ici signifie Aadam et ses descendants. Ou quelqu’un qui dit être envoyé de Ma part parce qu’Aadam est envoyé de la part de Dieu, tout comme tous les prophètes. Donc il n’y a pas de pluriel ici parce que celui qui est visé par « khaliifah » ici est Aadam ^alayhi s-salaam.
Donc Allaah a annoncé cela aux anges afin qu’ils posent la question et qu’ils reçoivent la réponse et qu’ils sachent la sagesse que ce soit eux qui peuplent la terre avant les humains. Ici quand on parle de khaliifah concernant un prophète, ça ne veut pas dire « celui qui est mandaté mais cela veut dire « celui qui instaure » les ordres de Dieu sur terre. C’est pour enseigner à Ses esclaves la concertation avant de s’engager dans un sujet, même si Dieu n’a pas besoin de la concertation.
Donc le fait que Dieu ait annoncé aux anges qu’Il va faire en sorte qu’il y ait un successeur à eux sur terre, qu’Il va peupler la terre après eux, il y a ici une sagesse dans cette annonce. C’est la sagesse de se concerter avant de faire quelque chose, c’est-à-dire que nous, les êtres humains, il convient que nous demandions l’avis avant de nous engager dans quelque chose.
Ils ont dit (les anges) est-ce -que Tu vas faire en sorte qu’il y ait sur terre qui va semer la corruption ? (C’est-à-dire comme les djinns auparavant).
Ici ce n’est pas une question pour émettre une objection, mais c’est une question pour demander la sagesse. Ils étaient étonnés que Dieu fasse succéder à des gens d’obéissance (eux les anges) des gens qui commettent des péchés, en l’occurrence les humains, alors que Dieu est Celui Qui crée toute chose selon une sagesse. Et comment ont-ils su que les humains commettent les péchés ? Ils l’ont su, soit parce que Dieu le leur a fait savoir ou bien parce qu’ils ont vu que c’était écrit sur la Table Préservée ou bien ils ont fait une analogie des humains sur les djinns après avoir vu ce qu’ils avaient semé comme désordre sur terre et comme injustices les uns envers les autres ou bien Dieu leur a fait savoir cela par l’intermédiaire de Jibriil ou autre que Jibriil. Mais attention, ce que nous disons ici n’a pas été rapporté dans un Hadiith authentique.
Il est rapporté par certains qu’il y avait des djinns qui ont semé la corruption, qu’ils se sont entretués sur terre avant Aadam et Dieu leur a envoyé des anges qui les ont brûlés. Certains exégètes ont rapporté que ce qui est cité dans ce verset concerne ces gens-là.
Quant aux savants pour lesquels cette information n’a pas été confirmée mais que les anges ont demandé à Dieu au sujet de ces créatures qui sèment la corruption sur terre alors qu’eux ne sèment pas la corruption sur terre, Dieu leur fait savoir certaines choses qui vont avoir lieu dans le futur. Il leur a fait savoir ce que les fils d’Aadam allaient faire comme le fait de s’entretuer, de provoquer des guerres injustement et d’autres injustices. Donc l’interrogation des anges n’était pas une objection contre Dieu mais c’était pour connaitre la sagesse dans le fait qu’il y ait des humains alors que les humains mènent des guerres, ils sèment la corruption sur terre. Le fait que ce soit eux qui leur succèdent sur terre, que ce soit eux qui peuplent la terre, qui gouvernent sur terre, les anges ont voulu connaitre la sagesse.
Allaah tabaaraka wa ta^aalaa leur a fait savoir la sagesse. C’est parce que parmi les humains il y a les prophètes et les prophètes sont les meilleures des créatures. Il leur a donné une seule preuve : Dieu a dit aux anges de Lui donner le nom des choses. Et les anges n’ont pas su quel était le nom des choses. Et Il a dit à Aadam de les informer du nom des choses. Et Aadam leur a appris que telle chose s’appelle ainsi, que telle chose s’appelle ainsi. Ils ont donc connu la sagesse. C’est-à-dire qu’Aadam est meilleur qu’eux. Ils ont dit : Dieu a fait que les humains gouvernent la terre parce qu’ils sont meilleurs que d’autres créatures qu’eux. Les anges ont connu la sagesse et ils se sont soumis totalement à Dieu. Auparavant, les anges étaient totalement soumis, il n’y a pas eu d’objection de leur part contre Dieu. L’objectif des anges n’était pas comme celui d’Ibliis quand il a dit : « moi je suis meilleur qu’Aadam, comment vais-je me prosterner pour quelqu’un qui est fait de terre ? » et ceci était une objection contre Dieu, car c’est comme si Ibliis disait à Dieu : « Tu m’as donné un ordre qui n’est pas correct ». C’est comme s’il avait dit à Dieu : « comment m’ordonnes-Tu de me prosterner pour quelqu’un alors que je suis meilleur que lui ? Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé de terre ». Ceci est une objection à l’encontre de Dieu. C’est pour cela qu’il a mérité d’être chassé de la miséricorde de Dieu. Quant aux anges, quand ils ont reçu l’ordre de se prosterner pour Aadam, ils se sont prosternés, ils n’ont pas émis d’objection. Leur questionnement était pour connaitre la sagesse, ce n’était pas pour émettre une objection. Et quand ils ont connu la sagesse, ils ont augmenté en soumission pour Dieu.
Les noms que Dieu a fait connaitre à Aadam et que les anges ne connaissaient pas, ce sont les noms des choses. Dieu a fait qu’Aadam ^alayhi s-salaam connaisse le nom de toutes les choses, sans qu’il n’ait appris auprès de quelqu’un. C’était une grâce que Dieu a accordée à Aadam et qu’Il n’a pas accordée aux anges. Les anges avaient été créés bien longtemps avant Aadam mais ils ne connaissaient pas le nom des choses. Quant à Aadam, il connaissait le nom des choses alors qu’il avait été créé récemment par rapport aux anges. Ils se sont prosternés pour Aadam ^alayhi s-salaam, d’une prosternation qui consiste à poser le front par terre. Ceci est l’avis qui a été retenu par la plupart des exégètes. Et d’autres ont dit que la prosternation était une simple inclination.
Et qu’il y ait sur terre qui va faire couler du sang ? c’est-à-dire par des guerres et des assassinats ?
Alors que nous, nous Te glorifions et nous Te louons ? C’est-à-dire que nous disons que Tu es exempt d’imperfection et nous Te louons, nous Te remercions
Et nous nous purifions pour Toi. Et il a été dit que le tasbiiH et le taQdiss, c’est de considérer Dieu exempt de tout défaut et de tout mal.
Certes Je sais ce que vous ne savez pas. C’est-à-dire que Je sais des sagesses que vous ne savez pas, des choses qui vous échappent, à savoir qu’il y aura parmi les humains des prophètes, il y aura parmi les humains des saints et des savants.
Verset 31 : Il a enseigné à Aadam tous les noms. Aadam est un nom qui n’est pas arabe. Le plus plausible est qu’il a la même structure que Aazar, comme faa^al, une syllabe longue et deux syllabes courtes. Et Aadam serait dérivé de adiimou l’arD, de la terre, car Aadam a été créé à partir de la terre. Dieu a ordonné à un ange de prélever de la terre de différents sols de cette terre. Al-‘adiim est ce qui est à la surface de la terre. Ou al-oudma à l’image de la dérivation du nom Ya^Qouub, à partir de al-^aQb, c’est-à-dire le fait de suivre. Car Ya^Qouub a suivi IsHaaQ dans le sens que c’est son descendant. Et le nom Idriis est dérivé de dars, étude car Idriis était le premier à avoir écrit avec un calame. Cela ne veut pas dire que les autres n’écrivaient pas mais lui a utilisé un instrument particulier. Ou Ibliis qui dérive de al-iblaas. On dit « ablaça min raHmati-l-Laahi ‘an ya’iça ». Le verbe ‘ablaça signifie perdre espoir, dans le sens qu’il a perdu espoir en la miséricorde de Dieu. Et Ibliis signifie qu’il est perdu : il a perdu espoir en la miséricorde de Dieu. Il s’appelait auparavant ^Azaaziil.
Et d’autres savants ont dit qu’Aadam n’est pas un nom qui dérive d’un autre mot, parce que ce n’est pas un nom arabe pour qu’on puisse dire qu’il dérive d’un autre mot.
Il y a deux avis différents sur le sujet.
Que signifie ici que Dieu a enseigné à Aadam le nom des choses qui portent des noms ? Allaah ta^aalaa, après que Aadam ^alayhi s-salaam est entré en existence et que Dieu a demandé aux anges de citer le nom des choses, les anges ne savaient pas ; et Aadam, lui, il a su. Il a su que le nom de telle chose que c’est une montagne et ceci est une mer. Ceci montre qu’Aadam avait un mérite, qu’il dépassait les anges en certaines choses.
Que signifie qu’Allaah a enseigné le nom des choses ? C’est qu’Allah a montré à Aadam les noms des différentes espèces des créatures qu’Il a créées et Il lui a appris que telle chose s’appelle un cheval, telle chose s’appelle un chameau. Et d’après ibnou ^Abbaas, que Dieu l’agrée lui et son père, Dieu a enseigné à Aadam le nom de toutes les choses, même le récipient dans lequel on mange et même la cuiller avec laquelle on mange. Cette explication est parvenue dans un Hadiith dont la chaine de transmission est rapportée jusqu’au Prophète dans Al-Boukhaariyy.
Il y a un groupe égaré qui est apparu en Syrie il y a quelques temps, qui explique ce verset « wa ^allama ‘Aadama l-asmaa’a koullahaa » en disant que Dieu lui a enseigné Ses noms à Lui, parfaits, et uniquement cela. Si cela était le cas, alors le verset suivant n’aurait pas été « et lorqu’Il lui a enseigné les noms des choses », mais « lorsqu’Il a enseigné Mes noms ». Mais ce n’est pas ce qui a été dit. Dieu n’a pas dit « quand Il les a informés de Mes noms » ; mais Il a dit « quand Il les a informés des noms ». Malheureusement, ils persistent sur leur ignorance et sur leur déformation du Qour’aan.
Puis il les a cités aux anges. Aadam a cité les noms des choses aux anges en leur disant : ça, ça s’appelle un chameau, ça c’est une montagne. Donc il les a mentionnés aux anges. Ici il y a une subtilité dans la grammaire arabe concernant les formes des pluriels : quand il s’agit de pluriels d’êtres qui ne sont pas dotés de raison comme les animaux par exemple, on n’utilise pas de pronom au pluriel. On utilise un pronom qui est au féminin. Or ici il n’est pas cité un pluriel pour des êtres qui ne sont pas dotés de raison mais il est cité un pluriel « leurs noms », c’est bien un pluriel, ce n’est pas un féminin. Et ceci parce qu’Il a donné le nom d’êtres qui sont dotés de raison. Il y a parmi l’ensemble qu’Il a indiqué aux anges des êtres qui sont dotés de raison, Il a utilisé ce pronom-là. « Thoumma ^araDahoum » : « houm » ici est un pronom qui fait référence à un pluriel. Ici Allaah a dit aux anges de citer le nom des choses. Et Dieu sait que les anges ne savent pas le nom des choses. Pourquoi a-T-il demandé aux anges de citer le nom des choses alors qu’Il sait qu’ils ne savent pas ? C’est pour montrer leur incapacité face à Aadam. Aadam savait le nom des choses car Dieu le lui avait appris. Et les anges ne savaient pas à ce moment-là le nom de choses.
Il a dit : citez-Moi le nom des choses. Informez-Moi, dites-Moi,
Si vous êtes véridiques : dans votre prétention. Quand ils ont su qu’il y aura sur terre des humains, ils ont posé la question à Dieu, ils ont dit : « pourquoi Tu fais que sur terre, il y a des gens qui vont semer la corruption au point qu’ils vont d’entretuer ? » parce qu’ils avaient vu ce que les djinns avaient fait. Ils avaient posé la question par demande de sagesse et non pas par objection contre Dieu. Dieu leur a dit « donnez-Moi le nom des choses si vous êtes véridiques » c’est-à-dire dans votre prétention que Je vais laisser sur terre des corrupteurs qui s’entretuent, qui font couler le sang. Il y a en cela une réplique et une explication. Il y a une réplique et une explication que, parmi ceux qui vont peupler la terre, il y a ceux qui méritent de gérer la terre.
Verset 32 : ils ont dit « soubHaanak ». Tu es exempt d’être ignorant de quelque chose. Rien ne T’échappe. Tu es exempt qu’il n’échappe à Ta connaissance une quelconque information et Tu es exempt qu’on émette une quelconque objection contre Toi dans ce que Tu prédestines. « SoubHaanak » est un substantif, ce n’est pas un verbe. Et il y a un sous-entendu, ça veut dire que je T’exempte d’une exemption. Si on traduit mot à mot, on dirait « Ton exemption », « l’exemption de Toi ». Et le verbe est sous-entendu, ça a le sens de « nous T’exemptons d’une exemption ».
Ils ont dit : Tu es exempt d’imperfection, nous n’avons de connaissance que ce que Tu nous as accordés comme connaissances. Nous n’avons pas de connaissances au sujet de ce que Tu ne nous as pas accordé à connaitre. Nous n’avons de connaissances que certaines choses. Et parmi les choses que nous ignorons, il y a le nom des choses. Les connaissances que nous avons, ô Allaah, c’est Toi Qui les as créées. Et il en est de même pour le reste de nos actes, que ce soient les actes qui sont en notre for intérieur comme les intentions ou les péchés du cœur. Il en est de même pour nos œuvres qui sont apparentes. Tout cela n’entre en existence que par la volonté de Dieu et Sa création. C’est Toi Qui crées en nous les connaissances et ce n’est pas nous qui les créons. Quant aux mou^tazilah que Dieu les enlaidisse davantage, ils ont prétendu que nos connaissances et nos perceptions c’est nous qui les créons. Et ceci est une de leurs mécréances, parce que quand nous disons « il n’y a de dieu que Dieu », une des explications est « il n’y a de créateur que Dieu ».
Tu es certes Celui Qui sait sans avoir besoin d’enseignant. Alors que nous,les choses que nous savons, il y a eu qui nous a enseigné. Al-Hakiim signifie que tout ce que Tu destines et prédestines est avec une sagesse. C’est-à-dire que Tu accordes à chaque chose sa juste valeur.
Verset 33 : Il (Allaah) a dit : ô ‘Aadam informe-les de leurs noms. Lorsque ‘Aadam les (les anges) a informés de leurs noms (le nom des choses)
Il (Allaah) dit : ne vous ai-Je pas dit que Je sais ce qui est caché dans les cieux et sur terrec’est-à-dire que Je sais ce qui vous (aux anges) échappe dans les cieux et sur terre des choses qui se sont déjà produites et des choses qui vont se produire.
Et Je sais ce qui apparait de vous et ce qui est en votre for intérieur
Verset 34 : et Nous avons dit aux anges de se prosterner pour Aadam. Ici ce n’est pas un « nous » de pluriel mais un « nous » de majesté, d’éminence. Certains ont dit que cela signifie « soumettez-vous à lui et reconnaissez son mérite ». D’après Oubay ibnou Ka^ab un compagnon, que Dieu l’agrée, et d’après ibnou ^Abbass, ils ont dit qu’il s’agissait d’une inclination c’est-à-dire sans toucher le sol. Il y a divergence ici sur l’explication car la majorité des savants ont dit que l’ordre dont il est question ici consiste à poser la tête à même le sol. Et l’ordre de se prosterner était l’ordre de se prosterner pour Aadam ^alayhi s-salaam selon l’avis le plus fort. C’était un ordre donné à Iblis et aux anges de se prosterner pour Aadam et non pas pour Dieu. Car si l’ordre de se prosterner avait été de se prosterner pour Dieu, Ibliss l’aurait exécuté. Et il s’agissait d’une prosternation de salutation. Dieu avait donné l’ordre aux anges et à Ibliis qui est un djinn de se prosterner d’une prosternation de salutation. Par le passé il était permis de se prosterner d’une prosternation de salutation. Puis ce caractère permis a été abrogé. Et l’abrogation est la fin de l’application d’une loi. Dieu a fait qu’entre les lois d’un messager et un autre, il y a des lois qui sont abrogées : des choses qui étaient permises sont devenues interdites et des choses qui étaient interdites sont devenues autorisées. Dieu fait changer les lois selon des sagesses et selon la communauté à laquelle ce messager est envoyé. Mais la loi de notre maître MouHammad ne sera plus abrogée. Elle a abrogé les lois antérieures. La prosternation de salutation a été abrogée, preuve en est la parole du Messager Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam lorsque Salmaane le Perse qui était un compagnon, lorsqu’il a voulu se prosterner pour le Prophète, celui-ci lui aurait dit ce qui signifie : il ne convient pas pour une créature de se prosterner pour une autre créature, on ne se prosterne que pour Dieu. Mais ce Hadiith n’est pas authentifié. Par contre le Hadiith qui est authentifié concernant la prosternation pour une créature, c’est la parole que le Prophète a dit à Mou^aadh un compagnon, qui signifie : « si je devais ordonner à quelqu’un de se prosterner pour quelqu’un, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner pour son mari ». Tout comme l’ont rapporté Al-Hakiim, ibnou Maajah, AT-Tabaraaniyy, AHmad et d’autres.
Ils se sont tous prosternés (les anges) excepté Ibliis. Il s’agit d’une exception mounQaTa^, discontinue, c’est-à-dire que ce qui est excepté n’appartient pas à la famille de ce qui n’est pas excepté. Ils se sont tous prosternés, il s’agit des anges. Excepté Ibliis : il ne fait pas partie des anges. C’est une exception appelée grammaticalement « discontinue », car celui qui est mentionné comme une exception n’est pas du même genre que l’ensemble dont il est excepté. Or l’ensemble est un groupe d’anges et Ibliis n’était pas un ange mais il était un djinn par le texte même du Qour’aan, et c’est l’avis retenu par Al-Haçan et Qataadah. Et parce que par ailleurs, Ibliis a été créé de feu, alors que les anges ont été créés de lumière. C’est l’avis qui est le plus fort. D’après ^Aa’ichah que Dieu l’agrée, l’épouse du Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, elle a dit que le Messager a dit ce qui signifie : « les anges ont été créés de lumière, le djaan a été créé d’une flamme de feu et Aadam a été créé de ce qui vous a été décrit précédemment ». Rapporté par Mouslim et d’autres. Par ailleurs, Ibliis a refus d’exécuter l’ordre, il a désobéi et a fait preuve d’orgueil, tandis que les anges ne désobéissent pas à Dieu. Les anges ne sont pas orgueilleux. Certains sont tellement orgueilleux que leurs têtes ne leur permettent pas de s’incliner ni de se prosterner pour obéir à Dieu. Ce n’est pas le cas des anges. La preuve également qu’Ibliis n’est pas un ange, c’est qu’Allaah ta^aalaa dit aux mécréants ce qui signifie : est-ce -que vous le considérez lui et ses descendants comme des êtres que vous adorez au lieu de M’adorer Moi. Et c’est connu que les anges n’ont pas de descendance, donc Ibliis n’est pas un ange. Il a une descendance donc il n’est pas un ange. Les anges ne se reproduisent pas, ils n’ont pas d’enfant alors que Dieu nous a appris à propos d’Ibliis qu’il a une descendance. Donc prétendre qu’Ibliis était un ange véritable est quelque chose qui est loin de la vérité.
Il (Ibliis) a refusé : c’est-à-dire qu’il s’est abstenu de faire ce qui lui a été ordonné de faire à savoir que Dieu lui a ordonné de se prosterner pour ‘Aadam
Et il a fait preuve d’orgueil : c’est-à-dire par rapport à cet acte qui lui avait été ordonné de faire.
Et il est devenu au nombre des mécréants. Ceci est une première explication : parce qu’il a refusé, il a fait preuve d’orgueil et il a réfuté l’ordre. C’est par cela qu’il est devenu mécréant et non pas parce qu’il n’a pas appliqué l’ordre. Ce n’est pas le fait de ne pas appliquer l’ordre qui a fait de lui un mécréant mais c’est le fait qu’il ait remis en cause cet ordre. En effet le fait de ne pas se prosterner, cela n’est pas en soi une chose qui fait sortir de l’islam et ce n’est pas une mécréance selon Ahlou s-sounnah contrairement à ce que disent les mou^tazilah et les khawarij. Ils déclarent mécréant celui qui commet un péché.
Ou bien une deuxième explication et il était mécréant Dieu sait de toute éternité qu’Ibliis allait devenir mécréant après avoir été croyant parce que c’est ainsi dans la science de Dieu.
Verset 35 : Nous avons dit ô toi Aadam réside toi et ton épouse au paradis. Le verbe est « sakana ». « Ouskoun » signifie « réside » qui vient du verbe « sakana d-daar » = il a habité dans la maison, il y réside. Et le mot sakana a aussi le sens de s’immobiliser. Un objet en mouvement « sakana » c’est-à-dire qu’il s’immobilise. Et al-jannah est le paradis qui est la résidence pour l’éternité, qui a été promise pour les pieux. Preuve en sont les versets nombreux. Quant aux mou^tazilah, ils ont dit que al-jannah ici, ce n’est pas le paradis de l’éternité, mais que c’est un jardin qui était au Yémen. Selon leur prétention c’est parce qu’au paradis il n’y a pas de mort et Aadam est sorti de ce jardin. Les sunnites ont répondu : ne sort pas du paradis celui qui y entre par rétribution. Celui dont la rétribution est le paradis, il n’en sortira plus jamais. Et par ailleurs notre Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, il est bien entré au paradis lors de la nuit du miracle du voyage nocturne et de l’ascension. Et il en est sorti. Par ailleurs, les gens du paradis sont chargés de la connaissance et du tawHiid.
Et mangez (des fruits) du paradis : le complément du nom a été omis. C’est très courant dans le Qour’aan et dans la langue arabe d’omettre le complément du nom.
Avec largesse : profitez
Où que vous vous trouviez : ici c’est un verbe conjugué au duel, qui concerne Aadam et son épouse. C’est-à-dire dans n’importe quel endroit au paradis.
Et ne vous approchez pas de cet arbre (de cette plante) : certains ont dit que c’est le blé. C’est pour cela qu’il a été dit : comment l’être humain ne commettrait-il pas de péché alors que sa nourriture est à partir de la plante qui a été la cause de la désobéissance ? Mais ce n’est pas un Hadiith. Certains ont dit : comment l’être humain peut-il échapper à la désobéissance alors que sa nourriture est du pain, fabriqué à partir du blé ? D’autres ont dit que cette plante était la vigne qui donne les raisins, parce que c’est la cause de beaucoup de désobéissances, avec le vin. D’autres ont dit que c’est le figuier. Il y a donc trois avis mais en réalité, ce qui est correct est de ne pas préciser de quelle plante il s’agit, parce que le Messager Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam ne nous a pas dit comment s’appelle cette plante ou cet arbre. Certes, Dieu a interdit à Aadam de consommer des fruits d’un arbre mais sans préciser lequel. Et nous n’avons pas à deviner le nom de cette plante. Ça peut être un pommier et ça peut être autre qu’un pommier. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de conséquence pour nous. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de conséquence pour nous dans le fait de consommer certains fruits sur terre suite au fait qu’Aadam a consommé du fruit de cette plante.
Sinon vous seriez au nombre des injustes. C’est-à-dire au nombre de ceux qui ont été injustes envers eux-mêmes ou de ceux qui ont nui à eux-mêmes. C’est-à-dire que nous aurions fait à nous-mêmes, à notre âme, qui appartient à Dieu, une chose que Dieu nous a interdite. Donc nous aurons été injustes envers nous-mêmes.
Verset 36 : le chayTaane leur a fait commettre l’interdit puisqu’Aadam et Hawwaa’ ont consommé de l’arbre qui leur était interdit. Le chayTaane a incité Aadam et Hawwaa’ à consommer de l’arbre qui était interdit. Il les a faits glisser dans le sens qu’ils ont commis ce qui était interdit et à cause de cela, ils se sont retrouvés à commettre cette chose que Dieu avait interdite. Le mot « zalla » signifie glisser ou déraper et le dérapage ou l’erreur qu’avait commise Aadam.
Certains ont dit que c’est parce qu’il s’est trompé dans l’interprétation de ce qui lui avait été dit : il valait mieux qu’il ne consomme pas de cet arbre et non pas qu’il était interdit de consommer de cet arbre. C‘est une preuve qu’il est permis d’utiliser le mot « zalla » qui signifie glisser ou déraper dans le sens de commettre une erreur à propos des prophètes comme l’ont dit les machaykh de la région de Boukhaaraa. An-Naçafiyy dit que c’est le nom de l’acte de celui qui fait le contraire de l’ordre mais sans avoir pour objectif de faire le contraire de l’ordre. Il a donné l’exemple de celui qui glisse dans la boue alors qu’il était en train de marcher, il a glissé. Est-ce qu’il voulait glisser ? Non, il n’avait pas pour objectif de glisser.
Et les savants de SamarQand ont dit qu’on ne dit pas zalla à propos des prophètes pour leurs actes tout comme on ne dit pas « péché » à leur propos. Il y a une divergence : certains savants ont utilisé le terme que les prophètes peuvent commettre des petits péchés qui ne comportent pas de bassesse et d’autres ont dit qu’un ne dit pas cela, mais que les prophètes n’ont pas fait ce qui est le mieux. Mais ceci est infondé.
Certains savants Hanafites ont dit que celui qui dit que les prophètes ne commettent pas du tout de péché, il devient mécréant. Parce que dans le Qour’aan, il est écrit « wa ^açaa Aadama rabahou » ce qui signifie qu’Aadam a commis une désobéissance à son Seigneur. Donc ils ont appliqué la règle de celui qui dit une parole contraire au Qour’aan.
Mais le chaykh a dit que ce n’est pas correct de dire cela. La parole correcte est de dire qu’il est possible que les prophètes commettent des petits péchés qui ne comportent pas de bassesse de caractère. Un exemple de petit péché qui comporte une bassesse de caractère c’est comme quelqu’un qui passe devant un étalage de fruits et qui vole un grain de raisin. Il est possible qu’un prophète commette un petit péché ne comportant pas de bassesse mais il s’en repent immédiatement, avant que d’autres ne les suivent en cela.
Allaah avertit les prophètes quand ils font un petit péché qui ne comporte pas de bassesse et ils font le repentir immédiatement, avant que d’autres ne les suivent en cela. « i^lam innahou laa ilaaha ‘illal -Laah wa staghfir lidhanbika wa lill-mou’miniin wa lil mou’minaat». Il y a beaucoup de versets où il y a le terme ma^çiyah. Donc ce qui est conforme aux textes c’est de dire qu’il est possible que les prophètes commettent un petit péché qui ne comporte pas de bassesse de caractère mais Dieu les avertit et ils font le repentir immédiatement avant que d’autres ne les suivent en cela.
Et il les a fait sortir de ce dans quoi ils étaient. C’est-à-dire que le chayTaane a été une cause pour qu’ils sortent de là où ils étaient, là où il y avait une félicité et un honneur, c’est-à-dire le paradis. Le chayTaane est parvenu à faire glisser Aadam et Hawwaa’ pour qu’ils mangent de l’arbre dont le fruit avait été interdit ; il a réussi à faire cela après qu’il lui a été dit de sortir parce qu’il était maudit du fait qu’il avait refusé d’obéir à l’ordre de Dieu de se prosterner pour Aadam. Maudire signifie éloigner de la miséricorde. Le chayTaane était au paradis pour suggérer le mal à Aadam et Hawwaa’. Certains rapportent qu’Ibliis voulait entrer au paradis et que les anges en charge du paradis l’ont empêché de rentrer et qu’il est rentré dans la gueule d’une vipère puis qu’il est rentré à l’intérieur de cette vipère au paradis. Cela n’est pas vrai. Certains ont dit qu’il était resté à l’entrée du paradis et qu’il a suggéré de l’extérieur à Aadam de consommer du fruit interdit. Mais notre chaykh a dit qu’Ibliis a reçu l’ordre de quitter le paradis mais il a désobéi, il y est resté puis il a suggéré à Aadam de consommer du fruit de cet arbre puis il a été exclu du paradis.
Nous avons dit : descendez. C’est-à-dire la descente sur terre. Et il a été dit que cette parole « descendez » a été adressée à Hawwa’ et à Ibliss mais il a été dit aussi à cette vipère. Ce qui est correct est que la parole a été adressé à Aadam et à Hawwaa’.
En arabe il y a le singulier, le duel et le pluriel. Ici l’ordre de descendre est au pluriel « ihbiTouu » alors que l’ordre est adressé à Aadam et Hawwa’, donc on s’attendait à une forme au duel. La réponse est que ce qui est visé est Aadam, Hawwaa’ et leur descendance. Comme Aadam et Hawwaa’ sont à l’origine de tous les humains, la parole est comme si elle était adressée à tous les humains, donc au pluriel.
Vous serez les uns pour les autres des ennemis. Ce qui est visé c’est l’injustice que commettent les gens les uns envers les autres, l’animosité que les gens ont les uns envers les autres, le fait que certains jugent les autres égarés.
Et vous aurez sur terre un lieu d’établissement c’est-à-dire un lieu pour vous établir, pour y vivre.
Vous pourrez profiter de la vie, jusqu’au terme. Le terme c’est le jour du jugement ou bien la mort.
Ibraahiim ibnou Azlam a dit que le fait qu’Aadam et Hawwaa’ aient mangé de cet arbre a engendré pour nous un long chagrin c’est-à-dire que la vie est difficile sur terre. Mais ça ne veut pas dire comme le disent certains égarés qu’Aadam et Hawwaa’ ont fait un péché capital et que Jésus est venu à l’humanité pour expier ce péché capital. Aadam, comme Jésus, comme MouHammad sont des prophètes et les prophètes sont les meilleurs des gens. Nous disons que c’est un petit péché qui ne comporte pas de bassesse et Aadam a fait le repentir et Dieu lui a pardonné.
Verset 37 : Aadam a reçu de la part de son Seigneur des paroles. Dieu lui a révélé certaines choses et Aadama accepté ces paroles et il a œuvré conformément à ces paroles. Il s’agit de la parole qui signifie « ô notre Seigneur, nous avons été injustes envers nous-mêmes et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serions au nombre des perdants ». Ces paroles sont une exhortation pour sa descendance. Il y a dans ces paroles une indication de la manière dont on peut se décharger des péchés et c’est par le repentir. Ibnou Mas^ouud que Dieu l’agrée, a dit que parmi les paroles que Dieu agrée le plus, c’est la parole de notre père Aadam ^alayhi s-salaam qui a dit, quand il a commis le péché, ce qui signifie : « Tu es exempt d’imperfection ô Allaah et je Te loue et que soit glorifié Ton nom et que soit exemptée d’imperfection Ton éminence. Et il n’est de dieu que Toi. J’ai été injuste envers moi-même alors pardonne-moi, nul autre que Toi ne pardonne les péchés ». Et Ibnou ^Abbaas a dit qu’Aadam a dit : « ô Seigneur n’est-ce pas que Tu m’as créé par Ta toute puissance (biyadika) « et Dieu a dit « oui » et Aadam a dit : « ô Seigneur n’est-ce pas que Tu as insufflé en moi l’âme qui est honorée « et Dieu lui a révélé « oui » puis Aadam a dit « n’est-ce pas que les manifestations de Ta miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ta volonté de châtier, n’est-ce pas que Tu m’as fait résider au paradis ? « Et à la fin, Aadam dit « pourquoi m’as-Tu fait sortir du paradis ? » Et Dieu lui révèle : « c’est à cause de ton péché ». Et Aadam dit « et si je fais le repentir, est-ce que Tu me ramèneras au paradis ? ». Dieu lui a révélé que oui.
Dieu lui a fait miséricorde et lui a pardonné son péché. Il s’est suffi de citer le repentir d’Aadam parce que Hawwaa’ suivait Aadam. Et la mention des femmes dans la sounnah et le Qour’aan est souvent ainsi.
Certes Allaah est Celui Qui tawwaab, c’est-à-dire que Dieu accepte beaucoup le repentir. Même si la personne commettait mille fois un péché et que suite à ce péché, elle fait le repentir, Dieu accepte le repentir.
Et Il est miséricordieux, en faveur de Ses esclaves.
Verset 38 : Nous avons dit descendez tous ensemble et comme nous avons vu, il s’agit de la seconde fois où cet ordre de descendre est donné. La répétition est pour insister. Une deuxième explication est parce que la première descente était du paradis jusqu’au ciel du bas monde et que la deuxième descente était du ciel vers la terre.
Il vous parviendra de Ma part un « houdaa » : c’est-à-dire un messager que Je vous envoie. Ou bien deuxième explication : un livre qui vous parviendra.
Celui qui accepte cette bonne guidée (le messager ou le livre) en y croyant, il n’y a pas de crainte à leur sujet. C’est-à-dire que dans le futur, il n’y aura pas de crainte pour eux.
Ils n’auront pas à être chagrinés. Ils n’auront pas de chagrin concernant ce qu’ils laisseront derrière eux, leur famille. Ceux qui acceptent la bonne guidée de la part de Dieu, ils n’ont pas à avoir de crainte, ni à être chagrinés pour ceux qu’ils vont laisser après eux c’est-à-dire leur famille et leurs enfants.
Verset 39 : et ceux qui ne croient pas en Dieu et en son messager et qui ont démenti les signes et les preuves que Nous leur avons envoyés. Eux ce seront les gens de l’enfer c’est-à-dire qu’ils mériteront l’enfer
Ils y resteront éternellement. Que Dieu nous en préserve.
Verset 40 : ô vous descendants d’Israa’iil. Israa’iil c’est Ya^Qouub ^alayhi s-salaam qui est le fils d’IsHaaQ qui est le fils d’Ibraahiim. Ya^Qouub est un surnom qui signifie l’élite de Dieu ou bien l’esclave de Dieu. Le mot « Israa’iil » est composé de deux mots « israa’ » qui veut dire « esclave » ou « élite » et « iil » qui veut dire « Allaah ». Donc « esclave de Dieu ». Et du point de vue grammatical, c’est un mot qui ne se décline pas parce que ce n’est pas un mot arabe. « Israa’iil » est un mot hébreu.
Dans cette phrase il a la fonction de complément du nom « Dieu » et habituellement le complément du nom porte une kasrah à la fin. Mais comme ce n’est pas un mot arabe, il ne se décline pas, il ne porte pas de kasrah à la fin mais une fatHah.
Souvenez-vous de la grâce que Je vous ai accordée. Dieu leur rappelle les bienfaits qu’Il leur a accordés afin qu’ils remercient Dieu pour les grâces qu’Il leur a accordées et pour qu’ils obéissent à celui qui leur a accordé ces grâces. Dieu a visé par là les grâces qu’Il leur a accordées et qu’Il a accordées à leurs ancêtres. Et l’auteur a énuméré ici ces grâces à savoir comment ils ont été sauvés de pharaon, de la noyade, comment Dieu leur a pardonné après qu’ils aient fabriqué et adoré un veau en or et qu’ils soient revenus à l’adoration de Dieu seul et le fait qu’ils sont restés vivants jusqu’à l’avènement de notre maitre MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Ils ont pu entendre son appel, lui qui avait été annoncé dans la torah et dans l’évangile. Les Yahouud qui vivaient à l’époque de la descente du Qour’aan, Dieu leur a ordonné d’évoquer et de se rappeler des grâces qu’Il leur a accordées, à savoir que leurs ancêtres qui étaient avec Mouuçaa, Dieu les a sauvés de pharaon et de son châtiment, Il les a sauvés de la noyade, Il a pardonné à ceux d’entre eux qui avaient adoré le veau, Il a accepté leur repentir. Puis ceux qui contemporains à notre maitre MouHammad, Dieu a fait qu’ils ont pu entendre son appel. Donc cela veut dire : remerciez Dieu en croyant en MouHammad qu’il est un envoyé de Dieu.
Et soyez fidèles à votre promesse. Tenez vos engagements, tenez la promesse que vous avez faite de croire en Moi et de M’obéir ou de croire au prophète de la miséricorde et au Livre qui est miraculeux, le Qour’aan qui est un miracle permanent pour notre prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam.
Je vous accorderai ce que Je vous ai promis. C’est-à-dire la grande récompense pour vos bonnes œuvres. Et les gens du taSawwouf ont expliqué ce verset en disant : respectez votre engagement en M’adorant dans cette résidence qui est une résidence où Je vous fais subir des épreuves, alors Je vous accorderai dans la résidence de la récompense la grande récompense de Me voir. La plus grande récompense sera de voir Dieu sans qu’Il ne soit dans un endroit ni dans une direction parce que Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.
Et ne rompez pas cet engagement. Cet engagement que vous avez fait de M’obéir, respectez-le et craignez-Moi. En effet, le croyant doit maintenir son cœur entre la crainte et l’espoir. La crainte d’être châtié et l’espoir d’être pardonné. La crainte du châtiment et l’espoir de la récompense. Les savants ont dit que c’est comme les deux ailes qui doivent rester en équilibre pour avancer correctement : ne pencher ni vers l’un ni vers l’autre. Ni se mettre à commettre des péchés en se croyant préservé du châtiment de Dieu, ni penser que Dieu va le punir à cause du grand nombre de péchés commis. Il faut garder son cœur entre les deux, en gardant la crainte et l’espoir.
Verset 41 : ayez foi en ce que J’ai fait descendre (c’est-à-dire le Qour’aan) qui est conforme à ce que vous avez c’est-à-dire la Torah ; il confirme l’adoration de Dieu qui est dans la Torah. Il confirme l’unicité de Dieu qui est dans la Torah. Il confirme la prophétie de MouHammad qui est annoncée dans la Torah. Il n’y a pas de différence entre la Torah qui a été révélée à Mouuçaa et le Qour’aan qui a été révélé à MouHammad, concernant la croyance. MouHammad n’a pas apporté quelque chose de différent de ce que Moise avait apporté.
Et ne soyez pas les premiers à y mécroire. (Au Qour’aan) Ne soyez pas, vous, les descendants de Israa’iil, les premiers à ne pas croire à MouHammad ou encore : ne soyez pas le premier groupe qui mécroit en lui ou encore : que chacun d’entre vous ne soit pas le premier à ne pas croire en lui. Il y a ici une allusion que ce devrait être eux les premiers à y croire parce qu’ils le connaissent du fait qu’il leur a été annoncé dans la Torah, ils connaissent sa description.
Et ne changez pas Mes versets en les déformant, pour des choses futiles du bas monde. Ne déformez pas Mes signes, juste pour obtenir des choses du bas monde. Par rapport à l’au-delà, le bas monde dans sa totalité ne représente rien du tout. Et il a été dit que ces choses futiles du bas monde c’était la notoriété qu’ils avaient au sein de leur peuple qu’ils craignaient de perdre, ainsi que le pouvoir, s’ils suivaient le messager de Dieu. Même au sein de cette communauté il y a certains présidents ou leaders qui contredisent la vérité pour ne pas perdre le pouvoir. Al-Boukhaariyy que Dieu lui fasse miséricorde était allé dans une ville dans laquelle se trouvait un chaykh qui était très connu. Les gens étaient sortis de la ville pour aller l’accueillir par respect pour lui. Or le savant connu de cette ville a été jaloux. Il a calomnié Al-Boukhaariyy auprès du gouverneur de cette ville, alors le gouverneur a exilé Al-Boukhaariyy de la ville.
Et craignez-Moi c’est-à-dire ne faites pas ce qui vous fait mériter Mon châtiment. C’est-à-dire ne commettez pas les péchés.
Verset 42 : et ne mélangez pas le vrai avec le faux. Ceci est adressé aux yahouud. C’est-à-dire n’écrivez pas dans la Torah ce qui n’en fait pas partie, de sorte que le vrai qui a été révélé à Moise se mélange au faux que vous avez rajouté, de sorte qu’on ne puisse plus distinguer entre le vrai et le faux.
Et ne dissimulez pas la vérité. Al-Jazm et an-nahiy. C’est-à-dire : ne faites pas ces deux choses, c’est-à-dire l’amalgame entre le vrai et le faux d’une part et la dissimulation de la vérité. Il s’agit de la vérité du fait que Mouhammad est un envoyé de Dieu et que le Qour’aan est un miracle. Et le fait d’altérer la Torah qui est le Livre révélé à Moise. Ils prétendent qu’ils n’ont pas trouvé dans la Torah l’annonce que MouHammad est un envoyé de Dieu ou qu’ils n’ont pas trouvé tel jugement.
Alors que vous savez. En connaissance de cause. C’est encore plus grave. Vous mélangez le vrai avec le faux et vous dissimulez la vérité, c’est encore plus grave et plus laid de votre part. Parce que si quelqu’un l’avait fait par ignorance, dans certains cas, il se peut que certaines choses soient excusées du fait de l’ignorance. Mais vous, vous savez ce que vous êtes en train de faire, donc c’est encore plus laid de votre part.
Verset 43 : accomplissez la prière et acquittez-vous de la zakaat. C’est-à-dire fais ta prière comme la font les musulmans et donnez la zakaat comme la donnent les musulmans.
Et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent. Parce que les yahouud n’ont pas d’inclination dans leurs prières selon les historiens. Mais dans le Hadiith, il n’a pas été mentionné que les yahouud n’avaient pas d’inclination dans leurs prières, mais c’est possible.
1/ Si on prend cette explication qu’ils n’avaient pas d’inclination dans leurs prières, ce verset signifie « inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent, de ceux de la communauté de MouHammad ». C’est-à-dire « devenez musulmans de parmi la communauté de MouHammad et faites la prière tout comme il vous l’a enseigné, même si dans votre loi, il n’y avait pas d’inclination, c’est-à-dire « entrez en islam et appliquez les œuvres des gens de l’islam ».
2 / Et il est possible aussi que Et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent fasse allusion à la prière, tout comme on peut faire allusion à la prière par la prosternation. Et c’est un ordre d’accomplir la prière avec ceux qui font la prière, c’est-à-dire « faites la prière en assemblée » et non pas seul.
Est-ce-que vous ordonnez la bienfaisance aux gens et là, c’est pour indiquer le blâme et l’exclamation de la part des esclaves c’est-à-dire est-ce-que vous ordonnez aux gens d’accomplir beaucoup de bien. Et leurs prêtres disaient en cachette à ceux qui leur demandaient au sujet de MouHammad, ils leur disaient de le suivre, mais eux restaient sur leur mécréance, pour ne pas perdre le pouvoir. Et parfois ils le disaient au grand jour.
Une autre explication est qu’ils ordonnaient aux gens de donner des aumônes mais eux, ils ne donnaient pas. Et lorsqu’on leur donnait les aumônes pour qu’ils les distribuent, ils les gardaient pour eux.
Et vous vous oubliez vous-mêmes. C’est-à-dire que vous oubliez de le faire. C’est-à-dire que vous ordonnez aux autres de faire le bien et vous ne le faites pas. Ceci a été exprimé par le verbe « oublier », comme si c’était un oubli.
Alors que vous récitez le Livre. C’est un blâme et une menace, c’est-à-dire que vous récitez la Torah dans laquelle il y a la description de Mouhammad ^alayhi s-salaam où il y a la menace pour celui qui trahit, pour celui qui n’agit pas en bien et pour celui dont les œuvres ne sont pas conformes à sa parole. Vous dites des choses et vous ne les faites pas. Vos œuvres ne sont pas conformes à votre parole. Arrêtez de vous comporter d’une manière qui n’est pas conforme à ce qui a été révélé à Mouuçaa ^alayhi s-salaam dans la Torah. Est-ce que vous vous rendez compte de la laideur de ce que vous êtes en train de faire ? Ceci afin que cela vous détourne de le commettre. Le fait de prendre conscience de la laideur de ce que vous êtes en train de faire va vous détourner de le commettre. C’est une grande mise en garde.
Verset 45 : et faites-vous aider pour vos besoins à l’égard de Dieu par la patience et par la prière.
1/ C’est-à-dire en réunissant les deux c’est-à-dire faites la prière en faisant preuve de patience , face à l’effort demandé pour que vous puissiez faire la prière, en supportant ses difficultés et ce qu’elle implique comme obligation d’être sincère dans votre cœur en l’ accomplissant, en repoussant les mauvaises suggestions du chayTaane et en repoussant les mauvaises suggestions de l’âme et en veillant à respecter les règles de comportement de la prière et en ayant la crainte de Dieu lorsque vous l’accomplissez et en vous rappelant le fait que si êtes en train de faire la prière , vous vous adressez à Dieu, le Seigneur des cieux et de la terre.
2/ Ou bien faites-vous aider pour affronter le choc des épreuves en utilisant la prière c’est-à-dire faites preuve de patience face aux épreuves en ayant recours à la prière, lorsque l’épreuve survient. On se rappelle de l’histoire de RaHmah, lorsque son mari a été tué et qu’elle s’est retrouvée avec des orphelins. Lorsque l’appel à la prière a eu lieu, elle a fait sa prière. Elle n’a pas dit : j’ai perdu mon mari, j’ai des orphelins, je n’ai pas de quoi les nourrir. Et Dieu lui a accordé un prodige. La prière est le recours du croyant. Il patiente en faisant la prière. Et le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, lorsqu’un sujet le chagrinait, il avait recours à la prière, c’est-à-dire qu’il faisait des prières surérogatoires. Il faisait des prières en demandant à Dieu qu’Il le délivre de ce tourment. Ne soyons pas comme celui qui est malade, qui connait le médicament et qui ne l’utilise pas. Allaah ta^aalaa nous a accordé la prière : si tu as des tourments, aie recours à la prière, fais des prières surérogatoires et Dieu te délivrera de ce tourment. C’est requis de notre part de prendre exemple sur le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Il convient pour chacun d’entre nous, homme ou femme, de rechercher l’aide de Dieu, si un sujet nous tourmente. Si quelqu’un est touché par une difficulté, il convient qu’il ait recours à la prière. Il ne va pas aller consulter x ou y pour chaque problème.
D’après ibnou ^Abbaas le cousin du Prophète en faveur de qui le Prophète avait invoqué Dieu pour qu’Il lui accorde la sagesse, la bonne compréhension et l’interprétation du Qour’aan, Il a été rapporté que lors du décès de son frère Houçaam, alors que lui-même était en voyage, il a fait l’istirjaa^ (il a prononcé la parole qui signifie : « certes nous appartenons à Dieu et nous allons revenir à Son jugement ») ceci pour nous rappeler que notre séjour est temporaire. Puis il a accompli deux rak^ah surérogatoires puis il a dit ce qui signifie : « faites-vous aider par la patience et la prière ». Il a essayé de se soulager de la grande perte de son frère en accomplissant la prière.
3/ Il a été dit que la patience signifie le jeûne parce que le jeûne consiste en une privation des choses qui rompent le jeûne. Et c’est pour cela que le mois de ramaDaan a été appelé le mois de la patience.
4 /Et il a été dit que la prière ici signifie les invocations, les supplications pour repousser cette épreuve qui vous touche. Il y a l’invocation de notre maître Youunous qui a dit quarante fois : « laa ‘ilaaha ’illa l-Laah, soubHaanak, ‘innii kountou mina l-Dhaalimiine ». Celui qui dit quarante fois cette invocation dans le dernier tiers de la nuit, pour ce qu’il veut, si Dieu veut, Dieu le lui accorde.
Wa innahaa : certains ont expliqué par la recherche de l’aide et d’autres par la prière. Et cela semble difficile, sauf pour ceux qui craignent Dieu, pour lesquels ce n’est pas difficile, parce qu’ils savent ce que Dieu a réservé pour ceux qui patientent face aux difficultés et qui font la prière. Si tu es en train de monter une pente et tu sais qu’après cette pente, il y aura du repos, alors la pente semble moins difficile. Si tu sais qu’au bout de la journée, il y aura la rupture du jeûne, les choses deviennent faciles. Ceux qui craignent Dieu, ils savent qu’en faisant preuve de patience et en faisant des prières surérogatoires, il y a aura la grande récompense du paradis et que ce sera peut-être une cause pour repousser ces épreuves. Quant à d’autres ce n’est pas le cas.
verset 46 : ceux qui pensent (qui ont pour conviction) qu’ils vont venir au jour du jugement de leur Seigneur. Ici « penser » signifie avoir pour conviction, pour croyance, c’est-à-dire qu’ils ont pour croyance qu’ils viendront au jour du jugement pour être jugés par Dieu, ils s’attendent à obtenir une récompense et ils espèrent cela. Ils ont donc la certitude, en raison de la récitation de ^Abdoul l-Laah ibnou Mas^ouud parce qu’il a récité « ya^lamouun » au lieu de « yaDhounnouun », ce qui signifie « ils savent » mais cette récitation avec le terme « ya^lamouun » n’est pas une récitation qui est moutawatir. Ils savent qu’ils vont recevoir la rétribution de la part de leur Seigneur et ils vont agir en fonction de cela. Quant à ceux qui n’ont pas la certitude qu’il y aura une rétribution et qui ne s’attendent pas à ce qu’il y ait une récompense pour les œuvres, alors c’est quelque chose qui est difficile pour eux. Le mot « Dhanna » est habituellement utilisé pour quelqu’un qui n’est pas certain mais il peut être utilisé pour ce dont on est certain, comme dans ce cas. C’est comme dans le fait de faire la prière : la plupart des gens ne sont pas heureux quand ils font la prière, c’est comme s’ils la font pour se débarrasser de quelque chose, alors que les pieux, eux, y trouvent du plaisir, ils sont apaisés quand ils font la prière.
Notre maitre ^Outhmaan ibnou ^Affaan que Dieu l’agrée, le troisième calife, a récité la totalité du Qour’aan en une seule rak^ah en une nuit. Allaah lui a accordé cela. Les prophètes et les saints trouvent une joie dans les actes d’adoration et notamment dans la prière. Dieu place dans leur cœur une joie et un apaisement qu’ils ne trouvent dans un autre acte d’adoration que dans la prière. La prière leur procure plus de plaisir que toute autre chose.
Le khouchouu^ en arabe signifie la sérénité et l’apaisement. N’est-ce-pas que le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam disait à Bilaal quand celui-ci faisait l’appel à la prière : « lance l’appel de ce qui va nous amener l’apaisement, la paix intérieure et la sérénité ». Donc la prière est une cause d’apaisement et de sérénité.
Le khouDouu^ signifie la douceur et la soumission. C’est le fait d’abandonner toute objection contre Dieu. Nous faisons preuve d’humilité.
La glorification qui s’accompagne d’un ressenti de crainte, c’est cela le khouchouu^. C’est une crainte révérencielle. Le khouchouu^ pendant la prière c’est le fait d’avoir présent dans le cœur la crainte de Dieu, la glorification et l’amour envers Dieu. Il ne s’agit pas ici de la crainte du châtiment.
Le mot « liQaa » signifie « rencontre ». Mais ici certains ont expliqué ce mot par le fait que les croyants verront Dieu
Ils verront Dieu sans comment. Certains exégètes ont expliqué la parole « moulaaQouu rabbihim » par « ceux qui ont la certitude qu’ils vont voir leur Seigneur ». C’est une vue qui est sans comment, c’est-à-dire que ce ne sera pas une vue dans une direction. Il n’y aura pas de distance entre eux et Dieu, ni une distance proche ni éloignée. Car la distance est une relation entre deux corps. Or Dieu n’est pas un corps, donc cette relation-là ne Le concerne pas. C’est pour cela qu’on dit qu’Il est exempt de cela. Qu’est-ce qui fait que la vue d’un être soit possible rationnellement ? Ce n’est pas le fait que cet être soit dans un endroit, mais c’est le fait qu’il existe. Comme Dieu existe, il est valide selon la raison qu’Il soit vu. Il sera vu sans qu’Il ne soit dans une direction ni dans un endroit parce que la distance est impossible au sujet de Dieu. Parce que celui qui se trouve à une distance de toi, il a une limite et celui qui est limité a besoin de qui lui a donné cette limite. Or Dieu n’a pas besoin d’autrui. C’est Lui le Créateur, c’est Lui Qui donne les limites aux choses, Il n’est pas concerné par les limites. Quand on dit que Dieu n’est pas limité, cela ne veut pas dire qu’Il a une étendue qui est infinie, non, cela veut dire qu’Il n’est pas un corps ni un volume.
Et ils retourneront à la vie au jour du jugement. C’est-à-dire que nul autre que Dieu ne juge les esclaves au jour du jugement. C’est Dieu Qui fait que tel esclave sera au paradis et tel autre sera en enfer.
Verset 47 : ô vous, fils (descendants) d’Israël, rappelez-vous de la grâce que Je vous ai accordée. Il y a eu un verset semblable précédemment donc c’est une répétition pour insister sur le fait que Dieu leur a accordé beaucoup de grâces. Israa’iil est le nom du prophète Ya^Qouub qui veut dire « esclave » de Dieu ou « élite » de Dieu car « iil » signifie Dieu en hébreu. Et les descendants de Israa’iil sont les descendants des douze fils d’Israa’iil, les descendants des douze tribus.
Et que Je vous ai accordé un mérite (c’est-à-dire que J’ai fait en sorte que vous soyez meilleurs) sur les mondes. En arabe quand il y a un grand nombre de personnes, on dit « ^aalam », c’est le même mot que pour « monde » donc cela signifie que Dieu leur a accordé un mérite sur beaucoup de gens. Cela veut dire : « Nous vous avons accordé un mérite sur de nombreuses créatures ». C’est-à-dire : vos ancêtres qui étaient musulmans, rappelez-vous des grâces que Dieu leur a accordées et qu’Il leur a accordé un mérite sur beaucoup de gens et prenez exemple sur eux en croyant en MouHammad (qui est le prophète de votre époque). Si vous croyez en MouHammad, vous serez comme vos ancêtres qui étaient croyants en Moise et en les prophètes précédents.
Quant à ceux qui sont des descendants d’Israël de nos jours mais qui n’ont pas cru au prophète MouHammad et également ceux qui sont descendants du prophète MouHammad et qui ont contredit, qui se sont entêtés et qui ont démenti, ceux-là n’ont absolument aucun mérite. Ceux qui étaient meilleurs que beaucoup de monde, c’était leurs ancêtres qui étaient musulmans.
Le mérite dont il est question dans ce verset revient à leurs ancêtres qui, eux, suivaient les prophètes, à l’époque de Moise et les prophètes qui l’ont suivi. Ils croyaient en Dieu et en Ses prophètes. Ils ne démentaient pas.
Ces ancêtres-là étaient comme nous, c’est-à-dire que nous avons pour croyance que chaque prophète est véridique et qu’il est venu avec la religion de vérité qui est l’islam. Ceux à propos de qui il est fait référence parmi les fils d’Israël, ce sont les croyants., qui croyaient en tous les prophètes.
Certains se sont donnés pour illusion, à partir de ce verset, que les yahouud qui sont non musulmans et qui sont de cette époque, auraient un certain mérite. Comment auraient-ils ce mérite ? Alors qu’ils ne croient même pas aux prophètes MouHammad ni au prophète Jésus. Celui qui comprend le Qour’aan de travers, c’est une source d’égarement et également pour ceux qui suivent ceux qui comprennent de travers. En effet, les phrases peuvent être expliquées de plusieurs manières. Donc celui qui ne les comprend pas correctement aura des contradictions et il va s’égarer. Il n’y aura pas de cohérence. Allaah a éprouvé Ses esclaves : certains connaissent les explications correctes et ils donnent aux versets les sens corrects. Et ceux à qui Dieu n’a pas accordé cette réussite, ils vont donner au Qour’aan un autre sens que le sens correct et c’est une source de perdition et ils vont être égarés.
Verset 48 : et craignez un jour. Et il s’agit du jour du jugement. Il n’y aura pas une âme croyante qui pourra intercéder en faveur d’une âme, c’est-à-dire mécréante. C’est-à-dire que celui qui est venu au jour du jugement musulman, il ne va pas compenser les défaillances de quelqu’un qui est mort non croyant. C’est pour cela que le Qour’aan est un miracle permanent pour notre prophète MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. De nos jours il y a beaucoup de gens qui ont délaissé le Qour’aan, pour eux, c’est juste un objet de décoration à la maison, malheureusement.
Et il ne sera accepté d’elle aucune intercession. Et le terme « elle » (minhaa) ici est un pronom qui fait référence à l’âme croyante. C’est-à-dire que l’âme croyante ne pourra pas intercéder pour l’âme qui est mécréante. Celui qui est croyant n’intercèdera pas pour celui qui est mécréant. L’intercession consiste à demander le bien à autrui en faveur d’autrui. Ceux qui vont intercéder au jour du jugement vont demander à Dieu le bien en faveur de tierces personnes. Au jour du jugement, aucune âme croyante n’intercèdera en faveur d’une âme non croyante.
Il a été dit que les yahouud à l’époque du prophète ont dit : « ce sont nos ancêtres qui étaient prophètes qui vont intercéder en notre faveur », alors qu’eux n’étaient pas croyants. Ce verset a été révélé pour leur couper tout espoir de l’intercession en leur faveur alors qu’ils n’étaient pas croyants. C’est comme dans un autre verset où il est dit ce qui signifie : « l’intercession de ceux qui intercèderont au jour du jugement ne leur profitera pas ».
Et le groupe des mou^tazilah qui est un groupe qui se prétendait musulman disait que le musulman qui commet un péché, il n’est plus musulman et qu’il n’y a plus d’intercession en sa faveur. Et ils prétendent que ce verset explique cela. La réplique à leur donner est que ce verset concerne l’intercession en faveur de non croyants et non pas en faveur de musulmans désobéissants.
Le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit ce qui signifie : « mon intercession est pour les grands pécheurs de ma communauté ». Rapporté par Al-Haakim.
Et il ne sera pas accepté d’eux une compensation. La compensation est pour compenser une défaillance. Actuellement, si quelqu’un a une défaillance, dans certains cas, il paye une compensation. Mais au jour du jugement, ce ne sera pas le cas : les mécréants ne pourront pas payer une compensation pour compenser leur mécréance, ils ne seront pas acquittés.
Et ils ne seront pas soutenus. C’est-à-dire que ces non croyants, au jour du jugement, personne ne va les aider.
Verset 49 : et lorsque Nous vous avons sauvés de ceux qui étaient dans le camp de Pharaon. Le mot « ‘aal » indique ceux qui suivaient Pharaon dans sa religion et « pharaon » est un titre de rois qui ont gouverné les géants comme César est un titre donné à ceux qui dirigeaient les Romains et Chosroes est le titre donné aux rois des Perses.
Nous vous avons délivrés de l’injustice que commettait Pharaon parce que Pharaon leur faisait subir des injustices, c’est comme s’il les recherchait pour leur faire parvenir la nuisance. « souu’ou l-^adhaab » : le mal du châtiment , il s’agit du mal que Pharaon faisait subir à leurs ancêtres , alors que tout le châtiment est un mal. Cela signifie le châtiment qui est extrême et qui est atroce.
Puis Il énumère les différentes sortes de châtiments que Pharaon avait fait subir à leurs ancêtres. A l’un, il égorgeait ses garçons et il laissait les filles vivantes pour qu’elles soient à leur service. Ceci parce que les devins avaient dit à Pharaon qu’il y aurait un garçon qui allait naitre et qui serait la cause de la disparition de son royaume. Et ces devins ont averti Pharaon tout comme ils ont averti An-Noumrouud à propos de Ibraahiim. Mais ce que ces deux ont essayé de faire n’a pas empêché la réalisation de ce que Dieu a prédestiné de toute éternité, à savoir que Moise est né et a été la cause de la perte de Pharaon.
Et il y a en cela un « balaa’ » de la part de votre Seigneur. Le mot « balaa’ », s’il est expliqué par le sens de l’épreuve, il en est visé l’acte de Pharaon, c’est cela qui est une épreuve qui a été subie par les gens. Si le mot « balaa’ » était expliqué par le sens de la grâce, il fait allusion au fait qu’ils ont été sauvés de Pharaon. Donc on voit que le mot « balaa’ » peut avoir le sens de l’épreuve et il peut avoir le sens de la catastrophe.
Un « balaa’ » qui est éminent. C’est pour cela qu’on ne traduit pas le Qour’aan.
Verset 50 : Dieu leur rappelle les grâces qu’Il a accordées à leurs ancêtres qui étaient musulmans, de la communauté de Moise. Nous avons séparé la mer en plusieurs chemins. La mer s’est écartée pourfaire apparaitre un chemin pour qu’ils puissent traverser.Et il y eut douze chemins pour les douze tribus des descendants d’Israël. Chaque tribu avait son chemin. Dieu est sur toute chose tout puissant. Ceci pour rappeler que ce ne sont pas les causes qui créent les effets. C’est Dieu Qui est le créateur des causes et des effets. S’Il veut qu’il y ait des effets sans la cause habituelle, cela a lieu.
Donc les tribus traversaient et la mer s’ouvrait pour les laisser le chemin. Dieu leur a accordé cela. Il a été dit que les descendants d’Israël, alors qu’ils étaient dans un chemin qui était séparé d’un autre par un mur (chacune des douze tribus étaient comme entre deux montagnes d’eau), ont dit à Moise : « où sont nos compagnons ? nous voulons les voir ». Allaah a révélé à Moise de faire un signe avec son bâton et il est apparu sur les murs d’eau des lucarnes à travers lesquelles ils pouvaient se voir et s’entendre.
Nous vous avons sauvés et Nous avons fait périr noyés. Pharaon et ses soldats et vous, vous observez. Vous voyez cela, vous en êtes conscients et vous ne doutez pas à ce sujet. Dieu leur rappelle cela dans l’objectif qu’ils soient croyants. Les yahouud de l’époque du Prophète MouHammad savaient cela mais ils le cachaient. Et le Prophète a su cela par révélation de la part de Dieu, car il ne lisait pas.
Verset 51 : Et Nous avons promis à Mouuçaa la révélation en quarante nuits puis vous avez pris un veau après cela
Dieu a promis à Mouuçaa ^alayhi s-salaam la révélation et Il lui a promis de lui révéler certaines choses, parmi elles le fait d’aller à un endroit qui s’appelle « aT-Touur » dans le Sinaï (Tyr). Quand les descendants d’Israël s’étaient installés en Egypte après la mort de pharaon, ils n’avaient pas de livre. Allaah ta^aalaa a promis à Mouuçaa de lui révéler la Torah et Il lui a indiqué la date de cette révélation au mois de dhou l -Qa^dah plus dix jours de dhou l-Hijjah, ce qui fait quarante nuits en tout. Et certains parmi les fils de Israël s’étaient alors mis à adorer un veau. Un homme nommé Mouuçaa as-saamiriyy leur a fabriqué un veau à partir des bijoux qu’ils avaient emmenés et auquel ils avaient mélangé un peu de terre de l’endroit où se tenait le cheval de l’ange Jibriil et ce veau s’est mis à émettre un son alors ils se sont mis à l’adorer. Donc ceci est arrivé après que Mouuçaa soit parti à aT-Touur.
Et vous êtes injustes en cela. Et vous êtes injustes dans votre adoration du veau ; puisque vous avez voué votre adoration à ce qui ne mérite pas d’être adoré.
Verset 52 : puis Nous vous avons pardonné. Dieu leur a accordé le repentir et leur a effacé leur péché. Après que vous ayez adoré le veau, puissiez-vous remercier. Que vous remerciiez Dieu Qui vous a fait grâce du pardon suite au péché que vous avez commis.
Verset 53 : et Nous avons accordé à Mouuçaa le Livre et le fourQaane.
Et Nous avons accordé à Mouuçaa le Livre et ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux, entre le bon et le mauvais. C’est-à-dire que Dieu lui a accordé la révélation d’un livre qui est la Torah, qui, en plus d’être un livre révélé, comporte ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux. Ici, même s’il y a le terme « wa » qui est une conjonction de coordination, cela indique la même chose, ce sont deux caractéristiques qui se trouvent dans ce livre-là, que c’est un livre qui est révélé ET qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux. Il ne s’agit donc de deux livres différents mais bien d’un seul livre qui s’appelle la Torah qui remplit les deux caractéristiques citées.
Une autre explication est : Nous t’avons fait révéler le livre et le FourQaane : Le livre est la Torah et le FourQaane ce sont les miracles que Dieu a accordés à Mouuçaa, comme le bâton qui s’est transformé en un véritable serpent.
Une troisième explication de al-FourQaane est la révélation de ce qui est licite et ce qui est illicite.
Une autre explication est le fait que la mer se soit entrouverte pour les descendants des fils d’Israël. Dans le sens de la séparation puisque c’est la séparation qui a eu lieu dans la mer qui a permis d’avoir ces chemins et les tribus des descendants des fils d’Israël ont pu quitter l’Egypte pour la Palestine.
Ou encore dans le sens de la victoire qui a fait la différence entre Mouuçaa et son ennemi. Grâce à cette victoire, Mouuçaa a eu le dessus sur ses ennemis, en l’occurrence sur Pharaon et son armée.
Puissiez-vous être bien guidés. C’est-à-dire « afin que » vous soyez bien guidés. Dieu a révélé cela à Mouuçaa pour que vous soyez bien guidés.
Verset 54 : et Mouuçaa a dit à son peuple c’est-à-dire ceux d’entre eux qui se sont mis à adorer le veau.
Ô peuple vous avez été injustes envers vous-mêmes en vous mettant à adorer le veau : c’est-à-dire en considérant que c’est quelque chose qui mérite l’adoration
Alors faites le repentir à votre Créateur : c’est Lui Qui a créé les créatures et Il n’a pas créé les choses absurdement : c’est-à-dire que tout ce que Dieu a créé comporte une sagesse. Même la création des porcs et des singes, il y a une sagesse en cela.
Il y a en cette parole de Mouuçaa à son peuple une mise en garde et un avertissement parce qu’ils ont délaissé l’adoration de Dieu Celui Qui sait toute chose, Celui Qui crée toute chose selon une sagesse, Lui Qui les a créés et Qui a fait qu’il n’y ait pas d’absurdité dans ce qu’Il créé. Ils se sont détournés de l’adoration de Dieu, Celui Qui est exempt de toute imperfection, pour se mettre à adorer un veau qui est l’exemple-même de l’idiotie et de la stupidité.
Alors tuez-vous vous-mêmes.
Il a été dit que c’est selon le sens apparent. Certains savants ont dit que leur repentir passait par le fait de se donner la mort à eux-mêmes.
Et il a été dit que leur repentir était de se tuer les uns les autres. C’est-à-dire qu’après leur retour à l’islam, c’était une condition pour l’acceptation de leur repentir.
Troisième explication : il a été dit que ceux qui n’ont pas adoré le veau ont reçu l’ordre de tuer ceux qui avaient adoré le veau. Et 70.000 d’entre eux sont morts.
Cela (fait référence au repentir et au fait de tuer) vaut mieux pour vous selon le jugement de votre Créateur c’est-à-dire « cela vaut mieux pour vous que de persister sur la désobéissance ».
Il est Celui Qui a accepté votre repentir, c’est-à-dire Il est celui Qui vous fait grâce d’accepter votre repentir même si vous en faites beaucoup. Même si une personne commet un péché mille fois et fait le repentir avec les conditions remplies, Dieu accepte le repentir.
Et Il est miséricordieux, même si ce sont des péchés qui sont graves. N’est-ce-pas que c’est grave d’adorer un veau ? Et pourtant Dieu a accepté d’eux leur repentir. C’est-à-dire qu’ils rentrent en islam et ils ne sont pas châtiés pour ce qu’ils ont fait.
Analyse grammaticale de ce verset 54 : Dieu a fait que leur repentir après avoir adoré ce veau en or, était qu’ils se donnent la mort. Et Dieu ordonne ce qu’Il veut ; comme quand Il a ordonné à Ibraahiim d’égorger son propre fils. C’est interdit d’égorger son propre fils. Et pourtant ce fut un ordre donné à Ibraahiim de la part de Dieu. Cela lui ferait gagner des récompenses. Donc Dieu a fait qu’un acte, du temps du prophète Ibraahiim, fasse gagner des récompenses et dans la Loi du prophète MouHammad, c’était un grand péché. Les lois en Islam ne sont pas selon la raison. Dieu ordonne et interdit ce qu’Il veut. Comment est-ce qu’on a su qu’il est interdit d’épouser la sœur de notre père ? Pourquoi est-ce interdit d’épouser son propre frère ou sa propre sœur ? C’est par la Loi. Pourtant c’était permis dans la Loi d’Aadam. Et c’est devenu interdit dans les lois ultérieures. Donc les jugements ne sont pas par la raison. Les jugements sont par la transmission selon ce que le prophète de notre époque nous a transmis.
Verset 55 : Et ils ont dit ô Mouuçaa, nous ne croirons en toi que si nous voyons Allaah, mais la foudre s’est abattue sur vous (la mort vous a pris). Vous n’avez pas pu Le voir. Il a été dit qu’un feu est descendu du ciel et qui les a brûlés. Il a été dit qu’il y avait 70 personnes qui sont parties avec notre maitre Mouuçaa ^alayhi s-salaam lorsqu’il est parti au mont Tyr pour aller demander le pardon de Dieu pour son peuple. Ils lui ont dit : nous n’avons pas participé à l’adoration du veau avec les autres, alors fais-nous voir Dieu. Mouuçaa leur a dit : j’ai demandé à Dieu mais je n’ai pas pu Le voir. La montagne n’a pas pu supporter de voir Dieu et Mouuçaa s’est évanoui. Demander de voir Dieu n’est pas quelque chose d’impossible parce que le critère pour la vision d’un être c’est que cet être existe, ce n’est pas qu’il soit dans un endroit. Comme l’a dit notre maitre Abouu Haniifah : « Dieu existe il est donc valable selon la raison qu’Il soit vu ». D’ailleurs nous savons que les croyants, lorsqu’ils seront au paradis, ils verront Dieu, sans que Dieu ne soit au paradis ni ailleurs ; parce que Dieu n’est pas dans un endroit.
Notre maitre Mouuçaa connait mieux Allaah que nous. Il a demandé à Dieu de Le voir. Allaah lui a appris que si la montagne supportait de voir Dieu, alors lui, Mouuçaa pourrait Le voir également. Mais la montagne n’a pas supporté, elle s’est effondrée et Mouuçaa s’est évanoui. C’est cela le sens de la réponse de notre maitre Mouuçaa à ces soixante-dix quand ils lui ont dit : fais-nous voir Dieu et qu’il leur a répondu : je n’ai pas pu Le voir. Ils lui ont répondu : » toi, tu as vu Dieu alors nous n’allons te croire que si tu nous montres Dieu ». Et Dieu a envoyé sur eux une foudre qui les a brûlés.
Les mou^tazilah prétendent que l’homme est créateur de ses actes et ils ont dit également que ce n’est pas possible que Dieu soit vu. Ils ont prétendu que ce verset est une preuve que Dieu ne peut pas être vu car ils ont dit que ces 70 n’auraient pas été châtiés pour avoir demandé quelque chose de possible. En réalité s’ils ont été châtiés par ce feu qui s’est abattu sur eux, c’est parce qu’ils avaient dit à Mouuçaa : « tu as vu Dieu alors nous n’allons te croire que si tu nous montres Dieu ». Ils ont donc été châtiés pour leur mécréance et non pas pour avoir demandé à voir Dieu. Ils avaient refusé de croire en Mouuçaa ^alayhi s-salaam, alors qu’ils ont vu les miracles de sa part. Or croire aux prophètes est un devoir, dès l’apparition de leurs miracles. Et on ne demande pas à un prophète de nouveau miracle sans raison ; c’est-à-dire qu’après que le premier miracle soit apparu, c’est suffisant pour l’obligation de croire au prophète.
Mais il est possible de demander au prophète d’autres miracles, et ceci pour augmenter en certitude. Comme ceux qui ont demandé à notre maître Jésus ^alayhi s-salaam. Ses compagnons lui ont demandé une table qui descende du ciel, pleine de nourriture, alors qu’ils avaient déjà vu des miracles de sa part mais c’était pour augmenter en certitude. Concernant la demande du premier miracle, il n’y a pas de problème puisque c’est le miracle qui permet de différencier un prophète d’un charlatan. (Et le miracle est quelque chose d’extraordinaire, qui a lieu sur les mains de celui qui prétend la prophétie, qui est conforme à ce qu’il dit, et qui ne peut pas être contré par quoi que ce soit de semblable). Quant à ceux qui étaient avec notre maitre Mouuçaa ^alayhi s-salaam, ils ont été brûlés par la foudre qui s’est abattue sur eux, car leur demande n’était pas dans le but d’apprendre mais ils avaient demandé de la manière de celui qui montre un entêtement.
Et vous la voyez. C’est-à-dire la foudre qui s’est abattue sur eux.
Verset 56 : puis Nous vous avons ressuscités. Après votre mort, puissiez-vous remercier. Puissiez-vous remercier la grâce de revenir à la vie après la mort.
Verset 57 : et Nous vous avons abrités par des nuages. C’est-à-dire que Dieu a fait qu’il y a eu des nuages qui les protègent du soleil lorsqu’ils s’étaient perdus quarante ans dans un désert. Et Dieu a asservi pour eux des nuages qui les accompagnent dans leur marche pour les protéger de la chaleur du soleil et la nuit, il y avait un pilier de feu qui éclairait leur chemin Et leurs vêtements ne se salissaient pas et ne s’usaient pas.
Et Nous avons fait descendre al-mann : c’est une nourriture qui était comme la neige qui descendait du ciel depuis l’aube jusqu’au lever du soleil et chacun d’entre eux avait un Saa^ (qui est l’équivalent de quatre moudd)
Et du salwaa : Dieu faisait souffler un vent du sud qui leur ramenait des oiseaux qu’ils pouvaient attraper comme ils le voulaient, puis l’égorger et le manger comme ils voulaient.
Nous leur avons dit : mangez des choses délicieuses que Nous avons accordées.
Et ils ont été injustes envers eux-mêmes : c’est-à-dire que malgré tous les bienfaits que Dieu leur accorde, ils ont été ingrats. (Le péché constitue une injustice envers soi-même parce que quand quelqu’un agit envers sa propre personne autrement que conformément aux ordres de Dieu, il aura agi dans quelque chose qui ne lui appartient pas véritablement. Car nous appartenons à Dieu, donc si quelqu’un agit de façon non conforme aux ordres de Dieu, il aura été injuste envers lui-même).
Verset 58 : et Nous leur avons dit : après être sorti de cet endroit où ils s’étaient perdus
Entrez dans cette ville : c’est soit Jérusalem soit Jéricho. Qaraa signifie « regrouper » et Qariyah signifie un regroupement de personnes, donc ce verset signifie « allez dans ce village ».
Et mangez des fruits (de cet endroit) où vous voulez et mangez en abondance et entrez par la porte c’est-à-dire la porte de la ville ou la porte de la coupole où ils faisaient leur prière. Et le peuple d’Israël qui est sorti d’Egypte avec notre maitre Mouuçaa, en définitive, ils ne sont pas entrés dans la ville de Jérusalem du vivant de Mouuçaa ^alayhi s-salaam mais ils sont entrés par cette porte puis ils sont entrés dans Jérusalem après la mort de notre maitre Mouuçaa ^alayhi s-salaam
En vous prosternant. Ils ont reçu l’ordre de se prosterner en arrivant devant cette porte de cette ville en guise de remerciement pour Dieu et par humilité.
Et dites : exprimez votre besoin. (Dites à Dieu de vous décharger de vos péchés). C’est-à-dire qu’ils demandent à Dieu de les décharger de leur péché.
Une autre explication est : dites : nous avons reçu l’ordre d’entrer dans cette ville et de nous y installer.
D’après ^Aliyy que Dieu l’agrée, il a dit qu’il leur a été dit : dites bismi l-Laahi R-RaHmaani R-RaHiim et selon ^Ikrimah, il leur a été ordonné de dire : laa ‘ilaaha ‘illa l-Laah.
Nous vous pardonnerons alors vos péchés. Et Nous ajouterons encore plus à ceux qui agissent en bien. Donc cette parole qu’ils avaient reçu l’ordre de dire était une cause pour l’augmentation de la récompense de celui qui agissait en bien et c’était une cause de pardon et de repentir pour celui qui agissait en mal.
Verset 59 : ceux qui ont été injustes ont changé les paroles autres que celles qui leur ont été dites : ceux qui ont été injustes ont changé le mot qu’il leur avait été ordonné de dire c’est-à-dire qu’ils ont mis à la place du mot « HiTTah » une parole différente ; eux, ils avaient reçu l’ordre de dire un mot qui signifie le repentir ou le fait d’être déchargé des péchés, pour dire quelque chose qui n’a pas ce sens. Ils ont déformé le mot et ont dit « HinTah » qui signifie « blé ». Il a été dit qu’en langue nabatéenne, ils ont dit « HinTan sounQaaTan » qui signifie « blé rouge ». Ils ont dit cela pour se moquer de ce que Dieu leur a ordonné de dire et pour se détourner de ce que Dieu leur a ordonné de dire et dire ce qu’eux, désiraient parce qu’ils recherchent les biens du bas monde.
Nous avons fait que s’abatte du ciel sur ceux qui ont été injustes un châtiment. Ici il y a une répétition de la phrase « ceux qui ont été injustes », c’est pour insister sur la laideur de leur comportement et pour annoncer que s’abattra sur eux un châtiment en raison de leur injustice
En raison de leur perversité. C’est-à-dire en raison de leurs péchés. Il a été dit que 24.000 d’entre eux sont morts de la peste en une heure et il a été dit 70.000 personnes.
Verset 60 : ce verset revient au temps où Mouuçaa était vivant parmi eux. Quand Mouuçaa a demandé l’eau pour son peuple, Nous lui avons dit : donne un coup avec ton bâton sur un rocher. Ils avaient eu soif dans ce désert où ils s’étaient perdus, alors Mouuçaa ^alayhi s-salaam a demandé l’eau pour eux. Ici le rocher a été désigné par un article défini « le » rocher : il s’agit d’un rocher qui provenait de la montagne « Tiir » au Sinaï et qui était de forme cubique. Il avait quatre faces et de chaque face avait jailli une source d’eau puisqu’ils étaient douze tribus. Chaque tribu savait quelle source lui était dédiée. Et quand ils ont traversé la mer rouge, alors qu’ils quittaient l’Egypte, ils étaient 600.000. Et la taille de leur campement était de douze mille. Ceci était un miracle parce qu’un rocher qui donne de l’eau à 600.00 personnes, c’est miraculeux. Et ils transportaient ce rocher avec eux. Et il a été dit que ce n’était pas un rocher en particulier mais que cela signifiait : frappe le rocher en général.
« fa » : soit c’est pour indiquer une conséquence , c’est-à-dire que le fait de frapper le rocher a eu pour conséquence le jaillissement de l’eau en abondance ou c’est une explication
C’est alors qu’ont jailli de ce rocher douze sources, autant de sources qu’il y a de tribus. Chaque tribu a su quelle source lui était désignée. Mangez et buvez de cette subsistance que Dieu vous accorde c’est-à-dire que tout ce qui vous est donné est une subsistance de la part de Dieu, c’est-à-dire que c’est Dieu Qui vous a fait grâce de tout cela.
Et ne semez pas la corruption sur terre. Ici le verbe employé indique le summum, le plus grave de la corruption c’est-à-dire « ne faites pas plus que ce que vous êtes en train de faire, cessez de faire et n’en rajoutez pas ».
Verset 61 : vous avez dit ô Mouuçaa, nous ne patientons pas et nous voulons un plat. Ils ont dit cela alors qu’ils s’étaient égarés dans le désert de Tiir après qu’ils aient refusé d’obéir à l’ordre de Mouuçaa de combattre les mécréants qui étaient à Jérusalem pour les en faire sortir. Leur punition a été qu’ils se sont retrouvés à tourner en rond dans un désert, pendant quarante ans et ils n’arrivaient pas à en sortir. Malgré cela, Dieu leur faisait descendre de la nourriture du ciel, sous forme de cailles prêtes et de mann qui était comme de la rosée matinale qui ressemble au coton sucré. Ils pouvaient manger autant qu’ils voulaient, mais malgré cela, ils disaient qu’ils voulaient des plats qu’eux-mêmes cuisinent. Ils ont dit qu’ils n’arrivaient pas à patienter à manger un seul plat, le même chaque jour. Dans le verset, il est question d’un seul plat (Ta^aamin waaHidin) mais cela vise les deux : le mann et les cailles, donc le plat ici signifie le menu. Combien sont-ils ingrats !!
Une autre explication est qu’ils ont visé par là une seule catégorie de nourriture qui était soignée et raffinée, c’était de la nourriture de gens qui ont du goût. Or ils étaient plutôt des agriculteurs, c’est pourquoi ils ont demandé à Mouuçaa de la nourriture à laquelle ils étaient habitués comme des céréales, des légumineuses.
(Ils lui ont dit) Invoque ton Seigneur pour qu’Il nous fasse sortir des graines de la terre. Ils n’ont pas dit invoque notre Seigneur mais ton Seigneur, tellement ils sont ingrats. Ils ont dit à Mouuçaa : demande à Dieu qu’Il nous fasse sortir de la terre des plantations (al-baQl) c’est-à-dire des plantes vertes aromatiques comme la menthe, le céleri et autres légumes que les gens consomment
Et des concombres
Et (fouumihaa) : si c’est récité ainsi cela veut dire le blé et selon une autre récitation dans laquelle la lettre « faa’ » est récitée « thaa’ » (thouumihaa), et cela signifie alors l’ail. Ces deux récitations proviennent du Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Une fois il a récité avec « fa » et une fois avec « tha ».
Et des lentilles et des oignons.
Est-ce que vous demandez quelque chose de moins précieux que ce que vous avez ? Ils ont demandé des choses pour lesquelles ils vont se fatiguer pour les semer, pour les entretenir, pour les récolter, pour les cuisiner, alors que la nourriture leur tombe du ciel !!!
Allez donc à MiSr : le mot « MiSr » en arabe a plusieurs sens. Il peut avoir le sens de ville (allez dans une ville) ou encore l’Egypte. Donc ce verset peut avoir deux sens : quittez l’endroit où vous êtes perdus, qui s’appelle at-tiih du verbe taaha qui signifie s’égarer pour aller soit dans une ville, soit en Egypte. Et le territoire où ils se sont égarés se trouve entre Baytou l-MaQdis (Jérusalem) et une ville qui s’appelle (QinnaSriine) qui se trouve actuellement en Syrie. Et la superficie de ce territoire est de douze farsakh sur huit farsakh. Le farsakh s’appelle persange, c’est une unité de distance perse qui équivaut à 5 kilomètres. Donc le territoire s’étendait sur une longueur de soixante sur quarante kilomètres. Ce n’est pas très grand et malgré cela, ils s’y sont égarés pendant quarante ans.
Vous trouverez là-bas ce que vous voudrez. C’est-à-dire que vous trouverez cela dans les villes et non pas dans le désert.
Ils ont été frappés d’humiliation et de pauvreté. Il y a une image dans la suite du verset : c’est-à-dire que Dieu les a humiliés, l’humiliation les a entourés de toutes parts et s’est collée à eux, à l’image de la terre glaise qui colle au mur si on la plaque au mur. L’image est que cette humiliation et cette pauvreté s’est collée à eux, tout comme la boue colle au mur lorsqu’elle est jetée sur ce mur. Dieu a fait qu’ils soient dans l’humiliation et la pauvreté en raison de leur ingratitude. Les yahouud, en général, ils sont humiliés et pauvres. Soit en réalité soit ils montrent qu’ils sont pauvres. Ceci par crainte que la jiziah augmente pour eux. La jiziah est ce que les gens du Livre paient au sultan des musulmans pour rester sous sa protection.
Et ils ont mérité un châtiment de la part de Dieu. Suite à ce qu’ils ont fait, ils méritent un châtiment de la part de Dieu.
Et ce parce qu’ils mécroyaient en ce que Dieu leur envoyait comme signes et ils assassinaient les prophètes. Ce qui leur est arrivé ici est à cause de leur mécréance et parce qu’ils avaient assassiné des prophètes, en effet les yahouud avaient tué les prophètes Cha^yiaa, Zakariyya et YaHyaa que Dieu les honore davantage en degrés. Un nabiyy (prophète) informe de la part de Dieu. Et le mot nabiyy signifie également l’élévation, parce que le degré d’un prophète est élevé. Les deux significations sont valides dans la langue et le sens de chacune des deux déclinaisons sont correctes.
Ils étaient mécréants et ils assassinaient les prophètes injustement et ce, en raison de leur désobéissance et de l’injustice qu’ils commettaient. Et ce, parce qu’ils avaient désobéi et qu’ils avaient dépassé les limites. Ils avaient commis plusieurs sortes de désobéissances et ils avaient dépassé la limite fixée par Dieu en toutes choses, tout en étant mécréants et en assassinant les prophètes. « Ya^tadouuna » : il a été dit que c’est parce qu’ils ont dépassé la limite de samedi : car pour eux, dans leurs lois, ils ne devaient pas faire certaines activités le samedi. Mais certains avaient contourné cette interdiction. Et donc en raison de cette injustice, il leur arrive la punition. Une autre explication est qu’ils étaient mécréants, ils assassinaient les prophètes et ce, à cause de leur désobéissance et de leur dépassement des limites. C’est-à-dire que leurs désobéissances et leur dépassement des limites fixées par Dieu a entrainé leur mécréance et le fait qu’ils aient assassiné des prophètes. Et bien sûr le fait d’assassiner un prophète est plus grave que le fait d’insulter un prophète. Insulter un prophète est une mécréance et à plus forte raison, assassiner un prophète est une mécréance. Ils s’étaient noyés dans les péchés et l’animosité au point que leurs cœurs se sont endurcis, ce qui a entrainé leur mécréance et l’assassinat des prophètes. Le fait qu’ils aient commis beaucoup de péchés, le fait qu’ils aient dépassé les limites a endurci leurs cœurs, ce qui a emmené le fait de renier ceux que Dieu leur a envoyés et ils ont assassiné les prophètes. Ou alors ce sont des choses qui se sont cumulées ; leur désobéissance, leur dépassement des limites se sont cumulées avec leur désobéissances et leur assassinat des prophètes.
Verset 62 : certes ceux qui ont cru par la langue seulement, sans que leurs cœurs n’aient adhéré à la foi, c’est-à-dire que ce sont les hypocrites.
Et ceux qui yahouud c’est-à-dire ceux qui sont rentrés dans la yahouudiyyah (le judaïsme), on dit de celui-là qu’il est « haa’id » et le pluriel est « houud ». Certains savants ont dit que le mot « yahouud » dérive de la parole de Mouuçaa « innaa houdnaa ilayk », « ô Allaah, houdnaa ilayk ». Et « houdnaa ilayk » signifie « nous avons fait le repentir à Toi (à Dieu) ». C’est-à-dire qu’ils se sont repentis à Dieu. Mais cette appellation « innaa houdnaa ilayk » s’applique à ceux qui étaient croyants parmi eux, c’est-à-dire ceux qui croyaient en Moise et ceux qui croyaient en la loi de Moise telle qu’elle était lorsqu’elle a été révélée. Donc une explication du mot « yahouud » s’applique à ceux-là qui avaient fait le repentir. Cette appellation désigne ceux qui étaient croyants à l’époque de Moise.
Quant à ceux qui ont repris l’appellation de « yahouud » mais qui n’appliquent pas la loi de Moise, c’est-à-dire depuis qu’ils ont refusé de croire en Jésus parce que celui qui croit en un prophète et pas en un autre, il n’est plus musulman. Donc ils ont cru en Moise, ils étaient donc sur l’islam mais quand ils ont mécru en Jésus, ils n’étaient plus musulmans. Également, celui qui dit qu’il croit en MouHammad mais pas en Moise, ce n’est pas un musulman. Le musulman est celui qui croit en tous les prophètes parce qu’ils sont tous envoyés de Dieu.
Certains savants ont dit que le mot « yahouud » désigne ceux qui ont fait le repentir parmi ceux qui étaient à l’époque de Moise, qui étaient croyants. Mais il y en a qui ont repris cette appellation de « yahouud », qui sont venus après ceux-là, et ils ne sont plus croyants car ils ont renié le message de Jésus.
Pour ce qui est du début de leur falsification de la Torah, le Livre révélé à notre maitre Moise ^alayhi s-salaam, qui est musulman comme tous les prophètes, il se peut que cela ait eu lieu avant la mission de Jésus. Mais ils ont augmenté en falsification après le message de Jésus.
D’autres savants ont dit qu’ils ont été appelés ainsi parce qu’ils se balancent lorsqu’ils récitent la Torah. Ce balancement s’appelle « tahawwoud ».
Il y a plusieurs avis concernant l’origine de leur appellation. Pour reprendre la première explication du mot « yahouud », ils ont été appelés ainsi car ils ont suivi Moise sur la foi. Mouuçaa a dit lui-même : « innaa houdnaa ilayk ». Et « houdnaa » signifie « nous nous repentons ». Lui, Moise, n’a pas commis de péché pour dire cela, mais il parle au nom de son peuple. Cette définition ne s’applique pas à l’appellation de notre époque car ceux de notre époque n’ont pas cru en Jésus ni en MouHammad. Donc ils ne s’appellent pas « yahouud » dans le sens qu’ils ont fait le repentir.
« Wa n-naSaaraa » : ils ont été appelés ainsi parce qu’ils ont « naSarouu » ^Iiçaa c’est-à-dire qu’ils l’avaient soutenu. Et on appelle les partisans de Médine les « AnSaars » c’est-à-dire ceux qui soutiennent. Les NaSaaraa (les chrétiens) sont ceux qui avaient soutenu Jésus au début.
Une autre explication de ce terme est : ceux qui avaient suivi Jésus, lorsque celui-ci avait demandé « qui sont mes soutiens ? » pour renforcer l’appel à l’obéissance à Dieu.
Une autre explication est ceux qui sont de Nazareth qui est une ville en Palestine. Et c’était des gens de cette ville qui avaient répondu à l’appel, au début. On traduit ce terme par chrétiens, actuellement.
« Wa S-Saabi’iine » (et les Sabéens) : Saba’a signifie le fait de quitter une religion connue pour une autre religion. Ici les Sabéens sont des gens qui ont quitté la religion des yahouud et la religion des naçaaras et ils se sont mis à adorer les anges.
Il a été dit que ce sont des gens qui se sont mis à réciter les psaumes de David, le livre révélé à Daoud ^alayhi s-salaam. Même s’ils suivaient Daa’ouud véritablement, ils auraient dû suivre le prophète qui venait après, parce que chaque communauté de prophète doit suivre le prophète suivant s’il apparaissait.
Et d’autres savants ont dit que les sabéens sont un groupe qui adore les astres.
Notre chaykh nous a rapporté qu’à l’époque de notre maitre AHmad Ar-Rifa^iyy que Allaah l’agrée, alors qu’il était en Irak, il y avait un Sabéen qui avait perdu sa vache et il s’est retrouvé proche de l’endroit où était notre maitre AHmad qui a vu cet homme exténué après avoir cherché sa vache toute la journée. Il lui a proposé de passer la nuit dans sa zawiyah. Et comme il savait que cet homme était sabéen et que les sabéens avaient une haine contre les musulmans, qu’ils ne mangeaient même pas le pain fabriqué par un musulman. Il lui a alors ramené de la farine, de l’eau et ce qu’il faut pour qu’il prépare son pain et lui a dit de fabriquer son pain lui-même. Le lendemain, cet homme était tellement heureux suite à ce geste de la part de AHmad Ar-Rifa^iyy, que, quand il est rentré chez lui, il a dit aux siens : « sa religion est forcément correcte. Regardez comment il a agi envers moi alors que je ne suis pas sur sa religion. » Et les gens sont alors entrés en islam.
Ceux (qui ont été énumérés précédemment) qui croient en Dieu et au jour dernier : ils étaient mécréants puis ils ont cru en Dieu et au jour dernier sincèrement.
Et qui ont œuvré en bien, ils auront leur rétribution c’est-à-dire leur récompense. Dieu a créé des catégories de gens et Il a voulu que certains suivent la vérité. Disons louange à Dieu que nous fassions partie de ceux pour qui Dieu a voulu cela. Ils auront une récompense qui leur est réservée pour leur au-delà.
Que Dieu leur accordera, ils n’auront pas à avoir peur ni à être chagrinés. Lechaykh a dit que ce verset est une preuve que, dans le peuple de Jésus et le peuple de Moise, avant que certains ne commettent de la mécréance, il y avait parmi eux des saints. Car ceux qui n’auront pas peur et qui ne seront pas chagrinés, ce sont des saints. Comme par exemple Jourayj, ce saint qui était de la communauté de Jésus, qui s’était éloigné des gens pour adorer Dieu dans un ermitage et qui a été accusé à tort de fornication. Mais le bébé a témoigné en sa faveur et disant que son père était le berger. C’était un prodige pour Jourayj.
Quelques détails sur le ribaa ou gain usuraire
Que le croyant prenne garde de toutes les sortes de ribaa et qu’il ne néglige aucune sorte de ribaa. En effet, les conséquences du ribaa sont dramatiques.
Il est apparu pour certaines personnes après leur décès alors qu’ils étaient dans leurs tombes, des traces de supplices et c’était des gens qui étaient auparavant connus pour la pratique du ribaa.
Dans une des régions de l’Ethiopie il y avait un homme qui était connu pour pratiquer le ribaa et en plus de cela c’était quelqu’un de tyrannique. Même qu’une fois il était dans un convoi, sur sa monture et il a vu une femme qui lui a plu et son mari étant un pauvre démuni, il lui a pris son épouse de force. Puis, après la mort de cet homme, les gens ont vu, après l’avoir enterré, de la fumée sortir de sa tombe.
Sa famille s’est mise à consulter les chouyoukh. Alors un des chaykh leur a donné le conseil et a dit : “Allez demander à ceux de qui il prenait du gain usuraire, qu’ils l’excuse.”
Sa famille s’est mise à demander aux gens de l’excuser. Beaucoup de gens se sont mis à réciter le Qour’aan sur sa tombe. Puis, au bout de sept jours, la fumée s’est arrêtée de sortir de sa tombe.
Toute personne qui prenait du ribaa des gens doit être redevable car cet argent d’intérêt qu’il a pris d’eux était injuste.
Il y un savant du salaf qui a dit qu’un muuslman est supplicié dans sa tombe subira 7 jours de supplices.
Un homme du salaf a dit : “Si le musulman subit un supplice dans sa tombe cela sera pour 7 jours mais ce que Allaah ne dévoile pas et beaucoup plus.”
Nous avons cité ce récit pour l’exhortation, pour faire le rappel de la gravité de ce péché et combien il convient de s’en éloigner.
L’auteur a dit : “Le ribaa est interdit aussi bien le pratiquer, le consommer, le prendre ou bien rédiger son contrat ou en être témoin.”
Le contrat du ribaa en soi est interdit, consommer l’argent issu du ribaa est interdit, témoigner de ce contrat entre deux personnes est aussi interdit.
De plus,
– Celui qui écrit le contrat de gain usuraire ou d’intérêt entre les deux contractants commet un péché par l’écriture de ce contrat.
– Celui qui fait un contrat de ribaa commet un grand péché.
– Celui qui consomme de l’argent qui provient de l’intérêt du gain usuraire commet un grand péché.
– Celui qui gère l’argent du ribaa commet un grand péché.
– Celui qui prend l’argent issu du ribaa commet un grand péché.
– Celui qui intervient dans l’écriture du contrat du ribaa commet un grand péché.
Mouslim a rapporté du compagnon Jaabir Ibnou ^Abdillaah que Dieu l’agrée que le Messager de Allaah a maudit celui qui consomme le gain usuraire, celui qui le donne à consommer, celui qui écrit son contrat, ses deux témoins, ils sont tous équivalents (c’est à dire qu’ils sont tous équivalent à tomber dans le péché).
Qu’est ce que Ar-ribaa ?
Il y a plusieurs cas de figures :
– La vente d’une des 2 monnaies précieuses (or et argent métal) contre une autre en fixant un délai de règlement (même si ce délai est court).
– La vente d’une monnaie précieuse contre l’autre mais sans prise de possession respective.
Par exemple :
Si quelqu’un dit : “Je te vends cet or contre cet argent que tu as.”
L’autre répond : « J’achète.”
Puis ils se séparent sans que chacun réceptionne ce que l’autre lui a vendu.
– Lorsqu’il y a une non équivalence s’il s’agit de la même espèce.
En effet, s’il s’agit de la même espèce, il y a ribaa en cas d’égalité c’est à dire que le ribaa arrive entre deux contrepartie de même espèce lorsqu’il y a disparité, avec un surplus d’un des articles du ribaa par son poids.
Comme par exemple la vente d’un dinar d’or contre deux dinars…
Quand il est dit avec une différence de poids, la référence c’est la pratique à l’époque du Messager de Allaah. Pour ce qui était pesé, il doit y avoir égalité sur le critère du poids et pour ce qui se vendait, il faut qu’il y ait équivalence sur le critère du volume.
A l’époque du Prophète, l’or était pesé et vendu sur le critère du poids. Et donc pour ne pas tomber dans le ribaa il faut qu’il y ait équivalence dans la quantité d’or.
De même, le critère du blé était le volume. Pour qu’il y ait équivalence il faut qu’il y ait volume équivalent.
La règle que nous venons de voir concernant le ribaa pour les monnaies précieuses est également à respecter pour les denrées alimentaires (blé, orge, riz, maïs…)
Si on applique les mêmes règles que celles vues précédemment pour les denrées alimentaires, il n’est pas permis de vendre les denrées alimentaires lorsqu’il s’agit d’espèces différentes qu’à deux conditions :
– L’absence du délai de règlement,
– L’absence de séparation avant prise de possession respective.
Il faut que dans l’assemblée où il y a eu contrat de vente, les deux contractants échangent la marchandise et ne citent pas le délai. Et ils ne peuvent pas se séparer sans que chacun ait pris possession de ce que l’autre lui a vendu.
Tout comme les monnaies précieuses, lorsqu’il s’agit de denrées alimentaires de même espèce, il y a les deux conditions précédentes (pas de délai de règlement, pas de séparation avant échange respectif) et en plus il est une condition qu’il y ait équivalence.
Par exemple :
Si l’un d’entre eux dit : “Je te vends un wask d’orge (unité de volume) contre un wask d’orge.”
ou il lui dit : “Je te vend un wask d’orge pour un wask de blé mais que tu me donneras demain.”
Et chacun des deux est parti de son côté, ou l’un des deux a réceptionné ce que l’autre lui a vendu mais pas l’autre, alors c’est du ribaa.
Définition :
Le ribaa est un contrat qui englobe une contrepartie spécifique dont l’équivalence n’est pas déterminée selon les critères de la loi de l’islam au moment du contrat.
En général, ce n’est pas dans toutes ventes qu’il y a risque de ribaa.
Il y a un risque de ribaa seulement pour les aliments et les monnaies précieuses.
Exemples de scénarios où il y a gain usuraire :
– Vendre de l’or contre de l’or sans savoir qu’ils sont équivalents selon les critères de la loi.
– Vendre de l’argent métal contre de l’argent métal sans savoir qu’ils sont équivalents.
Par exemple : quelqu’un qui va chez le bijoutier pour vendre ses bijoux cassés contre un nouveau bijou et ce sans savoir s’ils sont équivalents ou non.
Même s’il s’avère que les deux quantités étaient équivalentes, mais au moment du contrat les deux parties n’ont pas su cela, alors la vente n’est pas valable.
Ce qui se pèse c’est selon le critère du poids et ce qui est mesuré c’est selon le critère du volume.
Autre cas de figure :
Lorsqu’il y a un retard dans le paiement de l’une des deux contreparties ou les deux.
Par exemple : une femme va chez le bijoutier et souhaite échanger ses bijoux cassés contre un bijou. Le bijoutier lui dit : “ma fille veut le porter cet après-midi, je te le vends après cela.”
Il y a un retard dans le paiement, donc il y a ribaa, donc la vente n’est pas valable.
Cette sorte de ribaa n’était pas connue chez les arabes. Mais le ribaa qui était connu chez les arabes c’est ce qu’on appelle aujourd’hui les prêts avec intérêts.
Et il y a aussi plus difficile que cela qui est l’usure.
Une personne fixe des échéances de remboursements et dit à une autre : “chaque fois que tu n’honores pas une échéance tu me dois encore plus.”
De nos jours, cela s’appelle le crédit revolving.
Le ribaa qui était connu chez les arabes c’est Ribaa Al-Qard (le prêt avec intérêt).
C’est lorsque quelqu’un détient une créance sur un autre avec remboursement à échéance et lorsque le terme arrive, le créancier va dire à l’emprunteur : soit tu me rembourses, soit si tu me demandes un délai supplémentaire je te rajoute tant.
Par exemple :
Le créancier va dire : “tu me donnes 1000 € dans un mois, mais si le mois prochain tu ne me les donnes pas alors je te rajouterai 1 mois mais tu me donneras 1 100 € et ainsi de suite…”
Allaah a autorisé le prêt pour que les gens s’entraident et se soutiennent, et non pas pour qu’ils profitent les uns des autres. Celui qui veut faire des bénéfices qu’il fasse de la vente (bénéfice non limité) et non le prêt.
Les Hanafiites ont dit : “C’est cette première sorte de ribaa qui était pour la première fois interdite.”
Le Prophète a dit ce qui signifie : “Vendre de l’or contre de l’or, ou de l’argent métal contre de l’argent métal, ou du blé contre du blé, ou des dattes contre des dattes, ou des raisins secs contre des raisins secs, ou du sel contre du sel, c’est du ribaa sauf en quantité égale, avec prise de possession respective quel que soit la qualité (bonne ou mauvaise).”
Ach Chaafi^iyy a retenu de ce hadith qu’il n’est pas permis de vendre l’une des deux monnaies précieuses contre l’autre lorsqu’il s’agit de la même espèce avec un surplus ou un dépassement car il a été mentionné dans le hadith l’or contre l’or et l’argent métal contre l’argent métal et ce qui a été mentionné après cela c’est le blé contre le blé, l’orge contre l’orge. Après cela, il a été cité les dattes contre les dattes, le sel contre le sel.
Ach Chaafi^iyy en a déduit que tout ce qui est habituellement consommé que ce soit du sucre ou ce qui est de cet ordre, alors il est interdit de le vendre contre ce qui est de la même espèce avec un surplus.
Les différentes sortes de ribaa
Il y a 3 sortes de ribaa :
– ribaa al-fadl : ribaa du surplus.
C’est la vente de l’une des deux contreparties potentiellement sujette au ribaa contre l’autre, mais avec un surplus (dépassement de l’une contrepartie sur l’autre).
Dans ces deux contreparties, il y a une cause potentielle de ribaa c’est-à-dire qu’elles sont soit deux monnaies précieuses soit deux aliments.
Les deux contreparties sont de la même espèce avec un surplus dans l’une des deux contreparties.
Par exemple : la vente de un dinar contre deux dinars ; ou bien la vente de deux dirham contre un dirham; ou un Saa^ de blé contre deux Saa^ de blé.
– ribaa al-yad : ribaa de la main.
C’est la vente de l’une des deux contreparties contre une deuxième, toutes deux comportant potentiellement du ribaa avec un délai dans la réception des deux, c’est-à-dire celui qui ramène la contrepartie à la marchandise, et l’autre qui ramène le prix ; chacun des deux ne livre pas immédiatement ou avec retard de l’un des deux.
Les deux contractants se séparent avant prise de possession à condition qu’il s’agisse bien d’une marchandise qui soit potentiellement sujette au ribaa et que la cause potentielle du ribaa soit la même pour les deux.
Que signifie la “cause potentielle de ribaa est la même » ?
Dans le cas où les deux sont des aliments :
– ils sont tous deux recherchés pour être consommés comme aliment de base comme le blé ou l’orge,
– ou c’est un aliment qui est un accompagnement pour le pain comme les dattes,
– ou à titre de fruit comme les figues,
– ou à titre d’assaisonnement comme le sel ou le safran ou autre que cela.
Dans le cas du ribaa al-yad, il y a séparation sans prise de possession respective.
Comme par exemple, le blé contre de l’orge, ou comme du sel contre du safran, ou comme des dattes contre des raisins secs, ou comme des pommes contre des figues.
C’est donc un aliment contre un autre aliment mais avec des espèces différentes.
Il n’est pas une condition qu’il y ait équivalence mais il est une condition qu’il y ait prise de possession respective dans l’assemblée.
En effet, le Messager ^alayhi salaatou wa ssalaam a dit ce qui signifie : “Lorsqu’il s’agit d’espèces différentes, vendez comme vous voulez mais à condition qu’il y ait prise de possession respective.”
Si l’on vend du blé contre de l’orge, ou des dattes contre du raisins sec, ou des pommes contre des figues, cela est permis et ce n’est pas une condition qu’il y ait équivalence dans les quantités mais il est une condition qu’il y ait prise de possession respective dans l’assemblée du contrat.
Dans le cas où les deux marchandises qui ont été échangées sont des monnaies précieuses, même s’il s’agit d’espèces différentes comme vendre de l’or contre de l’argent ou l’inverse, la seule condition ici est qu’il y ait prise de possession respective.
Si quelqu’un veut acheter du blé avec une monnaie fiduciaire (billets de banque), alors il n’est pas une condition qu’il y ait prise de possession respective dans l’assemblée avant la séparation.
Si quelqu’un a vendu de l’or contre de l’or et avec une quantité d’or équivalente, puis les deux contractants ont marché ensemble pendant une certaine distance. Et avant de se séparer il y a eu prise de possession respective, alors cela est valable. En effet, le fait qu’ils ne se soient pas séparés est comme s’ils étaient dans l’assemblée de contrat.
Cela n’est pas considéré comme une séparation sauf si l’un des deux marche, sans le deuxième, de sorte qu’on puisse dire qu’il est parti.
Par contre, s’ils ont marché ensemble, leur jugement dans cette marche est comme le jugement de deux contractants qui sont encore dans l’assemblée du contrat.
– ribaa an-nasa : ribaa avec fixation de délai de règlement.
C’est la vente de deux aliments ou de deux monnaies précieuses qui sont soit de même espèce soit d’espèces différentes en fixant un délai de règlement, même si celui-ci est très court (un instant ou une minute).
Cela est un ribaa et est donc interdit.
Si le contractant n’a pas mentionné oralement de délai de règlement, que les deux contractants sont restés dans l’assemblée de contrat une heure, qu’ils ne se sont pas séparés et qu’il n’y a pas eu de prise de possession respective, alors il n’y a pas encore eu ribaa.
Et si au bout d’une heure, chacun a vendu à l’autre, il n’y a pas de problème car il y a eu prise de possession dans l’assemblée.
Résumé :
Il n’est pas permis de requérir le délai par la parole.
Comme par exemple un contractant dit à un autre : “Je te vends ce dinar par ce dinar ou ce dinar contre ces dirhams ou ce blé contre ce blé, ou ce blé contre cette orge, que tu me donneras demain.”
C’est la fixation du délai qui entraîne un ribaa et qui annule le contrat.
Le ribaa est spécifique aux monnaies précieuses (et non aux monnaies fiduciaires) car dans le hadith, le Prophète dit ce qui signifie : “L’or contre l’or c’est du ribaa sauf si c’est équivalent. Et l’argent métal contre de l’argent métal c’est du ribaa sauf si c’est équivalent.”
Ce Hadith est la preuve pour les imams qui ont dit que le ribaa ne concerne que les monnaies précieuses.
Le mot foulouss est un terme arabe qui concerne les pièces qui sont frappées en cuivre.
Si quelqu’un dit que les autres monnaies comme les billets de banques et les pièces de monnaie et d’autres métaux que l’or et l’argent, si elles n’ont pas été citées dans les textes du Qour’aan ou du Hadith, c’est parce qu’elles n’étaient pas utilisées par le passé et que si elles avaient été utilisées à ces époques-là, alors elles auraient été mentionnées dans un texte comme a été mentionné l’or et l’argent métal.
Réponse à quelqu’un qui dit cela : Non. Les pièces en cuivre sont bien utilisées dans les anciennes époques.
Preuve en est ce que certains HaafiDh ont rapporté du fils de ^Oumar que Dieu les agréee tous les deux qu’il citait un vers de poésie pour blâmer quelqu’un qui énumérait le vin, l’argent de ses amis de beuverie et qui déteste que le foulouss le quitte.
Cela signifie bien que le foulouss (pièces en cuivre) existait bien à l’époque des Salaf.
Explication du vers de poésie :
Le foulouss c’est pour dire que quelqu’un qui aimait boire le vin avec ses compagnons de boissons mais qui voulait boire de ce qu’eux achetaient car il ne voulait pas que le foulouss le quitte.
Le prêt avec intérêt :
C’est tout crédit dans lequel a été posé pour condition un bénéfice pour le créancier à lui seul ou un bénéfice pour le créancier et pour l’emprunteur. Dès lors que c’est un crédit qui entraîne un profit, c’est une transaction interdite qui s’appelle ribaa al-qard, le ribaa du prêt.
Le créancier peut prêter de l’argent et réclamer en retour le remboursement du capital avec un intérêt. Cet intérêt peut être en nature ou du même ordre que le crédit consenti.
Le créancier peut dire par exemple : “Je te prête 1000€ et tu me rends 1100€”.
Ici, le surplus est de la même nature que ce qui est prêté.
Ou alors il lui dit par exemple : “Je te prête 1000€, mais jusqu’à ce que tu me rembourses, j’utilise ton vélo gratuitement.”
Le ribaa qui est dans ce que font les banques :
Par exemple, c’est le crédit dans lequel il y a bénéfice qui est requis en plus du remboursement du capital.
Cas de figure :
Le créancier va voir quelqu’un et lui dit : “Je te prête 1000€ à condition que tu me rendes 1100€.”
S’il lui dit également : “Je te prête ces 1000€ et tu me rends 1100€ mais en franc suisse.”
Cela a entraîné un bénéfice et donc c’est un grand péché.
il y a aussi eu profit donc péché.
Il n’est pas une condition dans l’interdiction de ce crédit qui a entraîné un profit, que les intérêts soient élevés.
En raison de la parole de Allaah qui signifie : “Si vous voulez faire le repentir du péché du ribaa alors ne réclamez que votre capital. Ne demandez rien de plus.”
Un autre exemple de ribaa où la personne réclame un surplus autre que de la même nature que ce qu’il a prêté : c’est comme si quelqu’un va prêter de l’argent à un autre avec échéance et il lui pose une condition qu’il habite chez lui gratuitement, ou avec un loyer inférieur au loyer courant et ce, jusqu’à ce qu’il rembourse, ou qu’il lui permette d’utiliser sa voiture gratuitement.
Ici il n’a pas réclamé de surplus mais comme c’est un crédit qui a entraîné un profit alors c’est un ribaa et cela compte au nombre des grands péchés.
Dans certains pays, ils donnent un nom détourné à cette transaction pour la rendre permise alors qu’elle est interdite selon l’unanimité.
Cependant, si l’emprunteur veut rétribuer son créancier par du bien et qu’il a remboursé la dette avec un surplus de lui-même, alors cela est permis. En effet, le fait de prêter est une bonne action, si cela est de la manière conforme à la loi de l’islam (pour l’agrément de Dieu); cela permet d’obtenir des récompenses.
Dans ce cas-là, le créancier ne commet pas de péché parce que ce n’est pas le créancier qui a posé cela pour condition; c’est l’emprunteur lui-même qui voulait récompenser la bienfaisance du créancier. Cela n’est pas du ribaa, c’est au titre du remerciement.
Le Prophète dit dans un Hadith ce qui signifie : « N’aura pas remercié complètement Dieu celui qui n’aura pas remercié les gens.”
Le Messager a fait l’éloge de celui qui rembourse plus que ce qu’il a emprunté.
Parmi les formes de ribaa il y a ce que font certains lorsqu’ils vendent une marchandise avec des mensualités.
Par exemple, si quelqu’un dit : “Chaque début de mois tu me donnes 70€. Si tu retardes le paiement des échéances, tu rajoutes des agios.”
Le fait de réclamer un ajout est du ribaa.
S’il n’y avait pas eu cette condition d’agio, alors la vente aurait été validée. Il n’y aurait pas eu de gain usuraire, même s’il réclame une somme plus élevée grâce au paiement différé.
Par exemple, si quelqu’un dit : “Si tu veux ce livre, tu me payes 50€. Si tu veux l’acheter avec des échéances, tu me donnes 150€.”
Cela est permis car il ne lui a pas encore vendu, cela est seulement une proposition.
Mais lorsqu’ils font le contrat l’acheteur doit préciser avec laquelle des deux formules le contrat a lieu. Il doit alors lui dire : “je le veux avec paiement immédiat” ou “je le veux avec échéance. »
Par contre, s’ils se séparent avant que l’acheteur ait précisé laquelle des deux formules avec laquelle le contrat a eu lieu, alors c’est un péché.
Par exemple :
Le vendeur dit : “Je te le vends à 50€ à payer maintenant ou à 150€ à terme.”
L’acheteur dit : « J’achète.” Puis il est parti.
Le vendeur a proposé deux formules, il est interdit à l’acheteur de dire j’achète sans préciser laquelle des deux formules il a choisi.
C’est ce cas de figure qui est indiqué comme étant interdit dans le Hadith. Dans le Hadith le Prophète a interdit deux ventes en une.
Abou Hourayrah a rapporté du Prophète qu’il a interdit deux ventes en une.
Si quelqu’un demande un paiement plus élevé lorsqu’il vend à échéance (paiement différé), on ne dit pas de lui que c’est un voleur.
Biographie : L’Imam Zaynou l-3Aabidiin As-Sajjaad
L’Imam As-Sajjad Zaynou l-^Abidin
Sa biographie
Il s’appelle ^Aliyy fils de Al-Houçayn, fils de ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah les agréé tous, connu sous le surnom de Zaynou l-^Abidin, il était surnommé également Abou l-Houçayn et d’autres ont dit Abou Mouhammad.
Al-Houçayn, que Allah l’agréé, n’a pas d’autres descendants qu’à partir des descendants de Zaynou l-^Abidin.
Sa mère était une esclave qui s’appelait Ghazalah tout comme Ibnou Sa^ad l’a rapporté dans » At– Tabaqat« .
Ibnou Qoutaybah a dit dans son livre « Al Ma^arif » que la mère de Zaynou l-^Abidin est de la région de Sindih et qui s’appelle Soulafah et d’autres ont dit Ghazalah.
Il a été rapporté dans le livre « Wa fayatou l ^ayan » de Ibnou Khoulikan que sa mère Soulafah était la fille de Yazdajrd, le dernier des rois perses.
Et Ibnou Sa^ad rapporté dans « At–Tabaqat » que ^Aliyy fils de Al-Houçayn était avec son père et il avait alors vingt-trois ans, il était malade allongé sur son lit, lorsque Al-Houçayn, ^alayhi sallam, a été assassiné Choummar Ibnou Dhiyy l-Jouchana a dit :
« -Tirez sur cet homme !
C’est alors qu’un de ses compagnons lui a dit
–Soubhanallah ! ! Veux tu que l’on tue un jeune homme qui est malade, qui n’a pas combattu ?
Et ^Oumar Ibnou Sa^ad a dit
-Ne faites aucun mal à ces femmes ni à ce malade. »
C’est ainsi qu’il a échappé au fait d’être tué lorsque son père Al-Houçayn a été tué.
Sa science et son ascèse, sa piété
L’imam Zaynou l-^Abidin fait partie des maîtres des successeurs des compagnons.
Az–Zouhriyy a dit :
« -Je nain pas vu un seul hachimite qui soit meilleur que lui et je n’ai vu personne qui ait plus de science que lui. Il était, que Allah l’agréé, lorsqu’il s’apprêtait à faire le woudou‘, son visage devenait jaune.
Sa famille lui disait :
« -Qu’est ce qui te prend lorsque tu veux faire le woudou’ ?
Il a dit:
-Je ne savais pas pour Qui je compte me lever. » ( C’est-à-dire lorsqu’il s’apprête à faire la prière)
Il a été rapporté un jour qu’un incendie a éclaté dans la maison dans laquelle se trouvait ^Aliyy fils de Al-Houçayn, alors qu’il était en prosternation, les gens s’étaient mis à lui dire :
« -O, toi le fils de la fille du Messager de Allah, O, toi le fils de la fille du Messager de Allah, au feu!! ! »
Mais il n’a pas relevé la tête jusqu’à ce que le feu ait été éteint et il a été dit :
« -Qu’est ce qui t’a détourné de ce feu ?
-C’est l’autre feu qui m’en a détourné a t’il répondu. (Il fait allusion au feu de l’enfer.)
Un jour un homme était venu à lui alors qu’il était avec ses compagnons dans la mosquée, il n’a pas laissé une seule mauvaise parole sans qu’il le lui ait dite et Zaynou l-^Abidin se taisait.
Par la suite, cet homme était reparti lorsque la nuit était venue, il est venu à la porte de cet homme et lui a dit :
« -Ô, mon frère, si tu étais véridique en ce que tu m’as dit, que Allah me pardonne et si tu étais menteur, que Allah te pardonne. »
Puis il est reparti. C’est alors que cet homme est sorti et l’a suivi par derrière et s’est mis à pleurer tant que Zaynou l-^Abidin a eu de la compassion pour lui.Cet homme lui a dit :
« -Ne me méprends pas. Je ne reviendrais plus à faire quelque chose que tu n’aimes pas .
-Et toi je te pardonne pour tout ce que tu m’as dit. »
Sa générosité
L’imam As-Sajjad Ibnou l-^Abidin, que Allah l’agréé, était généreux, il prodiguait le bien, il était bienfaiteur.
Ibnou l-Jawziyy a rapporté dans « Sifatou As–Safawah » d’aprés Mouhammad fils de Is-haq il a dit : « Il y avait des gens à Médine qui vivaient et ils ne savaient pas d’où leur parvenait leur subsistance; lorsque ^Aliyy fils de Al-Houçayn était mort ils ne retrouvaient plus ce qu’il leur était donné de nuit et il est rapporté que leur nombre était de cent familles de Médine.
Et lorsque venait à lui un mendiant pour lui demander quelque chose, il lui faisait bon accueil et lui disait :
-Bienvenue à celui qui transporte mes provisions pour l’au-delà ! »
Et un des fils de ^Amr Ibnou Yasir a rapporté :
« Il y avait un jour chez ^Aliyy fils de Al-Houçayn des invités qui avaient demandé à l’un de ses serviteurs à ce qu’il leur ramène rapidement de la viande cuite dans le four. C’est alors que le serviteur était venu en courant et la brochette -le fer sur lequel était mis les bouts de viande- ( On dit plutôt la broche, non?) était tombée de sa main sur l’un des enfants de ^Aliyy qui l’a atteint dans sa tête et il en est mort c’est alors que ^Aliyy a dit à ce serviteur :
« -Tu es libre, parce que tu n’as pas fait exprès ; »
Et il l’a amené avec lui dans le convoi funéraire de son fils.
Un jour il a rendu visite à Mouhammad fils de Houssama fils de Zayd lors de sa maladie et Mouhammad s’était mis à pleurer. Zaynou l-^Abidin lui a dit:
« -Qu »est ce qui t’arrive?
-Je suis endetté.
-De combien?
-Quinze mille dinars.
C’est alors que Zaynou l-^Abidin lui a dit:
-C’est moi qui me charge de les rembourser. »
Sa modestie.
^Aliyy fils de Houçayn était, que Allah l’agréé, modeste. Lorsqu’il marchait sa main ne dépassait pas sa cuisse et il ne marchait pas avec arrogance et fierté. Lorsqu’il se levait pour accomplir la prière il était pris de tremblements il lui était dit :
« -Qu’est ce qui t’arrive ?
-Vous ne savez pas pour Qui je me lève et Qui j’invoque. »
Il s’asseyait, que Allah l’agréé, dans l’assemblée de ‘Aslam, l’esclave affranchi de ^Oumar, que Allah l’agréé. C’est alors qu’un homme de Qouraych lui a dit:
« -Tu laisses l’assemblée de Qouraych et tu tiens l’assemblée avec un esclave de Bani ^Oudayy !
C’est alors que ^Aliyy lui a dit:
-Mais la personne s’asseoit là où elle profite. »
Et Yazid Ibnou Hazim a dit :
« -J’ai vu ^Aliyy fils de Al-Houçayn et Soulayman fils de Yasar s’asseoir dans Ar-Rawdah (c’est-à-dire entre la tombe du Prophète et le minbar du Prophète dans la mosquée du Prophète) Ils discutaient de sujets utiles jusqu’à ad–douha et ils révisaient la science de la religion lorsqu’ils voulaient se lever alors ^Abdoul-Lah fils de Abou Salamah leur récitait une sourah du Qour’an. Lorsqu’il terminait, ils faisaient des invocations .
Les faits remarquables de l’imam Zaynou l-^Abidin
Ibnou Qoutaybah a rapporté dans “Al ma^arif”:
« ^Aliyy fils de Al-Houçayn avait affranchi une femme esclave qui lui appartenait puis il l’a épousé. C’est alors que ^Abdoul-Malik Ibnou Marwan lui a envoyé une lettre pour le blâmer pour ce qu’il a fait et Zaynou l-^Abidin lui a écrit sa réponse en lui disant:
« Vous avez certes un excellent modèle en la personne du Messager de Allah , qui avait affranchi Safyah la fille de Khouyay fils de ‘Akhtab puis il l’avait épousé et il a affranchi Zayd, le fils de Kharithah et il lui a donné en épouse la fille de sa tante paternelle Zaynab bintou Jahch »
Zaynou l-^Abidin était extrêmement bienfaisant envers sa mère tant qu’il évitait de manger dans le même récipient que sa mère de crainte que sa main ne prenne le morceau qu’avait vu en premier sa mère. Et il accomplissait, que Allah l’agréé, chaque jour et nuit mille rak^ah des prières surérogatoires tant qu’il a été surnommé l’imam As-Sajjad ( c’est-à-dire celui qui se prosterne)
Az–Zouhriyy a dit également:
« C’était celui des gens de sa famille que l’on avait le plus pour destination et c’était celui d’entre le plus que Marwan Ibnou l-Hakam et ^Abdoul-Malik Ibnou Marwan aimaient »
Quelques- unes de ses caractéristiques
Zaynou l-^Abidin avait un drap de tissu qui s’appelle khaz de couleur jaune qu’il mettait le vendredi et il mettait dans ses pieds des sortes de sandales qui ne sont pas fermées de derrière et qui avait une description particulière Il achetait aussi le tissu de khaz à cinquante dinars, il passait dans ce tissu là l’hiver puis il revendait ce tissu et donnait en aumône le prix. Il passait l’été dans deux vêtements, des habits d’Egypte qu’il achetait à un dinar et il mettait de temps en temps d’autres vêtements. Il mettait sur sa tête une ^imamah (un turban) et il laissait l’extrémité du turban dépasser derrière son dos. Il mettait du baume ou du parfum aprés le ghousl lorsqu’il voulait entrer en rituel. Il rassemblait les prières de Adh-dhour et de Al-^asr, ainsi que celle de Al-maghrib et de Al-^icha pendant le voyage.
Ses paroles dans l’exemption de Allah de toute ressemblance avec Ses créatures
Zaynou l-^Abidin était sur la croyance du Prophète et de ses compagnons en terme de croyance en l’unicité de Allah et de Son exemption de l’endroit, de la localisation, de la limite et de la couleur
Le maître Mourtadah Az–Zabidiyy le commentateur de « Al-Qamous » a rapporté avec une chaîne de transmission ininterrompue composée de gens qui sont tous de la famille du Prophéte que Zaynou l-^Abidin ^Aliyy fils de Al-Houçayn a dit dans son épître appelé « As–Sahifah As- Sajjadiyyah« :
« Tu es exempt d’imperfection, O Allah Tu n’es pas contenu dans un endroit »
Et Zaynou l-^Abidin, que Allah l’agréé, personne ne l’aidait pour sa purification, il puisait l’eau pour sa purification avant de s’endormir. Lorsqu’il se levait pendant la nuit il commençait par utiliser le siwak ensuite il faisait son woudou’ et il commençait à faire la prière et il rattrapait les prières surérogatoires qu’il avait manqué la journée, il les rattrapait pendant la nuit puis il était dit: « Mes fils, ceci n’est pas un devoir pour vous (c’est-à-dire d’accomplir les prières surrérogatoires) mais celui d’entre vous qui s’est habitué à une habitude de bien, c’est bien pour lui de persévérer sur cela »
Et il ne délaissait la prière surérogatoire de nuit ni lorsqu’il était résident ni lorsqu’il était voyageur.
On rapporte de lui, qu’il a dit:
« Je suis étonné de l’orgueilleux arrogant qui la veille était de l’eau mélangée du père et de la mère et demain il sera un cadavre puant. Et je suis étonné du profond étonnement de celui qui doute au sujet de Allah alors qu’il voit les créatures de Allah et je suis étonné du plus profond étonnement de celui qui renie la résurrection alors qu’il voit cette vie présente et je suis étonné de tout l’étonnement pour celui qui oeuvre pour cette résidence qui va à sa fin et alors qu’il sait qu’il y aura une résidence qui sera éternelle sans fin.»
Et il été rapporté de Abou Ja^far Mouhammad fils de ^Aliyy Zaynou l-^Abidin qu’il a dit :
« Mon père m’a recommandé certaines choses, il m’a dit :
-Ne tiens pas la compagnie de cinq catégories de personnes ne leur parle pas et ne les accompagne pas sur le chemin.
Je lui ai dit:
-Je me sacrifies pour toi, ô mon père qui sont donc ces cinq personnes?
Il m’ a dit:
-Ne tiens pas la compagnie du grand pécheur car il est capable de te vendre pour une bouchée ou moins que cela.
Je lui ai dit:
-Père qu’est ce qui est moins qu’une bouchée ?
-Il souhaite obtenir la bouchée et il ne l’obtient pas.
-Père et qui est donc la deuxième de qui je ne tiens pas la compagnie ?
-Ne tiens pas la compagnie de celui qui est avare car il est capable de prendre de toi et de te rendre encore plus dans le besoin que lorsque tu l’avais connu.
-Père et qui est donc la troisième personne?
-Ne tiens pas la compagnie du menteur car il est comme le mirage: il éloigne de toi celui qui est proche et te rapproche celui qui est loin
-Père et qui est donc le quatrième?
-Ne tiens pas la compagnie de celui qui est stupide car il veut t’être utile et il va te nuire
-Père et qui est donc le cinquième?
-Ne tiens pas la compagnie de celui qui rompt les liens avec ses proches parents car j’ai vu que dans le Livre de Allah il est maudit à trois reprises »
Au sujet du mérite de la famille du Prophète
Il a été dit au sujet des mérites de la famille du Prophète beaucoup de poésie et parmi ce qui est rapporté c’est que Hicham fils de ^Abdoul-Malik a accompli le pèlerinage avant d’être chargé du califat. Il a essayé d’embrasser la pierre noire mais il n’a pas pu, c’est alors que Zaynou l-^Abidin ^Aliyy fils de Al-Houçayn était venu, les gens se sont alors écartés, éloignés pour qu’il puisse embrasser la pierre noire. Des gens ont dit à Hicham:
« -Qui est donc cet homme ?
Il a dit:
-Je ne le connais pas »
C’est alors que Al-Farazdaq, le poète a dit :
« -Moi, je le connais. Et il s’est mis à dire de la poésie (en arabe qui est très belle, qui signifie en français) :
Cet homme est le fils du meilleur de tous les esclaves de Allah
C’est lui le pieux, le pur, celui qui est illustre
La terre reconnaît son pas
Et la maison sacrée le reconnaît
Tout comme ceux qui ne sont pas en rituel de pèlerinage
Et ceux qui sont en rituel de pèlerinage
C’est lui qui, lorsque sa belle main a touché le noir de la Ka^bah
Lorsqu’il va l’embrasser
Lorsque Qouraych le voit celui qui parle en leur nom dit
C’est à l’honneur de cet homme que tout l’honneur aboutit
Si les gens de la piété sont énumérés
Les gens de la famille seront leurs imams
Ou s’il a été dit : « Qui sont les meilleurs gens de la terre? »
Il sera dit: “Ce sont eux”
Cet homme, c’est le fils de Fatimah, si tu l’ignores
C’est son grand-père qui était le dernier des prophètes de Allah
Mais ta parole: “Qui est cet homme? », ne lui nuie pas
Les arabes connaissent celui que tu n’as pas connu
Tout comme les non arabes
Il est modeste et pudique
Tellement il inspire de respect, les gens ne parlent
Que lorsqu’il sourit”
Son décès, ^alayhi s-salam
Ses mérites et les faits remarquables de sa vie, que Allah l’agréé, sont beaucoup plus nombreux que d’être énumérés ici.
Il a été dit qu’il est mort en 99 de l’hégire et d’autres ont dit 92 de l’hégire à Médine.
Il a été enterré à Al-Baqi^ dans la tombe de son oncle paternel Al-Haçan fils de ^Aliyy sous la coupole où il y a la tombe de Al-^Abbas, que Allah les agréé tous.
Que Allah te fasse miséricorde, Ô toi l’Imam, l’ascète, le saint, le vertueux, que Allah te fasse miséricorde, tu étais véritablement Zaynou l-^Abidin (c’est-à-dire la parure des adorateurs) et que Allah nous accorde l’intercession de ton grand-père, salla Lahou ^alayhi wa sallam.
Biographies : Le Chaykh Abdou lLaah Al-Harariyy
LE CHAYKH 3ABDOU L LAAH AL-HARARIYY
Son nom et sa naissance :
Il est l’honorable savant, le modèle des experts en authentification et le doyen de ceux qui examinent scrupuleusement la compatibilité des textes, celui qui est à la tête des savants qui œuvrent pour la religion, l’Imam, le Mouhaddith, le pieux ascète, le vertueux, celui qui persévère dans l’adoration, celui qui possède les dons éminents, le Chaykh Abou ^Abdi r-Rahman ^Abdou l-Lah fils de Mouhammad fils de Youçouf fils de ^Abdou l-Lah fils de Jami^ Al-Harariyy Ach-Chaybiyy Al-^Abdariyy, le Moufti (Jurisconsulte) de Harar. Il est né dans la ville de Harar, aux environs de l’an 1328 de l’Hégire (1910).
Son évolution et ses déplacements :
Il a grandi dans une famille modeste, aimant la science de la religion et les gens de science. Il a donc appris le Qour’an honoré avec mémorisation, psalmodie et maîtrise à l’âge de sept ans, puis il s’est entièrement consacré à puiser dans les océans de la science. Il a ainsi appris par cœur un certain nombre de manuels de base dans différents domaines de la science. Puis il a accordé son attention à la science du Hadith et a ainsi appris par cœur les six livres et d’autres encore, avec leurs chaînes de transmission, à tel point qu’il a été autorisé à donner des avis de jurisprudence et à transmettre le Hadith alors qu’il n’avait pas même dix-huit ans.
Il s’est distingué à travers toutes les régions de l’Ethiopie et de la Somalie en surclassant ses pairs dans la science de la biographie des hommes de la transmission du Hadith et de leurs niveaux respectifs. Il s’est également distingué par la mémorisation des manuels de base et l’approfondissement des sciences de la Sounnah, de la langue, de l’exégèse, de l’héritage et d’autres encore, à tel point qu’il n’est pas de science islamique connue qu’il n’ait étudiée et dans laquelle il ne soit compétent.
Son intelligence et sa mémoire exceptionnelle lui ont permis d’approfondir sa connaissance dans le fiqh Chafi^ite, les règles fondamentales de constitution du fiqh selon Ach-Chafi^iyy et les points de différence d’avis dans l’école. C’est également le cas dans le fiqh ma1ikite, hanafite et hanbalite, à tel point qu’il est devenu celui que les gens désignent et recommandent de visiter et auprès de qui les gens des contrées éthiopiennes et somaliennes se rendaient, jusqu’à ce qu’on lui accorde le poste de Moufti de Harar et de ses environs.
Il a appris le fiqh chafi^ite, les règles fondamentales de constitution selon Ach-Chafi^iyy et la grammaire arabe de plusieurs savants et maîtres parmi lesquels il y a le savant et maître le Chaykh Mouhammad Siraj Al-Jabartiyy le Moufti de l’Ethiopie. Il a appris les sciences de la langue arabe entre autres Chaykh et en particulier, du Chaykh Ahmad Al-Basir.
Il a étudié le fiqh des trois autres écoles ainsi que leurs règles fondamentales de constitution de plusieurs savants parmi lesquels il y a le Chaykh Mouhammad Al-^Arabiyy Al-Façiyy. Il a appris la science de l’exégèse du Chaykh Charif Al-Habachiyy, dans sa ville Jimmah, et il a pris la science du Hadith et les sciences attenantes de très nombreux savants. Parmi les plus honorables d’entre eux il y a le Chaykh Abou Bakr Mouhammad Siraj Al-Jabartiyy, Moufti de l’Ethiopie et le Chaykh ^Abdou r-Rahman ^Abdou l-Lah Al-Habachiyy ainsi que d’autres.
Puis il est parti vers La Mecque et ses savants avec lesquels il a fait connaissance. Parmi eux le Chaykh Mouhammad Yaçin Al-Fadaniyy. I1 a aussi fait partie de l’auditoire du Chaykh Mouhammad Al-^Arabiyy At-Tabban. Il a aussi rencontré le Chaykh vertueux, le Mouhaddith et spécialiste de la récitation du Qour’an Ahmad ^Abdou l-Mouttalib, Chaykh des spécialistes des sciences de la lecture du Qour’an à la mosquée de La Mecque. Il a appris de lui les quatorze versions de lecture ainsi que davantage de science du Hadith et il a obtenu de sa part une licence.
Il est parti par la suite à Médine l’Illuminée où il a établi des liens avec ses savants et où il a appris encore du Hadith du Mouhaddith le Chaykh Mouhammad fils de ^Aliyy As–Siddiqiyy Al-Bakriyy Al-Hanafiyy qui l’a autorisé à transmettre le Hadith.
Puis, il s’est dirigé vers Damas. Les habitants de la ville lui ont fait bon accueil, d’autant que venait de décéder le Mouhaddith, le Chaykh Badrou d-Din Al-Haçaniyy, que Allah lui fasse miséricorde. Puis, lorsqu’il a habité Damas, il a appris du Chaykh Mahmoud Fayiz Ad-Dir^ataniyy, le résident à Damas et son spécialiste de la lecture du Qour’an. Puis il s’est déplacé dans le pays du Cham. Sa renommée n’a cessé de croître, les savants du Cham ainsi que les étudiants le fréquentaient assidûment, il a donc fait connaissance avec ses savants et ils ont tiré profit de sa science. Ils ont témoigné de son mérite et ont reconnu son haut degré dans la science. Il est devenu célèbre dans le pays du Cham comme étant « le successeur du Chaykh Badrou d-Din Al-Haçaniyy » et comme étant « le Mouhaddith du pays du Cham ». Par ailleurs, de nombreux savants et spécialistes du fiqh du Cham lui ont rendu hommage, parmi eux le Chaykh Abou l-Yousr ^Abidin, Moufti de la Syrie, le Chaykh Nouh de la Jordanie, le docteur Al-Halwaniyy, Chaykh des spécialistes de la lecture du Qour’an en Syrie. De même le Chaykh ^Outhman Sirajou d-Din de la descendance du Chaykh ^Ala‘ou d-Din, maître des Naqchabandiyy en son temps, a fait son éloge et une correspondance fraternelle et scientifique s’est établie entre eux. Ont fait son éloge également le Chaykh ^Abdou l-Karim Al-Bayyariyy, l’enseignant à la mosquée Al-Hadra Al-Kaylaniyyah à Bagdad, le Chaykh Mouhammad Zahid Al-Islambouliyy, le Chaykh Mouhammad Al-Hanafiyy qui est l’un des plus célèbres savants turcs œuvrant actuellement dans ces contrées, les deux Chaykh ^Abdou l-Lah et ^Abdou l-^Aziz Al-Ghoummariyy qui sont les deux Mouhaddith des contrées marocaines, le Chaykh Mouhammad Yaçin Al-Fadaniyy le Mecquois, Chaykh du Hadith et des chaînes de transmission à l’Institut des sciences de religion à La Mecque honorée (Dar Al-^ouloum ad-Diniyyah). De nombreuses autres personnalités lui ont encore rendu hommage.
Il est arrivé à Beyrouth en l’an 1370 de l’Hégire (1950). Il a été l’hôte des plus grands Chaykh de cette ville, tels le Chaykh le Qadi (Juge) Mouhyi d-Din Al-^Ajouz, le Chaykh et Conseiller Mouhammad Ach-Charif. Le Chaykh Baha‘ou d-Din Al-Kilaniyy s’est réuni avec le Chaykh ^Abdou l-Lah chez le Chaykh Mouhammad Ach-Charif et il a tiré profit de lui dans la science du Hadith.
Le Chaykh Moukhtar Al-^Alayli, l’ancien responsable de la fatwa, que Allah lui fasse miséricorde, s’est réuni avec le Chaykh ^Abdou l-Lah et a reconnu son mérite et son haut degré dans la science. Il a préparé la prise en charge de son installation à Beyrouth par Dar Al-Fatwa, afin qu’il puisse se déplacer dans les différentes mosquées pour y diriger des assemblées de sciences, et ceci par une autorisation écrite du Chaykh Moukhtar.
Il est décédé que Dieu lui fasse miséricorde le mois de Ramadan de l’année 1429 H 2008. Il est enterré à Beyrouth.
1- Al-Harariyy : de Harar, région de la corne africaine (Ethiopie) ayant une histoire islamique glorieuse et qui a vu naître sur son sol beaucoup de savants et de saints.
2- Al-^Abdariyy : de la descendance de ^Abdou d-Dar, qui est une branche de la tribu de Qousayy fils de Kilab, le quatrième arrière-grand-père du Prophète
3- Hadith -Tradition prophétique – : parole, fait ou événement rapporté du Prophète ou de ses compagnons, que Allah les agrée.
4- Les six livres sont les recueils de Hadith les plus importants de la Tradition : AI-Boukhariyy, Mouslim, An-Naça‘iyy, Abou Dawoud, At-Tirmidhiyy, Ibnou Majah.
5- Fiqh : science de la jurisprudence des lois de l’Islam.
6- Chafi^ite : relatif à Ach-Chafi^iyy, le grand savant Qouraychite, l’un des plus illustres jurisconsultes musulmans, que Allah lui fasse miséricorde, il a pris la science de l’Imam Malik à Médine et ce dernier l’a autorisé à donner des avis de jurisprudence alors qu’il n’avait que quinze ans. Puis, il est parti en Irak et il a appris chez les élèves de l’Imam Abou Hanifah. Il a rencontré l’Imam Ahmad que Allah leur fasse miséricorde à tous.