Croyance : Al I3timaadou Fi l I3tiqaad
Al-I^timadou fi l-I^tiqad
composé par
Abou l-Mahacin Mouhammad Al-Qawqjiyy
At-Taraboulsiyy Al-Hanafiyy
décédé en l’an 1305 de l’Hégire
Introduction
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, à Lui reviennent les grâces, les mérites et les bonnes éloges, que Allah honore et élève davantage le degré de notre maître Mouhammad le Prophète à qui Son Seigneur a enseigné, qui a ainsi surpassé les créatures qui l’ont précédé et qui sont venues après lui, et que Allah préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Allah ta^ala a fait que grâce à lui de nombreux peuples sont sortis des ténèbres à la lumière, de l’obscurité de la mécréance vers la clarté de la foi. Ils sont devenus des gens appelant à la vérité, la propageant parmi les créatures. Ils ont appris ce que Allah a rendu obligatoire sur eux d’apprendre comme science et ils l’ont enseignée, réunissant ainsi la connaissance de la jurisprudence de la religion et l’ordre du bien et l’interdiction du mal. L’Islam est arrivé, grâce à eux, jusque là où se trouvaient le palais de Chosroës et le trône de César. Ils ont fait de la propagation de la croyance en l’Unicité de Allah leur plus grand souci. La première chose à laquelle ils appelaient les gens était la croyance en l’Unicité de Allah ta^ala, suivant en cela la parole du Prophète adressée à Mou^adh Ibnou Jabal :
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Tu auras affaire à des gens du livre. Que la première chose à laquelle tu les appelles soit la croyance en Son unicité ta^ala (at-tawhid). Une fois qu’ils auront reconnu cela, apprends-leur que Allah leur a rendu obligatoire cinq prières par jour et nuit … ».
Les compagnons enseignaient en effet au début les sujets relatifs à la croyance. Ils apprenaient après cela ce dont ils avaient besoin dans les domaines de la jurisprudence. Al-Bayhaqiyy a rapporté de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar que Allah l’agrée, lui et son père, qu’il a dit : « Nous apprenions la foi – les règles de la croyance – avant le Qour’an ». Ibnou Majah a rapporté de Joundoub que Allah l’agrée qu’il a dit : « Alors que nous étions jeunes, proches de la puberté avec le Messager de Allah, nous avons appris la foi - les règles de la croyance – et nous n’avions pas encore appris le Qour’an. Ensuite, nous avons appris le Qour’an et par lui notre foi a augmenté ». Le Hafidh Al-Bousayriyy l’a jugé sûr.
Les successeurs immédiats des compagnons (at-tabi^iyy) ont suivi cette voie, de même que leurs successeurs et les successeurs de leurs successeurs. Ils s’attachaient avec insistance à enseigner aux jeunes enfants ces sciences et à les leur transmettre afin qu’ils grandissent loin des mauvaises innovations, attachés à la Tradition prophétique, distinguant entre le vrai et le faux, entre ce qui induit en erreur et ce qui constitue une preuve. En effet, il en est tel que l’a dit Al-Ghazaliyy : « L’acte d’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qui mérite d’être adoré ».
Parmi ces savants qui ont consacré leur attention aux enfants des musulmans, un savant de Tripoli du Liban, honorable, a composé un livret comportant un résumé des sujets de la croyance pour que les enfants des croyants l’étudient et profitent de la science qu’il comporte. Il s’agit du Mouhaddith, du spécialiste de la jurisprudence (faqih) Abou l-Mahacin Al-Qawqjiyy. Ce livre a été imprimé dans le passé, du vivant de son auteur, sous la supervision de son fils Abou n-Nasr. Pour plus de profit, nous avons voulu l’éditer à nouveau après quelques améliorations et après l’ajout de quelques passages utiles et ceci en raison de l’intérêt que nous accordons au patrimoine islamique, surtout lorsqu’il s’agit de la croyance musulmane véridique.
Section des Recherches et des Etudes Islamiques
de l’Association des Projets de Bienfaisance Islamiques
Biographie de l’auteur
Son nom et sa lignée
Il s’agit de Abou l-Mahacin Chamsou d-Din Mouhammad Ibnou Khalil Ibni Ibrahim Ibni Mouhammad Ibni ^Aliyy Al-Machichiyy le Tripolitain, de la descendance du Prophète (charif), de lignée honorable, connu sous le nom de Al-Qawaqjiyy Al-Hanafiyy, le grand savant, le mouhaddith, le soufiyy, le spécialiste de la jurisprudence (faqih).
Sa naissance
Il est né la nuit du lundi douze du mois de Rabi^ou l-‘Awwal de l’an 1224 de l’Hégire honorée.
Son apprentissage de la science et ses Chaykh
Il a reçu, que Allah lui fasse miséricorde, les principes des sciences à Tripoli du Cham. Il partit par la suite en Egypte en 1239 H. Il a suivi les enseignements religieux à Al-‘Azhar, y résidant vingt sept ans, assistant aux cours et recevant les sciences. Parmi ses Chaykh, on cite : le Chaykh Mouhammad Al-Khaliliyy At-Tamimiyy Mufti des hanafiyy en terre d’Egypte, le Chaykh Mouhammad ^Abid Al-‘Ansariyy As-Sindiyy, le Chaykh Mouhammad Al-Bahiyy Al-Misriyy, le Chaykh Ahmad As-Sa^idiyy Al-Malikiyy, le Chaykh Mouhammad Salih As-Siba^iyy Al-^Adawiyy et de nombreux autres encore.
Après cette période, il retourna en sa ville Tripoli du Cham où il enseigna et bénéficia à de nombreuses personnes.
Ses ouvrages
Il a de nombreuses compositions, certaines étant imprimées et d’autres manuscrites. Parmi ses ouvrages, il y a :
1/ Ma^danou l-la’ali fi l-‘Açanidi l-^Awali, manuscrit dans lequel il a mentionné ses Chaykh et ses chaînes de transmission.
2/ Rabi^ou l-Jinan fi Tafsiri l-Qour’an.
3/ Raf^ou l-‘Astari l-Mousdalah fi l-‘Ahadithi l-Mousalsalah, manuscrit.
4/ Al-Maqasidou s-Saniyah fi ‘Adabi s-Soufiyyah.
5/ Rouhou l-Bayan fi Khawassi n-Nabatati wa l-Hayawan.
6/ Al-Lou’lou’ou l-Marsou^ fi l-Hadithi l-Mawdou^, imprimé.
7/ Tanwirou l-Qouloubi wa l-‘Absar fi l-hadith.
8/ Dawawin wa Khoutab Minbariyyah.
9/ Récit de voyage regroupant les faits les plus marquants de ses voyages en Egypte, au Hijaz et au Cham.
10/ Adh-Dhahabou l-‘Ibriz, Charhou l-Mou^jami l-Wajiz de Al-Marghaniyy, imprimé.
11/ Al-Jami^ou l-Fayyah li l-Koutoubi th-Thalathati s-Sihah : Al-Mouwatta’, Al-Boukhariyy wa Mouslim.
12/ Al-Bahjatou l-Qoudsiyyah fi l-‘Ançabi n-Nabawiyyah.
13/ Kawakibou t-Tarsif fima li l-Hanafiyyati mina t-Tasnif.
14/ Lata’ifou r-Raghibin fi ‘Ousouli l-Hadithi wa l-Kalami wa d-Din, manuscrit.
15/ Ghinyatou t-Talibin fima yajibou min ‘Ahkami d-Din ^ala l-Madhahibi l-‘Arba^ah, imprimé.
16/ Chawariqou l-‘Anwar, manuscrit.
17/ Safinatou n-Najat fi Ma^rifati l-Lahi wa ‘Ahkami s-Salat, opuscule dans la jurisprudence, imprimé.
18/ Al-I^timadou fi l-I^tiqad, imprimé dans le passé.
19/ Touhfatou l-Moulouk fi s-Siyari wa s-Soulouk.
20/ Jamalou r-Raqsi fi Qourra’i Hafs.
21/ Al-Jami^ou l-Fayyah li Jawami^i l-Koutoubi s-Sihah.
22/ Al-Badrou l-Mounir Moukhtasarou l-Jami^i s-Saghir.
23/ Ad-Dourrou s-Safiyy ^ala ^Aqidati n-Naçafiyy.
24/ Al-Barqatou d-Dahchiyyah fi Labsi l-Khirqati s-Soufiyyah.
25/ Charh ^ala l-Kafi fi ^Ilmayi l-^Aroudi wa l-Qawafi.
Il a d’autres compositions et maîtrises dont une qui est conservée à Darou l-Koutoubi l-Misriyyah numéro 253 Moustalah.
Ses élèves
Parmi ses élèves, qui ont pris et rapporté de lui, il y a son fils, le spécialiste du hadith spécialiste des chaînes de transmission (mousnid) Abou n-Nasr, Ahmad Ibnou Mouhammad Ad-Dalbachaniyy, Salih Ibnou ^Abdi l-Lah Al-^Abbaciyy, le Chaykh des savants de Doumyat Mouhammad Ibnou Mahmoud Khafajah Ad-Doumyatiyy, Habibou r-Rahman Al-Kadhimiyy Al-Hindiyy, le spécialiste des chaînes de transmission (mousnid) de Médine Abou l-Haçan Al-Watriyy Al-Madaniyy, l’Orateur de Al-‘Azhar Haçan As-Saqqa Al-Farghaliyy, ^Abdou l-Fattah Az-Zou^biyy At-Taraboulsiyy, le spécialiste des chaînes de transmission Ahmad Al-^Attar, le Chaykh ^Abdou r-Rahman Al-Hout le délégué des nobles descendants du Prophète (Charif) du gouvernorat de Beyrouth, le Chaykh Basyouni Al-Qaranchawi, le Chaykh Salim Al-Miswati Ad-Dimachqiyy et d’autres qui ont tiré profit de lui et ont par la suite profité à autrui.
Il était connu dans sa ville pour sa science, sa vertu et son soufisme. Les musulmans de sa ville l’estimaient (‘i^tiqad) et le respectaient. A la fin de sa vie, il restait souvent à la mosquée At-Tahham où il passait la nuit auprès de ses élèves. Jusqu’à nos jours il y a encore une rue connue par son nom, c’est-à-dire Zouqaq Al-Qawaqjiyy.
Son décès
Il voyagea en 1305 H vers l’Egypte. Il y séjourna jusqu’après la fête de Al-Fitr puis se mit en route pour le Hijaz. Il accomplit des tours autour de la Ka^bah honorée et fit les trajets entre As-Safa et Al-Marwah. Après s’être désengagé de son rituel, il fut atteint d’une fièvre. Il mourut face à la Maison Sacrée et ce, la nuit du mercredi aprCARSPECIAUX 232 \f « Times New Roman Euro »s l’écoulement de huit nuits de Dhou l-Hijjah de l’an 1305 H. Il fut enterré, que Allah lui fasse miséricorde, entre le site de la Dame Khadijah et celui de ‘Aminah.
Le Mouhaddith ^Abdou l-Hayy Al-Kattaniyy l’a décrit par sa parole : « Il est le spécialiste des chaînes de transmission du Cham du début de ce siècle. C’est selon ses chaînes de transmission que l’on se base essentiellement dans la majeure partie de l’Egypte, du Cham et du Hijaz » fin de citation.
Par le nom de Allah Ar-RaHmaan Ar-RaHiim
La louange est à Allah, par Lui on recherche l’aide, l’Unique non par le nombre, Celui Qui existe sans être l’effet d’autre chose. Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah Celui Dont l’existence est obligatoire selon la raison et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah, lui qui fait les louanges à Allah, dont le caractère est digne d’éloge. Ô Allah, élève-le en degré, honore-le davantage, préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle et donne-lui davantage de bénédictions ainsi qu’à sa famille et à ses compagnons tant qu’un cœur sera illuminé par la lumière de la science de l’exemption de Allah de toute imperfection (at-tanzih) et tant qu’il y aura des preuves pour renier les idées de at-ta^til c’est-à-dire de la négation de l’existence de Dieu et de Ses attributs et de celles de at-tachbih c’est-à-dire de l’assimilation de Allah à Ses créatures.
Ainsi :
Ceci est un traité de croyance du tawhid, la croyance en l’unicité de Allah, pure de toute confusion (hachw) et de toute complication, dont a besoin toute personne qui recherche à atteindre la droiture (mourid), que Allah en fasse profiter tous les esclaves. ‘Amin.
Sache que si quelqu’un te dit : Qui adores-tu ? Alors dis : J’adore Allah, le seul Dieu, Celui Qui n’est pas localisé sur terre ni dans le ciel. Il est avant l’endroit et le temps et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité. Il n’est pas possible de Lui donner une image dans le cœur car Il n’a pas de semblable parmi les créatures. Sur terre est Sa souveraineté, au paradis Sa miséricorde et en enfer Son châtiment.
S’il te demande : Qu’est-ce que Allah ? Dis : Si tu demandes à propos de Son nom, Allah est Ar-Rahman, le Très-Miséricordieux ; Ar-Rahim, le Miséricordieux ; Il a les noms parfaits. Si tu demandes à propos de Ses attributs, Sa vie Lui est propre, elle est éternelle, Sa science englobe toute chose, Sa puissance est parfaite, Sa sagesse est manifeste, Son ouïe et Sa vue concernent toute chose. Si tu demandes à propos de Son acte, c’est la création des créatures et le fait d’accorder à chaque chose sa valeur. Si tu demandes à propos de Son Être, Il n’est pas un corps ni une caractéristique qui advient au corps (^arad) et Il n’est pas composé. Tout ce qui passe par ton esprit, Allah en est différent. Son Être existe et Son existence est obligatoire selon la raison ; Il n’est pas engendré, Il n’engendre pas et Il n’a pas d’équivalent. Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit. Celui qui dit : « J’adore l’Être Qui a les attributs propres à Lui-même », voilà le croyant sauvé.
S’il te demande : Quelle est ta preuve sur l’existence de Allah ? Dis : Voilà ce ciel avec ses astres et ses planètes, cette terre avec ses vallées et ses eaux, cette végétation avec la variété de ses arbres et de ses fruits, ces animaux avec la diversité de leurs formes et de leurs actes, tout cela indique l’existence de son Créateur, Son unicité, Son éternité et Sa toute-puissance.
S’il dit : Comment cela le prouve ? Dis : Tout cela fait partie du possible selon la raison qui admet l’anéantissement. Et tout ce qui est ainsi entre en existence, est créé. Puisque cela entre en existence, cela nécessite Qui le fait entrer en existence, Qui lui donne l’existence. Ou bien dis : Cela existe après n’avoir pas existé. Tout ce qui existe après n’avoir pas existé a indispensablement Qui l’a fait exister, Qui l’a fait surgir du néant à l’existence. Ces créatures ont indispensablement Qui leur a donné l’existence, Qui les a fait exister et c’est Allah Qui a la toute perfection qui est digne de Lui et Qui est exempt d’imperfection (soubhanahou wa ta^ala).
S’il te dit : Quelle est ta preuve de leur entrée en existence ? Dis : c’est le fait que toutes ces choses sont attribuées des caractéristiques qui adviennent aux corps (^arad), qui évoluent du néant à l’existence et de l’existence au néant. Et tout ce qui change entre en existence. Si les choses entraient en existence de par elles-mêmes, cela requerrait de faire prévaloir ce qui a prévalu, - à savoir leur existence -, et ce sans aucune raison, ce qui est infondé. En effet Celui Qui est exempt de début, s’il Lui arrivait l’anéantissement, l’existence Lui serait possible selon la raison, et non obligatoire, tout comme l’anéantissement, de par l’hypothèse qu’Il serait caractérisable par eux deux. Or celui dont l’existence est possible selon la raison, son existence ne peut être qu’entrée en existence, ayant un début, en raison du besoin qu’il a de Qui fait prévaloir son existence sur son inexistence. Si la caractéristique qui advient au corps (al-^arad) existait de par elle-même et était définie de par elle-même, elle requerrait le changement de sa réalité. Car la réalité d’une caractéristique qui advient au corps, c’est qu’elle n’existe pas de par elle-même, elle n’est pas définie de par elle-même et ne se transfert pas de par elle-même. Or, le changement de la réalité est impossible et ce qui entraîne une impossibilité est en soi impossible. Ainsi son arrivée à l’existence de par elle-même, sa définition de par elle-même et son transfert de par elle-même sont impossibles. En effet, le corps est soi en mouvement, soit immobile et il n’est pas possible que lors de son mouvement, son immobilité coexiste en lui. De même, si le corps était immobile lors de son mouvement, les deux opposés seraient réunis mais leur réunion est impossible. Enfin, il n’est pas possible qu’il y ait un corps qui ne soit ni en mouvement ni immobile, ni décomposé ni rassemblé. Il n’est pas possible que les corps ne soient pas concernés par certaines des caractéristiques qui adviennent aux corps. Car s’il était possible qu’ils ne soient pas concernés par certaines d’entre elles, il serait possible qu’ils ne soient pas concernés par la totalité d’entre elles, ce qui est infondé.
S’il te dit : Où est Allah ? Dis : Il est avec tout un chacun par Sa science et non par Son Être, supérieur à tout un chacun par Sa toute-puissance, manifeste par toute chose (Dhahir) par les manifestations de Ses attributs, inaccessible de par la réalité de Son Être (Batin) c’est-à-dire qu’il n’est pas possible de Le concevoir dans l’imagination, exempt qu’Il est de la direction et du corps. Ainsi, on ne dit pas qu’Il a une droite, une gauche, un derrière ou un devant, ni qu’Il est au-dessus du Trône ni en dessous, ni à sa droite ni à sa gauche, ni à l’intérieur du monde ni en-dehors de lui. On ne dit pas : Lui seul sait son endroit.
Celui qui dit : Je ne sais par si Allah est au ciel ou sur terre est devenu mécréant car il aura considéré l’un des deux comme étant un endroit pour Lui.
S’il te demande : Quelle est ta preuve sur cela ? Dis lui : Car s’Il avait une direction ou s’Il était dans une direction, Il serait délimité. Or tout ce qui est délimité est entré en existence et l’entrée en existence est impossible s’agissant de Lui.
S’il te demande : Qu’est-ce qui est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala et qu’est-ce qui est impossible à Son sujet ? Dis : Toute perfection qui est digne de Lui est obligatoire s’agissant de Lui et toute imperfection est impossible à Son sujet.
Parmi ce qui est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala, après l’existence, il y a :
L’exemption de début : C’est-à-dire qu’il n’y a pas de début à Son existence et qu’il est impossible à Son sujet l’entrée en existence. La preuve pour cela : c’est que s’Il n’était pas de toute éternité, Il serait entré en existence et s’Il était entré en existence, Il nécessiterait qui L’a fait entrer en existence, car tout ce qui entre en existence a indispensablement qui le fait entrer en existence. Alors, celui qui l’a fait entrer en existence nécessiterait lui-même un autre qui le fait entrer en existence et ainsi de suite, infiniment. Or l’entrée en existence de ce qui est infini dans le passé est impossible selon la raison et ce qui est lié à une chose impossible est impossible.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala, l’exemption de fin : C’est-à-dire qu’il n’y a pas de fin à Son existence, il est impossible à Son sujet l’advenue de l’anéantissement. La preuve pour cela est la suivante : s’il ne Lui était pas obligatoire l’exemption de fin, il Lui serait possible d’être anéanti. Or l’anéantissement est impossible à Son sujet car s’Il était possible qu’Il soit anéanti, il ne serait pas exempt de début, Il ferait alors partie de tout ce qui est possible selon la raison. Or tout ce qui est possible selon la raison est sujet à l’entrée en existence et l’entrée en existence est impossible à Son sujet.
Il est obligatoire s’agissant de Lui Sa non-ressemblance avec ce qui entre en existence : il est impossible qu’Il soit semblable à Ses créatures de par l’être, les attributs et les actes. La preuve pour cela : c’est que s’Il était semblable à une seule chose entrée en existence, Il entrerait en existence comme elle et l’entrée en existence est impossible à Son sujet.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala le non-besoin : c’est-à-dire que Son Être n’a pas besoin d’un endroit où se tenir ni de qui Le fait exister. Il est impossible à Son sujet ce qui s’oppose à cela. La preuve pour cela : C’est que s’Il avait besoin d’un endroit, cela impliquerait qu’Il soit une caractéristique qui arrive à autre que Lui, chose qui est propre à ce qui entre en existence. Or Allah est un être et non une caractéristique. Par ailleurs, s’Il avait besoin de qui Lui donne l’existence, Il serait entré en existence et l’entrée en existence est impossible à Son sujet.
Il est obligatoire s’agissant de Lui l’Unicité de par Son être, Ses attributs et Ses actes. Il est impossible à Son sujet d’être composé, ou d’avoir un équivalent de par Son être ou Ses attributs, ou d’avoir avec Lui un existant qui influe et crée un des actes en réalité. Ainsi le fait de manger rassasie par la création de Allah du rassasiement dans la personne. Le feu brûle par la création de Allah de la brûlure lors de son toucher. Le couteau coupe par la création de Allah de la coupure lors de son utilisation. Ainsi Allah est le Créateur des causes et de leurs effets, le Créateur de la nourriture et du rassasiement qui arrive après avoir mangé. Celui donc qui a cru que le fait de manger rassasie de par soi-même ou que le feu brûle de par lui-même ou que le couteau coupe de par lui-même sans création de la part de Allah, c’est un mécréant. D’autre part ceci n’est pas valable car cela entraînerait que cet effet n’aurait pas besoin de Allah ta^ala, ce qui est invalide.
Celui qui a cru que l’esclave crée ses actes grâce à une force que Allah crée en lui, celui-là est également mécréant car il aura fait que notre Seigneur soubhanahou wa ta^ala aurait besoin pour certains actes d’un intermédiaire. Le fait qu’Il ait un besoin est exclu car s’Il avait besoin de quoi que ce soit, Il aurait une incapacité. Or tout ce qui a une incapacité est entré en existence et l’entrée en existence est impossible à Son sujet.
Celui qui a cru que Allah est Celui Qui a la véritable manifestation de Son acte, qu’Il est le Seul Créateur pour toutes les choses qui entrent en existence, voilà le croyant qui est sauvé. La preuve de Son unicité ta^ala est la suivante : S’Il était composé, Il serait entré en existence et l’entrée en existence est impossible à Son sujet. S’il y avait avec Lui un autre dieu, cela entraînerait que rien de ce monde n’existerait, ce qui est invalide. En effet, de deux choses l’une : soit Ils seraient tous deux d’accord, soit ils ne seraient pas d’accord. S’ils n’étaient pas d’accord, soit la volonté de l’un des deux se réalise soit elle ne se réalise pas. Et si la volonté de l’un des deux se réalise, l’autre aurait donc une incapacité. De plus, si l’un des deux a une incapacité, cela entraîne l’incapacité de l’autre puisqu’il est comme lui. D’autre part si leurs deux volontés ne se réalisent pas, leur impuissance est claire. Et s’ils se mettaient d’accord pour l’existence d’une chose, soit ils la feraient exister ensemble, ce qui entraînerait la réunion de deux êtres manifestant leur acte, de deux créateurs pour une même chose, ce qui est invalide. Soit le premier la ferait exister ensuite le second, ce qui entraînerait l’obtention de ce qui est déjà réalisé. Allah ta^ala dit :
[sourat Al-‘Anbiya’ / 22] ce qui signifie : « Si [les cieux et la terre] avaient un autre dieu que Allah, ils n’existeraient pas. Il est exempt de toute imperfection que [les mécréants] Lui attribuent, Allah, le Seigneur du Trône », c’est-à-dire que les cieux et la terre n’existeraient pas, que les dieux [selon leur prétention] soient d’accord ou ne le soient pas.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala la puissance et il est impossible à Son sujet l’impuissance. La preuve en est que s’Il n’était pas tout puissant, Il aurait une incapacité. S’Il avait une incapacité, ce monde n’existerait pas et ceci est invalide.
Il est obligatoire s’agissant de Lui la volonté. Et il est impossible à Son sujet d’être contraint. La preuve en est que s’Il n’avait pas de volonté pour faire exister ces choses ou les anéantir, Il serait contraint. Or s’Il était contraint, Il aurait une incapacité et tout ce qui a une incapacité est entré en existence.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala la science et c’est un seul attribut qui concerne les choses qui existent et qui n’existent pas dans l’absolu, sans ignorance préalable. Il est impossible à Son sujet l’ignorance et ce qui va dans ce sens. La preuve en est que s’Il ne savait pas toute chose, Il serait ignorant. Or l’ignorance est impossible à Son sujet car s’Il était attribué d’ignorance, ce monde n’existerait pas, ce qui est invalide.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala la vie : C’est un attribut éternel propre à Son Être, qui ne se sépare pas de Lui et ne concerne pas autre chose que Lui. Seul Allah soubhanahou wa ta^ala sait Sa propre réalité. Il est impossible à Son sujet la mort. La preuve en est que s’Il n’avait pas la vie pour attribut, ce monde n’existerait pas, ce qui est invalide. Car Son attribution des attributs qui Lui sont obligatoires selon la raison [la science, la puissance, la volonté, …] est conditionnée par Son attribution de la vie car elle est une condition pour eux. Or l’existence de ce qui est conditionné par quelque chose est invalide sans cette chose.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala l’ouïe qui est exempte d’oreille et de tympan.
Et la vue exempte de rétine, de globes oculaires et de ce qui est de cet ordre. Il est impossible à Son sujet la surdité et la cécité et ce qui va dans ce sens. La preuve en est Sa parole ta^ala :[sourat Taha / 46] ce qui signifie : « Il a dit : N’ayez pas peur, Je suis avec vous, J’entends et Je vois » et Sa parole : [sourat Ach-Choura / 11] ce qui signifie : « Et il est Celui Qui entend et Qui voit ». S’Il n’avait pas ces deux attributs, Il aurait pour attributs leurs opposés, ce qui constituerait une imperfection et l’imperfection est impossible à Son sujet en raison de la nécessité de qui la lui comblerait. Or ceci requiert Son entrée en existence et l’entrée en existence est impossible à Son sujet.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala la parole qui est un attribut éternel propre à Son Être ta^ala qui est l’expression de ce qu’Il sait, qui n’est pas de lettre ni de voix, qui n’est pas qualifiée par le fait de précéder ni de succéder, ni par les voyelles ni par la syntaxe. Il est impossible à Son sujet le fait d’être muet et ce qui va dans ce sens. La preuve en est Sa parole ta^ala :[sourat An-Niça’ / 64] ce qui signifie : « Et Allah a parlé à Mouça assurément ». De même, s’Il n’avait pas pour attribut la parole, Il aurait pour attribut l’opposé de cela, ce qui est un défaut et qui est impossible à Son sujet.
Si quelqu’un dit : Si la parole de Allah était sans lettres ni voix, comment Mouça l’a-t-il entendue ?
La réponse : C’est que de façon exceptionnelle, Allah a levé pour lui l’empêchement et il a entendu la parole divine, qui est sans comment, sans limitation, sans direction. S’il te dit : Le Qour’an est la parole de Allah, il est écrit dans les livres du Qour’an (mous-haf), récité par les langues, entendu par les oreilles, autant de choses qui sont des caractères de ce qui entre indispensablement en existence ? Dis : Oui, il est dans nos Mous-haf, avec ses formes d’écritures, les images des lettres qui en sont une expression, mémorisé dans nos cœurs par des termes qui y sont conçus, récité par nos langues avec ses lettres qui y sont prononcées, entendu par nos oreilles. Malgré cela, il n’y est pas incarné. Il s’agit bien d’une acception du terme Al-Qour’an, désignant Sa parole exempte de début, propre à Son Être, qui peut être écrit, récité à l’aide d’images et de formes définies concernant les lettres qui en sont une expression. Si le voile était levé pour nous et que nous entendions la parole divine, nous en comprendrions l’ordre comme : [sourat Al-Baqarah / 43] ce qui signifie : « Et accomplissez la prière », l’interdiction comme : [sourat Al-‘Isra’ / 32] ce qui signifie : « N’approchez pas la fornication » et ce qui est du même ordre.
Ainsi, le Qour’an, dans le sens de l’expression descendue par révélation, est constitué des mots qui sont une expression des significations de la parole de Allah et il n’est pas permis de dire qu’il est entré en existence, même si telle est la réalité. S’il l’on vise par « parole de Allah » l’expression descendue par révélation sur notre maître Mouhammad, il s’agit de sons, de lettres qui se succèdent, qui sont une expression de la parole éternelle et non la parole elle-même. Si l’on dit « le Qour’an est la parole de Allah, éternelle, exempte de début et de fin », il s’agit du terme par lequel on vise la parole même, propre à l’Être de Allah de toute éternité. Si l’on emploie le terme Al-Qour’an au sujet de l’expression révélée descendue sur notre maître Mouhammad, il s’agit du terme par lequel on vise ces expressions qui sont des lettres et des sons, que Jibril a enseignées à Mouhammad et que lui-même, Jibril a reçues de la Table Préservée sur ordre de Allah et non de sa composition. Cependant il est permis de dire au sujet du Qour’an dans le sens des termes révélés, dans un contexte d’enseignement, qu’il est entré en existence, créé. Mais dans un autre contexte que celui-ci on n’emploie pas cette expression du fait qu’elle suggère l’entrée en existence de la parole propre à l’Être de Allah. Dans le contexte d’enseignement, il est toutefois indispensable d’enseigner cela pour que l’on ne croit pas que les termes sont éternels exempts de début et de fin, ce qui constituerait un entêtement et un refus de ce qui est clair. D’autre part, il n’est pas permis de croire que Allah récite les termes du Qour’an tout comme nous les récitons. S’il était possible s’agissant de Lui la récitation, tout comme nous nous récitons, Il aurait une ressemblance avec nous.
S’il te dit : Par quoi a existé le monde ? Dis : par l’attribut de faire exister (at-takwin). La preuve en est que si le monde n’avait pas été fait exister, Allah ne ferait pas exister. Et s’Il ne faisait pas exister, le monde n’existerait pas, ce qui est infondé.
S’il te dit : Qu’est-ce que l’attribut de faire exister (at-takwin) ? Dis : C’est un attribut de toute éternité propre à Son Être ta^ala par lequel a lieu l’entrée en existence et l’anéantissement. S’il se rapporte au fait de créer, il est appelé création (khalq). S’il se rapporte au fait de donner une image, il est appelé façonnement (taswir). S’il se rapporte au fait de donner la subsistance, il est appelé ainsi (razq). S’il se rapporte au fait de donner la vie, il est appelé animation (‘ihya’). S’il se rapporte au fait de donner la mort, il est appelé ainsi (‘imatah) et ce qui est semblable à cela. On l’appelle : L’attribut des actes. ..
S’il te dit : Quelle est ta preuve sur l’éternité de at-takwin ? Dis : S’il était entré en existence, cela requerrait le fait que Son Être ta^ala n’en soit pas attribué de toute éternité, puis qu’Il en deviendrait attribué, ce qui impliquerait le changement par rapport à ce qu’Il aurait été et ceci est propre à ce qui entre en existence, cela requerrait l’impossibilité que ce monde soit fait entrer en existence (takawwoun), ce qui est infondé. Si ce monde était entré en existence sans être fait entrer en existence, cela impliquerait que ce qui est entré en existence se passe de Qui fait entrer en existence, ce qui est clairement infondé.
S’il dit : Est-il possible que Allah fasse exister mieux que ce monde ou l’anéantisse ? Alors dis : Oui, si Allah sait de toute éternité, veut de toute éternité et fait par Sa puissance que cela ait lieu. Mais Allah sait, veut et fait que cela n’ait pas lieu. On ne dit pas : Il ne le peut pas en raison du manque de respect que comporte cette parole. La puissance par ailleurs ne se rapporte pas à ce qui est obligatoire ni à ce qui est impossible. Ainsi, on ne dit pas que Allah peut avoir un fils, entre autre.
S’il te dit : Que Lui est-il possible soubhanahou wa ta^ala ? Dis : De faire tout ce qui est possible ou de ne pas le faire comme l’envoi des messagers, la révélation des livres, la félicité de Untel et le malheur de Untel, faire entrer Untel en Enfer et Untel au Paradis. Parmi cela, il y a également notre vision de Allah soubhanahou wa ta^ala dans l’au-delà. La preuve en est que s’il Lui était obligatoire de faire une chose ou bien s’il Lui était impossible de la faire, Il serait contraint, dominé. Et s’Il était contraint, Il aurait une incapacité et s’Il avait une incapacité, rien de ce monde n’existerait, ce qui est infondé.
S’il dit : Comment verrons-nous Allah alors qu’Il dit : [sourat Al-‘An^am / 103] ce qui signifie : « Les vues ne L’atteignent pas » et que la vision requiert qu’Il soit un corps localisé dans une direction ? Alors dis : Nous Le verrons ta^ala sans comment, sans semblable et sans qu’Il soit dans un endroit. L’endroit concerne ceux qui voient. Nous Le verrons par une capacité que Allah ta^ala nous crée. La vision ne requiert pas la perception sensorielle. Il a par ailleurs fait dépendre Sa vision d’une chose possible, à savoir que la montagne reste stable. Or ce qui dépend d’une chose possible est en soi une possibilité. Sa vision ta^ala est donc possible. Il a dit ta^ala : [sourat Al-Qiyamah / 22-23] ce qui signifie : « Des visages ce jour-là seront resplendissants. Ils verront leur Seigneur ».
S’il dit : Combien sont les messagers de Allah ? Dis : J’ai pour croyance que Allah a envoyé des messagers annonciateurs de bonne nouvelle, avertisseurs d’un châtiment. Le premier d’entre eux est ‘Adam et le dernier Mouhammad, que Allah les honore et les élève tous en degré.
S’il te dit : Qui est Mouhammad ? Dis : Notre prophète Mouhammad fils de ^Abdou l-Lah fils de ^Abdou l-Mouttalib, le Mecquois, le Médinois, le Qourachite, le Hachimite, l’Elu de Allah et Son messager à toute Sa création, par lequel Il a scellé l’envoi des prophètes. Il l’a envoyé par miséricorde pour les mondes. Il a fait que sa Loi abroge toutes les autres. Il lui a accordé un mérite par rapport à toutes les créatures. Après lui viennent par ordre de mérite Ibrahim Al-Khalil – Abraham -, ensuite Mouça – Moïse -, ensuite ^Iça – Jésus -, ensuite Nouh -Noé – puis le reste des messagers, et ensuite les prophètes.
S’il dit : Que leur est-il obligatoire, que leur est-il possible et que leur est-il impossible ? Dis : Il est obligatoire s’agissant d’eux la véracité et il leur est impossible le mensonge. La preuve pour cela : C’est que s’ils n’étaient pas véridiques, ils auraient menti concernant Son message ta^ala tout en étant confirmés par le miracle. En effet, le miracle est comme s’Il dit : Mon esclave dit vrai dans tout ce qu’il transmet de Ma part. Or confirmer la véracité du menteur est un mensonge. Et le mensonge est impossible à Son sujet.
Il leur est obligatoire l’honnêteté et la transmission du message et il leur est impossible la trahison et le fait de ne pas divulguer ce qu’ils ont eu l’ordre de transmettre.
Il est possible à leur sujet, ^alayhimou s-salatou wa s-salam ce qui est de l’ordre des aléas humains ne portant pas atteinte à leur rang élevé, comme la prise de nourriture, le mariage et les maladies. La preuve en est l’observation que ces choses leur sont arrivées. Car si ces choses ne leur étaient pas possibles, elles ne leur seraient pas arrivées et tout ce qui est ainsi leur est possible.
S’il te dit : Quelle est la sagesse dans leur envoi ? Dis : L’avertissement pour ceux qui sont distraits et une preuve contre les prétextes de ceux qui se cherchent des excuses, pour que les gens n’aient plus aucune justification après l’envoi des messagers.
S’il te dit : Combien de Livres leur ont été descendus ? Dis : Nous avons pour croyance que Allah a fait descendre des Livres à Ses prophètes parmi lesquels : La Torah (At-Tawrah) à Moïse (Mouça), L’Evangile véritable (Al-‘Injil) à Jésus (^Iça), Les Psaumes (Az-Zabour) à David (Dawoud) et le Qour’an, le meilleur d’entre eux qui prime sur tous les autres Livres célestes à Mouhammad la meilleure des créatures. Tous ces Livres appellent à l’adoration de Allah Lui seul. La religion de vérité selon le jugement de Allah, c’est l’Islam.
S’il te dit : Qu’est-ce que l’Islam ? Alors dis : L’Islam, c’est que tu témoignes qu’il n’est de dieu que Allah et que Mouhammad est le Messager de Allah, que tu accomplisses la prière, que tu t’acquittes de l’aumône obligatoire (az-zakat), que tu jeûnes le mois de Ramadan, que tu accomplisses le pèlerinage à la Maison Sacrée si tu trouves les moyens pour t’y rendre et revenir.
S’il te dit : Qu’est-ce que la foi ? Alors dis : La foi, c’est que tu croies en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au jour dernier et que tu croies en la prédestination du bien et du mal. Sa réalité, c’est de croire en la véracité de ce qui est transmis. Son opposé, c’est le reniement et le démenti. Son fruit, ce sont les bons actes. Reconnaître le Message est une condition de validité pour l’accomplissement des actes. La foi n’est acceptée de personne sans l’Islam. Celui qui manque au fait de croire en la véracité de ce qui est transmis, c’est un mécréant (kafir) selon le jugement de Allah. Celui qui manque à un acte, c’est un grand pécheur (faciq). Il n’est pas permis de dire : Je suis croyant si Dieu le veut (‘in cha’a l-Lah). Mais de nombreux savants de ‘Ahlou s-Sounnah ont dit : C’est permis si ce n’est pas par doute.
S’il te dit : Al-‘iman est-il entré en existence ou est-il de toute éternité ? Alors dis : Ce terme est employé dans deux sens. Le premier : c’est que Allah sait la réalité de Son Être, de Ses attributs et de Ses actes. Dans ce sens-là, il (at-tasdiq) est de toute éternité.
Le deuxième : c’est notre reconnaissance la réalité de l’être de Celui Qui nous donne l’existence, de Ses attributs et de Ses actes. Dans ce sens, il est entré en existence par Allah Qui l’a fait entrer en existence en nous.
Al-‘Iman s’agissant de Allah, c’est le fait que Allah sache de toute éternité la véracité de ce avec quoi sont venus les prophètes. Et notre foi(‘iman) en ce avec quoi sont venus les prophètes, c’est la foi en les choses cachées [d’ordinaire aux sens et à la raison] (al-ghayb).
S’il te dit : Que signifie la foi en les anges ? Dis : c’est le fait de croire (at-tasdiq) en la réalité de leur existence. La préservation (al-^ismah) leur est obligatoire, comme pour les prophètes. Faire les péchés leur est impossible, tout comme les désirs humains. La mort leur est possible. Ils ne sont pas qualifiés par le fait d’être mâle ou femelle mais ce sont des esclaves honorés. Ils ne désobéissent pas à Allah en ce qu’Il leur ordonne et ils font tout ce qu’ils ont l’ordre de faire.
S’il te dit : Que signifie la foi en la prédestination ? Dis : C’est que tu aies pour croyance que le bien ou le mal qui t’a atteint, c’est de la part de Allah par création et par prédestination. Ne se produit dans ce qui Lui appartient que ce qu’Il veut. L’esclave n’a que l’acquisition de ses actes. On attribue le mal à la personne par métonymie en raison de la part du libre choix. Les calames sont levés et les livrets ont séché, ils comportent ce qui va avoir lieu : [sourat As-Saffat / 96] ce qui signifie : « Et Allah vous a créés ainsi que ce que vous faites ».
S’il te dit : Que signifie croire au jour dernier ? Dis : C’est que tu croies en la vie de l’au-delà et ce qui va avoir lieu comme résurrection, exposition des actes et rétribution, en la balance qui a deux plateaux et une potence et en la pesée des actes, la réception du Livre des actes par la main droite ou par la main gauche par derrière le dos, le passage sur le pont, la venue au bassin de L’Elu (Al-Moustafa), en Son intercession qui sera générale et particulière, le châtiment des mécréants en Enfer, la félicité des croyants au Paradis, et la plus grande félicité qui sera la joie de regarder Son Être honoré.
Que Allah nous l’accorde ainsi que la compagnie du Prophète, que Allah l’honore davantage ainsi que sa famille et ses compagnons jusqu’au jour de la résurrection, chaque fois que le citent ceux qui le citent et qu’oublient de le citer ceux qui oublient.
Terminé ici par la grâce de Allah.
Croyance : Tahawiyyah
Matnou l-^Aqidati t–Tahawiyyah
Le Traité de Croyance Tahawiyyah
P
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Le grand savant Houjjatou l-’Islam Abou Ja^far Al-Warraq At–Tahawiyy a dit en Egypte, que Allah lui fasse miséricorde :
Ceci est l’énoncé de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah selon la voie des savants de la communauté Abou Hanifata n-Nou^man Ibnou Thabitini l-Koufiyy, Abou Youçouf Ya^qoub Ibnou Ibrahim Al-’Ansariyy et Abou ^Abdi l-Lahi Mouhammad Ibnou l-Haçan Ach-Chaybaniyy,que l’agrément de Allah soit sur eux tous, c’est l’énoncé de ce qu’ils ont eu pour croyance concernant les fondements de la religion et l’énoncé de la croyance dont ils sont redevables envers le Seigneur des mondes. Nous disons concernant la croyance en l’unicité de Allah, en ayant cela pour croyance par la réussite que Allah accorde : Allah est unique, Il n’a pas d’associé. Rien n’est tel que Lui. Rien ne Le rend incapable. Il n’y a pas d’autre dieu que Lui. Il est éternel exempt de début. Il est éternel exempt de fin. Il ne s’anéantit pas et Il ne périt pas. N’a lieu que ce qu’Il veut. Les illusions ne L’atteignent pas. Les raisons ne Le conçoivent pas. Il n’a aucune ressemblance avec les créatures. Vivant, Il ne meurt pas, éternel Qui ne s’anéantit pas, Il ne dort pas. Créateur sans besoin. Pourvoyeur sans charge. Il fait mourir sans crainte. Il fait ressusciter sans difficulté. Il est de toute éternité exempt de début avec Ses attributs, avant l’existence de Ses créatures ; par l’existence de Ses créatures, Il ne s’est pas accru de quelque chose qui n’ait pas fait partie de Ses attributs avant que Ses créatures n’existent. Tout comme Il est éternel attribué de Ses attributs exempt de début, de même Il est éternel attribué de Ses attributs exempt de fin. Ce n’est pas après la création des créatures (al-khalq) qu’Il a acquis le nom de Créateur (Al-khaliq), ni en donnant le début à la création (al-bariyyah) qu’Il a obtenu le nom de Créateur (Al-Bari’). Il est attribué de la souveraineté sur les créatures de toute éternité sans qu’il y ait de créatures sujettes à Sa souveraineté de toute éternité. Il est attribué de l’attribut de création de toute éternité sans qu’il y ait de créatures de toute éternité. Tout comme Il est Celui Qui fait vivre les morts après les avoir fait vivre, Il mérite ce nom avant de les faire vivre. De même, Il mérite le nom de Créateur avant le fait qu’elles soient créées. Tout ceci du fait qu’Il est sur toute chose Tout-Puissant ; toute chose a besoin de Lui et toute chose Lui est facile. Il n’a besoin de rien ; rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit. Il crée les créatures conformément à Sa science. Il leur prédestine des destinées et leur fixe des échéances. Rien ne Lui échappe avant qu’Il les crée, Il sait ce qu’elles font avant de les créer. Il leur ordonne l’obéissance envers Lui et leur interdit la désobéissance envers Lui. Toute chose a lieu par Sa prédestination et Son vouloir. Son vouloir se réalise absolument, les esclaves n’ont de vouloir que ce qu’Il veut pour eux. Ce qu’Il veut pour eux a lieu et ce qu’Il ne veut pas n’a pas lieu. Il guide qui Il veut, Il préserve et sauve par grâce. Il égare qui Il veut, Il crée la perdition et éprouve par justice. Tous agissent selon Son vouloir entre Sa grâce et Sa justice. Il est exempt des opposants et des semblables. Rien ne repousse Sa prédestination. Rien ne revient sur Son arrêt (al-houkm), et rien n’a le dessus sur Sa prédestination. Nous avons cru en tout cela et nous avons eu la ferme certitude que tout est de Sa part.
D’autre part, nous disons que Mouhammad r est Son esclave élu, Son prophète honoré et Son messager agréé, et qu’il est le dernier des prophètes, l’Imam des pieux, le Maître des messagers et le Bien-aimé du Seigneur des mondes. Toute prétention d’une prophétie après sa mission de prophète est une hérésie et un effet de la passion. Il est l’envoyé au commun des jinn et à toute l’humanité avec la vérité et la bonne guidée, la lumière et les clartés. Le Qour’an est la parole de Allah. C’est une parole qui a été révélée de Sa part et qui est sans comment. Il a descendu le Qour’an par révélation à Son messager. Les croyants ont réellement cru en la véracité du Qour’an. Ils ont eu la certitude qu’il est la parole de Allah ta^ala véritablement, qu’il n’est pas créé comme la parole des humains. Celui qui l’entend et prétend que c’est la parole des humains est devenu mécréant. Allah le blâme, le rabaisse et le menace de l’enfer puisqu’Il dit : [سَأُصْلِيهِ سَقَرَ](sa’ouslihi saqar) [sourat Al-Mouddath-thir / 26] ce qui signifie : « Je le ferai entrer en enfer« . Du moment que Allah menace de l’enfer celui qui dit : [إِنْ هَذَا إِلاَّ قَوْلُ البَشَرِ](in hadha ‘il-la qawlou l-bachar) [sourat Al-Mouddath-thir / 25] ce qui signifie : « ce n’est que la parole des humains« , nous avons su et nous avons eu la certitude que c’est la parole du Créateur des humains et qu’elle n’a pas de ressemblance avec la parole des humains. Celui qui qualifie Allah par un des attributs des humains est certes devenu mécréant. Celui qui observe bien cela en tirera les conséquences et se sera éloigné de ce qui est semblable à la parole des mécréants, il aura su que Allah avec Ses attributs n’est pas tel que les humains. La vision de Allah est une vérité accordée aux gens du paradis sans qu’ils connaissent Sa réalité, sans comment. Tout comme l’a formulé le Livre de notre Seigneur : [وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ نَاضِرَةٌ إِلَى رَبِّهَا نَاظِرَةٌ](woujouhoun yawma’idhin nadirah ‘ila Rabbiha nadhirah) [sourat Al-Qiyamah / 22-23] ce qui signifie : « Et les visages ce jour-là seront resplendissants, ils verront leur Seigneur« . Son explication est conforme à ce que Allah ta^ala vise et sait. Tout ce qui nous est parvenu à ce sujet dans le hadith sûr du Messager est tel qu’il l’a dit, le sens étant conforme à ce qu’il a visé. Nous n’abordons pas ce sujet en faisant des interprétations selon nos avis personnels, ni en nous imaginant quelque chose selon nos passions. En effet, ne sera sauvé dans sa religion que celui qui s’est soumis et a accepté sans rébellion ni opposition ce qui est parvenu de Allah ^azza wa jall et de Son Messager et qui s’en sera remis concernant la connaissance de ce qui n’est pas explicite pour lui à qui en a la connaissance. La personne n’aura affermi son pas dans l’Islam qu’avec le contentement et la soumission. Celui qui cherche la connaissance de ce qu’il lui est impossible de connaître, celui dont la compréhension ne s’est pas satisfaite du contentement, ce qu’il recherche lui aura voilé la croyance pure en l’unicité, la connaissance claire et la foi correcte. Il oscillera entre la mécréance et la foi, la croyance en la vérité et le démenti, entre la reconnaissance et le reniement, il sera en proie aux mauvaises suggestions, perdu en état de doute sans être ni un croyant en la vérité ni quelqu’un qui réfute dans le démenti. La foi en la vision de Allah accordée aux habitants de la Résidence de la paix n’est pas valable pour celui qui la considère selon ses illusions ou qui l’interprète à sa manière. En effet, l’interprétation de la vision comme l’interprétation de toute signification attribuée à la divinité se fait en délaissant la mauvaise interprétation et en s’attachant au contentement. Voilà sur quoi se fonde la religion des musulmans. Celui qui ne se garde pas de la négation des attributs et de l’assimilation aura glissé et n’arrivera pas à avoir la croyance en l’exemption de Allah de toute ressemblance avec les créatures. En effet, notre Seigneur jalla wa ^ala a pour attribut les attributs de l’unicité. Il est qualifié des qualificatifs de l’unicité. Aucune des créatures n’a d’attributs semblables aux Siens. Il est exempt des limites, des extrémités, des côtés, des membres et des organes, Il n’est pas délimité par les six directions, contrairement à la totalité des créatures. L’ascension (al-mi^raj) est une réalité. Et le Prophète r a effectivement été transporté de nuit. Il a été élevé au ciel par sa personne même, à l’état d’éveil jusqu’au ciel puis vers les endroits élevés que Allah a voulus. Allah l’a honoré par ce qu’Il a voulu et Il lui a révélé ce qu’Il lui a révélé, [مَا كَذَبَ الفُؤَادُ مَا رَأَى](ma kadhaba l-fou’adou ma ra’a) ce qui signifie : « Le cœur n’a pas menti au sujet de ce qu’il a vu« , que Allah l’élève davantage en degré dans l’au-delà et ici-bas et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Le bassin par lequel Allah ta^ala l’a honoré en tant que secours pour sa communauté est une réalité. L’intercession qu’il a gardée en réserve pour sa communauté est une réalité, tout comme cela a été rapporté dans les nouvelles qui sont parvenues. Le pacte que Allah ta^ala a pris de ‘Adam et de sa descendance est une réalité. Allah ta^ala sait de toute éternité le nombre de ceux qui entreront au paradis et le nombre de ceux qui entreront en enfer dans leur totalité, ce nombre n’augmente pas et ne diminue pas. Il sait aussi de toute éternité les actes qu’ils feront ; à chacun d’eux il lui est facilité les choses pour lesquelles il a été créé. La rétribution sera en fonction des actes de l’esclave à la fin de sa vie. Le fondement de la destinée est un secret de Allah ta^ala envers Ses créatures, aucun ange de degré élevé ni aucun prophète envoyé n’en a eu connaissance. Le vain approfondissement et la réflexion sur ce sujet est un moyen de courir à sa perte, une voie d’accès vers la privation et une marche donnant sur l’injustice. Que l’on soit en garde de toutes ses forces contre cela, qu’il s’agisse de la réflexion, des pensées ou des mauvaises suggestions à ce sujet. Allah ta^ala a en effet caché la connaissance de la destinée à Ses créatures, Il leur a interdit d’y parvenir. Tout comme Il dit ta^ala dans Son Livre : [لاَ يُسْئَلُ عَمَّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْئَلُونَ](la yous’alou ^amma yaf^alou wa houm yous’aloun) [sourat Al-’Anbiya’ / 23] ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait mais eux le seront« . Celui donc qui demande : (Pourquoi fait-Il telle chose) aura rejeté le jugement du Livre et celui qui rejette le jugement du Livre fait partie des mécréants. Voici l’ensemble des choses dont a besoin celui dont le cœur est illuminé par la foi et qui fait partie des croyants par la grâce de Allah ta^ala. C’est le degré de ceux qui sont versés dans la science. En effet la science est de deux sortes : une science qui se trouve chez les créatures et une science qui ne se trouve pas chez les créatures. Ainsi renier la science qui se trouve chez les créatures est de la mécréance et prétendre détenir la science qui ne se trouve pas chez elles est de la mécréance. La foi n’est validée qu’en acceptant la science qui se trouve chez les créatures et en abandonnant la recherche de la science qui ne s’y trouve pas. Nous croyons en la Table Préservée, au Calame et en tout ce qui y a été inscrit. Si les créatures s’unissaient toutes contre quelque chose que Allah ta^ala y a fait inscrire qu’elle existera pour faire qu’elle n’existe pas, elles n’y pourraient rien. Et si elles s’unissaient toutes pour faire exister quelque chose que Allah ta^ala n’y a pas fait inscrire, elles n’y pourraient rien. Le Calame a séché après avoir écrit ce qui doit avoir lieu jusqu’au jour du jugement. Ce qui a manqué l’esclave ne devait pas l’atteindre et ce qui l’a atteint ne devait pas le manquer. L’esclave doit savoir que Allah sait de toute éternité tout ce qui concerne toutes Ses créatures. Il aura ainsi destiné cela d’une destinée parfaite et irrévocable, qu’aucune de Ses créatures de Ses cieux ou de Sa terre ne contredit, ne révise ou n’enlève, ne change ou ne modifie, ne diminue ou n’ajoute. Ceci est l’un des piliers (^aqd) de la foi, l’un des fondements de la connaissance et de la reconnaissance de l’Unicité de Allah ta^ala et de Sa divinité comme Il le dit ta^ala dans Son Livre : [وَخَلَقَ كُلَّ شَىْءٍ فَقَدَّرَهُ تَقْدِيرًا] (wa khalaqa koulla chay’in faqaddarahou taqdira) [sourat Al-Fourqan / 2] ce qui signifie : « Il crée toute chose et lui prédestine une destinée » et Il dit ta^ala : [وَكَانَ أَمْرُ اللهِ قَدَرًا مَقْدُورًا](wa kana ‘amrou l-Lahi qadaran maqdoura) [sourat Al-’Ahzab / 38] ce qui signifie : « Ce dont Allah veut l’existence (‘amr) a lieu selon une destinée« . Malheur donc à celui qui se montrera rebelle envers Allah ta^ala au sujet de la destinée et qui aura eu le cœur malade pour y réfléchir, il aura cherché à atteindre par son illusion un secret caché pour scruter ce qui nous est caché, il deviendra un calomniateur pécheur suite à ce qu’il en dira. Le Trône (al-^arch) et le Piédestal (al-koursiyy) sont une réalité. Il n’a pas besoin du Trône et de tout ce qui est en-dessous. Il cerne toute chose par Sa science et toute chose est concernée par Sa science et Sa puissance (wa fawqah). Il a fait que Ses créatures soient incapables d’englober toute chose par la science. Nous attestons que Allah a fait de Ibrahim un khalil, et que Allah a parlé à Mouça assurément, par acte de foi, en le reconnaissant et en s’y soumettant. Nous croyons fermement aux anges, aux prophètes et aux Livres descendus aux messagers. Nous témoignons qu’ils ont tous été sur la vérité claire. Nous appelons musulmans croyants, ceux qui s’orientent selon notre Qiblah tant qu’ils reconnaissent la véracité de ce avec quoi est venu le Prophète, tant qu’ils croient en la véracité de ce qu’il a dit et a annoncé et qu’ils n’en renient rien. Nous ne discutons pas au sujet de la réalité de Allah Lui-même. Nous ne débattons pas inutilement au sujet de la religion agréée par Allah. Nous ne débattons pas sans science au sujet du Qour’an. Nous témoignons qu’il est la parole du Seigneur des mondes, c’est l’Ange honnête qui est descendu avec et l’a enseigné au Maître des messagers Mouhammad. C’est bien la parole de Allah ta^ala, aucune des paroles des créatures ne lui est équivalente. Nous ne disons pas qu’il est créé. Nous ne contredisons pas la majorité des musulmans. Nous ne déclarons pas mécréant quelqu’un des gens de la Qiblah en raison d’un péché qu’il aurait commis tant qu’il ne se le rend pas permis. Nous ne disons pas qu’avec la foi aucun péché n’est nuisible pour celui qui le commet. Nous espérons pour les croyants qui agissent en bien qu’Il leur pardonne et qu’Il les fasse entrer au paradis par Sa miséricorde mais nous ne pouvons pas le leur garantir et nous n’attestons pas qu’ils auront le paradis. Nous demandons le pardon pour les croyants qui ont mal agi et nous craignons pour eux le châtiment mais nous ne les faisons pas désespérer de la miséricorde de Allah. Se croire protégé du châtiment de Allah et désespérer de la miséricorde de Allah, ces deux choses font sortir de la communauté de l’Islam. La voie de vérité est située entre ces deux pour les gens de la Qiblah. L’esclave ne sort de la foi qu’en reniant ce qui l’y a fait entrer. La foi consiste à reconnaître par la langue et à croire par le cœur. Tout ce qui a été confirmé comme étant transmis par le Messager de Allah, que ce soit la Loi ou les autres informations est entièrement vrai. La base de la foi constitue une seule et même chose et les gens de la foi sont, par rapport à la base de la foi, tous égaux. La différence de mérite entre eux tient à la crainte et à la piété, à la contradiction des passions et à l’attachement à ce qui est le plus précautionneux. Les croyants sont tous préservés par Allah du séjour éternel en enfer. Le plus honorable d’entre eux selon le jugement de Allah, c’est celui qui fait le plus preuve d’obéissance et qui œuvre le plus conformément au Qour’an. La foi, c’est la croyance en Allah,en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au jour dernier et en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal, ce qui en est doux et ce qui en est amer de la part de Allah ta^ala. Nous croyons fermement en tout cela. Nous ne faisons pas de discrimination entre aucun de Ses messagers, nous reconnaissons la véracité de tous concernant ce qu’ils ont transmis. Les grands pécheurs de la communauté de Mouhammad rméritent l’enfer ; ils n’y restent pas éternellement s’ils sont tous morts sur la croyance en l’unicité, même s’ils n’étaient pas repentants, après être morts en ayant connu Allah et Son messager et en étant croyants. Ils sont sous Sa volonté et sujets à Son jugement : s’Il veut, Il leur pardonne et les excuse par Sa grâce, tout comme Il l’a cité ^azza wa jall dans Son Livre : [وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَـلِكَ لِمَن يَشَآءُ](wa yaghfirou ma douna dhalika liman yacha’)[sourat An-Niça’ / 48] ce qui signifie : « Et Il pardonne ce qui est en deçà à qui Il veut« . S’il veut, Il les châtie dans l’enfer par Sa justice, puis Il les en fait sortir par Sa miséricorde et l’intercession des intercesseurs parmi les gens de l’obéissance envers Lui. Il les fait par la suite parvenir à Son paradis. En effet, Allah ta^ala préserve les gens qui L’ont connu et ne les rend pas dans les deux résidences comme ceux qui L’ont dénié, qui ont été frustrés de Sa bonne guidée et n’ont pas obtenu Sa protection. Ô Allah, Toi Qui protège l’Islam et les gens de l’Islam, fais que nous persévérions sur l’Islam jusqu’à ce que nous venions à la mort en étant musulmans. Nous considérons la prière valable derrière tout pieux ou tout grand pécheur des gens de la Qiblah ainsi que la prière funéraire pour ceux d’entre eux qui meurent. Nous ne déclarons aucun d’entre eux comme faisant partie des gens du paradis ni des gens de l’enfer. Nous ne déclarons aucun d’entre eux mécréant, associateur ou hypocrite tant qu’il n’y a rien de cela qui soit apparu de leur part. Nous remettons à Allah ta^ala la réalité de leur for intérieur. Nous ne considérons pas licite de brandir l’épée face à quiconque de la communauté de Mouhammad sauf si c’est un devoir de le faire. Nous ne considérons pas licite la rébellion contre nos imams et nos gouverneurs même s’ils font preuve d’injustice. Nous ne faisons pas d’invocations contre eux et nous ne délaissons pas l’obéissance envers eux. Nous considérons que l’obéissance envers eux fait partie de l’obéissance envers Allah ^azza wa jall et qu’elle est obligatoire tant qu’ils n’ordonnent pas de désobéissance. Nous faisons des invocations pour eux afin qu’ils obtiennent vertu et sauvegarde. Nous suivons As-Sounnah wa l-Jama^ah et nous évitons la singularité, la divergence et la séparation. Nous aimons les gens de la justice et de l’honnêteté et nous détestons les gens de l’iniquité et de la trahison. Nous disons : Allah sait plus que tout autre (Allahou ‘a^lam) au sujet de ce qu’il nous est confus de connaître. Nous considérons permis de passer la main mouillée sur les khouff pendant le voyage et en-dehors du voyage comme cela est parvenu dans le récit des faits et actes du Messager et de ses compagnons. Le pèlerinage et le jihad ont cours en compagnie des gouverneurs musulmans, les pieux d’entre eux et les pervers, jusqu’à l’avènement de l’Heure ; rien ne les annulera ni ne les abrogera. Nous croyons fermement aux Honorables scribes, Allah a fait d’eux des protecteurs pour nous. Et nous croyons fermement à l’ange de la mort chargé de retirer les âmes des mondes. Au supplice de la tombe pour celui qui le mérite. A l’interrogatoire du mort par Mounkar et Nakir dans la tombe au sujet de son Seigneur, de sa religion, de son Prophète, conformément à ce qu’ont fait parvenir les nouvelles rapportés du Messager de Allah et de ses compagnons, que l’agrément de Allah leur soit accordé. La tombe est un jardin des jardins du paradis ou un antre des antres de l’enfer. Nous croyons fermement à la résurrection, à la rétribution des œuvres le jour du jugement dernier ainsi qu’à l’exposition des actes, à la récitation du livre des actes, à la récompense, au châtiment, au pont et à la balance. le paradis et l’enfer sont tous deux créés, ils ne s’anéantiront jamais et ne seront pas anéantis. Allah ta^ala a créé le paradis et l’enfer avant la création des créatures. Il leur a créé à tous deux des habitants : ceux d’entre eux qu’Il veut seront au paradis par Sa grâce et ceux d’entre eux qu’Il veut seront en enfer par Sa justice. Chacun agira selon ce qui lui est destiné et ira vers ce pour quoi il a été créé. Le bien et le mal sont prédestinés aux esclaves. La capacité par laquelle l’acte se réalise indispensablement, considérée du point de vue de la réussite accordée par Allah et qu’il n’est pas possible d’attribuer à la créature, cette capacité-là est conjointe à l’acte. Quant à la capacité du point de vue de la santé, de la faculté d’agir, du fait d’être en mesure d’y arriver et du point de vue de l’intégrité des organes, cette capacité est préalable à l’acte et c’est à elle que se rapporte le réquisitoire. Il en est comme Il le dit ta^ala : [لا يُكَلِّفُ اللهُ نَفْسًا إِلاّ وُسْعَهَا](la youkallifou l-Lahou nafsan ‘il-la wous^aha) [sourat Al-Baqarah / 286] ce qui signifie : « Allah ne charge la personne que de ce dont elle est capable« . Les actes des esclaves sont une création de Allah et une acquisition pour les esclaves. Allah ta^ala ne les charge que de ce qu’ils peuvent supporter. Ils n’auront à supporter que ce dont Il les a chargés. C’est cela la signification de : Il n’est de préservation et de force que par Allah (La hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah). Nous disons : personne n’a de moyen d’éviter la désobéissance à Allah, personne ne peut faire aucun mouvement contre et personne ne peut s’en détourner si ce n’est par l’aide de Allah. Et personne n’a de force pour accomplir l’obéissance à Allah et y persévérer si ce n’est par la réussite accordée par Allah. Tout se passe selon la volonté de Allah ta^ala, conformément à Sa science, à Sa prédestination et à Sa destinée. Sa volonté domine toutes les volontés, Sa prédestination domine toutes les ruses. Il fait ce qu’Il veut et Il n’est absolument pas injuste. Il est exempt de tout mal et de toute injustice. Il est exempt de tout défaut et de toute opprobre. [لاَ يُسْأَلُ عَمّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْأَلونَ](la yous’alou ^amma yaf^alou wa houm yous’aloun) [sourat Al-’Anbiya’ / 23] ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait mais Ses esclaves eux le seront« . Il y a dans l’invocation des vivants et dans leurs aumônes un profit pour les morts. Allah ta^ala exauce les invocations et satisfait aux besoins. Il possède toute chose et rien ne Le possède. On ne se passe pas de Allah ta^ala même le temps d’un clin d’œil. Celui qui prétend se passer de Allah le temps d’un clin d’œil a fait de la mécréance et fait partie des gens de la perdition. Allah fait parvenir le châtiment (yaghdab) et agrée (yarda) mais pas comme l’une des créatures. Nous aimons les compagnons du Messager de Allah et nous n’exagérons pas dans l’amour envers l’un d’entre eux. Nous ne nous innocentons d’aucun d’entre eux. Nous détestons celui qui les déteste et qui les mentionne autrement qu’en bien. Nous ne les mentionnons qu’en bien, les aimer fait partie de la religion, c’est un signe de foi et un acte de bienfaisance. Les haïr est de la mécréance, de l’hypocrisie et de l’injustice. Nous confirmons le califat après le Messager de Allah en premier lieu pour Abou Bakr As–Siddiq, que Allah l’agrée, en raison de son mérite et de sa priorité sur toute la communauté, ensuite pour ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, ensuite pour ^Outhman, que Allah l’agrée, ensuite pour ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée. Ce sont eux les califes bien guidés et les Imams de bonne guidée. Les dix que le Messager de Allah r a nommés et à qui il a annoncé le paradis, nous témoignons qu’ils auront le paradis conformément à ce que le Messager de Allah a témoigné qu’ils auraient, sa parole étant véridique. Il s’agit de Abou Bakr, ^Oumar, ^Outhman, ^Aliyy, Talhah, Az–Zoubayr, Sa^d, Sa^id, ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf et Abou ^Oubaydah Ibnou l-Jarrah qui est l’Honnête de cette communauté, que Allah les agrée tous. Celui qui parle en bien au sujet des compagnons du Messager de Allah r, de ses épouses pures de toute souillure et de sa descendance purifiée de toute association, celui-ci sera innocenté de l’hypocrisie. Les savants du Salaf parmi les prédécesseurs et ceux qui les ont suivis parmi les successeurs sont les gens du bien et de la tradition et les gens de la science et de la réflexion. Ils ne sont mentionnés qu’en bien. Celui qui les mentionne en mal n’est pas sur la bonne voie. Nous ne préférons aucun des saints à aucun des prophètes ^alayhimou s-salam et nous disons qu’un seul prophète est meilleur que tous les saints. Nous croyons fermement à ce qui est venu au sujet de leurs prodiges et dont le récit a été rapporté d’une manière sûre par les gens dignes de confiance. Nous croyons fermement aux signes annonciateurs du jour du jugement, à savoir la sortie de l’imposteur (al-macih ad-dajjal) et la descente du ciel de ^Iça, le fils de Maryam, ^alayhi s-salam. Nous croyons fermement au lever du soleil à partir de son couchant et à la sortie de la bête de la terre de son endroit. Nous n’accordons foi ni au devin ni au voyant ni à quiconque prétendant quelque chose qui contredise le Livre, la Sounnah la Tradition Prophétique ou l’Unanimité de la communauté. Nous considérons que la Majorité est véridique et correcte et que la séparation est une déviation et une cause de châtiment. La religion que Allah agrée sur terre et au ciel est une seule et même religion, c’est la religion de l’Islam. Allah ta^ala dit : [إِنَّ الدِّينَ عِندَ اللهِ الإِسْلامُ](‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘Islam) [sourat ‘Ali ^Imran / 19] ce qui signifie : « Certes, la religion que Allah agrée c’est l’Islam » et Il dit ta^ala : [وَرَضِيتُ لَكُمُ الإِسْلامَ دِينًا](wa raditou lakoumou l-‘Islama dina) [sourat Al-Ma’idah / 3] ce qui signifie : « J’agrée pour vous l’Islam en tant que religion« . Elle est entre l’outrance et la négligence, entre l’assimilation et le négationnisme. Entre la croyance en la contrainte (al-jabriyyah) et la croyance que l’homme crée ses actes (al-qadariyyah). Entre se croire protégé du châtiment et désespérer de la miséricorde. Voilà notre religion, notre croyance en apparence et en réalité. Nous nous innocentons en prenant Allah à témoin, de tous ceux qui contredisent ce que nous avons mentionné et présenté ici. Nous demandons à Allah ta^ala de faire que nous persévérions sur la foi, qu’Il nous accorde de mourir sur elle et qu’Il nous préserve des différentes passions, des avis dispersés, des voies médiocres telles que celles des assimilateurs mouchabbihah, des mou^tazilah, des jahmiyyah, des jabriyyah, des qadariyyah et d’autres parmi ceux qui ont contredit As-Sounnah wa l-Jama^ah et se sont alliés à l’égarement. Nous sommes innocents d’eux. Ils sont pour nous des égarés, des gens médiocres et c’est par Allah qu’est la préservation et la réussite.
Croyance : Le supplice de la tombe
Allah ta^ala dit :
{النَّارُ يُعْرَضُونَ عَلَيْهَا غُدُوّاً وَعَشِيًّا وَيَوْمَ تَقُومُ السَّاعَةُ أدْخِلُوا ءَالَ فِرْعَوْنَ أَشَدَّ العَذَابِ}[1]
(‘an-narou you^radouna ^alayha ghoudouwwan wa ^achiyya wa yawma taqoumou s-sa^ah ‘adkhilou ‘ala fir^awna ‘achadda l-^adhab)
ce qui signifie : « Ils sont exposés au feu au matin et en fin de journée, et le jour où arrivera l’Heure, faites entrer ceux qui ont suivi Pharaon dans le plus intense châtiment« , et Il dit, ta^ala : {وَمَنْ أَعْرَضَ عَنْ ذِكْرِي فَإِنَّ لَهُ مَعِيشَةً ضَنْكاً} [2] (wa man ‘a^rada ^an dhikri fa’inna lahou ma^ichatan danka) ce qui signifie : « Et celui qui se détourne de Mon rappel, sera certes dans une difficulté [3]« .
Ces deux ‘ayah concernent le châtiment de la tombe pour les mécréants. Quant à ceux qui désobéissaient parmi les musulmans, qui commettaient les grands péchés et sont morts avant de s’en repentir, ceux-là sont de deux sortes : ceux que Allah dispense du châtiment de la tombe et ceux qu’Il soumet à un supplice qu’Il interrompt et pour qui Il reporte le reste du châtiment au jour dernier.
Voici donc ce qu’ont rapporté Al-Boukhariyy, Mouslim, At-Tirmidhiyy, Abou Dawoud et An-Naça‘iyy d’après Ibnou ^Abbas : le Messager de Allah est passé près de deux tombes, il a dit : ((إِنَّهُمَا لَيُعَذَّبَانِ وَمَا يُعَذَّبَانِ فِي كَبِيرِ إِثْمٍ)) (‘innahouma layou^adh-dhabani wa ma you^adh-dhabani fi kabiri ‘ithm) ce qui signifie : « Certes, ils sont tous deux en train de subir un châtiment pour une chose qui n’apparaît pas très grave aux gens« . Il a dit :
((بَلَى أَمَّا أَحَدُهُمَا فَكَانَ يَمْشِي باِلنَّمِيمَةِ، وَأَمَّا الآخَرُ فَكَانَ لاَ يَسْتَتِرُ مِنَ الْبَوِل)) (bala ! ‘amma ‘ahadouhouma fakana yamchi bi n-namimah, wa ‘amma l-‘akhar fakana la yastatirou mina l-bawl) ce qui signifie : « Oh que oui ! Certes l’un des deux rapportait la parole des uns aux autres pour semer la discorde [4] tandis que l’autre se souillait avec l’urine [5]« . Ensuite, il a demandé une palme encore verte qu’il a fendue en deux et il a planté une moitié sur chacune des deux tombes. Puis il a dit : ((لَعَلَّهُ يُخَفَّفُ عَنْهُمَا)) (la^allahou youkhaffafou ^anhouma) ce qui signifie : « Peut-être [leur supplice] sera-t-il allégé« .
Et sache qu’il a été confirmé dans les nouvelles sûres que l’âme retourne au corps dans la tombe, comme dans le hadith de Al-Bara‘ Ibnou ^Azib [6] qui a été rapporté par Al-Hakim, Al-Bayhaqiyy et Abou ^Ouwanah et qui a été jugé sûr par plus d’un savant et le hadith de Ibnou ^Abbas :
((مَا مِنْ أَحَدٍ يَمُرُّ بِقَبْرِ أَخِيهِ الْمُؤْمِنِ كَانَ يَعْرِفُهُ فِي الدُّنْيَا فَيُسَلِّمُ عَلَيْهِ إِلاَّ عَرَفَهُ وَرَدَّ عَلَيْهِ السَّلاَمَ))
(ma min ‘ahadin yamourrou bi-qabri ‘akhihi l-mou’mini kana ya^rifouhou fi d-dounya fa-sallama ^alayhi ‘illa ^arafahou wa radda ^alayhi s-salam)
[rapporté par Ibnou ^Abdi l-Barr et ^Abdou l-Haqq Al-‘Ichbiliyy qui lui a donné le degré de sûr] ce qui signifie : « Nul ne passe près de la tombe de son frère croyant qu’il connaissait dans le bas monde et ne lui passe le salam sans que celui qui est mort le reconnaisse et lui rende le salam« .
Cela implique donc que l’âme revient à tout le corps –et c’est le sens qui vient communément à l’esprit du hadith– ou à une partie du corps. Le retour de la vie dans la tombe est encore plus certain pour les prophètes : il a été rapporté du hadith de ‘Anas d’après le Prophète r : ((الأَنْبِيَاءُ أَحْيَاءٌ فِي قُبُورِهِمْ يُصَلُّونَ)) (‘al-anbiya’ou ‘ahya’oun fi qoubourihim yousalloun) [rapporté par Al-Bayhaqiyy qui l’a jugé sûr tout comme Al-Hafidh qui l’a validé] ce qui signifie : « Les prophètes sont vivants dans leurs tombes, ils accomplissent la prière« .
Aussi, Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté de ‘Anas d’après le Prophète :
((إِنَّ الْعَبْدَ إِذَا وُضِعَ فِي قَبْرِهِ وَتَوَلَّى عَنْهُ أَصْحَابُهُ إِنَّهُ لَيَسْمَعُ قَرْعَ نِعَالِهِمْ إِذَا انْصَرَفُوا أَتَاهُ مَلَكَانِ فَيُقْعِدَانِهِ فَيَقُولاَنِ
: مَا كُنْتَ تَقُولُ فِي هَذَا الرَّجُلِ مُحَمَّد؟ فَأَمَّا الْمُؤْمِنُ فَيَقُولُ
: أَشْهَدُ أَنَّهُ عَبْدُ اللّهِ وَرَسُولُهُ، فَيُقَالُ لَهُ
: أُنْظُرْ إِلَى مِقْعَدْكَ مِنَ النَّارِ أَبْدَلَكَ اللّهُ بِهِ مِقْعَداً مِنَ الْجَنَّةِ، فَيَرَاهُمَا جَمِيعاً، وَأَمَّا الْكَافِرُ أَوِ الْمُنَافِقُ فَيَقُولُ
: لاَ أَدْرِي كُنْتُ أَقُولُ مَا يَقُولُ النَّاسُ فِيهِ، فَيُقَالُ: لاَ دَرَيْتَ وَلاَ تَلَيْتَ، ثُمَّ يُضْرَبُ بِمِطْرَقَةٍ مِنْ حَدِيدٍ بَيْنَ أُذُنَيْهِ فَيَصِيحُ صَيْحَةً يَسْمَعُهَا مَنْ يَلِيهِ إِلاَّ الثَّقَلَيْنِ))
(‘inna l-^abda ‘idha woudi^a fi qabrihi wa tawalla ^anhou ‘as–habouhou wa ‘innahou layasma^ou qar^a ni^alihim ‘idha n-sarafou ‘atahou malakani fayouq^idanihi fayaqoulani : ma kounta taqoulou fi hadha r-rajouli Mouhammad ? fa’amma l-mou’min –‘ayi l-kamil– fayaqoulou : ‘ach-hadou ‘annahou ^abdou l-Lahi wa raçoulouh fayouqalou lahou : ‘oundhour ‘ila maq^adika mina n-nari ‘abdalaka l-Lahou bihi maq^adan mina l-jannah fayarahouma jami^a wa ‘amma l-kafirou ‘awi l-mounafiqou fayaqoulou : la ‘adri, kountou ‘aqoulou ma yaqoulou n-naçou fihi, fayouqal : la darayta wa la talayt thoumma youdrabou bimitraqatin min hadidin bayna ‘oudhounayhi fayasihou sayhatan yasma^ouha man yalihi ‘il-la th-thaqalayn) ce qui signifie : « Quand l’homme est déposé dans sa tombe, et que ses compagnons le quittent, il entend le bruit de leurs pas et lorsqu’ils se sont retirés, deux anges viennent à lui, le font asseoir et lui disent : « Que disais-tu à propos de cet homme Mouhammad ? » Ainsi le croyant dira : « Je témoigne qu’il est l’esclave de Allah et Son messager », alors on lui dira : « Regarde la place en enfer [que tu aurais eue], Allah te l’a échangée contre une place au paradis » et il les verra toutes deux. Quant au mécréant ou à l’hypocrite [7], il dira : « Je ne sais pas, je disais ce que les gens disaient de lui ». Alors on lui dira : « Tu n’as rien su et tu n’as rien dit », puis il sera frappé entre les deux oreilles avec une masse de fer et il criera d’un cri qu’entendront tous ceux qui se trouvent aux alentours sauf les hommes et les jinn« .
D’après ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr, le Messager de Allah r a cité les examinateurs de la tombe. ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, a alors dit : « Est-ce que nous reprendrons conscience, Ô Messager de Allah ? » Il lui a dit : ((نَعَمْ كَهَيْئَتِكُمْ الْيَوْمَ)) (na^am kahay’atikoumou l-yawm) [rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Oui, comme vous l’êtes maintenant« . ^Oumar a alors dit : « Il ne reste plus rien à dire« .
D’après Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, le Messager de Allah r a dit :
((إِذَا قُبِرَ الْمَيتُ أَوِ الإِنْسَانُ أَتَاهُ مَلَكَانِ أَسْوَدَانِ أَزْرَقَانِ يُقَالُ لأَحَدِهِمَا مُنْكَرٌ وَلِلآخَرِ نَكِيرٌ، فَيَقُولاَنِ لَهُ
: مَا كُنْتَ تَقُولُ فِي هَذَا الرَّجُلِ مُحَمَّد ؟ فَهُوَ قَائِلٌ مَا كَانَ يَقُولُ. فَإِنْ كَانَ مُؤْمِناً قَالَ
هُوَ عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ أَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّداً عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ. فَيَقُولاَنِ لَهُ: إِنْ كُنَّا لَنَعْلَمُ أَنَّكَ لَتَقُولُ ذَلِكَ ، ثُمَّ يُفْسَحُ لَهُ فِي قَبْرِهِ سَبْعُونَ ذِرَاعاً فِي سَبْعِينَ ذِرَاعاً ، وَيُنَوَّرُ لَهُ فِيهِ ، فَيُقَالُ لَهُ
: نَمْ، فَيَنَامُ كَنَوْمِ الْعَرُوسِ الَّذِي لاَ يُوقِظُهُ إِلاَّ أَحَبُّ أَهْلِهِ حَتَّى يَبْعَثَهُ اللَّهُ مِنْ مَضْجَعِهِ ذَلِكَ. فَإِنْ كَانَ مُنَافِقاً قَالَ
: لاَ أَدْرِي، كُنْتُ أَسْمَعُ النَّاسَ يَقُولُونَ شَيْئاً فَكُنْتُ أَقُولُهُ. فَيَقُولاَنِ لَهُ
إِنْ كُنَّا لَنَعْلَمُ أَنَّكَ تَقُولُ ذَلِكَ، ثُمَّ يُقَالُ لِلأَرْضِ الْتَئِمِي فَتَلْتَئْمُ عَلَيْهِ حَتَّى تَخْتَلِفَ أَضْلاَعُهُ فَلاَ يَزَالُ مُعَذَّباً حَتَّى يَبْعَثَهُ اللَّهُ تَعَالىَ مِنْ مَضْجَعِهِ ذَلِك))
(‘idha qoubira l-mayyitou ‘awi l-‘insanou ‘atahou malakani ‘aswadani ‘azraqani youqalou li’ahadihima Mounkaroun wa lil-‘akhari Nakiroun fayaqoulani lahou : ma kounta taqoulou fi hadha r-rajouli Mouhammad ? fahouwa qa’iloun ma kana yaqoul : fa’in kana mou’minan qala : houwa ^abdou l-Lahi wa raçoulouhou ‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh fayaqoulani lahou : ‘in kounna lana^lamou ‘annaka lataqoulou dhalik ; thoumma youfsahou lahou fi qabrihi sab^ina dhira^an fi sab^ina dhira^an wa younawwarou lahou fih ; fayouqalou lahou : nam ; fayanamou kanawmi l-^arouçi l-ladhi la youqidhouhou ‘il-la ‘ahabbou ‘ahlihi hatta yab^athahou l-Lahou min madja^ihi dhalik ; fa’in kana mounafiqan qala : la ‘adri kountou ‘asma^ou n-naça yaqoulouna chay’an fakountou ‘aqoulouh ; fayaqoulani lahou : ‘in kounna lana^lamou ‘annaka taqoulou dhalik ; thoumma youqalou lil-‘ardi l-ta’imi fatalta’imou ^alayhi hatta takhtalifa ‘adla^ouhou fala yazalou mou^adh-dhaban hatta yab^athahou l-Lahou ta^ala min madja^ihi dhalik)
[rapporté par Ibnou Hibban] ce qui signifie : « Quand le mort ou l’homme est enterré, viennent à lui deux anges bleu-noir, l’un s’appelle Mounkar et l’autre Nakir, et ils lui disent : « Que disais-tu de cet homme Mouhammad ? » Et il dira ce qu’il disait [auparavant] ; s’il était croyant, il dira : « C’est l’esclave de Allah et Son messager, je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son messager ». Les anges lui diront : « Certes nous savions que tu disais cela », puis sa tombe sera élargie de soixante-dix coudées sur soixante-dix coudées [8] et sera illuminée pour lui. Puis on lui dira : « Dors », alors il dormira du sommeil du nouveau marié qui ne sera réveillé que par l’être le plus cher pour lui, jusqu’à ce que Allah le ressuscite de cette couche là. S’il était hypocrite, il dira : « Je ne sais pas. J’entendais les gens dire quelque chose et je disais comme eux ». Ils lui diront : « Certes, nous savions que tu dirais cela [9]« . Puis, il sera dit à la terre de se refermer et elle se refermera sur lui jusqu’à ce que ses côtes s’entremêlent. Il restera dans le châtiment jusqu’à ce que Allah ta^ala le ressuscite de cette couche. »
Ces deux hadith ont été rapportés par Ibnou Hibban qui les a jugés sûrs. Dans le premier, il y a confirmation du retour de l’âme au corps et de la perception sensorielle dans la tombe. Dans le deuxième, il y a confirmation de la présence de l’âme dans la tombe et la confirmation du sommeil et ce, tant que le corps ne s’est pas anéanti.
Cette félicité sera pour le croyant fort, celui qui se sera acquitté des obligations et aura évité les péchés. C’est celui à propos duquel le Messager de Allah r a dit :
((الدُّنْيَا سِجْنُ الْمُؤْمِنِ وَسَنَتُهُ، فَإِذَا فَارَقَ الدُّنْيَا فَارَقَ السِّجْنَ وَالسَّنَةَ)) (ad-dounya sijnou l-mou’mini wa sanatouh fa’idha faraqa d-dounya faraqa s-sijna wa s-sanah) [rapporté par Ibnou Hibban qui l’a jugé sûr] ce qui signifie : « Le bas monde est tel une prison pour le croyant et comme un lieu de fatigue. Ainsi, lorsqu’il quittera le bas monde, il aura quitté la prison et le lieu de fatigue« , il s’agit donc du croyant accompli.
Ensuite, lorsque tout le corps est désintégré et qu’il ne reste que le petit os de l’extrémité de la colonne vertébrale [10], l’âme du croyant pieux va au paradis. Les âmes des désobéissants musulmans, ceux qui commettaient les grands péchés et sont morts sans repentir, après la désintégration du corps, leurs âmes vont dans l’espace compris entre le ciel et la terre et certaines dans le premier ciel. Les âmes des mécréants, après la désintégration du corps vont à Sijjin qui est un endroit dans la terre la plus basse c’est-à-dire la septième terre. Quant aux martyrs, leurs âmes montent directement au paradis.
Avertissement :
Les prophètes, les martyrs du combat ainsi que les enfants qui sont morts avant la puberté ne sont pas concernés par l’interrogatoire.
Si quelqu’un dit : comment est-il possible d’interroger un si grand nombre de morts ?
La réponse se trouve dans la parole de Al-Halimiyy : « Le plus probable, c’est que les anges de l’interrogatoire représentent un groupe nombreux, dont certains sont appelés Mounkar et d’autres Nakir. Ainsi, à chaque mort sont envoyés deux d’entre eux« .
[1] [sourat Al-Mou’min / 46]
[2] [sourat Taha / 124]
[3] Ce qui est visé par « vie difficile » c’est le châtiment dans la tombe, c’est à dire leur état dans al-barzakh (la période après la mort et avant la résurrection).
[4] C’est ce qui est appelé namimah. C’est dire à celui-là untel a dit telle chose sur toi et dire à celui-ci untel a dit telle chose sur toi, ceci afin de semer la discorde entre les deux.
[5] Le messager de Allah a dit : « ‘istanzihou mina l-bawl fa’inna ^amata ^adhabi l-qabri minh » [rapporté par Ad-Daraqoutniyy du hadith de Abou Hourayrah] ce qui signifie : « Préservez-vous [vos corps et vos vêtements] de l’urine car certes c’est la cause la plus fréquente du châtiment de la tombe.
[6] C’est un hadith long, dans lequel il est cité : ((ويعاد الرّوح إلى الجسد)) (wa you^asou r-rouhou ‘ila l-jasad) ce qui signifie « et l’âme revient au corps« .
[7] C’est-à-dire : le mécréant déclaré et le mécréant qui laisse paraître l’Islam alors qu’au fond il n’est pas musulman, soit à cause du doute qu’il a concernant la véracité de l’Islam ou, comme faisaient certains, en laissant penser qu’ils étaient musulmans lorsqu’ils étaient devant le Prophète et en disant du mal de lui lorsqu’ils se retrouvaient entre eux.
[8] C’est-à-dire sa longueur est de soixante-dix coudées, tout comme sa largeur. Il s’agit de la coudée qui vaut deux empans.
[9] La question des deux anges au mécréant « man rabbouk » (qui est ton Seigneur ?) alors qu’ils savent qu’il dirait « je ne sais pas » c’est qu’ils savent qu’il ne dirait pas cette parole par croyance mais par stupeur, il la dira par lapsus tellement il est terrifié, sans contrôler sa langue.
[10] Ce petit os s’appelle ^oujbou dh-dhanab. Il ne se désintègre pas même s’il est soumis à un feu très puissant. Il est de la taille d’un grain de moutarde. Il a été rapporté à son sujet dans un hadith sahih « minhou khouliqa l-‘insan wa ^alayhi yourakkab » c’est à dire que tous les autres os sont montés sur ce petit os.
Croyance : On ne dit pas que Dieu peut avoir un fils ni qu’Il ne peut pas avoir un fils
A la question : Est-ce que Dieu est capable d’avoir un fils, il est interdit de répondre oui et il est interdit de répondre non. La réponse est plutôt :
Avoir un fils est impossible au sujet de Dieu.
Ce qui est impossible selon la raison est ce dont la raison n’en conçoit pas l’existence.
La puissance de Dieu est l’attribut par lequel Il agit sur tout ce qui est possible selon la raison.
Ce qui est possible selon la raison est ce dont la raison en conçoit aussi bien l’existence que l’inexistence.
La fonction de l’attribut de la puissance est de donner l’existence à ce qui n’existait pas et d’anéantir ce qui existe.
Le fait d’avoir un fils est quelque chose d’impossible selon la raison, qui n’admet pas l’existence.
La puissance de Dieu ne concerne pas ce qui n’admet pas l’entrée en existence.
La puissance de Dieu ne concerne pas ce dont l’existence est obligatoire.
Ce dont l’existence est obligatoire est appelé l’obligatoire selon la raison.
L’existence de Dieu est obligatoire selon la raison.
La puissance de Dieu ne concerne pas DIeu Lui-même.
Pour plus de détail, voici ce qu’un grand savant a écrit à ce sujet :
La puissance
La puissance sur toute chose, c’est-à-dire sur tout ce qui est possible selon la raison, est obligatoire selon la raison s’agissant de Allah ta^ala. Ce qui est impossible selon la raison n’est donc pas concerné par la puissance car cela n’accepte pas l’existence et ne peut donc pas être sujet à la puissance. Celui qui a contredit sur cette question c’est Ibnou Hazm. Ainsi, il a dit : (Certes Allah ^azza wa jall est puissant à avoir un fils, car s’Il ne l’était pas, Il serait impuissant). Et ce qu’il a dit n’est pas nécessaire selon la raison car avoir un fils est impossible s’agissant de Allah et ce qui est impossible selon la raison n’est pas concerné par la puissance. Or si la puissance ne concerne pas une chose, c’est (1) tantôt à cause de l’inaptitude à réaliser cette chose et ceci est valable s’agissant des créatures, (2) tantôt parce que cette chose n’accepte pas l’entrée en existence du fait qu’elle est impossible selon la raison ou bien obligatoire selon la raison. Pour ce qui est impossible selon la raison, la non-possibilité de son entrée en existence est claire. Quant à ce qui est obligatoire selon la raison, il n’accepte pas le début à l’existence car son existence est éternelle exempte de début. Il y a une différence entre l’existence et l’entrée en existence. L’existence englobe aussi bien l’existence de toute éternité que l’existence ayant un début et chacune d’elles s’appelle existence. Mais l’entrée en existence est l’existence ayant un début. Ce qui est obligatoire selon la raison, c’est Allah et Ses attributs. Ainsi, Allah Son existence est obligatoire selon la raison ; Son existence est éternelle exempte de début et Ses attributs sont éternels exempts de début. On ne dit pas de Allah, ni d’un de Ses attributs, qu’Il entre en existence car leur existence est exempte de début. Ainsi donc, lorsque nous disons que l’obligatoire n’accepte pas l’entrée en existence, cette parole est correcte mais elle n’est pas évidente d’accès à la compréhension des débutants dans la science de la croyance. Quant à celui qui a de la pratique, ce qu’elle vise est clair.
L’incapacité, c’est le premier des deux cas qui est exclu s’agissant de Sa puissance ta^ala, et non le deuxième cas. Ainsi, il n’est pas permis de dire que Allah est puissant à ce sujet ni qu’Il est incapable. Certains ont dit : de même qu’on ne dit pas à propos de la pierre qu’elle est savante ou ignorante.
De même, on répond ainsi à la parole de certains irréligieux qui disent : (Est-ce que Allah est capable de créer un dieu pareil à Lui ?). En cette parole, il y a le fait de rendre possible une impossibilité rationnelle. La démonstration de ceci, c’est que Allah est éternel exempt de début et s’Il avait un pareil, celui-ci serait lui aussi éternel exempt de début et ce qui est éternel exempt de début n’est pas créé car il existe de toute éternité, comment alors l’existant de toute éternité serait-il créé !
Biographies : Le Chaykh Abdou lLaah Al-Harariyy
LE CHAYKH 3ABDOU L LAAH AL-HARARIYY
Son nom et sa naissance :
Il est l’honorable savant, le modèle des experts en authentification et le doyen de ceux qui examinent scrupuleusement la compatibilité des textes, celui qui est à la tête des savants qui œuvrent pour la religion, l’Imam, le Mouhaddith, le pieux ascète, le vertueux, celui qui persévère dans l’adoration, celui qui possède les dons éminents, le Chaykh Abou ^Abdi r-Rahman ^Abdou l-Lah fils de Mouhammad fils de Youçouf fils de ^Abdou l-Lah fils de Jami^ Al-Harariyy Ach-Chaybiyy Al-^Abdariyy, le Moufti (Jurisconsulte) de Harar. Il est né dans la ville de Harar, aux environs de l’an 1328 de l’Hégire (1910).
Son évolution et ses déplacements :
Il a grandi dans une famille modeste, aimant la science de la religion et les gens de science. Il a donc appris le Qour’an honoré avec mémorisation, psalmodie et maîtrise à l’âge de sept ans, puis il s’est entièrement consacré à puiser dans les océans de la science. Il a ainsi appris par cœur un certain nombre de manuels de base dans différents domaines de la science. Puis il a accordé son attention à la science du Hadith et a ainsi appris par cœur les six livres et d’autres encore, avec leurs chaînes de transmission, à tel point qu’il a été autorisé à donner des avis de jurisprudence et à transmettre le Hadith alors qu’il n’avait pas même dix-huit ans.
Il s’est distingué à travers toutes les régions de l’Ethiopie et de la Somalie en surclassant ses pairs dans la science de la biographie des hommes de la transmission du Hadith et de leurs niveaux respectifs. Il s’est également distingué par la mémorisation des manuels de base et l’approfondissement des sciences de la Sounnah, de la langue, de l’exégèse, de l’héritage et d’autres encore, à tel point qu’il n’est pas de science islamique connue qu’il n’ait étudiée et dans laquelle il ne soit compétent.
Son intelligence et sa mémoire exceptionnelle lui ont permis d’approfondir sa connaissance dans le fiqh Chafi^ite, les règles fondamentales de constitution du fiqh selon Ach-Chafi^iyy et les points de différence d’avis dans l’école. C’est également le cas dans le fiqh ma1ikite, hanafite et hanbalite, à tel point qu’il est devenu celui que les gens désignent et recommandent de visiter et auprès de qui les gens des contrées éthiopiennes et somaliennes se rendaient, jusqu’à ce qu’on lui accorde le poste de Moufti de Harar et de ses environs.
Il a appris le fiqh chafi^ite, les règles fondamentales de constitution selon Ach-Chafi^iyy et la grammaire arabe de plusieurs savants et maîtres parmi lesquels il y a le savant et maître le Chaykh Mouhammad Siraj Al-Jabartiyy le Moufti de l’Ethiopie. Il a appris les sciences de la langue arabe entre autres Chaykh et en particulier, du Chaykh Ahmad Al-Basir.
Il a étudié le fiqh des trois autres écoles ainsi que leurs règles fondamentales de constitution de plusieurs savants parmi lesquels il y a le Chaykh Mouhammad Al-^Arabiyy Al-Façiyy. Il a appris la science de l’exégèse du Chaykh Charif Al-Habachiyy, dans sa ville Jimmah, et il a pris la science du Hadith et les sciences attenantes de très nombreux savants. Parmi les plus honorables d’entre eux il y a le Chaykh Abou Bakr Mouhammad Siraj Al-Jabartiyy, Moufti de l’Ethiopie et le Chaykh ^Abdou r-Rahman ^Abdou l-Lah Al-Habachiyy ainsi que d’autres.
Puis il est parti vers La Mecque et ses savants avec lesquels il a fait connaissance. Parmi eux le Chaykh Mouhammad Yaçin Al-Fadaniyy. I1 a aussi fait partie de l’auditoire du Chaykh Mouhammad Al-^Arabiyy At-Tabban. Il a aussi rencontré le Chaykh vertueux, le Mouhaddith et spécialiste de la récitation du Qour’an Ahmad ^Abdou l-Mouttalib, Chaykh des spécialistes des sciences de la lecture du Qour’an à la mosquée de La Mecque. Il a appris de lui les quatorze versions de lecture ainsi que davantage de science du Hadith et il a obtenu de sa part une licence.
Il est parti par la suite à Médine l’Illuminée où il a établi des liens avec ses savants et où il a appris encore du Hadith du Mouhaddith le Chaykh Mouhammad fils de ^Aliyy As–Siddiqiyy Al-Bakriyy Al-Hanafiyy qui l’a autorisé à transmettre le Hadith.
Puis, il s’est dirigé vers Damas. Les habitants de la ville lui ont fait bon accueil, d’autant que venait de décéder le Mouhaddith, le Chaykh Badrou d-Din Al-Haçaniyy, que Allah lui fasse miséricorde. Puis, lorsqu’il a habité Damas, il a appris du Chaykh Mahmoud Fayiz Ad-Dir^ataniyy, le résident à Damas et son spécialiste de la lecture du Qour’an. Puis il s’est déplacé dans le pays du Cham. Sa renommée n’a cessé de croître, les savants du Cham ainsi que les étudiants le fréquentaient assidûment, il a donc fait connaissance avec ses savants et ils ont tiré profit de sa science. Ils ont témoigné de son mérite et ont reconnu son haut degré dans la science. Il est devenu célèbre dans le pays du Cham comme étant « le successeur du Chaykh Badrou d-Din Al-Haçaniyy » et comme étant « le Mouhaddith du pays du Cham ». Par ailleurs, de nombreux savants et spécialistes du fiqh du Cham lui ont rendu hommage, parmi eux le Chaykh Abou l-Yousr ^Abidin, Moufti de la Syrie, le Chaykh Nouh de la Jordanie, le docteur Al-Halwaniyy, Chaykh des spécialistes de la lecture du Qour’an en Syrie. De même le Chaykh ^Outhman Sirajou d-Din de la descendance du Chaykh ^Ala‘ou d-Din, maître des Naqchabandiyy en son temps, a fait son éloge et une correspondance fraternelle et scientifique s’est établie entre eux. Ont fait son éloge également le Chaykh ^Abdou l-Karim Al-Bayyariyy, l’enseignant à la mosquée Al-Hadra Al-Kaylaniyyah à Bagdad, le Chaykh Mouhammad Zahid Al-Islambouliyy, le Chaykh Mouhammad Al-Hanafiyy qui est l’un des plus célèbres savants turcs œuvrant actuellement dans ces contrées, les deux Chaykh ^Abdou l-Lah et ^Abdou l-^Aziz Al-Ghoummariyy qui sont les deux Mouhaddith des contrées marocaines, le Chaykh Mouhammad Yaçin Al-Fadaniyy le Mecquois, Chaykh du Hadith et des chaînes de transmission à l’Institut des sciences de religion à La Mecque honorée (Dar Al-^ouloum ad-Diniyyah). De nombreuses autres personnalités lui ont encore rendu hommage.
Il est arrivé à Beyrouth en l’an 1370 de l’Hégire (1950). Il a été l’hôte des plus grands Chaykh de cette ville, tels le Chaykh le Qadi (Juge) Mouhyi d-Din Al-^Ajouz, le Chaykh et Conseiller Mouhammad Ach-Charif. Le Chaykh Baha‘ou d-Din Al-Kilaniyy s’est réuni avec le Chaykh ^Abdou l-Lah chez le Chaykh Mouhammad Ach-Charif et il a tiré profit de lui dans la science du Hadith.
Le Chaykh Moukhtar Al-^Alayli, l’ancien responsable de la fatwa, que Allah lui fasse miséricorde, s’est réuni avec le Chaykh ^Abdou l-Lah et a reconnu son mérite et son haut degré dans la science. Il a préparé la prise en charge de son installation à Beyrouth par Dar Al-Fatwa, afin qu’il puisse se déplacer dans les différentes mosquées pour y diriger des assemblées de sciences, et ceci par une autorisation écrite du Chaykh Moukhtar.
Il est décédé que Dieu lui fasse miséricorde le mois de Ramadan de l’année 1429 H 2008. Il est enterré à Beyrouth.
1- Al-Harariyy : de Harar, région de la corne africaine (Ethiopie) ayant une histoire islamique glorieuse et qui a vu naître sur son sol beaucoup de savants et de saints.
2- Al-^Abdariyy : de la descendance de ^Abdou d-Dar, qui est une branche de la tribu de Qousayy fils de Kilab, le quatrième arrière-grand-père du Prophète
3- Hadith -Tradition prophétique – : parole, fait ou événement rapporté du Prophète ou de ses compagnons, que Allah les agrée.
4- Les six livres sont les recueils de Hadith les plus importants de la Tradition : AI-Boukhariyy, Mouslim, An-Naça‘iyy, Abou Dawoud, At-Tirmidhiyy, Ibnou Majah.
5- Fiqh : science de la jurisprudence des lois de l’Islam.
6- Chafi^ite : relatif à Ach-Chafi^iyy, le grand savant Qouraychite, l’un des plus illustres jurisconsultes musulmans, que Allah lui fasse miséricorde, il a pris la science de l’Imam Malik à Médine et ce dernier l’a autorisé à donner des avis de jurisprudence alors qu’il n’avait que quinze ans. Puis, il est parti en Irak et il a appris chez les élèves de l’Imam Abou Hanifah. Il a rencontré l’Imam Ahmad que Allah leur fasse miséricorde à tous.
Noter prophète : Les manifestations de l’amour du Salaf et des Imams illustres pour le Prophète
Les manifestations de l’amour du Salaf et des Imams illustres pour le Prophète
Il y a eu beaucoup de nouvelles qui ont été rapportées du Salaf vertueux (c’est-à-dire les musulmans des trois premiers siècles de l’Hégire) et des Imams illustres qui indiquent leur profond amour pour leur prophète et le fait qu’ils se languissaient de lui. Le prophète a dit : « min ‘achaddi ‘oummati li houbban ‘ounasoun yakounouna ba^di yawaddou ‘ahadouhoum law ra’ani bi ‘ahlihi wa malihi » ce qui signifie : « les gens de ma communauté qui m’aimeront le plus, ce sont des gens qui vont venir après moi. L’un d’entre eux serait prêt à sacrifier sa famille et ses biens pour me voir » et le prophète a dit dans un autre hadith : « wadidtou law ra’aytou ahbabi » ce qui signifie : « j’aurai souhaité voir mes bien-aimés ». Les compagnons lui ont dit : « mais ne sommes-nous pas tes biens aimés ô messager de Allah ? ». Il a répondu : « ‘antoum ‘as–habi, ‘ahbabi al-ladhina ya’touna min ba^di yawaddou ‘ahadouhoum ‘an law ra’ani bi ‘ahlihi wa malih » ce qui signifie : « vous, vous êtes mes compagnons, mais mes bien-aimés ce sont ceux qui viendront après moi. L’un d’entre-eux serait prêt à sacrifier sa famille et ses biens pour me voir ».
Parmi les paroles rapportés du Salaf vertueux, les paroles et les nouvelles qui manifestaient leur amour pour leur prophète, et le fait qu’ils étaient attachés à lui durant sa vie et après sa mort c’est que ^Amr ibnou l-^As a dit : « il n’y avait personne que j’aimais plus que le messager de Allah ». D’après ^Abdah, la fille de Khalid ibnou Ma^dan elle parlait de son père et elle disait : « Khalid n’allait pas dormir sans citer son profond amour pour le messager de Allah, pour ses compagnons, qu’ils soient mouhajiroun (émigrants) ou ‘ansar (partisans). Il les mentionnait et il disait : ce sont eux ma famille, ce sont eux mon clan, c’est à eux que mon cœur s’attendrit. Je me languis d’eux. O Seigneur fais que je les rejoigne rapidement, et il disait cela jusqu’à dormir ». Il a été rapporté qu’une femme des ‘ansar, des partisans, c’est-à-dire des musulmans de Médine a apprit que son père, son frère et son mari ont été tués le jour de la bataille de ‘Ouhoud, ils étaient auprès du messager de Allah. Elle a dit : « comment vas le messager de Allah ? ». On lui a répondu : « il va bien par la grâce de Allah, il va comme tu le souhaites ». Elle a dit alors : « montre-le moi que je puisse le voir » et quand elle a vu le prophète, elle a dit : « toute épreuve après toi est comme rien du tout ». Un jour ^Aliyy ibnou Abi Talib, que Allah l’honore davantage, a été interrogé : « comment vous aimiez le messager de Allah ? ». Alors notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, a répondu : « par Allah, nous l’aimions plus que nos biens, plus que nos enfants, plus que nos parents, plus que nos pères et mères et plus que l’eau fraîche pour celui qui est assoiffé ». D’après Zayd ibnou ‘Aslam, il a dit : « ^Oumar ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée était sorti faire son inspection de nuit (il avait instauré une bonne innovation, c’est qu’il sortait de nuit et inspectait les musulmans : comment est l’état des musulmans, il regardait s’il y avait quelqu’un à qui il manquait quelque chose, c’était une innovation qu’il avait instauré, que le sultan, le calife, le responsable sorte et inspecte les gens la nuit pour voir s’il ne leur manque pas quelque chose. De nos jours certains parents peut-être n’inspectent même pas leurs enfants au lit pour voir s’ils sont bien couvert ou pas. Lui il sortait de chez lui et il passait et contrôlait les gens). Alors il a vu une lumière allumée dans une maison et une vieille femme qui était en train de filer de la laine et elle disait de la poésie. Elle disait :
^ala Mouhammadin salatou l-‘abrar
salla ^alayhi t–tayyibouna l-‘akhyar
qad kounta qawwaman boukan bi l-‘as-har
ya layta chi^ri wa l-manaya ‘atwar
hal tajma^ouni wa habibi d-dar
Que Allah honore et élève d’avantage le prophète Mouhammad
Ce sont les bons et les meilleurs qui ont fait des invocations en sa faveur
Puis dans sa poésie elle s’adressait au prophète et elle disait :
Tu veillais les nuits en pleurant par crainte de Allah
Quand est ce que la mort viendra et je pourrai venir te rejoindre
Notre maître ^Oumar que Allah l’agrée s’est assis et s’est mis à pleurer. Il a demandé qu’elle parle avec lui.
Il a été rapporté que le compagnon glorieux ^Abdou l-Lah, fils de ^Oumar ibnou l-Khattab, que Allah les agrée tous les deux, une fois sa jambe s’est comme paralysée. On lui a dit : « cite la personne que tu aimes le plus, tu guériras ». Alors il a dit : « Ya Mouhammadan », il a appelé le prophète. C’est alors qu’il guérit sur le coup.
Information utile : L’imam Al-Boukhariyy dans son livre al-‘adabou l-moufrad, a dit qu’il était permis d’appeler le prophète après sa mort en disant « Ya Mouhammad », « Ô Mouhammad ».
Ibnou s-Sounniy a également cité cela dans son livre ^amalou l-yawmi wa l-laylah. Le texte de ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy dans al-‘adabou l-moufrad, son livre, il a dit : « la jambe du fils de ^Oumar s’est comme paralysée. Un homme lui a alors dit : cite la personne que tu aimes le plus, celle qui est le plus cher pour toi. Il a dit : « Ya Mouhammad », « Ô Mouhammad ». Cette quasi-paralysie de sa jambe, c’est-à-dire que sa jambe c’est comme si elle n’a plus de sensibilité, ce n’est pas le simple fourmillement. Certains ne comprennent pas ce hadith, ils pensent que c’est comme si la jambe se met à fourmiller, mais ce n’est pas le simple fourmillement de jambe, c’est une quasi-paralysie, la jambe ne sent plus rien. Lorsque Bilal Al-Habachiy que Allah l’agrée, qui était le mou’adh-dhin, celui qui appelait à la prière pour le messager, quand il était près de mourir, sa femme s’est mise à dire : « Ô qu’il est grand mon chagrin », parce qu’elle voyait que son mari était prés de mourir. C’est alors que Bilal lui a répondu : « qu’il est grand mon bonheur : Demain je vais rejoindre mes bien-aimés, Mouhammad et ses compagnons ».
Il a été rapporté qu’une femme avait dit à ^A’ichah, que Allah l’agrée, elle lui avait dit après le décès du prophète élu : « montre-moi la tombe du messager de Allah ». ^A’ichah a alors dévoilé la tombe et c’est alors que cette femme s’est mise à pleurer en face de la tombe honorée jusqu’à ce qu’elle soit morte tellement elle se languissait du prophète et l’aimait.
Parmi les nouvelles qui nous sont parvenues au sujet de l’immense amour que les compagnons éprouvaient envers leur prophète, et comment ils faisaient tout pour qu’il ne lui arrive aucun mal, aucune nuisance : lorsque les gens de La Mecque, qui étaient à l’époque encore mécréants, ont emmené Zayd ibnou d-dathnah, ils l’ont fait sortir de al-haram, l’enceinte sacré de La Mecque pour le tuer alors que Zayd était un compagnon du prophète. Abou Soufiyan ibnou Harb qui était mécréant lui a dit : « je te demande par Allah ô Zayd, est-ce que tu aurais aimé que Mouhammad soit à ta place maintenant entre nos mains et qu’on lui tranche le cou et que toi tu sois parmi les gens de ta famille, tranquille ? ». Alors Zayd, que Allah l’agrée lui a répondu : « Par Allah, je ne voudrai pas que Mouhammad, qui est à la place où il est maintenant, je ne voudrai même pas qu’il soit touché par une épine. Alors que moi je serai assis avec les gens de ma famille ». Et Abou Soufiyan a dit : « je n’ai pas vu des gens qui aimaient plus quelqu’un que les compagnons de Mouhammad qui aimaient le prophète Mouhammad ».
Ce qui nous indique le grand attachement des compagnons, leur grand amour pour le messager éminent, il y a ce qui s’est passé lors de la bataille de ‘Ouhoud. Lorsque les archers (ceux qui devaient être positionnés pour couvrir les musulmans qui combattaient. Le Prophète les avait placés sur une hauteur, le mont des archers jabalou r-roumat, ils étaient là normalement pour surveiller que les musulmans ne soient pas attaqués par derrière) avaient contredit la parole du prophète, ils avaient quitté leurs positions alors que le prophète leur avait dit ce qui signifie : « même si vous voyez que nous sommes en train de gagner la bataille, vous ne quittez pas vos positions » et eux ont désobéi, ils ont quitté leurs position. C’est alors que les musulmans n’ont plus été couverts, et les associateurs sont venus pour les attaquer par derrière. Il y a eu beaucoup de morts parmi les musulmans à cette occasion là. Et à cette occasion, les compagnons du prophète ont manifesté leur grand attachement pour le prophète. Ils étaient devenus comme une forteresse : par leur corps ils avaient constitué comme une forteresse autour du prophète et ils protégeaient le prophète par leurs corps et ils tombaient les uns à la suite des autres sous les flèches des associateurs au point que nombre d’entre eux furent tués à cette occasion là. Tout cela manifestant leur amour pour leur prophète et leur guide éminent et oeuvrant conformément à la parole de Allah : « an-nabiyyou ‘awla bi l-mou’minina min ‘anfousihim » [sourat Al-‘Ahzab / 6].
Parmi ce qui est rapporté également concernant le sacrifice des compagnons, que Allah les agrée, le sacrifice qu’ils ont fait pour leur prophète, ils sacrifiaient leurs âmes et leurs corps le jour de la bataille de ‘Ouhoud. Lorsque les gens n’avaient pas écouté la parole du prophète et que parce qu’ils n’avaient pas écouté la parole du prophète ils avaient perdu, mais le prophète il ne perd jamais. On ne dit pas que le prophète a perdu une bataille, le prophète est toujours gagnant. Ce sont ceux qui n’ont pas écouté sa parole qui ont perdu.
Le compagnon honorable Abou Talhah, que Allah l’agrée a protégé le prophète et il était debout pour le protéger et porter son bouclier. Il protégeait le prophète avec son propre corps et son bouclier. Et Abou Talhah était un homme adroit dans le lancer. Le prophète surveillait la bataille mais Abou Talhah lui disait : « s’il te plait ne te découvre pas sinon tu risques d’être atteint par une flèche. Je préfère que ce soit moi qui meurt et pas toi ».
Abou Doujanah également, que Allah l’agrée, a protégé le messager de Allah par son corps. Son corps était comme un bouclier pour le prophète et les flèches tombaient sur son dos alors qu’il était penché sur le messager de Allah pour le couvrir jusqu’à ce qu’il meure lui et cinq autres avec lui qui protégeaient le messager de Allah par leurs corps. Ils ont sacrifiés leurs âmes pour le prophète et ils ont obtenu la gloire du martyr. Le dernier d’entre eux était ^Amarah ibnou Yazid que Allah l’agrée qui lui aussi protégeait et combattait jusqu’à ce que ses blessures l’aient achevé. Quand ce compagnon était tout plein de blessure et qu’il allait bientôt mourir, le messager de Allah, lui qui a le cœur tendre et miséricordieux a dit aux autres : « ‘adnouhou minni », ce qui signifie : « rapprochez-le de moi » et le prophète a posé la tête de ce compagnon blessé sur son pied honoré et ce compagnon est mort avec sa joue contre la jambe du messager de Allah.
Parmi ce qui indique le grand amour des compagnons pour leur prophète et le grand attachement de leur cœur à le voir et le fait qu’ils ne supportaient pas de la quitter, c’est qu’un homme est venu un jour voir le prophète élu et lui a dit : « Ô messager de Allah je t’aime plus que ma famille et mes biens. Chaque fois que je te cite, je ne peux pas patienter jusqu’à venir te voir. J’ai pensé, le jour où moi je vais mourir et que toi tu vas mourir, j’ai su que toi lorsque tu rentreras au paradis, tu y entreras en haut du paradis avec les prophètes et que si moi j’y rentre je ne t’y verrai pas ». Alors Allah tabaraka wa ta^ala a révélé Sa parole : « wa man youti^i l-Laha wa r-rasoula fa‘oula’ika ma^a l-ladhina ‘an^ama l-Lahou ^alayhim m-mina n-nabiyyina wa s–siddiqina wa ch-chouhada’i wa s–salihina wa hasouna ‘oula’ika rafiqa » [sourat An-Niça’ / 69], c’est-à-dire dans cette ‘ayah nous comprenons que ceux qui obéissent à Allah et au messager ceux-là seront avec le prophète, les véridiques, les martyrs et les vertueux et quelle meilleure compagnie que la compagnie de ces gens-là.
Le prophète a demandé qu’on lui ramène cet homme et il lui a récité cette ‘ayah pour lui égayer le cœur. Dans le hadith de ‘Anas, que Allah l’agrée, le prophète a dit : « man ‘ahabbani kana ma^i fi l-jannah », ce qui signifie : « celui qui m’aime sera avec moi au paradis ».
Information utile : le messager de Allah a dit : « al-mar’ou ma^a man ‘ahabb », c’est-à-dire que Allah ta^ala réunit l’homme avec celui qu’il aime s’il fait partie des vertueux. Au jour du jugement, si quelqu’un aimait quelqu’un de vertueux, il sera avec lui au jour du jugement.
Parmi les manifestations claires également de l’amour des compagnons envers leur prophète, et que leur cœur était attaché à l’accompagner même après sa mort, il y a ce qu’a rapporté Mouslim que Rabi^ah ibnou Ka^b Al-‘Aslamiy qui avait été un certain moment au service du messager de Allah. Le messager de Allah lui a dit un jour pour le rétribuer, car ce compagnon était à son service : « salni », ce qui signifie : « demande quelque chose je, le ferai » c’est-à-dire par rétribution. C’est alors que ce compagnon a demandé au messager de Allah d’être avec lui au paradis. Le messager de Allah ne l’a pas blâmé pour cela. Il ne lui a pas dit, ce n’est pas bien ce que tu demandes. Mais par modestie, le prophète lui a dit : « ‘aw ghayra dhalik » ce qui signifie : « ou autre chose ». Mais le compagnon lui a dit : « non c’est ce que je veux ». Alors le prophète lui a dit : « fa’a^inni ^ala nafsika bi kathrati s-soujoud », ce qui signifie : « œuvre, accompli beaucoup des prières surérogatoires, peut-être que ce sera une cause pour que tu sois exaucé ».
Information utile : ce hadith honoré dans lequel ce compagnon honorable Rabi^ah ibnou Ka^b, que Allah l’agrée avait demandé au messager de Allah d’être avec lui au paradis par rétribution pour son service à lui dans le bas monde. Ce hadith constitue une preuve claire qu’il est permis de demander à autre que Allah ta^ala quelque chose qu’il n’est pas habituel de demander. Il a demandé au prophète d’être avec lui au paradis, il a demandé à autre que Allah. Et lui demander d’être au paradis, ça n’est pas quelque chose d’habituel, les gens habituellement ne demandent pas ça. Donc ce hadith est une preuve qu’il est permis de demander à autre que Allah ce qu’il n’est pas habituel de demander contrairement à ce que disent ces perturbateurs qui renient le tawassoul, les wahhabites ou prétendus salafites. Ils disent le contraire, ils déforment. Ils prétendent qu’il n’est pas permis de demander à autre que Allah et qu’il n’est pas permis de demander ce qui n’est pas habituel. Ils ont ramené des règles de leur tête. Nous, nous suivons le hadith du prophète et des compagnons ou ces gens là ? On suite le prophète et ses compagnons, mais eux c’est comme si leur cœur est voilé, c’est comme si tu parles avec le vent. Ces gens ont ramené une nouvelle religion et avec leur argent ils la diffusent. Ils prennent des jeunes qui n’ont pas vécu dans les pays musulmans, qui n’ont pas appris ou même ceux qui ont vécu dans les pays musulmans et ils les détournent, ils sèment parmi eux leur mauvaise religion. S’ils l’ont propagée, c’est avec l’argent car le fondateur de leur secte wahhabite est apparu il y a plus de 250 ans et il n’a pas réussi à attirer des gens. C’est seulement lorsqu’ils ont découvert du pétrole qu’ils ont réussi à diffuser leur mauvaise croyance et pourtant ils n’ont rien changé, c’est toujours la même chose. Avant ils n’avaient pas d’argent, ils n’avaient pas de client maintenant qu’ils ont l’argent ils trouvent des clients.
Ils disent : « comment tu demandes à quelqu’un qui lui aussi est dans le besoin ?! », c’est soit disant la réplique qu’ils ont trouvée ! Quand on leur dit qu’il est permis de demander à autre que Allah quelque chose qu’il n’est pas habituel de demander, comme ce compagnon, ils disent : « comment tu demandes à quelqu’un qui lui-même est dans le besoin ?! ». La réplique est que le messager de Allah qui lui aussi ne se passe pas de Allah, il a toujours besoin de Allah a dit à son propre serviteur ce qui signifie : « demande-moi ce que tu veux ». C’est le prophète qui a pris l’initiative de lui dire de demander et le compagnon qui connaît certainement la religion de l’Islam mieux que ces wahhabites a demandé. Le prophète ne lui a pas dit : « tu as fait quelque chose de mal, pourquoi tu demandes à quelqu’un qui lui-même est dans le besoin ». Ces gens-là sont très loin de la religion du prophète.
Les gens de la vérité, parmi les savants ont dit : « il est permis de demander au prophète qu’il soit vivant ou mort et il est également permis de demander à un saint qu’il soit vivant ou mort. Cela n’est pas contraire à la loi de l’islam et cela ne représente pas une adoration d’autre que Allah » tout comme le prétendent ces perturbés, ces perturbateurs qui renient le tawassoul. L’adoration comme l’ont définie les linguistes, les spécialistes de la langue, c’est : « ghayatou l-khouchou^i wa l-khoudou^ » c’est-à-dire l’extrême limite de l’humilité, de la crainte et de la soumission. On comprend à partir de là que le simple tawassoul, la simple demande d’aide ou de renfort par le prophète ou par un saint et lui demander qu’il soit vivant ou mort, cela n’est pas une adoration pour celui à qui on demande cela car ce n’est pas une extrême limite d’une soumission, ce n’est pas une forme d’association. Les prophètes et les saints tout comme l’ont dit les savants de la vérité peuvent agir, accomplir certaine chose durant leur vie et après leur mort. Tout cela par la volonté de Allah. Allah ta^ala fait que s’Il veut, ce saint sort de sa tombe, il fait ce que Allah veut qu’il fasse et il revient. N’est ce pas que Allah est sur toute chose tout puissant. Qu’est ce qui empêche cela ? Rien du point de vue de la raison n’empêche cela, rien. C’est quelque chose de possible selon la raison.
Parmi ce qui est parvenu au sujet de l’amour des compagnons envers le prophète élu, il y a la visite qu’ils lui font après sa mort et le tabarrouk, c’est-à-dire la recherche des bénédictions par sa tombe honorée, il y a ce qu’à, rapporté Bilal Al-Habachiy, que Allah l’agrée, le mou’adh-dhin du messager de Allah. Il avait quitté Médine l’illuminée après la mort du prophète et il était parti s’installer au pays de Ach-Cham. Il a vu dans son rêve le messager de Allah lui dire dans le rêve ce qui signifie : « tu fais preuve là d’une froideur ô Bilal. Le moment de venir me rendre visite n’est donc pas encore arrivé ». C’est-à-dire que le prophète s’est comme s’il reprochait avec douceur, comme lorsque quelqu’un te dit « il y a longtemps que tu n’es pas venu me rendre visite pourquoi tu ne viens pas ». Bilal, que Allah l’agrée s’est réveillé de son sommeil attristé et touché. Il a pris sa monture et s’est dirigé vers Médine l’illuminée, que Allah honore et élève d’avantage celui qui y réside. Il est parti à la tombe du prophète, il s’est mis à pleurer et à frotter son visage sur la tombe. C’est alors que Al-Haçan et Al-Houçayn, les deux petit-fils du messager de Allah, sont venus et Bilal les a pris contre lui, les a serrés contre sa poitrine en les embrassant. Ils lui ont dit : « nous souhaitons tant entendre à nouveau l’appel à la prière que tu faisais pour le messager de Allah dans la mosquée ». C’est alors que Bilal a fait ce que les petit-fils du prophète lui ont demandé. Il est monté sur le toit de la mosquée du prophète. Il a pris la place qu’il prenait habituellement et quand il a dit Allahou ‘akbar Allahou ‘akbar, Médine a tremblé. Quand il a dit Ach-hadou an-la ‘ilaha illa l-Lah, les gens ont tous remarqué qu’il y avait quelque chose d’inhabituel. Lorsqu’il a dit Ach-hadou anna Mouhammadan raçoulou l-Lah les femmes étaient sorties de chez elles, elles se sont dit « est ce que le prophète a ressuscité ? » et ce jour-là, était le jour où on avait vu le plus les gens pleurer, hommes et femmes à Médine, après le décès du messager de Allah. Cela a été rapporté par le Hafidh Taqiyyou d-Din As-Soubkiyy dans son livre Chifa’ou s-Saqam.
Croyance : Dieu ne ressemble pas à Ses créatures
La louange est à Allah, le Seigneur des mondes, que l’honneur et l’élévation en degrés soient accordés à notre maître Mouhammad, le messager de Allah, l’honnête, lui qui a été à la hauteur de ce qui lui a été confié, ainsi qu’à sa famille pure. La meilleure des sciences est la science de la religion et la meilleure des sciences de la religion est la science du tawhid, de la croyance en l’unicité de Allah, car c’est grâce à cette science que l’on connaît Allah et c’est la base de l’Islam. La connaissance de Allah est le fondement même de l’Islam, c’est son pilier fondamental. Il n’y a pas de bonheur sans la connaissance de Allah. Combien de personnes connaissent par cœur le Qour’an et s’occupent de tariqah, de dhikr, d’évocations, de jeûnes, de prières surérogatoires pendant la nuit alors qu’ils ne connaissent pas leur Créateur car ils s’imaginent que Allah est un corps installé sur le Trône. Ceux-là sont des mécréants. L’imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée, a dit que celui qui croit que Allah est assis sur le Trône est un mécréant. En effet celui qui s’asseoit sur le Trône est limité , de même que celui qui est supposé être de la taille du Trône ou même plus grand. Dans tous les cas, il est concerné par la limite. Or toute chose qui a une limite a besoin de qui l’a créée avec cette limite et cette quantité. Si Allah était un corps, Il aurait eu besoin d’un Dieu qui l’aurait créé. Nous, nous ne nous sommes pas donnés l’existence. Nos parents non plus ne nous ont pas donné cette existence avec cette limite. L’homme a une taille de quatre coudées sur une coudée de large et ce n’est pas nous qui nous sommes composés avec cet aspect. Nous nous sommes trouvés ainsi fait. Il est indispensable que cela ait eu lieu par la composition de Qui nous a composé ainsi et c’est Allah qui nous a créés de la sorte. Il n’est pas possible que Allah soit quelque chose de composé car la chose ne se crée pas elle-même, elle ne crée pas son ressemblant. Celui Qui crée n’a pas de ressemblance avec ce qu’Il crée. Celui qui croit que Allah a une taille plus petite ou plus grande que le Trône devient également mécréant. Il en va de même pour celui qui croit que Allah est étendu à l’infini. Toute chose qui a une étendue est créée. Allah n’est pas caractérisé par une petite distance ou une grande distance. La mesure, qu’elle soit petite ou grande est propre à la créature. Le Créateur est exempt de tout cela. Par ailleurs, Allah tabaraka wa ta^ala existe. Il n’a pas été précédé du néant mais tout autre que Allah est précédé du néant. L’endroit n’existait pas, pas même cet espace qu’il y a entre le ciel et la terre , avant que Allah ne le crée. Et Allah existe avant l’existence de toutes choses, sans début à Son existence, Il n’a pas été précédé du néant. Il existe avant l’endroit et le temps. Il n’est pas localisé dans un endroit. Il existe sans endroit. Par ailleurs, Allah tabaraka wa ta^ala a des attributs éternels, exempts de début car Son Être est éternel. Il n’est pas caractérisé par des attributs qui entrent en existence. Nous, nos êtres ainsi que nos caractéristiques sont entrés en existence. Notre science est entrée en existence. Elle augmente et diminue et il lui arrive des interruptions. Notre parole est faite de lettres et de sons, a un début et est entrecoupée. Il n’est pas possible que la parole de Allah soit comme notre parole de lettres et de sons, ni qu’elle ait un début et une fin car cela est une des caractéristiques de la parole des créatures. La parole des créatures a un début et une fin. Il est impossible au sujet de Allah que Sa parole soit ainsi. Sa Science, Sa puissance, Sa volonté, Sa vie, Son ouïe, Sa vue, ces sept attributs sont éternels, exempts de début et exempts de fin.Les attributs de Allah n’entrent pas en existence. Ils existent de toute éternité. Tous les savants de ahlou s-sounnah se sont accordés à dire que la parole de Allah est unique, elle n’est pas composée de parties, n’a pas de début ni de fin.
Dans le bas monde, parmi les humains, Mouça, ^alayhi s-salam, a entendu cette parole à deux reprises. Allah ta^ala lui a donné la capacité d’entendre une parole qui n’est ni lettres ni voix. Dans l’au-delà, les musulmans tout comme les mécréants, entendront la parole de Allah, qui n’est pas de lettre ni de son. Ils comprendront sur quoi Allah les interroge et qu’est-ce qu’Il leur dit. Sur cela, les savants de ahlou s-sounnah se sont accordés. Il y a livre qui s’appelle Lahnou l-^Ammati wa l-Khassah, d’un savant de l’Andalousie qui s’appelle Abou ^Aliyy As-Sakouniyy. Il est de Séville Ichbiliyah, d’origine arabe. Il est de la tribu de Sakoun, des Arabes de la Péninsule arabique qui sont arrivés en Andalousie à Séville. Ce savant, Abou ^Aliyy As-Sakouniyy a dit « l’unanimité de ahlou s-sounnah a eu lieu sur le fait que la parole de Allah est unique », Allah tabaraka wa ta^ala. On dit de Lui qu’Il parle, on ne dit pas qu’Il prononce. Sa science est une science unique qui n’a pas de commencement ni de fin. Sa vue également, Il voit les choses d’une vue éternelle, exempte de début, exempte de fin, qui ne s’interrompt pas et Il entend des voix et des sons d’une ouïe éternelle, exempte de début, exempte de fin qui ne s’interrompt pas. Ceci est la voie de ahlou s-sounnah, c’est cela le tawhid, la croyance en l’Unicité. Tout ce qui contredit cela est de la mécréance qui revient à assimiler Allah à Ses créatures. Celui qui croit que Allah parle puis se tait puis parle, puis se tait, il aura assimilé Allah à Ses créatures.
Information utile : certaines personnes comprennent certaines ‘ayah du Qour’an contrairement à ce qui a été dit précédemment. Ces gens-là vont à leur perte et ceux qui les suivent également. Allah ta^ala a fait descendre le Qour’an de sorte que certaines ‘ayah ont des sens autres que le sens apparent. Allah ta^ala a voulu ainsi éprouver Ses esclaves car certaines personnes comprennent ces ‘ayah selon le sens apparent et les expliquent ainsi. Ils deviennent alors mécréants et vont à leur perte.
D’autres n’expliquent pas ces ‘ayah selon le sens apparent mais les interprètent et leur donnent un autre sens que le sens apparent. C’est ainsi que sont ahlou s-sounnah, ceux qui sont sur la voie des compagnons jusqu’à nos jours. Quant à ceux qui sont perdus comme les wahhabites prétendus salafites, ils les expliquent selon le sens apparent et ils s’égarent.
Un exemple pour cela, c’est ce qui est dans le Qour’an, la parole de Allah « ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa ». Nous, nous expliquons cette ‘ayah dans le sens où Allah a dominé le Trône et le Trône est la plus grande des créatures que Allah a créée. Le trône est plus grand que les cieux et la terre, donc, Allah domine toute chose.
Ceux qui expliquent cette ‘ayah par la position assise, qui disent que Allah est assis sur le Trône, ils sont devenus mécréants car ils ont assimilé Allah à Ses créatures. En effet, la position assise fait partie de la caractéristique de l’homme, des anges, des jinn, des animaux comme les ânes ou les singes. La position assise n’est pas une éloge au sujet de Allah mais une insulte. Mais les wahabites ne comprennent pas car ils pensent, lorsqu’ils disent que Allah est assis sur le Trône qu’ils glorifient Allah. En fait, ils L’assimilent au roi car par le passé, les rois fabriquaient des sortes de lit, des trônes élevés, en or ou en autre matériau et quand ils gouvernaient, ils s’asseyaient dessus. Egalement la ‘ayah « innama ‘amrouhou idha arada chay’an an yaqoula lahou koun fayakoun ». Les wahabites l’expliquent en disant que Allah prononce la lettre « ka’ » et la lettre « na’ ». Ils disent que Allah dit, quand Il veut créer quelque chose, « koun » « koun » « koun ». Ils prétendent que lorsqu’Il fait descendre la pluie, Il dit « koun » « koun » « koun » , ainsi que lorsqu’Il fait souffler le vent. C’est de la mécréance. Allah ne prononce pas de lettre. Sa Parole n’est pas une langue ni des lettres. Pour ahlou s-sounnah, la signification de cette ‘ayah est que Allah fait les choses par Son houkoum qui est de toute éternité. Allah hakama de toute éternité l’existence de ce monde, toute chose qui existe est par le houkoum éternel de Allah. Le houkoum est la parole éternelle de Allah. C’est par la parole éternelle de Allah, par Sa puissance, Sa science, Sa volonté, qu’Il crée le monde. C’est cela la signification de cette ‘ayah « innama amrouhou ».
C’est depuis environ cent ans que les wahabites gouvernent la Mecque et Médine. Avant eux, c’était un descendant de al-Houçayn, fils de ^Aliyy Ibnou Abi Talib qui gouvernait. Ce sont les descendants de Al-Houçayn qui gouvernaient sous l’autorité des califes et des sultans. Les califes étaient installés à Baghdad et les sultans pour un certain nombre d’entre eux étaient des Turcs. En Egypte, c’est sous le titre de sultan que certains présidents gouvernaient. C’est neuf cent années après l’hégire que ces sultans ottomans ont eu le gouvernement et l’autorité. Ce gouvernement qui était à Istanbul a énormément profité aux musulmans.
L’un de ces sultans appelé Mouhammad al-Fatih, Allahou ta^ala l’a honoré. Le Messager, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a parlé de lui. Il a dit, ce qui signifie « Constantinople sera conquise et quel bon émir que l’émir qui va la conquérir et quelle bonne armée que cette armée-là ». Ainsi, le Prophète nous a appris que les musulmans allaient prendre Constantinople qui était aux mains des mécréants. C’était une de leur plus grandes villes. En disant « Constantinople sera conquise, son émir est bon et l’armée qui va la conquérir est une bonne armée » le Messager a fait leur éloge. Après le décès du Messager, les compagnons se sont rendus à Constantinople pour la conquérir mais ils n’ont pas pu le faire. C’est seulement environ neuf cents années après, que ce turc qui s’appelait Mouhammad al-Fatih et qui était alors agé de vingt-deux ans, l’a conquise.
Cours du Chaykh en juin 2005
Le Chaykh dit : « La louange est Allah, le Seigneur des mondes et que l’élévation en degré soient accordées au maître des envoyés, notre maître Mouhammad et qu’Il apaise ses craintes quant au sort de sa communauté ainsi que sur sa famille et ses compagnons bons et pures.
Le Chaykh dit : « Nous avons rapportés avec une chaîne ininterrompue dans le livre Jami^ de At-Tirmidhiyy, que Allah lui fasse miséricorde, que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « Les pieds de l’esclave ne quitteront pas la station du Jour du Jugement avant qu’il ne soit interrogé sur 4 choses, sur sa vie dans quoi il l’a passée, sur son corps dans quoi il l’a utilisé, sur son argent d’où il l’a pris et dans quoi il l’a dépensé, et sur sa science qu’en a-t-il fait ? » Hadith sahih.
La signification que l’homme sera interrogé avant qu’il ne quitte la station au Jour du Jugement, avant qu’il soit ordonné d’être dirigé vers le Paradis ou l’enfer, il sera interrogé sur sa vie, dans quoi il l’a passée, sur son corps dans quoi il l’a usé, sur son argent d’où il l’a pris et dans quoi il l’a dépensé, s’il a pris l’argent d’une voie licite et qu’il l’a dépensé dans le licite, il sera sauf, sinon il mérite le châtiment.
Il sera interrogé sur sa science, qu’est ce qu’il en a fait. Il sera interrogé sur ce qu’il a appris, est ce qu’il a appliqué cette science qu’il a apprise ou est-ce qu’il ne l’a pas appliqué. Celui qui a appris le Qour’an et a pris le Qour’an comme guide et il suivait le Qour’an; il exécute ses ordres et il délaissait ce que le Qour’an a interdit, celui-là sera sain et sauf. Mais celui qui l’a appris et qui a fait qui lui tourne le dos et s’est mis a faire ce qui contredit le Qour’an, celui-là aura périt et le Qour’an sera une preuve contre lui au Jour du Jugement.
A partir de là, on sait que la voie pour être sauvé, c’est la science, c’est-à-dire la science de la religion car la science de la religion, par elle, on sait ce que Allah agréé et ce que Allah n’agréé pas. Par elle, on connaît la parole qui n’a pas de conséquence dans l’au-delà et la marche qui n’a pas de conséquence dans l’au-delà, il en est de même concernant l’ensemble des actes de l’homme, on connaît ce qui est nuisible et ce qui est profitable. Celui qui a appris la science de la religion fait partie de ceux à qui Allah a voulu le bien et celui qui n’a pas appris, Allah ta^ala n’a pas voulu le bien pour lui. La meilleure des science, c’est la science du Tawhid, la science par laquelle on sait Allah ce qui est digne d’être d’attribuer à Allah et ce qui n’est pas digne d’être attribué à Allah, cette science est la meilleure des science. Abou Hanifah que Allah l’agrée a nommé la science du Tawhid, la science majeure, c’est-à-dire que la science avec laquelle on connaît le jugement de la purification de la prière, du jeûne, du pèlerinage, de la zakat, ceci est appelé la science mineure.
Il faut faire preuve de précaution concernant la science du Tawhid plus que toute autre science, car celui qui a connu Allah et son messager et s’est maintenu sur ceci jusqu’à sa mort et s’est préservé des mécréances, celui-là entrera nécessairement au paradis. Ou bien sans châtiment ni dans la tombe ni dans l’au-delà, ou bien après avoir subi un châtiment il entrera au paradis si Allah ne lui pardonne pas alors qu’il avait commis des grands pêchés,comme le délaissement des cinq prières ou une partie d’entre elles ou la consommation d’un interdit.
Cependant, quand à celui qui ne connaît pas Allah selon ce qui est digne de Lui, celui-là rien ne lui profite quelque soient les efforts qu’il a fourni dans l’image des adorations,
Rien ne lui est profitable. Beaucoup de gens n’apprennent pas la science de l’unicité et ils s’occupent avec la tariqah et les évocations et ils se fatiguent. Ceux-là sont ruinés, dans l’au-delà ils sont ruinés. Ils ne trouvent pas ce qu’ils pensent qu’ils vont trouver, ils pensent qu’ils ont préparé pour l’au-delà de grandes provisions, et ils n’ont rien.
Il en est de même pour celui qui a connu Allah comme il se doit et a cru en Son messager Mouhamad mais il n’évitait pas les mécréances, la parole qui contient la mécréance, ou bien par le biais de la plaisanterie ou bien par ignorance des actes, des paroles et des croyances de mécréance, c a d celles qui font sortir de la religion.
Et tout ceci, c a d la connaissance de ce que Allah a rendu obligatoire et ce que Allah a interdit comme parole, acte et croyance, on y accède par l’apprentissage.
Quelle grande perte pour celui qui a passé sa vie dans le dhikr, la prière, le jeune sans avoir une croyance juste, et ceci est le cas de beaucoup de gens.
Aujourd’hui, certaines personnes du fait de leur grande ignorance disent : ‘’ Allaah ta^ala dit ce qui signifie : « Craignez Allaah et Allaah vous donnera la science »
‘Sourate Al Baqarah aayah 282’
Et ils s’occupent des adorations sans avoir appris la science. Ils pensent que la signification de ce qui signifie : « Craignez Allaah et Allaah vous donnera la science » est que si l’homme accomplit la prière, le jeune, le pèlerinage ; les évocations, et les aumônes, Allaah ta^ala lui donnera une science sans apprentissage, ceci est impossible, impossible.
Allaah ta^ala ne donne pas à la personne la science wahbiyy avant qu’il n’apprenne et qu’il agisse conformément à ce qu’il a appris. Quand à celui qui appris ce que Allaah a permis et ce que Allaah a interdit, avec la croyance juste et s’est acquitté des obligations, tout ce que Allaah lui a rendu obligatoire il l’a fait , et s’est abstenu de tout ce que Allaah lui a interdit, celui-là, Allaah lui donne une science en don (whabiyy), autre que la science qui se s’apprend auprès des savants. Ceci est la signification de, ce qui signifie :
« Faites preuve de piété et Allaah vous donnera la science. »
Malheur à ceux qui s’occupent avec la Tariiqah et les évocations sans avoir appris la science de l’unicité ni la science des jugements. Ensuite, ils pensent en eux-mêmes qu’avec ces wirds et ces évocations ils parviendront à la sainteté, qu’ils seront des saint de Allaah. Ceci est impossible. A cause de leur mauvaise compréhension, ils ont péri.
La aayha qui signifie, « Craignez Allaah et Allaah vous donnera la science » veut dire Appliquez ce que Allah a ordonné en tant que science et acte. Si vous oeuvrez ainsi, si vous appliquez parfaitement alors Allaah vous donnera une science en don (ladounniyy), c’est-à-dire autre que la science qui s’apprend auprès des savants.
Ceux qui pensent en eux-mêmes, que s’ils oeuvrent avec les évocations, la prière, et le jeûne, qu’ils multiplient ceci ils deviendront des saints de Allaah et que Allaah leur donnera une science qui ne s’acquiert par (par apprentissage auprès des savants), ceux-là recherchent quelque chose d’impossible, quelque chose qui n’a pas lieu.
De plus, le fondement (la base même) c’est la science de l’unicité. Sans la science de l’unicité, aucune bonne action n’est profitable. Comme la prière n’est valable qu’après le woudou, de même les bonnes actions, Allaah ne les acceptes qu’après la croyance en l’unicité, la science de l’unicité, après la connaissance de Allaah, qu’Il est attribué de tel attribut et qu’Il est exempt de tel et tel attribut. Après ceci et après la croyance en son messager Mouhammad , après ceci les bonnes actions sont profitables ; la prière, le jeûne le pèlerinage et la zakat et la bienfaisance envers les parents et le jihad dans la voie agréée par Allaah. Après ceci les bonnes actions sont profitables. Sans ceci, elles ne sont pas profitables. Celui qui pense que sans cela il parviendra à cet objectif, il aura demandé l’impossible.
Et la connaissance s’agissant de Allaah, c’est de croire que Allaah existe sans qu’Il ne ressemble à aucune chose de ce monde ; Son Être, c’est-à-dire Sa Réalité, ne ressemble pas aux êtres du monde. Allah son Être n’est pas un corps impalpable ni un corps palpable c’est-à-dire qu’Il n’est pas comme la lumière ou le vent ou l’âme quelque chose qui ne se touche pas avec les mains et non plus Il n’est pas comme ce qui se touche avec les mains tel les pierres, les arbres et l’homme. Ce n’est pas un volume petit ni un corps grand. Allah, ta^ala, a crée le monde selon des dimensions différentes. Il a créé la plus petite des choses, le plus petit des volumes, la graine de moutarde et ce qui est plus petit que ceci. Et Il a créé le trône qui est le plus grand des volumes, et Il est capable de créer plus grand que le trône, mais Il n’a pas crée plus grand que celui-ci. Toute chose qui a un volume est créée. Allah n’a pas de volume, Il n’est ni attribué de la petitesse ni de la grandeur. On dit ‘ Allaahou AKBAR’, dans le sens qu’Il est plus savant que tout savant et qu’Il a plus de science que tout savant et qu’il est plus puissant que tout puissant, c’est dans ce sens qu’on dit ‘Allaahou AKBAR’, ça ne veut pas dire que Allah a un volume plus grand que tout volume. Le volume a besoin d’une place, certains volumes se trouvent dans l’espace comme les étoiles. Et certains volumes, une partie d’entre eux sont en contact avec la terre et une parti est en contact avec les cieux et le trône.
Et Allah, qu’Il soit exempté, n’est pas attribué avec aucun des attributs du volume, le volume a des attributs : la couleur, la chaleur, le froid, l’humidité, la sécheresse et ce qui est de cet ordre. Et Allah n’est pas attribué par cela.
C’est Lui Qui A fait exister ces choses-là après avoir été inexistantes. Comment leur ressemblerai-t-il d’une façon ou d’une autre !!!
Le volume ne crée pas le volume, si Allah ta^ala était un volume Il n’aurait pas créé le volume, s’IL était impalpable comme l’âme le vent et la lumière Il n’aurait pas pu les créer ceux-ci. S’Il était palpable comme l’homme, les pierres, l’or ou l’argent, Il n’aurait pas pu crée ceux-ci. De même le volume a besoin d’une place, la place lui est nécessaire ; ou bien un espace ou bien un appui sur un corps comme la terre, comme l’homme, les animaux, nous on s’appui sur cette terre, sur ce volume qui est la terre.
Et toutes ces choses, les cieux, le trône, la terre et l’espace n’existaient pas avant que Allah ta^ala ne les crée, elles étaient inexistantes ensuite Allah les a créés.
Toute existence a un début à son existence c à d un commencement sauf Allah.
Et Il est le seul Être qui existe et qui n’a pas de début à son existence. On dit à propos de toute chose « quand est ce qu’elle a existé », et on ne dit pas à propos de Allah quand Il a existé car Allah n’est pas concerné par le temps. Avant le temps Allah existe, et avant l’endroit, avant l’endroit et le temps. L’endroit a un commencement et le temps a un commencement. Si quelqu’un dit « comment une être peut exister sans endroit ? Il est nécessaire qu’un être ait un endroit »
On lui dit : Il n’y a pas d’empêchement selon la raison que Allah existe sans endroits, le Qour’aan témoigne de ceci et le hadith, le hadith du Messager témoigne de ceci. Quant au Qour’aan, Sa parole, ce qui signifie : « Il est Celui Qui est exempt de début » sourate Al Hadid verset 3. Quant au hadith ou sa parole qui signifie : « Dieu existe de toute éternité alors que rien n’existe de toute éternité hormis DIEU », c’est-à-dire que DIEU existe de toute éternité et rien hormis Allah n’existe de toute éternité, c’est-à-dire l’endroit,le temps, les six directions.
On dit à ces assimilationnistes qui disent « comment Allah peut-il exister sans endroit » : Vous avez comparez le Créateur avec ce qui est créé. Ce qui est créé a nécessairement besoin d’un endroit. Vous, vous avez fait en sorte que Allah soit semblable à Sa création votre comparaison est erronée, fausse. Et s’ils disent : « comment concevoir un être qui existe sans endroits », on leur répond ce n’est pas une condition que ce qui existe puisse être imaginé, et la preuve de ceci est que la lumière et l’obscurité n’existaient pas avant que Allah ne les crée, et l’eau, le trône, le Calame élevé et la table préservé existaient dans un temps dans lequel il n’y avait ni lumière, ni obscurité. Qui peut imaginer un temps ou il n’y avait ni lumière ni obscurité ! Personne ne peut concevoir ceci, mais on doit croire en ceci car le Qour’aan a informé qu’il n’y avait ni la lumière ni l’obscurité avant que Allah ne les crée, récitez cette ayah, ce qui signifie : « LA LOUANGE EST A Allaah QUI A CREE LES CIEUX ET LA TERRE ET A FAIT EXISTER LES ténèbres ET LA LUMIERE » sourate Al ‘An’^aam/1.
Ça veut dire, la signification de la ayah, il n’y avait ni cieux ni terre c a d, qu’il n’y avait ni monde céleste ni monde terrestre ni lumière ni obscurité avant que Allah ne les crée. Reconnaissez-vous ceci ou non ? Si vous reconnaissez c’est que vous êtes d’accord à propos de l’existence sans endroit, et si vous niez, ceci est de la mécréance car cela est un démenti du Qour’an. On ne fait pas d’analogie entre le Créateur et la créature, vous les assimilationnistes vous avez fait une analogie entre le Créateur et la créature et vous avez dit comment est possible une existence sans endroit. Vous n’avez aucun argument mais votre argument c’est ibnou taymiyah qui a contredit le Qour’an et le hadith et a dévié par rapport à la communauté. Et il a dit (le trône est de toute éternité avec Allah, le trône par son genre, c’est-à-dire lui-même, il n’a pas de commencement à son existence, il est de toute éternité avec Allah) et celui qui dit ceci est mécréant, par unanimité, par unanimité des savants de l’Islam, celui qui prétend qu’il y a autre que Allah qui est de toute éternité devient mécréant.
Ibnou taymiyah est décédé en l’an 728 de l’hégire prophétique, c’est-à-dire, un nombre d’année proche de cela, après le décès du Messager. Mais le décès d’ibnou taymiyah a eu lieu 728 ans après que le Prophète a émigré. Ensuite, 400 ans après est venu mouhammad ibnou ^abdi’l wahhab qui a amené la religion wahhabite. C’est une nouvelle religion, la religion des wahhabites, il a pris certaines de ses idées des livres d’ibnou taymiyah certains égarements et a rajouté des égarements de lui-même.
Parmi les choses étranges d’ibnou taymiyah, il y a sa parole que Allah descend chaque nuit du trône jusqu’à ce ciel que nous voyons à partir de la terre et le trône est toujours occupé par Lui, il descend jusqu’au ciel de ce monde sans qu’il ne quitte le trône !!!!
Cette chose-là la raison ne l’accepte pas. Celui qui descend d’une chose la quitte, c’est ça que la raison accepte. Mais que quelque chose descende d’un endroit à un autre endroit pour y rester le tiers d’une nuit et qu’ensuite il y retourne, et dire que le trône en est toujours occupé par lui, ceci la raison ne l’accepte pas. Celui-ci, ibnou taymiyah, ils l’appellent le chaykh de l’Islam alors qu’il il est le chayk du koufr ou mécréance. De même la parole d’ibnou taymiyah qui dit que (Allaah est avec nous réellement et au-dessus du trône réellement) La raison ne l’accepte pas.
Ce qui a été rapporté dans le hadith veut dire que les anges descendent sur ordre de Allah, ils transmettent de la part de Allah ce qui signifie : Que Allah vous dit : Qui parmi vous M’invoque, Je lui exauce. Qui parmi vous Me demande, Je lui accorde. Qui parmi vous Me demande pardon, Je lui pardonne. Ensuite ils retournent à leur endroit qui est au-dessus.
Ceci est la signification du hadith. La signification du hadith ne veut pas dire que Allah Lui-même bouge et se déplace d’un endroit à un autre. Allah, tabaraka wa ta^ala, il est impossible qu’Il soit attribué des attributs de la création. Sa puissance n’est pas comme la puissance des créatures. Elle n’augmente pas et ne diminue pas. Sa science englobe toute chose. Elle n’augmente pas et ne diminue pas. Il en est de même pour Sa volonté. C’est une volonté unique avec laquelle Il a voulu que ce monde existe, ce qui en a existé et ce qui existera sans fin. Tout ceci, Il l’a voulu avec une volonté unique car toute chose qui existe, qui augmente et qui diminue est créée. Comment est ce que la science de Allaah peut augmenter ou diminuer ?! Comment est ce que la science de Allaah augmenterais d’un temps à un autre, Toute chose qui a lieu d’un instant à un autre est créée. La science de Allaah n’est pas ainsi, La science de Allah n’est pas ainsi, ni Sa puissance ,ni Son ouïe, ni Sa vue, ni Sa parole. Allaah, qu’Il soit exempté, a une parole qui n’est ni lettre ni son , qui n’est pas une langue parmi les langues , qui n’est pas comme notre parole qui elle a lieu au fur et à mesure, dans notre parole, certaines choses précèdent certaines autres, et d’autres viennent après, comme la parole de l’homme. Lorsque nous récitons le Qour’an, nous commençons par le Ba, ‘’BISMILLAIHI ‘RRAHMAANI RRAHIM ‘’ jusqu’à ‘’ MINAL’ JINNAITI WA ‘ NNAS’’. On prononce le B en premier, ensuite le SIN, ensuite le SIN fini et vient le MIM et ainsi de suite des lettres qui se succèdent les unes aux autres, nous, c’est ainsi qu’on récite le Qour’aan. Ce Qour’aan ce n’est pas Allaah qui l’a récité ainsi, on ne dit pas au sujet de Allaah qu’Il prononce. On dit que Allaah parle. Celui qui prononce c’est celui qui parle avec des lettres .Quant au moutakallim (celui qui parle), on dit à propos de celui qui parle sans lettres ni son qu’Il est moutakallim (qu’Il parle). On dit à propos de celui qui parle avec lettres et des sons qu’il est moutakallim (qu’il parle). L’homme on dit de lui qu’il est moutakallim (qu’il parle) c’est-à-dire que sa parole est de son de et lettres, et on dit de Allaah qu’Il est moutakallim (qu’Il parle) et que Sa parole est sans lettres ni son. Le son est créé ; comment peut-il être un attribut de Allaah !!
Maintenant, nous n’entendons pas cette parole, mais dans l’au delà Allaah, Qui est exempt d’imperfection, nous fera entendre cette parole : on l’entendra sans qu’elle ne soit lettres ou sons. On l’entendra. Le musulman l’entendra et le mécréant l’entendra. Lorsque le mécréant l’entendra, il sera chagriné mais le musulman pieux sera heureux.
Jibril entend cette parole. Dans ce bas monde, il l’entend. Moïse aussi l’a entendue. Notre maître Mouhammad, la nuit de l’ascension (al-mi^raj), a entendu cette parole qui est sans lettres ni son et il a vu Allaah, mais Allaah ta^ala, Il n’est pas vu comme sont vue les créatures. Ce qui est créé tu le vois ou bien comme ceci loin, ou proche ou tu le vois ainsi ou tu le vois en dessous, ou tu le vois à ta droite ou tu le vois à ta gauche, ou tu te retournes et tu le vois.
Allaah n’est pas vu ainsi car Il n’est pas un corps. Par la puissance de Allaah, Allaah crée en nous une vision et nous verrons son être sans qu’Il soit devant ou derrière, sans aucun comment de ceux avec lesquelles sont vus les créatures. C’est ainsi qu’Il sera vu.
Et LUI voit le monde, toute chose de ce monde. Il l’a voit sans que ce soit de face, ni par derrière, ni en étant localisé dans la direction du haut, du bas, de droite ou de gauche. Il voit le monde, et nous les musulmans au paradis lorsqu’on Le verra, nous ne Le verrons pas de face ni sous une quelconque apparence car Il n’est pas un corps. On ne dit pas que Allaah est proche par la distance et on ne dit pas non plus que Allaah est loin par la distance.
Toute chose de laquelle tu es séparé d’une distance, proche ou lointaine, est créée. Allaah n’est pas ainsi. On ne dit pas que Allaah est présent ni qu’Il est absent.
Certains ignorants font du dhikr ils disent (ya hadir, ya hadir, ya nadhir) s’il comprend de cela qu’Il est proche par la distance il devient mécréant. Celui qui croit que Allaah est proche de lui par une distance tout comme je suis proche de toi, il devient mécréant. Son qourb n’est pas par une distance, Nous comprenons tout cela à partir de la ayah du Qour’aan, ce qui signifie :
« RIEN N’EST TEL QUE LUI »
Quant au Qour’aan que nous récitons, on dit qu’il est la parole de Allaah car il est l’expression de la parole de Allaah qui est sans lettres ni son et ces termes que nous prononçons Jibril l’a pris du tableau préservé sur lequel ils étaient écrits. Personne ne l’a écrit et c’est le Calame qui a tracé et qui les a écrit sur le tableau préservé par la toute puissance de Allaah. Ensuite Jibril a repris ces termes sur ordre de Allaah et les a récités à notre maître Mouhammad. Jibril l’a descendu du tableau préservé.
Il en est de même pour Al-‘Injiil d’origine, le vrai évangile, et la vrai Torah et le vrai Zabour (psaumes) tous ces livres, Jibril les a descendus sur ordre de Allaah sur Ses prophètes.
Ce n’est pas Allaah Qui l’a récité comme nous le récitons. On dit qu’il est la parole de Allaah mais pas dans le sens que Allaah l’a récité avec des lettres et des sons.
On fait le tahlil.
Répète leur ce cours de temps à autre, si tu veux une fois par semaine ou deux fois dans le mois et qu’il soit distribué aux centres.
Qui sont les Salaf vertueux
Les Salaf vertueux sont les savants de l’Islam qui ont vécu au cours des trois premiers siècles de l’Hégire. Ce sont eux que le Messager de Allah a visés par sa parole : « Khayrou l-qourouni qarni thoumma l-Ladhina yalounahoum thoumma l-Ladhina yalounahoum » qui signifie : « Les meilleures gens sont les gens du siècle dans lequel j’ai vécu, ensuite ceux qui viendront après eux, ensuite ceux qui viendront après ces derniers ».
De même, on comprend l’éloge de ces savants, qui ont vécu dans les trois premiers siècles méritoires, à partir de la parole de Allah ta^ala : « wa s-sabiqouna l-‘awwalouna mina l-mouhajirina wa l-‘ansar wa l-ladhina t-taba^ouhoum bi ‘ihsan radiya l-Lahou ^anhoum wa radou ^anh » [sourat At-Tawbah / 100] qui signifie : « Les premiers Prédécesseurs parmi les Émigrants et les Partisans ainsi que ceux qui les ont suivis correctement sont agréés par Allah et ils sont satisfaits de Lui ».
Ceux qui suivront ce sur quoi étaient le Messager et ses Compagnons ainsi que leurs successeurs sont le groupe sauvé. Ce sont eux que le Messager a visés dans son hadith qui a été rapporté par ‘Abou Dawoud et par d’autres et qui signifie : « Les Yahoud se sont divisés en 71 groupes, les Nasara se sont divisés en 72 groupes, et ma Communauté se divisera en 73 groupes. Tous seront en Enfer sauf un seul, il s’agit de ceux qui seront sur ce sur quoi je suis ainsi que mes Compagnons ».
Dans une autre version, il est mentionné : « wa hiya l-jama^ah » c’est-à-dire qu’il s’agit de la majorité. Dans la version de Ibnou Hibban, « wa hiya s-sawadou l-‘a^dham ». Or « as-sawadou l-‘a^dham » veut dire la grande majorité, et il s’agit de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah. La signification de Ahlou s-Sounnah, c’est ceux qui suivent la Chari^ah (Loi) du Messager, c’est-à-dire la Croyance et les lois qu’il a amenées. Donc, le sens de Al-jama^ah, c’est la grande majorité. En sont exclus, ceux qui se sont singularisés ceux qui attribuent le corps à Allah et déclarent sans droit les Musulmans comme étant des mécréants. Ils déclarent mécréant le musulman qui rend visite à la tombe du Prophète ou la tombe d’un saint afin de rechercher de la bénédiction – la barakah – et qui y invoque Allah tout en ayant pour Croyance que Celui Qui crée le profit et Qui crée la nuisance, en réalité, c’est Allah. Ces égarés qui se prétendent salafites et qui attribuent le corps à Allah, assimilent Allah à Ses créatures. Ils se sont singularisés par rapport à la majorité des Musulmans ; ils sont insignifiants. En effet de nos jours, le nombre des gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah a dépassé le milliard.
Aussi, il nous est parvenu du Prophète « ^alaykoumou bi s-sawadi l-‘a^dham ; man chadh-dha chadh-dha ‘ila n-nar» ce qui signifie : « Attachez-vous à la grande majorité, celui qui se singularise se retrouvera en Enfer ! ».
L’Imam du Salaf, Ahmad ibnou Salamah, Abou Ja^far At–Tahawiyy, qui est décédé en l’an 329 de l’Hégire a dit au début de son » Traité de Croyance » ceci : « Voici la présentation de la Croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah ». Au sujet de Allah, il a dit dans son » Traité de Croyance » qui a était réputé et diffusé parmi les Musulmans : « Ta^ala ya^ni l-Lah ^ani l-houdoudi wa l-ghayati wa l-‘arkani wa l-‘a^da’i wa l-‘adawat la tahwihi l-jihatou s-sittou kaça‘iri l-moubtada^at » ce qui signifie : « Il est exempt des limites, des fins, des coins, des membres et des petits organes. Il n’est pas contenu dans les six directions contrairement à la totalité des créatures ». Cela veut dire que Allah est exempt de la limite. Selon les savants, ce qui a une limite, a une localisation grande ou petite. Ainsi, le grain de poussière est limité, le Trône est limité. Tout ce qui est dans une direction ou dans un endroit est limité. Et ce qui est limité est créé. Allah n’est pas limité, car Il est le Créateur ; Il n’est pas une créature. Ainsi, Il existe sans endroit et sans direction, car Il n’est pas localisé du tout ; Il n’occupe pas d’endroit. La preuve en est que les corps que contient ce monde ont des quantités ; ils occupent des endroits.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an : « koullou chay’in ^indahou bi miqdar » [ sourat Ar-Ra^d / 8 ] ce qui signifie : « Toutes les choses qu’Il a créées ont une quantité ».
Au sujet de Allah, At–Tahawiyy a dit : «^ani l-houdoudi wa l-ghayati », ce qui signifie : « Il est exempt des limites et des fins ». Cela veut dire que Allah n’a pas de fin, car toute chose a une fin. Et toute chose qui a une fin est forcément limitée ; elle a une quantité spécifique et occupe un endroit dans l’espace.
Quant aux coins, il s’agit des côtés. Cela fait également partie des caractéristiques des corps. Allah est exempt de cela.
En ce qui concerne les membres, il s’agit des grands organes comme la tête, la main, le pied ou les petits organes comme la langue, les dents et la glotte.
La parole de At–Tahawiyy au sujet de Allah : « la tahwihi l-jihatou s-sittou kaça‘iri l-moubtada^at » signifie : « Il n’est pas contenu par les six directions comme le sont la totalité des créatures ». Cela veut dire que Allah existe sans direction et sans endroit.
Cela est la Croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah, elle est déduite du Qour’an, du Hadith et de l’Unanimité des savants.
Quant aux assimilationnistes, ceux qui attribuent le corps à Allah, ils ne se satisfont pas de cela.
Dans son » Tafsir », Al-Qourtoubiyy a dit que « tarbou fi tarfi r-Rahman » signifie le plateau de la balance sur laquelle seront pesées les œuvres. En l’occurrence, on a une omission du complément du nom. C’est comme s’il a dit : « fa tarbou fi kaffati Mizan Ar-Rahman », ce qui signifie : « Il augmente l’aumône dans le plateau de la balance de Allah ». Donc, en arabe le mot « de la balance » a été omis. Et en arabe, ce mot « kaffah » veut dire aussi bien main que plateau. Celui qui croit que Allah a une main, il n’est pas musulman.
À propos de l’interprétation – ta’wil – de ces genres de hadith et ce qui leur est semblable, il a été rapporté de Malik, de Ath-Thawriyy et de Ibnou l-Moubarak ceci : « Retenez ces hadith sans comment ». C’est ce qu’ont dit At-Tirmidhiyy et d’autres. Et c’est ce qu’ont dit les savants de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah. Et le sens de « sans comment », c’est exclure au sujet de Allah tout ce qui fait partie des caractéristiques des créatures comme la position assise, l’installation, les organes, les mouvements, l’immobilité, la descente, la montée. En effet, tout cela fait partie des caractéristiques des créatures. Le Créateur est exempt des caractéristiques des créatures.
L’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy, dans son » Traité de Croyance « , a dit : « Wa man wasafa l-Laha bi ma^nan min ma^ani l-bachar faqad kafar » ce qui signifie : « Celui qui attribue à Allah un des sens propres aux humains, il devient mécréant. ». Les sens qu’ont les humains sont leurs attributs, leurs caractéristiques, et elles sont nombreuses. Parmi elles, il y a la position assise et l’installation.
À propos des hadith qui font partie des hadith moutachabih -de ce qui n’est pas explicite- il nous est parvenu de Al-‘Awza^iyy et de Soufyan Ath-Thawriyy ceci : « Amirrouha kama ja’at bila kayf », c’est-à-dire : « Retenez ces hadith comme ils vous sont parvenus sans attribuer le comment !» Cela veut dire qu’il faut exclure au sujet de Allah tout ce qui fait partie des caractéristiques des créatures.
Il n’y a pas lieu de considérer ce que disent certains singuliers comme Ahmad Ibnou Taymiyah Al-Harraniyy et son élève Ibnou l-Qayyim qui ont contredit la Croyance des Musulmans. Ibnou Taymiyah est un assimilationniste ; il attribue le corps à Allah. Au sujet de la parole de Allah : « layça kamithlihi chay’ », il a dit : « mounazzah », c’est-à-dire « exemption ». Ensuite, à propos de la parole de Allah : « wa Houwa s-sami^ou l-Basir », il a dit : « fa chabbah », c’est-à-dire : « Il a assimilé ». Et cela fait partie des plus atroces de ses égarements.
Quant aux ‘Ach^ariyy et les Matouridiyy, qui sont ‘Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, ils ne sont pas négationnistes comme le prétendent les Wahhabites qui attribuent à Allah le corps et qui assimilent Allah à Ses créatures.
Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy est l’Imam ^Aliyy ibnou Isma^il ibnou ‘Ishaq ibnou Salim ibnou Isma^il ibnou ^Abdi l-Lah ibnou Mouça ibnou Bilal ibnou Abi Bourdah, le fils du Compagnons du Messager de Allah Abou Mouça ^Abdou l-Lah ibnou Qays.
L’Imam, le Hafidh As-Soubkiyy dans ses « Tabaqatou ch-chafi^iyyati l-koubra » a dit au sujet de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy ce qui suit : « C’est notre Chaykh, c’est notre modèle qui nous guide sur la voie agréée par Allah ta^ala. Le Chaykh Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy Al-Basriyy, le chaykh de la voie de Ahlou s-sounnah wa l-jama^ah, est l’imam des spécialistes de la science de Al-Kalam. C’est lui qui a accordé la réussite à la Croyance de l’Imam des Messagers. C’est lui qui défend la Religion et qui œuvre pour préserver la Croyance des Musulmans. Les traces de ses œuvres resteront jusqu’au jour du Jugement. C’est un imam ascète, pur et bienfaisant. Il a préservé la Loi de toute parole calomnieuse. Il s’est investi et il a donné la victoire à la Communauté de l’Islam qu’il a fortement soutenue.»
Abou Sahl As–Sa^loukiyy a dit : « Nous étions auprès du Chaykh Abou l-Haçan dans une assemblée à Al-Basrah et il débattait avec les Mou^tazilah. Allah a humilié ces derniers qui étaient nombreux. C’est alors que Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy est venu et les a tous vaincus. Chaque fois que l’un d’entre eux était défait, il passait à l’autre jusqu’à ce que tous, jusqu’au dernier d’entre eux, soient vaincus. Nous étions revenus le lendemain dans l’assemblée, mais aucun d’entre eux n’est revenu. »
L’Imam Abou Bakr As–Sayrafiyy a dit : « Les Mou^tazilah avaient levé haut leurs têtes jusqu’à ce que Allah a manifesté Al-‘Ach^ariyy qui les a emprisonnés dans les trous, comme dans des entonnoirs ».
Al- Oustadh Ibnou ^Abdi l-Lah ibnou Khafif a dit : « Lorsque j’étais jeune, je me suis rendu à Al-Basrah pour voir Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy dont j’avais tellement entendu. J’ai vu un chaykh avec un très bel aspect et je lui ai demandé de m’indiquer la maison de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Il m’a dit : Mais qu’est-ce que tu veux de lui ? Je lui ai dit que j’aimerais le rencontrer. Alors, il m’a dit : Viens tôt demain à cet endroit ! Je suis revenu le lendemain tôt ; et quand je l’ai vu, je l’ai suivi. Il s’est rendu auprès de certains dignitaires de la ville. Et lorsque ces derniers l’ont vu, ils l’ont honoré. Il y avait un ensemble de savants et une assemblée de science de Croyance. Ils l’ont fait asseoir au milieu d’entre eux et quelqu’un d’entre eux a posé une question. Le chaykh s’est alors mis à lui répliquer et à débattre avec lui jusqu’à le faire taire. J’ai vu des choses étonnantes au sujet de sa science et de son éloquence. J’ai alors dit à quelqu’un qui était près de moi : « Qui est donc ce chaykh ? » Il m’a répondu que c’est Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Quand ils se sont levés, je l’ai suivi à nouveau. Il m’a dit : Ô jeune homme, comment as-tu vu Al-‘Ach^ariyy ? Je suis alors resté à son service et je lui ai dit : « Ô mon maître pourquoi tu n’as pas commencé par poser la question ? » Il a répondu : Je ne parle à aucun de ces gens dès le départ. S’ils commencent à citer des choses qui ne sont pas permises au sujet de la religion agréée par Allah, nous leur répliquons parce que Allah soubhanahou wa ta^ala nous a ordonné de répliquer à ceux qui contredisent la vérité. J’ai rapporté cette histoire de Ibnou Khafif par une autre chaîne de transmission. Les différenet sversions s’accordent sur l’éminence du chaykh et de sa place dans la Science. En effet, il n’abordait la science de Al-Kalam que lorsque c’était un devoir de le faire ; pour soutenir la Religion et pour répliquer aux négationnistes. Nos savants ont dit que le chaykh était quelqu’un qui avait une firaçah ; Allah lui dévoilait certaines choses. Ensuite, ils ont dit : “ Le chaykh était maître dans le Tasawwouf, dans la maîtrise du cœur tout comme il était un maître dans la science de Al-kalam et dans d’autres sciences.»
Le Oustadh Abou ‘Is-haq Al-‘Isfarayiniyy a dit : « J’étais à côté du Chaykh Abou l-Haçan Al-Bahiliyy comme une goutte d’eau à côté de la mer. Et j’ai entendu Al-Bahiliyy dire j’étais à côté de Al-‘Ach^ariyy comme une goutte d’eau à côté de la mer. »
En guise d’honneur pour Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, il suffit ce qu’à rapporté Al-Hakim quant à la parole de Allah ta^ala qui signifie : « Allah fera venir des gens qu’Il agrée, et ce sera des gens qui L’ aimeront ». Le Prophète a dit : « Houm qawmou hadha » ce qui signifie : « Il s’agit des gens du peuple de celui-là » et il a désigné Abou Mouça Al-‘Ach^ariyy qui est l’ancêtre de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy.
Paroles de Tawhid, croyance des musulmans
Le Mouhaddith, le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy, que Allah l’agrée, a dit :
Al-mahdoud – ce qui est limité –, selon les savants du tawhid, c’est ce qui a un volume, que ce volume soit petit ou grand ; la limite selon eux c’est le volume, que ce soit un petit ou un grand volume. Le grain de poussière est limité, le Trône (al-^arch) est limité. La lumière, l’obscurité et le vent, tous sont limités.
L’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy, né en 227 de l’Hégire et mort en 321 de l’Hégire a dit :
« Il est exempt – c’est-à-dire Allah – des limites, des fins, des côtés, des organes, des membres grands ou petits. Il n’est pas contenu par les six directions comme le sont toutes les créatures ». Et il a dit : « Celui qui attribue à Allah un des attributs des humains, certes il est devenu mécréant ».
L’Imam ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit : « Celui qui prétend que notre Dieu est limité, il n’a pas connu le Créateur, Celui Qui est adoré ».
Le Mouhaddith, le spécialiste de la langue, le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy, que Allah le protège, a dit
Attache-toi au long silence, Ô toi qui est doté de raison
Pour être sauvé dans le bas-monde et au jour du jugement
L’Imam Ar-Rifa^iyy, que Allah l’agrée, a dit : « Préservez vos croyances de l’attachement au sens apparent de ce qui n’est pas explicite parmi les expressions du Livre et de la Sounnah, car c’est une des sources de mécréance ».
Et Allah ta^ala dit : (ليس كمثله شيء) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui« .
L’Imam Ar-Rifa^iyy a dit : « La limite de la connaissance que nous avons de Allah, c’est la certitude de Son existence ta^ala, sans comment et sans endroit ».
Le Mouhaddith, le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy, que Allah le protège, a dit :
Al-mahdoud – ce qui est limité –, selon les savants du tawhid, c’est ce qui a un volume, que ce volume soit petit ou grand ; la limite selon eux c’est le volume, que ce soit un petit ou un grand volume. Le grain de poussière est limité, le Trône (al-^arch) est limité. La lumière, l’obscurité et le vent, tous sont limités.
Commentaire : Allah ta^ala dit : (الحمد لله الذي خلق السموات والأرض وجعل الظلمات والنور) ce qui signifie : « La louange est à Allah Qui a créé les cieux et la terre, et Qui a créé les ténèbres et la lumière« . Allah ta^ala dans cette ‘ayah a mentionné les cieux et la terre qui font tous deux partie du monde palpable, et la lumière et les ténèbres qui tous deux font partie du monde impalpable, pour nous faire comprendre que rien du monde palpable ou du monde impalpable n’est de toute éternité. Cela signifie que Allah ta^ala n’est pas comme le monde palpable ni comme le monde impalpable. Allah ta^ala a fait que ce monde soit de deux sortes : les corps et ce qui advient aux corps. Il y a des corps palpables : c’est ce qui peut être tenu et perçu par la main, comme l’être humain, l’arbre ou le soleil, l’eau et le feu, ou bien impalpables : c’est ce qui ne peut être tenu et perçu dans la main, comme la lumière, l’obscurité, l’âme et l’air. Tous ont une limite, une quantité, un corps et un volume.
Allah ta^ala dit : (وكل شيء عنده بمقدار) ce qui signifie : « Chaque chose a une quantité« . Pour ce qui est des corps palpables, c’est une chose qui est claire, et pour ce qui est des corps impalpables, c’est parce qu’ils ont une localisation. On comprend tout cela en observant bien et en réfléchissant correctement. La lumière a en effet une localisation dans laquelle elle se trouve. La lumière du soleil s’étend jusqu’à une distance que Allah sait, sa quantité est étendue. Quant à la quantité de la lumière d’une bougie, elle est plus faible. Le ver luisant qui dans la nuit circule entre les herbes a aussi une faible luminosité. Cette lumière-là également, Allah a fait qu’elle ait une petite étendue. Quant à la plus grande des lumières, c’est la lumière du paradis. Chacune a une limite et une quantité où elle prend fin.
L’obscurité a également une localisation, une quantité là où elle se trouve, que ce soit une petite quantité ou une grande quantité. De même, le vent a une localisation où il se trouve, et ce du fait que les anges pèsent le vent et l’envoient en fonction de ce que Allah ta^ala leur apprend et leur ordonne. Ainsi le vent froid et le vent chaud, le vent destructeur que Allah envoie pour le châtiment d’un peuple et le vent qu’Il envoie comme miséricorde, chaque vent existe avec un poids déterminé. De même, l’âme a un volume et une quantité. Lorsqu’elle est à l’intérieur du corps elle est de la taille du corps de l’être humain. Et lorsqu’elle quitte ce corps palpable, elle est localisée dans l’air, sans qu’elle soit en contact avec ce corps qu’elle a quitté.
La créature a nécessairement une localisation, petite ou grande.
Le plus petit corps que Allah ait créé et que les yeux puissent voir, c’est al-haba‘ – les grains de poussière –, ce sont les particules qui apparaissent lorsqu’un rayon de soleil pénètre par une fenêtre dans une chambre, comme la poussière qui apparaît à l’œil nu. Ces petites particules, on les appelle al-haba‘ – les grains de poussière –. Il y a quelque chose de plus petit qu’elles, que les yeux ne voient pas, tant c’est petit par la taille, mais qui possède une taille qui est la plus petite taille que Allah ait créée ; il s’agit de al-jawhar, la particule élémentaire qui ne se divise pas. C’est le plus petit volume que Allah ait créé et c’est l’origine des corps et des volumes. Tous ces corps ont une limite, c’est-à-dire un volume et une quantité. Ils ont donc besoin de qui les a spécifiés par cette quantité. Il n’est donc pas valable qu’ils aient la divinité. La divinité est valable pour Celui Qui n’a pas de limite, c’est-à-dire Celui Qui n’a pas de taille, et c’est Allah ta^ala Qui est exempt d’être limité. La signification du fait d’être limité n’est pas spécifique à ce qui a une petite taille ; même ce qui a une grande taille est limité.
Quant aux ^arad – ce qui advient aux corps –, il s’agit des caractères des corps, comme le mouvement, l’immobilité, la couleur, les goûts et ce qui est de cet ordre. Il y a donc parmi les caractéristiques des corps le mouvement et l’immobilité. Certains corps sont toujours en mouvement, ce sont les étoiles, même l’étoile sur laquelle nous nous basons pour déterminer la qiblah, même cette étoile bouge, mais son mouvement est faible. Certains corps en revanche sont toujours immobiles comme les sept cieux. D’autres corps encore sont tantôt immobiles, tantôt en mouvement, comme l’être humain, les anges, les jinn et les animaux. De même, parmi les caractères des corps il y a la couleur. Il se peut qu’ils soient blancs, rouges, jaunes ou verts. Le soleil a des caractères, parmi lesquels il y a la température. Le vent a des caractères, parmi lesquels ils y a la froideur ou la chaleur, la violence ou la légèreté. Ainsi Allah ta^ala, le Créateur de ce monde et de ses diverses sortes et formes, n’a aucune ressemblance avec lui en aucune manière que ce soit. Il n’a aucune ressemblance avec le corps palpable ni avec le corps qui est impalpable et Il n’a pas pour caractéristique les caractéristiques des corps. Ainsi rien n’est tel que Lui, rien parmi ces choses n’est tel que Lui. C’est pour cela que les gens de Ahlou s-Sounnah disent Allah ta^ala existe sans endroit et sans direction. Allah ta^ala a fait que la direction du haut soit une localisation pour le Trône et pour les anges qui tournent autour, pour la Table Préservée et autres encore ; et Il a fait que la localisation des êtres humains, des animaux, des insectes et autres soit dans la direction du bas. Il est donc impossible que Celui Qui a spécifié le Trône par la direction du haut et d’autres choses par la direction du bas, ait une direction. En effet, s’Il se trouvait dans une des directions ou s’Il occupait toutes les directions, Il aurait eu des semblables et Allah ta^ala dit : (ليس كمثله شيء) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui« . C’est sur cette croyance que sont les pays de l’Islam, en Indonésie, en Egypte, en Irak, en Turquie, au Maroc, en Algérie, en Tunisie, au Yémen, en Somalie, au pays de Ach-Cham et ailleurs. C’est cela leur enseignement.
Quant à celui qui a cru que Allah est un corps de la taille du Trône et qu’Il occupe tout le Trône ou la moitié du Trône ou qu’Il est d’une étendue plus large que celle du Trône de toutes les directions sauf par le bas, ou qu’Il est une lumière qui scintille ou un corps sans limite ou qu’Il est à l’image d’un jeune homme imberbe ou d’un vieil homme sévère, pour tout cela, il n’a pas connu Allah ta^ala, il n’adore pas Allah. Même s’il pense être musulman, Il n’est pas un adorateur de Allah. Il n’adore qu’une chose qu’il a imaginée, qu’il s’est donnée comme illusion en lui-même, mais qui n’a pas d’existence. Le malheur de cette personne est grand, car il n’est pas capable de comprendre, de concevoir Celui Qui existe et Qui n’est pas un corps. C’est pour cela qu’il utilise tous ses efforts pour faire de Allah un corps ayant les caractéristiques des corps. Comment celui-là peut-il prétendre avoir connu la parole de Allah : (ليس كمثله شيء) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » alors qu’il croit de telles choses. S’il avait connu et cru en la vérité, il n’aurait pas considéré que Allah est un corps, car le monde est fait de corps et de caractéristiques propres à ces corps.
S’il devait y avoir un débat entre ces mouchabbihah – assimilateurs – comme les wahhabites qui croient que Allah est un corps qui a une surface et un adorateur du soleil, le wahhabite dirait à l’adorateur du soleil : « Toi, ce soleil que tu adores ne mérite pas d’être un dieu ». Alors l’adorateur du soleil dirait au wahhabite : « Comment ne mériterait-il pas d’être adoré alors que son corps est beau, son profit éminent. Toi tu le vois, moi je le vois et tous les gens le voient et voient le profit du soleil. Comment se pourrait-il que ma religion soit fausse et que la tienne soit vraie ? Alors que toi, qui adores une chose que tu t’es illusionnée en toi-même, que tu n’as pas vue et que nous n’avons pas vue, tu prétends qu’il est un grand corps assis au-dessus du Trône ». Le wahhabite n’aura pas d’argument selon la raison. Si le wahhabite dit : « Le Qour’an témoigne que Allah est le Créateur du monde, que c’est Lui qui mérite l’adoration et que rien d’autre que Lui ne mérite d’être adoré », l’adorateur du soleil lui dira : « Moi je ne crois pas en ton Livre, donne-moi une preuve selon la raison que le soleil ne mérite pas d’être adoré, et que ce que tu adores, toi, qui est une chose que tu t’es illusionnée, mérite d’être adoré ». Alors le wahhabite se taira, il deviendra muet. Quant à nous autres les gens de Ahlou s-Sounnah, nous avons une réponse selon la raison. Nous disons à l’adorateur du soleil : « Le soleil que tu adores à un corps qui est spécifié, il a une forme spécifique, il a besoin de Qui lui a donné l’existence selon cette forme. Alors que Celui Que nous adorons Il existe, non comme ce qui existe, Il n’a de ressemblance avec rien, Il n’est pas un corps, Il n’a pas de forme ni de direction, Il n’a pas d’endroit et n’a pas de début à Son existence. Celui Qui existe et Que nous adorons, Il est Celui Qui s’appelle Allah. C’est Lui Qui mérite d’être adoré, et c’est Lui Qui a donné l’existence au soleil que toi tu adores et à ces humains et à tout autre que cela ». Le sounniyy – qui est sur la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah –, lorsqu’il donne pour argument cette preuve selon la raison sans dire « Allah ta^ala dit », casse ainsi ce mécréant adorateur du soleil. La louange est donc à Allah, Qui nous a guidés à cela, et nous n’aurions pas pu être bien guidés si ce n’est avec l’aide de Allah.
L’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy, né en 227 de l’Hégire et mort en 321 de l’Hégire a dit :
« Il est exempt – c’est-à-dire Allah – des limites, des fins, des côtés, des membres grands ou petits. Il n’est pas contenu par les six directions comme le sont toutes les créatures ».
Commentaire : L’Imam At–Tahawiyy, il s’agit de Ahmad Ibnou Salamah né en 227 de l’Hégire, et il est concerné par le hadith du Messager de Allah r qui signifie : « Le meilleur des siècles c’est mon siècle, ensuite ceux qui viendront après eux, ensuite ceux qui viendront après eux » [rapporté par At-Tirmidhiyy].
Dans son traité sur la croyance, une présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah que la communauté a reçue avec acceptation, génération après génération, il a mentionné, que Allah lui fasse miséricorde :
ta^ala – Il est exempt – c’est-à-dire Allah. Cela veut dire Allah est exempt.
^ani l-houdoud – des limites – c’est-à-dire des limites, à savoir que Allah est totalement exempt de la limite, à savoir de la taille et du volume qu’ils soient grands ou petits. Ainsi, il est nécessaire selon la raison que la taille soit localisé dans un endroit et une direction. Quant à Allah, Il est exempt de la taille, car Il est Celui Qui existe sans endroit. S’Il avait une taille, Il aurait des semblables et des ressemblants. Mais Allah ta^ala dit : (فلا تضربوا لله الأمثال) ce qui signifie : « N’attribuez pas à Allah des semblables« . Celui donc qui dit qu’Il a des limites que nous ignorons ou que Lui seul connaît, il est devenu mécréant.
wa l-ghayat – des fins – ce sont les extrémités.
wa l-‘arkan – des côtés – ce sont les côtés.
wa l-‘a^da‘ – des membres grands – comme la tête, les pieds.
wa l-‘adawat – ou petits – ce sont les organes de petite taille, comme la langue et la glotte.
« Il n’est pas contenu par les six directions », c’est-à-dire qu’il n’est pas possible que Allah soit localisé dans l’une des six directions ni dans toutes les directions, car Il est Celui Qui existe sans endroit ni direction. Les six directions sont le haut, le bas, la droite, la gauche, le devant, le derrière.
« comme le sont l’ensemble des créatures » c’est-à-dire que toutes les créatures sont contenues par les six directions. Mais Allah n’a aucune ressemblance avec les créatures de quelque manière que ce soit, et Il n’est pas imaginé dans le cœur. L’Imam Ahmad Ibnou Hanbal, que Allah l’agrée, a dit ce qui signifie : « Quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent« . Cela a été rapporté par Abou l-Fadl At-Tamimiyy.
Si l’on nous demande « Comment cela ? », on dit : « Parmi les créatures, il y a ce que l’on ne peut imaginer, mais nous y croyons. C’est par exemple l’absence de lumière et d’obscurité. Aucun d’entre nous ne peut s’imaginer comment était l’époque où il n’y avait ni lumière ni obscurité. Pourtant, c’est un devoir de croire qu’il s’est écoulé un temps où il n’y avait ni lumière ni obscurité, car Allah ta^ala dit : (وجعل الظلمات والنور) ce qui signifie : « Et Il a créé les ténèbres et la lumière » c’est-à-dire qu’Il a fait exister l’obscurité et la lumière après qu’elles n’existaient pas.
A plus forte raison, au sujet de Allah, Qui a dit de Lui-même : (ليس كمثله شيء) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui« , Il n’est pas imaginé dans notre imagination et nos raisons, nos cerveaux, ne Le connaissent pas dans Sa réalité. Ainsi Allah soubhanahou wa ta^ala existe et Il n’a pas de taille ni de volume, Il existe sans endroit ni direction.
L’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy, que Allah lui fasse miséricorde a dit :
« Celui qui attribue à Allah un des attributs des humains, certes il est devenu mécréant ».
Commentaire : Celui qui attribue à Allah un des attributs des humains, devient mécréant. Et les attributs des humains sont nombreux. Le premier d’entre eux c’est l’entrée en existence, c’est-à-dire le fait d’exister après le néant, il y a également la mort, le changement, l’évolution d’un état à un autre, le mouvement, l’immobilité, les changements d’humeur, la descente, la montée, le déplacement, la couleur, le corps, la longueur, la grande taille, la petite taille, la localisation dans une direction et un endroit, le besoin, l’apprentissage d’une chose, l’advenue de l’oubli, l’ignorance, l’installation, la proximité, la distance, le contact, la séparation et ce qui est de cet ordre. Ainsi donc, celui qui attribue à Allah un de ces attributs, il est devenu mécréant.
L’Imam ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit : « Celui qui prétend que notre Dieu est limité, il n’a pas connu le Créateur, Celui Qui est adoré ».
Commentaire : Cela a été rapporté de lui par le Hafidh Abou Nou^aym dans le livre Hilyatou l-‘Awliya‘. La signification de sa parole, que Allah l’agrée, c’est que celui qui croit ou prétend que Allah est une grande taille ou une petite taille, c’est un mécréant qui n’a pas connu Allah, tout comme celui qui croit que Allah est localisé dans l’une des directions, comme le haut, car il aura fait que Allah soit limité, et ce qui est limité a besoin, il a besoin de Qui l’a limité par cette limite. Or celui qui a besoin est incapable et celui qui est incapable n’est pas dieu.
Dans les propos de notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, il y a une preuve claire que Allah est exempt de la limite absolument. Celui donc qui Lui attribue la position assise, l’installation, la proximité, il n’a pas connu Allah, et celui qui n’a pas connu Allah c’est un mécréant.
Al-haba‘ – le grain de poussière – a une limite, la fourmi a une limite, l’être humain a une limite, le soleil a une limite, le ciel a une limite, le Trône a une limite ; tous nécessitent Qui leur a donné cette limite et ce volume. Ainsi donc celui qui a une limite et un volume, est créé, a besoin, est incapable. Il n’est pas valable qu’il ait la divinité. La divinité n’est valable que pour Celui Qui n’a pas de limite absolument et c’est Allah soubhanahou wa ta^ala Qui n’a pas besoin du monde, Qui n’a pas de taille et Qui n’a pas de volume.
Al-Ghazaliyy a dit ce qui signifie : « L’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qui mérite d’être adoré« .
Ainsi donc, celui qui n’a pas connu Allah, comme par exemple, s’il Lui a attribué la limite, une limite qui n’aurait pas de fin, celui-là est un mécréant et son adoration n’est pas valable, que ce soit la prière, la zakat, le jeûne, le pèlerinage ou ce qui est de cet ordre.
Le Mouhaddith, le spécialiste de la langue, le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy, que Allah le protège, a dit :
Attache-toi au long silence, Ô toi qui est doté de raison
Pour être sauvé dans le bas-monde et au jour du jugement
Commentaire : Ceci est tiré de la parole du Messager de Allah r à notre maître Abou Dharr, que Allah l’agrée, qui signifie : « Attache-toi au long silence, sauf pour dire du bien, car le long silence est une manière de chasser le chaytan loin de toi et c’est une aide pour toi concernant les choses de ta religion » [rapporté par Ibnou Hibban].
Ainsi celui qui est raisonnable et intelligent, c’est celui qui médite la signification de la parole de Allah ta^ala : (ما يلفظ من قول إلا لديه رقيب عتيد) qui signifie : « Pas une parole qu’il prononce sans qu’il ait auprès de lui Raqib et ^Atid« , il ne dit donc que du bien. Quant à la signification de « Ô, toi qui est doté de raison », c’est « Toi qui est raisonnable ». Ainsi, le long silence, sauf pour dire du bien est une sauvegarde dans le bas-monde et dans l’au-delà.
L’Imam Ar-Rifa^iyy, que Allah l’agrée, a dit : « Préservez vos croyances de l’attachement au sens apparent de ce qui n’est pas explicite parmi les expressions du Livre et de la Sounnah, car c’est une des sources de mécréance ».
Commentaire : Cet imam Ar-Rifa^iyy a vécu dans le sixième siècle de l’Hégire. Il était Mouhaddith – spécialiste du hadith –, Moufassir – spécialiste de l’exégèse du Qour’an –, ‘Ach^ariyy et Chafi^iyy. Il était le meilleur et le plus savant des gens de son époque. Il s’attachait énormément à l’exemption de Allah tabaraka wa ta^ala de toute imperfection. Parmi ce qu’il a dit à ce sujet, il y a l’expression citée précédemment. Il l’a mentionnée dans son livre Al-Bourhanou l-Mou’ayyad. La signification de cette expression, c’est que celui qui prend le sens qui vient communément à l’esprit de certaines ‘ayah et de certains hadith, qui donnent l’illusion que Allah serait un corps établi en direction du Trône, ou qu’Il serait en direction de la terre, qu’Il aurait des organes ou qu’Il bougerait et ce qui est de cet ordre, celui-là est un mécréant.
C’est comme celui qui explique la ‘ayah : (الرحمن على العرش استوى) qui signifie : « Le Miséricordieux ‘istawa le Trône » par la position assise, celui-là est un mécréant. Ceci constitue une insulte à l’égard de Allah, car la position assise est une caractéristique des anges, des jinn, des humains, des chiens, des porcs et des singes. La signification est seulement que Allah qahara le Trône, c’est-à-dire qu’Il domine le Trône par Sa puissance. Ceci est digne d’être attribué à Allah, car Allah dit au sujet de Lui-même :
(الله الواحد القهار) (Allahou l-Wahidou l-Qahhar) ce qui signifie : « Allah est l’Unique, Celui Qui domine toute chose« . C’est pour cela que les musulmans appellent leurs enfants ^Abdou l-Qahir – l’esclave de Celui Qui domine toute chose – ou ^Abdou l-Qahhar – l’esclave de Celui Qui domine toute chose – et aucun musulman n’a jamais appelé son fils ^Abdou l-jalis – l’esclave de celui qui est assis – ou ^Abdou l-qa^id – l’esclave de celui qui est assis –.
S’il disait que Allah est proche du Trône sans toutefois le toucher, celui-là est un mécréant également, car celui qui côtoie la chose est soit équivalent à elle, soit plus grand, soit plus petit. Or toute chose qui est concernée par la quantification et le volume est une chose créée qui a besoin de Qui l’en a spécifiée.
Quant à la prétention des mouchabbihah – les assimilateurs – comme les wahhabites, que Allah serait localisé au-dessus du Trône, là où il n’y a pas d’endroit, ceci est réfuté par ce qu’ont rapporté Al-Boukhariyy et Al-Bayhaqiyy et autres, que le Messager de Allah r a dit :
((إن الله لما قضى الخلق كتب في كتاب فهو موضوع عنده فوق العرش ان رحمتي غلبت غضبي))
ce qui signifie : « Alors que toutes les créatures ont eu une destinée, Allah a fait écrire sur un livre qui est au-dessus du Trône : Les manifestations de Ma miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ma volonté de châtier » ; dans la version de Ibnou Hibban, figure ce qui signifie : « Ce livre – la Table Préservée –, est au-dessus du Trône« .
Dans ce hadith, il y a une preuve qu’au-dessus du Trône, il y a un endroit car sans cela le Prophète r n’aurait pas dit que ce qui signifie que ce livre est au-dessus du Trône.
Quant à la signification de (^indahou), cela signifie « qui est honoré » c’est-à-dire que c’est un livre qui est honoré. En effet, la parole (^inda) vient dans la langue pour marquer l’honneur, tout comme Allah ta^ala dit au sujet des vertueux : (وانهم عندنا لمن المصطفين الأخيار) ce qui signifie : « Ils sont selon Notre jugement parmi les élus, les meilleurs« , (^indana) dans cette ‘ayah vient dans le sens du témoignage d’honneur et non dans le sens qu’ils seraient des voisins de Allah, qu’ils seraient localisés dans un endroit où Allah ta^ala serait une localisation pour Allah ta^ala. Les mouchabbihah – les assimilateurs – par leur croyance-ci ont fait que ce livre serait équivalent à Allah ta^ala et semblable à Lui. Ils ont ainsi démenti la parole de Allah : (ليس كمثله شيء) qui signifie « Rien n’est tel que Lui« .
Tout comme celui qui a expliqué la parole de Allah ta^ala :
)إن ربكم الله الذي خلق السموات والأرض في ستة أيام ثم استوى على العرش(
ce qui signifie « Votre Seigneur est Allah Qui a créé les cieux et la terre dans six jours et Il domine le Trône« , par le fait que Allah était en direction de la terre, puis qu’Il serait monté aux cieux qu’Il aurait mis en ordre et créés, puis qu’Il serait monté sur le Trône où Il se serait établi, celui-là est un mécréant. En réalité, la signification de la ‘ayah est que Allah a créé les cieux et la terre et avant leur création, Il domine le Trône. Ici (thoumma) prend le sens de (wa) c’est-à-dire « et », c’est une conjonction de subordination, et cela n’a pas le sens d’un quelconque ordre chronologique. L’Imam Abou Mansour Al-Matouridiyy, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : (ثم استوى على العرش) (thoumma stawa ^ala l-^arch) c’est-à-dire (wa qad istawa ^ala l-^arch) c’est-à-dire « Et Il domine de toute éternité le Trône« .
De même pour la parole de Allah : (فأينما تولوا فثم وجه الله) (fa’aynama touwallou fathamma wajhou l-Lah) ce qui signifie : « Où qu’ils se dirigent, il y a le wajh de Allah« , celui qui explique par l’organe ou par le fait que Allah serait dans la direction de la terre, celui-là est un mécréant. La signification de (fathamma wajhou l-Lah) c’est (qiblatou l-Lah) la direction que nous prenons pour la prière, tout comme l’a dit Moujahid, l’élève de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée.
De même, celui qui explique la parole de Allah ta^ala : (كل شيء هالك إلا وجهه) (koullou chay’in halik ‘ik-la wajhahou) ce qui signifie : « Toute chose sera anéantie sauf Son wajh » par le fait que le monde est une chose qui va être anéantie et que Allah serait une chose qui va être anéantie et qu’il ne resterait de Allah que cette partie qui est connue, c’est-à-dire le visage, celui-là aussi est un mécréant, tel le mouchabbih Bayan Ibnou Sam^an At-Tamimiyy qui l’a expliqué ainsi. Mais le (wajh) dans cette ‘ayah c’est le (moulk), c’est-à-dire la souveraineté, ou bien ce par quoi l’on recherche l’agrément de Allah, tout comme en ont fait le ta’wil – l’interprétation – Al-Boukhariyy et Soufyan Ath-Thawriyy, que Allah leur fasse miséricorde.
De même, celui qui explique la parole de Allah ta^ala : (تجري بأعيننا) (tajri bi ‘a^younina) par l’organe – les yeux –, celui-là est un mécréant. Seulement (al-^ayn) ici vient dans le sens de la protection tout comme l’ont dit les exégètes.
De même, celui qui explique la parole de Allah ta^ala : (يد الله فوق أيديهم) (yadou l-Lahi fawqa ‘aydihim) par l’organe – la main –, celui-là aussi est un mécréant. Seulement (al-yad) ici c’est dans le sens de al-^ahd – du témoignage de soutien et de bénédictions –, tout comme les gens de science l’ont mentionné – c’est-à-dire en faveur de ceux qui se sont engagés à ne pas désobéir –.
De même, celui qui explique la parole de Allah ta^ala : (وجاء ربك) (wa ja‘a rabbouka) par le fait que Allah bougerait et se déplacerait d’un endroit à un autre, celui-là est un mécréant. La signification ici est (wa ja‘at qoudratouhou), c’est-à-dire qu’une des manifestations de Sa toute-puissance est venue, tout comme l’Imam ‘Ahmad Ibnou Hanbal, que Allah l’agrée, en a fait l’interprétation. Cela a été rapporté de lui par le Hafidh Al-Bayhaqiyy avec une bonne chaîne de transmission.
De même, celui qui explique la ‘ayah : (ءأمنتم من في السماء) (‘a’amintoum man fi s-sama‘i) par le fait que Allah serait localisé dans le ciel, celui-là est un mécréant. Seulement, la signification en est comme l’a dit le Chaykh des Hafidh Zaynou d-Din ^Abdou r-Rahim Al-^Iraqiyy, que Allah lui fasse miséricorde, dans ses ‘Amaliyy Al-Misriyyah, lors de l’exégèse du hadith :
((ارحموا من في الأرض يرحمكم من في السماء))
ce qui signifie : « Soyez miséricordieux envers qui est sur terre, qui est dans les cieux sera miséricordieux envers vous » ou dans une autre version :
((ارحموا أهل الأرض يرحمكم أهل السماء))
ce qui signifie : « Soyez miséricordieux envers les gens de la terre, les habitants des cieux seront miséricordieux envers vous« , c’est-à-dire les anges.
De même, celui qui explique le hadith de al-jariyah – la femme esclave noire – qui est dans Mouslim en disant que Allah serait localisé en direction du haut, celui qui dit cela est un mécréant. Ce hadith, certains savants l’ont critiqué et l’ont considéré comme perturbé, comportant des anomalies et contraire aux fondements de la croyance ; car le Messager r il lui est impossible de juger une personne musulmane du simple fait qu’elle dise (Allahou fi s-sama‘) car cette phrase est commune aux juifs et aux chrétiens. Comment se pourrait-il qu’elle soit une preuve de la foi ? Certains savants ont rapporté ce hadith et ont fait le ta’wil, ils l’ont interprété par un autre sens que celui qui vient communément à l’esprit, par le fait que le sens de la question du Prophète à l’esclave : « Quel est le degré de ta glorification de Allah ? ». La signification de sa réponse à elle est que Allah a un très grand mérite. Selon l’un ou l’autre avis, il n’y a aucune preuve en faveur des wahhabites dans ce hadith.
De même, celui qui explique le hadith du Messager de Allah r :
((ينزل ربنا تبارك وتعالى كل ليلة إلى السماء الدنيا حين يبقى ثلث الليل الآخر يقول من يدعوني فأستجيب له من يسألني فأعطيه من يستغفرني فأغفر له))
(yanzilou rabbouna tabaraka wa ta^ala koulla laylatin ‘ila s-sama‘I d-dounya hina yabqa thoulouthou l-layli l-‘aikhir yaqoulou man yad^ouni fa’astajibou lahou man yas’alouni fa’ou^tihi man yastaghfirouni fa’aghfirou lahou)
celui qui l’explique par le fait que Allah bougerait et descendrait du haut vers le ciel du bas-monde, qu’Il y resterait jusqu’à l’aube, puis qu’Il remonterait jusqu’au Trône, celui-là est un mécréant. Ce qui est surprenant de la part de ces wahhabites c’est qu’ils croient que Allah est de la taille du Trône. Puis ils disent que Allah descend jusqu’au ciel du bas-monde, alors qu’ils savent que le ciel par rapport au Trône est comme une goutte devant la mer. Ceci est une preuve de leur stupidité. De plus, leur avis nécessite que Allah ta^ala soit constamment en train de descendre et de monter pour être en phase avec toutes les nuits sur terre. En effet, la nuit diffère en fonction des pays. Ceci est une autre preuve de leur stupidité.
La signification du hadith, est simplement que les anges descendent sur ordre de Allah jusqu’au ciel du bas-monde, qu’ils y restent jusqu’au dernier tiers de la nuit, ils transmettent de la part de Allah et répètent jusqu’à la levée de l’aube : « Votre Seigneur dit : Qui demande quelque chose, Je lui donne ; qui M’invoque Je l’exauce, qui Me demande le pardon, Je lui pardonne » ensuite ils remontent à leur place. Ceci a été rapporté dans la version de An-Naça‘iyy qui est sûre :
((إن الله يمهل حتى يمضي شطر الليل الأول فيأمر مناديا فينادي …))
(‘inna l-Laha youmhilou hatta yamdiya chatrou l-Layli l-‘awwal faya’mourou mounadiyan fayounadi …)
ce qui signifie : « Allah laisse jusqu’à ce que s’écoule la première moitié de la nuit et Il ordonne à un ange qui appelle … ».
Certains de ceux qui ont rapporté des hadith de Al-Boukhariyy ont transmis le hadith avec d’autres termes :
((إن الله يُنزِلُ كل ليلة إلى السماء الدنيا …))
(‘inna l-Laha younzilou koulla laylatin ‘ila s-sama‘i d-dounya…)
ce qui signifie : « Allah fait descendre chaque nuit jusqu’au ciel du bas-monde » avec la dammah sur le ya‘, c’est-à-dire (younzilou) – Il fait descendre – Il ordonne à un ange de descendre.
Ainsi donc, celui qui assimile Allah à Ses créatures, même par une seule caractéristique de Ses créatures, celui-là est un assimilateur, un moujassim – qui attribue à Allah le corps – et celui qui attribue à Allah le corps est un mécréant, tout comme l’a dit l’Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée.
Allah ta^ala dit : (ليس كمثله شيء) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ».
Commentaire : Cette ‘ayah est la plus explicite des ‘ayah du Livre de Allah ta^ala au sujet de la totale exemption de Allah de toute ressemblance avec les créatures. Donc son sens est extrêmement large. On en tire que Allah est exempt de la taille, du fait d’être localisé dans une des directions ou dans toutes les directions. Ainsi Allah ta^ala est exempt d’être au-dessus du Trône ou en dessous, ou à droite ou à gauche et Il est ta^ala exempt des attributs de la taille tels que le mouvement, l’immobilité, le changement, l’évolution d’un état à un autre ou ce qui est de cet ordre.
L’Imam Abou Hanifah, que Allah l’agrée, a dit ce qui signifie : « Il est impossible que le Créateur ait une ressemblance avec Sa créature« . Allah ta^ala n’a pas de ressemblance avec Ses créatures de quelque manière que ce soit.
Et l’Imam Malik, que Allah l’agrée, a dit ce qui signifie : « Et le comment à Son sujet est inconcevable« . Cela a été rapporté de lui par le Hafidh Al-Bayhaqiyy avec une bonne chaîne de transmission. La signification en est, que le comment est impossible au sujet de Allah, absolument. Et le comment c’est tout ce qui fait partie des attributs des créatures, comme la position assise, l’établissement, l’installation, la proximité et ce qui est de cet ordre.
La parole de Ar-Rifa^iyy, qui signifie : « C’est une des sources de mécréance » veut dire que l’attachement au sens apparent de ce qui n’est pas explicite du Qour’an et du hadith a fait tomber de nombreuses personnes dans la mécréance, car cela les a fait tomber dans l’assimilation de Allah à Ses créatures.
L’Imam Ar-Rifa^iyy a dit : « La limite de la connaissance que nous avons de Allah, c’est la certitude de Son existence ta^ala, sans comment et sans endroit ».
Commentaire : La limite et l’aboutissement de ce à quoi peut parvenir l’être humain relativement à la connaissance qu’il a de Allah, c’est qu’il soit catégorique quant à Son existence ta^ala sans comment et sans endroit et c’est cela la limite de la connaissance des prophètes, des anges et des saints au sujet de Allah soubhanahou wa ta^ala. En effet, la connaissance de Allah ne vient pas par l’imagination, ni par la quantification ou en Le représentant par une forme car Allah n’est pas une taille, Il n’a pas de semblable, comment donc se pourrait-il qu’Il soit imaginé ?
Mais ce qui a une taille peut être imaginé mais Celui Qui n’a pas de taille ni de volume, nous sommes incapables de L’imaginer. Toutefois, avoir la connaissance de Allah, c’est de croire fermement qu’Il existe sans que nous puissions L’imaginer et sans qu’Il soit dans une des directions comme la direction du haut. Si le wahhabite disait : « ce qui existe, il est indispensable qu’il soit dans une des directions, comment dites-vous que Allah existe sans direction et sans endroit ? », on lui répondrait : « parce que s’Il était dans une direction et dans un endroit, Il aurait des semblables et s’Il avait une direction, il y aurait eu qui Le spécifierait par l’existence dans cette direction. Or, celui qui est spécifié est créé et ne peut être dieu ». C’est cela la signification de la parole de Ar-Rifa^iyy, que Allah l’agrée, et c’est une des paroles les plus précieuses dans la science de la croyance et cette parole a été citée dans le livre Al-Bourhan Al-Mou’ayyad. Ainsi l’aube est claire pour celui qui a des yeux.
Soubhana l-Lahi wa l-hamdou li l-lahi rabbi l-^alamin